• Grand débat : les risques d’une hausse des seuils de l’impôt sur le revenu
    https://www.latribune.fr/economie/france/grand-debat-les-risques-d-une-hausse-des-seuils-de-l-impot-sur-le-revenu-8

    Un relèvement des seuils d’imposition sur le revenu augmenterait le taux de pauvreté du fait de l’augmentation du niveau de vie médian, souligne une étude publiée ce mardi par l’Insee, à deux jours de la fin du Grand débat.

    La question de la fiscalité pendant les premières semaines du Grand débat a provoqué de vives discussions. Des milliers de contributions numériques sur l’impôt et les dépenses publiques ont été recensées sur la plateforme nationale. Au 2 avril, 186.710 contributions déposées par 152.471 participants ont été enregistrées sans compter les propositions exprimées lors des réunions et dans les cahiers de doléances. Parmi les sujets souvent évoqués sur le site figure l’impôt sur le revenu. Les députés de la République en marche ont planché ces dernières semaines sur des pistes relatives à cet impôt spécifique.

    Pour l’institut de statistiques public, le relèvement des seuils peut avoir des effets à double tranchant. Une augmentation de 5% des tranches de l’impôt sur le revenu entraînerait une exonération pour plus d’un million de ménages. Ce qui permettrait de redonner 5 milliards d’euros aux contribuables. « Le niveau de vie des ménages initialement assujetis à l’IR augmenterait en moyenne de 0,7 %. Celui de l’ensemble de la population progresserait de 0,5 % en moyenne » expliquent les auteurs de l’étude.

    A l’opposé, cette opération pourrait représenter un manque à gagner fiscal très important pour les finances publiques, difficile à financer. Par ailleurs, une augmentation des seuils de 5% pourrait avoir une incidence sur la pauvreté et les inégalités. Les statisticiens de l’organisme public ont ainsi calculé qu’une telle hausse augmenterait le seuil de pauvreté de 0,4% (en raison de la hausse du niveau de vie médian) et le taux de pauvreté de 0,2 point. Une telle variation à la hausse pourrait avoir des répercussions sur les inégalités de niveau de vie. Le rapport interdécile D9/D1, qui met en évidence l’écart entre le haut et le bas de la distribution, progresserait de 0,03 point et l’indice de Gini de 0,001 point.

    #taux_de_pauvreté en réalité #taux_de_pauvreté_monétaire_relative

  • Un million de pauvres oubliés des statistiques Louis Maurin - 21/09/2018 - Alternatives Economiques
    https://www.alternatives-economiques.fr/un-million-de-pauvres-oublies-statistiques/00086201
    Source : http://www.observationsociete.fr/revenus/pauvrete/pauvresnoncomptes.html

    Officiellement, la France compte cinq millions de pauvres si l’on utilise le seuil à 50 % du niveau de vie médian. Ce chiffre ne comptabilise pas une grande partie de la population la plus pauvre. Probablement supérieure à un million de personnes. Revue de détail.

    1/ Les pauvres parmi les pauvres
    Les données sur la pauvreté ne prennent pas les plus pauvres, éloignés de tout système d’enregistrement statistique. Etablies à partir de données fiscales, les données officielles ne peuvent pas, de fait, comptabiliser les personnes qui vivent dans la plus grande misère, dans des bidonvilles, des squats ou à la rue. On estime que 140 000 personnes n’ont pas de domicile (données 2011). Une partie des étrangers sans papiers, les plus récemment arrivés, échappe aussi aux données. Les « gens du voyage » – au moins 250 000 personnes – sont eux aussi mal recensés par ce type d’enquête.

    2/ Les personnes qui vivent grâce au soutien familial
    Ce n’est pas tout. Une partie de la population dispose de très faibles revenus mais dépasse le seuil de pauvreté en raison de la prise en compte de l’ensemble des ressources du ménage. Ces personnes ne vivent pas dans la pauvreté au quotidien, mais elles seraient dans cette situation sans l’apport d’un revenu tiers. Elles se placent dans un rapport de dépendance vis-à-vis de l’apporteur des revenus. C’est le cas notamment de la plupart des femmes inactives dont le conjoint dispose d’un revenu suffisant pour que l’ensemble du ménage se situe au-dessus du seuil de pauvreté, mais qui, par elles-mêmes, n’ont aucune ressource.

    Il faut y ajouter toute une partie de jeunes adultes qui connaissent des difficultés d’insertion sur le marché du travail, contraints soit de rester vivre chez leurs parents, soit d’y revenir. Au total, la Fondation Abbé Pierre estime que 640 000 personnes sont contraintes de vivre hébergées par la famille ou des relations, dont 150 000 enfants de plus de 25 ans qui n’ont pas pu prendre leur autonomie faute de moyens et 340 000 enfants de plus de 25 ans contraints de revenir vivre chez leurs parents.

    La solidarité au sein du couple ou de la famille, voire des amis, fait qu’une partie de la population dispose d’un niveau de vie supérieur au seuil de pauvreté uniquement parce que l’on prend en compte le revenu de ceux qui l’aident. Pris individuellement, ces adultes entreraient dans les chiffres de la pauvreté, même s’ils vivent dans un ménage qui globalement n’est pas pauvre.

    3/ Ceux qui sont hébergés en collectivité
    Tous ceux qui vivent durablement en collectivité ne sont pas davantage comptabilisés par l’Insee. L’institut ne prend en effet en compte que les ménages individuels. En France, 1,5 million de personnes sont dans ce cas (données 2015), toujours selon l’Insee. Un million de personnes âgées vivent en maison de retraite : toutes ne sont pas pauvres, mais combien disposent de plus de 850 euros par mois ? Il faut y ajouter notamment les immigrés qui vivent dans des foyers de travailleurs, les détenus (70 000), en passant par les établissements sanitaires de long séjour (pour les personnes lourdement handicapées notamment), où les résidents doivent être rares à disposer de revenus supérieurs au seuil de pauvreté… La société Adoma, qui a remplacé la Sonacotra 1, loge à elle seule 60 000 personnes, dont une grande majorité de travailleurs immigrés âgés aux très faibles ressources.

    4/ Les ménages étudiants
    Les ménages où la personne de référence est étudiante sont aussi écartés de l’enquête de l’Insee. Ces ménages regroupent environ 400 000 personnes. Cette population mélange de jeunes étudiants qui « galèrent », doivent travailler quelques heures en complément de leurs études, et d’autres aux conditions de vie nettement plus favorable du fait du soutien financier de leurs parents, que l’on peut difficilement intégrer à la population pauvre.

    SDF, personnes âgées, femmes inactives, travailleurs immigrés en foyer, détenus, étudiants… « La France invisible » 2 des statistiques de la pauvreté a des visages très différents. L’Insee ne publie aucune donnée sur le sujet, mais le nombre de pauvres est très probablement supérieur d’au moins un million aux données officielles de la pauvreté, si l’on additionne l’ensemble de ces catégories. « Probablement » parce qu’en réalité il n’existe aucune estimation de ce chiffre…

    Il faut se méfier de tout simplisme. En Europe, on mesure la pauvreté de façon relative au niveau de vie médian de la population. Prendre en compte ces « invisibles » ferait baisser le niveau de vie médian de l’ensemble de la population et aurait pour effet… de réduire le seuil de pauvreté. Par construction, la statistique appréhende mal les populations qui ne vivent pas dans des logements dits « ordinaires ». Il n’y a pas une pauvreté « cachée » par les services statistiques officiels. On peut malgré tout constater qu’aucun chercheur ou aucun organisme statistique ne s’est penché sur la question, au moins dans les années récentes. Plutôt que d’exagérer la pauvreté en France en élargissant la définition par le haut, comme c’est souvent le cas, il serait préférable de mieux connaître ceux qui ne rentrent pas dans les « cases » statistiques habituelles de la pauvreté et qui pourtant ne se résument pas à une poignée de marginaux.

    L’invisibilité statistique peut conduire à une invisibilité sociale tout court. La pauvreté dans les maisons de retraite ou la pauvreté en « dépendance » (pour ceux qui dépendent de revenu d’une tierce personne) mériteraient en particulier d’être mieux étudiées.

    Cet article est publié en partenariat avec le Centre d’observation de la société. http://www.observationsociete.fr/revenus/pauvrete/pauvresnoncomptes.html

  • Les niveaux de vie en 2015

    En 2015, en France, le #niveau_de_vie médian de la population s’élève à 20 300 euros annuels, soit un montant légèrement plus élevé que celui de 2014 en euros constants. Dans le haut de la distribution, les niveaux de vie repartent à la hausse après plusieurs années de baisse, l’augmentation étant particulièrement marquée pour les plus aisés. Dans le bas de la distribution, les niveaux de vie stagnent à l’exception du premier décile dont l’augmentation compense le léger repli de l’année précédente. En 2015, les 10 % de personnes les plus modestes ont un niveau de vie inférieur à 10 860 euros. Les 10 % les plus aisées ont un niveau de vie au moins 3,5 fois supérieur, au-delà de 37 510 euros.

    Après une forte baisse en 2013, les #inégalités globales, mesurées par l’indice de Gini, restent stables depuis 2014.

    Le #seuil_de_pauvreté monétaire, qui correspond à 60 % du niveau de vie médian de la population, s’établit à 1 015 euros mensuels. La pauvreté ainsi définie touche 14,2 % de la population, proportion stable par rapport à 2014 ; cependant, l’intensité de la pauvreté diminue.

    La situation vis-à-vis de la pauvreté est très liée au statut d’activité. En 2015, 37,6 % des chômeurs vivent au-dessous du seuil de pauvreté contre 6,5 % des salariés. Pour les actifs, occupés ou au #chômage, le #taux_de_pauvreté varie fortement selon la catégorie socioprofessionnelle : 15,3 % des #ouvriers sont pauvres selon l’approche monétaire contre 3,1 % des cadres et professions intellectuelles supérieures.

    https://www.insee.fr/fr/statistiques/3055008#titre-bloc-16
    #pauvreté #France #statistiques #chiffres

    • Le taux de pauvreté en France est désormais supérieur à celui des Etats Unis...

      Chose étonnante, l’INSEE affirme dans cette note que «  l’écart entre les chiffres [de 2014 et 2015] n’étant pas significatif d’un point de vue statistique, on ne peut néanmoins pas conclure à une hausse du taux de pauvreté en 2015  », formule passablement alambiquée. Dans le chapô de cette note (qui est souvent la seule chose que les média lisent), l’INSEE croit pouvoir écrire sans aucun scrupule : «  Le seuil de pauvreté monétaire, qui correspond à 60 % du niveau de vie médian de la population, s’établit à 1 015 euros mensuels. La pauvreté ainsi définie touche 14,2 % de la population, proportion stable par rapport à 2014  ». Une chose est de dire qu’une hausse n’est pas statistiquement significative, une autre d’affirmer qu’un taux est stable alors qu’il ne l’est pas. L’INSEE a donc adopté une formulation mensongère, bel exploit pour un organisme de statistiques publiques, indépendant en matière statistique . L’intention est surtout de mettre l’accent sur la bonne nouvelle comme le montre la deuxième partie de la phrase : «  cependant, l’intensité de la pauvreté diminue  ». Visiblement l’INSEE a préféré écrire cela dans son chapô plutôt que de dire que le nombre de personnes pauvres était passé de 8.732 millions à 8.875 millions, soit plus de 140 000 pauvres de plus en un an, augmentation qui est d’ailleurs peut être la raison pour laquelle l’intensité de la pauvreté a diminué...

      Toujours est-il qu’en 2015, la pauvreté touchait donc 14.2% de la population tandis que la part des pauvres aux Etats Unis représentait alors 13.5% de la population, avant de connaitre une baisse significative en 2016. Alors que jusqu’en 2014, le taux de pauvreté aux Etats Unis était supérieur à celui prévalant en France, c’est désormais l’inverse...

      https://blogs.mediapart.fr/edition/2016-us-electionsand-beyond/article/140917/le-taux-de-pauvrete-en-france-est-desormais-superieur-celui-des-etat

    • C’est pourtant clair !

      Dans le haut de la distribution, les niveaux de vie repartent à la hausse après plusieurs années de baisse, l’augmentation étant particulièrement marquée pour les plus aisés.

      Chipoter sur le taux de pauvreté — il monte, il stagne, c’est significatif, ou pas, plus intense (!?) ou pas ? — permet de ne pas commenter le fait marquant : la part prélevée par les plus riches augmente ; et ce d’autant plus vite qu’on est plus riche. Après, comment ça se répartit dans le bas de la distribution et, donc comment évoluent les différents indicateurs de « pauvreté » (dont je rappelle que c’est une pauvreté relative, donc en réalité quelque chose fortement lié à la dispersion des revenus/niveaux de vie), n’a que peu d’importance.

  • Au Royaume-Uni, le nombre de « contrats zéro heure » ne faiblit pas
    http://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/au-royaume-uni-le-nombre-de-contrats-zero-heure-ne-faiblit-pas-502101.html

    Le nombre de Britanniques déclarant être employés dans le cadre d’un contrat sans garantie horaire et sans salaire minimal a augmenté de 20% à 744.000 sur un an. Ils sont près de 1,5 million en réalité.

    #royaume-uni #travail #précarité #contrat-zéro-heure