• Idées | Ce que les manifestations des « cafards » en Inde révèlent sur l’autoritarisme numérique | Le Devoir
    https://www.ledevoir.com/opinion/idees/997991/ce-manifestations-cafards-inde-revelent-autoritarisme-numerique

    Les événements de ces dernières semaines révèlent une évolution qui dépasse les revendications étudiantes : l’émergence d’un mode de gestion de la contestation où la violence policière, la surveillance assistée par l’intelligence artificielle (IA) et les instruments numériques de contrôle se renforcent mutuellement.

    (…)

    Dans les jours qui ont suivi, la police de Delhi a déployé autour du site de protestation une infrastructure de surveillance dont la sophistication aurait semblé exceptionnelle il y a encore une décennie. Tours de surveillance, reconnaissance faciale assistée par l’IA, caméras à 360 degrés, caméras-piétons, unités mobiles et même lunettes intelligentes Meta ont créé un environnement dans lequel presque chaque déplacement des manifestants pouvait être enregistré, analysé et archivé. Après les affrontements, la police a indiqué que ces images seraient recoupées avec des bases de données criminelles afin d’identifier les personnes soupçonnées d’y avoir participé.

    #IA #totalitarisme

  • #Errances_paramédicales. Une perspective féministe sur la #naturopathie

    Une copine consulte une naturopathe pour sa fibromyalgie, une collègue accompagne son père malade d’un cancer avec une plante recommandée par un praticien, une autre s’est formée dans une école quelque temps par curiosité, une quatrième essaie d’en vivre.

    Doctrine historiquement réactionnaire et mystique, la naturopathie s’épanouit aujourd’hui dans le marché du #bien-être et attire particulièrement les #femmes et #minorités_de_genre. Tentative pour injecter quelques enjeux du féminisme dans l’analyse de cette thérapeutique.

    Ce texte est issu du dernier numéro de la revue papier Jef Klak, intitulé « Lait de vache », qui s’intéresse au fait d’ingérer et de digérer.

    Médecines douces, naturelles, non conventionnelles, complémentaires, alternatives, bordent le système de santé publique. Femmes et minorités de genre sont particulièrement nombreuses à butiner un peu ou beaucoup parmi ces propositions thérapeutiques à portée de main, avec la conscience de chercher quelque chose dans le dos du corps médical.

    Cette #quête s’opère souvent dis­crètement. Les débriefs de couloir et d’arrière-cuisine sont des espaces de confiance féminine où ces questionnements et expériences se partagent, mais les discussions autour des #souffrances de #santé ne se jouent pas sur la place publique. Ce #silence est entretenu par le fait que les #pratiques_thérapeutiques dites naturelles se sont développées loin de la #recherche_scientifique sur la santé et font l’objet de critiques acides de la part du corps médical, qui les qualifient de charlataneries, de #fake_meds, de pratiques sectaires. Alors comment penser le recours important des femmes et des minorités de genre à ces thérapeutiques au statut incertain ?

    Revenir sur l’histoire occidentale de la naturopathie depuis une perspective féministe pourrait nous aider à mettre au jour les enjeux politiques autour de la santé des femmes et des #promesses que certaines médecines naturelles nourrissent à cet endroit.

    #Jésus-Christ et #Bouddha naturopathes

    L’histoire de la naturopathie 1 commence à la fin du XIXe siècle, alors que la #médecine_microbiologique de Pasteur, la compréhension du germe et la généralisation du principe de la #vaccination contribuent à résorber de nombreuses maladies. La prophylaxie mise en place par les États conduit à l’amélioration de l’état de santé général. Parmi les courants hygiénistes qui se développent2, certains portent une vision plus mystique. En Allemagne et en Suisse, un mouvement appelé le #Lebensreform rassemble penseurs, artistes et poètes3 autour d’un projet vitaliste de défense d’un mode de vie proche de la nature, jugé plus sain que celui de la société industrielle, et qui passe par des régimes alimentaires végétariens ou des pratiques du corps comme le #yoga. Le néologisme hellénisant naturopathie apparaît aux États-Unis dans les années 1900. Il désigne « les maux par la nature » tout en jouant avec une image : nature’s path, « le chemin de la nature ». #Benedict_Lust, chiropracteur allemand émigré aux États-Unis, le reprend pour nommer l’école qu’il fonde en 1902 à New York : l’#American_School_of_Naturopathy.

    La doctrine naturopathique essaime en Europe. Autour de praticiens réputés charismatiques, les récits de #guérisons_miraculeuses s’accumulent. En Allemagne, cette doctrine est adoptée par les instituts de #médecine_naturelle qui ouvrent depuis la fin du XIXe siècle (l’Université libre des médecines naturelles de Berlin est fondée en 1892). #Pierre-Valentin_Marchesseau l’adapte pour la France à partir des années 1940. Le « père fondateur » français affirme que « la naturopathie est l’art et la science de préserver, optimiser ou recouvrer sa santé par des moyens naturels. » Auteur prolifique (La Santé sans médicament par la naturopathie, Qu’est-ce que la naturopathie ?, Ni médecin, ni guérisseur, le naturopathe est avant tout un hygiéniste, Jésus-Christ naturopathe), il enseigne à partir des années 1960 et jusqu’aux années 1980 une discipline hygiéniste fondée sur une #mystique_du_corps, tout en commercialisant une gamme d’#aliments_biologiques avec la société #Vitagerminels.

    Dans sa thèse, la sociologue Anahita Grisoni relate qu’au cours du XXe siècle, la naturopathie se développe en plusieurs courants. Plus institutionnalisée en Allemagne, elle se maintient en France comme une pratique marginale surtout présente dans les milieux ruraux. Acclimatée à la pensée New Age4 qui se développe, ses repères idéologiques et ses postures thérapeutiques montrent un goût pour l’orientalisme. Les acteur·ices de ces courants invitent un renouvellement du rapport au corps et à la santé. Récemment, iels se sont structuré·es autour d’écoles agréées, d’associations et de syndicats, et la décrivent désormais comme une médecine manuelle et prescriptive, qui fait la synthèse entre les méthodes naturelles de santé. Au sein du réseau de la naturopathie, certain·es défendent son caractère alternatif et contre-culturel, d’autres l’envi­sagent comme étant complémentaire à la médecine publique et ont obtenu qu’elle soit reconnue par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) comme une « médecine non conventionnelle », aux côtés des médecines chinoise et ayurvédique.

    L’expression fait côtoyer toutes sortes de médecines, populaires, savantes ou autochtones, mais la naturopathie a une histoire propre, bien distincte de celle des savoirs empiriques et situés des pharmacopées traditionnelles.

    Un socle idéologique persistant

    Nombre de praticien·nes ne se réfèrent pas aux préceptes posés par les fondateurs. Iels bricolent entre plusieurs manières d’envisager le corps et la santé et entre des pratiques hétérogènes : phytothérapie 5, prescriptions alimentaires, massages, réflexologie, iridologie6.

    Que dire alors d’une thérapeutique aussi plastique dont les pratiques comprennent des références scientifiques à l’anatomie et à la nutrition, mais aussi des notions ésotériques ?

    La thérapeutique est pourtant difficile à saisir sans la situer dans l’histoire doctrinaire qui la balise et lui donne sens. Les programmes des écoles de naturopathie, labellisées par la Féna (Fédération des écoles de naturopathie), comme les présentations des praticien·nes, mentionnent systématiquement un socle idéologique : causalisme, vitalisme, humorisme, hygiénisme, holisme7. Derrière ces mots obscurs et pour certains surannés se dresse une conception du corps héritée des hygiénismes du XIXe siècle. Le corps est mu par une force vitale, principe spirituel et métabolique, qui se réalise dans un équilibre sans cesse menacé par la surcharge et l’accumulation de toxines.

    Les courants hygiénistes vitalistes du XIXe siècle sont animés par un dégoût esthétique des grandes villes, dans lesquelles arrive une population rurale appelée à travailler dans les industries périurbaines. Ces travailleur·ses mal logé·es, paupérisé·es, vulnérables aux épidémies et aux maladies professionnelles, inspirent chez les tenant·es de l’hygiénisme un sentiment de dégénérescence liée à l’urbanité. Iels en conçoivent une vision inquiète du corps, souillé au niveau intestinal comme moral par un environnement et une alimentation produites par la modernité industrielle. Il faut chercher à éviter les poisons, sinon les expurger. La Nature y est une idée forte : elle devient une source de valeurs qui stimule et oriente des programmes thérapeutiques. Maintenir son corps sain, c’est le discipliner par des moyens naturels, comme l’héliothérapie ou l’hydrothérapie8.

    Les courants hygiénistes, creusets des médecines dites naturelles, établissent un lien entre le corps et l’état de l’environnement. La façon dont ils problématisent la santé pose les bases d’une écologie corporelle qui résonne avec les menaces écologiques contemporaines de pollutions du sol et de l’air. Ces médecines s’insèrent aisément dans le très contemporain thème du retour à la terre9.

    Une capture des vulnérabilités

    L’autorité que cette doctrine donne historiquement à la nature devrait activer une alarme féministe. Selon la sociologue Colette Guillaumin, la référence à cette « grande organisatrice et régulatrice des rapports humains10 » est un vieux levier réactionnaire pour légitimer l’ordre social et sexuel. Et à raison : plusieurs des représentant·es les plus visibles et médiatisé·es de la naturopathie associent leur discipline de santé par les moyens « naturels » à un discours nettement traditionaliste, insistant sur la différence sexuelle, assignant les personnes qui y ont recours à leur rôle de genre, diffusant plus ou moins explicitement un rejet de l’homosexualité11. Relire l’émergence de cette thérapeutique à partir de ses principes mystiques et conservateurs donne des sueurs froides.

    Le recours banalisé à la nature ne vaut pas pour autant adhésion à l’idéologie réactionnaire ; il est souvent sélectif et critique. Mais un autre malaise fait son chemin. Dans le monde de la naturopathie, des parcours de reconversion et de formation jusqu’aux usager·es, les femmes sont surreprésentées. Endométriose, fibromyalgie, Covid long, dépression : les souffrances corporelles et psychiques que proposent d’adresser celleux qui exercent ont en commun de faire l’objet d’une mauvaise prise en charge médicale. Les maladies chroniques ou les problèmes gynécologiques, ces souffrances marquées des femmes et minorités de genre, sont mal diagnostiquées et soignées. Ces dysfonctionnements ne révèlent pas une négligence marginale, mais un sexisme structurel qui agit depuis les angles morts de la recherche scientifique jusqu’à la position autoritaire et infantilisante des médecins « sachants », en passant par l’organisation gestionnaire du système médical public.

    Les brochures des naturopathes et praticien·nes des médecines non conventionnelles racontent en creux la solitude, les symptômes mal identifiés ou psychologisés, l’errance médicale. Elles racontent les stress particuliers qui touchent au médicament : les trai­tements aux résultats décevants, la crainte des effets secondaires, le manque de transparence, d’information, de reconnaissance des affects et des compétences des personnes soignées. La confiance a aussi été entamée par les scandales sanitaires comme celui du Médiator12, l’escroquerie du Spasfon13, où les industries pharmaceutiques et les pouvoirs publics ont sciemment mis en danger des gens pour engranger des bénéfices à court terme. Ces brochures disent enfin les vulnérabilités historiquement produites par le milieu médical, autant de « zones d’expérience dévastées », pour reprendre l’expression utilisée par Isabelle Stengers dans son Sorcellerie capitaliste14.

    Au regard du coût des formations (12 995 euros pour la formation de quinze mois à l’Institut supérieur de naturopathie), des consultations (entre 60 et 110 euros), des probiotiques et des compléments alimentaires, de l’acquisition ou de la location de machines (osmoseur, physioscan), la surreprésentation des femmes et minorités de genre parmi les usager·es de ces médecines se traduit par une saisie directe de leurs ressources. L’enjeu est économique, mais aussi clinique. Selon la morale vitaliste dix-neuviémiste que diffusent les médecines naturelles, il ne s’agit pas exactement de prévenir ou de guérir la maladie mais de produire plus de vie. Le programme thérapeutique associé à cette idée est assez opaque : évacuer des toxines (mais que sont-elles exactement ?), dynamiser l’organisme, régénérer les cellules (qu’est-ce que cela peut bien vouloir dire ?). Dans ce rapport métaphorisé au corps, la matérialité des maladies s’estompe15. Connaître précisément leur fonctionnement biologique perd de l’intérêt ; la guérissabilité n’est pas nécessairement à l’agenda. Femmes et minorités de genre font ainsi l’expérience d’une autre errance médicale, tout aussi fragilisante, prenant les chemins de traverse enherbés des médecines douces et naturelles, ce qui retarde souvent leur prise en charge médicale.

    L’enjeu de genre autour de l’alimentation est par ailleurs exacerbé. Les médecines naturelles diffusent implicitement ou explicitement une critique de la modernité alimentaire, et avec elle, l’idée selon laquelle on s’intoxiquerait en mangeant mal, que des aliments comme le sucre seraient « meurtriers » quand d’autres prolongeraient la vie16. Le rapport à soi encouragé par ce programme thérapeutique pousse à une amélioration constante de son alimentation et de son hygiène, gage d’une aptitude à la santé et à la vitalité. Chez une population féminine historiquement sujette aux privations et à un contrôle social permanent exercé sur ce qu’elle mange, la discipline de la bonne alimentation est un pipeline menant droit à des conduites à risque, comme l’orthorexie17. C’est également majoritairement aux femmes qu’incombe la responsabilité de l’alimentation des enfants, et pour elles les injonctions sophistiquées à parfaire son alimentation peuvent déboucher sur des préoccupations sans fin. L’essor de thérapeutiques onéreuses et incertaines dans leurs effets cliniques capture ainsi les multiples vulnérabilités féminines.

    Réappropriations féministes de la santé

    Le sexisme structurel du milieu médical a fait ­l’objet d’une longue et intense lutte féministe. Celle-ci a montré comment la professionnalisation et la masculinisation de la médecine en Europe avait dépossédé les femmes de leurs savoirs et du contrôle de leur corps18.].

    Elle a pris pour objet le rapport de pouvoir, paroxystique à ­l’endroit de la gynécologie, haut lieu des violences sexistes et sexuelles et du bafouement du consentement. Pour échapper à la soumission à l’autorité du médecin sachant, des groupes sont nés aux États-Unis et en France dans les années 1970 et ont expérimenté l’autogynécologie19. L’incroyable Our Bodies, Ourselves est publié en anglais en 1971, puis traduit et adapté en France sous le titre Notre corps, nous-mêmes en 197720. Ce manuel a aidé à poser les bases d’une réappropriation féministe des questions de santé, aussi appelée self-help : connaître son corps, s’auto-examiner, se débarrasser de la honte, faire circuler la parole, comprendre et pouvoir reproduire un acte médical, avoir son mot à dire sur les procédures, etc. Des groupes locaux du Mouvement pour la liberté de l’avortement et de la contraception (MLAC) au Planning familial, ces expérimentations nées dans les années 1970 ont propulsé un grand mouvement féministe d’éducation populaire en matière de santé sexuelle et de sexualité, dont les actions récentes contre les violences gynécologiques et obstétricales renouvellent la nécessité21.

    Les luttes écoféministes, en prenant pour thème l’alimentation, la santé, l’environnement ou l’industrie nucléaire, ont aussi largement mis en cause l’association néfaste entre les femmes et la nature. Elles ont retourné cette dévalorisation conjointe pour en faire un élément critique de compréhension de nos expériences individuelles et collectives. Pour les militant·es écoféministes, le fait de « se réapproprier ce qui a été distribué du côté de la féminité22 » relève d’un essentialisme stratégique. Aucune vision idéalisée et harmonieuse des femmes dans la nature ici : les pratiques, les luttes et les écrits écoféministes montrent une mobilisation conflictuelle, instable et renégociable, critique sur les ambiguïtés qu’elle peut recouvrir.

    S’adressant à un ensemble de problématiques de santé des femmes, les médecines naturelles convoquent elles aussi l’association entre femme et nature, mais elles la font basculer sur un versant essentialiste, et non critique. Très empreintes d’une pensée de la différence sexuelle, mettant l’utérus au centre de la vie psychique et subjective des femmes, elles ravivent l’idée tenace que les femmes sont plus « naturelles » que les hommes, qu’elles sont « naturellement spécifiques » pour le dire avec les mots de la sociologue Colette Guillaumin23.
    Sorcières naturopathes et autonomie féministe

    L’antagonisme est fort entre l’histoire des luttes féministes autour de la santé et le développement historique des médecines naturelles. Pourtant en Allemagne, des femmes ont créé un regroupement de naturopathes féministes, le réseau des Frauenweise, les « femmes sages24 ». En Suisse, le Dispensaire des femmes, un centre de santé autogestionnaire autour de la santé sexuelle et reproductive ouvert entre 1978 et 1987, a très tôt mis la naturopathie en pratique. Rina Nissim, membre du Dispensaire et militante du Mouvement de libération des femmes genevois, publie en 1994 Le Manuel de gynécologie naturopathique à l’usage des femmes chez la maison d’édition féministe Mamamélis. Ce manuel est une référence dans les groupes Santé-femmes25 et au-delà. Comment la naturopathie, doctrine et mystique de santé historiquement réactionnaire, aujourd’hui bien plus intégrée au marché du bien-être qu’au militantisme de la santé, a-t-elle pu croiser l’histoire du féminisme ?

    Figure centrale de cette jonction, Rina Nissim raconte cette réappropriation féministe de la naturopathie comme une façon hétérodoxe de pratiquer la doctrine sans hériter de ses aspects réactionnaires. Elle propose de redéfinir la santé des femmes en valorisant leur autonomie ; la promesse est séduisante.

    « Pour moi, ce qui est central c’est qu’on se réapproprie sa santé, qu’on ait envie de reprendre un petit peu les choses en main. Or, je prétends que la médecine par les plantes, la phytothérapie, c’est une chose que chacune peut se réapproprier, c’est du niveau de la cuisine. Si une femme ose mettre du romarin sur son plat pour le rendre plus digeste, si elle prend du bicarbonate de soude qu’elle met dans la fondue pour diminuer l’acidité de ce plat, je prétends qu’elle est à deux doigts de faire une recette populaire pour la toux de son fils et qu’il suffit de peu pour qu’elle fasse aussi une petite préparation pour elle-même. Alors, si on peut lui rendre accessible cette possibilité et en même temps l’aider à se rendre compte qu’un certain nombre de ses maladies sont liées à sa position sociale, à savoir à son oppression en tant que femme, si on arrive à lui faire prendre conscience de cela et qu’à la fois on lui donne un ou deux outils simples et efficaces, il peut se passer quelque chose de sensationnel. Et cela, c’est féministe. C’est le but de mon travail26. »

    Les luttes féministes sur la santé fabriquent des dispositions collectives : être indocile par rapport au contrôle autoritaire exercé par l’institution médicale, sentir le besoin de se réapproprier son corps, savoir qu’une connaissance empirique de soi est possible et peut aiguiller les choix de santé, avoir du goût pour l’expérimentation à plusieurs.

    La naturopathie réinventée de cette façon depuis le féminisme voudrait la placer comme un cadre qui favorise ces dispositions. Elle se définit comme une pratique empirique de soi : observer ce que ça fait de manger ceci, d’arrêter de manger cela, ce qui marche par rapport à un état, une souffrance physique ou psychique. La façon dont cette naturopathie féministe cherche à hacker sa propre doctrine réactionnaire peut être un malentendu fécond, une façon de la voler à sa propre histoire. Mais il faut mesurer le risque pris, et s’interroger honnêtement sur les bénéfices de cette confusion.

    Les positions de Rina Nissim résonnent avec ce qu’Ivan Illich appelle l’autonomie-santé, qui renvoie au fait de trouver les conditions d’une indépendance vis-à-vis du système médical et pharmaceutique industriel. Elle défend le projet d’une médecine populaire qui s’appuie sur les savoirs locaux et les relais féminins de transmission, pour bâtir une alternative à une médecine patriarcale. Savoirs et pratiques locales sont valorisées comme des viviers de pratiques alternatives supposées échapper « aux impasses et nuisances perçues dans la médecine officielle27 ».

    Ce féminisme de la santé met fondamentalement au centre la posture de santé et la responsabilité de l’usager·e. Et dans l’idée attrayante d’une santé qui passe par des comestibles et des gestes accessibles et quotidiens, la valeur que prend la nature tient à une promesse de simplicité. Or les pratiques thérapeutiques liées aux plantes et à l’alimentation sont extrêmement complexes à mettre en œuvre et à maîtriser. Plus critiquement encore, la plupart des gros enjeux de santé qui touchent les femmes et les minorités de genre, handicapées, malades chroniques, etc., ne peuvent pas être résolus par des moyens à portée de main. Tandis que la pandémie de Covid-19 a vu les femmes surexposées au risque de Covid long, les représentant·es des médecines naturelles valorisaient des solutions qui masquaient les enjeux vitaux et diffusaient des conceptions validistes et individualistes de la santé. L’éloge de l’autonomie par l’alternative peut s’articuler insidieusement à la destruction néolibérale du système de santé publique et au définancement d’associations de santé comme le Planning familial. Il fonctionne à merveille avec le marché du bien-être et la capture mercantile des vulnérabilités28.

    Une question forte demeure : quelle autonomie voulons-nous porter ? La valorisation du self-help, liant autonomie et pouvoir autour de sa propre santé, prend un sens particulier au sein des groupes Santé-femmes, qui portent une pratique féministe communautaire pensant ensemble santé individuelle et environnement sociopolitique. Le self-help réduit l’impuissance que charrient les problèmes de santé. Pour autant, il ne peut pas défaire seul l’association entre savoir et pouvoir que le corps médical monopolise et qui cimente son fonctionnement sexiste et patriarcal.

    Si les compositions politiques expérimentées dans l’autogynécologie et les groupes Santé-femmes sont un modèle d’autonomie, d’autres interprétations féministes et d’autres compositions politiques sont possibles et semblent même nécessaires. L’anthropologue mexicaine Denisse Guerrero Márquez, activiste au sein du collectif Nuestra Salud Feminista, propose de bâtir une épidémiologie féministe29 qui nous permettrait de penser les processus santé-maladie30 dans un cadre stratégique qui ne soit pas celui de l’alternative, mais celui d’une réappropriation féministe d’une science médicale pluralisée et conflictualisée. Un tel projet mettrait au centre d’autres questions : comment accéder à la littérature médicale et aux données scientifiques, nous former tout en travaillant à les mettre en perspective collectivement31 ?

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    Quelques ressources :

    « Ne plus subir le médical. Discussion avec des membres d’un groupe “Santé-femmes”, propos recueillis par Naïké Desquesnes, Z : Revue itinérante d’enquête et de critique sociale 2016 (n° 10), Éditions de la dernière lettre, p. 180-185 ; le documentaire Regarde, elle a les yeux grand ouverts de Yann Le Masson (1980). L’Auto-examen, un geste de santé, édité par le Centre de santé des femmes de Montréal (Éditions du remue-ménage),
    la brochure S’armer jusqu’aux lèvres à lire ici, et enfin l’ouvrage de Lucile Queré, Un corps à nous. Luttes féministes pour la réappropriation du corps, Presses de Sciences Po, 2023.

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    Notes :
    Cette histoire s’appuie sur la thèse de sociologie rédigée par Anahita Grisoni, « Sous les pavés, la terre : culte du bien-être et nouveaux métiers. La naturopathie en transformation à la conquête du marché », éditions EHESS, 2011. ↩
    Voir dans ce numéro l’entretien avec Hourya Bentouhami, « La nation est obsédée par la manière dont les gens mangent », p. 26, ainsi que Ni Dieu ni maître, ni viande ni alcool, p. 52. ↩
    Parmi eux, on peut citer Adolf Just, Louis Kuhne, Karl Wilhelm Diefenbach, Hugo Höppener ou encore Gustav Gräser, mais aussi Rudolf Steiner, le fondateur de l’anthroposophie. ↩
    Courant spirituel occidental apparu dans les années 1960, le New Age est un syncrétisme entre les spiritualités et médecines orientales, intégrant des éléments du bouddhisme et des médecines savantes, essentiellement chinoises et ayurvédiques reprenant les notions de réincarnation, de karma, de chakras et d’énergie. La médecine ayurvédique, originaire d’Inde, est fondée sur la théorie selon laquelle les maladies résultent d’un déséquilibre des forces vitales (prana), et vise à rétablir l’équilibre de l’organisme. ↩
    Nom donné aux diverses pratiques de santé qui impliquent l’usage de plantes. ↩
    La réflexologie est une pratique de santé utilisant le massage de zones censées correspondre à des organes ou fonctions physiologiques. L’iridologie est le nom d’une pratique fondée sur l’observation de l’iris. ↩
    Le causalisme suppose que nos symptômes résultent d’une cause qu’il faut considérer en priorité. Le vitalisme envisage la vie comme de la matière animée d’une force vitale. L’humorisme vient de la médecine d’Hippocrate qui envisage la santé comme variant selon l’équilibre des humeurs (le sang, la bile, l’atrabile, la lymphe). Les thérapies holistiques prétendent soigner en tenant compte de la « globalité de l’être humain ». ↩
    L’hydrothérapie désigne un ensemble de pratiques qui mobilisent l’eau, le bain dérivatif ou le bain de siège. L’héliothérapie prône l’exposition corporelle totale à la lumière du soleil pour guérir les maladies. ↩
    « Naturopathie et écofascisme. Quand l’extrême-droite se mêle de santé et d’environnement », Ruptures, printemps 2007. ↩
    Colette Guillaumin, Sexe, race et pratique du pouvoir. L’idée de nature, côté-femmes éditions, 1992, p.61. ↩
    On peut citer plusieurs de ces figures charismatiques à la tête de modèles économiques juteux. Irène Grosjean prône le bain de siège, l’alimentation crue, les purges, le jeûne en même temps que les thérapies de conversion, et responsabilise les femmes des violences sexistes et sexuelles qu’elles subissent. Thierry Casasnovas tient des positions masculinistes hostiles aux droits reproductifs, et désinforme au sujet de la contraception et de l’avortement. Le collectif l’Extracteur mène une veille sur ces réseaux traditionalistes, voir le site du collectif . ↩
    Voir la BD Mediator – Un crime chimiquement pur d’Irène Frachon, Éric Giacometti et François Duprat. Delcourt, 2023. ↩
    Voir le livre Pilules roses de Juliette Ferry-Danini sur le Spasfon, majoritairement prescrit aux femmes sans qu’aucun résultat clinique n’ait été prouvé. ↩
    Isabelle Stengers et Philippe Pignard, La Sorcellerie capitaliste. Pratiques de désenvoûtement, La Découverte, 2005. ↩
    Susan Sontag, La Maladie comme métaphore, Christian Bourgois, 2009. ↩
    Le sociologue Gilles Tétart décrit la valeur de certains aliments, comme le miel ou la gelée royale, perçus comme pouvant rendre le corps plus vivant. Voir « Consommer la nature et parfaire son corps. Les produits apicoles », Études rurales, 165-166, 2003, p. 9-31. ↩
    Trouble alimentaire caractérisé par une volonté obsessionnelle d’ingérer une nourriture saine et le rejet systématique des aliments perçus comme malsains. ↩
    Silvia Federici, Caliban et la sorcière. Femmes, corps et accumulation primitive, Entremonde, 2014 ; Barbara Ehrenreich et Deirdre English, Sorcières, sages-femmes et infirmières. Une histoire des femmes et de la médecine, éd. Cambourakis, 2015 [1976 ↩
    L’autogynécologie recouvre un spectre de pratiques qui va de la gynécologie médicale – contraception, traitement de pathologies gynécologiques, dépistage du cancer du sein par l’autopalpation, avortement, traitement de la ménopause, sexualité – à la réappropriation du corps et des représentations qui y sont liées. ↩
    Un groupe féministe l’a tout récemment repris et réécrit. Notre corps, nous-mêmes, Hors d’atteinte, 2020. ↩
    Le collectif Stop-VOG anime aujourd’hui cette lutte en levant le silence autour des violences commises par le médecin Émile Daraï, officiant à l’hôpital Tenon. Leur site. ↩
    Expression utilisée par Émilie Hache, dans Reclaim, Anthologie de textes écoféministes, Cambourakis, 2016, p. 25. ↩
    « Du fait que les femmes sont une propriété matérielle concrète, se développe sur elles (et contre elles) un discours de la Nature. On les crédite (comme le croient certaines optimistes), on les accuse (en fait) d’être des êtres naturels, immergés dans la Nature et d’être mues par elle. Des choses vivantes, en quelque sorte. », ibid., p. 80. ↩
    À retrouver ici. ↩
    Groupe de femmes se réunissant afin de mieux connaître leur corps, prendre soin de leur santé et trouver plus d’autonomie, fabriquant ce faisant une auto-expertise collective. ↩
    Catherine Fussinger, Séverine Rey et Marilène Vuille, « S’approprier son corps et sa santé. Entretien avec Rina Nissim », Nouvelles Questions féministes, no 25, Éditions Antipodes, 2006, p. 98-116. ↩
    C’est une expression du collectif Cabrioles. Voir « L’autodéfense sanitaire. Entretien avec le collectif Cabrioles », propos recueillis par Aliènor Bertrand, Patrick Giraudoux et Arnaud Macé dans Les Temps des pandémies, Belin, 2023. ↩
    Nicolas Marquis, Du bien-être au marché du malaise, Presses universitaires de France, 2014, et Katie Thornton, « L’industrie des médecines alternatives voit dans le Covid long une opportunité commerciale », disponible ici. ↩
    Denisse Guerrero Márquez, « Approches théoriques et conceptuelles pour une épidémiologie féministe », traduction effectuée par le collectif Cabrioles, à lire ici ↩
    Expression utilisée par Denisse Guerrero Márquez. ↩
    Un grand merci au collectif Cabrioles dont je reprends ici les pistes et questions posées.

    https://www.jefklak.org/errances-paramedicales

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    déjà signalé ici par @lyco :
    https://seenthis.net/messages/1103951

    • #Anthroposophie et #écofascisme, par #Peter_Staudenmaier

      L’anthroposophie est la religion ésotérique fondée par #Rudolph_Steiner dont les avatars tentaculaires et pseudo-scientifiques infiltrent aussi bien le tissu institutionnel et politique de l’écologie que les milieux de l’agriculture, éducation et médecine alternatives. Son histoire est indissociable du #totalitarisme_raciste.

      Historien et écologiste social, engagé dans le mouvement anarchiste, le mouvement vert, et le mouvement coopératif aux États-Unis et en Allemagne, Peter Staudenmaier est professeur à l’université de Marquette (Wisconsin).

       » En juin 1910, Rudolf Steiner, le fondateur de l’anthroposophie, commença une tournée d’exposés en Norvège par une conférence devant un public nombreux et attentif. Le cycle de conférences était intitulé « La mission des âmes nationales en relation à la mythologie germano-nordique ». Dans les conférences d’Oslo, il présenta sa théorie des « âmes de peuple » ou « nationales » (#Volksseelen en allemand, la langue natale de Steiner) et accorda une attention particulière aux questions mystérieuses de « l’#esprit_nordique ». Les « #âmes_nationales » de l’Europe du Nord et Centrale appartiennent, expliqua Steiner, aux peuples « germano-nordiques », le groupe ethnique le plus spirituellement avancé du monde, qui avait été à l’avant-garde de la plus élevée des cinq « races- racines » historiques. Cette cinquième race-racine supérieure, raconta Steiner à ses auditeurs d’Oslo, était bien sûr la race « #race_aryenne ».

      Si cette cosmologie particulière semble étrangement similaire aux mythes teutons de Himmler et Hitler, la ressemblance n’est pas fortuite. L’anthroposophie et le national socialisme ont tous deux des racines profondes dans la confluence des nationalismes, populismes de droite, romantismes proto-environnementalistes, et #spiritualismes_ésotériques qui caractérisaient une grande partie de la culture allemande et autrichienne à la fin du dix-neuvième siècle. Mais le lien entre la pseudo-religion stratifiée racialement et la montée des nazis va bien au-delà de simples parallèles philosophiques. L’anthroposophie a eu une influence concrète sur l’« aile verte » du #fascisme allemand. En outre, la politique réelle de Steiner et de ses disciples a toujours montré une ligne profondément réactionnaire.

      Pourquoi l’anthroposophie, en dépit de ses éléments racistes évidents et son passé de compromission, continue-t-elle à jouir d’une réputation progressiste, tolérante, éclairée et écologique ? Les détails des enseignements de Steiner ne sont pas bien connus en dehors du mouvement anthroposophique, et dans ce mouvement la longue histoire de l’implication idéologique dans le fascisme est en général refoulée ou carrément niée. De plus, de nombreux anthroposophes ont individuellement gagné du respect pour leur travail dans l’éducation alternative, dans l’agriculture biologique, et dans le mouvement écologiste. Néanmoins, il est regrettable que la collaboration anthroposophique avec une racine spécifiquement “écologiste” du fascisme persiste au XXIe siècle.

      Les groupes anthroposophiques organisés sont souvent mieux connus à travers leur vaste réseau d’institutions publiques. Les plus populaires d’entre elles sont probablement le mouvement des #écoles_Waldorf, avec des centaines d’écoles dans le monde, suivi par le mouvement d’#agriculture_biodynamique, qui est particulièrement actif en Allemagne et aux États-Unis. D’autres entreprises anthroposophiques bien connues comprennent les produits cosmétiques et pharmaceutiques #Weleda et le label #Demeter pour les produits alimentaires sains. La communauté nouvel-âge de #Findhorn en Écosse possède aussi une forte composante anthroposophique. Les anthroposophes ont joué un rôle important dans le développement des #Verts allemands et l’ancien ministre de l’intérieur allemand, #Otto_Schilly, un des plus importants fondateurs des Verts, est un anthroposophe.

      Compte tenu de cette vaste visibilité publique, il est peut-être surprenant que les fondements idéologiques de l’anthroposophie ne soient pas mieux connus. Les anthroposophes eux-mêmes, cependant, considèrent leur doctrine hautement ésotérique comme une « #science_occulte » propre à une élite éclairée spirituellement. Le nom même d’anthroposophie suggère à beaucoup d’étrangers une orientation humaniste. Mais l’anthroposophie est à bien des égards une vision du monde anti-humaniste, et des humanistes comme Theodor Adorno et Ernst Bloch s’y sont opposés dès le début. Son rejet de la raison au profit de l’expérience mystique, sa subordination des actions humaines à des forces surnaturelles, et son modèle complètement hiérarchisé du développement spirituel, tout cela montre que l’anthroposophie est contraire aux valeurs humanistes. »

      https://www.ccmm.asso.fr/anthroposophie-et-ecofascisme-par-peter-staudenmaier
      #ésotérisme #racisme #humanisme

      Le texte téléchargeable en pdf :
      https://jf.bizzart.biz/ArticlesPDF/PS_EcofascismeV2.pdf

  • Ist Hannah Arendt für aufklärende politische Bildung unverzichtbar ?
    https://overton-magazin.de/top-story/ist-hannah-arendt-fuer-aufklaerende-politische-bildung-unverzichtbar

    Hannah Arendt, 1933. Bild : public domain

    Horreur ! Je découvre que Hannah Arendt n"a pas seulement eu une affaire avec le seul philosophe nazi qui mérite cette appellation mais que sa thèse est le résultat du pouvoir que Heidegger avait sur Jaspers, puis on me rappelle que c’est elle la responsable pour l’infâme identification du communisme avec le fascisme sous la définition de totalitarisme, puis qu’elle a été une lobbyiste qui a facilité la collaboration des vieux nazis avec les sionistes.

    Ouf, c’est dur de perdre cette idole quand tu vis dans un monde où tout est centré sur la « Aufarbeitung » du passé nazi-allemand, où on te dit que tes grand parents ont peut-être été des nazis et qu’il te faut l’absolution des méfaits de tes ancêtres.

    Bref, tout ce qu’on te raconte á l’école allemande sur l’histoire récente est construit suivant la méthode « mit der Wahrheit lügen » . À quinze ans on te montre Nuit et brouillard mais on ne t’explique pas la machine économique de l’horreur . On te cache l’essentiel afin de créer avec les informations incomplètes une conscience erronnée en toi qui te culpabilise alors qu’il te faudrait identifier les responsables derrière le pouvoir nazi et leurs héritiers afin de pouvoir les combattre.

    C’est eux, les riches héritiers nazis et leurs semblables, leur fortune et leur pouvoir qui profitent de l’idéologie fabriquée par les Arendt et d’autres nouveaux philosophes.

    Vu la place dominante de l’Allemagne capitaliste au sein de l’Europe on y trouve partout des morçeaux de la philosophie fallacieuse et implicitement (même explicitement quand on la regarde de près ) anticommuniste.

    Aujourd’hui à Berlin on ne peut plus traverser la Hardenbergstraße et se rendre ainsi de la librairie Kiepert, source du savoir des étudiants de Berlin-Ouest, à la librairie Heinrich Heine qui vendait tous les livres imprimés à Berlin-Est et en #RDA.

    Aujourd’hui Hannah Arendt fait partie du canon unique. On censure les idées et informations venues de l’Est. On sanctionne les personnes qui les publient. La critique de Hannah Arendt par quelques érudits ne remplace pas le poids des discussions fondées sur l’effort collectif de construire une société socialiste.

    La pensée unique d’aujourd’hui n’est plus celle du parti de la Stasi . Elle est le produit de l’auto-censure des journalistes et professeurs officiels ayant mérité leur CDI.

    11.5.2026 von Johannes Schillo - Hannah Arendt – eine der dümmsten Intellektuellen oder der bedeutendsten Stimmen des 20. Jahrhunderts. Ein Blick auf aktuelle Kontroversen.

    „Eine der einflussreichsten intellektuellen Stimmen der Nachkriegszeit“, so wird Hannah Arendt (1906-1975) auf der Website der Stiftung Orte der deutschen Demokratiegeschichte gelobt, die der Beauftragte der Bundesregierung für Kultur und Medien (BKM), der etwas totalitär gestrickte, der Extremismusabwehr verpflichtete Staatsminister Wolfram Weimer, fördert. Aber auch sonst wird der Frau bescheinigt, dass man es in ihrem Fall mit der „klügsten“ oder „bedeutendsten“ Intellektuellen des 20. Jahrhunderts zu tun hat, so etwa in der neuen Biographie von Willi Winkler.

    Ein Kirchenvater weist den Weg

    Auf der Website IVA, wo die intellektuellen Leistungen Arendts verschiedentlich Thema waren, fiel das Urteil dagegen anders aus. Die „dümmste Intellektuelle des 20. Jahrhunderts“ hieß es da im Update zur katholischen Kapitalismuskritik, wo daran erinnert wurde, wie Arendt beim Beginn ihrer akademischen Karriere dem Kirchenvater Augustinus von Hippo (354–430) als philosophischer Größe gehuldigt hat. Bei diesem Frömmler, der nach wilder Jugend zur Askese fand und das Ende der Welt kaum erwarten konnte, werde irgendwie der Grundstein für die moderne Existenzphilosophie gelegt, wie Arendts Mentor, der Nazi-Philosoph Martin Heidegger, in einer bahnbrechenden Vorlesung vom Sommersemester 1921 entdeckte und seine Lieblingsstudentin ihm nachbetete.

    Augustinus, so Heidegger, habe „das Phänomen der Zeitlichkeit des menschlichen Lebens gesehen“ (Flasch 2020, 267), sei aber noch auf dem neuplatonischen Niveau stehen geblieben statt bis zum seinsphilosophischen des 20. Jahrhunderts fortzuschreiten. Gar nicht der Rede wert ist dabei das Gedankengebäude, das dieser Kirchenvater errichtet hat: eine brutale Gnadenlehre, die von einer Vorherbestimmung des Menschen ausgeht. Da der menschliche Wille nichts bewirken kann, findet eine Erwählung einzelner Seelen zum ewigen Leben oder zu ewiger Verdammnis statt, wo die besagte Zeitlichkeit ihr Ziel hat. Jesus gilt dabei als die Antithese zur „Synagoge des Satans“, in der sich die Juden versammeln und ihren weltlichen Gelüsten, der Anhäufung von Reichtum, nachgehen.

    Das irdische Jammertal ist aber nicht zu überwinden, sondern bleibende Herausforderung an die christliche Nächstenliebe, wie jüngst noch der amtierende Papst Leo in seinem ersten sozialen Rundschreiben „Dilexi Te“ (DT) festgestellt hat. Es wird erst beim Jüngsten Gericht seinen Schrecken verlieren, alle Notleidenden bzw. die nach Gottes Ratschluss Erwählten werden dann die volle, überzeitliche Entschädigung erhalten, wobei die jenseitige Glückseligkeit, die die Apokalypse des Johannes ausmalt, im Prinzip aus der Umkehrung der jetzigen Verhältnisse besteht.

    Diejenigen, die auf Erden unten sind, werden dann oben sein und neben dem höchsten Herrn sitzen. Diejenigen, die heute oben sind, werden ihnen zu Füßen liegen. Augustinus, auf dessen Liebesbegriff Leo XIV. sich ausdrücklich beruft (DT, Nr. 44ff), hat das in seiner Theologie ausgeführt. Demnach besteht die ewige Glückseligkeit gerade darin, die eigene Erhöhung und die Erniedrigung der anderen zu genießen. Der Mittelalter-Fachmann Kurt Flasch hat darin eine „Logik des Schreckens“ (so der Titel seines Essays) entdeckt. Man könnte fast sagen, von Augustinus bis zu Dantes Inferno wurden mit den christlichen Visionen des ewigen Höllenfeuers die modernen KZs vorweggenommen.

    Flasch schreibt (1990, 91f) über diejenigen, die der Verdammnis verfallen: „Ihre öffentliche Exekution, also ihre ewige Hinrichtung im Höllenfeuer, sollen alle sehen, und die Erwählten sollen daraus Nutzen ziehen, daß er [= Gott] die Unbegnadeten nicht wie in einem leidenschaftlichen Racheakt vernichtet, sondern daß er sie – fein abgestuft, nach einem durchdachten Plan, eben ordnungsgemäß – verheizt. Wem dies Wort mißfällt, hadere mit Augustin; er hat die physische wie die übertragene Bedeutung dieses Wortes ausdrücklich beansprucht.“ Darum lautet das Fazit des Fachmanns: „Von eigentümlicher Fremdartigkeit bleibt Augustins Konzept der Liebe.“

    Und das ist das Konzept, das von Hannah Arendt in ihrer unsäglichen Dissertation über den augustinischen „Liebesbegriff“ als wichtiger Beitrag zum Erkenntnisfortschritt idealisiert und zugleich als unvollständige, noch auszubauende Position relativiert wurde. Augustin eignet sich ja überhaupt als Berufungsinstanz für dubiose Anliegen. So wurde er zuletzt noch mit seinem „Ordo-Amoris“-Konzept – der fein abgestuften Nächstenliebe vom Nahbereich bis zu den weniger liebenswürdigen Fremden – von US-Vize J.D. Vance für die fremdenfeindliche Linie der USA und die Gewalttätigkeit der ICE-Trupps in Anspruch genommen. Was allerdings vom Vatikan, noch vor dem Streit mit Trump, zurückgewiesen wurde. Wenn Fachleute der katholischen Militärseelsorge heute auf Augustinus wegen seiner Lehre vom gerechten Krieg zurückgreifen, haben sie dagegen den Segen ihrer Nationalkirche.

    Für Heidegger, gegen Linke

    Eine wichtige Rolle hat Arendt bei der Etablierung des Konstrukts „linker Antisemitismus“ gespielt, das in der letzten Zeit schon mehrfach auf den Prüfstand gestellt worden ist, so von Gerhard Hanloser oder in einer neueren Übersicht zu den Zensurleistungen der deutschen Öffentlichkeit. Das Konstrukt hat auch, siehe die IVA-Reihe „Marx is back“, seine Tradition im akademischen Antikommunismus und greift zudem gerne auf den angeblichen Selbsthass des „Juden Marx“ zurück.

    Bei der Erfindung und Durchsetzung dieses „Kampfbegriffs“ (Hanloser) hat sich die politische Theoretikerin Arendt große Verdienste erworben, speziell bei der antikommunistischen Formierung des Frontstaates BRD, der Antifaschismus durch Feindbildpflege in Richtung des totalitären Ostblocks ersetzte. Arendt hat in der Nachkriegszeit eifrig an der Rehabilitierung ihres faschistischen Protektors Heidegger mitgewirkt und, statt die Aufklärung über Aufstieg und Triebkräfte der NS-Herrschaft zu stärken, den Nationalsozialismus mit dem Stalinismus anhand formaler Kriterien gleichgesetzt. Damit schuf sie das Modell für das Feindbild von NATO und Co. im West-Ost-Gegensatz, wo der realsozialistische Gegner hinterm „Eisernen Vorhang“ als Inbegriff des Bösen dingfest gemacht wurde.

    Dass Arendt am Beginn ihrer Karriere auf Augustinus stieß, war übrigens das Ergebnis einer eher unappetitlichen Affäre: Der verheiratete und auf seine Karriere bedachte Philosoph Heidegger hatte Sex mit seiner Studentin, schob sie dann, um Aufsehen zu vermeiden, an die Universität Heidelberg ab, wo sein Spezi Karl Jaspers ihr Unterschlupf gewährte und ihre von Heidegger inspirierte Augustinus-Dissertation durchwinkte. Heraus kam eins der groteskesten Werke der modernen Philosophie. Es balanciert, deutsch-lateinisch radebrechend, an der Grenze zur Unlesbarkeit und will den für seine körperfeindliche Sexualethik bekannten Kirchenvater ausgerechnet mit seinem „Liebesbegriff“ als Impulsgeber fürs heutige Philosophieren retten.

    Arendt hat die Schrift später nicht mehr veröffentlicht – vielleicht war dieser peinliche Start ins akademische Leben auch der Grund dafür, dass sie sich nachträglich von der Berufsbezeichnung „Philosophin“ distanzierte (vgl. Gleichauf 2021, 41). Die Schriftstellerin Ingeborg Gleichauf hat der Beziehungskiste Heidegger – Arendt – Jaspers eine biographisch angelegte Studie gewidmet. Das entscheidende Kapitel des Buchs geht auf Heideggers Rolle als (zeitweise) führender Nazi-Philosoph ein.
    NS-Philosophie

    Heutzutage wird diese Rolle – genauso wie die spätere Legendenbildung der Heidegger-Schule – allgemein verurteilt. Seit Ende des 20. Jahrhunderts liegen ja auch zahlreiche Veröffentlichungen, zuletzt Heideggers „Schwarze Hefte“, vor, die die Mär vom „träumenden Knaben“ (Gleichauf 2021, 63), der aus lauter Weltfremdheit ins NS-Fahrwasser geriet, widerlegen. Wichtig war hier vor allem die große Studie von Emmnauel Faye „Heidegger – Die Einführung des Nationalsozialismus in die Philosophie“ (2009), die zuerst auf Französisch 2005 erschien und Unveröffentlichtes aus der Zeit von 1933 bis 1935 brachte.

    Solche Enthüllungen bedeuten aber für die philosophische Gemeinde nicht unbedingt eine Disqualifizierung. Selbst ein Wissenschaftler wie Micha Brumlik, der Heidegger als Apologeten einer seinsgebundenen Volksgemeinschaft einstuft, hält an der Seinsphilosophie als wichtigem philosophiegeschichtlichem Datum fest. Dabei wird Heidegger mittlerweile, seitdem Arendts Elogen verklungen sind, von Fachleuten ein „ontologischer“ oder „metaphysischer Antisemitismus“ attestiert. Dafür hätte man natürlich nicht 50 Jahre lang auf die Edition der hinterletzten Notizen und Tagebuchaufzeichnungen warten müssen. Die Marxistische Gruppe (MG) ist schon in ihrer legendären Hochschulagitation auf den Fall eingegangen und hat den Gehalt der Seinsphilosophie unvoreingenommen ins Visier genommen. Das Ergebnis war 1988 die Studie „Der konsequenteste Philosoph des 20. Jahrhunderts – Faschist“, die Peter Decker 2020 in einer Neuausgabe vorgelegt hat.

    Diese Erkenntnis kommt in neueren Würdigungen durchaus zur Sprache. Damit wird auch ein bezeichnendes Licht auf den Umgang mit der NS-Zeit geworfen, der in der Adenauerära an der Tagesordnung war. Wie Gleichauf belegt, besteht der Skandal darin, dass die jüdische Emigrantin Arendt und der Hochschullehrer Jaspers, der mit einer Jüdin verheiratet war, nach 1945 entscheidend an dieser Legendenbildung mitwirkten – wider besseres Wissen. Sie hätten „sich aus einer Haltung der Treue heraus davor gedrückt, der Wahrheit einer Verstrickung Heideggers in das NS-System ins Auge zu blicken“ (Gleichauf 2021, 63).

    Das heißt, dass die beiden einem bekennenden Faschisten die Stange hielten. Sie verbreiteten die Unwahrheit – nicht in nebensächlichen Dingen, sondern zur Rechtfertigung eines Wegs, der immerhin zum „Zivilisationsbruch“ (Dan Diner) des 20. Jahrhunderts führen sollte. Bei dieser angeblichen Treue muss man zudem berücksichtigen, dass Heidegger bis in persönliche Fragen hinein eine schäbige Rolle spielte: Wenn es um die jüdische Herkunft bei Kollegen und Weggefährten ging, war er ganz auf Parteilinie. So wird bei Gleichaufs Beschwörung einer Freundschaft, die in völliger kommunikativer Offenheit stattgefunden habe, im Prinzip etwas anderes deutlich: die politisch-weltanschauliche Verlogenheit, die diese Geistesgrößen des Nachkriegs im Umgang mit der Öffentlichkeit (und untereinander) pflegten.

    Dazu passen die Mitteilungen (Gleichauf 2021, 70ff), dass Jaspers Heideggers Opus Magnum „Sein und Zeit“ wahrscheinlich gar nicht gelesen hat, während der als Meister verehrte Seinsphilosoph die Schriften von Jaspers und Arendt ebenso ignorierte, möglicherweise nur die Schlussseiten durchblätterte – eine These, der Faye in seiner neuen Studie übrigens widerspricht; er sieht, auch in den antisemitisch exponierten Veröffentlichungen, eine regelrechte Komplizenschaft von Arendt und Heidegger am Werk (Faye 2024, 245ff).

    Doch auch ohne eine solche Kollaboration bieten die Einblicke, wie sie inzwischen möglich sind, einigen Aufschluss über die Misere der Vergangenheitsbewältigung in Westdeutschland. Während Adorno damals in seinen berühmten Stellungnahmen zu einer „Erziehung nach Auschwitz“ eindeutig Position bezog, wechselte Arendt schwülstige Briefe mit ihrem ehemaligen Liebhaber, hielt ihm eine unmögliche Laudatio und beschwerte sich parallel bei Jaspers, dass ihr an Adornos Schriften nichts „glaubwürdig“ erscheine, da sie darin nur ein „Durcheinander des Beliebigen“ entdecken könne (Gleichauf 2021, 35).

    Eine neue aufwändige Studie der Erziehungswissenschaftlerin Lena Köhler würdigt nun Arendt als Begründerin einer politischen Bildung, die die „Bedeutung von Natalität oder – wie Arendt ins Deutsche überträgt – von Gebürtlichkeit“ in den Mittelpunkt rückt (Köhler 2026, 7). Arendt zähle zu denjenigen Persönlichkeiten „der philosophischen Tradition, die, wie niemand sonst, die Gebürtlichkeit des Menschen und seine Fähigkeit neu anfangen zu können ins Zentrum ihres Denkens gestellt hat“ und sich damit von Heideggers Philosophie und der damit verbundenen Bestimmung des menschlichen Daseins als „Sein zum Tode“ abgesetzt habe: „Dass die Geburt und ihre Bedeutung für den Menschen verstärkt ins Zentrum des philosophischen Denkens rückt, ist besonders Hannah Arendt zu verdanken.“ (Ebd., 8)

    Eine erstaunliche Erkenntnis: Man muss erst geboren werden, um da zu sein und etwas unternehmen zu können. Aus dieser absoluten Banalität wird dann ein politisch-philosophischer Schwulst gestrickt, der Heideggers Geraune kongenial ist und der sich auch gar nicht groß von dessen Erkenntnisfortschritt unterscheidet, der Mensch müsse sich – endlich nach 2500 Jahren abendländischer Philosophiegeschichte wird das einmal klargestellt – seines Seins zum Tode bewusst werden. Arendt bringt die Ergänzung zu dieser tiefen Einsicht: Um sterben zu können, muss man erst einmal geboren sein. Sie ist also gewissermaßen Vollenderin oder Vollstreckerin der Heideggerschen Philosophie, die sie als Intellektuelle – als eine Kopfarbeiterin, der die Abfassung oder der Vortrag von Texten locker von der Hand geht – in außerphilosophische Kontexte übertragen hat, um dort dann als politische Theoretikerin Furore zu machen.

    Einfach Nachplappern will sie die Werke der großen Vorbilder nicht, sei es jetzt der hl. Augustin oder der Meisterdenker Heidegger. Auch bei Augustinus bestätigt Arendt nicht einfach die tiefen Gedanken, sondern stellt Defizite fest. Sie lässt die religiös begründete Weltfremdheit des Kirchenvaters nicht als letztes Wort gelten, wie die Philosophin Frauke Kurbacher, die Arendts Dissertation neu herausgegeben hat, hervorhebt, um dann aber gleich hinzuzufügen, dass hier weniger Kritik als Übereinstimmung festzustellen sei: „Der Gedanke des Sich-verantwortenden-Denkens, das Arendt bei Augustinus – freilich in Bezug auf Gott – exemplarisch vorgeprägt sieht und dem sie sich selbst, wenngleich unter anderen Rahmenbedingungen, verpflichtet weiß, impliziert letztlich immer ein Sich-vor-etwas-oder-jemand-anderen- und auch -vor-sich-selbst-Verantworten“ (Arendt 2028, XLVI; korrekt müsste es wohl heißen: „… oder-jemand-anderem-“).

    Politische Bildung muss sich also bewusst machen, dass Menschenkinder geboren (und nicht vom Storch gebracht) werden und dass sie dann in irgendeiner Form Verantwortung übernehmen müssen. Dieses „Muss“ ist wie bei Heidegger der Ausfluss von Seinsbestimmungen, denen sich angeblich keiner entziehen kann, da sie so abstrakt sind, dass sie auf alles und jeden passen. Salopp gesagt kann man daher Heideggers Erkenntnis in dem Spruch „Was sein muss, muss sein“ zusammenfassen. Jede Notwendigkeit, wie sie von maßgeblichen Instanzen vorstellig gemacht wird – seit Gaucks Präsidentschaft ist z.B. glasklar, dass wir Deutschen „mehr Verantwortung“ übernehmen müssen –, erhält so bei Bedarf ihre höhere Weihe.

    Die Geburt als wichtiges, bisher angeblich kaum in den Blick genommenes Thema ist laut der Arendt-Exegese von Köhler „nicht nur ein Ereignis, dass das Leben des einzelnen Menschen beginnen lässt, sondern auch ein Geschehen, das den Menschen an soziale Gefüge bindet.“ (Köhler 2026, 9). Wer hätte das gedacht, man hat sofort mit Vati, Mutti und der Geburtsstation im Krankenhaus zu tun. Und mit den folgenden Windelwechseln ist dann auch schon Erziehung „verwoben“, sie „ermöglicht es dem Menschen, sich aktiv in die Welt einzuschalten (zu handeln), aber auch sich zu bilden, indem das Handeln durch kritisches Denken reflektiert und das bisher Gelernte hinterfragt wird“ (ebd., 277). Hilfreich hier auch die Präzisierung der Erziehungswissenschaftlerin, dass Einschalten gleich Handeln ist – junge Menschen würden sonst nur ans Handy denken. Und mit der Anhäufung solcher Umständlichkeiten und Redundanzen ist es natürlich ein Leichtes, ein Buch mit 300 Seiten und 350 Literaturhinweisen zu füllen.

    Solche Banalitäten hat also eine Theoretikerin geliefert, die während der Nachkriegszeit in den Publikationen der Kritischen Theorie nur ein „Durcheinander des Beliebigen“ entdecken konnte! Mit antifaschistischer Aufklärung, die von Adorno und Co. nach 1945 als Herzstück einer zeitgemäßen politischen Bildung gefordert wurde, haben solche Ausführungen nichts zu tun. Es sind aber auch nicht einfach die trivialen Mitteilungen vom Zoon Politikon etc., die man seit Aristoteles kennt.

    Das Ganze gibt sich total modern als eine seinsphilosophische Reflexion, die erst die Grundlage fürs heutige Denken und Handeln schaffen soll – und das explizit in der Nachfolge Heidggers. Dem schrieb Arendt noch 1960, dass ihre Schrift „Vita activa“ ihm „in jeder Hinsicht so ziemlich alles“ schulde. Daher kommt Faye zu dem Schluss, dass Arendt systematisch an der „Zerstörung des Denkens“ gearbeitet hat: „Bereit dazu, jegliche Kritik zu neutralisieren, hat sie mit einem kultischen Hymnus einen Sockel errichtet, auf dem der ehemalige Nazi-Rektor, der Horst Wessel als Vorbild für die deutsche Jugend empfahl, zum König im Königreich des Denkens erhoben wurde.“ (Faye 2024, 451)
    Nachweise:

    Hannah Arendt, Der Liebesbegriff bei Augustin. (Erstausgabe 1929) Hg. von Frauke A. Kurbacher. Hamburg 2018.

    Peter Decker, Martin Heidegger – Der konsequenteste Philosoph des 20. Jahrhunderts – Faschist. (Erstausgabe 1988) 2., durchgesehene und erweiterte Auflage, München 2020.

    Emmanuel Faye, Heidegger – Die Einführung des Nationalsozialismus in die Philosophie. (Erstausgabe 2005) Berlin 2009.

    Emmanuel Faye, Martin Heidegger und Hannah Arendt – Zerstörung des Denkens. (Erstausgabe 2016) Würzburg 2024.

    Kurt Flasch, Augustin – Einführung in sein Denken. Ditzingen, 5. Aufl. 2020.

    Kurt Flasch (Hg.), Augustinus von Hippo, Logik des Schreckens – De diversis quaestionibus ad Simplicianum I 2. Mainz 1990.

    Ingeborg Gleichauf, Hannah Arendt und Karl Jaspers – Geschichte einer einzigartigen Freundschaft. Wien u.a. 2021.

    Lena Köhler, Politische Bildung der doppelten Geburt – Hannah Arendts pädagogische Figur der Natalität. Weinheim 2026.

    Johannes Schillo

    Johannes Schillo arbeitet als Autor, Journalist und Redakteur von Fachzeitschriften. Der Sozialwissenschaftler beschäftigt sich in seinen Artikeln und Büchern mit aktuellen Fragen aus (Weiter-)Bildung und Kultur. Zuletzt ist von ihm erschienen: „Ein nationaler Aufreger – Zur Kritik der Erinnerungskultur“ (Klemm + Oelschläger, 2022) und (zusammen mit Norbert Wohlfahrt) „Deutsche Kriegsmoral auf dem Vormarsch“ (VSA, 2023).
    Mehr Beiträge von Johannes Schillo →

    #Allemagne #philosophie #nazis #anticommunisme #totalitarisme

  • George Orwell × Raoul Peck : 2×-2=-4
    Ou comment dissoudre en images le totalitarisme dans la critique du monde occidental

    Dès ses premières minutes, le film donne la mesure de son ambition – et de son égarement. Sur un extrait en voix off de The Prevention of Literature , ce texte de 1946 où #George_Orwell décrit une société devenue totalitaire parce que sa classe dirigeante se maintient au pouvoir par la force et la fraude, #Raoul_Peck déploie un carrousel de visages : Orbán, Pinochet, Museveni, Min Aung Hlaing, Poutine, Ferdinand Marcos, et pour finir George W. Bush. Le procédé est visuellement efficace. Il est aussi d’une confondante approximation. Car de tous les dirigeants convoqués dans cette galerie, un seul – Poutine – gouverne un régime totalitaire. Les autres relèvent de catégories certes peu aimables, mais profondément différentes : dictature militaire, kleptocratie, junte, Big Man africain cramponné au pouvoir, démocratie illibérale. Quant à la présence de Bush, elle procède d’un réflexe anti-impérialiste qui n’entretient avec le totalitarisme qu’un rapport de métaphore paresseuse.
    Est-ce un défaut de mise en scène ? Plutôt une faute de pensée, qui contamine tout le film, car le totalitarisme n’est pas l’#autoritarisme monté d’un cran ; il en diffère par nature : là où l’un se satisfait du silence, l’autre exige l’adhésion, et entreprend de substituer à la réalité une fiction obligatoire. En alignant sur un même plan une junte birmane, un autocrate ougandais et un président américain élu, le documentaire sert le contraire de ce qu’il prétend : il dilue la pensée orwellienne dans un brouet.
    Dans 1984 , Winston Smith posait un axiome sur lequel reposait tout l’édifice de la résistance intérieure : la liberté, c’est la liberté de dire que deux et deux font quatre. Or le film de Peck prend l’équation orwellienne et produit un résultat négatif. Orwell multiplié par Peck, ce n’est pas quatre : c’est moins quatre. Le cinéaste ne manque pas de talent, mais sa grille de lecture – anti-impérialiste, anticapitaliste, héritière d’une tradition marxiste qui n’a jamais admis et compris le concept de #totalitarisme – le conduit à retrancher d’Orwell ce qui en constitue le cœur. Le spectateur en sort plus confus qu’il n’était entré. C’est ce rendez-vous manqué qu’il faut examiner : il dit quelque chose de la difficulté de l’intelligentsia occidentale à nommer le monde dans lequel nous vivons.

    #cinéma #documentaire #film #anticapitalisme #marxisme

    Simon Leys avait noté avec une ironie tendre qu’Orwell avait toujours fait sereinement face à ses nombreux ennemis, mais qu’on se demandait s’il aurait pu garder son sang-froid devant certains de ses admirateurs. Peck est de ceux-là – un admirateur sincère, un cinéaste de talent, un homme dont l’indignation ne fait aucun doute. Mais l’admiration qui se trompe d’objet peut faire sous les apparences de l’hommage presque autant de dégâts que l’hostilité franche. Orwell nous demandait une seule chose : tenir bon sur le fait que deux et deux font quatre. Peck, en multipliant Orwell par ses certitudes personnelles, arrive à moins quatre.
    #Pierre_Raiman,
    docteur en Histoire, spécialiste des totalitarismes.

    Article publié sur le site Desk Russie le 6 avril 2026.
    https://desk-russie.eu/2026/04/06/george-orwell-x-raoul-peck-2x-2-4.html

    Dans un entretien avec Raoul Peck dans Libération du 24 février 2026, il déclare :

    Déjà dans les années 1980, Georges Marchais était ridiculisé comme un clown… C’était difficile à supporter - une arme pour ridiculiser les idées de gauche.

    https://www.liberation.fr/idees-et-debats/raoul-peck-cest-un-film-qui-fait-le-catalogue-du-present-comme-orwell-dan

    Georges Marchais , secrétaire général du Parti communiste français (PCF) de 1972 à 1994, c’est-à-dire un stalinien : une personne qui prétendait défendre la classe ouvrière et qui dans les faits en a été un des actifs fossoyeurs.
    Manifestement, Peck n’a pas très bien compris le sens de La Ferme des animaux d’un certain George Orwell...

    #confusionnisme #gauchisme

  • #AI Company #Clones Musician’s Voice, Then #Copyright-Strikes Her Own #Songs
    https://rudevulture.com/ai-company-clones-musicians-voice-then-copyright-strikes-her-own-songs

    Folk musician #Murphy_Campbell found herself at the center of a major ordeal when an entity called Timeless Sounds IR uploaded #AI-generated #imitations of her music to every major music platform, then used her recordings to strip her of her own income.

    (...)

    Because #YouTube’s #copyright claim system operates without individual human review of each dispute, Campbell’s channel was effectively handed over to Vydia’s financial control. “I am no longer making money on #YouTube,” she said. “Vydia is making money on YouTube off of my own videos of me playing my own banjo in my own backyard with traditional folk songs, some for my own family, over AI-generated music.”

    (...)

    #totalitarisme #capitalisme

  • Il menace l’#IA « pour tester », est signalé au FBI et reçoit une visite du #RAID
    https://www.20minutes.fr/societe/4216982-20260406-menace-ia-tester-signale-fbi-recoit-visite-raid

    Il a eu sa réponse. Un homme de 37 ans expliquant avoir voulu « tester la fiabilité et la #surveillance de l’#intelligence_artificielle » a été interpellé à Strasbourg après avoir évoqué son intention d’acheter une arme pour tuer un agent du renseignement de la #CIA, du #Mossad ou de la #DGSI lors d’une conversation avec une intelligence artificielle, selon l’Est Républicain. Le message a été repéré par le #FBI, qui l’a signalé aux autorités françaises via la plateforme #Pharos.

    #totalitarisme #iagen

  • Platon banni ou la démocratie américaine en péril
    https://laviedesidees.fr/Platon-banni-ou-la-democratie-americaine-en-peril

    Au-delà du Texas, où un enseignant a été sommé de retirer Platon du programme, la dictature idéologique a commencé aux #États-Unis. Il s’agit d’un assaut contre les #universités, la liberté de pensée et d’expression. Comment résister à ce rouleur compresseur ?

    #International #totalitarisme #résistance #censure
    https://laviedesidees.fr/IMG/pdf/20260224_platonbanni.pdf

  • Le Salvador et xAI ont signé un accord : Grok, le chatbot controversé d’Elon Musk, sera désormais en charge de l’éducation d’un million d’écoliers dans plus de 5.000 écoles publiques
    https://www.bfmtv.com/tech/intelligence-artificielle/le-salvador-et-x-ai-ont-signe-un-accord-grok-le-chatbot-controverse-d-elon-mu

    La société xAI d’Elon Musk s’associe au gouvernement du Salvador pour lancer le premier programme national d’éducation basé sur l’IA, offrant un tutorat personnalisé à plus d’un million d’élèves dans plus de 5.000 écoles publiques.

    #totalitarisme

  • “Le mot technofascisme agit comme une loupe mal orientée”
    https://www.nouvelobs.com/opinions/20251209.OBS110497/le-mot-technofascisme-agit-comme-une-loupe-mal-orientee.html

    Lennie Stern

    Publié le 9 décembre 2025 à 14h30
    Lecture : 3 min.

    En parlant de technofascisme pour désigner les nouveaux pouvoirs des géants du numérique, nous imaginons un schéma centralisé et incarné. Or, ce n’est plus ainsi que se déploie l’essentiel du pouvoir, estime l’experte associée à la Fondation Jean-Jaurès Lennie Stern.

    Le mot technofascisme s’est installé dans le débat public avec une facilité déconcertante. A la moindre dérive d’une plateforme, à la moindre extension d’un dispositif de surveillance, à la première déclaration outrancière d’un milliardaire se rêvant en sauveur de la civilisation, le terme surgit. Il rassure presque. Il donne une forme familière à l’inquiétude : des chefs, un projet politique autoritaire, une idéologie identifiable, un affrontement clair. Bref, un scénario que nous savons déjà lire.

    Mais ce confort est trompeur. En parlant de technofascisme, nous continuons souvent à projeter sur le XXIᵉ siècle des schémas hérités du XXᵉ siècle. Nous imaginons un pouvoir centralisé, incarné, animé par une volonté politique explicite. Or, ce n’est plus ainsi que se déploie l’essentiel du pouvoir aujourd’hui.

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    Car le pouvoir numérique ne s’impose pas par des discours martiaux ni par des symboles spectaculaires. Il avance à bas bruit, dans des situations banales. Un rendez-vous à l’hôpital annulé parce qu’un logiciel de planification est en panne. Un dossier de prestations sociales refusé automatiquement parce qu’un algorithme juge une pièce « non conforme ». Un service public paralysé pendant des heures à cause d’une défaillance du cloud du fournisseur français OVH. Rien de tout cela n’évoque spontanément une dictature. Et pourtant, ces dispositifs fixent concrètement nos marges de liberté, parfois plus efficacement que n’importe quelle loi.
    Une architecture technique qui agit sans intention politique

    Et puis, il y a des cas où cette logique dépasse même l’imaginaire administratif pour toucher au cœur du politique. L’affaire du juge français Nicolas Guillou en est l’illustration la plus frappante. Ce magistrat de la Cour pénale internationale a été placé sous sanctions américaines pour avoir autorisé des mandats d’arrêt visant le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, et son ex-ministre de la Défense Yoav Gallant. Rien d’inédit : les Etats-Unis utilisent régulièrement ces sanctions. Ce qui l’est, en revanche, c’est la manière dont ces mesures se déploient. Elles ne consistent pas à interdire un territoire ou à restreindre une action diplomatique. Elles passent par l’écosystème technique qui fait tourner nos vies.

    Du jour au lendemain, toutes les entreprises américaines et leurs filiales cessent de lui fournir des services. Airbnb ferme son compte, Amazon aussi. PayPal le bloque. Une réservation d’hôtel en France effectuée par l’intermédiaire d’Expedia est annulée automatiquement. Certaines banques européennes ferment ses comptes par crainte d’enfreindre les règles américaines, dès lors que la moindre transaction passe par un circuit utilisant le dollar. Les moyens de paiement du quotidien disparaissent : Visa, Mastercard, American Express. Les colis sont refusés si un service postal américain intervient dans la chaîne.

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    La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et le président américain Donald Trump lors d’une réunion bilatérale en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies à New York, le 23 septembre 2025.

    Chronique Un juge français de la CPI sous sanctions américaines, symbole de la souveraineté menacée de l’Europe

    Abonné

    Résultat : un magistrat européen, exerçant dans une institution internationale indépendante, devient en pratique interdit bancaire sur une large partie de la planète. Non pas à cause d’une décision judiciaire américaine, mais du fonctionnement ordinaire d’infrastructures privées qui appliquent, en cascade, des règles décidées ailleurs.

    Ce cas n’a rien d’un scénario dystopique. Il montre simplement qu’un individu placé sous sanctions se retrouve absorbé par une architecture technique qui agit sans intention politique exprimée, mais avec une efficacité redoutable. Les Etats européens peuvent bien protester ; le réseau de dépendances techniques réplique mécaniquement, sans débat, sans justification, sans instance vers laquelle se retourner. La contrainte naît du fonctionnement, pas de l’affrontement. Elle tient parce qu’elle est déjà là.
    Les mots ne sont jamais neutres

    Le mot technofascisme agit alors comme une loupe mal orientée. Il nous pousse à chercher le pouvoir là où il est le plus visible, dans les discours, les figures, les intentions affichées, alors que l’essentiel se joue ailleurs : dans les procédures, les architectures techniques, les conditions d’accès. On scrute des tyrans potentiels, alors que la contrainte prend la forme d’une accumulation de choix techniques devenus, avec le temps, des évidences indiscutées.

    C’est ici que la réflexion de l’historien italien Enzo Traverso est précieuse. Il rappelle que les mots ne sont jamais neutres : ils orientent notre regard, ils dessinent le décor mental dans lequel nous pensons les problèmes. Mal nommer, ce n’est pas seulement se tromper de vocabulaire, c’est parfois se tromper de cible. Le terme technofascisme enferme une réalité nouvelle dans une métaphore ancienne, rassurante parce que déjà connue, mais précisément inadaptée.

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    La Machine, un cube déconnecté pour dire stop au technofascisme et à la toute-puissance de l’IA

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    Ce qui se joue aujourd’hui ne relève pas d’une violence politique frontale. Il s’agit d’un glissement progressif, où les infrastructures techniques deviennent la matrice silencieuse de nos décisions collectives. Les systèmes numériques ne remplacent pas formellement l’Etat ; ils organisent peu à peu la manière dont ses institutions fonctionnent. Et ce déplacement, discret, presque invisible, transforme en profondeur notre rapport au pouvoir.

    L’enjeu n’est donc pas de trouver un mot choc de plus, mais d’accepter que notre vocabulaire politique soit en retard sur la réalité. Nommer juste, c’est créer les conditions d’une lucidité nouvelle. C’est déplacer le projecteur. Et peut-être, enfin, regarder le réel tel qu’il agit, plutôt que de continuer à projeter sur lui nos peurs héritées du passé.

    BIO EXPRESS

    Lennie Stern est conseillère en communication, experte associée à la Fondation Jean-Jaurès. Elle vient de publier pour ce think-tank l’article « “Technofascisme” : quand la peur du totalitarisme empêche de voir le pouvoir des infrastructures ».

    Cet article est une tribune, rédigée par un auteur extérieur au journal et dont le point de vue n’engage pas la rédaction.

    Par Lennie Stern

    #Architecture_technique #Internet #Politique #Contrôle_par_architecture

    • Débat dans POL/N sur les tensions entre les nouvelles mesures de sécurité, la lutte contre le terrorisme... et les libertés individuelles. Avec cette question : à quel point sommes-nous entrés dans l’ère de l’ultra surveillance numérique ?

      Mes invités :

      Maître Emmanuel Daoud, avocat au barreau de Paris et près la Cour pénale internationale, avocat de la FIDH, la LDH, RSF, MSF, Notre Affaire à Tous… Membre de l’association Les Jurisnautes, et auteur de plusieurs articles sur le sujet de notre débat.
      Fabrice Epelboin, un des pionniers dans la pensée du numérique en tant qu’objet politique et transformateur de la société. Entrepreneur, innovateur, enseignant, expert en cybersécurité… Il est un défenseur actif – pour ne pas dire un activiste - des libertés numériques, de la neutralité du net, des Creative Commons, de l’eDemocratie… Pour lui, La Tech est un « Combat de Sociétés », pour reprendre la baseline de son podcast « Les Éclaireurs du Numérique ».

      Sommaire :
      01:35 sous surveillance numérique de l’État ?
      04:13 l’opinion publique réclamera plus de sécurité
      05:26 s’il y a des atteintes à la liberté, il faut qu’elles soient proportionnées
      05:43 vers une surveillance panoptique
      06:51 les gens disaient "je n’ai rien à cacher"
      07:32 des garanties juridiques ?
      09:20 loi narcotrafic et menace sur le chiffrement
      11:17 société paranoïaque
      14:05 l’AI Act
      16:02 les dispositifs juridiques ont le mérite d’exister
      16:56 est-ce qu’on va vers une généralisation des abus ?
      17:49 Insécurité vs Sentiment d’insécurité
      19:08 l’affaire Telegram
      22:04 une affaire emblématique
      25:47 la recevabilité des preuves
      26:24 ça c’est l’Etat de droit positif
      27:58 décrépitude démocratique
      29:54 Moi, je suis optimiste

  • Dominique Eddé, romancière libanaise : « On n’affaiblit pas le racisme avec des interdits, on s’interdit ce qui le renforce »
    https://archive.ph/2025.03.28-103250/https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/03/28/dominique-edde-romanciere-libanaise-on-n-affaiblit-pas-le-racisme-avec-des-i

    Alors que notre temps présent est désamarré du passé, et en proie à une tempête d’inconnues, alors que le #totalitarisme gagne la planète entière autour d’une Europe étranglée, alors que Gaza, ou le très peu qui en reste, est à nouveau soumis à une pluie de bombes, alors que l’Ukraine est à la merci de deux prédateurs omnipuissants, alors que l’#extrême droite européenne, dont on connaît l’histoire, est invitée à une conférence sur l’antisémitisme en Israël, n’est-il pas urgent de commencer à imaginer un nouveau langage, de préférer la fenêtre au miroir ? On n’affaiblit pas le racisme avec des interdits, on s’interdit ce qui le renforce.

    Le 7 mai 2024, j’ai écouté le discours devant le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) d’un ancien premier ministre [Gabriel Attal], signataire de la pétition. Il n’a pas jugé nécessaire de dire un mot, durant trente minutes d’adhésion enflammée à l’Etat d’Israël, pas un mot qui en appelle à un peu de compassion envers les Palestiniens. Est-ce ainsi que l’on compte sérieusement recoudre dans le tissu, injecter de l’altérité ? Jusqu’à quand va-t-on se borner à l’entre-soi de la mémoire ?

    Tout se passe, à la lecture de ce texte, comme si la création de l’Etat d’Israël, dont plus personne n’ignore qu’elle a causé en 1948 l’expulsion de 700 000 Palestiniens, avait été suivie d’un projet constructif, ouvert, inclusif pour ceux qui restaient. Comme si le #sionisme n’avait rien à se faire pardonner de la part de ceux qui n’étaient nullement impliqués dans l’abomination de la Shoah. Comme si l’humiliation infligée aux Palestiniens, avant l’arrivée du Hamas au pouvoir, leur dépossession méthodique avant et après 1967, l’absorption de Jérusalem transformée en capitale par l’Etat d’Israël, la déclaration d’Israël comme Etat-nation du peuple juif, en juillet 2018, ne faisaient pas violence à celles et ceux qui ont une autre idée de la justice et du partage.

    Que cette surdité, ce flagrant déni soient liés au traumatisme subi, je peux le comprendre. Mais combien de temps encore ? Quand va-t-on admettre que la paix dans laquelle se trouvaient les Israéliens avant le funeste 7-Octobre n’était la paix que pour eux ? Que de fois, j’ai lu, entendu ; « Nous étions en paix, ils nous ont déclaré la guerre, massacrés. Il fallait bien se défendre. »

    L’atroce massacre qui a rompu et du même coup renforcé la routine de l’occupation, de la #colonisation – car oui, c’est le mot « #colonie », et non « #implantation », qui convient – n’a pas rompu la paix. Il n’y avait pas de paix de l’autre côté de la frontière. Il y avait l’asphyxie. C’est là que réside l’immense malentendu, plus exactement le non-entendu, qui empêche la pensée de respirer.

    Je suis de celles et ceux qui n’utilisent plus le mot « sionisme » ou « antisionisme » depuis des lustres, pour la bonne raison qu’Israël est désormais un Etat de fait, un principe de réalité et donc une société à reconnaître, à protéger. Nous avons désormais besoin de nouveaux mots pour tout. Mais – et je dis bien « mais », quelles que soient les objections que cette conjonction de coordination soulève – la confusion entre un racisme à combattre et une opinion politique qui doit pouvoir s’exprimer dans le débat public n’est pas acceptable.

    « Le sionisme, est-il écrit dans la tribune, est un barrage à la haine. » Autrement dit, à l’antisémitisme. Et l’autre barrage, le barrage contre la négation et le mépris sans nom du peuple palestinien, de sa mémoire, de son histoire, le sionisme a-t-il jamais commencé à le construire ? Faut-il que la France, sur les pas de l’Amérique, se mette à interdire par la loi l’usage d’un mot – « antisionisme » – à l’instant où l’exigence absolue devrait être de réclamer l’entrée des médias étrangers dans Gaza ? Je ne veux pas y croire.

    Un dernier point : la tribune dont je discute les termes reprend une comparaison, apparue depuis peu dans la presse, à savoir qu’Israël n’est pas plus grand que la Bretagne. Que sous-entend cette nouvelle trouvaille au moment précis où Israël Katz, le ministre de la défense israélien, déclare la volonté de son pays d’annexer Gaza ? Au moment où Israël avale le plateau du Golan et grignote le Liban sud ? Au moment où s’affichent sur nos écrans des visages ensanglantés d’enfants orphelins de tout : de terre, de famille, d’avenir. Ma question, pour finir, est très simple : la forme, le contenu et le calendrier de ce texte sont-ils de nature à faire baisser l’antisémitisme ?

  • Le #nazisme, un #totalitarisme ?

    #Chapoutot, #Ingrao et #Patin suggèrent par conséquent d’« abandonner la notion de “totalitarisme”, pour comprendre que si le régime reposait sur des mesures coercitives d’une grande violence envers ses ennemis désignés – c’est un fait –, pour de nombreux Allemands, les ressorts de sa domination étaient tout autres ».

    Bien qu’en la matière Chapoutot, Ingrao et Patin visent Les origines du totalitarisme de Hannah #Arendt (1951), dont les vues doivent beaucoup au Béhémoth qu’elle a lu dès sa première version parue en 1942, c’est à Neumann que l’on doit, parmi les premiers, d’avoir montré la nature totalitaire du régime nazi, et cela sans besoin de le démontrer puisqu’il lui suffisait de citer l’un de ses idéologues, en l’occurrence Alfred Rosenberg, affirmant qu’en 1933 ce « n’est pas l’instauration de la totalité de l’État, mais de la totalité du mouvement national-socialiste » qui se produit. Ce que redisent peu ou prou les trois historiens lorsqu’ils écrivent qu’avec l’avènement du nazisme « l’État est donc réduit à un simple instrument neutre, technico-pratique, qui est mis au service des nouveaux maîtres du pays ».

    https://www.en-attendant-nadeau.fr/2025/03/18/recension-chapoutot-ingrao-patin-neumann

    #Franz_Neumann
    #histoire
    #antisémitisme
    #recension

  • Warum der zweitreichste Mensch der Welt von Big Brother träumt
    https://www.telepolis.de/features/Warum-der-zweitreichste-Mensch-der-Welt-von-Big-Brother-traeumt-9882200.ht


    Larry Ellison. Bild : drserg, Shutterstock.com

    Larry Ellison et Xi Jinping même combat : ils veulent introduire la surveillance et le contrôle total comme conditions préalables du bonheur. Pour eux en absence de dieu il n’y a qu’à travers une intelligence artificielle au pouvoir absolu que la vie sociale des homnes est encore possible.

    Il va de soi qu’il y aura toujours une élite au pouvoir de prendre des décisions de dernière instance qui sera exempte des automatismes. Cette vision me semble réaliste pour une société confucéenne au passé staliniste. Dans le contexte états-unien par contre la seule tentative de son introduction donnera les résultats qu’on peut déjà observer dans la Palestine d’aujourd’hui.

    Au fond pour les personnes qui en ont besoin l’IA ne pourra remplacer dieu que de la même manière qu’Eliza de Weizenbaum l’a montré pour le champ de la psychothérapie. Si vous le voulez, cela fonctionnera pour vous. Sinon vous aurez un problème grave avec le propriétaire d’Eliza.

    21.9.2024 von Andreas von Westphalen - Larry Ellison träumt von totaler KI-Überwachung. Der Oracle-Gründer will Kameras überall. Seine Vision verspricht Sicherheit, aber zu welchem Preis?

    Larry Ellison träumt von totaler KI-Überwachung. Der Oracle-Gründer will Kameras überall. Seine Vision verspricht Sicherheit, aber zu welchem Preis?

    Larry Ellison, Gründer des US-Softwarekonzerns Oracle, entthronte vor wenigen Tagen Jeff Bezos als zweitreichsten Menschen der Welt.

    Ellison nutzte ein Meeting der Finanzanalysten von Oracle, um vor den anwesenden Investoren seine Zukunftsvision zu verkünden, wie Künstliche Intelligenz dank Oracle zum Wohl der Menschheit eingesetzt werden solle.

    Eine Welt von der besten Seite

    Im Zentrum der neuen Ära der Menschheit, die Ellison vor wenigen Tagen verkündete, steht die Künstliche Intelligenz. (Oracle setzt in seinem Geschäft selbstverständlich massiv auf seine KI-Produkte).

    Sein Plan: Die Künstliche Intelligenz soll genutzt werden, um konstant Überwachungssysteme (Sicherheitskameras, Bodycams von Polizisten, Kameras an Haustüren und Kameras in Autos) zu beobachten und analysieren.

    Ellisons erklärtes Ziel:

    Die Bürger werden sich von ihrer besten Seite zeigen, weil wir ständig alles aufzeichnen und berichten, was vor sich geht. Und das ist unanfechtbar.

    Als quasi ausgleichende Gerechtigkeit sollen auch Polizisten rund um die Uhr überwacht werden:

    Die Polizei wird sich von ihrer besten Seite zeigen, weil wir ständig alles aufzeichnen und beobachten, was vor sich geht.

    Schutz für die Polizei? Kein Problem:

    Jeder Polizist wird zu jeder Zeit überwacht, und wenn es ein Problem gibt, wird die KI das Problem melden und es an die zuständige Person weiterleiten.

    Amokläufe an Schulen verhindern? Kein Problem:

    Wir glauben, dass wir Schulen absolut abriegeln können, so dass der Fall, dass sich jemand auf dem Campus aufhält, der dort nicht hingehört, drastisch reduziert wird, und dass wir sofort Alarm schlagen können, sobald jemand eine Waffe zieht, und zwar sofort. Verwenden Sie KI-Kameras, um das sofort zu erkennen.

    Gefährliche Verfolgungsjagden von Verdächtigen durch Polizeiwagen verhindern? Kein Problem:

    Man lässt einfach eine Drohne dem Auto folgen. Im Zeitalter der autonomen Drohnen ist das sehr einfach.
    Larry Ellison

    Niemals ausgeschaltet

    Die neu konzipierte Bodycams, „sind einfach Linsen, zwei Linsen, die an Ihrer Weste befestigt sind, die an dem Smartphone, das Sie tragen, befestigt ist.“ Konsequenzen für Privatsphäre sieht Ellison keine.

    Um den gewünschten Zweck zu erfüllen, sind sie permanent eingeschaltet, sogar wenn man sich auf der Toilette erleichtert. Aber auch das ist kein Problem für Ellison:

    Die Wahrheit ist, wir schalten es nicht wirklich aus. Wir zeichnen es auf, so dass niemand es sehen kann, aber niemand kann ohne Gerichtsbeschluss in die Aufzeichnung eindringen. Sie bekommen also die Privatsphäre, die Sie wollten.
    Larry Ellison

    Wohlgemerkt, das Gerät ist niemals ausgeschaltet und „übermittelt das Video zurück an die Zentrale. Die Zentrale und die KI überwachen also ständig das Video“.

    Die Wahrung der Privatsphäre gehört nicht unbedingt zu Oracles Stärken, wie Techspot berichtet. Oracle war bereits mit Vorwürfen der Massenüberwachung konfrontiert.

    Vor zwei Jahren wurde gegen das Unternehmen eine Sammelklage erhoben. Die Beschuldigung: Oracle würde Online- und Offline-Aktivitäten von Einzelpersonen ohne deren Zustimmung verfolgen, auch unabhängig davon, ob sie Oracle-Kunden waren.

    Oracle legte die Klage vergangenen Monat durch eine Zahlung von 115 Millionen Dollar bei. Als Teil des Vergleichs stimmte das Unternehmen zu, seine Datenerfassungs- und -verwendungspraktiken zu ändern.

    Big Brother lässt grüßen

    Inwiefern hierbei George Orwells Überwachungsklassiker „1984“ Pate gestanden hat, muss dabei vorerst unbeantwortet bleiben. Eindeutig hingegen, dass Ellison selber seine Vision als die beste aller möglichen Welt ansieht.

    Die ersten Schritte in exakt diese Richtung sind dieses Jahr auch vollzogen worden, so dass man Ellisons Darstellung kaum als Randnotiz abtun kann. Die automatisierten Systeme, von denen er spricht, waren einst Science-Fiction-Träume. In der Londonder U-Bahn und bei den Olympischen Spielen 2024 wurden sie jedoch schon erprobt.
    Chinas Überwachung lässt grüßen

    Bekanntermaßen setzt China schon seit Jahren automatisierte Systeme (einschließlich KI) zur Überwachung seiner Bürger ein. Vor zwei Jahren haben chinesische Unternehmen eine KI-Software entwickelt, um Daten zu ordnen und katalogisieren, die über ein weites Netz von Überwachungskameras gesammelt wurden, die im Rahmen der chinesischen Kampagne „Sharp Eye“ von 2015 bis 2020 aufgestellt wurden (Reuters).

    Diese Technologie organisiert die gesammelten Daten über einzelne chinesische Bürger in jeweils einer Datei und führt somit zu dem, was die Economic Times einen „Weg zum digitalen Totalitarismus“ nannte.
    Utopie oder Dystopie

    Der US-amerikanische Journalist Scott Bicheno kommentiert die aktuelle Vision von Ellison:

    Er hat das alles eindeutig als eine utopische Vision gemeint, die sein Unternehmen ermöglichen wird, aber es scheint ihm nicht in den Sinn gekommen zu sein, wie dystopisch dies für jeden erscheint, der nicht zu den reichsten Menschen der Welt gehört.

    Ellison scheint nur die Kehrseite einer Welt der totalen Überwachung sehen zu können, selbst wenn man glaubt, davor sicher zu sein, und in der die künstliche Intelligenz ständig über jede seiner Handlungen urteilt.
    Scott Bicheno

    Gerade auch in Anbetracht der gegenwärtigen Ereignisse in Deutschland, die den Kampf zwischen zunehmendem Überwachungswunsch und dem Bedürfnis nach Privatsphäre verstärken, zeichnet sich die Notwendigkeit einer gesamtgesellschaftliche Diskussion über die vielleicht grundlegendste und wichtigste Frage der Politik ab: Wie wollen wir eigentlich leben?

    #intelligence_artificielle #totalitarisme #1984 #Chine #USA #surveillance

  • Arrestation du fondateur de Telegram et menaces sur les messageries sécurisées – Contre Attaque
    https://contre-attaque.net/2024/08/26/arrestation-du-fondateur-de-telegram-et-menaces-sur-les-messageries-

    Une autre messagerie chiffrée est menacée : Signal. Plus efficace et recommandable que Telegram, elle agace profondément les polices du monde entier qui, pour le moment, n’arrivent pas à la percer, car cette messagerie est chiffrée de bout en bout et collaborative.

    Le Parlement Européen a lancé un débat spécifique sur ce sujet pour faire interdire ce chiffrement. Les dirigeants de Signal ont annoncé qu’ils se retireraient d’Europe plutôt que d’accepter la fin du chiffrement des conversations, ce qui mettrait en danger de nombreux opposants et livrerait des informations aux forces de répression. Ce serait comme discuter politique directement sous les yeux des services de renseignement.

    Pour le moment, à défaut de réussir à pénétrer les mystères de Signal, la police l’utilise comme un élément à charge. Alors que des millions de personne utilisent cette messagerie, les autorités estiment que sa seule installation est suspecte. Dans le cadre d’enquêtes contre des militants, l’application Signal est brandie comme une « preuve » de culpabilité. La justice estime que protéger ses échanges, c’est forcément avoir quelque chose à cacher, et donc forcément des infractions. Dans le cadre d’une procédure anti-terroriste visant des militant-es arrêté-es le 8 décembre 2020, l’un des seuls éléments qui restait dans le dossier était l’utilisation de Signal.

    De même pour la messagerie sécurisée ProtonMail : sur demande de la police anti-terroriste, la plate-forme avait dû fournir l’adresse IP de militants écologistes, ce qui avait conduit à 20 arrestations et trois perquisitions en 2020.

    • La propagnde existe, mais elle est de plus en plus méconnaissable. Il y a une vielle blague qui anticipe ce développement.

      – Lors ce que Napoléon et Hitler se rencontrent en enfer le dictateur Allemand dit avec admiration à l’empereur : Avec votre génie militaire et mes chars on aurait gagné contre les Russes. Napoléon répond : Avec le génie de votre Goebbels le peuple francais n’aurait jamais appris qu’on a perdu !

      Voilà ce qui se passe avec les infos après l’introduction de l’intelligence artificielle omniprésente.

      #propagande #fake_news #intelligence_artificielle

    • La guerre des représentations est une forme de guerre non militaire. Elle désigne la phase de guerre symbolique, psychologique et subversive qui précède le combat sur le théâtre d’opérations. Pour justifier et légitimer les actions violentes, les injustices ou les atrocités qu’il est amené à commettre en situation de guerre, l’être humain a besoin d’assouplir sa conscience et de se déculpabiliser vis-à-vis de son propre système de valeurs. Chaque partie en présence mène d’abord une guerre de représentations, dans le cadre de laquelle les processus de mobilisation que sont les sentiments religieux et patriotiques, la culture, l’idéologie politique, les interprétations identitaires et historiques sont « réquisitionnés » au maximum afin de légitimer l’attaque pour les uns, la défense pour les autres.

      https://www.cairn.info/revue-geoeconomie-2009-4-page-119.htm

      #guerre_psychologique #désinformation
      #totalitarisme

  • #FOUTAGE_DE_GUEULE

    Malgré un appel à cesser les envois d’#armes vers #Israël, la #France continuera d’en livrer... Et en #Ukraine... Mais les caisses sont vides... :-D :-D :-D

    SORTEZ LES #TARTUFFES ! #macron et associés

    #France #diplomatie #irresponsable #responsable #va_t_en_guerre #de_qui_se_moque_t_on #Israel_uber_alles #sionisme #totalitarisme

    https://www.mediapart.fr/journal/international/240124/malgre-un-appel-cesser-les-envois-d-armes-vers-israel-la-france-continuera

    "Des ONG ont lancé un appel à suspendre les transferts d’armes à l’État hébreu et aux groupes armés palestiniens, mercredi 24 janvier. Le ministère des armées assume d’exporter des équipements militaires à Israël « afin de lui permettre d’assurer sa défense ». (...)"

  • 🟥 Totalitarismes : désirs secrets et secrètes complicités des masses - Socialisme libertaire

    La question du totalitarisme s’impose à nouveau dans les pays non totalitaires. En 2022, l’agression russe de l’Ukraine et la résistance impressionnante des Ukrainiens, la révolution des femmes et de la jeunesse contre l’état islamiste des mollahs en Iran, et l’enfoncement de la Chine dans le communisme néo-maoïste du dictateur Xi ont replacé cette question, comme question pratique, au centre du débat politique. L’attitude à l’égard de tel ou tel totalitarisme en particulier, et du système totalitaire en général tend à devenir une des clés principales du ré-aménagement du rapport des forces politiques. Cette attitude ne comprend pas seulement les partis politiques impuissants de la démocratie représentative, « leaders » ou militants ; elle comprend encore ce que savent et pensent les « hommes normaux », et aussi les « désirs secrets et les secrètes complicités » des masses.
    Le court extrait que nous publions ci-dessous est tiré du livre de Hannah Arendt, « Le Système totalitaire », troisième partie de son œuvre fondamentale, « Les Origines du Totalitarisme », traduit de l’américain par Jean-Loup Bourget, Robert Davreu et Patrick Lévy, révisé par Hélène Frappat, et publié par Les Editions du Seuil. L’extrait est situé p.241 de l’édition de poche, chap.III. « Le totalitarisme au pouvoir », point 2 « La police secrète » (...)

    #Hannah_Arendt #totalitarismes

    https://www.socialisme-libertaire.fr/2023/11/totalitarismes-desirs-secrets-et-secretes-complicites-des-mass

  • La rivoluzione palestinese del 7 ottobre

    «Mi diressi verso Suha che prese Hanin, dicendo: “Non stare via troppo a lungo”. L’abbracciai, insieme alla piccola: “Non ti preoccupare… come gli uomini della Comune, noi invadiamo il cielo!” (…) Avevamo superato lo scoglio dell’autocontrollo, non avevamo versato neppure una lacrima, nessuno di noi aveva pianto».

    (da “Non metterò il vostro cappello” di Ahmed Qatamesh)

    Quando non si ha più niente, si è pronti per condividere tutto.

    La rivoluzione per la liberazione della Palestina del 7 ottobre ha mostrato come esseri umani – espropriati da oltre 75 anni di ogni elemento essenziale all’esistenza – possano condividere l’impossibile, ovvero mettere in ginocchio una potenza nucleare, non solo militarmente ma anche mozzandone la fiducia nel teismo colonialista e razzista.

    La rivoluzione del 7 ottobre ha reinventato leggi fisiche. Ha insegnato che ci si può tirare fuori dalla fossa più profonda del pianeta – quella dove i palestinesi sono stati sepolti dai sionisti e dagli occidentali – senza alcun punto d’appoggio.

    Unico appiglio – interiore e politico, sarebbe meglio dire con Alì Shariati di «spiritualità politica» – è la coscienza assoluta che servare vitam per servire il colone, sopravvivere cioè sottovivere, è il più grande errore che il colonizzato possa compiere nei propri confronti e verso i figli che verranno.

    I nuovi venuti al mondo debbono temere più della morte la vita scuoiata, spogliata fino a tendini e nervi di ciò che umano. Vale in particolar modo per gli oppressi palestinesi, ma anche per i giovani sottomessi dal presente liberista in Occidente.

    L’esistenza schiacciata ritrova significato soltanto nel sollevarsi contro il carnefice. Alzandosi dalla polvere, sorvola muri di segregazione e valichi d’acciaio, abbraccia cieli proibiti, si congiunge carnalmente con le nuvole più morbide per fecondarle e donare inattese stirpi ribelli a ogni terra.

    I guerriglieri di Gaza sui deltaplani sono diventati folate di vento e grida che hanno sovvertito il tempo, hanno dipinto un’immagine di liberazione tra le più elevate della recente storia dell’umanità.

    Un quadro immortale di gioia che nessun palestinese, nessuna donna, nessun uomo schiavizzato dal totalitarismo liberale, si leverà mai dallo sguardo.

    Un’autentica preghiera visiva da recitare con gli occhi di fronte a ogni sopruso subito.

    L’atterraggio sul suolo violentato dai colonizzatori è una nascita per i combattenti. E non si viene alla luce senza coprirsi di sangue. Non ci si libera da un’eterna brutalità senza violenza. Lo sa chiunque conosca la storia dalla parte dei reclusi nell’inferno terreno. In un istante, qualsiasi legame con la vile morale liberale viene bruciato e gli ultimi in rivolta, come abili ramai, maneggiando quel fuoco possono forgiare una naturale e istintiva verità senza diseguaglianze.

    «Quest’uomo nuovo comincia la sua vita d’uomo dalla fine; si considera come un morto in potenza. Sarà ucciso: non è soltanto che ne accetta il rischio, è che ne ha la certezza; quel morto in potenza ha perso sua moglie, i suoi figli; ha visto tante agonie che vuol vincere piuttosto che sopravvivere» ha lasciato scritto incontestabilmente Frantz Fanon.

    Nella gioia nichilista e al contempo creatrice di un futuro imprevedibile senza catene né limiti, il luminoso incantevole sorriso dei rivoluzionari traspare dalla keffiyeh arrotolata sul viso, e invita alla danza sopra i carrarmati nemici. I mostri che travolgevano bambini e insorti, adesso sono schiacciati dai salti di un intero popolo sprigionato.

    E la rivoluzione palestinese prosegue, nonostante i bombardamenti e l’ennesima, incessante strage di gazawi, con la Knesset che trema per i razzi lanciati dalle macerie, con il segretario di stato americano e l’eletto primo boia tra i boia sionisti rinchiusi in un bunker.

    Avanza di giorno in giorno nelle piazze delle città arabe, del Sudamerica e degli stati che il dispotismo capitalista si ostina a denominare Europa. Unite da quella che una volta ho definito «lotta contro questa vita».

    Le parole d’ordine dei movimenti seguono lo straripare palestinese. Scuotono, irridono vie e strade dominate dal profitto di pochi prescelti. Non hanno alcun riflesso della falsa pacificazione imposta ovunque, uccidendo in nome della democrazia e dei valori superiori d’Occidente. Chiedono la liberazione totale della Palestina. Senza concessioni ai sionisti.

    Ne vale la pena rispetto al massacro che gli oppressori compiono a Gaza senza tregua?

    Ne vale la pena davanti al profilarsi deciso della quarta fase del processo secolare e mai finito della Nakba, per citare Joseph Massad, ovvero l’azione terminale che ha come obiettivo lo sterminio ultimo dei palestinesi?

    Sì, perché l’atto storico della Resistenza Palestinese ha una potenza offensiva culturale, oltre che militare, sinora mai vista. L’accelerazione improvvisa dello scontro è una concreta possibilità di salvezza, in confronto a una sentenza di morte di massa in quotidiana esecuzione da decenni. Per loro, e per noi che abitiamo altre sponde del mediterraneo.

    Una sovversione che va oltre la logica utilitarista e tatticista della guerra e non può essere volgarmente chiamata “guerra”.

    Come per i rari urti che fanno irrompere una nuova concezione dell’umano, va adoperata la parola “rivoluzione”.

    A ogni latitudine, questo moto spinge donne e uomini condannati per sempre all’infimo rango a ritrovare la lotta per «una vita profonda».

    Superando il concetto marxista di «arcano della produzione», colgono, svelano l’arcano della distruzione su cui si regge il liberismo. Impulsivamente, animati da una «luxuria mentis» temeraria, vogliono fermarlo.

    Come le migliori rivoluzioni, quella palestinese del 7 ottobre ha l’effetto di far cadere, una a una, le maschere dei nemici.

    A cominciare dal trucco pesante delle garanzie democratiche che si scioglie, scoprendo il volto autoritario e discriminatorio dell’Unione Europea.

    In tanti lo avevamo già scorto nella guerra contro i migranti e gli ultimi sui gradini della scala sociale.

    Ora, per chiunque, è difficile negare la mostruosità repressiva delle dodici stelle di Bruxelles e Strasburgo, sempre più simili a dodici stelle di David.

    *

    Quando non si è più niente, si perde tutto e non si persuade più nessuno.

    Israele e l’Occidente, con il minuscolo stato italiano, sono scossi da una paura incontrollabile. Neanche i detentori delle leve del potere provano a dare credibilità all’interminabile messinscena dell’invincibilità e della democrazia.

    Nello stato d’occupazione, i coloni con doppia nazionalità non sono rassicurati nemmeno dalla rappresaglia su Gaza con ospedali rasi al suolo, bombe a grappolo e fosforo bianco. Finalmente si mettono in fila negli aeroporti per abbandonare la terra che hanno usurpato.

    La république, dopo la lucente e giovanissima insurrezione dell’estate, ha il giusto sentore di poter essere la prossima a venire sommersa dall’onda della rivoluzione del 7 ottobre. Vieta le mobilitazioni in solidarietà con la Palestina e arresta ed espelle Mariam Abu Daqqa, voce nitida del Fronte Popolare. Ormai non si nasconde più: è basata sul suffragio dei mercati e sulla libertà, eguaglianza e fraternità tra banchieri, predatori e assassini in nome dell’extraprofitto.

    La Deutsche Republik militarizza le scuole, i quartieri popolati da immigrati, fa passare l’ultimo libro di Adania Shani dalla premiazione a Francoforte all’indice, proibisce di indossare la keffiyeh e sventolare la bandiera della Palestina. Dal 19 ottobre, a Berlino, manifestanti arabi e tedeschi hanno fatto intendere che non staranno a lungo immobili.

    La repubblica italiana intimidisce inutilmente gli studenti che sostengono la Resistenza Palestinese. Manganella chi contesta gli amici d’Israele a Livorno e Roma. Si prepara all’imminente stagione repressiva, dispensando allarmi bomba fasulli e chiudendo le frontiere laddove possibile. Atti utili a stabilire una condizione d’emergenza che renderà lecito punire il movimento che di minuto in minuto prende forma.

    Questa paura legalizzata di perdere tutto conduce i media dei regimi liberisti dell’Unione Europea a tentare di ridurre la rivoluzione palestinese del 7 ottobre a un’azione terroristico-religiosa, a tracciare parallelismi demenziali con l’11 settembre, il Bataclan, l’Isis e chi ha più benzina da versare sul falò psicotico dello scontro di civiltà, più ne butti.

    Peccato per loro che buona parte dei giovani abbia capito, in ogni angolo del pianeta, che c’è soltanto uno scontro di civiltà: quello tra dominanti e incatenati, tra sfruttatori e sfruttati.

    Una propaganda arabofoba, islamofoba, misoxena, pericolosa, da contrastare con intelligenza, ma assolutamente stantia e prevedibile.

    Se le parole del potere sono logore, in disfacimento, non sono da meno le frasi di tanti «professori di morale» che affermano di schierarsi con i palestinesi. Però dopo aver condannato «i nazisti» di Hamas equiparandoli ai «nazisti» di Tel Aviv, e aver classificato la rivoluzione del 7 ottobre come «un pogrom». Coloro che sono stati visionari interpreti del marxismo occidentale ricorrono dunque alla stessa espressione usata da Rishi Sunak, il primo ministro inglese, fautore della deportazione e dell’assassinio su vasta scala dei migranti che attraversano il canale della Manica.

    Davvero i «disorientatori» della sinistra pacificata non comprendono che nello stato d’insediamento coloniale israeliano non esistono “civili”?

    Davvero non sanno che coloni, armati fino ai denti, assaltano regolarmente le case dei palestinesi e li uccidono?

    Davvero non conoscono la storia fondamentale e preziosa di Hamas al punto di lasciarsi sgocciolare dalla bocca una simile infamia?

    Davvero non immaginano che la Resistenza Palestinese è unita dal 2021 nelle sue diverse componenti e che Hamas è la parte prevalente?

    Davvero non si rendono conto che la Palestina dell’ottobre 2023 rappresenta per le nuove generazioni ciò che il Vietnam (e i Vietcong avevano un’etica guerriera non meno intransigente rispetto a quella della Resistenza Palestinese) ha rappresentato nella loro epoca?

    Non sono ignoranti, se non nell’anima. Semplicemente gli piacciono i palestinesi – ritorniamo ancora a Fanon – quando sono «inferiorizzati», quando sono vittime da contare sul pallottoliere della morte. Perché i palestinesi devono restare, all’immancabile bagno di sangue quotidiano, un’occasione per sentirsi occidentali differenti e buoni.

    Hanno quindi terrore della rivoluzione del 7 ottobre che porta tanti tra i nostri figli a rifiutare e sputare sull’idea razzista, suprematista – da loro sempre magnificata – di fittizia identità europea. La vera progenitrice, persino più del nazionalismo genocida statunitense, del colonialismo israeliano.

    Hanno accettato di essere «uomini viventi miseramente», asserirebbe Pierre Clastres, e non riescono a nuotare in quest’alluvione sovversiva.

    Il loro linguaggio rifugge la logica disgiuntiva della realtà (o – o, o sto con una parte o sto con l’altra parte), reitera l’ipocrita e noto meccanismo del distanziarsi.

    «I professori di morale» oggi, dopo il 7 ottobre, non sono più niente.

    Lo dimostra l’abusato florilegio di congiunzioni negative. «Né con Hamas, né con Israele, né con chi uccide, ma con la Palestina», è l’insensata formula. Quasi che i militanti di Hamas provenissero da una galassia lontana e non godessero, come detto, dell’appoggio consistente del popolo palestinese.

    Lo imparino nella sinistra legalitaria: Allāhu akbar non è il grido di battaglia dei terroristi. È un richiamo consapevole all’inconsistenza del reale e delle nostre pietose ossessioni.

    La Rivoluzione Palestinese è solo iniziata il 7 ottobre.

    È una cesura col passato meravigliosamente e tragicamente irreversibile.

    Le donne e gli uomini della Comune invadono il cielo.

    https://www.osservatoriorepressione.info/la-rivoluzione-palestinese-del-7-ottobre
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