• Criteo, un géant du marketing de surveillance français
    https://www.pixeldetracking.com/fr/criteo-geant-marketing-surveillance-francais

    Pistage agressif sur tous vos appareils, faille de sécurité majeure, duplicité du discours et absence de consentement mais toujours l’impunité pour Criteo Criteo, un géant publicitaire dont le modèle économique est basé sur votre surveillance Peu connu du grand public, Criteo est une success story française ayant réussi à devenir le leader mondial du retargeting. D’après LinkedIn, la société compte plus de 3000 employés, elle est également côtée au NASDAQ depuis octobre 2013. Comment Criteo (...)

    #Criteo #cookies #bénéfices #consentement #BigData #profiling #publicité #microtargeting #Apple #Brave #Edge #Firefox #Safari #[fr]Règlement_Général_sur_la_Protection_des_Données_(RGPD)[en]General_Data_Protection_Regulation_(GDPR)[nl]General_Data_Protection_Regulation_(GDPR) (...)

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  • La #désillusion d’une 3start-up de l’#économie_circulaire

    Annonce d’#arrêt_d’activité et bilan - #La_Boucle_Verte

    En ce début février 2020, nous avons fait le choix de cesser définitivement notre activité d’économie circulaire portant sur la collecte innovante d’emballages. Après plus de 3 ans, nous n’avons pas su rendre notre entreprise pérenne et surtout, nous avons perdu beaucoup d’intérêt pour notre projet.

    L’objet de cet article est de vous faire part des raisons de notre échec mais aussi de nos désillusions. Par ce retour d’expérience critique, nous souhaitons expliquer en quoi nous nous sommes trompés et éviter à de jeunes porteurs de projets de reproduire les mêmes erreurs que nous, tant sur le plan entrepreneurial qu’environnemental. Nous souhaitons également faire part au grand public des conclusions que nous avons tirées quant à la durabilité de notre modèle de société, notamment en ce qui concerne le recyclage et l’idée de croissance verte. Enfin, nous vous donnerons notre vision actualisée de ce que devrait être un avenir souhaitable et du changement de mentalité que cela implique pour y parvenir de bon cœur.
    1) La naissance du projet, son développement, sa mort

    L’aventure La Boucle Verte débute en Octobre 2016 à Toulouse. Tout juste diplômés d’une école de commerce, sensibilisés à l’entrepreneuriat et un peu rêveurs, nous voulions créer notre entreprise. Notre idée de départ pouvait se résumer ainsi :

    La croissance et la consommation sont les moteurs de notre économie. Cependant, les ressources de la planète sont limitées. « Et si on créait une entreprise capable de collecter tout objet, reste ou résidu pour le recycler, pour transformer tout déchet en une matière première qui a de la valeur. Une entreprise capable de réconcilier croissance économique et développement durable. »

    Ça y est, nous sommes gonflés à bloc, il nous reste maintenant à savoir par quel bout commencer. Un seul problème, nous n’avons ni argent, ni expérience, ni réseau, ni crédibilité. Il fallait commencer par quelque chose de très simple et cette bonne vieille canette métallique nous a séduit ! Soi-disant composée à 100% de métal et recyclable à l’infini, nous pensions pouvoir créer une logistique bien rodée afin de les collecter dans les fast-foods pour les revendre à des grossistes en métaux et qu’elles soient recyclées. Après avoir ruiné le coffre de la Seat Ibiza et s’être attiré les foudres des voisins pour avoir stocké les canettes dégoulinantes dans la cave de notre immeuble, il était temps d’apporter notre butin chez le ferrailleur grâce à la camionnette d’un ami. Une fois arrivés sur cette étrange planète boueuse et peuplée de centaines de carcasses de bagnoles, les canettes alu et acier préalablement triées sont pesées. Après s’être fait enregistrés, nous dégotons notre premier chèque. Et quel choc ! Il n’y avait pas d’erreur de zéro, nous avions bel et bien gagné 38€, même pas de quoi payer l’essence de ce mois de collecte et tout juste de quoi rentabiliser les sacs poubelles. A ce moment-là nous avons fait un grand pas dans notre compréhension du secteur du recyclage : la majorité des déchets ne valent pas le prix de l’effort qu’il faut faire pour les collecter, et, sans obligation réglementaire ou volonté de leur propriétaire de les trier, ces derniers n’ont aucune chance d’être recyclés.

    Pas question pour autant de baisser les bras, en tant que dignes start-upers very smart and very agile, nous devions simplement pivoter pour trouver notre business model et notre value proposition en disruptant le marché. OKAYYY !! Sinon en Français, il fallait trouver une nouvelle idée pour rentabiliser la collecte. Près de 5 mois s’écoulèrent pendant lesquels nous expérimentions tous types de solutions jusqu’à ce que le Can’ivor voie le jour : un collecteur de canettes mis gratuitement à disposition des fast-foods et qui sert de support publicitaire. Plus besoin de gagner des sous avec la vente des canettes, il suffisait de vendre de la pub sur le collecteur pour financer le service de collecte et dégager une marge. Une idée à première vue géniale que nous avons rapidement concrétisée en bricolant des bidons d’huile dans notre garage.

    Mais, après 6 mois de démarchage commercial à gogo, pas le moindre client pour nous acheter nos espaces publicitaires ! Sans doute n’étions-nous pas assez sexy pour les annonceurs, il fallait que ça ait plus de gueule et qu’on transforme l’image de la poubelle pour que le tri sélectif devienne un truc stylé et que la pub devienne responsable ! Notre ami Steve Jobs nous a enseigné que le design et le marketing étaient la clé pour pousser un nouveau produit sur un nouveau marché… Après avoir changé le look du Can’ivor, de logo, de slogan, de site internet, de plaquette commerciale, gagné quelques concours, chopé quelques articles, s’être payé les services de super graphistes, avoir créé toute une série de mots nouveaux, s’être familiarisés avec le jargon de la pub, avoir lancé la mode du « cool recycling », et réalisé une vidéo cumulant 3,3 millions de vues sur Facebook, nous commencions à peser dans le start-up game ! Et… les emplacements publicitaires se vendaient ! On parlait de nous dans les médias, nous passions sur BFM business, la success story voyait enfin le jour. Plus motivés que jamais, nous rêvions d’inonder la France avec nos collecteurs et faisions du repérage à Paris et Bordeaux…

    https://www.youtube.com/watch?v=n306emV4JSU&feature=emb_logo

    Le problème, c’est que nos clients étaient en réalité plus intéressés par le fait de nous filer un coup de pouce et de s’associer à notre image écolo que par notre service d’affichage en lui-même. Une fois le buzz terminé, les ventes s’essoufflèrent… Après s’être débattus pendant plus d’un an à tout repenser, il fallait se rendre à l’évidence, il n’y avait pas de marché pour notre service. Et nous avons pris en pleine poire la seule leçon importante qu’il fallait retenir en cours d’entrepreneuriat : se focaliser sur le besoin client. A vouloir absolument trouver un modèle économique pour collecter nos canettes, nous avons complètement oublié que pour vendre quelque chose il faut répondre au besoin propre à un individu ou une entreprise et qu’un besoin « sociétal » comme l’écologie ne suffit pas.

    Fin 2019, nous avons fait le choix de retirer l’intégralité de nos collecteurs munis d’emplacements publicitaires pour jouer notre dernière carte, celle du service de collecte payant. En l’espace de 3 ans, les mentalités avaient bien changé, nous étions reconnus à Toulouse et avions l’espoir que ce modèle plus simple fonctionne. Nous nous sommes alors mis à proposer des services de collecte multi déchets à tous types de clients en centre-ville. Malheureusement, après 4 mois d’essai, nous en sommes revenus à l’un de nos premiers constats qui était que la majorité des structures étaient prêtes à payer pour un service de collecte que si elles en étaient contraintes par un marché réglementaire. Après tant de tentatives, nous étions à bout de force, démotivés et à cours de trésorerie. Mais surtout, nous avions perdu foi en ce que nous faisions, nous ne nous retrouvions plus dans nos envies de départ. Même si nous sommes parvenus à collecter des centaines de milliers de canettes, nous étions principalement devenus des vendeurs de publicité. Et ces deux mondes sont tellement antinomiques, que nous avons perdu intérêt dans le projet. Et le pire (ou le mieux) dans tout ça, c’est que nous avons également perdu confiance dans le secteur tout entier du recyclage et dans cette idée de croissance « verte ». La Boucle Verte mourut.
    2) Les réalités de la filière emballages et du recyclage

    Lorsque nous nous sommes lancés dans le projet, notre premier réflexe a été de nous renseigner sur les emballages de notre quotidien pour en apprendre plus sur leur prix, leur recyclabilité, leur taux de recyclage et l’accessibilité des filières de valorisation. A l’issue de cela, la canette nous paraissait être un emballage idéal. De nombreux sites internet lui attribuaient le mérite d’être l’emballage le plus léger qui soit entièrement recyclable et à l’infini. On pouvait lire qu’une canette triée redonnait naissance à une canette neuve en 60 jours et que cet emballage était bien recyclé en France (60% d’entre elles). Persuadés de participer à une œuvre écologique et de pouvoir encore améliorer ce taux de recyclage, nous avons foncé tête baissée pour collecter nos canettes ! Mais, la suite de nos aventures et notre longue immersion dans les coulisses du secteur nous a montré une vérité tout autre. Nous ne parlerons pas de mensonges organisés, mais disons que bon nombre d’informations que l’on trouve sur internet sont très superficielles, enjolivées et se passent d’explications approfondies concernant le devenir des déchets. La manière dont sont rédigés ces documents nous laisse penser que la filière est très aboutie et s’inscrit dans une logique parfaite d’économie circulaire mais en réalité, les auteurs de ces documents semblent se complaire dans l’atteinte d’objectifs écologiques médiocres. Et pour cause, ces documents sont en majorité rédigés par les acteurs économiques du secteur ou les géants du soda eux-mêmes qui n’ont pour autre but que de défendre leurs intérêts en faisant la promotion des emballages. La filière boisson préfère vendre son soda dans des emballages jetables (c’est bien plus rentable), la filière canette promeut son emballage comme étant le meilleur et la filière en charge de la collecte ne peut gagner sa croûte que si des emballages sont mis sur le marché : principe de l’éco-contribution. Il est cependant un peu facile de leur dresser un procès quand nous sommes nous-mêmes consommateurs de ces boissons, mais il est grand temps de réformer ce modèle qui ne peut pas conduire à une réduction de la production d’emballages.

    Pour revenir aux fameux documents, on peut lire qu’en France, « 60% des canettes aluminium sont recyclées ». L’idée qui vient à l’esprit de toute personne lisant ceci, est que ces 60% proviennent de la collecte sélective, mais en réalité pas du tout. Seulement 20% des canettes sont captées par le tri sélectif à la source, le reste se retrouve avec le « tout venant » et est enfoui ou incinéré. Les 40% recyclés restant ne proviennent donc pas des centres de tri mais des résidus de combustion des incinérateurs (les mâchefers) qui contiennent également des dizaines d’éléments différents mélangés et carbonisés dont des métaux lourds. De cette part ci, 45% de l’aluminium (qui a grandement perdu en qualité) est extrait et parvient à rejoindre la filière classique (les fonderies) tandis que les 55% restants sont irrécupérables et utilisés avec les autres résidus dans le BTP comme sous couche pour les routes. Par ruissellement, les particules polluantes de ces déchets se retrouvent ainsi dans les nappes phréatiques…

    En bref, voici grossièrement ce qui devrait être écrit sur ces documents : « En France, 38% des canettes sont recyclées comme matière première secondaire, 22% sont valorisées en sous-couche routière, et 40% sont directement enfouies en décharge ». C’est tout de suite moins sexy.

    D’autre part, quiconque a déjà visité un centre de tri (ce pourrait être intéressant à l’école), est en mesure de comprendre qu’il est impossible de séparer parfaitement les milliers de modèles d’emballages différents, de toutes tailles, qui sont souvent des assemblages (carton + plastique), qui sont souillés et qui défilent à toute vitesse sur les tapis roulants. Et puis il y’a les erreurs de tri, qui sont en réalité la norme car même après avoir baigné 3 ans dans le milieu, nous-mêmes avons parfois des doutes pour certains emballages peu courants… C’est dingue, mais absolument personne ne sait faire le tri parfaitement et ce sont souvent les gens les plus soucieux de l’environnement qui ont tendance à trop en mettre dans leur bac ! Sur 5 camions qui arrivent au centre de tri, 2 repartent en direction de l’incinérateur : il y’a 40% d’erreurs ! Et cette infime part de nos déchets, qui parvient à sortir en vie des centres de tri devient alors une précieuse ressource comme le voudrait l’économie circulaire ! Mais non, même pas. Lorsque ces emballages ne trouvent pas de repreneurs (notamment quand les asiatiques ne veulent plus de nos déchets), certains matériaux comme le carton voient leur valeur devenir négative ! Oui, il faut payer pour s’en débarrasser… Et ce n’est pas fini, après la collecte et le tri, il faut passer au recyclage !

    Fin mai 2019, nous avons été invités par la filière aluminium à une réunion de travail et une visite du plus grand site de recyclage français de Constellium dans le Haut-Rhin. Alors que nous étions persuadés que nos bonnes vieilles canettes redonneraient un jour vie à de nouvelles canettes, nous avons eu la stupéfaction d’apprendre par les ingénieurs qui y travaillaient que les balles d’aluminium provenant des centres de tri français étaient inexploitables. Leur qualité était médiocre et il était par conséquent impossible de les utiliser comme matière première car la fabrication de canettes utilise des technologies très pointues et ne peut s’opérer qu’à partir de métaux d’une grande pureté… C’était le comble ! Depuis le début, aucune de nos canettes n’avait redonné vie à d’autres canettes. Quand on sait que les emballages métalliques sont considérés parmi les plus durables et facilement recyclables, on n’ose même pas imaginer le devenir de nos bouteilles plastiques et encore moins de tous ces nouveaux emballages qui font désormais partie de « l’extension de la consigne de tri ». Et même dans un monde idéal, très connecté et intelligent comme le voudraient certains, une canette ne pourrait être recyclable à 100% puisqu’elle n’est pas 100% métallique. En effet, sa paroi extérieure est recouverte de vernis et sa paroi intérieure est couverte d’une fine couche de plastique qui évite que le liquide ne soit en contact avec le métal. De plus, à chaque fois qu’un métal est fondu, une portion de celui-ci disparaît, on appelle cela « la perte au feu ». Quelque que soit donc la performance de notre système de collecte et de tri, il sera impossible de continuer d’en produire pour les siècles des siècles sans continuer d’extraire de la bauxite en Amérique Latine. Vous l’avez compris, le recyclage ce n’est pas la panacée ! Il devrait n’intervenir qu’en dernier recours et non pour récupérer la matière d’objets n’ayant servis que quelques minutes.

    La conclusion que nous avons tiré de cette histoire est que ce secteur, en très lente évolution, ne répondra pas aux enjeux de la crise écologique et qu’il promeut malgré lui la production d’objets peu durables et donc le gaspillage de ressources. Comme se plaisent à le répéter bon nombre d’associations « le meilleur déchet est celui qu’on ne produit pas » et dans un monde idéal, le seul déchet que nous devrions produire est celui d’origine naturelle, celui qui peut retourner à la terre n’importe où pour l’enrichir. La vision de La Boucle Verte était de créer des modèles d’économie circulaire qui fonctionnent comme la nature, mais quelle arrogance ! Lorsqu’une feuille tombe d’un arbre, elle ne part pas en camion au centre de tri. Et lorsqu’un animal meurt dans un bois, il n’est pas incinéré. La vraie économie circulaire, ce n’est pas celle qui tente d’imiter la nature, c’est celle qui tente d’en faire partie.
    3) L’illusion de la croissance verte

    Mais ne soyons pas trop durs avec le secteur du tri et du recyclage à qui l’on demande l’impossible. Nos problèmes sont bien plus profonds, ils émanent principalement de notre culture et sont accentués par un système économique globalisé et débridé. Avançant peu à peu dans ce monde de start-ups à la recherche de croissance rapide, nous avons fini par ouvrir les yeux sur plusieurs points.

    Tout d’abord sur l’innovation, innovation au sens du progrès technique et des nouvelles technologies. Cette formidable capacité humaine à innover a trouvé son lieu de prédilection en entreprise là où tout « jeune cadre dynamique » ne jure que par elle. Cette innovation permet de trouver des solutions aux problèmes que l’entreprise essaye de résoudre, tout en permettant de gagner un avantage compétitif. Globalement, ce que cette recherche constante d’innovation a apporté, c’est une complexification extrême de notre société, rendant au passage le travail de nos dirigeants infernal. Et dans un même temps, ces innovations technologiques successives ont eu un autre effet néfaste, nous pousser à consommer.

    Par exemple, internet était censé nous emmener vers une économie dématérialisée, nous pensions réduire drastiquement notre consommation de papier en nous orientant vers le numérique. Pourtant, entre 2000 et 2020, notre consommation de papier est restée quasiment la même et à côté de cela, l’ère du numérique a créé une infinité de nouveaux besoins et de nouvelles pratiques générant des consommations faramineuses d’énergie, la création de milliards de terminaux composés de métaux rares, et la fabrication d’infrastructures climatisées pour héberger des serveurs. Et bien qu’à première vue immatériel, envoyer un email émet autant de CO2 que de laisser une ampoule allumée pendant 1h… De plus, bon nombre d’innovations parfaitement inutiles voire nuisibles ont vu le jour. C’est le cas du Bit Coin dont la consommation électrique annuelle dépasse celle de la Suisse. Ces innovations participent de plus en plus à aggraver les inégalités et quand on sait qu’un avatar de jeu vidéo consomme plus d’électricité qu’un Ethiopien, il n’y pas de quoi se réjouir. Bien sûr, tout n’est pas à jeter à la poubelle (sans faire le tri) et nous sommes tous contents d’aller chez le médecin du 21ème siècle.

    Ces constats nous amènent tout droit à l’idée de croissance et plus particulièrement de croissance verte, en laquelle nous avions cru, et qui est actuellement plébiscitée par la majorité des pays qui voudraient que l’innovation technologique soit un remède aux problèmes écologiques (eux même engendrés par l’innovation technologique). Bon nombre d’entreprises et de start-ups s’attaquent alors aux grands défis à base de Green Tech, de Green Finance et de Green Energy… Le problème, c’est que la logique fondamentale reste inchangée : complexifier le système, corriger inlassablement les dégâts causés par les innovations précédentes et se trouver une excuse pour continuer de consommer autant qu’avant voire plus ! Pire encore, ces initiatives ont même un effet inverse délétère dans la mesure où elles ralentissent la transition en laissant penser aux gens qu’un avenir durable sans concessions et sans modification de nos comportements est possible grâce à l’innovation. Et cela nous l’avons vécu ! Au cours de notre aventure, nous avons été très surpris de constater à quel point une partie de la population pouvait avoir confiance en notre projet. Nous savions que notre impact environnemental positif n’était que limité à côté du désastre en cours, mais quelques personnes nous considéraient comme la génération de « sauveurs » ou alors déculpabilisaient d’acheter une canette, puisqu’après tout elle serait parfaitement recyclée.

    Et puis allez, soyons fous, gardons espoir dans la croissance. De la même manière que certains déclarent la guerre pour rétablir la paix, nous pourrions accélérer, croître encore plus vite pour passer un cap technologique et rétablir le climat ? Qu’en est-il vraiment ?

    A en croire les chiffres et les études de nombreux scientifiques, depuis 50 ans, la croissance du PIB a été parfaitement couplée à la consommation d’énergie (notamment fossile).

    Cela peut se comprendre de manière assez simple : plus nous produisons d’énergie, plus nos industries et nos machines tournent, plus nous produisons de nouveaux produits, plus nous croissons. Si l’on en croit ce couplage et cette logique simple, quoi que nous fassions, nous serons contraints pour continuer à croitre, de consommer toujours plus d’énergie !

    Faisons un petit calcul : Nous sommes en 2020 et nous partons du principe que nous consommons 100 unités d’énergie et que la consommation d’énergie continue d’être parfaitement couplée à la croissance du PIB. Si nous voulons 2% de croissance par an, quelle sera notre consommation d’énergie dans 50 ans ? Et dans 1000 ans ?

    Dans 50 ans : 100 x 1,02^50 = 269 unités

    Dans 1000 ans : 100 x 1,02^1000 = 39 826 465 165 unités

    Aussi incroyable que cela puisse paraitre, en 50 ans, on multiplierait notre consommation d’énergie par 2,69 et en 1000 ans par presque 400 millions ! Le problème de la croissance en math, c’est qu’elle suit une courbe exponentielle. Que nous fassions donc que 0,5% de croissance par an, que ce couplage finisse par se découpler un peu ou pas, que nous soyons 1 milliard sur terre ou 10 milliards, la croissance perpétuelle restera toujours insoutenable à long terme, alors pourquoi la continuer un an de plus ?

    Et là certains nous dirons : « C’est faux, on peut croitre sans consommer grâce à l’économie de la connaissance » ; « On peut produire de l’énergie qui ne pollue pas grâce aux énergie renouvelables ». Mais en fait non ! Nous sommes en 2020, et malgré une économie tertiarisée depuis longtemps, nous n’avons toujours pas perçu de découplage entre croissance du PIB et consommation d’énergie. Comme nous l’avons décrit à propos de l’ère du numérique, un service en apparence immatériel cache toujours une consommation d’une ressource matérielle. L’économie de la connaissance aura forcément besoin de supports physiques (ordinateurs, serveurs etc…) et nous serons toujours incapable de recycler tout parfaitement et sans pertes s’il ne s’agit pas de matière organique.

    Et pour ce qui est des énergies renouvelables, aucune à ce jour, n’est complètement satisfaisante sur le plan environnemental. Les éoliennes sont des monstres d’acier, sont composées de terres rares et produisent de l’énergies seulement quand il y’a du vent. Stocker l’énergie de ces épisodes venteux pour la restituer plus tard n’est pas viable à grande échelle ou pas performant (batteries au Lithium, barrages réversibles). Les panneaux photovoltaïques ont un mauvais bilan environnemental (faible recyclabilité et durée de vie). Il n’y a pas de région montagneuse partout sur la planète pour fabriquer des barrages hydroélectriques et ces derniers perturbent la faune aquatique et la circulation des sédiments… Cette incapacité à produire et stocker de l’énergie proprement rend donc notre fameuse voiture électrique aussi nuisible que la voiture thermique. Sa seule différence est qu’elle pollue de manière délocalisée : là où est produite l’électricité qui la fait rouler. Que cela soit clair, dans un monde limité où PIB et consommations de ressources sont liées, nous devrons décroître, de gré ou de force.

    Et même si cela était possible, et que nous devenions des humains augmentés, bourrés d’intelligence artificielle, capables de créer une sorte de nouvel écosystème technologique stable permettant d’assouvir notre besoin insatiable de croissance en colonisant d’autres planètes… Ne rigolez pas, pour certains ce n’est pas de la science-fiction ! Le milliardaire Elon Musk, véritable gourou des Startups, se penche déjà sur la question… Mais avons-nous vraiment envie de cela ?

    Alors après tout, est-ce que la croissance est indispensable ? Dans le modèle économique que nous avons créé, il semblerait… que oui ! (Sinon, le chômage augmente et on perd en qualité de vie). Et pourtant dans la vraie vie, quand une population est stable, il ne devrait pas y avoir besoin de voir ses revenus augmenter en permanence pour continuer de vivre de la même manière et que chacun ait sa place dans la société. En fait, il ne s’agit que d’un modèle économique, d’une convention humaine et en aucun cas de quelque chose d’immuable. Jusqu’à présent, on ne s’en plaignait pas parce qu’il y avait probablement plus d’avantages que d’inconvénients à croître, mais maintenant nous avons atteint les limites alors il faut changer de modèle, c’est aussi simple que ça ! Nous ne devrions pas pleurer comme un enfant qui apprend qu’il va déménager, le changement ça ne fait que du bien et quand on repense au passé on se dit parfois : comment ai-je pu accepter cela !?

    4) Une décroissance choisie et non subie

    Bon, on ne va non plus cracher sur l’ancien monde et revenir au Moyen Age. Cette croissance a permis des trucs plutôt cools il faut le dire : globalement il y’a plus d’obèses mais nous vivons en meilleure santé, il y’a moins d’esclaves et plus d’égalité homme femme, il y’a moins d’analphabètes et plus d’accès à la culture… Mais les faits sont là et comme le préconise le GIEC, nous devons en gros diviser par 3 notre consommation d’ici 2050. Du coup ça reviendrait à peu près au même que d’avoir le train de vie qu’avaient nos grands-parents quand ils étaient jeunes.

    Mais après tout, ne pourrait-on pas garder certaines bonnes choses et supprimer les moins bonnes. Et comment définir les bonnes et les moins bonnes ? Au lieu de faire notre sélection sur des critères économiques, on pourrait privilégier des axes assez simples comme l’intérêt pour la société et l’impact sur l’environnement.

    Alalala vous le sentez venir le débat infernal ! Déjà que les choses ne bougent pas vite mais alors là, avec un système où on doit débattre de tout ce qu’il faut garder et supprimer on n’est pas sortis de l’auberge ! Il y’aura toujours une bonne raison de justifier un produit polluant par sa dimension sociale ou culturelle et d’ici qu’on se soit mis d’accord, Français fous que nous sommes, il sera trop tard.

    A vrai dire, pour parvenir à nos objectifs dans la joie et la bonne humeur, tout se résume en quelques mots : il faut simplement changer de culture, changer d’idéal de vie, réaliser qu’acheter un nouvel Iphone ou des écouteurs sans fils n’est absolument pas nécessaire pour être heureux, se convaincre que la valeur d’une personne n’est pas définie par son salaire ou son job. En gros il faut tuer l’américain qui sommeille en nous et réveiller le poète. Et le mieux dans tout ça, c’est qu’on finit par y prendre gout. On se désintoxique de ce monde consumériste et on apprend à créer de nouveaux plaisirs, de nouvelles tendances ! La mode c’est vraiment quelque chose de rigolo, il suffit que des gens connus s’y mettent pour qu’on veuille tous s’y mettre comme des moutons. Si tous les chanteurs et joueurs de foot se trimbalaient avec des fringues de chez Emaus et des Nokia 3310, on vous garantit qu’on ferait cette transition écologique en moonwalk (mais en marche avant) ! D’accord, là on s’emballe un peu mais c’est pourtant bien la réalité. Une des seules craintes de l’être humain est de ne pas être accepté par la communauté. C’est encore difficile pour la majorité d’entre nous de s’imaginer vivre comme des « partisans de la décroissance » mais plus de gens s’y mettront, plus les autres suivront. Et pour ça, il suffit de changer de disque ! Certaines personnes arrivent à changer de religion, il y’a 400 ans, les rois portaient des perruques sur la tête et encore aujourd’hui sur cette planète, il y’a des tribus de gens avec des plumes plantées dans le derrière qui chassent à la sarbacane. Est-ce si absurde que ça de décroître ? Nous les Homos Sapiens (Hommes Sages parait-il) sommes très malins mais aussi très bêtes, parfois rationnel, parfois pas du tout. Nous sommes capables de nous empêtrer dans une situation pendant des siècles pour finalement en changer brusquement. Alors, dans cette dernière partie, on ne va pas vous bassiner avec des conseils éco-responsables bidons du type : « pensez à débrancher votre frigo quand vous partez en vacances pour économiser 10% d’énergie ». En fait, si la transition écologique doit se passer comme ça, elle va être chiante à mourir et en plus de ça on va échouer ! Alors oui, il faut drastiquement réduire notre consommation et aller acheter des carottes bio en vélo le samedi matin ne suffira pas. Il faut arrêter de prendre la voiture tous les jours, ne plus prendre l’avion et arrêter d’acheter des engins téléguidés au petit Mathéo pour son anniversaire. Mais honnêtement, est-ce vraiment grave !? La transition écologique ne doit pas être une punition mais une fête, elle doit être une volonté commune de changer de vie, un départ en vacances prolongé et bien mérité. Nous ne sommes pas des machines ! Il faut que la génération du « burn out » se transforme en génération du « go out ». Il faut qu’on arrête de bosser toute la semaine en ne pensant qu’au shopping qu’on va faire le weekend, il faut qu’on arrête de vouloir gagner la super cagnotte de 130 millions d’€ du vendredi 13, il faut qu’on arrête de s’entasser dans des métros tous les matins pour finalement avoir besoin de partir faire un break en Thaïlande pour déconnecter. Nous ne prenons même pas le temps d’apprécier la beauté de la nature au pied de notre porte alors pourquoi irions-nous faire un safari en Afrique ? Mais d’ailleurs, apprécions-nous réellement ces voyages quand nous passons les ¾ de notre temps derrière l’écran de notre appareil photo, que nous sommes regroupés avec d’autres occidentaux aussi inintéressants que nous et que nous continuons d’acheter du CocaCola à l’autre bout du monde ? Pour une fois, peut être que regarder un reportage animalier depuis notre canapé nous aurait fait plus rêver que de voir ces lions domestiqués se gratter contre la roue de notre 4x4 !

    Alors pour commencer, répartissons-nous sur le territoire, retournons vivre dans les villages au lieu de s’agglutiner en ville et redevenons des paysans, ce sera bien plus dépaysant ! Ces changements, ils sont déjà en train de se produire et tout va aller de plus en plus vite ! Il y’a 6 ans, pleins de potes de l’école rêvaient de devenir trader, parce que c’était un métier stylé où on gagne plein d’oseille. Mais aujourd’hui c’est devenu carrément la honte et les gens stylés sont des artisans, des artistes ou des agriculteurs. Et ça tombe bien parce que ce nouveau monde sera nécessairement un monde agricole. Pas avec des grosses moissonneuses batteuses, mais avec des milliers de petites mains qui travaillent la terre, qui produisent de la vraie nourriture, qui comprennent la nature, qui vivent de petites récoltes mieux valorisées et en circuits courts.

    Les entreprises aussi auront un rôle à jouer, mais en innovant pour simplifier la société et non pour la complexifier, en relocalisant les productions au plus près de consommateurs moins voraces, en préférant les produits durables à l’obsolescence programmée, en favorisant le réemploi plutôt que le recyclage, et en préférant les bonnes vieilles astuces de grand-mères aux artifices technologiques.

    Alors bien sûr, on se trouvera toujours des excuses pour passer à l’acte : « Je vais d’abord travailler dans le marketing à Paris histoire de mettre un peu d’argent de côté et que mes parents ne m’aient pas payé cette école pour rien », « Avec mon mari, on va attendre que la petite Lucie passe en CM2, il ne faudrait pas que ça la perturbe ». « Mais ! Comment vais-je trouver un travail à la campagne, je n’ai pas la formation qu’il faut ? ». Des excuses on s’en trouvera toujours et nous les premiers avons eu vraiment du mal à s’avouer vaincus et à lâcher La Boucle Verte. C’est difficile de construire quelque chose pendant longtemps, de dépenser beaucoup d’énergie pour finalement devoir repartir à zéro. Et pourtant c’est bel et bien ce que nous devons faire collectivement et dès maintenant. Bien que tragique, cette crise du Coronavirus est une chance inouïe, c’est une aubaine. Elle aura cassé notre lente routine destructrice, elle nous aura libéré de la consommation excessive, nous aura fait ralentir et vivre une récession. Alors saisissons cette chance et ne reprenons pas tout comme avant le 11 mai.

    Un grand merci à tous ceux qui nous ont soutenu et ont participé à l’aventure La Boucle Verte. Nous souhaitons beaucoup de succès à nos compères toulousains Les Alchimistes Occiterra et En boîte le plat qui de par leurs projets sont respectivement dans une logique de valorisation naturelle des biodéchets et de réduction des emballages à la source. Pour ce qui nous concerne, nous allons profiter de cette période pour prendre un peu de repos à la campagne. Et quand nous reviendrons, il est fort probable que ce soit à base de low tech ou d’agriculture. On essaiera de vous donner des nouvelles sur les réseaux sociaux La Boucle Verte et de vous partager des articles qui nous inspirent !

    Bonne santé et bon courage à tous pour affronter cette crise.

    L’équipe La Boucle Verte

    https://www.linkedin.com/pulse/la-d%C3%A9sillusion-dune-start-up-de-l%C3%A9conomie-circulaire-charles-dau
    #économie #croissance_verte #emballages #recyclage #entrepreneuriat #start-up_nation #développement_durable #croissance_économique #canettes #aluminium #alu #ferrailleur #déchets #publicité #marketing #cool_recycling #buzz #besoin #écologie #tri #Constellium #perte_au_feu

  • #Deeptech_Tour : la tournée des campus

    Plus de 20 étapes au cœur de l’#innovation_technologique

    #Bpifrance part à la rencontre des chercheurs et des doctorants afin de créer des ponts entre le monde de la recherche et celui de l’#entrepreneuriat. Première étape de cette #tournée des campus : #Grenoble, le 19 septembre 2019.


    https://www.bpifrance.fr/A-la-une/Evenements/Le-Deeptech-Tour-47085
    #start-up #start-up_nation #France #université #technologie

  • Proposition de loi de M. Daniel Fasquelle portant sur le rachat des
    start-up financées par les aides publiques

    « Lorsque la start-up rachetée par un très grand groupe a bénéficié
    des aides publiques réservées aux jeunes pousses, le bénéficiaire
    final de l’aide publique n’est autre que le groupe qui l’absorbe – et
    ce, parfois peu d’années après que la start-up a bénéficié de fonds
    publics.

    Il est donc proposé que la plus-value réalisée à l’occasion de telles
    acquisitions revienne à la puissance publique dans une proportion
    correspondant à la part du financement public dans le financement
    initial total de la start-up.

    Cette règle aurait l’avantage majeur d’assurer à la collectivité
    publique un juste retour sur investissement, tout en évitant qu’un
    groupe ultra-dominant ne soit à brève échéance le bénéficiaire final
    de l’investissement public. Le système serait tempéré par une
    dégressivité : plus les créateurs de la start-up conservent celle-ci
    longtemps, moins la somme à reverser à la puissance publique est
    importante. (…)

    http://www2.assemblee-nationale.fr/documents/notice/15/propositions/pion2235/(index)/depots

  • Tout comprendre sur #Parcoursup

    Pour comprendre la nature de “Parcoursup”, il faut partir de l’expérience directe, sans tenter d’y plaquer des interprétations hatives ou idéologiques. Pour la plupart des lycéens — ceux que les communicants qui encombrent désormais l’appareil d’Etat appellent “nos jeunes” — le processus d’affectation dans l’#enseignement_supérieur se présente comme une boîte noire nimbée de brouillard, comme une obscure Machine.

    Son #opacité ne tient pas tant à l’interface numérique par laquelle se font les connexions que dans l’impression diffuse de ne pas connaître les règles d’un “jeu” qui s’apprête à déterminer la place sociale qui sera assignée à chaque “candidat” pour le reste de son existence.

    Les familles qui entendent faire de leurs rejetons des “premiers de cordée” ne découvrent pas la #guerre_scolaire à cette occasion : elles s’y livrent depuis la maternelle, renforçant la #ségrégation_sociale par mille artifices de contournement, de choix d’options “astucieuses” et de falsification d’adresse. Parcoursup officialise l’idée que les formations universitaires — y compris celles aussi standardisées que des licences d’une même discipline — ne se valent pas. Dès lors, ce qui fut une orientation devient recherche active des filières les plus valorisables, c’est-à-dire celles qui, en l’absence de mécanismes de brassage social, permettront d’obtenir les meilleures places dans la hiérarchie socio-économique. C’est du moins ce dont les concepteurs souhaitent convaincre les classes moyennes. Mais comment savoir quels sont les “parcours” qui permettront d’accroître son “portefeuille de compétences” de sorte à en obtenir les “dividendes” matériels et symboliques les plus généreux ? En effet, hormis les Grandes Écoles, qui assurent la formation des cadres, les formations sont essentiellement les mêmes partout. D’où l’effet de brouillard.

    Les “premiers de cordée” se reconnaissent en ceci qu’ils “ont du réseau” leur permettant d’obtenir informations précieuses et passe-droits. L’#opacité du système est en partie délibérée comme en témoigne le démantèlement des services d’orientation nationaux (#ONISEP et #CIO). Cependant, participent à l’#angoisse générée par la Machine toutes sortes de #dysfonctionnements, d’accrocs, d’#erreurs de débutant, qui admettent une explication simple et donc probablement juste : derrière la prétention de la #Start-Up_Nation à transformer les services de l’Etat en plateformes numériques automatisées se cache un amateurisme sans bornes. Ainsi, l’équipe technique incompétente recrutée par le ministère en charge de l’enseignement supérieur s’est montrée incapable d’écrire un logiciel sans bug, malgré la simplicité algorithmique : appeler les “candidats” dans l’ordre dans lequel les formations les ont classés, au fil des désistements. Du reste, il n’est qu’à voir le visage de Mme Vidal rongé par les anxiolytiques, lorsqu’elle débite d’une voix pâteuse les éléments de langage préparés par les communicants de son cabinet, avec des chiffres arrangés quand ils ne sont pas tout simplement faux, pour comprendre que l’angoisse générée par Parcoursup s’étend à tous ceux qui ont été mis au service de la Machine : les bacheliers, bien sûr, mais aussi les responsables des formations qui produisent les classement des “candidats” et l’ensemble de la #bureaucratie ministérielle occupée à calfeutrer les voies d’eau qui se multiplient quotidiennement. Que le ministère en charge de l’enseignement supérieur soit entièrement tourné désormais vers le micro-management le plus insignifiant, n’est pas le moindre des paradoxes du dispositif. Au final, le mantra répété jusqu’à la nausée par la ministre, “Remettre de l’Humain dans la Machine”, n’est pas si faux que cela, qui évoque métaphoriquement ces usines de nuggets à destination de la restauration rapide, qui broient ce qui reste des poulets une fois amputés de leurs filets et de leurs cuisses.

    La boule au ventre qui étreint les lycéens au moment de choisir la discipline à laquelle ils entendent se former, comme moyen particulier d’aller vers une autonomie de pensée, ne s’arrête pas le jour où tombent, comme un couperet, les affectations. Les “premiers de cordée”, un sur cinq environ, obtiennent ce qu’ils souhaitent dès le premier jour et c’est l’objet même de la Machine que ce soit le cas. Le système d’affectation précédent, qui n’était certes pas la panacée mais ne reposait pas sur un classement des “candidats”, parvenait à attribuer son premier vœu à un bachelier sur deux. Avec Parcoursup, plus de la moitié des “candidats” sont “mis en attente” pour l’intégralité des formations demandées, y compris celles, au fond non souhaitées, qui constituaient des choix stratégiques de repli. Et ce purgatoire a été conçu pour durer très longtemps. N’importe quel informaticien pouvait prédire que la suppression des vœux hiérarchisés engendrerait des “deadlocks” algorithmiques, ralentissements induits lorsque des processus concurrents s’attendent mutuellement, ne laissant d’alternative à l’interprétation qu’entre le cynisme et l’incompétence totale. Ainsi, il restait plus de 47000 candidats sur le carreau à la rentrée 2018, principalement des lycéens ayant obtenu un bac “pro”. Les éléments de langage produits par le ministère et repris sans vérification par la presse quotidienne transformèrent ce fait tiré des statistiques du ministère lui-même en : “moins de 2500 candidats encore en attente”. Au final, l’angoisse générée par la “mise en attente” a une fonction importante : faire accepter avec soulagement une formation pour laquelle le “candidat” n’a ni affinité ni appétence.

    Faire patienter, c’est dominer

    En résumé, Parcoursup est une machine à dévorer du temps pour permettre à une minorité de choisir librement leur formation et pour le plus grand nombre, d’être répartis au cours d’une grande loterie anxiogène.

    Bien qu’il soit important de rendre compte des effets concrets que Parcoursup produit, il ne faut pas le réduire à un dispositif technique mais en analyser les motivations.

    Parcoursup a d’abord une dimension gestionnaire et répond à un problème précis : comment ne pas investir dans l’#Université_publique, alors même que la population étudiante est supposée s’accroître de 30% entre 2010 et 2025. Cela représente quelques 400 000 étudiants en plus, soit une vingtaine d’universités à construire. La réponse est simple : décourager les inscriptions par tous les moyens y compris par l’augmentation des #frais_d’inscription pour les étrangers, “caser tout le monde” en bourrant les formations désertées de “sans fac”, et augmenter à moyens constants les capacités d’accueil des formations (de 10% en 2018). Si cela ne suffit pas, Parcoursup permet techniquement de recourir à la sélection stricte.

    Deuxième dimension du dispositif, Parcoursup en finit avec un système qui permettait à tout bachelier de faire les études universitaires de son choix. Le dispositif reprend le contenu de la #loi_Devaquet là où l’assassinat de Malik Oussekine par les voltigeurs motocyclistes l’avait interrompu en 1986. Parcoursup signe ainsi la mise à mort du #baccalauréat, remplacé à l’entrée de l’Université par de la mise en #concurrence : chaque formation produit, à partir des notes de contrôle continu, des options choisies dans le secondaire et de données sur l’origine sociale (CV, lettres de motivation, etc.) un #classement des “candidats”. L’#examen_terminal est remplacé par une évaluation des “#portefeuilles_de_compétences” directement inspirée des pratiques managériales. On trouve là un premier fondement idéologique de Parcoursup, qui rompt avec les idées promues par la Révolution Française, assignant à l’enseignement une fonction émancipatrice : développer, à des fins de citoyenneté, l’usage critique de la raison individuelle. Parcoursup participe de la tentative d’amener tout le monde à se penser et à se comporter en entrepreneurs d’eux-mêmes, individuellement responsables de leur destin.

    Simultanément, le baccalauréat ayant été, pendant plus d’un demi-siècle, l’épreuve initiatique de passage à l’âge adulte pour la classe moyenne, sa disparition vise aussi à infantiliser les jeunes adultes. Le retour du service national, affublant “nos jeunes” d’un uniforme hybride entre le vigile de supermarché, le gardien de prison et le policier, confirme cette volonté d’humiliation et de torture douce. Tout concourt à repousser l’âge de l’autonomie financière et intellectuelle en transformant progressivement la licence en “lycée du 21e siècle”, terme qui tint lieu un temps de résumé programmatique à la candidature de Macron à la présidentielle, d’après les Macronleaks.

    Ces deux facettes de Parcoursup — déposséder les jeunes adultes de leur autonomie et simultanément les rendre responsables de leur position sociale — ne sont antagonistes qu’en apparence. Elles contribuent toutes deux à la fiction méritocratique, ce supplément d’âme dont “on” a doté la reproduction sociale. Plus précisément, Parcoursup (tout comme la loi Blanquer) s’inspire d’une supercherie : la théorie du capital humain. Cette “théorie” vise à naturaliser les inégalités économiques, en produisant un argumentaire à destination des classes moyennes faisant porter la responsabilité des hiérarchies sociales aux individus, et non à l’organisation de la société. Pour empêcher de penser l’héritage, d’une part, et la reproduction du capital, d’autre part, comme étant les mécanismes primordiaux de production des inégalités, il s’agit de postuler que les revenus des individus proviennent de la fructification de leur “capital de compétences”. L’important n’est pas que ces “compétences” existent, qu’on puisse les mesurer, c’est de créer les conditions sous lesquelles les individus soient amenés à se vivre eux-même comme portefeuilles de compétences en quête de valorisation, acceptant de facto leur position dans la hiérarchie sociale sans se révolter. Telle est la fonction anesthésiante de la nimbe d’angoisse et de pression autour de Parcoursup. Mais ce n’est pas tout. Si suivre une formation universitaire permet d’accroître ses revenus futurs, alors l’entrepreneur de lui-même se doit d’investir dans son portefeuille de compétences et donc de payer l’Université, en empruntant si besoin.
    Faire patienter, c’est occuper. Et l’occupation, c’est le début de la colonisation culturelle.

    Dans quel projet global de société, la vision de l’Université portée par Parcoursup s’inscrit-elle ? L’Université moderne est née en France avec la IIIe République, la dissolution des institutions médiévales à la Révolution ayant conduit à liquider toute autonomie du système facultaire et à créer des écoles professionnelles sous contrôle de l’État. Elle conserve aujourd’hui une triple anomalie en héritage du 19e siècle : le système des grandes écoles, la centralisation parisienne et l’absence d’autonomie du corps professoral vis-à-vis des pouvoirs dont il dépend. Elle a eu de ce fait une incapacité chronique à s’adapter aux mutations socio-économiques de son temps. Au 19e siècle, et jusqu’à la seconde guerre mondiale, la demande vis-à-vis de l’Université a été le développement de la recherche pour appuyer la révolution industrielle et former les nouvelles classes moyennes, témoignant d’une supériorité du modèle humboldtien de liberté d’enseigner, de rechercher et d’apprendre sur le modèle napoléonien. Après guerre, la demande des classes dirigeantes a changé de nature, tirée par le compromis fordiste, le plein emploi et la concurrence du bloc marxiste-léniniste : il s’est agi de combler le déficit de main d’œuvre qualifiée par la constitution d’une première Université de masse développant une formation à et par la recherche. Après 68, et tout au long des années 1970, une nouvelle demande a émergé, venant des étudiants eux-même et des milieux militants portant une exigence d’émancipation, de critique sociale et d’autonomie intellectuelle, produisant enfin de réelles universités au tournant du 21e siècle, malgré l’héritage douloureux de grandes écoles inaptes à la recherche. Depuis deux décennies maintenant, l’émergence d’un libéralisme autoritaire a conduit à une reprise en main, sur fond de désindustrialisation, de chômage de masse et de crise systémique. Les classes dirigeantes se moquent, pour l’essentiel, de l’Université où elles n’envoient pas leurs enfants se former — les business schools ont “bâti autour d’eux un mur d’ignorance et d’erreur". Aussi ont-elles bondi sur la première pensée indigente émise par un économiste d’Harvard : ne conserver que dix universités (au sens humboldtien), pour assurer l’activité de recherche nécessaire à l’innovation technique.

    Quelle ambition, dès lors, pour l’écrasante majorité des bacheliers issus des classes moyennes, et pour les classes populaires ? Aucune. Nada. Un vide de pensée politique. Dans la mesure où, d’une part, la production marchande peut être assurée par 10% de la population, l’Asie tenant lieu d’usine mondiale et où, d’autre part, les 10% de classes moyennes supérieures sont formées dans les grandes écoles, les 80% de classes moyennes inutiles à l’ordre économique dominant ne servent à rien. Leur formation intellectuelle et pratique est une non-question. Les universitaires ne sont rien d’autre qu’un poids mort pour les finances publiques. Même s’ils sont pour la plupart frappés de stupéfaction ou occupés à des activités courtisanes, ils disposent encore de trop de temps non-contraint pour ne pas représenter un danger. Dès lors, en l’absence d’idée, tout est mis en œuvre pour créer un marché de l’enseignement supérieur, ce qui suppose de différencier les parcours et les établissements, et de les mettre en concurrence. C’est très exactement ce à quoi contribue Parcoursup, comme brique dans une construction au long cours. La suite est connue dans les grandes lignes : créer les conditions pour accroître la part du privé dans le marché nouvellement constitué ; paupériser les établissements de proximité et y avoir recours massivement au travail précaire ; déréguler les statuts des universitaires pour abaisser les coûts salariaux ; accroître la “double hétéronomie autoritaire de l’université, envers l’encadrement administratif et envers la commande des marchés”.

    L’heure n’est plus à la défense conservatrice d’une Université qui n’existe de facto plus — si tant est qu’elle ait jamais existé — mais à la reformulation d’un projet de transformation radicale de la société qui inclue l’ensemble du système éducatif. Il devient non seulement nécessaire mais urgent de retrouver le contrôle de nos existences, de nous donner du temps pour penser et de faire de nos vies des terrains d’expériences.

    https://lundi.am/Tout-comprendre-sur-Parcoursup
    #parcours_sup #sélection #éducation_supérieure #université #attente #patience

  • Adoptez un étudiant-entrepreneur

    Invitation à la soirée « Adoptez un étudiant-entrepreneur » :

    Comme chaque année le Pépite oZer a labellisé une promotion d’étudiants-entrepreneurs en graine (110 cette année) qui ont dorénavant un an pour aller au bout de leur projet et de leur rêve !
    Et comme chaque année, ils seront appuyés par les conseils les plus précieux pour un créateur : les vôtres !

    Vous souhaitez devenir tuteur pour l’année 2018-2019 ? Découvrir les projets des étudiants-entrepreneurs avant de vous positionner ?
    Participez à la soirée de lancement du tutorat le 15 novembre 2018 au Pépite oZer à partir de 18h !
    Inscription (ctrl + clic)

    En une soirée : découvrez le rôle de tuteur, rencontrez les étudiants-entrepreneurs et leurs projets via un speed-meeting et adoptez en un ou plusieurs si le cœur vous en dit !

    Cette soirée sera l’occasion également de vous présenter une série d’évènements préparés en partenariat avec Michel Cezon de Cogiteo à destination de la communauté des tuteurs engagés cette année.
    L’objectif est de permettre aux tuteurs, tutrices de monter en compétence, d’acquérir des savoir-être et savoir-faire liés à la posture d’accompagnant.

    Programme de la soirée « Adoptez un étudiant-entrepreneur » :
    18h-18h15 : accueil des participants
    18h15-18h45 : Présentation du rôle de tuteurs et des évènements tuteurs, co-animé par Cogiteo.
    19h-20h30 : speed tutoring : découvrez et adoptez un ou des étudiants-entrepreneurs !
    20h30-21h00 : Buffet, moment convivial !

    Nous enverrons à tous les inscrits, le catalogue des projets de la promotion étudiants-entrepreneurs actuelle, pour que vous puissiez repérer en amont vos Pépites !
    Si vous ne pouvez pas être présent le 15/11, inscrivez-vous tout de même pour recevoir ce catalogue projet !

    #Entrepreneurialement_vôtre,

    Anaïs ALLEMAND
    Chargée de projets événementiels
    11 rue des mathématiques
    38400 St Martin d’hères
    PÉPITE oZer - Pôle Étudiant Pour l’Innovation, le Transfert et l’Entrepreneuriat
    Communauté Université Grenoble Alpes
    Tel : +33 (0)4 76 82 84 95
    Mail : anais.allemand@univ-grenoble-alpes.fr

    Reçu par email. Pour de vrai. Je vous jure.
    Je pense que je vais mettre sur ce fil toutes ces horreurs qui nous arrivent par mail...

    #start-up_nation #Grenoble #Université_de_Grenoble #entreprenariat #Université_Grenoble_Alpes #France #université

    Notez bien que vous pouvez adopter un « étudiant-entrepreneur », mais pas une étudiante entrepreneuse !
    #genre

    • Et toujours l’Université de Grenoble... mais côté genre...

      Of Mountains and Men in a Changing World - NEW !

      Taught in English, this interdisciplinary program is designed for undergraduate or graduate level students with an interest in environmental change and sustainable development in mountainous regions. Students from all disciplines are welcome.

      The course will cover the processes and mechanics of how mountains are built and examine the relationships between environmental change and human activity in mountainous regions.

      Topics include mountain ecosystem degradation and strategies for restoration, management of risks such as debris and soil erosion, protection and development of special mountain resources, local economic development and social welfare, urbanism.

      https://www.univ-grenoble-alpes.fr/en/main-missions/international/come-to-the-uga/short-programs-102600.kjsp

      On mountains and MEN, les #femmes... on s’en tape !

    • Crève la #ComUE, vive la Commune

      De la Loi Travail à la Loi Vidal, voilà que le politique a refait surface sur les campus universitaires, après quelques années de calme plat. Et il était temps ! Derrière ces deux lois se cache une même logique, la même qui se cache encore derrière la fusion des universités, derrière la « restructuration » des bibliothèques d’UFR, derrière la transformation de l’université en entreprise, avec sa marque, sa publicité, ses slogans pétés, sa fête de rentrée et sa communication 2.0. Cette logique, c’est celle du néolibéralisme, de la concurrence et de l’individualisme. C’est celle qui sépare les individus les uns des autres, les enjoint à être flexibles et dynamiques, à se percevoir comme un produit, à se vendre, être monnayables.

      Au printemps 2016 comme au printemps 2018, nous avons bloqué et occupé nos facs. Par le blocage, il s’agissait de sortir du rythme infernal « métro-cours magistraux-boulot », pour déployer notre propre temporalité. Par l’occupation, il s’agissait de nous réapproprier nos lieux d’études, de les habiter pleinement. Et à chaque fois, la présidence nous a répondu par la répression. Bah ouais, logique. Car il ne s’agissait pas simplement d’un mouvement de contestation d’une loi précise, mais de l’affrontement entre deux conceptions du monde, antagonistes l’une à l’autre.

      La première, à laquelle nous nous opposions, est la gestion managériale du monde. Dans nos filières, durant nos études, nous avons pu voir le fonctionnement de cette machine gestionnaire, qui prétend gouverner jusqu’à nos vies mêmes. Nous avons vu comment elle broie celleux qui n’ont pas de thunes ou le capital social nécessaire pour réussir, les obligeant à trouver un taf à coté de leurs études. Nous avons vu comment le champ de la recherche était réglé, fermé, hiérarchisé, guidé par des impératifs économiques et les modes universitaires. L’université actuelle est régie par des impératifs de rentabilité. C’est à dire que le champ de la recherche, et plus encore celui de la recherche appliquée, est délimité et circonscrit par les intérêts de grands groupes industriels, militaires et financiers. Conséquemment, la valeur des recherches est mesurée à l’aune de leur valeur économique, et uniquement de celle-ci.

      À cette conception du monde, et donc de l’université, nous opposons l’autonomie. « Une relation n’est possible que parce que les limites des individus ne sont pas tracées une fois pour toutes – qu’elles ne se confondent aucunement, par exemple, avec les contours de notre enveloppe corporelle. Elle offre toujours la possibilité d’un débordement commun, mutuel, des limites de notre individualité. » (Collectif pour l’intervention, Communisme : un manifeste) En bref, le monde, les êtres, se traversent les uns les autres, leurs trajectoires se croisent, s’agencent, se tissent les unes aux autres. L’autonomie, c’est assumer cette interdépendance, et faire croître les possibles qui s’y trouvent. Quand le capitalisme dissocie les êtres de leurs milieux de vie pour assurer ses prises, créer des dépendances, et devenir celui par qui il faut nécessairement en passer pour vivre et assurer sa subsistance, l’autonomie réelle s’oppose à la croyance en des individus indépendants les uns des autres. Elle s’oppose aux médiations électorales, médiatiques, juridiques, policières, technologiques, qui s’insinuent partout et tout le temps dans nos existences. Elle propose de reprendre en main, collectivement et immédiatement, notre vie quotidienne. L’autonomie permet de retrouver une capacité effective à agir sur le réel, d’avoir prise sur le monde. Elle permet l’émancipation collective. Elle est à la fois le moyen et la fin.

      Et si nous critiquons les institutions au sein desquelles nous étudions, nous refusons de choisir « entre d’une part la désertion pure et simple de l’école et d’autre part l’invariable réformisme revendiquant davantage de moyens pour ressusciter une école plus ’juste’ et plus ’équitable’. En réalité, aucune de ces deux orientations n’est capable de subvertir l’institution scolaire comme dispositif de pouvoir : l’une parce qu’elle en accepte d’emblée le cadre et ne le remet pas en cause, sauf de manière superficielle, l’autre parce qu’elle s’en détache entièrement, renonce à lutter à partir d’elle et ce faisant, la laisse tout aussi intacte. La désertion, si elle opère une coupure subjective, un dégagement individuel ou micro-collectif à l’égard du pouvoir académique, n’envisage pas, de fait, l’école comme un espace de lutte. Elle ne se donne pas les moyens adéquats pour l’attaquer et pour participer aux mouvements antagoniques qui y naissent. Quant au réformisme, il traîne avec lui son éternel cortège de mystifications, de compromis impossibles et de synthèses fumeuses : la police de proximité, le capitalisme éthique, la prison à visage humain, le nucléaire responsable… » (De l’université à la commune, Lundi Matin #140, 3 avril 2018)

      De là découle notre désir de porter une autre conception de l’apprentissage, de la transmission et de la connaissance. Une conception qui se veuille politique, par la remise en question des rapports de domination insidieux qui existent dans le système universitaire, dans le cours magistral. Cela passe par l’expérimentation de dispositifs horizontaux et l’attention permanente à la façon dont nous interagissons les un.e.s avec les autres. Par la destitution de la relation verticale et unidirectionnelle habituelle professeur.e-étudiant.e pour laisser surgir une constellation de relations horizontales, multidirectionnelles. « Qu’il s’agisse de mathématiques, des gestes nécessaires pour s’occuper d’un potager, ou des postures adéquates pour pratiquer un art martial, transmettre un savoir, ce n’est pas faire passer un contenu préexistant dans la tête d’un autre, comme on verse un liquide d’un contenant à un autre. C’est bien plutôt accepter d’avoir à modifier ’son’ savoir pour se rendre capable de le transmettre, et par là même accepter d’être transformé.e dans le moment même où s’opère la transformation d’un autre. C’est cela qui a lieu malgré l’école ou l’université, et non pas grâce à elles. » (Collectif pour l’intervention, Communisme : un manifeste, Nous, 2008)

      Sans attendre, l’université doit sortir de l’université, se glisser dans les interstices de la métropole, là où s’expérimentent d’autres formes de vie et de lutte comme dans les squats, sur les zads et les piquets de grève. Et s’inspirer de ce qu’il s’y vit, mais qui ne trouve aucun espace ou presque pour exister dans nos universités. D’un même geste, il s’agira de mettre fin à cette séparation absurde entre savoirs intellectuels et manuels, de lier la théorie et la pratique, décloisonner les mondes militants et universitaires. Et c’est aussi toute la conception universitaire de la recherche dont il nous faut nous débarrasser, une recherche prétendument neutre car scientifique, avec des disciplines bien séparées les unes des autres, et ce malgré la nouvelle mode des approches inter, trans ou pluri-disciplinaires. La notre voudra assumer qu’elle est une prise de parti au sein d’un conflit politique, d’un conflit entre plusieurs conceptions de l’existence. C’est pourquoi elle sera indisciplinée, indisciplinaire, politique et surtout collective. Il n’y aurait pas la vie d’un côté et la lutte de l’autre, ou la lutte d’un côté et la recherche de l’autre. La recherche part toujours d’un parti pris : elle est toujours partisane. Et toute entière, notre existence est politique.

      Aussi, le capitalisme néolibéral n’est pas le seul ennemi contre lequel nous avons à nous battre. Et quand nous affirmons que notre existence est politique, c’est que les structures de domination qui nous oppressent ne sont pas des structures abstraites. Elles traversent chacun.e de nous, et nous en sommes des rouages. Et si nous voulons les détruire, nous devons bien sûr attaquer les institutions qui les promeuvent, les maintiennent et les défendent, mais aussi les détruire en nous. Pour nous, combattre ces oppressions n’est possible que collectivement.

      Dans la recherche de ces nouvelles formes d’apprentissage et de transmission, nous savons que nous nous heurterons à de nombreux obstacles. L’administration, bien sûr, nous mettra des bâtons dans les roues. C’est attendu. Nous mêmes aussi, qui devrons apprendre à défaire nos habitudes les plus ancrées : nous avons grandi dans une société individualiste, méritocratique, hiérarchique, fondée sur l’exploitation et l’oppression. Bien sûr, il ne suffira pas d’un peu d’expérimentation politique et de zbeul pour détruire le monde qui nous broie. Mais nous savons aussi que nous ne sommes pas seul.e.s et nous avons confiance en l’inventivité de nos complices, présent.e.s ou à venir. Ce printemps, un collectif appelait à la constitution d’une force autonome, à sortir de « l’isolement que créé l’éloignement géographique de nos campus respectifs » et coordonnant nos initiatives. Multiplier les espaces autonomes au sein de nos universités pourrait amorcer une telle dynamique, en permettant les rencontres lors de séminaires autonomes, de chantiers collectifs ou de carnavals sauvages. De là pourraient naître de nombreuses initiatives : recherche autonome en collectif, revue sur les luttes étudiantes, potagers sauvages, documentaires et enquêtes militantes, etc, ces initiatives pouvant s’alimenter les unes les autres, à l’échelle de plusieurs universités. De la, aussi, pourrait partir une conflictualité politique au sein de l’université, qui ne soit pas dans l’attente du prochain mouvement social. Il ne tient qu’à nous de nous en donner les moyens. Car il n’y a pas d’université alternative à construire mais des mondes à faire.

      https://lundi.am/Creve-la-ComUE-vive-la-Commune

  • L’Éducation Nationale et l’“esprit Start-Up” : vers une nation de (micro-)entrepreneurs !

    Au niveau du Ministère
    Le Ministère a inauguré en juin dernier le 110 bis, le lab d’innovation de l’éducation nationale, un « programme d’innovation de l’éducation nationale ».

    Source : 110 bis : programme de l’inauguration du lab d’innovation de l’éducation nationale (Ministère de l’Éducation nationale)
    http://www.education.gouv.fr/110bislab/cid131006/110-bis-programme-de-l-inauguration-du-lab-d-innovation-de-l-educatio

    Dans sa description, par une sorte de retournement absurde du en même temps, le "lieu" se défend cependant d’être un simple incubateur de startups tout en avouant l’être quand même :

    Le 110 bis, c’est :
    – un « bis-lieu » : il fait partie intégrante du ministère de l’Éducation nationale mais on y fait autrement ;
    – un écosystème apprenant : les acteurs qui gravitent autour s’enrichissent mutuellement et nourrissent le 110 bis de leurs productions ;
    – un cadre neutre d’échanges horizontaux : les échanges se font dans un esprit d’ouverture et de bienveillance, toutes les idées peuvent y être exprimées ;
    – un commun : tous les usagers et partenaires du 110 bis sont à la fois dépositaires et bénéficiaires des ressources et des services du 110 bis.
    Le 110 bis, ce n’est pas :
    – un espace pour faire des réunions dans un cadre moderne mais un ensemble de ressources facilitant le travail collaboratif ;
    – une vitrine dédiée au numérique et aux nouvelles technologies : les innovations sociales, organisationnelles, de services, etc. y ont aussi toute leur place ;
    – un objet figé répondant à une description unique mais une gamme de ressources et services (compétences, équipements, financements, etc.) en constante évolution ;
    – un « fablab », un laboratoire de recherche, un incubateur, un accélérateur de startups, un espace de coworking, etc. mais sans doute un peu tout ça à la fois.
    Source : Bienvenue au 110 bis, le lab d’innovation de l’éducation nationale (Ministère de l’Éducation nationale)
    http://www.education.gouv.fr/110bislab/pid37871/bienvenue-au-110-bis-le-lab-d-innovation-de-l-education-nationale.htm

    Pour les enseignant·e·s
    Connaissiez-vous le site beta.gouv.fr ? Il a tout - jusqu’au nom - du canular, mais semble réel. Ce site porte start-ups et incubateurs, définis ainsi sous le vocable de produits :

    Le portefeuille de Startup d’État
    Une Startup d’État est un service public sans personnalité juridique propre, constituée d’une petite équipe totalement autonome.
    Elle est financée par une administration porteuse qui lui garantit un espace de liberté pour innover.
    Elle naît de l’identification d’un problème rencontré par les citoyens comme par les agents publics, qu’elle se donne pour objectif de résoudre grâce à un service numérique.
    66 Startups d’État incubées dans 6 incubateurs, 21 sorties d’incubation, dont 9 abandonnées.
    Source : https://beta.gouv.fr/startups

    Or, l’une des startups d’État concerne le dispositif des CP dédoublés, dispositif phare du Ministre et du gouvernement en terme d’éducation. Son objectif est de « Faciliter le passage en classe à 12 pour les enseignants et maximiser la valeur de ce dispositif pour les élèves ». A priori, il s’agit d’une banque de ressources pédagogiques, pour la plupart assez classiques sous forme de tutos vidéos produits par les enseignant·e·s eux·elles-mêmes, adossée à un compte Twitter (ou l’inverse ?).

    Source : Classes à 12 (Startup d’État)
    https://beta.gouv.fr/startup/classes12.html

    Et surtout… pour les élèves

    Des événements et des dispositifs doivent permettre aux enseignant·e·s de diffuser l’esprit Start’Up auprès des élèves du second degré. Ainsi l’opération “Option Startup” (octobre 2018) est présentée comme suit :

    Option Startup est l’événement de la rentrée à destination des collégiens et lycéens. […] [Il] permettra à plus de 15 000 jeunes partout en France de découvrir avec leurs enseignants des lieux d’innovation, des startups, des profils d’entrepreneurs et des métiers, peu, voire pas connus à fort potentiel de recrutement.
    Durant 4 jours, les classes sont invitées à se rendre avec leurs enseignants, dans l’un des 300 sites d’innovation et startups participants (incubateurs, startups, pépinières d’entreprises, accélérateurs, fablabs, espace de coworking, tiers lieux) pour vivre au travers de rencontres interactives, de démonstrations et d’ateliers pratiques, 600 programmes de découverte autour de 24 thématiques.
    Source : https://www.optionstartup.fr/presentation

    En suivant ces événements, le dispositif Start’up Lycée peut se déployer (cf. http://www.startuplycee.fr). L’équivalent pour les collégiens semblent avoir été envisagé (cf. http://cache.media.education.gouv.fr/file/Decouvrir_le_monde_socio_eco/05/2/Fiche_action_StartUp-College,_Startup-Lycee_Presentation_), mais ne semble pas encore exister concrètement.

    Dans le même esprit, il semblerait que les lycéen·ne·s, notamment des voies technologiques et professionnelles, soient engagé·e·s à donner à la vie lycéenne la forme de micro-entreprises, là où le modèle était jusqu’à maintenant celui du club ou de l’association. Des collègues en témoignent, quelques traces peuvent être trouvées sur des sites institutionnels locaux (établissements, académies), mais étonnamment je n’ai trouvé aucun document officiel cadrant ce volontarisme ministériel.
    Le plupart des créations de micro-entreprises lycéennes semblent être reliées au programme “Entreprendre pour apprendre (EPA France)”.
    Cf. http://www.entreprendre-pour-apprendre.fr

    Tout cela est à rapprocher de la montée en puissance depuis plus de 20 ans d’opérations, de fondations et d’initiatives ministérielles visant à “rapprocher l’école de l’entreprise”.
    Exemples :
    – un dispositif : « Faites de l’entreprise » proposé par une antenne régionale de la CGPME
    http://www.ac-lyon.fr/cid94555/-faites-de-l-entreprise-rapprocher-l-ecole-et-l-entreprise.html
    – des opérations de sensibilisation : “Semaine École-Entreprise” (novembre 2018)
    http://www.education.gouv.fr/cid56498/semaine-ecole-entreprise.html
    – des ressources ministérielles : “Éducation - Économie : rapprocher l’École et le monde économique”
    http://www.education.gouv.fr/pid30800/education-economie-rapprocher-ecole-monde-economique.html
    – la mise en place d’un conseil ad-hoc : “Le conseil national éducation-économie”
    http://www.cnee.fr
    – Un Centre d’Etudes et de Recherches sur les Partenariats avec les Entreprises et les Professions (Cerpep) proposant aux enseignant·e·s de courts stages en entreprise
    http://eduscol.education.fr/pid31533/le-cerpep-c%C5%93ur-relation-education-economie.html
    – Etc.

    Difficile de ne pas faire le lien avec les réformes en cours de l’enseignement des Sciences Économiques et Sociales :

    Adieu classes sociales et enjeux contemporains ! Reçue par le Conseil supérieur des programmes, l’Association des professeurs de SES (Apses) a du se contenter d’une présentation orale des futurs programmes. Les nouveaux programmes opèrent un net recadrage des contenus enseignés dans le sens d’un renforcement de la micro-économie et de la nette séparation entre économie et sociologie, bloquant tous débats de société.
    Source : Les nouveaux programmes aseptisés de SES dévoilés par l’Apses (Le Café Pédagogique)
    http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2018/10/09102018Article636746666141069559.aspx

    #éducation #économie #SES #entreprise #startup

  • Le naufrage de la #start-up_nation...

    Star du numérique toulousain, l’accélérateur de #start-up #Ekito explose en vol

    Référence de l’accompagnement des jeunes pousses de la ville rose depuis trois ans, chouchou des politiques, Ekito est aujourd’hui aux portes du #tribunal de commerce. La faute à un patron qui a vu trop grand, trop vite ? Retour sur un naufrage.

    https://www.mediacites.fr/toulouse/enquete-toulouse/2018/10/23/star-du-numerique-toulousain-laccelerateur-de-start-up-ekito-explose-en-v
    #Toulouse

  • Quand une députée LREM organise des excursions à l’Assemblée nationale... facturées 119 euros
    https://www.crashdebug.fr/actualites-france/13955-quand-une-deputee-lrem-organise-des-excursions-a-l-assemblee-nation

    Ça commence bien pour cette député LREM, elle n’as pas du comprendre qu’elle était censé être au service du peuple, ...pas de ses intérêts… LOL !, Ça promet pour l’avenir..., Hum ? Qui à dit que c’était « révélateur… » ??? ; ) Faites attention à ce que vous dites sur les réseaux sociaux, l’ombre de la « Team » d’Emmanuel Macron n’est pas loin..., vous pourriez avoir de la visite chez vous…

    Pascale Fontenel-Personne a été élue députée LREM en juin. - Twitter @f_personne

    Pascale Fontenel-Personne, députée macroniste de la Sarthe, est également présidente d’une entreprise de voyages touristiques. Sur son site, "Access Tour Le Mans" propose aujourd’hui des excursions à l’Assemblée nationale pour le prix de 119 euros... en présence de la députée, bien sûr.

    Les députés de La République en marche (LREM) (...)

    #En_vedette #Actualités_françaises

    • les commentaires du Figaro sont Drolatiques

      duterte michel
      La Sarthe ???
      une malédiction, sans doute !

      Chreck
      Celui qui cogne avec son casque, celle qui mord les chauffeurs de taxi, celle qui se moque des défunts, et celle qui fait payer pour visiter l’assemblée...
      Le casting est réussi.
      Désolant et désopilant.

      Berry 36
      J’ai visité l’assemblée et pourtant le député etait ump,il ne m’a rien fait payer... incroyable non !!!

      Belaro35
      Qu’a t’elle fait jusqu’à présent à l’assemblée ? (source nosdeputés.fr)
      0 intervention en commission
      0 intervention dans l’hémicycle
      0 amendements
      0 rapports
      0 questions
      Sinon souvent présente !!!

      Moimh
      A peu près un par semaine, il restera combien de propre de LREM d’ici la fin de l’année ?

      Youssef M. 
      « mon nom est personne »
      Film Hilarant qui retrace « la ruée vers l’or » durant la conquête de l’ouest.…de Paris

      Super Résistant2709
      Voilà ce qui arrive quand on se fait élire pour ne servir à rien.

      S et KOH
      Je me demande quelle sera la prochaine frasque des députés "En Marche". Peut-être un atelier de fausse monnaie dans leurs bureaux de l’Assemblée ?

      bellino 2
      A partir du moment ou elle travaille a mi-temps moitié comme deputé et moitie dans son entreprise il faut lui couper le salaire de député et ces avantages en deux .

      Pratt
      Soudain ici, nous avons gens éclairés de droite qui sont outrés des agissements de ce député LREM. Alors que quelques mois auparavant ils défendaient M. Fillon, Balkany. Nous attendons pour le premier ses preuves. Trop drôle. Certainement une mémoire/analyse sélective .

      FilipJeza
      C’est Macron pris au mot avec son État startup.
      La cerise sur le gâteau : "Je n’ai rien à me reprocher"
      Elle est plus perspicace lorsqu’il s’agit de profiter de son statut d’élu pour faire tourner sa petite boutique.

  • Les projets radicaux d’Emmanuel Macron pour « réinventer » la #SNCF
    http://www.lemonde.fr/economie-francaise/article/2017/09/06/les-projets-radicaux-d-emmanuel-macron-pour-reinventer-la-sncf_5181512_16569

    Le document est passé sous les radars durant l’été, mais il ne manque pas d’importance pour qui s’intéresse à l’avenir du transport en France. Samedi 1er juillet, à bord du TGV inaugural de la ligne à grande vitesse Le Mans-Rennes, le président de la République, Emmanuel Macron, a longuement expliqué comment il souhaite voir se réformer la SNCF à un panel de dix cheminots invités à échanger avec lui.

    Les extraits-clés de ce dialogue ont été publiés sur trois pages, courant juillet, dans le magazine interne de la SNCF, Les Infos Le Mag, que Le Monde s’est procuré. Et le chef de l’Etat n’a pas mâché ses mots, allant jusqu’à détailler les modalités et le calendrier de l’explosive réforme de la retraite des cheminots qu’il verrait bien se mettre en place dès 2018.
    […]
    Le chantre de la « #start-up_nation » veut même transformer le mastodonte ferroviaire en une « entreprise d’agrégation de mobilités ». Un discours qui reprend quasi mot à mot les grands slogans assénés depuis longtemps par M. Pepy. « Demain, j’attends de SNCF qu’il soit un opérateur intégré qui dira : je sais vous emmener en train puis en car, puis vous louer un taxi ou une solution de covoiturage ou de vélo en ville, etc., explique le chef de l’Etat. Beaucoup ont encore le sentiment, parce que c’est notre imaginaire collectif, que la fierté de SNCF, c’est d’avoir de beaux trains, de belles gares et des infrastructures. Ce n’est pas vrai. Ce sont les voyageurs, les chargeurs, les données les concernant qui ont de la valeur dans cette entreprise. »

  • La militarisation des entreprises
    « il y a des points communs entre une start-up et un système totalitaire ! » Mathilde Ramadier
    https://www.youtube.com/watch?v=Ct7CzeM292g

    Mathilde Ramadier, auteur de « Bienvenue dans le nouveau monde - Comment j’ai survécu à la coolitude des startups »(Premier Parallèle), dénonce, à travers ses expériences professionnelles, l’enfer des start-up. Sous une apparence de « cool attitude », les start-up prônent en réalité une concurrence impitoyable entre leurs jeunes employés jetables et sous-payés...Ecorama du 13 juin 2017 présenté par David Jacquot, sur boursorama.com.

    #start-up #travail #brutalité #open_space #flicage
    Lire aussi : https://seenthis.net/messages/574591 de @nicod_ , par exemple.

  • Les start-up : la vraie France des assistés

    Le grand timonier Macron veut faire de la France une "start-up nation".
    Dans nos sociétés modernes-innovantes-à-la-pointe-du-progrès, il n’y a plus d’argent pour les hôpitaux, pour les trains régionaux, pour l’hébergement d’urgence, pour que les aides à domicile aient des conditions de travail décentes, etc. Par contre, il y en a toujours pour les start-up. C’est ce qu’ils appellent le fameux « modèle grenoblois ». Un modèle qui encense la R&D (recherche et développement) et l’esprit entrepreneurial, tout en reposant sur un pillage de l’argent public, une philosophie inepte et des procédés immoraux. Aujourd’hui, Le Postillon vous raconte l’histoire d’Ebikelabs, une jeune start-up sur laquelle pèsent des soupçons de trafic d’influence avec des élus de la Métro (voir www.lepostillon.org/Le-trafic-d-influence-co-construit.html). Elle promeut le « vélo électrique connecté », et a été fondée par un certain Maël Bosson, qui désire « sauver la démocratie par les start-up ». Bienvenue dans ce petit monde innovant où l’argent public coule à flots.

    Voir la suite de cet article sur :
    https://www.lepostillon.org/Les-start-up-la-vraie-France-des-assistes.html

    #Pillagedelargentpublic #StartupNation #véloélectrique #modèlegrenoblois