• Le portefeuille d’identité numérique (PEIN)
    https://lundi.am/Le-portefeuille-d-identite-numerique

    Cette enquête se penche sur le portefeuille (« wallet » en anglais) européen d’identité numérique (PEIN), ce serpent de mer qu’on a tous vaguement en tête depuis quelques années. Ce type d’application, présentée comme une pièce d’identité numérique bien pratique et sécurisée par ses promoteurs, est très souvent décrite comme dangereuse pour la vie privée par ses détracteurs, qui agitent des épouvantails (le crédit social par exemple) plus qu’ils ne mobilisent des arguments.

    Cet article poursuit donc les objectifs suivants :

    décortiquer le sujet pour y voir plus clair et comprendre les risques que présente le PEIN ;
    identifier les mécanismes par lesquels ce genre d’appli peut s’imposer ;
    donner des raisons supplémentaires mais objectives de détester le Ministère de l’Intérieur, nos gouvernants, les technocrates, les startupeurs et bien-sûr son smartphone ;
    proposer quelques pistes pour empêcher que de telles applis soient adoptées par 80 % des Européens en 2030, objectif affiché par la Commission européenne.

    Pour mieux comprendre de quoi on va traiter on opérera d’abord un petit détour par les super app, qui servent à la fois de modèle et de repoussoir dans le développement du PEIN. L’essentiel de notre développement est ensuite consacré à ce fameux portefeuille d’identité numérique.

    #surveillance #centralisation #PEIN #identité #identité_numérique #États #technocratie #Europe #super_app

  • L’imposture du logiciel libre : : Journées du Logiciel Libre 2026 : : pretalx
    https://pretalx.jdll.org/jdll2026/talk/Z7JXN3
    et les diapos
    https://pretalx.jdll.org/media/jdll2026/submissions/Z7JXN3/resources/lImpostureDuLogicielLibre_URIxhNY.html

    Ainsi que
    https://blog.cyphergoat.net/blog/a-quoi-servent-les-libristes

    Le concept de logiciel libre a été introduit il y a quarante ans et s’est imposé comme le pillier central de l’alternumérisme. Depuis, le paysage de l’informatique, ainsi que ses implications sociétales, s’est complexifié. En particulier, depuis une vingtaine d’années, nous avons assisté à l’arrivée des smartphones, à l’émergence des réseaux sociaux centralisés, à leurs algorithmes de captation de l’attention, ainsi qu’au développement du capitalisme de surveillance. D’une part, les GAFAM ont cyniquement utilisé l’écosystème du « libre » pour construire leur empire. D’autre part, nous dépendons toujours plus de logiciels qui fonctionnent « en ligne », sur les serveurs de quelqu’un·e d’autre : qui contrôle cette infrastructure ? Qu’advient-il des données ? Qui décide des règles de ces services ?

    Tout cela vient brouiller le caractère prétendument subversif du « libre », et l’alternumérisme ne peut certainement plus se résumer à une simple question de logiciel ou de licence. Et s’il est parfois rappelé que « le libre, c’est l’open source + l’éthique », de quelle « éthique » parle-t-on exactement ? Le logiciel libre, et la communauté « libriste », ont eux aussi leurs limites. La question du modèle économique des projets libres demeure complexe, fragile et limitée. La communauté libriste peine à formuler un propos politique clair qui dépasserait les aspects techniques et prendrait en compte les questions d’inclusivité, de gouvernance ou encore d’écologie. Quitte parfois à aller jusqu’à s’enraciner s’enraciner dans une forme de purisme binaire et d’élitisme technocratique, imperméable à une nécessaire autocritique et remise en question.

    […]

    Les plateformes de dev actuelles sont centrées sur la technique :
    le code, les issues, les PR, les pipelines

    Quid de plateformes qui seraient centrées sur
    les usages, les besoins, les retours d’expérience, le design, prendre des décisions collectivement, … ?

    #débat #logiciel_libre #liberté #techno-solutionnisme #techno-béat #technocratie #élitisme

  • Jean-Marc Jancovici, l’ingénieur-roi, ses disciples et ses principes
    https://revue21.fr/article/jean-marc-jancovici-ingenieur-roi-disciples-principes

    À un an de la présidentielle, le prophète de la décroissance nucléarisée compte peser dans la bataille. Populaire et secret, le sexagénaire a su convaincre une cohorte de prosélytes. Mais face au spectre de l’extrême droite, l’apolitisme revendiqué de son mouvement fait tiquer, y compris parmi ses premiers partisans.
    20 minutes de lecture

    • https://justpaste.it/enami

      L’illumination tient en une formule que Jancovici ramasse noir sur blanc dans la préface de la réédition française du rapport, en 2012 : « Tant que nous poursuivons un objectif de croissance économique “perpétuelle”, nous pouvons être aussi optimistes que nous le voulons sur le stock initial de ressources et la vitesse du progrès technique, le système finira par s’effondrer sur lui-même au cours du XXIe siècle. » Reste alors à diffuser le plus largement possible cette « découverte d’une simplicité biblique ». Et surtout la prophétie inquiète qui y est adossée : quand les ressources disponibles commenceront à décroître, la population devra décroître en conséquence. *« Et comment une population décroît-elle ? » interroge Jancovici lors d’une conférence en 2017. « Il n’y a que trois solutions, énumère-t-il avec son typique sourire sans joie. La famine, la maladie ou la guerre. » Alors, pour tenter d’endiguer l’apocalypse, il entreprend de distribuer la plus grande quantité possible de pilules rouges.

      Tu m’étonnes que le mec se dise prêt à bosser avec l’extrême-droite ...

  • Théo Zimmermann, Les ordinateurs ont-ils des préjugés ?, 2026 – Et vous n’avez encore rien vu…
    https://sniadecky.wordpress.com/2026/04/13/zimmermann-arte
    http://www.dailymotion.com/thumbnail/video/x8cua2b

    Le problème n’est pas que les êtres humains soient (entre autres) des êtres subjectifs et émotionnels, car c’est bien en cela que réside leur nature. Ce sont bien au contraire, ces caractéristiques qui forment le terreau de la créativité et de l’intelligence humaines, et qui permirent la réalisation de l’ensemble des cultures et des divers rapports entre les Hommes de par le monde.

    En souhaitant ainsi “améliorer” l’Humain, c’est-à-dire en externalisant la résolution de ses “problèmes”, autrement dit en ne lui permettant plus de s’y confronter, nous aboutissons en fait à un processus inverse à celui de l’émancipation. Car c’est en grande partie la confrontation de l’Homme à divers types de “problèmes” qui lui font mettre en place (de façon consciente ou non) les processus qui l’amènent à développer ses compétences, lui donnant ainsi sa valeur, et faisant de lui un être social et culturel.

    Le type de jugement concernant la nature humaine présenté dans le documentaire revient, comme le dit l’expression, à « jeter le bébé avec l’eau du bain », sous le prétexte que ce dernier serait trop turbulent.

    […]

    Cette forme de synecdoque, bien trompeuse mais de nos jours très répandue, participe à l’élaboration des types de discours nécessaire à l’évolution de la société technicienne. De la même façon qu’il est difficile de vendre à une personne un “produit” ou un “service” dont elle pourrait totalement se passer, la diminution de « l’humain » à ses propres yeux, est une condition nécessaire à l’acceptation des nouvelles “directives” et “directions” qui lui sont imposées. Sa dépréciation permet de lui faire miroiter son amélioration, “amélioration” qu’il n’est, bien entendu, pas capable de réaliser lui-même, sans le concours des grandes structures industrielles, économiques ou politiques.

    […]

    Le documentaire poursuit :

    « La question est de savoir dans quelle mesure l’IA procède de manière équitable ? »

    Non, la question est de savoir si Nous (ici, l’ensemble de la population) souhaitons réellement l’instauration de ces technologies et de leurs logiques à l’ensemble des activités humaines. Si Nous consentons à leur déléguer les processus qui font de nous des êtres humains et des êtres sociaux.

    Comme de coutume dans le déploiement de telles rhétoriques techniciennes, il ne nous est pas demandé notre avis. On ne questionne jamais la volonté et la nécessité du développement d’une telle technologie. Nous sommes seulement invités à en corriger les éventuelles imperfections.

    C’est là, la meilleure façon de faire accepter un nouveau paradigme ; ne permettre ou n’envisager un questionnement qu’à l’intérieur de ce dernier et de sa logique, en donnant au passage l’illusion d’un débat au sujet de l’évolution en cours.

    #critique_techno #critique #documentaire #Arte #préjugés #IA #neutralité #politique #cybernétique #technocratie

  • Gavin Mueller, Le palais du futur est presque achevé, 2019

    Recension de l’ouvrage :

    Aaron Bastani, Communisme de luxe. Un monde d’abondance grâce aux nouvelles technologies , traduction d’Hermine Hémon, Paris, Diateino, 2021.

    Bastani se dit lui-même socialiste libertarien, et pas capitaliste libertarien. Vous aurez du mal à trouver beaucoup d’anticapitalistes radicaux parmi la foule de dirigeants d’entreprise qui peuplent les pages de ce livre. Mais vous y trouverez Marx, dont l’œuvre est convoquée pour ses passages les plus déterministes sur le plan technologique : ses premiers éloges de la production capitaliste dans le Manifeste du Parti Communiste , le célèbre passage sur les « chaînes » dans la Contribution à la critique de l’économie politique , et, bien sûr, le soi-disant « Fragment sur les machines » dans les Grundrisse , un passage préféré des automatisateur et de leurs prédécesseurs intellectuels du côté technophile du post-opéraïsme [cf. Toni Négri & Co et en France la revue Multitude qui a publié dans son n°56 (2014) une traduction du #Manifeste_Accélérationniste de Nick Srnicek et Alex Williams ; NdT].

    #accélérationnisme #technophilie #technocratie #gauchisme

    Une telle vision a son attrait, mais les intellectuels pessimistes pourraient bien se demander ce que les capitaines d’industrie susmentionnés feront face à un tel scénario. L’antagonisme que suscite le « communisme » découle de la reconnaissance que les hiérarchies et les privations du capitalisme ne sont pas causées par une pénurie de minerai de lithium, mais sont imposées sans cesse et de manière agressive par un ennemi de classe qui ne s’est jamais laissé arrêter par quelques élections. Combattre cet ennemi signifie nécessairement saper son avance technologique, et non la renforcer. Si vous êtes venu au FALC avec l’envie de manger les riches, vous devrez vous contenter de quelque chose de synthétique qui pousse dans une cuve.

    https://sniadecky.wordpress.com/2025/12/01/mueller-falc-fr

  • La République contre elle-même : que raconte l’étouffement des sections de commune quant au fonctionnement de l’État ?

    Les « #sections_de_commune » constituent une forme particulière et ancestrale de #propriété_collective d’une surprenante actualité. Mais elles font face aux assauts du législateur qui œuvre pour leur disparition.

    La suppression des sections de commune, une des catégories de propriétés collectives ancestrales, s’effectue à bas bruit dans les campagnes françaises. En quelques années, des pans entiers de l’identité et de l’histoire rurales ont été rayés de la carte dans une indifférence quasi générale. Néanmoins, ici et là, des habitants entrent en #lutte, aidés par des associations déterminées [1], ce qui n’arrête pas un mouvement toujours à l’œuvre dans les départements qui contiennent le plus de sections de commune [2]. Malgré une érosion continue (plusieurs disparaissent chaque semaine), il en subsiste des dizaines de milliers en #France [3]. Ce processus illustre la contradiction entre le discours étatique de promotion de la démocratie locale et de soutien à la #ruralité et la réalité d’un #démantèlement presque méthodique des structures vernaculaires d’#autogestion des campagnes. Ce faisant, s’accroît la défiance de la population envers la puissance publique, et réciproquement. Alors que l’enjeu social, écologique, climatique prend chaque jour plus d’ampleur, comment expliquer que des élus qui s’affichent comme d’ardents défenseurs de la ruralité ne regardent pas avec bienveillance la culture foncière collective et le phénomène autochtone qui l’anime ? Cette question en rejoint de nombreuses autres concernant les difficultés qu’a la puissance publique à accueillir l’action des communs fonciers et communautés liées. Pour appréhender ce sujet, une journée d’étude et de débats aura lieu le 17 octobre 2025 au Palais du Luxembourg à Paris [4].

    L’inutilité des #communaux ? Une contre-vérité historique, un contre-sens social

    Depuis le Moyen Âge, et durant des siècles, les sociétés européennes ont reposé en grande partie sur les « communaux » : des #terres_partagées (forêts, landes, marais…) destinées à satisfaire les besoins essentiels des habitants. Ces systèmes fonciers permettaient et permettent encore l’#usage_partagé des #ressources, leur autogestion prudente par les communautés villageoises selon des règles propres. Ils ont contribué à façonner les #paysages, le #patrimoine et des formes de cohésion villageoise. Le #droit actuel y fait encore allusion, mais de manière restrictive et appauvrie, sans reconnaître leur #fonction_sociale ni leurs particularités régionales. L’émergence d’un État moderne valorisant la propriété individuelle et une législation uniforme a peu à peu marginalisé ces formes collectives d’usage des terres et des ressources. L’évolution des modes de vie – moins agricoles – a accentué ce déclin (Vivier 1998). Concernant les sections de commune, la loi n° 2013-428 du 27 mai 2013 les a classées comme personnes morales de droit public (imposant un carcan que les communautés d’ayants droit n’ont jamais souhaité ni demandé) et, sous couvert de #modernisation, a restreint la possibilité pour elles de disposer d’un organe de gestion autonome (comme les commissions syndicales, aujourd’hui rares). Elle a renforcé le pouvoir des conseils municipaux pour les administrer, y compris pour vendre ou transférer ces biens. Le pouvoir de fixer le destin de ce patrimoine des habitants a donc basculé des populations aux #conseils_municipaux. Leur #disparition est aussi souhaitée par certains élus locaux qui, arguant pourtant de la défense de la ruralité, supportent mal la survivance de systèmes qu’ils voudraient mettre au pas au nom d’une certaine idée de la République centralisée et monolithique (en 2025, des sénateurs ont déposé une proposition de loi sous un titre trompeur mettant en avant l’amélioration de la gestion des sections, alors qu’il est bien question dans l’exposé des motifs de les dissoudre et d’accélérer le transfert aux communes [5]).

    Mais il y a un os : l’administration butte sur la #résistance de ces #communs_fonciers. Ceux-ci, loin d’avoir disparu, survivent sous des formes diverses en maints endroits de l’Hexagone (et ailleurs en Europe). Certes, leur dynamisme varie au gré des lieux et des situations. Mais en période de crise sociale et écologique, les populations fragilisées leur reconnaissent à nouveau un rôle protecteur et utile (Joye 2021). Défendre les communs n’équivaut pas à protéger les privilèges de quelques-uns, comme certaines voix le prétendent parfois. Il s’agit de préserver des ressources essentielles : eau, biodiversité, terres agricoles, savoir-faire anciens, patrimoine culturel immatériel, lieux de rencontre. Les enquêtes menées par la chaire Valcom [6] montrent aussi, à rebours du discours fataliste sur l’individualisme en société, que les populations ont envie de s’impliquer, d’agir et travailler en commun, d’assumer des responsabilités et de transmettre à leur tour cet héritage. Dans le système des sections de commune, les membres ont des droits mais également des devoirs et une éthique de la responsabilité. Ils prennent soin de leur environnement et interviennent sur tout un ensemble de dimensions que l’administration a du mal à appréhender au quotidien et aussi finement.

    Pourquoi s’entêter à supprimer cet héritage ?

    Nos recherches révèlent plusieurs motifs. Il y a ceux que des rapports officiels évoquent sans détour : le besoin de simplification et de rationalisation administratives. Ils discréditent ces dispositifs avec condescendance, arguant qu’ils seraient anciens, folkloriques et incompatibles avec le développement des territoires, d’où la tentation de faire table rase du passé [7]. Cette opinion se trouve dans le rapport officiel de l’Inspection générale de l’administration de 2003 percevant de manière édifiante les sections comme un « régime juridique suranné » et « un frein souvent incompatible avec un aménagement rationnel du territoire rural [8] ». Le groupe de travail qui a produit le rapport n’était composé que de représentants d’administrations (étatiques comme locales), d’associations d’élus locaux et d’institutions spécialisées (comme la Fédération nationale des communes forestières) et de quelques juristes. Jamais les ayants droit aux sections, les associations qui les représentent, ni les élus de leurs commissions syndicales n’ont été conviés, pas plus que dans les travaux préparatoires de ce qui deviendra la loi n° 2013-428 du 27 mai 2013. L’avenir des communaux ne se discute donc que dans l’entre-soi des pouvoirs publics, certains étant notoirement hostiles aux sections. Sans respecter l’espace de tous les points de vue, ces réflexions révèlent une analyse biaisée, destinée à avaliser un préjugé idéologique négatif de départ. On y lit surtout des complaintes, jamais les actions d’intérêt collectif menées par les populations, ni leurs témoignages. Les sections seraient un poids pour l’administration, l’obligeant à prendre en compte un acteur supplémentaire et épars, la population. Vingt ans après, ce motif est encore entendu.

    Sur le terrain, nous percevons les tensions qui existent par endroits et la concurrence de vision quant à la manière d’assurer la gestion durable des biens. Citons le Programme régional de la forêt et du bois (PRFB) de la région Auvergne-Rhône-Alpes (2019-2029), élaboré sous la responsabilité d’une grande partie des acteurs de la filière, sous la double présidence de l’État et de la région. Il affiche un objectif de prise en compte de la multifonctionnalité des forêts, mais prône l’intégration des #forêts sectionales dans le domaine communal (c’est-à-dire leur suppression). Il mentionne qu’elles « représentent une lourdeur importante en termes de gestion du fait du nombre important d’interlocuteurs au regard des surfaces concernées [9] ». De son côté, l’#Office_national_des_forêts (#ONF), malgré la bonne volonté de ses agents locaux, peine à concilier les différents objectifs forestiers que le législateur a fixés. Il fait primer l’exploitation économique sur la pérennité des usages des communautés villageoises. La gêne des agents se ressent en matière de droit d’affouage [10], où l’ONF adopte souvent une position ambigüe, celle du « oui mais… ». Il reconnaît les usages ancestraux au profit des populations (code forestier, ancrage local), mais ne se précipite pas pour les mettre en œuvre. Il s’abrite derrière les prétendus risques que l’exercice de ce droit engendrerait pour la filière bois, pour la sécurité, pour la gestion durable [11]. De son côté, la Charte de la forêt communale de 2016 (ONF – Fédération nationale des communes forestières) n’inclut pas les sections comme potentiels acteurs, laissant penser que les communes agissent en propriétaires des biens de section, ce qui n’est pas le cas.

    Les déséquilibres coupables de la #loi du 27 mai 2013

    La loi du 27 mai 2013 modernisant le régime des sections de commune participe en réalité de leur affaiblissement. Son titre en trompe-l’œil masque mal ses velléités d’atrophie des sections puisque le choix a été fait par le législateur de restreindre le pouvoir d’agir des ayants droit et de décider de l’avenir de leur patrimoine collectif. Le texte était destiné, en théorie, à offrir « un ensemble équilibré de dispositions tendant à clarifier ce régime juridique dans ses différentes dimensions, en prenant en compte un double impératif : d’une part, faciliter l’activité des sections de commune dont l’existence favorise la dynamisation de la gestion de certains biens, en rationalisant les règles applicables ; d’autre part, permettre plus aisément le transfert des biens des sections de commune aux communes dans les hypothèses où les sections ne reflètent plus aucune réalité [12] ». Or, le texte promulgué n’a pas atteint cet équilibre.

    En effet, le premier impératif visé a été rendu inopérant dès lors que la loi a dévitalisé les organes représentatifs de gestion des sections (les commissions syndicales) en augmentant drastiquement les conditions de revenu cadastral requis pour faire la demande au préfet de convoquer les électeurs [13]. Cela prive de facto les sections d’un outil de gestion, et les pouvoirs publics d’interlocuteurs, ce qu’ils déplorent par ailleurs... Le législateur a opté pour le renforcement de l’administration des sections par les conseils municipaux et le maire agissant au nom et pour le compte de la section. Mais c’est pour le meilleur et pour le pire en pratique, car ils disposent de la possibilité d’enclencher de multiples procédures conduisant à la suppression des communs fonciers (transferts, ventes). Certaines permettent un démantèlement des sections par des procédures expéditives qu’on ne trouve dans aucun autre domaine de l’action publique. Ces procédures s’apparentent à des expropriations déguisées, à l’indemnisation purement théorique (les ayants droit n’hésitant pas à parler de spoliation [14]), pour des projets souvent désespérants, quand il y en a : les biens restent parfois dans le giron de la propriété publique [15], mais sont aussi vendus au secteur privé, par exemple afin de réaliser des parkings, des lotissements ou pour l’agrément de propriétaires privés souhaitant agrandir leur espace...

    Quant au deuxième impératif qu’était censé poursuivre le législateur, c’est une carence d’encadrement juridique qui conduit à laisser le champ libre à l’administration pour décider si les sections ne « reflètent plus aucune réalité ». De quelle réalité parle-t-on : celle de l’apparence, celle de la vision de la puissance publique ou celle des populations ? Or, le texte est rédigé de telle sorte que le conseil municipal, avec le préfet en bout de ligne procédurale, en décident. Aucun critère de discernement n’est imposé pour faciliter une objectivation de la prise de décision (attachement, économie, services aux populations, lien social) et aucune phase préalable d’information n’est prévue afin de placer les ayants droit devant leurs responsabilités s’ils sont accusés de ne pas être assez actifs ou réels. Cette réalité ne se mesure pas qu’aux revenus de la section. Entretenir les chemins, la forêt, surveiller les sources, se réunir autour du four banal sont autant d’apports directs ou indirects en matière écologique, économique, culturel ou social aux villages. Analyser et répertorier les éléments de cette réalité – ne serait-ce que dans les documents d’urbanisme – permettrait de la comprendre dans toutes ses dimensions [16]. La loi ne propose pas non plus de relance des communs, les plus endormis aujourd’hui n’étant pas morts juridiquement ; la reprise en main par les populations reste possible (néoruraux, populations locales mieux informées). Ainsi, les projets de suppression ne se décident pas à partir d’une pesée des intérêts entre le pour et le contre, ni d’une enquête publique. Aucune procédure ne présente de garantie sérieuse d’information préalable permettant des débats éclairés et un consentement libre, en connaissance de cause, afin que chacun ait bien compris les enjeux de la possible disparition de systèmes fonciers ancestraux. Cela s’opère en sachant que les personnes sont souvent âgées et isolées. Dans bien des cas, les ayants droit n’ont pas conscience de leur liberté de choix ni des conséquences de la décision qu’on leur demande de prendre.

    Dans certains départements du Massif central, ce que nous proposons d’appeler un #sectionicide s’est intensifié depuis la loi de 2013. Aucune collectivité ne s’en glorifie ni ne tient de décompte précis. Pour le savoir, il faut lire le recueil des actes administratifs de la préfecture, les données statistiques étant parfois rassemblées par des associations défendant les sections ou des entités à l’inverse plutôt réservées, comme certaines associations départementales des communes forestières. En Haute-Loire, 359 arrêtés préfectoraux ont été pris de 2011 à 2024 tous motifs confondus (ventes et transferts, ces derniers étant majoritaires) pour amputer des sections de leurs parcelles (réduire leur superficie) ou supprimer carrément des sections (suppression totale de 214 sections soit 15,3 par an en moyenne). De fortes variations existent d’une année sur l’autre, probablement en fonction du volontarisme des équipes municipales ou des préfets en place [17]. Dans le Puy-de-Dôme, la loi de 2013 a dopé les transferts de biens de section au profit des communes avec plusieurs dizaines par an tandis qu’ils étaient très peu nombreux avant [18]. Des préfets ont publiquement appelé les maires à communaliser les biens de section. En Saône-et-Loire, le préfet accompagne sa lettre aux maires du département de la procédure de communalisation à suivre, et des contacts des agents de la direction départementale des territoires, de l’association des communes forestières ou de l’ONF à solliciter à l’appui de la besogne. Le but affiché est une fois de plus de « faciliter la gestion forestière et administrative ». On y sert surtout un argumentaire spécieux. Supprimez puisque « dans le département la plupart des forêts sectionales sont intégralement gérées par les communes, la section ayant disparu [19] ». Ce qui est faux : par définition, si l’État veut supprimer les sections, c’est qu’elles existent. Surtout, rappelons que pour les conseils municipaux, c’est une obligation légale d’assurer la gestion des sections, qu’elles soient inactives ou dynamiques, et que tout est mis en œuvre pour empêcher la constitution des commissions syndicales pouvant permettre aux populations de les gérer... En Haute-Loire, le préfet voit dans la suppression un intérêt pour mieux prévenir les risques d’incendie, le département étant désormais classé à haut risque [20]. La préoccupation de l’État est ici de limiter le nombre d’interlocuteurs, regrouper la propriété pour pouvoir agir avec rationalité en sachant que ses moyens se réduisent. C’est d’autant plus regrettable quand on sait combien les populations des sections entendent jouer un rôle majeur d’appui à la puissance publique en étant en permanence sur le terrain pour observer ou entretenir les forêts. En réponse aux envies et possibilités d’agir en renfort de l’État, celui-ci privilégie une mise à distance des populations.
    Conséquences : un appauvrissement du tissu social et des outils d’action territoriale

    Sans que les agents des administrations en soient toujours conscients, le discrédit porté aux sections est perçu comme une forme de mépris par les citoyens engagés dans la préservation de leur cadre de vie et de leurs traditions d’organisation collective du territoire, armés de leur expérience du temps long, de la conscience de soi et de leurs aptitudes professionnelles. En réalité, sauf le gain financier, il est bien difficile aux communes ayant supprimé les communs de justifier ce que cela a produit de positif. Quels services l’administration a-t-elle apportés aux populations pour prendre le relais ? Le sentiment d’appartenance au territoire en a-t-il été renforcé ? Par quoi les communes ont-elles remplacé les liens sociaux brisés par la fin des droits d’usage collectifs ? À vrai dire, selon nos observations, par rien du tout, ou si peu…

    Cette ruralité négligée de la métropole française porte des récits et des droits culturels exprimant une volonté réelle de contribuer au bien commun, à travers des formes locales et enracinées de gestion des ressources. En poursuivant l’élimination de structures locales ancestrales fondées sur la propriété collective ou les usages partagés, en ne cessant de privilégier la propriété individuelle, l’État ne fait qu’aggraver le sentiment d’abandon des populations rurales. Le sujet clive au sein des associations d’élus. Pour certains, le sujet reste urticant : c’est un difficile lâcher prise car il s’agit toujours d’affirmer que « la raison c’est nous ! C’est nous les élus qui savons. Et c’est notre rôle de représenter les citoyens [21] ! ». D’autres, à l’inverse, s’ouvrent résolument aux démarches citoyennes implicatives et souhaitent leur donner un espace d’expression [22]. Ils font le pari d’une articulation vertueuse des différentes sphères d’action d’intérêt collectif, afin qu’elles s’épaulent au lieu de se neutraliser dans une querelle sans fin, frustrant toutes les parties. Autrement dit, ce sujet suggère une réforme profonde des méthodes du service public.

    Bibliographie

    Bourjol, M. 1989. Les Biens communaux. Voyage au centre de la propriété collective, Paris : LGDJ.
    Joye, J.-F. (dir.). 2021. Les Communaux au XXIe siècle. Une propriété collective entre histoire et modernité, Presses de l’USMB.
    Scott, J. C. 2021. L’Œil de l’État. Moderniser, uniformiser, détruire, Paris : La Découverte.
    Vivier, N. 1998. Propriété collective et identité communale. Les biens communaux en France, 1750-1914, Paris : Publications de la Sorbonne.

    https://metropolitiques.eu/La-Republique-contre-elle-meme-que-raconte-l-etouffement-des-section
    #communs #foncier #démantèlement

  • #Virginia_Eubanks : « La dégradation de la #protection_sociale produit des expériences traumatiques »
    https://lvsl.fr/virginia-eubanks-la-degradation-de-la-protection-sociale-produit-des-experience

    Après Automating Inequality. How High-Tech Tools Profile, Police and Punish the Poor (2018), consacré à la façon dont, sous couvert d’objectivité, les technologies déployées dans l’État social américain excluent et surveillent les pauvres, la journaliste et universitaire Virginia Eubanks interroge aujourd’hui de manière plus intime l’organisation sociale du #soin. Entre recueil d’histoires orales de personnes […]

    #Mirages_numériques #Société #Validisme

    • La fin des années 1960 aux États-Unis coïncide avec l’émergence d’un mouvement social massif autour de l’accès aux droits, à l’œuvre principalement de femmes noires ou afro-américaines, souvent des mères seules, ces femmes que des règles discriminatoires ont longtemps privées de leurs droits. Le mouvement a accru l’accès aux droits de manière vertigineuse : on passe de 3,2 millions de bénéficiaires des allocations familiales en 1961 à près de 10 millions en 1971. Et c’est là que la technologie entre en jeu. Le « problème » à résoudre par l’automatisation n’était autre que celui de l’égalité. Ce « problème », c’est que des personnes accédaient à leurs droits.

      [...]

      On est passés d’un modèle basé, même si de manière imparfaite, sur le care (le soin, l’accompagnement, l’attention aux personnes) à un modèle de data processing (le traitement d’informations). Les nouvelles générations de travailleurs sociaux ne comprennent même plus leur travail comme un travail de relation humaine, mais seulement comme une tâche administrative, un traitement automatisé de cas. Et les nouveaux outils facilitent cette transformation du travail social.

      #digital_poorhouse #pauvres #mérite #austérité #société_punitive #discipline #soin #numérisation #droits_collectifs #tri #scores_de_vulnérabilité #automatisation #inégalités #dette #indus #technocratie #contrôle_social

  • Diella, une IA nommée ministre en Albanie : « En quoi un agent artificiel serait-il plus intègre qu’un être humain ? »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/10/04/diella-une-ia-nommee-ministre-en-albanie-en-quoi-un-agent-artificiel-serait-

    Dans une tribune au « Monde », le professeur d’informatique Jean-Gabriel Ganascia [professeur émérite d’informatique à Sorbonne Université, membre honoraire de l’Institut universitaire de France et président du comité d’éthique de France Travail, auteur de « L’IA expliquée aux humains » (Seuil, 2024)] s’interroge sur les conséquences éthiques et politiques de la présence au gouvernement albanais d’une intelligence artificielle. Il y a, selon lui, un véritable risque que cette nomination « vise à opacifier les responsabilités, à éliminer des rivaux potentiels et à mettre à la manœuvre les grands acteurs du numérique ».

    [...]

    Par un hasard du calendrier, l’OCDE a publié un rapport très conséquent, « Gouverner avec l’IA », une semaine après l’annonce de la nomination de Diella au rang de ministre. Ce rapport examine la place que l’IA pourrait être amenée à prendre dans les #administrations afin de faciliter l’#automatisation des processus, d’améliorer les services, de limiter les fraudes, de mieux former les agents... Y sont passés en revue 200 projets d’applications dans 11 fonctions différentes de l’Etat, du pilotage des #politiques_publiques aux fonctions judiciaires en passant par les processus essentiels de l’action publique, comme la passation des marchés ou la lutte contre la corruption. Il ressort de ce rapport que la plupart de ces projets se trouvent encore à l’état d’ébauche, ou à un stade très précoce, même si l’on dispose déjà de quelques retours d’expérience précieux pour en évaluer les apports et les risques.

    Le rapport insiste sur la nécessité, dans tous les cas, de fournir aux personnels les moyens d’exercer plus rapidement, avec plus d’efficacité et de discernement, leurs responsabilités, mais surtout pas de leur substituer des machines [dit ce type qui sert de caution à Rance travail]. Là réside la distance abyssale avec le projet d’Edi Rama. L’OCDE envisage d’épauler des fonctionnaires avec une myriade d’outils pour les rendre plus conscients de leurs responsabilités, et donc plus responsables, alors qu’Edi Rama nomme autoritairement ministre un agent artificiel, en vue de supprimer les responsables. Si cet agent tranche en place et lieu d’un ministre, les citoyens disposeront-ils encore d’un recours face aux possibles injustices ?

    https://justpaste.it/2lsv7

    edit

    #IA #technocratie

  • Peter Thiel warnt : Der Antichrist will Künstliche Intelligenz regulieren
    https://www.telepolis.de/features/Peter-Thiel-warnt-Der-Antichrist-will-Kuenstliche-Intelligenz-regulieren-1

    Peter Thiel bei einem Vortrag (Bild : mark reinstein / Shutterstock.com)

    La stratégie des Thiel et Trump est une lutte contre l’antichrist. Ces milliardaires détraqués se servent de l’absence de formation et de culture de leur électorat pour répandre une vision du monde où leur richesse monstrueuse est le seul rempart contre les forces du mal. Chomsly avait raison quand il désigna Trump comme plus dangereux que Hitler.

    27.9.2025 von Bernd Müller - Mit religiösen Endzeitvisionen warnt Tech-Investor Peter Thiel vor KI-Regulierung: Wer die Technologie zügelt, bereitet dem Antichristen den Weg.

    Der Tech-Milliardär und PayPal-Mitgründer Peter Thiel hat mit einer vierteiligen Vortragsreihe für Aufsehen gesorgt: Darin warnt er eindringlich vor den Gefahren einer staatlichen Regulierung von Wissenschaft, Technologie und insbesondere Künstlicher Intelligenz (KI).

    Für Thiel ist klar: Wer KI regulieren will, ebnet dem Antichristen den Weg und riskiert nichts weniger als das Ende der Welt.

    Der Antichrist als Regulierer: Thiels düstere Prophezeiung

    In seinen vom Acts 17 Collective organisierten Vorträgen zeichnet Thiel ein apokalyptisches Bild der nahen Zukunft: Atomkriege, Umweltkatastrophen, Biowaffen und autonome Killerroboter, gesteuert von KI, werden die Menschheit an den Rand des Abgrunds bringen.

    Doch die eigentliche Bedrohung sieht er in einer Ein-Welt-Regierung, die angesichts dieser existenziellen Risiken Frieden und Sicherheit verspricht – aber in Wahrheit die Ankunft des Antichristen markiert.

    Thiel stützt sich auf die Theorie, dass der Antichrist als charismatische Person oder Organisation auftreten könnte, die ständig vor dem Weltuntergang warnt und so die Gesellschaft dazu bringt, ihr die Macht zu geben, Wissenschaft und Technologie zu regulieren. Der US-Präsident könnte ein Kandidat für den Antichristen sein, so Thiel – vermutlich, wenn er damit anfinge, die Technologien zu regulieren.

    Doch genau diese Regulierung, so Thiel, werde das Kommen des Antichristen erst recht beschleunigen.

    Geschäftsinteressen und Endzeit-Rhetorik: Thiels zwiespältige Rolle

    Was Thiels Warnungen so brisant macht, ist die Tatsache, dass er selbst massiv in jene Technologien investiert, deren Regulierung er als Werk des Antichristen brandmarkt. Als Gründer von Palantir und Risikokapitalgeber hat er ein vitales Interesse an einem unregulierten Tech-Sektor – und scheut nicht davor zurück, religiöse Ängste für seine Agenda zu instrumentalisieren.

    Kritiker sehen darin einen gefährlichen Widerspruch: Thiel profitiert von den Technologien, die er als Bedrohung darstellt, und nutzt apokalyptische Rhetorik, um berechtigte Regulierungsbestrebungen zu diskreditieren.

    Religiöser Libertarismus: Thiels politische Vision

    Doch es geht Thiel um weit mehr als seine Geschäftsinteressen. Sein religiös gefärbter Libertarismus zielt auf eine radikale Neuordnung der Gesellschaft ab: Liberale Demokratie und globale Institutionen betrachtet er als Vorstufe einer tyrannischen Weltregierung.

    Als Gegenentwurf propagiert er eine „starke Ordnung“, die sich auf den rätselhaften „Katechon“ aus der christlichen Apokalyptik beruft – eine Macht, die das Chaos aufhält.

    Gemeinsam mit Gesinnungsgenossen wie dem Monarchisten Curtis Yarvin und dem bekennenden Katholiken JD Vance, den er zum US-Vizepräsidenten machte, arbeitet Thiel an einer christlich-libertären Gegenordnung.

    Unheilige Allianzen: Wenn Glaubenseifer auf Tech-Milliarden trifft

    Thiel ist nicht der einzige Tech-Mogul, der religiöse Motive mit handfesten wirtschaftlichen Interessen verquickt. Gerade in den USA gibt es eine wachsende Allianz zwischen konservativ-religiösen Kreisen und libertären Milliardären, die gegen staatliche Regulierung Sturm laufen.

    Experten warnen vor den Folgen: Wenn Glaubenseifer auf die Milliarden und den Einfluss der Tech-Elite trifft, geraten die Fundamente der liberalen Demokratie ins Wanken. Sachliche Debatten über Regulierung werden unmöglich, wenn Giganten wie Thiel ihre Agenda mit der Autorität des Glaubens untermauern.
    Fazit: Die Gefahr der digitalen Apokalypse

    Peter Thiels Vortragsreihe ist ein Alarmsignal: Sie zeigt, wie religiös-libertäre Ideologien im Silicon Valley an Einfluss gewinnen. Unter dem Deckmantel apokalyptischer Warnungen betreibt Thiel einen Feldzug gegen jede Form von staatlicher Regulierung – insbesondere im Bereich Künstlicher Intelligenz.

    Doch seine Argumentation ist mehr als fragwürdig: Ausgerechnet jene Technologien, mit denen er sein Vermögen gemacht hat, stilisiert er nun zur Bedrohung der Menschheit. Gleichzeitig arbeitet er an einer autoritären Gegenordnung, die auf religiösem Fundamentalismus und radikaler Regulierungsfeindlichkeit basiert.

    Als einer der reichsten und best-vernetzten Tech-Investoren hat Thiel die Mittel und den Einfluss, die politische Debatte zu prägen. Seine Kritik an der KI-Regulierung ist nur ein Aspekt einer umfassenderen Agenda, die auf nichts weniger als eine Neuerfindung der westlichen Gesellschaft abzielt.

    #USA #impérialisme #fascisme #technocratie #objectivsmie #nazis #idiocratie

  • « Techno-fascisme », un mot hacké par les techno-gauchistes
    https://www.piecesetmaindoeuvre.com/documents/techno-fascisme-un-mot-hacke-par-les-techno-gauchistes

    Toujours en librairie : Manifeste des Chimpanzés du futur contre le transhumanisme. et De la technocratie. La classe puissante à l’ère technologique Alerte sur les réseaux sociaux. « L’extrême-droite, c’est l’autoroute vers le techno-fascisme ». Alerte à gauche et à l’extrême-gauche. « Technofascisme : le rêve libertarien ultime de la Silicon Valley. » « Le mouvement Make America Great Again (MAGA) et ses liens avec la Silicon Valley ont fait naître le "technofascisme". » Vigilance face au « (…) #Documents

    https://www.piecesetmaindoeuvre.com/IMG/pdf/technofascisme.pdf

    • Et de diffuser un narratif destiné à alerter les militants du Progrès : jusqu’aux années 2015- 2020, la technologie nous a apporté prospérité, confort, intelligence et bonheur, au bénéfice de l’émancipation, de la démocratie et de l’inclusion pour toussétoutes. Mais ces bienfaisants ingénieurs ont muté en malfaisants milliardaires, décidés à pervertir leurs entreprises pour servir l’extrême-droite, la privatisation de l’État et leurs phantasmes personnels. Le numérique, c’était mieux avant. Contre la marche au technofascisme, il faut donc réguler la Tech, investir dans l’open source, se réapproprier les algorithmes au service du Bien - comme le gouvernement social-technocrate d’Allende avait tenté de le faire avec l’informatique pour gouverner le Chili en 1972 (projet Cybersyn). #Nopasaran.

      […]

      Bref, Gorz ignore ces chamailleries. Pour lui, le « fascisme » s’actualise moins dans la nostalgie du IIIe Reich que dans le mouvement réel de forces réellement agissantes. Comme Charbonneau, Illich et les naturiens d’alors, il pense la situation et le front principal : ayant saccagé le biotope terrestre, l’industrialisme et ses pilotes technocrates de tous bords nous imposeront un régime autoritaire pour une gestion rationnelle/rationnée des ressources. Il décrit la menace technofasciste suite au rapport du Club de Rome sur la croissance (1972), qui promeut un pilotage technocratique (cybernétique) de la question écologique, traitée comme un sujet « purement technique ».

      « Les limites nécessaires à la préservation de la vie seront calculées et planifiées centralement par des ingénieurs écologistes, et la production programmée d’un milieu de vie optimal sera confiée à des institutions centralisées et à des techniques lourdes. C’est l’option technofasciste sur la voie de laquelle nous sommes déjà plus qu’à moitié engagés. "Convivialité ou technofascisme". […] Le socialisme n’est pas immunisé contre le technofascisme. Il risque, au contraire, d’y basculer d’autant plus facilement qu’il perfectionnera et multipliera les pouvoirs d’État sans développer simultanément l’autonomie de la société civile. […] La domination totale de l’homme sur la nature entraîne inévitablement une domination de l’homme par les techniques de domination. En l’absence de tout autre choix, mieux vaudrait un capitalisme non nucléaire qu’un socialisme nucléaire ; car le premier hypothèquerait moins lourdement l’avenir15. »

      […]

      L’alternative au technofascisme, nous dit Gorz, ne réside pas dans un usage « progressiste », ni socialiste, des technologies, mais dans la convivialité. C’est facile à comprendre : « l’autogestion suppose des outils susceptibles d’être autogérés16 ». L’inverse d’une centrale nucléaire ou d’un datacenter. Il cite bien sûr Illich, qui nomme « conviviale » une organisation sociale préservée de la domination technologique, permettant l’autonomie personnelle.

      « L’homme a besoin d’un outil avec lequel travailler, non d’un outillage qui travaille à sa place. […] J’appelle conviviale une société où l’outil moderne est au service de la personne intégrée à la collectivité, et non au service d’un corps de spécialistes. […] Le pouvoir de décider du destin de tous se concentre entre les mains de quelques-uns. Et, dans cette frénésie de croissance, les innovations qui améliorent le sort de la minorité privilégiée croissent encore plus rapidement que le produit global17. »

      […]

      Si nécessaire, les techno-progressistes de la Silicon Valley nouent de pragmatiques alliances avec le pouvoir techno-réactionnaire. Le technofascisme ne désigne en rien ce ralliement de façade, mais leur projet commun de toute-puissance technologique, par nature totalitaire.

      […]

      Et vous, « antifascistes », combattez-vous la machine ? Ou souhaitez-vous en prendre les commandes sous prétexte de la retourner contre les « fascistes », et de la mettre « au service de tous et toutes » ?

      #André_Gorz #Ivan_Illich #technofascisme #technocratie #critique_techno #anti-industriel #écologie #démocratie #liberté

  • Missing Link : « Der große Plan »
    https://www.heise.de/hintergrund/Missing-Link-Der-grosse-Plan-10349992.html?seite=all

    Sans mentionner Ayn Rand cet article décrit quelques notions essentielles à l’origine des projets des techno-fascistes de la Silicone Valley. Les idées farfelues de la vieille anticommuniste se dessinent dans l’ombre des multinationales géantes .

    13.4.2025 von Dr. Wolfgang Stieler, Dr. Volker Zota - Elon Musk gilt als Prototyp des egomanischen und skrupellosen Tech-Unternehmers. Doch hinter seinen Eskapaden steckt wahrscheinlich eine toxische Ideologie.

    – Die Rolle von Ideologie
    – Singularität durch Superintelligenz
    – Der digitale Erlöser
    – Intelligenz
    – Eugenik
    – Transhumanismus
    – Catastrophic Risk: Die Obsession mit dem Weltuntergang
    – Effektiver Altruismus und Earn to Give
    – Longtermism: Existenz der Menschheit sichern
    – Relevanz der Ideologie heute

    Den meisten Menschen wird das Akronym TESCREAL vermutlich nicht viel sagen. Dabei hat dieser Komplex aus Transhumanismus, Effektivem Altruismus, Singularität, Catastrophic Risk (Katastrophenrisiken), Eugenik, Artificial Intelligence und Longtermism die Eliten des Silicon Valley vermutlich entscheidend geprägt, allen voran Elon Musk. Es handelt sich um eine interpretative Perspektive auf verschiedene technologische und philosophische Strömungen, die zwar im Valley präsent sind, aber nicht zwangsläufig als einheitliche Weltanschauung verfolgt werden.

    Der Philosoph Émile Torres hat den Begriff TESCREAL gemeinsam mit der KI-Kritikerin Timnit Gebru entwickelt, um deutlich zu machen, dass viel der schillernden, angesagten Ideologien aus dem Silicon Valley einen gemeinsamen Kern haben: Den tief verankerten Glauben an die angebliche Überlegenheit einer technologischen Elite gegenüber den minderwertigen Massen. Und obwohl es so aussieht, als ob die Tech-Bros im Moment vollkommen damit ausgelastet sind, die USA auszuplündern, spielt diese Ideologie noch immer eine wichtige Rolle.

    Die Rolle von Ideologie

    Ideologie zu analysieren, mag auf den ersten Blick sehr akademisch wirken – zumal ein Teil der darin enthaltenen Konzepte ein wenig bizarr sind. Es ist jedoch aus zwei Gründen wichtig: Zum einen dient Ideologie immer der Selbstversicherung und Rechtfertigung des eigenen Tuns nach Außen. Zum anderen ist Ideologie auch immer eine Art geistiger Filter, der hilft, Sinn und Struktur in die Welt zu bringen und Unwichtiges von Wichtigem zu unterscheiden. Jemandes Ideologie zu verstehen, bedeutet also auch immer, zu verstehen, wie er oder sie „die Welt sieht“. Werfen wir also einen Blick auf die unterschiedlichen Elemente von TESCREAL.
    Singularität durch Superintelligenz

    Die Anhänger der Idee einer technischen Singularität gehen davon aus, dass der technische Fortschritt der Menschheit sich im Laufe der Geschichte immer weiter beschleunigt hat. Bereits in Kürze wären die Menschen also in der Lage, eine KI zu bauen, die sich selbst verbessern kann. Ab diesem Zeitpunkt – der Singularität – sei der weitere Verlauf der technischen Entwicklung nicht mehr vorherzusagen. Aus der KI werde sich dann eine übermenschliche „Superintelligenz“ entwickeln, die im schlimmsten Fall die Menschheit vernichtet.

    Die Idee der Singularität wurde in den 1990er Jahren durch einen Artikel des Mathematikers Vernor populär und später von Ray Kurzweil weiterentwickelt. Sie fand besonders im Silicon Valley Anklang, wo sie durch Organisationen wie das Singularity Institute (heute MIRI) institutionalisiert wurde. Es ist jedoch wichtig anzumerken, dass die Singularitätstheorie zwar diskutiert wird, aber es keine empirischen Beweise für ihre unmittelbare Realisierbarkeit gibt.

    Timnit Gebru vermutet hinter dem Vorhaben keine technische, sondern eine politische Agenda. Gemeinsam mit Torres zieht sie eine historische Linie von den amerikanischen Eugenikern über die Transhumanisten zu den führenden Köpfen von OpenAI, in der es nie um die Zukunft und das Wohl der gesamten Menschheit ging, sondern darum, alles Unnütze und Überflüssige auszusortieren.

    Der digitale Erlöser

    Künstliche Intelligenz nimmt in der TESCREAL-Ideologie eine Doppelrolle ein: Sie ist gleichzeitig die größte Bedrohung und die ultimative Erlösung. Diese paradoxe Position erklärt sich aus dem fast religiösen Glauben an die transformative Kraft der Technologie im Silicon Valley.

    Bezeichnend ist, wie sich die KI-Sicherheitsforschung entwickelt hat: Statt sich auf konkrete Probleme wie Diskriminierung durch Algorithmen zu konzentrieren, beschäftigen sich prominente Forscher mit hypothetischen Szenarien einer Superintelligenz. Das von Musk mitgegründete OpenAI startete als Non-Profit-Organisation für „sichere KI“, verwandelte sich aber später in ein gewinnorientiertes Unternehmen mit Microsoft-Kooperation.

    Die Ironie: Unter dem Vorwand, eine sichere KI zum Wohle der Menschheit zu entwickeln, entsteht eine neue Machtkonzentration in den Händen derselben Tech-Elite. Wie Gebru betont, gehen die größten unmittelbaren Gefahren der KI nicht von einer hypothetischen Superintelligenz aus, sondern von ihrer Nutzung zur Verstärkung bestehender Ungleichheiten.
    Intelligenz

    Tatsächlich ist Gebru nicht die erste, die auf das schwierige Erbe der Intelligenzforschung verweist: Bereits 1981 kritisierte der Biologe Stephen Jay Gould in seinem Buch „Der falsch vermessene Mensch“ das Konzept „Intelligenz“ als objektive Messlatte für allgemeine kognitive Fähigkeiten. Dieses Konzept und die zugehörigen Tests wurde ganz wesentlich von Forschern wie Charles Spearman vorangetrieben, einem hochrangigen Mitglied der britischen Eugenischen Gesellschaft. Die statistischen Methoden, die Spearman entwickelte, entwickelte Frank Rosenblatt dann später für das erste künstliche neuronale Netz weiter.
    Eugenik

    Wie sein Lehrer, der britische Naturforscher Francis Galton war Spearman davon überzeugt, dass man durch politische Eingriffe dafür sorgen müsse, dass intelligente Menschen sich stärker vermehren als der Rest – eine Idee, die letztendlich zur Rassenlehre der Nazis führte. Doch auch nach dem Ende des zweiten Weltkriegs war die Eugenik nicht restlos diskreditiert.

    Transhumanismus

    In den 1990er Jahren entwickelte sich in den USA mit dem Transhumanismus eine Ideologie, die den Grundgedanken der Eugenik aufgriff, aber nicht mehr auf Biopolitik, sondern auf individuelle Verbesserungen durch KI oder Gentechnik setzte.

    Für Transhumanisten geht die Evolution des Menschen mithilfe von Technologie weiter. Sie glauben, dass Menschen immer stärker mit Technologie zusammenwachsen und schließlich auch ihren Geist in Computer hochladen können, um unsterblich zu werden. Viele moderne Transhumanisten distanzieren sich jedoch ausdrücklich von der Eugenik und betonen stattdessen individuelle Wahlfreiheit und ethische Verantwortung.

    Catastrophic Risk: Die Obsession mit dem Weltuntergang

    Die Beschäftigung mit existenziellen Risiken – im Jargon der Szene „xrisks“ genannt – hat sich seit den frühen 2000er Jahren zu einem eigenen Forschungsfeld entwickelt. Institutionen wie das Future of Humanity Institute in Oxford widmen sich ausschließlich der Frage, welche Ereignisse die Menschheit auslöschen könnten.

    Bemerkenswert ist die Priorisierung: Während der Klimawandel als „lediglich“ zivilisationsgefährdend eingestuft wird, gelten hypothetische Szenarien wie eine außer Kontrolle geratene KI als existenziell bedrohlich. Diese Gewichtung erklärt sich aus der Logik des Longtermism: Ein Ereignis, das die Menschheit auslöscht, verhindert die Existenz aller potenziellen zukünftigen Menschen.

    Diese Fokussierung hat konkrete Auswirkungen: Milliardäre wie Dustin Moskovitz oder Jaan Tallinn investieren Millionen in die Erforschung von KI-Risiken, während unmittelbarere Bedrohungen für lebende Menschen als weniger dringlich betrachtet werden.
    Effektiver Altruismus und Earn to Give

    Einige Transhumanisten, wie etwa Nick Bostrom, entwickelten die Philosophie des „Effektiven Altruismus“ (EA). Der Name leitet sich daraus her, dass es im Kern darum geht, so zu handeln, dass der Nutzen für die gesamte Menschheit maximiert wird — allerdings unter der Prämisse einer neoliberalen Ökonomie. Die Grundannahme: Das „knappe Gut“ Hilfe muss möglichst „gewinnbringend“ eingesetzt werden.

    Daraus folgt unter anderem das Prinzip „Earn to Give“: Weil jeder Mensch nur begrenzte Zeit und Energie hat, ist es ethisch geboten, so schnell wie möglich viel Geld zu machen, um einen Teil davon zu spenden. Traditionelle ethische Überlegungen werden von diesem Prinzip übergeregelt.

    Ein prominentes Beispiel ist Sam Bankman-Fried, der Gründer der kollabierten Kryptowährungsbörse FTX. Er folgte explizit dem „Earn to Give“-Prinzip und wurde zum Milliardär, bevor sein Unternehmen unter Betrugsverdacht zusammenbrach.

    Es sollte jedoch angemerkt werden, dass die EA-Bewegung vielfältiger ist, als oft dargestellt. Während einige Vertreter existenzielle Risiken priorisieren, konzentrieren sich viele EA-Initiativen auf aktuelle Probleme wie globale Gesundheit oder Armutsbekämpfung.

    Longtermism: Existenz der Menschheit sichern

    Während sich die EA-Bewegung zunächst auf „evidenzbasierte“ Hilfsprojekte konzentrierte, gewann zunehmend ein ideologischer Zweig an Bedeutung, der „Longtermism“ genannt wird. Die Idee: Weil in der Zukunft bedeutend mehr Menschen leben werden als bisher, bedeutet die Maximierung des menschlichen Glücks zunächst mal, die Existenz der Menschheit zu sichern.

    Longtermism darf jedoch nicht mit langfristigem Denken verwechselt werden. Wer glaubt, dass sich aus dem Nachdenken über existenzielle Risiken ein entschiedener Kampf gegen den Klimawandel ableiten lässt, der irrt. Da der Klimawandel voraussichtlich nicht zum Aussterben der Menschheit führen wird, gilt er in EA-Kreisen nicht als existenzielle Bedrohung. Ein Atomkrieg, eine von Menschen verursachte Pandemie, der Ausbruch eines Supervulkans, kaskadierendes Systemversagen und natürlich auch eine außer Kontrolle geratene Super-Intelligenz gehören dagegen ganz sicher zu den existenziellen Krisen, und sind somit auf jeden Fall zu vermeiden – wenn die Menschheit es denn schafft. Laut KI-Pionier Geoffrey Hinton könne und werde eine entsprechend intelligente KI Menschen so manipulieren, dass sie mehr Autonomie erlangt, eine Idee, die aus dem sogenannten AI-Box-Experiment stammt, das in xrisk-Kreisen seit den 2000ern diskutiert wird.

    Daraus folgt – wenig überraschend: EA hat sich seit Anfang der 2000er vorwiegend im Silicon Valley zu einer Bewegung entwickelt, die über viel Geld und Einfluss verfügt, weil sie Tech-Bros wie Peter Thiel, Elon Musk oder Sam Bankman-Fried angezogen hat. Thiel hat öffentlich erklärt, dass er nicht mehr glaube, Freiheit und Demokratie seien miteinander vereinbar – eine persönliche politische Überzeugung, die jedoch nicht notwendigerweise die Haltung aller mit TESCREAL assoziierten Personen darstellt.

    Befürworter dieser Ideologien argumentieren, dass sie rational versuchen, die größten Herausforderungen der Menschheit zu bewältigen. Kritiker wie Gebru und Torres hingegen weisen darauf hin, dass diese scheinbar rationalen Ansätze oft bestehende Machtverhältnisse reproduzieren und drängende Probleme wie Klimawandel oder soziale Ungerechtigkeit vernachlässigen.

    Relevanz der Ideologie heute

    Auf den ersten Blick scheint es so, als ob all dieser ideologischen Elemente keine Rolle mehr spielen würden. Stattdessen konzentrieren sich die Tech-Eliten jetzt auf die neoliberale Erzählung vom unfähigen und ineffizienten Staat, den man abschaffen und durch eine dynamische Struktur nach dem Vorbild eines Hightech-Unternehmens ersetzen müsse.

    Die praktischen Auswirkungen dieser Ideologie sind weitreichend: Sie beeinflussen Investitionsentscheidungen in Milliardenhöhe und prägen die Entwicklungsrichtung von Zukunftstechnologien. In der Praxis führt sie oft zu einer Privatisierung gesellschaftlicher Zukunftsfragen, bei der demokratische Prozesse durch die Visionen einzelner Tech-Milliardäre ersetzt werden. Diese Einschätzung spiegelt allerdings eine bestimmte kritische Perspektive wider, die nicht universell anerkannt ist.

    Musks Engagement spiegelt diese Ideologie in vielfältiger Weise wider: Seine Raumfahrtfirma SpaceX verfolgt mit dem Mars-Kolonisierungsprojekt die transhumanistische Vision einer multiplanetaren Menschheit, Neuralink zielt auf die direkte Verbindung von Gehirn und Computer ab, und seine KI-Aktivitäten folgen der Logik des Longtermism.

    „Was hat Musk wirklich vor?“, fragt Torres. „Ich denke, dass die offensichtlichen Antworten zwar wahr, aber unvollständig sind. Offensichtliche Antworten sind zum Beispiel: Man wird nicht zum Milliardär, wenn man nicht diese Art von größenwahnsinniger Selbstwahrnehmung hat, in der man sich in jeder Hinsicht überlegen fühlt. Und diese Leute sind extrem gierig. Wenn sie sich mit der Trump-Regierung anfreunden, ist das gut für das Geschäft, für die weitere Festigung ihrer Macht.“

    "Aber ich denke, für Leute wie Musk, und ich würde wahrscheinlich dasselbe für Jeff Bezos sagen, gibt es ein höheres Ziel. Musk hat so viele Hinweise darauf gegeben, dass Macht nicht das Endziel ist. Sogar in dieser Rede, die er gehalten hat, der sehr kurzen Rede nach der Amtseinführung von Trump, in der er den Hitlergruß zeigte. In dieser kleinen Rede sagt er: „Dank Ihnen ist die Zukunft der Zivilisation gesichert.“ Und so denke ich, dass es ein sehr starkes Argument dafür gibt, dass hinter all dem sein tieferes Ziel steht, seine transhumanistischen Projekte zu verwirklichen."

    #USA #TESCREAL #impérialisme #technocratie #fascisme #eugénisme #singularité #transhumanisme

  • « Jusqu’où ira la prochaine présidence ? Il est temps de stopper cette dérive politique et institutionnelle », Delphine Dulong, politiste
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2024/09/10/delphine-dulong-politiste-jusqu-ou-ira-la-prochaine-presidence-il-est-temps-

    La crise politique que la France traverse ne surgit pas de nulle part. Elle ne fait que révéler au grand jour les problèmes et dangers propres à la #Ve_République. Dès l’origine, celle-ci a dénigré la #délibération parlementaire qui fondait jusque-là toutes les décisions politiques au nom d’une conception technocratique du pouvoir qui considère les données chiffrées comme plus neutres et plus efficaces que le débat d’idées.
    La décision politique a été réduite à une technique de gestion rationnelle des ressources et contraintes économiques et sociales. Les gouvernements se sont remplis d’experts (et plus tard de communicants) tandis que les députés des groupes majoritaires à l’Assemblée nationale étaient incités à voter sans discuter ni amender leurs projets.

    https://justpaste.it/ewz7q

    #technocratie #présidentialisme

  • Albert Einstein, Pourquoi le socialisme ?, 1949
    https://sniadecki.wordpress.com/2023/10/17/einstein-socialism-fr
    aussi ici
    https://www.marxists.org/francais/general/einstein/1949/00/einstein.htm

    Est-ce que beaucoup de choses ont changé dans les constats généraux ? (dépossession, emprise des capitalistes sur la presse et donc sur l’opinion publique, mauvaise éducation centrée sur la compétition) Les seuls progrès sont ceux du capitalisme.

    Est-il convenable qu’un homme qui n’est pas versé dans les questions économiques et sociales exprime des opinions au sujet du socialisme ? Pour de multiples raisons je crois que oui.

    […]

    Pour ces raisons nous devrions prendre garde de ne pas surestimer la science et les méthodes scientifiques quand il s’agit de problèmes humains ; et nous ne devrions pas admettre que les spécialistes soient les seuls qui aient le droit de s’exprimer sur des questions qui touchent à l’organisation de la société.

    #Albert_Einstein #socialisme #capitalisme #technocratie #démocratie

  • Technocratisme
    Les grands corps à la dérive
    Alexandre Moatti | Éditions Amsterdam
    http://www.editionsamsterdam.fr/technocratisme


    Couverture © Sylvain Lamy

    TECHNOCRATISME
    LES GRANDS CORPS À LA DÉRIVE

    En France, les élites dirigeantes, tant économiques que politiques, sont pour l’essentiel issues d’une poignée de « grands corps » d’État : le corps des Mines, celui des Ponts et Chaussées, l’Inspection des finances, le Conseil d’État et la Cour des comptes. Pourtant, bien que la moitié des dirigeants du CAC 40 et trois présidents de la République sur quatre depuis trente ans soient issus de ces lieux de production par excellence de la technocratie française, ceux-ci demeurent largement méconnus du public.
    Riche d’une connaissance de première main du système des grands corps et de ses dérives, Alexandre Moatti en propose dans cet ouvrage une critique engagée, à la fois historique et systémique. Il décrypte de manière minutieuse les logiques de carrière qui informent les trajectoires des membres de ces corps et leurs effets néfastes, tant sur l’élaboration des politiques publiques que sur le fonctionnement du secteur privé. Surtout, il montre que la montée en puissance des grands corps s’est accompagnée d’un effondrement de l’éthique de l’État, situation à l’origine non seulement d’une déperdition du lien social en France, mais d’un recul progressif de la démocratie.

    Alexandre Moatti
    Alexandre Moatti est ingénieur au corps des Mines, chercheur associé (habilité à diriger des recherches) à l’université Paris Cité.

    ISBN 9782354802738
    18 EUROS
    256 PAGES
    PARU LE 08 SEPTEMBRE 2023

  • A lire :
    Technocratisme
    Les grands corps à la dérive

    Alexandre Moatti

    Sort aujourd’hui aux Editions Amsterdam

    Crucial pour saisir l’essence des pouvoirs actuels : intrication du politique, de la finance & de la grande industrie ; réseaux & connivences ; perte de toute valeur au profit de l’argent ; et ce qu’Alexandre Moatti nomme « l’effacement progressif de la démocratie »

    https://twitter.com/LBantigny/status/1700441642791047522?s=20

  • Quelques heures avec un participant à l’Atelier Paysan, éleveur agriculteur paysan boulanger, et qui construit des trucs low tech en partant dans tous les sens (moutons, chèvres, maraichage, céréales, boulangerie, poules, canards, verger, agrumes, toutes les constructions, parabole solaire, four à pain, biogaz, réacteur Jean Pain amélioré…)

    Il a construit une MAISON SOUS SERRE en TERRE PAILLE pour moins de 15000 EUROS en AUTONOMIE - YouTube
    https://www.youtube.com/watch?v=Dx2Ctthz63A

    Son livre sur le biogaz
    https://www.terran.fr/produit/47/9782359810493/le-biogaz

    Livre sur la maison à 15000€ à venir.

    #agriculture #élevage #paysan #low_tech #autonomie #énergie

    • Oui il est assez fou fou hyper actif sympathique pas dogmatique. Ça donne envie de s’y mettre.

      Après en vrai, sur le temps de travail réel je pense qu’il sous estime pas mal, ou alors lui et ses copains sur son chantiers sont tous très « efficaces ! ».

    • Je pense que ça doit correspondre pour des gens qui s’y connaissent déjà pas mal. Mais du coup ça donne quand même le temps si c’était une technique reconnue officiellement par l’État et qu’elle pouvait donc être « industrialisée », et faite par des pros, pas que en autoconstruction. Si des pros pouvaient vendre ça, en une semaine t’aurais une maison complète, posée, isolée, et avec presque pas d’emprise au sol. Après évidemment faut ajouter la plomberie et l’électricité, qui prennent quand même un moment (quoi que pour des pros ça peut aller vite aussi SI les plans sont bien faits d’avance).

    • @rastapopoulos
      donc si je comprends bien, ce qui empêche la possibilité que des pros vendent ce genre de service c’est toutes les normes et lois en vigueur (française en l’occurrence).

      Qu’est ce qu’on a comme autres références sur ces différentes façons de construire et habiter - et sur ce qui l’interdit ? Notamment roulotte, yourte, cabane, etc...

    • Il y a le code de l’urbanisme et les PLU (plans locaux d’urbanisme à la discrétion des maires) qui rajoutent une couche de complexité à la chose.

      Quelques liens concernant les habitations légères de loisir (HLL) et les résidences mobiles de loisir (RML)
      (À remarquer que ces structures légères sont toujours considérées comme appartenant au domaine du loisir alors que pour certaines personnes - de plus en plus nombreuses au demeurant, ces habitations constituent une nécessité économique)

      https://blog.urbassist.fr/installer-un-mobil-home-sur-terrain-prive

      https://droitsurterrain.com/terrains-loisirs-zone-naturelle

      https://droitsurterrain.com/chalets-mobilhomes-et-autorisations

      https://fabriquersayourte.fr/reglementation-yourte

      Maintenant, la construction décrite (et bien documentée) dont parle la vidéo n’entre pas dans ces catégories. Pas d’autre choix que de s’attaquer à la lecture du code de l’urbanisme.
      https://www.legifrance.gouv.fr/codes/texte_lc/LEGITEXT000006074075

    • Ici, c’est sans guère de doute l’activité agricole qui ouvre à des souplesses quant à la possibilité de construire sans avoir à faire mine d’être mobile pour respecter la loi. cheval de Troie : je connais des cas où pour en jouir, des gens préparent des diplômes agricoles afin d’acquérir du #foncier à prix raisonnable, et prétendent vouloir cultiver (pour la vente, comme le stipule la loi...) tel ou tel machin, éventuellement pas trop contraignant (herboristerie par ex.), afin de disposer d’un habitat populaire hors acheloume et taudis. c’est du taf (formation, administration, dossier de projet, emprunt, construction, aménagement) de castors 2.0, pas ceux qui font « barrage » dans les urnes, ceux prennent le monde tel qu’ils l’ont trouvé.

      edit : rien ne prouve que ce gars dispose d’un permis de construire autre chose qu’un bâtiment agricole (y mettre la maison serait alors aussi une belle embrouille à l’encontre des norme). la reconnaissance « officielle » ("taf avec des institutions" sur les expérimentations biomasse) et tacite (il bosse, il produit, et même il vend) est aussi à construire. là-aussi, j’ai vu de cas où il a fallut d’abord démontrer deux ou trois ans de taf sur place pour limiter le risque d’embrouille légale sur la pérennisation dun habitat. toute personne du coin doit reconnaître une légitimité à ce qui a lieu, sous peine de poukaveries et d’attitude hostile de la commune. c’est long. et tout compte fait cela exige comme il se doit beaucoup de ressources, de singularité et de coopération, que de pallier le manque d’argent et de contourner la loi en limitant les risques.
      #habiter_le_monde #technocratie #logement

    • C’est très sympa à écouter, avec l’esprit autoconstructeur qui ne s’embarrasse pas des détails, très pertinent.

      Même si c’est contradictoire avec le fait de vouloir une toiture plate et en plus végétale, pour le coup ce sont des complications inutiles qui rendent le résultat peu robuste dans le temps. Tout ce qui est enduit terre sur les murs prend un temps extraordinairement long si c’est fait à la main (quand il cite une durée d’une semaine à plusieurs, ça me paraît pas possible, ou alors c’est projeté avec une machine).
      La quantité de terre mise en toiture est assez folle (mais nécessaire pour avoir un confort d’été comme la maison est sous une serre).
      Globalement toute la technique repose sur des engins de levage, il faut être à l’aise avec si jamais on en loue pour le faire soi-même, il faut avoir de la place pour tourner autour avec.
      Bref, le résultat est bizarre, car finalement c’est assez sophistiqué par rapport à des constructions bois plus classiques réalisables avec des éléments manuportables.

  • Nécro(techno)logie : Claude Lorius n’a rien vu en Antarctique
    https://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?article1831

    Toujours en librairie : Le Règne machinal (la crise sanitaire et au-delà). Voir ici

    Le glaciologue Claude Lorius est mort le 21 mars. Nous ne sommes pas du genre à gifler les cadavres, comme le firent les surréalistes à la mort d’Anatole France en 1924. Quoique la main vous démange à la lecture de la presse éplorée. Le Figaro salue le « pionnier de la climatologie moderne », Le Daubé le « lanceur d’alerte précoce », Libération le « géant des glaces », Le Monde le « héros légendaire ». Qu’a donc fait Claude Lorius (à part mourir) pour mériter de telles louanges ? Il a établi, en 1987, le lien entre la teneur en gaz à effet de serre dans l’atmosphère et l’évolution climatique. D’un point de vue scientifique, s’entend. Ses études ont vérifié les observations des montagnards : « ils ont détraqué les saisons ». Ce (...)

    #Nécrotechnologies
    https://www.piecesetmaindoeuvre.com/IMG/pdf/lorius_n_a_rien_vu.pdf

    • Lorius prétend nous livrer la cause du désastre en reprenant le terme d’Anthropocène, forgé au début des années 80 par le biologiste Eugène Stoermer. Celui-ci le popularise en 2002 dans un article de Nature corédigé avec Paul Crutzen, prix Nobel de Chimie 1995. Pardon de rabâcher, mais les nécrologies servent aussi à ça. Stoermer et Crutzen ne font pas remonter les causes du bouleversement géo-climatique à l’apparition de l’anthropos – à « l’ère des humains », comme le prétend Lorius - voici trois millions d’années, ni même à l’émergence du capitalisme. Ils situent le début de cette ère en 1784, année du perfectionnement de la machine à vapeur11 . C’est-à-dire le début de l’usage des énergies fossiles : la révolution thermo-industrielle. Leur terme englobant d’Anthropocène est abusif et commode pour dissimuler la vraie rupture, celle du Technocène. La société industrielle, motorisée par les progrès technoscientifiques, a détruit les équilibres climatiques et écologiques. Point.

      […]

      Remonter à la racine des maux signifie regarder en arrière. Les causes, par définition, sont dans le passé. Lorius le savait bien, qui lisait dans ses carottes de glaces polaires les différentes étapes des dégâts industriels sur notre biotope. Mais ses conclusions, 30 ans plus tard, étaient celles d’un aveugle : « Comment encourager la croissance qui est nécessaire, en respectant l’environnement ?14 »
      La croissance de quoi ? Des températures ? Du niveau des mers ? De la sécheresse ? Bref, Lorius n’avait rien vu dans l’Antarctique. C’était bien la peine d’aller si loin et de brûler tant de kérosène.
      Il est trop tard pour les glaciers. Et pour nous, simples anthropoïdes ?

      #anthropocène #capitalocène #technocène #climat #réchauffement_climatique #écologie #technocratie #Grenoble #science #recherche #Claude_Lorius #glaciers

    • Finalement, les héros légendaires sont des scientifiques comme les autres.

      Oui, et la connaissance de la nature ne garantit pas d’avoir des idées politiques particulièrement intéressantes.

      Qu’a donc fait Claude Lorius (à part mourir) pour mériter de telles louanges ? Il a établi, en 1987, le lien entre la teneur en gaz à effet de serre dans l’atmosphère et l’évolution climatique. D’un point de vue scientifique, s’entend. Ses études ont vérifié les observations des montagnards : « ils ont détraqué les saisons ». Ce que chacun constatait en levant le nez,

      D’un point de vue scientifique… Quel autre point de vue y aurait-il ? Le montagnard qui lève son nez a-t-il accès à des centaines de milliers d’années d’évolution du climat ? Renifle-t-il des concentrations de co2 ? Sa peau sent-elle des augmentations moyennes de température sur le globe ? Ses oreilles détectent-elles des changements d’orbite de la Terre ?

  • Ca fait 3 fois que je vois cette audition sur ma timeline masto :

    https://invidious.fdn.fr/watch?v=L0ZX3moD_mQ

    avec des commentaires ébahis sur l’intellect et la précision de ce personnage.
    Le monsieur a effectivement beaucoup de point commun avec Janco : il parle vite, il emploi pleins de mots techniques et il parle un sujet qu’une poignée de personnes connaissent vraiment.

    Donc ce gars il dit (très vite) :

    – Le nucléaire c’est une technologie sûre (euh...on parle des accidents catastrophiques tous les 10 ans à l’échelle mondiale ? On parle de Zaporijjia ?)

    – La technologie de gestion des déchets par vitrification et enfouissement est maitrisée par la France et cette maitrise est enviée à l’international : alors là je suis mdr parce que recycler 5% du combustible et envoyé tout le reste à l’air libre en Russie (https://kolektiva.media/w/a97ab6fa-b749-4fdc-9f57-34a28570d35f) (d’ailleurs ça va où maintenant) en attendant d’avoir foutu tous les opposants à Bure en prison (https://www.sortirdunucleaire.org/Bure-plainte-violation-domicile) ...j’avoue que faut l’oser celle là. (Sans compter que les tentatives de stockage profond en Allemagne ont juste eu des répercussions catastrophiques : fuites imprévues...mais c’est pas grave, nous on veut que ça dure des centaines de milliers d’années et comme on est français, on sait faire)

    – Les énergies renouvelables ça nous rend hyper dépendant du gaz, la preuve, regardez depuis la guerre : A bas c’est sûr qu’avec le parc nucléaire en maintenance et avec des fissures partout on s’en sort à fond ouais. En parlant de guerre : on reparle de Zaporijjia sinon ?
    Et bien sûr il parle pas du tout du stockage, de sobriété énergétique, de notre dépendance à l’électricité pour le chauffage et du lien avec le fait qu’en France on a eu que des grilles pains comme chauffage pendant des années pour « absorber » le surplus nucléaire.

    – Il fallait construire plus de centrales parce qu’on a perdu le savoir faire.
    Alors sur le savoir faire je suis d’accord. Ça n’a bien sûr rien à voir avec l’emploi massif de sous traitants. Si on construit de nouveaux réacteurs (56, un peu moins de la moitié du parc mondial, c’est clairement pas assez t’as raison) on les mets où ? (Tout ceux qui veulent une centrale nucléaire en face de chez eux lèvent le doigt).

    Bref...c’est comme d’habitude : un dégueuli de conneries technocrates qui oriente le discours où il veut.
    Je pense qu’il faut vraiment travailler sur cette fascination que provoque ce genre de personnes.
    Je pense aussi que lutter contre cette fascination passe par un approfondissement des connaissances dans certaines domaines, notamment ceux définis comme « régaliens » par nos Etats.
    Ils sont bien trop important pour qu’on laisse ces Etats décider dans un entre-soi entre techniciens amoureux fous de procédés complexes, militaires opportunistes et politiques pressés.

  • Il est temps de faire entrer les voix des gens dans le code | Hubert Guillaud
    https://hubertguillaud.wordpress.com/2022/11/24/il-est-temps-de-faire-entrer-les-voix-des-gens-dans-le-cod

    Pour Robinson, les algorithmes sont des productions de compromis, d’autant plus efficaces qu’ils peuvent être modifiés (et ne cessent de l’être) facilement. Leur adaptabilité même nous invite à tisser un lien, trop inexistant, entre la société et la technique. Puisque les modifier n’est pas un problème, alors nous devrions pouvoir en discuter en permanence et avoir une voix pour les faire évoluer. Ils sont tout aussi bordéliques que la réalité. L’expertise technique n’est jamais et ne devrait jamais être prise comme une autorité morale. La participation ne devrait pas être vue comme quelque chose de lourd et de pesant, mais bien comme le seul levier pour améliorer la justice du monde. Robinson nous invite à imaginer un monde où les plus importants systèmes techniques refléteraient bien des voix, même la nôtre. Pour l’instant, ce que l’on constate partout, c’est que tout est fait pour ne pas les écouter.

  • STMicroelectronics, les incendiaires et les voleurs d’eau
    https://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?article1720

    Toujours en librairie : Le Règne machinal (la crise sanitaire et au-delà). Voir ici

    Qui a mis le feu ? La société thermo-industrielle, en 1784, avec la combustion des énergies fossiles, le perfectionnement des machines à vapeur et autres « pompes à feu ». On pourrait certes remonter au paléolithique et à la domestication du feu, la politique de la terre brûlée ne date pas du Technocène ; mais la responsabilité de la technocratie dirigeante (ingénieurs, entrepreneurs, cadres, scientifiques, etc.) dans l’incendie planétaire est écrasante, démontrée et publiée. Si les mots ont un sens, chacun de ses membres est aujourd’hui co-responsable d’écocide et de crime contre l’humanité – peut-être involontaire dans nombre de cas. Mais voici un demi-siècle au moins que l’ignorance des malfaiteurs ne peut plus être (...)

    #Nécrotechnologies
    https://www.piecesetmaindoeuvre.com/IMG/pdf/stmicro_les_incendiaires_et_les_voleurs_d_eau.pdf

    • Coupables, les fondateurs, les cadres, les ingénieurs, les opérateurs et les financiers de STMicroelectronics, une des plus importantes sociétés de semi-conducteurs européennes, issue en 1972 du Commissariat à l’énergie atomique de Grenoble.
      Coupables, les présidents Chirac, Sarkozy, Hollande – et aujourd’hui Macron – qui ont tous visité, célébré, financé, ce monstre techno-industriel qui assèche les eaux de la Cuvette grenobloise pour fabriquer des smartphones et des voitures.
      Coupables les élus locaux qui soutiennent des mesures dérogatoires afin que STMicro puisse pomper jusqu’aux dernières gouttes l’eau de la Cuvette.
      Complices les masses de consommateurs stupidement avides d’objets connectés, et les pseudo écolos qui ne voient de remède à la peste climatique que dans le choléra nucléaire.
      Complices les pseudo radicaux qui refusent de voir dans la technologie le front principal de la guerre entre puissants et subissants. Celui qui commande les autres et où toute percée, toute innovation, dégrade davantage le rapport de forces en faveur des premiers et au détriment des seconds.

      […]

      Il faut choisir : boire ou se connecter

      https://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=1720

      #eau #canicule #écologie #critique_techno #STMicroelectronics #Grenoble #Macron #technocratie