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    Espagne : un réseau d’exploitation sexuelle de mineures non accompagnées subsahariennes démantelé
    Par La rédaction Publié le : 12/08/2026
    La police espagnole a annoncé mardi 11 août avoir démantelé un réseau de traite de jeunes migrantes subsahariennes à des fins d’exploitation sexuelle. Cinq membres du réseau, qui opéraient depuis les îles Canaries, ont été arrêtés. La Guardia Civil a annoncé mardi 11 août le démantèlement d’une organisation criminelle implantée à Gran Canaria, dans les îles Canaries. Elle est accusée d’avoir recruté des mineures non accompagnées hébergées dans des centres d’accueil afin de les transférer vers l’Espagne continentale et la France où elles ont été exploitées sexuellement.
    L’opération baptisée Jabany a conduit à l’arrestation de cinq personnes, dont un mineur. Grâce au déroulement de cette opération, la Guardia civil a aussi pu libérer deux victimes et empêcher la fuite de quatre autres mineures, « les empêchant de quitter les îles selon la même procédure que dans les cas précédents ».
    L’enquête a débuté après le retour en Espagne d’une jeune migrante qui avait quitté un centre de protection de Gran Canaria et avait été transférée en France. Selon son témoignage, elle avait été attirée par la promesse d’un emploi avant de finalement réussir à revenir en Espagne. Elle a alors raconté sa situation aux autorités. C’est à la suite de ce témoignage que les enquêteurs se sont intéressés à d’autres cas de disparitions de mineures hébergées dans des centres de protection de l’île. Après plusieurs mois d’enquête, ils ont alors constaté un schéma similaire dans plusieurs cas : des mineures quittaient leur centre d’accueil sans leurs documents personnels et apparaissaient quelques heures plus tard sur des vols à destination de différentes villes de la péninsule espagnole.Selon les enquêteurs, le réseau profitait de la vulnérabilité particulière des jeunes filles, souvent sans liens familiaux en Espagne, désireuses de trouver du travail et confrontées à la barrière de la langue.
    Pour la Guardia Civil, la répétition de ces départs et la présence de documents d’identité utilisés pour les voyages ont permis d’établir qu’il ne s’agissait pas de fugues isolées, mais d’une « organisation structurée ». Chaque membre avait des rôles bien définis : « certains membres étaient chargés de contacter les mineurs ou de faciliter les contacts depuis les centres ; d’autres géraient les formalités administratives, la distribution des effets personnels ou l’achat des billets », expliquent les autorités. Dans certains cas, les suspects accompagnaient même les victimes à l’aéroport pour s’assurer qu’elles puissent accéder à la zone d’embarquement et être ensuite transférées vers leur destination finale. Des investigations supplémentaires sont toujours en cours afin de déterminer si d’autres jeunes filles ayant quitté des centres de protection de Gran Canaria au cours des dernières années ont pu être victimes du même réseau. Et si oui, de retrouver leurs traces.Cette annonce intervient alors que la problématique de la prise en charge des mineurs non accompagnés (MNA) en Espagne fait couler beaucoup d’encre. À la suite de l’afflux de plus de 80 000 migrants dans l’enclave de Ceuta fin juillet, il reste des milliers de MNA dans le petit territoire espagnol en terre marocaine et les autorités sont confrontées à leur délicate prise en charge. Parmi eux se trouvent de nombreuses jeunes filles, particulièrement vulnérables aux risques de violences sexuelles et d’exploitation. Quelques adolescents ont trouvé un hébergement provisoire chez des habitants mais de très nombreux jeunes sont toujours contraints de dormir à la rue. Cette situation les expose à de graves risques d’exploitation et de traite d’êtres humains, met en garde l’Unicef. « Certains d’entre eux sont très jeunes, il y a aussi des filles, et c’est un véritable traumatisme de se retrouver seuls, sans projet migratoire », a souligné le directeur général de l’Unicef Espagne, José María Vera, interrogé par le média Cadena Ser.

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  • « Les musulmans de l’enclave sont constamment sommés de prouver qu’ils sont de vrais Espagnols » : Ceuta à l’épreuve d’une crise migratoire sans précédent
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    « Les musulmans de l’enclave sont constamment sommés de prouver qu’ils sont de vrais Espagnols » : Ceuta à l’épreuve d’une crise migratoire sans précédent
    Par Mustapha Kessous (Ceuta [Espagne], envoyé spécial)
    L’irruption dans l’enclave espagnole de 72 000 personnes venues du Maroc, entre le 30 et le 31 juillet, a mis en lumière les fêlures et les solidarités qui traversent cette ville où coexistent depuis des siècles chrétiens et musulmans.La file s’étire le long de l’avenue Alcalde José Victori Goñalons, dans le centre de Ceuta. Elle part de la boutique Ria, spécialisée dans le transfert d’argent, devenue un point de repère pour de nombreux migrants qui y retirent les quelques sous envoyés par leurs familles pour survivre dans l’enclave espagnole, coincée entre la Méditerranée et le Maroc. A côté, un porche mène à un marché couvert aux murs bleus. Sangria, tapas et éclats de rire. Dans ce décorum néomauresque, les vacanciers, écrasé de soleil, jouissent d’une quiétude tout andalouse. Sur les mêmes places où, une semaine plus tôt, militaires et policiers ont dispersé, traqués et parfois violemment chassé – certains ont eu des gestes de compassion –, ces exilés.
    La cité européenne en terre africaine vient de vivre ce que ses habitants, policiers et responsables politiques décrivent comme un « drame humanitaire » sans précédent. En quelques heures, 72 000 personnes, selon le ministère de l’intérieur espagnol, essentiellement des Marocains, se sont précipitées vers ce confetti aux 83 000 résidents. Entre le 30 et le 31 juillet, ils ont franchi la frontière, souvent à la nage, après avoir convergé vers Fnideq, la ville marocaine voisine.Dès le 31 juillet dans l’après-midi, la très grande majorité – 70 000 personnes, selon Madrid – a rebroussé chemin vers le Maroc. Dans l’enclave, ils n’ont trouvé ni refuge ni avenir : seulement des commerces fermés, le manque de sommeil, la faim et l’hostilité d’une partie des habitants. « Nous avons eu le sentiment d’être envahis, raconte Guillermo Martinez Arcas, secrétaire général du Parti populaire (PP, droite) à Ceuta et proche collaborateur du président de la ville autonome. Nous nous sommes même demandé si ce n’était pas la fin de Ceuta en tant que ville espagnole. »
    Ce jour-là, la cité s’est figée face au chaos : les commerces ont baissé leurs rideaux, les bureaux ont fermé. Les habitants se sont confinés chez eux. Sans qu’aucune consigne n’ait été donnée, assure le représentant politique. « Il n’y avait pas de commandement unique pour organiser l’ensemble des opérations. Pendant vingt-quatre heures, avant l’arrivée des renforts militaires et de policiers, c’était l’anarchie la plus totale », rapporte-t-il.
    En apparence, la crise semble aujourd’hui terminée, mais « le traumatisme est bien présent », pointe-t-il. Les militaires déployés massivement pour sécuriser le poste-frontière ont quitté Tarajal ; ils sont moins visibles en ville, même s’ils continuent de surveiller l’entrée des centres commerciaux. Des parents refusent de laisser leurs enfants sortir seuls. Il reste encore des milliers de migrants, notamment subsahariens, qui attendent une solution d’hébergement ou d’asile. Certains se sont regroupés sur la plage Benitez, tout près du centre d’accueil temporaire pour migrants, où ils vivent dans des conditions déplorables. Les associations sont débordées.
    Des centaines de très jeunes gens sont aussi à la rue. Le taux d’occupation des centres pour mineurs atteint les « 2 600 % au-dessus de leur capacité critique », a indiqué Juan Jesus Vivas, le président (PP) de la ville autonome. Seuls ou en famille, ils ont trouvé refuge dans une zone industrielle. Un centre de mineurs y est installé mais affiche complet. Ironie de la situation, cette zone jouxte la frontière. Des gamins, derrière les grillages, demandent quelques euros aux Marocains qui viennent de franchir le contrôle des passeports, côté espagnol.Sahra, 5 ans, empêche sa mère de dormir. « Elle a cru que j’allais me noyer lors de la traversée, raconte Assia Ezzaouaq, 33 ans. Quand je ferme les yeux, elle me dit : “Non maman, je ne veux pas que tu meures. Ouvre les yeux, maman, reste avec moi.” » D’autres vont se laver dans le cimetière musulman Sidi Embarek, où sont enterrés tant de migrants sans noms. Dans les rues du centre-ville, quelques jeunes implorent quelque chose à manger ou demandent conseils aux « Espagnols-Marocains ».
    Au cours de cet événement hors norme, deux récits se sont écrits simultanément : la joie indescriptible des migrants convaincus d’approcher leur rêve fou – changer de vie en Europe – et la peur des habitants qui regardaient « déferler », depuis leurs fenêtres, une telle foule. Les Espagnols, eux, ont repris une vie normale, faite de plages et de terrasses, tout en s’habituant à côtoyer ces damnés de l’exil. Et en ayant peur d’assister à une nouvelle tentative. Ils continuent à se méfier des autorités marocaines qui lorgnent depuis des années sur ce territoire de 18,5 kilomètres carrés.
    A Ceuta, la frontière ne sépare pas seulement l’Espagne du Maroc. Elle traverse aussi la ville, ses quartiers et les consciences. Certains la franchissent pour entrer en Europe ; d’autres vivent depuis des générations du côté espagnol, tout en étant encore sommés de prouver qu’ils en font partie. « On nous appelle, nous les Espagnols d’origine marocaine, les “musulmans”. Ceuta est une ville très particulière », explique Abdeslam Mohamed, 66 ans, le président d’Alas Protectoras (« ailes protectrices »), une association d’aide aux migrants. Près de la moitié de la population est musulmane. A Ceuta, l’arabe côtoie l’espagnol depuis plusieurs générations. Chauffeurs de bus ou de taxi, serveurs, commerçants, barbiers, agents municipaux, policiers, enseignants, élus… Parmi eux, de nombreux Espagnols d’origine marocaine passent sans cesse du castillan au darija. Il n’est pas rare d’entendre des résidents qui n’ont pas d’origine nord-africaine terminer une phrase par quelques mots d’arabe dialectal. « C’est parfaitement naturel chez nous », explique Julia Ferreras Guerra, députée de l’Assemblée de la ville (Ceuta Ya !, gauche). Le réseau téléphonique marocain est même, de temps à autre, capté jusqu’au cœur de la ville, plaza de Africa.« Mais dès qu’il y a une crise avec le Maroc ou une arrivée massive de migrants, on nous regarde comme si nous étions des étrangers ou des responsables de ce qui se passe de l’autre côté de la frontière », confie Abdeslam Mohamed, qui a dédié sa vie aux autres. Le 30 juillet et les jours suivants, il n’a pas ménagé sa peine pour apporter son aide « aux victimes », comme il appelle ces migrants. « C’est injuste. Les musulmans de Ceuta ont eu peur comme tous les autres habitants, argue-t-il. Ils ont fermé leurs commerces, protégé leurs familles et aidé les personnes qui arrivaient. Ils ont vécu cette crise en tant qu’habitants de Ceuta. » « II existe une profonde inégalité entre le centre [à majorité chrétienne] et la périphérie [à majorité musulmane]. Alors que les habitants du premier disposent de revenus parmi les plus élevés d’Espagne, ceux de la seconde figurent parmi les plus faibles », explique le politologue Julio Basurco Diaz, proche de la gauche. Ces deux mondes sont reliés par le bus 7, dont le ticket s’élève à 85 centimes d’euros le trajet.
    La crise migratoire a fait apparaître une crainte, plus diffuse : une mise à mal de la coexistence entre chrétiens et musulmans, mais aussi, dans une plus faible proportion, juifs et hindous. Ces deux derniers groupes se sont installés lorsque Ceuta a bénéficié (tout comme Melilla) d’un statut de port franc en 1863, dopant le commerce. Les juifs étaient des séfarades présents dans le nord du Maroc depuis leur expulsion d’Andalousie par la Reconquista catholique de la fin du XVe siècle. Quant aux hindous, ils sont arrivés du territoire britannique de Gilbratar après 1905. « Cette coexistence est notre singularité. Et personne ne veut la perdre, elle fait partie de notre identité et nous en sommes fiers », affirme Guillermo Martinez Arcas.
    Souvent célébrée comme une particularité de Ceuta, cette cohabitation se vit plus durement dans les quartiers populaires. Depuis sa terrasse, Ahmed Atché, un ouvrier d’une quarantaine d’années, contemple une Méditerranée d’un bleu éclatant. Ainsi que la frontière métallique qui lacère le paysage. Le Maroc est juste en face, à quelques pas. Depuis la crise, une barrière flottante orange de 500 mètres de long, installée par les autorités espagnoles, prolonge désormais la frontière jusque dans la mer. Cet homme aux lunettes rondes vit à Principe, un quartier qui domine le poste-frontière, sans doute le plus marocain de la ville. Un labyrinthe de ruelles abruptes, d’impasses ci et là, de façades colorées, comme une médina qui refuserait de dire son nom, et de hanout (« boutiques ») où l’on paie encore en dirhams. Ici, l’appel à la prière rythme la journée et on parle le « darija de Ceuta », un arabe traversé de mots espagnols. « Les familles sont très attachées à leur culture. L’école finissant en début d’après-midi, les enfants apprennent l’arabe », explique le responsable d’un centre islamique qui souhaite rester anonyme « pour ne pas avoir de problème au Maroc ».Pauvre, isolé et malfamé en raison du trafic de drogue – le chômage y serait trois fois supérieur à celui de l’ensemble de la ville –, Principe a aussi servi de décor à une série policière du même nom. C’est dans ce quartier que de nombreux harraga – nom donné aux « brûleurs de frontières », qui quittent leur pays par la mer, sans passeport ni visa – ont trouvé certains de leurs premiers soutiens. Les habitants ont donné couvertures, jouets, habits aux tout-petits et aux mères qui dorment en contrebas. « La solidarité est très forte. Ça m’a rendu malade et triste de voir tous ces jeunes », confie Ahmed Atché.
    Lui a ouvert sa modeste maison à 13 jeunes migrants, dont deux jeunes filles de 17 ans. « Il fallait bien les aider. Voir cette détresse, ces morts [ils sont 77, selon Madrid], ça me fait mal au cœur », dit-il simplement. Ces personnes recueillies viennent de Casablanca, de Tétouan ou de Tanger. Elles ne doivent leur présence à Ceuta qu’à une rumeur, dont personne ne connaît vraiment encore l’origine. Sur TikTok et Instagram circulait la même information : la frontière était ouverte. Ils ont alors foncé à Fnideq sans réfléchir, y voyant l’opportunité d’une vie. En un claquement de doigts, ils ont tourné le dos à leur pays. Ils n’attendent qu’une chose : que le portail de Tarajal qui mène au Maroc, encore ouvert aux retours volontaires, se referme définitivement. Ces réfractaires continueront à se cacher, pour ne pas se faire expulser. Ils ont été marqués par leur première nuit dehors : la peur de se faire coincer par la police, se faire repérer par des drones et chasser par certains jeunes du quartier, surnommés les « fils de Sebta ». Le 31 juillet, des adolescents, visages cagoulés, ont lancé des pierres pour empêcher des groupes de migrants d’approcher. « Ça se comprend. Le quartier était sans protection et il n’y avait pas d’autorités pour le défendre, se souvient Ahmed Atché. Certains voulaient rentrer dans les maisons, se cacher, voler, manger. Mais, heureusement, ça s’est vite calmé. » De retour au Maroc, les éphémères exilés n’ont cessé de raconter que leurs « frères de Sebta » ne voulaient pas d’eux. Certains ont assuré qu’ils ont été visés par des tirs de pistolets.
    Le 1er août, des leaders d’extrême droite sont venus à Ceuta dans une tentative de récupération de ce « traumatisme ». Mais ils ont trouvé face à eux les Espagnols des quartiers populaires qui leur ont dit de « dégager » en scandant : « Ceuta unie, pas divisée ». « On présente souvent Ceuta comme la ville des quatre cultures, c’est une image séduisante, souligne Mohamed Mustafa, député de l’Assemblée de Ceuta (Ceuta Ya !). Mais elle masque une réalité beaucoup plus dure : malheureusement les musulmans de Ceuta sont constamment sommés de prouver qu’ils sont de vrais Espagnols. Leur hispanité est toujours suspectée. » Surtout face à une extrême droite qui a dépassé les 20 % des voix au dernier scrutin local de 2023. « Ceuta n’a jamais été une colonie espagnole, elle appartient depuis des siècles à la couronne », relève Mohamed Mustafa. De fait, le territoire a été rattaché à Madrid en 1580 – après avoir été portugais à partir de 1415 – tandis que sa « sœur », Melilla, située 225 kilomètres plus à l’Est, était espagnole à partir de 1497.
    Cet homme affable de 47 ans résume à lui seul l’histoire de cette enclave. Lorsqu’il y naît, en 1978, il n’est pas Espagnol. Pourtant, son père, son grand-père et son arrière-grand-père sont originaires de Ceuta. Jusqu’au milieu des années 1980, une grande partie de la population musulmane de Ceuta ne disposait pas de la nationalité espagnole ni des mêmes droits, vivant dans une sorte de vide juridique.Une mobilisation, parfois réprimée, ainsi que l’entrée de l’Espagne dans la Communauté économique européenne en 1986 ont finalement obligé l’Etat, dans les années suivantes, à régulariser la situation et accorder la citoyenneté à une grande partie de cette population. « Nous sommes profondément ancrés à Ceuta, c’est un combat permanent. L’extrême droite tentera de transformer cette crise en preuve que Ceuta est menacée par les Marocains et par les musulmans », pense-t-il.

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  • Mineurs non pris en charge, Subsahariens dans l’impasse... Une semaine après l’afflux de migrants, Ceuta confrontée à de nombreux défis - InfoMigrants
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    Mineurs non pris en charge, Subsahariens dans l’impasse... Une semaine après l’afflux de migrants, Ceuta confrontée à de nombreux défis
    Par La rédaction Publié le : 06/08/2026
    Une semaine après l’afflux de plus de 70 000 migrants à Ceuta, la situation reste délicate dans l’enclave. Le bilan final des morts peine à être déterminé. Si la quasi-totalité des exilés ont été renvoyés vers le Maroc, il reste des milliers de migrants - dont des mineurs non accompagnés et des subsahariens qui souhaitent demander l’asile – dans l’enclave. Mais les structures de prises en charge sont saturées.
    Combien de personnes sont décédées lorsque près de 70 000 migrants ont traversé en même temps la frontière entre l’enclave espagnole de Ceuta et le Maroc ? Les chiffres divergent. Selon le dernier bilan de la préfecture de Ceuta, au moins 78 personnes sont mortes côté espagnol, principalement par noyade. Le ministère marocain de l’Intérieur a indiqué dimanche que 11 personnes ont perdu la vie de son côté de la frontière. Un chiffre extrêmement bas contesté par plusieurs associations. Selon l’AMDH, le bilan atteint « près de 130 victimes ». L’organisation avance ce chiffre en se basant sur des remontées d’informations espagnoles et marocaines. « Nous sommes présents sur le terrain et en contact avec la morgue de Tétouan pour la partie marocaine. Nous échangeons également avec des associations, des journalistes et d’autres acteurs présents à l’intérieur de Ceuta. En compilant les données obtenues côté Ceuta et côté Maroc, nous arrivons à 130 décès », a expliqué mercredi 5 août Jamila el-Abboudi, membre de l’AMDH Tétouan, à InfoMigrants.
    Le même constat a été établi par l’ONG espagnole Caminando Fronteras. Elle avance un chiffre de 141 décès. Parmi eux, elle cite les 78 morts officiellement reconnus par le gouvernement espagnol. Mais côté marocain, elle avance un chiffre bien supérieur à celui des autorités. Selon l’ONG, 63 corps ont été repêchés dans les eaux marocaines. Un chiffre établi grâce à une enquête menée dans les morgues des hôpitaux du pays, précise l’ONG.
    Depuis le 30 juillet et l’entrée massive de migrants à Ceuta provoquée par une rumeur née de la déformation d’une décision de justice espagnole amplifiée par les réseaux sociaux, la quasi-totalité des migrants marocains ont été renvoyés de l’autre côté de la frontière. Mais il reste encore quelques milliers de migrants sur le petit territoire espagnol qui représente aujourd’hui la seule frontière terrestre entre l’Union européenne et l’Afrique. Et dans les rues de Ceuta, une semaine après la crise, la situation des mineurs inquiète particulièrement. Elle est même devenue « intenable », selon le dirigeant de l’enclave espagnole située sur la côte nord-africaine, Juan Jesús Vivas. Depuis l’afflux des 29 et 30 juillet, « le taux d’occupation des centres d’accueil pour mineurs de Ceuta est de 2 600 % au-dessus de sa capacité critique », a-t-il déclaré lors d’une interview à la télévision publique espagnole.
    Selon lui, il y a environ 1 100 mineurs présents dans la ville autonome. Et ce chiffre n’inclut pas les groupes de jeunes qui continuent d’errer dans les rues de l’enclave et qui vivent dans les parcs et sur les plages dans des conditions très précaires. Jour après jour, les autorités s’efforcent d’identifier et de prendre en charge tous ces mineurs, a constaté sur place un journaliste de l’AFP, mais les moyens manquent. Ceuta « ne dispose d’aucun espace supplémentaire » pour prendre en charge ces jeunes, « une priorité », a averti de son côté le préfet de la ville, Miguel Ángel Pérez Triano.
    Dans un communiqué de presse, la municipalité de Ceuta indique que « l’évolution enregistrée ces dernières semaines souligne l’ampleur de cette situation ». Le 15 juillet, la ville prenait en charge 213 mineurs, un chiffre qui est passé 1 017 mineurs aujourd’hui.
    Face à la crise, la municipalité s’organise comme elle peut. Deux écoles ont été transformées en centres d’accueil. « Le premier centre est déjà opérationnel et accueille environ 110 filles et adolescentes. Cette mesure nous permettra d’offrir une solution temporaire en attendant l’achèvement des nouvelles installations prévues à Loma Margarita et dans la zone portuaire, qui pourront accueillir entre 400 et 500 mineures dès la semaine prochaine », a déclaré la municipalité. Afin de prendre en charge ces jeunes, la ministre de l’Inclusion, de la Sécurité sociale et des Migrations, Elma Saiza, annoncé mardi 4 août une aide de 25 millions d’euros pour l’enclave.
    La loi espagnole prévoit un dispositif de répartition des mineurs non accompagnés pour soulager les points d’entrée dans le pays comme Ceuta, les Baléares ou les îles Canaries. Mais il est vivement contesté depuis ses débuts et n’a jamais été vraiment effectif. Dans le cas de Ceuta, même si le gouvernement local a lancé un « appel à l’aide » aux autres régions, les quatre gouvernements de coalition régionaux ont indiqué qu’ils contesteraient toutes décisions de transferts de mineurs depuis Ceuta vers d’autres régions espagnoles. Le dirigeant de Vox, parti d’extrême droite, a déclaré que « pas un seul euro » d’argent espagnol ne devrait être versé aux mineurs migrants.
    Selon l’association marocaine des droits humains à InfoMigrants, de nombreux mineurs figuraient aussi parmi les personnes expulsées de l’enclave. Une pratique normalement illégale. « Nous avons vu des militaires raccompagner des mineurs jusqu’à la frontière », a témoigné Jamila el-Abboudi, de l’AMDH, à InfoMigrants.
    Quel sort pour les demandeurs d’asile africains subsahariens ?
    Et si la majorité des exilés ayant pénétré dans l’enclave étaient marocains, de nombreux migrants originaires d’autres pays d’Afrique subsaharienne et de la Corne du continent traversent régulièrement cette frontière.Plusieurs centaines, venus du Soudan, du Mali, du Sénégal, de Somalie ou encore de Côte d’Ivoire, ont profité de l’afflux massif de migrants vers Ceuta pour entrer eux aussi dans l’enclave espagnole. Et ils sont, eux, non expulsables. Du moins dans l’immédiat. Habituellement, ils sont accueillis au centre d’hébergement pour migrants de l’enclave (CETI), mais celui-ci est lui aussi complètement saturé. Plus de 1 000 personnes sont accueillis actuellement dans ce centre de 500 places qui a fermé ses portes face à la crise. Faute de places, ils sont actuellement des centaines à vivre à même le sol au bord des routes entourant le CETI où sur la plage à proximité.
    Le délégué du Gouvernement à Ceuta, Miguel Ángel Pérez Triano, a annoncé que le gouvernement central prévoit de mettre en place dans un délai approximatif de « un mois » un centre d’accueil temporaire des étrangers (CATE) afin de traiter plus rapidement les situations administratives et accélérer les transferts vers la péninsule des demandeurs d’asile qui peuvent y prétendre.Selon plusieurs sources, il reste également quelques milliers de migrants marocains qui vivent cachés dans les collines et les forêts. Selon Reuters, certains ont trouvé refuge dans un cimetière de l’enclave. L’association marocaine des droits humains estime à « environ 3 000 », le nombre de personnes encore à Ceuta. Selon le représentant du gouvernement, ils seraient plutôt « environ 2 500 »

    #Covid-19#migrant#migration#espagne#ceuta#MNA#subsaharien#sante#hebergement#politiquemigratoire#migrationirreguliere

  • Ie chess la realdà: l’arrivo dell’Hip Hop a #bari
    https://scomodo.org/ie-chess-la-realda-larrivo-dellhip-hop-a-bari

    Coordinatore del progetto: Giuseppe AlbergoAutori: Giuseppe Albergo, Giuseppe Misurelli, Giovanni Facchini, Andrea Longo, Davide Albergo Nello slang newyorkese degli anni ’70, to hip stava per to know, letteralmente avere consapevolezza e to hop per to do, ossia fare, muoversi. L’hip hop, nato a New York alla fine degli anni ’70, vuol dire dunque muoversi perché […] L’articolo Ie chess la realdà: l’arrivo dell’Hip Hop a Bari proviene da Scomodo.

    #Avanguardie_Culturali #hiphop #redazione_bari #subcultura

  • REPORTAGE. Due giorni di rock al #noisy_naples_fest 2026
    https://informareonline.com/reportage-due-giorni-di-rock-al-noisy-naples-fest-2026

    Due giorni di rock alla Mostra d’Oltremare. Il Noisy si conferma un grande appuntamento per #Napoli: tra grandi band e critiche all’organizzazione, ecco il reportage di Informare. Il Noisy Naples Fest 2026 ha regalato a Napoli due serate dal respiro internazionale, confermandosi tra gli appuntamenti musicali più importanti dell’estate napoletana. Sul palco si sono alternati artisti di […] L’articolo REPORTAGE. Due giorni di rock al Noisy Naples Fest 2026 proviene da Informareonline, scritto da Redazione Informare

    #Approfondimenti #Spettacolo #Bluvertigo #Franz_Ferdinand #Kasabian #Mostra_d'Oltremare #planet_funk #Skunk_Anansie #subsonica

  • #Incendies : “Il n’y a pas de #conscience #écologique qui se réveille au cœur des #flammes
    https://www.nouvelobs.com/ecologie/20260725.OBS116943/incendies-il-n-y-a-pas-de-conscience-ecologique-qui-se-reveille-au-c-ur-d

    Entretien L’anthropologue Elise Boutié a passé sept mois en #Californie, à enquêter sur la mémoire d’une communauté touchée par « #Camp_Fire », l’un des plus meurtriers feux de forêt américains. Dans sa thèse, elle montre avec finesse que l’incendie ne remet pas en cause les modes de vie qui réchauffent la planète. Au contraire, il les accentue.

    • le titre de la thèse d’Élise Boutié
      La maison brûle : cultiver le déni du changement climatique après un mégafeu en Californie du nord
      https://theses.fr/2024EHES0039
      fournirait un bon titre au Figaro Magazine :-D

      Résumé
      Basée sur une ethnographie de sept mois, cette thèse d’anthropologie politique de l’environnement s’intéresse aux récits, perceptions et manières d’habiter la forêt et la maison après que l’incendie le plus destructeur de l’histoire de Californie ait détruit plus de 19 000 structures humaines, 62 000 hectares de forêt et tué 85 personnes, bouleversant la vie matérielle et symbolique de sept villes et villages d’un haut plateau boisé situé dans les contreforts de la Sierra Nevada. Si l’incendie est débord vécu comme un événement historique de grande ampleur qui a non seulement surpris les habitant.es et les autorités, mais surtout qui mis leur monde sens dessus dessous, dès novembre 2019 date qui marque le premier anniversaire, un certain nombre de dispositifs sont mis en place pour orchestrer l’oubli du 8 novembre 2018 et ainsi relativiser son impact. À partir de cette tension qui oscille entre volonté d’orienter l’écriture de l’histoire et reconnaissance du caractère exceptionnel et de l’urgence à réagir face au phénomène des méga-feux, la thèse se demande comment se fait-il que les habitant.es cultivent le déni de la réalité des changements climatiques et de la réalité de la menace de disparition qu’ils font planer sur leurs lieux de vie alors même qu’iels expriment un profond attachement à ce territoire en particulier et à la forêt en général ? La thèse répond à cette question en trois temps et en suivant trois fils d’analyse : la maison, la forêt et l’église évangélique car ces trois figures constituent selon nous la colonne vertébrale du modèle socio-politique états-unien, modèle dont l’hégémonie et la promotion sont en partie responsables du nouvel ordre climatique qui est le nôtre. D’une part, nous pensons que le désir d’appartenir ou d’être perçu.e comme appartenant à la classe moyenne est plus fort que le principe de réalité qui met en danger et en jeu les conditions d’habitabilité du territoire. D’autre part, les valeurs présentées et perçues comme fondamentales au sein de la société états-unienne, notamment celle de puissance de l’individu auto-construit (« self made man »), font écran aux relations d’interpénétration et d’interdépendance qui lient positivement les humains à leurs environnements, anéantissant toute possibilité d’en prendre soin et d’être transformé.e par eux. Enfin, la puissance des schémas narratifs portés et véhiculés par la religion évangélique, dont le pouvoir sur le ridge est indéniable, prolonge et perpétue la pensée selon laquelle l’humain qui croit et qui entretient son lien avec Dieu serait un être protégé des cataclysmes terrestres, reléguant ces derniers à de pures anecdotes sans conséquence pour et dans la vie terrestre. Construite en quatre parties (« Habiter », « Incendier », « Effacer », « The New Normal ? ») et neuf chapitres, la thèse traite la catastrophe comme un événement autant révélateur que catalyseur d’enjeux socio-politiques tels que la violence sociale, l’alliance de classes au-delà de l’alliance politique, l’attachement à l’image de la classe moyenne, la mémoire encadrée, le traumatisme climatique, la relation naturaliste à la forêt et la migration d’agrément.

  • Pour l’extrême droite, la subvention est un moyen de rétorsion pour que les artistes marchent au pas

    https://www.liberation.fr/idees-et-debats/tribunes/contre-le-spectacle-vivant-une-offensive-ideologique-et-economique-202607

    Le secteur fait face à une offensive idéologique mais aussi économique. Et si, suggère le professeur Olivier #Neveux, on introduisait plutôt de la politique au cœur de la production, là où elle est déterminante ?

    • C’est là une des lois de l’art : on ne sait pas ce que l’on manque dans ce qui n’existera pas.

      L’offensive idéologique est jumelle de l’offensive économique ; elles sont sinon concertées du moins harmonieuses. L’extrême droite et l’extrême centre mènent nombre de campagnes d’intimidation. Ils ont le goût des annulations. La convergence des intérêts est flagrante. Il n’y a dès lors qu’une politique adéquate : faire disparaître tout désaccord voire toute pluralité. L’art doit marcher au pas, les artistes être aux ordres. La subvention devient un moyen de rétorsion. On appellerait cela la démocratie. Dans un monde réellement renversé, le faux est vrai.

    • La #politique est, en effet, partout, sauf là où elle est déterminante : au cœur de la #production. Il s’agit, il est vrai, d’une autre approche de la politique de l’art. Elle est conflictuelle. Elle parle certes de financement, mais pas seulement. Elle porte sur la façon dont on travaille et les raisons de le faire, sur les moyens et le temps, sur les richesses et leurs répartitions, sur le marché et ce qui doit y faire exception, sur les rapports sociaux et leurs transformations. Conséquente, elle pourrait soutenir une vision intransigeante du secteur public qui ne se laisserait pas happer par le « bon sens » et les habitudes du privé. En substance, elle demande : quoi appartient à qui ? A qui appartient la société ? Et le futur ? En 1935, à Paris, à l’occasion d’un congrès international d’écrivains antifascistes, #Brecht exhortait : « Camarades, parlons des rapports de propriété. » Mais il était trop tard.

  • Libye : 345 migrants bénéficient de deux vols de « retour volontaire » de l’OIM vers le Ghana - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/72480/libye--345-migrants-beneficient-de-deux-vols-de-retour-volontaire-de-l

    Libye : 345 migrants bénéficient de deux vols de « retour volontaire » de l’OIM vers le Ghana
    Par La rédaction Publié le : 16/07/2026
    Entre le 12 et le 15 juillet, un total de 345 migrants sont rentrés au Ghana depuis la Libye via deux vols de « retours volontaires » organisés par l’Organisation internationale des migrations (OIM). A la mi-juillet, un total de 822 migrants ont bénéficié de ces vols à destination du Ghana, du Bangladesh, du Tchad et de la Somalie.
    En Libye, les agents de l’Organisation internationale des migrations (OIM) ont annoncé avoir organisé deux vols de « retour volontaires » depuis Tripoli à destination d’Accra au Ghana, dans la semaine du 12 au 15 juillet 2026. Au total, 345 migrants ont pu retourner chez eux par l’intermédiaire de ces vols. Au début du mois de juillet, 477 migrants s’étaient déjà envolés vers leurs pays d’origine. Plus précisément, 174 sont retournés au Bangladesh, 174 au Tchad et 129 en Somalie, élevant le total à 822 migrants rentrés dans leur pays entre le 1er et le 15 juillet. Des opérations rendues possibles grâce « au soutien de l’Union européenne », précise l’OIM sur X.
    Sur l’ensemble du mois de juin, l’agence a permis les « retours volontaires » de plus de 1300 migrants vers la Gambie, le Nigéria ou encore le Tchad
    Depuis plusieurs semaines, la situation a empiré en libye. Les Subsahariens se disent victimes d’une véritable « chasse aux migrants » dans le pays. Des rafles sont organisées dans les quartiers qu’ils fréquentent à Tripoli, la capitale, mais aussi dans les autres villes de l’ouest, à Zouara, Sabratha ou encore Zaouïa. « Toutes les municipalités sont touchées, les petites comme les grandes », affirmait à InfoMigrants une source humanitaire. « Il y a une véritable chasse aux Noirs en ce moment en Libye. Les policiers, lourdement armés, bouclent la zone avec leurs véhicules blindés. Ils défoncent les portes des maisons et arrêtent les Noirs. On ne peut pas s’échapper car lors de ces opérations, les agents de l’immigration quadrillent les environs », racontait aussi Ibrahim, un Guinéen de 24 ans avec qui InfoMigrants est en contact depuis plusieurs années.
    Dans un rapport publié le 23 juin dernier, Amnesty International déplorait la répression menée à l’encontre des exilés en Libye, qui s’est encore intensifiée ces dernières semaines. Les autorités libyennes, à l’ouest comme à l’est, « mènent une campagne d’une intensité croissante, alimentée par un discours xénophobe, d’arrestations de masse, de détentions arbitraires et d’expulsions collectives illégales (…) visant les personnes réfugiées, demandeuses d’asile ou migrantes », affirmait l’ONG. Le nombre de « retours volontaires » effectués depuis la Libye témoigne de cet « enfer libyen », et ce depuis plusieurs années. Entre le lancement du programme d’aide au « retour volontaire » de l’OIM en 2015 et juin 2025, plus de 100 000 migrants en Libye ont regagné leur pays en Afrique et Asie.
    Les personnes rapatriées étaient originaires de 49 pays d’Afrique et d’Asie comme le Nigéria, le Mali, le Niger ou encore le Bangladesh entre autres. Si pour la grande majorité, il s’agissait d’hommes (près de 73 000), environ 17 000 femmes ainsi que plus de 10 000 enfants - parfois non accompagnés - ont également bénéficié de cette aide de l’OIM. Mais le retour est parfois impossible. Les exilés soudanais, par exemple, très nombreux en Libye, ne peuvent rejoindre leur pays déchiré par un conflit sanglant. D’autres migrants, coincés en Libye, fuient des violences familiales au pays, comme Marie et sa fille Aya, âgée de sept ans. Camerounaise, Marie a fui un mari violent au pays. Elle rêve de quitter la Libye où elle a déjà séjourné trois fois en prison, mais ne sait pas où aller.

    #Covid-19#migrant#migration#retourvolontaire#rapatriement#OIM#libye#subsaharien#asie#droit#sante

  • Sur les routes des migrations au Maghreb - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/72242/sur-les-routes-des-migrations-au-maghreb

    Sur les routes des migrations au Maghreb
    Par RFI Publié le : 06/07/2026
    À l’occasion des 9e Rencontres des études africaines en France (REAF), nous parlons des politiques d’expulsion des Subsahariens qui se répandent partout au Maghreb, des routes qui se déplacent et des espaces de solidarités qui s’effacent, pour renaître autrement

    #Covid-19#migration#migrant#maghreb#routemigratoire#migrationirreguliere#subsaharien#sante#droit

  • #Ad-free #streaming is a #luxury now
    https://www.theverge.com/column/958379/streaming-industry-ads

    Steady price increases are pushing viewers toward cheaper, ad-supported tiers.

    How it started

    Streaming was once a reprieve from cable. Not only could you watch whatever you wanted at any given time, but you didn’t have to sit through five-minute-long commercial breaks. And the best part was the price: #Netflix, for example, cost just $7.99 / month when it launched its standalone streaming service in 2010. #Amazon’s #Prime_Video was the same, offering ad-free streaming as a perk with its #Prime membership. Hulu was an outlier at the time, but that’s because it allowed you to stream ad-supported TV shows and movies for free. It later added a $7.99 / month #Hulu Plus #subscription, with limited advertising.

    But the commercial-free streaming model was so appealing that when companies launched rival streaming services, most made them ad-free by default. (...)

  • Space & Sexuality

    Welcome to Space & Sexuality, a new podcast series that brings together leading and emerging scholars in the field of #queer_geographies to explore cutting-edge research at the intersections of spatiality, sexuality, and subjectivity. Grounded in the fields of geographies of sex and sexualities and trans geographies, in each episode Dr Joe Jukes pursues critical inquiry, reflection, and intellectual exchange with scholars from around the world.

    https://www.spreaker.com/podcast/space-sexuality--7098726
    #podcast #audio
    #espace #géographie #sexualité #géographie_queer #queer #spatialité #subjectivité

  • Submersion marine : comment le risque assurantiel évolue à horizon 2050
    23/04/2026
    https://hydroclimat.com/fr/blog/submersion-marine-risque-assurance-2050

    Près d’1 événement d’inondation sur 3 en France a une composante côtière. Et pourtant, le risque de submersion marine reste encore largement sous-intégré dans les modèles.

    • ping @freakonometrics (encore !)
      as-tu – aussi – des réflexions sur cette question.

      Ici, on nage en pleine schizophrénie entre #submersion_marine qui est assurable car aléatoire, modélisable, etc. et #érosion_cotière qui ne l’est pas car certaine

      une répartition des compétences tout aussi dichotomique : la submersion marine est dans la hotte des EPCI (communautés de communes, anglos, etc.) au titre de la GEMAPI (Gestion des milieux aquatiques et de la prévention des inondations), l’érosion côtière est de compétence de l’État, du moins là où il ne l’a pas transféré aux communes qui en ont fait la demande (371, à ce jour, en 4 vagues sur les XXX concernées).

      Sachant que, en milieu dunaire (entre autres…) les deux sont intimement liés : à l’occasion d’une surcote, d’un gros coeff ou d’un train de houle, une vague recouvre le cordon dunaire (submersion…) et fait brutalement reculer le trait de côte sur une grand front et en profondeur (alors que, ça m’a été répété officiellement hier) l’érosion côtière est certain et progressif…

    • oui, ça agite beaucoup les assureurs, mais je n’ai pas trop creusé... on avait juste noté que si on fait une séparation grossière des inondations, i.e., costale ou par débordement de rivière, ce sont les premières qui sont le plus impactées par le changement climatique, et quand tu regardes la valeur de maison, les maisons à risque proche des rivières sont souvent des gens plus pauvres que les maisons au bord de côte... long story short, ça risque de ne pas être la priorité

  • #noisy_naples_fest_2026, la grande musica alla Mostra d’Oltremare: tutto quello che c’è da sapere sul festival dell’estate napoletana
    https://informareonline.com/noisy-naples-fest-2026-la-grande-musica-alla-mostra-doltremare-tutt

    Napoli si prepara a vivere due giornate all’insegna della grande musica internazionale. Il 23 e 24 luglio la Mostra d’Oltremare ospiterà il nuovo format del Noisy Naples Fest 2026, una vera e propria città del festival allestita nel suggestivo Viale delle 28 Fontane, pronta ad accogliere migliaia di spettatori tra concerti, dj set, aree relax, food […] L’articolo Noisy Naples Fest 2026, la grande musica alla Mostra d’Oltremare: tutto quello che c’è da sapere sul festival dell’estate napoletana proviene da Informareonline, scritto da Gianrenzo Orbassano

    #Approfondimenti #Spettacolo #Bluvertigo #Franz_Ferdinand #Kasabian #Mostra_d'Oltremare #Napoli #skunsk_anansie #subsonica

  • Depuis sa prison, le bandit corse déclarait des troupeaux fictifs

    Affilié au grand #banditisme, #Dominique_Costa, 71 ans, a été condamné, mercredi 17 juin, pour #escroquerie aux #aides_agricoles_européennes par le #tribunal correctionnel de Paris.

    La manne européenne a du bon. Chaque année, depuis sa cellule de prison, Dominique Costa, dit « Mimi », adressait soigneusement sa déclaration à la chambre d’agriculture de Haute-Corse. En tant qu’éleveur de bovins, il demandait à bénéficier de plusieurs types d’#aides liées à la #politique_agricole_commune (#PAC), qui sont assez généreusement répandues en Corse : à savoir des « aides découplées de la production », une « aide pour les vaches allaitantes », et enfin une « subvention compensatoire pour handicap naturel ».

    L’éleveur consciencieux a perçu en retour quelque 120 000 euros d’aides entre 2017 et 2021, selon les calculs de l’Agence de services et de paiement (ASP), chargée de répartir les fonds européens. C’était l’essentiel de ses revenus. À cette période, #Mimi_Costa était détenu d’abord à Ajaccio, puis à Borgo et enfin à Marseille, dans des dossiers criminels.

    C’est une lettre anonyme adressée au parquet européen en 2022 qui a dévoilé le pot aux roses. En décembre, quand les gendarmes se sont rendus au village de #Moltifao, le fief du clan Costa, pour contrôler le cheptel de l’éleveur, ils n’ont trouvé qu’une vingtaine de bovins, dont certains qui divaguaient, au lieu des cinquante-six déclarés.

    Personne n’était sur place pour s’occuper des bêtes, et une carcasse sans tête d’un bovin pris dans une clôture n’avait pas été débarrassée. Aucun camion à bestiaux ni machine agricole appartenant à Dominique Costa n’a été retrouvé. L’enquête des gendarmes avait pointé par la suite un #taux_de_mortalité inquiétant de 85 % dans le #troupeau depuis 2015, alors que la moyenne nationale varie entre 1 % et 2 %, et reste sous les 15 % en Haute-Corse.

    Interrogé par les enquêteurs en 2023, Dominique Costa n’a pas été très loquace. Il a expliqué que sa compagne et son fils s’occupaient du troupeau pendant sa détention, qu’il ignorait les raisons du taux de mortalité très élevé, et ne savait d’ailleurs pas grand-chose de son activité d’éleveur. Il a contesté catégoriquement toute forme d’escroquerie à la PAC, assurant n’avoir fait que suivre les instructions de la chambre d’agriculture et du vétérinaire. Il déclarait pourtant une centaine de bêtes en 2015.

    Six condamnations au compteur

    Il faut dire que Mimi Costa, 71 ans, a un profil d’éleveur un peu particulier. Réputé proche de l’ancien gang de la « #Brise_de_mer », il a déjà été condamné à une demi-douzaine de reprises depuis 1997 dans des dossiers d’association de malfaiteurs, détention d’armes, dégradation du bien d’autrui par un moyen dangereux, blanchiment aggravé, abus de biens sociaux et extorsion (dans une affaire de machines à sous), notamment.

    Son dernier procès remontait à septembre 2025. Accusé d’un assassinat commis en 2019 en Haute-Corse et d’une tentative de meurtre en bande organisée, Mimi Costa s’en était tiré avec une simple #condamnation pour association de malfaiteurs, et une peine de dix ans de réclusion au lieu des vingt-cinq réclamés par l’avocat général. Selon l’accusation, il est impliqué dans une longue série de règlements de comptes au sein du milieu corse, depuis l’assassinat de son neveu, commis en 2010, puis celui de son frère, Maurice Costa, en 2012.

    La famille Costa a une certaine renommée en Haute-Corse. Membre éminent de la Brise de mer, feu Maurice Costa avait eu son heure de gloire en 2001, en réussissant à s’évader de la prison de Borgo grâce à un faux ordre de libération envoyé par fax. L’autre frère, Jacques Costa, après avoir été conseiller général de Haute-Corse, est maire de Moltifao et président du parc naturel régional de Corse. En 2015, il a par ailleurs été condamné pour abus de biens sociaux commis dans son entreprise de travaux publics.

    Les 26 et 27 mai, Dominique Costa a de nouveau été jugé, pour l’affaire des #aides_agricoles cette fois, en visioconférence depuis sa cellule des Baumettes. Devant la 11e chambre correctionnelle de Paris, la représentante du Parquet européen a requis sa condamnation à une peine d’un an de prison, 50 000 euros d’amende, et une interdiction définitive d’exercer l’activité d’agriculteur. Dominique Costa a de nouveau protesté de sa bonne foi et de son innocence.

    Il a finalement été reconnu coupable d’escroquerie au préjudice d’un organisme public, et a été condamné mercredi 17 juin à une peine d’un an de prison, 10 000 euros d’amende, une interdiction définitive d’exercer l’activité d’agriculteur, et cinq ans d’inéligibilité. Il s’est en ouvre vu confisquer 63.000 euros, et devra rembourser 120.000 euros à l’ASP. Il a dix jours pour faire appel du jugement.

    Dans ses attendus, dont Mediapart a pris connaissance, le tribunal a estimé que les demandes d’aides de Dominique Costa étaient frauduleuses, car son activité agricole n’était pas effective, et qu’il « a fait usage de la fausse qualité d’agriculteur pour solliciter le paiement de #subventions agricoles ».

    Trois hauts fonctionnaires du ministère de l’agriculture devaient par ailleurs être jugés à Paris en avril pour détournements de fonds publics. Ils sont accusés d’avoir fait octroyer trop généreusement des aides européennes à des éleveurs porcins corses, en 2016, pour un préjudice estimé entre 370 000 euros et 1,2 million d’euros. Le procès a finalement été renvoyé à septembre 2027.

    https://www.mediapart.fr/journal/france/180626/depuis-sa-prison-le-bandit-corse-declarait-des-troupeaux-fictifs

    #justice #agriculture #élevage

    –-
    voir aussi :
    Pascoli di carta
    https://seenthis.net/messages/1128629

  • Italie : la laborieuse intégration des migrants africains - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/71837/italie--la-laborieuse-integration-des-migrants-africains

    Italie : la laborieuse intégration des migrants africains
    Par RFI Publié le : 11/06/2026
    L’Italie est une des portes d’entrée des migrants en Europe. Le gouvernement d’extrême droite de Giorgia Meloni tente de freiner l’immigration clandestine, venue d’Afrique notamment. Mais dans le même temps, les autorités font venir des centaines de milliers de personnes pour occuper des emplois dont l’Italie a besoin. Une immigration choisie qui a ses limites.
    Les migrants vivent dans des conditions précaires, et peuvent être victimes d’exploitation, sans compter le racisme. Nous nous sommes rendus dans la région agricole des Pouilles, dans le sud du pays.

    #Covid-19#migration#migrant#italie#subsaharien#immigrationchoisie#migrationirreguliere#integration#sante

  • Des opérations policières « vertigineuses » : la Mauritanie durcit sa politique migratoire sous la pression de l’Europe
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2025/07/11/des-operations-policieres-vertigineuses-la-mauritanie-durcit-sa-politique-mi

    À Nouadhibou, Mauritanie, des moteurs de pirogues sont entreposés après avoir été saisis par les gardes-côtes. Ces embarcations ont été interceptées pour diverses infractions, notamment le trafic de migrants clandestins ou la pêche illégale dans les eaux mauritaniennes. Le 15 juin 2025. ©Sylvain Cherkaoui pour Le Monde.
    Nouadhibou, port de pêche situé au nord de la façade maritime du pays, est depuis un quart de siècle l’un des carrefours du départ de migrants et « le ventre mou du dispositif » sécuritaire mauritanien. Mais, poussées par Bruxelles, les autorités tentent de porter un coup d’arrêt aux filières d’émigration irrégulière.Le capitaine de vaisseau Mohamed Salem Hamza dirige les garde-côtes mauritaniens et recèle en lui un lot d’images « cauchemardesques ». « Comment oublier ce bébé allaité par sa mère et tous deux retrouvés morts sur une plage ? », lâche l’officier, ébranlé, établi à Nouadhibou depuis un an et demi. Jusqu’à la fin de l’année 2024, « les cadavres jonchaient la plage et l’odeur était irrespirable jusqu’en ville », se souvient cet homme chargé de la surveillance des côtes et du sauvetage en mer dans cette zone devenue l’une des principales voies d’accès vers l’Europe. « Il fallait que cela cesse », ajoute-t-il.
    Port de pêche industriel, Nouadhibou est depuis un quart de siècle l’un des carrefours du départ de migrants et « le ventre mou du dispositif » sécuritaire mauritanien d’après M. Hamza, dont les « moyens restent insuffisants » avec deux patrouilleurs de haute mer, quatre vedettes et une vingtaine d’autres petites embarcations, pneumatiques compris. Selon le ministère de l’intérieur espagnol, 180 000 personnes ont ainsi rejoint illégalement les côtes des Canaries entre 2020 et 2024. Ces îles sont à trois jours de bateau de Nouadhibou, faisant ainsi de la capitale économique de la Mauritanie une base de projection des candidats à l’exil. Selon les autorités locales, 30 000 ressortissants d’Afrique subsaharienne y seraient désormais installés.
    Cet afflux, conjugué à l’émoi suscité par les images de naufragés, a poussé la Mauritanie à tenter de porter, entre février et mars, un coup d’arrêt aux filières d’émigration irrégulière. Alors que la route maritime par l’Atlantique avait permis en 2024 à près de 45 000 personnes – un record – de gagner l’archipel espagnol, les arrivées ont depuis baissé drastiquement : plus de 11 300 exilés ont débarqué depuis début 2025 sur les îles contre près de 19 300 sur la même période un an plus tôt, d’après les données du ministère espagnol de l’intérieur.Sous la pression de Madrid et de l’Union européenne (UE) et encouragée par une aide de 210 millions d’euros, en partie dédiée à la lutte contre l’émigration irrégulière, Nouakchott a donc opéré un « durcissement sur les questions migratoires », que salue M. Hamza, fier de poser devant les centaines de moteurs de bateaux confisqués qui s’étalent sous les fenêtres de son bureau.
    La réaction est tout d’abord intervenue à Lagouira, zone frontalière avec le Sahara occidental, mais contrôlée de fait par les forces mauritaniennes, dont les plages du Cap-Blanc ont vu partir les cayucos (pirogues) des migrants pour les Canaries. 88 réseaux de passeurs, la plupart à Nouadhibou, ont été démantelés au premier trimestre 2025 et seules deux embarcations ont pu partir de Lagouira, indique une source policière.Puis, la répression a débordé sur Nouadhibou. Des rafles, ciblant officiellement les sans-papiers, sont menées sur tout le territoire depuis fin février. Dans la rue, sur les chantiers, dans les salons de coiffure, dans les stations-service, sur les marchés, dans les champs et les mines… Entre janvier et avril, les autorités mauritaniennes assurent avoir expulsé « 30 000 personnes en situation irrégulière ».
    Un chiffre probablement sous-estimé car, pour la seule communauté malienne, au moins 27 000 de ses ressortissants auraient été renvoyés dans leur pays en guerre, d’après des sources au sein de cette communauté. Issiaka Traoré, à la tête des « Maliens de Mauritanie », l’une des communautés étrangères les plus nombreuses, raconte des opérations policières « vertigineuses ». Le 3 mars reste « [son] pire souvenir », lorsque « 524 Maliens ont été arrêtés en une seule journée et tous expulsés », déplore ce professeur marié à une Mauritanienne.
    « Des enfants de 10 ans ont passé une semaine de détention », relate Abdoulaye Diallo, de l’association d’aide aux migrants Ensemble pour un avenir meilleur (EPAM), basée à Nouakchott. Plusieurs cas de viols ont été recensés par des ONG mauritaniennes et des policiers ont extorqué des détenus, d’après des témoins rencontrés par Le Monde.
    Les opérations policières ont été pratiquées au faciès, ciblant exclusivement les personnes de couleur noire. « Etrangement, parmi les interpellés et les refoulés, il n’y a aucun Marocain ou Pakistanais, s’offusque le député de l’opposition Khally Diallo, alors que les réseaux de traite des migrants établis en Mauritanie attirent depuis des années des candidats à l’exode en Europe venus d’Afrique, mais aussi de Syrie et du sous-continent indien. Pour appuyer son propos, l’élu évoque les cas de « cinq Négro-Mauritaniens arrêtés puis refoulés » avant que l’Etat mauritanien ne s’en rende compte et les rapatrie. Contacté, le ministère de l’intérieur n’a pas souhaité répondre.Ces opérations policières ont par ailleurs été appuyées par des discours stigmatisants de personnalités du pouvoir. « Les migrants, on doit même aller les chercher dans leur maison ! », lançait, le 24 mai, Ahmedna Ould Sidibe, le wali (gouverneur) du Trarza (sud) sous les vivats d’une assemblée de Beidanes, la minorité des Maures blancs qui contrôle toujours les leviers du pouvoir en Mauritanie. « Si vous voyez un étranger qui n’est pas en règle, vous le signalez et le dénoncez », appelait-il.
    Cette traque a suscité l’effroi des migrants en situation irrégulière. Même les étrangers qui se pensaient protégés, comme les titulaires d’une carte de réfugié – on en dénombre plus de 176 000 dans le pays d’après le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR) – se sont retrouvés dans le viseur. Moussa (un prénom d’emprunt), ancien chauffeur routier qui a fui le Mali il y a dix ans après avoir été menacé à quatre reprises par les djihadistes, se terre aujourd’hui dans un lieu tenu secret.« Après les premières rafles début mars, je n’osais plus sortir de chez moi, explique-t-il. Je n’allais plus au marché travailler, on se sent persécutés. » Pour un impayé d’une « centaine d’euros » sur son loyer, des proches de son propriétaire, installé en Angola, l’ont menacé de mort. Ses deux plaintes déposées à la police sont restées lettres mortes. Comme Moussa et sa famille, des centaines de ressortissants d’Afrique subsaharienne, contraints de changer de domicile, sont désignés comme des ennemis de l’intérieur, selon les ONG mauritaniennes. Plus de 4 100 autres souhaitent rentrer dans leur pays d’origine, souligne l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Du jamais vu. « Dans ces opérations policières, la dimension raciale et raciste est évidente, alerte Sonia Haidara, une militante féministe qui, devant l’ampleur de la crise, a transformé son centre d’aide aux femmes victimes de violences sexuelles en hébergement d’accueil d’urgence aux migrants. Face aux abus, le pouvoir a certes affiché son opposition mais, en réalité, il se radicalise. » Le raidissement du pouvoir s’est encore accentué lors du procès d’Ablaye Ba, figure de l’Initiative pour la résurgence abolitionniste – mouvement fondé pour l’abolition de l’esclavage, criminalisé depuis 2007, mais dont certaines pratiques demeurent en Mauritanie – et bête noire du régime. Pour avoir critiqué les opérations en cours, le militant a été condamné, le 6 juin, à six mois de prison ferme pour « incitation à la haine raciale ».
    La gestion de la crise migratoire suscite pourtant un mécontentement grandissant. Face à « une crise sans précédent », prévient Khally Diallo, l’élu et d’autres ont aussi dirigé leurs critiques contre l’UE, accusée d’être « complice » du régime. « Par ses dotations financières colossales, l’Europe a versé de l’huile sur le feu. Si l’UE continue de soutenir ce régime qui arrête massivement et expulse abusivement en bafouant les droits les plus élémentaires, on court à notre perte », s’inquiète-t-il. Selon les données européennes, entre 2024 et 2027, l’Europe devrait engager plus de 950 millions d’euros en Mauritanie.
    Les conséquences de cette politique sont déjà visibles pour l’économie mauritanienne, fortement dépendante de la main-d’œuvre étrangère. Taxis, ménage, pêche et mines d’or artisanales, BTP… Des pans entiers de l’économie manquent de bras. A Nouakchott, le prix d’une brique et le salaire journalier des manœuvres ont presque doublé. Comme une centaine d’autres briqueteries de la capitale, celle de Kalidou Sy est moribonde.« Quotidiennement, les agents du ministère de l’emploi viennent inspecter », témoigne l’entrepreneur qui employait cinq Maliens. Plusieurs ont été arrêtés et refoulés. « C’est du harcèlement sous couvert d’une directive pour “mauritaniser” l’emploi », dénonce-t-il. Le lendemain de notre rencontre, sa société a été fermée et M. Sy recherchait dans les commissariats un employé disparu, probablement interpellé par la police.
    Par sa dénonciation de la présence de migrants subsahariens, l’aile dure du régime a réveillé les vieux démons du pays. Les rafles ont ravivé celles d’une tout autre ampleur survenues après 1989, lorsqu’un conflit frontalier précipita la Mauritanie et le Sénégal au bord de la guerre. En Mauritanie, comme le relata en 1994 l’ONG Human Rights Watch dans son rapport « Campagne de terreur », sans le dire, une campagne d’« épuration ethnique mais qui en avait les effets » fut menée. Des dizaines de milliers de Négro-Mauritaniens furent expulsés de leurs terres, des centaines de fonctionnaires noirs arrêtés, torturés, et tués. « 1989, c’est encore vivant dans les esprits, rappelle Aminetou Mint El-Moctar, défenseuse des droits humains, sélectionnée pour le prix Nobel de la paix, en 2015. On ne peut pas soigner les événements racistes du passé en commettant de nouveaux crimes racistes. »

    #Covid-19#migration#migrant#mauritanie#senegal#migrationirreguliere#politiquemigratoire#mali#subsaharien#droit#sante#racisme

  • À la conquête des carburants non fossiles
    https://actu.epfl.ch/news/a-la-conquete-des-carburants-non-fossiles

    Le secteur du #transport doit se réinventer face à ses impératifs de #décarbonation. Mais faute de parvenir à créer des véhicules véritablement révolutionnaires, c’est sur la #substitution des #carburants issus du #pétrole qu’il faudra compter.

    Pour répondre aux besoins futurs de #mobilité de l’#humanité, de nombreuses approches devront entrer en jeu. D’évidence, parvenir à imposer une certaine sobriété dans la quantité de kilomètres parcourus annuellement par chacun — surtout en avion — serait le moyen le plus efficace pour limiter l’impact climatique du secteur. Mais l’évolution des habitudes et l’émergence d’une classe moyenne de plus en plus fortunée dans les pays les plus peuplés du monde (l’#Inde et la #Chine) rendent illusoire toute diminution globale des #déplacements.

    Il me semble qu’on te l’a déjà dit ici, mais à l’avenir on préférera produire des #agrocarburants pour les avions et les bagnoles plutôt que d’assurer une alimentation décente à l’ensemble de l’humanité.

    #kérosène

  • Die neue Enzyklika von Papst Leo - Zitate zu 7 Schwerpunkten ...

    via https://diaspora.psyco.fr/p/12509774

    .... zusammengestellt von Patrick Kaczmarczyk auf Twi_X
    https://x.com/pat_kaczmarczyk/status/2061770181320360089

    Link zum deutschsprachigen Orginaltext:
    https://www.vatican.va/content/leo-xiv/de/encyclicals/documents/20260515-magnifica-humanitas.html

    Die neue Enzyklika von Leo XIV., der in Deutschland üblicherweise für seine Opposition zu Trump gefeiert wird, liest sich in Teilen wie eine Generalabrechnung mit zentralen Glaubenssätzen des hiesigen Medien- und Politikbetriebs. Meine 7 Favoriten:

    (I) “Heute ist es – unbeschadet des Rechts auf legitime Verteidigung, die im engsten Sinne zu verstehen ist – wichtiger denn je, die Überwindung der Theorie des ‘gerechten Krieges’ zu bekräftigen, die allzu oft herangezogen wird, um alle möglichen Kriege zu rechtfertigen.”

    (II) “Der Wert des Menschen hängt nicht davon ab, was er leistet oder produziert.”

    (III) “Soziale Gerechtigkeit erkennt man also an der Fähigkeit einer gesellschaftlichen, wirtschaftlichen und politischen Ordnung, allen – und insbesondere den Schwächsten – ein wahrhaft menschenwürdiges Leben zu ermöglichen, ohne dass jemand zurückgelassen wird.”

    (IV) “In Wirklichkeit erfordert eine gerechte Gesellschaft einen wachsamen Staat und zivile Institutionen, die eine reine Effizienzlogik überwinden und Ressourcen, Kreativität und Vorschriften bewusst zugunsten der Schwächsten lenken.”

    (V) Die bloße Summe von Einzelinteressen ist nicht in der Lage, eine bessere Welt für die gesamte Menschheit zu schaffen. Es ist eine Illusion zu glauben, dass es ausreiche, nach dem eigenen Fortschritt zu streben, um zum Wohl aller beizutragen, ohne sich um andere kümmern zu müssen.

    (VI) Die Subsidiarität rechtfertigt nicht den Rückzug des Staates, sondern gibt seinem Handeln eine Richtung: Das staatliche Eingreifen ist (…) erforderlich, um es allen gesellschaftlichen Akteuren zu ermöglichen, ihren Auftrag zu erfüllen, ohne dabei an den Rand gedrückt zu werden.

    (VII) “Statt darauf zu warten, dass die Vorteile des Wachstums ‘irgendwann’ auch an die Armen weiterfließen, sind Entscheidungen zu treffen, um das Wachstum von Anfang an inklusiv zu gestalten.”

    #Katholizismus #Vatikan #Enzyklika #Papst #Wirtschaft #Gesellschaft #Gleichheit #Armut #Ungleichheit #Neoliberalismus #Subsidiarität #Prekariat

  • Maroc : 26 nouveaux corps de migrants retrouvés à la frontière algérienne depuis le début de l’année - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/71556/maroc--26-nouveaux-corps-de-migrants-retrouves-a-la-frontiere-algerien

    Maroc : 26 nouveaux corps de migrants retrouvés à la frontière algérienne depuis le début de l’année
    Par Romain Philips Publié le : 26/05/2026
    Selon un bilan de l’association marocaine des droits de l’Homme, 26 migrants sont décédés entre le Maroc et l’Algérie depuis le début de l’année. Et si l’on englobe les chiffres depuis novembre 2025, ce sont près de 50 migrants qui ont trouvé la mort à cette frontière terrestre. « Du jamais vu », s’inquiète l’association.
    Dans la région orientale du Maroc, à la frontière avec l’Algérie, les drames se poursuivent. Selon l’Association marocaine pour les droits de l’Homme (AMDH), 26 corps de migrants ont été retrouvés depuis le début de l’année. Parmi les victimes, d’origine subsahariennes et soudanaises, figurent une femme et un enfant de moins de trois ans, selon un communiqué de l’AMDH.Toujours selon l’association marocaine, les corps des exilés ont été retrouvés à divers endroits. Quinze corps ont été découverts dans la région de Ras Asfour.
    Les onze autres ont été trouvés dans la province de Figuig - six à Aïn Chaïr et cinq à Bouârfa -. Seuls quatre exilés ont été identifiés. La découverte de cadavres de migrants dans cette région désertique du sud du pays est « nouvelle », explique à InfoMigrants Omar Naji, de l’AMDH.
    Cette route est principalement empruntée par les migrants soudanais qui souhaitent prendre un passage gratuit, hors des réseaux de passeurs, explique Omar Naji. Mais cette alternative, « est beaucoup plus éloignée et plus dangereuse », ajoute-t-il. Près de 300 km séparent la ville d’Oujda de celle de Figuig.À ce bilan s’ajoute celui de fin 2025, lui aussi conséquent. Au total, le nombre de migrants décédés entre novembre 2025 et avril 2026 s’élève à 47 personnes, dont 36 dans la région de Ras Asfour, parmi lesquelles trois femmes et un enfant. Un nombre « effarant », dénonce l’AMDH. « C’est anormal et grave. Du jamais vu sur cette frontière terrestre », dénonce Omar Naji.
    Les causes de ces décès restent non déterminées officiellement mais, estime l’association, coïncident avec des conditions climatiques difficiles, « notamment une baisse des températures, des pluies et des chutes de neige ». L’association pointe aussi la militarisation de la zone qui rend les passages clandestins plus « dangereux ».Les déplacements de nuit entraînent des chutes sur des routes accidentées et « méconnues » des migrants. L’association évoque « l’impossibilité d’allumer des feux pour se réchauffer », et la présence d’un fossé « profond de 4,5 mètres de large sur 4 mètres de profondeur », côté algérien.
    « Les migrants [tombent dans ce fossé parce qu’ils] se déplacent la nuit dans l’obscurité totale [pour essayer de franchir la frontière], ils ne peuvent même pas allumer les lampes de leur téléphones portables pour ne pas être repérés par les militaires », expliquait le mois dernier Omar Naji. Et faute de secours dans la zone, de nombreuses vies « n’ont pas été sauvées à temps » précise encore le rapport.Concernant les corps retrouvés dans la région désertique de Figuig, l’association ne dispose que peu d’informations. Car comme pour les autres décès, « les autorités n’ont pas communiqué de bilan des autopsies », regrette l’associatif.C’est une région plus désertique donc il n’y a pas, pour ces morts, les mêmes questions de froid et de passages montagneux qu’à Ras Asnour. « Nous n’avons que très peu d’informations sur cette route très éloignée. Les décès peuvent avoir de multiples raisons : les conditions difficiles du désert, des violences sur la route, etc ».
    Les migrants d’Afrique subsaharienne qui traversent généralement cette frontière depuis l’Algérie pour tenter d’entrer au Maroc et continuer leur chemin vers l’Europe se retrouvent pour beaucoup piégés par des trafiquants. Ils sont kidnappés, rançonnés."Les migrants sont séquestrés, mains ligotées, interdits de sortir, torturés après avoir saisis tout ce qu’ils possédaient (argent, téléphone…). Par la suite, chaque migrant est filmé dans cet état de détresse. La vidéo enregistrée est envoyée à sa famille (qui peut être dans le pays d’origine ou en Europe) pour demander une rançon de 500 euros contre sa libération", peut-on lire dans le rapport de l’AMDH.
    Les femmes sont elles aussi victimes d’exactions. « Elles subissent d’autres violations par les chefs de ces bandes criminelles qui les exploitent sexuellement pendant des années et bloquent leur projet de migration ».
    En décembre 2022, sept migrants subsahariens avaient déjà été retrouvés morts dans la même zone de Ras Asfour près de la ville d’Oujda, au nord-est du Maroc. Quelques jours plus tard, le 21 décembre, le cadavre d’un jeune homme âgé de 20 à 25 ans était découvert au même endroit, rapporte l’agence de presse espagnole EFE.En 2021, Driss Elaoula, membre de la plateforme Alarm Phone, avait aussi retrouvé au fond d’un de ces fossés le corps d’une jeune Camerounaise, « congelée ». Depuis 2017, plus de 76 décès ont été recensés dans cette zone, selon l’Association d’aide aux migrants en situation vulnérable (AMSV), basée à Oujda, ville proche de la frontière algérienne, parmi lesquels des migrants aussi originaires du Tchad et du Soudan.

    #Covid-19#migration#migrant#algerie#maroc#frontiere#mortalite#sante#routemigratoire#subsahariens

  • Le niveau des océans monte mystérieusement et la fonte des glaces n’explique pas tout
    https://www.slate.fr/sciences/niveau-oceans-monte-mystere-abysses-rechauffement-glace-fonte-dilatation-profo

    Le thermomètre grimpe, les glaces fondent et l’océan monte. Jusque-là, la mécanique semblait claire. Mais depuis environ une décennie, les capteurs installés aux quatre coins du globe affichent un bilan qui ne tombe pas juste. En clair, la mer monte plus vite que la somme des facteurs connus et surveillés. Ce trou dans la hausse du niveau moyen de la mer laisse les chercheurs perplexes : qu’est-ce qui peut pousser l’eau à monter ainsi ?

    Pour trouver la réponse, il a fallu se tourner vers les abysses. Une équipe internationale, menée par l’océanographe Anny Cazenave, vient de publier une étude relayée par The Debrief. Le constat est sans appel : les couches océaniques situées au-delà de 2.000 mètres de profondeur se réchauffent et se dilatent, contribuant de manière significative à la montée des eaux.

    • L’affaissement des sols fait plus que doubler l’élévation du niveau marin
      https://cartonumerique.blogspot.com/2026/05/laffaissement-des-sols-fait-plus-que.html

      L’étude montre que l’affaissement des sols double la montée relative de la mer sur les côtes peuplées. Le risque littoral naît donc autant du sol qui descend que de l’#océan qui monte. L’étude distingue la montée absolue de la mer et la montée relative, celle que vivent les habitants. Quand le sol s’affaisse sous les #villes, les deltas ou les plaines côtières, la mer gagne plus vite sur les territoires, les infrastructures et les quartiers exposés. Les chercheurs croisent GNSS, marégraphes, altimétrie satellite, InSAR et modèles géophysiques. Ces données couvrent près de 65% de la population côtière mondiale et rendent enfin visibles les affaissements très locaux des #métropoles et des deltas. Le résultat est saisissant. Entre 1995 et 2020, les populations côtières ont vécu en moyenne 6 mm/an de montée relative du niveau marin. Ce rythme dépasse d’environ deux fois la seule montée climatique absolue, car les sols s’enfoncent là où les densités sont fortes. La subsidence touche d’abord les espaces densément habités. 71% de la population côtière mondiale vit dans des régions qui s’affaissent. 55% subissent au moins 1 mm/an de subsidence et 43% au moins 2 mm/an, ce qui accélère concrètement l’exposition.

      Les points chauds se concentrent dans les grandes villes et les deltas d’Asie et d’Afrique. Jakarta s’affaisse en moyenne de 13,7 mm/an, Tianjin de 13,5 mm/an, Bangkok de 8,5 mm/an, Lagos de 6,7 mm/an et Alexandrie de 4 mm/an. Les deltas confirment cette géographie du risque. Le Gange-Brahmapoutre s’affaisse de 5,4 mm/an, le Nil de 7,8 mm/an, le Yangzi de 2,7 mm/an et le Mékong de 5,6 mm/an. Ces basses terres concentrent populations, cultures, ports, routes et vulnérabilités. On retiendra que le risque littoral n’est pas seulement produit par le climat, mais aussi par les usages du sous-sol, comme le pompage d’eau, de pétrole ou de gaz. Mesurer et réduire la subsidence devient donc essentiel pour adapter les côtes.

      #subsidence
      https://seenthis.net/messages/1172824

  • Matériaux : comment construire un autre monde | France Inter
    https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/la-terre-au-carre/la-terre-au-carre-du-mercredi-13-mai-2026-4522992

    D’où vient le béton coulé dans les fondations de nos immeubles ? Comment est fabriqué l’acier qui structure nos maisons ? De quel bois sont faits les meubles de nos appartements ? Nous sommes entourés de matériaux mais nous ne savons rien d’eux.

    Pour faire face au changement climatique, le monde du bâtiment joue un rôle majeur. Rien qu’en France le secteur de la construction représente 44% de l’énergie consommée et 123 millions de tonnes de CO2 : il faut produire les matériaux avec lesquels nous construisons nos logements mais aussi nous chauffer, climatiser, entretenir et parfois démolir ces bâtiments. Aujourd’hui on parle de « passoire thermique » ou de « diagnostic de performance énergétique » mais au fond nous ne connaissons que très peu les matériaux qui nous entourent au quotidien.

    La géographe Armelle Choplin et le philosophe en architecture Philippe Simay ont élaboré un « contre-catalogue » avec une liste de quinze matériaux majeurs de notre quotidien. Bois, colles, ciment, adjuvants sont vendus dans nos grandes surfaces et nos magasins de bricolage mais d’où viennent-ils ? Comment sont-ils fabriqués ? Et par qui ?

    L’acier fait partie des matériaux de leur enquête : le fer à béton est à l’un des biens les plus commercialisés et vendus au monde. Le prix de l’acier a flambé ces dernières années et pourtant les usines sidérurgiques ferment partout en Europe. La fabrication de l’acier s’est délocalisée en Inde et en Afrique et reflète les bouleversements de la mondialisation. C’est aussi le cas de la céramique qui continue à être produite dans certaines régions d’Italie ou d’Espagne mais avec de l’argile importé d’Ukraine.

    A lire : Armelle Choplin, Philippe Simay, Matériaux, un catalogue critique : construire le monde autrement publié aux éditions La Découverte

  • En Tunisie, près de 4 000 migrants ont quitté le pays depuis juillet par le programme de retour volontaire de l’État tunisien - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/71418/en-tunisie-pres-de-4-000-migrants-ont-quitte-le-pays-depuis-juillet-pa

    En Tunisie, près de 4 000 migrants ont quitté le pays depuis juillet par le programme de retour volontaire de l’État tunisien
    Par Julia Dumont Publié le : 15/05/2026
    Le ministère tunisien de l’Intérieur a indiqué que près de 4 000 migrants subsahariens avaient quitté la Tunisie depuis le mois de juillet 2025 par le biais du programme de retour volontaire mis en place par le gouvernement. Celui-ci complète les retours volontaires proposés aux exilés par l’Organisation internationale pour les migrations.
    C’est un chiffre en hausse constante. Le ministère tunisien de l’Intérieur a annoncé, jeudi 14 mai, avoir organisé le retour volontaire de près de 4 000 migrants depuis le mois de juillet 2025. « Ces retours se font dans le cadre d’un programme intégré, mené en coordination avec le Croissant-Rouge tunisien ainsi que les autorités régionales et locales, notamment dans le gouvernorat de Sfax », indique la presse tunisienne. Ils sont donc à distinguer des retours volontaires proposés aux exilés par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).
    L’État tunisien organise ces vols au départ de la Tunisie depuis le mois de juillet dernier. L’annonce avait été faite fin juin par le porte-parole de la Garde nationale tunisienne, Houcem Eddine Jebabli. « L’État a commencé à fournir des billets [d’avion] aux migrants africains en situation irrégulière » pour qu’ils « quittent la Tunisie et rentrent dans leur pays d’origine », avait-il déclaré auprès de l’agence de presse tunisienne (TAP).
    Depuis plusieurs années, le gouvernement de Kaïs Saïed a fait de la lutte contre l’immigration irrégulière sa priorité. Depuis février 2023, date d’un discours présidentiel virulent anti-migrants, le chef de l’État multiplie les restrictions pour pousser ces sans-papiers hors du pays. On estime que le nombre de migrants irréguliers en Tunisie se situe entre 20 000 et 25 000, selon les chiffres des ONG.
    Mais, selon des migrants installés dans les campements près de la ville de Sfax, les autorités tunisiennes multiplient désormais les expulsions pour forcer les exilés à partir. « Les hôpitaux de fortune autogérés sont régulièrement détruits. L’objectif est de terroriser pour forcer les retours dits ’volontaires’. Ensuite, la police vient le matin annoncer qu’un bus viendra pour le retour. C’est une nouvelle tactique. En l’espace d’un an, la moitié des migrants, à minima, a été expulsée de force vers leur pays d’origine par le gouvernement tunisien et d’autres ont disparu dans différents villages », avait expliqué aux Observateurs de France 24 David Yambio, cofondateur et porte-parole de l’organisation Refugees in Libya qui documente la situation des migrants en Tunisie et en Libye.
    En mars 2025, le président tunisien avait explicitement appelé l’OIM a accélérer le rythme des départs via le programme de retours volontaires. « Seulement 1 544 migrants », en Tunisie, ont été rapatriés dans leurs pays depuis le début de l’année 2025, avait indiqué le président tunisien, dans un communiqué publié dans la nuit de mardi 25 à mercredi 26 mars. Ce nombre « aurait pu être bien plus élevé si davantage d’efforts avaient été menés pour mettre un terme à ce phénomène inacceptable tant sur le plan humanitaire que juridique », pouvait-on encore lire dans la déclaration présidentielle. Kaïs Saïed avait appelé « toutes les autres organisations » concernées par ce problème à soutenir également « davantage les efforts tunisiens visant à faciliter le retour volontaire des migrants irréguliers ». Avec 8 853 migrants ayant bénéficié du programme de « retour volontaire », l’OIM a finalement réalisé en 2025 un nombre record de retours. En 2024, 6 885 personnes avaient profité de ce programme, et 2 558 en 2023.
    Début mars 2026, l’agence onusienne a indiqué que plus de 1 100 personnes étaient déjà rentrées, depuis le début de l’année, dans leur pays d’origine depuis la Tunisie avec ce programme.
    Les exilés subsahariens sont de plus en plus nombreux à solliciter l’OIM pour bénéficier de ces retours. InfoMigrants a déjà recueilli de nombreux témoignages de personnes en attente de leur enregistrement ou bien de leur départ depuis de longs mois.
    « La vie en Tunisie est devenue trop difficile. Tout va mal », avait confié Abdoulaye*, un Ivoirien de 19 ans établi près de Sfax, à InfoMigrants en juillet dernier. « On ne peut plus travailler car les employeurs refusent les Noirs, on ne peut plus se loger pour les mêmes raisons. Et les policiers viennent tout le temps détruire nos cabanes en nous disant de rentrer chez nous. On n’ose pas sortir car on a peur d’être agressé dans la rue par des Tunisiens qui nous volent nos téléphones et notre argent ». Face à cette situation, l’Ivoirien a demandé un retour volontaire à l’OIM en avril 2025. Atteint du paludisme, il a été pris en charge quelques semaines après par l’agence onusienne qui l’a transféré dans un de ses centres à Tataouine, dans le sud-est de la Tunisie. En juillet, il attendait encore l’avancée de son dossier. « Ça va mieux ici mais je ne sais toujours pas quand je pourrais rentrer, je n’ai pas encore de date. Ils me disent qu’ils attendent un document de l’ambassade ».
    « Le délai de traitement d’un dossier peut varier en fonction de plusieurs paramètres, tels que la situation personnelle du migrant, les procédures médicales et légales, notamment dans les cas de mineurs non accompagnés, les contraintes logistiques ou les formalités administratives liées au pays de retour », avait expliqué l’OIM à InfoMigrants en juillet. « Le départ intervient généralement dans un délai de quelques semaines, sous réserve de la finalisation des aspects logistiques », avait ajouté l’agence.
    La très forte augmentation des demandes de retours volontaires s’explique notamment par la considérable détérioration des conditions de vie des migrants en Tunisie. Depuis près de trois ans et le discours anti-migrants de Kaïs Saïed, la vie des exilés désirant rejoindre les côtes européennes en traversant la Méditerranée au départ de ce pays de transit « empire de jour en jour ». Violences, racisme, abandons dans le désert... Les maux sont nombreux. « Ici, il y a beaucoup d’agressions, de vols, de viols de femme et d’hommes… Moi-même, j’ai été kidnappé et séquestré en 2024 », racontait en novembre 2025 Lamine, un Guinéen, à InfoMigrants.
    Malgré ces demandes de retours volontaires en hausse, les programmes comme celui de l’OIM ou du gouvernement tunisien sont décriés par les chercheurs qui travaillent sur les migrations.
    Ces « retours volontaires » s’inscrivent dans un « processus de vulnérabilité accrue », avait expliqué Ahlam Chemlali, chercheuse en migration à l’Institut danois pour les études internationales (DIIS), à l’AFP en juin dernier. Leur situation est devenue « de plus en plus précaire et dangereuse » et « pour beaucoup, le programme de ’retour volontaire’ est devenu la seule alternative possible ». « Il n’y a rien de moins volontaire, que les ’retours volontaires’ », alertait, de son côté, Jean-Pierre Cassarino, enseignant chercheur au Collège d’Europe en Pologne, évoquant des migrants « acculés » et des « expulsions » qui ne disent pas leur nom.

    #Covid-19#migration#migrant#tunisie#subsaharien#retourvolontaire#OIM#migrationirreguliere#sante#vulnerabilite

  • En Tunisie, les bébés de la migration pris au piège, sans accès à la santé ou à l’éducation
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2026/05/14/en-tunisie-les-bebes-de-la-migration-pris-au-piege-sans-acces-a-la-sante-ou-

    En Tunisie, les bébés de la migration pris au piège, sans accès à la santé ou à l’éducation
    Par Driss Rejichi (El Amra [Tunisie], envoyé spécial)
    dans le camp du « kilomètre 31 », au nord de Sfax, les ruines des cabanes détruites par la police sont encore fumantes. L’opération de démantèlement a été menée aux aurores, le 7 mai. Une telle scène est devenue banale dans la région d’El-Amra, dont les oliveraies abritent depuis 2023 des dizaines de camps d’exilés subsahariens.Au milieu des abris détruits et des matelas brûlés, seule une cabane en bois et en sacs plastiques tient encore debout. « On a supplié en disant qu’il y avait des bébés à l’intérieur et, finalement, ils n’ont rien touché », explique Christian Mani, père camerounais de jumelles, Emmanuella et Israela, assoupies sur un matelas.Les bébés sont nés une semaine plus tôt, en pleine nuit, à l’intérieur de la tente. « L’Organisation internationale pour les migrations nous a dit que les ambulances ne pouvaient pas entrer dans le camp », explique M. Mani. Comme ses filles, des dizaines d’enfants seraient nés sans assistance au « kilomètre 31 ».
    Dans les camps d’El-Amra, de nombreuses mères se déplacent désormais avec leurs nourrissons sur le dos. « Je pense qu’au moins 80 % des filles dans les oliveraies sont déjà tombées enceintes, si ce n’est 100 % », assure de son côté Naomie, une autre Camerounaise établie au « kilomètre 19 », qui a donné naissance à une fille en février.
    « On a déjà du mal à avoir des médicaments, alors imaginez pour la contraception », soupire Naomie, qui préfère ne pas donner son identité. D’après la jeune mère, au « kilomètre 19 », le nombre de bébés et d’enfants en bas âge se rapproche « probablement de la centaine ».
    En Tunisie, le sujet des naissances de bébés subsahariens alimente le fantasme d’un « changement de composition démographique », expression employée par le président Kaïs Saïed en février 2023. En avril 2025, le député Tarak Mahdi assurait, quant à lui, qu’au moins 6 000 naissances de migrants irréguliers avaient été enregistrées.
    « Concernant ces chiffres, je crois qu’il y a beaucoup de manipulations pour prouver le récit officiel sur les dangers démographiques », tempère Romdhane Ben Amor, porte-parole du Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux.Même s’ils bénéficient, selon la loi, des mêmes droits fondamentaux à l’éducation ou à la santé, dans les faits, « ces enfants migrants en sont privés », déplore aussi Romdhane Ben Amor, même s’agissant des familles installées dans les grandes villes. Que ce soit pour une inscription à l’école ou un suivi médical, « les parents évitent d’aller vers les autorités, pour ne pas aggraver le risque d’être arrêtés ou expulsés », explique M. Ben Amor.
    Dans les oliveraies d’El-Amra, les droits fondamentaux des enfants ne sont pas plus protégés. « On avait construit une cabane école il y a plusieurs mois, avec pour projet de leur apprendre au moins l’alphabet, mais elle a rapidement été détruite », déplore Christian Mani.Dans le camp du « kilomètre 31 », Yakou, 8 mois, joue sur le sable avec son ami Mohamed, un an et demi. « On a peur d’aller à la clinique en ville, donc mon fils n’a pas de suivi médical », explique Fatime Koné, la mère de Yakou. Cette Malienne redoute les arrestations en dehors des camps, qui ciblent même les enfants et leurs parents.
    Fatime reconnaît avoir eu « la chance » d’accoucher à l’hôpital de Jebeniana, à quelques kilomètres du camp. « Les médecins m’avaient donné des médicaments et un carnet de suivi médical, mais tout a été brûlé par la police », déplore la jeune mère. Plusieurs autres parents confirment que les affaires des bébés et des enfants sont rarement épargnées lors des démantèlements.
    Les parents ont aussi rarement les moyens de déclarer la naissance de leurs enfants, même lorsque celle-ci a lieu à l’hôpital. Après avoir accouché à la clinique de Sfax, Naomie explique avoir réclamé un certificat médical de naissance « pendant plusieurs jours d’affilée », avant de rentrer au « kilomètre 19 » sans que le document lui soit délivré. « En Tunisie, avec des enfants, tu t’en remets seulement à Dieu », dit-elle.La jeune Camerounaise dénonce également un manque de considération des soignants. « J’ai accouché seule et dans la douleur », se remémore Naomie, qui affirme avoir été laissée sans surveillance dans son lit pendant plusieurs heures. Des allégations corroborées par Fatime Koné, qui aurait patienté dix heures seule dans une chambre avant d’être prise en charge à Jebeniana. Contactés, le ministère de la santé et les hôpitaux de Sfax et de Jebeniana n’ont pas répondu.
    De nombreux migrants se tournent vers le programme de rapatriement mis en place par les autorités tunisiennes. Mais pour Fatime Koné, originaire de Bamako, où la situation sécuritaire est très dégradée, « la seule option restante, c’est la mer », soit le voyage vers l’Europe. Pourtant, même si l’arrivée du printemps lance la saison des départs, les parents et leurs enfants restent des passagers non prioritaires, les « coxeurs » (passeurs) ne faisant pas payer leurs places aux nouveau-nés. « Il est rare qu’ils acceptent d’en emmener plus de cinq sur un bateau », explique Fatime Koné. Les barques métalliques sont aussi souvent surchargées, provoquant des naufrages meurtriers pour les enfants, qui sont rarement équipés de bouées de sauvetage adaptées. Quant aux bateaux secourus ou interceptés par les garde-côtes, leurs occupants continuent d’être expulsés vers les Etats d’Afrique du Nord, même accompagnés d’enfants

    #Covid-19#migration#migrant#tunisie#sante#mineur#camp#rapatriement#droit#subsaharien