• VitaNova — Décalage
    https://vitanova.ledibbouk.net/spip.php?article23

    Un bateau qu’on répare reste le même bateau sous le vernis neuf. Une vieille femme qui perd la tête finit par vouvoyer sa propre fille. Une ville se hérisse de sens interdits et d’un mot qu’on prononce comme une grimace. Une lumière du matin n’a pas de nom pour ce qu’elle fait. Et un homme, sommé de montrer sa violence, finit par avouer qu’il voudrait seulement qu’on le prenne dans les bras — pendant qu’une femme, dans le fond, rit jaune pour ne pas dire qu’elle aussi est atteinte. Rien ici ne se dit de front. Tout passe par un détour, un accent forcé, une formule toute faite, un rire qui masque, jusqu’à ce que le détour lui-même devienne le seul endroit où quelque chose de vrai a pu passer.

    #textescommeça

  • Cartographie sensible et participative de la rue Très-Cloîtres à Grenoble
    https://www.visionscarto.net/cartographie-sensible-rue-tres-cloitres-Grenoble

    Octobre 2024 : « Alice raconte », illustratrice et carnettiste, expose au 26 rue Très-Cloîtres de Grenoble un travail réalisé en 2021. C’est un carnet de voyage qui retrace en mots et en croquis aquarellés l’ambiance perçue de différents lieux du quartier Alma Très-Cloîtres. Que les lieux racontés soient emblématiques du quartier ou plus anecdotiques, le carnet traduit une vision sensible et personnelle de ces rues qui composent le vieux centre de la ville. Même mois, même année, même (…) Billets

    #Billets_

  • Contre la #présomption de #légitime_défense pour les #forces_de_l'ordre. - Contre la présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre. - Plateforme des pétitions de l’Assemblée nationale
    https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-6334

    #gardiens_de_la_paix

    Contre la présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre.
    Avatar Isam EL KHALFAOUI
    26/06/2026
    Identifiant : N°6334

    Le 7 juillet 2026, l’Assemblée Nationale est appelée à se prononcer sur la #proposition_de_loi n°691, portée par le député Eric Pauget (#LR), visant à reconnaître une présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre dans l’exercice de leurs fonctions. Un amendement gouvernemental instaurant une présomption de légalité des tirs a déjà été adopté en première lecture le 22 janvier 2026.
    Nous, citoyennes et citoyens signataires de cette #pétition, demandons aux député·es de voter contre la #PPL n°691 lors du scrutin du 7 juillet 2026. Ce texte, examiné en commission des lois en janvier 2026, est désormais inscrit à l’ordre du jour de la session extraordinaire. Son adoption constituerait une atteinte grave à l’État de droit, à nos engagements européens et au principe constitutionnel d’égalité devant la #loi.

    Cette demande repose sur quatre #motifs_graves_et_documentés.

    Premier motif : un bilan humain qui rend ce #texte_inadmissible.
    La loi de 2017 ayant élargi les conditions d’usage des armes à feu par les forces de l’ordre a produit des effets documentés et alarmants. Selon le recensement indépendant du média Basta !, confirmé par les données de l’Inspection Générale de la Police Nationale (IGPN), 66 personnes ont été tuées lors d’interventions policières en 2024, dont 27 par arme à feu, record absolu depuis 1967.
    La France a été interpellée à trois reprises par les organes de l’ONU comme le pays de l’Union Européenne comptant le plus grand nombre de personnes tuées ou blessées par des agents de la force publique. Adopter une nouvelle loi présumant la légalité des tirs policiers aggraverait mécaniquement cette tendance.

    Deuxième motif : une violation caractérisée de la jurisprudence de la Cour Européenne des Droits de l’Homme et de l’obligation de l’État de protéger le droit à la vie.
    La jurisprudence constante de la CEDH impose à l’État une présomption de responsabilité lorsqu’une personne décède aux mains de ses agents. Il appartient à l’État de démontrer que le recours à la force létale était absolument nécessaire et proportionné et non aux victimes ou à leurs proches de prouver son illégalité. La Cour a affirmé que cette obligation est un élément intégral du devoir de l’État de protéger la vie, rendre justice aux victimes d’un usage illégal de la force et prévenir la répétition de tels actes.
    Qu’un agent de l’État prenne la vie d’autrui constitue la plus grave ingérence aux droits humains possible. Le cadre déontologique de toute force de l’ordre doit poser un principe clair : en cas de doute, ne tirez pas. Ce principe est incompatible avec une présomption de légalité du tir.

    La PPL n°691 inverse précisément cette logique. En présumant la légalité du tir, elle transfère la charge de la preuve sur les victimes, libère l’État de son obligation de justification, et va à l’encontre du concept même des droits humains. Voter ce texte exposerait la France à des condamnations répétées à Strasbourg.

    Troisième motif : une rupture de l’égalité des citoyens devant la loi, contraire à la redevabilité des forces de l’ordre et susceptible d’être sanctionnée par le Conseil constitutionnel.
    Le principe d’égalité des citoyens devant la loi est consacré par l’article 6 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789. Le Conseil constitutionnel en est le garant et sanctionne régulièrement les dispositions qui y portent atteinte sans justification objective et proportionnée.
    En créant une présomption de légalité au bénéfice exclusif des agents armés de l’État, la PPL n°691 établit une différence de traitement radicale entre la puissance publique et le citoyen ordinaire. Aucun autre justiciable ne bénéficie d’une telle présomption lorsqu’il cause la mort d’autrui. Cette inégalité structurelle, qui n’est justifiée par aucune nécessité proportionnée à l’objectif poursuivi, est susceptible d’être censurée par le Conseil constitutionnel.
    Au-delà de la question constitutionnelle, ce texte porte atteinte à un principe fondamental de l’État de droit : la redevabilité des forces de l’ordre. Conférer à des agents de l’État le pouvoir de faire usage de la force létale implique nécessairement un contrôle juridictionnel effectif de cet usage. C’est précisément ce contrôle qui fonde la légitimité de la police dans une démocratie. Une force de l’ordre soustraite à la reddition des comptes ne perd pas seulement sa légitimité juridique, elle perd la confiance de la population qu’elle est censée protéger. Ce texte affaiblit la police autant qu’il affaiblit l’État de droit.
    Nous appelons les parlementaires qui doutent de la constitutionnalité de ce texte à saisir le Conseil constitutionnel avant promulgation, conformément à l’article 61 de la Constitution.

    Quatrième motif : un texte qui paralyse les enquêtes judiciaires et détruit les droits des victimes.
    Si la légalité du tir est présumée dès l’ouverture du feu, l’infraction disparaît au moment même où elle est susceptible d’être commise. Cette logique rend impossible le placement en garde à vue dans les premières heures cruciales qui permettent d’éviter les concertations et de préserver les preuves. Elle vide l’instruction judiciaire de sa substance et prive les familles de victimes de toute voie de recours effective.
    Une telle présomption porte le risque qu’il n’y ait aucune investigation prompte, efficace et impartiale puisque c’est souvent seulement après une investigation approfondie que les éléments permettant de douter de la légitimité de l’action policière ressortent. Le Comité contre la Torture des Nations Unies a déjà recommandé à la France en 2024 de veiller à ce que toutes les allégations d’usage excessif de la force fassent l’objet d’une enquête rapide, approfondie et impartiale par une instance indépendante. Cette loi va dans la direction opposée.
    Ce constat est partagé par des professionnels du droit : le Syndicat de la Magistrature, le Syndicat des Avocats de France, et la CGT-Intérieur s’opposent à ce texte pour des raisons techniques. Ce dernier a relevé que ce texte introduirait “une logique plus proche de l’accusatoire, sans en donner les garanties”.

    NOTRE DEMANDE
    Pour l’ensemble de ces motifs, violation de la jurisprudence de la CEDH, atteinte au principe constitutionnel d’égalité devant la loi pour toutes et tous, impact dévastateur sur le fonctionnement de la justice, aggravation prévisible du nombre de morts, nous demandons aux député·es de l’Assemblée Nationale de voter contre la PPL n°691 lors du scrutin du 7 juillet 2026.
    La France est déjà le pays d’Europe comptant le plus grand nombre de personnes tuées par des agents de la force publique. Ce texte aggravera mécaniquement ce bilan. Les représentant·es du peuple ont le pouvoir et la responsabilité de l’arrêter.
    Nous demandons donc aux députés de :
    – Voter contre la PPL n°691 lors du scrutin du 7 juillet 2026 ;
    – Demander publiquement au gouvernement de soumettre ce texte au Conseil d’État pour avis avant le vote ;
    – Soutenir la demande d’avis public adressée au Défenseur des droits sur la constitutionnalité et l’impact discriminatoire de ce texte.

    Cette pétition ne constitue pas un procès fait aux forces de l’ordre. Elle est un appel à la défense de l’État de droit, adressé aux représentant·es du peuple français, avant qu’une loi aux conséquences humaines et juridiques graves ne soit adoptée sans les vérifications qui s’imposent.

  • Incinérateurs de plastiques : la fabrique d’une « fable écologique »
    https://www.liberation.fr/environnement/incinerateur-a-plastiques-la-fabrique-dune-fable-ecologique-20260611_CFY5

    Les industriels les appellent « chaufferies #CSR », pour combustible solide de récupération. Il s’agit en réalité d’#incinérateurs destinés à brûler les #plastiques non recyclés de nos poubelles jaunes, les restes de meubles en #bois vernis ou peints, des tonnes de #textiles broyés et de #déchets industriels. La chaleur issue de la combustion est récupérée pour alimenter une usine voisine ou un réseau de chauffage urbain. Un business à plusieurs milliards d’euros que les géants Veolia, Suez et Dalkia se disputent… Avec le soutien de la puissance publique. Ces installations bénéficient en effet d’une fiscalité très avantageuse et de centaines de millions d’euros de subventions publiques.

    A mesure que ces projets apparaissent au grand jour, des collectifs de citoyens, notamment des médecins, s’alarment des risques sanitaires et de l’inconséquence de les installer à quelques mètres d’habitations. L’association Zero Waste appelle à un moratoire alors que la France détient près d’un tiers des incinérateurs d’Europe (119 d’ordures ménagères, et 8 CSR), en capacité suffisante pour les déchets actuels. Pourquoi donc en construire de nouveaux alors que l’urgence écologique impose de changer nos modes de consommation ?

    [...]

    A les entendre, les déchets ne sont plus un problème, mais une solution : un combustible made in France. La loi pour la transition énergétique de 2015 a donné une assise légale à ces CSR, et mis le business sur les rails. Débuts timides jusqu’à la guerre en Ukraine, sept ans plus tard. Les tensions d’approvisionnement en gaz deviennent un tremplin inespéré pour la filière, l’argument en or pour convaincre, même avec un rendement énergétique limité.

    Veolia, Suez et Dalkia se positionnent sur ce nouveau marché, où l’on trouve aussi Paprec, Idex, Guyot environnement, Coriance ou encore la multinationale américaine Urbaser qui tente de chiper des parts du gâteau… particulièrement crémeux en cas de deal avec une collectivité : rentrées d’argent assurées pendant vingt-cinq ans.

    [...]

    L’avis du 29 avril, que Libération a consulté, établit l’ambiguïté comptable : « La libération massive et instantanée de ce carbone [liée à la combustion du bois] dans l’atmosphère crée une dette climatique immédiate qui ne pourra être compensée par la croissance forestière que sur un temps long (plusieurs décennies). » Un espoir pour les nombreuses luttes locales sur les projets de chaufferies CSR : « Pire encore que le bois. Vous ajoutez les #Pfas et tout un tas de polluants. Il faut une prise de conscience nationale. »

    A Strasbourg, Thomas Bourdrel, lui aussi médecin et à l’origine du collectif Air santé climat, se désole de l’absence de débat : « J’ai l’impression de revivre la promotion du diesel par les pouvoirs publics, avec cette capacité des politiques à fermer les yeux devant une réalité scientifique. » Son alerte remonte à 2019, lors de la mise en route de l’une des toutes premières chaufferies CSR dans un quartier populaire de Strasbourg. Depuis, selon une note de janvier 2026 de l’Ademe, l’agence de la transition écologique, 44 projets sont à l’étude… En toute opacité : la liste de leur emplacement n’est pas publique et les riverains en apprennent l’existence très tardivement. Libération publie en exclusivité la carte d’une partie de ces incinérateurs nouvelle génération sur les rails.

    [...] « On crée des verrous économiques en misant sur un flux constant de déchets sur la durée. » Pauline Debrabandère, responsable plaidoyer de Zero Waste France, en est convaincue : « Les industriels n’ont aucun intérêt à une réduction de déchets, vu qu’ils gagnent de l’argent en les brûlant. »

    [...]

    La France est championne européenne du nombre d’incinérateurs, et… mauvaise élève en recyclage. Seuls 26% de nos emballages plastiques sont recyclés alors que l’objectif était d’atteindre 50 % en 2025. Résultat : 1,5 milliard d’euros de pénalités versées à l’Union européenne l’année dernière. « Je pense qu’il faut maintenant bouger », a réagi, penaud, Emmanuel Macron, exigeant l’ouverture d’une concertation en vue d’actions concrètes, « la consigne de bouteilles pourra en faire partie ». L’association Zero Waste pointe le peu d’argent public consacré à la prévention et au tri des déchets, qui est pourtant la première alternative pour éviter de multiplier les chaufferies CSR. Cela représentait 1 % du budget des collectivités locales en 2022, contre 39 % pour le traitement. La construction des incinérateurs représente des dizaines de millions d’euros et les contrats d’exploitation se chiffrent pour certains en milliards. Une fois en route, l’installation carbure jour et nuit, sept jours sur sept… pendant vingt-cinq ans en moyenne.

    Chaque four est dimensionné pour un tonnage précis, établi à l’avance dans le cahier des charges. 350 000 tonnes annuelles à Dombasle-sur-Meurthe (Meurthe-et-Moselle), 43 460 à Lannemezan (Hautes-Pyrénées), plus de 400 000 tonnes à Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne), selon des documents internes consultés par Libération. « Pour avoir la meilleure rentabilité, il faut alimenter en quantité constante », explique, sous couvert d’anonymat, un ingénieur un temps dans le business. Les fours fonctionnent même les jours de canicule, les préfets le savent : pendant la phase de démarrage, il y a toujours plusieurs heures sans aucune filtration des fumées.

    Pour s’assurer un « gisement » suffisant − c’est le terme utilisé −, les industriels voient loin. Ainsi dans sa délibération votée fin décembre, le Conseil de #Paris a validé la possibilité de ratisser dans un rayon de 300 kilomètres pour alimenter la chaufferie qu’il souhaite installer à Vitry-sur-Seine, à cinq kilomètres de la capitale.

    [...] Sur le sujet, les lignes politiques sont, pour le moins, floues. A Paris, le projet de chaudière CSR a été ficelé par Dan Lert, élu écologiste, et compte parmi ses opposants Mathilde Panot, député LFI du Val-de-Marne. Tandis qu’à Montpellier, René Revol, un proche du patron des Insoumis, soutient le projet du maire socialiste Michaël Delafosse…

    [...]

    Autre cas d’école : Comité 21, une association qui « accompagne les acteurs publics et privés pour faire converger les initiatives et construire des réponses collectives aux défis écologiques, sociaux et économiques ». Cette association est présidée par Antoine Pellion qui est aussi le directeur adjoint du groupe Idex, en charge de développer des centrales d’énergie à partir de CSR. Avant de rejoindre le groupe privé, Antoine Pellion était au cœur de l’appareil de l’Etat. Secrétaire général à la planification écologique entre 2022 et 2025, après avoir été conseiller environnement de Macron en début de premier mandat. Mieux : en 2014, il faisait partie du cabinet de la ministre de l’écologie Ségolène Royal au moment même où se tricotait la loi transition écologique qui donne un cadre légal aux chaufferies CSR. Mélange des genres ? Contacté, Antoine Pellion n’a pas donné suite.

    L’Etat soutient à fond la filière. C’est inscrit dans « la Stratégie nationale bas-carbone » et la programmation pluriannuelle de l’énergie 2026-2035 », rappelle-t-on chez Dalkia, « ravi » que Libération s’intéresse à cette filière en devenir.

    Les chaufferies CSR sont, de fait, boostées par des centaines de millions d’argent public. Entre 2016 et 2024, sept appels à projets ont ainsi été lancés par l’#Ademe, l’agence publique de la transition écologique. Soit 21 projets et 240 millions d’euros de subventions engagées. En 2023, 23 % du fonds économie circulaire (71 millions) a servi à soutenir des projets de chaufferies CSR, note la sénatrice Christine Lavarde (LR), membre de la commission des finances dans un récent rapport d’information. Qui s’étonne, au passage, que des sociétés du CAC40 et cabinets de conseil soient éligibles à cet argent public.

    Le robinet des subventions s’est refermé l’année dernière avec la crise budgétaire. Valérie Jouvin, cheffe du service de valorisation des déchets à l’Ademe, le regrette : « Nous n’avons plus de ligne budgétaire dédié. Mais nous continuons d’accompagner les projets en cours. » A Montpellier, François Vasquez, ancien élu en charge des déchets, enrage. « L’institution chargée de notre transition écologique finance des incinérateurs déguisés, et donne une caution morale aux élus. » Le nouveau maire de Lannemezan, Laurent Lages (sans étiquette), le formule ainsi : « Quand l’Ademe soutient, on a vite fait de penser que c’est un bon projet. » Quel que soit le lieu ? Dans l’analyse des dossiers, l’emplacement, et notamment la proximité avec des #écoles, des habitations ou un hôpital, n’entre pas dans les critères de l’Ademe. « Une réglementation existe, les services de la préfecture et la direction régionale de l’environnement (Dreal) mènent des études d’impact et délivrent les autorisations. Nous, on s’assure que les feux sont verts », répond Thierry Rolland, en charge d’accompagner la filière à l’Ademe.

    L’opportunité des CSR est-elle débattue en interne ? Thierry Rolland balaye : « Non. Les craintes des riverains sont entendables, mais il faut bien faire quelque chose de nos déchets non recyclés. Mieux vaut les brûler que les enfouir. » Pour Francis Finot, cette argumentation s’arrête en chemin : « La combustion ne fait pas tout disparaître. Elle crée des poussières très toxiques en partie captées par les filtres… qui sont ensuite enfouies. »

    Ce soutien public aux CSR pénalise, par ricochet, les solutions alternatives. « Vous avez beau proposer des solutions de recyclage, c’est compliqué de rivaliser. Les élus cherchent la solution la moins chère et la plus rapide », raconte, dépité, un entrepreneur du secteur, qui s’exprime sous anonymat de peur de se mettre des élus à dos.

    Dans ses pronostics optimistes, l’Ademe table sur 20 millions de tonnes de CSR potentiellement mobilisables en 2040, contre un million aujourd’hui. « Une partie pourrait partir à l’exportation », précise Roland Marion, directeur de l’économie circulaire, rappelant l’objectif fixé par le secrétariat à la planification écologique d’atteindre 4 millions d’ici 2030. Dans une note publiée au creux de l’été 2025 sur l’impact environnemental de la filière, l’agence admet que vu « que plus des 2/3 du potentiel de CSR est issu de déchets d’activités économiques et que la composition est fortement incertaine, il n’a pas été possible de définir une composition précise du CSR ». Ces déchets sont donc classés comme non dangereux sans en connaître la composition. A fortiori le cocktail des molécules porté à haute température. Amélie Boespflug, du collectif 3R, en reste sans voix : « Et cela ne questionne aucun responsable de ce pays ? »

  • L’#université à l’épreuve des machines

    Les #IA génératives n’ouvrent pas seulement un nouveau chapitre de la #fraude_académique. Elles déstabilisent plus profondément le #régime_de_preuve sur lequel l’université s’est longtemps reposée : nous avons pris des textes finis pour des signes d’#apprentissage. Lorsque des réponses plausibles deviennent triviales à produire, l’enjeu n’est plus de protéger des devoirs, mais de former et d’éprouver le #jugement.

    À l’été 1956, à Dartmouth, un petit groupe de chercheurs se réunit autour d’une hypothèse que beaucoup tenaient pour de la science-fiction : tout aspect de l’apprentissage pourrait, en principe, être décrit avec une précision suffisante pour être simulé par une machine. C’est là que fut forgée l’expression « #intelligence_artificielle ». Près de soixante-dix ans plus tard, les descendants de ce pari composent des textes, du code et des argumentaires avec une aisance qui peut passer, au premier regard, pour celle d’un esprit cultivé. La question qu’ils posent à l’université n’est pas seulement technique. Elle est institutionnelle : que certifions-nous au juste lorsque nous disons qu’un étudiant a appris ?

    On affirme volontiers que l’intelligence artificielle a créé une crise de l’#éducation. C’est inexact. Elle a surtout rendu impossible à dissimuler une confusion beaucoup plus ancienne. Pendant des années, les universités ont récompensé la #fluidité plus que la #compréhension, le poli plus que la profondeur, la #performance plus que le #jugement. Tant que produire un texte cohérent demandait du #temps, de l’#effort et une #compétence relativement rare, l’illusion tenait. Elle ne tient plus. Lorsqu’un étudiant peut obtenir en quelques minutes une #dissertation propre, structurée et plausible en donnant quelques consignes à un #modèle_de_langage, la vraie question n’est plus seulement celle de la #fraude. Elle est de savoir ce que nos exercices mesuraient réellement.

    J’en ai eu récemment une illustration simple. Un étudiant me présente un brouillon impeccable : phrases nettes, transitions soignées, argumentation apparemment maîtrisée. Je lui demande pourquoi une proposition découle de la précédente. Il hésite, puis se met à décrire le texte comme on décrirait un objet : ce qu’il contient, l’effet qu’il produit, l’usage qu’on peut en faire. Le #texte avait été généré avec l’aide d’un modèle, puis retouché. Il était correct. Il n’était pas habité. Ce qui frappait n’était pas l’usage de l’outil, mais la dissociation entre l’#aisance_verbale et le #travail_de_la_pensée. Le problème n’était pas seulement l’#auctorialité du texte ; c’était l’effondrement du lien entre la #production_d’un_écrit et la #preuve_d’un_apprentissage.

    Produire un résultat, former un jugement

    C’est ce lien que l’IA fragilise. L’université moderne a longtemps traité la #production_finie comme l’indice suffisant d’un travail intérieur : un devoir rendu, un commentaire composé, une note de synthèse, un mémoire. Or produire un résultat n’est pas former un jugement. Certaines opérations peuvent être déléguées parce qu’elles visent un objet extérieur : mettre en forme, résumer, reformuler, ordonner des matériaux. D’autres changent de nature dès qu’on prétend les déléguer : remarquer ce qui résiste, identifier une faille, peser une objection, décider qu’une conclusion ne suit pas, répondre de ce que l’on avance. Ces actes n’ont d’effet que si une personne les accomplit. Leur fin n’est pas seulement de produire un énoncé ; elle est de former celui qui l’énonce.

    Formulé autrement, le problème n’est pas d’abord qu’un texte généré puisse ressembler à un texte d’étudiant. Il est que l’institution ait peu à peu cessé de distinguer entre un artefact verbal convaincant et une pensée véritablement éprouvée. Ce que l’IA met en crise, ce n’est donc pas seulement l’#authenticité des copies ; c’est le type d’épreuve à partir duquel l’université prétend reconnaître une formation.

    Le cas français est ici instructif à condition de ne pas le mythifier. Certaines de ses formes les plus exigeantes – dissertation, khôlle, soutenance, oral de concours – ont longtemps reposé sur une intuition simple : un texte ne suffit pas, encore faut-il qu’un sujet en réponde. Mais la #massification_universitaire, la #bureaucratisation de l’#évaluation et la multiplication des #livrables ont, là aussi, restauré le règne du produit fini. L’intérêt de ces traditions n’est donc pas de fournir un refuge nostalgique. Il est de rappeler qu’une #épreuve_intellectuelle est d’abord un dispositif de mise en #responsabilité.

    On aurait tort d’y voir le privilège de quelques filières d’élite. La logique qui importe n’est pas sociale ; elle est épistémique : rendre visible, dans un échange, ce qu’aucun livrable ne montre à lui seul.

    L’ignorance de qualité

    Ce point vaut aussi pour la recherche. Le scientifique ne travaille pas seulement avec du #savoir_établi ; il travaille avec des #problèmes. Ou, selon la formule du biologiste Stuart Firestein, avec de « l’#ignorance_de_qualité » : une conscience disciplinée de ce qui #manque, de ce qui ne tient pas encore, de la question qui n’a pas trouvé sa forme définitive. L’image est celle d’un cercle qui s’élargit : plus le savoir croît, plus sa circonférence – c’est-à-dire la frontière avec ce que nous ne comprenons pas encore – s’étend. La #découverte ne vit pas au centre du cercle, dans l’archive stabilisée de ce qui a été établi. Elle vit à la périphérie, là où les #certitudes se dissolvent et où les #questions n’ont pas encore reçu de réponse.

    Je le vois au quotidien dans ma propre discipline, la biologie mathématique. Formuler une hypothèse féconde n’est pas un exercice de combinatoire sur ce qui est déjà publié. C’est un acte qui commence par une perception : quelque chose ne colle pas dans les données, un résultat établi n’est pas aussi robuste qu’on le croit, une question importante se dissimule derrière des formulations convenues. Cet acte de perception précède la méthode. Il suppose qu’un esprit ait séjourné assez longtemps dans l’#incertitude pour sentir, presque physiquement, où se trouve le problème digne d’être posé. C’est un travail de longue haleine, qui ne se transmet pas par simple énonciation.

    Les grands modèles de langage opèrent avec une virtuosité remarquable dans le domaine du déjà-dit. Ils synthétisent, recombinent, prolongent l’archive. Lorsqu’ils paraissent proposer une hypothèse nouvelle, ils remontent en réalité une hypothèse connue ou oubliée depuis l’intérieur de leurs données d’entraînement. Ils ne séjournent pas dans l’incertitude comme le fait un esprit engagé dans une #enquête. Ils ne sentent pas, de l’intérieur, qu’un raisonnement est creux malgré sa correction apparente. Ils peuvent étendre le discours ; ils ne peuvent pas assumer la responsabilité de la #vérité. Former des chercheurs, c’est former des esprits capables de se tenir à la circonférence du cercle. Ce n’est pas seulement leur transmettre ce qui est su ; c’est leur apprendre à habiter ce qui ne l’est pas.

    C’est pourquoi la #recherche n’est pas un supplément prestigieux à la mission pédagogique de l’université. Un enseignant qui travaille lui-même à la frontière du connu n’apporte pas seulement un stock de contenus : il introduit les étudiants à une certaine manière d’habiter l’incertitude, de formuler une objection, d’accepter qu’une bonne question vaille davantage qu’une réponse prématurée. L’université commence à perdre sa raison d’être lorsqu’elle sépare trop nettement #transmission, recherche et #jugement. Cette proximité avec la recherche n’est pas un luxe réservé à quelques-uns ; elle est la condition d’une université qui ne se contente pas d’administrer des connaissances.

    Les deux fausses sorties

    D’où l’insuffisance des deux réponses les plus répandues. La première est l’#interdiction : détecteurs, surveillance, inflation réglementaire. Elle est vouée à l’épuisement. Ces outils sont déjà trop présents pour être tenus durablement hors des salles de cours, et il serait absurde de former des diplômés condamnés à ignorer la technologie la plus structurante de leur époque. La seconde est la #capitulation_managériale : réduire l’université à une école d’adaptation où l’on apprend surtout à rédiger de bonnes consignes et à exploiter plus vite les outils. L’étudiant devient alors un opérateur. Dans les deux cas, on présuppose que la mission de l’université consiste avant tout à produire des réponses. C’est précisément ce que l’IA nous oblige à réexaminer.

    La bonne réponse est plus exigeante. Elle consiste moins à inventer une mission nouvelle qu’à rendre à l’université sa tâche propre : former le jugement en mettant les esprits à l’épreuve. Cela suppose davantage d’écriture en présence, davantage de défense orale des arguments, davantage de séminaires organisés autour de questions réelles plutôt que de réponses attendues. Une conversation de dix minutes suffit souvent à distinguer une idée comprise d’une idée seulement produite. Si l’étudiant utilise l’IA, qu’il le dise, qu’il en montre les traces, qu’il explique ce qu’il a gardé, écarté, reformulé, et pourquoi. L’enjeu n’est pas la police des usages ; c’est la responsabilité de l’énonciation.

    À Dartmouth, là même où l’expression « intelligence artificielle » fut inventée, nous commençons à intégrer ces outils non comme des raccourcis, mais comme des occasions de #rigueur. Dans certains séminaires d’écriture de première année, les étudiants peuvent demander à un modèle de proposer des contre-arguments ou des interprétations alternatives. Puis le vrai travail commence : annoter ce que l’outil a produit, repérer ce qui est inexact ou inventé, défendre à voix haute les choix retenus et ceux qui ont été écartés. Un étudiant est ainsi arrivé avec un paragraphe élégamment rédigé et une citation assurée. Lorsqu’on lui a demandé d’où venait la source, le silence s’est installé. Il a fallu remonter pas à pas le fil du texte généré, reconnaître que la référence n’existait pas, puis reprendre l’argument en nommant cette fois l’incertitude plutôt qu’en la recouvrant. L’outil avait accéléré la rédaction ; le séminaire a exigé le jugement.

    Le principe du #tutorat

    Paradoxalement, la solution la plus moderne est peut-être l’une des plus anciennes : le principe du tutorat. Il ne s’agit pas d’un artifice institutionnel hérité d’Oxford ou de Cambridge, mais d’une forme pédagogique dont la logique philosophique est beaucoup plus ancienne. La #disputatio médiévale, l’#entretien_socratique, la soutenance de thèse – toutes ces pratiques partent d’une même intuition : la pensée véritable se manifeste et se vérifie dans le #dialogue, lorsqu’un esprit doit répondre à la question qu’un autre esprit lui pose.

    Ce que le tutorat met à l’épreuve n’est pas la mémoire, ni même la qualité du texte préalablement rédigé. C’est la capacité de l’étudiant à habiter son propre #argument : à en suivre les implications lorsqu’elles sont contestées, à reconnaître les points où il avait escamoté la difficulté, à reformuler en temps réel lorsqu’une objection oblige à préciser. Cette épreuve ne peut être simulée. Non parce que la machine manquerait d’intelligence, mais parce que l’acte dont il s’agit est, par sa nature même, celui d’une personne qui répond de ce qu’elle a dit.

    Un étudiant écrit, puis s’assoit face à un enseignant ou à un chercheur et soutient son #argumentation dans une #conversation. Il devient alors difficile de se cacher derrière l’élégance de surface. Une machine peut fournir un texte ; elle ne peut ni répondre de ce qu’elle affirme, ni porter la responsabilité d’une idée. Ce n’est pas un archaïsme pédagogique. C’est peut-être, dans l’âge des machines à réponses, la forme la plus contemporaine de l’exigence universitaire.

    Généraliser ce principe ne suppose pas de copier la forme sociale du tutorat anglais. Il s’agit d’en adopter la logique : des séminaires qui culminent dans une #défense_orale ; des laboratoires où l’étudiant doit expliquer ce qu’un résultat dit et ce qu’il ne dit pas ; une pédagogie de l’écriture qui rend visible le travail de #révision et exige que l’étudiant assume ses #choix. Dans le monde français, les traditions de la dissertation orale, de la khôlle et de la soutenance fournissent des points d’ancrage précieux. Elles ne sont pas à ranger au musée. Elles sont à réactiver.

    L’université et le jugement démocratique

    Les enjeux de cette redéfinition dépassent de beaucoup les murs de l’université. L’IA amplifiera tout à la fois le savoir et le bruit, la productivité et la manipulation, la connaissance et la #désinformation. Dans un tel environnement, la compétence la plus précieuse n’est pas celle de produire rapidement des énoncés vraisemblables – les machines le feront toujours mieux que nous. C’est celle d’évaluer ce que l’on reçoit, de distinguer un argument d’une #rhétorique, de reconnaître les signes d’une fabrication, et de changer d’avis sans humiliation lorsque les preuves l’exigent.

    Aucune #démocratie ne survit à long terme si ses citoyens confondent la fluidité d’un énoncé avec sa vérité. Or la fluidité, désormais, est gratuite. Dans les mois qui viennent, elle sera mise au service aussi bien du commerce que de la propagande, de la science que du charlatanisme, de la délibération publique que de l’influence algorithmique. Les institutions qui forment des esprits capables de résister à cette saturation – qui apprennent à peser, à #douter, à #réviser – jouent donc un rôle civique que l’on ne peut pas sous-traiter. L’université est la première de ces institutions, non par privilège, mais par fonction.

    Cette fonction n’est pas nouvelle. Elle est consubstantielle à l’idée d’#enseignement_supérieur telle qu’elle s’est formée dans la tradition européenne : former des personnes capables de peser des #preuves, d’articuler une #conviction, et d’en porter la #responsabilité_publique. Ce que l’IA met en demeure, ce n’est pas cette tradition ; c’est la dérive qui a, dans trop d’institutions, substitué à la formation du jugement la certification de productions.

    Ce qui se déplace

    L’université n’aura pas à rivaliser avec les machines sur le terrain des réponses. Elle perdrait d’avance, et ce serait une erreur de terrain. Son avenir dépend d’autre chose : sa capacité à redevenir le lieu où l’on apprend non seulement à produire des énoncés plausibles, mais à en répondre. À mesure que les réponses deviennent abondantes, la rareté se déplace. Elle ne réside plus dans l’#information, mais dans la formation d’un esprit capable d’assumer un jugement, de l’exposer à la #contradiction, de le réviser et d’en porter la responsabilité.

    C’est dans ce déplacement que se joue l’avenir de l’institution. Les universités qui persisteront à produire des diplômes au sens administratif – des certificats adossés à des livrables acceptables – trouveront dans l’IA un concurrent imbattable et un révélateur. Celles qui redécouvriront leur tâche propre – former des esprits capables de juger – découvriront que la technologie qui semblait les menacer avait en réalité clarifié leur mission. L’âge de la machine à réponses est peut-être, paradoxalement, celui où l’université retrouve ce pour quoi elle a été faite.

    https://aoc.media/analyse/2026/05/12/luniversite-a-lepreuve-des-machines
    #AI #intelligence_artificielle #à_lire

    –—

    Je retiens notamment :

    D’où l’insuffisance des deux réponses les plus répandues. La première est l’interdiction : détecteurs, surveillance, inflation réglementaire. Elle est vouée à l’épuisement. Ces outils sont déjà trop présents pour être tenus durablement hors des salles de cours, et il serait absurde de former des diplômés condamnés à ignorer la technologie la plus structurante de leur époque. La seconde est la capitulation managériale : réduire l’université à une école d’adaptation où l’on apprend surtout à rédiger de bonnes consignes et à exploiter plus vite les outils. L’étudiant devient alors un opérateur. Dans les deux cas, on présuppose que la mission de l’université consiste avant tout à produire des réponses. C’est précisément ce que l’IA nous oblige à réexaminer.

    La bonne réponse est plus exigeante. Elle consiste moins à inventer une mission nouvelle qu’à rendre à l’université sa tâche propre : former le jugement en mettant les esprits à l’épreuve. Cela suppose davantage d’écriture en présence, davantage de défense orale des arguments, davantage de séminaires organisés autour de questions réelles plutôt que de réponses attendues. Une conversation de dix minutes suffit souvent à distinguer une idée comprise d’une idée seulement produite. Si l’étudiant utilise l’IA, qu’il le dise, qu’il en montre les traces, qu’il explique ce qu’il a gardé, écarté, reformulé, et pourquoi. L’enjeu n’est pas la police des usages ; c’est la responsabilité de l’énonciation.

  • Matières ordinaires pour #livres extraordinaires

    En novembre dernier, un Atelier des Beaux-Arts de la Ville de Paris nous a sollicités pour une présentation de livres d’artistes réalisés avec des matériaux pauvres ou de récupération. Ce fut l’occasion d’effectuer une sélection mélangeant livres pauvres et livres d’artistes aux matières simples.

    Qu’est-ce qu’un livre pauvre ?

    Ce terme inventé par le critique et poète Daniel Leuwers en 2002, qualifie une déclinaison du livre d’artiste qui se distingue par sa grande simplicité. Manuscrits, ces livres sont souvent confectionnés avec une feuille de papier canson pliée en leporello de 4 ou 6 pages. Réalisés en peu d’exemplaires, parfois uniques, ils échappent au circuit traditionnel de l’édition et sont majoritairement confectionnés à domicile. Ils matérialisent un temps d’échange entre un artiste et un auteur qui se concrétise par des créations simples à fortes charges poétiques et esthétiques.

    En 2016, notre collection de livres d’artistes, s’enrichit de ses premiers livres pauvres grâce à un don exceptionnel. Armand Dupuy, poète, plasticien conscient de la richesse artistique derrière le terme pauvre, se lance dans la création de ces livres et collecte ceux réalisés par ses amis. Il offre ses 200 livres à la Bibliothèque Forney. Un article est paru à ce sujet dans le Bulletin de la SABF n°206

    Ce fonds illustrant les possibilités artistiques sur des matériaux simples est complété par la présentation d’un second ensemble de livres pauvres qui entre dans les collections en 2019.

    Suite à une commande, la poète, collagiste, critique littéraire, Ghislaine Lejard passe plusieurs semaines à la Bibliothèque Forney pour s’imprégner de notre fonds général avant de se lancer dans la réalisation d’un ensemble de 75 livres pauvres qu’elle préfère qualifier de livres pliés (Bulletin de la SABF, n°219).

    A partir de matériaux de récupération, que ce soit des livres et magasines anciens de la bibliothèque, ou des matériaux trouvés dans d’autres lieux, Ghislaine Lejard, constitue un ensemble hétéroclite dont elle conçoit entièrement la partie plastique. Elle demande par la suite à 75 auteurs de rédiger les textes pour accompagner ses compositions. Son œuvre n’est pas sans rappeler l’Arte Povera avec l’utilisation de matériaux souvent trouvés à l’état naturel dans leur environnement.

    Pour Passé le pont du Cosmos, elle compose un triptyque de canettes aux couleurs passées rappelant les canettes compressées de César. Inspiré par ce travail, l’auteur Christian Bulting décrit une balade Québécoise où se mêlent la description d’une exposition de Chagall et déjeuner rapide agrémenté de soda en canette écrasée sous les pieds d’un touriste.

    D’autres matières insolites comme un simple sac en papier réhaussé de collages ou un pendentif trouvé dans la rue, vont inspirer Ghislaine Lejard. Les histoires prennent vie sous les plumes de la poétesse espagnole Maria Angeles Perez Lopez ou l’artiste Olga Boldyreff qui rédige un texte mystique sur le bijou esseulé.

    Matières insolites dans les livres d’artistes

    Des matériaux inhabituels sont également utilisés pour les livres d’artistes. La discrète artiste Belge, Marina Bouchei utilise du papier alimentaire pour deux ravissants livres-objets. Ils font partie des livres miniatures, sous-catégorie des livres d’artistes. Livre dentelle est constitué de papier de pâtisserie et Noir Intense de papier de chocolat. Sous cloche, il évoque le plaisir d’un moment de lecture en solitaire, comme une gourmandise que l’on s’offre.

    Ce sont les filtres à café qui inspirent en 1997, l’artiste Hongroise Ilona Kiss. Afin de préparer une grande exposition à Francfort, elle part réfléchir dans un café. Elle eut alors l’idée de confectionner un livre avec des filtres. Le succès fut immédiat pour ce petit livre composé de gravures sur linoléum et d’un texte tapé à la machine. Soucieuse de sa conservation, elle insère des masques en carton dans les filtres pour les consolider.

    Dotée d’un fort esprit d’expérimentation, l’artiste du livre, Dominique Lagraula qui enseigne aussi la technologie, chine en brocante divers matériaux qu’elle sublime dans de complexes créations.

    Pour Couleurs Leroux, elle utilise un lot de vieilles étiquettes de peinture, pliées savamment, pour former un leporello qui appelle la main. Ses livres miniatures contiennent aussi des éléments de récupération comme des fèves de galettes, des boutons et un ravissant pilulier en forme de coquillage.

    Artiste singulier, l’insomniaque Dominique Digeon travaille la nuit pour ciseler des livres d’édition courante achetés en brocante. Sur chaque page, il fait des interventions uniques : tressage, grattage, découpes, collages, rehauts de peinture… Les livres ainsi malmenés se transforment en pièce unique chargée d’un nouveau récit donné par une dimension plastique inédite.

    Les livres autour du #textile

    Le recyclage est aussi très présent dans les livres textiles. L’artiste Isabelle Bossé, travaille régulièrement sur la mémoire. Lors d’une résidence en EHPAD, elle fait le portrait de résidents atteints d’Alzheimer et confectionne un livre en tissu dont la couverture est une blouse d’infirmière.

    L’artiste Japonaise Motoko Tachikawa choisit de rendre hommage à sa mère en transformant son cahier de tricot. Grâce à une mise en forme soignée et à un apprêt de cire sur chaque page, les modèles de tricot aux tonalités vintages, se marient élégamment aux schémas complexes d’une grande précision.

    Dans une explosion de couleur, l’artiste Isabelle Faivre, examine les composantes chromatiques de tissus trouvés en brocante ou issus de linge de maison. Chaque page est accompagnée d’un carré tissé en reprenant les tonalités principales. Sous une apparente simplicité, ce livre relève d’un complexe travail de tissage.

    Le #collage

    Plus accessible, la technique du collage permet de réutiliser des matériaux comme de veilles revues, à l’instar de Ghislaine Lejard. En 2005, nous avons reçu en don, un magnifique livre de l’artiste américain Karl Mann. Inspiré par l’univers pop d’Andy Warhol et ses clins d’œil à la société de consommation, Karl Mann, artiste reconnu aux Etats-Unis, compose d’étonnant tableaux à partir de divers magazines.

    Le duo d’artiste Franticham, réunissant l’artiste coréenne Hantic-ham et l’artiste Belge Francis Van Maele créent des ouvrages dans un esprit rétro. Pour Paris Métro Affiches, ils mêlent sérigraphie, affiches originales déchirées, bâche en plastique, sac d’alimentation pour bétail, conférant à cet album grand format (45 x 51 cm) un dynamisme réjouissant.

    Ce petit panorama non exhaustif vous donnera peut-être envie de consulter notre fonds ou de vous lancer dans la création et rejoindre ainsi la communauté des artistes du livres.

    https://bibliothequeforney.wordpress.com/2026/01/24/matieres-ordinaires-pour-livres-extraordinaires

    #livres_pauvres #recyclage #art
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  • MENDING THE INVISIBLE / RÉPARER L’INVISIBLE

    is a performative, participatory and poetic practice of collective repair actions, during which, in different ways, we mend, ‘repair’, consolidate, listen to, care for, reconsider our commons.

    The practice can be understood as a mycelial network of encounters: collective walks, performative actions, learning processes, storytelling sessions, embroidery gatherings, night watches, and shared moments of attention. In collaboration with local artists, poets, anthropologists, queer artists, dancers, animal-rights activists, disillusioned architects, and many other discreet activists of the invisible, we create and share intimate utopias of the city—utopias grounded in repair, healing, and care. These gestures aim to challenge preconceptions and activate collective imagination.

    Mending the Invisible proposes a performative framework that brings together people with different ways of living and different relationships to the city. Within this framework, participants investigate and compose, collectively, imaginaries of the repairs that feel needed—material, social, emotional, and symbolic.

    These “mendings” take the form of performances, public actions, workshops with local collectives and associations, and shared practices. They nourish a creation of a large-scale embroidered map of a “repaired” city. Embroidered during collective sessions over a long period of time, by a large community of (amateur and accidental) embroiderers, the map is a collective art work and an archive of different processes of mending the city. The process of « mending » equally articulates in a performance that narrates the places and gestures of repair that have been gathered, enacted, and imagined—while leaving space open for future and possible repairs to be appropriated and continued.

    Why repair the invisible?
    In contemporary societies, acts of repair are often delegated to experts—urban planners, maintenance workers, architects, technicians, lawyers, politicians. In doing so, we risk forgetting that repair is also a fundamental process in the making of communities. Repair is not only practical or technical; it is part of how communities imagine their present and future life together. It operates between maintaining and re-creating, tracing lines of vitality within a collective body.

    Such repairs cannot heal all the wounds of our worlds. Yet they may transform how we perceive the common—redirecting our attention toward care, mutual support, and shared responsibility.

    Mending the Invisible can unfold in urban, rural, or natural contexts. The experience of participation of spectators and participants turns these performative acts into more than « just » an artistic experience: they become a socially and civically engaged practice, a form of social choreography extended across space and time. Depending on the context, each iteration unfolds over a specific period of time (from one week to two years).

    MENDING THE INVISIBLE – LJUBLJANA (2024/2025)

    The first iteration of Mending the Invisible (Krpanje nevidnega) took place in Ljubljana (Slovenia) from March 2024 to August 2025, invited and co-produced by Bunker/Mladi Levi Festival and Maska – having public “outings” during the Mladi Levi Festival and in a group show Picture (a) City at the Moderna galerija in Ljubljana.

    In Ljubljana, Ivana Müller and Bojana Kunst worked closely with Ana Čigon (artist, filmmaker), Ajda Bračič (architect, writer), Urban Belina (translator, queer performer), Klara Drnovšek Solina (producer), Petra Korent (artist, embroiderer), Jedrt Maležič, and many storytellers and embroiderers from the city of Ljubljana.

    for more details on MENDING THE INVISIBLE – LJUBLJANA go HERE

    RÉPARER L’INVISIBLE – GRENOBLE (2024/2025)

    The first French iteration, Réparer l’Invisible, was hosted and co-produced by Le Pacifique – centre de développement chorégraphique nationale Grenoble. It took place from November 2024 to December 2025 at Le Pacifique, in the streets of Grenoble, and at the Musée de Grenoble.

    For this version, Ivana Müller and Bojana Kunst collaborated with anthropologist and dancer Jérémy Damian, dancer and choreographer Ramon Lima, and visual artist and social activist Gabrielle Boulanger. The research process was nourished through conversations with storytellers from Grenoble, including Pascaline Thiollières, Nicolas Tixier, Alice Guerraz, Cyril Hugonnet, Xavier Bodin, Sarah Mekdjian, Julien Bigué, Éléonore Gilbert, Gaëlle Partouche, Bembe M, Julia Burtin Zartea, Philippe Hanus, and many others.
    for more details on RÉPARER L’INVISIBLE – GRENOBLE go to

    https://lepacifique-grenoble.com/evenements/reparer-l-invisible
    https://lepacifique-grenoble.com/evenements/reparer-l-invisible-performances-2e-volet
    https://lepacifique-grenoble.com/evenements/reparer-l-invisible-3e-volet

    MENDING THE INVISIBLE FUTURES (LAB) – national parc ALCACENA (Portugal)

    Mending the Invisible exist also in a form of a week-long wokshop/lab format. First such format was experimented in July 2025, in Alcacena at the Centro Ciência Viva do Alviela in Portugal. The lab was invited and co-organized by Materias Diversos and the Center for Theatre Studies University of Lisabon (FLUL), as a part of IN PRACTICE — Summer School.

    This edition brought a group of international artists and researchers and placed Mending the Invisible in the natural environment of the national park around the river Alviela (Olhos de Água do Alviela).

    Ivana Müller and Bojana Kunst proposed a practice of daily walks along the trails of the Estremenho Limestone Massif as a way to encounter an unfamiliar terrain and to reflect on coexistence and the notion of future(s). Over the course of the lab, participants shared experiences, stories, performative formats, and writings while being physically present and influenced by a fragile ecosystem—cohabiting with trees, water, and one of the largest bat colonies in Europe, while imagining the future hundreds of years from now. This experience constituted a « common » represented in a collective map, which traced the paths we were walking, re-thinking, re-inhabiting together.

    https://materiaisdiversos.com/desenvolvemos/na-pratica-4

    http://www.ivanamuller.com/works/4567-2

    #réparer #care #invisible #cartographie #visualisation #textile #broderie #carte_brodée #cartographie_sensible #carte_textile #art

    ping @reka
    via @xbodin

  • text-decoration-inset is Like Padding for Text Decorations | CSS-Tricks
    https://css-tricks.com/text-decoration-inset-is-like-padding-for-text-decorations

    The text-decoration-inset #CSS property solves a problem that we’ve had since the beginning of the web, which is that #text #decorations such as underlines extend beyond the first and last characters (to the edges of the content box, to be specific), resulting in vertical misalignment.

  • Manger la Hess, une poétique culinaire
    https://lundi.am/Manger-la-Hess-une-poetique-culinaire

    Comment manger en temps de crise, pour presque rien voire rien du tout ? Le poète Yoann Thommerel mène l’enquête auprès des fauché.es de Seine-Saint-Denis. Au gré des rencontres fortuites et des invitations, cela donne Manger low cost (éditions Nous) à la fois livre de recettes, manuel de survie et livre de poésie sur la Hess. « La Hess ? C’est quand chez toi y a tellement rien dans le frigo que même les prisonniers mangent mieux. Ou si tu préfères, des fois c’est tellement la Hess que t’as même pas de frigo. » On apprendra entres autres comment préparer une pizza en prison, comment cuisiner les fanes, comment rôtir un niglo (hérisson), l’art de se gaver à l’œil dans les vernissages, ou les règles d’or pour voler sans stress au Monoprix.

    La France qui a faim - Le don à l’épreuve des violences alimentaires, Bénédicte Bonzi
    https://lafrancequiafaim.fr
    https://seenthis.net/messages/1037652

    100 recettes nouvelles à base de miettes de pain, 1943

    #low_cost #livre #texte_choral #hess_5_étoiles #alimentation #argent #précarité #cuisine #manger #parler #accueil #commensalité #langage #mineurs_isolés #hospitalité_à_la_française #exil #clafoutis_aux_orties #pâtes_à_la_mie_de_pain #mollica #cueillette #vol #vol_alimentaire #freegan #ville #prison #recettes #canon_francais vs #communisme_déjà_là #aide_alimentaire #tri #restos_du_coeur #étudiants #domination #peur_de_manquer #organisation_de_la_rareté #sécurité_sociale_alimentaire

    • Mange ta peine - Recettes du prisonnier à l’isolement, MOBEN & Gaëlle HOARAU, Collection Cahiers, Postface de Jacky Durand
      https://leseditionsduboutdelaville.com/?page_id=1691

      « En prison, manger équilibré st essentiel à la santé mais surtout au moral. Ces recettes sont gourmandes et faciles à réaliser, même avec des moyens limités. Elles
      sont la poésie de mon quotidien que je veux avant tout partager avec les personnes qui vivent seules, à l’écart. J’aimerais que ce livre contribue à briser les idées reçues sur la prison et les personnes qui s’y trouvent. » Moben

      Les 77 recettes réunies dans ce livre ont été imaginées en prison, dans son coeur profond : une cellule d’isolement. Au même titre que la pratique physique du yoga ou l’entretien quotidien de ses facultés mentales, l’art de cuisiner est devenu pour Moben un moyen de survie.
      Dans ce livre, il partage trucs et astuces pour cuisiner dans des conditions extrêmes, dedans comme dehors. Ses recettes sont l’occasion d’évoquer anecdotes et analyses documentant la prison et les solidarités qui s’y nouent autour de la nourriture. Un livre de cuisine qui s’attache autant à remplir les ventres qu’à nourrir la riche pensée critique qui s’élabore derrière les murs.
      Moben a passé onze années en régime d’isolement pour tentative d’évasion. Mange ta peine est son premier livre. Il en a réalisé les illustrations.

      « Sa force, son talent, son inventivité : faire bon avec peu, faire mijoter un peu de soi parmi une communauté de destins carcéraux. » Jacky Durand, chroniqueur culinaire, reporter tout terrain et romancier.

      Moben, transféré dans un quartier de haute sécurité pour avoir écrit un livre de recettes en prison
      https://www.streetpress.com/sujet/1766057561-moben-transfere-quartier-haute-securite-ecrit-livre-cuisine-

      Ce matin d’octobre, Moben, détenu de longue peine au centre pénitentiaire de Moulins-Yzeure (03), voit débarquer une équipe de surveillants dans sa cellule. Ils fouillent. Ils ne cherchent ni téléphone ni drogue. Rien à voir avec les opérations lancées par le ministre de la Justice Gérald Darmanin quelques semaines plus tôt. Les équipes locales de sécurité pénitentiaire cherchent un livre.

      [...]

      Par mail, la direction interrégionale justifie la saisie du livre dans la cellule de Moben à son éditeur en listant plusieurs articles du code pénitentiaire, et conclut : « Ainsi, lorsqu’une personne détenue souhaite qu’un de ses écrits soit publié par une maison d’édition, il convient au préalable qu’elle obtienne l’accord du directeur interrégional territorialement compétent. » Selon un agent pénitentiaire de Moulins-Yzeure, il n’est pourtant pas rare de voir des personnes détenues écrire des livres en détention et de les voir publiés alors qu’ils sont encore incarcérés.

      Elle lui reproche également « [sa] volonté et [sa] capacité à communiquer, pendant plusieurs semaines, avec des personnes à l’extérieur en contournant les règles de contrôle de l’administration pénitentiaire »

      #DPS #balluchonnage #Condé-sur-Sarthe #QLCO #quartier_de_lutte_contre_la_criminalité_organisée

  • Microplastics are everywhere. You can do one simple thing to avoid them.

    The biggest sources of microplastics have one thing in common, scientists say.

    If you are concerned about microplastics, the world starts to look like a minefield. The tiny particles can slough off polyester clothing and swirl around in the air inside your home; they can scrape off of food packaging into your take-out food.
    But as scientists zero in on the sources of microplastics — and how they get into human bodies — one factor stands out.
    Microplastics, studies increasingly show, are released from exposure to heat.
    “Heat probably plays the most crucial role in generating these micro- and nanoplastics,” said Kazi Albab Hussain, a postdoctoral researcher at the University of Nebraska at Lincoln.
    Pour coffee into a plastic foam cup, and pieces of the cup will leach out into the coffee itself. Brew tea, and millions of microplastics and even tinier nanoplastics will spill from the tea bag into your cup. Wash your polyester clothing on high heat, and the textiles can start to break apart, sending microplastics spinning through the water supply.
    In one recent study by researchers at the University of Birmingham in England, scientists analyzed 31 beverages for sale on the British market — from fruit juices and sodas to coffee and tea. They looked at particles bigger than 10 micrometers in diameter, or roughly one-fifth the width of a human hair. While all the drinks had at least a dozen microplastic particles in them on average, by far the highest numbers were in hot drinks. Hot tea, for example, had an average of 60 particles per liter, while iced tea had 31 particles. Hot coffee had 43 particles per liter, while iced coffee had closer to 37.

    These particles, according to Mohamed Abdallah(https://www.birmingham.ac.uk/staff/profiles/gees/abdallah-mohamed), a professor of geography and emerging contaminants at the university and one of the authors of the study, are coming from a range of sources — the plastic lid on a to-go cup of coffee, the small bits of plastic lining a tea bag. But when hot water is added to the mix, the rate of microplastic release increases.
    “Heat makes it easier for microplastics to leach out from packaging materials,” Abdallah said.
    The effect was even stronger in plastics that are older and degraded. Hot coffee prepared in an eight-year-old home coffee machine with plastic components had twice as many microplastics as coffee prepared in a machine that was only six months old.
    Other research has found the same results with even smaller nanoplastics, defined as plastic particles less than one micrometer in diameter.
    Scientists at the University of Nebraska, including Hussain, analyzed small plastic jars and tubs used for storing baby food and found that the containers could release more than 2 billion nanoplastics per square centimeter when heated in the microwave — significantly more than when stored at room temperature or in a refrigerator.
    The same effect has been shown in studies looking at how laundry produces microplastics: Higher washing temperatures, scientists have found, lead to more tiny plastics released from synthetic clothing.
    Heat, Hussain explained, is simply bad for plastic, especially plastic used to store food and drinks. Not all plastics have perfectly formed polymer chains — in any plastic cup or jar, there may be defects, lumps and bumps that, when blasted by heat, result in the polymer breaking into smaller pieces. “The heat can actually vibrate the chain, leading to the breaking of the polymers,” Hussain said.
    Scientists still don’t know the precise health effects of eating and drinking microplastics. While the tiny particles have been found in the blood, brain and lungs, scientists are still working out how they might lead to disease. But there have been some hints that the particles have harmful effects. Mice exposed to high amounts of microplastics have shown signs of Alzheimer’s disease and dementia; microplastics and nanoplastics in a key artery have been linked to higher risk of stroke, heart disease and death. The particles can also carry plastic chemicals with them, which have been linked to developmental problems in young children and infertility later in life.
    In today’s world, getting rid of plastic entirely seems almost impossible. But researchers who work on microplastics say that keeping your plastic away from heat is a low-hanging fruit that can substantially lower your exposure.
    Hussain, who has young children, stopped putting anything plastic in the microwave; he also no longer pours hot water or hot tea into plastic containers.
    “We try to avoid any type of heat exposure,” he said.

    https://www.washingtonpost.com/health/2025/10/13/microplastics-microwave-heat-food-drinks

    #microplastique #PFAS #chaleur #microondes #plastique #boissons_chaudes #thé #café #dégradation #santé #emballage #nanoplastiques #textile #lavage

  • THE STORIES OF CLOTH, THREAD, AND THEIR MAKERS

    The artists and artisans of the fiber world come to you in the Long Thread Podcast. Each episode features interviews with your favorite spinners, weavers, needleworkers, and fiber artists from across the globe. Get the inspiration, practical advice, and personal stories of experts as we follow the long thread.

    https://podcasts.apple.com/us/podcast/the-long-thread-podcast/id1508572777
    #podcast #audio #tessiture #tissage #femmes #fileuses, #tisserandes #couturières #couture #textile #artisanat #métier

  • #AI et #enseignement, un fil de discussion et #ressources sur mastodon :

    J’aimerais écrire une fiche (pour mes élèves, entre 16 et 22 ans) sur le thème « Que faut-il savoir/comprendre avant d’utiliser #ChatGPT ? »

    Par ex. 10 choses listées.
    J’ai pensé à « Ne pas demander ce qu’on n’est pas capable de vérifier », « Ne pas oublier qu’on transmet des informations personnelles », etc.

    Avez-vous des idées de #recommandations ?

    Le but serait qu’ils l’utilisent le moins possible, en partant du fait qu’ils l’utilisent déjà à fond.

    https://mastodon.online/@Daniii@h4.io/115129995601083077

    #ressources_pédagogiques

    –—

    Les réponses que je trouve particulièrement intéressantes :

    ChatGPT est un outil d’IA qui génère du texte. Il est entraîné sur de vastes données, ce qui lui permet de rédiger, résumer et expliquer des concepts.

    Cependant, il ne comprend pas ce qu’il écrit. Il peut inventer des faits (hallucinations), ses connaissances s’arrêtent à une date précise et il peut reproduire des biais présents dans ses données d’apprentissage.

    Utilisez-le avec un esprit critique, vérifiez toujours les informations et ne partagez jamais de données confidentielles.

    –-

    Je pense que le terme « inventer » n’est pas top.
    La base, c’est que tous ces #LLM sont des moteurs pour aligner les mots en calculant statistiquement celui qui correspond à la probabilité la plus forte par rapport à leur immense base d’entrainement.
    Dès lors, vérité ? Hallucination ? Cette question ne me semble pas pertinente. Même si la vérité faisait partie des objectifs initiaux, comment ces moteurs pourraient-ils l’identifier alors que sur le net... La vérité n’est pas taggée...

    –—

    Ces moteurs ont été créés pour générer des textes plausibles... Et en ce sens, c’est une vraie réussite.
    Ils n’ont pas de notion de vérité ou mensonge.
    J’imagine que les boites d’ia cherchent à corriger le tir mais les fondations ne se focalisent pas sur la vérité et actuellement, de ce point de vue, les résultats sont pour le moins mitigés. GPT 5 est d’ailleurs plutôt moins bon que GPT 4.5

    –—

    Je recommande de ne pas utiliser chat gpt mais plutôt #Lumo qui n’espionne pas.
    C’est protonmail qui a créé ce service :
    https://proton.me/blog/fr/lumo-ai

    –—

    Moins le sujet est connu de soi ou des textes, plus la réponse mérite d’être vérifiée

    Vérifier l’IA par l’IA est une vérification risquée (ex mêmes sources)

    On vérifie hors-IA les infos qu’on utilisera pour des décisions importantes (ex santé, argent)

    L’IA ne peut pas connaître les infos qui n’apparaissent pas dans ses sources

    –—

    L’IA ne possède pas d’éthique propre, ses propositions sont à analyser humainement

    L’IA produit souvent le reflet des stéréotypes de son époque

    On utilise l’IA en respectant ses forces et ses faiblesses

    –—

    Chatgpt n’ayant aucun moyen d’action autre que le texte qu’il vous écrit, ne pas croire qu’il puisse commander, payer, crééer produire ou réaliser quoi que ce soit que sa réponse. Sa réponse peut d’ailleurs mentionner le contraire...

    Ce n’est pas alexa. Cela le deviendra peut-être.

    Chatgpt n’a pas d’émotions : ne pas lui en prêter.

    –—

    Les genia reposent sur le vol de données et le travail d’individus déjà fragilisés par nos sociétés injustes. Il est terrible énergivore (aussi en haut) et est une catastrophe à utiliser pour notre environnement.
    C’est aussi une « invention » des milliardaires d’ED pour s’approprier tout et toustes et modifier profondément lesm entalités dans leur sens.

    Les genia sotn des catastrophes à tout point de vue. La moindre des choses est de ne PAS les utiliser. On se débrouillait bien mieux avant elles.

    –---

    En recommandation s’ils l’utilisent malgré tout, il y a le fait de réinitialiser la session régulièrement (je ne sais pas comment on fait). Un des constats suite au suicide de l’ado de 14 ans qu’un #chatbot avait encouragé à se saoûler et se pendre, c’est que plus la session est longue, plus les garde-fous du chatbot s’estompent, comme s’ils étaient progressivement ensevelis sous les échanges.

    « While these safeguards work best in common, short exchanges, we’ve learned over time that they can sometimes become less reliable in long interactions where parts of the model’s safety training may degrade. »
    https://www.nbcnews.com/tech/tech-news/family-teenager-died-suicide-alleges-openais-chatgpt-blame-rcna226147

    –—

    A mon avis, ils ne doivent rien dire à l’IA que leur pire ennemi ne devrait pas savoir.

    –---

    Pour répondre à une demande, ChatGPT consomme un demi litre d’eau et l’équivalent KW d’une ampoule allumée entre 2 à 40min pour ses serveurs selon la version utilisée (la plus récente consommant plus).

    –—

    Commencez par demander le sens du mot « #intelligence » en rappelant que c’est le sens anglophone. Si cela ne leur dit rien, demandez leur ce que signifie l’acronyme « CIA ». À partir de celui-ci demandez leur en quoi la CIA est un organisme intelligent au sens français du terme. Autrement dit « intelligence » est un faux ami.

    –—

    «  Le but de ChatGPT est de fournir une réponse ayant l’air correct, pas une réponse réellement correcte. Ne sachant pas dire “non”, iel inventera une réponse au lieu de dire ne pas savoir.   »

    –---

    1) choisir si l’eau sert à faire tourner les datacenters ou alors à boire, se laver, arroser les champs...
    https://www.developpez.net/forums/d2178025/general-developpement/algorithme-mathematiques/intelligence-artificielle/l-essor-l-ia-entraine-hausse-inquietante-consommation-d-eau-centres-donnees-europeens/#post12094400

    2) j’avais vu un post mastodon où une personne disait quelque chose du genre quand on lui demande quelque chose en fait on lui demande de faire une réponse qui ressemble à la vérité, plausible

    –—

    « Brooks n’est pas un cas isolé. Futurism a rapporté le cas d’une femme dont le mari, après avoir passé 12 semaines à croire qu’il avait « révolutionné » les mathématiques à l’aide de ChatGPT, a failli se suicider. Plusieurs médias ont rapporté des cas similaires : des personnes sortant de sessions marathoniennes avec des chatbots convaincues d’avoir révolutionné la physique, décodé la réalité ou été choisies pour des missions cosmiques. »

    https://intelligence-artificielle.developpez.com/actu/375327/Quand-les-chatbots-d-IA-transforment-les-illus

    –—

    « Dans moins de 3 ans grand max le marché se sera entièrement effondré, plus aucune société n’assurera un tel service, et vous serez alors bien embêté parce que vous serez plus capable de travailler sans. »

    –—

    ma question peut-elle être répondue par un moteur de recherche ou une encyclopédie en ligne ?

    –—

    ne laissez personne penser à votre place, encore moins une machine.

    –—

    tu as le classique « demander a une IA gen de faire tes devoirs c’est comme envoyer un robot a la salle de sport a sa place » ?

    –—

    #alternative #phrases

    • Un nouveau pigiste

      Il est clair que ChatGPT ne va pas être engagé au Coutzet (https://coutzet.ch/tribunal-federal)…

      Voir son article au sujet du Tribunal Fédéral

      On a demandé à Emmanuelle Germond, informaticienne, pourquoi le résultat est aussi loin de la réalité. Après avoir bien ri, elle nous a répondu.

      ChatGPT nous a rédigé un article sur le Tribunal Fédéral…

      EGE : STOP. Déjà, une IA ne rédige rien du tout : on entre une donnée et après exécution du #calcul, l’ordinateur donne son résultat. C’est une calculette qui donne 2 quand on lui a dit 1 + 1 =. C’est tout.

      … et c’est un mauvais article, pardon, résultat.

      EGE : Et bien, ça va peut-être vous surprendre, mais le résultat est bon. Il a conçu un texte lisible concernant le sujet donné. C’est ce pour quoi il a été programmé : concevoir du #texte pouvant être lu par un humain. Si les sujet, verbe et complément sont suffisamment au bon endroit pour être compréhensibles dans une langue humaine, le résultat est correct.

      Mais c’est faux ?

      EGE : Si une calculatrice affiche un mauvais résultat, c’est généralement qu’on ne lui a pas donné le bon #calcul. On voit bien, quand il parle des « 4 cantons de 1806 » le logiciel ne « comprend » rien. ChatGPT a reçu des quantités énormes de textes. On lui a fait analyser ça et maintenant on lui demande un résultat aussi ressemblant que possible aux textes qu’on lui a donnés. Établir des #connaissances, cela demande du #contexte, de mettre en valeur certaines sources. Cela demande de « #comprendre ».

      Mais il peut répondre ou pas ?

      EGE : Pas plus qu’une cuillère. Votre cuillère à soupe comprend-elle que vous avez faim ? Si vous mangez une soupe, elle est un outil précieux, mais elle ne vous « nourrit » pas quand vous la portez à la bouche. C’est la même chose.

      Mais alors c’est quoi ChatGPT ? Ça sert à rien…

      EGE : On a rempli un « bol » avec une soupe de données texte, préparées, moulinées. ChatGPT, c’est juste la « #cuillère » qui nous permet de nous servir de « #soupe ». C’est à nous de faire le bon geste.

      Si vous avez une liste d’éléments clairs et définis : comme une série de faits et d’informations sur le Tribunal Fédéral, alors une IA peut vous permettre d’en faire un article. Mais elle ne peut pas « comprendre » à votre place. Vous devez préparer le contenu et corriger ensuite pour vous assurer de la qualité du résultat.

      On peut faire le calcul de tête, mais la calculatrice, c’est pratique. Dans les 2 cas, il faut avoir appris à calculer AVANT.

      En conclusion, c’est #utile ou #dangereux ?

      EGE : Comme les marteaux, ils nous permettent de construire, de détruire ou de reconstruire en fonction de nos besoins et de nos envies. Mais lancés n’importe comment, ils peuvent blesser. Ils n’en sont pas moins utiles et dangereux.

      Par des #statistiques, réalisées sur des jeux de données, conçues et préparées par des êtres humains (dont des millions d’heures d’un travail souvent atroce et toujours sous-payé) on nous sert des résultats qui donnent l’#illusion de la #vraisemblance. Mais sans #connaissance et sans #compréhension, l’illusion se brise vite.

      Les ordinateurs, peu importe leur puissance, sont limités à une capacité intellectuelle d’une cuillère à soupe : 1/0 – plein/vide. C’est pourquoi nous devons comprendre leur nature. Car l’informatique, c’est comme la politique : que vous vous en occupiez ou non, elle s’occupe de vous. Alors, si vous ne devez retenir qu’une chose c’est :

      Les Intelligences Artificielles (IA) ne savent rien, ne connaissent rien et ne comprennent rien. Ça, c’est notre rôle !

      https://coutzet.ch/pigiste

      #outil #intelligence_artificielle #rédaction #texte

  • Il verziere di Leonardo, 30.08.2025
    Il recupero della pecora #Ciuta:
    Mantenimento della pecora Ciuta - La piu piccola delle Alpi!

    La ciuta è una razza ovina autoctona originaria della Valtellina (provincia di #Sondrio) e dell’#Alto_Lario (provincia di #Como). Si è potuta conservare in aree marginali come la #Val_Masino - piccola valle laterale alla Valtellina - dove l’agricoltura era legata a logiche di sussistenza ansiche commerciali. Il nome «ciuta» significa «piccola pecora» e deriva dalla lingua romancia, parlata nel confinante cantone svizzero dei Grigioni. La ciuta, infatti, può essere ritenuta la razza ovina più piccola dell’arco alpino: il maschio adulto è alto 45-50 cm per un peso di 35-40 kg e la femmina pesa dai 30 ai 35 kg per un’altezza di 40-45 cm. Una caratteristica tipica della popolazione è la presenza di corna, nel montone di forma elicoidale e nelle femmine, quando presenti simili a quelle delle capre, questa caratteristica si ritrova solo in alcune razze primordiali, come la ormai estinta pecora la pecora #Tujetsch dell’Oberland Grigionese o la Montafon austriaca allevata nel Vorarlberg, che potrebbero discendere dall’antica pecora delle Torbiere (ovis aries palustris). È interessante notare che tutte e tre le razze vengono chiamate, ognuna nella propria lingua locale, “#Tschüt”, che significa piccola pecora.

    https://patrimont.org/de/ciuta-schaf


    https://www.radiopopolare.it/puntata/?ep=popolare-ilverzieredileonardo/ilverzieredileonardo_30_08_2025_12_30

    #laine #moutons #Italie #Grisons #Valtellina #élevage
    #podcast #audio #textile #slow-food

    • Ciuta sheep

      The Ciuta is an Italian breed of small mountain sheep from the province of Sondrio, in Lombardy in northern Italy. About a hundred of the sheep were counted in a census in 1983, and it was later believed to be extinct. A small number were identified in 2001, and the breed was officially recognised in 2018. In 2025 its conservation status was listed as “at risk/endangered”, based on a total population of just over 500 head.

      https://en.wikipedia.org/wiki/Ciuta_sheep

  • #Kiro (Agentic AI) Limits Downloads, Introduces Paid Tiers
    https://www.omgubuntu.co.uk/2025/08/kiro-agentic-ai-usage-limits-arrive

    Usage tiers have been announced for Kiro, the ‘agentic’ AI #IDE built on Code by a team at #amazon AWS — and bad #News if you use it: they’re now in effect. I spotlighted the preview release of Kiro in mid-july, since the launch of an Amazon-backed IDE that is available for Linux is newsworthy — AI coding aids are increasingly prevalent in development circles, with more employers expecting familiarity with of AI-related tools. Notably, the team said Kiro would be free to use on Windows, macOS and Linux whilst it was in preview, and would prove “generous limits” for […] You’re reading Kiro (Agentic AI) Limits Downloads, Introduces Paid Tiers, a blog post from OMG! Ubuntu. Do not reproduce elsewhere without (...)

    #AI/ML #Text_Editor

  • Kiro, #amazon-Backed AI-Powered #IDE, Enters Public Preview
    https://www.omgubuntu.co.uk/2025/07/kiro-ai-ide-public-preview-linux

    Kiro, a new AI-powered IDE for Linux, macOS, and Windows, is now in public preview. Learn about its “spec-driven” workflow and VS Code compatibility. You’re reading Kiro, Amazon-Backed AI-Powered IDE, Enters Public Preview, a blog post from OMG! Ubuntu. Do not reproduce elsewhere without permission.

    #News #AI/ML #Text_Editor

  • #Microsoft’s New CLI #Text_Editor Works Great on Ubuntu
    https://www.omgubuntu.co.uk/2025/06/microsoft-edit-text-editor-ubuntu

    Edit is a new open source command line text editor from Microsoft that supports Windows, macOS and Linux. Learn what it can do, and how to try it on Ubuntu. You’re reading Microsoft’s New CLI Text Editor Works Great on Ubuntu, a blog post from OMG! Ubuntu. Do not reproduce elsewhere without permission.

    #News #CLI_Tools #Edit

  • Kiabi, Shein, Decathlon : la fast fashion encaisse des millions d’euros d’argent public avec le don de vêtements invendus
    https://disclose.ngo/fr/article/kiabi-shein-decathlon-la-fast-fashion-encaisse-des-millions-deuros-dargent

    Les marques d’habillement à bas prix tirent profit de leurs invendus écoulés auprès d’associations comme Emmaüs ou La Croix Rouge, révèle Disclose, en partenariat avec Reporterre, à partir de documents confidentiels. Le résultat de la loi anti-gaspillage qui les encourage, depuis 2022, à donner leurs surplus en échange de 60 % de réduction fiscale. Au risque de financer la surproduction de l’industrie textile. Lire l’article

    • Les marques d’habillement à bas prix tirent profit de leurs invendus écoulés auprès d’associations comme Emmaüs ou La Croix Rouge, révèle Disclose, en partenariat avec Reporterre, à partir de documents confidentiels. Le résultat de la loi anti-gaspillage qui les encourage, depuis 2022, à donner leurs surplus en échange de 60 % de réduction fiscale. Au risque de financer la #surproduction de l’industrie textile.

      Sur le papier, l’offre est alléchante. Vingt palettes de vêtements neufs de la marque Shein envoyées depuis la Chine, gratuitement. Delphine Peruch, coordinatrice d’une #recyclerie dans le Var, n’en revient pas lorsqu’elle reçoit cette proposition, en novembre dernier. Elle a pourtant décliné : « Notre philosophie est de donner une seconde vie aux vêtements, pas de revendre du #neuf ». Ces derniers mois, son association croule sous les dons, comme toute la filière du #ré-emploi textile, asphyxiée par les #surplus. À la #Croix-Rouge, en Vendée, on ne récupère plus les vêtements confiés par les particuliers. Chez #Emmaüs, « on pousse les murs, on construit des chapiteaux, et certains dons ont dû être jetés », rapporte Louana Lamer, responsable textile de l’association.

      Le secteur craque face à une production de vêtements débridée. Chaque seconde, près de 100 pièces neuves sont injectées sur le marché français. Une hausse de 30 % en seulement quatre ans. « On a créé un système malade où il est normal de produire en trop, dénonce Emmanuelle Ledoux, directrice générale de l’Institut national de l’économie circulaire. Il faut que tout soit disponible tout le temps, jouer sur la #nouveauté, réduire les coûts avec des #économies_d’échelles… Le résultat, ce sont des niveaux élevés de surproduction. » Des vêtements qui ne servent à rien, donc, et qui alourdissent le #bilan_écologique désastreux de l’industrie de la mode, responsable de 8 % des émissions de gaz à effet de serre dans le monde.

      Pour limiter l’impact des textiles invendus, la loi anti-gaspillage interdit leur #destruction depuis 2022. Les entreprises présentes sur le marché français sont désormais obligées de les recycler, les vendre à des déstockeurs ou les donner à des #associations en échange d’une réduction fiscale équivalant à 60 % de la valeur des vêtements. Un effet d’aubaine méconnu, mais largement exploité par des poids lourds du secteur comme Shein, Decathlon et Kiabi.

      D’après l’enquête de Disclose, en partenariat avec Reporterre, qui s’appuie sur des documents internes et l’analyse d’une dizaine de rapports d’entreprises, les géants de la fast fashion reçoivent plusieurs millions d’euros de #réductions_d’impôt pour leurs surplus donnés à des associations. Exemple : pour un pantalon vendu 12 euros par Shein, la marque chinoise peut escompter une ristourne fiscale de 7,20 euros si elle choisit de l’offrir à une #recyclerie. De quoi rendre la surproduction rentable pour une enseigne capable de réduire ses coûts de fabrication à quelques dizaines de centimes par article. Mais en bout de chaîne, ce sont les associations qui trinquent : ensevelies sous les vêtements, elles doivent aussi, de plus en plus, les détruire par leurs propres moyens, voire… aux frais du contribuable.

      Un cadeau de Shein contre un reçu fiscal

      « Nous produisons ce que les clients veulent, au moment où ils le veulent et là où ils le veulent », assure le PDG de Shein, #Donald_Tang, dans un entretien au JDD en mars dernier. Selon lui, « ce modèle maximise l’efficacité et réduit le gaspillage presque à zéro ». Vraiment ? Sur le marché privé du #déstockage, où des entreprises s’échangent des lots de vêtements invendus, les colis du mastodonte chinois de la mode sont partout. Ils se vendent même par camions entiers, sur des sites web examinés par Disclose.

      Mais depuis quelques années, les habits Shein produits pour rien ont trouvé de nouveaux débouchés, bien plus rentables : les #brokers en invendus. Ces jeunes pousses françaises mettent en relation les grandes marques de vêtements avec les associations spécialisées dans le don. C’est l’un de ces brokers, baptisé #Dealinka, qui a contacté la recyclerie varoise de Delphine Peruch, en fin d’année dernière, pour lui proposer les palettes de vêtements de Shein.

      Cette #start-up créée en 2023, un an après l’entrée en vigueur de la loi anti-gaspillage, collabore avec les grands acteurs de la solidarité : Les Restos du Cœur, le Secours Populaire ou Les Petits Frères des Pauvres. À ses clients de la fast fashion, Dealinka promet de « réduire les frais liés aux stocks encombrants [et] associés à la destruction des produits ». Surtout, elle insiste sur « les dons effectués par les entreprises à des associations [qui] peuvent être éligibles à des #avantages_fiscaux ». Un argument que l’on retrouve dans un e-mail envoyé à la recyclerie du Var et consulté par Disclose. Dealinka propose ainsi « 21 m3 de marchandises » de Shein, en échange d’un « reçu fiscal que nous retournerons à notre client donateur ». La cargaison étant estimée à 53 167 euros, le « client donateur » — la marque chinoise ou l’un de ses importateurs — peut ici espérer déduire 31 900 euros de ses impôts.

      « La #défiscalisation est d’autant plus intéressante financièrement que, dans le cadre du don, ce sont les entreprises elles-mêmes qui déterminent la valeur de leurs produits », décrypte Romain Canler, directeur de l’Agence du don en nature. Pour Shein, qui propose la bagatelle de 7 000 nouvelles références par jour, d’après les calculs de l’ONG Les Amis de la Terre, rien ne filtre sur le nombre d’invendus. Pas plus que sur le montant des économies fiscales réalisées. Interrogé par Disclose sur le manque à gagner pour l’État, le ministère de l’économie n’a pas donné suite. Mais pour une entreprise au moins, le cadeau du fisc se compte en centaines de milliers d’euros : Decathlon.

      « Donner, c’est bon pour ton portefeuille »

      D’après un tableau obtenu par Disclose, Decathlon a bénéficié de 709 000 euros d’avoirs fiscaux, en 2024, pour 1,18 million d’euros de produits invendus donnés via #Comerso. Le slogan de cette entreprise qui, à l’instar de Dealinka, relie les marques et les associations ? « Vos invendus ont de la valeur ». Dont acte : la ristourne fiscale reversée à Decathlon, propriété de la richissime famille Mulliez, a presque triplé entre 2021 et 2024, toujours selon ce document interne. « En 2023, ces dons en nature équivalent à 0,01 % du chiffre d’affaires de Decathlon France », relativise la marque auprès de Disclose.

      « On commence à générer pas mal de cash » (Thomas Moreau, cofondateur de la start-up #Done, un broker d’invendus qui travaille pour Decathlon)

      La promesse d’économies fiscales, c’est aussi l’argument coup de poing de l’autre broker partenaire de l’enseigne française, la start-up lilloise Done. Le déstockage de vêtements vers des associations y est carrément présenté comme un « acte noble récompensé par 60 % en réduction d’impôt ». « On commence à générer pas mal de cash », confiait l’un des cofondateurs de la start-up à La Voix du Nord, en janvier dernier. Done prélève une commission de 12 % sur la valeur des stocks récupérés. Soit 12 000 euros pour 100 000 euros de vêtements offerts à des associations, les 48 000 euros restants revenant aux enseignes sous forme de réduction fiscale.

      Plutôt que d’interroger son modèle de production, qui alimente l’exploitation humaine au Bangladesh et en Chine, mais aussi la déforestation au Brésil comme l’a révélé Disclose, Decathlon fait du don un mantra. Sollicitée, l’enseigne indique qu’en 2024 « près de 90 % de [ses] magasins en France ont participé à des actions de dons, bénéficiant à plus de 200 associations ». Et à ses finances. Sur un site web destiné aux responsables de magasin, que Disclose a consulté, l’incitation fiscale est clairement présentée comme une motivation au don : « donner, c’est bon pour ton portefeuille ». Et à ce jeu-là, une autre enseigne de la famille Mulliez a redoublé d’ingéniosité : Kiabi.

      Le tour de passe-passe de #Kiabi

      En France, le champion français du prêt-à-porter ouvre un magasin tous les dix jours. Et plus de 800 000 vêtements Kiabi sont mis en vente chaque jour. Combien d’autres sont produits pour rien ? Selon les calculs de Disclose, basés sur ses déclarations extra-financières, la marque a généré au moins 5,6 millions d’invendus en 2023. Un volume qui a quasi doublé en deux ans. S’ils étaient tous mis en rayon ensemble, ces vêtements occuperaient environ 100 magasins de l’enseigne.

      Fort heureusement, Kiabi a trouvé une combine pour écouler ses surplus, tout en profitant de la générosité de l’État : les #Petits_Magasins. Avec ce concept « génial », comme elle le vante sur ses réseaux sociaux, la marque déstocke ses invendus auprès de boutiques solidaires qui vendent uniquement ses produits, sans passer par des intermédiaires. Encore mieux, ces Petits Magasins forment des salarié·es en insertion. L’idée, lancée en 2017, coche toutes les cases du cercle vertueux. À un gros détail près.

      Les Petits Magasins sont chapeautés par la société #Kivi, une joint-venture entre #Bunsha, la holding des magasins Kiabi, et le groupe d’insertion #Vitamine_T, qui compte le DRH de Kiabi à son conseil d’administration. Autrement dit, dans ce système « génial », Kiabi donne à Kiabi. Sauf « [qu’]il y a des rescrits fiscaux derrière ces dons », révèle le responsable de l’une de ces structures qui souhaite rester anonyme. Une information confirmée à Disclose par un ancien cadre de la marque.

      D’ici 2026, le leader français de la #mode_éphémère ambitionne d’écouler la totalité de ses invendus via les Petits Magasins fiscalement optimisables. Kiabi n’a pas souhaité communiquer à Disclose le montant des #exonérations_fiscales déjà obtenues grâce à cette opération. Mais en extrapolant ses derniers chiffres connus — 430 000 vêtements donnés aux Petits Magasins en 2021, d’une valeur de 1,9 million d’euros —, Kiabi aurait pu compter sur une réduction d’impôts de près de 15 millions d’euros si elle avait donné l’intégralité de ses invendus en 2023. Et sa soif d’argent public ne s’arrête pas là.
      Double peine pour les finances publiques

      Malgré un chiffre d’affaires record de 2,3 milliards d’euros en 2024, dont 45 millions d’euros reversés en dividendes à la famille Mulliez, Kiabi profite d’autres largesses publiques pour rentabiliser sa surproduction. À Reims (Marne), son tout nouveau Petit Magasin est implanté dans des locaux subventionnés par un bailleur social. À Hem (Nord), c’est la mairie qui a prêté un local rénové à ses frais. La communauté d’agglomération de Lens-Liévin (Pas-de-Calais) a quant à elle attribué, début mars, une subvention de 3 000 euros au Petit Magasin de Kiabi.

      En quelques années, au moins 30 de ces « #boutiques_solidaires » ont essaimé sur le territoire. Pourtant, Kiabi ne parvient pas à liquider l’ensemble de ses invendus : au moins un vêtement sur cinq donné aux Petits Magasins ne trouve pas preneur. Ces habits encore étiquetés sont alors susceptibles d’être donnés à des associations, au risque de concurrencer les véritables pièces de seconde main. « En injectant des invendus dans cette filière, les #fripes ne sont plus compétitives », regrette Emmanuelle Ledoux de l’Institut national de l’#économie_circulaire. La raison ? Les vêtements d’occasion demandent beaucoup plus de travail aux structures de ré-emploi, comme l’explique Lisa Coinus, ex-responsable textile au sein d’une ressourcerie à Arles : « Derrière une fripe de seconde main, il y a 20 minutes de travail de tri. Si elle nécessite un nettoyage, on passe à 30 minutes. Avec une petite réparation, on monte à 45 minutes. Une fringue Kiabi ou Shein neuve qui arrive, vous la mettez directement sur les étals ».

      Illustration de la saturation du secteur, son ancienne association accumule les stocks de vêtements sur un parking, à l’air libre. « En mars dernier, on a dépensé 8 000 euros pour enfouir 10 tonnes à la déchetterie », témoigne Lisa Coinus. Et quand les structures ne peuvent pas assumer ces coûts, les collectivités locales prennent le relais. C’est là un dernier coût caché des invendus de la fast fashion : un jour ou l’autre, ils finiront dans la filière des #déchets textiles. En théorie, cette dernière est financée par une #taxe versée par les enseignes de mode sauf… si les vêtements ont fait l’objet d’un don. « Au final, l’entreprise transfère à la collectivité la charge de l’élimination de ses déchets », analyse Bertrand Bohain, délégué général du Cercle du recyclage. Gouffre pour les #finances_publiques, inutile pour limiter la production exponentielle de la fast fashion, la loi anti-gaspillage porte décidément mal son nom.

      #Kiabi #Shein #Decathlon #invendus #vêtements #habits #mode #fast-fashion #dons #business #loi_anti-gaspillage #réduction_fiscale #industrie_textile #textile #occasion #seconde_main #second-hand

  • Appel à contributions pour une brochure sur les pratiques de sports de combat quand on a vécu des violences domestiques
    https://ricochets.cc/Appel-a-contributions-pour-une-brochure-sur-les-pratiques-de-sports-de-com

    On est quelques personnes de collectifs de sports de combat autogérés d’Île-de-France à réfléchir à la pratique de sports de combat quand on a vécu des violences domestiques (intrafamiliales et/ou conjugales). On aimerait bien rassembler des témoignages, des ressources, des expériences pour sortir une brochure sur le sujet ! #Les_Articles

    / #Politique,_divers, Tourisme, sports & loisirs, #Textes_très_courts, #Récit, #Féminisme

    #Tourisme,sports&_loisirs

  • Fashion & Land. Unravelling the Environmental Impact of Fibres

    Zoï Environment Network avec l’ami Otto Simonett

    https://zoinet.org/product/unccd-fashion-land

    This report for the United Nations Convention to Combat Desertification examines the land degradation and other environmental costs of the fashion industry. It considers the high natural resource use associated with natural fibers and the microplastic pollution of synthetics, and identifies solutions that promote environmental stewardship.

    #textile
    #fashion
    #mode
    #environnement
    #seatshop
    #fast_fashion