• Pierre Raiman, George Orwell × Raoul Peck : 2×-2=-4,
    https://sniadecky.wordpress.com/2026/08/11/raiman-orwell-peck
    https://desk-russie.eu/2026/04/06/george-orwell-x-raoul-peck-2x-2-4.html
    https://seenthis.net/messages/1169133

    Une dure recension du dernier film de Raoul Peck.

    Dans 1984, Winston Smith posait un axiome sur lequel reposait tout l’édifice de la résistance intérieure : la liberté, c’est la liberté de dire que deux et deux font quatre [3]. Or le film de Peck prend l’équation orwellienne et produit un résultat négatif. Orwell multiplié par Peck, ce n’est pas quatre : c’est moins quatre. Le cinéaste ne manque pas de talent, mais sa grille de lecture – anti-impérialiste, anticapitaliste, héritière d’une tradition marxiste qui n’a jamais admis et compris le concept de totalitarisme – le conduit à retrancher d’Orwell ce qui en constitue le cœur. Le spectateur en sort plus confus qu’il n’était entré. C’est ce rendez-vous manqué qu’il faut examiner : il dit quelque chose de la difficulté de l’intelligentsia occidentale à nommer le monde dans lequel nous vivons.

    […]

    Ce que Peck retient de Loznitsa prolonge l’effacement : pour l’immense majorité des spectateurs, le nom de Babi Yar n’évoquera rien ; ils verront des nazis allemands pendus par des bourreaux soviétiques devant une foule, sans savoir que cette foule regarde mourir les assassins de dizaines de milliers de Juifs. La séquence est vidée, par couches successives, nazie, soviétique et cinématographique de sa réalité juive.

    Traiter cette scène comme la variation d’un même thème qui relierait la justice rendue aux bourreaux de Babi Yar et la pantomime séditieuse du Capitole, c’est abolir toute distinction entre la justice, la terreur et la farce sinistre. Le fossé entre l’usage qu’en fait Loznitsa – patient, contextuel, hanté par le devoir de mémoire – et celui qu’en fait Peck – illustratif, instrumentalisé, dépouillé de sa substance – indique la distance entre un cinéaste qui donne à penser et celui qui assène. En laissant les images « parler d’elles-mêmes », Peck dissimule l’intervention la plus décisive – celle du monteur qui choisit l’ordre, le rythme et le voisinage.

    […]

    En dégradant les putschistes espagnols du rang de fascistes à celui de conservateurs, Peck les rapproche du présent américain. Ce glissement quasi imperceptible, est un cas d’école de ce qu’Orwell dénonçait : le langage politique imprécis ne reflète pas une pensée confuse, il la fabrique. Orwell, qui avait pris une balle dans la gorge sur le front d’Aragon pour combattre le fascisme, et qui avait risqué sa vie une seconde fois en échappant à la police stalinienne de Barcelone, méritait mieux qu’un euphémisme destiné à servir une analogie partisane.

    […]

    Peck ouvre l’œuvre d’Orwell comme une « boîte à outils » – la formule revient dans ses entretiens [20]. L’expression semble modeste ; elle est en réalité ruineuse. Une boîte à outils suppose des instruments utilisables séparément. On prend le tournevis « novlangue » pour la propagande trumpiste, le marteau « doublepensée » pour Fox News, la clé à molette « Big Brother » pour les caméras chinoises. Chaque outil est arraché au système qui lui donne sens. Le résultat est un film où tout se vaut : l’Empire britannique et le Goulag, la Silicon Valley et Pyongyang – bref l’abolition des distinctions.

    Une tout autre lecture est possible. 1984 n’est pas un répertoire de citations prophétiques mais un dispositif romanesque inédit, qui fonctionne comme un tout. La société d’Oceania n’est pas un hybride de l’Allemagne nazie et de la Russie stalinienne, mais un variant de deuxième génération [21] – un totalitarisme de laboratoire, épuré des scories de ses modèles et ramené à son essence. Orwell n’a décrit ni le passé ni le présent : il a inventé une machine à penser les totalitarismes futurs. Le noyau en est le pouvoir comme pure fin, une idée empruntée à l’oligarque Wickson dans Le Talon de fer de Jack London – le premier roman à avoir esquissé un système totalitaire [22].

    #film #documentaire #recension #Raoul_Peck #totalitarisme #autoritarisme #George_Orwell #le_cinéma_est_politique

    • Merci @rastapopoulos pour l’info. Je dirai quelque chose sur le film quand je l’aurai regardé.

      Pour le moment je ne peux que constater que les critiques citées partent d’un point de vue de l’idéologie du totalitarisme. C’est une idée confusionniste qui perturbe la réflexion quand on essaye de se faire une idée d’une oeuvre d’un auteur qui connaît bieden la philosophie dite marxiste ou socialisme scientifique.

      Le totalitarisme n’étant qu’une notion de propagande anticommuniste son utilisation nous mène nulle part. Elle est biaisée par son identification infondée du socialisme stalinien avec le nazisme allemand. Ce fond d’hypothèse axiomatique mène systématiquement toute réflexion à des résultats imprécis et floues dans le meilleur cas.

      Ceci vaut pour la grande oeuvre littéraire qu’est 1984. Orwell le voyant publie sa divination, son cauchemar lucide vise juste, mais il ne fournit ni analyse ni outil politique. Pourtant il se donne une allure plus politique que « Nous autres » (1920) de Evgueni Zamiatine et « Le Meilleur des mondes » (1932) d’Aldous Huxley parce qu’il décrit une organisation du monde en blocs ennemis tout à fait plausible pour ses contemporain et l’époque de la guerre froide.

      Aujourd’hui nous sommes confrontés à des défis plus importants qu’à l’époque d’Orwell. Les dernier développements mettent en cause profondément nos idées sur les systèmes politiques, l’éthique et la survie de l’espèce humaine.

      Alors si on veut avancer dans sa réflexion il faut aller plus loin et dépasser les systèmes de pensée anciens. Je viens de découvrir une approche intéressante dans « Le Problème à trois corps ». Liu Cixin y déconstruit systématiquement toutes les idées sur la raison d’être de l’humanité, sur les systèmes politiques et de société ou d’éthique qu’elles soient orientales ou occidentales y compris le positivisme, le libéralisme, le communisme et les religions du monde. Dans sa trilogie tout est un problème de taille et de physique. Les agissements et idées humaines ne sont que des réactions à la réalité matérielle qui impose ses lois.

      J’aime beaucoup Orwell, mais sa prose vient d’une époque révolue tout comme les idées qui tournent autour du totalitarisme et la confrontation entre le socialisme/communisme et le capitalisme/impérialisme. À notre époque et dans les prochaines décennies il faudra revoir l’humanisme et les idées sur le progrès, la justice sociale et l’organisation politique du monde. Orwell nous a fourni quelques indices qu’on doit analyser et situer dans le contexte du siècle présent.

      J’irai regarder le film de Raoul Peck afin de comprendre s’il contribue aux étapes nécessaires pour y arriver.

      Nous autres / Wir (traduction allemande)
      https://nemesis.marxists.org/samjatin-wir1.htm
      Nous autres dans Wikipedia
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Nous_autres

      Le Meilleur des mondes dans Wikipedia
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Meilleur_des_mondes

      Le Problème à trois corps dans Wikipedia
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Probl%C3%A8me_%C3%A0_trois_corps

      #1984 #Orwell #science_fiction #théorie_politique #film #philosophie

  • Idées | Ce que les manifestations des « cafards » en Inde révèlent sur l’autoritarisme numérique | Le Devoir
    https://www.ledevoir.com/opinion/idees/997991/ce-manifestations-cafards-inde-revelent-autoritarisme-numerique

    Les événements de ces dernières semaines révèlent une évolution qui dépasse les revendications étudiantes : l’émergence d’un mode de gestion de la contestation où la violence policière, la surveillance assistée par l’intelligence artificielle (IA) et les instruments numériques de contrôle se renforcent mutuellement.

    (…)

    Dans les jours qui ont suivi, la police de Delhi a déployé autour du site de protestation une infrastructure de surveillance dont la sophistication aurait semblé exceptionnelle il y a encore une décennie. Tours de surveillance, reconnaissance faciale assistée par l’IA, caméras à 360 degrés, caméras-piétons, unités mobiles et même lunettes intelligentes Meta ont créé un environnement dans lequel presque chaque déplacement des manifestants pouvait être enregistré, analysé et archivé. Après les affrontements, la police a indiqué que ces images seraient recoupées avec des bases de données criminelles afin d’identifier les personnes soupçonnées d’y avoir participé.

    #IA #totalitarisme

  • #TotalEnergies engrange 11,2 #milliards de dollars de #bénéfice en six mois, sur fond de #guerre au #Moyen-Orient
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2026/07/23/totalenergies-engrange-11-2-milliards-de-dollars-de-benefice-en-six-mois-sur

    Qu’ils soient libellés en dollars ou en euros, voilà de nouveaux milliards qui nourriront le débat politique sur la redistribution des richesses. Bientôt cinq mois après le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient, fin février, alors même que les prix à la pompe grèvent le porte-monnaie des automobilistes français, TotalEnergies continue d’afficher des profits colossaux, profitant de la flambée des cours de l’or noir, sur fond de perturbations dans l’approvisionnement mondial en pétrole.

    La major du pétrole a annoncé, jeudi 23 juillet, un résultat net de 5,4 milliards de dollars (4,7 milliards d’euros) au deuxième trimestre. C’est le double d’une année sur l’autre. Et ce, après un premier trimestre qui s’était déjà soldé par un bénéfice net de 5,8 milliards de dollars (+ 51 % d’une année sur l’autre), en sachant que les affrontements entre la coalition israélo-américaine et l’Iran n’avaient commencé que depuis un mois. Sur l’ensemble du premier semestre, l’entreprise a engrangé un bénéfice net de 11,2 milliards de dollars, en très forte hausse de 72 % sur un an.

    Certes, la guerre a eu un impact sur la production de TotalEnergies dans le golfe Arabo-Persique, empêchant l’extraction de pétrole ou de gaz au Qatar, en Irak ou aux Emirats arabes unis. Mais l’effet est moins important qu’attendu. Initialement, la firme s’attendait à des pertes de l’ordre de 360 000 barils équivalent pétrole par jour en moyenne au deuxième trimestre. Finalement, elles se sont élevées à 210 000 barils chaque jour.

    Surtout, la flambée des cours mondiaux du pétrole a amplement compensé ces barils en moins. Référence internationale pour le brut, le brent de mer du Nord a grimpé à près de 104 dollars par baril en moyenne au deuxième trimestre, contre 81 dollars au trimestre précédent. De quoi rendre l’activité « exploration-production » de TotalEnergies très largement bénéficiaire. Autre secteur en forte hausse, l’activité « raffinage-chimie ».

    Sans surprise, les autres acteurs de l’industrie pétrolière tirent aussi profit de l’envolée des cours. Détenu majoritairement par l’Etat norvégien, Equinor a par exemple multiplié par 3,7 son bénéfice net au deuxième trimestre par rapport à la même période en 2025, à 4,8 milliards de dollars.

    « Profits indécents »
    Les résultats de TotalEnergies permettent au groupe de choyer encore plus ses actionnaires, avec la distribution d’un deuxième acompte sur dividende en hausse de 5,9 % par rapport à 2025. De quoi provoquer les critiques d’un collectif d’organisations non gouvernementales de défense de l’environnement, dont Greenpeace, le Réseau Action Climat et Oxfam France. « Alors que la France suffoque sous des canicules successives, causées par le changement climatique dont l’industrie du pétrole et du gaz est largement responsable, ces profits apparaissent particulièrement indécents », a réagi le collectif par communiqué dans la matinée du jeudi 23 juillet, réitérant leur appel à « taxer les géants du pétrole et du gaz pour financer l’action climatique ».

    Le 29 mai, c’était à l’occasion de l’assemblée générale de la major pétrogazière que le Parti communiste français avait organisé un rassemblement, devant les tours du quartier d’affaires de la Défense (Hauts-de-Seine), militant, comme par ailleurs La France insoumise, pour la nationalisation de TotalEnergies. « Assez de profits sur la crise », dit le texte de sa pétition en ce sens.

    Comme pour faire taire les polémiques, dès mercredi 22 juillet, à la veille de ses résultats trimestriels, TotalEnergies a annoncé remettre en place « la politique de plafonnement [des prix à la pompe] qui était en vigueur jusqu’en juin ». Soit, dans ses quelque 3 300 stations-service en France, un tarif à 1,99 euro par litre d’essence et 2,25 euros par litre de gazole.

    Manière de faire passer le message au gouvernement, Patrick Pouyanné a déjà clairement fait entendre un avertissement, dans un entretien au quotidien Sud Ouest mis en ligne le 5 mai : le PDG de TotalEnergies ne pratiquera plus de telles ristournes en cas de taxation sur des surprofits effectués en temps de guerre. « Odieux chantage », avait commenté la secrétaire nationale des Ecologistes, Marine Tondelier. Le 17 juin, auditionné par la commission des finances de l’Assemblée nationale, le patron de la compagnie pétrolière estimait jusque-là à environ 200 millions d’euros le manque à gagner de son geste commercial depuis le 12 mars. Soit 4 % des bénéfices du groupe lors du premier trimestre.

    Adrien Pécout

  • #Errances_paramédicales. Une perspective féministe sur la #naturopathie

    Une copine consulte une naturopathe pour sa fibromyalgie, une collègue accompagne son père malade d’un cancer avec une plante recommandée par un praticien, une autre s’est formée dans une école quelque temps par curiosité, une quatrième essaie d’en vivre.

    Doctrine historiquement réactionnaire et mystique, la naturopathie s’épanouit aujourd’hui dans le marché du #bien-être et attire particulièrement les #femmes et #minorités_de_genre. Tentative pour injecter quelques enjeux du féminisme dans l’analyse de cette thérapeutique.

    Ce texte est issu du dernier numéro de la revue papier Jef Klak, intitulé « Lait de vache », qui s’intéresse au fait d’ingérer et de digérer.

    Médecines douces, naturelles, non conventionnelles, complémentaires, alternatives, bordent le système de santé publique. Femmes et minorités de genre sont particulièrement nombreuses à butiner un peu ou beaucoup parmi ces propositions thérapeutiques à portée de main, avec la conscience de chercher quelque chose dans le dos du corps médical.

    Cette #quête s’opère souvent dis­crètement. Les débriefs de couloir et d’arrière-cuisine sont des espaces de confiance féminine où ces questionnements et expériences se partagent, mais les discussions autour des #souffrances de #santé ne se jouent pas sur la place publique. Ce #silence est entretenu par le fait que les #pratiques_thérapeutiques dites naturelles se sont développées loin de la #recherche_scientifique sur la santé et font l’objet de critiques acides de la part du corps médical, qui les qualifient de charlataneries, de #fake_meds, de pratiques sectaires. Alors comment penser le recours important des femmes et des minorités de genre à ces thérapeutiques au statut incertain ?

    Revenir sur l’histoire occidentale de la naturopathie depuis une perspective féministe pourrait nous aider à mettre au jour les enjeux politiques autour de la santé des femmes et des #promesses que certaines médecines naturelles nourrissent à cet endroit.

    #Jésus-Christ et #Bouddha naturopathes

    L’histoire de la naturopathie 1 commence à la fin du XIXe siècle, alors que la #médecine_microbiologique de Pasteur, la compréhension du germe et la généralisation du principe de la #vaccination contribuent à résorber de nombreuses maladies. La prophylaxie mise en place par les États conduit à l’amélioration de l’état de santé général. Parmi les courants hygiénistes qui se développent2, certains portent une vision plus mystique. En Allemagne et en Suisse, un mouvement appelé le #Lebensreform rassemble penseurs, artistes et poètes3 autour d’un projet vitaliste de défense d’un mode de vie proche de la nature, jugé plus sain que celui de la société industrielle, et qui passe par des régimes alimentaires végétariens ou des pratiques du corps comme le #yoga. Le néologisme hellénisant naturopathie apparaît aux États-Unis dans les années 1900. Il désigne « les maux par la nature » tout en jouant avec une image : nature’s path, « le chemin de la nature ». #Benedict_Lust, chiropracteur allemand émigré aux États-Unis, le reprend pour nommer l’école qu’il fonde en 1902 à New York : l’#American_School_of_Naturopathy.

    La doctrine naturopathique essaime en Europe. Autour de praticiens réputés charismatiques, les récits de #guérisons_miraculeuses s’accumulent. En Allemagne, cette doctrine est adoptée par les instituts de #médecine_naturelle qui ouvrent depuis la fin du XIXe siècle (l’Université libre des médecines naturelles de Berlin est fondée en 1892). #Pierre-Valentin_Marchesseau l’adapte pour la France à partir des années 1940. Le « père fondateur » français affirme que « la naturopathie est l’art et la science de préserver, optimiser ou recouvrer sa santé par des moyens naturels. » Auteur prolifique (La Santé sans médicament par la naturopathie, Qu’est-ce que la naturopathie ?, Ni médecin, ni guérisseur, le naturopathe est avant tout un hygiéniste, Jésus-Christ naturopathe), il enseigne à partir des années 1960 et jusqu’aux années 1980 une discipline hygiéniste fondée sur une #mystique_du_corps, tout en commercialisant une gamme d’#aliments_biologiques avec la société #Vitagerminels.

    Dans sa thèse, la sociologue Anahita Grisoni relate qu’au cours du XXe siècle, la naturopathie se développe en plusieurs courants. Plus institutionnalisée en Allemagne, elle se maintient en France comme une pratique marginale surtout présente dans les milieux ruraux. Acclimatée à la pensée New Age4 qui se développe, ses repères idéologiques et ses postures thérapeutiques montrent un goût pour l’orientalisme. Les acteur·ices de ces courants invitent un renouvellement du rapport au corps et à la santé. Récemment, iels se sont structuré·es autour d’écoles agréées, d’associations et de syndicats, et la décrivent désormais comme une médecine manuelle et prescriptive, qui fait la synthèse entre les méthodes naturelles de santé. Au sein du réseau de la naturopathie, certain·es défendent son caractère alternatif et contre-culturel, d’autres l’envi­sagent comme étant complémentaire à la médecine publique et ont obtenu qu’elle soit reconnue par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) comme une « médecine non conventionnelle », aux côtés des médecines chinoise et ayurvédique.

    L’expression fait côtoyer toutes sortes de médecines, populaires, savantes ou autochtones, mais la naturopathie a une histoire propre, bien distincte de celle des savoirs empiriques et situés des pharmacopées traditionnelles.

    Un socle idéologique persistant

    Nombre de praticien·nes ne se réfèrent pas aux préceptes posés par les fondateurs. Iels bricolent entre plusieurs manières d’envisager le corps et la santé et entre des pratiques hétérogènes : phytothérapie 5, prescriptions alimentaires, massages, réflexologie, iridologie6.

    Que dire alors d’une thérapeutique aussi plastique dont les pratiques comprennent des références scientifiques à l’anatomie et à la nutrition, mais aussi des notions ésotériques ?

    La thérapeutique est pourtant difficile à saisir sans la situer dans l’histoire doctrinaire qui la balise et lui donne sens. Les programmes des écoles de naturopathie, labellisées par la Féna (Fédération des écoles de naturopathie), comme les présentations des praticien·nes, mentionnent systématiquement un socle idéologique : causalisme, vitalisme, humorisme, hygiénisme, holisme7. Derrière ces mots obscurs et pour certains surannés se dresse une conception du corps héritée des hygiénismes du XIXe siècle. Le corps est mu par une force vitale, principe spirituel et métabolique, qui se réalise dans un équilibre sans cesse menacé par la surcharge et l’accumulation de toxines.

    Les courants hygiénistes vitalistes du XIXe siècle sont animés par un dégoût esthétique des grandes villes, dans lesquelles arrive une population rurale appelée à travailler dans les industries périurbaines. Ces travailleur·ses mal logé·es, paupérisé·es, vulnérables aux épidémies et aux maladies professionnelles, inspirent chez les tenant·es de l’hygiénisme un sentiment de dégénérescence liée à l’urbanité. Iels en conçoivent une vision inquiète du corps, souillé au niveau intestinal comme moral par un environnement et une alimentation produites par la modernité industrielle. Il faut chercher à éviter les poisons, sinon les expurger. La Nature y est une idée forte : elle devient une source de valeurs qui stimule et oriente des programmes thérapeutiques. Maintenir son corps sain, c’est le discipliner par des moyens naturels, comme l’héliothérapie ou l’hydrothérapie8.

    Les courants hygiénistes, creusets des médecines dites naturelles, établissent un lien entre le corps et l’état de l’environnement. La façon dont ils problématisent la santé pose les bases d’une écologie corporelle qui résonne avec les menaces écologiques contemporaines de pollutions du sol et de l’air. Ces médecines s’insèrent aisément dans le très contemporain thème du retour à la terre9.

    Une capture des vulnérabilités

    L’autorité que cette doctrine donne historiquement à la nature devrait activer une alarme féministe. Selon la sociologue Colette Guillaumin, la référence à cette « grande organisatrice et régulatrice des rapports humains10 » est un vieux levier réactionnaire pour légitimer l’ordre social et sexuel. Et à raison : plusieurs des représentant·es les plus visibles et médiatisé·es de la naturopathie associent leur discipline de santé par les moyens « naturels » à un discours nettement traditionaliste, insistant sur la différence sexuelle, assignant les personnes qui y ont recours à leur rôle de genre, diffusant plus ou moins explicitement un rejet de l’homosexualité11. Relire l’émergence de cette thérapeutique à partir de ses principes mystiques et conservateurs donne des sueurs froides.

    Le recours banalisé à la nature ne vaut pas pour autant adhésion à l’idéologie réactionnaire ; il est souvent sélectif et critique. Mais un autre malaise fait son chemin. Dans le monde de la naturopathie, des parcours de reconversion et de formation jusqu’aux usager·es, les femmes sont surreprésentées. Endométriose, fibromyalgie, Covid long, dépression : les souffrances corporelles et psychiques que proposent d’adresser celleux qui exercent ont en commun de faire l’objet d’une mauvaise prise en charge médicale. Les maladies chroniques ou les problèmes gynécologiques, ces souffrances marquées des femmes et minorités de genre, sont mal diagnostiquées et soignées. Ces dysfonctionnements ne révèlent pas une négligence marginale, mais un sexisme structurel qui agit depuis les angles morts de la recherche scientifique jusqu’à la position autoritaire et infantilisante des médecins « sachants », en passant par l’organisation gestionnaire du système médical public.

    Les brochures des naturopathes et praticien·nes des médecines non conventionnelles racontent en creux la solitude, les symptômes mal identifiés ou psychologisés, l’errance médicale. Elles racontent les stress particuliers qui touchent au médicament : les trai­tements aux résultats décevants, la crainte des effets secondaires, le manque de transparence, d’information, de reconnaissance des affects et des compétences des personnes soignées. La confiance a aussi été entamée par les scandales sanitaires comme celui du Médiator12, l’escroquerie du Spasfon13, où les industries pharmaceutiques et les pouvoirs publics ont sciemment mis en danger des gens pour engranger des bénéfices à court terme. Ces brochures disent enfin les vulnérabilités historiquement produites par le milieu médical, autant de « zones d’expérience dévastées », pour reprendre l’expression utilisée par Isabelle Stengers dans son Sorcellerie capitaliste14.

    Au regard du coût des formations (12 995 euros pour la formation de quinze mois à l’Institut supérieur de naturopathie), des consultations (entre 60 et 110 euros), des probiotiques et des compléments alimentaires, de l’acquisition ou de la location de machines (osmoseur, physioscan), la surreprésentation des femmes et minorités de genre parmi les usager·es de ces médecines se traduit par une saisie directe de leurs ressources. L’enjeu est économique, mais aussi clinique. Selon la morale vitaliste dix-neuviémiste que diffusent les médecines naturelles, il ne s’agit pas exactement de prévenir ou de guérir la maladie mais de produire plus de vie. Le programme thérapeutique associé à cette idée est assez opaque : évacuer des toxines (mais que sont-elles exactement ?), dynamiser l’organisme, régénérer les cellules (qu’est-ce que cela peut bien vouloir dire ?). Dans ce rapport métaphorisé au corps, la matérialité des maladies s’estompe15. Connaître précisément leur fonctionnement biologique perd de l’intérêt ; la guérissabilité n’est pas nécessairement à l’agenda. Femmes et minorités de genre font ainsi l’expérience d’une autre errance médicale, tout aussi fragilisante, prenant les chemins de traverse enherbés des médecines douces et naturelles, ce qui retarde souvent leur prise en charge médicale.

    L’enjeu de genre autour de l’alimentation est par ailleurs exacerbé. Les médecines naturelles diffusent implicitement ou explicitement une critique de la modernité alimentaire, et avec elle, l’idée selon laquelle on s’intoxiquerait en mangeant mal, que des aliments comme le sucre seraient « meurtriers » quand d’autres prolongeraient la vie16. Le rapport à soi encouragé par ce programme thérapeutique pousse à une amélioration constante de son alimentation et de son hygiène, gage d’une aptitude à la santé et à la vitalité. Chez une population féminine historiquement sujette aux privations et à un contrôle social permanent exercé sur ce qu’elle mange, la discipline de la bonne alimentation est un pipeline menant droit à des conduites à risque, comme l’orthorexie17. C’est également majoritairement aux femmes qu’incombe la responsabilité de l’alimentation des enfants, et pour elles les injonctions sophistiquées à parfaire son alimentation peuvent déboucher sur des préoccupations sans fin. L’essor de thérapeutiques onéreuses et incertaines dans leurs effets cliniques capture ainsi les multiples vulnérabilités féminines.

    Réappropriations féministes de la santé

    Le sexisme structurel du milieu médical a fait ­l’objet d’une longue et intense lutte féministe. Celle-ci a montré comment la professionnalisation et la masculinisation de la médecine en Europe avait dépossédé les femmes de leurs savoirs et du contrôle de leur corps18.].

    Elle a pris pour objet le rapport de pouvoir, paroxystique à ­l’endroit de la gynécologie, haut lieu des violences sexistes et sexuelles et du bafouement du consentement. Pour échapper à la soumission à l’autorité du médecin sachant, des groupes sont nés aux États-Unis et en France dans les années 1970 et ont expérimenté l’autogynécologie19. L’incroyable Our Bodies, Ourselves est publié en anglais en 1971, puis traduit et adapté en France sous le titre Notre corps, nous-mêmes en 197720. Ce manuel a aidé à poser les bases d’une réappropriation féministe des questions de santé, aussi appelée self-help : connaître son corps, s’auto-examiner, se débarrasser de la honte, faire circuler la parole, comprendre et pouvoir reproduire un acte médical, avoir son mot à dire sur les procédures, etc. Des groupes locaux du Mouvement pour la liberté de l’avortement et de la contraception (MLAC) au Planning familial, ces expérimentations nées dans les années 1970 ont propulsé un grand mouvement féministe d’éducation populaire en matière de santé sexuelle et de sexualité, dont les actions récentes contre les violences gynécologiques et obstétricales renouvellent la nécessité21.

    Les luttes écoféministes, en prenant pour thème l’alimentation, la santé, l’environnement ou l’industrie nucléaire, ont aussi largement mis en cause l’association néfaste entre les femmes et la nature. Elles ont retourné cette dévalorisation conjointe pour en faire un élément critique de compréhension de nos expériences individuelles et collectives. Pour les militant·es écoféministes, le fait de « se réapproprier ce qui a été distribué du côté de la féminité22 » relève d’un essentialisme stratégique. Aucune vision idéalisée et harmonieuse des femmes dans la nature ici : les pratiques, les luttes et les écrits écoféministes montrent une mobilisation conflictuelle, instable et renégociable, critique sur les ambiguïtés qu’elle peut recouvrir.

    S’adressant à un ensemble de problématiques de santé des femmes, les médecines naturelles convoquent elles aussi l’association entre femme et nature, mais elles la font basculer sur un versant essentialiste, et non critique. Très empreintes d’une pensée de la différence sexuelle, mettant l’utérus au centre de la vie psychique et subjective des femmes, elles ravivent l’idée tenace que les femmes sont plus « naturelles » que les hommes, qu’elles sont « naturellement spécifiques » pour le dire avec les mots de la sociologue Colette Guillaumin23.
    Sorcières naturopathes et autonomie féministe

    L’antagonisme est fort entre l’histoire des luttes féministes autour de la santé et le développement historique des médecines naturelles. Pourtant en Allemagne, des femmes ont créé un regroupement de naturopathes féministes, le réseau des Frauenweise, les « femmes sages24 ». En Suisse, le Dispensaire des femmes, un centre de santé autogestionnaire autour de la santé sexuelle et reproductive ouvert entre 1978 et 1987, a très tôt mis la naturopathie en pratique. Rina Nissim, membre du Dispensaire et militante du Mouvement de libération des femmes genevois, publie en 1994 Le Manuel de gynécologie naturopathique à l’usage des femmes chez la maison d’édition féministe Mamamélis. Ce manuel est une référence dans les groupes Santé-femmes25 et au-delà. Comment la naturopathie, doctrine et mystique de santé historiquement réactionnaire, aujourd’hui bien plus intégrée au marché du bien-être qu’au militantisme de la santé, a-t-elle pu croiser l’histoire du féminisme ?

    Figure centrale de cette jonction, Rina Nissim raconte cette réappropriation féministe de la naturopathie comme une façon hétérodoxe de pratiquer la doctrine sans hériter de ses aspects réactionnaires. Elle propose de redéfinir la santé des femmes en valorisant leur autonomie ; la promesse est séduisante.

    « Pour moi, ce qui est central c’est qu’on se réapproprie sa santé, qu’on ait envie de reprendre un petit peu les choses en main. Or, je prétends que la médecine par les plantes, la phytothérapie, c’est une chose que chacune peut se réapproprier, c’est du niveau de la cuisine. Si une femme ose mettre du romarin sur son plat pour le rendre plus digeste, si elle prend du bicarbonate de soude qu’elle met dans la fondue pour diminuer l’acidité de ce plat, je prétends qu’elle est à deux doigts de faire une recette populaire pour la toux de son fils et qu’il suffit de peu pour qu’elle fasse aussi une petite préparation pour elle-même. Alors, si on peut lui rendre accessible cette possibilité et en même temps l’aider à se rendre compte qu’un certain nombre de ses maladies sont liées à sa position sociale, à savoir à son oppression en tant que femme, si on arrive à lui faire prendre conscience de cela et qu’à la fois on lui donne un ou deux outils simples et efficaces, il peut se passer quelque chose de sensationnel. Et cela, c’est féministe. C’est le but de mon travail26. »

    Les luttes féministes sur la santé fabriquent des dispositions collectives : être indocile par rapport au contrôle autoritaire exercé par l’institution médicale, sentir le besoin de se réapproprier son corps, savoir qu’une connaissance empirique de soi est possible et peut aiguiller les choix de santé, avoir du goût pour l’expérimentation à plusieurs.

    La naturopathie réinventée de cette façon depuis le féminisme voudrait la placer comme un cadre qui favorise ces dispositions. Elle se définit comme une pratique empirique de soi : observer ce que ça fait de manger ceci, d’arrêter de manger cela, ce qui marche par rapport à un état, une souffrance physique ou psychique. La façon dont cette naturopathie féministe cherche à hacker sa propre doctrine réactionnaire peut être un malentendu fécond, une façon de la voler à sa propre histoire. Mais il faut mesurer le risque pris, et s’interroger honnêtement sur les bénéfices de cette confusion.

    Les positions de Rina Nissim résonnent avec ce qu’Ivan Illich appelle l’autonomie-santé, qui renvoie au fait de trouver les conditions d’une indépendance vis-à-vis du système médical et pharmaceutique industriel. Elle défend le projet d’une médecine populaire qui s’appuie sur les savoirs locaux et les relais féminins de transmission, pour bâtir une alternative à une médecine patriarcale. Savoirs et pratiques locales sont valorisées comme des viviers de pratiques alternatives supposées échapper « aux impasses et nuisances perçues dans la médecine officielle27 ».

    Ce féminisme de la santé met fondamentalement au centre la posture de santé et la responsabilité de l’usager·e. Et dans l’idée attrayante d’une santé qui passe par des comestibles et des gestes accessibles et quotidiens, la valeur que prend la nature tient à une promesse de simplicité. Or les pratiques thérapeutiques liées aux plantes et à l’alimentation sont extrêmement complexes à mettre en œuvre et à maîtriser. Plus critiquement encore, la plupart des gros enjeux de santé qui touchent les femmes et les minorités de genre, handicapées, malades chroniques, etc., ne peuvent pas être résolus par des moyens à portée de main. Tandis que la pandémie de Covid-19 a vu les femmes surexposées au risque de Covid long, les représentant·es des médecines naturelles valorisaient des solutions qui masquaient les enjeux vitaux et diffusaient des conceptions validistes et individualistes de la santé. L’éloge de l’autonomie par l’alternative peut s’articuler insidieusement à la destruction néolibérale du système de santé publique et au définancement d’associations de santé comme le Planning familial. Il fonctionne à merveille avec le marché du bien-être et la capture mercantile des vulnérabilités28.

    Une question forte demeure : quelle autonomie voulons-nous porter ? La valorisation du self-help, liant autonomie et pouvoir autour de sa propre santé, prend un sens particulier au sein des groupes Santé-femmes, qui portent une pratique féministe communautaire pensant ensemble santé individuelle et environnement sociopolitique. Le self-help réduit l’impuissance que charrient les problèmes de santé. Pour autant, il ne peut pas défaire seul l’association entre savoir et pouvoir que le corps médical monopolise et qui cimente son fonctionnement sexiste et patriarcal.

    Si les compositions politiques expérimentées dans l’autogynécologie et les groupes Santé-femmes sont un modèle d’autonomie, d’autres interprétations féministes et d’autres compositions politiques sont possibles et semblent même nécessaires. L’anthropologue mexicaine Denisse Guerrero Márquez, activiste au sein du collectif Nuestra Salud Feminista, propose de bâtir une épidémiologie féministe29 qui nous permettrait de penser les processus santé-maladie30 dans un cadre stratégique qui ne soit pas celui de l’alternative, mais celui d’une réappropriation féministe d’une science médicale pluralisée et conflictualisée. Un tel projet mettrait au centre d’autres questions : comment accéder à la littérature médicale et aux données scientifiques, nous former tout en travaillant à les mettre en perspective collectivement31 ?

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    Quelques ressources :

    « Ne plus subir le médical. Discussion avec des membres d’un groupe “Santé-femmes”, propos recueillis par Naïké Desquesnes, Z : Revue itinérante d’enquête et de critique sociale 2016 (n° 10), Éditions de la dernière lettre, p. 180-185 ; le documentaire Regarde, elle a les yeux grand ouverts de Yann Le Masson (1980). L’Auto-examen, un geste de santé, édité par le Centre de santé des femmes de Montréal (Éditions du remue-ménage),
    la brochure S’armer jusqu’aux lèvres à lire ici, et enfin l’ouvrage de Lucile Queré, Un corps à nous. Luttes féministes pour la réappropriation du corps, Presses de Sciences Po, 2023.

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    Notes :
    Cette histoire s’appuie sur la thèse de sociologie rédigée par Anahita Grisoni, « Sous les pavés, la terre : culte du bien-être et nouveaux métiers. La naturopathie en transformation à la conquête du marché », éditions EHESS, 2011. ↩
    Voir dans ce numéro l’entretien avec Hourya Bentouhami, « La nation est obsédée par la manière dont les gens mangent », p. 26, ainsi que Ni Dieu ni maître, ni viande ni alcool, p. 52. ↩
    Parmi eux, on peut citer Adolf Just, Louis Kuhne, Karl Wilhelm Diefenbach, Hugo Höppener ou encore Gustav Gräser, mais aussi Rudolf Steiner, le fondateur de l’anthroposophie. ↩
    Courant spirituel occidental apparu dans les années 1960, le New Age est un syncrétisme entre les spiritualités et médecines orientales, intégrant des éléments du bouddhisme et des médecines savantes, essentiellement chinoises et ayurvédiques reprenant les notions de réincarnation, de karma, de chakras et d’énergie. La médecine ayurvédique, originaire d’Inde, est fondée sur la théorie selon laquelle les maladies résultent d’un déséquilibre des forces vitales (prana), et vise à rétablir l’équilibre de l’organisme. ↩
    Nom donné aux diverses pratiques de santé qui impliquent l’usage de plantes. ↩
    La réflexologie est une pratique de santé utilisant le massage de zones censées correspondre à des organes ou fonctions physiologiques. L’iridologie est le nom d’une pratique fondée sur l’observation de l’iris. ↩
    Le causalisme suppose que nos symptômes résultent d’une cause qu’il faut considérer en priorité. Le vitalisme envisage la vie comme de la matière animée d’une force vitale. L’humorisme vient de la médecine d’Hippocrate qui envisage la santé comme variant selon l’équilibre des humeurs (le sang, la bile, l’atrabile, la lymphe). Les thérapies holistiques prétendent soigner en tenant compte de la « globalité de l’être humain ». ↩
    L’hydrothérapie désigne un ensemble de pratiques qui mobilisent l’eau, le bain dérivatif ou le bain de siège. L’héliothérapie prône l’exposition corporelle totale à la lumière du soleil pour guérir les maladies. ↩
    « Naturopathie et écofascisme. Quand l’extrême-droite se mêle de santé et d’environnement », Ruptures, printemps 2007. ↩
    Colette Guillaumin, Sexe, race et pratique du pouvoir. L’idée de nature, côté-femmes éditions, 1992, p.61. ↩
    On peut citer plusieurs de ces figures charismatiques à la tête de modèles économiques juteux. Irène Grosjean prône le bain de siège, l’alimentation crue, les purges, le jeûne en même temps que les thérapies de conversion, et responsabilise les femmes des violences sexistes et sexuelles qu’elles subissent. Thierry Casasnovas tient des positions masculinistes hostiles aux droits reproductifs, et désinforme au sujet de la contraception et de l’avortement. Le collectif l’Extracteur mène une veille sur ces réseaux traditionalistes, voir le site du collectif . ↩
    Voir la BD Mediator – Un crime chimiquement pur d’Irène Frachon, Éric Giacometti et François Duprat. Delcourt, 2023. ↩
    Voir le livre Pilules roses de Juliette Ferry-Danini sur le Spasfon, majoritairement prescrit aux femmes sans qu’aucun résultat clinique n’ait été prouvé. ↩
    Isabelle Stengers et Philippe Pignard, La Sorcellerie capitaliste. Pratiques de désenvoûtement, La Découverte, 2005. ↩
    Susan Sontag, La Maladie comme métaphore, Christian Bourgois, 2009. ↩
    Le sociologue Gilles Tétart décrit la valeur de certains aliments, comme le miel ou la gelée royale, perçus comme pouvant rendre le corps plus vivant. Voir « Consommer la nature et parfaire son corps. Les produits apicoles », Études rurales, 165-166, 2003, p. 9-31. ↩
    Trouble alimentaire caractérisé par une volonté obsessionnelle d’ingérer une nourriture saine et le rejet systématique des aliments perçus comme malsains. ↩
    Silvia Federici, Caliban et la sorcière. Femmes, corps et accumulation primitive, Entremonde, 2014 ; Barbara Ehrenreich et Deirdre English, Sorcières, sages-femmes et infirmières. Une histoire des femmes et de la médecine, éd. Cambourakis, 2015 [1976 ↩
    L’autogynécologie recouvre un spectre de pratiques qui va de la gynécologie médicale – contraception, traitement de pathologies gynécologiques, dépistage du cancer du sein par l’autopalpation, avortement, traitement de la ménopause, sexualité – à la réappropriation du corps et des représentations qui y sont liées. ↩
    Un groupe féministe l’a tout récemment repris et réécrit. Notre corps, nous-mêmes, Hors d’atteinte, 2020. ↩
    Le collectif Stop-VOG anime aujourd’hui cette lutte en levant le silence autour des violences commises par le médecin Émile Daraï, officiant à l’hôpital Tenon. Leur site. ↩
    Expression utilisée par Émilie Hache, dans Reclaim, Anthologie de textes écoféministes, Cambourakis, 2016, p. 25. ↩
    « Du fait que les femmes sont une propriété matérielle concrète, se développe sur elles (et contre elles) un discours de la Nature. On les crédite (comme le croient certaines optimistes), on les accuse (en fait) d’être des êtres naturels, immergés dans la Nature et d’être mues par elle. Des choses vivantes, en quelque sorte. », ibid., p. 80. ↩
    À retrouver ici. ↩
    Groupe de femmes se réunissant afin de mieux connaître leur corps, prendre soin de leur santé et trouver plus d’autonomie, fabriquant ce faisant une auto-expertise collective. ↩
    Catherine Fussinger, Séverine Rey et Marilène Vuille, « S’approprier son corps et sa santé. Entretien avec Rina Nissim », Nouvelles Questions féministes, no 25, Éditions Antipodes, 2006, p. 98-116. ↩
    C’est une expression du collectif Cabrioles. Voir « L’autodéfense sanitaire. Entretien avec le collectif Cabrioles », propos recueillis par Aliènor Bertrand, Patrick Giraudoux et Arnaud Macé dans Les Temps des pandémies, Belin, 2023. ↩
    Nicolas Marquis, Du bien-être au marché du malaise, Presses universitaires de France, 2014, et Katie Thornton, « L’industrie des médecines alternatives voit dans le Covid long une opportunité commerciale », disponible ici. ↩
    Denisse Guerrero Márquez, « Approches théoriques et conceptuelles pour une épidémiologie féministe », traduction effectuée par le collectif Cabrioles, à lire ici ↩
    Expression utilisée par Denisse Guerrero Márquez. ↩
    Un grand merci au collectif Cabrioles dont je reprends ici les pistes et questions posées.

    https://www.jefklak.org/errances-paramedicales

    #santé #féminisme #médecine_non_conventionnelle #phytothérapie#massages #réflexologie #iridologie #nutrition #ésotérisme #anatomie #Fédération_des_écoles_de_naturopathie (#Féna) #causalisme #vitalisme #humorisme #hygiénisme #holisme #corps #toxines #dégénérescence #villes #urbanité #modernité #industrialisation #corps #héliothérapie #hydrothérapie #écologie_corporelle #retour_à_la_terre #vulnérabilités #nature #homophobie #sexisme #solitude #Médiator #Spasfon #industrie_pharmaceutique #probiotiques #compléments_alimentaires #sucre #hygiène #orthorexie #gynécologie #autogynécologie #self-help #Mouvement_pour_la_liberté_de_l’avortement_et_de_la_contraception (#MLAC) #planning_familial #éducation_populaire #santé_sexuelle #écoféminisme #essentialisme #Frauenweise #Dispensaire_des_femmes #Rina_Nissim #luttes_féministes #naturopathie_féministe #autonomie-santé #médecine_populaire #alternative #médecine_patriarcale #patriarcat #validisme #individualisme #autonomie #santé_publique #Denisse_Guerrero_Márquez #Nuestra_Salud_Feminista #épidémiologie_féministe

    déjà signalé ici par @lyco :
    https://seenthis.net/messages/1103951

    • #Anthroposophie et #écofascisme, par #Peter_Staudenmaier

      L’anthroposophie est la religion ésotérique fondée par #Rudolph_Steiner dont les avatars tentaculaires et pseudo-scientifiques infiltrent aussi bien le tissu institutionnel et politique de l’écologie que les milieux de l’agriculture, éducation et médecine alternatives. Son histoire est indissociable du #totalitarisme_raciste.

      Historien et écologiste social, engagé dans le mouvement anarchiste, le mouvement vert, et le mouvement coopératif aux États-Unis et en Allemagne, Peter Staudenmaier est professeur à l’université de Marquette (Wisconsin).

       » En juin 1910, Rudolf Steiner, le fondateur de l’anthroposophie, commença une tournée d’exposés en Norvège par une conférence devant un public nombreux et attentif. Le cycle de conférences était intitulé « La mission des âmes nationales en relation à la mythologie germano-nordique ». Dans les conférences d’Oslo, il présenta sa théorie des « âmes de peuple » ou « nationales » (#Volksseelen en allemand, la langue natale de Steiner) et accorda une attention particulière aux questions mystérieuses de « l’#esprit_nordique ». Les « #âmes_nationales » de l’Europe du Nord et Centrale appartiennent, expliqua Steiner, aux peuples « germano-nordiques », le groupe ethnique le plus spirituellement avancé du monde, qui avait été à l’avant-garde de la plus élevée des cinq « races- racines » historiques. Cette cinquième race-racine supérieure, raconta Steiner à ses auditeurs d’Oslo, était bien sûr la race « #race_aryenne ».

      Si cette cosmologie particulière semble étrangement similaire aux mythes teutons de Himmler et Hitler, la ressemblance n’est pas fortuite. L’anthroposophie et le national socialisme ont tous deux des racines profondes dans la confluence des nationalismes, populismes de droite, romantismes proto-environnementalistes, et #spiritualismes_ésotériques qui caractérisaient une grande partie de la culture allemande et autrichienne à la fin du dix-neuvième siècle. Mais le lien entre la pseudo-religion stratifiée racialement et la montée des nazis va bien au-delà de simples parallèles philosophiques. L’anthroposophie a eu une influence concrète sur l’« aile verte » du #fascisme allemand. En outre, la politique réelle de Steiner et de ses disciples a toujours montré une ligne profondément réactionnaire.

      Pourquoi l’anthroposophie, en dépit de ses éléments racistes évidents et son passé de compromission, continue-t-elle à jouir d’une réputation progressiste, tolérante, éclairée et écologique ? Les détails des enseignements de Steiner ne sont pas bien connus en dehors du mouvement anthroposophique, et dans ce mouvement la longue histoire de l’implication idéologique dans le fascisme est en général refoulée ou carrément niée. De plus, de nombreux anthroposophes ont individuellement gagné du respect pour leur travail dans l’éducation alternative, dans l’agriculture biologique, et dans le mouvement écologiste. Néanmoins, il est regrettable que la collaboration anthroposophique avec une racine spécifiquement “écologiste” du fascisme persiste au XXIe siècle.

      Les groupes anthroposophiques organisés sont souvent mieux connus à travers leur vaste réseau d’institutions publiques. Les plus populaires d’entre elles sont probablement le mouvement des #écoles_Waldorf, avec des centaines d’écoles dans le monde, suivi par le mouvement d’#agriculture_biodynamique, qui est particulièrement actif en Allemagne et aux États-Unis. D’autres entreprises anthroposophiques bien connues comprennent les produits cosmétiques et pharmaceutiques #Weleda et le label #Demeter pour les produits alimentaires sains. La communauté nouvel-âge de #Findhorn en Écosse possède aussi une forte composante anthroposophique. Les anthroposophes ont joué un rôle important dans le développement des #Verts allemands et l’ancien ministre de l’intérieur allemand, #Otto_Schilly, un des plus importants fondateurs des Verts, est un anthroposophe.

      Compte tenu de cette vaste visibilité publique, il est peut-être surprenant que les fondements idéologiques de l’anthroposophie ne soient pas mieux connus. Les anthroposophes eux-mêmes, cependant, considèrent leur doctrine hautement ésotérique comme une « #science_occulte » propre à une élite éclairée spirituellement. Le nom même d’anthroposophie suggère à beaucoup d’étrangers une orientation humaniste. Mais l’anthroposophie est à bien des égards une vision du monde anti-humaniste, et des humanistes comme Theodor Adorno et Ernst Bloch s’y sont opposés dès le début. Son rejet de la raison au profit de l’expérience mystique, sa subordination des actions humaines à des forces surnaturelles, et son modèle complètement hiérarchisé du développement spirituel, tout cela montre que l’anthroposophie est contraire aux valeurs humanistes. »

      https://www.ccmm.asso.fr/anthroposophie-et-ecofascisme-par-peter-staudenmaier
      #ésotérisme #racisme #humanisme

      Le texte téléchargeable en pdf :
      https://jf.bizzart.biz/ArticlesPDF/PS_EcofascismeV2.pdf

  • #Devoir_de_vigilance : #TotalEnergies condamnée à prévenir les #risques_climatiques liés à l’utilisation de ses #carburants

    Dans un #jugement qui fera date, la justice a estimé que la multinationale pétrogazière manque à son devoir de vigilance tant qu’elle n’intègre pas mieux les conséquences climatiques de ses activités. Les juges lui donnent six mois pour décrire et prévenir les #risques liés à la combustion des énergies fossiles qu’elle extrait, ce qu’elle a toujours refusé de faire.

    En pleine canicule, TotalEnergies se prend une douche froide ! Ce jeudi, le géant français des énergies fossiles a été condamné par le tribunal judiciaire de Paris pour manquement à son devoir de vigilance climatique, dans un contentieux qui l’opposait depuis 2020 à plusieurs ONG (Notre Affaire à tous, Sherpa, France nature environnement) et à la Ville de Paris.

    Après y avoir consacré deux jours d’audience en février – un délai hors normes pour ce genre d’affaire –, le tribunal vient de donner raison aux quatre requérantes dans leur interprétation du devoir de vigilance, tel qu’instauré en mars 2017 par la loi du même nom.

    Pour la première fois, le juge reconnaît notamment que la prévention des « atteintes graves » aux humains et à l’environnement qui incombe à la multinationale doit également prendre en compte les risques climatiques liés à ses activités.

    Plus important encore, il ajoute que cette #responsabilité_climatique s’étend non seulement à ses émissions directes – liées au fonctionnement de ses propres installations – mais aussi indirectes (scope 3), c’est-à-dire à la combustion des produits pétroliers et gaziers qu’elle extrait et met sur le marché.

    90% des émissions « oubliées » par TotalEnergies

    Jusqu’ici, TotalEnergies a toujours vivement refusé d’intégrer les #émissions de #scope_3 à son plan de vigilance, arguant qu’elles étaient de la seule responsabilité de ses client·es. Elles ont pourtant représenté 90% de ses émissions en 2024, sur un total (scopes 1, 2 et 3) de 376 millions de tonnes de CO2 équivalent, selon l’entreprise.

    Pour le tribunal, TotalEnergies est au contraire bien « en mesure d’exercer une #influence » sur ces émissions qui font « partie des incidences négatives résultant de la propre activité du groupe ». « Il n’est pas contesté que l’extraction du pétrole ou du gaz est destiné à être mis sur le marché et à être consommé [sic] », cingle-t-il dans sa décision, insistant sur le « #lien_de_causalité très fort qui existe entre l’extraction du #pétrole et sa combustion, et partant, des émissions de gaz à effet de serre ».

    En conséquence, le tribunal donne six mois à la société pour compléter son plan de vigilance « en ajoutant les émissions de gaz à effet de serre de scope 3 dans la cartographie des risques et les mesures les concernant ». « C’est fondamental », insiste Sébastien Mabile, avocat des requérant·es. « Si TotalEnergies doit prendre en compte le scope 3, toutes les entreprises soumises au devoir de vigilance vont être tenues de le faire aussi », se félicite-t-il.

    Le juge donne rendez-vous à l’entreprise le 21 janvier 2027 pour vérifier la teneur des mesures mises en œuvre. Si elles sont jugées insuffisantes, le tribunal pourra prononcer une nouvelle condamnation.

    https://vert.eco/energie/devoir-de-vigilance-totalenergies-condamnee-a-prevenir-les-risques-climatiques
    #justice #condamnation #industrie_du_pétrole #énergies_fossiles #énergie

  • Ist Hannah Arendt für aufklärende politische Bildung unverzichtbar ?
    https://overton-magazin.de/top-story/ist-hannah-arendt-fuer-aufklaerende-politische-bildung-unverzichtbar

    Hannah Arendt, 1933. Bild : public domain

    Horreur ! Je découvre que Hannah Arendt n"a pas seulement eu une affaire avec le seul philosophe nazi qui mérite cette appellation mais que sa thèse est le résultat du pouvoir que Heidegger avait sur Jaspers, puis on me rappelle que c’est elle la responsable pour l’infâme identification du communisme avec le fascisme sous la définition de totalitarisme, puis qu’elle a été une lobbyiste qui a facilité la collaboration des vieux nazis avec les sionistes.

    Ouf, c’est dur de perdre cette idole quand tu vis dans un monde où tout est centré sur la « Aufarbeitung » du passé nazi-allemand, où on te dit que tes grand parents ont peut-être été des nazis et qu’il te faut l’absolution des méfaits de tes ancêtres.

    Bref, tout ce qu’on te raconte á l’école allemande sur l’histoire récente est construit suivant la méthode « mit der Wahrheit lügen » . À quinze ans on te montre Nuit et brouillard mais on ne t’explique pas la machine économique de l’horreur . On te cache l’essentiel afin de créer avec les informations incomplètes une conscience erronnée en toi qui te culpabilise alors qu’il te faudrait identifier les responsables derrière le pouvoir nazi et leurs héritiers afin de pouvoir les combattre.

    C’est eux, les riches héritiers nazis et leurs semblables, leur fortune et leur pouvoir qui profitent de l’idéologie fabriquée par les Arendt et d’autres nouveaux philosophes.

    Vu la place dominante de l’Allemagne capitaliste au sein de l’Europe on y trouve partout des morçeaux de la philosophie fallacieuse et implicitement (même explicitement quand on la regarde de près ) anticommuniste.

    Aujourd’hui à Berlin on ne peut plus traverser la Hardenbergstraße et se rendre ainsi de la librairie Kiepert, source du savoir des étudiants de Berlin-Ouest, à la librairie Heinrich Heine qui vendait tous les livres imprimés à Berlin-Est et en #RDA.

    Aujourd’hui Hannah Arendt fait partie du canon unique. On censure les idées et informations venues de l’Est. On sanctionne les personnes qui les publient. La critique de Hannah Arendt par quelques érudits ne remplace pas le poids des discussions fondées sur l’effort collectif de construire une société socialiste.

    La pensée unique d’aujourd’hui n’est plus celle du parti de la Stasi . Elle est le produit de l’auto-censure des journalistes et professeurs officiels ayant mérité leur CDI.

    11.5.2026 von Johannes Schillo - Hannah Arendt – eine der dümmsten Intellektuellen oder der bedeutendsten Stimmen des 20. Jahrhunderts. Ein Blick auf aktuelle Kontroversen.

    „Eine der einflussreichsten intellektuellen Stimmen der Nachkriegszeit“, so wird Hannah Arendt (1906-1975) auf der Website der Stiftung Orte der deutschen Demokratiegeschichte gelobt, die der Beauftragte der Bundesregierung für Kultur und Medien (BKM), der etwas totalitär gestrickte, der Extremismusabwehr verpflichtete Staatsminister Wolfram Weimer, fördert. Aber auch sonst wird der Frau bescheinigt, dass man es in ihrem Fall mit der „klügsten“ oder „bedeutendsten“ Intellektuellen des 20. Jahrhunderts zu tun hat, so etwa in der neuen Biographie von Willi Winkler.

    Ein Kirchenvater weist den Weg

    Auf der Website IVA, wo die intellektuellen Leistungen Arendts verschiedentlich Thema waren, fiel das Urteil dagegen anders aus. Die „dümmste Intellektuelle des 20. Jahrhunderts“ hieß es da im Update zur katholischen Kapitalismuskritik, wo daran erinnert wurde, wie Arendt beim Beginn ihrer akademischen Karriere dem Kirchenvater Augustinus von Hippo (354–430) als philosophischer Größe gehuldigt hat. Bei diesem Frömmler, der nach wilder Jugend zur Askese fand und das Ende der Welt kaum erwarten konnte, werde irgendwie der Grundstein für die moderne Existenzphilosophie gelegt, wie Arendts Mentor, der Nazi-Philosoph Martin Heidegger, in einer bahnbrechenden Vorlesung vom Sommersemester 1921 entdeckte und seine Lieblingsstudentin ihm nachbetete.

    Augustinus, so Heidegger, habe „das Phänomen der Zeitlichkeit des menschlichen Lebens gesehen“ (Flasch 2020, 267), sei aber noch auf dem neuplatonischen Niveau stehen geblieben statt bis zum seinsphilosophischen des 20. Jahrhunderts fortzuschreiten. Gar nicht der Rede wert ist dabei das Gedankengebäude, das dieser Kirchenvater errichtet hat: eine brutale Gnadenlehre, die von einer Vorherbestimmung des Menschen ausgeht. Da der menschliche Wille nichts bewirken kann, findet eine Erwählung einzelner Seelen zum ewigen Leben oder zu ewiger Verdammnis statt, wo die besagte Zeitlichkeit ihr Ziel hat. Jesus gilt dabei als die Antithese zur „Synagoge des Satans“, in der sich die Juden versammeln und ihren weltlichen Gelüsten, der Anhäufung von Reichtum, nachgehen.

    Das irdische Jammertal ist aber nicht zu überwinden, sondern bleibende Herausforderung an die christliche Nächstenliebe, wie jüngst noch der amtierende Papst Leo in seinem ersten sozialen Rundschreiben „Dilexi Te“ (DT) festgestellt hat. Es wird erst beim Jüngsten Gericht seinen Schrecken verlieren, alle Notleidenden bzw. die nach Gottes Ratschluss Erwählten werden dann die volle, überzeitliche Entschädigung erhalten, wobei die jenseitige Glückseligkeit, die die Apokalypse des Johannes ausmalt, im Prinzip aus der Umkehrung der jetzigen Verhältnisse besteht.

    Diejenigen, die auf Erden unten sind, werden dann oben sein und neben dem höchsten Herrn sitzen. Diejenigen, die heute oben sind, werden ihnen zu Füßen liegen. Augustinus, auf dessen Liebesbegriff Leo XIV. sich ausdrücklich beruft (DT, Nr. 44ff), hat das in seiner Theologie ausgeführt. Demnach besteht die ewige Glückseligkeit gerade darin, die eigene Erhöhung und die Erniedrigung der anderen zu genießen. Der Mittelalter-Fachmann Kurt Flasch hat darin eine „Logik des Schreckens“ (so der Titel seines Essays) entdeckt. Man könnte fast sagen, von Augustinus bis zu Dantes Inferno wurden mit den christlichen Visionen des ewigen Höllenfeuers die modernen KZs vorweggenommen.

    Flasch schreibt (1990, 91f) über diejenigen, die der Verdammnis verfallen: „Ihre öffentliche Exekution, also ihre ewige Hinrichtung im Höllenfeuer, sollen alle sehen, und die Erwählten sollen daraus Nutzen ziehen, daß er [= Gott] die Unbegnadeten nicht wie in einem leidenschaftlichen Racheakt vernichtet, sondern daß er sie – fein abgestuft, nach einem durchdachten Plan, eben ordnungsgemäß – verheizt. Wem dies Wort mißfällt, hadere mit Augustin; er hat die physische wie die übertragene Bedeutung dieses Wortes ausdrücklich beansprucht.“ Darum lautet das Fazit des Fachmanns: „Von eigentümlicher Fremdartigkeit bleibt Augustins Konzept der Liebe.“

    Und das ist das Konzept, das von Hannah Arendt in ihrer unsäglichen Dissertation über den augustinischen „Liebesbegriff“ als wichtiger Beitrag zum Erkenntnisfortschritt idealisiert und zugleich als unvollständige, noch auszubauende Position relativiert wurde. Augustin eignet sich ja überhaupt als Berufungsinstanz für dubiose Anliegen. So wurde er zuletzt noch mit seinem „Ordo-Amoris“-Konzept – der fein abgestuften Nächstenliebe vom Nahbereich bis zu den weniger liebenswürdigen Fremden – von US-Vize J.D. Vance für die fremdenfeindliche Linie der USA und die Gewalttätigkeit der ICE-Trupps in Anspruch genommen. Was allerdings vom Vatikan, noch vor dem Streit mit Trump, zurückgewiesen wurde. Wenn Fachleute der katholischen Militärseelsorge heute auf Augustinus wegen seiner Lehre vom gerechten Krieg zurückgreifen, haben sie dagegen den Segen ihrer Nationalkirche.

    Für Heidegger, gegen Linke

    Eine wichtige Rolle hat Arendt bei der Etablierung des Konstrukts „linker Antisemitismus“ gespielt, das in der letzten Zeit schon mehrfach auf den Prüfstand gestellt worden ist, so von Gerhard Hanloser oder in einer neueren Übersicht zu den Zensurleistungen der deutschen Öffentlichkeit. Das Konstrukt hat auch, siehe die IVA-Reihe „Marx is back“, seine Tradition im akademischen Antikommunismus und greift zudem gerne auf den angeblichen Selbsthass des „Juden Marx“ zurück.

    Bei der Erfindung und Durchsetzung dieses „Kampfbegriffs“ (Hanloser) hat sich die politische Theoretikerin Arendt große Verdienste erworben, speziell bei der antikommunistischen Formierung des Frontstaates BRD, der Antifaschismus durch Feindbildpflege in Richtung des totalitären Ostblocks ersetzte. Arendt hat in der Nachkriegszeit eifrig an der Rehabilitierung ihres faschistischen Protektors Heidegger mitgewirkt und, statt die Aufklärung über Aufstieg und Triebkräfte der NS-Herrschaft zu stärken, den Nationalsozialismus mit dem Stalinismus anhand formaler Kriterien gleichgesetzt. Damit schuf sie das Modell für das Feindbild von NATO und Co. im West-Ost-Gegensatz, wo der realsozialistische Gegner hinterm „Eisernen Vorhang“ als Inbegriff des Bösen dingfest gemacht wurde.

    Dass Arendt am Beginn ihrer Karriere auf Augustinus stieß, war übrigens das Ergebnis einer eher unappetitlichen Affäre: Der verheiratete und auf seine Karriere bedachte Philosoph Heidegger hatte Sex mit seiner Studentin, schob sie dann, um Aufsehen zu vermeiden, an die Universität Heidelberg ab, wo sein Spezi Karl Jaspers ihr Unterschlupf gewährte und ihre von Heidegger inspirierte Augustinus-Dissertation durchwinkte. Heraus kam eins der groteskesten Werke der modernen Philosophie. Es balanciert, deutsch-lateinisch radebrechend, an der Grenze zur Unlesbarkeit und will den für seine körperfeindliche Sexualethik bekannten Kirchenvater ausgerechnet mit seinem „Liebesbegriff“ als Impulsgeber fürs heutige Philosophieren retten.

    Arendt hat die Schrift später nicht mehr veröffentlicht – vielleicht war dieser peinliche Start ins akademische Leben auch der Grund dafür, dass sie sich nachträglich von der Berufsbezeichnung „Philosophin“ distanzierte (vgl. Gleichauf 2021, 41). Die Schriftstellerin Ingeborg Gleichauf hat der Beziehungskiste Heidegger – Arendt – Jaspers eine biographisch angelegte Studie gewidmet. Das entscheidende Kapitel des Buchs geht auf Heideggers Rolle als (zeitweise) führender Nazi-Philosoph ein.
    NS-Philosophie

    Heutzutage wird diese Rolle – genauso wie die spätere Legendenbildung der Heidegger-Schule – allgemein verurteilt. Seit Ende des 20. Jahrhunderts liegen ja auch zahlreiche Veröffentlichungen, zuletzt Heideggers „Schwarze Hefte“, vor, die die Mär vom „träumenden Knaben“ (Gleichauf 2021, 63), der aus lauter Weltfremdheit ins NS-Fahrwasser geriet, widerlegen. Wichtig war hier vor allem die große Studie von Emmnauel Faye „Heidegger – Die Einführung des Nationalsozialismus in die Philosophie“ (2009), die zuerst auf Französisch 2005 erschien und Unveröffentlichtes aus der Zeit von 1933 bis 1935 brachte.

    Solche Enthüllungen bedeuten aber für die philosophische Gemeinde nicht unbedingt eine Disqualifizierung. Selbst ein Wissenschaftler wie Micha Brumlik, der Heidegger als Apologeten einer seinsgebundenen Volksgemeinschaft einstuft, hält an der Seinsphilosophie als wichtigem philosophiegeschichtlichem Datum fest. Dabei wird Heidegger mittlerweile, seitdem Arendts Elogen verklungen sind, von Fachleuten ein „ontologischer“ oder „metaphysischer Antisemitismus“ attestiert. Dafür hätte man natürlich nicht 50 Jahre lang auf die Edition der hinterletzten Notizen und Tagebuchaufzeichnungen warten müssen. Die Marxistische Gruppe (MG) ist schon in ihrer legendären Hochschulagitation auf den Fall eingegangen und hat den Gehalt der Seinsphilosophie unvoreingenommen ins Visier genommen. Das Ergebnis war 1988 die Studie „Der konsequenteste Philosoph des 20. Jahrhunderts – Faschist“, die Peter Decker 2020 in einer Neuausgabe vorgelegt hat.

    Diese Erkenntnis kommt in neueren Würdigungen durchaus zur Sprache. Damit wird auch ein bezeichnendes Licht auf den Umgang mit der NS-Zeit geworfen, der in der Adenauerära an der Tagesordnung war. Wie Gleichauf belegt, besteht der Skandal darin, dass die jüdische Emigrantin Arendt und der Hochschullehrer Jaspers, der mit einer Jüdin verheiratet war, nach 1945 entscheidend an dieser Legendenbildung mitwirkten – wider besseres Wissen. Sie hätten „sich aus einer Haltung der Treue heraus davor gedrückt, der Wahrheit einer Verstrickung Heideggers in das NS-System ins Auge zu blicken“ (Gleichauf 2021, 63).

    Das heißt, dass die beiden einem bekennenden Faschisten die Stange hielten. Sie verbreiteten die Unwahrheit – nicht in nebensächlichen Dingen, sondern zur Rechtfertigung eines Wegs, der immerhin zum „Zivilisationsbruch“ (Dan Diner) des 20. Jahrhunderts führen sollte. Bei dieser angeblichen Treue muss man zudem berücksichtigen, dass Heidegger bis in persönliche Fragen hinein eine schäbige Rolle spielte: Wenn es um die jüdische Herkunft bei Kollegen und Weggefährten ging, war er ganz auf Parteilinie. So wird bei Gleichaufs Beschwörung einer Freundschaft, die in völliger kommunikativer Offenheit stattgefunden habe, im Prinzip etwas anderes deutlich: die politisch-weltanschauliche Verlogenheit, die diese Geistesgrößen des Nachkriegs im Umgang mit der Öffentlichkeit (und untereinander) pflegten.

    Dazu passen die Mitteilungen (Gleichauf 2021, 70ff), dass Jaspers Heideggers Opus Magnum „Sein und Zeit“ wahrscheinlich gar nicht gelesen hat, während der als Meister verehrte Seinsphilosoph die Schriften von Jaspers und Arendt ebenso ignorierte, möglicherweise nur die Schlussseiten durchblätterte – eine These, der Faye in seiner neuen Studie übrigens widerspricht; er sieht, auch in den antisemitisch exponierten Veröffentlichungen, eine regelrechte Komplizenschaft von Arendt und Heidegger am Werk (Faye 2024, 245ff).

    Doch auch ohne eine solche Kollaboration bieten die Einblicke, wie sie inzwischen möglich sind, einigen Aufschluss über die Misere der Vergangenheitsbewältigung in Westdeutschland. Während Adorno damals in seinen berühmten Stellungnahmen zu einer „Erziehung nach Auschwitz“ eindeutig Position bezog, wechselte Arendt schwülstige Briefe mit ihrem ehemaligen Liebhaber, hielt ihm eine unmögliche Laudatio und beschwerte sich parallel bei Jaspers, dass ihr an Adornos Schriften nichts „glaubwürdig“ erscheine, da sie darin nur ein „Durcheinander des Beliebigen“ entdecken könne (Gleichauf 2021, 35).

    Eine neue aufwändige Studie der Erziehungswissenschaftlerin Lena Köhler würdigt nun Arendt als Begründerin einer politischen Bildung, die die „Bedeutung von Natalität oder – wie Arendt ins Deutsche überträgt – von Gebürtlichkeit“ in den Mittelpunkt rückt (Köhler 2026, 7). Arendt zähle zu denjenigen Persönlichkeiten „der philosophischen Tradition, die, wie niemand sonst, die Gebürtlichkeit des Menschen und seine Fähigkeit neu anfangen zu können ins Zentrum ihres Denkens gestellt hat“ und sich damit von Heideggers Philosophie und der damit verbundenen Bestimmung des menschlichen Daseins als „Sein zum Tode“ abgesetzt habe: „Dass die Geburt und ihre Bedeutung für den Menschen verstärkt ins Zentrum des philosophischen Denkens rückt, ist besonders Hannah Arendt zu verdanken.“ (Ebd., 8)

    Eine erstaunliche Erkenntnis: Man muss erst geboren werden, um da zu sein und etwas unternehmen zu können. Aus dieser absoluten Banalität wird dann ein politisch-philosophischer Schwulst gestrickt, der Heideggers Geraune kongenial ist und der sich auch gar nicht groß von dessen Erkenntnisfortschritt unterscheidet, der Mensch müsse sich – endlich nach 2500 Jahren abendländischer Philosophiegeschichte wird das einmal klargestellt – seines Seins zum Tode bewusst werden. Arendt bringt die Ergänzung zu dieser tiefen Einsicht: Um sterben zu können, muss man erst einmal geboren sein. Sie ist also gewissermaßen Vollenderin oder Vollstreckerin der Heideggerschen Philosophie, die sie als Intellektuelle – als eine Kopfarbeiterin, der die Abfassung oder der Vortrag von Texten locker von der Hand geht – in außerphilosophische Kontexte übertragen hat, um dort dann als politische Theoretikerin Furore zu machen.

    Einfach Nachplappern will sie die Werke der großen Vorbilder nicht, sei es jetzt der hl. Augustin oder der Meisterdenker Heidegger. Auch bei Augustinus bestätigt Arendt nicht einfach die tiefen Gedanken, sondern stellt Defizite fest. Sie lässt die religiös begründete Weltfremdheit des Kirchenvaters nicht als letztes Wort gelten, wie die Philosophin Frauke Kurbacher, die Arendts Dissertation neu herausgegeben hat, hervorhebt, um dann aber gleich hinzuzufügen, dass hier weniger Kritik als Übereinstimmung festzustellen sei: „Der Gedanke des Sich-verantwortenden-Denkens, das Arendt bei Augustinus – freilich in Bezug auf Gott – exemplarisch vorgeprägt sieht und dem sie sich selbst, wenngleich unter anderen Rahmenbedingungen, verpflichtet weiß, impliziert letztlich immer ein Sich-vor-etwas-oder-jemand-anderen- und auch -vor-sich-selbst-Verantworten“ (Arendt 2028, XLVI; korrekt müsste es wohl heißen: „… oder-jemand-anderem-“).

    Politische Bildung muss sich also bewusst machen, dass Menschenkinder geboren (und nicht vom Storch gebracht) werden und dass sie dann in irgendeiner Form Verantwortung übernehmen müssen. Dieses „Muss“ ist wie bei Heidegger der Ausfluss von Seinsbestimmungen, denen sich angeblich keiner entziehen kann, da sie so abstrakt sind, dass sie auf alles und jeden passen. Salopp gesagt kann man daher Heideggers Erkenntnis in dem Spruch „Was sein muss, muss sein“ zusammenfassen. Jede Notwendigkeit, wie sie von maßgeblichen Instanzen vorstellig gemacht wird – seit Gaucks Präsidentschaft ist z.B. glasklar, dass wir Deutschen „mehr Verantwortung“ übernehmen müssen –, erhält so bei Bedarf ihre höhere Weihe.

    Die Geburt als wichtiges, bisher angeblich kaum in den Blick genommenes Thema ist laut der Arendt-Exegese von Köhler „nicht nur ein Ereignis, dass das Leben des einzelnen Menschen beginnen lässt, sondern auch ein Geschehen, das den Menschen an soziale Gefüge bindet.“ (Köhler 2026, 9). Wer hätte das gedacht, man hat sofort mit Vati, Mutti und der Geburtsstation im Krankenhaus zu tun. Und mit den folgenden Windelwechseln ist dann auch schon Erziehung „verwoben“, sie „ermöglicht es dem Menschen, sich aktiv in die Welt einzuschalten (zu handeln), aber auch sich zu bilden, indem das Handeln durch kritisches Denken reflektiert und das bisher Gelernte hinterfragt wird“ (ebd., 277). Hilfreich hier auch die Präzisierung der Erziehungswissenschaftlerin, dass Einschalten gleich Handeln ist – junge Menschen würden sonst nur ans Handy denken. Und mit der Anhäufung solcher Umständlichkeiten und Redundanzen ist es natürlich ein Leichtes, ein Buch mit 300 Seiten und 350 Literaturhinweisen zu füllen.

    Solche Banalitäten hat also eine Theoretikerin geliefert, die während der Nachkriegszeit in den Publikationen der Kritischen Theorie nur ein „Durcheinander des Beliebigen“ entdecken konnte! Mit antifaschistischer Aufklärung, die von Adorno und Co. nach 1945 als Herzstück einer zeitgemäßen politischen Bildung gefordert wurde, haben solche Ausführungen nichts zu tun. Es sind aber auch nicht einfach die trivialen Mitteilungen vom Zoon Politikon etc., die man seit Aristoteles kennt.

    Das Ganze gibt sich total modern als eine seinsphilosophische Reflexion, die erst die Grundlage fürs heutige Denken und Handeln schaffen soll – und das explizit in der Nachfolge Heidggers. Dem schrieb Arendt noch 1960, dass ihre Schrift „Vita activa“ ihm „in jeder Hinsicht so ziemlich alles“ schulde. Daher kommt Faye zu dem Schluss, dass Arendt systematisch an der „Zerstörung des Denkens“ gearbeitet hat: „Bereit dazu, jegliche Kritik zu neutralisieren, hat sie mit einem kultischen Hymnus einen Sockel errichtet, auf dem der ehemalige Nazi-Rektor, der Horst Wessel als Vorbild für die deutsche Jugend empfahl, zum König im Königreich des Denkens erhoben wurde.“ (Faye 2024, 451)
    Nachweise:

    Hannah Arendt, Der Liebesbegriff bei Augustin. (Erstausgabe 1929) Hg. von Frauke A. Kurbacher. Hamburg 2018.

    Peter Decker, Martin Heidegger – Der konsequenteste Philosoph des 20. Jahrhunderts – Faschist. (Erstausgabe 1988) 2., durchgesehene und erweiterte Auflage, München 2020.

    Emmanuel Faye, Heidegger – Die Einführung des Nationalsozialismus in die Philosophie. (Erstausgabe 2005) Berlin 2009.

    Emmanuel Faye, Martin Heidegger und Hannah Arendt – Zerstörung des Denkens. (Erstausgabe 2016) Würzburg 2024.

    Kurt Flasch, Augustin – Einführung in sein Denken. Ditzingen, 5. Aufl. 2020.

    Kurt Flasch (Hg.), Augustinus von Hippo, Logik des Schreckens – De diversis quaestionibus ad Simplicianum I 2. Mainz 1990.

    Ingeborg Gleichauf, Hannah Arendt und Karl Jaspers – Geschichte einer einzigartigen Freundschaft. Wien u.a. 2021.

    Lena Köhler, Politische Bildung der doppelten Geburt – Hannah Arendts pädagogische Figur der Natalität. Weinheim 2026.

    Johannes Schillo

    Johannes Schillo arbeitet als Autor, Journalist und Redakteur von Fachzeitschriften. Der Sozialwissenschaftler beschäftigt sich in seinen Artikeln und Büchern mit aktuellen Fragen aus (Weiter-)Bildung und Kultur. Zuletzt ist von ihm erschienen: „Ein nationaler Aufreger – Zur Kritik der Erinnerungskultur“ (Klemm + Oelschläger, 2022) und (zusammen mit Norbert Wohlfahrt) „Deutsche Kriegsmoral auf dem Vormarsch“ (VSA, 2023).
    Mehr Beiträge von Johannes Schillo →

    #Allemagne #philosophie #nazis #anticommunisme #totalitarisme

  • George Orwell × Raoul Peck : 2×-2=-4
    Ou comment dissoudre en images le totalitarisme dans la critique du monde occidental

    Dès ses premières minutes, le film donne la mesure de son ambition – et de son égarement. Sur un extrait en voix off de The Prevention of Literature , ce texte de 1946 où #George_Orwell décrit une société devenue totalitaire parce que sa classe dirigeante se maintient au pouvoir par la force et la fraude, #Raoul_Peck déploie un carrousel de visages : Orbán, Pinochet, Museveni, Min Aung Hlaing, Poutine, Ferdinand Marcos, et pour finir George W. Bush. Le procédé est visuellement efficace. Il est aussi d’une confondante approximation. Car de tous les dirigeants convoqués dans cette galerie, un seul – Poutine – gouverne un régime totalitaire. Les autres relèvent de catégories certes peu aimables, mais profondément différentes : dictature militaire, kleptocratie, junte, Big Man africain cramponné au pouvoir, démocratie illibérale. Quant à la présence de Bush, elle procède d’un réflexe anti-impérialiste qui n’entretient avec le totalitarisme qu’un rapport de métaphore paresseuse.
    Est-ce un défaut de mise en scène ? Plutôt une faute de pensée, qui contamine tout le film, car le totalitarisme n’est pas l’#autoritarisme monté d’un cran ; il en diffère par nature : là où l’un se satisfait du silence, l’autre exige l’adhésion, et entreprend de substituer à la réalité une fiction obligatoire. En alignant sur un même plan une junte birmane, un autocrate ougandais et un président américain élu, le documentaire sert le contraire de ce qu’il prétend : il dilue la pensée orwellienne dans un brouet.
    Dans 1984 , Winston Smith posait un axiome sur lequel reposait tout l’édifice de la résistance intérieure : la liberté, c’est la liberté de dire que deux et deux font quatre. Or le film de Peck prend l’équation orwellienne et produit un résultat négatif. Orwell multiplié par Peck, ce n’est pas quatre : c’est moins quatre. Le cinéaste ne manque pas de talent, mais sa grille de lecture – anti-impérialiste, anticapitaliste, héritière d’une tradition marxiste qui n’a jamais admis et compris le concept de #totalitarisme – le conduit à retrancher d’Orwell ce qui en constitue le cœur. Le spectateur en sort plus confus qu’il n’était entré. C’est ce rendez-vous manqué qu’il faut examiner : il dit quelque chose de la difficulté de l’intelligentsia occidentale à nommer le monde dans lequel nous vivons.

    #cinéma #documentaire #film #anticapitalisme #marxisme

    Simon Leys avait noté avec une ironie tendre qu’Orwell avait toujours fait sereinement face à ses nombreux ennemis, mais qu’on se demandait s’il aurait pu garder son sang-froid devant certains de ses admirateurs. Peck est de ceux-là – un admirateur sincère, un cinéaste de talent, un homme dont l’indignation ne fait aucun doute. Mais l’admiration qui se trompe d’objet peut faire sous les apparences de l’hommage presque autant de dégâts que l’hostilité franche. Orwell nous demandait une seule chose : tenir bon sur le fait que deux et deux font quatre. Peck, en multipliant Orwell par ses certitudes personnelles, arrive à moins quatre.
    #Pierre_Raiman,
    docteur en Histoire, spécialiste des totalitarismes.

    Article publié sur le site Desk Russie le 6 avril 2026.
    https://desk-russie.eu/2026/04/06/george-orwell-x-raoul-peck-2x-2-4.html

    Dans un entretien avec Raoul Peck dans Libération du 24 février 2026, il déclare :

    Déjà dans les années 1980, Georges Marchais était ridiculisé comme un clown… C’était difficile à supporter - une arme pour ridiculiser les idées de gauche.

    https://www.liberation.fr/idees-et-debats/raoul-peck-cest-un-film-qui-fait-le-catalogue-du-present-comme-orwell-dan

    Georges Marchais , secrétaire général du Parti communiste français (PCF) de 1972 à 1994, c’est-à-dire un stalinien : une personne qui prétendait défendre la classe ouvrière et qui dans les faits en a été un des actifs fossoyeurs.
    Manifestement, Peck n’a pas très bien compris le sens de La Ferme des animaux d’un certain George Orwell...

    #confusionnisme #gauchisme

  • #AI Company #Clones Musician’s Voice, Then #Copyright-Strikes Her Own #Songs
    https://rudevulture.com/ai-company-clones-musicians-voice-then-copyright-strikes-her-own-songs

    Folk musician #Murphy_Campbell found herself at the center of a major ordeal when an entity called Timeless Sounds IR uploaded #AI-generated #imitations of her music to every major music platform, then used her recordings to strip her of her own income.

    (...)

    Because #YouTube’s #copyright claim system operates without individual human review of each dispute, Campbell’s channel was effectively handed over to Vydia’s financial control. “I am no longer making money on #YouTube,” she said. “Vydia is making money on YouTube off of my own videos of me playing my own banjo in my own backyard with traditional folk songs, some for my own family, over AI-generated music.”

    (...)

    #totalitarisme #capitalisme

  • Il menace l’#IA « pour tester », est signalé au FBI et reçoit une visite du #RAID
    https://www.20minutes.fr/societe/4216982-20260406-menace-ia-tester-signale-fbi-recoit-visite-raid

    Il a eu sa réponse. Un homme de 37 ans expliquant avoir voulu « tester la fiabilité et la #surveillance de l’#intelligence_artificielle » a été interpellé à Strasbourg après avoir évoqué son intention d’acheter une arme pour tuer un agent du renseignement de la #CIA, du #Mossad ou de la #DGSI lors d’une conversation avec une intelligence artificielle, selon l’Est Républicain. Le message a été repéré par le #FBI, qui l’a signalé aux autorités françaises via la plateforme #Pharos.

    #totalitarisme #iagen

  • « Totalenergies : le coup du siècle 🛢️ !

    La division trading de Totalenergies aurait gagné plus d’un milliard de dollars après avoir acheté de nombreuses cargaisons de brut de Dubaï dans tout le Moyen-Orient. Une prise de position anticipée bien en amont. »

    En tant que travailleurs de Total, on entend nos tauliers répéter qu’il faut « faire tourner l’usine à cash »

    Notre CGT-Total, au contraire, revendique de plafonner immédiatement le litre à 1,50€, puis la transparence sur les profits pour déterminer jusqu’où on peut baisser.

    Voilà pourquoi c’est Total, et non pas le peuple français, qui doit payer la facture de la hausse du prix du carburant.

    • Essence : à bas les profiteurs de guerre ! Augmentation des salaires !
      https://lutte-ouvriere.org/portail/editoriaux/essence-bas-profiteurs-guerre-augmentation-salaires-193163.html

      Il faut maintenant débourser 15 à 30 euros de plus pour faire un plein. Une fois de plus, nous nous retrouvons rackettés avant même d’avoir commencé notre journée de travail ! Certains qui ont les plus petits salaires et habitent loin de leur lieu de travail perdent même peut-être de l’argent en allant travailler.

      Le gouvernement a jeté quelques miettes aux pêcheurs, aux transporteurs routiers et aux agriculteurs afin d’étouffer leur grogne. Mais tant qu’il n’y aura pas de contestation de masse, il laissera TotalEnergies, Shell, ExxonMobil ou BP nous rançonner.

      Bien des travailleurs repensent au mouvement des Gilets jaunes qui avait jailli de façon spontanée en 2018. Mais, sans attendre un hypothétique mouvement ou tel ou tel appel syndical, nous devons nous préparer à agir.

      Dans les entreprises, nous avons la possibilité de nous réunir à 20, 50, 100 et parfois plus, et de réfléchir ensemble, non seulement à nos moyens d’action, mais aussi et surtout à nos objectifs. Car il ne s’agit pas de nous disperser dans un mouvement sans but clair, comme ce fut le cas pour les Gilets jaunes.

      Beaucoup d’idées circulent comme la baisse des taxes sur le carburant ou le blocage des prix de l’essence. Mais le fond du problème est de savoir qui paiera au final, car tout ce que la bourgeoisie ne paiera pas, nous le paierons.

      Le gouvernement peut décider un blocage des prix des carburants, mais, alors, il compensera le manque à gagner des compagnies pétrolières. Et ce que nous ne paierons plus en passant à la pompe, nous le paierons à la pharmacie ou à l’hôpital faute d’argent pour la santé.

      Il en serait de même avec la suppression de la TVA. C’est l’impôt le plus injuste car il fait payer la même chose aux riches et aux pauvres, et il mériterait de disparaître. Mais si l’argent collecté par la TVA n’était pas compensé par la bourgeoisie, ce serait une belle entourloupe !

      Et le pire est à venir. On nous annonce une flambée des prix du gaz, des engrais, de l’alimentation, du plastique, et des pénuries, comme celle de l’hélium indispensable à la fabrication des ordinateurs et des smartphones. Par ricochet, tous les prix vont donc exploser.

      Le seul et unique moyen de ne pas être roulés dans la farine et d’assurer nos intérêts vitaux est que nos salaires, nos allocations et nos retraites suivent les hausses de prix et que nous nous organisions pour les contrôler nous-mêmes.

      Il faut donc se battre pour récupérer sur nos salaires l’équivalent du trou creusé par la flambée des prix de l’essence et de tous les autres produits. Si nous avons perdu 50 ou 100 € en mars, il nous faut 50 ou 100 € en plus sur notre salaire.

      Tous les patrons répercutent les hausses de coûts sur leurs prix. Pour eux, il n’est jamais question de réduire leurs marges et d’amputer leurs bénéfices. Et il faudrait que nous, travailleurs, nous acceptions privations sur privations ? Tout cela pour que la grande bourgeoisie continue de nager dans l’opulence et pour que le gouvernement investisse des milliards dans la guerre !

      Non, nous n’avons pas à être sacrifiés parce que les profiteurs de guerre font exploser leurs prix et leurs marges, en plus d’être engraissés par l’État !

      Il n’y a pas 36 solutions, il faut faire payer le grand patronat. L’argent qui manque pour les salaires se trouve dans les milliards de profits qui s’accumulent dans les grands groupes industriels et financiers.

      On n’arrêtera la chute de notre niveau de vie qu’au travers d’un soulèvement des travailleurs contre la bande de voleurs, d’irresponsables et de criminels qui trouvent dans la guerre une immense source d’enrichissement et de spéculation. Les grèves, les manifestations, l’organisation collective sont nos seuls moyens de les empêcher de plonger l’ensemble du monde du travail dans la misère, les salariés comme les indépendants et les petits producteurs.

      Nous ne sommes pas encore en mesure d’empêcher les exploiteurs et les va-t-en guerre de mettre le monde à feu et à sang, de semer la mort et de nous mener, nous aussi, à la guerre. Mais essayons de transformer la colère qui monte sur le carburant pour engager le combat.

      Commençons par dire non à leur racket. Indexation des salaires sur l’inflation, mois après mois ! Confiscation des bénéfices des profiteurs de guerre pour les besoins de la population laborieuse !

      Nathalie ARTHAUD

    • Total€nergies. Le géant français du pétrole et du gaz est l’un des principaux pollueurs mondiaux, aussi puissant que contesté.
      https://multinationales.org/fr/multinationales/totalenergies

      Les cinq sociétés les plus actives dans les projets de combustibles fossiles cartographiés dans le monde entier sont #TotalEnergies SE, China National Offshore Oil Corporation, Eni SpA, BP plc, Shell plc, National Iranian Oil Company (NIOC), Exxon Mobil Corporation, Equinor ASA, Abu Dhabi National Oil Company (ADNOC), Petroliam Nasional Bhd (PETRONAS).

      https://carbonbombs.org/key-findings

  • Platon banni ou la démocratie américaine en péril
    https://laviedesidees.fr/Platon-banni-ou-la-democratie-americaine-en-peril

    Au-delà du Texas, où un enseignant a été sommé de retirer Platon du programme, la dictature idéologique a commencé aux #États-Unis. Il s’agit d’un assaut contre les #universités, la liberté de pensée et d’expression. Comment résister à ce rouleur compresseur ?

    #International #totalitarisme #résistance #censure
    https://laviedesidees.fr/IMG/pdf/20260224_platonbanni.pdf

  • Le Salvador et xAI ont signé un accord : Grok, le chatbot controversé d’Elon Musk, sera désormais en charge de l’éducation d’un million d’écoliers dans plus de 5.000 écoles publiques
    https://www.bfmtv.com/tech/intelligence-artificielle/le-salvador-et-x-ai-ont-signe-un-accord-grok-le-chatbot-controverse-d-elon-mu

    La société xAI d’Elon Musk s’associe au gouvernement du Salvador pour lancer le premier programme national d’éducation basé sur l’IA, offrant un tutorat personnalisé à plus d’un million d’élèves dans plus de 5.000 écoles publiques.

    #totalitarisme

  • “Le mot technofascisme agit comme une loupe mal orientée”
    https://www.nouvelobs.com/opinions/20251209.OBS110497/le-mot-technofascisme-agit-comme-une-loupe-mal-orientee.html

    Lennie Stern

    Publié le 9 décembre 2025 à 14h30
    Lecture : 3 min.

    En parlant de technofascisme pour désigner les nouveaux pouvoirs des géants du numérique, nous imaginons un schéma centralisé et incarné. Or, ce n’est plus ainsi que se déploie l’essentiel du pouvoir, estime l’experte associée à la Fondation Jean-Jaurès Lennie Stern.

    Le mot technofascisme s’est installé dans le débat public avec une facilité déconcertante. A la moindre dérive d’une plateforme, à la moindre extension d’un dispositif de surveillance, à la première déclaration outrancière d’un milliardaire se rêvant en sauveur de la civilisation, le terme surgit. Il rassure presque. Il donne une forme familière à l’inquiétude : des chefs, un projet politique autoritaire, une idéologie identifiable, un affrontement clair. Bref, un scénario que nous savons déjà lire.

    Mais ce confort est trompeur. En parlant de technofascisme, nous continuons souvent à projeter sur le XXIᵉ siècle des schémas hérités du XXᵉ siècle. Nous imaginons un pouvoir centralisé, incarné, animé par une volonté politique explicite. Or, ce n’est plus ainsi que se déploie l’essentiel du pouvoir aujourd’hui.

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    Car le pouvoir numérique ne s’impose pas par des discours martiaux ni par des symboles spectaculaires. Il avance à bas bruit, dans des situations banales. Un rendez-vous à l’hôpital annulé parce qu’un logiciel de planification est en panne. Un dossier de prestations sociales refusé automatiquement parce qu’un algorithme juge une pièce « non conforme ». Un service public paralysé pendant des heures à cause d’une défaillance du cloud du fournisseur français OVH. Rien de tout cela n’évoque spontanément une dictature. Et pourtant, ces dispositifs fixent concrètement nos marges de liberté, parfois plus efficacement que n’importe quelle loi.
    Une architecture technique qui agit sans intention politique

    Et puis, il y a des cas où cette logique dépasse même l’imaginaire administratif pour toucher au cœur du politique. L’affaire du juge français Nicolas Guillou en est l’illustration la plus frappante. Ce magistrat de la Cour pénale internationale a été placé sous sanctions américaines pour avoir autorisé des mandats d’arrêt visant le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, et son ex-ministre de la Défense Yoav Gallant. Rien d’inédit : les Etats-Unis utilisent régulièrement ces sanctions. Ce qui l’est, en revanche, c’est la manière dont ces mesures se déploient. Elles ne consistent pas à interdire un territoire ou à restreindre une action diplomatique. Elles passent par l’écosystème technique qui fait tourner nos vies.

    Du jour au lendemain, toutes les entreprises américaines et leurs filiales cessent de lui fournir des services. Airbnb ferme son compte, Amazon aussi. PayPal le bloque. Une réservation d’hôtel en France effectuée par l’intermédiaire d’Expedia est annulée automatiquement. Certaines banques européennes ferment ses comptes par crainte d’enfreindre les règles américaines, dès lors que la moindre transaction passe par un circuit utilisant le dollar. Les moyens de paiement du quotidien disparaissent : Visa, Mastercard, American Express. Les colis sont refusés si un service postal américain intervient dans la chaîne.

    Lire aussi
    La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et le président américain Donald Trump lors d’une réunion bilatérale en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies à New York, le 23 septembre 2025.

    Chronique Un juge français de la CPI sous sanctions américaines, symbole de la souveraineté menacée de l’Europe

    Abonné

    Résultat : un magistrat européen, exerçant dans une institution internationale indépendante, devient en pratique interdit bancaire sur une large partie de la planète. Non pas à cause d’une décision judiciaire américaine, mais du fonctionnement ordinaire d’infrastructures privées qui appliquent, en cascade, des règles décidées ailleurs.

    Ce cas n’a rien d’un scénario dystopique. Il montre simplement qu’un individu placé sous sanctions se retrouve absorbé par une architecture technique qui agit sans intention politique exprimée, mais avec une efficacité redoutable. Les Etats européens peuvent bien protester ; le réseau de dépendances techniques réplique mécaniquement, sans débat, sans justification, sans instance vers laquelle se retourner. La contrainte naît du fonctionnement, pas de l’affrontement. Elle tient parce qu’elle est déjà là.
    Les mots ne sont jamais neutres

    Le mot technofascisme agit alors comme une loupe mal orientée. Il nous pousse à chercher le pouvoir là où il est le plus visible, dans les discours, les figures, les intentions affichées, alors que l’essentiel se joue ailleurs : dans les procédures, les architectures techniques, les conditions d’accès. On scrute des tyrans potentiels, alors que la contrainte prend la forme d’une accumulation de choix techniques devenus, avec le temps, des évidences indiscutées.

    C’est ici que la réflexion de l’historien italien Enzo Traverso est précieuse. Il rappelle que les mots ne sont jamais neutres : ils orientent notre regard, ils dessinent le décor mental dans lequel nous pensons les problèmes. Mal nommer, ce n’est pas seulement se tromper de vocabulaire, c’est parfois se tromper de cible. Le terme technofascisme enferme une réalité nouvelle dans une métaphore ancienne, rassurante parce que déjà connue, mais précisément inadaptée.

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    La Machine, un cube déconnecté pour dire stop au technofascisme et à la toute-puissance de l’IA

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    Ce qui se joue aujourd’hui ne relève pas d’une violence politique frontale. Il s’agit d’un glissement progressif, où les infrastructures techniques deviennent la matrice silencieuse de nos décisions collectives. Les systèmes numériques ne remplacent pas formellement l’Etat ; ils organisent peu à peu la manière dont ses institutions fonctionnent. Et ce déplacement, discret, presque invisible, transforme en profondeur notre rapport au pouvoir.

    L’enjeu n’est donc pas de trouver un mot choc de plus, mais d’accepter que notre vocabulaire politique soit en retard sur la réalité. Nommer juste, c’est créer les conditions d’une lucidité nouvelle. C’est déplacer le projecteur. Et peut-être, enfin, regarder le réel tel qu’il agit, plutôt que de continuer à projeter sur lui nos peurs héritées du passé.

    BIO EXPRESS

    Lennie Stern est conseillère en communication, experte associée à la Fondation Jean-Jaurès. Elle vient de publier pour ce think-tank l’article « “Technofascisme” : quand la peur du totalitarisme empêche de voir le pouvoir des infrastructures ».

    Cet article est une tribune, rédigée par un auteur extérieur au journal et dont le point de vue n’engage pas la rédaction.

    Par Lennie Stern

    #Architecture_technique #Internet #Politique #Contrôle_par_architecture

  • TOTAL-ENERGIES ALLA SBARRA PER LA COMPLICITA’ NEI CRIMINI DI GUERRA IN #MOZAMBICO
    https://radioblackout.org/2025/11/total-energies-alla-sbarra-per-la-complicita-nei-crimini-di-guerra-in

    Martedì 18 è stata ufficialmente esposta da parte di ECCHR ( European Centre for Costitutional and Human Rights) denuncia ai danni di #TotalEnergies presso l’antiterrorismo francese, per accuse di complicità in crimini di guerra, torture e sparizioni forzate legate alle azioni di soldati governativi in Mozambico nel 2021 nell’ambito del cosidetto “Massacro dei container”. (metti […]

    #L'informazione_di_Blackout #CDP #ENI #estrattivismo #neocolonialismo #recommon #SACE
    https://radioblackout.org/wp-content/uploads/2025/11/OgnoTotalMozambico.mp3

  • « On manipulait des #produits_toxiques comme si c’était de l’eau » : sur un site de #TotalEnergies, des #fuites à gogo

    Au sud de l’Italie, TotalEnergies exploite le champ pétrolier #Tempa_Rossa. Les fuites d’#hydrocarbures s’y multiplient depuis son ouverture en 2020. Des salariés s’estiment mis en danger par le fleuron français. Une enquête exclusive.

    Arrivé au bout d’un chemin rocailleux, perdu au milieu des champs et des bois, Luciano coupe le moteur de sa voiture. Ici, il est sûr de ne pas être vu. Chaîne autour du cou et cigarette à la bouche, il fait défiler sur son téléphone des photos prises un an plus tôt dans le centre pétrolier Tempa Rossa, qu’on aperçoit au loin.

    Ces images montrent de grands réservoirs en acier maculés de traînées de pétrole. Par endroits, c’est comme si une bombe de peinture noire avait explosé sur les pompes et les tuyaux. Au sol, des couches de granulés blancs ont été dispersées sur de vastes flaques d’hydrocarbures. Reporterre a obtenu une vingtaine de photos et vidéos comme celles-ci, témoignant de fuites récurrentes en 2024 dans ce champ pétrolier exploité depuis 2020 par TotalEnergies, dans le sud de l’Italie.

    Étendu sur 290 km², dans la région de Basilicate, ce gisement d’hydrocarbures est aux mains du fleuron français, qui détient 50 % de la concession aux côtés de l’Américain Shell (25 %) et du Japonais Mitsui (25 %). Dans ce site industriel à haut risque, certains travailleurs craignent pour leur sécurité.
    Témoignages sous couvert d’anonymat

    Reporterre a recueilli les récits de cinq salariés de TotalEnergies et d’entreprises sous-traitantes, qui ont exercé ou exercent encore à Tempa Rossa. Tous témoignent sous couvert d’anonymat, dans des lieux cachés, redoutant des conséquences sur leur emploi.

    Sollicitée sur chaque aspect de cette enquête, TotalEnergies a choisi de ne répondre qu’à 2 de nos 11 questions. Le pétrolier français affirme cependant : « La sécurité est une valeur fondamentale et non négociable pour notre compagnie. TotalEnergies est pleinement engagée à protéger la santé des travailleurs dans toutes ses activités. »

    Le 29 septembre, le centre de stockage de GPL de Tempa Rossa a néanmoins été inspecté par la brigade des carabiniers (les gendarmes) de Potenza pour la protection de l’environnement. Le substitut du procureur de cette ville en charge de ces sujets a refusé de confirmer ou de récuser l’existence d’une instruction judiciaire. Dans un e-mail envoyé à Reporterre, son secrétariat écrit : « Le sujet qui vous intéresse est couvert par le secret de l’instruction. »
    Les travailleurs exposés à des fuites récurrentes

    Exploité depuis 2020, le champ de Tempa Rossa, qui produit près de 30 000 barils de pétrole et 1 700 barils de GPL (gaz de pétrole liquéfié) par jour, est classé Seveso seuil haut. Cela signifie qu’il présente un risque élevé d’incident et est soumis à une réglementation stricte visant à protéger l’environnement et les travailleuses et travailleurs.

    Malgré cela, sur le site dédié au traitement des hydrocarbures sortis des puits — où des centaines de tuyaux enchevêtrés transportent du pétrole brut, des eaux usées, des boues et des produits chimiques —, les fuites s’accumulent. « Sur la plateforme 3 [où confluent toutes les canalisations qui transportent les hydrocarbures depuis les puits, et celles qui distribuent les produits finis], il y en avait tout le temps ! » résume amèrement Luciano, qui a pris des photos en cachette pour garder des preuves.

    Il n’est pas le seul. L’appréhension a gagné les opérateurs, qui ont fait le lien avec leurs conditions de travail. « On voyait qu’on nous faisait manipuler des produits toxiques comme si c’était de l’eau », se souvient Antonio.

    Les photos recueillies par Reporterre, authentifiées par un ancien salarié de TotalEnergies qui connaît le site, montrent des tuyaux et des pompes entièrement noircis par le pétrole. Sur l’une d’elles, une flaque noire coule sous les pieds d’un ouvrier. « Parfois, ça jaillissait vers le haut et on en avait plein sur nos vêtements », raconte Antonio, en affichant sur son téléphone la photo d’un opérateur de production dans une combinaison tachée de pétrole.

    Des clichés montrent également des appareils prévus pour les échantillonnages couverts de noir, laissant imaginer que le liquide a giclé au moment d’ouvrir les vannes. Un autre illustre un prélèvement d’hydrocarbures dans des conditions de sécurité précaires : un robinet posé sur des morceaux de bois, au-dessus d’un seau à terre, et une couche d’huile noire au sol.

    Des produits toxiques manipulés sans le matériel de protection adéquat

    En cas de fuite, le risque pour les travailleurs est d’être exposés à « un cocktail de produits toxiques, soit par contact cutané, soit par inhalation », explique Giuliano Pesel, médecin du travail spécialisé dans le secteur pétrochimique, interrogé par Reporterre. Une exposition chronique aux hydrocarbures — c’est-à-dire en quantité moindre mais de manière répétée — augmente le risque de cancer, précise-t-il. Certains hydrocarbures, dont le benzène, sont notamment « associés à des tumeurs du sang, de la vessie ou encore de la peau », reprend le médecin.

    Le danger se réduit si l’exposition se produit en extérieur. Néanmoins, « plus le travailleur est proche des substances, plus il a de contacts, plus c’est probable qu’il développe des problèmes de santé dans le temps », continue-t-il. Giuliano Pesel l’affirme : « Les sites neufs ne devraient pas avoir de perte pendant l’activité productive. »

    Toutefois, si une entreprise ne peut pas les empêcher, elle doit fournir du matériel de protection individuel (masque, gants, combinaison) à ses travailleurs, insiste-t-il. Or, à Tempa Rossa, deux témoins assurent que les opérateurs ont parfois dû nettoyer les fuites sans masque.

    https://www.youtube.com/watch?v=hbfKXRK10Hg&t=3s

    Des travailleurs s’inquiètent aussi de devoir procéder manuellement aux mélanges de produits chimiques, à l’aide de pompe, sans avoir toujours les masques et les gants adéquats. « Sachant qu’à chaque fois qu’on sortait les pompes des cuves, le liquide coulait partout », raconte Antonio. Ainsi, l’une des photos montre un réservoir sur lequel est indiquée la formule de l’acide chlorhydrique et, par-dessus, la main d’un opérateur qui tient un tube avec un gant en cuir.

    Un matériel inadapté à cette substance corrosive car il « se détériore facilement », assurent Marco Caldiroli, technicien de la prévention des risques au sein de l’agence publique de santé de Milan, et Gino Carpentiero, ancien médecin du travail à Florence. Ils sont tous deux membres de l’association pour la santé au travail Medicina Democratica.

    Aussi, plusieurs cuves contenant des produits chimiques sont déposées à même le sol, sans bac de rétention, comme l’illustrent plusieurs images. Une pratique « dangereuse », car une perte de liquide peut entrainer des risques pour l’environnement et la sécurité du personnel, tel un incendie, expliquent-ils.
    TotalEnergies sécurise ses installations après une visite des autorités

    À une dizaine de kilomètres de là, dans le centre de stockage GPL, le scénario se répète. Dès l’ouverture du site en 2020, les opérateurs de production constatent des fuites lors du chargement du gaz dans les camions-citernes.

    Certains ont filmé ces scènes. Des vidéos que Reporterre a visionnées. Selon la branche locale du syndicat CGIL et les travailleurs interrogés, le problème vient des tuyaux flexibles raccordés aux véhicules, qui se fissurent régulièrement. À chaque fois, le chargement est interrompu et des ouvriers doivent remplacer le conduit endommagé par un autre neuf, jusqu’à la prochaine fuite. « Cela pouvait arriver n’importe quand », se souvient Davide.

    Selon un relevé effectué par les travailleurs eux-mêmes, que Reporterre a consulté, cette situation s’est produite en moyenne deux fois par mois entre 2022 et 2023.

    « L’exposition des travailleurs au GPL en extérieur n’est pas vraiment dangereuse pour la santé. Toutefois, il s’agit d’un gaz inflammable et explosif. Une simple étincelle peut provoquer une explosion », explique Giuliano Pesel.

    En janvier 2024, les autorités de contrôle, dont l’Institut italien de protection et recherche pour l’environnement (Ispra), ont inspecté le site. Le rapport final évoque de « possibles pertes de GPL » et émet des recommandations, mais ne stipule aucune situation d’urgence. De son côté, TotalEnergies assure que la sécurité des travailleurs est garantie.

    Pourtant, l’été suivant, l’entreprise a décidé de ne plus utiliser les tuyaux incriminés et de les remplacer par des tronçons rigides. La multinationale française affirme que « les modifications techniques font partie d’un processus d’amélioration continue » et « peuvent être mises en œuvre sans qu’un risque pour la sécurité du personnel ou des installations ne les déclenche ».

    Un « Texas italien » riche en pétrole mais en proie à la pauvreté

    TotalEnergies l’assure : étant un site classé Seveso haut seuil, Tempa Rossa fait l’objet d’inspections régulières par des autorités publiques de contrôle. Alors, comment expliquer tant de négligence ? Impossible de le savoir. L’entreprise ne commente pas les cas de fuite d’hydrocarbures. En revanche, elle affirme que « des équipements de protection individuelle conformes aux activités sont toujours disponibles pour tout le personnel et toutes les opérations » et que les opérateurs sont formés et sensibilisés pour pouvoir les utiliser correctement.

    Derrière ce discours rassurant, il y a pourtant des travailleurs inquiets pour leur sécurité. Ces derniers sont peu nombreux à parler, par peur de perdre leur emploi. Un risque d’autant plus pesant que, dans cette région, le pétrole règne en maître. Abritant deux des plus gros gisements terrestres d’or noir d’Europe, la Basilicate, rebaptisée « le Texas d’Italie », a fourni 84,8 % du pétrole italien en 2024.

    Malgré cela, cette petite région de 530 000 âmes est l’une des plus pauvres du pays : 24,5 % des habitants sont à risque de pauvreté ou d’exclusion sociale. Elle est aussi la plus en proie au dépeuplement.

    Perché dans la montagne en face de Tempa Rossa, le village reculé de Corleto Perticara ne fait pas exception. « Ici on produit du pétrole, de l’énergie éolienne, mais ce n’est pas pour autant que les habitants sont devenus plus riches », déplore Giorgio Santoriello, dont l’association Cova Contro (https://covacontro.org) surveille les conséquences environnementales de l’extraction de pétrole dans la région. À Corleto, on vit d’agriculture et d’industrie. Pas un hôtel à l’horizon, mais quelques chambres d’hôtes qui accueillent les employés de la multinationale de passage.

    Parmi les 2 300 villageois, nombreux sont ceux à compter sur « la » Total, comme ils l’appellent. « Si je ne travaille pas là, je travaille où ? Il n’y a pas d’alternative... Et avec des enfants, c’est compliqué », dit Fabio. Pour Giorgio Santoriello, « les gens d’ici se sont fait berner par l’argent facile, sans penser au coût social, environnemental, sanitaire et même politique. Cela bouleverse la réalité locale, et nous ne sommes plus maîtres de notre territoire ».

    https://reporterre.net/Revelations-sur-TotalEnergies-On-manipulait-des-produits-toxiques-comme-

    #Apennins #pétrole #Italie #montagne #industrie_pétrochimique #champ_pétrolier #Basilicate #Mitsui #Shell #industrie_pétrolière #santé #travail #conditions_de_travail #benzène #cancer #santé_publique #GPL #gisements #Cova_Contro

  • Au Collège de France, « l’urgence à agir » face au dérèglement climatique ne fait pas l’unanimité
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2025/07/08/au-college-de-france-l-urgence-a-agir-face-au-dereglement-climatique-ne-fait

    « Il faut peut-être relativiser cette notion d’urgence », a assuré un membre de l’institution dans le cadre d’une table ronde organisée en juin par une chaire bénéficiant du soutien financier du groupe pétrolier TotalEnergies.

    Par Barnabé Binctin
    Publié le 08 juillet 2025

    Il faut peut-être relativiser l’importance des propos tenus dans les conférences du Collège de France.

  • Pour 2 millions, le Collège de France perd le droit de critiquer Total
    https://revue21.fr/article/college-de-france-total

    Le 13 juin 2025, le #Collège_de_France nous a communiqué ce contrat de 26 pages qui interroge la #liberté_académique dont doit se prévaloir un lieu de savoir. Le texte prévoit que #Total octroie la somme de 2 millions d’euros pour l’animation, de 2021 à 2026, de cette chaire. Chaque année y siège un scientifique qui s’est illustré dans sa discipline, comme l’économiste Christian Gollier ou le professeur d’histoire environnementale Kyle Harper. Une initiative visant à « s’engager et prendre part [au] combat » de la « transition écologique et énergétique » à l’heure de l’« urgence climatique », comme l’indique le site web Avenir Commun Durable.

    En échange de cette donation, le Collège de France a consenti à une clause dite de non-dénigrement, c’est-à-dire qu’il s’engage à s’abstenir de « toute communication directe ou indirecte, écrite ou orale, susceptible de porter atteinte à l’image et à la notoriété » de la multinationale. Laquelle ne voit pas de contradiction à reconnaître, dans le même souffle, que « la réussite, la richesse intellectuelle, l’impact et le rayonnement de l’initiative Avenir Commun Durable reposent sur la réputation d’indépendance […] du Collège de France ».

    https://archive.ph/WMNzR
    #climat #convention #universités

  • #BNP, #Banque_populaire... 20 milliards de dollars ont été investis dans le #chaos_climatique en 2024

    Dix ans après l’Accord de Paris, les banques continuent d’investir massivement dans le dérèglement du climat. C’est ce que démontre le rapport « #Banking_on_Climate_Chaos » (« Miser sur le chaos climatique » : https://www.bankingonclimatechaos.org), réalisé par l’ONG #Reclaim_Finance : 869 milliards de dollars (751 milliards d’euros) ont été engagés dans les #énergies_fossiles en 2024 par les 65 plus grandes banques mondiales. Soit une augmentation de +23 % par rapport à 2023.

    En France, les principales banques à avoir investi dans le développement des énergies fossiles l’an passé sont #BNP_Paribas (5,9 milliards de dollars), le #Crédit_agricole (5,4 milliards), la #Société_générale (4,7 milliards) et la Banque populaire et Caisse d’épargne (#BPCE, 4,2 milliards). Au total, elles cumulent 20,2 milliards de dollars (17,5 milliards d’euros) d’investissements dans des projets climaticides.

    Malgré son arrivée en bas du podium, la Banque populaire affiche « les tendances les plus inquiétantes », souligne Reclaim Climate. La BPCE a augmenté de 133 % ses financements dans le développement de nouveaux champs pétroliers et gaziers en un an.

    Ainsi, la Banque populaire « se distingue en 2024 par des transactions aux pires acteurs du secteur, devenant cette année-là la première banque française à financer #TotalEnergies », pointe Lucie Pinson, directrice de Reclaim Finance.

    https://reporterre.net/BNP-Banque-populaire-20-milliards-de-dollars-ont-ete-investis-dans-le-ch
    #finance #banques #rapport #énergie_fossile #pétrole #investissements

    • Débat dans POL/N sur les tensions entre les nouvelles mesures de sécurité, la lutte contre le terrorisme... et les libertés individuelles. Avec cette question : à quel point sommes-nous entrés dans l’ère de l’ultra surveillance numérique ?

      Mes invités :

      Maître Emmanuel Daoud, avocat au barreau de Paris et près la Cour pénale internationale, avocat de la FIDH, la LDH, RSF, MSF, Notre Affaire à Tous… Membre de l’association Les Jurisnautes, et auteur de plusieurs articles sur le sujet de notre débat.
      Fabrice Epelboin, un des pionniers dans la pensée du numérique en tant qu’objet politique et transformateur de la société. Entrepreneur, innovateur, enseignant, expert en cybersécurité… Il est un défenseur actif – pour ne pas dire un activiste - des libertés numériques, de la neutralité du net, des Creative Commons, de l’eDemocratie… Pour lui, La Tech est un « Combat de Sociétés », pour reprendre la baseline de son podcast « Les Éclaireurs du Numérique ».

      Sommaire :
      01:35 sous surveillance numérique de l’État ?
      04:13 l’opinion publique réclamera plus de sécurité
      05:26 s’il y a des atteintes à la liberté, il faut qu’elles soient proportionnées
      05:43 vers une surveillance panoptique
      06:51 les gens disaient "je n’ai rien à cacher"
      07:32 des garanties juridiques ?
      09:20 loi narcotrafic et menace sur le chiffrement
      11:17 société paranoïaque
      14:05 l’AI Act
      16:02 les dispositifs juridiques ont le mérite d’exister
      16:56 est-ce qu’on va vers une généralisation des abus ?
      17:49 Insécurité vs Sentiment d’insécurité
      19:08 l’affaire Telegram
      22:04 une affaire emblématique
      25:47 la recevabilité des preuves
      26:24 ça c’est l’Etat de droit positif
      27:58 décrépitude démocratique
      29:54 Moi, je suis optimiste