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	<title>#suzy_kies - Seenthis</title>

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	<title>* Des autodaf&#233;s et des bonnes intentions &#8230; * _ Benedikt ARDEN _</title>
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		<email>metroet_@seenthis.net</email>
		
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	<published>2021-09-18T03:39:01Z</published>
	<updated>2021-09-18T03:39:01Z</updated>
	
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	<summary>* Des autodafés et des bonnes intentions … * _ Benedikt ARDEN _
https://www.legrandsoir.info/des-autodafes-et-des-bonnes-intentions.html

Ça a fait un badbuzz monumental et qui a résonné bien au-delà du pays. Près de 5000 livres jeunesse ont été retirés des bibliothèques de 30 écoles francophones d’Ontario pour servir de combustible à des cérémonies symboliques d’intérêts « éducatifs », dans le cadre de la réconciliation entre peuples autochtones et non autochtones du Canada.

https://www.legrandsoir.info/local/cache-vignettes/L243xH201/arton37385-ae4f1.jpg

Au centre de cette controverse, Suzy Kies, présentée comme une gardienne du savoir autochtone et accessoirement coprésidente de la Commission des peuples autochtones du Parti libéral du Canada. Celle-ci souligne que cette « cérémonie » a pour but d’enterrer « les cendres du racisme, de la discrimination et des stéréotypes dans l’espoir que nous grandirons dans un pays inclusif où tous pourront vivre en prospérité et en sécurité ». Le feu ayant pour objet d’engendrer l’engrais d’implantation d’un arbre et ainsi « tourner du négatif en positif ».

Sans tenir compte du fait autrement plus symbolique de brûler des livres, qui ne va pas sans rappeler une époque que les Allemands aimeraient bien oublier, ce scandale est surtout lié aux critères douteux de cette sélection et surtout par la lecture particulièrement décontextualisée des œuvres choisies par ce fameux comité. Pour qu’un livre fasse partie du bûcher, à peu près toutes les raisons y sont passées. Des termes et appellations d’une autre époque, à la non-historicité des représentations en passant par la sexualisation des dessins, toutes les cases ont été cochées. Sans faire grand cas du format (bande dessinée et histoire pour enfants) ou des contextes historiques, les membres du comité n’ont même pas tenu compte des intentions des auteur(e)s et ont même reproché à des BD les propos de ses antagonistes[1]. En somme, ce comité de relecture cherchait des stéréotypes et des expressions anachroniques et les a trouvés là exactement où ils devaient en trouver, c’est-à-dire dans les livres de notre enfance.

Évidemment, la chasse aux préjugés et aux stéréotypes ne s’est pas limitée aux BD, mais s’est aussi attaquée aux livres qui traitent des Premières Nations en général, mais qui n’ont pas été écrits ou révisé par des Autochtones « pure souche » ou des œuvres qui sont qualifiés « d’appropriations culturelles », ce qui est assez ironique quand on sait que madame Suzy Kies se présente comme une Abénakis d’Odanak alors qu’elle ne fait visiblement pas partie de cette communauté. Le fait d’avoir adopté la culture abénakis n’est pas une pratique que je condamne, tant s’en faut, mais quand on brûle les livres des auteur(e)s qui font briller cette culture au nom de l’appropriation culturelle, on devrait faire attention à ne pas parler au nom d’une communauté dont on s’approprie le nom ! D’autant plus que, comme commente l’ethnologue huronne-wendat Isabelle Picard, à propos des autodafés dans la culture autochtone, « C’est bien peu connaitre nos cérémonies et en avoir peu de respect ».

Comme vous le constatez, l’événement parle de lui-même et ils sont assez rares à défendre ce qu’il faut bien appeler un « dérapage woke ». Je déteste réellement cette expression (woke), puisqu’il est employé à tort et à travers par la droite, mais ici je vais faire une exception, car l’expression est désormais connue et je ne souhaite pas mettre de gants blancs, même si on devrait plutôt parler de progressisme postmoderne pour parler de ce courant. Toutefois, peu importe le nom qu’on lui donne, on ne peut que constater que ce courant atteint dorénavant des sommets en termes de dérapage. Celui-ci en vient même à avoir des impacts négatifs bien réels sur l’image que se fait la majorité des gens des minorités et des Premières Nations, puisque ces dérapages engendrent objectivement beaucoup plus de préjugés que la seule lecture de Pocahontas ou de Tintin en Amérique !

Néanmoins, la source du problème n’est pourtant pas issue des thèses les plus problématiques des plus controversés chercheurs/chercheuses postmodernes et encore moins des demandes de respects et d’égalité des groupes minoritaires et immigrants, mais bien de la popularisation d’un corpus doctrinal ouvertement irrationnel et qui est actuellement en phase accrue de radicalisation.

Comme le mentionne Pierre Valentin dans son étude sur le courant « Woke » : https://www.fondapol.org/etude/lideologie-woke-1-anatomie-du-wokisme/

Le mouvement woke repose sur une approche postmoderne du savoir caractérisée par « un scepticisme radical quant à la possibilité d’obtenir une connaissance ou une vérité objective. »

C’est pour cette raison que les courants postmodernistes se détachent à ce point des autres doctrines issues des Lumières et de l’universalisme. Pour ces derniers, il existe bien évidemment des dominants et des dominés ainsi que des systèmes qui provoques ces dominations, mais leur recherche de la justice passe par des connaissances objectives et des principes universels, alors que les postmodernistes rejettent carrément ces notions pour se centrer sur le ressenti des individus.

Le philosophe Michel Foucault justifiait cette vision du monde en ces termes :

[...] Il faut admettre que le pouvoir produit du savoir ; que pouvoir et savoir s’impliquent directement l’un l’autre ; qu’il n’y a pas de relation de pouvoir sans constitution corrélative d’un champ de savoir, ni de savoir qui ne suppose et ne constitue en même temps des relations de pouvoir.[2]

Autrement dit, le savoir issu des progrès de la connaissance serait en réalité une expression du pouvoir (des dominants), d’où ce scepticisme si radical quant à la possibilité de produire des connaissances objective.

Ces idées en provenance de ce que les universitaires américains appelaient la « French Theory » https://fr.wikipedia.org/wiki/French_Theory ont eu leur part de pertinence à gauche, notamment dans les années 70, à l’époque où certains penseurs avaient tendance à effectivement tout ramener à la rationalité économique. Y compris les aspects qui ne s’y collent pas complètement. Notamment en ce qui touche le féminisme et le nationalisme de libération, qui ont des aspects culturels forts.

Aujourd’hui ce courant de pensée tombe dans des excès inverses. Jusqu’à prétendre que la subjectivité des individus devrait être considérée comme un fait normatif et devrait être traitée comme tel. C’est-à-dire de manière politique. Dès lors c’est le « sentiment d’injustice » et non le système qui provoque ces injustices qui devient le centre des préoccupations « woke ». On en arrive donc à des absurdités comme de voir des bourgeois de la haute société qui se la jouent victime puisque, autiste, femme, homosexuel, noir, etc., alors qu’ils sont objectivement des dominants de par leur statut social ou bien ces histoires de langues et de symbole, à des années lumières de ce qui provoque concrètement la #marginalisation des minorités que l’on souhaite émanciper.

Pour eux, le fait essentiel n’est donc pas l’injustice ou la réalité de l’oppression, mais le ressenti de celle-ci, ce qui fait que la sécurisation des catégories de gens jugés opprimés passe bien avant la lutte contre le système qui engendre les discriminations[3]. C’est pour cette raison qu’il n’est pas contradictoire pour un « woke » de propager les pires généralisations sur les groupes dits dominants et, en revanche, de ne rien tolérer de ce qui touche (ou qui pourrait toucher) ceux qualifiés de dominés. Même si dans les faits les définitions de ces groupes sont toutes sauf scientifiques (surtout pour ce qui est des soit distantes races) et que les discriminations décriées sont pratiquement toujours #intersectionnelles [4]. Tout ce qui compte c’est l’état d’esprit du moment et de ce que l’on qualifie d’acceptable à l’instant T.

Comme je l’ai évoqué précédemment, cette pensée est en perpétuel mouvement et n’est pas limitée par le savoir objectif, alors ce qui est « acceptable » aujourd’hui ne le sera pas nécessairement demain. Un livre du 19e siècle comme « Nord contre Sud » (Jules Verne) dénonçant l’esclavage, mais qui utilise les termes de son époque sera inévitablement mis un jour à l’index, puisqu’il utilise le mot en « N » et utilise des stéréotypes. Je l’affirme, car c’est à peu près ce qui s’est passé pour la peinture « Life of Washington » https://www.monde-diplomatique.fr/2019/08/HALIMI/60163 , qui est une peinture dénonçant l’esclavage, mais qui fut éliminé du lycée George Washington, parce que jugé raciste ! On en vient à censurer le fond en raison de la forme, puisque ce qui est recherché n’est pas la dénonciation de l’injustice, mais le #maternage de population que l’on souhaite protéger de la société par l’illusion et le #subterfuge (« les safes spaces »).

C’est probablement cet état d’esprit qui guide les choix des militantes comme Suzy Kies. Un livre comme Tintin en Amérique (1932) ne sera donc pas jugé sur son contenu (somme tout positif envers les Premières Nations, si nous tenons compte de l’époque), mais sur l’usage de termes et d’illustrations désormais jugés offensants. La question de l’appropriation culturelle et des déguisements ne sera pas non plus jugée sur la base de principes universels, mais sur la seule sensibilité des personnes touchées, même si celles-ci ne font pas partie de ces communautés d’après leurs propres principes.

Disons-le tout net, le « wokisme » est en phase de désintégration et ses propres contradictions sont en train de détruire le mouvement de l’intérieur, alors il n’est nul besoin d’en faire des tonnes sur les scandales estivaux et autres faits divers. Non, le problème réside dans l’effet « backslash » qui profite à la droite et surtout à l’extrême droite, puisqu’elles se donnent de la légitimité sur leurs dérapages tout en récupérant des concepts qu’elle méprise, comme l’universalisme et l’antiracisme.

Non, il n’est pas normal que le racialisme de la soi-disant « théorie critique de la race » (entre autres exemples) soit uniquement et hypocritement dénoncé que par les réactionnaires. Je sais qu’il est parfois difficile de critiquer son propre camp, sans se faire malmener par les adeptes de ces idées. Néanmoins, cela reste absolument nécessaire pour la salubrité idéologique des organisations progressistes, en plus de les aider à rester en phase avec les masses laborieuses qui ne suivent pas ce genre d’évolution sociétale (du moins, pas à cette vitesse).

Rappelons que les principes du socialisme ont pris du galon en 150 ans et si moi-même je ne suis rien, j’hérite de siècles d’universalisme et de science, alors j’ai moins besoin de me référer à mon propre ressenti et à mes intérêts individuels, pour juger une situation, que d’une grille d’analyse doctrinale efficace et de connaissances scientifiques solides. Est-ce que quelque chose est juste ou vrai ? Et surtout, est-ce que ça l’est pour tous les humains et dans tous les cas ? Voici le genre de questions qui doivent prédéterminer un avis éclairé et minimalement objectif.

Brûler des livres ou recycler les pseudosciences, parce que ça serait sécurisant pour certains, n’est pas acceptable éthiquement et ne change de toute façon rien aux problèmes concrets vécus par les populations marginalisées. Les bulles de protection ne sont que des illusions qui nuisent au véritable combat pour l’émancipation, puisqu’il ne s’agit que d’une version 2.0 de la bonne vielle « opium du peuple », toujours aussi dommageable qu’auparavant.

La vérité et la justice sont des concepts vaste et parfois flou, je l’admets sans problème, mais ils sont aussi porteurs d’objectivité et d’universalisme. S’il y a parfaitement lieu de traiter respectueusement les victimes systémiques de nos sociétés et d’adapter notre démarche en conséquence, il faut savoir se garder de catégoriser les humains dans des cases identitaires et ainsi leur présumer des caractères négatifs comme positifs, puisque le genre humain est équitablement dosé en défaut comme en qualité, peu importe les catégories duquel on parle[5].

Reste à ce que le genre humain soit équitablement dosé en droit et justice sociale, car c’est bien par cette voie que nous éliminerons les stéréotypes et les préjugés et certainement pas en cachant ou en brulant les souvenirs du passé !

* Benedikt Arden, septembre 2021 *

[1] C’est un peu comme si on reprochait à George Lukas, dans la première trilogie Star Wars, de ne pas avoir donné assez de place à la diversité dans les rangs de l’empire, alors que l’esthétique de celle-ci est directement calquée sur le 3e Reich (tous des hommes blancs), dans l’objectif plus qu’évident de créer un contraste avec les rebelles, qui eux sont mixtes (hommes, femmes, aliens, etc.).

[2] Cité depuis l’étude « L’idéologie woke. Anatomie du wokisme (1) »

[3] L’exemple typique est le concept de « pauvrophobie » ou de « classisme » qui entend protéger les pauvres des préjugés des riches, alors que c’est la conscience de classe, résultante de ce « classisme », qui est à l’origine de la lutte des classes, donc de l’émancipation des pauvres.

[4] Les gens faisant partie d’une catégorie de dominés font généralement partie d’une des catégories dominantes et sont donc à la fois dominés et dominants. La réalité est plus complexe que les slogans.

[5] Je parle ici des catégories identitaires et non pas des classes sociales, puisque celles-ci sont productrices d’intérêt de classe, donc de croyances idéologiques affiliées à ces classes.

#wokisme #woke #dérapage #autodafé #discriminations #stéréotypes #racisme #index #école #catholiques #écoles_catholiques #bucher #purification #fanatisme #violence #épuration des #bibliothéques pour #enfants #asterix #tintin #stéréotypes #suzy_kies #Lucky_Luke #Ontario #badbuzz</summary>
	<content type="html"><![CDATA[<div lang="fr" dir="ltr"><p><strong> Des autodafés et des bonnes intentions … </strong> <em> Benedikt ARDEN </em><br><span class='lien_lien'><span class='lien_lien_total'><a rel='nofollow' href='https://seenthis.net/sites/7282461336007701571'>▻</a></span><a rel='nofollow' href="https://www.legrandsoir.info/des-autodafes-et-des-bonnes-intentions.html" class='spip_out' title="Des autodafés et des bonnes intentions … -- Benedikt ARDEN" hreflang="fr"><span class='lien_court'><span class='lien_protocol'>https://</span><span class='lien_racine'><span class='lien_host'><span class='lien_www'>www.</span>legrandsoir.info</span>/</span><span class='lien_fin'><span class='lien_fin_coupee'>des-autodafes-et-des-bonn</span><span class='lien_fin_cachee'>es-intentions.html</span></span></span></a></span></p><p>Ça a fait un badbuzz monumental et qui a résonné bien au-delà du pays. Près de 5000 livres jeunesse ont été retirés des bibliothèques de 30 écoles francophones d’Ontario pour servir de combustible à des cérémonies symboliques d’intérêts &#171;&nbsp;éducatifs&nbsp;&#187;, dans le cadre de la réconciliation entre peuples autochtones et non autochtones du Canada.</p><p><div class='seenthis_pics seenthis_pics_1'><a onclick='return false;' href='https://www.legrandsoir.info/local/cache-vignettes/L243xH201/arton37385-ae4f1.jpg' class='display_box'><span class='image' style='padding-bottom:82.716049382716%'><img src='https://seenthis.net/local/cache-vignettes/L243xH201/arton37385-ae4f1-9cc76906-ec7b3.jpg' alt='' data-photo='https://www.legrandsoir.info/local/cache-vignettes/L243xH201/arton37385-ae4f1.jpg' data-photo-h='201' data-photo-w='243' /></span><span class="lien_court"><span class="lien_off"> https://www.legrandsoir.info/local/cache-vignettes/L243xH201/arton37385-ae4f1.jpg </span></span></a></div></p><p>Au centre de cette controverse, Suzy Kies, présentée comme une gardienne du savoir autochtone et accessoirement coprésidente de la Commission des peuples autochtones du Parti libéral du Canada. Celle-ci souligne que cette &#171;&nbsp;cérémonie&nbsp;&#187; a pour but d’enterrer &#171;&nbsp;les cendres du racisme, de la discrimination et des stéréotypes dans l’espoir que nous grandirons dans un pays inclusif où tous pourront vivre en prospérité et en sécurité&nbsp;&#187;. Le feu ayant pour objet d’engendrer l’engrais d’implantation d’un arbre et ainsi &#171;&nbsp;tourner du négatif en positif&nbsp;&#187;.</p><p>Sans tenir compte du fait autrement plus symbolique de brûler des livres, qui ne va pas sans rappeler une époque que les Allemands aimeraient bien oublier, ce scandale est surtout lié aux critères douteux de cette sélection et surtout par la lecture particulièrement décontextualisée des œuvres choisies par ce fameux comité. Pour qu’un livre fasse partie du bûcher, à peu près toutes les raisons y sont passées. Des termes et appellations d’une autre époque, à la non-historicité des représentations en passant par la sexualisation des dessins, toutes les cases ont été cochées. Sans faire grand cas du format (bande dessinée et histoire pour enfants) ou des contextes historiques, les membres du comité n’ont même pas tenu compte des intentions des auteur(e)s et ont même reproché à des BD les propos de ses antagonistes[1]. En somme, ce comité de relecture cherchait des stéréotypes et des expressions anachroniques et les a trouvés là exactement où ils devaient en trouver, c’est-à-dire dans les livres de notre enfance.</p><p>Évidemment, la chasse aux préjugés et aux stéréotypes ne s’est pas limitée aux BD, mais s’est aussi attaquée aux livres qui traitent des Premières Nations en général, mais qui n’ont pas été écrits ou révisé par des Autochtones &#171;&nbsp;pure souche&nbsp;&#187; ou des œuvres qui sont qualifiés &#171;&nbsp;d’appropriations culturelles&nbsp;&#187;, ce qui est assez ironique quand on sait que madame Suzy Kies se présente comme une Abénakis d’Odanak alors qu’elle ne fait visiblement pas partie de cette communauté. Le fait d’avoir adopté la culture abénakis n’est pas une pratique que je condamne, tant s’en faut, mais quand on brûle les livres des auteur(e)s qui font briller cette culture au nom de l’appropriation culturelle, on devrait faire attention à ne pas parler au nom d’une communauté dont on s’approprie le nom&nbsp;! D’autant plus que, comme commente l’ethnologue huronne-wendat Isabelle Picard, à propos des autodafés dans la culture autochtone, &#171;&nbsp;C’est bien peu connaitre nos cérémonies et en avoir peu de respect&nbsp;&#187;.</p><p>Comme vous le constatez, l’événement parle de lui-même et ils sont assez rares à défendre ce qu’il faut bien appeler un &#171;&nbsp;dérapage woke&nbsp;&#187;. Je déteste réellement cette expression (woke), puisqu’il est employé à tort et à travers par la droite, mais ici je vais faire une exception, car l’expression est désormais connue et je ne souhaite pas mettre de gants blancs, même si on devrait plutôt parler de progressisme postmoderne pour parler de ce courant. Toutefois, peu importe le nom qu’on lui donne, on ne peut que constater que ce courant atteint dorénavant des sommets en termes de dérapage. Celui-ci en vient même à avoir des impacts négatifs bien réels sur l’image que se fait la majorité des gens des minorités et des Premières Nations, puisque ces dérapages engendrent objectivement beaucoup plus de préjugés que la seule lecture de Pocahontas ou de Tintin en Amérique&nbsp;!</p><p>Néanmoins, la source du problème n’est pourtant pas issue des thèses les plus problématiques des plus controversés chercheurs/chercheuses postmodernes et encore moins des demandes de respects et d’égalité des groupes minoritaires et immigrants, mais bien de la popularisation d’un corpus doctrinal ouvertement irrationnel et qui est actuellement en phase accrue de radicalisation.</p><p>Comme le mentionne Pierre Valentin dans son étude sur le courant &#171;&nbsp;Woke&nbsp;&#187;&nbsp;: <span class='lien_lien'><span class='lien_lien_total'><a rel='nofollow' href='https://seenthis.net/sites/7282461336007701574'>►</a></span><a rel='nofollow' href="https://www.fondapol.org/etude/lideologie-woke-1-anatomie-du-wokisme" class='spip_out' title="L’idéologie woke. 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Pour ces derniers, il existe bien évidemment des dominants et des dominés ainsi que des systèmes qui provoques ces dominations, mais leur recherche de la justice passe par des connaissances objectives et des principes universels, alors que les postmodernistes rejettent carrément ces notions pour se centrer sur le ressenti des individus.</p><p>Le philosophe Michel Foucault justifiait cette vision du monde en ces termes&nbsp;:</p><p>[...] Il faut admettre que le pouvoir produit du savoir&nbsp;; que pouvoir et savoir s’impliquent directement l’un l’autre&nbsp;; qu’il n’y a pas de relation de pouvoir sans constitution corrélative d’un champ de savoir, ni de savoir qui ne suppose et ne constitue en même temps des relations de pouvoir.[2]</p><p>Autrement dit, le savoir issu des progrès de la connaissance serait en réalité une expression du pouvoir (des dominants), d’où ce scepticisme si radical quant à la possibilité de produire des connaissances objective.</p><p>Ces idées en provenance de ce que les universitaires américains appelaient la &#171;&nbsp;French Theory&nbsp;&#187; <span class='lien_lien'><span class='lien_lien_total'><a rel='nofollow' href='https://seenthis.net/sites/7282461336007701577'>▻</a></span><a rel='nofollow' href="https://fr.wikipedia.org/wiki/French_Theory" class='spip_out' title="French Theory — Wikipédia" hreflang="fr"><span class='lien_court'><span class='lien_protocol'>https://</span><span class='lien_racine'><span class='lien_host'>fr.wikipedia.org</span>/</span>wiki/<span class='lien_fin'>French_Theory</span></span></a></span> ont eu leur part de pertinence à gauche, notamment dans les années 70, à l’époque où certains penseurs avaient tendance à effectivement tout ramener à la rationalité économique. Y compris les aspects qui ne s’y collent pas complètement. Notamment en ce qui touche le féminisme et le nationalisme de libération, qui ont des aspects culturels forts.</p><p>Aujourd’hui ce courant de pensée tombe dans des excès inverses. Jusqu’à prétendre que la subjectivité des individus devrait être considérée comme un fait normatif et devrait être traitée comme tel. C’est-à-dire de manière politique. Dès lors c’est le &#171;&nbsp;sentiment d’injustice&nbsp;&#187; et non le système qui provoque ces injustices qui devient le centre des préoccupations &#171;&nbsp;woke&nbsp;&#187;. On en arrive donc à des absurdités comme de voir des bourgeois de la haute société qui se la jouent victime puisque, autiste, femme, homosexuel, noir, etc., alors qu’ils sont objectivement des dominants de par leur statut social ou bien ces histoires de langues et de symbole, à des années lumières de ce qui provoque concrètement la <span class='lien_tag'>#<a rel='nofollow' href='https://seenthis.net/tag/marginalisation'>marginalisation</a></span> des minorités que l’on souhaite émanciper.</p><p>Pour eux, le fait essentiel n’est donc pas l’injustice ou la réalité de l’oppression, mais le ressenti de celle-ci, ce qui fait que la sécurisation des catégories de gens jugés opprimés passe bien avant la lutte contre le système qui engendre les discriminations[3]. C’est pour cette raison qu’il n’est pas contradictoire pour un &#171;&nbsp;woke&nbsp;&#187; de propager les pires généralisations sur les groupes dits dominants et, en revanche, de ne rien tolérer de ce qui touche (ou qui pourrait toucher) ceux qualifiés de dominés. Même si dans les faits les définitions de ces groupes sont toutes sauf scientifiques (surtout pour ce qui est des soit distantes races) et que les discriminations décriées sont pratiquement toujours <span class='lien_tag'>#<a rel='nofollow' href='https://seenthis.net/tag/intersectionnelles'>intersectionnelles</a></span> [4]. Tout ce qui compte c’est l’état d’esprit du moment et de ce que l’on qualifie d’acceptable à l’instant T.</p><p>Comme je l’ai évoqué précédemment, cette pensée est en perpétuel mouvement et n’est pas limitée par le savoir objectif, alors ce qui est &#171;&nbsp;acceptable&nbsp;&#187; aujourd’hui ne le sera pas nécessairement demain. Un livre du 19e siècle comme &#171;&nbsp;Nord contre Sud&nbsp;&#187; (Jules Verne) dénonçant l’esclavage, mais qui utilise les termes de son époque sera inévitablement mis un jour à l’index, puisqu’il utilise le mot en &#171;&nbsp;N&nbsp;&#187; et utilise des stéréotypes. Je l’affirme, car c’est à peu près ce qui s’est passé pour la peinture &#171;&nbsp;Life of Washington&nbsp;&#187; <span class='lien_lien'><span class='lien_lien_total'><a rel='nofollow' href='https://seenthis.net/sites/7282461336007701578'>▻</a></span><a rel='nofollow' href="https://www.monde-diplomatique.fr/2019/08/HALIMI/60163" class='spip_out' title="Les talibans de San Francisco, par Serge Halimi (Le Monde diplomatique, août 2019)" hreflang="fr"><span class='lien_court'><span class='lien_protocol'>https://</span><span class='lien_racine'><span class='lien_host'><span class='lien_www'>www.</span>monde-diplomatique.fr</span>/</span>2019/08/HALIMI/<span class='lien_fin'>60163</span></span></a></span> , qui est une peinture dénonçant l’esclavage, mais qui fut éliminé du lycée George Washington, parce que jugé raciste&nbsp;! 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La question de l’appropriation culturelle et des déguisements ne sera pas non plus jugée sur la base de principes universels, mais sur la seule sensibilité des personnes touchées, même si celles-ci ne font pas partie de ces communautés d’après leurs propres principes.</p><p>Disons-le tout net, le &#171;&nbsp;wokisme&nbsp;&#187; est en phase de désintégration et ses propres contradictions sont en train de détruire le mouvement de l’intérieur, alors il n’est nul besoin d’en faire des tonnes sur les scandales estivaux et autres faits divers. Non, le problème réside dans l’effet &#171;&nbsp;backslash&nbsp;&#187; qui profite à la droite et surtout à l’extrême droite, puisqu’elles se donnent de la légitimité sur leurs dérapages tout en récupérant des concepts qu’elle méprise, comme l’universalisme et l’antiracisme.</p><p>Non, il n’est pas normal que le racialisme de la soi-disant &#171;&nbsp;théorie critique de la race&nbsp;&#187; (entre autres exemples) soit uniquement et hypocritement dénoncé que par les réactionnaires. Je sais qu’il est parfois difficile de critiquer son propre camp, sans se faire malmener par les adeptes de ces idées. Néanmoins, cela reste absolument nécessaire pour la salubrité idéologique des organisations progressistes, en plus de les aider à rester en phase avec les masses laborieuses qui ne suivent pas ce genre d’évolution sociétale (du moins, pas à cette vitesse).</p><p>Rappelons que les principes du socialisme ont pris du galon en 150 ans et si moi-même je ne suis rien, j’hérite de siècles d’universalisme et de science, alors j’ai moins besoin de me référer à mon propre ressenti et à mes intérêts individuels, pour juger une situation, que d’une grille d’analyse doctrinale efficace et de connaissances scientifiques solides. Est-ce que quelque chose est juste ou vrai&nbsp;? Et surtout, est-ce que ça l’est pour tous les humains et dans tous les cas&nbsp;? Voici le genre de questions qui doivent prédéterminer un avis éclairé et minimalement objectif.</p><p>Brûler des livres ou recycler les pseudosciences, parce que ça serait sécurisant pour certains, n’est pas acceptable éthiquement et ne change de toute façon rien aux problèmes concrets vécus par les populations marginalisées. Les bulles de protection ne sont que des illusions qui nuisent au véritable combat pour l’émancipation, puisqu’il ne s’agit que d’une version 2.0 de la bonne vielle &#171;&nbsp;opium du peuple&nbsp;&#187;, toujours aussi dommageable qu’auparavant.</p><p>La vérité et la justice sont des concepts vaste et parfois flou, je l’admets sans problème, mais ils sont aussi porteurs d’objectivité et d’universalisme. S’il y a parfaitement lieu de traiter respectueusement les victimes systémiques de nos sociétés et d’adapter notre démarche en conséquence, il faut savoir se garder de catégoriser les humains dans des cases identitaires et ainsi leur présumer des caractères négatifs comme positifs, puisque le genre humain est équitablement dosé en défaut comme en qualité, peu importe les catégories duquel on parle[5].</p><p>Reste à ce que le genre humain soit équitablement dosé en droit et justice sociale, car c’est bien par cette voie que nous éliminerons les stéréotypes et les préjugés et certainement pas en cachant ou en brulant les souvenirs du passé&nbsp;!</p><p><strong> Benedikt Arden, septembre 2021 </strong></p><p>[1] C’est un peu comme si on reprochait à George Lukas, dans la première trilogie Star Wars, de ne pas avoir donné assez de place à la diversité dans les rangs de l’empire, alors que l’esthétique de celle-ci est directement calquée sur le 3e Reich (tous des hommes blancs), dans l’objectif plus qu’évident de créer un contraste avec les rebelles, qui eux sont mixtes (hommes, femmes, aliens, etc.).</p><p>[2] Cité depuis l’étude &#171;&nbsp;L’idéologie woke. Anatomie du wokisme (1)&nbsp;&#187;</p><p>[3] L’exemple typique est le concept de &#171;&nbsp;pauvrophobie&nbsp;&#187; ou de &#171;&nbsp;classisme&nbsp;&#187; qui entend protéger les pauvres des préjugés des riches, alors que c’est la conscience de classe, résultante de ce &#171;&nbsp;classisme&nbsp;&#187;, qui est à l’origine de la lutte des classes, donc de l’émancipation des pauvres.</p><p>[4] Les gens faisant partie d’une catégorie de dominés font généralement partie d’une des catégories dominantes et sont donc à la fois dominés et dominants. La réalité est plus complexe que les slogans.</p><p>[5] Je parle ici des catégories identitaires et non pas des classes sociales, puisque celles-ci sont productrices d’intérêt de classe, donc de croyances idéologiques affiliées à ces classes.</p><p><span class='lien_tag'>#<a rel='nofollow' href='https://seenthis.net/tag/wokisme'>wokisme</a></span> <span class='lien_tag'>#<a rel='nofollow' href='https://seenthis.net/tag/woke'>woke</a></span> <span class='lien_tag'>#<a rel='nofollow' href='https://seenthis.net/tag/d%C3%A9rapage'>dérapage</a></span> <span class='lien_tag'>#<a rel='nofollow' href='https://seenthis.net/tag/autodaf%C3%A9'>autodafé</a></span> <span class='lien_tag'>#<a rel='nofollow' href='https://seenthis.net/tag/discriminations'>discriminations</a></span> <span class='lien_tag'>#<a rel='nofollow' href='https://seenthis.net/tag/st%C3%A9r%C3%A9otypes'>stéréotypes</a></span> <span class='lien_tag'>#<a rel='nofollow' href='https://seenthis.net/tag/racisme'>racisme</a></span> <span class='lien_tag'>#<a rel='nofollow' href='https://seenthis.net/tag/index'>index</a></span> <span class='lien_tag'>#<a rel='nofollow' href='https://seenthis.net/tag/%C3%A9cole'>école</a></span> <span class='lien_tag'>#<a rel='nofollow' href='https://seenthis.net/tag/catholiques'>catholiques</a></span> <span class='lien_tag'>#<a rel='nofollow' href='https://seenthis.net/tag/%C3%A9coles_catholiques'>écoles_catholiques</a></span> <span class='lien_tag'>#<a rel='nofollow' href='https://seenthis.net/tag/bucher'>bucher</a></span> <span class='lien_tag'>#<a rel='nofollow' href='https://seenthis.net/tag/purification'>purification</a></span> <span class='lien_tag'>#<a rel='nofollow' href='https://seenthis.net/tag/fanatisme'>fanatisme</a></span> <span class='lien_tag'>#<a rel='nofollow' href='https://seenthis.net/tag/violence'>violence</a></span> <span class='lien_tag'>#<a rel='nofollow' href='https://seenthis.net/tag/%C3%A9puration'>épuration</a></span> des <span class='lien_tag'>#<a rel='nofollow' href='https://seenthis.net/tag/biblioth%C3%A9ques'>bibliothéques</a></span> pour <span class='lien_tag'>#<a rel='nofollow' href='https://seenthis.net/tag/enfants'>enfants</a></span> <span class='lien_tag'>#<a rel='nofollow' href='https://seenthis.net/tag/asterix'>asterix</a></span> <span class='lien_tag'>#<a rel='nofollow' href='https://seenthis.net/tag/tintin'>tintin</a></span> <span class='lien_tag'>#<a rel='nofollow' href='https://seenthis.net/tag/st%C3%A9r%C3%A9otypes'>stéréotypes</a></span> <span class='lien_tag'>#<a rel='nofollow' href='https://seenthis.net/tag/suzy_kies'>suzy_kies</a></span> <span class='lien_tag'>#<a rel='nofollow' href='https://seenthis.net/tag/lucky_luke'>Lucky_Luke</a></span> <span class='lien_tag'>#<a rel='nofollow' href='https://seenthis.net/tag/ontario'>Ontario</a></span> <span class='lien_tag'>#<a rel='nofollow' href='https://seenthis.net/tag/badbuzz'>badbuzz</a></span></p></div>]]></content>
	
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	<title>Canada * Des &#233;coles d&#233;truisent 5000 livres jug&#233;s n&#233;fastes aux Autochtones, dont Tintin et Ast&#233;rix *</title>
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		<uri>https://seenthis.net/people/metroet_</uri>
		<email>metroet_@seenthis.net</email>
		
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	<published>2021-09-08T15:07:36Z</published>
	<updated>2021-09-08T15:07:36Z</updated>
	
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	<summary>#Canada * Des écoles détruisent 5000 livres jugés néfastes aux Autochtones, dont Tintin et Astérix *
https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1817537/livres-autochtones-bibliotheques-ecoles-tintin-asterix-ontario-canada

Ils ont été jetés, certains brûlés et enterrés, par un conseil scolaire de l’Ontario qui les accuse de propager des stéréotypes. Les auteurs sont consternés.

https://m1.quebecormedia.com/emp/emp/AdobeStock_428560860f04befba-78a6-422e-b21c-c39746266fb9_ORIGINAL.jpg

Une grande épuration littéraire a eu lieu dans les bibliothèques du Conseil scolaire catholique Providence, qui regroupe 30 écoles francophones dans tout le Sud-Ouest de l’Ontario. Près de 5000 livres jeunesse parlant des Autochtones ont été détruits dans un but de réconciliation avec les Premières Nations, a appris Radio-Canada.

Une cérémonie de “purification par la flamme” s’est tenue en 2019 afin de brûler une trentaine de livres bannis, “dans un but éducatif”. Les cendres ont servi “comme engrais” pour planter un arbre et ainsi “tourner du négatif en positif”.
Une vidéo destinée aux élèves explique la démarche : “Nous enterrons les cendres de racisme, de discrimination et de stéréotypes dans l’espoir que nous grandirons dans un pays inclusif où tous pourront vivre en prospérité et en sécurité”.
. . . . . 
* Le retrait des livres en chiffres *
155 œuvres différentes ont été retirées, 152 ont été autorisées à rester en place et 193 sont en évaluation actuellement. Au total 4716 livres ont été retirés des bibliothèques du conseil scolaire, dans 30 écoles, soit une moyenne de 157 livres par école.
. . . . . . 
Le Conseil scolaire catholique Providence accueille près de 10 000 élèves, au sein de 23 écoles primaires et 7 écoles secondaires francophones, réparties majoritairement dans les régions de Windsor, London et Sarnia.

Un document de 165 pages, que nous avons obtenu, détaille l'ensemble des titres éliminés, ainsi que les raisons invoquées. On y retrouve des bandes dessinées, des romans et des encyclopédies.

Un comité formé de membres du conseil scolaire et d’accompagnateurs autochtones a analysé des centaines de livres jeunesse au sujet des Premières Nations. Quant au ministère de l’Éducation de l’Ontario, il a participé au projet de cérémonie, mais pas à la sélection des livres.
. . . . . .
L’auteure de la vidéo destinée aux élèves est Suzy Kies, présentée comme une “gardienne du savoir” autochtone. Elle fait partie de ceux qui ont accompagné le conseil scolaire dans sa démarche, à partir de 2019 dans son cas.

Elle dénonce les personnages autochtones présentés dans les livres pour enfants comme “pas fiables, paresseux, ivrognes, stupides…”. “Quand on perpétue ce genre d’image dans la tête des jeunes, c’est difficile de s’en débarrasser.”

Les gens paniquent avec le fait de brûler des livres, mais on parle de millions de livres qui ont des images négatives des personnes autochtones, qui perpétuent des stéréotypes, qui sont vraiment dommageables et dangereux.

Une citation de :Suzy Kies, « gardienne du savoir » autochtone qui a accompagné le conseil scolaire
Selon elle, le simple titre du livre Les Cowboys et les Indiens, publié en 2011, a justifié son retrait des bibliothèques. “C’est vraiment atroce”, dit-elle.
. . . . .
* Qui est Suzy Kies ? *
Suzy Kies se présente comme une “chercheuse indépendante”. Elle offre des formations aux écoles à travers l’Ontario. Le Conseil scolaire Providence note qu’“elle possède des connaissances approfondies sur plusieurs différentes nations autochtones”.

Elle est aussi coprésidente de la Commission des peuples autochtones du Parti libéral du Canada depuis 2016. Le site du parti de Justin Trudeau la présente comme “une Autochtone urbaine de descendance abénakise et montagnaise”.

Selon le Conseil scolaire Providence, ce “comité autochtone [est] consulté par le premier ministre du Canada” Justin Trudeau.

Suzy Kies affirme travailler avec d’autres conseils scolaires ontariens qui veulent s’inspirer du projet.
https://images.radio-canada.ca/q_auto,w_960/v1/ici-info/4x3/suzy-kies-providence-livres.jpg

* Tintin en Amérique, un livre raciste ? * 
Le Conseil scolaire reproche à la bande dessinée Tintin en Amérique un “langage non acceptable”, des “informations erronées”, une “présentation négative des peuples autochtones” et une “représentation fautive des Autochtones dans les dessins”.

Dans la BD d’Hergé, parue en 1932, une des plus vendues de l’auteur dans le monde, on retrouve notamment l'appellation “Peau-Rouge”. Le Temple du Soleil a aussi été retiré des rayons.
https://images.radio-canada.ca/v1/ici-info/perso/tintin-amerique-livre-providence.jpg
. . . . . 
Le livre Les Esquimaux, publié en 1981, a été retiré parce qu’il utilise un terme aujourd’hui péjoratif pour qualifier les Inuit. L’utilisation du mot “Indien” a aussi été un motif de retrait de nombreux livres. Un livre est même en évaluation parce qu’on y utilise le mot « Amérindien ».

Trois albums de Lucky Luke ont été retirés. Un des reproches souvent faits par le comité est le “débalancement de pouvoir” avec les Blancs et “les Autochtones perçus comme les méchants”.

La Conquête de l'Ouest : Les Amérindiens, les pionniers et les colons a été retiré à cause du mot “conquête” dans le titre. “On veut [r]abaisser une population”, écrit le comité d’évaluation pour justifier le retrait.

Le Conseil scolaire reproche au livre Vivre comme les Indiens d’Amérique de ne pas identifier les différentes cultures autochtones, mais de les présenter “comme un tout”.

Des livres qui présentaient des bricolages qualifiés d’“appropriation culturelle” ont aussi été retirés. Un livre a été considéré comme un “manque de respect envers la culture”, car on y proposait une activité baptisée “mange, écris, habille-toi comme les Amérindiens”.

https://images.radio-canada.ca/v1/ici-info/perso/indiens-livre-providence.JPG
. . . . . 
* Aucun auteur n’a été informé du retrait de son livre. *

“C’est incroyable. De quel droit font-ils une chose pareille? C’est complètement ridicule”, dénonce Sylvie Brien, dont le roman jeunesse L’affaire du collège indien a été retiré. Le conseil scolaire ne spécifie pas la raison de ce retrait.

Il s’agit d’une histoire qui se déroule en 1920 avec des personnages et des lieux fictifs. Dans l’histoire, une adolescente défend un Autochtone accusé à tort d’avoir causé un incendie.

L’auteure rejette tout préjugé : “Au contraire, j’ai dénoncé des choses qu’on ne disait pas”. Elle affirme être une des premières parmi les auteurs jeunesse à avoir abordé “les horreurs des pensionnats” en se basant sur des documents d’époque.
. . . . . 
“Est-ce qu’on retourne à l’Index ?”, demande Jean-Claude Larocque, en référence à la liste des livres interdits dans les écoles catholiques jusqu’aux années 1960.

Suzy Kies juge que “ce sont des histoires écrites par les Européens, d’une perspective euro-centriste et non pas des Autochtones”. Elle affirme que les « gardiens du savoir », comme elle, qui mémorisent la connaissance transmise oralement, sont plus fiables que les archives écrites.
. .
Le comité de révision reproche aussi à la biographie d’Étienne Brûlé une “représentation fautive dans les dessins”. Leur livre ne contient qu’une seule illustration, sur la page couverture où des Autochtones sont torse nu.
 
* Le torse nu des Autochtones ne passe pas *
https://images.radio-canada.ca/v1/ici-info/perso/autochtones-livre-providence.JPG
. . . . . 
Suzi Kies déplore la sexualisation de l’Autochtone qui tombe en amour avec Obélix dans Astérix et les Indiens. La jeune femme est représentée avec un décolleté plongeant et une mini-jupe.

“Irais-tu courir dans les bois avec une mini-jupe? Mais les gens le croient pareil”, regrette-t-elle. “On a développé ce qu’on appelle la sauvagesse sexuelle, une image des femmes autochtones comme étant des femmes faciles.”
https://images.radio-canada.ca/q_auto,w_960/v1/ici-info/16x9/obelix-asterix-livre-providence.jpg
. . . . . 
* Des auteurs autochtones sont aussi passés à la trappe *
Même des auteurs autochtones ont été envoyés au recyclage, à cause de l’usage de mots jugés inappropriés.

Le roman jeunesse Hiver indien, de Michel Noël, a été écarté pour “propos raciste”, “langage plus acceptable”, “information fausse”, “pouvoir des Blancs sur les Autochtones”, et “incapacité des Autochtones de fonctionner sans les Blancs”.

Ce portrait peu flatteur étonne le vice-président de la maison d’édition Hurtubise, Arnaud Foulon. Il rappelle que l’auteur, décédé en avril, était d’ascendance algonquine. Ethnologue, Michel Noël a travaillé au gouvernement du Québec﻿  pour la défense et la mise en valeur de la culture autochtone, notamment dans les écoles.
. . . . 


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	<content type="html"><![CDATA[<div lang="fr" dir="ltr"><p><span class='lien_tag'>#<a rel='nofollow' href='https://seenthis.net/tag/canada'>Canada</a></span> <strong> Des écoles détruisent 5000&nbsp;livres jugés néfastes aux Autochtones, dont Tintin et Astérix </strong><br><span class='lien_lien'><span class='lien_lien_total'><a rel='nofollow' href='https://seenthis.net/sites/7282461336007699088'>►</a></span><a rel='nofollow' href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1817537/livres-autochtones-bibliotheques-ecoles-tintin-asterix-ontario-canada" class='spip_out' title="Des écoles détruisent 5000 livres jugés néfastes aux Autochtones, dont Tintin et Astérix" hreflang="fr"><span class='lien_court'><span class='lien_protocol'>https://</span><span class='lien_racine'><span class='lien_host'>ici.radio-canada.ca</span>/</span><span class='lien_off'>nouvelle/</span><span class='lien_off'>1817537/</span><span class='lien_fin'><span class='lien_fin_coupee'>livres-autochtones-bib</span><span class='lien_fin_cachee'>liotheques-ecoles-tintin-asterix-ontario-cana</span></span></span></a></span></p><p>Ils ont été jetés, certains brûlés et enterrés, par un conseil scolaire de l’Ontario qui les accuse de propager des stéréotypes. Les auteurs sont consternés.</p><p><div class='seenthis_pics seenthis_pics_1'><a onclick='return false;' href='https://m1.quebecormedia.com/emp/emp/AdobeStock_428560860f04befba-78a6-422e-b21c-c39746266fb9_ORIGINAL.jpg' class='display_box'><span class='image' style='padding-bottom:56.25%'><img src='https://seenthis.net/local/cache-vignettes/L600xH338/AdobeStock_42856-1ef5be1e-533c9.jpg' alt='' data-photo='https://m1.quebecormedia.com/emp/emp/AdobeStock_428560860f04befba-78a6-422e-b21c-c39746266fb9_ORIGINAL.jpg' data-photo-h='1125' data-photo-w='2000' /></span><span class="lien_court"><span class="lien_off"> https://m1.quebecormedia.com/emp/emp/AdobeStock_428560860f04befba-78a6-422e-b21c-c39746266fb9_ORIGINAL.jpg </span></span></a></div></p><p>Une grande épuration littéraire a eu lieu dans les bibliothèques du Conseil scolaire catholique Providence, qui regroupe 30&nbsp;écoles francophones dans tout le Sud-Ouest de l’Ontario. Près de 5000&nbsp;livres&nbsp;jeunesse parlant des Autochtones ont été détruits dans un but de réconciliation avec les Premières Nations, a appris Radio-Canada.</p><p>Une cérémonie de &#8220;purification par la flamme&#8221; s’est tenue en&nbsp;2019 afin de brûler une trentaine de livres bannis, &#8220;dans un but éducatif&#8221;. Les cendres ont servi &#8220;comme engrais&#8221; pour planter un arbre et ainsi &#8220;tourner du négatif en positif&#8221;.<br>Une vidéo destinée aux élèves explique la démarche&nbsp;: &#8220;Nous enterrons les cendres de racisme, de discrimination et de stéréotypes dans l’espoir que nous grandirons dans un pays inclusif où tous pourront vivre en prospérité et en sécurité&#8221;.<br>. . . . .<br><strong> Le retrait des livres en chiffres </strong><br>155&nbsp;œuvres différentes ont été retirées, 152 ont été autorisées à rester en place et 193 sont en évaluation actuellement. Au total 4716&nbsp;livres ont été retirés des bibliothèques du conseil scolaire, dans 30&nbsp;écoles, soit une moyenne de 157&nbsp;livres par école.<br>. . . . . .<br>Le Conseil scolaire catholique Providence accueille près de 10&nbsp;000&nbsp;élèves, au sein de 23&nbsp;écoles primaires et 7&nbsp;écoles secondaires francophones, réparties majoritairement dans les régions de Windsor, London et Sarnia.</p><p>Un document de 165&nbsp;pages, que nous avons obtenu, détaille l’ensemble des titres éliminés, ainsi que les raisons invoquées. On y retrouve des bandes dessinées, des romans et des encyclopédies.</p><p>Un comité formé de membres du conseil scolaire et d’accompagnateurs autochtones a analysé des centaines de livres jeunesse au sujet des Premières Nations. 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Elle fait partie de ceux qui ont accompagné le conseil scolaire dans sa démarche, à partir de&nbsp;2019 dans son cas.</p><p>Elle dénonce les personnages autochtones présentés dans les livres pour enfants comme &#8220;pas fiables, paresseux, ivrognes, stupides…&#8221;. &#8220;Quand on perpétue ce genre d’image dans la tête des jeunes, c’est difficile de s’en débarrasser.&#8221;</p><p>Les gens paniquent avec le fait de brûler des livres, mais on parle de millions de livres qui ont des images négatives des personnes autochtones, qui perpétuent des stéréotypes, qui sont vraiment dommageables et dangereux.</p><p>Une citation de :Suzy Kies, &#171;&nbsp;gardienne du savoir&nbsp;&#187; autochtone qui a accompagné le conseil scolaire<br>Selon elle, le simple titre du livre Les Cowboys et les Indiens, publié en&nbsp;2011, a justifié son retrait des bibliothèques. &#8220;C’est vraiment atroce&#8221;, dit-elle.<br>. . . . .<br><strong> Qui est Suzy Kies&nbsp;? </strong><br>Suzy Kies se présente comme une &#8220;chercheuse indépendante&#8221;. Elle offre des formations aux écoles à travers l’Ontario. Le Conseil scolaire Providence note qu’&#8220;elle possède des connaissances approfondies sur plusieurs différentes nations autochtones&#8221;.</p><p>Elle est aussi coprésidente de la Commission des peuples autochtones du Parti libéral du Canada depuis&nbsp;2016. Le site du parti de Justin Trudeau la présente comme &#8220;une Autochtone urbaine de descendance abénakise et montagnaise&#8221;.</p><p>Selon le Conseil scolaire Providence, ce &#8220;comité autochtone [est] consulté par le premier ministre du Canada&#8221; Justin Trudeau.</p><p>Suzy Kies affirme travailler avec d’autres conseils scolaires ontariens qui veulent s’inspirer du projet.<br><div class='seenthis_pics seenthis_pics_1'><a onclick='return false;' href='https://images.radio-canada.ca/q_auto,w_960/v1/ici-info/4x3/suzy-kies-providence-livres.jpg' class='display_box'><span class='image' style='padding-bottom:75%'><img src='https://seenthis.net/local/cache-vignettes/L600xH450/suzy-kies-provid-5f65da5b-11e1f.jpg' alt='' data-photo='https://images.radio-canada.ca/q_auto,w_960/v1/ici-info/4x3/suzy-kies-providence-livres.jpg' data-photo-h='720' data-photo-w='960' /></span><span class="lien_court"><span class="lien_off"> https://images.radio-canada.ca/q_auto,w_960/v1/ici-info/4x3/suzy-kies-providence-livres.jpg </span></span></a></div></p><p><strong> Tintin en Amérique, un livre raciste&nbsp;? </strong><br>Le Conseil scolaire reproche à la bande dessinée Tintin en Amérique un &#8220;langage non acceptable&#8221;, des &#8220;informations erronées&#8221;, une &#8220;présentation négative des peuples autochtones&#8221; et une &#8220;représentation fautive des Autochtones dans les dessins&#8221;.</p><p>Dans la BD d’Hergé, parue en&nbsp;1932, une des plus vendues de l’auteur dans le monde, on retrouve notamment l’appellation &#8220;Peau-Rouge&#8221;. Le Temple du Soleil a aussi été retiré des rayons.<br><div class='seenthis_pics seenthis_pics_1'><a onclick='return false;' href='https://images.radio-canada.ca/v1/ici-info/perso/tintin-amerique-livre-providence.jpg' class='display_box'><span class='image' style='padding-bottom:105.42708824917%'><img src='https://seenthis.net/local/cache-vignettes/L600xH633/tintin-amerique--f1ee226d-fd3e4.jpg' alt='' data-photo='https://images.radio-canada.ca/v1/ici-info/perso/tintin-amerique-livre-providence.jpg' data-photo-h='2234' data-photo-w='2119' /></span><span class="lien_court"><span class="lien_off"> https://images.radio-canada.ca/v1/ici-info/perso/tintin-amerique-livre-providence.jpg </span></span></a></div><br>. . . . .<br>Le livre Les Esquimaux, publié en 1981, a été retiré parce qu’il utilise un terme aujourd’hui péjoratif pour qualifier les Inuit. L’utilisation du mot &#8220;Indien&#8221; a aussi été un motif de retrait de nombreux livres. Un livre est même en évaluation parce qu’on y utilise le mot &#171;&nbsp;Amérindien&nbsp;&#187;.</p><p>Trois albums de Lucky Luke ont été retirés. Un des reproches souvent faits par le comité est le &#8220;débalancement de pouvoir&#8221; avec les Blancs et &#8220;les Autochtones perçus comme les méchants&#8221;.</p><p>La Conquête de l’Ouest&nbsp;: Les Amérindiens, les pionniers et les colons a été retiré à cause du mot &#8220;conquête&#8221; dans le titre. &#8220;On veut [r]abaisser une population&#8221;, écrit le comité d’évaluation pour justifier le retrait.</p><p>Le Conseil scolaire reproche au livre Vivre comme les Indiens d’Amérique de ne pas identifier les différentes cultures autochtones, mais de les présenter &#8220;comme un tout&#8221;.</p><p>Des livres qui présentaient des bricolages qualifiés d’&#8220;appropriation culturelle&#8221; ont aussi été retirés. Un livre a été considéré comme un &#8220;manque de respect envers la culture&#8221;, car on y proposait une activité baptisée &#8220;mange, écris, habille-toi comme les Amérindiens&#8221;.</p><p><div class='seenthis_pics seenthis_pics_1'><a onclick='return false;' href='https://images.radio-canada.ca/v1/ici-info/perso/indiens-livre-providence.JPG' class='display_box'><span class='image' style='padding-bottom:69.801084990958%'><img src='https://seenthis.net/local/cache-vignettes/L600xH419/indiens-livre-pr-0565ac0b-168a4.jpg' alt='' data-photo='https://images.radio-canada.ca/v1/ici-info/perso/indiens-livre-providence.JPG' data-photo-h='2702' data-photo-w='3871' /></span><span class="lien_court"><span class="lien_off"> https://images.radio-canada.ca/v1/ici-info/perso/indiens-livre-providence.JPG </span></span></a></div><br>. . . . .<br><strong> Aucun auteur n’a été informé du retrait de son livre. </strong></p><p>&#8220;C’est incroyable. De quel droit font-ils une chose pareille&nbsp;? C’est complètement ridicule&#8221;, dénonce Sylvie Brien, dont le roman jeunesse L’affaire du collège indien a été retiré. Le conseil scolaire ne spécifie pas la raison de ce retrait.</p><p>Il s’agit d’une histoire qui se déroule en&nbsp;1920 avec des personnages et des lieux fictifs. Dans l’histoire, une adolescente défend un Autochtone accusé à tort d’avoir causé un incendie.</p><p>L’auteure rejette tout préjugé&nbsp;: &#8220;Au contraire, j’ai dénoncé des choses qu’on ne disait pas&#8221;. Elle affirme être une des premières parmi les auteurs jeunesse à avoir abordé &#8220;les horreurs des pensionnats&#8221; en se basant sur des documents d’époque.<br>. . . . .<br>&#8220;Est-ce qu’on retourne à l’Index&nbsp;?&#8221;, demande Jean-Claude Larocque, en référence à la liste des livres interdits dans les écoles catholiques jusqu’aux années&nbsp;1960.</p><p>Suzy Kies juge que &#8220;ce sont des histoires écrites par les Européens, d’une perspective euro-centriste et non pas des Autochtones&#8221;. Elle affirme que les &#171;&nbsp;gardiens du savoir&nbsp;&#187;, comme elle, qui mémorisent la connaissance transmise oralement, sont plus fiables que les archives écrites.<br>. .<br>Le comité de révision reproche aussi à la biographie d’Étienne Brûlé une &#8220;représentation fautive dans les dessins&#8221;. Leur livre ne contient qu’une seule illustration, sur la page couverture où des Autochtones sont torse nu.<br><br><strong> Le torse nu des Autochtones ne passe pas </strong><br><div class='seenthis_pics seenthis_pics_1'><a onclick='return false;' href='https://images.radio-canada.ca/v1/ici-info/perso/autochtones-livre-providence.JPG' class='display_box'><span class='image' style='padding-bottom:76.221198156682%'><img src='https://seenthis.net/local/cache-vignettes/L600xH457/autochtones-livr-e219b059-a5908.jpg' alt='' data-photo='https://images.radio-canada.ca/v1/ici-info/perso/autochtones-livre-providence.JPG' data-photo-h='2481' data-photo-w='3255' /></span><span class="lien_court"><span class="lien_off"> https://images.radio-canada.ca/v1/ici-info/perso/autochtones-livre-providence.JPG </span></span></a></div><br>. . . . .<br>Suzi Kies déplore la sexualisation de l’Autochtone qui tombe en amour avec Obélix dans Astérix et les Indiens. La jeune femme est représentée avec un décolleté plongeant et une mini-jupe.</p><p>&#8220;Irais-tu courir dans les bois avec une mini-jupe&nbsp;? Mais les gens le croient pareil&#8221;, regrette-t-elle. &#8220;On a développé ce qu’on appelle la sauvagesse sexuelle, une image des femmes autochtones comme étant des femmes faciles.&#8221;<br><div class='seenthis_pics seenthis_pics_1'><a onclick='return false;' href='https://images.radio-canada.ca/q_auto,w_960/v1/ici-info/16x9/obelix-asterix-livre-providence.jpg' class='display_box'><span class='image' style='padding-bottom:56.25%'><img src='https://seenthis.net/local/cache-vignettes/L600xH338/obelix-asterix-l-cc6195b4-d9f7e.jpg' alt='' data-photo='https://images.radio-canada.ca/q_auto,w_960/v1/ici-info/16x9/obelix-asterix-livre-providence.jpg' data-photo-h='540' data-photo-w='960' /></span><span class="lien_court"><span class="lien_off"> https://images.radio-canada.ca/q_auto,w_960/v1/ici-info/16x9/obelix-asterix-livre-providence.jpg </span></span></a></div><br>. . . . .<br><strong> Des auteurs autochtones sont aussi passés à la trappe </strong><br>Même des auteurs autochtones ont été envoyés au recyclage, à cause de l’usage de mots jugés inappropriés.</p><p>Le roman jeunesse Hiver indien, de Michel Noël, a été écarté pour &#8220;propos raciste&#8221;, &#8220;langage plus acceptable&#8221;, &#8220;information fausse&#8221;, &#8220;pouvoir des Blancs sur les Autochtones&#8221;, et &#8220;incapacité des Autochtones de fonctionner sans les Blancs&#8221;.</p><p>Ce portrait peu flatteur étonne le vice-président de la maison d’édition Hurtubise, Arnaud Foulon. Il rappelle que l’auteur, décédé en avril, était d’ascendance algonquine. Ethnologue, Michel Noël a travaillé au gouvernement du Québec﻿  pour la défense et la mise en valeur de la culture autochtone, notamment dans les écoles.<br>. . . .</p><p><span class='lien_tag'>#<a rel='nofollow' href='https://seenthis.net/tag/index'>index</a></span> <span class='lien_tag'>#<a rel='nofollow' href='https://seenthis.net/tag/%C3%A9cole'>école</a></span> <span class='lien_tag'>#<a rel='nofollow' href='https://seenthis.net/tag/catholiques'>catholiques</a></span> <span class='lien_tag'>#<a rel='nofollow' href='https://seenthis.net/tag/%C3%A9coles_catholiques'>écoles_catholiques</a></span> <span class='lien_tag'>#<a rel='nofollow' href='https://seenthis.net/tag/autodaf%C3%A9'>autodafé</a></span> <span class='lien_tag'>#<a rel='nofollow' href='https://seenthis.net/tag/bucher'>bucher</a></span> <span class='lien_tag'>#<a rel='nofollow' href='https://seenthis.net/tag/purification'>purification</a></span> <span class='lien_tag'>#<a rel='nofollow' href='https://seenthis.net/tag/fanatisme'>fanatisme</a></span> <span class='lien_tag'>#<a rel='nofollow' href='https://seenthis.net/tag/violence'>violence</a></span> <span class='lien_tag'>#<a rel='nofollow' href='https://seenthis.net/tag/%C3%A9puration'>épuration</a></span> des <span class='lien_tag'>#<a rel='nofollow' href='https://seenthis.net/tag/biblioth%C3%A9ques'>bibliothéques</a></span> pour <span class='lien_tag'>#<a rel='nofollow' href='https://seenthis.net/tag/enfants'>enfants</a></span>  <span class='lien_tag'>#<a rel='nofollow' href='https://seenthis.net/tag/asterix'>asterix</a></span> <span class='lien_tag'>#<a rel='nofollow' href='https://seenthis.net/tag/tintin'>tintin</a></span> <span class='lien_tag'>#<a rel='nofollow' href='https://seenthis.net/tag/st%C3%A9r%C3%A9otypes'>stéréotypes</a></span> <span class='lien_tag'>#<a rel='nofollow' href='https://seenthis.net/tag/suzy_kies'>suzy_kies</a></span> <span class='lien_tag'>#<a rel='nofollow' href='https://seenthis.net/tag/lucky_luke'>Lucky_Luke</a></span> <span class='lien_tag'>#<a rel='nofollow' href='https://seenthis.net/tag/ontario'>Ontario</a></span></p></div>]]></content>
	
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