• Au Canada, un incendie déclenché… par un poisson tombé du ciel, lâché par un rapace
    ▻https://www.sudouest.fr/faits-divers/au-canada-un-incendie-declenche-par-un-poisson-tombe-du-ciel-lache-par-un-r

    L’histoire à peine croyable, révélée par des pompiers de Colombie Britannique, fait les délices de la presse canadienne : un poisson tombé du ciel, lâché par un rapace et qui a touché une ligne électrique, a provoqué la semaine dernière un feu de broussailles et une brève panne d’électricité dans l’ouest du Canada.

    L’incident s’est produit jeudi dernier près de la municipalité d’Ashcroft quand les soldats du feu sont appelés pour un incendie en pleine nature. « Une enquête rapide a permis de déterminer la cause de cet incendie : un poisson. Oui, vous lisez bien : un poisson à qui il est arrivé quelque chose d’incroyable ! », s’amuse sur sa page Facebook le service des pompiers d’Ashcroft.
    Un poisson grillé

    D’après eux, un balbuzard pêcheur, une espèce de rapace, se serait emparé de sa proie dans une rivière à 3 km avant de la laisser tomber en plein vol sur une ligne électrique. Le contact du poisson avec les fils électriques aurait alors provoqué une étincelle et de petites braises qui auraient elles-mêmes enflammé les broussailles et herbes sèches au sol.

    Leurs photos montrent effectivement le poisson mort à terre, la carcasse brûlée.

    Autre piste, spéculent les pompiers non sans humour : le rapace « en avait assez du poisson cru et voulait essayer le poisson grillé ». Le balbuzard pêcheur s’en est sorti indemne et a poursuivi son vol, plaisantent encore les pompiers.

    Ils se félicitent plus sérieusement que l’absence de vent la semaine dernière ait permis de maîtriser rapidement cet incendie complètement insolite dans l’Ouest canadien, régulièrement la proie, l’été, d’importants feux de forêt.

  • Des collectifs d’habitants perturbent l’assemblée d’actionnaires d’une multinationale minière

    Des collectifs des quatre coins de la France se sont rassemblés à Paris contre les projets d’une multinationale minière française, #Imerys. De la Bretagne à la Dordogne, tous sont impactés par l’extraction, poussée au nom de la #transition_écologique.

    « Les nouveautés 2025 ! Profitez du réchauffement : venez vous ressourcer au Parc Imeryx ! » lancent à la volée une vingtaine de personnes venues du Cantal, de Bretagne, de Dordogne et de l’Allier. Ils et elles se sont retrouvés ce 13 mai dans un quartier chic de la capitale, au quai de Grenelle, où se tient l’Assemblée générale des actionnaires d’Imerys, une multinationale minière française.

    Ces collectifs d’habitants sont tous engagés, chacun dans leur département, contre quatre projets d’#extraction_minière sur le territoire français. Ils profitent de l’assemblée des actionnaires pour alerter les investisseurs sur l’#impact_environnemental de l’entreprise, distribuant des tracts humoristiques aux nombreux hommes vêtus de costumes noirs qui entrent dans les locaux.

    Imerys extrait et transforme des #minéraux, pour les secteurs des biens de consommation, l’industrie et la construction. Implantée dans 46 pays, la multinationale possède plus de 200 sites dans le monde et 28 en France, regroupant #mines, carrières et usines. Et compte accroître son activité extractive en France.

    « L’entreprise projette d’ouvrir une quatrième fosse d’extraction à #Glomel, dans les Côtes-d’Armor, située sur une zone considérée comme le château d’eau de la Bretagne », dénonce un membre du collectif #Mines_de_Rien. Imerys y exploite depuis plus de 50 ans une carrière d’#andalousite – un minerai utilisé dans la #sidérurgie – et une usine d’extraction.

    Un autre projet d’Imerys a fait parler de lui récemment. Dans l’#Allier, à #Échassière et à #Saint-Victor, la multinationale compte exploiter une mine de #lithium ainsi qu’une usine de transformation du minerai pour produire la matière première pour 700 000 #batteries de voiture par an.

    Face cachée de la transition

    Sur le parvis où sont distribués les tracts, l’un des responsables du projet d’Imerys dans l’Allier, sort à la rencontre des militants. Le projet doit « réduire la dépendance française et européenne à l’importation de lithium », explique l’homme, « stimuler l’économie locale » et « relever le défi de la transition énergétique ». « C’est un projet stratégique pour la #décarbonation ! », lance-t-il.

    Le gouvernement a reconnu le projet d’Imerys dans l’Allier comme étant d’intérêt national majeur, promettant de faire de la France le premier producteur de lithium européen. Et l’État y investit directement à hauteur de 100 millions d’euros d’argent public. Étienne, du collectif Stop Mines 03, n’est pas convaincu. « Si le lithium extrait sert à construire des SUV et détruire la planète, ça n’a aucun sens de parler de décarbonation ! » répond-il au représentant de l’entreprise.

    L’appel à un débat sur les usages

    En avril dernier, Imerys a organisé un séminaire sur l’usage du lithium au cours duquel des SUV de la marque BMW ont d’ailleurs été présentés... Autre argument sur la question de l’usage : « On ne peut pas se passer de cette ressource si on veut la transition, mais on peut pas l’utiliser pour fabriquer des maillots de bain connectés qui vous indique quand remettre de la crème solaire », ironise Étienne alors que l’AG se poursuit à l’intérieur.

    « Nous, citoyens, demandons un débat public sur les usages de nos minéraux », réclame l’un des membres des collectifs au responsable d’Imerys.« On ne va pas, nous, Imerys, mener un débat public », répond le responsable, avant de repasser la porte du grand bâtiment où sont réunis les actionnaires. Le dialogue est clos. Mais dehors, l’action se poursuit.

    Des territoires sinistrés

    « Imerys exploite nos terres et s’étend telle une pieuvre dévorante », déplore au micro Nathalie, de l’association #Sauvegardons_Razac_et_le_Bassin_de_la_Cole, en Dordogne. La multinationale prévoit d’y étendre son extraction de #quartz sur 40 hectares. Le minerai est notamment utilisé dans les domaines de l’électricité et du numérique.

    À #Nouvialle, dans le Cantal, Imerys souhaite extraire de la #diatomite, minerai utilisé dans l’#industrie_agroalimentaire pour ses propriétés filtrantes. « Les 400 hectares concernés sont au centre d’un fragile équilibre, régulent naturellement le cycle de l’eau, c’est une ressource fourragère pour les agriculteurs, et ils abritent 142 espèces protégées », dénonce Chantal du #Collectif_pour_la_narse_de_Nouvialle, une #zone_humide.

    À Glomel, là où se trouve la carrière d’andalousite, les #landes, #tourbières et prairies humides laissent la place à des #bassins_de_décantation remplis d’eau acide. Imerys y raffine sa production d’andalousite. Comme le révélait le média breton Splann ! l’année dernière, des taux anormalement élevés de #nickel, #cobalt, #arsenic et autres #métaux_toxiques ont été retrouvés dans un ruisseau où la multinationale rejette chaque année 1,5 million de mètres cubes d’#eaux_usées. « On a l’impression d’être une population et un territoire sacrifié au nom du profit et de l’andalousite », se désole l’un des membre de Mines de Rien.

    Alors que le collectif de Glomel clôt sa prise de parole, une longue silhouette colorée apparaît de l’autre côté de la rue. Drapé d’une chemise bleue recouvrant ses tentacules jaunes, vertes et rouges, une grande marionnette prend place sur le parvis du bâtiment accueillant l’AG. Nommée Pelletassou, elle porte une pancarte « Imerys » et ses bras sont en forme de pelleteuse. Ce monstre carnavalesque inspiré de la culture occitane représente « la grande machine extractiviste ». « #Pelletassou a été jugé par un tribunal populaire. Demain il sera au Parlement Européen, pour sensibiliser les dirigeants à la réalité que nos riverains vivent », explique François, l’un des militants, en souriant. Sur d’autres sites de production, ailleurs dans le monde, Imery est régulièrement accusé de générer des pollutions, comme à Barcarena, aux portes de l’Amazonie brésilienne.

    ▻https://basta.media/Des-collectifs-perturbent-assemblee-d-actionnaires-multinationale-miniere-I

    #résistance #extractivisme

  • Les #tourbières en #Afrique, gigantesques #puits_de_carbone encore largement méconnus

    ▻https://www.lemonde.fr/afrique/article/2025/02/24/les-tourbieres-africaines-gigantesques-puits-de-carbone-encore-largement-mec

    Ces #écosystèmes difficiles d’accès ont jusqu’à présent été négligés par les scientifiques. Leur superficie à l’échelle du continent, qui abrite pourtant la plus grande #tourbière_tropicale, n’est pas encore établie.

    Dans une zone de marais et de tourbières du bassin du Congo, près de la ville de Mbandaka, en République démocratique du Congo, en avril 2018.
    Pour inaugurer la première conférence scientifique sur les tourbières africaines, lundi 17 février à la Royal Society de Londres, le professeur Simon Lewis n’y est pas allé par quatre chemins : « Comment se fait-il que nous ayons attendu 2025 pour nous pencher sur ce sujet ? s’est-il interrogé. A l’échelle mondiale, les tourbières ne couvrent que 3 % des surfaces terrestres mais elles stockent davantage de carbone que toutes les forêts de la planète. »

    Deux raisons peuvent expliquer cette négligence. « La première est qu’aucun chercheur n’a envie d’avoir les pieds mouillés et d’être couvert de boue. J’ai moi-même arpenté pendant dix ans les forêts tropicales et j’ai pris soin d’éviter les marécages et les zones humides. Ou je les ai traversées aussi vite que je pouvais, a avoué le professeur de l’université de Leeds (Royaume-Uni). La seconde est le manque d’argent pour la recherche en Afrique et davantage encore pour les chercheurs africains. »

    Les tourbières se forment dans des zones en permanence inondées où les végétaux se sont lentement décomposés à l’abri de l’air pour se transformer en couches de tourbe, épaisses parfois de plusieurs dizaines de mètres. Simon Lewis a fini par s’y arrêter et les travaux menés pendant plusieurs années avec sa collègue Greta Dargie lui ont permis de révéler, en 2017, que la cuvette centrale du bassin du Congo abritait la plus grande tourbière tropicale. Elle atteint une superficie de 145 000 km2, est vieille de plus de 10 000 ans et stocke 30 milliards de tonnes de carbone. Soit l’équivalent de trois années d’émissions mondiales de CO2.

    « Un rôle essentiel pour la biodiversité »
    Cette découverte extraordinaire a aiguisé la curiosité : se pouvait-il que ces milieux jusqu’alors considérés comme rares soient en réalité plus répandus que les scientifiques ne le pensaient ? Greta Dargie s’est lancée dans un recensement à partir de quelque 700 articles scientifiques abordant la présence de tourbières sur le continent.

    « Il s’agit, dans beaucoup de cas, de simples allusions. Très peu de données précises existent, en particulier en Afrique de l’Ouest. Et bien souvent les auteurs n’adoptent pas la même définition, retenant des seuils différents pour l’épaisseur de tourbe ou le taux de matière organique. C’est une des difficultés qui expliquent qu’il est aujourd’hui impossible de dire quelle superficie elles couvrent à l’échelle du continent », a-t-elle exposé à Londres, en dévoilant une carte sur laquelle un cortège de points plus ou moins gros – du golfe de Guinée au rift albertin – matérialisent leur existence.

    Une concentration se dessine le long de la bande sahélienne et des reliefs accidentés de l’Afrique des grands lacs. Si aucune tourbière ne rivalise en étendue avec la cuvette congolaise, à cheval sur les deux Congos, celle du Sudd, au Soudan du Sud, et celle du delta intérieur de l’Okavango, au Botswana, se distinguent. La première, logée dans la plaine inondable du Nil blanc et alimentée par le lac Victoria, étale ses paysages de papyrus sur plus de 20 000 km2. La deuxième, entretenue par les cours d’eau qui descendent des hauts plateaux de l’Angola, inscrit une empreinte plus modeste (2 000 km2) à la lisière d’une Afrique australe où les paysages se muent progressivement en déserts.

    « Ce ne sont pas seulement des réservoirs de carbone à fort enjeu pour le climat. Elles jouent un rôle essentiel dans la régulation des ressources en eau et pour la biodiversité. Nos travaux peuvent permettre de changer le regard sur ces zones négligées », a plaidé Greta Dargie.

    Négligées et même souvent menacées. Au Rwanda, par exemple, la tourbe fournit 7 % de l’énergie consommée dans le pays. En République démocratique du Congo, le flou persiste sur les intentions du gouvernement et la possible attribution de blocs pétroliers chevauchant la cuvette centrale. Fin 2023, Brazzaville a en revanche adopté une loi sur la gestion durable de l’environnement interdisant toute forme d’exploitation industrielle dans les tourbières. Une réflexion est aussi engagée pour les doter d’un statut juridique particulier.

    L’impossible calcul des émissions de méthane
    Mais dans leur plaidoyer en faveur de ces milieux naturels, les chercheurs se heurtent à l’étendue de leur ignorance. « Comment anticiper les changements [sous l’effet du dérèglement climatique ou d’autres atteintes humaines], si nous ne comprenons pas leur fonctionnement ? » a questionné Angela Gallego-Sala, professeur au département de géographie de l’université d’Exeter (Royaume-Uni) en faisant un état des lieux des obstacles qui se dressent sur leur route.

    Très peu de tourbières africaines ont été sondées. Dans la base mondiale du Centre canadien de modélisation du climat (université de Victoria, Colombie-Britannique), qui contient près de 35 000 données sur la profondeur des tourbières, 2 % seulement sont situées en Afrique. Faute de travaux de terrain permettant de les ajuster, les modèles mathématiques globaux utilisés pour évaluer, par exemple, les émissions de méthane liées à la décomposition des végétaux piégés dans les tourbières se révèlent inopérants ou très imparfaits. Le méthane est un gaz au pouvoir de réchauffement bien supérieur au CO2.

    Le même écueil existe lorsqu’il s’agit de calculer les quantités de CO2 stockées dans la biomasse aérienne et dans les sols. Yannick Enock Bocko, chercheur en botanique à l’université Marien-Ngouabi de Brazzaville, en a fait la démonstration. En étudiant la flore des tourbières de la Likouala dominée par des espèces de palmiers aux tissus moins denses que les arbres communs de la forêt tropicale, il a montré que les modèles avaient surestimé de plus d’un tiers le carbone stocké. Ce qui n’est pas sans importance lorsqu’il s’agit de mesurer les conséquences de leur destruction sur le climat ou – pour les gouvernements – de demander une rémunération en échange de leur protection.

    Face à la somme vertigineuse de questions qui se posent à eux, les chercheurs sont loin de disposer de moyens suffisants. L’Initiative Science pour le bassin du Congo (ISBC) leur donne cependant espoir. Lancée fin 2023 et calquée sur le projet mené il y a vingt-cinq ans en Amazonie, elle a pour ambition de combler le déficit de connaissances disponibles sur le deuxième massif forestier tropical. Sous la présidence de Simon Lewis et Raphaël Tshimanga (université de Kinshasa), l’étude des tourbières devrait y trouver la place qu’elle mérite.

    #Laurence_Caramel

  • En #montagne, la #biodiversité pourrait s’effondrer plus vite qu’ailleurs

    #Changement_climatique, pollutions chimiques, tourisme… En montagne, plus qu’ailleurs, plusieurs espèces s’approchent d’un #effondrement_global.

    On l’appelle « l’#énigme_de_Humboldt ». Du nom du célèbre savant allemand Alexander von Humboldt. Lorsqu’il explora les montagnes andines, au gré de sa longue expédition naturaliste à travers l’Amérique latine, de 1799 à 1804, il découvrit l’existence d’une faune et d’une flore d’une incroyable diversité. Un foisonnement surprenant, spécifique aux milieux montagneux, qui ne cessa par la suite d’interroger les scientifiques. On estime aujourd’hui que les montagnes, qui couvrent environ 25 % des surfaces terrestres, abritent 85 % des espèces d’amphibiens, d’oiseaux et de mammifères de la planète.

    Depuis quelques années, une nouvelle énigme descendue des montagnes s’est imbriquée à la première et taraude les chercheurs : ces écosystèmes si riches en biodiversité sont-ils sur le point de s’effondrer ? L’alerte s’est faite solennelle en 2022. Une équipe internationale d’une vingtaine de scientifiques publiait alors une étude intitulée « Scientists’ warning of threats to mountains » : l’alerte des scientifiques contre les menaces qui pèsent sur les montagnes.

    Les montagnes sont « hautement vulnérables » aux multiples facettes de la crise écologique provoquée par les activités humaines, écrivaient-ils. Les pressions qui s’exercent sur elles se renforcent mutuellement, entraînant des risques « d’#effets_en_cascade », plusieurs espèces « s’approchant d’un effondrement global ». En résulterait « un affaiblissement critique de la santé des écosystèmes [de montagne], avec de larges répercussions sur la santé des animaux et des humains ».

    Changement climatique, pollutions chimiques, espèces invasives ou pathogènes, pastoralisme, tourisme… Le constat dressé par les chercheurs est toujours le même trois ans plus tard. « Tous ces facteurs interagissent, c’est très complexe mais cela amène des changements très importants dans les montagnes. On alerte là-dessus depuis plus de dix ans, mais la prise de conscience commence à peine », regrette l’écologue Dirk Schmeller, directeur de recherche au CNRS et auteur principal de l’étude.

    Des #niches_écologiques menacées par le climat

    Ces deux énigmes — grande richesse et grande vulnérabilité de ces écosystèmes — ont une racine commune : la #topographie particulière des #milieux_montagnards. Ces terrains très accidentés, avec de fortes variations d’altitude et de climat, génèrent une multitude de conditions environnementales différentes, parfois sur des espaces très restreints. Autant de niches écologiques potentielles propices à l’épanouissement d’une grande variété d’espèces.

    Revers de la médaille : lorsque les conditions changent, ces milieux petits et fragmentés laissent peu de solutions de repli aux espèces qui en dépendent. « Elles n’ont pas la même capacité à réagir. Certains oiseaux ou insectes peuvent facilement voler jusqu’à un milieu plus accueillant alors que des plantes, ou même des amphibiens, ont plus de difficulté à migrer. Cela crée un éclatement des communautés, qui rend ceux qui restent d’autant plus fragiles », explique Dirk Schmeller.

    La source principale de perturbation de ces écosystèmes, celle qui inquiète le plus les chercheurs, c’est le #changement_climatique. Celui-ci est plus rapide en montagne qu’en plaine : déjà près de 2 °C de réchauffement sont mesurés dans les Alpes, contre 1,4 °C à l’échelle de la France.

    Les #températures plus chaudes, la baisse de l’#enneigement et la fonte des #glaciers rendent les conditions hostiles à certaines espèces, comme l’emblématique lagopède alpin : cet oiseau au plumage hivernal blanc, idéal pour se camoufler dans la neige, et qui a besoin du froid pour se reproduire, risque de perdre plus de 90 % de son habitat d’ici 2090, selon le Centre de recherches sur les écosystèmes d’altitude (CREA) du Mont-Blanc.

    Une partie des plantes va également souffrir de plus en plus du réchauffement du climat. En décembre dernier, le Laboratoire d’écologie alpine du CNRS, en partenariat avec l’Office français de la biodiversité (OFB), publiait un rapport sur le sujet, concluant : « Parmi les 2 105 espèces [végétales] étudiées, nous avons identifié 400 à 600 espèces à risque, en particulier celles vivant à l’étage subalpin, qui pourraient voir leur territoire se réduire significativement d’ici 2050 selon les prédictions de leur distribution future. »

    Accumulation de #polluants

    Si le changement climatique est si délétère en montagne, c’est qu’il provoque dans son sillage de nombreux effets secondaires, au-delà du seul climat. De récents travaux ont par exemple montré comment la fonte des glaces modifiait la chimie des lacs d’altitude. En apportant à ces lacs davantage de sédiments issus de l’#érosion des roches, les eaux de fonte en modifient l’#acidité, la conductivité électrique, la concentration en ions et en sulfate.

    Autre effet secondaire, encore plus indirect : les températures de plus en plus chaudes poussent les troupeaux à pâturer à plus haute altitude, pour trouver un peu de fraîcheur. Ces ovins ou bovins atteignent ainsi des lacs jusqu’alors épargnés, contaminant l’eau en matières organiques, nitrates et phosphores qui déséquilibrent le milieu. S’y ajoutent les produits vétérinaires, antiparasitaires et autres antifongiques administrés au bétail.

    Mais les animaux d’élevage ne sont pas les seuls à trouver refuge dans les lacs d’altitude. Le #tourisme gagne également de plus en plus ces plans d’#eau à la vue imprenable. « On voit de plus en plus de gens, parfois pas du tout acculturés à la montagne, venir se baigner, certains viennent même parfois avec des paddles sur les lacs de haute montagne, témoigne Florence Mazier, directrice adjointe du laboratoire Géographie de l’environnement (Géode). Ces baignades non réglementées amènent dans l’eau de la #crème_solaire, les produits antipuces ou contre les tiques des chiens, sans qu’on connaisse encore l’ampleur des conséquences de ces pratiques. »

    Ces #pollutions_chimiques ne sont hélas pas les seules que doivent affronter les espèces d’altitude. Car les montagnes ont une autre particularité : ces reliefs font office de barrière pour les #nuages. Les #pluies s’y accumulent et déversent quantités de micropolluants charriés depuis les plaines. Pesticides, métaux lourds, plastiques… Des #produits_toxiques issus d’activités industrielles lointaines se retrouvent dans les lacs et #tourbières d’altitude.

    « Il y a beaucoup de brouillard en montagne, qui fait remonter les polluants des vallées. Et lorsque des pluies d’altitude rencontrent les nuages accrochés aux cimes des montagnes, elles forment de plus grosses gouttelettes qu’en plaine, et celles-ci interceptent mieux les polluants », décrit Gaël Le Roux, directeur de recherche au CNRS et spécialiste du cycle des micropolluants.

    La crainte d’effondrements écologiques

    À la liste des maux qui déséquilibrent les écosystèmes de montagne, il faut encore ajouter les introductions massives d’espèces (les #saumons dans les lacs pour développer la pêche ou les #pins à croissance rapide pour la sylviculture, par exemple), ou encore l’introduction de nouveaux #agents_pathogènes (maladies, bactéries, virus), par le tourisme, le pastoralisme ou d’autres vecteurs. Ces nombreuses #menaces créent des synergies entre elles. Lorsqu’une espèce est affaiblie par les #pollutions, le changement climatique ou les #maladies, elle est d’autant plus vulnérable aux autres sources de pression.

    Avec un #effet_multiplicateur dévastateur : « La recherche sur le #multistress est un sujet très prégnant en ce moment. On voit en laboratoire que la présence de deux sources de #stress sur des organismes aura un effet supérieur à la simple addition de ces deux stress. Mais c’est très compliqué de comprendre l’impact en situation réelle », dit Hugo Sentenac, spécialiste de la santé de la faune sauvage et maître de conférences à l’université de Franche-Comté.

    Jusqu’où les écosystèmes seront-ils capables d’encaisser ces stress multiples ? C’est la grande inconnue. La montagne reste un milieu aujourd’hui sous-étudié et les chercheurs manquent de données pour quantifier la crise en cours et anticiper précisément ce qui pourrait advenir.

    À défaut de certitudes, la crainte d’effondrements écologiques est bien là. « C’est très difficile de se prononcer sur la situation, mais on constate en général que les effondrements ne sont pas linéaires. Un écosystème est un peu comme un organisme. Un animal ou un humain a une certaine capacité de résilience ; il peut encaisser le stress, jusqu’au moment où il va craquer. C’est pareil pour un écosystème. C’est extrêmement dur à étudier, mais c’est un énorme sujet d’inquiétude dans la communauté de recherche », souligne Hugo Sentenac.

    La fragilité de cette biodiversité de montagne est d’autant plus forte que les écosystèmes d’altitude sont moins « redondants » qu’en plaine : il y a moins d’espèces qui remplissent une fonction écosystémique donnée. Si l’espèce disparaît, il n’y a donc pas forcément d’espèce de secours jouant le même rôle dans l’écosystème, ce qui peut fragiliser tout l’édifice écologique.

    Les #micro-organismes symbolisent cette menace fantôme qui pèse sur les montagnes. Rouages essentiels dans la synthèse des nutriments, particulièrement dans un environnement rude comme la montagne, les communautés microbiennes et leur rôle sont encore trop méconnues, pointent les chercheurs.

    « Les #biofilms [des communautés bactériennes complexes] sont de véritables petites usines dans les lacs de montagne, qui nettoient, font circuler les nutriments, protègent des pathogènes… » décrit Dirk Schmeller. Or, les scientifiques observent dans ces lacs un changement en cours parmi les micro-organismes, avec une diminution du nombre de diatomées (micro-algues) et une hausse de la présence de cyanobactéries, potentiellement toxiques et renforcées par les bouleversements chimiques à l’œuvre dans ces eaux.

    « C’est un énième indicateur que ces #lacs ne vont pas bien, mais on ne voit pas encore de grosse chute des diatomées », précise Hugo Sentenac. Ces micro-organismes à la base des écosystèmes semblent pour l’instant plutôt bien résister, comparativement à certaines populations d’insectes ou d’amphibiens dont les populations s’effondrent, souligne le chercheur. Comprendre leur évolution pourrait être une clé de l’énigme sur le devenir de cette biodiversité montagnarde.

    ▻https://reporterre.net/En-montagne-la-biodiversite-pourrait-s-effondrer-plus-vite-qu-ailleurs
    #effondrement

  • « Dès que les êtres humains pénètrent dans un #écosystème, des #virus se propagent »

    Le Bruno Manser Fonds (BMF) s’est entretenu avec #Kinari_Webb, médecin et fondatrice de Health in Harmony, sur la manière dont la destruction de l’environnement affecte notre santé et permet la propagation de maladies telles que le #COVID-19.

    Kinari Webb, 48 ans, est médecin et fondatrice de « Health in Harmony », un projet intégrant service de #santé et #protection_de_l’environnement dans le #Kalimantan, la partie indonésienne de #Bornéo. Elle a achevé ses études de bachelor en biologie en 1993, pour ensuite partir à Bornéo y étudier les orangs-outans. Elle y a vu comment de nombreuses personnes ne pouvaient financer leurs soins de santé autrement qu’en défrichant. Elle a donc décidé d’étudier la médecine. Après ses études, elle s’est à nouveau rendue à Bornéo, où elle a créé « Health in Harmony » en 2005, dans les environs du parc national #Gunung_Palung. Elle vit à proximité de San Francisco ainsi qu’en Indonésie.

    De quelle manière l’environnement et la santé sont-ils liés ?

    Kinari Webb : La question est mal posée à mes yeux. En effet, elle présuppose que l’être humain n’est pas un animal et qu’il y a une scission entre l’homme et la nature. Mais c’est impossible : nous respirons l’air, nous buvons l’eau, nous nous alimentons. La croyance selon laquelle notre esprit serait séparé nous vient du Siècle des lumières et s’avère simplement fausse. Cette pandémie nous montre à l’évidence que nous sommes indissociables de la #nature, comme d’ailleurs du changement climatique : sans températures raisonnables, en l’absence de suffisamment d’oxygène, sans eau propre, sans nourriture saine, nous ne pouvons pas être en bonne santé, nous ne pouvons pas survivre.

    Comment les #défrichages impactent-ils la santé des populations rurales à Bornéo ?

    Là où nous travaillons, tout-un-chacun sait que son bien-être futur dépendra de la présence de la #forêt tropicale. Ils comprennent que la forêt produit de l’eau, que celle-ci irrigue les champs de riz et que les champs de riz à leur tour les nourriront. Ils savent que, sans eau propre, les maladies se propagent. Ils savent aussi que les défrichages détruisent l’équilibre de l’écosystème et occasionnent davantage de #maladies comme le paludisme.

    Quelles sont les répercussions de la déforestation et de la destruction de l’environnement sur la santé des êtres humains à l’échelle mondiale ?

    La plupart des gens savent que notre consommation de combustibles fossiles est à l’origine du changement climatique. Peu de gens savent par contre que la déforestation à l’échelle mondiale est à l’origine d’autant d’émissions de CO2 que l’intégralité du secteur des transports dans le monde. Lorsque nous défrichons les forêts ou les brûlons, nous rejetons d’énormes quantités de carbone dans l’atmosphère. Les sols tourbeux à Bornéo jouent ici un rôle incroyablement important. On peut se les représenter comme des stades précoces des champs pétrolifères, dans lesquels des feuilles et des branchages se sont accumulés durant des millions d’années et qui ne peuvent pas se décomposer car ils sont recouverts d’eau. Si l’on défriche ou incendie les forêts sur #tourbières, le carbone stocké s’en trouve libéré. Les arbres accumulent de plus en plus de carbone tant qu’ils sont sur pied, absorbant ainsi un tiers du CO2 mondial. Je vais être explicite : si nous perdons nos #forêts_tropicales mondiales, c’est la fin de l’espèce humaine. Compte tenu de la chaleur, la planète serait invivable pour nous êtres humains de même que pour la majeure partie des autres êtres vivants.

    Quel est le lien avec le COVID-19 ? Et qu’est-ce qu’une zoonose ?

    Une #zoonose est une maladie transmise de la faune sauvage à l’être humain. Dans les écosystèmes intacts, on rencontre rarement des zoonoses. Mais dès que les hommes pénètrent dans un écosystème, le déstabilisent et consomment des #animaux_sauvages, des virus de propagent. Les marchés proposant des #animaux vivants constituent ici la plus grande menace, car c’est ici qu’apparaissent la plupart des zoonoses : on y trouve des animaux de différents coins du monde, gardés dans des conditions de stress élevé. Leur #système_immunitaire s’effondre, les virus se multiplient et se propagent entre les animaux, passant la barrière des espèces à l’être humain. Cela n’a pas été le cas que pour le COVID-19, mais aussi dans les derniers SRAS, MERS, Ebola et même le VIH. Ne pas respecter les écosystèmes nous fait courir de grands dangers. Ce n’est qu’une question de temps jusqu’à ce qu’apparaisse la prochaine pandémie.

    La consommation de #viande_sauvage est donc remise en question. Comment vois-tu cela dans les villages ruraux de Bornéo, dans lesquels la viande de chasse constitue un aliment de base ?

    La consommation de la viande de chasse dans les zones rurales comporte certains risques. Pourtant, tant que ces animaux proviennent d’écosystèmes intacts, le risque est réduit. Il est probable que le COVID-19 est passé des #chauves-souris aux #pangolins avant de parvenir à l’être humain. Les pangolins sont notamment capturés en Malaisie, transportés vers la Chine pour y être vendus sur les marchés. C’est donc tout autre chose que lorsque de la viande de chasse est consommée d’un environnement intact. Ces villages à Bornéo consomment cette viande depuis longtemps et sont déjà entrés en contact avec des virus locaux. Ils possèdent déjà un #système_immunitaire qui sait réagir à ces virus afin de ne pas dériver en pandémie.

    Qu’en est-il des #élevages_intensifs ?

    Les élevages intensifs comportent aussi des risques, mais moins en ce qui concerne un virus totalement nouveau. Les forêts tropicales humides de ce monde ne recouvrent que 2 % de la superficie de la Terre, mais elles hébergent 50 % de toutes les espèces. C’est une richesse énorme aussi bien qu’une source de nouveaux virus dès le moment qu’on les transporte à l’autre bout du monde. Les élevages intensifs ne sont toutefois pas sans comporter de dangers, car un virus de la grippe peut s’y propager sans encombre, vu que les animaux y sont stressés et que leur système immunitaire s’en trouve affaibli. À l’avenir, en rétrospective nous nous demanderons comment nous avons pu faire une telle chose.

    Avec « Health in Harmony », vous travaillez à l’interface des services de santé et de la protection de l’environnement. Quelle idée se cache derrière votre projet ?

    La première fois que je me suis rendue à Bornéo, afin d’y étudier les orangs-outans, je suis tombée amoureuse de la forêt tropicale et des gens. Mais j’ai été sidérée de voir comment les gens, qui aimaient leur forêt, étaient contraints de la détruire pour payer leurs soins de santé. Un homme y avait abattu 60 arbres pour payer une césarienne. J’ai donc décidé d’étudier la médecine et suis ensuite retournée en #Indonésie. J’ai demandé aux gens où ils voyaient la solution. Ils m’ont expliqué qu’ils avaient besoin d’un accès à des soins médicaux à prix abordable et de connaissances en agriculture biologique, pour protéger la forêt tropicale. Nous avons mis leurs idées en œuvre et permis aux gens de payer leurs soins de santé au moyen de plants d’arbres et de travail. Après 10 ans d’activité, on a constaté un recul de 90 % des ménages réalisant leur revenu avec les défrichages. Nous avons pu arrêter la perte supplémentaire de forêt, sa surface ayant même gagné 21 000 hectares. La mortalité infantile a reculé de 67 % et la situation financière des populations s’est même améliorée.

    Compte tenu de ton expérience, à quoi ressemblerait une solution mondiale ?

    Nous avons démontré que les hommes et les écosystèmes peuvent prospérer ensemble. Nous devons comprendre que le bien-être des gens en Malaisie, qui capturent un pangolin parce qu’ils n’ont aucun autre revenu, et celui des gens en Chine, où le pangolin est envoyé, de même que celui de tous les êtres humain sur la planète, sont interdépendants. Nous avons tous besoin d’écosystèmes sains. Beaucoup voient une concurrence entre la nature et l’homme : « Comment pouvons-nous protéger la nature si nous devons manger ? » Mais cela ne fonctionne pas ainsi, c’est juste le contraire. Demandez aux gens où se trouvent les solutions et collaborez ! Les écosystèmes et les êtres humains en ressortent gagnants. Imagine que chacune et chacun bénéficie de soins de santé universels et doit y apporter sa contribution. Imagine que ta contribution individuelle dépend de combien tu prends l’avion et de la contrainte que tu as sur l’environnement.

    ▻https://www.bmf.ch/fr/nouveautes/corona-suit-la-deforestation-138

    #virus #déforestation #élevage

  • Protection des #forêts : #Total prié d’accorder ses actes avec ses paroles en Afrique
    ▻https://www.lemonde.fr/afrique/article/2019/09/17/protection-des-forets-total-prie-d-accorder-ses-actes-avec-ses-paroles-en-af
    #terres #deforestation #tourbières

    L’autre dossier « épineux » se situe dans les tourbières de la République du Congo. Ces zones #marécageuses formées il y a plusieurs milliers d’années et véritables éponges à carbone, peuvent stocker plus d’un millier de tonnes de CO2 par hectare. Celles du Congo seraient, selon les récents travaux de l’université de Leeds (Royaume-Uni), les plus vastes de la zone tropicale. Le bloc de prospection de Mokelé-Mbembé attribué à Total par le gouvernement congolais chevauche les tourbières. Ses droits d’exploration ont expiré, mais le flou qu’entretient le groupe sur ses intentions est considéré comme suffisamment inquiétant pour que le chercheur rappelle fermement que planter des #eucalyptus ou d’autres arbres à croissance rapide, comme se propose de le faire Total, pour effacer une partie de son empreinte carbone, n’est pas équivalent à la destruction d’écosystèmes très anciens.

  • Arctic wildfires: How bad are they and what caused them? - BBC News
    ▻https://www.bbc.com/news/world-europe-49125391

    Extremely dry ground and hotter than average temperatures, combined with heat lightning and strong winds, have caused the fires to spread aggressively.
    The burning has been sustained by the forest ground, which consists of exposed, thawed, dried peat - a substance with high carbon content.

    #arctique #climat

  • The Bizarre, Peaty Science of Arctic Wildfires | WIRED
    ▻https://www.wired.com/story/the-bizarre-peaty-science-of-arctic-wildfires

    Unprecedented, yes, but not unexplained. The Arctic is warming twice as fast as the rest of the planet, leading to the desiccation of vegetation, which fuels huge blazes. Fortunately for us, these wildfires typically threaten remote, sparsely populated areas. But unfortunately for the whole of humanity, so far this year Arctic fires have released some 121 megatonnes of #CO2 into the atmosphere, more than what Belgium emits annually. That beats the previous Arctic record of 110 megatonnes of CO2, set in 2004—and we’re only in June.

    Why such a huge burp of emissions? Because these are no ordinary wildfires. Many of them are burning through peat. You may know peat as the magical substance that gives Scotch its smoky flavor, but it also forms the squishy foundation of whole ecosystems, known as peatlands. It’s made from slowly decomposing organic matter, like moss, that gradually builds up into a layer perhaps several meters thick. Given enough time and enough pressure, it will eventually harden into the undisputed heavyweight champion of carbon emissions: coal.

    #arctique #tourbe #tourbières #climat #mousse #charbon

  • Mieux « territorialiser » la #gestion des #zones_humides pour enrayer leur déclin | Banque des Territoires
    ▻https://www.banquedesterritoires.fr/mieux-territorialiser-la-gestion-des-zones-humides-pour-enrayer

    À l’occasion ce 2 février de la Journée mondiale des zones humides, deux parlementaires présentent un rapport « tourné vers l’action » qui fourmille de propositions pour améliorer la connaissance de ces zones et mieux « territorialiser » leur gestion. Il a nécessité trois mois d’investigations et de visites de terrain. Des dizaines d’élus locaux ont été rencontrés. L’éclairage alimente les Assises de l’eau dont un prochain comité est prévu le 12 février.

    #cartographie #ign #ramsar #tourbières #mangroves

  • #Déforestation en #Afrique : le gouvernement de #RDC hors-la-loi - #Greenpeace France
    #forêt #tourbieres #co2 #emissions #REDD+ #CAFI

    #RDC : 650 000 hectares de concessions forestières illégales rétablies, dénoncent Greenpeace GW_DRC & RnfrstAlliance, notamment des concessions qui empièteraient sur une zone de tourbières

    Il existe une Initiative pour la forêt de l’Afrique centrale (CAFI), qui vise à protéger la forêt du Congo en réduisant les émissions de carbone provoquées par la déforestation et la dégradation forestières. Cette CAFI est aujourd’hui principalement financée par la Norvège… et présidée par la France.

    En octobre 2017, la CAFI a autorisé le transfert de 41,2 millions de dollars au fonds national pour la réduction des émissions liées à la déforestation et à la dégradation des forêts (REDD+) de RDC. Ce versement était censé faire suite à la mise en place d’un « plan d’action solide » et de mesures de surveillance interne par le gouvernement congolais, notamment suite aux révélations de Greenpeace sur l’attribution de concessions illégales par le gouvernement.

    ▻https://www.greenpeace.fr/deforestation-afrique-gouvernement-de-rdc-loi

    ▻https://www.greenpeace.fr/espace-presse/rdc-gouvernement-renoncer-a-louverture-aux-exploitants-forestiers-de-deux

  • Peatland mappers win $1m to help tackle Indonesian haze ...
    ▻http://news.trust.org/item/20180202095105-978cz

    An award-winning method for mapping Indonesia’s vast peatlands, developed by Dutch, German and Indonesian scientists, will help the Southeast Asian nation tackle annual fires that harm health in the region, the organisers of the prize said on Friday.

    The International Peat Mapping Team (IPMT) will receive $1 million for winning the two-year competition, funded by the David and Lucile Packard Foundation and managed by the U.S.-based World Resources Institute (WRI).

    “To be able to manage peat well, we needed to have a map, and the map we had before was not that comprehensive,” said Nirarta Samadhi, director of WRI Indonesia.

    Indonesian government agencies, which helped organise the competition, will start using the new methodology as soon as possible, said Supiandi Sabiham, co-chair of the judges.

    The IPMT’s approach, which combines satellite imagery, LiDAR technologies and on-the-ground measurement, won for its accuracy, speed and affordability, added Sabiham.

    Peat soils contain huge quantities of carbon in the form of organic matter, which accumulates over thousands of years and provides nutrients for plant growth.

    ▻http://www.indonesianpeatprize.net

    #tourbières #Indonésie #cartographie

  • Indonesian palm, pulp companies commit to peatland restoration
    ▻https://news.mongabay.com/2018/02/indonesian-palm-pulp-companies-commit-to-peatland-restoration

    Eighty of the companies are palm oil planters and 45 are pulp and paper firms, according to the Ministry of Environment and Forestry. Of these, 49 palm oil companies and 31 pulp companies have had their plans approved by the ministry.

    Karliansyah, the ministry’s head of environmental pollution and damage control, thanked the pulp companies in particular for cooperating with the ministry since late last year to finalize restoration plans for peatlands that lie inside their leases. Those companies have agreed to block the canals initially dug to drain the peatlands in preparation for planting, and to rehabilitate nearly 5,200 square kilometers (2,000 square miles) of degraded peatlands.

    Together with the palm oil companies, they plan to restore at least 14,000 square kilometers (5,400 square miles) of their concessions that fall within protected areas by 2026.

    #Indonésie #Bornéo #industrie_palmiste #industrie_papetière promettent la #restauration des #tourbières

  • Les ravages de la culture d’huile de palme passés au crible du Parlement européen
    ▻http://www.lemonde.fr/planete/article/2017/04/03/les-ravages-de-la-culture-d-huile-de-palme-passes-au-crible-du-parlement-eur

    Et dont la part continue de progresser dans la production des biodiesels. Selon les députés européens, la fabrication de biocarburants a absorbé 60 % de l’#huile_de_palme consommée en Europe en 2014 (six fois plus qu’en 2010), dont 46 % pour le secteur des transports. D’ici 2020, plus d’un demi-million d’hectares supplémentaire de forêts primaires d’Asie du Sud-Est devrait encore être défriché pour le diesel à l’huile de palme.

    Les îles indonésiennes de #Bornéo et #Sumatra ont connu « la déforestation la plus rapide de l’histoire de l’humanité », écrivent les députés. Cette expansion entraîne régulièrement la propagation d’incendies qui exposent « 69 millions de personnes à de l’air pollué et sont responsables de milliers de morts prématurées ».

    Aussi les parlementaires rappellent-ils les promesses de l’Allemagne, du Danemark, de la France des Pays-Bas et du Royaume-Uni d’aller vers 100 % d’huile de palme durable d’ici 2020, c’est-à-dire issue de #plantations qui ne sont ni gagnées sur des #tourbières et des forêts primaires, ni sources de conflits avec des populations locales, ni employeuses d’enfants. A charge pour Bruxelles de commencer à réfléchir à une certification obligatoire qui, à terme, barrerait la route des marchés européens aux « déforesteurs ».

    #industrie_palmiste #forêt #déforestation #terres #labellisation

  • 15 fire-linked firms escape prosecution in Indonesia’s Riau
    ▻https://news.mongabay.com/2016/07/15-fire-linked-firms-escape-prosecution-in-indonesias-riau

    On July 23 the local police headquarters in the Sumatran province of Riau released SP3 notices related to 15 companies that the Ministry of Environment and Forestry had listed in connection with last year’s fires. A SP3 is an official police document that confirms a case has been closed. No charges will be brought against any of the 15 firms.

    #politique_de_l'extincteur #incendie #justice #impunité #Indonésie #tourbières #feu_de_forêt

  • Indonesia offers a cool million to whoever can help take the heat off its peatlands
    ▻https://theconversation.com/indonesia-offers-a-cool-million-to-whoever-can-help-take-the-heat-o

    Indonesia wants to restore its peatlands, which are important for biomass production, water supply, carbon storage and biodiversity conservation. But first it needs to know the extent and depth of its peatlands.

    In early February, the Indonesian government, in partnership with the David and Lucile Packard Foundation, announced the Indonesian Peat Prize, a million-dollar competition to find an accurate and fast way to do this.

    Never before has mapping soil been so attractive. Eager mappers around the world are seeking collaboration with Indonesian counterparts to enter the competition.

    #cartographie #tourbières #Indonésie

  • Indonesia bans peatlands destruction
    ▻http://news.mongabay.com/2015/11/indonesia-bans-peatlands-destruction

    In response to the fires that have hospitalized roughly 500,000 people, polluted skies over a large swathe of southeast Asia, and released upwards of 1.7 billion tons of carbon, Indonesian president Joko Widodo has banned clearance and conversion of carbon-dense peatlands across the archipelago.

    The move, undertaken through a series of presidential and ministerial instructions issued over the last two-and-a-half weeks, was welcomed on Tuesday by Greenpeace, which has been pushing for measures to curtail destruction of Indonesia’s peatlands.

    “President Jokowi is right to seek to prevent next year’s fires by banning further expansion into peatlands, and requiring peat drainage canals be blocked. It is also just that the government has declared burned areas must be rehabilitated rather than planted,” said Greenpeace Indonesia campaigner Yuyun Indradi in a statement. “President Jokowi’s landmark decision to ban peatland development is a first step toward a cleaner, brighter future for Indonesia’s people and environment. It sets the bar for meaningful commitments from world leaders to tackle the root causes of climate change at the Paris climate summit.”

    #forêt #déforestation #tourbières #industrie_palmiste #pollution #santé

  • Les feux de forêt indonésiens asphyxient l’Asie du Sud-Est
    ▻http://www.lemonde.fr/pollution/article/2015/10/28/les-feux-de-foret-indonesiens-asphyxient-l-asie-du-sud-est_4798324_1652666.h

    Les feux de #forêt en #Indonésie, qui continuent d’engendrer un brouillard âcre sur plusieurs pays de l’Asie du Sud-Est, viennent de forcer le président Joko Widodo à écourter sa première visite officielle aux Etats-Unis. Mardi 27 octobre au soir, après avoir rencontré Barack Obama, le chef de l’Etat indonésien a décidé de regagner précipitamment son pays où les incendies provoqués par la culture sur brûlis ont une nouvelle fois conduit ses voisins malaisiens et singapouriens à fermer des écoles et annuler des vols.

    Même la Thaïlande et les Philippines sont désormais affectées par les conséquences de ces fumées qui, depuis presque deux mois, auraient provoqué des #infections_respiratoires chez 500 000 personnes. Quelque 43 millions d’habitants vivent dans les zones touchées. Poussée par les vents, la fumée a envahi l’atmosphère de sept provinces du sud de la Thaïlande, générant, selon les autorités locales, la pire pollution depuis dix ans. Même la très touristique île de Ko Samui, dans le golfe de Thaïlande, n’a pas été épargnée. Le 22 octobre, une cinquantaine de vols ont dû être annulés dans la région, alors que la grande ruée hivernale vers les plages vient de commencer.

    Indonesia’s forest fires threaten a third of world’s wild orangutans
    ▻http://www.theguardian.com/environment/2015/oct/26/indonesias-forest-fires-threaten-a-third-of-worlds-wild-orangutans

    #santé #brûlis #agriculture #pollution #biodiversité #tourbières

  • La destruction des #milieux_humides menace la région de #Montréal

    Risques d’inondations, baisse de la qualité de l’#eau, prolifération d’#espèces_envahissantes... la disparition des #marécages, #marais et autres #tourbières sous le poids du développement urbain a des conséquences graves. Des maires de la Rive-Sud se querellent même à ce sujet, pendant que le gouvernement provincial tarde à légiférer.


    ▻http://ici.radio-canada.ca/regions/montreal/2015/05/12/001-milieux-humides-montreal-banlieue.shtml
    #sol #Canada