• Urgence climatique : la procrastination des gouvernements est un crime climatique | Maxime Combes
    https://blogs.mediapart.fr/maxime-combes/blog/200721/urgence-climatique-la-procrastination-des-gouvernements-est-un-crime

    Les terribles inondations qui ont frappé l’Allemagne et la Belgique montrent combien le changement climatique se conjugue au présent et dans nos régions aussi, illustrant la procrastination coupable de nos dirigeants. Alors que l’Assemblée nationale vote ce mardi 20 juillet une Loi climat déjà obsolète et ringarde, interpellons-les : que ne comprenez-vous pas dans le terme « urgence climatique » ? Source : Sortons de l’âge des fossiles !

  • #Covid-19 : « En imposant aux soignants de décider quel patient doit vivre, le gouvernement se déresponsabilise de façon hypocrite »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/03/28/covid-19-en-imposant-aux-soignants-de-decider-quel-patient-doit-vivre-le-gou

    La saturation des services de réanimation pourrait très prochainement obliger les soignants à faire un « tri » entre les malades. Dans une tribune au « Monde », un collectif de neuf médecins de l’AP-HP demande à l’exécutif « d’assumer devant la société tout entière sa stratégie » face à la troisième vague.

    Tribune. Alors qu’une troisième vague épidémique de Covid-19 frappe la France, plusieurs régions sont très fortement affectées par un afflux massif de patients vers les hôpitaux. Ces patients sont plus jeunes et présentent des formes plus sévères de la maladie que lors des deux vagues précédentes, peut-être en raison de la virulence des nouveaux variants. Pour ces raisons, les services de réanimation sont fortement sollicités et à nouveau au bord de la saturation. Jeudi 25 mars, en Ile-de-France, les lits de réanimation disponibles s’arrachaient en quelques minutes.

    On espère que, dans quelques mois, la proportion croissante de personnes vaccinées ou ayant été contaminées contribuera à terme à freiner l’épidémie. En attendant, en l’absence d’un freinage brutal créé par un véritable confinement accompagné d’une prise de conscience collective, les professionnels de santé sont confrontés à un problème majeur : comment prévenir la complète saturation des services de réanimation dans les jours ou semaines qui viennent ? Trois options s’offrent à nous.

    Transfert de patients, déprogrammation d’opérations

    La première consiste à transférer des patients en réanimation des régions en tension vers des régions moins touchées. Efficace ponctuellement lors de la première vague, cette solution n’a pu être mise en œuvre que très marginalement lors de cette troisième vague, notamment parce que les patients sont atteints de façon plus sévère et sont donc intransportables. De plus, leurs proches sont devenus extrêmement réticents à ces transferts, considérant qu’ils n’ont pas à faire les frais d’une politique sanitaire qu’ils jugent défaillante. Cela n’a pas empêché le gouvernement de médiatiser à outrance ces transferts. On a ainsi vu des communicants s’agiter sur des tarmacs d’aéroport plutôt que s’attaquer au vrai problème : le devenir de nos malades.

    La deuxième option consiste à ouvrir de nouveaux lits de réanimation, dits « éphémères ». Si les équipements existent, il faut, en revanche, aller chercher le personnel soignant dans d’autres services de l’hôpital, notamment en fermant les blocs opératoires, et donc en déprogrammant des opérations. Cela n’est pas sans conséquence : pour chaque patient Covid soigné durant une quinzaine de jours dans un de ces lits « éphémères », on estime qu’environ 150 patients ne seront pas opérés. Si certaines interventions peuvent attendre, d’autres le peuvent moins, notamment la chirurgie du cœur ou celle des cancers.

    En 2020, du fait de la déprogrammation, environ un tiers des cancers digestifs n’ont pas été diagnostiqués à temps, ce qui constitue, pour les patients concernés, une véritable perte de chance. Ceci est d’autant plus vrai que les déprogrammations d’aujourd’hui s’ajoutent à celles d’hier. Lorsqu’il est demandé aux hôpitaux de déprogrammer 40 % et jusqu’à 70 % des interventions chirurgicales, le gouvernement entérine une stratégie de priorisation qui ne dit pas son nom et qui consiste à privilégier les malades du Covid-19 au détriment des autres.

    Agir à l’opposé des règles éthiques

    La troisième option, conséquence de la stratégie de réponse sanitaire actuelle, consiste, en raison d’un nombre trop limité de places, à restreindre l’accès à la réanimation à des patients qui auraient pu en bénéficier. Ceci est très éloigné des règles élémentaires de l’éthique, qui préconisent que l’admission en réanimation soit évaluée au cas par cas, dans le seul intérêt du patient. Au contraire, la situation actuelle tend vers une priorisation, autrement appelée « tri », qui consiste, lorsqu’il ne reste qu’un seul lit de réanimation disponible mais que deux patients peuvent en bénéficier, à décider lequel sera admis (et survivra peut-être) et lequel ne sera pas admis (et mourra assez probablement). C’est bien vers cela que nous nous dirigeons.

    Les réanimations d’Ile-de-France sont saturées et il ne sera bientôt plus possible de créer de nouveaux lits dans ces services. Il faudra donc procéder à de tels choix. Pour cela, les soignants se tourneront vers les réflexions et recommandations de sociétés savantes et de comités d’éthique, lesquels suggèrent à demi-mot de privilégier, entre deux patients, celui auquel la réanimation fera gagner le plus d’années de vie en bonne santé. On voit bien à quel point cette estimation est subjective, nécessairement imprécise, et donc potentiellement source d’erreurs, de frustration et d’incompréhension pour les patients et leurs familles.

    Les soignants feront du mieux qu’ils peuvent mais se tromperont parfois, tant l’exercice est complexe. Enfin, parce qu’ils seront contraints d’agir de façon contraire aux règles élémentaires de l’éthique, ils n’en sortiront certainement pas indemnes. Il y a fort à parier que beaucoup en garderont à tout jamais des séquelles psychiques. A terme, il est bien probable que nombre d’entre eux se détourneront de leur métier de soignant, ce qui dégradera un peu plus la santé de nos hôpitaux.

    En imposant aux soignants de décider quel patient doit vivre et quel patient doit mourir, sans l’afficher clairement, le gouvernement se déresponsabilise de façon hypocrite. Il y a un an, Emmanuel Macron disait : « Nous sommes en guerre. » Chacun sait qu’il n’y a pas de guerre propre et que les dégâts collatéraux de cette crise dépassent la dimension sanitaire, puisque son impact est aussi économique, sociétal, psychologique et philosophique. Ce n’est pas tant la stratégie de réponse sanitaire qui est en cause. Ce qui est en cause, c’est l’absence de transparence sur ses conséquences. Le gouvernement a choisi une stratégie et il doit en assumer les arbitrages devant la société tout entière. En la matière, il se doit de prendre la responsabilité des conséquences de sa stratégie.

    Vis-à-vis de ses citoyens, tout gouvernement se revendiquant démocratique a un devoir de loyauté. Il est temps que l’exécutif assume clairement et publiquement les conséquences sanitaires de ses décisions politiques.

    Alexandre Demoule, professeur de médecine intensive – réanimation, AP-HP Sorbonne Université, hôpital La Pitié-Salpêtrière, Paris ; Martin Dres, maître de conférences de médecine intensive – réanimation, AP-HP Sorbonne Université, hôpital La Pitié-Salpêtrière ; Francis Bonnet, professeur d’anesthésie – réanimation, médecine péri-opératoire, AP-HP Sorbonne Université, hôpital Saint-Antoine, Paris ; Alain Combes, professeur de médecine intensive – réanimation, AP-HP Sorbonne Université, hôpital La Pitié-Salpêtrière ; Jean-Michel Constantin, professeur d’anesthésie – réanimation, médecine péri-opératoire, AP-HP Sorbonne Université, hôpital La Pitié-Salpêtrière ; Muriel Fartoukh, professeure de médecine intensive – réanimation, AP-HP Sorbonne Université, hôpital Tenon, Paris ; Bertrand Guidet, professeur de médecine intensive – réanimation, AP-HP Sorbonne Université, hôpital Saint-Antoine ; Charles-Edouard Luyt, professeur de médecine intensive – réanimation, AP-HP Sorbonne Université, hôpital La Pitié-Salpêtrière ; Louis Puybasset, professeur d’anesthésie – réanimation, médecine péri-opératoire, AP-HP Sorbonne Université, hôpital La Pitié-Salpêtrière.

    • Covid-19 en France : les directeurs de crise de l’AP-HP prévoient d’être dépassés « dans les quinze prochains jours »
      https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/03/28/covid-19-en-france-les-directeurs-de-crise-de-l-ap-hp-previennent-qu-ils-von

      Dans une tribune publiée dans « Le Journal du dimanche », une quarantaine de responsables disent se préparer à devoir « faire un tri des patients » pour faire face à la troisième vague qui submerge la région parisienne.

      #médecine_de_catastrophe #tri #déprogrammation

    • En 2020, du fait de la déprogrammation, environ un tiers des cancers digestifs n’ont pas été diagnostiqués à temps, ce qui constitue, pour les patients concernés, une véritable perte de chance. Ceci est d’autant plus vrai que les déprogrammations d’aujourd’hui s’ajoutent à celles d’hier. Lorsqu’il est demandé aux hôpitaux de déprogrammer 40 % et jusqu’à 70 % des interventions chirurgicales, le gouvernement entérine une stratégie de priorisation qui ne dit pas son nom et qui consiste à privilégier les malades du Covid-19 au détriment des autres.

      J’ai l’impression que personne ne suit les chiffres des morts par déprogrammation. Si coviiiiiiid tracker donnait aussi une estimation quotidienne des morts par effet domino, ptet que les communiquants au pouvoir auraient un peu plus de mal à utiliser le bouton « déprogrammer » non ?

    • C. sur Paris, à qui on a découvert une tumeur au cerveau il y a un mois, il devait être opéré d’urgence le 23 mars, opération finalement repoussée au 8 avril parce que même les lits de neurochirurgie ont été réquisitionnés pour les malades du covid. Il flippe chez lui en attendant.

      Et le tri est déjà en route depuis quelques semaines même dans des régions moins touchées.
      La mère d’un pote atteinte de covid, Narbonne, deux fois aux urgences, refus de prise en charge, renvoyée chez elle avec de l’aspirine. 82 ans.

      Je témoigne ici comme je suppose que nous connaissons maintenant tous et toutes un décès autour de nous ou le report de soins d’urgence. Donc, on ne peut plus nous la faire.
      #empire_du_pire

  •  » Royaume-Uni : Plus d’un patient #Covid sur dix est mort dans les cinq mois suivant sa sortie de l’hôpital
    https://www.les-crises.fr/royaume-uni-plus-d-un-patient-covid-sur-dix-est-mort-dans-les-cinq-mois-s

    Plus d’un patient covid sur dix est mort dans les cinq mois suivant la sortie de l’hôpital, tandis que près d’un tiers des personnes ayant survécu au virus ont dû être réadmises, selon de nouvelles recherches.

    Des documents publiés par le groupe consultatif scientifique gouvernemental pour les urgences (le Sage, [ndr : Royaume-Uni]) ont également révélé que la moitié des patients hospitalisés à cause du virus ont souffert de complications, un quart d’entre eux ayant des difficultés une fois à la maison.

    Les jeunes patients de moins de 50 ans sont plus susceptibles de souffrir de complications.

    • Charles Bangham, professeur d’immunologie à l’Imperial College de Londres, a déclaré qu’il pourrait y avoir jusqu’à 50 symptômes de ‘longue covid’, certaines études en ayant trouvé jusqu’à 100.

      Selon lui : « Il est maintenant clair que vaincre une première infection de ce virus n’est pas la fin de l’histoire. Pour une proportion significative de gens, la Covid-19 s’avère être une maladie de longue durée.

      Avec plus de 100 millions de cas de Covid-19 dans le monde, le fardeau sanitaire dû aux longues Covid pourrait être énorme. Rien qu’au Royaume-Uni, des centaines de milliers de patients pourraient présenter des symptômes pendant de nombreux mois, ce qui accentuerait la pression sur un service de santé déjà sous tension.

      Cela aura non seulement un impact sur la vie de ceux qui souffrent, mais pourrait également devenir un fardeau économique permanent s’ils se trouvent dans l’incapacité de travailler. »

      Source : Independent, Shaun Lintern, 19-02-2021

      Traduit par les lecteurs du site Les Crises

      #long_covid #covid-long

    • Vous seriez pas un peu « complotistes », là ? ;-)

      Tiens, à propos, dans la médiasphère, on diffuse à l’envi que la vaccination nous ferait retrouver une vie sociale comme celle « d’avant ». Or, on nous dit aussi que la vaccination nous protège contre les formes GRAVES du Covid mais qu’on peut aussi héberger de la bestiole, donc être re-contaminé et contaminant. Et donc, continuer à porter un masque et pratiquer la « distanciation sociale », c’est à dire vivre avec des avatars numériques et gober tout ce qui est diffusé par les médiacrates. Alors dans ce cas, à quoi sert le vaccin sauf si l’on admet que « un jour » tout le monde (enfin, 99% de tout le monde) sera vacciné ?
      A mon humble avis, on en a pour une décennie.
      Donc la seule stratégie qui aurait prévalu si on avait voulu encore pouvoir se « socialiser », c’est #zéro_covid, comme au Vietnam pour ne citer que ce pays. Le « tester, tracer, isoler », ça ne peut marcher que s’il y a un nombre très limité de cas, pas comme en ce moment où c’est « open bar » pour le virus. Et donc, c’est trop tard à moins d’un confinement dur de plusieurs années pour toute l’Europe. Et là, on peut toujours essayer d’imaginer que l’idée puisse germer dans leurs petites caboches de profiteurs blindés aux as et de jouisseurs hédonistes court-termistes. Les #surnuméraires n’ont qu’à bien se tenir. Nous sommes en train d’assister à une grande manœuvre de #darwinisme_social ... (Mais non, ch’uis pas « complotiste »).

      #Gilles_de_la_Tourette #cojonesvirus

  • « L’entretien avec l’agent de la CAF a été une humiliation » : Les bénéficiaires du RSA dans l’enfer des contrôles
    https://justpaste.it/9ki0y

    Au fil des ans, des progrès du big data et des croisements de fichiers, les Caisses d’allocations familiales et les départements intensifient leur chasse aux fraudeurs, parfois jusqu’à l’acharnement.

    [...]

    « Tant pis si les sommes à recouvrer sont prescrites ou si les dossiers ne sont pas assez étayés… » , dénonce une ancienne agent de la CAF.

    [...]
    Sur les forums de discussion entre fonctionnaires territoriaux, les « bonnes recettes » s’échangent. « Sur le RSA, les premiers contrôles ont porté sur les travailleurs indépendants, avec demande de relevés bancaires [professionnels] et personnels. Ce créneau semble très porteur », se félicite un contrôleur des Hauts-de-Seine. « Si pas de contrat [d’engagement réciproque signé], radiation après trois mois », recommande de son côté un responsable de Tarn-et-Garonne.

    Prestations sociales : les « dérives » de la chasse à la fraude, 2017, Toubon...
    https://seenthis.net/messages/627815

    #CAF #RSA #APL #contrôles #radiations #chasse_aux_pauvres #visites_domiciliaires

    • Souvenir de mon dernier passage à la CAF : après un an de tentatives pour obtenir mes droits auprès de la CAF, l’"aide de 3 assisstantes sociales" et d’un centre obligatoire qui ne sert qu’a t’enfoncé, j’étais venu avec les texte de loi pour faire valoir mes droits, car le statut d’artiste est inconnu des agents et fort complexe. L’agente me dit sans même jeté un oeil «  la CAF n’est pas soumise à la loi, nous avons notre propre réglementation interne », je lui ai dit que la CAF n’était pas un état indépendant de la France et j’ai demandé à voire son supérieur hiérarchique, elle m’a montré du doigt une affichette qui menace de poursuite les allocataires malpolis et un vigile s’est approché. Je suis partie et j’ai lâché l’affaire. Peut etre 9 mois après un agent de la CAF m’appel au tel pour me dire que je peu bénéficié de l’aide de la CAF, sauf que depuis 21 mois que j’aurais du avoir le RSA, j’ai bien du me démerdé en taxant à droite à gauche et donc j’aurais certainement été l’objet de poursuite pour fraude vu que mes déclarations dataient de presque 2 ans, du coup j’ai dit au mec que c’etait trop tard et que je ne voulais pas de leurs emmerdes garanties à 100% et j’ai raccroché. Bref tout ca pour dire que non seulement ils chassent les fraudes en dépis du bon sens mais leurs méthodes fabriquent des fraudes qui n’existent pas à la base.

    • On voit bien dans ce que tu racontes @mad_meg comment est fabriquée un partie du #non_recours...
      On le droit de se faire accompagner (par exemple pour rappeler le texte de loi sans être menacé.e de poursuites...).
      La dernière fois que j’ai « accompagné » une allocataire lors d’une visite domiciliaire, l’examen des relevés de compte bancaire tendait à faire conclure à l’agent contrôleur que 30 balles mentionné au crédit du compte constituait un revenu non déclaré alors que c’était une somme reçue pour avoir covoituré quelqu’un... Soit dit en passant, quand même, le type a battu en retraite progressivement, nous avons trouvé après sa visite de quoi « justifier » les quelques rentrées « louches », et il n’y a pas eu d’indus ni de coupure de revenu.

      Si ce guide n’est plus tout à fait d’actualité (des choses sont à vérifier sur légifrance etc.), il est bon de le conseiller aux allocataires, demandeurs de revenus, etc.
      https://cafard93.wordpress.com/2012/04/06/organisons-nous-face-aux-controles-domiciliaires-caf

      #droit_à_l'accompagnement

    • Arf, j’avais bien cru comprendre que tu avais lâché l’affaire, @mad_meg.
      Au CAAP, on passe pas mal de temps à rappeler à la CAF qu’elle n’est pas du tout au-dessus des lois et comme nous sommes un syndicat assez hargneux, nous obtenons généralement gain de cause… L’agente, là, on aurait pu la démonter.
      Dommage, mais ça se comprend que personne n’a envie de vivre dans la peau d’un·e présumé·e coupable permanent·e.

    • Tu m’avais quand même bien conseillé @monolecte c’est comme ca que j’étais venu avec le texte de loi. Mais je pouvais pas resté 21 mois sans aucune forme de revenus et du coup ce sont des proches qui m’ont aidé le temps que je trouve mes propres moyens de subsistance, sauf que cette aide qui m’a été apporté me mettais de fait en situation de fraude vis à vis de la CAF et ca se mordait la queu.

    • Cool.
      On prépare notre AG et c’est un gros casse-tête parce qu’on est un millier + ou - à jour de cotisations, ce qui nous permet de peser contre les pouvoirs publics qui ne font pas le taff… mais met à rude épreuve le bureau que ne suffit plus à tout gérer.

      Là, on se demande si on ne devrait pas répliquer à cette infâmie et comment.

      Viendez, les AA  : https://www.helloasso.com/associations/caap/adhesions/adherer-au-caap-1

    • il semble que la diffusion sans autorisation écrite contrevienne à un article des conditions d’utilisation
      https://justpaste.it/terms

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    • Le contrôleur de la CAF est arrivé chez moi alors qu’on avait ensemble décalé le rendez-vous du contrôle de mes revenus. Il était derrière la grille à vouloir entrer et moi au téléphone avec le secrétariat de l’institut Curie à gérer un rendez-vous entre deux opérations. Il a pâlit quand il a compris, il est quand même revenu quinze jours plus tard, je sortais de la chirurgie pour entrer en radiothérapie. Je pense qu’il a eu quand même honte parce qu’il a été assez rapide à vérifier les papiers que j’avais préparé, je crois que j’ai même eu pitié de lui à le voir paniquer devant mes sourires de cancéreuse. J’ai aussi compris que j’avais été dénoncé par mes anciens proprios qui avaient la haine contre moi parce que j’avais demandé qu’ils réparent la porte défoncée de l’immeuble et le plafond qui m’était tombé dessus. Je pense que eux n’ont jamais eu aucun souci pour palper l’argent de la CAF qui aide les proprios à s’enrichir sans aucune obligation de décence du logement.
      Mais ça m’a bien retournée qu’ils osent faire ça alors que j’étais en arrêt maladie, à côté les humiliations constantes des assistantes sociales pour le suivi RSA sont devenues une rigolade.

    • Dans cet article, la CAF est tout de même responsable du suicide d’une femme …
      L’article se termine par

      Nous demandons, avec le Secours catholique, que l’État fasse confiance aux pauvres.

      nan mais tu imagines où on en est arrivé ?

      Tu crois que sous Hitler ils l’auraient aussi écrit sans sourciller

      Nous demandons, avec le Secours catholique, que l’État fasse confiance aux juifs.

      #guerre_aux_pauvres
      #surnuméraires
      #catholicisme

    • Avant ou après le cancer que j’ai eu (on s’en fout, mais quand même, je suis devenue un poil plus exigeante vu que je suis aux premières loges pour une fois) j’ai toujours détesté la facilité morbide à comparer un fait politique à une maladie ou un virus que ce soit ou non entre guillemets c’est médiocre, inopportun et il serait temps de corriger ce mode d’expression chaque fois qu’il se présente à la bouche d’égout.
      Utiliser ces termes comme si la politique était une affaire médicale, c’est inepte et je le reçois vraiment très mal après ce que je viens de poster ici.

    • Oui, entièrement d’accord @vraiment (avant on avait eu "le chômage, cancer de la société française", ça marche à tout coup pour brouiller les choses). Ici je n’ai pas tiqué, les «  » citant Wauquiez étant suivis de "préjugé".
      À part l’aspect sondage, l’article est plutôt intéressant pour les éléments historiques qu’il présente. Il se conclue "à gauche" : « Si l’on mesurait la part des budgets publics qui va aux pauvres et celle qui va aux privilégiés, on aurait sans doute des surprises », un "renversement de perspective, qui fait du pourfendeur de l’assistanat… un assisté qui s’ignore", sans avoir jamais pointé... la responsabilité des socialistes (emploi emploi emploi).

      #idéologie_du_travail

  • La valeur d’une vie

    Bientôt les pauvres n’auront plus le droit de parler, les vieux de vivre et les jeunes de chanter. Une alliance inédite entre la science, la rationalité économique et le néolibéralisme autoritaire prépare des monstres que nous ne soupçonnons pas. Cette alliance nous accommode au pire, dont le renoncement aux valeurs et principes qui fondent le vivre ensemble et notre humanité.

    La gestion politique de la #crise_sanitaire est une machine à discriminer. Elle élève au carré les #inégalités sociales et économiques, de classe et de genre, et aujourd’hui les inégalités devant le #droit_à_la_santé et à la vie. Ces inégalités étaient insupportables avant la pandémie. Elles sont aujourd’hui la cause d’un effondrement social, économique et tout simplement moral. Si des études sérieuses (voir celle de l’INSEE ici) montrent que le virus « creuse les inégalités », ce sont avant tout les politiques néolibérales qui causent en priorité la mort des personnes âgées et des plus pauvres, l’exposition et la fragilisation des ouvriers, quand les classes sociales les plus favorisées traversent la pandémie avec infiniment moins de risque.

    Les choix politiques du gouvernement en matière de gestion de la crise sont passés successivement du mensonge d’Etat aux errements criminels, des errements à la bureaucratisation inefficace, de la bureaucratisation à la rationalisation impuissante, et désormais de la rationalisation au contrôle des corps. Cette dernière étape nous fait entrer dans la plus vertigineuse des dystopies. Des hommes politiques et des médecins ont pu concevoir d’interdire la parole dans les transports en commun. Alors que l’impératif sanitaire de la distance (physique et sociale) crée des pathologies de masse, il faudrait encore que les pauvres et le jeunes s’imposent le silence dans les transports en commun. Pourquoi donc l’Etat n’a-t-il pas pris depuis mars 2020 les dispositions qui auraient permis à chaque personne qui prend un bus, un tram ou un métro de bénéficier gratuitement d’un masque FFP2 ? Au lieu de cela on interdit aux plus défavorisés et aux jeunes de porter leur masque artisanal, sans prévoir une campagne et des moyens de protection pour quelques millions de personnes. Le problème n’est pas que l’Etat néolibéral de Macron et Castex serait maladroit, commettrait des erreurs à répétition, improviserait et jonglerait dans les difficultés de gestion d’une crise effroyable – même si ce peut être le cas -, le problème est qu’ils assomment systématiquement les pauvres, les jeunes et les vieux. Ce qui est effroyable, ce n’est pas le virus en lui-même, c’est le capitalisme qui le gère et en développe les conséquences. Parmi celles-ci, il en est une qui doit nous alarmer. La remise en cause du droit à la vie.

    Depuis le début de cette pandémie chaque jour qui passe accroît notre tolérance à l’insupportable. L’insupportable m’a été donné à entendre dans la bouche d’un Chef de service de l’Hôpital Bichat qui s’exprimait au journal de 13h de France-Inter ce dimanche 24 janvier 2021. On peut l’entendre ici, à 12mn et 40 secondes. Les propos de ce médecin ont créé en moi un choc. Un choc d’une grande violence. Ce choc a été provoqué par la rencontre entre la mémoire, l’historicité et la culture d’un côté, et de l’autre une parole médicale, autorisée et publique appelant à choisir la mort de nos aîné.es - et associant ce choix à un « courage » politique. Voici la transcription exacte des propos tenus par ce médecin, qui évoque des alternatives à un reconfinement général :

    « Soit faire des confinements sur des populations extrêmement à risque, soit admettre que ce qu’on vit après 80 ans c’est du bonus.

    Est-ce qu’aujourd’hui est-ce qu’on peut encore s’autoriser ces bonus ?

    Je pense qu’il faut prioriser les jeunes générations, les forces actives de la société, les PME.
    Je pense qu’il faut qu’on fasse des choix qui sont difficiles. » Il parle d’une « vision globale du courage. »

    Il convient de bien comprendre la portée de ces propos. Une portée incalculable et qui échappe certainement, du moins en partie, à celui qui les tient.

    Tout d’abord le médecin use d’un lexique de gestionnaire et fait entrer la question de la valeur d’une vie dans une rationalité comptable : le « bonus », les « forces actives », « s’autoriser » et « les PME ». C’est ici le point de vue d’un gestionnaire du vivant, à savoir très exactement ce qu’ont produit vingt années de massacre managérial et de rationalisation comptable dans les hôpitaux publics.

    Ensuite le médecin, qui est un très bon communiquant – comme tout excellent gestionnaire –, prend soin de surfer sur l’opposition au confinement, le soutien à la jeunesse et à l’économie pour nous arracher un consentement (« admettre ») au moyen d’une question rhétorique (« est-ce qu’on peut encore s’autoriser »), mais jamais au moyen d’un raisonnement ou une démonstration. Car il faudrait demander à ce Chef de service comment il explique que la fin du bonus des plus de 80 ans aiderait en quoi que ce soit à sauver la jeunesse. Quel est son raisonnement ? Pourquoi prioriser les jeunes générations devrait-il conduire à sacrifier nos aîné.es ? Le souci de tous n’exige-t-il pas de travailler au bien de la jeunesse comme à celui des aîné.es ? L’imposition d’un choix, soumis à un impératif totalement subjectif et irrationnel (« il faut », « il faut ») ne serait-il pas ici un moyen de résoudre la situation proprement tragique des personnels hospitaliers et des médecins en première ligne : diminuer la charge sur les hôpitaux par un consentement à laisser mourir les aîné.es dans les Ehpad ou à leur domicile, ce qui s’est produit massivement lors deux premiers confinements ? Le discours est ici celui d’un accommodement avec le pire. La banalisation de la transgression de tous les codes de déontologie et des éthiques médicales est en route. J’invite qui n’aurait pas en mémoire le Serment d’Hippocrate à le relire où à en prendre connaissance : https://www.conseil-national.medecin.fr/medecin/devoirs-droits/serment-dhippocrate . Vous pourrez aisément lister les principes sur lesquels le médecins’assoit. Et les articles du Code de déontologiequ’il appelle à transgresser.

    Enfin il faut vraiment être attentif à ceci que le médecin ne parle pas ici de la question très sensible du choix que font collectivement des équipes médicales confrontées à l’impossibilité de prendre en charge tous les patients. Choix codifié par des règles précises. Il nous parle de tout autre chose : d’un choix à faire pour la société, un choix politique et social, « difficile » et « courageux », une « vision globale ». On se dit alors que cet homme est prêt à entrer en politique ou bien au CA de SANOFI. Car, le médecin, comme bien de ses collègues arpentant les radios et les plateaux de télévision, sort non seulement de la morale, de l’éthique médicale, de la déontologie, mais il sort aussi tout simplement de sa profession (ce qui est une faute), pour s’instituer en manager du politique. C’est ce à quoi on assiste massivement depuis bientôt un an : la fabrique de l’opinion et l’administration politique de la crise sanitaire par les nouveaux managers de la science et une classe très particulière de médecins-experts qui ne font pas honneur à une profession, laquelle est, avec tous les soignants, dans les plus grandes difficultés et qui paye un tribut considérable à cette pandémie.

    Ce déportement de la parole médicale vers le politique, au nom d’une expertise et de l’autorité scientifique, concerne directement la communauté de recherche et d’enseignement.. Allons-nous laisser les nouveaux managers de la science, au demeurant rigoureusement incultes, avilir toutes les règles de l’éthique médicale et de l’intégrité scientifique en les laissant proférer à longueur de journée, énormités, mensonges, contre-vérités, sophismes, paradoxes et dans le cas qui nous occupe une monstruosité absolue, laquelle parvient à rencontrer du crédit chez un nombre significatif de collègues et de citoyens, dont la raison aura certainement été mise à mal par les temps très durs que nous traversons ?

    Bien sûr ce médecin n’est pas le tout de l’Hôpital. Il ne le représente pas. Il n’est pas la vie vivante des soignants qui se battent pour sauver autrui, quel qu’il soit, sans aucune discrimination. Il n’est pas l’infirmière qui se prend le Covid parce qu’elle n’a pas de FFP2. Qui est donc ce médecin, qui est cet homme pour appeler à supprimer les « Èves octogénaires » de Baudelaire ? À en finir avec le bonus, la chance et le bonheur d’être vivant à 80 ans ? Et pourquoi pas 75 ? ou 85 ? ou 90 ? J’aimerais inviter ce médecin, non pas à lire « Les petites vieilles » de Baudelaire, mais simplement à ouvrir une histoire de l’art ou de la littérature (ou même de la science), et à rechercher les œuvres qui ont été créées par des artistes qui avaient plus de 80 ans. Je pourrais l’inviter à considérer les « bonus » de Pierre Soulages ou Bernard Noël. Et ce « bonus » incroyable du sourire de sa propre grand-mère.

    La question qu’il nous revient de nous poser aujourd’hui est double : accepte-t-on de laisser passer, une fois, deux fois, trois fois, le discours de ce médecin jusqu’à la banalisation du Mal, jusqu’à se complaire dans le plus abject des cynismes, au risque de sortir de l’humanité ? Et plus fondamentalement : quelle est la valeur d’une vie ? Quelle valeur accordons-nous à une vie humaine ? Spinoza exposait cette conception de la vie humaine dans son Traité politique : « … une vie humaine, qui n’est pas définie par la seule circulation du sang, et d’autres choses qui sont communes à tous les animaux, mais surtout par la raison, la vraie vertu et la vie de l’Esprit »*.

    Pascal Maillard

    *La traduction est de Henri Meschonnic dans Langage, histoire une même théorie, Verdier, 2012, p.78, chapitre 5. "L’humanité, c’est de penser libre". Ce chapitre est la reprise d’une communication faite au colloque Qu’est-ce que l’humanité organisé à Toulouse les 8-17 mars 2004.

    https://blogs.mediapart.fr/pascal-maillard/blog/260121/la-valeur-d-une-vie
    #droit_à_la_vie #coronavirus #covid-19 #pandémie #néolibéralisme #néo-libéralisme #contrôle_des_corps #discriminations #capitalisme #vieux #jeunes #choix #médecine #politique #éthique

  • Calais : sur instruction de Gérald Darmanin, le préfet interdit la distribution de repas aux migrants par les associations non-mandatées
    https://www.lavoixdunord.fr/863431/article/2020-09-10/migrants-le-ministre-interdit-la-distribution-des-repas-par-les-associa

    Ce jeudi en fin de journée, la maire de Calais Natacha Bouchart était reçue par le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, place Beauvau, à Paris. Parmi les annonces du ministre, celle de ne plus autoriser les distributions de repas par les associations.

    Éric Dauchart | 10/09/2020

    • Après une heure et quart d’entretien avec le ministre nordiste, la maire a obtenu plusieurs avancées. Parmi elles la rédaction d’un arrêté préfectoral qui interdit la distribution de repas sauvages par les associations. Seules resteront autorisées celles de la Vie Active, financées par l’État. « Cela concerne un périmètre assez large qui va de la Mi-Voix (NDLR : centre commercial Carrefour) au Fort-Nieulay, en passant par le quai de la Moselle, la gare, le Minck… Le ministre s’est engagé à ce que l’on conserve une bonne tenue du centre-ville », note Natacha Bouchart.

      Par bonne tenue du centre-ville de Calais, le p’tit facho de l’intérieur veut dire qu’il faut avoir le bon dress code (avec un masque) pour faire son shopping.

    • comment oser ce terme de « repas sauvages » aux relents militaires racistes, ne pas énoncer plutôt « repas libres et ouverts » ou « repas solidaires », dire « repas sauvages » comme si il y avait à l’opposé des « repas civilisés ». Et c’est corroboré par le « bonne tenue du centre-ville » qui suit.
      Interdire à des personnes de recevoir un repas ce n’est pas être civilisé, c’est de la #barbarie.

      #journalisme_de_prefecture

    • Et faire croire que c’est pour des raisons sanitaires est mensonger :

      À Calais, Gérald Darmanin interdit la distribution de nourriture aux migrants
      https://www.ladepeche.fr/2020/09/12/a-calais-gerald-darmanin-interdit-la-distribution-de-nourriture-aux-migran

      Une décision fustigée par les associations

      Quatre distributions quotidiennes de repas seront toujours assurées par l’association La Vie Active selon la préfecture. L’État aurait par ailleurs mis à disposition 38 robinets d’eau dont 22 accessibles 7 jours sur 7. “L’ensemble des prestations assurées permet d’apporter aux personnes migrantes des prestations humanitaires suffisantes au regard des besoins de cette population notamment alimentaires” a estimé la préfecture.

      Des prestations jugées insuffisantes par beaucoup d’associations qui ont critiqué la décision des autorités : "Il y a un prétexte sanitaire mais aux distributions de La Vie Active (l’association mandatée par l’Etat), c’est pareil, les gens sont les uns sur les autres", a fustigé François Guennoc, vice-président de l’Auberge des migrants interrogé par l’AFP. L’Auberge des migrants dit assurer la distribution de 200 à 300 repas chaque jour en centre-ville et plusieurs centaines dans d’autres points de la ville. "Si l’Etat veut entasser les gens autour de l’hôpital (site de distribution de La Vie Active) où il y a déjà 700 personnes, il prend ses responsabilités, mais on va arriver à une situation pire que précédemment", a déclaré François Guennoc.

    • https://seenthis.net/messages/875983

      [...« Les arguments avancés sont totalement exagérés, on ne va pas laisser passer ça ! Quand on laisse des gens vivrent dans la rue, il est évident que les distanciations sociales ne peuvent être respectées », ajoute Antoine Nehr. Pour François Guennoc, cette mesure est contre-productive. « Des milliers de migrants vont s’entasser aux distributions de la Vie active, donc les mesures de distanciation ne pourront pas être appliquées », pense le militant. Selon les associations, environ 1 400 migrants sont actuellement présents à Calais...]

    • Un arrêté préfectoral indigne contre les actions de solidarité à Calais

      Communiqué LDH - 14.09.2020
      https://www.ldh-france.org/un-arrete-prefectoral-indigne-contre-les-actions-de-solidarite-a-calais

      Le ministre de l’Intérieur, pour la deuxième fois en visite à Calais depuis sa nomination, vient d’autoriser le préfet à prendre un arrêté restreignant les distributions alimentaires au centre de Calais à une seule association agréée par l’Etat, en dépit des besoins importants insatisfaits.

      Il cède ainsi aux pressions de la maire, Nathalie Bouchart, dans son travail de sape des actions humanitaires des associations et qui vise à réduire les droits fondamentaux des exilés qui cherchent désespérément à rejoindre le plus souvent famille et proches outre-manche.

      Aujourd’hui, alors que la situation reste dramatique, ces associations de terrain sont accusées de « créer des nuisances », d’organiser « des distributions de repas de façon totalement anarchique » « caractérisées par le non-respect des mesures de distanciation sociale dans le cadre de la lutte contre la Covid-19 ». (...)

    • Pour faire disparaître les migrant·es... il suffit de les affamer.
      https://www.gisti.org/spip.php?article6472
      « Il est interdit toute distribution gratuite de boissons et denrées alimentaires dans les rues listées ci-dessous [du centre-ville de Calais] pour mettre fin aux troubles à l’ordre public et limiter les risques sanitaires liés à des rassemblements non déclarés », a décidé le préfet du Pas-de-Calais par un arrêté longuement motivé publié le 10 septembre [1].
      https://www.gisti.org/IMG/pdf/arrete_2020-09-11.pdf

      Pour favoriser une meilleure compréhension de cet arrêté, nos associations en ont réalisé une réécriture, débarrassée des faux-semblants du langage bureaucratique.

      CABINET DU PRÉFET

      DIRECTION DES SÉCURITÉS - BUREAU DE LA RÉGLEMENTATION DE SÉCURITÉ

      Considérant que l’Europe et ses États membres mènent une politique visant à maintenir à distance respectable de leurs frontières les personnes qui tentent de fuir les guerres, persécutions et autres calamités provoquées par les élites politiques, économiques et financières ;

      Considérant que la présence persistante dans le centre ville de Calais de personnes que leur aspect désigne comme étrangères et totalement démunies met en évidence l’inhumanité de cette politique et constitue en conséquence une nuisance insupportable ;

      Considérant que la présence de ces exilé·es à proximité de la frontière franco-britannique accroît d’autant cette nuisance que, selon des sources bien informées, confronté aux pressions du Royaume-Uni en faveur d’un accord visant à renvoyer tous les migrant-es en provenance de France, le ministère de l’intérieur fait valoir que "si on accepte ça, on deviendra la poubelle des Anglais » [2] ;

      Considérant que les actions déterminées menées jusqu’à ce jour pour soustraire ces personnes aux regards de la population et les dissuader se rassembler sur le territoire de la commune et, si possible, du département, voire du territoire national, n’ont pas encore parfaitement atteint leur but ;

      Considérant notamment que si les destructions quotidiennes de campements, tentes et cabanes de même que les opérations policières de harcèlement et de dispersion ont largement contribué à réduire significativement leur visibilité, nombre d’entre elles s’obstinent pourtant à apparaître à la vue de tou·tes et ce, à toutes heures du jour ;

      Considérant que doit en conséquence être empêchée toute réunion de personnes paraissant étrangères et démunies ainsi que toute action favorisant ces réunions, notamment les points de fixation créés pour assurer la satisfaction de leurs besoins élémentaires ;

      Considérant que des associations subversives persévèrent à distribuer quotidiennement la nourriture dont ces personnes manquent et que, révélant les carences de la commune et de l’État, elles discréditent ainsi leur action ;

      Considérant que par une ordonnance du 22 mars 2017, le tribunal administratif de Lille avait certes sanctionné les décisions précédemment prises par la maire de Calais visant à interdire ces distributions en violation de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’Homme ;

      Mais considérant qu’après concertation entre la maire de Calais et le ministre de l’intérieur, il est apparu nécessaire, pour assurer l’éradication définitive des points de fixation, de passer outre cette décision de justice et, la police étant étatisée sur la commune de Calais, que soit pris un arrêté, préfectoral cette fois, réitérant les décisions interdisant la distribution de nourriture aux personnes étrangères qui en ont besoin ;

      Considérant que la pandémie de Covid 19 constitue dès lors l’occasion inespérée de fonder un tel arrêté sur les risques de propagation du virus, peu important que ces risques ne puissent être majorés par la réunion de personnes déjà en situation de proximité permanente et au demeurant parfaitement informées des mesures de distanciation à prendre ;

      Considérant en conséquence que cet arrêté doit être pris et ainsi motivé, quand bien même cette motivation apparaîtra pour ce qu’elle est : un prétexte ;

      Arrête

      Article 1er : Il est interdit aux personnes étrangères exilées et migrantes de se nourrir et, par voie de conséquence, à toute personne ou association de leur procurer de la nourriture ;

      Dans le prolongement de cet exercice de réécriture, nos associations appellent chacun·e à œuvrer pour que, sans délais, soient mises en œuvre des politiques tournant définitivement le dos à ces dérives nauséabondes et fondées sur le principe de la liberté de circulation et d’installation.
      Le 17 septembre 2020

      #gisti

      https://seenthis.net/messages/876342

  • Orsay : privés de manuels scolaires car leurs parents n’auraient soi-disant pas payé la cantine - Le Parisien
    https://www.leparisien.fr/essonne-91/orsay-prives-de-manuels-scolaires-car-leurs-parents-n-auraient-soi-disant

    « Ils ont appelé les enfants en formant deux groupes. Pour ceux qui étaient à droite, un membre de la direction leur a expliqué qu’il ne pouvait pas avoir les livres car leurs parents n’avaient pas réglé la cantine. »

    #éducation_à_coup_de_bâton #honte #vieille_école #vieille_France #pauvreté #surnuméraires

  • « Un virus qui festoie », Christian Lehmann - Libération
    https://www.liberation.fr/france/2020/07/17/un-virus-qui-festoie_1794511
    https://medias.liberation.fr/photo/1325607-us-struggles-with-coronavirus-amid-a-surge-of-new-cases.jp

    J’attendais avec une certaine inquiétude, au vu de ce qui se passait ailleurs, aux Etats-Unis, en Floride, ce que j’ai surnommé « le Covid balnéaire », l’arrivée d’estivants urbains décidés à se donner du bon temps, à décompresser du confinement, sur leurs lieux de vacances. Ces villes où, les discothèques étant fermées, les estivants se retrouvaient dans des bars bondés, ou dans des fêtes privées, parfaits vecteurs de contamination par aérosolisation. Ça a été l’un des éléments qui nous ont amenés, quelques collègues et moi, à lancer la tribune demandant au gouvernement de prendre ses responsabilités, et de rendre obligatoire le port de masques en lieu clos, mal ventilé. Cela fait plus de trois mois que ce risque est discuté dans les milieux médicaux, que sont décryptées les modalités de transmission. Des mois que l’on comprend peu à peu que les contaminations indirectes, par manipulation d’objets, sont exceptionnelles voire inexistantes, mais que par contre, des personnes infectées, même asymptomatiques, parlant, chantant, respirant fort dans un lieu non ventilé peuvent infecter beaucoup de monde en créant un nuage de particules virales qui reste en suspension si aucun mouvement d’air ne le disperse. Ces contaminations se déroulent dans un premier temps à bas bruit car touchant des sujets jeunes en bonne santé. Mais elles peuvent ensuite brutalement poser problème si plusieurs infectés, même peu symptomatiques, se retrouvent dans le même espace clos. Pour parler clairement, en référence au rassemblement œcuménique de Mulhouse, il s’agit moins de patients supercontaminateurs que de lieux supercontaminants.

    • Quelques hyperliens plus tard, je tombe sur ça :

      Crise sanitaire.

      La situation sanitaire en Bretagne n’est « pas alarmante », a souligné Santé publique France ce vendredi. Malgré une augmentation du taux de reproduction due à la découverte de plusieurs foyers épidémiques, la circulation du coronavirus y reste « faible ».

      « En Bretagne, le taux de reproduction est de 2,62 », en hausse par rapport aux dernières semaines, précise l’Agence sanitaire dans un courriel à l’AFP.

      (Euh ...)

      Et plus loin :

      Mais ce taux, s’il est « un des paramètres importants pour évaluer la dynamique de transmission du virus », peut aussi « être influencé artificiellement à la hausse », souligne l’Agence. « Par exemple, la survenue d’un cluster dans une entreprise peut conduire à des actions de dépistage et un afflux de patients dans un service d’urgence ou dans un laboratoire, faisant augmenter ponctuellement » le taux, « sans pour autant qu’il y ait une réelle intensification de la circulation du virus », ajoute SPF (Santé Publique eFfondrée).

      Ah ! Voilà, pour ne plus parler de fièvre, supprimons les thermomètres. Donc ce serait les tests qui font augmenter « artificiellement » le facteur R... Intéressant.

    • Et nous n’avons pas suffisamment de possibilités de tests, le délai pour être testé et recevoir une réponse s’est allongé, les centres Covid ont pour la plupart été fermés en absence de financement des ARS.

      Je suppose qu’on aura beaucoup d’enquêtes sur ces indignes individus qui ne portent pas assez le masque et quasiment aucune sur ce sujet-là.

    • Les gens qui devaient assurer le covid tracking ont été démobilisés, parce qu’il ne se passait rien et que les vacances commençaient. Donc, il n’y a plus personne à la barre dans les ARS. Les Bretons font le traçage du virus comme ils peuvent, puisque plus rien n’est fonctionnel à ce niveau.
      Comme ce sont les vacances, beaucoup de lits ont fermé sur le territoire, faute de personnel.

      En Bretagne un médecin a vu arriver un couple de touristes parisiens qui voulaient se faire tester leur symptômes. Ils lui ont expliqué qu’ils sont venus exprès dans le 29 parce qu’il n’y avait pas de virus et que du coup, « ils pouvaient se détendre sans les gestes barrières ». Apprenant que les centres de test étaient débordés, ils ont décidé de faire l’aller-retour dans la journée à Paris « pour être pris en charge correctement ».

      Sinon, hier, les 2 premiers cas confirmés de cette phase à Palavas   : des touristes à l’école de voile…

    • Quelques (mauvaises) nouvelles du Finistère :

      On me demande ce que je pense de la situation ici en Finistère, puisque des gens disent y’aura pas de seconde vague, car on a des masques, car on teste en masse, etc. Mais je rappelle quelques détails qui appellent à une certaine humilité. D’abord les centres de ... 1/
      ... prélèvement sont débordés depuis 48h. Ils envoient leurs analyses sur Paris, ce qui retarde de 48 à 72h les résultats, sans compter ceux qui viennent que 4 ou 5 jours après, ou qui abandonnent tout simplement le dépistage car trop long, trop chiant ... 2/
      ... car ils ont pas de voiture pour aller au drive, et que leurs symptômes sont faibles. Oui c’est vrai que le R0 ne signifie rien sur des petites variations, sauf que quand on a 50 nouveaux cas, c’est plus facile de gérer 25 personnes sur 2 clusters ... 3/
      ... que 5 personnes sur 25 clusters. Et tous les collègues me disent que ça pop de partout dans le nord du département.
      Il est a prévoir que la stratégie de dépistage en masse va se voir débordé et que de nombreux asymptomatiques vont passer à la trappe et continuer ... /4
      ... de contaminer, et contaminer. Je rappelle à toute fin utile comme me le disait (@)dr_piem y’a 20 minutes autour d’un café que le 5 mars en France tout allait bien, Sibeth rassurait et même Macron le 7 allait au théâtre pour montrer que tout va bien. 5/
      Et en moins de 10 jours, oui, 10 jours, on prennait la décision de tout confiner. Alors bien mal avisé sera celui qui dira blanc ou noir, 2eme ou pas. D’autant qu’ici, c’est comme le Texas : on a pas eu de première vague. Comme disait Piem, le seul malade qu’il a croisé ... 6/
      ... c’est un marin du Charles de Gaulle. On a pas eu de morts. On a même fait importer des malades pour remplir nos réanimations vides. En fait, ne pas oublier ce détail : le Finistère est en train de connaître sa première vague ! Il n’y a pas aucune immunité faite en mars ! 7/
      Tout ça pour vous dire que je ne planifie plus rien à 10 jours. Surtout quand j’entends Castex qui dit qu’il n’est pas impossible qu’il puisse y avoir des reconfinements ciblés. Surtout quand je vois l’ARS aux abonnés absents, à faire des jeux de mots foireux sur Twitter ... 8/
      ... comme quoi ils sont sur le pont quand on les accuse d’avoir fait le pont. Au fait, l’ARS Bretagne, vous devriez embaucher un community manager pour gérer contre com numérique. Et surtout quand je vois que le CDOM admet à demi-mot en off qu’il y a un block out d’infos ... 9/
      ... sur ordre des autorités centrales. Comprendre le ministère. Du coups les gens ne prennent pas la mesure de ce qui se passe. On vient de monter un groupe de plus de 700 soignants finistériens sur Facebook, dédié au covid. Les signaux sont catastrophiques. Personne n’est... 10/
      ... serein. On sait pas, on est peu informé, mais tout le monde apporte sa pierre, et en regroupant les informations, je ne comprends pas la sérénité de certains ici. Y’a un truc qui colle pas. Ou alors les autorités ont des infos qu’on a pas, nous, la base, alors ... 11/
      ... SVP diffusez les ! Bref, ce je sais pas où on sera dans 15 jours, mais tout baser sur le port du masque obligatoire et la responsabilité individuelles des gens malades me semble un peu léger. On verra. Je n’ai aucune boule de cristal. Je suis juste pas serein.

      12/12.

      https://threadreaderapp.com/thread/1284514793873956864.html

    • Je suppose qu’on aura beaucoup d’enquêtes sur ces indignes individus qui ne portent pas assez le masque et quasiment aucune sur ce sujet-là.

      Je réserve la même haine pour les personnes qui refusent le port du masque et pour les « connards » qui nous gouvernent. Mais comme les seconds sont trop loin, j’avoue que c’est tentant de me contenter des premiers. Et pourtant la bêtise des premiers a été organisée par les seconds.

      @sandburg nous a montré dès la fin du confinement une prise de fonction de #Darmanin à Tourcoing démunie de masques. Il y a eu toutes les apparitions de responsables publics sans masque, y compris dans des lieux confinés. É. Philippe à la télé devant un public qui occupe chaque chaise sans port du masque (!) et tout à l’avenant. Ça a été organisé parce qu’il ne fallait pas déprimer les Français·es avant la grande consommation de tourisme de l’été, comme si on avait retenu aucune leçon. Pendant ce temps, des imbéciles comme vous et moi se prenaient la condescendance de leur entourage : les ami·es « on peut pas s’empêcher de vivre » et les boss « une journée de télétravail par semaine, maintenant que l’épidémie est finie ». Punaise, que j’en ai marre d’avoir un peu de jugeote dans ce pays où la denrée manque si cruellement, y compris de la part des têtes bien pleines qui nous gouvernent !

    • J’ai vu les mêmes dans la supérette du coin  : jeunes Parigots sans aucune précaution avec un air supérieur qui se foutaient à voix haute de la gueule des ploucs qui faisaient la queue avec des masques.
      Personne n’a pris la peine de les calculer, mais j’ai bien compris l’ambiance « qu’ils crèvent en réa, ces blaireaux ».

      Clairement, les Parisiens vont en province en mode colonisateurs.

    • @monolecte qui dit que :

      Clairement, les Parisiens vont en province en mode colonisateurs.

      Clairement, il fallait s’y attendre quand le premier ministre (gaulliste social) évoque les lieux de villégiature en tant que « territoires » ... à conquérir ? à piller ? à exploiter ? où l’on peut en toute impunité « culbuter » quelques « bonnes filles » un peu naïves et qui rêvent de monter à la « capitale » ?
      C’est vrai qu’avant on parlait de « régions » de « provinces » où étaient relégués des bouseux ou culs-terreux, quelques gens de basse extraction « qui ne sont rien » et obligés de lier leurs sorts à quelque hobereau entrepreneurial ou de noble lignage propriétaire de la terre.
      Clairement, l’avenir en modes totalitaire et croissance exponentielle est à la « capitale » ou dans les « grandes métropoles », non ?

      (Désolé, ma colère reste intacte et ... heureusement).

    • C’est vrai qu’avant on parlait de « régions » de « provinces » où étaient relégués des bouseux ou culs-terreux

      @sombre c’était avant ça, aujourd’hui le nouveau terme est « la périphérie », et le changement n’est pas anodin...

    • Périphérie, marge, territoires, tout ce vocabulaire pour y reléguer tous·tes les éjecté·es de leur système mortifère. Que mille kilomètres de barbelés électrifiés fleurissent autour des métropoles pour y confiner tous ces connards cojona-centrés sur leurs verrues mentales et qu’ils y crèvent de faim, de soif ou du cojones-virus !
      (Mais on s’égare et, de là à penser que « c’était mieux avant » ...)

    • Ces deux textes du 3 avril 2020 publiés au Journal Officiel du 5 avril constituent les deux volets d’un même projet qu’on doit bien considérer comme un dispositif général rendant l’anglais obligatoire dans l’enseignement supérieur. Le premier, un décret du premier ministre, subordonne l’obtention du BTS à une certification du niveau en anglais. Le second, un arrêté de la ministre de l’Enseignement Supérieur, porte sur les certifications en langue dans le cadre des licences, licences professionnelles et DUT. Ils imposent une mise en place dès l’année 2020/2021 pour les licences spécialisées en langues (LEA, LLCER et Lettres Langues) — c’est un comble ! puis pour l’ensemble des licences professionnelles et pour cinq spécialités de DUT. Les autres licences et DUT seront tous concernés l’année suivante, le dispositif étant généralisé.

    • Si j’ai bien compris, non seulement l’anglais devient obligatoire (adios l’espagnol, même les profs en lycée français à Madrid vont devoir prouver qu’ils et elles parlent bien anglais) mais en plus le cadre est celui fourni par des entreprises privées qui vendent de la certification, d’abord aux institutions françaises qui y passeront un petit budget, ensuite aux personnes à qui on dit qu’un #TOEFL #TOEIC est invalide après deux ans (ce qui est assez éloigné de notre connaissance des apprentissages de langues).

      J’ai déjà passé un TOEIC au labo de langues de Paris Diderot à tarif préférentiel (soutenu par la fac ?), je ne suis pas contre ces certifications privées, puisqu’elles sont bien faites et reconnues internationalement et que le public n’en fait pas (et n’a pas vocation à en faire), mais les imposer pour des parcours universitaires ou professionnels nationaux...

  • La tentation écofasciste : migrations et écologie

    Pierre Madelin

    https://lavoiedujaguar.net/La-tentation-ecofasciste-migrations-et-ecologie

    En 2019, le nombre de migrants internationaux à l’échelle mondiale a atteint 272 millions selon l’ONU, soit une augmentation de 51 millions par rapport à 2010. Cette même année 2019, le jour du « dépassement écologique » mondial, soit la date à partir de laquelle l’humanité a consommé plus de ressources naturelles et émis plus de gaz à effet de serre que la Terre n’est capable d’en produire et d’en absorber au cours d’une année, a été atteint le 29 juillet. Quelques mois auparavant, le 25 avril, un rapport affirmait que 14 % des emplois des pays membres de l’OCDE allaient disparaître en raison de l’automatisation, et que 31,6 % des activités seraient quoi qu’il en soit transformées par celle-ci. Le 15 mars, à Christchurch, en Nouvelle-Zélande, un homme répondant au nom de Brenton Tarrant, équipé d’armes de guerre, tuait dans plusieurs mosquées 51 personnes et en blessait 49 autres. Enfin, le 3 août, à El Paso, ville frontalière du Texas, Patrick Crusius attaquait à l’arme automatique un supermarché fréquenté par des latinos, tuant 22 personnes et en blessant 26. Quatre phénomènes apparemment étrangers, mais néanmoins reliés les uns aux autres par la dynamique du capitalisme, qui tend à épuiser « en même temps les deux sources d’où jaillit toute richesse : la terre et le travailleur » (Marx). (...)

    #fascisme #écologie #capitalisme #extrême_droite #écofascisme #Ugo_Palheta #carbo-fascisme #André_Gorz #Bernard_Charbonneau

    • Or cette raréfaction conjointe du travail et des ressources entraîne logiquement la multiplication d’êtres humains « inutiles » [6] ou « non rentables » du point de vue de l’accumulation du capital ; « Ce n’est plus, écrit le groupe Krisis dans son Manifeste contre le travail, la malédiction biblique, “tu mangeras ton pain à la sueur de ton front”, qui pèse sur les exclus, mais un nouveau jugement de damnation encore plus impitoyable : “Tu ne mangeras pas, parce que ta sueur est superflue et invendable”. [7] » Ces humains « inutiles » sont qui plus est « encombrants », dans la mesure où, n’ayant pas renoncé au désir de vivre et de survivre, ils souhaitent malgré tout pouvoir obtenir leur part de ressources et de richesse. La crise du capitalisme provoque donc aussi un accroissement de la compétition pour l’accès au travail et aux ressources, tant chez les individus qui sont privés de cet accès que chez les personnes qui en bénéficient tout en le jugeant menacé.

      #surnuméraires #travail #automatisation

      Les trois sens de l’écofascisme :

      1. Au début des années 1990, ce concept a été utilisé à des fins diffamatoires par des idéologues « libéraux », notamment en France, pour suggérer que toute critique écologiste radicale de la modernité industrielle et capitaliste favoriserait l’avènement de régimes autoritaires. « Sous l’amour de la nature, la haine des hommes », écrivait par exemple Marcel Gauchet dans un célèbre article, peu avant que Luc Ferry ne publie son pamphlet Le Nouvel Ordre écologique, qui exerça une influence délétère sur la réception de la pensée écologiste anglo-saxonne dans les milieux intellectuels français [12].

      2. Dès les années 1970, divers penseurs de l’écologie politique soutinrent que la détérioration des milieux et la raréfaction des ressources provoquées par la croissance capitaliste entraîneraient à terme une gestion de plus en plus autoritaire (voire totalitaire) des territoires et des populations. « Les divers responsables de la ruine de la Terre, écrivait Bernard Charbonneau dans Le Feu vert, organiseront le sauvetage du peu qui en restera, et après l’abondance géreront la pénurie et la survie [13] », tandis qu’André Gorz, dans un texte célèbre, s’inquiétait de l’émergence d’une ingénierie écologique chargée de « déterminer scientifiquement les techniques et les seuils de pollution écologiquement supportables, c’est-à-dire les conditions et les limites dans lesquelles le développement de la technosphère industrielle peut être poursuivi sans compromettre les capacités autorégénératrices de l’écosphère » [14].

      3. Enfin, à partir des années 1980, dans le monde anglo-saxon, divers auteurs s’inquiétèrent des conclusions politiques que certains pourraient être tentés de tirer des positions éthiques dites écocentrées. Ils craignaient notamment que ces éthiques, lorsqu’elles accordent davantage de valeur aux communautés et aux touts qu’aux individus et aux parties qui les composent, ne puissent être invoquées pour légitimer, fût-ce à leur corps défendant, le sacrifice de certaines personnes et de certains groupes humains au nom de la préservation des écosystèmes. C’est cela qu’ils nommèrent écofascisme : la tendance à considérer que des populations spécifiques, dont on estime qu’elles perturbent les équilibres de la biosphère par leurs pratiques ou par leur nombre, doivent être éliminées, et qu’il peut être nécessaire de s’en débarrasser au nom du « bien commun » [15].

      […]

      Je souhaite pour ma part suggérer que l’écofascisme au sens 2 et l’écofascisme au sens 3 pourraient fusionner, en montrant que la gestion autoritaire de la pénurie et de la survie n’affecterait pas l’ensemble des êtres humains de manière indifférenciée, un point sur lequel Gorz ou Charbonneau ne se sont guère attardés. Elle pourrait à terme conduire, au nom de « l’intérêt général » et de la préservation des équilibres de la biosphère ou des écosystèmes nationaux, au sacrifice des groupes placés en bas de l’échelle sociale, restreignant dans un premier temps drastiquement leur accès aux ressources et aux richesses, et remettant finalement en cause leur droit à l’existence. Par écofascisme, il faudrait alors entendre une politique désireuse de préserver les conditions de la vie sur Terre, mais au profit exclusif d’une minorité.

      […]

      À la différence d’une option que l’on pourrait dire éco-socialiste, qui se proposerait de limiter par un procédé démocratique l’appropriation de la nature qui est au fondement de l’accumulation du capital, ainsi que sa captation par des groupes privilégiés, l’option écofasciste entendrait limiter la population par des méthodes autoritaires pour que ces mêmes groupes, définis suivant des critères ethno-raciaux toujours plus exclusifs, puissent continuer à s’approprier la nature comme bon leur semble, mais de façon à ce que l’abondance dont cette appropriation leur permet de jouir continue à être viable d’un point de vue écologique.

      #ethno-différencialisme

      En intégrant peu à peu la question écologique, l’ethno-différentialisme s’est en effet progressivement doublé de ce que l’on pourrait appeler un « éco-différentialisme ». Sans remettre en cause le caractère spécifiquement culturel de l’identité du groupe, il s’est efforcé, via un raisonnement analogique, de montrer que cette identité était en dernière instance tributaire d’un support naturel : l’écosystème, le milieu, ou la bio-région. À chaque ensemble culturel correspondrait ainsi un territoire, et l’intégrité de l’un ne pourrait être respectée qu’à condition de respecter l’intégrité de l’autre. Tout comme la biodiversité, l’ethno-diversité devrait être protégée, et à l’image des écosystèmes, les cultures seraient des entités fragiles dont il faudrait préserver les équilibres lorsque ceux-ci sont menacés par des perturbations extérieures.

      #éco-différentialisme #bio-région #nouvelle_droite #Alain_de_Benoist

      Si la décroissance et l’abolition des rapports sociaux capitalistes doivent demeurer des objectifs prioritaires, il serait donc malencontreux d’abandonner la question démographique aux idéologues d’extrême droite, qui en feront toujours un usage nauséabond et l’inscriront systématiquement dans le cadre de politiques autoritaires, eugénistes et racistes allant de la stérilisation forcée des femmes issues des populations subalternes à leur élimination pure et simple. Il vaudrait au contraire la peine de se demander dans quelles conditions une politique de décroissance démographique pourrait s’articuler à une visée émancipatrice. De ce point de vue, la pionnière française de l’éco-féminisme, Françoise d’Eaubonne, offre des perspectives intéressantes [34]. Dès la fin des années 1970, cette théoricienne avait en effet proposé d’articuler une politique de décroissance démographique, qu’elle jugeait indispensable, à la lutte des femmes contre le contrôle physique et juridique exercé par le patriarcat sur leurs capacités reproductives, et tout simplement contre leur assignation à une pure fonction reproductrice. En garantissant un accès universel aux moyens de contraception et au droit à l’avortement (aujourd’hui encore un enjeu majeur pour les mouvements féministes dans les pays du Sud, par exemple en Amérique latine), il était selon elle possible de faire coup double : promouvoir la liberté des femmes tout en réduisant les taux de natalité sans soulever le spectre de mesures coercitives (remarquons que ce principe est également au fondement des programmes de contrôle de la population des Nations unies). Dans cette perspective, il s’agirait en quelque sorte de dénaturaliser la croissance démographique et de montrer que celle-ci, loin d’être un phénomène purement biologique, est également la résultante du pouvoir exercé sur le corps des femmes par diverses institutions : la famille, l’Église ou encore l’État

      #démographie #femmes #contrôle_des_naissances #contraception

      et ping @antonin1 @monolecte @rezo un texte clair, bon résumé, très accessible

  • À Fukushima, l’entêtement du gouvernement à rouvrir la zone d’exclusion
    https://theconversation.com/a-fukushima-lentetement-du-gouvernement-a-rouvrir-la-zone-dexclusio

    La position de l’AIEA concernant le retour des populations à résider dans la zone n’est pas plus rationnelle. Elle fait preuve ici de contradictions manifestes : elle autorise le gouvernement à la réouverture de sites, dont le taux de contamination est égal ou en deçà de 20 msv/an, ce qui représente 20 fois la norme internationale fixée par… l’AIEA et les organismes associés.

    Le 8 juin, le préfet de Fukushima M. Uchibori a soutenu publiquement cette décision en spécifiant que la réouverture n’engendrait aucun problème tant que les habitants ne revenaient pas habiter dans ces zones – alors même que les réfugiés verront leurs subventions coupées, cette mesure les contraignant, pour une partie au retour.

    Dans la plus grande incohérence, les habitants sont donc contraints sous la pression des institutions nationales et internationales de gestion du nucléaire, à retourner vivre dans des territoires encore inhabitables selon les normes de sécurité fixées par ces mêmes institutions.

    Cette position est en outre singulièrement problématique, en ce qu’elle annihile tout filet protecteur public, tout en imposant la responsabilité de la gestion de l’accident aux citoyens. Les organisations dirigeantes nationales et internationales imposent à leurs administrés d’assumer les conséquences des diverses catastrophes, détournant ainsi la définition du contrat social, pourtant au fondement de nos systèmes démocratiques.

    Tant dans la gestion des désastres naturels qu’industriels, il apparaît que la protection des habitants par les pouvoirs publics n’apparaît plus ni comme une obligation, ni comme une priorité .

  • « Croire qu’une société développée doit protéger ses aînés au détriment de ses jeunes est une erreur », Anne Lambert
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/06/03/croire-qu-une-societe-developpee-doit-proteger-ses-aines-au-detriment-de-ses

    La pandémie constitue une crise sociale et générationnelle majeure qui hypothèque l’avenir des jeunes, estime la sociologue Anne Lambert, responsable scientifique de l’enquête Coconel (« Coronavirus et confinement »), dans une tribune au « Monde ».

    Tribune. N’ayons pas peur des mots. La pandémie a creusé les inégalités entre les générations, mais elle a aussi réveillé la guerre – politique, celle-là – entre les âges. Car en matière d’avenir et d’investissements collectifs, c’est bien de choix politiques dont il s’agit. La solidarité a un coût.

    L’enquête Coconel « Logement, travail, voisinage et conditions de vie : ce que le confinement a changé pour les Français », réalisée par l’Ined, est, de ce point de vue, sans appel.

    Rappelons brièvement ses principaux enseignements. Conduite du 30 avril au 4 mai par Internet, auprès de la population adulte française, l’enquête montre que, quel que soit l’indicateur retenu (logement, conditions de vie, revenus, emploi), la situation des jeunes s’est massivement dégradée et ce, plus fortement que pour les autres tranches d’âge.

    Certes, aucune catégorie n’a été épargnée par le confinement et la récession qui a suivi. Mais les jeunes apparaissent les plus touchés par la crise sociale et économique engendrée par la pandémie de Covid-19 et le confinement, en raison de leur précarité aujourd’hui devenue structurelle.

    Vulnérabilités

    Les 18-24 ans constituent la tranche d’âge qui cumule le plus de vulnérabilités, à la fois résidentielles, matérielles et relationnelles. Les jeunes vivent plus souvent dans des logements petits ; ils disposent en moyenne de 36 m2 pour vivre (contre 48 m2/personne dans la population française) et sont plus souvent locataires du parc privé (32 % contre 22 %), ou hébergés chez des proches (29 % contre 7 %).

    Sur le marché du travail, leur situation n’est pas meilleure : avec, en moyenne, des revenus plus faibles, un surchômage (20 %, contre 14 % de la population française), les 18-24 ans travaillaient aussi davantage avec un contrat précaire ou sans contrat de travail (38 %, contre 13 % de la population française) que les autres actifs. C’est donc sans surprise que leur situation fragile, peu prise en charge par les mécanismes collectifs de protection sociale – les jeunes sont par exemple exclus du revenu de solidarité active (RSA) –, s’est dégradée.
    Plus encore, ils ont perdu des plumes en matière d’entraide et de solidarités intergénérationnelles. Les aînés (75 ans et plus) ont en effet capté le surcroît de solidarité apportée par le voisinage pendant la pandémie. Et ce, au détriment des familles et des plus jeunes, qui ont moins reçu de services de la part de leurs voisins pendant le confinement.

    Contraints, pour un tiers d’entre eux, de quitter leur domicile pour rentrer chez leurs parents ou chez des proches à cause de leurs mauvaises conditions de logement, à un âge où se construisent l’autonomie conjugale et l’entrée dans la vie adulte, leur sentiment de bien-être (ou plutôt leur mal-être…) s’est massivement dégradé : 44 % des 18-24 ans se sentent isolés, contre 24 % en temps normal. C’est le cas de 38 % des jeunes qui ont rejoint leur famille pendant la pandémie.

    Une « société de la longévité » contre-productive

    La pandémie de Covid-19 a pourtant réveillé l’appel à la solidarité intergénérationnelle et à la refonte du pacte social, en même temps qu’elle a aiguisé les appétits de la « silver economy » [dédiée aux personnes âgées]. Au nom de la valeur supérieure de la vie (biologique), et du rôle central des aînés dans nos sociétés (mais les 80 ans et plus fournissent-ils encore seulement des services de garde à leurs enfants et petits-enfants ?), il faudrait réaménager nos villes, revoir nos mobilités, réformer nos systèmes de formation universitaire et professionnelle pour préparer le vieillissement de nos sociétés.

    Or l’appel à construire une « société de la longévité » est non seulement contre-productif sur le plan économique, mais il est aussi très largement inégalitaire sur le plan social si l’on n’intègre pas d’emblée la question de son financement. Faut-il le rappeler, l’espérance de vie des ouvriers et des employés est nettement plus courte que celle des cadres et des ménages aisés.

    Surtout, croire qu’une société développée est une société qui protège ses aînés au détriment de ses jeunes – sur qui est reporté le poids de la dette et du financement de la dépendance – est une grossière erreur d’optique. Protéger la vie coûte que coûte, dans un contexte de raréfaction des ressources naturelles et d’argent public limité, est en réalité tout sauf une bonne idée. A moins que la peur de mourir ne soit d’abord celle de nos aînés, qui ne connaîtront ni les conséquences désastreuses du réchauffement climatique ni le recul (déjà engagé) de l’espérance de vie en bonne santé dans les sociétés développées ?
    En définitive, d’abord et avant tout considérée comme une crise sanitaire, la pandémie constitue aussi une crise sociale et générationnelle majeure qui hypothèque l’avenir des jeunes, notamment des plus modestes d’entre eux – mais pas seulement. Les jeunes générations paient un très lourd tribut à la pandémie, dont la plus faible exposition au risque sanitaire ne rend pas compte. C’est avec elles, et pour elles, que nous devons refonder notre pacte social.

    "La jeunesse a payé un prix extravagant à cette crise", Patrick Boucheron
    https://www.franceinter.fr/emissions/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien-03-juin-2020

    Sacrifice générationnel

    "Je ne vais pas dire que j’ai eu le confinement heureux, parce que franchement me séparer des autres, c’est m’affaiblir" explique l’historien, qui veut avant tout pointer du doigt le tribut payé à cette crise par les jeunes générations : "La jeunesse a payé un prix extravagant, et encore aujourd’hui : il y a eu un sacrifice générationnel, enfant compris, et les étudiants".

    "Dans les annonces gouvernementales, les universités venaient toujours en dernier, après les terrasses et le Puy du Fou de fou, on leur disait : ’elles ne rouvriront pas’. Mais quel scandale !"

    "On ne parle que des exams, on s’assure qu’ils [les étudiants] n’ont pas triché, on utilise leurs webcam comme outil de télésurveillance. Ils [le gouvernement] ne sont pas très précis ni très pressés" estime l’historien et universitaire.

    [...] "On doit dire à la jeunesse qu’elle a peut-être la solution à des questions que leurs ainés ont été incapables de poser (...) J’ai 54 ans, et je suis dans une société ou l’on considère que je suis jeune ! Ça ne va pas ! On encombre ! On doit penser à la jeunesse, il ne faut pas la pousser à la révolte, c’est absurde !" .

    "On ne peut pas se laisser désigner par une catastrophe, la jeunesse ne peut [accepter de se faire appeler la génération Covid], à eux de donner le nom du temps qu’ils ont vécu (...) l’événement, c’est moins l’épidémie, que la réponse politique : ce sont les jeunes qui doivent dire, aujourd’hui, de quelle génération ils veulent être."

    Versions cultivées du #jeunisme d’interventions diverses qui cherchent à coller aux aspirations "des jeunes", sans jamais dire un mot de ce que serait une "protection des jeunes", sur un plan social ou écologique.

    #crise_sanitaire #jeunes #jeunesse #vieux

  • Je résume les 3 alternatives du moment :
    – un futur dystopique dans lequel toute la population est confinée chez elle, avec les flics et l’armée dehors pour faire respecter l’interdiction de sortir et de se rassembler ;
    – un futur dystopique où nos mouvements et nos fréquentations sont surveillées, enregistrées et communiquées en temps réel aux forces de l’ordre grâce à un algorithme conçu par une entreprise fondée par un proto-fasciste pour le compte du renseignement américain ;
    – un futur dystopique où l’économie est vaguement sauvée, parce qu’on a euthanasié les vieux, les obèses, les handicapés, les diabétiques, les pauvres, les minorités ethniques…

    Voilà, c’était mon feel good message pour t’aider à bien démarrer le week-end.

  • Déconstructions et reconstructions du #handicap en temps de #coronavirus | EHESS
    https://www.ehess.fr/fr/carnet/d%C3%A9constructions-et-reconstructions-handicap-en-temps-coronavirus

    En effet, dans le cadre d’une épidémie qui submerge les ressources de l’hôpital public, la situation de rareté amène à faire des choix par lesquels sont réénoncées des hiérarchies traditionnelles. Le 17 mars 2020, un document de référence rédigé par un comité d’experts a été remis au ministère de la Santé pour guider les médecins dans le tri de patients qui semble se profiler (dont voici une version de travail→ http://www.sfap.org/system/files/gt_etic_rea_covid_16_mar_20_19h.pdf). Un guide a également été remis aux ARS (https://www.srlf.org/wp-content/uploads/2020/03/ARS-ETHIQUE-COVID-final.pdf), élaboré par des médecins et chefs de services anesthésistes-réanimateurs. Ces deux documents donnent des orientations pour guider l’admission en réanimation dans un contexte d’engorgement des capacités d’accueil. Les décisions doivent être prises au cas par cas, en combinant différents facteurs tels que la volonté du patient, sa gravité clinique et l’évaluation de son état antérieur.

    Ces deux documents s’appuient sur un indicateur : « l’échelle de fragilité clinique » ou « score de fragilité clinique » qui inclut des critères non seulement de maladie mais aussi de limitations fonctionnelles (mobilité, autonomie dans les actes de la vie quotidienne, etc.). Le document remis aux ARS précise d’ailleurs que ce « score de fragilité » peut être remplacé par ou combiné avec l’indicateur de performance de l’OMS (qui mesure notamment la « capacité à travailler », p. 21 du document en lien → https://www.afsos.org/wp-content/uploads/2016/09/decisiontransfert-en-rea-j2r2015-copie.pdf) ou encore l’échelle d’autonomie de Katz (http://www.sgca.fr/outils/adl.pdf) : ces indicateurs sont des échelles d’évaluation de la dépendance dans la vie quotidienne. On peut s’interroger sur la présence de critères qui n’ont en principe aucun lien avec les chances de survie mais qui relèvent plutôt de la conception de la qualité de vie selon l’approche du modèle médical du handicap ou qui répondent à des critères de productivité selon les standards dominants. Les vies ne s’ajustant pas à ces standards sembleraient dotées de moins de valeur et ne devraient pas être sauvées en priorité.

    #validisme #surnuméraires

  • #Coronavirus : quelles raisons pour la mortalité « exceptionnelle » en Seine-Saint-Denis ?
    https://www.rtl.fr/actu/debats-societe/coronavirus-quelles-raisons-pour-la-mortalite-exceptionnelle-en-seine-saint-deni

    « En Seine-Saint-Denis, il y a plus de morts car il y a plus de contaminés, tout simplement », dit Frédéric Adnet, chef du Samu 93. Dans le département de 1,6 million d’habitants, l’un des plus denses de France, « le virus circule beaucoup plus facilement qu’ailleurs », ajoute-t-il. Et à cela, il y a des raisons démographiques mais aussi sociales.

    « Le confinement est complexe dans les territoires défavorisés comme le nôtre, où il y beaucoup de familles nombreuses dans des petits logements, des foyers de travailleurs migrants, des bidonvilles », explique l’urgentiste. « On sait que les maladies infectieuses touchent plus durement les plus précaires, car la transmission est plus facile, et qu’il sont plus difficiles à suivre », poursuit-il.

    Même constat du côté des médecins de « Place santé », un centre de santé associatif situé au coeur de la cité des Francs-Moisins à Saint-Denis. « L’impression que l’on a, c’est que l’épidémie va être exacerbée dans les quartiers populaires où des inégalités de santé existent déjà », dit la coordinatrice du centre, Gwenaëlle Ferré, qui dénombre « plusieurs foyers avec plusieurs cas » de coronavirus.

    #pauvres #surnuméraires #mort

  • Dans les squats de Bordeaux, « les personnes vont mourir de faim, pas du Covid-19 »
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/04/02/dans-les-squats-de-bordeaux-les-personnes-vont-mourir-de-faim-pas-du-covid-1

    Dans les bidonvilles et squats de Bordeaux, les quelque 2 500 habitants, qui se retrouvent souvent sans emploi, craignent le manque de nourriture.

    #paywall ? #pauvreté #surnuméraires

    • Bordeaux envoyée spéciale - Alors, deux baguettes, six bananes, une boîte d’oeufs, trois tomates, un filet de patates... Reculez ! Reculez ! » La file indienne s’est transformée en un serpentin confus. Une bénévole tente de maintenir un semblant d’ordre tandis qu’une quinzaine de personnes essayent d’avancer vers elle. Certaines se cachent le bas du visage avec un bout d’écharpe ou le col d’une doudoune. Personne n’a de masque ni de gants. Les enfants gigotent dans les poussettes. Face à eux, des stocks de pâtes, des cageots d’asperges, des boîtes de céréales... entreposés sur des grandes tables, que tente de répartir un petit groupe de personnes, dans l’agitation et la nervosité. Mercredi 1er avril, dans le plus grand bidonville de Bordeaux, une distribution de nourriture a été organisée. Une première, rendue nécessaire en cette période de confinement.

      Etalés sur deux hectares d’une friche industrielle de la rive droite de la Garonne, les lieux abritent quelque 350 personnes, en majorité des familles roms de Bulgarie, installées dans des caravanes ou des cabanes de fortune. Et qui redoutent aujourd’hui une pénurie alimentaire. Les chantiers du bâtiment sont à l’arrêt, les hôtels et restaurants sont fermés, les activités de ferraillage et de mendicité sont rendues impossibles par le confinement, de même que les points d’aide alimentaire se sont raréfiés... « On ne peut plus travailler, ni sortir », rapporte Kalinka, une jeune femme de 19 ans. Elle-même ne s’est pas aventurée en dehors du bidonville depuis trois semaines. « Pour nous, c’est difficile de manger », reconnaît-elle. Kalinka faisait la manche en attendant que la saison agricole reprenne. De mai à octobre, la jeune femme et son mari travaillent dans un domaine viticole de l’appellation Pessac-Léognan. Mais cette année, l’incertitude menace : « Pour l’instant, le patron ne veut pas nous faire signer de nouveau contrat », confie-t-elle.

      « Les personnes nous alertent parce qu’elles vont mourir de faim, pas du Covid-19 », résume Morgan Garcia, coordinateur de la mission squat et bidonville de Médecins du monde (MDM), présent mercredi aux côtés des associations Les Enfants de Coluche et Bienvenue. « Tout ce joli monde s’est regroupé au travers d’un appel de la métropole, explique un des membres des Enfants de Coluche. Le comité d’entreprise de la SNCF nous a mis ses locaux à disposition pour stocker les aliments et le Parti communiste de Bègles a loué un camion frigorifique. » Plusieurs tonnes de denrées, surtout issues des banques alimentaires, ont été distribuées. De quoi tenir quelques jours. « C’est une situation exceptionnelle », souligne Morgan Garcia. Mais elle se reproduit à de maintes reprises sur le territoire.

      « Environ 2 500 personnes vivent en squat et en bidonville sur la métropole bordelaise, souvent sans accès à l’eau ou à des sanitaires », rapporte Aude Saldana-Cazenave, responsable MDM en Aquitaine. Des populations étrangères en majorité et sans filet de sécurité dans la crise économique et sanitaire.

      Impression de bricolage

      Dans une lettre adressée le 27 mars à la préfecture et aux élus du territoire, quinze associations, dont MDM et le Secours catholique, ont mis en garde face au risque de « sous-alimentation . « La distribution de nourriture et de produits d’hygiène incombe plus que jamais aux pouvoirs publics », écrivent-elles. La préfète de la Nouvelle-Aquitaine, Fabienne Buccio, se veut rassurante : « Aujourd’hui, il n’y a pas de tension sur les besoins alimentaires », affirme-t-elle. Et de mettre en avant la mobilisation de ses services qui, à l’image de la ville, financent les banques alimentaires ou subventionnent les associations. Sur le terrain, l’impression d’un bricolage s’impose.

      Un squat, près de la place de la Victoire. Sept familles partagent ici l’espace d’un petit immeuble de trois étages. Mohammed, un père de famille algérien en situation irrégulière, ne sort plus que pour acheter du pain. Le salon de coiffure dans lequel il travaillait a fermé. Hamza, Algérien et sans papiers également, continue lui de livrer des repas à vélo pour la plate-forme Uber Eats. Mais son activité a considérablement ralenti depuis le confinement. Sans compter qu’il ne touche que 30 % des revenus qu’il génère, le reste revenant à la personne titulaire officielle du compte de livreur qu’il utilise.

      Thierry Charenton, le directeur du centre social du quartier, connaît bien les familles du squat. « On fait des activités avec eux toute l’année, dit-il. On a voulu prendre de leurs nouvelles au début du confinement et ils nous ont signifié qu’ils avaient des difficultés pour avoir des produits d’entretien, d’hygiène... Même si certaines associations caritatives ont rouvert, ça ne suffit pas. » Ce mercredi, Thierry Charenton a les bras chargés de plats cuisinés, des petites portions de betteraves ou de gratins de pommes de terre. « Je suis passée à la maternelle du secteur qui reste ouverte pour les enfants des personnels hospitaliers. Je récupère tous les jours les repas non consommés. »

      Non loin, dans le quartier de Saint-Michel, c’est une bénévole de l’Ordre de Malte qui, depuis une semaine, dépose les invendus d’un supermarché sur les marches d’un autre squat. Dans ce bâtiment ouvert par le Squid un centre social autogéré, un collectif qui représente plusieurs squats dans lesquels vivent 300 personnes -, vivent une quinzaine d’adultes vivent, dont une majorité de ressortissants d’Afrique de l’Ouest déboutés de leur demande d’asile.

      « Objectif zéro infecté »

      « On a lancé un appel à l’aide », dit Souma, un Guinéen de 36 ans. Voisin et bénévole du Secours catholique, Gilles Havrin a « dépanné » les résidents des lieux. « On est allé chercher du stock chez Les Restos du coeur la semaine dernière et, cette fois, on va aller leur faire des courses. » L’association s’apprête aussi à distribuer des chèques-services aux familles du département vivant dans un squat.

      « Il faut tout faire pour aider ces lieux sur le plan sanitaire », insiste pour sa part Corinne Torre, de Médecins sans frontières (MSF). L’ONG a apporté au squat du quartier Saint-Michel des savons, des gants et des masques, développe des maraudes pour détecter des cas suspects et mettre en place des protocoles d’hygiène. « On a essayé de s’organiser comme si on était une structure conventionnelle sans en avoir les moyens. On a mis un mètre cinquante entre les lits, on donne la consigne de ne pas sortir, on n’accueille plus de nouvelles personnes..., énumère Frédéric Raguènès, le président du Squid. L’objectif, c’est zéro infecté. »

      Des mineurs isolés ont en outre été sortis du squat et orientés vers des hôtels la semaine dernière. « Il faut mettre tout le monde à l’abri. Si le Covid-19 se répand sur un bidonville ou un squat, ça peut être une catastrophe, prévient Aude Saldana-Cazenave, de Médecins du monde. Plus de 15 % des personnes qu’on suit ont des pathologies comme du diabète ou de l’hypertension, sont dialysées ou attendent des greffes. Ça les rend particulièrement vulnérables. »

      #Bordeaux #coronavirus #mourir_de_faim #squats #faim #distribution_alimentaire #alimentation #bidonville #distribution_de_nourriture #nourriture #Roms #pénurie_alimentaire #aide_alimentaire #banques_alimentaire #banque_alimentaire #sous-alimentation #sans-papiers #Uber_eats #déboutés #asile #maraudes #mise_à_l'abri

      ping @karine4

  • Le gouvernement appelle les Français « qui n’ont plus d’activité » à aller aider les agriculteurs
    https://www.lemonde.fr/planete/live/2020/03/24/coronavirus-suivez-la-journee-en-direct-et-posez-nous-vos-questions_6034185_
    Tant que c’était ma propre idée (que j’ai depuis des années), je trouvais ça génial. Maintenant que c’est l’état, ça me débecte. Ca fait patriotisme et culpabilisation dans un même panier.
    Par contre, un service agricole , c’était ça mon idée de génie. Hors saison, pour pas priver les saisonniers.

  • «Herd Immunity» is Epidemiological Neoliberalism – The Quarantimes
    https://thequarantimes.wordpress.com/2020/03/19/herd-immunity-is-epidemiological-neoliberalism

    While most European countries are preparing for lock-downs to stop the spread of the coronavirus, a few countries are opting for a different strategy: herd immunity. Instead of testing as many people as possible and implementing measures to increase social distancing, they want to purposefully let the virus spread among people who are at low risk, so that a large part of the population becomes immune. This approach was first proposed by UK’s prime minister Boris Johnson, who refused to implement social distancing measures until a few days ago. While the UK has officially distanced itself from this strategy, the Netherlands and Sweden continue to hold on to this approach, despite harsh criticism by the WHO.

    #coronavirus #immunité_collective

    • The irony of neoliberalism is that it creates the illusion of social mobility, while reinforcing and even deepening social inequality. It assumes that if anyone can “make it” in a free market, it must be peoples’ own fault if they are poor. But this belief is not only wrong, it is also violent. Neoliberalism has resulted in the rich getting richer, and the poor suffering more from disenfranchisement, precariousness and dependency. What might seem like laissez-faire policy, is a refined and complex system of automated structural violence against the weak, which also shatters any possibilities of resistance.

      Herd immunity is epidemiological neoliberalism. Much like the unconditional belief in the free market, herd immunity relies on the assumption that an epidemic is best overcome by leaving it unregulated. But just like neoliberalism, it results in violence against the weak and the poor: elderly and disabled people, homeless people, refugees and people with severe health conditions – many of whom are likely to also have a lower socio-economic status because of the correlation between poverty and illness. These are the people, who are at the highest risk of dying from COVID-19 – especially if the healthcare system is overwhelmed and doctors have to perform triage.

    • As the rest of Europe lives under lockdown, Sweden keeps calm and carries on | The Guardian
      https://www.theguardian.com/world/2020/mar/28/as-the-rest-of-europe-lives-under-lockdown-sweden-keeps-calm-and-carrie

      While Tegnell understands that he will be blamed if Sweden ends up in a similar situation to that of Italy, he refuses to be panicked. “I wouldn’t be too surprised if it ended up about the same way for all of us, irrespective of what we’re doing,” he says. “I’m not so sure that what we’re doing is affecting the spread very much. But we will see.

      #mal_barrés

  • Amid coronavirus pandemic, Bolsonaro’s Brazil begs for Cuban doctors - after expelling them | The Grayzone
    https://thegrayzone.com/2020/03/17/coronavirus-brazil-cuban-doctors-bolsonaro

    Finalement, Bolsonaro trouve que les médecins cubains ce n’est pas si mal !

    Brazil’s far-right government requested the return of thousands of Cuban doctors to help fight the coronavirus. Months ago, President Jair Bolsonaro smeared the doctors as “terrorists” and expelled them.
    By Ben Norton

    The coronavirus pandemic has overwhelmed the health infrastructure of countries around the world. Desperate to contain the deadly virus, hard-hit countries, including even rich European nations like Italy and Britain, have reached out for expert medical help from Cuba, China, and Venezuela.

    Even Brazil, currently under the control of a far-right administration that has joined the US in demonizing Cuba’s socialist government, has fallen back on the small nation for much-needed medical support — requesting help from the very same Cuban doctors it expelled months ago.

    #cuba #covid #brésil

  • Répétition générale d’une apocalypse différenciée
    http://www.platenqmil.com/blog/2020/03/10/repetition-generale-dune-apocalypse-differenciee

    Suite à l’extension de la quarantaine obligatoire à toute la péninsule italienne avec un décret d’urgence, nous reprenons une intervention à propos des enjeux socio-politiques du #Covid-19, publiée par Luca Paltrinieri la semaine dernière sur le site Antinomie. Critiquant ironiquement le débat entre Giorgio Agamben, Jean-Luc Nancy et Roberto Esposito sur cette question, l’auteur propose comme grille d’analyse non pas la répétition ad libitum du concept d’"état d’exception", ni l’idée d’une sombre puissance totalitaire du « bio-pouvoir », mais plutôt le lien organique entre le déséquilibre environnemental, le risque d’effondrement des systèmes sanitaires et le tournant autoritaire du néolibéralisme. La « catastrophe » qui se dessine à l’horizon se révèle ainsi historiquement et socialement déterminée, c’est-à-dire différenciée selon les positions de classe et les rapports hiérarchiques structurant la société.
    C’est au point de croisement entre crise écologique, crise reproductive et militarisation de la société que, nous parait-il, une perspective de lutte crédible et puissant pourrait en effet se développer face à cet événement épochal.
     

    On ne comprends pas si l’arrivée du SARS-CoV-2 en Italie annonce la fin de la liberté, la fin de l’économie ou la fin d’Agamben. Probablement, direz-vous, aucun des trois. Je dirais, quant à moi, sûrement la fin des trois, et l’on peut à peu près résumer ces trois événements à la fin du monde ou plutôt d’un certain monde.

    • Malgré la polémique que peut susciter une théorie non-scientifique et contestable sur de nombreux points il me semble utile de partir de la définition minimale de l’effondrement : il y a effondrement quand l’État n’est plus capable de répondre aux besoins primaires d’une partie considérable de la population (eau, vivres, chauffage, santé). Cela signifie que la notion d’effondrement est locale et différenciée parce qu’elle dépend d’un certain rapport entre politique, écologie et territoire. L’effondrement n’arrivera pas d’un coup, comme les anges de l’apocalypse, mais de manière plus ou moins sensibles dans diverses parties du monde : des États comme le Yémen, le Congo, la Syrie, le Venezuela peuvent aujourd’hui déjà se dire effondrés ou en voie de l’être. L’Inde est un exemple de fascisation de l’État et d’effondrement politico-social sur fond de crise climatique.

      #effondrement #apocalypse #surnuméraires #épidémie #coronavirus

  • La révolution silencieuse de la prime d’activité
    http://www.laviedesidees.fr/La-revolution-silencieuse-de-la-prime-d-activite.html

    Instituée en 2016, la Prime d’activité a été mobilisée pour répondre au mouvement des Gilets jaunes. Cette mesure, réservée aux personnes qui ont un travail, est révélatrice de l’étatisation croissante de la #protection_sociale, également à l’œuvre dans les réformes de l’assurance chômage et des retraites.

    #Société #État-providence #pauvreté #Etat
    https://laviedesidees.fr/IMG/pdf/20200204_pandu.pdf
    https://laviedesidees.fr/IMG/docx/20200204_pandu.docx

    • Le soutien à la prime d’activité dit, en négatif, l’absence de légitimité croissante des revenus pour celles et ceux qui ne travaillent pas, de même que l’importance de l’accompagnement social est court-circuitée par le développement de cette prestation au prisme exclusivement monétaire. Les deux éléments qui ont marqué l’année 2019 sont donc en forte cohérence idéologique, même s’ils tiennent à des logiques hétérogènes. Tous deux signalent à quel point les groupes constitués sur une base socio-professionnelle cèdent la place à des cadres d’intelligibilité et de mise en forme du monde social où les ménages (catégorie que l’on peut et doit bien sûr entendre au sens fiscal mais également au sens d’une unité de mesure fondamentale de la statistique publique produisant des indicateurs de niveau de vie par exemple, au sens d’un principe de vision et de division du monde social) l’emportent.

      De ce point de vue, la France pourrait être en train de s’engager dans une trajectoire institutionnelle à la fois proche et différente de celle des États-Unis. Proche dans la mesure où le développement de l’Earned Income Tax Credit a été spectaculaire au cours des dernières décennies, du fait du soutien bipartisan dont cette prestation qui cible les travailleurs pauvres dispose, et des effets démontrés de réduction de la pauvreté de cette prestation. La trajectoire est néanmoins différente dans la mesure où il est clair, aux États-Unis, que le soutien aux bas revenus s’est substitué aux prestations pour les pauvres qui ne travaillent pas, tandis que la France articule ces deux formes de prestation. Néanmoins, une diminution tendancielle des niveaux de financement des prestations non-liées à l’emploi, comme le sont les Aides Personnalisées au Logement ou le Revenu de Solidarité Active, peuvent laisser penser qu’une évolution semblable, quoique moins radicale, puisse être en cours. Il suffit de lire les conclusions d’une note de France stratégie, organisme rattaché au Premier ministre, et mentionnée en exergue de cet article, pour se convaincre que cette dégradation de la situation des pauvres qui ne travaillent pas est déjà un fait avéré.

      #guerre_aux_improductifs #surnuméraires

  • Un droit à la ville est peut-être possible - Nos rendez-vous - Librest.com
    https://www.librest.com/nos-rendez-vous/15-janvier-2020/4004-un-droit-a-la-ville-est-peut-etre-possible

    Rencontre - débat avec Mickaël Labbé pour son livre : Reprendre place, contre l’architecture du mépris (Payot)

    Présentation de l’éditeur :

    Caméras de surveillance tous azimuts, aires de jeux grillagées, bancs design segmentés en places individuelles, pics et pierres à l’entrée des immeubles... Autant de signaux de suspicion et de mépris que la ville nous envoie. Autant de symptômes d’un espace urbain malade qui se construit contre ses habitants. Un espace aujourd’hui hostile. Cette violence nous affecte tous : de l’exclusion pure et simple des « indésirables », au sentiment de plus en plus fort que la ville ne nous appartient plus, que nous sommes de passage alors que nous y résidons. La ville nous parle. Il est temps d’apprendre à décrypter son langage pour pouvoir reprendre notre place en son sein. Revendiquer notre droit à la ville et exiger de ceux qui la fabriquent - architectes, urbanistes et politiques en tête - qu’ils prennent en compte sa destination véritable : nous, ses habitants, qui peuplons ce lieu de vie que nous appelons notre ville.

    Liens vers la #librairie et son cycle de « causeries urbaines ».
    https://www.librest.com/cycles-evenements/4/les-causeries-urbaines
    https://youtu.be/aGBovMqJT_8

    Pour poursuivre sur l’#architecture_du_mépris #mépris #exclusion #ville #indésirables #surnuméraires

  • Main basse sur l’#eau | ARTE
    https://www.arte.tv/fr/videos/082810-000-A/main-basse-sur-l-eau

    Le prometteur marché de l’eau s’annonce comme le prochain casino mondial. Les géants de la finance se battent déjà pour s’emparer de ce nouvel « or bleu ». Enquête glaçante sur la prochaine bulle spéculative.

    Réchauffement climatique, pollution, pression démographique, extension des surfaces agricoles : partout dans le monde, la demande en eau explose et l’offre se raréfie. En 2050, une personne sur quatre vivra dans un pays affecté par des pénuries. Après l’or et le pétrole, l’"or bleu", ressource la plus convoitée de la planète, attise les appétits des géants de la #finance, qui parient sur sa valeur en hausse, source de #profits mirobolants. Aujourd’hui, des #banques et fonds de placements – Goldman Sachs, HSBC, UBS, Allianz, la Deutsche Bank ou la BNP – s’emploient à créer des #marchés porteurs dans ce secteur et à spéculer, avec, étrangement, l’appui d’ONG écologistes. Lesquelles achètent de l’eau « pour la restituer à la nature », voyant dans ce nouvel ordre libéral un moyen de protéger l’environnement.

    En Australie, continent le plus chaud de la planète, cette #marchandisation de l’eau a pourtant déjà acculé des fermiers à la faillite, au profit de l’#agriculture_industrielle, et la Californie imite ce modèle. Face à cette redoutable offensive, amorcée en Grande-Bretagne dès #Thatcher, la résistance citoyenne s’organise pour défendre le droit à l’eau pour tous et sanctuariser cette ressource vitale limitée, dont dépendront 10 milliards d’habitants sur Terre à l’horizon 2050.

    De l’Australie à l’Europe en passant par les États-Unis, cette investigation décrypte pour la première fois les menaces de la glaçante révolution en cours pour les populations et la planète. Nourri de témoignages de terrain, le film montre aussi le combat, à la fois politique, économique et environnemental, que se livrent les apôtres de la #financiarisation de l’eau douce et ceux, simples citoyens ou villes européennes, qui résistent à cette dérive, considérant son accès comme un droit universel, d’ailleurs reconnu par l’#ONU en 2010. Alors que la bataille de la #gratuité est déjà perdue, le cynisme des joueurs de ce nouveau #casino mondial, au sourire carnassier, fait frémir, l’un d’eux lâchant : « Ce n’est pas parce que l’eau est la vie qu’elle ne doit pas avoir un prix. »

  • Maja Hoffmann (Arles) World Resort - DOCUMENTATIONS
    https://documentations.art/Maja-Hoffmann-Arles-World-Resort


    Où l’on voit le #projet en cours se concrétiser

    Depuis près de 5 ans, le projet « Luma Arles » a profondément modifié les formes et les modes d’exercice du pouvoir sur le territoire arlésien. En venant notamment concéder les pleins pouvoirs à Maja Hoffmann, héritière milliardaire de l’entreprise pharmaceutique Roche, acteurs publics et privés terraforment peu à peu la ville avec pour objectif de faire d’Arles une ville habitable presque exclusivement au 1 %. Ci-dessous le récit de l’implantation de la suprématie Luma Arles par certaines personnes concernées.

    #richesse #oppression #dépossession #ville #exclusion #surnuméraires #démocratie