• JO d’hiver 2030 : les atteintes à l’environnement planifiées par le comité d’organisation

    Défrichements de zones forestières, #terrassements, artificialisations, et des #remontées_mécaniques hors du temps, le comité d’organisation des JO d’hiver 2030 envisage de dégrader durement la #montagne pour le business du #ski.

    « Je ne comprends pas comment on peut sacrifier un site pareil », se désole Anna*, habitante pendant vingt-cinq ans des #Confins, le plateau censé accueillir le « #pôle_nordique » des JO 2030, sur les hauteurs de #La_Clusaz (Haute-Savoie). Ça me dépasse, ça m’atteint profondément. Je suis heurtée par ce qu’ils projettent d’y faire. »

    Sur un plan de masse du futur site, on mesure l’étendue des #travaux projetés. Les #pistes_de_ski courent le long de la zone #Natura_2000 des combes des #Aravis, puis descendent vers le futur #stade, sa tribune de 1 500 places, les différentes « #surfaces_JO » – sport, fédération internationale, famille olympique, médias, organisation, parking. Des triangles et des ronds signalent aussi un peu partout sur ce plan la présence d’oiseaux, de crapauds, d’écureuils roux, de vipères aspics, et l’Azuré du serpolet, un papillon présent dans la zone, comme dans plusieurs #zones_humides.

    Sur ce site, des terrassements colossaux sont prévus notamment pour la « sécurisation du réseau de #neige » – l’approvisionnement en #eau de plusieurs dizaines de #canons_à_neige – par un circuit souterrain possiblement relié à l’une des #retenues_d’eau du #domaine_skiable. La facture des travaux, estimée en décembre 2025 à 13,5 millions d’euros, pourrait encore grimper avec l’ajout récent sur ce site des épreuves paralympiques de ski de fond et de biathlon, le centre nordique existant ne disposant ni de pas de tir ni d’équipements adaptés au #handicap.

    Vendredi 19 juin, le bureau exécutif du Comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques (#Cojop) des #Alpes_françaises 2030 a validé sa carte des sites, et la localisation de ses quatre grands pôles : la glace à #Lyon, le freestyle à #Briançon (Hautes-Alpes), l’alpin à Val-d’Isère et à #Courchevel (Savoie), et le nordique au #Grand-Bornand et à La Clusaz (Haute-Savoie) en vue de sa présentation à la 146e session extraordinaire du Comité international olympique (CIO) à Lausanne (Suisse), mercredi 24 et jeudi 25 juin. Mais c’est lors de l’assemblée générale du Cojop que ces décisions doivent être adoptées, le 29 juin.

    Des terrassements considérables

    La première version de la #feuille_de_route_environnementale élaborée par le Cojop et le secrétariat général à la planification écologique (SGPE), le 13 avril 2026, promet de « limiter l’#empreinte_environnementale des jeux » et de « minimiser l’impact des aménagements des pistes sur les espaces naturels ». Mais elle intègre déjà une possible « #compensation_volontaire » de ces dégâts, « via des projets locaux de conservation et restauration d’écosystèmes » à hauteur de 100 hectares.

    Dans un avis récent, le groupe régional d’expertise sur le climat (Grec) Alpes-Auvergne alerte sur les effets des JOP 2030 dans le contexte « d’un environnement montagnard déjà fragilisé par le réchauffement climatique auquel les émissions de gaz à effet de serre liées aux JOP contribuent ». Et sur la faune et flore « déjà sous pression » notamment du fait de la fréquentation humaine accrue.

    Dans sa feuille de route, le Cojop annonce vouloir réutiliser à hauteur de 90 % des #infrastructures existantes « pour les sites de compétition », et aussi limiter à 30 hectares l’artificialisation « sur l’ensemble des projets pérennes ».

    Mais certains « points d’attention » révèlent sa parfaite connaissance des atteintes à l’environnement les plus sévères : « potentiel terrassement à La Clusaz », « parkings éventuels à #Montgenèvre », « nouvelle piste impliquant défrichement à Montgenèvre », « impact pour les prairies permanentes et les #forêts et la #biodiversité de l’aménagement des fronts de neige ».

    À Montgenèvre (Hautes-Alpes), station du Briançonnais, 3,2 hectares de mélèzes de la #forêt du Prairial doivent en effet être défrichés pour y créer des pistes de snowboardcross et de skicross nécessitant un parcours de bosses et de virages relevés. « Il n’y a rien, il faut créer ces pistes de toutes pièces, ça implique des terrassements considérables, après ce déboisement », commente un membre du Collectif citoyen JOP 2030.

    Absence d’enquête environnementale

    L’ajout d’épreuves de ski-alpinisme, plus en altitude, sur le massif du #Chenaillet, à partir du site du rocher de l’Aigle, inquiète aussi les associations qui portent un projet de protection de la zone depuis quarante ans, et poussent à son classement en réserve naturelle régionale (RNR).

    « C’est un site géologique mondialement connu, ce n’est pas une bonne idée de faire du ski-alpinisme sur ce site », déplore Bernadette, habitante de la commune voisine de Cervières.

    « Il y a des laves en coussins dans un état extraordinaire, comparables à ce que l’on peut observer à 2 400 mètres sous l’océan Atlantique, et tout le cortège de roches qui l’accompagne, explique Claude Rémy, de l’association Arnica Montana. Mais vous y trouvez aussi des plantes protégées, endémiques comme l’Aethionema de Thomas, une petite plante extrêmement rare, et des lichens. »

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    Des maires des JO sous l’œil de la justice

    #Xavier_Mattis, le maire de Val-d’Isère, dont la commune accueillera les épreuves techniques de ski alpin, a vu son élection invalidée par le tribunal administratif le 22 mai. Son entreprise, la SARL #L’Avalain, étant chargée du déneigement de Val-d’Isère, par contrat renouvelé depuis 2020, il n’avait pas le droit de se présenter – en vertu de l’article L231 du Code électoral. Il a fait appel, le 23 juin, en annonçant crânement avoir « posé un genou à terre mais pas deux ».

    #Jean-Luc_Boch, le maire de La Plagne-Tarentaise, et président de l’association nationale des maires des stations de montagne (ANMSM), lui aussi concerné par d’importants travaux liés aux JO (ascenseur valléen, et piste de bobsleigh), fait l’objet d’une enquête judiciaire pour « #prise_illégale_d’intérêts » entre les mains d’une juge lyonnaise après une plainte d’Anticor. Son entreprise, #Boch_et_Frères, a aussi déneigé La Plagne jusqu’en 2016, mais le maire a surtout introduit un promoteur, #Pelletier, acheteur de terrains à la mairie, en 2017, pour une opération immobilière, #Lodges_des_Alpages, dont Boch et Frères a effectué le terrassement. Il est présumé innocent.

    #Jean-Yves_Pachod, le maire de Courchevel, haut lieu de la future compétition, s’est vu reprocher par la chambre régionale des comptes la mise à disposition irrégulière d’un véhicule par l’office du tourisme. Plus récemment, des investigations sont en cours à la suite du déclassement du rez-de-chaussée du bâtiment de l’office du tourisme, en cœur de la station, afin de le louer à un bijoutier, représentant exclusif de la marque Rolex. Dans ce dossier, la brigade de recherches de Chambéry a perquisitionné la mairie et l’office du tourisme en décembre.

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    880 espèces de #plantes dites supérieures y ont été inventoriées. Sans être « opposé par principe aux JO », le scientifique demande « la protection urgente » du #Chenaillet. Il s’étonne aussi de l’absence d’enquête environnementale s’agissant du défrichement de la #forêt_du_Prairial qui héberge « une chouette forestière protégée », la #chouette_de_Tengmalm.

    Au nord de Briançon, sur le domaine skiable de #Serre-Chevalier, la future piste de ski à bosses est aussi « à construire entièrement », sur des zones boisées.

    Un « Monopoly » géant

    Le « Monopoly » géant auquel se livre le Cojop sur la montagne ne fait que commencer. Trois maires des stations emblématiques de La Plagne, Courchevel et Briançon poussent des projets d’#ascenseurs_valléens, respectivement chiffrés à 101, 74,8 et 26 millions d’euros.

    À Briançon, le maire a convaincu le Cojop d’installer un #village_olympique au #fort_des_Trois_Têtes, une fortification militaire du XVIIIe siècle à l’abandon – sans eau, ni éclairage ni aucun réseau. Ce fort a été inscrit parmi les réalisations de Vauban sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco en 2008.

    Initialement évaluée à 295 millions, désormais « réduite » à 133 millions d’euros, cette opération immobilière hors norme vise à réhabiliter puis à commercialiser, en logements, commerces et hôtel, 17 000 mètres carrés de plancher sur un périmètre de 41 hectares entourés par 4,5 kilomètres de remparts à entretenir, en y incluant une usine abandonnée située en contrebas.

    Estimé à 51,84 millions d’euros, le village des athlètes promet de peser lourd aussi en Haute-Savoie, à #Saint-Jean-de-Sixt, à 3 kilomètres de La Clusaz. Mais un bâtiment de 41,67 millions d’euros sera aussi construit au #Grand-Bornand, à 3 kilomètres de là, pour y être mis à disposition du Cojop. Si l’on ajoute un « #pôle_indoor » prévu au village de La Clusaz, pour 21,7 millions, l’addition qui s’élève à 115 millions construits en dur place le département au niveau de ses voisines.

    En Savoie, 78,5 millions d’euros doivent être investis pour le futur village olympique de #Bozel, qui n’accueillera finalement que les athlètes du site de Courchevel, situé à 18 kilomètres – les épreuves techniques de ski alpin ayant échappé à Méribel au profit de #Val-d’Isère. Mais en Savoie, des fonds importants sont aussi prévus pour la remise à niveau de la piste de bobsleigh de La Plagne, soit 43 millions d’euros, et une prolongation du tremplin de saut à ski de Courchevel, pour 43,6 millions d’euros.

    Le fait accompli

    Ce ruissellement de #fonds_publics au prétexte des JO est ouvertement attendu par certains maires pour soutenir la #promotion_immobilière dans leurs stations. Pour la population, c’est encore l’incertitude, notamment sur la réelle contribution des communes. L’information n’a été donnée qu’au compte-goutte, et des consultations débutent, selon des modalités diverses et variées, au moment où les appels d’offres sont déjà passés.

    Constatant les « démarches lancées en parallèle, voire en amont », le Grec Alpes-Auvergne pointe aussi le « risque évident » de voir la feuille de route environnementale « établie pour tenir compte du fait accompli plutôt que pour permettre aux décideurs en charge d’en intégrer les préconisations dans leurs prises de décisions et initiatives ».

    Après avoir été assignée par plusieurs ONG devant les juridictions administratives pour lui enjoindre « d’organiser une mesure de participation du public », la #Société_de_livraison_des_ouvrages_olympiques (#Solideo) a saisi d’elle-même, le 22 avril, la Commission nationale du débat public (CNDP) pour qu’elle désigne des garants de plusieurs « concertations préalables » : pour l’aménagement du site de ski de fond de La Clusaz, le projet d’ascenseur valléen de La Grande Plagne et l’aménagement du site de compétition de Montgenèvre.

    Réunions publiques prévues

    Mais l’établissement public a entrepris d’organiser ses propres réunions de concertation, hors CNDP, sur les autres sites à Briançon, à Saint-Jean-de-Sixt (Haute-Savoie), au Grand-Bornand et ailleurs.

    Le 9 juin, les deux garants désignés par la CNDP ont demandé au Cojop et à la Solideo d’expliquer cette différence de traitement.

    À La Clusaz, le maire, #Didier_Thévenet, un proche du président du Cojop, #Edgar_Grospiron, a formalisé l’engagement de sa commune en faisant voter, en décembre 2025, le transfert de la maîtrise d’ouvrage des aménagements du site des Confins à la Solideo. « Tout a été décidé en cinq minutes, relève Anna*. On n’a jamais été consultés pour ces JO. » Questionné durant l’automne, le maire prétendait n’avoir « aucune information ». En décembre, il a salué « les nombreuses relations de travail déjà établies » avec la Solideo.

    Sans trop attendre, l’établissement a lancé ses premiers appels d’offres en mars pour l’assistance à maître d’ouvrage de l’aménagement du « pôle nordique » des Confins.

    Dans leur note du 9 juin, les garants de la CNDP ont rappelé que la concertation devait « débattre d’abord de l’opportunité du projet », « des alternatives » et intégrer « l’option zéro », à charge pour la Solideo et le Cojop de préciser « ce que le projet apporte au public et aux territoires ». À ce stade de « la concertation préalable », la décision de faire le projet « n’est pas encore prise » et il importe de laisser « les champs ouverts aux débats ».

    La réunion publique prévue par la commune de La Clusaz, fin septembre, devrait intégrer ces préconisations, et non pas seulement annoncer les gagnants des appels d’offres.

    À Briançon, le même scénario s’est mis en place pour les rénovations du fort des Trois Têtes et de l’usine de la Schappe. L’appel à candidatures ayant été lancé dès juillet 2025, l’annonce du choix des « lauréats » pour le fort – #Linkcity (#Bouygues_Construction), les promoteurs #Edifim et #Elegia ainsi que l’architecte #Philippe_Prost – et l’usine – #Icade_Promotion et les architectes #Jean-Michel_Wilmotte et #Nathalie_d’Artigues – a précédé les réunions de « concertation » de la Solideo et du maire, #Arnaud_Murgia, un ancien secrétaire national de l’UMP élu pour la première fois à Briançon en 2020.

    Ironie de l’histoire, le projet actuel reprend les grandes lignes d’un #aménagement soutenu par l’ancien maire socialiste et vendu par un promoteur depuis mis en examen pour #escroquerie.

    https://www.mediapart.fr/journal/ecologie/250626/jo-d-hiver-2030-les-atteintes-l-environnement-planifiees-par-le-comite-d-o
    #jeux_olympiques #Alpes #JO2030 #environnement #forêt #déforestation #artificialisation_des_sols #coût

  • Les profiteurs de la frontière – Juin 2019 – Corporate Watch

    La maire de Calais essaye de changer l’image de Calais, souhaitant en faire une « ville fleurie ». Mais comme des locaux ont confié à Corporate Watch le mois dernier, « #ville_barbelée » serait un label plus approprié. Du port ferry jusqu’au tunnel à Coquelles, la périphérie de la ville est un paysage cauchemardesque de #clôtures surmontées de #barbelés à lames rasoir, de #caméras et #détecteurs_de_mouvement, de #terrassements, #tranchées et #terrains_inondés, tous destinés à arrêter les « damné·e·s de la terre » entreprenant cette traversée du détroit de la Manche, si évidente et acquise pour un·e citoyen·ne européen·ne.

    Tout cela implique de l’#argent pour financer les compagnies de construction et de sécurité qui fournissent et édifient l’#infrastructure de la frontière. En 2016, Calais Research a commencé à lister et décrire les #entreprises impliquées dans le marché de la frontière. Voici une rapide mise à jour sur quelques points marquants apparus depuis.

    Le #Centre_Conjoint_d’Information_et_de_Coordination_franco-britannique à Coquelles

    Il y a deux points principaux de passage de la frontière à Calais : le #port, près du centre historique de la ville, et le tunnel sous la Manche, à quelques kilomètres de la ville, à #Coquelles. Près de l’entrée du tunnel se trouve un énorme centre commercial, la Cité Europe, fréquentée par des locaux comme par des Britanniques de passage renflouant leur stock d’alcool bon marché.

    Juste à côté se tient un complexe abritant l’infrastructure policière française anti-migrant : la base principale de la #PAF (Police aux Frontières) et des #CRS, un tribunal où sont entendus les migrants, et le #Centre_de_Rétention_Administrative (#CRA).

    En novembre 2018, un nouveau bâtiment est ajouté au complexe déjà existant : le #CCIC – Centre Conjoint d’Information et de Coordination franco-britannique.

    Selon l’Agence France Presse, le centre est financé par le gouvernement de Grande Bretagne, il est « notamment équipé de #drones », et sert de poste de commande pour les forces de police françaises et britanniques. Celles-ci incluent côté français la PAF, les #douanes et les #gendarmes, et pour l’outre-Manche la police aux frontières (UK border force), la #police du #Kent ainsi que le service national de lutte contre la criminalité (#National_Crime_Agency#NCA).

    Le jour où nous sommes passé·e·s jeter un œil, nous n’avons vu aucun drone décollant du toit. Sur le parking se trouvaient plus de voitures banalisées que de véhicules de police officiels, dont plusieurs immatriculées outre-Manche. Il y avait encore un affichage à l’extérieur du centre (cf. photo) nommant les entrepreneurs impliqués dans sa construction et son équipement. Il indique un coût de 1,844 million d’euros pour ces travaux.

    Les compagnies identifiées incluent : #Villesange_Masson (Architectes locaux) ; #Groupe_Qualiconsult (consultant·e·s pour les projets de construction) ; #Verdi ; #Cougnaud_construction (spécialisé en construction modulaire industrialisée) ; #Ramery_Batiment ; #Eiffage_énergie (grosse société d’ingénierie française) ; #Satelec (électricien·ne·s) ; #Resipelec (électricien·ne·s) ; #Pylones_du_Littoral ; #Majencia (mobilier de bureau) ; #Covage_DGL_Networks (installateur de fibre optique) ; #Econocom.

    Extension du centre de Rétention

    Juste en face du CCIS se trouve le CRA de Coquelles. Actuellement, il permet d’enfermer 79 hommes, mais l’État français veut augmenter le nombre de places. Fin mars 2019, il annonçait un projet d’extension de 480 mètres carrés. L’agence d’architectes #COAST supervise les travaux, et travaille avec #BD_engineering.

    Douanes et tranchées

    En dehors de Coquelles, on voit d’importants travaux de chaque côté de la voie rapide menant au tunnel. Ce sont de grands #bunkers, chacun avec plusieurs quais destinés à la fouille des camions. Ce ne sont pas des mesures prioritairement anti-migrants, il s’agit en fait de nouveaux parking poids-lourds et de postes de douane, construits à la hâte par #Eurotunnel, en prévision de nouveaux contrôles sur les marchandises après le Brexit.

    Cependant, ces projets participent à renforcer les mesures de sécurité exceptionnelles auxquelles on doit ce changement d’atmosphère autour de Calais. Les bunkers sont protégés par des #tranchées et de nouvelles clôtures – canaux et lacs artificiels creusés et remplis d’eau comme une autre mesure contre ces humains dont on ne veut pas. Ceci fait suite aux modèles de #déforestation et d’#inondation initiés par Eurotunnel en 2016.

    Contrôles aux frontières privatisés au parking poids-lourd #Polley

    Une petite industrie s’est développée grâce à la « crise migratoire » : le #parking_poids-lourd sécurisé. Le gouvernement britannique inflige une contravention aux entreprises de transport de marchandises si des personnes sont trouvées dans leurs véhicules sans les documents administratifs adéquats. Dans les faits, cela se traduit par l’#externalisation des contrôles frontaliers vers les camionneurs eux-même, soucieux de ne pas être surpris avec des passager·e·s clandestin·e·s. Et l’entreprise de transport va payer des emplacements sécurisés pour marquer un arrêt avant de traverser la Manche.

    À #Dunkerque, #DK_Secure_Truck_Park dispose de 250 emplacements entourés de clôtures et surveillés par « 40 #caméras_de_surveillance haute-définition ». À Calais, la plus grosse société est #Polley_Secured_Lorry_Park, dirigée par un homme d’affaire local, #Francois_Polley. Ce site de 10 hectares se targue d’être protégé par des grilles hautes de 2,40 mètres et d’être surveillé 24h/24 et 7j/7.

    Récemment, nous avons entendu parler d’une nouvelle niche dans ce business. Les cars de transport de passagers opérés par #Flixbus profitent également des services de sécurité de Polley. Les cars en route vers la Grande Bretagne passent par le parking Polley avant de se diriger vers le tunnel. Là, un des agents de sécurité privés du parking va procéder à une première fouille du véhicule, cherchant d’éventuel·le·s clandestin·e·s dans la soute à bagages. Ceci, en plus des deux contrôles qui seront effectués par les autorités françaises et britanniques une fois au tunnel.

    Flixbus et Polley fournissent peu d’information publique sur cette #fouille supplémentaire. Il y n’y en a qu’une vague référence sur le site de Flixbus, où elle est simplement mentionnée comme « un #contrôle_pré-Royaume-Uni ».

    Hôtel de police…

    Notre dernier arrêt sur notre tour des infrastructures de la frontière s’est trouvé en plein cœur de la ville de Calais. On avait entendu dire que l’ancienne pratique de constamment arrêter et harceler les personnes pouvant être des migrant·e·s dans le centre ville est progressivement devenue marginale. On se demandait donc pourquoi on continuait de voir les camionnettes de CRS patrouiller les rues principales entre la mairie et le théâtre.

    Nous avons réalisé que leur activité principale consistait à déposer et passer prendre de costauds hommes blancs en civil à la porte du #Brit_Hotel. Des locaux nous expliquent alors que ce bâtiment hôtelier a été inoccupé pendant des années, avant de rouvrir sous ce nouveau nom en 2016. Sa clientèle semble être composée presque exclusivement de CRS et de gendarmes – mais si vous rêvez de dormir à côté d’un CRS bien bâti, vous pouvez réserver une chambre pour environ 50 euros la nuit.

    Brit Hôtel est une chaîne hôtelière répandue dans tout la France.

    #business #migrations #frontières #Calais #France #profit #complexe_militaro-industriel #militarisation_des_frontières #privatisation #externalisation_des_frontières

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