• Trump amplifie ses menaces de violence et de #dictature - World Socialist Web Site
    https://www.wsws.org/fr/articles/2020/10/20/pers-o20.html
    https://www.wsws.org/asset/9d43285f-6e47-4c94-a6df-8e1d44b259b1?rendition=image1280

    Il a ensuite proclamé sa détermination à rester en fonction pendant « quatre ans, huit ans, 12 ans, 16 ans », bien au-delà de la limite constitutionnelle de deux mandats. Il s’est moqué de ses détracteurs dans les médias, en disant : « Vous les rendrez vraiment fous si vous dites 12 ans de plus. Ensuite, ils disent que c’est un fasciste ». La foule de plusieurs milliers de personnes a répondu par des chants : « 12 ans de plus, 12 ans de plus ». Trump a ajouté : « Maintenant, l’histoire des fausses nouvelles sera : “C’est un fasciste !” »

    En réalité, les médias patronaux ont refusé d’appliquer l’étiquette « fasciste » à Trump, malgré ses efforts de plus en plus ouverts pour développer un mouvement armé, violent et antidémocratique centré sur lui et sa famille. Ni ses adversaires Démocrates pour l’élection du 3 novembre, Joe Biden et Kamala Harris, ni les Démocrates du Congrès à Washington n’ont osé utiliser ce terme, bien qu’il soit indéniable que c’est là la trajectoire de la campagne de Trump et du Parti républicain dans son ensemble.

    #Fascisme #théocratie

  • Césars : « Désormais on se lève et on se barre » | Virginie Despentes
    https://www.liberation.fr/debats/2020/03/01/cesars-desormais-on-se-leve-et-on-se-barre_1780212

    Je vais commencer comme ça : soyez rassurés, les puissants, les boss, les chefs, les gros bonnets : ça fait mal. On a beau le savoir, on a beau vous connaître, on a beau l’avoir pris des dizaines de fois votre gros pouvoir en travers de la gueule, ça fait toujours aussi mal. Tout ce week-end à vous écouter geindre et chialer, vous plaindre de ce qu’on vous oblige à passer vos lois à coups de 49.3 et qu’on ne vous laisse pas célébrer Polanski tranquilles et que ça vous gâche la fête mais derrière vos jérémiades, ne vous en faites pas : on vous entend jouir de ce que vous êtes les vrais patrons, les gros caïds, et le message passe cinq sur cinq : cette notion de consentement, vous ne comptez pas la laisser passer. Source : (...)

    • Et vous savez très bien ce que vous faites - que l’humiliation subie par toute une partie du public qui a très bien compris le message s’étendra jusqu’au prix d’après, celui des Misérables, quand vous convoquez sur la scène les corps les plus vulnérables de la salle, ceux dont on sait qu’ils risquent leur peau au moindre contrôle de police, et que si ça manque de meufs parmi eux, on voit bien que ça ne manque pas d’intelligence et on sait qu’ils savent à quel point le lien est direct entre l’impunité du violeur célébré ce soir-là et la situation du quartier où ils vivent.

    • oui on est les connasses, on est les humiliées, oui on n’a qu’à fermer nos gueules et manger vos coups, vous êtes les boss, vous avez le pouvoir et l’arrogance qui va avec mais on ne restera pas assis sans rien dire. Vous n’aurez pas notre respect. On se casse. Faites vos conneries entre vous. Célébrez-vous, humiliez-vous les uns les autres tuez, violez, exploitez, défoncez tout ce qui vous passe sous la main. On se lève et on se casse. C’est probablement une image annonciatrice des jours à venir. La différence ne se situe pas entre les hommes et les femmes, mais entre dominés et dominants, entre ceux qui entendent confisquer la narration et imposer leurs décisions et ceux qui vont se lever et se casser en gueulant. C’est la seule réponse possible à vos politiques. Quand ça ne va pas, quand ça va trop loin ; on se lève on se casse et on gueule et on vous insulte et même si on est ceux d’en bas, même si on le prend pleine face votre pouvoir de merde, on vous méprise on vous dégueule. Nous n’avons aucun respect pour votre mascarade de respectabilité. Votre monde est dégueulasse. Votre amour du plus fort est morbide. Votre puissance est une puissance sinistre. Vous êtes une bande d’imbéciles funestes. Le monde que vous avez créé pour régner dessus comme des minables est irrespirable. On se lève et on se casse. C’est terminé. On se lève. On se casse. On gueule. On vous emmerde.

    • Il n’y a rien de surprenant à ce que vous ayez couronné Polanski : c’est toujours l’argent qu’on célèbre, dans ces cérémonies, le cinéma on s’en fout. Le public on s’en fout.

      Le public a été voire en masse le dernier Polansky, la cérémonie ne se foute pas du tout du public. C’est le public qui se fout des violé·es. Le public se branle sur du porno plusieurs fois par semaine et il est aussi misogyne et violophile que le jury des césars.
      Le public ce qu’il a préféré du cinéma franças c’est « Qu’est-ce qu’on a encore fait au Bon Dieu ? » qui à la 4eme place au Box office, Polansky est 32eme un peu derrière Nicky Lason, autre fleuron du ciné français.
      –----
      On se casse, Ok, c’est bien mais ou on va si on quitte la Macronie avec nos talons hauts et notre robe de soirée de femmes-cis-non-dominée ? on va en Trumpie, en Poutinie, ou en Sevrerinie ? Ou il est ce pays sans viol et sans violophiles ou on irait si on se casse ? Il n’existe même pas en rêve !

    • Césars : « Désormais on se lève et on se barre », par #Virginie_Despentes

      Que ça soit à l’Assemblée nationale ou dans la culture, vous, les puissants, vous exigez le #respect entier et constant. Ça vaut pour le #viol, les exactions de votre #police, les #césars, votre #réforme des #retraites. En prime, il vous faut le #silence de #victimes.

      Je vais commencer comme ça : soyez rassurés, les puissants, les boss, les chefs, les gros bonnets : ça fait mal. On a beau le savoir, on a beau vous connaître, on a beau l’avoir pris des dizaines de fois votre gros pouvoir en travers de la gueule, ça fait toujours aussi #mal. Tout ce week-end à vous écouter geindre et chialer, vous plaindre de ce qu’on vous oblige à passer vos lois à coups de #49-3 et qu’on ne vous laisse pas célébrer #Polanski tranquilles et que ça vous gâche la fête mais derrière vos jérémiades, ne vous en faites pas : on vous entend jouir de ce que vous êtes les vrais #patrons, les gros #caïds, et le message passe cinq sur cinq : cette notion de #consentement, vous ne comptez pas la laisser passer. Où serait le fun d’appartenir au clan des #puissants s’il fallait tenir compte du consentement des #dominés ? Et je ne suis certainement pas la seule à avoir envie de chialer de #rage et d’#impuissance depuis votre belle #démonstration_de_force, certainement pas la seule à me sentir salie par le spectacle de votre orgie d’#impunité.

      Il n’y a rien de surprenant à ce que l’académie des césars élise #Roman_Polanski meilleur réalisateur de l’année 2020. C’est #grotesque, c’est #insultant, c’est #ignoble, mais ce n’est pas surprenant. Quand tu confies un budget de plus de 25 millions à un mec pour faire un téléfilm, le message est dans le budget. Si la lutte contre la montée de l’antisémitisme intéressait le cinéma français, ça se verrait. Par contre, la voix des opprimés qui prennent en charge le récit de leur calvaire, on a compris que ça vous soûlait. Alors quand vous avez entendu parler de cette subtile comparaison entre la problématique d’un cinéaste chahuté par une centaine de féministes devant trois salles de cinéma et Dreyfus, victime de l’antisémitisme français de la fin du siècle dernier, vous avez sauté sur l’occasion. Vingt-cinq millions pour ce parallèle. Superbe. On applaudit les investisseurs, puisque pour rassembler un tel budget il a fallu que tout le monde joue le jeu : Gaumont Distribution, les crédits d’impôts, France 2, France 3, OCS, Canal +, la RAI… la main à la poche, et généreux, pour une fois. Vous serrez les rangs, vous défendez l’un des vôtres. Les plus puissants entendent défendre leurs #prérogatives : ça fait partie de votre élégance, le viol est même ce qui fonde votre style. La loi vous couvre, les tribunaux sont votre domaine, les médias vous appartiennent. Et c’est exactement à cela que ça sert, la #puissance de vos grosses fortunes : avoir le #contrôle_des_corps déclarés #subalternes. Les #corps qui se taisent, qui ne racontent pas l’histoire de leur point de vue. Le temps est venu pour les plus riches de faire passer ce beau message : le #respect qu’on leur doit s’étendra désormais jusqu’à leurs bites tachées du sang et de la merde des enfants qu’ils violent. Que ça soit à l’#Assemblée_nationale ou dans la #culture - marre de se cacher, de simuler la gêne. Vous exigez le respect entier et constant. Ça vaut pour le viol, ça vaut pour les exactions de votre #police, ça vaut pour les césars, ça vaut pour votre réforme des retraites. C’est votre politique : exiger le silence des victimes. Ça fait partie du territoire, et s’il faut nous transmettre le message par la #terreur vous ne voyez pas où est le problème. Votre #jouissance_morbide, avant tout. Et vous ne tolérez autour de vous que les valets les plus dociles. Il n’y a rien de surprenant à ce que vous ayez couronné Polanski : c’est toujours l’#argent qu’on célèbre, dans ces cérémonies, le #cinéma on s’en fout. Le public on s’en fout. C’est votre propre puissance de frappe monétaire que vous venez aduler. C’est le gros budget que vous lui avez octroyé en signe de soutien que vous saluez - à travers lui c’est votre puissance qu’on doit respecter.

      Il serait inutile et déplacé, dans un commentaire sur cette cérémonie, de séparer les corps de cis mecs aux corps de cis meufs. Je ne vois aucune différence de comportements. Il est entendu que les grands prix continuent d’être exclusivement le domaine des #hommes, puisque le message de fond est : #rien_ne_doit_changer. Les choses sont très bien telles qu’elles sont. Quand #Foresti se permet de quitter la fête et de se déclarer « écœurée », elle ne le fait pas en tant que meuf - elle le fait en tant qu’individu qui prend le risque de se mettre la profession à dos. Elle le fait en tant qu’individu qui n’est pas entièrement assujetti à l’#industrie_cinématographique, parce qu’elle sait que votre #pouvoir n’ira pas jusqu’à vider ses salles. Elle est la seule à oser faire une blague sur l’éléphant au milieu de la pièce, tous les autres botteront en touche. Pas un mot sur Polanski, pas un mot sur #Adèle_Haenel. On dîne tous ensemble, dans ce milieu, on connaît les mots d’ordre : ça fait des mois que vous vous agacez de ce qu’une partie du public se fasse entendre et ça fait des mois que vous souffrez de ce qu’Adèle Haenel ait pris la parole pour raconter son histoire d’enfant actrice, de son point de vue.

      Alors tous les corps assis ce soir-là dans la salle sont convoqués dans un seul but : vérifier le #pouvoir_absolu des puissants. Et les puissants aiment les violeurs. Enfin, ceux qui leur ressemblent, ceux qui sont puissants. On ne les aime pas malgré le viol et parce qu’ils ont du talent. On leur trouve du #talent et du style parce qu’ils sont des violeurs. On les aime pour ça. Pour le courage qu’ils ont de réclamer la #morbidité de leur #plaisir, leur #pulsion débile et systématique de destruction de l’autre, de #destruction de tout ce qu’ils touchent en vérité. Votre plaisir réside dans la #prédation, c’est votre seule compréhension du style. Vous savez très bien ce que vous faites quand vous défendez Polanski : vous exigez qu’on vous admire jusque dans votre #délinquance. C’est cette exigence qui fait que lors de la cérémonie tous les corps sont soumis à une même #loi_du_silence. On accuse le #politiquement_correct et les réseaux sociaux, comme si cette #omerta datait d’hier et que c’était la faute des féministes mais ça fait des décennies que ça se goupille comme ça : pendant les cérémonies de cinéma français, on ne blague jamais avec la susceptibilité des patrons. Alors tout le monde se tait, tout le monde sourit. Si le violeur d’enfant c’était l’homme de ménage alors là pas de quartier : police, prison, déclarations tonitruantes, défense de la victime et condamnation générale. Mais si le violeur est un puissant : #respect et #solidarité. Ne jamais parler en public de ce qui se passe pendant les #castings ni pendant les prépas ni sur les tournages ni pendant les promos. Ça se raconte, ça se sait. Tout le monde sait. C’est toujours la loi du silence qui prévaut. C’est au respect de cette consigne qu’on sélectionne les employés.

      Et bien qu’on sache tout ça depuis des années, la #vérité c’est qu’on est toujours surpris par l’outrecuidance du pouvoir. C’est ça qui est beau, finalement, c’est que ça marche à tous les coups, vos saletés. Ça reste #humiliant de voir les participants se succéder au pupitre, que ce soit pour annoncer ou pour recevoir un prix. On s’identifie forcément - pas seulement moi qui fais partie de ce sérail mais n’importe qui regardant la cérémonie, on s’identifie et on est humilié par procuration. Tant de silence, tant de #soumission, tant d’empressement dans la #servitude. On se reconnaît. On a envie de crever. Parce qu’à la fin de l’exercice, on sait qu’on est tous les employés de ce grand merdier. On est humilié par procuration quand on les regarde se taire alors qu’ils savent que si Portrait de la jeune fille en feu ne reçoit aucun des grands prix de la fin, c’est uniquement parce qu’Adèle Haenel a parlé et qu’il s’agit de bien faire comprendre aux victimes qui pourraient avoir envie de raconter leur histoire qu’elles feraient bien de réfléchir avant de rompre la loi du silence. Humilié par procuration que vous ayez osé convoquer deux réalisatrices qui n’ont jamais reçu et ne recevront probablement jamais le prix de la meilleure réalisation pour remettre le prix à Roman fucking Polanski. Himself. Dans nos gueules. Vous n’avez décidément #honte de rien. Vingt-cinq millions, c’est-à-dire plus de quatorze fois le budget des Misérables, et le mec n’est même pas foutu de classer son film dans le box-office des cinq films les plus vus dans l’année. Et vous le récompensez. Et vous savez très bien ce que vous faites - que l’#humiliation subie par toute une partie du public qui a très bien compris le message s’étendra jusqu’au prix d’après, celui des Misérables, quand vous convoquez sur la scène les corps les plus vulnérables de la salle, ceux dont on sait qu’ils risquent leur peau au moindre contrôle de police, et que si ça manque de meufs parmi eux, on voit bien que ça ne manque pas d’intelligence et on sait qu’ils savent à quel point le lien est direct entre l’impunité du violeur célébré ce soir-là et la situation du quartier où ils vivent. Les réalisatrices qui décernent le prix de votre impunité, les réalisateurs dont le #prix est taché par votre #ignominie - même combat. Les uns les autres savent qu’en tant qu’employés de l’#industrie_du_cinéma, s’ils veulent bosser demain, ils doivent se taire. Même pas une blague, même pas une vanne. Ça, c’est le #spectacle des césars. Et les hasards du calendrier font que le message vaut sur tous les tableaux : trois mois de grève pour protester contre une réforme des retraites dont on ne veut pas et que vous allez faire passer en force. C’est le même message venu des mêmes milieux adressé au même peuple : « Ta gueule, tu la fermes, ton consentement tu te le carres dans ton cul, et tu souris quand tu me croises parce que je suis puissant, parce que j’ai toute la thune, parce que c’est moi le boss. »

      Alors quand Adèle Haenel s’est levée, c’était le sacrilège en marche. Une employée récidiviste, qui ne se force pas à sourire quand on l’éclabousse en public, qui ne se force pas à applaudir au spectacle de sa propre humiliation. Adèle se lève comme elle s’est déjà levée pour dire voilà comment je la vois votre histoire du réalisateur et son actrice adolescente, voilà comment je l’ai vécue, voilà comment je la porte, voilà comment ça me colle à la peau. Parce que vous pouvez nous la décliner sur tous les tons, votre imbécillité de séparation entre l’homme et l’artiste - toutes les victimes de viol d’artistes savent qu’il n’y a pas de division miraculeuse entre le #corps_violé et le #corps_créateur. On trimballe ce qu’on est et c’est tout. Venez m’expliquer comment je devrais m’y prendre pour laisser la fille violée devant la porte de mon bureau avant de me mettre à écrire, bande de bouffons.

      Adèle se lève et elle se casse. Ce soir du 28 février on n’a pas appris grand-chose qu’on ignorait sur la belle industrie du cinéma français par contre on a appris comment ça se porte, la robe de soirée. A la guerrière. Comme on marche sur des talons hauts : comme si on allait démolir le bâtiment entier, comment on avance le dos droit et la nuque raidie de #colère et les épaules ouvertes. La plus belle image en quarante-cinq ans de cérémonie - Adèle Haenel quand elle descend les escaliers pour sortir et qu’elle vous applaudit et désormais on sait comment ça marche, quelqu’un qui se casse et vous dit merde. Je donne 80 % de ma bibliothèque féministe pour cette image-là. Cette leçon-là. Adèle je sais pas si je te male gaze ou si je te female gaze mais je te love gaze en boucle sur mon téléphone pour cette sortie-là. Ton corps, tes yeux, ton dos, ta voix, tes gestes tout disait : oui on est les connasses, on est les humiliées, oui on n’a qu’à fermer nos gueules et manger vos coups, vous êtes les boss, vous avez le pouvoir et l’#arrogance qui va avec mais on ne restera pas assis sans rien dire. Vous n’aurez pas notre #respect. #On_se_casse. Faites vos conneries entre vous. Célébrez-vous, humiliez-vous les uns les autres tuez, violez, exploitez, défoncez tout ce qui vous passe sous la main. On se lève et on se casse. C’est probablement une image annonciatrice des jours à venir. La différence ne se situe pas entre les hommes et les femmes, mais entre dominés et dominants, entre ceux qui entendent confisquer la narration et imposer leurs décisions et ceux qui vont se lever et se casser en gueulant. C’est la seule réponse possible à vos politiques. Quand ça ne va pas, quand ça va trop loin ; on se lève on se casse et on gueule et on vous insulte et même si on est ceux d’en bas, même si on le prend pleine face votre pouvoir de merde, on vous méprise on vous dégueule. Nous n’avons aucun respect pour votre #mascarade_de_respectabilité. Votre monde est dégueulasse. Votre amour du plus fort est morbide. Votre puissance est une puissance sinistre. Vous êtes une bande d’#imbéciles_funestes. Le monde que vous avez créé pour régner dessus comme des minables est irrespirable. On se lève et on se casse. C’est terminé. On se lève. On se casse. On gueule. On vous emmerde.

      https://www.liberation.fr/debats/2020/03/01/cesars-desormais-on-se-leve-et-on-se-barre_1780212

    • Il y a une sorte de dimension religieuse dans ces cérémonies cinéphiles. Comme chez les Aztèques dans leur rites sacrificiels où l’on droguait les prisonnier·ères avant de les allonger sur un autel pour leur ouvrir la poitrine et en extirper leur cœur palpitant. Les « dieux » aiment le sang et si si on se laisse convaincre par leurs prêtres qu’on va gagner l’éternité en se soumettant à leurs fantasmes, on se fera fatalement arracher le cœur. C’est à dire déposséder de notre part la plus intime d’êtres vivants et pensants et donc nous briser. Les aristocrates, de quelque obédience soient-ils, exigent avant toute chose la soumission de leurs subordonné·es. Et ils ont même poussé leur perversité sans limite à faire accepter au langage commun le qualificatif de « nobles ».
      Et si toutes ces célébrations dilatoires n’étaient qu’une mise en abyme du mauvais scénario que nous subissons depuis 2016, année précédant la dernière élection présidentielle en date ?

      #aristocratie_guerrière #théocratie #nos_bons_maîtres #R.A.G.E.

    • Césars : ce que veut dire #quitter_la_salle

      La « #honte » exprimée par Adèle Haenel vendredi, lors de la cérémonie, est une expérience morale et politique qui permet de sortir du statut de victime pour construire une résistance collective.

      De la 45e cérémonie des césars, il ne faudra retenir que l’« exit » de plusieurs femmes dont Adèle Haenel qui quitte la salle en se fendant d’un « c’est une honte », Florence Foresti qui refuse de venir clôturer la soirée et qui écrira ce mot sur Instagram : « écœurée ». Ce sont des mots de l’émotion et aussi du discernement. De la honte à l’écœurement se déploie une contre-scène à la masculinité affirmée des césars : une même puissance de nommer le mal, de faire jaillir l’indécence d’une situation.

      Généralement la honte est du côté de la personne vulnérable qui, non seulement, est victime d’une violence mais ne parvient pas à s’extirper de la honte d’être violentée. La honte s’y affirme alors en honte d’avoir honte. Une personne agressée est traversée par les souffrances dont elle est l’objet mais elle est aussi saisie par l’incapacité de s’extirper de cette scène de violence qui se met à vivre dans la vie psychique sous forme de rumination mélancolique ou d’état de paralysie hypothéquant l’avenir.
      Un dispositif masculiniste

      La honte peut cependant avoir une autre signification : dans le jugement « c’est une honte », le terme de honte est renvoyé au lauréat du césar, Polanski, mais plus profondément encore au dispositif masculiniste des césars comme dispositif de pouvoir qui maintient les femmes à leur place et annule les scandales de genre. Surtout, la phrase d’Adèle Haenel contribue à désingulariser la situation des césars pour la projeter sur toutes les autres situations de ce type. La honte est alors une expérience morale et politique qui permet de sortir de la singularité de la victime pour construire une résistance collective et politique. Elle est le discernement du juste à même la perception d’une injustice typique d’un état des rapports de pouvoir.

      Le terme d’écœurement parachève cette forme de résistance. Il indique l’écart entre ce qui aurait dû être (tout sauf Polanski meilleur réalisateur) et ce qui est ; il le dénonce pour construire la possibilité d’une voix collective du refus. Albert Hirschman, dans un livre important, Exit, Voice and Loyalty avait, en 1970, souligné que, face aux défaillances des institutions, les individus ont le choix entre trois comportements : prendre la porte de sortie (exit), prendre la parole (voice) ou se résigner (loyalty). Adèle Haenel, Cécile Sciamma, Florence Foresti et toutes les personnes qui sont sorties de la salle ont montré que l’« exit » était bien le commencement de la voix.

      Face au courage de celles qui partent, il y a le cynisme de ceux qui verrouillent toutes les positions et se cramponnent pour que rien ne change. Le débat sur l’indépendance de l’œuvre face à l’artiste risque alors fort d’être un leurre. Tout d’abord, Roman Polanski a toujours affirmé jusqu’à J’accuse (en se comparant à Dreyfus à travers les rouages de persécution qu’il affirme lui-même vivre) que son cinéma était en lien avec sa vie, ce qui est le cas de bien des artistes d’ailleurs. Ensuite, il n’est pas sûr que le terme d’œuvre soit le plus adéquat pour évoquer un film tant l’industrie culturelle y est présente. L’Académie des césars elle-même incarne cette industrie puisque les quelque 4 700 votants, dont la liste est confidentielle, appartiennent aux différents métiers du cinéma. Pas plus que l’œuvre, la défense de l’artiste en être d’exception ne tient.
      De la reconnaissance des « grands hommes »

      Et les femmes ? On sait combien elles ont du mal à convaincre dès qu’elles souhaitent faire un film ; elles ne disposent jamais des mêmes budgets que les hommes. La remise du prix de meilleur réalisateur à Roman Polanski relève du maintien d’un ordre des grandeurs, lequel impose la reconnaissance des « grands hommes » envers et contre tout ; le film qui coûte cher et mérite d’être honoré est masculin. Tout ceci a été rappelé au milieu du cinéma qui s’y est largement plié, hormis la sortie d’Adèle Haenel, de Cécile Sciamma, de l’équipe du film et d’une centaine de personnes. Malgré les sketches de Florence Foresti et le discours d’Aïssa Maïga sur la diversité, il a été réaffirmé que le monde du cinéma appartient aux hommes hétérosexuels et qu’à ce titre, il repose sur un schéma précis quant aux positions les plus visibles : les hommes comme metteurs en chef ou acteurs, les femmes comme actrices.

      Dans le milieu des réalisateurs, les « grandes femmes » n’existent pas et il n’est pas d’actualité qu’elles commencent à apparaître. On se souvient qu’en 1979, Ariane Mnouchkine fut nommée pour « le meilleur réalisateur » et pour le meilleur film. Elle n’obtint aucun des deux prix ; ils furent attribués à Christian de Chalonge et à son film l’Argent des autres. Molière est resté dans notre imaginaire culturel mais qui se souvient encore de l’Argent des autres ? Une seule femme a pu tenir dans ses bras la fameuse statuette pour la réalisation, Tonie Marshall en 2000 pour Vénus Beauté (Institut), un film qui semble porter sur des questions de femmes ! Roman Polanski l’avait déjà obtenu quatre fois (en 1980, 2003, 2011 et 2014). J’accuse avait déjà tout eu : un battage médiatique exceptionnel, un succès dans les salles. Ce prix du réalisateur, attribué pour la cinquième fois, a servi à rappeler aux femmes leur place dans le milieu du cinéma comme dans la société : elles sont le deuxième sexe et destinées à le rester, ce qui autorise tous les abus de pouvoir, et bien évidemment les faveurs sexuelles pour ceux qui détiennent un pouvoir qui est aussi symbolique. Non seulement les violences faites aux femmes ne doivent pas compter mais les femmes qui sont dans le milieu du cinéma ont intérêt à ne pas sortir des places que l’on a définies pour elles : rester dans l’ombre des hommes quitte à les faire rêver.

      https://www.liberation.fr/debats/2020/03/02/cesars-2020-ce-que-veut-dire-quitter-la-salle_1780305

    • Dommage, pas un mot sur #Aissa_Maiga qui va prendre cher. #Nadine_Morano lui a déjà dit de rentrer en Afrique si elle n’était pas contente...

      Aux César 2020, Aïssa Maïga livre un plaidoyer pour plus de diversité au cinéma
      Huffington Post, le 28 février 2020
      https://www.huffingtonpost.fr/entry/aissa-maiga-plaidoyer-cesar-2020-diversite_fr_5e598d41c5b6450a30be6f7

      On a survécu au whitewashing, au blackface, aux tonnes de rôles de dealers, de femmes de ménages à l’accent bwana, on a survécu aux rôles de terroristes, à tous les rôles de filles hypersexualisées... Et en fait, on voudrait vous dire, on ne va pas laisser le cinéma français tranquille.

      César 2020 : Nadine Morano somme l’actrice Aïssa Maïga de « repartir en Afrique »
      BERTRAND GUAY, La Dépêche, le 2 mars 2020
      https://www.ladepeche.fr/2020/03/02/cesar-2020-nadine-morano-somme-a-aissa-maiga-de-repartir-en-afrique,876904

      #Césars

    • Cinéma français : la nuit du déshonneur
      Camille Polloni et Marine Turchi, Médiapart, le 29 février 2020
      https://seenthis.net/messages/828230

      À Mediapart, Adèle Haenel explique qu’« alors que la cérémonie avait plutôt bien débuté, qu’il se passait quelque chose », avec plusieurs prises de parole fortes « comme Lyna Khoudri [meilleur espoir féminin – ndlr], Aïssa Maïga, l’équipe du film Papicha [de Mounia Meddour, qui traite du combat des femmes en Algérie – ndlr], et le numéro d’équilibriste réussi de Florence Foresti », la soirée s’est ensuite « affaissée dans les remerciements ». « Comme si, cette année, il n’y avait pas autre chose à dire : sur les violences sexuelles, sur le cinéma qui traverse actuellement une crise, sur les violences policières qui s’intensifient, sur l’hôpital public qu’on délite, etc. » « Ils voulaient séparer l’homme de l’artiste, ils séparent aujourd’hui les artistes du monde », résume l’actrice à Mediapart.

      (...)

      Comme quelques autres, l’actrice Aïssa Maïga a quitté la salle après l’annonce de l’attribution du César du meilleur réalisateur à Roman Polanski. « J’étais d’abord un peu clouée sur place. Et puis une minute après, je n’étais pas bien, je suis partie, réagit-elle auprès de Mediapart en sortant. J’ai été terrassée, effrayée, dégoûtée, à titre vraiment personnel, dans mes tripes. J’ai vu la réaction d’Adèle Haenel, très forte, et honnêtement, j’ai pensé à toutes ces femmes. Toutes ces femmes qui voient cet homme plébiscité et je pense, au-delà de ces femmes, à toutes les autres, toutes les personnes victimes de viols, de violences sexuelles. J’imagine quel symbole cela peut revêtir pour elles. Et pour moi l’art n’est pas plus important que tout. L’humain d’abord. »

      L’actrice marque une pause, puis reprend : « Vous savez, c’est comme dans une famille : on croit se connaître un petit peu et puis, parfois, à la faveur d’une extrême révélation, on découvre qui sont les gens, ce qui est important pour eux, et parfois on constate avec un peu d’amertume qu’on n’a pas tout à fait les mêmes valeurs. » « Ce n’est pas grave, il faut le savoir et pouvoir avancer avec ça. Et moi, là, j’ai envie d’aller rejoindre les manifestantes dehors, c’est tout. J’aime beaucoup le cinéma, les tapis rouges, les films, les cinéastes, j’aime tout ça, mais moi je suis une fille qui n’a pas été éduquée dans l’élite, ni dans un esprit d’élitisme, je me sens une citoyenne comme les autres et là je vais aller les rejoindre », conclut-elle en se dirigeant vers le rassemblement des féministes face à la salle Pleyel. À quelques mètres du tapis rouge, les cris des militantes, parquées derrière les barrières, redoublent : « Polanski violeur, César complices ! » ; « Mais vous n’avez pas honte ? ».

      (...)

      Remettant le César du meilleur espoir féminin, l’actrice Aïssa Maïga, membre du collectif Noire n’est pas mon métier, a elle jeté un pavé dans la marre avec sa longue intervention sur l’invisibilisation des personnes non blanches dans le monde du cinéma.

      « Je peux pas m’empêcher de compter le nombre de Noirs dans la salle, a-t-elle ironisé à la tribune. Je sais qu’on est en France et qu’on n’a pas le droit de compter. C’est douze ce soir, le chiffre magique ? [...] On a survécu au whitewashing, aux blackface, aux tonnes de rôles de dealers, de femmes de ménage à l’accent bwana, aux rôles de terroristes, de filles hypersexualisées... On refuse d’être les bons Noirs. On est une famille, non ? On se dit tout. L’inclusion, elle ne va pas se faire toute seule. Ça ne va pas se faire sans vous. Pensez inclusion. […] Faisons une maison qui soit fière d’inclure toutes les différences. »

      À Mediapart, après la cérémonie, elle relate « l’effroi dans la salle » qu’elle a constaté au moment de sa prise de parole. « Je ne savais pas très bien comment l’interpréter. J’avais l’impression de plonger dans un bain de glaçons, de dire des choses qui pourtant me paraissent assez évidentes et audibles. J’ai eu l’impression que chez certains, il y a une sorte de ras-le-bol, comme si on les gavait avec la question de la diversité, qui n’est autre qu’une question de justice sociale. Et on a une responsabilité qui est énorme. Je ne pense pas que les artistes ou les décideurs ou les techniciens puissent se soustraire à cette question de l’identification du public aux films qu’on fait. Ça me paraît totalement aberrant. » Et la comédienne d’« assumer pleinement » ses propos : « J’avais besoin de dire ce que j’avais à dire. Aucun des mots que j’ai choisis n’était un accident. Je me sens aussi portée par une lame de fond. »

    • « À propos de l’impunité des artistes criminels, réflexions autour du cas de Roman Polanski en France. »
      https://lisefeeministe.wordpress.com/2020/02/15/a-propos-de-limpunite-des-artistes-criminels-reflexions-au
      source : #Christine_Delphy
      https://christinedelphy.wordpress.com/2020/03/02/lise-bouvet-a-propos-de-limpunite-des-artistes-criminels-
      je l’ai pas encore lu mais comme je suis abonné au blog de Delphy, je transmets. Abonné aussi à @tradfem et Seenthis, ça commence à faire beaucoup et j’ai pas que ça à foutre, j’ai aussi ma #tenue_de_soirée à repriser, entre autres !

    • Pour le texte de libé sur la honte l’accroche est mal fichu. j’ai l’impression qu’elle n’a pas été faite par une personne qui n’a pas compris le texte car elle réintroduit de blâme sur la victime en sous entendant que la victime ne peut pas être résistante, ce que le texte ne fait pas.
      #phallosophe #victime_blaming #victimophobie #grand_homme #grands_hommes

      La « honte » exprimée par Adèle Haenel vendredi, lors de la cérémonie, est une expérience morale et politique qui permet de sortir du statut de victime pour construire une résistance collective.

      https://www.liberation.fr/debats/2020/03/02/cesars-2020-ce-que-veut-dire-quitter-la-salle_1780305

    • Interessant le texte sur le site de C.Delphy

      Patrizia Romito classe en premier lieu ce qu’elle appelle les tactiques d’occultation : euphémisation (notamment dans le langage) des faits, déshumanisation de la victime, culpabilisation de la victime, inversion victime-agresseur, accusation de mensonge (ou d’exagération), psychologisation de l’affaire (réduction à des passions individuelles hors champ d’analyse sociale ou politique), naturalisation des actes (invocation de « pulsions » notamment), tactique de distinction- séparation (relativisation, enfouissement de l’acte criminel dans une masse d’autres considérations futiles).

      En second lieu, P. Romito présente ce qu’elle nomme des stratégies d’occultation : légitimations de la violence, négation des faits, discours pédophile sur la prétendue sexualité consentie des enfants et jeunes adolescentes, disparition de l’agresseur dans le récit journalistique et social, concentration de l’attention médiatique sur les victimes et/ou ce qu’elles auraient fait ou mal fait (dérivation de l’attention qui protège l’agresseur). Ce classement s’applique parfaitement à l’analyse de nos quatre dossiers, même si tous les éléments n’y figurent pas à chaque fois en même temps. Typiquement, il est difficile de remettre en cause la matérialité des faits dans le dossier Marie Trintignant qui a été tuée par Bertrand Cantat ni même dans celui de Samantha Geimer puisque Roman Polanski a plaidé coupable. On montre que les tactiques et les stratégies du « discours agresseur » varient et s’adaptent en fonction des violences dont il est question. Ce discours n’est d’ailleurs pas forcément conscient, il est énoncé par un certain nombre de locuteurs, puis repris, ou non, par les médias. Cependant, nous le verrons, on observe au fur et à mesure des affaires une véritable évolution du discours médiatique et une prise de conscience grandissante par certains journalistes des travers de ce discours, notamment grâce à la mobilisation et aux dénonciations d’acteurs sociaux tels que les associations ou personnalités féministes.

      Malheureusement je n’ai qu’un temps limité ici et je ne pourrai pas parler de tout aujourd’hui, à ce titre je vous renvoie à notre ouvrage. Pour résumer le propos très rapidement je dirais que l’impunité se déploie sur trois niveaux . C’est d’abord celle de tous les agresseurs en France et c’est ce que nous avons découvert dans l’analyse statistique qui a révélé ceci : l’impunité est quasi totale et la justice ne fonctionne quasiment pas. Le deuxième niveau d’impunité c’est celle d’hommes célèbres et puissants qui ont les moyens financiers d’organiser non seulement leurs défenses mais aussi la destruction des plaignantes. Ici encore faute de temps je vous renvoie à notre ouvrage et ma co·autrice qui est juriste en parle beaucoup mieux que moi. C’est du troisième niveau d’impunité dont je vais parler aujourd’hui, qui est celui du différentiel artiste – politique.

      En effet, en analysant a posteriori nos quatre dossiers nous avons réalisé que les plus intouchables des intouchables ce sont les artistes , contrairement aux hommes politiques qui, si ils arrivent à échapper à une condamnation judiciaire, ne peuvent pas esquiver l’opprobre sociale.

      Le papier à été écrit avent l’affaire Matzneff, et l’affaire Adèle Haenel, il manque donc l’info que l’artiste est protégé selon son degrès de notoriété, car si Polansky, Cantat, Besson et tant d’autres trouvent toujours des soutiens, c’est pas le cas pour les « has been » qui servent de cache-sexe aux complices des violeurs par exemple Matzneff, Ruggia, Brisseau ne sont pas autant soutenus car ils sont moins connus ou moins puissants que leur victimes.

      –----
      Question du « génie » de l’artiste, statut qui le place au niveau du divin, du surnaturel =

      Dans un essai passionnant (1), De l’humanisation de la création divine à la divinisation de la création humaine, l’historienne de l’art Lucile Roche analyse avec brio ce thème du dieu-artiste dans la théorie esthétique moderne Occidentale. Elle écrit : « C’est alors dans son éloignement du modèle divin au profit d’un recentrement de l’artiste, soumis au seul caprice de ses vues et exigences téléologiques, focalisé sur ses propres aptitudes créatrices – l’originalité, l’imagination – que se referme l’analogie Artiste-Dieu et Dieu-Artiste. Source inépuisable d’une créativité dont il est l’unique source, l’artiste romantique relève du divin (avec lequel il partage le ex-nihilo) sans pour autant s’y soumettre. Dans son humanité, l’artiste est alors, paradoxalement, divinisé ». Tout est dit : les jusqu’au-boutistes dans la défense d’auteurs tels que Polanski sont pris dans une représentation sociale surannée qui porte une vision profondément romantique de l’artiste, que l’on illustrera par cette phrase de Victor Hugo : « L’art est à l’homme ce que la nature est à Dieu ». Si ces hommes sont au niveau des dieux alors ils échappent à la justice des hommes, voilà l’impensé fondamental des défenseurs de Polanski, et autres artistes criminels, non seulement gardiens de leurs castes sociales et de ses corollaires impunités, mais surtout, selon nous, enlisés dans des conceptions de l’art dépassées, qui sont mises au service de l’impunité.

      La théoricienne de l’art Carole Talon-Hugon (2) dans une récente interview a éclairé ces impensés autour de l’artiste : « Un viol commis par un anonyme et un viol commis par un artiste, c’est à la fois la même chose – parce que le crime est tout autant répréhensible – et pas la même chose. Parce qu’il fait notamment figure d’exemple, l’artiste bénéficie d’un statut particulier dans la société. En tout cas, depuis le XVIIIe siècle. À cette époque-là, on va commencer à considérer l’art comme un domaine à part, totalement distinct, soumis à la seule règle de la beauté et indépendant de la question du bien. Ainsi, pour Diderot, « il y a une morale propre aux artistes qui peut être à rebours de la morale usuelle ». On retrouve cette idée chez Oscar Wilde (XIXe siècle) ou André Breton (XXe siècle). L’artiste devient alors une individualité sauvage et singulière, en rupture, en opposition et totalement indépendante de la morale ordinaire. Cette image-là, construite sur plus de 200 ans, nous empêche de regarder la réalité de ces agressions en face. »

      C’est ici que, selon nous, le roi apparait nu : en contradiction profonde avec nos valeurs démocratiques, les artistes sont devenus la nouvelle aristocratie au-dessus des lois. Non seulement, en consacrant les uns au détriment des autres on abdique la communauté des citoyens et l’on dit qu’il y a des valeurs supérieures à la vie humaine, mais en outre, l’on comprend désormais la thèse sous jacente des « amis de Polanski » qui est que le talent exceptionnel de cet homme devrait pouvoir se transcrire dans un statut politique dérogatoire exceptionnel. On fera remarquer avec ironie que ces gens là se réclament souvent de gauche, alors qu’ils portent la vision féodale d’une société où le talent et le statut des uns leur accorderait des droits particuliers sur les autres, et leur corps, a fortiori des personnes mineures. Position d’autant plus fragile quand on a compris que les demandes d’exceptionnalité de traitement pour le cinéaste Roman Polanski ne reposent finalement que sur des conceptions discutées comme discutables de théories de l’art. Et après tout, les amis de Polanski ont bien le droit de s’attacher à une théorie particulière que nous ne partageons pas. Ce qui est en revanche indiscutable, c’est que nous vivons dans un régime politique où les artistes, aussi doués soient-ils, sont des citoyens et des justiciables comme les autres.
      ...
      L’impunité de ces hommes repose en grande partie sur une conception non seulement de l’artiste démiurge, mais d’un public passif et docile dans sa réception d’une œuvre vue comme sacrée, et, comme par hasard ces qualités recouvrent les valeurs traditionnellement associées au masculin et au féminin… On voit là qu’on se trouve en plein dans une pensée religieuse et réactionnaire, paradoxalement portée par des « gens de gauche » .

      La dernière phrase fait écho à ta remarque sur la religiosité de tout ca @sombre

      #talent #génie #surhomme #caste #privilège #démiurge #virilité #mâle-alphisme #mérite #star #lumière

      Le comble selon nous est que par exemple, China Town est une oeuvre remarquable sur l’inceste et le viol… Peut-être que nous effleurons ici la plus grande injustice sociale et le plus grand privilège masculin : ces hommes, non seulement violent en toute impunité, mais ensuite, de ces viols, font des chefs-d’oeuvre, acclamés, primés et applaudis. Et, à jamais c’est le chef-d’oeuvre du violeur qui restera gravé dans l’histoire de l’art, alors que, poussière, la vie dévastée des victimes retournera à la poussière. Ceci nous amène à un point important à propos des films de ces réalisateurs notamment pédocriminels. Parmi les injonctions dont on nous accable, il y a l’interdiction corollaire de ne pas juger les films de l’homme, qu’on nous conjure de ne pas condamner (particulièrement en France comme l’a dénoncé le critique de cinéma Paul Rigouste (6). Or la critique de genre, c.a.d en terme d’analyse de rapports sociaux de sexe, s’est développée comme champ théorique universitaire autonome depuis bien longtemps, y compris en France grâce aux travaux de Geneviève Sellier, et bien entendu ce qui chagrine nos fans, qui sont dans la dévotion, c’est que l’on puisse mener une critique cinématographique impertinente des œuvres de ces hommes. Par exemple, un visionnage attentif des films de Woody Allen permet de repérer son obsession pédophile pour les très jeunes filles, de même qu’il me semble que Polanski affronte sans détour dans son œuvre des problématiques très personnelles de crimes et culpabilités, et ce, de manière quasi systématique. Par définition, le travail de la pensée et de l’analyse ne peut être limité, la critique doit adresser l’ensemble de l’oeuvre et il semble aussi invraisemblable que contre productif de limiter le champ des études cinématographiques par des interdictions sous peine de « lèse génie ». Il faut dénoncer cette double injonction sur laquelle repose la défense de ces criminels : non seulement l’institution judiciaire n’aurait pas son mot à dire sous prétexte qu’ils sont des artistes, mais leurs œuvres elles-mêmes seraient comme immunisées de toute lecture en lien avec leurs crimes , lecture qui pourtant me semble très intéressante d’un point de vue de théorie de l’art. Nous avons là l’occasion inouïe d’analyser des œuvres de criminels qui précisément n’hésitent pas à créer à partir de leur propre criminalité, donc au nom de quoi se priver de ces recherches ? On voit là qu’on doit aller frontalement à contre sens de l’opinion commune : Non seulement on ne peut pas séparer l’homme de l’artiste comme on vient de le voir, mais il est spécifiquement ici pertinent de rattacher l’artiste à ses crimes afin d’étudier son œuvre à partir de son activité criminelle, sans pour autant l’y réduire bien entendu.

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      Enfin, un aspect qui me semble également important et à prendre en compte dans l’analyse de ces discours de défense des cinéastes criminels, c’est le phénomène de la fascination du grand public pour ces agresseurs. Fascination dont ils jouent pour faire valoir leur défense, qui bien entendu ne peut que bénéficier de sentiments confus, qu’il faut déconstruire.

      Dans La Photographie, le théoricien de l’art André Rouillé fait une analyse remarquable de ce qu’est une « star » dans nos sociétés contemporaines. Star en anglais signifie étoile, c’est-à-dire un objet qui brille même dans la nuit, à l’image de cette aura qui repose sur l’exposition médiatique, véritable machine optique d’exposition. Les stars sont des êtres à part, des êtres de lumière, qui scintillent, éclairées en réalité par la machine « people » qui selon nous fonctionne sur une ambivalence fondamentale : ces gens nous sont familiers, ils nous ressemblent mais ils sont différents, ils vivent dans une sphère sociale supérieure qui suscite crainte et respect. Ce jeu de reflets permet des identifications-évasions, des phénomènes confusants mais gratifiants, et surtout, profondément duels. Le public est saisi dans des positions contradictoires : entre l’admiration et la dévotion pour ces stars mais aussi le sentiment d’injustice que leur inspire le fait que contrairement à lui, elles échappent à un système judiciaire qui frappe plus durement les modestes et les anonymes. De plus, comme le note la philosophe Michela Marzano, les hommes et les femmes ne sont pas affectés de la même façon dans ce phénomène : dans un contexte patriarcal les hommes sont tentés de s’identifier aux accusés célèbres et puissants, quand les femmes sont piégées dans plusieurs conflits d’allégeance.

      ...

      La chercheuse Judith Herman nous met en garde que « C’est très tentant de prendre le parti de l’agresseur. La seule chose qu’il demande au témoin est de ne rien faire. Il en appelle à notre désir universel de rester neutre et ne pas condamner. La victime au contraire nous demande de prendre part à sa douleur. La victime nous demande d’agir, de nous engager et de nous rappeler pour elle. »

      On l’observe en chacun de nous dans ces cas précis : il existe un conflit entre le citoyen et le spectateur. Le citoyen condamne les crimes de l’artiste mais le spectateur veut continuer à jouir de l’oeuvre de l’artiste criminel. Parce que nous avons aimé ces œuvres, parce qu’elles font partie de notre vie désormais, de notre culture. Parce que l’oeuvre d’art est considérée comme unique et qu’on voue un quasi culte à son auteur, parce que les créateurs sont les nouveaux dieux de notre société sécularisée. Cette résistance autour de l’artiste tient selon nous à une imprégnation puissante d’un télescopage de conceptions de l’art des siècles derniers et de mythes néolibéraux ultra contemporains ; l’artiste incarnant dans notre mythologie capitaliste, à la fois l’individu exceptionnel, la liberté, la transgression, l’exception morale et une forme de sacré archaïque.

      #art #artiste

    • « Les César 2020 consacrent l’extraordinaire impunité de Roman Polanski »

      « À ce jour, le cinéaste Roman Polanski est accusé de viols et d’agressions sexuelles par 12 femmes, notamment alors qu’elles étaient mineures. Le réalisateur a reconnu avoir drogué puis violé l’une d’entre elles, une jeune fille âgée de 13 ans en Californie, puis a fui la justice.

      Il a ensuite tourné librement de nombreux films, reçu tous les grands honneurs et récompenses de sa profession, ainsi que le soutien de la quasi-totalité de l’establishment, pouvoirs publics compris, au point qu’il a obtenu les financements pour tourner en 2019 un film sur le capitaine Dreyfus, dont il prétend – par un renversement qui laisse pantois – que leurs destins sont similaires. Ce film a obtenu 12 nominations aux César, c’est-à-dire autant que le nombre de femmes accusant le réalisateur de « J’accuse ».

      publié par l’Express le 28/02/2020, en intégralité sur le blog de Lise’s B.
      https://lisefeeministe.wordpress.com/2020/03/02/les-cesar-2020-consacrent-lextraordinaire-impunite-de-roma

      « L’impunité repose sur une conception de l’artiste démiurge et d’un public passif », estiment Yael Mellul et Lise Bouvet , coautrices de Intouchables ? People, Justice et impunité, ouvrage dédié notamment aux affaires Polanski, Cantat, DSK et Tron.

      Juriste et ex-avocate, Yael Mellul est coordinatrice juridique du pôle d’aide aux victimes de violences du centre Monceau. Politiste et philosophe de formation, Lise Bouvet est traductrice de textes féministes anglophones et autrice.

    • Je recommande ce texte qui pointe certains défauts du texte de Despentes en particulier le féminisme blanc mais ne parle pas de l’aspect misogyne de l’idéologie trans et proxénète qui s’y est glissé. https://seenthis.net/messages/828705

      Sur le texte de Lise B pointé par @vanderling

      « Les amis de Polanski » nous disent, entre autres, qu’il n’est pas un justiciable ordinaire car c’est un auteur accompli, un grand artiste, créateur d’une œuvre sublime. On peut tout d’abord relever un lien logique suspect entre son talent (qui est indéniable) et le rapport de ce dernier avec la justice criminelle. A écouter ces gens-là, ce talent aurait pour conséquence qu’il serait hors de question de porter un quelconque jugement sur sa consécration ni qu’il perde une journée de plus de sa vie en prison. Mais qui décide de cette utilité sociale extra-ordinaire ?

      Prenons un exemple particulièrement saillant en ce moment : en plein mois de février, quand nous avons froid et que notre chaudière tombe en panne, qui peut se passer d’un bon plombier-chauffagiste ? Nous serions sûrement très fâchées que notre excellent chauffagiste, lui aussi nommé Roman Polanski, aille en prison pour le viol d’une jeune fille de 13 ans précisément en plein hiver, mais la loi est ainsi faite en démocratie que même les professionnels exceptionnels et indispensables sont comme tous les autres citoyens, passibles des mêmes peines pour les mêmes crimes.

      Personne ne parle du talent perdu de ces 12 victimes de Polanski. Si Polanski avait été arrêté pour les 12 viols qu’il a commis, ces films n’auraient pas été fait et on ne s’en serait pas plus mal sorti. Mais le talent (qui est indéniable) de Polanski c’est un talent qui compte car on ne dénie pas le talent des phallopores qu’ils soient cis ou femmes-trans. Le talent qui ne compte pas c’est celui des femmes cis et des hommes-trans, car personne ne parle du talent perdu de ces 12 femmes (et peut être plus) qui s’est peut être perdu à cause de Polanski. Ca me fait pensé à la sœur de Sheakspear dont parle Virginia Woolf. Qui pleur le talent perdu de toutes ces filles et femmes que les hommes détruisent à coup de bite ? Combien de génie au féminin avons nous perdus à cause des violences masculines ? aucune en fait car contrairement au talent de Polanski qui est INDENIABLE, le talent des femmes cis et des hommes-trans est toujours DENIABLE. Les Césars l’ont montré très clairement à Adèle Haenel et à Sciamma et illes le montrent jours après jours aux femmes d’Alice Guy à aujourd’hui.

      Il y a aussi cet exemple du talent du plombier chauffagiste ou du boulanger qui serait non reconnu au pretexte qu’il violerait. Ca me fait pensé que pour le talent d’une boulangère ou d’une plombière-chauffagiste on ne se pose même pas la question. Elle n’aura pas besoin de commetre des crimes pour se voire dénier son talent, il suffit qu’elle ne sois pas belle, qu’elle ne sois pas mère, qu’elle ne sois pas douce, et son « talent » de boulangère-plombière,chauffagiste ne vaudra pas tripette.
      #déni #talent

    • « Seul le bras de Lambert Wilson fait de la résistance, seul ce bras sait s’il tremble de peur ou de colère, ou des deux ».
      https://www.arretsurimages.net/chroniques/le-matinaute/et-le-bras-du-general-trembla

      Un bras tremble, ce matin, sur mon Twitter. C’est pourtant un bras ferme, un bras qui ne devrait pas trembler, le bras du général. Du général ? De Gaulle, bien entendu. Ou plutôt, le bras de Lambert Wilson, qui incarne le général dans un film du moment. Le général de 40, celui de l’Appel, dont le bras, justement, n’a pas tremblé. Et pourtant ce bras tremble, alors que sa partenaire Isabelle Carré (Yvonne de Gaulle dans le film) vient de prendre la parole, pour répondre à une question sur Polanski...

    • « Général de Gaulle, tu es notre idooole,
      A toi nos cœurs, nos braaas,
      Général de Gooaaal..! »
      J’ai entendu, l’autre matin à la radio, Lambert Wilson s’étonner de qui étaient ces gens ?

      « Je suis très en colère, c’est n’importe quoi ! Si on estime qu’il y a quelque chose qui ne fonctionne pas dans le fait que Polanski ait des nominations, alors on ne vient pas ! Oser évoquer un metteur en scène en ces termes… Parler d’Atchoum, montrer une taille… Et en plus, qu’est-ce qu’on va retenir de la vie de ces gens par rapport à l’énormité du mythe de Polanski ? Qui sont ces gens ? Ils sont minuscules. »

      Qui sont ces gens sur le plateau de #CàVous ? Qui est Lambert Wilson ? Qui est Atchoum ? Qui a engrossé blanche-neige ?


      Fluide Glacial n°515 (avril 2019)avec une couverture de Relom qui signe son retour dans le magazine avec une #BD de 7 pages " Petit avec des grandes oreilles " qui vaut bien le meilleur des Polanski !
      #Lambert_Wilson #2_mètres_de_connerie_avec_des_grandes_oreilles

    • Oui, c’est vrai, Despentes mélange tout. Oui, elle aligne dans la même colère les abus sexuels, la domination économico-politique (le 49.3) et la répression policière. Oui, elle superpose le manifestant qui défend sa future retraite dans la ligne de mire du LBD du policier de Macron, et la fillette de 13 ans sodomisée par Polanski. En apparence, c’est vrai, un esprit rationnel devrait s’efforcer de distinguer les situations. Ce qui les rapproche pourtant, s’appelle la domination. Sans guillemets. Et ce qui atteste le mieux de cette domination, c’est l’impunité. Le manifestant et la fillette, livrés à plus puissant qu’eux, savent que la justice ne leur sera jamais rendue. Qu’il y aura toujours des avocats retors, des arrangements financiers, une machine à enterrer les enquêtes nommée IGPN, pour que justice ne leur soit pas rendue. Et que le reste est littérature.

      Celà s’appelle, une analyse systémique. C’est grossier, c’est simpliste, ça ne fait pas le détail, désolé. Il y a bien entendu toujours des contre-exemples. Il y a des miracles. Il y a des puissants punis. Il y a de sublimes résiliences. Il y a des trèfles à quatre feuilles. Il y a des coincées moches qui deviennent des reines des chaînes d’info. Vu à l’échelle de l’individu, c’est d’ailleurs toujours plus compliqué, et il y a dans chaque individu du dominant et du dominé (Polony est femme ET bourgeoise reine des medias). C’est d’ailleurs cette complexité, qui fait le bonheur de la littérature, et le sel de la vie. Mais l’illusion proclamée que ces contre-exemples invalident les lois économico-sociales classe simplement Polony à droite (ce n’est pas moi qui le dis, c’est un certain Deleuze). Ce qui d’ailleurs n’est pas infâmant. Il faut bien une droite, pour que la gauche se souvienne pourquoi elle est la gauche.

      https://www.arretsurimages.net/chroniques/le-matinaute/natacha-polony-reine-des-medias-ex-coincee

    • Vu à l’échelle de l’individu, c’est d’ailleurs toujours plus compliqué, et il y a dans chaque individu du dominant et du dominé (Polony est femme ET bourgeoise reine des medias).

      L’ndividu « résilient » est l’arbre qui cache la forêt de la misère absolue.

    • Virginie Despentes responds to the Césars and Roman Polański
      by: Virginie Despentes translated by Lauren Elkin , March 2, 2020
      https://maifeminism.com

      I’m going to begin like this: don’t worry. O you great and powerful leaders, you lot who are in charge: it hurts. No matter how well we know you, no matter how many times we’ve taken your power on the chin, it always hurts. All weekend we’ve listened to you whinging and whining, complaining that you’ve had to resort to passing your laws by decree instead of by vote [à coups de 49.3] and that we haven’t let you celebrate Polański in peace, and that we’re ruining the party, but behind your moans, don’t worry—we can hear your pleasure at being the big bosses, the big shots, and the message comes through loud and clear: you don’t plan to let this idea of consent take hold. Where would be the fun in being in charge if you always had to ask permission from the people you rule over? And I am certainly not alone in wanting to scream with rage and impotence ever since your magnificent show of force, certainly not the only one to feel defiled after the spectacle.

      It is not at all surprising that the César Academy would award Roman Polański the prize for best director in 2020. It’s grotesque, it’s insulting, it’s vile, but it’s not surprising. When you award 25 million euros to a guy to make a TV film, the message is in the budget. If the fight against anti-Semitism interested French cinema, we’d know it by now. However, the voice of the oppressed who seize the change to tell their story, we can understand how that might bore you. So when you heard people talking about the subtle comparison between a filmmaker being heckled by a hundred feminists in front of three movie theatres and Dreyfus, a victim of French anti-Semitism at the turn of the last century, you jumped on board. 25 million euros to make this comparison. Amazing. We ought to acknowledge the investors, because to pull together that kind of budget, everyone had to be in on the game: Gaumont Distribution, the CNC, France 2, France 3, OCS, Canal +, RAI… everyone reached into their pockets, and deeply, for once. You closed ranks, you defended one of your own. The strongest defend their rights: it’s part of your elegance, rape is even the foundation of your very style. The law protects you, the courtroom is your domain, the media belongs to you. And that’s exactly what a major fortune is there for: to control the bodies of those who have been declared subaltern. Bodies that clam up, that don’t tell stories from their point of view. The time has come for the richest to hear this message: the respect we owe them will from now on extend to their dicks, stained with the blood and the faeces of the children they’ve raped. Whether at the Assemblée Nationale or in the culture—enough hiding, enough pretending not to be upset. You require entire and constant respect, whether we’re talking about rape, the brutality of your police, the Césars, your retirement reform. That is your politics: that victims remain silent. It comes with the territory, and if you have to get the message to us through terror you don’t see what the problem is. Your sick pleasure, above all. And the only people you tolerate around you are the most docile of lackeys. There is nothing surprising in the fact that you’ve thus sanctified Polański: it’s always money we’re celebrating; in these ceremonies we don’t give a shit about the cinema. Or the audience. It’s the striking capability of your own monetary power that you are worshipping. It’s the massive budget you’ve given him as a sign of support that you were saluting—and through him, your own power that must be respected.

      It would be pointless and inappropriate, in a comment on this ceremony, to separate the bodies of cis men from those of cis women. I don’t see any difference of behaviour. It is understood that these major prizes continue to be the exclusive domain of men, because the underlying message is: nothing must change. Things are very good as they are. When [the comedian and mistress of ceremonies Florence] Foresti left the awards and declared herself ‘disgusted’, she didn’t do it as a woman—she did it as an individual who was taking the risk of turning the profession against her. And she did it as an individual who is not entirely at the mercy of the film industry, because she knows you don’t have the power to deprive her of an audience. She was the only one who dared make a joke about the elephant in the room; everyone else avoided mentioning it. Not a word about Polański, not a word about Adèle Haenel. We all dine together, in this milieu; we all know how it goes. For months you have had your panties in a twist that part of the public is being listened to, and for months you have suffered because Adèle Haenel has spoken up about her experience as a child actress, from her own point of view.

      So all the bodies in that room that evening had been gathered together with one end in mind: to validate the absolute power of the men in charge. And the men in charge love rapists. That is, those who are like them, who are powerful. They don’t love them in spite of the rapes, because they have talent. They find them talented and stylish because they are rapists. They love them for that. For the courage they have to acknowledge the sickness of their pleasure, their idiotic and systematic drive to destroy the other, the destruction, in truth, of everything they touch. Your pleasure dwells in preying, that is your only understanding of style. You know very well what you are doing when you defend Polański: you demand to be admired even in your delinquency. It is this demand which results in everyone at the ceremony being subject to a law of silence. They blame political correctness and social media, as if this code of silence were something recent, the fault of the feminists, but it’s gone on like this for decades. During French cinematic ceremonies, you never joke about the bosses’ sensitivities. So everyone shuts up, everyone smiles. If the child rapist were the bin man there would be no mercy—police, prison, thunderous proclamations, victim defence and general condemnation. But if the rapist is a powerful man: respect and solidarity. Don’t speak in public of what goes on doing castings or pre-production or during filming or promotion. It’s well-known. The law of silence prevails. Respect for this advice is how you choose whom to hire.

      And although we’ve known this for years, the truth is we’re always surprised by the overconfidence of power. That’s what’s so amazing, in the end—it’s that you get away with your dirty tricks every time. Every time, it’s humiliating to see the participants take their place on stage, whether it’s to announce or to receive a prize. We see ourselves in them—not only me because I’m an insider, but anyone watching the ceremony. We identify with them and are humiliated by proxy. So much silence, so much submission, so much pressing into servitude. We recognise ourselves. We want to die. Because at the end of the night, we know that we are all the employees of this whole heap of shit. We are humiliated by proxy when we see them keep quiet even though they know that Portrait of a Lady on Fire won’t receive a single one of those big prizes at the end, and only because Adèle Haenel spoke up and because somehow they have to make the victims understand that though they might want to tell their stories, they would do well to think twice before breaking the vow of silence. Humiliated by proxy that you dared to nominate two female directors who have never received and probably never will receive the prize for best director so that you can give it to Roman fucking Polański. Himself. [Both words in English in the original] In your face! You are, decidedly, ashamed of nothing. 25 million, that’s more than fourteen times the budget of Les Misérables [dir. Ladj Ly, which won best film], and the guy can’t even claim his film was one of the five most-seen films of the year. And you reward him. And you know very well what you’re doing—that the humiliation experienced by an entire segment of the population who got your message loud and clear will spill over into the following prize, the one you gave to Les Misérables, when you bring onto the stage the most vulnerable bodies in the room, the ones which we know risk their lives at the slightest police inspection, and if there are no girls among them at least we see they are intelligent and can tell there is a direct link between the impunity of the famous director that night and the situation in the neighbourhood where they live. The female directors who awarded the prize of your impunity, the directors whose awards are stained with your dishonour— same struggle. They each are aware that as employees of the film industry, if they want to work tomorrow, they have to shut up. No joke. That’s the spectacle of the Césars. And what timing—three months of strikes to protest reforms to the retirement system that we don’t want, which you passed by force. The same message conveyed to the people at the same time: ‘Shut up, keep your mouths shut, shove your consent up your ass, and smile when you pass me in the street because I am powerful, because I have all the money, because I am the boss.’

      So when Adèle Haenel got up, it was a sacrilege on the move [en marche, a nice dig at Macron’s political party]. A repeat offender of an employee, who didn’t force herself to smile when her name was dragged through the mud in public, who didn’t make herself applaud the spectacle of her own humiliation. Adèle got up, as she had already to say look, this is how I see the story of the filmmaker and the adolescent actress, this is how I lived it, how I carry it with me, how it sticks to my skin. Because you can tell us about it any way you like, your idiotic distinction between the man and the artist—all victims of rape know there is no miraculous division between the body that is raped and the body that creates. We carry around what we are and that’s that. Explain to me how I should take advantage of her and then shove a violated girl out the door of my office to get down to work, you bunch of clowns.

      Adèle got up and left. On the 28th of February we didn’t learn much we didn’t already know about the French film industry, but we did learn how to wear an evening gown: like an Amazon [guerrière]. How to walk in high heels: as if we were going to tear the whole building down. How to walk with our heads held high, our necks rigid with anger, and our shoulders bare. The most beautiful image in forty-five years of the ceremony: Adèle Haenel going down the stairs to leave, while you’re all applauding. Now we know how it works, someone who walks out while telling you to fuck off. I would trade 80% of my feminist books for that image. That lesson. Adèle, I don’t know if I’m male gazing you or female gazing you but I keep love gazing you [all in English and as verbs] on my phone for that exit. Your body, your eyes, your back, your voice, all your gestures say it: yes, we are dumb bitches, we are the ones who’ve been humiliated, yes, we only have to shut our mouths and take your blows, you’re the boss, you have the power and the arrogance that goes with it, but we will not remain seated without saying anything. You do not have our respect. We’re getting the hell out. Enjoy your bullshit on your own. Celebrate yourselves, humiliate each other, kill, rape, exploit, smash everything that falls between your hands. We’re getting up and we’re getting out. It’s probably a prophetic image of the days to come. The real difference is not between men and women, but between the dominators and the dominated, between those who intend to suppress the story and impose their decisions and those who are going to get up and get out while complaining, loudly. It’s the only possible response to your politics. When it’s no longer tenable, when it goes too far, we’re going to get up and get out while hurling insults at you. Even if we are your subalterns, even if we take your shitty power on the chin, we despise you. You make us want to vomit. We have no respect for the mockery you make of respectability. Your world is disgusting. Your love of the strongest is sick. Your power is sinister. You are a gruesome bunch of imbeciles. The world you created to reign over the wretched lacks oxygen. We’ve been getting up and we’re getting the hell out. It’s over. We’re getting up. We’re getting out. We’re shouting: Go fuck yourselves.

    • Vendredi dernier, pour la première fois depuis un paquet de temps, les flics ont mis les casques et tiré les lacrymos à un rassemblement féministe ; pour la première fois depuis longtemps, on les a débordés même si c’est rien qu’un peu. Ce soir-là, on s’est senties puissantes ensemble, entre meufs, on a mis nos corps ensemble, pour que de victimes nous nous changions en menace et en vengeance : parce que si certain.es se lèvent et se cassent, nous, de plus en plus nombreuses, on se soulève et on casse.

      https://paris-luttes.info/il-y-a-ceux-qui-se-taisent-il-y-a-13599

      Le jour où les hommes auront peur de se faire lacérer la bite à coups de cutter quand ils serrent une fille de force, ils sauront brusquement mieux contrôler leurs pulsions “masculines”, et comprendre ce que “non” veut dire.

      Virginie Despentes, King Kong Théorie, 2006.

  • La photo de la semaine
    02/11/2019 Le blogue de Richard Hétu
    https://richardhetu.com/2019/11/02/la-photo-de-la-semaine-3

    Paula White-Cain, conseillère spirituelle de Donald Trump, a publié sur son compte Twitter jeudi cette photo qui est vite devenue virale. On y voit Donald Trump, les yeux fermés, entouré de personnalités religieuses, dont plusieurs pasteurs évangéliques, priant pour lui. Certaines des personnes présentes posent une main sur le président pour qu’il puisse recevoir l’Esprit saint.

    #gorafi_encore_plagié

    • https://elpais.com/internacional/2019/11/03/actualidad/1572806433_452486.html

      El día que el presidente prestó juramento de su cargo, en enero de 2017, lo hizo sobre dos Biblias: una propia y otra usada por Abraham Lincoln en 1861. A su lado estaba el ultraconservador Mike Pence, que asumió como vicepresidente. Ese día, Paula White se convirtió en la primera religiosa que oficiaba la oración durante la ceremonia. Después de su aparición pública junto a los políticos, su apoyo en las redes bajó considerablemente. “Veía cómo mis seguidores en Twitter bajaban en 10.000, 20.000, 30.000...”, reconoció a The Washington Times. Ahora tiene 700.000 en esta red social y tres millones en Facebook.

      En junio, en Orlando (Florida), la asesora espiritual cambió el tono utilizado en la inauguración del mandato del presidente para pasar a uno más alarmista en un mitin del republicano. “Que cada red demoniaca que se haya alineado contra el llamamiento del presidente Trump, sea derribada en nombre de Jesús”, exclamó ante la multitud. “Declaro que el presidente Trump superará todas las estrategias del infierno y todas las estrategias del enemigo”, agregó entonces. Algunos cristianos consideran sus ideas heréticas y no faltan quienes la tildan de populista e incluso de figura divisiva en esa fe.

      White, como Trump, no siempre fue religiosa. En su libro de memorias Something Greater, publicado el pasado octubre, narra la “visita divina” que Jesús le hizo en 1986, cuando estaba con su hija recién nacida. En la visión, ella aparecía predicando en todos los continentes. La imagen fue un impulso para dedicarse por completo a la religión. Desde entonces, ha levantado un imperio, con programas de televisión, radio, libros, giras por el país y, desde 2014, como pastora principal en una iglesia evangélica en Florida.

      Eso, hasta que Jesús volvió a hablarle. En mayo, durante el sermón dominical, afirmó que el Señor le había dicho que no se podía “perder este momento” para hacer cosas más grandes. Así que abandonó su puesto de pastora en la New Destiny Christian Center en Apopka para abrir una Universidad y levantar 3.000 nuevas iglesias. Pero los ambiciosos planes de White se vieron interrumpidos por uno de sus seguidores: Trump. El presidente estadounidense, que intenta asegurarse que los evangélicos permanezcan en sus filas, la llamó para encargarse de que lo consiga desde la Casa Blanca. White todavía no ha hecho ni un comentario al respecto. Sus redes están enfocadas ahora mismo en promocionar su nuevo libro antes que al propio Trump.

  • Portrait d’un imposteur, charlatan, facho, stipendié par la CIA, belliciste et misogyne (j’en oublie). Théophraste R. - 30 Juin 2019 - LGS
    https://www.legrandsoir.info/portrait-d-un-imposteur-charlatan-facho-stipendie-par-la-cia-bellicist

    Eduqué par un précepteur nazi envoyé au Tibet par Hitler, il a été jusqu’en 1959 le chef d’une théocratie si féroce que « son peuple » martyr, avec une espérance de vie de 37,5 ans, était en danger de disparition.

    En avril 1999, il a lancé un appel au gouvernement britannique afin qu’il libère l’ex-dictateur fasciste chilien Augusto Pinochet, arrêté au cours d’une visite en Angleterre (1).

    Il était l’ami du gourou japonais https://www.legrandsoir.info/le-dalai-lama-vient-de-perdre-un-ami.html de la secte Aum, Shoko Asahara qui le sponsorisait et qui a défrayé la chronique de l’horreur en faisant gazer au sarin des passagers du métro de Tokyo le 20 mars 1995.

    Il est subventionné depuis 1959 par la CIA. En 1998, son représentant à Washington a avoué : «  C’est un secret dévoilé, nous ne le contestons pas.  »

    Le 27 juin 2019, il s’est exprimé à la BBC https://www.bbc.com/news/world-asia-48772175 sur l’immigration en Europe, qu’il souhaite limitée, faute de quoi «  l’Europe pourrait devenir « musulmane ou africaine  ». Elargissant le slogan de nos fascistes («  La France au Français !  ») il a déclaré «  Europe is for Europeans  ».
    Le « chef » si peu spirituel d’une frange minoritaire des bouddhistes envisage de se réincarner en femme, mais «  il faudra qu’elle soit attirante  ». Il n’a pas dit : «  je ne me vois pas en boudin  », mais on l’a entendu.

    Despote, #charlatan, #facho, stipendié par la CIA, belliciste (partisan de la guerre en Irak et en Afghanistan), misogyne, tel est l’individu que notre site dénonce depuis des années dans de nombreux articles (2) quand la classe politico-médiatique se prosterne devant lui.

    Théophraste R. Auteur du pamphlet (que j’hésite à publier) : «  Le dalaï lama est un sale con  ».

    Notes. 
(1) Pendant les 25 années d’emprisonnement de Nelson Mandela, il s’est tu. C’est pourquoi, malgré ses efforts, et contrairement à Raul Castro, il n’a pas été autorisé à assister aux funérailles du leader Sud-Africain en décembre 2013.

    (2) Voir aussi le livre : « Dalaï lama pas si zen », de Maxime Vivas (Editions Max Milo, 2011).

    #dalaï_lama #misogynie #tibet #chine #religion #bouddhisme #femmes #politique #histoire #censure #manipulation #asile #asie #Nelson_Mandela #théocratie #augusto_pinochet #europe #migrations #emmanuel_macron #macron Curieux que #brigitte_macron, ne figure pas sur la photographie, ce devait être une demande de sa #sainteté pour qui les #femmes sont des . . . .

    • J’ai aucune raison de défendre un dirigeant religieux hein, mais on peut pas appeler ça du journalisme quoi. Article débile sans aucune source, qui mélange des trucs vrais et faux exorès (moi j’arrive jamais à avoir confiance à chaque fois que je lis le Grand soir, je pige jamais si c’est un contenu copié d’autre part, un article écrit exprès, et d’où sortent les infos, etc).

      Rien que la première phrase « putaclic » n’a aucun sens « Eduqué par un précepteur nazi envoyé au Tibet par Hitler » : il a jamais été éduqué par un précepteur étranger… il a juste croisé la route de l’alpiniste https://fr.wikipedia.org/wiki/Heinrich_Harrer pendant un moment, aucun rapport avec son éducation.

      Enfin bref, super le journalisme quoi… Si c’est pour critiquer une religion, ou des personnes de pouvoir (très bien !), j’attends plus que ce genre de merde, personnellement…

  • Révolte en Iran : un fil d’actus fourni (que je ne saurais ni compléter ni critiquer), avec des #vidéos et articles
    https://twitter.com/contre_capital/status/946656455565955072

    La « ville sainte » de #Qom est également touchée maintenant par la contestation et les slogans anticléricaux contre l’ayatollah #Khamenei. (...)
    La révolte s’étend à toutes les villes aujourd’hui, même petites : #Gorgan, #Kerman, #Saveh, #Khorramabad, #Malayer, #Abhar, ... A #Tabriz où hier la foule a chassé un membre du clergé la police est partout. A #Shiraz le bâtiment du séminaire de théologie a été incendié.

    #révolte #manifestations #théocratie #Iran

    • Iran : la contestation s’étend à tout le pays, Jean-Pierre Perrin, Mediapart

      Après un défilé jeudi à Machhad, les manifestations, les premières depuis 2009, s’étendent à tout l’Iran. Les protestataires dénoncent la vie chère et la dictature. Pour la première fois, le nom du Chah a été scandé. Au moins deux personnes ont été tuées.

      Même à Qom, des centaines de manifestants ont crié vendredi des slogans violemment hostiles au régime. Cité sainte s’il en est, avec ses dizaines d’écoles théologiques, ses milliers de religieux et depuis laquelle l’ayatollah Khomeiny avait commencé sa fronde – devenue révolution – contre le régime du Chah, elle est de loin la moins remuante des villes iraniennes. Pourtant, d’après les images diffusées sur les réseaux sociaux, on y a scandé les mêmes slogans qu’à Rasht (nord), Kermanshah (ouest), Ispahan (centre) ou Machhad (nord-est) : « Mort au dictateur » ou « Libérez les prisonniers politiques ». Certains s’adressaient même directement au Guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei : « Seyyed Ali devrait avoir honte et quitter seul le pays. »

      Depuis jeudi et à la surprise de tous les observateurs, l’Iran est en effet en proie à des manifestations, qui ont fini par atteindre Téhéran. Limitées dans chaque agglomération à quelques centaines de personnes, elles se sont néanmoins étendues à une large partie du pays – plus d’une vingtaine de villes sont concernées. « Signal d’alarme pour tout le monde », écrivait samedi le quotidien réformateur Armani. Dès vendredi matin, le président Hassan Rohani avait réuni son cabinet pour examiner la situation. Samedi, de nouveaux défilés antigouvernementaux se sont déroulés à Kermanshah ou à Shahr-e Kord (ouest). Samedi soir, deux manifestants ont été tués à Doroud, dans le sud-ouest du pays, a fait savoir le vice-gouverneur de la province du Lorestan.

      À Téhéran, des centaines de personnes avaient manifesté ce même jour dans le quartier de l’université, avant d’être dispersées par la police anti-émeute largement déployée. Dans la nuit de samedi à dimanche, Internet a été coupé sur les téléphones portables des Iraniens. Sur Twitter, le ministre des télécommunications, Mohammad-Javad Azari Jahormi, a accusé Telegram, suivi en Iran par 57 millions d’utilisateurs, d’encourager le « soulèvement armé ». De leur côté, les pasdaran (gardiens de la révolution) ont mis en garde dans un communiqué contre une « nouvelle sédition », reprenant le mot utilisé pour désigner les manifestations de 2009.

      Mais il n’y a, semble-t-il, pas eu de manipulation du régime dans les autres mouvements de protestation. À la différence des grandes manifestations de 2009, qui étaient d’emblée politiques, dénonçaient la réélection truquée de Mahmoud Ahmadinejad et exigeaient davantage de démocratie, ceux-ci portent d’abord des revendications matérielles concernant la vie de tous les jours. Mais, comme à Machhad, ils ont pris très vite une connotation anti-régime, voire anti-religieuse. « Mollahs, quittez l’Iran », a-t-on pu entendre dans cette ville phare du chiisme. « Liberté, indépendance et république d’Iran », ont scandé, de leur côté, les manifestants de Khorramabad (ouest de l’Iran). Ailleurs, on a pu entendre « Lâchez la Syrie ! Pensez à nous », en référence aux dépenses considérables engagées par Téhéran pour soutenir Bachar al-Assad. Plus étonnant encore a été la référence au Chah dont le nom n’avait jamais été scandé en public depuis le renversement de la monarchie en 1979. Double surprise puisqu’il ne s’agit pas de Mohammed-Reza Pahlavi, le dernier Chah renversé par Khomeiny cette même année, mais de Reza, son père, qui avait mis au pas les religieux à la différence de son fils, plus accommodant avec eux. « Béni sois-tu, Reza Chah », ont crié les contestataires de Qom. Un autre slogan, plus significatif, entendu dans d’autres villes : « Un pays sans Chah est un pays sans ordre [essab kitab – littéralement, sans livre de comptes]. »

      Les derniers rassemblements de grande ampleur en Iran remontaient à cette époque. Ils visaient à protester contre les fraudes ayant permis la réélection du président sortant, Mahmoud Ahmadinejad. Les manifestations de ces derniers jours sont bien différentes. Elles sont d’abord en réaction contre la vie chère – même si Rohani a fait tomber l’inflation de 40 à 8 % –, la faillite de plusieurs pseudo établissements de prêts qui a lésé d’innombrables petits épargnants, la baisse des retraites, le chômage qui atteint 28,8 % (chiffre officiel) chez les jeunes et la corruption devenue phénoménale au point que même le Guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, s’en est indigné, il y a quelques jours, à la surprise générale.

      C’est à Machhad, la grande cité sainte au nord-est de l’Iran et la seconde ville du pays par sa population, que la première manifestation, jeudi, a commencé, aux cris de « Marg Bar Rohani » (« Mort à Rohani »). Si l’on en croit l’opposant iranien Hassan Shariat-Madari, fils du défunt grand ayatollah Sayyed Kacem Shariat-Madari, ce sont les bassidji (miliciens) qui l’avaient organisée en manipulant les protestataires. Leur but était de fragiliser le président iranien et de démontrer l’échec de sa politique de réintégration de l’Iran au sein de la communauté internationale.

      Ville religieuse s’il en est, du fait du tombeau de l’imam Reza, avec un establishment religieux très lié aux factions des « oussoulgarayan » (principalistes ou fondamentalistes), qui en ont fait un foyer d’opposition à Rohani, elle a en réalité voté massivement pour ce dernier aux présidentielles du mois de mai et pour ses partisans aux municipales. D’où le calcul des bassidji d’organiser une manifestation dans une ville où il est supposé être populaire. Un calcul qui s’est avéré totalement désastreux, selon l’opposant interrogé samedi sur la chaîne iranienne Kayhan de Londres, puisque les slogans ont bien vite été détournés par les protestataires pour viser le régime tout entier. « Mort à Rohani » est ainsi vite devenu « mort à la dictature », sans doute en référence à Ali Khamenei. En outre, la manifestation a trouvé dès le lendemain des échos dans plusieurs autres villes iraniennes. D’où la colère des partisans de Rohani, en particulier de son vice-président, Eshaq Jahangiri : « Quand un mouvement social et politique est lancé dans la rue, ceux qui l’ont déclenché ne seront plus forcément capables de le contrôler par la suite. Ceux qui sont derrière ces événements se brûleront les doigts », a-t-il déclaré à l’agence Irna.

      Une radicalité bien différente du mouvement de 2009

      Différence aussi notable avec les manifestions de 2009, ce ne sont plus cette fois les classes moyennes et les étudiants qui défilent mais, comme on peut le voir sur les vidéos, les classes populaires, la frange inférieure de la classe moyenne, les ouvriers, les petits retraités. C’est-à-dire l’ancienne base révolutionnaire du régime, les mostazafin (les déshérités), comme les appelait Khomeiny qui voyait en eux « la torche » de la révolution islamique. « Ce sont tous ceux qui n’ont plus rien à perdre », résume le spécialiste de l’Iran Clément Therme, chercheur à l’Institut international d’études stratégiques, à Londres. Jusqu’à présent, le gouvernement n’a pas réprimé aussi violemment les manifestions qu’en 2009. Il y a eu certes des centaines d’arrestations – plus d’une cinquantaine à Machhad – et des matraquages, en particulier des étudiants de Téhéran qui ont rejoint le mouvement, mais la priorité a plutôt été d’organiser d’immenses contre-manifestations dans un millier de villes et localités.

      « Les manifestations contre le régime ont des raisons à la fois immédiates et structurelles, souligne le même chercheur. Les raisons immédiates, ce sont les hausses de prix, par exemple les œufs qui ont augmenté de 40 %, les difficultés de la vie quotidienne. D’une manière générale, il y a une grande déception par rapport à l’accord sur le nucléaire qui n’a pas conduit à ce que les Iraniens espéraient, en priorité des améliorations dans leur vie. » « Les secondes raisons, ajoute-t-il, sont structurelles, comme la corruption et la mauvaise gestion en particulier des ressources et de la redistribution de la rente pétrolière, des problèmes auxquels le régime est incapable d’apporter un remède. Celui-ci apparaît comme une caste de privilégiés qui bénéficie de cette rente et ne fait rien pour organiser sa redistribution. D’où un sentiment d’injustice immense. Le solution Rohani, en fait, ne fonctionne pas : il y a une contradiction entre le néolibéralisme promu par la faction élue et le clientélisme du régime que l’on peut voir à l’œuvre notamment dans les manifestations massives pro-régime. »

      C’est donc plus par ces manifestations en sa faveur – elles ont lieu chaque année à la même période en souvenir de sa victoire sur la « sédition » de 2009 – que le pouvoir cherche à allumer des contre-feux. « Il est d’ailleurs peu pertinent, estime Clément Therme, de présenter ces deux manifestations en parallèle : d’un côté, nous avons des partisans amenés en bus par l’État et de l’autre des gens qui risquent leur vie pour demander la redistribution de la rente, la fin de l’injustice économique et celle de la corruption d’un régime en place depuis 38 ans. »

      Ce qui frappe d’emblée, c’est à quel point l’actuel mouvement de protestation, qui ne semble disposer ni d’une organisation ni d’un encadrement, a pu faire tache d’huile en si peu de temps et gagner une bonne partie de l’Iran. Ce qui surprend aussi, ce sont les slogans faisant le lien entre la situation économique à l’intérieur de l’Iran et les guerres régionales menées par le régime à l’extérieur, notamment en Syrie. Un tel rapprochement a fait grincer les dents des proches du pouvoir. « Dans une foule de plusieurs centaines de personnes, un groupe n’excédant pas 50 personnes a crié des slogans déviants et affreux tels que “Quittons la Palestine”, “Ni Gaza, ni Liban, je ne donnerai ma vie que pour l’Iran” », s’est ainsi indigné l’ayatollah Ahmad Alamolhoda, un proche du Guide suprême, en réclamant davantage de fermeté contre les manifestants de Machhad.

      Pour Clément Therme, « les Iraniens ne souhaitent plus d’une part, que la rente pétrolière soit distribuée à l’extérieur, dans les pays voisins, aux clients de la République islamique mais à l’intérieur du pays ; et d’autre part, que la priorité soit donnée au développement socioéconomique de l’Iran et non pas à l’idéal révolutionnaire même si, comme le montrent les contre-manifestations, certains y adhèrent encore ».

      Est-ce pour autant une véritable menace pour le régime ? Pas pour le moment. Mais d’ores et déjà des tabous sont tombés : appel sans précédent au retour de la dynastie des Pahlavi, attaques directes contre le Guide suprême… soit une radicalité dont le mouvement de 2009 ne témoignait guère. Pour le président Rohani, déjà engagé dans un dur bras de fer avec les « principalistes », c’est une mauvaise passe dont il devrait sortir très affaibli. En particulier si la répression s’intensifie, ce qui le mettrait en contradiction avec ses promesses de campagne en faveur de davantage de liberté. Comme on pouvait le craindre, Donald Trump et les dirigeants israéliens se sont dépêchés d’acclamer les manifestants. Comme alliés, le régime islamique ne pouvait rêver mieux.

      #classes_populaires #revendications_matérielles

    • « Le peuple mendie, les mollahs vivent comme des dieux. »
      "A bas Khamenei", « honte à toi Khamenei, dégage du pays »

      Et ça juste au moment où intervient un assouplissement du port obligatoire du voile
      https://www.algeriepatriotique.com/2017/12/30/voile-plus-obligatoire-iran

      ...la police iranienne préfère adopter une approche souple pour convaincre les gens de respecter les préceptes de la religion. Cette approche, a expliqué M. Rahimi, selon le quotidien Shargh qui rapporte l’information, consiste à abandonner le châtiment et à privilégier l’éducation. Certains médias soutiennent que les femmes ne seront plus tenues de porter le voile si tel était leur volonté.

      Une réforme sociétale (comme on s’est accoutumé à le dire) qui n’a pas empêché que les « conditions matérielles » et la « vie quotidienne » soit critiquées et fassent prendre la rue.

  • For India’s Hindu Nationalists, Religion Alone Defines Entitlement, Rights and Citizenship | Alternet
    https://www.alternet.org/world/indias-hindu-nationalists-religion-alone-defines-entitlement-rights-and-ci

    It’s a worldview at odds with modernity and republicanism crafted in the Indian Constitution and the state: A fundamental belief, indoctrinated through skewed ‘history’ lessons in the shakha, that asserts religion and faith systems, some more than others, inherently determine entitlement, rights and citizenship.

    It is this prism that governs officialdom and India today and that tells us—quite unashamedly—that the Rohingyas (never mind that they are poor, distraught and below any poverty line) are a security threat, simply because they are Muslim. The Chakmas are not, the Hindus from Myanmar are not, but Rohingyas are a threat, simply because of their faith. (Source: Indian government’s affidavit before the Supreme Court of India dated September 18, 2017.)

    At the core of this instrumental use of a militarized form of faith is the transformation—through a climate and fear of violence and death—of India as articulated in the decades long struggle for independence from British colonial rule and exemplified in India’s founding document: its Constitution.

    Theocracy, or religion based nationhood, was unequivocally rejected by India’s Constituent Assembly, by leaders of all ideological dispositions. It was exclusivist outfits who were one in their worldview, the RSS and the Hindu Mahasabha, with the Muslim League—who also successfully projected that Muslims could not be part of a composite nation with India’s Hindus.

    Today, this worldview, which unashamedly articulates nationhood, citizenship and entitlements based on narrow definitions of faith, dominates Indian Parliament and rules 12 states (another five in alliance). The game of numbers, finally, is on their side.

    For any dispensation in the 21st century, in a country of over 1.324 billion people, a good 15 percent of whom are Muslim, 2-3 percent Christian, 27 percent Dalit, a physical ethnic cleansing of those ‘not Hindu’ may not be easy nor practical. But periodic and brute lynchings, by the brainwashed and armed cadres of these multi hydra organizations, are useful to build such an ethos, based on the fear of death.

    #Inde #Théocratie #Epuration_ethnique #Fascisme #Religion

  • #ANoush_Ganjipour : « L’islam n’est pas simplement une spiritualité, mais avant tout une loi »
    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/271216/anoush-ganjipour-l-islam-n-est-pas-simplement-une-spiritualite-mais-avant-

    « Existe-t-il une politique propre à l’islam ? » Telle est l’interrogation qui travaille le philosophe Anoush Ganjipour, directeur de recherche au Collège international de philosophie. Pour tenter d’y répondre, il est sans doute nécessaire de tirer certains enseignements de l’expérience iranienne. Entretien.

    #Culture-Idées #chiisme #Essais #Imam_Khomeini #imams #Iran #islam #islam_politique #sunnisme #théocratie #théologie

  • « United States of Bigotry »

    • Kristen Simons, Article 5, Tor Teen, 2012, 561 p.

    Ember, 17 ans, n’a jamais connu son père, c’est avec sa mère Lori qu’elle a échappé à la guerre déchirant les Etats-Unis. Si la paix est revenue, le pays est désormais une théocratie régie par les Moral Statutes, cinq articles de loi pour extirper le péché du sein de la nation. Née hors mariage, Ember tombe sous le coup de l’Article 5. Lori est arrêtée tandis que Ember est internée. Secourue par un allié inattendu, elle fera tout pour retrouver sa mère.

    Personnages. Une directrice sadique, une grand-mère isolée, des chasseurs lubriques, une famille d’agriculteurs confrontés à des pillards, un ex-petit ami devenu tortionnaire, les relations humaines sont toujours marquées du sceau de la méfiance et de la brutalité dans Article 5. L’intensité des rencontres que fait Ember contraste avec son manque de substance à elle : Ember a survécu à une guerre, a su naviguer dans une société totalitaire, mais devant le lecteur elle se montre naïve, hésitante, comme si elle n’avait jamais été confrontée à la violence de son environnement. Nombre de ses décisions sont absurdes. La vraisemblance de l’action en prend un coup.

    Ambiance. La société dans laquelle vit Ember rappelle furieusement ces régimes islamiques du Golfe et de Mésopotamie, même puritanisme, même police des moeurs. On est saisi par ce monde dépeuplée, aux paysages toujours sombres et dangereux que nous soyons emportés dans une ville ou dans une forêt. Deux images reviennent régulièrement dans la narration : le drapeau américain sur lequel on a superposé la Sainte Croix, symbole du nouveau pouvoir ; la route que parcoure notre héroïne, la seule infrastructure maintenue en état par le gouvernement, stratégique pour déplacer les troupes et les prisonniers, mais aussi symbole de voyage, de fuite, de liberté. Deux souvenirs d’un rêve américain ruiné. Comme un avertissement de l’auteur.

    Kristen Simons signe un « road novel » énergique. Cet univers oppressant, totalitaire, a un gros potentiel, mais a peut-être été sur-développé aux dépens du personnage principal. Une lecture sympathique pour un public adolescent.

    https://www.amazon.com/5-Kristen-Simmons/dp/0765329611

    #lecture #dystopie #Kristen_Simons #Etats-Unis #théocratie

  • Le Grand rabbin séfarade d’Israël, Ytzhak Yosef https://en.wikipedia.org/wiki/Yitzhak_Yosef, a déclaré que les non-juifs qui ne respectent pas les 7 lois noahides devraient être interdits de vivre en Israël et expulsé en Arabie saoudite.
    Et pour ceux qui les respectent ? Ils pourront rester pour servir les juifs.

    Non-Jews should be forbidden from living in Israel, says Chief Rabbi Yitzhak Yosef
    http://www.independent.co.uk/news/world/middle-east/non-jews-should-be-forbidden-from-living-in-israel-says-chief-rabbi-y

    Israel’s Sephardic Chief Rabbi has sparked controversy after saying non-Jews should not be allowed to live in Israel unless they follow a set of Jewish laws.
    Rabbi Yitzhak Yosef said non-Jews who fail to live by the seven Noahide laws should be expelled to Saudi Arabia, The Times of Israel reports.
    Speaking in a sermon on Saturday, the Chief Rabbi said: “If our hands were firm, if we had the power to rule, then non-Jews must not live in Israel.”
    “If a gentile does not agree to take on the seven Noahide Laws, we should send him to Saudi Arabia.”
    The seven Noahide Laws are a basic moral code outlined in the Talmud. They prohibit actions such as blasphemy, murder, illicit sexual relations, theft and eating live animals, according to The Times of Israel.
    Rabbi Yosef added that non-Jews who do agree to abide by the laws will be allowed to remain in Israel in order to serve Jews.
    “Who, otherwise be the servants? Who will be our helpers? This is why we leave them in Israel, ” he said.

    Mais comme nous l’explique i24, après ces propos controversés, le grand rabbin a précisé dans un communiqué qu’il parlait là dans le cadre d’une « approche théorique » :
    Le Grand rabbin séfarade d’Israël précise ses propos controversés contre les non-Juifs
    http://www.i24news.tv/fr/actu/israel/societe/107700-160328-les-non-juifs-ne-devraient-pas-pouvoir-vivre-en-israel-grand-r

    Le Grand rabbin séfarade d’Israël a publié mardi un communiqué dans lequel il tient à préciser les propos qu’il a tenus samedi dernier lors d’un prêche sur les non-Juifs qui n’auraient pas leur place en Israël.
    Il s’agissait, selon Yitzhak Yosef, d’une « approche théorique » et de la notion de résident telle qu’elle était interprétée par Maïmonide.
    « Il est évident qu’il ne peut y avoir de nos jours aucune loi qui puisse justifier l’expulsion d’Israël de ceux qui ne sont pas juifs », peut-on encore lire dans le communiqué du Grand Rabbin qui rappelle avoir fait partie de ceux qui ont affirmé qu’on n’a « pas le droit de tuer un terroriste qui a été neutralisé et qu’il faut le remettre aux représentants de la loi ».

    Il me semble que le cadre de cette approche théorique est clair dans l’article de The Independent :

    If our hands were firm, if we had the power to rule , then non-Jews must not live in Israel.”

    #épuration_ethnique ... théorique, hein !
    #racisme #suprémacisme #théocratie

    • #approche_théorique ha ha ! Il me fait penser à cet élu norvégien du Fremskritt partiet (extrême-droite) qui avait écrit en grand sur son blog "Je hais l’Islam !" pendant quelques jours, avant de retirer la mention à cause des nombreuses protestations et qui expliquait sans rire que « on avait rien compris, en fait c’était juste un exemple pour dire qu’il n’aimait pas les religions dans l’ensemble, et que pour être plus percutant, il avait choisi un exemple au hasard ».

  • Donald Trump, notre contemporain | PrototypeKblog
    https://prototypekblog.wordpress.com/2016/03/02/donald-trump-notre-contemporain

    Trump n’est pas une chimère. Trump n’est pas un homme isolé. Trump est un oligarque richissime, un héritier bien plus qu’un entrepreneur, à l’âge de l’oligarchie triomphante et de la prédominance du jeu de l’argent. L’organisation qui gère sa campagne emploie des milliers de personnes, et brasse des millions de dollars. Et les ralliements ont commencé.

    Trump incarne un programme réactionnaire, régressif, agressif, impérialiste ? Certes, mais ses concurrents ne valent franchement pas mieux — à l’exception de Bernie Sanders.

    Si on se plonge dans les programmes et les prises de position, on trouve facilement de nombreux sujets sur lesquels Donald Trump est plus « modéré » que Ted Cruz ou Marco Rubio. Quant à Hillary Clinton, l’économiste centriste Jeffrey D. Sachs a résumé sa vraie nature en un bref billet sur son blog du Huffington Post daté du 5 février 2016 : Hillary Clinton est la candidate de Wall Street et de la machine de guerre étasunienne — ce qu’on appelait jadis le complexe militaro-industriel.

    Trump est outrancier sur la forme et sur le fond ? Trump est agressif, grossier, insultant, bruyant, caricatural ? Certes, mais ne faut-il pas plutôt admettre que sa communication est ainsi complètement adaptée au monde contemporain ? Qu’il est même sur-adapté ? Voir un sur-sur-adapté ?

    Je pense que le succès de Trump ne vient pas de sa différence, de son éloignement, de sa marginalité. Je pense que son succès vient, bien au contraire, de sa sur-adaptation, de sa conformité, de sa centralité.

  • La #transsexualité en #Iran : une loi libérale dans un pays conservateur - See http://www.middleeasteye.net/fr/reportages/la-transsexualit-en-iran-une-loi-lib-rale-dans-un-pays-conservateur-1

    Malgré le manque de données officielles, l’Iran est considéré comme un des leaders au vu du nombre d’opérations de chirurgie de réattribution sexuelle qui y sont réalisées. Le gouvernement couvre même environ la moitié des coûts. Car l’Iran, une #théocratie chiite, a adopté une loi très progressive en matière de droits des #transsexuels.

  • For Religious Zionists, Israeli-Palestinian Conflict Is Holy War, Scholar Says - Israel News - Haaretz
    http://www.haaretz.com/israel-news/.premium-1.692401

    There is nothing new about the fact that the presence of the religious public in the Israel Defense Forces is increasingly expanding. But you claim that under the radar, a process of theocratization is underway. In other words, rabbis are meddling in what is happening in the army and dictating policy.

    [...]

    There is a clear trend here. In the view of these people, Israel is waging a war that fulfills a mitzvah involving the settlement of the land. This is a religious commandment, and we religious Jews have a role in leading the army to fulfill it. That is how we educate our soldiers – and not without knowledge or awareness of the fact that this sort of education opposes the political authority of the state, because we believe the authority to relinquish territory held by the state is not within the government’s purview.

    #Théocratie #guerre_sainte #Israël #Israel #nettoyage_ethnique

  • De l’utilisation du noir dans une carte thématique. Ici franchement, ça me fait peur ! Encore un autre Index,la liberté de penser" signalé par Marianne Slotta sur Facebook que je remercie.

    Pour retrouver l’Allemagne et le Danemark en rouge, et le Kosovo en vert, la construction de l’indice doit être particulièrement intéressant.

    On trouvera le rapport qui explique la démarche derrière l’index ici :

    http://freethoughtreport.com/download-the-report

    #indice #index #liberté #démocratie #droits_humains

    • @reka Ton étonnement est sans doute partagé par la majorité de mes compatriotes. Le rapport prend la perspective des agnostiques et athées - avec des résultats surprenant pour la plupart des habitants des pays « chrétiens ».

      Les auteurs du rapport considèrent que la séparation entre l’église et l’état constitue un prérequis pour l’exercice de la libre expression. Ce n’est pas le cas en Allemagne où les églises sont toujours étroitement liées avec l’état et massivement présentes dans les institutions quasi-étatiques.

      Chez nous tu peux finir en prison pour blasphème et tu peux perdre ton travail pour non-appartenance à une église spécifique. Dans ce cas tu ne sera pas protégé par le code du travail parce que ton entreprise appartient à une église. Avant ton licenciement tu n’avais aucune possibilité de négotier quoi que ce soit ton syndicat n’ayant aucun droit dans le domaine de l’église. Droit de grève ? Tu rigoles ...

      L’omniprésence des institutions religieuses ouvre grand les portes pour l’extrémisme islamique. Une association soi-disant religieuse n’a qu’á revendiquer l’égalité de traitement pour les cultes pour s’introduire dans les domaines centrales de l’état. Ainsi les cours de religion islamique dans les écoles d’état à Berlin sont dispensés par des représentants d’associations sous contrôle de la droite religieuse turque. Imagines les adeptes de l’archevêque Lefebvre donner des cours de religion dans les écoles parisiennes ;-)

      cf. page 499 ff Standard, full edition (PDF, 542 pages)
      https://drive.google.com/uc?export=download&id=0By-M5O9MchGhSlZrRG82c2huQ3M

      Systematic discrimination based on religious identity, affiliation, belief or practice has been reported.

      ... pire encore ...

      Religious education (RE) is mandatory in most states and there is no adequate substitute for unaffiliated children.

      Le rapport traite la qualité de la libertés d’expression qui est tout le temps menacés par le pouvoir des églises.

      Many public universities do have state funded faculties for Christian theology. Catholic bishops in the state of Bavaria have the power of veto in philosophical faculties to prevent an unwanted professor.

      Bref : En Allemagne tant que tu fais partie d’une grande église et paies tes impôts tu n’a pas grand chose à craindre. Par contre si tu es agnostique ou athée tu es systématiquement privé de droits élémentaires. D’où la couleur rouge. L’Arabie saoudite est marquée en noir. On y discute même pas.

      Gläserne Wände | Bericht zur Benachteiligung nichtreligiöser Menschen in Deutschland
      http://www.glaeserne-waende.de

      Dr. Thomas Heinrichs, Rechtsanwalt und Experte für Weltanschauungs- und Religionsverfassungsrecht, nennt einen Grund, warum kirchenferne Menschen in der Bundesrepublik bis heute Bürger zweiter Klasse sind. „Das Recht der Religionen und Weltanschauungsgemeinschaften in der BRD ist in seinen wesentlichen Zügen aus der Weimarer Reichsverfassung übernommen worden. Zwar kennt die Weimarer Reichsverfassung die formale Gleichstellung aller Religionen und Weltanschauungsgemeinschaften, faktisch aber orientiert sich das Recht am Muster der Kirche. Wer nicht als Kirche organisiert ist und wer nicht in der Rechtsform der Körperschaft existiert, erscheint rechtlich und auch faktisch als Religion bzw. Weltanschauung zweiter Klasse. Dies hat sich bis heute nicht geändert. Noch immer ist in Recht und Politik die ‚Kirche‘ die normsetzende Form von Religion und Weltanschauung. Alle anders organisierten Religionen und Weltanschauungen werden strukturell benachteiligt.“

      OK, la peine de mort pour apostasie n’existe plus chez nous, mais on est tout sauf une société fondée sur la liberté et l’égalité de ses membres.

      Plus de détails sur la discrimination des non religieux en Allemagne : Bericht Gläserne Wände
      http://vg07.met.vgwort.de/na/275689f14d464e68abd21c141c1ac0d4?l=http://www.glaeserne-waende.de/media/2015/08/Glaeserne-Waende-2015-web.pdf
      Ce rapport définit cinq éléments de discrimination

      - das Vorenthalten von Rechten oder das Erschweren des
      Zugangs zu ihnen,
      – die Verweigerung von angemessener Mitwirkung an der
      Willensbildung im öffentlichen Bereich,
      – die Einschränkung der persönlichen Weltanschauungs- oder
      Gewissensfreiheit,
      – die Einschränkung der Berufsfreiheit,
      – der Zwang zur Finanzierung religiöser Aktivitäten oder zur
      Mitwirkung daran.

      #religion #theocratie #histoire #syndicalisme #église #Allemagne

  • « Attentifs ensemble », Réflexions sur la gauche, le terrorisme, et ce qu’il convient de faire par rapport à lui, Didier Hanne, octobre 2015
    http://www.journaldumauss.net/?Attentifs-ensemble

    Un effort est indispensable pour que se constitue un rempart intellectuel, militant, citoyen et unitaire contre le terrorisme. Une #gauche lucide et déterminée apportant sa pierre, sans rien renier de ses valeurs mais au contraire les défendant contre ce qui les attaque, est indispensable à son édification. Il faut faire face. Nous revient de démontrer qu’on peut penser et agir contre le #terrorisme sans glisser à droite. (...)

    On nous souffle régulièrement, à l’extrême gauche notamment, mais pas seulement, qu’après tout ce terrorisme n’est qu’une réaction aux guerres infligées par les grands pays capitalistes à la population musulmane dans le monde. Nous aurions, ainsi, la réponse que nous méritons par nos malfaisances anciennes et multiples à l’encontre des musulmans. Pour faire accroire cette analyse, il faut un peu brouiller la chronologie, et légèrement réécrire l’histoire.

    ...les gauches devraient aussi éviter de céder à la tentation des formules choc qui ne font qu’accroître confusionnisme et anachronismes. Ainsi a-t-on vu fleurir les concepts « d’islamo fascisme », de « fascisme vert » ou d’ « islamo-nazisme ». Mis en circulation par Oriana Fallaci en 2002, puis adoptés par BHL, repris ensuite par Fadéla Amara, ils semblent avoir été adoptés par des gens aussi différents que Malek Boutih [29], Noël Mamère ou Alain Badiou. C’est le premier ministre en personne, qui donnait le 16 février 2015 une onction officielle au concept : « Pour combattre cet islamo-fascisme, puisque c’est ainsi qu’il faut le nommer, l’unité doit être notre force. »

    On voit bien le souci tactique dont cela procède pour certains (convaincre la gauche et la jeunesse des quartiers, en stimulant leur supposé réflexe anti fasciste), mais le rapprochement ainsi suggéré entre le terrorisme islamiste actuel et le fascisme ou le nazisme est plus que discutable. On ne peut que relever les différences de contextes et de structures entre des phénomènes dotés de modes d’action et d’objectifs très divergents. Les fascismes étaient des mouvements de masse, pas le terrorisme actuel qui reste très minoritaire. Ils étaient, chacun dans leur pays, unitaires et centralisés, pas le terrorisme actuel caractérisé par son émiettement et sa désorganisation relative, y compris au Moyen Orient. Ils étaient des mouvements païens, dépourvus de religiosité, pas le terrorisme actuel gorgé de références à l’Islam. L’exterminisme était au cœur du projet nazi. Le projet djihadiste ne rechigne certes pas aux massacres, mais comme moyens en vue d’une fin : l’avènement d’une #théocratie intégrale.

    Pourquoi, quand le neuf et la différence surviennent, faudrait-il à tout prix leur exhumer un (faux) jumeau dans le passé, comme si l’histoire n’était au fond qu’une succession de répétitions, au risque de méconnaître l’adversaire concret dressé devant nous ? (...)

    Le développement des fondamentalismes musulmans dans un pays comme la France a certainement beaucoup à voir avec la crise de l’intégration, le recul des solidarités populaires et l’absence d’une #contre_société protectrice, - fonction autrefois assumée par un #mouvement_ouvrier désormais disparu - ainsi qu’avec le spectacle consternant donné par les élites amorales. Pour une part, la progression des intégrismes religieux constitue une réplique (hyper conservatrice) aux tendances à l’#atomisation régnant dans les sociétés « modernes ». Mais ces causes politico-culturelles ne remplissent leurs fonctions qu’en rapport avec l’hypercapitalisme financier qui est le cadre où elles peuvent jouer à plein. Celui-ci, en entretenant chômage de masse, précarisation et marchandisation généralisée, dans une dynamique de fuite en avant - train fou dans lequel une partie de la gauche a décidé d’embarquer - multiplie les insécurités sociales, la désappartenance, la fin de la socialisation par le travail, sans solution de remplacement. Engendrant anomie et démoralisation, il ne peut que pousser certains dans la recherche d’une voie religieuse pour trouver un sens à la vie. Pour autant, fanatisme, intégrisme et violences ne sont pas des fatalités de l’engagement religieux.

    Cependant, les causes du terrorisme, même s’il a tendance à s’incruster dans ce terrain favorable - sont à distinguer des causes du fondamentalisme. Elles ont une densité plus faible en facteurs économiques et sociaux identifiables. La diversité des parcours individuels est telle qu’il est délicat de repérer des profils ou de faire des prédictions de comportement par catégories. Mais on le constate, des gens ayant quelque chose à perdre, un travail, une famille, un avenir encore ouvert cèdent aussi à la tentation de l’ultra violence. Ils ne viennent pas tous des rangs du fondamentalisme, et ils ne sont pas tous des enfants de la misère.

    C’est souvent à l’abri du fondamentalisme que les terrorismes, proposent une autre forme d’intégration. Cependant, celle-ci, de type sectaire, demeure qualitativement différente de la socialisation offerte par le fondamentalisme, plus souple et moins susceptible de désocialiser radicalement les individus. Si Malek Boutih n’a pas tort d’affirmer que « le djihadisme doit être conçu comme la partie la plus avancée de la radicalité politico-religieuse de l’islamisme. Non pas dans l’objectif de criminaliser tous ceux qui pensent contre nous, mais pour comprendre et combattre plus efficacement ce phénomène », [34] c’est à condition de se souvenir qu’on on ne lutte pas avec les mêmes moyens et les mêmes objectifs pour contrer l’influence des courants fondamentalistes et pour contrer celle des terroristes.

    En tout cas, face à de tels enchevêtrements causaux, c’est une illusion encore trop répandue à gauche de s’imaginer que le terrorisme pourrait reculer exclusivement sous l’effet de politiques plus sociales ou plus égalitaires. Cela ne veut pas dire qu’il ne faudrait pas les mener, ces politiques. Il y a bien un rapport entre le terrorisme et la façon dont la société moderne s’oriente vers un capitalisme intégral désorientant des multitudes d’individus tout en œuvrant à la déchirure de la socialité. Mais ce lien est tellement compliqué de médiations et de rétroactions multiples, sans parler de cette complication cardinale, l’imprévisibilité d’individus relativement libres, qu’il ne sert presque à rien de le rappeler, lorsqu’on cherche à comprendre et à agir contre le terrorisme.

    Il faut cependant également s’intéresser aux conséquences. On méconnaît, sinon, que le terrorisme n’est pas seulement causé : comme phénomène politico-social, il est également causant.

    Il est urgent de donner les moyens à la société de construire un diagnostic intelligent et réaliste d’un phénomène complexe et changeant. Nous devrions exiger de l’Etat que les nouveaux moyens dévolus à la lutte contre le terrorisme ne soient pas seulement dédiés à la répression, mais qu’ils favorisent également la recherche, la documentation, les débats citoyens. Il est certain en tout cas que la stimulation publique de la recherche sur le phénomène terroriste n’aura pas lieu, ou moins bien, si les chercheurs craignent d’être assimilés à une horrible « machine à punir » qui « construit » son objet et « invente » ses cibles, à moins de se résigner à abandonner ce champ de recherche aux seuls intellectuels ayant quelques prédispositions droitières. Ajoutons que cette recherche doit embrasser l’ensemble du phénomène, et donc ne pas être uniquement polarisée sur les causes, mais travailler aussi sur les conséquences. Sur l’Etat, sur la société, sur les victimes.

    Sujet actif, le terrorisme s’émancipe de ses conditions de possibilité en se dressant au dessus d’elles, et comme tout phénomène politico-social, modifie son environnement, rétroagit sur ses causes, engendre des conséquences qui peuvent à leur tour devenir des causes : il produit de la nouveauté.

  • Vie et mort des dieux virtuels
    http://ragemag.fr/vie-mort-dieux-virtuels-77385

    Date : 1982. Lieu du crime : MUD, le premier jeu en ligne du monde (pour Multi-User Dungeon). Dès son arrivée, Egor n’avait qu’un but en tête : la destruction. La destruction du monde de MUD, hébergé par les serveurs de l’université d’Essex, en Grande-Bretagne. Avant lui, tout était plutôt calme : les joueurs se défiaient gentiment en duel, jouaient quelques farces sans conséquence à ceux qu’ils croisaient, et parfois allaient même taquiner un dragon cracheur de feu. Rien de plus. Une sorte de contrat social assez rudimentaire s’était mis en place.
    [...]
    Néanmoins, pour cette communauté à peine éclose qu’était MUD, Egor présentait un réel danger, auquel il fallait répondre. La solution trouvée par Bartle était très élégante dans son classicisme. Il se replongea dans le code du monde qu’il avait créé, pour programmer un éclair divin – le Doigt de la Mort – et pulvériser Egor. Un véritable châtiment divin.

    Passionant !

    #Dieu #Hacker #Histoire_de_l'informatique #Jeu_vidéo #Jeux_massivement_multi-joueurs #Réalité_virtuelle #Réseau_informatique #Théocratie #Tiers_lieu #Troll

  • #Tunisie #Tunisia : après un #crime #politique inquiétant.

    http://www.argotheme.com/organecyberpresse/spip.php?article1627
    Berceau du #PrintempsArabe, le pays de #Bourguiba à la croisée des chemins

    Aussi bien #Ennahdha en Tunisie, que le #régime #iran ien ou bien le dernier des islamo- #terroristes, blâmer les #occidentaux passe avant les #médias et les #élites laïques locaux. Cependant, ce sont ces derniers qui en sont les #victimes, des actes barbares, comme les tueries, ou les diverses peines de la #charia islamique... Une autre argumentation reste aussi de mise, chez les tenants de la « #Théocratie », elle consiste à désigner « les vestiges de l’ancien régime » ...

  • #Egypte : les #BlackBlocs entrent en #action
    http://www.argotheme.com/organecyberpresse/spip.php?article1608
    Après 2 ans, la #violence fécondée par les désespérances !

    Toutes les #expériences de l’ #islamisme s’apparentent finalement à un glissement collectif, que ce soit par la voie des urnes ou bien comme au #NordMali par la sauvagerie, des #populations en #théocratie. En #Egypt , l’ #Armée redoute le #chaos avec la teneur des dernières #manifestations ! De #Nouvelles pratiques #contestataires sont apparues en ce janvier 2013, oui une surprenante flambée de violence dans plusieurs localités a fait des dizaines de #morts, de 50 à 60 au bout de 3 jours.

    Notre dossier : L’Egypte dans le #PrintempsArabe

  • Unelectable Atheists: U.S. States That Prohibit Godless Americans From Holding Public Office
    http://www.americanhumanist.org/HNN/details/2012-05-unelectable-atheists-us-states-that-prohibit-godless

    Arkansas, Article 19, Section 1:
    No person who denies the being of a God shall hold any office in the civil departments of this State, nor be competent to testify as a witness in any Court.

    Maryland, Article 37:
    That no religious test ought ever to be required as a qualification for any office of profit or trust in this State, other than a declaration of belief in the existence of God; nor shall the Legislature prescribe any other oath of office than the oath prescribed by this Constitution.

    Mississippi, Article 14, Section 265:
    No person who denies the existence of a Supreme Being shall hold any office in this state.

    North Carolina, Article 6, Section 8
    The following persons shall be disqualified for office: Any person who shall deny the being of Almighty God.

    South Carolina, Article 17, Section 4:
    No person who denies the existence of a Supreme Being shall hold any office under this Constitution.

    Tennessee, Article 9, Section 2:
    No person who denies the being of God, or a future state of rewards and punishments, shall hold any office in the civil department of this state.

    Texas, Article 1, Section 4:
    No religious test shall ever be required as a qualification to any office, or public trust, in this State; nor shall any one be excluded from holding office on account of his religious sentiments, provided he acknowledge the existence of a Supreme Being.

    #religion #usa #atheisme