• Au début je voulais faire suivre cette vidéo Ted pour son #time_lapse_audio, montrant comment un jeune anglophone apprend à dire le mot « water » : elle était arrivée dans ma veille pour cela. Et puis en fait je la poste parce que derrière cette petite prouesse, qui ne nous apprend en réalité pas grand chose, il y a un cauchemar technologique. Pour arriver à produire ce time-lapse (et bien d’autres choses), le chercheur et jeune père, #Deb_Roy (du #MIT), a transformé sa maison en aquarium high-tech, chaque instant de la vie familiale étant filmé, enregistré, analysé, data-miné, et les données ainsi collectées cartographiées en étonnantes #visualisations. C’est surprenant, oui, et parfaitement flippant : le Truman Show appliqué à son enfant d’un an, sous les applaudissements du public de la conférence.

    https://www.youtube.com/watch?v=RE4ce4mexrU

    #surveillance_volontaire #vidéo #quantification_de_soi (et de ses proches)

    • L’extension de la recherche à « un groupe social plus large » et l’exemple du repérage d’un « individu influent » (un militant, peut-être ?) associé à un mot ET à son réseau de correspondants est vraiment flippant.
      Et le chercheur d’expliquer benoitement que son étude intéresse les sociologues et ...le gouvernement !

    • Deb Roy - https://en.wikipedia.org/wiki/Deb_Roy

      In 2008, he co-founded and was the founding CEO of Bluefin Labs, a social TV analytics company, which MIT Technology Review named as one of the 50 most innovative companies of 2012.[5] Bluefin was acquired by Twitter in 2013.[6]

      The Laboratory for Social Machines started in 2014 with an investment of $10 million from Twitter over a five year period.[7] The agreement also gives the lab access to all historical Twitter data and access to the firehose of all real-time tweets. The lab aims to “create new platforms for both individuals and institutions to identify, discuss, and act on pressing societal problems.”

  • Le cadeau de Noël du gouvernement aux #internautes : la #surveillance
    http://www.lepoint.fr/chroniqueurs-du-point/guerric-poncet/le-cadeau-de-noel-du-gouvernement-aux-internautes-la-surveillance-26-12-2014

    C’est un cadeau de Noël dont les internautes et les #opérateurs français se seraient bien passés. Le gouvernement a publié mercredi 24 décembre, à la faveur des fêtes de Noël, le décret d’application du très contesté article 20 de la #loi_de_programmation_militaire (#LPM). Ce texte prévoit un accès très vaste des services de l’État aux télécommunications (téléphone, SMS, Internet, etc.) des Français, et à toutes les informations qui transitent par les réseaux nationaux.

    (...)

    La loi de programmation militaire a mis en place un outil de surveillance de la population française qui aurait fait pâlir d’envie les pires #dictateurs de l’histoire. Si nous sommes très loin d’un régime #totalitaire en #France, il n’est pas exclu que des leaders extrémistes disent demain merci au gouvernement #Valls pour leur avoir fourni un tel outil clé en main.

  • L’histoire du bouddhiste qui a fini Sim City | VICE France
    http://www.vice.com/fr/read/l-histoire-du-bouddhiste-qui-a-fini-sim-city

    Ce n’est pas le cas de Vincent Ocasla. Ce type a passé quatre ans à se noyer dans des équations et des graphiques sans fin afin de bâtir la ville de Magnasanti, cité totalitaire qui a atteint les six millions d’habitants, ce qui lui a fait dire qu’il était venu à bout d’un jeu pourtant sans fin. Regardez cette vidéo et prenez peur :

    https://www.youtube.com/watch?v=NTJQTc-TqpU

    #architecture #urbanisme #bouddhisme #grid #totalitaire #démographie #gaming #sim_city

  • Pourquoi ne se révolte-t-on pas ? Pourquoi se révolte-t-on ? | Contretemps
    http://www.contretemps.eu/interventions/pourquoi-ne-se-révolte-t-pas-pourquoi-se-révolte-t

    Ce pessimisme est renforcé par le malaise que suscite chez nombre de philosophes de Francfort réfugiés aux Etats-Unis la rencontre de la #société américaine, dont les #classes populaires semblent accepter l’#exploitation dont elles font l’objet. Ce phénomène est mis sur le compte de mécanismes psycho sociologiques complexes, conduisant à l’intériorisation par les acteurs des valeurs au nom desquelles ils sont exploités. Les philosophes de Francfort, notamment Adorno et Marcuse, mettent l’accent, plus particulièrement, sur le rôle joué dans la société américaine par l’industrie culturelle, le cinéma, les #médias, la #culture de masse, etc. et sur des processus d’acceptation de l’autorité qui passent par la répression sexuelle durant la prime #éducation. Pour un penseur comme Marcuse, le modèle de #domination qui s’est mis en place aux Etat-Unis n’est pas moins #totalitaire que ne le sont le fascisme ou le stalinisme même s’il s’effectue par des moyens moins violents et semble compatible avec des idéaux qui se réclament de la #démocratie. C’est au cours de ces réflexions que se met en place une interprétation de la #violence sociale qui sera reprise et réélaborée par Pierre Bourdieu. Pour comprendre la violence, il ne suffit pas de prendre en compte la violence physique patente, mais aussi la violence symbolique qui aboutit à des résultats similaires, mais de façon dissimulée et avec une acceptation au moins apparente de ceux qui subissent cette violence.

    Vingt ans plus tard, un problème similaire s’est posé à la #sociologie critique française des années 1960-1970. Au début des années 1960, un thème joue un rôle très important dans la sociologie conservatrice et/ou de #gauche sociale-démocrate. C’est le thème de la fin des idéologies, développé notamment en France par Raymond Aron. Et celui de la fin de la lutte des classes. Selon ces théoriciens conservateurs, le monde occidental est entré dans une « société de l’abondance », qui annonce la dissolution progressive des classes sociales (au profit d’une grande classe moyenne) et l’affaiblissement des luttes de classes. Des sociologues, comme l’anglais John Goldthorpe, décrivent ainsi le nouvel ouvrier de la société de l’abondance, qui a abandonné le projet d’émancipation par la révolution, au profit d’efforts visant à s’intégrer à la société sociale-démocrate, combinaison d’étatisme et de marché, par le truchement de l’école, par la mobilité sociale et par l’accès à la #consommation.

    La sociologie critique, qui se redéploie au cours des années 1960-1970, cherchera des arguments pour contrecarrer ce schème. Elle cherchera à montrer que les inégalités et la domination sont toujours aussi importantes. Mais elle doit aussi expliquer pourquoi ces #inégalités et cette domination n’entraînent pas un niveau plus élevé de contestation et de révolte. C’est dans ce contexte de lutte idéologique que se mettent en place les nouvelles théories de la domination qui mettent l’accent sur le rôle joué par les institutions culturelles et, particulièrement, par l’école, sur les processus de diffusion et d’intériorisation de la violence symbolique.

    C’est, au moins pour une part, par rapport à ce genre de problème qu’il faut comprendre certains des concepts développés par Pierre Bourdieu, particulièrement à propos de l’école, comme ceux de légitimité, de culture légitime et d’intériorisation de la domination. Pour dire vite, l’un des effets de l’inculcation scolaire serait d’amener les acteurs à intérioriser et même à incorporer les schèmes d’une culture légitime. Or, c’est par l’intermédiaire de cette intériorisation et de cette incorporation de la culture légitime que les acteurs dominés en viendraient à accepter comme normale la domination dont ils font l’objet.

    • L’injustice : les fondements sociaux de la soumission et de la révolte
      – Présentation d’un livre de Barrington Moore, Jr. (1978)-

      https://collectiflieuxcommuns.fr/spip/spip.php?article373

      La capacité humaine à supporter souffrances et abus est impressionnante, même tragiquement impressionnante. [Il note également que sans cette capacité, l’humanité aurait disparu depuis longtemps.] D’ailleurs, cette donnée se trouve au cœur des questions abordées tout au long de cet ouvrage. Dit dans un sens légèrement différent, c’est justement cette capacité qui est à l’origine de ces questions, puisque les réactions aux abus dépassent de loin le simple réflexe. Mais si la capacité à endurer des abus est aussi grande, sous quelles conditions et pourquoi les êtres humains cessent de les supporter ?

      L’auteur propose des critères permettant d’identifier les situations qui donneraient universellement naissance à un sentiment d’injustice sociale.

      1)La situation soulève généralement de l’indignation dans la culture occidentale moderne.

      2)La situation soulève également un sentiment d’indignation morale dans certaines sociétés non occidentales, tant des sociétés sans écriture que des sociétés évoluées comme la Chine ou l’Inde.

      3)Dans une situation où l’on s’attendrait normalement à rencontrer des réactions d’indignation morale mais d’où elles semblent absentes, on devrait aussi trouver des mécanismes sociaux et psychologiques qui profitent de la plasticité de la nature humaine pour inhiber la colère et l’indignation.

  • On peut dire sans hésitation que le vrai fascisme, c’est le pouvoir de cette société de consommation

    Pier Paolo Pasolini

    http://www.dailymotion.com/video/xt5e47_pasolini-fascisme-et-societe-de-consommation_webcam


    Une excellente analyse par Max Leroy
    http://ragemag.fr/pasolini-et-le-fascisme-de-la-consommation-25786

    Le régime instauré par le Parti national fasciste était, à l’image de son Guide, bouffon, grotesque et obscène : quincailleries antiques, aigles en feuilles d’or, parades de carnaval et gestuelle pathétique d’un chef d’orchestre sans génie. Et #Pasolini d’estimer que les deux décennies de tyrannie n’eurent au final qu’un impact réduit sur le peuple italien : l’âme du pays n’en fut pas transformée dans ses profondeurs. « Les différentes #cultures particulières (#paysannes, #sous_prolétariennes, #ouvrières) continuaient imperturbablement à s’identifier à leurs modèles, car la répression se limitait à obtenir leur adhésion en paroles. » Le #consumérisme, qu’il identifiait donc à une nouvelle forme de #fascisme (en ce qu’il pénètre les cœurs du plus grand nombre et ravage durablement, sinon irrémédiablement, les #sociétés qui lui ouvrent les bras), se montra en réalité bien plus destructeur : « Aucun #centralisme_fasciste n’est parvenu à faire ce qu’a fait le centralisme de #la_société_de_consommation. Le fascisme proposait un #modèle #réactionnaire et monumental mais qui restait lettre morte. De nos jours, au contraire, l’adhésion aux modèles imposés par le centre est totale et inconditionnée. On renie les véritables modèles culturels. L’abjuration est accomplie. On peut donc affirmer que « la tolérance » de l’#idéologie_hédoniste voulue par le nouveau #pouvoir est la pire des #répressions de l’histoire humaine. »

    Sous couleur de #démocratie, de #pluralité, de tolérance et de bien-être, les #autorités #politiques, #inféodées aux #pouvoirs #marchands, ont édifié un système #totalitaire sans nul autre pareil. L’Histoire est facétieuse lorsqu’elle se rit des paradoxes : Mammon réalisa le rêve de Mussolini. En #uniformisant tout un peuple, le premier mena à bien les desseins les plus fous du second, qui ne sut ni ne put aplanir l’Italie sous les bottes d’un Empire. « Le fascisme, je tiens à le répéter, n’a pas même, au fond, été capable d’égratigner l’âme du peuple italien, tandis que le nouveau fascisme, grâce aux nouveaux moyens de #communication et d’#information (surtout, justement, la #télévision), l’a non seulement égratignée, mais encore lacérée, violée, souillée à jamais. »

    (...)

    L’ouvrage #Divertir pour #dominer (2010) a justement mis en relief « l’ampleur et la sophistication des procédés mis en œuvre par les #industries dites #culturelles pour forger les consciences aux valeurs de l’#hypercapitalisme » : #massification_des_désirs (via l’#endoctrinement_publicitaire), grégarisation sous couvert d’#individualisme, appauvrissement du #lien #social, #mimétisme collectif, #aliénation des #consciences… Ce #dressage généralisé est notamment rendu possible par la #télévision, que Pasolini percevait comme un instrument « #autoritaire et répressi[f] comme jamais aucun moyen d’information au monde ne l’a été » (à l’évidence, le téléviseur n’asservit pas en soi et il serait sans doute possible d’en faire un usage émancipateur s’il ne se trouvait pas « au service du Pouvoir et de l’#Argent »).

    (...)

    Le succès du #régime_consumériste tient en ce qu’il n’a pas recours aux matraques, chères aux gouvernements autocratiques (des monarchies à l’URSS), pour #dresser ses #domestiques. La mise au pas est assurée sans que le sang ne soit versé. #Servitude_volontaire, ou presque : le #capitalisme à la papa, #bourgeois et bedonnant, cigare d’une main et fouet de l’autre, sent la naphtaline ; le voici lifté et relooké, hype et in, cherchant à susciter partout le #désir de ses #sujets. « La fièvre de la #consommation est une fièvre d’obéissance à un ordre non énoncé », énonçait Pasolini en 1974. Un ordre qui, pour reprendre la formulation de Dufour, « réduit l’humanité à une collection d’individus calculateurs mus par leurs seuls intérêts rationnels et en concurrence sauvage les uns avec les autres » (Le Divin Marché) : les églises se sont vidées au profit des centres commerciaux, le salut individuel passe par les biens matériels et les peuples cèdent la place aux troupeaux…

    (...)

    Pasolini s’étonnait, dans ses Lettres luthériennes (sous-titrées Petit traité pédagogique), de l’absence de réactions des #communistes et des #antifascistes, au cours des années 60 et 70, face à l’#hégémonie_marchande et à la #standardisation de l’espèce humaine – #mutation_anthropologique à ses yeux historiquement unique. Cette évolution, que l’on prenait soin de nommer « développement », le répugnait tant qu’il alla jusqu’à utiliser, de façon polémique et nécessairement ambiguë, le terme de « génocide » afin de mettre en évidence le caractère criminel d’un tel #système #économique. Le torrent #ultralibéral et #productiviste charrie l’#éradication des #cultures, des modes de vie, des #particularismes et des #valeurs #millénaires, transformant ainsi les #humains en « #automates laids et stupides, adorateurs de fétiches ». Il signe la mise à mort du petit #peuple cher à l’#écrivain – ce peuple des faubourgs et des champs, des nippes reprisées et des mains râpées, ce peuple qu’il conviait à sa table, autour d’une rime ou d’un tournage.

    Bibliographie :

    –Les écrits corsaires (lecture indispensable) collection Champs-Flammarion

    –Les lettres luthériennes collection Points

    #Capitalisme #Libéralisme #Fascisme #Pier_Paolo_Pasolini #Livres #Vidéo #Italie

    • Je pense pas qu’on puisse dire que le consummérisme est une nouveau fascisme. Le pouvoir des industries culturelle est grand, et il peu être au service de différentes idéologies. Point. Il n’en reste pas moins que ce n’est pas l’hédonisme le coupable, ou le fait que les gens consomme (car ils ont des besoins, ou qu’on leu fait croire), mais bien, qu’il y a des gens qui empêche d’accéder a ce qu’on a besoin par d’autres moyens que la consommation (comme le partage du travail et de la production) et que des gens organise des besoins a partir d’une « bonne capacité » à gérer notre environnement en faveur de leurs intérêts.
      Je crains qu’il y est en fait bcp d’aspect réactionnaire dans ces confusions sur le « consummérisme ».

  • Démocrature, démoctature, la #démocratie vue par nos "maîtres" ! - Blog de gilles bonafi
    http://gillesbonafi.skyrock.com/2978511287-Democrature-democtature-la-democratie-vue-par-nos-m

    En ce qui me concerne, je préfère le terme "démoctature", plus dictature que démocratie et dont Aldous Huxley a donné la meilleure définition :
    "Un #État #totalitaire vraiment « efficient » serait celui dans lequel le tout-puissant comité exécutif des chefs politiques et leur armée de directeurs auraient la haute main sur une population d’esclaves qu’il serait inutile de contraindre, parce qu’ils auraient l’amour de leur servitude. »

    Et l’amour de sa servitude, c’est justement le programme du #MEDEF : http://slovar.blogspot.com/2011/02/le-medef-sinitie-la-soumission.html

    La fabrique du consentement tourne à plein régime, on dirait : http://www.acrimed.org/article3010.html