• Toutes les tolérances
    http://www.laviedesidees.fr/Toutes-les-tolerances.html

    La #tolérance est-elle la dernière vertu des modernes ? Tolérer l’autre, c’est d’abord souffrir une présence, nous rappelle utilement Denis Lacorne dans ce panorama des formes sociales et politiques de la tolérance, de l’empire ottoman aux sociétés multiculturelles.

    Livres & études

    / tolérance, modernité, #multiculturalisme, #empire_ottoman, #Lumières

    #Livres_&_études #modernité


  • Une théorie libérale de la #religion
    http://www.laviedesidees.fr/Une-theorie-liberale-de-la-religion.html

    Un État libéral doit garantir la liberté de croyance à ses citoyens et rester neutre en matière de religion. Mais le fait-il ? On sait qu’il réglemente l’usage des signes religieux, ou qu’il a tendance à favoriser certains cultes au détriment d’autres. De quel droit s’autorise-t-il ?

    Livres & études

    / religion, #tolérance, #libéralisme, laïcité

    #Livres_&_études #laïcité


  • Une France moins xénophobe ?
    http://www.laviedesidees.fr/Une-France-moins-xenophobe.html

    On pourrait croire que les attentats islamistes favorisent le vote d’extrême droite, en confortant des tendances xénophobes et autoritaires au sein de la population. Les données disponibles sur les opinions des Français et la #tolérance qu’ils professent dressent pourtant un tableau plus nuancé.

    Essais & débats

    / tolérance, #attentat, #banlieue, #opinion

    #Essais_&_débats


  • Des politiques blancs comme neige
    http://www.laviedesidees.fr/Des-politiques-blancs-comme-neige.html

    Il n’y a pas qu’en France que la moralisation de la vie publique est devenue une urgence civique. Partout en #Europe scandales et affaires déstabilisent les régimes démocratiques depuis 1989. La lutte contre la #corruption supplanterait-elle les anciens clivages idéologiques ?

    Essais & débats

    / corruption, Europe, #tolérance, #morale

    #Essais_&_débats


  • Ces dieux aimables
    http://www.laviedesidees.fr/Ces-dieux-aimables.html

    Les monothéismes d’aujourd’hui seraient-ils moins tolérants que les divinités païennes ? Jetant le pavé antique dans la mare moderne, l’essai de Maurizio Bettini conduit à s’interroger sur les différents modes de croyance, de l’Antiquité à nos jours.

    Livres & études

    / #religion, Antiquité, #tolérance

    #Livres_&_études #Antiquité


  • La #religion en place publique
    http://www.laviedesidees.fr/La-religion-en-place-publique.html

    Le débat public démocratique gagnerait-il à faire droit à l’expression des convictions religieuses ? Le philosophe Jean-Marc Ferry plaide pour le décloisonnement des champs politique et religieux en vue de leur enrichissement mutuel. Mais est-ce justifié ?

    Livres & études

    / #tolérance, religion, #espace_public, #libéralisme

    #Livres_&_études


  • Police say 350 people have come forward to report child sex abuse in football | Football | The Guardian
    https://www.theguardian.com/football/2016/dec/01/fa-punish-clubs-cover-up-martin-glenn
    https://i.guim.co.uk/img/media/af0703dfc25418fd4b8bd41d884707008d7aa997/0_0_6570_3942/master/6570.jpg?w=1200&h=630&q=55&auto=format&usm=12&fit=crop&bm=normal&ba=bottom%2Cleft&blend64=aHR0cHM6Ly91cGxvYWRzLmd1aW0uY28udWsvMjAxNi8wNS8yNS9vdmVybGF5LWxvZ28tMTIwMC05MF9vcHQucG5n&s=09553b6e4f2c55eb32a3b38d43e77e53

    Police have been flooded with victims alleging they were abused as children in football and say they are investigating attacks on 350 people, with more complaints expected.

    The complaints to police came after Guardian revelations about child sexual abuse in football and police chiefs are vowing to hunt down the attackers – no matter how long ago the crimes took place.
    Former Newcastle player David Eatock on being abused: ‘I wanted to cry but I couldn’t even cry’
    Read more

    The 350 victims reporting crimes to police will have their cases investigated, officers say, with a priority being to identifying alleged offenders who may still pose a danger to children.

    –—

    Newcastle United accused of a cover-up in 1990s by sex abuse victim Derek Bell | Football | The Guardian
    https://www.theguardian.com/football/2016/dec/01/newcastle-accused-cover-up-1990s-abuse
    https://i.guim.co.uk/img/media/859c57e40a6f5210a38820ea61ca273006123cc1/728_821_5032_3019/master/5032.jpg?w=1200&h=630&q=55&auto=format&usm=12&fit=crop&bm=normal&ba=bottom%2Cleft&blend64=aHR0cHM6Ly91cGxvYWRzLmd1aW0uY28udWsvMjAxNi8wNS8yNS9vdmVybGF5LWxvZ28tMTIwMC05MF9vcHQucG5n&s=321fe662ace8df2f6f4f86166adda88f

    The former Newcastle United footballer Derek Bell, who was subjected to years of sexual abuse by a boys club coach who subsequently worked at Newcastle, has accused the St James’ Park club of a cover-up for their limited response after Bell raised the alarm in 1998.

    Bell was sexually abused by George Ormond, his coach at the local Montagu and North Fenham boys club, from the age of 12 to 16 in the late 1970s, until Bell signed as an apprentice at Newcastle United in 1979. He believes that after he joined Newcastle, Ormond had to “wean himself” off Bell, and he fears that Ormond must then have targeted other young players at the boys club for similar abuse.

    #viols #pédophilie


  • #Cannabis : les impasses de la #répression - regards.fr
    http://www.regards.fr/web/article/cannabis-les-impasses-de-la-repression
    http://www.regards.fr/IMG/jpg/rouillon-coppel-1.jpg

    On connaît la politique américaine de tolérance zéro que nous avons copiée à partir de 2007. Son bilan est celui d’un appauvrissement de la communauté noire et d’une exacerbation de la violence – sans effet sur le trafic. Le tournant a été pris, entre autres, avec le “miracle de Boston”. La municipalité a décidé de lutter contre la criminalité, bien sûr, mais en ciblant les crimes violents qui ont été sanctionnés très sévèrement, et en laissant de côté tout ce qui touchait à la vente de cannabis. Avec cette politique, de meilleurs résultats ont été obtenus – une baisse de la violence et des crimes de rue – sans augmentation du nombre de consommateurs. Cela a suscité un basculement dans une grande partie de la classe politique, et chez la totalité des experts. Au sein de l’opinion, à force de demander tout le temps de renforcer la répression, on a fini par comprendre qu’elle ne servait à rien.

    • « Les mères de Saint-Ouen n’ont pas manifesté pour dire stop au cannabis, elles ont manifesté pour dire stop à la violence. » Jacqueline Rouillon

      Anne Coppel. Je suis tout à fait d’accord sur l’importance des actions de cohésion sociale. Mais je pense qu’il faut être plus précis sur la mission du dispositif répressif et de la police là-dedans. L’erreur, grave, est de penser qu’éradiquer le trafic suffirait à rétablir la paix sociale. La question est de ne pas exacerber la violence, de faire que les gens puissent s’en sortir. Et l’objectif de la police doit être qu’il n’y ait pas de crime de sang. Cela, beaucoup de villes européennes l’ont compris, et ont obtenu une baisse de la violence. Quand j’entends le ministre de l’Intérieur actuel dire que l’on va lutter contre le trafic en s’attaquant à toute la chaîne, depuis l’usager jusqu’au guetteur, c’est ridicule. Il y a cinq millions à sept millions de consommateurs… Deux millions de jeunes, un sur deux, ont expérimenté le cannabis… L’interdit ne fonctionne plus. À quoi sert la sanction ? La légalisation est, j’espère, inéluctable, car elle constitue la réponse rationnelle. Mais en attendant ce jour, on peut déjà améliorer la situation, mener l’expérience d’une gestion plus douce, assurer l’accès au produit, laisser les gens cultiver chez eux pour échapper au trafic, arrêter d’interpeler les usagers…

      Un tour d’horizon lucide et réaliste...

      #légalisation #tout_répressif #alternative #ville #économie_locale #tolérance_zéro


  • King of Norway calls for greater unity in speech that hails diversity | World news | The Guardian

    https://www.theguardian.com/world/2016/sep/06/king-harald-norway-diversity-speech?CMP=twt_a-world_b-gdnworld

    https://i.guim.co.uk/img/media/955770d2affa23a8a5932a2cbc15e2ab30150b58/0_41_2565_1539/2565.jpg?w=1200&h=630&q=55&auto=format&usm=12&fit=crop&bm=normal&ba=bottom%2Cleft&blend64=aHR0cHM6Ly91cGxvYWRzLmd1aW0uY28udWsvMjAxNi8wNS8yNS9vdmVybGF5LWxvZ28tMTIwMC05MF9vcHQucG5n&s=a8169b9aaf050caa3f8fabcc7a82d1f8

    “Norwegians are girls who love girls, boys who love boys, and girls and boys who love each other,” King Harald said in the widely praised speech delivered on 1 September. “Norwegians believe in God, Allah, the universe and nothing.”

    The king of Norway

    #norvège #tolérance #diversité

    • Reka

      Oui, mais ce qui est étonnant, c’est qu’il est considéré comme étant très conservateur :) Ce discours en tout cas est le premier du genre et a scotché tout le monde (même s’il a zappé sur les Same qu’il a « oublié » de citer dans sa liste « c’est qui les norvégiens » et que ça à vraiment fait un malaise).


  • Ni de leur guerre, ni de leur paix ! - La Cavale
    http://www.lacavale.be/spip.php?article291
    La #guerre arrive maintenant jusque devant les portes de vos maisons. Les militaires postés dans #la_rue vous en donnent la preuve. Les #contrôles renforcés dans la rue font disparaître des centaines de #sans-papiers dans les #camps de déportation. Les #flics sont sur les nerfs, appliquant une #tolérance_zéro pour écraser tous ceux qui ne restent pas dans les rangs. Les #journalistes font pénétrer le message du pouvoir dans nos têtes. Et l’argent pleut pour financer la lutte contre « la menace ». [...]
    #maxi_prison

    http://lenvolee.net/emission-de-lenvolee-du-13-mai-2016


  • Les essentiels de la #CNCDH - Rapport sur la lutte contre le #racisme 2015.

    Après quatre années de baisse consécutive, suivie d’une stabilisation en 2014, l’indice longitudinal de #tolérance en France marque en 2015 une nette progression vers plus de tolérance.

    [...]

    Les chiffres du ministère de l’Intérieur sur les faits délictueux (« actions » et « menaces ») à caractère #raciste, #antisémite et #antimusulman marquent, une fois agrégés, une hausse conséquente de 22,4 % pour l’année 2015 : l’année 2014 avait enregistré 1.662 faits constatés à caractère raciste, antisémite et antimusulman ; l’année 2015 en totalise 2.034, sommet jamais atteint depuis que ces statistiques sont relevées. La courbe de tendance de la délinquance apparente à caractère raciste ne cesse ainsi son inquiétante ascension.


  • Malgré les #attentats, la #CNCDH observe un sursaut de la #tolérance en #France
    https://www.mediapart.fr/journal/france/020516/malgre-les-attentats-la-cncdh-observe-un-sursaut-de-la-tolerance-en-france

    En 2015, les actes et menaces racistes enregistrés par le ministère de l’intérieur sont en forte hausse, notamment ceux visant les musulmans. En revanche, la Commission nationale consultative des droits de l’homme observe dans son rapport annuel une progression de son indice de tolérance de la société française. Une surprise après une année marquée par une série d’attentats meurtriers.

    #Antisémitisme #islamophobie #racisme


  • L’#école doit-elle être un terrain religieusement neutre ?

    Qu’on parle de foulard pour les filles musulmanes ou de crucifix dans les salles de classe, la relation entre école et religion est toujours source potentielle de conflit. Récemment, le débat a rebondi autour d’espaces de prière mis à disposition pour les musulmans dans deux écoles lucernoises. Solution pragmatique pour les uns, ces « espaces de silence » n’auraient rien à faire dans les écoles publiques d’un pays laïc, arguent les autres.

    http://www.swissinfo.ch/fre/espaces-de-pri%C3%A8re-pour-les-musulmans_l-%C3%A9cole-doit-elle-%C3%AAtre-un-terrain-religieusement-neutre-/41950014
    #foulard #voile #religion #laïcité #intégration #tolérance #islam #Suisse


  • Molenbeek, un nid de terroristes ? Ce quartier de Bruxelles est le lieu d’une belle alternative
    http://www.reporterre.net/Molenbeek-un-nid-de-terroristes-Ce-quartier-de-Bruxelles-est-le-lieu-d-u
    http://www.reporterre.net/IMG/arton8499.jpg

    Molenbeek, près de Bruxelles, est présenté comme un repaire de terroristes. Comme toujours, la réalité n’est pas si simple. Car dans ce grand quartier de Bruxelles, une initiative de parc urbain autogéré est devenue un exemple extraordinaire de mixité et de tolérance.

    @supergeante

    • A Molenbeek, dans la spirale de la misère et de l’islam radical

      « Molenbeekistan », « nid de djihadistes ». Depuis les attentats de Paris, Molenbeek, commune de Bruxelles, est sous les feux de l’actualité, considérée comme la plateforme du terrorisme européen. Plongée dans ce quartier qui a sombré et où l’Arabie saoudite a massivement financé l’émergence d’un islam wahhabite.

      http://www.mediapart.fr/journal/international/201115/molenbeek-dans-la-spirale-de-la-misere-et-de-lislam-radical?onglet=full

    • De notre envoyée spéciale à Molenbeek-Saint-Jean (Bruxelles, Belgique). Quand elle a appris que deux des fils Abdeslam étaient impliqués dans les tueries de Paris – l’un, Brahim, s’est fait sauter devant un bar du XIe arrondissement « comme s’il était à Kaboul » et l’autre, Salah, est en cavale –, Souad s’est effondrée en larmes et en prières. Elle « sentait que le malheur se rapprochait encore une fois du quartier ». Déjà, l’été dernier, pendant les vacances dans le village natal, dans le nord du Maroc, elle avait demandé à son mari, un retraité de la Stib, la RATP bruxelloise, de convaincre les enfants de rester au pays. « Au Maroc, c’est une dictature mais je préfère la dictature à l’anarchie, là-bas les policiers font peur, nos petits-enfants seront biens tenus. Pas comme à Molenbeek où tout est permis et les gosses à la rue nuit et jour. »

      Souad était déjà « traumatisée, dépassée » par l’histoire de la famille N. Ces lointains cousins, immigrés en Belgique comme eux, avaient organisé une « talba », une récitation du Coran, pour un de leurs gamins qui s’était radicalisé sans que personne s’en aperçoive et qui avait rejoint la Syrie, cédant à « l’appel du Cham » de Daech. Il était mort quelques mois plus tard, « shuhada », « martyr », selon un bref message de l’organisation qui avait plongé la mère dans la folie et le père dans la dépression. Souad, la soixantaine, voyait souvent les femmes de cette famille autour d’un thé à la menthe pour passer les après-midi « mais depuis cette tragédie, elles ne fréquentent plus personne, le djihad est un sujet tabou, les familles ont honte, comme si Satan les avait frappées ».

      Ce mercredi, dans son salon oriental, sous une photo de La Mecque où elle est allée en pèlerinage, Souad se demande « quelle drogue on donne à nos enfants pour qu’ils deviennent des monstres », un chapelet à la main. Elle raconte qu’elle ne sort plus de peur d’être harcelée par les journalistes « qui nous prennent pour des animaux » et pleure les victimes de Paris, « les musulmans d’Europe qui vont être encore plus stigmatisés » mais aussi « l’enfer que doit vivre la mère Abdeslam ». « Ici, c’est un village, on se connaît tous », dit-elle, scotchée sur Maghreb TV, une télé belge communautaire qui diffuse en arabe et qui a dépêché ses caméras sur la place communale de Molenbeek.

      Le quartier est l’un des poumons de la ville, à quelques mètres du métro Comte de Flandre et à moins d’un quart d’heure à pied de la Grand-Place de Bruxelles, épicentre touristique de la capitale européenne. S’y tient tous les jeudis un marché « qui donne l’impression d’être à Tanger », dit un commerçant. Il se présente comme « un des rares Blancs » à tenir encore un commerce dans ce qui a muté, au fil des décennies, en « un laboratoire de ville à 90 % musulmane », « un ghetto ethnique ». « Maroc-enbeek », 97 000 habitants sur six kilomètres carrés : plus de la moitié sont des immigrés marocains ou descendants, concentrés dans la partie basse de la ville, le triangle « Comte de Flandre-Étangs noirs-Ribaucourt ».

      Décrochage scolaire, chômage (jusqu’à 60 % chez les jeunes dans les quartiers est), discriminations de l’école à l’embauche, familles nombreuses sans revenus du travail entassées dans des logements minuscules dont un quart ne possède pas encore le confort minimal (W.-C., douche), trafic de cannabis importé par des Rifains, banditisme… Molenbeek, « Petit Manchester » ouvrier florissant dans les années 1960, a été foudroyé par la désindustrialisation. Le quartier est devenu, un demi-siècle après le premier accord bilatéral de recrutement de main-d’œuvre entre la Belgique et le Maroc (puis avec la Turquie), l’emblème du croissant pauvre et délinquant de Bruxelles qui tourne autour du canal. Tous les indicateurs sociaux sont au rouge, à quelques kilomètres du rond-point Schuman et des institutions européennes.

      Depuis samedi, les médias du monde entier cherchent à comprendre comment cette commune, que le ministre de l’intérieur belge Jambon, de la très droitière N-VA, veut « nettoyer » (et Zemmour « bombarder »), s’est muée en « nid à djihadistes ». Ils occupent la place communale avec leurs fourgons satellites, enchaînent les duplex, vont et viennent du dôme de la « maison communale » (la mairie) accolée au commissariat de police, au numéro 30, à l’autre bout de la place, une petite maison de trois étages au-dessus d’un Pakistanais qui vend des tissus orientaux. C’est ici, dans un logement social, que vit la famille Abdeslam, sous pression médiatique maximale.

      Lundi, en fin d’après-midi, sur le pas de la porte de l’immeuble, Mohamed, frère aîné des deux terroristes présumés, employé au service « population » de la commune depuis dix ans, s’est exprimé sous les flashs après une arrestation musclée et plusieurs heures de garde à vue : « J’étais accusé d’acte terroristes (…) mais en aucun cas je n’ai été lié de près ou de loin à une intervention à Paris. (…) Les gens de la commune savent de quoi je suis capable et de quoi je ne suis pas capable. Je n’ai jamais eu d’ennuis avec la justice. J’avais un alibi. » « Momo », comme l’appellent ses collègues, assure n’avoir « rien remarqué » chez ses frères. Comme tous ceux qui connaissaient Salah et Brahim Abdeslam.

      « Bienvenue à Hollywood, la plus grande fabrique de films »

      « Pas inconnus de la justice, les deux frères avaient commis des délits de droit commun mais ils appartiennent à une famille modérée, ouverte, originaire de Tanger, au Maroc, qui n’avait jamais fait parler d’elle sur le plan religieux », dit un travailleur social sous couvert d’anonymat. « Je les connais depuis qu’ils sont petits et je ne les ai jamais vus à la mosquée », renchérit Jamal Habbachich, à la tête d’un comité consultatif qui fédère seize mosquées de Molenbeek. Abdel, 26 ans, qui alterne périodes de chômage et d’intérim, passait ses journées et ses soirées aux « Béguines », le café qui appartenait à Brahim Abdeslam et que gérait Salah. C’était un bar d’hommes dans cette ville où les femmes sont pour la plupart voilées et où « tu n’en verras jamais une dans un bar, ni dans la rue le soir sauf si elle sort d’un mariage », dit Abdel.

      Le café a été fermé le 5 novembre par les autorités, pour « consommation de substances hallucinogènes prohibées » après une descente de police en août. On y menait une vie de bamboche, fumait du shit, buvait un verre de thé à la menthe ou des Jupiler (bière belge), en jouant aux dés et en regardant les matchs de foot. « C’était tout sauf des radicaux qui voient la vie en "haram" (illicite) ou en "halal" (licite). Ils ne faisaient pas la prière à ma connaissance. Leur "trip", c’était les filles, les discothèques, la fête », raconte Abdel.

      Abdel ne croit « pas du tout » ce qui tourne en boucle sur les chaînes d’information, sur les fils Abdeslam et le cerveau présumé des attentats de Paris, Abdelhamid Abaaoud, Molenbeekois bien connu, mort dans l’assaut lancé ce mercredi dans un appartement à Saint-Denis. « C’est des montages. Comment on peut tenir un coffee-shop et se faire sauter quinze jours après ? Comment on peut être Abaaoud l’homme le plus recherché du monde planqué en Syrie et revenir à Paris incognito en passant les frontières dans un contexte ultra-sécuritaire même en empruntant la route des réfugiés syriens ? », dit le jeune homme en prenant à témoin ses copains.

      Tous lisent là « encore un complot de la Grande Puissance, l’Amérique, la France pour salir les musulmans ». « Si j’envoie par SMS à mon répertoire la question, "croyez-vous aux événements dont les médias nous matraquent depuis vendredi", 95 % va me répondre "Non" », assure sans ciller Samir, 28 ans et déjà dix de chômage. Ils ne sont pas allés ce mercredi au rassemblement sur la place communale en mémoire des victimes de Paris où 2 500 personnes, dont le frère Abdeslam depuis un balcon, se sont recueillies, allumant des bougies, des lumières contre les ténèbres.

      Karim, qui a quitté l’école à 16 ans et vit de « petits deals », ne se sent « pas concerné » : « On n’était pas "Charlie" en janvier parce qu’on ne peut pas rire de tout et se moquer de la religion, du prophète comme il le faisait. On ne va pas être "Paris" en novembre. Il y a eu des morts, O.K., qu’ils reposent en paix, mais on ne croit pas au "terrorisme", c’est une invention de l’Occident. Chaque fois, qu’il y a "un attentat" ou "une tentative", cela passe toujours comme par hasard par Molenbeek et les quartiers où il y a des musulmans concentrés. C’est la seule fois de l’année où on parle de nous dans les journaux, jamais pour parler du racisme, du chômage, de la misère, des violences policières que nous subissons avec nos parents. Du jour au lendemain, on découvre qu’untel avec qui on était à l’école, jouait au foot, à la boxe, est devenu un bourreau et pose avec une kalach sur Facebook au milieu de cadavres. Mais que fait la police alors si nous sommes un foyer du djihadisme mondial depuis tant d’années ? »

      Devant l’un des deux derniers établissements scolaires de Bruxelles qui accepte le port du foulard (tous deux à Molenbeek), des jeunes filles, voilées ou cheveux lâchés, sortent de cours, oscillant entre « c’est faux, c’est un complot », « c’est vrai, c’est bien fait pour la France qui bombarde la Syrie ». À « Molen », nombre d’habitants rencontrés, dont beaucoup de jeunes, refusent de croire que la ville est un foyer de l’islam radical européen, une base arrière des cellules djihadistes notamment françaises. Les théories du complot circulent à la vitesse du « téléphone arabe », révélant l’étendue de la fracture entre la population de ces quartiers bannis et le reste de la société.

      Depuis l’offensive médiatique, « la parano » a gagné les habitants qui voient « des agents extérieurs », « des espions au service du roi du Maroc », « des flics belges déguisés » partout, jusque dans les rangs des journalistes. « Bienvenue à Hollywood, la plus grande fabrique de films. Moi, je vole mais je ne suis pas un terroriste, je suis incapable de tuer une mouche », rigole un sans-papiers algérien. Tout de contrefaçon vêtu – jeans, blouson en cuir, montre, besace –, il fume un joint sur la chaussée de Gand, le grand axe de drague et commerçant de la ville, essentiellement des boutiques « ethniques » à bas prix, boucheries et snack halal, magasins de meubles, vaisselle et gadgets orientaux, vêtements islamiques, « jilbabs » et « kamis » sombres, « made in China »...

      « Molenbeek est en train de payer des décennies de harcèlement religieux »

      Pourtant, la réalité est là, impressionnante. Quand ils ne sont pas des enfants du cru, les islamistes radicaux se forment, se cachent, se lèvent derrière les murs, les caves et les garages des petites maisons en briques rouges de Molenbeek. Malgré le durcissement de la législation antiterroriste belge, le démantèlement de filières de recrutement depuis les années 1990, les chemins du terrorisme ne cessent de mener à cette commune parmi les plus pauvres de Belgique, lui valant le retour du surnom « Molenbeekistan ».

      « La religion poussée à l’extrême par les obscurantistes est devenue l’occupation principale des chômeurs qui n’ont plus que le choix entre le trafic de drogue ou le djihad. Tu n’as pas de travail ? Fais la prière cinq fois par jour et attends l’appel de l’imam au café en fumant un joint. Tu n’es pas marié, tu es frustré sexuellement, socialement ? On va te donner 70 vierges si tu te fais sauter », soupire un commerçant musulman qui aimerait bien « un peu de diversité, de Blancs ».

      Aujourd’hui, ce sont Abdelhamid Abaaoud, les frères Abdeslam, le Français Bilal Hadfi qui s’est fait exploser devant le Stade de France et qui vivait à Bruxelles… qui font la une des journaux. Hier, et la liste n’est pas exhaustive, c’était Hassan el-Haski, l’un des cerveaux des attentats de Madrid de 2004 (191 morts, 1 800 blessés) ; Mehdi Nemmouche, l’auteur de la tuerie du Musée juif de Bruxelles en mai 2014, originaire de Roubaix ; Ayoub el-Khazzani, qui a raté l’attaque du Thalys Bruxelles-Paris en août dernier ou encore des protagonistes de « la cellule de Verviers » démantelée lors d’un assaut policier mortel au lendemain des attentats de Charlie-Hebdo, de Montrouge et de l’HyperCacher en janvier.

      C’était aussi les prédicateurs Jean-Louis Denis dit le Soumis, Fouad Belkacem aujourd’hui derrière les barreaux (il a pris douze ans en février). Ce dernier, à la tête de Sharia4Belgium, prônait le djihad armé entre Anvers et Bruxelles. En 2012, une quinzaine de membres de son groupuscule salafiste ont provoqué des émeutes avec la police de Molenbeek en réaction au contrôle d’identité d’une femme en niqab dans le tram (cette dernière s’était rebellée et avait cassé le nez d’une policière).

      « La ville est pour eux un arrondissement de Paris comme Anvers, une annexe des Pays-Bas. Ils peuvent s’y procurer facilement des armes, des faux papiers grâces aux filières criminelles, se planquer grâce à la densité de logements et se fondre dans la population de type arabo-musulmane », analyse l’anthropologue et militant associatif Johan Leman. Il a suivi toutes les mutations de la commune, de l’arrivée des premières générations d’immigrés venus travailler dans les mines, creuser le métro bruxellois aux premières radicalisations de leurs enfants nés sur le sol belge. C’est ici aussi que les Tunisiens Dahmane Abd el-Sattar et Bouraoui el-Ouaer ont fomenté l’assassinat du commandant afghan Massoud tué deux jours avant le 11 septembre 2001 sur ordre de Ben Laden.

      El-Sattar était l’époux de Malika el-Aroud, « la veuve noire », muse du djihadisme belge, deux fois femme de martyrs (elle s’est remariée avec Moez Garsallaoui, un Belgo-Tunisien tué par un drone au Pakistan en 2012). Fille d’ouvrier marocain, condamnée en 2008 à huit ans de prison et désormais sous le coup d’une procédure de déchéance de nationalité, elle avait envoyé vers l’Afghanistan des dizaines de jeunes.

      Le Franco-Syrien Bassam Ayachi, « cheikh » sulfureux, doyen des terroristes belges en Syrie où il est retourné en 2013, avait présidé à l’époque son mariage religieux avec el-Sattar. Il a dirigé pendant vingt ans, avec son fils (mort en Syrie en 2013), le Centre islamique belge (CIB) de Molenbeek. Un sanctuaire du salafisme radical, démantelé seulement en 2012 par la justice, qui a envoyé de nombreux combattants vers l’Afghanistan, l’Irak et la Syrie.

      « Molenbeek est en train de payer des décennies de harcèlement religieux et de laxisme politique. On a laissé des fous de Dieu, des salafistes et des Frères musulmans, payés par le Qatar, l’Arabie saoudite, l’Égypte, le Maroc, semer le malheur, la pagaille, le foulard. Ils ont fait de l’islam des sectes qui imposent un Coran de la terreur, sur des individus fragiles, ignorants, des gamins qui ont décroché du système scolaire dont les parents sont analphabètes, qui ne parlent ni l’arabe ni la langue des imams. » Rue Ribaucourt, le gérant de la librairie El-Itra (l’être originel en arabe) fulmine dans son local désert en lisant Grabovoï, « un grand penseur russe qui peut sortir nos consciences de la déchéance ». Sans concession, le libraire, « un musulman laïque », met « dans la même poubelle » le terroriste Bassam Ayachi et l’islamologue Tariq Ramadan qui tient régulièrement conférence dans la ville.

      Trois anciens, barbes longues et fournies, anoraks sur djellabas jusqu’aux genoux, passent devant sa vitrine : « Il y a trente ans, ils buvaient de l’alcool, fumaient, mais on leur a lavé le cerveau, les voilà singes. » Pas un client depuis samedi dans sa boutique, « que des journalistes qui ne connaissent rien à l’islam ». « À ce rythme, je vais fermer. Je tiens la seule vraie librairie de la ville qui propose du sacré et du profane face aux innombrables librairies coraniques, toutes affiliées à un groupuscule, salafistes, frères musulmans », râle le commerçant. Il raconte qu’un jour de campagne électorale, « un politicien » est rentré dans sa librairie : « Il m’a demandé ce que je voulais. Je lui ai dit : ferme les mosquées et je voterai pour toi. Il m’a pris pour un fou musulman et il a tourné les talons. Mais il est là le grand problème de Molenbeek. »

      « Un week-end comme celui-ci flingue tout le boulot des travailleurs sociaux »

      La ville compte officiellement 24 mosquées, organisées par pays, dont quatre seulement sont reconnues par la région de Bruxelles-Capitale (les imams y sont payés par les autorités). Elle compte aussi des dizaines de lieux de cultes ou associations privés, dans les anciennes maisons ouvrières, que personne ne sait vraiment chiffrer ni surveiller. Seize des 24 mosquées sont contrôlées par un conseil consultatif (onze sont arabophones, deux pakistanaises, une africaine, une turque, une bosniaque).

      Jamal Habbachich, 59 ans, un Belge originaire du sud marocain, est à la tête de ce conseil. Il donne rendez-vous dans la mosquée Attadamoune, 500 fidèles le vendredi, près des Étangs noirs, et appelle « la communauté à se remettre en question » : « Nous sommes à l’image de la Belgique, divisés, communautarisés dans nos mosquées. Chacun son pays, sa tribu, ses mentalités. Le Maghreb, c’est l’anarchie totale à l’inverse de la Turquie ou le Pakistan qui sont très structurés. Aucun de leurs jeunes ne part au djihad contrairement à nos fils du nord du Maroc et d’Afrique du Nord qu’on retrouve dans tous les dossiers de terrorisme avec les convertis. »

      Pour lui, « le mal vient des monarchies du Golfe, l’Arabie saoudite en tête, qui versent leurs pétrodollars sur l’Occident et imposent dans nos quartiers des courants dangereux et une lecture très rigoriste et binaire de l’islam, "halal", "haram", sans nuances de gris. Chez les Marocains, c’est très fort et c’est un terreau fertile pour les recruteurs radicaux qui veulent décerveler nos jeunes ». Ce jeudi, dans les médias, Rachid Madrane, ministre PS de l’aide à la jeunesse à la Fédération Wallonie-Bruxelles, a reconnu « le péché originel » : « On a confié les clés de l’islam en 1973 à l’Arabie saoudite pour s’assurer un approvisionnement énergétique (…) Le résultat, c’est que la pratique de l’islam apaisé qui était celle des personnes qu’on a fait venir du Maroc a été infiltrée par du wahhabisme, du salafisme. »

      Le Royaume belge découvre ainsi qu’il a trop longtemps fermé les yeux sur l’emprise wahhabite. La Grande Mosquée du Cinquantenaire, à Bruxelles, financée dans les années soixante par la Ligue islamique mondiale, une ONG musulmane au service du régime saoudien, est emblématique de cette liaison dangereuse. Rachid Madrane souhaite plus d’imams formés en Belgique, qui prêchent en français, en néerlandais, plus d’arabophones dans les services de renseignements.

      « Les mosquées sont moins problématiques qu’internet. Cela l’était il y a encore dix ans mais aujourd’hui, elles sont surveillées. Les islamistes le savent et opèrent à l’extérieur, en privé, sur internet. On voit peu de jeunes dans nos mosquées faute d’imams qui savent répondre en phase avec leurs préoccupations », constate Jamal Habbachich.

      Professeur de religion musulmane dans des établissements professionnels du réseau officiel (les Belges ont une définition de la laïcité radicalement différente des Français), Jamal Habbachich a toutes les peines du monde à convaincre des gamins déboussolés par les prédicateurs du Web. « L’autre jour, une élève de cinquième m’a demandé si j’étais d’accord avec l’imam de Brest, Rachid Abou Houdeyfa, la nouvelle coqueluche des jeunes, pour dire que les faux ongles, c’était "haram". J’ai passé quarante minutes à lui expliquer qu’il n’y avait rien de mal à se rajouter une couche d’ongles ! Les discours de ce type me font peur. J’ai passé deux semaines aussi à rappeler à un ado qui étaient les femmes de Mahomet, Aicha, guerrière, cavalière, infirmière, etc. Il me disait que suivant les préceptes d’un cheikh égyptien sur Youtube, sa femme ne travaillerait jamais. Il m’a soutenu que les femmes ne doivent sortir que trois fois : du ventre de leur mère, du joug parental au joug marital, puis du foyer au cimetière. »

      Dans son bureau à la commune, sous une affiche de lutte contre les contrôles au faciès, l’écolo Sarah Turine, échevine (adjointe) déléguée à la jeunesse, à la cohésion sociale et au dialogue interculturel, islamologue de formation, partage les mêmes craintes et la même analyse : « La logique manichéenne wahhabite a causé beaucoup de dégâts à Molenbeek. Après les attentats du 11-Septembre et la première vague d’islamophobie, les jeunes de la deuxième et troisième génération, ne se sentant pas reconnus comme des Belges à part entière, surtout les garçons, ont hissé en étendard leur identité musulmane. On prend en peine figure aujourd’hui les conséquences du repli religieux qu’on a laissé s’installer en achetant la paix sociale. »

      Depuis samedi, les politiques se renvoient les responsabilités, notamment les bourgmestres Philippe Moureaux, le baron socialiste qui a régné pendant plus de 20 ans sur la commune, et la nouvelle bourgmestre de droite Françoise Schepmans (Mouvement réformateur) qui a raflé la commune en 2012, grâce à une coalition mêlant son parti, le centre-droit (CDH) et les écolos.

      Le premier aurait laissé « Marrakech devenir Peshawar », la seconde « n’aurait rien fait »… Sarah Turine ne veut pas « rentrer dans la polémique ». Quand elle a appris les fusillades de Paris, elle s’est dit « pourvu qu’il n’y ait pas de lien avec Molenbeek » : « Un week-end comme celui-ci flingue tout le boulot des travailleurs sociaux et va stigmatiser un peu plus les habitants de Molenbeek, des musulmans normaux, pacifistes qui encaissent déjà beaucoup d’injustices. » Elle rappelle que sur les cinq communes de la zone de police de Bruxelles-ouest, dont Molenbeek, une cinquantaine de jeunes ont rejoint des milices en Syrie depuis le début du conflit. Une cinquantaine sur des dizaines de milliers de jeunes qui essaient de s’en sortir.

      « Les journalistes ne parlent jamais des énergies dingues que dégage cette ville »

      « On surmédiatise un épiphénomène, certes d’une extrême violence et barbarie. À l’échelle belge, les djihadistes, c’est 500 personnes sur près de 600 000 musulmans. Les taux de chômage, de décrochage scolaire sont beaucoup plus affolants », appuie Corinne Torrekens, chercheuse à l’Université Libre de Bruxelles, spécialiste de la radicalisation. « Les journalistes ne viennent que lorsqu’il y a un attentat ou un gros tournage de film. Jamais ils ne parlent des énergies dingues que dégage cette ville, de son terreau associatif, artistique », s’indigne le comédien Ben Hamidou.

      Enfant de Molenbeek, « ma mère adoptive », dit ce natif d’Oran en Algérie, Ben Hamidou monte depuis quinze ans des pièces de théâtre, seul en scène ou avec des gens du quartier. Il joue dans Djihad, la pièce d’Ismael Saïdi qui tourne depuis 2014, tragi-comédie retraçant l’odyssée en Syrie de trois paumés de Molenbeek que l’oisiveté et la quête identitaire conduisent à la guerre sainte. Déclarée d’intérêt public au lendemain des attentats de Charlie-Hebdo par la ministre de la culture et de l’enseignement de Bruxelles, cette pièce est devenue un outil pédagogique dans les écoles des ghettos de riches et pauvres pour appréhender et dépassionner la folie du monde.

      « Les médias sont en train de faire de Molenbeek une zone plus terrible que les banlieues de Paris, où vous envoyez des CRS plutôt que d’y faire de bonnes écoles, quand nous, c’est une ville à taille humaine dans le centre-ville où il y a tout de même de l’investissement », déplore le professeur d’urbanisme Eric Corijn. On le retrouve dans « un endroit positif », la maison des cultures et de la cohésion sociale, théâtre d’initiatives et de diversités.

      « La ville change lentement, ses extrémités se gentrifient, le vieux Molenbeek est en pleine revitalisation, des hôtels ouvrent, on voit des boutiques avec des mini-jupes en vitrine chaussée de Gand, impensable il y a cinq ans ! », martèle-t-il lors de ses visites guidées de la ville comme samedi devant une trentaine d’eurocrates qui n’avaient jamais passé le canal. Près de la maison des Abdeslam, sur la place communale, une brasserie doit ouvrir à l’angle : « Il faut que la commune se débrouille pour que ce soit un lieu hybride où on peut boire du thé à la menthe et du vin. » Déghettoïser. Décommunautariser. « Faire ville ensemble. » C’est l’un des plus grands défis de Molenbeek, coupé en deux, le haut de la ville, bourgeois, branché, blanc, et le bas, populaire, misérable, arabo-musulman.

      « Cela va être difficile. Le mal est fait, l’intégration a échoué. Même si on donnait du travail à tous les chômeurs et ratés du quartier, les familles resteront repliées sur leurs tribus, à se marier entre cousins, à décourager les filles de faire des études. Les politiques ont laissé se mettre en place un petit Maroc du nord avec des élus, des policiers, des profs… tous marocains qui fonctionnent pour certains comme au bled avec des bakchichs. Les rues sont sales, le cannabis est partout dans la ville, dans des cafés légaux et d’autres clandestins derrière des rideaux de fer. Les autorités ne font rien, laisse la drogue détruire nos enfants. » Mounir est « déprimé ». Il veut « déménager avec sa famille dans un quartier tranquille, mettre ses filles dans une école avec des Blancs, car ici, il n’y a pas de mélange et le niveau est très bas ». Il veut « se sentir en Belgique ».

      À quelques rues de là, pas très loin de Ribaucourt, plaque tournante du trafic de drogue, un café aux vitres teintées. À l’intérieur, des habitués, des jeunes et des vieux, une odeur de shit, « cette odeur sans laquelle Molenbeek ne serait pas Molenbeek », dit Soufiane, deux télés, une branchée sur du football et l’autre sur de la “soul” aux clips suggestifs. Point de cendrier. On écrase ses joints au sol. Un sans-papiers algérien, qui tient le bar pour des Rifains, les patrons, balaie régulièrement les mégots. « C’est la technique pour rester propre si jamais la police faisait une descente », explique Soufiane. C’est son heure de détente après le travail, des missions d’intérim dans le BTP, « physiques ». Il y retrouve ses amis, originaires d’Oujda dans le nord marocain comme lui.

      Soufiane s’était rêvé une vie meilleure, des études longues, hors de Molenbeek mais ado, on l’a contraint aux filières professionnelles. « Ici, le système nous tire vers le bas, l’exclusion commence à l’école. On n’a pas le droit d’avoir de l’ambition. On nous veut dans les usines comme nos pères sauf qu’elles n’existent plus. » Dans son quartier, « une femme est partie en Syrie avec les gosses rejoindre son frère ». Sans rien dire à son mari qui a trouvé la maison vide en rentrant du boulot. Vendredi, il priera à la mosquée « pour les victimes de Paris ». En se demandant si ses voisins de prière ne sont pas de Daech : « On devient parano et on ne sait plus quoi penser. »

      De l’autre côté du canal, un commerce tenu par un Arménien qui visionne en boucle toujours les mêmes vidéos d’Abaaoud. Il dit que « tout ça, c’est la faute des politiques qui ont laissé les Arabes imposer leur culture à l’Europe » en sortant un tract de son tiroir. C’est la profession de foi du Vlaams Belang, le parti flamand d’extrême droite raciste et xénophobe. Dehors, un Syrien de Homs, passé par les Balkans, mendie quelques sous avec sa femme et leurs deux enfants. Ils ont peur d’être expulsés « à cause des terroristes »...

    • Merci @colporteur
      alors :

      Tous lisent là « encore un complot de la Grande Puissance, l’Amérique, la France pour salir les musulmans ». « Si j’envoie par SMS à mon répertoire la question, "croyez-vous aux événements dont les médias nous matraquent depuis vendredi", 95 % va me répondre "Non" », assure sans ciller Samir, 28 ans et déjà dix de chômage. Ils ne sont pas allés ce mercredi au rassemblement sur la place communale en mémoire des victimes de Paris où 2 500 personnes, dont le frère Abdeslam depuis un balcon, se sont recueillies, allumant des bougies, des lumières contre les ténèbres.

      Karim, qui a quitté l’école à 16 ans et vit de « petits deals », ne se sent « pas concerné » : « On n’était pas "Charlie" en janvier parce qu’on ne peut pas rire de tout et se moquer de la religion, du prophète comme il le faisait. On ne va pas être "Paris" en novembre. Il y a eu des morts, O.K., qu’ils reposent en paix, mais on ne croit pas au "terrorisme", c’est une invention de l’Occident. Chaque fois, qu’il y a "un attentat" ou "une tentative", cela passe toujours comme par hasard par Molenbeek et les quartiers où il y a des musulmans concentrés. C’est la seule fois de l’année où on parle de nous dans les journaux, jamais pour parler du racisme, du chômage, de la misère, des violences policières que nous subissons avec nos parents. Du jour au lendemain, on découvre qu’untel avec qui on était à l’école, jouait au foot, à la boxe, est devenu un bourreau et pose avec une kalach sur Facebook au milieu de cadavres. Mais que fait la police alors si nous sommes un foyer du djihadisme mondial depuis tant d’années ? »

      Ça c’est le discours majoritaire maroxellois. Je l’ai entendu en boucle depuis vendredi (dans la bouche d’hommes maroxellois de Molenbeek). Tu peux danser sur ta tête pour faire entendre un autre son de cloche, les complots ont la côte, c’est affolant, je suis effondrée, car même des personnes que je considère comme intelligentes versent dans ces raccourcis aveugles paranoïdes et victimaires. Les « rifains » sont tellement dans leur monde parfois, que, parfois, il ne reste plus rien qu’un pessimisme profond, car même si Molenbeek est plus complexe que les caricatures que l’on en fait, l’article de Mediapart est un des moins caricatural que j’ai lu jusqu’à présent.



  • Un projet immobilier israélien sur le site d’un cimetière musulman suscite l’indignation | Middle East Eye
    http://www.middleeasteye.net/fr/reportages/un-projet-immobilier-isra-lien-sur-le-site-d-un-cimeti-re-musulman-su
    http://www.middleeasteye.net/sites/default/files/Mamilla+Cemetery%20by%20Yoninah%20Wikimedia%20Commons.jpg

    La mairie de Jérusalem avait déclenché une énorme controverse il y a sept ans en autorisant l’érection du « musée de la #Tolérance » sur une autre partie du cimetière, obligeant à exhumer en urgence les restes de pas moins de 1 500 défunts.

    Zaki Aghbaria, porte-parole de la branche nord du Mouvement islamique en Israël, a déclaré que le nouveau projet représentait dans les faits une extension du projet du musée de la Tolérance, et qu’il mènerait à une nouvelle « #profanation » du site.

    #valeurs #Israel #Israël #Palestine


  • UN paid millions to Russian aviation firm since learning of sex attack on girl | World news | The Guardian
    http://www.theguardian.com/world/2015/jul/30/united-nations-utair-congo-sexual-attack

    The United Nations has spent half a billion dollars on contracts with a Russian aviation company since discovering one of its helicopter crews in the Democratic Republic of the Congo drugged and raped a teenage girl in a sexual attack.

    Senior UN officials considered terminating the company UTair’s contract after concluding that the incident, in which the girl was dumped naked and unconscious inside the helicopter base, was indicative of a wider culture of sexual exploitation at the company.

    Internal UN documents, marked “strictly confidential” and leaked to the Guardian, reveal how the UN’s internal complaints unit uncovered evidence the woman was abused with lit cigarettes and photographed lying on the ground. The UN concluded the shocking attack in 2010 was perpetrated by the manager in charge of UTair’s base in Kalemie, eastern DRC.

    The main investigative report, from March 2011, warned of a possible “culture of sexual exploitation and abuse” at UTair. Copies of that report were circulated among top officials at the UN, including, in New York, the office of the secretary general, Ban Ki-moon.

    #tolérance_zéro #violences_sexuelles #onu


  • Science et #religion en terres d’Islam
    http://www.laviedesidees.fr/Science-et-religion-en-terres-d-Islam.html

    La vie d’Ulugh Beg, prince d’Orient et grand astronome du XVe siècle, est un roman. J.-P. Luminet, astrophysicien de renom, en a fait un vrai roman, dans lequel il explique que la religion musulmane a favorisé à cette époque l’émergence de l’héliocentrisme – ce qui est partiellement contestable.

    Essais & débats

    / #histoire_des_sciences, religion, #islam, #tolérance

    #Essais_&_débats


  • Lille : CAF fermée après l’"agression" d’un de ses agents - La Voix du Nord
    http://www.lavoixdunord.fr/region/lille-la-caf-fermee-ce-mardi-apres-l-agression-d-un-ia19b0n2745226

    « Même si c’est une minorité d’allocataires qui se comportent mal, nous voulons appliquer une #tolérance_zéro et nous poursuivrons systématiquement ce genre d’agression », martèle le directeur de la CAF du Nord, Luc Grard, qui espère toutefois que la #caisse sera rouverte au public dès demain mercredi.

    Situation identique à #Roubaix et #Tourcoing

    Mais rien n’est moins sûr. Après cette agression, qui s’inscrit dans un contexte d’intensification des tensions dans ce type de service public, une trentaine d’agents de la #CAF de #Lille ont décidé de faire valoir leur #droit_de_retrait. La CAF de Lille doit rester fermée toute la journée et pourrait ne pas rouvrir demain matin.

    Cet après-midi, les #allocataires découvraient la situation en arrivant sur place. Certains, plutôt mécontents : « Un gars a fait une connerie, observait l’un d’eux, et tout le monde paye… »

    Notons que, parallèlement, un mouvement de protestation identique a lieu depuis jeudi dernier dans les CAF de Roubaix et Tourcoing. Après une agression verbale , mercredi soir à Roubaix, les employés ont décidé de fermer le rideau des deux antennes de Roubaix et Tourcoing. Les discussions se poursuivent entre les salariés et la direction mais là encore, la réouverture ce mercredi n’est pas garantie.


  • Des crèches aux universités, vingt-cinq ans de fixation contre le #voile

    Depuis la fin des années 1980, la #tolérance à ce signe religieux musulman diminue en France. En témoignent les débats incessants pour en restreindre la #visibilité. Écoles, crèches, universités, entreprises : les interdictions ou les projets d’interdiction se multiplient.

    http://www.mediapart.fr/journal/france/220315/des-creches-aux-universites-vingt-cinq-ans-de-fixation-contre-le-voile?ong
    #islamophobie #islam #religion


  • Laïcité et #tolérance en #démocratie
    http://www.laviedesidees.fr/Laicite-et-tolerance-en-democratie-2977.html

    Le modèle républicain peut-il parvenir à prendre en compte le pluralisme des identités ? La tolérance, fondement de nos sociétés démocratiques, doit-elle aujourd’hui être refondée ? Deux ouvrages, l’un américain, l’autre français, répondent à ces questions.

    Livres & études

    / tolérance, #religion, laïcité, démocratie

    #Livres_&_études #laïcité


  • Quelles sont les limites de la #liberté_d'expression ?
    http://www.laviedesidees.fr/Quelles-sont-les-limites-de-la-liberte-d-expression.html

    Le philosophe américain J. Waldron voudrait que les propos haineux soient réprimés aux États-Unis, parce qu’ils constituent un tort indéniable. Il faut donc selon lui restreindre la liberté d’expression. Mais est-ce la bonne manière d’établir fermement nos idéaux d’égale dignité et de laïcité ?

    Essais & débats

    / #démocratie, liberté d’expression, liberté, #tolérance, #presse, laïcité

    #Essais_&_débats #liberté #laïcité


  • Dans ce genre de situation on voit plus clairement que jamais l’impuissance de ceux qui disent qu’un autre monde est possible.
    http://www.argia.eus/argia-astekaria/2445/bukatu-dira-bromak-europan
    Après les événements des derniers jours, analyse de Gorka Bereziartua (que j’ai traduite)

    Ennemis mutuels, miroirs mutuels : certains ultras font tout trembler par l’action directe et d’autres ultras viennent, à la même vitesse, prédire la guerre des civilisations.

    Le temps s’est accéléré et les messages simples trouvent plus facilement leur chemin. Comme on est devant un meurtre, ceux qui ont envie de revendiquer une soif de vengeance ont un vent favorable. Marine Le Pen a profité de l’occasion pour proposer un référendum pour la peine de mort.

    La réaction de l’establishment est plus douce dans un premier temps. En apparence. Car ils ont organisé ce grand rassemblement de dimanche "contre le #terrorisme ”. “L’Europe doit réagir”, dit Jean Claude Juncker le président de la Commission Européenne le jour où l’appel public est lancé. Il n’y a pas d’autres mots que “Répondre”, “réagir”, “urgence” et d’autres du même ordre dans le champ sémantique qui s’impose.

    Les choses n’ont pas trop changé depuis les attentats du 11 septembre 2001, c’est le même schéma qui se répète plus d’une fois : après une action qui génère une situation de choc, des mesures d’exception rapides, accordées et coordonnées comme il faut entre dirigeants.

    Contre un meurtre déplorable la seule proposition qu’a le système est de contrôler plus et de punir plus ; autrement dit, de réduire les libertés de tous, au nom de la liberté. “C’est ça ou le #Front_National. C’est ça ou le terrorisme islamiste”, telle est la consigne.

    Dans ce cadre discursif on sent qu’il manque une voix. Après que l’attentat a eu lieu qu’a dit la gauche ? Elle a exprimé son deuil, bien évidemment. Et condamné l’attaque. Et certains ont tenté de placer cet événement dans un contexte global, en rappelant les personnes qui meurent tous les jours en Irak, en Syrie, en Afganistan ou en d’autres endroits où les pays Occidentaux introduisent des armes.

    Même si c’est juste pour mettre en avant l’hypocrisie de ceux qui dans le même temps qu’ils condamnent les attentats de Paris sont sourds aux victimes qu’ils provoquent en beaucoup d’autres endroits, ce genre de comparaisons sont nécessaires. Mais aux lendemains échaudés d’un attentat, cette attitude pourrait entre autres être prise pour une absence d’empathie avec ceux qui viennent d’être tués. “On parle de quelque-chose qui se passe ici et maintenant, pourquoi tu dévies le sujet ?”, vous demandera cet ami qui commence à devenir nerveux. Ce n’est pas efficace.

    Et ce même manque d’efficacité, ou un manque peut-être plus grand, se voit dans la façon de débattre qui se situe dans le #progressisme multiculturaliste, c’est à dire qui prend le problème du point de vue des #droits_de_l'homme et de la respectabilité de toutes les #religions. Lorsque l’affrontement monte d’un cran, lorsque des morts sont au centre de la situation, la #tolérance et le respect sont restées de côté. Il s’agit d’orienter cette même rancoeur qui est apparue, et pour cela dire "acceptons nous les uns les autres” n’est pas suffisant.

    Quel message peut alors fonctionner ? Dans ce genre de situation on voit plus clairement que jamais l’impuissance de ceux qui disent qu’un autre monde est possible. Il manque un logiciel adapté pour faire face à la fois à l’islamisme extrêmiste, à la nouvelle #extrême-droite, et aux discours de contrôle et de punition des partis "traditionnels. Et ce logiciel n’a pas l’air d’être pour tout de suite.

    Peut-être que la clé est de sortir des fronts. Au lieu de rester dans l’attente d’un grand discours, regarder ce qui se passe dans l’arrière garde, car c’est de là-bas que sont venues beaucoup des haines de ceux qui ont massacré #Charlie_Hebdo. C’est aussi là-bas que se mijote l’#islamophobie fondée sur une soif de vengeance.

    Comment revendiquer un monde meilleur, donc, en temps de haine ? Plutôt qu’en se détruisant mutuellement ou en perdant des droits, en luttant pour plus de droits pour tous. En dirigeant la colère pour construire quelque-chose. Facile à dire. Comme nous n’avons pas de grande excavatrice pour tracer ce chemin, à la nouvelle grande guerre qui nous est proposée nous devrons au moins lui barrer la route à coups de pioche.

    #choc_des_civilisations #stratégie_du_choc


  • The Charlie Hebdo Attack And What It Reveals About Society
    by Zygmunt Bauman

    http://www.socialeurope.eu/2015/01/charlie-hebdo

    There were two aspects of the Charlie Hebdo murders that set them apart from the two previous cases:

    First: on 7th January 2015 political assassins fixed a highly media-visible specimen of mass media . Knowingly or not, by design or by default, the murderers endorsed – whether explicitly or obliquely – the widespread and fast gathering public sense of effective power moving away from political rulers and towards the centres viewed as responsible for public mind-setting and opinion-making. It was the people engaged in such activities that the assault was meant to point out as culprits to be punished for causing the assassins’ bitterness, rancour and urge of vengeance.

    And second: alongside shifting the target to another institutional realm, that of public opinion , the armed assault against Charlie Hebdo was also an act of personalized vendetta (going back to the pattern set by Ayatollah Khomeini in his 1989 Fatva imposed on Salman Rushdie). If the 11 September atrocity chimed in with the then tendency to “depersonalise” political violence (following the pour ainsi dire “democratisation” of violence by mass-media publicity that divided its attention according to the quantity of its – mostly anonymous and incidental – victims, and the volume of spilt blood), the 7th January barbarity crowns the lengthy process of deregulation – indeed the “de-institutionalisation”, individualization and privatisation of the human condition , as well as the perception of public affairs shifting away from the management of established aggregated bodies to the sphere of individual “life politics” . And away from social to individual responsibility.

    In our media-dominated information society people employed in constructing and distributing information moved or have been moved to the centre of the scene on which the drama of human coexistence is staged and seen to be played.

    #mass_media #public_opinion #opinion_publique #société_de_l'information #multiculturalisme #tolérance #Soumission #Michel_Houllebecq #démocracie #éthique #Charlie_Hebdo #Zygmunt_Bauman


  • Des suédois collent des coeurs sur les portes d’une mosquée - Oumzaza.fr
    http://www.oumzaza.fr/040115-mosquee-suede-coeur-soutien

    Suite à une série d’attaques islamophobes en Suède, la mosquée Uppsala s’est vue être bombardée par… des coeurs, des messages de soutien, de l’amour de la part des résidents aux alentours !

    http://www.oumzaza.fr/wp-content/uploads/2015/01/mosquee-suede-coeur-message-soutien-2.jpg

    #islamophobie #LoveBombing