• Les blairistes ont été assez stupides pour combiner leur promotion de « Cool Britannia » avec des réformes massives de l’aide sociale, ce qui a effectivement conduit à ce que ce projet explose en vol : presque tous ceux qui avaient le potentiel pour devenir le prochain John Lennon doivent désormais passer le reste de leur vie à empiler des caisses pour les supermarchés Tesco, comme les y obligent les nouvelles formes de conditionalité des aides sociales.
      En fin de compte, tout ce que les blairistes ont réussi à produire, c’est un secteur de marketing de classe mondiale (puisque c’est ce que les classes moyenne savent faire). A part ça, elles n’avaient rien d’autre à offrir.

      […]

      Je me souviens d’avoir assisté à une conférence universitaire sur le sujet et de m’être demandé : « D’accord, je comprends la partie vapeur, c’est évident, mais... quel est le rapport avec le punk ? » Et puis ça m’est venu à l’esprit. No future ! L’ère victorienne était la dernière fois que la plupart des britanniques croyaient vraiment en un avenir axé sur la technologie qui allait mener à un monde non seulement plus prospère et égalitaire, mais aussi plus amusant et excitant. Puis, bien sûr, vint la Grande Guerre, et nous avons découvert à quoi le XXe siècle allait vraiment ressembler, avec son alternance monotone de terreur et d’ennui dans les tranchées. Le Steampunk n’était-il pas une façon de dire : ne pouvons-nous pas simplement revenir en arrière, considérer tout le siècle dernier comme un mauvais rêve, et recommencer à zéro ?

      #David_Graeber #désespoir #espoir #Royaume-Uni #classe_sociale #politique #économie #steampunk #crash #stratégie_du_choc (y compris pour lui, car il voudrait mettre en avant un récit qui accuse les conservateurs, en attendant un prochain crash pour les éjecter)

      Les nouveaux dirigeants travaillistes font les premiers pas : ils appellent à de nouveaux modèles économiques ("socialisme avec un iPad") et cherchent des alliés potentiels dans l’industrie high-tech. Si nous nous dirigeons vraiment vers un avenir de production décentralisée, de taille réduite, high-tech et robotisée, il est fort possible que les traditions particulières du Royaume-Uni en matière de petite entreprise et de science amateur - qui ne l’ont jamais rendu particulièrement adapté aux conglomérats bureaucratisés géants qui ont si bien réussi aux États-Unis et en Allemagne, dans leurs manifestations capitalistes ou socialistes - puissent se révéler tout particulièrement appropriés.

      Et par contre #technophilie voire #techno-béat si la solution est basée sur la #high-tech (qui ne sera jamais séparable du capitalisme et de l’impérialisme).

  • Galaxy Haraway | DégenréE
    http://www.radiorageuses.net/spip.php?article999

    Malgré cette dure semaine pour le collectif dégenré-e (nous nous sommes fait.e.s viré.e.s de Radio Kaléidoscope), nous vous invitons dans la galaxy Haraway. Ce premier volet n’est qu’un voyage à travers quelques constellations de la féministe Donna Haraway, notamment autrice du « Manifeste Cyborg ». Durée : 1h30. Source : Radiorageuses

    https://degenree.pimienta.org/2019/degenree-2019-donna-sans-studio.mp3

  • No green light for whitening Arctic’s melting ice - Climate News Network

    http://www.climatenewsnetwork.net/no-green-light-for-whitening-arctics-melting-ice

    By Tim Radford

    Scientists pour cold water on the idea of preventing ice melt by using geo-technology to keep it white so that it reflects sunlight and stays frozen.

    LONDON, 4 May, 2015 – Yet another geo-engineering solution to climate change has been proven potentially useless: even if you could paint the Arctic white, the world would still get warmer.

    For the second time in months, scientists at the Carnegie Institution for Science in the US have shown that some technological solutions won’t work even in principle, let alone in practice.

    #climat #arctique

  • « A suivre », édito de la (très bonne) revue en ligne Angle mort
    http://www.angle-mort.fr/editorial/no-9

    Pour tout dire, cet édito commence comme un #cauchemar :

    En août dernier, la branche américaine d’#Amazon a annoncé avoir acheté les droits des personnages et des univers des romans de Kurt Vonnegut pour permettre aux utilisateurs de Kindle Worlds, un service destiné à la #fan_fiction, de mettre à leur sauce le monde des Sirènes de Titan ou d’Abattoir 5. Le principe est simple, les auteurs potentiels peuvent proposer un récit dans l’univers de leur choix (plusieurs sont déjà disponibles, de Gossip Girl à Vampire Diaries en passant par celui des comics Valiant), en designer la couverture et le mettre en vente sur le site. Le choix d’un auteur plus respecté et littéraire, et a priori peu propice à la fan fiction, a beaucoup surpris. Au-delà de l’appât du gain d’héritiers peu sensibles à l’héritage de l’œuvre, on peut y voir une tentative de la part d’Amazon de légitimer un peu plus la fan fiction et un indice sur la prochaine orientation du service : plus littéraire et diversifiée.

    (...) Au-delà de cet aspect purement mercantile, le phénomène parait tout de même intéressant pour ce qu’il dit de l’avenir potentiel de l’édition. La fiction y est vue comme une entreprise communautaire, fondée sur un univers prédéfini. La pratique de la création littéraire s’y apparente alors à une sorte de reprise d’éléments existants placés dans de nouvelles situations, quelque chose qui ressemble au remix pratiqué dans la musique électronique.

    (...) Pour mitiger l’amateurisme de masse, un acteur comme Amazon pourrait munir ses auteurs d’un arsenal de #rédaction. On a vu des #logiciels pour organiser la structure de son intrigue, écrire dans un environnement sans distraction ou se poser des contraintes de productivité. Maintenant, imaginez un réviseur orthographique pro-actif qui mettrait en mots vos notes et suggérerait des retournements de situation, un environnement de composition enrichi qui réécrirait « à la manière de », ou dans un champ lexical donné. Plus d’un auteur criera au sacrilège, tout en avouant utiliser des dictionnaires de synonymes, auto-correcteurs et autres Antidote. Après tout, les logiciels de traitement de texte sont aussi une amélioration majeure par rapport à la machine à écrire ou la plume. Au final, ce ne sont que des outils, et comme avec Garage Band ou iMovie, les vrais artistes finissent toujours par subvertir leur fonction première et retoucher à la main.

    On pourrait même pousser l’expérience un peu plus loin en empruntant des techniques issues du #marketing ou du génie logiciel, comme l’optimisation algorithmique basée sur les motifs de lecture. Par exemple, en appliquant la technique de test A/B qui propose des variantes différentes à chaque lecteur pour déterminer celle qui donne de meilleurs résultats. Des mots, phrases ou éléments d’intrigues seraient alors altérés automatiquement et les effets positifs sur la lecture enregistrés pour continuellement réécrire l’œuvre.

    Outre la remise en question du concept même d’#auteur et d’#œuvre, ces possibilités semblent vouées à accélérer la concentration de l’édition vers une poignée de best-sellers. Ce serait cependant ignorer l’avènement de la tendance inverse, soit le financement crowdsourcé via des plateformes comme Kickstarter ou IndieGoGo. Ici, la viabilité du projet littéraire est validée au préalable par le soutien des futurs lecteurs, et c’est moins leur nombre qui compte que leur engagement. Du coup, les concepts trop mainstream attirent peu, et mieux vaut viser une niche pointue à l’aide d’un pitch bien rôdé, idéalement propulsé par quelque auteur en vogue ou une campagne sur médias sociaux.

    Surgissent ensuite de nouvelles pistes, plus nuancées :

    En dehors du mastodonte Amazon, on avait déjà évoqué les micro-spores de Jeff Noon sur Twitter (http://microspores.tumblr.com). Sur le continent, l’ami Léo Henry a monté son propre canal de nouvelles par email (http://www.leo-henry.com/html/nouvellesparemail.html). Des fictions à la brièveté fulgurante, parfaitement adaptées au format. Ces expériences restent cependant encore des cas isolés pour l’instant, et n’exploitent pas encore toutes les possibilités du médium.

    Il ne s’agit évidemment pas simplement de raccourcir la longueur des récits pour s’adapter aux pratiques de lecture actuelles. D’autres dimensions restent à explorer.

    (...) Si on cherchait à exploiter une fiction littéraire en temps réel, difficile d’imaginer un meilleur support que Twitter. En novembre dernier, le réseau avait d’ailleurs même organisé son propre festival de micro-fictions sur cinq jours (https://blog.twitter.com/2012/announcing-twitter-fiction-festival).

    (...) Les écrivains qui travaillent dans le jeu vidéo aujourd’hui ont ouvert la voie. Ils programment des structures narratives informatisées, construisent des univers numériques qui s’adaptent au joueur. Des concepts qui risquent bien de déborder de l’arène vidéo-ludique pour s’appliquer à la fiction au sens large qui, on l’a vu, est en passe de se mêler à notre quotidien.

    Les auteurs les plus progressistes pourraient alors être mis à contribution pour élaborer cette hybridation de l’#imaginaire au réel : expériences multi-sensorielles immersives et personnalisées, assistants personnels artificiels dotés de personnalités (imaginez Siri ou Google Now dans dix ans), campagnes narratives de cé­lé­bri­tés/politiques.

    Au final, les conteurs, penseurs, artisans des mots et bâtisseurs de mondes continueront la mission qu’ils poursuivent depuis des millénaires : inventer des histoires qui épousent le tissu sans couture de la réalité.

    Au-delà de la #technophilie assumée et de la focale sur les géants du #web, une réflexion étayée sur les transformations à l’oeuvre dans la #littérature et la #création en général - du moins celles que ces géants encouragent ou permettent.

    Quoique je préfère souvent à l’auteur-e augmenté-e celle ou celui qui saurait aussi bien se contenter d’une feuille de papier et d’un stylo, ou de sa seule voix, pour donner à comprendre ce qu’elle ou il a perçu du réel. Le corps est un outil que l’on maîtrise encore à peine - et la machine ne vient souvent que masquer cette ignorance commune, lui donner un prétexte pour ne pas trop se regarder en face.

    Cela me rappelle le débat, incroyablement étriqué, sur « la fin de la peinture » - alors que n’importe quelle toile de #Rebeyrolle est plus moderne (c’est-à-dire plus à même de saisir l’époque, et au-delà de l’époque, ce que c’est d’être ici, et le fait avec la matière même de l’époque) que toute l’oeuvre de Jeff Koons.

    Disons que le #numérique et la #technologie en général n’invalident pas le stylo ou le pinceau - pas plus que le stylo ou le pinceau ne représentent un état absolu de la pureté littéraire ou artistique.

  • Vous oubliez un paramètre essentiel pour comprendre cet attrait de l’industrie pour les gaz de schistes : la technique de fracturation consiste à envoyer différents additifs, jusqu’à plusieurs centaines de produits chimiques différents dans le sous-sol. Et comme par hasard, une grande partie de ces produits chimiques sont ?.......des déchets industriels ! des produits dont l’inactivation ou le retraitement obligatoire coûtent des fortunes. En envoyant ces cochonneries dans le sous-sol, on fait d’incroyables économies, car les filières de traitement des déchets industriels (dans les pays riches) coûtent des fortunes à l’industrie.

    • Disons que si c’est pas trop demandé, ce commentateur pourrait nous indiquer d’où il tire cette information, qui est suffisamment grave pour être partagée au plus grand nombre si elle est avérée.
      Sinon ça reste juste une insinuation, et ça pollue le débat. L’enjeu est important : si les partisans du gaz démontrent que c’est faux, ils auront un nouvel avantage pour grignoter du terrain.

      Choisissons bien nos arguments. Pour ma part, même si la fracturation hydraulique était parfaitement propre et neutre pour l’environnement (hypothèse absurde), on doit combattre l’exploitation du gaz de schiste. La transition énergétique ce n’est pas la transition entre une énergie fossile carbonée et une énergie fossile carbonée. C’est vers les énergies renouvelables, non carbonées, sous peine de transformer la planète en cocotte minute.
      Ils faut les empêcher d’aller au bout de leur logique, car quand la banquise aura fondu, qu’ils auront sorti tout le pétrole sous le pôle nord et que le pôle sud sera le dernier continent habitable, ils ne seront plus là pour assumer, ces crétins...

    • Vouloir à tout prix préserver sa descendance et son espèce, ne sont-ce pas des lubies primitives, instinctives, animales ?

      Nous sommes après tout des êtres pensants, et nous nous comporterions en êtres authentiquement supérieurs si nous parvenions à nous départir de tous ces comportements primitifs.

      Aussi, utilisons la technologie et exploitons à fond les ressources mises à disposition (par le Bon Dieu). La technologie nous permettra par la suite de corriger les éventuels effets de bord.

      (on peut être supérieur et se comporter en parasite après tout :-) ).

      La multiplicité des avis est telle qu’il est possible d’aboutir à un véritable festival de sophismes débilitants. Il y a à notre époque des gens qui trouvent chouette de se tatouer des symboles nazis sur la peau, de manifester pour empêcher les pédés de se marier, et de voter pour des gens qui tant qu’ils empêchent les pédés de se marier peuvent faire par ailleurs tout ce qu’ils veulent (comme par exemple laisser faire l’exploitation des gaz de schistes).

      Que la crétinerie du Créationisme puisse être considérée comme aussi respectable que le Darwinisme, et que dans l’intervalle, ils puissent tous applaudir à l’idée de massacrer la faune et la flore, ça aussi, ça ne manque pas de me laisser perplexe... Ne tuons pas les petits embryons, mais surtout, surtout, faisons en sorte d’empoisonner l’environnement pour que le petit embryon puisse muter en paix dans le ventre de la chose - respectable certes, mais pas assez pour qu’elle puisse disposer d’elle même - qui sert à faire des bébés.

      Bon... J’arrête de déblatérer... :-)

    • @bp314 : merci, je regarde ça.
      Il est certain que si ils imaginent récupérer du gaz de schiste en enfouissant les déchets nucléaires, Allègre et consorts doivent se pisser dessus !
      #fantasme #technophilie

      @biggrizzly : je croyais que c’était du premier degré ton début de propos... rassure-moi, on est d’accord à la fin ? :-)

      Que la crétinerie du Créationisme puisse être considérée comme aussi respectable que le Darwinisme, et que dans l’intervalle, ils puissent tous applaudir à l’idée de massacrer la faune et la flore, ça aussi, ça ne manque pas de me laisser perplexe...

      Je lisais hier je ne sais plus où le rappel d’une citation de Godard, au sujet de la « neutralité » des médias, que lui appelle différemment « L’objectivité journalistique, c’est 5mn pour les juifs, 5mn pour Hitler »
      On y est ici dans le débat. 5mn pour les écolos, 5mn pour les climato-négationnistes...

    • La citation initiale de @bp314 est le premier commentaire (sans source) de cet article de Basta !

      http://www.bastamag.net/article3110.html

      Pourquoi les grands patrons français sont obnubilés par les gaz de schiste
      PAR IVAN DU ROY, OLIVIER PETITJEAN (6 JUIN 2013)

      Lobbying intense à Bruxelles, recommandations à répétition auprès de l’Elysée, opérations séduction vers les médias : plusieurs groupes français déploient des efforts considérables pour plaider la cause des gaz de schiste. Pourquoi une telle insistance ? Qui sont les acteurs de cette guerre d’influence ? On y retrouve Total bien évidemment, mais pas seulement. Les gaz de schiste cachent de puissants intérêts, qui refusent toute transition énergétique. Enquête.

  • Le web, plus qu’un bavardage, un vrai lieu « d’interaction politique » | Lilia Blaise
    http://owni.fr/2011/07/12/le-web-plus-quun-bavardage-un-vrai-lieu-%c2%abdinteraction-politique%c2%bb

    Dominique Cardon, chercheur au laboratoire des usages de France Télécom revient pour Nonfiction.fr sur les usages web, battant en brèche les commentaires méprisant pour élever #Internet au rang de vrai lieu de débat et d’échange démocratique.

    #Cultures_numériques #Vive_Internet ! #démocratie #désirs_d'avenir #dominique_cardon #NonFiction #opendata