• Ivan Illich et la déscolarisation de la société 1/2
    https://topophile.net/savoir/ivan-illich-et-la-descolarisation-de-la-societe-1-2

    La pensée d’Ivan Illich (1926-2002), figure inclassable et incontournable de la critique de la société industrielle, se révèle toujours aussi stimulante et pertinente. Elle a nourri et continue de nourrir nombre de mouvements écologistes ainsi que cette humble revue. Illich démontre que les institutions passées un certain seuil deviennent contre-productives, c’est-à-dire se retournent contre leur... Voir l’article

  • Condamnés à réussir

    Chaque année, en novembre, toute la #Corée_du_Sud retient son souffle pendant une journée : cinq cent mille jeunes passent leur examen de fin d’#études, dont les résultats s’avèrent déterminants pour leur avenir professionnel.

    Portrait d’une #jeunesse sud-coréenne sacrifiée sur l’autel de la #performance et de la #réussite_scolaire.


    https://www.youtube.com/watch?v=h-wjwyVQXMc

    #sélection #université #concours_national #excellence #université_d'élite #stress #éducation #système_éducatif

  • Que signifie être radical chez Paulo Freire ? - Questions de classe(s)
    https://www.questionsdeclasses.org/?Que-signifie-etre-radical-chez-Paulo-Freire

    L’ensemble de l’œuvre de Paulo Freire est traversé par la notion de radicalité depuis ses premiers ouvrages L’Éducation, pratique de liberté (1967) et Pédagogie des opprimés (1968) jusqu’à Pédagogie de l’autonomie (1996). Dans ses écrits, cette notion s’exprime à travers les noms communs de « radicalisation », de « radicalité » et à travers l’adjectif « radical ». Alors que se structure en France un réseau militant autour d’une charte de pédagogies radicales qui se réfère à Paulo Freire, il nous a semblé intéressant de revenir sur la notion de radicalité telle qu’elle se présente dans l’œuvre du pédagogue brésilien pour répondre ainsi à la question : Que signifie être radical chez Paulo Freire ?

    #Paulo_Freire #pédagogie #éducation #radicalité

  • Les écoliers pris entre deux feux dans le conflit qui perdure à l’est de l’#Ukraine (#UNICEF) | ONU Info
    https://news.un.org/fr/story/2018/05/1013072

    Plus de quatre années de conflit dans l’est de l’Ukraine ont dévasté le #système_éducatif, ont détruit et endommagé des centaines d’#écoles, forçant 200 000 filles et garçons à apprendre dans des environnements militarisés, au milieu des combats et des dangers des armes de guerre non explosées, déplore l’UNICEF.

  • À lire : un extrait de « L’école des incapables ? » de M. Millet et J.-C. Croizet
    http://www.contretemps.eu/ecole-apprentissage-domination

    Comment l’école interprète- t-elle les facilités et les difficultés d’apprentissage des élèves ? Comment cette interprétation influence-t-elle leur scolarité, et l’idée qu’ils se font d’eux-mêmes ? Les résultats de l’enquête – menée pendant plusieurs années dans des écoles maternelles, pour l’essentiel – présentée dans ce livre permettent de répondre à ces questions. En croisant les regards sociologique et psychosocial, Mathias Millet et Jean-Claude Croizet décortiquent le quotidien des classes et révèlent comment les difficultés cognitives, pourtant nécessaires aux apprentissages, sont transformées en un problème. Ils montrent que ces premiers apprentissages scolaires sont aussi, pour les élèves, une première confrontation aux inégalités.

    L’étude met en évidence les logiques quotidiennes d’une violence symbolique par laquelle élèves comme enseignants se persuadent que les verdicts scolaires disent la valeur des individus. Elle montre comment ces élèves et ces enseignants développent, dès l’école maternelle, des interprétations qui personnalisent les « échecs » ou les « réussites » et, ce faisant, les détournent des apprentissages. Cet ouvrage contribue ainsi de manière décisive à l’analyse de la manière dont l’école réduit ou augmente les inégalités sociales.


    #Conjoncture #Diaporama #Enquête #domination #école #éducation #enseignement #inégalités #pédagogie #reproduction #système_éducatif

  • “Etudiants, l’avenir à crédit” ou comment la fac passe à l’école du libéralisme - Télévision - Télérama.fr
    http://television.telerama.fr/television/etudiants-l-avenir-a-credit-ou-comment-la-fac-passe-a-l-ecole-du

    Dans son enquête sur le #système_éducatif mondial diffusée sur Arte, le documentariste Jean-Robert Viallet révèle que, peu à peu, le modèle anglo-saxon s’impose. Les #universités sont obnubilées par la #rentabilité et les #étudiants, condamnés à s’endetter pour décrocher leurs #diplômes.

    Jean-Robert Viallet (qui a réalisé, avec Christophe Nick, La Mise à mort du travail, en 2009) a d’ailleurs beaucoup tournicoté autour du sujet avant de saisir l’ampleur de la lame de fond. Il est d’abord intrigué par la multiplication des fusions de grandes écoles, par l’importance « ahurissante » prise par les palmarès universitaires, par la détermination de ces cohortes d’étudiants désireux d’intégrer les établissements les plus cotés... « En reliant toutes ces informations, j’ai peu à peu compris qu’il se passait quelque chose de fondamental pour l’ #enseignement_supérieur. L’intuition est devenue conviction à force d’entendre des directeurs d’université parler du "marché global de l’étudiant". »

    Le « marché global de l’étudiant » ? De treize millions dans les années 1960, le nombre d’étudiants dans le monde est passé à deux cents millions en 2015 — et devrait atteindre quatre cents millions d’ici à 2030. Soit un bassin gigantesque de « clients », disposés à « investir » des sommes folles pour décrocher le diplôme qui, espèrent-ils, leur assurera un avenir radieux.

  • Dossier : l’Université saisie par le capitalisme, entre marchandisation et résistances
    http://www.contretemps.eu/universite-capitalisme-marchandisation-resistances

    L’Université est au cœur du processus de marchandisation néolibérale, au moins depuis le début des années 2000. Mise en concurrence des équipes de recherche, mise en marché de l’enseignement supérieur, libéralisation ou augmentation des frais d’inscription, développement des établissements privés, introduction de logiques commerciales et d’acteurs capitalistes… la marchandisation prend plusieurs formes et transforme les conditions de travail et d’existence des universitaires, des personnels administratifs et techniques, mais aussi des étudiant·e·s. Si les mobilisations ont été nombreuses – en France comme ailleurs (Chili, Québec, etc.) –, avec plus de défaites que de victoires, ces résistances ont contribué à former une jeunesse fortement mobilisée contre le capitalisme néolibéral et ont posé les jalons d’un projet d’Université – libérée des impératifs marchands, gratuite et émancipatrice.

    #Diaporama #Dossiers #école #enseignement #enseignement_supérieur #mouvement_étudiant #néolibéralisme #système_éducatif #université #marchandisation #Résistances

  • Un tournant conservateur dans l’éducation prioritaire
    http://www.contretemps.eu/zep-tournant-conservateur

    « Diversité », « excellence », « dons », « capacités »… De nouveaux mots d’ordre s’imposent dans l’éducation prioritaire et font reculer celui qui devrait en être le cœur : la lutte contre les inégalités sociales à l’école. Les évolutions liées à la mise en place des dispositifs « Cordées de la Réussite », et plus largement des programmes dits « d’ouverture sociale » de l’enseignement supérieur, en constituent un exemple.

    #Conjoncture #Diaporama #Enquête #discrimination_positive #école #éducation #excellence #inégalités #sociologie #système_éducatif #ZEP

    http://zinc.mondediplo.net/people/contretemps via Contretemps

  • #Langues et système scolaire en #Erythrée

    Neuf langues sont officiellement parlées et reconnues en Erythrée. L’anglais est par ailleurs enseigné comme langue étrangère. E n raison d’un système éducatif qui fait fortement défaut, les jeunes qui arrivent en Suisse pour y trouver refuge n’ en ont que des connaissances très limitées. L’OSAR s’est entretenu e avec Feven Afeworki, interp rète en tigrigna et en amharique à Appartenances, a fin de comprendre quelles sont les défaillances du système éducatif érythré en dans l’apprentissage des langues.

    https://www.osar.ch/assets/news/2016/interview-feven.pdf
    #école #éducation #système_éducatif

  • Une remise en question nécessaire. (zerosurvingt)
    http://www.zerosurvingt.com/une-remise-en-question-necessaire

    Je n’aurais pas pu lui avouer : « votre fils est victime de ce système qui est incapable de s’adapter à ses capacités. C’est l’école qui a gâché la scolarité de votre enfant. Il n’y est pour rien. Il fait ce qu’il peut. L’école aurait dû lui proposer un parcours différent ». Quelle escroquerie morale ! Je ne suis pas fier mais je n’ai aucun remords. C’est devenu une habitude de trahir la vérité à propos de l’école. Je la défends sans m’en rendre compte, parfois avec conviction. Je commence même à croire à mes propres mensonges.
    […]
    Je ne supporte plus ces impostures. J’en ai assez de mentir, de me mentir. Je le répète, depuis plusieurs années, j’ai collaboré pour ce système sans poser de questions, sans l’incriminer. Puis, mes enfants y sont entrés. Je les ai égoïstement prévenus d’un grand nombre de pièges et je continuerai à le faire. Je peux affirmer que j’ai plus ou moins sauvé leur début de scolarité. Mais, heureusement pour eux, je savais comment les aider et les préserver des dangers de l’éducation nationale. Je connaissais les imperfections de l’école et, dans la mesure du possible, je les leur ai évitées. Je me bats toujours pour eux, contre ce système. Je suis convaincu que leur scolarité sera encore un parcours du combattant et je m’y suis préparé. C’est mon devoir de père.

    Je pense également avoir une responsabilité de citoyen, celle de vous informer. Je vous dois ma vérité.

    J’ai enfin le devoir de m’excuser, d’avoir laissé faire et d’être resté apathique toutes ces années. J’aurais dû réagir avant pour les autres enfants. Chaque année, des dizaines de milliers d’élèves du primaire, du secondaire et d’étudiants ont leur scolarité gâchée à une plus ou moins grande échelle ; la cause étant l’école.

    #éducation #école #collège #souffrances #système_éducatif

  • Refondation de l’école : vers une territorialisation de l’éducation (Le Mammouthologue)
    http://blog.educpros.fr/le-mammouthologue/2016/05/02/refondation-de-lecole-vers-une-territorialisation-de-leducation

    Contraintes d’organiser les activités périscolaires, d’investir symboliquement les cours d’école, les gymnases et les salles de classe, les collectivités sont désormais des partenaires éducatifs du quotidien. Et cette implication locale, visible de tous, a des conséquences très concrètes sur l’offre éducative, différente d’un territoire et d’une ville à l’autre. Sans être tout à fait une nouveauté, ces dernières années ont rendu visible par le plus grand nombre cette forme de territorialisation de l’éducation. Et cela ne s’arrête pas aux écoles : la réforme territoriale, la création de grandes régions aux compétences élargies, la nomination de « supers recteurs » aux pouvoirs élargis sont autant de signes du poids des territoires dans une Education nationale de plus en plus éclatée. […] De la même façon, la réforme du collège, qui acte une plus grande autonomie des établissements officialise aussi l’idée d’une offre éducative variable selon les territoires, les villes et les établissements. En témoigne le maintien de classes bilangues à Paris et dans l’académie de Strasbourg…
    […]
    Au fond, l’idée d’une organisation à tête unique, gérant 800 000 enseignants et 12 millions d’élèves de manière totalement centralisée a définitivement vécu. Le quotidien de l’école se construit désormais dans un dialogue et un partage de responsabilités plus ou moins apaisé entre les autorités académiques et les collectivités.
    […]
    Que faut-il attendre de cette lente #territorialisation ? Le niveau local, celui de l’établissement, va gagner en autonomie et en agilité, loin des logiques centralisatrices. La puissance de transformation du numérique éducatif, en grande partie financé par les collectivtés, va accélérer ce mouvement. Les logiques horizontales vont progressivement supplanter les logiques pyramidales et descendantes. Cette forme de contournement des rigidités et des blocages de l’Education nationale a été pensée de longue date -dès les premières vagues décentralisatrices des années 80- par des experts et des haut fonctionnaires, tous conscients du caractère irréformable de la machine.

    #éducation #système_éducatif #territoires #décentralisation #collectivités_locales

  • Choisir une école : quelle colle ! (Télérama.fr)
    http://www.telerama.fr/radio/choisir-une-ecole-quelle-colle,136641.php

    Alors, publique ou privée ? En quatre épisodes, le dilemme d’une mère confrontée à un choix difficile pour ses deux filles.

    Y’a deux écoles (ARTE Radio)
    http://arteradio.com/serie/y_a_deux_ecoles

    #éducation #système_éducatif #école_privée #école_publique #stratégie

  • Une rentrée scolaire entre atonie et désenchantement (L’Express)
    http://www.lexpress.fr/education/une-rentree-scolaire-entre-atonie-et-desenchantement_1711336.html

    Trois ouvrages montrent le décalage entre ceux qui veulent changer l’école et le ministère qui s’en occupe. Ils racontent l’histoire d’une réinvention du système éducatif à la périphérie, voire en marge de l’institution censée la porter.
    […]
    Ces trois ouvrages portent des options radicalement différentes. Ils racontent pourtant la même histoire, celle d’une réinvention du système éducatif bel et bien lancée, mais à la périphérie, voire en marge de l’institution censée la porter. Laquelle, ministère et syndicats majoritaires confondus, semble incapable de comprendre le caractère chaque année plus irrévocable de la défiance qui mine sa légitimité.

    #éducation #réforme #système_éducatif #alternatives #légitimité

  • La supercherie du pilotage par les résultats à l’#école
    http://blogs.mediapart.fr/blog/pierre-frackowiak/180815/la-supercherie-du-pilotage-par-les-resultats-lecole

    D’année en année, depuis fort longtemps, mon étonnement ne fait que croître. Comment est-il possible que des enseignants, et bien plus encore leur encadrement, puissent porter un concept aussi stupide que le pilotage par les résultats à l’école ? Comment peut-on s’être laissé berner à ce point ? Comment cette idée, issue du monde de l’économie et de la finance, a-t-elle pu s’imposer en éducation ? Comment des responsables politiques considérés comme intelligents et progressistes ont-ils pu imposer une pratique aussi contraire aux valeurs humanistes ?

    • Il est idiot de prétendre piloter par les résultats quand on est incapable d’analyser et de réguler les pratiques qui les produisent.
      […] on recueille des résultats qui ne sont pas des évaluations mais des contrôles, ce qui n’a rien à voir avec l’évaluation, et on croit qu’il suffira de connaître ces résultats, de les comparer, de formuler des conseils hétéroclites qui ne sont souvent que des critiques en creux, de multiplier les injonctions, voire de jouer de l’autoritarisme, d’étouffer les acteurs sous une masse de circulaires, de notes de services, de recommandations, de les asservir avec des outils qui deviennent des instruments d’oppression, etc… pour optimiser l’intelligence des enfants et de leurs enseignants et faire évoluer des pratiques qui sont profondément enracinées dans des histoires de vie, avec des opinions et des convictions que la paperasse ne changera pas.
      […]
      On ne peut améliorer la réussite scolaire que si les pratiques changent. On peut faire le pari que si les pratiques changent intelligemment, les résultats seront meilleurs. Encore faut-il connaître les pratiques pour pouvoir les changer, modestement, patiemment, dans des rapports de respect et de confiance…

      #éducation #système_éducatif #pilotage #évaluation

  • En forte baisse depuis trente ans, le retard à l’entrée en CE2 reste très dépendant du milieu social de l’élève (DEPP)
    http://www.education.gouv.fr/cid90484/en-forte-baisse-depuis-trente-ans-le-retard-a-l-entree-en-ce2-reste-t

    Les taux de redoublement en CP et CE1 ont considérablement baissé au cours des trois dernières décennies : celui de CP a été divisé par 4 et celui de CE1 divisé par 2,5. Tous les élèves ne bénéficient pas également de cette évolution : à niveau scolaire équivalent à l’entrée au CP, les élèves issus de milieu défavorisé risquent davantage d’être en retard à l’entrée au CE2 que les élèves de milieu favorisé.

    Un biais : les parents des milieux défavorisés acceptent-ils davantage les redoublements proposés par l’institution que les autres ?
    Une inversion de causalité : le redoublement est une conséquence des inégalités, le supprimer ne va pas supprimer la cause qui continuera à s’exprimer sous cette forme ou ailleurs.
    Un point aveugle : le redoublement doit être supprimé car c’est une médiocre remédiation, quelles remédiations sont proposées aux élèves en difficulté à la place du redoublement, afin de réduire les inégalités ?

    #éducation #école #système_éducatif #redoublement #inégalités

  • L’éradication des dernières petites écoles publiques, dans l’indifférence absolue (Bernard Collot)
    http://blogs.mediapart.fr/blog/bernard-collot/220615/l-eradication-des-dernieres-petites-ecoles-publiques-dans-l-indiffer

    Mais, ce qui est le plus surprenant, c’est l’indifférence absolue dans laquelle s’effectue la disparition programmée de ce qui constituait un maillage territorial unique au monde et où des pratiques différentes et humanistes n’avaient pas attendu une utopique et fallacieuse refondation. Pour sauvegarder les grenouilles d’une zone humide des dizaines de milliers de personnes se mobilisent. Pour sauvegarder des zones d’enfants heureux qui de plus sont de véritables laboratoires de ce que pourrait, devrait être l’école, c’est le silence. Une ferme de mille vaches horrifie tout le monde mais pas les usines à enfants.

    #éducation #système_éducatif #écoles_rurales #territoires

    • Dans un petit village des Corbières, l’école à classe unique a survécu jusqu’en 2010. L’année précédant sa fermeture, les 4 communes qui y envoyaient leurs enfants avaient même mis la main à la poche, poussées par les parents, pour rénover le mobilier, agrandir l’espace et ajouter une entrée avec vestiaires et toilettes, très réussi tout ça. Cet investissement n’a servi à rien, maintenant l’école au centre du village est vide et inutilisée, les écoliers font 1/2h de car le matin et la même chose le soir avec les dangers de la route de montagne et les rues du village ne résonnent plus de leurs cris, à la grande tristesse des vieux qui étaient là toute la journée.
      #société_mortifère

    • Ceci dit, l’opposition mille vaches vs école est à mon sens malvenue. L’opposition aux grands projets inutiles peut sembler massive, elle reste ridicule par rapport à un rassemblement « Je suis Charlie » ou « Je suis bonnet rouge » ou encore « Je suis Manif pour tous ».

      La guerre totale des élites à l’encontre des services publics est menée sur tellement de fronts simultanés qu’il faudrait se mobiliser en permanence contre tous les accrocs à ce qui nous semble juste et utile.

      Seule explication qu’il va falloir encore visiblement quelques années avant qu’elle n’arrive à nos cerveaux : c’est l’ensemble de l’état qui est désormais programmé pour se démanteler, c’est l’ensemble des élus qui sont programmés pour appliquer ce programme. Nous ne votons plus que (nous ne pouvons plus voter que) pour des gens ayant totalement accepté et intégré le fait qu’il fallait démanteler les services publics.

    • @BigGrizzly, en même temps, cette politique de merde a bien trouvé ses petits soldats avec les parents ou les enseignants actuels. Le système scolaire est bien le bras droit du pouvoir pour soumettre la population. Au lycée, on t’envoie des lettres d’obligation de mail, de fichage, de carte élèves informatisées alors que tout ces obligations sont du bleuf. Mais il faut contraindre les parents et les élèves. Quand tu vois le niveau lamentable des questions au bac et toute l’énergie dépenser pour annihiler le désir des enfants, tu comprends que ce n’est pas les rendre critiques ou érudits qui compte là.

    • Mon fils est à 3 ans du collège, et déjà, le stress arrive à la maison pour savoir dans lequel le placer...
      Discussion avec la nounou « le seul qui vaille la peine, c’est [celui du privé] »... Première explication : « ma petite fille a fait sa 6ème dans [celui du public], et elle est allée faire son redoublement dans le privé ». Tout de la faute du système si la gamine ne s’adapte pas. Seconde explication, quand j’ai le malheur de dire qu’il y a de plus en plus d’enfants, et de moins en moins d’établissements : « ah mais c’est pas les nôtres »... moi « pardon ? »... « oui, c’est pas des enfants comme les nôtres ». Là je comprends... la natalité en France est boostée par les « pas comme nous », et la discussion continue par « dans 10 ans... » silence « on f’ra tous le ramadan ».
      J’ai été tellement estomaqué que je n’ai pas su quoi répondre à tant de crétinerie. Le lire sur Internet, pourquoi pas. Mais l’entendre énoncé de vive voix et sérieusement, ça fait bizarre.

      ...parfois je comprends les élites qui pensent qu’elles peuvent nous considérer comme du bétail.

      Pour revenir au sujet : ça me fait franchement râler de devoir choisir entre peste et choléra pour l’établissement de mon gamin, et de me dire que quoiqu’il arrive, il va passer ses journées dans un endroit où on va lui apprendre des choses que je n’approuve pas forcément. Je stresse régulièrement à l’idée de l’entendre énoncer un préjugé... raciste ou pas.

    • Là, on teste not’gamin pour voir s’il est prêt à se déplacer seul dans la ville. Dans le but de le laisser rentrer seul l’an prochain. Et de ne plus avoir besoin du tout de nounou. On regardait pour un.e étudiant.e, mais mon avis sur ce point, c’est que ce n’est pas assez fiable... trop chronophage et stressant le jour où il/elle nous plante (sans prévenir).

    • Je stresse régulièrement à l’idée de l’entendre énoncer un préjugé...

      @biggrizzly nous avons tous des préjugés, à nos proches de nous botter le cul pour les faire sortir de l’ancrage, à nous de prendre conscience de nos limites pour les repousser.
      C’est plutôt bien que ton enfant teste sur toi ce qu’il entend, tu n’as qu’à poursuivre l’échange en lui demandant ce qu’il en pense, il saura faire rapidement la part des choses avec l’éclairage bienveillant que tu lui apportes.
      Sauf que la confiance de l’éducation à certaines valeurs ne suffit parfois pas devant le travail de sape qui est à l’œuvre. Je ne sais que faire devant la tristesse, le dégout, et l’incompréhension qui émanent de certains enfants, cette sorte de gachis social qui les rend abrutis.

    • Notre collège de secteur est une énorme usine où les petits pedzouilles de 6e sont comme des chatons jetés dans une arène de pitbulls. Faut dire qu’ils ont concentré LEP, Lycée, collège, je crois que ça fait pas moins de 1500 gosses de 10 à 20 et quelques années. Ils affichent des 100% de réussite au bac, mais je les soupçonne surtout de trier en amont comme des malades avec des tas de voies de garage pour avoir un joli classement en S à la fin.
      Le côté usine produit des tas d’effets secondaires pas très désirables (mais pour l’EN, ce sont les économies d’échelle qui comptent) et cela se voit par l’attitude générale (de déplaisante à assez lamentable) des gosses dans les activités extrascolaires.

      Il y a le collège du secteur à côté. Très rural, dans un coin où les inégalités sont très fortes, entre les propriétaires viticoles bien nantis et leurs nombreux ouvriers viticoles, précaires et compagnie où tu vois vois bien que la fin du mois commence plus ou moins le 30 du mois précédent. 200 gamins, maintenus dans une structure à taille humaine parce qu’ils ont créé une spécialité artistique. Je trouve ça bien qu’on propose 12 expos d’art contemporain sur 4 ans à des gosses qui sont généralement passés en pertes et profit dès leur naissance. Il y a une équipe pédagogique plutôt soudée et investie, et une tradition d’établissement pilote avec tout plein de bouts de Freinet dedans.
      Le collège n’a pas de très bons résultats, mais dès les journées de rencontre, j’ai bien senti que leur plan, ce n’est pas de trier, sélectionner et faire du chiffre, mais bien de ne laisser personne au bord du chemin.

      Donc, c’est là que j’ai envoyé ma fille.

      De toute manière, on sait que les gros facteurs de réussite viennent de la maison : niveau d’éducation de la mère, pratique de la lecture, activités culturelles familiales, contrôle stricte des écrans, etc.

      Ensuite, si tu cherches le collège du top pour que le gosse soit au top, fondamentalement, tu as déjà choisi la compétition à fond, l’idée que pour réussir, faut se distinguer, éliminer les faibles, pousser les chances au maximum et que tu as déjà une bonne idée de ce que la réussite signifie pour toi.

      Je préfère un collège où l’on bosse la démocratie, l’expression directe, la coopération, où les profs dépensent beaucoup d’énergie à faire participer les parents, pour qu’ils ne subissent plus l’école et ne transmettent pas leur sentiment d’échec.
      Le collège ne fait pas tout. L’état d’esprit fait beaucoup.

      Je pense que la gosse sera mieux armée pour la suite en passant par là plutôt qu’en allant dans l’usine à performance.

      J’ai peut-être tort, mais je lui fait confiance à elle, je sais qu’elle a de la ressource et que nous sommes toujours là en soutien, donc, tout va bien se passer. Et elle a déjà un foutu esprit critique qui lui permet déjà de bien trier.
      Elle n’est pas sujet de son éducation, elle en est l’actrice, le moteur.

    • A te lire j’ai l’impression que tu as au contraire choisi le meilleur collège (moins d’élèves, plus de pédagogie), comme le font tous les parents qui s’intéressent un peu à l’éducation de leurs enfants. L’égalité des chances tout ça c’est bien sur le papier mais quand il s’agit de l’éducation ou du bien être mental de ton enfant, ben tu sélectionnes et tant pis pour les autres.

    • Les prétextes officiels sont toujours les mêmes depuis le début : archaïsme, intérêt des enfants. En 1991, pour clore le bec aux empêcheurs d’éradiquer en rond, le ministère demanda à son département de l’évaluation et de la prospective d’effectuer des travaux sur les résultats scolaires des écoles suivant leur taille et leur situation.
      A la stupéfaction générale, les travaux de Françoise Oeuvrard démontrèrent que les résultats des classes uniques étaient supérieurs à la moyenne nationale ! Résultats des petites écoles confirmés par les travaux d’Alain Mingat de l’IREDU (Institut de recherche en éducation, Dijon), par le rapport Ferrier de l’Inspection générale, aujourd’hui encore par l’Observatoire Education et Territoires… tous organismes officiels. Beaucoup de travaux, en France et surtout dans les pays anglosaxons, ne cessent de démontrer l’intérêt des petites structures multi-âge, non seulement dans le développement cognitif mais aussi dans la socialisation.Mais, ce qui est le plus surprenant, c’est l’indifférence absolue dans laquelle s’effectue la disparition programmée de ce qui constituait un maillage territorial unique au monde et où des pratiques différentes et humanistes n’avaient pas attendu une utopique et fallacieuse refondation.

    • « Colonisés » ceux de la campagne ? Eux qui ont choisi d’y vivre ? Pas sûr. Mais qu’ils ne s’unissent pas dans « les luttes », ça c’est sûr.

    • @nicolasm les autres parents considèrent avec méfiance le collège où va ma fille : petit, paumé, pas assez de discipline et puis surtout, pourquoi l’art, ça sert à rien, l’art...

      J’ai demandé à ma fille ce qu’elle préférait. Comme elle aime le théâtre, le dessin et faire des trucs avec ses mains, l’option art l’a tout de suite bottée.

      Après, je suis intimement convaincue qu’au niveau comportemental, le nombre d’interactions utiles que nous pouvons avoir en une journée est assez limité. C’est pour cela que les situations de foule sont généralement stressantes pour les humains et que nous avons tendance à rechercher des petits groupes, des clans.

      Déjà, à 200 gamins, ils n’arrivent pas à tous se connaître, même si, de vue, ça marche à peu près. À 1500, la permanence des visages inconnus est un facteur de stress.

  • #Pierre_Deffontaines et les #missions_universitaires_françaises au #Brésil : enjeux politiques et pédagogiques d’une #société_savante outremer (1934-1938)

    Cet article aborde le rôle joué par la géographie à l’intérieur des missions universitaires françaises au #Brésil dans les années 1930, considérées comme fondamentales pour le développement du #système_éducatif dans ce pays, en se focalisant sur le travail du géographe Pierre Deffontaines. En croisant des sources primaires françaises et brésiliennes et en comparant les travaux existants produits en France et au Brésil, à la fois par des géographes et des historiens, nous interrogeons les documents sur les #réseaux_intellectuels mis alors en place et sur les enjeux politiques, culturels et didactiques de cet exemple de circulation internationale des savoirs. Il s’agit aussi, à partir de la #géographie, d’évaluer l’enrichissement réciproque que ce croisement a apporté à la fois à l’université brésilienne et aux sciences humaines en #France.

    http://cybergeo.revues.org/26645
    #pédagogie #éducation

  • Richard David Precht : "Notre école est un crime" (CLES)
    http://www.cles.com/debats-entretiens/article/notre-ecole-est-un-crime

    Pourquoi diable l’école resterait-elle obstinément étanche à toutes les découvertes des neurocognitivistes, des psychologues du développement, des évolutionnistes, des linguistes, des anthropologues ? Le monde des grandes entreprises est souvent plus éclairé que nos écoles qui continuent à fonctionner, au fond, sur le modèle de la société industrielle, vieux de plus d’un siècle.
    Cet archaïsme est conforté par la majorité des parents qui rêvent que leurs enfants soient coachés vers une spécialité pointue, rare et rémunératrice. Comme si le monde n’avait pas changé ! Comme si, au fond, il fallait toujours s’adapter au système pyramidal tayloriste qui fabrique des chefs impeccables au sommet et de bons chevaux de trait à la base, alors qu’il s’agit désormais d’inviter tous les enfants à devenir des « créateurs de projets de vie » imaginatifs et autonomes, conviviaux et polyvalents.
    […]
    Pour au moins deux raisons. Primo, parce que 70 % des métiers qu’exerceront les enfants qui entrent aujourd’hui à l’école n’existent pas encore – d’où la nécessité d’une éducation très différente, beaucoup plus ouverte à l’imagination et à l’intelligence relationnelle, conduisant à épanouir une curiosité polyvalente plutôt qu’une spécialisation de type industriel. Secundo, parce que l’école a perdu son monopole. Jadis, c’était l’endroit où l’enfant apprenait à connaître le monde. Aujourd’hui, nourri d’informations par mille autres biais, le digital native ne voit plus du tout l’intérêt d’aller s’enfermer dans ce lieu si peu excitant, qui ne suscite en lui qu’un mortel ennui.
    […]
    C’est une aberration. L’enfant est naturellement d’une curiosité inouïe. La structuration de ses réseaux neuronaux fait de lui un « athlète synaptique », comparé à l’adulte. Son enthousiasme pour la nouveauté est considérable et ses capacités d’apprentissage impressionnantes. Or, que lui proposons-nous pour épanouir cette potentialité formidable ? De se forcer à s’intéresser à des matières éloignées de sa vie, qui le motivent de moins en moins et qu’il voit infiniment mieux traitées ailleurs. A partir de 12 ans, cela devient dramatique. La transmission est censée se dérouler lors de séances appelées « cours » qui durent un peu moins d’une heure (durée décidée par les moines du Moyen Age) et auxquelles il doit assister sans bouger. Double absurdité : on sait aujourd’hui que la capacité d’attention d’un enfant (et de beaucoup d’adultes) chute au bout de 20 à 30 minutes ; d’autre part, l’immobilité physique du jeune humain est nocive à son fonctionnement cortical si elle dépasse un quart d’heure. Bouger est pour lui vital, la ­psycho-neuro-immuno-endocrinologie l’explique bien.
    […]
    L’école doit redevenir un lieu de bon temps, qui stimule l’esprit créatif et le bonheur d’exister.

    Tout le reste de l’article est à l’avenant : « L’école doit redevenir un lieu de bon temps, qui stimule l’esprit créatif et le bonheur d’exister. »

    #éducation #système_éducatif #pédagogie #e-learning #éducation_nouvelle

  • L’échec de la privatisation des écoles en Suède (ARTE Info)
    http://info.arte.tv/fr/lechec-de-la-privatisation-des-ecoles-en-suede

    Vox Pop a enquêté en Suède où les « Friskol » ont révolutionné le système scolaire. Gérées comme des entreprises, ces écoles libres sont désormais remises en question après la faillite de nombreux établissements.

    #éducation #privatisation #système_éducatif

    • Le système éducatif suédois en crise ?
      http://eduveille.hypotheses.org/6539

      Il est assez difficile prendre la mesure exacte de la crise signalée ici ou là. Le débat est exacerbé par des élections législatives toutes proches. Plusieurs écoles indépendantes ont bien été fermées, jetant hors de l’École plusieurs centaines d’élèves (impossible d’avoir un décompte précis). Les parents ayant inscrit leurs enfants dans le secteur privé sont donc inquiets mais restent attachés à une offre pédagogique différente. Quant à la qualité des enseignants, difficile de savoir où se situent les « bons » enseignants : pour les uns les écoles indépendantes ont aspiré les bons élèves et enseignants, pour les autres les restrictions budgétaires dans ces mêmes écoles ont entrainé une sous-qualification des enseignants.

  • Les temps de l’éducation, le poids du politique | Interro Ecrite
    http://education.blog.lemonde.fr/2014/09/02/les-temps-de-leducation-le-poids-du-politique

    Le temps de l’institution correspond à celui de la vie réelle de ses acteurs et de son public d’élèves. Le temps de la politique correspond, lui, aux vraies décisions prises au niveau gouvernemental. Quant au temps de la communication, il correspond à... l’impression donnée à l’opinion sur ce que les politiques sont censés faire. Ce temps de la communication peut être perçu à la fois comme une excroissance, une accélération et une perversion du temps politique.

    […]

    Le temps politique n’est important et positif, au sens de ce qui procure une prise sur les événements, que s’il se place en phase avec la vraie durée du temps éducatif. C’était le projet annoncé par un adepte déclaré du temps long, Vincent Peillon, qui a commencé à instiller le doute lorsqu’il a annoncé sa candidature aux élections européennes. Ce faisant, alors qu’il était déjà affaibli – par ses propres erreurs, par les épreuves déjà subies dans l’Education nationale et, à l’extérieur, par le début de la déroute présidentielle - il a contribué à créer lui-même les conditions d’une dévalorisation de toute la démarche de « refondation ». Celle-ci, depuis, a été rétrogradée, par son départ puis par le départ de son successeur, à quelque chose de relatif et d’aléatoire, par-delà toutes les réaffirmations solennelles possibles.
    La question, relayée par certains journalistes impertinents, s’est posée d’elle-même ces dernières semaines : après tout, un ministre pour quoi faire ? Non seulement, la rentrée peut s’en passer, mais toutes les actions silencieuses qui correspondent au temps long de l’institution peuvent continuer de s’accomplir sans tambours ni trompettes.

    […]

    Sans compter qu’au-delà de la seule configuration gouvernementale, ce sont les idées et les valeurs traditionnelles de gauche qui, dans l’opinion, subissent une décote spectaculaire. Et qu’est-ce que l’Education nationale sinon une grandiose histoire de gauche, entérinée, récupérée, intégrée par les générations successives de la droite républicaine ? Cette droite qui est en train de changer et d’orienter son gouvernail vers le cap libéral-autoritaire, où l’enseignant incarne la figure honnie du fonctionnaire syndiqué… Comme d’autres milieux, le monde enseignant a tendance à ignorer l’extérieur. En l’occurrence, c’est bien dans le registre suprême du politique et dans sa temporalité que se joue l’avenir de l’éducation.

    #éducation #politique #temps #système_éducatif #réforme

  • Élitisme, individualisme... Le sidérant immobilisme de l’école française
    http://tempsreel.nouvelobs.com/education/20140903.OBS7978/elitisme-indivudalisme-le-siderant-immobilisme-de-l-ecole-franc

    Deux dossiers parus dans « Le Monde » à 40 ans d’intervalle dénoncent mot à mot les mêmes tares dans notre façon d’enseigner.

    Plutôt que le propos de déploration de l’article qui tend vers le cliché éculé (Ah, la France et ses impossibles réformes…), je constaterai plutôt que le bougisme est le meilleur allié de l’immobilisme car combien de ministres et de réformes en 40 ans pour n’arriver nulle part ?

    #éducation #réforme #système_éducatif

  • Pourquoi la question des droits des enfants dans nos écoles est-elle absolument centrale pour l’ensemble de nos systèmes éducatifs et pour l’avenir de nos sociétés ? (Bernard Defrance)
    http://www.bernard-defrance.net/archives/artic/index.php?textesperso=144

    Or jusqu’à présent l’éducation était pensée sur le mode de la transmission des savoirs, des savoir-faire, des générations précédentes aux générations suivantes. Le défi de l’école aujourd’hui c’est de proposer aux enfants de découvrir, d’inventer des solutions à un certain nombre de problèmes que nous avons été nous-mêmes incapables de résoudre. Il suffit de regarder le développement des technologies dans tous les domaines, de la biologie, de l’informatique, dans la physique également, dans l’agriculture, dans tous nos modes de vie habituels. Quand on regarde les prévisions des futurologues d’il y a une trentaine d’années, toutes ces prévisions se sont révélées fausses.
    […]
    Et c’est d’autant plus important que nous sortons d’un siècle où nous avons découvert ceci : que l’école est devenue l’alliée des pires violences, que les auteurs des crimes et des génocides de ce siècle étaient tous d’anciens bons élèves […].
    Comment articuler la construction des savoirs et l’institution de la loi ? Comment l’apprentissage des savoirs et des savoir-faire, l’accès à la culture, peut-il s’articuler à l’institution de la loi, c’est à dire non pas l’enseignement de la loi au sens où on l’enseignerait comme une discipline à côté des autres, mais par une mise en pratique de la loi et du droit dans les fonctionnements institutionnels même de l’école.
    […]
    Il y a en effet cinq grandes lignes de travail, de mise à l’action, qui se dessinent pour nous dans nos systèmes éducatifs. […]
    D’abord instituer dans les établissements scolaires une instance de médiation et de jugement. […] Ce n’est pas la violence, ce n’est pas l’agressivité chez les jeunes qui est inquiétante, c’est leur immense capacité de résignation et de passivité à l’égard de situations qui sont institutionnellement intolérables. […]
    Deuxième proposition : distinguer, tous les moyens sont à inventer, l’évaluation pédagogique interne au travail de la classe et la validation externe des compétences, des savoirs, des savoir-faire acquis. Séparer donc les rôles d’entraîneur et de juge, inventer donc les moyens institutionnels de cette séparation des pouvoirs. […]
    Troisième proposition : la réorganisation des cursus. Aujourd’hui nous savons bien quels sont les enjeux scientifiques et techniques des développements de notre monde et donc ça impose une réorganisation complète des cursus. Aujourd’hui à chaque étape, l’enfant est obligé de renoncer à une part de ses potentialités […].
    Quatrième proposition : à propos du débat entre services publics et institutions privées, avec à l’horizon la menace que fait peser la marchandisation des savoirs et la commercialisation de l’école. Je crois qu’il serait du rôle de l’État, des États que de définir des « cahiers des charges » extrêmement précis, garantissant par exemple l’égalité des ressources financières entre les établissements, par élève et selon les filières, par exemple aussi garantissant le statut des enseignants, les programmes et surtout les méthodes pédagogiques qui permettent aux enfants de s’approprier les significations données au monde et à l’histoire par les générations qui ont précédé, d’entrer à leur tour dans la construction des savoirs, la création culturelle et l’institution de la loi. […]
    Cinquième proposition : je fais, probablement comme un bon nombre d’entre vous, un métier absolument impossible. […] Il faut absolument en effet qu’il y ait ces moments de contrôle, au sens anglais du terme, qui me permettent de me contrôler, de reconnaître mes erreurs et d’en assumer les conséquences. Groupe de formation réciproque et de soutien, formation continue dans le temps de travail même des enseignants, pour assumer l’impossibilité de cette tâche. […]
    Pour conclure, je crois qu’il y a deux enjeux majeurs qui ne se séparent pas l’un de l’autre :
    Le premier : les savoirs, la culture. À quoi sert l’école ? […] Je crois que, d’une part, l’école invite les enfants à s’approprier, je l’ai dit, les significations données au monde et à l’histoire par les générations qui ont précédé, rôle essentiel de conservation (l’école est conservatrice, oui, d’une certaine manière), à s’inscrire dans des filiations culturelles, historiques et universelles et, d’autre part, […] si l’école est essentiellement conservatrice, elle est aussi essentiellement révolutionnaire c’est à dire qu’elle doit habituer les enfants à s’affronter à l’imprévisible du monde qui les attend, à ne pas se soumettre aux prétendues fatalités de la guerre et de la violence. […]
    Deuxième enjeu, la loi. Comment l’école peut-elle permettre aux enfants de découvrir que la loi est l’outil de la liberté ? La loi est l’outil de ma liberté et non pas limite à ma liberté parce que ma liberté peut s’articuler à celle de l’autre. Et donc je crois que le défi est de permettre aux enfants dans le quotidien de l’école le plus à ras de terre de découvrir que ma liberté – contrairement à ce qu’on dit très souvent – ne s’arrête pas là où commence celle de l’autre mais qu’elle commence là où commence celle de l’autre […]. Et si j’arrive à ne pas confondre ces deux comportements contradictoires que sont l’exercice du pouvoir sur et l’autorité dans, peut être alors les élèves vont-ils comprendre qu’il y a une contradiction essentielle entre se soumettre à quelqu’un et obéir, d’une part à la loi et d’autre part aux exigences extraordinairement complexes de la construction des savoirs. […]
    Et donc, à l’école, on peut (on doit !) découvrir ceci : je ne peux réellement m’approprier que ce que je donne. […] Et alors vous voyez ici l’exigence radicale de résistance qui est la nôtre dans l’école, par rapport à toutes les logiques extérieures de la prédation, de l’appropriation, du « moi d’abord et les autres après », des jeux meurtriers de prestance, de rivalités, de concurrence et de guerre. Si on est fidèle aux finalités de l’école, alors nous heurtons de front toutes les logiques économiques et institutionnelles actuelles, y compris celles de l’école telle qu’elle fonctionne encore, qui oblige l’élève à réussir contre les autres et non pas avec les autres. Et nous prenons alors conscience des enjeux éthiques et politiques de notre travail pour que l’école soit l’école.

    #éducation #droit_de_l'enfant #loi #transmission #savoirs #système_éducatif #pédagogie #pédagogie_coopérative

  • Education sexuelle : « Les parents ne sont pas informés » (Libération)
    http://www.liberation.fr/societe/2014/01/30/education-sexuelle-il-n-y-a-pas-d-informations-qui-sont-donnees-aux-paren

    Il ne faut pas oublier que l’attention portée à l’enfant, de manière générale, est assez récente dans l’histoire de l’humanité. Avant la fin du XIXe, les enfants n’avaient pas de droits, ils n’étaient pas considérés. A partir du moment où on a commencé à s’intéresser à eux, on a d’abord considéré que c’était des adultes miniatures, puis on s’est rendu compte que non. Freud, au début du XXe, est le premier à dire que l’enfant a une sexualité qui lui est propre. Mais la sexualité infantile n’est pas celle d’un adulte.

    L’éducation sexuelle a aussi été très influencée par son époque. En pleine révolution industrielle, les progrès étaient multiples, notamment sur les conditions de vie grâce aux progrès médicaux. Cette dimension hygiéniste va se ressentir fortement tout au long du XXe siècle. Au niveau de la sexualité infantile, le milieu médical suivit par le milieu scolaire, va se focaliser sur la question de la lutte contre la masturbation, vue comme une manifestation du malin et comme un signe d’impureté. Ensuite l’attention sera portée aux questions liées à la contraception. Plus tard, dans les années 80, on lutte contre les maladies sexuellement transmissibles.

    […]

    De fait, à partir du moment où l’école s’est démocratisée et s’est vraiment ouverte à tous, on a évolué d’un droit vers un devoir à l’éducation. Les parents ont commencé à avoir des attentes et des exigences. Il est apparu une tension permanente entre parents, professeurs et institution scolaire, comme s’ils étaient en rivalité l’un l’autre, alors qu’ils devraient être complémentaires.

    En ce moment, c’est la question du genre, mais il y a six mois c’était le rythme scolaire. On n’est pas jamais dans le débat constructif, mais toujours dans le défensif, et les enfants en sont toujours les premières victimes.

    […]

    Le curseur doit être la question du respect de soi-même, de son corps et des autres. […]
    La difficulté, c’est qu’il n’y a pas d’informations données aux parents. A aucun moment en début d’année, on les prévient, on les informe pour leur dire, « comment on va en parler ». Du coup, certains parents sont réticents. Communiquer plus permettrait d’éviter certaines rumeurs et de dédramatiser le sujet.
    Dans le programme de bio, on apprend la différence physiologique entre les filles et les garçons, de manière évolutive de la primaire au lycée. Mais, pour certains parents, cela est tabou […].

    On reste dans un apprentissage juridique, techniciste. Pour la prévention des grossesses précoces, par exemple, à part dire, « il faut pas », « c’est mal », on ne fait pas grand-chose. Et on sait bien que, pour certains enfants, plus on leur dit « il faut pas », plus c’est tentant de transgresser l’interdit. Le constat est le même des limites des actions de prévention quand elles s’inscrivent sur le seul registre répressif (prévention drogue, alcoolisme, suicide, jeux dangereux, harcèlement, etc.).

    Malheureusement, l’éducation nationale est trop souvent sur ce registre répressif et n’a pas la culture d’une « co-construction » des savoirs où chacun - élève, parents, enseignants - serait respecté dans ses connaissances et dans ses attentes. L’enseignement et le fonctionnement de l’institution scolaire restent très « verticaux » comme lorsque l’instruction était réservée à une élite, dans l’injonction et la répression. La société a évolué et ce mode de fonctionnement ne correspond plus à une scolarisation de masse et à la société actuelle. Or, pour un enfant, grandir s’appuie en partie sur le fait de s’opposer. Mais il a aussi besoin d’adultes en qui il ait confiance et qui aient confiance en lui et en ses compétences. Si, dans toutes les actions de prévention, l’éducation nationale, comme les parents, reste sur un discours désubjectivant, c’est-à-dire qui ne prend pas en compte réellement l’enfant, ses connaissances et ses besoins, il ne peut y avoir « transmission » et plaisir d’apprendre, mais terreur, contrainte et souffrance.

    #éducation #système_éducatif #éducation_sexuelle #éducation_à_la_sexualité #relations_parents_enseignants

  • Frustrée, la jeunesse française rêve d’en découdre
    http://www.lemonde.fr/emploi/article/2014/02/25/frustree-la-jeunesse-francaise-reve-d-en-decoudre_4372879_1698637.html

    Les jeunes se montrent très sévères sur le fonctionnement du système éducatif à la française. Récompense-t-il le mérite ? Non, à 61 %. Donne-t-il sa chance à tous ? Non, à 61 %. Logiquement, plus le statut du jeune est précaire, plus son opinion est négative. Des réponses lourdes de rancœurs dans une société « où formation initiale et diplôme exercent une si forte emprise sur les parcours de vie ».

    […]

    Jamais la jeunesse, en France, n’a été aussi éduquée. Lorsqu’ils sont chômeurs, stagiaires, coincés dans l’intérim, ces enfants de la démocratisation scolaire et de la mondialisation culturelle, extrêmement informés, vivent comme une indignité de devoir se contenter de survivre alors que leurs études ont fait naître de forts espoirs. D’où cette frustration existentielle et cette capacité à développer un discours de plus en plus critique sur l’épreuve sociale qu’ils traversent. « Un ‘‘nous’’ pourrait se former, croient les sociologues, si les diplômés étaient rejoints par les jeunes en désespérance sociale. »

    #génération_quoi #jeunesse #système_éducatif #éducation #sociologie