• Algocratie : L’inégalité programmée - #DATAGUEULE 84
    https://www.youtube.com/watch?v=oJHfUv9RIY0

    Ils sont partout autour de nous et pourtant on s’arrête rarement pour les regarder vraiment : les algorithmes. Puissants outils de calcul, ces lignes de code sont aujourd’hui principalement utilisées pour tenter d’optimiser le monde qui nous entoure. Mais que produit cette optimisation ? Quels sont ses effets sur notre perception de la réalité quand il s’agit de trier des infos ? Et que produisent les algorithmes quand ils deviennent des leviers de décisions incontestables ? Prenons le temps de (...)

    #algorithme #domination #criminalité #prédictif #prédiction #santé #solutionnisme #discrimination #NSA #Skynet #Alibaba #Google #Microsoft #Tencent #Apple #Alibaba.com #Baidu #Facebook #BATX (...)

    ##criminalité ##santé ##GAFAM


  • Des singes en hiver, partie 2
    http://www.radiopanik.org/emissions/emissions-speciales/des-singes-en-hiver

    Vers le XIXème siècle le colonialisme s’approprie massivement les terres du monde entier. Une étrange image accompagne cette démarche : l’idée que ces terres sont un #désert, et que seules les techniques et l’économie occidentale peuvent faire fleurir le désert. En Argentine le massacre des indiens et le vol de leur terres s’appelle officiellement la conquête du désert. Mais on retrouve cette image aux Etats-Unis, en Algérie, en Palestine…

    Ce n’est pas un manque d’information, les colons savent très bien qu’il y a des gens, des animaux, des plantes, des minéraux précieux, de l’eau… dans ces déserts. Mais « désert » est une manière d’envisager le rapport à la terre.

    Parallèlement, lors de ces conquêtes, et c’est aussi une nouveauté de l’humanisme du XIXème siècle (les Espagnols ou les Portugais ne s’étaient pas (...)

    #racisme #décolonisation #racisme,décolonisation,désert
    http://www.radiopanik.org/media/sounds/emissions-speciales/des-singes-en-hiver_05714__1.mp3


  • La chanson la plus triste...

    BBC - Culture - Can data reveal the saddest number one song ever?

    http://www.bbc.com/culture/story/20180821-can-data-reveal-the-saddest-song-ever

    Data journalist Miriam Quick put Spotify’s new algorithm to the test, analysing over 1000 tracks to find the saddest pop songs to top the charts. The results were surprising.

    By Miriam Quick

    22 August 2018

    When I was 15 I discovered The Smiths, a band whose name had by then long been synonymous with misery. But it was Morrissey’s unique style of being miserable – coquettish and laced with Northern English humour, flipping between self-pity and irony – that appealed to my teenage self. That and the grandiose but intricately layered sweeps of Johnny Marr’s guitar. I’d always cry at the same points in each song: the end of Hand in Glove, the chord changes before the chorus of Girl Afraid, the line in The Queen is Dead where he sings “we can go for a walk where it’s quiet and dry”. I’m still not sure why the last one had such an effect.

    Roberta Flack - The First Time Ever I Saw Your Face

    https://www.youtube.com/watch?v=Go9aks4aujM

    #data #big_data #chanson #algoritme

    • 1. The First Time Ever I Saw Your Face – Roberta Flack (1972)
      2. Three Times a Lady – Commodores (1978)
      3. Are You Lonesome Tonight ? – Elvis Presley (1960)
      4. Mr Custer – Larry Verne (1960)
      5. Still – Commodores (1979)

      A mon avis, l’algorithme est loin d’être au point et le classement est hautement critiquable, non seulement subjectivement (parce qu’elles sont assez mauvaises ! Les Commodores ? Seriously ?! Et deux fois en plus ?), mais même objectivement si on se rend compte que les paroles des deux premières chansons sont en fait joyeuses !

      J’avais commencé une liste moi aussi, mais je ne l’ai jamais terminée...

      –Trouble of the World, Mahalia Jackson
      –Double Trouble, Otis Rush
      –Walking the Backstreets and crying, Little Milton
      –Part Time Love, Clay Hammond
      –Let Me Down Easy, Bettye Lavette
      –Unfair, Barbara Lynn
      –Nothing Takes The Place Of You, Toussaint Mc Call
      –Please come home for Christmas, Charles Brown
      –Lost Someone, James Brown
      –Nothing compares to you, Sinead O’Connor
      –Walk on by, Dionne Warwick
      –In The Rain, The Dramatics
      –Inner City Blues, Marvin Gaye
      –I wish I knew how it would feel to be free, Nina Simone
      –In the ghetto, Candi Staton
      –Crying time, Ray Charles
      –Gloomy Sunday, Billie Holiday
      –Ne me quitte pas, Jacques Brel

      #Musique #triste #palmarès #subjectivité


  • Google a « fait travailler » gratuitement les visiteurs d’un musée, et c’est ce que l’on appelle du « digital labor »

    Début juillet, à Paris, le Grand Palais accueillait un événement monté en partenariat avec le ministère de la Culture et Google. À cette occasion, les visiteurs ont "mis la main à la pâte" gratuitement pour le géant de la tech.

    La manifestation gratuite s’intitulait Art#Connexion. Du 7 au 9 juillet, elle réunissait 15 expériences autour de l’intelligence artificielle (IA) et de l’art. Parmi elles, le dispositif #DrawToArt invitant les visiteurs à gribouiller un dessin afin que l’IA de Google identifie l’œuvre lui ressemblant le plus.

    Comment nous sommes-nous retrouvés à travailler gratuitement pour les géants de la tech, sans vraiment nous en rendre compte ? Alors que le fait de naviguer sur Internet nous semble la plupart du temps guidé par le plaisir et la découverte, il est important de rappeler que cette activité n’est en aucun cas rendue possible grâce à la générosité et l’ergonomie des plateformes en ligne. Au contraire, c’est bien grâce aux internautes et à leur utilisation d’Internet que les acteurs du numérique sont capables d’optimiser leurs services et de générer du profit.

    Cette forme d’exploitation peut sembler difficile à caractériser à partir du moment où elle ne ressemble pas à du travail conventionnel (comme celui qui peut vous mobiliser plusieurs heures par jour, concentré à réaliser des tâches précises pour lesquelles un employeur vous rémunère). Poster une photo sur Facebook, partager une pensée sur Twitter, jouer avec l’Autodraw de Google, cliquer sur un résultat de moteur de recherche ou même discuter sur Skype avec un cousin qui habite à l’autre bout du monde... Ces différentes actions sont plutôt associées à une libre gestion de son temps, et non à une mission qu’on nous aurait assignée.

    Pourtant, toutes produisent bien de la valeur à partir du moment où elles génèrent des métadonnées, et donc des métriques sur le comportement en ligne, exploitables par les « capitalistes du numérique » comme les appelle Antonio Casilli. Souvenez-vous de Captcha, ces petits tests d’identification que l’on retrouvait sur bon nombre de sites lors de l’inscription. En participant à ce petit exercice permettant aux sites de repérer les bots, les internautes travaillaient pour Google, qui cherchait dans le même temps à numériser sans frais des livres. C’est finalement exactement ce qui s’est à nouveau produit au Grand Palais, lorsque la firme de Mountain View a mobilisé des visiteurs en les laissant dessiner pour alimenter le machine learning et entraîner son intelligence artificielle.

    Avoir conscience de l’existence d’un digital labor est essentiel pour comprendre l’économie numérique de notre époque. Pour Antonio Casilli, c’est aussi un moyen de discuter ensemble de l’idée d’un revenu inconditionnel universel des internautes, qui pourrait éventuellement passer par le revenu de base inconditionnel tel qu’envisagé ces dernières années. Celui-ci serait une façon de récompenser les citoyens pour la nature collective de ce travail invisible, disséminé en un nombre incalculables de petits gestes qui font leur présence numérique quotidienne.

    #digital_labor #travail_immatériel #subjectivités_productives #intelligence_artificielle #GAFA #Google


  • Adieux au #capitalisme. #Autonomie, société du #bien_vivre et multiplicité des mondes

    Il est temps de rouvrir le futur. Et d’engager résolument la réflexion sur ce que peut être un #monde_libéré de la #tyrannie_capitaliste. C’est ce que propose ce #livre, en prenant notamment appui sur les expérimentations sociales et politiques accumulées par l’insurrection et les communautés zapatistes, une « #utopie_réelle » de grande envergure.
    Pratiquer une #démocratie_radicale d’#autogouvernement et concevoir un mode de construction du #commun libéré de la forme #État ; démanteler la logique destructrice de l’expansion de la #valeur et soumettre les activités productives à des choix de vie qualitatifs et collectivement assumés ; laisser libre cours au #temps disponible, à la #dé-spécialisation des activités et au foisonnement créatif des #subjectivités ; admettre une véritable #pluralité des chemins de l’#émancipation et créer les conditions d’un véritable #échange_interculturel : telles sont quelques-unes des pistes qui dessinent les contours d’un #anticapitalisme non étatique, non productiviste et non eurocentrique.
    En conjuguant un effort rare de projection théorique avec une connaissance directe de l’une des expériences d’autonomie les plus originales et les plus réflexives des dernières décennies, #Jérôme_Baschet s’écarte des vieilles recettes révolutionnaires dont les expériences du XXe siècle ont montré l’échec tragique. Il propose d’autres voies précises d’élaboration pratique d’une nouvelle manière de vivre.


    http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-Adieux_au_capitalisme-9782707177230.html
    #livre #zapatisme #Etat-nation #productivisme #résistance #alternatives


  • « Je suis fatigué à mort de moi-même... »
    https://grozeille.co/je-suis-fatigue-a-mort-de-moi-meme

    Conversation entre Josep Rafanell avec Jean Baptiste Vidalou

    Nous devons nous attacher aux modes d’existence de notre expérience « entre » les êtres. Et les rendre opaques à l’extraction d’informations qui innervent le réseau. Faire lieu. Il y a là, me semble-t-il, une définition minimale d’une autre entente de l’autonomie politique. J’appelle cela « fragmenter le monde ». C’est à cette condition que nous pourrons fabriquer des nouvelles alliances, de nouvelles associations. Et que nous pouvons rendre possibles des rencontres qui ne se laissent plus gouverner.

    C’est là que la question de la communauté revient, celle des potentiels d’existence qui ne sont que des coexistences. Le monde commun ne préexiste pas à l’expérience qu’on en fait. Et l’expérience « du monde » ne peut être que située. Ce n’est qu’en situation qu’un monde peut émerger. L’expérience est toujours une perspective qui nait quelque part. David Lapoujade, dans son livre admirable, Les existences moindres, nous dit : « Le monde devient intérieur aux perspectives et se démultiplie par là même ». L’épreuve de notre intériorité se résout, non plus dans l’introspection doloriste de notre manque-à-être (dans la délicieuse torture de l’introspection : il y a toujours de l’Inquisition dans l’introspection) mais dans des « zones formatives » de l’expérience au contact avec d’autres êtres et leurs mondes autres.

    Considérer les modes d’existence par hétérogenèse, c’est s’armer contre le régime général d’équivalence, contre les prospectives qui spéculent sur la valeur des choses et des êtres. Nos devenirs seront toujours incommensurables. La communauté nous dit que l’affirmation des formes de vie est première dans le geste politique. La pluralité de mondes est notre meilleure arme contre les polices du gouvernement. 

    Opposer donc des plurivers à l’univers, oui. Mais qui nous font bifurquer. Il ne suffit pas de prendre acte de la pluralité du monde, il faut le faire diverger. Il faut pouvoir dire non. Construire à nouveau les lignes de partage, multiples, de la communauté. Je nomme la multiplication de ces gestes de destitution de la totalité avec l’oxymore « Parti de la multiplicité ». On pourrait aussi l’appeler, à nouveau, le parti des communistes.

    #commune #communauté #subjectivités #autonomie #communisme #un_monde_des_mondes


  • Mai 68, au-delà du souvenir, mais très loin de l’oubli

    Tomás Ibáñez

    https://lavoiedujaguar.net/Mai-68-au-dela-du-souvenir-mais-tres-loin-de-l-oubli

    Il en va exactement de même pour Mai 68 que pour toutes les expériences personnelles que nous avons très intensément vécues. On ne peut les contempler comme un simple souvenir et, quand nous les évoquons, nous ne pouvons éviter de revenir vers elles d’une manière presque physique, comme si elles étaient encore vivantes, comme si elles étaient encore tendues vers l’incertain horizon de leur avènement.

    Et, bien sûr, il est très difficile de parler d’une expérience qui est encore en cours ou dans laquelle nous nous trouvons encore émotionnellement impliqués, parce que ce qui nous vient alors, en premier lieu, ce ne sont pas des paroles mais un flot de sentiments, un déferlement d’expériences, des rafales d’images et un tourbillon de désirs… C’est-à-dire, tout sauf des paroles, tout plutôt que des paroles… Un peu comme si l’intensité même de l’expérience vécue mettait les paroles en crise.

    Cette crise des paroles est, dans ce cas particulier, d’autant plus paradoxale que Mai 68 fut, entre autres choses, l’éclosion et l’explosion de la parole, une des plus grandes prises de parole collectives qu’ait connues l’histoire. (...)

    #Mai68 #Tomás_Ibáñez #passé_présent #créativité #transformation #subjectivité #nouvel_imaginaire

    • Événement totalement inattendu, Mai 68 laissa complètement abasourdis ses propres acteurs et causa la stupéfaction dans le monde entier. Parce que personne n’imaginait que quelque chose de semblable pût se produire. Alors même qu’il avait entrepris sa marche, répétons-le, l’événement demeurait encore inimaginable pour nous. Mai 68 ne fut jamais le projet de personne.

      Il est littéralement impossible de parler de succès ou d’échec à propos des événements, ou, si l’on veut tordre le sens des mots, le succès d’un événement est tout simplement d’avoir eu lieu — son échec serait, a contrario, celui de ne pas s’être produit. Mai 68 eut effectivement lieu et là réside, si l’on veut, son seul et indéniable succès.



  • #LE_MEDIA : C’EST PARTI | Le Club de Mediapart
    https://blogs.mediapart.fr/alberteins/blog/121017/le-media-cest-parti

    Il réunit d’ores et déjà des dizaines de youtubeurs comme #Usul, #Osons_causer, Mr Mondialisation, de blogs comme #Le_Vent_se_lève, lesCrises.fr et d’autres revues indépendantes comme #Ballast. Chacun dans son style et dans ses priorités, en toute indépendance et liberté. Qu’il est heureux de les retrouver tous fédérés pour faire vivre une culture commune.

    Tous les médias alternatifs étaient présents ainsi que #Marianne seul #Médiapart était absent [...]

    • Un nouveau média ? Pour liquider ceux qui font leur travail ?
      Rappelons, que le NON au référendum 2005 n’a pas eu besoin d’un nouveau média.

      Les personnalités sollicitées ne pouvaient donner leur approbation.
      Pour tenir quelques rubriques sur ce média, quelques signataires sont parfaitement à leur place :
      Laurent Baffie , rubrique Féminisme et la dignité.
      Marie-George Buffet , rubrique accords politiques locaux et l’affairisme des elus.
      Aurélie Filippetti , rubrique remplacement du social par la Culture.
      Pierre Joxe , rubrique trucage des budgets.
      Noël Mamère , rubrique l’écologie molle.
      Arnaud Montebourg , rubrique redressement français.
      Karl Zéro , rubrique, médias et affairisme.
      mariane , rubrique simulation, avec médiapart .
      . . . . . .

      Les cinquante premiers signataires du Manifeste pour un nouveau média citoyen
      https://www.legrandsoir.info/liste-des-premiers-signataires-du-manifeste-pour-un-nouveau-media-cito
      Cécile Amar (journaliste), Christian Audouin (directeur de rédaction), Laurent Baffie (chroniqueur), Josiane Balasko (comédienne), Blick Bassy (chanteur), Lucas Belvaux (réalisateur), Marie-George Buffet (députée), Bernard Cassen (président d’honneur d’Attac), Judith Chemla (comédienne), Sophia Chikirou (communicante), Antoine Comte (avocat), Jean-Pierre Darroussin (comédien), Antoine Deltour (lanceur d’alerte), Jack Dion (journaliste), Aurélie Filippetti (ancienne ministre), Bruno Gaccio (auteur), Raquel Garrido (avocate), Frédéric Gros (philosophe), Robert Guédiguian (réalisateur), Thomas Guénolé (politologue), Janette Habel (politologue), Cédric Herrou (agriculteur), Eva Joly (députée européenne), Pierre Joxe (ancien ministre), Jul (dessinateur), Juliette (chanteuse), Aude Lancelin (journaliste), Dany Lang (économiste), L.E.J (chanteuses), Philippe Lioret (réalisateur), Noël Mamère (ancien député), Jean Massiet (youtubeur), Guillaume Meurice (humoriste), Gérard Miller (psychanalyste), Giovanni Mirabassi (pianiste), Tania de Montaigne (écrivaine), Arnaud Montebourg (ancien ministre), Gérard Mordillat (écrivain), François Morel (comédien), Patrick Pelloux (médecin urgentiste), Edouard Perrin (journaliste), Philippe Poutou (ouvrier syndicaliste), Adrien Quatennens (député), François Ruffin (député), Bruno Solo (comédien), Jean Teulé (écrivain), Usul (youtubeur), Jacques Weber (comédien), Martin Winckler (écrivain), Karl Zéro (réalisateur).

    • Cher Le Média, les médias libres te souhaitent la bienvenue
      Reporterre - 13 octobre 2017 / Coordination permanente des médias libres
      https://reporterre.net/Cher-Le-Media-les-medias-libres-te-souhaitent-la-bienvenue


      L’appel à créer un « nouveau média collaboratif, pluraliste, culturel et francophone, humaniste et antiraciste, féministe et pro LGBTI, écologiste et progressif » prépare le lancement de « Le Média », proche de la France insoumise. Les auteurs de cette tribune rappellent que des médias correspondant à ces critères existent déjà partout en France.

      Soutenez les médias citoyens !
      . . . . .
      La suite : https://seenthis.net/messages/637583

    • Son modèle économique et sa gouvernance correspondent aux valeurs de solidarité et d’implication populaire qui font bouger les choses dans tous les domaines : culture, sport, divertissement, actualité. Il réunit d’ores et déjà des dizaines de youtubeurs comme Usul, Osons causer, Mr Mondialisation, de blogs comme Le Vent se lève, lesCrises.fr et d’autres revues indépendantes comme Ballast. Chacun dans son style et dans ses priorités, en toute indépendance et liberté. Qu’il est heureux de les retrouver tous fédérés pour faire vivre une culture commune.

      Tous les médias alternatifs étaient présents ainsi que Marianne seul Médiapart était absent, comme le disait David Koubbi normalement lorsqu’un nouveau média sort il est salué par l’ensemble de ses confrères mais là c’est l’inverse, il ironise sur l’Express notamment mais il aurait également pu citer Médiapart, Europe1 etc . Et de conclure «  si l’on critique autant cette alternative c’est qu’elle fait peur et donc qu’elle est bonne ».




  • « 120 battements par minute » : déjà morts, encore vivants
    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/220817/120-battements-par-minute-deja-morts-encore-vivants

    Reconstitution fougueuse des années Act Up, le nouveau long métrage de #Robin_Campillo, 120 battements par minute, qui sort en salle mercredi 23 août, confirme l’intérêt du cinéaste pour les corps étrangers venant déranger l’ordre de la cité. Et soulève au passage quelques questions d’ordre politique et spectaculaire.

    #Culture-Idées #120_BPM #Actes_Up #Festival_de_Cannes

    • Ceux qui ont découvert le nouveau film de Robin Campillo dès sa présentation au 70e festival de Cannes, dont il a remporté le Grand Prix, l’ont à peu près tous rapporté : une invincible joie se dégage de la reconstitution d’une lutte pourtant parmi les plus graves, celle d’Act Up pour la reconnaissance, les droits et l’accès aux médicaments des malades du sida, à une époque, le début des années 1990, où ces derniers étaient indésirables dans l’espace public, où l’homosexualité n’accédait que péniblement à la visibilité et où les multi-thérapies n’existaient pas. Campillo, qui a rejoint l’association à ce moment-là, en 1992, parle même de « jubilation ». Le mot a beau sonner plus paradoxal encore, il est juste.

      Un grand nombre de militants d’Act Up étaient séropositifs. Quant aux autres, la règle était qu’ils se donnent pour tels. Tous incarnaient donc la mort. Une formidable puissance de vie ne les animait pas moins. Une formidable puissance de survie, plus exactement, au double sens du survivant et de celui que traverse une vitalité supérieure. (...)

      La cité abrite en son sein des corps étrangers ne se résolvant pas à l’être tout à fait. Soit ils sont déjà morts, soit ils s’apprêtent à l’être. Même vivants ils pourraient aussi bien être morts puisque la cité, de toute façon, s’obstine à ne pas les voir. Ce sont des corps en plus, des corps en trop dont le pouvoir, soudain gauche, se trouve comme embarrassé. Un sourde dissonance s’installe par leur faute au cœur du politique, un dilemme à la fois gouvernemental et affectif : voilà le malaise dont Robin Campillo a entrepris de faire la matière de son cinéma.

      Des propos plus critiques précèdent la conclusion du papier, j’extrais cette affirmation par trop rapide à mon goût, « 120 BPM se déroule en un temps qui n’est plus, un temps où le partage de l’information devait transiter par les corps, un temps où le moment et le lieu de la réunion étaient cruciaux. Une raison simple à cela : Internet n’existait pas ».
      La chaleur du collectif où va peut-être éclore une parole sans précédent et les gestes qu’elle implique, c’est derrière nous, épuisé depuis les 90’ ?
      C’est moins glamour nostalgie, mais faudra revenir à ces questions que des luttes cherchent, elles, à poser au présent et pour demain.

      #Act_Up (le post ci-dessus a pâtit de la correction automatique) #film #joie #luttes #subjectivité #collectif #intime #temps



  • Les bibliothécaires en pétard par Christine Tréguier | Politis
    https://www.politis.fr/blogs/2017/04/les-bibliothecaires-en-petard-34189

    Les bibliothécaires en pétard

    Une bibliothécaire un tantinet raciste ayant publié des « opinions » plus que douteuses sur sa page Facebook, suscite une guerre intestine dans sa communauté et se fait rappeler le nécessaire devoir de neutralité et de réserve » de sa profession par le directeur de l’ENSSIB. Une triste affaire qui a néanmoins un effet collatéral positif, celui d’un début de mobilisation autour des enjeux et des responsabilités de cette noble profession.

    #bibliothécaire #devoir_de_réserve #neutralité #subjectivité #choix_politique #Lionel_maurel #Olivier Ertzscheid #Patriot_Act



  • Cynisme, défaitisme, résignation – perspectives révolutionnaires (3) | labyrinthes
    https://labyrinthes.wordpress.com/2016/03/17/cynisme-defaitisme-resignation-perspectives-revolutionnaires-

    Ce qui donne à certain l’énergie et la rage de se battre produit chez d’autres des effets strictement opposés. La surabondance des informations concernant la barbarie économique, la puissance et l’impunité des multinationales, la corruption et collusion des politiciens, ne génèrent pas seulement des résistances résolues, mais aussi des redditions désabusées. Interroger l’accablante insuffisance du nombre de ceux qui résistent et des formes de résistances au sein des sociétés de consommation sous le prisme de la résignation, c’est reconnaître d’emblée que ce qui fait essentiellement défaut n’est pas le franchissement d’un seuil de conscience quant au cynisme criminel des sphères gouvernantes. La lucidité vis-à-vis de la désastreuse forfaiture du capitalisme apparaît de plus en plus comme une distinction marginale entre ceux qui tentent de résister et ceux qui collaborent avec plus ou moins d’enthousiasme à ce qui est : qui ignore encore le degré exorbitant d’inégalité séparant les plus riches des plus pauvres ? Qui se leurre quant à la mauvaise foi insolente du spectacle politico-médiatique ? Qui doute réellement du caractère écologiquement insoutenable de la marchandisation du monde ? Il en existe encore, mais leur nombre ne suffit plus à rendre compte de notre incapacité à renverser la dynamique macabre où l’on s’enterre. Le fait est que l’effondrement progressif des idéaux et croyances de l’époque engendre principalement du dépit, de la frustration ou de la peur, et tend à renforcer les replis identitaires et religieux, et donc l’influence des contre-révolutionnaires fascisants.

    #luttes #révolution #résignation


  • Contrôle des chômeurs : “J’étais tellement isolé que je me sentais le seul visé” | Sous la courbe du chômage
    http://blogs.lexpress.fr/courbe-du-chomage/2016/02/17/controle-des-chomeurs-jetais-tellement-isole-que-je-me-sentais-le-seu

    Contrôle des chômeurs : “J’étais tellement isolé que je me sentais le seul visé”

    Il fallait trois semaines pour décrocher un rendez-vous, toujours par e-mail. Ses coups de fil au numéro vert renvoyaient vers un serveur. “Je me suis senti complètement seul. A aucun moment je n’ai compté sur #Pôle_emploi.”

    Moi qui suis du genre à me justifier…

    L’automne dernier, Pôle emploi a décidé de renforcer le #contrôle_des_chômeurs. 200 employés ont été chargés de vérifier que les inscrits cherchaient bien du travail. Une procédure par courrier, d’abord, puis par téléphone, autant de mises en garde avant une éventuelle #radiation. Xavier s’est inquiété de la nouvelle. “Je me suis rendu compte que j’étais au #chômage depuis plus d’un an et demi et que rien n’avait avancé.” Avec 1400 euros d’allocation mensuelle, il ne se voyait pas “comme un nanti”, mais vivait mal l’idée même d’être suspect. “Pour moi qui suis du genre à me justifier en permanence, c’était un stress de plus.” Sa conseillère l’a rassuré : il ne serait pas concerné.

    Le questionnaire est pourtant arrivé dans la boîte aux lettres de Xavier un samedi de début février. Un courrier administratif comme tant d’autres, avec numéro de dossier, termes en gras et soulignés, puis quelques rappels d’articles de loi. Xavier “avait été désigné” pour une opération de contrôle. Pôle emploi voulait savoir s’il accomplissait “des actes positifs et répétés” pour retrouver un #emploi. Suivaient sept pages de questions minutieuses sur ses démarches , ses candidatures, ses éventuels entretiens.

    Pourquoi est-ce moi que Pôle emploi contrôle ?

    Dans son jargon institutionnel, Pôle emploi suggérait aussi “d’identifier [un] besoin éventuel d’appui” de la part de Xavier. Mais ce dernier ne l’a pas pris comme une main tendue, loin de là. “C’était d’une violence effarante. Pôle emploi me mettait en doute, mais pourquoi est-ce moi qu’il contrôle et non son propre fonctionnement ? Ses mots sont directifs et infantilisants. Ils blessent d’autant plus qu’au chômage, on passe déjà son temps à se remettre en question.” Ces procédures sont censées être aléatoires. “Mais ça, je ne le savais pas en recevant la lettre. J’étais tellement isolé que je me sentais le seul visé.”

    Xavier n’aura finalement pas à justifier de ses recherches car un “miracle” s’est produit. La première semaine de février, un employeur l’a rappelé pour un #CDD d’un an à pourvoir deux jours plus tard. Lui qui retardait le moment de remplir sa demande de RSA peine à décrire sa sensation de revivre. “C’est une libération. Vous ne me croirez peut-être pas, mais quand je sors dans la rue, je ne marche plus voûté. J’ai redressé les épaules et je me tiens enfin droit.”


    • Notre force n’est pas dans la manière dont on occupe l’#espace_public, notre #force elle est dans les #liens qu’on a entre nous , dans la sincérité de nos liens, dans la manière dont on vit et ce qu’on peut construire entre nous en termes de réseaux de #solidarité (...), si ils nous assignaient tous à résidence, ça continuerait, on trouverait des moyens d’entrer en contact les uns avec les autres, de la même manière que les gens arrivent à communiquer d’une cellule de prison à une autre, on trouverait des moyens ou on désobéirait, ils n’arriveront jamais à empêcher ça (...) Notre résistance a mille formes et ils arriveront jamais à l’étouffer...

      Bien des propos intéressants, structurés, ce bobino vaut le coup.
      Il offre aussi matière à interrogations... Parler de « pensée sans obstacle » me parait de l’ordre de l’autosatisfaction à bas prix, compensation sans doute utile lorsqu’on est coincé...
      Ces propos fournissent aussi un exemple de ce pli de l’emploi du #possessif, des pronoms personnels et possessifs (nos luttes, ici « mes valeurs »), dont bien des tracts, textes, articles sont grevés. Voir, pour citer un exemple dont je reste proche, comment cette manière d’être emprisonné dans une langue sans invention n’est pas spécifique à l’entretien cité ici, comment malgré, dans le cas qui suit, des efforts répétés pour ne pas, cette manie du possessif prend si souvent le dessus
      http://www.cip-idf.org
      Dire « nos luttes », conduit, du côté de la réception, à du « je veux en être » (est-ce certain ? comment ?) et, surtout, lorsque peu de ponts sont praticables, à du « allez y les gars et les filles », forme de délégation débilitante. Extériorité.
      La privatisation générale n’est que mal déjouée, peu contredite par de tels usages linguistiques, mécaniquement à l’oeuvre, la généralité appartiendrait au capital, une #subjectivité impersonnelle serait hors de portée, la capacité à s’approprier un dire, des arguments, passerait par le détour d’une inclusion, et/ou du choix d’une forme de vie, comme cela se dit tant et plus. L’érection de frontières, d’identités transpire partout. Autant de barrières micropolitiques. Séparation. Angst

      #vidéo #témoignage #analyse #état_d'urgence #assignation_à_résidence #liberté_d'aller_et_venir #pensée #obstacles


  • Les subjectivités réactives

    "Je voudrais en venir aux subjectivités typiques qui apparaissent dans notre conjoncture. Par « subjectivité typique » j’entends des formes psychiques, des formes de conviction et d’affect qui sont des productions du monde dont je parle. Ce n’est pas un relevé de toutes les subjectivités possibles. C’est celles que je considère comme étant induites ou produites par la structure du monde contemporain.

    Je pense qu’il y en a trois : la subjectivité occidentale, la subjectivité du désir d’Occident, qui n’est pas la même, et la subjectivité que j’appellerai « nihiliste ». Je pense que ces trois subjectivités sont des créations typiques de l’état contemporain du monde.

    La subjectivité occidentale est la subjectivité de ceux qui se partagent les 14% laissés par l’oligarchie dominante. C’est la subjectivité de la classe moyenne et elle est d’ailleurs largement concentrée dans les pays les plus développés. C’est là que des miettes peuvent être distribuées. Cette subjectivité, telle qu’on la voir fonctionner, est à mon avis travaillée par une contradiction. Un premier élément, c’est un très grand contentement de soi-même, les Occidentaux sont très contents d’eux-mêmes, ils s’apprécient beaucoup. Il y a une arrogance historique là derrière, évidemment : il n’y a pas si longtemps les Occidentaux étaient les détenteurs du monde. À l’époque, rien qu’à additionner les possessions, conquises par la pure violence, des Français et des Anglais, on avait presque la cartographie du monde extra-européen tout entier. Ce qui reste de ce pouvoir impérial direct et immense, c’est une représentation de soi-même comme étant, en quelque sorte, la représentation du monde moderne et comme inventant et défendant le mode de vie moderne.

    Mais ce n’est là qu’un versant de la chose. L’autre versant, c’est une peur constante. La peur constante de quoi ? Je dirais, usant d’un matérialisme quelque peu brutal, la peur de se voir balancer, à partir des 14% qu’on partage, du côté des 50% qui n’ont rien. Dans le monde tel qu’il est, les membres de la classe moyenne sont ce qu’on peut appeler des petits privilégiés. Et la peur constante d’un petit privilégié, c’est de perdre son privilège.

    Peut-être en effet, que, dans les tensions du capitalisme contemporain, on ne pourra plus entretenir comme avant la classe moyenne. Ce n’est pas impossible. Il n’est pas impossible, vu la rapacité grandissante de l’oligarchie et les conflits guerriers coûteux qu’elle est contrainte de mener pour défendre ses zones de profit, qu’on ne puisse plus donner à la classe moyenne ses actuels 14% des ressources disponibles, mais seulement 12% par exemple. Il y aurait alors le spectre menaçant de ce qu’on a appelé la « paupérisation des classes moyennes ».

    C’est pourquoi nous avons la relation dialectique typiquement occidentale entre un extrême contentement arrogant de soi-même et une peur constante. D’où la définition de l’art des gouvernements démocratiques aujourd’hui : l’art de diriger cette peur, qui anime leur base idéologique et électorale, la classe moyenne, non pas contre eux - les gouvernements -, mais contre tels ou tels représentants de la masse démunie. C’est une opération majeure : faire comprendre à la classe moyenne qu’en effet il y a des risques, que leur peur est légitime, mais que cette peur n’est aucunement motivée par les sages mesures du gouvernement et la gestion démocratique des affaires, car sa cause unique est l’intolérable pression exercée constamment sur la classe moyenne par l’énorme masse des démunis, et en particulier par les représentants internes à nos sociétés de cette masse : les ouvriers de provenance étrangère, leurs enfants, les réfugiés, les habitants des sombres cités, les musulmans fanatiques. Voila le bouc émissaire livré en pâture, par nos maîtres et leurs plumitifs, à la peur des classes moyennes, Ce qui est l’organisation d’une sorte de guerre civile rampante, dont nous voyons de plus en plus les sinistres effets. Tels sont les aléas subjectifs de ceux qui représentent, en un certain sens, le corps même de l’Occident.

    Considérons maintenant ceux qui ne sont ni de l’oligarchie, ni de la classe moyenne. C’est-à-dire qui ne sont ni consommateurs ni salariés, et qui de ce fait sont situés hors du marché mondial. Il faut comprendre qu’ils sont constamment exposés au spectacle de l’aisance et de l’arrogance des deux premiers groupes. Les médias de masse y pourvoient. Les médias de masse accompagnent partout l’expansion mondiale du capitalisme, et organisent le spectacle permanent de cette expansion. Nous avons là deux phénomènes absolument liés. Et d’ailleurs, les médias planétaires sont concentrés dans des firmes multinationales gigantesques, comme Apple, Google, etc.

    L’effet de cet accompagnement spectaculaire est que non seulement, le mode de vie occidental, mode dominant, n’est pas négociable, comme le dit le valeureux Bruckner, mais qu’en outre, il se montre à tout le monde comme tel. Et donc, les démunis, où qu’ils soient, ont le spectacle constant de l’aisance et de l’arrogance des autres. Et cela, en l’absence, que j’espère provisoire, d’une issue idéologique et politique d’ensemble, visant à contrarier, puis faire disparaître l’hégémonie du capitalisme ; ils voient donc, ces démunis, qu’il y a quelque part un noyau d’aisance, d’arrogance, de prétention à la civilisation, à la modernité, auquel ils n’ont aucun moyen de s’opposer réellement dans la pensée ou l’action, pas plus qu’ils n’en partagent la réalité. Et le résultat est une frustration amère, un mélange classique d’envie et de révolte.

    D’où les deux autres subjectivités typiques. Celle qui vient en premier c’est ce que j’appellerai le désir d’Occident : le désir de posséder, de partager, ce qui est représenté, et qui est partout vanté comme l’aisance occidentale. Il s’agit donc d’essayer d’adapter un comportement et une consommation de classe moyenne, sans en avoir les moyens. Alors, cela donne évidemment des phénomènes comme le flux migratoire, car la forme simple du désir d’Occident est tout simplement le désir de quitter les zones dévastées pour rejoindre ce fameux monde occidental, puisque c’est si bien là-bas, puisque tout le monde y est content et baigne dans l’aisance moderne et magnifique. Et si on ne peut pas y aller on peut s’abandonner à des aliénations locales, c’est-à-dire, des tendances à copier, avec des moyens misérables, les configurations et les modes de vie occidentaux. On pourrait parler très longtemps de ce thème du désir d’Occident, qui est fondamental aujourd’hui dans le monde et qui a des effets considérables tous désastreux.

    La dernière subjectivité, la nihiliste, est un désir de revanche et de destruction qui, évidemment, est en couplage avec le désir de départ et d’imitation aliénée. Ce violent désir de revanche et de destruction, il est naturel qu’il soit souvent exprimé, formalisé, dans des mythologies réactives, dans des traditionalismes qu’on exalte et qu’on déclare défendre, y compris les armes à la main, contre le mode de vie occidental, contre le désir d’Occident.

    Il s’agit là du nihilisme de celui dont la vie est comptée pour rien. Ce nihilisme se constitue en apparence contre le désir d’Occident, mais c’est parce que le désir d’Occident est son fantôme caché. Si le nihiliste n’activait pas la pulsion de mort, s’il ne donnait pas libre cours à son agressivité, éventuellement meurtrière, il sait très bien qu’en réalité lui aussi succomberait au désir d’Occident, déjà présent en lui.

    Il faut bien voir que ces deux subjectivités typiques - la subjectivité du désir d’Occident et la subjectivité nihiliste de revanche et de destruction - forment un couple qui gravite, version positive et version négative, autour de la fascination exercée par la domination occidentale.

    Et tout cela, dans un contexte où rien n’est proposé qui serait une levée collective affirmant et organisant la perspective d’une autre structure du monde. En sorte que ces trois subjectivités typiques sont en réalité toutes internes à la structure du monde telle que je l’ai décrite. Et c’est à partir de cette intériorité que je vais caractériser ce que j’appellerai le fascisme contemporain."

    Alain #Badiou

    http://la-bas.org/la-bas-magazine/textes-a-l-appui/alain-badiou-penser-les-meurtres-de-masse-du-13-novembre-version-texte#III-L

    • « Je rappelle, ces chiffres :
      – 1% de la population mondiale possède 46 % des ressources disponibles. 1% - 46% : c’est presque la moitié,
      – 10% de la population mondiale possède 86 % des ressources disponibles,
      – 50% de la population mondiale ne possède rien.

      Ainsi, la description objective de cette affaire, en termes de population, en termes de masse, signifie que nous avons une oligarchie planétaire qui représente à peu près 10 % de la population. Cette oligarchie détient, je le répète 86 % des ressources disponibles. 10 % de la population, ça correspond peu près à ce qu’était la noblesse dans l’Ancien Régime. C’est à peu près du même ordre. Notre monde restitue, reconfigure, une situation oligarchique qu’il a traversée et connue il y a longtemps et à laquelle, sous d’autres formes et sous d’autres aspects, il revient.

      Nous avons donc une oligarchie de 10 %, et puis nous avons une masse démunie d’à peu près la moitié de la population mondiale, c’est la masse de la population démunie, la masse africaine, asiatique dans son écrasante majorité. Le total fait à peu près 60 %. Et il reste 40 %. Ces 40 %, c’est la classe moyenne. La classe moyenne qui se partage, péniblement, 14 % des ressources mondiales.

      C’est une vision structurée assez significative : on a une masse de démunis qui fait la moitié de la population mondiale, on a une oligarchie nobiliaire, si je puis dire, du point de vue de son nombre. Et puis on a la classe moyenne, pilier de la démocratie, qui, représentant 40 % de la population, se partage 14 % des ressources mondiales.

      Cette classe moyenne est principalement concentrée dans les pays dits avancés. C’est donc une classe largement occidentale. Elle est le support de masse du pouvoir local démocratique, du pouvoir parlementarisé. Je pense qu’on peut avancer, sans vouloir insulter son existence - puisque nous en participons tous ici plus ou moins, n’est-ce pas ? - qu’un but très important de ce groupe, qui quand même n’a accès qu’à une assez faible partie des ressources mondiales, un petit 14 %, c’est de n’être pas renvoyé, identifié, à l’immense masse des démunis. Ce qui se comprend fort bien. »


  • #ALAIN_BADIOU : penser les #meurtres_de_masse

    Le lundi 23 novembre, Alain BADIOU était au Théâtre de la Commune. Le philosophe y a donné une conférence exceptionnelle suite aux #attentats du 13 novembre à Paris. Après la version vidéo, Là-bas si j’y suis publie en exclusivité le texte d’Alain BADIOU qui paraitra prochainement aux éditions Fayard sous le titre Notre mal vient de plus loin.


    http://la-bas.org/la-bas-magazine/textes-a-l-appui/alain-badiou-penser-les-meurtres-de-masse-du-13-novembre-version-texte

    • J’ai pas encor lu mais une rapide recherche m’indique qu’il n’y a aucune mention de genre, sexe, masculinité ni virilité dans cette analyse. Il y a une mention des femmes, une seule dans tout le texte qui fait 3 km, et elles sont comparé a des voitures. Et ce philosophe ne fait aucune remarque la dessus, comme si en matière de sexe et de genre, il pensait comme Daech qu’on peu énumérés les femmes avec les voitures.

      Ce qui m’intéresse ici, c’est ce que cette subjectivité fascisante propose aux jeunes. Après tout les tueurs de janvier comme ceux de novembre sont des jeunes, ce sont des jeunes d’ici. Ce sont des jeunes hommes entre vingt et trente ans, majoritairement issus de l’immigration ouvrière, à la deuxième ou troisième génération. Ces jeunes se considèrent comme sans perspective, sans une bonne place qu’ils pourraient occuper. Même ceux qui sont un peu éduqués, qui ont le bac, sont dans cette vision des choses : pas de place pour eux, pas de place en tout cas conforme à leur désir. Ces jeunes se voient donc à la marge à la fois du salariat, de la consommation et de l’avenir. Ce qu’alors leur propose la fascisation (qu’on appelle stupidement, dans la propagande, une « radicalisation », alors que c’est une pure et simple régression) est un mélange d’héroïsme sacrificiel et criminel et de satisfaction « occidentale ». D’un côté, le jeune va devenir quelqu’un comme un mafieux fier de l’être, capable d’un héroïsme sacrificiel et criminel : tuer des occidentaux, vaincre les tueurs des autres bandes, pratiquer une cruauté spectaculaire, conquérir des territoires, etc Cela d’un côté, et de l’autre, des touches de « belle vie », des satisfactions diverses. Daech paye assez bien l’ensemble de ses hommes de main, beaucoup mieux que ce qu’ils pourraient gagner « normalement » dans les zones où ils vivent. Il y a un peu d’argent, il y a des femmes, il y a des voitures, etc. C’est donc un mélange de propositions héroïques mortifères et, en même temps, de corruption occidentale par les produits. Et ça, c’est un mélange consistant qui a toujours été au fond, l’une des caractéristiques des bandes fascistes.

      Je ne pense pas que je vais perdre mon temps avec la lecture de ce texte qui sent fort le vieux patriarche prostatique. Comme d’hab 50% de l’humanité est un impensé. Marre de la #phallosophie

    • Il ne s’agit pas de révérer Badiou (oh non, jamais), et ce texte lui même n’est pas exempt de difficultés (...) mais je te signale @mad_meg qu’il cite la formule de DSK et ses amis, sans la lui attribuer explicitement, de « matériel humain », avec les "" après avoir évoqué la fonction politique du PS. C’est malgré tout l’un des textes (ici transcrit, c’est beaucoup moins chiant que l’audition)
      http://la-bas.org/la-bas-magazine/textes-a-l-appui/alain-badiou-penser-les-meurtres-de-masse-du-13-novembre-version-texte

      les plus utile pour comprendre ce qui ce passe, avec celui de Bertho, il me semble. Même si, l’esquisse d’approche en terme de pulsion et de #subjectivité qu’il propose loupe totalement la réassurance virile, et le (re)partage des sexes sous l’égide d’une réaffirmation de la domination masculine qui est aussi en cause ici, de part et d’autre.
      Et puis, il y a Phèdre :)


  • Museums Taking Stand for Human Rights, Rejecting ‘Neutrality’ | Inter Press Service
    http://www.ipsnews.net/2015/07/museums-taking-stand-for-human-rights-rejecting-neutrality

    “Social justice just doesn’t happen by itself; it’s about activism and people willing to take risks,” says Dr David Fleming, director of National Museums Liverpool, which includes the city’s International Slavery Museum (ISM).

    The institution looks at aspects of both historical and contemporary slavery, while being an “international hub for resources on human rights issues”.

    #musée #justice_sociale


  • Confessions marxistes
    http://ddt21.noblogs.org/?page_id=441

    Je ne me souviens plus à quel propos ce fut, mais Laura se rappela au cours de l’une de nos conversations sur Marx — sans doute avais-je exprimé le regret que son père eut laissé si peu de documents subjectifs purement personnels — qu’elle avait, avec sa sœur, posé un jour par jeu à leur père une série de questions dont les réponses devaient constituer des sortes de confessions. Elle réussit à retrouver ces confessions, les réponses ayant été ainsi intitulées dans l’original. Et c’est justement ces confessions de Marx par questions et réponses que j’offre aujourd’hui à l’attention du lecteur. Laura Lafargue m’en donna une copie. Les questions et les réponses étaient rédigées en anglais.


  • Pourquoi « moi » ?
    http://www.laviedesidees.fr/Pourquoi-moi.html

    De quoi parlé-je quand je dis « je » ? Pourquoi, en philosophie, passe-t-on du « je » au « moi », #sujet dont l’existence ne fait pas de doute ? Pour répondre à ces questions, dit V. Descombes, il faut une grammaire philosophique, qui explique comment on passe du pronom au substantif.

    Livres & études

    / subjectivité, #Descartes, sujet, #métaphysique

    #Livres_&_études #subjectivité


  • Goodbye Gratipay
    http://changaco.net/blog/goodbye-gratipay

    I have been Gratipay’s top developer for a year, but now the time has come for me to leave the team.

    Why?

    A few days ago Gratipay’s founder decided to start banning users from the site, for reasons that are not acceptable to me.

    To be clear, I don’t care specifically about infinitechan and rabite (the two users being kicked out), I had never even heard of them before joining the Gratipay team, same as I hadn’t heard of Shanley Kane before the so-called “Gittip crisis”.

    What now?

    Leaving the Gratipay team is greatly diminishing my income, as I was receiving $110/week through it.

    I don’t plan to start a fork of Gratipay. I am currently working on French open data, then I’m not sure what I’ll do. I may try to turn my idea of a new programming language (a mix (...)

    • #censure #neutralité #subjectivité #terms_of_use #shanley_kane #weev #gratipay

      Un service précis doit-il être neutre, ou seul la connexion à l’internet doit-il l’être (les FAI) ? La vie n’est pas neutre, même pour les FAI, on fait tou⋅te⋅s des choix politiques, des choix moraux. À chacun d’assumer les siens (et quand c’est un collectif, de faire en sorte que ces choix soient à peu près démocratiques).

    • La neutralité ça n’existe pas. Et encore moins pour un service précis (ici un réseau social de paiement entre pair⋅e⋅s) que pour une société qui vend « juste » des tubes.

      Que ce soit pour un site internet ou si on monte une communauté dans un village à retaper, on définit des règles, et on tente de les respecter et les faire respecter. Celles-ci peuvent être décidées par une seule personne (quand un projet est dirigé non-démocratiquement) ou par le plus possible (de manière au mieux démocratique), mais ça reste des règles, des choix politiques, qui existent, implicitement ou explicitement.

      La monnaie non plus n’est pas neutre. Et d’ailleurs aucun outil complexe ne l’est. Bref, une bonne partie du post de Merome (c’est un outil, ça devrait être neutre) est donc classiquement dans l’aveuglement progressiste-techno-béat du genre « c’est juste un outil, ça dépend comment on l’utilise ».

      Seenthis est un réseau social, il n’est pas neutre, il a ses règles de vie, ses CGU si on veut. C’est pareil pour Gratipay ou d’autres services ou communautés.

    • La neutralité d’un réseau est technique, ça signifie qu’il ne discrimine pas les flux. Politiquement le choix de la neutralité technique est du côté de l’anarchisme et du libéralisme, tandis que celui de la non-neutralité relève de l’autoritarisme.

    • Haha, cette appropriation… :)

      Déjà, comme je l’ai dit précédemment, si on peut à la limite considérer les FAI comme juste des « brancheurs de câbles », qui doivent rester au maximum neutre, pour ce qui est de Gratipay, de Seenthis, ou même de Facebook, ça n’a rien à voir. Ce sont des sites internet, proposant des services et/ou des communautés (voire des services communautaires). Ça n’a rien à voir avec juste « un réseau de flux ». Chacun a ses CGU, ses « règles de vie », qui peuvent ou pas être démocratiquement choisies ou imposées. Il n’y a aucune neutralité, et c’est impossible. Vivre à plusieurs ce n’est pas neutre, on choisit (ensemble ou pas) comment on vit ensemble.

      Quand à la neutralité, elle ne relève quasiment que du libéralisme qui est basé intégralement sur le fait d’être soi-disant neutre philosophiquement, le marché et les « intérêts bien compris » régulant les choses magiquement. Ce qui n’est qu’un mythe.

      Aucun courant de l’anarchisme n’a jamais revendiqué de neutralité, bien au contraire : des choix politiques de vie en commun qui doivent être décidés de manière radicalement démocratiques. Sauf si on considère le soi-disant « anarchisme » de droite, le libertarianisme, comme faisant partie du lot… mais ce n’est qu’un avatar plus poussé du libéralisme.

      L’autoritarisme c’est quand les choix de comment on vit en commun n’est pas décidé démocratiquement. Et non pas le fait même qu’il y ait des choix.

    • Tu continues de confondre neutralité technique et politique. Tu fais aussi l’amalgame entre le site Gratipay et le réseau de paiement qu’il y a en dessous.

      Le pire c’est que le mot neutralité n’est même pas utilisé dans le billet de blog que tu commentes, donc tes tirades sont hors-sujet.


  • Super hUmiliation

    En Ariège comme ailleurs, le Conseil Général délivre des bons alimentaires aux familles en difficulté.
    Un bon alimentaire, c’est 100 à 200 euros une à deux fois par an octroyés par l’ASE (aide sociale à l’enfance). Pour les obtenir, il faut rencontrer un travailleur social et monter un dossier justifiant des faibles ressources de la famille. Le dossier est ensuite examiné par une commission qui donne, ou non, son accord. Ces aides sont utilisées par des travailleurs précaires, des chômeurs ou toute famille ponctuellement en difficulté. Ces bons excluent seulement l’alcool, les vêtements et les produits ménagers. Mais le Super U des Bordes sur Arize s’est donné le rôle de redresseur de caddie de précaires.

    C’est ainsi qu’un samedi matin, devant l’ensemble des clients, une famille s’est vue humiliée et jugée sur le contenu de ses achats. Des pâtes et du riz bio de marque super U, jugez l’outrage !

    « Quand on crève la dalle, on n’achète pas du bio [...] moi je travaille et je mange pas bio. » Se sont-ils entendu dire. En plus de vendre de l’alimentaire, Super U offre une leçon de gestion de budget sur simple présentation d’un bon du Conseil Général.

    Les bons pauvres, y compris les caissières, doivent manger de la merde discount (peu importe si la différence de prix est en réalité négligeable sur les pâtes et le riz).

    Après cette scène nauséabonde, la famille sera finalement « autorisée » à quitter le magasin avec ses achats.

    Quelques semaines plus tard, ce même magasin informe le Conseil Général qu’il refuse désormais les bons alimentaires.
    Super U punit ainsi l’ensemble des familles en difficulté en les obligeant à faire plusieurs dizaines de kilomètres pour utiliser ces aides dans un autre supermarché.
    Quand on est un client pauvre de Super U, on doit accepter d’être contrôlé, humilié en public et devant ses enfants sous peine de se voir exclu.
    Pauvres, passez votre chemin !

    Reçu par mail du C.A.F.C.A.
    #humiliation #bad_market #pauvreté #classes #domination #alimentation #exclusion #compétition

    • déjà là
      http://seenthis.net/messages/357815

      C’est évidemment illégal, ces bons d’achat excluent « seulement » l’alcool, les vêtements et les produits ménagers.
      Il y avait une cinquantaine de personnes au rassemblement sur le parking du Super U ce samedi.

      Pour mémoire sur le dressage et le #contrôle des pauvres en Ariège (tout fait laboratoire pour le capitalisme) : Un conseil général socialiste supprime le RSA à des centaines de personnes, et le revendique
      http://www.cip-idf.org/article.php3?id_article=6332

      #conjuration_contre_les_pauvres

    • Désolée @colporteur, j’étais passée à côté.
      Mais ça ne fait de pas mal d’en rajouter une couche !

      Après, je pense qu’il y a beaucoup de cette haine sociale entre déclassés histoire de savoir qui ne sera pas le dernier. La caissière est dressée à avoir la haine contre les miséreux : pendant ce temps-là, elle ne lutte pas contre son patron pour avoir un salaire suffisant dans des conditions de travail acceptables pour mener une vie décente !

    • Soit pas désolée ! @monolecte (ai ajouté un article de La Dépêche sur la page citée).
      Tout à fait dac avec toi sur la manière dont on fait endosser aux dominés les rôles et positions les plus terribles pour qu’ils contribuent à policer juste en dessous d’eux, juste à côté. Je cite sans doute trop souvent l’exemple de Jospin répondant aux mouvement de chômeurs en 1997/98 "je préfère une société de travail à l’assistance" , mais c’est parce qu’il me parait emblématique de la réaction politique dont nous subissons les menées dévastatrices depuis quelques décennies déjà. Cette gauche a changé de paradigme. C’était avant le travailler plus de N.S... mais après les « faux #chômeurs » dénoncés par le 1er ministre Pierre Mauroy.
      On se pose contre toute logique de solidarité (supposée avoir fondée la gauche, voire la République) et on excite la jalousie du travailleur pauvre employé contre le #travailleur pauvre sans emploi (ou sans emploi stable). Voilà comment on façonne des #subjectivités... utiles.
      Mécanique de la #domination dont on sait qu’elle nous laisse bien démunis, qu’elle corrompt partout dans le « sauve qui peut », individu par individu, chacun contre tous, strate par strates, chacune excitée contre l’autre (le poujadisme des post rédigés par les lecteurs de la presse sur internet en témoigne à l’envi). Toutes les situations concrètes doivent relever de ce traitement sans qu’aucune logique collective émancipatrice puisse ne serait -ce qu’être dicible, et moins encore jouable. Le #darwinisme_social est une forme de #police, de #contrôle social.

      La seule « #dette sacrée » que ces gens veulent abolir c’est celle de l’#assistance due par « la société » à ses membres. Le mot est devenue injure, terme péjoratif. Tuant en nous l’expérience du bébé néoténique dont la survie dépend de l’autre, le malade, le fragile, l’appétence à simplement être avec. Il ne doit plus y avoir des « individus sociaux ». L’heure est à un type d’"homme nouveau" imprévu, dividu socialisé à la #concurrence, cette cage (son théâtre et ses cirques, plus ou moins cruels) dont on forge quotidiennement les barreaux. Du « marché du travail » à l’intime.

      #imaginaires_corrompus #précarité

    • @colporteur je retrouve assez la logique de « l’homme nouveau socialisé à la concurrence » que tu décrit dans certains discours qui formulent ça sous le terme d’appels à la responsabilité individuelle, sous entendant ainsi que les pauvres, chômeurs ou précaires le seraient en raison de leurs manquements personnels, et ne pourraient s’en sortir que par leur mérite personnel...

      La notion de concurrence, de #darwinisme_social, n’est pas forcément explicite dans ces discours « responsabilisants », mais elle est belle et bien là...