#surtravail

  • Télétravail : le rêve qui a viré au cauchemar pour de nombreux salariés confinés
    https://www.bastamag.net/teletravail-burn-out-insomnies-accord-interprofessionnel-vie-privee-heures

    Explosion de la charge de travail, absence d’horaires et de coupure entre vie professionnelle et vie privée, pressions supplémentaires, manque de pauses, insomnies, délitement du lien social… Les syndicats demandent la mise en place d’accords interprofessionnels sur le télétravail. Dans l’entreprise d’Emmanuelle*, le télétravail a toujours été « contre-culturel ». Malgré une demande croissante des salarié.es ces dernières années, le grand groupe du luxe et de la mode dans lequel elle exerce s’y est (...) #Décrypter

    / A la une, #Syndicalisme, #Transformer_le_travail, #Conditions_de_travail

    • Il y a là d’autres sujets que le télétravail :
      –le #chômage_partiel pas respecté parce qu’il ne correspond pas à une baisse des revenus ni de la charge de travail mais à un effet d’aubaine pour les entreprises aux dépens de la collectivité qui raque ;
      (Là je viens de prendre un appel d’une des bénévoles de mon asso, elle m’a demandé si je travaillais aujourd’hui, j’ai dit non, aujourd’hui je suis au chômage technique et je bosse vendredi, elle m’a dit à vendredi, c’est comme ça dans l’idéal !)
      –la montée en responsabilité et l’intensification qui s’ensuit de la charge de travail sans changement de statut ni reconnaissance du travail d’encadrement (en tout cas quand il est féminin et perçu comme « naturel » aux femmes)
      –le non-respect des horaires de travail et le #surtravail organisé (donc en partie #travail_gratuit).

      Ça, c’est « seulement » des effets d’aubaine (l’exploitation féroce des conditions actuelles) dans un mouvement à long terme de refus de payer les gens pour leur boulot.

      Ce que je trouve intéressant, c’est ce qui tient au #télétravail en tant que tel :
      –le défaut d’encadrement par la présence sur place et la responsabilité accrue de l’employé·e ;

      « Au début, il faut prouver qu’on télétravaille donc on ne prend pas de pause. On se sent coupable de simplement se faire un thé ou de discuter avec son conjoint », confie Emmanuelle.

      –l’isolement ;

      Là réside, aux yeux de Danièle Linhart, l’un des principaux risques inhérents au télétravail. Pour cette sociologue du travail et directrice de recherche émérite au CNRS, ce dernier pousse à « une sorte de déréalisation de l’activité » : « Celle-ci devient de plus en plus virtuelle, fictive, et perd par conséquent de son sens, de sa finalité. » Pour elle, le lien aux autres est une dimension essentielle du travail, aujourd’hui mise de côté

      –les conditions matérielles très différentes (la pauvre chaise vs. le fauteuil ergonomique, c’est pas très bien traité alors que ça fout en l’air les corps) ;

      « Les enfants ne comprennent pas que je sois là mais que je ne puisse pas être avec eux. J’ai fini par trouver une pièce un peu cachée pour télétravailler, qu’ils ont fini par trouver. J’avais aussi un espace dehors mais dès qu’il pleuvait ça se compliquait. Je bossais sur un coin d’herbe où je pouvais avoir le wifi, donc j’ai très mal au dos. J’en ai en fait plein le dos, littéralement. »

      –et puis la particularité du travail des #femmes #travailleuses.

      Selon l’enquête de l’Ugict-CGT, 81% des télétravailleurs qui ont des enfants ont dû les garder tout en travaillant. La fermeture des écoles s’est par ailleurs traduite pour 43% des femmes en télétravail par plus de 4 heures de tâches domestiques supplémentaires. « On ne peut pas télétravailler tout en s’occupant de ses enfants. C’est une catastrophe, notamment pour les femmes », alerte Sophie Binet, co-secrétaire de l’Ugict-CGT.

      C’est un peu en vrac, cet article, mais tout y est. #intéressant

  • A l’encontre » Etats-Unis. Hold-up sur les #salaires
    http://alencontre.org/ameriques/americnord/usa/etats-unis-hold-up-sur-les-salaires.html

    Au cours des deux dernières décennies, Walmart [qui emploie 2,3 millions de salarié·e·s à travers le monde] a été accusée à plusieurs reprises de contraindre ses travailleurs à réaliser certaines tâches en dehors des horaires de #travail. L’entreprise a dû payer de nombreuses amendes pour cette raison. On suggère souvent que l’#entreprise de vente au détail est une anomalie, agissant plus comme un atelier de misère véreux que comme une entreprise géante.

    J’ai réalisé récemment un projet de recherche qui démontre, bien au contraire, que le travail en dehors des heures de travail [« officielles »], le refus de payer les heures supplémentaires par le biais d’attributions fausses des heures de travail et d’autres formes de vol de salaires est une réalité omniprésente dans le monde des grandes firmes américaines. Ma recherche m’a conduit à creuser dans les archives judiciaires d’une bonne partie de l’année dernière. J’ai découvert plus de 1200 recours en justice en matière salariale et d’horaires à l’issue favorable [pour les salarié·e·s] contre des centaines d’employeurs parmi les plus importants du pays. Ces recours collectifs en justice ont abouti à des jugements et des verdicts pour 8,8 milliards de dollars depuis 2000. Le même groupe d’entreprises a payé pour 400 millions de dollars d’amendes au ministère du Travail [Departement of labor] des Etats-Unis.

    #vol_de_salaire

  • « Auto-dissolution et refondations du Pavé »
    http://www.scoplepave.org/les-nouvelles-fraiches

    A tous nos amis, soutiens, anciens stagiaires, collègues éducateurs populaires, à vous tous qui suivez de près ou de loin l’aventure du Pavé...quelques nouvelles :

    Faisant suite à des difficultés que nous n’arrivions pas à résoudre seuls et à une semaine de socianalyse pour tirer les fils de ces dysfonctionnements, l’équipe du Pavé a décidé de mettre fin à la Scop Le Pavé à la fin de l’année, et de refonder au gré des désirs des uns(unes) et des autres une ou plusieurs entités dans la foulée....ou un peu plus tard.

    Nous choisissons la dissolution mais pas la liquidation, qui ne permettrait pas de donner les possibilités matérielles à la création de nouveaux espaces de travail. Le Pavé n’existera plus mais la structure juridique conservée permettra une assise économique favorable à une ou des refondations.

    Nous avons souhaité nous expliquer auprès de tous ceux qui nous connaissent, sur ce qui nous amène à cette décision, et vous trouverez en pièce jointe et sur notre site notre « manifeste d’auto-dissolution et de refondations » .

    Les suites de tout ça, on y travaille dès la semaine prochaine, et un texte de refondation sortira avant l’automne.

    On peut quand même déjà vous dire que tous nos engagements sur 2014 seront tenus, et que le programme de formations 2015 est dans les tuyaux, il est toujours commun aux 4 coopératives d’éducation populaire et il devrait sortir en juillet.

    Au plaisir de vous croiser d’ici là ou bien après !

    Et le manifeste
    http://www.scoplepave.org/IMG/pdf/manifeste_de_dissolution_et_refondations_du_pave.pdf [#pdf]

    Nous n’avons pas su identifier le modèle du « surhomme », patriarcal et capitaliste que nous avons embarqué avec et en nous dans cette aventure. Ainsi par exemple nous n’avons pas su nommer et prendre en compte les peurs inhérentes à nos exigences politiques, peurs qui ont provoqué et accentué les recours à des comportements virilistes, tant dans nos modes d’intervention que dans nos relations interpersonnelles.

    Nous avons tenté de dénoncer et travailler « à l’extérieur » les dominations de tous ordres n’avons pas suffisamment pris en considération et travaillé en interne les effets de dominations émanant des rapports sociaux, notamment ceux de classe et de sexe, ni les effets de pouvoir liés aux formes de savoir reconnu ou non, ou encore les effets de pouvoir liés à l’ancienneté. Ainsi, nous n’avons pas suffisamment su faire émerger une égalité de droit à partir d’inégalités de fait.

    Nous souhaitons mettre fin à une entreprise qui fut certainement trop idéalisée. Nous mettons fin à la souffrance au travail, à la reproduction d’un modèle entretenant l’essentialisation d’une « figure de l’éducateur populaire », à un modèle nous empêchant d’énoncer des règles déontologiques claires qui devraient fonder ce métier.

    Nous mettons fin à un modèle économique où le sur-travail est la règle et à une manière d’exercer le pouvoir mais pas à une ambition ; nous mettons fin au mythe mais pas à l’espoir qu’il a soulevé, nous mettons fin à son histoire douloureuse, éreintante mais pas à l’enthousiasme que nous avons partagé ensemble et avec d’autres.

    Via Enoga, le collectif des démissionnaires d’Agone
    http://enoga.wordpress.com/2014/05/22/le-pave-agonise

    #autogestion et #autocritique