• #Spot 10.12.25 #Aurora_Vanchiglia Transfemminista – Due chiacchiere con l’associazione Disform – Come sta il giornalismo sportivo italiano? – Notizie flash dallo sport
    https://radioblackout.org/podcast/spot-10-12-25-aurora-vanchiglia-transfemminista-due-chiacchiere-con-l

    L’Aurora Vanchiglia Transfemminista torna alla guida di questa puntata di SPOT ma non è sola! In questa puntata facciamo due chiacchiere con l’associazione DISFORM, che si occupa di formazione, sensibilizzazione e inclusione nello sport. Qui il questionario sul Safeguarding:Safeguarding nello sport, quanto ne sai e come lo vivi?https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSdDTVVCzfmehioNmC56zYLx9gRt5vvXsGGvhn0ZclGD2dSDyA/viewform Per info seguitel3 qui! https://disform.ithttps://www.instagram.com/thewayyoufeelin Ci chiediamo […]

    #aurora_vanchiglia_transfemminista #calcio #calcio_femminile #sport_popolare #sport_transfemminista #stereotipi_di_genere #Tranfemminismo
    https://radioblackout.org/wp-content/uploads/2025/12/S3ep3-10-Dic-25.mp3

  • La Différence invisible

    Marguerite a 27 ans, en apparence rien ne la distingue des autres. Elle est jolie, vive et intelligente. Elle travaille dans une grande entreprise et vit en couple. Pourtant, elle est différente. Marguerite se sent décalée et lutte chaque jour pour préserver les #apparences. Ses gestes sont immuables, proches de la manie. Son environnement doit être un cocon. Elle se sent agressée par le #bruit et les bavardages incessants de ses collègues. Lassée de cet état, elle va partir à la rencontre d’elle-même et découvrir qu’elle est autiste #Asperger. Sa vie va s’en trouver profondément modifiée.

    https://www.editions-delcourt.fr/bd/series/serie-la-difference-invisible/album-la-difference-invisible
    #livre #autisme #BD #bande-dessinée
    #invisibilité #diagnostic #différence

    • Couleur d’asperge. Le jour où j’ai découvert que j’étais asperger

      Comment vivre avec ses différences quand personne ne sait les expliquer ?

      Lusun n’est pas comme les autres. Elle déteste qu’on la touche, regarder les gens dans les yeux lui fait peur, le bruit la rend anxieuse et sa franchise maladroite pousse le monde à la considérer d’un œil curieux… À l’école, tout le monde la rejette et à la maison, elle communique difficilement… Petit à petit, des idées noires s’immiscent dans son esprit : elle ne correspond pas à la norme et c’est un mal dont elle est la seule responsable. Aucun mot n’est posé sur ses différences, aucune explication ne lui est donnée sur ses états d’âmes... Pour apprendre à comprendre qui elle est vraiment, devenir autonome et s’accepter, Lusun traverse les vingt premières années de son existence entre doutes, colères et tristesse. Parfois pourtant, elle accède à quelques moments de répits, des petits instants de joie offerts par sa famille, son meilleur ami Jérôme Bouton et son obsession pour le rubik’s cube. Elle reste toutefois instable jusqu’au jour où un diagnostic est posé sur sa situation : Lusun est Asperger. Enfin elle sait ! Enfin elle comprend ! Enfin ! Elle s’explique ses comportements décalés. Enfin ! Lusun peut être correctement accompagnée. Une nouvelle vie peut commencer.
      Témoignage autant qu’outil de compréhension Couleur d’asperge met en scène l’anxiété sociale provoquée par le syndrome d’Asperger. Cela dit, au fil de la lecture, il devient clair que le mal-être des personnes touchées par cette forme d’autisme n’est pas tant lié à ses symptômes qu’à un manque d’accompagnement et de compréhension. Drakja au scénario et Gery au dessin livrent dans les pages de leur première bande dessinée, un récit de fiction juste et réaliste inspiré de leurs vécus et parsemé d’histoires personnelles. Un roman graphique touchant, optimiste et chaleureux.

      https://www.glenat.com/vents-douest/couleur-dasperge-9782344035511

    • https://fr.wikipedia.org/wiki/Syndrome_d'Asperger
      où l’on peut lire :

      L’autisme reste difficile à définir. Sa classification fait l’objet de débats multidisciplinaires. Le syndrome d’Asperger (SA) écouter la prononciation françaiseⓘ, est généralement reconnu comme faisant partie des troubles du spectre de l’autisme (TSA), un ensemble de troubles neurodéveloppementaux présentant des caractéristiques proches et difficilement dissociables (d’où l’utilisation du terme « spectre de l’autisme »). L’Organisation mondiale de la santé (OMS) distingue au sein de ce spectre, sous le qualificatif de « trouble envahissant du développement » dans la CIM-10, l’autisme infantile, le syndrome d’Asperger et l’autisme atypique. Ils sont caractérisés par des troubles de la communication et des interactions sociales qui créent une situation de handicap chez l’individu. Ils sont accompagnés de comportements et de centres d’intérêt restreints ou de comportements répétitifs. De nombreux points communs existent entre l’autisme dit « sévère » et le syndrome d’Asperger, qui sont considérés comme situés aux deux extrêmes du spectre de l’autisme[1]. L’autisme « typique » (autisme infantile, dit « autisme de Kanner ») se distingue du syndrome d’Asperger essentiellement par le retard dans l’apparition du langage. Par ailleurs, il peut y avoir un handicap intellectuel dans l’autisme typique, alors qu’il n’y en a pas dans le syndrome d’Asperger[2]. Parmi les troubles envahissants du développement (TED), l’autisme infantile et le syndrome d’Asperger réunissent les caractéristiques classiques de la triade autistique : difficultés de communication et d’interactions sociales, comportements répétitifs et intérêts restreints[

      Plusieurs questions relatives à l’identification et à la classification du syndrome d’Asperger restent en suspens. Il tend à ne plus être considéré comme une entité distincte, ce qui pose la question de son existence même[4], notamment en raison du doute sur la nécessité de le distinguer de l’autisme à haut niveau de fonctionnement[5],[6],[7],[8].

      La psychanalyste Maria Rhode[source insuffisante] rappelle que la distinction entre le syndrome d’Asperger et l’autisme est récente. Pour elle, chaque personne avec Asperger est unique et l’Asperger pourrait constituer un spectre autistique à lui tout seul[9]. La Classification internationale des maladies (CIM-10) publiée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en 1993 s’interroge déjà sur la validité nosologique de ce syndrome[Att12 1]. La 4e édition du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-IV) fait figurer le syndrome d’Asperger au sein des « troubles envahissants du développement »[10]. La dernière édition (DSM-5), publiée en 2013, élimine le diagnostic du syndrome d’Asperger pour l’intégrer au sein d’un nouveau diagnostic de « troubles du spectre de l’autisme », et attribue une échelle de sévérité (sévère, moyen ou modéré)[11]. La CIM-11 reprend cette formulation habituellement traduite « troubles du spectre de l’autisme », comportant l’ensemble des niveaux de fonctionnement intellectuel et de capacité de langage[12]. Le nouvel item diagnostique correspondant au syndrome d’Asperger est renseigné sous le nom de « trouble du spectre de l’autisme sans trouble du développement intellectuel et avec une légère ou aucune altération du langage fonctionnel »
      Malgré l’élimination du diagnostic de ce syndrome, le nom de « syndrome d’Asperger » reste utilisé dans la culture populaire et les médias. L’élimination du syndrome d’Asperger dans les classifications officielles suscite des critiques, et des approbations[15]. Certaines personnes concernées voient dans cette élimination une attaque à leur identité, une communauté forte de personnes se dénommant elles-mêmes « Aspies » s’étant développée au cours des années 2000[15]. D’autres craignent que le diagnostic de TSA échappe aux personnes antérieurement diagnostiquées « Asperger »[15]. En faveur de l’élimination du syndrome d’Asperger, le diagnostic de TSA est vu comme plus inclusif, et en faveur de la neurodiversité, l’élément « Asperger » étant jugé élitiste[15]. Plus récemment, une controverse relative au passé de Hans Asperger et au contexte de création de cette entité diagnostique fournit d’autres arguments en faveur de l’abandon de cette dénomination[16].

      Donc, oui, dans ce domaine de la psychiatrie, ça bouge continuellement.
      De plus, le terme « Asperger » a permis à toute une communauté de s’identifier en tant que tel. Ça non plus, ça ne va pas faciliter toutes ces tâches d’éclaircissement par rapport à ce" trouble de la personnalité".

      On peut aussi lire cette autre page avec profit :
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Hans_Asperger

  • Steve Cropper : ses 12 titres essentiels - Rolling Stone
    https://www.rollingstone.fr/steve-cropper-12-chansons-essentielles-stax-soul-blues

    Steve Cropper n’a jamais eu la renommée grand public d’un Jimi Hendrix ou d’un Eric Clapton, mais il était le guitar hero des guitar heroes. Avec un son instantanément identifiable, sa guitare pouvait chanter (l’intro et les breaks de « Soul Man » de Sam & Dave), groover (« Green Onions » de Booker T. & the M.G.’s) et bâtir une architecture complexe et pleine d’âme autour de la voix idéale (« I’ve Been Loving You Too Long » d’Otis Redding). « Je me fiche d’être sur le devant de la scène », a-t-il déclaré un jour. « Je suis un membre de groupe, j’ai toujours été un membre de groupe. » Peu importe la chanson, il savait quoi jouer. Voici les enregistrements essentiels de Cropper.

    (...)
    Sam & Dave – « Soul Man » (1967)

    « Play it, Steve ! » De son riff d’ouverture carillonnant à la figure rythmique serrée qui glisse sous les couplets, en passant par le contrepoint lead des refrains, le jeu de Cropper sur « Soul Man » est une masterclass absolue dans l’art de la guitare R&B. (...)

    https://youtu.be/S_OX2HwWy-o?si=2-4QFfKrUwrZ7vV_

  • Puntata del 02/12/2025@0
    https://radioblackout.org/podcast/puntata-del-02-12-2025

    Il primo argomento della puntata è stato quello del rinnovo del Contratto Collettivo Nazionale Lavoro #Telecomunicazioni, per analizzarlo abbiamo intervistato Diego del sindacato #cub che lavora per Fibercoop. Il contratto di fatto non è stato ancora firmato, ma qualche giorno fa è uscita una bozza di ipotesi di accordo tra le associazioni di categoria e […]

    #blocchi_stradali #call_center #ccnl_tlc #EX_ILVA #FIOM_Genova #Genova #lotte_operaie #maschera #metalmeccanici #milano #operai #sciopero #Stefano_Bonazzi #Teatro_Scala #tribunale_del_lavoro #vittoria
    https://radioblackout.org/wp-content/uploads/2025/12/F_m_02_12_Diego-CUB-Fibercoop-su-bozza-nuovo-ccnl-tlc.mp3

  • Santé sexuelle : Sidaction s’alarme de la montée en puissance des discours masculinistes auprès des jeunes - Public Sénat
    https://www.publicsenat.fr/actualites/sante/sante-sexuelle-sidaction-salarme-de-la-montee-en-puissance-des-discours-

    31 % des 16-34 ans « se sentent plus puissants » sans préservatif

    66 % des jeunes hommes âgés de moins de 34 ans connaissent au moins un influenceur dit « masculiniste », et 37 % disent consulter ces contenus. Parmi ceux au fait de ces publications, plus d’un tiers les considère rassurantes sur leur manière « d’être un homme » (38 %), assure qu’elles leur donnent « une autre vision que celle portée par les féministes » (48 %), ou affirme qu’elles les ont inspirés à « mettre en pratique des conseils pour devenir un homme meilleur » (34 %). Plus alarmant encore, la moitié d’entre eux pense que ces discours disent « enfin la vérité » (51 %).

    • Les hommes et le masculinisme : péril sur la santé sexuelle - Sidaction
      https://www.sidaction.org/communique/sondage-opinionway-les-hommes-et-le-masculinisme

      Les résultats de l’enquête montrent que les hommes perçoivent un climat d’hostilité à leur encontre. 52% des hommes (16-59 ans) trouvent que la société s’acharne sur eux et 36% pensent qu’il est plus difficile d’être un homme qu’une femme dans la société française aujourd’hui. Pour 6 hommes sur 10, les médias caricaturent les hommes depuis Metoo (58%). Les répondants adoptent un discours victimaire : plus d’un homme sur 2 considère que les hommes sont trop souvent accusés de #violences_sexuelles exagérées ou mensongères (53%).

      La #virilité reste un marqueur normatif puissant. Un homme sur deux juge important d’être viril (51%) et ils sont autant à déplorer que les hommes ne le soient plus suffisamment (46%).

      Selon Florence Thune, directrice générale de Sidaction, « le sondage nous révèle que la virilité continue de jouer un rôle déterminant dans la construction identitaire des hommes. Et ce n’est pas sans conséquence sur leurs comportements sexuels puisqu’ils sont bien trop nombreux (40%) à penser qu’être un homme, c’est oser prendre des risques, y compris sexuels ».

      La virilité intervient directement dans la décision de porter un #préservatif ou non. 31% des 16-34 ans se sentent plus puissants quand ils ne portent pas de préservatif ou estiment que les femmes doivent respecter les hommes qui refusent d’en porter (32%). 1 jeune sur 6 pense que le préservatif est un signe de faiblesse (16%).

      Plus préoccupant encore : un homme sur dix (11%, et un jeune homme de 25-34 ans sur cinq, 18%) affirme comprendre le “#stealthing”, soit le fait qu’un homme retire son préservatif sans prévenir son/sa partenaire s’il estime qu’on le lui a imposé. Chez ceux qui adhèrent aux théories masculinistes, ils sont 34% à caut cautionner cette pratique répréhensible (+23 points par rapport à la moyenne).

      « Ces croyances envers les discours masculinistes fragilisent la prévention, augmentent les prises de risque, et déstabilisent profondément la culture du consentement, pourtant centrale dans la lutte contre le VIH et les autres infections sexuellement transmissibles » indique Florence Thune. « Il est inquiétant de voir qu’un tiers des jeunes hommes pensent que demander explicitement le #consentement « gâche la spontanéité » (37% pour les 16-34 ans) et ou qu’un homme ne peut être tenu responsable si la femme ne dit pas clairement “non” (35% pour les 16-34 ans) ».

      Les discours masculinistes s’articulent autour d’une #misogynie importante et une #domination violente. Les représentations à l’égard des femmes restent imprégnées de suspicion et de jugements négatifs : 43% des 16-34 ans pensent qu’une femme qui multiplie les partenaires « ne se respecte pas ». 1 jeune sur 4 pense qu’une femme positive au #VIH ou à une autre #IST est une femme qui a eu trop de partenaires sexuels (25%) ou qu’une femme qui exprime ouvertement son désir sexuel ne cherche pas vraiment à être respectée par les hommes (24%).

      Pour contrer l’influence de ces discours toxiques, dans un contexte où les découvertes de séropositivité chez les 15-24 ans ont augmenté de +41 % en 10 ans (selon les dernières données de Santé Publique France), où les IST augmentent et où l’usage du préservatif recule, Sidaction souligne l’urgence de renforcer l’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle (EVARS). Les séances d’EVARS constituent aujourd’hui le levier le plus solide et le plus éprouvé pour lutter contre ces idées reçues, développer l’esprit critique et renforcer la prévention.

      Sidaction, avec Le Planning familial et SOS homophobie ont saisi le tribunal administratif de Paris pour faire respecter la loi de 2001 qui prévoit trois séances annuelles d’éducation à la sexualité pour les élèves, de l’école au lycée. Leur déploiement complet dans les établissements scolaires, conformément aux obligations légales, n’est plus seulement un enjeu éducatif : c’est un impératif de santé publique.

      Rapport OpinionWay détaillé en pdf :
      https://www.opinion-way.com/wp-content/uploads/2025/11/OpinionWay-pour-Sidaction-Les-hommes-et-le-masculinisme-Decembre-2025.p

    • https://www.ladn.eu/nouveaux-usages/your-body-my-choice-la-guerre-des-sexes-est-ouverte

      En détournant le slogan féministe « my body, my choice », le commentateur d’extrême droite Nick Fuentes, 26 ans, illustre la vitalité des thèses masculinistes aux États-Unis.

      https://www.lefigaro.fr/international/ton-corps-mon-choix-qui-est-nick-fuentes-cet-extremiste-americain-dont-le-s

      Nick Fuentes, de son vrai nom Nicholas Joseph Fuentes, est né le 18 août 1995 dans l’Illinois. Il se fait un nom dans le monde politique américain en 2022 lors d’une de ses conférences, nommée America First, dans laquelle il fait l’éloge d’Adolf Hitler en affirmant que les médias ont comparé Vladimir Poutine à l’ancien dictateur allemand « comme si ce n’était pas une bonne chose », rappelle le magazine Rolling Stone .

      https://rapecrisis.org.uk/get-informed/types-of-sexual-violence/what-is-stealthing

      The key points

      The definition or meaning of the word ’stealthing’ is when someone removes a condom during sex without the other person’s consent or lies about having put one on in the first place.
      Stealthing is rape under English and Welsh law. This means that someone who carries it out can be prosecuted for rape.
      Like all rape, stealthing is a very serious crime that carries a maximum sentence of life in prison.
      ’Stealthing’ is a slang word, not a legal term. The legal term for this act is ’rape’.

  • La nostalgie de l’ère Merkel gagne les cœurs allemands

    Mais c’était de la merde l’ère Merkel. vous vous rendez compte que c’était l’époque du #dumping_fiscal. C’est là que vous avez coulé vos voisins européens (et amis ?), tout ça pour maintenir la tête hors de l’eau ? Ou pour enrichir vos riches ? Les fonds de pension américains ? Vous avez bien profité, avec l’image de la vertu.

    https://www.courrierinternational.com/une/une-du-jour-la-nostalgie-de-l-ere-merkel-gagne-le-c-ur-des-al

    Faudrait que je retrouve l’article du Diplo qui métaphorisait l’Allemagne par le Mythe de Faust (vers 2012) pendant son méga dumping social.
    https://www.monde-diplomatique.fr/2011/10/UMBRECHT/21100
    Il y a aussi le livre „Entschuldigung ! Ich bin deutsch“, assez libéral, centre droit, qui dépeint une Allemagne qui se recherche. Et se trouve dans la victoire économique.

    –—

    Der Merkel-Kult gewinnt in Deutschland immer mehr an Bedeutung

    Aber die Merkel-Ära war doch Scheisse. Ist Ihnen eigentlich klar, dass das eine #Steuerdumpings-ära war? Damals haben Sie Ihre europäischen Nachbarn (und Freunde?) ruiniert, nur um selbst über Wasser zu halten? Oder um Ihre Reichen zu bereichern? Die amerikanischen Pensionsfonds zu finanzieren? Sie haben sicherlich profitiert und dabei ein tugendhaftes Image vermittelt.

    Ich sollte mal den Artikel in Le Monde Diplomatique (von 2012) suchen, der den Faust-Mythos als Metapher für Deutschlands massives Sozialdumping verwendet.

    Es gibt da auch noch das Buch „Entschuldigung! Ich bin Deutsch“, ziemlich liberal, Mitte-rechts, das ein Deutschland auf der Suche nach sich selbst schildert. Und das sich schließlich im wirtschaftlichen Sieg wiederfindet.

    #allemagne #économie

  • Orientation postbac : pourquoi les femmes choisissent moins les sciences que les hommes

    Si les filles sont beaucoup moins enclines que les garçons à se diriger vers des filières scientifiques, c’est bien entendu lié pour une part à la persistance des stéréotypes de genre. Mais d’autres facteurs entrent en compte lors des processus d’orientation scolaire. Explications à partir d’une enquête de la Chaire pour l’emploi et l’entrepreneuriat des femmes (Sciences Po).

    https://theconversation.com/orientation-postbac-pourquoi-les-femmes-choisissent-moins-les-scien

    –-> je signale ici non pas pour le thème qui est mis en avant, mais pour deux critiques majeures des choix éditoriaux du titre et de la photo :
    – le titre : il n’y a que les #sciences de la vie et de la terre (dites aussi, de manière erronée et caricaturale « #sciences_dures ») qui sont considérées comme une #science... les #sciences_économiques_et_sociles (#SHS) ne seraient donc pas science... sic...
    – la photo : les sciences de la vie et de la terre... c’est des #sciences_de_laboratoire...
    https://mastodon.online/@cdb_77/115455976937808788

    #stéréotypes #idées_reçues #ESR #recherche

  • [Sans pincettes] Budget de la Sécurité sociale 2026 : « L’argument de la responsabilisation des patients est un leurre », des médecins.

    Alors que sont célébrés les 80 ans de la création de la Sécurité sociale et qu’est discuté, au Parlement, le #PLFSS pour 2026, la ministre de la #santé, Stéphanie Rist, déclarait, le 22 octobre dans Le Figaro : « Il faut rappeler que le tout gratuit dans la santé est une illusion. » Ces propos reprennent l’argument des opposants à la Sécu, selon lequel ce modèle déresponsabiliserait les patients. Il est choquant d’entendre la ministre de la Santé, elle-même médecin, reprendre cet argument fallacieux.

    En réalité, les patients paient quatre fois leurs #soins. Une première fois par la contribution sociale généralisée et la contribution au remboursement de la dette sociale, soustraites automatiquement tous les mois de leur salaire brut. Une deuxième fois par la cotisation volontaire, mais quasi obligatoire, à une mutuelle ou à une assurance privée. Le montant de la cotisation à cette complémentaire santé augmente avec l’âge et avec le niveau de couverture choisie, contrairement au principe d’égalité de la Sécu. Une troisième fois par la taxe sur la valeur ajoutée (#TVA), qui représente aujourd’hui plus de 20 % des recettes de l’assurance-maladie obligatoire, en compensation des exonérations et des diminutions de cotisations patronales décidées par les gouvernements successifs au nom de la défense de l’emploi. La TVA, à l’opposé du principe de solidarité de la Sécu, impacte davantage les personnes ayant de faibles revenus que celles qui bénéficient de hauts revenus. C’est la solidarité à l’envers, du bas vers le haut.

    Enfin, les patients paient une quatrième fois pour les #dépassements_d’honoraires des #médecins_spécialistes, qui peuvent représenter le quadruple, voire le quintuple, du tarif conventionnel remboursé par la #Sécu. Ces dépassements, très variables d’un spécialiste à l’autre pour une même prestation, ne sont régulés ni par la loi ni par le conseil de l’ordre des médecins, pourtant censé faire respecter « le tact et la mesure ». Ils augmentent en moyenne de 5,5 % par an et atteignaient 4,5 milliards d’euros en 2024 Finalement le #reste_à_charge que les assurés paient de leur poche est en moyenne 430 euros par an et de 780 euros pour les personnes prises en charge à 100 % du tarif réglementé au titre des affections de longue durée (#ALD). Ce reste à charge peut dépasser 4 900 euros par an pour 1 % des patients en ALD.

    Accroissement assumé des inégalités

    En réalité, la ministre veut doubler les #franchises et #forfaits, en passant d’un maximum cumulé de 100 à 200 euros par an. « Je n’ai pas l’impression de commettre un crime », avait déclaré le président Macron lors de la conférence de presse du 16 janvier 2024, annonçant déjà un doublement des franchises. Pas un crime, en effet, mais un accroissement assumé des #inégalités_sociales_de_santé qui retardent les prises en charge médicales des patients ayant de faibles revenus et coûtent finalement plus cher que l’économie visée de 2,3 milliards d’euros. L’argument de la responsabilisation des patients est un leurre : ce ne sont pas les #malades qui prescrivent les médicaments, les examens de biologie ou de radiologie, les arrêts de travail ou les bons de transport, mais les médecins. Par définition, la responsabilisation des patients ne peut pas concerner la prescription des #médecins mais seulement l’observance des traitements et des rendez-vous – ce qu’a dû observer la docteure Rist dans sa pratique antérieure de rhumatologue.

    Elle prétend par ailleurs s’attaquer à la « rente », c’est-à-dire aux tarifs très supérieurs aux coûts réels du service rendu. Le PLFSS en discussion vise la radiologie, la radiothérapie, la dialyse rénale et la biologie, mais ne s’attaque ni à #Big_Pharma ni aux chaînes de #cliniques commerciales internationales financiarisées, dont les actionnaires reçoivent des dividendes payés par la Sécu. Elle ne dit rien non plus de la spécificité française d’un double financement pour le même soin, à la fois par l’assurance-maladie obligatoire et par les #assurances complémentaires, en concurrence sur le marché. Si bien que, en matière de frais de gestion du système de santé, la France dépense le double de la moyenne des pays de l’OCDE, 6.9 milliards pour la Sécu et 8.7 milliards pour les complémentaires. Selon les calculs du Haut Conseil pour l’avenir de l’assurance-maladie, la fusion des complémentaires dans la Sécu permettrait d’économiser plus de 5 milliards par an.

    La santé n’est gratuite pour personne. Alors que le reste à charge des patients augmente, conduisant à des renoncements aux soins, et que les cotisations aux complémentaires ne cessent de croître, pourquoi préserver cette rente ?

    Mady Denantes est médecin généraliste ; Anne Gervais est hépatologue ; André Grimaldi est diabétologue ; Olivier Milleron est cardiologue.

    https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/10/29/budget-de-la-securite-sociale-2026-l-argument-de-la-responsabilisation-des-p

    #solidarité_à_l’envers #financiarisation #accès_aux_soins #retard_de_prise_en_charge_médicales #renoncements_aux_soins

  • Les cyclistes commettent beaucoup moins d’#infractions que les automobilistes

    Contrairement à une idée reçue, le #taux_d'infraction des cyclistes est très largement inférieur à celui des #automobilistes. C’est en tout cas le résultat d’une étude danoise basée sur de nombreuses observations du #comportement aux #intersections.

    A l’aide de données provenant de caméras placées dans les carrefours de nombreuses grandes villes du pays, l’autorité routière du Danemark a observé le comportement des cyclistes. Le constat : en #ville, ils commettent beaucoup moins d’#infractions_routières que les automobilistes. Sur un total de 28 579 passages d’intersection par des #cyclistes, le pourcentage d’infraction est inférieur à 5% lorsqu’il existe des infrastructures cyclables, 14% lorsqu’elles sont inexistantes. L’infraction la plus répandue à vélo est le déplacement sur le #trottoir.

    Parallèlement, les autorités routières danoises ont recensé un taux d’infraction de 66% chez les automobilistes en ville, principalement des #excès_de_vitesse. Les conclusions sont les mêmes que celles d’une étude parue l’année dernière, cette fois sur un échantillon de 80 000 passages d’intersections. A Londres, une étude conduite il y a quelques années par l’autorité des transports, concluait qu’environ 16% des cyclistes y commettent des infractions.

    Les infractions des cyclistes, moins nombreuses mais plus visibles que celles des automobilistes

    Le constat peut étonner. Les cyclistes ont souvent la réputation de prendre de nombreuses libertés avec le code de la route, notamment de griller des feux rouges. C’est surtout que les infractions commises par des cyclistes sont en général plus #visibles : griller un #feu_rouge ou rouler sur un trottoir se voit davantage que les infractions commises régulièrement par des automobilistes en ville : excès de vitesse, refus de priorité à un passage piéton, usage de klaxon en absence de danger immédiat, oubli de clignotant, dépassement d’un cycliste à moins d’un mètre. Ces infractions sont souvent trop peu visibles ou trop habituelles pour être remarquées. En outre, de nombreux feux rouges en villes sont équipés de panneaux autorisant les cyclistes à passer, souvent pour tourner à droite, ce qui peut donner l’illusion d’une infraction.

    On ne dispose malheureusement pas encore d’études de ce type en France. On sait cependant que les infractions commises par les automobilistes y sont nombreuses. Selon la plupart des tests effectués, en l’absence de ralentisseurs, d’embouteillages ou de radars, une majorité d’automobilistes français ne respecte pas les zones 30. Et les remontées de données de vitesse des véhicules en free floating des villes européennes montrent que selon les villes, la limite de 50 km/h en ville est franchie dans 35% à 75% des cas.

    L’influence des #pistes_cyclables

    Le nombre d’infractions commises par les cyclistes baisse drastiquement en présence de pistes cyclables. Au Danemark, le taux d’infraction est même trois fois moins élevé. Mais les #infrastructures_cyclables ont également un impact positif sur la #mortalité_routière urbaine en général.

    Des chercheurs de l’Université de Denver ont analysé les données d’accidentologie de 24 grandes villes américaines sur une période de treize ans en étudiant les variables sociologiques, démographiques et leurs infrastructures. Selon leurs conclusions, le facteur le plus influent dans la baisse du nombre de morts sur les routes est l’existence de pistes cyclables. Plus une ville comporte d’infrastructures cyclables, plus ses rues sont sûres pour la totalité de ses habitants (pas seulement pour les cyclistes).

    Selon l’étude, ce type d’#infrastructure dans les villes y réduit la mortalité routière de 44% en moyenne et le nombre d’accidents graves de 50%. A Portland, où de nombreuses pistes cyclables ont été installées, la mortalité a même été réduite de 75% entre 1990 et 2015. La ville de Davis en Californie, considérée par beaucoup comme la capitale du vélo aux Etats-Unis, est également celle où la proportion de morts sur la route par habitant est la plus faible du pays, dix fois inférieure à la moyenne nationale.

    En Europe également, selon une étude de l’OCDE, plus une ville est équipée de pistes cyclables, plus le risque d’un accident mortel est faible : https://www.itf-oecd.org/sites/default/files/docs/road-safety-european-cities-performance-indicators.pdf

    https://www.liberation.fr/planete/2019/07/04/les-cyclistes-commettent-beaucoup-moins-d-infractions-que-les-automobilis
    #vélos #voitures #idées-reçus #stéréotypes #mobilité #mobilité_douce #urbanisme #géographie_urbaine

    ping @reka

  • #Diella, première #ministre artificielle en #Albanie : le #piège de la #féminisation des #IA

    Pour la première fois dans l’histoire, une intelligence artificielle a fait en Albanie son entrée au sein d’un #gouvernement. Au-delà des questionnements sur la place des IA dans la #décision_publique, la nomination de Diella comme ministre chargée des #marchés_publics suscite des interrogations sur la féminisation quasi systématique des avatars IA. Cette pratique trompeuse qui entretient les #stéréotypes de #genre perpétue l’#objectification des femmes et facilite la #manipulation.

    Le gouvernement albanais vient de créer la surprise en nommant Diella, une intelligence artificielle (IA), au poste de ministre des marchés publics. Présentée comme un atout dans la lutte contre la #corruption, Diella serait chargée d’analyser les #appels_d’offres, repérer les #conflits_d’intérêts et garantir l’#impartialité des #décisions_publiques.

    Cette initiative inédite marque une étape historique. Pour la première fois, une IA entre officiellement dans un gouvernement, ici, sous les traits d’un #avatar_numérique féminin. Mais au-delà du coup médiatique, et des questionnements éthiques que peut soulever cette nomination – peut-on vraiment gouverner avec une IA ?, elle suscite des interrogations fondamentales sur la féminisation quasi systématique des agents IA.

    Pourquoi Diella est-elle une #femme artificielle ? Et quelles sont les implications de cette féminisation de l’IA ?

    Diella : un cas d’école problématique

    L’IA a déjà été utilisée comme outil de gouvernance. Certaines villes se servent, par exemple, des #algorithmes pour optimiser les #transports ou pour détecter la #fraude. Mais en nommant une IA au rang de ministre, l’Albanie franchit une étape symbolique majeure : plus qu’un outil, elle devient une #figure féminine publique, censée incarner des #valeurs de #transparence et de #justice.

    La #promesse est séduisante : même si une IA peut reproduire ou amplifier les #biais de ceux qui l’ont programmée, une machine ne peut, en théorie, ni accepter de pots-de-vin ni favoriser des proches. Elle paraît offrir une garantie d’impartialité dans un pays où les scandales de corruption entachent la vie politique. L’Albanie est, en effet, classée 80e sur 180 pays dans l’indice de perception de la corruption, selon Transparency International.

    Mais cette vision occulte un problème central : les conséquences éthiques de la féminisation de l’IA sont loin d’être anodines.

    Pourquoi les IA sont-elles presque toujours féminines ?

    Depuis #Siri (Apple), #Alexa (Amazon) #Cortana (Microsoft) ou encore #Sophia, le premier robot ayant obtenu la nationalité saoudienne en 2017, la plupart des assistants virtuels et robots intelligents ont été dotés d’une voix, d’un visage, d’un corps ou d’un prénom féminins. Ce n’est pas un hasard.

    Dans une première recherche sur la question, nous avons montré que nous percevons les bots féminins comme plus chaleureux, plus dignes de confiance, voire même plus humains que leurs équivalents masculins.

    Pourquoi ? Parce que les femmes sont, en moyenne, perçues comme plus chaleureuses et plus susceptibles d’éprouver des #émotions que les hommes… et ces qualités font défaut aux machines. La féminisation des objets en IA contribue donc à humaniser ces objets.

    Cette féminisation s’appuie sur des stéréotypes bien ancrés : la femme serait « naturellement » plus douce, attentive et empathique. En dotant leurs machines de ces attributs, les concepteurs compensent la froideur et l’artificialité des algorithmes et facilitent leur acceptation et leur adoption.

    Quand la féminisation devient #manipulation

    Mais cette pratique soulève des problèmes éthiques majeurs, que j’ai développés dans un article récent publié dans les pages du Journal of Business Ethics.

    Cet article compare les implications éthiques de l’usage d’attributs genrés et sexués féminins dans deux contextes. D’un côté, la #publicité, où l’on recourt depuis longtemps à des #représentations_féminines idéalisées pour séduire les consommateurs. De l’autre, les agents IA, qui reprennent aujourd’hui ces mêmes codes. Cette mise en parallèle permet de montrer que, dans les deux cas, la féminisation engendre trois dangers majeurs : #tromperie, #objectification, et #discrimination.

    - La tromperie et la manipulation

    Attribuer artificiellement des caractéristiques humaines et féminines à des machines exploite nos réactions inconscientes et automatiques aux traits néoténiques (caractéristiques juvéniles associées aux traits féminins comme les yeux ronds, des traits arrondis) qui évoquent inconsciemment l’innocence et, donc, l’honnêteté et la sincérité.

    Cette manipulation subtile pourrait faciliter l’acceptation de décisions algorithmiques potentiellement problématiques. Une IA féminisée fait croire qu’elle est plus humaine, plus empathique, plus « digne de confiance ». Or, il ne faut pas oublier qu’il s’agit d’un programme informatique, sans émotions ni conscience – question qui commence à être discutée –, dont les décisions peuvent être biaisées voire instrumentalisées.

    – L’objectification littérale

    Contrairement à la publicité qui compare métaphoriquement les femmes à des objets, l’intelligence artificielle va plus loin : elle transforme littéralement la femme en objet programmable (une machine, un algorithme). Les IA féminines réduisent les attributs féminins à de simples outils de service : des machines obéissantes, disponibles en permanence. Cette mécanisation de la féminité reproduit et amplifie les logiques publicitaires d’objectification, mais avec une dimension inédite : l’interactivité.

    Résultat, des chercheurs relèvent la persistance de propos agressifs et à caractère sexuel dans les interactions avec ces assistantes, normalisant ainsi des comportements abusifs envers les « femmes-machines » qui risquent de se reporter sur les vraies femmes… In fine, l’humanisation et la féminisation de l’IA peut paradoxalement conduire à une déshumanisation accrue des femmes.

    - La perpétuation de stéréotypes

    À première vue, Diella pourrait apparaître comme une victoire symbolique : une femme – même virtuelle – accède à un poste de ministre. Dans un pays où la politique reste dominée par les hommes, et alors que la plupart des IA féminines sont des assistantes, certains y verront un signe d’égalité.

    Mais cette lecture naïve et optimiste occulte un paradoxe. Alors que les femmes réelles peinent à accéder aux plus hautes fonctions dans de nombreux gouvernements, c’est une femme artificielle qui incarne l’intégrité au pouvoir. Surnommée « la servante des marchés publics », c’est en réalité une femme sans pouvoir d’agir. On retrouve ici un vieux schéma : « l’Ève artificielle », façonnée pour correspondre à un idéal de docilité et de pureté. Une ministre parfaite, car obéissante et inaltérable… et qui ne remettra jamais en cause le système qui l’a créée.

    L’IA au féminin, sainte dévouée ou Ève manipulatrice

    La féminisation des IA repose en réalité sur deux tropes profondément enracinés dans notre imaginaire, qui réduisent l’identité féminine à l’archétype de la sainte dévouée ou de l’Ève manipulatrice.

    La #sainte_dévouée, c’est l’image de la femme pure, obéissante, entièrement tournée vers les autres. Dans le cas de Diella, elle se manifeste par une promesse de transparence et de loyauté absolue, une figure de vertu incorruptible au service de l’État et de son peuple.

    La représentation visuelle de Diella rappelle d’ailleurs fortement l’iconographie de la Vierge Marie : visage doux, regard baissé, attitude humble, et voile blanc. Ces codes esthétiques religieux associent cette IA à une figure de pureté et de dévouement absolu. Mais en faisant de l’IA une figure féminine idéalisée et docile, on alimente un sexisme bienveillant qui enferme les femmes réelles dans ces mêmes stéréotypes.

    L’Ève manipulatrice : dans la culture populaire, la confiance accordée à une IA féminisée se transforme en soupçon de tromperie ou de danger. Exemple emblématique : le film de science-fiction Ex Machina, dans lequel le héros est dupé par une IA dont il tombe amoureux.

    Si Diella venait à servir d’instrument politique pour justifier certaines décisions opaques, elle pourrait elle aussi être perçue sous ce prisme : non plus comme une garante de transparence, mais comme une figure de dissimulation.

    Ces deux représentations contradictoires – la vierge sacrificielle et la séductrice perfide – continuent de structurer nos perceptions des femmes et se projettent désormais sur des artefacts technologiques, alimentant une boucle qui influence à son tour la manière dont les femmes réelles sont perçues.

    Pour une IA non humanisée et non genrée

    Plutôt que d’humaniser et de genrer l’IA, assumons-la comme une nouvelle espèce technologique : ni homme ni femme, ni humaine ni divine, mais un outil distinct, pensé pour compléter nos capacités et non pour les imiter. Cela suppose de lui donner une apparence et une voix non humaines, afin d’éviter toute confusion, toute tromperie et toute manipulation.

    Le développement des IA devrait s’appuyer sur une transparence totale, en représentant l’IA pour ce qu’elle est vraiment, à savoir un algorithme.

    Enfin, les concepteurs devraient rendre publics la composition de leurs équipes, les publics visés, les choix de conception. Car, derrière l’apparente neutralité des algorithmes et de leur interface, il y a toujours des décisions humaines, culturelles et politiques.

    L’arrivée de Diella au gouvernement albanais doit ouvrir un débat de fond : comment voulons-nous représenter l’IA ? Alors que ces technologies occupent une place croissante dans nos vies, il est urgent de réfléchir à la façon dont leur représentation façonne nos démocraties et nos relations humaines.

    https://theconversation.com/diella-premiere-ministre-artificielle-en-albanie-le-piege-de-la-fem
    #AI #intelligence_artificielle

  • La féminisation « empêchée » des filières informatiques et numériques en écoles d’ingénieurs - Un découragement scolaire lié aux violences sexistes et sexuelles | Marion Flécher, Éducation & formations, 2025
    https://shs.cairn.info/revue-education-formations-2025-1-page-29

    Les chiffres témoignent en effet du caractère « transgressif » de cette orientation scolaire qui ne revêt pas le même sens pour les garçons et les filles. Alors que les premiers vont être principalement découragés par un membre du corps enseignant (75 % des hommes des filières numériques contre 59 % des femmes) sur des motifs liés à leur niveau scolaire (49 % des hommes ont répondu avoir entendu des arguments du type : « tu n’as pas le niveau, c’est trop difficile », contre 38 % des femmes), les #filles, qui ont de meilleurs résultats scolaires, vont être plus souvent découragées par leur entourage familial (36 % des femmes interrogées contre 20 % des hommes) à travers des arguments qui ont trait à l’hostilité potentielle du milieu (« ce n’est pas un métier de femmes » ; « le milieu où tu vas te retrouver sera hostile »).

    Si les politiques éducatives échouent à créer plus de mixité, c’est donc peut-être parce qu’elles prennent peu en compte le fait que l’entourage familial veut protéger les filles de ce milieu masculin – et qu’il a de bonne raison de le faire. Car si le fait d’être « rares » peut constituer un avantage permettant à certaines femmes de tirer leur épingle du jeu (Collet & Mosconi, 2010 ; Lemarchant, 2017 ; Flécher, 2024), plusieurs travaux soulignent combien il peut être difficile, pour les femmes, de faire leur place dans un entre-soi masculin marqué par l’humour grivois et les blagues à caractère sexuel (Gallioz, 2007 ; Pruvost, 2007 ; Zolesio, 2009).

    [...]

    Conclusion
    Si les #femmes sont globalement sous-représentées dans les filières techniques et scientifiques, toutes les disciplines ne sont pas touchées de la même manière. Pourtant, ce n’est pas par manque de curiosité ou de goût pour la discipline que les femmes se dirigent moins souvent vers les filières les plus techniques et formelles comme la physique ou l’#informatique et le numérique. L’enquête révèle qu’il s’agit bien plutôt d’une affaire de découragements multiples : non seulement les femmes sont moins encouragées (par leur socialisation familiale, les enseignants et enseignantes ou par le manque de figures d’identification féminines) à s’orienter dans ces filières, mais elles y sont même explicitement découragées par leur entourage proche, notamment en ce que ces filières constitueraient un milieu hostile pour les femmes. Cet argument n’est pas complètement sans fondement puisque les situations de #sexisme et de harcèlement sexuel sont effectivement plus fréquentes que dans les autres filières et que les écoles communiquent peu sur les dispositifs de signalement qui existent pour reporter des situations problématiques et pour protéger les femmes des possibles répercussions. Les défis de la féminisation de ces filières sont donc à la fois antérieurs aux choix d’orientation, tant ils sont ancrés dans des #stéréotypes de genre fortement intériorisés, mais résident aussi dans le manque de prise en charge, par les institutions qui forment les femmes à ces disciplines, des violences sexistes et sexuelles [#vss] qui y sévissent et qui semblent continuer à en faire des environnements masculins défavorables aux femmes (Dupuy & Sarfati, 2024). Aussi peut-on raisonnablement supposer que tant que les écoles ne deviendront pas des endroits plus sûrs pour les filles, peu de choses évolueront.

  • Gender stereotypes about intellectual ability emerge early and influence children’s interests [2017]
    https://www.science.org/doi/10.1126/science.aah6524

    The results suggest that children’s ideas about brilliance exhibit rapid changes over the period from ages 5 to 7. At 5, boys and girls associated brilliance with their own gender to a similar extent (...). The high scores are consistent with the overwhelming in-group positivity previously observed in boys and (especially) girls across early and middle childhood. Despite this strong tendency to view one’s gender in a positive light, girls aged 6 and 7 were significantly less likely than boys to associate brilliance with their own gender (...). Thus, the “brilliance = males” stereotype may be familiar to, and endorsed by, children as young as 6. The stereotype associating females with being nice seems to follow a similar developmental trajectory.

    [...] In contrast with the drop in brilliance scores, there was no significant difference between younger and older girls in the likelihood of selecting other girls as having top grades (...). Older girls were actually more likely to select girls as having top grades than older boys were to select boys (...), consistent with the reality that girls get better grades in school than boys at this age. Nevertheless, there was no significant correlation between girls’ perceptions of school achievement and their perceptions of brilliance (...). Thus, girls’ ideas about who is brilliant are not rooted in their perceptions of who performs well in school. [However, other aspects of children’s experiences in school, such as teachers’ attitudes and biases, may still be implicated in the development of this stereotype.]

    #stéréotypes #filles

  • Inattendue, inespérée mais bien là : #Microsoft provoque la plus grande #migration #Linux de l’histoire

    On l’attendait depuis des années, ce fameux « #moment_Linux ». Comble de l’ironie : c’est bien Microsoft qui l’a provoqué. En poussant des millions d’utilisateurs vers la sortie, la firme de #Redmond a offert à son vieil adversaire son plus grand moment de gloire.

    Le 14 octobre 2025, le couperet est tombé. Microsoft a officiellement sifflé la fin de la partie pour le support gratuit de #Windows_10. Une décision qui laisse sur le carreau un parc colossal de 240 millions de #PC, jugés trop vieux pour les exigences, disons-le, un peu princières de #Windows_11. Pour ces millions de « #réfugiés_numériques », la question n’était plus de savoir s’il fallait changer, mais vers quoi se tourner. Et la réponse, massive et inattendue, fut Linux.

    #Zorin_OS, le grand gagnant de l’opération

    Dans cette course à l’#alternative, un nom sort particulièrement du lot : Zorin OS. Telle une réponse du berger à la bergère, sa version 18 est sortie le jour même de la mise à la retraite de Windows 10. Le résultat ? Un véritable raz-de-marée : plus de 100 000 téléchargements en à peine 48 heures. Un chiffre déjà impressionnant, mais le plus croustillant est ailleurs : 72% de ces nouveaux adeptes venaient tout droit de Windows.

    Le succès de Zorin OS n’a rien d’un hasard. Cette distribution a tout fait pour séduire les déçus de Microsoft. Son interface, personnalisable à souhait, peut imiter à la perfection celle de Windows, offrant une prise en main pensée pour ne dépayser personne. Mieux encore, elle intègre la dernière version de #Wine, un outil qui permet de faire tourner de nombreuses applications Windows directement sous Linux, levant ainsi l’une des plus grandes barrières à l’adoption.

    Cet #exode n’est d’ailleurs pas un cas isolé. L’ensemble de l’écosystème Linux a vu sa part de marché grimper pour dépasser les 3% à l’échelle mondiale, et même franchir la barre symbolique des 5% aux États-Unis. Un frémissement qui ressemble de plus en plus à une vague de fond.

    Un alignement de planètes presque parfait

    Ce succès n’est pas un coup du sort, mais plutôt un alignement de planètes quasi parfait. D’abord, le jeu vidéo, hier encore le pré carré de Windows, n’est plus un obstacle. Grâce à des outils comme Proton, développé par Valve, le catalogue de jeux compatibles a explosé, rendant l’expérience fluide et accessible, même pour les titres les plus récents. Des distributions comme #Bazzite ou #SteamOS sont même entièrement dédiées à cette pratique.

    Ensuite, l’écosystème a bénéficié d’un coup de pouce médiatique inattendu. Quand un créateur de contenu aussi suivi que PewDiePie annonce à sa communauté de plus de 100 millions de personnes qu’il passe à Linux, le message est fort. Le système au manchot n’est plus une curiosité pour experts barbus, mais une option sérieuse pour tout le monde.

    Enfin, la communauté du logiciel libre a su s’organiser. Des initiatives comme « #End_of_10 » ou, en France, « Adieu Windows, bonjour le Libre ! », ont fleuri pour proposer de l’aide et accompagner les nouveaux venus. L’argument écologique, qui invite à donner une seconde vie à des machines parfaitement fonctionnelles, a également fait mouche.

    L’heure de la confirmation

    Alors, simple feu de paille ou véritable basculement ? L’avenir proche nous le dira. Le plus dur commence : transformer l’essai et convaincre ces nouveaux utilisateurs que l’herbe est vraiment plus verte chez les libristes. Le défi sera de les garder, de les aider à surmonter les dernières petites difficultés et de leur prouver que leur nouvelle maison est aussi confortable, sinon plus, que l’ancienne.

    Une chose est sûre, Microsoft, en voulant faire le ménage un peu trop brutalement, a peut-être ouvert la porte à un concurrent qu’on n’attendait plus à pareille fête. Et rien que pour ce spectacle, on ne peut s’empêcher d’esquisser un sourire.

    https://www.clubic.com/actualite-583804-inattendue-inesperee-mais-bien-la-microsoft-provoque-la-plu
    #logiciels_libres #informatique

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    voir aussi :
    “Une première victoire” : #Polytechnique claque la porte à #Microsoft_365 et choisit le logiciel libre, la révolte gagne les universités
    https://seenthis.net/messages/1141007

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    ajouté à la métaliste sur les institutions et municipalités qui claquent les portes à #Microsoft :
    https://seenthis.net/messages/1143366

  • Cinq ans de #Covid : toujours les mêmes guignols, toujours les mêmes #erreurs

    Christian Lehmann est médecin et écrivain. Pour « Libération », il tient la chronique d’une société touchée par les #crises_sanitaires. Aujourd’hui, il fait le point sur le « retour » du Covid, qui a pourtant toujours été là…

    J’avais autant envie d’écrire un point d’étape sur la situation Covid actuellement qu’un collègue du service politique aurait envie de dérouler le curriculum vitæ d’un ministre éphémère sous Lecornu 1, 2, 3, ou trouzemille vingt-douze. Parce que depuis cinq ans et demi, j’ai utilisé toutes les métaphores, toutes les analogies, les rappels du Jour sans fin avec Bill Murray, qui collent aussi bien à la situation pandémique que politique aujourd’hui : c’est chiant, répétitif, déprimant, et ça ne va jamais dans le bon sens.

    Et puis ce matin en entrant dans un petit supermarché, j’ai vu l’homme âgé devant moi appuyer sur le distributeur de soluté hydroalcoolique avant de s’engouffrer entre les rayons, et je me suis dit qu’hélas, puisque rien n’a changé, il n’est peut-être pas inutile, au vu de l’accumulation de conseils ridicules et d’affirmations fausses, d’écrire ce point de situation.
    Le Covid ne revient pas. Il a toujours été là, simplement tout est fait pour qu’on n’y pense plus, qu’on n’en parle pas, qu’on ne le voie pas. On n’en parle pas dans la majorité des médias parce qu’une catastrophe à la fois, ça suffit, et gérer « en même temps » la propagation de Sars-CoV 2 et l’hubris macroniste hors-sol, ça fait un peu beaucoup. Le Covid est toujours là, donc, la #vague actuelle a démarré avant l’été, s’est poursuivie tranquillement, les gens se sont réinfectés régulièrement à la rentrée en se retrouvant sans protection contre la transmission aéroportée dans les #transports, les #lieux_publics, au #travail, à l’#école.

    Nous avons tous autour de nous des gens malades, des gens qui toussent, des collègues en arrêt court (ce que Marguerite Cazeneuve, directrice déléguée de l’assurance maladie, appelle de l’absentéisme). Malgré l’absence de politique cohérente de #tests, qui permettrait de suivre la remontée des #contaminations, on dispose de quelques éléments objectifs, les déclarations de clusters en milieu hospitalier ou en Ehpad, où pour des raisons évidentes de sécurité on continue quand même à tester en cas de vague de contamination, ainsi que la surveillance de la présence virale dans les eaux usées, en montée dans de très nombreuses régions depuis des semaines.

    Les mêmes guignols de plateau, plus rarement invités, viennent répéter le mantra qu’ils assènent depuis cinq ans, qu’il y a bon espoir que le Covid devienne maintenant une pathologie respiratoire hivernale, alors que les vagues se sont succédé chaque année sans s’en tenir à cette injonction. Quelques pédiatres influenceurs aussi nuls que leurs aînés innovent en expliquant qu’il est normal que les contaminations remontent, puisque le Covid est une maladie respiratoire hivernale, et que… l’hiver commence à la rentrée, apparemment.

    Des #autotests pas très fiables

    En attendant, les études s’accumulent sur les conséquences du #Covid_long (heureusement statistiquement assez rare) chez les enfants, et le risque grandissant au fil des #réinfections, que rien n’est fait pour éviter, les promesses de Macron sur l’amélioration de la #qualité_de_l’air étant là comme ailleurs restées lettre morte.

    Les pharmacies voient affluer les patients à la recherche d’#autotests_antigéniques. Et c’est effectivement pour les personnes tombant malades avec de la fièvre, des symptômes ORL pseudo-grippaux, l’un des seuls moyens d’essayer de savoir si elles ont été contaminées par le Covid. Avec deux chances sur trois, si c’est le cas… d’obtenir cependant un résultat faussement négatif. Rappelons donc que les autotests, ainsi que les #tests_antigéniques de pharmacie, qui donnent un résultat rapide en quelques minutes, et furent très utiles en 2021 et 2022, ont depuis 2023 nettement diminué d’intérêt, puisque les variations du génome viral ont sérieusement entamé leur fiabilité, et qu’aujourd’hui ils passent à côté de deux infections Covid sur trois… ce qui a pour conséquence de faire croire à des patients infectés qu’ils n’ont pas le Covid, de ne pas s’arrêter, et de risquer donc de déclencher un Covid long (beaucoup plus fréquent en cas de persistance de l’activité physique et intellectuelle pendant la phase aiguë), et de contaminer leurs collègues.

    Seule la #PCR donne un résultat fiable. Le recul grandissant de l’accès aux soins rend difficile de voir un généraliste rapidement, alors que le seul moyen d’obtenir le remboursement d’une PCR en laboratoire d’analyses (qui sur le plan pratique nécessite le même écouvillonnage nasal que le test antigénique) est de disposer d’une #ordonnance. Ce recul dans le dépistage du Covid est dû entre autres à la nouvelle ministre de la Santé, #Stéphanie_Rist, qui en novembre 2024 avait fait voter l’Assemblée afin que ne soient plus remboursés les tests PCR sans ordonnance, comme quoi les gouvernements macronistes savent rendre hommage aux plus méritants.

    Faites-vous arrêter si vous êtes malade

    Reste la « #campagne_vaccinale », qui va démarrer ce 14 octobre, et qui permet d’accéder au #vaccin antigrippal et à un rappel de vaccin Covid. L’un et l’autre sont accessibles à toute personne qui le demande, quel que soit son âge, son état de santé, mais le vaccin antigrippal n’est remboursé à 100 % qu’après 65 ans, ou en cas de grossesse, ou en cas d’affection longue durée, et à 65 % pour les enfants entre 2 et 17 ans. Le rappel Covid est pris en charge à 100 %.

    La #pandémie est toujours là. La #transmission ne se fait pas par les mains, mais par #voie_aérienne, par #aérosolisation. Si vous désirez vous protéger, portez un #masque_FFP2 dans les transports, les lieux confinés. Aérez fréquemment les pièces où vous vous trouvez. En cas de symptômes ORL ou digestifs, tâchez d’obtenir une ordonnance de PCR, soit en consultation avec un généraliste, soit en téléconsultation. Faites-vous arrêter si vous êtes malade, c’est à ça que servait, entre autres, la Sécurité sociale, avant d’être mise entre les mains de cost killers hors sol. Bonne chance, winter is coming, et on est toujours gouvernés par les mêmes pointures.

    https://www.liberation.fr/societe/sante/cinq-ans-de-covid-toujours-les-memes-guignols-toujours-les-memes-erreurs-
    #arrêt_maladie

    • Ma réponse à Christian Lehmann, sur FB  :

      Je te l’ai dit que pendant mon hospi cet été dans un service très bien en dehors du syndrome généralisé du « pifalair », je n’ai pas réussi à obtenir un PCR avant de rentrer chez moi (et possiblement contaminer ma famille) ? Ils ont commencé par dire oui… et se sont pointés avec un TAG pris dans les vieux stocks. Je leur signale que c’est à peu près aussi efficace que de pisser dans un violon (j’avais la stat de 60% de faux négatifs, ce qui est quand même un énorme trou dans la raquette) et que c’est pour cela que j’avais spécifié un PCR. Mais bon, je suis une « petite bonne femme », donc on peut me berner facilement.
      Le chir (qui a fait un boulot génial par ailleurs… en dehors de ce moment précis) vient me sermonner en me précisant qu’il ne voit pas pourquoi je fais chier tout le monde alors que VISIBLEMENT, personne n’est malade dans son service (en dehors de la suspicion de covid avec laquelle j’avais passé la nuit aux urgences et qui avait été rassurée par… un TAG sorti du vieux stock !). Le fait qu’on avait établi le taux d’asymptos à 70% n’a pas eu l’air de l’émouvoir : « s’il y a pas de symptômes, il n’y a pas transmission ».
      C’est fou comme ce gus totalement compétent par ailleurs s’est crétinisé autour de l’unique question du covid, agacé que je ne lâche pas l’affaire.
      Je demande une ordonnance pour aller passer le test en ville en sortant : nouveau refus, parce qu’il est de sa « responsabilité de ne pas creuser le trou de Sécu ».
      J’ai arrêté le festival de mauvaise foi là et j’ai donc payé un PCR de ma poche en sortant.
      Pourquoi tous ces gens consciencieux, bienveillants, compétents et intelligents se sont mis à débiter de la merde en barre quand j’ai parlé covid ?

  • Politiques publiques : passer de l’#IA… à la #dénumérisation

    L’intelligence artificielle et son monde est en train de prendre la main sur les #politiques_publiques, au risque de nous laisser sans échappatoire, alerte Dan McQuillan.

    L’IA prédictive comme générative semble offrir une multitude d’avantages à l’élaboration des politiques publiques : de l’analyse de données complexes à l’optimisation des ressources. Elle semble à la fois être capable d’apporter une vision globale et d’identifier les leviers permettant de la modifier. Recourir à l’IA signifie mettre en place des politiques conduites par les données, ce qui permet d’assurer une forme d’#objectivité, notamment quant il s’agit de rationner le #service_public

    Mais, cette production de solutions politiques semble oublier que l’IA est incapable de résoudre les #problèmes_structurels. Elle propose des #solutions_performatives qui obscurcissent et amplifient les problèmes, explique l’iconoclaste #Dan_MacQuillan dans un article pour la Joseph Rowntree Foundation, une association britannique de lutte contre la pauvreté, qui a initié une réflexion sur l’usage de l’IA pour le #bien_public. Dan McQuillan est maître de conférence au département d’informatique de l’université Goldsmiths de Londres. Il est l’auteur de Resisting AI, an anti-fascist approach to artificial intelligence (Résister à l’IA, une approche anti-fasciste de l’intelligence artificielle, Bristol University Press, 2022, non traduit) dont nous avions déjà parlé.

    McQuillan rappelle que l’IA, par principe, consiste à produire des #corrélations réductrices plutôt que des analyses causales. « La complexité de l’IA introduit une #opacité fondamentale dans le lien entre les #données_d’entrée et les #résultats, rendant impossible de déterminer précisément pourquoi elle a généré un résultat particulier, empêchant ainsi toute voie de recours. Ce phénomène est aggravé dans les applications concrètes, où les résultats apparemment fiables de l’IA peuvent devenir auto-réalisateurs. Un #algorithme d’apprentissage automatique qualifiant une famille de « difficile » peut ainsi créer une #boucle_de_rétroaction entre les membres de la famille et les #services_sociaux. De cette manière, l’IA imite des phénomènes sociologiques bien connus, tels que les #stéréotypes et la #stigmatisation, mais à grande échelle ». Ses inférences au final renforcent les #stratifications_sociales de la société comme pour les rendre acceptables.

    Or, rappelle le chercheur, « une bonne politique doit impérativement être ancrée dans la réalité ». C’est pourtant bien ce lien que rompent les calculs de l’IA, à l’image des #hallucinations. Celles-ci proviennent du fait que l’IA repose sur l’#imitation_du_langage plutôt que sa #compréhension. Le même principe s’applique à toutes les #prédictions ou #classifications que produit l’IA. « Que l’IA soit appliquée directement pour prédire la #fraude aux #aides_sociales ou simplement utilisée par un décideur politique pour « dialoguer » avec une multitude de documents politiques, elle dégrade la #fiabilité des résultats ».

    Des données probantes suggèrent déjà que l’imbrication des #algorithmes dans les solutions politiques conduit à une appréciation arbitraire de l’#injustice et de la #cruauté. Les #scandales abondent, de #Robodebt en Australie à l’affaire des allocations familiales aux Pays-Bas, qui auraient tous pu être évités en écoutant la voix des personnes concernées. Mais l’IA introduit une #injustice_épistémique, où la capacité des individus à connaître leur propre situation est dévaluée par rapport aux abstractions algorithmiques. Si l’IA, comme la #bureaucratie, est présentée comme une forme généralisée et orientée vers un objectif de processus rationnel, elle engendre en réalité de l’#inconscience : l’incapacité à critiquer les instructions, le manque de #réflexion sur les conséquences et l’adhésion à la croyance que l’ordre est correctement appliqué. Pire encore, l’IA dite générative offre la capacité supplémentaire de simuler une large consultation, que ce soit par « l’interprétation » hallucinatoire d’un grand nombre de soumissions publiques ou par la simulation littérale d’un public virtuel et prétendument plus diversifié en remplaçant des personnes réelles par des avatars d’#IA_générative. Une technique, qui, si elle a l’avantage de réduire les coûts, est dénoncée par des chercheurs comme contraire aux valeurs mêmes de l’enquête et de la recherche, rappelait Scientific American. « L’approche technocratique mise en œuvre par l’IA est à l’opposé d’un mécanisme réactif aux aléas de l’#expérience_vécue », explique McQuillan. « L’IA n’est jamais responsable, car elle n’est pas responsable ». Si l’on considère les attributs de l’IA dans leur ensemble, son application à l’élaboration des politiques publiques ou comme outil politique aggravera l’#injustice_sociale, prédit le chercheur. L’apport de l’IA à l’ordre social ne consiste pas à générer des arrangements de pouvoir alternatifs, mais à mettre en place des mécanismes de classification, de #hiérarchisation et d’#exclusion.

    Chaque signalement par l’IA d’un risque de #fraude, d’un classement d’une personne dans une catégorie, mobilise une vision du monde qui privilégie des #représentations_abstraites à la complexité des relations vécues, et ce dans l’intérêt des institutions et non des individus. « Imprégnées des injustices criantes du #statu_quo, les solutions de l’IA tendent inexorablement vers la #nécropolitique, c’est-à-dire vers des formes de prise de décision qui modifient la répartition des chances de vie par des désignations de disponibilité relative. Détourner massivement les individus des parcours éducatifs ou des prestations sociales dont ils ont besoin pour survivre, par exemple, constitue un #filtre_algorithmique pour déterminer qui est bienvenu dans la société et qui ne l’est pas ».

    Le problème, c’est que la pression sur les décideurs politiques à adopter l’IA est immense, non seulement parce que ses #biais viennent confirmer les leurs, mais plus encore du fait des engagements commerciaux et des promesses économiques que représente le développement de ce secteur. Et McQuillan de regretter que cette orientation nous éloigne de l’enjeu éthique qui devrait être au cœur des politiques publiques. La politique s’intéresse de moins en moins aux injustices structurelles de la société. « Un monde où l’élaboration et la mise en œuvre des politiques publiques reposent sur l’IA est aussi un monde qui confère un #pouvoir considérable à la petite poignée d’entreprises capables de disposer de ces ressources ». Par essence, « l’adoption de l’IA constitue un engagement en faveur de l’#extractivisme et d’un transfert de contrôle à un niveau qui supplante toute politique réelle ».

    En fait, explique McQuillan, adopter l’IA dans l’élaboration des politiques publiques revient à soumettre les politiques à des agendas corporatifs et idéologiques plus vastes (à savoir se soumettre à ceux qui ont déjà décidé que l’avenir de la civilisation réside dans l’intelligence artificielle générale (IAG), ceux qui ont décidé que la meilleure réponse à la crise structurelle est de la masquer sous le battage médiatique de l’IA, et ceux qui ont conclu que le meilleur moyen de maintenir les revenus en période de récession mondiale est de remplacer les travailleurs réels par des émulations d’IA de mauvaise qualité). L’impact net de l’IA dans l’élaboration des politiques la rendrait plus précaire et favoriserait l’externalisation et la #privatisation sous couvert d’une #technologie surmédiatisée. Il s’agit d’une forme de « #stratégie_du_choc », où le sentiment d’urgence généré par une technologie prétendument transformatrice du monde est utilisé comme une opportunité pour l’#emprise des entreprises et pour transformer les systèmes sociaux dans des directions ouvertement autoritaires, sans réflexion ni débat démocratique.

    Pour Dan McQuillan, plutôt que de se demander comment l’IA va imprégner l’élaboration des politiques, il faudrait se concentrer sur des politiques publiques qui favorisent la dénumérisation. C’est-à-dire favoriser une stratégie sociotechnique de réduction de la #dépendance à l’échelle computationnelle, de participation maximale des communautés concernées et de reconnaissance accrue du fait que le raisonnement computationnel ne saurait se substituer aux questions politiques exigeant un jugement réfléchi et perspicace. L’IA, en tant qu’appareil de calcul, de concepts et d’investissements, est l’apothéose de la « vue d’en haut », l’abstraction désincarnée du savoir privilégié qui empoisonne déjà nombre de formes d’élaboration des politiques. Pour McQuillan, un pivot vers la « #décomputation » est une façon de réaffirmer la valeur des #connaissances_situées et du contexte sur le seul passage à l’échelle. Contrairement aux prédictions et simulations de l’IA, notre réalité commune est complexe et intriquée, et la théorie ne permet pas de prédire l’avenir. Cela ne signifie pas que nous ne pouvons pas progresser vers des objectifs tels que la justice sociale et une transition juste, mais la dénumérisation suggère de les aborder de manière à la fois itérative et participative. Le véritable travail de restructuration réoriente l’attention des technologies toxiques vers le développement de techniques de #redistribution du #pouvoir_social, telles que les #conseils_populaires et les #assemblées_populaires. Bref, pour sortir de l’enfermement des politiques publiques de l’abstraction qu’impose l’IA, il faut prendre un virage contraire, suggère McQuillan. Un constat qui n’est pas si éloigné de celui que dresse le chercheur Arvind Narayanan quand il invite à limiter l’emprise du calcul sur le social, même s’il est exprimé ici d’une manière bien plus radicale.

    https://danslesalgorithmes.net/2025/10/07/politiques-publiques-passer-de-lia-a-la-denumerisation
    #intelligence_artificielle #AI

  • Taxe Zucman : la fausse audace qui cache une vraie capitulation
    https://frustrationmagazine.fr/taxe-zucman

    Il fallait s’y attendre. Le 18 septembre, le cortège parisien était constellé de pancartes, brandies fièrement par toutes sortes de manifestants : militants chevronnés, jeunes participant à l’une de leurs premières manifestations, etc. « Génération Zucman », « Taxer les riches », ou même « Taxer les ultra-riches » (et pourquoi pas les ultra-méga-milliardaires, tant […]

    #Économie

    • à on humble avis, plein de maladresses dans ce (médiocre) papier.

      « Vu la faiblesse du #taux proposé » —> un taux qui s’applique à un patrimoine, donc sur quelle base cette critique (vague, on peut toujours aller plus loin, en quoi cela remet-il en cause le mécanisme) se fonde ?

      « Sans doute plus fun qu’un rétablissement de l’ISF, car portée par l’attrait de la nouveauté... » tous les politiques de droites se mettent à regretter l’ISF... Cette phrase à peu près de ce niveau, l’objet de cette taxe est JUSTEMENT de pallier aux pb du type ISF qui facilitent l’évasion...

      On sent la (très) faible maîtrise du sujet

      Ok, l’édito du monde est encore pire : https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/09/22/avec-la-taxe-zucman-la-france-est-empetree-dans-un-debat-hysterise-melant-mo
      #stephan_Lauer y étale son inculture,

      « L’appliquer telle quelle à l’échelon national est un risque que la France ne peut pas se permettre au regard de ses fragilités. » ça a le mérite de poser son point de vue

      « travail qui reste académique », vlà la vision de la recherche !

      Bref, pourquoi ne pas s’abstenir de communiquer sur un sujet avant de le maîtriser, pour éviter de brouiller (pourrir) un débat plutôt intéressant !

    • la #capitulation, qui est probablement un constat fort juste de l’état des prélèvements obligatoires, n’est définitivement pas à chercher dans l’élaboration de cet outil... (dont le taux est un paramètre, qui n’est en rien gravé ds le marbre, surtout pas pour son auteur, qui à mon avis l’a calibré très finement pour arbitrer les critiques et les soutiens, mais aussi les effets induits, et on peut discuter de ce calibrage !)

  • Bausünden in Steglitz: Parkplätze, Pisse, Privatisierung
    https://taz.de/Bausuenden-in-Steglitz/!6112339

    Spekulation und Leerstand: Die Bauruine des Steglitzer Kreisel   Foto: Joko/imago

    Wat soll man da noch sajen ... . Macht Euch nüscht vor, Niedergang allerorten. Goldene Zeiten warn mal. Da kommt nix mehr.

    Und die schönen Pläne. Vergisses. Berlin Steglitz ist wie Detroit. Die Fordwerke an der Görzallee sind schon lange dicht und die Industriehöfe im benachbarten Friedenau seit ’45 Geschichte. Das nächste Stück Industrie ist das Daimler Motorenwerk in Marienfelde. Nicht mal nen ordentlichen Knast gibt et mehr. Aber der Juden-sind-unser-Unglück-Treitschke macht einen auf Unterm-Radar-Flieger hinterm Einkaufszentrum. Wenigstens sind noch ein paar Bäume übrig.

    10.9.2025 von Darius Ossami - Die Architektur in Steglitz steht für Größenwahn und Scheitern. Bei einem Kiezspaziergang stößt man auf Investorenprojekte, Autobahnen und eine Rollerdisko.

    Berlin taz | Die zwei Steglitzer Wahrzeichen sind Monumente einer gescheiterten Stadtplanung: der „Bierpinsel“ – ein futuristisch anmutender Turm, der aussieht, als hätte jemand ein Raumschiff über einer Autobahnbrücke geparkt – und der Steglitzer Kreisel, eine riesige Hochhausbaustelle, die heute als Stahlskelett existiert. Beide stehen seit Jahren leer. Zusammen mit gleich zwei Autobahntrassen, die den Kiez zerschneiden, stehen sie sinnbildlich für eine verfehlte Privatisierungs- und Verkehrspolitik Berlins.

    An einem lauen Spätsommerabend führt Dennis Egginger-Gonzalez eine kleine Personengruppe durch den Kiez. „Auf der kurzen Strecke zwischen „Boulevard Berlin“ und Steglitzer Kreisel wird überdeutlich, dass die Investoren und Immobilienfirmen mittlerweile tun und lassen können, was sie wollen“, sagt der Bezirksverordnete der Linkspartei dabei. Egginger-Gonzalez ist auch Mitglied im Stadtplanungsausschuss von Steglitz-Zehlendorf. Die Politik habe selbst verschuldet die Kon­trolle über den Bezirk weitgehend verloren, kritisiert er. Die Planungen für eine autogerechte Stadt hätten große Räume in Berlin blockiert, die heute für eine soziale Stadtplanung fehlten.

    Den Kiezspaziergang hat der Bildungsverein Helle Panke der Rosa-Luxemburg-Stiftung Berlin organisiert. Die etwa 20 Menschen, die teilnehmen, kommen fast alle aus dem Bezirk. Als der Rundgang beginnt, ist es noch hell – und trotzdem schauen die besuchten Orte sehr düster aus.

    Da ist etwa das 2012 eröffnete „Boulevard Berlin“. Mit 64.000 Quadratmetern Verkaufsfläche ist es die drittgrößte Shoppingmall Berlins, direkt an der Schloßstraße gelegen. Doch wenn man das Einkaufszentrum betritt, ist es auffallend leer. Kein Wunder: Geschäfte gibt nur noch im Erdgeschoss, das erste und das zweite Stockwerk sind verwaist. Im Parkhaus sind nur 200 von 850 Stellplätzen belegt.

    Das Einkaufszentrum sei bereits vor der Coronapandemie ins Wanken geraten, sagt Egginger-Gonzalez. Das mag auch daran liegen, dass das „Boulevard“ nicht einmal die einzige Mall auf der Schloßstraße ist: Mit dem „Schloss“ am Rathaus Steglitz, dem „Forum Steglitz“ und „Schloss-Straßen-Center“ ist die Konkurrenz enorm. Die Straße sei „überreizt“, sagt Egginger-Gonzalez. Der Hedgefonds, der die Shoppingmall 2022 günstig erworben hat, versuche nun, „zu retten, was zu retten ist“, etwa mit einer gemischten Nutzung durch Büros und Gastronomie. Doch Egginger-Gonzalez ist sich sicher: „Hier ist der nächste Leerstand vorprogrammiert.“

    Er weist auch auf die „aufgeblasene Parkplatzinfrastruktur“ hin. Die Einkaufszentren im Bezirk kämen zusammen auf rund 3.000 Parkplätze, diese seien nach seinen Schätzungen aber nur zu 20 Prozent ausgelastet. Dazu kommen weitere Parkflächen, teils öffentlich, teils privat. Der Bedarf für soziale und kulturelle Infrastruktur sei hingegen enorm, die öffentliche Hand brauche daher wieder Zugriff auf diese Flächen.

    _Merkwürdiges Wahrzeichen: der Bierpinsel Foto: Paul LanBerlin

    Gleich gegenüber der Shoppingmall liegt der Bierpinsel. Das merkwürdige Steglitzer Wahrzeichen wurde 1976 errichtet, in den damaligen Modefarben Grün und Orange angepinselt und galt früher als „Pommesbude der Herzen“. Doch seit mehr als 20 Jahren steht der 47 Meter hohe Klotz fast durchgehend leer: Rohrbruch, Asbestfund, Brandschutzbestimmungen. Nun riecht es heftig nach Urin. Seit 2021 gehört der Pinsel der Immoma GmbH von Götz Fluck (Motto: „Wertschöpfung durch Wandel“), die dort wieder Gastro einrichten will und auch andere Luftschlösser plant, verbunden mit dem Hinweis, man suche noch nach Finanziers.

    Aus der ursprünglich für dieses Jahr verkündeten Wiedereröffnung wurde nichts. Egginger-Gonzalez spricht von „spekulativem Leerstand“, da Fluck die Grundfläche, die durch einen Erbbauvertrag dem Land Berlin gehört, eigentlich kaufen will. „In dem Moment, in dem die öffentliche Hand auch noch Erbbauflächen weggibt, verliert sie die Kontrolle“, warnt er. Das Bezirksamt sei machtlos, da es gegen Gewerbeleerstand nicht vorgehen kann. Der Bezirk hat in dieser Situation lediglich die Möglichkeit, Zwischennutzungen zu genehmigen. So gab es in der Vergangenheit Kunstevents oder Technopartys.

    Ehemalige Stadtautobahn ohne Stau

    Von der Unterführung am Fuß des Pinsels führt eine schmucklose Betontreppe nach oben – und plötzlich steht man an einer Autobahn. Von der ehemaligen A104 sollte man einmal direkt in die Shoppingmall fahren können, nun endet sie wenige Hundert Meter vom Bierpinsel entfernt in der Schildhornstraße.

    Im Gegensatz zum gerade eröffneten Teilstück der A100 in Neukölln und Treptow staut sich hier aber nichts – die vierspurige Trasse ist wie leer gefegt. Vielleicht sollten die werktätigen Massen mit ihrem Auto lieber nach Steglitz fahren, denkt man. Hier sind die Autobahnen noch frei und Parkplätze gibt es auch.

    Doch so einfach ist es nicht. Die Schildhornstraße ist eine der am stärksten mit Feinstaub belasteten Straßen Berlins, wie man auch an den grauen Fassaden ablesen kann. Egginger-Gonzalez wünscht sich eine Fahrradspur, dann käme man wesentlich schneller in den östlichen Teil des Viertels, der durch die A103 – eine weitere Stadtautobahn – abgeschnitten ist, sagt er. Doch das ist verboten, denn die ehemalige A104 gilt noch immer als Kraftfahrstraße. Beide Trassen seien „völlig überdimensionierte Straßen, die diesen Kiez zerstückeln“, sagt der Politiker. Eine vor zwei Jahren beantragte Umwidmung werde von der zuständigen
    Senatsverwaltung blockiert.

    Die A103 führt auch am seit 23 Jahren leer stehenden Stadtbad Steglitz und an einem weiteren Parkhaus vorbei, bis sie als „absurder Stummel“ am Steglitzer Kreisel endet, wie Egginger-Gonzalez sagt. Unter dem Stummel: wieder Parkplätze, unter denen wiederum der historische Kern von Steglitz begraben liegt. Die Linke fordert, die A103 zurückzubauen und die frei werdenden Flächen, die bereits versiegelt sind, für Radverkehr, sozialen Wohnungsbau und „Sorgezentren“ zu nutzen.

    Bauruine und Spekulationsobjekt

    Letzte Station des Rundgangs ist der Steglitzer Kreisel mit seiner weithin sichtbaren, eingerüsteten Hochhausruine. Wieder Unterkellerung, Leerstand sowie ein unterirdischer Busbahnhof. Und natürlich: noch mehr Parkplätze mit noch mehr Uringestank. In der Ladenpassage war früher ein Outdoor-Geschäft, jetzt steht alles leer. In einem Gang findet allerdings eine Rollerdisko statt – eine Zwischennutzung, fast der einzige belebte Ort an diesem Abend.

    Der Bau des Hochhauses begann 1968, fertiggestellt wurde es erst 1980. Nach mehreren Besitzerwechseln gehört es inzwischen der Immobiliengesellschaft Adler Group, aber auch die will es nach Ansicht von Egginger-Gonzalez wieder loswerden. Das Gebäude sei ein Spekulationsobjekt. Das Unternehmen musste nach seinen Angaben seit 2018 allein 700.000 Euro Gebühren für Genehmigungen bezahlen und hat das Baugerüst inzwischen sogar gekauft. Um diese Kosten abzufedern, wurden Projekte wie die Rollerdisko reingeholt, bald wahrscheinlich auch die Kältehilfe, was angesichts der vielen Obdachlosen im Kiez sinnvoll wäre.

    Egginger-Gonzalez, der nun wie ein Buch redet, ist überzeugt: Die Adler Group wolle die unrentable Bauruine gar nicht umbauen, simuliere aber Baufortschritte, weil sie die Baugenehmigung benötigt, um verkaufen zu können. Er habe die Baustelle besichtigt, Akteineinsicht beantragt und versucht, Adler die Baugenehmigung zu entziehen: „Die öffentliche Hand muss wieder die Kontrolle bekommen“, wiederholt er sein Mantra. „Es gibt keinen anderen Weg, diesen Wahnsinn wieder in eine gute Bahn laufen zu lassen.“

    Der Steglitzer Kreisel sei ein großes, zentral angebundenes Stück Land, auf dem die Bezirksverwaltung, eine Gemeinschaftsschule und günstige Wohnungen untergebracht werden könnten. Das kann allerdings dauern. Entmutigt von diesen geringen Erfolgsaussichten wirkt er nicht: „Auch die völlige Privatisierung der City-Zentren ist umkehrbar. Der Weg aus der Sackgasse ist jedoch mindestens so lang wie der Weg hinein.“

    #Berlin #Steglitz #Schloßstraße #Wirtschaft #Stadtentwicklumg #Verkehr

  • Deuxième #rapport Le #sexisme dans la #publicité française
    (sorti en 2023, ici pour archivage)

    Résistance à l’Agression Publicitaire (R.A.P.) publie le deuxième rapport de son Observatoire de la Publicité Sexiste intitulé Le sexisme dans la publicité française, 2022-2023. Ce rapport fait suite à une première version publiée en 2021 et montre que les mauvaises pratiques constatées à l’époque restent de mise, voire se renforcent. L’autorégulation publicitaire est un échec : la publicité française contribue à perpétuer les stéréotypes et les injonctions de genre les plus ridicules et les plus violentes.

    De mars 2022 à mars 2023, R.A.P. a mis en ligne un formulaire permettant aux citoyen·nes de dénoncer et documenter des #publicités_sexistes subies dans leur quotidien. En un an, sur 285 contributions provenant de toute la France, 87 % ciblent le genre féminin. L’analyse précise de ces contributions montre que les techniques et les mises en scène observées entre 2019 et 2020 restent utilisées par le secteur publicitaire. Les secteurs d’activité les plus représentés sont ceux de l’#habillement et de la #parfumerie (55 %) ainsi que l’#hygiène et la #beauté (18,5 %) qui constituent à eux seuls presque trois-quart des publicités jugées sexistes dans l’échantillon. Cette prédominance annonce déjà le rôle de l’esthétisme et de l’apparence dans le « #publisexisme ».

    L’ensemble des #stéréotypes et #injonctions_sexistes véhiculés par la publicité est majoritairement propagé par les #images, quoique des #slogans sexistes continuent d’être diffusés. Des #femmes_sexualisées, y sont représentées dans des postures de #séduction et/ou de #soumission. Elles y apparaissent en général comme mises à nues, fragmentées, infantilisées, érotisées, et réduites à être traités comme des objets plutôt que comme des sujets, Les #corps représentés répondent aux mêmes #normes_discriminantes (#minceur, #blanchité, #jeunesse, #épilation) et/ou irréalistes (par l’emploi de mannequins et le recours systématique à la #retouche_photographique) que précédemment. Quand, parfois, des corps moins normés sont représentés, c’est pour être soumis à de semblables traitements sexualisants. Les #hommes restent dans le rôle du sachant, fort et protecteur. Autres éléments, le modèle du #couple est systématiquement hétéronormé et le partage des tâches toujours aussi genré.

    Face à ces #abus persistants, le rapport conclut que les mesures censées réguler l’industrie publicitaire sont insuffisantes : mentions légales, chartes de bonne conduite et instances d’ « autorégulation » échouent à filtrer ou contrebalancer ces campagnes. C’est pourquoi R.A.P. préconise la création d’une autorité indépendante, dotée de réels pouvoir de régulation ; l’inscription de l’interdiction du sexisme publicitaire dans la loi ; l’#interdiction de la #représentation_des_corps (entiers ou morcelés, humains ou humanoïdes, réalistes ou caricaturés) en publicité. « Face à un publisexisme qui se perpétue et s’accommode de toutes les chartes ou comités d’éthique, il nous faut des lois. Si la publicité prétend nous transmettre des informations sur des produits, ce sont les produits qu’elle doit montrer », déclare Jeanne Guien, porte parole de R.A.P.

    https://antipub.org/rapport-sexisme-dans-la-publicite-francaise-2
    #France

  • Palim Palim ! So märchenhaft lebt Didi Hallervorden auf seiner Privatinsel im Atlantik
    https://www.berliner-zeitung.de/panorama/palim-palim-so-maerchenhaft-lebt-didi-hallervorden-auf-seiner-priva

    Berlin-Steglitz : Sur la gauche le « château » du général Wrangel, à droite la tour « Steglitzer Kreisel » et son parking, aujourd’hui une ruine témoin de la crise immobilière .

    Pour ses 90 ans notre comédien national préféré vend son îlôt privé avec château devant Ploumanach.

    L’Île de Costaérès se trouve en Bretagne où les hivers sont froids et humides, alors son prix est abordable en comparaison avec un rocher du même type en Méditerranée.


    https://www.openstreetmap.org/way/30410931#map=18/48.835575/-3.492702

    Hallervorden a gagné la première tranche de sa fortune avec des comédies grand public et de nombreuses productions de télévision. Ce féru du théâtre a investi son argent pour ranimer une légendaire salle berlinoise abandonnée par les théâtres municipaux après de nombreux échecs. C’est l’ancienne écurie du général Wrangel (celui qui a écrasé dans le sang la révolte de 1848 à Berlin ) qui porte le nom presomptueux Schloßparktheater alors qu’il il y a ni château ni parc à vue d’œil. ( voire photo plus haut )

    https://de.m.wikipedia.org/wiki/Dieter_Hallervorden

    Hallervorden s’en moque, son théâtre est une réussite.


    https://www.openstreetmap.org/way/35265862#map=18/52.454782/13.317967

    Coup de publicité : Hallervorden a réussi à faire changer l’adresse postale du théâtre de Wrangelstraße en Schloßstraße (rue du château). C’est mensonger car le théâtre n’a pas bougé d’un millimètre. Le comédien s’est servi de ses bonnes relations avec la mairie pour faire autoriser pour son théâtre l’utilisation de l’adresse d’un terrain vague à proximité.

    Vous vous demandez peut-être comment un simple farceur allemand peut accumuler une fortune qui le place dans la catégorie des stars qui achètent dex îles avec château et se déplacent en avion privé. Nous sommes en Allemagne ou les vedettes de cinéma ne gagnent jamais les cachets faramineux de leurs confrères hollywoodiens.

    Dieter Hallervorden est un libéral de gauche comme il n’en reste plus beaucoup et un homme d’affaire engagé qui a su user de ses relations pour créer des affaires partout tout au long de sa carrière de soixante ans.

    Le Schloßparktheater (rebâtisé selon la dernière réforme de l’orthographe allemand en Schlosspark Theater ) est son hobby politique. Il a réussi comme entreprenuer de théâtre où les troupes du théâtre municipal subventionné ont produit des échecs pendant des décennies avant d’abandonner complètement la salle légendaire.

    Hilfegard Knef, Der geschenkte Gaul, Kapitel 9 : Barlog im Schlossparktheater, vorgetragen von Heike Makatsch
    https://www.youtube.com/watch?v=jzgHdNwGljg

    Hallervorden a bâti son fond de commerce actuel en faisant évacuer sa troupe de comédie satirique Die Wühlmäuse de son minuscule domicile dans un building commercial anodin démoli et remplacé par un grand hôtel touristique dans une salle prestigieuse du Westend berlinois.


    https://de.m.wikipedia.org/wiki/Summit_House

    Après le départ des troupes alliés de la deuxième guerre mondiale l’état libéral allemand bradait son coûteux patrimoine. Berlin vivait une époque de gold rush pour ceux qui savaient profiter du bouleversement historique. Hallervorden a pu acheter à un prix intéressant l’ancien centre commercial des forces d’occupation britanniques NAAFI avec cinéma.

    Les revenus de l’affaire immobilière et de nombreuses productions de télévision dans sa grande salle du Westend garantissent la pérennité des projets de l’entrepreneur de théàtre Hallervorden.

    Pour ses 90 ans il s’offre un rôle sur la scène de de son théâtre de prédilection Schlosspark Theater dans la province berlinoise.

    3.8.2025 von Enno Kramer - Immer wieder polarisiert Didi Hallervorden mit seinen Äußerungen. Nun gibt eine Dokumentation exklusive Einblicke in das Privatleben des Kabarettisten.

    Kaum jemand sorgt in Deutschland so verlässlich für Schlagzeilen wie Dieter „Didi“ Hallervorden. Mal fordert der 89-jährige Kabarettist und Schauspieler vehement, dass Bundeskanzler Friedrich Merz sich wegen seiner „Drecksarbeit“-Aussage vor Gericht verantworten müsse – und zeigt ihn daraufhin an. Mal verwendet er das N-Wort oder sorgt mit Auftritten bei umstrittenen Demonstrationen für Aufsehen.

    Doch wie lebt jemand, der sich immer wieder freiwillig ins mediale Kreuzfeuer begibt? Eine neue ARD-Dokumentation hat den „Palim Palim“-Darsteller begleitet.
    Hallervordens Rückzugsort liegt mitten in der Bretagne

    Anlässlich des am Freitag anstehenden 90. Geburtstags des Komikers zeigte Das Erste den Dokumentarfilm „Hallervorden – Didi gegen den Rest der Welt“. Darin ist unter anderem zu sehen, wie Hallervorden sich gelegentlich zwischen all den Provokationen und Skandalen auf seine Privatinsel in der französischen Bretagne zurückzieht. Dort besitzt er ein bilderbuchartiges, fast schon märchenhaftes Schloss.

    Foto
    Der Blick auf Hallervordens Refugium: Die Privatinsel erstreckt sich über knapp einen Hektar Land.Imago

    Bereits vor mehr als 40 Jahren soll der Kabarettist das ein Hektar große Anwesen mit der vierstöckigen Immobilie namens Château de Costaérès erworben haben. Das Schloss im neugotischen Stil wurde 1896 vom litauisch-polnischen Ingenieur Bruno Abdank-Abakanowicz erbaut und 1980 renoviert. Knapp acht Jahre später ging es in Hallervordens Besitz über.

    In der Dokumentation heißt es, der Komiker könne sich dort „wie ein König“ fühlen. Sein Sohn Johannes, der seinen Vater zuletzt für die Verwendung des N-Worts kritisiert hatte, spricht von einem „Refugium“ für ihn. Wie T-Online berichtet, habe Hallervorden den Ort „nach unendlich langer Suche“ gefunden. „Die Insel bietet mir Raum, in meinem französischen Exil die Batterien aufzuladen und über neue Projekte nachzudenken.“

    Warum möchte Hallervorden sein Schloss verkaufen?

    Doch so schwer ihm die Suche nach dem passenden Refugium auch gefallen sein mag – mittlerweile scheint Hallervorden nicht mehr allzu sehr an der Immobilie zu hängen. Seit rund acht Monaten wird das Schloss offenbar zum Verkauf angeboten, wie die Nachrichtenseite berichtet. Demnach ist auf einem Immobilienportal ein Inserat zu finden, in dem es für 9,5 Millionen Euro angeboten wird. Es verfügt über zehn Zimmer und knapp 300 Quadratmeter Wohnfläche.

    Sowohl der Rittersaal als auch der Empfangs- und Bankettsaal sind bis heute erhalten geblieben. Neben einem Fernsehzimmer, mehreren Terrassen und fünf Schlafzimmern verfügt das Schloss über eine Sauna, einen Fitnessraum und einen Pool. Zum Verkauf des Schlosses hat sich der Schauspieler, der die meiste Zeit in Berlin lebt, bislang noch nicht geäußert.

    #Berlin #Steglitz #Wrangelstraße #Schloßstraße #Bretagne #Ploumanach #théâtre #cinéma #nantis #logement #immobilier #people

  • La littérature jeunesse française et les #stéréotypes_de_genre : Gender by the Book, de Julie Fette
    https://album50.hypotheses.org/10342
    Sur #l'école_des_loisirs

    Dans cette deuxième phase de son livre, Julie Fette s’attaque à forte partie. En effet, comme elle est étrangère, elle se questionne (ce que nous ne faisons sans doute plus) sur l’étonnante suprématie des abonnements “Max” proposés aux élèves des écoles françaises. Comment expliquer cette présence massive et incontestée de l’École des loisirs dans les classes des écoles publiques et ce d’autant plus que les livres de ce même éditeur sont déjà surreprésentés dans les listes de titres conseillés par l’Éducation Nationale ?

    Julie Fette commence donc par faire un très complet historique de l’École des loisirs, que là encore je conseille à toutes celles et tous ceux qui débutent en #littérature_jeunesse et veulent en savoir plus sur cet éditeur à la position dominante (il faut aussi aller voir sur le site de la BM de Lyon). Les Éditions de l’École, crées en 1922, vendent directement aux écoles privées (catholiques). Raymond Fabry, qui a créé la maison, a en effet d’abord été employé d’une école catholique du sud-ouest. La loi de 1959, dit loi Debré, qui aligne les programmes de l’école privée sous contrat avec ceux de l’Éducation Nationale (en échange d’une prise en charge du salaire des enseignants du privé par l’État : le hold-up du siècle en fait !) rend la position de l’éditeur plus fragile. C’est à cette époque que la direction s’adjoint les service d’un jeune stagiaire suisse, Arthur Hubschmid, pour ses compétences techniques ; c’est lui qui va les mener sur la voie de ce qui deviendra “l’école des loisirs”, succursale qui finit par supplanter la maison mère. La Foire de Frankfurt de 1963, qui lui donne cette idée, est dominée par les éditeurs américains, qui à cette époque font plus de la moitié de leur chiffre avec des livres pour enfants, à une époque où la Bibliothèque du Congrès vient d’ouvrir son Centre de Littérature jeunesse. Or le démarchage direct des écoles a toujours été le cœur des éditions de l’école : ça va le rester pour l’École des loisirs.

    L’École des loisirs se lance à un moment-clé : en même temps que l’ouverture de la Joie par les Livres (1965), le lancement de Pomme d’Api par Bayard, etc. Le livre de Sophie Heywood consacré à Hachette, dont j’ai longuement rendu compte sur ce carnet de recherche, souligne lui aussi l’importance de cette époque charnière pour l’édition jeunesse. C’est une affaire de famille : le fondateur Raymond Fabry passera la main à son fils Jean Fabry et à son genre Jean Delas [en fait : son gendre Jean Fabre... oui le duo de direction c’était Jean Fabry et Jean Fabre, ndl], qui s’associent à leur tour à Jean Delas, petit-fils du fondateur ; aujourd’hui, son fils Louis Delas les a rejoints. Cette structure familiale les a tenus à l’écart des logiques purement industrielles capitalistiques et leur a permis de mener des politiques d’auteur de long terme. En 1981 ils ont l’idée des abonnements sur un modèle de l’éditeur japonais Kukuikan Shoten, alors que les autres “clubs de livres” ne marchent pas très bien en France. L’idée majeure de l’École des loisirs, d’est d’aller chercheur leurs lecteurs là où ils sont le plus et le plus souvent, l’école – alors qu’ils n’auront jamais le moindre agrément officiel de l’État ! Ils créent le premier réseau de 300 « animatrices » qui démarchent les écoles, initialement pour compenser le faible nombre de points de vente de livres pour enfants (c’est vraiment le tout début des librairies spécialisées jeunesse). Les livres constituant l’offre d’abonnement “Max” sont pris dans des nouveautés de plus de 9 mois, ou dans le « fonds ». Julie Fette, après d’autres, évoque la relative culture du secret sur le fonctionnement de ces abonnements et les bénéfices que l’École des loisirs en tire… on parle de 650 000 abonnements par an.

    Comme ce format de vente par abonnements directs boycotte complètement la « chaîne du livre » et crée un manque à gagner pour les libraires, les protestations ne manquent pas au fil du temps. Les éditeurs concurrents ont essayé d’autres formules : Julie Fette étudie ainsi la tentative « Le livreur d’histoires » montée conjointement par Gallimard, Flammarion, Casterman et Sarbacane, avec retrait en librairie, mais ça fait un flop. Voilà pour l’histoire des collections d’abonnements “Max”. Après cet historique, la chercheuse rend compte d’entretiens et d’enquêtes portant sur l’esprit de la maison et de ses publications. Là encore, c’est remarquable : rigoureux, et implacable.

    Le cœur de l’identité de l’École des loisirs est son attachement à l’universalisme. La maison prétend se vouer à la démocratisation de la littératie et de la culture, en ne publiant que des “livres de qualité” : en quelque sorte, elle fait œuvre de salut public. Cet « universalisme » interdit a priori de se poser des questions sur des catégories comme le genre et la race, supposées ne pas constituer de différences… Les albums de l’École des loisirs se veulent « populaires mais pas vulgaires » (ce qui, à mon avis, est une trace de subtil mépris de classe).

    Les critères de l’éditeur sont au nombre de 4 : une approche artisanale de la production ; une valorisation des auteurs canoniques ; une insistance sur la liberté de création des auteurs ; une mise en avant du plaisir de lire, au détriment de toute mission politique ou didactique. Dans les faits, les abonnement “Max” recourent beaucoup aux séries (internes à la maison), alors même que le discours des éditeurs voue les séries aux gémonies (il y aurait donc des bonnes et des mauvaises séries ?…). Le contenu des abonnements, même aujourd’hui, montre une profonde nostalgie pour des auteurs de la fin du XXe siècle (on peut s’étonner par exemple, nous dit la chercheuse, de la persistance de l’attachement aux Mellops de Tomi Ungerer, alors que cette œuvre de jeunesse pose pas mal de questions [de sexisme]). Les éditeurs rencontrés par Julie Fette refusent catégoriquement l’idée d’œuvres « de commande », car dans leur esprit cette formule est systématiquement associée à de “mauvais livres”.

    Or, malgré cette affirmation répétée d’un attachement aux « bons » livres, Julie Fette constate que les livres de ces abonnements véhiculent beaucoup de stéréotypes de genre. Par ailleurs, comme l’a montré une étude de Claude Combet, 123 auteurs de la maison ont publié plus de 10 livres à l’École des loisirs : est-ce que ce catalogue ne constituerait pas un “entre-soi” empêchant l’expression de voix plus diverses ?… Enfin, Julie Fette constate qu’aujourd’hui, l’École des loisirs développe encore davantage son entrisme au sein de l’Éducation Nationale, en multipliant les offres (formation, site, catalogue classés par cycle scolaire, mais pas seulement : le jour-même où je rédige ce billet, je reçois un offre “enseignants” de l’École des loisirs vantant son “Le Rallye lecture – Projet Pédagogique 2025-2026”), ce qui finit par contredire un peu les affirmations de livres « non éducatifs et non didactiques ». Ainsi, bien que brandissant le slogan de livres destinés à former les citoyens, ces livres n’attachent aucun intérêt à la représentation équitable des genres, ce qui pose question.

    Les éditeurs prétendent rejeter le « conformisme » ou le « consensus », qui serait forcément “mou” ; ils lui opposent la littérature « de qualité » – comme si l’égalité de représentation pouvait nuire à la qualité. L’universalisme est brandi comme un rempart contre toute forme de “propagande” : les éditeurs interrogés par Julie Fette lui ont affirmé préférer « universel » à « endoctriné ». Universel, sans doute, comme unifié, transcendant, atemporel…

    Sans naïveté, la chercheuse constate que la dimension pédagogique, déniée tout en étant constamment réaffirmée dans les faits, est un argument commercial évident de l’École des loisirs, de même que le mythe de “l’universalisme”, qui en dit long sur les attentes des enseignants et des familles.

    Ce ne serait finalement pas si embarrassant si les enseignants d’école primaire n’étaient pas notoirement sous-formés en littérature jeunesse. Faute d’une formation systématique et exigeante, les enseignants se rabattent sur les listes préconisées par Eduscol, le site de référence de l’Éducation Nationale, qui survalorise les productions de l’École des loisirs à l’intention d’enseignants qui disposent de peur de critères pour prendre de la hauteur – quand ce n’est pas à ce même éditeur que l’institution confie la formation desdits enseignants ! Pourtant, d’autres éditeurs, moins puissants commercialement, proposent des ouvrages dont le contenu serait manifestement plus conforme aux valeurs officiellement brandies par le Ministère.

    Julie Fette s’est penchée, justement, sur ces listes-elles-mêmes. Les couvertures, par exemple, ont été analysées par des chercheuses (Josette Costes et Virginie Houadec) : 44% des personnages masculins brandissent des objets et ont les jambes largement écartées, contre 28% des personnages féminins. 3 fois plus de personnages masculins occupent des positions dominantes. 80% des filles sont en position statique, contre 60% seulement pour les garçons. Etc. On ne les a pas crues quand elles ont présenté leur résultats ! Et on refuse à grands cris l’idée même d’instaurer des ‘quotas’. Il y a donc une profonde contradiction entre les valeurs promues officiellement, et la réticence à les mettre en pratique, voire à observer la réalité.

    En conclusion de ce chapitre, Julie Fette rappelle que l’École des loisirs, maison familiale, est aussi une maison dirigée par les hommes de la famille (plus Arthur Hubschmid) depuis 4 générations. Le chapitre se révèle assez ravageur pour le mythe éditorial de la littérature jeunesse française, mais c’est surtout dans le chapitre suivant, qui analyse le contenu d’une année entière d’abonnements “Max”, que les choses apparaissent dans toute leur crudité.

    Les albums des abonnements “Max” en 2019-2020

    Les brochures de promotion de l’abonnement insistent sur le « vivre ensemble », la notion tarte-à-la-crème de l’Éducation Nationale, que la chercheuse américaine glose ainsi avec drôlerie : « une expression française qui peut signifier n’importe quoi, depuis surmonter la jalousie pour un petit frère jusqu’à se battre pour les droits des réfugiés » (p.149) Or les livres des abonnements “Max” ne présentent aucune diversité raciale. Les abonnements Bébémax proposent une « annihilation symbolique » des personnages féminins. Dans Kilimax, on trouve deux fois plus de personnages masculins que féminins – et beaucoup plus de mâles dans les livres relevant de séries (14 sur 32). On y observe en outre pas mal de stéréotypes, du style “le mâle protège la femelle”. Les personnages adultes véhiculent aussi des stéréotypes : les femmes sont des mères seulement (5, contre 2 seulement pour les pères), tandis que les hommes sont souvent des « pères de passage ». Les rôles sociaux des adultes sont stéréotypés – exception pour Le Secret du rocher noir. Les garçons sont invités à ne pas être des poules mouillées (Billy cherche un trésor).

    Quant à eux, les personnages d’animaux reposent sur le fait que les lecteurs peuvent réaliser le « species jump », c’est-à-dire transposer ce qui arrive aux animaux à un univers d’humains, mais ces animaux sont souvent genrés, et on leur ajoute des caractéristiques (ex : les souris sont « petites »). Enfin Julie Fette montre à travers un exemple précis, Vive le sport, à quel point les stéréotypes sont rampants : en refusant catégoriquement toute forme d’écriture inclusive, le livre désigne systématiquement les personnages avec le terme « le joueur », alors qu’à de nombreuses reprises ou pourrait franchement dire « la joueuse »…

    Julie Fette conclut donc que les albums des abonnements Max récents charrient des représentations genrées profondément inéquitables, lourdement affectées par des stéréotypes archaïques… On n’est pas forcément étonnée de ce constat, mais on s’attendrait à ce qu’il soit fait à propos d’une maison d’édition dite “populaire”, ou “commerciale” – pas de “la” maison d’édition chérie des écoles et des bibliothèques, qui s’évertue à promouvoir la “liberté des auteurs”, la qualité et “l’universalisme” des valeurs. L’essai de Julie Fette, dérangeant, tire une partie de sa force de la position d’ extraterritorialité de son autrice. Parce qu’elle n’est liée d’aucune manière ni à l’Éducation Nationale et ses satellites, ni au monde des bibliothèques françaises, parce qu’elle ne vit pas en France et n’est pas empêtrée dans les réseaux de discours si familiers qu’ils finissent par sortir de nous sans qu’on y prête attention, elle parvient tout simplement à dire, comme dans le conte d’Andersen, que le roi est nu.

    #édition #livre

  • #Boîte_à_outils SansStéréotypes

    La Boîte à outils SansStéréotypes propose une sélection de #ressources pour déconstruire les stéréotypes et promouvoir les rapports égalitaires de la petite #enfance à l’#adolescence. Elle s’adresse aux personnes impliquées dans l’#éducation des enfants et des jeunes de 0 à 17 ans.

    Dans cette page :

    #Image_de_soi et #diversité_corporelle
    #Stéréotypes_sexuels et #identité_de_genre
    #Hypersexualisation
    - #Vie_affective et amoureuse
    - #Réussite_scolaire et #choix_professionnels
    - #Santé et #bien-être
    #Coparentalité
    #Sports et #activité_physique
    - Plateformes transversales

    https://www.quebec.ca/famille-et-soutien-aux-personnes/enfance/developpement-des-enfants/consequences-stereotypes-developpement/boite-outils

    #guide #genre #stéréotypes #jeunes

  • Au Danemark, un bébé est retiré à sa mère une heure après la naissance suite à un « test de compétences parentales » - La Libre
    https://www.lalibre.be/international/europe/2025/08/24/au-danemark-un-bebe-est-retire-a-sa-mere-une-heure-apres-la-naissance-suite-

    Une mère a perdu la garde de son enfant juste une heure après sa naissance suite à un test controversé de « compétences parentales » qui n’est pas censé être passé par les personnes groenlandaises, comme l’est la mère de l’enfant.

    Ivana Nikoline Brønlund, 18 ans, est devenue maman d’une petite fille le 11 août 2025. Mais après la naissance, qui a eu lieu dans un hôpital près de Copenhague, la petite Aviaja-Luuna a été retirée à sa mère, rapporte The Guardian. Ivana Nikoline Brønlund n’a pu tenir sa fille dans ses bras qu’une petite heure, avant qu’elle ne soit placée en famille d’accueil. La raison ? Les résultats d’un « test de compétences parentales », mené par la municipalité locale.

    La jeune maman a reçu comme explication que sa fille lui avait été retiré à cause des abus qu’elle a subis de la part de son père adoptif, lorsqu’elle était plus jeune, actuellement en prison pour ces faits. Les autorités locales ont également justifié leur décision par le fait qu’Ivana Nikoline Brønlund n’est « pas assez groenlandaise ». Depuis mai, une loi interdit effectivement que ces tests de compétences parentales soient effectués auprès des parents originaires du Groenland, car ils sont considérés comme racistes et « culturellement inadaptés aux personnes d’origine inuite », explique The Guardian. Ivana Nikoline Brønlund est pourtant née au Groenland de parents groenlandais.

    Une ministre danoise demande des éclaircissements sur la situation

    La décision de lui retirer son bébé à peine né a suscité de nombreuses réactions au Danemark. Des militants ont appelé les autorités danoises à réagir, et la ministre danoise des Affaires sociales, Sophie Hæstorp Andersen, a demandé à la municipalité responsable d’expliquer le traitement du cas d’Ivana Nikoline Brønlund. « Les tests standardisés ne devraient pas être utilisés dans les cas de placement impliquant des familles d’origine groenlandaise. La loi est claire », a-t-elle rappelé.

    De son côté, la municipalité n’a pas voulu commenter le dossier concerné, par souci de confidentialité, mais a reconnu « des erreurs » dans les procédures. Elle cherche « la meilleure solution possible » pour la famille de la petite Aviaja-Luuna.

    La jeune maman, elle, n’a pu voir sa fille que quelques heures depuis sa naissance. Elle est en effet autorisée à passer deux heures avec elle une fois tous les quinze jours, et sous surveillance. Elle a fait appel de la décision de la municipalité, et son dossier sera traité le 16 septembre. Au Guardian, Ivana Nikoline Brønlund a livré un triste témoignage : « Je ne voulais pas accoucher parce que je savais ce qui allait se passer après. Quand mon bébé était dans mon ventre, c’était le moment où j’étais le plus proche d’elle. C’était une période très difficile et horrible ».

    • Protests as newborn removed from Greenlandic mother after ‘parenting competence’ tests
      https://www.theguardian.com/world/2025/aug/23/protests-as-newborn-removed-from-greenlandic-mother-after-parenting-com
      Les tests se sont déroulés entre 4 et 2 mois avant la naissance, et la décision de lui enlever son enfant lui a été annoncée 3 semaines avant. La décision ne se base que sur ces tests psychométriques, elle n’a rien fait de répréhensible. Tout ce qui lui est reproché c’est d’avoir eu un père adoptif qui l’a agressé sexuellement. C’est hallucinant.

      Je n’arrive pas à savoir dans quels cas il est décidé de faire passer ces tests. Ici j’imagine que c’est parce que cette jeune femme avait elle-même était placée et donc déjà dans le giron de la « protection de l’enfance ».

    • En 2024 déja :

      Un bébé retiré à sa mère d’origine groenlandaise, le gouvernement danois pointé du doigt | Slate.fr
      https://www.slate.fr/monde/bebe-retire-mere-origine-groenlandaise-gouvernement-danois-danemark-tests-pare

      Dans la nuit du 8 novembre, Keira Alexandra Kronvold, une femme de 38 ans d’origine groenlandaise, a donné naissance à une fille en bonne santé à l’hôpital Thisted, au Danemark. Mais, ce qui devait être le plus beau jour de sa vie a viré au cauchemar. Deux heures après avoir accouché, elle a dû remettre son nouveau-né à un gestionnaire de cas de la municipalité de Thisted. Emmené de force, il a été confié à une famille d’accueil danoise.

      Pourquoi ? Car la mère n’a pas été jugée « suffisamment civilisée » par le test d’évaluation des compétences parentales danois (FKU). Les tests psychométriques sont largement utilisés au Danemark dans le cadre des enquêtes de protection de l’enfance sur les nouveaux parents, mais sont depuis longtemps critiqués par les organismes de défense des droits humains comme étant culturellement inadaptés aux personnes d’origine groenlandaise et aux minorités. Ce mois-ci, l’affaire a déclenché des manifestations d’ampleur à Copenhague et à Nuuk, la capitale du territoire autonome. The Guardian nous en dit plus.
      https://www.theguardian.com/world/2024/nov/25/danish-parenting-tests-baby-removed-from-greenlandic-mother

      D’après Tina Naamansen, présidente de Sila 360, qui travaille sur la surveillance des droits légaux des Inuits, il s’agit « d’un cas parmi tant d’autres ». Les enfants de parents groenlandais vivant au Danemark –qui a autrefois gouverné le Groenland en tant que colonie et continue de contrôler sa politique étrangère et de sécurité– ont beaucoup plus de risques d’être placés que ceux de parents danois. Selon un rapport de 2022, 5,6% des enfants d’origine groenlandaise vivant au Danemark sont placés, contre 1% de ceux d’origine danoise.

      Louise Holck, directrice du Danish Institute for Human Rights (« Institut danois des droits humains » en français), exhorte les municipalités à cesser immédiatement d’utiliser les tests sur les parents groenlandais jusqu’à ce que les questions puissent être adaptées à leur langue et à leur culture. Dans un rapport de 2022, l’institut explique que les parents groenlandais, face à ce test inadapté, « risquent d’obtenir de faibles résultats, de sorte qu’on en conclut, par exemple, qu’ils ont des capacités cognitives réduites, sans qu’il y ait de preuve réelle de cela ». Or, « de telles erreurs de jugement peuvent avoir de lourdes conséquences pour les enfants et les parents ».
      Conséquences dramatiques

      C’est le cas pour Keira Alexandra Kronvold. Les évaluations psychologiques ont été réalisées par un psychologue parlant le danois. Or, la mère, dont la langue maternelle est le kalaallisut (le groenlandais occidental), ne parle pas couramment le danois. Dans un passage de son dossier, on peut lire que « son origine groenlandaise rendrait difficile pour elle la préparation de l’enfant aux attentes et codes sociaux nécessaires dans la société danoise ». Elle ne peut désormais passer qu’une heure par semaine avec son bébé, durant laquelle elle est surveillée de près par une assistante sociale.

    • Tiens ? Une nouvelle manipulation de l’aristocratie blanche :

      https://www.rfi.fr/fr/europe/20250827-le-danemark-pr%C3%A9sente-ses-excuses-aux-victimes-des-st%C3%A9rilisati

      Plus de 4 500 femmes ont été victimes de stérilisations forcées, menée par le Danemark au Groenland de la fin des années 1960 à 1992. Pour la première fois, la Première ministre danoise, Mette Frederiksen, a présenté ses excuses et demandé « pardon » au nom du Danemark, mercredi 27 août. Un premier geste reçu entre soulagement et prudence par les victimes.