Répression à la fac du Mirail (Toulouse)
Nous étions vendredi dernier, le 2 Octobre 2026, à la fac du Mirail (Jean Jaurès) à une conférence-débat organisé par le collectif #Écran_Total Occitanie et le collectif #Stop_Micro de Grenoble.
Dans un contexte agité mais bienvenu, celui du mouvement d’émancipation des jeunes, des lycéens et des étudiants, quelques graves incidents ont eu lieu.
Voici ci-dessous le témoignage de l’un d’entre nous.
Salut,
J’étais bien présent à la fac du Mirail ce vendredi après-midi du 2 Octobre, quand les flics sont rentrés dans l’amphi du Gai Savoir. Nous étions alors en pleine conférence-débat, avec les collectifs Stop Micro de Grenoble et Écran Total Occitanie.
Les flics sont rentrés dans l’amphi très excités et menaçants. Ils nous criaient dessus en nous ordonnant de partir. Ce que nous avons fait.
Mais précisément, au moment de sortir, nous avons été bloqué.es par un autre groupe de flics, au bas d’un escalier de secours. Tout aussi énervés, ceux-là ne voulaient pas nous laisser partir. Nous étions donc coincés, d’un côté par des flics super excités qui nous ordonnaient de partir, et de l’autre par leurs clones qui nous interdisaient de partir…
Pris au piège, nassés, dans le fond d’un couloir et en haut d’un escalier de secours, avec des flics super excités qui nous pressaient, montaient de plus en plus dans les tours en nous hurlant dessus. Mais toutes et tous nous gardions notre calme, en espérant pouvoir rapidement sortir de cette souricière, et nous mettre à distance de ces nervis qui devenaient de plus en plus furieux. Mais nous étions bel et bien coincés.
Malheureusement, ce qui devait arriver arriva. Dans un état de surexcitation totale, les flics finirent très rapidement par perdre tout espèce de contrôle et s’en prirent alors aux premiers qui leur tombaient sur la main, de manière complètement dingue . Malgré ça, nous nous gardions toujours notre calme ! Même celles et ceux qui étaient ciblé.es. Ce qui ne les empêcha pas de continuer à nous malmener et finalement de nous frapper.
Voilà comment ils ont opéré sur mon voisin direct, qui restait pourtant très tranquille avec ses bras en l’air :
un flic l’a pris et l’a bousculé vers un de ces collègues, qui lui a hurlé dessus :
– Hé ! Mais pourquoi tu m’agresses toi !!
Celui-ci l’a alors rejeté à son tour sur un troisième collègue en bleu qui lui a dit un truc du genre :
– « Hé ! Mais qu’est-ce tu me fais-là toi !! et Bang ! Et de le rejeter brutalement vers un quatrième collègue, et ainsi de suite, alors que le gars gardait toujours ses bras en l’air.
Cette technique était simple à comprendre, les flics faisaient tout pour créer un incident. Ils voulaient que le gars se rebelle ou entre en panique. Ils auraient ainsi pu ultérieurement justifier leur intervention violente, en prétendant avoir voulu neutraliser un gars violent.
Et puis ça a continué, jusqu’à qu’il le fracasse sur un mur, la bouche en sang. Alors, un de ces tarés est arrivé par derrière et lui a filé des coups de décharges électriques, à répétition partout dans son dos et dans les aines de ses deux jambes, alors que le gars était plaqué au mur maintenu de toute part, avec ses bras en l’air, et qu’il continuait de se faire frapper et de recevoir des coups de poing dans les reins et des béquilles dans les jambes.
Puis, ils l’ont fauché, jeté parterre, pendant que l’autre malade continuait de lui envoyer des décharges électriques dans son dos, en lui hurlant dessus, « NE RÉSISTE PAS ! ».
Mais le pire, c’est que le gars ne résistait pas !! Entre deux décharges électriques, il criait : « Mais je ne résiste pas !! Je ne résiste pas !! Arrêtez !! »
Ils voulaient que le gars perde pied, se débatte, qu’il entre en panique. Le gars était un costaud ! Et pourtant, il s’est laissé faire du début à la fin. Les flics lui ont finalement passé les menottes, mais l’autre taré sur sa lancé a continué de lui filer des coups de décharges électriques dans le dos et ses jambes. Complètement cinglés !
Et puis, à notre grande surprise, et comme s’ils avaient eu leur dose, les flics ont soudainement arrêté le massacre.
Ils se sont littéralement arrêté, la curie s’est arrêtée, juste comme ça !?! Hop !
Ils ont viré complet, comme si une lueur de clairvoyance les avait soudainement traversée.
Puis, Ils ont commencé à dire des trucs de ouf. Par exemple, ils se sont adressé à un de nos compagnons, le plus ancien d’entre nous qui marchait avec une béquille - ce qui ne les avait nullement empêché le jeter à terre :
– « Mais quand même, entre adultes, c’est lamentable d’en arriver là, non ? »
Hallucinant !!! Ces types viennent de nous fracasser, et juste après nous avoir laminés, y’a comme un déclic chez eux, ils viennent d’un seul coup d’un seul nous parler « en adulte », nous faire la morale, en nous disant des trucs du genre qu’on a pas été sages, ou je ne sais pas quelle autres conneries. Ces types sont de dangereux psychopathes.
Et dans la foulée, ils libèrent le bas de l’escalier, nous libèrent toustes, même le pauvre gars qui s’est fait menotté et tabassé. Et alors que nous prenions soin d’une de nos camarades qui avait été prise d’une crise d’angoisse, un de ces malades s’est même fendu d’un message au mégaphone :
« Tout s’est bien passé, veuillez évacuer les lieux »…
Nous étions majoritairement toustes de bons petits blancs, bien propres sur nous ; qu’est-ce qu’il doivent morfler dans les cités…
Solidairement,
B.
membre du Collectif d’Habitant.es de Bouloc, Lauzerte et des Environs