• Vierge indienne et Christ noir

    Georges Lapierre

    http://lavoiedujaguar.net/Vierge-indienne-et-Christ-noir-1412

    L’essai de Georges Lapierre Vierge indienne et Christ noir,
    une « petite archéologie de la pensée mexicaine »,
    paraît en feuilleton, deux fois par mois,
    sur « la voie du jaguar ».

    Avec la Morena, la Vierge à la fois indienne et métisse, nous touchons à une subtile continuité derrière la différence plus ou moins affichée des croyances. Au XVIe, XVIIe et même au XVIIIe siècle, les pèlerins qui visitaient le sanctuaire du Tepeyac rendaient un culte à deux divinités bien différentes ; ils suivaient des chemins parallèles qui ne pouvaient pas se rencontrer. Les uns faisaient dévotion à la Vierge chrétienne, dont la figure s’est enrichie de contenus différents au cours de l’histoire de la colonie ; les autres continuaient à rendre un culte à Tonantzin, la déesse Mère des Mexica. Les métis de luxe devaient tirer leur foi du côté créole ; quant aux métis pauvres, leur penchant devait les tirer du côté indien. Peu à peu cette population métisse va prendre de plus en plus d’importance aux dépens de la population créole proprement dite et de la population indienne. (...)

    #Mexique #histoire #religion #cosmogonie #Terre_Mère #Huichol #peuples_originaires #inframonde #Christ #jaguar #chamanisme #cosmovision


  • La Morena

    Georges Lapierre

    http://lavoiedujaguar.net/La-Morena

    L’essai de Georges Lapierre Vierge indienne et Christ noir,
    une « petite archéologie de la pensée mexicaine »,
    paraît en feuilleton, deux fois par mois,
    sur « la voie du jaguar ».

    Nous avons pu avoir le sentiment que, pendant les trois siècles de la colonie, les créoles avaient gardé le contrôle de la pensée et, par là même, du contenu donné à la Vierge de Guadalupe, faisant en sorte que le contenu apporté par les peuples indiens restât confiné dans la clandestinité, dans l’intimité d’une pensée opprimée. En 1810, ce contenu leur échappe brusquement, l’initiative appartient au petit peuple des campagnes du Michoacán, ou plutôt aux Purépecha qui se soulèvent pour rejoindre, sous l’étendard de la Vierge, Miguel Hidalgo, le curé messie et le général en chef de « l’armée de la liberté ». Ce peuple en armes donne, dès le départ, un contenu messianique à l’image de la Vierge : elle est comme l’image d’une liberté recouvrée, annonciatrice d’un nouveau soleil ou Âge cosmique, et elle va les soutenir dans leur lutte contre l’oppresseur. Pour ces paysans indigènes armés, l’oppresseur n’est pas uniquement le bureaucrate espagnol (« mort aux gachupines ! »), il a un visage beaucoup plus proche d’eux : celui du riche colon, du propriétaire des mines ou du grand propriétaire terrien. (...)

    #Mexique #histoire #religion #guerre_d'indépendance #révolution #zapatistes #Terre_Mère #cristeros #peuples_originaires #cosmovision


  • Les inconstances d’une vierge

    Georges Lapierre

    http://lavoiedujaguar.net/Les-inconstances-d-une-vierge

    L’essai de Georges Lapierre Vierge indienne et Christ noir,
    une « petite archéologie de la pensée mexicaine »,
    paraît en feuilleton, deux fois par mois,
    sur « la voie du jaguar ».

    À la différence de l’original d’Estrémadure, la Guadalupana mexicaine n’est pas une vierge noire, elle a été créole, la « créole prodigieuse et sacrée » de Miguel Sánchez, aujourd’hui elle est plutôt mexicaine et métisse, elle fut indienne, elle l’est toujours et, parfois, transparaissent, derrière son visage lisse, les traits d’une déesse chtonienne, la Terre Mère ou Madre Tierra, des peuples indiens. Elle se trouve entre deux mondes et paraît hésiter à prendre le parti de l’un contre l’autre. Elle est métisse dans ses hésitations. (...)

    #Mexique #histoire #religion #dualité #Terre_Mère #entre-deux-mondes #peuples_originaires #cosmovision


  • Celle à la jupe de serpents

    Georges Lapierre

    http://lavoiedujaguar.net/Celle-a-la-jupe-de-serpents

    L’essai de Georges Lapierre Vierge indienne et Christ noir,
    une « petite archéologie de la pensée mexicaine »,
    paraît en feuilleton, deux fois par mois,
    sur « la voie du jaguar ».

    Une gravure de Posada reproduite sur la page de couverture du livre de León-Portilla Tonantzin Guadalupe nous fait entrevoir ou, plutôt, pressentir ces correspondances souterraines, ces substitutions clandestines, ces glissements vertigineux d’un univers mental à un autre univers mental. Ce fragment d’une gravure nous montre la population d’un village mexicain agenouillée devant l’apparition miraculeuse d’une image de la Vierge de Guadalupe Tepeyac au cœur d’un agave majestueux.

    Faisons maintenant une petite incursion dans l’univers religieux des Aztèques : nous pouvons voir au Musée d’anthropologie de Mexico une statue gigantesque, d’une rare et terrifiante beauté. Elle représente Coatlicue, la déesse mère primitive avec sa jupe de serpents entrelacés. (...)

    #Mexique #histoire #religion #dualité #Terre_Mère #sacrifice #peuples_originaires #cosmovision