• #Hanover: finto #think_tank utile a diffondere #propaganda israeliana
    https://radioblackout.org/2026/09/hanover-finto-think-tank-utile-a-diffondere-propaganda-israeliana

    Un’inchiesta originariamente svolta dal Guardian ha svelato il meccanismo utilizzato da un finto Think tank - inesistente in quanto senza sede, senza indirizzi né referenze - «Hanover»..

    #L'informazione_di_Blackout #sionismo
    https://radioblackout.org/wp-content/uploads/2026/09/Hanover2026_09_03_2026.09.03-10.00.00-escopost.mp3

  • Tout ce qui est solide s’oxyde. À propos de la pyroconvection du capital fossile. Marius Bickhardt
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    "CO₂ : Ils appellent ça de la pollution, on appelle ça la vie”.

    L’été 2026 est passé de Charybde en Scylla, entre vagues de chaleur extrême et incendies dévastateurs. La célèbre métaphore accélérationniste du Manifeste du parti communiste d’après lequel, à l’ère capitaliste, “tout ce qui est solide se volatilise” prend désormais une acception littérale.

    À l’ère du Pyrocène, terme par lequel l’historien environnemental étatsunien Stephen Pyne désigne l’époque de la généralisation des méga-feux due au changement climatique d’origine anthropique, la métaphore chimique de la volatilisation cède le pas à celle de l’oxydation. Désormais, tout ce qui est solide - les arbres, les tourbières, les espèces vivantes - part en fumée, la crise climatique multipliant les risques de sécheresses et d’incendies. La dynamique de pyro-convection, par laquelle la chaleur dégagée par les feux monte vers le ciel en créant ainsi le vent même qui projette les incendies toujours plus loin, devient alors le chiffre même du capital fossile. Le procès d’accumulation, que Marx décrivait jadis non pas comme un cercle mais comme une “spirale”, rejette toujours plus de gaz à effet de serre dans l’atmosphère en transformant ainsi le climat et le système météorologique. Ce faisant, il favorise des feux toujours plus fréquents et intenses. Avec l’alternance des extrêmes météorologiques due à la catastrophe climatique, l’air plus chaud de l’été transporte plus d’eau en créant des hivers plus humides qui favorisent la croissance de la biomasse. Celle-ci subira à son tour de fortes chaleurs au cours de l’été en devenant alors un potentiel combustible. Par conséquent, la combustion de la biomasse libère le carbone stocké en renforçant ainsi l’effet de chauffe tout en détruisant les puits écologiques. De la sorte, la frontière du feu va inéluctablement remonter vers le centre, le nord et l’Ouest de l’Europe centrale qui pourraient devenir une pyrorégion classée fire-prone.

    Pour l’heure, le mode de gestion dominant de la catastrophe repose sur l’interpellation et la responsabilisation des individus, incités à adopter des écogestes aussi nécessaires qu’insuffisants. De même qu’à l’époque de la pandémie de Covid 19, l’appel à la vaccination et à l’hygiène personnelle permettait de se passer subrepticement de solutions plus structurelles comme l’installation de filtres à air et la mise à l’arrêt de la déforestation favorisant les zoonoses pandémiques, les gouvernements se contentent d’interdire la vente de barbecue ou exhortent leurs citoyens à ne pas jeter leur mégots pour ne pas avoir à discipliner le capital fossile qui continue à émettre librement ou le capital immobilier qui construit à sa guise dans des zones à risque.

    Or un ”urbanisme soutenable” nécessiterait des habitations adaptées aux chaleurs extrêmes et éloignées des zones d’incendies, autant qu’une socialisation des forêts en tant que bien commun écologique. Comme le rappelle la géographe Pauline Vilain-Carlotti, il faudrait revenir à la structure concentrique de pare-feux naturels qui entouraient jadis les villages méditerranéens : qui entouraient jadis les villages méditerranéens : “Une première, qui abritait des jardins et des potagers,(...),une deuxième, où pâturaient les animaux d’élevage.(...) En troisième périphérie, il y avait l’espace de la silva, donc du sauvage. On avait donc une succession de différentes strates végétales, de hauteurs différentes, sans continuité de combustible”.

    L’absence de ces mesures constitue une façon nouvelle de nier la profondeur du problème. Comment la conjoncture actuelle s’inscrit-elle dans la longue histoire du déni climatique qui prend son essor aux États-Unis avant de s’exporter vers l’Europe ?

    #agnotologie #production_de_l'ignorance #production_de_la_confusion #pyrocène #méga-feux #climat #changement_climatique #crise_climatique #sécheresses #incendies #capital_fossile #capital_immobilier #économie #libre_entreprise #fondamentalisme_de_marché #scepticisme_climatique #déni_climatique #think_tanks #extrême_droite #économie_libertarienne #scientisme #réchauffement_climatique #forêts #urbanisme #écogestes #nationalisme_vert #éco-fascisme #politique_identitaire #écologie #Marius_Bickhardt

    • Au début du XXIᵉ siècle, ce modèle américain du déni climatique est exporté vers l’Europe, où il est approprié par les mouvements nationalistes et d’extrême droite. Des partis tels qu’Alternative für Deutschland (AfD) en Allemagne, Forum voor Democratie (FvD) aux Pays-Bas, le United Kingdom Independence Party (UKIP) ou Vox en Espagne intègrent le déni climatique dans des récits plus larges de ressentiment culturel et politique. Toutefois, le centre de gravité idéologique se déplace. Alors que le déni américain repose sur le libertarianisme du marché libre, ses variantes européennes se mélangent au nationalisme ethnique et à l’hostilité à l’égard de l’immigration. Cette convergence donne naissance à ce que les chercheurs décrivent comme le « nationalisme vert » ou l’"éco-fascisme", où la rhétorique écologique est instrumentalisée afin de justifier des politiques d’exclusion et défendre les populations « natives » contre des menaces supposées que représenteraient à la fois les migrants et la régulation environnementale.

      Ainsi, la mondialisation du déni marque la transformation d’un contre-mouvement corporatif en projet politique populiste. Né comme réaction de défense du capital fossile face à la régulation environnementale, le modèle négationniste américain fournit les outils institutionnels et rhétoriques qui seront ensuite mobilisés par l’extrême droite européenne. L’exportation du déni climatique à travers l’Atlantique montre comment la défense de la modernité fossile évolue d’un credo néolibéral de liberté de marché vers une politique identitaire de l’appartenance. Dans les deux contextes, toutefois, sa fonction demeure la même : préserver la légitimité sociale de l’accumulation carbone en déplaçant le consensus scientifique sur le terrain de la lutte idéologique.

    • Le marxisme écologique, Marius Bickhardt, Gauthier Delozière, Cannelle Gignoux, La Découverte, avril 2026

      Issu des marges du mouvement ouvrier et de l’#écologie_politique, le #marxisme_écologique est devenu l’un des foyers de la revitalisation du marxisme après la chute du bloc de l’Est. S’affirmant comme courant à la fin des années 1980, cette vaste entreprise exégétique, analytique et politique constitue désormais une ressource précieuse pour appréhender les catastrophes écosociales de l’Anthropocène. Cet ouvrage se donne pour objectif d’en présenter les principes fondamentaux.
      Il revient d’abord sur son émergence avant d’aborder les différentes relectures de l’écologisme de Karl Marx. Il s’attache ensuite à ses développements contemporains, depuis l’analyse des causes historiques du dérèglement planétaire en cours (#Capitalocène contre Anthropocène, capitalisme fossile, impérialisme écologique) jusqu’aux débats théoriques et stratégiques qui accompagnent l’aggiornamento environnemental de la théorie marxienne de l’émancipation (#État, #planification_écologique, #sujet_révolutionnaire).

      Intro et table des matières :
      https://www.calameo.com/read/0002150221e0cadad5f4f

      #livre

    • Introduction par Marius Bickhardt (Newsletter Diagramme)

      En France, la succession des vagues de chaleur, des épisodes caniculaires et des mégafeux a déjà transformé l’été 2026 en enfer climatique. Cette séquence expose une fois de plus la faillite des zélateurs d’une modernisation écologique du capitalisme : le Fonds vert est sous-financé, le plan de rénovation thermique des bâtiments a été assoupli et les moyens de lutte contre les incendies ont été affaiblis.

      Alors qu’en 2020 le signifiant flottant de cet échec politique était le manque de masques FFP2 face à la « guerre contre le virus », il s’incarne à présent dans une flotte de Canadair vétustes et inopérationnels, au cœur de la « guerre contre le feu ».

      Dans le même temps, l’extrême droite cherche à tirer son épingle du jeu en accusant l’« idéologie des extrémistes verts » (Valérie Déloge) ainsi que l’« écologie de la décroissance et de l’âge de pierre » (Jordan Bardella) d’être responsables des catastrophes en cours. Elle appelle à un grand plan de climatisation du pays, au renforcement du nucléaire ainsi qu’à une baisse des émissions obtenue par le rapatriement des industries, afin de « produire davantage en France, selon nos normes environnementales » (Bardella, 25 juin 2026).

      Ce faisant, elle transforme la structure idéologique du déni climatique. « Le défi climatique est réel et il est face à nous », affirme-t-elle désormais. Si le référentiel écologique est à présent pleinement intégré à la rhétorique du nationalisme vert portée par l’extrême droite française, le négationnisme climatique ne fait que changer de forme.

      Car climatiser sans remettre en cause la mobilité privée fossile, qui constitue l’un des facteurs majeurs des îlots de chaleur urbains ; augmenter la production d’énergie nucléaire sans tarir les sources d’émissions de carbone ; ou défendre les mégabassines sans s’attaquer aux causes structurelles de la raréfaction de l’eau revient à métamorphoser le déni plutôt qu’à le dépasser.

      C’est l’histoire longue du déni que nous avons explorée avec Naomi Oreskes. L’historienne états-unienne des sciences nous dresse le portrait de ceux qu’elle appelle les « marchands de doute ». Dans l’ouvrage phare qu’elle a coécrit avec Erik Conway en 2010, elle montrait comment, dès les années 1980, un petit groupe de scientifiques, étroitement liés par des intérêts idéologiques et économiques, s’était efforcé de minimiser les risques associés au tabagisme, aux pluies acides ou encore à l’hiver nucléaire. Sous l’administration Reagan, l’objectif était clair : il s’agissait de décrédibiliser la science et d’instiller le doute afin de justifier l’inaction politique. C’est ce qu’un sous-champ de l’histoire des sciences désigne désormais sous le nom d’« agnotologie », c’est-à-dire l’étude de la production socioculturelle de l’ignorance et du doute.

      L’agnotologie est l’étude de la production culturelle de l’ignorance. Elle s’impose comme un domaine essentiel de l’histoire et de la philosophie des sciences au début des années 2000. Inventé par l’historien des sciences Robert N. Proctor, le terme désigne la production systématique du doute, de la confusion et de la désinformation, en particulier dans les domaines où les connaissances scientifiques menacent des intérêts économiques ou politiques puissants. Dans Agnotology : The Making and Unmaking of Ignorance (2008), édité par Londa Schiebinger and Proctor, le concept est développé dans un cadre analytique qui remet en question l’hypothèse conventionnelle selon laquelle l’ignorance résulte simplement d’une absence de savoir. L’ignorance est alors comprise comme quelque chose d’intentionnellement produit, entretenu et diffusé : un artefact épistémique doté de fonctions politiques et sociales spécifiques.

      En partant de cette perspective, l’ignorance n’est plus l’antithèse de la connaissance, mais l’une de ses histoires compagnes. Elle est façonnée, distribuée, et exploitée par des dispositifs institutionnels, médiatiques, étatiques, et entrepreneuriaux. L’étude de cas de Proctor, la campagne menée par l’industrie du tabac pour “semer le doute” sur les risques sanitaires liés au tabagisme, illustre bien cette dynamique. Les entreprises ont stratégiquement exploité l’incertitude inhérente à la #recherche_scientifique, en présentant des débats provisoires comme s’ils révélaient un désaccord fondamental. En transformant la prudence scientifique en controverse apparente, ces campagnes de dénégation sont parvenues à paralyser l’action réglementaire et à retarder durablement les mesures de #santé_publique.

      Cette logique devient le modèle des formes ultérieures de déni climatique. L’industrie des combustibles fossiles, les think tanks conservateurs et les médias qui leur sont affiliés adoptent des techniques agnotologiques similaires pour entretenir le scepticisme à l’égard du #changement_climatique anthropique. Le déni, en ce sens, n’est pas un simple mensonge : il repose sur l’exploitation de l’incertitude épistémique, cette condition même qui rend la science ouverte, révisable et autocorrectrice. La production d’ignorance fonctionne alors comme une forme de contre-science : elle en imite les signes extérieurs — la rationalité, la rigueur, le débat — tout en en inversant la finalité, transformant l’incertitude d’un espace d’enquête en une arme politique.

      L’agnotologie invite les historiens et les philosophes à considérer l’#ignorance comme un phénomène historiquement situé et politiquement construit. Elle met en évidence la manière dont les pratiques épistémiques s’articulent aux structures de pouvoir et montre que le contrôle du savoir, y compris l’orchestration stratégique du doute, constitue désormais une dimension centrale de la gouvernance moderne.

    • Tout ce qui est solide s’oxyde. À propos de la pyroconvection du capital fossile. Marius Bickhardt (Newsletter 22, 20 août 2026, Diagrammes)

      L’été 2026 est passé de Charybde en Scylla, entre vagues de chaleur extrême et incendies dévastateurs. La célèbre métaphore accélérationniste du Manifeste du parti communiste d’après lequel, à l’ère capitaliste, “tout ce qui est solide se volatilise” prend désormais une acception littérale.

      À l’ère du Pyrocène, terme par lequel l’historien environnemental étatsunien Stephen Pyne désigne l’époque de la généralisation des méga-feux due au changement climatique d’origine anthropique, la métaphore chimique de la volatilisation cède le pas à celle de l’oxydation. Désormais, tout ce qui est solide - les arbres, les tourbières, les espèces vivantes - part en fumée, la crise climatique multipliant les risques de sécheresses et d’incendies. La dynamique de pyro-convection, par laquelle la chaleur dégagée par les feux monte vers le ciel en créant ainsi le vent même qui projette les incendies toujours plus loin, devient alors le chiffre même du capital fossile. Le procès d’accumulation, que Marx décrivait jadis non pas comme un cercle mais comme une “spirale”, rejette toujours plus de gaz à effet de serre dans l’atmosphère en transformant ainsi le climat et le système météorologique. Ce faisant, il favorise des feux toujours plus fréquents et intenses. Avec l’alternance des extrêmes météorologiques due à la catastrophe climatique, l’air plus chaud de l’été transporte plus d’eau en créant des hivers plus humides qui favorisent la croissance de la biomasse. Celle-ci subira à son tour de fortes chaleurs au cours de l’été en devenant alors un potentiel combustible. Par conséquent, la combustion de la biomasse libère le carbone stocké en renforçant ainsi l’effet de chauffe tout en détruisant les puits écologiques. De la sorte, la frontière du feu va inéluctablement remonter vers le centre, le nord et l’Ouest de l’Europe centrale qui pourraient devenir une pyrorégion classée fire-prone.

      Pour l’heure, le mode de gestion dominant de la catastrophe repose sur l’interpellation et la responsabilisation des individus, incités à adopter des #écogestes aussi nécessaires qu’insuffisants. De même qu’à l’époque de la pandémie de Covid 19, l’appel à la vaccination et à l’hygiène personnelle permettait de se passer subrepticement de solutions plus structurelles comme l’installation de filtres à air et la mise à l’arrêt de la déforestation favorisant les zoonoses pandémiques, les gouvernements se contentent d’interdire la vente de barbecue ou exhortent leurs citoyens à ne pas jeter leur mégots pour ne pas avoir à discipliner le capital fossile qui continue à émettre librement ou le capital immobilier qui construit à sa guise dans des zones à risque.

      Or un ”urbanisme soutenable” nécessiterait des habitations adaptées aux chaleurs extrêmes et éloignées des zones d’incendies, autant qu’une socialisation des forêts en tant que bien commun écologique. Comme le rappelle la géographe Pauline Vilain-Carlotti, il faudrait revenir à la structure concentrique de pare-feux naturels qui entouraient jadis les villages méditerranéens : qui entouraient jadis les villages méditerranéens : “Une première, qui abritait des jardins et des potagers,(...),une deuxième, où pâturaient les animaux d’élevage.(...) En troisième périphérie, il y avait l’espace de la silva, donc du sauvage. On avait donc une succession de différentes strates végétales, de hauteurs différentes, sans continuité de combustible”.

      L’absence de ces mesures constitue une façon nouvelle de nier la profondeur du problème. Comment la conjoncture actuelle s’inscrit-elle dans la longue histoire du déni climatique qui prend son essor aux États-Unis avant de s’exporter vers l’Europe ? Telle est la question examinée dans notre entretien avec l’historienne des sciences Naomi Oreskes.

      L’histoire transnationale du déni climatique commence aux États-Unis, où l’industrie des énergies fossiles et les réseaux intellectuels conservateurs convergent pour contester le consensus scientifique sur le réchauffement climatique d’origine anthropique. Il apparaît à la fin des années 1980, précisément au moment où la coopération internationale sur le climat s’institutionnalise à travers le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). Cette infrastructure négationniste combine lobbying industriel, actions de think tanks et mobilisation idéologique. Elle devient ensuite un modèle pour des campagnes similaires en Europe, où elle s’intègre aux nouvelles formes de politique d’extrême droite.

      Le George C. Marshall Institute, fondé en 1984 par les physiciens de la Guerre froide Robert Jastrow, William Nierenberg et Frederick Seitz, illustre les origines scientistes et autoritaires de ce mouvement. Initialement créé pour défendre l’Initiative de défense stratégique ("Guerre des étoiles") contre des critiques tels que Carl Sagan, l’institut réoriente rapidement son expertise de la Guerre froide vers la politique climatique. En 1989, il publie Global Warming : What Does the Science Tell Us ?, l’une des premières attaques organisées contre la science du climat. Ses fondateurs présentent l’environnementalisme comme une menace pour la sécurité nationale et la libre entreprise. Sous eux, la dissidence scientifique devient un réalisme patriotique. En mobilisant leur prestige scientifique, ils inaugurent ce que Naomi Oreskes et Erik Conway décriront plus tard comme la stratégie des "marchands de doute", transformant l’incertitude en inaction politique.

      Le Cato Institute, fondé en 1977 par Charles Koch et Ed Crane, prolonge ce projet en inscrivant le déni climatique dans la grammaire de l’économie libertarienne. À partir des années 1990, ses économistes et analystes soutiennent que la régulation climatique est incompatible avec la liberté économique. Le Center for the Study of Science de Cato, dirigé par Patrick Michaels, se spécialise dans la minimisation des relevés de température et les attaques contre les modèles climatiques. Cette approche insère le scepticisme climatique dans une critique néolibérale de l’intervention gouvernementale, transformant le débat scientifique en proxy de la défense du fondamentalisme de marché.

      Le Competitive Enterprise Institute (CEI), créé en 1984, constitue l’avant-garde militante de cette offensive idéologique. Soutenu par ExxonMobil, Koch Industries et d’autres acteurs du capital fossile, le CEI lance des campagnes médiatiques agressives contre les politiques climatiques et le Protocole de Kyoto. Son spot télévisé le plus célèbre, "CO₂ : Ils appellent ça de la pollution, on appelle ça la vie”, présente les gaz à effet de serre comme des symboles de prospérité et de liberté. Le CEI traduit ainsi les principes libertariens en rhétorique populiste, présentant les climatologues et les régulateurs environnementaux comme des élites cherchant à restreindre l’autonomie individuelle.

      Le Heartland Institute, également fondé en 1984, consolide le réseau négationniste durant les années 2000. D’abord centré sur la promotion des idées du marché libre, il devient le principal carrefour du scepticisme climatique organisé grâce à ses International Conferences on Climate Change, qui réunissent scientifiques contrariens, lobbyistes et responsables politiques. Heartland diffuse des rapports pseudo-scientifiques imitant les publications du GIEC et les envoie à des journalistes et décideurs, normalisant ainsi le langage du "débat" autour d’une science pourtant établie. Dans les années 2010, il permet à de vastes liens transatlantiques de se former avec des partis et think tanks européens de droite radicale, facilitant la circulation de récits négationnistes à travers l’Atlantique.

      L’Atlas Network, fondé en 1981 sous le nom Atlas Economic Research Foundation par l’entrepreneur britannique Antony Fisher, devient un vecteur transnational crucial qui relie toutes ces organisations. Basé à Arlington, en Virginie, Atlas se présente comme une organisation à but non lucratif promouvant la "liberté et un gouvernement limité", mais fonctionne comme une plateforme mondiale de coordination regroupant plus de 500 think tanks de marché libre dans plus de 100 pays. Par des programmes de formation, des conférences et des subventions ciblées, Atlas fournit une infrastructure idéologique et logistique aux groupes qui militent pour la déréglementation et qui s’opposent aux politiques environnementales et climatiques. Dans les années 1990 et 2000, il reçoit des financements d’ExxonMobil et du réseau Koch, et collabore étroitement avec le Heartland Institute, le CEI et Cato. Ces connexions contribuent à exporter les stratégies américaines de "doute fabriqué" — transformant l’incertitude scientifique en controverse politique — vers d’autres contextes nationaux. Des think tanks affiliés en Europe, tels que l’Institute of Economic Affairs au Royaume-Uni, le Hayek Institut en Autriche ou Timbro en Suède, adoptent des narratifs similaires, présentant les politiques climatiques comme des attaques contre la liberté économique et individuelle. Ainsi, Atlas agit comme une infrastructure transnationale du déni climatique, promouvant une politique culturelle contre toutes formes de régulations qui résonne autant avec les mouvements néolibéraux qu’avec l’extrême droite.

      La campagne institutionnelle contre la science du climat s’intensifie après la création du GIEC en 1988. Dès 1989, Exxon cherche à "semer le doute sur les conclusions scientifiques concernant sa contribution présumée à l’effet de serre", tandis qu’un consortium multinational d’entreprises d’énergies fossiles, la Global Climate Coalition, conteste ouvertement la nécessité de réduire les émissions. La même année, le rapport du Marshall Institute marque le début d’une stratégie coordonnée de fabrication du doute. Le collectif suédois Zetkin théorise cet ensemble d’organisations comme un "appareil idéologique d’État du déni climatique", empruntant le concept d’appareil idéologique d’État (AIE) à Louis Althusser. Ce concept décrit un système d’institutions et de pratiques qui reproduit l’idéologie dominante. Dans ce cadre, le déni climatique opère comme le complément idéologique du concept de capital fossile d’Andreas Malm, et constitute le mécanisme discursif par lequel le capitalisme fossile se légitime.

      D’un point de vue marxien, cet appareil fonctionne selon les trois niveaux de l’idéologie décrits par Marx : comme un ensemble d’idées dominantes au sein d’une formation sociale ; comme des idées de la classe dominante définissant ce qui relève du sens commun ; et comme des idées à travers lesquelles s’exerce la domination. L’originalité de l’interprétation du Zetkin Collective réside dans l’accent qu’il porte sur la dimension performative de l’idéologie négationniste. Plutôt que de simplement justifier le capitalisme fossile, elle produit délibérément l’ignorance et la confusion à propos des risques environnementaux, permettant la poursuite de l’expansion des infrastructures extractives dans un contexte de controverse publique.

      Au début du XXIᵉ siècle, ce modèle américain du déni climatique est exporté vers l’Europe, où il est approprié par les mouvements nationalistes et d’extrême droite. Des partis tels qu’Alternative für Deutschland (AfD) en Allemagne, Forum voor Democratie (FvD) aux Pays-Bas, le United Kingdom Independence Party (UKIP) ou Vox en Espagne intègrent le déni climatique dans des récits plus larges de ressentiment culturel et politique. Toutefois, le centre de gravité idéologique se déplace. Alors que le déni américain repose sur le libertarianisme du marché libre, ses variantes européennes se mélangent au nationalisme ethnique et à l’hostilité à l’égard de l’immigration. Cette convergence donne naissance à ce que les chercheurs décrivent comme le "nationalisme vert" ou l’"éco-fascisme", où la rhétorique écologique est instrumentalisée afin de justifier des politiques d’exclusion et défendre les populations "natives" contre des menaces supposées que représenteraient à la fois les migrants et la régulation environnementale.

      Ainsi, la mondialisation du déni marque la transformation d’un contre-mouvement corporatif en projet politique populiste. Né comme réaction de défense du capital fossile face à la régulation environnementale, le modèle négationniste américain fournit les outils institutionnels et rhétoriques qui seront ensuite mobilisés par l’extrême droite européenne. L’exportation du déni climatique à travers l’Atlantique montre comment la défense de la modernité fossile évolue d’un credo néolibéral de liberté de marché vers une politique identitaire de l’appartenance. Dans les deux contextes, toutefois, sa fonction demeure la même : préserver la légitimité sociale de l’accumulation carbone en déplaçant le consensus scientifique sur le terrain de la lutte idéologique.

      https://shop.entremonde.net/rupture/68-tout-ce-qui-est-solide-se-volatilise-marshall-berman.html

      https://www.ucpress.edu/books/the-pyrocene/paper

      https://www.newstatesman.com/international-politics/climate-international-politics/2026/08/welcome-to-the-pyrocene

      https://theconversation.com/incendies-2022-comprendre-la-dynamique-des-feux-en-europe-grace-aux

      https://www.versobooks.com/products/1959-planet-of-slums

      https://www.nouvelobs.com/ecologie/20260713.OBS116633/pourquoi-la-france-est-aussi-vulnerable-aux-incendies-nous-sommes-prisonn

      (ce texte nécessiterait un seen spécifique mais il n’est pas possible de ne citer qu’un extrait car il n’est pas disponible en ligne)

      edit j’ai finalement touvé la version en ligne :-)
      https://us16.forward-to-friend.com/forward/preview?u=84965d21d1ed50ffea9d4c6c9&id=6c751936a3

      #production_de_l'ignorance #production_de_la_confusion #pyrocène #méga-feux #climat #changement_climatique #crise_climatique #sécheresses #incendies #capital_fossile #capital_immobilier #économie #libre_entreprise #fondamentalisme_de_marché #scepticisme_climatique #déni_climatique #think_tanks #extrême_droite #économie_libertarienne #scientisme #réchauffement_climatique #forêts #urbanisme #nationalisme_vert #éco-fascisme #politique_identitaire #Marius_Bickhardt

  • The TBOTE Project
    https://tboteproject.com

    This investigation documents a national lobbying operation spanning #corporate spending, #think_tank infrastructure, dark money networks, and competing model legislation templates. Meta spent a record $26.3 million on federal lobbying in 2025, deployed 86+ #lobbyists across 45 states, and covertly funded a group called the #Digital_Childhood#Alliance (#DCA) to advocate for the #App_Store_Accountability_Act (#ASAA). But the operation extends beyond Meta.

    The #Heritage_Foundation funds three of six named DCA coalition #organizations, staffs the advocacy pipeline from #Capitol_Hill to state legislatures, and has merged leadership with another coalition member. A competing model bill (ICMEC’s DAAA) takes a different approach, creating a two-track legislative landscape where both tracks shift regulatory burden away from social media platforms. #Snap, X, and #Pinterest have joined Meta in supporting ASAA. Every confirmed supporter is a #social_media #platform; every opponent operates an #app_store.

    This investigation traced funding flows across five confirmed channels, analyzed $2.0 billion in dark money grants, searched 59,736 DAF recipients, parsed LD-2 filings, and mapped campaign contributions across four states to document the operation.

    Légalisation de la #corruption #lobbying #meta #age_verification #age_checking

  • L’#Observatoire_de_l’immigration_et_de_la_démographie, un #think_tank qui fabrique de la peur

    Complètement absent de la sphère académique, l’organisme, inconnu il y a deux ans, jouit d’une certaine audience dans l’espace public. S’il ne triche pas sur les chiffres, il les met au service d’une vision alarmiste de l’immigration.

    L’« échec collectif » de l’immigration étudiante, le « cercle vicieux » du coût de l’immigration, la « ruée » des Afghans vers l’Europe, l’asile « hors contrôle », l’« appel d’air » de la régularisation… A intervalles réguliers depuis deux ans, un think tank distille des études sur l’immigration, livrant clés en main des éléments de langage à quiconque voudrait agrémenter le débat public de considérations alarmistes. Avec un succès certain.

    L’Observatoire de l’immigration et de la démographie (#OID) jouit d’une confortable exposition médiatique. Son directeur, #Nicolas_Pouvreau-Monti, est régulièrement convié sur les plateaux des médias de Vincent Bolloré, CNews ou Europe 1, mais il a aussi été plusieurs fois l’invité de Franceinfo ou du magazine d’actualité d’Arte, « 28 minutes ». Il obtient fréquemment la reprise de ses tribunes et publications dans Valeurs actuelles, Le Journal du dimanche, Le Point, Le Figaro ou encore Marianne. Le 31 août, François Bayrou, encore premier ministre, avait même dû répondre à l’intervieweuse star du groupe Bolloré, Sonia Mabrouk, qui l’interrogeait sur les « 3,4 points de PIB [produit intérieur brut] » que coûte l’immigration, selon un « organisme de référence » : l’OID.

    Une consécration pour cette structure que personne ne connaissait avant 2023. M. Pouvreau-Monti ne boude pas son plaisir. Ce trentenaire a pu quitter son poste de conseiller chez Accenture pour se consacrer à temps plein à l’OID. Lorsqu’il a fondé l’observatoire en 2020 avec « cinq copains », trois ans après avoir été diplômé de Sciences Po Paris, il savait qu’il y avait « une place à prendre dans le #marché_des_idées ».

    A l’en croire, l’OID propose « une vision rationnelle et dépassionnée, fondée sur la rigueur scientifique et l’efficacité politique ». Surtout, il prend à rebours le « #rassurisme qui relativise l’ampleur des flux », un prisme qui jouirait selon lui d’une « hégémonie » dans les débats d’experts. Experts qui, eux, constatent, déroutés, l’audience et la respectabilité acquises par l’OID. Affiliée à l’Institut convergences migrations (ICM), un établissement de recherche, l’économiste Flore Gubert se désole : « Leur force de frappe est impressionnante, alors qu’à l’ICM nous sommes 800 chercheurs et nous ne sommes pas audibles. C’est décourageant. »

    Le constat est d’autant plus amer chez certains chercheurs qu’à force de se présenter sous les airs d’un « GIEC de l’immigration » (Paris Match, 5 janvier 2024), l’OID est confondu avec un organe scientifique… qu’il n’est pas. Car pour l’essentiel, il revisite des travaux de la statistique publique, souvent issus de l’Insee ou de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). « Ils sont complètement absents de la sphère académique », tient ainsi à souligner Jérôme Valette, économiste des migrations au Centre d’études prospectives et d’informations internationales (Cepii).

    #Fonds_Périclès

    Et si l’OID se prévaut d’un « conseil scientifique », un seul de ses membres, #Gérard-François_Dumont, est docteur en sciences économiques et a dirigé des thèses. Il est par ailleurs connu pour présider la revue nataliste Population et Avenir et avoir contribué à l’étude qui fit la une du Figaro Magazine, en 1985, sous le titre « Serons-nous encore français dans 30 ans ? », accompagné de l’image d’une Marianne voilée. A l’époque, M. Dumont s’inquiétait, aux côtés de l’écrivain ultraréactionnaire #Jean_Raspail, de l’écart entre la #fécondité des Françaises et celle des « non-Européennes ».
    Parmi les quatre autres membres du conseil scientifique de l’OID, on trouve l’ancien diplomate #Xavier_Driencourt, qui préside aussi le comité stratégique du magazine d’extrême droite Frontières ; l’avocat et ancien conseiller sécurité de Valérie Pécresse, Thibault de Montbrial ; l’ex-préfet #Michel_Aubouin, contributeur occasionnel du mensuel d’extrême droite Causeur ; et l’ex-directeur général de la sécurité extérieure, #Pierre_Brochand, à qui l’on prête d’avoir conseillé Eric Zemmour pour peaufiner son programme de la présidentielle en 2022.

    De quoi orienter la « science » diffusée par l’OID, dont on sait mal comment il se finance. « Je ne ressens pas le besoin de #transparence », évacue M. Pouvreau-Monti à ce sujet, mentionnant vaguement « plusieurs centaines de donateurs ». On sait pour sûr qu’il bénéficie depuis 2023 du fonds Périclès, du millionnaire réactionnaire et partisan du rapprochement entre la droite et l’extrême droite, #Pierre-Edouard_Stérin. L’ambition du fonds est sans ambiguïté de « transformer durablement le paysage politique et social français ».

    M. Pouvreau-Monti, lui, est convaincu qu’il faut un mandat présidentiel pour entreprendre des « grandes manœuvres » en matière d’immigration, qui passent par une réforme de la Constitution ou la dénonciation de la Convention européenne des droits de l’homme. Peu étonnant pour celui qui était membre, à Sciences Po, de l’association souverainiste #Critique_de_la_raison_européenne, fondée par #Alexandre_Loubet – aujourd’hui député Rassemblement national (RN) de la Moselle et conseiller spécial de #Jordan_Bardella –, et dont a également été membre active #Sarah_Knafo, députée européenne Reconquête !.

    « On voit monter la défiance vis-à-vis du politique qui fait semblant de pouvoir, en même temps qu’on voit monter une crise de l’intégration. Le risque, c’est la rupture démocratique. Il y a urgence », déroule M. Pouvreau-Monti. Pour convaincre, il a été à l’école des conservateurs américains, en tant que lauréat de la #bourse_Tocqueville, fondée par un autre partisan de l’« union des droites », proche de M. Stérin et « conseiller opérationnel » de Périclès, #Alexandre_Pesey. A ce titre, il participe en 2019 à un voyage aux Etats-Unis, où il est formé au « passage médias et à la levée de fonds ».

    Vernis de respectabilité

    Pour marteler ses idées, l’OID s’appuie sur des « #chiffres béliers » : 66 % des étudiants étrangers n’obtiennent pas leur licence en trois ans, seuls 34 % des immigrés arrivés en 2023 occupaient un emploi en 2024, ou encore 580 millions de personnes dans le monde sont éligibles au droit d’asile en France. Pour s’en faire l’écho, outre ses relais médiatiques, M. Pouvreau-Monti se targue d’avoir une « surface de contact » qui va du bloc central à l’extrême droite, et il voudrait bien « mettre un pied à gauche ».

    L’OID a été reçu par le cabinet de #Gérald_Darmanin quand celui-ci était Place Beauvau, et #Bruno_Retailleau, alors ministre de l’intérieur, ne l’a pas moins bien traité. En novembre 2024, sur invitation d’élus #Les_Républicains, le think tank organise une conférence à l’Assemblée nationale et une autre au Sénat, sur le thème de la « crise de l’asile ».

    Quelques mois auparavant, en avril 2024, M. Pouvreau-Monti était reçu à la direction générale des étrangers en France, l’administration centrale chargée des immigrés, pour animer un « petit déjeuner » en présence d’une vingtaine de membres du personnel, dont le directeur lui-même, ainsi que des chefs de bureau et autres chargés de mission, sur le thème « L’immigration en France aujourd’hui. Un état des lieux ». « Le contenu de l’intervention a été très mal perçu, rapporte néanmoins une source interne à l’administration. On l’a fait remonter en disant, en substance, plus jamais ça. »

    Pas de quoi faire craquer le vernis de respectabilité de l’Observatoire qui s’offrait en juin, en signature d’une note sur les Afghans, la contribution du directeur de l’Office français de l’immigration et de l’intégration, #Didier_Leschi. Le préfet chevènementiste présente, dans cette parution, l’immigration afghane comme un « phénomène massif », constitué de « jeunes, masculins, peu scolarisés », au « conservatisme social (…) difficilement compatible avec les valeurs françaises ». « On s’est croisé avec Didier Leschi sur cette idée, se souvient M. Pouvreau-Monti. Et on est allé voir la #Fondapol », un think tank qui a coédité l’étude de 35 pages. Interrogé sur le parti pris idéologique de l’OID, M. Leschi souligne au contraire l’excellence de leurs notes. « Ils s’intéressent aux effets sociaux de l’immigration que les chercheurs de gauche éludent, valorise le haut fonctionnaire. Et personne ne les prend en défaut sur les données. »

    Une assertion partiellement vraie. Le démographe François Héran, qui a occupé la chaire Migrations du Collège de France, a lu les 38 notes de l’OID. Il relève « des #biais de méthode, permettant de grossir les ordres de grandeur », comme le fait de citer des chiffres absolus de migrants sans jamais les rapporter à la population des pays d’accueil.

    Ainsi, M. Leschi parle d’une « ruée afghane vers l’Europe » alors que « les demandes d’asile des Afghans cumulées entre 2014 et 2024 totalisent 21 personnes pour 10 000 habitants », relativise M. Héran. La même étude présente la France comme le « pays de l’asile afghan ». Or, « sur les 929 200 Afghans enregistrés comme demandeurs d’asile dans l’Union européenne dans la même période, 11 % l’ont été en France, 39 % en Allemagne ».

    « Approximations » économiques

    M. Héran égrène les exemples. En janvier, Le Point dévoile une étude de l’OID selon laquelle 580 millions de personnes dans le monde pourraient obtenir l’asile en France. Le RN relaie cette extrapolation dans une campagne d’adhésion. Pourtant, « 80 % des déplacés externes dans le monde restent dans les pays limitrophes », rappelle M. Héran, qui note qu’un think tank britannique avait déjà estimé les demandeurs d’asile potentiels à plus de 700 millions, mais… pour le Royaume-Uni.

    De même, dans sa note sur « L’immigration dans les territoires. Quinze ans de bouleversement (2006-2021) », l’OID s’alarme d’un « basculement » des communes du Grand Ouest, où la présence immigrée a doublé. « Or, les données de l’Insee montrent qu’à l’échelle régionale il s’agit le plus souvent d’un passage de 2 % à 4 % ou de 3 % à 6 %. » « Le message martelé par l’OID est tout sauf “dépassionné”, conclut le chercheur. La France serait “débordée” par l’immigration. » Pourtant, « selon les données de l’OCDE ou de l’ONU, la France se situe au 35e rang dans le monde par la proportion d’immigrés et au 17e rang de l’Europe occidentale ».

    En matière économique, les parutions de l’OID suscitent les mêmes réticences au sein de la communauté scientifique. Le think tank insiste régulièrement sur la dégradation des comptes publics causée par l’immigration, en citant un chiffre de l’OCDE selon lequel les immigrés ne financent que 86 % des #dépenses_publiques qui leur sont affectées. « Ce chiffre est vrai, réagit l’économiste Jean-Christophe Dumont, chef de la division des migrations internationales à l’OCDE. Mais pour les natifs, c’est 96 %. Donc les natifs non plus ne financent pas la totalité des #dépenses_publiques qui leur sont affectées. Et comme ils représentent 90 % de la population, ce sont eux qui créent le déficit public. »

    Economiste au Cepii, Lionel Ragot épingle à son tour les « #approximations » de l’OID selon lequel si les immigrés avaient le même taux d’#emploi que les natifs, le gain pour le PIB français serait de 3,4 points. « Pour obtenir ce chiffre, ils considèrent que le taux d’emploi des immigrés et de leurs descendants augmenterait de 3,36 points s’il rejoignait celui des personnes sans ascendance migratoire et ils reportent cette augmentation au PIB, résume M. Ragot. Or, ce n’est pas parce que la population active augmente de 3,36 % que le PIB va augmenter de 3,36 %. Il faut considérer le nombre d’heures travaillées et pondérer ce volume par un indice de capital humain reflétant la qualité du #travail. Ensuite, le taux de croissance du PIB doit être pondéré par la part de la rémunération du facteur travail dans le revenu national. » Le chiffrage de l’OID apparaît donc largement surestimé.

    Dans une autre étude, l’OID évalue cette fois à 41 milliards d’euros le #coût net de l’immigration, en partant d’un coût brut estimé à 75 milliards d’euros, auquel le think tank retranche les impôts et les #cotisations_sociales versées par les étrangers. « Non seulement on ne sait pas comment ils obtiennent le chiffrage des recettes, mais en outre cela voudrait dire que les étrangers ne contribuent qu’à hauteur de 45,3 % aux dépenses publiques qui leur sont consacrées, analyse M. Ragot. Or, dans l’étude sur l’impact de l’immigration sur l’économie française, l’OID reprenait le ratio de 86 % de l’OCDE. La différence est énorme et à l’arrivée, les immigrés coûtent beaucoup plus cher. » Le mal est fait. Les chiffres s’instillent dans le débat public. Repris sur les plateaux télé et dans les journaux. A l’ère de la post-vérité, la croyance a gagné sur la réalité des faits.

    https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/10/29/l-observatoire-de-l-immigration-et-de-la-demographie-un-think-tank-qui-fabri
    #extrême_droite #peur #migrations #alarmisme #réfugiés #propagande #économie #préjugés
    ping @karine4

    –-

    ajouté à la métaliste sur le lien entre #économie (et surtout l’#Etat_providence) et la #migration... des arguments pour détruire l’#idée_reçue : « Les migrants profitent (voire : viennent POUR profiter) du système social des pays européens »...
    https://seenthis.net/messages/971875

  • #Liliane_Umubyeyi, juriste rwandaise : « Il faut dépasser le modèle de l’aide et embrasser le paradigme de la réparation »
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2025/08/21/liliane-umubyeyi-juriste-il-faut-depasser-le-modele-de-l-aide-et-embrasser-l

    Née au Rwanda et cofondatrice du #think_tank #African_Futures_Lab, un cercle de réflexion dédié à l’étude des #inégalités_Nord-Sud, Liliane Umubyeyi travaille sur la résolution des conflits et l’accès à la justice en Afrique. Autrice d’une thèse sur les mobilisations des victimes de l’apartheid en Afrique du Sud, la juriste plaide pour la réparation des crimes coloniaux par les anciennes puissances européennes.
    Vous êtes née au Rwanda, avez grandi en Belgique et vivez à Paris. Qu’est-ce qu’être africaine pour vous en 2025 ?

    C’est un chemin pavé d’incertitudes depuis le retour au pouvoir d’un président américain soutenu par des suprémacistes blancs. Je me demande ce que ce monde, imposé avec tant de brutalité, nous réserve à nous #Africains.

    Le gel de l’aide au développement américaine et la suppression de l’Usaid – l’agence qui la pilotait – ont été un choc d’une violence inouïe pour des millions de personnes. Mais j’y vois aussi une occasion de nous retrousser les manches et d’exiger un changement profond dans les modèles de coopération internationale. Donald Trump a révélé l’hypocrisie des institutions actuelles de solidarité internationale, qui sont en réalité souvent un instrument de domination et ne permettent pas le développement de l’Afrique. Il nous tend un miroir grossissant de notre vulnérabilité.
    Vous militez pour que les anciennes puissances coloniales réparent les crimes commis sous la colonisation. La fin de l’aide américaine et la réduction drastique des subventions européennes ne renforcent-elles pas une forme d’injustice vis-à-vis du continent ?

    Dans la mesure où il y a des vies humaines qui dépendaient de cette aide, sa suppression accentue certainement des formes d’injustices. Mais est-ce que l’aide a réellement contribué à réduire la pauvreté ? La question se pose d’autant plus que le récit d’une solidarité internationale perçue comme de la charité envers les Africains détourne l’attention des responsabilités historiques des Etats colonisateurs. On fait porter aux Africains une forme de culpabilité, celle de « profiter » de l’aide, alors même que le système international joue contre eux.

    L’aide demeure adossée à des institutions politiques, économiques et financières créées sous la colonisation. Ces mécanismes prolongent un rapport de domination en contraignant les Etats africains à mettre en place des réformes qui ne sont ni favorables à leurs intérêts ni aux droits des populations. Comment les Africains peuvent-ils accéder à la souveraineté quand leurs politiques économiques sont façonnées par d’autres ? Comment sortir du rôle de pourvoyeur de matières premières qu’encouragent les politiques économiques et commerciales internationales ?
    Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Après le démantèlement de l’Usaid, « faire un choix entre les plus vulnérables des plus vulnérables » en Afrique

    Pour moi, réparer les injustices coloniales, c’est surtout se défaire de ces structures inégalitaires héritées de la colonisation, qui par essence cadenassent la souveraineté des pays africains. C’est pour cette raison qu’il faut dépasser le modèle de l’aide et embrasser le paradigme de la réparation.
    Vous défendez une réparation qui va au-delà de la compensation financière ou d’une meilleure représentation dans les institutions internationales. En quoi la question climatique vous semble-t-elle centrale dans ce sujet ?

    Il a été reconnu récemment que la crise climatique est en partie liée à l’extraction coloniale intensive. L’Afrique, qui est pourtant un des continents les plus touchés par la crise climatique, n’en est pas à l’origine puisque ses rejets de carbone représentent moins de 4 % des émissions mondiales. Jusque-là, la réponse des anciens pays colonisateurs a été de dire aux pays du Sud : « On va vous aider financièrement à y faire face. »

    Or, quand le Mozambique est dévasté par un cyclone, il doit emprunter pour réparer les dégâts. Et donc s’endetter, augmenter sa vulnérabilité économique pour rembourser ses créanciers du Nord. Ce qui est injuste puisque non seulement ces pays subissent les conséquences dévastatrices de la colonisation mais en plus ils doivent s’endetter pour y faire face.
    Pour autant, ces dernières années, plusieurs pays européens ont rouvert les dossiers coloniaux, en présentant des excuses pour les crimes passés comme en Angleterre ou en mettant en place des politiques mémorielles, à l’image de la France. N’est-ce pas une avancée ?

    Présenter des excuses ne clôt pas le débat. Ce devrait être le début d’un questionnement sur la réparation. Par exemple, sur la question du génocide des Tutsis au Rwanda, dont les racines remontent à la colonisation belge, aucune réparation n’a été consentie. La Belgique a présenté des excuses pour ne pas être intervenue dans le génocide, mais elle n’a pas assumé sa responsabilité dans la fabrication de la haine. La France, qui a également eu une implication directe, s’est contentée de reconnaître sa responsabilité morale. Il y a pourtant eu près d’un million de morts, un pays détruit et traumatisé.

    En France, Emmanuel Macron aborde les crimes coloniaux en historicisant le sujet. Créer des commissions d’historiens comme il l’a fait sur le Cameroun ou l’Algérie, c’est déposséder les citoyens d’un débat public qui concerne tous les Français. Par exemple, en Afrique du Sud, la Commission vérité et réconciliation qui a suivi la fin de l’apartheid, a abouti à deux ans de débats et d’échanges.

    Les politiques mémorielles me semblent de ce fait des opportunités manquées. Concernant Haïti, il aurait été judicieux que l’Etat français revienne sur sa responsabilité dans la vulnérabilité économique chronique du pays, étroitement liée à la dette imposée par la France après son indépendance.
    En quoi ce débat concerne-t-il tous les Français ? Les Etats africains sont indépendants depuis plus de six décennies… N’est-ce pas plutôt de la responsabilité des dirigeants africains ?

    Ils sont concernés, car la misère économique, la crise climatique, les désordres politiques crées depuis la période coloniale ont un lien direct avec leur vie. La question migratoire, qui est au cœur du débat politique français, ne peut être décorrélée de l’exploitation coloniale. Au-delà de l’argument moral, les gens fuient à cause des guerres au Sahel, des sécheresses, des inondations liées au changement climatique et à la prédation de leurs ressources naturelles destinées aux autres continents. Ces crises climatiques sont un symptôme de plusieurs siècles d’exploitation coloniale.

    Cette affaire est donc aussi la leur du fait des politiques internationales adoptées en leur nom par l’Etat français et qui maintiennent l’Afrique dans des liens de dépendance structurelle, par le biais de divers politiques sécuritaires, économiques et commerciales.
    Comment cette question des réparations résonne en vous ?

    Même si je vis en France depuis des années, que j’y construis ma famille, j’ai toujours le sentiment de négocier ma place, de la justifier. C’est insécurisant. La réparation est aussi un enjeu personnel pour les Africains de la diaspora. Je n’ai pas connu la colonisation ou l’esclavage mais je subis des pratiques de racialisation dont les effets négatifs se cumulent au fil des générations. Je subis les mêmes stéréotypes que mes grands-mères sous la colonisation : les corps des femmes noires demeurent encore trop souvent réduits à des clichés d’hypersexualisation.

    Je suis par ailleurs descendante d’une histoire rwandaise au cours de laquelle le colon belge a divisé un peuple pour l’instrumentaliser jusqu’au pire. Je suis comme d’autres Rwandais, sur un long chemin de guérison.
    Comment voyez-vous l’évolution des rapports entre l’Afrique et les anciennes puissances coloniales d’ici 2050 ?

    J’aime l’idée qu’en dépit des chocs qu’il a subis, le continent continuera à réclamer ses droits. C’est d’ailleurs dans ce contexte que l’Union africaine vient d’établir la décennie de réparations des crimes coloniaux. Nous allons vers de vrais questionnements sur ce qu’on garde ou non de l’héritage colonial, que ce soit la monnaie, les accords militaires, les langues, les alliances, les frontières. Il faut que les choix qu’on fait soient voulus et non imposés contre nos intérêts. C’est tout l’enjeu du combat pour la mémoire et la #justice.

    • https://www.lemonde.fr/afrique/article/2025/08/18/mohamed-mbougar-sarr-ecrivain-l-histoire-n-est-pas-reversible-on-ne-peut-pas

      Quelle place pour l’Afrique dans un monde fragmenté ? A l’heure où le multilatéralisme subit une attaque sans précédent depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, Le Monde donne la parole à plusieurs personnalités originaires du continent. Ecrivain, scientifique, cinéaste, juriste ou influenceuse, installés hors de leur terre natale, ils se confient sur leur perception du basculement en cours et sur l’avenir qu’ils imaginent pour le continent le plus jeune de la planète.

      Dans ce premier épisode, l’écrivain sénégalais Mohamed Mbougar Sarr, prix Goncourt 2021 pour son roman La Plus Secrète Mémoire des hommes, met en garde contre la mythification et l’instrumentalisation politique de l’histoire coloniale.
      Vous êtes né à Dakar, avez étudié à Saint-Louis-du-Sénégal avant de vous installer en France, où vous vivez aujourd’hui. Qu’est-ce qu’être Africain pour vous en 2025 ?

      C’est être exposé à une constante menace sécuritaire, écologique et politique. Surtout, c’est être encore dépendant de ce que les pays dits riches veulent bien nous accorder. Quand cinq présidents africains s’humilient et sont humiliés à la Maison Blanche, ils l’acceptent au nom de la survie économique de leurs pays [les dirigeants du Liberia, du Sénégal, de la Mauritanie, de la Guinée-Bissau et du Gabon ont été reçus à Washington le 9 juillet pour une rencontre consacrée officiellement à des questions commerciales, d’investissement et de sécurité]. Voir ces chefs d’Etats pétrifiés, tenter de convaincre Donald Trump de l’utilité de leur pays pour les Etats-Unis, m’a beaucoup affecté. C’était une mise en scène aux relents coloniaux.
      Lire aussi (2021) | Article réservé à nos abonnés Mohamed Mbougar Sarr, un Goncourt drôle et cérébral

      En tant qu’Africain, on est constamment confronté à l’impuissance et aux contradictions de nos dirigeants. Car même ceux qui se proclament souverainistes n’ont pas les moyens de leurs ambitions d’émancipation. Au nom d’une supposée authenticité africaine, certains, notamment ceux qui ont pris le pouvoir par les armes, exaltent le passé précolonial du continent pour justifier leur mépris du jeu démocratique et le rejet des anciens pays colonisateurs. L’histoire de l’Afrique a certes été piétinée, niée, réécrite par des siècles d’esclavage et de colonisations arabo-musulmans puis européenne. Pour autant, vouloir la figer dans un désir de revanche revient à essentialiser les Africains comme victimes.
      En Afrique francophone certains dirigeants comme le chef de la junte burkinabé, le capitaine Ibrahim Traoré ou son homologue nigérien le général Tiani, assimilent leurs combats contre la France aux luttes anticolonialistes des années 1950. Tout comme les écrivains post-indépendance qui ont beaucoup écrit sur cette période de libération, la séquence actuelle vous inspire-t-elle ?

      Oui, une part de mon travail est de saisir ce qu’est le pouvoir, comment il s’exerce et sur qui il s’exerce. En ce sens, je me rapproche plutôt de la « littérature du désenchantement » produite dans les années 1960-1980 par des écrivains comme l’Ivoirien Ahmadou Kourouma, le Malien Yambo Ouologuem, le Sénégalais Malick Fall, les Guinéens Alioum Fantouré et Williams Sassine ou encore le Ghanéen Ayi Kwei Armah. Eux ont su raconter la désillusion post-indépendance, la confiscation du pouvoir par des satrapes ou des régimes militarisés, qui exerçaient la violence contre leur population.

      Il y a aujourd’hui quelque chose de comparable avec des pays du Sahel en transition, où l’on voit apparaître des figures militaires qui se réclament de la force, de la puissance, de l’idéal de l’homme fort. Ils s’appuient sur cette légitimité supposée – il est vrai qu’une part importante de leurs populations les soutient pour en finir avec le néocolonialisme. Ils entretiennent l’illusion de pouvoir protéger leurs populations de l’insécurité en se drapant dans leur uniforme.
      Dans La Plus Secrète Mémoire des hommes, prix Goncourt 2021, l’un des personnages compare la colonisation à une « blessure ». Il nourrit l’espoir que son peuple « redevienne ce qu’il était » après le départ des Blancs. La résurgence du discours souverainiste est-elle, selon vous, une tentative de soigner cette plaie ?

      La réparation psychologique ou psychique est une nécessité sur laquelle ont insisté les grands théoriciens postcoloniaux comme Frantz Fanon et Albert Memmi. Il est encore l’heure de s’y atteler. Mais le problème consiste dans cette injonction à vouloir « redevenir » ce que nous étions. L’histoire n’est pas réversible, on ne peut pas défaire des siècles de colonisation. D’ailleurs, de quel « avant » parle-t-on ? Celui d’avant l’arrivée des Européens ? Des Arabes ? C’est là que réside le piège de l’authenticité : on ne sait pas exactement où elle commence.

      Ce qui est important aujourd’hui, c’est de savoir ce qui s’est passé, ce qu’on en tire et comment transmettre ces leçons à nos enfants. Ils vivent dans un monde où ils seront toujours en relation avec des personnes issues d’espaces dont ils sont dépendants au moins économiquement.

      Quant à la blessure coloniale, c’est une cicatrice qui ne doit pas disparaître. C’est l’épine dans la chair qui maintient cette mémoire vive. Certains acteurs politiques tentent de la falsifier à des fins souverainistes tout en reprenant, de manière paradoxale, des discours coloniaux. Ces voix rejettent par exemple le féminisme ou les homosexualités en convoquant la mémoire. Elles disent : « voilà ce que nos ancêtres faisaient » pour justifier leur hostilité vis-à-vis d’êtres humains dénués de pouvoir. Ces voix pensent ainsi sans savoir qu’elles reprennent, la plupart du temps, un récit colonial.
      Depuis quelques années, on assiste à un exercice décomplexé de la puissance incarné par des « hommes forts » de Donald Trump à Vladimir Poutine. Comment jugez-vous la place de l’Afrique dans cette reconfiguration géopolitique marquée par recul du multilatéralisme ?

      L’idée, viriliste et rétrograde, que la meilleure des lois est celle du plus fort, était endossée par certains présidents africains bien avant le retour de Donald Trump. Mais cette volonté de superpuissance ne s’exerce souvent que contre leur propre peuple. Car finalement, en Afrique francophone, on continue de s’appuyer sur d’autres puissances étrangères – américaine, russe, chinoise et, jusqu’à récemment, française – pour se protéger.

      Aussi, je suis effaré par le silence des Etats africains – en dehors de l’Afrique du Sud – face au génocide en cours commis par le gouvernement d’Israël et son armée sur la population gazaouie. Lorsque nous assistons à des guerres coloniales à Gaza ou en Ukraine, notre conscience historique doit s’alarmer, sans doute plus que sous d’autres cieux. Mais les jeux d’alliances et les calculs opportunistes nous maintiennent dans la solitude et la peur de dénoncer ce qui se passe.
      Ces dernières années, en France et plus généralement en Europe, les discours et les politiques contre les immigrés et leurs descendants se sont durcis. Comment, vous qui êtes installé depuis plus d’une décennie en région parisienne, vivez-vous ce climat de tensions ?

      Avec une certaine peur. L’année dernière, quand le Rassemblement national s’est retrouvé aux portes du pouvoir après la dissolution de l’Assemblée nationale, j’ai hésité à quitter la France. Puis je me suis dit que le départ d’un Africain, né au Sénégal et prix Goncourt, ferait plaisir aux extrémistes.

      Ce qui m’effraie, c’est d’assister au renoncement progressif des corps intermédiaires. De la presse aux syndicats en passant par le monde du travail et, bien sûr, les partis politiques traditionnels, le contre discours devant le fascisme et la pulsion réactionnaire s’érode. A sa place, les thèmes de la sécurité, l’immigration se sont imposés. Pour le moment, j’ai décidé de rester en France. Je tente de m’opposer, à ma manière, au véritable séparatisme qu’incarne, à mes yeux, l’extrême droite.

      Ce qui m’intéresse pour ma part, c’est de voir comment la littérature, sans cesser d’être littérature, procède à une lecture politique surpuissante, transfigurée, du réel. Je constate avec regret qu’en France, la littérature a perdu son magistère politique. La littérature devient une sorte d’ornement, une zone de repli sur l’intime et le privé, un espace à part, alors qu’elle a été cruciale dans les débats politiques de ce pays.
      Comment imaginez-vous le futur pour les jeunes africains ?

      Je rêve d’une unité africaine plus forte, capable de peser sur les débats internationaux. J’imagine l’émergence d’un grand ensemble influent économiquement et militairement. Les dirigeants n’ont d’autres choix que d’unir leurs forces s’ils ne veulent pas exister seulement à l’état de larbins.

      J’ai espoir que dans les intimités et loin des scènes politiques, la force de l’amour, de la droiture, finissent par s’imposer. Les femmes ont un grand rôle à jouer. Ce sont elles qui élèvent les enfants, nourrissent et tiennent le continent.

      Il est vrai que nous Africains sommes confrontés à de nombreux périls. Les conflits, la prédation économique, les menaces climatiques et sécuritaires planent sur notre avenir. Mais il est temps de reparler d’amour, de fraternité. Je garde foi en la sensibilité et en la beauté. C’est ce qui fait de nous des humains.

      La Plus Secrète Mémoire des hommes, de Mohamed Mbougar Sarr, Philippe Rey/Jimsaan, 2021, rééd. 2023.

  • #Atlas, le réseau qui pave la voie à l’#extrême_droite

    L’enquête d’Anne-Sophie Simpere pour l’Observatoire des Multinationales révèle comment le #réseau_Atlas, une alliance internationale de think tanks ultraconservateurs, déploie en #France des stratégies pour influencer le débat public et faire basculer le climat des idées.

    Vous les entendez partout  : l’État coûte trop cher, l’écologie va trop loin, les “assisté·es” sont trop nombreux, les libertés sont menacées par la justice sociale… Ces discours, devenus familiers, façonnent l’air du temps. Et pourtant, on peine à comprendre comment ces idées, autrefois marginales, ont gagné autant de terrain. Et si ce n’était pas un hasard mais le fruit d’une stratégie délibéré d’acteurs clairement identifiés ? L’année dernière, la journaliste Anne-Sophie Simpere a publié pour l’Observatoire des multinationales un rapport très éclairant sur le réseau Atlas, une galaxie de think tanks ultraconservateurs bien décidée à déplacer (à droite toute) le centre de gravité des idées. Un an après, on s’est penché sur ce que ce travail a permis, provoqué ou révélé.

    Le réseau Atlas, la France et l’extrême-droitisation des esprits

    En mai 2024, Anne-Sophie Simpere publie le rapport Le réseau Atlas, la France et l’extrême-droitisation des esprits pour l’Observatoire des multinationales. Elle y documente l’influence du réseau Atlas, un consortium fondé aux États-Unis dans les années 1980, qui fédère aujourd’hui plus de 500 think tanks dans le monde, avec pour objectif assumé de transformer le climat idéologique.

    En France, cinq structures sont identifiées comme partenaires  : l’Ifrap, Contribuables associés, l’Institut économique Molinari, l’IREF (Institut de recherche économique et fiscal) et l’Institut de formation politique. Ces organisations diffusent des idées libertariennes et conservatrices, notamment sur la fiscalité, les services publics, l’écologie ou les droits sociaux.

    Ce rapport de plus de 80 pages détaille les stratégies déployées par le réseau pour influencer les débats publics  : formations de cadres politiques, production de tribunes « prêtes à publier », campagnes coordonnées sur les réseaux sociaux, ou encore influence dans les médias et auprès d’élus. On y découvre aussi les liens internationaux de ces structures, leurs sources d’inspiration américaines, et les outils de lobbying qu’elles mobilisent à l’échelle européenne.

    Si vous souhaitez comprendre comment certaines idées s’installent dans le paysage médiatique et politique sans faire de bruit, ce rapport est une mine d’or. Plongez-y : vous y trouverez des faits, des noms, des méthodes et sans doute de nouvelles questions à poser.

    https://rembobine.info/atlas-reseau-voie-extreme-droite
    #think_tank

    • La méthode Atlas

      Comment fonctionne le réseau Atlas pour changer le « climat des idées », imposer ses thèmes et sa vision du monde ? Extrait de notre #rapport Le réseau Atlas, la France et l’extrême-droitisation des esprits.

      Le réseau Atlas ne se contente pas d’un soutien financier à ses partenaires (et certains n’ont d’ailleurs pas touché de bourse de la part du réseau). Il les met en relations avec d’autres financeurs. Il propose des programmes d’accompagnement et de « #consulting » pour aider ses organisations partenaires à se développer, à devenir financièrement stables et à convaincre différents publics. Il organise des séminaires, ateliers, mentorats et formations au niveau international, pour renforcer les capacités des groupes adhérents, mais aussi pour créer un sentiment de solidarité et d’appartenance à une communauté. La professionnalisation des partenaires, l’échange de bonnes pratiques et le rôle de coordination et de mise en relation joué par Atlas, sont présentés comme cruciaux pour garantir des résultats [1]. Sous la devise « coach, compete, celebrate » (« coacher, concourir, célébrer »), le réseau Atlas entend « remporter les batailles politiques à long terme qui façonneront l’histoire » grâce à des « individus qui défendent la liberté et créent des instituts crédibles » [2].

      Sur son site internet, les objectifs affichés sont séduisants : accroître la prospérité, promouvoir la liberté individuelle, supprimer les obstacles à l’épanouissement humain... Sauf qu’en réalité, le réseau regroupe une myriade d’organisations conservatrices, climato-sceptiques et au service des intérêts des plus riches. S’opposer à toute solidarité collective, aux syndicats, ou encore aux réglementations qui protègent l’environnement et la santé va à l’encontre des intérêts de la majorité, et parfois aussi, comme sur le tabac ou le réchauffement climatique, à l’encontre du consensus scientifique. Par nature, donc, le projet libertarien n’est pas populaire. Dans bien des cas, les partenaires d’Atlas s’en prennent à des sujets qui font consensus dans la société. Leur mission est de trouver les moyens, malgré cela, de convaincre les décideurs et l’opinion du bien-fondé de leurs positions. Charles Koch l’aurait expliqué à des bénéficiaires de subventions en ces termes : « Puisque nous sommes largement minoritaires, si nous n’utilisons pas notre supériorité technique c’est l’échec garanti [3]. »

      Chambre d’écho et fenêtre d’Overton

      En quoi consiste donc cette « supériorité technique » ? Plusieurs méthodes sont mises en œuvre, testées et enseignées par le réseau et ses membres. Atlas valorise la diversité des stratégies, tant qu’elles sont dirigées vers les mêmes objectifs [4]. Certains privilégieront le lobbying direct, par des rendez-vous avec les décideurs ou des notes à leur intention. D’autres cibleront des influenceurs, ou un public plus large. Il s’agira dans certains cas d’influencer un processus politique précis, dans d’autres de changer les perceptions à un niveau plus général. Certains membres d’Atlas, enfin, se consacrent à identifier des « talents » et futurs leaders qui pourront ensuite diffuser leurs idées dans les médias ou des institutions politiques. Toutes ces stratégies sont complémentaires. Selon les termes de Brad Lips, « une chorale, après tout, aura toujours plus de voix qu’un soliste ». La multiplication des structures qui portent un message similaire va contribuer à créer une « chambre d’écho » pouvant donner l’impression qu’un grand nombre de personnes soutient une mesure, alors même qu’il s’agit d’un petit groupe lié au réseau libertarien. On retrouve cette diversité de rôles dans la nébuleuse libertarienne en France.

      Dans cette « chorale », une grande partie des membres produisent des analyses et rapports visant des cibles politiques ou médiatiques. Celles ci vont servir à alimenter le débat public sur un sujet, focaliser l’attention sur un thème, semer le doute sur un enjeu scientifique, et souvent repousser les limites de ce qui est acceptable dans l’opinion. C’est le principe de la « #fenêtre_d’Overton », conceptualisé par #Joseph_Overton, lequel travaillait pour un partenaire du réseau Atlas, le think tank #Mackinak_Centre. Par exemple, donner une voix aux climato-sceptiques qui contredisent le GIEC, contribue à déplacer la fenêtre du débat public hors du consensus scientifique, pour introduire la possibilité de l’inaction climatique.

      Expertise biaisée et messages simplistes

      Comme tous les think tanks financés par de grandes entreprises [5], le réseau Atlas et ses membres restent très discrets sur leurs liens avec les milieux d’affaire et préfèrent se présenter comme neutres, indépendants et apolitiques, alors qu’ils mènent une activité d’influence intense pour changer le climat des idées et remporter des batailles politiques de long terme. Leurs rapports et analyses seront souvent produits et diffusés par des « experts » qui passent d’une organisation Atlas à une autre – avec parfois un détour par des entreprises – et qui dans bien des cas n’ont pas de qualification dans le domaine concerné. Par exemple, sur les questions liées au tabagisme et la cigarette électronique, #Jeff_Stier est l’un des experts du #Consumer_Choice_Center aux États-Unis. Il est également recommandé par le #Heartland_Institute [6], et contribue aussi aux travaux de la #Federalist_Society [7]. Stier est juriste et n’a aucune qualification en matière de santé publique. Il participe régulièrement aux forums mondiaux sur le tabac et la nicotine organisés par #Tobacco_Reporter, le média des industriels du tabac [8].

      Au Canada, #Stephen_Buffalo, chercheur à l’#Institut_MacDonald-Laurier (membre d’Atlas), est aussi PDG de l’#Indian_Resource_Council basé en Alberta. Le think tank met en avant le fait qu’il est une personnalité issue des Premières Nations. Mais il ne précise pas que, selon les informations obtenues par DeSmog, on entreprise a reçu 200 000 dollars de la société pétrolière et gazière #CNRL entre 2020 et 2022 [9], puis 250 000 dollars supplémentaires depuis 2022 [10]. Buffalo est intervenu dans les médias pour critiquer le plafonnement des émissions de gaz à effet de serre du secteur, en faisant écho à un rapport sur le sujet publié par l’Institut économique de Montréal, autre partenaire Atlas au Canada. Il s’est également insurgé contre une proposition de loi proposant d’interdire les publicités trompeuses sur les énergies fossiles au Canada.

      Pour influencer l’opinion, la présence dans les médias est bien entendu essentielle. La biographie de Stier insiste sur ce point, en le présentant comme « largement cité dans les médias et [ayant] écrit des articles d’opinion sur la politique de santé pour le Wall Street Journal, le Los Angeles Times, USA Today, le New York Post, le Washington Examiner, Foxnews.com et National Review Online. Le New York Times, l’Associated Press, Reuters, CNN, Fox News, CNBC, MSNBC, NPR et d’autres grands médias ont interviewé et cité M. Stier sur un large éventail de sujets » [11].

      Dans la perspective de créer une « chambre d’écho », la production de vidéos destinées à devenir virales est une autre tactique prônée par le réseau, qui décerne tous les ans un prix, le Lights, Camera, Liberty Film Festival Award, pour récompenser le film qui aura eu le plus d’impact « en touchant des publics importants et stratégiques, avec un message ou une narration efficace et des techniques de production et d’édition performantes » [12].

      Enfin, l’utilisation des réseaux sociaux est devenue très importante, pour faire monter un hashtag avec peu de soutiens, ou diffuser massivement des informations biaisées voire carrément fausses. L’objectif est de faire le buzz, et qu’il s’agisse d’attirer l’attention des journalistes ou des internautes, cela peut passer par la diffusion de messages simplistes, mais percutants. Plusieurs organisations vont ainsi relayer des posts sur le « jour de libération fiscale » (voir plus loin) ou encore un classement des « nanny states » (« États nounous » ou « États moralisateurs ») qui vise à dénoncer les pays qui entravent la liberté individuelle de ses citoyens en s’immisçant dans leurs choix de vie (consommation d’alcool, de tabac...). Porté en France par l’institut Molinari, il donne une apparence d’analyse objective avec un message redoutablement simple et efficace destiné à être facilement repris dans les médias et sur les réseaux sociaux. Critiquer ces indicateurs et leurs biais est un exercice plus technique, moins adapté à une communication rapide et percutante.

      Au nom des consommateurs et des contribuables

      Une autre méthode de prédilection d’Atlas et de ses membres est l’ « astroturfing », c’est-à-dire le fait de simuler un mouvement « de base » spontané, pour cacher la défense des intérêts des riches et des industriels derrière une apparence de soutien populaire. Exemple récent de ce type de pratique : la manière dont Free Trade Europa (FTA), membre bruxellois d’Atlas, prétend représenter les intérêts de travailleurs des plateformes (Uber, Deliveroo...) alors qu’il s’agit d’un think tank dirigé par un pro du lobbying européen, qui a plus de lien avec les grandes entreprises qu’avec leurs petites mains [13]. Autre organisation fondée sur le même modèle, le Consumer Choice Center (CCC), également membre du réseau, défend davantage les intérêts des entreprises qui le financent que ceux des consommateurs qu’il affirme représenter. La plateforme « Génération sans tabac » l’a épinglé pour avoir mis sur pied en 2020 la World Vapers’ Alliance (WVA) ou « alliance mondiale des vapoteurs », alors que le CCC est financé par plusieurs multinationales du tabac, dont Philip Morris et British Tobacco. Pour cette campagne, la WVA a été très active sur les réseaux sociaux, mais elle a également imaginé un « bus de la vape » qui a sillonné plusieurs pays d’Europe pour inciter les passants à écrire à leur député pour défendre le vapotage [14]. Le message passe d’autant mieux qu’il est relayé au même moment par d’autres types d’acteurs eux aussi membres d’Atlas, sous l’angle de la critique de l’interventionnisme des « États nounous ».

      La myriade de partenaires d’Atlas qui s’intitulent « associations de contribuables » est une autre illustration des pratiques d’astroturfing du réseau. Alors qu’elles s’affichent comme des groupes représentant le contribuable ordinaire, écrasé d’impôts, les fondateurs et directeurs de ces organisations sont souvent proches des milieux politiques et/ou des entreprises. Au Royaume Uni, la TaxPayer’s Alliance a été fondée par Matthew Elliott, lobbyiste qui avait déjà été administrateur d’un think tank financé par l’industrie du tabac. Il a aussi été membre et cofondateur du groupe politique des Amis conservateurs de la Russie et a travaillé pour la campagne en faveur du Brexit, tandis que sa femme est la présidente de Republicans Overseas U.K., la principale organisation soutenant Trump en Grande-Bretagne [15]. En Australie, le conseil consultatif de la TaxPayer’s Alliance nationale est composé du PDG de l’entreprise Kennard et d’un consultant financier, ancien du Crédit Suisse à Sydney et à Hong Kong. Des profils qui semblent assez éloignés des « millions d’Australiens qui mènent tranquillement leur vie et paient leurs impôts » que l’association affirme représenter. De fait, cette « association de contribuables » s’est surtout mobilisée pour défendre le libre-échange, le vapotage ou le nucléaire [16].

      Pour se réclamer d’un soutien populaire massif, plusieurs organisations du réseau Atlas recourent à des techniques de marketing direct et des pétitions racoleuses, jouant sur les inquiétudes réelles de la population. Le réseau Atlas leur permet de mutualiser les outils et les méthodes les plus efficaces dans ce domaine (voir l’article à propos de Contribuables associés en France).

      Avec ces stratégies, le réseau Atlas attend de ses membres des résultats. Il faut avoir des succès à célébrer. Le directeur Brad Lips le rappelle souvent : les bailleurs ne veulent pas que des productions, mais aussi des effets tangibles, des victoires politiques. Ceci étant dit, faire basculer l’opinion est un travail de longue haleine et le réseau s’inscrit en même temps dans une stratégie de long terme : « De nombreux partenaires du réseau Atlas se sont concentrés sur des activités éducatives axées sur le développement des talents, afin que les jeunes exposés aujourd’hui au libéralisme classique puissent occuper des postes d’autorité dans une ou deux décennies. Cela exige de la patience et de la persévérance [17]. » Des groupes comme le réseau Students for Liberty, l’organisme de formation Leadership Institute ou la Federalist Society vont ainsi former une armée de porte-paroles et de futurs leaders destinés à occuper des postes dans les médias, le gouvernement, l’administration, la Cour Suprême aux États-Unis... Après plus de quarante ans d’expérience, le réseau peut se vanter « de merveilleux exemples où la stratégie à long terme s’est avérée tout à fait pertinente » [18].

      https://multinationales.org/fr/enquetes/le-reseau-atlas-la-france-et-l-extreme-droitisation-des-esprits/la-methode-atlas
      #influence

  • Qui aurait pu prédire le cauchemar des #appels_à_projet ? #Leó_Szilárd en 1961 dans son recueil de nouvelles de type #science_fiction « La voix des dauphins ». Un extrait mis en avant dans l’exposition « À la limite – Innover à la mesure du monde – 2055 » (https://www.universite-paris-saclay.fr/evenements/la-limite-innover-la-mesure-du-monde-2055) que nous avons visitée et ouverte sur le plateau de Saclay jusqu’à fin août.

    https://themeta.news/cetace-daap
    #think_tank #science #progrès_scientifique #fondation #production_scientifique #recherche #mode #subventions #absurdistan #ESR

  • Ce réseau libertarien qui veut imposer ses idées en France - Basta !
    https://basta.media/reseau-libertarien-veut-imposer-idees-france-Atlas-Javier-Milei-Trump-Ifrap

    Un rapport de l’Observatoire des multinationales met en lumière l’un des facteurs méconnus de la progression des idées d’extrême droite en Amérique et en France : le soutien d’un réseau états-unien de think tank libertariens, appelé Atlas.

    Mais que font nos cellules anti-fake news ?

  • Meinungsmache mit einem dubiosen „China-Experten“
    https://www.nachdenkseiten.de/?p=56639

    25.11.2019 von Jens Berger - Adrian Zenz gehörte in den letzten Tagen zu den meistzitierten Quellen in den deutschen Medien. Angefangen bei der Tagesschau, über den SPIEGEL, die Süddeutsche Zeitung, die ZEIT bis hin zu amerikanischen Propagandasendern wie Radio Free Asia ist Zenz ein gerngesehener Interviewpartner und Zitatgeber. Die FAZ nennt ihn in einem der wenigen etwas ausgewogeneren Artikel zum Thema „Der Mann mit der Million“ (hinter einer Paywall) – dabei geht es um die Zahl von mehr als einer Million Uiguren, die angeblich in chinesischen Umerziehungslagern interniert sein sollen. Diese Zahl stammt von Zenz und wird als Steilvorlage in der aktuellen Kampagne gegen China oft und gerne aufgenommen. Über den Hintergrund von Adrian Zenz schweigt man lieber. Das ist verständlich, stammt der „Experte“ doch aus einem höchst dubiosen Umfeld mit kalten Kriegern aus der amerikanischen Think-Tank- und Geheimdienstgemeinde. Das lässt an der Seriosität seiner Aussagen zweifeln. Von Jens Berger.

    https://www.nachdenkseiten.de/upload/podcast/191125-Meinungsmache-mit-einem-dubiosen-China-Experten-NDS.mp3

    Wer ist Adrian Zenz? Die Tagesschau gibt sich bei der Vorstellung ihres „China-Experten“ recht wortkarg. Zenz „gilt weltweit als renommierter Experte für die Situation der Muslime in China. Zenz lebt und arbeitet in den Vereinigten Staaten von Amerika.“ Das hört sich natürlich seriös an. Doch wo arbeitete der „weltweit renommierte Experte“ eigentlich genau? Der Wissenschaftsdatenbank ORCID zufolge ist Zenz an der European School of Culture and Theology in Korntal, Baden-Württemberg, tätig. Von dieser Schule werden wohl die Allerwenigsten bislang etwas gehört haben und das ist verständlich. Die ESCT gehört zur Akademie für Weltmission, einer eher randseitigen evangelikalen Bildungseinrichtung, die eng mit der ebenfalls in Korntal niedergelassenen Arbeitsgemeinschaft Evangelikaler Missionen assoziiert ist, zu der auch die evangelikale „Chinesische Missionsgemeinschaft“ gehört. Der FAZ gegenüber beschreibt sich Zenz als „tief religiös“ und spricht von einer „Berufung“ und davon, dass Gott ihn dorthin geleitet habe, auf einem „vorbereiteten Weg“.

    Seinem eigenen Eintrag bei „Academia“ zufolge ist Zenz zudem an der Columbia International University tätig und betreut dort die Doktoranden der Korntaler ESCT. Doktoranden einer evangelikalen Privatschule an der Columbia University? Ja, denn die Columbia International University ist nicht mit der renommierten New Yorker Columbia University zu verwechseln, sondern eine dubiose evangelikale Bibelschule in Columbia, South Carolina. Deren online zu erreichenden „Doktortitel“ sind wohl eher als Skurrilität denn als „renommierte Wissenschaft“ zu bewerten. Gegenüber der FAZ hat Zenz übrigens angegeben, dass er sein Geld gar nicht als Wissenschaftler, sondern als „Freiberufler in der IT-Branche“ verdient. Seine China-Studien sind demnach wohl eher ein Hobby, dem er in seiner Freizeit nachgeht. Sonderlich renommiert ist dieser wissenschaftliche Hintergrund nicht. Das klingt alles eher nach einem religiös geleiteten Hobbywissenschaftler.

    Zenz´ vermeintliches Renommee kommt aus einer ganz anderen Quelle. Adrian Zenz ist nämlich zusätzlich „Senior Fellow“ für China-Studien bei einem dubiosen Think Tank namens „Victims of Communism Memorial Foundation“. In dieser Funktion ist er dank seiner extremen Aussagen zur chinesischen Politik in ein Zitierkartell rechter und transatlantischer Think Tanks geraten. Das reicht für die Tagesschau dann offenbar aus, um als „weltweit renommierter Experte“ zu gelten.

    Wer oder was ist „Victims of Communism Memorial Foundation”? Hierbei handelt es sich um ein Think Tank, dass es sich selbst zur Aufgabe gesetzt hat, die „freie Welt“ von den „falschen Hoffnungen des Kommunismus“ zu befreien. Hervorgegangen ist VOC aus den anti-kommunistischen Gruppierungen im Umfeld von McCarthys Komitee für unamerikanische Umtriebe und den darauf aufbauenden reaktionären Gruppierungen, die im Umfeld der Geheimdienste in der Ära des Kalten Kriegs installiert wurden. Gegründet wurde VOC 1993 von den kalten Kriegern Lev Dobriansky, Lee Ewards, Grover Norquist und Zbignew Brzezinski. Der heutige Chairman Lee Edwards war früher unter anderem beim Chiang Kai-shek nahestehenden Committee for a Free China und Gründer der amerikanischen Abteilung der World Anti-Communist League, einer rechtsextremen internationalen – ebenfalls von Chiang Kai-shek initiierten – anti-kommunistischen Liga, der unter anderem auch so „illustre“ Personen wie Otto Skorzeny (Waffen-SS, Organisation der ehemaligen SS-Angehörigen), Ante Pavelić (Ustascha-Kroatien) und zahlreiche Befehlshaber der lateinamerikanischen Todesschwadronen angehörten.

    Berater des VOC ist John K. Singlaub, ein 98-jähriger ehemaliger Generalmajor der US-Armee, der zu den Gründern der CIA gehört und die CIA-Operationen im chinesischen Bürgerkrieg geleitet hat. 1977 musste Singlaub zurücktreten, nachdem er öffentlich Präsident Carters angekündigten Abzug der US-Truppen aus Südkorea kritisiert hatte. Danach gründete er mit Gleichgesinnten die „Western Goals Foundation“, ein privater Geheimdienst, der bei der Iran-Contra-Affäre die Waffenlieferungen an die rechtsextremen Contras in Nicaragua organisiert hat. Die „Western Goals Foundation“ wurde von einem ehemaligen Mitglied als eine „Sammlung von Nazis, Faschisten, Antisemiten, bösartigen Rassisten und korrupten Egoisten“ bezeichnet. Singlaub war seinerzeit auch Chairman der World Anti-Communist League und deren US-Ableger United States Council for World Freedom. Das United States Council for World Freedom wurde übrigens mit finanzieller Starthilfe der reaktionären Regierung von Taiwan gegründet – mit an Bord war auch Lev Dobriansky, der Mitgründer des VOC.

    Wer das VOC heute finanziert, bleibt im Dunklen. Das rechtsgerichtete Think Tank lebt von anonymen Millionenzuwendungen und tritt vor allem als Stichwortgeber für die dem militärisch-industriellen Komplex nahestehenden Think Tanks in Erscheinung, wenn diese mal wieder Munition gegen die linksgerichteten Regierungen in Südamerika oder eben gegen China benötigen. Ist aus diesem Umfeld eine seriöse, wissenschaftliche Analyse der chinesischen Politik zu erwarten?

    Adrian Zenz war nach eigenen Angaben ein einziges Mal in der Provinz Xinjiang – 2007 als Tourist. Für seine Studien hat er frei zugängliche Internetquellen, wie beispielsweise Ausschreibungen und Jobangebote der chinesischen Regierung in der Provinz Xinjiang durchforstet und auf dieser Basis dann Schätzungen über den Umfang der in chinesischen Umerziehungslagern Internierten aufgestellt. Gegenüber der FAZ beschreibt er diese Schätzungen selbst als „spekulativ“.

    All diese Hintergrundinformationen besagen natürlich nicht, dass es in der Provinz Xinjiang keine Umerziehungslager gibt. Die Zahl von „einer Million Inhaftierten“, die über den „Experten“ Zenz durch unsere Medien gereicht wird, ist jedoch mehr als fraglich und wie ein Internetrechercheur wie Zenz, der seit 12 Jahren nicht mehr in der Region war, belastbare Aussagen zu Details treffen will, ist ebenfalls ein Rätsel.

    Natürlich sollen die Medien gerne auch kritisch über die Unterdrückung der Uiguren in der Provinz Xinjiang berichten. Ob es der Glaubwürdigkeit dient, sich dabei auf derart dubiose „Experten“ zu verlassen, ist jedoch fragwürdig. Alles andere als fragwürdig ist indes das Verschweigen des Hintergrunds des „Experten“ Zenz. Denn wenn die Zuschauer und Leser diesen Hintergrund nicht kennen, können sie sich auch nicht ihr eigenes Bild über die Seriosität der Aussagen und Informationen machen. Aber das sollen sie wohl auch gar nicht. So funktioniert Meinungsmache nun einmal.

    Schlagwörter:
    #China #Expertokratie #Lügen_mit_Zahlen #Think_Tanks #Uiguren #Adrian_Zenz

    #Chine #新疆维吾尔自治区 #xīn_jiāng_wéi_wú_ěr_zì_zhì_qū #Xinjiang #droits_de_l_homme #propagande #impérialisme #anticommunisme #USA

  • –"Conflits d’intérêts et connivences médiatiques

    Les économistes à gages sur la sellette" http://www.monde-diplomatique.fr/2012/03/LAMBERT/47476

    "Économistes à gages et médias complaisants" http://www.acrimed.org/article3916.html

    "Les liaisons dangereuses" http://alternatives-economiques.fr/blogs/gadrey/2009/09/21/les-liaisons-dangereuses

    "Ces économistes qui monopolisent (toujours) les débats" http://www.acrimed.org/article3904.html

    "Economistes à gages, Matignon fait le ménage" http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2012-11-21-Economistes

    "Un expert médiatique : Christian de Boissieu, économiste engagé… dans la finance" http://www.acrimed.org/article3496.html

    –"Pour Le Figaro, un bon économiste doit travailler pour une banque ou prendre le parti du Medef" http://www.acrimed.org/article4579.html

    "Pour Le Point, Libération et l’AFP, un bon économiste doit travailler pour une banque" http://www.acrimed.org/article4586.html

    "Pour Le Point, un bon économiste doit travailler pour une banque ou pour des entreprises" http://www.acrimed.org/article4622.html

    "Pour Le Monde, un bon économiste doit travailler pour une banque (1)" http://www.acrimed.org/article4567.html

    "Pour Le Monde, un bon économiste doit travailler pour une banque (2)" http://www.acrimed.org/article4627.html

    "Pour Les Échos, un bon économiste doit travailler pour une banque ou pour un « institut » patronal" http://www.acrimed.org/article4632.html

    –"France 5, BFM TV et France Inter reçoivent une « économiste » d’HSBC mais ne l’interrogent pas sur les « SwissLeaks »" http://www.acrimed.org/article4601.html

    –« C’DANS L’AIR » http://www.acrimed.org/mot1011.html

    –..."« Crise des dettes » ? « Notre hymne à la rigueur », par les experts médiatiques" http://www.acrimed.org/article3666.html "« C dans l’air », bavardage entre amis sur le service public" http://www.acrimed.org/article4333.html

    –"Europe : quels économistes s’expriment dans Le Monde ? Les banquiers !" http://www.acrimed.org/article4654.html
    "Europe : quels économistes s’expriment dans Le Monde (suite) ? Toujours les banquiers !" http://www.acrimed.org/article4707.html

    –"CONSTRUCTION MÉDIATIQUE DE L’OPINION ÉCONOMIQUE" http://www.acrimed.org/rubrique419.html

    #Médias #Conflits_d'intérêts #Ploutocratie

    2008 -... : Les médias et la « crise » économique - Acrimed | Action Critique Médias
    http://www.acrimed.org/-2008-Les-medias-et-la-crise-economique-

    Les imposteurs de l’économie : Enquête sur ces experts médiatiques au service ... - Laurent Mauduit - Google Livres
    https://books.google.fr/books?id=K_fu32xEMnAC&pg=PP1&lpg=PP1&dq=laurent+mauduit+les+imposteurs+

    Les Nouveaux chiens de garde - film 2011 - AlloCiné
    http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=194641.html #Documentaires

  • Ben Freeman sur Twitter : "We tracked more than $174 million in foreign funding going to the nation’s top think tanks in our new report “Foreign Funding of Think Tanks in America.” It’s a must read for understanding this seldom discussed avenue of foreign influence" / Twitter
    https://twitter.com/BenFreemanDC/status/1223225468289196033

    #visualisation #infographie #think_tank

  • Interview d’Arthur Keller par Vincent Lucchese : le #think_tank Adrastia en voie de "radicalisation" ? #lol

    « Avec l’effondrement, une guerre des récits a commencé »
    https://usbeketrica.com/article/effondrement-guerre-recits-arthur-keller

    Nous sommes dans un monde dominé par des oppresseurs, technologistes, libéraux voire libertariens, qui ne veulent pas admettre qu’il y a des limites et accusent de « dictature verte » ceux qui ne font qu’alerter sur les implications des franchissements de seuils en cours. Ils encouragent un système qui dégrade tellement les conditions de vie sur Terre qu’on ira vers une vraie dictature à cause d’eux, plutôt que de décider démocratiquement aujourd’hui quelles limites on se fixe… Il y aura des pénuries demain, donc des violences, donc des voix qui s’élèveront pour proposer plus de sécurité en échange de nos libertés : on va vers des totalitarismes un peu partout. Et le système ne changera pas de lui-même, il est conçu pour se protéger. Les forces de vie doivent réaliser qu’on est en guerre contre des forces de mort.

    (Et nous sommes bel et bien dans une guerre des communiqués.)

  • Face à l’effondrement, il faut mettre en œuvre une nouvelle organisation sociale et culturelle
    Yves Cochet, Pablo Servigne et Agnès Sinaï, Le Monde, le 22 juillet 2019
    https://www.lemonde.fr/festival/article/2019/07/22/face-a-l-effondrement-il-faut-mettre-en-uvre-une-nouvelle-organisation-socia

    Aujourd’hui plus que jamais, il s’agit de rejeter les leurres de la croissance verte afin de revenir à une juste mesure en réduisant considérablement notre empreinte sur le monde. Ce qui veut dire mettre en œuvre immédiatement une nouvelle organisation sociale et culturelle, qui valorise la lenteur et enseigne les boucles de rétroactions, les liens de cause à effet, les mutualismes, la complexité. Dans la société permaculturelle, les réseaux ne sont plus invisibilisés, la frontière entre producteur et consommateur s’estompe dans un contexte de simplification progressive des mégasystèmes. Aussi bien par nécessité de résilience (dans la perspective d’un effondrement des sociétés industrielles) que par éthique des ressources, il s’agit de boucler les cycles, de passer d’une économie extractiviste de stocks à une économie renouvelable de flux. Le nouveau paysage permaculturel se veut directement comestible, au plus proche des habitants, qui eux-mêmes deviennent acteurs de ces nouveaux diagrammes alimentaires et énergétiques. Les paysages se déspécialisent, les fonctions se diversifient.

    Il en résulte une deuxième piste d’action, autour de nouvelles formes politiques territoriales ancrées dans le soin des paysages, œuvrant à la résilience des établissements humains face au nouveau régime climatique. Ces nouveaux territoires prennent le nom de « biorégions » et se substituent aux découpages administratifs actuels grâce à un changement général d’échelle et à une politique de décroissance. Les biorégions permettront, avant, pendant et peut-être après l’effondrement, d’organiser des systèmes économiques locaux territoriaux où les habitants, les manufactures et la Terre travailleront en coopération. La dynamique biorégionale stimulera le passage d’un système hyperefficient et centralisé à une organisation forgée par la diminution des besoins de mobilité, la coopération, le ralentissement, composée d’une multitude de dispositifs et de sources d’énergie. La civilisation automobile et l’agriculture intensive n’auront plus leur place dans cette nouvelle configuration. Les biorégions seront les territoires du ressaisissement.

    La troisième voie de la résistance est celle d’un imaginaire social libéré des illusions de la croissance verte, du productivisme et de la vitesse, actionnées par les entreprises transnationales. La ville connectée, emblème d’une techno-euphorie totalement hors-sol, laissera la place à des bourgs et des quartiers off the grid (« hors réseau ») autoproducteurs d’énergie. Le nombre de véhicules sera réduit au strict minimum, les flottes seront administrées par les communes (libres !), tandis que les champs redessinés en polyculture pourront être traversés à pied. Des axes végétaux résorberont les infrastructures de la vitesse ainsi que les friches industrielles. Qui dit sociétés résilientes dit sociétés conviviales et de proximité. Aujourd’hui, chaque métropole occidentale requiert pour son fonctionnement une vaste partie de la planète. Demain, il en sera autrement, en raison de l’effondrement inéluctable des grands réseaux et de l’économie mondialisée, sur fond de bouleversements climatiques.

    On l’ajoute à la troisième compilation :
    https://seenthis.net/messages/680147

    #effondrement #collapsologie #catastrophe #fin_du_monde #it_has_begun #Anthropocène #capitalocène

    #Yves_Cochet #Pablo_Servigne #Agnès_Sinaï

    • L’Institut Sapiens est un organisme à but non lucratif dont l’objectif est de peser sur le débat économique et social.

      Il se veut le premier représentant d’une #think_tech modernisant radicalement l’approche des #think_tanks traditionnels. Il souhaite innover par ses méthodes, son ancrage territorial et la diversité des intervenants qu’il mobilise, afin de mieux penser les enjeux vertigineux du siècle.

      Sa vocation est triple :

      – Décrypter — l’Association aide à la prise de recul face à l’actualité afin d’être capable d’en comprendre les grandes questions. L’Institut Sapiens sera un centre de réflexion de pointe sur les grands enjeux économiques contemporains.

      – Décloisonner et faire dialoguer — l’Association veut mettre en relation des mondes professionnels trop souvent séparés : Universitaires, membres de la sphère publique, praticiens de l’entreprise ou simples citoyens, ils doivent pouvoir se rencontrer pour réfléchir et dialoguer. Afin d’être réellement représentatifs de toutes les compétences et expériences, les groupes de travail associent systématiquement des personnes d’horizons professionnels divers (de l’ouvrier au dirigeant de société cotée) et peu important leur lieu de vie (Métropole, DOM-COM).

      – Former — Le XXIe siècle est le siècle de l’information ; il doit devenir pour l’individu celui du savoir. Comprendre le monde implique une capacité à faire un retour sur notre histoire, à connaître le mouvement millénaire des idées, à posséder ces Humanités dont l’importance est plus grande que jamais. Parce qu’il veut faire accéder à une compréhension du monde, l’Institut Sapiens se fixe aussi pour objectif de promouvoir cette culture générale sans laquelle demain plus personne ne pourra comprendre son environnement ou même y jouer un rôle.

      *Ses fondateurs sont #Olivier_Babeau, #Laurent_Alexandre et #Dominique_Calmels*.

    • 1. S’il ne voit pas l’intérêt de dresser les riches contre les pauvres, c’est peut-être parce que c’est l’inverse qui se passe ?
      2. On ne dresse pas les riches, on les éduque. On ne dresse pas les pauvres, on les aplatit.
      3. Pour se dresser contre quelque chose il faut avoir un motif je pense. Pour les riches, en macronnie, je ne vois pas.

  • Sciences : peut-on publier n’importe quoi dans L’Express ?
    http://www.acrimed.org/Sciences-peut-on-publier-n-importe-quoi-dans-L

    Publié le 26 avril dernier sous le titre « Pourquoi #Bourdieu avait tort ? », un article signé Laurent Alexandre prétend invalider les travaux du sociologue en neuf paragraphes. Une prouesse rendue possible par l’instrumentalisation de recherches récentes présentées de façon fallacieuse dans un article pseudo-scientifique cachant mal ses objectifs politiques : défendre une certaine vision de l’éducation, en l’occurrence celle du gouvernement actuel – heureux hasard.

    #média #sociologie #science

  • http://www.ifrap.org/emploi-et-politiques-sociales/reforme-de-lassurance-chomage-quel-scenario
    Avertissement : La réforme de l’assurance chômage vu par le #think_tank iFRAP dédié à l’analyse des politiques publiques,
    laboratoire d’idées innovantes selon les premiers.es de cordée.

    Il faut prendre garde de ne pas pénaliser l’emploi à partir de ces contrats qui représentent les trois quarts des embauches actuelles ! Quant au contrôle des chômeurs, il ne peut être valable que si on arrive à faire appliquer les sanctions pour le refus de 2 offres raisonnables d’emploi. On nous dit que c’est inapplicable en France mais cela fonctionne très bien en Finlande ou en Allemagne.

    #Unedic #mille_milliards de mille...

  • L’Institut Montaigne et l’éducation : une influence hissée au sommet (La lettre de l’éducation n°920)
    http://www.lalettredeleducation.fr/-921-no921-.html

    Association loi de 1901 financée exclusivement par des contributions privées, l’Institut Montaigne affiche un budget annuel de 3,8 millions d’euros.
    […]
    En fait, l’orientation de l’Institut Montaigne, comme celle de l’association Agir pour l’école, dont il est un des « partenaires », se définit aussi par ses silences. A l’exception de Maria Montessori, aucune mention dans sa production - même pour les réfuter - des courants pédagogiques. La sociologie de l’éducation, à de rares exceptions près, y est supplantée par les études de l’OCDE. Seule la psychologie cognitive et une référence constante aux neuro­sciences y ont droit de cité.
    […]
    En termes de méthodes, même tendance à la monoculture , avec la promotion des programmes « Parler » et « Parler bambin », […] une approche tout à fait respectée, mettant l’accent simultanément sur le déchiffrage, la phonologie et la compréhension des textes, mais qui est présentée en ignorant toutes les autres et en assurant qu’elle permettrait de « réduire l’échec scolaire par deux par rapport aux classes témoins », un résultat autoévalué par ses promoteurs et fortement relativisée depuis par une étude indépendante.

    #éducation #think_tank #lobby #Institut_Montaigne #Laurent_Bigorgne #Agir_pour_l'école #Montessori #OCDE #neurosciences #psychologie_cognitive

  • A court d’idées et d’argent, #Les_Républicains veulent lancer leur #fondation
    https://www.mediapart.fr/journal/france/310817/court-d-idees-et-d-argent-les-republicains-veulent-lancer-leur-fondation

    Après leur lourde défaite électorale, Les Républicains envisagent la création d’une fondation pour renouveler leur réflexion politique. Et, accessoirement, empêcher leur parti ruiné de mettre la clé sous la porte.

    #France #financement_de_la_la_vie_politique #think_tanks

  • Google Critic Ousted From Think Tank Funded by the Tech Giant - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2017/08/30/us/politics/eric-schmidt-google-new-america.html

    Citizens Against Monopoly that accuses Google of “trying to censor journalists and researchers who fight dangerous monopolies.” The website vows, “We are going to make sure Google doesn’t get away with this.”

    #google #lobbying #think_tank #censure

  • Gulf Government Gave Secret $20 Million Gift To D.C. Think Tank
    https://theintercept.com/2017/08/09/gulf-government-gave-secret-20-million-gift-to-d-c-think-tank

    THE UNITED ARAB EMIRATES is on pace to contribute $20 million over the course of 2016 and 2017 to the Middle East Institute, one of Washington’s leading think tanks, according to a document obtained by The Intercept. The outsized contribution, which the UAE hoped to conceal, would allow the institute, according to the agreement, to “augment its scholar roster with world class experts in order to counter the more egregious misperceptions about the region, inform U.S. government policy makers, and convene regional leaders for discreet dialogue on pressing issues.”

  • « Ils ont détruit l’UE » Marie-Hélène Caillol - El Correo
    http://www.elcorreo.eu.org/Ils-ont-detruit-l-UE-Marie-Helene-Caillol

    Dans l’univers des think tanks, LEAP (Laboratoire Européen d’Anticipation Politique) est un oiseau rare : il est indépendant. D’où son hétérodoxie et son intérêt. En 1998 le think tank a anticipé le retour au vieux continent des « petits-fils d’Hitler, Franco, Mussolini et Petain », en 2006 il a prédit la crise des subprimes et depuis de nombreuses années LEAP annonce l’échec de l’Union Européenne si elle ne se démocratise pas. Fondé en 1997 par le politologue européen Franck Biancheri (1961-2012), le LEAP a son siège à Paris. Marie-Hélène Caillol en est la présidente.

    ... / ...

    Combien de temps encore le système majoritaire et l’allergie d’une majorité de Français envers le Front national et Mme. Lepen continueront d’empêcher sa victoire électorale dans une présidentielle ?

    Encore au moins 5 ans… d’après nous… et uniquement parce que Fillon a été envoyé pour lui « piquer la vedette » ! Nous analysons depuis longtemps que le risque en Europe est moins la victoire de candidats populistes que l’intégration d’agendas populistes dans les gouvernements. En Angleterre, l’UKIP gagne un référendum mais c’est la droite des très fréquentables Tories qui prend le pouvoir. En France, notre establishment invente impeccable Républicain Fillon… Les anticorps européens contre les dictateurs sont puissants mais la capacité des élites à trahir leurs peuples est toujours aussi efficace. C’est l’ère des Pétain plus que celle des Hitler qui commence en Europe… tant que la communauté des peuples européens n’aura pas trouvé pas le moyen de faire entendre sa voix directement.

    #Union_Européenne #LEAP #think_tank