• HCR - Des actions plutôt que des mots : Cinq conditions pour parvenir à l’équité dans la distribution des vaccins
    https://www.unhcr.org/fr/news/press/2021/10/617b9d36a/actions-plutot-mots-conditions-parvenir-lequite-distribution-vaccins.html

    Des actions plutôt que des mots : Cinq conditions pour parvenir à l’équité dans la distribution des vaccins. Déclaration conjointe des Nations Unies/ Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge
    "En juin 2020, quelques mois après le début de la pandémie de COVID-19, les Nations Unies et le Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge ont conjointement appelé les gouvernements, le secteur privé ainsi que les organisations internationales et de la société civile à accélérer les efforts pour développer, tester et produire un “vaccin universel” sûr et abordable afin de protéger tout le monde, partout, et de mettre fin à la crise.Un vaccin pour tous devrait protéger les riches et les pauvres, les personnes âgées comme les jeunes, les personnes déplacées de force, les migrants, quel que soit leur statut migratoire, et plus largement les populations souvent négligées, tant dans les zones urbaines qu’au sein des communautés rurales.Quinze mois plus tard, grâce à des avancées scientifiques et technologiques extraordinaires, à une collaboration au niveau mondial et à une confiance mutuelle dans les aspects réglementaires, de multiples vaccins sûrs et efficaces contre le Covid-19 sont disponibles et administrés dans des pays du monde entier. Pourtant, malgré de grands discours sur une solidarité mondiale, l’objectif de disposer d’un “vaccin universel” est loin d’être atteint. La distribution équitable des vaccins est une priorité politique, morale et économique qui a jusqu’à présent été largement négligée."Profits à court-terme et nationalisme vaccinal continuent de l’emporter sur la solidarité lorsqu’il s’agit d’une distribution équitable des vaccins. Bien que plus de 48% de la population mondiale ait reçu au moins une dose de vaccin, ce pourcentage tombe autour de 3% dans les pays à faible revenu. La situation est particulièrement préoccupante dans les pays en proie à une crise humanitaire qui ont besoin d’environ 700 millions de doses supplémentaires pour atteindre l’objectif de l’Organisation mondiale de la santé de vacciner 40% de leur population d’ici la fin de l’année.
    Plus de la moitié des pays ayant lancé un appel humanitaire n’ont pas assez de doses pour vacciner ne serait-ce que 10% de leur population. Sept pays parmi les plus pauvres au monde ne peuvent même pas vacciner 2% de leur population (Burundi, Cameroun, Haïti, République démocratique du Congo, Soudan du Sud, Tchad et Yémen). Les pays riches qui disposent de quantités importantes de vaccins se sont généreusement engagés à faire don de leurs doses excédentaires aux pays à revenu faible ou intermédiaire via le dispositif COVAX. Cependant, trop peu de ces promesses de dons ont été honorés. La disponibilité des doses pour les plus vulnérables reste limitée par les restrictions à l’exportation et la réticence des pays à céder leur place dans la chaîne de production au dispositif COVAX, même s’ils ne peuvent pas utiliser ces doses immédiatement.Le « Tampon humanitaire » du mécanisme COVAX est ouvert aux candidatures depuis juin 2021. Ce dernier devrait constituer une solution de dernier recours pour garantir l’accès aux vaccins aux personnes déplacées, ainsi qu’à d’autres populations vulnérables dans le monde. Il s’inscrit également dans le cadre des efforts visant à réduire les inégalités qui, autrement, compromettraient la reprise sociale et économique dans les zones en proie à une crise humanitaire. Il est donc urgent d’augmenter l’offre, de partager les vaccins et de veiller à leur accessibilité pour tous. Mais la disponibilité des doses de vaccin ne constitue qu’une partie de la solution à cette crise. Nous devons veiller à ce que les vaccins circulent des tarmacs des aéroport aux bras des personnes les plus vulnérables, notamment les réfugiés, les migrants, les demandeurs d’asile, les apatrides et ceux qui vivent dans des régions contrôlées par des groupes armés ou affectés par des conflits armés. Il est indispensable d’investir davantage dans les mécanismes et les capacités de distribution au niveau local, non seulement pour garantir une livraison rapide et équitable des vaccins, mais aussi pour renforcer les systèmes de santé nationaux en vue d’une préparation et d’une réponse plus efficaces aux pandémies. Partout dans le monde, les efforts déployés pour enrayer la pandémie sont sapés par la méfiance qui engendre des réticences à l’égard des vaccins. Plus que jamais, il est important de travailler avec et au sein des communautés, notamment en s’appuyant sur les médias sociaux et des réseaux communautaires, afin de créer un climat de confiance et de renforcer la confiance dans l’efficacité et la sécurité des vaccins. Les activités qui renforcent le soutien aux acteurs locaux et qui s’attaquent à la désinformation sont essentielles pour garantir le succès de la distribution des vaccins aux communautés locales, notamment celles les plus vulnérables.

    #Covid-19#migrant#migration#sante#UNHCR#croissantrouge#croixrouge#vaccination#inclusion#personnedeplacee#refugie#systemesante#vulnerabilite

  • Covid-19 : l’île Maurice confrontée à une forte augmentation de cas avant sa réouverture complète aux touristes
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2021/09/14/covid-19-l-ile-maurice-confrontee-a-une-explosion-de-cas-avant-sa-reouvertur

    Covid-19 : l’île Maurice confrontée à une forte augmentation de cas avant sa réouverture complète aux touristes. Depuis la mi-juillet, le nombre de contaminations a été multiplié par plus de cinq, soit l’augmentation la plus importante enregistrée sur cette période.
    Les hôpitaux sont saturés, les respirateurs artificiels sont rares et le cimetière où étaient enterrées les victimes du Covid-19 est plein : l’île Maurice fait face à une forte augmentation de cas qui interpelle, à moins de trois semaines de la réouverture complète de ses frontières. Officiellement, tout est prêt pour accueillir les touristes au 1er octobre dans ce paradis de l’océan Indien prisé pour ses plages immaculées et ses eaux cristallines. L’objectif de vacciner 60 % de la population a été dépassé, avec 61 % des Mauriciens ayant reçu au moins deux doses au 11 septembre, ont notamment souligné la semaine dernière les autorités, qui ont rendu la vaccination obligatoire dans certaines activités, dont le secteur touristique, sous peine d’amendes ou de peines de prison. Mais, loin des discours officiels et des campagnes promotionnelles, l’île bruisse d’inquiétude. « La situation empire, mais il y a des instructions pour que nous ne communiquions pas, affirme un médecin sous couvert d’anonymat. La priorité du gouvernement est d’assurer une ouverture en douceur des frontières le 1er octobre. » Le 15 juillet, le pays a rouvert ses frontières uniquement aux personnes vaccinées, qui devaient rester dans des « bulles de villégiature » pendant quatorze jours avant d’être autorisées à s’aventurer plus loin sous réserve d’un test PCR négatif. A partir du 1er octobre, les touristes – vaccinés ou non – seront libres de leurs mouvements dès lors qu’ils auront un test PCR négatif datant de 72 heures avant leur arrivée sur l’île. Cette réouverture est très attendue dans le secteur touristique, qui représente 25 % du PIB de l’île et 250 000 emplois directs et indirects. Hôtesse d’accueil dans un hôtel, Diana Mootoosamy « appréhende » cette réouverture. « Il n’y a plus la quarantaine de quatorze jours et, du coup, nous nous retrouvons sans filet de protection. En accueillant les touristes, allons-nous attirer des devises ou des variants ? », se demande-t-elle.Depuis la réouverture partielle, à la mi-juillet, le nombre de cas a été multiplié par plus de cinq, de 2 461 le 16 juillet à 12 616 le 10 septembre. Cette augmentation est de loin la plus importante en Afrique sur cette période, selon les données compilées par l’AFP. Depuis le début de la pandémie, Maurice a enregistré 1 005 cas pour 100 000 habitants, un chiffre nettement supérieur à la moyenne africaine (598). Le gouvernement impute cette hausse à un relâchement des comportements et rappelle que les nouveaux cas sont majoritairement asymptomatiques.
    Accusées par la population de minimiser le nombre de morts, les autorités ont revu le bilan à la hausse, vendredi 10 septembre. Initialement annoncé à 34, le nombre de décès a été porté à 89 depuis le début de la pandémie. Mais le ministre de la santé a souligné que la majorité d’entre eux n’étaient pas causés directement par le Covid-19 mais résultaient de comorbidité.
    Au cimetière Bigara, où sont enterrées les victimes du Covid-19, la zone dévolue à la pandémie est pleine. Les corps sont désormais inhumés à Bois-Marchand, dans le nord de l’île, déclenchant la colère des riverains. Le 8 septembre, certains ont lancé des pierres sur un convoi des autorités sanitaires venu enterrer des corps.Le discours officiel suscite la méfiance. « On avait fermé le pays, mais le nombre de cas explose. Maintenant, avec une frontière ouverte comme une fenêtre, il y a de quoi frémir », estime Paul Pierre, chauffeur de taxi, s’interrogeant sur l’efficacité des vaccins. Un variant, baptisé C.1.2, a été détecté mais il s’agit d’un variant « classique » et non d’un variant sujet d’inquiétude, a affirmé Laurent Musango, représentant de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) sur l’île.
    Malgré tout, l’état des hôpitaux n’est pas de nature à rassurer. « Les gens ne réalisent pas à quel point la situation est grave. On nous parle de nombreux cas asymptomatiques, mais nous sommes déjà au-dessus de nos capacités en termes de cas symptomatiques », affirme une infirmière d’un centre de traitement du Covid-19.

    #Covid-19#migrant#migration#maurice#sante#frontiere#circulation#tourisme#morbidité#test#mortalite#systemesante

  • Covid-19 : en Nouvelle-Calédonie, la vaccination sera obligatoire pour tous les adultes, y compris les touristes
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/09/03/covid-19-la-nouvelle-caledonie-adopte-l-obligation-vaccinale-pour-toutes-les

    Covid-19 : en Nouvelle-Calédonie, la vaccination sera obligatoire pour tous les adultes, y compris les touristes. Cette obligation, adoptée vendredi à l’unanimité par le Congrès calédonien, fait l’objet d’un vaste consensus politique.
    La vaccination contre le Covid-19 va devenir obligatoire pour toutes les personnes majeures en Nouvelle-Calédonie, alors que seulement 30 % de la population du territoire est à ce jour entièrement vaccinée. Au total, 44,6 millions de personnes sont complètement vaccinées contre le Covid-19 en France, ce qui représente 66,5 % de la population. Cette obligation, adoptée vendredi 3 septembre à l’unanimité par le Congrès de la Nouvelle-Calédonie, s’appliquera également à tous les voyageurs souhaitant se rendre dans l’archipel, rare territoire au monde encore exempt de Covid-19. Elle ne s’applique ni aux mineurs ni aux personnes présentant une contre-indication médicale. La mesure fait l’objet d’un vaste consensus politique en Nouvelle-Calédonie. Elle doit permettre de donner un coup d’accélérateur à la vaccination. Les autorités s’inquiètent d’une possible introduction du virus, qu’elles jugent très probable en raison de la forte contagiosité du variant Delta du SARS-CoV-2, malgré les conditions de quarantaine strictes imposées aux personnes autorisées à entrer sur le territoire. La faiblesse du taux de vaccination contrarie également la volonté du gouvernement de rouvrir les frontières au 31 décembre.
    Les experts estiment que seule une couverture vaccinale d’au moins 60 % pourrait éviter au système de santé de s’effondrer en cas d’épidémie. Le manque de personnel spécialisé est criant en Nouvelle-Calédonie, notamment du fait des restrictions d’accès au territoire mises en place en mars 2020 en raison de la crise sanitaire.Le texte voté vendredi ne prévoit toutefois pas, pour l’instant, de sanctions pour les personnes qui refuseraient de se faire vacciner. Une amende de 175 000 francs Pacifique (1 475 euros) sera en revanche infligée aux personnes exerçant une profession jugée à risque (agents aéroportuaires, personnel de santé, etc.) non vaccinées avant le 31 décembre. « Mais si nous voyons que cela ne suffit pas, nous introduirons des sanctions aussi pour la population générale », a précisé Milakulo Tukumuli, président de la commission permanente du Congrès.

    #Covid-19#migrant#migration#nouvellecaledonie#sante#vaccination#obligationvaccinale#systemesante#tourisme#frontiere

  • Covid-19 : le défi de la vaccination des plus démunis
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2021/08/24/covid-19-le-defi-de-la-vaccination-des-plus-demunis_6092166_3224.html

    Covid-19 : le défi de la vaccination des plus démunis
    Aller à la rencontre des publics précaires là où ils sont. Là où ils passent. Là où « ils se sentent en confiance », lance Nicole Verdié, responsable du service d’aide à la personne des Restos du cœur de Haute-Garonne. Depuis le début de l’été, les associations qui viennent en aide aux plus démunis profitent des opérations de distribution de colis alimentaires pour les renseigner sur la vaccination contre le Covid-19 et les aider à la prise de rendez-vous. Ici, au centre Grande-Bretagne des Restos, au sein du quartier Casselardit, à Toulouse, tout le monde l’appelle Marie-Do. Un petit gabarit de 1,52 mètre, Marie-Dominique Schadle, ex-infirmière de 75 ans qui cavale avec l’énergie d’une jeune fille, un sac « Flower Happy Summer » à l’épaule, une boîte à chaussures sous le bras. Le sac est rempli de masques qu’elle distribue à tous les bénéficiaires – « On vient de recevoir plusieurs cartons pour adultes, dit-elle, mais pas pour les enfants, c’est dommage, c’est bientôt la rentrée scolaire » – ; la boîte contient des petites plaques de couleur avec des numéros gravés dessus, qui déterminent l’ordre de passage pour pouvoir remplir son chariot.C’est Marie-Do, bénévole aux Restos depuis douze ans, qui accueille les hommes et les femmes qui se présentent à la porte en ce matin du vendredi 20 août, elle qui pose la question du jour : « Etes-vous vacciné ? » Puis, une seconde, en cas de réponse négative : « Voulez-vous vous faire vacciner ? » « Non ! », répond prestement Ahmed, 47 ans, au chômage. Ahmed est d’humeur un peu râleuse. Il a trop chaud, il veut attendre son tour à l’ombre et il ne veut pas du vaccin. Il « attend ». Il ne sait pas ce qu’il attend, mais il attend. « P’t-être que oui, je le ferai, p’t-être que non, p’t-être à la fin du mois d’août », lâche-t-il, un brin sur la défensive. Marie-Do n’insiste pas. « On ne les oblige pas, ils font ce qu’ils veulent, souligne-t-elle. Beaucoup s’inquiètent de savoir s’ils pourront continuer à venir aux Restos s’ils ne sont pas vaccinés. Je leur dis que, pour l’instant, oui, mais qu’on ne sait jamais. En tout cas, je ne fais pas de chantage. »
    Dans le petit jardin de la cour intérieure du bâtiment qui abrite l’association, Raphaële Valsangiacomo et Hassan Ayeva, conseillers mission accompagnement santé de l’Assurance-maladie (CPAM) du département, ont installé deux tables, deux ordinateurs et une affiche : « Prise de rendez-vous vaccination anti-Covid ». Il y a quelques jours, les bénévoles y ont retrouvé une inscription au stylo-bille vert : « On n’est pas des cobayes. » C’est la troisième opération de ce type depuis le 16 juillet au centre Grande-Bretagne, qui compte 355 familles inscrites. Ce programme, mis en place depuis le mois de juin dans une cinquantaine de départements en partenariat avec la Caisse nationale d’assurance-maladie (CNAM), fait partie des dispositifs « aller vers » destinés à toucher les personnes les plus éloignées des soins, et donc de la vaccination. Sans papiers, sans domicile fixe, sans emploi, sans carte Vitale, sans numéro de Sécurité sociale… « Nous mettons tout en œuvre pour que l’inégalité d’accès aux soins ne se reproduise pas une nouvelle fois », explique Patrice Douret, le président des Restos du cœur, qui comptent 2 000 centres en France métropolitaine et en Corse. L’homme fait référence aux populations précaires qui ont enregistré des taux de surmortalité supérieurs à la moyenne depuis le début de la pandémie. « Dès le départ, ils ont été très nombreux à nous faire part de leur difficulté à comprendre ce qu’est le vaccin », poursuit-il. Problèmes de langue, fracture numérique, réticences de fond… Les raisons pour lesquelles ils ne sont pas vaccinés sont multiples. « Beaucoup de gens sont méfiants, ils entendent beaucoup de choses, confirme Véronique Fréchin, responsable de l’action sociale de l’Assurance-maladie de Haute-Garonne. Mais on ne manie pas la trique. Nos conseillers sont là pour transmettre une information. »
    Ouafaa, 26 ans, et son mari, Rabah, habitent depuis deux ans dans un hôtel d’hébergement d’urgence, près de l’aéroport de Blagnac. Originaires d’Algérie, ils ont deux filles, pas de papiers, pas d’ordinateur et un seul téléphone portable pour toute la famille. « On m’a dit que le vaccin, c’était bien pour éviter le Covid, mais on ne savait pas comment prendre un rendez-vous », explique la jeune femme, dans un français rudimentaire. Enceinte, elle ignore également s’il est indiqué de recevoir la première dose. « Suivez l’avis de votre médecin, recommande Hassan Ayeva. Et, si ça peut vous rassurer, vous pourrez également poser la question à un médecin au centre de vaccination. » lbanais, arabe, russe… Les deux conseillers de l’Assurance-maladie et Marie-Do sont des habitués de Google Translate. Ainsi, quelques minutes plus tard, avec deux femmes albanaises. « Data e lingjes [“date de naissance”] », leur demande Raphaële Valsangiacomo, en leur montrant simultanément l’écran de son ordinateur. Un exercice difficile. Quelques minutes plus tard, un couple originaire du Maghreb se présente devant les conseillers de la CPAM. Ils ne parlent pas français, mais on comprend que la peur du gendarme les avait jusqu’ici empêchés de prendre rendez-vous. Ils sont en situation irrégulière, ils n’ont pas de papiers, pas d’assurance-santé, ils étaient convaincus qu’ils n’y avaient pas droit. « Grâce à nos créneaux prioritaires, on peut leur proposer des dates très rapidement, se félicite Hassan Ayeva. Si on leur donne un rendez-vous dans plusieurs semaines, ils n’iront pas, beaucoup sont en situation de grande précarité, ils ne savent pas où ils seront dans quinze jours. »
    Un processus rapide, efficace aussi avec les plus réticents. Ahlem, caissière de supermarché âgée de 28 ans, pensait que le vaccin était payant. Mais pas seulement. « On ne sait pas trop ce qu’il y a dans ces trucs-là, les effets secondaires, les effets sur le long terme… », explique-t-elle. Mais voilà, elle reprend le travail dans quelques jours. « Je vais croiser 1 000 personnes par jour, je me dis que je n’ai plus trop le choix », conclut-elle. Samson, originaire du Nigeria, ne parle pas un mot de français, il communique en anglais. Accompagné de ses deux jeunes enfants, Marvelous et Precious, il est convaincu que la loi l’y contraint. Aïcha, elle aussi se sent un peu « obligée ». « J’étais pas trop sûre, même les personnels de santé refusent de se faire vacciner, mais avec l’école, les centres commerciaux… Il faut le passe sanitaire… alors bon… » « Sans vaccin, je ne suis pas libre », estime pour sa part Chahinez, 33 ans, originaire d’Algérie. Sur les 1 400 personnes venues chercher des colis dans les différents sites de distribution alimentaire en Haute-Garonne, plus de 200 ont pris un rendez-vous vaccination au cours de la dizaine d’opérations menées entre les mois de juin et août. L’Assurance-maladie du département s’est également associée au Secours catholique, au Forum des réfugiés, à Médecins du monde ou encore à l’université fédérale de Toulouse.

    #Covid-19#migrant#migration#france#sante#inegalite#vaccination#inclusion#systemesante#accessante#precarite#sensiblisation

  • Covid-19 : près de 400 soignants arrivent en renfort aux Antilles, la Polynésie durcit son confinement
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/08/21/covid-pres-de-400-soignants-arrivent-en-renfort-a-la-guadeloupe-et-a-la-mart

    Covid-19 : près de 400 soignants arrivent en renfort aux Antilles, la Polynésie durcit son confinement. « La situation est extrêmement tendue » dans les Antilles, où des patients sont évacués en avion vers la métropole. La Polynésie ferme aussi ses écoles.
    Tous volontaires, jeunes pour la plupart, parfois prévenus à la dernière minute, plus de 400 professionnels de santé se sont envolés vendredi 20 août pour les Antilles pour prêter main-forte aux hôpitaux martiniquais et guadeloupéens, débordés par le Covid-19. Ils répondent à l’appel lancé le 8 août par le ministre de la santé, Olivier Véran, pour soulager les hôpitaux sous très haute tension. A l’aéroport parisien d’Orly, 270 soignants ont pris place à bord d’un vol Air France à destination de Point-à-Pitre, venus de toutes les régions métropolitaines « qui ne sont pas en tension » hospitalière. S’y ajoutaient 60 pompiers de Paris et une cinquantaine de passagers rentrant ou se rendant à la Guadeloupe malgré le confinement.
    Un autre vol, affrété par Corsair, est parti dans l’après-midi à destination de la Martinique, avec environ 150 soignants, dépêchés en renfort ou pour relever les premiers volontaires déjà sur place. En effet, 240 professionnels sont partis le 10 août, puis environ 120 mardi. Des tonnes de matériel médical, notamment des extracteurs d’oxygène permettant à certains malades d’être traités chez eux plutôt qu’à l’hôpital, sont convoyées aux Antilles et des évacuations sanitaires opérées vers la métropole. Pour désengorger les hôpitaux, certains patients non atteints du Covid sont également acheminés en métropole sur des vols réguliers : quatre de Pointe-à-Pitre et trois de Fort-de-France depuis le début de la semaine, selon un porte-parole d’Air France. Le variant Delta, combiné à une couverture vaccinale limitée (20 % de la population complètement vaccinée, contre 60 % au niveau national), a plongé les deux départements antillais dans une situation critique. Plus de 40 % des morts français du Covid-19 ces dernières vingt-quatre heures, soit 53 décès sur 127, provenaient de Guadeloupe ou de Martinique.

    #Covid-19#migration#migrant#france#martinique#guadeloupe#sante#outremer#systemesante#circulationtherapeutique#evacuationsanitaire#personnelsoignant#metropole

  • Variant Delta du Covid-19 : en Polynésie française, les soignants contraints de pratiquer une « médecine de guerre »
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/08/22/variant-delta-en-polynesie-francaise-les-soignants-contraints-de-pratiquer-u

    Variant Delta du Covid-19 : en Polynésie française, les soignants contraints de pratiquer une « médecine de guerre » Avec un taux d’incidence supérieur à 2 800 cas pour 100 000 habitants, la Polynésie française est le territoire des outre-mer le plus touché par le Covid-19. Au centre hospitalier de Tahiti, les médecins se voient contraints de trier les patients.

    En un mois, la Polynésie est passée de quelques dizaines de cas à près de 8 000, pour une population de 280 000 habitants. Et surtout, la diffusion du variant Delta, avec un taux d’incidence de près de 2 800 cas pour 100 000 habitants, a fait monter les hospitalisations en flèche : aucune à la mi-juillet, contre 329 le samedi 21 août dans l’ensemble de la Polynésie, dont 40 en réanimation.(...°
    Mais il manque aussi des soignants. Quinze infirmiers de la réserve sanitaire sont arrivés de métropole il y a une semaine, et huit volontaires de Nouvelle-Calédonie jeudi. C’est encore trop peu, d’autant que la plupart ne sont pas spécialisés en réanimation, le service qui en a le plus besoin. Le président de la Polynésie française, Edouard Fritch, a lancé un nouvel appel à la France pour obtenir d’autres renforts. Le ministère de la santé a annoncé, samedi, que sept infirmières et infirmiers et trois médecins anesthésistes-réanimateurs rejoindraient Papeete mercredi 25 août. Des renforts jugés encore insuffisants. La dispersion des îles et atolls sur une surface grande comme l’Europe rend, par ailleurs, les évacuations sanitaires vers l’hôpital longues et complexes. « Il y a beaucoup de décès avant qu’on arrive dans les îles », déplore le docteur Vincent Simon, chef du SAMU. Il reçoit plus de 400 appels par jour, contre 150 à 200 en temps normal.

    #Covid-19#migrant#migration#france#polynesie#outremer#sante#circulationtherapeutique#personnelsoignant#systemesante#variant#reservesanitaire

  • Tunisie : les étrangers invités à participer à une journée nationale de vaccination - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/34164/tunisie-les-etrangers-invites-a-participer-a-une-journee-nationale-de-

    Tunisie : les étrangers invités à participer à une journée nationale de vaccination
    Dimanche 8 août, une journée nationale de la vaccination a été organisée en Tunisie. Un million et demi de doses ont été mises à la disposition de plusieurs centaines de centres à travers tout le pays. Les étrangers les plus âgés - qu’ils soient résidents ou en situation irrégulière - étaient invités à se faire vacciner. Matthias Raynal est parti à la rencontre des ressortissants d’Afrique subsaharienne qui vivent à Tunis. Dans ce salon de coiffure tenu par un Congolais, le maniement des ciseaux est minutieux. Les clients attendent leur tour sur un fond de musique du pays. Si la situation sanitaire commence à s’améliorer, la Tunisie vient de connaître des semaines très difficiles. Beni Moussaï, un étudiant de 21 ans raconte comment il a vécu cette période : "C’était vraiment pénible. Même mes parents au pays étaient vraiment inquiets. Le covid-19 fait beaucoup de dégâts. Je pense que le vaccin jusqu’à présent, c’est vraiment le remède efficace et j’encourage mes frères subsahariens à aller se faire vacciner."Le message est bien reçu par son ami Chilo Mouniapara. Il est très heureux de pouvoir le faire en Tunisie : "Je viens du Congo et je suis ici en Tunisie. Si je ne me fais pas vacciner, comment je vais faire pour m’en sortir ? Une fois que tu résides en Tunisie, tu as le droit de te faire vacciner."La constitution tunisienne oblige l’État à soigner tous ceux qui vivent sur son territoire. Dans les faits, le manque de connaissance du système de santé par exemple ou encore les discriminations freinent l’accès à la santé. C’est encore plus compliqué pour les personnes en situation irrégulière. « En Tunisie, pour nous, les Subsahariens, quand tu n’as pas de papiers, c’est difficile quand même. Et concernant la vaccination, il faut aussi privilégier [les sans-papiers, ndlr] parce que si on les met de côté, c’est renoncer aux droits humains. Tout le monde a le droit à la santé », estime Beni Moussaï. Les deux étudiants vont patienter encore un peu. La Tunisie devrait commencer à vacciner les plus jeunes dans les prochaines semaines.

    #Covid-19#migrant#migration#tunisie#sante#vaccination#inclusion#systemesante#droit#discrimination#subsaharien

  • En Tunisie, le Covid-19 fragilise encore davantage les migrants - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/34152/en-tunisie-le-covid-19-fragilise-encore-davantage-les-migrants

    En Tunisie, le Covid-19 fragilise encore davantage les migrants
    Depuis le début de l’été, la Tunisie est frappée par une nouvelle vague de coronavirus. Une situation sanitaire très critique, qui touche de plein fouet les migrants installés dans le pays. Accéder aux soins de santé et trouver un travail, même informel, relèvent désormais du parcours du combattant.
    Funeste été pour la Tunisie. Avec 2 987 morts, ce mois de juillet 2021 enregistre le pire taux de mortalité au coronavirus depuis le début de la pandémie. Le pays compte même l’un des plus forts taux de mortalité en Afrique, avec plus de 100 décès enregistrés chaque jour. Cette situation sanitaire très critique, doublée d’une crise politique majeure, rend encore plus difficile qu’il ne l’était déjà le quotidien des 12 millions de Tunisiens, mais aussi des migrants vivant dans le pays. L’accès aux soins de santé est devenu, par exemple, « presque mission impossible », les hôpitaux et les centres médicaux étant « débordés », affirme Mongi Slim, directeur de l’antenne du Croissant-Rouge à Médenine, dans le sud du pays.
    « Nous n’avons pas relevé de comportements discriminatoires à l’égard des migrants, mais il est clair que la prise en charge médicale est très compliquée, confirme Romdhane Ben Amor, du Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES). Le plus gros problème, aujourd’hui, c’est l’accès aux vaccins contre le Covid-19 ».Pour les sans-papiers, « il n’y a aujourd’hui aucune solution », déplore-t-il. « Même si, officiellement, toutes les personnes âgées de plus de 40 ans sont désormais éligibles au vaccin, c’est peine perdu pour les sans-papiers, qui sont dans l’impossibilité de justifier leur âge », déplore le militant. Pour obtenir un rendez-vous, la plate-forme dédiée Evax exige en effet des justificatifs d’identité, passeports ou cartes de séjour. « Les migrants qui ont perdu leurs papiers lors d’un sauvetage en mer ou sur les routes sont donc automatiquement exclus de la vaccination », explique-t-il.En guise de justificatifs, « les migrants peuvent fournir une carte consulaire ou une carte spécifique que remettent certaines associations », tempère Alice Sironi, de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), à Tunis. Mais « pour plus d’efficacité », le FTDES demande, lui, une régularisation des sans-papiers vivant sur le territoire, « même provisoire ». « Pour qu’au moins, ils puissent être protégés », avance Romdhane Ben Amor.
    Exclus de la campagne de vaccination, les sans-papiers subissent aussi de plein fouet le ralentissement de l’économie dû aux restrictions sanitaires. « La plupart travaille dans le secteur informel, dans le tourisme ou les services, les domaines les plus touchés par la pandémie, affirme Mongi Slim. Et comme ces heures de travail ne sont pas déclarées, les migrants n’ont pas touché d’aides de l’État. L’arrêt de ces activités a entrainé une perte totale de salaires »."La vie est encore plus compliquée ici avec la crise sanitaire, confirme Éric*, un Ivoirien de 26 ans, qui vit en Tunisie depuis deux ans. Les sources de revenus se font de plus en plus rares, dans tous les secteurs". Abdou, un Sénégalais de 53 ans assure lui aussi « qu’il est aujourd’hui très difficile de travailler, surtout avec la fermeture des cafés et des restaurants tôt le soir, à cause du couvre-feu ».
    Avant le début de la pandémie, 72% des bénéficiaires de l’OIM avaient un emploi. Après le premier confinement, en mars, ils n’étaient plus que 9%. En octobre, le chiffre est monté à 27%, « mais cela montre bien la violence avec laquelle la crise a frappé les migrants installés en Tunisie », constate elle aussi Alice Sironi.Pour les demandeurs d’asile en attente d’une réponse, « la situation est tout aussi compliquée », assure Chiara Calvatti, du bureau du Haut-commissariat aux réfugiés de l’ONU (HCR) de Tunis. « Car leur carte de demandeur ne leur permet pas de travailler. Alors bien souvent ils se tournent vers des petits boulots non déclarés, qui avec la crise, n’embauchent plus ». Pour Mongi Slim, « la crise du Covid a beaucoup appauvri les migrants ». « Résultat : nous faisons face à une vague de départs jamais vue. D’habitude, nous accueillons un bateau par mois sur nos côtes. Ces dernières semaines, c’est un bateau tous les deux jours ». Depuis le mois d’avril, le centre d’hébergement du Croissant-Rouge à Médenine est « saturé » d’exilés, originaires « du Bangladesh, du Maroc, du Nigeria et même du Kenya ».
    Des personnes qui partagent des embarcations de fortune avec des Tunisiens, poussés eux aussi à l’exil par la crise. En juillet, près de 4 000 personnes partis de Tunisie par la mer sont arrivés sur les côtes italiennes. Et en seulement deux jours, début août, les autorités tunisiennes ont arrêté 115 personnes qui s’apprêtaient à prendre la mer. Elles ont saisi dans des maisons abandonnées des moteurs de bateaux, du carburant, des gilets de sauvetage, un GPS ainsi que de l’argent."La Tunisie est, certes, un pays bien plus stable et moins dangereux que le voisin libyen. Mais la situation sanitaire et économique actuelle ne donne pas envie aux migrants d’y rester, affirme Chiara Calvatti. Il reste un pays de transit. Même ceux qui obtiennent le statut de réfugié finissent par partir".

    #Covid-19#migrant#migration#tunisie#sante#systemesante#vaccination#exclusion#crise#economie#exil#transit

  • Covid-19 : situation « extrêmement grave » aux Antilles, nouveau couvre-feu en Polynésie
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/08/10/covid-19-les-touristes-invites-a-quitter-la-martinique-en-deuxieme-phase-de-

    Covid-19 : situation « extrêmement grave » aux Antilles, nouveau couvre-feu en Polynésie
    La quatrième vague de Covid-19 continue de progresser en France, frappant particulièrement les territoires d’outre-mer. Selon les chiffres publiés par Santé publique France, lundi 10 août, le nombre de patients en soins critiques est désormais de 1 667 (111 de plus que la veille), contre 1 232 il y a une semaine. Les hôpitaux accueillaient, lundi, plus de 9 000 personnes atteintes du Covid-19, dont plus de 800 ont été admises au cours des dernières vingt-quatre heures – un chiffre qui n’avait pas été atteint depuis le 27 juin.
    La crise sanitaire est « extrêmement grave » aux Antilles avec des taux d’incidence « jamais connus » en France, a affirmé le ministre des outre-mer, Sébastien Lecornu, avant de se rendre sur place, mardi. « Ce sont des taux d’incidence que l’on n’a jamais connus dans ces territoires, mais aussi dans tous les territoires de la République confondus », a alerté le ministre. « Il tombe sous le sens que nous allons devoir évidemment durcir les mesures de freinage tant il y a urgence », a-t-il estimé au sujet de la Guadeloupe.
    Dans ce territoire déjà soumis à un nouveau confinement, pour l’heure moins strict que celui de la Martinique, les chiffres augmentent aussi : du 2 au 8 août, le taux d’incidence atteignait 1 769 pour 100 000 habitants, contre 876 la semaine précédente ; on recensait 6 669 cas, dont 2 500 environ durant le seul dernier week-end.
    M. Lecornu et le ministre de la santé, Olivier Véran, se rendront ensuite à la Martinique, jeudi, où la situation a été qualifiée d’« extrêmement préoccupante » par l’agence régionale de santé. Au total, 240 soignants, répartis dans deux avions (un pour la Guadeloupe, un pour la Martinique), doivent s’envoler de Paris, mardi, pour une mission d’appui de quinze jours dans les Antilles. Face à l’afflux de patients, les deux îles ont procédé, au début d’août, aux premières évacuations de patients vers des hôpitaux de la métropole.

    #Covid-19#migrant#migration#france#metropole#guadeloupe#martinique#sante#personnelsoignant#circulationtherapeutique#systemesante#tauxincidence

  • Covid-19 : faute de doses, des Iraniens vont se faire vacciner en Arménie
    https://www.lemonde.fr/international/article/2021/07/26/les-iraniens-en-quete-de-vaccins-contre-le-covid-19-en-armenie_6089577_3210.

    Covid-19 : faute de doses, des Iraniens vont se faire vacciner en Arménie
    Alors que la campagne vaccinale piétine en Iran, de nombreux Iraniens se rendent à Erevan où les doses de vaccins en trop sont offertes gratuitement aux touristes étrangers. Dans la salle à manger de l’hôtel Congress, à Erevan, en cette fin du mois de juin, un joyeux brouhaha résonne en langue persane parmi les clients prenant le petit déjeuner. Entre les convives, majoritairement iraniens, nul besoin de se connaître pour entamer la conversation. Les liens se tissent rapidement et les conseils s’échangent : comment et où se faire vacciner ? A quels effets secondaires s’attendre après la piqûre ? Quel médicament prendre pour arrêter la fièvre et les frissons ? « Je suis complètement courbaturée. Mais mon mari brûlait de fièvre hier soir. C’est pour ça que je ne me plains pas », s’exclame Mina, une Iranienne aux longs cils artificiels, assise face à son mari, Houman, qui sirote son café.
    Alors que la campagne vaccinale en Iran piétine, de nombreux Iraniens se rendent en Arménie voisine, où ils n’ont pas besoin de visa, pour se faire vacciner contre le Covid-19. Dans ce petit pays de trois millions d’habitants, meurtri par une guerre avec l’Azerbaïdjan en 2020, peu de gens sont convaincus de la nécessité de se faire vacciner. Les dirigeants arméniens ont donc décidé, dans le but de promouvoir le tourisme, d’écouler leurs doses de vaccins en trop – l’anglo-suédois AstraZeneca, le chinois Sinovac et le russe Spoutnik V – en ouvrant la vaccination aux voyageurs étrangers. Gratuitement.
    Mina et Houman ont payé un Arménien pour qu’il les guide dans les démarches. Il est venu les chercher la veille à l’hôtel, avec une dizaine d’autres Iraniens, et a tout arrangé pour qu’ils soient vaccinés avec le vaccin AstraZeneca dans une clinique d’Erevan. « On a payé 50 dollars [42 euros] par personne. C’était plus simple que d’aller faire la queue comme tout le monde », glisse Houman, qui passe le numéro de l’entremetteur arménien à une jeune Iranienne, assise à la table d’à côté.
    Un peu plus loin, d’autres Iraniens se donnent rendez-vous une demi-heure plus tard pour aller ensemble au centre-ville où une ambulance, stationnée sur Northern Avenue, sert de centre de vaccination de midi à vingt heures. Un peu après midi, les responsables de l’ambulance ont déjà collecté les passeports de cinquante personnes, toutes iraniennes, les premières arrivées. Assise à une table, une infirmière inscrit les informations de ceux qui reçoivent leur dose sur un certificat, avec mention de la date et du nom du vaccin. Le passeport de Behnam, un Iranien de 27 ans, trône dans la pile des « chanceux ». Il est arrivé la veille et reste trois jours.
    « Le nombre de gens vaccinés en Iran est infime, regrette-t-il. Pour ma tranche d’âge, ils disent qu’il faut attendre l’automne, mais c’est du vent ! » En Iran, seuls 7,7 millions d’Iraniens sur une population de 83 millions ont reçu leur première dose, alors que le pays traverse sa cinquième vague à cause du variant Delta. Le bilan officiel, au 25 juillet, est de 88 800 morts. Mais le nombre de victimes du Covid-19 pourrait être en réalité deux à trois fois plus élevé, selon les analystes.
    De nombreux Iraniens se plaignent que leur deuxième dose ait été retardée ou reportée sine die, faute de vaccins. Ils ne sont que 2,4 millions à avoir un schéma vaccinal complet. La gestion dans les centres de vaccination, parfois bondés, a été chaotique. Une vidéo montrant un homme âgé malmené par un policier, alors qu’il se trouve dans une file d’attente, a suscité une vague d’indignation dans le pays. Des responsables iraniens reconnaissent d’ores et déjà que la campagne vaccinale est un échec et reprochent à la Russie, à la Chine et à Cuba de n’avoir pas tenu leur promesse d’approvisionner l’Iran en vaccins.Behnam a décidé de débourser presque 700 dollars – soit huit fois plus que le salaire minimum – pour se faire vacciner en Arménie parce que son travail – il s’occupe d’une ferme à bitcoins clandestine dans les environs de Téhéran – implique de nombreuses interactions avec ses employés. « J’ai de grandes chances d’attraper le Covid-19, glisse le jeune Iranien sous son masque chirurgical blanc. Ils [les dirigeants iraniens] ne veulent pas dépenser leur argent pour acheter des vaccins. Le Guide [Ali Khamenei] a interdit l’utilisation de vaccins occidentaux pour que l’Iran produise son propre vaccin. Mais ils n’arrivent même pas à mettre leur vaccin Barakat dans les fioles. Tout cela ressemble à un bizutage de la population », glisse-t-il.
    Behnam ne souscrit guère aux arguments de Téhéran, selon lesquels l’embargo américain contre l’Iran est responsable de la difficulté à se procurer des vaccins. « Les sanctions, pourquoi elles sont tombées ? A cause de ce régime ! Et nous sommes obligés de venir nous faire vacciner en Arménie, un pays qui n’est pas du tout développé », s’emporte-t-il. A ses côtés, un autre Iranien vient en aide à l’infirmière arménienne qui écorche un nom persan. Un homme âgé demande à voix haute en persan : « Combien de jours après le vaccin peut-on boire de l’alcool ? Trois jours ? » Quelqu’un lui répond : « Vingt-quatre heures plus tard. » Un autre marchande : « C’est pas possible vingt-trois heures ? »
    Anahita, une Iranienne de 28 ans, suit les échanges et attend patiemment. A 16 heures, elle tentera à nouveau sa chance pour les 50 nouvelles doses qui seront distribuées. Vêtue de blanc et portant une casquette la protégeant du soleil, elle dit donner des cours particuliers d’allemand aux enfants de gens connus dans le cinéma en Iran. « Les célébrités que je connais ont toutes été vaccinées gratuitement. Leurs enfants, leurs parents, même leurs domestiques. Par Pfizer [interdit par le Guide suprême] et Spoutnik. Parce qu’elles sont proches du système. Alors que mon oncle de 70 ans attend toujours sa première dose. Ces gens prennent ce qui nous est dû. Nous, nous avons les moyens de payer ce voyage. Quid des autres ? », s’interroge-t-elle.Non loin de Northern Avenue, Sara, licenciée d’ingénierie électronique de l’une des meilleures universités iraniennes, dit ne pas être pressée pour recevoir le vaccin. Elle doit préparer son entretien de demande de visa d’étudiant à l’ambassade américaine d’Erevan ; Washington n’a plus d’ambassade en Iran depuis la prise d’otages des diplomates américains en 1979.La jeune Iranienne de 27 ans a été admise dans une bonne université américaine et a obtenu une bourse. « Je pars parce que nous avons un mauvais système politique. Il n’y a pas de méritocratie, c’est le règne du pistonnage. Et un professeur d’université titularisé ne reçoit que 800 dollars, explique Sara. Après tant d’années d’études, j’aimerais avoir un salaire qui me permette d’acheter une maison au bout de quatre, cinq ans de travail. En Iran, ce n’est pas possible. »La jeune femme, dont quelques mèches blondes égaient ses cheveux noirs, a perdu d’anciens camarades de classe dans le crash du Boeing d’Ukraine Airlines, abattu par des missiles des gardiens de la révolution, près de Téhéran, en janvier 2020. Sous pression des pays étrangers, cette armée idéologique du pays a fini par reconnaître sa responsabilité. « Après le crash, nous avons manifesté à l’intérieur de l’université. On était très en colère. La réponse du régime a été de nous arrêter et de nous frapper, soutient Sara. C’est à ce moment-là que je me suis dit qu’il fallait partir. Que nous ne pouvions rien y faire. Que nous n’aurions pas d’avenir dans ce pays. »
    Comme tous les jeunes Iraniens rencontrés à Erevan, Sara n’a pas voté lors de la présidentielle, en juin, remportée par l’ultraconservateur Ebrahim Raïssi, un ancien juge qui a joué un rôle central dans presque tous les dossiers de violation des droits humains en Iran, dont l’exécution de milliers de prisonniers politiques en 1988. « La dernière fois que j’ai voté, c’était en 2017 [pour la réélection du président Hassan Rohani, partisan de la détente avec la communauté internationale sur le dossier nucléaire], se souvient Sara. C’était notre dernier espoir pour voir si des réformes à l’intérieur du système seraient possibles. Ça n’a pas marché. » Alors que la nuit tombe peu à peu sur Erevan, à 20 heures, l’ambulance quitte Northern Avenue. Des dizaines d’Iraniens ne veulent pas abandonner la file d’attente. Les bagages de ceux qui viennent tout juste d’atterrir dans la capitale arménienne sont posés par terre. Certains vont passer la nuit dans la rue pour être sûrs d’obtenir leur dose le lendemain.

    #Covid-19#migrant#migration#iran#armenie#sante#vaccination#tourismevaccinal#systemesante#politiquesante

  • L’Afrique face au Covid-19 : en Tunisie, « le système de santé s’effondre »
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2021/07/09/l-afrique-face-au-covid-19-en-tunisie-le-systeme-de-sante-s-effondre_6087713

    L’Afrique face au Covid-19 : en Tunisie, « le système de santé s’effondre »

    La situation sanitaire est « catastrophique » en Tunisie, qui enregistre ces dernières semaines un nombre record de contaminations au Covid-19, a annoncé, jeudi 8 juillet, Nissaf Ben Alaya, la porte-parole du ministère de la santé, reconnaissant que « le système sanitaire du pays s’est malheureusement effondré ». Selon Mme Ben Alaya, qui s’exprimait lors d’un entretien accordé à une radio tunisienne, il est désormais difficile de trouver un lit disponible ou d’avoir la quantité nécessaire d’oxygène dans les hôpitaux du pays : « Si nous n’unissons pas nos efforts, la catastrophe [sanitaire] va empirer. »
    Les hôpitaux tunisiens connaissent depuis deux semaines un important afflux de patients durant cette vague de propagation du coronavirus qui atteint des niveaux inédits. Mardi, la Tunisie a enregistré 9 823 cas (dont 134 décès) en une journée, des chiffres jamais atteints depuis mars 2020, alors que le pays voit se propager les variants Alpha et Bêta. Au total ont été recensés 473 229 cas de contamination au Covid-19, dont 15 861 décès, pour environ 12 millions d’habitants. Sur plus 3 millions de personnes inscrites pour se faire vacciner, seulement 608 332 ont reçu les deux doses.
    Face à la situation, la Libye voisine a décidé jeudi de fermer ses frontières et de suspendre les vols avec la Tunisie pour une semaine. Les autorités tunisiennes ont, elles, ordonné le confinement de la population dans six gouvernorats, dont Tunis et sa banlieue, jusqu’au 31 juillet et l’interdiction des déplacements entre régions.

    #Covid-19#migrant#migration#tunisie#libye#sante#frontiere#variant#systemesante#vaccination#situationepidémique#confinement#deplacementinterne

  • Covid-19 : les mineurs isolés en recours exclus de la campagne de vaccination - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/33124/covid-19-les-mineurs-isoles-en-recours-exclus-de-la-campagne-de-vaccin

    Covid-19 : les mineurs isolés en recours exclus de la campagne de vaccination. Alors que les jeunes âgés de 12 à 17 ans peuvent désormais se faire vacciner contre le Covid-19 en France, les jeunes migrants en attente de la reconnaissance de leur minorité sont, pour le moment, exclus de la campagne de vaccination. L’absence de représentant légal, nécessaire pour vacciner les mineurs, complique leur accès au vaccin.Depuis le 15 juin, en France, la vaccination contre le Covid-19 est ouverte à tous les jeunes âgés de 12 à 17 ans, sur présentation d’une autorisation parentale. Mais pour les mineurs non-accompagnés (MNA) en recours, l’accès à la vaccination fait face à de nombreux obstacles. Ces jeunes non-reconnus mineurs par les départements doivent attendre plusieurs mois la décision d’un juge des enfants qui statuera sur leur âge. Pendant cette période, ils ne sont considérés ni comme mineurs, ni comme majeurs, et ne sont pas pris en charge par les autorités. De fait, ils se retrouvent exclus de la campagne de vaccination. « Pour ceux reconnus comme mineurs, la question ne se pose pas. Ils sont pris en charge par l’Aide sociale à l’enfance (ASE) qui fait office de représentant légal » lors des rendez-vous médicaux, explique à InfoMigrants Camille Boittiaux, référente MNA chez Médecins du monde (MdM). En revanche, « pour les mineurs en recours, c’est plus compliqué », en raison de l’absence d’un référent désigné. « L’autorisation parentale ne doit pas être un obstacle au vaccin. Ce qui doit primer est le consentement libre et éclairé du jeune, notamment via l’accès à l’interprétariat professionnel. Sinon on va exclure tous les MNA », prévient-elle. Une fois cet obstacle dépassé, d’autres vont se dresser pour ces jeunes. En premier lieu, la fracture numérique. Nombre de rendez-vous vaccinaux doivent être réservés sur le web. Or les mineurs isolés étrangers ont un accès fortement limité à interner, rendant difficile la recherche d’un créneau disponible.
    Les ONG vont-elles devoir prendre en charge la vaccination de cette population ? Médecins sans frontières (MSF), qui depuis quelques semaines vaccine les personnes en errance, dont la plupart sont des migrants majeurs, a, d’ores et déjà, mis son veto. Pour Corinne Torre, cheffe de la mission France de l’ONG médicale jointe par InfoMigrants, « c’est aux autorités de se saisir de ce sujet, de prendre leur responsabilité et de vacciner eux-mêmes ces mineurs ».
    Les obstacles à la vaccination des MNA en recours met en lumière les problématiques d’accès aux soins en général auxquelles ces jeunes sont confrontés au quotidien."Du fait de leur âge, de leur statut, de leur situation d’isolement et de précarité, ces jeunes cumulent des facteurs de vulnérabilité faisant obstacle à leur accès à la santé, aux soins et aux droits", écrit dans un communiqué MdM, qui réclame un « égal accès aux soins pour tous ». « Maintenant que les mineurs en France ont accès à la vaccination contre le Covid, les MNA doivent pouvoir en bénéficier, s’ils le souhaitent, au même titre que les autres mineurs », insiste Camille Boittiaux.

    #Covid-19#migrant#migration#france#sante#MNA#jeune#vaccination#inclusion#systemesante#accessante#droit#inegalite#vulnerabilite

  • HCR - Le HCR lance une mise en garde sur le risque d’exclusion de la vaccination pour les apatrides à travers le monde
    https://www.unhcr.org/fr/news/press/2021/6/60d1c725a/hcr-lance-mise-garde-risque-dexclusion-vaccination-apatrides-travers-monde.ht

    Le HCR lance une mise en garde sur le risque d’exclusion de la vaccination pour les apatrides à travers le monde. Le HCR, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés, lance une mise en garde aujourd’hui sur le fait que de nombreux apatrides dans le monde risquent de ne pas être vaccinés car ils sont dépourvus de citoyenneté ou de preuve d’identité. « Des millions de personnes sont identifiées en tant qu’apatrides à travers le monde ; elles ne sont ressortissantes d’aucun État, ce qui a des conséquences extrêmement préjudiciables sur leurs droits humains fondamentaux. Aujourd’hui, elles risquent également d’être exclues de l’accès aux vaccinations vitales », a déclaré Gillian Triggs, cheffe de la protection internationale au HCR.
    Dans son tout dernier rapport décrivant l’impact de la pandémie de Covid-19 sur les populations apatrides, le HCR souligne que la majorité des plans nationaux de vaccination ne fournissent aucune information claire sur la couverture vaccinale des apatrides.
    Le HCR lance donc une mise en garde sur la potentielle exclusion de nombreuses personnes qui sont dépourvues de nationalité ou de documents d’identité, à moins d’efforts spécifiques des États pour leur venir en aide et relever les défis spécifiques auxquels elles peuvent être confrontées. Le nouveau rapport énonce des recommandations et des exemples de bonnes pratiques étatiques à cet égard, notamment l’acceptation d’autres formes de preuve d’identité. « Dans l’intérêt de la protection de la vie humaine et de la santé publique, les plans nationaux de vaccination doivent être mis en œuvre de la manière la plus inclusive possible. Étant donné que de nombreux apatrides sont déjà massivement confrontés à l’exclusion et la marginalisation, les obstacles doivent être levés et une attention particulière doit être accordée à leur situation », a déclaré Gillian Triggs. Depuis le début de la pandémie, de nombreux apatrides sont confrontés à des difficultés pour accéder aux soins de santé et aux services sociaux. Beaucoup craignent de se présenter à un dépistage ou pour recevoir un traitement, du fait de leur absence de statut juridique - ce qui pourrait les exposer à un risque de détention ou d’expulsion. Le coût des soins médicaux, y compris des vaccinations, peut également être prohibitif pour les apatrides, car ils ne sont généralement pas couverts par les régimes nationaux de santé publique. Le HCR a pour mandat officiel de prévenir et de réduire l’apatridie, et de protéger les apatrides, et a connaissance d’une population mondiale d’au moins 4,2 millions d’apatrides qui vivent dans 94 pays.En raison de la nature invisible de ce problème, le chiffre réel pourrait néanmoins être beaucoup plus élevé.
    Plus d’un an après le début de la pandémie, le HCR prévient également que les perturbations des services d’enregistrement des naissances créent de nouveaux risques d’apatridie.En raison de la pandémie, la suspension des services d’enregistrement pour les faits d’état-civil, dans certains pays, affecte l’enregistrement des naissances, qui est essentiel pour l’accès à la nationalité. Les pays où les services d’enregistrement des naissances ont été partiellement ou totalement suspendus font état d’une baisse des taux d’enregistrement des naissances et d’importants retards. Les campagnes ciblées d’enregistrement des naissances pour les populations marginalisées et qui risquent l’apatridie ont également été suspendues dans de nombreux contextes. Les risques d’apatridie sont probablement les plus élevés parmi les groupes minoritaires - qui constituent la majorité des populations apatrides connues.

    #Covid-19#migrant#migration#sante#HCR#systemesante#apatride#etatcivil#nationalite#pandemie#vaccination#inclusion

  • « C’est vrai que l’on se sent coupable et égoïste de partir, mais tout régresse » : la Tunisie affaiblie par une hémorragie de médecins
    https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2021/06/01/c-est-vrai-que-l-on-se-sent-coupable-et-egoiste-de-partir-mais-tout-regresse

    « C’est vrai que l’on se sent coupable et égoïste de partir, mais tout régresse » : la Tunisie affaiblie par une hémorragie de médecins. La dégradation du système de santé publique pousse toujours plus de praticiens à l’exode vers la France et l’Allemagne, ce qui complique la gestion de la pandémie. Le thème doit être abordé lors de la visite de Jean Castex à Tunis les 2 et 3 juin. En pleine pandémie, Narjes Soua, médecin tunisienne, a posé ses valises en Ardèche méridionale pour travailler en tant que stagiaire associée avant d’obtenir le concours d’équivalence. « C’était très rapide, j’ai commencé ma procédure de départ en août 2020. J’ai eu un contrat assez facilement parce qu’il y a une grande demande de soignants en France », explique la jeune femme de 29 ans, qui est arrivée dans l’Hexagone en octobre, après avoir soutenu sa thèse en Tunisie et fini ses années de stage.Ce départ à l’étranger était un projet de longue date. Au début, il s’agissait d’acquérir « une expérience différente ». Aujourd’hui, Narjes Soua l’envisage plus comme une installation sur le long terme. « C’est très difficile pour moi de savoir si je reviendrai travailler dans mon pays un jour. Nous n’avons aucune perspective d’avenir en Tunisie avec les salaires qu’on nous propose, et la qualité de vie n’est plus la même. Je me sens plus libre ici », confie-t-elle. Maamoun Khamassi, médecin En Tunisie, près de 80 % des jeunes inscrits à l’ordre des médecins ont fait une demande de radiation et sont partis à l’étranger en 2020. Entre 700 et 800 praticiens quittent le pays chaque année, et leur nombre ne fait qu’augmenter. Cette fuite des cerveaux vers la France ou l’Allemagne s’est banalisée pour les nouveaux diplômés, en souffrance face aux salaires proposés dans le secteur public, autour de 1 200 dinars, soit 360 euros par mois (pour un revenu minimum tunisien de 120 euros).« Pendant la pandémie, j’ai préféré travailler bénévolement aux services du SAMU plutôt qu’à l’hôpital, tellement je trouvais ça ridicule d’être payé ce prix-là, lorsqu’on enchaîne les gardes et que l’on est exposé au virus », explique Maamoun Khamassi, 34 ans, lui aussi débarqué en Ardèche, il y a deux mois.
    L’arrivée du Covid-19 en Tunisie a accentué l’effet de loupe sur les défaillances du système de santé publique, pointées du doigt par les soignants depuis des années. « La plupart des recrutements sont bloqués à cause de l’endettement de l’Etat et, lorsqu’on recrute, les contrats sont très précaires et ne fournissent même pas une couverture santé en cas de Covid, considéré comme une maladie professionnelle seulement pour les salariés », explique Ridha Dhaoui, président de l’ordre des médecins de Tunisie.
    « Il est arrivé qu’en plein Covid-19 nous ayons des lits de réanimation, mais sans le personnel nécessaire pour s’en occuper. » Ahlem Belhadj, secrétaire générale du Syndicat des médecins. Ce chirurgien appartient à la génération partie en France pendant sa jeunesse pour enrichir son expérience, avant de revenir exercer en Tunisie. Aujourd’hui, cette mobilité est plus compliquée. D’abord parce que de nombreux professionnels ne souhaitent plus rentrer au pays, découragés par les conditions de travail. En décembre, la mort de l’un d’entre eux après une chute dans une cage d’ascenseur, en panne, dans un hôpital régional, avait suscité la colère et incité les jeunes médecins à descendre dans la rue. Signe que leur statut social s’est dégradé, « les violences de certaines familles de patients se sont multipliées dans les urgences, nous n’avions pas cela il y a dix ans », rappelle Ridha Dhaoui.
    Autre préoccupation, l’impossibilité de la bi-appartenance, un médecin inscrit à l’ordre tunisien ne peut pas exercer en France, et inversement lorsqu’il s’inscrit en France. Un problème pour les anesthésistes et les réanimateurs, l’un des plus gros contingents de l’exode. « Je connais certains médecins de cette spécialité qui font des cycles de garde en France sur quelques mois et qui pourraient revenir exercer dans le public en alternance en Tunisie s’ils en avaient la possibilité », ajoute Ridha Dhaoui, qui estime que cette mobilité pourrait pallier les nombreux départs.
    Douloureux dilemme. De son côté, Ahlem Belhadj, pédopsychiatre et secrétaire générale du Syndicat des médecins, plaide pour la négociation d’accords bilatéraux entre les deux pays, « afin de lutter contre l’hémorragie, sans limiter les libertés individuelles de nos jeunes ». Cet exode a de lourdes conséquences en Tunisie. Et la crise sanitaire n’a rien arrangé. « Il est arrivé qu’en plein Covid-19 nous ayons des lits de réanimation, mais sans le personnel nécessaire pour s’en occuper », poursuit Ahlem Belhadj. Si bien que le gouvernement a été contraint en 2021 d’augmenter de 13 % le budget du ministère de la santé et d’annoncer le ­recrutement de près de 300 médecins. Pour Maamoun Khamassi qui s’acclimate progressivement à son travail dans le service des urgences d’un centre hospitalier régional français, le dilemme est toujours présent. « C’est vrai que l’on se sent coupable et égoïste de partir parce que l’on sait que l’on a besoin de nous, mais tout régresse en Tunisie. Un jeune médecin passe son temps à faire le travail de cinq personnes en même temps, c’est un gaspillage d’énergie. »
    La France ne représente pourtant pas toujours la panacée pour les expatriés tunisiens, qui doivent patienter de longues années avant de pouvoir s’inscrire à l’ordre français et espérer un salaire supérieur à 3 000 euros. Le statut des 5 000 médecins diplômés hors de l’Union européenne et travaillant aux services des urgences et de réanimation des établissements publics français, dont les salaires sont souvent inférieurs à ceux de leurs homologues français, avait été dénoncé à plusieurs reprises au cœur de la crise sanitaire. Mais ces contraintes ne découragent pas les plus jeunes. « Je pense rentrer un jour avec un projet, mais c’est tributaire de l’amélioration de la situation en Tunisie. Le départ n’est jamais une décision facile », conclut Sleh Chehaibi, urgentiste installé en France depuis plusieurs années. Son hôpital a recruté huit Tunisiens cette année.

    #Covid-19#migrant#migration#tunisie#france#sante#personnelmedical#circulationthérapeutique#systemesante#circulation#frontiere#diplome#economie

  • Covid-19 : pour les sans-papiers, le long chemin de la vaccination - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/32502/covid-19-pour-les-sans-papiers-le-long-chemin-de-la-vaccination

    Covid-19 : pour les sans-papiers, le long chemin de la vaccination
    Vacciner les migrants est, de l’avis de la majorité des autorités en Europe, un impératif. Mais dans la plupart des pays, les discours se heurtent à la réalité du terrain subie par les sans-papiers. Dans ce contexte, se faire vacciner relève parfois du parcours du combattant. Le sujet fait consensus dans toute l’Europe : la vaccination au Covid-19 doit inclure le plus grand nombre. Y compris les migrants en situation irrégulière, catégorie de la population parmi les plus exposées au virus. D’après un rapport du Comité international de la Croix-Rouge (ICRC) publié en février, 32% des cas de Covid-19 détectés entre mars et mai 2020 en Suède concernaient des migrants, qui pourtant ne représentent que 19% de la population. Vacciner les exilés s’avère donc primordial, pour leur propre santé comme pour endiguer la pandémie et empêcher les mutations du virus.
    Selon le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), début avril, 153 États avaient adopté des stratégies de vaccination contre le Covid-19 incluant des réfugiés. Un constat « extrêmement encourageant », selon les auteurs du rapport de la Croix-Rouge, qui émettent toutefois un bémol. « Il est important que les plans de vaccination soient élargis à d’autres groupes de migrants, notamment les sans-papiers et les personnes en situation irrégulière. Pour être vraiment efficace, une campagne de vaccination doit atteindre tout le monde. » Et c’est là que le bât blesse. En Italie, où les autorités prévoient de se lancer à la fin du mois dans « la vaccination de masse » en injectant un million de doses par jour, près de 700 000 immigrés sans papiers ou étrangers en demande de régularisation seraient exclus des campagnes de vaccination, selon des chiffres compilés par l’organisation catholique Caritas de Rome. Des « invisibles » aux yeux de l’administration, dont les bases de données ne prennent pas en compte les étrangers qui vivent temporairement sur son sol.
    Dans le pays, la vaccination est pourtant garantie pour tous par la Constitution. Et la carte STP (Etrangers temporairement présents), délivrée à tous les migrants sans papiers à leur arrivée sur le territoire leur assure l’accès aux services de santé urgents ou essentiels, y compris les vaccins. « Même pour ceux qui ne font pas de demande d’asile », précise Gianfranco Constanzo, directeur de la santé de l’Institut national de la santé, des migrations et de la pauvreté (INMP). Pour prendre rendez-vous, il faut se rendre sur la plateforme en ligne dédiée, qui permet de réserver un créneau pour recevoir une injection. Problème : pour valider son inscription, il faut fournir un code fiscal, que les migrants sans papiers n’ont pas. Le chemin vers la vaccination s’arrête là. « En Italie, ces plateformes sont gérées par les régions. Et pour l’instant, seule l’Emilie-Romagne ne demande pas ce code, explique Gianfranco Constanzo. C’est problématique, c’est sûr, car cela accroit encore davantage les inégalités entre les populations. » Même si d’après lui, le couac relève « plus d’un problème technique que d’une stratégie politique », pour la Société italienne de médecine des migrations (Simm), la situation « risque de compromettre la réussite de l’ensemble du plan de vaccination nationale » et relève « d’une urgence de santé publique ».
    Des vaccins dans les lieux de distribution alimentaire En Grèce, accéder aux services de santé s’avère tout aussi compliqué. Dans le pays, plus de 50 000 personnes, sans papiers, en sont privées, car dans l’impossibilité de fournir un numéro de sécurité sociale. Une situation qui empêche, là aussi, certains migrants de bénéficier d’un vaccin.Pour les migrants sans papiers établis en France, l’accès à la vaccination est un peu moins compliqué depuis le 24 mai. Désormais, toute personne en situation irrégulière, qu’elle bénéficie ou non de l’AME, peut prétendre au vaccin. Aucun document ne lui sera demandé. « Les critères d’âges ont aussi été abrogés pour ceux qui vivent dans la rue et dans les foyers d’accueils », affirme Corinne Torre, cheffe de la mission France chez Médecins sans frontières (MSF).
    Des campagnes de sensibilisation vont être organisées par les ONG en partenariat avec le ministère de la Santé, dans des lieux fixes – centres d’hébergement d’urgence, foyers de travailleurs migrants - mais aussi par des équipes mobiles. « Chez MSF, nous allons également nous déplacer dans des lieux de distribution alimentaire, là où nous serons le plus susceptibles de retrouver les mêmes personnes, pour une deuxième dose », explique-t-elle. Ailleurs en Europe, c’est à un autre obstacle que font face les exilés. Partager ses données et révéler sa situation auprès d’un personnel de santé fait en effet surgir pour beaucoup la crainte d’une dénonciation aux autorités chargées de la migration. « Les migrants sans papiers sont très méfiants vis-à-vis des autorités publiques, quelles qu’elles soient, constate Corinne Torre. Il y a un vrai travail de sensibilisation à faire. » Pour rassurer les migrants et ne pas entraver sa campagne de vaccination – selon certaines estimations, le nombre de sans-papiers au Royaume-Uni atteindrait 1,3 million - le gouvernement britannique a dès le mois de février fait savoir aux responsables du NHS, le service public de santé, que la vaccination ne serait pas soumise à des vérifications du statut migratoire. Dans le pays, « la vaccination est d’ailleurs gratuite pour tous ceux qui y vivent, quel que soit leur statut migratoire », avait déclaré un porte-parole du gouvernement. La barrière de la langue, un accès limité à Internet et les coûts potentiels de la vaccination sont aussi « des éléments à ne pas négliger pour les Etats », prévient Nicole Hoagland, membre du bureau australien de la Croix-Rouge. « Mais certains pays européens l’ont bien compris. » Pour contourner ces difficultés, en Allemagne, les autorités berlinoises ont par exemple vacciné les exilés directement dans les centres pour demandeurs d’asile. En Serbie, depuis le 26 mars, des campagnes de vaccination ont été lancées dans plusieurs camps de migrants, dont celui de Krnjaca près de Belgrade. Et en Slovaquie, après que certains migrants se sont vu refuser l’accès au vaccin en raison de leur assurance maladie, le gouvernement a proposé une nouvelle loi qui autorise l’accès aux vaccins pour tous, sans obligation de renseigner un numéro de sécurité sociale. Elle devrait être validée par le Parlement ces prochaines semaines.

    #Covid-19#migrant#migration#france#europe#sante#vaccination#inclusion#migrantsanspapier#systemesante#santepublique#demandeurdasile

  • Malgré des efforts positifs, trop de migrants rencontrent des difficultés pour accéder aux vaccins contre la COVID-19 | Organisation internationale pour les migrations
    https://www.iom.int/fr/news/malgre-des-efforts-positifs-trop-de-migrants-rencontrent-des-difficultes-pour-a
    https://www.iom.int/sites/default/files/styles/highlights/public/press_release/media/img_2205-2_0.jpg?itok=oh5Ja-AS

    Genève - Les politiques gouvernementales, les réalités opérationnelles et les exigences administratives telles que les cartes d’identité et les permis de résidence peuvent entraver l’accès aux efforts nationaux de vaccination pour certains migrants dans 53 des 160 pays où l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a recueilli des informations à ce sujet. Les migrants irréguliers et sans papiers, ainsi que les personnes déplacées de force, sont particulièrement exposés.« Nous sommes impressionnés par les efforts déployés dans des dizaines de pays pour rendre l’accès à la vaccination aussi équitable que possible, mais les obstacles aux services de santé sont systémiques depuis avant la pandémie et restent une réalité pour trop de migrants dans trop d’endroits », a déclaré le Directeur général de l’OIM, António Vitorino. « Ce que nous constatons dans certains cas, c’est un décalage entre ce qui est promis sur le papier et ce qui se passe réellement dans la pratique. »
    Quelque 47 pays ont déjà pris des mesures concrètes pour que les migrants, y compris ceux en situation irrégulière, puissent avoir accès au vaccin. De nombreux pays attendent encore les doses pour commencer leur campagne de vaccination. Même lorsqu’ils commencent, l’OIM a identifié plus de 53 pays, territoires ou zones où les politiques actuelles et les réalités opérationnelles rendront l’accès au vaccin impossible pour les plus vulnérables.
    L’OIM observe avec une inquiétude particulière près de 40 pays où les processus administratifs - tels que l’obligation de présenter une carte nationale d’identité ou un permis de séjour valide, ou de se préenregistrer auprès des régimes d’assurance nationaux - peuvent constituer un obstacle pour certaines catégories de migrants et de personnes déplacées de force.
    D’autres types d’obstacles ont été identifiés dans plusieurs endroits, notamment la priorité accordée aux citoyens et l’exclusion des non-ressortissants des campagnes de vaccination ; l’absence de « pare-feu » entre les prestataires de soins de santé et les autorités d’immigration, qui fait que de nombreux migrants en situation irrégulière craignent d’être arrêtés ou expulsés s’ils cherchent à se faire vacciner ; l’hésitation générale à se faire vacciner en raison d’une sensibilisation insuffisamment ciblée par des canaux linguistiquement et culturellement appropriés ; la mobilité continue qui est une difficulté pour les vaccins nécessitant deux doses, et la nécessité d’avoir un smartphone, un ordinateur ou une connexion Internet pour s’inscrire. L’examen permanent par l’Organisation de l’accès des migrants dans la pratique - qui diffère des études de bureau sur le déploiement national et les plans de vaccination entrepris par d’autres parties prenantes - a également mis en lumière les nombreuses initiatives encourageantes prises par les gouvernements qui reconnaissent que l’équité vaccinale est essentielle pour surmonter les crises sanitaires, économiques et de mobilité, posées par cette pandémie.
    Parmi les bonnes pratiques relevées, citons :
    Accepter toute forme de document d’identité, quelle que soit sa date d’expiration, sans poser de questions sur le statut d’immigration de la personne.
    S’adresser de manière proactive aux communautés de migrants, dans des langues adaptées et par des canaux de communication pertinents, afin d’instaurer la confiance et de créer une demande de vaccins.
    Déployer des équipes de vaccination mobiles pour atteindre les zones reculées où les services de santé primaire restent rares.
    Garantir qu’il n’y aura pas de dénonciation aux autorités d’immigration après la vaccination.
    Accorder des droits de résidence ou des prolongations de visa aux migrants en situation irrégulière, afin de leur garantir l’accès aux prestations sociales, notamment aux soins de santé.
    Travaillant main dans la main avec les autorités sanitaires nationales, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), Gavi (l’Alliance du Vaccin), le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) et d’autres partenaires clés, l’OIM plaide en faveur de telles mesures pour combler les lacunes et fournit aux gouvernements un soutien technique, politique et opérationnel, sur demande. « Il est encore temps de rectifier le tir en matière d’équité vaccinale partout où il existe une volonté politique de le faire », a déclaré le Directeur général Vitorino. « C’est souvent dans les processus quotidiens et les exigences administratives des centres de santé que le combat pour une véritable inclusion est gagné ou perdu, j’appelle donc tous les gouvernements à ouvrir la voie vers la vaccination contre la COVID-19 pour tous »

    #Covid-19#migrant#migration#sante#vaccination#inclusion#OIM#OMS#GAVI#UNICEF#equite#refugie#migrantirregulier#personnedeplacee#systemesante#accessante

  • Pas de «  nous contre eux  » : pourquoi l’inclusion équitable de tous les migrants dans les plans de vaccination contre la COVID-19 est essentielle | BLOG
    https://weblog.iom.int/fr/pas-de-%C2%AB%E2%80%AFnous-contre-eux%E2%80%AF%C2%BB-pourquoi-linclusion
    https://weblog.iom.int/sites/default/files/photo/DSC_4634.jpg

    La COVID-19 a démontré que non seulement les virus ne connaissent pas de frontières, mais qu’ils ne font pas non plus de différence en fonction du statut d’immigration. Ne pas prendre en compte les migrants dans nos efforts de vaccination nuirait à l’efficacité de ces campagnes et rendrait difficile l’éradication de la pandémie.Au 19 avril 2021, plus de 793 millions de doses de vaccin contre la COVID-19 ont été administrées dans plus d’une centaine de pays. Le rythme des vaccinations s’accélère de jour en jour et le monde a bon espoir de voir la lumière au bout du tunnel de la COVID-19.Le succès des campagnes nationales de vaccination dépend de leur caractère inclusif et équitable.
    Mais alors que les experts en santé publique, les conseillers politiques et les responsables gouvernementaux continuent d’élaborer et de mettre en œuvre leurs plans de vaccination nationaux respectifs, il est fort à craindre que certains membres de communautés vulnérables soient exclus des campagnes de vaccination, même s’ils sont mentionnés sur le papier. Parmi les personnes les plus difficiles à atteindre et les plus exposées au risque d’exclusion figurent les migrants qui vivent, travaillent et contribuent de manière significative à nos sociétés, en particulier ceux qui sont en situation irrégulière. Ce sont nos chauffeurs livreurs, nos ouvriers du bâtiment, nos soignants, nos nettoyeurs, nos nounous, nos cuisiniers et nos vendeurs ambulants, qui forment le tissu de nos communautés. Nombre d’entre eux ont déjà eu un visa ou un permis auparavant, mais sont passés entre les mailles du filet de nos systèmes d’immigration. Il peut s’agir d’adultes, d’enfants ou de personnes âgées, et beaucoup vivent depuis des années dans un pays où ils ne peuvent pas nécessairement obtenir d’autorisation officielle de séjour.
    Pour les migrants en situation irrégulière, la pandémie et les mesures de confinement qui en découlent ont rendu la vie infiniment plus difficile et les ont exposés à de nouveaux risques, en particulier s’ils sont sans abri ou s’ils vivent dans des conditions exiguës et précaires où la distanciation physique est difficile et où l’accès à l’eau courante est limité. Certains ont perdu leur emploi en raison des répercussions socioéconomiques de la pandémie ; d’autres ont dû continuer à travailler - soit parce qu’ils travaillent dans des secteurs essentiels, soit parce qu’ils ne pouvaient pas se permettre de perdre un jour de revenu - sans bénéficier d’une protection adéquate.
    Tout porte à croire aujourd’hui que les familles pauvres et les minorités ethniques et autres sont touchées de manière disproportionnée par la pandémie et qu’elles sont plus susceptibles d’avoir des problèmes de santé. En outre, vivre en situation de migration irrégulière signifie souvent un accès limité aux services de santé et à l’information, et une faible confiance dans les autorités en raison des mesures de contrôle de l’immigration
    Dans l’Union européenne et ailleurs, plusieurs pays ont déjà fait part de leur intention d’inclure les migrants en situation irrégulière dans leurs programmes de vaccination. Les stratégies de vaccination néerlandaise et espagnole les mentionnent explicitement. En France, il a été annoncé que les vaccins seront gratuits pour tous et qu’aucune carte d’assurance maladie ne sera requise. En Italie, il a été annoncé que les vaccins seront disponibles pour toute personne vivant dans le pays, quel que soit son statut de résidence. Les directives du Royaume-Uni précisent que les vaccins sont disponibles gratuitement, y compris pour toute personne vivant dans le pays «  sans autorisation  », et qu’ «  aucun contrôle d’immigration n’est nécessaire  » pour les personnes cherchant à obtenir des services de santé liés à la COVID-19.
    D’autres pays à travers le monde ont cherché à créer des environnements favorables, par exemple en accordant temporairement à tous les migrants un statut égal à celui des ressortissants nationaux pour les prestations sociales et sanitaires, en régularisant des groupes importants ou en empêchant les autorités sanitaires de partager les données des patients avec les services d’immigration pendant la réponse à la pandémie afin de se protéger contre le risque d’expulsion.Malgré ces évolutions encourageantes, de nombreuses questions subsistent quant aux détails de leur mise en œuvre. Ce qui est d’ores et déjà clair, c’est que pour les migrants en situation irrégulière qui font partie des groupes prioritaires en raison de leur plus grande vulnérabilité à l’infection - comme les travailleurs de première ligne, les personnes souffrant de comorbidités ou les sans-abri - il est essentiel de mener des actions de sensibilisation proactives pour les informer de leurs droits et leur permettre d’accéder au vaccin.
    En février, le Conseil de sécurité des Nations Unies a adopté une résolution appelant «  les plans nationaux de vaccination contre la COVID-19 à inclure les personnes les plus exposées aux symptômes graves de la COVID-19 et les plus vulnérables, notamment les réfugiés, les personnes déplacées à l’intérieur de leur pays, les apatrides, les populations autochtones et les migrants  », entre autres.Pourtant, dans leur quotidien, les migrants, en particulier ceux en situation irrégulière, sont confrontés à une longue liste d’obstacles qui entravent leur capacité à accéder aux services de santé. Il arrive qu’on leur demande de payer des frais de leur poche, d’être enregistrés dans un mécanisme de sécurité sociale ou de présenter des documents qu’ils ne possèdent pas. La langue est un autre facteur majeur qui suscite l’appréhension et limite la compréhension entre les migrants et les prestataires de services de santé.De plus, les plans de vaccination contre la COVID-19 doivent tenir compte du fait que la discrimination généralisée et les politiques de criminalisation peuvent avoir érodé la confiance des migrants en situation irrégulière envers les autorités publiques : trop souvent, ils évitent de se faire soigner par crainte - et risque réel - d’être confrontés aux forces de l’ordre.Par conséquent, il est essentiel que le déploiement de tout vaccin contre la COVID-19 auprès des migrants en situation irrégulière se fasse en étroite coopération et consultation avec des organisations communautaires de confiance qui ont l’habitude de travailler avec eux et de leur fournir des services, et avec la collaboration et la participation directe des individus et des représentants de ces communautés. Cela permettrait également de s’assurer que l’hésitation à se faire vacciner au sein de ces groupes est comprise et traitée de manière adéquate.
    Des pare-feu fiables doivent également être mis en place entre les autorités sanitaires et les services d’immigration, avec des garanties claires que toute information obtenue de manière officielle ou non sur le statut de résidence d’une personne lors de l’administration du vaccin ne sera pas utilisée contre elle pour déclencher une procédure. Il est important de noter que l’absence de documents officiels ne peut constituer un obstacle à l’obtention d’un vaccin.Il est encore temps de faire les choses correctement en tirant les leçons des autorités nationales et locales qui ont pris des mesures en faveur de l’équité et en travaillant avec les migrants et les communautés locales.
    Le succès des campagnes nationales de vaccination dépend de leur caractère inclusif et équitable. Et notre capacité collective à sauver autant de vies que possible et à relancer nos économies dépend de notre engagement à garantir que tous ceux qui ont besoin du vaccin y aient effectivement accès.

    #Covid-19#migrant#migration#sante#vaccination#inclusion#nationunies#OIM#OMS#immigration#travailleurmigrant#systemesante#equite

  • ‘We don’t get help from anywhere’: Covid exposes inequality in crisis-hit New York neighborhood | New York | The Guardian
    http://www.theguardian.com/us-news/2021/apr/22/coronavirus-covid-queens-new-york-inequality
    https://i.guim.co.uk/img/media/7a942e8a5a09848f1021b9e9dfcf2ad416ccb9a6/0_267_4000_2402/master/4000.jpg?width=1200&height=630&quality=85&auto=format&fit=crop&overlay-ali

    A year after New York City became the center of the global Covid-19 outbreak, the neighborhood considered at the time to be the “epicenter of the epicenter” of the pandemic remains in crisis – laying bare many of the economic fault lines exposed by the coronavirus.Corona, Queens, a welcoming enclave for many of the city’s undocumented immigrants and home to many of the “essential” workers who kept New York running during the pandemic’s worst days, has had the highest number of infections and deaths in the city – and now has one of the lowest percentages of people vaccinated.At least 37% of residents there have received one dose of the vaccine, according to city data. On the Upper East Side, home to the city’s grand museums, luxury boutiques and multimillion-dollar townhouses, more than 64% of residents have received their first dose.
    Densely packed, Corona’s multi-family homes are among the most crowded in the city. In the past year, there were 40 eviction filings per 1,000 units, according to the Association for Neighborhood and Housing Development, a coalition of housing non-profits – 1,211 evictions in total. In Brooklyn’s Carroll Gardens, a neighborhood of gourmet coffee shops and craft beer breweries, landlords had sued 37 families altogether.
    It’s no coincidence that New York depended on Corona families to deliver food, clean the subways and work in cramped restaurant kitchens while many New Yorkers stayed put. Like many such neighborhoods across the developed world, its residents were on the frontline, allowing their richer neighbors to shield themselves at home.This disparity was obvious one year ago, when New York City was the global center of the Covid-19 outbreak. At the time, not-for-profits in Corona described to the Guardian how they acted as disaster relief agencies to feed families, connect people with doctors and speak with consulates to repatriate the deceased’s remains.
    A year later, undocumented New Yorkers are still at high risk of contracting the virus, and are largely excluded from the federal economic stimulus benefits that have helped so many others weather the pandemic.
    For Ciria Santiago, who has lived in Corona since 2005, this spring is certainly better than the last. When businesses shuttered at the beginning of the pandemic, her household of six suddenly had an income of zero: the three working-age people in her family were newly unemployed and were unable to obtain benefits because they are undocumented immigrants.
    The Santiagos’ unemployment drought lasted five months. “We either paid rent or bought food,” said Santiago, who would wake up at 4am to wait five hours in line for the local food pantry to open because it was so crowded with demand.Despite their concerns about Covid-19, her husband and nephew returned to work as a cook and delivery driver and dishwasher in July. It was too late for their landlord, who forced them to move in November because of earlier missed rent payments.
    Like many mothers in the neighborhood, Santiago has stayed home while school is online, but she has found satisfaction as a volunteer at New Immigrant Community Empowerment (Nice), which helps immigrant workers in the city. “We’re happy here, but yes, we’re pressured with money, because we don’t get help from anywhere,” said Santiago, who is originally from Veracruz in Mexico.Undocumented immigrants, including the estimated 50% to 75% who pay taxes, have largely not qualified for health, business and cash aid included in the federal stimulus packages. And 5.1 million US citizens or green card holders were excluded from the first round of stimulus payments as well because they filed their taxes with an undocumented person, according to the Migration Policy Institute.
    Some state and local governments have attempted to fill in the gaps. New York state this month agreed to provide up to $15,600 in one-time payments to undocumented immigrants who lost work during the pandemic. In the city, undocumented people can also access food assistance and the city’s low-cost or no-cost health program. Philanthropic groups are also providing financial aid to the city’s undocumented people.
    But none of this answers the fundamental issue that undocumented people are in a stratified class from the rest of the city’s residents.
    In her role as program director at Nice, Diana Moreno said she has yet to see “sustainable, systemic change” in how undocumented immigrants have been treated through the pandemic.“These workers don’t feel like they have a choice: they have to go to work, in order to get to work, they have to take public transportation, and they have to be out and about in the city, and they are not being properly compensated or properly cared for,” Moreno said.Moreno said the biggest issue Nice members face is that the US still does not have a pathway to citizenship for undocumented immigrants.
    “We are not saying US citizens have had an easy time during this pandemic – we’ve all suffered extensively,” Moreno said. “But US citizens have access to a safety net, and yes, it is a faltering safety net, but it exists.”
    Corona is one of the most diverse neighborhoods in New York City, and here, a church sign on National Street is posted in four different languages.
    Corona is one of the most diverse neighborhoods in New York City.
    The pandemic has also emphasized how a lack of permanent immigration status is a health threat.The Center for Migration Studies released a report in late January that found that in Queens, the neighborhoods most at risk for poor health outcomes were the two combined community districts of South Corona/Elmhurst and North Corona/Jackson Heights. These are also the two sectors of Queens with the highest concentration of non-citizens – which includes undocumented people, green-card holders and people on temporary visas.Undocumented people are not eligible for most health insurance programs, and are the largest group of people in the country ineligible for financial assistance to get healthcare coverage.Until then, undocumented immigrants are uniquely vulnerable even when provisions are in place that should protect them, like the city’s pandemic eviction moratorium.
    Part of this low rate can be attributed to how much Covid-19 there has been in the neighborhood already – people may be less inclined to get the vaccine if they have already contracted the illness. Moreno at Nice said it had also been difficult for people to book appointments because of the scarcity of spaces available and the limited time working people have available to get one.Epidemiologist Denis Nash said: “The vaccine delivery system has really been designed to perpetuate some of the inequities we’ve seen in transmission.” Nash is one of the researchers leading the City University of New York’s group study on the spread of Covid-19. He said since the early phases of the pandemic, essential workers have been at higher risk than non-essential workers. “Of all the different interventions and strategies and policies that we’ve come up with in different parts of the country, including New York City and New York state, we haven’t really identified strategies that work well for reducing disparities and protecting essential workers,” said Nash, executive director of Cuny’s Institute for Implementation Science in Population Health.To help them, Nash explained, community transmission has to be kept at a minimum, but it has been unmitigated across most of the US. “That is really bad for essential workers,” Nash said.And because essential workers will always be on the frontlines of an infectious disease outbreak, it’s crucial to identify strategies that actually reduce their risk of infection. Nash said: “If we don’t come up with strategies to help them or deal with that situation then I think we’re going to see the same situation repeated in the next pandemic.”Francisco Moya, a New York City council member who represents, and was born and raised in, Corona, knew immediately that his community would be hard hit by the virus. When the local Elmhurst hospital was overwhelmed by Covid-19 cases, he became the first stop for people looking to donate PPE and money there. During those PPE deliveries, people would warn him not to breathe the air around the hospital.

    #Covid-19#migrant#migration#etatsunis#newyork#sante#inegalite#immigrant#sanspapier#minorite#systemesante#travailleurmigrant#travailleuressentiel

  • Les statistiques ethniques au Royaume-Uni, un outil essentiel pour lutter contre les inégalités
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/04/22/les-statistiques-ethniques-au-royaume-uni-un-outil-essentiel-pour-lutter-con

    Les statistiques ethniques au Royaume-Uni, un outil essentiel pour lutter contre les inégalités. Ces données, dont la collecte est réclamée par les minorités, sont désormais systématiquement utilisées par les institutions britanniques. La pandémie de Covid-19 a souligné leur pertinence.
    Le 21 mars dernier, c’était le « census day » au Royaume-Uni : tous les résidents britanniques devaient avoir rempli à cette date un questionnaire destiné au recensement décennal en Angleterre et au Pays de Galles – les retardataires ont encore quelques jours pour s’y coller sur le site census.gov.uk. L’exercice est obligatoire et prend une bonne vingtaine de minutes pour un foyer de cinq personnes : la liste des questions est longue, notamment celles liées à l’ethnicité. Britannique blanc, irlandais, gitan ou rom ? Britannique noir, noir africain ou caribéen ? Britannique indien, pakistanais, chinois, bangladais, ou « autres » ? Et si métis, blanc et asiatique, blanc et noir caribéen, ou noir africain ?
    La pertinence d’une case « Somalien », de deux autres mentionnant les religions « sikh » ou « juive », a bien été discutée en amont, mais surtout entre experts. Pour le reste, les questions (y compris, celles, optionnelles, sur les orientations sexuelles) n’ont choqué personne : au Royaume-Uni, où les interrogations identitaires sont centrales (avec des velléités séparatistes en Ecosse et le vote en faveur du Brexit), la collecte des données religieuses et ethniques ne pose plus problème depuis une trentaine d’années. Au contraire : ces données sont considérées par les Britanniques issus des minorités (on utilise pour les désigner l’acronyme BAME, pour « Black, Asian and minority ethnic » ) comme un puissant outil d’action politique « positive ».Déjà, lors du recensement de 1966, les autorités avaient tenté de classer la population du pays entre Britanniques de l’« ancien Commonwealth » (Australie, Canada, Nouvelle-Zélande), du « nouveau Commonwealth » (Inde, Pakistan, Bangladesh, Antilles) et du « Commonwealth africain » (Nigeria, Ouganda, Kenya), rappelle, dans un post de blog, Richard Laux, directeur adjoint de la Race Disparity Unit, une unité de collecte des données ethniques au sein du cabinet du premier ministre. Le gouvernement de l’époque voulait évaluer la part des « non-Blancs » dans une population en rapide évolution : l’Empire britannique était en voie avancée de délitement et le Royaume-Uni accueillait chaque année des dizaines de milliers d’expatriés indiens ou jamaïcains.
    Ce n’est qu’avec le recensement de 1991 qu’a été pour la première fois assumée la collecte des données ethniques (liées à une histoire, une culture, une langue, des traditions ou la couleur de peau). Le Labour Force Survey (LFS), la grande enquête trimestrielle sur l’emploi britannique menée par le Bureau de la statistique nationale (Office for National Statistics, ONS), a suivi. « Au début, les pouvoirs publics craignaient que les gens refusent de répondre parce qu’ils auraient eu peur que ces données soient utilisées contre eux. C’est le contraire qui s’est passé, les gens ont répondu sans problème », rappelle James Nazroo, directeur adjoint du Center on the Dynamics of Ethnicity à l’université de Manchester.
    Après la forte montée des inégalités dans les années 1980, la prise de conscience des communautés noires discriminées (notamment lors des émeutes de Brixton, un quartier du sud de Londres), les autorités ont pris l’engagement d’utiliser les données ethniques pour piloter l’application de politiques de justice sociale. « Durant les gouvernements de David Cameron et de Theresa May, cette volonté politique d’utiliser ces statistiques pour lutter contre les inégalités fondées sur l’ethnie s’est encore accentuée. Theresa May a même établi la “Race Disparity Unit” pour diffuser des données sur les inégalités religieuses et ethniques dans les ministères : l’éducation, la santé, etc. », souligne le professeur Nazroo.
    Au dernier recensement (de 2011), les BAME représentaient 14 % des Britanniques (dont 3,3 % de Noirs et 7,5 % d’Asiatiques). Ces statistiques ont-elles aidé à une meilleure représentation de ces populations dans la société ? Elles sont en tout cas systématiquement utilisées comme références. L’université d’Oxford communique ainsi fièrement sur la part des nouveaux inscrits issus des minorités : elle est montée à 22,1 % à la rentrée 2019. La BBC s’est engagée à ce que 15 % de son personnel à l’antenne soit BAME. « Il y a 20 % de BAME dans les écoles à Glasgow, je veux travailler à ce qu’ils aient au moins 20 % des opportunités d’emploi sur place », explique Graham Campbell, candidat d’origine jamaïcaine du parti indépendantiste SNP aux élections législatives écossaises du 6 mai. « Le gros avantage des statistiques ethniques, c’est qu’il est très difficile aux politiques d’ignorer les faits quand les chiffres sont là », constate M. Nazroo.
    La pandémie de Covid-19 a souligné la pertinence de ces statistiques. Dès la fin du printemps 2020, l’ONS a pu montrer que les populations BAME avaient près de deux fois plus de risques de tomber gravement malades et de mourir du Covid-19 que les Blancs. Une surexposition liée, a priori, surtout à leurs conditions de vie et leur travail (beaucoup sont employés par le NHS, l’hôpital public britannique). Ces publics à risque ont fait l’objet de campagnes de communication spécifiques, notamment depuis le début de la vaccination (sans avoir pour autant été priorisés). Le NHS est lui aussi censé collecter les données ethniques de ses patients – il n’en fait pas assez, se plaignent les représentants BAME. Ces données ont entre autres permis de montrer que les femmes noires britanniques avaient cinq fois plus de risques de mourir de complications en couches que celles d’autres ethnies (selon des données compilées entre 2014 et 2016). « La collecte des données ethniques n’a pas joué en défaveur des minorités ni freiné leur intégration, au contraire. Les gens considèrent qu’elles valorisent leur identité, ils sont parfaitement satisfaits de dire qu’ils sont à la fois pakistanais et britanniques, par exemple, ce ne sont pas des identités contradictoires », conclu le professeur Nazroo.

    #Covid-19#migrant#migration#grandebretagne#minorite#race#statistique#BAME#immigration#NHS#systemesante#surexposition#surmortalite

  • The secret of Taiwan’s Covid-19 success - Asia Times
    https://asiatimes.com/2021/04/the-secret-of-taiwans-covid-19-success

    The authors assumed that testing and isolation occurred simultaneously. This was the case in Taiwan, but not in other countries, for example England, where delays between testing, results and isolation diminish the effectiveness of case-based measures.Taiwan is an island nation with the ability to control the introduction of new cases through border control, and the authors acknowledge the findings of this study may not be fully applicable to other countries.This is why the authors focused on the effectiveness of case-based and population-based interventions on local transmission, rather than on border controls on the number of introductions of Covid-19.The authors conclude that intensive contact tracing is not possible when public health systems are overwhelmed. This never happened in Taiwan due to the success of its strategies, but it did, for example, take place in Ireland in January 2021, which experienced a damaging third wave.(...)We already knew there was much to be learned from Taiwan’s success in preventing Covid-19 from taking hold. Now, as vaccines roll out and new variants emerge, we have more information about the comparative and combined contributions of public health measures.

    #Covid-19#migrant#migration#taiwan#sante#politiquesante#systemesante#frontiere#controle#despistage#tracking

  • La surmortalité en France deux fois plus élevée chez les personnes nées à l’étranger - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/31611/la-surmortalite-en-france-deux-fois-plus-elevee-chez-les-personnes-nee

    Un rapport de l’Institut national des statistiques, Insee, met en lumière la surmortalité qui a été « 2,1 fois plus forte » chez les personnes nées à l’étranger que celles nées en France en 2020, notamment pendant la première vague de la pandémie de coronavirus. Les Africains et les Asiatiques sont particulièrement concernés.Les personnes nées à l’étranger ont connu en 2020, pendant la première vague de la pandémie de Covid-19, une surmortalité deux fois plus élevée que celles nées en France.
    Les décès sont d’ailleurs plus importants chez les personnes originaires d’Afrique, a révélé une enquête de l’Insee, publiée vendredi 16 avril. Si le nombre des morts a augmenté en moyenne de 9% l’an dernier par rapport à 2019 en France, avec 669 000 morts, celui des personnes étrangères a bondi de 17%, précise l’Institut national des statistiques."Pendant la première vague de la pandémie, la hausse des décès des personnes nées à l’étranger a ainsi été 2,1 fois plus forte en moyenne que celle des personnes nées en France", écrit l’Insee, fournissant un aperçu inédit de l’impact de la crise sanitaire sur cette population.
    Dans le détail, la surmortalité a surtout frappé les Maghrébins avec une hausse de 21% (40 100 décès). Les Africains venus d’autres pays (hors Maghreb) ont vu leur mortalité augmenter de 36 % (7 400 décès).L’Asie n’est pas non plus épargnée. Les patients d’origine asiatique ont aussi connu une forte surmortalité, avec un bond de 29% des décès (6 300), alors que ceux originaires d’Europe, d’Amérique ou d’Océanie ont enregistré une hausse de leur mortalité « proche de celle observée pour les personnes nées en France ».
    Si l’Insee affirme que son étude « ne permet pas d’expliquer la différence de surmortalité » entre ces différentes populations, elle relève toutefois que l’écart s’est surtout creusé aux mois de mars et avril 2020, lorsque la situation épidémique a conduit au premier confinement.Sur ces deux mois précis, « toutes causes confondues, les décès de personnes nées à l’étranger ont augmenté de 49% » par rapport à la même période de 2019, contre 23% chez celles nées en France.En particulier, les données de l’Insee révèlent que pendant ces deux mois, la surmortalité a culminé à 55% chez les Maghrébins, 117% chez le reste des Africains et 92% chez les Asiatiques.
    Le ratio de la surmortalité des étrangers « est plus modéré pour la deuxième vague (1,7 contre 2,1), même s’il demeure élevé », écrit encore l’organe de statistique.
    Ces données factuelles viennent conforter l’idée, appuyées par certaines enquêtes publiées ces derniers mois par des associations, que les migrants les plus précaires ont connu une surexposition au virus.Ainsi, une étude menée par Médecins sans frontières (MSF) à l’été 2020, publiée en octobre, mettait en évidence une prévalence « énorme » chez ces personnes.Selon MSF, le taux de positivité au Covid-19 atteignait 50% dans les centres d’hébergement et 89% dans les foyers de travailleurs migrants en Île-de-France, essentiellement peuplés par des ressortissants africains. L’étude de l’Insee, elle aussi, met en évidence que « la hausse des décès a été particulièrement forte en Île-de-France », avec une augmentation de 93% des décès en mars-avril 2020, comparé à la même période de l’année précédente.

    #Covid-19#migrant#migration#france#sante#surmortalite#etranger#minorité#inegalite#systemesante#economie#vulnerabilite#travailleurmigrant#foyer

  • Covid-19 : des renforts sporadiques de soignants pour faire face à la troisième vague
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/04/16/covid-19-des-renforts-sporadiques-de-soignants-pour-faire-face-a-la-troisiem

    Quand elle est venue en mars 2020 en renfort à l’hôpital Raymond-Poincaré de Garches, au début de l’épidémie de Covid-19, Eugénie Fadon allait « dans l’inconnu, du lieu, de l’équipe, de la maladie ». Un an après, cette infirmière d’Hendaye (Pyrénées-Atlantiques) rentre tout juste d’un deuxième séjour dans l’établissement des Hauts-de-Seine. Cette fois, elle se dit marquée par la « souffrance psychologique des soignants. Il y a un gros manque d’effectifs, une fatigue physique et morale du personnel impressionnante, décrit la soignante de 43 ans, qui a du coup décidé de prolonger d’une semaine sa mission dans le service de réanimation. Ils ne voient pas le bout du tunnel. Nous, au Pays basque, on est épargnés… »
    L’hôpital marin d’Hendaye où elle travaille, ne compte, à ce jour, aucun patient atteint du Covid-19. La coopération entre l’établissement basque, qui dépend de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), et la région francilienne s’est nouée à la faveur de la première vague, avec la venue d’une quinzaine d’infirmiers d’Hendaye à Garches. Et à l’automne 2020, ils sont allés prêter main-forte à l’hôpital Bicêtre, au Kremin-Bicêtre (Val-de-Marne). Pour cette troisième vague, une dizaine d’aide-soignants et d’infirmiers ont rejoint l’établissement de Garches et celui de Clamart (Antoine-Béclère), dans les Hauts-de-Seine. La semaine du 19 avril, quatre autres se rendront à Bicêtre. (...)
    Depuis le 1er mars, précise l’AP-HP, 243 soignants (hors intérimaires) sont venus en soutien de ses établissements, dont près d’un tiers d’autres régions. Le dépouillement des uns entraîne le soulagement des autres. En une quinzaine de jours, l’hôpital de Garches a pu augmenter « d’un peu moins d’un tiers ses capacités en réanimation », explique Djillali Annane, chef du service, passant de quinze lits de réanimation lourde, hors soins critiques, à dix-huit lits. Tous ont été occupés en quelques heures.
    Face à une situation où « plus que jamais, les dimanches ressemblent aux lundis et les nuits ressemblent aux jours », l’enjeu, « c’est de pouvoir continuer de disposer au moins du renfort qu’on a actuellement. Idéalement, il faudrait pouvoir ouvrir encore des lits supplémentaires mais il n’y a pas les personnes pour et on ne les aura pas, on voit bien qu’on est au maximum de ce qu’on peut faire », résume Djillali Annane. Selon les jours, son service peut également compter sur l’appui de trois ou quatre étudiantes infirmières anesthésistes, quelques intérimaires ainsi que des infirmières anesthésistes du bloc opératoire dont l’activité a été à nouveau réduite.
    Ces renforts de personnels, le médecin réanimateur les réclamait « pratiquement depuis fin décembre ». Lors de la première vague, la forte disparité entre régions avait permis à de nombreux soignants de territoires peu touchés d’affluer vers ceux sous tension, Ile-de-France et Grand-Est en tête. Depuis, la plus grande homogénéité de l’épidémie rend ce levier plus compliqué à activer.Ces dernières semaines, il a fallu à nouveau se résoudre, d’une part au report des cours des étudiants soignants et, d’autre part, à la déprogrammation des activités opératoires afin de libérer du temps infirmier. Mais aussi des bras parmi les personnels médicaux : cinq médecins anesthésistes de l’hôpital de Garches épaulent ainsi leurs collègues de réanimation sur la permanence de soins, notamment les week-ends. Dans le département voisin de Seine-Saint-Denis, à l’hôpital Avicenne, à Bobigny, le professeur Yves Cohen désespère de voir arriver des médecins pour faire face à l’afflux de patients : « On a demandé des renforts mais pour l’instant on les attend… Et on vient de recevoir un mail pour que nos médecins aillent aider les régions d’outre-mer, c’est un peu absurde », lâche-t-il dans un soupir.Son service de réanimation compte aujourd’hui quarante-deux lits, tous occupés, contre seize en temps normal ; six ont été récemment ouverts en poussant les murs en cardiologie. Même si, depuis dix jours, une dizaine de paramédicaux en provenance d’écoles IADE (infirmiers anesthésistes diplômés d’Etat) et Ibode (infirmiers de blocs opératoires) ont rejoint les effectifs, il faudrait quatre médecins réanimateurs de plus pour ouvrir huit lits supplémentaires.
    « S’il y a des manques en Ile-de-France, qui dispose d’un bassin de population très important et d’une offre de soins énorme, ce n’est pas logique du tout… », pointe François-René Pruvot, président de la commission médicale d’établissement du CHU de Lille.Selon lui, les régions et les départements devraient être autosuffisants. « A l’intérieur d’un département, et c’est d’ailleurs l’autorité des directeurs des agences régionales de santé [ARS], on doit pouvoir redistribuer du personnel qui n’est pas complètement délocalisé de sa géographie », plaide-t-il. Les renforts venus d’autres régions devraient selon lui se cantonner aux situations de crise aiguë, « comme on a connu en première vague, avec une montée épidémique brutale, pour des durées très courtes, à l’image des secours sanitaires dépêchés à l’étranger », poursuit le chirurgien, qui réfute le terme de troisième vague mais parle de « persistance épidémique très haute ».
    Derrière ces problématiques de personnels disponibles, la question centrale qui se pose selon lui est celle des réserves sanitaires opérationnelles : « Tout hôpital devrait-il prévoir une réserve en son sein ? Probablement que les groupements hospitaliers de territoires constitueraient plutôt le bon échelon », avance François-René Pruvot, dont l’établissement n’a pas reçu de renforts venus d’autres départements. (...)Pour affronter la troisième vague, presque 2 500 professionnels, toutes catégories de soins critiques confondues, y étaient réclamés. « Or, pour la semaine du 19 avril, on est sur une base d’environ 500 volontaires pour l’ensemble de la France métropolitaine, indique Catherine Lemorton, responsable de la réserve au sein de l’agence de sécurité sanitaire Santé publique France. Cela ne fait pas sens de saupoudrer un infirmier ou un aide-soignant là-bas, on s’est mis d’accord avec le ministère pour que la réserve se concentre sur toutes les autres régions, pendant que l’ARS essaie de trouver des moyens pour l’Ile-de-France [IDF]. »

    #Covid-19#migrant#migration#france#sante#circulationtherapeutique#personnelmedical#deplacementinterne#systemesante#reservesanitaire

  • How New Mexico Became the State With the Highest Rate of Full Vaccinations - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2021/04/14/us/new-mexico-covid-vaccines.html

    New Mexico, which has one of the highest poverty rates in the U.S., is a vaccination pacesetter thanks to decisive political decisions, homegrown technology and cooperation.More than 57 percent of New Mexico’s adult population has received at least one dose of the vaccine. And nearly 38 percent of adults are fully vaccinated, a higher rate than in any other state.
    ALBUQUERQUE — Despite having one of the highest poverty rates in the country, New Mexico is surging past states with far more resources in the race to achieve herd immunity against the coronavirus.After New Mexico put into motion one of the most efficient vaccine rollouts in the United States, more than 57 percent of its adult population has now received at least one dose of the vaccine, according to the Centers for Disease Control and Prevention. New Hampshire is the only state with a higher vaccination rate. Nearly 38 percent of New Mexico adults are fully vaccinated, more than any other state.
    The feat is providing some relief in a state where Hispanic and Native American residents — groups that have been among the hardest hit by the coronavirus — together account for 60 percent of the population. Going into the pandemic with a dearth of financial resources compared with richer states, and vulnerabilities like having fewer hospital beds per capita than nearly every other state, the authorities in New Mexico saw the vaccine as their most powerful weapon to stave off an even more harrowing crisis.
    Infectious-disease experts attribute New Mexico’s vaccine success to a combination of homegrown technological expertise, cooperation between state and local agencies and a focus by elected officials on combating the virus.Since vaccines began rolling out in December, new cases of the coronavirus in New Mexico have plunged to fewer than 200 a day from nearly 2,000. Deaths have declined to fewer than five a day from an average of more than 35. In the state’s nursing homes and assisted-care facilities, the average number of deaths each day has fallen from 10 to fewer than one.“New Mexico’s foundational health disparities compel us to think differently than some other states with regard to pandemic response,” Ms. Lujan Grisham said in a statement. “I fully believe New Mexico can be the first state to reach herd immunity and be the first to begin operating in the new post-pandemic ‘normal’ the right way, the safe way.”
    Before vaccines began getting administered last year, Ms. Lujan Grisham mobilized the New Mexico National Guard and Civil Air Patrol, whose pandemic-related missions include operating a large vaccine distribution center in Albuquerque and staffing drive-through testing sites. From the start, the authorities have made both the Pfizer and Moderna vaccines available in roughly equal proportions across the state, accounting for a large majority of doses administered so far.

    In devising its vaccine distribution plan many months ago, the health department also turned to Real Time Solutions, a small software company in Albuquerque. While other states adopted piecemeal registration approaches, resulting in chaotic rollouts, Real Time set up a centralized vaccine portal for all residents to sign up for shots.Big challenges persist during a pandemic, including the threat of new variants and disparities in vaccine acceptance in some communities. According to the health department, Hispanics and African-Americans in New Mexico remain less likely to get the vaccine than Anglos, as non-Hispanic whites are known in the state. (...)But Native Americans in New Mexico, who have endured some of the most severe rural outbreaks during the pandemic, are getting the vaccine at close to the same rate as Anglos in the state. In some instances, tribal nations have done such a thorough job of vaccinating their own citizens that they have begun administering doses to people from neighboring communities, providing another boost to New Mexico’s overall vaccination rate.Health experts say somewhere between 70 to 90 percent of people in a society need to be vaccinated to arrive at herd immunity, a situation in which most of a population is immune to an infectious disease, providing indirect protection to those who are not immune. With less than 40 percent of its residents fully vaccinated, New Mexico still has a long road ahead to reach that point.

    #Covid-19#migration#migrant#etatsunis#nouveaumexique#vaccination#sante#inegalite#race#systemesante#communuaute#minorite

  • Au Gabon, 162 médecins cubains pour « éradiquer les déserts médicaux »
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2021/04/13/au-gabon-162-medecins-cubains-pour-eradiquer-les-deserts-medicaux_6076573_32

    La délégation compte 53 généralistes, 52 spécialistes, 50 infirmiers spécialisés et 7 ingénieurs radiologues et biomédicaux, dont les salaires seront payés par Libreville.Le Gabon a accueilli 162 médecins cubains venus renforcer l’offre de soins et « éradiquer les déserts médicaux », a annoncé, lundi 12 avril, le ministère de la santé. « Ils seront déployés sur l’ensemble du territoire national, dans tous les centres hospitaliers, pour une période de deux ans renouvelable », a déclaré à l’AFP Lionel Ndong Eyeghe, conseiller en communication du ministre de la santé : « Le but est d’éradiquer les déserts médicaux. ».
    La délégation, arrivée dimanche, compte 53 médecins généralistes, 52 spécialistes, 50 infirmiers spécialisés et 7 ingénieurs radiologues et biomédicaux, dont les salaires seront payés par l’Etat gabonais. « Nous avons dans certaines régions des déserts médicaux. […] Avec ces médecins cubains, nous allons renforcer les CHU [centres hospitaliers universitaires] en médecins spécialistes et les départements reculés », a déclaré le ministre de la santé, Guy Patrick Obiang Ndong, à leur arrivée.
    Cette annonce intervient alors que le Gabon fait face à une forte hausse des cas de contamination de Covid-19, qui met le système hospitalier sous tension. Depuis le début de la pandémie, ce pays d’un peu moins de 2 millions d’habitants a annoncé officiellement 20 600 cas, dont 127 décès.
    En juin 2017, le président gabonais, Ali Bongo Ondimba, et son homologue cubain, Raul Castro, avaient signé un accord de coopération. Fierté nationale du régime castriste, les missions médicales cubaines à l’étranger sont aussi devenues l’une des principales sources de revenus du gouvernement de l’île caribéenne, grâce à l’envoi de milliers de soignants dans des dizaines de pays.

    #Covid-19#migrant#migration#cuba#gabon#sante#personnelmedical#medecin#circulationtherapeutique#economie#systemesante

  • How a Volunteer Army is Trying to Vaccinate Black People in the Rural South - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2021/03/28/health/covid-19-vaccine-african-americans.html

    ‘All Hands on Deck’: When Vaccinating Black People Is a Communal Effort
    In the face of limited transportation, patchy internet service and threadbare medical care, community leaders in Alabama and Mississippi are trying to shrink the racial disparities in vaccine access.

    #Covid-19#migration#migrant#etatsunis#vaccination#minorite#inegalite#race#sante#systemesante