• Les blairistes ont été assez stupides pour combiner leur promotion de « Cool Britannia » avec des réformes massives de l’aide sociale, ce qui a effectivement conduit à ce que ce projet explose en vol : presque tous ceux qui avaient le potentiel pour devenir le prochain John Lennon doivent désormais passer le reste de leur vie à empiler des caisses pour les supermarchés Tesco, comme les y obligent les nouvelles formes de conditionalité des aides sociales.
      En fin de compte, tout ce que les blairistes ont réussi à produire, c’est un secteur de marketing de classe mondiale (puisque c’est ce que les classes moyenne savent faire). A part ça, elles n’avaient rien d’autre à offrir.

      […]

      Je me souviens d’avoir assisté à une conférence universitaire sur le sujet et de m’être demandé : « D’accord, je comprends la partie vapeur, c’est évident, mais... quel est le rapport avec le punk ? » Et puis ça m’est venu à l’esprit. No future ! L’ère victorienne était la dernière fois que la plupart des britanniques croyaient vraiment en un avenir axé sur la technologie qui allait mener à un monde non seulement plus prospère et égalitaire, mais aussi plus amusant et excitant. Puis, bien sûr, vint la Grande Guerre, et nous avons découvert à quoi le XXe siècle allait vraiment ressembler, avec son alternance monotone de terreur et d’ennui dans les tranchées. Le Steampunk n’était-il pas une façon de dire : ne pouvons-nous pas simplement revenir en arrière, considérer tout le siècle dernier comme un mauvais rêve, et recommencer à zéro ?

      #David_Graeber #désespoir #espoir #Royaume-Uni #classe_sociale #politique #économie #steampunk #crash #stratégie_du_choc (y compris pour lui, car il voudrait mettre en avant un récit qui accuse les conservateurs, en attendant un prochain crash pour les éjecter)

      Les nouveaux dirigeants travaillistes font les premiers pas : ils appellent à de nouveaux modèles économiques ("socialisme avec un iPad") et cherchent des alliés potentiels dans l’industrie high-tech. Si nous nous dirigeons vraiment vers un avenir de production décentralisée, de taille réduite, high-tech et robotisée, il est fort possible que les traditions particulières du Royaume-Uni en matière de petite entreprise et de science amateur - qui ne l’ont jamais rendu particulièrement adapté aux conglomérats bureaucratisés géants qui ont si bien réussi aux États-Unis et en Allemagne, dans leurs manifestations capitalistes ou socialistes - puissent se révéler tout particulièrement appropriés.

      Et par contre #technophilie voire #techno-béat si la solution est basée sur la #high-tech (qui ne sera jamais séparable du capitalisme et de l’impérialisme).

  • Appel de Christchurch. Same player shoot again
    https://www.affordance.info/mon_weblog/2019/05/appel-de-christchurch.html

    La morale de tout ça c’est que deux mois après qu’un fou furieux se soit filmé en Live sur Facebook en train de tuer 51 innocents dont des enfants, le jour de la publication d’un appel qui ne servira absolument à rien, la réponse de Facebook, la vraie, est en revanche une glaçante confession de cynisme et d’avidité. Source : affordance.info

  • Les grandes générosités - Le Monolecte
    https://blog.monolecte.fr/2019/04/21/les-grandes-generosites

    Ce que mon grand-père aimait en moi, c’était très précisément mon côté clébard : cet amour inconditionnel qu’il achetait à grand coup de gros cadeaux qu’il offrait toujours devant une aimable assistance prompte à le louer de sa grande générosité, le fait que dans mon regard de gosse, il était plus grand, plus beau et plus merveilleux que le père Noël et la petite souris réunis et que cette image bigger than life, je la renvoyais à l’ensemble de ses courtisans de troquet.

    #stratégie_du_choc #catastrophe #domination

    • A Paris, un projet spectaculaire pour l’île de la Cité, 2016
      https://www.lejdd.fr/JDD-Paris/A-Paris-un-projet-spectaculaire-pour-l-ile-de-la-Cite-833143

      Le parvis de Notre-Dame recouvert d’une immense dalle de verre au-dessus de la crypte archéologique ; aux pieds de la cathédrale, un débarcadère et des plates-formes flottantes accueillant piscine, cafés, restaurants, salles de concert ; le long de la Seine, une longue promenade végétalisée, débarrassée des voitures, reliant les pointes aval et amont de l’île ; deux nouvelles passerelles qui franchissent le fleuve ; un peu partout, des verrières, des passages couverts, des galeries souterraines, des atriums en sous-sol…

      Voilà quelques-unes des 35 propositions – spectaculaires – contenues dans le rapport remis vendredi soir au président de la République et à la maire de Paris dans les salons de l’Élysée. Ce document de 56 pages, que le JDD a consulté en avant- première, a été rédigé par l’architecte Dominique Perrault (le concepteur de la BNF, à Paris) et le président du Centre des monuments nationaux, Philippe Bélaval. Le tandem avait reçu en décembre 2015 une lettre de mission de François Hollande, « en accord avec Mme Anne Hidalgo », demandant une vision de l’île de la Cité « à l’horizon des vingt-cinq prochaines années ». Dans la lignée des grands projets présidentiels…

  • Comment tuer une ville

    Le 29 août 2005, un #ouragan s’abattait sur La #Nouvelle-Orléans, tuant près de deux mille personnes et détruisant des dizaines de milliers d’habitations. Cette catastrophe a permis aux décideurs et aux élites économiques d’expérimenter un urbanisme de la #table_rase, visant à remplacer les pauvres par des touristes. Une méthode dont risquent bien de s’inspirer d’autres dirigeants désireux de tirer profit des tragédies climatiques…


    https://www.monde-diplomatique.fr/2018/12/CYRAN/59367
    #New_Orleans #catastrophe_naturelle #urbanisme #touristes #pauvreté #pauvres #vide #géographie_du_vide #climat

    v. aussi
    #Stratégie_du_choc de #Naomi_Klein

  • #Saison_brune

    Dans Saison brune, #Philippe_Squarzoni tisse un récit inédit, qui entremêle analyses scientifiques et interviews de spécialistes, considérations personnelles et hommages au cinéma, enquête politique et essai engagé.

    Le #livre est découpé en six chapitres. Les trois premiers sont précédés de trois interludes portant sur les commencements d’une oeuvre. Les trois derniers sont suivis de trois interludes sur les fins.

    Les deux premiers chapitres sont consacrés aux aspects scientifiques du réchauffement : le fonctionnement du climat, la description de l’effet de serre, l’augmentation des gaz à effet de serre dans l’atmosphère durant l’époque moderne. Mais aussi l’expertise menée par le GIEC, l’attribution du réchauffement aux activités humaines, les différents scénarios d’augmentation des températures à venir, les risques d’effets de seuil, les risques de rétroactions positives.

    Dans les deux chapitres suivants, Philippe Squarzoni alterne entre l’examen des conséquences à venir du #réchauffement_climatique (fonte des glaciers, montée des eaux, multiplication des tempêtes, risques de sécheresse dans certaines régions...) et les questionnements du narrateur et de sa compagne face à cette situation inédite. Que faire à un niveau individuel ? Que faire quand ce qui est en cause est la production d’énergie, l’industrie, les transports, le bâtiment, l’agriculture ? Par où, par quoi commencer ? Nécessaire mais dérisoire, sans proportion par rapport à l’ampleur de ce qu’il faudrait accomplir, le niveau individuel semble largement insuffisant.

    Dans les deux derniers chapitres, Squarzoni élargit son questionnement et examine les possibilités de réduction des émissions et les différents scénarios énergétiques qui s’offrent à nos sociétés (énergies renouvelables, nucléaire, progrès technologiques, maîtrise de l’énergie...).
    Entre les insuffisances des unes, et les faux espoirs des autres, il décrit une alternative possible qui permettrait d’éviter les conséquences les plus graves du réchauffement climatique. Et les choix politiques, les modèles de société, que ces scénarios impliquent. Une porte s’ouvre. Saurons-nous la franchir ?

    Saurons-nous inventer une civilisation plus sobre capable de prendre en compte les questions écologiques ? Nos sociétés sauront-elles éviter les conséquences les plus graves du réchauffement climatique, tout en préservant la liberté et la démocratie ?

    Dans un album chargé de nostalgie, qui est probablement le plus personnel de ses livres politiques, Philippe Squarzoni livre un essai qui donne à espérer, mais reste très pessimiste sur la réalisation de cet espoir au vu de la nature de la crise, de l’ampleur des changements à accomplir, et du fonctionnement de nos sociétés.


    https://www.editions-delcourt.fr/special/saisonbrune
    #BD #bande_dessinée #changement_climatique #climat #effondrement #collapsologie #nucléaire #énergie #climatoscepticisme #climategate #ressources #sobriété_énergétique #efficacité_énergétique #croissance #économie_verte #technologie #capitalisme #Léon_Bourgeois #solidarisme #protocole_de_kyoto #transports #permis_d'émission #finance #biens_communs #dette_écologique #responsabilité #transition #transition_écologique #démocratie #libéralisme_politique #éolienne #énergie_solaire #énergie_éolienne #charbon #pétrole #accumulation #sobriété #modération #bien-être #dépassement_global

  • Le rapport téléguidé pour justifier le démantèlement de la #SNCF
    https://www.mediapart.fr/journal/france/150218/le-rapport-teleguide-pour-justifier-le-demantelement-de-la-sncf

    Ouverture à la concurrence, changement de statut pour les #Cheminots, abandon des petites dessertes : les grandes lignes de la réforme du ferroviaire programmée par #Emmanuel_Macron sont connues. Elles se retrouvent comme par magie dans le rapport remis ce jeudi au premier ministre. Une resucée des idées rabâchées depuis trente ans, sans aucun projet innovant.

    #France #Economie #Aménagement_du_territoire #Jean-Cyril_Spinetta #régimes_spéciaux #Service_public #transport_ferroviaire

  • Réforme. Un big bang annoncé dans la fonction publique | L’Humanité
    https://www.humanite.fr/reforme-un-big-bang-annonce-dans-la-fonction-publique-649812

    « Atteinte frontale », « stupéfaction », « dynamitage de la fonction publique » : les syndicats réagissent vivement aux annonces surprises du gouvernement, qui propose un plan de départs volontaires pour les fonctionnaires et l’usage accru de contractuels.

    « Un plan de départs volontaires » dans la fonction publique : la formule est explosive, et la déflagration provient alors même que le grand chantier de réflexion pour la transformation de l’action publique commence à peine. Jeudi, au sortir du premier comité interministériel qui devait enclencher une réflexion dans les ministères jusqu’en avril sur des réformes structurelles, le ministre de l’Action et des Comptes publics a lâché la bombe tout en tentant d’atténuer son effet : « Il ne s’agit pas de faire un plan de départs volontaires pour tout le monde, bien évidemment. Il s’agit d’adapter nos services publics et de le faire avec et pour les agents publics », a assuré M. Darmanin. Pour autant, Édouard Philippe a ajouté vouloir étendre « largement » le recours aux contractuels, et développer davantage la rémunération au « mérite » des fonctionnaires. Une provocation, une semaine après la lettre de 8 des 9 organisations syndicales de fonctionnaires réclamant l’ouverture d’une concertation en vue d’un nouveau plan de titularisation des agents contractuels.

    « C’est hallucinant, a réagi Jean-Marc Canon, secrétaire général de l’union fédérale des syndicats de l’État CGT. Ces annonces sont une atteinte frontale à la fonction publique. Rappelons le contexte : le 10 octobre 2017, l’ensemble des organisations syndicales de la fonction publique avaient appelé à la grève ; dernièrement, il y a eu des luttes sectorielles importantes, avec la mobilisation historique de l’administration pénitentiaire, le mouvement dans les Ehpad, etc. Et maintenant, nous apprenons par voie de presse, à la sortie de ce comité, un “plan de départs volontaires”, une rémunération qui sera plus individualisée et un recours aux contrats largement étendu pour les métiers qui ne relèvent pas “d’une spécificité propre aux services publics”. » « C’est la stupéfaction, confirme Philippe Soubirous (FO), on apprend par voie de presse un certain nombre d’orientations du gouvernement alors que cela n’était pas à l’agenda social. Ils veulent dégrader les services publics et transférer les missions au privé. Or, c’est au Parlement qu’un débat doit avoir lieu pour savoir si nos écoles, nos hôpitaux, nos services doivent être publics ou privés. » Pour l’Union syndicale Solidaires, il s’agit d’un « dynamitage de la fonction publique », car « la gestion des personnels sera traitée sans attendre les annonces structurantes, qui seront dépendantes du rapport du comité d’experts et des réflexions menées actuellement au sein des ministères pour déterminer quelles missions ils gardent et quelles missions ils jettent ». Le gouvernement a également annoncé vouloir « un dialogue social plus fluide et recentré sur les enjeux les plus importants, sur le modèle de ce qui a été fait dans le cadre des ordonnances “Travail” ». Un « modèle » de dialogue social que n’avaient pas vraiment apprécié les syndicats, descendus pour la plupart le manifester dans la rue. Une nouvelle décision unilatérale qui passe d’autant plus mal que les élections professionnelles auront lieu en décembre de cette année.

    Depuis le lancement, en octobre, de son programme « Action publique 2022 », le gouvernement a prétendu organiser commissions, forums régionaux et chantiers transverses pour « moderniser » en discutant et concertant. Mais la méthode ne convainc pas. Ni les formules avancées par le ministre Darmanin, assurant en octobre vouloir simplement « améliorer la qualité de service » et « offrir un environnement de travail modernisé aux agents ». Car, une note interne a révélé un objectif bien plus pragmatique. Le 27 septembre 2017, le premier ministre s’adressait aux secrétaires généraux de ministères avec des objectifs clairs et chiffrés : « Pour l’État et des opérateurs, 10 milliards d’euros d’économies à documenter pour 2020-2022, en supplément des mesures qui seront mises en place d’ici à 2019, et plus de 37 000 ETP (équivalents temps plein – NDLR) à supprimer sur la même période pour atteindre l’objectif de - 50 000 ETP sur 2018-2022. » Pour les administrations de sécurité sociale, les économies doivent atteindre « 10 milliards d’euros, à trouver sur-le-champ hors objectif national de dépenses d’assurance-maladie » ; pour les collectivités territoriales « 16 milliards d’euros, dont 3 milliards d’euros pour la société du Grand Paris et une réduction de - 70 000 ETP sur la période ».
    Édouard Philippe a nommé 34 « experts » au profil homogène

    Très vite, tous les syndicats de la fonction publique et des associations comme la Convergence des services publics, portant la parole d’élus, d’associations et d’usagers, ont dénoncé cette réforme construite comme une machine de guerre contre la fonction publique et le service public. Et ce n’est pas la nomination du Comité d’action publique, ou CAP 22, qui les a rassurés. Plutôt que de faire appel aux professionnels du secteur, aux syndicats représentatifs, aux responsables de l’aménagement du territoire, aux associations d’usagers, aux spécialistes de l’environnement ou des transports, Édouard Philippe a nommé des « experts » au profil homogène : 17 des 34 membres ont usé les bancs de l’École nationale d’administration. On y dénombre moult hauts fonctionnaires passés au privé, des créateurs d’entreprises numériques, des dirigeants de fonds d’investissement qui pourraient être intéressés par la privatisation de marchés publics, des anciens de la commission Attali. Celle-ci, en son temps, proposait déjà d’abandonner des missions pour les donner au privé, de diminuer la dépense publique, de supprimer 120 000 postes de fonctionnaires… Autant de points que l’on retrouve dans la feuille de route actuelle de l’action publique 2022. Même Philippe Laurent, maire (UDI) de Sceaux et membre du CAP 22, remarque que « beaucoup de membres de CAP 22 sont de formation économique ou issus du monde financier, ce qui replace chaque discussion sous l’angle financier ». Et, comme le relèvent 7 associations de cadres territoriaux, aucun fonctionnaire territorial n’y siège. Quant à la plateforme numérique lancée en parallèle pour sonder agents et usagers, seules 3 200 contributions y ont été recensées ! Peu de personnes croient encore à ce simulacre d’échanges… Devant cette « tarte à la crème de la concertation », dénoncée par Jean-Marc Canon, l’intersyndicale des fonctionnaires, prévue le 6 février, est plus que jamais d’actualité. Et la volonté de la confédération d’organiser à la mi-mars une grande journée d’action devrait toucher plus d’une organisation.

  • #Emmanuel_Macron et #Donald_Trump en leur miroir
    https://www.mediapart.fr/journal/international/201217/emmanuel-macron-et-donald-trump-en-leur-miroir

    En apparence, tout sépare le président américain et le président français. Pourtant, comme l’a relevé l’économiste #Thomas_Piketty, il y a plus une différence de degré que de nature dans leur politique fiscale. Ils mènent la même #Stratégie_du_choc, au profit du 1 % voire du 0, 1 % les plus riches.

    #International #Economie #Capital #fiscalité #inégalités

  • Naomi Klein : Maintenant, répliquons à la politique de la peur Blog de Paul Jorion - 11 Juin 2017
    http://www.pauljorion.com/blog/2017/06/11/naomi-klein-maintenant-repliquons-a-la-politique-de-la-peur

    Paru dans The Guardian le 10 juin 2017. Traduction française : Timiota

    Chocs politiques, chocs de sécurité, chocs climatiques, – si instable que le monde nous apparaisse aujourd’hui, cela pourrait devenir bien pire demain. Mais nous pouvons nous unir pour un futur meilleur.

    Choc, c’est un mot qui n’a cessé de revenir depuis que Donald Trump a été élu en novembre 2016 : pour décrire le suffrage faisant mentir les sondages, pour décrire l’état émotionnel de pleins de gens observant son ascension vers le pouvoir, et pour décrire son approche en mode blitzkrieg de l’art de la politique. « Un choc pour le système », c’est précisément ainsi que sa conseillère Kellyane Conway a constamment décrit la nouvelle ère.

    Depuis deux décennies maintenant, j’ai étudié les chocs de grande échelle subis par les sociétés : comment ils arrivent, comment ils sont exploité par les politiciens et les castes, et comme ils sont même délibérément accentués de façon à tirer profit d’une population désorientée. J’ai aussi longuement parlé de la contrepartie de ce processus : comment les sociétés qui parviennent à une compréhension d’une crise qu’elles partagent sont capables de changer le monde pour le meilleur.

    Observant l’ascension de Donald Trump, j’avais un sentiment étrange. Ce n’est pas seulement qu’il serait en train d’appliquer la politique du choc à la nation la plus puissante et la plus armée sur terre ; c’est davantage que cela. A travers des livres, des films documentaires et des enquêtes journalistiques, j’ai documenté un ensemble de tendances : l’ascension des « supermarques », l’extension du pouvoir des fortunes privées dans le système politique, la mainmise globale du néolibéralisme, mettant souvent à profit le racisme et la peur de l’« autre » comme un outil puissant, les impacts nocifs du commerce sans entrave des multinationales, et l’emprise profonde que le courant climato-sceptique a gagnée sur l’aile droite de l’éventail politique. Et quand je me suis mis à scruter Trump, il a commencé à ressembler au monstre de Frankenstein, fait d’un empiècement de morceaux du corps venant de toutes ces tendances à haut danger et de beaucoup d’autres.

    Il y a 10 ans, je publiais « La stratégie du choc » [The Shock Doctrine : The rise of Disaster Capitalism], une enquête qui couvrait quatre décennies d’histoire, depuis le Chili d’après le coup de Pinochet [le 11 septembre 1973] à la Russie après l’écroulement de l’URSS, depuis Bagdad sous l’attaque US « Shock and Awe » [Choc et Effroi] à la Nouvelle-Orléans après l’Ouragan Katrina. Le vocable de « Stratégie du Choc » décrit la tactique brutale consistant à mettre à profit systématiquement la désorientation du public qui suit un choc collectif — guerre, coup, attaque terroriste, crash des marchés boursiers ou désastre naturel,— pour imposer des mesures pro-grandes-firmes [pro-corporate], souvent appelées « thérapie de choc ».

    Trump et ses conseillers sont en train d’essayer d’exécuter une « stratégie du choc » de leur cru, dont le but est une guerre totale contre le domaine public [the public interest].

    Même si Trump a par certains côtés brisé le moule, ses tactiques du choc suivent bien un scénario, scénario familier aux pays qui ont eu à subir des changements majeurs imposés sous couvert de crise. Pendant la première semaine de Trump président, quand il signait un tsunami de décrets et que la population vacillait encore, essayant comme des fous de ne pas décrocher, je me suis prise à penser à la description qu’avait faite l’avocate des droits de l’homme Halina Bortnowska de l’expérience polonaise lorsque la thérapie de choc économique fut imposée par les USA en plein écroulement du communisme. Elle décrit la vitesse du changement que subissait son pays comme « la différence entre des années de chien et des années d’humains », et elle observait que « vous commencez à observer ces réactions semi-psychotiques ». Vous ne pouvez plus vous attendre à ce que les gens agissent au mieux de leur propres intérêts quand ils sont si désorientés qu’ils ne savent pas – ou n’ont cure de savoir – quels sont au juste ces intérêts.

    Pour ce que nous en voyons jusqu’ici, il est clair que Trump et ses principaux conseillers espèrent le type de réponse que Bortnowska décrivait, qu’ils mettent en œuvre une stratégie du choc à l’échelle nationale. Le but est une guerre sans merci contre la sphère publique, contre l’intérêt du public, qu’il s’incarne dans des règlements anti-pollution ou dans des programmes contre la faim. En lieu et place de quoi s’annoncent une liberté d’agir et un pouvoir débridés pour les grandes firmes [corporations]. C’est un programme à l’injustice si provocante et au caractère si manifestement vicieux qu’il peut seulement être exécuté avec l’assistance de politiques raciales et sexuelles de type « diviser pour régner », en même temps qu’une série-spectacle ininterrompue de distractions médiatiques. Et bien sûr, il s’appuie sur une augmentation massive des dépenses militaires, une escalade spectaculaire de conflits guerriers sur des fronts multiples, de la Syrie à la Corée du Nord, le tout ponctué de digressions présidentielles sur le point auquel « la torture ça marche ».

    Le gouvernement de Trump garni de milliardaires et multimillionnaires nous en dit long sur les buts sous-jacents de l’administration. Exxon Mobil pour le secrétariat d’Etat, General Dynamics et Boeing pour le département de la Défense, et les gars de Goldman Sachs pour à peu près tout ce qui reste. La poignée de politiciens de carrière qui ont été mis aux manettes des grandes agences semblent avoir été sélectionnés ou bien parce qu’ils ne croient pas aux missions centrales de l’agence, ou bien pensent que l’agence qu’ils dirigent ne devrait carrément pas exister. Steve Bannon, le stratège en chef de Trump qu’on dit écarté, était franc à ce sujet quand il s’adressait à un auditoire conservateur en février. Le but, disait-il, est « la déconstruction de l’état administratif » (ce par quoi il entendait les règlements gouvernementaux et les agences en charge de protéger le peuple et de veiller à ses droits). « Si vous regardez ces nominations ministérielles, elles ont été faites pour une bonne raison, et cette raison c’est la déconstruction. »

    On a attaché une énorme importance au conflit entre le nationalisme chrétien de Bannon et le transnationalisme des aides de Trump davantage issus de l’establishment, en particulier son gendre Jared Kushner. Et Bannon pourrait bien être entièrement viré de ce show de télé-réalité un brin gore d’ici pas très longtemps (à moins que ce ne soit, compte tenu des problèmes juridiques en cours, le sort de Kushner). Compte tenu de ces intrigues de palais, il convient de souligner que pour ce qui est de déconstruire l’État et d’externaliser autant que possible les taches à des entreprises à but lucratif, Bannon et Kushner ne sont nullement en conflit, mais en parfait alignement.

    À la faveur de l’atmosphère constante de chaos de cette administration, — une part délibérément générée par Trump, mais le gros lui étant attribué en raison de son incompétence et de sa cupidité — cet agenda partagé est poursuivi avec une détermination méthodique et inflexible. Par exemple, dans les quelques heures qui ont suivi son entrée en fonction, Trump a souhaité une réduction fiscale massive, qui verrait les sociétés ne payer que 15% (contre 35% actuellement), et a promis de diminuer les règlements de 75% . Son plan fiscal inclut un ensemble d’autres abattement et exemptions pour les plus fortunés comme ceux qui peuplent son gouvernement (pour ne pas parler de lui-même). Le plan sur la santé qu’il a appuyé fera perdre à environ un million de gens leur couverture, tout en ouvrant toujours plus d’exemption d’impôt pour les riches.

    Il a nommé Kushner à la tête d’un commando bourré de grands patrons, qui a été chargé de trouver de nouveaux règlements à éliminer, de nouveaux programmes à privatiser, et de nouvelles façons de faire tourner le gouvernement fédéral « comme une grande firme américaine » (suivant l’analyse du groupe de pression Public Citizen, Trump a rencontré au moins 190 grands patrons en moins de trois mois de fonction – avant d’annoncer que le carnet des visiteurs ne serait plus rendu public). Quand on lui a demandé avec insistance ce que l’administration avait accompli en substance dans ses premiers mois, le directeur du Budget Mick Mulvaney cita l’averse de décrets de Trump et souligna ceci : « La plupart d’entre eux sont des lois et règlements pour abroger d’autres lois. Des règlements qui abrogent d’autres règlements. »

    Et c’est bien en effet ce qu’ils sont. Trump et son équipe sont déterminés à mettre en miette les programmes qui protègent les enfants des toxines environnementales, ils ont dit aux compagnies gazières qu’elles n’auraient plus à rendre compte de tous les puissants gaz à effet de serre qu’elles recrachent, et préparent des dizaines et dizaines de mesures du même acabit. C’est, en bref, de la démolition à grande échelle.

    Ce que représente le gouvernement de Trump, c’est un fait simple : les gens qui possèdent d’ores et déjà une part absolument obscène de la fortune de la planète, et dont ladite part croît sans mollir année après année – les dernières statistiques d’Oxfam indiquent que les huit hommes les plus riches valent autant que la moitié la plus pauvre du monde – sont déterminés à mettre la main sur encore davantage. Selon NBC News, en décembre 2016, les ministres pressentis par Trump totalisaient une fortune nette considérable de 14,5 milliards de dollars (sans compter le conseiller spécial Carl Icahn qui pèse 15 milliards de dollars à lui tout seul).

    Une crise de grande échelle fournirait le bon contexte pour déclarer l’état d’urgence, et donc que les règles usuelles ne s’appliquent plus.

    Alors soyons clairs sur ce qui se passe à Washington. Ce n’est pas le passage de relais habituel entre partis. C’est une prise de pouvoir sans fard des grandes firmes, dans la suite logique de plusieurs décennies de la même volonté. Il apparaît que les intérêts économiques qui ont depuis longtemps arrosé les deux grands partis pour qu’ils prennent soin de passer les lois à hauteur de leurs enchères ont décidé qu’ils étaient fatigué de jouer ce jeu-là. Apparemment, tous ces dîners arrosés de bons vins pour les chefs élus, toute cette corruption légalisée et avenante, insultait le sens qu’ils avaient de leur propre droit divin. Et du coup, les voilà se débarrassant des intermédiaires – ces politiciens dans le besoin qui sont supposés protéger l’intérêt du public – et font ce que tous les caïds font quand ils veulent que quelque chose soit bien fait : ils le font eux-mêmes.

    Et c’est pour cela que les questions préoccupantes sur les conflits d’intérêts et les manquements à l’éthique ne reçoivent presque aucune réponse. De la même façon exactement que Trump a opposé une obstruction complète au fait de rendre publiques ses déclarations d’impôt, il a complètement refusé de vendre, ou de cesser de bénéficier, de son empire commercial. Cette décision, compte tenu du degré de dépendance de la Trump Organisation vis-à-vis des gouvernements étrangers dans l’attribution de juteuses licences d’exploitation et de permis, pourrait de fait enfreindre l’interdiction faite par la constitution des USA aux présidents de recevoir tout cadeau ou « émolument » de gouvernements étrangers. Au point qu’une poursuite judiciaire ayant ce grief comme base légale a déjà été lancée.

    Mais les Trump n’ont pas l’air plus concernés que ça. Ce sens quasi inentamable de l’impunité – d’être au-dessus des lois et des règles usuelles – est une marque de fabrique de cette administration. Quiconque représente une menace pour cette impunité est sommairement renvoyé – demandez par exemple au ci-devant directeur du FBI James Comey. Jusqu’ici, dans le monde politique des USA, il y avait la Maison Blanche qui se présentait comme un masque sur l’État dans l’État que sont les grandes firmes. Il y avait le sourire du visage d’acteur de Ronald Reagan, ou l’allure de faux cow-boy de Georges W. Bush (avec le regard torve de Dick Cheney/ Halliburton à l’arrière-plan). Mais maintenant le masque est tombé. Et personne ne se soucie de faire croire le contraire.

    La situation est rendue encore plus sordide du fait que Trump n’a jamais été à la tête d’une firme traditionnelle, mais a plutôt été la figure de proue d’un empire construit autour de sa marque personnelle – une marque qui, ainsi que celle de la marque de sa fille Ivanka, a déjà bénéficié de sa « fusion » avec la présidence fédérale d’une multitude de façons (les cotisations pour devenir membre à Mar-a-Lago ont doublé, les ventes de produits d’Ivanka, nous dit-on, crèvent le plafond). Le business modèle de la famille Trump fait partie d’un plus vaste changement dans la structure de gouvernance de nombre de firmes multinationales, un changement aux vastes conséquences transformationnelles sur la culture et sur le marché du travail, tendances que j’avais documentées dans mon premier livre « No Logo, Taking Aim at Brand Bullies » [No Logo, la tyrannie des marques]. Ce que ce modèle nous dit est que l’idée même qu’il puisse y avoir – ou qu’il doive y avoir une quelconque distinction entre la marque Trump et la présidence Trump est un concept dont l’occupant actuel de la Maison Blanche ne saisit pas le début du commencement. La présidence est l’extension sous forme de couronnement de la marque Trump.

    Le fait que des niveaux aussi provocants de mise à profit d’une charge publique puissent se dérouler en pleine lumière est assez dérangeant. Tout autant que les nombreuses actions de Trump dans ses premiers mois de fonction. Mais l’histoire nous montre que, aussi déstabilisées que soient les choses maintenant, la stratégie du choc veut dire que cela pourrait devenir bien pire.

    Les principaux piliers du projet politique et économique de Trump sont : la déconstruction de l’État régulateur, une attaque en règle de l’État-providence [welfare state] et des services sociaux (rationalisée entre autres, par les manipulations raciales alarmistes à visée belliqueuse, et les attaques sur les femmes ayant voulu exercé leurs droits [T. : allusion à l’avortement ?]) ; le déchaînement d’une frénésie de combustibles fossiles (qui exige de balayer la science du climat et de bâillonner une grande part de la bureaucratie gouvernementale) ; et d’une guerre civilisationnelle contre les immigrants et « le terrorisme islamique radical » (avec des théâtres d’action nationaux et étrangers qui s’étendent sans cesse).

    En sus des menaces immédiates que ce projet dans son entier pose à ceux qui sont déjà les plus vulnérables, c’est une vision qui ne manquera pas d’engendrer vague sur vague de crise et de chocs. Chocs économiques, tels que les explosions de bulles spéculatives – renforcées grâce à la dérèglementation – ; des chocs de sécurité, quand viendra dans le pays le contrecoup des politiques anti-islamiques et des agressions à l’étranger) ; et des chocs industriels, quand les pipelines de pétrole répandront des marées noires et que les puits exploseront [cf. plateforme DeepWater Horizon dans le golfe du Mexique], ainsi qu’ils risquent de le faire quand les règlements de sécurité et de respect de l’environnement qui empêchent le chaos sont victimes de coupes sombres.

    Tout cela est extrêmement dangereux. Et davantage encore le fait que l’on puisse faire confiance à l’administration Trump pour exploiter ces choses et faire avancer les volets les plus radicaux de son agenda.

    Une crise à grande échelle – qu’il s’agisse d’une attaque terroriste ou d’un krach financier – fournirait sans doute le prétexte pour déclarer un quelconque état d’exception ou d’urgence, durant lequel les règles usuelles cessent de s’appliquer. Cela conduirait, à son tour, à fournir une couverture pour faire passer des aspects de la réforme de l’agenda qui nécessitent une suspension encore plus forte du cœur des normes démocratique – tel que son vœu de refuser l’entrée à tout Musulman (pas seulement ceux de pays choisis), sa menace sur Twitter d’amener « les feds » [l’armée] pour faire taire la violence des émeutes dans les rues de Chicago, ou son désir évident de mettre en place des restrictions à l’encontre de la presse. Une crise économique assez profonde offrirait une excuse pour démanteler des programmes comme la Sécurité Sociale [aux EU, les retraites], dont Trump a promis qu’il la protègerait, mais dont beaucoup autour de lui verraient d’un bon œil la disparition depuis des décennies.

    Trump pourrait avoir d’autres raisons de hausser le niveau de la Crise. Comme le romancier argentin César Aira l’écrivait en 2001 : « Tout changement est un changement du sujet dont on parle ». Trump a déjà prouvé qu’il était le champion du changement de sujet à vous en donner le vertige, faisant feu de tout bois, des tweets foldingues jusqu’aux missiles Tomahawk. À vrai dire, son attaque aérienne sur la Syrie, en réponse à une affreuse attaque à l’arme chimique, lui a valu la couverture de presse la plus laudative de sa présidence (en quelques lieux, cela a mené à un glissement (encore en cours) vers un ton plus respectueux). Ou bien que ce soit encore au sujet de révélations sur ses connexions avec la Russie ou des scandales liés à des contrats ou pactes dans son labyrinthique empire international, nous pouvons nous attendre à encore davantage de cette rhétorique du changement de sujet — et rien n’offre la possibilité de changer de sujet autant qu’un choc de grande échelle.

    Ce n’est pas quand quelque chose de majeur et mauvais survient que nous sommes plongés dans un état de choc, il faut encore que ce soit quelque chose de majeur et mauvais qui échappe provisoirement à notre compréhension. Un état de choc, c’est ce qui survient quand un fossé s’ouvre entre les évènements et notre capacité initiale à les expliquer. Quand nous nous trouvons dans cette position, sans un narratif, sans un point d’ancrage, la grande majorité des gens devient vulnérable aux figures d’autorité qui nous disent de nous craindre les uns des autres et nous font nous dessaisir de nos droits au motif d’une cause supérieure.

    C’est aujourd’hui un phénomène global, en aucun cas une particularité restreinte aux États-Unis. Après l’attaque coordonnée des terroristes à Paris en novembre 2015, le gouvernement français a déclaré l’état d’urgence, interdisant les réunions politiques publiques de plus de 5 personnes – et a dans la foulée prolongé ce régime, et avec lui la possibilité de restreindre les manifestations publiques jusqu’en juillet 2017 [NdT : tout récemment prolongé à novembre 2017]. En Grande-Bretagne, après le choc du Brexit, beaucoup ont dit qu’ils se sentaient comme s’ils s’étaient réveillés dans un autre pays qu’ils ne reconnaissaient pas. C’est dans ce contexte que le gouvernement conservateur du Royaume-Uni a commencé à pousser pour un ensemble de réformes régressives, incluant la suggestion que le seul moyen pour la Grande-Bretagne de retrouver sa compétitivité était de tailler dans les règlements et les impôts sur les classes fortunées au point qu’il deviendrait de fait un havre fiscal pour toute l’Europe. Theresa May tenta d’exploiter davantage la peur de l’inconnu pour justifier sa décision d’une élection anticipée, et les électeurs furent instruits que le seul moyen de ne pas être humiliés par l’UE était de la mandater par un quasi plébiscite pour un « leadership fort et stable ».

    Le recours à la peur mit beaucoup d’électeurs mal à l’aise, et de cela il faut tirer des leçons. Car s’il y a bien une chose que j’ai apprise en enquêtant dans des dizaines d’endroits pris dans la tourmente d’une crise, que ce soit à Athènes bouleversée par la débâcle de la dette grecque, à la Nouvelle-Orléans après l’ouragan Katrina, ou encore à Bagdad pendant l’occupation américaine : c’est que, oui, on peut résister à ces pratiques. Pour y parvenir, deux choses essentielles doivent advenir : premièrement, il nous faut une bonne maîtrise des rouages de la stratégie du choc, et savoir quels sont les intérêts qu’elle entend servir. Cette compréhension est ce qui nous permet de sortir du choc rapidement, et de lancer une contre-offensive. Deuxièmement, et c’est un point tout aussi important, il nous faut produire un récit différent de celui que les « docteurs du choc » colportent à l’envi, une vision du monde assez probante pour concurrencer la leur à un même niveau de persuasion. Cette vision basée sur des valeurs doit offrir un chemin différent, à l’écart des séries de chocs – un chemin basé sur la réunion au-delà des divisions raciales, ethniques, religieuses et hommes/femmes, plutôt que d’être renvoyé chacun plus isolé dans son coin, et une vision qui soit aussi basée sur un soin et une guérison de la planète, plutôt que le déchainement d’un cortège de guerres déstabilisantes et de pollutions. Surtout, cette vision se doit d’offrir à ceux qui sont blessés – par le chômage, par le manque de soin de santé, par le manque d paix, par le manque d’espoir, — une vie tangiblement meilleure.

    Je ne revendique pas de savoir exactement à quoi cette vision ressemble. Je me l’imagine comme n’importe qui peut le faire, et je suis convaincue qu’elle ne peut naître que d’un processus authentiquement collaboratif, avec un leadership assuré par ceux qui sont les victimes les plus flagrantes de notre système actuel. Aux États-Unis, dans la foulée de réseaux tels que Black Lives Matter, Fight for $15 (qui exige de relever le salaire minimum) et de National Nurses United, nous commençons à voir de très fructueuses collaborations à la base [grassroots] entre des dizaines d’organisations et de penseurs qui commencent à se réunir pour mettre à jour ce type d’agenda [/manifeste], un programme qui soit capable de faire pièce au militarisme, au nationalisme et au corporatisme qui se dressent devant nous. Bien qu’à un stade précoce, cela donne à voir les éléments d’une majorité progressive, une majorité qui soit fondée sur un plan audacieux pour un monde
    assaini et porteur d’attention [aux plus faibles] que nous voulons et dont nous avons besoin.

    Tout ce travail est basé sur l’expérience que dire non à de mauvaises idées est encore loin du compte. Si nous acceptons l’hypothèse que, désormais, les batailles sont toutes sur le mode défensif, toutes autour du maintien de notre base contre les attaques régressives de style Trump, alors nous finirons sur un terrain véritablement très dangereux. Parce que le terrain sur lequel nous étions avant que Trump soit élu est le même que celui qui a pu produire Trump ; un terrain dont beaucoup d’entre nous savaient déjà qu’il constituait une urgence sociale et écologique, avant même ce dernier round de défaites.

    Bien sûr, les attaques venant de Trump et de sa clique de démagogues autour de la planète doivent rencontrer une farouche résistance. Mais nous ne pouvons pas passer les quatre années qui viennent à jouer uniquement en défense. Les crises sont toutes si urgentes, elles ne nous permettent pas de perdre de laps de temps.

    Sur un volet que je connais passablement bien, le changement climatique, l’humanité n’a qu’une fenêtre finie dans laquelle agir, après quoi protéger quoi que ce soit qui ressemble à un climat stable deviendra impossible. Et cette fenêtre se referme à toute vitesse.

    Ce qu’il nous faut donc, c’est à la fois la défensive et l’offensive – résister aux attaques du moment et en même temps trouver un espace pour construire le futur que nous voulons. En d’autres termes, les plus farouches des « non » doivent être accompagnés par d’audacieux et ambitieux « oui » – un plan pour le futur qui soit suffisamment crédible et captivant pour qu’une foule de gens se battent pour le voir réalisé, quels que soient les chocs et les mots d’ordre alarmistes qui soient mis en travers de leur chemin. Non – non à Trump, non à la France de Marine Le Pen, non à tout ce lot de partis hypernationalistes et xénophobes qui montent partout dans le monde – tel est sans doute le premier mouvement qui puisse rassembler des millions de gens dans les rues. Mais c’est un « oui » qui nous fera poursuivre la bataille.

    « Oui » est le phare dans les tempêtes en vue qui nous empêchera de nous égarer de notre route.

    Voici ce qu’il nous faut nous mettre en tête : Trump, tout extrême qu’il soit, n’est pas tant une aberration qu’une conclusion logique – une parodie d’à peu près tout ce qu’ont été les pires tendances du demi-siècle écoulé. Trump est le produit d’un système de pensée puissant qui classe les vies humaines suivant leur race, leur religion, leur genre, leur sexualité, leur apparence physique et leur degré de handicap – et qui ont systématiquement fait usage de la race comme arme au service de politiques économiques brutales depuis les tout débuts de la colonisation nord-américaine et du commerce transatlantique [triangulaire] des esclaves. Trump est aussi la personnification de la fusion des humains avec les grandes firmes – une mégamarque d’un seul homme, dont la femme et les enfants sont des marques dérivées, avec toutes les pathologies et tous les conflits d’intérêt inhérents à une telle situation. Il est la réalisation de la croyance suivant laquelle l’argent et la puissance garantissent le droit d’un seul d’imposer sa volonté aux autres, que cette licence s’exprime par attraper des femmes [allusion au « grabbing by their pussy » de Trump] ou par se saisir des ressources finies d’une planète au bord d’un réchauffement catastrophique. C’est aussi le produit d’une culture entrepreneuriale qui fétichise les « disrupteurs » [les briseurs de tabous, les innovateurs, style BFM] qui font leur fortune en ignorant de façon flagrante tant les lois que les standards règlementaires [voir Uber, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft ou VW].

    Plus que tout, Trump est l’incarnation du projet idéologique du marché libre, encore tout-puissant – un projet relayé tant par les partis centristes que les partis conservateurs – qui déclare la guerre à tout ce qui est public et possédé en commun, et veut voir dans les PDG [CEO] des grandes firmes des superhéros qui vont sauver l’humanité. En 2002, George W. Bush organisa un anniversaire des 90 ans pour celui qui fut l’architecte intellectuel de cette guerre contre la sphère publique, l’économiste apôtre radical du libre marché Milton Friedman. Lors de cette sauterie, Donald Rumsfeld, alors Secrétaire américain de la Défense [Ministre de la Défense] déclara : « Milton est l’exemple incarné de la simple vérité suivant laquelle les idées ont des conséquences ». Il avait raison – et Donald Trump est une conséquence directe de ces idées.

    En ce sens, un pan important se révèle de ce qui ne devrait pas nous choquer chez Trump. Il est le résultat entièrement prévisible, jusqu’au cliché le plus stéréotypé, d’idées et de tendances qui auraient dû être stoppées depuis bien longtemps. Et c’est pourquoi, même si sa présidence cauchemardesque devait se terminer demain, les conditions politiques qui l’ont produite, et qui en produisent des répliques à travers le monde, devront encore être combattues. Avec le Vice-président US Mike Pence ou bien le speaker de la chambre Paul Ryan aux aguets dans les coulisses, et un Parti démocrate lui aussi de mèche avec la classe des milliardaires, le monde dont nous avons besoin ne sera pas gagné juste en remplaçant l’actuel occupant du Bureau Ovale.

    Alors, il nous faut être très clairs sur ce à quoi nous disons non – pas seulement à un individu ou même à un groupe d’individus (bien que ce soit aussi cela). Nous disons aussi non à un système qui les a élevés à de telles hauteurs. Et de là passons à un Oui – un oui qui soit porteur d’un changement si fondamental que l’actuelle mainmise des grandes firmes sera reléguée à une note de bas de page historique, un avertissement à nos enfants. Et Donald Trump et ses compagnons de route seront vus pour ce qu’ils sont : un symptôme d’une maladie profonde, une maladie qui nous a décidés, collectivement, à nous rassembler pour la soigner.

    #Naomi_Klein #blitzkrieg #trump #thérapie_de_choc #stratégie_du_choc #domaine_public #sphère_publique #intérêt_public #déconstruction #état_d_urgence #Peur #Résister Les idées politiques de Monsieur #macron #national_libéralisme

    • Extraits

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      Une crise à grande échelle – qu’il s’agisse d’une attaque terroriste ou d’un krach financier – fournirait sans doute le prétexte pour déclarer un quelconque état d’exception ou d’urgence, durant lequel les règles usuelles cessent de s’appliquer. Cela conduirait, à son tour, à fournir une couverture pour faire passer des aspects de la réforme de l’agenda qui nécessitent une suspension encore plus forte du cœur des normes démocratique.
      . . . . .

      Plus que tout, Trump est l’incarnation du projet idéologique du marché libre, encore tout-puissant – un projet relayé tant par les partis centristes que les partis conservateurs – qui déclare la guerre à tout ce qui est public et possédé en commun, et veut voir dans les PDG [CEO] des grandes firmes des superhéros qui vont sauver l’humanité.
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      On croirait que Naomi Klein par de la France en marche

  • Pinochet à l’école de Chicago
    http://www.laviedesidees.fr/Pinochet-a-l-ecole-de-Chicago.html

    Manuel Gárate revient sur la révolution économique que le Chili a connue à partir de 1975, avec un coût social et politique énorme. Une mise en perspective nécessaire, au moment où les États-Unis, anciens protecteurs de Pinochet, se tournent vers le populisme et le protectionnisme.

    Essais & débats

    / #coup_d'État, #démocratie, #libre-échange

    #Essais_&_débats

    • « La “Révolution économique” au Chili. A la recherche de l’utopie néoconservatrice 1973-2003 »
      https://halshs.archives-ouvertes.fr/tel-00565323

      « La “Révolution économique” au Chili. A la recherche de l’utopie néoconservatrice 1973-2003 »
      Emmanuel Garate 1
      1 Mondes Américains - Mondes Américains : Sociétés, Circulations, Pouvoirs, XVème - XXIème siècles
      Résumé : Cette thèse traite deux questions fondamentales du passé récent du Chili. La première est la profonde transformation économique et sociale vécue entre 1973 et 2003, c’est-à-dire l’époque qui inclut le régime militaire et les trois premiers gouvernements de la transition démocratique. La deuxième se réfère à l’évolution de la pensée libérale économique au Chili, et l’apparition d’une nouvelle élite patronale formée à l’image du discours des économistes néoclassiques. Pour situer la profondeur des changements vécus dans le pays depuis 1973, la recherche remonte aux débuts du XIXème siècle, quand arrivent au Chili les premières idées du libéralisme économique, passant par la décennie de 1930 lorsque se crée le modèle de l’“État de compromis”. Cependant, l’analyse est centrée sur l’origine et l’essor des “Chicago Boys” comme gestionnaires de la transformation économique du Chili – comprise comme un genre spécial de violence – et des changements importants qui se produisirent au sein de l’élite dirigeante du pays (1973-2003). Enfin, la thèse aborde l’utilisation du passé récent dans les stratégies du pouvoir et les représentations de la nouvelle élite par rapport aux imaginaires d’une société articulée autour du modèle du libre marché.

  • Pourquoi les Chiliens exigent-ils une refonte de leur système des #retraites ? - Amériques - RFI
    http://www.rfi.fr/ameriques/20160822-chili-mobilisation-refonte-systeme-retraites-pensions-afp

    Plus d’un million et demi de Chiliens ont marché dans tout le pays, dimanche 21 août 2016, pour dire « no mas AFP », non à leur système de retraite hérité [de la #stratégie_du_choc] de la dictature d’Augusto Pinochet. Ces #fonds_de_pension garantissent à la fois aux travailleurs de misérables retraites et des bénéfices incroyables aux six entreprises privées qui les gèrent, les AFP.

    #privatisation #lutte_sociale #Chili

    • Alors, pour réformer ou mettre à bas ce « vol » ou cette « arnaque », comme disent les manifestants, ces derniers ne comptent pas sur leurs représentants politiques, dans un contexte où les scandales de corruption ne cessent de les éclabousser. Pas plus qu’ils ne croient aux réformes proposées par la présidente socialiste Michelle Bachelet il y a deux semaines, une présidente soutenue par seulement 15 % de la population selon un dernier sondage.

  • Les grands argentiers rêvent d’éliminer le cash | EurActiv.fr
    http://www.euractiv.fr/sections/euro-finances/les-grands-argentiers-revent-deliminer-le-cash-321190

    Certains des plus grands experts bancaires participaient au Forum économique mondial de Davos cette semaine. Ils affirment que l’impact de la #technologie, le thème général de cette année, sera énorme. L’évolution pourrait être si fulgurante que John Cryan, co-PDG de Deutsche Bank AG, prédit la disparition « probable » de l’#argent liquide, qu’il juge « terriblement inefficace », dans les dix années à venir.

    « L’argent liquide devrait être dématérialisé », a-t-il assuré lors d’une discussion sur l’avenir de la #finance. Il estime que les gouvernements devraient se pencher sur ce processus, afin de rendre la transition « plus traçable ». La disparition de l’argent liquide permettrait notamment de lutter contre le financement illégal et le blanchiment d’argent.

    #monnaie #corruption

    • je suis assez d’accord avec ça..
      Je sais que c’est terrifiant de tout tracer, mais en même temps je trouve que ce monde avec ces tricheries et dissimulations permanentes, il est déjà terrifiant... Nous entretenons actuellement une pénurie de confiance, ciment pourtant essentiel à la vie en société.

      J’ose un parallèle surprenant :
      L’anonymat et la dissimulation dans les interactions sociales ont permis l’apparition des « trolls ». Sur Internet comme dans l’économie. Des gens qui ne jouent pas le jeu et pourrissent la société dans l’ombre.
      Il suffirait juste de révéler leur identité pour que la pression sociale les oblige à réadopter un comportement social constructif. Voilà aussi pourquoi, au risque de choquer, je serai favorable à la fin de l’anonymat sur Internet.

      Je crois que le monde se portera mieux si on devient adulte, si on assume notre vie sociale : si on assume nos opinions exprimées, si on assume nos interactions sociales, si on assume nos interactions économiques et nos obligations fiscales. Et ce, même si la traçabilité nous infantilise, et même si elle fait peser le spectre d’une emprise totalitaire sur nos vies. Je crois qu’un fonctionnement collectif plus vertueux fera reculer le risque des dérives totalitaires, quand la généralisation de la corruption et du « trollisme » nous mène droit à ça...

    • Il y aura moyen de passer au travers. Forcément. Exactement comme à mon avis, les gens qui possèdent plus de 100000€ ont déjà contracté auprès des banques qui leurs ont proposé des services pour ne pas être impactés par cette loi confiscatoire... Les lois sont faites pour être contournées, et s’ils veulent supprimer le cash, c’est avant tout pour maîtriser la piétaille.

    • Déjà actuellement tout mouvement bancaire de 500 euros et plus peut foutre dans la merde des millions d’allocataires CAF (RSA, AAH, APL) et des millions de chômeurs.

      C’est d’abord l’argent des pauvres, et y compris celui de salariés « en poste » ou de free lance de divers styles, que l’on va surveiller plus, sous couvert de moraliser les riches ou de diminuer leur pouvoir de dissimulation.

      Il y a une logique : se souvenir, par exemple, que l’ISF est déclaratif (j’évalue comme je veux mon patrimoine imposable), tandis que la TVA, impôt régressif qui frappe davantage les bas revenus, est lui prélevé à la source.

    • #lol.

      Si la dématérialisation de l’argent empêchait le blanchiment, ça se saurait, demandez à Denis Robert, au hasard. Si les 1% les plus riches devaient tout contenir dans des valises, ils se sentiraient moins bien au contraire. Là ils n’ont même plus besoin d’un porteur de valises pour corrompre quelqu’un à 10000km.

      Le problème avec la soi-disant efficacité de l’économie c’est qu’elle se fonde sur des principes modernes genre objectif « Donner à tous les moyens de payer en électronique » assorti d’une cible « 99% ». Qu’est-ce qu’on fait du 1% restant ? Des tickets de rationnement (au format carte de crédit) ? Des procédures d’urgence qui reviennent à se défausser de la responsabilité du service ? Comment on paye quand on a pas d’électricité pendant 4 jours sous prétexte de lignes électriques cassées par le gel et les arbres abattus du fait des économies qui ont été faites sur l’entretien des lignes et de leurs abords ? Lire « argent liquide inefficace », ça pique les yeux. S’il y a moins de liquide en circulation parce que l’électronique remplace, tant mieux ou pas. Mais viser à le faire disparaître...

      Et puis franchement, le comportement « adulte » ne s’obtient pas sous la menace d’être identifié hein. Vaudrait peut-être mieux investir un peu d’argent inefficace dans l’éducation, scolaire, populaire, permanente... Informer sur le monde et pas seulement sur les drames armés, créer des lieux et des moments de socialisation (non rentables), etc. Quand on découvre les trolls professionnels sur le web, on découvre un peu le vrai monde tel qu’il est. Travaillons les causes plutôt que de casser les vecteurs, nom de...

      Comment peut-on prôner l’électronisation de tous les échanges quand on voit l’immaturité de nos chers Etats face à tout ce qui touche à l’internet et à l’électronique ? On casse déjà la vie des gens parce qu’ils ont échangé des fichiers...

    • @suske : je suis d’accord globalement avec ton point de vue (éduquer les gens, s’attaquer aux causes profondes etc..), avec quelques nuances près, que je ne détaillerai pas pour ne pas donner l’impression d’une vaine polémique.

      Je veux juste préciser que je ne considère pas la dématérialisation/traçabilité de la monnaie comme LA solution exclusive, mais comme un des leviers à actionner pour sortir de la mouise actuelle.
      C’est une hypothèse subjective, mais à mon sens l’opacité sert plus ceux qui ont des choses à cacher que ceux qui n’ont rien, les schémas de domination préfèrent les climats de défiance et de suspicion, aux climats de confiance. Je crois que les libertés individuelles ont plus à gagner si on va vers plus de transparence, contrairement à ce qu’on a l’habitude de proclamer..

    • Oui pour la transparence. Mais elle n’existe pas pour les transactions financières... Et nos « chers Etats » ne sont pas vraiment en progrès sur ce point. Sinon oui, je pense que la polémique n’est pas ;-)

      Merci pour ce seen.

    • La CAF a le droit d’exiger les relevés bancaires lors de ses contrôles
      http://seenthis.net/messages/339175

      Cette institution a - comme la MSA, la CNAM, les caisses de retraites, ... - aussi accès au Ficoba (Fichier des comptes bancaires et assimilés)
      https://www.caf.fr/sites/default/files/caf/751/Documents/Medias/dossierpressefraudes.pdf

      Quels organismes peuvent fouiller dans vos comptes bancaires ?
      http://www.cbanque.com/actu/52832/quels-organismes-peuvent-fouiller-dans-vos-comptes-bancaires

  • La guerre totale donne au monde actuel l’impulsion énergique qui lui permet de trouver pour la mort les #ressources qu’il est incapable de trouver pour la vie.
    http://seenthis.net/messages/285552

    Le budget 2016 prévoit 815 millions d’euros de crédits alloués aux mesures post #attentats
    http://www.lemonde.fr/attaques-a-paris/article/2015/11/30/le-budget-2016-prevoit-815-millions-d-euros-de-credits-alloues-aux-mesures-p

    Les #APL baisseront de 225 millions d’euros en 2016
    http://seenthis.net/messages/414526

    Les #minima_sociaux dans le viseur de la Cour des comptes
    http://www.rtl.fr/actu/economie/les-minima-sociaux-dans-le-viseur-de-la-cour-des-comptes-7780648787

    La cour des comptes préconise de lier l’APL à la prime pour l’#emploi
    http://seenthis.net/messages/409310

    Le Parlement adopte définitivement le projet de budget de la Sécurité sociale pour 2016
    http://www.lemonde.fr/financement-de-la-sante/article/2015/11/30/le-parlement-adopte-definitivement-le-projet-de-budget-de-la-securite-social

    Saint-Denis : cinq jours après l’assaut, les familles toujours sans solution
    http://www.liberation.fr/france/2015/11/24/saint-denis-cinq-jours-apres-l-assaut-les-familles-toujours-sans-solution

    Afghanistan : retour en chiffres sur 13 ans de présence occidentale
    http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2014/12/31/retour-en-chiffres-sur-treize-ans-de-presence-occidentale-en-afghanistan_454

    Perspective globale : http://www.informationisbeautiful.net/visualizations/billion-dollar-o-gram-2013

    #logement #guerre_aux_pauvres #militarisation #stratégie_du_choc

  • Guns-to-Caviar Index : Crisis of Disaster Capitalism
    http://www.dailykos.com/story/2008/7/31/547976/-

    tracks the sales of fighter jets (guns) and executive jets (caviar). For seventeen years, it consistently found that when fighter jets were selling briskly, sales of luxury executive jets went down and vice versa; when executive jets sales were on the rise, fighter jet sales dipped. Of course, a handful of war profiteers always managed to get rich from selling guns, but they were economically insignificant. it was a truism of the contemporary market that you couldn’t have booming growth in the midst of violence and instability.

    But that truism is no longer true. Since 2003, the year of the Iraq invasion, the index found that spending has been going up on both fighter jets and executive jets rapidly and simultaneously, which means that the world is becoming less peaceful while accumulating significantly more profit.

    Naomi Klein’s The Shock Doctrine: The Rise of Disaster Capitalism

    #guns-to-Caviar #strategie_du_choc #Shock_doctrine

  • Copé préconise de baisser les dépenses sociales pour financer « l’effort de guerre... »
    http://www.crashdebug.fr/actualites-france/10952-cope-preconise-de-baisser-les-depenses-sociales-pour-financer-l-eff

    Décidément, il tombe à pic, ce massacre de Paris ! Non content de ne pas être déjà en prison suite à l’affaire Bygmalion, Jean-François Copé préconise de prendre dans la poche des Français les plus nécessiteux pour financer la « guerre » contre des « terroristes » que ses amis du Qatar et la France ont armés, entraînés et financés pour renverser Assad ! « Toute polémique est stérile ». L’UMPS dans toute sa splendeur et son hypocrisie. Grandiose… OD

    « Le député Les Républicains Jean-François Copé a apporté samedi sur son blog son soutien aux mesures post-attentats annoncées par François Hollande. Apportant tout de même un bémol : le député-maire de Meaux estime en effet qu’il faut financer l’« effort de guerre » par une baisse des dépenses sociales notamment, au lieu de creuser le déficit. « J’étais présent au Congrès (...)

  • – Etat d’urgence,
    – terme « #guerre » martelé dès le premier discours après les #attentats,
    – bombardement de Raqqa moins de 48H après les tueries
    – congrès de Versailles hier actant modification de la #constitution et modification du #budget,
    – appel aux autres armées de l’Union Européenne,
    – appel à Omaba et Poutine

    L’escalade est d’une rapidité incroyable, pas le temps de comprendre chaque nouvel élément on te pond 3 nouvelles mesures d’exception, la pire application de la #stratégie_du_choc que j’aie vu jusqu’alors, le tout sur fond d’#islamophobie galopante et violences associées

    Plusieurs commentaires comparent Hollande à G.W. Bush, pressentent un remake invasion de l’Irak en 2003, mais là ce qui se prépare est d’une autre ampleur.
    Soit ils font tout ça par manque de recul et de maturité, soit il y a une autre raison.

    Qu’en pensez-vous @nidal @loutre @reka @alaingresh @gonzo @souriyam @le_bougnoulosophe @orientxxi ?
    Est-ce qu’on a le temps de faire quoi que ce soit ? Sur qui peut-on compter ?

    EDIT : communiqué de la #LDH

    • Ce qui m’étonne, c’est qu’ils ne se rendent pas compte de l’énormité de toutes les mesures qu’ils énoncent. Parler de « nos » valeurs et vouloir tout cela... mais... ils y croient tous qu’on ne demande que « ça » ? C’est vraiment une course à l’électeur qu’ils nous jouent là ? Si c’est le cas, c’est effrayant. C’est qu’ils ont pour information que les électeurs demandent effectivement cela ?
      Là, pourtant, j’ai l’impression qu’au contraire de janvier dernier, la rage des gens est moindre... mais je dois me tromper...
      On serait donc condamnés à toujours pire dans le médiocre et l’inhumain... Avec pour seul horizon l’assassinat de toutes les voix discordantes (la Commune de Paris, Jaurès, Allende...).

    • Les différences de détail peuvent compter, vu d’en face, mais la logique est la même.L’État hobessien ne se soutient qu’à prétendre garantir contre la peur dont il joue, quitte à la sécréter, (quitte à faire des différences des contradictions qui occuperont le divers face à ses valeurs abstraites, des identités en rivalité, des victimes en concurrence), pour la gauche de droite comme pour la droite. Le PS est opportuniste, c’est à dire pas dépourvu de capacité tactique : il lui est réclamé par les étatistes de tous bords et sur divers plans d’exercer un pouvoir jugé démissionnaire, il saisit l’occasion de paraître maîtriser quelque chose en matière de sécurité, revanche de la politique comme police... Et c’est aussi l’occasion de couper l’herbe sous le pied au FN et à la droite, à qui il ne reste plus que de vaines surenchères possibles (sans plus de poids que les contestataires au sein du PS hier et demain quant à la politique du capital qui a pour nom économie).

    • A mon humble avis pas d’intervention au sol - à part peut-être des forces spéciales en appui du PYD avec éventuellement quelques belles images à l’appui pour faire genre, mais c’est risqué et ça ne plaira pas au sultan Erdogan - sinon, vraiment je ne vois pas.
      Pour les « frappes aériennes », l’armée française est aveugle. Elle dépend intégralement du renseignement américain - pardon, de la coalition. Je suppose donc qu’Obama tient la bride à Hollande mais lui laisse un peu de mou parce qu’il sait qu’il a besoin de donner l’impression de faire quelque chose. On peut imaginer que quelques coordonnées de cible ont été données mais ça m’étonnerait qu’on en ait autant pour la seule Raqqa, même du côté des States. A moins qu’on ne bombarde plusieurs fois le même site, cela veut dire qu’il y a évidemment des morts civils car alors on bombarde au petit bonheur la chance. Le fait de cibler la « capitale » de l’"Etat" islamique, le « fief » de Daesh, dit assez que tout ça n’est que de la com’ à destination du public français, à coup de centaines de milliers ou de millions d’euros la « frappe » et de quelques morts syriens de plus...

    • Si j’en crois le journal Le Temps (suisse), les bombardements français auraient été coordonnées avec la Russie qui bombardait elle aussi Raqqa. Probablement se contente-t-on pour l’instant, comme entre Russes et Américains, d’éviter les collisions.
      http://www.letemps.ch/monde/2015/11/17/impact-frappes-francaises-symbolique-tactique

      Un porte-parole du Ministère français de la défense a annoncé mardi que pour la deuxième nuit consécutive l’aviation a bombardé des infrastructures de l’EI dans son fief de Raqqa, détruisant un centre de commandement et un camp d’entraînement. Dans la foulée, des avions russes ont bombardé d’autres cibles dans la même ville. Des frappes qui, pour la première fois, ont été coordonnées entre Paris et le Kremlin.

      En tout cas :

      Mais sur le terrain à Raqqa, et selon plusieurs témoignages, les bombes françaises ont détruit des bâtiments vides, ou qui avaient déjà été visés par les nombreux raids de l’aviation russe. Mais pour Jean-Claude Allard, « il est trop tôt pour déterminer si les bombardements français ont effectivement neutralisé leurs cibles. L’EI prétend le contraire, car la propagande est à l’œuvre dans un camp comme dans l’autre, lorsqu’il y a une guerre. » La force de frappe française, consent l’ancien général, ne fera pas la différence : « L’effort militaire s’inscrit dans les opérations déployées par la Coalition sous l’égide de Washington, les opérations françaises n’ont, seules, pas d’impact décisif. »
      La valeur stratégique des opérations françaises sur Raqqa réside ailleurs : « A côté des objectifs militaires au sens strict, il y a un message symbolique. Premièrement, la France a montré qu’elle ne se laisserait pas faire et qu’elle était déterminée. Cela est adressé aussi bien aux djihadistes qu’à la population française, pour la rassurer.

    • Non, ça ne sert à rien je suppose - pas même à « envoyer un message aux jihadistes » - et probablement ça a tué et tuera des civils (dont nous ne saurons vraisemblablement rien ou pas grand chose). C’est de la pure com’ à destination du public français. Après, la suite est entre les mains des Américains et des Russes. Hollande suivra la ligne américaine. Désormais Hollande est lié à Obama.
      A un peu moins court terme :
      – la politique étrangère française va peut-être cesser d’être instrumentalisée par l’Arabie saoudite, le Qatar et Israël pour peser sur Obama. De plus la guerre clandestine contre le régime syrien va forcément être discutée entre ces nouveaux « alliés » - au moins discrètement - et l’appui de la France à la « rébellion » syrienne va donc un peu plus se tarir voire cesser.
      – le tout n’est qu’une accélération du processus qui a en fait commencé avec l’implication militaire massive et directe des Russes et des Iraniens en Syrie, dont on a bien vu qu’elle a contraint les Américains à modifier substantiellement leur politique ambigüe (contention en Irak/instrumentalisation en Syrie) vis à vis de Da3ich, d’autant que les milices chiites irakiennes commençaient à faire pression sur al-Abadi pour réclamer l’aide russe.

    • Daich est l’acronyme de Dawla al-islamiya fî ’Iraq wa Cham
      3 = lettre ayn de « ’iraq » qui correspond au 3 quand on écrit l’arabe dialectal en alphabet latin sur internet, par exemple sur des forums. La lettre « ayn » isolée a d’ailleurs la forme d’un « 3 » à l’envers.
      https://fr.wikipedia.org/wiki/%CA%BFAyn
      Peut-être qu’une meilleure translittération serait Da’ich (’i = ’iraq).
      Après c’est peut-être un peu snobinard, effectivement...

  • Mono-discours libéral sur la Grèce depuis ce matin à La RTBF. Tu entends presque les verres de champagne tinter tellement tout le monde jubile à l’unisson. Une seule personne évoque le scénario à la Pinochet qui se dessine avec privatisations à gogo, réforme des retraites à régler en trois jours. Et vas-y que je te compare les Grecs à des cigales ivres, immatures pour la « zone euro ». Après le #oxi, c’est le #backlash, oui.

    #vomir
    #stratégie_du_choc #milton_friedman

  • Grèce : « la #catastrophe sanitaire s’aggrave » | L’Humanité
    http://www.humanite.fr/grece-la-catastrophe-sanitaire-sagrave-574360

    La délégation a également été reçue par le Ministre grec délégué à la #Santé, Monsieur Andréas Xanthos ainsi que par le Ministre des affaires sociales et de la santé, Panayotis Kouroublis. A cette occasion Andréas Xanthos, le co-fondateur du premier dispensaire social en Crête Rethymnon en 2008, lui-même médecin hospitalier et actuellement vice-ministre de la santé, leur a fait part de ses inquiétude face à la situation sanitaire, sous-évaluée jusqu’en 2012 par les autorités au pouvoir. Il considère que les pratiques des dispensaires ont permis de mesurer la réalité de la catastrophe sanitaire et Syriza a déjà pris quelques mesures d’urgence dont le rétablissement et l’extension de la couverture maladie, la suppression du forfait hospitalier de 5€, l’accès aux soins primaires gratuits quel que soit la nationalité, le revenu, le statut de l’emploi et la position sociale. Mais la restauration du système de santé prendra du temps, d’autant que les instances européennes tentent de bloquer toutes ces réformes sociales au profit d’un remboursement rapide de la « dette » grecque. « Le temps est un enjeu crucial », leur a précisé Andréas Xanthos, qui déplore le cynisme de Bruxelles face au danger mortel que courent des milliers d’enfants et des personnes âgées grecs faute de soins adaptés.

  • Dans ce genre de situation on voit plus clairement que jamais l’impuissance de ceux qui disent qu’un autre monde est possible.
    http://www.argia.eus/argia-astekaria/2445/bukatu-dira-bromak-europan
    Après les événements des derniers jours, analyse de Gorka Bereziartua (que j’ai traduite)

    Ennemis mutuels, miroirs mutuels : certains ultras font tout trembler par l’action directe et d’autres ultras viennent, à la même vitesse, prédire la guerre des civilisations.

    Le temps s’est accéléré et les messages simples trouvent plus facilement leur chemin. Comme on est devant un meurtre, ceux qui ont envie de revendiquer une soif de vengeance ont un vent favorable. Marine Le Pen a profité de l’occasion pour proposer un référendum pour la peine de mort.

    La réaction de l’establishment est plus douce dans un premier temps. En apparence. Car ils ont organisé ce grand rassemblement de dimanche "contre le #terrorisme ”. “L’Europe doit réagir”, dit Jean Claude Juncker le président de la Commission Européenne le jour où l’appel public est lancé. Il n’y a pas d’autres mots que “Répondre”, “réagir”, “urgence” et d’autres du même ordre dans le champ sémantique qui s’impose.

    Les choses n’ont pas trop changé depuis les attentats du 11 septembre 2001, c’est le même schéma qui se répète plus d’une fois : après une action qui génère une situation de choc, des mesures d’exception rapides, accordées et coordonnées comme il faut entre dirigeants.

    Contre un meurtre déplorable la seule proposition qu’a le système est de contrôler plus et de punir plus ; autrement dit, de réduire les libertés de tous, au nom de la liberté. “C’est ça ou le #Front_National. C’est ça ou le terrorisme islamiste”, telle est la consigne.

    Dans ce cadre discursif on sent qu’il manque une voix. Après que l’attentat a eu lieu qu’a dit la gauche ? Elle a exprimé son deuil, bien évidemment. Et condamné l’attaque. Et certains ont tenté de placer cet événement dans un contexte global, en rappelant les personnes qui meurent tous les jours en Irak, en Syrie, en Afganistan ou en d’autres endroits où les pays Occidentaux introduisent des armes.

    Même si c’est juste pour mettre en avant l’hypocrisie de ceux qui dans le même temps qu’ils condamnent les attentats de Paris sont sourds aux victimes qu’ils provoquent en beaucoup d’autres endroits, ce genre de comparaisons sont nécessaires. Mais aux lendemains échaudés d’un attentat, cette attitude pourrait entre autres être prise pour une absence d’empathie avec ceux qui viennent d’être tués. “On parle de quelque-chose qui se passe ici et maintenant, pourquoi tu dévies le sujet ?”, vous demandera cet ami qui commence à devenir nerveux. Ce n’est pas efficace.

    Et ce même manque d’efficacité, ou un manque peut-être plus grand, se voit dans la façon de débattre qui se situe dans le #progressisme multiculturaliste, c’est à dire qui prend le problème du point de vue des #droits_de_l'homme et de la respectabilité de toutes les #religions. Lorsque l’affrontement monte d’un cran, lorsque des morts sont au centre de la situation, la #tolérance et le respect sont restées de côté. Il s’agit d’orienter cette même rancoeur qui est apparue, et pour cela dire "acceptons nous les uns les autres” n’est pas suffisant.

    Quel message peut alors fonctionner ? Dans ce genre de situation on voit plus clairement que jamais l’impuissance de ceux qui disent qu’un autre monde est possible. Il manque un logiciel adapté pour faire face à la fois à l’islamisme extrêmiste, à la nouvelle #extrême-droite, et aux discours de contrôle et de punition des partis "traditionnels. Et ce logiciel n’a pas l’air d’être pour tout de suite.

    Peut-être que la clé est de sortir des fronts. Au lieu de rester dans l’attente d’un grand discours, regarder ce qui se passe dans l’arrière garde, car c’est de là-bas que sont venues beaucoup des haines de ceux qui ont massacré #Charlie_Hebdo. C’est aussi là-bas que se mijote l’#islamophobie fondée sur une soif de vengeance.

    Comment revendiquer un monde meilleur, donc, en temps de haine ? Plutôt qu’en se détruisant mutuellement ou en perdant des droits, en luttant pour plus de droits pour tous. En dirigeant la colère pour construire quelque-chose. Facile à dire. Comme nous n’avons pas de grande excavatrice pour tracer ce chemin, à la nouvelle grande guerre qui nous est proposée nous devrons au moins lui barrer la route à coups de pioche.

    #choc_des_civilisations #stratégie_du_choc

  • De démocratie lasse - CQFD, mensuel de critique et d’expérimentation sociales
    http://cqfd-journal.org/De-democratie-lasse

    C’est à une archéologie du chaos que nous invite l’ethnologue Panagiotis Grigoriou dans son dernier essai [1]. Sous la férule des « Troikans », « il s’agit de faire de la Grèce un cobaye pour expérimenter le modèle de faillite contrôlée en Europe ». Pas moins. Et l’auteur de nous raconter, depuis son blog Greek Crisis, le quotidien des Grecs de la capitale, mais aussi, au gré de ces excursions, le lent suicide du pays.

    #stratégie_du_choc

  • Riga – la capitale européenne de la #Culture 2014
    http://www.taurillon.org/riga-la-capitale-europeenne-de-la-culture-2014

    Riga est déjà une ville où se déroulent des événements culturels à rayonnement international mais cette année elle est devenue l’épicentre culturel en Europe. Elle se partage avec Umea en Suède le titre de la capitale européenne de la Culture 2014. Les festivités ont commencé le 18 janvier. Riga accueillera 200 événements, dont une nouvelle production de l’opéra de Richard Wagner, Rienzi et une exposition du peintre et sculpteur français Christian Boltanski. Le jour de l’ouverture du programme « Riga (...)

    Culture / #Capitales_européennes_de_la_culture

    • En attendant l’analyse critique des liens de la CEC avec le #marketing_urbain ou la #gentrification à Riga, et du business culturo-événementiel...

      Marrant d’ailleurs comme Libération, dans ce papier daté du 4 février, fait preuve de plus d’esprit critique que je n’en ai jamais lu dans leurs pages à propos de Marseille-Provence 2013 : http://bit.ly/1kHiK0g

      Pour le professeur Deniss Hanovs, spécialiste en communication interculturelle, la culture promue à Riga en 2014 est « verticale » et « politisée » se contentant de reproduire les poncifs officiels. Les objectifs politiques ont pris le pas sur la qualité du programme qui relève pour beaucoup du divertissement, associant des événements organisés régulièrement dans la ville bien avant 2014.

      L’absence de visibilité des minorités ethniques, notamment russes, au sein du programme traduit une difficulté à intégrer ces cultures autrement qu’à travers une dimension traditionnelle et folklorique : concerts de balalaïkas ou danses traditionnelles. Le multiculturalisme serait mobilisé sous les traits d’une culture réifiée donc moins dangereuse politiquement.

      Selon la Commission européenne, une capitale européenne de la culture doit « mettre en avant la richesse et la diversité des cultures européennes » et « encourager la compréhension mutuelle ». Le cas de Riga, ville située à la périphérie de l’UE, questionne l’homogénéisation d’un événement devenu assez convenu au détriment d’une réelle promotion de la complexité de la culture locale à l’étranger.

      #c'est_toujours_plus_facile_de_critiquer_son_voisin #stratégie_du_choc_culturel #Riga_2014

  • #Stratégie_du_choc : comment le FMI et l’Union européenne bradent la Grèce aux plus offrants - Vente à la découpe - Basta !
    http://www.bastamag.net/article3127.html

    C’est l’heure des soldes. La plus grande promotion du 21ème siècle. Tout doit disparaître ! Pour tenter de réduire sa dette, la Grèce liquide tous ses #biens_publics : énergies, transports, compagnies des eaux, universités, rivages préservés... Le pays s’enfonce toujours plus dans une crise économique sans fin, malgré les « plans de sauvetage » européens. Ceux-ci profitent en grande partie au secteur financier, alors que pour les Grecs, l’austérité est devenue un mode de vie. Reportage à Athènes, auprès d’un peuple victime du traitement de choc imposé par le « capitalisme du désastre ».

    « Plus d’un tiers de la population grecque n’a plus accès à la sécurité sociale », estime Giorgos Vichas, cardiologue. A la clinique autogérée de Hellinikon, en banlieue d’Athènes, une centaine de médecins soignent bénévolement des patients toujours plus nombreux. Depuis un an et demi, 10 000 personnes ont franchi les portes de ce dispensaire de fortune, planté au milieu d’une ancienne base militaire américaine. Avec les coupes drastiques des salaires – baisse de 40 % en quelques années – même ceux qui ont un travail n’ont souvent plus les moyens de payer les frais médicaux. Et les hôpitaux publics grecs manquent de médicaments, notamment pour le traitement des cancers.

    Compagnies d’électricité, d’eau, de gaz naturel, ports et aéroports, chemins de fer et autoroutes, loterie nationale... La Grèce brade ses biens publics. Ceux-ci doivent lui rapporter 9,5 milliards d’euros d’ici à 2016. « Ils sont même en train de privatiser la collecte des impôts, s’indigne Makis Zervas. Et des universités ont été rachetées à 49 % par des sociétés privées, ce qui est contraire à la Constitution. »

    #santé #pauvreté

  • Privatisations : les hôpitaux espagnols livrés à la spéculation financière - Stratégie du choc - Basta !
    http://www.bastamag.net/article3090.html

    Au nom de la croissance et de la réduction des déficits, le gouvernement espagnol accélère la #privatisation du système de #santé publique. Des fonds d’investissement en quête de « rentabilité élevée » s’emparent d’hôpitaux, sur fond de conflits d’intérêt et de scandales politico-financiers. Collectifs citoyens et syndicats dénoncent les conséquences désastreuses de cette privatisation : des patients mourant prématurément par négligence, un personnel soignant en pleine dépression, et des coûts au final plus élevés que ceux d’une gestion publique. Enquête sur un désastre en cours.

    #PPP

  • David Simon : “L’Amérique est une ploutocratie, l’argent nous dirige et a détruit notre identité” (Télérama.fr)
    http://www.telerama.fr/idees/david-simon-l-amerique-est-une-ploutocratie-l-argent-nous-dirige-et-a-detru

    Observateur avisé de la vie américaine, l’écrivain et scénariste David Simon est l’auteur de la série “The Wire”. Puis de “Treme”, après l’ouragan Katrina. Pessimiste sur le système, mais confiant en l’énergie de ses concitoyens. Source : Télérama.fr