• #Russie : #Arctique, la nouvelle frontière

    La fonte de la #banquise et le dégel des terres offrent des perspectives de navigation permanente sur l’océan Arctique, dernière grande réserve mondiale d’hydrocarbures. La région attise les convoitises territoriales des grandes compagnies pétrolières et des Etats riverains, - le Groenland, les Etats-Unis, la Norvège - quitte à se disputer le tracé des frontières…

    La Russie montre sa toute puissance militaire pour exploiter un sous-sol riche en hydrocarbures et minerais rares. Construction de ports maritimes en eau profonde, développement d’énormes complexes destinés à l’exploitation et au transport du gaz naturel et de pétrole. Éternels oubliés des enjeux environnementaux et géostratégiques, les peuples indigènes voient leurs conditions de vie totalement bouleversées par cette conquête de l’Arctique. Voyage entre un ancien monde préservé et un nouveau monde industriel en train d’émerger.

    https://www.arte.tv/fr/videos/086954-000-A/russie-arctique-la-nouvelle-frontiere
    #film
    #film_documentaire #géographie_politique

    #transport_maritime #Russie #pétrole #énergie #Sibérie #gaz #minerai #extractivisme #cobalt #nickel #passage_du_Nord-Est #changement_climatique #climat #Baie_d'Huston #hydrocarbures #Yamal #Total #Novatec #Chine #ports #Christophe_de_Margerie #infrastructures #aéroports #investissements #conquête_territoriale #conquête_économique #peuples_autochtones #Nénètses #Nenets #terre #sédentarisation #nomadisme #armée #présence_militaire #force_spéciale_arctique #marine_militaire #militarisation_de_l'arctique #bases_navales #Grand_Nord #économie_polaire #USA #Etats-Unis #Alaska #ressources #Canada #Norvège #OTAN #tourisme #Groenland #croisières #tourisme_de_masse #tourisme

    ping @reka @simplicissimus

  • Quand l’effort environnemental renforce la dépossession foncière | Cairn.info
    https://www.cairn.info/revue-internationale-des-etudes-du-developpement-2019-2-page-245.htm

    Quand l’effort environnemental renforce la dépossession foncière
    Le cas des agriculteurs de Piton l’Ermitage (La Réunion, océan Indien)
    Jacqueline Candau et Anne Gassiat
    Dans Revue internationale des études du développement 2019/2 (N° 238),

    Dans cet article les autrices expliquent comment les élus, les industriels du sucre, la #Safer et le Crédit agricole ont contraint les agriculteurices précaires qui souhaitaient s’installer à faire de la canne à sucre irriguées, nécessitant de lourds investissements, sans sécuriser l’accès à la terre : interdiction du bio et du maraîchage pour les populations locales, l’objectif étant de fournir de la canne aux usines de transformation. Le truc à foirer les terres n’étant pas propices à la canne à sucre. Depuis, tourisme oblige, une partie de ces parcelles ont été détournées pour l’aménagement d’un écoquartier... les autres parcelles pouvant maintenant être cultivées en bio. Et les autrices décrivent surtout une bureaucratie, comment dire...
    #terres #foncier_agricole #Piton_l'Hermitage

  • #Brésil : #Bolsonaro autorise l’#exploitation des #terres #indigènes | www.cnews.fr
    https://www.cnews.fr/monde/2020-02-06/bresil-bolsonaro-autorise-lexploitation-des-terres-indigenes-924944

    Le nouveau texte, qui n’a pas encore a été rendu public, sera soumis prochainement au vote du Congrès. « J’espère que ce rêve va se concrétiser », a déclaré le chef de l’Etat lors d’une cérémonie officielle à Brasilia lors de laquelle il apposé sa signature sur le projet de loi rédigé par le gouvernement.

    « Les indigènes sont des êtres humains comme nous, ils ont un coeur, des sentiments, des désirs, et des nécessités. Ils sont aussi Brésiliens que nous », a-t-il poursuivi.

    À l’issue d’une grande réunion d’une semaine au Mato Grosso (ouest) à la mi janvier, plusieurs centaines de leaders indigènes avaient dénoncé dans un manifeste un « projet de génocide, ethnocide et écocide ».

    Le projet de loi prévoit de réguler une série d’activités économiques sur les territoires indigènes, autorisant ainsi l’exploration minière ou pétrolière, les barrages hydroélectriques ou l’agriculture.

    La législation actuelle interdit toute exploration minière ou exploitation agricole non traditionnelle.

    Si le projet de loi est approuvé, ces activités pourront être pratiquées par les indigènes eux-mêmes, ou des personnes venues de l’extérieur, sous réserve d’une autorisation des communautés autochtones.

    L’ouverture aux activités économiques des terres indigènes faisait partie des promesses de campagne du président d’extrême droite, ce qui a accru ces derniers mois, selon des représentants de ces communautés indigènes et d’ONG, la violence et la pression des entreprises minières et d’exploitation du bois en Amazonie.

    « Ce grand pas en avant dépend du Parlement, qui va subir des pressions des écologistes. Si je pouvais, j’aimerais confiner ces écologistes au beau milieu de l’Amazonie (...) pour qu’ils arrêtent d’embêter les peuples amazoniens depuis la ville », a ironisé Jair Bolsonaro.

    Ce projet est défendu de longue date par le président d’extrême droite, qui a déclaré à plusieurs reprises que les restrictions aux activités minières et agricoles dans leurs territoires condamnaient les indigènes à être « confinés comme dans un zoo ».

    Le gouvernement dit avoir le soutien de nombreux leaders indigènes. Mais de nombreux caciques comme l’emblématique Raoni Metuktire n’ont cessé de critiquer cette politique environnementale qui menace selon eux leur mode de vie traditionnel, mais aussi l’équilibre écologique de toute la planète.

    voir aussi : Au Brésil, Bolsonaro nomme un créationniste pour diriger l’agence de l’enseignement supérieur

  • Convocation aux journées de défense du territoire
    et de la Terre Mère « Nous sommes toutes et tous Samir »

    CNI, EZLN

    https://lavoiedujaguar.net/Convocation-aux-journees-de-defense-du-territoire-et-de-la-Terre-Mer

    Aujourd’hui plus que jamais le capitalisme se renforce par la guerre et le pillage de toutes les formes de vie. Les mauvais gouvernements et les grandes entreprises capitalistes, dont les noms sont bien connus, veulent rendre invisibles nos luttes en défense du territoire et de la Terre Mère, en normalisant même l’assassinat de nos frères qui les défendent. Aujourd’hui notre cœur collectif souffre des assassinats de :

    ● Samir Flores Soberanes, du peuple nahua d’Amilcingo, État de Morelos.
    ● Julián Cortés Flores, du peuple me’phaa de la Casa de Justicia de San Luis Acatlán, État du Guerrero.
    ● Ignacio Pérez Girón, du peuple tsotsil du village d’Aldama, État du Chiapas.
    ● José Lucio Bartolo Faustino, Modesto Verales Sebastián, Bartolo Hilario Morales et Isaías Xanteco Ahuejote, du peuple nahua organisé en Conseil indigène et populaire du Guerrero - Emiliano Zapata (Cipog-EZ).
    ● Juan Monroy et José Luis Rosales, du peuple nahua d’Ayotitlán, État de Jalisco.
    ● Feliciano Corona Cirino, du peuple nahua de Santa María Ostula, État de Michoacán.
    ● Josué Bernardo Marcial Campo, connu aussi comme TíoBad, du peuple popoluca de l’État de Veracruz.

    Nos compagnons ont été assassinés car ils se sont opposés à la guerre par laquelle le mauvais gouvernement veut s’emparer de nos terres, de nos montagnes et de nos eaux pour consolider le pillage qui menace l’existence de l’humanité. (...)

    #Mexique #peuples_originaires #territoire #Terre_Mère #EZLN #capitalisme #patriarcat #guerre

  • Des #lycéens interdits de se présenter à une épreuve de contrôle continu du bac pour avoir manifesté

    Dix-sept élèves d’un #lycée de #La_Rochelle n’ont pas eu le droit de participer à une épreuve de #rattrapage en histoire-géo, après avoir manifesté et tenté de bloquer leur lycée le 20 janvier.


    https://www.liberation.fr/checknews/2020/01/31/des-lyceens-interdits-de-se-presenter-a-une-epreuve-de-controle-continu-d

    #résistance #répression #blocage #enseignement #éducation

    • « Pour faire suite à votre demande en date du 22 janvier 2020 par laquelle vous souhaitez que votre enfant soit autorisé à se présenter à l’épreuve de rattrapage en histoire-géographie, j’ai le regret de vous faire savoir que je ne peux pas donner une suite favorable », peut-on lire dans ce courrier.

      De fait, après des manifestations le 20 janvier devant l’établissement, auxquelles avaient pris part certains lycées, un grand nombre d’élèves n’avaient pu participer à cet examen. Une épreuve de rattrapage a été organisée dix jours plus tard. Mais, parmi les élèves n’ayant pu participer à l’examen d’origine, 17, se sont vus refuser le droit de participer au rattrapage. Sanctionnés pour avoir manifesté, participé au blocage du lycée...ou s’être abonnés à un compte Instagram appelant au blocage du lycée.

      Tout commence donc le lundi 20 janvier au matin, devant le lycée Valin, où des barricades avaient été installées devant l’établissement en signe de protestation contre la tenue des nouvelles épreuves communes de contrôle continu, les E3C, comme le raconte le quotidien régional Sud-Ouest. Même si le passage n’était pas totalement bloqué, la tenue de l’épreuve d’histoire-géographie a été fortement perturbée. « L’établissement a maintenu l’épreuve alors que les conditions d’accès n’étaient pas assurées, donc il y a eu beaucoup d’absences », observe un parent d’élève. « Le proviseur nous a envoyé un courriel en nous disant que les conditions d’accès seraient garanties et que notre enfant devait être présent à l’épreuve. Si ce n’est pas le cas, c’est un zéro assuré sans recours possible au rectorat. Ce matin, il est venu dire qu’il fallait entrer à tout prix. Je ne vais pas envoyer ma fille sur les barricades », expliquait ainsi une maman d’élève à Sud-Ouest.

      De fait, le proviseur Fabrice Pelletier avait envoyé un mail à l’attention des élèves concernés, avertissant des sanctions en cas d’absence : « Depuis le début de la semaine, nous observons quelques manifestations de protestation et notamment un appel à bloquer l’établissement lundi matin. Les E3C sont programmées et vont bien se dérouler comme prévu. Les absents se verront réglementairement attribuer la note de zéro. Aucun recours au rectorat ne pourra modifier cette règle. »

      Le lendemain, 19 minutes avant le début des épreuves, le proviseur réitère son avertissement : « Nous sommes à une demi-heure des épreuves, je vous rappelle que tous les élèves absents aux épreuves E3C sans justificatif valable ne seront pas admis à la session de rattrapage. Je vous invite à rejoindre maintenant les salles d’examen. » Sur une photo prise par Xavier Léotye et publiée dans Sud-Ouest, on aperçoit Fabrice Pelletier au milieu des élèves mobilisés en train d’aider une jeune fille à passer par dessus la grille. « Il a réussi à en faire passer quelques-uns », remarque le photographe.

      17 élèves non autorisés à participer au rattrapage
      Au total, sur les 450 élèves convoqués ce jour-là, 27% d’entre eux ont été absents à l’examen, soit environ 120 élèves. D’où la tenue d’une épreuve de rattrapage en histoire-géographie, qui avait lieu ce jeudi. A laquelle 17 élèves se sont donc vu refuser par courrier le droit de se présenter.

      Pour justifier cette décision, le proviseur s’appuie sur l’article 12 de l’arrêté du 16 juillet 2018 relatif aux modalités d’organisation du contrôle continu, qui précise : « En cas d’absence pour cause de force majeure dûment constatée à une épreuve commune de contrôle continu, le candidat est convoqué à une épreuve de remplacement dans les conditions fixées à l’article 4. »

      Dans 17 cas, le proviseur a donc estimé que l’absence lors de la première épreuve n’était pas motivée par une raison de « force majeure ». Parmi les arguments invoqués pour justifier cette décision, expliqués dans les différents courriers envoyés : le fait d’avoir participé aux manifestations ou/et au blocage du lycée. Mais aussi, de façon plus surprenante, le fait de s’être abonné au compte Instagram @BlocusValin, toujours en ligne à l’heure où nous écrivons ces lignes et qui appelait au blocage du lycée Valin il y a déjà deux semaines.

      « Par ailleurs, son profil Instagram s’est abonné ce jour-là au compte @BlocusValin. Ainsi, le caractère imprévisible n’est pas démontré », écrit dans plusieurs courriers envoyés le proviseur du lycée, en s’appuyant sur les trois critères prouvant qu’une absence relève d’un cas de force majeure : elle doit être « extérieure », « irrésistible » et « imprévisible ».

      Les 17 courriers envoyés se terminent de la même façon : « Il convient dès lors d’appliquer le dernier alinéa de l’article 12 de l’arrêté du 16 juillet 2018 », qui explique que l’absence ne relève pas d’un cas de force majeur, « la note zéro est attribuée au candidat pour l’épreuve auquel il n’a pas assisté ».

      Contacté par CheckNews, un parent d’élève explique : « Ils ont décidé de faire un tri entre les élèves qui ont participé et ceux qui ont subi. Parmi les élèves qu’ils ont reconnus comme bloqueurs, le fait qu’ils soient membres du groupe Instagram a été perçu comme une circonstance aggravante. »

      Plusieurs élèves interrogés par CheckNews ne comprennent pas non plus comment le choix a été fait parmi les manifestants, entre ceux qui sont autorisés à participer au rattrapage et ceux qui ne le sont pas. « Moi, par exemple, j’étais abonné au compte Instagram, mais on ne me l’a pas reproché », dit l’un, qui explique également s’être présenté ce jeudi matin à l’examen de rattrapage, mais s’être vu refuser l’accès car non inscrit sur les listes. « Nous, on manifestait pour avoir des examens plus justes. Et on nous répond avec plus d’injustice encore. Je savais que je risquais un zéro, mais je ne comprends pas pourquoi seulement une vingtaine d’élèves ont été pénalisés. J’ai l’impression qu’ils ont choisi un peu au pif », estime une autre élève de première, qui n’a pas non plus pu participer au rattrapage.

      Joint par CheckNews, le proviseur du lycée nous a redirigés vers le rectorat de Poitiers. Qui n’a, pour l’heure, pas répondu à nos sollicitations.

    • Répression policière contre des lycéens à Strasbourg

      200 lycéens et des enseignants, soutenus par des gilets jaunes et des militants CGT, bloquaient le lycée Marie-Curie ce matin vers 7h pour protester contre le nouveau bac. La police est intervenue violemment et a interpellé trois jeunes.
      Pendant ce temps, le ministre Blanquer, attendu à Strasbourg ce jeudi, décommandait sa venue. Courageux mais pas téméraire, d’autant que cet après-midi à 14 h rendez-vous avait été donné pour une nouvelle manifestation intersyndicale et Gilets jaunes, place de la Bourse. L’occasion de crier notre refus de la casse des retraites solidaires et de protester contre la répression policière.

      https://la-feuille-de-chou.fr/archives/104338

      #Strasbourg #répression_policière

  • L’eccidio di Melissa

    Wikiradio del 29/10/2015 - Rai Radio 3
    https://www.raiplayradio.it/audio/2015/10/Leccidio-di-Melissa---Wikiradio-del-29102015-c3570c08-b9a2-40a9-b3fd-69

    La mattina del 29 ottobre 1949, a Melissa, in Calabria, la polizia spara sui contadini durante una pacifica marcia sulle terre del fondo Fragalà, provocando la morte di 3 persone e il ferimento di altre 15 con Danilo Chirico

    Repertorio

    – interviste a testimoni dell’eccidio tratte da TG2 Dossier, 1977 - Archivi Rai

    – interviste ai protagonisti della marcia sul latifondo Fragalà a Melissa tratte da TG2 Galleria- Persone dentro i fatti. Le ceneri di Melissa, 6/11/1979 - Archivi Rai

    – La Settimana Incom 00080, 24/09/1947 - Problemi del giorno. Occupazione di terre incolte (Archivio Luce)

    – Roma il nuovo ministero (vengono presentati tra gli altri Scelba al Ministero degli Interni e Segni al ministero dell’Agricoltura - La Settimana Incom 00397, 01/02/1950 - Archivio Luce

    – frammento dal documentario Nel Mezzogiorno qualcosa è cambiato, regia di Carlo Lizzani, Casa di produzione: Rinascita, Tecnofilm, 1949

    Brano musicale

    Passato Presente, Lucio Dalla (1973)

    #podcast #wikiradio #RaiRadio3 #melissa #calabre #greve #occupation #eccidioFragalà #1949 #LuigiBerlingeri #occupationdesterres #FrancescoNigro #GiovanniZito #AngelinaMauro #DC #PageNoirItalie

    • The document says that only individuals who are citizens of Ukraine, legal entities established by citizens of Ukraine, the state, and local communities can be players on the farmland market.

      #régulation #état (on finirait par l’oublier celui-là)

  • Brussels and Antwerp at Night
    https://visibleearth.nasa.gov/images/83599/brussels-and-antwerp-at-night/83599f

    The brilliant lights of Belgium shine in this nighttime photograph taken from the International Space Station.
    ...
    Astronaut photographs ISS039-E-9383 and ISS039-E-9933 were acquired on March 5, 2014 with a Nikon D3S digital camera, and are provided by the ISS Crew Earth Observations Facility and the Earth Science and Remote Sensing Unit, Johnson Space Center. The images were taken by the Expedition 39 crew.

    #Bruxelles #Anvers #nuit #photographie #satellites #terre #NASA #achives #source_d_images

  • Land Grabbing in Palestine and Community Resistance | Voices from FoE Asia Pacific
    https://foeasiapacific.org/2020/01/14/land-grabbing-in-palestine-and-community-resistance

    In all, Israel is estimated to have claimed close to 93 per cent of Palestinian land. This includes 80 per cent of Muslim waqf property as its de facto state land, along with uncultivated desert land, held under local customary rights by the Bedouin community. This has led to the scarcity of land, resulting in frequent land disputes and social conflicts, even amongst the Palestinians themselves. Today, 78 per cent of the Palestinian land has been claimed as part of the state of Israel while the West Bank and the Gaza strip take up 21 per cent and 1 per cent of the territory, respectively.

    Le reste du dossier sur l’#accaparement_de_terres :
    https://foeasiapacific.org/2019/12/16/new-report-the-laws-of-land-grabs-in-asia-pacific

    #terres #colonisation #Israël #Palestine

  • Tout commence ici et maintenant

    Raoul Vaneigem

    https://lavoiedujaguar.net/Tout-commence-ici-et-maintenant

    À celles et ceux de Commercy,

    Jusqu’à présent le capitalisme n’a vacillé qu’en raison de ses crises de développement interne, de ses flux de croissance et de décroissance. Il a progressé de faillite en faillite. Jamais nous n’avons réussi à le faire tomber, si ce n’est en de très brèves occasions où le peuple a pris en main sa propre destinée.

    Ce n’est pas jouer les prophètes que de l’affirmer : nous sommes entrés dans une ère où la conjoncture historique est favorable à l’essor du devenir humain, à la renaissance d’une vie ivre de liberté.

    C’en est assez des murs de lamentations ! Trop d’hymnes funèbres minent en sourdine le discours anticapitaliste et lui donnent un arrière-fond de défaite.

    Je ne nie pas l’intérêt d’observatoires du désastre. Le répertoire des luttes s’inscrit dans la volonté de briser la mondialisation financière et d’instaurer une internationale du genre humain. Je souhaite seulement que viennent s’y ajouter les avancées expérimentales, les projets de vie, les apports scientifiques dont la poésie individuelle et collective jalonne trop discrètement ses territoires. (...)

    #Vaneigem #Commercy #Commune #capitalisme #devenir_humain #internationale #poésie #subjectivité #insurrection #terre #finance #État #autodéfense #auto-organisation #zapatistes #EZLN #Rojava #autoconstruction #permaculture #école #Gilets_jaunes

  • « Si je suis aux Restos du coeur, c’est parce que j’ai été mutilé par la police » | StreetPress
    https://www.streetpress.com/sujet/1579018259-restos-coeur-mutile-par-police-violences-blesses-gilets-jaun

    Mutilés par la police, ces Gilets jaunes ont perdu un oeil, une main ou des dents. S’ajoute le traumatisme psychologique mais aussi souvent l’extrême précarité financière. Ils racontent leur quotidien entre arrêt-maladie, chômage et restos du coeur.

  • Vente de terres agricoles en Ukraine : violente manifestation devant le Parlement - Europe - RFI
    http://www.rfi.fr/europe/20191217-vente-terres-agricoles-ukraine-violente-manifestation-devant-le-parleme

    Plusieurs milliers de personnes, des fermiers mais aussi des centaines de militants nationalistes, se sont rassemblées à Kiev ce mardi 17 décembre. Ils dénoncent un projet de loi controversé visant à autoriser la #vente_des_terres_agricoles fertiles du pays. [...]

    En plus de Kiev, la capitale, des actions de protestations se sont déroulées dans 10 régions de l’est à l’ouest du pays. Les manifestants venus à l’appel de partis d’opposition et d’associations de fermiers, ont bloqué plusieurs routes.

    Dans l’hémicycle, les députés d’opposition ont bloqué la tribune et empêché les travaux parlementaires. Les détracteurs de la réforme réclament un référendum pour trancher la question. De son côté, la majorité présidentielle souhaite adopter la loi avant la fin de l’année. Le bras de fer promet de nouvelles journées de tensions. La Rada, le Parlement ukrainien, doit examiner en deuxième lecture dans les jours qui viennent, le projet de loi visant à autoriser dès 2020 la vente de #terres_agricoles. Aujourd’hui, ces terres très fertiles ne peuvent être que louées.

    #foncier #Ukraine #contestation

  • Cette forêt que Tesla doit abattre pour construire la Gigafactory 4

    https://www.automobile-propre.com/cette-foret-que-tesla-doit-abattre-pour-construire-la-gigafactory

    @klaus es-tu au courant ?

    Les premières tronçonneuses ont rugi dans la forêt où la Gigafactory 4 doit s’élever. Tesla doit abattre plusieurs milliers d’arbres sur cette parcelle de 300 hectares près de Berlin. Les travaux pourraient être retardés par la présence de chauves-souris et d’oiseaux nicheurs protégés.

    Pour ériger sa Gigafactory 4 européenne près de Berlin, le constructeur doit raser 300 hectares de forêt. Les premiers arbres ont été abattus il y a quelques jours. Mais l’opération, délicate tant sur la communication que sur le terrain, soulève quelques questions. Si la parcelle concernée provient d’anciennes exploitations de sylviculture et n’est pas composée de forêt « primaire », elle abrite plusieurs espèces protégées d’animaux. La présence de chauves-souris en voie de disparition pourrait notamment retarder l’avancée des travaux.


    #berlin #tesla #automobile #transport #mobilité #infrastructure

  • Paroles du Comité clandestin révolutionnaire indigène
    Commandement général de l’Armée zapatiste de libération nationale,
    par la voix du sous-commandant insurgé Moisés,
    à l’occasion du vingt-sixième anniversaire
    du début de la guerre contre l’oubli

    EZLN, SCI Moisés

    https://lavoiedujaguar.net/Paroles-du-Comite-clandestin-revolutionnaire-indigene-Commandement-g

    Sœurs, frères,

    Il y a vingt-six ans, un soir comme celui-ci, nous sommes descendus de nos montagnes vers les grandes villes pour défier le puissant.
    Nous n’avions alors rien d’autre que notre mort.
    Une mort double, car nous mourions de la mort et nous mourions de l’oubli.
    Et nous avons dû choisir.
    Choisir entre mourir comme des animaux ou mourir comme des êtres humains qui se battent pour la vie.
    Alors le jour s’est levé sur ce 1er janvier avec le feu dans nos mains.
    Le puissant que nous affrontions alors était le même qui nous méprise aujourd’hui.
    Il avait un autre nom et un autre visage, mais il était et il est toujours le même aujourd’hui.
    Il s’est passé alors ce qui s’est passé et s’est ouvert un espace pour la parole.
    Nous avons alors ouvert notre cœur au cœur frère et compagnon.
    Et notre voix a trouvé soutien et réconfort dans toutes les couleurs du monde d’en bas. (...)

    #Mexique #Chiapas #EZLN #zapatistes #peuples_originaires #guerre #mégaprojets #capitalisme #Terre #destruction #résistance #rébellion #autonomie #Samir_Flores

  • À #Gaza, un artiste sculpte dans la terre la souffrance des Palestiniens
    https://www.konbini.com/fr/arts/gaza-iyad-sabbah-sculpture-palestine

    C’est le quartier déserté de Shuja’iyya à Gaza que l’artiste palestinien Iyad Sabbah a choisi pour sa dernière installation : une sculpture grandeur nature en terre cuite d’une famille fuyant des combats.

    #art #palestine #résistance #israël #occupation #colonisation #démolition #destruction

  • @davduf #violences_policieres #maintient_de_l’ordre #doctrine
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/12/07/8-decembre-2018-recit-d-une-journee-incandescente-ou-la-doctrine-du-maintien
    “Je ne suis pas tombé, j’ai tenu mon #oeil dans ma main, mon pote m’a dit “tu n’as plus d’œil”. Je l’ai jeté par terre. Après, une dame nous a ouvert le sas de son immeuble pour qu’on se réfugie, on était deux ou trois, mais j’étais l’un des plus gravement atteints, on m’a laissé passer un barrage parce que je pissais le sang, ils ont vu la gravité”
    #harcor #grr #mais_putain !

    • « Allez-y franchement, n’hésitez pas à percuter. Ça fera réfléchir les suivants » : le jour où la doctrine du maintien de l’ordre a basculé
      Par Yann Bouchez , Samuel Laurent et Nicolas Chapuis
      Publié le 07 décembre 2019 à 11h51, mis à jour hier à 06h51

      RÉCIT
      Après le saccage de l’Arc de triomphe, les autorités modifient leur stratégie face aux « gilets jaunes » : arrestations sur des motifs flous, dispersions et tirs de LBD. Le 8 décembre 2018, 126 personnes sont blessées à Paris. « Le Monde » a reconstitué la journée.

      La pluie glaçante qui s’abat sur Paris a des relents acides de gaz lacrymogène. Elle chasse les dernières silhouettes qui s’attardaient encore place de la République. Quelques flammèches s’élèvent çà et là des carcasses fumantes qui parsèment les rues, vestiges d’une journée incandescente. Il est 23 h 30, ce samedi 8 décembre 2018, et le sol jonché de douilles, cartouches et autres éclats de grenades, témoigne de la violence des affrontements entre les forces de l’ordre et les « gilets jaunes », qui ont secoué toute la journée la capitale.

      Sur son compte Twitter, Emmanuel Macron publie un message de félicitations adressé aux policiers et gendarmes mobilisés : « Merci pour le courage et l’exceptionnel professionnalisme dont vous avez fait preuve. » Le chef de l’Etat respire : la Préfecture de police a remporté la « bataille » de la rue face aux manifestants. Les autorités, qui avaient vécu le saccage de l’Arc de triomphe la semaine précédente comme une humiliation, voulaient reprendre la main. C’est désormais chose faite.

      Lire aussi :
      « Gilets jaunes » : le 1er décembre, le jour où tout a basculé avec la « prise » de l’Arc de triomphe
      Mais à quel prix ? Plus d’un millier de personnes ont été interpellées à Paris sur des motifs flous, souvent avant même de prendre part au rassemblement prévu sur les Champs-Elysées. L’Assistance publique-Hôpitaux de Paris dénombre 126 blessés. Douze personnes ont été touchées à la tête par un tir de lanceur de balles de défense, le fameux LBD 40. Parmi elles, quatre ont perdu un œil. Côté forces de sécurité, on dénombre 17 blessés dans la capitale.

      Si le 1er décembre et ses dégradations symboliques restent dans toutes les mémoires, le 8 décembre constitue un véritable tournant qui a fixé dans la durée de nouveaux standards. Les évolutions tactiques mises en place lors de l’acte IV des « gilets jaunes » par la police et la gendarmerie ainsi que l’arsenal législatif répressif utilisé servent désormais de référence aux opérations de maintien de l’ordre. A l’aide de témoignages de manifestants, de policiers, ainsi que de nombreux documents inédits, Le Monde a reconstitué cette journée hors norme dans la capitale à plus d’un titre.

      Vendredi 7 décembre : « Une opération exceptionnelle »
      « Si vous vous demandez pourquoi vous êtes entrés dans la police, c’est pour un jour comme celui-ci ! », clame un haut gradé. A la salle de commandement de la Préfecture de police, sur l’île de la Cité à Paris, le dernier briefing a des allures de veillée d’armes, vendredi 7 décembre. Le matin même, six personnes liées à l’ultradroite et soupçonnées d’avoir participé à des dégradations sur l’Arc de triomphe ont été perquisitionnées. La pression est forte sur les épaules de Michel Delpuech. Le préfet de police sait que son siège est en jeu après le fiasco du 1er décembre.

      Les réunions se sont succédé toute la semaine. Une fois n’est pas coutume, les ministères de l’intérieur et de la justice ont travaillé main dans la main pour définir le cadre légal dans lequel opéreront les forces de l’ordre. L’objectif ? Des vagues d’interpellations massives menées en amont de la manifestation, qui s’appuient sur une série de réquisitions délivrées par les procureurs, aux contours inhabituellement larges. Ces documents, que Le Monde s’est procurés, constituent la pierre angulaire du dispositif.

      Le parquet de Paris évoque ainsi le 6 décembre, une « opération exceptionnelle » en raison de la manifestation des « gilets jaunes ». Exceptionnels, les contrôles le sont par leur durée et leur ampleur. Là où de telles réquisitions sont en général localisées dans le temps et l’espace, elles portent cette fois-ci sur une grande partie de la région parisienne, sur les principaux axes routiers et même sur les départements limitrophes de l’Ile-de-France. Les autorisations, émises à partir du jeudi 6 décembre, se chevauchent pour étendre la durée des contrôles sur plusieurs jours, jusqu’aux dernières heures du samedi 8 décembre.

      Du côté policier, on cherche à innover en rendant les troupes plus mobiles. La stratégie très statique du 1er décembre avait fait l’objet de toutes les critiques. La direction de la sécurité de proximité de l’agglomération parisienne (DSPAP), qui gère l’ensemble des commissariats de Paris et de la petite couronne, propose de réquisitionner les motos pour déplacer plus rapidement les effectifs et procéder à des interpellations. C’est la création des détachements d’action rapide (DAR), qui deviendront bientôt les brigades de répression de l’action violente motorisées (BRAV-M). Ces unités, qui rappellent à certains les fameux voltigeurs interdits après la mort de Malik Oussekine, en 1986, se sont peu à peu imposées comme des pièces centrales des dispositifs de maintien de l’ordre.

      Samedi 8 décembre, 6 heures : « On nous a fait mettre les mains sur la tête »
      Cet acte IV, Marie B. ne voulait le manquer à aucun prix, après avoir participé trois semaines plus tôt au mouvement sur le rond-point de l’aéroport de Dole. Dès le vendredi soir, un peu après 23 heures, cette jeune femme blonde énergique de 32 ans, alors intérimaire dans l’industrie, a rejoint une cinquantaine de « gilets jaunes » du Jura pour parcourir en bus les sept heures de trajet jusqu’à Paris. Onze euros l’aller-retour, le budget transport est modeste, à l’image des revenus des manifestants.

      Une arrestation de « gilets jaunes », à Paris le 8 décembre 2018. LAURENCE GEAI POUR « LE MONDE »
      Comme nombre de « gilets jaunes » déjà présents le 1er décembre à Paris, ils ont pris des casques et des lunettes pour se protéger des gaz lacrymo ou d’éventuels tirs de LBD. Ils n’auront pas l’occasion de se servir de ces équipements de fortune. Arrivés près de la gare de Lyon vers 6 heures du matin, ils sont interpellés par des policiers, à la descente du bus. Sans un mot d’explication. « On nous a fait mettre les mains sur la tête dos à eux, face à la vitrine d’un magasin, raconte Marie B. Ils nous ont pris en photo un par un, sur le trottoir, et ont pris nos pièces d’identité. »

      Après de longues minutes d’attente, les quelque 50 passagers du car sont répartis entre plusieurs commissariats. « J’ai été placée en cellule de dégrisement avec cinq filles », raconte Marie, qui se souvient de « la puanteur, la crasse sur les murs » et de « l’humiliation en permanence ». Privés de leurs gilets jaunes et de leur matériel, les manifestants sont libérés dans la soirée, avec souvent un simple rappel à la loi. « Il est minuit, personne n’a dormi depuis plus de vingt-quatre heures. Au retour, pas un mot dans le bus pendant sept heures. Et chacun retourne à sa petite vie de contestataire frustré. »

      9 h 30 : « Si on gaze, c’est pour que vous partiez »
      Les « gilets jaunes » sont des lève-tôt. Confrontées à des tensions dès l’aube, le 1er décembre, les forces de l’ordre se sont positionnées aux premières heures de la journée autour des Champs-Elysées. « Dès 9 h 30, ça gazait de partout, ça piquait sur la place de l’Etoile », se souvient Maximilien Deroubaix. Ce paysagiste de 31 ans est venu en train depuis Mantes-la-Jolie (Yvelines). « On s’était donné rendez-vous gare Saint-Lazare. De la gare aux Champs-Elysées, on a eu une dizaine de contrôles. » Très vite, son masque de protection lui est confisqué par les forces de l’ordre. « Ils nous ont dit mot pour mot : “Si on gaze, c’est pour que vous partiez.” » Il se fera interpeller quelques heures plus tard.

      Sur les Champs-Elysées, le 8 décembre 2018.
      Sur les Champs-Elysées, le 8 décembre 2018. ZAKARIA ABDELKAFI / AFP
      Les comptes rendus policiers auxquels Le Monde a eu accès permettent de mesurer l’ampleur des interpellations opérées : au total, 1 082 personnes dont 974 placées en garde à vue. Un record dans l’histoire moderne de la police. Les motifs sont multiples : « port d’armes », de « brise-glace », d’une « lampe shocker » (lampe torche puissante), « détention de stupéfiants », « port de masque », « outrage »… « Le principe est simple, on ramasse tout ce qui est vindicatif et tout ce qui porte des équipements de protection, si vous êtes habillé comme un footballeur américain, c’est que vous voulez en découdre », explique un policier.

      A 10 h 35, la police embarque ainsi 78 personnes au métro Quai de la Rapée, proche de la place de la Bastille. Motif : ils sont « issus d’un groupe à risque » dont « certains porteurs de masque ». Une source policière assure que plusieurs membres de l’ultradroite avaient été identifiés dans le groupe. Le cadre juridique est toujours le même : « participation à un groupement en vue de commettre des dégradations et des violences ». Un délit créé sous Nicolas Sarkozy, peu utilisé jusque-là, qui permet de condamner quelqu’un sans même que l’acte ait été commis.

      12 heures : « C’est une taule, c’est pas beau à voir là-dedans »
      Il est aux alentours de midi lorsque la situation se tend soudainement sur le haut de l’avenue des Champs-Elysées. Après la « défaite » symbolique du 1er décembre, pas question de perdre le match retour pour les forces de l’ordre. Sur des vidéos tournées par Pedro Da Fonseca, un journaliste reporter d’images présent sur place, et consultées par Le Monde, on voit des sections de CRS et des groupes de policiers en civil copieusement insultés par les manifestants. Des pavés volent dans leur direction. Les fonctionnaires courent sous les projectiles, certain d’entre eux tirent à l’aveugle. C’est dans cette zone qu’Axelle Marquise, une manifestante de 28 ans venue du Var qui filme la scène, reçoit une cartouche de LBD en plein visage. Elle témoignera de sa double fracture à la mâchoire auprès du site Reporterre : c’était sa première manifestation.

      Au même moment, Thomas Belmonte, étudiant nîmois venu pour la première fois à Paris, est lui aussi victime d’un tir de LBD au visage, pour un total de 25 points de suture. Alors qu’il s’effondre, il assure en avoir reçu un second au thorax. Les tirs se multiplient, de même que les victimes, qui n’ont pas toutes un gilet jaune. A 12 h 15, un journaliste, Paul Conge, est touché par des éclats de grenades désencerclantes. A 12 h 20, un autre photoreporter, Yann Foreix, reçoit un tir de LBD en pleine nuque, heureusement arrêté par son casque.

      Les arrestations se poursuivent à un rythme effréné. Le commissariat de la rue de l’Evangile, dans le 18e arrondissement, où sont emmenées les personnes interpellées, est rapidement saturé. Mais la Préfecture a vu grand pour l’occasion. Le « dépôt », l’ancienne prison située sous le palais de justice sur l’île de la Cité, a été décrassé. Depuis le déménagement du tribunal dans le 17e arrondissement de Paris, les cellules, dans un état lamentable, ne sont quasi plus utilisées que pour les étrangers en situation irrégulière qui passent devant la cour d’appel. « C’est une taule, c’est pas beau à voir là-dedans », souffle un policier. Ce sera le principal centre de traitement judiciaire – baptisé « CTJ Horloge », en référence à la tour du même nom qui domine la Conciergerie.

      13 heures : « Allez-y franchement, n’hésitez pas à percuter »
      Une heure plus tard, la situation n’est pas apaisée, bien au contraire. Le commandement, installé à la Préfecture, dispatche ses unités avec une obsession, éviter que les manifestants érigent des barricades sur le haut de l’avenue des Champs-Elysées. La gendarmerie a ressorti pour l’occasion ses blindés, très efficaces quand il s’agit de déblayer des barrières en feu. « Honnêtement, on n’était même pas sûrs qu’ils étaient en état de rouler », s’amuse un haut gradé.

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      A la radio, les ordres fusent dans tous les sens. A 13 h 04, « Lutèce », l’indicatif du commandement, demande à « Vulcain 9 », une unité de CRS présente sur les Champs, d’empêcher « l’installation d’obstacles de chaussée ». A 13 h 06, « Lutèce » encourage les CRS, qui progressent sur l’avenue : « Oui, vous pouvez y aller franchement, allez-y franchement, n’hésitez pas à percuter ceux qui sont à votre contact, à proximité… Ça fera réfléchir les suivants. »

      Lors de l’acte IV des « gilets jaunes » à Paris, le 8 décembre 2018.
      Lors de l’acte IV des « gilets jaunes » à Paris, le 8 décembre 2018. LAURENCE GEAI POUR « LE MONDE »
      Autour de 13 h 30, les manifestants parviennent à bloquer l’avenue de Friedland, qui mène à l’Arc de triomphe, avec du mobilier urbain. Le photographe Nicolas Descottes, qui travaille pour Libération, reçoit alors un tir de LBD au visage. « J’avais déjà suivi des manifestations contre la loi travail, cette fois je sentais que ce serait violent, j’ai donc pris un casque avec un sticker presse », raconte-t-il au Monde. Avec d’autres reporters, il s’accroupit derrière un muret. La dernière photo de son appareil montre un groupe de policiers en civil, casqués, dont un, accroupi, semble pointer son arme sur lui. « C’est évident qu’il m’a visé », assure-t-il. Il est touché quelques centimètres sous l’œil, à la joue et à la pommette, dont l’os explose.

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      « Je ne l’excuse pas, mais je comprends le craquage » : les policiers face à leur propre violence
      Accompagné d’un autre photographe, il se « réfugie derrière un barrage de gendarmes mobiles », qui le prennent en charge et le confient aux pompiers. Admis en urgence à la clinique Ambroise-Paré à Neuilly, puis à la Pitié-Salpêtrière, il subit une opération de plusieurs heures. Nicolas Descottes s’en sort avec soixante jours d’interruption temporaire de travail (ITT) et des broches en titane dans le visage.

      13 h 45 : « J’ai tenu mon œil dans ma main, je l’ai jeté par terre »
      A la même heure, sur l’avenue, la situation reste confuse. Sur plusieurs vidéos consultées par Le Monde, on voit des grappes de manifestants reculer lentement face aux policiers qui descendent depuis l’Arc de triomphe. Un groupe de policiers en civil, qui ne semblent pourtant pas menacés sur les images, tirent plusieurs fois au LBD et touchent au bras Marie-Hélène Drouet, une septuagénaire. Elle s’écroule. « On s’apprêtait à partir, on a même souhaité bon courage au peloton de CRS, assure-t-elle au Monde. Depuis, mon sentiment vis-à-vis de la police a changé, ils ont “tiré dans le tas” et peu importe que j’aie eu 70 ans. Je ne suis plus retournée manifester depuis, on ne sait pas de quoi ils sont capables. » Un canon à eau est déployé sur l’avenue. A 13 h 45, c’est à nouveau un photographe, Boris Kharlamoff, qui est touché au torse.

      Quinze minutes plus tard, Alexandre Frey, intermittent du spectacle en gilet jaune, originaire de la région parisienne, reçoit un tir de LBD à la tête. « Je ne suis pas tombé, j’ai tenu mon œil dans ma main, mon pote m’a dit “tu n’as plus d’œil”. Je l’ai jeté par terre. Après, une dame nous a ouvert le sas de son immeuble pour qu’on se réfugie, on était deux ou trois, mais j’étais l’un des plus gravement atteints, on m’a laissé passer un barrage parce que je pissais le sang, ils ont vu la gravité », raconte ce jeune père de famille. Finalement transporté à l’hôpital par les pompiers, il assure qu’« aucun policier ne [l’a] aidé ».

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      Quelques minutes après, une autre manifestante, Fiorina Lignier, 20 ans, est éborgnée à son tour, cette fois par une grenade lacrymogène. Un troisième manifestant, Patrice Philippe, chauffeur routier originaire des Pyrénées-Atlantiques, perdra lui aussi un œil à la suite d’un tir de LBD, dans l’après-midi, toujours sur les Champs-Elysées. Interrogé par Le Monde sur ces blessures graves, un haut fonctionnaire de la Préfecture ne biaise pas : « On savait qu’il y avait du dégât. »

      15 h 30 : « Les LBD, ça n’arrive pas qu’aux autres »
      Avocat de plusieurs « gilets jaunes » et cofondateur du collectif Robes noires et gilets jaunes qui verra le jour par la suite, Philippe de Veulle est venu en curieux assister à la manifestation, en milieu d’après-midi. « C’est vrai que c’était violent, les manifestants envoyaient des trucs, les flics envoyaient des gaz. » Soudain, « il y a dispersion, les gens courent, on suppose qu’il y a une charge. Je sens un coup dans le dos, ça ressemble à un coup de paintball en dix fois plus puissant. C’est la même sensation qu’une balle, mais qui ne pénètre pas. » Le lendemain, l’avocat se réveille avec des douleurs dans tout le corps. « Je me suis dit ce jour-là : “Bon sang, les LBD, ça n’arrive pas qu’aux autres.” J’étais sidéré par cette violence. Si vous recevez un LBD dans le dos, c’est qu’on peut imaginer qu’ils utilisaient ça pour disperser les gens. Pour faire peur. »

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      Au même moment, à quelques centaines de mètres de là, Maximilien Deroubaix tente de quitter la zone des Champs-Elysées. « Les CRS ont chargé, je me suis retrouvé à terre parce que j’ai glissé sur un pavé », mouillé par les lanceurs d’eau. Il est interpellé, « brutalement », selon lui, et se retrouve en garde à vue. Les cellules sont faites pour deux. « On était six, sept dedans, explique-t-il. Il faisait tellement chaud et personne ne voulait ouvrir la porte, du coup on devait sans cesse demander d’aller aux toilettes pour faire entrer un peu d’air. »

      Au « CTJ Horloge », c’est la course contre-la-montre pour « boîter » – placer en garde à vue – les personnes interpellées, qui arrivent par camions entiers. Certains n’ont rien à faire là. Un artisan qui allait faire des réparations chez une vieille dame a été embarqué, à cause de ses outils. L’homme est rapidement relâché. D’autres arrivent dans un état douteux. « On en a vu qui avaient pris la BRI [brigade de recherche et d’intervention, l’antigang] sur la tête, lâche un officier. C’était l’enfer du Vietnam, les officiers de police judiciaire faisaient des concours pour enregistrer les mecs le plus vite possible. Le record : quatre minutes pour une garde à vue. » La quantité se fait au détriment de la qualité. « On a saturé les services avec un millier de gardes à vue et on a raté des vrais dossiers. Il y a eu énormément de classements sans suite parce qu’on ne pouvait pas suivre », regrette ce même officier.

      Un policier ajuste son tir de LBD, à Paris le 8 décembre 2018.
      Un policier ajuste son tir de LBD, à Paris le 8 décembre 2018. ALAIN JOCARD / AFP
      Maximilien Deroubaix fait partie de ceux dont le dossier n’a pas tenu longtemps devant la justice. Il a été relaxé en comparution immédiate le lundi suivant. Il en conserve un souvenir amer : « Moi, depuis ça, les flics, j’ai vraiment du mal à les voir. J’ai un peu de haine. »

      20 h 30 : « Je regarde mes mains pleines de sang »
      En fin d’après-midi, la tension redescend sur les Champs-Elysées. L’épicentre de la contestation se déplace vers la place de la République, où les « gilets jaunes » ont tenté de se joindre à la marche pour le climat, organisée ce même samedi. Des groupes de jeunes issus de la banlieue parisienne convergent vers l’esplanade, qui s’embrase peu à peu. « On constate un changement de physionomie dans les interpellations au fur et à mesure de l’après-midi, témoigne un commissaire de police. Les “gilets jaunes” sont remplacés par des mecs des cités, qui sont là pour piller des magasins et profiter de la “fête”. »

      Barricades, feux de poubelles… Certains veulent rejouer à la tombée de la nuit la même scène que sur les Champs-Elysées. Jusqu’au cocasse : un reporter du Monde sur place aperçoit une bande de jeunes manifestants s’escrimant, sous la bruine qui détrempe tout, à mettre le feu à un canapé apporté au milieu d’une avenue. Sans succès.

      Les forces de l’ordre se positionnent sur les artères entourant la place et forment une nasse. A 20 h 30, Antoine Coste, un graphiste de 26 ans que Le Monde avait rencontré en janvier 2019, est frappé au visage par un objet. Habitant du Marais, il était venu en observateur. Il assure que c’est un projectile de LBD qui l’a atteint. « Je regarde mes mains, pleines de sang, j’essaye de comprendre ce qu’il se passe. J’inspecte mon arcade, je me demande si elle est ouverte, ce qui expliquerait pourquoi je ne vois plus, pourquoi je ne sens plus mon côté gauche. Des gens autour de moi crient “il a été touché”. » La cornée est sectionnée et le plancher orbital fracturé. Antoine Coste vient de perdre l’usage de son œil gauche. C’est le quatrième éborgné de la journée à Paris.

      23 heures : « Un point d’arrêt a été mis à l’escalade de la violence »
      Sur les Champs-Elysées, le calme est revenu. Christophe Castaner entame une tournée des effectifs, durement éprouvés. Au total, 39 policiers et gendarmes ont été blessés contre 28 le 1er décembre. Lors de son point presse, quelques minutes plus tôt, le ministre de l’intérieur a eu cette formule : « Un point d’arrêt a été mis à l’escalade de la violence. » Le bilan matériel n’est pourtant guère brillant. « La réalité, c’est que, le 8 décembre, il y a eu autant de dégâts, voire plus, que la semaine d’avant : il y a eu des vitrines défoncées, des voitures brûlées, ça a été moins symbolique que l’Arc de triomphe, mais beaucoup plus éclaté dans Paris », témoigne un haut fonctionnaire.

      Michel Delpuech, Christophe Castaner et Laurent Nunez s’adressent aux policiers mobilisés le 8 décembre 2018 près des Champs-Elysées.
      Michel Delpuech, Christophe Castaner et Laurent Nunez s’adressent aux policiers mobilisés le 8 décembre 2018 près des Champs-Elysées. ALAIN JOCARD / AFP
      Devant les CRS réunis près de l’Arc de triomphe sous la pluie, Christophe Castaner évoque également des « incidents graves », mais assure qu’« il y a eu beaucoup moins de blessés, beaucoup moins de violence » que la semaine passée. Les chiffres fournis par le ministère de l’intérieur disent néanmoins le contraire : 264 personnes ont été blessées à travers la France contre 201 la semaine précédente. Plus d’un an après le début de la mobilisation des « gilets jaunes », le 8 décembre reste la journée qui aura marqué les manifestants le plus durement dans leur chair.

      Le 8 décembre 2018 en chiffres
      Dans un bilan publié le 9 décembre 2018, le ministère de l’intérieur donne les principaux chiffres de cette journée hors du commun.

      120 000 policiers, gendarmes et pompiers ont été mobilisés le 8 décembre 2018, soit quasiment autant que le nombre de manifestants (125 000, dont 10 000 à Paris).

      1 723 interpellations ont été réalisées sur le territoire.

      1 220 personnes ont été placées en garde à vue.

      264 personnes ont été blessées, dont 39 parmi les forces de l’ordre.

      246 entreprises, selon la chambre de commerce de Paris, ont fait l’objet d’actes de vandalisme dans la capitale, contre 237 une semaine plus tôt.

  • Forbidden : The West Bank land Israel locks away from Palestinians | Middle East Eye
    https://www.middleeasteye.net/news/palestinian-families-recall-happier-times-farm-land-now-occupied-sett

    Since the early 1990s, when settlers took over the surrounding areas, the army allows Palestinians access to their farms only twice a year, for a day each time. But in the last two years they were prevented from visiting their land by the army for the sole reason that the harvest season coincided with Jewish holidays.

    Being able to visit is a special occasion for the Palestinian families, despite living only a 10-minute drive away in the village.

    #vol #terres #Palestine #la_vitrine_de_la_jungle

  • Combo pour la vie : décembre de résistance et de rébellion

    EZLN, SCI Moisés

    https://lavoiedujaguar.net/Combo-pour-la-vie-decembre-de-resistance-et-de-rebellion

    Commission Sexta de l’EZLN
    Mexique, novembre 2019

    Aux femmes qui luttent dans le monde entier,
    Au Congrès national indigène, Conseil indigène de gouvernement,
    À la Sexta nationale et internationale,
    Aux réseaux de résistance et de rébellion ou quelque nom qu’on leur donne,
    À celles et ceux qui se sentent convoqué·e·s à l’une de ces activités,

    Compañeras, compañeros, compañeroas,
    Frères, sœurs, hermanoas,

    La Commission Sexta de l’EZLN vous invite au Combo pour la vie : décembre de résistance et de rébellion (...)

    #Mexique #Chiapas #zapatistes #EZLN #invitation #festival #cinéma #danse #forum #Terre-Mère #femmes #lutte #anniversaire

  • Indonesia protests: Land bill at center of unrest
    https://news.mongabay.com/2019/11/proposed-new-law-on-land-use-at-center-of-indonesia-protests

    Among a variety of pro-democracy demands, the protesters want lawmakers to scrap a controversial bill governing land use in the country.
    The bill defines new crimes critics say could be used to imprison indigenous and other rural citizens for defending their lands against incursions by private companies.
    It also sets a two-year deadline by which citizens must register their lands with the government, or else watch them pass into state control. Activists say the provision would deal a “knockout blow” to the nation’s indigenous rights movement.

    #Indonésie #protestation #terres #ressources_naturelles #exploitation #peuples_autochtones

  • Ecoféminisme, 1er volet : Défendre nos territoires (21)

    « Respecter la #vie dans toute sa diversité, c’est ça pour moi l’écoféminisme »

    Comment articuler féminisme et #écologie ? Quel rapport entre la destruction de la planète et les violences faites aux #femmes ? Entre l’énergie nucléaire et le féminisme ? Entre les grands chantiers extractivistes en Amérique latine et les corps des femmes ? Entre les semences et le genre ? Entre le retour à la terre et le patriarcat ? Entre le véganisme et les droits des femmes ? Et pourquoi tout cela nous amène à parler de maternité, de spiritualité, de rapport au travail, de sorcières, de décolonisation et d’anticapitalisme...
    Ce premier épisode d’une série d’Un podcast à soi consacrée aux écoféminismes tente de répondre à ces questions. Avec les paroles de #Vandana_Shiva, militante écologiste et féministe indienne, d’#Emilie_Hache, autrice de Reclaim, d’#Isabelle_Cambourakis, directrice de la collection Sorcières. Ainsi que les voix du collectif « Les bombes atomiques » réuni, fin septembre, pour une #marche en non mixité choisie contre l’enfouissement de déchets radioactifs à #Bure, dans l’est de la France.


    https://www.arteradio.com/son/61662635/ecofeminisme_1er_volet_defendre_nos_territoires_21
    #écoféminisme #audio #éco-féminisme #féminisme #non-mixité #nucléaire #colonialisme #travail #nature #patriarcat #Chipko #agriculture #économie_mortifère #extractivisme #biodiversité #semences #diversité #inégalités #hiérarchie #racisme #écologie #mothering #égalité #partage
    signalé par @isskein

    • Ecoféminisme, 2ème volet : Retrouver la terre

      « J’avais envie d’expérimenter, dans mon #corps, ce que c’était que vivre »

      Elles ont construit des cabanes et réparé des tracteurs seules, entre femmes. Elles ont appris à reconnaitre les plantes, à cultiver des légumes, à élever des chèvres. Elles ont vécu en pleine nature, sans eau ni électricité, pendant des années. A l’inverse d’autres féministes qui revendiquaient de se libérer d’un corps aliénant, et d’une nature à laquelle on les avait associée depuis toujours (contrairement aux hommes, associés à la culture), elles voulaient retrouver la #terre, se reconnecter avec leur corps, le connaitre, et s’en servir comme force.

      Mutsie, Mayana, Xai racontent dans cet épisode comment, dans les années 70, dans le sillage du mouvement de retour à la terre, elles ont participé à la création de communautés en #non_mixité : des terres de femmes. En France, une dizaine de terre de femmes a existé et de nombreuses autres en Europe, en Australie, et aux Etats Unis. Beaucoup étaient portés par des femmes lesbiennes qui souhaitaient vivre leur #sexualité librement. Elles revendiquaient aussi l’idée d’#autonomie et d’#autosuffisance. Et aspiraient à se reconnecter avec l’ensemble du monde vivant, dont les animaux.

      Certaines terres ont disparu, d’autres existent encore, comme celle où je vous emmène aujourd’hui.

      À la rencontre, aussi de Celeste, Emmanuelle et Laure, arrivées plus récemment, qui nous racontent à quel point des lieux comme celui-ci , à l’écart du monde capitaliste et patriarcal, sont essentiels. Pour se retrouver, se ressourcer, se re découvrir.

      Leurs paroles donnent à entendre et comprendre de nombreuses facette du mouvement Ecoféminisme, entre reconnexion à la #nature et au corps, redéfinition et revalorisation du #travail_domestique, réappropriation des #émotions, #spiritualité, et articulation avec les questions de #classe, de #race et de #genre.

      https://www.arteradio.com/son/61662820/ecofeminisme_2eme_volet_retrouver_la_terre_22

      #décolonial #lutte_décoloniale

    • Expliquez-moi l’écoféminisme

      L’écoféminisme est très peu connu en France. Pourtant, les préoccupations qui ont animé les écoféministes il y a un peu plus de trente ans sont toujours d’actualité aujourd’hui : la peur de léguer aux générations futures un monde en ruines, d’arriver à un point de non-retour dans la dégradation de l’environnement, de tomber malade à cause des pollutions… En quelques mots : de détruire la planète et les espèces qui y habitent.

      Dans cet article, nous vous proposons de découvrir comment, face à un avenir sombre, les écoféministes ont repensé leur(s) rapport(s) à la nature et quels messages d’espoir iels nous ont transmis. Beaucoup de textes cités proviennent de l’anthologie Reclaim ! Recueil de textes écoféministes coordonnée par Émilie Hache, aux éditions Cambourakis.


      https://simonae.fr/militantisme/les-indispensables/expliquez-ecofeminisme

    • Écologie et Féminisme - Révolution ou mutation ?

      L’auteure, qui est à l’initiative de la notion d’écoféminisme, ce nouveau concept opère la synthèse entre l’idée d’une double #exploitation : celle de la nature par l’homme et celle de la femme par l’homme. Dans cet ouvrage initialement paru en 1978, mais d’une actualité brûlante, l’auteure remet radicalement en question la notion de #croissance_économique et démographique, dénonçant le capitalisme comme stade ultime du patriarcat. La #surpopulation et l’#épuisement des ressources illustrent l’« #illimitisme » caractéristique de ce qu’elle nomme le « #système_mâle », et elle est l’une des premières à affirmer qu’il faut préserver ce qui reste encore de l’environnement, sous peine de mort. Dans ce combat universel, les femmes, fortes de leur longue expérience d’exploitation, ont un rôle déterminant à jouer.

      https://libre-solidaire.fr/Ecologie-et-Feminisme-Revolution-ou-mutation
      #livre

    • À Bure, l’écoféminisme renouvelle la lutte antinucléaire
      https://reporterre.net/local/cache-vignettes/L720xH480

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      Samedi 21 septembre, pour la première fois en France, plus de 450 femmes, trans, queer, personnes non-binaires ont marché contre le nucléaire, à Bure, malgré l’extrême difficulté à manifester dans la zone. Une action réussie qui pourrait redonner un souffle à la lutte contre Cigéo.

      La cloche de l’église de Montiers·sur·Saulx vient à peine de sonner 8 heures, mais déjà une petite foule se serre autour d’une table où fument des carafes de café et de tisane. Les rubans colorés d’un attrape-rêve volent dans la brise matinale. Autour des tartines de pain et confitures maison, des femmes discutent, ainsi que plusieurs personnes transgenres, non-binaires et intersexes [1]…. Mais point d’hommes cisgenres (des hommes en accord avec le genre – masculin – qui leur a été assigné à la naissance). Ces 21 et 22 septembre, ce petit coin de Meuse, à quelques kilomètres de Bure, accueille un rassemblement original — antinucléaire et féministe, en non-mixité [2] — inédit par son ampleur : des centaines de personnes ont afflué des quatre coins de la France.

      « Un objectif fondamental de ce rassemblement est de créer un espace inclusif, qui vise à ne pas reproduire les systèmes de domination dans lesquels nous sommes toustes impliqué·e·s », explique le petit livret imprimé pour l’occasion et distribué aux arrivant·e·s. Le fascicule propose également des « outils pratiques sur la transinclusivité », pour l’intégration des personnes trans, et indique les lieux et activités accessibles aux personnes à mobilité réduite. « Dans les milieux écolos et antinucléaires, la priorité va à l’urgence écologique, et les rapports d’oppression passent souvent au second plan », regrette Carie, sa chevelure ornée d’un serre-tête à grandes plumes. Avec d’autres, Carie propose d’être « une oreille » attentive : « Si une personne a un problème, qu’elle ne se sent pas bien, nous sommes là pour l’écouter, pour chercher et proposer des solutions ou des médiations, précise-t-iel [3]. Car même dans un espace ‘safe’ comme celui là, il peut y avoir des comportements ou des propos sexistes, racistes, transphobes ».

      Assise sous des fanions chamarrés, Juliette observe en souriant l’assemblée fourmillante : « il y a plein de nouvelles têtes, des gens que l’on n’avait jamais vu à Bure, se réjouit la militante, impliquée dans la lutte contre le projet d’enfouissement des déchets radioactifs, alias Cigéo. Des féministes et des personnes qui ne seraient pas venues pour une simple manif anti-nucléaire débarquent là pour la première fois, c’est inédit ». La répression, féroce, et l’image d’un combat « de papys blancs », comme nous l’ont expliqué des organisatrices du week-end, constituaient une barrière difficile à franchir pour beaucoup. A l’inverse, l’intitulé du rassemblement a pu décourager de venir certaines femmes, notamment des « historiques » de la lutte anti-Cigéo, estime Juliette ; « antinucléaire et féministe, ça peut paraître très précis, sectoriel et donc excluant. Alors que c’est l’inverse, il s’agit de construire des ponts ! »

      Car entre écologie et féminisme, les liens sont multiples, reconnaissent la majorité des personnes rencontrées sur ce camp, à l’instar de Coline : « C’est le même système, la même logique, qui entraîne l’appropriation des corps des femmes et celle des ressources naturelles », dit la réalisatrice, qui a tourné un documentaire à ce propos en Amérique latine. Avec elle, une bonne soixantaine de participant·e·s se sont réunies ce samedi matin pour discuter de ce terme intriguant d’ « écoféminisme ». Au milieu d’une assemblée absorbée, une enceinte crachote une interview enregistrée de la philosophe Émilie Hache, spécialiste du sujet. « Dans les années 1980 aux États-Unis, les premières écoféministes ont fait le lien entre le nucléaire et les violences faites aux femmes, en montrant qu’il s’agit d’une même culture mâle guerrière qui entretient un rapport destructeur à la nature et contre les femmes », rappelle la chercheuse. Une culture dualiste, qui sépare la nature de la culture, le corps de l’esprit, les femmes des hommes, « toujours en posant que l’un est supérieur à l’autre ». Ainsi, particulièrement depuis l’avènement du capitalisme, « les femmes ont été dévalorisées en étant naturalisées, et l’exploitation du vivant a été justifiée par une féminisation de la nature », précise Émilie Hache. L’écoféminisme propose donc une réappropriation [le terme anglais de « reclaim » est plus juste] de son corps, des activités et des valeurs (dé)considérées comme « féminines » telles le soin, ou le « care » en anglais, ainsi qu’une réinvention des liens avec la nature.

      « Je trouve ça un peu enfermant de ramener les femmes au soin et au care », s’interroge une auditrice, une fois l’écoute achevée. Quelques têtes acquiescent, des mains se secouent en signe d’assentiment. Après un instant de silence collectif, une autre reprend : « C’est enfermant si on se retrouve à nouveau coincées dans ‘le rôle de la femme’. Mais il s’agit aussi de se réapproprier des savoirs, des pratiques, et des compétences, de s’autonomiser du système capitaliste et de l’État ».

      Un peu plus loin dans un champ d’herbes sèches, un groupe s’initie à l’auto-défense, muni de gants et de boucliers en mousse. En petits cercles, iels se bousculent et se frappent, mêlant cris et rires, sous le regard d’Elo. « Il s’agit d’accepter sa peur d’être frappée et de frapper, d’intégrer son propre corps, pour apprendre à se défendre en fonction de soi-même, de ses limites, de ses capacités », explique la formatrice, qui mélange plusieurs arts martiaux asiatiques dans ses cours. Comme beaucoup d’autres sur ce camp, elle évolue plutôt dans les milieux féministes et queer de Paris, et se trouve pour la première fois à Bure. « Mais ça fait sens d’être là, explique-t-elle. La crise écologique et les violences de genre viennent du même problème, le système capitaliste et patriarcal ». Et à même cause, même réponse : « L’autonomie et la défense collective ».

      Peu après 11 heures, dans la grande salle des fêtes pleine à craquer, quatre Bombes atomiques, nom du collectif à l’initiative du rassemblement, présentent le point d’orgue de la journée : la « marche bruyante contre Labo minable ». « Le contexte particulier de Bure nous demande de suivre quelques principes pour assurer notre sécurité et que cette marche soit inclusive pour tous et toutes », expliquent-elles, le visage dissimulé derrière des masques. Une feuille distribuée en préambule rappelle qu’ici, « l’état d’exception règne dans le but d’étouffer toute résistance à la poubelle nucléaire, le territoire est militarisé, la surveillance généralisée (…) le droit de manifestation a été littéralement confisqué. » Ainsi, la marche n’a pas été déclarée, et les organisatrices ne donnent aucune précision quant à son tracé et sa destination.

      Après une rapide – mais gargantuesque – galette végane, les quelques 450 personnes présentes se répartissent dans des voitures pour se rendre au départ de la marche. Les consignes sont précises : il faut rester en queue, « pare-choc contre pare-choc », « afin d’éviter que les flics ne nous divisent pendant le trajet », et « refuser tout contrôle, en expliquant que ‘nous sommes des bombes atomiques et nous allons nous promener en forêt’ ». Lentement, le convoi se met en route, dans un vacarme festif de klaxons, à travers le village puis au milieu d’une forêt parée des premières couleurs d’automne. Un petit guide fourni à chaque véhicule décrit au fur et à mesure du trajet « la présence violente de l’industrie nucléaire sur ce bout de territoire » : le collège fermé de Montiers-sur-Saulx malgré les promesses de l’Andra (l’agence nationale des déchets radioactifs, porteuse du projet Cigéo), les bois et les terres agricoles rachetées par la même agence, le bâtiment du Commissariat à l’énergie atomique, destiné à l’origine à un projet de diesel de synthèse, la voie ferrée abandonnée mais bientôt, peut-être, réhabilitée pour acheminer les déchets radioactifs…

      Au bout d’une heure de lente circulation entre plaines céréalières et bosquets, les 85 autos du cortège s’immobilisent dans un champ, formant une longue chenille sur pneus. Dans le ciel, trois hélicoptères vrombissent, alors qu’au loin, des camions de gendarmes soulèvent la poussière du chemin forestier. Sans attendre, les manifestant·e·s déguisées déplient une banderole indiquant en lettres capitales « Vous n’enfouirez pas nos colères féministes », déploient un grand « radio chat » bleu, animal radioactif symbole du week-end, puis se mettent en marche vers la forêt. Venu·e·s de Liège, de Toulouse et de Grenoble avec leur carnet de chants, une bande de joyeuses drilles enchaînent les chansons féministes, de la « Mal mariée », aux « Penn grévistes ».

      Chapeaux pointus et masques à paillettes, certain·e·s arborent des parures délurés tandis que d’autres, profitant d’un soleil brûlant, préfèrent avancer seins nus. Au fur et à mesure qu’un groupe de gardes mobiles se rapproche, la futaie résonne de hurlements lupins et de slogans choisis, tels « plus de caresses, moins de CRS ». « On est là pour vous empêcher de vous approcher du laboratoire de l’Andra », annonce bientôt un homme en uniforme. « On veut marcher sur les traces de Jeanne d’Arc », réplique-t-on, en référence au nom du chemin de randonnée sur lequel le défilé se déroule [il s’agit du GR703, dit GR Jeanne d’Arc, NDLR]. Après quelques minutes de discussion, les gendarmes laissent repartir la troupe, et se replient à une centaine de mètres.

      « C’est un des week-ends les plus dépaysants de ma vie, dit Catherine, venue de Franche-Comté, pour la première fois à Bure. Je ne vois pas forcément le lien entre écologie et féminisme, mais c’est surprenant et fort de se retrouver entre femmes ». A ses côtés, sa fille, arrivée la veille de Bruxelles, est tout sourire : « Dans d’autres événements militants, les hommes prennent vite beaucoup de place, raconte-t-elle. Ils parlent plus fort, enchaînent plus vite, savent comment avoir le dernier mot, alors qu’entre femmes, j’ai l’impression qu’on fait attention à ce que chacun et chacune ait sa place ». Pour cette Belge d’adoption, « la non-mixité permet de donner un espace-temps où l’on est sûre de ne pas être emmerdée, et ainsi de nous ouvrir à d’autres pratiques, à d’autres horizons ». Un peu plus loin, Marie-José, 65 années dont un certain nombre à lutter contre le nucléaire, exprime elle aussi son « plaisir d’être entre nous », « de ne pas être contraintes, reprises par les hommes comme c’est le cas au quotidien ». « En tant que femme dans les milieux militants, on est vite la petite main, ou la ‘copine de’ tel, ou encore celle qui prend soin, qui écoute », ajoute Camomille, qui a vécu à Notre-Dame-des-Landes et à Bure.

      C’est là que les pratiques féministes peuvent renouveler la lutte antinucléaire, d’après Lune, membre du collectif Radiaction : « À Bure, la répression est très forte, le combat est dur, il faut donc un collectif militant qui ne s’affaiblit pas de lui-même sur des logiques d’oppression, dit-elle. Il y a déjà beaucoup à faire quand on s’attaque au nucléaire, il ne faut pas que le groupe se fissure sur des violences sexistes ». Pour la militante, « c’est important que le milieu dans lequel on lutte ne reproduise pas certains aspects du système contre lequel on se bat ».

      Parvenu·e·s en haut d’une colline surplombant, à quelques centaines de mètres en contrebas, le laboratoire de l’Andra, le groupe amasse brindilles et branches, puis y place le chat géant. Un cercle frémissant se forme autour de ce foyer improvisé. Dès les premières flammes, une ronde se forme, farandole bigarrée, au rythme des chants entrecoupés de slogans. « Andra, dégage, résistance et sabotage », « Sorcière, véner, antinucléaire ». Certain·e·s ont les yeux qui brillent, d’autres sautent au-dessus du feu de joie.

      Bientôt, pendant que le brasier se consume, une idée se met à circuler : « Et si on se rapprochait ? » Comprendre : s’avancer vers ce fameux laboratoire de l’Andra, malgré l’avertissement sans nuance des gendarmes. Très vite, on déclare une AG (assemblée générale) et la foule s’installe à l’orée du bois. « Pourquoi on s’arrête là ? », demande une participante, qui propose de se diriger vers les bâtiments, « pour créer un rapport de forces ». « C’est déjà énorme ce qu’on a fait, répond une autre. On montre qu’il est possible de manifester à Bure sans s’en prendre plein la gueule, et de donner envie à des gens qui n’osent plus venir ici ». A chaque réplique, des mains s’agitent. « Les flics pensent qu’on est faibles parce qu’on est des meufs, repartir comme ça, c’est leur donner raison, argue une femme. Profitons du fait qu’ils ne s’y attendent pas pour agir ! » Deux personnes rappellent le contexte de répression, et les importantes violences policières déjà survenues autour de Bure. « Il s’agit d’un week-end féministe, où la question du consentement est essentielle, fait valoir une militante. Certaines et certains ont exprimé qu’elles étaient mal à l’aise avec l’idée d’avancer, donc si on le fait, on ne respectera pas leur consentement. »

      Après quelques minutes de discussion, et malgré le dissensus, les manifestant·e·s reprennent le chemin du retour, sans encombre. Une pièce de théâtre sur la chasse aux sorcières, un concert et une boum les attendent encore. Pour les Bombes atomiques, le pari est tenu : manifester à plus de 400 personnes près de Bure, sans violences policières, voilà qui n’était pas arrivé depuis bien longtemps.

      Au retour sur le camp, heureuse et émue, Camomille espère que « cette marche sera un premier pas, qui va permettre d’ouvrir quelque chose à Bure ». Car pour les Bombes atomiques dont elle fait partie, ce week-end est autant un début qu’un aboutissement. « Le féminisme, la non-mixité ont beaucoup à apporter à la lutte, pense-t-elle. Le soin, le bien-vivre, le respect de rythme de lutte qui nous vont, ce sont des outils précieux qui peuvent participer à donner un nouveau souffle à la lutte anti-Cigéo ». Dimanche 22 était ainsi consacré à des discussions de bilan, mais surtout de perspectives (non ouvertes aux médias). Toutes les personnes rencontrées partagent en effet cette envie de renouveler l’expérience et « de continuer à tisser les liens entre écologie et féminisme ».

      https://reporterre.net/A-Bure-l-ecofeminisme-renouvelle-la-lutte-antinucleaire

  • Cultivating consent: Challenges and opportunities in the West Papuan palm oil sector - New Mandala
    https://www.newmandala.org/cultivating-consent

    In Indonesian West Papua, oil palm developments are routinely designed and implemented without the free, prior, and informed consent of indigenous landowners.

    #Papouasie #Indonésie #terres #forêt

  • Sur le plancher des vaches IV/II
    Symboles (et plus si affinités)

    Natalie

    https://lavoiedujaguar.net/Sur-le-plancher-des-vaches-IV-II-Symboles-et-plus-si-affinites

    Paris, le 23 octobre 2019
    Amis,

    Sans transition, on commencera aujourd’hui par s’intéresser à l’art, et plus particulièrement aux artistes : « Dans les représentations actuelles, l’artiste voisine avec une incarnation possible du travailleur du futur, avec la figure du professionnel inventif, mobile, indocile aux hiérarchies, intrinsèquement motivé, pris dans une économie de l’incertain, et plus exposé aux risques de concurrence interindividuelle et aux nouvelles insécurités des trajectoires professionnelles. Comme si, au plus près et au plus loin de la révolution permanente des rapports de production prophétisée par Marx, l’art était devenu un principe de fermentation du capitalisme. » À cette thèse du sociologue Pierre-Michel Menger, une étudiante répond : « La massification du travail précaire dans le secteur artistique et la flexibilité du travail artistique ne constituent nullement une définition des métamorphoses du capitalisme : ils seraient même plutôt un signe de l’absorption du secteur artistique dans la mondialisation et dans la marchandisation généralisée de la culture. »

    Qui de la poule ou de l’œuf ? en somme. Soit, au bout du compte, la grande question alimentaire : est-ce le sujet qui alimente le capitalisme ou le capitalisme qui nourrit le sujet ? (...)

    #langage #symbole #art #capitalisme #massification #flexibilité #travail #projet #entreprise #carrière #objectifs #résultats #signature #durable #désir #stratégie #Terre #uniformisation #globalité #gouvernance #norme #genre #corps #Dieu #Genèse #RATP #machines #icônes #France #Rabelais

  • #Canada : L’ONU souligne les conditions de logement « abominables » des Autochtones Salmaan Farooqui - La Presse canadienne 21 Octobre 2019 - Le devoir
    https://www.ledevoir.com/societe/565254/l-onu-souligne-les-conditions-de-logement-abominables-des-autochtones

    Un rapport des Nations unies souligne le rôle que des conditions de logement « abominables » jouent dans la pauvreté et l’exploitation auxquelles font face les peuples autochtones au Canada et dans le monde.

    Le rapport, présenté à l’Assemblée générale des Nations unies vendredi, examine le manque d’accès à un logement convenable à la fois dans les villes et dans les réserves et son impact sur les droits des peuples autochtones dans des pays tels que le Canada, l’Australie et la Tanzanie.

    « La rapporteuse spéciale conclut que les conditions de logement des peuples autochtones dans le monde sont dans leur très grande majorité abominables et trop souvent constituent une violation du droit à un logement convenable », indique le rapport.


    « [Les peuples autochtones] sont plus susceptibles d’être mal logés et d’avoir des problèmes de santé qui découlent de cette situation, le pourcentage des sans-abri parmi eux est disproportionnellement élevé et ils sont extrêmement vulnérables aux expulsions forcées, à l’accaparement de terres et aux effets des changements climatiques. »

    Leilani Farha, rapporteuse spéciale des Nations unies sur le logement convenable, a souligné que la pénurie de logements est suffisamment grave dans le nord du Canada pour que certaines personnes des communautés autochtones soient obligées de dormir en alternance.

    « Quinze personnes vivent dans une maison de la taille d’une caravane, alors bien sûr, elles doivent dormir à tour de rôle quand il n’y a pas beaucoup de place », a-t-elle expliqué.

    Les #femmes cibles de la violence
    Le rapport met également en évidence les systèmes d’approvisionnement en eau médiocres dans de nombreuses réserves canadiennes.

    « Alors qu’il y a au Canada plus d’eau douce que dans les autres pays du monde, 75 % des réserves ont de l’eau contaminée, et des communautés comme celle d’Attawapiskat déclarent l’état d’urgence », est-il écrit.

    Le rapport indique également que les peuples autochtones vivant au Canada et dans le monde qui résident dans des zones urbaines font face à du racisme de la part de certains propriétaires, ce qui constitue un autre obstacle à l’accès au logement.

    Le rapport a noté le manque de logement comme étant un facteur qui exacerbe le problème persistant des femmes autochtones disparues et assassinées au Canada.

    « En l’absence d’un logement sûr et décent, les femmes autochtones deviennent souvent la cible de nouvelles violences en raison de leur sexe et de leur identité autochtone », peut-on lire.

    Mme Farha a déclaré que l’un des principaux objectifs du rapport était de lier la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones (DDPA) à la législation des Nations unies sur le droit à un logement convenable.

    « Le droit au logement en vertu du droit international relatif aux droits de la personne est juridiquement contraignant pour les gouvernements du Canada », a souligné Mme Farha. « C’est vraiment important parce que la DDPA de l’ONU n’est pas un instrument juridique au sens du traité sur le droit au logement. »

    Elle a ajouté qu’elle espérait que ce lien créerait une pression supplémentaire sur le gouvernement canadien pour qu’il agisse dans les dossiers qui touchent principalement les peuples autochtones.

    Mme Farha a déclaré que les peuples autochtones — et en particulier les femmes autochtones — devraient être impliqués dans le développement de stratégies pour lutter contre la pénurie de logements.

    « Je pense que les gouvernements du monde entier doivent complètement modifier leurs relations avec les peuples autochtones et reconnaître réellement leur autodétermination et admettre qu’il existe des problèmes récurrents auxquels il faut remédier », a-t-elle affirmé.

    #eau #logement #peuples_autochtones #terres #nations_premières #peuples_premiers #forêt #autochtones #colonialisme #premières_nations

  • Point de fuite : en #Géorgie : le #vin au cœur de la vie !

    Nichée au pied des montagnes du #Caucase et située aux abords de la mer Noire, la Géorgie et ses 3,7 millions dʹhabitants fabriquent leur vin grâce à une méthode ancestrale par ʹʹ#Qvevrisʹʹ. Les Qvevris sont des #jarres en #terre_cuite enfoncées dans le sol où fermentent des litres de vin. En 2013, lʹUnesco classait au patrimoine mondial cette méthode de #vinification utilisée par la plupart des familles géorgiennes pour le vin destiné à leur consommation personnelle. Car le vin, ʹʹboisson sacréeʹʹ, est intimement lié à la culture géorgienne et régit les relations sociales au quotidien. Reportage dans la vallée de la #Ratcha, qui, pour palier la pauvreté, commence à commercialiser son ʹʹnectar millénaireʹʹ.


    https://www.rts.ch/play/radio/point-de-fuite/audio/point-de-fuite-en-georgie-le-vin-au-cur-de-la-vie?id=10763961
    #audio #viticulture