• « Gilets_jaunes » : après les violences de samedi, la #stratégie_policière critiquée
    https://www.lemonde.fr/police-justice/article/2019/03/17/gilets-jaunes-apres-les-violences-de-samedi-la-strategie-policiere-en-questi

    Ce sont des rangs même de la police que les critiques les plus virulentes sont montées, au long du week-end. « L’#opérationnalisation du maintien de l’ordre a été un #échec hier », estime Yves Lefebvre, le patron du syndicat Unité SGP-Police-FO, première organisation au ministère de l’intérieur, qui pointe la responsabilité de la #Préfecture de police de Paris, responsable du dispositif. Dimanche soir, le gouvernement a admis des « dysfonctionnements » dans le dispositif de sécurité et annoncé un renforcement à venir de la doctrine.

    « Ils ont fait le choix de la résilience, pour éviter les blessés, au détriment de l’intervention : ça donne une situation catastrophique sur le plan matériel, abonde Philippe Capon, secrétaire général de l’Unsa Police, le troisième syndicat de #gardiens_de_la_paix. Est-ce qu’on a eu des blessés graves ? Non. Mais est ce pour autant un maintien de l’ordre réussi ? La réponse est non. » 42 personnes ont été blessées parmi les manifestants, 17 au sein des forces de l’ordre, ainsi qu’un sapeur-pompier.

    « Le jour où on lâche du lest là-dessus, ils s’engouffreront dans la brèche, leur objectif depuis le début c’est d’aller à l’Elysée », explique une source policière à la préfecture de police, pour justifier le maintien d’un fort contingent sur cette zone.

    Seuls les escadrons de gendarmes mobiles et les troupes de la préfecture étaient engagés directement face aux manifestants. « En mobilisant les CRS uniquement sur la partie statique, on s’est privé d’une force de frappe, estime Philippe Capon, lui-même ancien #CRS. La préfecture s’estime la seule sachante, mais hier sa stratégie a échoué. »

    Le choix de la répartition des unités fait débat. « On a eu affaire à des groupes hyper mobiles, on a été d’entrée de jeu dans une situation de guérilla, d’émeute urbaine, pas de maintien de l’ordre, assure Yves Lefebvre. On aurait été beaucoup plus opérationnel avec les CRS. Les #gendarmes_mobiles sont plus difficiles à manœuvrer. »


  • On S’est Planté...

    Sincèrement, on s’est planté. L’inconfort précède le changement, et cette discussion que j’ai eue avec Félicien (Biais Vert) est fortement inconfortable et absolument NÉCESSAIRE.

    https://www.youtube.com/watch?v=lvdckQKKz_Q&feature=youtu.be


    #marches_pour_le_climat #climat #résistance #marche_pour_le_climat #écologie #alarmisme #radicalité #continuité #urgence_climatique #attente #vidéo #stratégie #stratégies_de_lutte


  • Le non-renouvellement des élites françaises contribue à leur détestation (Olivier Galland / Telos, Slate.fr, 17.02.2019)
    https://www.slate.fr/story/173334/elites-reproduction-mobilite-sociale-grandes-ecoles-assemblee-haute-fonction-p

    En fait, ce #processus_sélectif se construit tout au long de la #scolarité et souvent très tôt, par des #stratégies_familiales permettant de choisir les bons établissements, les lycées d’élite dont chaque grande capitale régionale est pourvue. Ces stratégies ne sont évidemment pas aléatoirement distribuées, et les familles qui ont une longue connaissance des arcanes du système scolaire peuvent les mettre en place bien plus efficacement que les autres. À résultats équivalents, les familles modestes ont par ailleurs, par un processus bien connu d’auto-sélection, des ambitions moins élevées et ne visent que rarement ces établissements d’élite.
    L’animosité si forte à l’égard des #élites tient sans doute pour une part à ce sentiment confus que le monde des élites économiques, politiques et administratives n’est en France que faiblement irrigué par des nouveaux membres issus de #classes_sociales qui n’y avaient jusque-là que faiblement accès. Ce sentiment peut alors en favoriser un autre : celui que ces élites forment une caste jalouse de ses #privilèges et décidée à les perpétuer.
    Combattre l’anti-élitisme qui s’exprime souvent de façon si virulente en France devrait conduire à réformer le processus de sélection des élites pour réduire son caractère #héréditaire. Mais la tâche n’est pas simple. D’une part, elle dépend des élites politiques, dont une bonne part bénéficie du système actuel. D’autre part, il faut bien reconnaître que ce système, pour être socialement injuste, n’en est pas moins performant : la France forme par ses grandes écoles d’excellents ingénieurs et hauts cadres administratifs.
    […]
    Mais il existe au moins deux autres problèmes importants qui entretiennent le #ressentiment : celui du manque de #renouvellement et de #diversité des élites politiques et celui de l’opacité qui entoure les carrières politiques ou administratives, supposée masquer des avantages indus.
    […]
    Un autre problème de taille concerne la #haute_fonction_publique, les 600 hauts fonctionnaires dont la nomination s’effectue en Conseil des ministres […]. Ces personnes bénéficient de #rémunérations élevées, souvent très supérieures à celle du président de la République, mais –aussi invraisemblable que cela puisse paraître– qui restent secrètes ! Cette #opacité est choquante, car il s’agit d’argent public dont les citoyennes et citoyens devraient pouvoir connaître à quoi il est employé et s’il l’est utilement.


  • Syrie : Florence Parly demande des sanctions contre un colonel
    Par Le Figaro.fr avec AFP Mis à jour le 27/02/2019 à 22:59
    http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2019/02/27/97001-20190227FILWWW00328-syrie-florence-parly-demande-des-sanctions-contre

    La ministre des Armées Florence Parly a demandé des sanctions contre un colonel qui critique les opérations de la coalition internationale antidjihadiste en Syrie, dénonçant une « certaine fausseté » de sa part.

    Le colonel François-Régis Legrier, qui a commandé les artilleurs français engagés contre le groupe Etat islamique (EI) d’octobre à février, a dénoncé dans un article une victoire « poussive à un coût exorbitant et au prix de nombreuses destructions » lors de la bataille d’Hajine fin 2018. « S’il n’était pas d’accord avec l’action de la France, il devait demander à être déchargé de son commandement », a estimé la ministre lors d’une audition le 20 février devant la Commission des Affaires étrangères et de la Défense du Sénat, dont le contenu a été rendu public mercredi. « Je vois donc dans son attitude une certaine fausseté et un manque de courage », a-t-elle poursuivi en rappelant qu’elle avait rendu visite à son détachement d’artillerie (Task Force Wagram) le 9 février en Irak et qu’il ne lui avait alors fait « aucune observation ». « Sa hiérarchie prendra donc les mesures qui s’imposent et rappellera les règles de base qui s’appliquent à tous », a ajouté Florence Parly.

    #colonel_Legrier #stratégie_militaire

    • Syrie : la coalition internationale a-t-elle fait fausse route ?
      28/02/2019
      https://www.franceculture.fr/emissions/la-question-du-jour

      /syrie-la-coalition-internationale-a-t-elle-fait-fausse-route

      La stratégie militaire menée par la coalition internationale en Syrie peut-elle être critiquée ? Un colonel de l’armée française, qui a mené des opérations auprès des forces françaises, dans la région, a récemment fait part de son analyse critique dans une revue spécialisée.

      L’officier risque aujourd’hui des sanctions. Face aux djihadistes de l’Etat Islamique, la coalition a-t-elle adopté la meilleure stratégie dans ses opérations militaires ? Pouvait-elle faire autrement ?

      Intervenant : Michel Goya, stratégiste, historien, ancien colonel, auteur notamment de « Les vainqueurs : comment la France a gagné la Grande Guerre », ed. Tallandier.

      http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/16362-28.02.2019-ITEMA_21995423-0.mp3

    • Georges Malbrunot
      ‏ @Malbrunot
      https://twitter.com/Malbrunot/status/1101030728790347777

      F. Parly demande des sanctions contre le cel Legrier : rappel d’1"moment de folie à l’Elysée après les attentats du
      Bataclan. On a tapé des hangars vides près de Falloudja et un pseudo camp d’entraînement djihadiste ». Déroulé des confidences d’un militaire alors aux avant-postes.

      1- Après les attentats « l’Elysée nous appelle : il faut taper, il faut taper sur les ponts, taper sur les convois. Ils étaient très en colère. J’ai répondu : pour taper il me faut des cibles. Des cibles fiables, je ne veux pas taper pour le plaisir et faire des victimes civiles"

      2- "On n’a pas d’objectifs, répond le haut-gradé. Il faut frapper, ne vous foutez pas de ma gueule, répond l’Elysée. Le CEMA appelle. Mais on n’a pas d’objectifs, lui dis-je. Il faut frapper, il faut frapper".

      3- "Je téléphone à Tampa à Loyd Austin au Centcom américain. Il me dit condoléances etc… Je lui dis : donne-moi des dossiers d’objectifs ! Il me répond : mais je n’en ai pas. Tu ne peux pas me dire çà, lui dis-je. Donne m’en. Il m’en a donné deux".

      4-" On a tiré contre deux cibles. L’une : des hangars vides pas loin de Falloudja. Là tu peux tirer m’avait dit Austin, on a déjà tiré, il n’y a rien en-dessous. Cela ne fera pas de dégâts collatéraux".

      5- "La deuxième cible, j’ai tiré contre ce qu’on a appelé dans le communiqué un camp d’entraînement djihadiste, c’était un parcours du combattant vide au milieu de nulle part ! On a balancé pour cinq millions d’euros de bombes sur un pseudo camp d’entraînement. De la com".

      6 - "Quand mon entourage m’a interrogé sur le dossier d’objectifs, ils m’ont dit mais c’est un terrain de foot. J’ai dit non c’est un parcours du combattant vide. Mais officiellement ce sera un camp d’entraînement".

      7- "A l’Elysée, la nervosité du général Puga qui nous appelait traduisait l’état d’esprit du président Hollande. Avec Jean-Claude Mallet, ils nous mettaient la pression. J’ai dit non, je ne pratique pas la politique de la vengeance, et je ne veux pas faire des victimes civiles"

      Fin des confidences de ce haut-gradé : "Ou j’ai des cibles ennemies clairement identifiées, ou je ne fais rien. Il y a un décalage croissant entre ce qu’on dit faire et ce qu’on fait".


  • Secret Défense
    https://www.franceculture.fr/emissions/le-journal-des-idees/le-journal-des-idees-du-mercredi-27-fevrier-2019

    Alors que des centaines de personnes ont quitté hier encore le dernier réduit du groupe Etat islamique, le colonel Legrier a critiqué la stratégie de la coalition en Syrie.

    Il était jusqu’à sa relève récente – au terme de son mandat – à la tête des 200 artilleurs qui ont contribué à la réduction des derniers bastions de Daech. Il s’exprime à propos de la bataille d’Hajin, achevée en janvier dernier, et non de celle qui est en cours à Baghouz, mais ses analyses valent également dans ce cas. Le Monde publie de larges extraits de son texte* qui dénonce une guerre par procuration, sous-traitée aux FDS arabo-kurdes sur le terrain, et une approche exclusivement « tournée vers la suprématie technologique ». La coalition aurait ainsi perdu la maîtrise du « tempo stratégique » et intensifié les bombardements au prix de la destruction des infrastructures, une approche assumée sans complexe par les Américains mais que le colonel Legrier estime ne pas être la nôtre. Il rappelle que Mossoul et Raqqa ont subi le même sort : une destruction quasi complète.

    *https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/02/26/la-bataille-d-hajin-victoire-tactique-defaite-strategique-le-texte-qui-embar

    #colonel_Legrier

    https://seenthis.net/messages/760517


  • Ne passez pas à coté du potentiel de votre territoire #numérique ! Offrez à votre #stratégie digitale une perspective innovante en bénéficiant d’un accompagnement personnalisé ! https://www.afnic.fr/fr/l-afnic-en-bref/actualites/actualites-generales/11259/show/l-afnic-lance-la-1ere-edition-de-ses-coaching-days.html

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  • Bloquer la route, une expérience guyanaise
    http://www.zite.fr/utg

    Depuis le 17 novembre 2018, le blocage de centaines de ronds-points sur tout l’hexagone est devenu la stratégie privilégiée de la révolte des gilets jaunes. Pour bon nombre d’entre eux, occuper la route était un acte inédit. En Guyane, pourtant, cela fait bien longtemps que les ronds-points sont des symboles de résistance. Retour sur le mouvement du printemps 2017, où même sur les fleuves s’organisaient des barrages.

    Propos recueillis par : Celia Izoard et Anna Lochard Texte : Clémence Léobal Photos : Katherine Vulpillat et Pierre-Olivier Jay Une « bouffée d’oxygène », voilà ce que représentent les mouvements sociaux en Outre-mer pour l’historienne Lydie Ho-Fong-Choy Choucoutou, expression de l’énervement de celles et ceux qui se sentent « citoyen·nes de seconde zone » face à la métropole. De quoi « ébranler (...)

    #Non_classé #Z12


  • Ce que Marx dirait des gilets jaunes - Didier LAPEYRONNIE, Sociologue - 27 décembre 2018
    https://www.liberation.fr/debats/2018/12/27/ce-que-marx-dirait-des-gilets-jaunes_1699758

    Les gilets jaunes s’inscrivent dans une longue tradition de #mouvements_populaires, tels qu’on les connaît depuis le People Party, les Narodniki ou les paysans parcellaires du XIXe siècle. Des « moments du peuple » qui n’annoncent rien mais exacerbent l’urgence à retrouver les chemins de la #lutte_des_classes.

    Tribune. Les gilets jaunes sont un objet non identifié. Leur mouvement n’a pas de précédent récent. S’il est original en France, il est d’une grande banalité dans la période actuelle et s’inscrit dans une tradition vieille de plus de deux siècles de mouvements qui surgissent dans des conjonctures mêlant des changements économiques brutaux à l’effondrement du système politique.

    Le mouvement uni deux symboles. Le gilet jaune, tenue de ceux qui sont au bord de la route, les perdants de l’#économie globalisée. Immobilisés, ils bloquent les ronds-points et détruisent les accès payants. Les invisibles deviennent visibles. Le drapeau français ensuite, qui flotte sur les ronds-points, est brandi dans les manifestations, porté sur le gilet, auquel s’ajoute la Marseillaise, chantée sans arrêt, y compris devant les cordons de police. Le gilet et le drapeau symbolisent les six caractéristiques du mouvement.

    1. Ils définissent le « #peuple » auquel se réfèrent les manifestants, peuple très divers mais uni par une même expérience des difficultés sociales.

    2. Face à l’#injustice, l’indignation est moins sociale que morale. Elle fabrique un peuple « en colère » comme beaucoup l’écrivent sur leur gilet : leur situation est due à la trahison des élites « corrompues » qui se « gavent » et sont prêtes à « vendre » le pays. Le « peuple » veut procéder à l’exclusion de l’#élite et la punir.

    3. Le rejet moral débouche sur l’appel à une souveraineté populaire directe qui se fait entendre de plus en plus fort au fur et à mesure que le mouvement dure, se traduisant par une hostilité aux corps intermédiaires et aux #médias et surtout aux parlementaires. Ni de droite, ni de gauche, l’essentiel est le face-à-face direct avec le Président dont on appelle à la démission.

    4. Le mouvement est incapable de se structurer, de se donner des porte-parole ou d’accepter une négociation : ce serait trahison et corruption. Entre l’injustice ressentie et l’appel au peuple, il n’y a pas de cadre politique permettant de s’organiser ou de construire des #revendications agrégeant les multiples demandes. Peu substantiel, le mouvement est facilement manipulable par des #idéologies plus consistantes, ouvert aux rumeurs et sensible aux théories « complotistes ».

    5. L’ensemble prend la forme d’une volonté de revenir dans le passé, non dans une logique réactionnaire, mais pour y retrouver les équilibres sociaux et politiques assurant un avenir plus juste pour les « petits », leur permettant de reprendre la route.

    6. Entre l’appel au peuple et les demandes diverses, il n’y a rien d’autre que des sentiments de la colère et un immense ressentiment. La violence en est l’aboutissement : elle maintient l’intégrité du mouvement. Elle est un court-circuit : elle fait entrer au cœur du système ceux qui sont #dehors. Elle est la seule #stratégie politique possible « pour se faire entendre ».

    Les gilets jaunes s’inscrivent dans la longue tradition des mouvements populaires, tels qu’on les connaît depuis le People Party ou les Narodniki au XIXe siècle jusqu’au Tea Party. Ils en sont un avatar presque ordinaire. Ils diffèrent sur une dimension : ces mouvements ont été teintés d’une forte #xénophobie, parfois de #racisme, mêlés à l’hostilité aux #pauvres qui bénéficient d’#aides_sociales. Ces thèmes ont été présents, mais ils sont restés mineurs.

    La crise de la représentation

    Marx a fait l’analyse la plus solide de ces mouvements, les expliquant par l’association des changements économiques, des difficultés sociales et de la crise de la représentation. Il n’y a presque rien à changer à son analyse. En 1848, les paysans parcellaires étaient confrontés à de profonds changements économiques mettant en cause leur existence. Comme les gilets jaunes manifestant dans Paris en petits groupes dispersés, leur #isolement ne leur permettait pas de se constituer comme une catégorie unie apte à se défendre. Leurs intérêts les opposaient aux autres groupes sociaux, mais les conditions de leur existence les séparaient les uns des autres. Il n’existait pas de #liens entre eux, aucune organisation, aucune #identité. Incapables de se représenter, ils devaient être représentés, écrit Marx, et ils attendaient des représentants et de l’Etat qu’ils les protègent contre les autres classes et surtout contre les changements, afin de leur redonner leur « splendeur d’antan ». Leur influence trouvait son expression dans la « subordination de la société au pouvoir exécutif », au politique. Marx était violemment hostile à ce type de mouvement, rejetant son #économie_morale et la volonté de « retour en arrière » comme l’appel au peuple et la #philosophie_de_la_misère.

    Il y voyait le vecteur de la prise de pouvoir de Bonaparte, le principal soutien d’un #régime_autoritaire et fort et une forme de révolte « primitive », marquant la fin d’un monde tout en faisant obstacle à une nouvelle lutte de classes. Comme les paysans parcellaires, les gilets jaunes sont le produit de la désintégration sociale et de l’injustice brutale produites par des changements économiques qui les laissent à l’écart et du vide dans lequel l’effondrement du système politique les a placés, en particulier la disparition de la Gauche dont il ne subsiste plus que des fragments caricaturaux. Ils sont le produit d’un « moment », moment du « peuple », inauguré lors de la dernière élection présidentielle, et qui peut durer de longues décennies comme nous le rappellent les paysans parcellaires dont la participation au #plébiscite a précipité l’effondrement de la démocratie : il a fallu attendre près d’un demi-siècle pour que les luttes des classes s’affirment par la construction d’un mouvement ouvrier et d’une Gauche politique. Les gilets jaunes n’annoncent rien mais leur mouvement populaire exacerbe l’urgence qu’il y a aujourd’hui de sortir de ce « moment du peuple » en refondant la démocratie représentative en retrouvant les chemins de la lutte des classes.

    Que les #précaires puissent guère tabler sur la grande usine comme lieu d’agrégation n’en fait pas pour autant des paysans parcellaires. Le sociologue enrégimente Marx pour mieux s’autoriser de « leçons de l’histoire ».

    #histoire #analyse #débat





  • 3300 arrestations, 1052 blessés, un coma, un décès : l’engrenage d’une répression toujours plus brutale
    https://www.bastamag.net/gilets-jaunes-repression-arrestations-blesses-grenades-LBD-garde-a-vue

    L’engrenage de répression et de violences ne semble plus vouloir s’arrêter depuis quatre semaines. Le mouvement des gilets jaunes bat ainsi tous les records en nombre de gardes à vue, de personnes déferrées en #Justice, de milliers de grenades et balles de défense tirées sur les manifestants et de personnes estropiées. Les inquiétants « records » répressifs contre la mobilisation sur la loi travail et lors de l’évacuation de la Zad de Notre-Dame-des-Landes sont désormais désuets. Jusqu’où le gouvernement (...)

    #Décrypter

    / A la une, #Luttes_sociales, Justice, #Atteintes_aux_libertés


  • «  IL Y A LA VOLONTÉ QUE LES COLLÈGUES SE LÂCHENT  »

    Le mouvement des gilets jaunes ébranle les forces de police. Certains fonctionnaires, comme Martin, #CRS, ont décidé de se mettre en #arrêt_maladie pour ne plus se sentir du mauvais côté de la barricade.

    Martin (1) est CRS depuis de nombreuses années. Des #manifestations et des interventions parfois violentes, il en a connu un nombre incalculable. Malgré des conditions de travail difficiles et des doutes occasionnels, il a toujours appliqué les directives avec #discipline et #obéissance, comme le veut la profession. Mais la réponse policière aux manifestations de ces dernières semaines ordonnée par le ministère de l’Intérieur l’a tellement écœuré qu’il a préféré se mettre en arrêt maladie pour ne plus cautionner cette #répression_aveugle. «  Je ne me voyais pas taper sur des gens qui n’ont rien fait. L’usage de la #force est censé être proportionné. Même si ce terme est subjectif, ça veut dire qu’on n’a pas le droit de tout faire. Or, quand on nous dit de gazer sans sommation des #lycéens qui manifestent pacifiquement, c’est un #ordre_illégal. Dans le mouvement des gilets jaunes, ce ne sont plus des groupes de #casseurs bien identifiés qu’on a en face de nous, c’est le #peuple  : des gens qui ont un réel #combat ou même qui se retrouvent en situation de #légitime_défense face à la police  », s’insurge-t-il.

    «  On se demande si notre devoir ne serait pas d’être avec le peuple. On subit la même #violence_sociale...  »
    D’après lui, il y a une réelle volonté politique de jeter de l’huile sur le feu. «  Quand on voit dans les comptes rendus opérationnels le nombre de lacrymos ou de #Flash-Ball utilisés, on est à des niveaux exceptionnels, alors qu’on a vécu des manifestations beaucoup plus dangereuses pour nous où on avait interdiction d’utiliser les lanceurs de balles de défense (nom officiel du Flash-Ball – NDLR)  », affirme-t-il. «  Et ça, ce sont des décisions qui viennent du #ministère_de_l’Intérieur  », souligne-t-il. En parallèle, «  aucune #consigne de mesure n’est donnée aux CRS, contrairement à d’autres manifestations où on nous met la pression. Là, il y a une volonté que les collègues se lâchent  », estime-t-il. D’autant que l’état physique des fonctionnaires de police n’arrange pas vraiment les choses. «  Quand on doit se lever à 2 heures du matin pour rejoindre sa compagnie à 3 heures et être sur les Champs-Élysées de 7 heures du matin à 22 heures, c’est sûr qu’on est épuisé et qu’on n’a plus le même discernement ni le même self-control  », rappelle-t-il.

    Et ce n’est pas la prime promise par Emmanuel Macron qui suffira à apaiser les tensions. «  Tous les collègues auxquels j’en ai parlé se sont sentis insultés. On l’a ressenti comme si c’était un susucre qu’on nous donnait pour qu’on ferme notre gueule et qu’on aille faire le #sale_boulot  », lâche-t-il. D’après lui, le mouvement des gilets jaunes a fait naître des débats inédits dans sa compagnie. «  Certains taperaient sur père et mère si on leur en donnait l’ordre. Mais il y a une vraie #crise_existentielle pour d’autres. On se demande si notre devoir ne serait pas d’être avec le peuple. On subit la même #violence sociale en termes de salaire, et on est doublement #victimes de l’#autoritarisme de l’État parce qu’en plus c’est notre patron et qu’on est muselés  », souligne le fonctionnaire, qui a observé plusieurs arrêts maladie dans sa compagnie ces derniers jours. «  Il ne manque pas grand-chose pour que les flics refusent de retourner en manif la prochaine fois  », estime-t-il.

    Concernant le revirement annoncé dans la #stratégie_de_maintien_de_l’ordre mise en place par la préfecture de police de Paris – d’un dispositif plus statique samedi dernier à celui prévu comme plus mobile et offensif pour ce samedi –, Martin estime qu’il s’agit là d’une «  décision politique habituelle  ». «  C’est ce qui a été fait lors des dernières manifestations contre la loi travail ou le 1er Mai  : on nous donne l’ordre de laisser casser pour que le mouvement devienne impopulaire, et la fois d’après on y va fort parce que l’#opinion_publique attend une réaction de #répression_policière.  »

    (1) Le prénom a été modifié.

    http://www.frontsyndical-classe.org/2018/12/un-crs-temoigne-on-nous-donne-l-ordre-de-laisser-casser-pour-q
    #CRS #gilets_jaunes #police #témoignage #résistance


  • Comment tuer une ville

    Le 29 août 2005, un #ouragan s’abattait sur La #Nouvelle-Orléans, tuant près de deux mille personnes et détruisant des dizaines de milliers d’habitations. Cette catastrophe a permis aux décideurs et aux élites économiques d’expérimenter un urbanisme de la #table_rase, visant à remplacer les pauvres par des touristes. Une méthode dont risquent bien de s’inspirer d’autres dirigeants désireux de tirer profit des tragédies climatiques…


    https://www.monde-diplomatique.fr/2018/12/CYRAN/59367
    #New_Orleans #catastrophe_naturelle #urbanisme #touristes #pauvreté #pauvres #vide #géographie_du_vide #climat

    v. aussi
    #Stratégie_du_choc de #Naomi_Klein


  • La #fermeture_des_frontières empêche le #retour des migrants africains au pays

    En Europe, quand on parle de migrations africaines, on fait souvent référence aux arrivées de migrants, moins au fait qu’ils pourraient rentrer volontairement dans leur pays d’origine.

    Ces hommes et femmes sont la plupart du temps associés à des individus fuyant la misère et la guerre, recherchant des conditions de vie meilleures et n’ayant aucune intention de retourner d’où ils viennent. Quand les décideurs politiques européens parlent de « retour », ils font référence aux expulsions de migrants en situation irrégulière ou aux programmes incitant à un retour définitif, avec l’idée de décourager toute migration à venir.

    Tout cela laisse croire que la plupart des migrants africains voudraient s’établir définitivement en Europe et qu’aucun ne souhaiterait rentrer au pays, à moins d’y être contraint. Pourtant, l’éventualité d’un retour est toujours présente et fait partie de la #stratégie_de_mobilité de tout migrant. La migration est une #circulation et non un aller simple dans un sens ou dans l’autre. Le plus souvent, c’est le migrant qui décide de se mettre en mouvement.

    Des retours effectifs nombreux

    Les enquêtes « Migrations entre l’Afrique et l’Europe », menées à la fin des années 2000, ont montré que, à leur arrivée en Europe, de nombreux migrants envisageaient seulement une #migration_temporaire et avaient l’intention de #repartir. Ainsi, la moitié des migrants sénégalais et congolais arrivés en Europe entre 1960 et 2009 projetaient de rentrer dans leur pays d’origine.

    Les retours effectifs vers l’Afrique ont été nombreux. Après 10 ans, 20 % des Sénégalais et 40 % des Congolais qui avaient migré en Europe avaient effectué un retour au pays d’une durée d’un an ou plus, ou y étaient revenus temporairement avec l’intention de s’y installer.

    En fait, la grande majorité des retours sont décidés spontanément ou volontairement par les migrants eux-mêmes. Ils ne rentrent pas parce qu’ils y ont été forcés ou encouragés par les autorités du pays d’accueil. Seuls 11 % des Sénégalais et 3 % des Congolais ayant effectué un retour l’imputent à l’absence de titre de séjour régulier en Europe.

    Préparer soi-même son retour

    Les programmes d’#aide_au_retour « volontaire » (bien que ce choix résulte plutôt de contraintes) ne dissuadent pas de revenir en Europe. Les migrants circulent et les retours peuvent donner lieu à de nouvelles migrations si l’installation n’a été ni voulue ni préparée. C’est le cas, par exemple, de ceux dont le séjour en Europe a été trop court pour qu’ils puissent acquérir suffisamment de ressources pour réussir leur réinstallation réussie au pays d’origine. La part des Sénégalais de retour qui repartent en Europe est impressionnante : au bout de 10 ans, un peu moins de la moitié sont repartis pour l’Europe.

    Les migrants sont bien plus susceptibles de rentrer dans leur pays et d’y rester lorsqu’ils ont eux-mêmes préparé leur retour. Si on connaît mal la réalité statistique des retours décidés et mis en œuvre par les migrants dans le monde (rares sont les pays d’origine et de destination à enregistrer les migrations de retour), on cerne mieux les motivations de retour des migrants africains depuis les enquêtes biographiques MAFE. Particulièrement riches, ces enquêtes ont collecté des informations sur les parcours de vie des migrants, notamment sur leur trajectoire migratoire, leur vie familiale et professionnelle et leur expérience administrative en Europe et en Afrique.

    Les enquêtes MAFE montrent, enfin, que les politiques restreignant l’accès des migrants à l’Europe, même si elles sont accompagnées de programmes d’aide au retour « volontaire », ont un effet négatif sur les retours. Plus il est difficile de migrer vers l’Europe, moins les migrants retournent dans leur pays d’origine. Ils anticipent les difficultés de réinsertion dans un pays qu’ils ont parfois quitté depuis longtemps. Quand la situation du pays d’origine est instable et les conditions de vie difficiles, comme c’est le cas pour les Congolais partis après la crise de 1990, les migrants qui rentrent au pays le font le plus souvent à condition d’avoir l’assurance de pouvoir repartir.

    Les restrictions à l’immigration interrompent cette circulation et découragent les retours en poussant les migrants à s’installer définitivement en Europe. Un paradoxe sur lequel les décideurs pourraient méditer.

    https://theconversation.com/la-fermeture-des-frontieres-empeche-le-retour-des-migrants-africain
    #migration_circulaire #aller_et_venir #migrations #Afrique #Europe #retour_volontaire #mobilité #préjugés


  • Opinion | New York’s Amazon Deal Is a Bad Bargain - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2018/11/14/opinion/new-yorks-amazon-deal.html

    The city has what the company wants, talent. Why pay them $1.5 billion to come?

    Amazon wants to develop a four-million-square-foot campus by the East River because of the talent that resides in New York. Lots of it. According to the Metropolitan Policy Program at the Brookings Institution, New York has more than 320,000 tech workers in the labor pool, the most in the nation. (Washington is second.) That talent commands high salaries, great benefits and won’t move to Pittsburgh or Austin or any other of the perfectly nice cities that tried to woo the online giant.

    Which raises the question: If New York has what Amazon wants, why is it paying the company so much to make the move? Mayor Bill de Blasio and Gov. Andrew Cuomo, who offered to replace his given name with the company’s to land the deal, are doing a victory dance.

    But the plan calls for the state to dispense $1.525 billion to the company, including $1.2 billion from its Excelsior program, which will reimburse Amazon $48,000 for every job. Another state agency, Empire State Development, will offer $325 million to the Amazonians tied to real estate projects. As for the city, Amazon can apply for tax credits that could be worth north of $1 billion from programs known as ICAP and REAP that reward companies for job creation generally, and outside Manhattan specifically. (And the campus is in a federal redevelopment area that qualifies for corporate tax breaks, letting the company’s major stockholder, the world’s richest man, keep more of his wealth.)

    Oh, and Amazon wants a helipad for its chief executive, Jeff Bezos. No problem.

    The prospect of handing Long Island City over to a company recently valued at $1 trillion seems distorted to some Queens politicians. They sense gentrification by fiat — another neighborhood sacrificed to the tech elite.

    “I welcome the jobs if it means Amazon investment in L.I.C. infrastructure, without us having to pay a ransom for them to be here,” said the neighborhood’s state senator, Michael Gianaris.

    That is, rather than the state and the city paying off Amazon, Amazon should be required to invest in the subways, schools and affordable housing. It could also be required to include job guarantees for lower-income residents of Long Island City, not just flimsy promises of job training.

    #Amazon #New_York #Strategie_economique



  • Trucs et astuces pour discipliner les salariés récalcitrants - regards.fr
    http://www.regards.fr/idees/article/trucs-et-astuces-pour-discipliner-les-salaries-recalcitrants

    La Société ingouvernable, Une généalogie du libéralisme autoritaire (La Fabrique) est un essai de théorie économique, écrit par un philosophe, qui se lit comme un polar. Grégoire Chamayou nous emmène dans les tréfonds feutrés des hautes sphères du pouvoir, là où les intellectuels organiques des classes dominantes ont échafaudé les théories, les concepts et les tactiques encore à l’œuvre aujourd’hui pour défendre et consolider le « système de libre entreprise » qui leur est si cher.

    .../...

    Décidément, on aurait tort de sous-estimer nos adversaires. Il faut les lire, rentrer dans leur tête, comprendre le machiavélisme de ce qu’ils ont mis en œuvre, avec succès, pour nous « contenir ».

    • [La Société ingouvernable, Une généalogie du libéralisme autoritaire, de] Grégoire Chamayou explore comment les penseurs des classes dominantes ont mis au point dans les années 70 les théories, les concepts et les #tactiques à même de #discipliner aussi bien les #travailleurs dans les entreprises que les Etats.[...]

      Ça commence dans les années 1970. « Partout, ça se rebiffait » : les femmes, les racisés, les étudiants, les salariés, etc. Tous remettent en cause le capitalisme et ses institutions, menacent de se rendre "ingouvernables". Se concentrant sur la crise de la gouvernabilité qui affecte particulièrement l’entreprise, Chamayou analyse une par une les contre-attaques telles qu’elles seront élaborées puis appliquées pour mater chaque foyer potentiel d’insoumission. On pense tout de suite à la doctrine néolibérale bien sûr, mais celle-ci n’est qu’une option stratégique parmi d’autres de ce vaste mouvement de réaction qui se déploie alors.

      Extrait
      http://lafabrique.fr/wp-content/uploads/2018/07/extrait-chamayou.pdf

      En même temps, faudra se satisfaire d’un texte inaccessible sur le net et d’un livre dont les centaines de notes sont reléguées en fin de volume.

      #livre #néolibéralisme #stratégie #micropolitique #histoire #capitalisme


  • Quand un #fromage qui porte le nom d’une commune, participe à l’organisation socio-économique d’un #territoire, tout en faisant le succès d’une #marque qui a contribué à l’imposer dans l’imaginaire collectif.

    http://sms.hypotheses.org/5549

    #Roquefort, #Société, #fromage, #histoire, #territoire, #développement, #marque, #stratégie, #entreprise, #imaginaire, #pratique, #cave, #frigorifique, #affinage, #produit, #cave, #saison



  • #Déesse grecque de la sagesse et de la stratégie militaire, #Athéna a été largement récupérée par l’imagerie officielle de la #France (monnaies, timbres, façades d’édifices publics, bustes de mairie…).

    https://sms.hypotheses.org/12161

    #athéna, #déesse, #antiquité, #antique, #grèce, #France, #politique, #pratique, #symbole, #imagerie, #monnaie, #timbre, #mairie, #sagesse, #stratégie, #militaire, #histoire, #politique, #manon_bril, #image, #incarnation


  • Migrants : Le long chemin pour l’accès aux droits

    Des obstacles continuent à être constatés devant l’accès effectif aux droits des personnes migrantes. Tour d’horizon d’une nouvelle configuration sociale au Maroc.
    Boubacar Diallou est arrivé au Maroc en 2013, et comme beaucoup de jeunes Africains, ce Sénégalais rêvait d’Europe. « Je vivais dans un campement non loin de la forêt proche de Nador. Mon objectif était d’atteindre Melilia », confie-t-il. Après quelques tentatives infructueuses et des arrestations musclées des forces auxiliaires et de la Guardia civil espagnole, Boubacar change d’objectif. « J’ai décidé de quitter la forêt et prendre le risque de descendre en ville rencontrer les Marocains », continue-t-il. Depuis, il a signé son premier contrat professionnel avec l’association locale Asticude. Il travaille comme médiateur social avec les migrants de passage et en résidence à Nador. « J’ai fait le pari de vivre avec les Marocains, les comprendre et échanger avec eux. Au jour le jour, ce n’est pas facile mais il faut surmonter les frustrations de chacune des deux parties », recommande-t-il avec le ton du connaisseur. Le parcours de Boubacar n’est pas une exception. De dizaines de milliers de jeunes Subsahariens se trouvent séduits par l’offre marocaine d’accueil et d’installation à l’égard des migrants, lancée en 2013 avec la #Stratégie_nationale_d’intégration_et_d’asile (#SNIA). Depuis le lancement de cette politique publique, un large réseau associatif à la qualité et l’engagement, et aux intentions très variables accompagne l’installation de ces migrants en termes d’offres de services (santé, éducation, etc.). Le tout en attendant leur #intégration effective dans les politiques publiques. La #Plateforme_nationale_de_protection_des_migrants (#PNPM) fait partie de ce réseau associatif, il compte des ONG internationales avec une expertise dans la thématique (Caritas, Médecins du monde, CEFA, etc.) et des associations marocaines qui démarrent leur engagement sur ce thème (OMDH, ALCS, droits, justice, etc.). Ce collectif comptant 13 associatifs a tenu ses assises le 25 juin dernier à Rabat. Ce moment annuel d’échange a permis de débattre « de l’état des lieux de l’accès aux services publics pour les personnes migrantes au Maroc ».

    Santé : des droits en sursis
    « 55 associations ont pris part aux assises. Ces ONG travaillent dans les régions du Nord, de Casa-Settat et du Sahara », détaille Younous Arbaoui, responsable plaidoyer et coordination à la PNPM. L’accès à la santé continue d’être un chemin de croix pour les migrants, spécialement ceux en situation irrégulière se trouvant près des zones frontalières avec l’Espagne. Bassal Likong, travailleur social à l’association Mains solidaires de Tétouan revient sur cette situation. « Les personnes migrantes rencontrent une panoplie de difficultés une fois qu’ils arrivent en ville. Dans le volet sanitaire et nonobstant le soutien du ministère délégué dans l’#accès_aux_soins de ces personnes. Ceci passe aussi par des interventions de l’association et notre partenariat avec la délégation de la #santé. Cap sur le sud du pays, à Lâayoune, l’association Sakia Lhamra arrive à assurer un accès aux soins, « par le biais de la bonne coopération de la délégation régionale de la santé », se satisfait Abdelkabi Taghia, président de cette ONG sahraoui mais c’est à Nador que la situation demeure la plus problématique où des refus d’offrir des soins continuent d’être recensés, selon plusieurs rapports associatifs sur place. Pour cette raison, le PNPM recommande qu’un « effort d’information des professionnels de santé soit réalisé, y compris dans les régions confrontées plus récemment au phénomène migratoire. Celui-ci passe notamment par une explication des circulaires régulant l’accès des patients étrangers de manière généralisée au système de santé ». L’accès au #RAMED des migrants régularisés demeure un autre sujet épineux, d’autant plus que ce dossier connaît un retard d’une année.

    Éducation : des #discriminations signalées
    L’accès à l’éducation aux migrants en âge de scolarité est garanti par une circulaire du ministère de l’Éducation nationale datant 2013. Pourtant, les choses sont nettement plus compliquées à en croire les retours de terrain des associatifs. « Nous sommes condamnés à faire des aller-retour entre l’école et l’administration pour inscrire un enfant », regrette Imane Benbouzid, responsable de l’éducation de la Fondation Orient Occident (FOO) qui travaille avec les familles migrants installées dans le quartier de Yacoub Mansour de Rabat. Pour combler le vide laissé par le département de l’Éducation, le secteur associatif assure la scolarité des enfants migrants de différentes catégories surtout les mineurs non accompagnés. « Des dispositifs pilotes ont été démarrés pour assurer la scolarité. Le rythme d’appropriation de la part de l’Éducation nationale n’est pas la même que celui des associations. Un travail est nécessaire pour capitaliser sur ces nouveaux outils », souligne Fanny Curet, responsable de ce dossier chez Caritas. L’arrivée d’enfants étrangers au sein de l’école publique marocaine s’accompagne par l’émergence de discours discriminatoires. « Certains membres de la communauté congolaise ont dû retirer leurs enfants des écoles car des élèves ou même des instituteurs tenaient des discours discriminants à l’égard de leurs enfants », alerte Stephan Mboma Ngulutu, SG de l’association de la diaspora congolaise au Maroc. Si aujourd’hui les effectifs sont faibles, environ 6.100 lors de l’année 2015-16, l’école marocaine doit se préparer à une transformation vers une école de la diversité multiculturelle. Pour cette raison, le PNPM émet plusieurs recommandations. En premier lieu que « des moyens soient consacrés à des projets permettant une véritable expérimentation pédagogique en matière d’apprentissage de l’arabe comme langue seconde ; évitant d’inscrire les enfants étrangers dans des filières parallèles et visant une intégration immédiate ou dans un délai court de l’élève en école formelle dans une classe d’âge proche du sien ». Enfin, le PNPM recommande que les « enfants des personnes migrantes et des familles d’origine non musulmane soient dispensées d’enseignement islamique sans pour autant être pénalisés dans les examens ». Ces difficultés constatées pour assurer l’accès aux droits des migrants installés au Maroc montre le long chemin encore à parcourir dans ce domaine pour le royaume. Une construction marquée par des hésitations de l’administration (voir encadré) et quelques crispations de la société. Il demeure que dans cette voie, le Maroc peut se prévaloir d’avoir fait le choix de l’ouverture migratoire, à contre-courant d’une Europe en repli et d’une Amérique honteuse…


    http://www.leseco.ma/maroc/67776-migrants-le-long-chemin-pour-l-acces-aux-droits.html
    #Maroc #accès_aux_droits #migrations #asile #réfugiés #régularisation
    #éducation #école #sans-papiers


  • Signature d’une convention entre le #CNRS et la Direction du #renseignement_militaire

    Suite à l’appel attentats-recherche lancé le 18 novembre 2015 par le CNRS, ce dernier et la Direction du renseignement militaire ont mis en place une #collaboration concrétisée par la signature d’une #convention entre les deux parties le jeudi 30 mai 2018. A l’origine de ce partenariat, qui va aujourd’hui bien au-delà, les sciences humaines et sociales dont l’expertise de terrain des chercheurs permet une vision complète de situations géostratégiques complexes. Retour sur ce partenariat avec #Fabrice_Boudjaaba, directeur adjoint scientifique de l’Institut des sciences humaines et sociales.

    http://www.cnrs.fr/fr/cnrsinfo/signature-dune-convention-entre-le-cnrs-et-la-direction-du-renseignement-milita
    #recherche #université #militarisation_de_la_recherche #armée #SHS #sciences_humaines_et_sociales #France

    cc @isskein @tchaala_la @marty @daphne

    • #Intelligence_campus. Le premier écosystème européen civil et militaire en traitement de la #donnée

      Intelligence Campus : un espace de 250 hectares situé sur la base aérienne de #Creil.

      L’objectif est de faire émerger une #solution_technologique permettant de détecter et de reconnaître des objets dans une image satellite de très haute résolution. Cette solution sera expérimentée par les interprètes photo du ministère de la Défense dans le cadre d’une démarche d’#innovation ouverte.

      Les gagnants du défi :

      recevront le Prix de l’Intelligence Campus et du DGA Lab
      seront mis en relation avec des grands groupes du secteur civil et de la défense
      bénéficieront de dispositifs de conseil et d’accompagnement de l’Intelligence Campus et de la #DGA pour favoriser le développement de leur produit

      A travers son #Centre_de_Formation_Interarmées_du_Renseignement (#CFIAR) et ses partenariats avec le monde universitaire, le Projet Intelligence Campus assure une offre de #formation unifiée sur tous les domaines du #renseignement d’#intérêt_militaire - #imagerie, #cyber, #ROEM, #GEOINT, #GEOPOL, méthodologie de l’analyse... - au profit des agents de la #Direction_du_Renseignement_Militaire, des armées, des autres #agences_de_renseignement, des attachés de Défense et des partenaires étrangers. Il développe aussi des formations à destination des entreprises et des
      centres de recherche intéressés par les problématiques sécuritaires et l’intelligence des données.


      http://www.intelligencecampus.com
      #images_satellitaires #sécurité #complexe_militaro-industriel

      –-> et ce concept... #écosystème_civile_et_militaire

      cc @fil

    • Texte de réaction de chercheur.e.s CNRS bordelais par rapport à l’obsession sécuritaire qui gagne le CNRS, le monde de la recherche et plus généralement la société française.

      Reçu par email via la liste Geotamtam :

      L’obsession sécuritaire gagnerait-elle le CNRS ?

      Ce 30 mai 2018, une convention a été signée entre la direction du CNRS et la direction du renseignement militaire. D’après le Directeur Adjoint Scientifique de l’InSHS, cette convention s’adresse tout particulièrement aux collègues qui travaillent sur les questions de sécurité et les "régions lointaines". Ces collègues seront désormais invités à travailler formellement avec le renseignement militaire :

      http://www.cnrs.fr/fr/cnrsinfo/signature-dune-convention-entre-le-cnrs-et-la-direction-du-renseignement-milita

      Cette convention s’inscrit dans un contexte plus général. Elle fait suite à l’« #appel_attentats-recherches » qui avait été lancé par le CNRS il y a trois ans et que plusieurs d’entre nous avaient déjà dénoncé. Elle s’inscrit aussi dans la lignée d’un autre dispositif : le "#Pacte_Enseignement_Supérieur" lancé récemment par le ministère des Armées. Ce pacte doit déboucher sur l’attribution de "#labels_d'excellence", associés à une subvention de 300 000 euros, pour les "centres de recherche universitaires en pointe sur les questions de #stratégie et de défense".

      Ces évolutions posent de multiples problèmes. Le premier concerne nos pratiques de terrain. Que nous travaillions sur les questions de sécurité ou sur ces "régions lointaines", notre crédibilité scientifique d’enquêteur.e.s repose sur notre capacité à ne pas être perçus comme les acteurs de telle ou telle politique sécuritaire. Dans ce contexte, il est inconcevable d’entretenir un lien privilégié, et encore moins ostentatoire, avec le renseignement militaire. Même s’il ne s’agit pas de surévaluer les échos que peut avoir le rapprochement entre le monde de la recherche et celui du renseignement militaire, ne risque t-on pas de se voir fermer l’accès au terrain ?

      Deuxièmement, ces développement introduisent des biais dans le choix et la construction des objets. Dans les études aérales, la "sécurité" devient le prisme conceptuel à partir duquel on interroge des objets allant des pratiques religieuses aux révoltes sociales en passant par les politiques économiques. Dans les études sur la violence, la violence dite "terroriste" se trouve singularisée et hyperbolisée par rapport aux autres #violences (sexistes, sociales, anti-terroristes, etc.). Dans les études sur la guerre, la "stratégie" (de la France) devient le mot-clef à partir duquel on cherche à comprendre ce fait social. Ce faisant, on perd de vue les autres dimensions de la #guerre (genrées, postcoloniales, symboliques, bureaucratiques, etc.) tout en entretenant une confusion entre #recherche_scientifique et #expertise.

      Le troisième problème déborde la question de la recherche. Depuis quelques années, les #attentats et le #terrorisme ont été imposés comme objets essentiels de notre quotidien et du gouvernement de ce quotidien. Dans chaque école de chaque commune de France, des enfants doivent, à partir de l’âge de trois ans, participer chaque année à un exercice de simulation attentat pour se préparer à l’éventualité d’une intrusion terroriste dans leur établissement. Dans chaque wagon de chaque train, les voyageurs sont invités à prévenir les contrôleurs en cas de colis ou de comportements suspects. Sur chaque porte principale de chaque administration, on peut voir un panneau « alerte attentat » lorsque l’on pénètre les lieux. Dans chaque musée, chaque bibliothèque, chaque salle de spectacle, des vigiles fouillent les sacs à l’entrée et canalisent les déplacements. Le rapprochement entre les institutions de recherche et le ministère des Armées participe de cette logique de constitution du "terrorisme" en menace existentielle, logique dont les études sur la sécuritisation ont dénoncé les effets.

      Pour cela, il nous paraîtrait opportun que les laboratoires de recherche et les université se positionne contre la convention du 30 mai 2018 et cette dynamique plus générale que nous voulons, par ce texte et après beaucoup d’autres, dénoncer.

      Signataires :
      Elara Bertho, chargée de recherche CNRS à Les Afriques dans le Monde
      Vincent Bonnecase, chargé de recherche CNRS à Les Afriques dans le Monde
      Chloé Buire, chargée de recherche CNRS à Les Afriques dans le Monde
      Mathias Delori, chargé de recherche CNRS au Centre Emile Durkheim
      Vincent Foucher, chargé de recherche CNRS à Les Afriques dans le Monde
      Caroline Guibet-Lafaye, directrice de recherche CNRS au Centre Emile Durkheim
      Ophélie Rillon, chargée de recherche CNRS à Les Afriques dans le Monde

    • L’obsession sécuritaire gagnerait-elle le CNRS ?

      Ce 30 mai 2018, une convention a été signée entre la direction du CNRS et la direction du renseignement militaire. D’après le Directeur Adjoint Scientifique de l’InSHS, cette convention s’adresse tout particulièrement aux collègues qui travaillent sur les questions de sécurité et les "régions lointaines". Ces collègues seront désormais invités à travailler formellement avec le renseignement militaire :

      http://www.cnrs.fr/fr/cnrsinfo/signature-dune-convention-entre-le-cnrs-et-la-direction-du-renseignement-milita

      Cette convention s’inscrit dans un contexte plus général. Elle fait suite à l’« appel attentats-recherches » qui avait été lancé par le CNRS il y a trois ans et que plusieurs d’entre nous avaient déjà dénoncé. Elle s’inscrit aussi dans la lignée d’un autre dispositif : le "Pacte Enseignement Supérieur" lancé récemment par le ministère des Armées. Ce pacte doit déboucher sur l’attribution de "labels d’excellence", associés à une subvention de 300 000 euros, pour les "centres de recherche universitaires en pointe sur les questions de stratégie et de défense".

      Ces évolutions posent de multiples problèmes. Le premier concerne nos pratiques de terrain. Que nous travaillions sur les questions de sécurité ou sur ces "régions lointaines", notre crédibilité scientifique d’enquêteur.e.s repose sur notre capacité à ne pas être perçus comme les acteurs de telle ou telle politique sécuritaire. Dans ce contexte, il est inconcevable d’entretenir un lien privilégié, et encore moins ostentatoire, avec le renseignement militaire. Même s’il ne s’agit pas de surévaluer les échos que peut avoir le rapprochement entre le monde de la recherche et celui du renseignement militaire, ne risque t-on pas de se voir fermer l’accès au terrain ?

      Deuxièmement, ces développement introduisent des biais dans le choix et la construction des objets. Dans les études aérales, la "sécurité" devient le prisme conceptuel à partir duquel on interroge des objets allant des pratiques religieuses aux révoltes sociales en passant par les politiques économiques. Dans les études sur la violence, la violence dite "terroriste" se trouve singularisée et hyperbolisée par rapport aux autres violences (sexistes, sociales, anti-terroristes, etc.). Dans les études sur la guerre, la "stratégie" (de la France) devient le mot-clef à partir duquel on cherche à comprendre ce fait social. Ce faisant, on perd de vue les autres dimensions de la guerre (genrées, postcoloniales, symboliques, bureaucratiques, etc.) tout en entretenant une confusion entre recherche scientifique et expertise.

      Le troisième problème déborde la question de la recherche. Depuis quelques années, les attentats et le terrorisme ont été imposés comme objets essentiels de notre quotidien et du gouvernement de ce quotidien. Dans chaque école de chaque commune de France, des enfants doivent, à partir de l’âge de trois ans, participer chaque année à un exercice de simulation attentat pour se préparer à l’éventualité d’une intrusion terroriste dans leur établissement. Dans chaque wagon de chaque train, les voyageurs sont invités à prévenir les contrôleurs en cas de colis ou de comportements suspects. Sur chaque porte principale de chaque administration, on peut voir un panneau « alerte attentat » lorsque l’on pénètre les lieux. Dans chaque musée, chaque bibliothèque, chaque salle de spectacle, des vigiles fouillent les sacs à l’entrée et canalisent les déplacements. Le rapprochement entre les institutions de recherche et le ministère des Armées participe de cette logique de constitution du "terrorisme" en menace existentielle, logique dont les études sur la sécuritisation ont dénoncé les effets.

      Pour cela, il nous paraîtrait opportun que les laboratoires de recherche et les université se positionne contre la convention du 30 mai 2018 et cette dynamique plus générale que nous voulons, par ce texte et après beaucoup d’autres, dénoncer.

      Signataires :
      Elara Bertho, chargée de recherche CNRS à Les Afriques dans le Monde
      Vincent Bonnecase, chargé de recherche CNRS à Les Afriques dans le Monde
      Chloé Buire, chargée de recherche CNRS à Les Afriques dans le Monde
      Mathias Delori, chargé de recherche CNRS au Centre Emile Durkheim
      Vincent Foucher, chargé de recherche CNRS à Les Afriques dans le Monde
      Caroline Guibet-Lafaye, directrice de recherche CNRS au Centre Emile Durkheim
      Ophélie Rillon, chargée de recherche CNRS à Les Afriques dans le Monde

      Texte reçu par email le 6 juin 2018 via la mailing-list geotamtam