• ENQUETE FRANCEINFO. #Chloroquine : sur les traces de #Surgisphere, la société au cœur du scandale de l’étude du « Lancet »
    https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/enquete-franceinfo-chloroquine-sur-les-traces-de-surgisphere-la-societe

    Surgisphere. Cette entreprise américaine est celle par laquelle le scandale est arrivé, jetant le trouble sur le travail de la communauté scientifique en pleine pandémie de coronavirus. Surgisphere a, en effet, fourni et analysé les données sur lesquelles des chercheurs se sont appuyés pour évaluer l’efficacité des controversées chloroquine et hydroxychloroquine contre le Covid-19. Leurs travaux parus dans The Lancet ont eu un tel retentissement qu’ils ont eu des répercussions politiques, conduisant notamment l’Organisation mondiale de la santé à suspendre les essais sur ces médicaments.

    Mais, bien vite, des scientifiques ont décelé des incohérences dans les chiffres et les statistiques de l’étude. Le refus de Surgisphere de donner accès à ses données a empêché toute évaluation indépendante des travaux et semé un peu plus le doute sur la fiabilité, voire l’existence de la base de données. Trois des quatre auteurs de l’étude ont fini par se rétracter. Et le mystère entourant cette entreprise demeure.

  • Le Défenseur des droits se mobilise pour les lanceurs d’alerte
    https://www.liberation.fr/france/2020/06/04/le-defenseur-des-droits-se-mobilise-pour-les-lanceurs-d-alerte_1790184

    Jacques Toubon lance ce jeudi matin un appel au gouvernement pour sécuriser, voire indemniser, les sources de révélations sensibles. Au risque d’attiser l’appât du gain. Indemniser les lanceurs d’alerte, au risque de les transformer en chasseurs de prime, loin de l’intérêt général qu’ils seraient censés défendre ? Le Défenseur des droits (3D) n’hésite pas à aborder frontalement la question. « Il faut distinguer clairement l’aide financière visant à compenser les pertes de revenus d’un lanceur d’alerte, sur (...)

    #activisme #journalisme #législation #surveillance #DéfenseurdesDroits

  • hiljade.kamera.rs
    https://hiljade.kamera.rs/en-index.html

    THE PROBLEM Face and object recognition technology in public spaces is based on the assumption that we are all potential criminals. We are therefore recorded when moving around and meeting, our actions are analysed, and our behaviour is predicted. The total loss of anonymity represents a certain loss of our freedom – the awareness that we are under constant surveillance drastically changes our decisions. Smart surveillance cameras have been installed in the streets of Belgrade without (...)

    #Huawei #algorithme #CCTV #biométrie #consentement #facial #reconnaissance #vidéo-surveillance #surveillance (...)

    ##hiljade.kamera.rs_

  • hiljade.kamera.rs : community strikes back against mass surveillance
    https://www.sharefoundation.info/en/hiljade-kamera-rs-community-strikes-back

    Serbian citizens have launched the website hiljade.kamera.rs as a response to the deployment of state-of-the-art facial recognition surveillance technology in the streets of Belgrade. Information regarding these new cameras has been shrouded in secrecy, as the public was kept in the dark on all the most important aspects of this state-lead project. War, especially in the past hundred years, has propelled the development of exceptional technology. After the Great War came the radio, decades (...)

    #algorithme #CCTV #biométrie #facial #reconnaissance #vidéo-surveillance #surveillance #journalisme #manipulation #FreedomHouse #RSF #Huawei #immatriculation (...)

    ##lutte

  • Accélérationnisme, ACAB et suprémacisme blanc : un regard sur Boogaloo - Lignes de crêtes
    https://www.lignes-de-cretes.org/accelerationnisme-acab-et-supremacisme-blanc-un-regard-sur-boogalo

    Il s’agit d’abord d’un mouvement “anti-système”, c’est à dire regroupant des forces diverses ayant en commun un refus absolu des divisions politiques droite/gauche, une croyance dans tel ou tel “complot”, et dans la démocratie représentative comme émanation de ce complot.

    Il s’agit aussi d’un mouvement apocalyptique, prédisant l’effondrement de la civilisation occidentale à très brève échéance , et l’impossibilité absolue d’y apporter une réponse politique autre que le conflit armé.

    Evidemment, les suprémacistes blancs originels y sont les bienvenus et y sont majoritaires, parce qu’ils sont les plus organisés politiquement, et parce qu’en partie, ce mouvement reprend leurs thèses et leurs sous-cultures. Cependant, beaucoup des gens qui adhèrent à ce mouvement ne se vivent pas comme suprémacistes et une partie d’entre eux défend l’alliance entre tous les américains victimes de la répression étatique contre les polices locales et fédérales, pour le droit de porter des armes et pour la guerre civile. Certains participent donc au soulèvement en cours.

    Anecdotique ? Pas forcément. D’abord parce que les mouvements contre le “lock down ” lié au coronavirus ont permis à ce mouvement de se développer numériquement et d’acquérir une visibilité importante. D’autre part, parce qu’il est un excellent exemple de confusionnisme insurrectionnel au service du fascisme, ce qu’ont été également à leur manière les manifestations anti-confinement en Allemagne, et en France, le discours de déni sur le Covid 19, accompagné d’une hostilité extrêmement forte à toutes les mesures sanitaires. Et d’un discours apocalyptique et anti-démocratique qui n’a d’anticapitaliste que le vernis, de plus en plus mince.

    Enfin, le mouvement Boogaloo est une des composantes du mouvement accélérationniste qui est actuellement l’une des stratégies principales des suprémacistes blancs et des néo nazis : précipiter l’effondrement au besoin en participant à n’importe quel soulèvement social , écologiste, voire antiraciste, pour le pousser vers l’affrontement total et générer un chaos propice à la prise du pouvoir.

    Il est nécessaire de s’informer et de réfléchir sur ces phénomènes, si l’on est engagé dans les mobilisations actuelles, quelles qu’elles soient. Parce que les suprémacistes ont beau être une communauté très minoritaire, certaines thématiques leur permettent d’agir efficacement dans la rue, d’y propager leurs thèses, de recruter en cohabitant avec les forces progressistes dans le désordre et la confusion.

  • PubPeer - Comparative Morphology of Rodent Vestibular Periphery. II. C...
    https://pubpeer.com/publications/4A0E7C755FBF30F082FB2121369C58#

    Les photos de cette publication seraient trafiquées; par qui ?

    Elisabeth #StayingAtHome #StayingAlive Bik sur Twitter : “Now why is this relevant? Hold on to your jaw. The first author of this paper also happens to be the #Surgisphere author who was an author on the two Lancet and NEJM papers that were retracted today.” / Twitter
    https://mobile.twitter.com/microbiomdigest/status/1269155114964545536

    #fraudes #science

  • Automated Systems Trapping Citizens in Bureaucratic Limbo
    https://time.com/5840609/algorithm-unemployment

    Lindsay Perry was 30 weeks pregnant and on bedrest when her husband Justin was accused of unemployment fraud and fined $10,000 after losing his job as a chef in 2014. The couple, who disputed the charges, tried calling the state unemployment agency, sending messages online, and even repeatedly showing up in person, but nothing worked. “There was the panic of, ‘oh my gosh, the government’s coming after us, what did we do wrong ?’” says Lindsay Perry, now 39. It didn’t take long for the couple’s (...)

    #algorithme #fraude #discrimination #pauvreté #surveillance #bug

    ##pauvreté

  • Of course technology perpetuates racism. It was designed that way. | MIT Technology Review
    https://www.technologyreview.com/2020/06/03/1002589/technology-perpetuates-racism-by-design-simulmatics-charlton-mcilw

    We often call on technology to help solve problems. But when society defines, frames, and represents people of color as “the problem,” those solutions often do more harm than good. We’ve designed facial recognition technologies that target criminal suspects on the basis of skin color. We’ve trained automated risk profiling systems that disproportionately identify Latinx people as illegal immigrants. We’ve devised credit scoring algorithms that disproportionately identify black people as risks and prevent them from buying homes, getting loans, or finding jobs.

    So the question we have to confront is whether we will continue to design and deploy tools that serve the interests of racism and white supremacy,

    Of course, it’s not a new question at all.

    As part of a DARPA project aimed at turning the tide of the Vietnam War, Pool’s company had been hard at work preparing a massive propaganda and psychological campaign against the Vietcong. President Johnson was eager to deploy Simulmatics’s behavioral influence technology to quell the nation’s domestic threat, not just its foreign enemies. Under the guise of what they called a “media study,” Simulmatics built a team for what amounted to a large-scale surveillance campaign in the “riot-affected areas” that captured the nation’s attention that summer of 1967.

    Three-member teams went into areas where riots had taken place that summer. They identified and interviewed strategically important black people. They followed up to identify and interview other black residents, in every venue from barbershops to churches. They asked residents what they thought about the news media’s coverage of the “riots.” But they collected data on so much more, too: how people moved in and around the city during the unrest, who they talked to before and during, and how they prepared for the aftermath. They collected data on toll booth usage, gas station sales, and bus routes. They gained entry to these communities under the pretense of trying to understand how news media supposedly inflamed “riots.” But Johnson and the nation’s political leaders were trying to solve a problem. They aimed to use the information that Simulmatics collected to trace information flow during protests to identify influencers and decapitate the protests’ leadership.

    They didn’t accomplish this directly. They did not murder people, put people in jail, or secretly “disappear” them.

    But by the end of the 1960s, this kind of information had helped create what came to be known as “criminal justice information systems.” They proliferated through the decades, laying the foundation for racial profiling, predictive policing, and racially targeted surveillance. They left behind a legacy that includes millions of black and brown women and men incarcerated.

    #Racisme #Intelligence_artificielle #capitalisme_surveillance #surveillance

  • enaible Named a Cool Vendor by Gartner in the April 2020 Cool Vendors in Human Capital Management: Modernizing the Workplace With AI and Video | Business Wire
    https://www.businesswire.com/news/home/20200514005508/en/enaible-Named-Cool-Vendor-Gartner-April-2020

    La surveillance au travail est considérée comme “Cool” par le gartner Group. On avance, on avance...

    Company’s AI software provides business leaders with real-time visibility into the productivity of their workforce to help organizations improve profit margins for hours paid

    May 14, 2020 09:02 AM Eastern Daylight Time
    BOSTON—(BUSINESS WIRE)—enaible, a leading provider of AI-powered productivity solutions, today announced it has been named a Cool Vendor in Gartner’s Cool Vendors in Human Capital Management: Modernizing the Workplace With AI and Video1 report. According to the report, “Artificial intelligence, self-curated video and digital collaboration tools are modernizing the workplace. Application leaders transforming human capital management must promote the adoption of these tools in order to improve productivity and organizational performance.” 1

    @enaibleinc named a Cool Vendor in Gartner’s Cool Vendors in HCM: Modernizing the Workplace With #AI and Video report
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    As today’s workforce is increasingly remote, the need for business leaders to effectively and accurately measure employee productivity and maximize profit margins has never been greater. According to Gartner, “application leaders responsible for transforming HCM technology should: Use AI tools to analyze, identify and influence how leaders combine a number of the productivity factors to increase team performance.” The report further states, “organizations continually strive to improve productivity and employee performance at lower cost.”

    enaible’s AI Productivity Platform provides a standardized productivity score, determines optimal work patterns, and identifies which factors will most positively impact team productivity growth. It helps companies eliminate wasted time to improve productivity and margins across the organization.

    enaible’s platform offers the following features and benefits:

    enaible Productivity Score: uses an organization’s existing system data (i.e. ERP, CRM, Office 365) to quantify productivity at the company and team level through a combination of capacity utilization, consistency and quality impact.
    AI Trigger-Task-Time™: algorithm captures the complexity of individual, nuanced work activities and identifies the unique patterns across different roles, departments and tasks that help each employee use the hours worked, productively.
    Leadership Recommender™: provides ongoing support and actionable recommendations for leaders so they can drive day-to-day impact. Rather than providing broad sweeping tips, enaible makes personalized, prioritized recommendations to strengthen their business and encourage workers to thrive, no matter where they are based.
    “Poor management costs the U.S. economy nearly $400 billion in lost productivity each year. This is largely because companies don’t have visibility into how their workforce is actually working—enaible makes this visible,” said Dr. Tommy Weir, founder and CEO of enaible. “Our AI helps companies get value from their real-time data by pinpointing areas for improvement, making productivity tangible and customizing recommendations to improve margins and help their workers thrive. We believe that being recognized in the 2020 Gartner Cool Vendors in Human Capital Management: Modernizing the Workplace With AI and Video report is reflective of the changing priority and rethinking around workforce productivity beyond just tracking and monitoring.”

    To download the full Gartner Cool Vendors in HCM Report: Modernizing the Workplace With AI and Video, visit http://enaible-7081487.hs-sites.com/enaible-blog-0-0.

    To schedule a demo with enaible, please contact demo@enaible.io.

    #Travail #Droit_travail #Surveillance #Crédit_social #Productivity_score

  • This startup is using AI to give workers a “productivity score” | MIT Technology Review
    https://www.technologyreview.com/2020/06/04/1002671/startup-ai-workers-productivity-score-bias-machine-learning-busine

    Dire qu’il y a des naïfs pour croire que le crédit social est uniquement chinois... surveiller et noter les travailleurs, c’est le nouveau modèle du capitalisme international, en Chine comme ailleurs, en télétravail comme dans les locaux de l’entreprise. Et ça va vite, vite...

    In the last few months, millions of people around the world stopped going into offices and started doing their jobs from home. These workers may be out of sight of managers, but they are not out of mind. The upheaval has been accompanied by a reported spike in the use of surveillance software that lets employers track what their employees are doing and how long they spend doing it.

    Companies have asked remote workers to install a whole range of such tools. Hubstaff is software that records users’ keyboard strokes, mouse movements, and the websites that they visit. Time Doctor goes further, taking videos of users’ screens. It can also take a picture via webcam every 10 minutes to check that employees are at their computer. And Isaak, a tool made by UK firm Status Today, monitors interactions between employees to identify who collaborates more, combining this data with information from personnel files to identify individuals who are “change-makers.”

    Now, one firm wants to take things even further. It is developing machine-learning software to measure how quickly employees complete different tasks and suggest ways to speed them up. The tool also gives each person a productivity score, which managers can use to identify those employees who are most worth retaining—and those who are not.

    How you feel about this will depend on how you view the covenant between employer and employee. Is it okay to be spied on by people because they pay you? Do you owe it to your employer to be as productive as possible, above all else?

    Critics argue that workplace surveillance undermines trust and damages morale. Workers’ rights groups say that such systems should only be installed after consulting employees. “It can create a massive power imbalance between workers and the management,” says Cori Crider, a UK-based lawyer and cofounder of Foxglove, a nonprofit legal firm that works to stop governments and big companies from misusing technology. “And the workers have less ability to hold management to account.”

    Whatever your views, this kind of software is here to stay—in part because remote work is normalizing it. “I think workplace monitoring is going to become mainstream,” says Tommy Weir, CEO of Enaible, the startup based in Boston that is developing the new monitoring software. “In the next six to 12 months it will become so pervasive it disappears.”

    Weir thinks most tools on the market don’t go far enough. “Imagine you’re managing somebody and you could stand and watch them all day long, and give them recommendations on how to do their job better,” says Weir. “That’s what we’re trying to do. That’s what we’ve built.”

    Why the sudden uptick in interest? “Bosses have been seeking to wring every last drop of productivity and labor out of their workers since before computers,” says Crider. “But the granularity of the surveillance now available is like nothing we’ve ever seen.”

    It’s no surprise that this level of detail is attractive to employers, especially those looking to keep tabs on a newly remote workforce. But Enaible’s software, which it calls the AI Productivity Platform, goes beyond tracking things like email, Slack, Zoom, or web searches. None of that shows a full picture of what a worker is doing, says Weir⁠—it’s just checking if you are working or not.

    Once set up, the software runs in the background all the time, monitoring whatever data trail a company can provide for each of its employees. Using an algorithm called Trigger-Task-Time, the system learns the typical workflow for different workers: what triggers, such as an email or a phone call, lead to what tasks and how long those tasks take to complete.

    Once it has learned a typical pattern of behavior for an employee, the software gives that person a “productivity score” between 0 and 100. The AI is agnostic to tasks, says Weir. In theory, workers across a company can still be compared by their scores even if they do different jobs. A productivity score also reflects how your work increases or decreases the productivity of other people on your team. There are obvious limitations to this approach. The system works best with employees who do a lot of repetitive tasks in places like call centers or customer service departments rather than those in more complex or creative roles.

    But the idea is that managers can use these scores to see how their employees are getting on, rewarding them if they get quicker at doing their job or checking in with them if performance slips. To help them, Enaible’s software also includes an algorithm called Leadership Recommender, which identifies specific points in an employee’s workflow that could be made more efficient.

    #Travail #Surveillance #Droit_travail #Crédit_social #Productivity_score

  • Police Protests : Uber Eats And Other Food Delivery Apps Will Continue Taking Orders Despite Curfew Ordinances
    https://www.buzzfeednews.com/article/carolinehaskins1/protest-george-floyd-food-delivery-grubhub-ubereats

    About 40 cities in the US have instituted curfews. Food delivery workers will still be on the hook for deliveries. Food delivery apps will still process orders placed after curfews begin in dozens of cities around the US, including cities where police have violently attacked people on the streets in recent days, BuzzFeed News has learned. Uber Eats, Postmates, DoorDash, and Seamless (which is owned by Grubhub) all either reported deliveries would continue in some cities with curfews or (...)

    #UberEATS #DoorDash #Grubhub #Postmates #Seamless #Uber #COVID-19 #GigEconomy #santé #travail (...)

    ##santé ##surveillance

  • À Bure, l’agence des déchets nucléaires se paie des gendarmes
    5 juin 2020 / Marie Barbier (Reporterre) et Jade Lindgaard (Mediapart)
    https://reporterre.net/A-Bure-l-agence-des-dechets-nucleaires-se-paie-des-gendarmes

    D’après les informations obtenues par Mediapart et Reporterre, une convention a été signée en 2018 entre la gendarmerie nationale et l’Andra, l’agence chargée de l’enfouissement des déchets nucléaires, dans ce village de la Meuse. Depuis, l’agence a payé des dizaines de millions d’euros pour assurer, via des gendarmes, la surveillance des habitants. Ce partenariat pose des problèmes éthiques et juridiques.

  • Covid-19 : ces consultants au cœur de la « défaillance organisée » de l’État - Basta !
    https://www.bastamag.net/Gestion-de-crise-McKinsey-Capgemini-Boston-Consulting-Group-lobbying-RGPP

    Après avoir accompagné et encouragé la réduction du nombre de personnels et la soumission de l’hôpital public aux contraintes gestionnaires, les grands cabinets de conseil – Boston Consulting Group, Capgemini, McKinsey… – se sont assuré un rôle clé auprès du pouvoir exécutif et de l’administration pour façonner la réponse à la crise sanitaire.

    Ce sont des acteurs méconnus de la gestion de l’épidémie du Covid-19. On les retrouve partout : auprès des hôpitaux et des autorités de santé pour les conseiller sur leur organisation, auprès du pouvoir exécutif pour aider à mettre en place le confinement et le déconfinement et à faire face à l’urgence et aux pénuries, auprès du ministère de l’Économie aujourd’hui pour flécher les aides aux entreprises et contribuer à l’élaboration des plans de relance. C’est l’un des grands enseignements du rapport « Lobbying : l’épidémie cachée » que l’Observatoire des multinationales a publié le 3 juin en partenariat avec les Amis de la Terre France.
    https://multinationales.org/Lobbying-l-epidemie-cachee

    « Ils », ce sont le grands cabinets de conseil en gestion : McKinsey basé à New York, Boston Consulting Group (BCG) et Bain à Boston, Accenture à Dublin, Roland Berger à Munich, Capgemini à Paris, ou encore Strategy& (ex Booz, appartenant aujourd’hui à PwC) et Parthenon (filiale d’Ernst & Young). Leur rôle est de conseiller leurs clients – des entreprises, des institutions publiques et privées, et même des États - sur leur stratégie et leur organisation.

    On pourrait les comparer aux « Big Four » de l’audit et de la comptabilité - PwC, Ernst & Young, KPMG et Deloitte –
    https://multinationales.org/Les-grands-cabinets-d-audit-moteurs-de-la-financiarisation-et-de-l-
    auxquels ils sont parfois directement liés. Travaillant comme ces derniers à la fois pour le public et – surtout – pour le privé, ils contribuent à aligner le premier sur le fonctionnement et la vision de monde du second. Très impliqués dans la « révision générale des politiques publiques » de Nicolas Sarkozy, puis dans la « modernisation de l’action publique » de François Hollande, aujourd’hui dans la « transformation de l’action publique » d’Emmanuel Macron, ils sont à la fois les artisans et les profiteurs de la « réforme de l’État », selon l’euphémisme en vigueur pour désigner les politiques de réduction du nombre de fonctionnaires et de repli du secteur public. C’est-à-dire ces politiques mêmes qui apparaissent aujourd’hui comme l’une des principales causes des carences constatées face au Covid-19.

    Quand les consultants organisent la réponse à l’épidémie

    Un exemple, relaté par Mediapart, résume à lui seul le problème. L’un des principaux acteurs de la réforme de l’État depuis des années, le cabinet McKinsey, a été mobilisé en plein pic épidémique pour aider à mettre en place une task force interministérielle en vue du déploiement de tests sur le territoire français. Cette task force a rapidement confié une mission d’évaluation des capacités des laboratoires français à... une autre firme de conseil, Bain. Pendant ce temps, des dizaines de laboratoires publics et privés qui avaient offert leurs services dès le début de la crise attendaient, incrédules, que le gouvernement veuille bien leur répondre. Bref, les firmes qui ont accompagné les politiques d’austérité et de suppressions d’emploi dans la fonction publique se voient aujourd’hui confier la mission de pallier les défaillances qui en résultent. Les résultats ne semblent pas, en l’occurrence, très probants.

    D’après le site spécialisé Consultor, les cabinets ont été très sollicités pendant l’épidémie et ont eux-mêmes volontairement offert leurs services. On les retrouve auprès des hôpitaux parisiens de l’APHP (BCG et Roland Berger), du ministère de la Santé (Strategy& et Bain), et de celui de l’Économie (Roland Berger, EY-Parthenon et Strategy&). Leur rôle auprès de Bercy ? Aider à identifier les vulnérabilités dans l’industrie, élaborer les plans de relance, soutenir les PME, aider à gérer les achats de l’État, mettre en place les conditions d’une plus grande « souveraineté économique »

    Certaines de ces missions semblent avoir été réalisées gratuitement (peut-être pour maintenir les bonnes relations), d’autres ont été rémunérées. Une grande opacité règne sur ces contrats de conseil et leurs tarifs. Ils ne doivent être déclarés qu’à partir d’un certain seuil, et restent pour partie éparpillés entre différentes administrations. On ne dispose donc pas d’un chiffre global sur les montants dépensés chaque année par l’État pour s’acheter les services de ces consultants. D’après les informations recueillies et les estimations de la Cour des comptes, il s’agit pourtant de centaines de millions d’euros. La teneur des « conseils » ainsi livrés à l’État est, elle-aussi, rarement rendue publique.

    #santé_publique #hôpital #cabinets_de_conseil_en_gestion #consultants #Ecole_des_hautes_études_en_santé_publique #économie #RGPP #politiques_publiques #lean_management #management #restructuration_permanente #réforme_de_l’État #réduction_des_coûts #gestionnite #T2A

    • Plus Gala/ENA/HEC, et sans l’Observatoire des multinationales : Des restructurations au coronavirus, l’apport controversé des cabinets de consulting à l’hôpital, Samuel Laurent

      https://www.lemonde.fr/sante/article/2020/06/05/des-restructurations-au-covid-19-l-apport-controverse-des-cabinets-de-consul

      Durant une décennie, des sociétés comme Capgemini ont accompagné les réductions de lits et les plans d’économies. Le coronavirus leur a donné un nouveau terrain d’exercice.


      AUREL

      « Nous vivons et travaillons dans une période sans précédent » , constate Capgemini sur la page d’accueil de son site. Et le groupe français, leader du consulting dans l’Hexagone avec 14 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2019, s’est adapté. Il multiplie les initiatives et il les affiche.

      La société fait partie des groupes qui ont été sélectionnés pour le développement de la fameuse application de « tracking » StopCovid, qui permet de référencer les malades et leurs contacts. Elle a déjà réalisé une application de suivi à domicile pour les patients, Covidom, développée avec l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (#AP-HP).

      Capgemini a aussi mis sur pied durant la crise, toujours pour l’AP-HP, un centre d’appels dédié pour « accélérer le processus de mobilisation des professionnels de santé d’Ile-de-France » . La société réalise aussi de l’analyse de données pour l’Institut Pasteur ou encore une prestation de services auprès de la centrale d’achats hospitaliers RESAH pour « sécuriser les approvisionnements » en masques et autres matériels médicaux cruciaux.

      Ce volontarisme fait grincer des dents chez quelques anciens du groupe, pour qui l’entreprise vient au secours d’hôpitaux dont elle a bien souvent contribué par le passé à réduire les moyens. « On demande à ces personnes de venir résoudre des problèmes qu’elles ont souvent contribué à créer » , résume un ancien consultant.

      « La stratégie de Pénélope »

      Durant une décennie en effet, Capgemini fut, avec d’autres gros cabinets de consulting, une cheville ouvrière de la « transformation » et de la « modernisation » du secteur hospitalier, auquel il proposait ses services pour y appliquer le « lean management » : la réduction des coûts à tous les échelons. « On appelle les mêmes pour faire une chose et ensuite faire son contraire, c’est la stratégie de Pénélope, on tricote puis on détricote » , s’amuse le sociologue des organisations François Dupuy [ou viennent mourir les assoiffés, ndc]. Sollicité par Le Monde, le groupe Capgemini n’a pas souhaité nous répondre : « Il nous est difficile de nous exprimer à la place de nos clients. »

      Cette omniprésence « pose question » , estime Anne Meunier, secrétaire générale du Syncass-CFDT, qui représente les personnels des directions hospitalières, qui a « toujours connu des cabinets de consultants dans le paysage ; leur essor correspond à l’enchaînement des réformes depuis quinze ans. » Pour elle, « les nouvelles techniques de management » imposées pour accompagner les politiques de réduction des coûts sont « très gourmandes en consulting » .

      Le français Capgemini s’est fait une spécialité d’accompagner les hôpitaux dans le cadre de plans de retour à l’équilibre financier, souvent exigés par les Agences régionales de santé (#ARS) en contrepartie d’aide ou de modernisation.

      « Poussés par l’évolution des soins, la démographie médicale et la contrainte financière grandissante qui pèse sur eux, les hôpitaux sont engagés dans de multiples projets de développement ou de restructuration de leur offre de soins : communautés hospitalières de territoire, fusions d’établissements, redéfinition des périmètres de pôles, optimisation d’activités cliniques et médico-technique, etc. » , note l’entreprise dès 2010 dans un document sur la « conduite des projets de transformation à l’hôpital » .

      Le jugement sévère de la Cour des comptes

      Les mises en place, en 1996, de l’objectif national de dépenses d’assurance-maladie (#Ondam), de la « tarification à l’activité » renforcée, en 2007, puis de la loi Hôpital patients santé territoires de 2009, qui a créé les ARS, sont autant d’étapes politiques et administratives au service d’une cause : limiter les dépenses de santé.

      Dès 2008, Capgemini qui, selon d’anciens consultants, mettait volontiers en avant « son savoir-faire et sa connaissance des interlocuteurs au ministère » , et particulièrement la Direction générale de l’offre de soins (DGOS), se voit confier une mission d’ « assistance à la maîtrise d’ouvrage » pour accompagner la création des ARS. Un rôle national qui n’empêche pas la même société de se positionner également sur des marchés plus locaux.

      En 2018, la Cour des comptes se livrait à une synthèse sévère sur cette pratique, « désormais répandue au sein de tous les établissements publics de santé » et qui concerne « la quasi-totalité de l’activité de gestion hospitalière, aussi bien dans les domaines financier, juridique, stratégique, managérial, d’organisation, de ressources humaines que d’investissement » .

      La Cour critique des missions qui « ne donnent que rarement des résultats à la hauteur des prestations attendues. Les études financières sont peu approfondies et leurs appréciations parfois erronées. (…) En matière de conseil stratégique, la qualité des travaux est souvent faible, les préconisations très générales et laconiques et les livrables peu satisfaisants ». Pire encore, « ces nombreux contrats de conseil appauvrissent les compétences internes au sein des établissements, (…) qui parviennent de moins en moins à assurer leur rôle essentiel de maître d’ouvrage, dans la conduite de ces marchés ».

      « Tableaux Excel et diaporamas »

      « On veut bien faire dans toute la chaîne en se faisant aider, et on auto-alimente le système » , estime Mme Meunier, ce qui crée parfois des « rentes de situation » pour les cabinets de consulting, sollicités à la fois pour aider à concevoir des plans de réduction des coûts et pour mettre en place des stratégies d’optimisation de la tarification à l’activité.

      « On est focalisés sur le taux de marge brut des établissements, seul indicateur de performance. Il faut dégager des recettes, donc trouver de l’activité et faire pression sur la masse salariale. Enormément de cabinets de consulting sont mobilisés là-dessus. »

      Nancy est un cas emblématique : mi-2019, le centre hospitalier régional universitaire (CHRU) de la ville obtient la mise en place d’un plan de réorganisation massif, validé par le Comité interministériel de performance et de modernisation de l’offre de soins (Copermo).

      Ce plan, qui succède à des années de mesures d’économies, prévoit un effacement de la dette du CHRU ainsi que près d’un demi-milliard d’euros d’investissements venus de l’ARS du Grand Est, principalement dédiés au regroupement des activités hospitalières de la ville sur un seul site. Mais cet investissement a une contrepartie : une réduction de la capacité d’accueil de 174 lits et le non-remplacement de départs en retraite, aboutissant à la suppression de près de 600 postes. Parmi les concepteurs de ce plan de réorganisation, on trouve le cabinet Capgemini Invent Santé, qui s’est fait une spécialité d’obtenir les validations du Copermo.

      Bernard Dupont, directeur du CHRU de Nancy, n’a pas gardé que des bons souvenirs des consultants. Il relate ainsi une intervention de Capgemini en 2015-2016 pour une mission visant à rationaliser l’achat de médicaments : « L’équipe n’était pas terrible, on a fini par les mettre dehors. » Mais Capgemini revient deux ans plus tard, missionné par l’ARS pour accompagner le plan de réorganisation.
      « Ils arrivent avec partout les mêmes tableaux Excel, les mêmes diaporamas, mais ils connaissent mal la réalité du terrain », regrette le directeur, pour qui « on finit par avoir ces boîtes qui ne sont responsables devant personne, mais qui définissent le bon nombre de lits ». « Qu’on se fasse aider, c’est parfois intéressant, cela offre un regard extérieur , poursuit M. Dupont, mais ce qui me gêne, c’est que les consultants finissent par définir la politique publique. »

      Porosités entre public et privé

      Le directeur d’hôpital évoque aussi les « cercles incestueux » entre Agences régionales de santé, ministère, directions hospitalières et sociétés de consulting. Nombre de consultants dans le domaine hospitalier sont ainsi passés par des formations publiques, comme l’Ecole des hautes études en santé publique.

      Le parcours d’Etienne Grass, actuel vice-président exécutif de l’équipe « services aux citoyens » de Capgemini Consulting, est exemplaire de ces porosités : M. Grass fut un camarade de promotion d’Emmanuel Macron à l’ENA, avant d’occuper plusieurs postes dans des cabinets ministériels, notamment auprès de Martin Hirsch, ancien Haut-Commissaire aux solidarités actives et actuel directeur de l’AP-HP. En 2015, M. Grass est nommé dans son sillage directeur de la stratégie de l’AP-HP, un poste qu’il quittera deux ans plus tard pour intégrer Capgemini. Sollicité par Le Monde , ce dernier n’a pas souhaité nous répondre, se contentant de préciser : « Nous réalisons de nombreuses missions pour les acteurs du système de santé, mais notre apport est principalement sur le digital, pas en “rationalisation”. »

      A l’inverse, Philippe Grangeon, ex-directeur de la communication de Capgemini et membre du comité directeur de La République en marche, a rejoint l’Elysée fin 2018 comme conseiller spécial [Sur la réforme des retraites, entre autres, ndc]. Autant de liens de proximité qui aident Capgemini à assurer le succès des plans de réorganisation auxquels la société participe.

      « Quand les boîtes de conseil viennent nous voir, elles nous disent qu’elles connaissent tel ou tel à la DGOS. On reçoit aussi des invitations à des séminaires de ces sociétés de conseil où l’on retrouve des gens des ministères, regrette M. Dupont. Tout cela crée un microcosme de gens qui pensent la même chose et finissent par créer une sorte de #doctrine. »

      Faut-il bannir les consultants de l’hôpital ? Le sociologue François Dupuy est plus nuancé : « Le problème n’est pas qu’ils aillent trop loin, ils font ce qu’on leur demande. Ce sont ceux qui pilotent ces consultants qui sont à blâmer. » Pour lui, « ces grands cabinets de conseil ont une fonction de légitimation, ils permettent d’évacuer sa propre responsabilité derrière un nom connu. Les organisations achètent cette légitimation autant qu’elles achètent du conseil » .

      #coast_killers #managers

  • Espace urbain et distanciation sociale
    https://acta.zone/espace-urbain-et-distanciation-sociale

    Cet entretien avec Stefan Kipfer a été réalisé au beau milieu du confinement. Un an après la publication de son livre « Le temps et l’espace de la décolonisation. Dialogue entre Frantz Fanon et Henri Lefebvre », édité par Eterotopia France, on a voulu revenir sur certaines de ses idées et hypothèses pour interroger le présent et développer des pistes d’analyse concernant la manière dont la crise actuelle investit la production de l’espace urbain. Source : ACTA

    • [...] On pourrait dire, pour retourner très vite au passé, que l’influence hygiéniste dans la période haussmannienne du XIXème siècle et dans la période fonctionnaliste à partir des années 1930, a renforcé l’aspect contre-révolutionnaire de ces deux moments de l’urbanisme moderne. Cet urbanisme a répondu à la fois aux mouvements révolutionnaires des classes populaires en métropole et aux mouvements qui essayaient de résister au colonialisme dans les colonies pour après se transformer en mouvements pour l’indépendance au XXème siècle.

      L’hygiénisme transforme une analyse médicale et sociale des conditions de santé des habitants en idéologie sanitaire qui considère que les classes subalternes et les peuples colonisés sont des éléments pathogènes, notamment quand ils se concentrent dans leur habitats géographiques « naturels » (la foule, les taudis, les faubourgs, les bidonvilles, les banlieues etc.). L’hygiénisme comme idéologie sanitaire comporte donc un déterminisme spatial qui propose que la forme urbaine serait la cause des problèmes sociaux, ce qui amène à des solutions spatiales qui essaient avant tout de séparer les classes dominantes (ou bien les administrateurs coloniaux) des classes populaires ou bien des peuples colonisés. Souvent ces stratégies essaient aussi de dissoudre l’habitat populaire. Si on regarde l’histoire de certains instruments d’intervention d’aménagement – le zonage, l’aménagement des parcs métropolitains, la méthode de la coulée verte – on voit bien comment l’urbanisme moderne est influencé par l’idéologie sanitaire hygiéniste.

      À plusieurs moments de l’histoire moderne de l’urbanisme on voit que ces interventions comprennent une volonté de disperser ou de déconcentrer les classes populaires. Ceci a amené à la production de la banlieue standardisée au milieu du XXème siècle et à l’ urban sprawl (l’étalement urbain), accentué depuis deux générations. L’étalement urbain prend des formes très différentes selon les régions, mais il est devenu une tendance à l’échelle mondiale depuis les années 1980. Il est une force qui a contribué à la destruction des habitats écologiques et à la création d’une situation structurelle favorable à la circulation des virus, des pathogènes et des pandémies16. La première conclusion à tirer est que n’importe quelle stratégie visant à dédoubler la déconcentration de la population aura certainement pour effet de renouveler les conditions qui ont contribué à la production accélérée de pandémies depuis la deuxième moitié du vingtième siècle.

      Espace urbain et distanciation sociale

      Il est vrai qu’aux États-Unis, au Canada, en France et ailleurs, il y a eu une remontée de la critique de la densité, de la vie urbaine dense et intense17. Certaines de ces critiques reprennent le même déterminisme spatial que l’idéologie sanitaire hygiéniste classique, affirmant en gros que ce n’est pas le virus qui tue, mais la morphologie urbaine. Il y a là un déplacement du regard de l’analyse biomédicale du virus à une manière de stigmatiser la forme urbaine. Ceci est une manœuvre classique dans l’idéologie sanitaire. Et pourtant on sait déjà très bien que la densité démographique, la densité de population n’est pas une explication suffisante pour l’avancée de la pandémie. Les premières études portant sur la Chine et New York City ont bien montré que le taux d’infection est déterminé par les conditions sociales et sanitaires et non par la densité elle-même18.

      En fait, il y a toute une série de pays et de villes qui sont soit aussi denses soit plus denses que Milan, Madrid, Paris, et New York, et qui ont réussi beaucoup mieux que ces villes à maîtriser la pandémie : Taiwan, la Corée du Sud, et, avant tout, Hong Kong19. Ils ont réussi ce coup justement à cause de la qualité de leurs infrastructures sanitaires et grâce à leur capacité de poursuivre des démarches proactives de prévention. Je crois que le cas plus impressionnant, le cas le plus frappant qui nous aide à contrer les critiques vulgaires de la densité est le Kerala20. Le Kerala est un État indien qui est trois fois plus dense que la moyenne indienne. C’est un État qui est très lié au niveau international, avec un pourcentage de travailleurs migrants assez important qui partent et qui retournent au pays. Mais le Kerala a un taux d’infection de coronavirus qui est beaucoup plus bas que la moyenne indienne. Pourquoi ? Le Kerala est géré depuis longtemps par un gouvernement de gauche, qui se voulait communiste à un certain moment mais qui est plus ou moins social-démocrate, qui a construit un réseau décentralisé d’infrastructures sanitaires et qui a donc développé une capacité d’action proactive assez impressionnante. Ceci a permis aux autorités et aux citoyens du Kerala de répondre très rapidement lorsque le premier cas de Covid 19 est arrivé dans cet État fin de janvier. Le Kerala nous montre que la densité n’est pas forcément un problème dans une pandémie. Elle peut même être un atout dans le combat contre la propagation du virus.
      Je crois qu’il y une conclusion importante et générale à tirer de cette discussion de l’idéologie sanitaire. Il ne faut jamais faire l’amalgame entre (1) les conditions sanitaires et médicales concrètes, (2) la morphologie urbaine (la forme physique de l’urbain), et (3) les rapports sociaux et politiques qui influencent à la fois la forme urbaine et les conditions sanitaires. Pour éviter une idéologie hygiéniste sanitaire, il faut toujours faire une distinction analytique entre ces trois aspects de la vie urbaine.

      #Stefan_Kipfer #urbanisme #classes_populaires #hygiénisme #Smart_City #capitalisme_High_Tech #surveillance #capitalisme_de_surveillance #atomisation #individualisation #racialisation #État #luttes #travail_essentiel #reproduction_sociale

  • On va enfin le savoir, grâce à une étude randomisée en double aveugle : est-ce que la prière est efficace pour soigner les malades de Covid-19 qui sont en soins intensifs ?

    The COVID-19 ICU PRAYER Study - Full Text View - ClinicalTrials.gov
    https://clinicaltrials.gov/ct2/show/NCT04361838

    This is a multicenter; double blind randomized controlled study investigating the role of remote intercessory multi-denominational prayer on clinical outcomes in COVID-19 + patients in the intensive care unit. All patients enrolled will be randomized to use of prayer vs. no prayer in a 1:1 ratio. Each patient randomized to the prayer arm will receive a “universal” prayer offered by 5 religious denominations (Christianity, Hinduism, Islam, Judaism and Buddhism) in addition to standard of care. Whereas the patients randomized to the control arm will receive standard of care outlined by their medical teams. During ICU stay, patients will have serial assessment of multi-organ function and APACHE-II/SOFA scores serial evaluation performed on a daily basis until discharge. Data assessed include those listed below.

  • Retraction: “Hydroxychloroquine or chloroquine with or without a macrolide for treatment of COVID-19: a multinational registry analysis”
    https://www.thelancet.com/lancet/article/s0140673620313246

    Today, three of the authors of the paper, “Hydroxychloroquine or chloroquine with or without a macrolide for treatment of COVID-19: a multinational registry analysis”, have retracted their study. They were unable to complete an independent audit of the data underpinning their analysis. As a result, they have concluded that they “can no longer vouch for the veracity of the primary data sources.”

    • Je note le fait que @simplicissimus avait mis le doigt il y a une semaine sur ce qui fait aujourd’hui tomber cette étude : le recours aux dossiers collectés et détenus par une boîte privée (qui refuse donc de donner accès à ses dossiers, raison pour laquelle les auteurs se rétractent, indiquant qu’ils ne sont pas en situation d’auditer plus avant la qualité de leurs sources) :
      https://seenthis.net/messages/856919#message856933

    • Covid-19 : deux études rétractées par deux grandes revues médicales
      https://www.lemonde.fr/sciences/article/2020/06/04/hydroxychloroquine-trois-auteurs-de-l-etude-du-lancet-se-retractent_6041803_

      N’ayant pu accéder aux données brutes de la société #Surgisphère qui avait fondé leur analyse, les coauteurs des deux articles ont demandé leur retrait. Celui publié dans « The Lancet » avait conduit à la suspension de l’usage de l’hydroxychloroquine en France.

      Coup sur coup, deux des plus grandes revues médicales mondiales ont procédé à la rétractation d’articles ayant trait au Covid-19, fondés sur des données fournies par une société américaine, Surgisphere et à l’origine, désormais, plus que douteuse. The Lancet a annoncé, jeudi 4 juin, le retrait de l’étude publiée le 22 mai dans ses colonnes, qui suggérait que l’hydroxychloroquine, associée ou non à un antibiotique comme l’azithromycine, augmentait la mortalité et les arythmies cardiaques chez les patients hospitalisés pour Covid-19. Cette étude avait été suivie en France d’une abrogation de la dérogation qui permettait l’utilisation de cette molécule contre le nouveau coronavirus SARS-CoV-2 et de la suspension d’essais cliniques destinés à tester son efficacité.
      Le New England Journal of Medicine (NEJM) a fait de même pour un article publié le 1er mai dans ses colonnes, qui déclarait que la prise de traitements antihypertenseurs n’avait pas d’influence sur la gravité du Covid-19. Dans les deux cas, l’auteur principal de l’étude était Mandeep Mehra (Harvard Medical School) et les données provenaient de Surgisphere.

      #données_de_santé #données_médicales #recherche

    • merci @arno, mon premier réflexe avait été de chercher la liste des hôpitaux. Contrairement à ce que laissait entendre la note, elle ne figurait pas en annexe où seul était produit la distribution par continent (avec le succès que l’on sait). Puis d’aller la chercher sur le site de Surgisphere où elle ne figure nulle part non plus.

      Je ne comprends pas comment Surgisphere n’a pas donné accès au groupe désigné par le Lancet chargé de vérifier les données. Ou plutôt, et c’est ce que se sont dit les 3 co-auteurs, s’ils refusent c’est que ça a été collecté n’importe comment.

      Apparemment, le projet initial, comme je l’indiquais dans ma remarque, était centré sur la chirurgie avec une équipe réduite. Le patron S. S. Desai y a vu l’occasion de promouvoir sa base de données, sauf que celle-ci n’a sans doute pas été conçue pour la médecine générale (ou les maladies infectieuses). Et lui fait dire ce pour quoi elle n’a pas été faite. Le coup de pub engendre un violent retour de bâton.

    • Tout le monde écoute la police

      Il fallait donc un #podcast pour convaincre la France qu’il y a un gros problème de racisme dans sa police ? En acceptant de témoigner, et de confier à Ilham Maad 6 heures d’enregistrements vomitifs de ses collègues, le policier Alex apporte des preuves glaçantes. Ces preuves ont été citées de LCI à France Inter, nous sommes déjà des centaines de milliers à les avoir entendues. Les mots d’Alex, posés, ceux de son avocate, judicieux. Et les mots d’une dizaine de fascistes assumés, remplis de haine et de frustration, de vulgarité et de violence. Ces mots racistes, sexistes, antisémites, homophobes, suprémacistes, il faut les entendre : ce sont ceux de policiers qui s’arment en tant qu’Aryens en prévision d’une guerre civile. Et aussi, contre les chansons de Daniel Balavoine. C’est à ce moment-là, je crois, que l’opinion a basculé. Insulter Balavoine et Jean-Jacques Goldman ? La République ne tolére pas ça chez les forces de l’ordre. Des têtes vont tomber, des médailles suivront. Pour Alex et son courage, pour Ilham et son montage, pour Charlie qui a mixé, pour Zaven qui a illustré, pour Chloé et Stella qui ont sorti ce podcast. Qui propose au-delà des ordures une écoute exigeante, mais nourrissante. Hier le plus jeune policier du groupe a appelé Alex pour s’excuser, et lui dire : « J’avais envie de vomir en m’écoutant ». C’est une petite victoire. Les grandes vous appartiennent.

      https://www.arteradio.com
      #police_française #arte_radio

      https://www.youtube.com/watch?v=qZuxPKUVGiw


      N.W.A. - Fuk Da Police

  • Le yuan virtuel, nouvelle incarnation de la surveillance chinoise
    https://korii.slate.fr/biz/chine-cryptomonnaie-etat-e-yuan-virtuel-surveillance-population-controle

    Si Pékin compte remplacer les espèces par une cryptomonnaie d’État, ce n’est pas pour faciliter les transactions. En Chine, les paiements réalisés via des applications mobiles privées, comme Alipay ou WeChat Pay, représentent 16% du PIB. Les cryptomonnaies, Bitcoin et Ethereum en tête, y ont rencontré un certain succès avant que leur usage ne soit restreint par les autorités. Dans les deux cas, les transactions échappent en partie au contrôle du gouvernement chinois –ce qui explique sa volonté de (...)

    #WeChat #cryptage #cryptomonnaie #Alipay #bitcoin #payement #Alibaba #surveillance #e-yuan (...)

    ##technologisme

  • La stratégie du choc pandémique : comment les entreprises du numérique conquièrent de nouveaux marchés
    https://lareleveetlapeste.fr/la-strategie-du-choc-pandemique-comment-les-entreprises-du-numeriq

    Si, malgré la récession qui s’amorce, le secteur du numérique se prépare à la croissance et recrute à tout-va, c’est au prix d’une lutte pour la survie, les entreprises les plus grandes et agressives s’accaparant la majorité des marchés et absorbant les plus petites, dans une nouvelle phase de sélection et de compétitivité redoublée. Article co-écrit par Maud Barret Bertelloni, membre du Mouton Numérique, et Augustin Langlade, journaliste à La Relève et La Peste. La crise sanitaire se révèle un marché (...)

    #Accenture #ANSSI #Apple #Atos #CapGemini #Dassault #Orange #Thalès #Withings #Doctolib #algorithme #montre #Bluetooth #CCTV #domotique #drone #iWatch #smartphone #contactTracing #géolocalisation #technologisme #métadonnées #vidéo-surveillance #BigData (...)

    ##COVID-19 ##enseignement ##lobbying ##santé ##surveillance ##_

  • China Is Making Cryptocurrency to Challenge Bitcoin and Dollar
    https://www.bloomberg.com/news/articles/2020-06-01/china-is-making-cryptocurrency-to-challenge-bitcoin-and-dollar

    Authorities are testing a new kind of money in four cities. People in China are no strangers to digital payments—if anything, it’s easier to move around and shop in Shanghai or Beijing with an Alipay or WeChat Pay smartphone app than it is bearing a pocketbook filled with yuan notes. Now the Chinese government has begun a pilot program for an official digital version of its currency—with the likelihood of a bigger test at the Beijing Winter Olympics in 2022. Some observers think the virtual (...)

    #Alibaba #WeChat #cryptomonnaie #Alipay #bitcoin #e-yuan #WeChatPay #surveillance

  • How Ring Transmits Fear to American Suburbs
    https://www.vice.com/en_us/article/ywaa57/how-ring-transmits-fear-to-american-suburbs

    Why do we surveil ourselves ? This is the third of a three-part series, where we’ll explore how Ring transformed from start-up pitch to the technology powering Amazon’s privatized surveillance network throughout the United States. On Halloween 2017, Ring’s servers crashed en masse. The Ring app was nonfunctional. Why ? Millions of trick-or-treaters overwhelmed Ring’s servers. Children dressed as ghouls and superheros executed an accidental denial-of-service attack. Kids are central in Ring’s (...)

    #Ring #Amazon #CCTV #Neighbor #sonnette #vidéo-surveillance #marketing #surveillance (...)

    ##voisinage

  • Traçages et fusions
    https://laviedesidees.fr/Tracages-et-fusions.html

    Dans le cadre de la lutte contre la contamination, tout pousse au renforcement du traçage par fusion de bases de données. Or cette fusion est le nouveau modèle d’affaires des plateformes de #réseaux_sociaux en ligne, propulsées par l’intelligence artificielle et la conception de nouvelles institutions.

    #Société #police #big_data #intelligence_artificielle #surveillance
    https://laviedesidees.fr/IMG/pdf/20200601_lazega.pdf

  • Local officials lost precious time to protect black residents from coronavirus - Washington Post
    https://www.washingtonpost.com/graphics/2020/politics/coronavirus-race-african-americans

    Shreveport Mayor Adrian Perkins had a hunch. He had used data compiled for emergency responders in late March to create a computerized map showing cases of the novel coronavirus by address. A cluster of red pins curved around downtown and extended into black neighborhoods toward the city’s western edge. At the time, policymakers and public health experts studying the still mysterious disease had been focusing on risk factors such as international travel, age and chronic health conditions including diabetes and heart disease — not race. Most states — including Louisiana — weren’t even publicly tracking race-related data about the virus’s impact. But Perkins’s map was showing him that ignoring race could be a catastrophic mistake.“People in these areas need to know their neighborhoods are being affected disproportionately,” he said.It was a rare, early action aimed at halting the spread of the coronavirus among African Americans, who bore the brunt of the disease across the country as attention and resources flowed elsewhere.
    Interviews with nearly 60 public health experts, lawmakers and community leaders show that many of the first coronavirus testing sites went up in areas that happened to be whiter and more affluent, despite the requests of black leaders. Local governments — sometimes ignoring the pleas of community activists — targeted few of their education campaigns about prevention and social distancing specifically to African Americans, even as conspiracy theories spread that black people were immune to the disease. Poor reporting of data, which initially masked the fact that the disease was disproportionately affecting black communities, remains a problem even as states move to reopen their economie

    #Covid-19#migration#migrant#diaspora#minorités#santé#surmortalité#statistiques-ethniques#santé-publique

  • How Amazon and the Cops Set Up an Elaborate Sting Operation That Accomplished Nothing
    https://www.vice.com/en_us/article/43jmnq/how-amazon-and-the-cops-set-up-elaborate-sting-operation-that-accomplished-not

    Behind-the-scenes emails show how Amazon and Ring worked with police in Aurora, Colorado to make people scared of each other. For Amazon, fear is good for business. If customers fear their neighbors, and fear they might steal a package, customers are less likely to be mad at Amazon if they don’t get a package they ordered. They’re also more likely to buy an Amazon-owned Ring doorbell camera, which is marketed as way of surveilling your stoop for package deliveries and package (...)

    #Ring #Amazon #Neighbor #Rekognition #sonnette #GPS #biométrie #facial #reconnaissance #vidéo-surveillance #voisinage #surveillance #police (...)

    ##délation