• Expliquer le Coronavirus avec les données : pourquoi tant de morts en Italie ? Et dans le monde ?

    (très très mauvaise qualité de l’image)

    –-> il souligne avant tout, ce qui est tout à fait logique, que les personnes qui ont eu un #test de #dépistage rentrent dans les #statistiques

    –-> #Décès : distinction entre ceux qui meurent DE covid (sans autre pathologie auparavant) et ceux qui meurent AVEC covid (personnes qui ont une autre pathologie, et apparemment c’est surtout des #maladies_cardiovasculaires qui seraient là un facteur aggravant) :
    – AVEC covid 98,8% des cas
    – DE covid 1,2% des cas


    –-> 85,6% des personnes décédées ont plus de 70 ans


    –-> mise en garde d’une « bombe à retardement », tous les jeunes, notamment les étudiant·es, mais aussi des travailleurs, qui habitent au Nord de l’Italie et qui sont rentré·es au Sud pour se confiner... danger pour les régions du Sud où la population est très âgée...


    –-> La question de la #temporalité de la maladie :
    – 4 jours entre le moment dans lequel le dépistage est fait et l’hospitalisation
    – 5 jours entre l’hospitalisation en thérapie intensive et le décès

    –-> Source, une étude épidémiologique du 20 mars de l’ISS (https://www.iss.it) :


    –-> Quand le système hospitalier commence à s’effondrer (manque de lits en #soins_intensifs), et qu’il n’y a pas assez de lits en thérapie intensive, les patients décèdent après 5 jours entre le moment dans lequel elles rentrent à l’hôpital en soins ordinaires et le décès


    –-> Et quand le #système_hospitalier s’effondre complètement et qu’il n’y a même plus de lits en soins hospitaliers, les personnes en #confinement_domestique ne sont même plus hospitalisées et on ne fait plus de test de dépistage...
    –-> augmentation du nombre de décès non comptabilisés

    Quand est-ce qu’un système hospitalier collapse ?


    –-> graphique qui montre, par pays, le nombre de « patients actifs » (contaminés) par rapport au nombre de patients en thérapie intensive (sur ce graphique en nombres absolus)
    –-> division des pays entre effondrement, situation très critique, critique, sous stress


    –-> Taux de mortalité en #Chine
    –-> une courbe qui, comme dit le conférencier, semble bien trop parfaite...


    –-> en #Corée_du_Sud


    –-> en Italie, où la courbe, à un certain moment, au lieu de baisser car le système sanitaire arrive à contrôler les morts, elle augmente. Le conférencier explique cela notamment par le fait que le système de santé s’est effondré, donc il y a des personnes à l’intérieur des hôpitaux qui sont contaminés alors qu’elles étaient hospitalisées pour autre chose, des personnes qui ne peuvent pas être hospitalisées, etc.


    –-> Espagne, même tendance qu’en Italie


    –-> #UK #Angleterre


    –-> #Allemagne

    Eléments communs des pays qui soit ont un fort taux de décès et ceux qui ont un faible taux de décès :


    –-> le nombre de tests de dépistage, qui permet de faire un confinement plus ciblé et une hospitalisation plus rapide


    –-> nombre de lits en soins intensifs


    –-> nombre de lits en hôpital (pas forcément en soins intensifs)

    https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=1578893788930683&id=100004302308708?sfnsn=scwspwa&d
    #coronavirus #Italie #taux_de_mortalité

    ping @simplicissimus @fil

  • Coronavirus : à quel point le système hospitalier est-il sous pression ? Quelle est sa capacité totale ? Et à quel point cette capacité a-t-elle diminué ces dernières années ?

    Dans les figures certains de mes calculs à l’échelle provinciale et de #bassin_hospitalier (voir les notes).

    Le message est assez clair :
    1. dans les zones les plus touchées, la situation est largement au-delà de la capacité « ordinaire » de gestion par le service national de santé. Heureusement, ces zones sont les plus capables de supporter l’impact (et ce n’est pas un hasard : elles sont parmi les zones les plus « riches les plus interconnectées avec d’autres régions et pays, plus denses de population et activités, et donc plus exposées au danger de contagion). L ’ un des principaux mérites des mesures d’isolement et d’avoir empêché (pour l’instant) que la contagion se répande dans les zones les moins capables.

    2. Le système hospitalier est à peu près partout inadéquat pour gérer une urgence terrible et imprévisible comme celle-ci, notamment en raison de politiques de réduction des dépenses, de réduction du personnel et de réduction des capacités hospitaliers qui se poursuivent depuis plusieurs décennies : le nombre de lits pour le traitement des cas aigus » pour 1.000 habitants était de 10 en 1977, 8 en 1985, 6 en 1995 en 1995, 4 en 2001 , 3 en 2010 et est aujourd’hui d’environ 2,5 (données OCDE). La réduction des lits est également due à la réduction du temps de séjour et du recours à l’hospitalisation, mais elle est liée à la réduction du personnel médical et para-médical. Le nombre de lits équipés pour les soins intensifs est à peu près partout très bas.
    Que la crise soit l’occasion de réfléchir aux raisons qui nous ont amenés jusqu’ici et à ce qu’il faut faire pour éviter que cette situation ne se reproduise lorsque, tôt ou tard, la prochaine pandémie éclate.

    Les suggestions et les critiques sont les bienvenues.

    Je remercie infiniment Gianluigi Salvucci de m’avoir aidé à localiser les hôpitaux et Lorenzo Lev Paglione pour les suggestions utiles sur quoi (ne) carte.

    Notes :
    – les indicateurs sont calculés en additionnant les valeurs par zone avec celles de toutes les zones contiguës afin de « spacialiser » la variable étant donné que toute hospitalisation ne doit pas nécessairement se faire dans les hôpitaux les plus proches des lieux de résidence.
    – on considère le total des cas de contagion avant les guéris, car c’est la seule donnée disponible au niveau provincial (que je sache).
    – les données officielles sur les cas constatées peuvent, comme vous le savez, sous-estimer considérablement le nombre effectif de contaminés et être déformé par les différentes manières avec lesquelles les régions et territoires sont en train de gérer l’épidémie.
    – le rapport entre les cas de Covid-19 et les lits n’est pas un indicateur du niveau de saturation effectif des hôpitaux, mais une proxy du degré global de pression sur le système hospitalier, tant en termes de gestion de la pandémie que de D ’ autres maladies " ordinaires
    – les bassins hospitaliers ont été construits par diagramme de Voronoi à partir de la localisation de chaque établissement hospitalier qui abrite un service de soins intensifs. Les bassins contigus plus petits de 500 km2 ont été agrégés aux bassins contigus.
    – les données pourraient être inexactes en raison d’erreurs lors de l’imputation et de traitement. La photographie globale est cependant valable, peut-être pas dans les valeurs exactes des indicateurs, mais dans leur répartition territoriale.
    – Source des données : Protection civile, Ministère de la santé, Istat (http://opendatadpc.maps.arcgis.com/apps/opsdashboard/index.html#/b0c68bce2cce478eaac82fe38d4138b1, http://www.dati.salute.gov.it/dati/dettaglioDataset.jsp?menu=dati&idPag=96, http://dati.istat.it/Index.aspx?DataSetCode=DCIS_POPRES1)
    – toute utilisation ou réutilisation des images est autorisée, il suffit de citer la source et de me communiquer comment et finalité. Les données sont à la disposition de tous ceux qui en font la demande.

    https://www.facebook.com/filippo.celata/posts/10219670537745528
    #hôpitaux #système_hospitalier #Italie #système_de_santé #cartographie #visualisation #données #chiffres #statistiques
    De #Filippo_Celata
    ping @simplicissimus @reka @fil

    • En France, le confinement est une vaste fumisterie qui fait que les nantis sont allés contaminer les zones de résidences secondaires, ont surchargé les capacités de distribution locales et s’apprêtent probablement à exploser les déserts médicaux…

      Les plus riches se loueront un jet pour se faire admettre à l’hôpital américain…

  • L’#hôpital applaudi par ceux qui l’ont appauvri

    La gestion de l’épidémie repose sur un #système_sanitaire précaire, rationalisé à outrance et maltraité.
    Voilà un fameux #paradoxe : c’est à un #hôpital_public dont les acteurs clament depuis des mois qu’il est en détresse et en survie précaire et à qui on objectait les #contraintes_budgétaires pour leur refuser un #apport_financier à hauteur de leur demande, qu’il incombe aujourd’hui de sauver la patrie en danger. Je ne sais pas moi, mais si j’étais un de ces responsables, notre empathique président au premier chef, qui à longueur d’antenne font, des trémolos dans la voix, l’éloge du dévouement de nos soignants (notez l’affectueux possessif sans doute comme une excuse), je serais dans mes petits souliers. Parce que ce sont eux, justement, les responsables de ce paradoxe, eux qui, l’#urgence_sanitaire ne peut le faire oublier, ont depuis des décennies, et sans solution de continuité d’un gouvernement à l’autre, imposé au système de santé ce business model asservi à la #doxa_libérale qui l’a mis au bord du gouffre.

    Dommage que les librairies soient fermées : je vous aurais dit d’y courir acheter d’abord de la poésie, qui est depuis toujours un anticorps à l’affaissement moral et d’un même mouvement l’opuscule de #Stéphane_Velut, neurochirurgien au CHU de Tours, l’Hôpital, une nouvelle industrie (« Tracts » Gallimard). En quarante pages péremptoires et lumineuses, Velut décrit le processus d’assujettissement de l’hôpital aux diktats de la #rentabilité et de l’#efficacité, bref de la #rationalisation_économique. On y apprend comment on passe de l’hôpital de #stock (le stock, c’est vous et moi, malades, et le stock, ça encombre et, horreur, ça coûte) à l’hôpital de #flux, comment le #bed_manager (sic) fait la loi, comment on gère et organise à coups de GHM, GHS, T2A, PMSI, DMS, Fast RAAC, etc. Vous ne comprenez rien à ces sigles ? Moi non plus. Mais cette abstraction dit tout : le sous-titre de ce formidable petit traité d’intelligence politique est justement le #Langage_comme_symptôme. Il s’agit bien ici de faire entrer de force la réalité dans un schéma conceptuel hors-sol, coûte que coûte si l’on peut dire. Ce que ça coûte ? La négation de l’humain, de ce que Velut nomme le « trop humain » que l’Administrant, qui a, lui, le sens des réalités, n’a pas le temps de considérer. On se permettra de rappeler à l’Administrant, et particulièrement à l’Administrant en chef, qui en tirera sûrement les conséquences, cette pensée du poète Georges Perros : « Le sens des réalités va contre le sens de la réalité. »

    https://www.liberation.fr/france/2020/03/18/l-hopital-applaudi-par-ceux-qui-l-ont-appauvri_1782286

    #hypocrisie #hôpitaux #applaudissement

    • L’Hôpital, une nouvelle industrie. Le langage comme symptôme

      Tenter de soustraire au maximum le #facteur_humain, #trop_humain, du #système_hospitalier, c’est prendre le risque que ce système s’effondre. Il faudra quand même, un jour, se demander si c’est bien.
      Stéphane Velut.

      Tout juste soixante ans se sont écoulés depuis la création des Centres hospitaliers universitaires. Ces structures sont le cœur d’un système à la réputation excellente. Mais ce cœur s’est emballé. Le corps soignant s’épuise et les patients s’inquiètent. Les crises se succèdent avec leurs ordonnances de vains remèdes. Le malade que nous sommes, ou que nous serons presque tous un jour, a tout lieu de s’inquiéter. Le mal est profond. Il s’entend dans le nouveau langage qui s’est imposé au sein des pratiques hospitalières. Tel est l’éloquent symptôme qui révèle le dessein de faire de l’hôpital une nouvelle industrie, au mépris de son humaine justification. Un dessein indicible, qui rêve de fondre le soin dans la technicité abstraite et gestionnaire de notre société.


      http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Tracts/L-Hopital-une-nouvelle-industrie
      #livre