Le yuan, une arme stratégique dans la guerre économique mondiale
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#tarifs_douaniers #dollar #puissance #domination
#États-Unis #Chine #monnaie #yuan
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Frédéric Farah - 2026-05-04
Le paysage économique mondial apparaît de plus en plus incertain, tant la nouvelle administration américaine, conduite par le président Trump, alimente les tensions et brutalise les relations commerciales à l’échelle internationale. Les tarifs douaniers et le dollar s’imposent plus que jamais comme des instruments d’affirmation de puissance, sinon de domination. Face à cela, le principal rival des États-Unis, la Chine, a su engager un véritable rapport de forces et mobiliser ses propres leviers économiques. Sa monnaie, sans être l’équivalent du dollar, s’est imposée en l’espace de trente ans comme un outil essentiel dans la construction de sa puissance économique. L’évolution du yuan au cours des dernières décennies éclaire les contradictions autant que les ambitions de la stratégie chinoise. Dans ce contexte d’exacerbation des rivalités économiques, l’Union européenne, malgré ses atouts, apparaît comme le maillon faible de la mondialisation, faute de cap économique clair et prisonnière de carcans idéologiques qui entravent sa capacité à répondre efficacement aux défis contemporains.
Le récent rapport du Haut-Commissariat au Plan, conduit par l’économiste Thomas Grejbine, a rappelé, parmi ses préconisations, qu’une dévaluation de l’euro pourrait être l’une des solutions pour réduire les écarts de coût de production de 30 à 40 % entre la Chine et l’Union européenne.
Cette recommandation, aussi nécessaire soit-elle, n’a rien de nouveau : une abondante littérature économique en soulignait déjà l’urgence. Il suffit, pour s’en convaincre, de relire un article de 2007 de l’Observatoire français des conjonctures économiques :
« La zone euro est en train de manquer l’occasion historique de déterminer les modalités institutionnelles d’une politique de change à la hauteur de ses ambitions politiques. Le hold-up tranquille de la BCE sur la politique de change européenne pourrait bien ne pas demeurer tranquille très longtemps. »
À l’inverse, la Chine n’a pas laissé passer l’opportunité d’intégrer l’arme du change à son arsenal économique. Elle n’hésite pas à orienter sa monnaie dans le sens qu’elle juge le plus favorable à sa compétitivité.
Ainsi, dans une publication majeure du Fonds monétaire international en 2025 – « l’External Sector Report », qui propose une analyse synthétique des économies nationales et des déséquilibres globaux –, on peut lire : « Les sorties nettes de capitaux soutenues ont exercé des pressions persistantes à la dépréciation du RMB, malgré un excédent courant élevé, contribuant, en combinaison avec une faible inflation, à une baisse continue du taux de change réel. »
Autrement dit, selon l’évaluation du FMI pour 2024, le taux de change effectif réel (REER) du renminbi apparaît sous-évalué. L’écart estimé se situe entre -3,8 % et -13,1 %, avec un point médian de -8,5 %. Cela signifie que la monnaie chinoise reste inférieure à ce que justifieraient ses fondamentaux économiques et les orientations de politique économique souhaitables.
Ce constat invite à revenir sur les trajectoires monétaires empruntées par le Parti communiste chinois pour soutenir sa stratégie de croissance.
Une monnaie sous contrôle des pouvoirs publics aux rapports différents avec le dollar et l’euro
Entre 1994 et 2005, la République populaire de Chine a maintenu un ancrage souple au dollar, soit un régime intermédiaire entrele change fixe et le change flottant à parité glissante (crawling peg) : environ 8,28 yuans pour un dollar. Ce dispositif a rapidement suscité des critiques, les États-Unis et l’Union européenne dénonçant déjà une sous-évaluation du yuan.
C’est dans ce contexte que, en 2005, les autorités chinoises ont engagé une réforme monétaire d’ampleur, sans remettre en cause les fondements de leur architecture financière. Deux évolutions majeures caractérisent cette réforme : d’une part, le yuan n’est plus strictement arrimé au dollar, mais à un panier de devises (dollar, euro, yen). D’autre part, il est autorisé à fluctuer, mais dans une bande étroitement encadrée par la banque centrale. Le taux de change, bien que moins rigide, demeure fortement piloté par l’État. Il s’agit d’un régime de change flottant dit « impur », dans lequel le marché joue un rôle, mais sous surveillance étroite des autorités monétaires.
Cette réforme répondait à des objectifs à la fois internes et externes. Sur le plan interne, il s’agissait de moderniser le système financier, d’accroître la flexibilité de la politique monétaire et de corriger certains déséquilibres structurels. Le système hérité de l’économie planifiée demeurait rigide et peu efficace en matière de financement. Par ailleurs, la faiblesse des marchés financiers limitait les capacités d’ajustement. L’ancrage au dollar imposait en outre à la Banque de Chine d’accumuler des réserves de change considérables, indispensables pour défendre la parité en cas d’attaque spéculative – au risque de les voir s’épuiser rapidement.
Sur le plan externe, l’objectif était de mieux intégrer la Chine à la finance mondiale et de renforcer la crédibilité internationale du yuan. Toutefois, une caractéristique majeure perdure : la mobilité des capitaux reste partiellement contrôlée, les autorités chinoises continuant de réguler les flux financiers entrants et sortants.
La politique monétaire retrouve ainsi des marges de manœuvre, lui permettant de mieux gérer la masse monétaire, de contenir les risques inflationnistes et de répondre aux chocs économiques. L’ancrage au dollar limitait ces possibilités en focalisant l’action monétaire sur la seule parité bilatérale.
Enfin, la réforme de 2005 visait à corriger les déséquilibres liés à un modèle de croissance excessivement tourné vers les exportations. Un yuan sous-évalué renforçait cette dépendance extérieure, creusait les excédents commerciaux et alimentait des déséquilibres globaux, tout en pénalisant la demande intérieure.
Le tournant monétaire de 2015 : le yuan au cœur d’une nouvelle stratégie économique
Dix ans plus tard, en 2015, la Chine opère une inflexion plus marquée de sa stratégie monétaire et économique, en recourant notamment à la dévaluation pour soutenir la compétitivité de ses entreprises face aux États-Unis. À l’été 2015, Pékin modifie le mode de détermination du taux de change du yuan en réduisant le poids des décisions administratives au profit de mécanismes de marché. Entre le 11 et le 13 août, la monnaie se déprécie de près de 3 % face au dollar.
Ce choix s’inscrit dans un contexte de ralentissement économique, marqué par un fléchissement de la production industrielle et des exportations. Parallèlement, les autorités amorcent une réorientation vers un modèle davantage centré sur la demande intérieure.
Dans le même temps, la Chine poursuit l’internationalisation de sa monnaie. En 2016, le yuan est intégré au panier des droits de tirage spéciaux (DTS) du FMI, consacrant son statut croissant sur la scène monétaire internationale. S’ouvre alors une nouvelle phase, qualifiée de « flottement administré renforcé » : la banque centrale fixe quotidiennement un taux pivot, autour duquel la monnaie évolue dans une marge contrôlée, tout en conservant la possibilité d’intervenir. Cette évolution laissait entrevoir une stratégie moins dépendante des exportations, avec un yuan appelé à se réévaluer progressivement.
Le yuan faible face à la crise immobilière : la dévaluation compétitive source de tensions monétaires
La crise immobilière amorcée à partir de 2018 modifie cependant profondément cet équilibre, en affaiblissant la demande intérieure. Le maintien d’un yuan sous-évalué redevient alors un levier central pour soutenir la compétitivité et réorienter la croissance vers les exportations.
Au sein même de la Banque centrale, certains défendent l’idée qu’une dévaluation constitue une réponse adaptée aux tensions commerciales avec les États-Unis. Néanmoins, ce consensus reste partiel, la Chine conservant une balance commerciale largement excédentaire. Les tensions géopolitiques, notamment au Moyen-Orient, pourraient également peser sur les coûts de production, la Chine dépendant fortement des importations énergétiques transitant par des zones stratégiques comme le détroit d’Ormuz (1). Dans ce contexte incertain, la politique de change pourrait être mobilisée comme instrument d’amortissement des chocs externes. La théorie économique rappelle en effet que le taux de change joue un rôle d’ajustement face aux chocs asymétriques, tels qu’un choc pétrolier.
Mais les ambitions monétaires chinoises dépassent largement la seule gestion conjoncturelle. Le plan stratégique 2026-2030 vise une internationalisation accrue du yuan, la remise en cause de l’hégémonie du dollar et la construction d’un système financier plus autonome, sans abandon du contrôle des capitaux. Comme le soulignait en juin 2025 le gouverneur de la Bnaque de Chine, Pan Gongsheng : « La première direction consiste à affaiblir la dépendance excessive à une seule monnaie souveraine et à ses impacts négatifs, en formant un mécanisme sain de concurrence et de contrainte d’incitation entre quelques grandes monnaies. ».
Cette affirmation ouvre la voie à des tensions avec le dollar américain, et particulièrement dans le cadre de la présente administration américaine. Toutefois, cette stratégie reste encore limitée dans les faits : « en juillet 2025, le yuan représentait moins de 3 % des paiements mondiaux traités via SWIFT, et est même en légère baisse sur deux ans. Le yuan compte pour environ 2 % des réserves de change des banques centrales mondiales, contre près de 60 % pour le dollar et 20 % pour l’euro ». Des interrogations profondes traversent plus de trente ans de détermination du taux de change chinois, comme le résume très bien une publication américaine :
« Le débat actuel sur la politique de taux de change de la Chine en 2025 se concentre fortement sur les mêmes types de questions qu’en 2005 : comment la PBOC va-t-elle équilibrer le besoin de taux d’intérêt plus bas de l’économie nationale avec la pression correspondante sur les sorties de capitaux ? Comment la PBOC devrait-elle intervenir sur les marchés des changes afin de décourager les sorties de capitaux autoréalisatrices, et quel niveau de volatilité des taux de change est utile dans cet objectif ? Comment la Chine peut-elle équilibrer les besoins de politique intérieure pour lutter contre la déflation (ce qui implique un besoin d’une monnaie plus faible) avec la pression politique internationale visant à réduire les déséquilibres commerciaux chinois ? »
Les autorités chinoises doivent en permanence arbitrer entre soutien à la croissance, stabilité financière et pressions internationales. Ces tensions, loin d’être spécifiques à la Chine, structurent désormais l’ensemble des relations économiques mondiales. La politique de change s’impose ainsi comme un instrument central de souveraineté.
Les choix monétaires chinois ont des répercussions directes sur les économies concurrentes
En Europe, l’impact est significatif, et notamment pour l’industrie allemande qui voit ses produits supplantés par les marchandises chinoises et qui a de plus en plus de mal à exporter ses produits vers la Chine. La dépréciation du yuan face à l’euro accentue ce déséquilibre et redirige les flux commerciaux des États-Unis vers le marché européen. Cette situation représente une menace significative pour l’Union européenne, qui devient le principal débouché du surplus chinois.
Ce phénomène fragilise des pans entiers de l’industrie européenne. Il s’inscrit dans une stratégie globale où le taux de change complète d’autres instruments – politiques industrielles, subventions, transferts technologiques – comme le souligne le Conseil d’analyse économique :
« Les succès manufacturiers chinois ont reposé sur un mélange d’outils politiques comprenant des politiques industrielles et des subventions, des politiques macroéconomiques orientées vers le surinvestissement, un taux de change compétitif, des transferts technologiques, mais aussi des avantages en matière de réglementation, d’innovation et d’économies d’échelle sur un marché intérieur vaste et très concurrentiel. Il est important de noter que les outils non conformes à l’OMC ne sont qu’une partie du succès global, mais leur importance varie selon les secteurs. »
Si la Chine a su construire patiemment une stratégie économique et monétaire qui lui permet de s’affirmer sur la scène économique mondiale – et ce malgré les faiblesses de sa stratégie de croissance –, l’Union européenne apparaît quant à elle totalement désarmée. Les États-Unis et la Chine rivalisent commercialement, développent des tactiques parfois agressives voire inquiétantes, pendant que l’UE semble sidérée par le monde qui vient. Faute de réponse structurée, elle s’expose à un risque accru de désindustrialisation et de marginalisation économique dans les années à venir. L’aveuglement idéologique de nos élites, le poids d’un libéralisme dogmatique et la persistance des stratégies non coopératives ont rendu l’Europe considérablement vulnérable.
Notes
(1) La Chine importe la moitié de son pétrole de six pays du golfe, dont 48 % depuis l’Iran. L’Arabie Saoudite exporte 520 millions de barils de pétrole vers la Chine. L’an dernier, plus de 5 millions de barils par jour destinés à la Chine sont passés par le détroit d’Ormuz.
#US #datacenters face slew of problems amid #grassroots #protests against #AI
▻https://www.theguardian.com/business/2026/feb/24/datacenters-ai-construction
New #constructions #delayed or #cancelled, raising questions about US’s ability to expand #infrastructure to support #boom
Tom Perkins Tue 24 Feb 2026 16.00 CET
#Cancellations and delays of new US datacenters have increased as the #artificial_intelligence boom runs up against a slate of issues, including supply chain snags, #energy #shortages and #tariff-induced restraints.
Grassroots opposition from local #communities has also derailed some plans, and some #investors have grown wary of datacenters amid fears of an AI #bubble.
Dozens of plans for datacenters were killed or delayed in December or January, according to reports from the #investment research firm MacroEdge and climate news outlet Heatmap. MacroEdge’s research identified 26 cancellations through January – up from one in October.
(...)
#Limit_to_growth #pénuries : dans ce genre de jeu à somme nulle, c’est souvent la « machine » qui gagne. Mais qui gagne quoi au juste ?
Ça me rappelle cette petite histoire :
►https://seenthis.net/messages/1095849
Sinon, il y a une autre urgence qui se profile : LE BUG DE L’AN 2038 :
▻https://seenthis.net/messages/1159655
Mais les problèmes du moment ce seraient plutôt certaines circonvolutions logistiques et l’architecture du financement.
Sait-on mesurer les effets de la gratuité des #transports en commun ?
▻https://metropolitiques.eu/Sait-on-mesurer-les-effets-de-la-gratuite-des-transports-en-commun.h
La gratuité totale des transports en commun convainc peu les spécialistes du sujet. Selon Félicien Boiron, centrer l’évaluation sur des critères d’« efficacité » de la mesure légitime certaines normes dans la fabrique des politiques publiques de transport. Depuis longtemps décriée par la communauté experte du transport, la gratuité totale des transports en commun urbains s’est fait un nouvel ennemi, la Cour des comptes (2025), avec la récente publication d’un rapport qu’elle consacre à « la #Débats
/ mobilité, transports, gratuité, #tarification, #transports_collectifs
#mobilité #gratuité
▻https://metropolitiques.eu/IMG/pdf/met_boiron.pdf
La contribution des usagers au financement des transports collectifs urbains
L’organisation des transports collectifs urbains (TCU) est sous la responsabilité des collectivités locales qui en fixent le prix. Comme les recettes tarifaires ne suffisent pas à couvrir tous les coûts – celles-ci ne représentent que 41 % des dépenses de fonctionnement, hors investissement -elles en complètent le financement par d’autres moyens. Pour ce faire, les communes – regroupées au sein d’intercommunalités, comme les métropoles, les communautés d’agglomération ou les communautés urbaines – peuvent percevoir une taxe sur la masse salariale des employeurs locaux, appelée versement mobilité et/ou utiliser leur budget général, financé par les contribuables locaux. Depuis plusieurs années, les collectivités locales ont privilégié une politique de #modération_tarifaire, ce qui a entraîné une déconnexion progressive des #tarifs de l’usage réel des services de transport et donc des coûts induits, et favorisé le financement des #TCU par l’#impôt. Cette baisse de la contribution des usagers au financement des TCU compromet la réalisation des #investissements à venir, pourtant nécessaires pour répondre aux besoins de mobilité et atteindre les objectifs environnementaux. Le rapport de la Cour des comptes, qui répond à une demande formulée sur sa plateforme citoyenne, aborde ainsi les enjeux du développement des TCU et les modalités de leur financement. L’enquête, qui porte sur les principales autorités organisatrices des mobilités (AOM), décrit l’évolution des contributions au financement des TCU, notamment celle des usagers, et examine l’impact opérationnel et financier des politiques de #modération_tarifaire ou de gratuité. À cet effet, elle synthétise de nombreux travaux des juridictions financières et deux sondages réalisés auprès des usagers des réseaux de transport urbain de #Montpellier et de #Lyon.
▻https://www.ccomptes.fr/fr/publications/la-contribution-des-usagers-au-financement-des-transports-collectifs-urbain
#transports_publics #efficacité #villes #urbanisme #cour_des_comptes #rapport
On me disait qu’à Dunkerque, où le bus est gratuit pour tous, il a remplacé la marche et le vélo et n’a pas vraiment pris de part sur la voiture. Source à vérifier.
Verdi droht mit Streik: Warum die BVG in diesem Machtkampf gute Karten hat
▻https://www.berliner-zeitung.de/mensch-metropole/verdi-droht-mit-streik-warum-die-bvg-in-diesem-machtkampf-gute-kart
19.1.2025 von Peter Neumann - Das Landesunternehmen will kein zusätzliches Geld für Personal ausgeben. Die Gewerkschaft erwartet schwierige Gespräche. Doch sie hat Akteure verloren.
Für die Fahrgäste der Berliner Verkehrsbetriebe (BVG) ist es keine gute Nachricht. „Wir gehen davon aus, dass es keine schnellen und einfachen Verhandlungen geben wird.“ So schätzt Zukunft Fahrbetrieb BS – Verkehr, eine Gruppe aus dem Umfeld der Gewerkschaft Verdi, die derzeitige Tarifrunde über bessere Arbeitsbedingungen bei der BVG ein. „Es wird wieder nicht ohne Streik gehen“, lautet ein Kommentar. Doch zu dem Machtkampf, der sich jetzt zusammenbraut, gibt es auch andere Stimmen: „Der Arbeitgeber hat diesmal gute Karten“, heißt es.
Am 13. Januar 2026 fiel der Startschuss. Beim Kommunalen Arbeitgeberverband kamen die Teams von Verdi und der BVG zum Auftakt der Verhandlungen für einen neuen Manteltarifvertrag zusammen. Anders als vor einem Jahr geht es also nicht um höhere Löhne für die rund 15.900 Beschäftigten des landeseigenen Konzerns.
Auf der Verdi-Liste stehen andere Themen. So soll der Urlaubsanspruch von 30 auf 33 Tage steigen, ausnahmslos elf Stunden Mindestruhezeit sollen garantiert werden. Jenseits der offiziellen Forderungen, die Anlass für Arbeitskampfmaßnahmen sein könnten, kommt mit der 35-Stunden-Woche bei vollem Lohnausgleich ein heikles Thema dazu.
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BVG: Jede Verbesserung muss gegenfinanziert werden
Doch schon beim ersten Termin am 13. Januar wurde dem Verdi-Verhandlungsführer Serat Canyurt und seinem Team klar, dass der Wind kälter geworden ist. Offenbar verfolgt die BVG eine andere Strategie als bislang. Denn diesmal beließ es Verhandlungsführerin Jenny Zeller-Grothe nicht dabei, die schwierige Lage der Weltwirtschaft im Allgemeinen und des größten deutschen kommunalen Verkehrsunternehmens im Besonderen zu skizzieren. Diesmal leitete die Personalvorständin aus ihrer Analyse die Forderung ab, dass jede Verbesserung für die Beschäftigten einer Gegenfinanzierung bedarf.
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Der nächste Tarifkonflikt bei den Berliner Verkehrsbetrieben (BVG) hat begonnen: Verdi-Verhandlungsführer Serat Canyurt (l.) mit Mitstreitern vor der Hauptverwaltung in Mitte. Ende November 2025 übergaben sie der Arbeitgeberseite ihre Forderungen.Peter Neumann/Berliner Zeitung
Anders formuliert: Was dem BVG-Personal zusätzlich zugebilligt wird, muss anderswo eingespart werden. Im Podcast „Die Betriebsstörung“ berichtete Canyurt, wo die BVG Einsparungen wünscht. So sei es am 13. Januar um die Entgeltfortzahlung im Krankheitsfall gegangen, sagte er. Insider bestätigen, dass die BVG in diesem Bereich sparen will. Gerade im Fahrdienst gebe es viele Langzeitkranke. Das Landesunternehmen prüfe derzeit in solchen Fällen verstärkt, ob es Kündigungen ausspricht.
Neue Schichtdienstmodelle für selbstbestimmtes Arbeiten
Derzeit findet jedes Jahr eine Tarifrunde statt – im Wechsel geht es um den Entgelt- (mit großem Erfolg 2025) und den Manteltarifvertrag. Jedes Jahr gebe es einen langen Streit mit Arbeitskampfmaßnahmen, die das Unternehmen, aber auch die Stadt belasten, heißt es bei der BVG. Sie will sich stärker als in der Vergangenheit dafür einsetzen, dass die kollektiven Verträge vier statt zwei Jahre gelten.
Im Gegenzug sollen neue Arbeitszeit- und Schichtmodelle die Dienstplanung verändern. Ziel ist, dass Arbeitnehmer mehr als bisher darüber bestimmen können, wann sie arbeiten. Die Rede ist von „selbstbestimmtem Arbeiten je nach Lebensphase“, was auch den finanziellen Spielraum der Mitarbeiter erhöhen werde. Doch klar sei: Jede Verbesserung für die Arbeitnehmer müsse an anderer Stelle kompensiert werden, wozu auch eine Effizienzsteigerung gehört.
Der Entgelttarifvertrag, der nach fünf Warnstreiks und einer Schlichtung im vergangenen Frühjahr unterschrieben wurde, hat das Unternehmen stark belastet. Weil die Mitarbeiter bis zu 20 Prozent mehr Geld bekommen, stiegen die jährlichen Personalkosten um 140 Millionen Euro. Deshalb strebt die BVG an, dass der nun anstehende Manteltarifvertrag nicht so gravierende finanzielle Folgen hat.
Dass sich in Deutschland die wirtschaftliche Lage verschlechtert hat, spielt ihr in die Karten. Aus anderen Branchen wollen immer mehr Menschen zu öffentlichen Unternehmen wechseln, weil sie sichere Arbeitsplätze und ordentliche Bezahlung bieten. „Die Bewerberzahlen bei der BVG sind hoch“, sagt der Insider. „So hoch, dass es für die U- und Straßenbahn erst mal keine Stellenausschreibungen mehr gibt.“ Zunächst müssten die vielen Bewerbungen bis Mai abgearbeitet werden. Bei der Tram sei allerdings auch der Fahrlehrermangel ein Problem.
Der Insider berichtet von einem Handwerksmeister, der seine Firma aufgegeben hat und Busfahrer werden will: „Der Druck wurde immer größer, die Kosten steigen. In der Konkurrenz mit Betrieben aus Polen sah er zuletzt keine Hoffnung mehr.“ Eine mögliche Schlussfolgerung lautet: Die Bedingungen bei der BVG sind bereits ziemlich gut, für die Personalgewinnung müssten sie nicht groß weiter verbessert werden.
Verdi: „Bei uns ist Kampfkraft verloren gegangen“
Ein weiterer Pluspunkt für die BVG: Auch aufseiten der Gewerkschaft sind Veränderungen im Gange. Zwar ist Jeremy Arndt, ein gewiefter Taktiker mit großem Netzwerk, weiterhin bei den Tarifverhandlungen sowie in der Tarifkommission dabei. Aber Verhandlungsführer ist er nicht mehr.
Verdi muss bei der BVG auch auf andere erfahrene Mitstreiter verzichten. Erfahrene Gewerkschafter, die sich in vielen Tarifkonflikten engagiert haben und intern bekannt sind, wechselten in den Ruhestand. „Bei uns ist Wissen und Kampfkraft verloren gegangen“, analysiert ein Verdi-Mann. Wenn sich überhaupt Nachrücker für die arbeitsaufwendigen ehrenamtlichen Mandate finden, müssten sie sich meist erst einarbeiten. Nicht wenige kämen aus anderen Kulturkreisen.
„Der Betrieb hat für diese Tarifrunde einen richtig guten Zeitpunkt erwischt“, stellt der Gewerkschafter fest. „Wenn Verdi die Strukturen nicht anpasst, könnte das zum Wendepunkt werden. Dann kann der Arbeitgeber künftig machen, was er will.“ Was diese Tarifrunde anbelangt, könnten nur kosmetische Verbesserungen herauskommen.
Verdi-Verhandlungsführer Canyurt schaut jetzt erst einmal auf den zweiten Termin. „Am 29. Januar muss der Arbeitgeber auf unsere Forderungen reagieren“, sagte er im Podcast. „Das ist unsere Erwartung, dazu hatte er dann zwei Monate Zeit.“ Wie berichtet setzt das Verdi-Team darauf, am Verhandlungstisch zu Ergebnissen zu kommen. Doch wenn das schwierig zu werden droht, „dann muss es ein Signal geben“. Folge: „Dann ist eine Eskalation nicht ausgeschlossen.“
Beobachter erwarten, dass es im Winter zu Arbeitskampfmaßnahmen bei der BVG kommt. Die Notdienstvereinbarung für den Fall eines Streiks wurde bereits aktualisiert, heißt es. „Der Arbeitgeber hat ganz tolle Ideen“, lautete ein Kommentar auf den Bericht von Zukunft Straßenbahn. „Das dürfen wir uns nicht gefallen lassen!!!!“:
Turbo-Kapitalismus im Kiefernwald: Wie Tesla den deutschen Arbeitsmarkt wachrüttelt
▻https://www.berliner-zeitung.de/mensch-metropole/hausbesuche-und-aktien-poker-warum-tesla-fuer-tausende-trotzdem-die
Falsche Begriffe schon im Titel : Dieser Artikel ist feinste Kapitalistenpropaganda. Verwirren geht über informieren, genauso macht man das.
« Entre le faible et le fort c’est la liberté qui opprime et c’est la loi qui libère. » (Jean Baptiste Henri Lacordaire (ca. 1850)
Quelle: ▻https://beruhmte-zitate.de/zitate/124593-jean-jacques-rousseau-zwischen-dem-schwachen-und-dem-starken-
Das so oft von liberalen Schmierfinken bekrittelte Arbeitsrecht, gemeint sind oft Konzerngesetze und Mitbestimmumg, ist das einzige wirksame, immer wieder angegriffene Instrument gegen die Willkür absolutistischer Untnehmenskönige, auch bekannt als Boss . Protofascho Musk ist nur eine besonders arrogantes ("We coup where we want, get used to it.") Exemplar von Otzo Normaluntermehmer.
18.1.2026 von Oliver Weinlein - Von der „Kultur der Angst“ bis zur Turbo-Karriere für Ungelernte: In Brandenburg prallen Silicon Valley und deutsches Arbeitsrecht aufeinander. Über Gewinner, Verlierer und den Preis des „Tesla Speed“.
Wenn der Shuttle-Zug morgens am Haltepunkt „Fangschleuse Tesla Süd“ stoppt, steigen nicht nur Mitarbeiter aus. Es steigen Menschen aus, die Teil eines der spannendsten Wirtschaftsexperimente der deutschen Nachkriegsgeschichte sind. Hier, im märkischen Sand, trifft die kompromisslose „Ultra-Hardcore“-Attitüde des Silicon Valley auf die paragraphenreiche Realität des deutschen Arbeitsrechts.
Lange dominierte die Kritik die Schlagzeilen: Wasser, Wald, Gewerkschaftszoff. Doch wer tiefer blickt und mit Experten spricht, erkennt: Tesla ist für Brandenburg weit mehr als nur eine Fabrik. Es handelt sich um einen industriellen Kulturschock, der das traditionelle deutsche Beschäftigungsmodell auf die Probe stellt; ein Wagnis, das neben berechtigten Bedenken auch Räume für eine berufliche Dynamik öffnet.
Das Ende des „Zertifikats-Fetischs“
„Ein Schluck aus der Pulle für den Arbeitsmarkt“ – so plastisch beschrieb Jochem Freyer, Chef der Agentur für Arbeit Frankfurt (Oder), den Effekt der Ansiedlung. Während man bei deutschen Premium-Herstellern wie Mercedes oder BMW ohne makellosen Facharbeiterbrief oft schon am Werkstor scheitert, hat Tesla die Hürden gesenkt.
Rund 1.400 ehemals Arbeitslose haben in der Gigafactory eine Festanstellung gefunden, wobei nach Angaben der Arbeitsagentur etwa die Hälfte zuvor als langzeitarbeitslos galt. Das ist eine Integrationsleistung, an der staatliche Programme oft scheitern. Das Prinzip Musk lautet: „Skills over Degrees“ – Fähigkeiten zählen mehr als Abschlüsse. Für Menschen mit gebrochenen Erwerbsbiografien ist Grünheide der amerikanische Traum vor der Haustür.
Der ökonomische Bruch mit der Signaling-Theorie
Dieser radikale Verzicht auf formale Hürden ist weit mehr als eine pragmatische Notlösung gegen den Personalmangel; er markiert einen Bruch mit der ökonomischen Signaling-Theorie, für die der Nobelpreisträger Michael Spence den Grundstein legte. In der klassischen deutschen Arbeitswelt dient das Zeugnis als Signal für Produktivität und soziale Konformität. Man geht davon aus, dass jemand, der ein Studium oder eine Ausbildung abschließt, die nötige Ausdauer und kognitive Kapazität für den Job besitzt. Tesla hingegen entkoppelt das Signal vom eigentlichen Talent. Für den US-Konzern stellt das Zertifikat eine Verzerrung dar, die den Blick auf die tatsächliche Problemlösungskompetenz verstellt.
Arbeitsmarktforscher wie Enzo Weber vom Institut für Arbeitsmarkt- und Berufsforschung (IAB) sehen in diesem Vorgehen ein wichtiges Signal für den gesamten Standort. Weber betont in Analysen zum Strukturwandel immer wieder, dass die reine Fixierung auf Erstausbildungen in einer sich schnell transformierenden Wirtschaft zum Hindernis wird. Wenn sich Berufsbilder alle zehn Jahre fundamental wandeln, verliert das Zertifikat von gestern an Wert. In Grünheide wird dieses lebenslange Lernen und die direkte Kompetenzprüfung am Arbeitsplatz zum Standard erhoben. Die Wissenschaft spricht hierbei von einem Übergang zum Skills-based Hiring. Das Risiko dabei ist jedoch die Entwertung mühsam erworbener Qualifikationen im restlichen Markt. Dennoch zeigt das Experiment Tesla, dass die deutsche Obsession mit dem lückenlosen Lebenslauf eine Barriere ist, die sich die Industrie im globalen Wettbewerb kaum noch leisten kann.
Boni statt Tarif: Der Unternehmer im Blaumann
Beim Gehalt bricht Tesla mit Tabus und weigert sich beharrlich, einen Tarifvertrag mit der IG Metall zu unterzeichnen. Stattdessen setzt das Unternehmen auf eigene Anpassungen. Zuletzt erhöhte Tesla die Entgelte im Dezember 2025 um vier Prozent – ein Schritt, den das Management als Beweis seiner Eigenständigkeit feiert. Die IG Metall kritisiert hingegen, dass die Löhne damit weiterhin teils deutlich unter dem Niveau des Flächentarifvertrags lägen.
Ein zentrales Thema bleiben variable Vergütungsbestandteile. Tesla setzt auf eigene Modelle jenseits des Tarifs und wirbt mit Erfolgsbeteiligungen und Boni. Wie breit aktienbasierte Programme heute noch als zentraler Hebel für die Produktionsbelegschaft wirken, bleibt dabei oft intransparent. In der Tarif-Logik der Gewerkschaft ist dieses Modell eine Wette: Wer lange bleibt und dem Druck standhält, kann profitieren – eine Garantie wie im Flächentarif gibt es jedoch nicht.
Die Experten-Meinung: „Musk beschädigt, aber er bewegt“
Ist dieses System nun Raubbau oder Zukunftsmodell? Ferdinand Dudenhöffer, Deutschlands bekanntester Auto-Experte, sieht es differenziert. Er warnte in der Vergangenheit deutlich: Elon Musk „beschädigt Mitarbeiter“. Diese Kritik bezog der Experte vor allem auf das erratische öffentliche Auftreten des CEOs, das nicht nur der Marke schadet, sondern auch zur Belastung für die Belegschaft in Grünheide wird.
Gleichzeitig attestiert Dudenhöffer dem Konzern eine unverzichtbare Rolle als Wachrüttler. „Die europäischen Autobauer müssen sich warm anziehen“, so die Analyse. Tesla zwinge die deutsche Industrie durch sein Tempo („Tesla Speed“) dazu, ihre Behäbigkeit abzulegen. Ähnlich sieht es Stefan Bratzel vom Center of Automotive Management (CAM). Die deutschen Hersteller litten oft unter einer „Starre“ durch komplexe Gremienstrukturen. Tesla hingegen entscheide schnell, hierarchiearm und radikal. Wer in Deutschland technologisch nicht abgehängt werden wolle, müsse von Grünheide lernen.
Hausbesuche und Rettungseinsätze
Dass dieses Lernen schmerzhaft ist, zeigt der Dauerkonflikt um die Arbeitsbedingungen. Im Herbst 2024 eskalierte die Situation, als Tesla-Führungskräfte krankgeschriebene Mitarbeiter unangemeldet zu Hause besuchten. Werksleiter André Thierig verteidigte dies damals als Appell an die „Arbeitsmoral“ und verwies auf Datenanalysen, die auffällige Fehlzeiten an Freitagen und in Spätschichten zeigten.
Für die IG Metall war dies ein Tabubruch. Auch Arbeitsrechtler ordneten den Vorgang kritisch ein: Zwar ist das Klingeln an der Haustür rechtlich nicht verboten, doch niemand sei verpflichtet zu öffnen. Die Aktion wurde zum Symbol für ein tiefes Misstrauen. Kritiker verweisen zudem auf die Sicherheit: Investigative Recherchen ergaben, dass im ersten Betriebsjahr 247 Mal Rettungswagen oder Hubschrauber zum Werk gerufen wurden. Diese Zahl beinhaltet auch medizinische Notfälle, liegt aber laut Berichten auffällig über dem Niveau vergleichbarer Werke.
Politischer Schutzschirm: „Ein riesengroßer Gewinn“
Trotz aller Kritik hält die Politik ihre schützende Hand über das Projekt. Brandenburgs Ministerpräsident Dietmar Woidke (SPD) betonte wiederholt: „Tesla ist ein riesengroßer Gewinn“. Die Ansiedlung sorgte dafür, dass Brandenburg im ersten Halbjahr 2023 beim Wirtschaftswachstum im Ländervergleich vorn lag und sich im Gesamtjahr im Spitzenfeld behauptete.
Dietmar Woidke (SPD), Ministerpräsident des Landes Brandenburg, nimmt an der Eröffnung der Tesla-Fabrik Berlin Brandenburg teil. Er sieht in Tesla einen unschätzbaren Gewinn für die gesamte Region.
Dietmar Woidke (SPD), Ministerpräsident des Landes Brandenburg, nimmt an der Eröffnung der Tesla-Fabrik Berlin Brandenburg teil. Er sieht in Tesla einen unschätzbaren Gewinn für die gesamte Region.Patrick Pleul/dpa
Doch der Motor stottert inzwischen: Erste Berechnungen für 2024 weisen einen Rückgang des Bruttoinlandsprodukts um 0,7 Prozent aus, auch die Industrieumsätze sanken um 4,0 Prozent. Dennoch bleibt die Fabrik der wichtigste industrielle Anker der Region.
Die Verdeutschung hat begonnen
Tesla in Grünheide bleibt ein Hybrid. Technologisch und in der Ambition ist es pures Silicon Valley. Doch arbeitsrechtlich „verdeutscht“ sich das Unternehmen langsam. Der Betriebsrat – in dem die IG Metall eine starke Fraktion stellt, wenn auch nicht die Mehrheit – und die deutschen Arbeitsgerichte ziehen Grenzen, die Musk aus Texas nicht kennt.
Das Ergebnis dieses Ringens ist offen. Aber eines ist sicher: Tesla hat eine Dynamik nach Brandenburg gebracht, von der die Region Jahrzehnte nur träumen konnte. Für die Mitarbeiter bleibt es eine Abwägung: Wer Sicherheit und Ruhe sucht, ist in Grünheide falsch. Wer aber bereit ist, für die Chance auf schnellen Aufstieg „Hardcore“ zu arbeiten, findet hier Möglichkeiten wie kaum anderswo in der Republik.
18.1.2026 von Oliver Weinlein - Von der „Kultur der Angst“ bis zur Turbo-Karriere für Ungelernte: In Brandenburg prallen Silicon Valley und deutsches Arbeitsrecht aufeinander. Über Gewinner, Verlierer und den Preis des „Tesla Speed“.
Wenn der Shuttle-Zug morgens am Haltepunkt „Fangschleuse Tesla Süd“ stoppt, steigen nicht nur Mitarbeiter aus. Es steigen Menschen aus, die Teil eines der spannendsten Wirtschaftsexperimente der deutschen Nachkriegsgeschichte sind. Hier, im märkischen Sand, trifft die kompromisslose „Ultra-Hardcore“-Attitüde des Silicon Valley auf die paragraphenreiche Realität des deutschen Arbeitsrechts.
Lange dominierte die Kritik die Schlagzeilen: Wasser, Wald, Gewerkschaftszoff. Doch wer tiefer blickt und mit Experten spricht, erkennt: Tesla ist für Brandenburg weit mehr als nur eine Fabrik. Es handelt sich um einen industriellen Kulturschock, der das traditionelle deutsche Beschäftigungsmodell auf die Probe stellt; ein Wagnis, das neben berechtigten Bedenken auch Räume für eine berufliche Dynamik öffnet.
Das Ende des „Zertifikats-Fetischs“
„Ein Schluck aus der Pulle für den Arbeitsmarkt“ – so plastisch beschrieb Jochem Freyer, Chef der Agentur für Arbeit Frankfurt (Oder), den Effekt der Ansiedlung. Während man bei deutschen Premium-Herstellern wie Mercedes oder BMW ohne makellosen Facharbeiterbrief oft schon am Werkstor scheitert, hat Tesla die Hürden gesenkt.
Rund 1.400 ehemals Arbeitslose haben in der Gigafactory eine Festanstellung gefunden, wobei nach Angaben der Arbeitsagentur etwa die Hälfte zuvor als langzeitarbeitslos galt. Das ist eine Integrationsleistung, an der staatliche Programme oft scheitern. Das Prinzip Musk lautet: „Skills over Degrees“ – Fähigkeiten zählen mehr als Abschlüsse. Für Menschen mit gebrochenen Erwerbsbiografien ist Grünheide der amerikanische Traum vor der Haustür.
Der ökonomische Bruch mit der Signaling-Theorie
Dieser radikale Verzicht auf formale Hürden ist weit mehr als eine pragmatische Notlösung gegen den Personalmangel; er markiert einen Bruch mit der ökonomischen Signaling-Theorie, für die der Nobelpreisträger Michael Spence den Grundstein legte. In der klassischen deutschen Arbeitswelt dient das Zeugnis als Signal für Produktivität und soziale Konformität. Man geht davon aus, dass jemand, der ein Studium oder eine Ausbildung abschließt, die nötige Ausdauer und kognitive Kapazität für den Job besitzt. Tesla hingegen entkoppelt das Signal vom eigentlichen Talent. Für den US-Konzern stellt das Zertifikat eine Verzerrung dar, die den Blick auf die tatsächliche Problemlösungskompetenz verstellt.
Arbeitsmarktforscher wie Enzo Weber vom Institut für Arbeitsmarkt- und Berufsforschung (IAB) sehen in diesem Vorgehen ein wichtiges Signal für den gesamten Standort. Weber betont in Analysen zum Strukturwandel immer wieder, dass die reine Fixierung auf Erstausbildungen in einer sich schnell transformierenden Wirtschaft zum Hindernis wird. Wenn sich Berufsbilder alle zehn Jahre fundamental wandeln, verliert das Zertifikat von gestern an Wert. In Grünheide wird dieses lebenslange Lernen und die direkte Kompetenzprüfung am Arbeitsplatz zum Standard erhoben. Die Wissenschaft spricht hierbei von einem Übergang zum Skills-based Hiring. Das Risiko dabei ist jedoch die Entwertung mühsam erworbener Qualifikationen im restlichen Markt. Dennoch zeigt das Experiment Tesla, dass die deutsche Obsession mit dem lückenlosen Lebenslauf eine Barriere ist, die sich die Industrie im globalen Wettbewerb kaum noch leisten kann.
Boni statt Tarif: Der Unternehmer im Blaumann
Beim Gehalt bricht Tesla mit Tabus und weigert sich beharrlich, einen Tarifvertrag mit der IG Metall zu unterzeichnen. Stattdessen setzt das Unternehmen auf eigene Anpassungen. Zuletzt erhöhte Tesla die Entgelte im Dezember 2025 um vier Prozent – ein Schritt, den das Management als Beweis seiner Eigenständigkeit feiert. Die IG Metall kritisiert hingegen, dass die Löhne damit weiterhin teils deutlich unter dem Niveau des Flächentarifvertrags lägen.
Ein zentrales Thema bleiben variable Vergütungsbestandteile. Tesla setzt auf eigene Modelle jenseits des Tarifs und wirbt mit Erfolgsbeteiligungen und Boni. Wie breit aktienbasierte Programme heute noch als zentraler Hebel für die Produktionsbelegschaft wirken, bleibt dabei oft intransparent. In der Tarif-Logik der Gewerkschaft ist dieses Modell eine Wette: Wer lange bleibt und dem Druck standhält, kann profitieren – eine Garantie wie im Flächentarif gibt es jedoch nicht.
Die Experten-Meinung: „Musk beschädigt, aber er bewegt“
Ist dieses System nun Raubbau oder Zukunftsmodell? Ferdinand Dudenhöffer, Deutschlands bekanntester Auto-Experte, sieht es differenziert. Er warnte in der Vergangenheit deutlich: Elon Musk „beschädigt Mitarbeiter“. Diese Kritik bezog der Experte vor allem auf das erratische öffentliche Auftreten des CEOs, das nicht nur der Marke schadet, sondern auch zur Belastung für die Belegschaft in Grünheide wird.
Gleichzeitig attestiert Dudenhöffer dem Konzern eine unverzichtbare Rolle als Wachrüttler. „Die europäischen Autobauer müssen sich warm anziehen“, so die Analyse. Tesla zwinge die deutsche Industrie durch sein Tempo („Tesla Speed“) dazu, ihre Behäbigkeit abzulegen. Ähnlich sieht es Stefan Bratzel vom Center of Automotive Management (CAM). Die deutschen Hersteller litten oft unter einer „Starre“ durch komplexe Gremienstrukturen. Tesla hingegen entscheide schnell, hierarchiearm und radikal. Wer in Deutschland technologisch nicht abgehängt werden wolle, müsse von Grünheide lernen.
Hausbesuche und Rettungseinsätze
Dass dieses Lernen schmerzhaft ist, zeigt der Dauerkonflikt um die Arbeitsbedingungen. Im Herbst 2024 eskalierte die Situation, als Tesla-Führungskräfte krankgeschriebene Mitarbeiter unangemeldet zu Hause besuchten. Werksleiter André Thierig verteidigte dies damals als Appell an die „Arbeitsmoral“ und verwies auf Datenanalysen, die auffällige Fehlzeiten an Freitagen und in Spätschichten zeigten.
Für die IG Metall war dies ein Tabubruch. Auch Arbeitsrechtler ordneten den Vorgang kritisch ein: Zwar ist das Klingeln an der Haustür rechtlich nicht verboten, doch niemand sei verpflichtet zu öffnen. Die Aktion wurde zum Symbol für ein tiefes Misstrauen. Kritiker verweisen zudem auf die Sicherheit: Investigative Recherchen ergaben, dass im ersten Betriebsjahr 247 Mal Rettungswagen oder Hubschrauber zum Werk gerufen wurden. Diese Zahl beinhaltet auch medizinische Notfälle, liegt aber laut Berichten auffällig über dem Niveau vergleichbarer Werke.
Politischer Schutzschirm: „Ein riesengroßer Gewinn“
Trotz aller Kritik hält die Politik ihre schützende Hand über das Projekt. Brandenburgs Ministerpräsident Dietmar Woidke (SPD) betonte wiederholt: „Tesla ist ein riesengroßer Gewinn“. Die Ansiedlung sorgte dafür, dass Brandenburg im ersten Halbjahr 2023 beim Wirtschaftswachstum im Ländervergleich vorn lag und sich im Gesamtjahr im Spitzenfeld behauptete.
Dietmar Woidke (SPD), Ministerpräsident des Landes Brandenburg, nimmt an der Eröffnung der Tesla-Fabrik Berlin Brandenburg teil. Er sieht in Tesla einen unschätzbaren Gewinn für die gesamte Region.
Dietmar Woidke (SPD), Ministerpräsident des Landes Brandenburg, nimmt an der Eröffnung der Tesla-Fabrik Berlin Brandenburg teil. Er sieht in Tesla einen unschätzbaren Gewinn für die gesamte Region.Patrick Pleul/dpa
Doch der Motor stottert inzwischen: Erste Berechnungen für 2024 weisen einen Rückgang des Bruttoinlandsprodukts um 0,7 Prozent aus, auch die Industrieumsätze sanken um 4,0 Prozent. Dennoch bleibt die Fabrik der wichtigste industrielle Anker der Region.
Die Verdeutschung hat begonnen
Tesla in Grünheide bleibt ein Hybrid. Technologisch und in der Ambition ist es pures Silicon Valley. Doch arbeitsrechtlich „verdeutscht“ sich das Unternehmen langsam. Der Betriebsrat – in dem die IG Metall eine starke Fraktion stellt, wenn auch nicht die Mehrheit – und die deutschen Arbeitsgerichte ziehen Grenzen, die Musk aus Texas nicht kennt.
Das Ergebnis dieses Ringens ist offen. Aber eines ist sicher: Tesla hat eine Dynamik nach Brandenburg gebracht, von der die Region Jahrzehnte nur träumen konnte. Für die Mitarbeiter bleibt es eine Abwägung: Wer Sicherheit und Ruhe sucht, ist in Grünheide falsch. Wer aber bereit ist, für die Chance auf schnellen Aufstieg „Hardcore“ zu arbeiten, findet hier Möglichkeiten wie kaum anderswo in der Republik.
#Deutschland #Brandenburg #Arbeit #Arbeitnehmerrechte #Betriebsverfassungsgesetz #Disruption #union_bashing #Autoindustrie #Tarifvertrag
« La Chine vient percuter le coeur du modèle industriel européen », prévient Emmanuel Macron | Les Echos
▻https://www.lesechos.fr/monde/europe/la-chine-vient-percuter-le-coeur-du-modele-industriel-europeen-previent-emm
(« De retour de son quatrième voyage officiel en Chine »)
Dans un entretien accordé aux « Echos », le président de la République hausse le ton vis-à-vis des Chinois qu’il menace de droits de douane.
Kurze Pause zum Pinkeln an der Endhaltestelle
▻https://www.nd-aktuell.de/artikel/1195820.tarifverhandlungen-und-bvg-kurze-pause-zum-pinkeln-an-der-endhalt
▻https://www.nd-aktuell.de/img/jpeg/800/314820
Hohes Verkehrsaufkommen und ständiger Stress wegen Verspätungen: Busfahrer*in in Berlin zu sein, ist kein leichter Job. Foto: dpa/Paul Zinken
4.12.2025 vin Maria Neuhauss - Verdi fordert für BVG-Beschäftigte längere Pausen, mehr Urlaubstage und Arbeitszeitverkürzung
Die Traube von Gewerkschafter*innen in Warnwesten, die sich am Donnerstagvormittag vor der Hauptverwaltung der Berliner Verkehrsbetriebe (BVG) eingefunden hat, bricht in Gelächter aus: Kurz klingt es so, als würde Verdi für die Beschäftigten der BVG in der kommenden Tarifrunde 33 weitere Urlaubstage fordern. Statt eines ganzen Monats geht es aber lediglich um drei zusätzliche Tage, die am Ende für die Beschäftigten herausspringen sollen. Sie sind Teil eines Forderungspakets, mit dem diese vor allem eins wollen: Entlastung.
»Die Fahrer sind am Ende ihrer Kräfte«, meint Serat Canyurt, Verdi-Gewerkschaftssekretär und neuer Verhandlungsführer auf der Arbeitnehmerseite. »Wir haben alle Beschäftigten, nicht nur die Verdi-Mitglieder, in einer zwei Monate laufenden Umfrage nach ihrer Meinung befragt, und zu 99 Prozent wollen sie Entlastung.«
Neben mehr Urlaub fordert die Gewerkschaft die ausnahmslose Umsetzung der vereinbarten Mindestruhezeit von elf Stunden und eine maximale Schichtlänge von zwölf Stunden. Zudem sollen die Wendezeiten auf sechs Minuten erhöht werden. Damit ist die Zeit gemeint, die Fahrer*innen an den Endhaltestellen zur Verfügung steht, bevor sie die Rückfahrt antreten müssen. Aufgrund ständiger Verspätungen während der Fahrten verkürzen sich Wendezeiten häufig – oder fallen gleich ganz weg. »Ich rate jedem, sich einfach mal einen Wendepunkt anzugucken und zu schauen, was die Busfahrer in der Wendezeit als Erstes machen: Die steigen aus ihren Fahrzeugen aus, rennen auf Toilette, rennen wieder zurück und steigen in den Bus. Weil sie keine Zeit haben«, sagt Kemal Aykac. Aykac ist Mitglied im Personalrat der BVG.
»Die Fahrer sind am Ende ihrer Kräfte.«
Serat Canyurt Verdi Gewerkschaftssekretär und Verhandlungsführer
Problematisch seien auch die geteilten Dienste, wenn also zwischen zwei Arbeitsblöcken eine längere Pause liegt. »In der Pause können die Fahrer weder nach Hause noch etwas anderes machen. Das heißt, sie sind teilweise zwölf Stunden auf Achse, aber davon fahren sie nur acht Stunden und bekommen auch nur acht Stunden bezahlt«, sagt Aykac. Verdi fordert eine höhere Zulage für solche Dienste und ihre Abschaffung an Wochenend- und Feiertagen.
In den kommenden Verhandlungen ringen Verdi und Vertreter*innen des Landes Berlin um einen neuen Manteltarifvertrag, in dem die Arbeitsbedingungen der 16 000 Beschäftigten der BVG und Berlin Transport (BT) geregelt sind. Entgelte und Zulagen sind diesmal kein Thema. Die aktuelle Fassung des Entgelttarifvertrags wurde bereits im April beschlossen. Damals war aufgrund verhärteter Fronten ein Schlichtungsverfahren eingeleitet worden. Im Ergebnis konnte Verdi eine Lohnerhöhung von bis zu 20 Prozent für die Fahrer*innen durchsetzen.
Im Rahmen der Schlichtung hatten sich die Arbeitgeber zudem das Versprechen abnehmen lassen, in den Verhandlungen zum Manteltarifvertrag auch über die Arbeitszeiten zu sprechen: Für die anstehende Tarifrunde erwartet Verdi daher Gespräche über eine 35-Stunden-Woche, eine Vier-Tage-Woche und flexiblere Arbeitszeitmodelle, wie es in einer Tarifinfo an die Verdi-Mitglieder heißt.
Der Gewerkschaft zufolge sind die Tarifverhandlungen auch für die Passagiere relevant. »Es geht darum, dass der ÖPNV zuverlässig funktioniert«, so Gewerkschaftssekretär Canyurt. Denn dass Linien verlässlich befahren werden können, hänge auch von einer guten Personalausstattung ab. Zwar hätten sich mit Erhöhung der Entgelte die Bewerber*innenzahlen bei der BVG erhöht. Doch würden viel zu viele Beschäftigte das Unternehmen wieder vorzeitig verlassen. »Wir haben uns die Zahlen angeschaut. Im Vergleich zu anderen Unternehmen ist die Personalfluktuation bei der BVG fast doppelt so hoch«, so Aykac. Das liege vor allem an den schlechten Arbeitsbedingungen im Fahrdienst.
Die Forderungen der Gewerkschaft wurden am Donnerstagvormittag an die Arbeitgeber überreicht. Da letztere nicht zugegen waren, mussten sie im Büro abgegeben werden – ein Zeichen fehlender Wertschätzung, wie Canyurt findet.
Mit der Auftaktverhandlung am 13. Januar startet die bundesweite Tarifrunde im kommunalen Nahverkehr. Betroffen sind bundesweit knapp 150 kommunale Unternehmen in ebenso vielen Städten und Landkreisen sowie in den drei Stadtstaaten Berlin, Hamburg und Bremen. Die konkreten Forderungen legen die jeweiligen Tarifkommissionen für jeden Landestarifvertrag eigenständig fest.
#Bertin #Tarifverhandkungen #BVG #Ver.de #Arbeit #Gewerkschaft #ÖPNV
#TGV complets, billets hors de #prix : pourquoi prendre le train est devenu une galère
Pourquoi prendre le TGV est-il devenu un casse-tête ? Manque de places, saturation du réseau, stratégie de la #SNCF... Reporterre a enquêté. Autant d’obstacles qui pourraient freiner l’engouement pour ce mode de transport doux.
Des #tarifs dissuasifs aux heures les plus recherchées, des TGV complets plusieurs semaines avant le départ… Prendre un train entre de grandes villes devient un #casse-tête — ou un #privilège — même pour les as de l’anticipation.
Cette situation est le revers d’une excellente nouvelle pour l’écologie : ces trois dernières années, le transport ferroviaire a battu trois fois son record de #fréquentation, avec une hausse totale de 14 % entre 2019 et 2024. Mais après avoir augmenté la #fréquence des circulations, la SNCF et ses nouveaux concurrents ne sont pas capables de suivre et d’amplifier cette nouvelle ruée vers le fer. C’est la #pénurie.
« On a la chance d’être dans un moment incroyable pour le ferroviaire mais il y a un problème assez majeur qui ne va faire qu’empirer, c’est la #crise_capacitaire », alertait le 30 septembre Rachel Picard, cofondatrice de la compagnie #Velvet, lors du colloque de l’Association française du #rail, lobby français des entreprises ferroviaires. Selon les chiffres de ce futur concurrent de la SNCF, 5 % des voyageurs potentiels des lignes reliant Paris à Nantes, Bordeaux et Angers n’arrivent pas à trouver de billet.
Risques de #saturation vers #Nantes
L’alerte n’est pas désintéressée, venant d’une future « challengeuse » de la SNCF, qui compte justement faire circuler douze nouveaux TGV sur l’axe atlantique en 2028, mais elle met le doigt sur une difficulté grandissante de gestion du réseau ferré.
En avril, #SNCF_Réseau a identifié 25 tronçons de lignes menacés de saturation. Sur six tronçons également, la saturation a été constatée en octobre 2024, ce qui signifie que le gestionnaire des rails n’a pas pu répondre favorablement à toutes les demandes de circulation pour l’année 2025.
« Il y a encore globalement de la place, mais pas partout. On voit bien qu’il y a des risques de saturation vers Nantes, où on a un gros trafic TGV et TER », répondait le 30 septembre le PDG de SNCF Réseau, Matthieu Chabanel, au cours du même colloque.
Pour le moment, seules les heures de pointe sont congestionnées. « Les cas avérés des saturations que nous avons connus en 2020 et en 2025 ont été résolus », minimise également SNCF Réseau, dans ses réponses écrites à Reporterre. Mais ces signaux sont pris très au sérieux, car ils hypothèquent la trajectoire ambitieuse que s’est fixée la France dans sa stratégie de #décarbonation (+50 % du trafic voyageurs ferroviaire à horizon 2040). Le copieux chantier de « #désaturation » du réseau est donc crucial.
La France fait rouler peu de trains
La situation est paradoxale, car la France a un des réseaux les moins « circulés » d’Europe. « Elle fait rouler quasiment deux fois moins de trains que l’Allemagne pour un réseau comparable — 43 trains quotidiens par ligne en moyenne en France, contre 82 en Allemagne —, notamment à cause de la faiblesse du trafic de marchandises », dit Vincent Doumayrou, membre de l’association de chercheurs Ferinter et rédacteur d’un blog sur le rail. Le réseau français a donc la capacité d’accueillir bien plus de trains qu’aujourd’hui.
C’est dans les nœuds ferroviaires que cela coince. À Paris, Lyon, Lille, Nantes ou Marseille, le réseau ferré tissé en étoile exerce une pression sur quelques grandes gares, conçues pour la plupart il y a plus d’un siècle. Il devient difficile de faire cohabiter différents types de trains, de différentes compagnies, avec des vitesses, des durées d’accélération et des fréquences d’arrêts différentes.
Travaux de réaménagement
Plusieurs projets, petits ou gros, sont à l’étude pour y remédier, mais nécessiteront un engagement financier important de l’État. Cela va de petits aménagements de surélévation de voie d’accès aux gares, pour éviter les croisements qui bloquent les circulations, à la construction de lignes de contournement, comme à l’est de Lyon pour éviter que les marchandises transitent par la gare Part-Dieu. La gare de Bordeaux doit également être réorganisée et des lignes souterraines doivent être creusées sous le sol de Lille. Il existe également un projet de tunnel ferroviaire sous la gare Saint-Charles, à Marseille, pour que les TGV n’aient plus à changer de sens pour poursuivre leur route.
Des sommes énormes sont également investies dans la #modernisation du système de #signalisation, afin de réduire le délai d’attente entre deux trains. Sur le Paris-Lyon, ce système dit #ERTMS permettra de passer de 13 à 16 trains par heure en 2030, moyennant 820 millions d’euros d’investissement.
Une centaine de rames en moins
Tous ces enjeux de long terme se télescopent aujourd’hui avec un autre problème, accentuant l’envolée des prix des billets de TGV : le manque de trains. De 482 #rames TGV en circulation en 2012, le parc de la SNCF a été réduit à 363 rames aujourd’hui. Elle l’a fait pour tenter l’aventure de la #concurrence à l’étranger. Elle mobilise en effet 14 rames duplex pour tenter de conquérir le marché espagnol (et compte faire de même sur le marché italien avec 15 rames livrées pour l’occasion).
Elle a aussi mis au rebut des rames vieillissantes, entre 2016 et 2018, pour améliorer virtuellement son bilan comptable. Le matériel « immobilisé » est en effet converti en euros dans la colonne « passif » de ses comptes, ce qui détériore le bilan de l’entreprise. « C’est une opération purement comptable absurde qui a mis au rebut une soixantaine de rames qui auraient pu rendre service encore jusqu’en 2029. C’est d’ailleurs le cas des 28 survivantes de la série qui circulent toujours », dit Pierre Zembri, géographe à l’université Gustave Eiffel.
« Il faut se souvenir que pendant la décennie 2010, le trafic a stagné et personne ne pensait qu’il réaugmenterait un jour. Le train passait pour ringard dans les milieux dirigeants. Nous payons encore aujourd’hui le prix du manque d’anticipation et du #sous-investissement de l’époque », rappelle Vincent Doumayrou.
Stratégie de #rentabilité de la SNCF
La rareté est-elle entretenue par la SNCF pour faire grimper les prix des billets et accroître sa rentabilité ? Indirectement, oui, confirme Fabien Viledieu, syndicaliste cheminot chez Sud Rail : « La SNCF a réduit son parc TGV pour blinder les trains et optimiser son outil industriel, mais il faut avoir à l’esprit que c’est l’État qui l’oblige à le faire, en imposant des #péages très élevés à chaque train et en faisant remonter des milliards d’euros pour financer l’entretien du réseau. Il est urgent de desserrer cet étau financier. »
Entre 2015 et 2023, le nombre de TGV en circulation a baissé de 20 % et le nombre de dessertes en gare par la SNCF s’est contracté de 12 %. La hausse de capacité de trains — grâce aux TGV à deux étages, une exclusivité française en Europe — a permis, dans le même temps, de faire stagner le nombre de sièges rapportés aux kilomètres parcourus (-2 %). Et le chiffre d’affaires de la branche voyageurs progresse d’année en année (+ 5,8 % en 2024).
La filière industrielle dans le flou
La pénurie actuelle s’explique enfin par d’importants retards dans les livraisons des nouvelles rames, observés dans les TGV comme les trains régionaux. Pénurie de matériaux et de processeurs, inflation, problèmes techniques qui s’amoncellent… L’industrie a collectionné les imprévus ces dernières années. « Il faut dix à quinze ans pour concevoir, produire, tester et faire homologuer un nouveau train. C’est toute une chaîne qu’il faut coordonner, avec des gros constructeurs et des dizaines de petites entreprises », dit Igor Bilimoff, délégué général de la Fédération des industries ferroviaires, à Reporterre.
L’ouverture du ferroviaire à la concurrence rajoute une couche de complexité. Elle se matérialise dans chaque région, tronçon #TER par tronçon TER, par des appels d’offres passés pour mettre en concurrence les différentes compagnies. Impossible, dans ce contexte, de commander le matériel suffisamment en avance. « À l’époque du #monopole_public, la SNCF gérait toutes les commandes. La vision à long terme qui est nécessaire pour le ferroviaire n’existe plus. Et chaque région y va de sa demande particulière, avec des petits aménagements qui modifient la ligne de production et finissent par tout bloquer », dit Bérenger Cernon, député Insoumis et ex-cheminot, auteur d’un récent rapport sur le ferroviaire.
Décarboner les mobilités est impossible sans engagement fort de l’État
Les constructeurs #Alstom et #CAF préviennent que sans commandes fermes, en particulier sur les trains régionaux ou d’équilibre du territoire [ex « Corails »], ils devront arrêter des lignes de production. « On perdrait le savoir-faire et la main-d’œuvre », s’inquiète Igor Bilimoff, qui milite notamment pour une « simplification des réglementations » et la création de centrales d’achats capables de centraliser les commandes.
Qu’ils soient pour ou contre la #libéralisation, tous les acteurs du ferroviaire s’accordent sur un refrain malheureusement bien connu depuis des années : le « choc d’offre » tant espéré pour décarboner les mobilités restera lettre morte sans un engagement fort et durable de l’État. Une « loi cadre » comprenant une programmation des #investissements sur cinq ans est promise pour le mois de décembre par le ministre des Transports… s’il parvient à naviguer en dépit du contexte politique extrêmement mouvant.
►https://reporterre.net/TGV-complets-billets-hors-de-prix-pourquoi-prendre-le-train-est-devenu-u
#France #transport_ferroviaire
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voir aussi :
POURQUOI LE TRAIN EST DEVENU SI CHER
TGV complets, billets hors de prix : pourquoi prendre le train est devenu une galère
►https://reporterre.net/TGV-complets-billets-hors-de-prix-pourquoi-prendre-le-train-est-devenu-u
Tous ces enjeux de long terme se télescopent aujourd’hui avec un autre problème, accentuant l’envolée des prix des billets de TGV : le manque de trains. De 482 rames TGV en circulation en 2012, le parc de la SNCF a été réduit à 363 rames aujourd’hui. Elle l’a fait pour tenter l’aventure de la concurrence à l’étranger. Elle mobilise en effet 14 rames duplex pour tenter de conquérir le marché espagnol (et compte faire de même sur le marché italien avec 15 rames livrées pour l’occasion).
Elle a aussi mis au rebut des rames vieillissantes, entre 2016 et 2018, pour améliorer virtuellement son bilan comptable. Le matériel « immobilisé » est en effet converti en euros dans la colonne « passif » de ses comptes, ce qui détériore le bilan de l’entreprise. « C’est une opération purement comptable absurde qui a mis au rebut une soixantaine de rames qui auraient pu rendre service encore jusqu’en 2029. C’est d’ailleurs le cas des 28 survivantes de la série qui circulent toujours », dit Pierre Zembri, géographe à l’université Gustave Eiffel.
(...) la France a un des réseaux les moins « circulés » d’Europe. « Elle fait rouler quasiment deux fois moins de trains que l’Allemagne pour un réseau comparable — 43 trains quotidiens par ligne en moyenne en France, contre 82 en Allemagne —, notamment à cause de la faiblesse du trafic de marchandises », dit Vincent Doumayrou, membre de l’association de chercheurs Ferinter et rédacteur d’un blog sur le rail. Le réseau français a donc la capacité d’accueillir bien plus de trains qu’aujourd’hui.
C’est dans les nœuds ferroviaires que cela coince. À Paris, Lyon, Lille, Nantes ou Marseille, le réseau ferré tissé en étoile exerce une pression sur quelques grandes gares, conçues pour la plupart il y a plus d’un siècle.
Mon TER mensuel fonctionne sur une voie unique qui doit être libérée par les trains qui circulent en sens inverse. On s’étonne pas du succès du TGV qui offre un trajet voisin, tellement hors de prix que la région a pu majorer avec force le tarif de ses TER, sachant garder une clientèle captive. Dont des pendulaires à 2 fois deux heures de trajet ferroviaire par jour pour le taf, à moins qu’ils trouvent à dormir loin de chez eux. Incapables de faire, comme la TGV society, leur aller/retour en 1h30 avec télétravail incorporé au temps de transport.
Dépassements [d’]honoraires : alerte pour les patients handicapés [ou pas]
▻https://informations.handicap.fr/a-depassements-honoraires-alerte-pour-les-patients-handicapes-
De plus en plus fréquents chez les jeunes spécialistes, les #dépassements_d'honoraires médicaux inquiètent les associations, en particulier celles qui représentent les personnes handicapées, souvent confrontées à un reste à charge élevé.
Les trois quarts des jeunes spécialistes qui s’installent aujourd’hui pratiquent des dépassements d’honoraires, contre deux tiers en 2017, pointe un rapport du Haut conseil de l’Assurance maladie (HCAAM) qui s’inquiète de l’inflation de ces suppléments non remboursés par l’#Assurance_maladie.
Selon cette instance consultative, qui regroupe de multiples parties prenantes du système de santé, « le montant total des dépassements d’honoraires des médecins spécialistes atteint 4,3 milliards d’euros en 2024, en forte accélération depuis 2019 (+5 % par an en valeur réelle, hors inflation) ». Cette accélération s’explique notamment par la hausse du nombre de #spécialistes pratiquant ces suppléments : ainsi en 2024 « 56 % des spécialistes sont en secteur 2 » (pratiquant des dépassements d’honoraires), « contre 37 % en 2000 ».
Un risque de renoncement aux soins
La croissance est alimentée aussi par la « hausse des taux de dépassements » pratiqués, et par une tendance des praticiens du secteur 2 à diminuer le nombre d’actes maintenus aux tarifs opposables, note le HCAAM. Pour ce dernier, ces évolutions imposent des réformes « face à un système (…) qui présente un risque réel de renoncement aux soins ou de charge financière excessive ».
Des restes à charge parfois très élevés
En effet ces dépassements d’honoraires « peuvent induire un reste à charge élevé pour les patients », poursuit-il. « Par exemple, pour une intervention de prothèse totale de la hanche, près de la moitié des patients s’acquittent de dépassements (630 euros en moyenne et plus de 1 000 euros dans 10 % des cas) », indique-t-il.
#santé #tarifs_opposables #dépassements_d'honoraires #secteur_2 #accès_aux_soins #médecine #médecins #médecine_de_classe #esprit_de_lucre
Accès aux soins : une mission gouvernementale recommande de plafonner les dépassements d’honoraires
▻https://www.lemonde.fr/politique/article/2025/10/23/acces-aux-soins-une-mission-gouvernementale-recommande-de-plafonner-les-depa
ce sont désormais 75 % des installations des médecins spécialistes qui se font en secteur 2.
$2,000 Shipping: International Sellers Charge Absurd Prices to Avoid Dealing With American Tariffs
▻https://www.404media.co/2-000-shipping-international-sellers-charge-absurd-prices-to-avoid-dealing-with-american-tariffs/?ref=daily-stories-newsletter
Some international sellers on large platforms like eBay and Etsy have jacked up their shipping costs to the United States to absurd prices in order to deter Americans from buying their products in an effort to avoid dealing with the logistical headaches of Trump’s tariffs.
#tariffs #Trumpistan #Ubu_Roi (mange bien tes grands morts)
La Cour des comptes porte un œil critique sur la gratuité des transports publics dans les grandes villes
►https://www.lemonde.fr/economie/article/2025/09/15/la-cour-des-comptes-porte-un-il-critique-sur-la-gratuite-des-transports-publ
[...]
Dans un rapport consacré à la part payée par les usagers dans les transports publics urbains, publié lundi 15 septembre, la Cour des comptes alerte sur le fait qu’elle n’a cessé de décroître ces dernières années pour atteindre 41 % des coûts de fonctionnement des réseaux. Si l’on ajoute à l’équation les investissements supportés par les autorités organisatrices de la mobilité, la contribution des passagers descend à 26 % du coût réel.
[...]
La Cour des comptes s’est également penchée sur la gratuité totale mise en place dans 46 réseaux, bénéficiant à 2,8 millions de personnes. Une telle politique, note-t-elle, s’est développée depuis le début du siècle, mais s’est accélérée depuis 2017 avec le basculement d’agglomérations de plus de 100 000 habitants vers la gratuité, telles que celles de Niort, Dunkerque, Calais, Douai, Bourges et, la plus grande d’entre elles, Montpellier, où vivent quelque 500 000 personnes. Les auteurs du rapport ont un jugement différencié selon la taille du réseau. S’ils sont modestes ou intermédiaires, la gratuité « permet d’accroître sensiblement la fréquentation, pour un coût limité par rapport à la situation initiale », estiment-ils, puisque les recettes étaient réduites à leur portion congrue.
[...]
Dans le cas de Montpellier, où les transports sont gratuits depuis 2023 pour les administrés de la métropole, une enquête a été menée en juin 2024 par la Cour des comptes auprès de 11 000 habitants. La hausse de la fréquentation est incontestable, mais elle s’accompagne d’une baisse de la satisfaction des usagers. Surtout, les nouveaux usagers se déplaçaient auparavant davantage à pied ou à vélo (39 %) qu’en voiture (33 %), ce qui fait dire aux auteurs que cette politique coûteuse a en partie manqué sa cible en matière de report modal.
Cette analyse fait bondir le maire de Montpellier, Michaël Delafosse (PS), qui déplore le « biais idéologique » de la Cour des comptes. « La gratuité, c’est un choix politique pour allier transition écologique et pouvoir d’achat. On ne s’interroge pas de la même manière sur le coût des routes pour les finances publiques ! », regrette-t-il. Selon lui, la Cour aurait dû attendre les résultats de l’enquête approfondie commandée par la métropole, prévus pour octobre, avant de jauger cette « expérience toute jeune ».
[...]
Le versement mobilité, prélevé sur la masse salariale des entreprises, finançait 46 % des transports urbains en 2019. Il est désormais à son « plafond légal dans les grandes AOM ».
Pour le coup, le maire de Montpellier n’a pas tord : la cour des compte s’aligne sur les arguments des droitards anti-gratuité.
– D’abord la gratuité à Montpellier accompagne d’énormes perturbations et restrictions à la circulation automobile (qui continuent à se mettre en place) : mise en place de la ZFE (mais ça, on n’a plus aucune idée d’où ça en est : c’est en pause, c’est annulé, c’est quoi ?), zone 30 sur toute la ville, suppression massive de places de parking en centre-ville, accès (au pluriel) aux centre-ville extrêmement compliqués, voies doubles passées à une seule voie (avec une voie réservée aux bus et aux vélos), et partout des travaux pour réduire la place de voitures et développer les trams, les bus, les bus-trams avec des voies vélos à chaque fois.
La gratuité est l’énorme argument qui permet de faire passer ça. (Parce que t’imagines bien que ça gueule, parce que se balader en voiture n’a jamais été aussi pénible.) Sans ça, tu peux être certain qu’à la prochaine élection municipale, on se tapera un connard de droite élu sur le thème de l’« écologie punitive » et se fera un devoir d’arrêter tous ces changements qui entravent le bonheur du conducteur automobile. (Encore une fois : le déploiement de la ZFE avait déjà été mis en pause à cause des pressions locales ; maintenant au niveau nationale ; et on n’a plus aucune idée d’où ça en est.)
– Évidemment quelque chose qui ne plaira pas aux droitards : il me semble bien que ça fait passer le financement sur des impôt plus ou moins progressifs plutôt que sur la vente des billets (qui pèsent beaucoup plus lourd dans le budget des familles pauvres que des familles riches, sachant les transports sont une dépense contrainte). Déjà quand je vois ce que nous, avec une famille de 5, on économise sur les 5 abonnements qu’on devrait prendre sinon, j’imagine que pour une famille aux revenus plus modestes, ça représente quelque chose d’absolument énorme (même si, comme on le sait, il y a des économies qui sont faites ailleurs).
– Les sondages pour noter une « baisse de satisfaction », alors qu’il y a justement des travaux énormes pour changer tout le plan de circulation de la ville depuis 2020, ce n’est pas sérieux, et c’est loin d’être terminé. Bien sûr que c’est le bordel, il y a des travaux partout, et principalement dans le but de développer le réseau et de restreindre la circulation automobile. D’autant qu’évidemment, une partie des nouveaux usagers, ça va être ces gens qui, auparavant, se complaisaient à polluer le centre-ville matin et soir pour faire en voiture l’aller-retour depuis leur lotissement à l’extérieur de la ville où tout le monde vote facho, et que maintenant ça les fait chier des devoir prendre les transports en commun avec les noirs et les arabes.
L’avis du président de la métropole lyonnaise :
Bruno Bernard ✓- Mastodon
▻https://piaille.fr/@BrunoBernard/115124209658048741
31/08/2025
🟢🎫 Dès demain les enfants jusqu’à 10 ans pourront se déplacer gratuitement sur notre réseau TCL !
Pourquoi ne pas rendre les TCL gratuits pour tout le monde ?
Parce qu’une telle mesure coûterait chaque mandat l’équivalent de 3 ou 4 nouvelles lignes de tramway, ou toute la modernisation de nos 4 lignes de métro. Autrement dit : ce serait renoncer à améliorer concrètement l’offre.
Si on veut que plus de monde prennent les TCL, il faut améliorer ce service !
Mais cela ne veut pas dire ne rien faire. Bien au contraire. Nous croyons à une approche plus juste et plus utile : la tarification sociale.
Elle permet d’aider d’abord celles et ceux qui en ont le plus besoin.
C’est pourquoi nous avons :
– baissé l’abonnement des jeunes,
– rendu les TCL gratuits pour les personnes en situation de grande précarité,
– et à la rentrée, la gratuité s’étendra aux enfants de moins de 10 ans.
Et contrairement à une idée reçue, les usagers qui payent l’abonnement maximum sans reste à charge représentent moins de 3% de nos abonnés totaux. 97% des abonnés profitent d’un abonnement à moins de 37€ en reste à charge !
Ce choix d’une solidarité couplé à un doublement des investissements est le plus juste, le plus social et le plus écologique.
Un choix fort, pour que les transports en commun soient une vraie alternative à la voiture pour toutes les familles et un levier concret de pouvoir d’achat.
Quelle que soit la ville française, le ticket ou l’abonnement payé par les voyageurs pour prendre un bus, un tram ou un métro ne couvre qu’une partie du coût du service.
Ça commence mal cet article du Monde : là, on te fait bien comprendre que malgré tout, les « collectivités » te font un gros cadeau. Alors, la ramène pas trop non plus sinon tu vas payer le « vrai » prix de ce que ça nous coûte, à nous, les gestionnaires des « délégations de services (plus vraiment) publics » ...
les urbains deviennent les aristos du pas cher - le défavorisme a basculé - les pecnos sont les nouveaux ????? - la mouvance inégalitaire se dévoile
De fait, de nombreuses tarifications sociales régionales ont été mises en place. Contrairement à ce que dit la cour des comptes (d’après Le Monde), si ces tarifs peuvent être liés au « statut », comme en IDF
▻https://www.solidaritetransport.fr/first-request/online/rights
il arrive aussi qu’ils dépendent plutôt du quotient familial tel qu’évalué par la CAF, comme en PACA
▻https://zou.maregionsud.fr/commander-une-carte-zou-solidaire
Et là, l’argument selon lequel ce serait des trajets piétons et vélo qui se reportent sur l’offre publique ne doit guère tenir. Qui marche ou pédale du Val d’Oise à l’Essone, ou de Marseille à Manosque ?
Nos dirigeants se rêvent en jet society (et d’ailleurs : qui prend l’avion ?), sont des utilisateurs intensifs de TGV hors de prix. Pour eux la mobilité doit rester un privilège (paye ton flixbus !).
Je n’ai jamais vu évaluer par exemple le coup du passage dans les rues de la caravane des 35 tonnes chargés à bloc pour le tour de france. A griller les feux et à passer à fond sur les petits ponts du canal de Brienne. Combien ça coûte à entretenir ? et justement à ne pas devoir entretenir pour des énormes SUV.
Et si tu calcules, rajoute aussi les gains vu par le lobbying pro pétrole, versus le lobbying pro nucléaire, versus le lobbying du macadam et celui des bagnoles, rachida en tête. Tu penses vraiment qu’ils vont lâcher la poule aux œufs d’or comme ça ?
Du coup, ils augmentent de façon tellement honteuse le prix du billet, comme à paris, que c’est sûr que dans ces conditions ce n’est plus à égalité avec le coût du système technologique de contrôle des transports. Entre les machines à composter, barrière de protection, billetteries, vidéosurveillance, contrôle et contrôleurs ça fait du monde pour pousser le portillon sécuritaire et jusque là on considérait que les bénéfices y étaient totalement absorbés.
Y’a un chomsky dans la salle pour analyser quel pourcentage d’articles de ce journal sont devenus fascisants ? ça augmente au fur et à mesure des mois. Ça se complait à alimenter la peur d’un autre monde et à démontrer envers et contre tout que ce ne serait surtout pas possible.
Je n’arrive pas à retrouver la vidéo mais ça me fait penser à cet élu (canadien ?) qui était interpellé par un quidam qui demandait à ce que les cyclistes payent un droit d’usage de la route et qui semblait tout perdu quand on lui a dit que les cyclistes payaient les mêmes impôts que lui... Les fachos (ou proto-fachos) ont toujours le même mode de pensée : ils s’approprient l’espace d’une façon et rejettent tout élément qui ne l’utilise pas de la même façon (marche avec les chasseurs, les agriculteurs réacs etc.).
Comme la gosse partait de la gare, on avait pris un hôtel plein centre ville et on a passé plus d’une heure à tenter de l’atteindre. Après 6 heures de route, on a modérément apprécié l’absence de panneaux indicateurs pour se diriger et effectivement, le fait qu’aucun GPS n’est fonctionnel intra-muros, entre les chevauchement de voies et le fait qu’aucun n’arrive à suivre le rythme du changement de plan circulation.
Donc au lieu de mettre 10 min pour foutre la voiture au parking et faire le reste à pied comme prévu, on a pollué une heure et y a pas eu de reste.
On a bien compris le concept et on est ok sur le principe : rendre la ville à ses habitants. Clairement, dans la plupart des cas, les gens peuvent circuler sans craindre les bagnoles, mais laisser ceux qui doivent arriver tourner en rond pendant des plombes, c’est pas terrible non plus.
Par ailleurs, comme déjà observé dans d’autres métropoles régionales, rendre la ville à ses habitants sonne aussi pas mal comme « en exclure les autres, les étrangers et les ploucs sans transports en commun ».
Figure-toi qu’à Lyon, les parkings sont pléthoriques, rarement saturés, et plutôt bien placés. Aussi, à chaque fois que je dois prendre la voiture, je vérifie le parking la plus proche, et je n’hésite pas, j’y pose la voiture sans chercher une place dans une rue.
En voyage en voiture de location cet été dans un grand pays du nord, on a fait exactement pareil. Arrivé dans la capitale administrative, on repère le parking public, on pose la voiture, et on la laisse pendant tout le séjour. On traverse le pays, on arrive dans la grosse ville sur la côté, apparemment la capitale économique, et là aussi, on repère, et on pose le véhicule dans l’immense parking souterrain - on a eu un petit peu plus de mal pour trouver le bon parking, mais une fois trouvé, on découvre qu’il a des accès qui rayonnent dans tout l’hyper-centre, c’est juste qu’on n’était pas assez attentif.
Et donc, on n’a eu à tourner des heures. Ouf. Je me sens chanceux.
A vrai dire, je crois que les seules villes où il est compliqué de circuler en voiture, ce sont les villes où ils n’ont pas encore fait le nécessaire pour réduire la place de la bagnole, pour de vrai.
J’en parlais l’autre fois, dans un autre fil où je déblatérais sur les débats consternants sur la circulation en bagnole à Lyon. Les gens ne se souviennent pas de ce que c’était de circuler il y a 10 ou 20 ans, quand tout était saturé, alors même qu’il y avait des doubles ou quadruples voies sur la plupart des grands axes intra-muros (avec les murs gris et poussiéreux qui vont bien sur les alentours).
La mention de la vidéo que tu évoques est là il me semble ; en tout cas, le thème y ressemble :
▻https://seenthis.net/messages/1134916
@biggrizzly : comme le disait @arno, ils sont en plein dans les travaux.
On visait le gros parking sous-terrain du centre-ville, sachant que l’hôtel forfaitise le prix du stationnement pour 24h.
C’est juste qu’il n’est pas accessible. Le GPS se paume, il y a des épingles à cheveux dans un dédale de voies souterraines, pas de panneaux, en gros, il n’y a que si tu connais que tu peux y arriver et par définition, les visiteurs ne connaissent pas.
Logiquement, tu flèches les visiteurs vers les parkings pour qu’ils posent leur engin de mort et n’y touchent plus jusqu’au départ.
Une étude prône de réduire drastiquement la place accordée à la voiture pour promouvoir un « système alternatif de mobilité »
▻https://www.lemonde.fr/economie/article/2025/09/16/une-etude-prone-de-reduire-drastiquement-la-place-accordee-a-la-voiture-pour
Avec 1 million de kilomètres de routes, la #voiture est à son aise sur le territoire français. Le Forum vies mobiles suggère d’en rendre 23 % aux transports en commun, et d’en réserver 20 % aux #mobilités douces.
La ville, c’est devenu compliqué (pour celles ou ceux qui n’y habitent pas).
Exemple de Nantes (où cependant, j’avais trouvé que la solution « parking-relais » était plutôt pratique) avec ses tarifications absconses ...
▻https://naolib.fr/fr/tarifs
les pecnos sont les nouveaux ?????
Les « péquenots » (non propriétaires du foncier agricole ou du foncier bâti) ont toujours fait partie du « Lumpen-proletariat ».
#gueusaille #domesticité #servage
Par ailleurs, comme déjà observé dans d’autres métropoles régionales, rendre la ville à ses habitants sonne aussi pas mal comme « en exclure les autres, les étrangers et les ploucs sans transports en commun ».
#ploucs #mobilités (j’aurais aimé ajouter des guillemets à ce tag)
J’ai vécu à Nantes il y a plus de quinze ans, les transports étaient gratuits pour les chômeurs (c’était mon cas) pendant 3 mois, j’ai l’impression que ça n’existe plus mais effectivement la grille tarifaire actuelle témoigne d’une inventivité administrative pas piquée des hannetons. Par ailleurs j’y ai passé quelques jours cet été, y faire du vélo est devenu vraiment plus agréable, par contre la gentrification tapageuse du centre-ville est assez incroyable...
@monolecte Je pense que je vois de quoi tu parles : même moi au bout de 8 ans j’ai du mal. Mais figure-toi que ça n’est pas lié aux travaux récents : cette espèce de spaghetti de voies qui passent au-dessus, en-dessous, qui se superposent, te font faire un quasi demi-tour sur place… j’ai toujours connu. Ça doit remonter à Georges Frêche (piétonnisation du centre-ville et/ou construction du Polygone).
@sombre on a aussi à Montpellier ces parkings-relais. Il y en a 9, et si tu bénéficie du passe gratuité (c’est-à-dire résident de la Métropole), ces parkings sont gratuits. Et sinon, un peu plus loin (mais toujours proches des trams, il y a encore 6 parkings « de proximité » totalement gratuits.
Michael Hudson: The Economics of a Civilizational Conflict
via ▻https://diasp.eu/p/17762514
▻https://www.youtube.com/watch?v=8avSepk1qxw
Prof. Michael Hudson, a world-renowned classical economist, discusses the competition between Western financialised capitalism and the #BRICS industrial capitalism as a civilizational conflict.
Follow Prof. Glenn Diesen: Substack: ▻https://glenndiesen.substack.com X/Twitter: ►https://x.com/Glenn_Diesen Patreon: / glenndiesen
#economic war:: USA against #Europe #Japan #Korea ( #proxywar #hegemony ) #rent earnings #monetary system #Dollar #tariffs #neoliberalism #thatcherism #blackmailing by the financial US system
(...)
Trump exempts smartphones and computers from new tariffs - BBC News
▻https://www.bbc.com/news/articles/c20xn626y81o
US President Donald Trump’s administration has exempted smartphones, computers and some other electronic devices from “reciprocal” #tariffs, including the 125% levies imposed on Chinese imports.
US Customs and Border Patrol published a notice late on Friday explaining the goods would be excluded from Trump’s 10% global tariff on most countries and the much larger Chinese import tax.
The move comes after concerns from US tech companies that the price of gadgets could skyrocket, as many of them are made in China.
This is the first significant reprieve of any kind in Trump’s tariffs on China, with one trade analyst describing it as a “game changer scenario”.
The exemptions - backdated to 5 April - also include other electronic devices and components, including semiconductors, solar cells and memory cards.
“This is the dream scenario for tech investors,” Dan Ives, who is the global head of technology research at Wedbush Securities, posted on X. “Smartphones, chips being excluded is a game changer scenario when it comes to China tariffs.”
Big tech firms like Apple, Nvidia, Microsoft and the broader tech industry can breathe a huge sigh of relief this weekend into Monday, he added.
The White House indicated that the exemptions were made to ensure companies had more time to move production to the US.
[…]
The US is a major market for iPhones, while Apple accounted for more than half of its smartphones sales last year, according to Counterpoint Research.
It says as much as 80% of Apple’s iPhones intended for US sale are made in China, with the remaining 20% made in India.
Trump is waiting for Xi to call. The Chinese see it differently | CNN Politics
▻https://www.cnn.com/2025/04/10/politics/trump-xi-china-tariffs/index.html
In private discussions hours before China announced new retaliatory #tariffs, the Trump administration warned Chinese officials against such a move, according to a source familiar with the discussions.
The Chinese were also told – once again – that Chinese President Xi Jinping should request a call with US President Donald Trump.
Instead, US officials woke up to news of increased Chinese tariffs and no request for a leader level call. Xi also made comments that only dug him in further.
[…]
Behind the scenes, official channels at the working level are active, but high-level dialogue has not been happening. Meanwhile, unofficial channels have proven unproductive, according to three sources briefed on the situation, paving the way for a game of economic chicken with a costly and uncertain end.
Pour établir les « tariffs », ils ont utilisé une liste des noms de domaine plutôt qu’une liste des pays :
▻https://bsky.app/profile/newseye.bsky.social/post/3llvxib4xw22v
So, why are uninhabited islands tariffed?
A: The White House is even more stupid than you thought.
Tariffs have been done by internet domains, not by country!
So Heard & McDonald Islands (.hm) has a different domain to Australia (.au). So the penguins are considered a separate trading nation. 🤯
Diego Garcia got a tariff because its domain (.io) is different to US/UK
Its why Reunion (.re) has a different tariff to mainland France (.fr) & Falkland Is. (.fk) a different tariff to UK (.uk)
Olympic levels of stupidity from people who shouldn’t be near sharp utensils, let alone nuclear systems
Mon dieu ?!?! Ils sont soit stupides, soit trop intelligents à la Maison Blanche ?
Si on parle « techno-fascisme », je suppose que c’est logique qu’ils ont plus facilement accès à la liste des TLDs qu’à la liste des pays. Encore un coup des puceaux à big balls qui bossent pour Musk ?
Et non ils ne sont pas cons. Par contre ils ne s’encombrent pas de
culture. Ils se foutent pas mal de la concordance entre leur pensée et
la réalité (ça on le sait déjà non ?).
En revanche il faut garder ça sous le coude, car tôt ou tard on risque
bien de se le prendre dans la face, le techno-fascisme, et donc
identifier ce genre de faille c’est précieux. Parce que pour le coup
s’ils apréhendent le monde au prisme des noms de domaines ça pose très
clairement leurs limites. Donc en ce qui me concerne, tag à-propos :
#techno_fascisme
@arno ben oui, ça pue les mignons du DOGE.
… et les taux des droits de douane sont une fonction linéaire de la part du déficit commercial dans le total des importations
▻https://seenthis.net/messages/1107667
American Import Tariffs Announced on, April 2 2025
▻https://mapsontheweb.zoom-maps.com/posts/trade/american-import-tariffs-announced-on-april-2-2025
@simplicissimus houla, on a affaire à des pontes de la connaissance mondiale ! Mais encore une fois ils s’en foutent, c’est le propre du fascisme : peu importe la réalité, seule compte la réalité que j’impose. Ça finit par se casser la gueule, mais non sans avoir généré des immensités de malheur...
Aujourd’hui je me demandais comment est-ce qu’on pouvait les ridiculiser ? Mais vraiment ridiculiser. Anihiler leur discours, puisque tout tient par le discours, et qu’il faut éviter de rentrer dans leur jeu de violence dans lequel ils s’ébattent à l’aise.
Il est par ailleurs avéré que le calcul des « tariffs » qui seraient déjà appliqués par les pays étrangers, c’est directement une formule fournie par ChatGPT.
Et pour calculer le « reciprocal tariff » appliqué « en retour » par les États-Unis, ils ont pris la moitié.
Quatre graphiques pour comprendre les effets attendus des « taxes Trump » sur l’économie américaine
▻https://www.lemonde.fr/economie/article/2025/04/06/quatre-graphiques-pour-comprendre-les-effets-attendus-des-taxes-trump-sur-l-
L’annonce tonitruante par Donald Trump, mercredi 2 avril, d’une hausse des droits de douane frappant les importations aux Etats-Unis peut être jugée brutale, irrationnelle ou contre-productive. Mais au prisme du temps long, cette remontée en flèche des taxes donne surtout l’impression que le président américain entend refermer la parenthèse de la mondialisation.
Des droits de douanes au plus haut depuis 1945, un déficit commercial vertigineux, etc, les graphiques sont là ▻https://archive.ph/PtK3J
Trump déclenche ses droits de douane réciproques, l’Europe taxée à 20 %
▻https://www.latribune.fr/economie/international/droits-de-douane-reciproques-trump-1022011.html
Au nom de la réindustrialisation du pays et de l’emploi, le président des Etats-Unis a confirmé la mise en œuvre de droits de douane réciproques dans le monde entier. L’Europe sera taxée de 20 %, la Chine de 34 %, la taxe plancher mondiale étant de 10 %.
« Rendre l’Amérique à nouveau riche » : c’est sous ce slogan, qui a le mérite de la clarté, que Donald Trump a dévoilé mercredi soir les contours exacts de son « Liberation Day ». Le renouveau de l’industrie américaine, décliné à l’envi par le président, passera désormais par la mise en œuvre des droits de douane réciproques au plan mondial, au nom « des taxes, des TVA et des normes que subissent les Etats-Unis ».
« Ce qu’ils nous font, nous leur ferons », a une nouvelle fois lancé Donald Trump, dans une logique d’œil pour œil, dent pour dent. « Depuis des décennies, notre pays a été pillé, saccagé, violé et dévasté par des nations proches et lointaines, des alliés comme des ennemis », a martelé le président des Etats-Unis, dans une posture aux allures volontairement guerrières.
Frappes ciblées
Pour rester dans l’esprit militaire, le plan d’attaque choisi par la Maison-Blanche combine l’arme de dissuasion massive, avec un droit de douane plancher de 10 % qui sera appliqué sur tous les produits entrant dans le pays. En complément, s’y ajoutent des frappes chirurgicales. Pour ces dernières, la mise en place des droits de douane réciproques se fera de façon différenciée, selon les évaluations de l’administration Trump en matière de taxes locales appliquées sur les exportations américaines. Avec un grand flou, savamment entretenu, sur la façon dont ces taxes réciproques s’appliquent ou se combinent.
Dans le détail, avec un tableau à l’appui dévoilé par Donald Trump et listant 25 pays ou zones économiques, l’Union européenne sera taxée à hauteur de 20 %, la Chine de 34 %, le Royaume-Uni de 10 %, l’Inde de 26 %, le Japon de 24 %, Israël de 17 %, la Suisse de 31 %, la Corée du Sud de 25 %. Parmi les pays les plus taxés figurent le Sri Lanka (44 %), le Vietnam (46 %) et le Cambodge (49 %). Petite curiosité, au regard des premières batailles douanières livrées par Donald Trump : ni le Canada, ni le Mexique ne sont mentionnés dans la liste présentée ce mercredi.
Quant au calendrier des hostilités, il est connu, et se fera en deux étapes. Tout d’abord le 5 avril à 4H01 GMT, pour les droits de douane de 10 % sur tous les produits entrant aux Etats-Unis. Puis le 9 avril à 04H01 GMT, pour les droits de douane majorés visant notamment la Chine et l’Union européenne.
Bras de fer
L’Union européenne, justement, ripostera à ces nouveaux droits de douane « avant la fin du mois d’avril », a indiqué ce mercredi la porte-parole du gouvernement français Sophie Primas. « Il y aura deux ripostes. La première, qui aura lieu mi-avril, est une riposte aux droits de douane déjà décidés sur l’acier et l’aluminium (...) Ensuite, il va y avoir une étude précise, secteur d’activité par secteur d’activité, et une décision européenne devrait être annoncée avant la fin du mois d’avril, de façon concordante, unie et forte par l’Union européenne », a-t-elle déclaré à l’issue du Conseil des ministres.
Un usage extensif des droits de douane
Depuis son retour à la Maison Blanche, Donald Trump a fait un usage extensif des droits de douane durant les deux premiers mois de sa présidence. Pour rappel, la première annonce du président américain a concerné une taxation à 25 % de l’ensemble des produits canadiens et mexicains entrant aux Etats-Unis. Tous les produits chinois ont eux subi 20% de droits de douane additionnels.
La Maison Blanche l’a justifié en affirmant que les trois pays n’en faisaient pas assez contre le trafic de fentanyl, puissant opioïde responsable d’une grave crise sanitaire aux Etats-Unis. Donald Trump a cependant rapidement exclu des 25 % les produits canadiens et mexicains entrant aux Etats-Unis dans le cadre de l’accord de libre-échange Canada-Etats-Unis-Mexique, qu’il avait signé durant son premier mandat.
Aucune suspension en revanche concernant les droits de douane supplémentaires appliqués aux produits chinois. Autre mesure phare : depuis le 12 mars, l’acier et l’aluminium importés aux Etats-Unis sont taxés à hauteur de 25 %, quelle que soit leur provenance. Il s’agit cette fois d’une mesure protectionniste afin de défendre l’industrie américaine dans ce secteur considéré comme stratégique.
Le tableau complet des droits de douane réciproques présenté par Trump
▻https://www.latribune.fr/economie/international/document-le-tableau-des-droits-de-douane-reciproques-presentes-par-tump-10
Lors d’une cérémonie organisée à la Maison-Blanche, avant de signer un décret présidentiel formalisant ces mesures, le président des Etats-Unis a présenté un tableau de pays ou entités économiques indiquant, d’une part, les taux pratiqués sur les produits américains importés d’après les calculs de l’administration Trump, et d’autre part les futurs droits de douane réciproques appliqués par les Etats-Unis.
Un haut représentant de la Maison blanche a précisé que les droits de douane dits de base, soit de 10 %, le seuil minimal annoncé par Donald Trump lors de son allocution, entreront en vigueur le 5 avril à 4h01 GMT. Les droits de douane réciproques s’appliqueront à compter du 9 avril à 04h01 GMT. Quelque soixante pays figurent dans une liste des « principaux contrevenants », a ajouté ce représentant, sans préciser lesquels.
Petite curiosité, au regard des premières batailles douanières livrées par Donald Trump : ni le Canada, ni le Mexique ne sont mentionnés dans la liste présentée ce mercredi.
Londres, Rome, Canberra... Les réactions aux droits de douane de Trump
▻https://www.latribune.fr/economie/international/londres-rome-canberra-les-reactions-aux-droits-de-douane-de-trump-1022023.
La mise en place de droits de douane réciproques par les Etats-Unis, allant de 10 % à 49 %, déclenche de multiples réactions aux quatre coins du globe.
[…]
la vache ! y a une suite, et c’est pas un poisson d’avril …
https://pbs.twimg.com/media/GnjytNLWoAIz5ia?format=jpg&name=4096x4096#.jpg
https://pbs.twimg.com/media/GnjytNRWsAE7uF5?format=jpg&name=4096x4096#.jpg
https://pbs.twimg.com/media/GnjytNNXsAEkltn?format=jpg&name=4096x4096#.jpg
https://pbs.twimg.com/media/GnjytNRX0AIwxKS?format=jpg&name=4096x4096#.jpg chez Forbes
Here’s The Full List Of Trump’s ‘Liberation Day’ Tariffs
▻https://www.forbes.com/sites/mollybohannon/2025/04/02/heres-the-full-list-of-trumps-reciprocal-tariffs-announced-wednesday
l’avant-dernier (juste avant La Réunion) :
• Heard and McDonald Islands: 10% (charges U.S. 10%)
Situation géographique des îles Heard et McDonald - Club des Voyages
▻https://www.club-des-voyages.com/heard-et-mcdonald/situation.html
Les paradis fiscaux sont à 10%, donc il suffit de monter une société d’import-export là bas, et pouf.
Le fameux port sur l’Europe qu’est Monaco.
Hey, St Pierre et Miquelon à 99%, ils ont du fâcher qqun. Ils ne sont que 4000, on va vite trouver qui c’est.
#tarif
Les débats autour de la #tarification incitative pour la prévention et gestion des déchets
▻https://metropolitiques.eu/Les-debats-autour-de-la-tarification-incitative-pour-la-prevention-e
Pourquoi la redevance incitative pour la collecte des #déchets ménagers ne décolle-t-elle pas en #France ? Manque de clarté des objectifs, absence d’évaluation économique et jugements moraux perturbent la mise en place de cette politique publique. La tarification incitative (TI) du Service public de prévention et gestion des déchets (SPPGD) est une mesure qui consiste à facturer les usagers (ménages et entreprises) en fonction de la quantité de déchets qu’ils produisent. Cela se traduit par une taxe #Terrains
/ déchets, #collecte_des_ordures, tarification, France
▻https://metropolitiques.eu/IMG/pdf/met-missir_et_matias.pdf
Le Québec a-t-il trouvé la méthode miracle pour éliminer les déserts médicaux ?
▻https://www.jim.fr/viewarticle/qu%C3%A9bec-t-il-trouv%C3%A9-m%C3%A9thode-miracle-2024a1000a0f
Raphaël Lichten | 28 Mai 2024
Paris, le mardi 28 mai 2024 – Au Québec, les pouvoirs publics ont trouvé une méthode plutôt originale pour inciter les médecins à s’installer dans des zones moins densément peuplées, à travers un système de bonus/malus.
Au Québec, « le tarif des actes des médecins en début de carrière est pondéré en fonction du besoin en médecins dans leur zone d’exercice », Nicolas Jacquemet, Economiste, Anne-Laure Samson, Economiste, 12 mai 2024
▻https://www.lemonde.fr/idees/article/2024/05/12/au-quebec-le-tarif-des-actes-des-medecins-en-debut-de-carriere-est-pondere-e
Les négociations sur la prochaine convention médicale, dans lesquelles la revalorisation du #tarif des consultations tient une place centrale, doivent se conclure le 16 mai. C’est l’occasion de réfléchir au rôle de la #rémunération_des_médecins dans le pilotage de l’#offre_de_soins sur le territoire français.
L’existence de #déserts_médicaux est une difficulté à laquelle sont confrontés la très grande majorité des systèmes de santé dans le monde. Cette difficulté est directement liée au fait que la relation patient-médecin fonctionne selon les règles d’un marché fortement administré, où les prix ne sont pas libres de s’ajuster.
Effets pervers
La loi de l’offre et de la demande s’applique en effet tout autant à la #médecine qu’à d’autres sphères de l’économie. Sur un marché libre, la surabondance de médecins conduirait à une baisse de leurs tarifs et à une augmentation de la demande de soins, tandis que les déserts médicaux seraient des zones dans lesquelles les tarifs des consultations augmenteraient fortement sous la pression du manque de médecins, conduisant à une diminution de la demande de #soins.
A mesure que de nouveaux médecins s’installeraient dans ces zones en raison de leur attrait financier, les tarifs baisseraient jusqu’à ce que la répartition des médecins ait permis de retrouver un équilibre entre la demande de soins qui émane des patients et l’offre de soins disponible localement. Selon ces principes, le tarif des consultations jouerait ainsi spontanément un rôle de tableau de bord des besoins de médecins sur le territoire, et attirerait les médecins dans les zones où les besoins sont les plus forts.
Mais ce raisonnement « d’économiste » souligne également les effets pervers de ce mécanisme de marché appliqué aux soins de santé : la variation de la demande de soins qui suit celle des tarifs se traduirait concrètement par une consommation de soins, et donc un niveau de santé, inégale suivant les zones d’habitation.
L’accès au soin lui-même deviendrait [ça alors] fortement lié au niveau de revenu. Ces raisons expliquent que les tarifs des consultations médicales soient fixés au niveau national par une négociation entre les représentants des médecins et l’organisme payeur de soins, l’Assurance-maladie, comme celle qui doit aboutir le 16 mai.
ZRR et exonérations d’impôt
L’expérience québécoise peut être une source d’inspiration utile à ce sujet. Le mode de rémunération des médecins y est identique à celui de la France (le #paiement_à_l’acte) et confronte le Québec (Canada) aux mêmes difficultés de raréfaction de l’offre de soins dans certaines régions. Le gouvernement québécois s’est alors doté d’une politique de rémunération des actes différenciée.
Concrètement, le tarif des actes des médecins en début de carrière est pondéré en fonction du besoin en médecins dans leur zone d’exercice : les tarifs des actes réalisés par les médecins exerçant dans les zones peu denses sont plus élevés, alors que ces mêmes actes sont moins bien rémunérés lorsque les médecins exercent dans des zones très densément dotées en médecins.
Cette mesure est similaire dans son principe aux « zones de revitalisation rurale » (#ZRR) créées en France en 1995, qui permettent aux médecins nouvellement installés de bénéficier d’une #exonération_d’impôt pleine pendant leurs cinq premières années d’exercice, puis dégressive pendant les trois années suivantes. Cet avantage financier a permis d’augmenter significativement le nombre de médecins installés en zone rurale – signe que les médecins réagissent positivement aux incitations financières [ça alors] à l’installation dans des zones peu denses.
Mais un tel dispositif est très coûteux pour les #finances_publiques. Surtout, il ne joue que de manière très imparfaite le rôle de tableau de bord habituellement dévolu au prix sur un marché. Plutôt que d’attirer vers les zones rurales les seuls médecins qui, en l’absence de telle mesure, se seraient installés dans les zones très denses, ce surcroît de rémunération induit une mobilité des médecins vers les zones ciblées, quelle que soit leur provenance géographique.
Composante d’une politique globale
C’est sur ces deux aspects que la rémunération différenciée mise en place au Québec apporte une réponse particulièrement intéressante, et courageuse. Outre une rémunération bonifiée des actes médicaux dans les zones en déficit de médecins, cette mesure inclut également une rémunération moins proportionnelle dans les zones où la densité de médecins est particulièrement élevée par rapport à celle de la population.
Cette modulation de la rémunération de la pratique médicale peut ainsi se faire à coût global constant, et tire son efficacité de ce qu’elle combine un surcroît d’attractivité dans les zones désertifiées à une baisse d’attractivité des zones très denses.
Bien entendu, les incitations financières ne sont qu’une composante d’une politique globale de renforcement de l’attractivité de l’installation dans les déserts médicaux. Elles sont complémentaires du large éventail de mesures, souvent locales, qui ont prouvé leur efficacité : construction de maisons de santé pluriprofessionnelles, mise à disposition des locaux gratuitement, aide à l’emploi du conjoint, etc.
Mais face aux débats lancinants sur les déserts médicaux, l’expérience québécoise offre de nouvelles pistes de réflexion, en cette période de négociations conventionnelles. En augmentant uniquement les tarifs des actes pour les médecins exerçant en zones sous-dotées, et en modulant les tarifs des actes en fonction de la densité médicale, cette négociation serait l’occasion de créer un véritable outil de planification à long terme de l’offre de soins sur le territoire.
Oh là là, c’est compliqué d’instituer le marché.
Les meilleures techniques québécoises pour les déserts médicaux depuis 2004 :
▻https://www.youtube.com/watch?v=XcKXjO70UVk
Automation in Retail Is Even Worse Than You Thought | The Nation
▻https://www.thenation.com/article/society/retail-grocery-automation-esl-kroger
Warren and Casey also voiced concern about Kroger’s partnership with Microsoft to install facial-recognition technology in stores, which could be used to identify individual customers: When a shopper approaches the shelf, she would see a price calibrated specifically for her.
C’est pour te faire bénéficier de réductions, évidemment, qu’on va vérifier ton identité avant de te montrer le prix du produit.
(rien qu’imaginer qu’un tel système puisse un jour être soutenable, faute d’être désirable, cela démontre l’aveuglement de notre société face au technologisme)
#prix_à_la_tête_du_client, au sens propre, c’est chouette la techno !
Déjà un peu pratiqué par la SNCF qui appelle ça la #tarification_dynamique
Le créateur de l’appli « Akha » signalant les contrôleurs interpellé par la police
▻https://www.leparisien.fr/info-paris-ile-de-france-oise/transports/le-createur-de-lappli-akha-signalant-les-controleurs-interpelle-par-la-po
Fin de partie pour le créateur de l’application « Akha » qui signalait la présence de contrôleurs sur les réseaux de transports en commun d’Ile-de-France.
Selon une information du Point, l’informaticien de 26 ans, sans antécédent judiciaire, a été interpellé cette semaine à son domicile puis placé en garde à vue par les enquêteurs de la Brigade de lutte contre la cybercriminalité de la sous direction cyber et financière de la police judiciaire parisienne.
« Fin de partie… » pour commencer l’article, signalant clairement que le journaliste va écrire son papier en copspeak… (c’est-à-dire à charge).
Les enquêteurs ont détruit le code de l’application dans l’ordinateur de l’administrateur […].
J’ai gardé longtemps une amende ratp où au dos était noté « interdiction d’avoir recours à une mutuelle ». Un truc monté par entre autres le RATP soit le Réseau pour l’Abolition des Transports Payants !
Bizarre hein, c’est pas du tout le même traitement pour les appli du même type qui signalent les radars routiers (Coyote etc.), sous couverts de renseigner aussi accidents, bouchons et travaux et sont massivement présentes sur la route. C’est ce qui a du donner la confiance à cet ingénieur.
L’appli qui signale les contrôleurs du métro et du train
▻https://www.leparisien.fr/info-paris-ile-de-france-oise/transports/une-appli-signale-les-controleurs-dans-le-metro-et-le-train-ile-de-france
L’application pour smartphone, lancée par un ingénieur logiciel, permet d’avertir les usagers des transports franciliens de la présence d’agents de contrôle.
En quelques jours, elle est devenue l’un des applications pour smartphone les plus téléchargées.
Akha (« attention », en arabe) se présente comme « une application de signalement d’incidents dans les transports en commun », comme le décrit son éditeur, Sidox, basé à Issou (Yvelines). En quelques jours, cette appli s’est hissée dans le top 3 des plus téléchargées dans la catégorie « navigation » sur l’App Store d’Apple. Idem sur le Play Store d’Android, où elle dépasse les 100 000 téléchargements.
Sur LinkedIn et Instagram, son fondateur revendique plus de 130 000 utilisateurs. Ingénieur logiciel, il affirme également que l’appli « permet aux utilisateurs de signaler rapidement, et facilement, tout problème rencontré lors de leurs déplacements, comme une panne de matériel, un retard ou un comportement inapproprié ».
« Contrôleur sur la 4 St Placide »
Le problème ? La plupart des signalements concernent la présence d’équipes de contrôle de la #RATP ou de la #SNCF. Basique, l’interface propose une carte et un fil de messages localisés dans un rayon de 10 km à 50 km. « Contrôleur sur la 4 St Placide », écrit l’un des usagers ce lundi. Un autre évoque une équipe « en haut de l’escalator vers la 3 et la 7 à Auber ». Publiés sans modération, les messages sont assortis de commentaires insultants sur le physique des agents [en pleine chasse aux pauvres].
Dimanche sur le réseau X, le syndicat #FO-RATP des agents de sûreté de la régie (le #GPSR) s’est fendu d’un message contre cette appli de plus en plus populaire. « Quand allez-vous interdire cette application qui signale les contrôleurs sur le réseau ? Coût de la fraude : plus de 700 millions par an.
»
Ce lundi, #Île-de-France_Mobilités, l’autorité chargée des transports, annonce que sa présidente, Valérie Pécresse (LR), a décidé de porter plainte. « Valérie Pécresse a été informée vendredi de l’existence de cette application. Scandalisée, elle a immédiatement demandé la saisie des services juridiques d’Île-de-France Mobilités pour son interdiction. Île-de-France Mobilités va porter plainte contre cette application qui constitue une infraction pénale selon le Code des transports ». IDFM ajoute que « des constats d’huissiers ont été effectués ce week-end et trois mises en demeure vont être envoyées très rapidement contre le créateur de l’application ».
L’article L2242-10 du Code des transports, prévoit en effet que _« le fait de diffuser, par quelque moyen que ce soit et quel qu’en soit le support, tout message de nature à signaler la présence de contrôleurs ou d’agents de sécurité employés ou missionnés par un exploitant de transport public de voyageurs est puni de deux mois d’emprisonnement et de 3 750 € d’amende ».
Le créateur se dit « défenseur des usagers »
Dans ses nombreuses vidéos publiées sur Instagram, le fondateur se présente comme un « défenseur des usagers ». « Akha, c’est la réponse d’un ancien étudiant banlieusard à un problème de mobilité quotidien », écrit-il. Le 30 novembre 2024, dans une vidéo, il dénonçait la nouvelle hausse des #tarifs, à compter du 1 er janvier.
« Cette décision pénalise encore une fois les banlieusards, rendant leurs trajets vers la capitale plus coûteux et compliqués. Une véritable barrière à la mobilité, en totale contradiction avec les promesses d’inclusion et d’accessibilité ! » Il se défend d’encourager la #fraude. Mais il met en avant le fait que frauder coûte moins cher (50 €) que de payer son Navigo (88,80 €)
Depuis le 8 janvier, un nouveau dispositif de contrôle des adresses réelles est expérimenté pour mieux recouvrer les amendes dressées par les contrôleurs. Rien que pour le réseau RATP, la fraude représente 171 millions d’euros de manque à gagner chaque année.
Contacté ce lundi, le créateur de l’appli n’a pas répondu à nos sollicitations. Il y a quelques jours, il a lancé une cagnotte en ligne, dit-il, pour « corriger les bugs »_ liés à la hausse soudaine du nombre d’utilisateurs. Un appel qui a pour l’instant réuni… 1 502 €.
(Là, PL se la jouait moins keuf préférant vanter IDF mobilités et sa cheffe - celle qui a attrapée la jaunisse quand elle a été condamnée après avoir refusé deux ans de suite de concéder la gratuité aux titulaires de l’AME - avant de conclure sur la pingrerie des usagers...).
Je me souviens avoir découvert Coyote dans un blablacar dont le conducteur d’une grosse allemande faisait le dingue à 180 Km/h dès que l’écran lui indiquait que la voie était libre, ravi de pouvoir lui aussi signaler des radars, ce qui lui faisait gagner je ne sais quoi sur l’application.
Me souviens aussi qu’avant la loi réprimant le fait de signaler les leurs dans les transports, sur Twitter il y avait pas mal de posts pour le faire.
Le tournant historique de Donald Trump à la Maison Blanche : « révolution du bon sens » ou réaction conservatrice ?
Henry « Enrique » Tarrio, ex-chef de file des Proud Boys, groupe d’extrême droite impliqué dans l’attaque du Capitole en 2021, après sa libération, à Miami, en Floride, le 22 janvier 2025. GIORGIO VIERA / REUTERSLa grâce accordée par le nouveau président américain aux émeutiers du Capitole, y compris aux plus violents d’entre eux, ainsi que la remise en cause des politiques antidiscrimination illustrent un bouleversement étatique, moral et sociétal.
Il l’avait annoncé, une majorité d’électeurs l’a voulu : dès les premiers jours de son mandat, Donald Trump conduit un bouleversement étatique, moral et sociétal aux Etats-Unis. Dans son discours inaugural, lundi 20 janvier, il a promis une « révolution du bon sens ». Des termes antinomiques qui dessinent une réaction conservatrice à certaines évolutions récentes de la société américaine, notamment la reconnaissance et la promotion de la diversité sexuelle et raciale. Cette réaction s’accompagne d’une novlangue populiste observée dans d’autres pays, qui remplace les faits par la répétition de slogans.
Rien ne l’illustre davantage que la grâce présidentielle accordée aux 1 500 émeutiers – « les otages » – du 6 janvier 2021 au Capitole, à quelques exceptions près. L’intention de Donald Trump ne faisait guère de doute. Depuis quatre ans, grâce à des relais médiatiques puissants, il avait promu l’idée que les coupables de cette insurrection étaient des victimes. Mais la décision de gracier aussi les auteurs de violences contre les 140 policiers blessés représente le marqueur le plus fort de ce début de mandat. Selon le site Axios, elle aurait été prise « à la dernière minute », saluée par cette phrase du président, rapportée par un conseiller : « Et puis merde. Relâchez-les tous. »
Cette décision, critiquée par 58 % des Américains selon un sondage Reuters, a provoqué le trouble chez de nombreux élus républicains au Congrès. Le principal syndicat de policiers – Fraternal Order of Police – s’est ému de cette grâce générale, profitant notamment à 174 personnes condamnées pour avoir agressé les forces de l’ordre avec des objets dangereux voire létaux. Les experts en violences extrémistes s’alarment d’une invitation à la récidive ou au passage à l’acte pour des individus ou des groupes armés se sentant protégés par la bienveillance de la Maison Blanche. « L’Etat de droit est mort », a commenté Michael Fanone, officier de police de Washington ayant défendu le Capitole, sur CNN mercredi.
[...]
La ministre de la justice pourra compter sur un nouvel allié à Washington. Donald Trump a choisi Ed Martin, avocat de plusieurs émeutiers du #6_janvier_2021, comme procureur par intérim du district de Columbia (DC). Ed Martin était présent au Capitole le jour de l’assaut. Il avait écrit sur Twitter : « Comme un mardi gras à DC aujourd’hui : amour, foi et joie. »
▻https://www.lemonde.fr/international/article/2025/01/23/donald-trump-propose-un-renversement-des-valeurs-a-la-societe-americaine_651
#Trump #extreme_droite #policiers #justice #immigration #minorités #affirmative_action #genre #écologie
Donald Trump tente de mettre en place une « présidence impériale » aux Etats-Unis
▻https://www.lemonde.fr/international/article/2025/01/22/donald-trump-en-quete-d-un-pouvoir-executif-elargi_6509813_3210.html
Les premières décisions du nouveau président américain à son arrivée à la Maison Blanche témoignent de la volonté de se soustraire au système de contrôles et de contre-pouvoirs.
Un paradoxe apparaît déjà à l’aube du nouveau mandat de Donald Trump. Le président des Etats-Unis veut, dans le même mouvement, réduire le périmètre de l’Etat fédéral, en sabrant dans ses effectifs et ses agences, et tester les limites du #pouvoir_exécutif, afin de l’étendre. Si la première mission a été confiée à l’entrepreneur Elon Musk, l’autre volet a été pensé, prémédité, préparé par l’entourage de Donald Trump depuis des mois. Il s’agit d’étendre au maximum ce que l’historien américain Arthur Schlesinger (1917-2007) avait appelé, dès 1973, « la présidence impériale », se soustrayant de plus en plus au système de contrôles et de contre-pouvoirs.
La première vague de décrets présidentiels l’a illustré. La Maison Blanche veut politiser la haute fonction publique, bien au-delà des milliers de postes changeant à chaque administration. Elle parle sans arrêt du retour de la « méritocratie », là où elle attend une loyauté à toute épreuve. Elle ouvre aussi des débats juridiques explosifs, amenés à être tranchés par la Cour suprême, dominée par les juges conservateurs.
Mardi 21 janvier, une vingtaine de procureurs d’Etats démocrates ont déposé deux plaintes distinctes pour contester la volonté de Donald Trump, exprimée dans un décret, de remettre en cause le #14e_amendement de la #Constitution sur le #droit_du_sol. Les conseillers du président, en particulier le chef adjoint de l’administration, Stephen Miller, grand ordonnateur de la nouvelle politique migratoire, veulent supprimer ce droit pour les enfants de sans-papiers. « Le président a largement dépassé le cadre de ses fonctions avec ce décret, et nous lui demanderons des comptes », a expliqué le procureur général de Californie, Rob Bonta, qui veut la suspension immédiate de l’application du décret. Ce n’est que le début d’une gigantesque bataille, à l’issue incertaine.
« Sceller les frontières »
L’autre point, concernant la #politique_migratoire, où Donald Trump veut aussi repousser les limites de son pouvoir concerne la mobilisation de l’armée. Plusieurs présidents, dont le démocrate Barack Obama (2009-2017) et le républicain George W. Bush (2001-2009), ont déployé la #garde_nationale pour appuyer les services chargés de policer la frontière. Mais Donald Trump veut élargir cette participation. Il a demandé au Pentagone de lui présenter, sous dix jours, un plan de mobilisation du commandement nord des Etats-Unis (USNORTHCOM) afin de « sceller les frontières ». Les termes flous du décret suggèrent une véritable opération militaire, et non une simple assistance logistique. En outre, Donald Trump n’a pas écarté l’emploi de l’armée au Mexique même pour traquer les cartels.
Ce flou entretenu dans les termes se retrouve dans un autre décret signé lundi, portant sur « la fin de l’instrumentalisation du gouvernement fédéral ». Il s’agit de l’une des promesses constantes de Donald Trump, de la campagne jusqu’à son discours d’investiture, faite sans jamais éclaircir sa mise en œuvre. Le décret appelle le ministre de la justice et le directeur national du renseignement – postes que devraient occuper Pam Bondi et Tulsi Gabbard, en cas de confirmation au Sénat – à passer en revue les activités de tous les services concernés, au cours des quatre années du mandat de Joe Biden.
Cet examen pourrait concerner aussi bien les enquêtes sur l’assaut du 6 janvier 2021 contre le Capitole – donc, une mise en cause possible de l’ex-procureur spécial Jack Smith, des magistrats, de la police fédérale (FBI) – que celles visant directement Donald Trump, comme son inculpation pour la rétention et la dissimulation illégale de centaines de documents classifiés, à Mar-a-Lago, sa résidence en Floride. Un tel décret ouvre un champ possible pour des rétorsions et une vendetta.
Autre liberté sécuritaire, prise par la Maison Blanche : celle concernant ses propres rangs. Mettant en cause un « processus bureaucratique » et une « habilitation sécurité défaillante », la nouvelle administration a décidé de court-circuiter les vérifications traditionnelles, préalables à l’obtention de laissez-passer permanents. Selon un décret signé par Donald Trump, le conseiller juridique de la Maison Blanche va communiquer aux services secrets une liste, à effet immédiat, de personnes habilitées à accéder au complexe de la Maison Blanche et aux outils informatiques. Ils bénéficieront d’un accès aux informations classifiées de niveau top-secret.
Investiture de Donald Trump : l’onde de choc du second mandat confirmée par une série de décrets sur le #climat et l’#immigration
▻https://www.lemonde.fr/international/article/2025/01/21/investiture-de-donald-trump-climat-immigration-6-janvier-le-choc-du-second-m
A peine investi, le nouveau président américain a mis en scène la signature d’un grand nombre de textes, d’abord devant ses militants, puis dans le bureau Ovale.
Par Piotr Smolar (Washington, correspondant) et Arnaud Leparmentier (New York, correspondant)
Publié le 21 janvier 2025
Donald Trump descend lentement les marches de la Capital One Arena, devant la foule extatique de ses partisans réunis dans l’arène sportive. Il est le 47ᵉ président des Etats-Unis depuis quelques heures, lundi 20 janvier, et porte à la main un classeur noir. Sur la scène, un bureau a été installé avec le sceau présidentiel. C’est là qu’il signe, sous les applaudissements, une série de #décrets_présidentiels dont le contenu est résumé de façon lapidaire par un conseiller. La #mise_en_scène est inédite, entre spectacle sportif et politique, celle d’un nouveau pouvoir hors norme. Montrant à la foule ses premières signatures, Donald Trump a ensuite quitté la scène en lançant des stylos, comme un champion de tennis sur le court frappant les balles de la victoire vers les tribunes.
Onde de choc, saturation des antennes : ainsi s’est présentée cette première journée du 47ᵉ président, après la cérémonie d’investiture. Depuis des semaines, ses conseillers préparaient l’opinion publique à une rupture nette, par une rafale de décrets présidentiels. Elle a eu lieu. Sur la scène de l’arène, Donald Trump a commencé par révoquer 78 décrets de son prédécesseur, Joe Biden, concernant aussi bien la baisse du prix de certains médicaments, les programmes de lutte contre les discriminations que les sanctions contre certains colons juifs violents en Cisjordanie. Puis il a annoncé – comme en 2017 – un retrait de l’accord de Paris sur le climat. Washington quitte également l’Organisation mondiale de la santé.
Cette mise en scène relevait du grand art, en matière de #communication_politique. Le leader et son peuple ne faisaient qu’un, sans intermédiaire ni contre-pouvoir. « La nation entière s’unit rapidement derrière notre agenda », avait prétendu le président, au cours de son discours d’investiture. La mise en scène suivante a eu pour cadre le bureau Ovale, peu avant 20 heures. Pendant une interminable séquence, Donald Trump, assis derrière le Resolute desk, a signé les décrets présidentiels suivants, répondant volontiers aux multiples questions des journalistes. « Oh, en voici un gros ! », s’enthousiasmait-il, à l’annonce de certains documents.
Marqueurs identitaires forts
Les décrets sont de différentes sortes. Des marqueurs identitaires forts, spécialement adressés à l’électorat trumpiste, étaient au rendez-vous. Il s’agit d’abord d’une grâce présidentielle quasi complète, corrigeant « une grave injustice nationale », pour les plus de 1 500 personnes condamnées pour l’assaut du Capitole le 6 janvier 2021. Parmi les bénéficiaires de ce pardon figurent des auteurs de violences contre les 140 policiers blessés ce jour-là. Seuls 14 membres des milices extrémistes armées des Oath Keepers et des Proud Boys ont bénéficié d’une réduction de peine. Le blanchiment d’une insurrection et d’une tentative de coup d’Etat est ainsi achevé. « Ce qui a été fait à ces gens est scandaleux », a estimé Donald Trump, avançant que, dans de nombreux cas, les violences auraient été commises par des « agitateurs extérieurs ». Les coupables sont des victimes, les victimes sont des suspects.
La priorité assumée, au cœur de ces décrets présidentiels, concerne la question migratoire. La pression à la frontière a baissé de façon très significative depuis des décrets signés par Joe Biden, en juin 2024. Le nombre d’interpellations de clandestins dans la seconde moitié de l’année a diminué de plus de 70 % par rapport à la même période en 2023. Au cours de l’année fiscale 2024, le département de la sécurité intérieure a organisé près de 700 000 reconduites à la frontière et expulsions, un chiffre sans précédent depuis 2010. Mais toute la campagne de Donald Trump a reposé sur l’idée centrale d’une invasion incontrôlée pendant quatre ans.
Elle justifie, selon le président, une déclaration d’état d’urgence nationale et la désignation des cartels mexicains comme organisations terroristes. Elle implique des mesures pratiques et opérationnelles, comme la fin du programme d’admissions légales pour deux ans, sous conditions de ressources financières, mis en place avec Cuba, le Venezuela, Haïti et le Nicaragua.
L’administration annonce son intention de finir la construction du mur à la frontière avec le Mexique, de déployer l’armée – notamment la garde nationale – dans cette zone frontalière. L’armée a déjà été largement sollicitée depuis dix ans par les administrations successives, mais uniquement dans des missions logistiques, en soutien de la police aux frontières. Un élargissement de ses missions – « sceller les frontières et préserver la souveraineté, l’intégrité territoriale et la sécurité » – risque d’être contesté sur-le-champ devant les tribunaux.
Remise en cause du droit du sol
D’autres mesures, censées illustrer la rupture en matière migratoire, peuvent aussi se heurter aux limites de cet unilatéralisme de l’exécutif. La réhabilitation annoncée de la politique « remain in Mexico », impliquant que les candidats à l’asile restent au Mexique avant l’examen de leur dossier par la justice américaine, réclame au préalable la pleine coopération des autorités de ce pays. Sans cela, aucune inversion possible des flux. Sans cela, impossible, également, de rétablir le « Title 42 », ces dispositions du code sanitaire, adoptées sous Trump 1, qui permettaient de reconduire à la frontière les migrants sans qu’ils puissent déposer une demande d’asile. Certains membres de l’équipe Trump envisagent des accords d’expulsion vers des pays tiers et non vers celui d’origine des sans-papiers, sur le modèle de celui, très controversé et onéreux, qu’avait conclu, en 2022, le Royaume-Uni avec le Rwanda, sans jamais pouvoir l’appliquer.
Le dernier point phare des décrets présidentiels concerne la mise en cause du droit du sol. Il s’agit d’une ambition ancienne de la droite nationaliste, obsédée par l’idée raciste d’un « grand remplacement » de la population blanche par les migrants. Lundi soir, Donald Trump a qualifié une nouvelle fois ce droit du sol de « ridicule », prétendant à tort que son pays était le seul à l’appliquer. Un étrange adjectif pour qualifier le 14ᵉ amendement de la Constitution américaine. Ratifié en 1868, il accorde la citoyenneté américaine à toute personne « née ou naturalisée aux Etats-Unis ». L’équipe Trump, qui se prépare à une lutte judiciaire jusqu’à la Cour suprême, veut réinterpréter les termes de cet amendement, pour supprimer l’automaticité dans le cas d’enfants nés de parents en situation irrégulière.
La vague de décrets présidentiels porte également sur l’#énergie et l’#environnement. Aucun droit de douane n’a été décidé, alors que Donald Trump avait menacé dans sa campagne d’imposer 10 % de prélèvement sur toutes les importations et 60 % sur celles en provenance de Chine. « Au lieu de taxer nos citoyens pour enrichir d’autres pays, nous imposerons des droits de douane et des taxes aux pays étrangers pour enrichir nos citoyens », a déclaré Donald Trump dans son discours d’investiture. Mais aucun décret n’a suivi, si ce n’est une étude sur la politique commerciale américaine et l’annonce de la création d’une agence chargée de collecter des droits de douane (External Revenue Service), par opposition à l’Internal Revenue Service (IRS), qui collecte l’impôt sur le revenu.
Ce sursis a d’abord soulagé les marchés financiers, qui sont remontés. Toutefois, Donald Trump a douché cet optimisme en semblant envisager l’introduction d’une taxe de 25 %, dès le 1ᵉʳ février sur les produits importés du Mexique et du Canada. Le président met en cause ces pays en raison d’abus supposés dans les échanges commerciaux et du trafic de fentanyl, drogue faisant des ravages aux Etats-Unis. Cette menace avait déjà été formulée en décembre 2024. La Bourse a dès lors baissé, et le dollar s’est raffermi.
La politique fiscale, grande absente
M. Trump n’a pas exclu d’imposer, à terme, des droits de douane sur toutes les importations, mais il a précisé qu’il n’était pas prêt. En réalité, deux écoles s’affrontent au sein de ses équipes : les partisans des droits généralisés et ceux qui préfèrent des tarifs ciblés sur certains produits stratégiques (la défense, la pharmacie et les minerais). Surtout, le nouveau président semble vouloir les utiliser dans des négociations globales, tout particulièrement avec la Chine. Il a réitéré son souhait de rencontrer son homologue Xi Jinping.
Quant à TikTok, il a donné un sursis de soixante-quinze jours à l’application qui devait être bannie des Etats-Unis le 19 janvier. « Si je ne conclus pas l’accord, cela ne vaut rien. Si je conclus l’affaire, cela vaut peut-être 1 milliard de dollars [960 millions d’euros] », a commenté Donald Trump, en proposant un accord léonin. Il suggère de donner gratuitement la moitié de la propriété du réseau social à des intérêts américains en échange de sa signature. Enfin, les Européens ont été invités à réduire leurs déficits ou à acheter plus d’hydrocarbures américains.
Autre absent de la journée, la politique fiscale, alors que les baisses d’impôts font partie des promesses essentielles de Donald Trump. Mais cette dernière est du ressort du Congrès. Le président a simplement évoqué la non-taxation des pourboires, dans un meeting en fin de soirée. Toutefois, des décrets commencent à mettre en œuvre les préconisations d’Elon Musk, chef du bureau de réduction des dépenses du gouvernement. Plusieurs décrets ont exigé « un gel immédiat des réglementations », le « gel des embauches » et la fin du télétravail pour les fonctionnaires fédéraux.
En revanche, M. Trump a invoqué l’inflation, un poison pour la présidence Biden. « Je demanderai à tous les membres de mon cabinet de mobiliser les vastes pouvoirs à leur disposition pour vaincre ce qui était une inflation record et faire baisser rapidement les coûts et les prix », a-t-il déclaré. Sauf que l’inflation, qui avait atteint un record annuel de 9,1 % en juin 2022, est retombée à 2,9 %. Les experts estiment que les expulsions de la main-d’œuvre étrangère et les droits de douane pourraient la ranimer.
« Si Trump essaie de faire baisser le dollar, qu’est-ce qui pourrait mal tourner ? », Barry Eichengreen, Economiste
▻https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/01/22/si-trump-essaie-de-faire-baisser-le-dollar-que-pourrait-il-se-passer-de-mal_
L’une des idées politiques les plus étonnantes aux Etats-Unis ces derniers temps est que le nouveau président américain, Donald Trump, et son équipe envisageraient de faire activement baisser le dollar dans le but de stimuler la compétitivité des #exportations_américaines et de réduire le #déficit_commercial. Si Trump essaie, réussira-t-il ? Et que pourrait-il se passer de mal ?
La méthode la plus brutale consisterait à s’appuyer sur la Réserve fédérale (Fed) pour assouplir la politique monétaire. Trump a certes renoncé à remplacer le président de la Fed, Jerome Powell, mais il pourrait pousser le Congrès à modifier la loi sur la Réserve fédérale pour amoindrir son indépendance. Le taux de change du dollar s’affaiblirait considérablement, le but recherché. Mais une politique monétaire plus souple entraînerait une accélération de l’inflation, ce qui neutraliserait l’impact de la baisse du taux de change du dollar. Il n’y aurait aucune amélioration de la compétitivité américaine.
Autre voie possible : le département du Trésor pourrait utiliser la loi fédérale International Emergency Economic Powers Act pour taxer les détenteurs officiels étrangers de titres du Trésor, en retenant une partie de leurs paiements d’intérêt. Cela dissuaderait les banques centrales étrangères d’accumuler des réserves en dollars, ce qui ferait baisser la demande de billets verts. Problème : réduire la demande de bons du Trésor américain pour affaiblir le dollar ferait aussi grimper les taux d’intérêt. Par ailleurs, le risque de voir les investisseurs étrangers surréagir et liquider entièrement leurs avoirs en dollars n’est pas à exclure.
Plus classiquement, le Trésor pourrait aussi utiliser les dollars de son fonds de stabilisation des changes pour acheter des devises. Mais augmenter l’offre de dollars de cette manière serait inflationniste. La Fed réagirait donc en retirant ces mêmes dollars des marchés, et stériliserait ainsi l’opération.
Le prix à payer
Enfin, il est question d’un accord, à Mar-a-Lago (Floride), entre les Etats-Unis, la zone euro et la Chine, faisant écho aux accords du Plaza signés dans les murs du célèbre hôtel new-yorkais, en 1985, pour s’engager dans des ajustements politiques coordonnés afin d’affaiblir le #dollar. Complétant les mesures prises par la Fed, la Banque centrale européenne et la Banque populaire de Chine augmenteraient alors leurs taux d’intérêt. Les gouvernements chinois et européens pourraient également intervenir sur le marché des changes, en vendant des dollars. Pour les convaincre, Trump pourrait agiter la menace des droits de douane, tout comme Richard Nixon avait utilisé une surtaxe à l’importation pour contraindre d’autres pays à réévaluer leur monnaie en 1971, ou comme le secrétaire au Trésor James Baker a invoqué la menace du protectionnisme pour sceller les accords du Plaza.
En 1971, cependant, la croissance en Europe et au Japon était forte, de sorte que la hausse de leurs devises ne posait pas de problème. En 1985, c’est l’inflation, et non la déflation, qui constituait le danger immédiat, prédisposant l’Europe et le Japon à un resserrement monétaire. En revanche, la zone euro et la Chine sont actuellement confrontées au double spectre de la stagnation et de la déflation. Dans ce scénario, elles devront donc mettre en balance le danger d’un resserrement monétaire pour leurs économies et les dommages causés par les droits de douane de Trump.
Face à ce dilemme, l’#Europe céderait probablement et accepterait une politique monétaire plus stricte comme prix à payer pour faire reculer Trump sur les droits de douane et préserver la coopération avec les Etats-Unis en matière de sécurité. En revanche, la Chine, qui considère les Etats-Unis comme un rival géopolitique, prendrait probablement la direction opposée. Ainsi, un supposé « accord de Mar-a-Lago » dégénérerait en un accord bilatéral américano-européen, qui ferait peu de bien aux Etats-Unis tout en causant un tort considérable à l’Europe.
Barry Eichengreen est professeur d’économie et de sciences politiques à l’université de Californie à Berkeley. © Project Syndicate, 2025.
« Mettre les tarifs douaniers à 20 % est une très mauvaise idée, qui pénalisera les Etats-Unis » : la réponse des deux économistes auxquels la Maison Blanche s’est référée
▻https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/01/23/mettre-les-tarifs-douaniers-a-20-est-une-tres-mauvaise-idee-qui-penalisera-l
Pour justifier le projet trumpiste d’instaurer des droits de douane élevés, Stephen Miran, chef des conseillers économiques de Donald Trump, s’est appuyé sur les travaux des chercheurs Arnaud Costinot (MIT) et Andres Rodriguez-Clare (Berkeley). A la demande du « Monde », ces deux économistes ont accepté de lui répondre par le biais de cette tribune.
La future administration Trump se prépare à imposer des tarifs substantiels sur toutes les #importations aux #Etats-Unis. Le nouveau secrétaire au Trésor, Scott Bessent, a invoqué l’argument du « tarif optimal » pour justifier une telle décision. Le nouveau président du Council of Economic Advisers, l’organisme de conseil économique de la Maison Blanche, Stephen Miran, citant nos propres travaux, propose 20 % comme « référence » pour le tarif optimal américain. Nous pensons que c’est une très mauvaise idée.
L’argument du tarif optimal n’est pas nouveau. Il est presque aussi ancien que le célèbre plaidoyer de l’économiste britannique David Ricardo [1772-1823] en faveur du libre-échange. Il repose sur l’idée que les pays disposent d’un pouvoir de marché et qu’ils peuvent en tirer profit. Tout comme une grande entreprise peut augmenter ses profits en manipulant la quantité qu’elle vend à ses consommateurs et qu’elle achète à ses fournisseurs, un grand pays peut s’enrichir en manipulant le volume de ses exportations et importations et, in fine, leurs prix. Les taxes à l’importation et à l’exportation sont les outils pour atteindre cet objectif, les tarifs à l’importation étant bien plus courants que les taxes à l’exportation pour diverses raisons économiques et politiques.
Pour comprendre comment fonctionne l’argument du #tarif_optimal, supposons que le gouvernement américain impose un tarif douanier sur le vin français. Toutes choses étant égales par ailleurs, les consommateurs américains font alors face à des prix plus élevés et réduisent leur demande. Cela pourrait exercer une pression à la baisse sur les prix auxquels les producteurs de vin français seraient disposés à vendre, générant ainsi des gains pour les Etats-Unis, qui pourraient avoir accès à du vin de Bordeaux et à d’autres terroirs français à prix réduit à la frontière, même si les consommateurs américains paieraient toujours un prix plus élevé en magasin en raison du tarif ajouté.
Outil pédagogique
Les grands pays, comme les Etats-Unis, disposent d’un certain pouvoir de marché. Ce qui est moins clair, c’est de savoir à quel point. Cela dépend de plusieurs facteurs, difficiles à mesurer. Par exemple, le pouvoir de marché dépend de la facilité avec laquelle les exportateurs étrangers peuvent trouver des marchés alternatifs pour écouler leur production. Si les viticulteurs français ne peuvent plus vendre librement leurs produits aux consommateurs américains, peuvent-ils les vendre aux Allemands ou aux Chinois ? Si oui, le prix des vins français ne changera pas beaucoup et le tarif douanier optimal devrait être plus faible.
En outre, le succès ou l’échec de l’exercice du pouvoir de marché ne peut être évalué uniquement à partir de l’impact des tarifs sur les prix des importations américaines. L’objectif ultime d’un tarif optimal est d’enrichir les Etats-Unis en abaissant le prix de ce qu’ils achètent (par exemple, du vin français) par rapport à ce qu’ils vendent (par exemple, des Tesla). Cela ne peut être évalué sans prendre en compte l’impact des tarifs sur les prix des exportations américaines. Ces prix pourraient augmenter si les tarifs provoquent une appréciation du dollar américain – dans ce cas, le tarif optimal devrait être plus élevé.
L’incertitude autour de ces facteurs ouvre la porte à des tarifs différents en fonction du modèle économique choisi. Le chiffre de 20 %, tiré de notre propre étude, n’est qu’une « référence » dans la mesure où il provient du modèle économique le plus simple possible. Cela en fait un excellent outil pédagogique, mais pas un guide utile pour la politique publique.
De nombreuses questions, en économie, sont difficiles. Celle de savoir quel est le #pouvoir_de_marché des Etats-Unis en fait partie. Nous avons assisté à de nombreux séminaires animés sur les mérites et les limites de divers modèles économiques et estimateurs économétriques conçus pour répondre à cette question. Nous ne pensons pas que ces séminaires deviendront moins animés dans les années à venir.
Le « dilemme du prisonnier »
Heureusement, chercher à savoir quel est le pouvoir de marché des Etats-Unis est aussi la mauvaise question à poser. D’un point de vue académique, il est intéressant de comprendre pourquoi, en l’absence de règles et d’institutions internationales, un pays peut avoir intérêt à exploiter son pouvoir de marché en adoptant des politiques protectionnistes. D’un point de vue politique, cependant, ces considérations donnent une image trompeuse et incomplète de l’impact des tarifs américains. La raison en est la riposte étrangère.
L’argument du tarif optimal suppose que, lorsque les étrangers font face à des barrières commerciales plus élevées aux Etats-Unis, ils restent passifs, s’appauvrissent et n’imposent pas leurs propres #droits_de_douane sur les biens américains. Cela n’arrivera pas.
Les membres de la nouvelle administration Trump sont conscients de la possibilité d’une riposte étrangère. Mais ils conçoivent les tarifs comme un « jeu de la poule mouillée ». A condition que les Etats-Unis s’engagent à maintenir des tarifs douaniers élevés, ils pensent que les étrangers choisiront de maintenir à leur faible niveau leurs propres tarifs, par crainte d’entrer dans une #guerre_commerciale coûteuse. Cependant, ce jeu est la mauvaise métaphore pour décrire les guerres commerciales.
Les guerres commerciales s’apparentent davantage à un « dilemme du prisonnier ». Des cambrioleurs sont arrêtés, mais aucune preuve ne les incrimine. Si tous se taisent, ils s’en sortent. Pourtant, au lieu de rester silencieux, les prisonniers sont toujours tentés de témoigner contre leurs partenaires en échange d’une peine plus légère. Mais, ce faisant, ils finissent tous par purger une peine plus longue. De même, les pays ayant un certain pouvoir de marché à exploiter ont intérêt à augmenter leurs barrières commerciales, quelle que soit l’attitude des autres. Le problème est que, lorsqu’ils le font tous, aucun d’entre eux ne parvient à rendre ses importations moins chères : ils finissent tous par s’appauvrir.
Pulsions protectionnistes
A maintes reprises, nous avons vu des pays riposter aux tarifs douaniers américains. En 1930, le Canada a répondu au Smoot-Hawley Tariff Act en imposant des tarifs sur les biens américains avant même que la loi n’entre en vigueur. En 2018 et en 2019, la Chine a répondu à chaque vague de tarifs de la première administration Trump en ciblant 100 milliards de dollars [96 milliards d’euros] d’exportations américaines. Cette semaine, le Canada a annoncé qu’il préparait déjà des tarifs de rétorsion sur le whisky du Tennessee et le jus d’orange de la Floride. Le Mexique et l’Union européenne ont fait des annonces similaires.
Le système commercial mondial qui a émergé après la seconde guerre mondiale a été conçu précisément pour contrôler les pulsions protectionnistes des pays et éviter de répéter les guerres commerciales des années 1930. Il a permis de maintenir une coopération commerciale pendant des décennies.
L’économie mondiale a changé. La #Chine a émergé comme une nouvelle puissance hégémonique. Il est naturel que la politique économique évolue et s’adapte à ces nouvelles circonstances. Mais les tarifs ne sont pas l’outil puissant capable de résoudre tous les problèmes, contrairement à ce que croit la nouvelle administration Trump. Retenir sa domination dans les secteurs de la haute technologie, regagner une place dans les nouveaux secteurs verts, et restaurer la prospérité dans les régions en difficulté, pour ne citer que quelques objectifs, sont des priorités essentielles pour les années à venir. Une politique économique plus riche et diversifiée est nécessaire, avec les tarifs jouant au mieux un rôle auxiliaire.
Poursuivre une politique de hausse des tarifs mènerait probablement à une nouvelle guerre commerciale mondiale. Ses conséquences, malheureusement, ne sont pas difficiles à prévoir : moins de commerce et, surtout, moins de coopération internationale sur les grands enjeux de notre époque que sont la guerre, la pauvreté et le changement climatique.
Arnaud Costinot est professeur d’économie au Massachusetts Institute of Technology (MIT) ;
Andres Rodriguez-Clare est professeur d’économie à l’université de Californie à Berkeley.
Arnaud Costinot et Andres Rodriguez-Clare, deux spécialistes du commerce international
Pendant sa campagne, le candidat Donald Trump a proposé de faire passer les droits de douane de 2 % à 20 % (et trois fois plus pour les produits chinois). La quasi-totalité des économistes de la planète, horrifiés, ont pronostiqué un retour de l’#inflation aux Etats-Unis, voire une spirale de représailles destructrice pour tous les pays. Mais pourquoi 20 % ? Parce qu’un économiste trumpiste, Stephen Miran, l’a présenté comme le « tarif optimal » pour enrichir les Etats-Unis. Ce docteur en économie de Harvard de 41 ans, ayant fait sa carrière sur les marchés financiers, a été nommé depuis président du conseil économique (Council of Economic Advisers) à la Maison Blanche. En novembre 2024, il avait publié un rapport pour Hudson Bay Capital, dans lequel il défendait la thèse des 20 %, qu’il suggérait de coupler à une #dépréciation_du_dollar. Une telle politique permettrait, selon lui, de « remodeler fondamentalement les systèmes commerciaux et financiers mondiaux ».
Dans son rapport, Miran se référait aux recherches d’Arnaud Costinot, du Massachusetts Institute of Technology, et d’Andres Rodriguez-Clare, de l’université de Californie à Berkeley : « A titre de référence, le chapitre du Handbook of International Economics de Costinot et Rodriguez-Clare (2014) indique que le tarif optimal pour les Etats-Unis (…) est d’environ 20 %. En effet, tant que les tarifs ne dépassent pas 50 %, ils continuent d’améliorer le bien-être par rapport à un commerce totalement ouvert. »
Le Monde a contacté les auteurs, deux spécialistes du commerce international, qui contestent cette interprétation. Dans leur étude, écrivent-ils dans le texte qu’ils ont adressé au journal, le chiffre de 20 % est purement théorique : il « provient du modèle économique le plus simple possible. Cela en fait un excellent outil pédagogique, mais pas un guide utile pour la politique publique ». Et, à les lire, ce tarif est parfaitement inadapté pour les Etats-Unis d’aujourd’hui.
L’article de 2014 de Costinot et Rodriguez-Clare (« Trade Theory with Numbers : Quantifying the Consequences of Globalization ») , considéré comme important dans la communauté des spécialistes du commerce, s’employait à mesurer finement les gains du #commerce_international. A noter qu’Arnaud Costinot, 47 ans, est français. Polytechnicien, originaire de Dunkerque, il s’est très tôt intéressé aux problèmes redistributifs que pose le commerce international, qui fait des gagnants, mais aussi des perdants au sein de chaque pays.
Ralentir la traduction ?
La #traduction_automatique n’a pas été conçue à des fins professionnelles, mais pour produire une traduction moins chère et suffisante. C’est-à-dire, une ubérisation.
Dans un passionnant article pour la revue Traduire (▻https://journals.openedition.org/traduire/2869), la traductrice indépendante Laura Hurot explique comment le secteur de la traduction a changé ces dernières années, sous la forme d’une ubérisation silencieuse.
Nombre d’agences de traduction imposent de travailler sur des plateformes dotées d’un système de #chronométrage intégré qui évalue la #productivité des traductrices et traducteurs. Mais cette #accélération n’affecte pas seulement la phase traductionnelle : des agences recourent également à des systèmes de #révision et de #contrôle_qualité en partie automatisés reposant sur des outils de #catégorisation des erreurs. Ces changements conduisent à une accélération de la productivité et à une perte d’#autonomie, des #savoir-faire et du #bien-être des traducteurs indépendants plateformisés. D’ailleurs, on ne parle plus de traduction, mais de #post-édition, pour désigner une #correction de traduction automatique, dont la conséquence première est de lisser les #tarifs de traduction vers le bas.
Dans un article plus récent de la même revue, le collectif en chair et en os, qui défend une traduction humaine contre la généralisation des machines, souligne que dans l’édition, la traduction automatique touche d’abord certains genres littéraires dont la langue n’est pas plus facile à prendre en charge par la machine, mais des genres qui sont périphériques dans la hiérarchie culturelle et où la #précarité est depuis longtemps plus forte (les secteurs de la romance, des livres pratiques, des livres pour les jeunes ou des sciences humaines sociales sont également des secteurs où les rémunérations sont moindres et les statuts plus précaires… et ils se sont précarisés avec la forte #féminisation du secteur depuis les années 80). Et les auteurs de rappeler qu’“un outil développé puis déployé à des fins d’économie n’est pas qu’un outil : il est l’élément d’un système”. Et de rappeler que la traduction automatique n’a pas été conçue à des fins professionnelles mais pour produire une traduction moins chère et suffisante. Pour les acteurs de la tech, traduire un texte consiste en effet à le transposer en miroir, dans une vision purement mathématique, en remplaçant simplement un mot par un autre mot, même si désormais ces agencements sont largement statistiques. Ce n’est pourtant pas si simple, surtout quand les textes sont complexes et les langues rares, comme le pointent les limites à l’utilisation croissante d’outils de traduction automatiques pour accomplir des tâches trop complexes pour eux, comme pour remplir des formulaires de demandes d’asiles sans maîtrise de la langue, conduisant à des erreurs multiples et aux rejets massives des demandes.
Il n’y a pas que la traduction depuis des langues rares qui se révèle complexe, dans leur numéro de décembre, les Cahiers du Cinéma revenaient, à la suite d’une tribune de l’Association des traducteurs et adaptateurs de l’audiovisuel (Ataa), sur la perte de qualité des #sous-titres des films, trop souvent réalisés automatiquement. Le problème n’est pas seulement économique et lié au fait que le sous-titrage ou le #doublage viennent en bout de chaîne de la production, qui échappe souvent à la production, que de savoir à qui elle incombe : producteur, distributeur, diffuseur… Un conflit de responsabilité qui permet de justifier la perte de qualité. Le plus fascinant pourtant est de constater combien la traduction automatique échoue sur des phrases assez simples, même depuis l’anglais. Ainsi cet « How’s my room ? » traduit par « Comment va ma chambre ? » au lieu de « Où en est ma chambre ?« , nous montrant toutes les limites de l’approche de la traduction statistique, qui se révèle bien moins performante qu’on ne le pense souvent.
L’observatoire de la traduction automatique (▻https://www.atlas-citl.org/lobservatoire-de-la-traduction-automatique) rappelait récemment que sa tribune de 2023 demandant la transparence réelle des données d’entraînements de l’#IA_générative, la possibilité de refuser que le travail de traduction serve à l’entraînement des machines qui détruisent le métier, que les aides publiques soient exclusivement réservées aux créations humaines ou que les produits culturels créés avec de l’IA soient obligatoirement signalés… n’avait toujours reçu aucune réponse des autorités.
Signalons enfin que le 10e numéro de la revue Contrepoint, la revue du Conseil européen des associations de traducteurs littéraires, est entièrement consacré à la question de la traduction sous IA. Pour Damien Hansen, qui rappelle que la traduction automatique reste incapable de comprendre le texte, “le problème n’est pas tant l’outil en soi que le fait qu’on l’impose aux professionnels et qu’on l’emploie pour des raisons purement économiques”. Plutôt que de venir aider et soutenir le traducteur, la traduction automatique est produite pour le contraindre voire le faire disparaître. L’utilisation de l’IA comme outil de contrôle montre à nouveau que leur orientation vers des outils de contrainte plutôt que d’assistance, contrairement à ce qui nous est asséné, risque de devenir une limite forte à son développement.
Dans son article, Laura Hurot, rappelle, à la suite du livre du spécialiste de la cognition, Olivier Houdé, L’intelligence humaine n’est pas un algorithme (Odile Jacob, 2019), que la clé de l’intelligence réside certainement bien plus dans le #ralentissement de la pensée plutôt que dans son accélération. A l’heure où la #vitesse est une idole indétrônable, il faudrait pouvoir mieux mesurer ce qu’elle nous fait perdre.
▻https://danslesalgorithmes.net/2025/01/16/ralentir-la-traduction
#traduction #AI #IA #intelligence_artificielle #ubérisation #travail #conditions_de_travail #automatisation
via @reka