• Est-il vrai que de véritables génies existent ? - Regarder le documentaire complet | ARTE
    https://www.arte.tv/fr/videos/127454-005-A/est-il-vrai-que-de-veritables-genies-existent

    "Alors cette notion de #génie, en fait, elle s’applique à trois catégories de réalité. La première, c’est la capacité d’une personne, son #talent. La deuxième, c’est la réalisation de son talent dans des œuvres. Et la troisième, c’est la #reconnaissance de ce talent par la gloire. Il convient donc de distinguer le culte de l’artiste de son œuvre et de son talent."

    "C’est au début de l’ère moderne que naît en Europe le concept de génie tel que nous le connaissons aujourd’hui. Un basculement s’opère au XVIIIe siècle. On donne l’idée selon laquelle le génie est un esprit divin. Avec le bannissement des esprits, le génie moderne entre en scène et prend la relève. Le concept moderne du génie apparaît à une époque où les philosophes des Lumières commencent à chasser les dieux et (…)

    #mérite #romantisme #spiritualité #admiration #idolatrie #eugénisme #sociologie

  • Le SNPTES dénonce le fait de soumettre nos collègues étrangers, fonctionnaires ou contractuels, à un #examen_civique payant

    Le SNPTES condamne le double discours de certains politiques qui souhaitent encourager la venue de talents scientifiques étrangers et qui, parallèlement, leur compliquent la vie.

    Comme si cela ne suffisait pas… à partir du 1er janvier prochain, nos établissements publics de l’enseignement supérieur et de la recherche vont être confrontés à un nouveau problème… En effet, une proportion importante de nos collègues étrangers, contractuels ou même fonctionnaires, seront désormais soumis à de nouvelles démarches lorsqu’ils auront besoin, notamment, de solliciter une carte de résident ou une #carte_de_séjour pluriannuelle. En particulier, les personnes visées seront soumises à un examen civique sous forme d’un très scolaire ou infantilisant #QCM… Cet #examen, cerise sur le gâteau, sera payant !

    Le SNPTES précise que cela concernera nos collègues contractuels en #CDD ou #CDI, nos collègues contractuels doctorantes et #doctorants, nos collègues personnels ouvrier (PO) des CROUS, mais aussi nos collègues de nationalité étrangères à l’Union européenne (UE) qui seraient pourtant #fonctionnaires stagiaires ou #titulaires ITA-ITRF de catégorie A, #chercheurs et #enseignants-chercheurs.

    Concernant ces dernières catégories, le SNPTES rappelle en effet que depuis très longtemps des collègues étrangers à l’Union peuvent, fort heureusement, devenir fonctionnaires français sans pour autant être soumis à l’obligation d’acquérir la #nationalité française. Le SNPTES précise, pour les réactionnaires ou grincheux qui nous liraient, que certains de ces collègues fonctionnaires renoncent à devenir français tout simplement parce que cela les conduirait à couper tout lien ou toute possibilité de séjourner temporairement dans leur pays d’origine.

    Concrètement, cela pourrait signifier que les collègues fonctionnaires, contractuels de droit public et PO des CROUS qui échoueraient à cet examen civique seraient désormais en situation irrégulière. Bienvenue dans le pays des droits de l’homme !

    Le SNPTES interpelle donc notre ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace sur la stupidité de cette procédure kafkaïenne qui, de surcroît, est totalement à l’opposé du souhait ministériel d’attirer des #talents scientifiques internationaux en initiant, par exemple, l’opération “#Choose_France_for_Science”.

    Le SNPTES interpelle aussi les directions de nos établissements de l’enseignement supérieur et de la recherche sur la nécessité d’aider les collègues concernés à se dépatouiller dans ce labyrinthe administratif. Nos directions, comme cela existe dans quelques établissements universitaires pour nos étudiants internationaux, doivent mettre en place, avec les préfectures, des cellules destinées, au sein de nos services, à faciliter les démarches de nos collègues.

    Enfin, le SNPTES constate que, là aussi, des officines privées ont déjà repérer le bon filon et s’apprêtent à proposer leurs services payants à celles et ceux qui sont soumis à cet examen.

    https://www.snptes.fr/index.php?lvl=notice_display&id=16627
    #université #ESR #enseignement_supérieur #France #recherche #étrangers #racisme

    ping @karine4

  • Un autre genre de #Philosophie
    https://laviedesidees.fr/Vanina-Mozziconacci-Apprendre-philosopher-feministe

    Peut-on philosopher en féministe, alors même que l’histoire de la philosophie est fortement genrée ? Oui, mais cela implique de prêter attention à tous les parti-pris qui la traversent et souvent la constituent.

    #féminisme #pédagogie #talent
    https://laviedesidees.fr/IMG/pdf/20250616_cornuez.pdf

  • « Faire appel à davantage de main-d’œuvre étrangère est devenu une nécessité vitale »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2024/01/08/faire-appel-a-davantage-de-main-d-uvre-etrangere-est-devenu-une-necessite-vi

    « Faire appel à davantage de main-d’œuvre étrangère est devenu une nécessité vitale »
    Gianmarco Monsellato
    Président de Deloitte France et Afrique francophone
    Alors que la loi française sur l’immigration adoptée le 19 décembre est très restrictive, l’avocat Gianmarco Monsellato explique, dans une tribune au « Monde », pourquoi la France a besoin des compétences étrangères pour préparer l’économie de demain.
    Les débats actuels l’illustrent : l’immigration tend à être abordée exclusivement à travers un prisme social et politique, et beaucoup trop peu à travers un prisme économique. Parasitées par les débats sécuritaires et identitaires, les discussions qui ont entouré l’examen puis le vote du projet de loi au Parlement n’ont pas fait toute sa place à une question pourtant centrale : comment former et attirer les talents qui occuperont les emplois que va créer l’économie de demain ?
    Nous nous trouvons face à un déficit de main-d’œuvre, sur fond de ralentissement démographique, avec une raréfaction de la ressource travail et une pénurie de compétences dont souffrent déjà les entreprises aujourd’hui. Une pénurie qui se constate à tous les niveaux : dans des grands groupes, mais plus largement sur l’ensemble du tissu économique.
    Une étude récente du Lab de Bpifrance sur la pénurie de talents dans les PME et les ETI (entreprises de taille intermédiaire) industrielles posait ainsi les bases d’un débat serein sur l’immigration économique, de manière globale et chiffrée, en montrant les besoins colossaux d’emplois à pourvoir (400 000 emplois supplémentaires d’ici à 2035 dans l’industrie).
    Faire appel à davantage de main-d’œuvre étrangère est devenu une nécessité vitale. On peut regretter que la discussion sur les fameux « métiers en tension » soit restée trop focalisée sur les emplois – souvent peu qualifiés – à pourvoir aujourd’hui. Mais les métiers en tension de demain, dont il faut se préoccuper vite, ce sont aussi tous ces emplois hautement qualifiés qui n’existent pas encore ! Ceux induits par les révolutions technologiques, par la mutation climatique, et ceux qui serviront à faire le lien entre toutes ces transitions, par leur capacité à synthétiser et mettre en perspective les nouvelles problématiques.
    Nous sommes d’ores et déjà entrés dans une compétition mondiale pour attirer ces talents. Or, force est de constater que notre système actuel n’y parvient pas suffisamment.Deux indicateurs éloquents pour s’en rendre compte : d’après le Conseil d’analyse économique, seulement 10 % de l’immigration en France est liée aux compétences – un chiffre bien inférieur à celui de nos voisins européens. Et sur l’index mondial de compétitivité des talents publiée par l’Insead, la France figure au 19e rang, loin derrière l’Allemagne. Il y a donc bien un sujet fondamental d’attractivité !
    La compétition est particulièrement marquée dans la tech. La transformation numérique et l’automatisation modifient la nature du travail, augmentant la demande pour des compétences en informatique, en analyse de données ou en intelligence artificielle. Il y a un écart entre les compétences enseignées et celles demandées par le marché du travail.
    L’immigration de main-d’œuvre qualifiée peut et doit aider à combler cet écart. En 2050, la moitié des jeunes diplômés seront originaires d’Afrique ; le niveau des étudiants africains en mathématiques est souvent supérieur à celui observé en France au lycée… Ignorer ce réservoir de talents serait une erreur stratégique majeure pour notre économie.
    L’enjeu devrait donc être de plus en plus de créer des régimes fiscaux et sociaux favorables, d’abaisser le coût du travail pour attirer cette main-d’œuvre étrangère. De nombreux pays l’ont fait. Les Etats-Unis, le Canada, l’Australie et l’Allemagne et même, récemment, le Japon, ont adopté des politiques ambitieuses en matière d’immigration. En France, ces politiques résolument volontaristes n’existent pas, ou peu. La question de l’immigration ne doit pas se limiter à un – légitime – débat politique. Elle est au cœur de la stratégie économique des Etats. Attirer des talents au-delà de ses frontières, c’est pour l’Europe une des conditions pour rester compétitive. L’apport des talents étrangers à l’économie française n’est pas seulement une question d’inclusion, c’est un levier de performance – et, in fine, une source de souveraineté.

    #Covid-19#migration#migrant#loiimmigration#migrationqualifiee#economie#talent#strategie#souverainete#inclusion#maindoeuvre#metierentension#france

  • « La loi sur l’immigration est étriquée, erronée et dangereuse d’un point de vue économique »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2024/01/03/la-loi-sur-l-immigration-est-etriquee-erronee-et-dangereuse-d-un-point-de-vu

    « La loi sur l’immigration est étriquée, erronée et dangereuse d’un point de vue économique »
    Tribune Hillel Rapoport
    Professeur d’économie à l’université Paris-I Panthéon-Sorbonne
    Cela fait longtemps que le débat public sur l’immigration en France se focalise sur les questions sécuritaires et identitaires. Quand l’économie est abordée, c’est toujours en réaction à un agenda électoraliste et populiste : les immigrés prennent-ils le travail des Français et coûtent-ils plus qu’ils ne rapportent au budget de l’Etat ? Il est symptomatique que les deux seuls aspects véritablement économiques de la loi portent sur les métiers en tension et sur des conditions plus restrictives de versement de prestations sociales aux immigrés. Rien sur le long terme.
    Pourtant, d’un point de vue économique, l’immigration est à la fois la rançon de la réussite d’un pays et, dans un monde globalisé, une condition de sa croissance future. En eux-mêmes et par la diversité qu’ils apportent, les immigrés sont une source d’innovation, de création, d’entrepreneuriat et d’insertion dans l’économie mondiale. C’est évident pour l’immigration qualifiée.
    Aux Etats-Unis, les immigrés représentent un quart des entrepreneurs ou des innovateurs et plus du tiers des professeurs dans les universités les plus prestigieuses. La causalité est à double sens : la réussite et le rêve américain attirent les plus qualifiés, et les compétences ainsi que la diversité qu’ils apportent viennent nourrir le dynamisme, la productivité et la croissance de l’économie américaine.
    L’immigration moins qualifiée est également porteuse de bénéfices économiques. Au-delà des aspects démographiques de soutenabilité des systèmes de retraite, les immigrés sont largement complémentaires des travailleurs natifs. Le fait qu’ils « exercent les métiers dont les Français ne veulent pas », pour employer un poncif, n’en est pas moins vrai, et par ailleurs leur concentration dans les services à la personne permet de libérer du travail qualifié, notamment féminin.
    En définitive, l’immigration est un atout stratégique fondamental dans la compétition économique internationale ; s’en priver, c’est se tirer une balle dans le pied, et c’est exactement ce que fait la France depuis maintenant cinquante ans, à contre-courant de la plupart des autres pays de l’OCDE [Organisation de coopération et de développement économiques]. Plutôt que de renvoyer aux nombreuses études qui le démontrent, considérons l’échec douloureux et presque humiliant de la France dans la course à la production d’un vaccin contre le Covid-19.
    Nos champions nationaux se sont fait damer le pion par Pfizer, entreprise aussi multinationale que multiculturelle, dont la collaboration avec BioNTech, licorne allemande fondée par des chercheurs d’origine turque, a connu le succès que l’on sait ; et par Moderna, entreprise américaine créée dix ans auparavant par trois fondateurs dont un immigré libano-arménien et un Sino-Américain, établi en Suède, et dirigée par… un Français. Pourquoi la France a-t-elle échoué ? Il n’est pas exclu que ce soit la faute des immigrés… qu’on n’a pas su attirer, promouvoir, intégrer.
    Mais qui songerait à pointer l’absence de diversité de nos élites économiques, politiques et scientifiques (absence totale dans le cas du comité de direction de Sanofi France) ? L’étroitesse d’esprit qui nous empêche de voir ce que la diversité peut nous apporter nous rend myopes sur les questions d’immigration, au sens propre d’absence de vision de long terme.
    Le fait est que depuis cinquante ans la France s’est enfermée dans un cercle vicieux où l’arrêt de l’immigration de travail dès le milieu des années 1970 la condamne à ne subir (car c’est bien comme cela qu’elle le vit) qu’une immigration au nom du droit (familial et humanitaire) plutôt qu’au nom de l’économie, ce qui se traduit par une structure de l’immigration moins qualifiée et moins diversifiée que dans la plupart des autres pays de l’OCDE.Mais ce type d’immigration, peu qualifiée et peu diversifiée, est justement celui qui alimente les attitudes négatives vis-à-vis de l’immigration, mais aussi les crispations identitaires et économiques liées à la compétition réelle ou supposée pour les emplois, les logements et les aides sociales. Et pousse les opinions publiques à exiger encore moins d’immigration.
    Dans le même temps, les pays anglo-saxons mettent en œuvre des politiques volontaristes d’ouverture à l’immigration, qualifiée et non qualifiée, proposant un contre-modèle vertueux. Le principal dispositif, les « systèmes par points », attribue à chaque candidat à l’immigration un certain nombre de points en fonction de critères tels que l’âge, le niveau d’éducation, de maîtrise de la langue, la profession, etc., et définit un seuil total de points synonyme de visa d’immigration permanente.
    De tels systèmes ont été adoptés successivement par l’Australie, le Canada, la Nouvelle-Zélande et le Royaume-Uni, et aucun ne les a depuis abandonnés. Ces pays auraient-ils compris quelque chose qui nous échappe ? Ou sont-ils plus attractifs ? Il est exact que la France, qui proclame vouloir attirer les talents, souffre d’un déficit d’attractivité, ce que révèle par exemple son classement dans l’indice de compétitivité globale pour l’attraction des talents (19ᵉ sur 25) de l’Institut européen d’administration des affaires.
    La modélisation des déterminants des migrations internationales met en évidence tant le rôle des facteurs d’attraction – salaires, libertés publiques, mais aussi mieux-disant environnemental et sociétal sur des questions telles que l’ouverture à la diversité – que celui des facteurs de répulsion, dont la xénophobie et le populisme. De ce point de vue, la loi relative à l’immigration émet un signal désastreux. Elle relève sans doute avant tout d’un calcul politique, mais celui-ci est risqué et se double d’un calcul économique erroné et perdant.
    Hillel Rapoport est titulaire de la chaire Economie des migrations internationales à l’Ecole d’économie de Paris.

    #Covid-19#migrant#migration#france#loiimmigration#attractivite#economie#talents#competitivite#determinantmigration#metierentension#politiquesociale#xenophobie

  • “Le livre des solutions” : Gondry et l’idéologie du génie toxique
    https://www.frustrationmagazine.fr/gondry

    Le livre des solutions est le dernier film en date du réalisateur français Michel Gondry. Il raconte les étapes qui précèdent la sortie d’un film loufoque et avant-gardiste réalisé par un cinéaste, Marc Becker, incarné à l’écran par Pierre Niney. Son équipe et lui se sont refugiés chez la grand-tante du cinéaste, dans un village […]

    • La réception critique de ce film en dit finalement très long sur la façon dont est envisagé le cinéma parmi la classe dominante du secteur culturel en France : comme un processus violent comprenant de l’exploitation d’autrui, des cris, des décisions insensées pour un résultat qui sera célébré, à la fin, comme l’oeuvre d’un “génie”...

      ... Contrairement à ce que les critiques enthousiastes prétendent, à aucun moment ce film ne nous apprend comment on fait du grand cinéma. Il nous montre seulement à quel point un grand cinéaste a le droit de se comporter comme un gros con.

      Une brillante contribution aux mythes bourgeois du génie

      Le film de Michel Gondry s’inscrit dans l’idéologie plus large, extrêmement contemporaine et bourgeoise, du génie. Cette idéologie comporte plusieurs grands mythes.

      Premier mythe : le génie se serait fait tout seul. Il serait le méritant par excellence. Il ne devrait son mérite à rien d’autre qu’à des caractéristiques quasi-surnaturelles, qui n’auraient – ça alors – aucun lien avec son milieu social. C’est sans doute pour appuyer ce trait – fictif – que Gondry fait provenir son alter égo d’un petit village des Cévennes alors que lui-même a grandi à Versailles, dans une famille de musiciens connus. Pour Samah Karaki, une neuroscientifique qui a consacré cette année un livre au mythe du talent, : “Les génies ne sont jamais solitaires, même si on aime les imaginer comme étant des êtres marginaux qui, comme ça, par dérive psychanalytique, en ayant vécu des traumas dans l’enfance, dans l’adolescence, ont pu dériver et finalement fournir une innovation sociale. En fait, si on creuse, que ce soit dans les sciences ou dans les arts, le génie solitaire n’existe pas parce qu’il s’assoit sur un écosystème. C’est une excroissance d’un écosystème qui est déjà présent, de connaissances, de travail, de collaboration, de contributions qui sont très complexes, qui font qu’un individu va comme un petit nain qui s’assoit sur l’épaule d’un géant de connaissances et de collaboration nous paraître comme étant celui ou celle qui a produit cette innovation.”

      Cette analyse nous amène au deuxième grand mythe, que l’on retrouve dans le film : les chefs d’œuvres des génies le seraient globalement de leur seul fait. Car si le film de Gondry met en scène une équipe, ses membres sont dépourvus de la moindre possibilité d’initiative, leur boss les mettant constamment dans un climat de confusion et de peur qui les empêche d’accomplir correctement leur travail. Le film met en scène un réalisateur omnipotent, capable d’avoir un avis sur tous les aspects du film, du scénario à la bande originale, alors que ce n’est jamais ce qu’il se produit. A cet égard, mon ami D., à qui je disais, en sortant du film, que cette daube signée Gondry risquait de changer à tout jamais l’image que j’avais de l’une des oeuvres les plus connues, Eternal Sunshine of the Spotless Mind (qui est l’un de mes films préférés), m’a rappelé que ce chef d’oeuvre avait été écrit par le scénariste Charlie Kaufman. Sa bande originale si remarquable est marquée par des compositions de Jon Brion tandis qu’on imagine désormais la grande équipe que Gondry a du martyriser pendant le film et qui a été ensuite invisibilisée par son grand nom. Il n’est pas le seul à maîtriser cette tradition bien nocive : alors que le succès d’un film est toujours le fait d’un très vaste groupe de gens, c’est toujours le nom du réalisateur qui écrase tous les autres.

      “Que ce soit dans les sciences ou dans les arts, le génie solitaire n’existe pas parce qu’il s’assoit sur un écosystème. C’est une excroissance d’un écosystème qui est déjà présent, de connaissances, de travail, de collaboration, de contributions qui sont très complexes.”
      Samah Karaki

      Le troisième mythe se situe dans l’idée déjà illustrée plus haut qu’on ne fait pas de génie sans casser d’œufs, et qu’un grand génie vaut bien de petits tracas. Harcèlement moral, souffrance au travail, violences psychologiques ou sexuelles : rien ne saurait ternir l’image qu’on devrait avoir des génies, qui sont de toute façon “incompris” et ne méritent pas d’être jugés comme le commun des mortels.

      Avec ce film, Michel Gondry ne s’offre pas seulement un égotrip plaisant pour lui. Il demande aux spectateurs de venir avec lui entériner les grands axes de l’idéologie du génie, celle qui justifie ses sales comportements potentiels, l’invisibilisation des autres et l’idée d’une réussite qui n’aurait dépendu que de son propre talent. Que les critiques de cinéma qui appartiennent ou envient l’univers culturel de la classe dominante s’y laissent prendre n’a rien de surprenant. A nous de nous désintoxiquer de ce genre de discours, car nous ne sommes plus dupes.

      Nicolas Framont

  • #Bach_Nord

    Un danseur :

    « Plus tu as vécu des trucs durs, plus il t’arrive des #injustices dans la vie, plus ça monte à l’intérieur, plus tu as le #potentiel pour faire des #trucs_de_ouf. Si tu comprends comment toute ta #haine, tes patates, boum, tu peux le mettre dans la danse. Eh bhein, c’est une #réussite. Toute ta haine, tu vas arrêter de frapper des gens, tu vas commencer à frapper en l’air et voir comment tu peux faire un truc constructif ».

    https://www.dailymotion.com/video/x8lwuiv


    #danse #quartiers_populaires #Marseille #art #art_et_politique

    • Bach Nord

      Pour #Marina_Gomes, culture #hip-hop et #engagement_citoyen sont indissociables, comme en témoigne Bach Nord, créée en réaction au film polémique de Cédric Jimenez, #BAC_Nord. Sur une composition musicale d’#Arsène_Magnard inspirée de Jean-Sébastien Bach et naviguant entre #guitare, #drill et musique #shatta, la pièce déconstruit les #clichés sans occulter les situations de vie, la #violence et les #ségrégations multiples, l’#enfermement. Là encore, la chorégraphe met en avant le #talent de la jeunesse, particulièrement des collégien·ne·s et lycéen·ne·s des 3e, 13e, 14e et 15e arrondissements de Marseille accompagné·e·s au long cours par les danseur·se·s de sa compagnie Hylel lors d’ateliers. Marina Gomes propose une vision nuancée de la vie des jeunes des cités, témoins de premier plan, en les invitant à transcender leur réalité. Et à devenir partie prenante d’une véritable création artistique, esthétique et puissante, qui leur ressemble.

      https://www.festivaldemarseille.com/fr/asmanti-bach-nord
      #jeunes #jeunesse

    • VIDEO. « Bach Nord », des jeunes des quartiers nord de Marseille brisent les préjugés à travers la danse

      En réponse au film « Bac Nord », et pour briser les préjugés qui stigmatisent les jeunes des quartiers, Marina Gomes, chorégraphe marseillaise, les met en scène dans son œuvre « Bach Nord ».

      « J’ai été heurtée par l’image qu’on renvoie des jeunes de cité, comme le mauvais objet de la société. » Ce sont les paroles de Marina Gomes, chorégraphe marseillaise. Cette jeune femme, qui a vécu de nombreuses années à Felix-Pyat, veut véhiculer, à travers son art qu’est la danse, une autre image des jeunes des quartiers qui « sont juste des jeunes comme ailleurs ».

      Pour Wiame, 14 ans, qui participe au projet, « c’est important de dire aux gens que ça suffit de juger sans connaître. Ce n’est pas parce qu’on habite les quartiers nord qu’on est des mauvaises personnes. Voir tout le monde nous applaudir, ça montre que quand on est ensemble ça se passe bien. »
      « Ce film justifie qu’une police ne respecte pas la loi, comme si on ne méritait pas mieux »

      Du côté de Marina, tout est parti d’un tag sur un immeuble de son quartier qui disait « écoutez Bach, évitez la Bac ». Alors, avec des « minots » qu’elle a rencontrés lors d’ateliers et sa compagnie de danseurs professionnels, elle construit son œuvre chorégraphique Bach Nord. Un titre en référence au film Bac Nord sorti en 2021. « Il nous a heurtés parce qu’il justifie qu’une police ne respecte pas la loi, comme si on ne méritait pas mieux », souligne Marina Gomes.

      On dirait qu’il n’y a pas d’émotion autour de tout ce qui se passe dans les quartiers nord
      Marina Gomes, chorégraphe marseillaise

      Avec le compositeur Arsène Magnard, ils sont partis de la Sonate pour violon n°1 BWV 1001 du célèbre Jean-Sébastien Bach. Ils se la sont appropriée en « naviguant entre la guitare, la drill, la shatta… qui sont des évolutions récentes de la musique hip-hop ». Une volonté également de mettre en avant l’évolution de la culture hip-hop dans les quartiers. La guitare n’a pas été un choix anodin non plus, puisque c’est le surnom que l’on donne à la Kalachnikov dans les quartiers.
      Riposte au film Bac Nord

      En riposte à la réputation du film et pour briser les préjugés sur les jeunes de cité, elle a donc créé cette œuvre Bach Nord avec une quinzaine de « minots » qu’elle a rencontré lors d’ateliers. Younes est l’un d’eux. À 20 ans, son retour d’expérience est sans équivoque : « J’ai voulu participer au projet de Marina parce que c’est rare qu’on nous donne la possibilité de prendre la parole, avec Marina on s’est rencontré sur des ateliers rap, je lui fais confiance. C’était important de répondre au film bac nord parce qu’il rabaisse les quartiers, je voulais montrer qu’on est capable de bien plus que ce que tout le monde croit. Même moi je ne croyais pas que j’étais capable de danser ! »

      C’était là aussi une volonté de Marina Gomes. « Mettre ces jeunes-là sur scène, c’est ouvrir le champ des possibles. À aucun moment ils ne s’imaginaient pouvoir le faire ». Ils se sont représentés pour la première fois au Festival de Marseille, un grand rendez-vous de la danse contemporaine. Le message est clair : « la jeunesse et les habitantes méritent une vision nuancée. Il se passe aussi des choses magnifiques dans les quartiers, c’est toute une palette de personnes, d’histoire de vie, de belles choses. » À travers cette performance, Marina Gomes espère « susciter un regard empathique, voire de la tendresse ». Si vous les avez manqués, vous pourrez les voir au festival d’Avignon au CDCN les Hivernales du 10 au 20 juillet 2023.

      https://france3-regions.francetvinfo.fr/provence-alpes-cote-d-azur/bouches-du-rhone/marseille/video-bach-nord-des-jeunes-des-quartiers-nord-de-marsei

  • Ireland: Regularisation Scheme for Undocumented Migrants

    - A new immigration program will allow eligible foreign nationals without valid immigration permission to remain and reside in Ireland by regularising their residency status. It will also provide access to the labour market. The program is not yet open for applications.
    - This program will provide greater access to the Irish labour market, thus opening a new pool of talent for employers, which is crucially important during the skills gap that has developed during the COVID-19 recovery period.

    https://www.fragomen.com/insights/ireland-regularisation-scheme-for-undocumented-migrants.html?mkt_tok=MTMwL
    #régularisation #migrations #Irlande #marché_du_travail #talents #covid-19 #coronavirus #travail #sans-papiers

    ping @karine4

  • la vision du rôle de l’artiste dans la société.
    (1) 𝐋𝐢𝐭𝐭𝐥𝐞 𝐖𝐚𝐥𝐤𝐲𝐫𝐢𝐞 sur Twitter : « Entre fan des NFT et wannabe fascistes qui piquent des trucs pour des vidéos néonazies, on va dire que l’actualité artistique a été un peu riche, ces temps derniers. mais riche comme le fumier l’est en merde. Petit thread donc sur la vision du rôle de l’artiste dans la société. https://t.co/OdFLZ6IIjx » / Twitter
    https://twitter.com/LeslieBoulay/status/1467836227886157824?s=20

    Entre fan des NFT et wannabe fascistes qui piquent des trucs pour des vidéos néonazies, on va dire que l’actualité artistique a été un peu riche, ces temps derniers. mais riche comme le fumier l’est en merde. Petit thread donc sur la vision du rôle de l’artiste dans la société.

    • Un artiste est une personne qui fait de l’art. C’est une démarche consciente, donc. Qu’il réussisse à faire un taf génial ou médiocre, la démarche reste la même ; on est artiste parce qu’on VEUT l’être.
      La question de ce qui fait art, c’est encore autre chose et il est naturel que les artistes s’affrontent autour de ça.

      Il est aussi de rigueur de dire que l’art « ne sert à rien » et que c’est à ça qu’on le reconnait…

      Il serait plus juste de préciser que la pulsion créatrice n’obéit à aucune nécessité pragmatique. on éprouve le besoin, donc on crée. Mais cette pulsion créatrice est elle moins à l’œuvre dans une humble poterie usuelle que dans une œuvre d’art contemporain énigmatique ?
      Je n’en suis pas convaincue. Le distingo art/artisanat me parait fortement artificiel.
      Et de même, la distinction entre amateur et professionnel ne se base en rien sur la qualité ou la valeur de ce qui est créé, mais uniquement sur « est-ce que tu as décidé d’en faire ton métier ou pas ».

      Même si on peut argüer qu’un pro passera plus de temps qu’un amateur à son taf et donc nécessairement, aura statistiquement plus de chance de devenir une pointure, il est important de laisser ainsi la place à la possibilité d’un amateur particulièrement doué.
      Toutes ces choses-là, ce sont les faits.

      Passons aux mythes. Car la notion d’artiste est fortement polluée par une vision idéologique occidentale. L’essentiel de la vision qu’on en a est basé d’une part sur l’Humanisme de la Renaissance et de l’autre part sur le 19e siècle.
      Notez que par 19e siècle, j’inclus les Lumières qui sont plus sur le 18e et qui incluent une forme de préromantisme et les avant-gardes d’avant la Première Guerre mondiale.
      L’humanisme renaissant place l’humain et son esprit au cœur de la question de la création. Enfin, l’être humain MASCULIN, bien sûr.

      Un ouvrage, « Les Vies des meilleurs peintres, sculpteurs et architectes », par Vasari, va être d’une importance capitale dans l’élaboration du premier grand mythe : le GÉNIE. Censé être rare, il doit ses réalisations autant à ses qualités propres qu’à son travail.
      Cela dit, ce mythe survient à un moment ou tout artiste professionnel qui réussit ne se voit pas forcément attribuer cet état. La renaissance est une période de jonction, de changement, de rupture, mais aussi de continuation sur certaines choses…
      Le mythe du génie est particulièrement raccord avec celui du grand homme d’état, comme je l’ai déjà expliqué par le passé -> beaucoup de rois et seigneurs vont mettre la création au service du pouvoir temporel, comme elle l’était déjà pour l’Église, afin de gagner en prestige.
      Mais dans certaines régions, genre les Pays-Bas/Flandres, les guildes de peinture vont subsister et avec une vision de l’artiste professionnel plus proche d’un artisan.
      Dans le sud, Léonard verbalise la vision qu’il a de son métier ainsi « la peinture est une chose mentale. »
      Léonard n’a pas tort. L’art est effectivement une chose mentale. Mais il y avait dans cette phrase aussi la volonté de se distancier d’un simple travailleur manuel.

      Et en occident, cet affrontement entre ce qui relève de l’esprit et ce qui relève de la main est fondateur
      Sur le plan « prestige », on a gardé cette idée que le travail manuel est dégradant. Que la simple technique est triviale et que l’important, c’est l’esprit, le concept et non son exécution.

      L’artiste génial est avant tout concepteur et appuie fortement là-dessus.
      Et c’est là une dichotomie fortement discutable parce qu’OK, l’art c’est mental. Mais c’est aussi une pulsion du « faire » et pas uniquement du « penser ». On est artiste, pas philosophe.
      C’est important parce que cette dichotomie place clairement les génies du côté du concept et les humbles tâcherons oubliables du côté du manuel.

      Le temps passe et les seigneurs et rois mettent en place un système de hiérarchie dans les arts, les « genres » artistiques. (Rien à voir avec le genre tout court)
      Tout en haut « la peinture d’Histoire », qui représente les grands de ce monde et les mythes, et vaut une blinde....
      Tout en bas l’humble nature morte. Nettement moins bien payé. Ça nous parait aberrant qu’un type du calibre de Chardin ait été considéré comme « moins important » qu’un peintre d’Histoire médiocre de l’époque, mais c’était le cas.
      Comme tout n’est pas noir ou blanc, bien sûr, cette hiérarchie a été remise en question dès sa mise en place ; faut pas penser que personne ne discutait cela. Chaque fois que vous voyez une connerie faite ou dite par le passé, dites vous qu’il ya eu des gens pour la critiquer.
      Seulement, comme de nos jours, y avait pas mal de « cause toujours », quand y avait pas de « ce que tu me dis me déplait assez pour te faire embastiller ».
      C’est très présomptueux de nous croire plus éclairés et nos dirigeants plus bienveillants qu’à l’époque. Le pouvoir demeure le pouvoir.

      Et puis arrivent les Lumières où l’on commence à vouloir voir plus dans l’art qu’une perfection de la composition et du concept. Pas seulement le « Génie », mais le génie au service d’une cause. Diderot enchaine les critiques où il éreinte ou encense sur ces principes.
      Certes, il s’émerveille du bien peint, mais le bien peint derrière lequel il ya de la pensée. Toujours cette idée de la pensée, mais plus seulement pour montrer sa foi ou vanter le seigneur ou montrer qu’on a une connaissance aigüe de l’anatomie et de l’esprit humain…
      La pensée POLITIQUE. L’idée que l’art élève l’esprit n’est pas nouvelle, mais désormais, qu’un artiste exprime SES convictions commence à pointer sérieusement. Ce n’est pas neuf non plus, mais ça devient une exigence.

      Et bien entendu cela va avoir un impact sur ce que par la suite on va penser des œuvres d’art. le travail de propagandiste de David au service de Napoléon sera fortement plus mis en avant que celui de Vigée-Lebrun, peintre officielle d’une reine morte. Pas seulement par sexisme.
      Mais aussi parce qu’on va partir du principe que le boulot de David traduit ses engagements (ce qui est vrai) alors que celui de Vigée- Lebrun n’aurait été que travail d’artiste de cour (ce qui est très discutable).
      Il ya aussi un certain virilisme de ces concepts qui vont avec tout ça et qui joue à fond. En termes d’œuvre personnelle, on préfère l’antique qui roule des mécaniques aux portraits intimes et touchants.
      L’artiste, ça doit faire du viril, de l’Historique. Et hooo quel dommage ! Les meufs n’ont pas le droit de fréquenter les ateliers de nus.

      Vraiment ce n’est pas de chance hein ?

      Donc, le génie, le génie engagé politiquement.. reste un point essentiel de la vision occidentale de l’artiste : le génie Tourmenté !

      Et là les romantiques entrent en scène. Ils parachèvent l’idée d’une sensibilité particulière (ce qui est vrai)…
      Mais qui mène à des excès ! (ce qui est moins vrai) La vie d’artistes est vue par la lorgnette de ses souffrances. On peut y voir une forme de sanctification de l’artiste qui devient une sorte de figure christique, ou antichristique si c’est un salopard fini…
      Et évidemment un fait qui n’a jamais jusque là été le moins du monde abordé : le rapport à l’argent.

      L’artiste génial est PAUVRE. Jusqu’à ce que la reconnaissance de son génie le sauve.

      Cette idée de l’artiste qui doit souffrir , on la voit surgir jusque dans les partis pris techniques : les néoclassiques, comme David, valorisaient le dessin, qui depuis la renaissance était censé être le vecteur du concept. La couleur était censée véhiculer l’émotion.
      Du coup, la couleur devient un des éléments centraux de la peinture romantique
      L’histoire du gars qui doit prouver sa valeur pour sortir de la misère, ça ne vous rappelle rien ?

      Oui, c’est tout à fait ça : c’est TOTALEMENT au centre de l’ultralibéralisme : le pauvre qui reste pauvre, c’est de sa faute. Il n’était pas assez méritant.
      Mais l’artiste, on va lui rajouter un truc en plus pour qu’il continue à créer toute sa vie MÊME si on le laisse crever dans la misère la plus noire : la POSTÉRITÉ.
      Coucou Vincent ! C’est de toi dont on va parler là.
      La postérité, pour un artiste, c’est comme le martyre pour un croyant : une promesse qui n’engage que ceux qui y croient et contribue beaucoup à foutre sa vie en l’air.

      Je ne pense pas que Vincent y croyait un instant.
      Il était surtout malade et s’il peignait tant, c’était moins pour exploiter sa souffrance qu’afin de l’extérioriser dans l’espoir d’une résilience (une vraie, pas une connerie politique actuelle)
      C’est ce qu’est la postérité : un miroir aux alouettes.
      Techniquement, ce mythe de l’artiste pauvre qui ne se soucie pas d’argent parce que seule sa postérité lui importe, cette belle histoire de l’artiste qui acquiert sa noblesse va le martyre voire la mort pour une récompense qu’il ne verra pas, QUI ça arrange ?

      Réponse : les marchands de tableaux, les spéculateurs, les pillards.

      La façon dont les artistes se font exploiter n’est pas une domination particulière. Ce n’est qu’un avatar de la logique ultra libérale. On se mange dans les dents la même logique que le producteur de carottes bio. Celui qui produit la richesse n’est pas celui qui s’en enrichit.

      On a quelques spécificités : il a toujours été difficile de gérer les artistes parce que c’est vrai qu’on est très souvent de gros solitaires avec une individualité affirmée et un gros égo. Il fallait donc créer des conditions pour flatter cet égo et exploiter nos failles.
      Agiter devant le nez de gamins et gamines de vingt ans qu’ils sont possiblement les génies visionnaires de notre époque, mais qu’il va falloir le prouver et en chier pour ça, C’EST le moyen de parvenir à gérer les artistes.
      En flattant leurs égos, mais aussi en sabotant ce qui, dans leur formation, peut les amener à être des pros plus roublards, plus au courant des réalités, moins candides.

      J’ai cru longtemps que ce manque me venait de la fac. Erreur : c’est pareil dans les écoles.
      Maintenir et continuer à propager les rumeurs et les légendes autour de la condition artistique, comme Bachelot avec son « mais ça n’intéresse pas les artistes, les syndicats », c’est aussi un moyen de maintenir ce statuquo.
      Relativiser et encourager le pillage des artistes pour ses propres travaux de vidéaste ou de chargé de com, c’est TOTALEMENT vouloir que ce statuquo demeure.

      La différence entre les fascistes et le reste des gens n’est pas flagrante là-dessus.

      Je veux dire, la différence avec eux est qu’on sera juste ravalés au rang de pourvoyeur de distractions inoffensives et surtout non politisées, au service du pouvoir. Je le sais, j’ai lu ce qu’ils veulent que l’on soit. Ils vantent la gestion des artistes par Poutine.

      Mais si eux veulent nous opprimer carrément, ils ne font pas semblant, comme les autres de se soucier de nous.

      Parce que techniquement je constate qu’à gauche comme à droite PERSONNE ne se soucie le moins du monde de la question de la rémunération des artistes.

      On attend beaucoup de nous ; on exige beaucoup de nous. On est censés faire le lien social, toussa. Mais aucun candidat à ce jour n’a JAMAIS inclus les artistes auteurs dans sa réflexion sur sa future politique culturelle.
      Je ne dis pas qu’on est particulièrement important par rapport à d’autres corps de métiers. On est même moins importants que beaucoup.

      Mais on n’est jamais ne serait ce que consultés sur ce qui nous concerne au premier chef.

      Toute l’industrie de la culture repose sur des fantômes : Nous.
      Ce qui est logique puisque dans la représentation populaire, nous sommes censés être ultrarares et ne pas nous soucier d’argent.

      C’est LOGIQUE, donc, qu’on ne nous consulte pas. On n’est pas censés EXISTER.

      Sauf que ce n’est pas vrai.

      Toute notre formation, à exiger de nous qu’on se donne à 200 % pour des clopinettes tout en trouvant flatteur de se faire exploiter vise à faire en sorte qu’on ne voit nos échecs ainsi : « je ne suis pas un génie. C’est normal que j’en chie. Je devrais faire UN VRAI MÉTIER. »

      Jusqu’à l’idée saugrenue que les syndicats, ce n’est pas notre kif : surtout, que les artistes ne parlent pas ensemble.

      C’est la GROSSE nouveauté depuis longtemps : les artistes, désormais, ne sont plus isolés les uns des autres.

      Donc voilà. Je ne vous cache pas que je ne suis pas spécialement optimiste pour l’avenir : les élections vont se jouer entre des gens qui nous laisseraient crever en faisant mine de ne pas s’en apercevoir et ceux qui nous buteraient volontiers si on ne fait pas ce qu’ils disent.

      Youpi.

      Allez, Bizatouss.


  • Slimani – Mouawad : le sexisme déconfiné

    https://zone-critique.com/2020/03/25/slimani-mouawad-sexisme-deconfine

    C’est une évidence ; le confinement est propice à l’écriture, activité solitaire par excellence. De plus, les artistes ont un rôle important à jouer dans les situations de crise ; par leur regard, ils offrent une lecture singulière et parfois salutaire sur les évènements qui nous affectent tous. Il n’est donc pas étonnant que récemment, de nombreuses chroniques de confinement aient vu le jour, lancées par de simples anonymes ou par des artistes reconnus. Bien qu’elles soient très diverses, dans le fond comme dans la forme, elles ont pour point commun de se créer dans l’immédiateté, et de s’inventer au fil d’évènements difficiles à prévoir : elles se lancent dans l’inconnu, et sont par là même vouées au tâtonnement. En revanche, la réception de ces journaux de confinement par l’opinion publique est à géométrie variable, comme l’illustre notre rédactrice.

    961280-portrait-culture-litteratureParmi les initiatives les plus visibles, deux ont particulièrement retenu mon attention : le journal de Leïla Slimani, publié dans Le Monde, et celui de Wajdi Mouawad, diffusé sur la plateforme SoundCloud et le site du théâtre de la Colline, qu’il dirige depuis 2016. Leïla Slimani et Wajdi Mouawad parlent à la première personne, en tant qu’écrivains. Ils sont clairement dans une posture artistique et subjective. Le terme « journal » paraît donc adapté, de par sa connotation personnelle, intime. Il s’agit de partager ses pensées, ses émotions, son vécu individuel vis-à-vis d’une expérience partagée. Et en effet, par sa nature même, le confinement nous coupe des autres, nous renvoyant fatalement à nous-même, notre cellule familiale, nos conditions de vies, nos émotions.

    Il y a des échos forts entre les réflexions et les situations des deux artistes. Ils passent tous les deux leur confinement dans une maison, dans des conditions confortables. Wajdi Mouawad réside à Nogent-sur-Marne, une ville, où, dit-il, l’on se confine aisément, avec « un bois magnifique[i] », non loin de là. Leïla Slimani, de son côté, reconnait sa chance : « Je n’ai pas faim, je n’ai pas froid, j’ai une chambre à moi d’où je vous écris ces mots. J’ai le loisir de m’évader, dans des livres, dans des films[ii]. »

    Ils expriment leur sidération, leurs doutes vis-à-vis d’un avenir qui leur parait soudain plus incertain que jamais. Tous deux font appel aux mythes pour tenter de donner du sens présent : Wajdi Mouawad puise dans la mythologie grecque et les récits bibliques, Leïla Slimani parle de la Belle au bois dormant. Ils trouvent du réconfort dans l’observation de la nature : l’autrice évoque « les tilleuls sur les branches desquels apparaissent les premiers bourgeons[iii] », Wajdi Mouawad se perd dans la contemplation de l’érable du Japon qui pousse dans son jardin. Ils sont en famille. En annonçant à son fils qu’il n’y a plus d’école, Wajdi Mouawad constate la « joie de l’enfant devant les catastrophes des adultes[iv] » ; tandis que Leïla Slimani rapporte des paroles semblables : « On l’aime ce virus. C’est quand même grâce à lui qu’on est en vacances[v]. ».

    Une réception aux antipodes

    portrait-wajdi-mouawad_0_1400_1400Or, malgré toutes ces similitudes, il y a une chose qui diffère radicalement entre ces deux projets : la réception qui leur est faite.Le journal de Wajdi Mouawad a été accueilli avec enthousiasme. On peut trouver moult commentaires élogieux et remerciements sur les réseaux sociaux, et Télérama salue « Une introspection intelligente qui sait mettre les bons mots sur les sentiments qui nous traversent tous[vi] ».

    A l’inverse, le premier épisode de celui de Leïla Slimani a essuyé des critiques d’une extrême virulence. Les mêmes reproches reviennent encore et encore sur Twitter et dans les journaux : le texte est « indécent », « égocentré » ou « nombriliste », « vide », le recours au conte « niais » ou « mièvre ». On reproche à Leïla Slimani d’être une Marie-Antoinette du confinement, de n’avoir pas conscience de ses conditions de vie privilégiées. Et ce, bien qu’elle écrive « Nous ne sommes pas à égalité. Les jours qui viennent vont au contraire creuser, avec une cruauté certaine, les inégalités. Ceux qui ont peu, ceux qui n’ont rien, ceux pour qui l’avenir est tous les jours incertain, ceux-là n’ont pas la même chance que moi[vii]. ». Un des articles les plus véhéments va jusqu’à affirmer que Leïla Slimani est représentante d’une « bourgeoisie qui se rêve écrivain[viii] » – pas une véritable écrivaine, donc. La grande majorité des critiques en concluent qu’elle n’a pas la légitimité nécessaire pour relater son expérience, parce que celle-ci n’est pas représentative, et de très nombreux internautes lui ordonnent tout bonnement de se taire.

    Pourquoi des réactions aussi radicalement opposées face à des propositions artistiques aussi proches ?

    Pourquoi des réactions aussi radicalement opposées face à des propositions artistiques aussi proches ? Il y a sans doute plusieurs facteurs d’explications. D’une part, Leïla Slimani est plus visible, donc plus exposée aux critiques. A l’heure où j’écris ces lignes, l’épisode 1 du journal de Wajdi Mouawad compte 69 000 écoutes sur SoundCloud, tandis que le Monde comptabilise 300 000 abonnés. Ensuite, le public touché n’est sans doute pas tout à fait le même. Enfin, il y a des différences bien réelles de ton, et de style, et de propos, entre les deux artistes.

    Cependant, cela ne suffit pas, selon moi, à expliquer un tel écart de traitement. Les reproches adressés à Leïla Slimani pourraient tous s’appliquer à Wajdi Mouawad. Il écrit à la première personne, et s’appesantit en fait plus sur ses angoisses et sa vie privée que ne le fait l’autrice dans le Monde. Lorsqu’il prend le temps d’enterrer des araignées ou de relire l’Ancien Testament, il est très certainement assez déconnecté des préoccupations de la plupart des Français – et, contrairement à Leïla Slimani, il ne reconnait pas explicitement sa situation de privilège. Comment le public aurait-il réagi si l’écrivaine avait suggéré comme lui au lecteur « d’ouvrir ses carreaux et [de] lire un poème à voix haute au voisin d’en face[ix] » ? Elle aurait été, à coup sûr, sujette à encore plus de moqueries.

    Est-ce parce qu’il évoque souvent la guerre du Liban, qu’il a vécu enfant, et qui a forcé sa famille à s’exiler ? Son histoire personnelle lui donne-t-elle pour toujours le droit à exprimer son opinion, en n’importe quelles circonstances ? Cela serait, en soi, placer le problème sur le terrain moral, ce qui en littérature est problématique comme on le verra plus bas.

    On peut de plus remarquer que d’autres personnalités qui n’ont ni le même discours, ni le même passé, semblent tout aussi épargnées par la vindicte publique. Ainsi, l’humoriste Pierre-Emmanuel Barré tient son propre journal de confinement en vidéo, dont le jour 1 compte sur YouTube plus de 200 000 vues. Il vit également dans une grande maison avec jardin. Adepte de l’humour noir, il n’hésite pas à plaisanter, entre autres, sur les risques pour les femmes confinées avec des maris violents[x], ou sur les parisiens cloitrés dans leurs petits appartements[xi] ; une attitude volontairement outrancière et provocatrice qui pourtant, ne semble choquer personne.

    Qu’est-ce qui explique donc, la colère contre Leïla Slimani ?

    À cette figure repoussoir des « indécentes », on oppose celle de la femme honnête, généralement anonyme, voire la sainte des temps modernes : l’infirmière, la caissière, l’étudiante boursière dans son 15m², etc.

    Ce qui m’a frappée tout de suite, c’est la spécificité du vocabulaire employé pour critiquer ou parodier le texte, et par extension, l’écrivaine : elle est frivole, mièvre, égocentrique, hypocrite, légère, elle romantise la situation, sa vision des choses est trop rose… Un ensemble de défauts qui, dans notre imaginaire collectif, sont très fortement associés au féminin, ou à une certaine féminité plus ou moins fantasmée. Ce constat fait, le choix des cibles, ainsi que la nature et la violence des critiques auxquelles elles ont été exposées deviennent beaucoup plus cohérents. Leïla Slimani, mais aussi Marie Darrieussecq et Lou Doillon, également attaquées, ne sont pas considérées comme des artistes, mais comme des précieuses forcément ridicules. À cette figure repoussoir des « indécentes », on oppose celle de la femme honnête, généralement anonyme, voire la sainte des temps modernes : l’infirmière, la caissière, l’étudiante boursière dans son 15m², etc. Une logique vieille comme le patriarcat. Aujourd’hui, la manière la plus simple pour une autrice d’écrire sur le confinement en étant crédible, c’est d’écrire contre les bourgeoises, quitte à insister sur sa propre précarité. L’homme qui parle de lui, quelle que soit sa classe sociale, peut prétendre à l’universalisation de son propos. La femme, si elle fait de même, est dans l’obligation de se justifier.

    On pourrait débattre sur la qualité des textes en question. La prose de Leïla Slimani ne serait pas de l’envergure de celle de Wajdi Mouawad. Ce discours est souvent utilisé face au constat des inégalités persistantes entre les hommes et les femmes dans le secteur culturel. Il y aurait moins de femmes artistes parce qu’elles auraient, tout simplement, moins de talent, ou moins de choses à dire. Cet argument est d’une certaine manière irréfutable ; la notion de « talent » et de « valeur » dans le domaine artistique est par nature subjective et flottante, surtout dans le cas d’artistes contemporains pour lesquels l’histoire n’a pas encore tranché.

    Donner la parole à Leïla Slimani ne signifie pas la confisquer aux autres, et cet acharnement pourrait bien décourager les intellectuelles qui seraient tentées de l’imiter, peu désireuses de devenir à leur tour les boucs émissaires de quiconque possède une connexion internet.

    Pourtant, ce que les chiffres nous disent encore et encore[xii], c’est que les femmes bénéficient dès le début de leur carrière de moins de crédibilité et moins d’opportunités. La plupart des trajectoires artistiques le montrent : pour développer une œuvre puissante et originale, il faut souvent du temps. Les premières productions sont généralement qualifiées de « promesses », qui ne peuvent être tenues que si les créateurs et créatrices sont encouragés. A l’inverse, il est facile de tuer dans l’œuf une vocation, ou un projet littéraire encore fragile, en les traitant avec mépris ou condescendance. Dans le cas de Leïla Slimani, bien qu’elle ne soit pas une autrice débutante, ces méthodes de décrédibilisation se sont avérées redoutablement efficaces. Dès le deuxième épisode de son journal, elle renonce à raconter ce qu’elle vit, et adopte un ton beaucoup moins personnel – on peut supposer qu’elle pratique désormais une forme d’autocensure. Dans le troisième épisode, elle se concentre sur les conditions de vie des prisonniers, tentant ainsi de se conformer à la posture morale qu’on lui réclame. On notera que cela ne semble pas émouvoir ses détracteurs, qui se désintéressent alors pour la plupart de la question. Cela est assez logique, puisqu’elle est attaquée davantage sur ce qu’elle est, ou plutôt ce qu’elle est censée représenter, que sur ce qu’elle dit.

    Quand bien même cette lecture serait fausse, et les attaques contre elle et ses consœurs n’auraient rien à voir avec leur sexe, les reproches qui leurs sont adressés restent très fragiles ; elles n’auraient pas de légitimité à parler d’elles-mêmes, ou à parler tout court, parce qu’elles sont privilégiées. Si Leïla Slimani est égocentrique lorsqu’elle consacre quelques paragraphes à elle-même, alors que dire de l’œuvre d’un autre prix Goncourt, Proust, bien au chaud dans son confort bourgeois pendant que les poilus mouraient dans les tranchées ? Ou encore de Raymond Radiguet, qui commence Le diable au corps en déclarant : « Que ceux déjà qui m’en veulent se représentent ce que fut la guerre pour tant de très jeunes garçons : quatre ans de grandes vacances ». Ces auteurs ne sont-ils pas indécents ? N’auraient-ils pas dû s’abstenir d’écrire ? La littérature, de par sa nature même, tend à donner de l’importance à des choses tout à fait dérisoires, y compris dans des situations de crises. C’est ainsi qu’elle peut saisir la complexité de l’expérience humaine.

    Comme le dit Wajdi Mouawad, « à cause du geste même de l’écriture, des images surgissent (…) qui donnent de la perspective, une profondeur qui me permet de voir plus loin que le bout de mon nez[xiii]. ». L’entreprise littéraire est en effet à même d’ouvrir un espace de réflexion que l’actualité brûlante ne permet pas. Elle « [défait] le confinement par ce qui nous rend humain : la parole partagée[xiv] ».

    Quoi que l’on pense de la qualité des journaux de confinement qui sont tenus aujourd’hui, il semble essentiel d’encourager, ou tout au moins de laisser être, toute tentative artistique pour continuer à dire et à penser le présent. Donner la parole à Leïla Slimani ne signifie pas la confisquer aux autres, et cet acharnement pourrait bien décourager les intellectuelles qui seraient tentées de l’imiter, peu désireuses de devenir à leur tour les boucs émissaires de quiconque possède une connexion internet. Certains voient, dans cette indignation le témoignage d’une fracture sociale de plus en plus profonde. Elle me paraît davantage être le symptôme d’un sexisme insidieux, mais puissant. Le message, somme toute, est clair : en temps de crise, laissez la parole aux hommes.

    Hélène Pierson

    #sexisme #male_gaze #silenciation #invisibilisation #autrice #discrimination #sexisme #privilège #grand_homme #talent #valeur

  • L’arbitraire des chances
    https://laviedesidees.fr/Michael-Sandel-La-tyrannie-du-merite.html

    À propos de : Michael Sandel, La tyrannie du #mérite, Albin Michel. Le mérite est un concept douteux : nos talents sont le plus souvent immérités et très largement dépendants des contextes sociaux et familiaux. Mais c’est aussi un concept dangereux : les perdants du système ont une mauvaise image d’eux-mêmes.

    #Philosophie #justice #talent
    https://laviedesidees.fr/IMG/docx/20211013_sandel.docx
    https://laviedesidees.fr/IMG/pdf/20211013_sandel.pdf

  • Pourquoi n’y a-t-il pas eu de grands artistes femmes ?

    Par Linda Nochlin, Thames & Hudson, traduit de l’anglais par Margot Rietsch, 14,90 euros.

    C’est la « question bête » à laquelle l’historienne de l’art Linda Nochlin, décédée en 2017, était régulièrement confrontée. En 1971, elle y répond dans la revue « ArtNews », ainsi qu’à son insidieux sous-entendu : « Il n’y a pas de grandes femmes artistes car les femmes sont incapables de grandeur. » Dans cet article plein d’esprit, qui devait ouvrir la voie à une histoire de l’art féministe, elle dévoile comment « la faute […] n’incombe pas à nos lignes de vie, nos cycles menstruels ou notre vacuité intérieure », mais bien aux structures institutionnelles et sociales qui ont tenu les femmes à l’écart pendant des siècles. Par exemple, en leur refusant l’accès aux modèles nus. Elle relève aussi comment l’adoption du point de vue du mâle blanc occidental a biaisé la notion de génie artistique. En cinquante ans, le texte, dont l’artiste Judy Chicago a dit qu’il « a changé le monde », n’a rien perdu de son acuité. Il est accompagné d’un appendice appelé « Trente Ans plus tard », dans lequel Nochlin commente l’émergence d’un nouveau canon, avec Louise Bourgeois ou Cindy Sherman, et soutient que « l’histoire de l’art féministe est là pour semer la zizanie, pour remettre en question, pour voler dans les plumes du patriarcat ».

    A. S.

    #art #femmes #talent #artiste #géni #grand_homme #féminisme

  • Herstory Marie Docher
    https://www.youtube.com/watch?v=hniWNRS4A1M

    Cet entretien a été filmé le 5 Mai 2019, sur une invitation de Julie Crenn & Pascal Lièvre dans le cadre de l’exposition : Lignes de vies - une exposition de légendes. Exposition collective du 30 Mars au 25 Août 2019 au MAC VAL - Musée d’art contemporain du Val-de-Marne.

    Marie Docher is a Paris-based photographer and film maker who works on assignment and creates her own fine art. Her work has been exhibited and published in numerous countries and magazines and is represented in Japan.

    Marie Docher est une photographe et réalisatrice basée à Paris. Elle travaille sur commande et en agence. Son travail artistique a été exposé dans plusieurs pays et est représenté au Japon.

    https://docher.com

    On redécouvre encore la misogynie du milieu de l’art, plutot celui de la photo et encore plus gravement à gerber le milieu du photo-journalisme. Il y a ensuite une partie sur le #clitoris en #3D

    #boysclub #arts #hommes #femmes #sexisme #discrimination #talent #domination_masculine #censure #photographie #photo-journalisme

  • L’artiste est mort, vive l’artiste ? Le Death Effect en question - Artmarketinsight - Artprice.com
    https://fr.artprice.com/artmarketinsight/le-death-effect-en-question

    Dans The Economics of American Art, Ekelund et Jackson ont testé leur hypothèse en examinant 6.118 résultats de ventes aux enchères de peintures créées par 17 artistes américains d’après-guerre décédés entre 1987 et 2013. Ils ont constaté une hausse régulière du prix de 6% par an en moyenne au cours des cinq années précédant le décès, suivie d’une baisse à peu près équivalente l’année de leur mort, soit une baisse de 26% en moyenne. Ensuite, les prix repartent généralement à la hausse. Ces calculs semblent se vérifier ailleurs dans le monde. Prenons par exemple les progressions de chiffres d’affaires d’artistes cotés au niveau international, de plus de 99 ans.

    SHINODA Toko est une artiste japonaise née en 1913. Son art est aux frontières de la calligraphie et de l’art abstrait. Il est intéressant de constater que, depuis 2015, malgré un nombre de lots vendus relativement stable, son chiffre d’affaires est en nette progression, culminant en 2020 avec ce record frappé à 81 250 $ en septembre dernier chez Christie’s. A près de 108 ans, l’artiste, qui n’a jamais cessé de peindre, continue de voir sa cote progresser.


    Comment cela se fait-il ? Dans le monde de l’art, la demande pour un artiste est influencée par de nombreux facteurs, comme la réception critique, les expositions ou encore les institutions qui possèdent ses œuvres. L’offre d’un autre côté, ne repose que sur un seul facteur : l’artiste (et ses marchands).

    L’offre ne dépendant que de l’artiste, cela fait de lui, économiquement parlant, un monopole. Rien ne peut être plus rassurant pour un collectionneur que de savoir que la mort d’un artiste peut être prochaine, il est alors sûr que l’offre deviendra, de fait, limitée. Cependant, selon Ekelund, Weiss et Jackson, cette anticipation est biaisée. Car un certain nombre d’autres critères peuvent affecter l’offre immédiatement après la mort : l’idée préconçue de l’augmentation des prix après la mort d’un artiste pourrait conduire des propriétaires à mettre beaucoup d’œuvres sur le marché à ce moment-là. Son galeriste ou son représentant pourrait annoncer plusieurs expositions et inonder le marché. Les héritiers ou ayant-droits pourraient vouloir organiser une vente d’atelier ayant le même effet. L’imprévisibilité de l’offre après décès rend tout simplement impossible la mesure d’un Death Effect.

    Il n’y a donc aucune assurance que la valeur d’une œuvre soit plus conséquente immédiatement après la mort de son créateur. Il existe trop de variables dans l’équation pour que le décès seul soit décisif. Il y a peut-être une chance que cette valeur augmente dans les 5 ans précédant la mort d’un artiste, mais là encore, les statistiques ne recouvrent pas toujours les réalités d’un marché qui aura toujours besoin de chefs-d’œuvre.

  • Male gaze dans la littérature
    https://lmsi.net/Male-gaze-dans-la-litterature

    Les créatrices ont régulièrement mis en lumière les problèmes qu’elles rencontraient dès qu’elles voulaient faire œuvre. Il est ironique de voir comment la métaphore de la gestation a été très souvent utilisée par des auteurs hommes pour représenter le processus de création artistique. Dans le même temps, on déniait aux femmes la prétention à faire de même, selon l’antique partage producteurs/reproductrices.

    #male_gaze #art #talent #appropriation_culturelle

  • Claude Lévêque accusé de viols, ses oeuvres deviennent radioactives
    https://www.elle.fr/Loisirs/News/Claude-Leveque-accuse-de-viols-ses-oeuvres-deviennent-radioactives-3897891

    Après l’ouverture d’une enquête préliminaire pour viols et agressions sexuelles sur mineurs de moins de 15 ans à l’encontre du célèbre plasticien, le monde de l’art, embarrassé, s’interroge. Que faire de ses œuvres, devenues radioactives ?
    Par
    Soline Delos
    ,
    Clémentine Goldszal

    « Tout le monde savait » et « On n’a pas voulu voir », disent les témoins. « Emprise », « intimidation », « culpabilité », racontent les victimes. « Nous nous aimions », « il/elle était consentant(e) », se défendent les accusés. D’une affaire à l’autre, de Michael Jackson à Gabriel Matzneff, d’Olivier Duhamel à Claude Lévêque, le schéma se répète, quand une ou plusieurs victimes de personnalités publiques pédophiles se mettent, le plus souvent des années plus tard, à parler. Une question s’impose alors très vite lorsqu’il s’agit d’artistes : que faire des œuvres ? Puis-je continuer à me déhancher sur « Billie Jean ». Dois-je dépunaiser mon poster de « Rosemary’s Baby », faire don de mon « Séraphin, c’est la fin ! », corné et annoté ?

    L’affaire Claude Lévêque, artiste contemporain dont « Le Monde » a révélé, le 10 janvier, qu’il était l’objet d’une enquête préliminaire pour « viols et agressions sexuelles sur mineurs de moins de 15 ans », pose une fois encore la question, et de manière particulièrement prégnante. Des salles d’exposition des grandes institutions artistiques aux murs des collectionneurs, d’un bureau de l’Élysée au beffroi de Montrouge, l’œuvre de cet artiste de 67 ans, qui en 2009 représentait la France à la Biennale de Venise, s’affiche un peu partout, diffractant la gêne et mettant dans l’embarras l’ensemble du monde de l’art. D’autant plus que l’obsession pour l’enfance qui traverse son œuvre, notamment ses néons à la graphie d’enfant – « regarde les rire », « ne prends pas froid », « jouez ! » –, est aujourd’hui inévitablement revue à l’aune des accusations qui l’accablent. Avec un frisson d’effroi. À l’Élysée, où le tapis « Soleil noir », réalisé par Lévêque pour le Mobilier national, habille le bureau d’angle du chef de l’État, on se refuse à évoquer l’affaire. « Pas de commentaire dans le cadre d’une enquête préliminaire ouverte », nous indique l’entourage du président. Idem à l’Opéra de Paris, qui déclare se tenir informé des développements de l’affaire. Le film « Le Lac perdu » tourné par l’artiste en 2017 pour la 3e Scène, la plateforme digitale de la prestigieuse institution, est toujours accessible sur le site, « sans faire l’objet d’une mise en avant », trouve-t-on étonnamment judicieux de préciser du côté du département communication. La mairie de Montrouge a dû, elle aussi, prendre position : depuis novembre, un immense néon « Illumination » (un hommage à Arthur Rimbaud) surplombe le beffroi de la ville. Il a été décidé lors d’une cellule de crise que « l’œuvre ne serait ni enlevée, ni éteinte. Nous sommes respectueux de la présomption d’innocence et restons attentifs aux décisions de justice qui seront prises ». Une décision qu’on imagine pouvoir être revue si les administrés venaient à se manifester.

    « Mais qui connaît Claude Lévêque à Montrouge ? » glisse-t-on dans le second cercle. Miser sur l’ignorance des électeurs semble pour le moins un pari risqué. La position d’Alexia Fabre, directrice du Mac Val, le musée d’art contemporain de Vitry-sur-Seine, diffère. Elle qui a orchestré une exposition de l’artiste en 2006 et possède deux œuvres dans les réserves du musée déclare : « Je suis pour une mise sous silence du travail, le temps qu’il y ait des certitudes, liées à un juge- ment, indispensable. » Avant d’ajouter : « On ne détruit pas les œuvres. Elles sont acquises par les musées publics avec un statut d’inviolabilité et d’imprescriptibilité propre à la France. Cela permet aussi au temps de faire son œuvre avec les relectures éventuelles. » Sera-t-il possible de les montrer à nouveau ? « Il est trop tôt pour le dire et, si tel était le cas, il faudrait se poser toutes les bonnes questions, raconter, accompagner, expliciter. Mais c’est difficile car le sujet de l’enfance traverse son œuvre, et le regard est forcément abîmé. »

    Du côté des particuliers, le dilemme relève souvent de l’intime, et l’affaire bouleverse la relation, forcément sentimentale, entre le collectionneur et l’œuvre avec laquelle il cohabite. Il en est ainsi de la collectionneuse Sandra Hegedüs. « J’ai acheté le néon “je t’aime tant” parce qu’il faisait écho à mon histoire sentimentale, explique cette Brésilienne philanthrope, vice-présidente depuis 2020 des Amis du Palais de Tokyo. Je ne me sens pas de le décrocher. » Déstabilisée, elle ajoute pourtant à propos d’une autre de ses œuvres : « “Rêvez !”, Qu’est-ce que ça veut dire, “rêvez !” dans un contexte aussi glauque ? Je déteste plus que tout hurler avec les loups et j’essaie encore de séparer l’œuvre de l’artiste, mais je ne sais pas combien de temps je vais y arriver. » Et de conclure, pragmatique : « Je ne suis pas une collectionneuse qui revend ses œuvres, mais je pense à ceux qui auraient besoin de le faire. C’est devenu impossible. »

    Dans les maisons de ventes aux enchères, les langues se délient peu, peut-être aussi parce que les œuvres de Lévêque y sont très rarement proposées. Mais Anne-Hélène Decaux, ex-directrice du département art contemporain chez Sotheby’s, et aujourd’hui à la galerie Gagosian, confirme : « J’imagine que de nombreux collectionneurs vont avoir envie de décrocher leurs œuvres, mais aujourd’hui elles sont invendables. Qui voudra acheter un Lévêque ? D’une certaine manière, la cote s’effondre puisque les transactions s’arrêtent, mais on ne peut pas en prendre acte comme avec l’action d’une entreprise qui baisse. » D’autant qu’un maillon essentiel de la chaîne de valeur d’un artiste manque depuis que le galeriste Kamel Mennour a fait savoir, dans un très bref communiqué le 12 janvier, que l’artiste suspendait sa collaboration avec la galerie. Et Marine Van Schoonbeek, enseignante à Sciences-Po sur « le marché de l’art international », d’expliquer que « la cote d’un artiste repose sur une légitimation des institutions, une représentation dans les galeries et des publications. Qui va aller maintenant défendre une rétrospective de cet artiste ? Ce système est brisé par cette affaire ». Dans les institutions, une expression revient souvent : la nécessité d’un « débat collectif », pour que cette déflagration soit l’occasion de produire de la pensée, d’avancer, et d’assainir, peut-être, les vieilles habitudes. Car si la justice planche encore sur le cas Lévêque, les enquêtes de presse qui se sont succédé depuis celle du « Monde » s’accordent sur un point : dans le monde de l’art, beau- coup savaient ou avaient eu vent de rumeurs. Voilà qui explique aussi peut-être l’atmosphère de « sauve-qui-peut » qui préside aux prises de positions frileuses des uns et des autres. Déroutée, une directrice de musée se lamente : « Cette question mériterait d’être réfléchie à un autre niveau. On se sent un peu seuls. J’aimerais que le ministère de la Culture nous aide. » Le 26 novembre 2020, ce dernier avait envoyé un communiqué où, sans nommer personne, il disait « avoir pris la décision, à la suite du courrier d’un sculpteur et enseignant en art invoquant des faits très graves s’ils étaient avérés et impliquant un autre artiste, de faire un signalement au procureur de la République sur le fondement de l’article 40 du code de procédure pénale ». Mais huit jours après la révélation de l’affaire, à l’heure où nous bouclons, il ne s’est depuis toujours pas exprimé publiquement.

    #pedocriminalité #violences_sexuelles #art #talent #valeur

    • Un avant et un après

      Philippe Régnier
      17 janvier 2021 19:03 GMT
      Claude Lévêque, "Les dessous chics", 2018. Commande du Département des Hauts de Seine dans le cadre de la Vallée de la culture, Pont d’Issy Issy-Les-Moulineaux. Photo : Claude Lévêque / CG92-Olivier Ravoire. © ADAGP Claude Lévêque. Courtoisie de l’artiste ; du Département des Hauts-de-Seine et de kamel mennour, Paris/London

      Les récents témoignages dénonçant des atteintes sexuelles sur mineurs et accusant l’écrivain Gabriel Matzneff et le politologue Olivier Duhamel ont provoqué une déflagration dans la société française dans la suite du mouvement #MeToo. De longues enquêtes parues la semaine passée dans Le Monde et Mediapart ont mis cette fois en cause Claude Lévêque. Si l’artiste bénéficie de la présomption d’innocence, et si c’est désormais à la justice de se prononcer, l’une des nombreuses questions que pose cette affaire est celle de l’exposition dorénavant de son œuvre, eu égard à ses victimes présumées qui méritent toute notre compassion. D’autant plus que certaines de ses créations peuvent être vues sous un nouveau jour – particulièrement glaçant – dans la perspective des accusations graves dont l’artiste fait l’objet. Les plus grandes collections françaises, du Centre national des arts plastiques au musée d’art moderne de Paris ou au Centre Pompidou, du musée d’arts de Nantes au musée d’art moderne et contemporain de Strasbourg, mais aussi de nombreux FRAC conservent des pièces du plasticien. La base Videomuseum recense 54 œuvres de Claude Lévêque dans 19 institutions. Certaines de ses créations ont aussi été installées dans l’espace publique, à l’exemple des Dessous chics, longs néons sur le Pont d’Issy, à Issy-les-Moulineaux, créé en 2018 à la demande du Département des Hauts-de-Seine dans le cadre de la vallée de la culture. Lionel Bovier, directeur du Mamco, à Genève, a réagi très vite : « le musée que je dirige ne montrera ni ne diffusera son travail dans le futur ». La galerie kamel mennour, qui expose l’artiste à Paris depuis 2008, a diffusé ce communiqué : « Claude Lévêque a décidé de suspendre sa collaboration avec la galerie kamel mennour, qui en prend acte ». Son nom a immédiatement disparu du site Internet de l’enseigne.

      Les librairies et bibliothèques n’ont jamais cessé de mettre les livres d’André Gide à la disposition du public, mais l’époque a changé. Aujourd’hui, il n’est plus possible de séparer l’homme de son œuvre.

      https://www.artnewspaper.fr/comment/un-avant-et-un-apres

    • Je croi pas qu’on ai jamais pu séparé l’artiste de son oeuvre, tout comme on ne peu séparé l’oeuvre d’une époque. Par contre l’unanimité et la précipitation pour décroché les oeuvres de cet artiste me semble correspondre à ce « tout le monde savais » qui fait que tout ce monde se sent un peu complice. Je note que Levèque était un grand lecteur de #madzneff et que si tout le monde savait, comment tout le monde pouvait interprété les oeuvres de cet artiste qui étaient en relation avec le sujet de l’enfance.

    • Violences sexuelles : Claude Lévêque, plasticien, visé par une enquête pour viols sur mineurs
      https://www.20minutes.fr/arts-stars/culture/2949819-20210111-violences-sexuelles-claude-leveque-plasticien-vise-enquet
      PEDOCRIMINALITE Un sculpteur raconte avoir été violé dès l’âge de 10 ans par Claude Lévêque
      A.L. avec AFP

      EDIT du 18 janvier 2021 : Un droit de réponse de Monsieur Claude Lévêque a été ajouté à a demande de son avocat à cet article publié initialement le 11 janvier 2021.

      Il était connu pour ses néons, son matériau de prédilection, il le sera désormais aussi pour des accusations de violences sexuelles. Selon le parquet de Bobigny joint par 20 Minutes, le plasticien Claude Lévêque, 67 ans, est visé par une enquête pour viols et agressions sexuelles sur mineurs après les déclarations d’un sculpteur de 51 ans qui dit en avoir été victime avec ses deux frères. Ces informations confirment celles révélées par le journal Le Monde.

      L’enquête a débuté en mai 2019 et a été confiée à la Sûreté territoriale de la Seine-Saint-Denis, où réside l’artiste. Dans le récit publié ce dimanche par le quotidien du soir, le sculpteur Laurent Foulon raconte avoir été violé par le plasticien dès l’âge de 10 ans et jusqu’à ses 17 ans, au milieu des années 1980. Il a signalé ces agissements dans une lettre adressée à la procureure de Bobigny en février 2019.
      « Emprise »

      « J’ai conscience que les actes criminels dont j’ai été victime sont certainement aujourd’hui prescrits mais cette plainte me permet de dénoncer à la justice d’autres actes non prescrits sur d’autres victimes et de signaler qu’un ou plusieurs mineurs sont à l’heure actuelle en grand danger d’abus sexuels si l’irréparable n’a pas déjà été commis », y écrivait-il.

      Laurent Foulon évoque aussi l’« emprise » de Claude Lévêque, dont un des tapis orne un bureau de l’Elysée, sur sa famille, issue d’un milieu très populaire dans la Nièvre. Le sculpteur accuse le plasticien d’avoir aussi violé ses deux frères. L’un d’eux, tombé dans la drogue comme lui, est mort en 1998 à l’âge de 34 ans à la suite d’une énième tentative de suicide.
      « Comportements troublants »

      Selon Laurent Foulon, l’artiste revendiquait ses relations avec des mineurs : « J’associais la pédophilie à une sorte de résistance à la société. Pour me convaincre, je lisais des auteurs pédophiles, comme (Gabriel) Matzneff par exemple. Lévêque lit ce genre de littérature, j’ai connu ce genre de littérature par (son) biais », a-t-il expliqué aux enquêteurs, selon Le Monde.

      Le quotidien indique que « la justice a reçu un autre signalement concernant Claude Lévêque » et ajoute avoir recueilli d’autres témoignages qui « décrivent des comportements troublants avec de jeunes garçons ».
      Société
      « Les violences conjugales ont augmenté de 60 % » pendant le deuxième confinement, selon Marlène Schiappa
      Sport
      Violences sexuelles dans le patinage : « Je ne vais pas lâcher ce combat », réagit Sarah Abitbol à la mise en examen de Gilles Beyer

      Droit de réponse de monsieur Claude Lévêque

      Le 11 janvier 2021, le journal 20 Minutes a publié, sur son site Internet, un article désignant Monsieur Claude Lévêque, que ce dernier ne peut laisser sans réponse.

      Monsieur Claude Lévêque tient à préciser que, à la suite de graves accusations le mettant en cause, il a, fin 2020, déposé deux plaintes contre X, une première du chef de diffamation et une seconde des chefs de dénonciation calomnieuse et chantage.

      En octobre 2015, Monsieur Claude Lévêque a été victime d’un maître chanteur adressant des lettres anonymes aux fin de l’accuser de prétendues agressions sexuelles sur mineur, dans un objectif avéré de nuire à son travail artistique. A ce titre, une enquête a été ouverte.

      Monsieur Claude Lévêque, différents témoins et la victime supposée ont été auditionnés par la brigade de la gendarmerie. Toute accusation ayant été démentie, le parquet a procédé à un classement sans suite le 17 novembre 2016.

      Plus de trois ans après ce classement sans suite, Monsieur Laurent Faulon, soupçonné d’être l’auteur des lettres anonymes, aurait, selon ses dires, porté plainte à Genève, à l’encontre de Monsieur Claude Lévêque pour des faits qui auraient été commis à la fin des années 70, l’accusant, à tort, de viol et agression sexuelle.

      Cette plainte, qui n’a jamais abouti, a gravement nui à Claude Lévêque tant professionnellement que personnellement.

      Le 16 janvier 2020, Monsieur Laurent Faulon a déposé une nouvelle plainte visant Monsieur Claude Lévêque où il mentionne le visionnage d’un film à caractère prétendument pédopornographique, en 1978 ou 1979, notamment en compagnie de Claude Lévêque.

      Or, le film auquel fait référence Laurent Faulon est un film d’art programmé dans le cadre d’un festival de cinéma expérimental à la fin des années 1970 à la Maison de la Culture de Nevers.

      Dans sa plainte, Monsieur Laurent Faulon mentionne d’autres présumées victimes, qui, entendues par la brigade de Bobigny, ont fermement démenti les propos calomnieux soutenus par Laurent Faulon.

      Des professionnels du monde de l’art contemporain, sollicités par des journalistes, ont répondu aux questions relatives aux fausses accusations de Laurent Faulon, condamnant ses propos, d’une part, et dénonçant son acharnement incessant à l’égard de l’artiste Claude Lévêque, d’autre part.

      La propagation publique de telles rumeurs, à l’encontre d’homme et de femme accablés a des conséquences irréversibles telles que le suicide à l’instar d’une affaire récente.

    • Il y a tout de meme de grands changements dans la presse, on ne dit plus « pédophilie » mais « pédocriminalité » et c’est pas dans « faits divers » non plus.

      sinon pour cette partie ; « Le 16 janvier 2020, Monsieur Laurent Faulon a déposé une nouvelle plainte visant Monsieur Claude Lévêque où il mentionne le visionnage d’un film à caractère prétendument pédopornographique, en 1978 ou 1979, notamment en compagnie de Claude Lévêque.

      Or, le film auquel fait référence Laurent Faulon est un film d’art programmé dans le cadre d’un festival de cinéma expérimental à la fin des années 1970 à la Maison de la Culture de Nevers. »
      Le fait qu’un film fasse partie des collections du musée de Nevers ne dit pas que ca ne peut pas etre pedopornographique. L’oeuvre de Madzneff etait primée en 2014 par le prix Renaudau et n’en était pas moins pédopornographique pour autant.

    • Le 23 février 2021, une tribune qui demande l’application de la présomption d’innocence de l’artiste, est publiée dans Artpress et signée par Gilles Barbier, Yvon Lambert, Catherine Millet, Rudy Ricciotti et Alberto Sorbelli.
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Claude_L%C3%A9v%C3%AAque#Accusations_d%E2%80%99abus_sexuels_sur_mineur

      –—

      Présomption d’innocence. Claude Lévêque
      Tribune.

      Claude Lévêque est visé par une plainte pour viols sur mineurs. Face à la campagne médiatique dont il est l’objet avant que les conclusions de l’enquête ouverte ne soient rendues, et qui entraîne le décrochage de ses œuvres, les signataires de la tribune ci-dessous entendent réaffirmer un principe fondamental de notre droit.

      La présomption d’innocence, nous la revendiquons tous comme un bien commun essentiel face à ce qui, sans elle, deviendrait condamnation expéditive, à base de vérités infléchies, de rumeurs, de fake news, d’accusations sans fondement, de mensonges. “L’affaire Baudis”, en 2003, nous a montré ce qui pouvait entraîner les mieux intentionnés dans la spirale de ce qui s’est révélé plus tard, bien plus tard, être une désastreuse erreur, avec de grands dommages entre temps. C’est pour cela que la justice existe, qui se fonde sur des faits et la confrontation des points de vue contraires.
      Les décisions arbitraires de certaines collectivités territoriales de décrocher ou d’éteindre les œuvres de Claude Lévêque sont, d’une part, des négations graves du principe fondamental de la présomption d’innocence et, d’autre part, des atteintes manifestes au droit moral de l’auteur, un droit pourtant absolu, inaliénable et imprescriptible.
      Claude Lévêque est un artiste. Les artistes ne sont pas à l’abri de la loi, mais pas, non plus, voués à être détruits sans preuves avérées.
      La pédophilie est un crime que nous condamnons sans ambiguïté. Encore faut-il établir l’existence du crime. Il est souvent difficile à prouver ; raison de plus pour être rigoureux. Il n’est pas sûr que la méthode employée aujourd’hui soit la meilleure dans ce sens. À moins qu’il ne s’agisse de mettre en doute les capacités du droit à rendre la justice. Est-ce de cela qu’il s’agit ?
      Ce serait grave car, sans justice, nous pouvons tous être balayés par des accusations efficacement relayées par la presse et les réseaux sociaux. Claude Lévêque, aujourd’hui, est présumé innocent.

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    • Oui et je remarque au passage que Kamel Mennour ex-galeriste de CL n’y figure pas et qu’il a rompu son contrat avec l’artiste sans attendre le verdict.
      enfin selon cette source :
      https://www.gazette-drouot.com/article/politiquement-correct-entre-gomme-et-crayon/20492
      mais selon wikipédia la galerie Kamel Mennour représente toujours CL sur la fiche de CL mais pas sur la fiche de Kamel Mennour

      Aussi il n’y a pas Catherine Deneuve alors qu’elle est très proche de CL selon wikipédia

      Proche de l’actrice Catherine Deneuve, avec qui l’artiste partage la passion du jardinage, ils déclarent, dans un entretien croisé de 201722 :

      « — Catherine Deneuve : Puis on découvre évidemment une histoire plus compliquée. Je suis attirée par les choses qui n’ont pas toujours l’apparence qu’elles semblent avoir. Ou qui peuvent évoluer vers un mystère ou un secret. C’est le cas de vos œuvres. J’aime beaucoup les secrets. Et je les respecte beaucoup. Je ne tiens pas forcément à ce qu’on les révèle.
      — Claude Lévêque : Oui, la partie enfouie. J’aime beaucoup cela aussi. C’est l’ambiguïté du sens qui fait que l’on est attiré par quelque chose. Bien sûr, lorsque je travaille avec la lumière, comme avec mes néons, il y a un aspect féerique. Et quelque chose se révèle, la phrase que je dessine avec la lumière apporte une inquiétude, de l’angoisse. »

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Claude_L%C3%A9v%C3%AAque#Carri%C3%A8re

  • Male gaze dans la littérature
    https://lignesdefemmes.wordpress.com/2020/12/17/male-gaze-dans-la-litterature

    Les créatrices ont régulièrement mis en lumière les problèmes qu’elles rencontraient dès qu’elles voulaient faire œuvre. Il est ironique de voir comment la métaphore de la gestation a été très souvent utilisée par des auteurs hommes pour représenter le processus de création artistique. Dans le même temps, on déniait aux femmes la prétention à faire de même, selon l’antique partage producteurs/reproductrices.

    Nancy Huston, dans son Journal de la Création, parcourt les biographies de sept écrivaines et artistes, et des écueils qu’elles ont rencontré sur leurs chemins : Virginia Woolf, Sylvia Plath, Zelda Fitzgerald, George Sand, Elizabeth Barrett Browning, Simone de Beauvoir et Unica Zürn. Le rapprochement des lettres et journaux intimes qui accompagnent leur épopée dans un monde d’hommes est frappant : les mêmes mots semblent traverser les siècles et les pays, pour dire la contradiction dans laquelle elles se débattent. D’un côté elles sont des femmes et veulent écrire en tant que telles pour donner de la voix à leur expérience féminine toujours absente de l’Art majeur. De l’autre, pour ce faire, elles doivent devenir des hommes. On ne les accepte qu’à condition qu’elles délaissent ce qui les rend singulières. Cette tension entre le singulier et l’universel, le foyer et la scène, produira souvent des dépressions tragiques. Les vies de Sylvia Plath, d’Unica Zürn ou de Virginia Woolf sont à ce titre exemplaires. Mais l’exploration ne s’arrête pas à ce qui ressemble à une constante macabre. Huston cherche aussi les différences, les voies de sortie, dans un parallèle constant avec sa propre expérience de romancière, enceinte de plusieurs mois.

    La vie des femmes qui investissent la scène publique est donc marquée par la dissociation. Les entrées de cet immense travail archéologique montre la récurrence du conflit corps/esprit, des somatisations nombreuses (anorexie, mélancolie, paralysie d’une partie du corps pour Plath et Barret Browning), des conduites addictives (Fitzgerald) ou de la tendance au suicide (Plath, Woolf, Zürn). La fatalité du génie féminin est-elle une constante ? Heureusement non. Nancy Huston revient aussi sur ces femmes qui ont tenu ensemble leur existence incarnée et leur travail artistique. Le tout étant de comprendre à quel point cela ne va pas de soi, dans les sociétés phallocratiques.

    Tout se joue comme si la femme ne pouvait être qu’énergie ou matière pour l’oeuvre masculine. Ainsi, Musset, Francis Scott Fitzgerald, ou Ted Hugues s’arrogeront la tâche de mettre en forme les illuminations de leurs compagnes. Si Georges Sand résiste plutôt vaillamment à la captation, en retournant la situation par l’utilisation à ses fins propres des lettres de son amant, Zelda Fitzgerald et Sylvia Plath n’auront pas la même marge d’autonomie. La poétesse Plath se fourvoie dans une relation professeur-élève, elle qui a pourtant tout le génie de son côté. Quand à Zelda, elle sera explicitement interdite d’écriture, ses journaux intimes étant pillés, pour servir de matière à son mari. Tout se passe comme si le rôle de la Muse venait contredire les aspirations à la liberté de toutes ces femmes. Huston montre finement à quel point l’existence féminine est une existence pour les autres, et la répression qui s’exerce sur celles qui dérogent à la règle.

    A la manière de Dieu qui organise le vivant, ou encore de Pygmalion, l’artiste mâle évolue dans un monde où tout le monde peut servir de matériau. On peut faire ici un parallèle plus large avec la colonisation du vivant. Mais aussi avec une certaine pulsion scopique, récemment renommée « male gaze ». Le mythe de Pygmalion que Huston met très justement en lien avec le Portrait Ovale d’Allan Poe illustre cette appropriation du vivant pour l’oeuvre masculine. Dans ces deux histoires, un homme solitaire et méfiant des femmes « réelles » façonne une représentation plus vraie que nature. Pygmalion voit sa statue s’animer et tombe amoureux de son œuvre. Le narrateur du Portrait Ovale retire les couleurs des joues de sa compagne pour peaufiner son tableau, qui achevé, est « la Vie-même ». Ces deux paraboles, distantes de plusieurs siècles, alertent sur le motif récurrent de la femme comme « ressource artistique », exploitée par l’oeil de l’organisateur. La tradition de l’objectification du corps des femmes est si forte, que c’est une double transgression pour elles de prétendre se faire maîtresses du regard. Elles dérogent à leur rôle de matière première, et elles prouvent que l’esthétique traditionnelle est partiale.

    L’analyse notamment des couples de créateurs/créatrices est lumineuse. Car, il est demandé à la femme artiste, en plus de son temps d’élaboration personnelle, de rester la muse de son compagnon. Ainsi, elles confineront à la folie pour servir la position de premier plan de leur mari (Fitzgerald, Zürn, Plath). Quand ce n’est pas tout simplement leur mélancolie qui est exploitée à des fins esthétiques. La recension des lettres intimes du couple Fitzgerald est paradigmatique. Plus Zelda s’enfonce dans l’alcoolisme et la folie, plus Francis y puise de nouveaux ressorts narratifs à ses romans. Comme le peintre du Portrait Ovale, Francis Scott Fitzgerald retire l’énergie vivante de sa femme, pour l’appliquer dans ses livres. La vraie situation de la muse est ainsi éclairée : condamnée à l’hystérie et à la polytoxicomanie pour nourrir les aspirations de son compagnon, il ne lui restera qu’à s’extraire par le haut (en reprenant l’arme qui lui est opposée : l’écriture), ou qu’à sombrer définitivement dans la folie. Comme ce fut le cas de Zelda, à la fin de sa vie.

    Le Journal de la Création vient ainsi compléter admirablement la critique du Phallogocentrisme, développée dans les années 70 dans le Mouvement des femmes. Il nous rappelle que les femmes ont à conquérir de haute lutte la capacité à porter un regard propre sur leur monde. Cette conquête est toujours à renouveler. Dérober nos corps aux regards et faire du corps masculin un objet de discours et de désir reste encore aujourd’hui un acte hautement subversif et rare.

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