• Le Problème à trois corps du capitalisme
    https://blog.ecologie-politique.eu/?post/Le-Probleme-a-trois-corps-du-capitalisme

    La force du livre de Godin est de montrer que le changement de paradigme en cours et la faillite du néolibéralisme sont des nécessités, plutôt que le résultat de volontés très malignes. Il des airs de déjà-vu, une phase du capitalisme que l’historien de l’économie Arnaud Orain nomme « capitalisme de la finitude ». Godin l’appelle « capitalisme d’État d’urgence », une hybridation accrue entre intérêts de l’État et du capital, la dimension martiale en plus et l’état de droit en moins. Pour préserver le taux de profit, il reste à entrer en guerre pour les ressources et les marchés. À ce capitalisme-là, il n’y a pas d’autre alternative que d’en finir avec le régime d’accumulation car « ce qui gouverne est une force irrésistible qui, si l’on ne rejette pas sa domination, finira par emporter tout sur son passage ». Pour avoir la moindre chance de répondre sérieusement à cette articulation de crises, il faut cesser de naturaliser le capitalisme et envisager son dépassement, pas seulement son aménagement ou la défense de quelques acquis, minuscules victoires qui préservent le principal ou sont vite rattrapées par le problème à trois corps.

    #capitalisme #anti-capitalisme #livre #recension #Romaric_Godin #Aude_Vidal

  • Le TECHNOFASCISME, nouveau rêve de l’OCCIDENT blanc
    https://www.youtube.com/watch?v=RNWjqhP3UWw

    Philosophe, spécialiste des Black Studies et de la pensée decoloniale, Norman Ajari
    fait paraître aux éditions Météores « Technofascisme. Le nouveau rêve de la suprématie blanche ». Dans cet entretien il éclaire la généalogie intellectuelle de ce nouveau fascisme tech.

    Norman Ajari est philosophe et universitaire spécialisé dans les études décoloniales et la pensée noire. Il est l’auteur du "Manifeste afro-décolonial : Le rêve oublié de la politique radicale noire" (Éditions du Seuil, 2024) et de "Noirceurs : Race, genre, classe et pessimisme dans la pensée africaine-américaine au XXIe siècle" (Éditions Divergences, 2022). Son dernier essai, Technofascisme, Le nouveau visage de la suprématie blanche, paraît aux Éditions Météores le 20 février 2026.

    📌 Ce que tu vas apprendre

    Le concept de technofascisme : toutes les grandes entreprises fonctionnent comme des dictatures or l’État doit fonctionner comme une entreprise donc l’État doit fonctionner comme une dictature. Le syllogisme est au cœur du projet de la Silicon Valley autoritaire

    Palantir et l’impérialisme réticulaire : pourquoi Alex Karp, PDG de Palantir, doit être pris au mot quand il dit que son entreprise est là pour "tuer des ennemis", de Gaza à l’Afrique, une mise à jour de l’impérialisme occidental par la technologie

    Peter Thiel, prince du technofascisme : sa philosophie de l’histoire, son apologie du capitalisme de monopole et son projet de substituer la forme entreprise à la forme État

    L’archéo-futurisme et la Nouvelle Droite française : le lien idéologique entre Guillaume Faye et les milliardaires techno-autoritaires d’aujourd’hui, une généalogie intellectuelle française du technofascisme

    Nick Land et ses cautions progressistes : comment ce philosophe pro-fasciste a pu longtemps se dissimuler derrière des compagnons de route féministes et afro-futuristes

    Technofascisme vs technoféodalisme : pourquoi les thèses de Varoufakis et Cédric Durand sont insuffisantes et en quoi la notion léniniste d’impérialisme éclaire mieux les dynamiques actuelles

    Les racines européennes du technofascisme : le technofascisme n’est pas une rupture avec les Lumières mais leur radicalisation — l’Europe ne peut pas se poser en rempart face à un phénomène qu’elle a elle-même engendré

    Sylvia Wynter et la tradition radicale noire : une alternative aux "lumières blanches" comme aux "lumières obscures" — penser l’humanité non comme un donné mais comme une praxis collective

    Que faire ? La voie léniniste : socialiser Palantir pour pouvoir le détruire, attaquer les entreprises de l’intérieur, redonner aux travailleurs le pouvoir dans les structures qui sont aujourd’hui les vrais lieux du gouvernement

    #NRX #technofascisme

  • Olivier Tesquet : « Avec le Doge ou Palantir, on a des exemples très concrets d’une nouvelle architecture du pouvoir, un pouvoir techno-fasciste » - Observatoire des multinationales
    https://multinationales.org/fr/enquetes/extreme-tech/tesquet-hadjadji-techno-fascisme-doge-palantir-thiel

    Depuis la réélection de Donald Trump, les courants les plus réactionnaires de la Silicon Valley semblent occuper le devant de la scène à travers des figures comme Elon Musk, Peter Thiel ou Curtis Yarvin. Dans leur livre Apocalypse Nerds. Comment les techno-fascistes ont pris le pouvoir, Nastasia Hadjadji et Olivier Tesquet proposent une radiographie de ce courant politique qui allie vision du monde ultra-réactionnaire et mysticisme technologique exacerbé. Et dont les outils et les idées inspirent de plus en plus la politique de l’administration américaine. Entretien.

    Publié le 16 octobre 2025

    #Olivier_Tesquet #Technofascisme

  • Article by article, how Big Tech shaped the EU’s roll-back of digital rights | Corporate Europe Observatory
    https://corporateeurope.org/en/2026/01/article-article-how-big-tech-shaped-eus-roll-back-digital-rights

    Corporate Europe Observatory révèle que Meta a rencontré 38 fois des eurodéputés d’extrême droite depuis le début de cette législature (contre 1 seule fois sous la précédente). Google France a dîné avec 6 députés RN à Strasbourg. Ces connexions existent dans toute l’Europe — en Italie avec la Lega, en Hongrie avec le Fidesz, aux Pays-Bas avec le PVV. Ces rencontres sont publiques via les registres de transparence. Rends-les visibles, interpelle les médias locaux, demande des comptes.

    -- Permalien

    #numérique #démocratie #technofascisme

  • Vivons-nous à l‘ère du #Technofascisme ?
    https://lvsl.fr/vivons-nous-a-lere-du-technofascisme

    Traditionnellement progressiste, la Silicon Valley aurait-elle viré à droite, dans le sillage de l’élection de Donald #Trump ? Cette vision des choses est contestée par les journalistes #Nastasia_Hadjaji et #olivier_tesquet. Dans Apocalyspe Nerds : comment les technofascistes ont pris le pouvoir (Divergences, 2025), les auteurs analysent le courant « technofasciste », dont ils cherchent à retracer la […]

    #Société #Mirages_numériques #Curtis_Yarvin #DOGE

  • Fred Turner : « Fascisme est le bon terme pour décrire le régime de Donald Trump »
    https://www.latribune.fr/article/tech/11076871763823/fred-turner-fascisme-est-le-bon-terme-pour-decrire-le-regime-de-donald-tru

    Le 18 octobre dernier, 7 millions de citoyens américains ont défilé à travers tous les États-Unis pour s’ériger contre Donald Trump. Dans la Silicon Valley, où les grandes entreprises de la tech se sont majoritairement ralliées à l’administration républicaine, les protestations se font bien plus discrètes au quotidien, regrette Fred Turner, historien et chercheur en sciences de la communication. L’auteur, de passage en France à l’occasion de la publication de deux de ses ouvrages chez C&F Éditions (Design d’une démocratie et Politique des machines), tient ce mardi 4 novembre une conférence à Sciences Po Paris sur l’autoritarisme californien, ou comment le monde numérique a basculé de l’idéologie libertaire vers un autoritarisme assumé. L’occasion de publier cet entretien réalisé par La Tribune quelques semaines plus tôt lors d’une rencontre avec Fred Turner dans son bureau à Stanford.

    #Fred_Turner #Technofascisme #Marine_Protais #La_Tribune

  • « Au sens le plus strict, le cyberlibertarianisme est la conviction que les technologies numériques sont, ou devraient être, soustraites au contrôle des gouvernements démocratiques »
    David Golumbia

    Cyber et libertaire : l’alliance des contraires ?
    https://www.terrestres.org/2025/09/16/cyber-libertaire-alliance-contraires

    L’alliance entre Donald Trump et la Silicon Valley a suscité depuis le début de l’année 2025 une abondante production intellectuelle, qui cherche à expliquer ce qui est d’abord apparu à de nombreux commentateurs comme un retournement improbable. Comment une industrie longtemps réputée libérale et progressiste a-t-elle pu se ranger aussi rapidement et massivement derrière un dirigeant autoritaire et xénophobe ? Passé l’étonnement initial, plusieurs auteurs ont montré que, par-delà ses apparences libertaires, le monde de la Tech était traversé de longue date par des tendances explicitement réactionnaires. Plus rares sont ceux qui se sont demandé si, dans son rapport aux technologies numériques, une partie de la gauche américaine n’avait pas, elle aussi, légitimé l’approche de la Tech aujourd’hui privilégiée par le pouvoir trumpiste, autour de la déréglementation du secteur et du développement à tout crin de l’intelligence artificielle. C’est une hypothèse de ce genre, quelque peu provocatrice, que le dernier livre de David Golumbia, Cyberlibertarianism. The Right-Wing Politics of Digital Technology, nous invite à examiner1.

    #silicon_valley #cyberlibertarianisme #technolâtrie #fascisme_techno
    #technofascisme #technogauchisme

    Mais #controverse puisque :

    Convergences et (manque de) nuances

    La thèse la plus forte du livre de D. Golumbia est donc celle d’une convergence idéologique et politique, autour des préceptes cyberlibertariens, d’une constellation d’acteurs que l’on tendrait spontanément à situer en différents endroits du champ politique. Les cyberlibertariens de toute obédience partageraient une même hostilité à la réglementation démocratique des technologies numériques dans le cadre de l’État-nation. La thèse est stimulante, à la fois scientifiquement et politiquement, mais l’argumentation qui la soutient n’est pas dénuée de faiblesses.

    Dénier le droit à la liberté d’expression même si ce sont des "affreux fachos", c’est mal. Oui mais les "affreux fachos", y font rien qu’à vouloir limiter notre liberté d’expression à nous les "gauchistes" ... Je dois dire que ce genre de tergiversations en forme d’impasse argumentative, ça m’fume grave ...

    Voir aussi :
    https://seenthis.net/messages/1135372
    https://seenthis.net/messages/1135297 (à propos de l’#idéologie_californienne)

    Et aussi :
    https://seenthis.net/messages/1134634 (à propos des #citoyens_souverains)

  • « Techno-fascisme », un mot hacké par les techno-gauchistes
    https://www.piecesetmaindoeuvre.com/documents/techno-fascisme-un-mot-hacke-par-les-techno-gauchistes

    Toujours en librairie : Manifeste des Chimpanzés du futur contre le transhumanisme. et De la technocratie. La classe puissante à l’ère technologique Alerte sur les réseaux sociaux. « L’extrême-droite, c’est l’autoroute vers le techno-fascisme ». Alerte à gauche et à l’extrême-gauche. « Technofascisme : le rêve libertarien ultime de la Silicon Valley. » « Le mouvement Make America Great Again (MAGA) et ses liens avec la Silicon Valley ont fait naître le "technofascisme". » Vigilance face au « (…) #Documents

    https://www.piecesetmaindoeuvre.com/IMG/pdf/technofascisme.pdf

    • Et de diffuser un narratif destiné à alerter les militants du Progrès : jusqu’aux années 2015- 2020, la technologie nous a apporté prospérité, confort, intelligence et bonheur, au bénéfice de l’émancipation, de la démocratie et de l’inclusion pour toussétoutes. Mais ces bienfaisants ingénieurs ont muté en malfaisants milliardaires, décidés à pervertir leurs entreprises pour servir l’extrême-droite, la privatisation de l’État et leurs phantasmes personnels. Le numérique, c’était mieux avant. Contre la marche au technofascisme, il faut donc réguler la Tech, investir dans l’open source, se réapproprier les algorithmes au service du Bien - comme le gouvernement social-technocrate d’Allende avait tenté de le faire avec l’informatique pour gouverner le Chili en 1972 (projet Cybersyn). #Nopasaran.

      […]

      Bref, Gorz ignore ces chamailleries. Pour lui, le « fascisme » s’actualise moins dans la nostalgie du IIIe Reich que dans le mouvement réel de forces réellement agissantes. Comme Charbonneau, Illich et les naturiens d’alors, il pense la situation et le front principal : ayant saccagé le biotope terrestre, l’industrialisme et ses pilotes technocrates de tous bords nous imposeront un régime autoritaire pour une gestion rationnelle/rationnée des ressources. Il décrit la menace technofasciste suite au rapport du Club de Rome sur la croissance (1972), qui promeut un pilotage technocratique (cybernétique) de la question écologique, traitée comme un sujet « purement technique ».

      « Les limites nécessaires à la préservation de la vie seront calculées et planifiées centralement par des ingénieurs écologistes, et la production programmée d’un milieu de vie optimal sera confiée à des institutions centralisées et à des techniques lourdes. C’est l’option technofasciste sur la voie de laquelle nous sommes déjà plus qu’à moitié engagés. "Convivialité ou technofascisme". […] Le socialisme n’est pas immunisé contre le technofascisme. Il risque, au contraire, d’y basculer d’autant plus facilement qu’il perfectionnera et multipliera les pouvoirs d’État sans développer simultanément l’autonomie de la société civile. […] La domination totale de l’homme sur la nature entraîne inévitablement une domination de l’homme par les techniques de domination. En l’absence de tout autre choix, mieux vaudrait un capitalisme non nucléaire qu’un socialisme nucléaire ; car le premier hypothèquerait moins lourdement l’avenir15. »

      […]

      L’alternative au technofascisme, nous dit Gorz, ne réside pas dans un usage « progressiste », ni socialiste, des technologies, mais dans la convivialité. C’est facile à comprendre : « l’autogestion suppose des outils susceptibles d’être autogérés16 ». L’inverse d’une centrale nucléaire ou d’un datacenter. Il cite bien sûr Illich, qui nomme « conviviale » une organisation sociale préservée de la domination technologique, permettant l’autonomie personnelle.

      « L’homme a besoin d’un outil avec lequel travailler, non d’un outillage qui travaille à sa place. […] J’appelle conviviale une société où l’outil moderne est au service de la personne intégrée à la collectivité, et non au service d’un corps de spécialistes. […] Le pouvoir de décider du destin de tous se concentre entre les mains de quelques-uns. Et, dans cette frénésie de croissance, les innovations qui améliorent le sort de la minorité privilégiée croissent encore plus rapidement que le produit global17. »

      […]

      Si nécessaire, les techno-progressistes de la Silicon Valley nouent de pragmatiques alliances avec le pouvoir techno-réactionnaire. Le technofascisme ne désigne en rien ce ralliement de façade, mais leur projet commun de toute-puissance technologique, par nature totalitaire.

      […]

      Et vous, « antifascistes », combattez-vous la machine ? Ou souhaitez-vous en prendre les commandes sous prétexte de la retourner contre les « fascistes », et de la mettre « au service de tous et toutes » ?

      #André_Gorz #Ivan_Illich #technofascisme #technocratie #critique_techno #anti-industriel #écologie #démocratie #liberté

  • What Does Palantir Actually Do? | WIRED
    https://www.wired.com/story/palantir-what-the-company-does/?_sp=aa1c6cb1-7ca7-4896-bd7d-dca3dfdba3dc.1755288996634

    Palantir’s software is designed with nontechnical users in mind. Rather than relying on specialized technical teams to parse and analyze data, Palantir allows people across an organization to get insights, sometimes without writing a single line of code. All they need to do is log into one of Palantir’s two primary platforms: Foundry, for commercial users, or Gotham, for law enforcement and government users.

    The Sales Pitch

    Foundry focuses on helping businesses use data to do things like manage inventory, monitor factory lines, and track orders. Gotham, meanwhile, is an investigative tool specifically for police and government clients, designed to connect people, places, and events of interest to law enforcement. There’s also Apollo, which is like a control panel for shipping automatic software updates to Foundry or Gotham, and the Artificial Intelligence Platform, a suite of AI-powered tools that can be integrated into Gotham or Foundry.

    Foundry and Gotham are similar: Both ingest data and give people a neat platform to work with it. The main difference between them is what data they’re ingesting. Gotham takes any data that government or law enforcement customers may have, including things like crime reports, booking logs, or information they collected by subpoenaing a social media company. Gotham then extracts every person, place, and detail that might be relevant. Customers need to already have the data they want to work with—Palantir itself does not provide any.
    A former Palantir staffer who has used Gotham says that, in just minutes, a law enforcement official or government analyst can map out who may be in a person’s network and see documents that link them together. They can also centralize everything an agency knows about a person in one place, including their eye color from their driver’s license, or their license plate from a traffic ticket—making it easy to build a detailed intelligence report. They can also use Gotham to search for a person based on a characteristic, like their immigration status, what state they live in, or whether they have tattoos.

    Since leaving Palantir, Pinto says he’s spent a lot of time reflecting on the company’s ability to parse and connect vast amounts of data. He’s now deeply worried that an authoritarian state could use this power to “tell any narrative they want” about, say, immigrants or dissidents it may be seeking to arrest or deport. He says that software like Palantir’s doesn’t eliminate human bias.

    People are the ones that choose how to work with data, what questions to ask about it, and what conclusions to draw. Their choices could have positive outcomes, like ensuring enough Covid-19 vaccines are delivered to vulnerable areas. They could also have devastating ones, like launching a deadly airstrike, or deporting someone.

    In some ways, Palantir can be seen as an amplifier of people’s intentions and biases. It helps them make evermore precise and intentional decisions, for better or for worse. But this may not always be obvious to Palantir’s users. They may only experience a sophisticated platform, sold to them using the vocabulary of warfare and hegemony. It may feel as if objective conclusions are flowing naturally from the data. When Gotham users connect disparate pieces of information about a person, it could seem like they are reading their whole life story, rather than just a slice of it.

    “It’s a really powerful tool,” says one former Palantir employee. “And when it’s in the wrong hands, it can be really dangerous. And I think people should be really scared about it.”

    #Palantir #Technofascisme #Intelligence_artificielle #Données

  • « Quittons tous les réseaux sociaux ! »

    #Matthieu_Amiech, #Gary_Libot, #Valentin_Martinie

    Suite à la réélection de Trump, de nombreux collectifs de gauche – syndicats, associations, médias et revues alternatives, dont Terrestres – ont annoncé leur départ de « X » et appelé à s’inscrire sur Bluesky ou Mastodon. Une position très insuffisante, jugent les auteurs de cette tribune.

    N’est-il pas temps aujourd’hui de dresser un bilan – politique, écologique, humain – de ces dispositifs numériques ? Qu’ont-ils apporté, à qui et à quel prix ? Qu’ont-ils enlevé ou détruit ? Qu’ont-ils transformé ? Même face à des constats sanitaires et écologiques catastrophiques, même face à l’évidence du rôle des #réseaux_sociaux dans la promotion des idées et des ethos d’#extrême-droite, il y a un refus obstiné, à gauche, de tirer les conclusions qui s’imposent. À commencer par la plus élémentaire : admettre que ces réseaux impliquent, du seul fait que des milliards de gens en font un usage ordinaire, une concentration du capital et du pouvoir extra-ordinaire.

    https://www.terrestres.org/2025/06/25/quittons-tous-les-reseaux-sociaux

    Texte complet publié sous le titre :

    Technofascisme
    Une propositions de quitter au plus vite tous les réseaux sociaux
    Editions La Lenteur, juillet 2025
    Format A6, 40 pages, prix libre.

    Cet article reprend et prolonge l’éditorial "il ne faut pas seulement quitter X, mais refonder des communautés politiques hors réseaux" du journal Le Chiffon n°16, printemps 2025.

    https://paris-luttes.info/il-ne-faut-pas-seulement-quitter-x-19031

    Ce n’est pas un étalage de vertu, face à nos confrères qui continuent de batailler sur les « réseaux », contre le décervelage, et pour informer le plus grand nombre. Nous n’avons pas non plus la prétention d’« avoir raison ». Simplement, nous choisissons d’incarner un espoir, peut-être pas si fou, celui de tenter de redonner au monde sa texture, sa poésie, son poids, ses peines et ses joies, avec de l’encre et du papier.

    #critique_techno #Elon_Musk #technofascisme #La_Lenteur #Le_Chiffon #brochure_papier

  • La montée du fascisme de la fin des temps
    https://www.terrestres.org/2025/07/16/la-montee-du-fascisme-de-la-fin-des-temps

    L’idéologie dominante de l’extrême droite est devenue un survivalisme monstrueux, destructeur et suprématiste, expliquent Naomi Klein et Astra Taylor dans un article récent devenu incontournable, dont Terrestres publie la traduction en français. Elles appellent à construire un mouvement suffisamment fort pour l’arrêter.

    Comment sortir de cette fièvre apocalyptique ? Commençons par nous entraider mutuellement pour affronter la profonde perversité que porte l’extrême droite dans chacun de nos pays. Pour avancer efficacement, nous devons comprendre une chose essentielle : nous faisons face à une idéologie qui a abandonné l’idéal et les promesses de la démocratie libérale ainsi que la possibilité même de rendre ce monde vivable – une idéologie qui a abandonné la beauté du monde, ses peuples, nos enfants, les autres espèces. Les forces que nous affrontons ont fait la paix avec les destructions de masse : elles trahissent ce monde et toutes les vies humaines et non humaines qu’il abrite.

    Nous devons également opposer à leurs récits apocalyptiques une histoire bien plus forte sur la nécessité de survivre aux temps difficiles qui nous attendent, sans laisser personne de côté. Un récit capable de priver le fascisme de la fin des temps de son pouvoir horrible, et de mobiliser un mouvement prêt à tout risquer pour notre survie collective. Un récit non pas de fin, mais de renouveau ; non pas de séparation ni de suprématie, mais d’interdépendance et d’appartenance ; non pas de fuite, mais d’enracinement et de fidélité à cette réalité terrestre troublée dans laquelle nous sommes pris et liés les un·es aux autres.

    Ce sentiment assez simple n’a en soi rien de nouveau. Il est au cœur des cosmologies autochtones et constitue l’essence même de l’animisme. Si l’on remonte suffisamment loin dans le temps, chaque culture et chaque foi possède sa propre tradition de respect envers le caractère sacré de l’ici, sans quête illusoire d’une terre promise toujours lointaine et inaccessible. En Europe de l’Est, avant les anéantissements fascistes et staliniens, le Bund, mouvement socialiste juif, s’organisait autour du concept yiddish de Doikayt [« hereness », que l’on peut traduire en français par « diasporisme » ou encore « la pertinence d’être là où l’on est »]. L’artiste et autrice Molly Crabapple, qui lui consacre un livre à paraître, définit le Doikayt comme le droit de « lutter pour la liberté et la sécurité là où l’on vit, envers et contre tous ceux qui souhaitent notre disparition » — plutôt que d’être forcé à chercher refuge en Palestine ou aux États-Unis.

  • Technocritique contre technofascisme
    Pour une écologie révolutionnaire et inclusive

    https://vous-netes-pas-seuls.org/2025/07/04/technocritique-contre-technofascisme-pour-une-ecologie-revolut

    Alors que le technofascisme, cette alliance objective entre régimes autoritaires et hautes technologies, s’annonce comme notre avenir politique officiel, nous souhaitons poser des idées selon nous trop rares pour modestement participer à la résistance. Malgré un travail théorique déterminant, résister ne se fera pas uniquement sur le terrain des idées. Il va falloir se battre. Encore faut-il s’accorder sur une cible, une stratégie, et trouver des allié·es.

    Nous n’avons pas la prétention d’unir les différentes branches de l’écologie radicale, seule famille politique vraiment soucieuse de garder la Terre habitable. Ses fractures internes sont profondes, parfois pour des raisons qui nous dépassent.

    Cependant, nous constatons une percée inquiétante d’attaques violentes émanant de notre camp, contre certaines des figures, collectifs ou courants dont nous nous sentons proches. Partant de déshonneurs par associations, souvent simplistes et calomnieux, tout un pan de l’écologie radicale se retrouve banni. Des textes appellent à « élever des digues », des collectifs influents préfèrent tendre la main à l’écologie libérale.

    C’est toute l’#écologie_politique qui se retrouve désarmée. Les probabilités (déjà minces) de mettre un terme à l’extinction se rapprochent du néant. L’ambition de ce texte : refuser la dualité qui nous condamne, essayer de prouver qu’une #technocritique révolutionnaire et inclusive peut exister, afin de rendre plus efficace — ou déjà plus lisible — la lutte contre le #technofascisme et pour une Terre habitable.

    PDF fourni par les auteurs :
    https://vous-netes-pas-seuls.org/wp-content/uploads/2025/07/Technocritique-contre-Technofascisme-VF-corr.pdf

    PDF plus « sexy et stylé » :
    https://archive.org/details/vnps-technocritique

    Il semble en effet assez bienvenu de rappeler qu’il ne faudrais pas se tromper d’ennemis...

    Mais chez certains anti_fascistes postmodernes, pour qui #dire_c'est_faire, #critiquer_c'est_interdire, et de ce fait toute prise de position radicale contre la technologie est nécessairement « fasciste » "quelque part"... (car « qu’est-ce que l’on fait des gens qui... ? »)

    #ATR #Anti-tech_Resistance #critique_techno #anti-fascisme #naturiens #Naufrage_réactionnaire #Vous_n'êtes_pas_seuls

    • Comme le rappelle brillamment Dufoing dans la conclusion de son Écologie radicale : « que l’on adhère ou pas aux corpus d’idées, de principes et de valeurs qui ont été exposés dans [son] ouvrage, qu’on les trouve éclairants, enthousiasmants, prophétiques, illuminés, critiquables ou carrément dangereux, il faudra toujours garder à l’esprit qu’ils n’ont, dans leurs intentions ou leurs objectifs, absolument rien à voir avec les idéologies morbides qui ont bouleversé le XXe siècle. Pour paraphraser la belle phrase [de] Frisch, [ou de] Brecht, ils sont nés du refus du bruit des bottes, mais aussi du refus du silence des pantoufles ».

      Nous regrettons de devoir encore rappeler cette évidence : aucun de nos courants n’a d’ambition similaire au technofascisme à abattre, et notre camp n’a pas le luxe de s’amputer de ses forces par purisme. L’écologie anti-civ, ou même anti- industrielle, pour ce qui concerne leur cadre de pensée du système techno-industriel et leur portée politique, sont des membres certes marginaux mais indissociables de l’écologique radicale. Et s’il fallait s’enquérir d’une auto- critique intestine, d’autres courants plus proches des cercles de pouvoir comme la décroissance, devrait faire l’objet d’une surveillance plus étroite.

      Pour autant, l’hostilité horizontale répétée de militants radicaux envers d’autres, jusqu’à les taxer de fascisme (leur appliquant donc logiquement les méthodes d’ordinaire réservées à l’extrême droite) est une lourde erreur, tant éthique que stratégique. En associant la critique des anti-tech au camp ennemi, les intersectionnel·les évitent ainsi soigneusement d’y répondre. Autant d’erreurs qui pourrait nous coûter le seul moyen de rendre ce monde plus juste, mais surtout habitable.

    • Pour une poignée d’entre nous, c’est d’abord l’alimentaire qui nous a fait travailler de nos mains, à commencer par la culture de fruits et légumes. Du jardin vivrier de 100 m² au maraîchage bio sur plusieurs hectares, des Côtes d’Armor à la Corse , nous avons repris contact avec les choses vivantes souvent par des séjours de type wwoofing, ou à l’invitation d’ami ·es disposant d’un terrain. Les mains dans la terre, d’une saison à l’autre, au contact de paysan ·nes et d’autres néoruraux, nous apprenons et murissons les questions de l’échelle de production, de l’équilibre entre individualisme et spécialisation des métiers agricoles. Lorsque nous désherbons un demi-hectare ou plantons dix mille poireaux à trois, nous ne sommes pas en train de fantasmer un retour idyllique à la terre. Imprégné·es des réflexions de l’Atelier Paysan79 (dont VNPS est sociétaire depuis 2023), nous voyons dans l’alimentation l’exemple typique du conditionnement de nos rapports sociaux à l’échelle de production et aux moyens techniques.

      […]

      La restauration de bâtis de plusieurs siècles renvoie le béton à sa condition presque éphémère, artificielle et consommatrice d’espace. En voyant dans les métropoles continuer de fleurir l’imposture des écoquartiers au sujets desquels nous publiions un témoignage de désertion il y a quelques mois80, nous nous demandons ce qu’il faut encore attendre comme forme de transition d’une industrie aussi lucrative que celle du BTP. Alors qu’il y a tant à faire pour restaurer des fermes ou faciliter la vie en habitat léger. Évidemment, dans la construction et la rénovation comme dans les autres activités citées, nous apprenons à faire des compromis et, surtout, avec les moyens du bord.

      Au quotidien, au-delà de notre quête d’autonomie, nous avons aussi appris à bricoler, à bidouiller, à réutiliser, également à détourner des objets dont nous héritons de leur usage premier. Réparer un moteur de pelleteuse, ressouder la remorque utilisée afin d’apporter la production au marché ou ramener le bois de chauffe pour l’hiver, trouver la panne et réparer un réseau é lectrique… Bien que moins bucoliques, la mécanique automobile, le travail du métal, le génie électrique sont des savoirs qui seront — et pour longtemps — encore loin d’être moins utiles que le bon tutorage des tomates.

  • Numérique éducatif : 5 bonnes idées pour le ministre... | Encore un nouvel étonnant microcosme...
    http://gingko.neottia.net/post/40290455006/numerique-educatif-5-bonnes-idees-pour-le-ministre

    Numérique éducatif : 5 bonnes idées pour le ministre…

    Vous le savez, la mode, dans les blogs, est aux billets qui annoncent, par paquets de cinq en général, dix astuces ou cinq bonnes idées ou encore vingt trucs pour aider le lecteur assoiffé de connaissances utiles. Comme je sais que Vincent Peillon me lit dès qu’il a une minute à lui, j’aimerais soumettre à son équipe, au moment où il s’essaie à refonder l’école à l’éclairage du numérique, cinq bonnes idées ou astuces pour faire avancer un peu plus vite le chantier compliqué du numérique éducatif.

    Avertissement liminaire : attention, derrière la méthode un peu farfelue, ces propositions sont très sérieuses !