• Projet Duty free shop : l’évolution du terminal de l’aéroport de Stockholm, 2005-2007
    https://www.visionscarto.net/duty-free-shop-stockholm

    Titre Projet Duty free shop : Le Terminal de l’aéroport de Stockholm, 2005-2007 Mots-clés #cartographie_radicale #cartographie_expérimentale #transport #aéroport #espace_public #espace_privé #accaparement #colonisation #capitalisme #consommation #commerce #Stockholm #Suède #DFS Auteur Philippe Rekacewicz Date de création 2008-2012 #Cartothèque

  • Suède : le gouvernement appliquera ce dimanche une nouvelle loi expulsant les migrants qui ne mènent pas une « vie honnête » - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/72372/suede--le-gouvernement-appliquera-ce-dimanche-une-nouvelle-loi-expulsa

    Suède : le gouvernement appliquera ce dimanche une nouvelle loi expulsant les migrants qui ne mènent pas une « vie honnête »
    Par La rédaction Publié le : 13/07/2026
    Ce dimanche 19 juillet, une nouvelle loi va entrer en vigueur en Suède expulsant les migrants qui ne mènent pas une « vie honnête ». Depuis son arrivée au pouvoir en octobre 2022, le gouvernement suédois a multiplié les lois visant à endiguer l’immigration et à marginaliser les exilés, soutenu par les Démocrates de Suède, parti d’extrême-droite. Ce dimanche 19 juillet entrera en vigueur une nouvelle loi qui permet l’expulsion de migrants qui ne mènent pas une « vie honnête ». Concrètement, les exilés ayant obtenu le statut de réfugié ou la protection subsidiaire en Suède ne peuvent plus prétendre à un titre de séjour pour résidence permanente. Cette mesure doit également s’appliquer aux personnes venues dans le pays nordique via le mécanisme de réinstallation du Haut-commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR). « Le respect des lois et des règles va de soi, mais il doit également aller de soi que nous fassions de notre mieux pour vivre de manière responsable et ne pas nuire à notre pays », a déclaré le ministre de la Migration, Johan Forssell, lors d’une conférence de presse. Ces « manquements dans le mode de vie » pourraient être, outre commettre un crime ou un délit, la fraude aux prestations sociales, l’endettement, les perturbations à l’ordre public induites par la toxicomanie, ou encore l’apologie du terrorisme ou d’autres agissements qui « menacent la sécurité » de la Suède, a énuméré le ministre des Migrations.
    Ludvig Aspling, porte-parole en matière de politique migratoire du parti anti-immigration Démocrates de Suède, a précisé que « les déclarations, c’est-à-dire ce qu’une personne dit ou exprime, ne doivent pas en elles-mêmes être considérées comme une preuve d’un manque d’honnêteté, mais elles peuvent être un indice, par exemple, de liens avec l’extrémisme violent, ce qui peut alors être un signe de défaut de moralité ». Proposée en avril 2025, les ONG ont tout de suite critiqué cette nouvelle proposition gouvernementale. À l’instar de Civil Rights Defenders qui estimait que « cela créerait un système dans lequel certaines personnes pourraient être punies pour avoir exprimé des opinions qui restent tout à fait légales pour d’autres ». Selon l’ONG, « cela porterait atteinte au principe de l’égalité de traitement devant la loi et constituerait une évolution extrêmement regrettable pour la Suède ».
    Depuis son arrivée au pouvoir en 2022, le gouvernement suédois, soutenu au Parlement par les Démocrates de Suède, parti d’extrême droite anti-immigration, a introduit des restrictions de plus en plus sévères en matière migratoire. Ce lundi 12 juillet, c’est une loi visant à mettre fin à l’obtention d’un statut de résidence permanente pour les réfugiés et les bénéficiaires de la protection subsidiaire qui est entrée en vigueur. La « snitch law », « loi sur la délation » en français, a été adoptée lundi 15 juin par le Parlement suédois avec 174 voix pour - 172 députés ont voté contre. Ce texte, très controversé, oblige les employés du secteur public à dénoncer à la police toute personne en situation irrégulière en Suède. Début janvier, Stockholm avait indiqué vouloir durcir l’accès à la citoyenneté, et mettait déjà en avant une « conduite honorable ». Selon le texte, pour devenir suédois, un étranger devra avoir vécu huit ans en Suède - contre cinq ans actuellement -, passé un test de connaissances de la société et des valeurs suédoises, et réussi un examen de langue, avait recommandé une commission d’experts mandatée par le gouvernement. En mai 2024, une proposition de loi visait à obliger les travailleurs du secteur public à dénoncer aux autorités les personnes sans-papiers avec lesquelles ils sont en contact. Cette mesure, jugée raciste et discriminatoire par les défenseurs des droits, avait créé la polémique dans le pays. En décembre 2024, le gouvernement avait aussi annoncé un projet de loi qui limiterait la possibilité pour les demandeurs d’asile déboutés de déposer une nouvelle demande sans avoir quitté le pays, souhaitant ainsi lutter contre la « clandestinité ». Quelque 4 000 soignants avaient alors signé une tribune pour dénoncer un texte qui va à l’encontre du serment d’Hippocrate. « Cela aura des impacts de santé publique : des maladies pas traitées qui deviennent graves, la propagation de maladies infectieuses », expliquait la tribune.La « snitch law », « loi sur la délation » en français, a été adoptée lundi 15 juin par le Parlement suédois avec 174 voix pour - 172 députés ont voté contre. Ce texte, très controversé, oblige les employés du secteur public à dénoncer à la police toute personne en situation irrégulière en Suède

    #Covid-19#migration#migrant#suede#politiquemigratoire#droit#sante#migrationirreguliere

  • #Pax_Silica : l’#Europe s’aligne-t-elle sur #Washington contre #Pékin ?
    https://legrandcontinent.eu/fr/2026/06/29/pax-silica-leurope-saligne-t-elle-sur-washington-dans-la-guerre-tec

    En fin de semaine dernière, l’Union a rejoint aux côtés de 9 pays – dont 3 États membres : l’#Allemagne, les #Pays-Bas et la #Grèce – la Pax Silica, une initiative lancée par l’administration #Trump en décembre qui vise à renforcer la coopération dans les chaînes d’approvisionnement de l’#IA et des technologies de pointe.

    Dans sa forme, la Pax Silica vise à appliquer aux pays membres les principes fixés par Washington en matière de déploiement de l’IA.

    – En rejoignant l’initiative, les pays intègrent l’#écosystème #américain de l’IA et acceptent de développer une #interdépendance #technologique avec les #États-Unis.
    – L’alliance compte désormais 24 membres, dont sept pays européens et cinq États membres de l’Union (Grèce, Allemagne, Pays-Bas, #Finlande et #Suède).

    - #Paris avait dénoncé une tentative de « #colonisation de l’Europe » et une #incompatibilité avec le programme de #souveraineté technologique de l’Union, qui vise à réduire la #dépendance #stratégique du bloc, notamment vis-à-vis des États-Unis

    – Dans le cadre de l’accord commercial signé avec Washington à Turnberry en juillet 2025, la Commission s’était notamment engagée à « acheter pour 40 milliards d’euros de puces IA essentielles au maintien de l’avance technologique de l’Union ».

  • La Suède discrimine les migrants d’origine rom en leur refusant des soins, selon le Conseil de l’Europe
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/06/26/la-suede-discrimine-les-migrants-d-origine-rom-en-leur-refusant-des-soins-se

    La Suède discrimine les migrants d’origine rom en leur refusant des soins, selon le Conseil de l’Europe
    Le Monde avec AFP
    La Suède a enfreint plusieurs dispositions de la Charte sociale européenne en refusant de fournir les soins de santé nécessaires aux migrants d’origine rom, estime le Conseil de l’Europe, dans une décision rendue vendredi 26 juin. Il critique également la différence de traitement dont ils font l’objet par rapport aux autres personnes sans papiers.
    Une réclamation avait été déposée en 2023 par les ONG Amnesty International et Médecins du Monde, faisant valoir que dans 129 cas les Roms se voyaient soit refuser les soins de santé nécessaires, soit facturer l’intégralité du coût de ces soins, ce qui les dissuadait d’y recourir. Après une enquête de plusieurs années, le Comité européen des droits sociaux (CEDS), l’organe du Conseil de l’Europe chargé du contrôle de la Charte sociale européenne, ratifiée par 42 Etats dont la Suède, estime que Stockholm contrevient à trois de ses dispositions.
    « Les soins de santé constituent un préalable essentiel à la préservation de la dignité humaine » et l’exclusion de ces « migrants vulnérables de l’Union européenne » d’un accès effectif aux soins est discriminante, estiment les experts du comité dans leur décision. Le CEDS estime également que l’absence de règles nationales claires et la divergence des pratiques régionales en Suède ont mené à une discrimination indirecte touchant en particulier les Roms, notamment en leur faisant payer des montants différents. Le comité confirme « ce que nous avons constaté à maintes reprises au cours de nos trente-cinq années [de travail], à savoir que, malgré un droit garanti par la loi, ces personnes ne reçoivent pas les soins dont elles ont besoin et auxquels elles ont droit », a réagi Hannah Laustiola, secrétaire générale de la branche suédoise de Médecins du Monde, citée dans un communiqué conjoint avec Amnesty International. Elle cite ainsi un « homme âgé atteint de diabète, qui est tombé gravement malade mais s’est vu refuser un traitement, ou cette femme enceinte qui a reçu une facture de plusieurs milliers de couronnes ». Les « migrants vulnérables de l’Union européenne », terme officiel utilisé pour qualifier les Roms, vivent en Suède dans une situation de pauvreté et de marginalisation et n’ont généralement pas d’assurance-maladie dans leur pays d’origine, rappelle Amnesty. Selon les conventions internationales qu’elle a signées, la Suède est tenue de garantir à tous un accès pratique et abordable aux soins, sans discrimination, selon l’ONG.

    #Covid-19#migration#migrant#suede#roms#discrimination#sante#droit

  • Suède : le Parlement met fin à la résidence permanente pour les réfugiés - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/71873/suede--le-parlement-met-fin-a-la-residence-permanente-pour-les-refugie

    Suède : le Parlement met fin à la résidence permanente pour les réfugiés
    Par La rédaction Publié le : 12/06/2026
    Le Parlement suédois a approuvé mardi un projet de loi du gouvernement visant à mettre fin à l’obtention d’un statut de résidence permanente pour les réfugiés et les bénéficiaires de la protection subsidiaire. Cette mesure, qui entrera en vigueur le 12 juillet, s’inscrit dans le cadre d’un durcissement de la politique migratoire du gouvernement suédois ces dernières années.
    La Suède durcit encore sa politique migratoire. Mardi 9 juin, le Parlement suédois a adopté un projet de loi du gouvernement conservateur qui vise à supprimer les permis de séjour permanent dans le pays.
    Ainsi, les exilés ayant obtenu le statut de réfugié ou la protection subsidiaire en Suède ne peuvent plus prétendre à un titre de séjour pour résidence permanente. Cette mesure s’applique aussi aux personnes venues dans le pays nordique via le mécanisme de réinstallation du Haut-commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR). Cette nouvelle disposition entrera en vigueur le 12 juillet.
    Jusqu’ici, les personnes ayant obtenu le statut de réfugié recevaient automatiquement un permis de séjour temporaire (TUT) de trois ans. À l’issue de cette période, les réfugiés pouvaient demander sa prolongation ou prétendre à un permis de séjour permanent (PUT), qui permet de vivre et travailler en Suède sans limite de temps.
    Les personnes ayant obtenu la protection subsidiaire recevaient, elles, automatiquement un permis de séjour temporaire de 13 mois, renouvelable. Après trois ans de présence en Suède, elles pouvaient également prétendre à un permis de séjour permanent.
    Et enfin, les personnes arrivées via le HCR recevaient immédiatement un permis de séjour permanent.
    Désormais donc, l’ensemble de ces personnes sous protection en Suède n’auront plus accès à la résidence permanente, mais uniquement à un permis de séjour temporaire.Depuis l’afflux massif de migrants en Suède lors du pic migratoire de 2015, les gouvernements successifs de gauche et de droite ont durci les règles en matière d’asile et d’immigration. Soutenu par les Démocrates de Suède, un parti d’extrême droite anti-immigration, le gouvernement d’Ulf Kristersson a introduit des restrictions de plus en plus sévères depuis son arrivée au pouvoir en 2022.
    Fin avril, Stockholm a mis en place des de nouvelles règles, plus strictes, pour l’obtention de la nationalité. Ainsi, il faut désormais pouvoir justifier de huit ans de résidence dans le pays, contre cinq auparavant. Les candidats doivent par ailleurs bénéficier d’un revenu d’au moins 2 000 euros par mois, passer de nouveaux tests de langue et « mener une vie honnête », un critère jugé flou et controversé.En mars, le gouvernement suédois a annoncé poursuivre son projet de loi controversé qui obligerait les administrations suédoises, comme la sécurité sociale ou les impôts, à dénoncer les personnes en situation irrégulière. Il y a deux ans, les fonctionnaires s’étaient déjà mobilisés contre cette proposition de loi et avaient appelé à la « désobéissance civile ». Stockholm a aussi durci l’accès au regroupement familial et a fortement augmenté l’aide financière au retour des migrants dans leur pays d’origine. Depuis le 1er janvier 2026, en effet, la contribution de l’aide financière au retour peut atteindre 30 000 euros - contre 2 300 euros auparavant.
    En parallèle, le nombre de demandes d’asile a chuté de 30% l’an dernier par rapport à l’année précédente (6 735 en 2025, contre 9 645 en 2024). L’immigration liée à l’asile en Suède reste à son niveau le plus bas depuis 40 ans. « Si je fais le bilan du mandat jusqu’à présent [entre 2022 et 2025], on constate que le nombre [de demandes d’asile] a diminué de près de 60% et que, dans le même temps, les retours ont augmenté de 60% », s’est félicité début janvier le ministre des Migrations Johan Forssell

    #Covid-19#migration#migrant#suede#asile#politiquemigratoire#retour#regroupementfamilial#sante#droit

  • #Trio_rop


    https://www.youtube.com/watch?v=187PUhJ4OZo

    Trio rop is a swedish vocal trio singing contemporary folk songs. Their goal is to open up the idea of what a folk song is. They strive to make the tradition accessible to people outside of the folk community by singing about topics they themselves miss in the genre. Such as the stories about queer love. With three very different voices, unexpected arrangements and unimaginable presence, they will move something deep inside you.

    https://triorop.com

    #musique #polyphonie #Suède #folk #neo-folk #femmes #beau

  • « Ils me tueront » : en Suède, l’angoisse des Afghans face aux négociations avec les Taliban - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/71637/ils-me-tueront--en-suede-langoisse-des-afghans-face-aux-negociations-a

    Ils me tueront" : en Suède, l’angoisse des Afghans face aux négociations avec les Taliban
    Par RFI Publié le : 01/06/2026
    La Commission européenne a invité des responsables talibans à Bruxelles afin de discuter du renvoi d’Afghans condamnés, déboutés du droit d’asile ou en situation irrégulière sur le sol européen. Présentée comme « technique » et sans reconnaissance officielle du régime, cette réunion fait néanmoins polémique, notamment en Suède, pays qui joue un rôle central en coordonnant cette initiative. C’est là-bas, à Stockholm, que notre correspondante a rencontré ceux qui sont terrorisés à l’idée de retourner dans l’Afghanistan des talibans. 
    * REP internat 2’30 01-06-26 Afghans menacés d’expulsion en Suède
    Le reportage de notre correspondante Ottilia Férey à Stockholm est à écouter dans son intégralité dans l’émission Accents d’Europe.

    #Covid-19#migrant#migration#suede#afghanistan#politiquemigratoire#retour#asile#droit#sante#asile

  • Je suis la mer

    En #Suède, dans les années 1940, l’installation d’un #barrage engloutit le village estival d’#Ingá et #Rávdná, nomades samies. Sous les eaux du lac, leur monde disparaît, sacrifié au nom d’un #progrès qui méprise les peuples autant que les #paysages. Mêlant drame écologique et tragédie intime, lutte pour la #mémoire et conflits de générations, #Elin_Anna_Labba signe un #roman saisissant porté par une langue d’une beauté rare, qui donne chair à la #lutte pour la #terre et l’#identité, et marque durablement le coeur et l’esprit. Un premier roman événement, traduit dans plus de dix langues.

    https://editions-rivages.fr/catalogue/je-suis-la-mer-021453
    #livre #sami #peuples_autochtones #barrage_hydroélectrique

  • Girls and women in criminal networks. A study of entry-points, participation, criminality and exits

    This report presents a study of girls and women in criminal networks that sheds light on what characterises the girls involved, how they become involved, their conditions, what offences they typically commit and what opportunities they have to leave criminal groups.

    https://bra.se/english/publications/archive/2025-10-22-girls-and-women-in-criminal-networks

    #femmes #criminalité_organisée #rapport #Suède #réseaux_criminels

  • La Suède décide de durcir ses règles d’obtention de la nationalité - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/71192/la-suede-decide-de-durcir-ses-regles-dobtention-de-la-nationalite

    La Suède décide de durcir ses règles d’obtention de la nationalité
    Par RFI Publié le : 04/05/2026
    À Stockholm, le Parlement a adopté mercredi 29 avril de nouvelles règles qui durcissent les critères en vue d’obtenir la nationalité suédoise. La nouvelle législation entrera en vigueur le 6 juin prochain et s’appliquera de façon rétroactive aux personnes qui ont déjà déposé un dossier conforme, une première en Europe. Plus de 100 000 individus en attente d’un passeport sont concernés.
    Obtenir la nationalité suédoise sera bientôt plus compliqué. À compter du 6 juin prochain, de nouvelles règles - plus strictes - entreront en vigueur dans le pays pour tous ceux qui souhaitent se lancer dans cette démarche. Ainsi, il faudra désormais pouvoir justifier non plus de cinq mais de huit ans de résidence dans le pays. Les candidats devront par ailleurs bénéficier d’un revenu d’au moins 2 000 euros par mois, passer de nouveaux tests de langue et « mener une vie honnête », un critère jugé flou et controversé.
    Si elle s’appliquera à tout nouveau dossier, cette législation concernera aussi toutes les personnes dont la demande est déjà en cours de traitement, à leur grand désarroi. Tel est par exemple le cas de James, un Britannique de 46 ans installé en Suède qui attend de recevoir son nouveau passeport depuis trois ans.
    Exprimant sa frustration face à cette nouvelle législation, cet homme qui confie avoir « vraiment travaillé dur » pour construire sa vie en Suède, en apprendre la langue, fonder une famille et s’intégrer dans le pays, dit se sentir « déshumanisé » et « rabaissé », ajoutant que cette incertitude n’est pas sans répercussions sur sa santé. James s’inquiète notamment de ne pas pouvoir atteindre le niveau de revenu requis. Amer, il estime également que la Suède est en train de mettre en place un environnement de plus en plus dissuasif, avec des procédures rallongées et des dossiers qui n’aboutissent pas, dans le but de décourager les demandes de visa ou de nationalité.
    Évoquant une situation « kafkaïenne » et expliquant être venu en Suède pour échapper aux discours de haine et de division, celui-ci dit avoir aujourd’hui « l’impression d’assister à un accident au ralenti » et voir le pays reproduire les mêmes erreurs que d’autres avant lui. Malgré tout, James affirme ne pas vouloir abandonner sa démarche et se dit prêt à attendre autant que nécessaire

    #Covid-19#migration#migrant#suede#politiquemigratoire#sante#naturalisation

  • En Suède, la surenchère anti-immigration de la droite et de l’extrême droite fait réagir une part croissante de la population
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/05/01/en-suede-la-surenchere-anti-immigration-de-la-droite-et-de-l-extreme-droite-

    En Suède, la surenchère anti-immigration de la droite et de l’extrême droite fait réagir une part croissante de la population
    Par Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale)
    D’origine ouzbèke, Dmitry et Elena Gaffarov ont été embarqués au petit matin, le 20 mars, par plusieurs véhicules de police, sous le regard médusé de leurs voisins. Le couple vit en Suède depuis vingt-deux ans. Elle était employée d’une cantine scolaire à Sundsvall, à 375 kilomètres au nord de Stockholm. Lui travaillait comme mécanicien pour la compagnie locale de transport public. Ni leur relation avec leur fils unique de 21 ans, né en Suède, ni les liens qu’ils y ont établis n’ont affecté la décision des services d’immigration, qui ont décidé, en février, de les renvoyer dans un pays où ils n’avaient pas mis les pieds depuis 2004.
    Lycéen d’origine géorgienne, Mate, 17 ans, né en Suède, va devoir partir lui aussi, comme Rabea Allah Wais, 95 ans, arrivée d’Irak il y a vingt ans. Assis dans un café à Stockholm, Manvel Minasyan, Shahrdad Sherbabaki et Paula Hanna disent la « honte » qu’ils ont ressentie le jour où leur permis de séjour n’a pas été renouvelé. Nés en Arménie, en Egypte et en Iran, ils ont entre 21 et 26 ans. Ils ont passé leur adolescence en Suède : « Nous n’avons pas décidé de venir ici, mais maintenant c’est chez nous, et on nous traite comme des criminels. » Depuis le début de l’année, le récit de ces vies fracassées inonde la presse suédoise, donnant à voir l’ampleur du durcissement de la politique migratoire du pays et ses conséquences. Depuis son entrée en fonction en octobre 2022, le gouvernement libéral conservateur soutenu par l’extrême droite se vante d’avoir augmenté d’« au moins 60 % » les retours. Et ce n’est pas fini : à quelques mois des législatives du 13 septembre, une série de réformes va bientôt entrer en vigueur, restreindre encore les conditions d’accueil. Peu importe que des voix de plus en plus nombreuses s’élèvent pour dénoncer les dommages collatéraux d’une politique qui frappe tous azimuts.
    Ainsi, le 1er juin, le salaire minimum pour obtenir un permis de travail va passer à 33 390 couronnes (3 074 euros) par mois. Cinq jours plus tard, ce sera au tour des règles d’octroi de la citoyenneté suédoise d’être modifiées rétroactivement, sans clause transitoire, affectant plus de 100 000 personnes dans l’attente d’une naturalisation.
    Puis, le 12 juillet, le droit de séjour permanent sera supprimé pour les réfugiés. Initialement, le gouvernement voulait remplacer l’ensemble des titres permanents par des permis temporaires. La mesure aurait touché 118 000 personnes, dont beaucoup arrivées il y a plus de dix ans, et mobilisé les services de l’immigration pendant huit ans. Face à l’ampleur de la tâche et le questionnement autour de la légalité de cette réforme, la coalition a décidé de la reporter.
    Mais elle a maintenu ce que ses adversaires ont baptisé la « loi sur la délation », qui entrera en vigueur le 13 juillet et forcera les employés de six administrations publiques, dont l’Agence pour l’emploi et la Caisse d’assurance sociale, à dénoncer à la police toute personne soupçonnée de se trouver illégalement sur le territoire suédois.
    Le même jour, mener une « vie honnête » deviendra une condition pour obtenir un titre de séjour en Suède. « Si, par exemple, vous ne payez pas vos dettes, vous ne vous conformez pas aux décisions des autorités suédoises, vous abusez du système d’allocations, vous obtenez un permis de séjour suédois par des moyens frauduleux, alors vous n’avez pas le droit d’être ici », a expliqué le ministre de l’immigration, Johan Forssell, lors de la présentation du texte, critiqué par de très nombreuses instances qui s’inquiètent des risques qu’il fait peser sur la liberté d’expression.
    Ces nouvelles restrictions interviennent alors que les conditions d’accueil en Suède ont déjà été sévèrement restreintes depuis 2015 et l’arrivée de 160 000 réfugiés. Dix ans plus tard, seulement 6 735 demandes d’asile ont été enregistrées, soit le niveau le plus bas depuis trente ans. Quand la droite et l’extrême droite ont remporté les élections en 2022, les quatre partis – conservateurs, Libéraux, Chrétiens-démocrates et Démocrates de Suède – ont promis de s’aligner sur le « minimum européen », s’engageant à accélérer le départ des migrants en situation irrégulière et des délinquants.
    Mais « cela va bien au-delà aujourd’hui », estime le député Niels Paarup-Petersen, porte-parole du Parti du centre sur les questions d’immigration et d’intégration. « L’objectif désormais est d’expulser tous ceux qui ne sont pas suédo-suédois », dit-il, citant l’eurodéputé d’extrême droite Charlie Weimers (Démocrates de Suède), qui se félicitait, fin mars, que « l’ère de la déportation [ait] commencé ». Niels Paarup-Petersen dénonce des lois « bâclées » qui créent une « incertitude juridique ». « Je rencontre des ressortissants étrangers qui me disent qu’ils ont peur et je les comprends, car, en tant qu’immigrés en Suède, vous n’avez aucun droit à l’erreur et vous ne pouvez pas planifier votre vie. »
    Chercheur à l’Institut suédois des études européennes, Bernd Parusel voit lui aussi un changement de paradigme : « Le gouvernement dit mener une politique restrictive, mais c’est plus que cela, avec des propositions qui dépassent ce que font les autres pays européens et ne visent pas seulement à expulser ceux qui n’ont pas le droit de se trouver en Suède, mais aussi les personnes qui y sont légalement. » Une politique qui commence à susciter un rejet au sein de la population suédoise, observe-t-il : « Beaucoup voulaient une immigration plus contrôlée après 2015, mais quand cela commence à affecter les gens autour d’eux, leurs voisins, leurs collègues, les amis de leurs enfants, ils se disent qu’ils ne veulent pas de cette politique. »
    Une enquête d’opinion, réalisée par l’institut Novus, publiée mi-avril, confirme le basculement. Huit sondés sur dix estiment que les immigrés qui respectent la loi et subviennent à leurs besoins devraient pouvoir rester en Suède. Dans le quotidien économique Dagens Industri, le PDG de Novus, Torbjörn Sjöström, alerte sur le risque que « les responsables politiques suédois, dans leur empressement à faire preuve de fermeté, mènent une politique migratoire perçue comme rigide et sans cœur, qui va à l’encontre de ce que souhaite la majorité des électeurs ». Plusieurs organisations professionnelles s’alarment aussi des conséquences sur l’attractivité de la Suède, une priorité pourtant, officiellement, pour la droite proche du patronat. Chef négociateur auprès de l’Association suédoise des enseignants et chercheurs universitaires, Robert Andersson critique un « patchwork de lois qui rend la législation incompréhensible » et s’inquiète de la tonalité du débat public, donnant aux ressortissants étrangers le « sentiment qu’ils ne sont pas les bienvenus en Suède ». De son côté, le premier ministre conservateur, Ulf Kristersson, publie sur les réseaux sociaux des messages qui affirment qu’une victoire du centre gauche (en tête dans les sondages) le 13 septembre annulerait toutes les restrictions mises en place pendant son mandat. Il a aussi confirmé qu’il était prêt à nommer Jimmie Akesson, chef de file des Démocrates de Suède, à la tête du ministère de l’immigration, s’il remportait les élections.

    #Covid-19#migration#migrant#suede#politiquemigratoire#ommigration#sante#droit

  • La Suède durcit de façon rétroactive les conditions pour obtenir la naturalisation
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/05/01/la-suede-durcit-de-facon-retroactive-les-conditions-pour-obtenir-la-naturali

    La Suède durcit de façon rétroactive les conditions pour obtenir la naturalisation
    Par Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale)
    HENRIK MONTGOMERY/AFP
    Depuis 2005, le 6 juin, « jour du drapeau » en Suède, est férié. Dans toutes les communes du royaume, des cérémonies sont organisées pour célébrer les nouveaux citoyens suédois. A Stockholm, des membres de la famille royale participent parfois aux célébrations. De tous les jours de l’année, c’est celui-là que le gouvernement libéral-conservateur et l’extrême droite a choisi pour introduire les nouvelles règles d’octroi de la nationalité suédoise, adoptées mercredi 29 avril par le Parlement.
    En attente d’une décision, plus de 100 000 personnes vont être affectées. Du jour au lendemain, leur demande de naturalisation pourrait être jugée invalide. Peu importe que ces ressortissants d’origine étrangère aient rempli toutes les conditions exigées au moment du dépôt de leur dossier. Les nouvelles règles vont s’appliquer rétroactivement. Faisant de la Suède une exception en Europe, le gouvernement a refusé d’assortir la loi d’une période de transition, pourtant réclamée par le Conseil sur la législation, qui examine les projets de loi avant qu’ils soient présentés au Parlement.
    Originaire de Manchester (Royaume-Uni), Becky Waterton, 32 ans, mariée à un Suédois et mère d’une enfant ayant la nationalité suédoise, est très remontée. Arrivée dans le royaume scandinave en 2019, elle a déposé sa demande de naturalisation en avril 2024, dès qu’elle a obtenu un permis de séjour permanent. Depuis, elle attend. Officiellement, les dossiers doivent pourtant être traités dans les six mois. En réalité, il faut compter autour de cinquante-six mois pour obtenir une décision, selon les statistiques des services de l’immigration.Or, le temps presse pour Becky Waterton, comme pour des dizaines de milliers de personnes. Car si sa demande n’est pas acceptée avant le 6 juin, elle ne répondra plus à certains des critères désormais exigés. Avoir vécu sept ans en Suède, contre trois actuellement, pour les personnes mariées à des ressortissants suédois, par exemple : « Ce ne sera le cas qu’en novembre pour moi. Donc, si une décision est prise avant, je serai déboutée. »
    Il faudra, par ailleurs, qu’elle passe deux tests, visant à évaluer sa connaissance de la société suédoise et ses compétences linguistiques. Or, le premier examen ne sera prêt qu’en août et disponible uniquement pour un millier de candidats, tandis que le second ne devrait pas être finalisé avant l’automne 2027. En attendant, les candidats à la naturalisation devront se débrouiller pour obtenir divers certificats attestant de leurs compétences.
    Diplômée de l’Institut européen d’administration des affaires à Fontainebleau (Seine-et-Marne), Anna Bärlund, 40 ans, née en Russie, dont le mari et la fille sont suédois, assure qu’elle ne considère pas la naturalisation « comme un droit » et elle trouve « légitime » qu’un pays modifie les règles conditionnant son accès. Mais elle ne supporte plus le manque de prévisibilité dans la procédure et l’incertitude qui en découle. Arrivée à Stockholm en 2019, cette spécialiste de l’intelligence artificielle, ancienne employée du cabinet de conseil McKinsey, a déposé son dossier en 2023.
    Depuis avril 2025, les services de l’immigration détiennent son passeport. « Si je veux le récupérer pour voyager, je dois faire une demande quinze jours à l’avance, avec le risque de me retrouver à la fin de la queue. » Craignant de retarder la procédure, elle a dû refuser des contrats à l’étranger. « J’ai l’impression d’être en prison, cela a un énorme impact sur ma vie personnelle et professionnelle », dit-elle, rappelant qu’elle n’est pas venue s’installer en Suède « pour la météo », mais « pour la stabilité » que le pays offrait et dont elle a le sentiment qu’elle a disparu. Anna Bärlund et son mari envisagent désormais de quitter le royaume scandinave. Ils ne sont pas les seuls, assure Patrick Gallen, porte-parole du mouvement Fair Transition, qui se mobilise depuis le début de l’année pour réclamer une période d’adaptation. Les députés de l’opposition ont présenté un amendement en ce sens le 29 avril. Il a été rejeté à 147 voix contre 146 par les députés. « Le gouvernement a privilégié une politique des symboles au détriment d’une mise en œuvre concrète d’un aspect extrêmement important de la politique d’immigration et d’intégration dans ce pays », dénonce Patrick Gallen, qui estime que l’ensemble de la séquence « va nuire gravement à la réputation de la Suède en tant que destination de choix pour les talents internationaux ». Becky Waterton est amère : « J’ai choisi de vivre ici, je me sens suédoise. Mais on me fait sentir que je ne suis pas la bienvenue dans ce pays. »

    #Covid-19#migrant#migration#suede#politiquemigratoire#naturalisation#droit#sante#immigration

  • Suède : le gouvernement revient à la charge avec une proposition de loi pour inciter les administrations à dénoncer les sans-papiers - InfoMigrants
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    Suède : le gouvernement revient à la charge avec une proposition de loi pour inciter les administrations à dénoncer les sans-papiers
    Par La rédaction Publié le : 26/03/2026
    Le gouvernement suédois a annoncé mercredi poursuivre son projet de loi controversé qui obligerait les administrations suédoises, comme la sécurité sociale ou les impôts, à dénoncer les personnes en situation irrégulière. Il y a deux ans, les fonctionnaires s’étaient déjà mobilisés contre cette proposition de loi et avaient appelé à la « désobéissance civile ».Le gouvernement suédois a annoncé mercredi 25 mars qu’il allait poursuivre son projet de loi très critiqué obligeant des administrations suédoises - comme la sécurité sociale ou le fisc - à signaler à la police les migrants soupçonnés de séjourner illégalement en Suède.
    Arrivé au pouvoir en 2022 en promettant de durcir sa politique d’immigration, le gouvernement de droite soutenu par le parti d’extrême droite SD a présenté une série de réformes qu’il entend faire adopter rapidement avant les élections législatives de septembre.Le nombre de personnes sans titre de séjour valide en Suède est estimé à plus de 100 000, selon le gouvernement qui s’appuie sur des estimations."Si nous ne parvenons pas à maîtriser cette société parallèle, elle s’installera durablement et finira par se pérenniser", a jugé le ministre des Migrations Johan Forssell lors d’une conférence de presse.
    Cette nouvelle réforme obligera six administrations - l’agence pour l’emploi, la sécurité sociale, l’administration pénitentiaire, l’agence de recouvrement des dettes, l’autorité des retraites et les impôts - à signaler à la police les migrants qu’elles soupçonnent de séjourner illégalement en Suède. Aucun souci de moralité pour Ingemar Kihlström, porte-parole chargé des questions migratoires au sein du parti chrétien-démocrate, membre de la coalition gouvernementale. « Il est déraisonnable qu’un organisme détienne des informations dont l’Office suédois des migrations ou les services de police ont besoin pour exécuter les décisions d’expulsion, mais qu’il ne soit pas autorisé, en raison des règles de confidentialité en vigueur, à les communiquer aux autorités chargées de l’exécution », a-t-il estimé.
    Dénoncer les sans-papiers n’est pas une proposition inédite. En mai 2024 déjà, les fonctionnaires s’étaient mobilisés contre cette proposition de loi portée par la droite. La mesure avait été jugée raciste et discriminatoire par les opposants au projet. De nombreux fonctionnaires avaient appelé à la « désobéissance civile ».
    Amnesty international s’était offusqué d’un tel projet. « Ce projet impliquerait que les élèves sans titre de séjour ne puissent plus faire confiance à leurs enseignants, que les familles sans papiers fréquentant une bibliothèque considèrent le bibliothécaire comme une personne dangereuse, ou encore que les personnes ayant besoin de soins hésitent à demander de l’aide par crainte d’être dénoncées par leur médecin », dénonçait l’ONG en novembre 2024.
    Pour calmer ses détracteurs, le gouvernement a exempté certaines administrations de ce projet de délation. « Le gouvernement et les Démocrates de Suède (SD) sont d’accord pour que les services de santé, les établissements scolaires, les services sociaux et les bibliothèques ne soient pas tenus de fournir ce type d’informations » sur les personnes qu’ils prennent en charge, a précisé Ingemar Kihlström, porte-parole. Akademikerförbundet SSR, un syndicat représentant les employés des agences concernées, a déploré une réforme contreproductive. « Le gouvernement veut lutter contre la société parallèle, mais risque d’obtenir l’effet inverse. Cette proposition pourrait conduire à l’émergence d’une société parallèle plus vaste, où les personnes évitent tout contact avec les autorités publiques par crainte d’être signalées », estime Heike Erkers, présidente du syndicat.
    Même son de cloche de l’ONG de défense des droits humains Civil Rights Defenders. « Nous avions déjà constaté [que ce projet] entraînait un changement de comportement. Les sans-papiers hésitaient à contacter les autorités en général, car ils pensaient que cette mesure était déjà en vigueur », explique à l’AFP John Stauffer, juriste en chef de l’ONG. « Même si la proposition ne concerne pour l’instant qu’un nombre restreint d’administrations, le risque est grand que les sans-papiers évitent de les contacter », selon M. Stauffer.
    Le gouvernement veut aussi renforcer la collecte de données biométriques pour pouvoir expulser davantage de personnes. Si elles sont adoptées, ces dispositions entreront en vigueur le 13 juillet.
    Depuis une dizaine d’années, les restrictions adoptées par les autorités suédoises à l’encontre des personnes exilées et étrangères sur le territoire scandinave sont de plus en plus sévères.
    Dernière en date : les conditions pour la naturalisation. Johan Forssell juge qu’il est actuellement trop facile d’acquérir la nationalité suédoise. « La nationalité doit avoir plus de sens qu’aujourd’hui », a-t-il déclaré lundi 9 février. Selon le texte de loi, les étrangers devront justifier de huit ans de résidence en Suède pour introduire une demande de nationalité, contre cinq actuellement.

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  • La Suède présente un projet de loi qui prévoit d’expulser les migrants qui ne mènent pas une « vie honnête »
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/03/24/la-suede-presente-un-projet-de-loi-qui-prevoit-d-expulser-les-migrants-qui-n

    La Suède présente un projet de loi qui prévoit d’expulser les migrants qui ne mènent pas une « vie honnête »
    Si elles sont adoptées par le Parlement, l’ensemble des mesures – critiquées pour leur manque de clarté – proposées par le gouvernement entreront en vigueur le 13 juillet.
    Le Monde avec AFP
    Le gouvernement suédois, arrivé au pouvoir en 2022 en promettant de durcir sa politique d’immigration, a présenté, mardi 24 mars, son projet de loi imposant aux migrants de mener une « vie honnête », sous peine d’expulsion. Cette nouvelle obligation faciliterait le retrait des titres de séjour des migrants. « Le respect des lois et des règles va de soi, mais il doit également aller de soi que nous fassions de notre mieux pour vivre de manière responsable et ne pas nuire à notre pays », a affirmé le ministre de la migration, Johan Forssell, lors d’une conférence de presse.
    « Si, par exemple, vous ne payez pas vos dettes, si vous ne vous conformez pas aux décisions des autorités suédoises, si vous abusez du système d’allocations, si vous obtenez un permis de séjour suédois par des moyens frauduleux… alors vous n’avez pas le droit d’être ici », a poursuivi M. Forssell. Parmi les autres exemples cités par le gouvernement figurent le fait de travailler sans payer d’impôts ou de ne pas payer ses amendes.
    Le gouvernement propose également que les titres de séjour puissent être révoqués dans d’autres situations, par exemple lorsque des migrants sont considérés comme une menace ou s’il s’avère qu’ils ont menti dans leur demande. Si elles sont adoptées par le Parlement, ces modifications entreront en vigueur le 13 juillet.
    « Les déclarations – c’est-à-dire ce qu’une personne dit ou exprime – ne doivent pas en elles-mêmes être considérées comme une preuve d’un manque d’honnêteté, mais elles peuvent être un indice, par exemple, de liens avec l’extrémisme violent, ce qui peut alors être un signe de défaut de moralité », a expliqué Ludvig Aspling, porte-parole en matière de politique migratoire du parti anti-immigration Démocrates de Suède, qui soutient le gouvernement.
    Selon l’ONG de défense des droits humains, Civil Rights Defenders, cette mesure risque de mettre à mal le principe d’égalité de traitement entre les personnes et reste trop floue dans sa définition. « Un tel dispositif pourrait avoir un effet dissuasif sur la liberté d’expression et mener à encore plus d’autocensure », estime John Stauffer, juriste en chef, dans une déclaration transmise à l’Agence France-Presse (AFP). « Certains actes ou propos qui n’ont aucune conséquence juridique pour des citoyens suédois pourraient au contraire soudainement entraîner l’expulsion de personnes qui ne possèdent pas la nationalité suédoise (…) Cela crée en pratique des règles différentes selon qui vous êtes », ajoute-t-il.

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  • Suède : le durcissement des règles sur l’immigration touche de plus en plus les jeunes - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/69932/suede--le-durcissement-des-regles-sur-limmigration-touche-de-plus-en-p

    Suède : le durcissement des règles sur l’immigration touche de plus en plus les jeunes
    Par RFI Publié le : 19/02/2026
    En Suède, l’annonce d’un potentielle expulsion d’Emanuel, un bébé de 8 mois né sur le sol suédois, est devenue le symbole de la nouvelle politique migratoire à l’œuvre dans le pays. Selon cette loi, il pourrait être renvoyé vers l’Iran sans ses parents. Depuis avril 2025, les cas comme celui d’Emanuel se sont multipliés dans le pays en raison d’un durcissement progressif des règles sur l’immigration.
    En Suède, de nombreux demandeurs d’asile sont désormais sous la menace d’une expulsion en raison d’un durcissement des règles sur l’immigration dans le pays au cours des derniers mois. Une nouvelle politique qui n’épargne personne, pas même les enfants et les nourrissons. C’est le cas d’Emanuel, un bébé de 8 mois qui pourrait être expulsé vers l’Iran alors qu’il est né en Suède, où travaillent également ses deux parents. L’annonce a suscité l’indignation dans le pays. Jusqu’ici, les demandeurs d’asile déboutés pouvaient rester en Suède avec un permis de travail. Chose que la mère du petit Emanuel a obtenue en 2022. Mais depuis avril 2025, les règles sur l’immigration se sont drastiquement durcies. À ce jour, selon la loi, le petit Emanuel ne peut donc pas rester en Suède sur le permis de séjour de sa famille. Une situation ubuesque dans laquelle se trouvent de nombreux autres enfants et adolescents.
    Autre exemple de ce changement de règles : Jomana, 18 ans, doit être expulsée seule vers l’Égypte sans sa famille. Arrivée en Suède à l’âge de 4 ans et désormais majeure, elle n’a désormais plus le droit d’être sur le visa familial. "Le 29 décembre, on m’a dit : « Tu es adulte, tu te débrouilles seule, tu n’as pas de lien fort avec la Suède. Tu pars seule dans quatre semaines’ », raconte la jeune femme."Je ne savais pas si je devais rire ou pleurer, parce que c’est une décision tellement… bizarre. Comment pourrais-je ne pas avoir de lien fort après quatorze ans passés ici, soit presque toute ma vie ? Comment est-ce qu’ils peuvent envoyer une jeune fille seule au Moyen-Orient ? Moi, je ne veux pas fonder une famille là-bas, je ne veux pas d’un avenir là-bas, ce n’est pas possible."
    Ce durcissement drastique de la politique migratoire suédoise s’explique principalement par l’arrivée au pouvoir de la droite, soutenue par l’extrême droite. Les conditions d’obtention de titres de séjour sont devenues très difficiles à tous les niveaux. Jomana et son amie Mélanie qui l’accompagne évoquent des mesures injustes et inhumaines. « Ils veulent juste rendre la vie difficile aux immigrés, c’est complètement fou. On est juste des gens, on veut juste une vie, on veut rester ici avec notre famille. On veut juste étudier, travailler et c’est tout. On ne vient pas pour causer des problèmes. Devenir majeur en Suède, pour beaucoup, c’est devenu comme une condamnation », poursuit Jomana.
    À tel point que la situation en Suède est de plus en plus comparée au climat extrêmement tendu entourant la police anti-immigration de Donald Trump aux États-Unis. « Là, en Suède, c’est un peu devenu un genre de ICE à la suédoise », déclare son amie Mélanie. Jomana a fait appel de cette décision d’expulsion hors du pays. La jeune femme est pour l’instant dans l’attente et ne sait pas quand elle recevra une réponse des autorités. Une incertitude totale qui l’empêche de se projeter et d’appréhender l’avenir. « Je voudrais enchaîner sur des études tout de suite et entrer dans le monde du travail. Mais là, pendant cette période d’attente, je ne peux rien faire. Je ne peux pas travailler, je ne peux pas dormir la nuit, je ne peux pas me concentrer sur quoi que ce soit. » Elle garde malgré tout espoir de pouvoir rester en Suède et de passer son bac au printemps prochain.

    #Covid-19#migration#migrant#suede#mineur#politiquemigratoire#asile#droit#sante

  • Les demandes d’asile en Suède ont baissé de 30% sur un an - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/69128/les-demandes-dasile-en-suede-ont-baisse-de-30-sur-un-an

    Les demandes d’asile en Suède ont baissé de 30% sur un an
    Par La rédaction Publié le : 09/01/2026
    En 2025, le nombre de demandeurs d’asile en Suède « a continué de baisser. C’est une baisse importante [...] de 30% en seulement un an », a déclaré vendredi le ministre suédois des Migrations Johan Forssell. La Suède a durci sa politique migratoire ces dernières années, restreignant le regroupement familial et œuvrant pour l’expulsion de migrants en situation irrégulière.
    Les demandes d’asile en Suède ont baissé de 30% sur un an, a déclaré vendredi 9 janvier le ministre suédois des Migrations, à moins d’un an des élections législatives dans le pays. Précisément, le nombre de demandeurs d’asile enregistrés était de 6 735 en 2025, contre 9 645 l’année précédente. L’immigration liée à l’asile reste à son niveau le plus bas depuis 40 ans. « Le rythme a été très soutenu », a-t-il affirmé. « En 2025, le nombre de demandeurs d’asile en Suède a continué de baisser. C’est une baisse importante (...) de 30% en seulement un an ».
    Johan Forssell a énuméré, lors d’une conférence de presse, les réformes entreprises depuis l’arrivée au pouvoir du gouvernement conservateur soutenu par le parti d’extrême droite des Démocrates de Suède (SD), toutes destinées à restreindre l’immigration : durcissement des conditions d’obtention de la citoyenneté et du regroupement familial et surtout forte augmentation de l’aide financière au retour des migrants dans leur pays d’origine,
    8 000 « retours volontaires » en 2025
    Depuis le 1er janvier 2026, en effet, la contribution de l’aide financière au retour peut atteindre 30 000 euros - contre 2 300 euros auparavant. À Stockholm, le social-démocrate Alexander Ojanne, adjoint au maire, dénonce un dispositif contreproductif. « On va perdre une main-d’œuvre qualifiée dont nous avons besoin. Nous avons un gouvernement incroyablement peu sérieux. Et surtout un gouvernement mal informé. Ils sont aveuglés par leur idéologie ».
    Pour Johan Forssell, c’est au contraire, une victoire. Un peu plus de 8 000 personnes ont quitté la Suède pour rejoindre leur pays d’origine en 2025. « Si je fais le bilan du mandat jusqu’à présent [entre 2022 et 2025], on constate que le nombre [de demandes d’asile] a diminué de près de 60% et que, dans le même temps, les retours ont augmenté de 60% », a-t-il ajouté.
    Le pays a accordé 79 684 permis de séjour au total en 2025, dont 6% pour des motifs liés à l’asile (4 700), selon des chiffres de l’Office national des migrations. C’est moins qu’en 2024, où un total de 82 857 permis avaient été octroyés, dont 6 250 permis de séjour pour l’asile. Plusieurs chantiers de réformes sont en cours pour l’année à venir, et le gouvernement entend avancer rapidement avant la tenue des élections législatives le 13 septembre 2026. Le gouvernement examine actuellement la possibilité de révoquer la citoyenneté suédoise des citoyens binationaux sous certaines conditions (condamnés pour crime, appartenance à un gang...). En avril dernier, les autorités avaient aussi fait part de leur volonté d’introduire dans la législation un critère de « conduite honnête » aux migrants, sous peine de voir révoquer ou refuser leur titre de séjour.
    En janvier dernier, le pays scandinave a annoncé le durcissement de l’obtention de la citoyenneté. Concrètement, pour devenir suédois, un étranger devra avoir vécu huit ans en Suède - contre cinq ans auparavant -, passé un test de connaissances de la société et des valeurs suédoises, et réussi un examen de langue. Une autre proposition avait suscité un tollé dans le pays en mai 2024 : la coalition au pouvoir avait proposé une loi visant à obliger les travailleurs du secteur public à dénoncer aux autorités les personnes sans-papiers avec lesquelles ils sont en contact. La mesure, jugée raciste et discriminatoire, s’était cependant heurtée à une très forte opposition au sein des services publics, qui avait appelé à la « désobéissance civile ». Après l’Allemagne, la Suède a été le deuxième pays au sein de l’Union européenne à avoir accueilli le plus grand nombre de Syriens fuyant la guerre civile en 2015 et 2016. Sur les 163 000 demandeurs d’asile en 2015, plus de 50 000 venaient de Syrie, selon les chiffres de l’autorité suédoise de statistiques SCB.

    #Covid-19#migrant#migration#suede#asile#citoyennete#reourvolontaire#politiquemigratoire#expulsion#regroupementfamilial

  • En Suède, Lawen Redar incarne le virage des sociaux-démocrates sur l’immigration et l’intégration
    https://www.lemonde.fr/international/article/2025/12/04/en-suede-lawen-redar-incarne-le-virage-des-sociaux-democrates-sur-l-immigrat

    En Suède, Lawen Redar incarne le virage des sociaux-démocrates sur l’immigration et l’intégration
    Par Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale)
    Elle parle vite, déroule méthodiquement ses arguments et anticipe les questions. Lawen Redar, 36 ans, connaît son sujet : avant d’être nommée, le 24 septembre, porte-parole du Parti social-démocrate suédois sur l’intégration – poste resté vacant depuis 2010 –, cette juriste, fille d’immigrés et députée depuis 2014, a sillonné la Suède et ses banlieues pendant deux ans. Sa mission : élaborer une politique capable de répondre à l’immense défi posé par les 180 quartiers sensibles recensés dans le royaume scandinave, minés par la précarité et souvent la criminalité organisée, où vivent 700 000 personnes, dont 170 000 enfants, majoritairement d’origine étrangère.
    De cette tournée, Lawen Redar est revenue avec plus de 80 propositions, parmi lesquelles huit mesures phares ont été retenues pour figurer dans le programme du parti, avant les législatives prévues le 13 septembre 2026. Battus par la droite et l’extrême droite en 2022, à l’issue d’une campagne dominée par l’immigration et l’insécurité, les sociaux-démocrates ne comptent pas essuyer un nouvel échec. S’inspirant partiellement du Parti social-démocrate danois, ils plaident désormais pour une politique migratoire restrictive et des conditions d’intégration strictes pour les immigrés.
    « Certains nous accusent de courir après les Démocrates de Suède [l’extrême droite, qui a obtenu 20,5 % des suffrages en 2022], observe-t-elle. D’autres, au contraire, sont contents que les sociaux-démocrates sortent enfin la tête du sable. Pour ma part, je pense qu’il est difficile de trouver des solutions si on ne dit pas les choses clairement. » Etoile montante du Parti social-démocrate – les journaux la qualifient même d’« étoile filante » –, Lawen Redar est devenue en quelques mois une figure incontournable du parti, au point même que son nom soit évoqué pour succéder un jour à Magdalena Andersson, cheffe de file de la formation depuis 2021.
    Longs cheveux noirs, menue, le visage souriant, la députée explique qu’elle a longtemps gardé ses distances avec la thématique de l’intégration, qu’elle voyait comme une assignation à résidence, comme beaucoup de ses collègues d’origine étrangère. Depuis 2018, elle était chargée de la politique culturelle des sociaux-démocrates. « Je suis née et j’ai grandi en Suède. Si j’ai rejoint le mouvement jeune du parti (SSU) à 13 ans, c’était pour combattre le développement des inégalités », dit-elle.
    De sa vie personnelle, elle parle avec réticence. Elle l’admet pourtant : le parcours de ses parents, réfugiés politiques arrivés dans les années 1980, l’a confortée dans sa conviction que la maîtrise du suédois est fondamentale pour l’intégration. Membre du parti social-démocrate kurde, son père fuyait la dictature de Saddam Hussein en Irak. Sa mère, kurde iranienne, avait participé au mouvement de révolte des étudiants contre le régime de l’ayatollah Khomeini. Ils se sont rencontrés en Suède, s’y sont mariés et ont eu deux filles avant de s’installer dans le quartier résidentiel de Vällingby, dans l’ouest de Stockholm. Son père travaille pour une société immobilière municipale ; sa mère a été employée dans des écoles maternelles avant de s’occuper de personnes âgées.
    L’époque était alors bien différente, souligne Mme Redar : « Quand j’avais 1 an, en 1990, 200 000 personnes nées hors d’Europe vivaient en Suède. Aujourd’hui, c’est 1,2 million. » Ce chiffre représente 12 % de la population du royaume nordique, dont 20 % des résidents sont nés à l’étranger. « Aucun autre pays européen n’a connu une telle transformation démographique en aussi peu de temps à cause de l’immigration », poursuit-elle, justifiant que les sociaux-démocrates adaptent leur politique, « non pas parce qu’on imite les partis d’extrême droite, mais parce que la réalité a changé ». Premier volet : la politique migratoire. Elle devra être « restrictive pour faire face aux défis posés par l’intégration ». Reprenant le discours des sociaux-démocrates danois qu’elle connaît bien – elle est fiancée au journaliste danois Uffe Tang –, Lawen Redar ancre ce virage à gauche. « Historiquement, dit-elle, c’est la droite qui a voulu mener une politique d’immigration libérale, pour des raisons idéologiques, dans le but de presser les salaires à la baisse. » Quant à l’extrême droite, remarque-t-elle, « elle ne croit pas à l’intégration ».
    Pour les sociaux-démocrates, l’intégration commence par le travail : « Nous ne pouvons pas, en tant que nation avec un Etat-providence, fonctionner avec un chômage et une passivité élevés. » Mais ce n’est pas suffisant : l’apprentissage de la langue ne sera plus une option, de même que « le respect des règles et de la loi » ou « des valeurs démocratiques », comme « l’égalité entre les sexes ». Le parti veut ainsi rendre la maîtrise du suédois obligatoire pour décrocher un emploi dans les services publics ou obtenir la naturalisation. Parallèlement, il défend une refonte complète de l’enseignement du suédois pour les étrangers, aujourd’hui largement privatisé et dont l’efficacité est remise en question.
    Autre réforme souhaitée : l’abolition de la loi qui permettait aux nouveaux arrivants de choisir leur lieu de domicile. « Entre 40 % et 60 % des demandeurs d’asile se sont retrouvés dans des sociétés parallèles, note Lawen Redar. Une fois leur situation régularisée, 80 % sont restés dans ces quartiers où plus de 50 % de la population adulte ne travaille pas, ce qui en fait un foyer de recrutement incroyable pour les forces destructrices telles que les islamistes radicaux, les gangs criminels ou les trafiquants de drogue. »
    Dans une ligne plus traditionnelle, les sociaux-démocrates promettent un redéploiement des services publics. « Nous ne devons pas avoir peur de dire que les immigrés ont des obligations. Mais nous nous engageons aussi à veiller au respect de leurs droits. » Lawen Redar a aussi proposé de détruire les logements insalubres dans les banlieues vulnérables et de construire des HLM dans les quartiers favorisés. L’idée, qui ne figure pas dans le programme du parti, a provoqué un tollé à droite. Dans les sondages, le parti à la rose pointe à 34 % des intentions de vote, contre 21 % pour les Démocrates de Suède et 19 % pour le parti conservateur du premier ministre Ulf Kristersson. Lawen Redar, elle, continue de parcourir la Suède, pour y défendre son programme.

    #Covid-19#migrant#migration#suede#politiquemigratoire#integration#droit#sante

  • En Suède, les communes défient le gouvernement sur l’aide au retour volontaire des immigrés
    https://www.lemonde.fr/international/article/2025/11/09/en-suede-les-communes-defient-le-gouvernement-sur-l-aide-au-retour-volontair

    En Suède, les communes défient le gouvernement sur l’aide au retour volontaire des immigrés
    Par Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale)
    La révolte a commencé à Jokkmokk, petite commune de 4 700 habitants sur le cercle polaire. Puis elle s’est étendue au nord de la Suède, avant de gagner le reste du pays. Jeudi 6 novembre, plus de 130 municipalités (sur 290) et une dizaine de régions avaient exprimé leur refus de prêter main-forte à la coordinatrice nationale nommée par le gouvernement libéral conservateur et chargée d’accélérer les retours volontaires des migrants vers leurs pays d’origine.
    En plus de restreindre les arrivées, la coalition de droite et d’extrême droite, au pouvoir depuis l’automne 2022, a fait des départs une de ses priorités, ciblant les départs, forcés, des immigrés en fin de droits ou des demandeurs d’asile déboutés. Mais aussi le retour volontaire des personnes d’origine étrangère en situation légale en Suède. Le 30 octobre, Stockholm a ainsi annoncé que la prime versée à ceux qui accepteraient de partir allait passer de 10 000 couronnes (900 euros) pour un adulte à 350 000 couronnes au 1er janvier 2026.
    Selon le ministre de l’immigration, Johan Forssell, cette aide s’adresse avant tout « aux personnes qui, pour diverses raisons, ne se sentent pas à l’aise ou ne sont pas suffisamment intégrées dans la société suédoise » ; 2,5 milliards de couronnes vont y être consacrés sur trois ans. Et cela, malgré l’enquête menée par l’économiste Joakim Ruist, à la demande du gouvernement, qui concluait en août 2024 à l’inefficacité d’un tel dispositif et à ses potentiels effets pervers pour l’intégration.
    Mais pour la droite et l’extrême droite, pas question d’abandonner une des promesses figurant dans leur accord de coalition. Le 5 juin, le gouvernement a donc chargé Teresa Zetterblad, ancienne directrice des services communaux d’une petite municipalité près de Stockholm, de travailler avec les collectivités locales pour accélérer les départs. Début octobre, Mme Zetterblad a envoyé un courrier aux communes leur proposant une entrevue.
    Bien mal lui en a pris. « Merci, mais non merci », a réagi Roland Boman, maire de Jokkmokk, dans une lettre, publiée sur Facebook le 23 octobre – quatre mots qui se sont rapidement transformés en un cri de ralliement. Agé de 72 ans et membre d’un petit parti local baptisé « L’Avenir pour la commune de Jokkmokk », l’édile écrit : « Jokkmokk, c’est nous. Pas nous et eux. (…) Peu importent l’origine, le pays de naissance et la couleur de peau. » Dans sa missive, il dénonce la politique du gouvernement qui « semble basée sur une façon non suédoise de considérer les gens et leur valeur ».
    Joint au téléphone, M. Boman explique : « A Jokkmokk, nous avons besoin de tous ceux qui vivent et travaillent ici, y compris ceux qui viennent de pays étrangers [13 % des habitants]. Nous n’avons pas besoin de renvoyer qui que ce soit. C’est ce que j’ai voulu dire dans ma lettre, tout en faisant remarquer que nous semblons vivre dans une réalité très différente de celle des responsables politiques à Stockholm, qui ne parlent plus que de punitions et de représailles. »
    Le texte a été vu plus de 1,2 million de fois (dans un pays de 10 millions d’habitants) et, dès le lendemain, d’autres communes se joignaient au mouvement : des petites localités, des villes moyennes, mais aussi Stockholm, Göteborg et Malmö, les trois plus grosses agglomérations du pays. La plupart sont dirigées par la gauche ; certaines dans le cadre d’une alliance avec des formations représentées au gouvernement, comme la ville universitaire de Lund, où le chef de file des conservateurs, Rasmus Törnblom, estime que la question des retours volontaires « relève surtout de la politique des symboles et des slogans » et « n’est pas une priorité » pour ses administrés. A ce mouvement d’humeur inédit, dans un contexte marqué par un durcissement majeur de la rhétorique et de la politique anti-immigration en Suède, la politiste Marie Demker voit deux explications. La première est idéologique : « La majorité des communes suédoises sont petites et le sentiment d’appartenance à la communauté est crucial. Il y a donc une volonté de rester soudés et de ne pas montrer du doigt certaines personnes présentées comme des parasites. »
    Cheffe de file des Verts à Göteborg, Karin Pleijel souligne : « C’était important pour nous de montrer que nous étions solidaires de ceux qui sont venus s’installer ici et de rappeler que l’intégration est un processus réciproque. » Par ailleurs, note Mme Demker, « le gouvernement semble avoir sous-estimé l’ampleur du manque de main-d’œuvre dans le pays et la charge économique que cela représente pour les communes, notamment dans le Nord, où la population baisse ». Depuis des années pourtant, l’Association des communes et régions suédoises (SKR) met en garde : si rien ne change d’ici à 2033, 65 600 postes ne seront pas pourvus dans les services d’aide à la personne dans moins de dix ans et il manquera 17 700 employés dans le secteur de la santé.
    Dans un rapport publié en novembre 2024, la SKR estime que l’augmentation totale du nombre d’actifs d’ici là sera entièrement alimentée par les résidents nés à l’étranger, qui sont au nombre de 2,2 millions en Suède. Aujourd’hui déjà, ils représentent 22 % des employés municipaux et régionaux (contre 13 % en 2013), dont un quart vit dans le pays depuis moins de dix ans ; 40 % des médecins, plus de la moitié des aides à domicile et 35 % des infirmiers sont nés à l’étranger. En réaction au mouvement des communes, le ministre de l’immigration a fustigé l’« irresponsabilité » de l’opposition, tandis que les Démocrates de Suède (extrême droite) menaçaient de suspendre les subventions de l’Etat. Une manœuvre « digne de Donald Trump », raille Mme Pleijel.

    #Covid-19#migrant#migration#suede#politiquemigratoire#sante#systemesante#asile#villeaccueillante

  • Dix ans après leur arrivée en Suède, le parcours chaotique des mineurs isolés
    https://www.lemonde.fr/international/article/2025/09/30/dix-ans-apres-leur-arrivee-en-suede-le-parcours-chaotique-des-mineurs-isoles

    Dix ans après leur arrivée en Suède, le parcours chaotique des mineurs isolés
    Propos recueillis par Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède)
    En 2015, le royaume scandinave accueillait 163 000 demandeurs d’asile, dont 35 000 mineurs isolés, la plupart originaires d’Afghanistan. Aujourd’hui encore, beaucoup craignent d’être expulsés.Le contraste est saisissant. Lunettes à monture transparente, cheveux gominés, Omid Hazimi, 25 ans, resplendit de joie. Après avoir décroché un diplôme d’ingénieur informatique en juin, à l’université de Linköping, en Suède, il vient d’être embauché comme stagiaire au siège de la grande banque Handelsbanken, à Stockholm. « Il y avait 700 candidats et je fais partie des dix qui ont été sélectionnés », annonce-t-il fièrement.
    A 300 kilomètres de là, dans un appartement de Smedjebacken, commune de 10 800 habitants, Samim Sultani, le même âge, se cache, terrorisé. Depuis le 5 septembre, il est en situation irrégulière. Alors qu’il avait un emploi fixe, comme soudeur, à l’usine Hitachi de Ludvika, son permis de séjour n’a pas été renouvelé. « Je viens de gaspiller dix ans de ma vie », dit-il, s’interrompant pour pleurer.
    Les deux jeunes Afghans sont arrivés en Suède en 2015, « en plein milieu de la vague », précise Omid Hazimi. Cette année-là, 163 000 demandeurs d’asile – dont 60 000 ont été naturalisés depuis et 40 000 sont repartis – ont trouvé refuge dans le royaume scandinave. Un record pour la Suède, ainsi qu’en Europe, où aucun autre pays, mis à part l’Allemagne, n’a accueilli autant de réfugiés en proportion de sa population. Parmi eux, 35 000 mineurs isolés, dont 66 % originaires d’Afghanistan. Ces jeunes, qui vivaient souvent en exil en Iran avant de traverser l’Europe, sont très vite devenus un symbole. Ils sont soupçonnés par une partie de l’opinion publique et des responsables politiques de mentir sur leur âge et de profiter des conditions d’accueil généreuses de la Suède, dans un pays où le rejet de l’immigration et l’extrême droite ont rapidement progressé après 2015 ; ils incarnent, au contraire, les dérives d’une politique migratoire de plus en plus restrictive, pour les bénévoles et les ONG qui les ont défendus pendant dix ans.
    Sur le papier, leur parcours a tout d’une success story. Selon une étude de Statistiska centralbyran, le bureau central de la statistique suédois, publiée fin 2023, 67 % des jeunes femmes et 82 % des garçons arrivés en 2015 – sur les 20 000 encore dans le pays –, âgés alors de 23 ans en moyenne, avaient un emploi sept ans plus tard. Leur salaire était aussi plus élevé que ceux des Suédois de leur âge. Mais leur chemin a été semé d’embûches et, encore aujourd’hui, leur avenir reste incertain, alors que le gouvernement libéral conservateur et son allié d’extrême droite envisagent de suspendre les titres de séjour permanents, que certains avaient enfin obtenu, et veulent limiter l’accès à la nationalité suédoise.
    Agé de 15 ans, Omid Hazimi est arrivé en avril 2015. Sept mois plus tard, le 24 novembre 2015, le gouvernement, composé alors des Sociaux-démocrates et des Verts, décidait de limiter drastiquement le droit d’asile, après l’enregistrement de 40 000 demandes d’asile au mois d’octobre 2015. Celle d’Omid Hazimi a été rejetée le 26 mai 2016. « Les services de l’immigration n’ont pas cru à mon récit, sans doute parce que je n’ai pas tout dit. Je venais de passer un an sur la route. J’étais traumatisé et j’avais peur », explique-t-il. Et puis, ajoute-t-il, « quand vous êtes aussi nombreux à arriver en même temps, c’est un peu la loterie : votre sort dépend de l’agent de l’immigration sur lequel vous tombez, de son humeur du jour, et de l’interprète ».
    Prié de quitter le territoire, il hésite : à l’époque, certains de ses amis, dans la même situation, mettent le cap sur Paris et y obtiennent l’asile. Hébergé par une famille suédoise à Mora, dans le centre du pays, Omid Hazimi vient de commencer le lycée : « J’avais toujours rêvé d’aller dans une école ordinaire. C’était la chance de ma vie. » Il décide de rester. Au bout de quatre ans, la loi – qui a été supprimée depuis – l’autorise à faire de nouveau une demande d’asile. Cette fois, il obtient gain de cause, « sans doute parce que je m’exprimais couramment en suédois ». Omid Hazimi peut alors entrer à l’université. Mais il ne cache pas son amertume : « Si au lieu de mettre des obstacles sur ma route, on m’avait donné une chance, j’aurais terminé la fac et je travaillerais depuis deux ans. »
    A Smedjebacken, Samim Sultani voit, lui aussi, sa demande d’asile rejetée. Il affirme être né en 2000, mais n’a aucun document pour le prouver. En Suède, le débat public s’est durci. Fin 2016, le gouvernement a décidé d’imposer des tests osseux aux jeunes migrants pour déterminer leur âge, malgré les critiques unanimes des professionnels de santé, qui dénoncent leur inefficacité. Samim Sultani est vieilli d’un an. Peu importe qu’il appartienne à la minorité hazara, persécutée par les talibans : désormais majeur, il est débouté, comme des milliers d’autres jeunes Afghans.
    Mais soutenus par de nombreuses ONG, l’Eglise et des bénévoles qui les hébergent, ces mineurs isolés ne se laissent pas faire. Durant l’été 2017, ils organisent un sit-in devant le Parlement à Stockholm. Ils y resteront des semaines, jusqu’à ce que les députés adoptent une loi d’amnistie leur donnant droit à un titre de séjour temporaire, à condition d’étudier et de trouver un emploi dans les six mois. Sept mille d’entre eux vont en bénéficier. Samim Sultani entreprend une formation de menuisier et se fait embaucher comme contractuel, dans une entreprise près de chez lui, dans le comté de Dalécarlie.
    Pour beaucoup, l’entrée sur le marché du travail coïncide avec la pandémie de Covid-19. « C’était déjà compliqué d’obtenir un CDI en six mois, sans expérience, mais là c’est devenu impossible », explique Ameneh Eskandri. Arrivée à 17 ans en Suède, la jeune femme vient alors de terminer une formation dans l’hôtellerie et la restauration. Grâce au réseau de bénévoles, qui mobilise des entreprises partout dans le pays et réussit à faire embaucher plusieurs milliers de jeunes, elle finit par trouver un emploi dans une maison de retraite, avant de revenir à la restauration.
    Hadi Husseini, lui, rêvait d’aller à l’université. Il se rabat sur une formation d’aide-soignant : « Le permis de séjour n’était que pour trois ans et il fallait que je trouve vite un travail. » Il ne baisse pas les bras. Employé dans une maison de retraite, il prend des cours du soir et finit par obtenir un titre de séjour permanent en 2022. Il s’inscrit alors à l’Institut royal de technologie de Stockholm, où il est en train de terminer une licence en électrotechnique, tout en travaillant comme aide à domicile. Lui aussi est amer, car sa demande de naturalisation a été rejetée. « La Suède ne reconnaît pas nos documents d’identité, mais ce n’est pas ma faute si je viens d’Afghanistan », souligne-t-il.
    A Härnösand, commune de 24 500 habitants, à 450 kilomètres au nord de Stockholm, Benjamin Mahmoudi pourrait enfin respirer. Le jeune homme, qui a perdu ses parents et sa sœur pendant la traversée de la Méditerranée, a un emploi dans une station-service. Il a passé le permis de conduire, acheté sa voiture et son appartement. Le week-end, il arbitre des matchs de football. Mais il angoisse car, en mars, il a fait une demande de renouvellement de son titre de séjour, restée sans réponse. « C’est de la torture, dit-il. Je ne sais pas qui je suis. J’ai grandi en Iran, je ne parle pas ma langue maternelle. Je pense comme un Suédois. Mais c’est comme si, ici, on ne voulait pas de moi. »
    Avocate spécialisée dans le droit des étrangers, Malin Dahl, basée à Malmö, est en contact avec plusieurs centaines de jeunes sous le coup d’une obligation de quitter le territoire. Depuis le 1er avril, avoir un emploi ne suffit plus pour obtenir un titre du séjour. « Ils vont très mal et ont perdu toute confiance dans les services de l’immigration », constate l’avocate, qui critique des décisions souvent « aléatoires » et « inexpliquées » : « Ce n’est pas seulement la loi qui s’est durcie, mais les juges aussi, qui mettent systématiquement en doute la parole des demandeurs. » Si la Suède n’expulse pas les Afghans, « elle les harcèle jusqu’à ce qu’ils quittent le pays », affirme Malin Dahl. A Smedjebacken, Samim Sultani est toujours là : « Si j’avais su, je serais parti ailleurs en Europe depuis longtemps. » Pour lui, pas question de rentrer en Afghanistan, où il n’a plus personne : « Je ne connais rien à l’islam. Ça fait dix ans que je suis en Suède. Je ne saurais pas vivre au milieu des talibans. »

    #Covid-19#migrant#migration#suede#mineur#asile#droit#sante#politiquemigratoire

  • L’industrie “verte” s’accapare les terres des #Samis, dernier peuple autochtone d’Europe

    « Une mine dans cette zone causerait des dommages environnementaux graves et irréversibles, avec des conséquences considérables pour la faune, les communautés locales et, en particulier, pour l’#élevage traditionnel de #rennes »

    Installé depuis près de 10 000 ans en #Laponie, les Samis sont considérés comme le dernier peuple autochtone d’Europe. Mais leur activité traditionnelle, l’élevage de rennes, est menacée par des projets industriels présentés comme essentiels à la croissance verte.

    La #colonisation des territoires Samis

    Pendant près de 10 000 ans, les Samis et leurs ancêtres ont vécu sur un territoire appelé #Sápmi, à cheval entre la #Norvège, la #Suède, la #Finlande et la #péninsule_de_Kola (#Russie). Nomades vivants en petits groupes familiaux, les Samis étaient animistes et vivaient de cueillette, de pêche et de chasse aux rennes sauvages.

    Ils occupaient une zone difficile à contrôler par des États, relativement à l’écart des dynamiques de #sédentarisation, de construction étatique et de #christianisation du reste de l’Europe.

    Mais à partir du XVIIe siècle, les royaumes scandinaves s’étendent vers le nord et cherchent à intégrer le Sápmi à leurs frontières. Les Samis, appelés péjorativement Lapons – d’où le terme Laponie -, subissent alors la soumission à l’impôt, la christianisation forcée et sont chassés de leurs terres.

    L’intensification des interactions entre les Samis et les Scandinaves, décuple aussi la pression sur les #écosystèmes. Pour faire face à la baisse du nombre de proies sauvages et à l’intégration progressive dans un système marchand, les chasseurs de rennes se convertissent à l’élevage.

    Au XIXe siècle, des #mines, des #lignes_ferroviaires et des #villes se développent pour exploiter le riche #sous-sol du Sápmi. La région perd sa difficulté d’accès et se peuple de Scandinaves. En parallèle, les Samis subissent la politique de « #norvégianisation ».

    « Ils ont été méprisés, cette politique les obligeait à parler uniquement norvégien et visait à éradiquer leur #culture », explique Marie Roué, éco-anthropologue, directrice de recherche émérite au CNRS et au Muséum National d’Histoire Naturelle, pour La Relève et La Peste.

    Au XXe siècle, l’exploitation du Grand Nord devient l’un des principaux moteurs de croissance des États scandinaves. Les Samis sont chassés de leurs terres pour l’#exploitation_minière, les #barrages_hydrauliques engloutissent des #pâturages, l’#exploitation_forestière s’industrialise.

    Le 11 octobre 2021, la Cour suprême de Norvège conclut que deux #parcs_éoliens violent les droits du peuple Sami. Deux ans plus tard, en octobre 2023, une centaine de militants samis, habillés en tenue traditionnelle, bloquent à plusieurs reprises l’entrée de ministères pour réclamer le démantèlement des éoliennes toujours en activité.

    La militante suédoise Greta Thunberg, qui a rejoint la lutte, dénonce alors une « colonisation systématique », ajoutant que « la violation des #droits_humains et l’#oppression demeurent une réalité pour les Samis aujourd’hui ».

    Entre adaptation et conservation d’un mode de vie

    Face à ces bouleversements les Samis ont dû s’adapter tout en essayant de conserver leurs modes de vie. Certains, vivant près des côtes, ont dû se spécialiser dans la pêche, d’autres dans l’élevage de rennes.

    Aujourd’hui moins de 10 % des 80 000 à 100 000 samis, vivent encore de cette activité. Les éleveurs restants ont dû augmenter la taille de leurs troupeaux : notamment pour investir dans les voitures et motoneiges aujourd’hui essentielles à l’élevage. Beaucoup ont également une activité annexe, souvent liées au #tourisme.

    « Ils maintiennent souvent une multi activité pour ne pas être dépendants ni d’une ressource, ni d’un marché. Ils ont donc une très forte résilience, explique Marie Roué. Aujourd’hui, c’est une économie mixte. C’est une continuation d’une #tradition et en même temps une adaptation à l’époque moderne. Les éleveurs continuent à manger leurs rennes et à utiliser la peau, mais la vendent aussi comme viande de boucherie. »

    « Je mange de la viande de renne, et ma femme fait des chaussures avec la peau » témoigne Per Olof Kuhmunen, éleveur de rennes dans le nord de la Suède, pour la Relève et La Peste.

    Avec son épouse, ils passent l’été près des #montagnes du parc national de #Sarek où paissent les rennes. Ils vivent dans des mobil-homes modernes, à côté des anciennes #goahti, des huttes à armatures de bois, recouvertes de mousses, de tourbe ou de terre.

    Tandis que Per Olof part durant plusieurs jours pour marquer les jeunes rennes dans la montagne, sa compagne pêche dans le grand lac à côté du campement. L’hiver, ils habitent dans la ville de Jokkmokk, peuplée par de nombreux éleveurs de rennes Samis.

    Si une petite minorité de Samis sont encore éleveurs de rennes, ces cervidés continuent d’occuper une place centrale dans leur culture. La perte de pâturage au profit d’autres activités économiques – minières, forestières ou production d’électricité – est ainsi mise en avant pour illustrer les menaces qui pèsent sur l’ensemble des Samis.

    L’étau du #colonialisme_vert et le réchauffement climatique

    La pratique du pastoralisme semi-nomade rend les Samis dépendants des conditions de pâturage et de circulation des troupeaux sur de vastes territoires. Ainsi, dans le nord de la Suède, les rennes pâturent l’été dans les montagnes et descendent passer l’hiver dans les forêts.

    Ils subissent donc l’industrialisation de la gestion forestière qui détruit les lichens dont se nourrissent les rennes. Ils sont aussi impactés par les conséquences de l’exploitation minière qui empiète sur leurs territoires, coupant les voies de migration des rennes.

    Ces mines sont aujourd’hui présentées comme essentielles à la transition énergétique et comme neutres en carbone. La société Beowulf Mining, qui prévoit d’exploiter la mine de fer de Gállok, près de Jokkmokk, promet ainsi une « exploitation minière durable alimentée par de l’électricité renouvelable. »

    « Une mine dans cette zone causerait des dommages environnementaux graves et irréversibles, avec des conséquences considérables pour la faune, les communautés locales et, en particulier, pour l’élevage traditionnel de rennes » réplique le groupe Jåhkågaska tjiellde, la communauté sami locale.

    La justification de l’exploitation des territoires samis par le développement durable est également très utilisée dans le pays voisin.

    « En Norvège, le principal problème réside dans les éoliennes, mais aussi dans l’exploitation minière. Nous luttons contre le « colonialisme vert » », affirme Petter, Sami habitant le comté de Troms, dans le nord de la Norvège.

    Deux parcs éoliens ont par exemple été construits par le groupe énergétique public Statkraft sur des zones d’élevage de rennes de la péninsule de Fosen, à l’ouest du pays. La construction de ces 151 éoliennes a été déclarée illégale en 2021 par la Cour suprême de Norvège, les juges estimant que « les parcs éoliens portaient atteinte au droit des éleveurs de rennes à jouir de leur propre culture ».

    « En juillet 2025, près de quatre ans après la décision, les éoliennes fonctionnent toujours », constate pourtant Petter. « Le gouvernement ne respecte pas la décision de la Cour suprême » ajoute ce militant, qui lutte aussi contre un projet de mine de cuivre, matériau très prisé pour la transition énergétique.

    En effet, si l’économie norvégienne repose en grande partie sur l’exportation de pétrole et de gaz naturel, le pays se présente désormais comme un champion de la décarbonation. Près de la moitié du mix énergétique intérieur repose sur l’électricité, dont environ 90 % provient de l’hydroélectrique.

    « La Norvège et la Suède ont construit toute leur richesse de l’extractivisme dans les territoires samis, explique Marie Roué. Le pétrole a rendu les Norvégiens riches et ils le savent. Aujourd’hui il y a une volonté d’exploiter les ressources jusqu’au bout pour conserver leur niveau de vie. »

    Pour la chercheuse, l’exploitation des territoires samis pour des projets éoliens, miniers et hydroélectriques se place dans la continuité de l’histoire coloniale du Sápmi.

    « La Norvège prétend imposer un verdissement de sa politique, dénonce-t-elle. Mais comme par hasard, ça veut dire 150 éoliennes sur un territoire d’élevage de renne sami. En réalité, c’est un colonialisme vert. »

    En parallèle, les éleveurs de rennes samis subissent de plein fouet les conséquences du changement climatique, la région Arctique se réchauffant deux fois plus vite que le reste du globe.

    Les redoux et les pluies hivernales provoquent des épisodes de fonte des neiges puis de regel, créant une couche de glace empêchant aux rennes d’accéder au lichen dont ils se nourrissent, ce qui obligent les éleveurs à acheter des aliments pour leurs animaux.

    Dans leur ouvrage Future in Sápmi (AgroParisTech, 2025), Marie Roué et ses quatre coéditeurs mentionnent l’inquiétude des samis face à cette double menace climatique et coloniale. Mais les chercheurs soulignent aussi les résistances : car les Samis tentent de s’organiser collectivement pour obtenir le droit à la terre.

    « Ces projets d’exploitation alimentent aussi les revendications à plus d’autonomie et les luttes pour affirmer les droits autochtones au sein de sociétés dominantes » affirment-ils.

    https://lareleveetlapeste.fr/lindustrie-verte-saccapare-les-terres-des-samis-dernier-peuple-aut
    #peuples_autochtones #barrages_hydroélectriques #exploitation #extractivisme #Scandinavie #énergie #énergie_verte #green-washing #menaces #industrialisation #forêt #exploitation_minière #transition_énergétique #Beowulf_Mining #Jokkmokk #Gállok #énergie_éolienne #éoliennes #résistance #Statkraft #Fosen #cuivre #décarbonation #électricité #pétrole #climat #changement_climatique #droits #autonomie

    ping @reka

  • Streit um Kirchenasyl für Afghanen in Berlin eskaliert : Zwischen BAMF und Kirchen knallt es
    https://www.berliner-zeitung.de/politik-gesellschaft/aerger-ueber-kirchenasyl-in-berlin-das-steckt-hinter-dem-streit-zwi

    Les églises berlinoises soutiennent des demandeurs d’aysle convertis au christianisme et leur accordent un refuge dans les locaux des églises. Contrairement aux administrations hambourgeoises les administrations berlinoises respectent l’asyle temporaire des églises et ne pénètrent pas les lieux de culte.

    Maximilian Beer - Der Umgang mit Kirchenasyl bringt nicht nur die Senate von Berlin und Hamburg gegeneinander auf. Auch Kirchen und BAMF beschuldigen einander. Das steckt dahinter.

    Seit Beginn des Jahres sind beim Berliner Senat 77 Mitteilungen über Kirchenasyle in der Hauptstadt eingegangen. Das teilt die Senatsverwaltung für Inneres und Sport auf Anfrage dieser Zeitung mit. Insgesamt seien in diesem Zuge 101 Menschen in Berliner Kirchen untergekommen. Wie viele von ihnen sich weiterhin in einem Kirchenasyl befinden, sei nicht bekannt, heißt es.

    Vergangene Woche sorgte der Fall dreier Afghanen für Aufsehen, die von der Dreieinigkeits-Gemeinde in Berlin-Steglitz aufgenommen worden waren. Nach Angaben der Kirche handelt es sich um konvertierte Christen. Ihre ersten Asylanträge hatten sie in Schweden gestellt – wo sie nach EU-Recht auch weiterhin sein sollten. Allerdings waren die Männer von dort weiter nach Hamburg und schließlich nach Berlin gezogen. Die Rede ist also von sogenannten Dublin-Fällen: von Personen, für deren Asylverfahren jener EU-Staat zuständig wäre, wo sie zuerst registriert wurden.

    Da die Afghanen mittlerweile Kirchenasyl in der Berliner Gemeinde erhalten haben, ist ein Streit zwischen den Regierungen der Stadtstaaten ausgebrochen. Die Berliner Zeitung berichtete über einen außergewöhnlich strengen Brief des Ersten Bürgermeisters von Hamburg, Peter Tschentscher (SPD), an seinen Amtskollegen Kai Wegner (CDU). Im Kern geht es um die Frage, wer die Afghanen aus der Kirche herausholen soll.

    Hamburg hatte bei der Berliner Polizei um Amtshilfe gebeten, was jedoch abgelehnt wurde – denn der Berliner Senat will Kirchenasyl grundsätzlich nicht brechen. Derweil heißt es aus der Hauptstadt, die Hanseaten seien zuständig. Und die tun sich offenkundig schwer damit, in einem anderen Bundesland in Kirchenräume einzudringen.
    Berliner Pfarrer berichtet von Kontakten mit BAMF

    Überhaupt handhaben Bundesländer das Kirchenasyl unterschiedlich. So hat etwa Hamburg im vergangenen Jahr einen Afghanen aus einer Kirche nach Schweden zurückgewiesen, nachdem das Bundesamt für Migration und Flüchtlinge (BAMF) sein sogenanntes Härtefalldossier abgelehnt hatte. Damit wollte die Kirche begründen, dass die Sicherheit des Mannes bedroht wäre, sollte dieser von Schweden nach Afghanistan abgeschoben werden. Es war der erste Bruch eines Kirchenasyls in Hamburg.

    Bei den Afghanen in der Berliner Kirche hatte das BAMF ähnlich entschieden. Das Amtsgericht Tiergarten erließ deshalb Durchsuchungsbeschlüsse. Der Pfarrer der evangelischen Gemeinde, Gottfried Martens, beklagt jedoch, das Amt habe die Härtefalldossiers formaljuristisch und ausdrücklich nicht inhaltlich geprüft. Auf die „inhaltlichen Argumente“ seiner Kirche sei das BAMF nicht eingegangen. Grundsätzlich würden die allermeisten Dossiers abgelehnt.

    Seine Gemeinde kümmere sich vor allem um afghanische Christen, sagt Martens der Berliner Zeitung. Wegen der „Ablehnungspraxis“ in Schweden drohe ihnen die Abschiebung nach Afghanistan. In den erforderlichen Härtefalldossiers erkläre die Kirche, dass die Personen „ernsthaft zum christlichen Glauben konvertiert“ seien und somit in Afghanistan in Lebensgefahr geraten würden. Für solche Fälle ist das Kirchenasyl in Deutschland gedacht: Es soll etwa vor lebensbedrohlichen Situationen im Heimatland schützen, auch vor gesundheitlichen Risiken, und erschwert Abschiebungen erheblich.

    Nach Angaben des BAMF hat die Zahl der Kirchenasyl-Fälle in ganz Deutschland zuletzt deutlich zugenommen. Demnach wurden im vergangenen Jahr 2386 Fälle registriert. 2023 seien es noch 2065 gewesen – also rund 300 weniger.

    Der Pfarrer Gottfried Martens hatte wegen der Härtefalldossiers schon öfter Kontakt mit dem BAMF. Wenn ein anderer EU-Mitgliedstaat einen Asylantrag abgelehnt habe, antworte das Amt, man könne und wolle die Entscheidung der ausländischen Behörden inhaltlich nicht prüfen, solange Deutschland nicht zuständig sei. Im aktuellen Fall bedeute dies, das Amt müsse sich formal an die Entscheidung der Behörden in Schweden halten. Martens beschreibt die Antwort des BAMF wie folgt: „Da können Sie 20 Seiten lang etwas über die Person schreiben – das ist uns egal. Wir überprüfen nicht inhaltlich, sondern stellen nur formal fest, dass der Asylantrag bereits in Schweden abgelehnt worden ist. Darum lehnen wir das Härtefalldossier ab.“

    Seine Gemeinde nehme auch Flüchtlinge auf, deren Asylantrag nicht von einem anderen Staat abgelehnt wurde. Die Kirche erkläre dann, weshalb im Falle einer Abschiebung ein Verstoß gegen die Europäische Menschenrechtskonvention drohe. „Die Antwort des BAMF ist, wenn denn überprüft wird, immer dieselbe“, sagt Martens: „Diese Argumente überzeugen uns nicht.“ Martens spricht von einer Ablehnungsquote von 99 Prozent. In den allermeisten Fällen nehme das BAMF gar keine Prüfung vor, sondern lasse Dossiers liegen, bis die Überstellungsfrist abgelaufen sei. Dann ist Deutschland für die Asylverfahren zuständig.

    „Nur, wenn ein Bundesland in Einzelfällen Druck macht, wird überprüft – und dann eben immer mit demselben Ergebnis“, sagt der Pfarrer. Genau das habe Hamburg gemacht. „Es hat auf das BAMF Druck gemacht, dass sie unsere Dossiers überprüfen. Und dann wussten wir auch gleich, was dabei herauskommt.“

    Der Streit um die Afghanen in der Berliner Gemeinde gibt einen Eindruck davon, wie angespannt das Verhältnis zwischen Kirchen und BAMF offenbar ist. Beide Seiten beschuldigen einander, es mit den Härtefalldossiers nicht so genau zu nehmen.

    Zu den drei Afghanen – oder Einzelfällen generell – will sich das BAMF zwar nicht äußern. Allerdings kennt man dort den Vorwurf, im Bundesamt werde meist nicht inhaltlich über die Dossiers entschieden. Tatsächlich, so ein BAMF-Sprecher auf Anfrage dieser Zeitung, gehe aber bei rund 30 Prozent der Fälle entweder gar kein Dossier beim Amt ein oder es lande dort nicht fristgerecht.

    Sofern das Dossier beim BAMF ankomme, werde es vielfach „kurz vor Ablauf der Überstellungsfrist“ eingereicht. Und das widerspreche einer Vereinbarung zwischen dem Bundesamt und den christlichen Kirchen in Deutschland von 2015. Demnach sei das Dokument so früh wie möglich vor dem Ablauf der Überstellungsfrist einzureichen, sagt der BAMF-Sprecher. Geschieht dies nicht, erschwere das „eine Sachentscheidung erheblich“. Sie könne dann „überwiegend nicht mehr gewährleistet werden“.

    Die Vereinbarung zum Kirchenasyl sei ausschließlich für Fälle mit Dublin-Bezug gedacht, betont das BAMF. Es gehe um die Zuständigkeit für die Prüfung eines Asylverfahrens. Die Gründe für ein Kirchenasyl müssten durch „neue Beweise“ oder „Indizien“ über das hinausgehen, was bereits beim Dublin-Verfahren nachgewiesen worden sei.

    Geht es nach dem BAMF, handelt es sich bei den gemeldeten Personen „ganz überwiegend“ nicht um Härtefälle. In den Dossiers würden „mehrheitlich dieselben Gründe vorgetragen, die bereits im Rahmen des regulären Dublin-Verfahrens geprüft“ wurden. Auch werde auf Mängel der Asylverfahren in anderen Staaten verwiesen – wie etwa in Schweden. Das BAMF nennt das „Systemkritik am Dublin-Verfahren“. Und betont: Auch das sei laut der Vereinbarung zum Kirchenasyl „als Härtefallgrund nicht zulässig“.

    Derweil will der Berliner Senat auch bei einer Ablehnung durch das BAMF an seiner Haltung zum Kirchenasyl festhalten. „Aus Respekt vor den Kirchen“, so die Innenverwaltung, „und dem historisch gewachsenen Kirchenasyl als Ausdruck einer christlich-humanitären Tradition“ gebe es keine „Rückführungen aus den Räumlichkeiten von Religionsgemeinschaften“. Das gilt jedenfalls, solange sich die Männer in den Räumen der Gemeinde aufhalten. „Wurde das Prüfverfahren abschlägig abgeschlossen und werden Betroffene außerhalb der Räumlichkeiten der Religionsgemeinschaft angetroffen, kann die Rückführung erfolgen“, heißt es.

    #Europe #Suède #Allemagne #réfugiés #asyle #expulsions #église

  • ✊ Génocide à Gaza : les Ouvriers des Ports et Docks haussent le ton – Unité CGT
    7 juin 2025
    https://unitecgt.fr/genocide-gaza-dockers-haussent-ton

    Ces derniers jours, semaines et mois ont vu les mobilisations des dockers et portuaires monter en puissance. Les ouvriers affirment, dans l’action, leur opposition irréductible à toute complicité avec le génocide à Gaza.
    France.

    📌 #France Dans un dernier communiqué paru le 5 juin, au lendemain de l’annonce du refus de décharger 14 tonnes de matériel militaire à destination d’Israël, le syndicat CGT des ouvriers dockers et portuaires du Golfe de Fos a annoncé refuser de décharger un nouveau chargement ; cette fois, “il s’agit d’après nos informations, de tubes de canons fabriqués par la société Aubert et Duval à Firminy, ce sont de matériels militaires.”

    “Bien entendu, ces deux conteneurs sont également bloqués, ce qui porte à 3 le nombre de conteneurs qui n’embarqueront pas pour le port de Haïfa. Le port de Fos, avec ses bassins Ouest, ne doit pas servir à expédier des munitions ou des armes pour n’importe quelle guerre que ce soit”, a rappelé le syndicat CGT.

    “Les travailleurs du port de Fos ne veulent pas être les complices de massacres, de pertes de vies humaines.”, ajoute encore la CGT qui pose l’équation du rapport de force : “Si certaines continuent à vouloir faire passer ce type de marchandises par notre port, alors nous répondrons autrement dans les jours et semaines à venir en mobilisant l’ensemble des dockers et portuaires du golfe de Fos”.

    📌 #Italie “Nous réaffirmons avec force notre refus de toute complicité dans le génocide à Gaza et notre ferme opposition à toute guerre !”, à l’appel de l’Union syndicale de Base, les ouvriers dockers et portuaires italiens sont entrés en grève ce 6 juin, en amont de la grève générale du 20 juin prochain et de la manifestation nationale contre les politiques de réarmement le 21 à Rome.

    L’USB s’était déjà mobilisée contre le trafic d’armes dans les ports italiens, notamment à Gênes et à Livourne, mais aussi dans les aéroports de Pise et de Brescia. En soutien à leurs collègues français du golfe de Fos, les dockers et portuaires de Gênes ont annoncé leur détermination à refuser également le déchargement du navire.

    “Nous devons réduire le nombre d’armes et augmenter les salaires”, affirme aussi l’USB qui dénonce “la complicité du gouvernement italien et de l’Union européenne dans le génocide du peuple palestinien. De plus, la politique de guerre menée par le gouvernement Meloni ne fait qu’appauvrir une population italienne déjà accablée par l’inflation et les bas salaires.”

    📌 Au #Maroc, malgré le soutien affirmé de la monarchie marocaine envers le régime de Tel Aviv, une majorité des dockers du grand port industriel de Tanger ont dénoncé le génocide à Gaza et se sont opposés à la livraison d’armes vers Israël. Malgré la répression, les manifestations et protestations ont retardé et entravé le transfert, via le Maroc, de cargaisons militaires.

    Ces démonstrations, dans un Etat muselé par un Pouvoir répressif et dissuasif omniprésent et allié indéfectible des Etats-Unis et d’Israël, ont engagé notamment l’appel clair de plusieurs syndicats marocains dont l’Union Marocaine du Travail, qui ont pris position et appelé les travailleurs portuaires à refuser toute opération de chargement ou de déchargement sur les « navires du génocide »

    📌 En #Suède, les dockers sont engagés dans une campagne contre la répression syndicale, le vice-président du Syndicat des dockers suédois (Svenska hamnarbetarförbundet) a été licencié par son employeur DFDS pour avoir organisé un blocus symbolique de 20 ports suédois de six jours contre des cargaisons militaires destinées à Israël. Cette campagne est notamment relayée par l’European Dockers Council.
    Helgeson a été licencié au motif qu’il avait enfreint la loi sur la protection de la sécurité de la Suède. L’instrumentalisation des lois sécuritaires pour silencier les voix pour la Palestine et réprimer la combativité de la classe ouvrière, se vérifie pays après pays, secteur après secteur.

    📌 En #Grèce, le puissant syndicat des dockers et portuaires ENEDEP a exprimé cette semaine “sa solidarité avec nos frères d’Italie et de France” et souligné “une fois de plus que les dockers ne se salissent pas les mains avec le sang des gens […] Nous ne serons pas le maillon de la chaîne du sang qui unit les gouvernements qui soutiennent le génocide en Palestine. La solidarité est la seule arme des peuples !”

    #Résistance

  • La #Suède annonce allouer plus de 9 millions d’euros pour accélérer les #retours de migrants dans leur pays d’origine

    Dans un communiqué du 13 mai, le gouvernement suédois a indiqué renforcer son soutien à l’#Organisation_internationale_pour_les_migrations (#OIM) afin d’augmenter les retours des migrants présents dans le pays mais aussi dans l’Union européenne. Plus de 9 millions d’euros vont être alloués par la Suède à l’agence onusienne.

    Le sujet de l’immigration irrégulière occupe de nouveaux le devant de la scène en Suède. Mardi 13 mai, le gouvernement suédois a indiqué renforcer son soutien à l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) en lui allouant 9,2 millions d’euros pour accélérer les retours de migrants présents sur son territoire mais aussi au sein de l’Union européenne (UE).

    Cette #aide_financière doit contribuer à "lutter contre la migration irrégulière depuis l’#Irak, la #Somalie, l’#Ouzbékistan et la #Tunisie" renseigne le communiqué.

    Une autre partie de la somme servira à "renforcer les conditions de retour vers la #Syrie et lutter contre la traite des êtres humains en #Ukraine", précise le document. Le ministre des Migrations, #Johan_Forssell, a réaffirmé le soutien de Stockholm à l’Ukraine et a précisé que l’argent permettra également de "contrer et fournir de l’aide à ceux qui ont été victimes de la traite des êtres humains pendant l’invasion massive de l’Ukraine par la Russie".

    Ces programmes d’"#aide_au_retour_volontaire" (#AVR) sont mis en place et soutenus par l’OIM dans plus de 100 pays. L’agence onusienne "ne facilite ni ne met en œuvre les expulsions (et) n’intervient qu’une fois qu’une personne a donné son #consentement_éclairé pour recevoir de l’aide", assure-t-elle dans un communiqué daté du 12 mai.

    Une myriade de mesures pour réduire l’immigration

    Cette nouvelle annonce n’est qu’une énième mesure du gouvernement, désireux de freiner l’immigration dans le pays. Depuis une dizaine d’années, les restrictions adoptées par les autorités suédoises à l’encontre des personnes exilées et étrangères sur le territoire scandinave sont de plus en plus sévères.

    Pour inciter les migrants à regagner leur pays d’origine, elles avaient annoncé le 12 septembre 2024 vouloir tripler le montant de l’aide au retour “volontaire”. Actuellement de 10 000 couronnes (environ 920 euros), celle-ci devrait grimper à 350 000 couronnes (30 000 euros) pour un adulte. Très critiquée, la mesure doit malgré tout entrer en vigueur en 2026. D’autres pays européens proposent également une #aide_financière_au_retour : de plus de 13 000 euros au #Danemark, d’environ 1 300 euros en #Norvège et jusqu’à 2 500 euros en #France.

    En avril dernier, les autorités avaient fait part de leur volonté d’introduire dans la législation un critère de "#conduite_honnête" aux migrants, sous peine de voir révoquer ou refuser leur titre de séjour. Déjà, un projet de loi annoncé en janvier proposait de conditionner l’obtention de la #citoyenneté suédoise à une “#bonne_conduite”, une durée de séjour plus longue (huit ans contre cinq actuellement) et à la réussite d’un test de connaissances de la société et des #valeurs suédoises ainsi qu’un examen de #langue.

    Dans cette même logique de durcissement des conditions d’accès des étrangers pour obtenir des #titres_de_séjours, le gouvernement défendait en décembre dernier un projet pour limiter la possibilité des demandeurs d’asile déboutés de déposer une nouvelle demande, sans avoir auparavant quitté le pays.

    Une autre proposition avait suscité un tollé dans le pays en mai 2024 : la coalition au pouvoir avait proposé une loi visant à obliger les travailleurs du secteur public à dénoncer aux autorités les personnes #sans-papiers avec lesquelles ils sont en contact. La mesure, jugée raciste et discriminatoire, s’était cependant heurtée à une très forte opposition au sein des services publics, qui avait appelé à la "désobéissance civile".

    Souhaitant privilégier l’immigration d’une “main-d’œuvre étrangère qualifiée et hautement qualifiée” comme le déclarait l’ancienne ministre des Migrations en février 2024, Stockholm souhaite également relever le plafond de #salaire_minimum requis pour les travailleurs non-européens dans l’obtention d’un #visa_de_travail. Ils devront désormais prouver qu’ils gagnent plus de 34 200 couronnes (3 000 euros) contre 27 360 couronnes (2 400 euros) actuellement.

    La Suède ferme ses portes aux immigrés

    Réputée accueillante pour les demandeurs d’asile depuis les années 1990, la Suède a permis à un grand nombre de personnes en provenance de régions en proie à des conflits, notamment d’ex-Yougoslavie, de Syrie, d’Afghanistan, de Somalie, d’Iran et d’Irak, de vivre sur son territoire. En 2015, le pays connaît un afflux de #réfugiés_syriens fuyant le régime d’Assad. Sur cette seule année, la Suède a accueilli plus 160 000 demandeurs d’asile, soit le taux d’accueil le plus élevé par habitant dans l’Union européenne.

    Mais ces arrivées massives marquent aussi un tournant. Le gouvernement social-démocrate de l’époque déclare alors qu’il n’est plus en mesure de poursuivre sa "politique de la porte ouverte". Depuis, les gouvernements successifs s’emploient à freiner les arrivées de migrants dans le pays.

    L’arrivée au pouvoir en 2022 d’un bloc qui regroupe modérés, conservateurs et obtient le soutien du parti d’extrême droite anti-immigration, les Démocrates de Suède, opère un virage radical dans la politique migratoire suédoise. "Il est temps de faire passer la Suède d’abord", déclarait à cette période Jimmie Akesson, le leader des Démocrates de Suède.

    Devenue l’une des nations européennes les plus strictes en la matière, la Suède peine à intégrer un grand nombre des nouveaux arrivants. En 2024, le nombre de migrants ayant obtenu l’asile en Suède a atteint le niveau le plus bas depuis 40 ans. L’an dernier, un peu plus de 6 000 permis de séjour pour l’asile ont été accordés dans le pays scandinave.

    "Aujourd’hui, trois personnes sur quatre qui demandent l’asile en Suède ne sont pas considérées comme ayant des motifs suffisants pour obtenir un #permis_de_séjour. Elles ne sont donc pas des réfugiées et doivent rentrer chez elles", a déclaré le ministre Johan Forssell.

    La Suède a ainsi été l’un des premiers pays à annoncer la suspension des demandes d’asile pour les Syriens après la chute de Bachar al-Assad en décembre dernier.

    https://www.infomigrants.net/fr/post/64546/la-suede-annonce-allouer-plus-de-9-millions-deuros-pour-accelerer-les-
    #migrations #réfugiés #renvois #expulsions #IOM #traite_d'êtres_humains #retours_volontaires #naturalisation #réfugiés_syriens

    ping @karine4 @reka

  • La Suède veut imposer un critère de « #conduite_honnête » aux migrants, sous peine d’expulsion

    Le gouvernement suédois a annoncé mardi sa volonté d’introduire dans la législation un critère de « conduite honnête » aux migrants sous peine d’expulsion. Depuis son arrivée au pouvoir en 2022, le gouvernement suédois, soutenu au Parlement par les Démocrates de Suède, parti d’extrême droite anti-immigration, a multiplié les restrictions de plus en plus sévères en matière migratoire.

    Introduire des normes de #comportements aux migrants sous peine d’expulsion. C’est la nouvelle mesure proposée par le gouvernement suédois en matière migratoire. Stockholm a annoncé mardi 1er avril son intention de mettre en place une règle de bonne conduite pour les étrangers, sous peine d’expulsion de Suède.

    « La grande majorité des personnes qui viennent en Suède sont parfaitement honnêtes, elles veulent simplement une vie meilleure, pour elles-mêmes, pour leur famille, elles veulent travailler, faire ce qu’il faut, apprendre la langue suédoise, faire partie de notre pays », a déclaré le ministre des Migrations Johan Forssell. « Mais nous vivons également à une époque où la confiance des citoyens dans la politique d’immigration repose sur un principe très fondamental, à savoir que ceux qui viennent en Suède et commettent des #crimes - ou qui se comportent mal d’une autre manière - ne devraient pas être ici », a-t-il ajouté.

    Fraude aux prestations sociales, endettement, toxicomanie...

    Ainsi Robert Schött, un ancien juge en charge de l’examen de cette mesure, propose d’introduire dans la législation suédoise un critère de « #conduite_honorable » destiné aux migrants - principalement les étudiants, ceux ayant un permis de travail, et leur famille. Et de pouvoir invoquer ce motif pour révoquer ou leur refuser un #permis_de_séjour.

    Ces « manquements dans le mode de vie » pourraient être, outre commettre un crime ou un #délit, la #fraude aux prestations sociales, l’#endettement, les perturbations à l’ordre public induites par la #toxicomanie, ou encore l’#apologie_du_terrorisme ou d’autres agissements qui « menacent la sécurité » de la Suède, a énuméré le ministre des Migrations.

    « Je suis convaincu que la grande majorité des gens comprennent exactement ce que nous voulons dire dans ce contexte », a affirmé Johan Forssell. « La législation sera plus stricte pour ce groupe de personnes qui ne sont pas des citoyens suédois ».

    Les ONG ont immédiatement critiqué cette nouvelle proposition gouvernementale. À l’instar de Civil Rights Defenders qui estime que « cela créerait un système dans lequel certaines personnes pourraient être punies pour avoir exprimé des opinions qui restent tout à fait légales pour d’autres ». Selon l’ONG, « cela porterait atteinte au principe de l’égalité de traitement devant la loi et constituerait une évolution extrêmement regrettable pour la Suède ».

    Multiplication des annonces

    Depuis son arrivée au pouvoir en 2022, le gouvernement suédois, soutenu au Parlement par les Démocrates de Suède, parti d’extrême droite anti-immigration, a introduit des restrictions de plus en plus sévères en matière migratoire.

    Début janvier, Stockholm avait indiqué vouloir durcir l’accès à la citoyenneté, et mettait déjà en avant une « conduite honorable ». Selon le texte, pour devenir suédois, un étranger devra avoir vécu huit ans en Suède - contre cinq ans actuellement -, passé un test de connaissances de la société et des valeurs suédoises, et réussi un examen de langue, avait recommandé une commission d’experts mandatée par le gouvernement.

    En décembre 2024, le gouvernement avait aussi annoncé un projet de loi qui limiterait la possibilité pour les demandeurs d’asile déboutés de déposer une nouvelle demande sans avoir quitté le pays, souhaitant ainsi lutter contre la « clandestinité ».

    En mai 2024, une proposition de loi visait à obliger les travailleurs du secteur public à dénoncer aux autorités les personnes sans-papiers avec lesquelles ils sont en contact. Cette mesure, jugée raciste et discriminatoire par les défenseurs des droits, avait créé la polémique dans le pays.

    Quelque 4 000 soignants avaient alors signé une tribune pour dénoncer un texte qui va à l’encontre du serment d’Hippocrate. « Cela aura des impacts de santé publique : des maladies pas traitées qui deviennent graves, la propagation de maladies infectieuses », expliquait la tribune.

    Demandes d’asile au plus bas

    Lors de la crise de 2015, la Suède avait largement ouvert ses portes aux étrangers et avait accueilli plus de 150 000 demandeurs d’asile, soit le nombre le plus élevé par habitant dans l’Union européenne. Mais en 2022, le bloc composé de la droite libérale conservatrice et de l’extrême droite l’emportait aux législatives. Une nouvelle ère anti-migrants s’était alors ouverte. « Il est temps de faire passer la Suède d’abord », déclarait à l’époque Jimmie Akesson, le leader des Démocrates de Suède (extrême-droite).

    Résultat, en 2024, le nombre de migrants ayant obtenu l’asile en Suède a atteint le niveau le plus bas depuis 40 ans. Seuls 6 250 permis de séjour pour l’asile ont été accordés dans le pays scandinave l’année dernière. « Aujourd’hui, trois personnes sur quatre qui demandent l’asile en Suède ne sont pas considérées comme ayant des motifs suffisants pour obtenir un permis de séjour. Elles ne sont donc pas des réfugiées et doivent rentrer chez elles », a récemment déclaré le ministre Johan Forssell.

    La Suède se considérait autrefois comme un refuge pour les personnes victimes de guerre et de persécutions, mais elle a peiné, au fil des ans, à intégrer un grand nombre de ses nouveaux arrivants.

    Preuve de ce changement de considération vis à vis des réfugiés, la Suède a été l’un des premiers pays a annoncé la suspension des demandes d’asile pour les Syriens après la chute de Bachar al-Assad en décembre dernier.

    https://www.infomigrants.net/fr/post/63738/la-suede-veut-imposer-un-critere-de-conduite-honnete-aux-migrants-sous
    #criminels_étrangers #expulsions #renvois #migrations #réfugiés #Suède
    ping @karine4

  • Vorzeitige Todesfälle in der Coronapandemie: Ausgerechnet Schweden schneidet in Europa am besten ab
    https://www.tagesspiegel.de/wissen/vorzeitige-todesfalle-in-der-coronapandemie-ausgerechnet-schweden-schne

    La Suède est le pays européen avec le meilleur bilan de vues perdues par l’épidémie covid.

    11.3.2025 von Birgit Herden - Eine neue Studie errechnet, wie oft Menschen durch die Pandemie vorzeitig starben – am Virus und durch andere Ursachen. Im europäischen Vergleich war das von Land zu Land sehr unterschiedlich.

    In den Jahren der Coronapandemie sind Menschen vorzeitig gestorben – sowohl am Virus selbst als auch an den indirekten Folgen. Doch wie groß war der Verlust insgesamt in der Rückschau? Und wie schneiden verschiedene Länder im Vergleich ab?

    Eine internationale Forschergruppe hat das für 18 europäische Länder untersucht. Deutschland landet bei dem Ländervergleich im Mittelfeld. Die besten Werte haben die Forschenden allerdings für Schweden ermittelt – ausgerechnet das Land, das wegen etwas weniger strengen Pandemie-Maßnahmen mitunter in der Diskussion stand.

    Für die Auswertung untersuchte eine Gruppe unter der Leitung von Forschenden des Imperial College London, der Universität Helsinki und der University College London, wie stark die Covid-19-Pandemie die Lebenserwartung in 18 europäischen Ländern beeinflusst hat. Veröffentlicht wurde die Arbeit im Fachmagazin PLOS Medicine.

    Die Forschenden wollten herausfinden, wie viele Lebensjahre durch die Pandemie verloren gingen – und zwar nicht nur direkt durch Covid-19-Todesfälle, sondern auch indirekt durch andere Ursachen, etwa verzögerte Behandlungen oder die Auswirkungen von Lockdowns auf die Gesundheit.

    Wie kann man wissen, was ohne die Pandemie gewesen wäre?

    Für eine solche Berechnung betrachtet man zunächst, wie sich Sterblichkeit und Krankheitsverläufe vor der Pandemie entwickelt hatten. Daraus kann man ableiten, wie sich die Lebenserwartung ohne Pandemie weiterentwickelt hätte.

    Basierend auf den Trends vor 2020 wurde berechnet, wie lange Menschen im Durchschnitt noch gelebt hätten, wenn sich diese Trends einfach fortgesetzt hätten. Die realen Sterbezahlen aus 2020–2022 wurden mit der Modell-Prognose verglichen. Die Differenz zeigt, wie viele Jahre durch die Pandemie „verloren“ gingen – entweder direkt durch Covid-19 oder indirekt durch die Belastung der Gesundheitssysteme.

    16,8 Millionen Lebensjahre gingen zwischen 2020 und 2022 in den 18 untersuchten Ländern insgesamt verloren, vor allem in der Altersgruppe über 80 Jahre.

    Zwischen 2020 und 2022 gingen in den 18 untersuchten Ländern insgesamt 16,8 Millionen Lebensjahre verloren – das entspricht etwa 58 verlorenen Lebensjahren pro 1000 Personen. Besonders betroffen waren ältere Menschen: 60 Prozent der verlorenen Lebensjahre entfielen auf die Altersgruppe über 80 Jahre.

    Die Zahlen wurden für Menschen über 35 ermittelt, da es unterhalb dieser Altersschwelle zu wenige Todesfälle für eine sinnvolle Auswertung gibt. Das Maß der verlorenen Lebensjahre berücksichtigt bei den Todesfällen auch, wie viele Jahre die Verstorbenen – gemessen an der durchschnittlichen Lebenserwartung – noch hätten leben können. Der Tod eines 40-Jährigen fällt also stärker ins Gewicht als der eines 70-Jährigen.
    Länder mit niedrigerem Einkommen stärker betroffen

    Die Ergebnisse waren im Ländervergleich sehr unterschiedlich. Die höchsten Verluste hatten Estland und Polen, die niedrigsten die Schweiz und Schweden. Deutschland liegt im Mittelfeld und schneidet in der Studie besser ab als England, aber etwas schlechter als Frankreich.

    Die Studie zeigt nicht, in welchem Maß einzelne Faktoren wie Lockdowns, Angst vor Ansteckung oder überlastete Gesundheitssysteme zu den indirekten Todesfällen beitrugen. Die Daten ließen aber deutliche Zusammenhänge erkennen:

    Ärmere Länder hatten tendenziell höhere Verluste als wohlhabende.
    Länder mit hoher Impfquote hatten tendenziell geringere Verluste als die mit niedrigerer Impfquote.
    Männer waren allgemein stärker betroffen als Frauen.

    Todesfälle nicht nur durch das Virus

    Fast ein Drittel der verlorenen Lebensjahre ging nicht auf direkte Covid-19-Todesfälle zurück. Eine naheliegende Ursache für diesen Teil der erhöhten Sterblichkeit könnte der erschwerte Zugang zu medizinischer Versorgung während der Pandemie sein.

    Im Jahr 2020 waren die verlorenen Lebensjahre hauptsächlich auf Covid-19-Todesfälle zurückzuführen. Diese gingen nach 2021 zurück, was mit der Einführung von Impfstoffen zusammenfällt. Die Todesfälle aufgrund anderer Ursachen stiegen jedoch von 2020 bis 2022 in den meisten der 18 Länder weiter an. Im Jahr 2022 entfiel fast die Hälfte der verlorenen Lebensjahre auf nicht-Covid-bedingte Todesfälle.

    Während der Pandemie sank die statistische Lebenserwartung – und keines der 18 untersuchten Länder hatte 2022 wieder das Niveau von 2019 erreicht. In vielen Ländern war die Lebenserwartung 2022 noch deutlich niedriger als vor der Pandemie. Am besten schnitt auch hier Schweden ab, wo die Lebenserwartung fast wieder auf das vorherige Niveau zurückkehrte.

    Zeitweise verringerte Sterblichkeit

    In einigen Ländern war die Sterblichkeit durch Nicht-Covid-Todesursachen zeitweise niedriger als erwartet. Die Forschenden nennen dafür zwei mögliche Erklärungen:

    Maßnahmen wie Masken, Abstandhalten oder Lockdowns könnten auch andere Krankheiten (z. B. Grippe oder Lungenentzündungen) reduziert haben.
    Bei unheilbar kranken Menschen könnte irrtümlich eine Covid-Infektion zur Todesursache erklärt worden sein.

    In welchem Ausmaß beide Faktoren beigetragen haben, kann die Studie nicht klären.

    Wie schätzen Fachleute die Arbeit ein?

    Die Methodik der Arbeit wird von Fachleuten übereinstimmend als verlässlich beurteilt. Die Epidemiologin Berit Lange weist jedoch darauf hin, dass die mit Covid-19 assoziierten Todesfälle durch die Studie nicht erklärt werden. „Hierzu hätten tatsächlich todesursachenspezifische Daten – die durchaus vorhanden, aber natürlich für 18 Länder schwer zusammenzutragen sind – aus den entsprechenden Ländern genauer analysiert werden müssen“, sagt die Leiterin der Abteilung Epidemiologie am Helmholtz-Zentrum für Infektionsforschung in Braunschweig.

    Dass die Todesfälle auch nach Einführung der Impfstoffe weiter anstiegen, ist für Lange keine Überraschung: „Ein ansteigender Verlust von Lebensjahren, die eher nicht direkt Covid-19-assoziiert sind, ist nach Impfeinführungen natürlich sehr gut möglich, da ein Teil der durch Pandemie-Maßnahmen verursachten Versorgungseffekte erst mit Verzögerung auftreten.“

    Der Biostatistiker Valentin Rousson von der Universität in Lausanne weist darauf hin, dass man die Zahlen einordnen müsse: „Was bedeuten 16 Millionen verlorene Lebensjahre in drei Jahren und 18 Ländern?

    Wie viel ist viel?“

    In einer früheren Arbeit hatte Rousson selbst die verlorenen Jahre im Jahr 2020 berechnet. Am stärksten war bei seinem Vergleich Bulgarien betroffen gewesen. Aber auch hier hatten die Menschen weniger als ein Promille der Lebensjahre verloren, die sie ohne die Pandemie gehabt hätten. „Der Verlust betrug also etwas weniger als ein Jahr von Tausend. Für andere europäische Länder wäre der Verlust sogar noch geringer“, sagt Rousson, der sich hier allerdings nur auf das Jahr 2020 bezieht. In der gesamten Pandemie hätten die Menschen nach seiner Schätzung 0,2 Prozent (zwei Promille) ihrer Lebenszeit verloren.

    „Wir können es den Menschen überlassen, zu beurteilen, ob ein solcher Verlust erheblich ist oder nicht“, findet Rousson. „Wenn es nicht so dramatisch erscheint, wäre es eine gute Nachricht nach all den strengen Maßnahmen, die gegen Covid-19 ergriffen wurden. Niemand weiß, wie hoch die Verluste gewesen wären, wenn diese Maßnahmen nicht ergriffen worden wären.“ (mit smc)

    #covid-19 #Suède #Europe