• Pas de communs sans communauté

    Maria Mies

    https://lavoiedujaguar.net/Pas-de-communs-sans-communaute

    L’intérêt actuel pour les nouveaux communaux est bienvenu. Cela montre que de plus en plus de gens comprennent que notre système mondial capitaliste actuel ne peut résoudre aucun des problèmes qu’il a lui-même créés. La plupart des gens qui veulent créer de nouveaux communaux recherchent un nouveau paradigme économique et social. Pourtant, je pense qu’il est nécessaire de porter un regard plus critique sur les principaux concepts et arguments utilisés dans le discours contemporain sur « les biens communs ». Aujourd’hui, les « nouveaux biens communs » font l’objet d’un battage médiatique, notamment le mythe d’Internet comme bien commun et source de nouvelles communautés. Dans cet article, je pose plusieurs questions : Que voulons-nous dire lorsque nous parlons de « nouveaux biens communs » ? Que pouvons-nous apprendre des anciens communaux ? Qu’est-ce qui doit être changé aujourd’hui ? Y a-t-il une perspective réaliste pour les nouveaux biens communs ?

    Tout d’abord, je tiens à souligner qu’aucun bien commun ne peut exister sans une communauté. Les anciens biens communs étaient entretenus par une communauté clairement définie dont les membres s’engageaient à accomplir un travail communautaire pour subvenir à leurs besoins. (...)

    #Maria_Mies #communs #communauté #Allemagne #_enclosures_ #arbre #autonomie #écoféminisme #brevet #technocritique #Internet #Papouasie #Inde #Vandana_Shiva #développement #numérique

  • 5G mon amour | Nicolas Bérard
    https://lundi.am/5G-mon-amour-Nicolas-Berard

    Depuis plus d’un an et particulièrement ces derniers mois, les sabotages d’antennes-relais se sont multipliées, en France et en Europe. À Grenoble, le procureur privilégie la piste de « l’ultragauche anarcho-libertaire ». D’autres incriminent volontiers des « complotistes ». Dans "5G mon amour", Nicolas Bérard apporte un autre éclairage : que l’on soit électrohypersensible, simplement muni d’un peu de bon sens ou que l’on tende l’oreille à des médecins et des scientifiques qui s’inquiètent depuis quelques années à ce sujet, il y a aurait des raisons parfaitement raisonnables modérées de refuser la 5G. Source : Lundi (...)

    • Nicolas Bérard appuie son propos sur un terrain de données solide, déjà exploré par d’autres, mais rassemblé par lui dans un langage simple dont le ton familier n’exclut pas la rigueur. Ce terrain, c’est celui de l’activité des lobbies industriels qu’on a vu successivement œuvrer tout au long du 20e siècle : lobby du plomb, de l’amiante, du nucléaire, des pesticides… On sait qu’ils se sont employés, pour le plus grand profit des magnats de ces industries, à corrompre les gouvernements et à empoisonner les esprits aussi bien que la planète grâce au soutien de scientifiques à leur solde. S’agissant de la téléphonie mobile, l’escroquerie des normes, le noyautage des structures de contrôle, la promotion du smart world, et les liens consanguins entre ce secteur économique et les médias constituent l’arsenal qui explique la rapidité avec laquelle il a conquis le monde. Bérard nous en fournit une analyse fouillée avant d’attaquer le cœur de la question : la 5G constitue-t-elle une menace sanitaire majeure, pour les insectes aussi bien que pour nous ? Indiscutablement, la réponse est oui.

      #5G #santé #électrohypersensibilité #électrosensibilité #technologisme #technocritique #critique_techno #environnement #lobby_du_sans-fil #lobby_des_ondes

  • Écran Total, Des lits, pas des applis !

    Comment expliquer autrement qu’un service public de santé, que l’on dit exsangue, qui manque de l’essentiel [...], ait pu affronter la « vague », selon l’expression quotidiennement matraquée ?

    Puisque les analogies guerrières sont à la mode, la situation fait penser à celle du front russe, pendant la Deuxième Guerre mondiale, qui a cessé d’enregistrer catastrophe sur catastrophe (du point de vue soviétique) à partir du moment où l’on a aboli l’institution des commissaires politiques et relâché le contrôle idéologique et politique sur l’armée, l’économie et la société en général. Dans certaines régions, la machine bureaucratique avait même complètement disparu, et les populations ont pu organiser elles-mêmes des régiments de partisans.

    De la même manière, en mars 2020 en France, les bureaucrates font profil bas, ont arrêté de mettre des bâtons dans les roues du personnel. On ne parle plus de suppression de lits, de plan de modernisation, mais de soin, de dignité. Il faut applaudir les « héros ». La doctrine officielle a changé. C’est pour l’avoir compris trop tard que le directeur de l’ARS Grand-Est a été limogé. [...]

    Nous, membres du collectif Écran Total, nous disons : attention ! Car les coupes budgétaires ne sont qu’un aspect de la modernisation de l’hôpital. Le deuxième tranchant du sabre utilisé pour saccager le service public, c’est le déploiement des outils gestionnaires, en particulier informatiques, c’est le pouvoir insupportable de l’administration qui empêche les soignants de faire le métier pour lequel ils ont été formés en leur imposant une « #rationalisation » de leur activité. Avant la crise, durant le mouvement de grève des hôpitaux, on a entendu cette revendication, qui indique le niveau d’absurdité où nous sommes arrivés : il faut que ce soient les praticiens qui organisent les soins, pas les gestionnaires.

    Or nulle part on ne lit ni n’entend : Embauchez des infirmières, virez des managers ou, plus simplement : Des lits, pas des applis .

    https://sniadecki.wordpress.com/2020/04/28/num-hopital-t2a

    #hopital, #T2A, #technocratie, #technocritique, #critique_techno, #Ecran_total, #coronavirus, #autonomie_politique, #bureaucratie.

  • Ne laissons pas s’installer le monde sans contact

    Appel au boycott de l’application #Stop-COVID19

    Bien sûr, il n’a pas échappé à grand-monde que la situation présente a permis aux gouvernements de nombreux pays de tétaniser, pour un temps indéterminé, les contestations parfois extrêmement vives dont ils faisaient l’objet depuis plusieurs mois. Mais ce qui est tout aussi frappant, c’est que les mesures de distanciation interpersonnelle et la peur du contact avec l’autre générées par l’épidémie entrent puissamment en résonance avec des tendances lourdes de la société contemporaine. La possibilité que nous soyons en train de basculer vers un nouveau régime social, sans contact humain, ou avec le moins de contacts possibles et régulés par la bureaucratie, est notamment décelable dans deux évolutions précipitées par la crise sanitaire : l’aggravation effrayante de l’emprise des Technologies de l’information et de la communication (TIC) sur nos vies ; et son corollaire, les projets de traçage électronique des populations au nom de la nécessité de limiter la contagion du COVID-19. [...]

    Le confinement est ainsi une aubaine pour s’approcher de l’objectif de remplacement de tous les services publics par des portails en ligne, fixé par le plan Action publique 2022. Comme on le voit avec la suppression des guichets SNCF, cette numérisation accélère la privatisation des services publics, par le transfert de leur travail à des plateformes commerciales aux pratiques opaques, fondées sur le profilage massif des individus. Elle évince violemment l’ensemble des usagers peu ou pas connectés – un cinquième de la population, parmi lesquels les personnes âgées, les plus vulnérables économiquement et les récalcitrants. Elle oblige désormais des catégories en voie de paupérisation massive à s’acheter parfois autant d’équipements informatiques « de base » (PC, smartphone, imprimante, scanner…) que le foyer compte de membres Elle nous fait basculer dans un monde profondément déshumanisé et kafkaïen. [...]

    Cette crise met une fois de plus en évidence le problème de la dépendance des peuples envers un système d’approvisionnement industriel qui saccage le monde et affaiblit notre capacité à nous opposer concrètement aux injustices sociales. Nous percevons que seule une prise en charge collective de nos besoins matériels, à la base de la société, pourrait permettre, dans les troubles à venir, de trouver à manger, de se soigner, d’accéder aux services de base. Il faut comprendre que l’informatisation va à l’encontre de ces nécessaires prises d’autonomie : le système numérique est devenu la clé de voûte de la grande industrie, des bureaucraties étatiques, de tous les processus d’administration de nos vies qui obéissent aux lois du profit et du pouvoir.

    http://www.terrestres.org/2020/04/27/ne-laissons-pas-sinstaller-le-monde-sans-contact

    Illustration : Ne nous y trompons pas, la distance sociale a commencé il y a des années .

    #technocritique, #critique_techno, #Ecran_Total, #La_Lenteur, #coronavirus, #numérique, #informatique, #autonomie_politique.

  • Coronavirus : « La deuxième réponse sera technologique », même « s’il ne s’agit pas d’imposer un contrôle numérique intensif des déplacements »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/04/01/coronavirus-la-deuxieme-reponse-sera-technologique-meme-s-il-ne-s-agit-pas-d

    Partout dans les médias de masse, on voit fleurir des discours technophiles qui vantent les bienfaits de la surveillance généralisée pour répondre à la crise sanitaire. Ne soyons pas dupes, ces technologies ne serviront en rien les malades atteints du coronavirus. Tout juste serviront-elles les fantasmes des malades atteint d’ordo-capitalisme aigu.

    Nous ne voulons pas de géolocalisation de données, de drones ou de caméras infra-rouges ou d’autres technologies issues tout droit de 1984. Nous, on veut juste des soignants, des lits, et des masques !

    • Je ne sais pas s’il faut rejeter ça en bloc.

      Si, en cas de test positif, on a la possibilité de prévenir immédiatement les personnes qui ont été en contact avec la personne dépistée, pour qu’elles se confinent et se testent elles-mêmes, il me semble qu’on a là un élément important de prévention. Le « suivi des contacts » est un élément qui pourrait permettre d’éviter un renouvellement (l’an prochain) de l’explosion qu’on vient de connaître, et pour ma part je n’y vois pas d’objection de principe, au contraire.

      Sur cette prémisse (on est d’accord ou pas), il est possible, semble-t-il, de le faire sans violer tous les principes de protection de la #vie_privée : c’est en tout cas ce que prétend le projet PEPP-PT (https://seenthis.net/messages/837253), qui mérite attention.

      Mais c’est clair que la plupart des industriels qui se placent sur les rangs de ce nouveaux et juteux marché sont issus du #complexe_militaro-industriel (notamment Palantir). Et ça fout franchement les jetons en termes de #stratégie_du_choc.

      #contact_tracing #virusphone

    • C’est vrai que c’est un outils et qu’il est potentiellement possible de pas bafouer tous les principes de la vie privée mais il sera réglementé par des marcheurs blancs tel que Castaner et Laetitia Avia et autres qui ont deja montré que leur but n’est pas la réduction de la pandémie mais la réduction des libertés, des droits et l’augmentation du taux de contaminé·es, d’éborgné·es, de mutilé·es, de suicidé·es, de burn-outé·es. Avec Blanquer ou Adrien Taquet on peu voire qu’illes n’hésitent meme pas à s’attaquer aux gosses.

    • Je ne pars pas du principe que les macronistes resteront encore bien longtemps au pouvoir. C’est mon côté optimiste au petit matin (ça ne va pas durer).

    • C’est pas l’optimisme qui m’étouffe mais c’est vrai qu’illes nous chauffent tellement qu’on va peut etre faire des reconstitution historique de 1789. Pour les applis de tracking il suffira de laisser les mouchards à la maison car on est pas obligé de porter nos portables.

    • Lu il y a quelques temps, un roman d’anticipation de Philippe Pujol Marseille 2040, le jour où notre système de santé craquera (Flammarion 2018) raconte l’organisation de la société et de la médecine après le « Grand Flash » (Pandémie de grippe qu’il situe dans son livre en 2028).

      Février 2018 :
      https://www.nouvelobs.com/societe/20180214.OBS2198/quand-notre-systeme-de-sante-sera-gouverne-par-l-intelligence-artificiell

      Ces dernières années, j’ai été amené, comme aidant, à beaucoup fréquenter les hôpitaux. J’ai vu monter le malaise des soignants, croître les tensions entre patients et médecins. Et j’ai rencontré de nombreux spécialistes qui redoutent, d’ici à 2023-2024, une grave crise sanitaire liée à l’état de notre système de santé – ce scénario-catastrophe n’est donc pas une pure création de mon esprit.

      Pour l’aspect militaro-industriel de la surveillance globale @fil il n’y a aucun doute, les #spéculateurs technobéats vont s’y engouffrer. Ils savent surfer sur l’acceptation que leurs stratégies de persuasion mettent en place. CF le cynique livre bleu du Gixel qui préconisait de faire accepter d’abord la surveillance aux enfants.
      #mal_barré

    • @fil s’il y avait un petit ange et un petit démon de chaque côté de ma tête, tu serais le petit ange qui me dis qu’après la crise, on pourra espérer mieux. Côté démon, le @mdiplo a bravé les checkpoints postaux pour se glisser ce matin dans ma boîte aux lettres, et l’édito d’Halimi estompe ton optimisme :

      Dès maintenant !, par Serge Halimi (Le Monde diplomatique, avril 2020)
      https://www.monde-diplomatique.fr/2020/04/HALIMI/61619

      Depuis trente ans, chaque crise a nourri l’espérance déraisonnable d’un retour à la raison, d’une prise de conscience, d’un coup d’arrêt. On a cru au confinement puis à l’inversion d’une dynamique sociopolitique dont chacun aurait enfin mesuré les impasses et les menaces [...] Ce ne fut pas le cas.

      La fin de confinement ne sera pas un dîner de gala.

      Et puis il y a ces signaux rouges qui montrent que la #stratégie_du_choc fonctionne à plein régime, par exemple, les préconisations de la caisse des dépôts sur la libéralisation à venir de l’hôpital public révélés hier par Mediapart, ou l’incapacité de la plupart des gauches marxistes à faire le distingo entre nationalisation et étatisation des quelques industries capables de produire des réponses à la crise.

      Donc, je me dis qu’à ce rythme-là, Macron ou l’homologue qui le remplacera ont encore de beaux jours devant eux. (mais c’est mon côté blasé de fin d’après-midi ;-) )

    • l’appli que Barbier a déjà du télécharger plusieurs fois. Histoire d’être sûr de son déconfinement ne lui sera d’aucun secours pour son immunité contre la connerie. Confinons Brice Laculture, Jean quatremerde et cravate rouge à ne s’exprimer que sur #twittoland.

    • Oui je sais (j’ai été au CA d’une grosse asso antinuc, je connais un peu la carte des pays producteurs, merci) mais ce ne sont pas tout à fait les mêmes techniques. Une fois adopté le nucléaire civil, il faut encore des investissements (pas forcément utiles si on a les bonnes alliances militaires) pour avoir des bombes atomiques.

  • Rapiécer le monde. Les éditions La Lenteur contre le déferlement numérique | Terrestres
    https://www.terrestres.org/2019/12/20/rapiecer-le-monde-les-editions-la-lenteur-contre-le-deferlement-numeriqu

    L’objectif de leurs écrits est de construire une critique anticapitaliste de la technologie qui ne soit pas réactionnaire. Une critique en acte qui associerait la parole et l’action, l’analyse critique et la construction de nouveaux mondes. Si, à partir du XIXe siècle, le progrès technique s’est inventé comme la condition de possibilité de l’émancipation sociale et de la liberté, peu à peu s’est imposé un divorce croissant entre ce progrès technique et le progrès humain. La thèse des textes publiés à la Lenteur est que le numérique actuel accélère ce divorce ancien, que les technologies dites numériques facilitent de plus en plus le démontage des droits sociaux, des solidarités tout en restreignant sans cesse la liberté. Loin de rompre avec les logiques de destruction et de contrôle des techniques modernes, les technologies numériques apparaissent de plus en plus comme le franchissement d’un nouveau seuil. Ce constat semble de plus en plus partagé, comme le montre les mobilisations massives autour des compteurs communiquants Linky et les doutes autour de la cybersurveillance et l’impact écologique et énergétique croissant des infrastructures et objets numériques. La thèse selon laquelle le numérique est un enjeu politique central, qui implique de lutter contre les entreprises et l’État qui rendent cette dépendance au numérique généralisée, s’étend.

    #technocritique #critique_techno #La_Lenteur #François_Jarrige #livre

    • Comment envisager d’instaurer un monde vivable et écologiquement moins destructeur si partout explosent les consommations énergétiques, des infrastructures matérielles destructrices, et des promesses abstraites et creuses sur les futurs technologiques heureux. Mais aussi, que signifie concrètement s’opposer à l’informatisation du monde et de nos vies alors que le consumérisme high tech ne cesse d’être vantée, promue et encouragée partout, y compris dans les milieux militants qui invitent à liker, tweeter et partager sur Facebook leurs actions pour les rendre visibles.

      […]

      L’informatique offre de multiples avantages et facilités apparentes – c’est comme ça qu’il s’impose – tout en multipliant les nouvelles complexités, les nouvelles dépendances et les nouvelles fragilités. Les deux vont ensembles et sont indissociables, c’est toute l’ambivalence de ce qu’on nomme le « progrès technique ». Ce débat travaille de nombreux groupes militants qui consacrent un temps croissant à s’agiter sur le net, et une revue en ligne comme Terrestres elle-même n’est pas exempt de ce défaut en faisant le choix de circuler en ligne, via des réseaux sociaux, tout en invitant à redevenir terrestre. Il ne s’agit pas de culpabiliser ni de renvoyer aux usages individuels, car la plupart des gens n’ont pas choisi ni ne sont enthousiastes face à la numérisation en cours. Il s’agit d’abord de penser ces questions d’un point de vue collectif et global, et de s’opposer aux discours officiels et médiatiques dominants, conditions préalables à la possibilité de formes de vies et d’expérimentations différentes.

      […]

      Contre le philosophe et économiste Frédéric Lordon, la critique se fait plus ravageuse puisqu’il est présenté comme un habile rhéteur, aux positions visibles dans la gauche radicale contemporaine, mais qui refuse obstinément de penser la question technique comme une question politique, ni d’affronter totalement le monde réel tel qu’il est.

  • 5G mon amour - Le passager clandestin
    http://lepassagerclandestin.fr/catalogue/hors-collection/5g-mon-amour.html

    La France compte plus de cartes SIM en fonctionnement que d’habitant·es, et demain, avec l’arrivée de la #5G, ce seront tous les objets du quotidien qui seront connectés. Les voitures seront autonomes. Les foyers communicants. Les villes « intelligentes ».

    Mais est-on vraiment sûr que l’utilisation tous azimuts d’ondes électromagnétiques ne présente aucun risque ? Absolument pas, répond Nicolas Bérard au terme d’une enquête sur l’envers de ce "miracle technologique".

    Comment et par qui les normes, censées nous protéger, ont-elles été mises en place ? Quels liens entre opérateurs téléphoniques, médias et gouvernements ? Quels sont les effets de cette technologie sur la santé humaine et le vivant ?

    A l’aube du développement d’une nouvelle pollution de masse, ces questions ne sont jamais posées dans le débat public.

    #technocritique #critique_techno

  • Reconnaissance faciale, 5G : les choix technologiques ne doivent plus échapper aux citoyens - Libération
    https://www.liberation.fr/debats/2020/01/30/reconnaissance-faciale-5g-les-choix-technologiques-ne-doivent-plus-echapp

    Les controverses liées au numérique se multiplient. Cependant, prises unes à unes, elles ne permettent pas de voir un enjeu plus global : le cruel manque de démocratie dans ces décisions. Tribune. Pas une semaine ne passe sans qu’un scandale lié aux nouvelles technologies n’éclate. A peine voit-on les dégâts qu’a produit la numérisation à marche forcée de certains services de l’Etat que nous voilà rattrapés par le débat à propos de la reconnaissance faciale, talonné de près par le procès à venir de la 5G. (...)

    #algorithme #5G #biométrie #technologisme #domination #facial #reconnaissance #[fr]Règlement_Général_sur_la_Protection_des_Données_(RGPD)[en]General_Data_Protection_Regulation_(GDPR)[nl]General_Data_Protection_Regulation_(GDPR) #CNIL (...)

    ##[fr]Règlement_Général_sur_la_Protection_des_Données__RGPD_[en]General_Data_Protection_Regulation__GDPR_[nl]General_Data_Protection_Regulation__GDPR_ ##LaQuadratureduNet

  • Faut-il faire la 5G ? – Jean-Marc Jancovici
    https://jancovici.com/publications-et-co/articles-de-presse/faut-il-faire-la-5g

    Tribune de Hugues Ferreboeuf, Directeur du projet « sobriété numérique » au Shift Project, et votre serviteur, parue en ligne sur lemonde.fr le 9 janvier 2020

    Cela fait maintenant quelques semaines que le processus d’attribution des fréquences nécessaires aux réseaux 5G est lancé. Comme pour beaucoup d’autres sujets « tech », ce déploiement semble aller de soi, sur la seule base de l’affirmation maintes fois entendue qu’il s’agit d’un enjeu stratégique et un projet industriel majeur.

    Mais, ce faisant, ne sommes nous pas en train de confondre, comme un gamin excité à la veille de Noel, ce qui est nouveau et ce qui est utile, ce qui semble urgent avec ce qui est important ? Est-il normal, maintenant que la décarbonation est dans tous les esprits, que la mise en place de la 5G ne s’accompagne en France d’aucune évaluation mettant en balance le supplément de service rendu avec les inconvénients environnementaux additionnels – car il y en a ? Et, alors que les effets négatifs de la « prolifération numérique » sur le bien-être personnel – notamment des enfants – et le bien-vivre collectif commencent à être bien documentés, devons nous en rajouter sans même prendre le temps de savoir dans quoi nous nous lançons ?

    Au final, avec ce déploiement la consommation d’énergie des opérateurs mobiles serait multipliée par 2,5 à 3 dans les 5 ans à venir, ce qui est cohérent avec le constat des opérateurs chinois ayant déployé 80.000 sites 5G depuis un an.

    Cet impact n’a rien d’anecdotique puisqu’il représenterait environ 10 TWh supplémentaires, soit une augmentation de 2% de la consommation d’électricité du pays. A cela il faudra rajouter l’énergie nécessaire à la fabrication des éléments de réseau, et surtout à la production des milliards de terminaux et d’objets connectés que nous souhaiterons relier via ce réseau (dans le monde, l’énergie de fabrication des terminaux, serveurs, et éléments de réseau représente 3 fois l’énergie de fonctionnement des réseaux, hors data centers).

    #énergie #technocritique #critique_tecnho @rastapopoulos !

  • Miguel Benasayag : « Penser un monde géré par une raison calculante est la pire des folies »
    https://www.franceculture.fr/emissions/le-reveil-culturel/miguel-benasayag-quand-les-big-data-decident-des-orientations-du-monde

    Rencontre avec le philosophe, psychanalyste, qui fait paraître « La tyrannie des algorithmes », aux éditions Textuel Tewfik Hakem s’entretient avec Miguel Benasayag, psychanalyste, essayiste, chercheur en épistémologie, auteur de La tyrannie des algorithmes, paru aux éditions Textuel. "(...) C’est au quotidien que la vie collective est insidieusement « prise en charge » par les machines : logiciels de surveillance couplés à des caméras, justice prédictive, suivi marketing de nos moindres faits et (...)

    #algorithme #robotique #CCTV #GPS #technologisme #justice #prédiction #vidéo-surveillance #BigData #marketing #profiling #surveillance (...)

    ##SocialCreditSystem

  • « Ma colère est grande : pourquoi ne parvient-on pas à dépasser la question des "écrans" ? Ces procès et autres chroniques, émissions, propos, ou polémiques sont totalement irresponsables. Ils oublient que toutes les évolutions matérielles et leurs usages s’inscrivent dans un "système" et que les intentions sous-jacentes sont porteuses d’un projet de société, d’un projet politique, mais aussi philosophique. »

    http://brunodevauchelle.org/2019/12/30/derriere-les-ecrans-la-parentalite-derriere-la-parentalite-le-proj

    #écrans #lesZécrans #paniqueMorale

    • Ah... Un passage intéressant ici :

      Un phénomène mérite d’être analysé en complément, c’est celui des jeux auquel il faut adjoindre celui de la publicité. La captologie, technique de captation de l’attention, est derrière ces différents objets. Les concepteurs de jeux ont compris, à l’instar des publicitaires, les points faibles de l’humain. Associés à un marketing agressif de biens et de services conçus par des « élites » peu soucieuses d’autres choses que la rentabilité financière à court terme, se sont donc banalisés les « réclames » et les « jeux vidéo ». Dans les deux cas l’origine humaine est aisément observable : le jeu est un moteur du développement de l’enfant, l’information publicitaire s’appuie sur les besoins humains (Maslow) qu’il convient de faire passer comme fondamentaux. Ainsi en est-il des objets techniques disposant d’un écran qui concernent particulièrement l’humain et surtout le fonctionnement de son cerveau (réel et imaginaire s’y rejoignent). Derrière ces écrans, un projet de société qui s’appuie sur la faiblesse humaine, celle des enfants qui découvrent le monde tel qu’il est mais surtout, celle des parents bien trop peu avertis et souvent peu formés à la « posture parentale ».

    • Je crois que j’adhère à l’essentiel, du moins je le comprends, mais il faudrait maintenant que Bruno Devauchelle développe cette approche et propose des pistes pour essayer de trouver des solutions pertinentes à "l’ « éducation impossible » ou tout au moins de plus en plus difficile" dont il parle. Dans l’immédiat, de mon côté, je bricole avec un peu de succès mais je suis très loin du compte et je manque de dialogue :)

  • Comment bâtir un internet low tech
    https://journals.openedition.org/tc/8489

    Dans les sociétés de consommation modernes comme dans les pays en développement, l’internet sans fil est en progression. Mais si les pays riches mettent l’accent sur la connectivité permanente et l’augmentation continuelle des débits, les pays pauvres, eux, accèdent à l’internet via des réseaux nettement plus rudimentaires et souvent asynchrones.
    Alors que l’approche « haute technologie » ou « high-tech » tire les coûts et la consommation d’énergie toujours plus haut, les solutions de faible technicité ou « low-tech » permettent d’obtenir des réseaux beaucoup moins onéreux, à fort rendement énergétique, adaptés aux énergies renouvelables et résistants aux perturbations.
    Les technologies de réseau alternatives offrent des solutions intéressantes, dont on peut s’inspirer pour donner un accès à l’internet lorsque les ressources énergétiques sont limitées. Leur atout majeur réside dans le fait qu’elles peuvent être mises en œuvre sans attendre la contribution de l’État ou des entreprises : en coopérant tous ensemble, nous pouvons construire une infrastructure de communication robuste. En témoignent les différents réseaux communautaires construits en Europe, dont le plus grand affiche déjà plus de 35 000 utilisateurs.

    Par Kris De Decker.

    Le texte devrait être libéré en janvier mais je le poste déjà pour ne pas oublier.
    #low-tech #technocritique

  • #Internet : face à « l’#utopie déchue », « débrancher les machines »

    Dans L’Utopie déchue. Une #contre-histoire d’Internet, le sociologue et hacktiviste #Félix_Tréguer tire les conséquences de l’#échec des mouvements nés des contre-cultures numériques et propose de renouveler la #technocritique. « Ce qu’il nous faut d’abord et avant tout, c’est débrancher la machine. »


    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/140919/internet-face-l-utopie-dechue-debrancher-les-machines?onglet=full
    #livre #contre-culture #histoire
    ping @fil

  • Jusqu’où ira l’acceptation du capitalisme numérique et du transhumanisme ? Robin Delobel - 3 décembre 2018 - CATDM
    http://www.cadtm.org/Jusqu-ou-ira-l-acceptation-du-capitalisme-numerique-et-du-transhumanisme

    Après le #TINA (There is no alternative) de l’#idéologie_néolibérale, on assiste à l’apparition ces dernières années d’un TINA qui couvre une partie encore plus large du spectre politique. Il s’agit d’un TINA qui classe comme réactionnaire toute personne qui émet des doutes quant aux bienfaits du #tout_numérique, de la #robotisation, de l’#intelligence_artificielle, du #transhumanisme. Face à des questionnements ou des arguments qui contredisent le caractère bénéfique et souhaitable de cette dynamique, la réplique habituelle tient à présenter cette fuite en avant technologique comme une évolution naturelle de l’histoire, auquel on ne pourrait s’opposer sous peine d’être classé de dangereux passéiste, contre le « #Progrès ».

    Comment se positionnent #médias généralistes et courants politiques dits de gauche face à ce phénomène dont l’évocation dans les médias suit une courbe parallèle aux financements, c’est-à-dire exponentielle ?

    Vendredi 23 février 2018, la Foire du livre de Bruxelles nous offre le plaisir de venir écouter #Laurent_Alexandre. 13h Grand place du Livre, la salle est comble. L’intitulé de la rencontre organisée par la Foire du Livre de Bruxelles et La Libre Belgique : « Faut-il avoir peur de l’Intelligence Artificielle ? »

    Chirurgien et neurobiologiste, Laurent Alexandre se penche sur les mutations considérables que l’IA risque de provoquer dans nos modes de vie et dans notre conception de l’éducation. Tout au long de l’exposé, très peu de nuances ou d’arguments construits, la réponse au titre de la rencontre est non bien entendu.

    L’animateur Pierre-François Lovens lui tend le micro et le laisse énoncer des énormités l’une après l’autre. A la fin de son exposé, alors que nous lui posons quelques questions impertinentes, il nous répond avec orgueil des #poncifs ultralibéraux démontrant son idéologie hors-sol. Notamment sur l’impossibilité physique de généraliser la #robotisation (demandeuse de quantités énormes de ressources et de métaux, promis à la raréfaction et donc un enchérissement), il répondait « pas de problème on ira les chercher sur Mars » !

    Pourquoi s’attarder sur Laurent Alexandre ? Cet ambassadeur du transhumanisme réel est un invité régulier des médias dominants. Il y a quelques années son discours sur les plateaux télé consistait à affirmer haut et fort « l’homme qui vivra 1000 ans est déjà né ». Ayant sûrement remarqué qu’il passait pour un rigolo, même si les médias qui l’invitent le présentent uniquement sous son angle le plus sérieux, médecin urologue alors qu’on pourrait le présenter également comme entrepreneur et ardent défenseur (il faudrait peut être dire attaquant vu son zèle et son activisme) du transhumanisme, Laurent Alexandre a adapté quelque peu son discours de communicant. Actionnaire à La Tribune et président de la société #DNAVision, une société spécialisée dans le séquençage génétique domiciliée tout comme lui à Bruxelles, il aime à se présenter, selon son auditoire, comme un régulateur, voire même un lanceur d’alerter « car on est déjà à la traîne face aux asiatiques ».

    Laurent Alexandre, dont les conférences sont tarifées entre 5000 et 12 000 euros, affirme que l’espérance de vie va doubler au moins au cours du 21e siècle. Pourtant, l’EVSIn, l’espérance de vie sans incapacité régresse en France, l’espérance de vie tout court diminue aux États-Unis, pays d’origine du mouvement transhumaniste. En cause, les pollutions chimiques dispersées dans l’air et les aliments par les industries et le système alimentaire conventionnel. Chroniqueur au Huffington Post, au Monde et à l’Express, ce personnage sûr de lui est un bon client pour des médias dont les journalistes ne demandent pas mieux que d’avoir un grand bavard, annonciateur de « bonnes nouvelles » et qui peut s’exprimer sur tout et n’importe quoi. En Belgique, la RTBF, la Libre et Le Soir l’ont invité plus d’une fois pour livrer ses prédictions.

    Libération et France Inter Voyagent au cœur de l’IA

    Au-delà de l’activisme forcené de Laurent Alexandre, les médias généralistes font rarement preuve d’analyse critique quand il s’agit de traiter de tout ce qui touche au numérique, à la robotisation et au transhumanisme, phénomène que Bruno Poncelet nomme #capitalisme_numérique. « La révolution numérique, une expression à mettre en doute, c’est plein d’outils différents qui se combinent les uns aux autres : la robotisation, l’internet des objets (objets connectés qui communiquent entre eux), l’IA (programmes de logiciels ou des robots qui s’auto-contrôlent, se gouvernent de plus en plus de manière autonome), c’est le #Big Data (des logiciels qui sont capables d’exploiter toutes les données récoltées sur les gens à chaque fois qu’ils sont connectés, appelé l’or noir du 21e siècle). Enfin la révolution numérique c’est aussi le mélange entre la biologie et le silicium : mélanger des contenus informatiques avec des contenus biologiques, corps d’animaux et d’être humains » [3].

    Ce recul critique amené par Bruno Poncelet est rarement perçu dans les médias. La pluralité des opinions et des analyses est généralement réduite à un cadre restreint aux côtés positifs, voire aux avantages hypothétiques de cette « révolution numérique ».

    En novembre 2015, Libération organisait à Grenoble un forum « Mon corps connecté – Comment la technologie révolutionne la santé ». Sans dire le mot, la #propagande transhumaniste était déjà bien présente. Après avoir préparé le terrain depuis plusieurs années à coups d’articles et d’interviews a-critiques, Libération et France Inter, deux médias dits de gauche, organisaient ce 24 janvier 2018 un grand forum intitulé « Voyage au cœur de l’#IA, Travail, santé, éthique, comment l’intelligence artificielle va changer nos vies ? » Même pas besoin de se poser la question si on aura le choix mais plutôt, « accrochez-vous, écoutez comment ça va se passer ». Un événement sponsorisé par la #Maif, #Malakof_Mederic et #Total. « Depuis quelques mois, plus un jour sans que ces deux lettres « IA » ne s’invitent dans les médias » annoncent-ils très justement. « Le grand public commence à se familiariser peu à peu avec cette notion d’intelligence artificielle qui s’est développée bien avant que nous ayons pris conscience de son ampleur, de ses applications et de ses enjeux. » En effet, au lieu de nous fournir une information équilibrée, proposant des arguments sérieux quant à l’impact démocratique, social, écologique, philosophique de la numérisation massive des données ces mêmes médias ont préféré faire souvent office de support publicitaire en préconisant le haut débit partout, les #smarts_cities (villes connectées) et s’extasiant quotidiennement pour chaque nouvel objet high-tech sorti sur le marché.

    Libération et France Inter dans le numéro spécial qui servait de plaquette publicitaire à ce grand forum annonçaient offrir la parole à un panorama d’acteurs. On ne trouve pourtant pas une trace du moindre #technocritique. Parmi les invités figurait #Cédric_Villani, la caution scientifique du président Macron. Le mathématicien, devenu député il y a un an, estime que les gens comme « Kurzweil sont plus crédibles dans leur approche, car ils ont travaillé dans la technologie ». Villani remettait le 29 mars 2018 son rapport avec un plan d’action national pour le développement de l’intelligence artificielle en France, avec à la clé un petit pactole de 1,5 milliards d’euros d’argent public promis.

    Parmi les autres VIP du jour on pouvait écouter #Yann_Le Cunn_directeur du laboratoire de recherche en intelligence artificielle de Facebook. PMO écrivait dans une note sur le festival organisé par le journal Le Monde en septembre 2017, où Le Cunn était également invité : « Pendant que certains réactionnaires s’échinent à développer l’intelligence humaine, Le Cunn, lui, se consacre à périmer nos cerveaux avec ses machines surpuissantes. C’est grâce à lui que vos smartphones et autres prothèses électroniques sont capables de reconnaître et de nommer des visages dans des images – c’est-à-dire de nous traquer partout. Les rêves des technocrates se réalisent pour notre cauchemar » [4].

    Une philosophe aurait peut-être le courage d’émettre quelques réserves lors de ce forum ? Catherine Malabou, qui a publié en 2017 Métamorphose de l’intelligence : que faire de leur cerveau bleu ?, aime plutôt à imaginer une vie en harmonie avec les robots : « Je pense que l’ère de l’intelligence artificielle qui s’annonce aujourd’hui peut ouvrir la possibilité d’une plasticité nouvelle. (...) Pour l’instant on n’en est qu’à la cartographie de cerveaux de rongeurs mais avec les progrès de la cybernétique on peut formuler l’hypothèse que le cerveau humain pourra être cartographié ». Ou comment des philosophes de salon peuvent servir de caution intellectuelle lors des grandes messes à la gloire du progrès technologique.

    Le merveilleux univers numérique du journal Le Soir
    Le journal Le Soir regorge également d’articles technophiles faisant fi de tout travail journalistique sérieux, avec prise de recul et réflexion sur les enjeux sociaux, économiques, écologiques, démocratiques... Chaque jour au moins un article peut surprendre par le manque de distance quant aux nouvelles applications technologiques qui illustrent ce capitalisme numérique décrit par Bruno Poncelet. Des injonctions à passer au haut débit dans les vols low-cost à l’exigence de numériser l’enseignement sans plus attendre, tout y passe.

    Prenons-en juste un, au moment de boucler cet article, le 5 juin 2018, Le Soir annonce en Une, « Au supermarché, faire ses courses par smartphone de A à Z ». Les premières pages du journal sont consacrées à cette nouvelle primordiale. Plusieurs magasins du groupe Colruyt lancent ce jour-même le mouvement avant de l’appliquer dans les autres enseignes du groupe.

    Dans l’introduction, le journaliste évoque de « graves problèmes de société » même si ce « nouvel outil numérique semble épatant ». Trois colonnes pour aborder sous différents angles l’info du jour : l’humain, l’emploi, la vie privée. A la question De la conso complètement désincarnée, un psychologue de la consommation à l’UCL nous fait remarquer que les « personnes au #profil_prosocial peuvent effectivement percevoir ce nouvel outil numérique comme source de déshumanisation ». Il faudrait avoir un profil « prosocial » pour apprécier le contact humain, tout est question, de choix et de droits individuels tant pis pour l’impact sociétal. De toute façon, le journaliste nous rassure, à travers les propos de l’universitaire, ce changement n’entrave pas fondamentalement les contacts que l’on peut avoir dans un magasin : « il ne faudrait pas non plus réduire l’expérience sociale dans un magasin aux interactions directes que l’on a avec le personnel de caisse. Dans un magasin, on est en contact avec d’autres clients avec lesquels on n’interagit pas spécifiquement. Mais rien qu’être présent et échanger des regards permet de nourrir du #lien_social ».

    Concernant la question de l’emploi, Plus de machines, moins de Personnel ? Le gérant d’un magasin Spar assure qu’à choisir entre le personnel et le #self-scan par smartphone, il sauverait bien sûr le personnel. Du côté de Colruyt, on assure que cette innovation est là pour le bien-être des clients et non pour diminuer le personnel. Ce qui est contredit chiffres à l’appui par un représentant CNE mais qui conclut que « ce mouvement est hélas inéluctable » en argumentant en faveur d’une proposition du type de celle de Benoit Hamon « on peut diminuer le temps de travail en taxant les machines ».

    Chez écolo, on rêve d’une société de loisirs où le travail serait laissé aux robots
    #Etopia, bureau d’étude du parti Ecolo, organisait un week-end consacré à l’intelligence artificielle du 16 au 18 mars 2018. Curieux d’entendre leurs positionnements, je m’y suis rendu à cette rencontre de 3 jours intitulée « Aie Robots ».

    L’invitation à ces « Rencontres des Nouveaux Mondes » se présentait comme telle : Qu’est-ce que l’intelligence artificielle ? Faut-il la craindre ? Faut-il s’en réjouir ? Peut-elle seconder l’humanité dans la résolution de ses grands problèmes ? Ou au contraire constitue-t-elle l’un d’entre eux ? L’humanité pourrait-elle être tentée de se confier à la perfection des machines qui pourraient choisir, décider et agir à notre place ?

    Le samedi après-midi, nous pouvions participer à deux ateliers parmi les 8 proposés :
    – L’IA permettra-t-elle de vaincre la maladie ?
    – Les guerres de demain : l’essor des robots-tueurs et des cyberattaques ?
    – Capteurs, géolocalisation, IA et big-data : quels impacts sur notre mobilité ?
    – La digitalisation est-elle la prochaine révolution de l’agriculture ?
    – Le gouvernement des algorithmes est-il démocratique ?
    – Intelligence artificielle et enseignants : la grande alliance éducative ?
    – Intelligence artificielle : le grand remplacement des travailleurs ?
    – Les robots deviendront-ils nos compagnons de vie ?

    J’avais choisi de me rendre à celui sur la mobilité et celui sur l’agriculture, qui me semblaient parmi ceux où Ecolo et #Etopia pouvaient avoir la réflexion la plus aboutie.

    Comment l’évolution fulgurante des capteurs, de la géolocalisation, de l’intelligence artificiel et du big-data vont-ils impacter notre mobilité ? Cette vague technologique est-elle la clé de voûte d’une mobilité plus durable, moins émettrice de GES (gaz à effet de serre) et moins polluante ? Ou, à l’inverse, nous mène-t-elle plus rapidement vers le mur des limites environnementales ? Un atelier animé par Pierre Tacheron, de #Transitec, bureau d’étude indépendant spécialisé dans les problématiques de mobilité.

    Lors de cet atelier, l’intervenant, qui ne s’était pas vraiment présenté (on ne sait pas à quel point il est lié au parti Ecolo) ... expose de nombreux chiffres et de multiples informations à faire tourner la tête, utilisant sans cesse des expressions du jargon high-tech pas forcément compréhensibles.

    Le message d’introduction était le suivant : la logique de robotisation se développe, les big datas se renforcent quotidiennement à travers l’accaparement de données quotidien qu’ils effectuent, les pouvoirs publics ne peuvent pas rivaliser. Quelle option choisir pour une meilleure mobilité ?

    Selon l’intervenant invité par Etopia il faut se tourner vers les calculateurs multimodaux (city maper), citant Waze, une application mobile de navigation GPS s’appuyant sur une cartographie élaborée par ses propres utilisateurs, racheté par Google en 2013. « Il y a un risque avec le côté Big Brother, mais il y a aussi un côté intéressant » insiste-t-il. Il allait jusqu’à nous expliquer que la future application magique qu’il promeut permettra de donner tous les choix possibles à une personne qui doit se rendre à une réunion à Bruxelles, « Tu as un ami dans ce train, si tu prends Blablacar telle personne connaît ton fils », il concluait : « par les réseaux sociaux on te propose des relations ». Tellement convivial ce monde numérique.

    Venait ensuite la partie de son exposé sur les véhicules autonomes. Pour l’intervenant du jour cela coule de source, c’est une réponse écologique au trafic trop dense à Bruxelles et ailleurs. En Europe, 80 % des déplacements se font en voiture individuelle. Les voitures autonomes sont une solution pour organiser du covoiturage et désengorger les routes. Nos amis de la Silicon Valley, qui sont des écologistes convaincus, ont déjà pensé à tout : Audi et Tesla intègrent des applications qui permettent le partage des voitures individuelles. L’idée est que chaque personne puisse commander une course à la voiture autonome grâce à son smartphone et la voiture, organise tous ses trajets pour ne jamais être à l’arrêt. Ce qui selon lui, diminue énormément le nombre de voitures stationnées. Et en bonus, le temps passé dans le véhicule autonome n’est pas du temps perdu, on peut lire, travailler, organiser sa journée ... Mais bien sûr, « ce qui va freiner c’est le politique » tellement ancré dans ses habitudes et la peur du « progrès ». Et la population ? En février 2018, un article du journal Sud-Ouest indiquait que, malgré le matraquage plutôt favorable à ces #véhicules_autonomes, 59 % des français n’en veulent pas.

    L’autre atelier se présentait ainsi : Après la mécanisation, la robotisation et l’intelligence artificielle constituent-elles la prochaine révolution de l’agriculture ? Quelles sont ces promesses ? Quel impact sur les agriculteurs et sur notre système alimentaire ? Peut-elle contribuer au développement des filières locales, au développement de l’agriculture urbaine ? Ou va-t-elle, à l’inverse, renforcer les conglomérats de l’agro-industrie ? Avec Guillaume Defays (CRA-W, Centre wallon de Recherches agronomiques)

    L’exposé se consacrait ici à la robotisation et l’intelligence artificielle dans l’agriculture. On pouvait découvrir les nouveaux outils tels que les robots de traite (toujours fiable, plus de risque pour l’agriculteur de recevoir un coup de pied), les robots d’élevage (qui poussent la nourriture vers le mangeoire, nettoient, ...), ou encore les robots de désherbage. Ces machines peuvent faire gagner en moyenne 4 heures par jour à l’agriculteur selon l’intervenant. Mais d’autres innovations encore plus précises peuvent accompagner les agriculteurs, par exemple, des drones qui mesurent la biomasse et vont ainsi permettre de doser les semences et la pulvérisation au millimètre près. La partie critique de l’intitulé de l’atelier (renforcer les conglomérats de l’agro-industrie) est étonnement passée à la trappe. Ces propositions mènent pourtant à une hausse continue des dettes pour les agriculteurs déjà surendettés, des faillites garanties et des rachats par des entités financières. Ou comment transformer les agriculteurs indépendants en ouvriers agricoles.

    Le dimanche matin, un temps était prévu pour un retour en plénière avec toutes les personnes présentes pendant le week-end. Parmi les réflexions entendues, « la technologie personne n’a rien contre parce qu’elle offre des opportunités », « pour plusieurs d’entre nous c’est l’espoir d’utiliser ces technologies pour un monde meilleur », « attention tout de même aux conflits entre États et entreprises privées », et enfin « comment la technologie peut nous rapprocher de la nature ». Enfin, une idée qui accueillait un enthousiasme certain, celle portée par le candidat du PS, Benoit Hamon lors des présidentielles françaises en 2017 : « Peut-on profiter de cette révolution pour libérer du temps de travail ? »

    J’ai pu remarquer une fois de plus lors de ce week-end que le système technicien comme l’a analysé #Jacques_Ellul est un impensé. L’idée diffuse lors de ces rencontres des Nouveaux mondes tenait dans l’amélioration et la gestion de ce capitalisme numérique : aménageons un capitalisme tranquille ou le vivre ensemble avec les robots.

    Rarement son évoquées des questions qui me semblent fondamentales comme :
    – Est-ce possible en termes de ressources métalliques, d’énergie disponible, de conditions de travail [5] ? ;
    – Est-ce souhaitable (en termes de creusement des inégalités, d’impact sanitaire du à la prolifération de pollutions chimiques, perte de repères, rationalisation poussée à l’extrême, fuite en avant de la marchandisation de tout, système hors-sol, perte du sensible, de l’imprévisible, en un mot de l’humain) [6]

    De plus, en période d’austérité généralisée et de multiplications des dettes illégitimes en Europe et ailleurs d’énormes financements vont dans le tout technologique. Alors que les choix de financements dans la recherche pourraient être dirigées par exemple vers l’agriculture biologique, les low-tech, ...

    Dans la recherche de perspectives alternatives dans les mouvements soucieux de justice sociale et écologique, il me semble urgent de déconstruire les discours #technocapitalistes, arrêter de s’aligner sur les modèles imposés par les capitalistes de tout poil qu’ils soient #libertariens, « écolos » ou conservateurs. Ceci nécessite aussi une réflexion philosophique sur quel type de société nous voulons vraiment.

    Notes

    [1] Département de philosophie, de logique et de méthodologie scientifique, École d’économie de Londres, trad. Richard Gauthier
    Enseignant à Oxford, il y dirige le Future of Humanity Institute et le Strategic Artificial Intelligence Research Centre, cofondateur de la World Transhumanist Association en 1998

    [2] Citations tirées de l’excellent livre de Pièces et main d’œuvre (PMO), Manifeste des chimpanzés du futur, contre le transhumanisme, Service compris, 2017

    [3] Formateur au CEPAG, vidéo « Révolution numérique et contrôle social », novembre 2017

    [4] http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=968

    [5] Lire La machine est ton seigneur et ton maître, sur l’univers d’exploitation extrême que constituent les usines chinoises de Foxconn, plus grand groupe mondial de production de composants électroniques et fournisseur de la plupart des grandes entreprises informatiques, Yang, Jenny Chan et Xu Lizhi, Traduit de l’anglais et préfacé par Celia Izoard, Agone, 2015

    [6] Un film à voir, Un monde sans humains, diffusé en 2012 sur Arte, réalisé par Philippe Borrel ❞

  • Une histoire de la technocritique
    http://www.rfi.fr/emission/20160514-jarrige-technocritiques-refus-machines-contestation-technosciences

    Entretien avec François Jarrige, auteur de "Technocritiques : du refus des machines à la contestation des technosciences". Depuis la Révolution industrielle, la critique des « trajectoires techniques » a été assimilée à une lutte contre le progrès. Par un travail de contextualisation des discours sceptiques, François Jarrige propose de comprendre ceux qui contestent les « enthousiasmes technologiques » de leur époque. En retraçant l’histoire des technocritiques depuis le début de l’industrialisation, l’historien espère ainsi « sauver ces acteurs et ces positions de l’immense condescendance de la postérité », selon une formule empruntée à Edward Palmer Thompson. Durée : 46 min. Source : (...)

    http://telechargement.rfi.fr/rfi/francais/audio/magazines/r196/atelier_des_medias_20160514.mp3

  • http://www.b-a-m.org/2015/11/o-s-lassassinat-des-livres-episode-2

    Emission du 13 novembre 2015. Nous recevons Patrick Marcolini bibliothécaire et coordinateur de « L’assassinat des livres par ceux qui œuvrent à la dématérialisation du monde ». La deuxième partie de l’émission est interview de Floréal Martorell, qui a un petit label indépendant à Toulouse, qui nous parlera de la dématérialisation de la musique.

    « Cerné de toute part, le livre est sommé de rentrer dans l’ordre numérique. Laboratoires du futur plus innovants que jamais, multinationales du Web, géants de l’électronique, pouvoirs publics et techno-enthousiastes œuvrent de concert pour faire disparaître ce petit « cube de papier » qui fait figure de fossile à l’heure où la culture numérique s’impose partout. Bien que sa liquidation ne se fasse pas aussi vite que prévu – le marché de l’e-book peinant à s’imposer en France –, les acteurs de la chaine du livre sont de plus en plus fragilisés, même si certains croient pouvoir transférer leur métier dans un monde qui n’a pourtant pas besoin d’eux. »

    #e-book #livre #lecture #librairie #Quilombo #Technocritique #numérique #radio #offensive_sonore #radio_libertaire #audio #mp3 #cd #musique #bliblihotèque #label

  • http://www.b-a-m.org/2015/10/o-s-lassassinat-des-livres

    Nous recevons Bastien de la librairie Quilombo auteur d’un texte issue de « L’assassinat des livres par ceux qui œuvrent à la dématérialisation du monde ». « Cerné de toute part, le livre est sommé de rentrer dans l’ordre numérique. Laboratoires du futur plus innovants que jamais, multinationales du Web, géants de l’électronique, pouvoirs publics et techno-enthousiastes œuvrent de concert pour faire disparaître ce petit « cube de papier » qui fait figure de fossile à l’heure où la culture numérique s’impose partout. Bien que sa liquidation ne se fasse pas aussi vite que prévu – le marché de l’e-book peinant à s’imposer en France –, les acteurs de la chaine du livre sont de plus en plus fragilisés, même si certains croient pouvoir transférer leur métier dans un monde qui n’a pourtant pas besoin d’eux. »

    #e-book #livre #lecture #librairie #Quilombo #Technocritique #numérique #radio #offensive_sonore #radio_libertaire #audio

  • Les ennemis de la machine - Usbek & Rica
    http://alireailleurs.tumblr.com/post/117066765274

    Si vous aviez raté ce dossier de fond dans le dernier numéro papier d’Usbek & Rica (@usbeketrica), réjouissez-vous, vous allez pouvoir le lire en ligne ! Le grand dossier sur les radicaux et les marginaux qui appellent à briser les machines est vraiment passionnant. 

    #technocritique

  • Stupid Hackathon - Engadget
    http://alireailleurs.tumblr.com/post/104146250386

    Engadget revient sur le Stupid Hackathon organisé par les étudiants en #design Sam Lavigne et Amelia Winger-Bearskin en novembre à New York pour concevoir des projets qui n’ont aucune valeur. Un happening pour lancer une critique du phénomène, expliquent ses organisateurs : 

    « L’industrie technologique déborde d’autosatisfaction et de prétention, et tellement de hackathons ont pour vocation de résoudre des problèmes de la sphère sociale, politique ou économique - des problèmes qui ne peuvent pas vraiment (et ne devraient probablement pas) être résolus dans la sphère technologique. » 

    Au menu, un robot de téléprésence humain ou votre interlocuteur porte un iPad sur la figure, un casque de réalité virtuel qui regarde derrière vous, un système qui tweet dès que vous mangez un morceau de pizza ou une part de glace, (...)

    #technologie #technocritique

  • Simple, efficace, herméneutique (ou pas loin). Un billet qui claque des militants historiques du libre contre la big A. Manque peut-être un brin de retenue sur l’omniprésence de gadgets coûteux pour ses producteurs réels et la Terre qui les porte.

    Vive réaction de la FSF à l’annonce des nouveaux produits Apple - Framablog
    http://www.framablog.org/index.php/post/2014/09/10/apple-fsf-iwatch-iphone

    #Apple #FSF #gadget #technocritique

  • Une passionnante histoire de la contestation des « progrès » techniques en Occident - Reporterre
    http://www.reporterre.net/spip.php?article5966

    Dans une synthèse passionnante, Techno-critiques. Du refus des machines à la contestation des technosciences, François Jarrige fait revivre la contestation des « progrès » techniques en Occident. De l’introduction des métiers à tisser à la lutte contre le nucléaire et les OGM, il brosse avec talent une tranche d’histoire mal connue, plaidant pour le droit à refuser les techniques.

    Je retiens notamment cet extrait d’un discours de Karl Marx en 1856

    Nous voyons que les machines douées du merveilleux pouvoir de réduire le travail humain et de le rendre fécond le font dépérir et s’exténuer. Les sources de richesse nouvellement découvertes se changent, par un étrange sortilège, en sources de détresse. Il semble que les triomphes de la technique s’achètent au prix de la déchéance morale. A mesure que l’humanité maîtrise la nature, l’homme semble devenir l’esclave de ses pareils ou de sa propre infamie.

    Marx avait compris l’#effet_rebond de très bonne heure.
    Si les soviétiques avaient retenu ce passage et avaient développé l’agriculture et l’industrie en conséquence, le cours de l’histoire mondiale en eût peut-être été changé.
    Au lieu d’attendre leur effondrement pour développer des économies résilientes à base d’outils conviviaux (et ce uniquement à Cuba), ça se serait peut-être généralisé dès le départ en Europe et peut-être ailleurs.
    La question de la défense se serait quand-même posée : des sociétés conviviales axées sur la résilience et l’usage soutenable des ressources seraient-elles en mesure de se défendre militairement face à des sociétés armées industriellement ?
    #technocritique #critique_techno