• Street-Naming Cultures in Africa and Israel: A reassertion of materiality and ordinary practices in toponymic scholarship
    https://neotopo.hypotheses.org/3790

    Liora Bigon & Michel Ben Arrous, 2021, Street-Naming Cultures in Africa and Israel: Power Strategies and Place-Making Practices, New York: Routledge, 236 p. This newly released book expands on issues long neglected by street-name...

    #African_Neotoponymy_Observatory_in_Network #BibNeotopo #ExploreNeotopo #Neotopo_vous_signale

  • Une nouvelle chaire UNESCO en #toponymie_inclusive

    Une équipe internationale, dirigée par l’UNIGE, va travailler sur les questions de #nominations_des_lieux à l’échelle mondiale, en se penchant notamment sur les questions de #genre, de visibilité des #minorités et de #développement_durable.

    Comment les lieux sont-ils nommés dans le monde ? Par qui ? Avec quels enjeux politiques, culturels, sociaux, mémoriels ? Pour répondre à ces questions, une nouvelle chaire UNESCO en toponymie inclusive voit le jour à l’Université de Genève (UNIGE) : « #Dénommer_le_Monde ». Les objectifs ? Rendre visible cette problématique –qui prend actuellement de plus en plus d’ampleur–, en expliquer les mécanismes, créer un espace de dialogue entre les académiques, la société civile et les opérateurs publics et privés, et inventorier de bonnes pratiques et recommandations en la matière. En effet, de ce qui semble n’être qu’une sous-branche de la linguistique découlent de nombreuses problématiques comme la question du genre, la visibilité des minorités, les #langues et #savoirs_autochtones et le rapport à la #colonisation. Durant les quatre prochaines années, l’UNIGE initiera un fonctionnement en Réseaux de partenaires autour de cette chaire, particulièrement avec l’Afrique et l’Europe pour les réseaux académiques, et avec des organisations internationales.

    La toponymie classique est l’étude de l’origine des noms de lieux et de leur évolution à travers le temps. « La toponymie permet la reconstitution archéologique du peuplement et du rapport à l’environnement dans le passé, précise Frédéric Giraut, professeur à la Faculté des sciences de la société de l’UNIGE et directeur de la chaire UNESCO en toponymie inclusive. Encore récemment, des archéologues allemands ont découvert un indicateur de lieu en haute Égypte, qui date de 4000 ans AV.-JC ! »

    Des enjeux de genre et de visibilité des minorités

    Toutefois la toponymie n’est pas que la simple explication et utilisation des #noms_de_lieux. Des enjeux importants découlent de l’étude de sa production contemporaine qui détermine la #visibilité de certaines #mémoires et symboliques dans l’#espace_public, la #signalétique, la #cartographie et les #adresses. « On parle de toponymie inclusive, car la question du genre, de par la sous-représentation des femmes dans le marquage de l’espace public, est patente, tout comme celle des minorités peut l’être dans le marquage de l’espace en général, que cela soit en Occident ou dans les pays au passé colonial », relève Frédéric Giraut. Les recherches menées par les collaborateurs/trices de la chaire UNESCO vont donc s’axer sur la représentation des différentes mémoires, des cultures, des visions du social et de l’espace en favorisant le débat entre les académiques, la société civile et les opérateurs via l’organisation de forums. « Nous allons également traiter les questions de #commémorations et de revendications controversées en analysant les termes des débats, dans leurs dimensions historiques, sociales et éthiques », annonce le chercheur genevois. La chaire va donc s’intéresser aux questions liées aux #mémoires_collectives et à leurs contradictions éventuelles. Dans quelles conditions le nom est-il consensuel ou conflictuel ? Différentes mémoires peuvent-elles être présentes simultanément et comment ? Ces questions se retrouvent dans des contextes et à des échelles très différentes, et relèvent du choix et de la reconnaissance des langues et des références historiques, culturelles et politiques.

    #Toponymie_officielle contre #toponymie_vernaculaire

    Autre problématique soulevée par la chaire UNESCO en toponymie inclusive : l’#adressage. « Dans les pays dits en développement, principalement, des quartiers entiers de villes sont construits indépendamment d’une autorité officielle, qui tente a posteriori d’organiser ces ‘villes informelles’ par un système de repérage fondé sur les numérotations de parcelles et de noms de rues », explique Frédéric Giraut. Mais cette logique se heurte à une organisation vernaculaire qui elle, emploie ses propres noms de repères vécus dans la vie de tous les jours, créant des tensions entre les politiques publiques et les habitant-es des quartiers et multipliant les systèmes antagoniques.

    De manière plus générale, s’interroger sur les politiques officielles sera l’occasion d’analyser quels noms sont retenus et pourquoi, notamment vis-à-vis de la #marchandisation de certains noms de lieux, vendu ou loué, ou du #marketing_territorial. Il s’agit d’aller de l’observation du processus contemporain de la nomination à l’analyse rétrospective grâce à des sources de nature diverses qui relèvent de la cartographie, des archives, de la presse ou des systèmes d’information géographique.

    Le glissement de la toponymie cartographiée du public au privé

    Qui dit toponymie, dit cartographie. « Assurée par les autorités étatiques, d’abord militaires puis civiles, la cartographie de détails a vu des acteurs privés, comme le géant Google ou les entreprises de #GPS embarqués, s’instaurer comme références majeures pour les utilisateurs », relève Frédéric Giraut. A cela s’ajoute la cartographie participative, qui permet à tout un chacun de contribuer à la cartographie de détail du monde, notamment grâce à OpenStreetMap. Ces différents #systèmes_d’information_géographique constituent autant de cartographies du monde, parfois en contradiction. « L’intérêt de ces cartes ‘non-officielles’, mais dont les usages sont généralisés, est qu’elles permettent de faire jaillir des #quartiers_informels, invisibles sur les cartes étatiques, promouvant des toponymies vernaculaires et alternatives », s’enthousiasme le géographe.

    Un partenariat international

    Pour traiter ces problématiques, un consortium académique sera mobilisé en démarrant par la formalisation d’un réseau existant à deux échelles : mondiale d’une part, en fédérant les spécialistes et leurs équipes situés sur tous les continents ainsi que les Organisations internationales intéressées, et africaine d’autre part, avec le lancement d’un observatoire de la néotoponymie africaine (soit la nomination de nouveaux objets géographiques) qui inclut une plate-forme d’échanges avec les praticien-nes et les expert-es. Le programme de la chaire comportera également la réalisation d’un manuel double édition français et anglais et d’un cours en ligne intitulé “Dénommer le Monde”.

    Le choix de la candidature de l’UNIGE pour une nouvelle chaire UNESCO a pour but de valider l’affirmation de ce champ émergent, dont les thématiques culturelles, patrimoniales et de développement sont en adéquation avec les thèmes fondateurs de l’organisation internationale. De même, les orientations de la chaire sont en adéquation avec plusieurs des priorités de l’UNESCO, notamment les questions de genre, le partenariat académique et technique Nord-Sud, particulièrement avec l’Afrique, et enfin la prise en compte des aspects culturels, notamment les savoirs autochtones et vernaculaires, dans les initiatives de développement durable.

    https://www.unige.ch/communication/communiques/2021/une-nouvelle-chaire-unesco-en-toponymie-inclusive
    #toponymie #chaire_UNESCO #université_de_Genève #toponymie_politique

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  • Inaugurati a #Latina i murales in ricordo di Ilaria Alpi e #Miran_Hrovatin

    Sono stati inaugurati a Latina, in #piazza_Alpi_Hrovatin, due murales realizzati dall’artista Alessandra Chicarella e che raffigurano la giornalista Ilaria Alpi e il l’operatore triestino Miran Hrovatin, uccisi in un agguato a Mogadiscio in Somalia nel 1994.

    Nell’occasione è stata ribadita la richiesta di verità e giustizia per un duplice omicidio che è rimasto ancora oggi senza responsabili. Presenti all’inaugurazione anche il presidente della Federazione nazionale stampa italiana, il sindacato dei giornalisti, Beppe Giulietti, il legale della famiglia Alpi Giulio Vasaturo, e Maria Angela Gritta Gràiner, presidente del comitato Noi non archiviamo.

    Si è trattato di una ulteriore tappa di un percorso di collaborazione fra Comune di Latina, FNSI e associazione Articolo 21 con l’intento di sottolineare l’importanza della libertà di informazione.

    https://www.rainews.it/tgr/fvg/video/2021/09/fvg-murales-ilaria-alpi-miran-hrovatin-latina-d1fe1560-362d-4224-9bfa-2481dc
    #graffitis #Ilaria_Alpi #murales #art_de_rue #street-art
    #toponymie #toponymie_politique

    Car la journaliste Ilaria Alpi a été assassinée en #Somalie... il y a quand même des liens à faire avec le #colonialisme_italien #colonisation #Italie.
    Voir le fil de discussion autour de Ilaria Alpi et le film qui lui est dédié :
    https://seenthis.net/messages/872216

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  • #Virginia Removes Robert E. Lee Statue From State Capital

    The Confederate memorial was erected in 1890, the first of six monuments that became symbols of white power along the main boulevard in #Richmond.

    One of the nation’s largest Confederate monuments — a soaring statue of Robert E. Lee, the South’s Civil War general — was hoisted off its pedestal in downtown Richmond, Va., on Wednesday, bringing to an end the era of Confederate statues in the city that is best known for them.

    At 8:54 a.m., a man in an orange jacket waved his arms, and the 21-foot statue rose into the air and glided, slowly, to a flatbed truck below. The sun had just come out and illuminated the towering, graffiti-scrawled granite pedestal as a small crowd let out a cheer.

    “As a native of Richmond, I want to say that the head of the snake has been removed,” said Gary Flowers, a Black radio show host and civil rights activist at the scene.

    It was an emotional and deeply symbolic moment for a city that was once the capital of the Confederacy. The Lee statue was erected in 1890, the first of six Confederate monuments — symbols of white power — to dot Monument Avenue, a grassy boulevard that was a proud feature of the city’s architecture and a coveted address. On Wednesday, it became the last of them to be removed, opening up the story of this city to all of its residents to write.

    “This city belongs to all of us, not just some of us,” said David Bailey, who is Black and whose nonprofit organization, Arrabon, helps churches with racial reconciliation work. “Now we can try to figure out what’s next. We are creating a new legacy.”

    The country has periodically wrestled over monuments to its Confederate past, including in 2017, after a far-right rally in Charlottesville, Va., touched off efforts to tear them down — and to put them up. Richmond, too, removed some after the murder of George Floyd last year, in a sudden operation that took many by surprise. But the statue of General Lee endured, mostly because of its complicated legal status. That was clarified last week by the Supreme Court of Virginia. On Monday, Gov. Ralph Northam, who had called for its removal last year, announced he would finally do it.

    The battle over Civil War memory has been with Americans since the war itself. At its root, it is a power struggle over who has the right to decide how history is remembered. It is painful because it involves the most traumatic event the nation has experienced, and one that is still, to some extent, unprocessed, largely because the South came up with its own version of the war — that it was a noble fight for states’ rights, not slavery.

    The Lee monument, a bronze sculpture made by a French sculptor, was erected to make those points. When it was unveiled, on May 29, 1890, the crowd that turned out was the largest gathering in Richmond since the inauguration of Jefferson Davis as president of the Confederacy in 1862, with around 150,000 participants, according to the Virginia Department of Historic Resources.

    The statues on Monument Avenue were at the heart of Richmond’s identity, and the fact that they came down seemed to surprise almost everybody.

    “I would have thought somebody would blow up Richmond first before anyone would have let that happen,” Mr. Bailey said. “It’s a modern-day miracle.”

    But Richmond has changed. And as it became more diverse, demographically and politically, more of its residents began to question the memorials. Many people interviewed in this once conservative city said that they might not have agreed in past years, but that now the removal of the statues felt right.

    “I’ve evolved,” said Irv Cantor, a moderate Democrat in Richmond, who is white and whose house is on Monument Avenue. “I was naïvely thinking that we could keep these statues and just add new ones to show the true history, and everything would be fine.”

    But he said the past few years of momentous events involving race, from the election of the first Black president, to the violence in Charlottesville in 2017, to the killing of Mr. Floyd last summer and the protests that followed, showed him that the monuments were fundamentally in conflict with fairness in America.

    “Now I understand the resentment that folks have toward these monuments,” said Mr. Cantor, who is 68. “I don’t think they can exist anymore.”

    Now they are nearly all gone, and the city is littered with a series of empty pedestals, a kind of symbol of America’s unfinished business of race that is particularly characteristic of Richmond. (One smaller Confederate monument remains, of General A.P. Hill, in northern Richmond, far from Monument Avenue. The city has enacted a plan to remove it, but it has taken time because his remains are inside.)

    “We’ve begun to peel back the scabs,” said the Rev. Sylvester Turner, pastor at Pilgrim Baptist Church in the Richmond neighborhood of Eastview, who has worked on racial reconciliation in the city for 30 years. “When you do that, you experience a lot of pain and a lot of pushback, and I think we are in that place.”

    Richmond’s statue story is not typical. W. Fitzhugh Brundage, a historian at the University of North Carolina at Chapel Hill, said that while several Democratic-controlled cities in the South have removed Confederate statues, a vast majority have remained standing. In his state of North Carolina, there were about 220 memorials on public lands in 2017. Today, about 190 are still standing.

    Progress on race in America tends to be followed by backsliding — and backlash — and many Black people interviewed in Richmond said they were bracing for that. Darryl Husband, senior pastor of Mt. Olivet Church in Richmond, works with conservative white churches and does not trust that they really want the change they say they do.

    Mr. Husband was unsentimental about the Lee statue coming down, more interested in real change that would improve the lives of Black people.

    “My first feelings obviously had to do with, ‘OK, what’s next?’” he said. “The symbol is down, but how do we deal with the rest of the symptoms that symbol represented?”

    In Richmond, as in many other places, the argument over race now centers on whether American institutions have racism baked in.

    Maggie Johnston, 62, a waitress who is white, might have rejected that notion earlier in life. She grew up in a Republican family whose firm belief was that hard work always brought success. But time in prison — and a wrenching reckoning with her own mistakes — opened her eyes.

    Ms. Johnston, who watched the monument come down on Wednesday while walking her dog Peanut, said her friends say, “I’m a hard-working person and I don’t have any privilege.” She tells them that privilege is not about money. “Privilege is about thinking the world works for everybody else the way it works for you.”

    Mr. Husband argued that the current thinking from conservatives on race was about who has the right to define America: “It says don’t mess with our power. Our power is in our ability to create the narrative of history.”

    Corey Widmer, pastor at Third Church, a mostly white, largely conservative church in Richmond, said he had wrestled with resistance to the current moment. He has worked hard to help his congregants accept how much the country has moved on race. They have read books, held Zoom sessions and debated what was happening. Some congregants changed. Others left the church.

    “There’s so much fear and so much political polarization,” said Mr. Widmer, who is white. He said every pastor in Richmond who is trying to help white Christians see Black Americans’ perspective and “reckon with our own responsibility has really been grieved by the conflict and pain that it has caused.”

    He added: “And yet this is how we change. Face it head on. Work through it. Love each other. Try to stay at the table. And just keep working. I don’t know what else to do.”

    On Wednesday morning, with the pedestal now empty, and General Lee on his way to a state warehouse, Mr. Flowers, the radio show host, was happy. He said he planned to celebrate by telling pictures of his dead relatives that “the humiliation and agony and pain you suffered has been partly lifted.”

    https://www.nytimes.com/2021/09/08/us/robert-e-lee-statue-virginia.html

    #Robert_Lee #guerre_civile #USA #Etats-Unis #statue #toponymie #toponymie_politique #histoire

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  • Mexico City to swap Columbus statue for one of indigenous woman

    A statue of Italian explorer Christopher Columbus, which stood on one of the main avenues of Mexico City, will be replaced by one of an indigenous woman.

    Mexico City Mayor #Claudia_Sheinbaum said the bronze likeness of Columbus would be moved to a park and a statue of an #Olmec woman would take its place.

    The Columbus statue was removed from its plinth last year ahead of protests.

    Protesters have toppled Columbus statues in Latin America and the US.

    Christopher Columbus, an Italian-born explorer who was financed by the Spanish crown to set sail on voyages of exploration in the late 15th Century, is seen by many as a symbol of oppression and colonialism as his arrival in America opened the door to the Spanish conquest.

    Mayor Sheinbaum made the announcement on Sunday at a ceremony marking the international day of the indigenous woman.

    She said that relocating the statue was not an attempt to “erase history” but to deliver “social justice”.

    Ms Sheinbaum said that the Columbus statue “would not be hidden away” but that the civilisations which existed in Mexico before the Spanish conquest should receive recognition.

    The mayor said that sculptor #Pedro_Reyes was working on a statue of a woman from the Olmec civilisation, which flourished in the Gulf of Mexico from 1200 BC to 400 BC, to replace that of Columbus on Reforma Avenue.

    The plinth on which the Columbus statue stood has been empty since 10 October 2020 when it was removed “for restoration purposes” just two days before planned protests marking the arrival of Columbus in 1492.

    Some activists had issued calls on social media for the statue to be toppled.

    https://www.bbc.com/news/world-latin-america-58462071

    #Mexico_City #mexique #statue #monument #Colomb #Christophe_Colomb #toponymie #toponymie_politique #femmes #femme_autochtones #peuples_autochtones #justice_sociale #mémoire

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  • #Italie : un secrétaire d’Etat démissionne après avoir voulu baptiser un parc « #Mussolini »

    Les appels au départ de #Claudio_Durigon, fidèle parmi les fidèles de Matteo Salvini, se sont multipliés après qu’il a voulu donner le nom du frère du dictateur italien à un #jardin_public de #Latina, une ville côtière près de Rome.

    https://www.lemonde.fr/international/article/2021/08/27/italie-un-secretaire-d-etat-demissionne-apres-avoir-voulu-baptiser-un-parc-m
    #parc #parc_Mussolini #toponymie #toponymie_politique
    #démission

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  • Rocky Mountain peak officially given traditional #Stoney_Nakoda name, erasing racist label

    Peak near #Canmore will now be known as #Anû_Kathâ_Îpa (#Bald_Eagle_Peak)

    A prominent mountain peak in #Alberta's Rocky Mountains has officially been given the name it was called by Indigenous people for generations.

    The feature, located near the summit of Mount Charles Stewart, has had a racist and sexist nickname since the 1920s.

    The formation, visible from the mountain town of Canmore, will now be known by its original #Stoney_Nakoda name, Anû Kathâ Îpa, or Bald Eagle Peak.

    Chief Aaron Young of Chiniki First Nation said his daughter voiced anger at the mountain’s “shameful and derogatory” name for years.

    “Today, we will certainly honour our women.… It is on behalf of them that I stand here today with our council and elders to give thanks to our creator for guiding us in the naming of Bald Eagle Peak, Anû Kathâ Îpa,” Young said on Monday, standing in front of the peak.

    “A racist and sexist term has finally been cast aside. The Stoney people are grateful.”

    Young said the peak’s traditional name comes from the mountain’s location along eagle migratory routes. He said it was traditionally a location where locals would collect feathers.

    The peak was renamed during a ceremony with Stoney Nakoda elders last year, but Monday’s announcement marked the official change — meaning the landmark will be updated on provincial and federal place-name databases and maps.

    The landmark was previously known as S---w’s T-t. The first word, which comes from the Algonquin language, once simply meant woman but has since evolved into a term used to disparage Indigenous women.

    The province is also working toward renaming another offensively nicknamed mountain in #Banff_National_Park. Provincial officials said the government is working together with Parks Canada and Indigenous communities to identify a new name.

    “Sadly, sometimes the common names given to places are inappropriate and offensive, even an embarrassment to use,” said Alberta Culture Minister Ron Orr. “We’re correcting the official record for two of those places.”

    https://www.cbc.ca/news/canada/calgary/bald-eagle-peak-renamed-1.6150616
    #Canada #toponymie #toponymie_politique #montagne #racisme #peuples_autochtones #Mount_Charles_Stewart #Charles_Stewart #femmes #toponoymie_féministe #sexisme

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  • "Son 30.000" is the new name of one of the internal streets of the former #Esma
    https://then24.com/wp-content/uploads/2021/08/1630378701_quotSon-30000quot-is-the-new-name-of-one-of-the.JPG

    “Where is my brother Santi…?”, The question, in the tone of a lament made into a song by Germán Maldonado, sounds from the loudspeakers announcing an emotional day: on the former Esma’s property, in front of the Our Children House, La Vida y La Esperanza, the Mothers of Plaza de Mayo Línea Fundadora pay tribute to their daughters and sons, on the International Day of Detained and Disappeared Persons

    In a day where one feels “the joy of being able to continue the fight”, as they say; after months of sanitary isolation; the place is revitalized. The purpose of the meeting is to rename one of the internal streets of the Site of Memory –which still keep their military names-, with the slogan: “There are 30,000”. Also, vindicate “the political militancy of their children” as “a legacy for the young generations,” explains Lita Boitano, at the beginning of the act, together with Taty Almeida.

    “This is a meeting with dear people who have memory”, Taty announces, before thanking the support of those who had met there “for the first time in a long time.” Along with the Mothers, there are representatives of Sons, Grandmothers, Relatives of the Detained and Disappeared, and survivors of the concentration camps of State terrorism. Taty thanked the Secretary for Human Rights, Horacio Pietragalla; the Minister of Education, Nicolás Trotta; to Victoria Montenegro and Alejandro Amor – candidates of the Frente de Todos -, to the trade unionists who are here and to those who sent their support ”. Hugo Yasky and Sergio Palazzo were present. That of the CGT co-secretary Héctor Daer was one of the adhesions.

    It was 15 o’clock, and under a sun that was already announcing spring, when the dialogue between Taty and Lita began, along with Fátima Cabrera, a “survivor” who today coordinates the School of Popular Music of the Our Children House. In virtual form, other Mothers were connected to the day that was broadcast on the YouTube channel of the Casa Nuestro Hijos: Enriqueta Maroni, Hayde Gastelu, Vera Jarach, Nora Cortiñas, Carmen Lareu, Sara Russ and Clara Weinstein.

    The School of Music turns ten years old, and that was another reason to celebrate: “that we are here, despite the canes and wheelchairs, ‘the crazy women’ are still standing, we are here”, described Taty. And the first applause of the afternoon was heard.

    The day began at noon with the creation of a large external mural, and an open radio. Adela Antokoletz – Daniel’s sister, kidnapped in 1976 – explained the origin of the commemorative date there. The organization of associations of Relatives of Latin America -FEDEFAM-, instituted it “in homage to Marta Vásquez” recalls. Marta Vásquez was president of Madres Línea Fundadora, and had an active militancy due to the incorporation of the crime of forced disappearance into international agreements. That FEDEFAM convention in his memory “was so powerful that organizations such as the OAS and the UN took it” and made it universal. Adela affirms: “it is a contribution to the strengthening of the world conscience about the crime against humanity that means the practice of the forced disappearance of persons”.

    Today, in many parts of the world the date is commemorated. And in Argentina, it has particular characteristics. “Renaming this street with the slogan ‘They are 30,000’ is a tribute, but it also seeks to counteract the denial that unfortunately continues to exist in our society,” says Fátima Cabrera. The plan indicates that this will be the first change that the streets of the property will receive, as part of a proposal that will modify all the names, in the medium term.

    “During the macrismo, those who governed us, descended from many of the names that we still see in these streets,” said Horacio Pietragalla, “and for that plot of royal power, the memory of the 30,000 was not on the agenda.” In the battle of the senses on which the everyday is built, “rescuing and filling ourselves with the mystique of our 30,000 is part of the task,” later Pietragalla emphasized, invited by the Mothers to the conversation that interspersed music and videos, with precise words, and convictions. sustained. “This is what can lead us to a more just, supportive and sovereign country” emphasized at the end of his speech, the Secretary of Human Rights of the Nation.

    Grandma Buscaita Roa, took the microphone and agreed: “At some point better times will come, you have to work for that, all the time,” he said. Her white scarf gleamed crowning her petite figure. The music played again when the mid-afternoon called to discover the plaque that will indicate from now on, the new designation of the street that passes in front of the Our Children House.

    Until today he referred to the sailor Hipólito Bouchard, French by origin, nationalized Argentine. Now it is called: “There are 30,000”. This is indicated by the plaque discovered by Taty Almeyda, along with Pietragalla, Nicolás Trotta, Hugo Yasky, Sergio Palazzo, Fátima Cabrera and Mabel Careaga, daughter of Esther Ballestrino de Carega, one of the Mothers arrested and disappeared in the Church of the Holy Cross. The beginning of the closing was in charge of Ignacio Copani: “I haven’t played for 18 months,” the musician explained, “and it seemed like a very good opportunity to return, to do so while accompanying this event, of hope and memory.”
    Memory, truth and justice

    “The marches of March 24 are missed” was heard more than once, among Human Rights activists, at this event. “There have already been two years where we could not go,” reinforces Charly Pisoni, a reference for HIJOS, when he explains the joy of many to be at the former ESMA. “It is a special day because the date is installed throughout the world, and calls for new challenges” he defines. And he elaborates: “The process of memory, truth and justice has not been concluded, and we understand that forced disappearance continues in Argentina. We had to do acts and marches for the body of Santiago Maldonado to appear. And what happened to Facundo Astudillo Castro is still being investigated. The democratization of the Security Forces is pending. And for example, do not shoot, before giving the voice of stop -graphic-. This means looking to the future, and consolidating our democracy ”, he synthesizes before the consultation of Page 12.

    https://then24.com/2021/08/30/son-30-000-is-the-new-name-of-one-of-the-internal-streets-of-the-former-esma
    #toponymie #toponymie_politique #noms_de_rue #desaparecidos #disparus #Argentine #mémoire #Madres_de_Plaza_de_Mayo #Son_30000 #Buenos_Aires

  • #Canada. Pensionnats autochtones : une #université va changer de nom

    La prestigieuse université publique canadienne #Ryerson sera renommée l’an prochain. Ainsi en a décidé le conseil des gouverneurs de l’institution située au cœur de #Toronto, pour se dissocier de l’homme dont elle porte le nom, un des fondateurs du système des #pensionnats_autochtones, désormais honni par la société canadienne.

    (#paywall)
    https://www.courrierinternational.com/article/canada-pensionnats-autochtones-une-universite-va-changer-de-n
    #toponymie #toponymie_politique

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  • La Ville veut féminiser 14 nouvelles rues

    Les autorités de la Ville de #Genève déposeront en septembre un nouveau dossier auprès de la Commission cantonale de nomenclature pour féminiser des rues et emplacements sur le territoire municipal.

    https://lecourrier.ch/2021/08/23/la-ville-veut-feminiser-14-nouvelles-rues

    (#paywall)

    #toponymie_politique #noms_de_rue #toponymie #toponymie_féministe #résistance #féminisme #re-nomination #repabtisation #action_toponymique #Suisse

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    Ajouté à ce fil de discussion sur la #féminisation des noms de rue à #Genève :
    https://seenthis.net/messages/787572

  • DEDICATA ALLE VITTIME DI FEMMINICIDIO UN’AREA NELLA ZONA DEL POLICLINICO

    05-07-2021

    Approvata dalla Giunta Comunale su proposta dell’Assessore alle pari opportunità d’intesa con l’Assessore ai servizi demografici, il nuovo toponimo “Largo Vittime di femminicidio” per un’area nella frazione Tredici/San Benedetto, nelle vicinanze della realizzanda area ospedaliera, e più specificamente all’incrocio di Via Campania con Via Reali.

    Con questa decisione l’Amministrazione Comunale vuole testimoniare l’impegno sulle tematiche della tutela dei diritti e del contrasto ad ogni forma di violenza e discriminazione. “Il fenomeno della violenza sulle donne, anche nella sua forma estrema di femminicidio, è purtroppo ancora grave piaga nel nostro Paese ed anche nel nostro territorio”, afferma l’assessore alle pari opportunità prof.ssa Monaco. “Intestare alle vittime di questa estrema violenza un luogo della città non è solo un modo non dimenticarle, ma anche un modo di favorire il dibattito e il contrasto ad una tragedia che, purtroppo, non accenna a fermarsi. Spero che Largo vittime di femminicidio diventi un luogo simbolo ed anche punto di incontro per iniziative cittadine condivise”. Esprime soddisfazione anche la Presidente della Commissione pari opportunità, avv. Drusilla de Nicola. “La decisione dell’Amministrazione dà voce alle istanze delle associazioni femminili e della Commissione pari opportunità del Comune di Caserta. Auspico che con l’allentamento delle restrizioni dettate dalla pandemia, possa al più presto ripristinarsi anche lo sportello di ascolto della Commissione stessa, a Palazzo del Vescovo o in altra sede che l’Ente potrà mettere a disposizione”.

    Prima di diventare effettiva, la delibera dovrà essere trasmessa alla Prefettura per le - necessarie autorizzazioni, ai sensi della Legge 23/06/1927 n. 1188.

    https://www.comune.caserta.it/archivio10_notizie-e-comunicati_0_2596_12_1.html

    #Caserta #Italie #toponymie #toponymie_féministe #femmes #féminicides #toponymie_politique
    #Largo_vittime_di_femminicidio

  • Decolonizzare la città. Dialoghi Visuali a Padova -
    Decolonizing the city. Visual Dialogues in Padova

    Il video partecipativo, realizzato con studenti e studentesse del laboratorio Visual Research Methods (prof.ssa Annalisa Frisina) del corso LM Culture, Formazione e Società Globale, esplora l’eredità coloniale inscritta nelle vie e piazza di Padova. I sei protagonisti/e del video, artist* e attivit* afrodiscendenti, dialogano con questi luoghi, mettendo in atto contronarrazioni intime e familiari che sfidano la storia ufficiale, lasciando tracce del loro passaggio.

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    The participatory video made by the students of Visual Research Methods laboratory (prof. Annalisa Frisina), Master’s degree in Cultures, Education and Global Society, explores the colonial legacy of Padova’s roads and squares. Six afro-descendent artists and activists interact with these places, giving life to intimate counter-narratives that challenge the official history, leaving their personal traces.

    https://www.youtube.com/watch?v=B6CtMsORajE

    Quelques images tirées du film :


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    Où on apprend que les enfants « métissés » étaient appelés « #figli_di_due_bandiere » (fils de deux drapeaux)

    #villes #décolonial #décoloniser_la_ville #Italie #Padoue #Padova #héritage_colonial #colonialisme #toponymie #toponymie_politique #géographie_urbaine #historicisation #histoire #traces #mariage_mixte #Corne_de_l'Afrique #colonialisme_italien #Antenore #fascisme #histoire_coloniale #impérialisme #piazza_Antenore #citoyenneté #néo-colonialisme #pouvoir #Amba_Aradam #blessure
    #TRUST #Master_TRUST
    #film #film_documentaire

    ping @cede @karine4 @isskein

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    Ajouté à la métaliste sur le #colonialisme_italien :
    https://seenthis.net/messages/871953

  • A #Marseille, l’école #Bugeaud bientôt rebaptisée du nom d’un tirailleur algérien

    « Une école peut porter le nom d’un #héros, pas d’un #bourreau », estime le maire socialiste Benoît Payan, qui a décidé de retirer le patronyme du conquérant de l’#Algérie au profit de celui d’#Ahmed_Litim, libérateur de Marseille.

    L’école primaire Bugeaud, dans le 3e arrondissement de Marseille, sera bientôt débaptisée pour porter le nom d’un soldat inconnu, Ahmed Litim, tirailleur algérien, libérateur de Marseille, mort à 24 ans le 25 août 1944 sous le feu des occupants nazis.

    La délibération qui doit officialiser cette décision sera présentée au conseil municipal vendredi 21 mai. Mais, pilotée de bout en bout par le maire socialiste Benoît Payan, leader du Printemps marseillais, elle devrait être largement soutenue par la majorité de gauche, écologiste et citoyenne qui dirige la ville.

    « Une école de la République peut porter le nom d’un héros, mais pas celui d’un bourreau », assure le maire de Marseille au Monde pour expliquer son choix. « Chaque matin, des enfants rentrent sous un fronton où sont inscrits à la fois la devise de la République – “Liberté, Egalité, Fraternité” – et le nom de Bugeaud, ce qui est totalement contradictoire », s’indigne-t-il. Maréchal de France, gouverneur général de l’Algérie dès 1840, Thomas Bugeaud (1784-1849) s’est d’abord illustré dans les campagnes napoléoniennes, réprimant férocement les rébellions, notamment en Espagne. Mais il reste dans l’histoire comme l’officier qui a soumis l’Algérie et forcé l’émir Abd El-Kader à déposer les armes, en 1847.

    Une victoire militaire obtenue par des méthodes dénoncées à l’époque jusque devant la Chambre des pairs, notamment la mise à mort de milliers de civils, enfumés dans les grottes où ils avaient trouvé refuge. « Bugeaud met aussi en place la politique de la terre brûlée, dont l’objectif est de dégoûter à jamais la population de toute résistance. Quand il débarque à Alger, il apporte avec lui des malles entières de médaillons portant l’inscription “arabe soumis” », rappelle l’historien Ahmed Bouyerdene, conseiller scientifique de l’exposition Abd El-Kader prévue au printemps 2022 au MuCEM, à Marseille.

    #paywall

    https://www.lemonde.fr/politique/article/2021/05/11/a-marseille-l-ecole-bugeaud-debaptisee-pour-porter-le-nom-d-un-tirailleur-al
    #école #toponymie #toponymie_politique #tirailleurs #France

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  • More than just a statue: why removing Rhodes matters

    In the context of a worldwide movement against race hate, Oriel College’s position makes no sense

    Anger is a potent, if volatile, political force. It can be channelled toward many ends. It’s often dismissed as counterproductive, but Audre Lorde, the African American writer and civil rights activist, reminds us that anger can be a powerful source of energy. It can serve progress and change, it can be liberating and clarifying.

    I remember so viscerally my own anger this time last year as I screamed Black Lives Matter in the aftermath of George Floyd’s murder. And I was not alone. The world witnessed a prolonged outpouring of rage. Global protests with emotionally charged testimonies and determined calls for justice abounded. These protests soon extended beyond the immediate circumstances of Floyd’s death at the knee of Derek Chauvin to challenging an array of institutions that are built on or propagate anti-Black racism. Anger had made it abundantly clear that, despite all the promises of liberal democracy, western society still has a problem with race.

    At first the message appeared to be getting across. If we were to believe the black squares on Instagram, or the spike in sales of anti-racism books, or the spread of a new mantra among white people (“I need to educate myself”), then change of some kind was afoot.

    In Oxford, the Black Lives Matter protests folded into the anti-colonial activism of Rhodes Must Fall. This is not surprising. Colonialism and racism are entwined like the strands of a double helix. In modern Britain, colonialism has transcended its historical epoch. It exists in the present as a kind of nostalgia for the country’s hegemony on the world stage, while fuelling nationalism, buttressing white supremacy and generating anxieties about immigration and cultural change. The statue of Cecil John Rhodes at Oriel College in Oxford perfectly distils this imperial nostalgia into a concrete object.

    The charge sheet against Rhodes is well documented. Rhodes’s imperial philosophy was unabashedly supremacist, and he detested Africans (“If the whites maintain their position as the supreme race, the day may come when we shall be thankful that we have the natives with us in their proper position”). At the end of the 19th century, Rhodes invaded the Ndebele kingdom in what is now Zimbabwe. His British South Africa Company mowed down soldiers, women and children with Maxim guns; it looted cattle and destroyed grain stores and crops, leaving the local population destitute; and it went on to establish the apartheid state of Rhodesia. Rhodes was often present while these atrocities were taking place, and he was involved in strategic discussions about the wars he waged against Black people in southern Africa.

    I have been part of the campaign to take down the statue of Rhodes at Oxford since 2015. In the last six years, I have seen the history of Rhodes – and indeed colonialism – sanitised, ignored, denied and distorted by critics of the campaign. Some claim that Rhodes was not a racist, others who know little of Africa have the gall to accuse people like me of erasing history. George Orwell was right when he wrote: “It is quite true that the English are hypocritical about their Empire.”

    In response to the anti-racism protests last June, Oriel College’s governing body expressed its desire to remove the statue of Rhodes subject to review by an independent commission composed of academics, city councillors, Oriel alumni, university administrators and journalists. This was the second time the college had made such a pledge. In 2016, the college had stated that it would launch a six-month “listening exercise” on the Rhodes statue, only to renege on this commitment within six weeks because it feared losing donor gifts from the college’s old boys’ network.

    I wanted to believe that the independent commission would be taken seriously this time round. The commissioners worked hard. They gathered evidence and testimonies from a wide range of perspectives for nearly a year before producing a detailed, heavily footnoted report. Ultimately, they recommended the removal of the statue and offered several other suggestions for advancing academic and public understanding of the Rhodes legacy.

    On 20 May, Oriel College finally announced its decision: it would retain the statue despite the apparent wishes of the college’s governing body and the recommendations of the independent commission. Why? The college’s website states that the governing body has “carefully considered the regulatory and financial challenges, including the expected time frame for removal, which could run into years with no certainty of outcome, together with the total cost of removal”. Like dowdy clothing, such statements conceal more than they reveal. What are these regulatory and financial challenges exactly? What is meant by “no certainty of outcome”? Even Oxford City Council was baffled.

    The statement goes on to say that “instead” of taking down the statue, the governing body will focus on contextualising Rhodes’s relationship to the college and “improving educational equality, diversity, and inclusion”. The word “instead” is doing a lot of work here: it is dissipating the core demand of the protests into an array of tiny initiatives that the college should be taking anyway. As educators, I think part of our professional mandate is to constantly improve equality, diversity and inclusion among students and colleagues. Oriel deserves no special credit for committing to this.

    Taking down the Rhodes statue might seem symbolic, but it actually represents real change. At the very least, it would demonstrate that the university is not only beholden to a group of wealthy alumni and political patrons. The education secretary, Gavin Williamson, lauded Oriel’s decision as “sensible”. More generally, arguments over statues are always about the present and not the past. They are about which aspects of our cultural heritage we choose to honour in public space and why. They are about what values we wish to promote and who has a voice in these matters.

    There is another salient lesson here. Public outrage can mobilise impassioned calls for change like an all-consuming fire, but this is difficult to sustain. Anger is potent but it is exhausting. When the temperature cools down, when energy is depleted, those opposed to change can extinguish the urgency of anti-racism agendas using bureaucracy, platitudes and obfuscation.

    Still, I don’t think the story will end here. The anger that was activated last summer has shifted the public conversation about race and colonialism. If history has taught us anything, it’s that social change is often slow and difficult. It rarely unfolds through absolute victories but through partial gains and subtle shifts in collective consciousness. It’s a matter of time before anger erupts again. The question of how that anger will ultimately be used is an open one.

    https://www.theguardian.com/commentisfree/2021/may/24/oriel-college-rhodes-statue-anti-racist-anger

    #statute #commémoration #mémoire #toponymie_politique #rage #Rhodes_Must_Fall #colonialisme #colonisation #Cecil_John_Rhodes #Oxford #Oriel_College #université

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  • Straßenumbenennung in Berlin : Koloniale Atmosphäre ist verpufft

    Bei Google Maps ist die Umbenennung schon vollzogen: Wer dort am Donnerstag nach der Neuköllner Wissmannstraße sucht, bekommt zwar eine Wegbeschreibung, die endet jedoch wie selbstverständlich an der Lucy-Lameck-Straße. Auch in den Online-Stadtplänen ist der neue Name der Straße, die sich vom Hermannplatz bis hoch zur Karlsgartenstraße zieht, schon eingetragen. Offiziell und feierlich umbenannt wird die Straße zwar erst am heutigen Freitag um 16 Uhr. Wissmann jedoch ist aus dem Neuköllner Stadtbild bereits verschwunden.

    Denn auch an der Straße selbst sind die Schilder am Donnerstagvormittag schon abmontiert, auch hier sucht man vergebens nach dem alten Namen, aber auch die Lucy-Lameck-Straße ist noch nicht sichtbar. Unscheinbar, bei näherem Betrachten aber doch prägnant, hebt sich im 90-Grad-Winkel zum Straßenschild der Karlsgartenstraße eine strahlend silbrige, neu angebrachte Halterung vom Himmel ab. Vermutlich wird das neue Schild hier anmontiert.

    Jene Befestigungsmöglichkeit markiert also das Ende einer Ära, in der die Straße durch ihren ehemaligen Namensgeber, #Hermann_von_Wissmann (1853–1905) und die zivilgesellschaftliche Kritik an ihm geprägt war. Der Reichskommissar und Gouverneur des damaligen Deutsch-Ostafrika (heute Tansania, Burundi und Ruanda) hat mit seinen militärischen Expeditionen in den deutschen Kolonien schwerste Verbrechen begangen. Er führte einen gewaltsamen Feldzug gegen die Bevölkerung, plünderte Dörfer, setzte sie in Brand und schlug Widerstände brutal nieder.

    Nach jahrezehntelangen Bemühungen des Vereins Berlin Postkolonial, der sich für die Umbenennung zur Würdigung von Opfern und Geg­ne­r*in­nen des deutschen Kolonialismus engagiert hat, ändert der Berliner Bezirk Neukölln nun den Straßennamen. Die neue Namensgeberin ist #Lucy-Lameck (1934–1993), die erste Frau im Regierungskabinett Tansanias. Sie setzte sich als eine der wichtigsten afrikanischen Vorkämpferinnen für die Rechte der Frauen im 20. Jahrhundert ein.
    Weitere Umbenennungen in Planung

    Neukölln ist nach Friedrichshain-Kreuzberg, wo bereits 2010 das Gröbenufer in May-Ayim-Ufer umbenannt wurde, der zweite Bezirk, der eine solche Straßenumbenennung vornimmt. Ähnliche Pläne gibt es in Mitte und in Charlottenburg-Wilmersdorf (dort gibt es auch noch eine Wissmannstraße).

    Am Donnerstagvormittag ist auf der Lucy-Lameck-Straße kaum Betrieb. Die Straße ist wenig befahren, mal kreuzt eine Kindergartengruppe, mal ein älterer Herr. Es rumpelt, wenn ein Kleintransporter über das Kopfsteinpflaster fährt. Die kolonialistische Atmosphäre scheint durch das fehlende Straßenschild verpufft zu sein.

    Im vergangenen Jahr sagte Cordula Klein, Fraktionsvorsitzende der SPD in der BVV Neukölln und stellvertretende Vorsitzende des Bildungsausschusses, der taz, dass Spa­zier­gän­ge­r*in­nen stehen bleiben sollten, um zu überlegen, warum die Straße umbenannt wurde. Das wäre wünschenswert – vielleicht tut das auch jemand, sobald hier die angekündigte Stele steht. Doch wegen eines fehlenden Straßenschilds schaut sich hier noch niemand verwirrt um. Doch so unscheinbar und unbemerkt, wie sich der neue Straßenname in die Onlinekarten und das Straßenbild einfügt, so markant bleibt doch das Zeichen gegen Kolonialpropaganda.

    https://taz.de/Strassenumbenennung-in-Berlin/!5762407
    #Berlin #Allemagne #colonisation #colonialisme #toponymie #toponymie_politique

    ping @cede @nepthys

  • Villes et pays continuent d’être rebaptisés en Afrique afin d’effacer le lien colonial

    En #Afrique_du_Sud, #Port_Elizabeth s’appellera désormais #Gqeberha. Les changements de nom de lieux sont étroitement liés à la #décolonisation ou aux fluctuations de régime politique.

    L’Afrique n’est pas une exception. De tout temps, les changements de toponymie ont été des marqueurs de l’histoire, souvent pour la gloire des vainqueurs, avec la volonté de tourner la page d’un passé fréquemment honni. L’exemple de l’Afrique du Sud, qui vient d’entériner le remplacement du nom de la ville de Port Elizabeth, illustre la volonté d’effacer le passé colonial du pays. Celle-ci portait en effet le nom de l’épouse du gouverneur du Cap, Sir Rufane Donkin, « fondateur » de la ville en 1820, à l’arrivée de quelques 4 000 migrants britanniques.

    Les initiateurs de ce changement de toponymie le revendiquent. Rebaptiser la ville est une manière d’inscrire le peuple noir dans l’histoire du pays et de rendre leur dignité aux communautés noires. Port Elizabeth s’appelle désormais Gqeberha qui est le nom, en langue Xhosa, de la rivière qui traverse la ville, la #Baakens_River. Mais c’est aussi et surtout le nom d’un de ses plus vieux Townships.

    #Uitenhage devient #Kariega

    La ville voisine d’Uitenhage est elle aussi rebaptisée Kariega. Les tenants de ce changement ne voulaient plus de référence au fondateur de la ville, #Jacob_Glen_Cuyler. « Nous ne pouvons pas honorer cet homme qui a soumis notre peuple aux violations des droits de la personne les plus atroces », explique Christian Martin, l’un des porteurs du projet.

    https://www.youtube.com/watch?v=TJLmPSdNh-k&feature=emb_logo

    Jusqu’à présent, rebaptiser les villes en Afrique du Sud s’était fait de façon indirecte, notamment en donnant un nom à des métropoles urbaines qui en étaient jusqu’ici dépourvues. Ainsi, Port Elizabeth est-elle la ville centre de la Métropole de #Nelson_Mandela_Bay, qui rassemble plus d’un million d’habitants.

    Si Pretoria, la capitale de l’Afrique du Sud, a conservé son nom, la conurbation de près de trois millions d’habitants et treize municipalités créée en 2000 s’appelle #Tshwane. Quant à #Durban, elle appartient à la métropole d’#eThekwini.

    Un changement tardif

    Ces changements de nom se font tardivement en Afrique du Sud, contrairement au reste du continent, parce que quoiqu’indépendante depuis 1910, elle est restée contrôlée par les Blancs descendants des colonisateurs. Il faudra attendre la fin de l’apartheid en 1991 et l’élection de Nelson Mandela à la tête du pays en 1994 pour que la population indigène se réapproprie son territoire.

    Pour les mêmes raisons, la #Rhodésie_du_Sud ne deviendra le #Zimbabwe qu’en 1980, quinze ans après l’indépendance, lorsque le pouvoir blanc des anciens colons cédera la place à #Robert_Mugabe.
    Quant au #Swaziland, il ne deviendra #eSwatini qu’en 2018, lorsque son fantasque monarque, #Mswati_III, décidera d’effacer la relation coloniale renommant « le #pays_des_Swatis » dans sa propre langue.

    Quand la politique rebat les cartes

    Une période postcoloniale très agitée explique aussi les changements de nom à répétition de certains Etats.

    Ainsi, à l’indépendance en 1960, #Léopoldville capitale du Congo est devenue #Kinshasa, faisant disparaître ainsi le nom du roi belge à la politique coloniale particulièrement décriée. En 1965, le maréchal #Mobutu lance la politique de « #zaïrisation » du pays. En clair, il s’agit d’effacer toutes traces de la colonisation et de revenir à une authenticité africaine des #patronymes et toponymes.

    Un #Zaïre éphémère

    Le mouvement est surtout une vaste opération de nationalisation des richesses, détenues alors par des individus ou des compagnies étrangères. Le pays est alors renommé République du Zaïre, ce qui a au moins le mérite de le distinguer de la #République_du_Congo (#Brazzaville), même si le nom est portugais !

    Mais l’appellation Zaïre était elle-même trop attachée à la personnalité de Mobutu. Et quand le dictateur tombe en 1997, le nouveau maître Laurent-Désiré Kabila s’empresse de rebaptiser le pays en République démocratique du Congo. Là encore, il s’agit de signifier que les temps ont changé.

    Effacer de mauvais souvenirs

    Parfois le sort s’acharne, témoin la ville de #Chlef en #Algérie. Par deux fois, en 1954 puis en 1980, elle connaît un séisme destructeur. En 1954, elle s’appelle encore #Orléansville. Ce nom lui a été donné par le colonisateur français en 1845 à la gloire de son #roi_Louis-Philippe, chef de la maison d’Orléans.

    En 1980, l’indépendance de l’Algérie est passée par là, la ville a repris son nom historique d’#El_Asnam. Le 10 octobre 1980, elle est une nouvelle fois rayée de la carte ou presque par un terrible #tremblement_de_terre (70% de destruction). Suite à la catastrophe, la ville est reconstruite et rebaptisée une nouvelle fois. Elle devient Chlef, gommant ainsi les références à un passé dramatique...

    https://www.francetvinfo.fr/monde/afrique/societe-africaine/villes-et-pays-continuent-d-etre-rebaptises-en-afrique-afin-d-effacer-l

    #colonisation #colonialisme #noms_de_villes #toponymie #toponymie_politique #Afrique

  • #Ivry-sur-Seine : clash en Conseil municipal suite aux réactions à la #balade_décoloniale

    A Ivry-sur-Seine, la balade décoloniale organisée par un collectif d’associations fin janvier pour inviter à rebaptiser plusieurs noms de rue de la ville, a donné lieu à une tribune radicalement opposée de la part d’un élu. Le débat s’est invité de façon paroxystique au Conseil municipal de ce jeudi 11 février.

    Tout commence fin janvier par l’organisation d’une marche décoloniale dans la ville, par un collectif d’associations (Collectif Abyayala, Collectif Romain Rolland, collectif Ivryens contre la loi « séparatismes », Convergence Citoyenne Ivryenne (CCI), Front uni des Immigration et des Quartiers Populaire). “Les noms des rues ne sont pas choisis par hasard, ils revêtent une dimension hautement symbolique et mémorielle. Force est de constater qu’en France, les rues sont bien souvent à la gloire de l’empire colonial. Interpeler et questionner ces noms, n’est ni une lubie, ni une question secondaire, mais bien une nécessité, même un devoir. La ville d’Ivry-sur-Seine n’est malheureusement pas épargnée par ces choix de noms de rue. On ne bâtit pas d’avenir commun sans remettre en cause les crimes contre l’humanité qu’ont été l’esclavage et la colonisation”, motive le collectif.

    5 rues rebaptisées

    Le 23 janvier, 80 personnes (selon le collectif) se retrouvent donc pour rebaptiser 5 rues. La rue #Christophe_Colomb (navigateur du 15ème siècle considéré comme le découvreur de l’Amérique) est rebaptisée rue de la lutte pour l’indépendance des peuples colonisés, la rue Jules Ferry (homme d’Etat français connu notamment pour l’instauration de l’enseignement obligatoire, gratuit et laïc en 1881, partisan actif de l’expansion coloniale) en rue #René_Vautier (réalisateur et scénariste anticolonialiste, connu notamment pour son film Avoir vingt ans dans les Aurès), la rue #Paul_Bert (médecin et ministre de la 3ème République qui a porté l’instruction publique, laïque gratuite pour tous, soutien de la colonisation) en rue #Lalla_Fatma_N’Soumer (figure du mouvement de résistance à la colonisation de l’Algérie), la rue #François_Mitterrand (président de la République de 1981 à 1995) en rue #Aroua_Keïta (figure de l’indépendantisme, du syndicalisme et du féminisme au Mali) et la place du 8 mai 1945 en 8 Mai 1945 jour de fête : victoire contre le nazisme Jour de deuil : #massacres_coloniaux à #Setif, #Guelma et #Kherrata.

    Pétition et tribune pour rebaptiser les rues

    Pour donner suite à cette marche, le collectif Abyayala lance une pétition sur Change.org pour demander à la mairie de changer le nom de la rue Christophe Colomb. “Loin du mythe du valeureux « découvreur des Indes », Christophe Colomb fut la main armée des volontés d’expansion du Vieux Monde. Son arrivée de l’autre côté de l’océan Atlantique en 1492 est le début de la colonisation européenne sur le continent américain, pose le collectif. Contrairement aux croyances inculquées, le continent n’était ni vierge, ni inhabité et certainement pas à disposition. L’Amérique n’a pas été découverte mais envahie. Cette entreprise se déroula de façon violente, les indigènes furent massacré·es, violé·es, spolié·es de leurs terres et de leurs identités.” Voir la pétition qui a recueilli à ce jour une centaine de signatures : https://www.change.org/p/mairie-d-ivry-sur-seine-pourquoi-une-rue-christophe-colomb-%C3%A0-ivry-sur-s ?

    Les élus du groupe CCI (membre de la majorité municipale) appuient de leur côté la démarche dans l’espace de libre expression qui leur est dévolu dans le numéro de février du magazine municipal. “A peine 5% des rues rendent hommage à des femmes, l’héritage des luttes anticoloniales et contre l’esclavage ou encore l’histoire de l’immigration sont quasi absents”, déplorent Ratiba Meddas et Mehrez Mraidi dans leur tribune. “La rue du 17 octobre 1961 est attendue depuis plus de 10 ans, l’esclavage et la colonisation peinent parfois à être considérés comme ce qu’ils sont, des crimes contre l’humanité,… Pire, il reste dans notre espace urbain la trace de figures historiques associées à ces crimes”, poursuivent-ils, invitant la municipalité à “accompagner ce travail critique sur le passé et ses conséquences sur le présent” et “mettre davantage en valeur les figures émancipatrices issues de ces histoires.”

    “Une #honte faite à la République”

    Pour Sébastien Bouillaud (LR), conseiller municipal d’opposition, cette marche “est une honte faite à la République” et l’élu fustige l’initiative dans une tribune signée sur Ivry Off, un site qui se revendique comme un “blog alternatif” qui “assume son ton critique à l’égard des gestionnaires et élus de la cité.” Pour l’élu d’opposition, la marche “aurait dû être interdite et condamnée par le maire, qui par la même occasion aurait dû sanctionner les élus qui y ont participé.”

    L’élu durcit ensuite le ton vis-à-vis du groupe Convergence Citoyenne Ivryenne (CCI). “Les élus de ce collectif profitent d’ailleurs régulièrement de la tribune du conseil municipal pour déclamer des discours communautaires qui n’ont rien à faire en son sein. Au fur et à mesure que l’islamo-gauchisme prospère à Ivry, la République recule”, estime le conseiller d’opposition qui considère que “les commémorations publiques deviennent des lieux de division plus que de rassemblement” et “des lieux de diffusion de messages politiques où l’extrême gauche peut critiquer encore et toujours la République et le capitalisme”, “occasion de flatter telles ou telles communautés pour des raisons électoralistes.” Et l’élu de conclure son propos par “La question qui se pose aujourd’hui est bien évidemment dans quel état Ivry sera-t-elle dans 5 ans ? Mais surtout, à quel point la majorité en place sert-elle des causes obscures voire anti-républicaines ?”
    “La honte de la République, c’est l’histoire coloniale”

    C’est dans ce contexte que le débat s’est invité en Conseil municipal, la majorité faisant usage du droit de poser une question au maire prévu par le règlement intérieur, pour lui demander de réagir publiquement à cette tribune. C’est Bernard Prieur, adjoint à la citoyenneté, qui porte la question, fustigeant “des dénonciations calomnieuses” et “un discours de division”. Pour rappel, la question au maire, qui ne constitue pas une délibération soumise au vote, appelle une réponse du maire sans qu’elle soit suivie de débat. En réponse, le maire, Philippe Bouyssou (PCF) fait part de son étonnement sur la forme de la tribune. “Je ne l’avais jamais entendu tenir des propos aussi violents et réactionnaires à notre égard”, et dénonce une manœuvre de division. “La honte de la République, c’est l’histoire coloniale, ce-sont ses vols, ses pillages, ses expropriations, ses crimes, ses viols, ses massacres commis au nom de la quête du profit et d’une soi-disant race supérieure”, poursuit l’édile, citant des propos Jules Ferry justifiant la colonisation de “barbares” à “civiliser” avant de conclure en invitant à “l’apaisement”, et en demandant à Sébastien Bouillaud de retirer sa tribune.

    Alors que l’intéressé souhaite réagir, le maire lui donne la parole, indiquant que c’est à titre “exceptionnel”, par rapport aux modalités prévues pour les questions aux maire dans le règlement intérieur.

    “Si je me suis permis d’écrire cette tribune c’est car j’ai vu circuler des vidéos montrant des propos terribles sur la France qui m’ont choqué et heurté. Je veux bien qu’on lance un débat sur l’histoire de France mais pas de cette façon là”, répond donc Sébastien Bouillaud invitant à un débat apaisé.
    Quand le débat sur la marche décoloniale est déporté sur le terrorisme islamiste

    Philippe Hardouin, conseiller d’opposition du groupe LREM demande alors aussi la parole et embraye sans transition sur la question du terrorisme islamiste, faisant implicitement un lien direct entre les deux sujets. “Pour nous l”ennemi, c’est le fanatisme religieux”, résume-t-il en poursuivant sur le séparatisme et la nécessité d’un débat sur la laïcité jusqu’à ce que le maire lui demande d’arrêter de parler, lui indiquant que sa réaction est “complètement hors sujet”. Philippe Hardouin, lui, souhaite poursuivre mais le micro lui est coupé. “Je vous félicite d’avoir coupé le micro, c’est un signe de faiblesse”, réagit-il. “Il n’y a autour de moi ni communautariste, ni islamiste, ni islamogauchiste. Il n’y a ici que des Ivryennes et des Ivryens et j’aimerais que chacun se respecte”, conclut le maire.

    Alors que le point suivant de l’ordre du jour est à l’initiative de Sabrina Sebaihi, adjointe écologiste, celle-ci demande une suspension de séance. “Je suis très gênée par le débat de ce soir”, motive l’élue, visiblement émue.

    “Nous n’avons plus rien à faire dans ce Conseil ce soir”, reprendra Philippe Hardouin au moment de la reprise de séance, quittant la salle avec les élus du groupe LREM et du groupe de Sébastien Bouillaud.

    La séance s’est ensuite prolongée jusqu’à 2 heures du matin, le temps d’épuiser l’ordre du jour.

    https://94.citoyens.com/2021/ivry-sur-seine-clash-en-conseil-municipal-suite-aux-reactions-a-la-bala

    #toponymie #colonisation #colonialisme #toponymie_politique #France #noms_de_rue

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    • Pour faire suite à cet article :

      Une tribune du maire de Ivry dans Regards :
      Philippe Bouyssou, Maire PCF d’Ivry-sur-Seine, invité de la Midinale de Regards, mercredi 24 mars 2021.

      Il faut enseigner la culture de la paix et de la tolérance

      Sur la marche décoloniale à Ivry-sur-Seine
      « Cette marche décoloniale est une initiative libre, démocratique et citoyenne donc je ne me sens pas en tant que maire d’une commune la volonté de contrôler ou d’interdire quoi que ce soit sur le territoire de ma commune. »
      « Les habitants d’Ivry-sur-Seine sont issus de l’immigration majoritairement d’Afrique du Nord et d’Afrique subsaharienne - avec beaucoup de maliens - et ça a accéléré la tension autour de ces questions. »
      « Aux dernières municipales, on a ouvert nos listes à un tiers de citoyens en demandant aux gens de nous dire qui ils aimeraient voir siéger au conseil municipal : les jeunes, de manière vraiment massive et impressionnante, se sont saisis de cette opportunité et ils ont proposé à des copains, des responsables d’associations ou des jeunes de leurs cités. »
      « On a le conseil municipal qui compte en proportion le plus de binationaux et c’est révélateur de notre société qui est multiculturelle. »
      « On est une ville populaire, métissée et solidaire. »

      Sur la question raciale et la question sociale
      « Il faut arrêter de se diviser entre les blancs et les moins blancs, les blancs et les pas blancs, je m’en fiche complètement : on est tous ensemble dans la même société. Et comme je suis communiste, j’ai tendance à penser que la lutte des classes a encore du sens. »
      « La loi séparatisme est une absurdité totale. »
      « Si danger il y a, c’est qu’on est en face de deux projets de société : il y a un projet de société que j’essaie de porter, celui d’une société du tout ensemble dans une société métissée, qui s’enrichit des différences des uns et des autres. Et puis il y a une vision de la société réactionnaire et restrictive. »
      « Il y a un problème sur la vision qu’on peut avoir les uns et les autres de la laïcité avec une instrumentalisation de la laïcité. »

      Sur les conséquences du débat public et les tensions que ça peut générer
      « Il n’y a pas de tensions interculturelles dans la ville d’Ivry. Je prends un exemple : on a la chance d’avoir une synagogue dans le centre-ville d’Ivry (…). Je note aucune agression antisémite ces dernières années. »
      « Tous les ans à Ivry-sur-Seine, pendant une semaine, on fait la semaine de la mémoire du génocide des juifs et des tsiganes, de la lutte contre toutes les discriminations et de la prévention des crimes contre l’humanité. On le fait en partenariat avec les enseignants et l’Education nationale (…). Ça fait 17 ans qu’on organise cet événement et j’ai l’impression que cet enseignement de la culture de la paix et de la tolérance, d’un rapport riche à l’autre, laisse des traces positives. »
      « Je note aucun conflit dans l’espace public. Il y a des conflits de bandes par moments entre cités et quartiers mais ça n’a rien d’inter-ethnique. »

      Sur les réunions non-mixtes
      « Je ne suis pas du tout d’accord [avec le fait que le PCF parle d’enfermement identitaire de l’UNEF]. »
      « Je n’ai pas d’opinion sur le fait que ceux qui se sentent victimes de discrimination et qui ont des choses en commun ressentent le besoin de se voir entre eux pour en causer. »
      « Je suis homosexuel et il a pu m’arriver, dans d’aller dans des assos gays : selon la manière dont on vit les discriminations, on peut à mon moment avoir envie de se retrouver entre personnes qui vivent les mêmes discriminations pour en causer. »
      « Je suis pour l’intersectionnalité des luttes, pour que toutes les luttes contre les discriminations et qui visent à la libération se rejoignent. »
      « J’aimerais bien entendre tous les gens qui accusent l’UNEF d’avoir organisé des réunions entre racisés ou entre filles, se prononcer sur les loges maçonniques non-mixtes… »

      Sur le PCF et les luttes antiracistes
      « Un parti qui a 100 ans a forcément une histoire longue. »
      « On n’a pas changé d’appellation à chaque fois que les mentalités ont évolué : on est resté le PCF. »
      « Dans l’histoire du PCF, il y a des zones d’ombre et il faut les assumer. A la fin des années 70, début 1980, on a fait de grosses conneries et on a pris un retard considérable et on n’a pas vu ce qui était en train de bouger dans la société et ça nous a mis hors-jeu de plein de choses. Le dire, c’est l’assumer et l’analyser. »
      « A Ivry, il y a eu des quotas sur les colonies de vacances parce qu’il fallait qu’il n’y ait pas trop d’enfants d’immigrés et parce que l’on considérait que c’était aux villes communistes d’accueillir toutes les populations migrantes. »
      « Le Parti communiste a beaucoup progressé sur ces questions [antiracistes]. »
      « J’ai été très déçu que la moitié du groupe communiste [à l’Assemblée nationale] se contente de s’abstenir sur le projet de loi séparatisme. Et je remercie les députés communistes qui ont voté contre : j’ai été soulagé de voir qu’il y avait des camarades communistes dans le groupe parlementaire. Je ne m’explique pas comment les autres ont pu s’abstenir… Celle d’André Chassaigne par exemple ne m’a pas convaincu du tout ! Je suis en complet désaccord… Comme quoi, même chez les communistes, il y a de la diversité, c’est normal. »

      Sur la situation liée au Covid
      « On est dans une phase d’anxiété, de ras-le-bol et de déprime. »
      « Ce qui est le plus insupportable, c’est l’attente avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête, de chaque prise de parole du Premier ministre. »
      « Ils vont faire de grands vaccinodromes mais ça ne va pas faire la maille : ça ne va remplir qu’une toute petite partie des besoins de couverture de l’immunité collective. »
      « Il faut réquisitionner des entreprises et fabriquer des lignes de vaccins. »
      « Il faut déclencher un plan d’urgence pour les hôpitaux parce que, malheureusement, des pandémies, il y en aura d’autres. »
      « Je veux que l’on réouvre les cinémas, les théâtres et les musées parce que c’est vital pour les gens. »

      L’entretien est disponible sur youtube : https://www.youtube.com/watch?v=HzxJ0lZUG_0

  • Femmes et espaces urbains – Une nouvelle place du 14-Juin pour commémorer la lutte pour l’égalité des droits

    La place située devant l’église Saint-Laurent, jusqu’ici dépourvue d’un nom officiel, a été baptisée « #Place_du_14-Juin » le 7 février 2021, jour anniversaire des 50 ans du droit de vote des femmes en Suisse. Située en plein centre-ville, devant le parvis de l’église Saint-Laurent, cette nouvelle #place permet à la Municipalité de commémorer la lutte pour l’égalité des droits, tout en s’inscrivant dans les mesures adoptées par la Municipalité pour accroître la #visibilité des femmes dans l’espace public.

    - Vidéo - Inauguration de la place du 14-Juin : https://www.youtube.com/watch?v=zYPjqi5gcW0&feature=youtu.be&ab_channel=CommuneLausanne


    - Communiqué du 07.02.2021 : webapps.lausanne.ch/apps/actualites/Next/serve.php ?id=10411
    - Site web : https://www.lausanne.ch/portrait/cohesion-sociale/egalite-et-diversite;jsessionid=730CF0B7F8FFEAA0531AD34BA01A6D28
    - Vidéo - Femmes et espaces urbains : les mesures de la Municipalité : https://www.youtube.com/watch?v=c7x_FYX_LZU&feature=youtu.be&ab_channel=CommuneLausanne

    - Vidéo - Ruth Dreifuss et Pamela Ohene-Nyako : interviews croisées : https://www.youtube.com/watch?v=VYvcHsAK26w&feature=youtu.be&ab_channel=CommuneLausanne

    http://webapps.lausanne.ch/apps/actualites/?actu_id=59060

    #Lausanne #toponymie #toponymie_politique #Suisse #femmes #égalité_des_droits #droit_de_vote #commémoration #visibilisation #espace_public #vidéo

  • L’oublieuse mémoire coloniale italienne

    Commencée avant le fascisme, galvanisée par Mussolini, la colonisation par l’Italie de la Libye, de la Somalie et de l’Ethiopie fut marquée par de nombreuses atrocités,loin du mythe d’une occupation douce. Longtemps refoulés, ces souvenirs commencent à ressurgir

    Tout commence dans le centre de Rome, sur l’Esquilin, la plus haute des sept collines antiques. Plus précisément dans la cage d’escalier d’un immeuble sans ascenseur, situé à deux pas de la piazza Vittorio. Dans ce quartier à deux pas de la gare Termini, les prix de l’immobilier sont beaucoup plus modestes que dans le reste du centre, si bien que l’Esquilin est devenu, depuis une vingtaine d’années, un lieu de concentration de l’immigration africaine et asiatique, ce qui n’est pas sans provoquer des tensions le squat, occupé depuis 2003 par les militants néofascistes de CasaPound, est juste à côté.

    C’est donc là, en rentrant chez elle, épuisée, dans la touffeur d’une après-midi de fin d’été 2010, qu’Ilaria Profeti se retrouve nez à nez avec un jeune homme arrivé d’Ethiopie par la route des migrants. Dans un italien presque sans accent, celui-ci lui assure, documents à l’appui, qu’il est le petit-fils de son père, Attilio, un homme de 95 ans qui est resté, sa longue vie durant, plus que discret sur ses jeunes années de « chemise noire » fasciste, en Abyssinie.

    Levons toute ambiguïté : la scène qui vient d’être décrite est tout à fait vraisemblable, mais elle est issue d’une oeuvre de fiction. Il s’agit en réalité des premières pages d’un roman, le superbe Tous, sauf moi (Sangue giusto), de Francesca Melandri (Gallimard, 2019), qui dépeint avec une infinie subtilité les angles morts de la mémoire coloniale italienne. Le fil conducteur de la narration est le parcours sinueux d’un vieil homme dont le destin finalement assez ordinaire a valeur d’archétype.

    Issu d’un milieu plutôt modeste, Attilio Profeti a su construire à sa famille une position plutôt enviable, en traversant le mieux possible les différents mouvements du XXe siècle. Fasciste durant sa jeunesse, comme l’immense majorité des Italiens de son âge, il est parti pour l’Ethiopie, au nom de la grandeur impériale. Après la chute de Mussolini et la fin de la guerre, il parviendra aisément à se faire une place au soleil dans l’Italie du miracle économique, jouant de son physique avantageux et de ses amitiés haut placées, et enfouissant au plus profond de sa mémoire le moindre souvenir de ses années africaines, les viols, les massacres, les attaques chimiques. C’est ce passé, refoulé avec une certaine désinvolture, qui revient hanter ses enfants, trois quarts de siècle plus tard, sous les traits d’un jeune homme d’une vingtaine d’années, arrivé à Rome après une interminable traversée.

    Comme l’héroïne de Tous, sauf moi, Francesca Melandri vit sur l’Esquilin, au dernier étage d’un immeuble à la population mélangée. Et à l’image d’Ilaria, c’est sur le tard qu’elle a découvert ce pan escamoté de l’histoire italienne. « Quand j’étais à l’école, on ne parlait pas du tout de ce sujet-là, confie-t-elle depuis sa terrasse dominant les toits de la ville. Aujourd’hui ça a changé, il y a eu une prise de conscience, et de nombreux travaux universitaires. Pourtant cette histoire n’est jamais rappelée par les médias. Lorsqu’on parle du dernier attentat à la bombe à Mogadiscio, qui se souvient des liens entre Italie et Somalie ? Quand des bateaux remplis de migrants érythréens sont secourus ou coulent avant d’être sauvés, qui rappelle que l’Erythrée, nous l’appelions "l’aînée des colonies" ? »

    Le plus étrange est qu’à Rome, les traces du passé colonial sont légion, sans que personne n’ait jamais pensé à les effacer. Des stèles près desquelles personne ne s’arrête, des bâtiments anonymes, des noms de rue... rien de tout cela n’est explicité, mais tout est à portée de main.

    Comprendre les raisons de cette occultation impose de revenir sur les conditions dans lesquelles l’ « Empire » italien s’est formé. Création récente et n’ayant achevé son unité qu’en 1870, alors que la plus grande partie du monde était déjà partagée en zones d’influence, le royaume d’Italie s’est lancé avec du retard dans la « course » coloniale. De plus, il ne disposait pas, comme l’Allemagne qui s’engage dans le mouvement à la même époque, d’une puissance industrielle et militaire susceptible d’appuyer ses prétentions.

    Visées impérialistes

    Malgré ces obstacles, l’entreprise coloniale est considérée par de nombreux responsables politiques comme une nécessité absolue, à même d’assurer une fois pour toutes à l’Italie un statut de grande puissance, tout en achevant le processus d’unification du pays nombre des principaux avocats de la colonisation viennent de la partie méridionale du pays. Les visées impérialistes se dirigent vers deux espaces différents, où la carte n’est pas encore tout à fait figée : la Méditerranée, qui faisait figure de champ naturel d’épanouissement de l’italianité, et la Corne de l’Afrique, plus lointaine et plus exotique.

    En Afrique du Nord, elle se heurta vite à l’influence française, déjà solidement établie en Algérie. Ses prétentions sur la Tunisie, fondées sur la proximité de la Sicile et la présence sur place d’une importante communauté italienne, n’empêcheront pas l’établissement d’un protectorat français, en 1881. Placé devant le fait accompli, le jeune royaume d’Italie considérera l’initiative française comme un véritable acte de guerre, et la décennie suivante sera marquée par une profonde hostilité entre Paris et Rome, qui poussera le royaume d’Italie à s’allier avec les grands empires centraux d’Allemagne et d’Autriche-Hongrie plutôt qu’avec sa « soeur latine .

    Sur les bords de la mer Rouge, en revanche, la concurrence est plus faible. La première tête de pont remonte à 1869, avec l’acquisition de la baie d’Assab (dans l’actuelle Erythrée) par un armateur privé, pour le compte de la couronne d’Italie. Cette présence s’accentue au cours des années 1880, à mesure du recul de l’influence égyptienne dans la zone. En 1889, est fondée la colonie d’Erythrée, tandis que se structure au même moment la Somalie italienne. Mais l’objectif ultime des Italiens est la conquête du my thique royaume d’Abyssinie, qui s’avère plus difficile que prévu.

    En 1887, à Dogali, plusieurs centaines de soldats italiens meurent dans une embuscade menée par un chef abyssin, le ras Alula Engida. Cette défaite marque les esprits, mais ce n’est rien à côté de la déconfiture des forces italiennes lors de la bataille d’Adoua, le 1er mars 1896, qui porte un coup d’arrêt durable aux tentatives italiennes de conquête.

    Seul pays africain indépendant (avec le Liberia), l’Ethiopie peut désormais se targuer de devoir sa liberté à une victoire militaire. Le négus Menelik II y gagne un prestige considérable. Côté italien, en revanche, cette défaite est un électrochoc. Ressentie comme une honte nationale, la déroute des troupes italiennes entraîne la chute du gouvernement Crispi et freine durablement l’im périalisme italien.

    Adoua est un tournant. L’historien et ancien sénateur de gauche Miguel Gotor est l’auteur d’une remarquable synthèse sur le XXe siècle italien, L’Italia nel Novecento. Dalla sconfitta di Adua alla vittoria di Amazon (« L’Italie du XIXe siècle. De la défaite d’Adoua à la victoire d’Amazon » Einaudi, 2019, non traduit). Pour lui, c’est là-bas, sur les hauteurs de la région du Tigré, par cette humiliation retentissante, que le XXe siècle italien a commencé.

    L’aventure coloniale italienne s’est ouverte de façon peu concluante, mais l’aspiration à l’empire n’a pas disparu. La décomposition de l’Empire ottoman offrira à Rome une occasion en or, en lui permettant, en 1911-1912, de s’implanter solidement en Cyrénaïque et en Tripolitaine. « Souvent la conquête de ce qui allait devenir la Libye est évacuée un peu vite, mais c’est un moment très important. Pour l’armée italienne, c’est une répétition, un peu comme a pu l’être la guerre d’Espagne, juste avant la seconde guerre mondiale », souligne Miguel Gotor. Ainsi, le 1er novembre 1911, un aviateur italien lâche quatre grenades sur des soldats ottomans, réalisant ainsi le premier bombardement aérien de l’histoire mondiale.

    « La conquête des côtes d’Afrique du Nord est importante, certes, mais la Libye est juste en face de la Sicile, au fond c’est du "colonialisme frontalier". La colonie au sens le plus "pur", celle qui symboliserait le mieux l’idée d’empire, ça reste l’Abyssinie », souligne Miguel Gotor. Aussi les milieux nationalistes italiens, frustrés de ne pas avoir obtenu l’ensemble de leurs revendications territoriales au sortir de la première guerre mondiale, continueront à nourrir le rêve de venger l’humiliation d’Adoua.

    Le fascisme naissant ne se privera pas d’y faire référence, et d’entretenir le souvenir : les responsables locaux du parti se feront appeler « ras », comme les chefs éthiopiens. A partir de la fin des années 1920, une fois le pouvoir de Mussolini solidement établi, les prétentions coloniales deviendront un leitmotiv des discours officiels.

    Aussi la guerre de conquête déclenchée contre l’Ethiopie en 1935 est-elle massi vement soutenue. L’effort est considérable : plus de 500 000 hommes sont mobilisés. Face à un tel adversaire, le négus Haïlé Sélassié ne peut résister frontalement. Le 5 mai 1936, les soldats italiens entrent dans la capitale, Addis-Abeba, et hissent le drapeau tricolore. Quatre jours plus tard, à la nuit tombée, depuis le balcon du Palazzo Venezia, en plein coeur de Rome, Mussolini proclame « la réapparition de l’Empire sur les collines fatales de Rome » devant une foule de plusieurs centaines de milliers de personnes.

    « C’est bien simple, à ce moment-là, en Italie, il est à peu près impossible d’être anti fasciste », résume Miguel Gotor. Dans la foulée de ce succès, le roi Victor-Emmanuel III est proclamé empereur d’Ethiopie ; Benito Mussolini peut désormais se targuer d’avoir bâti un empire. La faillite d’Adoua avait été causée par un régime parle mentaire inefficace et désorganisé ? La victoire de 1936 est due, elle, aux vertus d’une Italie rajeunie et revigorée par le fascisme. La machine de propagande tourne à plein régime, l’assentiment populaire est à son sommet. « Ce moment-là est une sorte d’apogée, et à partir de là, la situation du pays se dégrade, analyse Miguel Gotor. Ar rivent les lois raciales, l’entrée en guerre... tout est réuni pour nourrir une certaine nostalgie de l’épopée éthiopienne. »

    Mécanisme de refoulement

    Le rêve impérial sera bref : il ne survivra pas à la défaite militaire et à la chute du fascisme. L’Ethiopie est perdue en 1941, la Libye quelques mois plus tard... Le traité de Paris, conclu en 1947, met officiellement un terme à une colonisation qui, dans les faits, avait déjà cessé d’exister depuis plusieurs années. Tandis que l’Ethiopie indépendante récupère l’Erythrée, la Libye est placée sous la tutelle de la France et du Royaume-Uni. Rome gardera seulement une vague tutelle sur la Somalie, de 1949 à 1960.

    Le projet d’empire colonial en Méditerranée et en Afrique, qui fut un des ciments de l’assentiment des Italiens à Mussolini, devient associé pour la plupart des Italiens au régime fasciste. L’un et l’autre feront l’objet du même mécanisme de refoulement dans l’Italie de l’après-guerre. Les dirigeants de l’Italie républicaine font rapidement le choix de tourner la page, et ce choix est l’objet d’un profond consensus qui couvre tout le spectre politique (le premier décret d’amnistie des condamnations de l’après-guerre remonte à 1946, et il porte le nom du dirigeant historique du Parti communiste italien Palmiro Togliatti). Les scènes de liesse de la Piazza Venezia ne seront plus évoquées, et avec elles les faces les plus sombres de l’aventure coloniale. Même la gauche transalpine, qui prendra fait et cause pour les mouvements anticoloniaux africains (notamment le FLN algérien) n’insistera jamais sur le versant italien de cette histoire.

    « Cela n’est pas étonnant, la mémoire est un phénomène sélectif, et on choisit toujours, consciemment ou non, ce qu’on va dire à ses enfants ou ses petits-enfants », remarque le jeune historien Olindo De Napoli (université de Naples-Frédéric-II), spécialiste de la période coloniale. « Durant l’immédiat après-guerre, ce sont les témoins qui parlent, ce sont eux qui publient », remarque l’his torien. Ainsi de la collection d’ouvrages L’Italia in Africa éditée sous l’égide du ministère des affaires étrangères, emblématique de la période. « Ces volumes sont passionnants, mais il y a certains oublis, qui vont vite poser des problèmes. »

    Parmi ces « oublis », la question la plus centrale, qui fera le plus couler d’encre, est celle des massacres de civils et de l’usage de gaz de combat, malgré leur interdiction par les conventions de Genève, lors de la guerre d’Ethiopie. Dans les années 1960, les études pionnières d’Angelo Del Boca et Giorgio Rochat mettront en lumière, documents officiels à la clé, ce pan occulté de la guerre de 1935-1936. Ils se heurteront à l’hostilité générale des milieux conservateurs.

    Un homme prendra la tête du mouvement de contestation des travaux de Del Bocaet Rochat : c’est Indro Montanelli (1909-2001), considéré dans les années 1960 comme le journaliste le plus important de sa géné ration. Plume du Corriere della Sera (qu’il quittera pour fonder Il Giornale en 1974), écrivain d’essais historiques à l’immense succès, Montanelli était une figure tutélaire pour toute la droite libérale.

    Comme tant d’autres, il avait été un fasciste convaincu, qui s’était porté volontaire pour l’Ethiopie, et il n’a pris ses distances avec Mussolini qu’en 1943, alors que la défaite était apparue comme certaine. Ra contant « sa » guerre à la tête d’une troupe de soldats indigènes, Montanelli la décrit comme « de longues et belles vacances », et qualifie à plusieurs reprises d’ « anti-Italiens » ceux qui font état de massacres de civils et d’usage de gaz de combat. La polémique durera des années, et le journaliste sera bien obligé d’admettre, à la fin de sa vie, que les atrocités décrites par Rochat et Del Bocaavaient bien eu lieu, et avaient même été expressément ordonnées par le Duce.

    A sa manière, Montanelli incarne parfaitement la rhétorique du « bon Italien » (« Italia brava gente »), qui sera, pour toute une génération, une façon de disculper l’homme de la rue de toute forme de culpabilité collective face au fascisme. Selon ce schéma, contrairement à son allié allemand, le soldat italien ne perd pas son humanité en endossant l’uniforme, et il est incapable d’actes de barbarie. Ce discours atténuant la dureté du régime s’étend jusqu’à la personne de Mussolini, dépeint sous les traits d’un chef un peu rude mais bienveillant, dont le principal tort aura été de s’allier avec les nazis.

    Ce discours trouve dans l’aventure coloniale un terrain particulièrement favorable. « Au fond, on a laissé s’installer l’idée d’une sorte de colonisation débonnaire, analyse Olindo De Napoli, et ce genre de représentation laisse des traces. Pourtant la colonisation italienne a été extrêmement brutale, avant même le fascisme. En Ethiopie, l’armée italienne a utilisé des soldats libyens chargés des basses oeuvres, on a dressé des Africains contre d’autres Africains. Et il ne faut pas oublier non plus que les premières lois raciales, préfigurant celles qui seront appliquées en 1938 en Italie, ont été écrites pour l’Ethiopie... Il ne s’agit pas de faire en sorte que des enfants de 16 ans se sentent coupables de ce qu’ont fait leurs arrière-grands-pères, il est seulement question de vérité historique. »

    Désinvolture déconcertante

    Malgré les acquis de la recherche, pour le grand public, la colonisation italienne reste souvent vue comme une occupation « douce », par un peuple de jeunes travailleurs prolétaires, moins racistes que les Anglais, qui se mélangeaient volontiers avec les populations locales, jusqu’à fonder des familles. L’archétype du colon italien tombant amoureux de la belle Abyssine, entretenu par les mémoires familiales, a lui aussi mal vieilli. Là encore, le parcours d’Indro Montanelli est plus qu’éclairant. Car aujourd’hui, si sa défense de l’armée italienne apparaît comme parfaitement discréditée, ce n’est plus, le concernant, cet aspect de sa vie qui fait scandale.

    En effet, on peut facilement trouver, sur Internet, plusieurs extraits d’entretiens télévisés remontant aux années 1970 et 1980, dans lesquelles le journaliste raconte avec une désinvolture déconcertante comment, en Ethiopie, il a « acheté régulièrement » à son père, pour 350 lires, une jeune fille de 12 ans pour en faire sa femme à plusieurs reprises, il la qualifie même de « petit animal docile », devant un auditoire silencieux et appliqué.

    Célébré comme une gloire nationale de son vivant, Indro Montanelli a eu l’honneur, à sa mort et malgré ces déclarations sulfureuses, de se voir dédié à Milan un jardin public, au milieu duquel trône une statue de lui. Au printemps 2019, cette statue a été recouverte d’un vernis de couleur rose par un collectif féministe, pour rappeler cet épisode, et en juin 2020, la statue a de nouveau été recouverte de peinture rouge, en lointain écho au mouvement Black Lives Matter (« les vies noires comptent ») venu des Etats-Unis.

    Indro Montanelli mérite-t-il une statue dans l’Italie de 2021 ? La question a agité les journaux italiens plusieurs jours, au début de l’été, avant que la polémique ne s’éteigne d’elle-même. Pour fondée qu’elle soit, la question semble presque dérisoire eu égard au nombre de témoignages du passé colonial, rarement explicités, qui subsistent un peu partout dans le pays.

    Cette situation n’est nulle part plus visible qu’à Rome, que Mussolini rêvait en capitale d’un empire africain. L’écrivaine italienne Igiaba Scego, née en 1974 de parents réfugiés somaliens, y a dédié un passionnant ouvrage, illustré par les photographies de Rino Bianchi (Roma negata, Ediesse, réédition 2020, non traduit).

    Passant par la stèle laissée à l’abandon de la piazza dei Cinquecento, face à la gare Termini, dont la plupart des Romains ignorent qu’elle a été baptisée ainsi en mémoire des 500 victimes italiennes de l’embuscade de Dogali, ou l’ancien cinéma Impero, aujourd’hui désaffecté, afin d’y évoquer l’architecture Art déco qui valut à la capitale érythréenne, Asmara, d’être classée au patrimoine de l’Unesco, la romancière fait une station prolongée devant le siège romain de la FAO (l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture), construit pour abriter le siège du puissant ministère de l’Afrique italienne.

    Devant ce bâtiment tout entier dédié à l’entreprise coloniale, Benito Mussolini avait fait ériger en 1937 un obélisque haut de 24 mètres et vieux d’environ seize siècles, ramassé sur site d’Axoum, en Ethiopie. Il s’agissait, rappelle Igiaba Scego, de faire de ce lieu « le centre de la liturgie impériale .

    La république née sur les ruines du fascisme s’était engagée à restituer cette prise de guerre à la suite des traités de 1947, mais après d’innombrables vicissitudes, le monument est resté en place jusqu’en 2003, où le gouvernement Berlusconi choisit de le démonter en trois morceaux avant de le renvoyer à Axoum, à ses frais.

    En 2009, la mairie de Rome a fait installer sur la même place, à deux pas de cet espace vide, une stèle commémorative afin « de ne pas oublier le passé . Mais curieusement, celle-ci a été dédiée... à la mémoire des attentats du 11-Septembre. Comme s’il fallait enfouir le plus profondément possible ce souvenir du rêve impérial et de la défaite, la ville a choisi de faire de ce lieu le symbole d’une autre tragédie. « Pourquoi remuer ces his toires horribles ? Pensons plutôt aux tragédies des autres. Le 11-Septembre était parfait », note, sarcastique, Igiaba Scego.

    A une quinzaine de kilomètres de là, dans le décor grandiose et écrasant du Musée de la civilisation romaine, en plein centre de ce quartier de l’EUR où la mémoire du fascisme est omniprésente, l’ethno-anthropologue Gaia Delpino est confrontée à un autre chantier sensible, où s’entrechoquent les mémoires. Depuis 2017, elle travaille à fusionner en un même lieu les collections du vieux musée ethnologique de Rome (Musée Pigorini) et du sulfureux Musée colonial inauguré en 1923, dont les collections dormaient dans des caisses depuis un demi-siècle.

    D’une fascinante complexité

    Lorsqu’on lui parle de l’odyssée de l’obélisque d’Axoum, elle nous arrête tout de suite : « C’est bien simple : ce qui a été réalisé là-bas, c’est exactement l’inverse de ce qu’on veut faire. » Restituer ces collections dans leur contexte historique tout en articulant un message pour l’Italie d’aujourd’hui, permettre à toutes les narrations et à toutes les représentations de s’exprimer dans leur diversité... L’entreprise est d’une fascinante complexité.

    « Les collections du MuséePigorini ont vieilli bien sûr, comme tous ces musées ethnographiques du XIXe siècle qui véhiculaient l’idée d’une supériorité de la civilisation occidentale. Le Musée colonial, lui, pose d’autres problèmes, plus singuliers. Il n’a jamais été pensé comme autre chose qu’un moyen de propagande, montrant à la fois les ressources coloniales et tout ce qu’on pourrait en tirer. Les objets qui constituent les collections n’ont pas vu leur origine enregistrée, et on a mis l’accent sur la quantité plus que sur la qualité des pièces », expliqueGaia Delpino.

    Sur des centaines de mètres de rayonnages, on croise pêle-mêle des maquettes de navires, des chaussures, des outils et des objets liturgiques... L’accumulation donne le vertige. « Et ce n’est pas fini, nous recevons tous les jours des appels de personnes qui veulent offrir des objets ayant appartenu à leur père ou à leur grand-père, qu’ils veulent nous confier comme une réparation ou pour faire un peu de place », admet l’anthropologue dans un sourire.

    Alors que le travail des historiens peine à se diffuser dans le grand public, où les représentations caricaturales du système colonial, parfois instrumentalisées par la politique, n’ont pas disparu, le futur musée, dont la date d’ouverture reste incertaine pour cause de pandémie, risque d’être investi d’un rôle crucial, d’autant qu’il s’adressera en premier lieu à un public scolaire. « Ce qu’il ne faut pas oublier, c’est que parallèlement à ce difficile travail de mémoire, la population change. Aujourd’hui, dans nos écoles, il y a aussi des descendants de victimes de la colonisation, italienne ou autre. Nous devons aussi penser à eux », précise Gaia Delpino.

    Retournons maintenant au centre de Rome. En 2022, à mi-chemin du Colisée et de la basilique Saint-Jean-de-Latran, une nouvelle station de métro doit ouvrir, dans le cadre du prolongement de la ligne C. Depuis le début du projet, il était prévu que celle-ci soit baptisée « Amba Aradam », du nom de la large artère qui en accueillera l’entrée, appelée ainsi en souvenir de la plus éclatante des victoires italiennes en Ethiopie.

    Ce nom était-il opportun, alors que les historiens ont établi que cette victoire écrasante de l’armée fasciste avait été obtenue au prix de 10 000 à 20 000 morts, dont de nombreux civils, et que les troupes italiennes avaient obtenu la victoire en faisant usage d’ypérite (gaz moutarde), interdit par les conventions de Genève ? Le 1er août 2020, la mairie a finalement fait savoir que la station serait dédiée à la mémoire de Giorgio Marincola.

    Pour le journaliste Massimiliano Coccia, qui a lancé cette proposition avec le soutien de collectifs se réclamant du mouvement Black Lives Matter, « revenir sur notre passé, ce n’est pas détruire ou incendier, mais enrichir historiquement notre cité . Et on peut choisir de célébrer la mémoire d’un résistant italo-somalien tué par les nazis plutôt que celle d’une des pages les plus sombres de l’histoire coloniale italienne.

    https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/02/05/libye-somalie-ethiopie-l-oublieuse-memoire-coloniale-italienne_6068846_3232.

    #Italie #colonialisme #colonisation #Mussolini #fascisme #Libye #Somalie #Ethiopie #atrocités #occupation_douce #mémoire #mémoire_coloniale #occultation #impérialisme #Corne_de_l'Afrique #baie_d'Assab #royaume_d'Abyssinie #Alula_Engida #bataille_d'Adoua #Menelik_II #Crispi #Adoua #Tigré #Cyrénaïque #Tripolitaine #colonialisme_frontalier #Abyssinie #Haïlé_Sélassié #propagande #traité_de_Paris #refoulement #mémoire #massacres #gaz #Indro_Montanelli #gaz_de_combat #bon_Italien #Italia_brava_gente #barbarie #humanité #lois_raciales #vérité_historique #culpabilité #viol #culture_du_viol #passé_colonial #Igiaba_Scego #monuments #toponymie #toponymie_politique #Axoum #stèle #Musée_Pigorini #musée #Musée_colonial #Amba_Aradam #ypérite #gaz_moutarde #armes_chimiques #Giorgio_Marincola #Black_Lives_Matter

    L’article parle notamment du #livre de #Francesca_Melandri, « #sangue_giusto » (traduit en français par « Tous, sauf moi »
    https://seenthis.net/messages/883118

    ajouté à la métaliste sur le #colonialisme_italien :
    https://seenthis.net/messages/871953

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  • Strade della memoria

    Ospiti di Paolo Di Paolo la storica #Giulia_Albanese che si è occupata tra l’altro di toponomastica fascista e antifascista e la scrittrice Edith Bruck, sopravvissuta alla Shoah, che racconta il suo nuovo libro Il pane perduto (La Nave di Teseo); la cantante Antonella Ruggiero presenta il suo ultimo album Empatia; Cristina Faloci intervista Maria Pia Ercolini, fondatrice e presidente dell’associazione «Toponomastica femminile» e dell’omonima pagina Facebook. Giuseppe Patota ci illustra il secondo capitolo del suo Dante Tascabile


    https://www.raiplayradio.it/audio/2021/01/LA-LINGUA-BATTE---Strade-della-memoria-b1814f4d-7861-4c01-863e-50814bf1

    #audio #podcast
    #toponymie #toponymie_politique #fascisme #anti-fascisme #Italie #noms_de_rue

  • Verso un Ente di Decolonizzazione

    Alla Quadriennale d’Arte 2020 a Roma la nuova installazione di Decolonizing Architecture Art Research con dossier fotografico di Luca Capuano.

    Nel 1940 il regime fascista istituì l’Ente di Colonizzazione del Latifondo Siciliano, seguendo il modello dell’Ente di Colonizzazione della Libia, e delle architetture coloniali in Eritrea e in Etiopia, e di quanto già sperimentato con i piani di bonifica integrale e di “colonizzazione interna” dell’Agro Pontino negli anni trenta. Utilizzando diverse forme di violenza e oppressione, forme genocidiarie nei confronti dei popoli colonizzati e ingegneria sociale e violenza di classe sul fronte italiano, il fascismo aveva individuato in questi “territori”, uno spazio geografico astratto, uniforme e omogeneo da “modernizzare” e “ripopolare”, in quanto considerato “vuoto”, “sottosviluppato” e “arretrato”. A tale scopo la Sicilia era diventata agli occhi del fascismo, l’ultimo fronte della modernizzazione, il cui mondo rurale, in contrapposizione alla città, era considerato un terreno “vergine” da occupare.

    Prima che il conflitto mondiale lo impedisse il fascismo inaugurò fino al 1943 otto borghi siciliani, mentre altri rimasero incompiuti. Seguendo i principi dell’estetica e di planimetrie moderniste, dell’architettura coloniale fascista, i borghi venivano costruiti attorno al vuoto della piazza, “centro civico” delle istituzioni dello Stato atte a “civilizzare” campagne considerate vuote e senza vita: la Casa del fascio, l’Ente della Colonizzazione, la Chiesa, le Poste, la Scuola sono soltanto alcune delle istituzioni designate a forgiare l’educazione culturale, politica e spirituale del “nuovo colono fascista”. I nuovi borghi di fondazione avrebbero cosi “connesso” tra di loro le varie parti del nuovo Impero italiano.

    Per celebrare questa unità fittizia, molti dei villaggi siciliani tra cui Borgo Bonsignore, Borgo Fazio e Borgo Giuliano presero il nome di martiri fascisti, camice nere, soldati e coloni morti in Etiopia durante la guerra coloniale di occupazione. Allo stesso tempo, il fascismo aveva continuato la “colonizzazione interna” come strumento e strategia di oppressione del dissenso interno. Se da un lato i borghi erano stati pensati come strumento e spazio di trasformazione agricola delle campagne siciliane in chiave estensiva, estrattiva e capitalista, i piani di migrazione forzate verso Sud servivano al regime ad impedire rivolte nelle campagne del Nord, spezzare i legami tra i lavoratori agricoli con i movimenti antifascisti, e trasformare i braccianti in piccoli proprietari terrieri.

    Oggi la maggior parte di questi borghi sono caduti in rovina. Il depopolamento e le migrazioni delle campagne siciliane nel dopoguerra, con il tempo hanno fatto si che gli edifici che ospitavano le istituzioni fasciste cadessero in abbandono, o in alcuni casi venissero trasformate dai residenti in abitazioni. Questi villaggi sono oggi la materializzazione di una sospensione, non la definitiva eliminazione di un percorso storico e politico. Nonostante la caduta del fascismo e la fine del colonialismo storico, la de-fascistizzazione e la decolonizzazione dell’Italia rimangono processi purtroppo incompiuti. Ad oggi il mancato processo di revisione critica ha fatto si che l’apparato culturale e politico del colonialismo e fascismo sia sopravvissuto: tra questi il razzismo istituzionale e un sentimento diffuso della presunta superiorità della civiltà europea, la conseguente deumanizzazione delle popolazioni proveniente dal mondo (post)coloniale, il sopravvivere di monumenti e strade che celebrano l’ideologia e la storia fascista e coloniale, e la carenza di un’educazione alla conoscenza critica del passato all’interno del sistema educativo italiano.

    In Italia, come dimostrato dai villaggi siciliani, questa impasse politica e culturale di lunga durata è molto visibile attraverso la normalizzazione o la noncuranza dell’architettura fascista. Come è stato dibattuto dalla critica e letteratura postcoloniale negli ultimi anni e contestato a gran voce nel 2020 sull’onda dei moti globali contro la presenza dei simboli che celebrano le violenze imperiali e coloniali negli spazi urbani dell’emisfero Nord, in Italia è molto comune trovare edifici coloniali/fascisti (oltre a monumenti, targhe, memoriali e toponomastica) che piuttosto che essere rimossi, smantellati o distrutti, sono stati lasciati intatti. Sin dalla conclusione della Seconda Guerra mondiale, l’architettura fascista (e progetti urbanistici) sono stati riutilizzati o sviluppati dai governi repubblicani per dare una casa alle nuove istituzioni liberal democratiche italiane. Le reliquie del fascismo e del colonialismo sono state progressivamente normalizzate all’interno dei paesaggi urbani, sfuggendo allo sguardo critico della cultura e della politica antifascista.

    Ad oggi, con il “ritorno” dei fascismi su scala globale e il crescente arrivo negli ultimi decenni dei migranti dall’ex mondo coloniale, la necessità di riaprire i processi di decolonizzazione e defascistizzazione si è resa più che mai urgente. E con essi, nuove domande sul “che fare” del “patrimonio” architettonico coloniale fascista. È possibile immaginare un ri-uso, senza correre il rischio di perpetuare eternamente questa stessa ideologia, e contro il pericolo dell’autoassoluzione e della nostalgia?

    Nel 2017 Asmara la capitale dell’Eritrea è stata nominata patrimonio dell’umanità dall’UNESCO. La nomina, intitolata “Asmara – Citta modernista d’Africa”, fa riferimento alla trasformazione architettonica e urbana coloniale fascista e modernista di Asmara avvenuta durante l’occupazione coloniale italiana. Non esente da critiche, l’iscrizione di Asmara pone una serie di elementi problematici: dal rischio di presentare la città coloniale costruita dagli italiani come il modello di patrimonio urbano del continente africano, al pericolo di rinforzare impulsi nostalgici o costituire uno strumento di propaganda per il regime eritreo, fino al rischio di cedere ai paradigmi di conservazione dei beni architettonici e culturali eurocentrici imposti dall’UNESCO.

    Nonostante queste controversie, la nomina di Asmara ha comunque posto per la prima volta una serie di domande fondamentali che riguardano e accomunano entrambi ex-colonizzati ed ex-colonizzatori: chi ha il diritto a preservare, riutilizzare e ri-narrare l’architettura coloniale fascista?

    L’installazione presentata per la Quadriennale d’arte 2020 – FUORI a Palazzo delle Esposizioni a Roma, sede della Prima mostra internazionale d’arte coloniale (1931) e di altre mostre di propaganda del regime, propone di ripensare i borghi costruiti dal fascismo in Sicilia a partire dalla nomina di Asmara come patrimonio dell’umanità. L’installazione è il primo intervento verso la creazione di un Ente di Decolonizzazione che sarà aperto a coloro che avvertono l’urgenza di mettere in discussione un’ampia eredità storica, culturale e politica intrisa di colonialismo e fascismo, ed iniziare dunque un percorso comune verso nuove pratiche di decolonizzazione e defascistizzazione[1].

    L’occasione della mostra vuole dunque contribuire ad ampliare il raggio critico, a partire dal cosiddetto “patrimonio” architettonico. L’architettura a differenza di monumenti e targhe, si erge su delle fondamenta, ponendo cosi questioni di fondazione e di profondità. In questo senso, l’architettura si occupa di un problema strutturale, dando una forma alle fondamenta coloniali e fasciste sui cui si costruisce l’Italia contemporanea, a testimonianza di una continuità storica e politica tra passato e presente. Ora che molti di questi edifici coloniali e fascisti sono in buona parte in rovina, si corre il rischio che cadendo a pezzi, si portino via la memoria, ma lasciando le fondamenta di una lunga storia di violenza, oppressioni e discriminazione, come ultimo atto dell’amnesia italiana.

    Verso un Ente di Decolonizzazione presentato a Roma, è il primo atto di un lungo percorso che intende coinvolgere coloro che sentono l’urgenza di mettere in discussione concetti e pratiche ereditate dal passato e di costruire oggi spazi critici in cui incontrarsi tra uguali. Il secondo atto si svolgerà la prossima estate in Sicilia, nell’ex-ente di colonizzazione di Borgo Rizza, nel comune di Carlentini, dove cittadini, politici, studiosi, artisti e studenti cercheranno di fare i conti con la difficile eredità´ del patrimonio dell’architettura fascista e coloniale.

    La formazione di un Ente della Decolonizzazione vuole così porre la questione della riappropriazione e ri-narrazione degli spazi e simboli del colonialismo e del fascismo all’interno di un ampio percorso decoloniale, e cosi contribuire a invertire la tendenza italiana al racconto auto-assolutorio di un colonialismo “meno peggio” degli altri. In un contesto internazionale in cui le rivendicazioni degli ex-colonizzati ad una vera riparazione e al risarcimento per i crimini del colonialismo e della schiavitù si fanno sempre più forti e trascinanti, l’Ente della Decolonizzazione intende partire da semplici domande che permettano di rivendicare il diritto a re-inquadrare la narrazione storica, cominciando dalla presenza dell’eredità architettonica coloniale e fascista: dato che i borghi sono stati costruiti per dare forma e corpo alla ideologia fascista, in che modo è possibile sovvertirne i principi fondanti, partendo da questi stessi luoghi come nuovo “centro” della lotta ai fascismi contemporanei? Come trasformare questi borghi in un antidoto al fascismo? Chi ha il diritto a ri-narrare e al ri-uso di questi villaggi che vennero costruiti per celebrare i martiri fascisti nelle guerre di occupazione in Africa? È possibile immaginare un ri-uso critico di questi luoghi, che si faccia alleato di un percorso di riparazione dei crimini del passato? È ipotizzabile un ri-uso inteso come riparazione? È forse possibile un percorso di riparazione che vada oltre la sfera dei trattati bilaterali tra governi e stati? In quali forme questa riparazione o risarcimento può prendere forma? Può l’eredità architettonica giocare un ruolo in tutto ciò?

    https://www.lavoroculturale.org/verso-un-ente-di-decolonizzazione/alessandro-petti

    #décolonial #Italie #colonisation #colonialisme #architecture #fascisme #histoire #Ente_di_Colonizzazione_del_Latifondo_Siciliano #Ente di_Colonizzazione_della_Libia #Erythrée #Ethiopie #Agro_Pontino #ingéniérie_sociale #violence #oppression #vide #géographie_du_vide #ressources_pédagogiques #modernisation #Sicile #toponymie #toponymie_politique #colonisation_interne #espace #racisme_institutionnel #monuments #architecture_fasciste #normalisation #patrimoine #Asmara #UNESCO

    #photographie #Luca_Capuano

    #TRUST #master_TRUST

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  • Bas-Rhin : le maire de #Lauterbourg remet en place un ancien #panneau « #région_Alsace »

    #Jean-Michel_Fetsch, maire de Lauterbourg, a décidé de réinstaller lundi 28 décembre un ancien panneau « région Alsace », à quelques jours de la naissance de la #collectivité_européenne_d'Alsace.

    Le 1er janvier 2021 marquera la création de la Collectivité européenne d’#Alsace (#CEA). A quelques jours de cette date, Jean-Michel Fetsch, le maire de Lauterbourg, village frontalier avec l’Allemagne situé au nord-est du Bas-Rhin, a décidé de réinstaller symboliquement un ancien panneau « région Alsace ». Le panneau qu’il conservait depuis des années a (re)pris place à l’entrée de la commune, #rue_du_général_Mittelhauser, à la frontière allemande.

    « C’est avec mes adjoints Jean-Luc Stoltz et José Saum mais aussi avec l’aide du personnel communal que Lauterbourg est revenue en Alsace. Deux années, ce panneau qu’ils voulaient remplacer par celui Grand Est, était bien au chaud dans mon bureau. Que vive l’Alsace !!! »", raconte le maire sur sa page Facebook,

    Sur les réseaux sociaux justement, le post représentant cette installation rencontre un certain succès et suscite de nombreux partages. Une démarche insolite que le premier édile justifie également par ces mots : « Lauterbourg est alsacienne et ne sera ni Grand-Estoise ni Pamina Land.(..) Nous sommes très bien chez nous comme nous sommes, croyez-moi. »

    Le maire, farouchement opposé à la #fusion des régions Alsace, #Lorraine et #Champagne-Ardenne, n’en est pas à son premier coup d’éclat. Il y a trois ans déjà, en octobre 2017, il annonçait, après avoir participé à l’enlèvement du panneau « Alsace » vouloir retirer son successeur, celui de la #région_Grand_Est, puis remettre le premier. « Un acte de #résistance » (...), pour absolument défendre notre petite Alsace", expliquait-t-il à l’époque.

    https://france3-regions.francetvinfo.fr/image/JdtP1fGIPHkF3mS9aTDCnBc985A/930x930/regions/2020/12/29/5feb049500152_panneau_cea_1-5136922.jpg

    Les panneaux officiels représentant la Collectivité européenne d’Alsace sont eux déjà prêts et devraient être installés au début de l’année 2021 dans le territoire.

    https://france3-regions.francetvinfo.fr/grand-est/insolite-bas-rhin-maire-lauterbourg-remet-place-ancien-
    #toponymie #toponymie_politique #région #France

  • La Péninsule Antarctique couverte de toponymes d’après des noms de personnes britanniques en lien avec l’exploration et la glaciologie
    https://neotopo.hypotheses.org/3452

    Pas moins de 28 noms viennent d’être donnés par le UK Antarctic Place-names Committee (APC) à des glaciers (12), bays (3), domes (3), nunataks (3), mounts (2), peak (1), inlet (1), ice piedmont (1) promontory...

    #Billets #ExploreNeotopo #ToponoGender