• Recension critique de livre d’Antonio Casilli @antoniocasilli par Matthieu Amiech

    Matthieu Amiech, En attendant les robots ?, 2019
    https://sniadecki.wordpress.com/2019/07/09/amiech-robots

    Le livre commence ainsi par une réfutation de la théorie du « grand remplacement technologique », qui selon Casilli « domine le débat intellectuel depuis plusieurs décennies » (p. 13). Une telle affirmation est pour le moins discutable. En sciences économiques, c’est au contraire la théorie de la substitution qui règne aujourd’hui comme (avant-)hier, théorie qui veut que les suppressions d’emplois par l’automatisation dans certains secteurs sont toujours compensées par des créations d’emplois ailleurs, notamment dans de nouveaux secteurs d’activité. L’idée que le chômage de masse et/ou l’emploi précaire ont à voir avec le progrès technologique a été complètement absente du débat intellectuel de 1995 à 2010, et elle n’est redevenue objet de discussion que suite à deux études académiques anglo-saxonnes en rupture avec le consensus habituel, en 2011 et 2013 : le livre américain Race against the machine [La Course contre la machine], annonçant que l’accélération de l’innovation ne resterait pas sans effet sur le marché du travail ; et une étude de deux chercheurs d’Oxford qui prévoyait que 47 % des emplois existants étaient menacés directement par l’intelligence artificielle et la robotique.

    #Antonio_Casilli #Matthieu_Amiech #robotisation #automatisation #surnuméraire #critique_techno

  • Les « morts de désespoir », une vague de mortalité qui frappe les USA
    http://www.entelekheia.fr/2019/06/29/les-morts-de-desespoir-une-vague-de-mortalite-qui-frappe-les-usa

    La montée des « morts de désespoir » chez les millenials et la génération Z peut être attribuée au fossé actuel entre les espoirs et la réalité. Élevés dans le mythe du Rêve américain, ce sont les premiers citoyens du pays à connaître un niveau de vie nettement inférieur à celui de leurs parents, les baby-boomers, qui ont connu la prospérité grâce au boom économique de l’après-guerre. La dette nationale a gonflé sous l’effet de deux décennies de guerres intenables, dont le coût cumulé est sur le point de dépasser les 6 billions de dollars, alors que le budget du Pentagone a atteint une ampleur sans précédent, pendant que des coupes sombres dans les services sociaux ont décimé le peu de filet de sécurité sociale sur lequel les Américains pouvaient autrefois compter. De multiples séries de réductions d’impôt pour les riches et les grandes entreprises ont dégradé l’assiette fiscale du gouvernement et, ce qui n’est peut-être pas surprenant, les inégalités économiques se sont accrues jusqu’à dépasser celles de la Grande Dépression.

  • Le ministère de l’Intérieur commande en masse des munitions pour fusils d’assaut et des grenades de désencerclement - Basta !
    https://www.bastamag.net/Beauvau-Castaner-violences-policieres-fusils-d-assaut-LBD-grenades-blesses

    Les nouvelles armes de maintien de l’ordre et de « gestion démocratique des foules » sont responsables de dizaines de mutilations à vie et de blessures graves. Qu’importe ! Le ministère de l’Intérieur vient d’entériner de nouvelles commandes massives : 10 000 grenades de désencerclement par an, qui s’ajoutent aux centaines de lanceurs de balles de défense (LBD) achetés en fin d’année dernière. Plus étonnant, la place Beauvau a acheté 25 millions de cartouches de fusils d’assaut pour les quatre prochaines années. « Allô, place Beauvau ? C’est pour une commande » : enquête sur ces étranges appels d’offres.

    #maintien_de_l'ordre #police #justice

    • Un grand Merci aux abstentionnistes qui ont juste conforté Macron le grand Guignol en chef à un point du RN seulement ; seul le conservatisme aura gagné devant l’abstention...

      Et Macron accélère. L’oligarchie peut juste continuer de se cacher tranquillement derrière les couettes de Greta pour finir de saccager allègrement la planète.
      J’espère que Jadot et les verts européens se rendront compte de leur responsabilité historique.

      Tic tac tic tac... ?

      Et vous avez perdu un œil ?
      Vous allez perdre le deuxième.
      Le grand débat : vaste blague !
      L’élection de ce soir : moi ou le chaos 2.
      Le reste du quinquennat : lacrymo bienveillante pour ceux qui ne serait pas d’accord et partages des richesses entre amis.

      Bon dimanche.

    • @marielle, moi aussi quand j’ai vu la flopée de listes de gauche, je me suis dit qu’il y avait un problème dans l’offre politique, que vu l’urgence c’était grave de ne pas arriver à construire un programme commun qui donne un peu d’espoir et une porte de sortie électorale à la contestation actuelle. Mais soyons sérieux... la FI a tenté violemment de mettre tout le monde derrière elle plutôt qu’avec et elle le paye aujourd’hui. Ça, c’est une faute historique. Et avec son virage chevènementiste BBR, je ne suis même pas sûre que Mélenchon soit encore capable de faire l’union sur des bases politiques un peu sérieuses avec tous les gens qui s’inquiètent de la prévalence du racisme. C’est facile de blâmer les autres. Quant à ton propos sur les écolos, je crois qu’il y avait du monde hier pour dire que la question doit être remise au centre. FI n’a peut-être pas démérité sur ça mais l’absence de propositions écolo a fini par faire mal.

      @monolecte, ne pas désespérer... Mais oui, il faudra encore attendre un peu pour que les personnes qui n’ont pas l’impression que la guerre aux pauvres est dirigée contre eux se retrouvent dans la merde. Et d’ici là les techniques de contrôle social seront plus efficaces, peut-être même ne blâmeront-elles qu’elles-mêmes quand on les lourdera pour accroître un taux de profit qui ne ruissellera qu’à peine. Je les entends parler de la gauche et leur bêtise me fait mal au cœur. Mais quand même, quelle gauche ! Ce sont des appareils, des professionnels, qui se connaissent de looooongue date et ils ne sont pas fichus de proposer une offre un peu inédite, un peu sympathique, un peu marketing pour faire croire que les élections changent la vie.

    • Les écolos ont fait un bon chiffre parce qu’ils représentent des valeurs positives, et qu’ils ne sont pas dans le conflit assumé. Sauf avec le reste de la gauche évidemment. Mais ça, les électeurs ne le voient pas.

      La FI morfle parce que... explications au doigt mouillé... ses sympathisants se sont abstenus. Et parce qu’en aucun cas, le vote FI est un vote rassurant. La FI assume le conflit. Les électeurs qui ne s’intéressent à la politique qu’une fois tous les 1000 jours ne veulent pas d’un parti dont la tête d’affiche est systématiquement montré vociférante.

      Cela fait 60 ans que les forces de gauche sont incapables de se rassembler, 60 ans qu’elles sont accusées d’erreur stratégiques historiques. Et à chaque fois, tu découvres que celui ou celle qui crie à la dictature interne est finalement recyclé dans un gruyère...

      J’adhère totalement à la vision de @monolecte. Les inners votent, et ils se foutent des surnuméraires et de notre responsabilité collective.

      Hier, j’ai été repris (sur FB) parce que j’évoquais 50% de vote d’extrême-droite. Personne ne semble s’être aperçu que nous étions déjà dans un pays dominé par des idées, des lois et des individus d’extrême-droite. Valls est d’extrême droite et son parti a mené une politique d’extrême droite. LR est d’extrême droite. Le parti qui est composé de membre de ces deux partis est d’extrême droite. Le RN est d’extrême droite.

      Je n’ai pas encore repris la discussion sur Le Média et sur le gachis et la leçon qu’il représente. Là de suite je préfèrerais être sur un radeau avec un Yannis, qu’avec un Denis... ou n’importe quel autre des cloportes qui a foutu le bronx dans ce média.

    • Trouvé sur twitter"

      Les résultats définitifs c’est 5 269 559 de voix pour le RN contre 7 678 491 au premier tour de l’élection présidentielle. 5 018 676 de voix pour LREM contre 8 656 346 à la présidentielle.
      https://elections.interieur.gouv.fr/europeennes-2019/FE.html
      Le scrutin a donc été une dégringolade pour tout le monde. En donnant les pourcentages, on occulte totalement la réalité du scrutin qui a rassemblé beaucoup de monde sur des listes de moins de 5%.
      4 067 051, soit 17,26% des votants ont choisit une liste qui a fait moins de 5%. Si on rajoute 550 155 de blancs et 523 512 de nuls, ça fait 5 140 718 de votants qui ne seront pas représentés à cause du mode de scrutin.
      Pour mettre les chiffres à côté :
      5 269 559 : Liste RN
      5 140 718 : Listes de moins de 5% & blancs et nuls
      5 018 676 : Liste LREM...
      Source : https://twitter.com/DavidLibeau/status/1132888686004178945

      Ça me sidère de lire sur seenthis une inversion des responsabilités aussi caricaturale que « c’est la faute aux abstentionnistes »
      https://youtu.be/Ig4MZPt4gzI

      Si tu ajoutes à la non-expression et non-representation des petites listes la grosse galère de devoir imprimer son bulletin, rien que techniquement déjà tu as de bonnes raisons de ne pas tomber dans cette ineptie.
      Mais plus flagrant encore quand tu compares avec les précédentes élections européennes, l’augmentation du nombre de votants prouve que, ho wait, ... c’est la faute aux votant-e-s !!!

    • @BigGrizzly : je te confirme que ton député LREM est un nul : un vrai cigare, impossible d’en profiter à scooter ! Si on aime ça, on le déguste... (Et je ne te dis rien de l’art de la cendre qui s’envole en fumée, c’est le cas de le dire !)

    • Ce député n’a pas peut-être pas de « Rolex » mais roule à scooter en fumant le cigare. Le scooter, symbole de la mobilité moderne et « cool » (peut-être même électrique, le scooter, si ça s’trouve) et le cigare, un symbole phallique. Quoiqu’il en soit, ce mec est une un gros naze car le cigare se déguste dans un salon douillet avec un verre de « fine champagne ». Oui, je sais, c’est peut-être élitiste par ces temps de « crise » mais c’est le seul bon souvenir que m’évoque cette discussion. Et ça fait bien longtemps que je n’ai pu m’adonner à ce genre de vice capitaliste (quoique le Lider Maximo ne dédaignait pas un bon havane). Les dégâts collatéraux du déclassement, sûrement ...

    • Un bon résumé des chiffres ici : https://www.les-crises.fr/resultats-des-europeennes-2019
      Faire la morale sur l’abstention c’est vraiment nul (surtout que faudrait qu’on m’explique à quoi sert le parlement européen à part faire joli dans le décor, c’est encore pire que notre assemblée nationale, c’est dire). D’ailleurs la loi des grands nombres me permet d’affirmer que si tout le monde avait été voter, les résultats seraient malheureusement sensiblement les mêmes donc pas de quoi vraiment se rassurer. Regardez juste qui s’est abstenu, alors certes la FI aurait eu + de voix mais sans que ce soit déterminant (elle aurait peut-être doublé LR) car l’abstention est relativement forte chez les sympathisants de tout le monde.

    • Mouais, pour les présidentielles de 2018 au Venezuela, le taux de participation était digne d’une démocratie : 46,07%, soit 53,93% d’abstention.

      Mais il est vrai que l’opposition, à quelques exceptions près, avait appelé au boycott du scrutin. C’est d’ailleurs ce qui lui vaut le qualificatif de « président illégitime », repris régulièrement par elle et les médias qui la soutiennent.

      En 2013 (première élection de Maduro) participation de 79,69%. Et l’année d’avant, pour un Chávez déjà malade, 80,56%

    • Pour les élections parlementaires, celles de 2015 dont est issue l’Assemblée nationale actuelle, présidée par Juan Guaidó, la participation était de 74,17%. L’opposition unie ayant remporté 45,3% des suffrages exprimés et 112 des 167 sièges.

      Ce qui avait abouti à l’élection de l’Assemblée nationale constituante en 2017, boycottée par l’opposition donnant donc un petit 41,53% de participation et aboutissant à un raz-de-marée rouge. À noter que pour l’opposition, le « vrai » nombre de votants aurait été entre 12% et 18% des inscrits… Et résultats non reconnus par une grande partie de la communauté internationale.

    • Oui, j’évoquais bien ces élections là, à 80% de participation. En Russie, la participation aux élections présidentielles est de 65% environ. Quand tu lis les articles sur ce sujet, tu ne peux qu’être étonné par les formulations et les sous-entendus. Nos journaux sont confis de propagande, c’est toujours aussi surprenant. On te cause de l’opposant truc-muche qui publie des photos sans contextualisation sur Twitter et on te traite ça comme une information de première main, et on te fait le clin d’oeil que vraiment, ces dictatures ;-) ;-)... Comme si pour la France, on te relayait toutes les publications de Dupont-Aignant afin de démontrer que la dictature française est bien une dictature...

  • The deadly effects of social inequality | News | Harvard T.H. Chan School of Public Health
    https://www.hsph.harvard.edu/news/features/cutter-lecture-michael-marmot-inequality

    Marmot said that it is the social conditions surrounding poverty that cause health inequities. For example, stressful experiences in childhood such as exposure to #violence on the street can lead to mental illness, risky behaviors, and a lifetime of poor health outcomes. He said that one of the ways that the root causes of health inequities could be addressed would be to reduce childhood poverty. The U.S. and U.K. have the financial capability to do so Marmot said—adding that not doing it is a political decision.

    #pauvreté #inégalités #enfants #politique #états-unis #royaume-uni

  • Tout comprendre sur #Parcoursup

    Pour comprendre la nature de “Parcoursup”, il faut partir de l’expérience directe, sans tenter d’y plaquer des interprétations hatives ou idéologiques. Pour la plupart des lycéens — ceux que les communicants qui encombrent désormais l’appareil d’Etat appellent “nos jeunes” — le processus d’affectation dans l’#enseignement_supérieur se présente comme une boîte noire nimbée de brouillard, comme une obscure Machine.

    Son #opacité ne tient pas tant à l’interface numérique par laquelle se font les connexions que dans l’impression diffuse de ne pas connaître les règles d’un “jeu” qui s’apprête à déterminer la place sociale qui sera assignée à chaque “candidat” pour le reste de son existence.

    Les familles qui entendent faire de leurs rejetons des “premiers de cordée” ne découvrent pas la #guerre_scolaire à cette occasion : elles s’y livrent depuis la maternelle, renforçant la #ségrégation_sociale par mille artifices de contournement, de choix d’options “astucieuses” et de falsification d’adresse. Parcoursup officialise l’idée que les formations universitaires — y compris celles aussi standardisées que des licences d’une même discipline — ne se valent pas. Dès lors, ce qui fut une orientation devient recherche active des filières les plus valorisables, c’est-à-dire celles qui, en l’absence de mécanismes de brassage social, permettront d’obtenir les meilleures places dans la hiérarchie socio-économique. C’est du moins ce dont les concepteurs souhaitent convaincre les classes moyennes. Mais comment savoir quels sont les “parcours” qui permettront d’accroître son “portefeuille de compétences” de sorte à en obtenir les “dividendes” matériels et symboliques les plus généreux ? En effet, hormis les Grandes Écoles, qui assurent la formation des cadres, les formations sont essentiellement les mêmes partout. D’où l’effet de brouillard.

    Les “premiers de cordée” se reconnaissent en ceci qu’ils “ont du réseau” leur permettant d’obtenir informations précieuses et passe-droits. L’#opacité du système est en partie délibérée comme en témoigne le démantèlement des services d’orientation nationaux (#ONISEP et #CIO). Cependant, participent à l’#angoisse générée par la Machine toutes sortes de #dysfonctionnements, d’accrocs, d’#erreurs de débutant, qui admettent une explication simple et donc probablement juste : derrière la prétention de la #Start-Up_Nation à transformer les services de l’Etat en plateformes numériques automatisées se cache un amateurisme sans bornes. Ainsi, l’équipe technique incompétente recrutée par le ministère en charge de l’enseignement supérieur s’est montrée incapable d’écrire un logiciel sans bug, malgré la simplicité algorithmique : appeler les “candidats” dans l’ordre dans lequel les formations les ont classés, au fil des désistements. Du reste, il n’est qu’à voir le visage de Mme Vidal rongé par les anxiolytiques, lorsqu’elle débite d’une voix pâteuse les éléments de langage préparés par les communicants de son cabinet, avec des chiffres arrangés quand ils ne sont pas tout simplement faux, pour comprendre que l’angoisse générée par Parcoursup s’étend à tous ceux qui ont été mis au service de la Machine : les bacheliers, bien sûr, mais aussi les responsables des formations qui produisent les classement des “candidats” et l’ensemble de la #bureaucratie ministérielle occupée à calfeutrer les voies d’eau qui se multiplient quotidiennement. Que le ministère en charge de l’enseignement supérieur soit entièrement tourné désormais vers le micro-management le plus insignifiant, n’est pas le moindre des paradoxes du dispositif. Au final, le mantra répété jusqu’à la nausée par la ministre, “Remettre de l’Humain dans la Machine”, n’est pas si faux que cela, qui évoque métaphoriquement ces usines de nuggets à destination de la restauration rapide, qui broient ce qui reste des poulets une fois amputés de leurs filets et de leurs cuisses.

    La boule au ventre qui étreint les lycéens au moment de choisir la discipline à laquelle ils entendent se former, comme moyen particulier d’aller vers une autonomie de pensée, ne s’arrête pas le jour où tombent, comme un couperet, les affectations. Les “premiers de cordée”, un sur cinq environ, obtiennent ce qu’ils souhaitent dès le premier jour et c’est l’objet même de la Machine que ce soit le cas. Le système d’affectation précédent, qui n’était certes pas la panacée mais ne reposait pas sur un classement des “candidats”, parvenait à attribuer son premier vœu à un bachelier sur deux. Avec Parcoursup, plus de la moitié des “candidats” sont “mis en attente” pour l’intégralité des formations demandées, y compris celles, au fond non souhaitées, qui constituaient des choix stratégiques de repli. Et ce purgatoire a été conçu pour durer très longtemps. N’importe quel informaticien pouvait prédire que la suppression des vœux hiérarchisés engendrerait des “deadlocks” algorithmiques, ralentissements induits lorsque des processus concurrents s’attendent mutuellement, ne laissant d’alternative à l’interprétation qu’entre le cynisme et l’incompétence totale. Ainsi, il restait plus de 47000 candidats sur le carreau à la rentrée 2018, principalement des lycéens ayant obtenu un bac “pro”. Les éléments de langage produits par le ministère et repris sans vérification par la presse quotidienne transformèrent ce fait tiré des statistiques du ministère lui-même en : “moins de 2500 candidats encore en attente”. Au final, l’angoisse générée par la “mise en attente” a une fonction importante : faire accepter avec soulagement une formation pour laquelle le “candidat” n’a ni affinité ni appétence.

    Faire patienter, c’est dominer

    En résumé, Parcoursup est une machine à dévorer du temps pour permettre à une minorité de choisir librement leur formation et pour le plus grand nombre, d’être répartis au cours d’une grande loterie anxiogène.

    Bien qu’il soit important de rendre compte des effets concrets que Parcoursup produit, il ne faut pas le réduire à un dispositif technique mais en analyser les motivations.

    Parcoursup a d’abord une dimension gestionnaire et répond à un problème précis : comment ne pas investir dans l’#Université_publique, alors même que la population étudiante est supposée s’accroître de 30% entre 2010 et 2025. Cela représente quelques 400 000 étudiants en plus, soit une vingtaine d’universités à construire. La réponse est simple : décourager les inscriptions par tous les moyens y compris par l’augmentation des #frais_d’inscription pour les étrangers, “caser tout le monde” en bourrant les formations désertées de “sans fac”, et augmenter à moyens constants les capacités d’accueil des formations (de 10% en 2018). Si cela ne suffit pas, Parcoursup permet techniquement de recourir à la sélection stricte.

    Deuxième dimension du dispositif, Parcoursup en finit avec un système qui permettait à tout bachelier de faire les études universitaires de son choix. Le dispositif reprend le contenu de la #loi_Devaquet là où l’assassinat de Malik Oussekine par les voltigeurs motocyclistes l’avait interrompu en 1986. Parcoursup signe ainsi la mise à mort du #baccalauréat, remplacé à l’entrée de l’Université par de la mise en #concurrence : chaque formation produit, à partir des notes de contrôle continu, des options choisies dans le secondaire et de données sur l’origine sociale (CV, lettres de motivation, etc.) un #classement des “candidats”. L’#examen_terminal est remplacé par une évaluation des “#portefeuilles_de_compétences” directement inspirée des pratiques managériales. On trouve là un premier fondement idéologique de Parcoursup, qui rompt avec les idées promues par la Révolution Française, assignant à l’enseignement une fonction émancipatrice : développer, à des fins de citoyenneté, l’usage critique de la raison individuelle. Parcoursup participe de la tentative d’amener tout le monde à se penser et à se comporter en entrepreneurs d’eux-mêmes, individuellement responsables de leur destin.

    Simultanément, le baccalauréat ayant été, pendant plus d’un demi-siècle, l’épreuve initiatique de passage à l’âge adulte pour la classe moyenne, sa disparition vise aussi à infantiliser les jeunes adultes. Le retour du service national, affublant “nos jeunes” d’un uniforme hybride entre le vigile de supermarché, le gardien de prison et le policier, confirme cette volonté d’humiliation et de torture douce. Tout concourt à repousser l’âge de l’autonomie financière et intellectuelle en transformant progressivement la licence en “lycée du 21e siècle”, terme qui tint lieu un temps de résumé programmatique à la candidature de Macron à la présidentielle, d’après les Macronleaks.

    Ces deux facettes de Parcoursup — déposséder les jeunes adultes de leur autonomie et simultanément les rendre responsables de leur position sociale — ne sont antagonistes qu’en apparence. Elles contribuent toutes deux à la fiction méritocratique, ce supplément d’âme dont “on” a doté la reproduction sociale. Plus précisément, Parcoursup (tout comme la loi Blanquer) s’inspire d’une supercherie : la théorie du capital humain. Cette “théorie” vise à naturaliser les inégalités économiques, en produisant un argumentaire à destination des classes moyennes faisant porter la responsabilité des hiérarchies sociales aux individus, et non à l’organisation de la société. Pour empêcher de penser l’héritage, d’une part, et la reproduction du capital, d’autre part, comme étant les mécanismes primordiaux de production des inégalités, il s’agit de postuler que les revenus des individus proviennent de la fructification de leur “capital de compétences”. L’important n’est pas que ces “compétences” existent, qu’on puisse les mesurer, c’est de créer les conditions sous lesquelles les individus soient amenés à se vivre eux-même comme portefeuilles de compétences en quête de valorisation, acceptant de facto leur position dans la hiérarchie sociale sans se révolter. Telle est la fonction anesthésiante de la nimbe d’angoisse et de pression autour de Parcoursup. Mais ce n’est pas tout. Si suivre une formation universitaire permet d’accroître ses revenus futurs, alors l’entrepreneur de lui-même se doit d’investir dans son portefeuille de compétences et donc de payer l’Université, en empruntant si besoin.
    Faire patienter, c’est occuper. Et l’occupation, c’est le début de la colonisation culturelle.

    Dans quel projet global de société, la vision de l’Université portée par Parcoursup s’inscrit-elle ? L’Université moderne est née en France avec la IIIe République, la dissolution des institutions médiévales à la Révolution ayant conduit à liquider toute autonomie du système facultaire et à créer des écoles professionnelles sous contrôle de l’État. Elle conserve aujourd’hui une triple anomalie en héritage du 19e siècle : le système des grandes écoles, la centralisation parisienne et l’absence d’autonomie du corps professoral vis-à-vis des pouvoirs dont il dépend. Elle a eu de ce fait une incapacité chronique à s’adapter aux mutations socio-économiques de son temps. Au 19e siècle, et jusqu’à la seconde guerre mondiale, la demande vis-à-vis de l’Université a été le développement de la recherche pour appuyer la révolution industrielle et former les nouvelles classes moyennes, témoignant d’une supériorité du modèle humboldtien de liberté d’enseigner, de rechercher et d’apprendre sur le modèle napoléonien. Après guerre, la demande des classes dirigeantes a changé de nature, tirée par le compromis fordiste, le plein emploi et la concurrence du bloc marxiste-léniniste : il s’est agi de combler le déficit de main d’œuvre qualifiée par la constitution d’une première Université de masse développant une formation à et par la recherche. Après 68, et tout au long des années 1970, une nouvelle demande a émergé, venant des étudiants eux-même et des milieux militants portant une exigence d’émancipation, de critique sociale et d’autonomie intellectuelle, produisant enfin de réelles universités au tournant du 21e siècle, malgré l’héritage douloureux de grandes écoles inaptes à la recherche. Depuis deux décennies maintenant, l’émergence d’un libéralisme autoritaire a conduit à une reprise en main, sur fond de désindustrialisation, de chômage de masse et de crise systémique. Les classes dirigeantes se moquent, pour l’essentiel, de l’Université où elles n’envoient pas leurs enfants se former — les business schools ont “bâti autour d’eux un mur d’ignorance et d’erreur". Aussi ont-elles bondi sur la première pensée indigente émise par un économiste d’Harvard : ne conserver que dix universités (au sens humboldtien), pour assurer l’activité de recherche nécessaire à l’innovation technique.

    Quelle ambition, dès lors, pour l’écrasante majorité des bacheliers issus des classes moyennes, et pour les classes populaires ? Aucune. Nada. Un vide de pensée politique. Dans la mesure où, d’une part, la production marchande peut être assurée par 10% de la population, l’Asie tenant lieu d’usine mondiale et où, d’autre part, les 10% de classes moyennes supérieures sont formées dans les grandes écoles, les 80% de classes moyennes inutiles à l’ordre économique dominant ne servent à rien. Leur formation intellectuelle et pratique est une non-question. Les universitaires ne sont rien d’autre qu’un poids mort pour les finances publiques. Même s’ils sont pour la plupart frappés de stupéfaction ou occupés à des activités courtisanes, ils disposent encore de trop de temps non-contraint pour ne pas représenter un danger. Dès lors, en l’absence d’idée, tout est mis en œuvre pour créer un marché de l’enseignement supérieur, ce qui suppose de différencier les parcours et les établissements, et de les mettre en concurrence. C’est très exactement ce à quoi contribue Parcoursup, comme brique dans une construction au long cours. La suite est connue dans les grandes lignes : créer les conditions pour accroître la part du privé dans le marché nouvellement constitué ; paupériser les établissements de proximité et y avoir recours massivement au travail précaire ; déréguler les statuts des universitaires pour abaisser les coûts salariaux ; accroître la “double hétéronomie autoritaire de l’université, envers l’encadrement administratif et envers la commande des marchés”.

    L’heure n’est plus à la défense conservatrice d’une Université qui n’existe de facto plus — si tant est qu’elle ait jamais existé — mais à la reformulation d’un projet de transformation radicale de la société qui inclue l’ensemble du système éducatif. Il devient non seulement nécessaire mais urgent de retrouver le contrôle de nos existences, de nous donner du temps pour penser et de faire de nos vies des terrains d’expériences.

    https://lundi.am/Tout-comprendre-sur-Parcoursup
    #parcours_sup #sélection #éducation_supérieure #université #attente #patience

  • We froze the salaries of 20 executives – and it improved the lives of 500 employees | Inequality | The Guardian
    https://amp.theguardian.com/commentisfree/2019/may/15/executive-pay-salaries-carecentrix-senior-team-employees

    Five years ago, as a newly minted CEO of healthcare services company called CareCentrix, I had a complicated challenge.
    Disney heir on CEO’s $66m pay: ’No one on the freaking planet is worth that’

    Our margins had declined and our revenue growth had stalled. My board of directors and my investors demanded improved performance: lower costs that would lead to more growth and more profit. At the same time, I was becoming increasingly worried about our team and our turnover numbers. We are a people business and in some divisions we were losing 30 to 40% of our teammates within a year.

    My HR staff suggested that we re-think our recruiting and training – which made sense – but I thought that we could do more. I thought we needed to reconsider how we supported and paid our team.

    For our entry level jobs – where turnover was the highest – we paid the federal minimum wage of $7.25 an hour (or less than $16,000 per year).

    Assuming nothing went wrong, and assuming that our employees were living with another wage earner or working another part-time job, $7.25 hourly wage might be sufficient.

    The reality is that for many of us, things do go wrong, and I had emails from my new teammates to prove it.

    One was from a customer service representative – a young mother with a family, who had lost her apartment in a fire and did not have enough money for diapers. Another email soon followed – this employee had missed a few bills and was living out of her car with her child.

    This drove me crazy: how did we get to the point where one of our employees had to apologetically ask for financial support so she and her family could put a roof over their heads?
    A young mother did not have enough money for diapers. Another employee was living in her car with her child

    While some of our elected officials congratulated us for creating jobs, I felt that we were failing some of our employees, and the communities we were based in. The more our executive team parsed through the requests for assistance, the more we all became uncomfortable with the mismatch between what we asked of our employees and what we provided to them in turn.

    Almost no one enters the infuriatingly complicated healthcare system by choice. It might be from an accident or a chronic illness, but nearly every person who needs healthcare starts from a position of vulnerability and some fear.

    So, when we hire new employees, we ask that they inject their heart in every interaction – beyond just completing a task – because although it is what every patients deserves it’s not always what they receive from the system. How could we demand that our employees focus on the unmet needs of our patients, while their employer was not looking out for their basic needs ?

    I took my concerns to my team. After many tough conversations, it became clear that we could not simply raise wages and hit our budget.

    I came back with a challenge: what if we froze the wages of the senior team and invested the annual inflation adjustment allotted for us into raising the wages of our entry-level employees ?

    I challenged the chief financial officer to see how deeply we would have to freeze wages in order to reach our goal of a base rate of $15 per hour.

    The answer was that we did not have to go very deep. Over the last few decades executive salaries have skyrocketed. That translates into accelerated wage growth in the highest tiers of executives throughout American business, and it affects every company.

    What that meant for our company was that if we just froze the wages of our most senior team – less than 20 executives – we could radically increase the wages and improve the lives of nearly 500 of our teammates.

    The conversation with our executives was straightforward. We were in the midst of a turnaround. We were demanding much from every corner of the company. Small financial sacrifices from those at the top could be life changing for those at the bottom of our wage scale. We needed to do it to build a real sense of Team CareCentrix. They agreed. With joy, we announced in January 2015 that our minimum base pay for employees would go up to $34,000, or the equivalent of $15 per hour.

    Raising wages in the midst of a business turnaround was not easy. We needed our executive team to buy into a vision of business success where every employee had a fair shot at success. It worked.

    Our business has tripled over the past five years. Our minimum wage is now approaching $16.50 per hour and last year we broadened profit sharing to all levels of the company.

    I share my story at CareCentrix so that politicians and the public remember the role and responsibility of the business community in contributing to the success of the American Dream, and so that business leaders understand that an investment in the workforce is one of the best financial decisions to make.

    Every business has its unique challenge, but the example of CareCentrix suggests that there is plenty wealth to go around – at the very least, to make sure that the employees we ask so much of can live a healthy and fulfilling life with the wages we pay.

    In addition to serving as CEO of CareCentrix, John Driscoll is a member of the Patriotic Millionaires, a group of high-net worth business leaders and investors who are united in their concern about the destabilizing concentration of wealth and power in America

  • Dominique Méda : « Le bon temps de travail, c’est celui qui permet à tous de travailler ! »
    https://www.lemonde.fr/tant-de-temps/article/2016/11/07/dominique-meda-le-bon-temps-de-travail-c-est-celui-qui-permet-a-tous-de-trav

    Le bon temps de travail, c’est celui qui permet à tous de travailler ! Nous devrions continuer à réduire le temps de travail, ou du moins la norme de travail à temps complet. Lorsque plus de 6 millions de personnes sont au chômage, qu’1,2 million le sont depuis plus d’un an, et plus de 800 000 depuis plus de trois ans, il est criminel de ne pas engager une politique de partage du travail. Et ce d’autant que le volume de travail est en permanence partagé : à un moment, certains ne travaillent pas du tout, d’autres 10 heures par semaine, d’autres encore 60 heures. En Allemagne, les travailleurs masculins occupent plutôt des temps pleins longs dans l’industrie et les femmes des temps partiels courts dans les services.

    « Les carrières des femmes sont beaucoup plus interrompues que celles des hommes. Cela a des impacts sur leurs salaires et leur retraite. »

    En France, la convergence est plus grande autour de la norme : il faut réduire le temps de travail pour éviter que le chômage n’opère des dégâts sur les individus, mais aussi pour éviter qu’il ne pèse sur les conditions de travail et les salaires de l’ensemble de la population en emploi. Le bon temps de travail c’est donc celui qui permet à l’ensemble des personnes en âge de travailler d’accéder à l’emploi, mais aussi aux hommes et aux femmes d’assurer la prise en charge à parts égales des activités domestiques et familiales, ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui…

  • Le privilège végétarien - Mon blog sur l’écologie politique
    http://blog.ecologie-politique.eu/post/Le-privilege-vegetarien

    Je voudrais pour finir rappeler deux choses : beaucoup de personnes dans le monde se procurent des protéines comme elles peuvent et n’ont pas besoin des bons conseils de citadin·es incapables de faire pousser autre chose qu’un basilic. Et puisque notre impact environnemental suit de manière assez mécanique notre revenu, devinez qui pourrit le plus la planète, du couple de paysan·nes qui gagne un Smic pour deux dans la vallée ou de l’amateur de faux gras à 5 euros les 200 g de levure ? De la foodie qui court les restaus végans ou de la famille d’autochtones malaisien·nes qui est la première génération à profiter d’une relative abondance alimentaire ? C’est une des raisons pour lesquelles, avec mon revenu et mon statut, j’aurais honte de refuser les anchois séchées dans le plat de riz du matin.

    #végétarisme #végan #animaux #chasse #agriculture

    • Entièrement d’accord. Très bon dossier dans le dernier numéro de la revue « Nature et Progrès ». Les modes et autres phénomènes de manipulation de l’opinion deviennent de plus en plus inquiétants, d’autant que l’on sait qu’ils n’ont rien d’innocent et préfigurent de l’alimentation industrielle de demain (revoir le film « Soleil vert »).

    • Très bon article mais juste un point sur lequel je tique un peu : le respect des sols par l’agriculture biologique. Il semble que le labour est encore pas mal pratiqué en bio (hormis en permaculture a priori) ce qui pose problème pour la conservation des sols. Je ne sais pas si les pratiques sont en train d’évoluer ou non donc je me plante peut-être mais ça me semble être pour le moment le gros point noir de l’agriculture bio.
      Le mouvement vegan, comme tu le soulignes Aude, a clivé de façon assez violente les positions et on peut difficilement discuter désormais (soit on est un bobo hipster d’un côté, soit un meurtrier carniste mangeur de cadavres de l’autre) alors qu’il y a quand même un consensus assez général pour toute personne un peu soucieuse d’écologie sur le fait qu’il faut manger moins de viande/poisson et certains autres produits animaux. Il y a aussi une sur-représentation médiatique de ce mouvement du fait des gens qui le soutiennent, j’en discutais ce week-end avec un pote vivant au fond de la Corrèze, il n’a jamais croisé de vegans dans sa vie sauf chaque semaine à la télé/radio.

    • Claude Aubert, l’un des papes de l’agriculture bio, recommandait dès les années 70 l’abandon du labour et l’absolue nécessité de ne pas bouleverser les couches du sol. C’est vrai qu’actuellement les pratiques sont diversifiées. Il y a encore beaucoup de tatonnement et d’expérimentation. Certains agriculteurs « reconvertis » ont du mal à changer toutes leurs pratiques. Le problème dépend aussi de la profondeur du labour et de la manière dont on utilise la charrue. En maraichage, avec une terre vivante sur une couche superficielle un peu épaisse un brassage du sol, modéré, est sans conséquences sur la vie du sol. Sur les terrains légers mieux vaut simplement griffer. Sur une terre fortement argileuse, griffer après l’hiver ce n’est pas toujours facile.
      Le véganisme est une hystérie collective urbaine dans un pays où certains n’ont pas d’autres problèmes persos à gérer, ou veulent à tout prix se faire remarquer. Nous sommes adhérents à un réseau d’accueil de voyageurs (Work Away) et nous accueillons volontiers les végétariens mais pas les végans. Trop chiants et à côté de leurs pompes (en carton). Je suis d’accord avec Aude sur le fait que le véganisme arrange bien les affaires de l’agro industrie qui en a plein le dos des éleveurs et des petits fermiers toujours après revendiquer...
      On se sert dans un réseau « voisin de panier », proche sur le principe d’une AMAP. La viande bio est chère, surtout le porc : on compense en en mangeant moins.
      Là-dessus, je vais surveiller la cuisson du Rosbeef : nous recevons de nouveaux workawayers ce midi !

    • Et puis un autre problème qui est souvent mis sous le tapis, il semble quand même qu’un paquet de vegans, même très consciencieux, ont des problèmes de santé (anémie, troubles de la digestion etc.) dus à leur régime évidemment assez peu adapté aux omnivores que nous sommes (et les compléments alimentaires ne sont pas suffisants pour tout le monde), problèmes qui finissent par faire abandonner ce régime parfois très rapidement. La plupart des vegans cachent ces problèmes ou refusent de les attribuer à leur régime mais on commence à voir émerger des témoignages dans ce sens (sur Youtube on trouve une compilation ici : https://www.youtube.com/playlist?list=PLQfSnI373SjcahyaA6ZcrciVHVMUt7at1 ).
      J’ai tendance à penser que le problème de cette idéologie, c’est qu’elle est très attirante sur le papier (celui ou celle qui y adhère ne peut que se voir immédiatement comme supérieur moralement) mais malheureusement complètement déconnectée de la réalité de ce qu’est la vie (et la mort) sur Terre.

    • Sur le clivage, @alexcorp : oui, il pourrait y avoir de quoi s’entendre sur la réduction des produits d’origine animale dans l’alimentation. Jocelyne Porcher dit dans On achève bien les éleveurs :

      La masse de produits qui existe aujourd’hui, ce n’est pas pour nous nourrir, c’est pour nous les vendre. On ne les achète pas pour nous nourrir, mais parce qu’on nous dit d’acheter. On n’est pas obligé de bouffer du saucisson à quatre-heures, des produits laitiers à tous les repas. Il faut voir les linéaires de produits laitiers dans les supermarchés ! Ça peut être rare, de manger de la viande. Ça supposerait que l’alimentation redevienne importante, que l’animal redevienne quelque chose d’important dans le lien social et dans notre alimentation et qu’on soit pas dans un truc ludi-capitaliste, un truc évanescent, joli, du packaging, qui n’a rien à voir avec ce qu’il y a dedans.

      Du temps qu’elle documentait les ravages de l’industrie porcine, tout le monde était content. Et ce qu’elle dit a du sens, notamment pour les gens qui ne supportent pas l’élevage : sortir de l’idée qu’il faut manger autant de produits animaux, apprendre à bouffer autrement, créer une culture plus végétale. C’est plus intéressant si tu as cent personnes conscientisées à ça qui mangent deux fois moins de produits animaux que trois vegans trop fièr·es d’eux-mêmes. Mais comme c’est un truc identitaire et que l’écologie n’a pas grand chose à voir avec tout ça, eh bien elle s’en prend plein la gueule depuis des années et elle aussi devient elle aussi plus dure, agressive, à mesure qu’elle subit des agressions comme Aymeric Caron qui lui a hurlé dessus lors de cet entretien que je n’ai pas lu (#paywall). Depuis, je me dis que ce mec est dangereux...

      Pourquoi faudrait-il être végan ?
      https://www.lemonde.fr/idees/article/2018/04/21/pourquoi-faudrait-il-etre-vegan_5288594_3232.html

      Le véganisme, à la fois pratique alimentaire excluant la consommation de produits d’origine animale et mouvement de défense des animaux qui connaît un développement important en France, commence à être remis en cause.

      Marrant, ton exemple des ruraux qui ne voient des vegans qu’à la télé. Parce que moi, à part ceux que je vois dans les restaus vegans et dont je ne sais rien du régime, je ne vois que des anars qui se sentent super radicaux et qui ne saisissent pas le changement de société à l’œuvre et à quel point leur bonne idée est un avatar de l’industrialisation de l’agriculture. Et ne saisissent pas à quel point il ne s’agit pas d’une pratique subversive mais que leur succès vient d’ailleurs. Mais ça ne m’étonne pas, les vegans à la télé.

      J’ai croisé une vegane dans mon village de Malaisie, au fait, sa mère avait l’air quand même un chouia fière de l’engagement de sa fille et me disait que c’était difficile, de faire la touriste à 200 euros le paquet de 48h à quinze heures de vol de chez soi, quand on est vegane, snif. J’ai résisté à l’envie de lui dire merde et de changer ma chute où je parlais déjà de cette indécence.

      Jocelyne dit qu’elle croise beaucoup de wannabee vegans qui ne passent jamais le pas ou d’ex à qui ça n’a pas fait beaucoup de bien... Je ne sais pas, j’ai un couple d’ami·es vegan·es et anti-indus qui mangent un œuf de temps en temps et qui font gaffe à bien nourrir leurs enfants, quitte à faire des entorses. Il et elle ne veulent surtout pas de complément alimentaire et préfèrent admettre que les êtres humains sont mieux avec de légers apports d’origine animale.

      Moi je croise beaucoup de gens qui se flagellent parce qu’ils pensent honnêtement que c’est le truc le plus écolo du moment. Et leurs scrupules, leur culpabilité par rapport à des vegans qui sont inconséquent·es sur le plan écologique, m’attriste.

      @la_feuille, je vais finir par venir chez vous un de ces jours, vous avez l’air de savoir recevoir ! J’ai fait trois séjours Work Away dans ma vie (Indonésie, Pologne et Norvège) et je me tâte pour refaire ça en Suisse à l’occasion. Et je connais bien les Voisins de panier, j’ai fait le bouquin avec les gens du Pic-Bois (fromages, yaourts et pain).

    • Je pense que ton couple d’amis pourrait facilement se faire insulter par les plus extrémistes des vegans ! C’est un problème aussi les étiquettes qu’on donne et qu’on se donne. Pour ce qui est des vegan dans les medias, Aymeric Caron en est un bon exemple de figure médiatique qui la ramène sans cesse sur le sujet mais il y en a plein qui viennent faire les beaux sur les plateaux, ça fait tout de suite du buzz et du débat bien tendu comme les chaînes de télé (ou radio) aiment en faire. Sinon pour ma part j’en croise assez peu aussi, hormis effectivement dans les milieux anars/alternatifs et sur internet.

    • @aude_v Tous les gens qui aiment la nature sont bienvenus chez nous. Suffit de prévenir quelques jours avant... Des arbres, des livres... plein de feuilles en quelque sorte. N’hésite pas à venir faire un saut !
      Ces braves gens du Pic Bois (dont j’ai lu avec plaisir la participation au bouquin) nous régalent chaque semaine de leurs pains, de leurs brioches et de leurs excellents fromages ! Le boulanger, collectionneur de blés anciens, a aussi participé au film sur les graines... Leur ferme est à 25 km de chez nous.

    • Trois commentaires sur le sujet :
      1) concernant la fertilité des sols (même si c’est une parenthèse de ton bllet et pas le thème majeur) : il y a bien une possibilité d’accroître et de maintenir la fertilité des sols également par des amendements non animaux, et ce pas uniquement en zone intertropicale. Les gens qui bossent en TCS (quand ils ne se ratent pas car là aussi il y a théorie et pratique) peuvent en témoigner, de même que les gens du réseau maraîchage sur sols vivants qui développent une approche très intéressante depuis quelques années.

      Les biomes "spontanés" d’Europe de l’Ouest sont des forêts, c’est à dire que là où tu cesses toute activité humaine aujourd’hui, la dynamique du vivant qui s’y développe amène au bout de quelques années/décennie à former une forêt. Ce vivant y est depuis pas mal de millénaires avant nous et a développé des cycles et des interactions qui produisent de la fertilité à base de racines mortes, de feuilles mortes et de bois mort. Un des enjeux de l’agricuture non-indus est de comprendre ces cycles et interactions-là, s’y insérer élégamment sans les mettre cul par dessus tête, dans le but d’y faire pousser ce qui nous intéresse.
      Il y a deux grandes façons de flinguer ces cycles et interactions : déstructurer complètement l’écosystème du sol (à base de labour profond puis rotovator pour casser les mottes), et l’intoxiquer à base de pesticides et engrais azotés. La combinaison des deux a réduit d’un facteur 10 la biomasse de vers de terre des sols agricoles en six ou sept décennies (et sans vers de terre on meurt aussi sûrement que sans abeilles).

      Par réaction, aux débuts de l’agriculture "explicitement" bio (c’est à dire celle dans une démarche active de différenciation vis à vis de l’agriculture indus à base de machines de guerre et de produits à tête de mort - car l’agriculture d’il y a un siècle ou celle pratiquée actuellement par la majorité de l’humanité est bio de fait) il y avait deux grands courants : l’un que mentionne @la_feuille focalisé sur la non-perturbation du sol, l’autre focalisé sur le non usage de produits de synthèse. Pour des raisons bêtes que je connais pas en détail, les deux courants se sont scindés, et c’est le second qui a donné les labels bio qu’on connaît aujourd’hui, faisant passer à la trappe la question de la non-perturbation du sol.
      Là où l’élevage (je parle ici de l’élevage non-indus) de ruminants sur prairie se pose, d’autant plus s’il est bio, c’est qu’il arrive à combiner les deux : pas de labour, pas de pesticides, rep à ça petit végan urbain avec tes saucisses au soja Bayer d’Argentine.
      Sauf qu’il reste plein de questions auxquelles ce mode d’élevage ne répond pas, par exemple combien de personnes par hectare un tel système peut-il nourrir (pas lourd, il faut sacrément de place, du coup ça pose question dans un monde à 7 milliards d’humains), ou qu’en est-il du consentement réel desdits ruminants à se faire flinguer ou enlever leur progéniture, telles des républicaines accouchant chez les nonnes en Espagne en 1950. On est là dans une autre question que l’agronomie ou l’écologie quantitative, celle de la #domestication et ses corollaires, dont on a longuement discuté il y a queques années ici, et sur laquelle les tenants du “vivre avec les animaux” préfèrent se raconter des histoires à base de don et contre-don plutôt que d’assumer le processus.
      Et (en revenant à l’agronomie) là où ça peut glisser un peu, c’est quand les défenseurs de l’élevage de ruminants sur prairie se posent en seuls garants sérieux de la biodiversité et de la vie des sols, ignorant (sciemment ou pas) que la production végétale sans labour ni pesticide est possible aussi (aupa Felix https://reporterre.net/Le-paysan-chercheur-Felix-Noblia-invente-l-agriculture-sans-pesticides-e ).
      Mais dans des zones où le climat est de toute façon trop rude pour envisager une production végétale significative (exemple les pelouses d’altitude, ou les Causses du sud du Massif Central aux conditions steppiques), René Riesel est bien avisé d’élever de la brebis, sans pour autant en faire du #solutionnisme.

      Pour terminer sur cette queston de la fertilté, le fumier c’est au départ de la paille sur laquelle tu récupères des déjections d’herbivore puis tu empiles ça en tas de la bonne façon pour que bactéries et champignons en fassent un truc intéressant. Végétal sec + végétaux digérés + microbes. Ça s’est fait pendant des décennies voire siècles avec des animaux (c’était même la fonction première des animaux d’élevage dans certaines régions faiblement peuplées et à sol pauvre et acide comme les Landes de Gascogne ou la Carélie), mais depuis déjà pas mal d’années on sait faire aussi bien sans, et en s’épargnant le boulot de forçat et ses dommages collatéraux que constitue l’élevage sur une petite ferme. Cf le courant de la bio qui mettait l’accent sur la non-perturbation du sol, les TCS, le maraîchage sur sol vivant, la méthode Jean Pain, etc.

      [parenthère sur les TCS : elles restent considérées avec pas mal de suspiscion par le courant bio actuellement majoritaire - celui qui focalise sur l’exclusion des produits de synthèse - car en TCS ça demande de la jouer finement si par exemple tu veux pas que la vesce te trolle la récolte de blé, ou si tu veux pas que le ray-grass intercalaire pousse trop vite et t’empêche de récolter le soja. Et comme tout ça dépend aussi de la météo et d’autres contingences logistiques, si tu rates la bonne fenêtre pour intervenir t’as plus qu’à y foutre du désherbant, et c’est là que ça clive : les TCSistes te diront qu’un coup de désherbant une fois dans l’année ça pèse pas lourd par rapport à l’aggradation du sol que le non-labour permet, et que labourer routinièrement est bien plus grave pour le sol en plus d’être 10 fois plus énergivore par surface (140 litres de gasoil par hectare pour un itinéraire de labour, 14 litres en TCS). Mais les tenants du bio majoritaire te diront que si t’en es rendu à balancer de la merde cancérigène sur ton sol c’est que tu fais fausse-route]

      2) le "signifiant" social de la viande
      Comme on le sait, pendant des siècles en Europe, la consommation quotidienne de viande était un privilège de riches, et elle est en train de le redevenir.
      Ce n’est que depuis quelques décennies qu’on surproduit de la viande indus (notamment bovine), mais c’est comme si du fait du privilège passé des riches, la conso quotidienne de viande était devenue, dans un premier temps pour les baby-boomers prolos, un signe extérieur de réussite sociale au même titre que le pavillon individuel. Et cette approche-là est encore vachement prégnante dans la génération suivante (nés dans les 1970s 80s), notamment chez les mecs. Combien de fois ai-je entendu "ah ça c’est de la vraie bouffe, pas un truc de nana" parce-qu’il y a une pièce de viande (on sentait qu’il allait dire “pas un truc de pédé” mais il s’est retenu en préférant étaler sa mysoginie plutôt que son homophobie cachée), ou alors “jamais je serai végé ça va pas, moi il me faut mon sauciflard/ mon steak/ etc” de la part de mecs qui sont capables de dire des trucs un peu plus argumentés sur d’autres sujets. #virilo-carnisme comme dit @mad_meg
      La barbaque quotidienne a remplacé “le pain quotidien” d’autrefois, avec cette espèce de valeur sacrée d’acquis intouchable qui distingue le prolo classe moyenne du pauvre. Dans une approche ou en avoir à chaque repas compte beaucoup plus que de savoir comment a grandi la bête et comment elle a été abattue.
      Et quand je vois se développer d’une part la promotion de l’élevage bio et/ou de label paysan, et d’autre part les techniques de producton de viande in vitro, dans cette période de gros accroissement des inégalités, je rejoins le propos de @monolecte : retour à l’ancien régime, avec la viande bio paysanne pour les bourges, et la merde indus et les maladies qui vont avec pour les pauvres.

      3) le “signifiant” social du véganisme me semble quant à lui moins univoque. Là où ton expérience des végans est farcie de pédants qui semblent se faire une identité avant-gardiste à base de leur régime alimentaire auto-perçu comme émancipateur, la mienne est celle de vieux punks qui ont occupé divers lieux en Pays Basque depuis les années 1980, où la cuisine collective et la débrouille font parte du quotidien, et où l’option végane est comme tu le notes la meilleure pour produire des repas collectifs bon marché et accessible à tou·tes. Je termine sur un cas d’occupation rurale, celui du village de Lakabe : les premières années tout le monde était peu ou prou végane, et ils atteignaient l’autonomie alimentaire (avec quelques excédents de blé selon les années). Plus tard les enfants ont demandé à avoir un peu de viande, et ils ont élevé des cochons, qui sont assez flexibles sur la bouffe et peuvent en théorie se contenter de trucs que les humains ne mangent pas, mais en pratique avec l’arrivée des cochons le village s’est vu contraint d’importer de la bouffe.
      Donc peut-être que dans certains cas ne pas avoir recours à l’élevage est un caprice de gens qui peuvent se permettrent de choisir, mais dans d’autres c’est une nécessité là où on ne peut pas se permettre de faire des caprices.

    • Merci @koldobika pour les précisions (qui dépassent largement mon niveau de connaissance du sujet). Ça m’étonnerait que Riesel fasse du solutionnisme ! Ce que je reproche à pas mal de monde, c’est de refuser que des gens vivent dans des environnements variés où il n’est pas possible de faire partout la même agriculture, et de penser que des expériences d’horticulture végane sont à imposer d’un bout à l’autre de la planète. J’ai vraiment entendu cet argument des gens de montagne, steppe ou désert qui devraient se considérer comme d’affreux colons qui seraient sortis de leur niche naturelle et devraient aller habiter comme « chez nous ».

      Je ne pense pas que les animaux non-humains soient à mettre sur un pied d’égalité avec les humains. Nous serions la seule espèce à le faire, et ce serait contradictoire avec le fait que nous serions une espèce comme les autres. Je préfère penser que nous avons des responsabilités envers le monde entier et pas seulement les animaux d’élevage.

      Sur le virilo-carnisme, bien d’accord, ça fait partie de la construction de la masculinité. Mais j’ai discuté de ça avec les gens d’une cantine wannabee végé qui essaient de faire venir tout le monde pour ne pas rester dans l’entre-soi et en y réfléchissant ils se sont rendu compte que ce qui comptait, pour plein de gens normaux, c’était de pouvoir mettre un coup de couteau parce qu’un truc mou (dahl ou purée) leur donnait l’impression de ne rien avoir mangé. Et des tartes convenaient aussi bien. Ils ont donc pensé à mettre un truc qui se coupe dans chaque menu. (Hier une copine me disait pareil de la nourriture en petits morceaux des woks asiatiques : des personnes d’autres cultures ont l’impression de ne rien avoir mangé si elles ne mangent que ça.)

      Bref, long débat et j’entends ton exemple de la communauté végane, bien différente de celle décrite dans Meat qui passaient la tondeuse et commandaient des quantités monstrueuses de tahin. Mais ils devaient avoir très peu de terres, non ? Ou avoir mal choisi leurs animaux ? Les poules mangent aussi bien des déchets, elles font des œufs qui semblent être le seul produit animal indispensable pour l’humain, et elles sont peut-être plus faciles à gérer qu’un gros cochon ?

      Sur l’argument des terres, là encore l’élevage permet d’utiliser plus de terres (pauvres ou montagneuses) alors ce n’est pas (on est d’accord) l’argument ultime, c’est plutôt : souvent oui mais pas forcément, ça dépend du type d’agriculture et de sols.

    • C’est vrai que c’est un peu bizarre de se lancer dans l’élevage de porcs comme ça alors que la volaille est beaucoup plus simple à gérer (en plus d’avoir de nombreux atouts par ailleurs) mais il y avait peut-être d’autres raisons qu’on ignore.
      Sur le semis sous couvert végétal, ça fait un peu solutionnisme là aussi, du genre tout le monde va passer à ça et tout va bien. Sauf que la réalité n’est jamais aussi simple (cf https://www.produire-bio.fr/articles-pratiques/techniques-culturales-simplifiees-couverts-vegetaux-on-bio). Je constate d’ailleurs que l’agriculteur mis en exergue est aussi éleveur et apiculteur, ce serait intéressant de savoir pourquoi il a aussi ça comme activités et ce qu’il fait des déchets organiques.
      Je me suis rappelé aussi de cet article qui résume pas mal de choses, avec pas mal de références quand il avance certaines idées (ce qui change de beaucoup d’articles qui parlent sans avancer la moindre étude/preuve) : https://www.jfdumas.fr/Stop-au-bourrage-de-crane-Le-mode-de-vie-vegan-n-est-ni-ecologique-ni-ethiqu
      Pour moi le problème principal reste que nous sommes omnivores et que la plupart des gens semblent mal supporter un régime végan, à partir de ce principe on est déjà mal sur l’idée de vouloir généraliser ça, au delà des considérations sur l’agriculture (qui est un point presque aussi important cependant). Les végan ont cependant raison sur un point : le végétarisme implique forcément d’exploiter des animaux et d’en tuer un certain nombre (mais ça reste un moindre mal).

      Je ne pense pas que les animaux non-humains soient à mettre sur un pied d’égalité avec les humains. Nous serions la seule espèce à le faire, et ce serait contradictoire avec le fait que nous serions une espèce comme les autres. Je préfère penser que nous avons des responsabilités envers le monde entier et pas seulement les animaux d’élevage.

      Notre responsabilité est celle de notre propre survie, ce qui implique normalement de respecter notre environnement. Il semble qu’on ait un peu de mal à appréhender ça, finalement comme toutes les espèces invasives qui finissent par crever d’avoir tout bouffer sans penser à préserver un minimum ce qui les nourrit.

    • Déprimant ! Je renchéris sur cette histoire de don et contre-don. D’abord c’est pas une lubie, c’est l’aboutissement d’années de pratiques et de recherches, d’observation de relations humain-animal. Pendant ce temps, Florence Burgat la philosophe antispé avoue ingénument qu’elle n’a jamais interrogé un éleveur. Ensuite ça n’empêche pas de se poser des questions. Baptiste du Pic Bois en parle bien dans le bouquin. L’abattoir mais aussi l’idée de contrôler la mort des animaux, la théorie du don lui semble juste sans le dédouaner.

    • Ouais enfin ya quand même un soucis très basique, car ok chez les intellectuels antispés yen a pas beaucoup qui ont interrogé des éleveurs (et encore moins des animaux), mais de l’autre côté :
      1) connaitre et interroger des éleveurs c’est indispensable pour en parler, mais de fait, ça sera toujours n’avoir que le point de vue des dominants, de ceux qui utilisent et tuent. Imagine-t-on parler de la relation hommes-femmes en ne connaissant que le point de vue des hommes ? Sauf que par principe, on ne saura jamais ce qu’en pense les animaux (y compris les antispés hein), ça ne sera toujours que des suppositions et de l’anthropomorphisme au final ("ils ont l’air de se plaire à ceci", « ils sont consentants pour cela »), et là je vois pas comment ça peut être un argument, dans un sens ou dans l’autre d’ailleurs.
      2) par ailleurs des années de pratique et de recherche c’est bien, mais on peut parfaitement rechercher pendant des années en ayant déjà une lubie dans la tête, en ayant déjà une direction précise et ne faire que ça, donc ça n’est pas totalement un argument non plus (mais en partie, par rapport à ceux qui ne connaissent vraiment rien à ce monde)

    • Pour ma part je ne parle pas que des éleveurs et de recherche agronomique, il y a d’ailleurs un autre sujet important concernant ce sujet, à savoir que l’idéologie végane interdit toute utilisation d’animaux donc par conséquence toute traction animale. J’ai un couple d’amis qui fait de la polyculture, essentiellement du maraîchage mais aussi quelques poules essentiellement pour les œufs. Les poules ont d’ailleurs l’air assez à l’aise dans leur environnement, faudrait être sacrément de mauvaise foi pour dire le contraire. Pour cultiver leurs parcelles, ils ont besoin de leur âne pour tirer la charrue et sûrement d’autres choses (ils ne font pas de couvert végétal mais ce serait toujours tout aussi utile) car ils refusent toute mécanisation. Admettons qu’un vegan passe par là (chose improbable car comme je l’ai dit, au fin fond de la campagne ça n’existe quasiment pas), il va leur faire la leçon sur le consentement de l’âne et leur dire d’acheter un tracteur ? En fait si tout se passe bien, le veganisme n’existera plus dans plus ou moins 20 ans parce que le pétrole sera rationné et qu’on sera revenu en grande partie à une agriculture paysanne qui a ses contraintes propres et irréductibles.

    • @rastapopoulos, je ne dis pas que les éleveurs sont l’alpha et l’omega de la question mais que leur rapport aux animaux est très particulier et mérite l’intérêt des personnes qui interrogent cette relation.

      Par exemple, dans la lignée de Carol Adams il y a beaucoup de monde qui te dit que la consommation de viande, c’est masculin (culturellement, parce que biologiquement, c’est les femmes pendant la grossesse ou les règles qui ont le plus besoin de viande), donc l’élevage c’est masculin. Et des éleveurs montrent que c’est une activité de soin qui porte plutôt des valeurs considérées comme féminines. Ces malentendus, pour le dire poliment, c’est le résultat du refus d’aller voir comment font les autres.

      Quant au point de vue des animaux, tu le dis bien, personne ne le connaît. Mais enfin, les éleveurs que je rencontre me disent qu’ils voient bien ce que les animaux aiment et n’aiment pas, quand ils apprécient et quand ils refusent (d’aller ici ou là, de manger ci ou ça). Et que quand ils n’aiment pas, ça leur pose question. Il y a des nécessités qui déplaisent aux deux parties. Donc pour parler d’élevage, il faut avoir observé tout ça, la porte de la grange à aller fermer pendant l’orage à 3h du mat, comme dit Porcher, le trajet vers l’abattoir à 5h et l’abandon des animaux dans un lieu « qui pue la mort » comme dit Baptiste, les actes de soin, les actes de coercition. Ou il faut avoir demandé aux éleveurs comment ils le vivaient et avoir passé du temps à essayer de comprendre comment les animaux le vivaient.

      Et là, mystère. Un peu comme l’effet Koulechov, il est possible de mettre ce qu’on veut derrière un bêlement de chèvre...

    • C’est clair qu’on ne peut pas faire partout la même agriculture, ça va même à l’encontre d’une approche un tant soit peu écosystémique, qui observe comment tournent les cycles présents avant d’y insérer le nôtre.
      Du point de vue agronomique « quantitatif », le très gros point noir dans la question de la production animale au sens large c’est l’usage démesuré de terre arable pour la production de fourrage (plus des deux tiers de la SAU en Europe y est consacrée, notamment pour l’orge le maïs et le soja), au détriment de la production d’aliment consommable directement par l’humain.
      Une étude y a été consacrée il y a quelques années, et montre à quel point on gaspille, en terme de calorie finale consommée par hectare, des terres parmi les plus fertiles du monde (celles des latitudes moyennes de l’hémisphère nord en climat continental, MidWest US et Europe centrale pour faire court), pendant que l’Afrique et l’Asie intertropicales ne peuvent se permettre un tel luxe, et cultivent essentiellement des choses à consommer directement
      https://iopscience.iop.org/article/10.1088/1748-9326/8/3/034015/pdf

      En prenant le truc à la truelle, on a d’un côté des obèses qui gaspillent leur SAU pour produire du steak qui n’a jamais posé un sabot sur terre, et de l’autre 80% de l’humanité qui doit se démerder avec le peu qu’elle a. Et sachant qu’en termes d’impact écosystémique et climatique, une des actions à fort levier parmi les plus immédiates est d’adapter son régime alimentaire, sachant aussi qu’en moyenne 83% des émissions de GES liées à notre bouffe correspondent à sa production (donc tout au plus 17% au transport, si on ne compte pas le suremballage le gaspillage et le reste), le végan urbain qui cuisine au lait de coco a un impact GES final bien moindre que le babyboomer qui mange deux fois par jour du cochon hors-sol de Bretagne.
      Ceci est bien sûr schématique et s’accompagne de mille nuances (en premier lieu le fait qu’une part croissante des 80% de l’humanité forcée de se démerder avec le peu qu’elle a est aussi sous nos latitudes), mais la tendance de fond est celle-là.

      Concernant la SAU, elle ne regroupe pas (dans la plupart des estimations) l’ensemble de ce qui est à caractère agricole : il y a pas mal d’endroits où le sol est trop maigre, trop caillouteux, trop pentu, trop sec, trop acide etc. pour envisager d’y planter une fourche-bêche, mais que les animaux peuvent mettre à profit sans entrer en compétition avec la production de bouffe consommable directement. Si l’élevage d’herbivores à 4 pattes pouvait avoir lieu uniquement sur ce type de zones, ça serait déjà un énorme désengorgement pour le sol cultivable.
      Toujours concernant la SAU mondiale : elle se réduit comme peau de chagrin. Il y a une vingtaine d’années on en était à une moyenne de 2600m2 par humain, aujourd’hui je ne serais pas étonné qu’on soit en dessous de 2000. Manger de l’animal nourri avec des cultures fourrragères fait exploser cette valeur et fait directement ou indirectement pression sur les pauvres.

      [tout ce qui s’observe à l’échelle macro ne se transpose pas en micro, loin de là, mais en tout cas dans le cas présent ce mésusage de la terre arable correspond assez bien avec ce que j’ai connu des petites fermes à l’ancienne en polyculture et élevage https://seenthis.net/messages/196837#message197111 à savoir une perte d’énergie énorme due à l’élevage de grand bétail en grande partie nourri au fourrage. À l’époque la dépense d’énergie était directement subie par les rotules et les lombaires de l’éleveur (et de sa famille), depuis c’est le gasoil et les machines qui pallient, avec au passage le remplacement du fumier (utile au sol) par le lisier (majoritairement contre-productif pour le sol et néfaste pour le reste), et même si par la force des choses on commence mollement à revenir sur certaines erreurs, on est encore loin de la remise en question de la culture fourragère.]

      Je ne suis pas expert de chacune de ces questions mais en rassemblant ce que j’ai pu observer ça et là, un modèle qui donnerait à l’élevage (non-indus) une place à la marge dans les zones de plaine arable (par exemple pour mettre à profit des sous-produits comme le tourteau d’oléagineux), et une place centrale seulement dans les zones non arables, donnerait une sacrée marge de manoeuvre supplémentaire pour nourrir les humains. Ça revient peu ou prou à ce que @nicolasm appelle l’élevage par défaut, dont un des meilleurs exemples est l’association rizières + maraîchage + canard en Asie du Sud Est.
      Et en parallèle sortir du modèle indus (de façon concertée ou forcée par la pénurie énergétique), ce qui implique aussi « dé-remembrer » et refaire vivre plus de monde à la campagne et donc restaurer le réseau ferré + tous les services publics en conséquence, soit tout le contraire de la métropolisation à l’oeuvre depuis une quarantaine d’années... Bref on est pas rendus, et une fois de plus ce seront les mêmes qui paieront la facture.

    • même avis que @rastapopoulos concernant le « consentement animal ». J’ajouterais que dans la mesure où ce sont des espèces hautement modifiées depuis des millénaires par sélection humaine, et donc l’instinct animal a été fortement altéré (on peut même dire effacé concernant les races les plus récentes, crées par et pour l’industrie), même si on pouvait avoir accès à ce qu’elles pensent on ne pourrait en conclure à un consentement réel et éclairé.
      Mais plus pragmatiquement, comme le note @alexcorp avec la pénurie énergétique qui se profile, si on veut pouvoir ne serait-ce que transporter du bois de chauffage, ces questions éthiques passeront très probablement au second plan.
      Encore que, je viens de tomber sur ce texte (pas encore lu) sur le sujet https://www.terrestres.org/2019/03/05/vivre-avec-les-animaux-une-proposition-politique

  • Gelähmte Balletttänzerin Barbara Carus : ALS-Patientin kämpft um eine 24-Stunden-Betreuung | Berliner Zeitung
    https://www.berliner-zeitung.de/berlin/gelaehmte-balletttaenzerin-als-patientin-kaempft-fuer-ihre-selbstbe


    Le système médical privatisé allemand refuse les soins essentiels à une patiente incurable. Sa famille est obligée de payer pour les soins intensifs dont elle aura besoin jusqu’á sa mort. Dans un tel contexte le suicide s’impose aux malades qui veulent éviter à leur famille de perdre leur épargne.

    Gelähmte Balletttänzerin: ALS-Patientin kämpft für ihre Selbstbestimmung

    Von Kerstin Hense
    26.04.19, 17:26 Uhr

    Bild: Barbara Carus vor der Charité. Ihr wurde gerade eine Sonde eingesetzt, die sie künstlich ernährt. Foto: Thomas Uhlemann

    Treptow - Barbara Carus (64) kämpft 24 Stunden am Tag. Gegen den rasanten Verlauf ihrer schweren Erkrankung und für ein letztes Stück Selbstbestimmung und Würde. Ihr stärkster Gegner, die Zeit, fordert sie dabei gnadenlos heraus, denn sie weiß nicht, wie viel ihr noch davon bleibt. Der Berliner Zeitung erzählt sie, wie ihr die Mühlen der Bürokratie auch noch zusätzlich Lebenskraft stehlen.

    An ihrem Krankenbett steht ein bunter Strauß Frühlingsblumen. Die Sonnenstrahlen scheinen Barbara Carus ins Gesicht. Für ihr Alter und die unheilbare Krankheit ALS (amyotrophe Lateralsklerose), an der sie leidet und die ihre Nervenzellen nach und nach zerstört, sieht sie noch sehr gut aus. Doch das ist äußerlicher Schein.

    Die ehemalige Tänzerin, die früher zu DDR-Zeiten im staatlichen Tanzensemble und im Metropol-Theater auftrat und voll eiserner Disziplin und Ausdauer an ihrer Karriere arbeitete, geht langsam die Puste aus – und das liegt nicht nur an den Symptomen ihrer Krankheit.

    Streit um die Kostenübernahme einer 24-Stunden-Pflege

    Barbara Carus muss rund um die Uhr betreut werden, aber unklar ist, wer das bezahlt. Sie streitet mit den Behörden um die Kostenübernahme. „Die wollen Leute, die im Bett liegen und die Klappe halten und nicht solche, die wie ich noch Wünsche und Bedürfnisse haben“, so empfindet das Barbara

    Carus. Das Erzählen fällt ihr schwer. Laute bringt sie nur mit viel Anstrengung und stark lallend heraus. Die Krankheit wird ihr auch sehr bald die Stimme nehmen. Davor fürchtet sich Barbara Carus am meisten, wie sie sagt, weil sie dann noch weniger gehört wird.

    Niederschmetternde Diagnose: ALS

    Es begann mit einem Taubheitsgefühl im rechten Zeh Ende 2017 und später kribbelten mir auch die Beine, sagt Barbara Carus. Fast ein Dreivierteljahr rannte sie von Arzt zu Arzt, um herauszufinden, warum ihr Körper nicht mehr funktioniert. Sie geriet jetzt immer häufiger ins Stolpern. Erst in der ALS-Ambulanz der Charité überbrachten ihr Experten schließlich die Diagnose. Die Prognose ist niederschmetternd: Die mittlere zu erwartende Lebenszeit von Menschen mit ALS beträgt nach der Diagnosestellung 3 bis 5 Jahre.

    Barbara Carus muss nachts und auch tagsüber beatmet werden, weil ihre Atemmuskulatur stark beeinträchtigt ist. Sie droht sonst zu ersticken. Dafür hat ihre Krankenkasse 12 Stunden Betreuung bewilligt. Eine häusliche 24 Stunden-Betreuung wurde abgelehnt, obwohl der Krankheitsverlauf so dramatisch voran schreitet. Sie kann sich nicht allein ans Beatmungsgerät anschließen, kommt nicht allein aus dem Bett und braucht selbst beim Essen und Trinken jemanden an ihrer Seite, weil sie sich permanent verschluckt. Ihre einzige Tochter Claudia (33) musste aus Wien anreisen, um der Mutter tagsüber zu helfen.

    „Wir können nachvollziehen, dass Frau Carus eine Unterstützung benötigt, die über den Leistungsanspruch von Pflege- und Krankenkasse hinausgeht“, sagt Markus Heckmann, Sprecher der zuständigen Krankenkasse von Barbara Carus auf KURIER-Anfrage. Sie sei mehrfach darauf hingewiesen worden, sich für weitere Unterstützungsleistungen mit dem zuständigen Amt für Soziales vor Ort in Verbindung zu setzen.

    Kampf um Kostenübernahme gestaltet sich oft endlos

    Für den Verein ALS mobil ist dies kein Einzelfall. „Viele Patienten kämpfen bis zu drei Jahre um Kostenübernahme einer 24-Stunden-Betreuung. Die Verfahren werden endlos in die Länge gezogen, oft solange, bis der Patient kein Hilfsmittel mehr benötigt“, sagt Vorstandsmitarbeiterin Anja Troch.

    Barbara Carus kann nicht mehr zum Sozialamt gehen. Ihre Tochter hat sie inzwischen in einer privaten Intensivpflege untergebracht. „Ich muss wieder arbeiten und habe Angst, dass Mama erstickt, wenn sie allein ist“, sagt Claudia Carus. Doch das Problem bleibt: Wer zahlt das? Jetzt soll das Sozialgericht das in einem Eilverfahren entscheiden. Barbara Carus hofft auf eine schnelle Entscheidung. Sie sagt: „Die Kraft, die ich noch habe, möchte ich nicht sinnlos vergeuden.“ Die Zeit ist ihr stärkster Gegner.

    #Allemagne #maladie #santé #soins #social

  • Un jour tout cela semblera ridicule | PrototypeKblog
    https://prototypekblog.wordpress.com/2019/04/24/un-jour-tout-cela-semblera-ridicule

    Il est de plus en plus clair qu’il n’y a pas de place pour nous et nos enfants dans l’utopie néolibérale en construction, sinon comme esclaves ou comme pièces détachées.

    Il est de plus en plus clair qu’il faudra d’une manière ou d’une autre mettre les nuisibles hors d’état de nuire.

    Il est de plus en plus clair que le transhumanisme, stade suprême du néolibéralisme, est une idéologie exterminatrice.

    #surnuméraire #capitalisme #fascisme

  • Les conséquences politiques du changement technologique – Cogito
    https://www.sciencespo.fr/research/cogito/home/les-consequences-politiques-du-changement-technologique

    Les personnes les plus concernées par les menaces que font peser les changements technologiques sur les #emplois sont au cœur des #démocraties industrielles contemporaines : les #classes moyennes. Ce sont elles qui ont bénéficié de la croissance des années d’après-guerre, elles qui ont gagné un statut d’emploi stable et ont bénéficié des progrès sociaux apportés par les États-providence. Aujourd’hui, ce sont une partie d’entre elles qui sont menacées par les évolutions technologiques. Il ne s’agit pas de groupes sociaux marginaux, habitués à ne pas être représentés dans la sphère publique, mais bien de groupes sociaux aux statuts d’insiders, habitués à voter, et qui attendent d’être représentés et pris en compte. Or les perspectives qui leur sont offertes aujourd’hui sont, pour beaucoup, soit d’accepter une dégradation de leurs conditions de #travail pour préserver leur emploi face à la menace d’#automatisation, soit même d’avoir à accepter de prendre un emploi moins bien rémunéré et plus précaire (les emplois qui sont aujourd’hui créés en bas de l’échelle des salaires). Il s’agit donc d’une menace de déclassement qui pèse sur les classes moyennes. Et l’on assiste à une #révolte politique de celles-ci face à ces menaces de #déclassement.

    Oh, ben merde, alors, les #surnuméraires sont contagieux !

  • Gers : une jeune fille dans le coma suite à un défaut de prise en charge des secours
    https://www.francebleu.fr/infos/sante-sciences/gers-une-jeune-fille-dans-le-coma-suite-a-un-defaut-de-prise-en-charge-de

    Oui, tout à fait. Alors que si le SMUR était ouvert 24h/24 comme avant, la victime aurait pu être prise en charge dès 20h15. Il y a plus d’une heure de perdue, entre le transfert du SMUR de Condom au transfert du SMUR d’Agen-Nérac, qui est à 25 km d’ici. C’est ridicule.

    Il y a quelques mois, c’était un jeune homme qui a perdu une main qui aurait pu être sauvée s’il avait été pris en charge normalement…
    Et bien sûr, on ne parle pas des crises cardiaques qui n’auraient pas dû tuer.

  • Assurance #chômage : La réforme se précise
    https://bfmbusiness.bfmtv.com/france/assurance-chomage-la-reforme-se-precise-1662090.html

    Enfin, le gouvernement va aussi réduire les droits des chômeurs, en remettant à plat toutes les règles. Selon le ministère du Travail, un chômeur sur cinq touche plus au chômage qu’en emploi. C’est sur ces mesures que le gouvernement compte réaliser le gros des économies : près d’1,3 milliard d’euros. Ce sont aussi les mesures les plus explosives dans le contexte actuel.

    Au ministère du Travail, on assure que la concertation se poursuit et que les lignes peuvent encore bouger, mais un responsable syndical assure que « tout est déjà parfaitement clair dans l’esprit du gouvernement » et qu’il n’attend plus qu’une fenêtre de tir pour annoncer ses mesures.
    Les arbitrages, qui devaient être rendus la semaine dernière, ont d’ailleurs été reportés et les partenaires sociaux attendent toujours de nouvelles dates de réunion.

    L’un d’eux explique : « l’exécutif n’attend qu’une chose : que la température retombe, que le climat social se calme. Il pourrait du coup laisser passer la fin du grand débat et les élections européennes pour sortir du bois ».

    • « les partenaires sociaux » n’existent que le temps de donner l’illusion de la concertation...

      Selon le ministère du Travail, un chômeur sur cinq touche plus au chômage qu’en emploi.

      Un chômeur sur trente-cinq est multimillionnaire. J’en connais un, il vit à la Barbade 6 mois par an, afin d’éviter de payer des impôts en Belgique. Il a d’ailleurs une résidence secondaire dans le Delaware.

      Nous devons donc revoir le fonctionnement de cette assurance. Il est tout de même ahurissant que des gens qui cotisent puissent obtenir en retour quoi que ce soit, surtout quand on sait ce qu’on sait et qu’on voit ce qu’on voit, comme nous le dit le Ministère du Travail, par l’entremise de BFM Business.

    • Curieux que vous relayiez la #propagande du gouvernement macron, sans avertissement !

      Quid des chomeurs non indemnisés ?

      Personnellement, j’ai eut plusieurs de périodes de chômage durant ma vie professionnelle, dont certaines non indemnisées, je n’ai jamais gagné plus.
      Je n’ai jamais entendu un.e de mes collègues se vanter d’avoir gagné plus au chomedu qu’au taff.

      Par ailleurs, il suffit de lire sur seenthis les billets sur la façon dont pole emploi vire à tours de bras les chômeurs pour comprendre l’hypocrisie de ces gens là.
      ils virent les chômeurs qui ont réussi à s’inscrire.

      Comment fait un chômeur ou une chômeuse à La Barbade pour répondre à pôle emploi.

      Pourquoi relayez vous les tartuferies et les mensonges d’#enMarche ?

    • @tout_va_tres : je pensais avoir suffisamment exagéré pour ne pas être pris au premier degré.

      La ministre nous la joue « quand on voit ce qu’on voit, on fait bien de prendre les décisions qu’on prend », et il faudrait prendre ses délires pour argent comptant ? Non, on a bien lu entre les lignes. Elle se fout de la gueule du monde, sachant très bien que les inners la liront au premier degré, parce que pas le temps de réfléchir et de s’instruire (les inners sont des ignares), pendant que les crevards #surnuméraires n’auront tout simplement pas le temps ni la possibilité de la lire... faute d’avoir déjà le temps de survivre.

  • Montpellier : un SDF meurt à l’arrêt de tram, les riverains ont tenté de lui porter secours - 20/03/2019 - midilibre.fr
    https://www.midilibre.fr/2019/03/20/montpellier-un-sdf-meurt-a-larret-de-tram-les-riverains-ont-tente-de-lui-p

    Ce sont d’abord les pompiers qui ont été appelés. Ces derniers ont transféré l’appel au Samu en précisant bien que c’était un SDF qui était allongé par terre mais qu’il respirait. Le Samu leur a répondu : “On ne peut rien faire, appelez la police”. Ce qu’ils ont fait. Entre-temps, un équipage de Tam est arrivé sur les lieux et a à son tour appelé les secours sans préciser qu’il s’agissait d’un SDF et là, comme par enchantement, les pompiers ont décidé de venir sur site. Je pense que s’il n’avait pas attendu autant de temps l’arrivée des secours, il serait toujours en vie", confie ce témoin, des sanglots dans la voix.

    • Note : la fin de l’article interroge les pompiers, qui ont une explication pour la différence d’intervention : la première fois on leur signale un « simple » malaise, donc transfert au SAMU parce que c’est ce qui est prévu. La seconde fois, on leur dit qu’il y a des convulsions, donc il interviennent directement parce que les convulsions indiquent une urgence grave.

      En revanche, le journaliste ne précise pas q’il a interrogé le Samu sur le premier appel et la réponse « on ne peut rien faire, appelez la police ». Je ne comprends pas bien non plus si les gens ont appelé la police, si elle est intervenue et sinon pourquoi.

    • Voir ce commentaire (peut-être ?) :

      Par expérience, je sais qu’ il ne faut jamais dire qu’il s’agit d’un SDF lorsqu’une personne fait un malaise sur la voie publique lorsqu’on appelle les secours, les services de secours préfèrent les laisser à leur invisibilité, il s’agit d’une non assistance à personne en danger.
      Un personne qui fait un malaise sur la voie publique est une personne ./ son statut n’a rien à voir, les seules indications à donner sont ,son sexe, son âge supposé, l’état dans lequel il ou elle est ; le lieu exacte où se situe la personne !

  • L’assistante sociale dont les signalements ne mènent à rien
    https://www.nouvelobs.com/rue89/notre-epoque/20181107.OBS5034/l-assistante-sociale-dont-les-signalements-ne-menent-a-rien.html

    ""Les #pauvres, tout le monde s’en fout. Contrairement à ce qui se passe dans les hôpitaux, ils ne menacent pas notre système de santé.""

    Elle dit que si les travailleurs sociaux sont sacrifiés, c’est que leur travail touche à l’essence même de ce qui terrifie la plupart des gens de la classe moyenne : la dégringolade brutale, la mise au ban sociale, le déclassement.

    #guerre_aux_pauvres #surnuméraires

  • Non, nous ne sommes pas trop nombreux !!!!!!
    http://www.cadtm.org/Non-nous-ne-sommes-pas-trop-nombreux

    Comme les saisons, bien que celles-ci-soient de plus en plus décalées, les rapports du GIEC [1] se succèdent et, avec eux, toujours plus d’échos médiatiques quant à l’imminence de la catastrophe (déjà là dans bien des régions). Si l’on ne peut que se réjouir d’une prise de conscience qui tend à se généraliser, force est de souligner que l’analyse des causes du problème est bien en-dessous des enjeux réels, quand elle ne passe tout simplement pas à côté du problème. Ainsi, on constate de part et d’autre un retour en force des idées que l’on peut qualifier de malthusiennes, à savoir qui pointent l’accroissement de la population comme le facteur numéro un de la dégradation des équilibres climatiques et écologiques.

    #transition_démographique #GES #productivisme #consumérisme #mécanismes_de_protection_sociale

  • L’#Autriche et le #Danemark présentent leur projet de #centre_de_déportation pour demandeurs d’asile #déboutés

    La semaine dernière, le Danemark et l’Autriche ont présenté conjointement à Vienne un projet pour réformer le système de l’asile au sein de l’Union européenne. Ce projet prévoit d’établir un centre de déportation basé hors de l’UE pour les demandeurs d’asile refoulés.

    La ministre danoise de la migration, #Inge_Støjberg, s’était rendue à Vienne jeudi, où elle a rencontré le ministre de l’Intérieur autrichien, #Herbert_Kickl, membre du parti d’extrême droite autrichien, le FPÖ.

    Støjberg est membre du parti libéral du Danemark (Venstre), et depuis juin 2015, elle occupe le poste de ministre de l’Immigration et de l’Intégration dans le gouvernement du Premier ministre Lars Løkke Rasmussen.

    Un projet qui n’est pas nouveau

    Leur projet vise à fournir un hébergement aux réfugiés déboutés du droit d’asile plus proche de leur pays d’origine, tout en perturbant les activités des activités de trafiquants.

    La création de centres d’accueil hors de l’Europe, des “#plate-formes_de_retour”, pour accueillir les migrants déboutés du droit d’asile en Europe, en attendant leur retour dans leur pays d’origine, est une idée chère à M. Kickl. Elle avait déjà été proposée cet été, mais jusqu’à présent, aucun pays situé hors de l’UE n’a accepté de se porter candidat pour ouvrir de tels centres sur son territoire. L’#Egypte, le #Maroc, la #Tunisie, l’#Algérie, l’#Albanie, et la #Macédoine ont tous décliné l’invitation jusqu’ici.

    Quant à Mme Støjberg, l’année dernière, elle envisageait d’adopter un projet de l’extrême-droite danoise consistant à exiler les demandeurs d’asile déboutés par son pays sur une ou plusieurs des 300 îles inhabitées au large de la côte danoise.

    Un centre d’accueil hors de l’UE pour décourager les migrants d’entreprendre le voyage

    « Nous maintenons que [les réfugiés] devraient réclamer le droit d’asile dans le premier pays où ils arrivent, plutôt qu’on leur permette de voyager dans toute l’Europe », a affirmé Mme Støjberg. « De notre côté, nous nous engageons à augmenter les capacités d’accueil [des pays voisins des zones de conflit pour gérer les arrivées de demandeurs d’asile]. Cela peut signifier des choses telles que les soins de santé, l’éducation, les gardes-frontières, et un système pour gérer les demandeurs d’asile », a-t-elle ajouté.

    Selon la ministre danoise, un centre d’accueil situé hors de l’UE réduirait la tentation des migrants de se rendre en Europe pour y trouver l’asile. « Si vous pouvez voir à quelle vitesse vous pouvez être renvoyé, il n’y a plus de raison de dépenser votre argent et de risquer votre vie pour vous rendre là-bas », a-t-elle dit.

    Selon elle, le projet respecte les conventions de l’Union européenne en matière de droit des réfugiés, et elle a exhorté les autres pays membres à soutenir le projet.

    Des contours encore très flous

    Néanmoins, le site choisi et le calendrier pour l’ouverture de ce centre n’ont pas été révélés. M. Kickl s’est montré optimiste quant aux perspectives d’aboutissement ce projet, mais n’a pas voulu donner plus de détails.

    Reste à savoir si ce projet sera accepté par les collègues européens de Mme Støjberg et M. Kickl. L’idée de la création de centres de déportation hors de l’UE avait déjà été évoquée cet été, notamment lors d’une réunion des ministres de l’Intérieur des pays membres de l’UE à Innsbruck en Autriche au mois de juillet, et n’avait pas été bien accueillie par un certain nombre d’officiels européens.

    https://fr.express.live/2018/10/09/lautriche-et-le-danemark-presentent-leur-projet-de-centre-de-deportatio

    #centre_d'expulsion #expulsions #renvois #asile #migrations #réfugiés #externalisation #UE #EU #île #îles #plate-forme_de_retour

    • Les Danois veulent loger les demandeurs d’asile déboutés sur une #île_déserte

      La ministre danoise de l’Immigration Inger Støjberg (photo) songe à adopter un projet de l’extrême-droite, qui consisterait à exiler les demandeurs d’asile déboutés sur une ou plusieurs des 300 îles inhabitées au large de la côte danoise. À l’heure actuelle, près d’un millier de demandeurs d’asile déboutés au Danemark attendent leur expulsion.

      Støjberg est membre du parti libéral du Danemark (Venstre), et depuis juin 2015, elle occupe le poste de ministre de l’Immigration et de l’Intégration dans le gouvernement du Premier ministre Lars Løkke Rasmussen.

      « Je suis toujours prête à écouter les bonnes idées pour le suivi des demandeurs d’asile », dit-elle dans le journal Berlingske.

      La proposition d’exil des demandeurs d’asile déboutés vient du parti populiste d’extrême droite danois « parti du peuple danois » (Dansk Folkeparti, ou DF). Ce parti soutient la coalition au gouvernement, mais n’en fait pas partie.

      Pourtant, selon Støjberg, le projet est intéressant mais pas immédiatement réalisable. « Il pourrait y avoir des obstacles pratiques et juridiques pour établir un centre de déportation dans un endroit très isolé, et ce sont des choses qu’il faut prendre en compte », a-t-elle déclaré.
      Dansk Folkeparti : loger les demandeurs d’asile déboutés « dans des containers, ou des tentes »
      La plupart des demandeurs d’asile déboutés résident actuellement dans une ancienne #prison d’état dans le centre du pays. Mais les résidents locaux se sont plaints de vols à l’étalage et affirment qu’ils ne se sentent pas en #sécurité en raison de la présence de ces migrants à proximité.

      Selon le DF, le coût ne devrait pas être un obstacle. « Peut-être que nous pouvons trouver une île sur laquelle il y a déjà des constructions, mais sinon, le centre pourrait être établi à partir de n’importe quoi : de #containers dans lesquels les gens pourraient vivre, ou de #tentes ». C’est ce qu’a déclaré le porte-parole du parti, Martin Henriksen.

      Le DF est très attaché à la politique d’asile du gouvernement. L’année dernière, il a suggéré la possibilité que la police impose une #assignation_à_résidence aux demandeurs d’asile mineurs qui se seraient mal comportés.

      Cette proposition faisait suite à la mise en cause que 5 garçons âgés d’entre 14 et 17 ans du centre d’asile de #Tullebølle. Ils avaient été accusés d’#agressions_sexuelles et de #viol commis sur des visiteuses du festival Langeland, sur l’île de Funen.

      https://fr.express.live/2017/12/08/danemark-demandeurs-dasile-deboutes-exil

      #géographie_du_vide #géographie_du_plein

    • Denmark Plans to Isolate Unwanted Migrants on a Small Island

      Denmark plans to house the country’s most unwelcome foreigners in a most unwelcoming place: a tiny, hard-to-reach island that now holds the laboratories, stables and crematory of a center for researching contagious animal diseases.

      As if to make the message clearer, one of the two ferries that serve the island is called the Virus.

      “They are unwanted in Denmark, and they will feel that,” the immigration minister, Inger Stojberg, wrote on Facebook.

      On Friday, the center-right government and the right-wing Danish People’s Party announced an agreement to house as many as 100 people on #Lindholm_Island — foreigners who have been convicted of crimes and rejected asylum seekers who cannot be returned to their home countries.

      The 17-acre island, in an inlet of the Baltic Sea, lies about two miles from the nearest shore, and ferry service is infrequent. Foreigners will be required to report at the island center daily, and face imprisonment if they do not.

      “We’re going to minimize the number of ferry departures as much as at all possible,” Martin Henriksen, a spokesman for the Danish People’s Party on immigration, told TV 2. “We’re going to make it as cumbersome and expensive as possible.”

      The deal allocates about $115 million over four years for immigrant facilities on the island, which are scheduled to open in 2021.

      The finance minister, Kristian Jensen, who led the negotiations, said the island was not a prison, but added that anyone placed there would have to sleep there.

      Louise Holck, deputy executive director of The Danish Institute for Human Rights, said her organization would watch the situation “very closely” for possible violations of Denmark’s international obligations.

      The agreement was reached as part of the annual budget negotiations. Each year, the Danish People’s Party demands restrictions on immigrants or refugees in return for its votes on a budget.

      In Denmark, as in much of Europe, the surge in migration from the Middle East and Africa in 2015 and 2016 prompted a populist, nativist backlash.

      The government has vowed to push immigration law to the limits of international conventions on human rights.

      Legal experts said it was too early to tell whether the Lindholm Island project would cross those boundaries, constituting illegal confinement. They said it resembled an Italian government project that was struck down in 1980 by the European Court of Human Rights.

      The Lindholm Island plan furthers the government’s policy of motivating failed asylum seekers to leave the country by making their lives intolerable.

      Asylum seekers with criminal records are not allowed to work in Denmark. Rejected asylum seekers who cannot be deported are given accommodations, where they cannot prepare their own meals, food and an allowance of about $1.20 per day, which is withheld if they fail to cooperate with the authorities.

      A former immigration minister, Birthe Ronn Hornbech, called the island project “a joke” and a blunder comparable to a soccer player scoring a goal for the opposing team.

      “Nothing will become of this proposal,” she wrote in her newspaper column.

      Many foreigners who have been denied asylum cannot be deported to their home countries for fear of abuse or persecution, or simply because those countries refuse to take them back.

      Hundreds lingering in two deportation centers refuse to leave — a challenge for a government that has promised to get rid of those who have no legal right to remain in Denmark.

      Some have held out for more than a decade despite a steady deterioration in living conditions. An independent study by a former prison director now working for the rights group Helsinki Citizens’ Assembly found conditions in one of the deportation centers to be comparable to those in some prisons, or worse.

      Prime Minister Lars Lokke Rasmussen said last month that the government’s aim in receiving refugees would no longer be to integrate them, but to host them until they can return to their countries of origin.

      “It’s not easy to ask families to go home, if they’ve actually settled,” he told a meeting of his party. “But it is the morally right thing. We should not make refugees immigrants.”

      This summer, a ban on face coverings was introduced and quickly nicknamed “the burqa ban” as it followed a debate on the Islamic garment seen by some as “un-Danish.” This month, Parliament is expected to pass legislation requiring immigrants who want to obtain citizenship to shake hands with officials as part of the naturalization ceremony — though some Muslims insist that they cannot shake hands with someone of the opposite sex.

      The government contends that hand shakes are “a basic Danish value.”


      https://www.nytimes.com/2018/12/03/world/europe/denmark-migrants-island.html
      #Lindholm #mer_Baltique

    • La Danimarca confinerà i migranti su un’isola con gli animali infetti. Così l’Europa muore.

      C’è del marcio in Danimarca. Senza scomodare Amleto e i rimandi shakespeariani, bisogna constatare l’ennesima trovata discriminatoria quanto disumana di un Paese del “civile e ordinato” Nord Europa. Le normative internazionali non consentono l’espulsione di alcuni richiedenti asilo: secondo l’articolo 33 della Convenzione di Ginevra: “Nessuno Stato Contraente espellerà o respingerà, in qualsiasi modo, un rifugiato verso i confini di territori in cui la sua vita o la sua libertà sarebbero minacciate a motivo della sua razza, della sua religione, della sua cittadinanza, della sua appartenenza a un gruppo sociale o delle sue opinioni politiche”. Tali leggi non si possono ignorare, ma evidentemente si possono aggirare. Dunque il governo danese ha pensato bene non di espellere questi immigrati, ma di relegarli su un’isola-prigione.

      Per la precisione si tratta dell’isola di Lindholm, con una superficie di sette ettari. Pressoché deserta, viene usata esclusivamente come luogo per ricerche veterinarie, e vi soggiornano diversi medici che studiano la peste suina e la rabbia canina. Adesso cani e maiali dovranno cedere il posto agli immigrati, che qualcuno, vista la deriva che sta prendendo il pianeta sotto il profilo dei diritti umani, sembra non considerare tanto dissimili.

      L’idea scellerata è della coalizione di governo che comprende i Conservatori e il Dansk Folkeparti. Quest’ultimo, il Partito popolare danese, è noto per la perenne caccia all’immigrato, tanto veemente da far sembrare Matteo Salvini un misto tra Nicola Fratoianni e il Papa. Sull’isola verrà costruito, entro il 2021, un centro di espulsione dove i migranti – un massimo di 125 persone, che hanno compiuto un reato e ai quali è stata rifiutata la richiesta d’asilo – saranno costantemente sorvegliati dalla polizia. Potranno lasciare l’isola solo dopo aver ottenuto permessi speciali, per qualche ora durante la giornata, ma con l’obbligo di tornarvi la sera. E il biglietto del traghetto dovranno pagarselo da soli, a un prezzo inaccessibile per la loro condizione economica. D’altronde, il governo non ha alcuna intenzione di ammorbidire il loro soggiorno, e lo scopo è proprio quello di non permettere loro di lasciare l’isola-prigione. Di tutti i modi escogitati per camuffare una detenzione, questo pare di certo il meno credibile.

      Suonano paradossali anche le precisazioni della sezione danese di Amnesty International, che spiega come la misura riguarderà i soli richiedenti asilo con precedenti penali. Quindi quelli che hanno già scontato una pena in una prigione reale, e che si ritroveranno nuovamente in stato di detenzione, stavolta senza colpe e senza processi, è giusto, secondo un’organizzazione che dovrebbe tutelare i diritti umani, che ne scontino una nuova. Il clima di ostilità nei confronti dei migranti è così accentuato che la misura, palesemente in conflitto con i più basilari principi di tutela delle libertà, ha generato addirittura festeggiamenti sui social. In particolare, è un video a rendere chiaro il sentimento di molti, diffuso in rete dal Dansk Folkeparti: si tratta di un cartone animato dove un uomo di colore, con abiti da musulmano, viene scaricato su un’isola deserta. Il testo di accompagnamento alle immagini recita: “Gli stranieri criminali non hanno motivo di stare in Danimarca. Finché non riusciremo a liberarcene, li trasferiremo sull’isola di Lindholm”. Come cani e maiali, appunto.

      L’isola sarà trasformata in una prigione grazie a un investimento di 100 milioni di dollari che servirà a smantellare i laboratori e le stalle dell’istituto di veterinaria e a costruire la struttura con i dormitori per gli immigrati. Sarà pronta entro il 2021, salvo improbabili ripensamenti o interventi da parte della comunità europea. Inger Støjberg, ministra dell’immigrazione in quota Venstre, partito di destra della coalizione, ha usato Facebook per lanciare un messaggio che suona come un lapidario avvertimento: “Alcuni migranti si accorgeranno di non essere i benvenuti”. In pratica la versione danese di “È finita la pacchia”.

      Già in passato la Danimarca si era distinta per il pugno duro contro i migranti, sino al punto di minare la loro libertà e addirittura privarli dei loro effetti personali. Il Parlamento danese ha infatti approvato nel 2016 una legge tesa a scoraggiare le richieste d’asilo, che conferisce alle autorità il potere di perquisire vestiti e bagagli dei migranti per confiscare beni superiori a 10mila corone (circa 1.350 euro) e usarli per contribuire al loro mantenimento. Eppure la Danimarca, così come gran parte dei paesi del Nord Europa e tutta l’area scandinava, viene dipinta come l’espressione massima del “Paese civile”. Questa definizione a quanto pare si riferisce all’ordine e alla pulizia di una nazione, mentre si chiudono entrambi gli occhi sulle politiche disumane e dal sapore fascista – dove “ordine e pulizia” assumono un altro significato.

      Il governo, intanto, continua a ripetere che quella che verrà realizzata non sarà una prigione, perché non ci saranno vere e proprie celle. Si potrebbe comunque fare un paragone con il regime carcerario, considerando le condizioni nelle quali verseranno gli “ospiti” dell’isola. I danesi hanno probabilmente preso spunto dalla politica sull’immigrazione australiana. L’isola di Nauru, nell’Oceano Pacifico, è il luogo dove il governo “scarica” i richiedenti asilo: per dirla alla Toninelli, i migranti restano a Nauru “per mesi, al massimo anni”. Ci sono intere famiglie, bambini che vengono seguiti dalla polizia anche quando vanno a scuola, mentre gli adulti vengono vessati quotidianamente dalle guardie e vivono in condizioni precarie. Il Guardian Australia ha denunciato abusi su minori e violenze sessuali sulle donne. Ovviamente, in Italia, c’è chi ha lodato il No Way australiano e la detenzione dei migranti a Nauru. È un politico di spicco. Sì, proprio lui.

      Matteo Salvini, durante lo stallo della nave Diciotti, ha dichiarato: “Il mio obiettivo è il No Way australiano. Nessun migrante soccorso in mare mette piede in Australia”. Nel 2015, sulla sua pagina Facebook, si era spinto oltre, parlando proprio di Nauru: “In Australia per me fanno bene! Che dite, affittiamo un’isola anche noi?”. Salvini, invece di gongolare di fronte alle sirene australiane e danesi, dovrebbe semplicemente ripassare la nostra storia. Mandare al confino gli “indesiderati”, cacciandoli su un’isola per allontanarli dalla civiltà, era una prerogativa di Mussolini. Forse il ministro dell’Interno non ha mai sentito parlare di Ventotene o delle isole Tremiti.

      Dopo le leggi speciali del 1926, gli individui ritenuti pericolosi per lo Stato e per l’ordine pubblico venivano spediti in queste isole. È bene sottolineare che, quasi cento anni fa, venivano considerati pericolosi anche gli omosessuali, gli avversari politici, i credenti di fede diversa, come i testimoni di Geova, o i lettori di libri considerati sovversivi. Durante il fascismo vennero emesse 12mila ordinanze dalle commissioni Provinciali, e le isole si riempirono. Una volta giunti in quei luoghi, ai confinati venivano sottratti i documenti personali, non potevano interagire con gli isolani o superare zone di confine sorvegliate da guardie armate. Sulla carta era vietato anche ascoltare la radio o parlare di politica, mentre era permesso l’invio di una sola lettera alla settimana, non più lunga di 24 righe. Da Ventotene passò anche Sandro Pertini, che poi divenne uno dei più amati presidenti della Repubblica. Quando Salvini si lancia in azzardati inviti ad affittare isole, ricordiamoci quanto ci hanno trasmesso i libri di storia.

      È proprio per la memoria storica ancora pulsante, da preservare il più a lungo possibile, che proposte come quella del governo danese dovrebbero mettere in allarme le democrazie europee, che sono sotto attacco anche per questo e non solo per gli attacchi terroristici di individui radicalizzati e riempiti di odio esattamente come i sostenitori di simili politiche.

      Nessun uomo è un’isola, scriveva il poeta John Donne. Rivisitando i suoi versi, auspichiamo “nessun uomo su un’isola”, se viene intesa come prigionia e azzeramento dei diritti fondamentali dell’uomo. Che sia in Danimarca, nel profondo Sud dell’Oceania o in qualche nostalgia malsana di un politico nostrano che strizza troppo spesso l’occhio a un passato nero che non dovrebbe ripetersi.

      https://thevision.com/politica/danimarca-migranti-isolamento

  • Comprendre la doctrine Macron sur les revenus des salariés, retraités, chômeurs Olivier Passet - 4 Septembre 2018 - Xerfi
    http://www.xerficanal-economie.com/emission/Olivier-Passet-Comprendre-la-doctrine-Macron-sur-les-revenus-de

    Sur le papier, il y a une doctrine derrière les arbitrages budgétaires du gouvernement : privilégier les revenus du travail à ceux de l’inactivité. Et effectivement, lorsque l’on regarde les contours du projet de loi de finance 2019, c’est bien les revenus de la dépendance et certaines aides sociales que rogne en priorité le gouvernement.
     
    Des choix en ligne avec la doctrine 
Les pensions de retraites, l’ensemble des prestations familiales et les aides personnalisées au logement (APL), ne seraient pas indexées sur l’inflation. Elles ne progresseraient que de 0,3% en 2019 et 2020. Ce coup de frein n’est pas anecdotique. Dans un contexte où l’inflation devrait se situer entre 1,5 et 2% en 2019, le pouvoir d’achat de ces prestations sera sérieusement laminé. De l’ordre de 1,5%. Un nouveau coup dur pour les retraités notamment. La dégressivité des allocations chômage devrait également être posée sur la table des négociations avec les partenaires sociaux. Là, ce sont les chômeurs cadre qui sont en première ligne. Le gouvernement devrait encore poursuivre sa cure d’amaigrissement des emplois aidés non marchands. Après une baisse de 120 000 en 2018, leur contingent devrait encore diminuer de 25 000 en 2019. Autrement dit, l’emploi aidé non marchand est considéré comme un dispositif inefficace qui s’assimile à du chômage déguisé, ou plus crûment à de l’inactivité rémunérée. Seuls seront sanctuarisés le RSA, le minimum vieillesse, l’allocation pour les adultes handicapés, c’est-à-dire les aides ciblées sur les plus vulnérables. Conformément au modèle beveridgien.

    VIDEO https://player.vimeo.com/video/287073249

    A contrario, le gouvernement entend booster le pouvoir d’achat des salariés en supprimant les cotisations salariales sur les heures sup. C’est un transfert de 2 milliards à destination des actifs en emploi. La prime d’activité, qui fournit un complément de revenu aux travailleurs pauvres, incitant le retour à l’emploi sur des mini-jobs sera elle aussi revalorisée.

     
Les choix opérés sont donc bien en ligne avec la doctrine. Et derrière cette doctrine il y a deux idées-forces : 1/ le chômage a un fort contenu volontaire en France. Les entreprises souffriraient de l’étroitesse de l’offre de travail ; 2/la rémunération trop généreuse des personnes en situation de dépendance, des 16 millions de retraités notamment, mais aussi des juniors (à travers l’érosion des allocations familiale, de l’allocation de rentrée scolaire, de la prime de naissance, du complément de libre choix du mode de garde), à quoi s’ajoute une assurance chômage qui couvre à proportion du dernier salaire induit un charge sur le coût du travail, qui nuit à la compétitivité du travail.
     
    Un raisonnement contestable 
La première assertion concernant le caractère massif du chômage volontaire est très contestable. Elle ne mérite pas qu’on s’y attarde. Elle n’est pas attestée empiriquement. Cette composante est minoritaire, et il est clair qu’après 10 ans de croissance molle, la réduction du chômage passe d’abord par un raffermissement de l’activité. Les années récentes ont montré que la job machine, loin d’être bloquée, s’anime dès que l’activité dépasse 1 à 1,5% de croissance.

     
La seconde assertion en revanche est beaucoup plus recevable. Oui, le financement des différentes formes de dépendance (senior, junior) induit un coût pour l’ensemble des agents économiques parmi les plus élevés des pays développés. Oui, son financement pèse in fine sur le coût du travail. Et oui, il existe un certain nombre de travaux convergents attestant que le coin socialo-fiscal élevé en France, pèse négativement sur le niveau de l’emploi. Les cotisations retraites sont certes du revenu différé, voire le chômage. Elles pourraient en théorie diminuer les revendications salariales des salariés. C’est vrai dans un monde parfait. Ce mécanisme joue certes en France, mais partiellement du fait de la rigidité des salaires, à laquelle participe le Smic.
     
Ceci étant dit, il ne suffit pas de diminuer les revenus de la dépendance pour booster l’emploi. Encore faut-il un choc simultané et significatif de diminution du coût du travail. Or ce n’est pas le cas. Même si la réforme du CICE entraine un double chèque en 2019, cette baisse n’est pas extrapolable et n’affectera pas le comportement d’embauche. Encore faut-il aussi que l’impact négatif sur l’activité de la réduction du pouvoir d’achat des dépendants soit compensé par un moteur externe puissant, où une dynamique cyclique robuste. Et là encore ce n’est pas le cas. Bref, comme souvent en économie, le timing compte autant que la doctrine. Et là paradoxalement, le gouvernement est en train d’enrayer une job machine qui paraissait pourtant bien repartie.

    #en_marche #revenus #Emploi #salaires #travail #Retraité #Chômeurs, #Aides sociales #croissance #doctrine

  • La crise des #opioïdes, un défi pour le #marché du #travail américain
    https://www.lesechos.fr/monde/etats-unis/0302185983449-la-crise-des-opioides-un-defi-pour-le-marche-du-travail-ameri

    L’épidémie, qui a fait l’an dernier près de 72.000 morts par overdose, soit davantage que pendant toute la guerre du Vietnam, a aussi envahi le marché du travail, en éloignant de l’emploi des victimes souvent précaires. Pour l’économiste de Princeton Alan Krueger, près d’un quart du déclin de la participation au marché du travail est imputable à la consommation de ces analgésiques à haut risque. Ses travaux montrent que près de la moitié des hommes de 25 à 54 ans sortis du marché de l’emploi prenait quotidiennement des médicaments contre la douleur, et, dans les deux tiers des cas, des médicaments sur ordonnance. « Je pense qu’il y a un lien avec la baisse du taux de participation des personnes âgées de 25 à 55 ans » , a admis l’ancienne présidente de la Fed Janet Yellen l’an dernier, hésitant toutefois sur le sens du lien de causalité. Quant aux économistes de la Fifth Third Bank, ils comparent désormais l’ampleur des effets de l’épidémie sur le marché du travail aux ravages de la grippe espagnole de 1918.

  • Ken Loach : « L’État providence anglais a été détruit ! » - The Dissident - The Dissident
    https://the-dissident.eu/ken-loach-letat-providence-anglais-a-ete-detruit

    On a rencontré beaucoup d’employés du Job Centre par l’intermédiaire des syndicats. Ils nous ont confirmé qu’on leur donne des objectifs : chaque semaine, il y a un quota d’allocataires qui doivent être sanctionnés. Dans ce cas-là, on les met dans le « personal improvement plan », le plan personnel d’amélioration, un concept kafkaïen, orwellien. Et même si tous les allocataires ont obtenu des résultats, il faut en sélectionner certains pour qu’ils soient sanctionnés ! Dans les scènes au Job Centre, à part les deux comédiennes principales, tous les gens qui sont autour travaillent vraiment dans ce lieu. Entre les prises, ils nous racontaient que la pression du système est tellement difficile pour eux qu’ils ont été obligés de démissionner.

    #guerre_aux_pauvres