• Guillaume Carnino, Les transformations de la technologie, 2010
    https://sniadecki.wordpress.com/2017/06/03/carnino-technologie

    Cet article retrace les évolutions du terme « technologie », dans le contexte français, au cours du XIXe siècle. Le passage, aux alentours de 1850, d’un « discours sur les techniques » à une « techno-science » y est mis en valeur selon deux aspects principaux : industrialisation des pratiques artisanales opératoires et déploiement de « la science » en tant que productrice de faits à partir de machines et procédures. Telles sont les deux recompositions politiques qui produisent matériellement et linguistiquement la technologie entendue au sens contemporain, comme lorsqu’on parle des « nouvelles technologies ».

    […]

    En bref, le propos du présent travail est de mettre au jour l’intérêt historiographique du basculement d’un monde où la technologie est discours sur les techniques à l’univers contemporain fondé sur la technologie entendue comme science industrielle ou science des machines , voire techno-science .

    #Histoire #techniques #technologie #critique_techno #Guillaume_Carnino #techno-science


  • Un manifeste de lutte pour l’ère Macron ?
    http://hors-sol.herbesfolles.org/2017/05/31/lettre-ouverte-a-monsieur-albin-serviant

    Cher Monsieur Serviant,

    L’édition du journal Le Monde du jeudi 4 mai dernier, pendant l’entre-deux tours de la présidentielle, m’a permis de faire un peu votre connaissance, à travers un article remarquable de franchise, intitulé « Londres : la French Tech s’entiche de Macron ». Personne ne pourra accuser le quotidien de centre-gauche du soir de dissimuler qui a porté le nouveau président au pouvoir – de quoi Macron est le nom. Bien sûr, l’histoire de cette conquête foudroyante méritera d’être un peu plus détaillée1, mais en attendant, ce bref coup de projecteur sur le milieu des expatriés du e-business dans la capitale britannique est saisissant et tellement riche de signification.

    Vous parlez des Français qui ont « manqué le train », c’est votre manière d’évoquer les classes populaires, les familles en cours de déclassement social ou encore la « France périphérique ». On imagine que le train dont vous parlez est celui de la mondialisation et des mutations industrielles/technologiques des dernières décennies. Toujours est-il que l’existence de ce train est pour vous une évidence ; c’est naturel, n’est-ce pas, que des trains passent. Et certains montent à bord, d’autres restent à quai, c’est la vie, Albin. On ne va quand même pas se mettre à se demander qui a affrété le train, qui le conduit, à quelle vitesse il roule et comment se passent les embarquements/ débarquements lors des arrêts en gare ; et encore moins : où va ce train ? et quel est son carburant ? est-ce que ce n’est pas un engin dangereux, polluant, qui tend à nous rendre tous malades, sous diverses formes ?

    Du coup, ce que je voulais vous dire, c’est que vous êtes assez gonflé, vous, le professionnel de l’innovation high tech, de parler comme ça des gens qui manquent le train. Car la vitesse et la trajectoire de ce train sont déterminés par la couche socioprofessionnelle dont vous faites partie, et vous savez pertinemment que tout le monde ne peut pas monter à bord. Vous travaillez à ça quotidiennement : stimuler des procédés technologiques qui vont dans le sens de l’automatisation du monde du travail, de la robotisation de nos vies quotidiennes, et qui créent donc du chômage, des déséquilibres territoriaux, des poches de prospérité artificielles dopées à l’électronique au beau milieu de déserts « improductifs ». Vous êtes un ingrat, Albin, de vous plaindre des Français, car enfin ils sont rares à percevoir le rôle crucial de l’innovation technologique dans les tempêtes économiques qui bousculent ou bousillent leur vie. C’est vrai, ils n’aiment pas la finance et je comprends que ça vous embête, mais rendez-vous compte de votre chance : jusqu’ici, ils ne font en général pas le lien entre la toute-puissance de la finance contemporaine et les outils informatiques. Pour le dire avec Evgueny Morozov, ils conchient Wall Street (le CAC 40) mais ils épargnent la Silicon Valley (les technopoles de la « French Tech ») alors qu’il faudrait combattre les deux.

    Pour vous, l’extrémisme, c’est voter Le Pen ou Mélenchon ; c’est s’abstenir ou voter blanc au deuxième tour lorsque votre champion figure en dernier rempart contre « le fascisme ». Or, bien des orientations qu’Emmanuel Macron a déjà prises, cautionnées ou qu’il s’apprête à adopter sont autrement extrémistes que ça. Par exemple, aller encore plus loin dans l’industrialisation de l’agriculture malgré l’effondrement continu du nombre d’exploitations, les suicides d’agriculteurs, le désastre écologique et sanitaire auquel a conduit l’usage immodéré de la chimie lourde dans ce domaine, ça c’est de l’extrémisme et il est impossible de rien attendre d’autre d’un Macron qui, en matière agricole aussi, n’a que le mot « modernisation » à la bouche.

    Remplacer un système de transport ferroviaire (encore plus ou moins) public par des lignes de bus privés que conduiront des salariés précaires, comme l’a impulsé la loi Macron de 2015, c’est de l’extrémisme. Rouvrir des mines à travers la France pour assurer l’approvisionnement futur en matières premières nécessaires à la fabrication de nos multiples appareils électroniques, comme le prévoit la loi Macron de 20153, c’est de l’extrémisme. Distribuer en masse des tablettes dans les écoles et prétendre améliorer le système éducatif par la prolifération d’écrans et d’ondes Wifi dans les classes, c’est de l’extrémisme et tout indique que Macron va intensifier ce déversement commencé sous l’ère Hollande-Hamon.

    La technocratie, c’est cet ensemble de dirigeants politiques et économiques qui jouent un rôle crucial dans l’orientation et le pilotage du développement industriel, et dans la défense de son idéologie : hauts-fonctionnaires et ministres, bien sûr, scientifiques et ingénieurs (des « grands corps », en France), directeurs d’écoles de commerce et directrices d’agences régionales, créateurs de start-ups et cadres de grands groupes, journalistes économiques et publicitaires…, toutes et tous assurant en permanence la promotion de ce développement auprès des populations en martelant notamment qu’aucune autre possibilité n’existe pour notre société que de poursuivre sur le même chemin.

    C’est pour ça que tous ceux qui passent leur temps à associer ce dernier à la banque et à la finance perdent leur temps. Ce n’est pas l’essentiel. Le passage de Macron à la banque Rotschild n’est qu’un élément d’un parcours dont toutes les étapes sont significatives : Sciences Po, l’ENA, la participation à la commission Attali de « libération de la croissance française », la participation au cabinet Hollande à l’Élysée, puis la nomination à Bercy (ministre de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique) pour y réaliser une loi qui applique les préconisations de la commission Attali.

    L’ennemie de la vie, ce n’est pas simplement la finance, c’est l’industrie. L’ennemie du peuple, ce n’est pas seulement la banque, c’est la technocratie

    Vous le dites à votre façon, Albin Serviant, dans l’article du Monde du 4 avril : Macron, contrairement aux vieux politiciens, a le « charisme » pour « convaincre les gens que ses solutions pour l’économie sont faites pour eux ». Alors que ces solutions, évidemment, sont faites contre eux, comme s’en rendent compte un peu tard bon nombre d’auto-entrepreneurs qui s’étaient inscrits comme chauffeurs sur les plate-formes d’Uber.

    Vous et vos collègues de tous les pays pourrez continuer de semer le chaos tout en daubant sur les losers de France, d’Angleterre et de Navarre. Vous pourrez déverser votre mépris sur ces franges de populations apparemment ou réellement réticentes à votre Meilleur des Mondes. Surtout, ne vous arrêtez pas, parce que votre franchise et votre arrogance naturelles pourraient nous être d’un certain secours pour qu’une majorité comprenne, finalement, qu’il faut absolument arrêter votre maudit train.

    #Macron #French_Tech #libéralisme #surnuméraires #technique #technologie #technocratie #innovation


  • Le coût écologique d’#internet est trop lourd, il faut penser un internet #low-tech
    https://reporterre.net/Le-cout-ecologique-d-internet-est-trop-lourd-il-faut-penser-un-internet-
    https://reporterre.net/IMG/arton12287.jpg

    Le combat pour une informatique émancipatrice échoue le plus souvent à expliquer les effroyables coûts écologiques et humains du numérique, expliquent les auteurs de cette tribune. Qui proposent des pistes pour un internet low-tech afin de nous émanciper des sphères technocratiques et industrielles.

    • À court terme, un tel projet suppose tout d’abord d’organiser, aux différents stades de leur élaboration et de leur mise en œuvre, l’opposition aux politiques de recherche qui, sous couvert d’encourager l’innovation et le « progrès », ne font que renforcer les logiques écocides et liberticides propres au capitalisme informationnel — par exemple, celles qui participent à la prolifération des objets connectés ou des technologies de surveillance.

      À l’inverse, il s’agit d’encourager les travaux émergents des chercheurs et ingénieurs sur la sobriété des équipements, protocoles, services et logiciels qui sous-tendent l’infrastructure numérique [8] ; d’œuvrer à la relocalisation de la production ; de prendre au sérieux la question de l’obsolescence des objets ; bref, de rendre possible et désirable l’avènement d’un internet low-tech, sans doute plus lent, mais beaucoup plus pertinent, durable et résilient, fondé sur des machines aux fonctionnalités simplifiées, contrôlables et réparables par les utilisateurs. high-tech.

      Une réflexion qui a du sens mais n’avancera pas beaucoup si elle ne s’attaque pas à la financiarisation du monde.

    • excellent article, c’est tellement rare de voir des papiers aller au delà la réflexion technophile.

      Sur le plan matériel il y a un début de réflexion et d’action avec le Fairphone, et on peut voir du côté des hébergeurs communautaires (notamment les CHATONS en France) une mise en commun des ressources, qu’il faut à mon sens favoriser par rapport à l’auto-hébergement.

      Sur le plan des usages enfin, il s’agirait de faire le tri, d’engager un débat sur les pratiques informatiques que l’on souhaite préserver et cultiver – parce qu’elles sont les véhicules d’expressions citoyennes ou artistiques, de solidarités renouvelées, de partages de savoirs –, et celles, chronophages, addictives et aliénantes dont on gagnerait à s’affranchir.

      C’est parfaitement dit, et ça passe par une réflexion sur les outils eux même.

      Il y a des choses qui vont dans le bon sens, mais trop lentement et il y a déjà urgence.

    • @goffi Je n’ai pas eu la meme interpretation que toi de cet article. L’approche anti-tech est indéniable. Mais parmi les soluces low-tech, j’entends plutot : Pas de vraies solution, seulement des moindres mal. L’article l’aisse donc la place à l’interpretation.

      Je sais bien que la réappropriation est deja une avancée compte tenu du monopole Gafam-Baidu. Mais la mise en commun, l’auto-heb... Rien n’apporte de gain energetique ou en ressources rares.

      Je sais bien qu’on peut classer bon nombre de techno electronique dans les low tech, c’est d’ailleurs mon point de vue : ordinateur low tech, circuits memoire, soudure en surface... Meme pas peur. Mais coté services... Le mieux est quand meme de tout eteindre.

      L’article apporte une reflexion sur l’égalité d’acces. Et la je suis d’accord. Si les petits n’ont pas les moyens, il faut interdire aux grands.

    • Je sais bien que la réappropriation est deja une avancée compte tenu du monopole Gafam-Baidu. Mais la mise en commun, l’auto-heb... Rien n’apporte de gain energetique ou en ressources rares.

      L’auto-hébergement pourrait diminuer le coût énergétique actuel s’il était placé dans les boîtiers internet qui sont déjà allumés H24 (ce qui est une bêtise en soit pour la grande majorité de la population, mais tant qu’à rester allumé autant utiliser).

      Après la mise en commun est une solution bien plus souhaitable et envisageable, et en partant de là, on peut espérer garder et réutiliser les machines le plus longtemps possible, voire utiliser des énergie renouvelable (il y a déjà des serveur tournant à l’énergie solaire par exemple).

      Le mieux est quand meme de tout eteindre.

      Probablement oui, mais ça n’est pas près d’arriver. D’un autre côté les technologies bien utilisées peuvent apporter beaucoup : SeenThis est un exemple, Wikipédia un autre.

      Une réflexion sur notre utilisation de ces technologies, leur implication sur notre écosystème, sur notre vie sociale, sur les inégalités, sur la réflexion et la connaissance, etc. est un point essentiel, et c’est à notre génération de le faire, maintenant.

    • Pour l’auto-hébergement c’est clair, perso j’ai toujours était farouchement contre, ça me parait une aberration pas possible…

      C’est la mutualisation à l’échelle locale le plus utile ET faisable dès maintenant, d’après moi. Des assocs locales, avec des serveurs locaux, comme dans la fédération FDN, comme Auilenet dans le sud-ouest par exemple. Et ensuite c’est relié aux internets, mais si ya des problèmes loin, il reste toujours un internet local qui peut fonctionner et déjà rendre des services aussi.

      Les contenus dupliqués en local, la mouvance unhosted, c’est intéressant. Avoir les contenus ENTIERS dans ces mutualisations locales, et avoir un système de synchronisation régulière (que ce soit à base de duplication SQL, de Git, de Syncthing, ou autre système de ce genre).

      En tout cas, oui aux chatons et non à l’auto-hébergement, pour moi c’est clair, aussi bien en ressources naturelles et énergétiques, qu’en problèmes d’élitisme.

    • je ne sais pas si les limites de ce texte sont techniques. On peut imaginer, peut-être, un internet low tech post-apocalyptique, avec un ordi pour 10000 habitants et un système fonctionnant à énergie solaire, le tout décentralisé et organisé en toute convivialité...
      Mais il faudrait certainement plus qu’un grand inventaire de nos besoins — une vraie rupture, seule à même de faire que nos désirs ne soient pas captés par l’infrastructure numérique et que nous cherchions ailleurs, hors de ce maillage-là, de nouvelles vies à inventer. Poser clairement la nécessité d’une désinformatisation de la société serait en tout cas un bon préalable, même si l’on doit tenir compte de nos dépendances et de nos contradictions.
      Parmi les choses qui ferait rupture, il me semble que des déclarations collectives d’informaticiens refusant de mener plus avant le processus de numérisation, ce serait très fort. Les hackers côté pile qui sont à fond dans le business côté face, c’est de la schizophrénie. Et pourtant, pas de trace d’une organisation d’informaticien qui revienne sur l’impact plus que contestable, au travail par exemple, de l’action des informaticiens eux-mêmes. Même si on est pris par le boulot, la nécessité de payer son loyer, l’envie de ne pas vivre la même dèche que ses darons ou je-ne-sais-quoi-encore, on peut quand même se donner des formes d’organisation pour imaginer se sortir de cette tension entre ce qu’on fait au boulot et le monde que l’on désire. Et donc commencer par critiquer ce que l’on doit faire.

    • Huhu, le serpent de mer. :)
      Ça me génère une grande dose de double bind, effectivement.

      Je suis plutôt d’accord avec @kamo, dans l’ensemble.

      Après… là maintenant, il y a quand même déjà moyen de faire bien mieux et surtout ne pas participer à augmenter de manière exponentielle les besoins.
      – Ne pas avoir de périphériques mobiles, méga miniaturisés (pas de mobile, pas de tablette).
      – Limiter le nombre d’ordis, par exemple ne pas forcément avoir un ordi au boulot et un ordi perso, quand on le peut, ce qui n’est pas forcément facile ok (quand on est dans un truc hiérarchique, qu’on peut perdre son travail son ordi, etc), déjà un par famille, peut-être. Et si plusieurs, parce qu’on a fait de la récup avec des vieux ordis (pour faire internet et texte ça suffit).
      – Mutualiser au max les services en ligne, pas d’auto-hébergement, pas chacun son petit serveur.
      – Avoir le max de ces choses en local, dans sa région voire dans sa ville, ce qui réduit forcément les accès lointains, les besoins en infrastructure.
      – Dans les logiciels, participer à des choses autour de l’information mais pas dans l’automatisation ou dans le management (les logiciels « ERP » classiques par exemple).

      Tout ça on peut le faire sans augmenter la fabrication et l’utilisation d’énergies, et même ça réduirait grandement.

      M’enfin comme de toute façon l’effondrement complet arrive sous peu (#collapsologie), c’est sûr que ça parait peut-être dérisoire.

    • Arrêter la fuite en avant des pages web super lourdes (et des images pas réduites pour passer sur le web) et des logiciels super sophistiqués, parce qu’au final ça oblige à avoir de grosses machines et à s’équiper de neuf régulièrement (avec sa LTS de 2012, Ubuntu a fait tomber mon ordi dans l’obsolescence, ce n’est pas ce qu’on est en droit d’attendre du libre).

      Tous les ordis qu’on pourrait éviter d’acheter si on avait les moyens humains pour installer des SO légers et des logiciels adaptés aux besoins, finalement pas si exigeants, de plein de monde. Dès que j’entends quelqu’un se plaindre de son ordi qui rame, je lui suggère d’installer autre chose que Windows dessus.

      L’autre nom des low-techs, c’est les #techniques_adaptées, adaptées à ce qu’offre l’environnement on en est loin mais déjà adaptées aux « besoins » des gens, ce serait pas mal : j’ai un copain dont le père assez analphabète numériquement s’est acheté pour aller sur Internet un ordi qui le fait baver d’envie. Lui est graphiste et aurait besoin d’une bécane pareille pour son usage pro mais un con de vendeur a saigné son père aux quatre veines en lui fourguant un ordi pas adapté et super cher. Finalement, tout ça demande d’accroître la #culture_numérique globale.

    • Lui est graphiste et aurait besoin d’une bécane pareille pour son usage pro mais un con de vendeur a saigné son père aux quatre veines en lui fourguant un ordi pas adapté et super cher.

      Il ne faut rien attendre d’autre d’un « vendeur ». Le vendeur est dans son rôle car il touche une commission sur son chiffre.
      Non, le mieux pour des néophytes qui n’ont ni le temps ni l’envie d’approfondir leurs connaissances dans les technologie informatiques, ce serait de passer par des associations où des personnes auraient la possibilité de se mettre au niveau des débutant-e-s et de leur conseiller des solutions adaptées. Moi je leur conseillerais d’installer « toutou-linux », un OS adapté pour les « ordinosaures ».
      http://toutoulinux.free.fr/presentation.php


  • Machine arrière : histoire et machines agricoles | Les paysans et paysannes dans la lutte des classes
    https://blogs.radiocanut.org/luttespaysannes/2017/02/26/machine-arriere-histoire-et-machines-agricoles

    Conférence de François Jarrige, historien à l’université de Bourgogne. Il revient sur une partie de l’histoire contemporaine de la mécanisation agricole avec l’arrivée de la batteuse dans les campagnes, décortique les mécanismes sociaux et politiques qui en ont découlés et évoque les contestations paysannes de l’époque. Durée : 1h. Source : Radio Canut

    https://blogs.radiocanut.org/luttespaysannes/files/2017/02/lpdlc9f%C3%A9v2017.mp3


  • Mais, qu’est-ce qu’ils veulent de plus ? J. #Ellul
    http://efleury.fr/suicidequotidien/2013/09/30/mais-quest-ce-quils-veulent-de-plus-j-ellul

    Jacques Ellul sur la #technique Personne n’échappe à la technique. Tous la servent, tous en profitent et tous en subissent les effets néfastes. Ce monde technique est celui de l’insignifiance où tout est équivalent à tout. Celui de la puissance aussi car, quand on peut tout faire, rien n’a plus de sens. « Je ne pense …

    #Le_blog #Non_classé #Vidéo #Jacques



  • Femmes de la Préhistoire | EHESS
    https://www.ehess.fr/fr/ouvrage/femmes-pr%C3%A9histoire

    Chercher les #femmes, au-delà des idées reçues et des #stéréotypes échevelés qui ont régné des décennies durant : tel est le propos de ce livre. Aujourd’hui, de nouvelles découvertes et de nouveaux questionnements rendent enfin visibles ces femmes qui vécurent aux temps lointains de la #Préhistoire, de l’aube du #Paléolithique jusqu’aux confins de l’âge du fer. Que savons-nous des transformations évolutives de leurs corps et de leur apparence ? Quelles images les Préhistoriques nous en ont-ils laissées ? Comment penser le rôle de ces femmes dans la #reproduction et la #famille ? Quelles preuves pouvons-nous avoir de leurs tâches quotidiennes, de leurs réalisations #techniques, de leurs #talents artistiques ? De quels #savoirs, de quels #pouvoirs disposaient-elles ? Revenant sur les figures magnifiées et mythiques de la #matriarche ou de la #Déesse, Claudine Cohen s’interroge aussi sur les rapports de #domination, de #violence, d’#exploitation que les femmes ont pu endurer dans ces #sociétés du passé. En éclairant sous un angle neuf la vie matérielle, familiale, sociale, religieuse des mondes de la Préhistoire, cet ouvrage vise à ancrer la réflexion actuelle sur la différence des #sexes et le statut social des femmes jusque dans la profondeur des millénaires.

    https://www.ehess.fr/sites/default/files/publication/couverture/70119523.jpg


  • Tout ce qui doit durer est lent a croître
    http://bertrandkeller.info/2016/07/21/ce-qui-doit-durer-lent-croitre

    Graphes à l’appui, on vous présente une description historique de l’humanité à travers 2 prismes soit celui de l‘économie, soit celui de la technique.
    (...)
    On place une vingtaines de points sur un graphique, on trace une courbe et on vous montre que tout cela évolue dans un sens que vous ne pouvez contredire. Un peu à la manière d‘un banquier pour vous faire investir dans les subprimes. Sauf que…

    #singularité #progrès #technique #temps


  • Surveillance : le hamster qui mangeait des spaghetti
    https://reflets.info/surveillance-le-hamster-qui-mangeait-des-spaghetti

    Surveillance, boîtes noires, sondes, IOL, chiffrement, #Métadonnées, les contenus et articles abondent sur ces sujets, mais à la lecture de certains commentaires, il apparaît que le fonctionnement du #Web en particulier, et d’Internet en général, est assez mal compris, même superficiellement. Que se passe-t’il très concrètement lorsque je clique sur un lien ? Quelles sont […]

    #Rainbow_Hat #Technos #DNS #HTTP #Michel #Protocole #technique


  • Point trop n’en faut
    http://www.laviedesidees.fr/Point-trop-n-en-faut.html

    Les méfaits du #progrès : une idée rebattue, mais on ne s’est pas suffisamment avisé, selon Olivier Rey, que la cause fondamentale est dans la démesure impliquée par le développement #technique. Est-ce à dire qu’il existe une échelle propice à l’humanité ?

    Livres & études

    / progrès, technique

    #Livres_&_études


  • La philosophie dans le garage
    http://www.laviedesidees.fr/La-philosophie-dans-le-garage.html

    Prisonniers de petites bulles individuelles tout confort, nous n’agissons plus, nous consommons des choix pré-arrangés. Matthew Crawford, philosophe et garagiste, nous explique comment nous reconnecter au réel, à la manière pragmatique et virile d’un mécano réparant une vieille bécane.

    Livres & études

    / #technique, #consommation, #action, #matérialisme

    #Livres_&_études


  • L’art et la #nature
    http://www.laviedesidees.fr/L-art-et-la-nature.html

    L’idée d’une nature sauvage à protéger des avancées techniques ne prend en compte ni la complexité des artefacts, ni ce qu’implique aujourd’hui la protection de la nature. En mettant l’accent sur la notion de biodiversité, C. et R. Larrère cherchent à donner un nouveau fondement à l’écologie politique.

    Livres & études

    / #écologie, #environnement, nature, #technique, biodiversité

    #Livres_&_études #biodiversité




  • Interrotron: an Interviewing Tool Essential to the Documentaries of Oscar Winner Errol Morris
    http://nofilmschool.com/sites/default/files/styles/article_wide/public/uploads/2012/09/interrotron-interview.jpeg?itok=6XP-bjW9

    One of the most crucial pieces to a great documentary is the interview. In post production you will ground your edit around a transcription of what these people have to say about your subject. When you are performing the interview, you obviously want the subject looking straight at you to achieve a human connection and better result. But what if you want to connect your subject to the audience more... how would you go about making the connection with the subject while getting a first-person angle on them? Enter the Interrotron, a favorite device used by Oscar winner Errol Morris. Check out these clips from Fog of War, his Oscar winner that used the device:

    http://nofilmschool.com/2012/09/interrotron-errol-morris-documentary

    https://youtu.be/SfPwR00HXM0

    #cinema #interview #documentaire #technique_cinématographique #Godfrey_Reggio #visitors #Interrotron




  • Violeur de l’Essonne : place aux gènes - Libération
    http://www.liberation.fr/france/2015/12/30/violeur-de-l-essonne-place-aux-genes_1423715

    Confondu par son #ADN, vingt ans après les faits. Un homme de 40 ans soupçonné d’une trentaine de viols, tentatives de viols et agressions sexuelles dans la forêt de Sénart (Essonne), entre 1995 et 2001, vient d’être mis en examen.

    [...]

    Le violeur présumé de Sénart n’aurait jamais été interpellé sans les progrès de la génétique. En théorie, le profil ADN d’une personne ne suffit pas à l’identifier : elle doit être au préalable répertoriée dans le #Fichier national automatisé des empreintes génétiques (#Fnaeg), qui comporte un peu plus de 3,3 millions de noms. Dans le cas contraire, les policiers ont désormais la possibilité d’exploiter seulement une partie du séquençage ADN, afin d’identifier des proches biologiques du suspect présents dans le fichier.

    [...]

    Aussi efficace soit-elle, cette #technique est utilisée uniquement en dernier recours, « quand toutes les autres portes ont été fermées », explique Soizic Le Guiner, directrice générale déléguée de l’Institut génétique de Nantes Atlantique et experte en empreintes génétiques auprès de la Cour de cassation. Elle ne concerne que les dossiers les plus graves.La recherche en parentèle a été employée pour la première fois dans une autre affaire qui a défrayé la chronique : le meurtre d’Elodie Kulik.

    [...]

    « Cette technique était détaillée dans une publication scientifique américaine, se souvient le commandant de gendarmerie Emmanuel Pham Hoai. J’ai essayé de voir si elle était adaptable scientifiquement en France, ce qui était le cas avec les fonctionnalités du Fnaeg. Mais, à ma grande surprise, elle n’avait encore jamais été utilisée. » A l’époque, cette méthode n’existe pas en France, mais aucun texte ne l’interdit. Il faudra toutefois un an avant que la chancellerie ne donne son feu vert. « On ne voulait pas prendre le risque de voir ces expertises annulées par la justice », poursuit Emmanuel Pham Hoai, promu depuis chef du département biologie de l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (#IRCGN).

    [...]

    Cette nouvelle technique de recoupement par l’ADN familial ouvre de nombreuses perspectives dans les dossiers criminels, notamment les cold cases, ces affaires non résolues. Mais elle soulève également certaines questions déontologiques. Plusieurs magistrats se sont élevés contre des atteintes à la vie privée de personnes qui ne sont pas concernées par un crime, mais peuvent s’y trouver mêlées en raison de leurs seuls liens génétiques avec un suspect.Depuis 2012, un protocole est signé chaque année entre la chancellerie et les directions de la police et de la gendarmerie nationales. Tous les juges d’instructions qui veulent recourir à la technique de la parentèle doivent agir en parfaite conformité avec ce protocole.

    [...]

    Mais en dehors de ce protocole, il n’existe aucun texte de loi encadrant cette procédure longue et fastidieuse. « Il ne suffit pas d’entrer une information dans la base informatique et de laisser mouliner, souligne Soizic Le Guiner. C’est une chose complexe qui prend du temps. » D’autant que les policiers et juges d’instruction sont nombreux à vouloir utiliser ce procédé pour tenter de réchauffer des cold cases. Pour mettre fin à ce flou juridique, le ministère de la Justice réfléchit actuellement à encadrer ce type d’expertise par le législateur.

    #justice #enquête_criminelle


  • Que fait de nous la technique ?
    http://www.radiogrenouille.com/actualites-2/sujets/que-fait-de-nous-la-technique

    Quatre intervenants pour dérégler les machines afin que rien ne soit réglé d’avance, pour questionner le type de société mise en oeuvre a travers les « bons usages » de nos inventions techniques, pour dire les procédés de productions des machines numériques. Au sommaire : Que reste t-il de la production artistique liée au réseau depuis 1995 – L’innovation le maître-mot de l’industrie contemporaine – Critique de l’utilité – L’impact environnemental des nouvelles technologies – Pipilotti Rist (You Called Me Jacky) – La naturalisation du phénomène technique. Durée : 1h29. http://media.radiogrenouille.com/la_vie_revee_des_machine._liberer_les_machines-web.mp3

    Source : Radio (...)


  • Deliberate Learning

    https://www.youtube.com/watch?v=SPj-23z-hQA

    Some programmers look at programming as more than their day job. They want to deepen their understanding, develop #skills and learn #techniques that will make them better programmers. Many invest their time outside of work or college in coding #dojos practising “code #katas” where they learn to fluently #solve a Tower of Hanoi problem in Ruby or a Harry Potter book store problem in Python. I admire their dedication but I’m not convinced this is the best #approach to making anyone a better programmer.

    The metaphor of dojos and katas for improving programming skills is misleading. #Learning martial arts - and musical scales for that matter - is about deliberate practise whereas programming skills are developed through deliberate learning . In the former, you aspire to flawlessly reproduce a given sequence of moves or perform a piece of music. You want to perform the perfect ippon seo nage or play Rachmaninoff’s 3rd Symphony without a single error. Deliberate learning on the other hand is about developing #discovery and problem-solving skills in unfamiliar contexts .

    In this talk Dan argues the case for deliberate learning with some techniques for improving your programming, and explains why Foo Café is such an important idea.

    Dan North uses his deep technical and organisational knowledge to help CIOs, business and software teams to deliver quickly and successfully. He puts people first and finds simple, pragmatic solutions to business and technical problems, often using lean and agile techniques. He believes most technology #problems are really about #communication and #feedback, which explains his interest in organisational #design, systems #thinking and how people learn.


  • centralisé, décentralisé, P2P, mais c’est quoi tout ça ?
    http://www.goffi.org/post/2015/11/10/centralis%C3%A9%2C-d%C3%A9centralis%C3%A9%2C-P2P%2C-mais-c-est-quoi-tout-%C3%

    http://repos.goffi.org/sat_docs/raw-file/tip/schemas/decentralisation/centralised_simple.png

    Une petite mise au point #technique, parce que je vois qu’il y a beaucoup de confusion sur les termes « centralisé » (encore lui ça va), « décentralisé », « distribué », « fédéré », « pair à pair », etc.Il faut dire que la confusion est assez normale, il n’y a pas vraiment de définition de ces termes, et ce que les gens entendent en les employant dépend de leurs lectures, leur compréhension, et leur sensibilité.Commençons par le plus simple : centralisé. Un système centralisé c’est un système où tout le monde dépend d’une même autorité, un serveur a priori dans le cas informatique. Bien qu’un système centralisé soit beaucoup plus simple à faire sur le plan technique (facile de trouver des gens ou des informations quand ils sont tous au même endroit), il peut avoir ses propres problèmes : montée en charge en particulier (...)

    #jabber-xmpp #Libre #planet-libre #projet #seenthis #SàT #vulgarisation


  • #SàT : Comment ça marche ?
    http://www.goffi.org/post/2015/11/09/S%C3%A0T%3A-Comment-%C3%A7a-marche

    http://ftp.goffi.org/media/pictures/schemas/sat_simplified_overview.png

    Salut à vous,En parallèle de la série d’articles sur XMPP, j’en commence une pour expliquer « Salut à Toi », notre logiciel à tout faire basé sur ce protocole. Il y a beaucoup de choses qui tournent autour de ce logiciel, sur son organisation #technique, sa philosophie, et ce qu’on peut faire avec. Aussi je vais faire des articles plus ou moins techniques (plutôt moins), et je vais bientôt expliquer quelques cas concrets d’utilisation.Ce premier article est un peu technique, puisque je vais expliquer l’organisation générale du logiciel, et ce qu’elle a de particulier.Donc pour vous donner une idée, SàT c’est dans les grandes lignes ça:C’est un client XMPP. Si vous avez lu mes articles, vous savez que XMPP ne signifie pas que « messagerie instantanée », mais beaucoup, beaucoup plus de choses. Le (...)

    #jabber-xmpp #Libre #planet-libre #projet #seenthis #SàT_tuto


  • Les frontières vont contre les intérêts les plus évidents des peuples
    (L’Etat, Bernard Charbonneau, 1949)

    Un monde sans frontières nous est aujourd’hui inconcevable. A une époque où progrès et recul n’ont plus qu’une signification militaire, leur tracé répond à notre besoin de clarté. Et pourtant la frontière est un fait relativement récent, - même celles qui semblent le mieux marquées par la nature, comme la frontière des Pyrénées. [...] Pas plus que les marins les pasteurs pyrénéens ne connaissaient de #frontières, et les hauteurs maintenant jalonnées de bornes n’étaient que les estives où erraient les troupeaux. Alors Iraty n’était que la montagne d’Iraty : arraché aux forêts, un espace libre soulevé pour voir la mer. Il n’appartenait à personne sinon aux hommes du pays, aux puissances invisibles : au vent noir, au sapin foudroyé. [...]
    Vérité en deça des Pyrénées, erreur au delà, - mais seulement à une époque récente. Une #histoire de la frontière montrerait comment elle est devenue de plus en plus précise et hermétique avec le progrès de l’Etat, pour aboutir finalement à ces rideaux de fer derrière lesquels les peuples étouffent. L’#Europe était autrefois sillonnée par une multitude de limites invivisibles : religieuses, économiques ou mêmes politiques ; elles ne se juxtaposaient pas, et elles n’avaient rien d’absolu. Au Moyen Âge les limites du royaume de France ou celles de l’empire furent d’abord moins importantes que celles de tel fief ou de tel évêché. C’est le jour où l’#Etat a absorbé en lui toutes les activités que ses frontières ont résumé en elles toutes les limites. Le jour où il devient totalitaire la clôture devient totale : dans l’Europe de 1914 on voyageait encore sans #passeport, dans celle de 1939 seul le soldat pénètre en pays étranger. Sur les cols où fraternisaient les hommes des vallées sont montés les arpenteurs qui ont fixé les bornes. Puis sont venus les douaniers et les soldats, au fond des gorges et sur les cols ils ont bâti des postes. Là où soufflait le vent passe la patrouille, là où tremble la source claque le coup de feu. L’espace est clos, des fils électrisés le ferment.
    Il n’y a plus de Pyrénées, mais une frontière pyrénéenne, et la plaine du Nord et coupée par des barrières aussi hautes que la chaîne du Caucase : la #technique qui détruit les barrières naturelles permet aux gouvernements d’en établir d’artificielles. Dans un monde qui s’uniformise, qui passe la frontière change semble-t-il d’univers. Si pour quelques-uns elle est le mur d’une prison dont ils rêvent de s’évader, pour la plupart elle est la clôture rassurante qui borne le milieu où ils peuvent vivre ; l’écran qui leur dissimule les possibles vertigineux du dehors : à l’extrême une frontière bien défendue les dispense d’être et de penser. Seules les frontières peuvent donner une forme à des pays qui n’existent que par l’espace et la puissance. Quand elles se rétrécissent la #nation étouffe, et quand elles s’écartent elle respire. La frontière qui protège la nation l’enferme ; tôt ou tard elle l’enfonce pour déboucher sur le vide.
    Il n’y a pas de frontières naturelles ; les frontières sont trop minutieuses : avec leurs détours compliqués et leurs enclaves elles évoquent les hasards des avances et les reculs d’un front de tranchées. Le territoire qu’elles dessinent n’a rien de stable, ni d’éternel. Les unités géographiques les plus sûres sont partagées, par exemple la péninsule ibérique reste coupée en deux par une frontière qui tranche du nord au sud ses zones naturelles. Ailleurs, ce sont les limites de la nation qui débordent celles du pays ; la plus souvent elles sont à la fois en deçà et au delà. [...] Le sentiment national n’est que le sentiment (souvent provoqué) d’être lié à la grandeur d’un Etat ; c’est pourquoi le nationaliste, tout en souffrant comme d’une blessure des mutilations qui déforment la silhouette de son pays, est toujours prêt à accepter les accroissements qui la rendent méconnaissable : la Nation tend à se dégrader en Empire.
    Il n’y a pas de « pays », au sens national de ce mot ; il n’y a pas de territoire prédestiné, mais simplement le champ d’expansion d’un Etat, qui se rétrécit ou se distend avec ses forces. On dit souvent que la Pologne a succombé parce-qu’elle n’avait pas de frontières naturelles, - la principauté de Moscou non plus. Le Brandebourg, découpé arbitrairement dans une grande plaine, avait des frontières autrement impossibles que celles de la Pologne ; pourtant ces frontières durèrent parce-qu’elles délimitaient l’espace d’un Etat particulièrement dur. Les Etats forts trouvent toujours des historiens qui justifient par la géographie un tracé établi par la guerre : s’ils ne peuvent l’expliquer par la montagne ils l’expliqueront par le fleuve, et s’il n’y a qu’une plaine, par la forêt.
    [...]
    Les frontières vont contre les intérêts les plus évidents des peuples, et si à l’intérieur des nations il y a des intérêts communs, c’est le fait de l’Etat qui les impose.

    #militarisation #totalitarisme
    cc @cdb_77 @reka @odilon @visionscarto


  • Toute notre #civilisation est fondée sur la spécialisation, laquelle implique l’asservissement de ceux qui exécutent à ceux qui coordonnent ; et sur une telle base, on ne peut qu’organiser et perfectionner l’#oppression, mais non pas l’alléger.
    Simone Weil (1909-1943)

    http://iresmo.jimdo.com/2015/07/18/simone-weil-une-critique-de-l-industrialisme
    http://classiques.uqac.ca/classiques/weil_simone/reflexions_causes_liberte_oppression/reflexions_sur_la_liberte.pdf
    #guerre_aux_pauvres #critique_techno #critique_de_la_valeur

    • Mais, si l’état actuel de la technique ne suffit pas à libérer les travailleurs, peut-on du moins raisonnablement espérer qu’elle soit destinée à un développement illimité, qui impliquerait un accroissement illimité du rendement du travail ? C’est ce que tout le monde admet, chez les capitalistes comme chez les socialistes, et sans la moindre étude préalable de la question ; il suffit que le rendement de l’effort humain ait augmenté d’une manière inouïe depuis trois siècles pour qu’on s’attende à ce que cet accroissement se poursuive au même rythme. Notre culture soi-disant scientifique nous a donné cette funeste habitude de généraliser, d’extrapoler arbitrairement, au lieu d’étudier les conditions d’un phénomène et les limites qu’elles impliquent ; et Marx, que sa méthode dialectique devait préserver d’une telle erreur, y est tombé sur ce point comme les autres.

    • Il n’existe par ailleurs qu’une autre ressource permettant de diminuer la somme de l’effort humain, à savoir ce que l’on peut nommer, en se servant d’une expression moderne, la #rationalisation du #travail.
      [...]
      Dès qu’on jette un regard sur le régime actuel de la production, il semble assez clair non seulement que ces facteurs d’économie comportent une limite au-delà de laquelle ils deviennent facteurs de dépense, mais encore que cette limite est atteinte et dépassée. Depuis des années déjà l’agrandissement des entreprises s’accompagne non d’une diminution, mais d’un accroissement des frais généraux ; le fonctionnement de l’entreprise, devenu trop complexe pour permettre un contrôle efficace, laisse une marge de plus en plus grande au #gaspillage et suscite une extension accélérée et sans doute dans une certaine mesure parasitaire du personnel affecté à la coordination des diverses parties de l’entreprise. L’extension des échanges, qui a autrefois joué un rôle formidable comme facteur de #progrès économique, se met elle aussi à causer plus de frais qu’elle n’en évite, parce que les marchandises restent longtemps improductives, parce-que le personnel affecté aux échanges s’accroît lui aussi à un rythme accéléré, et parce que les transports consomment une énergie sans cesse accrue en raison des innovations destinées à augmenter la vitesse, innovations nécessairement de plus en plus coûteuses et de moins en moins efficaces à mesure qu’elles se succèdent. Ainsi à tous ces égards le progrès se transforme aujourd’hui, d’une manière à proprement parler mathématique, en régression.

      #contre-productivité

    • Simone Weil aborde dans ses textes plusieurs points qui raisonnent avec une accuité particulière aujourd’hui dans une économie pourtant souvent qualifiée de post-fordiste et de post-industrielle. Elle s’interroge sur le mythe de la #croissance illimitée. Elle montre la difficulté à s’appuyer sur une croyance en l’innovation technologique et la confiance dans le progrès #technique. Elle rappelle au contraire la part d’imprévisibilité à laquelle est soumise l’#innovation technologique. De même, elle montre le lien entre la #rationalité technique et calculante. Elle met en lumière la manière dont cette rationalité calculante envahit tous les pans de l’existence. Aujourd’hui, l’utilisation de la rationalité algorithmique dans le monde de l’entreprise et de la gouvernance politique en constitue une nouvelle étage. L’automatisation du travail par l’"#intelligence_artificielle" et l’utilisation des #big_data en vue d’une analyse prédictive en sont deux exemples. Face aux tenants du #capitalisme vert, qui affirment que les progrès technologique pourront dépasser le problème des limites naturelles, Simone Weil montre en quoi cette croyance relève d’une foi religieuse dans le progrès technique.

    • Le problème est effectivement spécialisation + besoin de coordination. Ce besoin de coordination est apparemment apparu avec les infrastructures agricoles (barrages, bassins, canaux d’irrigation....). Et la spécialisation a été possible grâce à l’#agriculture aussi, avec des denrées stockables en surplus (céréales).

    • @nicolasm comme le disait Hemenway, l’agriculture amène, toujours, à une concentration du pouvoir par l’élite. C’est le résultat inévitable de l’existence de gros surplus stockables, qui est au coeur de l’agriculture, et nous pourrions avoir besoin de créer une culture où le surplus, ainsi que la peur et la cupidité qui le rendent desirable, ne sont plus les résultats structurels de nos pratiques culturelles.
      http://seenthis.net/messages/190256
      Ce qui nous ramène à l’#horticulture

      Most horticultural societies are far more egalitarian than agriculturists, lacking despots, armies, and centralized control hierarchies.
      Horticulture is the most efficient method known for obtaining food, measured by return on energy invested. Agriculture can be thought of as an intensification of horticulture, using more labor, land, capital, and technology. This means that agriculture, as noted, usually consumes more calories of work and resources than can be produced in food, and so is on the wrong side of the point of diminishing returns. That’s a good definition of unsustainability, while horticulture is probably on the positive side of the curve.

      http://tobyhemenway.com/203-is-sustainable-agriculture-an-oxymoron

    • Oui mais j’imagine que ça ne suffit pas, car même si les céréales sont sans mesure pour la facilité et la durée de stockage et la versatilité de l’utilisation, on pourrait imaginer une capitalisation agricole avec surplus temporaires (tubercules, fruits à coques) suffisamment en nombre pour fabriquer une élite ? Peut être qu’une condition nécessaire est d’avoir des biens communs pour que celles et ceux qui ne veulent pas être esclaves puissent vivre librement en autonomie. Mais malheureusement ce n’est pas de la seule volonté des humains libres, comme l’a démontré maintes fois l’Histoire.

    • Sauf que l’horticulture étant par définition très manuelle, tu ne peux pas avoir de grosse surface cultivée par personne. Ça favorise une relative égalité dans la propriété, et une plus grande dispersion des ressources, qui sont de ce fait moins accumulables.
      La disparition des #communs a par ailleurs été de pair avec la mise en place des #enclosures, qui a marqué les débuts du capitalisme.

    • Sauf que l’horticulture étant par définition très manuelle, tu ne peux pas avoir de grosse surface cultivée par personne. Ça favorise une relative égalité dans la propriété

      Une égalité ... ou de l’esclavage. La canne à sucre est un bon exemple, puisque ça doit être une des culture les plus rentables en calories/ha, mais requérant une grosse main d’œuvre. Mais peut être s’éloigne t-on de l’horticulture

    • La puissance et la concentration des armements mettent toutes les vies humaines à la merci du pouvoir central. En raison de l’extension formidable des échanges, la plupart des hommes ne peuvent atteindre la plupart des choses qu’ils consomment que par l’intermédiaire de la société et contre de l’argent ; les paysans eux-mêmes sont aujourd’hui soumis dans une large mesure à cette nécessité d’acheter. Et comme la grande industrie est un régime de production collective, bien des hommes sont contraints, pour que leurs mains puissent atteindre la matière du travail, de passer par une collectivité qui se les incorpore et les astreint à une tâche plus ou moins servile ; lorsque la collectivité les repousse, la force et l’habileté de leurs mains restent vaines. Les paysans eux-mêmes, qui échappaient jusqu’ici à cette condition misérable, y ont été réduits récemment sur un sixième du globe. Un état de choses aussi étouffant suscite bien ça et là une réaction individualiste ; l’art, et notamment la littérature, en porte des traces ; mais comme en vertu des conditions objectives, cette réaction ne peut mordre ni sur le domaine de la pensée ni sur celui de l’action, elle demeure enfermée dans les jeux de la #vie_intérieure ou dans ceux de l’aventure et des actes gratuits, c’est-à-dire qu’elle ne sort pas du royaume des ombres ; et tout porte à croire que même cette ombre de réaction est vouée à disparaître presque complètement.

      #hétéronomie #système_technicien

    • Elle a écrit ce texte en 1934 et c’est impressionnant de voir avec quelle précision ça décrit la situation actuelle

      L’augmentation formidable de la part prise dans les entreprises par le capital matériel, si on la compare à celle du #travail_vivant, la diminution rapide du #taux_de_profit qui en a résulté, la masse perpétuellement croissante des frais généraux, le #gaspillage, le coulage, l’absence de tout élément régulateur permettant d’ajuster les diverses branches de la production, tout empêche que l’activité sociale puisse encore avoir pour pivot le développement de l’#entreprise par la transformation du #profit en #capital. Il semble que la lutte économique ait cessé d’être une rivalité pour devenir une sorte de guerre. Il s’agit non plus tant de bien organiser le travail que d’arracher la plus grande part possible de capital disponible épars dans la société en écoulant des actions, et d’arracher ensuite la plus grande quantité possible de l’argent dispersé de toutes parts en écoulant des produits ; tout se joue dans le domaine de l’opinion et presque de la fiction, à coups de #spéculation et de #publicité. Le crédit étant à la clef de tout succès économique, l’épargne est remplacée par les dépenses les plus folles. Le terme de #propriété est devenu presque vide de sens ; il ne s’agit plus pour l’ambitieux de faire prospérer une affaire dont il serait le propriétaire, mais de faire passer sous son contrôle le plus large secteur possible de l’activité économique. En un mot, pour caractériser d’une manière d’ailleurs vague et sommaire cette transformation d’une obscurité presque impénétrable, il s’agit à présent dans la lutte pour la puissance économique bien moins de construire que de conquérir ; et comme la conquête est destructrice, le système capitaliste, demeuré pourtant en apparence à peu près le même qu’il y a cinquante ans, s’oriente tout entier vers la destruction.

    • Les moyens puissants sont oppressifs, les moyens faibles sont inopérants. Toutes les fois que les opprimés ont voulu constituer des groupements capables d’exercer une influence réelle, ces groupements, qu’ils aient eu nom partis ou syndicats, ont intégralement reproduit dans leur sein toutes les tares du régime qu’ils prétendaient réformer ou abattre, à savoir l’organisation bureaucratique, le renversement du rapport entre les moyens et les fins, le mépris de l’individu, la séparation entre la pensée et l’action, le caractère machinal de la pensée elle-même, l’utilisation de l’abêtissement et du mensonge comme moyens de propagande, et ainsi de suite. L’unique possibilité de salut consisterait dans une coopération méthodique de tous, puissants et faibles, en vue d’une décentralisation progressive de la vie sociale ; mais l’absurdité d’une telle idée saute immédiatement aux yeux. Une telle coopération ne peut pas s’imaginer même en rêve dans une civilisation qui repose sur la rivalité, sur la lutte, sur la guerre

      lien avec http://seenthis.net/messages/315340

    • Les leaders sont des types durs, qui ont des idées et des idéologies, et la visibilité et l’illusion de l’unité disparaîtraient. C’est précisément parce qu’ils n’ont pas de leader que le mouvement peut survivre. Mais c’est précisément parce qu’ils n’ont pas de leader qu’ils ne peuvent pas transformer leur unité en action concrète.

      http://cultura.elpais.com/cultura/2015/12/30/babelia/1451504427_675885.html


  • "Quand naît le son enregistré : « Nous ne serons pas dupes d’un ventriloque ! »"
    http://rue89.nouvelobs.com/rue89-culture/2015/08/24/enregistre-serons-dupes-dun-ventriloque-260756

    11 mars 1878. L’amphithéâtre de l’Académie des sciences est plein à craquer. Les hommes de l’art se pressent du coude et parlent avec excitation. On leur a promis de leur montrer une machine étonnante, inventée par un Américain, #Thomas_Edison. Ce « #phonographe » permettrait d’enregistrer les voix et de les retransmettre. Du jamais-vu.

    Mais quand la machine est activée, un académicien bondit de son siège et saute à la gorge du représentant de la Edison Company en hurlant :

    « Misérable ! Nous ne serons pas dupes d’un ventriloque ! »

    Comme il l’écrirait plus tard d’une plume indignée, il trouvait rigoureusement impossible « qu’un vil métal puisse remplacer le noble appareil de la phonation humaine ».

    Cite également le livre à paraître de #Jonathan_Stern, Une histoire de la modernité sonore (La Découverte)
    http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-Une_histoire_de_la_modernit___sonore-9782707185839.html

    C’est le livre fondateur des sound studies. Il montre comment, au cours du XIXe siècle, s’est mise en place une nouvelle culture du son qui a accompagné la naissance des techniques d’enregistrement et des dispositifs de communication, devenus désormais omniprésents. Cette histoire témoigne des liens existant entre l’histoire du son et les traits propres à la « modernité » : l’évolution de la médecine, des sciences et de la philosophie et le développement du capitalisme industriel, du colonialisme, de l’urbanisation et de la technologie moderne.

    Et l’article d’#Alex_Ross pour le New Yorker, "The Record Effect"
    http://www.newyorker.com/magazine/2005/06/06/the-record-effect

    How technology has transformed the sound of music.

    #musique #histoire #technologie #technique #son

    • Succulent, y compris sur les questions politiques :p
      Jonathan Sterne :

      [Le phonographe est] un serviteur digne de confiance, qui conduira les affaires telle une poule couveuse, et qui jamais ne se mettra en grève pour obtenir de plus hauts salaires.