• Le SSP solidaire des mobilisations des jeunes en France

    Lundi 12 octobre 2026

    Le SSP exprime sa solidarité avec la mobilisation des lycéen·nes en France, rejoint·es désormais par les étudiant·es. Le mouvement dénonce la dégradation des conditions d’apprentissage (bâtiments scolaires délabrés, manque de personnel, classes surchargées) et réclame des moyens matériels et humains à la hauteur des besoins.

    Les jeunes et le personnel de l’éducation qui se tient à leurs côtés revendiquent, comme le SSP, une école démocratique qui donne à tous et toutes les moyens de s’éduquer et de se former, une école où il est possible d’enseigner et de travailler dans des conditions dignes.
    Le SSP salue également l’engagement des syndicats français qui ont appelé ensemble à la grève pour soutenir les jeunes, porter leurs revendications et défendre leur droit de manifester.

    ▻https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2026/10/12/communique-intersyndical-le-13-octobre-mobilisons-nous-pour-nos-revendications-et-lavenir-de-lecole/#comment-76152

    #suisse #france

  • #Glaciers suisses

    Le réseau des relevés glaciologiques suisse (#GLAMOS) documente et surveille systématiquement les #changements à long terme des glaciers dans les #Alpes suisses. Le réseau GLAMOS est géré conjointement par l’ETH à Zurich et les Universités de Fribourg et de Zurich. Il est également lié de près à la Commission Suisse pour l’observation de la Cryosphère (CSC). Le travail est assuré grâce au soutien financier de l’Office Fédéral de l’Environnement (OFEV), de Météo Suisse dans le cadre de GCOS en Suisse, de l’Académie Suisse des Sciences Naturelles (SCNAT) et bénéficie en grande partie du soutien de l’Office Fédéral de Topographie swisstopo.

    ▻https://www.glamos.ch
    #Suisse #monitorage #données #chiffres #relevés #base_de_données

    • Les glaciers suisses fondent à une allure record

      Dans les Alpes, l’été caniculaire de 2026 a une nouvelle fois mis à rude épreuve les glaciers. Leur fonte rapide est l’un des effets les plus évidents du changement climatique. Si le réchauffement continue de s’accélérer au même rythme, les glaciers pourraient avoir entièrement disparu à la fin du siècle. La « Revue Suisse » a accompagné les chercheurs qui font des mesures en altitude.

      Du col du Pillon, un téléphérique monte à la station « Glacier 3000 », entre les cantons de Vaud et du Valais. De la terrasse panoramique, à près de 3000 mètres d’altitude, on aperçoit en ce lundi de la fin juillet les plus hauts sommets des Alpes à l’horizon, notamment la pointe saupoudrée de neige fraîche du Cervin. La veille, des orages ont apporté quelques précipitations en montagne. Mais pas de quoi atténuer l’extrême sécheresse de cet été. Et la prochaine vague de chaleur déferle déjà sur la Suisse. Dans de nombreuses régions, les températures jusqu’ici maximales ont été dépassées.

      À 3000 mètres, il fait relativement frais : 10 °C et quelques nappes de nuages chassées par le vent. À nos pieds s’étend un haut plateau avec les glaciers relativement plats du Scex Rouge et de Tsanfleuron. Il y a quelques années encore, ils se touchaient. Depuis 2022, une langue de terre les sépare : elle est apparue en raison de la forte fonte liée au réchauffement climatique d’origine humaine. Il y a dix ans, cet endroit était recouvert par une couche de glace de 15 mètres d’épaisseur. Désormais, le dos pierreux du col de Tsanfleuron se dénude de plus en plus entre les glaciers qui s’étiolent.
      Un clapotis permanent

      La « Revue Suisse » a décidé d’accompagner le glaciologue Janosch Beer. Âgé de 31 ans, ce doctorant de l’EPFZ effectue aujourd’hui des mesures de la fonte de surface et de la température de la glace au Scex Rouge avec sa collègue Ariana David, qui lui prête main-forte pour les travaux sur la glace. Nous grimpons sur le télésiège qui, en été, mène les touristes de la station supérieure au plateau du glacier, situé 200 mètres plus bas. De là, un chemin balisé leur permet d’effectuer sans risque la promenade du « Glacier Walk ».

      Une fois arrivés au bord du glacier sans neige, nous accrochons des crampons à nos chaussures de randonnée, car le sol est glissant. Le plan de glace, légèrement incliné, est sillonné de filets d’eau et de petits ruisseaux, et l’on entend un clapotis permanent. « Je n’ai encore jamais vu le glacier aussi mouillé », constate Janosch Beer, qui vient ici chaque été depuis plusieurs années. À l’endroit le plus bas, l’eau de fonte forme un petit lac qui se déverse par-dessus une arête rocheuse en cascadant.

      Au milieu ou presque de la surface du glacier, nous tombons sur une tige d’aluminium visible de loin. C’est elle qui permet aux glaciologues de mesurer la hauteur de la perte de glace. Il y a un an, Janosch Beer a enfoui cette balise d’ablation à quatre mètres de profondeur dans le glacier. Aujourd’hui, près de trois mètres ressortent de la glace. « Et l’été n’est pas encore terminé », fait remarquer le chercheur. La seconde mesure, effectuée à l’extrémité inférieure du glacier, complète les données : cette saison, entre 2,4 et 2,9 mètres de glace pure ont fondu à la surface du glacier du Scex Rouge. Ce qui correspond, d’après le glaciologue, aux valeurs des années précédentes, qui étaient déjà considérées comme élevées à extrêmes.

      De toute façon, les jours du Scex Rouge sont comptés : épais d’une quarantaine de mètres encore, il pourrait avoir entièrement disparu d’ici 20 à 30 ans. Il est condamné à mourir parce qu’il ne peut pas se retirer dans une zone d’accumulation plus en amont, où la neige tombe même en été et où la nouvelle glace peut se former.

      Des mesures difficiles

      Outre l’épaisseur de la glace, le jeune scientifique relève aussi sa température à différentes profondeurs. Au début de son projet de recherche, il a enfoncé pour ce faire des capteurs dans le glacier, qui sont reliés à la surface par un long câble. Janosch Beer y connecte à présent son ordinateur portable et télécharge les données enregistrées en un instant. Dans sa thèse, il étudie notamment l’effet que l’absence de couverture neigeuse a sur les températures au cœur du glacier. Ses découvertes serviront à améliorer la protection contre les dangers naturels. Car la fonte des glaciers peut avoir des conséquences désastreuses pour les localités qui se trouvent en contrebas : la catastrophe de Blatten l’a montré en 2025 (voir « Revue » 4/2025).

      Une fois toutes ses mesures terminées, le glaciologue tire une perceuse de son sac à dos : les tiges d’aluminium doivent à nouveau être enfoncées à fleur du glacier. Il faut donc percer de nouveaux trous dans la glace. Janosch Beer interrompt sa première tentative à un mètre de profondeur, car le trou qu’il perce se remplit trop rapidement d’eau de fonte. « Cela ne m’était encore jamais arrivé ici », note le chercheur. Qui parvient tout de même à ses fins après quelques nouveaux essais. Son travail au Scex Rouge est terminé pour cette année.

      Dans les jours qui suivront, Janosch Beer poursuivra ses recherches sur les glaciers du Valais. Une semaine plus tard, il nous communique ses observations par e-mail. Il a constaté une fonte très importante à peu près partout, écrit-il : « À certains endroits, les tiges ressortaient de la glace de plus de trois mètres. Nous avons réussi à relever les niveaux de justesse. Ailleurs, elles étaient complètement ressorties de la glace fondue, et nous avons donc perdu les mesures. » Ce qui l’a également frappé, c’est l’étendue de la glace nue qu’il a trouvée à plus de 4000 mètres. « Auparavant, ces régions étaient recouvertes de neige toute l’année. »
      Une succession d’années extrêmes

      Toutes les données relevées sur le volume du glacier sont transmises au réseau des relevés glaciologiques suisse GLAMOS (Glacier Monitoring Switzerland), qui possède des sites de mesure sur 176 glaciers. Le bilan global, établi à la fin de chaque année hydrologique en septembre, n’était pas encore disponible à la clôture de la rédaction de ce numéro de la « Revue ».

      Néanmoins, le responsable de GLAMOS, Matthias Huss, pense que, vu les mesures effectuées jusqu’en juillet, 2026 pourrait devenir une année extrême. « Les glaciers en Suisse vont très très mal », déplore le glaciologue de 46 ans dans un appel vidéo. Leur recul, ininterrompu depuis 1990, s’est encore fortement accéléré ces dernières années. L’année record de 2022 a été, dit-il, « un véritable point de bascule : depuis, les années extrêmes se succèdent ».

      Cette année, la fonte massive des glaciers est due à la chaleur, mais aussi à un hiver pauvre en neige. « Lorsqu’il tombe assez de neige à la saison froide, celle-ci sert de couche de protection jusqu’au cœur de l’été. » Des glaciers dénudés, en revanche, forment des surfaces plus sombres qui absorbent la lumière du soleil et se réchauffent. « Ce qui entraîne une fonte encore plus rapide. » Et cet effet se renforce encore quand les masses d’air apportent de la poussière du Sahara dans les Alpes.

      Toutefois, même les hivers très neigeux ne parviennent pas à stopper la perte. Cela s’est vu en 2024, par exemple, quand Matthias Huss a trouvé jusqu’à cinq mètres de neige sur les glaciers à 3000 mètres d’altitude au mois de juin. « Ce jour-là, j’ai pensé qu’il était impossible que cette couche fonde jusqu’à l’automne. » Mais deux mois très chauds ont suivi, et la neige s’est volatilisée.
      Les grands souffrent aussi

      Les années extrêmes touchent en particulier les glaciers de petite taille, qui se morcèlent avant de disparaître. Matthias Huss a assisté personnellement au déclin du glacier de Pizol, dans le canton de Saint-Gall, sur lequel il a effectué une cinquantaine de mesures ces 20 dernières années. « Depuis 2022, on n’y trouve plus qu’un pierrier. »

      Sur les plus grands glaciers alpins suisses, celui d’Aletsch dans la région de la Jungfrau et celui du Gorner dans le massif du mont Rose, la perte – deux mètres d’épaisseur de glace par an en moyenne – est à peine visible, car ces coulées glaciaires font encore plusieurs centaines de mètres de haut. « Mais lorsqu’on se tient devant la langue d’un glacier, on voit des changements impressionnants d’année en année », explique Matthias Huss. Par exemple sur la queue du glacier du Rhône : « Là, la glace s’est nettement retirée pour faire place à un lac constitué d’eau de fonte. »

      Pour le glaciologue, la survie des glaciers de haute altitude dépendra de la « capacité du monde à faire volte-face en matière climatique ». Si l’on parvient à stabiliser le réchauffement climatique à 1,5 °C sur l’ensemble de la planète, « les glaciers pourront se retirer en altitude ». Mais ce scénario devient de plus en plus improbable : « Actuellement, nous mettons le cap sur un réchauffement terrestre de 2,7 °C . Dans les Alpes, d’après les scénarios climatiques, on pourrait même assister à un réchauffement de 4 °C. » Si les années extrêmes continuent à s’enchaîner, « il est tout à fait possible que la glace disparaisse complètement, même à plus de 4000 mètres d’altitude, d’ici la fin du siècle ».

      Ces sombres perspectives ne découragent pas Matthias Huss. Il considère plutôt comme une opportunité le fait de pouvoir documenter les bouleversements qui se produisent dans les Alpes : « Nous pouvons tirer parti du rayonnement des glaciers pour montrer les effets du changement climatique ». Nombreuses sont les personnes à avoir un lien personnel avec les glaciers, grâce à des souvenirs d’enfance ou à des vacances en montagne. « Voir la fonte de ses propres yeux peut aider à prendre conscience du problème. »
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      Un réservoir d’eau naturel menacé

      Le recul des glaciers a de graves conséquences sur la disponibilité de l’eau. « Ce n’est pas pour rien que les Alpes sont considérées comme le château d’eau de l’Europe », relève le glaciologue Matthias Huss. C’est ici que naissent les grands fleuves, notamment le Rhin, le Rhône et le Pô, qui sont alimentés, entre autres, par la fonte des neiges et des glaciers. « Les glaciers servent de réservoirs d’eau naturels et contribuent à stabiliser les débits d’eau, surtout en cas de chaleur et de sécheresse. » Les habitants des vallées alpines en ont tiré profit il y a des centaines d’années déjà, en construisant des conduites pour amener l’eau de fonte des glaciers vers les prairies et les champs secs. Certains de ces bisses sont toujours en usage en Valais.

      Si les réservoirs d’eau se rétrécissent, relève Matthias Huss, la production d’électricité par l’énergie hydraulique pourrait aussi être impactée à long terme. Certes, la fonte des glaciers remplit actuellement les lacs de barrage. « Mais cet effet s’interrompra quand les réservoirs d’eau naturels seront épuisés. »

      ▻https://www.swisscommunity.org/fr/nouvelles-et-medias/revue-suisse/article/les-glaciers-suisses-fondent-a-une-allure-record

  • Béton. Enquête en Sables Mouvants

    « La paille, la terre… c’est pour les pauvres. Le béton, ça c’est moderne ! »

    Voilà ce qu’on a répondu à Alia Bengana, architecte franco-algérienne missionnée dans une oasis du Sahara pour y construire une maison d’hôtes. En d’autres lieux, la phrase aurait fait sourire cette grande adepte du béton armé.
    Mais en voyant les cohortes de camions acheminer sur plus de 1200 kilomètres le sable nécessaire à la fabrication du béton, elle se demande si les architectes et l’industrie du bâtiment ne sont pas tombés sur la tête…Quelques années plus tard, près de leur chalet suisse où ils sont confinés avec leurs deux enfants, Alia et Claude découvrent une curieuse machine. Une foreuse ! Ainsi, on cherche du sable dans la région ? Un détail qui remet le sujet sur le tapis : il est temps pour notre architecte de questionner son matériau fétiche. Avec Claude, son baroudeur de mari, et l’appui de leur ami rédacteur en chef d’un magazine suisse, Alia s’enfonce dans la nébuleuse du béton et son univers impitoyable…

    ▻https://www.bdbase.fr/bd/beton-enquete-en-sables-mouvants
    #sable #béton #bâtiment #construction #Timimoun #Algérie #Sahara_algérien #verre_crue #architecture #modernité #tob #lafarge #James_Parker #Louis_Vicat #clinker #Joseph_Aspdin #ciment #béton_armé #sable_dynamique #sable_statique #Orllati #Suisse #gravière_des_délices #obsolescence_programmée #cancer_du_béton #réaction_alcali-granulat (#RAG) #infrastructure #coût #Lafarge-Holcim #bois_de_Ballens #Ballens #Mourmont #ZAD_de_la_colline #CO2 #émissions_de_CO2 #pollution #cimenterie #gravière #Holcim #résistance #alternatives #bois #terre_crue #paille #réemploi #valorisation_des_délaissés
    #BD #bande-dessinée #bande_dessinée #livre

    • Association pour la Sauvegarde des Bois de Ballens et environs

      L’#ASBBE est composée d’habitant.es de Ballens, des villages avoisinants et venant d’ailleurs dans le #canton_de_Vaud.

      L’Association s’est créée en urgence le 24 juin 2024, pour donner suite à l’occupation citoyenne des Bois de Ballens par les jeunes membres de l’association Grondements des terres. L’action de ces militant.es avait pour but d’alerter la population de Ballens et environs au sujet de l’exploitation prochaine (2027-) de la plus grande carrière de gravier du canton de Vaud.

      Cette exploitation gigantesque entraînera la destruction de manière irréversible à court et moyen termes d’une immense forêt et de tout un écosystème. Elle affectera la population d’une région étendue, touchant de nombreux villages, en induisant des nuisances de plusieurs ordres et des dégâts sur des ressources essentielles.

      Les informations relayées par les militant.es des Grondements des terres et celles trouvées dans l’enquête journalistique fouillée de heidi.news, ainsi que dans d’autres médias (cf site internet de l’ASBBE) ont servi de base aux questionnements de notre Association, informations qui seront vérifiées point par point :

      - ⁠La gravière des Bois de Ballens fera au moins 1.5 km carré et 60 mètres de profondeur ;
      - 18.5 millions de mètres cubes en seront extraits, soit 6 fois le Mormont ;
      – ⁠Cette concession sera en activité pendant 40 ans ou plus ;
      – ⁠Selon le contrat signé par la commune de Ballens, seul 40% du gravier serait évacué par les rails ;
      – ⁠les 60 % restants seront transportés par camions. Cela représentera une moyenne de 100 passages (200 allers-retours) de camions par jour, 23 000 par an ;
      - ⁠Entre les trains passagers prévus à cadence de 15 minutes prochainement entre Morges et Yens et les convois déjà en place pour la gravière d‘Apples, il y a de fortes chances que les transports se fassent de nuit ;
      – ⁠À Apples, il avait aussi été dit qu‘il n’y aurait pas besoin de laver le gravier, mais finalement, c’est quand même le cas. Aucune raison de penser que ce sera différent à Ballens. Les volumes d‘eau gaspillés seront importants dans nos communes déjà mises sous pression ;
      - ⁠La section romande de la Fédération des architectes suisses (FAS Romandie) soutient les alternatives au tout béton, en encourageant « l’émergence de nouveaux modèles économiques de la construction » (La FAS Romandie soutient le postulat Marendaz).
      – Dans une vingtaine d’années, l’ensemble des carrières vaudoises arrivera à épuisement et de nouveaux modèles de bâtis s‘imposeront par la force des choses, autant y réfléchir maintenant ;
      - ⁠La Commune de Morges a adopté une « stratégie d’arborisation et de végétalisation (plan d’action 2023-2026 Stratégie d’arborisation), alors qu’à Ballens, on détruit une forêt gigantesque pour faire du béton ;
      – ⁠Ce projet de gravière a été initié il y a 40 ans. Son exploitation aurait déjà dû commencer, mais la multinationale Holcim et la géante Orllati sont en pleine bataille juridique pour gagner la concession qui débutera les travaux. C‘est l‘unique raison qui nous laisse une petite marge de temps pour réagir ;
      - ⁠Nous sommes de nombreuses voix silencieuses à voir le non-sens de ce projet démesuré, en pleine crise climatique.

      Ces questionnements posés, notre Association s’est fixé les buts suivants :

      - Promouvoir la défense des Bois de Ballens et environs, de leur écosystème et les espaces menacés de la région
      - Soutenir les démarches démocratiques, consultatives et populaires concernant les forêts de Ballens et environs et les espaces menacés de la région
      – Sensibiliser à l’impact des gravières sur l’environnement
      – Promouvoir les alternatives écoresponsables au béton
      – Sensibiliser à la #convention_d’Aarhus.

      ▻https://sauvegardedesboisdeballens.ch

  • Manifestations « Pas d’étés à 50 degrés »

    Les épisodes caniculaires ont dévasté les écosystèmes, causé des milliers de morts et épuisé les corps. Ils ont notamment mis en péril la santé des travailleur·euses et des usager·ères des services publics. Rendez-vous dans la rue pour sonner l’alarme climatique et sociale !

    ▻https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2026/08/16/canicule-incendies-destructeurs-secheresse-nous-ne-devons-plus-vivre-ca/#comment-75707

    #suisse

  • Le mafie lavano più bianco

    Le organizzazioni criminali italiane e il riciclaggio di denaro in Ticino: dal Placement alla minaccia delle criptovalute

    Quanti soldi riciclano le organizzazioni criminali italiane in Ticino? E come lo fanno? Dagli anni Settanta, con la stagione dei sequestri, le mafie hanno sistematicamente utilizzato (o tentato di utilizzare) la nostra piazza finanziaria. La casistica nota – di cui riporto gli esempi più significativi – mostra il ricorso a tutte le fasi del processo di “ripulitura”: il deposito su conti correnti o in cassette di sicurezza (Placement); le operazioni bancarie disposte per mascherare la provenienza dei fondi (Layering); la loro immissione nel circuito dell’economia legale (Integration). Il progressivo rafforzamento delle norme antiriciclaggio, nate nel 1990 proprio grazie alle falle emerse con la “Pizza Connection” e i narcodollari “lavati” da Cosa Nostra in Svizzera, ha notevolmente ridotto i rischi. Ma le cosche non sono state a guardare. Dal mondo reale stanno passando all’universo virtuale, per sfruttare i vantaggi delle criptovalute e i vuoti legislativi tuttora esistenti.

    ▻https://novitafiscali.ch/articoli/2019/n-11-novembre-2019/le-mafie-lavano-piu-bianco

    #mafia #Suisse #Tessin #blanchissement_d'argent #finance #cryptomonnaies #criminalité_organisée #Francesco_Lepori #Placement #banques #Layering #Integration #Pizza_Connection

  • Presunto uomo di fiducia della ‘ndrangheta in Svizzera sotto processo a Bellinzona

    Si tratta di un 59enne italiano residente in Argovia che avrebbe forti legami con il clan #Anello-Fruci - Il procedimento è legato alla vasta operazione “Imponimento” - La Svizzera usata come cassaforte e armeria

    È accusato di aver partecipato per vent’anni alle attività della ‘ndrangheta in Svizzera l’uomo che viene processato da questo lunedì al Tribunale penale federale di Bellinzona. Il 59enne italiano, residente in Argovia, sarebbe stato un uomo di fiducia del #clan_Anello-Fruci. Il dibattimento dovrebbe durare fino all’11 settembre.

    Il processo è legato alla vasta operazione “#Imponimento”, che nel luglio 2020 ha portato all’arresto in Svizzera e in Italia di oltre 70 persone. Da questa inchiesta emergono le attività principali che le organizzazioni criminali italiane svolgono da tempo in Svizzera: traffico di droga, traffico di armi (per rimpolpare gli arsenali del clan) e il riciclaggio di denaro sotto varie forme: dalla ristorazione ai locali notturni, dal cambio valuta all’acquisto in leasing di vetture di lusso, spiega il giornalista della RSI Francesco Lepori, specializzato in cronaca giudiziaria e responsabile operativo dell’Osservatorio ticinese sulla criminalità organizzata dell’Università della Svizzera italiana (USI).
    Immettersi nel tessuto economico e sociale per agire indisturbati e benvoluti

    La cosca degli Anello-Fruci ha una forte vocazione imprenditoriale. Agli affari sporchi ha infatti saputo affiancare investimenti in apparenza leciti che hanno permesso anche di inserirsi nella comunità di accoglienza. Una capacità che le ha permesso di integrarsi nel tessuto economico e sociale per poi agire indisturbata, sottolinea Lepori. Basti pensare che uno degli altri referenti svizzeri del capo clan, che come il 59enne risiedeva nel canton Argovia, era titolare di un ristorante e sponsorizzava persino la squadra di calcio del paese. Era ben voluto in zona, tanto che, come spesso accade, nel 2020 la notizia del suo arresto non mancò di suscitare stupore.

    In Svizzera intercettazioni e un infiltrato

    Le indagini nei confronti del clan sono state, come detto, imponenti. In Svizzera sono state condotte nei confronti di una dozzina di persone e hanno comportato l’uso di mezzi particolari come le intercettazioni ambientali e l’impiego di un agente infiltrato della polizia federale, grazie al quale le dichiarazioni dei pentiti in Italia hanno potuto trovare riscontro, indica Lepori.
    Varie condanne già emesse in Italia

    Oltreconfine la vicenda è già sfociata in diverse condanne di primo e in parte di secondo grado. Al capo del sodalizio sono stati inflitti 20 anni di carcere, al proprietario del ristorante 17 e al cugino del 59enne, che lavorava come operaio comunale nel Luganese, 11 anni che sono stati poi ridotti in appello a 10 anni e 8 mesi.

    Svizzera come cassaforte e armeria

    Il 59enne sotto processo a Bellinzona è considerato dagli inquirenti l’uomo di fiducia degli Anello-Fruci in Svizzera, ma non è l’unico. Attorno a lui ruotavano altre figure e questo mostra come la Svizzera avesse un ruolo molto importante per il clan. Era infatti la loro cassaforte, dove arrivavano i capitali illeciti, frutto soprattutto del traffico di droga, che venivano investiti per generare ulteriori profitti, indica Lepori. Le scorte accumulate rimanevano quindi al sicuro, pronte a rientrare in Italia quando il capo della cosca necessitava di denaro.

    Da non dimenticare poi le armi e le munizioni: grazie alla presenza di una rete in Svizzera era possibile garantire l’approvvigionamento al clan. Un piccolo arsenale, ricorda Lepori, era stato sequestrato anche in Ticino a casa del 59enne.

    ▻https://www.rsi.ch/info/ticino-grigioni-e-insubria/Presunto-uomo-di-fiducia-della-%E2%80%98ndrangheta-in-Svizzera-sotto-processo-a-
    #ndrangheta #Suisse #procès #justice #criminalité_organisée #drogue #armes #trafic_de_drogue #trafic_d'armes #blanchissement_d'argent #restauration #restaurants

  • Solidarity Call for #Gisi
    ▻https://barrikade.info/article/7633

    We urgently need your help and solidarity.

    The oldest squat of Winterthur/CH (and probably of Switzerland) is imminently threatend to be evicted in August. Gisi, at General-Gusian-Street 31, was squatted in January 1997 and is until now used as home for a lot of people without much money and as a social meeting point and non-profit culturals space.

    Over the last years we, Häuservernetzung #Winterthur, tried everything not to let this happen and to save this important house as a home and social and radical cultural space from destruction.

    But the owners, SKKG - a very wealthy real estate- and art-foundation - are planning to renovate the house for five million swiss francs to make more profit of every house they own. Letting rich people take over the last piece of innercity of Winterthur.

    SKKG owns more than 2200 flats in #Switzerland and is responsible of displacing the poor here and elsewhere by renovating or destroying the houses, that they where mostly falling apart for decades. All inhabitants, squatters and tenants alike had to look after their homes themselves. Now the foundation wants to make even more profit by renovation or tearing down all their houses.

    #Suisse

  • Nous serons présents au Salon du livre anarchiste à #Bremgarten
    ►https://buechermesse.ch/?lang=fr

    Au KuZeB de Bremgarten AG (#Suisse) aura lieu pour la première fois du 7 au 9 août 2026 un Salon du livre anarchiste. À une époque où l’autoritarisme, les guerres et un technototalitarisme sans précédent se propagent, nous voulons créer avec ce salon un espace auto-organisé afin de contrer ces tendances, développer nos idées anarchistes et les mettre en pratique ici et maintenant. Utilisons donc ensemble ces journées pour affûter notre analyse des conditions existantes, approfondir notre critique anti-autoritaire, nous mettre en réseau et repartir avec de nombreuses nouvelles idées pour l’attaque contre la domination.

    #livres #édition

  • Féminicides en Suisse : la #violence à huis clos

    Le nombre de #meurtres commis sur des femmes dans le contexte domestique a atteint un nouveau record en 2025. La Confédération et les cantons ont pris des mesures pour freiner cette violence et mieux protéger les victimes. Mais la Suisse en fait-elle assez ?

    Binningen (BL) : le 13 février 2024 vers midi, un homme de 41 ans frappe son épouse de 38 ans au visage et l’étrangle dans leur maison. Il découpe le cadavre pour le faire disparaître. Le couple, parent de deux enfants en bas âge, était sur le point de se séparer. Corcelles (NE) : dans la nuit du 20 août 2025, une femme de 47 ans et ses deux filles meurent poignardées chez elles. L’ex-mari, âgé de 52 ans, attire rapidement l’attention des enquêteurs. Grabs (SG) : le 26 avril 2026, une femme de 71 ans succombe dans sa villa. La police arrête son époux, âgé de 67 ans.

    Trois lieux, trois années, trois meurtres. Qui montrent à quel point le cadre domestique peut être dangereux pour des femmes de tout âge, même dans un pays aussi paisible que la Suisse. La violence exercée par les conjoints ou ex-conjoints commence peu à peu à interpeller la société et le monde politique, mais ces crimes ne sont plus des actes isolés depuis longtemps. En Suisse, une femme meurt toutes les deux à trois semaines en moyenne dans un contexte de violence domestique. En 2025, avec 25 femmes et filles tuées, un nouveau record a été atteint depuis qu’on a commencé, en 2009, à recenser ces meurtres séparément. En tout, 55 homicides ont été commis en Suisse l’an dernier.

    Le gouvernement s’inquiète

    La violence domestique n’épargne pas les hommes. Mais pour ce qui est des meurtres, le tableau est clair : plus de 90 % des victimes sont des femmes, les auteurs étant majoritairement des hommes. Le chiffre record de 2025 a inquiété le gouvernement. « Cela ne peut pas continuer ainsi », a déclaré la ministre de l’intérieur, Elisabeth Baume-Schneider. Le ministre de la justice, Beat Jans, a souligné qu’aucun autre délit ne fait autant de victimes que la violence contre les femmes. Au milieu de 2025 déjà, une commission de représentants de la Confédération, des cantons et des communes a arrêté des mesures urgentes. Les régions ont par exemple été invitées à collaborer pour offrir des places aux femmes dans les #refuges.

    Nora Markwalder, professeure de droit pénal à l’Université de Saint-Gall, ne constate aucune hausse durable du nombre de féminicides. Mais elle trouve tout de même cette « tendance stable » préoccupante. Tandis que les meurtres entre hommes, commis lors de sorties, de disputes ou dans le milieu criminel, ont fortement reculé en Suisse ces dernières décennies, le nombre de femmes tuées par leur conjoint est resté constant. « Cela interroge », note la criminologue.

    Pas un « drame familial »

    Le terme de « féminicide » fournit une piste de réflexion. Popularisé dans les années 1970 par la sociologue américaine Diana Russell, il renvoie à la dimension sociétale de ces crimes. D’après une définition de l’ONU de 2012, les féminicides sont les meurtres commis sur des femmes dans un contexte domestique. Des analyses montrent qu’ils sont souvent liés, chez leurs auteurs, à une volonté de #domination, un sentiment de #possession et des #stéréotypes de #genre. Les séparations sont des phases à haut risque. « Près de la moitié des meurtres sont commis pendant ou après la #séparation », explique Nora Markwalder.

    En Suisse, le féminicide n’est pas un terme juridique. Des groupes de défense des droits des femmes, des responsables politiques et le projet de recherche stopfemizid.ch l’utilisent depuis quelque temps pour mettre ces affaires en lumière. Les médias et les autorités l’emploient aussi de plus en plus. Pour Nora Markwalder, il décrit la réalité : « Il s’agit d’un meurtre, pas d’un drame familial ou d’un crime passionnel, comme on le désignait souvent auparavant pour minimiser sa gravité. »

    Nouveau numéro d’aide aux victimes

    La Suisse a longtemps estimé que ce qui se passait chez les gens ne concernait pas l’État. La violence domestique – viols, voies de fait et menaces – n’est un délit officiel que depuis 2004. Des politiciennes de tous bords se sont battues pour que des mesures soient prises contre la violence faite aux femmes. En ratifiant la Convention d’Istanbul en 2018, la Suisse s’est engagée à agir. Une « feuille de route » de la Confédération et des cantons a porté de premiers fruits : au printemps de 2026, une ligne nationale d’aide aux victimes a été mise en place, le 142. Les cantons ont renforcé leur gestion des menaces pour détecter précocement la violence. Car le féminicide est souvent le point final d’une spirale de violence, comme l’a montré une analyse de la Confédération.

    Désormais, la police s’adresse de manière ciblée aux auteurs de violences. Des cantons testent le bracelet électronique pour interdire les contacts. La Confédération a lancé une campagne de prévention afin de sensibiliser la population à la violence domestique. Des modifications législatives sont envisagées, notamment dans le droit régissant la détention d’armes. En 2025, une étude de l’Université de Saint-Gall a montré que les meurtres domestiques sont souvent commis au moyen d’armes à feu en Suisse, surtout si les auteurs sont âgés. Il faut savoir que les Suisses peuvent conserver leur arme militaire même après avoir été libérés de l’obligation de servir.

    Critiques et exigences

    Les défenseurs des droits des femmes et les partis de gauche reprochent à la Suisse de ne pas appliquer assez rigoureusement la Convention d’Istanbul, malgré les progrès accomplis. Les refuges pour les femmes manquent d’argent, et la protection des femmes varie fortement d’un canton à l’autre. À droite, l’UDC estime que la violence domestique est surtout un problème de migrants. Elle exige des peines plus lourdes et des expulsions systématiques.

    La Confédération et les cantons prévoient de déployer une nouvelle stratégie nationale contre la violence domestique et sexuelle en 2027 afin d’harmoniser les mesures et de tenir compte de la violence numérique. Le Parlement a en outre commandé une étude de faisabilité pour une tenue de statistiques sur les féminicides, y compris hors du contexte domestique.
    Un procès marquant

    Dans l’affaire de Binningen, le procès de première instance s’est tenu en mai 2026. Il a fait apparaître la dynamique destructrice de la violence domestique. La Cour pénale de Bâle-Campagne a condamné l’époux à la perpétuité pour assassinat et atteinte à la paix des morts, estimant que, mortifié par la perspective d’une séparation et mû par un besoin de contrôle, par la vengeance et la colère, ce dernier avait aussi tué sa femme pour dissimuler les faits de violence conjugale. Le président du tribunal a parlé d’un problème de société : « Il s’agit là d’un féminicide. » Des membres de la famille, des amis et des militantes ont rendu hommage à la victime en formant une chaîne humaine devant le tribunal.

    ▻https://www.swisscommunity.org/fr/nouvelles-et-medias/revue-suisse/article/feminicides-en-suisse-la-violence-a-huis-clos
    #féminicides #genre #femmes #Suisse #violence_domestique #statistiques #chiffres

  • Schweiz gibt Premiere auf der Beijing International Book Fair (BIBF) : Lesen, Design, Illustration, Fantasie
    ▻https://german.cri.cn/2026/07/10/ARTI1783587427251587

    Die Schweiz ist in diesem Jahr erstmals auf der Beijing International Book Fair vertrete6.16-6.20, 2027
    CNCC, Beijingn. Unter dem Leitgedanken „Bücher verbinden nicht nur das Lesen, sondern auch Design, Illustration und Fantasie" präsentiert die sie ihre vielfältige und innovative zeitgenössische Buchkultur durch Ausstellungen, Vorträge, Workshops und interaktive Veranstaltungen.

    Présentation vidéo de la vingt septième foire aux livres de Beijing, 6.16-6.20, 2027, CNCC, Beijing

    ▻https://www.bibf.net/en/communication/detail?eventId=20201001
    ▻https://file-china.bibf.net/event/video/5f6ee3de09425063521d120b.mp4

    #Chine #Beijing #Suisse #édition #livres #art #foire

  • La révolte des sage-femmes des maternités publiques paie !

    23 juin 2026 : journée internationale de luttes dans les services publics.

    Depuis un peu plus d’un siècle, accoucher dans un hôpital public est une avancée qui a permis de réduire la mortalité des mères et des bébés. Cet accès à des services publics de qualité a signifié une avancée majeure pour les femmes des milieux populaires, qui auparavant accouchaient à domicile. Les taux de mortalité mères-bébés ont diminué fortement. Les femmes des milieux aisés avaient, elles, déjà accès à des cliniques privées.

    Depuis quelques années, les personnels des maternités des hôpitaux publics s’alarment : effectifs insuffisants pour accepter toutes les entrées, taux de rotation accéléré au sein du personnel par suite d’épuisement, encadrement des mères et enfants de plus en plus souvent insuffisants. Les conditions de travail se dégradent, mais ce n’est pas tout : l’accès aux soins suit la même courbe descendante.

    ▻https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2026/06/27/la-revolte-des-sage-femmes-des-maternites-publ

    #suisse #feminisme #santé

  • Comment la #privatisation de la gestion des #visas a profité à la société #VFS_Global, entre « services optionnels facturés » et soupçons de #corruption

    Pour désengorger les consulats, les démarches pour les visas ont été partiellement déléguées à quelques multinationales, dont le leader VFS Global. Une enquête internationale, à laquelle « Le Monde » a participé, montre que ce marché est devenu une #zone_grise hautement lucrative, au détriment des demandeurs.
    Depuis plus de dix ans, Joséphine (son prénom a été changé) s’occupe des démarches nécessaires pour obtenir un visa français pour sa mère, de nationalité sénégalaise. Elle sait bien que cette procédure relève du parcours du combattant. Au Sénégal, depuis 2014, les demandeurs ne se rendent même plus au consulat, mais dans les bureaux de VFS Global, une #multinationale chargée par les autorités françaises de réceptionner et de transmettre les demandes de visa. Y obtenir un rendez-vous est une véritable gageure et pour espérer en obtenir un, affirme la jeune femme, il faut souvent sortir le portefeuille. « C’était plus simple quand c’était le consulat qui gérait ça, c’était réglementé. Là, c’est celui qui paye le plus qui part », souffle Joséphine par téléphone.

    Depuis plus de vingt ans, la France – comme de nombreux autres pays – a choisi, dans un contexte budgétaire contraint, de sous-traiter la gestion des dossiers de visa et l’accueil des demandeurs. La société #VFS, basée aux #Emirats_arabes_unis et en #Suisse, s’est taillé la part du lion de ce nouveau #marché. Elle revendique des « pratiques éthiques et le développement durable » pour servir 71 gouvernements sous contrat.
    Une investigation menée par l’organisation à but non lucratif Lighthouse Reports, en collaboration avec 14 partenaires dont Le Monde, explore des recoins moins reluisants de cette industrie. Notre enquête montre comment VFS a profité de l’externalisation d’une fonction essentielle de l’Etat, en transformant des familles, des étudiants, des travailleurs ou de simples voyageurs en un marché captif et financièrement exploitable. Appuyée sur de nombreux rapports et documents obtenus auprès des autorités européennes dans le cadre du droit d’accès aux documents administratifs, ainsi que des dizaines d’entretiens et témoignages, elle souligne également d’importantes #défaillances structurelles ainsi que l’existence de pratiques corruptives au sein du groupe.

    « Salon premium »

    VFS est chargé de réceptionner les demandes de visa et d’acheminer les documents au #consulat ou à l’#ambassade, après avoir encaissé les #frais_de_dossier pour le compte de l’Etat. L’entreprise se targue ainsi d’« avoir traité efficacement » près de 145 millions de demandes entre 2017 et 2024. Si le nombre de demandes a crû de façon modérée, les #bénéfices ont explosé. Les comptes déposés au #Luxembourg par la holding financière du groupe montrent que les profits d’exploitation annuels de VFS ont plus que quadruplé, passant de 31 millions à 172 millions d’euros de bénéfices. Les revenus par demande ont bondi de 83 %.
    Une manne financière portée par les demandeurs de visa eux-mêmes. Le modèle d’#externalisation est en effet pensé par les gouvernements pour faire des économies. Le voyageur finance les frais du sous-traitant en plus du #prix du visa, car l’Etat ne rémunère pas le #prestataire. « Nous sommes conscients que cette externalisation rend les visas plus chers pour les demandeurs. Nous condamnons cette sélection par l’argent », s’agace Valérie Jacq, représentante syndicale au ministère des affaires étrangères français.

    Et pour cause, la croissance financière de VFS ne repose pas sur le volume des dossiers traités, mais bien plus sur la capacité de l’entreprise à facturer des « #services_à_valeur_ajoutée », ou « #VAS » dans le jargon du secteur : service de courrier et de numérisation, suivi de la procédure par SMS, horaires étendus d’ouverture des centres, aide pour remplir les demandes, ou encore « salon premium » d’attente, où des rafraîchissements sont servis « par un personnel dédié ».

    Ces « services optionnels » qui, selon la réclame de VFS, « visent à améliorer l’expérience client », lui permettent en effet de générer une très forte marge. Sur la base de reçus et factures communiqués par les autorités suédoises, issus d’un échantillon de plus de 2 100 demandes de visas pour la Suède déposés dans 16 pays, le géant des visas tire un tiers de ses recettes des services à valeur ajoutée. Parmi les options privilégiées, plus d’un demandeur sur deux opte pour les coûteux suivis par SMS. Un ancien employé nigérian de l’entreprise affirme, quant à lui, que les services de photocopie de VFS sont « très onéreux ». Ces tarifs, validés par l’Etat dans le cadre d’un contrat, sont bien plus élevés que ceux pratiqués sur le marché.

    Accélérer le traitement des dossiers

    Des employés de VFS, actuels et anciens, ont confirmé à Lighthouse Reports avoir subi des pressions pour vendre ces produits, depuis 2022 et l’arrivée au capital du fonds américain #Blackstone, qui a fixé des objectifs exigeants. Il est « infondé d’affirmer que l’accent a été davantage mis sur les ventes de VAS après l’investissement de Blackstone », répond VFS. La pratique n’est, en effet, pas nouvelle. Des anciens employés de VFS ont ainsi fait état de formations, dispensées depuis de nombreuses années, pour mieux « présenter les services haut de gamme », afin d’atteindre les objectifs mensuels fixés par la direction.

    Parmi les astuces utilisées, explique un agent de VFS, il suffit d’annoncer au guichet « le montant total, SMS et frais de livraison inclus, et la plupart des clients s’en contenteront » en payant une option sans s’en rendre compte. Ces services ont pourtant « vocation à répondre à un besoin exprimé par le demandeur », selon une source au ministère français des affaires étrangères, qui ajoute que de telles pratiques pourraient « entraîner des sanctions contractuelles ».

    Selon des rapports d’inspection obtenus par le consortium auprès de la Commission européenne, plusieurs Etats membres ont relevé une « pression excessive pour promouvoir [les] services complémentaires » de VFS et s’alarment que leur caractère optionnel ne soit « pas du tout clair ».

    Un agent du ministère des affaires étrangères français a ainsi confirmé à Lighthouse Reports que des prestataires de services tels que VFS laissent parfois entendre aux demandeurs que « payer plus leur permettra d’obtenir un visa », les amenant à choisir l’option « #salon_premium » pour obtenir un possible coupe-file.

    Ce phénomène a été par ailleurs clairement mis en évidence par la sénatrice de l’Orne Nathalie Goulet (Union des démocrates et indépendants). Lors de l’examen d’un rapport de 2025 sur la délivrance des visas, qu’elle a écrit avec le sénateur de Paris Rémi Féraud (Parti socialiste), elle assure que « le service “premium” sert parfois à déguiser d’une élégante façon un service davantage rémunéré pour accélérer le traitement du dossier ». Une pratique en violation claire avec le code des visas de l’Union européenne, qui interdit le « traitement inégal des demandeurs de visa ». Au Quai d’Orsay, une source diplomatique affirme pourtant que « tout est fait afin de ne pas permettre l’utilisation du service premium comme un #coupe-file ».

    « #Bots » et #fraude

    Si les prestations « premium » continuent pourtant de se vendre, c’est que les services de base ont été rendus impraticables par une pénurie organisée des rendez-vous. Le système de réservation de VFS est assiégé par des « bots », des programmes informatiques automatisés conçus par des officines externes, « déployant tous types de modes opératoires, y compris illégaux, pour capter un maximum de rendez-vous et les revendre », comme le déplore le rapport sénatorial. VFS assure « mettre en œuvre des mesures de sécurité rigoureuses » pour offrir « un accès équitable à tous les demandeurs ». De son côté, une source diplomatique a confirmé au Monde que cette problématique faisait « l’objet d’une priorité d’action », même si la « solution miracle n’existe pas ».

    Cette pénurie engendrée depuis l’extérieur crée, pour certains salariés de VFS, des opportunités d’argent facile. Ainsi, selon des employés actuels et anciens de la société, de l’Inde au Sénégal, certains ont été pris la main dans le sac, à vendre des créneaux de rendez-vous. De même, lors d’inspections, plusieurs Etats membres ont fait état de problèmes corruptifs impliquant le personnel de VFS, selon les rapports obtenus par Lighthouse Reports. « Dans certains centres, le taux de rotation du personnel est élevé, car des employés sont suspectés de #corruption ou de fraude », confirme un ancien agent chargé des visas au Quai d’Orsay. Une situation démentie par l’entreprise, qui assure que « les cas de comportements répréhensibles sont extrêmement rares compte tenu de la taille de l’entreprise ».

    Alors que VFS échoue à bloquer les « bots », la multinationale a lancé sa propre filiale de conciergerie de visas, #OneVasco, qui propose un « processus de demande simple et adapté aux voyageurs ». En clair, une alternative maison aux bots. Ses bureaux sont stratégiquement placés à côté des centres officiels de VFS, créant ainsi une confusion délibérée, dénoncée par plusieurs chancelleries européennes.

    La situation fait sourire Marc Esteve, professeur de science politique à l’University College de Londres : « Lorsqu’une même entreprise est responsable de la qualité d’un service de base et tire profit de la vente d’alternatives haut de gamme à ce service, elle est structurellement incitée à sous-investir dans le service basique », souligne-t-il.

    VFS assure que parmi ses clients « figurent des gouvernements soumis à certaines des exigences les plus strictes au monde en matière de conformité, de réglementation et de sécurité ». Des gouvernements captifs, qui ont acté l’impossible retour en arrière. Le sénateur Rémi Féraud confirme qu’« il ne serait pas possible de réinternaliser ce service, car les demandes de visa sont trop nombreuses, de sorte qu’il faudrait des centaines, voire des milliers, de fonctionnaires et d’agents publics supplémentaires ». Face au recours massif à ces entreprises privées, la Commission européenne va prochainement « lancer une étude approfondie », afin de prévenir les #abus du système.

    ▻https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2026/05/28/comment-la-privatisation-de-la-gestion-des-visas-a-profite-a-la-societe-vfs-
    #business #migrations #sous-traitance 

    via @freakonometrics
    ping @reka @karine4

    –-
    voir aussi :
    EU cashes in on €130m in rejected visa applications
    ▻https://seenthis.net/messages/1061593

    • En Afrique, un juteux business autour des demandes de visas

      Son nom résonne dans une bonne partie de l’Afrique. VFS Global est une entreprise indienne très connue sur le continent : c’est à elle que de nombreuses ambassades à travers le monde ont confié le traitement de leurs demandes de visas. Pour faire simple, si vous êtes candidat au Sénégal pour un visa pour la France, ou en République démocratique du Congo pour la Chine, c’est #VFS qui traite votre demande de rendez-vous auprès des ambassades concernées. VFS Global a su en faire une affaire très lucrative, au point d’attirer dans son sillage des fraudeurs et de faire l’objet d’incompréhensions chez les demandeurs qui se plaignent de la complexité et du coût des procédures. Une enquête coordonnée par l’organisation de journalisme d’investigation Lighthouse Reports, en collaboration avec 14 médias dont RFI.

      Présente dans 168 pays et en contrat avec 71 gouvernements, VFS Global laisse le même goût d’amertume chez nombre de candidats aux visas dans le monde et en Afrique, pour qui l’accès au précieux sésame est devenu un parcours complexe et coûteux. « Je ne comprends pas tout le système », s’exclame Aliou, artiste-graffeur et entrepreneur sénégalais habitué des demandes de visa pour l’Europe. « Mais ce qui se passe avec les visas en Afrique, excusez le terme, c’est du grand n’importe quoi ! Pour moi, c’est de l’arnaque ! » La même colère et les mêmes mots reviennent chez de nombreux Africains interrogés dans le cadre de cette enquête.

      VFS Global (Visa Facilitation Services Global), majoritairement détenue par le fonds d’investissement américain Blackstone, a vu ses bénéfices opérationnels exploser de 31 à 171 millions d’euros entre 2017 et 2024. Un bond considérable alors que, sur la même période, le volume des demandes n’a augmenté que de 15 %, comme l’indiquent ses états financiers déposés au Luxembourg.

      VFS explique cette croissance fulgurante en partie par la vente de services dits à valeur ajoutée – des VAS –, tous payants, tels que l’envoi d’informations par SMS ou l’accès à un salon premium. C’est justement cette vente de services qui est placée au cœur de la stratégie commerciale de la société.
      Le business rémunérateur des services à valeur ajoutée

      L’enquête a permis de collecter des données à partir de reçus de demandes de visa provenant de plusieurs pays. Cet échantillon montre que les VAS pèsent pour 30 % du chiffre d’affaires de l’entreprise au niveau mondial. En Afrique du Sud et au Kenya, indiquent ces données, la vente de ces services englobe plus du tiers des revenus du VFS local, et plus du quart au Nigeria.

      En Afrique, du Sénégal au Nigeria en passant par le Kenya, de nombreux employés et ex-employés de l’entreprise ont indiqué avoir été spécialement formés à la vente de ces services. Contraints par les objectifs commerciaux de leur direction et motivés par des primes alléchantes, les agents ont expliqué qu’ils faisaient payer ces services aux demandeurs, sans toujours préciser qu’ils étaient optionnels et, surtout, qu’ils ne garantissaient pas l’obtention du visa.

      Au Sénégal, par exemple, un ex-salarié a déclaré de manière anonyme que le service de notification par SMS était présenté comme quasi-obligatoire. Il a fait part d’une « pression » subie pour vendre des VAS du type salon premium ou espace VIP. D’anciens employés de VFS au Kenya ont confié de leur côté qu’ils devaient systématiquement ajouter les frais de SMS et de courrier à la facture des demandeurs… qui ignoraient que ces VAS étaient facultatifs. Deux anciens membres du personnel ont précisé qu’ils percevaient également des commissions sur les ventes.

      Des rapports d’inspection issus de 22 pays de la zone Schengen et de la Commission européenne elle-même soulignent également une « pression excessive de VFS Global pour promouvoir ses services » et un flou entretenu par l’entreprise sur le caractère optionnel des VAS, comme l’attestent des rapports transmis par la Suède en 2025 et la République tchèque à la Commission en 2024.
      Agences parallèles illégales

      À ce système sont venus se greffer des réseaux parallèles extérieurs à VFS, organisés notamment par des employés ou d’ex-employés de l’entreprise. Par leur maîtrise du système de prise de rendez-vous chez VFS, ils montent des "agences" extérieures, illégales mais laissant croire qu’elles collaborent avec l’entreprise. Souvent représentées par des personnes postées autour des bureaux de VFS, ces agences frauduleuses promettent plein succès aux candidats au visa, désespérés par les rejets répétitifs de leurs demandes.

      Dakar, à quelques pas du centre de visa de VFS Sénégal. Salimata, en pleine démarches pour un visa pour la France, témoigne : « Tu essaies de trouver un rendez-vous à n’importe quel moment et il n’y en a pas. Donc il y a des agences (terme souvent utilisé par les fraudeurs, NDLR) qui s’en chargent pour toi et tu paies entre 75 000 et 200 000 francs CFA (entre 114 et 300 € environ). Et on n’est même pas sûr d’obtenir le visa, c’est juste pour avoir le rendez-vous. » Ce qui fait dire à Salimata qu’il existe « une complicité » entre gérants d’agences et employés de VFS « pour vendre des rendez-vous ».

      Dans le bureau VFS Global qui délivre des visas pour la Chine à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo, l’enquête a pu prouver que cette complicité existe. Un journaliste participant à l’enquête s’est fait passer pour un demandeur de visa auprès d’une agence frauduleuse et a été mis en relation avec un employé du bureau VFS Global, qu’il a rencontré sur place. Ce dernier lui a réclamé 650 euros, soit plus du double du prix affiché pour le même visa.

      En juin 2025 au Kenya, face aux plaintes des usagers, VFS Global s’est inquiétée publiquement de l’augmentation du nombre de personnes se faisant frauduleusement passer pour des agents de l’entreprise. « Tous les créneaux de rendez-vous sont disponibles gratuitement sur notre site web officiel et sont attribués en fonction de nos prévisions des demandes de visa », a déclaré Stephen Kubasu, directeur général des opérations de l’entreprise. « Les demandeurs ne doivent en aucun cas payer des tiers pour obtenir un rendez-vous car ces affirmations sont mensongères. »

      Interrogée par écrit, dans le cadre de cette enquête, sur ces réseaux frauduleux qui opèrent à l’extérieur de l’entreprise, VFS Global a répondu mettre « activement en œuvre des mesures de sécurité robustes », tels que le mot de passe à usage unique et le CAPTCHA, pour protéger ses systèmes de prise de rendez-vous. Elle indique également avoir lancé la campagne #DoNotFallForFraud pour sensibiliser les demandeurs sur les escroqueries.

      Concernant les services optionnels, VFS Global rappelle « qu’ils sont élaborés en concertation avec les gouvernements », que ​​​​« les demandeurs sont clairement informés que ces services ne sont pas obligatoires » et qu’« ils n’influencent ni les décisions relatives aux visas ni les délais de traitement. »

      En somme, VFS ne fait rien d’illégal mais bénéficie d’un système restrictif mis en place par les Etats. C’est ce que résume Paul Hermelin, président du conseil d’administration de l’entreprise française CapGemini, spécialisée dans les services numériques. Dans son rapport Propositions pour une amélioration de la délivrance des visas publié en 2023, il qualifie la politique française des visas de « machine à mécontentement » du fait de l’obsession sécuritaire et migratoire de Paris.

      « Au Sénégal par exemple, sur 12 000 à 15 000 demandes, il y a un peu moins de 3 000 visas prévus pour les étudiants vers la France. Donc on fabrique près de 10 000 déçus, ça ne va pas du tout ! Avec un déficit de communication, on a une machine à mécontentement », analyse Paul Hermelin. « En France, on délivre généralement un visa d’un an. Si ça se passe bien, on passe à deux ans, puis trois… donc il fallait un nombre d’années incroyable pour arriver au visa de cinq ans. Il y a des hommes d’affaires qui vont et viennent entre Casablanca, Dakar et Paris, des professeurs d’université qui se déplacent pour des conférences, etc. Ce ne sont pas des migrants potentiels illégaux, donc pourquoi ne pas passer directement au visa de cinq ans ? »

      ▻https://www.rfi.fr/fr/afrique/20260608-en-afrique-un-juteux-business-autour-des-demandes-de-visas

  • Le #patois, la langue du coeur.

    Le projet d’une #plateforme intercantonale dédiée à une grande variété de patois romands (francoprovençaux et jurassiens) est né à la suite de la reconnaissance en 2018 des patois romands comme langues minoritaires en Suisse. Et minoritaires, ces locuteurs le sont bien aujourd’hui. À tel point du reste que les statisticiens n’arrivent plus à les comptabiliser : les #statistiques sont toujours présentées avec une marge d’erreur de +/- 3%, et les patoisants se trouvent… dans cette marge.

    ▻https://patoisromands.ch
    #plateforme #langues_minorisées #langues #Suisse #Suisse_romande #francoprovençal

    • « #Cé_qu’è_lainô », l’#hymne de #Genève écrit en francoprovençal

      ▻https://www.youtube.com/watch?v=0WghzOXS5sU&t=5s

      Le célèbre chant « Cé qu’è lainô », récemment officialisé comme hymne du Canton de Genève, a une histoire culturelle très particulière, centrée sur un texte en langue frnacoprovençale et dans le cadre de la rivalité avec les États de Savoie e la Savoie voisine.

      La #chanson évoque en effet la défense de la ville contre l’attaque des troupes menées par le duc Charles-Emmanuel Ier de #Savoie dans la nuit du 11 au 12 décembre #1602, pour récupérer des territoires perdus à l’époque de la #Réforme. L’épisode est connu sous le nom d’#Escalade et il est au centre des commémorations historiques hivernales dans la ville.

      L’hymne de Genève… dans la même langue des États de Savoie ?

      Ce qui rend « Cé qu’è lainô » particulièrement intéressant c’est précisément la langue dans laquelle il a été composé, le francoprovençal, qui, était partagé dans un territoire en conflit. La langue de l’hymne de Genève appartient au même espace linguistique que la Savoie, et il a été choisi pour raconter et transmettre la mémoire des événements du conflit.

      La composition du poème remonte probablement aux mois qui ont suivi le siège manqué et est due à un auteur qui reste inconnu à ce jour mais qui pourrait avoir été un témoin direct des événements.

      Les 68 strophes décrivent en effet en détail l’irruption des troupes savoyardes et la réaction de la population genevoise, avec des références très précises aux combats et aux circonstances de la nuit de l’attaque.

      Le francoprovençal à Genève entre langue populaire et identité

      Au début du XVII siècle, la langue dominante dans la vie publique de Genève était déjà le français, qui s’était imposé surtout après la Réforme de 1536 ; le francoprovençal, en revanche, restait répandu dans les campagnes et parmi les classes populaires de la région alpine occidentale. Le fait que « Cé qu’è lainô » ait été écrit en francoprovençal, le rendait donc partie intégrante d’un continuum linguistique alpin qui, pendant des siècles, a relié des territoires appartenant aujourd’hui à différents États.

      Le francoprovençal utilisé dans le #chant appartient à un vaste ensemble de langues historiquement répandues dans les Alpes occidentales, parmi lesquelles de nombreuses variantes de la région de Savoie et des zones limitrophes. Parmi celles-ci figurent, par exemple, et malgré de grandes différences en termes de prononciation et de lexique, les variétés savoyardes du territoire de l’actuelle Savoie, de la Vallée d’Aoste, d’une partie du Piémont et du Valais.

      Tradition civique et usage contemporain

      Au fil des siècles, le chant est devenu l’un des principaux symboles identitaires de la ville et il est encore aujourd’hui interprété sous une forme abrégée lors de nombreuses cérémonies officielles, notamment la Fête de Escalade et les serments des autorités cantonales. De plus, tout au long du mois de décembre, la mélodie résonne régulièrement depuis le carillon de la cathédrale Saint-Pierre, contribuant à rappeler à la ville l’épisode historique qui a donné naissance au chant.

      Ces dernières années, « Cé qu’è lainô » (littéralement « Celui qui est là-haut ») a fait l’objet d’un débat public qui, en mars 2024, l’a conduit à devenir l’hymne officiel après une modification constitutionnelle et un vote populaire.

      Certains responsables politiques ont critiqué la présence de références religieuses et les tons jugés trop durs, les considérant peu compatibles avec la sensibilité contemporaine et le principe de laïcité des institutions. Le 3 mars 2024, les Genevois et Genevoises ont accepté d’ancrer le Cè qu’è lainô dans la Constitution en tant qu’hymne officiel du Canton. Soumise au référendum obligatoire, cette modification constitutionnelle a été approuvée par 61,77% des personnes votantes.

      ▻https://nosalpes.eu/fr/2026/06/13/ce-que-laino-lhymne-de-geneve-ecrit-en-langue-savoyarde

  • L’initiative anti-immigration, visant à plafonner la population, rejetée par les Suisses - InfoMigrants
    ▻https://www.infomigrants.net/fr/post/71891/linitiative-antiimmigration-visant-a-plafonner-la-population-rejetee-p

    L’initiative anti-immigration, visant à plafonner la population, rejetée par les Suisses
    Par FRANCE 24 Publié le : 15/06/2026
    Les Suisses ont voté dimanche sur une initiative populaire anti-immigration proposant notamment de plafonner la population du pays. Le projet a été rejeté à 54 %, provoquant un « soulagement » de ses opposants, notamment les principaux partis, les syndicats et le patronat.Les Suisses ont rejeté par plus de 54 % des votants, dimanche 14 juin, l’initiative populaire anti-immigration de la droite radicale proposant de plafonner la population du pays à 10 millions d’habitants."Par leur décision d’aujourd’hui, les citoyennes et citoyens ont donné un signal de stabilité, d’ouverture et de fiabilité", a déclaré le ministre suisse de la Justice et Police, Beat Jans, en conférence de presse, après avoir annoncé le résultat.
    Dans les sondages précédant le vote, le non était donné légèrement gagnant pour cette initiative, dont l’adoption aurait pu compromettre les relations entre la Suisse et l’Union européenne, son principal partenaire commercial, avec laquelle elle entretient des liens économiques étroits malgré sa non-appartenance à l’UE.
    Portée par l’Union démocratique du centre (UDC, droite radicale), premier parti du pays, cette initiative, dans une Suisse où les étrangers représentent plus d’un quart de la population, visait à limiter l’immigration afin d’empêcher que la population résidente permanente dépasse les 10 millions d’habitants d’ici à 2050 alors que le pays en compte actuellement 9,5 millions.
    La proposition a également été rejetée par une majorité de cantons, les scores les plus élevés en faveur du non ayant été enregistrés à Bâle-Ville (73,48 %), Neuchâtel (67,26 %) et Genève (65,42 %)."En rejetant l’initiative de l’UDC, la population suisse a dit non au repli sur soi et à la xénophobie. Ce non exprime le refus clair d’un retour en arrière vers des temps sombres, marqués par le statut de saisonnier et la privation de droits pour certaines personnes", a réagi l’Union syndicale suisse.
    « C’est un dimanche décevant pour nous, mais aussi pour toute la Suisse », malgré un large soutien dans les zones rurales, a déclaré aux journalistes le patron de l’UDC, Marcel Dettling.L’initiative était combattue par le gouvernement, le Parlement, les principaux partis, les syndicats et le patronat.Les Vert-e-s se sont dit « soulagé-e-s par le rejet clair de l’initiative du chaos de l’UDC »."Je suis rassuré. Cette initiative mettait en pratique une politique du bouc-émissaire", a déclaré Benoît Gaillard, député socialiste, à la télévision.
    Selon Jess Middleton, de la société d’analyse des risques Verisk Maplecroft, le rejet de l’initiative « a permis à la Suisse d’éviter une perturbation majeure pour son économie et ses relations avec Bruxelles ».Le scrutin a enregistré une forte participation, proche de 59 %, nettement supérieure à la moyenne d’environ 49 % observée ces dernières années."Ce n’est pas surprenant, vu l’intensité de la campagne" et « ce n’est pas étonnant (...) puisqu’au-delà de la question de la politique d’immigration, on jouait en partie aussi la politique européenne de la Suisse », a déclaré à l’Agence France-Presse (AFP) Pascal Sciarini, politologue à l’université de Genève.
    Si le seuil des 10 millions avait été dépassé avant 2050, la Suisse aurait dû dénoncer l’accord de libre circulation avec l’UE dans les deux ans, et d’autres accords bilatéraux portant sur l’asile et la sécurité viendraient également à tomber.Pénurie de logements, hausse des loyers, bétonnage du paysage, bouchons, trains bondés, augmentation de la criminalité, système de santé à bout et baisse de la qualité de l’enseignement sont les principaux arguments des promoteurs de cette initiative."L’UDC subit une défaite aujourd’hui, mais une petite défaite", a souligné Pascal Sciarini, relevant que pour un parti qui recueille 30 % des voix au parlement, convaincre autour de 45 % des votants représente un soutien bien supérieur à sa seule base électorale.
    Thomas Aeschi, chef du groupe UDC au Parlement, partage cette analyse : 45 % de oui, « c’est un message très fort » qui montre qu’"une très large partie de la population suisse ne souhaite pas que l’immigration telle que nous la connaissons aujourd’hui se poursuive", a-t-il dit à l’AFP.Tout en saluant le rejet de l’initiative, l’organisation patronale suisse a jugé qu’"il est également clair que l’immigration préoccupe la population".
    Dans un référendum distinct, les Suisses ont accepté un durcissement des conditions d’accès au service civil, défendu par le gouvernement dans un contexte de renforcement des capacités militaires en Europe.
    La gauche s’y opposait, estimant que cette réforme menace à terme l’existence même de cette alternative au service militaire.
    La Suisse impose un service militaire obligatoire aux hommes dans le cadre d’un système de milice. Depuis l’assouplissement en 2009 des conditions d’accès au service civil pour les objecteurs de conscience, leur nombre a fortement augmenté, une évolution jugée problématique par le gouvernement.

    #Covid-19#migration#migrant#suisse#demographie#immigration#droit#sante#economie#extremedroite#politiquemigratoire

  • Suisse : l’initiative visant à plafonner le nombre d’habitants rejetée par plus de 54 % des votants
    ▻https://www.lemonde.fr/international/article/2026/06/14/suisse-l-initiative-visant-a-plafonner-le-nombre-d-habitants-rejetee-par-plu

    Suisse : l’initiative visant à plafonner le nombre d’habitants rejetée par plus de 54 % des votants
    Cette initiative, portée par l’extrême droite, visait à limiter l’immigration afin d’empêcher que les résidents permanents soient plus de 10 millions avant 2050.
    Le Monde avec AFP
    En Suisse, le gouvernement, les milieux économiques, les partenaires sociaux et les principaux partis ont exprimé dimanche 14 juin leur soulagement à la suite du rejet, par plus de 54 % des votants, de l’initiative anti-immigration portée par l’extrême droite, qui visait à plafonner le nombre d’habitants du pays alpin.
    « Par leur décision d’aujourd’hui, les citoyennes et citoyens ont donné un signal de stabilité, d’ouverture et de fiabilité », a salué le ministre de la justice et de la police suisse, Beat Jans, lors d’une conférence de presse, après avoir annoncé le résultat. Le scrutin a enregistré une forte participation, proche de 59 %.
    Portée par l’Union démocratique du centre (UDC, droite radicale), premier parti du pays, cette initiative, dans une Suisse où les étrangers représentent plus d’un quart de la population, visait à limiter l’immigration afin d’empêcher que les résidents permanents soient plus de 10 millions avant 2050 – le pays en compte actuellement 9,5 millions.La proposition a été rejetée par une majorité de cantons, les scores les plus élevés en faveur du non ayant été enregistrés à Bâle-Ville (73,48 %), à Neuchâtel (67,26 %) et à Genève (65,42 %).« En rejetant l’initiative de l’UDC, la population suisse a dit non au repli sur soi et à la xénophobie. Ce non exprime le refus clair d’un retour en arrière vers des temps sombres, marqués par le statut de saisonnier et la privation de droits pour certaines personnes », a réagi l’Union syndicale suisse.
    « C’est un dimanche décevant pour nous, mais aussi pour toute la Suisse », malgré un large soutien dans les zones rurales, a pour sa part déclaré aux journalistes le patron de l’UDC, Marcel Dettling. Pour Thomas Aeschi, chef du groupe UDC au Parlement, la réponse positive à 45 % est « un message très fort » qui montre qu’« une très large partie de la population suisse ne souhaite pas que l’immigration [d’]aujourd’hui se poursuive », a-t-il déclaré à l’Agence France-Presse.
    L’initiative était combattue par le gouvernement, le Parlement, les principaux partis, les syndicats et le patronat. Les Vert-e-s se sont dits « soulagé-e-s par le rejet clair de l’initiative du chaos de l’UDC ». « Je suis rassuré. Cette initiative mettait en pratique une politique du bouc émissaire », a déclaré Benoît Gaillard, député socialiste, à la télévision. Tout en saluant le rejet de l’initiative, l’organisation patronale Economiesuisse a pour sa part jugé qu’« il est également clair que l’immigration préoccupe la population ». Dans l’hypothèse d’un accueil favorable de la proposition, si le seuil des 10 millions avait été dépassé avant 2050, la Suisse aurait dû dénoncer l’accord de libre circulation avec l’UE dans les deux années suivantes, et d’autres accords bilatéraux portant sur l’asile et la sécurité seraient également devenus caducs

    #Covid-19#migration#migrant#suisse#immigration#extremedroite#politiquemigratoire#demographie#sante#economie

  • La Suisse pourrait devenir le premier pays au monde à fixer un plafond démographique
    ►https://www.lemonde.fr/international/article/2026/06/13/la-suisse-pourrait-devenir-le-premier-pays-au-monde-a-fixer-un-plafond-demog

    La Suisse pourrait devenir le premier pays au monde à fixer un plafond démographique
    Par Serge Enderlin (Genève, correspondance) (avec AFP)
    Publié aujourd’hui à 07h00
    Partout à travers le pays, les affiches ont essaimé, comme à chaque « votation populaire », ces consultations de démocratie directe qui scandent la vie politique helvétique à intervalles trimestriels. Parfois elles sont désopilantes, comme en novembre 2018, quand les Suisses avaient voté pour soutenir ou rejeter une initiative visant à accorder des subventions aux éleveurs décidant de préserver les cornes de leur bétail.
    Plus souvent, elles s’avèrent cruciales. Ainsi, dimanche 14 juin, le peuple suisse devra se prononcer sur une proposition radicale de frein à l’immigration. Le scrutin a valeur de laboratoire alors que, dans toute l’Europe et au-delà, la gestion des flux migratoires par les autorités figure en tête des préoccupations de l’opinion. Aucun autre pays au monde ne s’est jusqu’ici exprimé dans les urnes sur sa propre croissance démographique.
    Concrètement, l’initiative de l’Union démocratique du centre (UDC, extrême droite, premier parti du pays) exige du gouvernement fédéral qu’il bloque le droit d’asile et le regroupement familial dès le seuil des 9,5 millions habitants franchi. A partir de 10 millions d’habitants, Berne aurait l’obligation constitutionnelle de dénoncer l’accord de libre circulation avec l’Union européenne (UE), ce qui ferait tomber par effet domino l’ensemble des accords bilatéraux liant la Confédération à l’UE, ainsi que les dispositifs de sécurité Schengen et Dublin auxquels la Suisse participe.
    Selon les projections, le seuil des 10 millions de personnes présentes sur le territoire pourrait être atteint entre 2033 et 2041. C’est la dixième fois depuis 1970 que les Suisses doivent se prononcer sur un texte lancé par l’extrême droite proposant de fermer les frontières aux étrangers. Tous ont été refusés à une exception près, en 2014. Les raisons de la crispation actuelle sont paradoxalement les mêmes que celles assurant au pays un succès économique insolent depuis un quart de siècle, la courbe démographique ascendante suivant celle du produit intérieur brut. Depuis que les ressortissants européens ont la possibilité de s’installer librement en Suisse (2002), ils plébiscitent le pays, à commencer par les Français et les Allemands. La population est ainsi passée de 7,2 à 9,1 millions d’habitants (+ 26 %) en un quart de siècle. Il s’agit, pour les quatre cinquièmes, d’une immigration de ressortissants de l’UE. En parallèle, le pays accueille également des réfugiés, balkaniques dans les années 1990 et ukrainiens depuis 2022 ; avec un droit d’asile de plus en plus restrictif pour ceux fuyant des conflits plus lointains (Erythrée, Soudan, Afghanistan, Syrie).
    L’argumentaire de l’UDC met le doigt sur la principale irritation actuelle : le quotidien d’un pays calibré pour 8 millions d’habitants, réglé comme une horloge, et soudainement confronté aux mêmes pathologies que les grandes nations : trains bondés, autoroutes bouchées, hôpitaux saturés, pénurie d’enseignants, et marché du logement atteint de folie spéculative, à la location comme à l’achat. « S’il n’y a pas de place dans les transports publics, c’est parce qu’il n’y a pas eu assez d’investissements », conteste Tamara Funiciello, députée socialiste bernoise. L’UDC préfère mettre en avant ce qu’elle a nommé une « initiative pour la durabilité », évoquant le « bétonnage du paysage provoqué par une immigration hors de contrôle ». « Il s’agit de reprendre le contrôle de l’immigration pour préserver notre environnement et notre paysage », martèle le député (UDC) valaisan Jean-Luc Addor.
    Pourtant, la prospérité actuelle de la Suisse repose sur cette même main-d’œuvre qu’elle pourrait commencer à bloquer en cas d’acceptation de l’initiative. Dans les hôpitaux du pays, un tiers du personnel soignant dispose d’un passeport étranger ; dans les Ehpad, la proportion frôle les 50 %. Sans les frontaliers et les immigrés européens, la machine de soins s’arrête, la construction se fige, la restauration met la clé sous la porte.
    « Dans l’hôtellerie, plus de 50 % des employés sont étrangers », confirme Martin von Moos, président de la fédération hôtelière nationale, selon qui l’initiative menace un secteur en manque constant de personnel. Les barons du parti, qui sont aussi souvent de grands patrons, continuent d’ailleurs de recruter activement dans l’UE pour faire tourner leurs usines, sans peur des contradictions. « La cohérence n’est peut-être pas une qualité précieuse en politique. Mais si cette initiative est si dangereuse et le débat qu’elle suscite si conflictuel, c’est parce qu’elle dépasse largement le cadre de la migration. C’est une sorte de Brexit suisse », explique Joseph de Weck, chercheur suisse au German Council on Foreign Relations, un centre de réflexion à Berlin.
    Pour les milieux économiques et la majorité politique, gauche et droite libérale confondues, le scénario relève du film catastrophe. « Faire tomber ces accords avec l’UE dans le contexte géopolitique actuel serait un suicide diplomatique et économique », prévient le député centriste Benjamin Roduit, tandis que le Vert vaudois Raphaël Mahaïm prophétise un « chaos programmé ».
    Le fait que l’UDC désigne l’immigration comme la cause des infrastructures saturées « est plutôt osé, alors que ce parti soutien l’affaiblissement des protections des locataires, la dépriorisation des investissements ferroviaires au profit de la route et la promotion de politiques fiscales avantageuses qui attirent en premier lieu les entreprises et les étrangers fortunés », ajoute le chercheur Joseph de Weck, selon qui « le parti rêve depuis longtemps de faire de la Suisse une plaque tournante déréglementée, un Dubaï alpin ».
    Député UDC et banquier milliardaire à Zurich, Thomas Matter ne dit pas vraiment le contraire : « Nous avions auparavant une immigration qualitative, aujourd’hui c’est une immigration ​quantitative. La Suisse a toujours la même superficie qu’en 1848, et de plus en plus de personnes vivent sur le même territoire. » Selon un dernier sondage, l’initiative serait rejetée à 52 %.

    #Covid-19#migration#migrant#suisse#demographie#immigration#economie#sante#politiquemigratoire#extremedroite

  • Décès de #Jean_Ziegler : retour sur soixante ans de combats
    ▻https://lvsl.fr/deces-de-jean-ziegler-retour-sur-soixante-ans-de-combats

    Nous apprenons le décès de Jean Ziegler. Sociologue #Suisse, il a été rapporteur spécial pour le droit à l’alimentation du Conseil des droits de l’homme de l’ONU (de 2000 à 2008). Auteur de nombreux ouvrages sur les rapports Nord-Sud, il n’a eu de cesse de documenter les impacts sociaux de la #Mondialisation. Compagnon de route de Fidel #Castro, Thomas Sankara, Yasser Arafat ou encore Hugo Chavez, il a exploré des voies alternatives dans la lutte contre la faim et la pauvreté. Son parcours politique commence en 1961 à Kinshasa, au Congo nouvellement indépendant, où il est témoin du putsch (soutenu par les puissances occidentales) qui renverse le chef d’État Patrice Lumumba. Il se termine avec la publication d’un dernier ouvrage en 2024 (Où est l’espoir ?, Seuil), qui synthétise sa longue (…)

    #International #impérialisme #néolibéralisme #ONU

    • Mort de Jean Ziegler, ami du Sud global et combattant acharné contre la faim dans le monde
      Publié le 10 juin 2026 - L’Humanité
      ▻https://www.humanite.fr/carnet/jean-ziegler/mort-de-jean-ziegler-ami-du-sud-global-et-combattant-acharne-contre-la-faim

      Toute sa vie, le sociologue suisse Jean Ziegler s’est posé une question finalement devenue le titre de son dernier livre publié en 2024 : « Où est l’espoir ? » Il s’interrogeait encore et toujours sur la façon de résister face à un monde impitoyable, pétri dans la guerre, la famine et les inégalités.

      Il est disparu ce 10 juin 2026 à Genève, à l’âge de 92 ans avec, en tête, cette quête qui a dirigé sa vie. Une question et des réponses qui l’ont amené à sillonner la planète et surtout, ce que dans le monde des bien-pensants on déteste, il a pris parti. Un parti philosophique, marxiste et moral. Pas au sens de la vieille morale qui s’écrivait à la craie sur le haut des tableaux noirs (« L’argent ne fait pas le bonheur », par exemple) mais celle de la dignité humaine et de son combat permanent....

    • Du terrorisme au terrorisme d’État
      08 octobre 2024 - par Jean Ziegler
      ▻https://lvsl.fr/du-terrorisme-au-terrorisme-detat-par-jean-ziegler

      La question palestinienne est au coeur des écrits de Jean Ziegler depuis des décennies. Comme témoin, militant, rapporteur pour les Nations-Unies sur le droit à l’alimentation puis vice-président du Comité consultatif de l’ONU sur les Droits de l’homme, il a pu l’aborder sous ses multiples facettes. Dans cet article il revient sur le 7 octobre, l’année qui s’est écoulée, et remonte aux sources de l’impasse actuelle. Évoquant ses rencontres avec Yasser Arafat, il témoigne d’un temps où l’espérance d’une solution rayonnait. Puis il retrace la « chronique d’une catastrophe annoncée », suivant l’expression de l’écrivain Michel Warschawski, dont l’assassinat de Yitzhak Rabin constitue le catalyseur. Et appelle à une « insurrection des consciences » pour faire pour le triompher le droit. (...)

  • Les programmes autour du 14 juin 2026

    Cette année, les collectifs de la Grève féministe convergent à Genève à l’occasion de la manifestation internationale contre le sommet du G7. Une série d’actions et de manifestations auront lieu à d’autres dates dans les cantons.
    Tour d’horizon.

    e 14 juin, rendez-vous à Genève pour la manifestation contre le G7. Le SSP prend en charge les frais de transports publics de ses membres et les appelle à rejoindre le tronçon qu’il organise, derrière le bloc féministe et dans la zone « familiale ».
    Infos et inscriptions
    Les rendez-vous féministes dans les cantons romandsFribourg, le samedi 27 juin 2026

    ▻https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2026/05/15/en-route-pour-la-greve-feministe-du-14-juin-2027/#comment-74685

    #feminisme #suisse

  • Objecteurs de conscience en Suisse : de la prison au service civil - SWI swissinfo.ch
    ▻https://www.swissinfo.ch/fre/politique-suisse/durant-la-guerre-froide-les-objecteurs-de-conscience-%C3%A9taient-per%C3%A7us-comme-d%C3%A9ficients-ou-%C3%A9go%C3%AFstes/91494186

    #Suisse #Objection_de_conscience

    Longtemps minoritaires, les objecteurs de conscience ont été de plus en plus nombreux en Europe de l’Ouest à partir des années 1960. Alors que les Suisses s’apprêtent à voter sur un durcissement de l’accès au service civil, le livre de l’historien Niels Rebetez apporte un éclairage inédit sur le long combat de ceux qui ont refusé de servir.

    Refuser de servir l’armée en Suisse n’a pas toujours été un choix reconnu. Pendant des décennies, les objecteurs de conscience ont été marginalisés, criminalisés, voire disqualifiés par la justice comme « déficients » ou « égoïstes ». À partir des années 1960, leur nombre a fortement augmenté sur fond de contestation sociale et politique.

    Dans un livreLien externe publié mi-mai, l’historien Niels Rebetez revient sur l’évolution qui a conduit à la reconnaisse légale des objecteurs de conscience à travers l’introduction du service civil en 1996. Un débat d’actualité alors que le peuple vote le 14 juin sur un durcissement des conditions d’accès à ce dernier.

    Swissinfo : Pourquoi tant d’hommes ont-ils refusé de se soumettre à l’obligation de servir à partir des années 1960 ?

    Niels Rebetez : Tout d’abord, on observe un changement dans le profil des objecteurs de conscience. Jusqu’alors, il s’agit surtout d’hommes invoquant des motifs religieux pour justifier leur refus de servir, notamment les Témoins de Jéhovah. À partir des années 1960, les motivations se diversifient. On constate en particulier un essor de l’objection politique, lié à l’émergence d’un militantisme en faveur des objecteurs.

    Les transformations sociétales portées par les mouvements de contestation des années 1960 jouent également un rôle. Les valeurs qu’ils promeuvent — rejet du modèle familial traditionnel et de la morale conservatrice — sont en décalage complet avec celles de l’armée, fondées sur la discipline, l’esprit de sacrifice et l’obéissance sans discuter. Par ailleurs, au sortir de la Seconde Guerre mondiale, le temps de la jeunesse — scolarité obligatoire, études ou formation professionnelle — s’allonge, ce qui entre en collision avec le service militaire.

    Le mouvement suisse est-il spécifique ou s’inscrit-il dans une vague internationale de contestation ?

    Il s’agit d’un mouvement général, qui dépasse la seule question de l’objection de conscience. Un peu partout en Occident, on observe une hausse de l’ensemble des comportements d’évitement du service militaire : la désertion ou les absences injustifiées augmentent également.

    La Suisse présente toutefois une spécificité importante. Elle fait partie des derniers pays d’Europe occidentale à avoir introduit un service civil. La plupart des autres États ont mis en place un statut plus tôt pour les objecteurs de conscience, ce qui a pu contribuer à une augmentation des demandes.

    Par ailleurs, l’attachement à l’institution militaire est plus élevé en Suisse que dans d’autres pays, notamment parce que le pays n’a pas participé à la Deuxième Guerre mondiale. Le modèle d’une défense nationale fondée sur la conscription n’a ainsi pas été ébranlé et s’est maintenu, alors que l’obligation de servir était progressivement abandonnée ailleurs.

    Durant cette période, l’obligation de servir revêtait une importance particulière du point de vue social et refuser de s’y soumettre entraînait des conséquences pénales. Qui étaient ces hommes qui osaient s’y opposer malgré tout ?

    Il n’y a pas de profil unique, mais des tendances se dégagent. Il s’agit le plus souvent d’étudiants ou d’hommes actifs dans le secteur des services. Ils sont également plus urbains. On observe aussi une surreprésentation des Romands par rapport aux Alémaniques.

    Par ailleurs, mes recherches ont mis en lumière un profil inédit, très différent. Il regroupe des hommes en situation de précarité, souvent issus de milieux défavorisés. Sans diplôme professionnel, ils enchaînent des emplois peu ou pas qualifiés et cumulent fréquemment des difficultés personnelles. Pour ces personnes, le service militaire apparaît comme une contrainte supplémentaire dans un ensemble de difficultés dont il leur est déjà difficile de sortir.

    À quelles conséquences, les objecteurs de conscience s’exposaient-ils ?

    La première conséquence est la peine de prison, avec des peines qui peuvent aller de quelques jours à plus d’une année. À partir de la fin des années 1960, une distinction est toutefois introduite pour ceux dont les motifs sont reconnus comme « honorables » et relevant d’un grave conflit de conscience : ils peuvent bénéficier d’une peine plus légère, appelée « arrêts répressifs ». Ces personnes sont incarcérées la nuit et les week-ends, tandis que, durant la journée en semaine, ils sont assignés à un travail à l’extérieur de la prison, par exemple dans un hôpital. En revanche, les objecteurs qui ne bénéficient pas de cette reconnaissance purgent des peines fermes et sont incarcérés avec les détenus de droit commun.

    Comment cette expérience de la prison est-elle vécue ?

    Il s’agit d’une épreuve loin d’être anodine. Ils sont exposés aux mêmes conditions de détention que les autres prisonniers : promiscuité, violence, arbitraire. Pour certains, les conséquences ont été particulièrement graves. Dans le cadre de ma recherche, j’ai identifié trois objecteurs décédés en prison : deux par suicide à Bellechasse, et un autre vraisemblablement d’une surdose de médicaments.

    Plus largement, l’expérience carcérale a pu laisser des traces durables. Plusieurs témoignages évoquent son caractère profondément éprouvant, voire traumatisant. Certains anciens détenus ont eu de grandes difficultés à s’en remettre.

    Au-delà de la prison, vous montrez également dans votre livre qu’il existait des conséquences à plus long terme.

    Oui, en particulier sur le plan professionnel. Dans le secteur privé, on sait que des objecteurs ont été licenciés ou ont rencontré des difficultés pour retrouver un emploi, mais ces situations restent difficiles à documenter. En revanche, dans le secteur public, les effets sont plus visibles. Les enseignants et les éducateurs sont particulièrement concernés, car les autorités craignent qu’ils n’exercent une mauvaise influence sur les jeunes hommes.

    À cela s’ajoute une question de principe : du point de vue des autorités, il est difficilement acceptable de servir l’État en tant qu’employé tout en refusant de se plier à une obligation constitutionnelle comme le service militaire.

    Vous vous êtes également penché sur le sort que réservait la justice militaire aux objecteurs de conscience. Comment étaient-ils traités sur ce plan ?

    La justice militaire cherche avant tout à expliquer un refus de servir qui lui paraît impensable, en particulier dans le contexte de la guerre froide. Les juges et les experts psychiatres peinent à saisir ces comportements et vont donc chercher des explications du côté des individus eux-mêmes, plutôt que dans leurs motivations telles qu’ils les expriment.

    Deux grandes interprétations reviennent de manière récurrente. La première consiste à considérer que les objecteurs sont déficients ou qu’ils ont un « développement mental incomplet ». Cette lecture permet de donner un sens à un acte jugé incompréhensible sans remettre en cause l’institution militaire.

    Lorsque cette interprétation ne s’applique pas, une seconde lecture s’impose : celle de l’égoïsme. Les objecteurs sont alors décrits comme des individus refusant toute forme de devoir. Le ton devient alors nettement plus virulent, et cela peut se traduire par des peines plus lourdes. Dans tous les cas, leurs motivations sont largement délégitimées et dépolitisées.

    Quel rôle ont joué les objecteurs de conscience dans le développement du service civil ?

    On peut considérer que le militantisme a contribué, sur le long terme, à préparer le terrain et à rendre progressivement pensable l’idée d’un service civil. Toutefois, malgré des décennies de mobilisation, les deux premières initiatives populaires visant à introduire un service civil, en 1977 et 1984, ont été sèchement refusées par le peuple.

    Son introduction a finalement été acceptée en votation en 1992. La fin de la guerre froide a joué un rôle clé en rendant acceptable, pour une majorité, l’idée que certains individus puissent accomplir un service de remplacement pour des motifs de conscience.

  • Monde académique 1/5 - Le privé fait la leçon

    Les #coupes_budgétaires sont drastiques depuis des années dans les universités suisses. En 2027, 2,4 milliards de francs devront être coupés. Or qui dit moins de #soutien_public, dit augmentation des #taxes_d'études et augmentation des #financements_privés. Quels risques pour la #liberté_académique ? Alors que l’Université de Fribourg inaugure un centre financé par la Mobilière, une manifestation a lieu, à Genève, contre l’#austérité qui vise le monde académique.

    ▻https://www.rts.ch/audio-podcast/2026/audio/monde-academique-1-5-le-prive-fait-la-lecon-29250571.html
    #ESR #université #privatisation #Suisse #facs
    #audio #podcast

  • Les manipulations de l’extrême droite #Suisse sur l’asile
    ▻https://migreurop.org/article3595.html

    L’initiative « Pas de Suisse à 10 millions ! » sera soumise au vote en juin 2026. Le texte de l’UDC (parti d’extrême droite suisse) se focalise beaucoup sur l’asile, attribuant à ce secteur de la migration la cause d’une croissance démographique mettant en péril la « durabilité ». Cet article écrit par Elodie Feijoo et Sophie Malka sur "asile.ch" propose un décryptage des discours mensongers et rappelle les faits ainsi que les chiffres de la migration et de l’asile en Suisse. (…) #Actualités_des_membres

    / Suisse, #Asile

    ▻https://asile.ch/2024/03/07/penurie-et-main-doeuvre-refugiee-une-solution-gagnante
    ▻https://asile.ch/2026/05/01/une-suisse-a-10-millions-a-cause-de-lasile

  • La Suisse pointée du doigt pour avoir renvoyé de force des migrants au Burundi - InfoMigrants
    ▻https://www.infomigrants.net/fr/post/71617/la-suisse-pointee-du-doigt-pour-avoir-renvoye-de-force-des-migrants-au

    La Suisse pointée du doigt pour avoir renvoyé de force des migrants au Burundi
    Par RFI Publié le : 29/05/2026
    Un expert de l’ONU et 40 ONG épinglent la Suisse pour le renvoi forcé de migrants au Burundi. La confédération helvétique est l’un des rares pays d’Europe à appliquer les retours forcés dans les pays qu’elle juge sûrs. Or pour le Burundi, elle se fonde sur une évaluation caduque, alors que le pays pratique la torture, selon les associations de défense des droits de l’Homme. Onze ressortissants du pays aux mille et une collines, dont une famille avec enfants, ont ainsi été renvoyés chez eux le mois dernier.
    Éric (prénom d’emprunt) a fui le Burundi après avoir été torturé en prison pour s’être opposé à la milice locale des Imbonerakure. « Dans le service de renseignements j’ai été incarcéré pendant trois semaines. J’ai subi des tortures physiques et les tortures sexuelles », témoigne-t-il.
    Installé depuis 2022 en Suisse, où la justice l’a débouté de sa demande d’asile, Éric risque l’expulsion à tout moment. « Je vis dans une situation d’aide d’urgence, j’arrive pas à bien dormir, je prends des médicaments pour le stress. Quand j’imagine que je peux être renvoyé au Burundi avec tout le sort que j’ai subi, c’est vraiment compliqué pour moi. »
    Fuir le pays, un acte de déloyauté pour le régme burundais
    Emma Lidén est avocate spécialisée en droits humains à Genève. Elle a porté le dossier d’Éric auprès du rapporteur spécial de l’ONU. « Le secrétariat d’État aux Migrations doit renouveler son appréciation de la situation au regard des droits humains au Burundi. Les autorités sont tenues d’évaluer chaque situation de manière individualisée et actualisée », explique-t-elle.
    Les autorités suisses évaluent le risque sécuritaire et accordent le statut de réfugié en fonction du profil militant des demandeurs d’asile. Le rapporteur spécial de l’ONU souligne, dans son rapport, que le simple fait d’avoir fui le pays constitue pour les autorités burundaises un acte de déloyauté envers le régime. Rendant tout retour risqué

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  • Colon ne s’écrit pas au féminin

    Au milieu du XIXe siècle, des banquiers genevois fondent une #entreprise_coloniale, la #Compagnie_genevoise_des_colonies_suisses de Sétif. La France veut alors peupler l’Algérie de colons européens et, du côté de l’arc lémanique, on décide d’en tirer profit. Lolvé Tillmanns s’empare de la fiction pour revisiter cette histoire méconnue à travers le regard de trois femmes : une épouse de banquier genevois, une paysanne vaudoise devenue colon et une adolescente algérienne qui voit les Souissis s’approprier ses terres. Elles disent les espoirs, les violences et les exactions de la Suisse coloniale.

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