#stress_hydrique

  • Devenir une « #ville_éponge » : la solution de #Berlin face à la #sécheresse

    Face aux extrêmes climatiques, Berlin accélère sa mutation en « ville éponge », mêlant #végétalisation, #rétention_des_eaux et #mobilisation_citoyenne. Une ambition politique inédite qui essaime.

    Il est rare qu’une activiste environnementale se retrouve mandatée par ses « adversaires » pour mener la politique qu’elle défend. C’est pourtant ce qui est arrivé à la géographe Lisa Junghans dans le cadre du projet de transformation de la ville de Berlin en « ville éponge ».

    Après avoir travaillé pour une ONG spécialisée sur les questions d’#eau, elle a participé à l’initiative populaire #BaumEntscheid, en corédigeant une proposition de loi d’#adaptation de Berlin au #changement_climatique. « Nous comptions appeler les Berlinois à se prononcer via un référendum sur la question en septembre 2026. Mais, contre toute attente, le Sénat de Berlin a décidé de reprendre notre projet à 99 % et d’en faire une loi qui a été votée fin 2025 ! » raconte la jeune femme.

    Elle a depuis été nommée à la direction de l’Agence pour l’eau de pluie du Land de Berlin (Regenwasseragentur), un organisme assez récent qui joue un rôle important en tant qu’agence-conseil sur la gestion des #eaux_de_pluie pour les particuliers et les entreprises. « Ma nomination était pour le moins inhabituelle. Pour ma part, j’y vois une volonté politique de faire avancer les choses », explique-t-elle.

    Sur le papier, le concept de ville éponge est simple. Il s’agit de transformer le #piège_à_chaleur qu’est une ville classique, colonisée par la voiture, les routes et les nombreux espaces bétonnés, en un #piège_à_fraîcheur et à eau. Et ceci avec des moyens vieux comme le monde : la végétalisation du tissu urbain et la rétention maximale de l’eau. « Berlin est une ville assez verte irriguée par une rivière. On pense que la capitale et sa région s’en sortent bien. Mais ce n’est pas le cas et la situation se détériore. D’où notre réaction », précise Lisa Junghans.

    Comparé à Paris, et si l’on ne tient pas compte de leurs histoires très différentes dans cette mise en parallèle, Berlin pourrait faire figure de havre de verdure, avec 28 % de sa surface couverte par des espaces verts (12 %) et des bois (16 %) ! Pendant que seulement 5,6 % de la surface de Paris est recouverte d’espaces verts.

    Récupérer l’eau

    En réalité, la région Berlin-Brandebourg est en situation de #stress_hydrique important. Le réchauffement climatique, associé à une pluviométrie naturellement faible, renforce la succession dévastatrice d’épisodes de sécheresse et de pluies violentes. Par ailleurs, la #consommation_d’eau est poussée par de nouvelles implantations industrielles, telle la Gigafactory de Tesla et ses sous-traitants.

    « L’arrêt de l’extraction du charbon des mines à ciel ouvert de lignite de la Lusace, au sud de la capitale, est aussi une raison majeure », ajoute Lisa Junghans.

    Pour être parfaitement exploitées, les couches de lignite doivent en effet être sèches et libres des eaux souterraines. Pour cela, et depuis le XIXe siècle, des milliers de pompes ont évacué près de 58 milliards de m3 d’eau dans la #Spree, explique un rapport de l’Agence fédérale pour l’environnement (UBA) qui a fait grand bruit lors de sa publication en 2023 : « Une bonne moitié de l’eau qui coule aujourd’hui dans la Spree près de Cottbus provient d’eaux souterraines pompées. Pendant les mois chauds d’été, cette proportion augmente jusqu’à 75 %. » Or, avec la « sortie » totale du charbon d’ici à 2038 et l’arrêt progressif des mines, le pompage sera bientôt complètement stoppé. Berlin tire pourtant de 50 à 75 % de son #eau_potable de la Spree !

    La même année, Berlin a commencé à mettre en place un #Masterplan_Wasser (Schéma directeur de l’eau) qui prévoit la construction de nouvelles #stations_d’épuration, ainsi que le forage de nouvelles sources. Par ailleurs, tout nouveau projet immobilier doit « végétaliser » une partie de ses toits et conserver les eaux de pluie. Libre au promoteur de construire des bassins, d’irriguer des espaces verts ou d’opter pour l’infiltration dans le sol.

    Plusieurs projets de taille ont enfin été lancés. La construction d’un vaste système de #récupération d’eau par rigoles sous la prestigieuse place du Gendarmenmarkt au cœur de Berlin. Ou celle d’un bassin de 16 750 m3 pour éviter que le trop-plein d’eaux usées ne se déverse dans les rivières en cas d’orages violents. Mais tout ceci est insuffisant.

    Désimperméabiliser Berlin

    D’où la mise en œuvre du concept de ville éponge : « La nouvelle loi a pour objectif que 200 000 arbres soient plantés par la ville et ses habitants dans les prochaines années, détaille Lisa Junghans. Il est aussi prévu de créer des #îlots_verts tous les 150 mètres. Et surtout, 50 % des #espaces_publics doivent être déconnectés du réseau d’assainissement d’ici à 2040, avec une #désimperméabilisation des #sols en conséquence. C’est très ambitieux. »

    L’administration municipale a dix-huit mois pour se préparer avec un lancement des grandes manœuvres à partir de 2027. Mais les quartiers de Berlin, cheville ouvrière du processus, sont déjà sur la brèche, comme dans celui de Charlottenburg-Wilmersdorf.

    « Dans la Sömmeringstrasse, par exemple, nous avons renforcé les #pistes_cyclables puis désimperméabilisé et végétalisé une partie des trottoirs. Ce qui nous a conduits à supprimer pas mal de #places_de_parkings. Et quand on supprime des places, c’est le #conflit garanti », explique Jochen Flenker, responsable des #espaces_verts de ce quartier de l’ouest peuplé de 350 000 habitants. Charlottenburg est le seul quartier de Berlin qui possède encore une pépinière municipale qui alimente ses espaces verts et permet au quartier de fournir des plants gratuits aux habitants qui le demandent.

    La mairie de quartier s’est fixé entre 1 000 et 5 000 m² de désimperméabilisation par an. Cela paraît peu. Mais c’est beaucoup : « Un égout végétalisé de quelques mètres carrés conduit 20 % de l’eau dans les canalisations, mais en infiltre 80 % dans la terre et peut drainer une surface de plus de 500 m2 », précisent les services de l’Agence pour l’#eau_de_pluie.

    Les voisins acteurs d’initiatives

    Ingénieur agronome, Jochen Flenker croit dur en l’avenir de la capitale-éponge. Mais il sait que Berlin en est à ses débuts : « C’est un combat incessant qui doit conduire à un changement de perspective à tous les niveaux. Prenez la question de la maintenance des sols de l’espace public. Mon quartier reçoit de la ville 3 euros par an pour 1 m² d’asphalte ou de béton, mais seulement 0,72 euro pour 1 m² d’espace vert. Ce devrait être l’inverse. Heureusement qu’il y a de nombreuses associations locales qui nous facilitent la tâche et ouvrent parfois le chemin », explique-t-il.

    Il évoque notamment l’initiative #Fritschestrasse, lancée par deux voisins et copains hauts en couleur : Jörg Winners, producteur de films, et Hans Jürgen Zschäbitz, corniste retraité de l’orchestre du Deutsches Oper.

    Coupée en deux par le grand boulevard de la Bismarckstrasse, le segment nord de la Fritschestrasse, où l’on retrouve quelques immeubles wilhelminiens, est un microcosme bien rafraîchissant. « Notre projet est parti de rien, pendant le Covid. Nous avons décidé de verdir les parterres d’arbres de la rue, de les entourer avec des pierres et d’installer des bancs ici et là. Mais aussi un “mini-parc” dégoulinant de verdure qui occupe deux places de parking », se rappelle Jörg Winners.

    Puis le groupe de voisins a grandi et l’action s’est structurée : « Chaque #arbre a un parrain ou une marraine qui veille au grain. C’est essentiel pour la pérennité du projet et de l’engagement. En 2023, nous avons installé plusieurs réservoirs le long des murs qui récupèrent une partie de l’eau de pluie. Chacun peut ainsi arroser à son gré », explique Hans Jürgen Zschäbitz en montrant un grand monolithe doté d’un robinet et devant lequel attendent des arrosoirs.

    Mais les deux compères, qui travaillent depuis activement avec Jochen Flenker et ses services, ne se sont pas arrêtés là. « Nous avons conçu un parterre entouré de branchages, d’une haie sèche, bordée de deux grosses pierres faites pour les chiens et qui évitent que l’urine ne tombe sur les plantes. Cela marche tellement bien qu’il y en a maintenant une cinquantaine et le quartier a officiellement adopté le modèle pour tous les futurs parterres du quartier », ajoute Jörg Winners.

    Il évoque ainsi le passage fréquent de journalistes, mais aussi de délégations d’autres villes, au point que l’initiative, déjà primée, est désormais reprise dans plusieurs autres villes, dont Hamburg, sous le nom du modèle berlinois. « Notre prochain objectif est d’augmenter les espaces verts en réduisant le nombre de voitures via la mise en place un système d’autopartage pour le voisinage », disent les deux amis avant de partir arroser leur rue.

    https://reporterre.net/Devenir-une-ville-eponge-le-combat-de-Berlin-contre-la-secheresse
    #urbanisme #aménagement_du_territoire #pluie

  • En Espagne, des milliers de tonnes de fruits et légumes ne sont jamais récoltées et pourrissent dans les champs
    https://theconversation.com/en-espagne-des-milliers-de-tonnes-de-fruits-et-legumes-ne-sont-jama

    Alors que l’#Espagne figure parmi les pays les plus touchés par le #stress_hydrique, une partie de l’eau mobilisée pour l’#agriculture finit indirectement #gaspillée avec des #récoltes abandonnées faute de débouchés. Une étude met en lumière l’ampleur de ce phénomène largement sous-estimé.

  • #IA : les #data_centers transforment les territoires en #déserts

    Les data centers ont consommé environ 560 milliards de litres d’eau à l’échelle mondiale en 2023. Un chiffre qui selon eux pourrait plus que doubler d’ici à 2030, pour atteindre près de 1 200 milliards de litres par an.

    Derrière les promesses de l’intelligence artificielle et du progrès technologique se cache une réalité matérielle brutale : celle de milliers de data centers qui engloutissent des quantités astronomiques d’eau pour assurer leur fonctionnement. Dans un monde confronté à une crise climatique sans précédent, et où l’accès à l’eau est un enjeu crucial, ces infrastructures numériques sont de véritables gouffres écologiques. Et leur prolifération à grande vitesse ne laisse entrevoir qu’un désastre aggravé.

    Véritable colonne vertébrale du monde numérique, les data centers sont de vastes infrastructures abritant des milliers de serveurs qui stockent, traitent et transmettent les données de nos activités en ligne. Alors que les technologies occupent une place toujours plus centrale dans nos vies, leur présence se multiplie de manière exponentielle.

    Mais cette expansion fulgurante a un coût environnemental colossal : consommation massive d’électricité – issue principalement d’énergies fossiles –, pollution sonore et lumineuse continue, accaparement et artificialisation des terres, et, fait moins renseigné, mais tout aussi alarmant, ils pompent d’énormes quantités d’eau – principalement potable – pour assurer leur fonctionnement.

    En 2023, Microsoft a utilisé 7,8 milliards de litres d’eau pour ses seuls data centers – 22% de plus qu’en 2022 – là où Google en a utilisé 24 milliards, marquant une augmentation de 14% par rapport à l’année précédente.

    Une récente étude menée par l’entreprise Cloudscene fait état de plus de 11 800 data centers d’envergure en activité dans le monde en janvier 2025. Et ce chiffre n’est voué qu’à augmenter : les médias Source Material et The Guardian révèlent que les entreprises Amazon, Google et Microsoft prévoient à elles trois d’augmenter leur nombre de data centers en service de 78% – les trois entreprises en cumulent déjà 400 à elles seules.
    IA : des milliards de litres d’eau utilisés

    L’Intelligence Artificielle (IA) joue un rôle central dans cette course à la surconsommation. Car la performance qu’on lui vante nécessite une alimentation et des infrastructures toujours plus importantes, et donc la quantité d’eau utilisée pour son bon fonctionnement.

    L’Agence Internationale de L’Énergie (AIE) estime, dans son dernier rapport Energy and AI, publié en avril 2025, que les data centers ont consommé environ 560 milliards de litres d’eau à l’échelle mondiale en 2023. Un chiffre qui selon eux pourrait plus que doubler d’ici à 2030, pour atteindre près de 1 200 milliards de litres par an.

    Il est important, pour saisir le problème dans toute sa complexité, de faire la distinction entre l’eau consommée et l’eau prélevée par les data centers. L’eau prélevée représente la quantité totale d’eau utilisée dans le cadre de la construction, le fonctionnement et l’entretien de ces infrastructures.

    L’eau consommée représente la part, sur la quantité totale, dont l’utilisation ne permet pas un renouvellement de cette ressource. Toujours selon l’AIE, les quantités prélevées sont bien supérieures à celles citées précédemment ; plus de 5 000 milliards de litres prélevés en 2023, et des estimations excédant 9 000 milliards de litres en 2030.

    L’écart considérable entre les volumes prélevés et consommés s’explique par le fait qu’une grande quantité d’eau est réintroduite dans l’environnement après avoir été utilisée. Malgré cela, ce prélèvement n’est pas sans conséquences, notamment pour les populations avoisinantes.

    L’approvisionnement de ces infrastructures se fait soit par un raccordement au système d’eau potable de la commune sur laquelle elles sont installées, ou bien en pompant l’eau directement dans les nappes phréatiques. Dans les deux cas, la question de l’accaparement de cette ressource vitale pose de sérieux problèmes, tant sur le plan du stress hydrique qu’induit la multiplication des data centers que sur l’aspect antidémocratique d’une telle prolifération.

    « Au-delà de l’aspect consommation d’eau et conflit d’usage, cet accaparement est agressif. C’est ça qui est assez problématique. Agressif dans le sens où c’est non planifié, et parfois non discuté », précise Théo Alves Da Costa, ingénieur d’analyse de données en IA et coprésident de l’association Data For Good, pour La Relève et La Peste.

    « Il y a un réel problème autour du débat démocratique par rapport à l’usage de l’eau ».
    L’opacité des grandes entreprises de l’IA

    Un des problèmes majeurs réside dans l’opacité des grandes entreprises : rares sont celles qui divulguent des données précises sur leur consommation d’eau. Les quantités mises en avant par les entreprises sont souvent limitées à celles utilisées pour assurer le refroidissement des serveurs. Il est donc nécessaire de revoir ce chiffre à la hausse..

    Toujours selon l’AIE, la quantité d’eau utilisée pour le refroidissement direct ne représente en réalité qu’un quart de la consommation totale des data centers. Environ les deux tiers de cette consommation en 2023 étaient liés à la production et à l’approvisionnement en énergie, tandis que le reste concernait l’eau nécessaire à la fabrication des semi-conducteurs et microprocesseurs, éléments essentiels au fonctionnement de ces systèmes numériques.

    C’est pourquoi l’Union européenne a introduit une directive européenne sur l’efficacité énergétique. L’UE veut contraindre les data centers de plus de 500 KwH à plus de transparence sur leur consommation réelle en énergie et en eau. Une initiative d’autant plus pertinente compte tenu du poids de leur consommation d’énergie sur le continent européen – 2,7% de la production énergétique de l’UE en 2018, et qui atteindront 3,21% en 2030.
    L’IA transforme les territoires en déserts

    Ironie cruelle : ces infrastructures gourmandes en eau s’implantent de plus en plus dans des zones sujettes aux pénuries et aux sécheresses. Microsoft et Google disposent respectivement de 42% et de 15% de leur data centers dans des territoires soumis à un fort stress hydrique.

    La région de l’Aragon, au nord de l’Espagne, est l’une de celles qui en paient le plus les conséquences. Malgré la sécheresse qui frappe régulièrement la région et fragilise ses activités – reposant en grande partie sur l’agriculture –, Amazon y prévoit la construction de trois nouveaux data centers, en plus de celui déjà en activité.

    Les autorisations fournies à Amazon permettraient à chaque infrastructure d’utiliser 755 millions de litres d’eau à l’année, soit de quoi irriguer 200 hectares de maïs, la céréale la plus cultivée dans ces territoires. La question de l’énergie risque également de cristalliser les tensions : il est estimé que les data centers d’Amazon consommeront plus d’énergie que l’ensemble des habitants de la région.

    En mai 2024, le média elDiario.es alertait déjà sur les conséquences des futurs data centers sur la région de l’Aragon, arguant que « la situation est désastreuse : 146 000 hectares sont incultivables et 175 000 hectares sont gravement endommagés par le manque d’eau. »

    Bien que cette partie de l’Espagne soit soumise à un stress hydrique, le prix du litre d’eau y reste relativement faible. Le choix de cette région semble obéir à des logiques économiques avant tout, faisant fi des considérations sociales et environnementales.

    Agriculteurs, riverains et collectifs citoyens s’organisent pour dénoncer cette véritable spoliation. L’association “Tu Nube Seca Mi Río” [“Ton cloud assèche ma rivière”] dénonce un accaparement qui menace directement l’agriculture locale.

    Comme le pointe du doigt la fondatrice de l’association “Tu Nube Seca Mi Río”, Aurora Gomez, « Ces entreprises extérieures s’imposent et accaparent les ressources. C’est du technocolonialisme ! […] Les autorités restent sourdes à nos alertes et font semblant de ne pas nous voir. »

    Cette surdité semble bien volontaire, tant elle arrange Amazon et les autorités locales, qui travaillent main dans la main pour voir ces projets se réaliser malgré les contestations citoyennes. L’enquête conjointe de The Guardian et Source Material révèle qu’Amazon et les pouvoirs publics d’Aragon ont négocié pour autoriser une augmentation de 48% de la consommation d’eau des installations existantes. Une demande discrètement validée pendant la période de Noël afin d’éviter toute surveillance ou controverse.

    L’Espagne, autrefois surnommée le potager de l’Europe, voit sa capacité agricole menacée par des sécheresses toujours plus sévères, aggravées par une mauvaise gestion de l’eau. Dans un pays dont 74% du territoire est directement menacé par la désertification, l’implantation d’infrastructures assoiffées des géants de la tech soulève de vives interrogations sur les priorités que les États européens choisissent de défendre.

    Promesses vertes et fuite en avant technologique

    Face aux critiques, les GAFAM tentent de verdir leur image. Certaines évoquent des solutions de refroidissement par air, mais celles-ci nécessitent encore plus d’énergie, déplaçant le problème plutôt que de le résoudre. D’autres affirment concevoir des “zero-water” data centers – à l’instar de Microsoft.

    Mais ces promesses s’inscrivent dans un horizon lointain, sans garantie réelle. Le Rapport international sur la sûreté de l’IA, publié en janvier 2025, indique que « si les tendances récentes se poursuivent, d’ici la fin de 2026, certains modèles d’IA à usage général seront entraînés en utilisant environ 100 fois plus de ressources de calcul d’apprentissage que les modèles les plus gourmands en calcul de 2023, pour atteindre un coût d’apprentissage 10 000 fois plus élevé d’ici 2030. »

    Si l’on se fie à ces informations, il ne semble pas hasardeux d’affirmer que cette technologie risque, à l’avenir, d’aggraver les problématiques auxquelles nous sommes confrontés – voire d’en faire émerger des nouvelles.

    Hélas, ces nombreux signaux d’alerte ne semblent pas ralentir la course au développement de l’IA, érigée en priorité par les États européens notamment.

    https://lareleveetlapeste.fr/ia-les-data-centers-transforment-les-territoires-en-deserts
    #AI #intelligence_artificielle #ressources #data_centres #eau #infrastructure #serveurs #coût_environnemental #eau_prélevée #eau_consommée #stress_hydrique #accaparement #extractivisme #désertification

  • Le #prix de l’#eau augmente partout en #France, en raison du #changement_climatique et de #coûts croissants de #dépollution

    Le mouvement touche toute la France. En Loire-Atlantique, les quelque 250 000 abonnés d’Atlantic’eau paient leur mètre cube hors taxe 1,46 euro au lieu de 1,40 euro depuis le 1er janvier. Dans le Calvados, les habitants de Bayeux verront aussi leur facture grimper : le mètre cube est passé de 1,33 euro à 1,37 euro, soit 3 % d’augmentation, tandis que l’abonnement augmente de 10 %. Des hausses aussi à Montluçon (Allier) – de « 5 % sur la consommation et 8 % sur l’abonnement » – ou à Quimper (Finistère), où les élus ont déjà prévu que les tarifs de l’eau potable et de l’assainissement progresseront de 10 % par an pendant quatre ans. Depuis la fin de 2024, ces hausses tarifaires se multiplient. Elles concernent tant l’eau potable que l’assainissement des eaux usées, autre composante du service de l’eau.

    Dès 2022, dernière année pour laquelle l’Observatoire des services publics d’eau et d’assainissement propose des chiffres consolidés, le prix moyen de l’#eau_potable a augmenté de 8 centimes d’euro par mètre cube toutes taxes comprises en un an – les précédentes hausses étaient de 4 centimes au maximum par an sur la période 2010-2021.

    Alors que le changement climatique bouleverse le cycle de l’eau, et que les coûts de dépollution de la ressource grimpent, « cette tendance devrait s’accélérer »,prévient Régis Taisne, chef du département cycle de l’eau à la Fédération nationale des collectivités concédantes et régies (FNCCR).

    En cause, l’inflation, qui a augmenté le prix de l’énergie et des matières premières nécessaires au #traitement_des_eaux. Mais aussi et surtout la multiplication des #investissements liés directement ou indirectement au réchauffement climatique. En 2022 et en 2023 déjà, au moins une centaine de communes ont subi des coupures d’eau, d’autres, comme Chartres (Eure-et-Loir), ont vu leurs réserves atteindre un niveau « critique ».

    Pour sécuriser l’approvisionnement quand les #forages peinent le plus à pourvoir aux besoins, notamment en été, « il faut parfois créer des interconnexions entre les différents réseaux, voire mobiliser de nouvelles ressources en eau, plus loin, et plus profondes, et éventuellement de moins bonne qualité »,explique M. Taisne.

    C’est notamment le cas dans les territoires les plus vulnérables face à la #sécheresse, comme en Bretagne où l’eau potable provient surtout des cours d’eau – des ressources qui s’amenuisent le plus en été. Ailleurs, si les précipitations ont globalement bien rempli les nappes souterraines cet hiver, les niveaux historiquement bas de certaines, comme celle de la Crau dans les Bouches-du-Rhône, incitent à se préparer à la raréfaction de la ressource.

    Coûteux renouvellements des #canalisations

    Les collectivités travaillent aussi à limiter les #fuites, par de coûteux renouvellements des canalisations. Au total , « nous gérons un réseau d’un peu moins de 1 000 kilomètres », commente Julien Laszlo, directeur des services à l’environnement de la Métropole d’Amiens, qui évoque « des investissements lourds ».

    « La sécheresse de 2022 a fait prendre conscience du besoin d’entretenir le réseau d’eau »,qui est en mauvais état, commente l’économiste Alexandre Mayol, chercheur à l’université de Lorraine. A la sortie de cet épisode de #stress_hydrique, Emmanuel Macron avait fait de la lutte contre les fuites un des piliers de son #Plan_Eau, qui vise un « cap de 10 % d’économies d’eau » d’ici à 2030. En France, « les pertes par fuites annuelles représentent environ 1 000 millions de mètres cubes, l’équivalent de la consommation annuelle d’environ dix-huit millions d’habitants », notait, en juin 2024, le dernier rapport de l’Observatoire des services publics d’eau et d’assainissement.

    Enfin, à ces investissements liés à la préservation d’une ressource en voie de #raréfaction viennent s’ajouter ceux, de plus en plus lourds, destinés à la rendre consommable. Face à la #contamination des réserves, notamment par les #pesticides et les #nitrates, les gestionnaires doivent installer de nouvelles #stations_de_traitement.

    Vendée Eau, qui couvre tout le département, construit par exemple, entre autres travaux, une nouvelle usine d’eau potable près de La Roche-sur-Yon, un chantier de 25 millions d’euros. « Les traitements sont de plus en plus poussés », explique Denis Guilbert, le directeur du syndicat, qui a augmenté le tarif de base de l’eau de 1,08 euro à 1,17 euro en 2024. Il peut s’agir, par exemple, d’investissements dans des #technologies de #nanofiltration ou d’#osmose_inverse.

    Les problématiques de #qualité et de #quantité d’eau ne doivent par ailleurs pas être considérées de façon isolée : avec la baisse des #réserves_souterraines, « les #pompages dans les forages en #eau_profonde ne vont pas durer »,s’inquiète le président de Val de Garonne Agglomération, Jacques Bilirit (divers gauche). Or, « quand on va prélever dans la Garonne, on sait qu’on récupère de la pollution », estime l’élu qui pronostique « des coûts de traitement de plus en plus élevés ». Le montant global est difficile à chiffrer, d’autant plus avec la détection de polluants comme les #PFAS (substances per- et polyfluoroalkylées). L’ordre de grandeur donné par les acteurs de la filière atteint toutefois plusieurs milliards d’euros par an.

    Des collectivités inquiètes

    La facture inquiète les #collectivités, dont le budget est mis à mal. Son équilibre repose en effet sur un principe fixé par l’Etat, résumé par l’expression « l’eau paie l’eau ». Celui-ci implique que les dépenses réalisées pour prélever, traiter et distribuer la ressource soient financées par les usagers. De fait, les services de l’eau sont essentiellement rémunérés selon les volumes vendus, mais ceux-ci tendent à baisser, fruit d’une nécessaire sobriété hydrique.

    En 2023, la consommation d’eau potable aurait ainsi diminué de 3 % à 4 %, selon de premières estimations de la FNCCR, avec des disparités toutefois très fortes selon les territoires. Les pertes de recettes à prévoir sont d’autant plus difficiles à assumer que les coûts, eux, progressent fortement.

    Leur montant interroge, in fine, sur un point majeur : qui doit payer ? Les #agences_de_l'eau, qui accompagnent les investissements des collectivités, sont, elles aussi, essentiellement financées par des redevances versées par les ménages, qui contribuent à hauteur de plus de 80 % pour un quart de la consommation. En 2025, elles vont bénéficier d’une mise à contribution plus importante de l’industrie. Mais celle du secteur agricole reste mineure, l’ancienne première ministre Elisabeth Borne ayant renoncé, fin 2023, à une augmentation de la redevance pour pollution diffuse. Devant les professionnels du Carrefour des gestions locales de l’eau, organisé à Rennes fin janvier, la ministre de la transition écologique, Agnès Pannier-Runacher, a affirmé son souhait de « réinventer » le modèle de financement du secteur et a invité à reposer « la question du prix » de l’eau, sans plus s’avancer.

    Dans plusieurs communes, les hausses ont entraîné des contestations d’habitants mécontents. Elles achoppent parfois sur un autre enjeu majeur : trouver « des tarifs qui soient soutenables, y compris par les plus pauvres », estime M. Taisne.

    Pour un foyer consommant 120 mètres cubes, la facture moyenne annuelle de l’eau et de l’assainissement collectif était estimée, en 2022, à 540 euros. A Rouen, où la métropole a augmenté le prix de l’eau pour faire face à des investissements de 701 millions d’euros dans l’assainissement et de 578 millions d’euros dans l’eau potable , une enveloppe de 300 000 euros a été prévue pour aider quelque 6 000 foyers selon leurs ressources.

    https://www.lemonde.fr/planete/article/2025/02/11/le-prix-de-l-eau-augmente-partout-en-france-en-raison-du-changement-climatiq

  • Visualisez la sécheresse historique qui frappe les #Pyrénées-Orientales depuis deux ans
    https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2024/04/12/visualisez-la-secheresse-historique-qui-frappe-les-pyrenees-orientales-depui

    (...) ce sont précisément ces dépressions méditerranéennes qui manquent à l’appel depuis le printemps 2022 et qui expliquent que le département ne connaisse quasiment plus d’épisodes humides notables.

    [...]

    Ainsi, le climat de Perpignan « se rapproche aujourd’hui de celui que connaissait Valence [Espagne] avant le réchauffement climatique », explique l’organisme. A savoir un climat « chaud et plus sec, semi-aride, avec des précipitations pouvant être tout de même violentes, notamment à l’automne ».

    #Aude #sécheresse #climat #Méditerranée #Désertification

    • Sécheresse dans les Pyrénées-Orientales : « Cette fois, c’est du brutal »
      Par Martine Valo (Pyrénées-Orientales, envoyée spéciale)
      https://www.lemonde.fr/planete/article/2024/04/22/secheresse-persistante-dans-les-pyrenees-orientales-cette-fois-c-est-du-brut

      REPORTAGELe département subit depuis deux ans un manque d’eau structurel. La faible ressource contraint les agriculteurs à adapter leurs pratiques, et pourrait conduire à revoir l’aménagement du territoire.

      Daniel Aspe saisit la bouteille en plastique avec un goulot découpé et s’allonge sur le sol de la forêt. Le maire d’Escaro, dans les Pyrénées-Orientales, plonge l’objet usé dans le regard creusé en face de l’arrivée d’eau qui alimente son village, et chronomètre le temps qu’il faut pour recueillir 2 litres : quatorze secondes. Il se livre alors à un calcul qu’il connaît bien, multipliant les secondes par vingt-quatre heures : le débit s’avère encore un peu trop juste pour la consommation journalière des 80 habitants. « Bien que nous ne nous lavions pas pour économiser l’eau », déclare en plaisantant l’élu pour surmonter son inquiétude.

      En cette fin de journée d’avril, le soleil éclabousse d’or les flancs des montagnes. Quelques filaments de neige zèbrent les sommets, tandis que, plus bas, la végétation méditerranéenne fait de la résistance. De-ci, de-là se dressent des squelettes de genêts et des chênes verts, si coriaces et pourtant morts de soif. Avec la tramontane de ces derniers jours, le service départemental d’incendie et de secours a averti : le risque d’incendie est maximal.

      Car si le panorama saturé de lumière est magnifique, il demeure quasi immuable : depuis deux ans, les nuages ne font que passer subrepticement, sans s’arrêter, des hauts cantons jusqu’à la plaine du Roussillon. Le déficit de pluie atteint 60 % certains mois, et celui de neige 75 % en 2023. Les arrêtés préfectoraux restreignant les usages de l’eau se succèdent sans discontinuer depuis juin 2022.

      « On positive »

      Pour Escaro, le vrai problème se pose l’hiver, car, du 15 avril au 15 octobre, la commune reçoit de l’eau du canal de Nyer. Le reste du temps, l’ouvrage, privé, est destiné à produire de l’hydroélectricité. Le maire, un ingénieur à la retraite, n’est d’abord pas très enthousiaste à l’idée d’évoquer une fois encore les pénuries et les camions-citernes venus remplir son château d’eau une dizaine de fois cet hiver. Question d’image pour l’ancien village minier. Dès février, quatre autres communes des Pyrénées-Orientales étaient ravitaillées ainsi, tandis qu’une quarantaine d’autres sont surveillées de très près.

      Daniel Aspe prend finalement le temps de décrire ses actions de sensibilisation auprès de ses administrés, leurs efforts communs de sobriété et leur traque des fuites. Sous le château d’eau est installée une citerne souple – une de celles qu’utilisent les pays quasi désertiques – pour ne pas perdre la moindre goutte d’eau en cas de trop-plein. Elle sert à un couple de maraîchers et à quelques chevaux. « On positive », assure le maire.

      En aval, le château de Thorrent, flanqué de ses deux tours moyenâgeuses, est alimenté par une source depuis plus de mille ans. Vice-président du Parc naturel régional des Pyrénées catalanes et maire de Sahorre (400 habitants), Olivier Gravas (divers gauche), sa famille, et ses 170 brebis en dépendent. « Je suis l’un des rares bergers nés à Neuilly-sur-Seine [Hauts-de-Seine], se présente-t-il en riant. Et peut-être l’un des premiers réfugiés climatiques français si la source se tarit. » L’éleveur d’agneaux bio appréhende la saison d’estive qui approche : y aura-t-il de quoi nourrir et abreuver son troupeau sur les contreforts du Canigou ?

      Un territoire « avec beaucoup d’atouts »

      « Les brebis vont avoir vite fait le tour du propriétaire, soupire-t-il. Voilà bien trente ans que le réchauffement se fait sentir ici, mais cette fois, c’est du brutal, deux des sources de la rivière Rotja sont en train de faiblir. » Il plaide pour que le département devienne un territoire pilote dans le contexte climatique actuel. « Il a beaucoup d’atouts : des réserves naturelles, le massif du Canigou qui est labellisé “Grand site de France”, il produit à près de 40 % en bio, dans des petites exploitations diversifiées », explique Olivier Gravas. « Pourquoi ne pas y mettre quelques millions d’euros pour expérimenter des solutions, avant que la sécheresse ne rattrape l’Aude, l’Hérault… ? », propose ce maire, qui envisage de stocker de l’eau dans une ancienne galerie minière. Cet adhérent de la Confédération paysanne ne s’estime pas le plus mal loti.

      En descendant vers la plaine du Roussillon, dans de nombreuses communes, des panneaux rappellent la situation de crise, incitent à économiser la ressource ou indiquent les jours de tours d’eau pour les agriculteurs. Néanmoins, beaucoup d’entre eux répètent qu’ils se refusent à baisser les bras.

      A Estagel, Galdric Bareil produit les vins bio du Domaine Pons Gralet. « Je ne me plains pas. J’ai un confrère qui pense tout arrêter, confie-t-il. Moi, je m’interroge… On ne sait vraiment pas où on va. » Depuis plusieurs années, les exploitants des environs se sont mis à irriguer leurs vignes. « Pour moi, c’est une aberration, affirme le viticulteur de 31 ans. Ce sont ces parcelles qui ont le plus souffert l’été 2023 lorsque l’arrêté préfectoral a imposé de cesser le goutte-à-goutte. » Et de poursuivre : « C’est plutôt facile de faire du vin bio dans les Pyrénées-Orientales : il y a beaucoup de soleil, peu d’humidité, et donc peu de plantes concurrentes entre les pieds des ceps, peu de champignons, de maladies. » Alors il veut y croire encore. Que planter d’autre de toute façon ? Même les olives – une culture traditionnelle qui fait son retour ici – demandent plus d’eau que le raisin. Galdric Bareil vient cependant d’arracher une de ses vignes qui datait de 1948. « La sécheresse a accéléré sa fin », glisse-t-il.

      Non loin de là, le lit du Verdouble, totalement à sec, est envahi par la végétation. Il se jette habituellement dans l’Agly, l’un des trois petits fleuves côtiers du département, qui ne parvient plus à couler jusqu’à la mer : faute de débit, il s’infiltre en chemin dans le sol karstique. Le niveau des trois grandes retenues a beaucoup baissé. Fin mars, à la sortie des mois de recharge donc, celle de Vinça plafonnait à 12 millions de mètres cubes alors qu’elle peut en contenir 24,5 ; celle de Villeneuve-de-la-Raho était à 7,9 millions mètres cubes au lieu de 17,5. Pire encore, à l’Agly, il était indiqué un remplissage de 10,8 mètres cubes sur les 27,5 possibles, plus rien n’en sort pour alimenter les canaux d’irrigation.

      « C’est devenu un cimetière »

      Du côté de Rivesaltes et d’Espira-de-l’Agly, la sécheresse est donc à son comble. Denis Basserie regarde avec tristesse les branches brunies et recroquevillées de ses abricotiers, dont la majorité est grillée. « C’était un verger jeune, magnifique, soupire-t-il. C’est devenu un cimetière, comme si vous cultiviez des statues ! Je n’ai pas encore eu le courage de les arracher. » Il estime avoir perdu entre 10 et 12 hectares de ses cultures de vignes et de fruits. Lui qui a des responsabilités dans les instances agricoles – notamment d’aménagement foncier – et à la fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles s’inquiète pour ceux qui s’apprêtent à prendre leur retraite et dont les terres perdent de la valeur.

      « J’ai investi pour commencer une irrigation de résilience mais, depuis l’été, on est passé de très peu à rien. Pourtant, je continue à payer 15 000 euros de redevance d’eau », témoigne l’exploitant de 43 ans. Denis Basserie en veut à l’Etat qui ne mesurerait pas, selon lui, la gravité de la situation dans la vallée de l’Agly, et dénonce les assurances qui ne prennent en compte que la perte des récoltes, pas celle des arbres et des vignes mortes. Selon sa propre estimation, 9 000 hectares de cultures risqueraient d’être arrachés.

      Depuis des siècles, les agriculteurs d’ici ont pensé pouvoir compter sur les ressources des Pyrénées que 3 000 kilomètres de canaux conduisent dans l’est du territoire. C’est l’une des raisons pour lesquelles ils avaient refusé, en 2011, l’arrivée d’Aqua Domitia – un gros tuyau qui délivre de l’eau du Rhône jusque dans l’Aude. Aujourd’hui, ils demandent l’extension de cet ouvrage.

      Jean Bertrand, chargé de l’eau à la chambre d’agriculture, organise une visite de la tête du canal de la Plaine de la Lentilla où est aménagée une prise d’eau – une « rasclose » –, en compagnie de quelques membres de l’Association syndicale autorisée (ASA) locale. L’occasion d’expliquer à quel point le travail des 200 ASA du département – des établissements publics chargés de gérer la ressource et de se la répartir – est exemplaire. Et de tirer à boulets rouges sur les militants écologistes qui défendent le maintien d’une vie aquatique. « C’est ici, à la source, que nous sommes sanctionnés par la justice à cause du fameux débit réservé que les écolos ont mis en place », dit M. Bertrand. N’est-ce pas plutôt la loi qu’ils ont fait appliquer ? « Peut-être, mais avant on coupait la rivière en cas de besoin. » Et les poissons ? « Ils se réfugiaient dans les cavités », rétorque Henri Vidal, président de l’ASA. A l’échelle de la région Occitanie, l’association France Nature Environnement préfère ne plus s’exprimer publiquement sur les rivières des Pyrénées-Orientales. La situation est devenue trop tendue.

      Henri Vidal rapporte que son organisation est passée de 600 à 1 500 adhérents en quelques années, au fur et à mesure que poussaient des lotissements bâtis sur les anciennes terres agricoles. Dans les villages, certains de ces nouveaux habitants viennent réclamer de quoi arroser leur potager. « Comme s’il suffisait de payer sa redevance pour qu’il pleuve ! », s’exclame Thierry Pujol, le secrétaire de l’ASA.

      Des stations de ski qui continuent de faire fonctionner leurs canons à neige jusqu’aux rivages de la Méditerranée où l’eau salée a commencé à pénétrer par endroits… les Pyrénées-Orientales ont un sacré défi à relever. « Nous étions un département béni des dieux, maintenant, nous travaillons avec les services de l’Etat à éviter toute guerre de l’eau, résume Nicolas Garcia, maire communiste d’Elne et président du syndicat mixte des nappes de la plaine du Roussillon, tout en vantant la sobriété et la désimperméabilisation des sols. Nous avons dix ans pour changer de logiciel socio-économique. »

      « Dépasser le déni »

      Le président de Perpignan Méditerranée Métropole, Robert Vila (qui vient de quitter Les Républicains) ne partage pas ce point de vue. « Le changement climatique ? Il faut rester prudent. Nous avons tous en tête qu’à l’avenir on reviendra à une situation hydrique plus favorable, normale, relativise l’élu, qui est aussi maire de Saint-Estève et président de la commission locale de l’eau. Moi j’ai demandé aux clubs sportifs de ma commune de réduire leurs activités, comme ça, on met en sommeil les douches, l’entretien des locaux. » Pour M. Vila, il sera sûrement possible de puiser la ressource ailleurs, dans le massif des Corbières notamment. Et parler de la sécheresse dans les médias oblige ensuite à financer des campagnes de publicité pour rassurer les touristes. Il ne faudrait pas affaiblir le premier secteur économique du département.

      « Collectivement, les élus doivent dépasser le déni, admettre que la solution passe par une mutation de notre modèle », estime pour sa part l’écologiste Agnès Langevine, vice-présidente du conseil régional. Elle s’oppose au dossier emblématique du golf de Villeneuve-de-la-Raho, un projet vieux de vingt ans dont les premiers travaux ont démarré à l’automne 2023. Et d’autres existent, qui semblent aussi anachroniques. Ainsi dans l’ancien Mas Delfau, dans le sud de #Perpignan, la mairie a annoncé la réalisation sur 18 hectares de bureaux, de logements, avec des plans d’eau au milieu, agrémentés… d’un téléski nautique.

      Philippe Poisse, militant d’Alternatiba, un mouvement de mobilisation sur le dérèglement climatique, en recense d’autres, notamment « une sorte de Puy du Fou sur le thème du cinéma ». De son côté, Valentine Lescot, du collectif d’associations Vuire, dénonce l’excès de zones commerciales, de lotissements, de friches, de résidences touristiques. « Beaucoup de retraités veulent venir s’installer, ce qui entraîne spéculation foncière et “court-termisme”, analyse-t-elle. Même si elle a des conséquences malheureuses, la sécheresse nous aide à faire réfléchir le public à l’aménagement du territoire. »

      A Escaro, Daniel Aspe organise un café citoyen le 24 avril. Il a convié trois chercheurs, signataires, comme 89 autres membres de l’université de Perpignan, d’une tribune publiée dans la presse locale plaidant « pour un territoire habitable et résilient », malgré un #stress_hydrique qui pourrait devenir la norme.

      #Pyrénées-Orientales #climato_sceptiques

  • Aqueduct | Using cutting-edge data to identify and evaluate water risks around the world
    https://www.wri.org/aqueduct?uniqueIdentifier=3DDB6081-677E-4357-A5C7-870C3EE3CB2A

    https://www.wri.org/applications/aqueduct/water-risk-atlas/#/?advanced=false&basemap=hydro&indicator=w_awr_def_tot_cat&lat=30&lng=-80&mapMod

    L’humanité souffre de plus en plus du manque d’eau. C’est ce qui ressort des travaux du #World_Resources_Institute (#WRI), qui vient de mettre à jour son #Atlas des risques liés à l’eau, nommé Aqueduct. Selon les nouvelles données du think tank américain, 25 pays sont actuellement exposés à un #stress_hydrique extrêmement élevé, soit le niveau le plus haut. Le stress hydrique correspond à une situation dans laquelle la demande en eau dépasse les #ressources disponibles. Le WRI classe un pays en risque extrêmement haut lorsque celui-ci utilise 80 % de tout l’or bleu dont il dispose, ce qui peut mener à des pénuries. Les pays dans ce cas abritent au total un quart de la population mondiale, soit 2 milliards de personnes, selon le think tank. « Le monde est confronté à une #crise_de_l’eau sans précédent, exacerbée par le changement climatique », alerte le WRI. Un avertissement d’actualité alors que plusieurs pays, dont la France, souffrent d’une canicule intense, qui aggrave la sécheresse. Si l’Hexagone n’est pas pour l’heure identifié par le WRI comme faisant partie des zones du monde les plus durement frappées, « plus de 86 communes » en connaissent un avant-goût et subissent actuellement des difficultés d’approvisionnement en eau potable, indiquait vendredi 18 août la secrétaire d’Etat chargée de la Biodiversité, Sarah El Haïry. Laquelle doit se rendre lundi dans l’Ain avec son collègue Christophe Béchu, ministre de la Transition écologique, pour présenter « la liste des quinze sites industriels pour lesquels les efforts en consommation d’eau sont les plus facilement réalisables dans un objectif de sobriété hydrique ». Histoire, peut-être, de ne pas suivre le chemin de la Belgique. Car notre voisin figure de façon surprenante parmi les huit pays, dont trois de l’Union européenne (avec Chypre et la Grèce), qui ont intégré le triste club de ceux classés en risque extrêmement haut par le WRI depuis la précédente version d’Aqueduct en 2019. « La demande industrielle, qui représente près de 90 % de tous les besoins en eau en Belgique, en est la principale cause », précise Samantha Kuzma, responsable des données d’Aqueduct. […]

    Un manque d’eau plus ponctuel, au moins un mois par an, concerne environ 4 milliards de personnes dans le monde actuellement. D’ici 2050, ce chiffre pourrait se rapprocher de 6 milliards, avertit le WRI. […]

    (Libération)

  • Des #températures dépassant la #limite_génétique de toutes les espèces méditerranéennes sont prévues dans le sud de l’Europe dès mardi :

    ➡️ 40 à 44°C en #Italie (jusqu’à 45-47+°C en Sardaigne et Sicile)
    ➡️ 40 à 45°C en #Espagne
    ➡️ 40 à 42°C en #France


    Conséquences agricoles :
    ➡️la floraison des légumes « maraîchage » risque d’être fortement perturbée (brulures et pertes de fleurs).
    ➡️l’#olivier risque de voir une partie de ses fruits se dessécher.
    ➡️des brûlures peuvent concerner la #vigne (voire un dessèchement de grappe) dans le cas où la canicule dure plusieurs jours.
    ➡️souffrance extrême des animaux d’élevage.
    L’Italie est le pays qui sera le plus concerné par ses conséquences agricoles. Je tiens à préciser qu’il s’agit ici d’un #stress_thermique. Il ne peut pas être entièrement résolu par l’irrigation (#stress_hydrique).
    Voici un énième exemple des conséquences du changement climatique.

    https://twitter.com/SergeZaka/status/1680522007585214464

    #canicule #agriculture #cartographie #visualisation

  • A Quarter of Humanity Faces Looming Water Crises - The New York Times
    https://www.nytimes.com/interactive/2019/08/06/climate/world-water-stress.html

    From India to Iran to Botswana, 17 countries around the world are currently under extremely high water stress, meaning they are using almost all the water they have, according to new World Resources Institute data published Tuesday.

    Many are arid countries to begin with; some are squandering what water they have. Several are relying too heavily on groundwater, which instead they should be replenishing and saving for times of drought.

    #eau #stress_hydrique #climat #cartographie #visualisation

  • Aboriginal voices are missing from the Murray-Darling Basin crisis
    https://theconversation.com/aboriginal-voices-are-missing-from-the-murray-darling-basin-crisis-

    In the current crisis in the Darling River and Menindee Lakes, the focus should be on the Barkandji people of western New South Wales. In 2015, the native title rights for 128,000 square kilometres of Barkandji land were recognised after an 18-year legal case. This legal recognition represented a significant outcome for the Barkandji People because water – and specifically the Darling River or Barka – is central to their existence.

    Under the NSW Water Management Act, Native Title rights are defined as Basic Landholder Rights. However, the Barwon-Darling Water Sharing Plan provides a zero allocation for Native Title. The Barkandji confront ongoing struggles to have their common law rights recognised and accommodated by Australian water governance regimes.

    The failure to involve them directly in talks convened by the Murray Darling Basin Authority and Basin States, and their exclusion from the independent panels, are further examples of these struggles.

    Over the past two decades, Aboriginal people have been lobbying for an environmental, social, economic and cultural share in the water market, but with little success.

    #eau #stress_hydrique #Australie #aborigènes #invisibilité

  • Agricultural Exposure to Water Stress | Resource Watch
    https://resourcewatch.org/data/explore/ed521429-58b4-4c55-9bbe-4f4bfd2fcb1f

    This map of baseline water stress in major crop producing areas was created by WRI’s Aqueduct program as part of the Water Risk Atlas, an online mapping tool that displays various aspects of water-related risks. The map displays the major crop producing areas for 13 major commodity crops (cocoa, coffee, cotton, maize, oats, oil palm, oranges, canola, rice, rubber, soybeans, sugarcane, and wheat) and 9 crop groups (cereals, fiber crops, fodder crops, fruits, oil crops, legumes, roots and tubers, sugar crops, and tree nuts), and the levels of water stress (low, low to medium, medium to high, high, and extremely high) experienced in these major crop-producing areas. Baseline water stress refers to the annual water withdrawals (municipal, industrial, and agricultural) expressed as a percentage of the total annual available flow. Higher values indicate more competition among users. Arid areas with low water use are shown in gray but scored as high stress when calculating aggregated scores. Baseline water stress is calculated by dividing water withdrawals (2010) by mean available blue water (1950-2008). Areas with available blue water and water withdrawal less than 0.03 and 0.012/m2 respectively are coded as “arid and low water use." Crop production in each category is computed by overlaying gridded crop production data, which was pulled from 2 articles in Global Biogeochemical Cycle (2008), “Farming the Planet: 1. Geographic Distribution of Global Agricultural Lands in the Year 2000” and “Farming the Planet: 2. Geographic Distribution of Crop Areas, Yields, Physiological Types, and Net Primary Production in the Year 2000.” The authors of these studies identified croplands and crop production using a high-resolution satellite-derived land cover data set and agricultural inventory data to derive a global map of croplands. Resource Watch shows only a subset of the data set. For access to the full data set and additional information, see the Learn More link.

    #eau #stress_hydrique #agriculture #cartographie

  • Border water is the biggest climate change issue no one’s talking about — Quartz
    https://qz.com/1353831/in-a-warming-world-the-fight-for-water-can-push-nations-apart-or-bring-them-toge
    https://cms.qz.com/wp-content/uploads/2018/08/global-border-water.jpg?quality=75&strip=all&w=1400

    In a warming world, the fight for water can push nations apart—or bring them together

    Regardé rapidement #eau #stress_hydrique #climat #carto

  • L’Inde menacée par l’épuisement de ses nappes phréatiques
    http://www.lemonde.fr/planete/article/2018/05/07/l-inde-menacee-par-l-epuisement-de-ses-nappes-phreatiques_5295240_3244.html

    « Des gens meurent et pourtant vous n’avez pas l’air de vous en inquiéter », ont récemment lancé les juges de la Cour suprême aux représentants des Etats de l’Haryana et de Delhi, qui se disputent le partage du débit du fleuve #Yamuna, leur enjoignant de s’entendre pour éviter les émeutes. La rareté de la ressource est à l’origine d’un nombre croissant de #conflits : #émeutes meurtrières à Delhi en 2016, tension diplomatique avec les voisins chinois ou pakistanais, marche de dizaines de milliers d’agriculteurs sur Bombay en mars. Le Forum for Policy Dialogue on Water Conflicts in India en a dénombré au moins 350 dans tout le pays.

    Elle exacerbe également les tensions entre agriculteurs et industriels, entre populations rurales et urbaines ou même entre basses castes et propriétaires terriens. Dès 2016, un rapport commandé par le gouvernement sur la réforme de la politique de l’#eau avait mis en garde contre une catastrophe à venir. « Les conflits entre les différents usages de l’eau et leurs consommateurs augmentent de jour en jour, alertaient les auteurs. Si la demande continue au même rythme, alors la moitié de la demande en eau ne sera pas satisfaite d’ici à 2030. »

    L’origine de cette crise est pourtant parfaitement identifiée : l’épuisement des #nappes_phréatiques.

    #Inde #stress_hydrique #paywall

  • Water Stress Poses Greatest Threat to MENA Region | Inter Press Service
    http://www.ipsnews.net/2018/03/water-stress-poses-greatest-threat-mena-region

    This year, World Water Day, celebrated annually on 22 March, is themed “Nature for Water”, examining nature-based solutions (NBS) to the world’s water problems.

    The campaign – “The Answer is in Nature” – promotes a sustainable way to normalize the cycle of water, reduce harms of climate change and improve human health through planting trees to replenish forests, reconnecting rivers to floodplains, and restoring wetlands.

    An estimated 2.1 billion people have no access to drinkable water because of the polluted ecosystems affecting quantity and quality of water available for human consumption. At the same time, the number of individuals living in the water-scarce areas equals 1.9 billion and may reach 3 billion by 2050, while about 1.8 billion people drink water coming from an unimproved source which puts them at risk of water-borne diseases. All of these negatively influence human health, education and livelihoods.

    The most water-scarce region in the world is the Middle East and North Africa (MENA) where more than 60% of the population has little or no access to drinkable water and over 70% of the region’s GDP is exposed to high or very high water stress.

    #sécheresse #stress_hydrique #eau #Moyen-Orient #Afrique #climat

  • Environnement : l’eau se raréfie dans plusieurs régions du monde | National Geographic
    http://www.nationalgeographic.fr/environnement/2018/02/environnement-leau-se-rarefie-dans-plusieurs-regions-du-monde
    http://www.nationalgeographic.fr/sites/france/files/styles/desktop/public/camp-in-Kenya_UNHCR.png?itok=WBQ24TKy

    Si la crise de l’eau était déjà un phénomène inquiétant, l’évolution de la répartition de la population mondiale ne fait que l’aggraver. Dans les villes en pleine explosion démographique, et elles sont nombreuses, la rupture en approvisionnement est proche. Actuellement, 54 % de la population mondiale vit en ville et ce chiffre devrait augmenter de 60 % à 92 % d’ici 2100. Mais les structures d’assainissement et de distribution de l’eau ne suivent pas le rythme de ce développement.

    « Ce ne sont pas les #mégapoles mais les villes de taille moyenne qui vont avoir le plus de difficultés, car elles manquent de capacités techniques, mais aussi d’experts à l’esprit ouvert pour réfléchir autrement aux défis posés par une augmentation rapide de leur population » estime Richard Connor, coordinateur des rapports de référence réalisés par le Programme mondial pour l’évaluation des ressources en eau (ONU-Eau).

    L’augmentation de la population urbaine induit l’augmentation de la production agricole en zone rurale à destination des grandes villes. L’utilisation de l’eau dans un cadre agricole représente pourtant déjà 70 % de l’exploitation des #ressources_hydriques. Les experts estiment que la demande en #eau pour les #villes aura augmenté d’environ 80 % à l’horizon 2050, car la demande sera supérieure au volume disponible en surface.

    #stress_hydrique #urbanisation #démographie

  • From Cape Town to Kabul : taps run dry in crisis cities
    http://news.trust.org/item/20180131175029-qezh7

    Drought-stricken Cape Town could run out of water as soon as April, but South Africa is not alone in its struggle as ever more world cities battle acute water shortages.

    Water scarcity already affects more than 40 percent of the world’s population and is expected to rise due to global warming, with one in four people projected to face chronic or recurring shortages by 2050, according to the United Nations.

    Already hosting more than half the world’s people, cities are at the forefront of the problem, as population growth increases pressure on reserves, which are already stretched by too little rain and too much waste.

    #eau #ville #sécheresse #stress_hydrique

  • What Does Water Have to Do with National Security? | World Resources Institute
    http://www.wri.org/blog/2017/02/what-does-water-have-do-national-security

    When thinking of national security issues, rivers, lakes and glaciers are not usually what come to mind. But water stress is, in fact, an often-overlooked and increasing threat to national security for many countries.

    Water security is an important issue driving state stability and safety in many regions of the world. The direct and indirect effects of water stress—such as migration, food shortages and general destabilization—transcend national boundaries. As water stress increases in the coming years, prioritization of water resources in domestic and global security policies will become even more essential.


    #eau #stress_hydrique #conflits #cartographie

  • Indian traders boycott Coca-Cola for ’straining water resources’ | World news | The Guardian
    https://www.theguardian.com/world/2017/mar/01/indian-traders-boycott-coca-cola-for-straining-water-resources

    More than a million traders in India are boycotting fizzy drinks including #Coca-Cola and #Pepsi after claims from from two Indian trade associations that foreign firms are exploiting the country’s water resources.

    Traders in the south Indian state of Tamil Nadu, which has a population bigger than the UK, will replace big brands with locally produced soft drinks.

    “These foreign companies are using up scarce water resources of the state,” said K Mohan, secretary of the Vanigar Sangam, one of the associations supporting the boycott.

    Concerns about excessive water usage by companies such as Coca-Cola and PepsiCo were heightened after low rainfall during the last monsoon.

    In January, Tamil Nadu’s interim chief minister O Panneerselvam declared the state “drought-hit” and asked the central government for funds to help farmers.

    Vikram Raja, president of the Vanigar Sangam trade association, said: “[Foreign companies] are exploiting the state’s water bodies to manufacture aerated drinks while farmers were facing severe drought.”

    Total soutien, je boycotte cette merde depuis plus de 10 ans #eau #stress_hydrique #agriculture #alimentation #Inde

  • Four billion people face severe water scarcity, new research finds | Environment | The Guardian
    http://www.theguardian.com/environment/2016/feb/12/four-billion-people-face-severe-water-scarcity-new-research-finds

    At least two-thirds of the global population, over 4 billion people, live with severe water scarcity for at least one month every year, according to a major new analysis.

    The revelation shows water shortages, one of the most dangerous challenges the world faces, is far worse previously than thought.

    The new research also reveals that 500m people live in places where water consumption is double the amount replenished by rain for the entire year, leaving them extremely vulnerable as underground aquifers run down.

    Many of those living with fragile water resources are in India and China, but other regions highlighted are the central and western US, Australia and even the city of London.

    #eau #stress_hydrique #cartographie

  • Le Moyen-Orient menacé de pénurie d’eau dans le prochain quart de siècle
    http://www.lemonde.fr/planete/article/2015/08/28/le-moyen-orient-menace-de-penurie-d-eau-dans-le-prochain-quart-de-siecle_473

    Sur les trente-trois pays les plus menacés par le manque d’eau à l’horizon 2040, quatorze sont situés au Moyen-Orient, ce qui risque d’aggraver l’instabilité de cette région. C’est ce que fait apparaître une étude du World Resources Institute (WRI), un centre de recherche américain sur les questions environnementales.

    Les experts ont combiné modèles climatiques (températures et précipitations) et scénarios de développement socio-économique (croissance démographique, urbanisation, émergence de classes moyennes…). Ils ont ainsi établi le classement des pays de la planète les plus vulnérables, au cours des vingt-cinq prochaines années, au « stress hydrique », celui-ci étant défini par une disponibilité en eau inférieure à 1 700 m3 par an et par habitant.

    En regard des conflits qui déchirent le Moyen-Orient, la question de l’eau peut sembler « secondaire », ajoutent-ils. Mais, observent les auteurs, la sécheresse inédite qui a frappé la Syrie entre 2006 et 2010, conjuguée à la « mauvaise gestion chronique » des nappes phréatiques, a « forcé 1,5 million de personnes, principalement des paysans et des éleveurs, à quitter leurs terres et à migrer vers les zones urbaines ». Ce qui a « amplifié la déstabilisation générale de la Syrie » et « probablement contribué aux troubles qui ont alimenté la guerre civile ».

    #eau #stress_hydrique