• « Les arguments favorables aux “#OGM” sont soumis à très peu d’esprit critique »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/07/18/les-arguments-favorables-aux-ogm-sont-soumis-a-tres-peu-d-esprit-critique_60

    C’est une histoire qui a presque deux décennies, mais elle éclaire toujours, aujourd’hui, la nature des débats sur les #biotechnologies. En 2001, Ignacio Chapela et David Quist, deux chercheurs de l’université de Californie à Berkeley (Etats-Unis) publiaient dans la revue Nature des résultats incommodants : les deux scientifiques assuraient avoir détecté, dans certaines variétés de maïs traditionnels mexicains, des traces de contamination génétique dues aux cultures américaines de maïs transgénique, à plusieurs centaines de kilomètres au nord.

    Au moment même où l’article était publié — et alors que nul n’avait encore pu l’examiner —, un déluge d’indignation s’abattit sur les éditeurs de la revue : les auteurs étaient des militants écologistes déguisés, leur méthode était défectueuse, leurs résultats étaient pourris, etc.

    Quelques mois plus tard, Nature publiait une notice de désaveu, regrettant la publication de l’étude — sans toutefois avoir le moindre élément pour une #rétractation en bonne et due forme. Du jamais-vu. Ces travaux étaient certainement imparfaits, mais sans doute pas plus que la grande majorité de ceux qui sont publiés chaque jour. M. Chapela n’en a pas moins subi, des mois durant, une vindicte si hargneuse, de la part de scientifiques convaincus des bienfaits des biotechs, que son emploi à Berkeley fut un temps menacé.

    Cette bronca était-elle si spontanée ? En novembre 2002, dans une chronique au Guardian, George Monbiot a raconté, preuves irréfutables à l’appui, comment une campagne de dénigrement avait été lancée contre M. Chapela et M. Quist par une #officine dont l’un des clients était une firme agrochimique bien connue. Des années plus tard, le 12 novembre 2008, Nature revenait sur l’affaire dans un bref article d’information : les résultats qu’elle avait désavoués avaient été reproduits par d’autres chercheurs.

    Cet exemple — parmi de nombreux autres — montre l’extraordinaire capacité des industriels à influencer le débat sur « les #OGM » (même si ce terme ne recouvre rien de précis).

    #paywall

    • [...]

      Ce défaut d’esprit critique à l’endroit des biotechno­logies végétales – telles qu’elles sont actuellement utilisées – est général et n’épargne pas le person­nel scientifique au sens large, bien au contraire. Pas plus, d’ailleurs, que l’auteur de ces lignes.

      Dans l’espace de cette chroni­que, il a ainsi déjà été affirmé qu’en #Inde, le #coton #transgénique #Bt (sécrétant une toxine insecticide) avait eu des résultats posi­tifs en termes de baisse du re­cours aux pesticides et d’augmentation des rendements. Cette affirmation est probablement fausse et il n’est jamais trop tard pour manger son chapeau.

      En mars, en pleine crise due au Covid­19, la revue Nature Plants a publié l’étude la plus exhaustive sur les effets de deux décennies de culture du coton transgénique Bt à l’échelle d’un grand pays. Elle est passée complètement inaperçue. Pour ceux qui ont cru au miracle du coton Bt indien, ses conclu­sions sont cruelles.

      Certes, expliquent ses auteurs, Keshav Kranthi (International Cotton Advisory Committee, à Washington) et Glenn Davis Stone (université Washington, à Saint Louis), le coton Bt ne peut être rendu responsable d’une quelcon­que épidémie de #suicides parmi les #agriculteurs indiens – selon une idée répandue chez les détrac­teurs des #biotechs.

      Mais aucun des grands bénéfices que lui attribuent ses supporteurs n’est réel ou n’a tenu sur la durée. Après avoir décortiqué vingt ans de données, M. Kranthi et M. Stone indiquent que l’introduc­tion du coton Bt en Inde s’est bien accompagnée d’une réduction de l’utilisation des #pesticides, mais celle­ci n’a été qu’« éphémère ». Avec l’apparition de résistances à la toxine Bt chez certains #insectes et la prolifération de #ravageurs secondaires non ciblés, « les agri­culteurs dépensent aujourd’hui plus en pesticides qu’avant l’intro­duction du Bt », écrivent les deux auteurs. « Tout indique que la si­uation va continuer à se détério­rer », ajoutent-­ils.

      Ce n’est pas fini. Certaines cour­bes fièrement exhibées par les promoteurs des biotechs sem­blent montrer un lien entre l’arri­vée du coton transgénique Bt et l’augmentation des rendements. Vraiment ? Non seulement corré­lation n’est pas causalité, mais une fois examinée de plus près, à l’échelle de chaque région indienne, la corrélation apparaît el­le-même douteuse. « L’adoption du coton Bt s’avère être un mauvais indicateur de l’évolution des rendements », expliquent les deux chercheurs. « Les augmentations de rendement correspon­dent plutôt à des évolutions dans l’usage des engrais et d’autres intrants », précisent­-ils.

      Dans les années 1990, lors du lancement des premières cultu­res transgéniques, l’autorité de la parole scientifique a été large­ment convoquée, auprès de l’opinion, pour faire de la pédagogie : ces nouvelles plantes – tolérantes à des herbicides ou résistantes à certains ravageurs – allaient aug­menter les rendements, faire baisser le recours aux intrants et bénéficier à l’ensemble de la société.

      Avec deux à trois décennies de recul, tout cela s’est révélé au mieux indémontrable, au pire complètement faux. La transge­nèse ou l’édition du génome peu­vent apporter des innovations utiles dans de nombreux domai­nes, et peut­ être le feront­-elles. Mais il y a fort à parier que, dans leurs principaux usages agricoles, elles n’ont jusqu’à présent pas tenu leurs promesses.

  • #Souffrance_au_travail à #Campus_France : le coût social du « #soft_power »

    Plusieurs salariés de l’agence Campus France dénoncent un management agressif dans un contexte de réduction des effectifs, alors que la structure chargée de la promotion de l’#enseignement_supérieur français à l’étranger fait face à de multiples #procédures_judiciaires. La direction parle de litiges isolés.

    Pour se rencontrer, cela n’a pas été simple. Ces salariés ou ancien salariés de Campus France réunis ce jour de printemps autour d’une table sont tous hospitalisés en psychiatrie après des #dépressions sévères et doivent presque chaque jour se faire soigner pour ne pas vaciller davantage. « J’ai deux enfants, c’est dur pour eux de me voir comme ça », glisse Laura Foka, ancienne cadre du service communication. Ils dénoncent tous un #management_toxique qui les rend malades.

    Campus France est un établissement public industriel ou commercial (#Epic) chargé de la #promotion de l’enseignement supérieur français à l’étranger ainsi que de l’accueil des étudiants et des chercheurs étrangers en France, sous la double tutelle du ministère des affaires étrangères et du ministère de l’enseignement supérieur. Ces Epic, qui ont fleuri ces dernières décennies en marge de l’#administration_française, tirent leur financement de la puissance publique mais appliquent à leurs salariés les règles du #droit_privé.

    En mai 2018, neuf salariés de Campus France, constitués en collectif, alertent leur direction ainsi que toutes leurs tutelles dans un courrier sévère sur ce qu’ils considèrent comme une surexposition délétère aux #risques_psychosociaux : « Aujourd’hui, de nombreux salariés sont touchés par un management qui repose sur une #désorganisation_du_travail, une absence d’objectifs clairs, une extrême #violence des échanges entre la direction et certains collaborateurs. » Quelques mois après, l’un d’entre eux fait une tentative de #suicide.

    « J’étais en #dépression à cause du travail depuis deux ans, explique Ronel Tossa, salarié du service comptabilité, sous le coup d’une procédure de licenciement notamment pour « #abus_de_liberté_d’expression », qu’il conteste aux prud’hommes (ce motif a été utilisé dans d’autres procédures de #licenciement chez Campus France). J’accompagnais beaucoup de gens qui n’allaient pas bien… C’est moi qui ai fini par passer à l’acte. » Après que le Samu l’eut trouvé à son domicile, Ronel Tossa a passé deux jours dans le coma, puis est resté quatre mois hospitalisé en psychiatrie. Il continue aujourd’hui d’aller à l’hôpital trois jours et demi par semaine. Son geste ainsi que sa maladie ont été reconnus en accident et maladie professionnelle.

    La situation, cependant, n’évolue guère. En novembre 2019, Ronel Tossa, Laura Foka et deux autres salariés couchent à nouveau par écrit leurs vives inquiétudes : « Qu’attendez-vous donc pour réagir ? » Là encore, aucune réponse des tutelles ou des membres du conseil d’administration de Campus France, pourtant en copie.

    Abdelhafid Ramdani, l’un des signataires, a lui cessé d’attendre. Il entend porter plainte au pénal, notamment pour #harcèlement_moral_systémique_et_institutionnel, notion entrée dans la jurisprudence à la suite du procès France Télécom. Plusieurs autres salariés devraient, si la plainte est instruite, se constituer parties civiles.

    « J’adorais mon métier, explique Abdelhafid Ramdani, responsable informatique, en poste depuis 1997. Pendant vingt ans, et auprès de quatre chefs différents, pas toujours simples, je n’ai eu que des bons retours. Puis un nouveau manager, proche de la nouvelle direction, est arrivé et à partir de là, la situation s’est dégradée. »

    Il est en arrêt de travail depuis 2017, sa dépression a également été reconnue comme #maladie_professionnelle et sa situation a fait l’objet d’un rappel à l’ordre de l’#inspection_du_travail : « Le #risque_suicidaire qu’il avance et repris par le médecin du travail est avéré […]. Une fois de plus la direction relativise et écarte même d’un revers de main ce risque. » Avant de conclure : « Je n’omets pas que le dossier de M. Ramdani est à replacer dans un contexte plus large et qui concerne l’ensemble de l’organisation du travail de votre entreprise notamment sur les relations tendues et pathogènes existant entre la direction et un certain nombre de salariés. » Abdelhafid Ramdani a depuis porté #plainte devant les prud’hommes pour harcèlement et pour contester une #sanction_disciplinaire à son encontre et déposé une première plainte au pénal, classée sans suite en mai 2020.

    Au total, sur un effectif de 220 salariés, Campus France a dû faire face, ces dernières années, à au moins une douzaine de procédures prud’homales. Pour la direction de Campus France, interrogée par Mediapart sur ces alertes, « ces litiges isolés ne reflètent en rien une détérioration générale du climat social » au sein de l’établissement. Elle vante de son côté le faible nombre de démissions depuis la création de l’établissement en 2012 (8 sur les 190 salariés présents à l’époque), ainsi que son « souci de préserver le bien-être au travail des salariés », y compris dans la période récente liée au Covid-19. Selon nos informations, plusieurs dizaines de salariés en CDD ont néanmoins vu leur contrat s’achever brutalement à l’issue de la crise sanitaire, ce qui a fragilisé les équipes.

    Campus France rappelle également que « seules deux situations conflictuelles ont été tranchées par la juridiction prud’homale. Dans les deux cas, les salariés ont été déboutés de l’intégralité de leurs demandes, y compris celles qui portaient sur l’éventualité d’un harcèlement moral ». Contactés par Mediapart, les deux représentants des salariés au conseil d’administration ainsi que la nouvelle secrétaire du comité économique et social (CSE), qui a pris ses fonctions au printemps, abondent dans une réponse identique par courriel, estimant avoir « fait le vœu d’une construction collective plutôt que d’une opposition portant constamment sur les mêmes cas isolés et non représentatifs de l’ambiance actuelle positive de Campus France et du traitement des salariés, que ce soit pour les conditions de travail ou salariales ».

    Nombre de dossiers sont cependant en procédure. L’agence a été condamnée en mars 2019 pour #discrimination_syndicale, puis en appel, en décembre de la même année, pour licenciement sans cause réelle et sérieuse. Par ailleurs, elle fait face à plusieurs contentieux devant le tribunal administratif, soit pour contester des reconnaissances de maladie professionnelle ou d’accident du travail, portant tous sur la #santé_mentale, soit pour contester un refus de licenciement de salarié protégé. Enfin, à Montpellier, où Campus France possède une délégation, une main courante a été déposée par un salarié contre un collègue, résultat de tensions laissées en jachère pendant plusieurs années.

    Lors de l’avant-dernier conseil d’administration (CA) de l’agence le 25 novembre 2019, le représentant du ministère des finances a d’ailleurs pointé, à l’occasion d’une « cartographie des risques », le recours à au moins cinq avocats – un nombre significatif pour une structure de cette taille –, le coût financier des procédures juridiques engagées et la multiplication de ces procédures. « Ce qui veut dire que même les tutelles, alors même qu’il n’y a pas plus mauvais employeur que l’État, ont remarqué cette dérive », ironise l’un des participants, qui souhaite rester anonyme.

    « Au cours de ce CA de novembre, on m’a présenté un accord d’entreprise, signé par la direction comme les syndicats, c’est un signe clair d’apaisement, tempère Frédéric Petit, député MoDem des Français de l’étranger et membre depuis 2017 du conseil d’administration de Campus France. Que dans un effort de restructuration administrative il y ait des tensions, c’est plutôt normal. Je sais qu’il y avait des salariés isolément qui n’étaient pas bien, j’en étais conscient et cela a été exprimé au cours des conseils d’administration, surtout entre 2017 et 2018. »

    « C’est comme si le petit avait mangé le gros »

    Le collectif de salariés n’est cependant pas le seul à avoir sonné l’alarme sur le #climat_social. D’après plusieurs documents et témoignages recueillis par Mediapart, de nombreux élus du personnel, membres du comité hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT), puis le CSE se sont inquiétés des tensions existantes, presque sans relâche depuis la création de Campus France, tout comme les deux inspecteurs du travail successivement en poste jusqu’en 2018.

    L’un de ces élus, bien au fait des dossiers, résume la situation ainsi : « Campus France, c’est un bateau ivre. Le management y est devenu agressif, sans imagination, et il se contente d’enterrer les dossiers ou de pousser à la faute. »

    L’histoire de Campus France explique en partie ces problèmes. L’établissement a fusionné en 2012 plusieurs organismes en une seule et unique agence : l’association #Egide, opérateur à l’époque pour la gestion des bourses et des séjours des étudiants étrangers ; le groupement d’intérêt public #EduFrance, renommé Campus France, chargé de la promotion de l’enseignement du français à l’étranger, et les activités internationales du #Centre_national_des œuvres_universitaires_et_scolaires (#Cnous). Au sein de la toute nouvelle agence Campus France, les cultures professionnelles s’entrechoquent presque immédiatement.

    Pensée pour gagner en #efficacité, l’agence agglomère différents statuts, salaires, fonctions, et des personnes issues d’organismes ayant déjà subi des réorganisations, parfois douloureuses. Dans un rapport commandé par le CHSCT de Campus France en 2016, les experts tentent de résumer la situation : celle d’une petite structure, Campus France, comparée à une start-up d’intellos faiblement hiérarchisée, d’une quarantaine de salariés, jeunes et presque tous cadres, qui a avalé une grosse association, Egide, et une partie du Cnous, où travaillaient majoritairement des employés, parfois vieillissants.

    « On a de manière intelligente et novatrice réorganisé l’administration d’État sur des objectifs, se félicite Fréderic Petit, membre, en tant que député, du conseil d’administration de plusieurs structures de ce type. On a enfin une gestion des deniers de l’État par projet, et non plus par structure, ce qui était quand même hallucinant. »

    « C’est comme si le petit avait mangé le gros », souligne pourtant, rétrospectivement, Laura Foka, dans une structure où va régner des années durant un « #mépris_réciproque » raconte également un ancien cadre dirigeant, entre « manants » et « jeunes flambeurs ».

    À l’époque, c’est donc en partie à ces #réorganisations successives que la plupart des salariés attribuent, selon ce même rapport, leurs difficultés, qui confinent aux risques psychosociaux. L’arrivée d’une nouvelle directrice à la tête de Campus France, en juillet 2015, semble avoir jeté de l’huile sur le feu.

    #Béatrice_Khaiat a passé une bonne partie de sa carrière dans les cabinets ministériels, notamment celui de l’éducation et de la culture. Proche des milieux socialistes, elle entre en 2012 dans celui du premier ministre Jean-Marc Ayrault, après avoir été directrice déléguée de Campus France, avant la fusion. En 2015, elle devient directrice générale de l’établissement, par décret du président de la République, un mandat renouvelé pour trois ans le 7 mars 2019, malgré les différentes alertes.

    Plusieurs membres de la direction quittent d’ailleurs le navire peu de temps avant sa nomination, à coup de transactions financières. D’après des courriels que nous avons pu consulter, on s’y inquiète déjà de « #harcèlement_caractérisé », d’une volonté de « faire la peau » à d’anciens membres d’Egide, de la persistance de « clans et de factions ». L’un d’entre eux a même, selon nos informations, porté #plainte contre sa directrice auprès de la police, après des propos tenus en réunion. Une plainte classée sans suite.

    Dès le départ, ses manières très directes étonnent : « Lors de la première réunion avec le personnel, Béatrice Khaiat nous a dit qu’à Campus France, on ne vendait pas “des putes ou de la coke”, une manière de souligner que notre matière était noble, se souvient un salarié, qui souhaite rester anonyme. Nous étions dirigés jusque-là par un ambassadeur, tout en retenue… Disons que c’était rafraîchissant. Mais ce mode d’expression a donné le ton sur la suite. J’ai des dizaines de témoignages d’#humiliation de salariés, de feuilles jetées à la figure… »

    Laura Foka en a fait l’expérience. À son retour de congé maternité en 2016, après avoir donné naissance à un deuxième enfant, elle participe à une réunion de service où Béatrice Khaiat plaisante sur son cas. « Au troisième enfant, je licencie », lâche la directrice. Lors d’un point d’actualité, rebelote : « Après deux enfants, il faut se remettre au travail », déclare Béatrice Khaiat devant le personnel réuni. Laura Foka se recroqueville au fond de la salle, et fond en larmes.

    « Mère de famille elle aussi, madame Khaiat a plaisanté avec l’une de ses collègues sur une expérience vécue par toutes les deux, celle d’une jeune mère devant assumer tout à la fois ses obligations professionnelles et familiales, explique aujourd’hui la direction, qui rappelle une #féminisation à 62 % de l’encadrement de Campus France ainsi qu’un score « presque parfait » à l’index de l’égalité homme-femme. Ces propos ont été repris de manière déformée. » Ils ont pourtant été confirmés par plusieurs témoignages et jugés suffisamment sérieux pour avoir fait l’objet d’un courrier de l’inspecteur du travail, qui rappelait à Campus France le risque de « #harcèlement_discriminatoire ».

    Très fragilisée par ces propos, Laura Foka se sent depuis un moment déjà sur la sellette. Dans son service communication, presse et études, c’est l’hécatombe depuis l’arrivée d’un nouveau manager. Les salariés serrent les dents, préviennent en vain les ressources humaines, attendent près d’un an et demi avant d’alerter les syndicats en 2017. Nombre d’entre eux ont des #pensées_suicidaires. Une enquête du CHSCT est déclenchée pour danger grave et imminent.

    Dans l’intervalle, cinq salariés du service, soit presque la totalité du département, quittent Campus France, « à l’américaine, leurs cartons sous le bras », raconte Laura Foka. Cette dernière pour inaptitude, qu’elle finit par accepter, de guerre lasse, face à l’inquiétude de son médecin, et deux pour faute grave ; les derniers dans le cadre de #rupture_conventionnelle, plus ou moins contrainte.

    L’une d’entre eux écrit ainsi ceci, un an plus tard, dans un courrier officiel à la DIRECCTE : « J’en suis arrivée au point de demander une rupture conventionnelle en septembre 2017 pour fuir des conditions de travail intenables et une situation devenue insupportable. » Contredisant les déclarations de la direction qui affirme que « l’intégralité des ruptures conventionnelles depuis la création de l’établissement en 2012 ont été faites à la demande des salariés qui souhaitaient partir et ont été approuvées par les administrateurs salariés ».

    Pour Zoubir Messaoudi, salarié du service informatique, la descente aux enfers professionnelle coïncide également avec l’arrivée de Béatrice Khaiat aux manettes et d’un nouveau manager au service informatique : « Mon ancien chef avait jeté l’éponge, mon N+1 était mis sur la touche. J’arrivais le premier au bureau et repartait le dernier, et pourtant, je recevais des mails où l’on me reprochait tout et n’importe quoi, comme si la direction essayait de constituer un dossier… Je viens du domaine de la prestation de service, où nous sommes clairement de la chair à canon, mais même là-bas, j’étais traité avec plus de respect. »

    Après un premier avertissement pour avoir quitté les locaux à 16 heures un jour de grève des transports (avertissement contesté aux prud’hommes, qui a tranché en sa faveur en 2018), Zoubir Messaoudi est convoqué pour licenciement en juin 2019. Sous le choc, il s’évanouit, ce qui nécessite l’intervention des pompiers et son hospitalisation en psychiatrie. Placé en arrêt de travail, il sera licencié quelques mois après pour faute grave, alors que l’arrêt court toujours, accusé de mauvaise foi vis-à-vis de son supérieur, de dénigrement de sa hiérarchie et de négligence professionnelle.

    « Durant un arrêt de travail et sous certaines conditions, l’employeur peut licencier un salarié, argumente Campus France. En l’occurrence, nous avons estimé, au vu de la gravité des faits commis par le salarié, que ces conditions étaient réunies. » Zoubir Messaoudi se souvient, lui, d’avoir passé « un sale été » l’an passé : « J’avais envie de me jeter par la fenêtre tellement j’avais mal. J’ai négligé ma femme, ma fille. » Il conteste aujourd’hui son licenciement aux prud’hommes.

    Se développer tous azimuts, trouver des recettes propres, répondre à l’ambition politique

    À quand remontent les alertes collectives ? Campus France les a-t-il ignorées ? Le premier rapport sur les risques psychosociaux, rédigé par le cabinet Orseu, agréé par le ministère du travail, est immédiatement contesté par la direction, qui remet en cause le professionnalisme des experts mandatés. Il concluait néanmoins en avril 2016 à un « risque psychosocial majeur ».

    Le deuxième rapport sur la qualité de vie au travail, rédigé par le cabinet (non agréé) Empreinte humaine un an plus tard est bien moins sévère, mais ne dément pas que l’organisation du travail puisse être améliorée. Il s’est ensuivi de séances menées par des psychologues du travail, pour que les salariés aient le moyen de s’exprimer. « Ces séances ont été l’occasion de larmes, de colère, d’insultes, rapporte un élu. Et il a fallu attendre un an et demi pour avoir un retour. Malgré nos demandes, la direction n’en a strictement rien fait. »

    Le 27 mars 2018, le CHSCT se félicite qu’une formation en droit social, de plusieurs dizaines de milliers d’euros, ait finalement été organisée à destination des managers, avant de regretter qu’elle ait été essentiellement « dédiée au processus de licenciement, à l’éventail des sanctions disciplinaires, au recueil des preuves, etc. » avant de s’interroger benoîtement pour savoir si ces formations « ne visent pas à étayer une politique de réduction de l‘effectif ». Une formation, s’insurgeaient les élus, qui abordait aussi la question « du licenciement des salariés protégés ».

    Deux autres enquêtes, à la suite d’alertes pour danger grave et imminent, ont donné lieu à des passes d’armes. La première, lancée par le CHSCT (où sont représentés direction et élus du personnel) au sujet de Ronel Tossa, aboutit à deux rapports divergents, l’un de la direction et l’autre des élus. C’est pourtant le premier que transmettra Campus France au juge en charge de trancher sur la légalité de son licenciement, le présentant comme le rapport du CHSCT, ce que ne manqueront pas de contester les élus de l’époque ainsi que le salarié concerné.

    Le ministère du travail lui-même, sollicité sur le licenciement de Ronel Tossa, mandaté par la CFDT comme délégué du personnel, a débouté l’établissement public en février 2019, reprenant les mots de l’inspecteur pour justifier sa position. Dans un mémoire auquel nous avons eu accès, il parle d’une « organisation pathogène volontaire » où le cas de ce salarié est à « replacer dans le contexte global de cette société, une hiérarchie qui dénie tout droit à ses salariés et qui a organisé un système de #souffrance_au_travail ».

    Campus France a fait appel de cette décision et assure avoir « contesté ces propos dans le cadre d’un recours hiérarchique mettant en cause l’impartialité de l’inspecteur du travail ». L’agence a manifestement eu gain de cause, car cet inspecteur a depuis été remplacé, au grand dam de plusieurs salariés. La direction enfonce d’ailleurs le clou : « Aucune situation correspondant à du harcèlement moral n’a été retenue et aucune mesure en conséquence n’a été prise par l’inspection du travail. »

    Elle se félicite également qu’aucune alerte pour danger grave et imminent n’ait été déclenchée depuis 2018. Même son de cloche auprès des salariés du conseil d’administration et de la secrétaire du CSE : « Le personnel Campus France a tourné la page depuis longtemps – sachant que la grande majorité ignorait ces #conflits_sociaux – afin de poursuivre la construction d’une véritable #culture_d’entreprise qui a pu être en défaut lors de la création de l’EPIC par la fusion en 2012 de deux entités distinctes et avec des fonctionnement différents. »

    Or pour cet ancien élu, très au fait de tous ces dossiers, la direction n’a pas cessé de vouloir au fil des ans « casser le thermomètre ». Lors d’une réunion du CHSCT, où sont évoquées la situation d’Abdelhafid Ramdani et la nécessité de déclencher une nouvelle #alerte pour #danger_grave_et_imminent (la médecin du travail évoquant le risque suicidaire), le directeur des ressources humaines explique ainsi à l’assemblée sidérée que « tout le monde meurt un jour ». « Après plusieurs tergiversations, on a quand même obtenu une enquête, élargie à toute la direction informatique », poursuit l’élu présent ce jour-là, sans trop y croire. « Les gens savaient que ceux qui étaient en conflit avec la direction étaient virés ou au placard, et donc ils se sont tus. » De fait, ce deuxième rapport ne conclut pas à un quelconque harcèlement.

    La médecin du travail elle-même, ont raconté à plusieurs reprises les salariés, se contente souvent de renvoyer la souffrance dos à dos, et évoque le décès, en 2015, d’Elsa Khaiat (parfois orthographié Cayat), la sœur de Béatrice Khaiat, lors de l’attentat de Charlie Hebdo, pour expliquer une forme d’emportement de la directrice générale. Le service de presse de Campus France fera d’ailleurs de même, en préambule de ses réponses à nos questions, pour nous décrire une « femme entière », issue d’une « famille engagée ».

    Plus profondément, ce que redoutent certains élus et salariés, c’est une forme de dégraissage déguisé des #effectifs, alors qu’une première vague de départs a déjà eu lieu lors de la fusion, en 2012. Cinq ans plus tard, en 2017, l’expert du comité d’entreprise s’inquiète d’une hausse des ruptures conventionnelles et d’une enveloppe dédiée à ces départs de 150 000 euros.

    « Un #abus_de_droit », soutien ce même expert, qui rappelle la mise sur pied par le gouvernement d’un « nouveau dispositif de rupture conventionnelle collective pour éviter des dérives ». Ce même expert, en septembre 2019, revient à la charge : « La première cause des départs sont les ruptures conventionnelles, qui représenteraient 30 % des départs sur les quatre dernières années », soit 31 postes en CDI. Tous ont été « homologués par l’inspection du travail », se défend Campus France, qui parle de « faits erronés », sans plus de précisions et assure que son équipe a maintenu les effectifs à flot, depuis la fusion.

    Mais à plusieurs reprises, le message envoyé aux salariés est clair : « La porte est grande ouverte », dira même un représentant de la direction lors d’une réunion avec les délégués du personnel, en mars 2017. Lors d’un pot de départ d’une salariée à l’occasion d’une rupture conventionnelle, à l’extérieur des locaux de Campus France, Béatrice Khaiat prend la parole, et incite, selon des témoins de la scène, les salariés à faire de même : « Faites comme elle, d’ailleurs, c’est magnifique ! », s’enthousiasme la responsable.

    « La direction, en CHSCT, devant l’inspecteur du travail et au cours de points d’information, a fait savoir, à de multiples reprises, que la porte était “grande ouverte”. Cela n’a jamais été un incident isolé, mais des propos récurrents », témoigne Ambroise Dieterle, secrétaire du CSE jusqu’en mai 2020, aujourd’hui en reconversion professionnelle.

    La question financière n’est pas étrangère à cette tendance. Un an après son arrivée, la directrice générale l’annonce aux élus : la #masse_salariale est trop importante au vu du #budget dont elle dispose, et devra être amputée d’un million d’euros. Les départs auront lieu, au fil de l’eau, alors même que l’agence doit se développer tous azimuts, trouver des recettes propres, et répondre à l’ambition politique. Derniers en date, le « #Make_our_planet_great_again », d’Emmanuel Macron, initiative qui a fortement mobilisé Campus France, ou encore le récent programme #Al-Ula, accord de coopération entre la France et l’Arabie saoudite.

    « C’est une question de dosage dans sa mission d’intérêt public, rappelle un ancien haut dirigeant de Campus France. Un Epic comme Campus France doit faire des recettes mais reste soumis à un agent comptable public. On a toutes les contraintes du droit privé, très contraignant, et celles de la comptabilité publique, extraordinairement lourdes. »

    Pour un ancien salarié œuvrant dans la gestion des bourses étudiantes, qui vient de quitter Campus France avec pas mal d’amertume, le problème réside plutôt dans ce que tout le monde « vienne prendre commande » chez Campus France, ministères, université, grandes écoles. Or l’arbitre à la toute fin, « c’est Bercy [le ministère des finances – ndlr] ». Quitte à une perte de sens dans les missions, poursuit-il : « Nous étions des fluidificateurs pour les étudiants, nous sommes devenus des auxiliaires de police, des collectionneurs de pièces. Notre image auprès d’eux, et des ambassades, se dégrade considérablement. »

    La critique n’est pas neuve. En 2012, un article du Monde racontait les débuts chaotiques de l’agence Campus France, ses tarifs devenus élevés, et ces étudiants étrangers, livrés à eux-mêmes à leur descente de l’avion. Quelques jours plus tard, le président du conseil d’administration Christian Demuynck (membre des Républicains) présentait même sa démission, critiquant une « gestion sans stratégie ni ambition de l’établissement par quelques fonctionnaires des tutelles nuisant gravement tant à son indépendance qu’à la qualité de son travail ».

    Dans la même lettre, que nous avons pu consulter, il rajoutait ceci : « J’espère que ma démission sera l’occasion pour l’État de mener un examen nécessaire des établissements publics qui sont nombreux, comme Campus France, à subir un tel mode de gestion. » Tout comme leurs salariés, sommés de suivre, parfois dans la douleur.

    https://www.mediapart.fr/journal/france/080720/souffrance-au-travail-campus-france-le-cout-social-du-soft-power?onglet=fu
    #travail #conditions_de_travail

  • Thread // La génération volée de #La_Réunion : Les #enfants_de_la_Creuse

    Je tiens à m’excuser d’avance si y’a des fautes, j’ai pas pu tout corriger. Et les rt sont appréciés, j’y ai mis du temps 😭
    J’ai pas su où le mettre dans le thread mais les familles d’accueil étaient bien évidemment payées pour accueillir les jeunes réunionnais. Bref let’s go
    On est en 1962. L’île est dans une situation socio-économique très tendue. La Réunion est considérée comme une île du tiers monde et les réunionnais vivent dans des conditions de précarité extrêmes.
    Ils habitent dans des cazes en tôle, la Réunion est en pleine explosion démographique, les revenus sont très faibles voir inexistant.

    Pendant ce temps, la France est au beau milieu des #trente_glorieuses et les campagnes se vident.

    #Michel_Debré (alors député de la Réunion) a une idée, avec l’aide du #Bureau_pour_le_développement_des_migrations_dans_les_départements_d’outre_mer (Le #Bumidom), il lance un plan massif de #repeuplement des #campagnes_métropolitaines.

    Dans les années 60, la plupart des réunionnais n’avaient pas eu l’occasion de s’instruirent et étaient illettrés.
    Pour la majorité des cas, Michel Debré envoyait des assistantes sociales dans les familles pauvres (souvent des familles nombreuses et/ou monoparentale).
    On leurs faisait miroiter une bonne situation pour leurs enfants, qu’ils iraient à l’école, qu’ils deviendraient médecins ou avocats, en bref que leurs vie seraient meilleure mais surtout, que les enfants reviendraient tous les ans.

    D’autres fois, les parents confiaient leurs enfants pour quelques mois à la D.A.S.S, le temps de se rétablir de maladies ou d’économiser un peu d’argent et à leurs retour, les enfants avaient disparus.

    Après ça, on amenait les enfants dans une #pouponnière de St Denis de la Réunion, là bas ils pouvaient rester des années avant qu’ils ne soient considérés comme « adoptables ». Ils pouvait être très jeunes (2/3 ans) comme un peu plus vieux (15/16 ans)

    On les mettait dans l’avion en direction d’Orly et là bas il y avait un #tri. Les enfants étaient placés dans des groupes vers le #Tarn, le #Gers, les #Pyrénées-Orientales, La #Lozère et la #Creuse.

    C’est ici que le cauchemar commence réellement.
    Arrivés en Métropole les enfants sont déclarés #pupilles_de_l’Etat alors même que la majorité avaient encore des parents à La Réunion.

    Les enfants envoyés en Creuse étaient transférés au #foyer_de_Guéret, selon les témoignages ils y avaient tellement de matelas par terre qu’il était difficile de passer.
    Les enfants sont directement couper de leurs cultures et n’ont plus le droit de parler créole.

    Et il y a de nouveau un tri : certaines filles sont envoyées chez les religieuses, les garçons les plus costauds sont envoyé dans les familles d’accueil et les autres peuvent continuer « l’école » (une professeur de l’époque a avouer qu’ils faisaient plus du gardiennage)

    [TW #esclavage, #torture, #viol]
    Je vous partage trois témoignages qui seront beaucoup plus parlants que tous les mots que je pourrais employer pour décrire leurs maux.

    https://video.twimg.com/ext_tw_video/1273736383190962177/pu/vid/492x270/hKM1B9Wq7v_rmkJK.mp4?tag=10

    [Tw esclavage]

    https://video.twimg.com/ext_tw_video/1273736735973945346/pu/vid/750x406/fZDHi26kSeLrkD5o.mp4?tag=10

    [Tw torture]
    Celui là est vraiment très très dur, d’ailleurs je vous invite à regarder le témoignage en entier (le lien sera dans les sources plus bas)

    On estime que 15 à 20% des réunionnais exportés ont été victimes de #violences.
    Déjà à l’époque des voix se lèvent pour dénoncer cette injustice dans le journal Témoignages et même jusqu’en France métropolitaine dans Libération.

    Traduction de « mi ça va pas - mi ça va pas » au cas où y’en a qui ont pas compris : « J’y vais pas ! J’y vais pas ! »
    Les personnes qui osaient s’indigner de la situation étaient renvoyés à l’image du défunt Alix Hoair (je savais pas trop où mais fallait que je me mette ce grand monsieur quelque part)

    https://video.twimg.com/ext_tw_video/1273738986062852097/pu/vid/498x270/30Jk92A8U1_ysGH4.mp4?tag=10

    Il a été viré après avoir demandé plusieurs fois à ce que les enfants puissent rentrer en vacances sur leurs île.
    Aujourd’hui on sait que sur le bureau de Michel Debré il y avait des piles de dossiers qui démontraient que le programme était un échec.
    #Debré ou la définition même du négationnisme. Voici sa réponse à une lettre de #Pierre_Denoix (Directeur régional de la santé à l’époque) qui condamne la « #déportation » des réunionnais
    « [...] L’envoi des pupilles est une action marginale. Elle n’est pas moins forte utile pour des enfants dont l’avenir dans cette île est incertain. Et a donné au cours de ces dernières années les meilleurs résultats. »

    Le programme de déportation est arrêté en 1984 sous Mitterand, on estime que pendant ces 22 années 2150 enfants ont été ramenés dans les campagnes métropolitaines (ce chiffre est revu à la hausse très souvent).
    Que deviennent les ex mineure de la Creuse aujourd’hui ?

    Oh et for the culture : on dit « enfants de la Creuse » pour parler de tous les deportés même ceux qui étaient pas en Creuse. C’est parce que le premier réunionnais qui a porté plainte (Jean Jacques Martial) été en Creuse
    En 2002, un réunionnais Jean-Jacques Martial porte plainte contre l’Etat pour séquestration, maltraitance et déportation.
    (Achetez son livre.)

    Le 18 février 2014, grâce à #Ericka_Bareigts l’assemblée national reconnaît la #responsabilité_morale de la France.

    Le 18 Février 2016, une commission d’information et de recherche sur les enfants de la Creuse est ouverte. Le but est de mettre en lumière les détails de l’histoire.
    En 2019 et après deux ans d’enquête, la commission « d’un point de vu judiciaire » n’a pas pu « trouver d’éléments probatoires de rafles, de déportation, de vol d’enfants ». 🤡

    [Tw #suicide, hp]

    Beaucoup d’ex mineure de la Creuse (déjà a l’époque) se sont suicidés suite au traumatisme, énormément d’entres eux sont en hôpital psychiatrique et d’autres se sont retrouvés à la Rue.
    Nb : Les mineures de la Creuse avaient énormément de troubles (les adolescents par exemple faisaient encore pipi au lit)
    En 2013, une #statue à la #mémoire des enfants de la Creuse est érigé devant l’aéroport Roland Garros. On y voit une petite fille qui tiens une valise en étant tournée vers la mer. Selon Valérie Andanson (porte parole des enfants déracinés d’outre-mer) « ça signifie le départ »

    À l’heure où je vous parle beaucoup d’ex mineure de la Creuse n’ont toujours pas retrouvé leurs familles.
    //Fin du thread//
    Je tiens à dire qu’il y a énormément de détails dont je n’ai pas parlé sinon le thread aurait été trop long, je vous invite à checké les sources si vous voulez absolument tout savoir
    Je vous invite aussi à follow, je prépare d’autre thread du genre (coucou la stérilisation et l’avortement forcé des femmes qu’il y a eu pendant la période Debré, j’arrive pour vous)
    Sources : - mes connaissances personnelles oups
    – Les enfants de La Réunion un scandale d’Etat oublié :
    https://www.youtube.com/watch?v=pRRzeWyiAF0&feature=emb_logo


    – Le vol d’identité des enfants de la Creuse, le témoignage de Valérie Andanson :
    https://youtu.be/hRdiZGiapoU

    Une enfant de la Creuse témoigne brut :
    https://www.youtube.com/watch?time_continue=1&v=75upsqKjQLQ&feature=emb_logo

    – Les enfants perdus de La Réunion :
    https://www.youtube.com/watch?v=dResl03P1oE&feature=emb_logo

    (Celui là me fait particulièrement mal au cœur)
    –Témoignage d’une enfant de la Creuse :
    https://www.youtube.com/watch?v=ni5WeHkaK5g&feature=emb_logo

    À ABSOLUMENT REGARDER.
    – « Loin... si Loin » : le débat - Guéret 21 juin 2017 :
    https://www.youtube.com/watch?v=-k1cghs7myA&feature=emb_logo

    – Interview d’#Alix_Hoair sur les enfants de La Creuse - Creuse 2003 :
    https://www.youtube.com/watch?v=aKnrlWRiGv8&feature=emb_logo

    J’ai oublié une autre source my bad (elle est pas si importante que ça mais quand même)
    –Remise du rapport sur les réunionnais de la Creuse :
    https://www.youtube.com/watch?v=UOVVzMA9V1M&feature=emb_logo

    Et aussi, regardez la #propagande de l’époque sur le foyer de Guéret :
    https://www.youtube.com/watch?v=O1pPdBK0U0A&feature=emb_logo

    https://threadreaderapp.com/thread/1273729717275951104.html
    https://twitter.com/ChildOfSeshat/status/1273729717275951104

    #France #colonialisme #enfants #enfance #enfants_volés #immigrés_de_force #Réunion #histoire #histoire_coloniale #DASS #adoption #créole #langue #violence

    ping @isskein @karine4 @reka

  • LE MANAGEMENT TUE : UN ÉBOUEUR SE SUICIDE APRÈS UN LICENCIEMENT ABUSIF
    https://www.nantes-revoltee.com/le-management-tue-un-eboueur-se-suicide-apres-un-licenciement-abusi

    Cette histoire terriblement triste rappelle à quel point le capitalisme est inhumain, à quel point le management détruit des vies. Mais aussi à quel point les beaux discours sur « les héros » en « première ligne » pendant le confinement étaient hypocrites. Le 15 mai, près de Caen, deux éboueurs partagent une bière avec […] L’article LE MANAGEMENT TUE : UN ÉBOUEUR SE SUICIDE APRÈS UN LICENCIEMENT ABUSIF est apparu en premier sur Nantes Révoltée par Umbrella.

  • Hunger strikes and deaths as mental health crisis grips stranded cruise ships | Environment | The Guardian
    https://www.theguardian.com/environment/2020/may/14/deaths-and-hunger-strikes-point-to-mental-health-crisis-on-stranded-cru
    https://i.guim.co.uk/img/media/488c371507bd83c5b4c68c94e40986ca11aaf97d/0_0_6595_3957/master/6595.jpg?width=1200&height=630&quality=85&auto=format&fit=crop&overlay-ali

    Several deaths, a hunger strike and disturbances on board cruise ships have raised fresh concern about what crew members say is the deteriorating mental health of staff stranded aboard cruise ships still floating at sea.

    A worldwide standoff between cruise companies and health authorities has left approximately 100,000 crew stranded at sea. Many have spent more than a month self-isolating in cabins, unable to leave, and have lost their jobs during the pandemic.

    On Sunday, a Ukrainian woman died after apparently jumping from the Regal Princess outside the port of Rotterdam in the Netherlands. Dutch police confirmed the death of a 39-year-old woman. Princess Cruises, part of Carnival Corporation, said support was being offered to staff and the family of the deceased.
    Coronavirus: the week explained - sign up for our email newsletter
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    On the Navigator of the Seas off the coast of Miami, 15 Romanian crew started a hunger strike in protest at not being able to disembark. Royal Caribbean said the strike ended after a charter flight was arranged from Barbados later this month.

    #croisière #suicide #marine dont @simplicissimus

  • Call for probe after man found dead in Covid-19 asylum seeker hotel

    Refugee activists have called for an independent inquiry into the decision to move asylum seekers from their flats in Glasgow into hotels, after a man died suddenly at a guest house.

    Adnan, a 30-year-old Syrian, who had been in the city for about six months and was claiming asylum, was found dead in his room at #McLay’s_Guest_House on Tuesday 5 May.

    He had been living in the hotel for about a month, after accommodation provider, #Mears_Group, moved him from the flat where he had been living alone as part of its Covid-19 response.

    It is understood he may have died after a drug overdose. A postmortem will be carried out to confirm the cause of death.

    Hundreds of asylum seekers across the city have been moved to hotels by #Mears since the start of the Covid-19 outbreak. Their asylum support of £35 per week has stopped and instead they are provided with three meals per day in communal dining rooms, where it is claimed social distancing is difficult.

    They have no money for essentials such as toiletries, phone top-ups or snacks. After The Ferret reported that shared coffee and tea facilities put people at risk of being infected by Covid-19, they were taken away in at least one dining room. No in-room alternatives have been offered.

    Those supporting asylum seekers in hotels have said the situation is having a toll on their emotional well-being and are concerned about the risks that the situation poses to their physical health during the pandemic.

    The Ferret spoke to a friend of Adnan, who is also staying at McLay’s Guest House. He said his friend had addiction issues, was taking street Valium, and had become increasingly distressed during his time at the hotel.

    It is claimed that he had experienced past #trauma including abuse in jail and his friend said he had been expressing suicidal thoughts in the weeks leading up to his death.

    The day before he died, his friend said he was having flashbacks and had asked to see a GP.

    Pinar Aksu, an activist who also works for Maryhill Integration Network, said: “There needs to be an independent inquiry into this death. If people don’t get the help they need then we risk more people dying.

    “We also need to stop moving people into hotels. It seems very clear to me that this is being done so that Mears and the Home Office can protect profit. If they care about people’s welfare then why are they moving people out of their flats in the midst of a pandemic to places where they have to eat meals in shared areas and share bathrooms?

    “This tragedy is evidence of the damage caused by the asylum system. Moving people to hotels like this is only causing more stress and isolation. It has to stop.”

    A spokesperson from the No Evictions Network said: “We are deeply saddened and utterly outraged by the lack of humanity, dignity, or consideration shown to asylum seekers by Mears, the Home Office, and the UK government. They have failed to comply with basic duties and to treat human life with respect.

    “Individuals, racist policies and systems are directly to blame for this man’s death. This situation was entirely avoidable. Despite this, pleas for change made by both individuals and organisations have been ignored and a young life has now been lost.”

    At oral evidence given to the Home Affairs Committee inquiry into Home Office work on Covid-19, Mears Group said it had taken the decision “on balance” to move people in flats into hotels with meals provided because it meant staff would not need to deliver cash to them. It was also claimed they would have better access to health services.

    Mears, along with Clearsprings Real Homes and Serco who have accommodation contracts elsewhere in the UK, said it was “concerning” that asylum seekers had had their support stopped.

    A spokesman for Mears Group said: “We are deeply sad to confirm the death of an asylum-seeker who had been in Mears supported accommodation. The cause of death has not been determined.”

    A Police Scotland spokesperson said the death is being treated as “unexplained” and that a report will be submitted to the Procurator Fiscal.

    The Ferret tried to contact McLay’s Guest House for comment but was not able to speak to management. The Home Office has also been contacted.

    https://theferret.scot/covid-19-syrian-man-dies-asylum-seeker-hotel
    #décès #mort #mourir_dans_un_hôtel #Glasgow #Ecosse #UK #asile #migrations #réfugiés #hôtel #covid-19 #coronavirus #hébergement #logement #santé_mentale #suicide (?) #traumatisme #privatisation

    ping @karine4 @isskein @thomas_lacroix

    • Fury after Syrian asylum seeker found dead in Scottish hotel

      CAMPAIGNERS have slammed the UK Government after a Syrian man was found dead in a Scottish hotel.

      Initially named by friends as Adnan Olpi, that can today be confirmed as Adnan Olbeh.

      The 30-year-old was amongst scores of asylum seekers placed in a private guest house by Home Office housing contractor Mears Group.

      Emergency services were called to the 81-bedroom McLays Hotel in Glasgow on Tuesday afternoon but were unable to save him.

      Police Scotland said his death is being treated as unexplained, and friends told The National that he had sought support for mental health struggles and had developed drug problems while in the UK asylum system.

      However, despite some reports on social media that he had taken his own life, it is not known whether or not his death was intentional.

      Friends living alongside Mr Olbeh at the city site were afraid to speak out on the record, for fear of harming their claims for sanctuary in the UK.

      However, speaking on condition of anonymity, one fellow Syrian told how he had accompanied Mr Olbeh to appointments in which he had asked for mental health support. The friend said: “He had suicidal thoughts and told the Home Office that. I went to the hospital with him, he was seeking help. He tried many times. They would ask, ‘can you wait a few days?’”

      However, it is claimed that the move into the hotel exacerbated Mr Olbeh’s distress due to the inability to carry out basic independent tasks, like cooking his own meals. The friend went on: “I’m in shock. It’s really tough for me because I was so close with him.

      “He was under more pressure. I wonder if there was any small thing I could have done to save him.

      “He had a dream, he wanted his life to become better. He wanted to work and send money back to his family. He wanted to improve himself and he was learning the language. He wanted to get married and start a family.”

      The No Evictions Network held an online vigil yesterday evening. A spokesperson said: “We are deeply saddened by the situation, and utterly outraged by the lack of humanity, dignity or consideration shown to asylum seekers by Mears, the Home Office, and the UK Government.

      “They have failed to comply with basic duties and to treat human life with respect. This situation was entirely avoidable. Despite this, pleas for change made by both individuals and organisations have been ignored. We have lost a young life.”

      It is understood that around 500 asylum seekers in total are now being housed in Glasgow hotels, including some brought in from elsewhere in the UK. Mears Group claims it had to move people out of the short-term let accommodation used for new applicants but has been unable to find new provision due to coronavirus restrictions on the property market.

      Advocacy groups have raised fears about welfare, safety and social distancing but Mears Group insists all movement is being undertaken in accordance with health authority guidance on social distancing.

      Last night, a Mears Group spokesperson said: “We are deeply sad to confirm the death of an asylum seeker who had been in Mears supported accommodation. Mears are working with the Home Office to contact the asylum seeker’s family before disclosing more information.”

      The Home Office said: "We are aware of an incident resulting in an individual sadly losing his life.

      “It would be inappropriate to comment before all of the facts have been established and his family have been notified.”

      https://www.thenational.scot/news/18439256.fury-syrian-asylum-seeker-found-dead-scottish-hotel

    • Syrian man dies in Glasgow amid fears over refugees’ mental health

      Concerns raised over hundreds of asylum seekers moved en masse into hotels for lockdown.

      A Syrian man has been found dead in a Glasgow guesthouse after outreach workers raised significant concerns about the spiralling mental distress of hundreds of asylum seekers who were moved en masse into hotels at the beginning of lockdown.

      The man, who was 30 and had been living in Glasgow for the past six months while he completed his asylum application, was found dead in his room at McLay’s Guest House in the city centre on 5 May. A postmortem will take place to establish the cause of death, but a friend said the man had been experiencing suicidal thoughts for several weeks.

      Last month the Guardian reported that more than 300 asylum seekers housed in the city – the UK’s largest dispersal area – had been given less than an hour’s notice to pack up their flats before being moved into city centre hotels, where they claimed physical distancing was “impossible”. In a move condemned by campaigners, they also had all financial support withdrawn.

      The private housing provider Mears, which is subcontracted by the Home Office, moved them from mainly self-contained apartments into hotels where residents and campaigners describe continuing difficulties with maintaining physical distancing.

      Mears said people were being “safely and appropriately” housed in accordance with health authority guidance, while a Home Office spokesperson said it was “totally incorrect” to suggest that there were problems with physical distancing.
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      Since then, outreach workers have identified increasing fear, stress and anxiety among this vulnerable population, who have no information about future housing arrangements and no money to top up their phones to continue communication with lawyers, or buy extra food, hand sanitiser or period products for women.

      A friend of the dead man said that since the move into the guesthouse, he had spoken of worsening flashbacks to torture he had experienced on his journey through Libya to the UK.

      Ako Zada, the director of Community InfoSource, an asylum housing charity, has been visiting hotel residents regularly. He said: “I’ve been shocked to see people so mentally unwell. They are worried about cleaning of shared areas, and they don’t know when they will be moving again because they keep getting told different stories.”

      Hotel residents have complained about the quality of food provided, the fact that windows cannot be opened, as well as the psychological isolation. A number of hotel workers have also contacted the Guardian to raise concerns about large numbers of asylum seekers congregating in enclosed areas.

      Robina Qureshi of Positive Action in Housing said the “hotel asylum seekers” were being treated as “less than human”. “Many people, men and women are suffering from severe mental health conditions. The fact that Mears and the Home Office see fit to dump hundreds of people in hotels where there is no social distancing, people cannot keep their personal environment aired or hygienic, and have had their meagre card payment of £35 a week cut to £0 deserves further investigation.”

      Sabir Zazai, the chief executive of the Scottish Refugee Council, said: “This tragic death must be a chilling reminder of the chronic vulnerabilities of those going through the complexities of the asylum system.”

      A Mears spokesperson said: “We are deeply sad to confirm the death of an asylum – seeker who had been in Mears-supported accommodation. Mears are working with the Home Office to contact the asylum seeker’s family before disclosing more information.”

      A home office spokesperson said: “We are aware of an incident resulting in an individual sadly losing his life. It would be inappropriate to comment before all of the facts have been established and his family have been notified.”

      https://www.theguardian.com/uk-news/2020/may/11/syrian-man-dies-glasgow-fears-refugees-mental-health

    • Mears Group 2020 update: scandal-ridden landlord under fire from Glasgow to Gloucester

      At the start of 2019 we published a profile on Mears Group. The #Gloucester based housing repairs outsourcer had just won a £1.15 billion contract to run the refugee accommodation system in Scotland, Northern Ireland and much of the north of England.

      In the last year, refugee and housing campaigners have been keeping a close eye on Mears, with local resistance to its slum landlord practices emerging across the UK. This report just gives a quick update on some recent news on the company.

      Unless you live in one of the properties it manages, you may well not have heard of Mears. But it has quietly built up a small empire across the UK, primarily by taking over privatised housing services from local councils. Along the way it’s already clocked up a list of scandals from Glasgow down to Brighton, involving accusations of local government corruption and numerous alleged overcharging scams.

      The death of Adnan Olbeh

      Adnan Olbeh was found dead on 5 May 2020 in a Glasgow hotel where he had been placed by Mears Group under its management of the UK’s “asylum dispersal” scheme. He was 30 years old, from Syria. The cause of death is unclear, with any postmortem examination delayed by the corona crisis.

      What is known is that Adnan was one of hundreds of refugees recently evicted from their flats by Mears and other asylum landlords.

      The mass evictions were part of the Home Office’s coronavirus strategy. Often with just an hour’s notice, people were told to pack and leave their flats and moved into hotels. The logic behind this is not entirely clear, but it seems in line with other aspects of the government’s shambolic covid-19 response. “Social distancing” measures included people being transported four or five to a small van, stripped of cash support and facilities to cook for themselves, and instead being made to eat close together in hotel canteens — with food including the likes of undercooked chicken and mouldy bread.

      According to Smina Akhtar, interviewed by John Grayson for the Institute for Race Relations:

      “We have had lots of reports from people in the hotels about really awful food and poor conditions there. Adnan’s friend told me that his mental health really deteriorated in the hotel. A week before he died his friend asked the hotel to call an emergency ambulance because Adnan was in a terrible state. His friend went with him to the hospital but said that the staff there did nothing, they offered him no medication, and sent him back to his hotel.”

      According to Mears, in evidence to the House of Commons Home Affairs select committee, it was acting on a directive from the Home Office.

      Mears’ Home Office contracts so far

      Adnan Olbeh’s death is one visible tragedy linked to the misery of the UK asylum system. Thousands more people live with the everyday effects of a housing system which “disperses” people into run-down slum housing in the country’s most impoverished communities.

      For Mears, this means a ten year profit stream. For Mears’ new tenants – rat infestations, broken boilers, collapsed ceilings, piles of rubbish, and environmental hazards of all kinds seem the norm.

      John Grayson of South Yorkshire Asylum Action Group (Symaag) has been documenting the “chaotic” and “failed” Mears contract in Yorkshire. In the past he reported on similar conditions under the last contract holder, G4S.

      So have Mears even managed to underperform the shambles of G4S’ housing management? It’s maybe too early to make a full comparison. But it doesn’t look like things have got off to a good start.

      G4S and others had complained bitterly about making losses on the former round of asylum housing contracts. To drive profits up, Mears started their own tenure by trying to slash the amounts they pay to the smaller landlords they rent from. In South Yorkshire, Mears offered landlords new contracts paying up to 20% less than G4S had done. Many refused to sign up in what John Grayson calls a “virtual landlords strike” which left Mears struggling to place the asylum seekers it was contracted to house.

      In the North East, Mears had similar problems negotiating with G4S’ main sub-contractor Jomast – development company headed by Teesside multi-millionaire Stuart Monk. According to Grayson, this left over 1000 people stuck in hotels across West Yorkshire and Humberside in Wakefield’s “Urban House” temporary asylum accommodation over the winter. And, as he explained to us, the problem is by no means solved.

      “When Covid-19 arrived the whole asylum housing system was frozen in the Mears contract areas with around 400 people still in hotels and 270 in Urban House. Many people have now spent four months in Urban House, when they are only meant to stay there a few weeks. Urban House has appalling conditions which have been extensively documented in pictures and videos sent out from people resisting inside.”

      One thing Mears has achieved in Yorkshire is provoking a major local authority to come out against the contract. In January, as well as launching inspections of 240 Mears properties, Sheffield Council called on the Home Office to terminate the Mears contract and transfer asylum housing in the city directly to the council. This is only really a token gesture – the council has no say in national asylum policy. But it could be one move in a shift against the outsourced asylum housing system, if followed up elsewhere in the country.

      In Scotland, there is a strong solidarity network in support of refugee housing rights – including the Glasgow No Evictions campaign and groups such as the Unity Centre, Living Rent tenants union, and charity Positive Action in Housing. The main rallying point in 2019 was previous contractor Serco’s threatened “lock change evictions” of 300 of its tenants. Well aware of the opposition, Mears has so far tried to tread more carefully. It has promised not to carry out similar evictions, and set up a so-called “independent scrutiny board” to deflect criticism.

      In the North of Ireland, the PPR Project is one association monitoring and exposing conditions in Mears’ housing there.

      Milton Keynes mystery

      Before it turned asylum landlord, Mears’ big profit hope was getting more involved in the very lucrative business of housing development. One of its potential jackpots was a 50/50 joint venture with Milton Keynes council to redevelop seven major estates. The deal was valued at £1 billion, and branded as “YourMK”.

      But as of last year, the scheme was dead in the water. In July 2018, the council said it was putting the regeneration deal “on hold”. In October 2018, whistleblower allegations emerged that Mears had been overcharging Milton Keynes for repairs by up to £80,000 a month, with overall some £15 million “unaccounted for”. When we looked at Mears last February, the YourMK website had gone dead, with a page announcing that further information would be coming soon.

      The MK scandal still seems to be quietly brewing. In July 2019, the MK Citizen reported first of all that the regeneration scheme was definitively “scrapped”. But a couple of weeks later a second Citizen report corrected that YourMK was “not dead but dormant”, with the council and Mears “in discussions about whether it will remain the right partnership structure in future”.

      In May 2020, we haven’t seen any new announcements. The YourMK website is still down, and there is no official word on that supposedly missing 15 million. Where are the budding investigative journalists of Milton Keynes to get to the bottom of this?

      Booted out of Brighton

      Mears’ ten year housing maintenance contract with Brighton and Hove council finally came to an end on 31 May. Again, customer complaints came together with whistleblower revelations – and, yet again, the apparent disappearance of large sums of money.

      A council investigation found it had been overcharged by £500,000 by a plastering subcontractor hired by Mears. A second investigation was later opened into overcharging for electrical work.

      Mears will not be missed in #Brighton. And just before they left, in February 2020 their workers were balloting for strike action over pay and Mears’ plan to combine holiday and sick pay.

      Newham: Mears Cats

      In East London, Mears run 250 homes which are set for demolition as part of Newham Council’s “Regeneration Zone” in Canning Town and Custom House, E16.

      Like Milton Keynes, this is another overlong saga of a failing regeneration project leaving people stuck in poor housing. Back in 2011, Newham handed the properties to a private management company called Omega to let out on short term commercial tenancies. This was supposed to be a “temporary” arrangement before the bulldozers came in. Mears bought out the contract in 2014, and six years later are still in place. While the buildings are still owned by the council, Mears collect the rent and do the repairs – in theory.

      In reality, Custom House tenants speak of conditions that would be very familiar to anyone in Mears’ asylum accommodation in Sheffield or Glasgow. Months overdue repairs, water leaks, exposed asbestos, rat infestations and a “war” to get anything done – all whilst paying average rents twice as high as in directly run Newham council properties.

      Tenants have set up a vocal campaign group called Mears Cats, part of the Peoples Empowerment Alliance of Custom House, pushing to get their repairs done and for Newham Council to take direct responsibility. Boglarka Filler, one of the Mears Cats, told Corporate Watch:

      “Schemes such as the partnership between Mears and Newham Council have brought further misery to people already on the receiving end of austerity and insecure employment. Mears Cats are campaigning for better quality, cheaper housing for Mears tenants struggling to cope with disrepair and debts caused by high rents. We will take action to ensure that the Mears contract will not be renewed in Newham when it runs out in 2021, and that we get a fair deal next time.”

      Steady profits, feisty shareholders

      On a business front, Mears continues to turn a decent profit and pay out to its shareholders. Its last year (2018) annual results clocked operating profits up 4.7% (though revenue was 3% down), and shareholders pocketed a dividend up 3% on the year before.

      Mears has kept up its strategy of honing in on its “core” housing maintenance business. After buying up Mitie’s property division last year, it sold off its own home care wing.

      Most recently, Mears has said that it only expects a modest impact from the covid crisis. Housing is what is called “non-discretionary” spending – unlike foreign holidays or consumer fads, there is still demand for essential repairs in a downturn. The bulk of Mears’ income is locked in from long term contracts, largely with the public sector. As the company explained, 90% of its order book comes from public bodies and “the government has made a clear commitment that invoices will be settled quickly”.

      Through the lockdown, Mears has said it is only carrying out only emergency repairs. Although workers complain they are still being sent on unnecessary jobs without “social distancing” in place, or called in just to sit in company offices.

      Less positive for management, there are new rumbles from rebellious shareholders. Back in 2018 one of the two biggest shareholders, a German investment manager called Shareholder Value Management (SVM) successfully pushed out the company’s long-term chairman. At the latest AGM in June 2019, the other big investor also threw its weight around.

      PrimeStone Capital, a Mayfair based investor which owns over 13% of Mears’ shares, tried to get two new nominees on the board of directors against management’s wishes. The shareholder rebellion was narrowly defeated. In a statement, PrimeStone explained it was unhappy that “the company’s revenues and profit have remained flat despite its strong market position and growth prospects [while] average net debt has doubled”.

      It argued that:

      “Mears’ underperformance is predominantly due to a lack of strategic, commercial and financial experience on the board. The current board has a strong concentration of directors with a background in social housing, health & safety and charities.”

      Mears’ profit-hungry management guarantee shareholder payoffs by squeezing their repair costs to the bone. The outcome is the lived experience of their tenants across the UK. But, for some shareholders, they’re still not doing enough.

      Students and shirts

      Despite its well documented failings, Mears continues to win new contracts – for example, a new housing development project in North Lanarkshire, and a housing maintenance and repairs contract with Crawley council.

      Another sideline is its student housing offshoot Mears Student Life, so far with just two complexes in Dundee and Salford.

      Mears also likes a bit of football. In May 2019 the League One side Rotherham United confirmed it had extended its contract to emblazon the company’s classy red and black logo on its away kits for the 2019/20 season.

      Flowers left for Adnan Olbeh

      https://corporatewatch.org/mears-group-2020-update-scandal-ridden-landlord-under-fire-from-glas

  • AYS Weekend Digest 25–26/4/2020

    FIRES AT VATHI, SAMOS
    Many reports confirm that at least two separate fires broke out within Vathi camp on Samos on Sunday evening and one more this morning (Monday).
    As Samos Volunteers report, the first fire, which started around 7pm, “was located in the area directly behind the medical facilities at the lower end of the unofficial jungle, which function as temporary shelters for potential Corona patients. An unknown number of tents were burnt before the local fire brigade managed to control and finally extinguish the fire.”
    After that, it seems that there were other repeated fires at 8pm and 10pm. A fire “reached the centre of the official camp. Several containers have caught fire. Besides housing most of the camp’s facilities, including the asylum service, the containers provide shelter for many camp residents, who share a container with as many as sixty people”.
    As MSF report, at least 100 people are left without shelter:
    Throughout the night, evacuation operations have been going on. It is not yet clear the extent of the damage. Most people left the camp and gathered on a empty plot of land. While solidarians and organisations on the ground tried to assist residents providing shelter, tents, medical assistance, food and water, fights and moments of tensions broke out and riot police entered the camp multiple times. In the night police stopped any kind of assistance or distribution.

    Evacuation at Vathi (Samos) — Photo by AYS
    A new fire broke out this morning.
    Despite the fires, we have confirmed reports that police continue to stop every kind of distribution, and are not letting anybody get into town.
    Around 700 people are being held in a bit of empty land in front of the camp, without adequate access to food or water, women and children included.
    This fire followed the ones in Moria (Lesvos) and Vial (Chios) in the last weeks. As of April 23, 6869 people were recorded living in Vathi camp, with a capacity of 648 people. The population density is the highest in the centre of the camp, where the fire burned most intense.
    These fires are nothing other than the natural consequence of Greek and European policies: keeping people crammed in overcrowded spaces, using the fear of the pandemic to implement widespread detention for all people on the move, stripping them even more of their basic rights, and barring them from participating in society.

    LESVOS: Updates from Moria
    In Moria, the situation is not getting any better. After the halt to the plan to transfer the most vulnerable residents to empty hotels, no other solution has been proposed to decongest the camp. 18293 is the official population (as of April 23rd). Food lines take hours, at least 1000 people don’t get food because there is not enough. There is also not enough water.
    With the limitations of movement outside the camp and the racist policies of supermarkets around Moria which are now prohibiting camp residents from going in, people can only shop in the one supermarket inside the camp, with waiting times of up to three days:
    Team Humanity is crowdfunding to distribute 3,500 food packs. They are doing food distribution for those who cannot stay in the food lines. Support hem HERE.
    Residents are doing what they can to improve the situation, the Moria Corona Awareness Team are starting to recycle water bottles to reduce the amount of waste in the camp.

    MAINLAND: Suicide in police detention
    A young man, who was detained in Komotini police station (Northeastern Greece) hanged himself over the weekend. He had been reportedly sentenced to several years in prison for people smuggling. According to the report authored by the European Committee for the Prevention of Torture and Inhuman or Degrading Treatment or Punishment (CPT) on conditions of detention in Greece: “ill-treatment by the police.. against foreign nationals.. remains a frequent practice”. Around 6,000 people on the move, including minors, are under arrest in the country.

    From the Mothers of Malakasa
    There are reports of frequent water cuts in Malakasa camp (in Attica), which worsen the conditions during quarantine. Refugees report additional sanitary infrastructure for the more than 400 newcomers living in tents was installed but has not yet been connected.
    “How should we wash our hands without water,” a mother asks.
    Read the call for help from mothers in the quarantined Malakasa refugee camp HERE.

    BiH
    Local media has published a further update on the Bosnian Government’s aim to deport all people on the move. They wish to compile a list of 9000–10,000 people to be deported and are once again framing this as a security crisis rather than a humanitarian one. They have also made it clear that they are struggling to identify the people currently in Bosnian territory meaning that they can not have gone through a proper asylum process. As we know, everybody has the right to claim asylum regardless of where they come from or the recognition rate of their country.
    Meanwhile, as usual it is local people and grass roots groups, not the government, who are actually supporting people on the move.

    https://medium.com/are-you-syrious/ays-weekend-digest-25-26-4-2020-fires-at-vathi-samos-c7535d761c51

    #Covid-19 #Migration #Migrant #Grèce #Bosnie-Herzégovine #Camp #Samos #Vathi #Incendie #Evacuation #Lesbos #Moria #Transfert #Hôtel #Komotini #Suicide #Malakasa #Expulsion

  • #Homothérapies, #conversion_forcée

    Électrochocs, lobotomies frontales, « thérapies » hormonales… : dans les années 1970, aux États-Unis, la #dépsychiatrisation de l’homosexualité met progressivement fin à ces pratiques médicales inhumaines, tout en donnant naissance à des mouvements religieux qui prétendent « guérir » ce qu’elles considèrent comme un péché, une déviance inacceptable. Depuis, les plus actives de ces associations – les évangéliques d’Exodus ou les catholiques de Courage – ont essaimé sur tous les continents, à travers une logique de franchises. Bénéficiant d’une confortable notoriété aux États-Unis ou dans l’ultracatholique Pologne, ces réseaux œuvrent en toute discrétion en France et en Allemagne. Mais si les méthodes diffèrent, l’objectif reste identique : convertir les personnes homosexuelles à l’hétérosexualité ou, à défaut, les pousser à la continence. Comme Deb, fille d’évangélistes de l’Arkansas ouvertement homophobes, Jean-Michel Dunand, aujourd’hui animateur d’une communauté œcuménique homosensible et transgenre, a subi de traumatisantes séances d’exorcisme. De son côté, la Polonaise Ewa a été ballottée de messes de guérison en consultations chez un sexologue adepte des décharges électriques. Rongés par la honte et la culpabilité, tous ont souffert de séquelles psychiques graves : haine de soi, alcoolisme, dépression, tentation du suicide…

    Étayée par le travail de deux jeunes journalistes, dont l’un s’est infiltré dans des mouvements français – des rencontres façon Alcooliques anonymes de Courage aux séminaires estivaux de Torrents de vie, avec transes collectives au menu –, cette enquête sur les « thérapies de conversion » donne la parole à des victimes de cinq pays. Leurs témoignages, à la fois rares et bouleversants, mettent en lumière les conséquences dévastatrices de pratiques qui s’apparentent à des dérives sectaires. « Nous avons affaire à une espèce de psychothérapie sauvage qui peut amener à la destruction de la personnalité », affirme ainsi Serge Blisko, ancien président de la #Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires). En mars 2018, le Parlement européen a voté une résolution appelant les États membres à interdire ces prétendues thérapies. Jusqu’à maintenant, seul Malte a légiféré sur le sujet.


    https://boutique.arte.tv/detail/homotherapies_conversion_forcee
    #film #film_documentaire #documentaire
    #homophobie #LGBT #thérapie #église #Eglise #douleur #souffrance #rejet #choix #déviance #guérison #sexualité #genre #Exodus #thérapies_de_conversion #fondamentalisme_chrétien #maladie #Eglise_catholique #Eglise_évangélique #catholicisme #Les_Béatitudes #douleur #confession #communion_Béthanie #lobotomie #déviance #éradication #foi #Alan_Chambers #Desert_Streams #Living_Waters #Richard_Cohen #Alfie's_home #Journey_into_manhood #virilité #Brothers_Road #courage #Wüstenstrom #Günter_Baum #Torrents_de_vie #Andrew_Comiskey #masculinité #communauté_de_l'Emmanuel #David_et_Jonathan #homosexualité_transitionnelle #homosexualité_structurelle #homosexualité_accoutumance #pornographie #méthode_aversive #médecine #Bible #pêché #Père_Marek_Dziewiecki #compassion #culpabilité #haine #culpabilité_douce #violence #mépris #continence #résistance_à_la_tentation #tentation #responsabilité #vulnérabilité #instrumentalisation #exorcisme #démon #Gero_Winkelmann #violence_familiale #manipulation #secte #dérive_sectaire #dépression #business #honte #peur #suicide #justice #Darlen_Bogle

  • Women suicide increases during national coronavirus lockdown - Kirkuk Now
    In the first four months of 2020, seven women have “taken their lives,” five of whom committed suicide during the national coronavirus lockdown. This raises concerns of the human rights organizations, who suspect that the rise of domestic violence is due to household tensions and pressures.

    #Covid-19#Iraq#confinement#Société_civile#Féminicide#Violences#Femmes#Suicide#migrant#migration

    http://www.kirkuknow.com/en/news/62014

  • Mascherine e tamponi : i 4 errori del governo sui medici

    Rileggere con gli occhi di oggi la lunga teoria di circolari, ripensamenti, contrordini e indicazioni ad interim prodotta dal governo, dalle regioni e dagli organi tecnico- scientifici che ne hanno puntellato le scelte, è utile per spiegare la strage dei medici e degli infermieri. Una peculiarità tutta italiana, che, al di là dei lutti e del dolore dei familiari, costerà caro allo Stato in termini di risarcimento dei danni. La più drammatica delle giravolte, all’origine del perché l’Italia ha tardato nell’individuare i primi casi di Covid 19 e del perché gli ospedali sono diventati dei focolai, è quella iniziale. Risale a gennaio, quando a Wuhan già contano centinaia di morti e il nostro Paese è convinto che l’onda non arriverà. Tanto convinto da mandare al governo di Pechino, sotto forma di donazione, una parte della già esigua scorta nazionale di mascherine.

    Il 22 gennaio il ministero della Salute emette la sua prima circolare (“Polmonite da nuovo coronavirus, 2019 nCov, in Cina”: https://www.google.com/search?client=firefox-b-d&q=Polmonite+da+nuovo+coronavirus%2C+2019+nCov%2C+i) diretta a tutti gli assessorati alla Sanità, con la quale definisce i criteri per considerare un paziente “caso sospetto”, da sottoporre quindi a tampone: oltre a chi è stato in Cina, include qualsiasi persona «che manifesta un decorso clinico insolito o inaspettato, soprattutto un deterioramento improvviso nonostante un trattamento adeguato, senza tener conto del luogo di residenza o storia di viaggio». Insomma, un’indagine a largo spettro.

    Se questa circolare fossa stata in vigore anche a febbraio, quando a Codogno #Mattia, il paziente uno, si rivolge al pronto soccorso, e a #Vo_Adriano #Trevisan, la prima vittima del virus, si sente male, le loro positività sarebbero emerse ben prima del famoso 21 febbraio, data di inizio del contagio italiano. Ma, nel frattempo, il 27 gennaio il ministero ha cambiato idea, e ha scritto una seconda circolare (http://www.trovanorme.salute.gov.it/norme/renderNormsanPdf?anno=2020&codLeg=72847&parte=1%20&serie=null), di senso opposto alla prima, nella quale autorizza il test solo su pazienti che, oltre ad avere importanti sintomi, hanno avuto «contatti stretti con un infetto»,hanno «visitato o lavorato in un mercato di animali vivi a Wuhan», «frequentato un reparto Covid». In sintesi: tamponi solo a chi proviene dalla Cina. È il primo vagito di una linea governativa “anti-tampone”, che segue l’orientamento dell’Organizzazione mondiale della Sanità, e che durerà sino al 16 marzo, quando la stessa Oms farà inversione con un tweet: «Test, test, test». Prima del cambio di rotta, è solo violando il protocollo che due medici sottopongono al tampone Mattia e Trevisan. Scoprendo così che, da giorni, i loro ospedali sono diventati potenziali focolai.
    Il decreto mascherine

    L’onda è arrivata. E occorre arginarla. Ma dell’arma principale, le mascherine professionali (le famose FFp2- #FFp3) per medici e infermieri, l’Italia è sprovvista. A differenza di quanto successo in Germania, nessuno ha attuato i piani pandemici (che prevedevano di farne scorta non appena si fosse avuta notizia di un contagio uomo-uomo, circostanza verificatasi il 31 dicembre), e anzi, una buona parte dello stock è stata mandata, come detto, a Wuhan. Il governo capisce di essere con l’acqua alla gola, deve inviare i suoi soldati al fronte ma non ha fucili da fornire. Le prime 42 mila FFp2, infatti, saranno consegnate dalla Protezione civile solo il 3 marzo. Così, fa quello che può: si arrangia. Con il decreto legge n.9 del 2 marzo (https://www.gazzettaufficiale.it/eli/id/2020/03/02/20G00026/sg), «in coerenza con le linee guida dell’Oms», decide di equiparare le mascherine chirurgiche — che non sono Dpi (Dispositivi di protezione individuale) perché non proteggono chi le indossa ma filtrano solo in uscita — a quelle professionali. Gli operatori sanitari, per decreto, possono andare nei reparti Covid indossando solo queste. Sono seguite diverse precisazioni, ma ancora il 19 marzo regna la confusione, come dimostra un documento interno dell’ospedale Molinette di Torino, in cui si considerano idonee anche le chirurgiche, se non disponibili le rare #FFp2, all’«esecuzione del tampone in pazienti Covid-19 positivi». Niente quarantena per i medici

    Il 9 marzo il governo emette il decreto numero 14 (https://www.gazzettaufficiale.it/eli/id/2020/03/09/20G00030/sg), nel quale dispone che «la quarantena obbligatoria non si applica agli operatori sanitari», i quali si fermano solo nel caso di sintomi manifesti o esito positivo di test. È un’altra mossa della disperazione, bisogna evitare il rischio che i reparti rimangano sguarniti. Addirittura la regione Lombardia va oltre, e pubblica il 10 marzo una direttiva che nega il test all’operatore asintomatico «che ha assistito a un caso confermato Covid senza adeguati Dpi». «La confusione sulle norme — sostiene Andrea Filippi, segretario della Cgil-medici — e quei decreti folli sono i motivi principali per cui gli operatori sanitari si sono ammalati. L’Oms ha sbagliato a dare linee guida che, evidentemente, erano pensate per Paesi del Terzo mondo che hanno zero possibilità di reperire Dpi».

    Tamponi e suicidi

    Siamo a metà marzo, nel pieno della crisi. La linea ora sarebbe quella di fare tamponi a tappeto, a cominciare da chi sta in prima linea. Tre circolari del ministero della Salute (20 marzo, 25 marzo, 3 aprile) lo imporrebbero. Ma, ancora una volta, la Lombardia si distingue. «Continua a farli solo a medici e infermieri che hanno la febbre superiore a 37 e mezzo», denuncia Carmela Rozza, consigliera regionale Pd. «L’assessore Giulio Gallera sostiene di aver disposto tamponi per tutti a partire dal 3 aprile, ma non risulta».

    «Così — lamenta il portavoce della Federazione degli infermieri, Paolo Del Bufalo — ci siamo infettati e abbiamo continuato a lavorare negli ospedali, nelle cliniche private e nelle Rsa per anziani, liberi di diffondere il virus». Una situazione pesante anche dal punto di vista psicologico. Oltre ai molti decessi tra gli infermieri si sono registrati due casi di suicidio: «Erano colleghi devastati dal senso di colpa per aver contagiato colleghi e assistiti». E c’è una nuova paura che da qualche giorno soffia in corsia: la richiesta dei risarcimenti. «Dobbiamo sollevare i professionisti da responsabilità, che non hanno», suggerisce Filippi della Cgil. «Ma no ai colpi di spugna: avere un soggetto che si assume l’onere dei risarcimenti è un diritto di cittadini e operatori». Poche protezioni per lavorare in corsia e test in ritardo: due mesi di tira e molla pagati a caro prezzo.

    https://rep.repubblica.it/pwa/generale/2020/04/10/news/mascherine_e_tamponi_i_4_errori_del_governo_sui_medici-253609627
    #Italie #coronavirus #masques #stock #responsabilité #politique #médecine #science #test #dépistage #Codogno #patient_zéro
    #in_retrospect #OMS #chronologie #ordonnance #masques_chirurgicales #décret #décret #confinement #Lombardie #travail #conditions_de_travail

    #décès #morts (d’#infirmiers et #médecins à l’occurrence, dans cet article...)
    #suicide #suicides #culpabilité #culpabilisation
    #indemnisation #justice

    ping @simplicissimus @fil —> ça vaut la peine de traduire, avec deepl ça devrait suffire

  • Syrian man commits suicide in Lebanon-Info Migrants
    A Syrian refugee in Lebanon has taken his own life. An aid group said he was experiencing financial hardship. Many Syrians in Lebanon are struggling to get by, and the coronavirus epidemic has made the things even more difficult
    #Covid19#Liban#Syrien#suicide#migrant#migration

    https://www.infomigrants.net/en/post/23935/syrian-man-commits-suicide-in-lebanon

  • Casey est de retour ! Nouveau groupe, Ausgang, nouveau clip (ci-dessous), nouvel album le 6 mars prochain, concerts le 17 mars à La Maroquinerie, le 10 avril à Ivry, et à suivre...

    Chuck Berry
    Ausgang (Casey, Marc Sens, Manusound, Sonny Troupé)
    https://www.youtube.com/watch?v=ijPK6pLKy1E

    Me demande pas si je suis à ma place, j’ai déjà brûlé la scène
    Te voiler la face, c’est te faire croire que l’inventeur du rock n’a pas du tout mes gènes
    Et dans les champs au bas de l’échelle, oui c’est mon peuple qui portait les chaînes
    Plutôt qu’faire ça dans la rock, attitude de toute la bourgeoisie parisienne
    Moi, j’aime le cuir, le blanc de mes pompes, le bleu de mon jean, c’est de l’hygiène
    Paraître pauvre, c’est un caprice, un privilège que les riches aiment
    Ma race a mis dans la musique sa dignité de peur qu’on lui prenne
    A fait du blues, du jazz, du reggae, du rap pour lutter et garder forme humaine
    Et l’Occident qui avait honte a inventé le punk s’est haï lui-même
    Tu as le cuir, la coupe, les clopes, les bottes et la Fender
    Les anecdotes, Les Enfants du Rock, la collection de vinyles de ton père
    Je l’ai dans la chair, je l’ai dans les veines, qu’est-c’que tu crois ? Cette histoire est la mienne

    J’ai dit Jimi Hendrix et puis Chuck Berry
    Jimi Hendrix et puis Chuck Berry
    Jimi Hendrix et puis Chuck Berry
    Jimi Hendrix et puis Chuck Berry

    Je fais du rap, je fais du rock où je vais, je suis moi-même
    Ces deux milieux sont jamais prêts pour le show que je produis chaque fois qu’je m’amène
    Anomalie du 93 avec une gueule caribéenne
    J’ai un penchant, j’l’ai jamais caché pour les textes qui autopsient ma haine
    Ma bouche a tout, toujours des cartouches à cracher et du coup cela créé le malaise
    Et je suis noire dans un monde blanc, c’est impossible que je le taise
    Sur la guitare, la batterie et la basse, je viens casser l’ambiance et rapporter la crasse
    Le rock est sans défense, je bouge dans tous les sens, l’ai arrosé d’essence, lui ai donné la chasse
    Oui, j’ai l’aisance, je l’ai dans le sang, dans mon élément, ça me va comme un gant
    On m’a pas invité, c’est pas moi qu’on attend, je viens représenter le clan des combattants
    Dispo pour ma diaspora pillée par des types mourants
    J’l’ai dans la chair, j’l’ai dans les veines car cette histoire est la mienne

    #Casey #Ausgang #rap #rock #Musique #Musique_et_politique #France #Chuck_Berry

  • CALL FOR ACCOUNTABILITY: Apparent #Suicide in #Moria Detention Centre followed failure by Greek State to provide obligated care.

    On 6 January a 31-year-old man from Iran was found dead, hung in a cell inside the Pre Removal Detention Centre (#PRO.KE.K.A.), the prison within Moria camp on Lesvos island. Police knew before they detained him that he had serious mental health issues, according to reports from several detained with him. Despite this, for approximately two weeks prior to his death he was kept in isolation.

    Within this PRO.KE.K.A. prison, those that are held there are the “undesirables” of the European Union and Greek State: the majority are arrested after arriving to Lesvos from Turkey, and held there immediately upon arrival, based only on their nationality. Others are considered ‘public security threats’ but they have never been tried or convicted. Others have had their asylum cases rejected, but they were judged in an unfair asylum system built to exclude migrants from Europe and maintain an undocumented and therefore exploitable population.

    This policy of collective punishment is commonly reproduced in courts and the media, which criminalize migrants and categorizes them as having a ‘low refugee profile’ before anything is even known about them individually. This concept of a ‘low refugee profile’ is implemented in PRO.KE.K.A. in Lesvos and Kos, through a pilot project. Those who come from countries where, statistically, less than 25% are granted international protection, are detained upon arrival from Turkey. This is mainly people from African states. Men from these countries who arrive to Lesvos without family, are arrested upon arrival and detained for up to three months. The new asylum law allows for increasing detention time for up to 18 months.

    PRO.KE.K.A. operates with little oversight or accountability. There, people are held with limited access to legal, medical or psychological support. People are detained in overcrowded cells 22 hours a day. According to detainees, psychological and physical abuse is common. Detainees have reported the following abuses: People are woken up at random hours of the night using noise and light. They are forced to spend two hours outside each day, even in the winter. Recently, there are reports that they are taken to where there are no cameras and beaten by the police, and beaten by the police while in handcuffs. People are granted access to their phones only at weekends, cutting them off most of the week from their families and support networks, and making communication with legal support almost impossible. Visits from friends and family are at times prohibited. Because of these reasons, reporting abuse is practically impossible for detainees. Also many report that they fear retaliation by the police and do not trust government or official organizations because they see abuse continue with no consequences for the police, even though the abuse happens under everyone’s eye.

    Almost no basic need is met. No adequate warm clothing, and only one blanket, meaning they must freeze in the winter months. Without interpreters present, detainees have limited means of communicating with prison officers, meaning that many do not know why they are detained or for how long. The food is inadequate and unhealthy, with many going hungry. At times, only one meal a day is served, and no food can be brought in from contacts outside. They are provided no basic hygiene products like soap or toothpaste, and outbreaks of scabies have occurred.

    The asylum claims of those detained in PRO.KE.K.A. are accelerated, and people are scheduled for interviews on their asylum claims within a few days of arrival, and access to legal aid is severely limited. Legal aid on appeal is routinely denied, despite having a right to a lawyer. Trapped in prison, detainees face huge difficulties submitting evidence to the asylum service to support their claims.

    The illegal detention of minors is commonplace because European Border Agency FRONTEX is systematically registering minors as adults. Torture survivors are also commonly detained despite an obligation by the state to screen for any vulnerabilities. Those with serious medical and psychological conditions are routinely denied access to healthcare. For example people with prescription medicine are not provided with this medication, even if they had it on their person when arrested. When people ask to see a doctor or psychologist, the police and AEMY – a private institution supervised by the Greek Ministry of Health – pass responsibility between each other and often people are never treated. Self harm is tragically common in PRO.KE.K.A.. At times, those with severe illnesses have been detained and deported by police and FRONTEX to Turkey, under the knowledge of UNHCR.

    Here in PROK.E.K.A. is where the man who died found himself in December 2019, when he was taken into detention. According to other people detained in PRO.KE.K.A., he spent just a short time with other people, before being moved to isolation for approximately two weeks. While in solitary confinement, even for the hours he was taken outside, he was alone, as it was at a different time than other people. For multiple days he was locked in his cell without being allowed to leave at all, as far as others detained saw. His food was served to him through the window in his cell during these days. His distressed mental state was obvious to all the others detained with him and to the police. He cried during the nights and banged on his door. He had also previously threatened to harm himself. Others detained with him never saw anyone visit him, or saw him taken out of his cell for psychological support or psychiatric evaluation.

    Healthcare in the prison is run by AEMY and the Greek state is its sole shareholder. Its medical team supposedly consists of one social worker and one psychologist. However, the social worker quit in April 2019 and was never replaced. The psychologist was on leave between 19 December and 3 January. The man was found dead on 6 January meaning that there were only two working days in which AEMY was staffed during the last three weeks of his life, when he could have received psychological support. This is dangerously inadequate in a prison currently holding approximately 100 people. KEELPNO is the only other state institution able to make mental health assessments, yet it has publicly declared that it will not intervene in the absence of AEMY staff, not even in emergencies, and that in any case it will not reassess somebody’s mental health.

    If we believe that this individual took his own life in order to escape from the abyss of PRO.KE.K.A., then it was the result of prison conditions that push people to despair, and the failure of multiple state agencies to provide him obligated mental health care.

    One death is too many. We call for an independent investigation into the circumstances surrounding the death on 6 January.

    https://legalcentrelesvos.org/2020/01/19/call-for-accountability-apparent-suicide-in-moria-detention-centr
    #Grèce #décès #mort #Lesbos #rétention #détention_administrative #mourir_en_rétention

  • Un patient atteint d’un cancer se suicide dans un hôpital, la CGT pointe du doigt « un défaut de prise en charge »
    https://www.nouvelobs.com/sante/20200206.OBS24471/un-patient-atteint-d-un-cancer-se-suicide-dans-un-hopital-la-cgt-pointe-d

    Le drame a eu lieu dans la nuit du 26 au 27 janvier. Un patient de 68 ans a mis fin à ses jours à l’hôpital de Pithiviers (Loiret). Souffrant d’un cancer en phase terminale, il était hospitalisé en soins palliatifs, rapportent France-Bleu Loiret et le quotidien local « la République du Centre ». Pour la CGT, il s’agit de la conséquence directe d’un « défaut de prise en charge ».

    « Ce patient, qui souffrait d’une maladie incurable, avait déjà essayé d’attenter à ses jours peu de temps auparavant mais rien n’a été fait pour l’entourer, faute de moyens et de personnel », accuse Sylvie Bertuit, infirmière et secrétaire départementale du syndicat CGT Santé, dans un communiqué. Elle accuse directement la direction d’être responsable de sa mort.
    « Nous assistons à l’effondrement de l’hôpital public »

    « C’est un patient qui a gémi de douleur pendant trois jours et qui n’a pas pu bénéficier de l’écoute dont il avait besoin. L’équipe n’a pas été en capacité de soulager sa douleur physique ni sa douleur psychique. C’est de la médecine du XIXe siècle », déplore l’infirmière, citée par « la République du Centre ».

    Le centre hospitalier de Pithivers n’a plus de psychologue formé à l’accompagnement des patients en fin de vie, souligne Sylvie Bertuit, rappelant qu’il s’agit pourtant d’une « obligation légale ». Le patient ayant déjà fait une tentative de suicide, l’infirmière s’étonne qu’il ait été hospitalisé au troisième étage, alors même que les escaliers ne présentent pas de filets anti-suicides.

    Interrogée par France-Bleu, Dominique Chéron, aide-soignante et représentante CGT à l’hôpital de Pithiviers, confie que l’équipe soignante « s’en est voulu » de ne pas pouvoir venir en aide au patient en raison de leur trop lourde charge de travail. Selon la radio publique, la nuit, on compte une infirmière pour 20 patients.

    La direction du centre hospitalier régional d’Orléans, auquel le centre hospitalier de Pithiviers est rattaché, a réagi dans un communiqué laconique, expliquant que « cet événement indésirable grave (EIG) a été déclaré aux autorités compétentes » et assure que des mesures seront prises pour « améliorer le dispositif de prévention du suicide des patients hospitalisés ». Une enquête devrait être lancée par l’Agence régionale de santé.

    #suicide #hôpital #cancer #EIG

    • Les filets anti-suicides, et les chambres capitonnées, pour ne plus entendre hurler de douleur les patients, et éviter qu’ils ne salissent les escaliers et ainsi éviter que les patients ne se comportent en « indésirables graves » (Patients Indésirables Graves, PIG)... Le Graal de la modernité en somme, sans nécessité d’ajouter du personnel.

  • Les lointains suicidés de la République sur France Ô - tous les replay sur france.tv
    https://www.france.tv/documentaires/societe/162231-les-lointains-suicides-de-la-republique.html

    Sur les rives des fleuves #Maroni et #Oyapock, une funeste épidémie de suicides se répand au sein de la jeunesse amérindienne de Guyane. La rupture du lien intergénérationnel, les échecs scolaires, l’alcool et la drogue sont venus alourdir le fardeau d’une culture dissoute au contact de la modernité et d’une terre souillée par l’orpaillage illégal.

    #suicide #colonisation #Guyane

  • « Imputable à » mais sans responsables ni coupables (Suicide de Christine Renon)

    L’IGEN, cette IGPN de l’Éducation Nationale…

    Le suicide d’une directrice d’école en Seine-Saint-Denis « imputable au service » (LeMonde.fr)
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/01/08/le-suicide-d-une-directrice-d-ecole-en-seine-saint-denis-imputable-au-servic

    Un rapport de l’inspection générale diligenté après le suicide de Christine Renon n’établit aucune « faute » de la part de l’institution, mais il étudie l’ensemble des difficultés dont se plaignait la directrice.

    L’inspection générale dégage toute responsabilité de l’Education nationale dans le suicide de Christine Renon (Mediapart)
    https://www.mediapart.fr/journal/france/090120/l-inspection-generale-degage-toute-responsabilite-de-l-education-nationale

    Un rapport de l’inspection générale diligenté après le suicide de la directrice d’école Christine Renon en septembre dédouane l’institution de la responsabilité du drame mais l’impute à une série de dysfonctionnements. Au même moment, le ministère publie les résultats d’une consultation laissant apparaître que les directeurs d’école se sentent submergés par leurs tâches administratives. Mais la rue de Grenelle réfute l’existence d’un malaise dans la profession.

    #éducation #salariat #souffrance_au_travail #suicide #responsabilité #enseignant·es

    • #Taimur_Shinwari, 07.08.2015

      IN MEMORIA DI TAIMUR SHINWARI

      Martedì 11 Agosto alla sera a Gorizia nel parco della Rimembranza si è tenuta una veglia di preghiera per Taimur Shinwari, un ragazzo pakistano di 25 anni.

      Venerdì scorso è morto tragicamente nelle acque dell’#Isonzo goriziano.

      Taimur aveva percorso un lungo tragitto da migrante per tutto il Medio Oriente e i Balcani come tanti suoi connazionali e coetanei, ma purtroppo è affogato in modo banale nel fiume di #Gorizia.

      Per ricordarlo e per raccogliere fondi, affinché il suo corpo possa ritornare a casa dalla sua famiglia, il movimento dei Focolarini ha organizzato una liturgia assieme agli altri rifugiati alternando preghiere musulmane a quelle cristiane. Oltre ai cittadini italiani vi era un numeroso gruppo di ragazzi richiedenti asilo di Gorizia che hanno mostrato molta solidarietà per il compagno morto.

      Tante erano le candele accese per Taimur e tanti sono stati i ringraziamenti da parte dei suoi compagni per il rispetto dimostrato durante la loro funzione. I Giovani per la Pace hanno partecipato a questo momento di raccoglimento.

      11866403_873446389392305_4084821147627854243_n
      http://www.giovaniperlapace.it/2015/08/13/per-taimur-shinwari

      –-> mort de « non-accueil », comme exprimé par la personne qui m’a signalé sa mort par mail.

    • #Zarzai_Mirwais, juillet 2016
      La morte di Zarzai Mirwais, oggi il lavaggio del corpo

      GRADISCA. Si avvicina il momento del rimpatrio in Afghanistan della salma di Zarzai Mirwais, il 35enne afghano ospite del #Cara annegato nell’#Isonzo, sul versante della sponda sagradina del fiume. Le procedure burocratiche, seguite dalla Prefettura e da un’associazione triestina di mediazione culturale che hanno mantenuto i contatti con l’ambasciata afghana a Roma, sono state quasi del tutto ultimate. I costi, ingenti, per il rimpatrio del corpo del povero Mirwais saranno sostenuti interamente dagli amici dell’uomo. Questa mattina, intanto, in una camera mortuaria del nosocomio di Monfalcone verrà celebrato, secondo il costume islamico, il rito del lavaggio del corpo. A celebrarlo, alle 10, sarà un imam proveniente dalla Germania e messo a disposizione dai parenti di Zarzai Mirwais, che già nelle ore immediatamente successive alla tragedia avevano raggiunto Gradisca. Al rito, che per la sua intimità si svolgerà comprensibilmente a porte chiuse, parteciperanno gli ospiti del Cara che più avevano legato con l’afghano, che in patria ha lasciato due figli e una consorte. Molti altri richiedenti asilo del centro gradiscano hanno manifestato l’intenzione di essere presenti in questo momento di dolore per la non piccola comunità del Cara, che conta attualmente circa 400 ospiti. La celebrazione del rito del lavaggio della salma sblocca, fra l’altro, anche lo svolgimento della veglia di preghiera interreligiosa che la Caritas diocesana, l’amministrazione comunale della Fortezza, la parrocchia di Gradisca e tante altre associazioni di volontariato avevano pensato per onorare la memoria di Zarzai. La tradizione islamica prevede infatti che non possa essere svolta una preghiera funebre prima che sia stato ultimato il simbolico rito del lavaggio del corpo del defunto. La veglia interconfessionale sarà organizzata con tutta probabilità domani sera alle 20 negli spazi esterni della parrocchia di San Valeriano, nella cittadina della Fortezza.

      https://necrologie.ilpiccolo.gelocal.it/news/34814

    • #Sajid_Hussain, 14.06.2019
      COMUNICATO PER LA MORTE DI SAJID HUSSAIN

      Sajid Hussain aveva 30 anni ed era originario del Parachinar, in Pakistan. Era arrivato in Europa qualche anno fa. Dalla Germania, dove aveva chiesto l’asilo politico e aveva vissuto alcuni anni, si era poi spostato in Italia, come molti suoi connazionali: tuttavia la sua richiesta d’asilo in Italia si era arenata in quanto il Paese di competenza – secondo il regolamento di Dublino II (2003/343/CE) – era la Germania, dove però le persone originarie del Parachinar difficilmente ricevono la protezione, al contrario di quanto avviene nel resto dell’Unione europea. In Italia, era entrato nel sistema di accoglienza a Staranzano (GO): era stato seguito dal Centro di Salute Mentale di Monfalcone. A seguito del cosiddetto Decreto Sicurezza e del conseguente smantellamento del sistema SPRAR di accoglienza diffusa, era stato trasferito, insieme ai suoi compagni, nel CARA di Gradisca d’Isonzo, gestito dalla cooperativa Minerva.

      Otto mesi fa, aveva chiesto di avviare la procedura per il cosiddetto rimpatrio volontario assistito, gestito dall’agenzia dell’ONU per le migrazioni (IOM/OIM): il rimpatrio volontario è una misura di controllo e contrasto all’immigrazione, attraverso la quale uno Stato (o un’organizzazione internazionale) danno un sostegno economico alle persone che decidono di rientrare nel loro Paese di provenienza. Il processo di rimpatrio assistito di Sajid Hussain era bloccato per mancanza di fondi, come è stato per mesi per tutti quelli gestiti da IOM/OIM. Sajid chiedeva insistentemente di essere rimpatriato o rimandato in Germania: per dimostrare questo suo desiderio, circa quattro mesi fa aveva stracciato i suoi documenti.

      Sajid si è annegato nell’Isonzo a Gorizia il 14 giugno, dopo essere stato in Questura a chiedere se si fosse sbloccata la sua procedura di rimpatrio.

      La vita di Sajid Hussain interseca in più punti l’insostenibilità del governo europeo delle migrazioni: un sistema che l’ha costretto a un ingresso pericoloso e illegale; che l’ha inserito in un database di sorveglianza (Eurodac); che gli ha vietato di scegliere il Paese dove vivere e l’ha costretto a tentare la procedura di asilo in Italia; che l’ha sottoposto a un processo per la richiesta d’asilo lungo e precarizzante; che lo ha costretto a vivere in una struttura affollata e non adatta alla vita delle persone; che non l’ha tutelato per i suoi problemi psichici; che non gli ha permesso di scegliere di tornare indietro, ingabbiandolo in una strada senza uscita. Il suicidio di Sajid è anche una conseguenza diretta di questo sistema: è la scelta di una persona senza possibilità di scelta; è la scelta di una persona che, come tante altre, viveva le condizioni materiali di invisibilità e disumanizzazione alle quali è sottoposta/o chi entra in Europa illegalmente. Il suicidio di Sajid è una morte di Stato.

      Se il Decreto sicurezza, con lo smantellamento del sistema SPRAR e l’eliminazione della protezione umanitaria, ha reso la vita in Italia dei/lle richiedenti asilo ancora più dura, è anche vero che in Italia l’immigrazione è sempre stata gestita come un fenomeno da controllare, incanalare e reprimere, secondo le necessità del mercato del lavoro. In questo razzismo istituzionale, che fonda lo Stato italiano come è oggi, sta l’origine dello sfruttamento delle migrazioni e dell’accettabilità dell’idea stessa che le persone richiedenti asilo possano essere ammassate in una struttura come il CARA di Gradisca, isolate, infantilizzate e costrette a un’attesa lunga mesi. A fianco a quel luogo, il CARA, dovrebbe essere presto aperta una prigione per persone irregolari: il Centro Permanente per il Rimpatrio (CPR), voluto dal Decreto Minniti-Orlando. L’apertura del CPR – di fatto un lager per le persone rinchiuse – porterebbe anche a un aumento del controllo poliziesco sulle vite delle persone che vivono nel CARA, oltre a essere per loro una minaccia visibile di espulsione e rimpatrio.

      Il suicidio di Sajid, morto di Stato, segue (almeno) altri quattro suicidi che sono avvenuti negli ultimi due anni tra i richiedenti asilo in Friuli-Venezia Giulia. Questa invisibilità che si fa visibile per un giorno come notizia di cronaca nera è un richiamo potente all’evidenza della brutalità del sistema delle frontiere, che crea una gerarchia mortale tra gli abitanti del mondo. La lotta per la distruzione di tutti i confini è una lotta per la libertà di tutt*.

      https://nofrontierefvg.noblogs.org/post/2019/06/20/comunicato-per-la-morte-di-sajid-hussain

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      Storia di Sajid, che voleva ritornare a casa

      Si chiamava Sajid Hussain il migrante pakistano annegato nel fiume Isonzo, a Gorizia, lo scorso 14 giugno. Sajid aveva trent’anni, proveniva dalla regione del Parachinar, dove aveva tre figli piccoli. Era in Europa da tre anni, prima in Germania e poi in Italia, da poco meno di un anno e mezzo. Nel nostro paese la sua richiesta di protezione si era però arenata a causa del trattato di Dublino. Lo stato competente, che per primo aveva identificato e ricevuto la domanda d’asilo di Sajid, era infatti la Germania.

      Sajid era ospitato da qualche tempo nel Centro d’accoglienza per richiedenti asilo di Gradisca d’Isonzo, in provincia di Gorizia, in seguito alla chiusura dei progetti di accoglienza diffusa dello Sprar, per effetto del decreto Salvini. Prima divideva con alcuni connazionali un alloggio nel vicino paese di Staranzano.

      Sajid però non è morto per un incidente, nell’Isonzo si è gettato volontariamente. Aveva deciso di tornare a casa, in Pakistan, o intanto in Germania, per poi partire da lì. Per questo aveva chiesto il rimpatrio, ma anche quella procedura era ferma da otto mesi, bloccata per la mancanza di fondi. Il rimpatrio volontario assistito è gestito dai governi con l’aiuto di organizzazioni internazionali come l’IOM (International Organization for Migration), o da ong come l’italiana Cefa. Il rimpatrio assistito prevede che il migrante riceva una somma, oltre i costi del viaggio, per aiutarlo a reinserirsi nel suo paese d’origine, trovare un lavoro o avviare un’attività. Questa soluzione è meno costosa per lo stato del rimpatrio coatto. L’Italia però ci investe meno di altri paesi europei come Francia e Germania.

      Come Sajid, chiedono il rimpatrio volontario molti migranti che non vedono nessuna prospettiva nel paese in cui si trovano. Per lui, però, il limbo in cui era finito era diventato insostenibile: quattro mesi fa aveva perfino strappato i suoi documenti per protesta. Negli ultimi mesi si era chiuso nel silenzio e chi lo conosceva bene è sicuro soffrisse di depressione. Sajid si è buttato nell’Isonzo dopo un’ultima visita alla questura di Gorizia. Era andato a controllare se la sua situazione si fosse sbloccata.

      Il suicidio di Sajid non è purtroppo un fatto isolato. Solo nelle strutture di accoglienza del Friuli-Venezia Giulia si sono registrati altri quattro casi negli ultimi anni. Sintomo di un sistema che funziona male, con strutture affollate e sempre meno tutele per la salute, anche psicologica, dei migranti.

      Per fare in modo che almeno la salma di Sajid possa tornare in Pakistan, amici e familiari si sono già mobilitati, promuovendo una raccolta fondi su internet.

      http://www.coopforwords.it/works/view/5647

      #Dublin #Staranzano #Cara #Gradisca #retour_volontaire #santé_mentale #suicide

    • juillet 2019:

      juillet 2019:
      Tentative de suicide, selon des informations reçues par mail il s’agit d’un pakistanais:

      All’inizio di luglio, un altro giovane migrante ospite del centro aveva tentato il suicidio, provando a buttarsi nell’Isonzo tra #Gradisca e #Poggio_Terza_Armata, ma era stato bloccato da un passante.

      https://www.dinamopress.it/news/gradisca-la-gestione-dellimmigrazione-uccide

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      Tomasinsig porta il caso del migrante in Prefettura

      Il caso del 30enne pakistano che ha tentato di gettarsi dalla passerella fra Gradisca e Poggio Terza Armata, e che ha rischiato di bissare la tragica fine di un connazionale annegato nell’Isonzo a Gorizia appena 20 giorni prima, sarà portato dal sindaco della Fortezza, Linda Tomasinsig, al Tavolo per l’Accoglienza convocato per oggi in Prefettura a Gorizia.

      I due cittadini pakistani, entrambi ospiti del Cara, sognavano entrambi il rimpatrio. All’incontro parteciperanno anche i vertici di Prefettura e Questura, le forze dell’ordine e le associazioni locali impegnate nel campo dell’immigrazione. «Fra i temi all’ordine del giorno, è ipotizzabile che vi saranno novità sulle tempistiche di apertura del Cpr – spiega Tomasinsig – ma chiederò lumi anche sull’annunciato piano trasferimenti di migranti ad altre regioni, ed illustrerò i contenuti dell’ordinanza anti-bivacchi nelle aree fluviali redatta assieme al collega Vittori di Sagrado».

      https://messaggeroveneto.gelocal.it/udine/cronaca/2019/07/11/news/tomasinsig-porta-il-caso-del-migrante-in-prefettura-1.36965

    • 18.12.2019

      Mercoledì 18 dicembre #Atif, che viveva nel Cara di Gradisca, proprio a fianco del Cpr, è morto annegato nell’Isonzo.

      https://radioblackout.org/2020/01/gradisca-proteste-evasioni-solidarieta

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      Il corpo di Atif se l’è preso l’Isonzo, la sua vita gli è stata rubata da un confine assurdo e da una legge ingiusta

      Mercoledì 18 dicembre Atif è caduto nell’Isonzo. Assieme ad altri ragazzi che come lui sono ospitati nel vicino CARA di Gradisca stava ingannando il tempo sulla riva del fiume.

      Alcuni articoli giornalistici lasciano intendere che la colpa è di un gioco avventato, di una stupida scommessa tra amici.

      Ma prima di lui l’Isonzo si è portato via Taimur nel 2015, e Zarzai nel 2016. Nel giugno di quest’anno Sajid nel fiume ha deciso di far finire la sua vita.

      Tutti loro hanno avuto la sfortuna di nascere in quello che secondo le nostre leggi è il lato “sbagliato” del mondo. Chi vi nasce se vuole cercare fortuna altrove non può, come facciamo noi europei, semplicemente comprare un biglietto d’aereo. Deve affidarsi ai trafficanti, affrontare un viaggio lungo e massacrante, pagare cifre astronomiche, solamente per poter mettere un piede oltre al confine della fortezza Europa.

      Atif vi era riuscito in ottobre, fermato nei pressi della frontiera con la Slovenia, e stava attendendo da allora l’esito della sua richiesta d’asilo.

      Era quindi entrato nel gorgo della legge sull’immigrazione italiana, quella che costringe ad attendere per mesi e mesi e in alcuni casi anni un colloquio con una “commissione” il cui esito sembra più l’estrazione di una lotteria che il frutto di una qualche valutazione.

      Nel frattempo la vita alienante al CARA di Gradisca, distante da tutto e tutti, nessun tipo di attività per far passare le giornate, nemmeno uno straccio di marciapiede per raggiungere il bar più vicino o le sponde dell’Isonzo.

      Quelle sponde dove i ragazzi del CARA vanno a consumare o cucinare il cibo che si comperano, per sfuggire all’immangiabile pasta o riso che all’infinito ripropone il “menu” della mensa della struttura.

      Quelle sponde dove a volte sono inseguiti dai solerti tutori delle forze dell’ordine pronti a comminare multe da 300€ a seguito dell’ordinanza della “democratica” amministrazione di Gradisca che vieta di bivaccarvi. La stessa amministrazione che non ha mai pensato di offrire nessuna alternativa degna per trascorrere il tempo, un posto al coperto dove poter stare assieme, magari leggere qualche libro, prepararsi il the o semplicemente stare in pace in un luogo sicuro.

      Chi ha conosciuto Atif racconta di un ragazzo solare, che seguiva un corso d’italiano organizzato da volontari fuori dal CARA, che voleva aiutare la madre e le quattro sorelle rimaste sole in Pakistan dopo la morte del padre.

      Atif non realizzerà i sui progetti: la sua vita gli è stata rubata da un confine assurdo e da una legge ingiusta.

      https://nofrontierefvg.noblogs.org/post/2019/12/22/il-corpo-di-atif-se-le-preso-lisonzo-la-sua-vita-gli-e-stata

  • Retrait de La Cimade du CRA du #Mesnil-Amelot après une tentative de suicide dans ses bureaux

    Mardi 10 décembre, un homme a tenté de mettre fin à ses jours dans les bureaux de La Cimade au centre de rétention administrative (CRA) du Mesnil-Amelot. Avec le câble d’une lampe, il a tenté de s’étrangler, les équipes de La Cimade ont dû intervenir pour limiter les blessures liées à l’étranglement et alerter les secours. Suite à cet acte qui s’inscrit dans un contexte de violence institutionnelle extrême, une première période de retrait de 24 heures a été décidée.

    Ce retrait des équipes de La Cimade au CRA du Mesnil-Amelot intervient dans un contexte très violent, dénoncé régulièrement par La Cimade, notamment depuis l’entrée en vigueur de la loi Asile et Immigration qui a doublé la durée de l’enfermement passant de 45 jours à 90.

    La violence de la situation dans l’ensemble des CRA et en particulier au Mesnil-Amelot n’est pas nouvelle, le 11 juillet dernier, La Cimade s’était déjà retirée pour une période de trois semaines. Ce retrait historique était une première depuis le début de l’intervention de La Cimade en rétention en 1984.

    Moins de six mois après ce premier retrait, la politique répressive s’accentue. Les droits des personnes sont violés par les préfectures avec le consentement de la Place Beauvau.

    Depuis plusieurs semaines, des personnes sont enfermées au centre de rétention avant d’être renvoyées vers des pays en guerre ou dangereux comme le Soudan, l’Afghanistan et l’Iran. Par ailleurs, les actes de désespoir se sont encore multipliés : grèves de la faim, départs de feu, automutilations, etc. La semaine dernière, une personne enfermée tentait de se pendre après s’être déshabillée et couverte de ses excréments. Atteinte de troubles psychiatriques, elle affirmait ne pas avoir accès à son traitement depuis son enfermement au centre de rétention. Un exemple parmi bien d’autres de personnes gravement malades enfermées sans discernement par l’administration.

    La défense des droits des personnes enfermées est une mission prioritaire de La Cimade depuis 80 ans. Les violences infligées par l’administration, l’État et le gouvernement aux personnes étrangères ne sont plus tolérables et mettent en péril l’exercice de notre mission.

    La Cimade réitère ses condamnations de la politique migratoire et du tout enfermement voulue par le président Macron, elle appelle à un changement radical de paradigme.

    https://www.lacimade.org/presse/retrait-de-la-cimade-du-cra-du-mesnil-amelot-apres-une-tentative-de-suicid
    #suicide #tentative_de_suicide #rétention #détention_administrative #France #CRA

    • Suivi de la révolte des prisonniers du CRA de Mesnil-Amelot. Une revendication : la libération de tou.te.s !

      Le 11 avril, à 20h les prisonniers du CRA 2 du Mesnil-Amelot occupent la cour du bâtiment et bloquent la promenade aux cris de “liberté !”. Depuis le début de l’urgence sanitaire les personnes enfermées demandent à être libérées face à la fermeture des frontières, mais l’État poursuit sa politique d’enfermement. De plus, aucune mesure sanitaire n’est prise pour empêcher la propagation du virus à l’intérieur du centre. Alors que les flics de la PAF rentrent et sortent de la prison pour sans-papiers au risque d’y ramener le virus, les prisonniers restent enfermés. Ne laissons pas seuls les prisonniers en lutte, relayons leur parole et soutenons les de toutes les manières possibles !

      11h30 :

      Une charge de police a eu lieu vers 11h. Dispositif policier énorme (ils parlent de 100 flics). Ils les ont rassemblé dans un coin, forcé à se mettre par terre et confisqué des téléphones. Ils ont menotté et emmenés, surement en garde à vue, 7 prisonniers « identifiés comme leader sur les cameras ». Les autres prisonniers ont été réenfermés dans les chambres.

      Ce matin :

      Hier soir suite à l’échange avec le chef de police, puis avec le directeur du CRA, les retenus se sont installés pour dormir dehors, mais les flics ont pris leurs matelas pour éviter un incendie. Ils ont continué a bloquer quand même. Ce matin, ils ont sauté la grille pour rejoindre le bâtiment des femmes et familles, d’où ils seraient plus visibles de l’extérieur du CRA. Ils cherchent a être le plus visibles possible et continuent a tenir ensemble alors que les policiers se préparent a charger. De plus en plus difficile d’être en contact avec eux.

      21h50 : ils ont décidé de passer la nuit dans la cours

      Ils nous ont amené le directeur du centre il a dit qu’ils ont pas de solution pour nous. Alors ont a dit si c’est comme ca on va dormir dehors. Pourquoi ils nous gardent alors qu’il y a pas de vol et que le Corona est dans le centre ? On est pas animaux. ici c’est la double peine ! Il y en a qui sont en t-shirt mais on est allé cherché des couvertures par derrière on va dormir dehors on va rester toute la nuit ! et demain personne ne mange !

      21h20 : Ils sont actuellement en négociation avec le comandant les keufs..

      “Ils ne respectent pas le droit des gens, pas de mesures sanitaires dignes et quand tu dis quelque chose les policiers ils te frappent c’est pas humain ! Sérieux les avions ils vont pas redécoller avant septembre on nous a dit, ça veut dire quoi ? On va pas rester ici jusqu’en septembre !”

      “On a bloqué on s’est mis tous dans une cour, c’est à dire les 4 bâtiments qui étaient ouverts dans la cour tous ensemble. Tant qu’ils trouvent pas de solution on bougera pas d’ici ! Tout à l’heure ils nous ont gazé matraqués ils ont des boucliers, depuis tout à l’heure on subit des violences pour rien ! Là ils sont à la sortie de la cour vers la grille matraque à la main, casque et ce qui va avec ! Que les journalistes nous appellent mais là ! Maintenant !”

      https://abaslescra.noblogs.org/blocage-en-cours-du-cra-de-mesnil-amelot-les-prisonniers-demande

    • LES PRISONNIERS DES CRA CRIENT LIBERTÉ, FAISONS DE MÊME !

      Depuis hier soir, les prisonniers du centre de rétention de Mesnil-Amelot ont occupé la cour de la prison pour sans-papiers, ils sont restés ensemble pour exiger leur libération, jusqu’à ce matin quand les keufs ont chargé. Sept personnes ont été emmenées en garde-à-vue.

      Au CRA de Vincennes, où au moins deux prisonniers ont très certainement chopé le virus, les gens bougent aussi et subissent la répression. Ce matin, après un départ de feu dans une cellule, une personne a été mise en isolement, et tout le monde a été fouillé.

      Les sans-papiers enfermés dans les CRA demandent la libération immédiate de tout le monde. Alors que l’Etat compte les laisser crever dans ces taules, ils luttent coup sur coup pour obtenir leur liberté, maintenant.

      https://abaslescra.noblogs.org/les-prisonniers-des-cra-crient-liberte-faisons-de-meme

    • Au centre de rétention du Mesnil-Amelot, de l’#angoisse à la #révolte

      Près d’une cinquantaine d’hommes ont passé la nuit de samedi à dimanche dans la cour du centre de Seine-et-Marne pour réclamer leur libération. La police est intervenue. Des protestataires dénoncent des violences, ce que dément la préfecture.

      Alors que des associations de soutien aux migrants réclament depuis plusieurs semaines la fermeture des centres de rétention administrative (CRA) dans le contexte de pandémie de Covid-19, plusieurs dizaines de sans-papiers ont investi, samedi soir, la cour de celui du Mesnil-Amelot (Seine-et-Marne) pour réclamer leur libération. La police est intervenue dimanche alors que des renforts avaient été dépêchés sur place. Des témoignages recueillis par l’association Soutien ô sans-papiers (SOS) dénoncent des violences à l’encontre des protestataires, ce que dément la préfecture.
      Installé tout près des pistes de l’aéroport de Roissy, le plus grand CRA de France héberge d’ordinaire entre 200 et 300 femmes et hommes sans papiers, pour la plupart en attente de leur expulsion. Leurs conditions de vie sont, en temps normal, déjà vivement critiquées par de nombreuses associations. L’an passé, la Cimade s’était même provisoirement retirée du centre, dénonçant des « violences » et des« tentatives de suicide répétées ». Accusations alors démenties par la Direction centrale de la police aux frontières (DCPAF), qui gère les CRA.
      Conditions sanitaires dégradées
      Actuellement, selon les chiffres fournis par la préfecture de Seine-et-Marne à l’AFP, 47 hommes sortant de prison sont retenus au Mesnil-Amelot. Or d’après SOS, depuis le début de la crise et du confinement, le centre a vu ses conditions sanitaires, déjà précaires, se dégrader considérablement : « Il y a très peu de savon, rien n’est lavé à la javel, l’entretien se fait uniquement à l’eau claire, les toilettes sont bouchées et le restent », relate un militant de l’association joint par Libération. Ni masques, ni gel, ni gants, poursuit-il, pas plus pour les personnes retenues que pour les policiers qui les encadrent, dans une promiscuité potentiellement favorable à la transmission du virus Sars-Cov-2.
      Pour réclamer leur mise en liberté, début avril, une trentaine de retenus s’étaient lancés dans une grève de la faim. Sans succès. La tension est encore montée en milieu de semaine lorsqu’ils ont appris qu’aucune expulsion n’aurait lieu avant septembre, information qui ne nous a pas été confirmée. Un communiqué de personnes retenues, relayé par SOS, fait par ailleurs état d’une situation de « panique car l’un d’entre nous a été relâché il y a quelques jours suite à une suspicion de Covid-19 ». Auprès de l’AFP, la préfecture de Seine-et-Marne indique qu’« aucun cas de Covid-19 » n’a été détecté au Mesnil-Amelot. Mais un cas a déjà été détecté dans un autre CRA, celui de Paris-Vincennes.
      C’est dans ce contexte que, samedi soir, un incident aurait éclaté au moment du repas : l’un des sans-papiers aurait été accusé d’avoir dérobé un morceau de pain et frappé par des policiers, selon deux personnes elles-mêmes retenues au CRA du Mesnil-Amelot et qui ont rapporté la scène au militant de SOS joint par Libération. Des sans-papiers auraient alors investi la cour de l’établissement, située au centre des bâtiments de rétention. Près d’une cinquantaine d’hommes y ont passé la nuit pour dénoncer de « mauvaises conditions sanitaires » et réclamer leur libération, rapporte l’AFP.
      Renforts policiers
      « La direction du CRA a fermé les portes, les contraignant à passer la nuit dehors sans matelas et sans accès à des toilettes », affirme la compagne de l’une des personnes retenues, qui a pu la joindre jusqu’au début de la matinée de dimanche. « La police a récupéré les matelas car ils avaient peur qu’on y mette le feu », raconte par ailleurs un témoin joint par le Parisien. C’est dimanche, en fin de matinée, que les forces de l’ordre sont intervenues. Des témoignages recueillis par SOS dénoncent des violences et l’usage de gaz lacrymogène. Contactée, la préfecture de Seine-et-Marne confirme avoir envoyé des renforts policiers mais réfute toute violence, indiquant que tous les sans-papiers avaient pu normalement regagner leurs chambres en milieu de journée.
      En fin d’après-midi, la jeune femme jointe par Libération a reçu un appel de son compagnon : identifié comme l’un des « meneurs », il serait en cours de transfert vers un autre CRA, à Rouen. Toujours selon sa compagne, il n’a pas eu le temps de récupérer ses affaires au centre du Mesnil-Amelot. Le sort des sans-papiers protestataires n’était pas encore connu dimanche soir : « Nous savons simplement que deux d’entre eux sont aussi en passe d’être conduits au CRA de Rouen, et quatre vers celui de Lille-Lesquin », indique le militant de SOS. La direction du CRA du Mesnil-Amelot s’est refusée à tout commentaire.


      https://www.liberation.fr/france/2020/04/13/au-centre-de-retention-du-mesnil-amelot-de-l-angoisse-a-la-revolte_178501

    • Coronavirus et manifestation au CRA du Mesnil-Amelot : le choix de la répression au détriment de la protection

      Les étrangers enfermés au centre de rétention administrative du Mesnil-Amelot ont exprimé leur colère dans la nuit de samedi à dimanche 12 avril 2020. Ils sont révoltés d’être privés de liberté dans des conditions indignes et d’être mis en danger. L’administration est dans l’impossibilité de respecter les règles sanitaires de base en période de crise sanitaire du coronavirus. La Cimade demande la fermeture immédiate de tous les CRA.

      Depuis le début du confinement, les intervenant·e·s de La Cimade accompagnent les personnes retenues à distance. Selon les témoignages recueillis ce mardi, les étrangers enfermés au CRA du Mesnil-Amelot ont exprimé leur colère samedi 11 avril dans la soirée en refusant de réintégrer les bâtiments. Ils ont sorti les matelas dans la cour et ont souhaité passer la nuit dehors pour manifester leur désaccord avec la poursuite de la politique d’enfermement et d’expulsion menée par le gouvernement.

      Deux personnes présentaient des symptômes du covid-19 et ils étaient légitimement inquiets pour leur propre santé. Par ailleurs, ils sont pleinement conscients de l’impossibilité de mettre en œuvre les expulsions et donc du caractère illégal de leur enfermement.

      Les récits des événements révèlent une action policière pour mettre fin à la manifestation avec un usage de la force qui paraît disproportionné. Les autorités du CRA ont identifié 8 hommes comme étant les « meneurs » de la manifestation, puis elles les ont isolés et transférés vers d’autres centres de rétention : 3 au CRA de Rouen et 5 au CRA de Lille.

      52 personnes étaient enfermées samedi dernier au CRA du Mesnil-Amelot n°2, ce mardi 14 avril elles sont 47. Le CRA n°3 a été fermé par l’administration le 25 mars, elle a préféré regrouper toutes les personnes dans certains bâtiments du CRA n°2 alors qu’il existait la possibilité de prévenir les risques sanitaires de contamination en isolant a minima les personnes.

      Cette manifestation de colère légitime au CRA du Mesnil-Amelot intervient alors que déjà trois cas ont été testés positifs au covid-19 au CRA de Paris-Vincennes.

      Après nos diverses interpellations du gouvernement et du ministre de l’intérieur, la requête rejetée au Conseil d’État le 27 mars, les événements de ce week-end appellent La Cimade a demander une nouvelle fois la fermeture immédiate de tous les centres de rétention administrative. Nos raisons sont exactement les mêmes que celles exprimées par les étrangers enfermés : prévenir les risques sanitaires et ne pas enfermer illégalement des personnes que les préfectures ne peuvent pas expulser.

      https://www.lacimade.org/presse/coronavirus-et-manifestation-au-cra-du-mesnil-amelot-le-choix-de-la-repres

  • AGRIBASHING ?..

    Agribashing : « Les paysans ont perdu la bataille culturelle contre la ville »

    D’emblée, le mot « agribashing » est un anglicisme dont l’emploi par la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) pose question. Le mot anglais « bashing » signifie « raclée » en français. La FNSEA aurait-elle pris une raclée ? Certes, numériquement, elle ne représente plus que 26 % des agriculteurs du pays, mais c’est toujours elle qui a l’oreille des gouvernants. Elle devrait se réjouir d’avoir un poids politique inversement proportionnel à son implantation. En français, le mot « bashing » désigne une campagne de dénigrement. On cherche en vain un mot d’ordre émanant d’une organisation ou une initiative virale sur les réseaux sociaux. Pourtant, à écouter la FNSEA, les paysans français seraient victimes d’un dénigrement collectif exercé par la société civile à leur encontre et entretenu par les médias.

    La France n’aimerait plus ses paysans : l’argument prétend attenter à l’imaginaire d’une société urbaine qui croirait encore à la légende de ses racines rurales et nourricières. Sauf que la société n’est plus celle de 1946, date de création de la FNSEA. Peu de familles comptent encore des paysans, et les villages de moins en moins. Même si l’agriculture occupe 54 % du territoire métropolitain, les paysans n’orchestrent plus la ruralité. Les paysans ont perdu la bataille culturelle contre la ville, la campagne ne leur appartient plus. Comme l’agriculture n’appartient pas à la FNSEA.

    Mais, quoique en dise la centrale syndicale, la société aime ses paysans. Les citoyens affirment leur amour de l’agriculture et des paysans en plébiscitant les produits bio, en adhérant à des circuits courts, en finançant des installations agricoles de jeunes urbains, en se mobilisant à l’appel de paysans contre les pesticides de synthèse, contre l’artificialisation des terres, pour préserver les ressources en eau etc. En faisant la cuisine. La France aime ses paysans, elle n’aime guère la FNSEA, il ne faut pas confondre. En démocratie, cela ouvre normalement un débat à l’aune des attentes alimentaires des citoyens, de l’occupation de l’espace et des 15 milliards d’argent public annuels distribués à l’agriculture. Débat que la FNSEA ne souhaite pas voir ouvrir.

    La religion du progrès

    C’est durant les « trente glorieuses » que débute chez elle une schizophrénie qui culmine avec la dénonciation aujourd’hui d’un agribashing en marche. Celle-ci prend sa source dans le double discours du syndicat qui veut servir les intérêts contradictoires entre fermes familiales et entreprises agro-industrielles, entre éleveurs et grandes cultures, et, aujourd’hui, entre agrobiologie et agriculture chimico-industrielle. Le flou de ce discours de « l’unité paysanne » lui a permis de bâtir le système agro-industriel dont elle maille le pays et avec lequel elle dicte sa loi aux gouvernants. Politique qui, de 1950 à ce jour, va réduire le nombre de fermes par six et d’actifs agricoles par dix.

    La FNSEA a foncé tête baissée dans la segmentation du métier holistique de paysan pour en faire, sur le modèle de l’usine, un exécutant de gestes techniques spécialisés. On ne tient plus une ferme, on fait du matériau pour l’industrie. A la décharge des agriculteurs embarqués dans la religion du progrès technique, le reste de la société l’était aussi. Sauf que, à partir des années 1970, les critiques à l’égard de ce modèle productiviste sont allés croissantes mais la FNSEA non seulement y est restée sourde, mais a rejeté les alternatives au modèle agronomique qu’elle défend. Car, côté agribashing, la centrale syndicale en connaît un rayon, dont tous les pionniers de l’agriculture biologique peuvent témoigner.

    Fuite en avant

    Cette attitude a fait des ravages. En cas de crise, la FNSEA a eu tendance à rechercher un bouc émissaire (grandes et moyennes surfaces, Bruxelles, gouvernement...), mais la critique du modèle et de la gouvernance finit par arriver. En témoignent les 53,58 % d’abstention aux dernières élections professionnelles et les 30 départements où la FNSEA est passée sous les 50 % de voix. Le désamour est d’abord dans les troupes agricoles, et cette vérité-là justifie peut-être ce jeu de billard avec l’opinion publique. Tenter de rassembler les agriculteurs face à une adversité sociétale, fantasmée mais utile, pour masquer le vide d’une fuite en avant.

    Finalement, cette posture obsidionale en dit long sur l’état de la FNSEA. Sentant la pression d’un débat public sur les choix agricoles qu’elle refuse et sa traduction en affaiblissement politique, la FNSEA passe de la raison à l’émotion. Sans aller jusqu’à se repentir de ses errements ou à reconnaître son fourvoiement agronomique, elle pourrait avoir la lucidité et le courage d’un aggiornamento.

    Gilles Luneau est réalisateur, essayiste et journaliste, spécialiste de l’agriculture. Il a notamment écrit Du sentiment de justice et du devoir de désobéir, conversation avec Erri de Luca et José Bové (Indigène, 2016).

    https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/11/08/agribashing-les-paysans-ont-perdu-la-bataille-culturelle-contre-la-ville_601