• Au Carnet, nous nous mobilisons aussi
    contre le mensonge de la transition écologique !

    ZAD du Carnet

    https://lavoiedujaguar.net/Au-Carnet-nous-nous-mobilisons-aussi-contre-le-mensonge-de-la-transi

    À la ZAD du Carnet, nous avons choisi d’occuper un territoire menacé de disparaître sous le béton. Ce sont 110 hectares sur près de 400, soit environ un quart de l’île que nous défendons, qui sont voués à abriter ce que les grands bousilleurs osent appeler un parc éco-technologique. Nous inscrivons notre lutte dans celle contre le capitalisme vert, car nous ne croyons pas à une transition qui refuse de remettre en cause les dominations qui structurent nos sociétés. Ici, nous essayons de construire une forme d’autonomie et pour nous, construire l’autonomie passe par la réappropriation de notre façon de penser le monde que nous habitons, loin de l’écologie productiviste qu’on nous impose.

    Ça n’échappe plus à grand monde, nous sommes collectivement en train de saccager notre planète. Que nous proposent exactement les pouvoirs en place pour y remédier ? Premièrement, culpabiliser celles et ceux qui consomment soi-disant mal, surtout quand ils et elles sont pauvres. Deuxièmement, trouver une solution technique à nos ennuis, sans questionner notre foi aveugle dans le progrès et dans l’industrie. C’est ce qu’on peut appeler capitalisme vert. Sur le site du Carnet, nous sommes directement concerné·e·s. Le port de Nantes-Saint-Nazaire prévoit d’installer un parc éco-technologique, c’est-à-dire un parc industriel mettant en avant les énergies renouvelables. Le terme est volontairement flou et derrière le mot renouvelable, ce qui se cache, c’est la recherche de nouvelles formes d’énergie à exploiter pour continuer la croissance des besoins. En gardant toujours la mainmise sur la production et la distribution, parce que le contrôle, contrairement au reste du monde, n’est pas en train de s’écrouler. (...)

    #ZAD #territoire #occupation #Nantes-Saint-Nazaire #transition_écologique #capitalisme_vert #parc_éco-technologique #désastre_environnemental #Mexique #Tehuantepec #EDF #éco-pollueurs

  • Usbek & Rica - Au delà du tout urbain : la #mobilité prend la clef des champs
    https://usbeketrica.com/fr/article/au-dela-du-tout-urbain-la-mobilite-prend-la-clef-des-champs

    Que faire alors que, pour certains, nos grandes villes sont devenues « barbares »  ? À rebours d’une métropolisation qui serait synonyme de dangereuses concentrations, d’évitables inégalités sociales et d’excessifs impacts environnementaux, le non-urbain se dresse comme le terrain d’expérimentations nouvelles. Le secteur de la mobilité, appelé à contribuer à renouer les liens distendus entre les magnétiques métropoles et d’autres espaces souvent négligés, est sur le front.

    #territoire

    • Une société urbaine, mais dans un grand pays rural ? N’est-ce pas le résumé d’un certain malaise des représentations qu’ont les contemporains des territoires qu’ils habitent, voire d’une bataille entre ceux qui se proposent de les représenter ? Tous urbains versus tous ruraux : laquelle de ces deux images est la bonne ? Les deux à la fois, mais alors qu’est-ce qui doit nous gouverner, et dans quel cadre admis par tous ?

      Voilà près de soixante ans que des géographes, des sociologues, des économistes, des démographes, et beaucoup d’autres analystes et experts avec eux, tentent d’expliquer que la société française, comme toutes les sociétés contemporaines, ne rentre plus dans les cases définies au cours du XIXe siècle et politiquement investies avec toute la vigueur que l’on sait : urbains versus ruraux, dos à dos, avec un parlement qui représente d’une part les populations (l’Assemblée nationale), d’autre part les territoires (le Sénat). Une opposition dont on peut mesurer toute l’étendue des dégâts sur la démocratie, jour après jour à l’occasion des élections américaines[2].

      Il y a de quoi douter de l’utilité des rappels qui suivent : de larges fractions des territoires et de leur population (environ les 2/5es des communes, un peu plus du tiers de la population de la France) ne sont plus ni tout à fait urbaines, ni tout à fait rurales, mais une sorte de mixte qu’on a pris l’habitude peu heureuse de qualifier de périurbaines depuis les années 1970. Il s’y combine (s’y hybride ?) des modes de vie urbain et des contextes campagnards, sinon à proprement parler ruraux. Par ailleurs, les Français ne se cantonnent plus à la ruralité, ou la grande ville, ou à tout autre lieu de leur naissance, mais habitent successivement villes et campagnes, au fil de trajectoires résidentielles plus ou moins choisies, selon les moyens, certes inégaux, de chacun. Ils ont, globalement, la chance de vivre dans un pays dont les écarts de densité vont de moins de 10 (nombreux cantons de montagne) à plus de 40 000 habitants au km2 (Paris 11e) et ils ne se privent pas de déployer, dès qu’ils le peuvent et tout au long de leur vie, une sorte de « stratégie de la densité ». Celle-ci consiste à rechercher l’environnement du quotidien qui correspond le mieux à leurs besoins et attentes, selon le moment de leur vie et les besoins du ménage. L’année des confinements l’a confirmé. Ce sont ces systèmes de territoires combinant l’urbain et le rural qu’il s’agit de gouverner.

      #territoire

  • #Atlas des mondes urbains

    Aux sources classiques des organisations internationales et des réseaux de villes, les auteurs de cet Atlas des #mondes_urbains ont confronté l’éventail des nouvelles possibilités offertes par le #numérique, multiplié les échelles et se sont affranchis des spatialités territoriales usuelles. Voici une cartographie inédite de la planète des citadins.

    Sept humains sur dix vivent en ville. Des mégapoles se forment sur tous les continents. Partout le bâti s’étale et se standardise, les mondes ruraux disparaissent, les modes de vie s’uniformisent et, dans le même temps, les #inégalités se creusent. La généralisation de l’#urbain réchauffe la planète, détruit la biodiversité et nous rend encore plus vulnérables face au changement climatique. Mais les villes sont aussi notre #bien_commun. Elles sont des lieux de production de richesses, d’innovation, de création culturelle, de solidarité et de résilience. Elles fascinent par leur gigantisme, leurs foules et leurs innombrables activités, laissant dans l’ombre une autre réalité : la myriade de villes petites et intermédiaires qui composent l’essentiel des mondes urbains d’aujourd’hui. Celles des pays dits en développement, en particulier, dont les « basses technologies » sont loin d’affecter autant l’avenir de la planète que les métropoles mondialisées.

    http://www.pressesdesciencespo.fr/fr/book/?gcoi=27246100249530

    #ressources_pédagogiques #villes #urban_matter #cartographie #visualisation #livre #géographie_urbaine

    –—

    déjà signalé par @simplicissimus :
    https://seenthis.net/messages/885759
    et @marclaime :
    https://seenthis.net/messages/885729
    ... je remets ici en y ajoutant des mots-clé...

    • Comment les villes mutent avec le numérique

      Les #études_urbaines se renouvellent. Des #cartes étonnantes évoquent les sujets brûlants du moment sur les inégalités. Un #nouvel_ordre_urbain_local qui prospère face à la #mondialisation_métropolitaine émerge dans un atlas à nul autre pareil.

      Devant la lassitude à parler des villes et leurs inégalités et tous les maux qu’elles portent, Eric Verdeil et son équipe de l’atelier de cartographie de Sciences Po changent de ton : « les villes sont [aussi] notre bien commun ». Ils les étudient en « défrichant de multiples champs hétéroclites » en fouillant ce que le numérique fait aux échelles, comment « il affranchit les villes des spatialités territoriales usuelles ».

      Rien n’est simple, les méthodes de calcul variant d’un pays à l’autre. Représenter les « mondes urbains », c’est constater avec l’ONU que le Japon et la Jordanie sont les deux pays qui comptent plus de 90% de leurs habitants en villes (et le Burundi le moins urbanisé avec 12% de citadins). De là, faut-il parier de l’avènement « d’une ville-monde » dont les mégapoles ne sont plus européennes, les têtes étant en Chine, Corée du Sud, Japon, Indonésie, Thaïlande, Turquie, Afrique du Sud, Nigeria… Et ceci dans des configurations très étalées qui changent la nature de ce qu’on appelait jadis une ville en Europe, à l’inverse des petites villes se maintenant sur notre continent comme en Allemagne, en Italie, en Espagne.

      Julien Gracq aimait la « forme » des villes. Nos géographes tirent de leur formation initiale le goût des trames antiques et leur fascination pour l’étalement vertical ». Ils fouillent les sous-sols comme une « nouvelle frontière ». Ils guettent les signes qui marquent une différentiation dans un océan de standardisation. Ils ne regrettent pas la faible végétalisation des villes car ils calculent aussi la hauteur et le volume de verdure au détriment de la seule surface. Ils prennent en compte aussi les trames vertes, les jardins privés.
      100 villes détiennent la moitié de la richesse mondiale

      Le philosophe de l’urbain Thierry Paquot regrettait la démesure (Désastres urbains, 2015), les géographes déplorent, eux, le faible « ruissellement » de la prospérité économique des métropoles : 100 villes détiennent près de la moitié des richesses mondiales, alors qu’elles ne représentent que le quart de la population du globe. Les pires sont les villes « extraverties, artificielles, fragiles » type Dubai.

      La cartographie des « vies urbaines » est audacieuse : une carte du multilinguisme à Toronto, ville de forte diversité ethnique ; une carte sur l’accroissement des rythmes urbains dans les métropoles, produit « d’un capitalisme ne cessant d’étendre la sphère des besoins » à mettre en lien avec les confinements ; un remarquable document cartographique sur « l’insécurité perçue par les femmes » à Delhi ; sur les gentrifications, l’habitat indigne…

      Le #Policène ?

      La « Grande accélération » qui mène à l’anthropocène (qu’Eric Verdeil verrait mieux désignée par « Policène », l’époque de la ville) est l’occasion de montrer une « géologie de dépotoir », des sols remaniés, des matériaux déplacés, des villes qui « ont faim », polluées par les particules fines, menacées par la hausse du niveau des mers, par les pandémies.

      Y a-t-il des pilotes ? Oui, ce sont des Etats qui y ont prospéré, des oligarchies qui en confisquent les aménités mais aussi des démocraties participatives (d’échelon urbain) comme à Surabaya, en Indonésie, des municipalités qui se préoccupent d’approvisionnement en eau, d’ordre social (milices contre les violences). Les querelles d’échelle sont un sujet hautement inflammable car les juridictions locales peuvent faire échec à des politiques urbaines d’inspiration néolibérale. Quelles solutions ? Les réseaux ? La chasse aux automobiles (impossible aux Etats-Unis), le « verdissement », les « smart cities », le recours aux low tech ? L’informel ? En somme, toute une palette qui transforme constamment la géographie des villes. Sur ces questions ouvertes, l’atlas ne prend pas parti, montrant combien les acteurs peuvent répondre à une demande locale sans intégration aux collectifs déjà en place.

      Incontestablement, l’Atlas des mondes urbains (et non des villes) ouvre un nouveau chapitre des études urbaines. Les géographes gardent une place forte dans le maniement des cartes qui sont l’un des instruments du pouvoir politique sur les villes. Un instrument puissant pour la décision et des gouvernances au plus près du local.

      http://geographiesenmouvement.blogs.liberation.fr/2020/11/09/comment-les-villes-mutent-avec-le-numerique

  • Le rodéo des milliardaires
    https://laviedesidees.fr/Justin-Farrell-Billionaire-Wilderness.html

    À propos de : Justin Farrell, Billionaire Wilderness : The Ultra-Wealthy and the Remaking of the American West, Princeton University Press, 2020, 378 p.. Le county de Teton, dans le Wyoming, connait la plus grande concentration de #richesse de tous les États-Unis. Les grandes fortunes qui s’y sont installées y affichent un engagement pro-environnementaliste et revendiquent un rapport authentique à la nature. Mais...

    #International #écologie

    • Une fois sur les lieux, ces nouveaux arrivants développent un monde à leur image. L’auteur analyse le Yellowston Club créé en 1999, club privé de gated community imaginé comme un paradis privé. Ce club s’est constitué autour de l’appropriation privée de la montagne, avec des pistes de ski privées et des maisons, chalets ou ranch, dont le prix s’échelonne de quelques millions à plusieurs dizaines de millions de dollars l’unité. Le club met en scène son rôle dans la community et participe aux activités locales par la philanthropie. Le county de Teton enregistre un nombre très important d’associations caritatives, avec un engagement frénétique d’une partie de ces super-riches pour la cause environnementale. La lutte pour l’environnement devient ainsi l’un des piliers de la socialisation au sein des communautés locales. Le club en lui-même incarne par excellence les rapports sociaux autour desquels est construit le mode de vie de ces grandes fortunes. Leur relation exclusive avec la nature leur permet en quelque sorte d’évacuer la question de leur position sociale et en même temps celle de la soumission des classes populaires avec lesquelles ils feignent des rapports d’amitié, ou encore celle de l’exclusion des classes populaires racisées, cantonnées au backstage, tant, comme le note l’auteur, l’Amérique associe la nature à la blancheur de la peau.

      #livre #inégalités #classes #domination #séparatisme #territoire

  • En France, neuf personnes sur dix vivent dans l’aire d’attraction d’une ville - Insee Focus - 211

    https://www.insee.fr/fr/statistiques/4806694

    En France, neuf personnes sur dix vivent dans l’aire d’attraction d’une ville

    Marie-Pierre de Bellefon, Pascal Eusebio, Jocelyn Forest, Olivier Pégaz-Blanc, Raymond Warnod (Insee)

    L’aire d’attraction d’une ville définit l’étendue de son influence sur les communes environnantes. En France, les 699 aires d’attraction des villes regroupent plus de neuf personnes sur dix : 51 % de la population française habite dans les pôles et 43 % dans les couronnes. Une personne sur cinq vit dans l’aire d’attraction de Paris.

    Entre 2007 et 2017, la population augmente nettement dans les aires d’attraction de 700 000 habitants ou plus. Depuis 2012, la population est stable dans les aires de moins de 50 000 habitants et dans les communes hors attraction des villes. Au sein des aires, la croissance de la population est plus faible dans les communes-centres que dans les couronnes.

    #france #urban_matter #aires_attraction #géographie #Cartographie #centralité #périphérie #bide #plein

  • Tests, quarantaines, frontières : Bruxelles veut mieux coordonner les réponses des Vingt-Sept à la pandémie
    https://www.lemonde.fr/international/article/2020/10/22/tests-quarantaines-frontieres-bruxelles-veut-mieux-coordonner-les-reponses-d

    Aujourd’hui, alors que le virus du Covid-19 fait de nouveau des ravages et que les mesures de restriction ont recommencé à se multiplier partout en Europe, le risque a resurgi de voir une nouvelle fois le Vieux Continent se fragmenter. A la fin de l’été, en tout cas, lorsque la propagation du virus s’est accélérée, les Etats membres ont d’abord agi en ordre dispersé, et la Commission européenne a mis du temps à reprendre l’initiative.
    Il a fallu attendre le 4 septembre pour qu’elle fasse des recommandations afin de « coordonner les mesures ayant une incidence sur la libre circulation », et le 13 octobre pour que les Vingt-sept les adoptent. « Au cours de ces derniers mois, de nombreux gouvernements ont introduit des restrictions de voyage. Cela a conduit à un véritable patchwork de mesures. Il est difficile de savoir où l’on peut voyager et quelles sont les règles à suivre pour s’y rendre et rentrer chez soi », résumait le 12 octobre la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.
    Lire aussi Les dirigeants européens mettent sur pied une conférence en ligne des donateurs contre le Covid-19

    La portée de ces recommandations reste limitée. Ne serait-ce que parce que ce texte n’a rien de contraignant, les Etats membres étant souverains en la matière. Mais aussi parce que son champ est réduit au minimum, ce qui n’a pas empêché certains Etats membres de ne pas l’adopter, parmi lesquels le Luxembourg et l’Autriche. Le document définit des critères communs d’avancée de la pandémie, une sorte de thermomètre donc, à partir desquels les différentes régions de l’Union européenne (UE) sont classées en zone rouge, pour les plus atteintes, orange dans les cas moins critiques et verte lorsque le virus s’y fait rare. Avec une règle corollaire : aucune restriction (quarantaine et/ou test) ne doit être imposée à un voyageur venant d’une zone verte, contrairement à ceux venant des autres zones. Dans ce cadre, aucun Etat membre ne doit refuser l’entrée sur son territoire de voyageurs venant d’un autre pays de l’Union, une consigne adressée tout particulièrement à la Hongrie qui s’est fermée et ne tolère que certains citoyens tchèques, polonais et slovaques.
    Conscients de leurs insuffisances, les chefs d’Etat et de gouvernement européens ont exprimé lors d’un conseil à Bruxelles le 15 octobre le besoin de davantage se coordonner. Par exemple, en donnant à la quarantaine la même définition, alors qu’aujourd’hui celle-ci peut durer, selon les Etats, sept, dix ou quatorze jours. Ou encore en pratiquant une reconnaissance mutuelle des tests de dépistage. Il a aussi été question de l’harmonisation des formulaires à remplir par les voyageurs.

    #Covid-19#migrant#migration#ue#circulation#sante#frontiere#territoire#zonerisque#depistage#quarantaine

  • La géographie de l’ascension sociale | France Stratégie
    https://www.strategie.gouv.fr/publications/geographie-de-lascension-sociale

    La massification de l’enseignement secondaire puis supérieur a certes favorisé globalement la mobilité sociale ascendante qui a augmenté au cours des dernières décennies, mais sans faire disparaître les « trous noirs » de l’éducation et de la promotion sociale. L’analyse économétrique tend à montrer qu’il ne s’agit pas d’un problème de rendement de l’éducation mais plutôt d’accès à l’éducation. Or les inégalités territoriales d’accès au supérieur sont restées inchangées jusqu’à aujourd’hui. Augmenter les chances de mobilité ascendante dans les territoires défavorisés suppose donc une démocratisation réelle de l’accès à l’enseignement supérieur là où celui-ci est le plus difficile. Au-delà des politiques visant une meilleure égalité des chances face à l’éducation en amont de l’université, cela peut passer par une aide à la mobilité étudiante, une offre universitaire élargie, le décloisonnement des académies ou une coopération renforcée entre les académies d’Île-de-France et celles des régions environnantes. Une telle politique implique de développer les outils de suivi longitudinal des élèves selon l’origine sociale au niveau national.

    #territoire

  • En Guyane, un couvre-feu évolutif efficace contre la première vague de l’épidémie de Covid-19
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/10/15/en-guyane-un-couvre-feu-evolutif-efficace-contre-la-premiere-vague-de-l-epid

    Territoire français amazonien peuplé de 283 500 habitants, la Guyane est sortie de l’état d’urgence sanitaire le 17 septembre par décret. On y recense jusqu’à présent plus de dix mille cas de coronavirus (dont près de 9 900 guérisons), 69 décès en milieu hospitalier, 14 patients hospitalisés et cinq en réanimation.D’après une étude mise en ligne le 12 octobre, qui associe notamment l’Institut Pasteur, Santé publique France, le Centre hospitalier de Cayenne, l’Université de Guyane et l’Agence régionale de santé, le couvre-feu a eu un impact significatif au plus fort de l’épidémie, en juin et juillet. « En deux ou trois semaines, il y a eu une baisse de plus de 30 % du taux de reproduction du virus. On est passé de 1,7 à 1,1 », observe le docteur Mathieu Nacher, professeur en épidémiologie au Centre hospitalier de Cayenne, l’un des coauteurs de l’étude
    « Les modèles montrent que les lits de réanimation occupés ont été divisés par trois ou quatre » en quelques semaines, précise-t-il. « Certains voulaient tout fermer ; d’autres étaient pour le contraire. On a choisi une voie médiane, qui a eu un impact », poursuit M. Nacher, qui a participé à la réflexion sur la gestion de la crise avec le professeur Félix Djossou, chef du service des maladies infectieuses au Centre hospitalier de Cayenne, également coauteur de l’étude. « La vague a été plus longue, mais moins haute que partout ailleurs, ce qui a permis à notre système de santé de faire face plus facilement, nous évitant d’être submergés », ajoute le professeur Djossou.« Le couvre-feu a été un mécanisme évolutif : on resserre quand l’épidémie est à son pic, et on desserre quand il y a moins de cas. Cela permet de ne pas étouffer totalement l’économie », argumente-t-il. L’étude aborde d’autres mesures : le confinement de 23 zones de cluster et le développement d’une grande capacité de test. La jeunesse de la population guyanaise – vingt-sept ans en moyenne – a contribué aussi à faire baisser le risque d’hospitalisation.L’analyse du cas guyanais révèle également la nécessité d’adapter les mesures à un territoire grand comme le Portugal, dont l’intérieur forestier n’est accessible qu’en pirogue ou en avion, avec un mode de vie différent du littoral. Ainsi, Camopi, commune amérindienne à la frontière avec le Brésil, a été reconfinée le 30 septembre pour deux semaines par le préfet, après une cinquantaine de cas en septembre sur 1 800 habitants. Les écoles et le collège de la commune ont été fermés.
    « Une atteinte à la liberté de travailler et de circuler »
    « C’est difficile de faire passer le message de rester en famille isolée à une population qui vit en communauté, où un foyer peut abriter deux à trois familles », souligne Laurent Yawalou, le maire de Camopi. « L’arrêté préfectoral qui couvre toute la Guyane n’est pas très relayé ici, car il n’y a pas de contrôle, et on ne circule quasiment pas la nuit, à part des chercheurs d’or clandestins », poursuit l’édile. Pour réduire le risque sanitaire, « nous avons demandé à la population de se confiner par famille dans leurs abattis – les zones agricoles traditionnelles », précise M. Yawalou.

    #Covid-19#migrant#migration#france#guyane#sante#couvrefeu#territoire#frontiere#circulation

  • En Maine-et-Loire, « topette ! » est une interjection pour exprimer familièrement une salutation quand on prend congé d’un·e ami·e. Cette expression pourrait se traduire par « à plus », « à la revoyure », etc.

    La Topette, Journal local, populaire et indiscipliné - C’EST QUOI LA TOPETTE ?
    https://latopette.fr/la-topette

    La Topette est un journal trimestriel basé dans le Maine-et-Loire. Populaire et indisciplinée, elle propose une information locale et critique. La Topette est un journal pour les gens, qui parle des gens. Elle se veut à la fois accessible et exigeante.

    La Topette est née d’un constat : les médias nationaux, focalisés sur la capitale, se désintéressent des territoires ruraux et périphériques. Ils ne comprennent que trop peu ceux qui y habitent et semblent ne plus vouloir s’adresser qu’aux grandes métropoles.

    Plus près de chez nous, la presse locale souffre d’un monopole et d’un manque de pluralisme. Elle n’a par ailleurs que rarement les moyens de produire de l’investigation.

    Peu prompte à courber l’échine devant ceux qui nous dirigent politiquement et économiquement, La Topette s’engage à égratigner les puissants et à décrire la réalité des gens. Via des enquêtes et reportages de qualité au service des citoyens, elle s’intéresse au quotidien de ceux qui n’ont que trop rarement voix au chapitre et qui subissent les décisions venues d’en haut.

    Un journal papier en 2020 ?

    Certains trouveront cela ringard, mais La Topette n’est pas une appli ou une start-up. Résistant aux injonctions du tout-numérique et du modernisme à tout crin, elle n’est publiée que sur papier.

    Attachée au lien social, vous la trouverez tout simplement chez votre marchand de journaux ou dans votre boîte aux lettres, délivrée par votre facteur.

    Qui se cache derrière la Topette ?

    La Topette n’appartient à aucun milliardaire et ne fait pas dans le racolage. Vous n’y trouverez aucune publicité. Elle est donc totalement indépendante.

    Constituée en association et sans but lucratif, elle est portée par une équipe de journalistes professionnels et de bénévoles soucieux de vous procurer chaque trimestre une information vérifiée, fiable et de qualité.

    Si La Topette a des convictions, elle n’est néanmoins enfermée dans aucune certitude, n’est affiliée à aucun parti ou syndicat.

    Elle se veut avant tout un nouvel outil de débat, de réflexion et de lien social au service des habitants du Maine-et-Loire.

    Allez, topette !

    Le sommaire du tout premier numéro :

    On a supprimé mon village
    La Topette a sillonné les routes du Maine-et-Loire et de ses communes nouvelles. En seulement six ans, le département a perdu la moitié de ses villages. Un raz-de-marée qui n’est pas anodin et sans conséquence pour les habitants.

    Enfants handicapés, le scandale du transport scolaire
    Le conseil départemental du Maine-et-Loire délègue le transport scolaire des enfants handicapés à des entreprises privées. Parmi celles-ci, Adiate, une société qui a le don pour casser les prix. Non formés, dénigrés, sentiment de se faire arnaquer, pour certains chauffeurs, l’expérience a tourné au cauchemar.

    Center Parcs, une parodie de nature dopée à l’argent public
    La Topette est allée fourrer son museau dans le Center Parcs du Bois aux Daims, à côté de Montreuil-Bellay. Verdict : un temple du tourisme de masse, tout sauf écolo, financé par une montagne d’argent public.

    Angers aux mains des robots
    C’est le bébé de Christophe Béchu. Au cours des prochaines années, Angers deviendra une « ville intelligente » grâce à près de 50 000 capteurs et autres prouesses technologiques déployées dans l’agglomération. Véritable bénéfice pour les citoyens, surveillance généralisée et robotisation de la Cité ou simple communication politique ?

    Loin des villes, loin des lycées
    Noyant-Villages est la commune du Maine-et-Loire la plus éloignée d’un lycée. Dans ce bourg de 5 600 habitants, les jeunes font moins d’études que la moyenne. Et si l’orientation scolaire n’était pas qu’une question de choix ou de milieu social ?

    Adieu les vaches
    Les vaches, c’était toute la vie de Jean-Claude. Cet éleveur près de Brissac n’imaginait pas que ses années de labeur avec sa femme Aude se termineraient par une liquidation judiciaire. Et pourtant, la dérégulation des prix du lait a eu raison de l’exploitation agricole familiale. Une ferme de plus disparaît.

    J’ai passé 24h devant Angers Télé
    En 2016, la mairie d’Angers confiait les clés d’Angers Télé au patron du club de foot du SCO, Saïd Chabane. L’an dernier, la chaîne locale se séparait de trois de ses sept salariés, justifiant ces licenciements par la baisse des subventions publiques. Reste qu’avec seulement quatre salariés, on se demande bien comment il est possible de faire tourner une chaîne télé. Pour s’en assurer, on a passé une journée devant Angers TV, et ce ne fut pas de tout repos.

    L’éclusière
    Annick Nourry est la plus ancienne éclusière du Maine-et-Loire. En poste à Châteauneuf-sur-Sarthe depuis 38 ans, elle a connu l’essor du tourisme fluvial puis sa chute et vu son métier changer au gré des automatisations et des suppressions de postes.

    #journalisme_d'investigation #presse_indépendante #journal_papier #territoires #ruralité

  • Radio JAL, les échos d’une lutte en milieu rural
    https://www.franceculture.fr/emissions/lexperience/radio-jal-les-echos-dune-lutte-en-milieu-rural

    Dans les années 1970, une caravane et un émetteur au bord d’un champ ont diffusé les paroles d’habitant.e.s de trois villages de l’Est du Québec menacés de fermeture par le gouvernement. C’est toute l’histoire d’un mouvement social qui résonne dans Radio JAL. Mathilde Simon retrouve les bobines.

    Lors d’un voyage au Québec en 2019, Mathilde Simon apprend l’existence de cette #radio-mobile. Elle aurait émis de 1977 à 1980 depuis le rang Saint-Grégoire, chemin rural, situé à Auclair. Le but de ce séjour devient évident : retrouver les bobines ! Elle finira par les récupérer fraîchement numérisées au sous-sol du Centre d’archives du Témiscouata. La totalité des enregistrements restaurés représente plus de 73 heures d’archives. Il va s’en dire que le montage réalisé ne constitue qu’un fragment de ce qu’a été cette aventure radiophonique.

    https://histoiresdujal.com/projet-jal
    Mixage : Bruno Mourlan
    Réalisation : Gilles Mardirossian
    Une création sonore de Mathilde Simon

    diffusée ce soir à 22h sur francecul
    #archives_radiophoniques #territoires #émancipation

  • #Inégalités socio-spatiales et #santé : pour que les sciences comportementales informent les politiques publiques
    https://www.socialter.fr/article/inegalites-socio-spatiales-et-sante-pour-que-les-sciences-comportementales

    En matière de stratégie nationale de santé, la priorité est généralement donnée à la promotion et à la prévention de la santé, avec des campagnes qui incitent à adopter des comportements individuels plus sains (se mettre à l’activité physique, arrêter de fumer, etc.). De telles campagnes impliquent que les citoyens investissent des efforts dans le présent, avec la contrepartie de profiter de retombées bénéfiques futures sur leur santé. Or, sommes-nous tous égaux face à ce genre de choix ? Les sciences comportementales indiquent que le niveau socio-économique d’un individu est susceptible d’influencer la confiance qu’il a en l’avenir. Chez les individus de niveau socio-économique inférieur, on observe notamment une tendance accrue à adopter des comportements bénéfiques sur-le-champ, plutôt qu’opter pour ceux qui auront un résultat futur hypothétique, même s’ils sont potentiellement plus rentables sur le long terme. Ceci découlerait notamment de deux mécanismes concomitants : d’une part, une moindre capacité à renoncer au gain immédiat (par nécessité matérielle par exemple) ; d’autre part, une moindre confiance en l’obtention de gains futurs. Cette méfiance vis-à-vis de l’avenir découlerait du fait que ces populations sont souvent exposées à des environnements plus chaotiques (habitats précaires, quartiers plus pollués, etc.) et ont des possibilités réduites dans l’amélioration de leur cadre de vie (déménager vers des quartiers plus confortables). Subir ces contraintes, sur lesquelles elles n’ont pas de prise, serait associé à une perception plus élevée du risque de mourir, et donc à un avenir plus incertain. Cette perception n’a rien d’une distorsion de la réalité : on observe dans certaines villes un écart d’espérance de vie de plus de dix ans entre les habitants des quartiers pauvres et ceux des quartiers riches.

    #territoire

  • Les jeunes femmes sont les premières concernées par le retrait de l’État en milieu rural

    Les soudaines phases d’intérêt politique pour les jeunes ruraux aboutissent habituellement sur des mesures « volontaristes » qui prennent le cadre urbain comme référence et supposent de se projeter vers la ville pour vivre sa jeunesse et se réaliser.

    Ces injonctions unilatérales à la « mobilité » ou à « l’ouverture » pâtissent du manque de connaissances sur des groupes juvéniles que l’on a longtemps uniformisés sous l’image d’une société paysanne immuable.

    Les jeunesses urbaines, plus visibles, font alors office de point de comparaison avec les jeunesses rurales, selon un principe de définition par le manque. Par ce prisme, on tend à méconnaître les conditions d’existences et les visions du monde des jeunes ruraux, mais surtout on gomme les fractures qui existent au sein même de ce large groupe.
    La crainte de la « sale réputation »

    En son sein, on pourrait par exemple évoquer la double relégation, matérielle et symbolique, que subissent les jeunes chômeurs dans des milieux ruraux de forte interconnaissance où la « sale réputation » colle à la peau et au patronyme.

    Ici, nous allons nous évoquer les cas de jeunes femmes des classes populaires rurales, donc issues de familles ouvrières ou employées principalement (les classes populaires étant surreprésentées en milieu rural).

    Peu diplômées et peu dotées en capital économique, elles ont tendance à évoluer dans des sociabilités où ce sont avant tout les jeunes hommes qui peuvent occuper le devant de la scène et profiter des ressources liées à l’autochtonie.

    Dans nos enquêtes de terrain respectives, Les filles du coin et Ceux qui restent (2019) c’est notamment à travers les âges d’entrée sur les marchés professionnels et conjugaux que nous avons pu saisir ces rapports de genre.

    Dans leurs trajectoires individuelles, ou encore le fonctionnement des couples et des groupes d’amis, nous retrouvons les conséquences des inégalités à grande échelle entre femmes et hommes, en premier lieu celles qui structurent le marché de l’emploi rural dans les régions anciennement industrielles où l’on rencontre les jeunes les plus exposés à la précarité.
    Des offres d’emplois dans des secteurs dominés par les hommes

    À rebours de la tendance nationale, ces zones rurales qui ont tendance à se dépeupler concentrent les offres d’emploi dans des secteurs professionnels considérés comme masculins.

    Sur certains territoires, le chômage des jeunes femmes de moins de trente ans s’avère plus élevé que celui des jeunes hommes, et plus largement en milieu rural elles trouvent moins souvent un emploi à l’issue de leurs études que les jeunes hommes (59 % vs 54 %).

    Ce que l’on observe à l’échelle nationale en termes d’inégalités liées au genre sur le marché du travail se trouve dès lors exacerbé par ces effets de lieu.

    Tandis que les jeunes femmes rurales issues de milieux plus aisés partent massivement pour les études supérieures et s’installent en ville, celles qui restent, lorsqu’elles parviennent à avoir un travail proche de chez elles, sont souvent en contrat précaire, à temps partiel, avec des horaires fractionnés dans les secteurs de l’aide à la personne, les ménages, la petite enfance ou les postes d’ouvrières à l’usine, ou encore caissières dans le supermarché du coin.

    Entre autres choses, ces conditions d’emploi les exposent davantage aux contraintes de la route et des différents coûts liés aux déplacements (financiers, organisationnels…).

    De manière plus informelle, les jeunes femmes sont surtout assignées à des tâches moins ou non rémunérées, telles que l’aide et le soin aux personnes fragiles, le travail domestique (notamment les ménages) ou encore la garde des enfants.
    Des formes d’entraides féminines cruciales

    Cette répartition genrée du travail d’aide va de pair avec des formes d’entraides féminines importantes, mais elle participe aussi à distinguer les jeunes femmes entre elles : l’exclusion par la non-sollicitation des unes permettant aux autres d’espérer une place plus centrale dans les réseaux locaux de sociabilité et d’atteindre une relative stabilité économique. Comme le résument deux jeunes femmes :

    « Quand on pense jamais à toi quand y’a un poste quelque part, t’as compris que t’étais pas du bon côté »

    « Quand t’as pas de réseau, c’est pas possible »

    Aussi dans un contexte de rareté de l’emploi, trouver un travail par réseau d’interconnaissance peut aboutir sur des situations de domination inextricable.

    Quand « tout se sait » là où « tout le monde se connaît », « ne pas chercher les problèmes » et « ne pas causer de problèmes » à sa famille ou aux amis qui ont aidés sont les deux principes qui participent à l’indicibilité des violences qui, y compris en milieu professionnel, sont subies par les jeunes femmes.

    Par allers-retours, ces situations précaires des femmes sur le marché du travail déterminent (et sont déterminées par) leur place dans toutes les sphères de vie sociale, en particulier les sociabilités amicales qui sont primordiales en milieu rural, et bien sûr dans les relations amoureuses, conjugales.
    « Couper les ponts » et ne plus « faire n’importe quoi »

    Lors de la mise en couple et la (re)formation des groupes d’amis, les jeunes femmes tendent plus souvent à rejoindre leur conjoint dans un réseau qui était le sien depuis longtemps, généralement depuis l’enfance.

    Elles ont alors, disent-elles, dû « couper les ponts » avec leur « vie d’avant », alors que les jeunes hommes peuvent faire partie des mêmes clubs de loisirs et cercles amicaux, y compris après l’arrivée des enfants.

    Certaines justifient ce « choix de vie » par l’injonction à « se poser », ne plus « faire n’imp(orte quoi) » au moment de l’entrée dans l’âge adulte, afin de se consacrer plutôt à leur rôle conjugal et/ou maternel.

    Généralement plus doté en capital économique, car plus âgé, entré plus tôt en emploi et héritant plus souvent de biens familiaux, le conjoint aura eu aussi davantage de facilités à devenir propriétaire avant la mise en couple, avec l’aide notamment de ses amis pour l’aider à « retaper » une maison à moindre coût.

    Il pourra dans ce cas justifier aisément que sa compagne s’installe « chez lui ». Enfin, il aura toutes les chances d’appartenir à des groupes de loisirs liés à des activités masculines pérennes et valorisées, comme le football, la chasse, le motocross par exemples, qui viendront justifier, avec la proximité de la famille, d’installer le couple là où lui peut bénéficier de capital d’autochtonie, ici lié à son inscription dans les « bandes de potes » et dans la sociabilité professionnelle.

    Dans cette configuration conjugale inégalitaire, majoritairement rencontrée dans nos enquêtes, les sociabilités des couples « tournent autour » des hommes et de leur réseau, tandis que les jeunes femmes sont placées dans des rôles plus ou moins ingrats et isolés dont elles s’accommodent, ou non.

    Bien sûr, des solidarités et amitiés féminines peuvent se recomposer au fil du temps. Néanmoins, elles s’inscrivent rarement (cela varie là aussi selon que l’on se trouve ou non dans une zone rurale en déclin) au sein de collectifs encadrés par des institutions pérennes (de travail, de loisir). On comprend que les jeunes femmes soient attachées au fait de garder leur « meilleure amie » de longue date, alors que les jeunes hommes envisagent davantage la solidarité à l’échelle de toute leur « bande ».
    Mobilité et rapports de pouvoir

    Nos enquêtes ont forcément rencontré l’enjeu de la mobilité, puisque dès l’adolescence, dans des zones rurales appauvries où le maillage des transports en commun (cars, bus, trains régionaux) est faible, voire inexistant, les inégalités face aux possibilités de se déplacer sont grandes entre les jeunes : plus rares sont les jeunes femmes à avoir un deux-roues, d’abord parce que la route leur serait plus risquée (les jeunes hommes sont plus souvent socialisés à la conduite et à la mécanique, y compris des engins agricoles, mais aussi de la voiture familiale par leur père), ensuite en raison de leur milieu social, compte tenu des coûts afférents.

    Le pendant de cet investissement masculin dans les transports résulte dans les risques pris par les jeunes hommes. Cela constitue l’un des coûts d’adaptation à la masculinité conforme à ce milieu social, les jeunes hommes sont davantage exposés aux accidents de la route dont on sait qu’ils touchent tout particulièrement les jeunes de classes populaires rurales.

    Ensuite, il y a toutes les inégalités en matière de déplacements entre jeunes femmes elles-mêmes. D’un côté, celles qui partent vivre en ville pour leurs études vont être amenées à parcourir de grandes distances, à s’autonomiser par la voiture ou simplement rompre avec les sociabilités rurales et acquérir davantage de capital social, d’autant plus qu’elles proviennent des milieux plus dotés en capital économique et culturel. Quant à celles qui restent et qui n’ont pas le permis ou de voiture, elles tendent à dépendre de leur conjoint ou d’un proche pour se déplacer, d’autant plus si elles sont sans travail et plus jeunes que lui, dans un village ou bourg qu’elles n’habitent que depuis la mise en couple.

    La moindre intégration et l’assignation aux rôles genrés dans des collectifs familiaux et amicaux fait écho aux inégalités sur le marché du travail.

    Premières victimes du retrait de l’État, et tout particulièrement depuis le démantèlement engagé des services publics ruraux dans le secteur de la santé ou de l’éducation, les jeunes femmes ont tendance à occuper des emplois plus solitaires et précaires.

    https://theconversation.com/les-jeunes-femmes-sont-les-premieres-concernees-par-le-retrait-de-l

    #femmes #genre #retrait_de_l'Etat #campagne #rural #mobilité #rapports_de_pouvoir #réputation #sale_réputation #emploi #travail #entraide #entraide_féminine #mobilité #rapports_de_pouvoir

  • Sonia Lavadinho : « Pour que le vélo soit une pratique démocratique, il faut développer une autre philosophie du partage de l’espace »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/09/09/sonia-lavadinho-pour-que-le-velo-soit-une-pratique-democratique-il-faut-deve

    Anthropologue et géographe suisse, Sonia Lavadinho travaille depuis quinze ans sur les enjeux de mobilité durable, et notamment sur la façon dont l’aménagement des villes peut renforcer la place du corps en mouvement, favorisant ainsi une plus grande cohésion sociale et intergénérationnelle.
    Avec la crise due au Covid, on a vu augmenter la pratique du vélo et se multiplier les pistes cyclables. Comment analysez-vous cette évolution ?

    En période de crise sanitaire, le vélo ouvre des marges de manœuvre et de liberté à un moment où des limites s’imposent. C’est un mode « porte-à-porte » qui permet de maîtriser sa vitesse et son amplitude horaire, ce qui n’est pas le cas des modes collectifs, ni même de la voiture, régulée par des contraintes extérieures. On peut décider de partir quand on veut pour éviter la cohue, et de choisir sa route pour privilégier les trajets calmes. L’absence d’habitacle facilite les interactions et, dans le même temps, le fait d’être perché sur une selle, à l’air libre, met à bonne distance des autres de façon naturelle.

    Pour toutes ces raisons, le vélo est un formidable outil exploratoire de la ville par temps de Covid, à condition de ne pas le réserver à une catégorie de citoyens mais d’en faire un levier d’accès à la ville pour tous. Or ouvrir des pistes, lorsqu’elles sont étroites, encourage les 5 % de cyclistes hyperrapides – ceux qui font les trajets domicile-travail et les livraisons –, des publics en général assez lestes, plutôt jeunes, seuls et masculins. C’est mieux que rien mais cela ne suffit pas. Car la vitesse peut décourager les autres, cyclistes occasionnels, familles ou seniors, ou bien le différentiel de vitesses est susceptible de générer des conflits. On l’a vu lors de la grève à Paris, ou à certains moments de la crise sanitaire, lorsque les flux ont triplé tout à coup.

    #Vélo #Anthropologie

  • Guérir les coupures urbaines pour prendre soin des piétons
    https://www.enlargeyourparis.fr/societe/guerir-les-coupures-urbaines-pour-prendre-soin-des-pietons

    J’ai ensuite obtenu plusieurs contrats de recherche pour me pencher sur ce sujet. Dans mes travaux, je n’aborde pas la question de la marche et du vélo dans la ville par l’environnement sensible dans lequel piétons et cyclistes sont immergés, car cet aspect est déjà bien étudié par divers auteurs. Je recense plus prosaïquement les obstacles auxquels ils sont confrontés : les délais, détours et dénivelés (ce que j’appelle les 3 D). Concrètement, tous ces obstacles enferment le piéton dans son quartier, dans une « ville archipel ». En donnant la priorité à l’automobile, les aménageurs ont négligé le piéton, estimant qu’il n’a pas vraiment besoin de sortir de son quartier, ou alors en empruntant les transports en commun ou la voiture. Quant au cycliste, rester enfermé dans le quartier n’a aucun sens, car il est capable de franchir des distances bien plus grandes. Et je découvre ainsi la raison majeure du peu de pratique du vélo en banlieue : l’abondance des coupures urbaines.

    #territoire #mobilité

  • Comment et pourquoi Nogent s’est-elle appropriée l’image "positive" des guinguettes ? #territoires #communication #loisirs

    https://sms.hypotheses.org/25435

    Histoire d’une cité symbole des guinguettes : Nogent

    Les guinguettes autour de Paris : une image symbolique de la « Belle Époque », où se sont multipliés les lieux de loisirs populaires sur les bords de Marne, à Nogent, à Champigny, ou à Joinville. Filmés plus tard par Marcel Carné en 1929 (court-métrage « Nogent, eldorado populaire »), on y voyait les parisiens affluer par la ligne de chemin de fer de la Bastille et se répandre joyeusement dans les lieux de loisirs populaires au bord de l’eau.

    Le documentaire Nogent, des guinguettes au Grand Paris montre comment Nogent-sur-Marne s’est approprié cette image des guinguettes, mais aussi comment cette image a été façonnée. Une chanson populaire (Ah ! le petit vin blanc) devient l’hymne populaire des guinguettes de Nogent ; elle magnifie Nogent et associe la commune aux loisirs populaires des bords de Marne, à l’exclusion des autres communes, comme le souligne Vincent Villette, archiviste de la ville de Nogent-sur-Marne (...)

  • Les travaux de Guy Di Méo ont contribué à ancrer la géographie française dans la théorie et à la relier à d’autres disciplines (économie, sociologie, anthropologie...) #Université #SHS #géographie #territoires

    https://sms.hypotheses.org/25460

    Guy Di Méo, géographe, bâtisseur de théories et de laboratoires

    Selon la Société de Géographie, Guy Di Méo est une « figure centrale de la géographie française contemporaine » (2017). La réputation de ce spécialiste de la géographie sociale s’est essentiellement construite à partir des années 1990. Ses ouvrages théoriques et ses articles publiés dans des revues de géographie en France et à l’étranger ont contribué, avec les travaux d’autres géographes, à ancrer la discipline dans la théorie et à la relier à la philosophie, l’anthropologie, la sociologie et l’économie.

    Auparavant, la géographie était fortement caractérisée comme une praxis. À ce titre, du moins pour les autres sciences sociales, elle était suspecte d’empirisme. Du côté des géographes, elle était encore souvent appréhendée comme une science de synthèse, comme un ensemble de discours pouvant masquer un double tropisme : d’un côté, l’attraction des sciences de la nature (la géologie, l’écologie…), de l’autre celle des sciences sociales (l’économie et la sociologie principalement). Quant au concept de « territoire », aujourd’hui incontournable en géographie, le moins qu’on puisse dire c’est qu’il était peu usité, toutes disciplines confondues, dans les années 1980. Guy Di Méo contribuera à en faire un concept central qui s’exportera au-delà de la géographie et du monde académique.

    Par ailleurs, en revendiquant son appartenance à la géographie sociale, branche de la géographie apparue dans les années 1960-1980, il a contribué à légitimer la dimension humaniste qui caractérise pour partie ce champ ; au point qu’aujourd’hui la géographie sociale peut apparaître comme une bannière derrière laquelle se placent nombre de géographes (...)

  • Des villes vendues en bourse - La Vie des idées
    https://laviedesidees.fr/Des-villes-vendues-en-bourse.html

    Imaginez une #ville nouvelle qui jaillirait soudainement de champs de canne à sucre, au cœur de l’Inde. Avec son architecture de vague inspiration singapourienne ou méditerranéenne, cette cité de haut-standing serait entièrement conceptualisée, construite et gérée par une entreprise privée. Les cultivateurs, propriétaires originels des terres cédées à la ville, seraient eux transformés en partenaires à part entière, et même en actionnaires (shareholders), leur permettant de brasser une rente à long-terme sur les bénéfices de cette opération immobilière lucrative.

    C’est ce que propose le projet de « ville-actionnaire » (shareholders city), un modèle qui demeure encore expérimental et très minoritaire mais qui représente cependant un des nouveaux avatars de l’urbanisation de l’Inde contemporaine et qu’il convient donc, à ce titre, d’observer avec attention. C’est précisément le thème qu’aborde l’urbaniste indienne Sai Balakrishnan (Harvard) dans son dernier ouvrage, Shareholder Cities.

    #territoire

  • La #ville des #enfants et des jeunes : une ville pour tout·e·s ! | Savoir | Topophile
    https://topophile.net/savoir/la-ville-des-enfants-et-des-jeunes-une-ville-pour-tout%c2%b7e%c2%b7s

    Villes polluées, minéralisées, motorisées, aux espaces publics réduits et souvent privatisés, les enfants et plus généralement les jeunes ne disposent d’aucun lieu pour eux...Or la Déclaration des droits de l’enfant élaborée par l’Assemblée des Nations Unies en 1959 affirme que l’intérêt de l’enfant prime sur toute autre considération. Tout comme il a droit au temps libre et au jeu, ou bien encore, qu’il est dès sa naissance un citoyen à part entière, ce que la Convention internationale des droits de l’enfant signée à New York par l’ONU en 1989 conforte et renforce. Il nous paraît essentiel de rappeler ces dispositions, soixante et trente ans plus tard, car elles ne sont guère appliquées, tant par les gouvernements que par les adultes.

    En effet, les lieux urbains ouverts aux activités libres des enfants sont confisqués par la spéculation foncière qui ne supporte pas la moindre dent creuse, cette promesse d’un terrain d’aventure... De même que la plupart des aires de jeux standardisées brident leur imaginaire et normalisent, non seulement, leurs comportements mais aussi leur créativité. Quant aux cours de récréation, elles sont généralement asphaltées et transformées en terrain de foot pour les plus grands des seuls garçons... Rares sont les enfants qui jouent et se déplacent seuls dans les rues, pas plus au cœur des métropoles que dans les villages et les petites villes.

    Une telle situation impose une sédentarisation pathologique à des enfants et des jeunes qui n’accèdent à aucun « dehors » pour se détendre, se rencontrer, jouer, éprouver leurs cinq sens, découvrir leur corps, apprécier la « nature », explorer leur quartier et ses à-côtés. Cette dégradation de leur santé physique et mentale se double d’une réduction de leur autonomie et d’une perte de contact avec leur environnement géographique, sensoriel et social.

    #territoire

  • La marche comme forme particulière de découverte, d’interprétation et d’appropriation des lieux, contient aussi un potentiel de (re)découverte de soi, des autres et de ce qui nous entoure #géographie #villes #territoires

    http://sms.hypotheses.org/10320

    Interpréter l’espace urbain en marchant

    Avez-vous déjà essayé de lire et d’explorer l’espace urbain par l’expérience de co-création procurée par une promenade collective ? C’est cette expérience réalisée avec Hendrik Sturm, artiste « marcheur-sculpteur d’espace » selon Élise Olmédo, qui a été proposée aux étudiants du Master de Géographie et Aménagement de l’Université de Pau et des Pays de l’Adour. Le film (Dé)marche retrace et reconstitue cette démarche d’interprétation des lieux où l’enseignant joue le rôle de pédagogue au sens premier de celui qui accompagne l’élève à l’école en cheminant à ses côtés.

    La marche comme forme particulière de découverte, de lecture et d’appropriation des lieux, contient aussi un potentiel de (re)découverte de soi, des autres et de ce qui nous entoure. Elle relève bien ici de l’hodologie, cette science des cheminements qui permet une « conduite de l’individu (…) selon un ensemble de ‘détours’ et de chemins privilégiés, relatifs à ses investissements psychiques dans le monde (Besse, 2004) ». En termes géographiques, cela revient à mettre en œuvre une géographie des territorialités, au sens de « manières de vivre le territoire », et des espaces vécus (...)

  • L’#écologie_municipale, ou la ville face à son histoire

    Les verts élus dans les grandes #villes doivent faire un #choix : se focaliser sur la qualité de vie de leurs administrés au risque de renforcer la #fracture entre #centres urbains et #périphéries, ou au contraire renouer avec les #territoires_fantômes que les #métropoles consomment et consument.

    Après le succès des candidatures et alliances écologistes dans certaines des plus grandes villes de France dimanche, une chose a très peu retenu l’attention des commentateurs politiques. C’est le paradoxe, au moins en apparence, d’une #métropolisation de l’écologie politique – le fait que les valeurs vertes semblent trouver dans les grands centres urbains leur principal lieu d’élection. Au lieu de s’interroger sur les motivations et les idéaux des personnes qui peuplent ces villes pour essayer d’y lire l’avenir, peut-être faut-il alors renverser la perspective et regarder l’objet même que constitue la #ville, sa réalité indissociablement écologique et politique.

    Au regard de l’#histoire, cette #urbanisation des #valeurs_vertes ne va pas du tout de soi. La ville a souvent été définie, en Europe au moins, par l’enveloppe protectrice des remparts qui tenait à distance les ennemis humains et non humains (animaux, maladies), et qui matérialisait la différence entre l’espace de la cité et son pourtour agraire et sauvage. En rassemblant les fonctions politiques, symboliques, sacerdotales, les villes engendrent des formes de socialité qui ont fasciné les grands penseurs de la modernisation. Saint-Simon, par exemple, voyait dans la commune médiévale italienne l’origine du développement matériel et moral propre à la #modernité. Durkheim, plus tard, faisait de la ville le prototype du milieu fait par et pour l’humain, le seul espace où pouvait se concrétiser le projet d’#autonomie.

    Aspirations urbaines

    Mais les villes sont également devenues, avec le processus d’#industrialisation, de gigantesques métabolismes matériels. L’explosion démographique des métropoles industrielles au XIXe siècle va de pair avec la concentration du travail, de l’énergie, et plus largement des flux de matière qui irriguent l’économie globale. Au cœur des transformations de la vie sociale, la ville est aussi au cœur de ses transformations matérielles : elle aspire d’immenses quantités de ressources, pour les relancer ensuite dans le commerce sous forme de marchandises. En laissant au passage les corps épuisés des travailleurs et des travailleuses, ainsi que des montagnes de déchets visibles ou invisibles, résidus non valorisés du processus productif.

    Ainsi la ville irradie le monde moderne de son prestige symbolique et culturel, mais elle tend aussi à déchirer le tissu des circularités écologiques. L’un ne va pas sans l’autre. Chaque ville, par définition, est tributaire de circuits d’approvisionnement qui alimentent ses fonctions productives, ou simplement qui la nourrissent et la débarrassent des contraintes spatiales. Chaque ville est entourée d’une périphérie fantôme qui l’accompagne comme son ombre, et qui est faite des #banlieues où vivent les exclus du #rêve_métropolitain, des champs cultivés et des sous-sols exploités. Chaque urbain mobilise malgré lui un espace où il ne vit pas, mais dont il vit.

    L’une des sources de la #sensibilité_écologique contemporaine se trouve justement dans la critique de l’avant-garde urbaine. Dans l’Angleterre victorienne, William Morris ou John Ruskin retournent à la #campagne pour démontrer qu’une relation organique au #sol est susceptible de régénérer la civilisation, sans pour autant compromettre les idéaux d’émancipation. Mais ils luttaient contre une tendance historique dont l’extraordinaire inertie a rapidement provoqué la disqualification de ces expériences. Surtout pour le #mouvement_ouvrier, qui avait en quelque sorte besoin des formes spécifiquement urbaines d’#aliénation pour construire la #solidarité_sociale en réponse.

    Si l’on replace dans cette séquence d’événements le phénomène d’urbanisation des attentes écologiques actuelles alors il y a de quoi s’interroger sur l’avenir. Deux trajectoires possibles peuvent s’esquisser, qui ont cela d’intéressant qu’elles sont à la fois absolument irréconciliables sur un plan idéologique et matériel, et quasiment impossibles à distinguer l’une de l’autre dans le discours des nouveaux édiles de la cité verte.

    Faire atterrir le #métabolisme_urbain

    D’un côté, on trouve le scénario d’une consolidation des #inégalités_sociales et spatiales à partir des valeurs vertes. Pour le dire de façon schématique, les grands pôles urbains poussent la #désindustrialisation jusqu’à son terme en éliminant les dernières nuisances et toxicités propres à la #ville_productive : elles se dotent de parcs, limitent les transports internes et créent des #aménités_paysagères (comme la réouverture de la Bièvre à Paris). C’est ce que la sociologie appelle la #gentrification_verte, dont #San_Francisco est le prototype parfois mis en avant par les prétendants écologistes aux grandes mairies. Au nom d’une amélioration difficilement critiquable de la qualité de vie, la ville des #parcs et #jardins, des boutiques bio, des #mobilités_douces et des loyers élevés court le risque d’accroître le #fossé qui la sépare des périphéries proches et lointaines, condamnées à supporter le #coût_écologique et social de ce mode de développement. #Paris est de ce point de vue caractéristique, puisque l’artifice administratif qui tient la commune à l’écart de sa banlieue est matérialisé par la plus spectaculaire infrastructure inégalitaire du pays, à savoir le #boulevard_périphérique.

    Mais si le vert peut conduire à consolider la #frontière entre l’intérieur et l’extérieur, et donc à faire de la qualité de vie un bien symbolique inégalement distribué, il peut aussi proposer de l’abolir – ou du moins de l’adoucir. Une réflexion s’est en effet engagée dans certaines municipalités sur le pacte qui lie les centres-villes aux espaces fantômes qu’elles consomment et consument. La #renégociation de la #complémentarité entre #ville et #campagne par la construction de #circuits_courts et de qualité, l’investissement dans des infrastructures de #transport_collectif sobres et égalitaires, le blocage de l’#artificialisation_des_sols et des grands projets immobiliers, tout cela peut contribuer à faire atterrir le #métabolisme_urbain. L’équation est évidemment très difficile à résoudre, car l’autorité municipale ne dispose pas entre ses mains de tous les leviers de décision. Mais il s’agit là d’un mouvement tout à fait singulier au regard de l’histoire, dans la mesure où il ne contribue plus à accroître la concentration du capital matériel et symbolique à l’intérieur de la cité par des dispositifs de #clôture et de #distinction, mais au contraire à alléger son emprise sur les #flux_écologiques.

    Le défi auquel font face les nouvelles villes vertes, ou qui prétendent l’être, peut donc se résumer assez simplement. Sont-elles en train de se confiner dans un espace déconnecté de son milieu au bénéfice d’une population qui fermera les yeux sur le sort de ses voisins, ou ont-elles engagé un processus de #décloisonnement_social et écologique ? L’enjeu est important pour notre avenir politique, car dans un cas on risque le divorce entre les aspirations vertes des centres-villes et la voix des différentes périphéries, des #ronds-points, des lointains extractifs, alors que dans l’autre, une fenêtre s’ouvre pour que convergent les intérêts de différents groupes sociaux dans leur recherche d’un #milieu_commun.

    https://www.liberation.fr/debats/2020/06/30/l-ecologie-municipale-ou-la-ville-face-a-son-histoire_1792880

    #verts #élections_municipales #France #inégalités_spatiales #mobilité_douce #coût_social ##décloisonnement_écologique

    via @isskein
    ping @reka @karine4

  • #Soutenance d’HDR de Olivia Aubriot – « Les systèmes d’irrigation paysans à travers #techniques et inscriptions territoriales. À propos de la co-construction eau-société » – mardi 30 juin 2020
    https://reseaux.parisnanterre.fr/soutenance-dhdr-de-olivia-aubriot-les-systemes-dirrigation-pay

    Nous avons la plaisir de vous annoncer la soutenance d’HDR de Olivia Aubriot. « Les systèmes d’irrigation paysans à travers techniques et inscriptions territoriales. À propos de la co-construction eau-société » La soutenance se déroulera le mardi 30 juin 2020 à 14h … Lire la suite

    #Événements #HDR #irrigation #territoires