• Petite sélection de documentaires à voir sur Arte.fr (note partagée — j’y précise les deadlines) #curious_about

    Le monde de Marcel Proust
    https://www.arte.tv/fr/videos/096300-000-A/le-monde-de-marcel-proust jusqu’au 16/01/2023 #Marcel_Proust #littérature

    L’incroyable périple de Magellan (4 épisodes)
    https://www.arte.tv/fr/videos/RC-023013/l-incroyable-periple-de-magellan https://www.arte.tv/fr/videos/093644-001-A/l-incroyable-periple-de-magellan-1-4 jusqu’au 17/01/2023 #Magellan

    Qui a tué l’Empire romain ?
    https://www.arte.tv/fr/videos/098123-000-A/qui-a-tue-l-empire-romain jusqu’au 24/01/2023 #Rome_antique #histoire

    Histoire de la #domestication. 1, Des origines au Moyen Âge ; 2, De l’âge industriel à nos jours https://www.arte.tv/fr/videos/093643-001-A/histoire-de-la-domestication-1-2 jusqu’au 29/12/2022 #élevage

    #Toutankhamon, le trésor redécouvert
    https://www.arte.tv/fr/videos/079391-000-A/toutankhamon-le-tresor-redecouvert jusqu’au 03/01/2023

    Faire l’histoire. L’épopée homérique, ou la popculture antique
    https://www.arte.tv/fr/videos/108505-009-A/faire-l-histoire jusqu’au 27/10/2026 #Homère #

    L’origine du #christianisme (10 épisodes). Jésus après Jésus
    https://www.arte.tv/fr/videos/029758-001-A/l-origine-du-christianisme-1-10 jusqu’au 3/12/2022

    Léon #Trotsky - Un homme à abattre (vu. Je conseille)
    https://www.arte.tv/fr/videos/101948-000-A/leon-trotsky-un-homme-a-abattre jusqu’au 30/12/2025 #stalinisme

    "J’irai cracher sur vos tombes" - Rage, sexe et jazz
    https://www.arte.tv/fr/videos/106281-000-A/j-irai-cracher-sur-vos-tombes-rage-sexe-et-jazz jusqu’au 14/01/2023 #Boris_Vian

    "Ulysse" de #James_Joyce. Le roman d’un siècle
    https://www.arte.tv/fr/videos/103013-000-A/ulysse-de-james-joyce jusqu’au 19/12/2022

    – (derniers jours !) Petite fille (vu. Magnifique)
    https://www.arte.tv/fr/videos/083141-000-A/petite-fille (il reste 2 jours !) #genre #identité_sexuelle

  • Deux ans en #tout-doux-cratie : bilan et perspectives
    https://framablog.org/2022/10/24/deux-ans-en-tout-doux-cratie-bilan-et-perspectives

    Ce billet est la seconde et dernière partie d’une enquête sur la gouvernance associative. La première partie est par ici : https://framablog.org/2022/09/05/de-la-bureau-cratie-a-la-tout-doux-cratie-refonder-la-gouvernance-associa TL ;DR : #Picasoft est un chaton majoritairement étudiant actif depuis 2016. Comme nombre d’associations 1901, il fonctionnait avec un bureau … Lire la suite­­

    #Claviers_invités #Internet_et_société #Libr'en_Vrac #administratif #assemblée_générale #Association #bienveillance #bureaucratie #chatons #décision #Democratie #étudiant⋅e⋅s #Koweit #reine_du_muguet #statuts #todo-cratie #verrou #vote

  • « Nous réclamons le #droit de se déplacer #sans_voiture »
    http://carfree.fr/index.php/2022/10/21/nous-reclamons-le-droit-de-se-deplacer-sans-voiture

    Estimant que ce n’est pas au #mondial de l’auto que doit se décider l’avenir de nos #mobilités, un collectif d’associations et de clubs de réflexion souhaite, dans une tribune au Lire la suite...

    #Alternatives_à_la_voiture #Fin_de_l'automobile #Marche_à_pied #Transports_publics #Vélo #Vie_sans_voiture #coût #critique #dépendance #salon_automobile #tout_voiture

  • De la bureau-cratie à la #tout-doux-cratie : refonder la gouvernance associative
    https://framablog.org/2022/09/05/de-la-bureau-cratie-a-la-tout-doux-cratie-refonder-la-gouvernance-associa

    Une asso qui se lance, comment ça marche ? Ou plutôt quels écueils ça rencontre, comment on peut les contourner, quel mode de gouvernance installer… ? Ces questions et bien d’autres qui agitent ses membres jusqu’à les rendre perplexes, Quentin et ses … Lire la suite­­

    #Claviers_invités #Internet_et_société #Libr'en_Vrac #Militantisme #administratif #assemblée_générale #Association #bureaucratie #chatons #décision #Democratie #étudiant⋅e⋅s #Picasoft #Services #statuts #todo-cratie

  • Gérald Darmanin, petits calculs et grandes ambitions

    Dans le sillage de son ex-mentor Nicolas Sarkozy, le ministre de l’intérieur veut faire de Beauvau un tremplin pour l’Elysée, alors que l’après-Macron a déjà commencé. Son activisme crispe l’aile gauche de la majorité, où certains lui reprochent un dangereux pas de deux avec l’extrême droite.

    Le ventilateur tourne lentement. Il fait une chaleur moite sous le faré de la résidence du préfet, cachée derrière un rideau de palmiers, des ylangs-ylangs et des bougainvilliers. Au dernier jour de sa visite à Mayotte, mardi 23 août, Gérald Darmanin, barbe de trois jours et bras de chemise, prend un café avec ses collaborateurs, devant la mer turquoise. La conversation glisse sur la course de karting organisée fin juillet pour les détenus dans la cour de la prison de Fresnes (Val-de-Marne), qui fait polémique depuis trois jours. Le ministre de l’intérieur, qui n’a pas réagi en public mais hausse les yeux au ciel en privé, s’étonne que le sujet ait encore fait, la veille, l’ouverture des « 20 Heures ». « C’est le mois d’août, il n’y a rien dans l’actualité », tente d’expliquer un conseiller. Le ministre s’esclaffe : « Il n’y a rien… ! C’est sympa pour celui qui s’est décarcassé tout l’été ! »

    Celui qui s’est « décarcassé », c’est lui. Alors que les ministres, retenus à Paris jusqu’au 5 août par une session parlementaire tardive, se sont dépêchés de partir en vacances, Gérald Darmanin en a profité pour se distinguer, on l’a vu partout. Au chevet des pompiers, à l’offensive contre les rodéos urbains ou les délinquants, cette « minorité d’emmerdeurs »(Journal du dimanche, le 21 août). Il a multiplié les annonces martiales, comme à Mayotte, où il a proposé de durcir l’attribution de la nationalité aux enfants d’étrangers nés sur l’île ou encore de créer des « lieux de redressement » pour les enfants délinquants, encadrés par des militaires. Ce qui a suscité un réel agacement dans les allées du pouvoir, où l’on juge que « Gérald », décidément, pousse toujours le bouchon trop loin.

    https://www.lemonde.fr/politique/article/2022/08/27/gerald-darmanin-petits-calculs-et-grandes-ambitions_6139203_823448.html

    https://justpaste.it/2g98i

    avec une série de photos en Noirs et Blancs


    JEAN-CLAUDE COUTAUSSE POUR « LE MONDE »

    La traversée du lagon entre Dzaoudzi et Mamoudzou au cours d’une visite à Mayotte, le 23 août 2022. JEAN-CLAUDE COUTAUSSE POUR « LE MONDE »


    Lors d’une cérémonie à la caserne de gendarmerie de Pamandzi, à Mayotte, le 22 août 2022. JEAN-CLAUDE COUTAUSSE POUR « LE MONDE »


    Gérald Darmanin, à bord d’un intercepteur de la police aux frontières, à Dzaoudzi (Mayotte), le 21 août 2022. JEAN-CLAUDE COUTAUSSE POUR « LE MONDE »


    Gérald Darmanin visite la caserne de sapeurs-pompiers d’Acoua à Mayotte, le 22 août 2022. JEAN-CLAUDE COUTAUSSE POUR « LE MONDE »


    Gérald Darmanin visite le centre de rétention administrative de Pamandzi, à Mayotte, le 22 août 2022. JEAN-CLAUDE COUTAUSSE POUR « LE MONDE »


    Lors de la visite du régiment du service militaire adapté de Mayotte de Combani à Mayotte, le 22 août 2022. JEAN-CLAUDE COUTAUSSE POUR « LE MONDE »


    Visite du régiment du service militaire adapté de Mayotte de Combani à Mayotte, le 22 août 2022. JEAN-CLAUDE COUTAUSSE POUR « LE MONDE »

    #pestilentiel_putatif #Gérald_Darmanin #tout_va_bien_se_passer

  • Red weather warning - East Coast Main Line to close - Network Rail
    https://www.networkrail.co.uk/stories/red-weather-warning-east-coast-main-line-to-close

    Due to the red weather warning we must close the East Coast Main Line on Tuesday afternoon for all locations between London King’s Cross and York and Leeds.
    We are warning you to not travel on Tuesday 19 July.

    The closure will be in place from 12:00 until 20:00 with a skeleton service running in the morning. It comes amid forecasts of record temperatures and the declaration of a national emergency early next week.

    A combination of extremely high local forecast temperatures and temperatures well in excess of those for which the infrastructure is designed for on the East Coast Main Line has led to this decision.

    This means many train companies will not run any services and others will be very limited. We’re asking you to re-plan your journey for another day where possible or get a refund.

    #tout_va_bien

  • #Stratpol : * Bulletin N°72. Mâchoire russe, sanctions et contre-sanctions, sauvons le lycée français !
    N’oublions pas que la première victime d’une guerre est la vérité, sachant qu’avoir le point de vue l’autre est intéressant

    https://www.youtube.com/watch?v=lqaA4BlPSQc

    01:00 Rouleau compresseur russe ?
    07:30 Théatre des opérations
    13:20 Sanctions et contre-sanctions
    – Irremplaçable énergie russe
    – Le tournant chinois
    – Le Quai d’Orsay vs la France et les Français
    – Nationalisation
    – Remplacement des importations
    23:32 Dévaluation et inflation
    29:42 Sauvons le #Lycée Français de #Moscou

    #Ukraine #Russie #géopolitique #guerre #Crimée #otan #ue #guerre_éclair #Blitzkrieg (Rappel : Pour la moitié de la France, ça a pris plus de 6 semaines aux allemands).

  • Tout ce qui bouge n’est pas jaune – A propos du « convoi des libertés »
    https://paris-luttes.info/tout-ce-qui-bouge-n-est-pas-jaune-15732

    "Faire du convoi de la liberté une "rupture" ou un "surgissement inédit" pour mieux le rapprocher des gilets jaunes permet d’occulter ces filiations, et avec elles l’ensemble des ambiguïtés des mobilisations contre le pass sanitaire.

    Il faut rappeler que de nombreuses analyses ont montré que ces mobilisations n’étaient pas spontanées. On trouve à la manœuvre des climato-sceptiques recyclés dans le covido-négationnisme, des réseaux complotistes ou d’extrême-droite. Dire que ces collectifs sont à la manœuvre n’implique pas que l’ensemble des participant-e-s à ces mobilisations étaient d’extrême-droite ou conspirationnistes. Nous ne disons pas non plus qu’il n’existait pas dans ces manifs des postures individuelles opposées au pass sanitaire tout en étant favorable à des mesures de protection face au virus. Cela signifie cependant que les mobilisations n’ont pas été noyautées par l’extrême-droite, mais bien d’avantage impulsées par elle. Si noyautage il y a eu, cela a été du fait de forces militantes de gauche. Et, pour notre part, nous considérons que ces tentatives de noyautage ont été un échec. La raison principale en est que l’horizon esquissé par ces mobilisations ne saurait être compatible avec ce qu’il nous faut appeler, faute de mieux, des valeurs (ou affinités) émancipatrices."

    #convoi #tracerdeslignes #antifascisme #toutsequibouge...

  • Damien Saez - Ana Moreau : Enlève ton masque que je t’embrasse
    NDR Eux, ils ont enlevé leur !

    https://www.youtube.com/watch?time_continue=3&v=GchQtltVFrI

    Enlève ton masque que je t’embrasse
    Tant pis si c’est la fin du monde
    Y’a qu’à l’remettre si on se lasse
    Tous les deux sous la pluie qui tombe Tu m’dis qu’tu m’aimes ça sert à quoi ?
    Y’a que d’la haine autour du monde
    Moi j’voudrais m’barrer loin d’chez moi
    Autant qu’ma chanson sur les ondes Enlève ton masque
    Enlève ton masque
    Enlève ton masque
    Enlève ton masque J’voudrais partir un autre monde

    Loin de leur monde oublier tout
    Où y’aurait qu’moi et puis ma blonde
    Je crois qu’le monde est devenu fou J’préfère encore m’barrer dans l’sud
    Me faire ma plage abandonnée
    Avec mes chiens pour compagnie
    Et qui voudra bien m’enlacer Enlève ton masque que je t’embrasse
    Enlève ton masque que je t’embrasse
    Enlève ton masque que je t’embrasse
    Enlève ton masque Enlève ton masque que je t’embrasse
    Enlève ton masque que je t’embrasse
    Enlève ton masque que je t’embrasse
    Enlève ton masque

    Cheveux au vent cœur liberté
    Moi j’veux faire le tour de la Terre
    Puisque vivre c’est transgresser
    L’horizon sera nos frontières Ils nous ont pris nos 18 ans
    Ils nous ont pris nos libertés
    Mais la vie c’est suivre le vent
    Même quand le coeur est prisonnier Je marche habillée de nos rêves
    Moi j’voudrais juste vivre nue
    Regarder le jour qui se lève
    Perdue dans un monde perdu Faut s’barrer à l’autre bout du monde
    Faut faire l’amour sans s’arrêter

    S’embrasser sous la pluie qui tombe
    Se perdre pour se retrouver J’ai pas la thune mais c’est pas grave
    Je dormirai en boîte de nuit
    Ou j’me ferai un feu sur une plage
    Avec mes chiens pour compagnie On est jeune (enlève ton masque)
    On est fou (enlève ton masque)
    La fin du monde (enlève ton masque)
    On s’en fout (enlève ton masque) On est jeune (enlève ton masque)
    On est fou (enlève ton masque)
    La fin du monde (enlève ton masque)
    On s’en fout (enlève ton masque)

    On est jeune (enlève ton masque)
    On est fou (enlève ton masque)
    La fin du monde (enlève ton masque)
    On s’en fout (enlève ton masque) On est jeune (enlève ton masque)
    On est fou (enlève ton masque)
    La fin du monde (enlève ton masque)
    On s’en fout (enlève ton masque)

    #chanson Leur #Haine #Libération #covid-19 #violence inutiles #coronavirus #france #masques #santé #travail #confinement #masque #sante #pandémie #politique #crise_sanitaire #LREM #emmanuel_macon

    • En chanson avec Klorokine : « Confinement » À la suivante, Au suivant )

      https://www.youtube.com/watch?time_continue=1&v=EuaLBdXxg28

      Au suivant, au suivant, au suivant
      Ruiné, sans mon salaire
      
Qui m’suffisait à peine

      J’avais le rouge au front

      Et le #test à la main

      Au suivant, au suivant

      J’avais juste un p’tit rhume

      Et nous étions 120

      A être le faux #cas
      Qu’ils pouvaient ajouter

      Au suivant, au suivant

      C’était juste un éternuement

      Et j’ai été compté

      Au bordel environnant
      
D’une armée de #médias
      Confinement, on nous ment !

      Moi j’aurais bien aimé

      Un peu plus de tendresse

      Ou alors un toubib

      Ou bien un vrai traitement

      Mais #Doliprane, c’est suffisant

      Ce n’fut pas sous Sarko non
      
Ni même sous Flamby

      Ce fut l’heure où l’on r’grette

      D’avoir voté l’Guignol
      
Confinement, Re-confinement

      Mais je jure que d’entendre

      Ce #président qui nous les presse
      
C’est des coups à vous faire

      Des armées de #dissidents
      Confinement, confinement

      Je jure sur la tête 
De ma première vérole

      Que cette voix depuis je l’entends

      Tout le temps

      #Confinement, Re-confinement

      Cette voix qui sent le #fake
      Et la mauvaise foi

      C’est la #manipulation
      
Et c’est la voix des #tout-puissants
      Confinement, Re-confinement

      Et depuis chaque chaîne

      A l’heure du grand JT

      Avec leurs chiffres obscènes

      Pour nous culpabiliser

      Confinement, Re-confinement …

      Tous les dupés du monde

      Devraient s’donner la main
      
Voilà ce que la nuit,
Je crie dans mon délire

      Confinement, déconfinement

      Et quand je n’délire pas

      J’en arrive à me dire

      Qu’il est bien plus flippant leur #couvre_feu
      Que leur confinement

      Confinement, Re-re confinement

      Un jour, plus de resto

      Plus de #culture, plus de plaisir

      Même après l’vaccin

      Qui nous rendra tous stériles

      Confinement, Re-confinement

      #Jacques_Brel

    • Effet de bord du #pass_vaccinal : Le Forum littoral de l’emploi saisonnier du Grau-du-Roi se prend un râteau
      https://www.lefigaro.fr/societes/en-languedoc-le-forum-littoral-de-l-emploi-saisonnier-fait-un-flop-20220217

      Aussi vide que la plage un jour de pluie ! L’absence de candidats au Forum littoral de l’emploi saisonnier, organisé en début de semaine dans la station balnéaire du Grau-du-Roi, illustre les difficultés que les professionnels de la restauration auront à recruter cet été. Les entreprises du Gard et de l’Hérault avaient pourtant joué le jeu : 145 recruteurs étaient présents, avec 1655 offres d’emplois à pourvoir pour la saison à venir… Las, beaucoup ont perdu leur matinée puisque quelques dizaines de candidats seulement se sont rendus sur place !


      « Il n’y avait pas un chat. C’est catastrophique pour la profession », se désole Jacques Mestre, président du syndicat professionnel Umih 34 et patron du restaurant Le Clipper’s à La Grande-Motte. Pour ce professionnel, qui emploie 17 salariés en saison, la restauration paie les pots cassés des fermetures liées au Covid. « Quand on a tiré la sonnette d’alarme en préfecture il y a presque deux ans, on nous a dit que nous n’étions que des râleurs… Voilà aujourd’hui le résultat ! Même en proposant un salaire net de 2000 euros en salle, et de la formation, on n’a pas de candidat », renchérit-il, avec la crainte de voir les établissements contraints de baisser en gamme par manque de personnel.

      Ce forum aura également mis en exergue le décalage de certains avec les obligations sanitaires actuelles. « Le passe vaccinal était demandé à l’entrée. Du coup, beaucoup de gens n’ont pas pu y accéder et sont venus déposer leur CV à l’accueil » , explique-t-on au Camping du Boucanet, où travaillent environ 70 saisonniers.

      #Travail #covid-19 #vaccination #en_vedette #coronavirus #pandémie #covid #santé_publique #pass_sanitaire #vaccins #crise_sanitaire #actualités_françaises #vaccin #sars-cov-2 #france #surveillance

    • Mince alors... En plus j’étais encore rêveur que la majeur (meilleure) partie de la population française était multi vaccinées et autorisées à sortir comme iels veulent.

      😏

    • Pass, pas pass, forum, pas forum, quoi qu’ils fassent, les employeurs peinent à recruter des saisonniers par ici. Ainsi, l’été dernier, une bonne partie des restaurants ont été contraints de réduire leur période d’ouverture, ne pouvant recruter la main d’œuvre pour assurer les services. Et ça ne s’annonce pas mieux pour l’été prochain.

      Les saisonniers se permettent dorénavant d’avoir des exigences et, en premier, l’été dernier, la multiplication de celles et ceux qui refusent de travailler deux mois de suite et souhaitent, après l’année éprouvante qu’iels ont subie, bénéficier d’un mois de vacances. Parallèlement, l’envolée du foncier et l’explosion de la location de courte durée ont pratiquement asséché les possibilités d’hébergement de saisonniers qui n’acceptent plus des conditions précaires en camping (sur 2 mois…) Loger les saisonniers est devenu pour les employeurs la condition sine qua non pour pouvoir en recruter…

      Certainement, des contre-coups de la crise sanitaire, mais le pass n’y est pour pas grand chose.

    • La tête de ces 145 recruteurs, j’aurai bien voulu la voir.
      Celles et ceux qu’ils doivent recruter, ne croient plus à leurs #fables.

      « La vie s’écoule » Fanchon Daemers - Paroles Raoul Vaneigem - Musique : Francis Lemonnier

      https://www.dailymotion.com/video/x15bmlw

      La vie s’écoule, la vie s’enfuit
      Les jours défilent au pas de l’ennui
      Parti des rouges, parti des gris
      Nos révolutions sont trahies

      Le travail tue, le travail paie
      Le temps s’achète au supermarché
      Le temps payé ne revient plus
      La jeunesse meurt de temps perdu

      Les yeux faits pour l’amour d’aimer
      Sont le reflet d’un monde d’objets
      Sans rêve et sans réalité
      Aux images nous sommes condamnés

      Les fusillés, les affamés
      Viennent vers nous du fond du passé
      Rien n’a changé mais tout commence
      Et va mûrir dans la violence

      Brûlez, repaires de curés,
      Nids de marchands, de policiers
      Au vent qui sème la tempête
      Se récoltent les jours de fête

      Les fusils sur nous dirigés
      Contre les chefs vont se retourner
      Plus de dirigeants, plus d’Etat
      Pour profiter de nos combats

      Pour information, Raoul Vaneigem, en ce moment est en Catalogne.

  • Verónica Gago : « La grève féministe suscite le désir d’un programme politique » - AOC media - Analyse Opinion Critique
    https://aoc.media/entretien/2022/02/04/veronica-gago-la-greve-feministe-suscite-le-desir-dun-programme-politique

    Deux années durant, Fabienne Brugère et Guillaume Le Blanc, philosophes, ont poursuivi un projet intellectuel ambitieux : celui de documenter les luttes et revendications féministes contemporaines, au travers d’entretiens avec des activistes, des artistes, des personnalités engagées pour plus de justice sociale dans différentes régions du monde. De ce panorama, qui prendra la forme d’un livre – Le peuple des femmes – ressort une puissance féministe, pour reprendre l’expression de l’argentine Verónica Gago, dont les deux philosophes proposent pour AOC cet entretien inédit.

    Philosophe argentine, Verónica Gago est l’une des voix majeures de la théorie féministe contemporaine. Deux de ses livres ont été récemment traduits en français : Économies populaires et luttes féministes (Raisons d’agir, 2020) et La puissance féministe (Éditions Divergences, 2021). À partir de l’Amérique du Sud et des différentes luttes en Argentine qui ont abouti à la légalisation de l’avortement en décembre 2020, elle diagnostique une puissance féministe à même de contrer des violences conjointement capitalistes et patriarcales. Les grèves qui se mettent en place dans différents pays du monde sont pour elle emblématiques de cette portée transnationale d’un féminisme de combat.

    Cet entretien réalisé en juillet 2021 constitue l’une des voix politiques présentes dans Le peuple des femmes. Un tour du monde féministe que nous avons co-écrit et qui paraît ces jours-ci (chez Flammarion). En particulier, les chapitres « Une autre histoire de la grève » et « Les foulards verts » n’existeraient pas sans le dialogue engagé avec Verónica Gago, lequel se poursuivra par une rencontre en mai prochain à Paris.

    #paywall...

    • Qu’est-ce qui vous semble le plus important dans les revendications et les pratiques féministes aujourd’hui, en Argentine et dans le monde ? Quelle est la place des luttes féministes dans les mouvements anticapitalistes en Argentine ?

      Je pense que le mouvement féministe trace la carte complète de ce qui est contesté aujourd’hui, en utilisant des slogans qui combinent une dénonciation de l’impunité judiciaire et policière, tout en exigeant une reconnaissance monétaire et des revenus plus élevés pour les travailleurs les plus précaires, ceux qui sont en charge de l’infrastructure populaire qui rend la vie possible au milieu des territoires dévastés. Lors de la dernière grève féministe, en Argentine, par exemple, le slogan « les travailleurs de la santé communautaire prennent soin de nous » a été particulièrement instructif. C’est une manière d’énoncer la demande de soins dans un registre syndical, de demander conjointement des droits et un meilleur salaire. Il réunit, au lieu de les diviser, le travail et les soins. Il défie la violence institutionnelle et, à son tour, met en évidence la force de l’autodéfense d’un quartier, comprise comme une lutte pour les ressources, allant du droit au logement à la dissociation des prix alimentaires de la valeur du dollar.

      Nous savons que la question de la justice est extrêmement compliquée. Ainsi, lorsque l’assemblée féministe aborde le pouvoir judiciaire, lorsque les assemblées de quartier nomment ce pouvoir opaque, elles pointent son caractère structurel et montrent clairement comment il fonctionne de manière raciste, classiste et sexiste. La dénonciation en soi ne suffit pas à le changer, mais le sortir de l’enceinte de son palais et du langage compliqué de ses procédures est certainement un pas important.

      Le diagnostic féministe de la violence s’oppose également à la morbidité médiatique qui tente de nous figer dans une position de victime perpétuelle et de comptabilité nécropolitique des féminicides. Sans aucun doute, l’impact de la violence en tant qu’expérience quotidienne a beaucoup à voir avec l’expansion d’une sensibilité féministe qui nomme, dénonce et produit une compréhension de ses causes profondes. Mais c’est surtout parce que ce mouvement permet d’affronter la violence et pas seulement de la subir. S’organiser pour lutter pour de meilleurs revenus, pour le logement, pour renverser la législation répressive, contre la précarisation des vies, contre le racisme institutionnel, ce sont là des manières concrètes de cartographier ce fourmillement de différentes formes de violence et de définir des tactiques dans les territoires où cette violence est condensée et renforcée. Dans ce processus, la grève féministe démontre que nous sommes aussi des productrices de valeur, des travailleuses et des créatrices de mondes et de formes de sociabilité, même dans des conditions d’extrême précarité. La grève féministe, en ce sens, suscite le désir d’un programme politique, et pas seulement d’une dénonciation.

      Pourquoi le corps des femmes est-il toujours attaqué ou contrôlé par les hommes ?

      C’est une grande question. Silvia Federici parle souvent d’« un état de guerre permanent contre les femmes », dont le dénominateur commun est la dévalorisation de leur vie et de leur travail par la phase actuelle de la mondialisation. Federici soutient que le capitalisme, depuis ses débuts transatlantiques, a persécuté et combattu les femmes « hérétiques » avec férocité et terreur. C’est pourquoi, dans son livre Caliban et la sorcière, elle relie trois concepts : les femmes, le corps et l’accumulation primitive. Elle y pose des questions fondamentales sur cette figure emblématique de la rébellion. Pourquoi le capitalisme, depuis sa fondation, a-t-il besoin de faire la guerre aux femmes qui détiennent le savoir et le pouvoir ? Pourquoi la chasse aux sorcières est-elle l’un des massacres les plus brutaux et les moins mémorisés de l’histoire ? Pourquoi l’amitié entre femmes doit-elle être rendue suspecte ? Qu’est-ce que les hommes ont cherché à éliminer lorsqu’ils ont brûlé ces femmes sur le bûcher ? Comment peut-on tracer un parallèle entre les sorcières et les esclaves noirs des plantations des Amériques ?

      La guerre contre les femmes, telle que Federici la caractérise, est un moment « originel » qui se répète dans chaque nouvelle phase d’« accumulation primitive » du capital : autrement dit, c’est ce qui se déploie dans le champ social, avant une période d’extrême instabilité des relations de commandement-obéissance et d’exploitation. L’idée qu’il existe des moments historiques où la violence devient une force productive pour l’accumulation du capital, comme le soutient la sociologue Maria Mies dans son livre Patriarcat et accumulation à l’échelle mondiale, est fondamentale pour comprendre la phase actuelle de dépossession à différentes échelles. Faire la guerre aux femmes et à leurs formes de savoir-pouvoir est la condition de possibilité du début du capitalisme, affirme Federici, mais il reste à savoir ce que cela signifie dans le présent. Nous devons tester l’hypothèse d’une chasse aux sorcières actualisée, en cartographiant les nouveaux corps, territoires et conflits en rapport avec sa manifestation contemporaine. Les « nouvelles formes de guerre » sont ce que l’anthropologue argentine Rita Segato appelle les modes de violence actuels qui prennent pour cible le corps des femmes. Elles sont « nouvelles » parce qu’elles actualisent une géométrie du pouvoir qui va au-delà de l’État-nation, puisque ce sont souvent d’autres acteurs qui exercent la violence, très majoritairement liés au capital illégal. En même temps, un lien avec le passé persiste au milieu de la nouveauté, en particulier dans sa dimension coloniale. Cette dimension s’exprime dans les méthodes proprement coloniales de meurtre des femmes (comme l’empalement, l’acide et le démembrement), mais surtout dans l’exercice de l’affirmation de l’autorité fondée sur la propriété des corps. Beaucoup de ces scènes continuent à résonner dans le présent.

      J’identifie au moins trois dynamiques qui attirent l’attention sur la façon dont ce cadre persiste dans notre conjoncture : (1) la relation entre les corps féminisés et dissidents et les terres/territoires communs, tous deux compris comme des surfaces de colonisation, d’extractivisme et de domination ; (2) la criminalisation des actions collectives contre la précarisation de la vie ; et (3) les forces conservatrices (également néo-fascistes) comme une clé constamment présente pour le rappel à l’ordre de l’accumulation capitaliste.

      Qu’est-ce qu’une grève féministe ? Quelle forme concrète peut-elle prendre ou prend-elle ? Pourquoi doit-elle être internationale ? Pourquoi faites-vous campagne pour #WeAreAllWorkers ?

      Je pense que la grève féministe est une redéfinition d’une forme puissante de lutte dans un nouveau moment historique. Contre le modèle étroit de qui peut faire grève – des travailleurs blancs, masculins, salariés et syndiqués – nous avons élargi sa capacité politique, ses langues et ses géographies. Ainsi, des questions se posent qui la remodèlent complètement : quels types de corps, de territoires et de conflits entrent dans la grève lorsqu’elle devient féministe ? À quel type de généralité s’engage-t-elle ?

      Depuis 2016, la grève a successivement pris plusieurs noms : « grève nationale des femmes », « grève internationale des femmes, lesbiennes, travestis et trans », « grève féministe internationale et plurinationale », et même « grève générale féministe ». J’y vois-là un effet de son caractère de plus en plus inclusif et complexe. Je propose d’interpréter la grève féministe comme une recherche pratique posant un ensemble de questions politiques. Comment la grève a-t-elle été réinventée et transformée par un mouvement mené par des sujets et des expériences qui ne correspondent pas à l’idée traditionnelle du travail ? Pourquoi la grève, telle qu’elle est réappropriée à partir du mouvement ouvrier, parvient-elle à traduire de nouvelles grammaires d’exploitation en nouvelles grammaires de conflit dans l’ici et maintenant ? Comment la grève, dans ses significations élargies, est-elle capable de relier le travail domestique à l’exploitation financière ? Pourquoi la grève a-t-elle permis un nouveau type de coordination internationale ?

      Nous disons #TrabajadorasSomosTodas (#Touteslesfemmessontdestravailleuses) pour exprimer que nous ne pouvons pas déléguer au capital – à travers l’outil du salaire – la reconnaissance de qui sont les travailleurs. En même temps, cette déclaration ne fonctionne pas comme une couverture qui recouvre et homogénéise une identité de classe abstraite ; elle fonctionne plutôt parce qu’elle révèle la multiplicité de ce que signifie le travail du point de vue féministe, avec toutes ses hiérarchies et toutes ses luttes. Aujourd’hui, la classe est une multiplicité qui a élargi les frontières de ce que nous comprenons comme la « classe ouvrière », grâce à ces luttes qui redéfinissent les sujets productifs sur la base de conflits spécifiques. En même temps, la classe ne cesse d’être une division de la société entre ceux qui, selon Marx, dépendent de leur force de travail pour se rapporter à eux-mêmes et au monde, et ceux qui ne le font pas. L’expansion de la classe par la multiplication du travail démontrée par le mouvement féministe actuel est due au fait que ce dernier n’accepte pas la prémisse selon laquelle les travailleurs sont seulement ceux qui reçoivent un salaire. Dans ce sens, en élargissant l’outil de la grève, nous provoquons une crise dans le concept patriarcal du travail parce que nous remettons en question l’idée que le travail digne est uniquement celui qui reçoit un salaire ; par conséquent, nous remettons également en question le fait que le travail reconnu est majoritairement masculin. Comme dans un jeu de dominos, cela implique de remettre en question l’idée que le travail productif est uniquement celui qui est effectué en dehors du foyer.

      Quel sens donnez-vous à la légalisation de l’avortement en Argentine ? Quelles sont les étapes importantes ? Quel rapport cela a-t-il avec l’histoire du féminisme en Argentine ?

      Petit à petit en Argentine, la demande de légalisation de l’avortement a pris une dimension de masse, sans précédent dans l’histoire du pays. Pour être pleinement comprise, elle doit être située dans le contexte des cinq dernières années, un contexte défini par la montée d’un mouvement féministe transnational qui a émergé depuis le Sud global. Ces marches ont été comparées à une marée féministe qui traverse les frontières, les langues, les classes et les sexes : ce qu’on appelle la marée verte. Ce qui distingue le cycle actuel des manifestations précédentes de la mobilisation politique féministe, c’est sa vitalité, en termes de taille, mais aussi sa radicalité. Ces deux caractéristiques contribuent également à expliquer l’évolution continue et permanente de ce mouvement, un état de « devenir » qui en fait le mouvement politique le plus dynamique du monde aujourd’hui.

      Au fur et à mesure que ce mouvement a pris de l’ampleur, il s’est constamment et consciemment confronté à la question de la généalogie. Où se trouve-t-il ? D’où vient-il ? On peut dire que l’engagement dans les luttes révolutionnaires des années 1970 et la campagne populaire pour les droits humains contre le terrorisme d’État pendant la dernière dictature argentine de 1976 à 1983 sont des éléments clés. Les mères et grand-mères de la Place de Mai ont non seulement mené la résistance contre la dictature, mais ont également fondé un mouvement de défense des droits de l’humain qui, après le rétablissement de la démocratie, a lutté pour la mémoire, la vérité et la justice. Sous la bannière « ni olvido, ni perdón » – ne jamais oublier, ne jamais pardonner –, ce mouvement a cherché à obtenir que les membres du gouvernement civil, de l’armée, de la hiérarchie de l’Église catholique et du secteur des entreprises responsables de la répression politique, qualifiée de génocide en Argentine, rendent des comptes. Au cours des années 1970, les femmes ont joué un rôle de premier plan dans les mouvements révolutionnaires et dans la résistance à la dictature, et leur participation est aujourd’hui lue à travers un prisme féministe.

      Le même phénomène s’applique à l’analyse des mouvements sociaux qui ont surgi pendant et après la crise politico-financière de 2001-2002, et qui ont souvent été dirigés par des femmes. Il s’agit, par exemple, du mouvement des chômeurs connus sous le nom de piqueteros, qui ont barricadé les rues et les routes, organisé des assemblées populaires et occupé des usines. Les féministes argentines reconnaissent aujourd’hui que ces pratiques ont préfiguré leur propre politique, un héritage qu’elles ont explicitement revendiqué, mais aussi un héritage qui leur a parfois été imposé.

      Les couleurs ont leur importance aussi. L’écharpe verte identifiée à la campagne pour la légalisation de l’avortement, par exemple, est un hommage aux écharpes blanches – originellement des couches que les mères et les grands-mères de la Plaza de Mayo portaient sur leur tête comme symbole de leurs enfants disparus lorsqu’elles manifestaient pendant la dictature. À l’époque, les médias argentins décrivaient les mères et les grands-mères comme « las locas de la Plaza » (les folles de la Place), en raison des couches blanches qu’elles portaient, mais aussi en raison de la persistance et de l’audace de leurs protestations devant le siège du gouvernement de la dictature. De même, les premiers groupes féministes d’Argentine, tels que l’Union féministe argentine Feminista Argentina et le Movimiento de Liberacion Feminista, le Mouvement de libération féministe, ainsi que les groupes naissants du mouvement LGBTQI+ qui en est issu, étaient souvent regroupés dans les premiers médias sous le nom de « locas », folles. Dans les deux cas, une formulation péjorative a été appliquée à une forme différente et prémonitoire de rationalité politique.

      Un autre antécédent important en Argentine est la Réunion nationale des femmes, aujourd’hui appelée Réunion plurinationale des femmes, des lesbiennes, des personnes transgenres et non binaires, fondée en 1986, trois ans seulement après la restauration de la démocratie. L’édition 2005 de la réunion a donné lieu à la création de la Campagne nationale pour un avortement légal, sûr et gratuit, point culminant de deux décennies d’activisme sur cette question, menée par des femmes argentines qui s’étaient exilées pour échapper à la dictature. Pendant leurs années d’exil, nombre de ces militantes avaient participé à des luttes féministes à l’étranger, que ce soit au Brésil, en France, au Mexique, aux États-Unis ou à Cuba. À leur retour, elles ont apporté avec elles les stratégies qu’elles avaient apprises dans leur pays. En 1987, elles ont fondé la Commission pour le droit à l’avortement, qui a finalement ouvert la voie à la Campagne nationale pour le droit à l’avortement. La Campagne nationale a présenté son projet de légalisation de l’avortement au Congrès argentin à sept reprises – en 2005, 2006, 2007, 2009, 2018, 2019 et 2020 – bien qu’il n’ait jamais été voté avant 2018. Cette année-là, le projet de loi a été adopté par la Chambre des représentants, mais n’a pas réussi à passer au Sénat, établissant un nouveau seuil en termes de visibilité en Argentine, mais aussi dans le monde entier, en grande partie en raison d’une transformation politique qui avait commencé en 2015.

      L’avortement, lorsqu’il est associé à la perspective d’un accès égal aux soins, est-il un élément important du développement de la démocratie ?

      Bien sûr. D’ailleurs, l’un des slogans était : « Le droit à l’avortement est une dette de la démocratie ». Mais je pense que l’avortement n’est pas seulement lié aux soins. Je vais l’expliquer.

      La lutte pour l’avortement a pris sens dans sa relation avec d’autres luttes féministes qui ont lié politiquement et cognitivement la violence contre les corps féminisés avec un diagnostic systématique du régime capitaliste hétéro-patriarcal et colonial. Avec la marée verte, le débordement du terrain parlementaire s’est précisé par l’appropriation de cette lutte par la campagne féministe. En 2018, pour la première fois, les séances publiques ont été retransmises en direct et suivies par des milliers de personnes ; elles ont comporté jusqu’à 800 voix, devenant une véritable plateforme publique d’argumentation, de confrontation et d’exposition. Elles ont forgé un espace pédagogique, dont ont particulièrement profité les générations de jeunes qui ont abordé ces arguments dans les écoles et les conversations quotidiennes. Mais elles ont également réussi à imposer une discussion dans l’agenda médiatique, grâce à une polyphonie de débats sans précédent. Le débordement sur le terrain social s’est précisé par l’expansion de la mobilisation. Celle-ci s’est manifestée, tout d’abord, par la pratique des « pañuelazos », des actions de masse au cours desquelles les participants agitaient les mouchoirs verts symbolisant l’avortement. La « marée verte » a inondé tous les espaces, y compris les écoles, les bidonvilles, les syndicats, les places, les lieux de travail et les soupes populaires. Par cette extension, le corps qui avait été mis en débat a également pris une dimension de classe. D’une part, cela s’est produit parce que la discussion sur la clandestinité de l’avortement faisait directement référence aux coûts qui le rendent plus ou moins risqué selon les conditions sociales et économiques de chacun. D’autre part, cette dimension est apparue parce que la hiérarchie de l’Église catholique a tenté d’inverser l’argument de classe, en désignant l’avortement comme quelque chose d’ « étranger » et d’ « extérieur » aux classes populaires. Dans la lutte pour la légalisation de l’avortement, le corps en litige dépasse donc la conquête des droits privés individuels. La mobilisation massive exigeant un avortement légal, sûr et gratuit déborde la demande de reconnaissance législative en même temps qu’elle la réclame.

      Par ailleurs, le débat a dépassé le cadre de la santé publique comme question préventive de la grossesse non désirée, pour ouvrir la question du désir. Avec le slogan « La maternité sera désirée ou ne sera pas » et la demande d’une éducation sexuelle complète dans le cursus éducatif, la campagne a approfondi les débats sur les sexualités, les corporalités, les relations et les affects qui ont déplacé la question de manière radicale. Cela a même permis de faire varier les slogans en faveur de l’avortement légal, non seulement à l’hôpital, mais aussi pour défendre des réseaux autonomes comme les « socorristas », les sauveurs de vie, un réseau national de travailleurs sanitaires et sociaux qui fournissent des informations et un soutien pour des avortements sûrs en Argentine, qui ont pratiqué des avortements « partout » ; en faveur aussi non seulement de l’éducation sexuelle, mais aussi de la découverte de sa propre sexualité ; non seulement de la contraception pour éviter les avortements, mais aussi du plaisir.

      La chambre basse du Congrès a approuvé le projet de loi le 13 juin 2018. Le 8 août, il a atteint le Sénat, qui a décidé de son sort. Pour ces deux dates, malgré des températures négatives, 1 puis 2 millions de personnes se sont rassemblés devant le Congrès, inaugurant la pratique de la veillée féministe qui dure toute la nuit.

      Après un débat intense de 12 heures, le Sénat a rejeté le projet de loi en 2018, par un vote de 38 contre 31. Pour le mouvement qui avait poussé à la légalisation, et pour les personnes présentes sur la place à l’extérieur, la scène a été vécue comme un exercice de discipline et d’infantilisation. D’un côté, 2 millions de personnes devant le Congrès se battant pour le droit des femmes à décider pour elles-mêmes ; de l’autre côté, 38 représentants du système patriarcal des castes décidant pour elles. Malgré la déception de cette nuit, le mouvement a continué en organisant des grèves internationales des femmes en 2019 et 2020, ce qui l’a aidé à maintenir la dynamique de la légalisation. Et en intégrant le droit à l’avortement dans une critique plus large du modèle économique néolibéral, le mouvement féministe est devenu une force politique motrice, mobilisant l’opposition contre les politiques d’austérité du Président Macri, dont le poids a été ressenti de manière disproportionnée par les femmes. Lors de l’élection présidentielle de 2019, le candidat péroniste, Alberto Fernández, a fait de la légalisation de l’avortement une promesse de campagne. Lorsque la pandémie de coronavirus a retardé la soumission du projet de loi promis au Congrès, les organisations féministes ont intensifié leur pression avec des campagnes en ligne et hors ligne. Finalement, pour la première fois dans l’histoire, le pouvoir exécutif – et non la société civile – a présenté le projet de loi légalisant l’avortement le 17 novembre, ainsi qu’un projet de loi qui accorde une pension alimentaire pour protéger et financer les mères pendant la grossesse et les trois premières années de vie de l’enfant. Les deux projets de loi ont été adoptés le 30 décembre.

      La lutte n’est cependant pas terminée. Les organisations féministes demandent que les femmes qui ont été emprisonnées pour avoir avorté avant la légalisation soient libérées de prison. Elles resteront également vigilantes pour s’assurer que la loi est pleinement appliquée. Dans le contexte de la crise économique sans précédent due à la pandémie, elles sont également préoccupées par le maintien du financement public de la santé et de l’éducation.

      Cette victoire en Argentine a également eu un écho dans toute la région. Les mouvements féministes au Chili, au Brésil, en Équateur, au Pérou et au Mexique sont particulièrement désireux de faire de leurs pays les prochains à rejoindre la marée verte. Depuis 2018, de nombreuses initiatives et campagnes pour légaliser l’avortement ont été lancées, avec le foulard vert comme symbole. Aujourd’hui, elles sont revitalisées, car le féminisme transnational continue de pousser contre les forces conservatrices et les forces néolibérales.

      Vous analysez les différents mouvements féministes de 2015 à aujourd’hui en Argentine. Vous expliquez que ce mouvement a d’abord été alimenté par le slogan et hashtag #NiUnaMenos qui a convoqué la première mobilisation massive contre les féminicides en juin 2015. Un an plus tard, on entendait partout : « Nous voulons être vivantes et libres ! ». Puis, en octobre 2016, la grève a produit un saut qualitatif en transformant la mobilisation contre les féminicides en un mouvement radical et massif qui a su politiser le rejet de la violence d’une manière neuve. Pouvez-vous revenir sur ces trois étapes ?

      Je pense que dans ces trois étapes, vous pouvez voir un déplacement dans la conceptualisation de la violence et l’émergence d’une force politique croissante. La violence sexiste a été appréhendée autrement. Nous avons pluralisé sa définition : nous avons cessé de parler « seulement » de la violence contre les femmes et les corps féminisés, et nous l’avons plutôt reliée à un ensemble d’autres formes de violence, sans lesquelles son intensification historique ne pourrait être comprise. Parler de la violence à partir des féminicides (des femmes mais aussi des trans, etc.), ce n’est pas se limiter à sa comptabilité nécropolitique, au décompte des victimes. En ce sens, la reconnaissance de la pluralisation de la violence est stratégique : cela permet de déplacer la figure totalisante de la victime. La pluralisation de la signification des violences sexistes ne consiste pas seulement à quantifier et à cataloguer les différentes formes de violence. C’est beaucoup plus complexe ; c’est une façon de cartographier leur simultanéité et leur interrelation. Il s’agit de relier les maisons démolies aux terres rasées par les entreprises agroalimentaires, à l’écart salarial et au travail domestique invisibilisé, de connecter la violence de l’austérité et de la crise avec la manière dont celles-ci sont habitées par des pratiques des femmes dans les économies populaires ; tout cela est mis en relation avec l’exploitation financière à travers la dette publique et privée. Beaucoup de choses sont liées : les manières de discipliner la désobéissance par la répression étatique la persécution des mouvements de migrants, l’emprisonnement des femmes pauvres pour avoir avorté et la criminalisation des économies de subsistance. En outre, il ne faut pas minorer l’empreinte raciste de chacune de ces formes de violence. Rien n’est évident dans ce réseau de violence : retracer les modes de connexion, c’est produire du sens, car cela rend visible la machinerie d’exploitation et d’extraction de la valeur qui implique des seuils croissants de violence, lesquels ont un impact différentiel (et donc stratégique) sur les corps féminisés.

      Fabienne Brugère
      Philosophe, Professeure à l’université Paris 8

      Guillaume Le Blanc
      Philosophe, Professeur à l’Université de Paris

      NDLR : L’ouvrage de Fabienne Brugère et Guillaume Le Blanc, Le peuple des femmes : un tour du monde féministe paraîtra le 16 février 2022 aux Éditions Flammarion.

      #femmes #grève #féminisme #lutte #domination #argentine #WeAreAllWorkers #TrabajadorasSomosTodas #NiUnaMenos

  • #Inde : #Sikkim, l’expérience bio

    Peut-on se passer de pesticides et d’engrais chimiques ? En Occident, le débat sur le glyphosate divise les agriculteurs. Pourtant, le #tout_biologique est possible : dans le nord de l’Inde, un État régional situé dans l’#Himalaya, le Sikkim, a interdit, depuis 4 ans, l’utilisation de tout pesticide ou engrais chimique.

    L’intégralité des terres cultivables a été convertie à l’agriculture biologique, faisant de la chimère une réalité servant de #modèle à suivre : le Sikkim est devenu le premier Etat au monde 100% bio.

    https://www.arte.tv/fr/videos/104586-000-A/inde-sikkim-l-experience-bio

    #agriculture_biologique

    #film #documentaire #film_documentaire

  • La CNIL met en demeure un gestionnaire de sites français pour son usage de Google Analytics
    https://www.lemonde.fr/pixels/article/2022/02/10/la-cnil-met-en-demeure-un-gestionnaire-de-sites-francais-pour-son-usage-de-g

    « La CNIL constate que les données des internautes [collectées par cet outil omniprésent utilisé par des millions de sites Web pour mesurer leur audience et le comportement des internautes] sont transférées vers les Etats-Unis en violation des articles 44 et suivants du RGPD [règlement général sur la protection des données européen], relève l’institution chargée de la protection des données personnelles en France. Elle met donc en demeure le gestionnaire de site de mettre en conformité ces traitements avec le RGPD, si nécessaire en cessant d’avoir recours à la fonctionnalité Google Analytics (dans les conditions actuelles) ou en ayant recours à un outil n’entraînant pas de transfert hors UE. Le gestionnaire de site en cause dispose d’un délai d’un mois pour se mettre en conformité. »

  • #conjoncture_covid, lundi 24 janvier 2022 :
    hospitalisations, à peu près en ligne
    entrées en réanimation, en baisse
    décès, en hausse

    • observé vs extrapolé


    hospitalisations : 3353, un peu moins que les 3421 extrapolées (-2,0%)
    réanimations : 337, nettement moins qu’extrapolé : 363 (-7,2%)
    décès : 393, nettement plus que les 346 anticipés (+13,5%)

    • cvh

    • c’est un des pire lundis pour métropole sur dc depuis 8 mois ; environ 2 semaines après le max sur réa ; p’tet un destockage des réa en fin de droit ?

    • dans un genre pas du tout matheux, à vue de nez, même avec toutes les circonstances favorables, Delta en baisse, vaccinations et doses de rappel en hausse, pas de montée subite du nouveau variant issu de Omicron, pas de nouveau variant inquiétant, je ne vois pas comment on imagine une forte baisse de ces indicateurs avant mi-mars. un mois avant la présidentielle. l’acceptabilité est proprement miraculeuse. on est super flex, il n’y a pas à dire.

      edit : perturbations possibles du scénario décrit plus bas : Omicron bis, réinfections, autre variant

    • je ne vois pas comment on imagine une forte baisse de ces indicateurs avant mi-mars

      Je supposes que le calcul, c’est que si tu contamines près de 10 millions de français chaque semaine, en commençant par ceux qui vont au travail et dans les transports en commun, en théorie en trois quatre semaines c’est torché, tu as ton immunité de groupe.

    • Autour de moi, j’ai des gens qui sont heureux de se dire qu’ils sont protégés pour 6 mois. Plus précisément, ils sont heureux de se dire que pendant 6 mois, ils peuvent aller dans les bars et les restos.
      J’arrive pas à m’y faire, mais le rouleau compresseur idéologique est bien là, et il m’effraie.

    • @biggrizzly Oui, les « 6 mois » correspondent, tiens donc, à la période durant laquelle ton « passe vaccinal » est validé par le fait d’avoir attrapé le Covid alors que tu n’es pas vacciné.

      À 300 000 ou 400 000 positifs détectés par jour, on est en train de fabriquer du « passe vaccinal non vacciné » à des niveaux proprement sidérants. (Mais si ce gouvernement avait pris des décisions cohérentes depuis le début, je pense qu’on s’en serait déjà aperçus.)

    • @colporteur, mi-mars me parait très, très loin ; sans disposer de boule de cristal, mi-février me parait plus probable. Comme dit plus haut par @arno*, l’ampleur des contaminations actuellement à l’œuvre devrait assécher le terrain favorable.

      Mais il est vrai que la comparaison avec le passé est difficile du fait, d’une part, du fort taux de vaccination qui décorrèle la montée vertigineuse des cas avérés de l’évolution de la charge hospitalière, du fait, d’autre part, des possibilités de réinfection, apparemment très fortes actuellement alors qu’elles étaient vues comme des exceptions dans les premières vagues.

      Mi-février, peut-être même avant ; c’est cette attente de la décrue qui m’a fait reprendre mon suivi conjoncturel, après le découragement (intense…) provoqué par la montée ininterrompue des indicateurs depuis tout début novembre.

      De ce point de vue, je n’arrive toujours pas à comprendre que les médias continuent à diffuser des graphiques en échelle arithmétique. On SAIT que la propagation est exponentielle, ergo on DOIT représenter sur l’échelle adaptée et donc #échelle_logarithmique

      (@arno*, on est assez nettement au dessus du niveau du CM2, mais le prochain chantier pour l’expression « spontanée » de mecton, pourrait être la découverte des graphiques semi-log…)

    • perso, je reste au CM2 et je dessine des exponentielles (les « régresseurs ») sur des graphiques en échelle linéaire ; pour l’instant, on voit bien que les montées sont un peu arrondies ; et les transitoires sont quasiment des droites, du coup pas trop besoin de semi-log en pratique - tant que ça part pas vraiment en sucette.

    • la stratégie #tous_contaminés va faire faire des économies de pfizz, sur les anti-vax et sur les pas-encore-tri-dosés ; un franc succès, quasi gratuit, pour le pass vaxinal (bio, grâce au micron). Bien joué Manu !

    • oui, c’est tout à fait ça ! ils ont trouvé une mesure non pharmaceutique à leur main tout comme ils avaient inventé d’emblée un passe non sanitaire (possibilité d’être en lieu clos sans masque). au « solutionnisme » technologique du vaccin (dans l’usage qui en est fait) s’ajoute le solutionnisme techno du contrôle.

      un crash test de deux ans qui fait enseignement, mobilisable pour gérer la crise écologique en jetant du lest (de la population, ici, et plus encore ailleurs) sous l’égide de gouvernements de l’état d’urgence (style « conseil de défense »).

      pour le court terme, je note que des perturbations du scénario décrit plus haut peuvent intervenir depuis Omicron bis, les #réinfections, d’autres variants.

      à moins que quelque chose comme une gauche se créée et politise la pandémie.

      #santé_publique #covid-19 #protocole_tous_infectés #gouvernementalité

  • La mairie de Jérusalem laissera des conteneurs pour recycler les bouteilles Sue Surkes
    https://fr.timesofisrael.com/la-mairie-de-jerusalem-laissera-des-conteneurs-pour-recycler-les-b

    La municipalité a expliqué avoir retiré 200 des 1 500 conteneurs en prévision de l’entrée en vigueur, le 1er décembre, de la nouvelle loi sur la consigne des bouteilles.

    La municipalité de Jérusalem a commencé à retirer les conteneurs de recyclage des bouteilles en prévision de l’entrée en vigueur de la loi sur la consigne des bouteilles https://fr.timesofisrael.com/les-bouteilles-jusqua-5-litres-seront-desormais-consignees le 1er décembre.


    Une femme jette une bouteille dans un bac de recyclage du centre de Jérusalem. (Crédit photo : Nati Shohat/Flash90)

    Mais une porte-parole a déclaré que si 200 des 1 500 conteneurs de ce type ont été retirés, il y a encore suffisamment de cages dans la ville pour répondre aux besoins de recyclage.

    Il y a un an, dans une victoire pour les groupes environnementaux et en particulier pour l’organisation de défense Adam Teva V’Din, qui a défendu cette cause, le ministère de la Protection de l’environnement a annoncé que la loi sur la consigne des récipients à boisson serait étendue aux bouteilles de 1,5 à 5 litres – une mesure qui devrait permettre aux consommateurs d’économiser près de 60 millions de shekels par an.

    Depuis 2001, date à laquelle le gouvernement a adopté la loi sur la consigne des contenants de boissons, une somme remboursable – actuellement 30 agorot – a été ajoutée au coût de toutes les canettes de boissons et des bouteilles en verre et en plastique contenant de 100 millilitres à 1,5 litre de boisson, afin d’encourager les gens à les rapporter après usage.

    Mais les bouteilles plus grandes ont été exemptées, principalement en raison de la pression exercée par les groupes ultra-orthodoxes et les fabricants.


    Des déchets plastiques dans la mer. (dottedhippo/iStock by Getty Images)

    Au cours des dernières semaines, le Times of Israël a reçu des signalements de résidents de différents quartiers de Jérusalem selon lesquels des conteneurs de recyclage pour des bouteilles autres que celles pour lesquelles une consigne peut être demandée ont disparu et que les appels à la municipalité de Jérusalem avaient donné des explications différentes.

    Selon la porte-parole, « la nouvelle loi sur la consigne, qui entrera en vigueur le 1er décembre, stipule que la responsabilité du placement et du fonctionnement des installations de recyclage des bouteilles incombe au ministère de la Protection de l’environnement ».

    « De nouvelles installations seront placées dans les chaînes de commercialisation et lorsque les bouteilles seront retournées, un avoir sera émis en retour », a précisé la porte-parole.

    « Avec la mise en œuvre de la loi, il ne sera pas nécessaire d’implanter des installations de recyclage de bouteilles dans toute la ville. Pendant la période actuelle, la municipalité travaille à la collecte des conteneurs, qui constituent un danger dans l’espace public, et tout [est fait] en coordination avec le ministère de la Protection de l’environnement. »

    La porte-parole a déclaré que la collecte principale des conteneurs existants sera effectuée après le 1er décembre, une fois que les alternatives, dans les zones commerciales, seront en place.

    Estimant que cette mesure permettrait aux Israéliens d’économiser quelque 56,3 millions de shekels par an, aux sociétés de collecte 45,6 millions de shekels et aux autorités locales 4,4 millions de shekels, l’ancien ministre de la Protection de l’environnement Gila Gamliel avait déclaré à l’époque qu’une prolongation de la consigne garantirait la viabilité économique d’une usine de recyclage du plastique en Israël et fournirait des matières premières aux producteurs locaux de bouteilles qui doivent actuellement importer du plastique recyclé de l’étranger. (La dernière usine de recyclage de bouteilles en plastique en Israël a fermé il y a des années.)

    Cela permettrait également de réduire la quantité de déchets mis en décharge et de créer de nouveaux emplois verts, avait déclaré la ministre.

    #Bouteilles #pollution #déchets #recyclage #écologie #plastique #environnement #plastique #pollutions_ #économie #consigne #LP

    • La pollution des sacs plastiques est un fléau pour Israël accro au tout jetable 18 juin 2019 - par Claudine Douillet
      https://www1.alliancefr.com/actualites/la-pollution-des-sacs-plastiques-est-un-fleau-pour-israel-accro-au-

      La militante Maya Jacobs, dont l’ONG Zalul se bat pour la protection du rivage et des rivières israéliennes, revient sur le dernier rapport WWF, qui s’alarme de la pollution plastique de la côte de Tel-Aviv, l’une des plus importantes du pourtour méditerranéen.

      D’après le dernier rapport du WWF https://www.liberation.fr/planete/2019/06/07/la-france-plus-gros-producteur-de-dechets-plastiques-en-mediterranee-selo , la côte de Tel-Aviv est la troisième plus touchée par la pollution plastique du pourtour méditerranéen, après la Cilicie turque et la région de Barcelone, avec une masse moyenne de 21 kilos de déchets plastiques par kilomètres de littoral.


      Les activistes locaux, à l’instar de Maya Jacobs, dirigeante de l’ONG Zalul en Israël, espère que ces chiffres vont alerter les politiques ainsi que l’opinion publique. L’Etat hébreu est le deuxième plus grand consommateur d’ustensiles plastiques à usage unique au monde, derrière les Etats-Unis, malgré une population 37 fois moindre.

      Quels facteurs expliquent un tel taux de pollution plastique des plages israéliennes ?
      Géographique d’abord : Israël est à l’exact opposé du détroit de Gibraltar [qui « ferme » la Méditerranée, ndlr], et comme le courant va dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, une partie des déchets plastiques de l’Afrique du Nord remonte jusqu’à nous.
      Et notamment ceux de l’Egypte, responsable de près de la moitié du plastique flottant dans la mer.

      Ceci étant dit, entre 60% à 80% de la pollution plastique des plages israéliennes est le fait des baigneurs israéliens, directement liée à une consommation de produits plastiques effarante, ancrée dans la culture locale.

      D’où vient cette consommation excessive ?
      Israël est accro au tout jetable. Cela s’explique autant d’un point de vue social - beaucoup de familles nombreuses, tant du côté juif qu’arabe, ont l’habitude de faire de grands pique-niques et repas familiaux lors des jours fériés et le week-end - que religieux.

      C’est plus facile de suivre les règles casher avec de nouveaux couverts à chaque repas. Pour beaucoup de femmes des milieux populaires et religieux, les couverts en plastique sont aussi une façon de s’épargner une corvée domestique.

      Il y a aussi une mentalité très « germophobe » : ici, les gens préfèrent toujours boire dans un gobelet en plastique qu’un verre, et tant pis pour la dose de perturbateurs endocriniens avalée au passage… Israël est un pays très avancé en termes de technologie ou d’agronomie mais complètement en retard sur l’éducation écologique.

      La population ne se sent pas responsable de l’environnement. Les pollueurs – tant au niveau individuel que les grosses entreprises – ont une sensation d’impunité.

      C’est d’autant plus étrange que le sionisme était à l’origine un retour à la terre sacrée : on aurait pu penser qu’il en découlerait une volonté de la protéger…

      Au niveau politique, rien n’est fait ?
      A l’école, on ne parle quasiment pas de pollution, ni des bonnes attitudes à prendre, comme le tri des ordures.
Il n’y a pas de programme national de lutte contre les déchets plastiques.

      Le recyclage est confié à des compagnies privées, dont certaines font faillite, faute d’aides publiques !

      A la Knesset (le parlement israélien), les partis religieux bloquent tout projet de loi visant à limiter ou taxer la consommation d’ustensiles en plastique car ils considèrent que cela dégraderait le niveau de vie des familles ultra orthodoxes, souvent modestes, sans penser au coût plus global de la pollution plastique.

      De façon générale, il y a un problème de sensibilisation, que des associations comme nous tentent de combler.

      Quand les gens voient les statistiques, ils sont choqués. Mais cette approche n’a qu’un effet limité s’il n’y a pas de décisions fermes venant d’en haut.

      Quelles mesures législatives sont nécessaires selon vous ?
      Il y a trois ans, une loi interdisant les sacs plastiques gratuits dans les supermarchés a été votée, pour limiter leur distribution systématique. Mais leur prix a été fixé trop bas, autour de 10 arogot (environ 2 centimes d’euros). Les gens n’y voient qu’une taxe de plus, quasi indolore, sans impact sur leurs habitudes.

      Nous militons pour une législation semblable à celle que la France et l’Union européenne viennent d’adopter sur les ustensiles à usage unique, et pour un système de consigne des bouteilles en plastique.

      Mais l’opposition politique et l’apathie restent fortes. Il nous faut changer les mentalités, ce qui passe aussi par l’application des lois existantes et une certaine sévérité. Le jet d’ordure sur la voie publique est théoriquement sanctionné d’une amende de 500 shekels (125 euros). Mais de mémoire d’activiste, je n’ai jamais vu un seul de ces PV !

      #Tout_jetable #jetable #plastiques_à_usage_unique #éducation #sacs_plastiques

  • Des anarchistes et de la Commune de Paris
    https://infokiosques.net/spip.php?article1827

    « Tout de suite après les faits, les libertaires se sont employés à #Définir ce qui distinguait une véritable révolution anarchiste du communalisme, leurs critiques tournant autour de deux axes : l’un politique, suppression du pouvoir ; l’autre social, abolition de la propriété. Malgré ce point commun, on a pu constater qu’il n’y avait pas d’interprétation monolithique de la Commune, et encore moins de sacralisation, mais bien des appréciations différentes, dont la sévérité augmentait avec le temps. En somme, ni mythification, ni mystification de l’Histoire ; simplement liberté d’analyse. » Que pensaient de la Commune de Paris les anarchistes de la fin du XIXe siècle et d’après ? Dans cette brochure, sont cités, entre autres, les points de vue de Mikhail Bakounine, James Guillaume, Arthur Arnould, Gustave (...)

    #Anarchismes,_anarchie #Insurrections,_révoltes,_émeutes #Tout_mais_pas_l'indifférence_nulle_part_
    https://infokiosques.net/IMG/pdf/des-anarchistes-et-de-la-commune-de-paris-cahier.pdf
    https://infokiosques.net/IMG/pdf/des-anarchistes-et-de-la-commune-de-paris-pageparpage.pdf

  • Une brève histoire de Jacques Attali - Acrimed | Action Critique Médias

    À l’instar de Jean-Pierre Elkabbach ou d’Alain Duhamel, il semble être depuis toujours dans le paysage médiatique. La parution de son dernier opus, Histoire des médias, en est une nouvelle confirmation. Alors qu’Acrimed tente, depuis 25 ans et en quelques milliers d’articles, de démonter les mécanismes du fonctionnement médiatique, notre auteur se propose modestement de condenser 5 000 ans d’histoire des médias en 500 pages. Il était sans doute le seul à pouvoir accomplir ce tour de force. Qu’il nous soit permis, dans les lignes qui suivent, de brosser le portrait d’un essayiste hors pair.

    https://www.acrimed.org/Une-breve-histoire-de-Jacques-Attali


    #médias #toutologie #tartuffe #éditocrate

  • #Marseille privatopia : les #enclaves_résidentielles à Marseille : logiques spatiales, formes et représentations

    Marseille : privatopia ?

    La forte multiplication des « #résidences_fermées_sécurisées » est une tendance observée dans les #villes européennes et françaises, après celles d’Amérique latine, des USA, d’Afrique du sud etc. En #France, elle a surtout été repérée et analysée en contextes péri-urbains (Ile de France, Côte d’Azur, banlieues de Toulouse et Montpellier). Partout où elle se développe, cette tendance est souvent attribuée aux inquiétudes des habitants pour la #sûreté, ou leur #qualité_de_vie, ainsi qu’à des #replis_sociaux, thèmes récurrents dans les médias et discours politiques. Elle est aussi liée au rôle d’une « offre » portée par les majors de l’immobilier. Mais elle est aussi soutenue indirectement, dans le contexte néolibéral, par des pouvoirs publics qui se déchargent ainsi de l’aménagement et de la gestion d’#espaces_de_proximité.

    Nous observons et analysons depuis 2007 cette prolifération des #fermetures à Marseille. Après un premier état des lieux (Dorier et al, 2010), nous avons mené une second #inventaire exhaustif en 2013-2014. Et depuis lors, nous menons une veille ciblée sur certains secteurs. Démarrée au début des années 90, la diffusion des #enclosures atteint des sommets à Marseille où elle n’a quasiment pas été régulée : des #marges et des #enclaves se construisent ainsi dès qu’on s’éloigne du centre historique (Dorier, Dario, 2016). Au point que la #fermeture des #espaces_résidentiels, de leurs #rues et espaces de plein air semble en train de devenir la norme (Dorier, Dario, 2018)

    Depuis 25 ans, Marseille n’a cessé de se cloisonner de plus en plus et ce processus est venu aggraver les #inégalités d’#accès_aux_équipements et aux « #aménités » urbaines. Le #parc bâti du centre ville paupérisé s’est dégradé jusqu’à l’effondrement et au risque de péril imminent de centaines d’immeubles, qui ont du être évacués en urgence depuis novembre 2018, comme on le voit sur la carte de droite (voir aussi page dédiée). Pendant ce temps, les quartiers du sud et de l’est, ainsi que les zones en rénovation, se sont transformées en mosaïques résidentielles clôturées, sous le double effet de la #promotion_immobilière et de ré-aménagements voulus par les associations de #copropriétaires. Ils dessinent des espaces pour classes moyennes à aisées, sous forme de #lotissements et d’#ensembles_immobiliers majoritairement fermés et sécurisés, chacun doté de ses propres espaces « communs » privés : parkings, voirie privée, jardins.

    Cette « #Privatopia » tourne d’abord le dos au centre historique, à ses ilots anciens décrépis où l’action publique s’est illustrée par son inefficience pendant des décennies. La fermeture se diffuse d’abord dans les zones favorisées, puis dans les périphéries ouvertes à l’urbanisation, enfin dans les zones de rénovation urbaine : la création de nouvelles résidences fermées est devenue un moyen pour valoriser des opérations immobilières et y attirer des classes moyennes, face aux copropriétés dégradées et aux ensembles HLM appauvris. Lorqu’un bailleur rénove un ensemble de logements sociaux, celui-ci est également « résidentialisé », même si, avec des années de recul sur cette pratique, on sait désormais que clôturer ne résoud pas les problèmes socio-économiques des quartiers, ni même les problèmes de sécurité. Au contraire, la fragmentation physique pourrait bien alimenter les tendances aux séparatismes sociaux en tous genres.

    D’après nos enquêtes, en dehors des formes d’entresoi spécifique de quartiers particulièrement aisés, comme la colline Périer, et ses « gated communities » surplombant la mer, la fermeture est d’abord fortement associée au « tout voiture » qui caractérise encore Marseille et à la concurrence pour le stationnement résidentiel : les premiers espaces à être clôturés sont les parkings. Elle est également liée à 25 années de désengagement croissant de la municipalité dans la gestion de proximité (propreté, entretien des espaces verts, sécurisation publique des rues) ainsi qu’un encouragement de l’urbanisation privée par des ventes de parcelles publiques ou des zones d’aménagement favorisant la promotion immobilière. La fermeture résidentielle traduit l’affirmation d’une économie résidentielle, le rôle des promoteurs, syndics, copropriétés étant crucial : la « sécurisation » (privée) est supposée faire augmenter la valeur marchande des biens immobiliers… Enfin, la fermeture traduit une accentuation des replis sociaux : à Marseille la clôture « a posteriori » de rues qui étaient auparavant ouvertes au passage représente 55% des cas observés.

    Certains espaces du 8ème, 9ème, 12ème , nord du 13ème arrondissements (Les Olives), caractéristiques de cette urbanisation privée, deviennent un assemblage désordonné de copropriétés et d’enclaves de moins en moins accessibles et traversantes. La fermeture se diffuse par mimétisme, les ensembles résidentiels forment des « agrégats », qui bloquent les circulations : une véritable situation de thrombose dans certains quartiers, anciens comme récents (les Olives, Ste Marthe). Le comble, c’est que dans ces quartiers, les plus favorisés, au cadre de vie « a priori » le plus agréable, les déplacements à pied ou en vélo tiennent désormais de l’exploit. Les détours imposés par les barrières qui enserrent chaque rue ou jardin privé de résidence obligent à prendre la voiture pour accompagner un enfant à l’école du coin, acheter le pain… La ville perd de plus en plus en cohérence, et, avec cette juxtaposition de résidences sécurisées certains quartier ressemblent plus à une mosaïque de co-propriétés qu’à… une ville. Cela a été mis en évidence et modélisé par la toute récente thèse de Julien Dario (2019), réalisée dans le cadre de ce projet.

    A Marseille, depuis 2007, nous avons opté pour une étude empirique, directe, sur le terrain. Nous pu ainsi vérifier l’hypothèse qu’aux initiatives spontanées de fermeture de rues et de lotissements a posteriori, longtemps après leur construction, s’ajoutent des stratégies nouvelles. Elles associent promotion privée et action publique, et sont destinées à faire évoluer le peuplement de quartiers de la ville, à travers la production de logement « de qualité » attirant des classes moyennes et supérieures. Promoteurs et décideurs semblent juger utile de les rassurer à travers la livraison d’ensembles qui sont quasiment tous fermés dès la construction … En 12 ans, de 2008 à 2020 une série d’études, de masters et thèses ont permis de décrire et quantifier ce processus, d’observer la progression d’une fragmentation urbaine qui s’accroît aux échelles fines et d’évaluer ses impacts.

    Nos études se sont focalisées sur les fermetures massives des aires privilégiées (Colline Périer, Littoral Sud, Nord-Est avec la technopole de Chateau Gombert), et la transformation résidentielle de certains territoires périphériques en zones d’investissements immobiliers rentables, attirant des classes moyennes et supérieures (Littoral Nord, Sainte Marthe, grand centre ville/Euromed, franges du parc National des Calanques comme la ZAC de la Jarre). les résidences fermées deviennent ainsi un outil de plus value foncière… et de recompositions urbaines, valorisant toutes les zones ayant un attrait environnemental, tout en en restreignant l’accès.

    La diffusion d’un modèle

    Notre méthodologie a permis de prendre la mesure du phénomène à l’échelle d’une ville entière, et sur la durée, ce qui n’a pas été réalisé ailleurs en France. A deux reprises (2008-2009 et 2013-2014), la commune entière a été arpentée, chaque ensemble résidentiel fermé a été géolocalisé dans un SIG, inventorié, décrit, photographié, afin d’établir un corpus exhaustif : 1001 résidences ou lotissements étaient enclos en 2009, plus de 1550 en 2014. L’ensemble des clôtures ont été datées à partir d’enquête directe ou par photo-interprétation. Cette démarche est relatée dans deux rapports de recherche (Dorier et al., 2010 et 2014), 13 masters et une thèse (Dario, 2019).

    Le recours au SIG (Système d’information géographique) a permis de tracer leur histoire, en croisant les localisations avec des images aériennes anciennes, le cadastre, la chronologie des programmes immobiliers. En 2011 et 2012, la première étude du LPED est actualisée à travers plusieurs mémoires d’étudiants sous la direction d’E.Dorier et S.Bridier. Ceux-ci observent une accélération des dynamiques d’enclosures dans les quartiers sud (Dario J. 2010, Toth P.2012), leur multiplication et leur diffusion dans les quartiers nord (Balasc et Dolo 2011, Dolo 2012, Robillard 2012). La propagation se fait beaucoup par mimétisme : plus de la moitié des ensembles fermés sont collés les uns aux autres, par grappes, transformant la physionomie et les usages possibles de l’espace urbain et développant des « marges » urbaines cloisonnées. On peut le vérifier, à travers l’exemple d’une marge Nord-Est de Marseille, sur les franges ville-espaces péri-urbains Les Olives : une juxtaposition désordonnée de lotissements fermés.

    Nous avons aussi beaucoup observé, recueilli de nombreux témoignages auprès de résidents, de riverains, de syndics, d’agences, de techniciens de l’urbanisme… Nous avons séjourné dans plusieurs de ces résidences. Nous poursuivons la veille sur certains contextes sensibles à haut potentiel spéculatif immobilier, comme la frange du massif des calanques ou sainte Marthe, ou encore des espaces où les fermetures sont conflictuelles. Par des analyses d’archives, des enquêtes fines sur des contextes urbains, des entretiens avec acteurs et habitants, des analyses de périmètres de la politique de la ville, le suivi de conflits de voisinages nous avons ensuite analysé les facteurs historiques et les impacts associés à cette dynamique d’enclosures, les inégalités sociales, les impacts sur la circulation, les inégalités environnementale (D.Rouquier 2013, J.Dario, 2019 et la thèse en cours de P. Toth, consacrée aux 8ème et 9ème arrondissements).

    Au final, on met à jour une dynamique de transition libérale, individualiste et sécuritaire, associée au règne de la voiture dans la ville (beaucoup de clôtures ont au départ pour justification le seul parking), qui freine d’autres évolutions souhaitables (transition écologique, inclusion sociale). Si le phénomène se banalise, on constate aussi une complexité territoriale du processus et son épaisseur historique. Dans des contextes de fortes recompositions urbaines (spatiales, foncières, sociales, démographiques), et dans les périmètres de nouvellement urbain, la fermeture d’espaces résidentiels est utilisée comme outil de diversification de l’habitat et de mixité sociale. Le processus n’a pas partout les mêmes motifs ni les mêmes impacts socio-environnementaux. D’où l’intérêt d’approches qualitatives par observations sensibles, entretiens avec des acteurs et habitants, dépouillements d’archives historiques (histoires de rues).

    Les quartiers sud

    En observant le facteur de proximité dans la diffusion, ainsi que le potentiel de valorisation immobilière des terrains vacants ou susceptibles de l’être, plusieurs scénarios de prospective ont été mis au point par Julien Dario pour anticiper l’évolution des espaces susceptibles d’être fermés, transmis à la Ville dans le cadre d’un contrat, comme aide à la décision (Dario 2011, 2014 et 2019). Dans les quartiers sud, on est frappé par la perspective de 53% de taux d’évolution spontané probable de la fermeture dans les 8ème et 9ème arrondissements, si aucune intervention publique ne vient réguler la tendance. Les surfaces touchées par les enclosures (résidences et périmètres d’entreprises) déjà localement très importantes pourraient y atteindre le tiers de la surface totale urbanisée. Des études de cas à échelle fine ont permis d’anticiper plusieurs conflits liés à ces processus (progressifs ou brutaux) en lien avec des dynamiques sociale locales.

    Les cas des lotissements « Coin Joli » et « Barry » (analysés ici par J.Dario entre 2011 et 2019) montrent comment certains dispositifs informels préfigurant l’enclosure sont mis en place progressivement, informellement, parfois subrepticement : enrochements, systèmes physiques fixes contraignants (plots métalliques) permettant encore le passage prudent de deux roues et piétons ; panneaux de sens interdit « privés » et informels apposés à l’extrémité de certaines rues. On passe d’une délimitation par panneautage à une fermeture symbolique et partielle, avant d’évoluer vers l’enclosure, qui peut être conflictuelle en privant de passage les riverains, en réduisant les perméabilités urbaines.

    Les quartiers nord : diffusion des ensembles résidentiels fermés dans les contextes de rénovation urbaine

    Un fait remarquable est la diffusion des enclaves résidentielles fermées au cœur et en bordure des zones urbaines sensibles (ZUS) telles qu’elles ont été définies par l’Agence Nationale de la Rénovation Urbaine (ANRU). Bénéficiant de la TVA réduite, les promoteurs sont incités à y produire une nouvelle offre de logement privée, afin de permettre une diversification et l’installation de classes moyennes. Mais les enclosures, supposées rassurer les candidats à l’accession à la propriété, et maintenir un niveau de prix élevé ne favorisent pas les relations sociales … et nos études montrent qu’en fait de « mixité », apparaissent de nouvelles formes de fragmentations et même de tensions résidentielles (Dorier et al, 2010, 2012), qui s’accompagnent, par ailleurs de formes d’évitement fonctionnel (Audren, 2015, Audren Baby-Collin, Dorier 2016 , Audren, Dorier, Rouquier, 2019). Le secteur du Plan d’Aou dans le 15ème arrondissement de Marseille, où la restructuration résidentielle est achevée a été analysé à l’aide d’étudiants (Balasc et Dolo 2011). Dans ce secteur cohabitent des zones de logements HLM en fin de réhabilitation, des lotissements anciens qui se sont fermés ou sont en cours de fermeture, des projets immobiliers récents, conçus sécurisés. La juxtaposition de ces différents types d’habitats aux profils sociaux différenciés engendre plus une fragmentation qu’une mixité Fonctionnelle, malgré la proximité. Les interrelations sont faibles entre les ensembles et les espaces. (Dorier, Berry-Chikahoui et Bridier, 2012)

    une crise des urbanités

    Tandis que cette transformation des espaces de copropriétés et rues privées de Marseille se poursuit, des pans entiers de vieux quartiers populaires se délabrent. En 2019, notre cartographie de ces ensembles résidentiels privés fermés ainsi que des HLM « résidentialisés » et enclos (dans les projets de rénovation urbaine) tranche avec la géographie des constructions déclarées en péril et brutalement évacuées de leurs habitants, suite à l’effondrement de deux immeubles vétustes du quartier Noailles, près du Vieux port de Marseille. Notre carte révèle des politiques de l’habitat à plusieurs vitesses, où des décennies de laisser-faire public face à la ville privée s’expriment d’un côté par la dégradation du bâti, et de l’autre par la multiplication de formes de repli et d’entre soi urbain ayant des impacts sur les circulations et sur l’accès aux équipements. A ce stade, des rééquilibrages publics sont indispensables. Quelques initiatives publiques pour maintenir des traverses piétonnières ont été lancées dans certains quartiers très touchés, elles sont compliques par les évolutions législatives (qui facilitent la clôture des espaces privés) ainsi que par la dévolution de la compétence en matière de voirie à la Métropole. Rétablir des accès et servitudes de passage pour les piétons est compliqué dans les espaces privés : il faut passer par une DUP, puis par l’achat d’une bande de terrain par la collectivité pour tracer un cheminement piétonnier. Des interventions seraient possibles dans certains cas où les clôtures ont été posées sur des rues non privées, ou hors de la légalité. Mais la collectovité ne s’auto-saisit pas des cas d’infraction. Les actions au cas par cas risquent de ne pas suffire à endiguer cette véritable crise d’urbanité.

    (observations menées conjointement à nos études sur le mal logement et des évacuations à Marseille).

    le projet ci-dessous a fait l’objet d’une exposition art-science, présentée à l’Espace Pouillon, campus centre Saint Charles de l’Université Marseille Privatopia 8-24 octobre 2020.

    Depuis 2014, une collaboration avec l’artiste peintre Anke Doberauer (photos et tableaux) a été rendue possible grâce à une résidence commune à la Fondation Camargo (2014). La jeune cinéaste Marie Noëlle Battaglia a également réalisé en 2020 un documentaire « En remontant les murs » inspiré par nos recherches, et en lien avec l’équipe (avant première le 18 octobre 2020, dans le cadre du festival Image de ville). Ces collaborations ont déjà donné lieu à des présentations croisées, comme celle du 3 avril 2019 organisée par le Goethe Institut à la Friche de la belle de mai, et pourraient déboucher sur une exposition et un ouvrage commun.

    Rapports de recherche-action :

    Dorier E. Dario J. Rouquier D. Bridier S. , (2014), Bilan scientifique de l’étude « Marseille, ville passante », Contrat de collaboration de recherche : « Développement urbain durable à Marseille » n°12/00718, 13 cartes, 18 croquis, 24 tableaux. juin 2014, 90 p.

    Dorier E. (dir), BERRY-CHIKHAOUI I., BRIDIER S., BABY-COLLIN V., AUDREN G., GARNIAUX J. (2010), La diffusion des ensembles résidentiels fermés à Marseille. Les urbanités d’une ville fragmentée, rapport de recherche au PUCA, Contrat de recherche D 0721 ( E.J. 07 00 905), 202 p, 35 cartes et croquis, 30 graphiques, 68 illustrations photographiques.

    Ces rapports ont donné lieu à de nombreuses restitutions publiques auprès des services de l’Urbanisme de la Ville, la Communauté urbaine, l’Agence d’Urbanisme (Agam), le département.

    Articles scientifiques :

    Dorier E. Dario J., 2018, « Gated communities in Marseille, urban fragmentation becoming the norm ? », L’Espace géographique, 2018/4 (Volume 47), p. 323-345. URL : https://www.cairn.info/journal-espace-geographique-2018-4-page-323.htm (traduction texte intégral ) texte intégral (ENG.) DORIER DARIO Espace geo anglais EG_474_0323

    Dorier E. Dario J., 2018, « Les espaces résidentiels fermés à Marseille, la fragmentation urbaine devient-elle une norme ? » l’Espace géographique, 2018-4 pp. 323-345.

    Dorier E., Dario J., 2016, « Des marges choisies et construites : les résidences fermées », in Grésillon E., Alexandre B., Sajaloli B. (cord.), 2016. La France des marges, Armand Colin, Paris, p. 213-224.

    Audren, G., Baby-Collin V. et Dorier, É. (2016) « Quelles mixités dans une ville fragmentée ? Dynamiques locales de l’espace scolaire marseillais. » in Lien social et politiques, n°77, Transformation sociale des quartiers urbains : mixité et nouveaux voisinages, p. 38-61 http://www.erudit.org/revue/lsp/2016/v/n77/1037901ar.pdf

    Audren, G., Dorier, É. et Rouquier, D., 2015, « Géographie de la fragmentation urbaine et territoire scolaire : effets des contextes locaux sur les pratiques scolaires à Marseille », Actes de colloque. Rennes, ESO, CREAD, Université de Rennes 2. Actes en ligne.

    Dorier E, Berry-Chickhaoui I, Bridier S ., 2012, Fermeture résidentielle et politiques urbaines, le cas marseillais. In Articulo– – Journal of Urban Research, n°8 (juillet 2012).

    Thèses

    Audren Gwenaelle (2015), Géographie de la fragmentation urbaine et territoires scolaires à Marseille, Université d’Aix Marseille, LPED. Sous la dir. d’Elisabeth Dorier et de V.Baby-Collin

    Dario Julien (2019) Géographie d’une ville fragmentée : morphogenèse, gouvernance des voies et impacts de la fermeture résidentielle à Marseille, Sous la dir. d’Elisabeth Dorier et de Sébastien Bridier. Telecharger ici la version complète. Cette thèse est lauréate du Grand prix de thèse sur la Ville 2020 PUCA/ APERAU/ Institut CDC pour la Recherche, Caisse des Dépôts

    Toth Palma (soutenance prévue 2021), Fragmentations versus urbanité(s) : vivre dans l’archipel des quartiers sud de Marseille Université d’Aix Marseille, LPED , Sous la direction de Elisabeth Dorier

    Posters scientifiques :

    Dario J. Rouquier D. et Dorier E., 2014, Les Ensembles résidentiels fermés à Marseille, in SIG 2014, Conférence francophone ESRI, 1-2 octobre 2014 – http://www.esrifrance.fr/iso_album/15_marseille.pdf

    Dario J. Rouquier D. et Dorier E, 2014, Marseille, fragmentation spatiale, fermeture résidentielle, LPED – Aix-Marseille Université, poster scientifique, Festival international de géographie de Saint Dié, oct 2014. https://www.reseau-canope.fr/fig-st-die/fileadmin/contenus/2014/conference_Elisabeth_Dorier_poster_LPED_1_Marseille.pdf

    Dario J. Rouquier D. et Dorier E., 2014, Marseille, Voies fermées, Ville passante, LPED – Aix-Marseille Université, poster. http://www.reseau-canope.fr/fig-st-die/fileadmin/contenus/2014/conference_Elisabeth_Dorier_poster_LPED_2_Marseille.pdf

    Contributions presse et médias

    Dorier E. Dario J. Audren G. aout 2017, collaboration avec le journal MARSACTU. 5 contributions à la série « Petites histoires de résidences fermées », collaboration journal MARSACTU / LPED, aout 2017. https://marsactu.fr/dossier/serie-petites-histoires-de-residences-fermees

    Dorier E. et Dario J. 23 aout 2017, interview par B.Gilles, [Petites histoires de résidences fermées] Les beaux quartiers fermés de la colline Périer, interview pr B.Gilles, MARSACTU, https://marsactu.fr/residences-fermees-dorier

    Dorier E. Dario J. 30 janv. 2017, interview par L.Castelly, MARSACTU : https://marsactu.fr/discussion-ouverte-residences-fermees

    Dorier E. , et Dario.J. 20 mars 2014, interview in MARSACTU , société : 29% de logements sont situes en residences fermees à Marseille

    Dorier E. Dario J., 4 oct 2013, « Hautes clôtures à Marseille », in Libération, le libé des géographes. (1 p, 1 carte) http://www.liberation.fr/societe/2013/10/03/hautes-clotures-a-marseille_936834
    Dorier E. , 7 avril 2013, « Le phénomène des résidences fermées est plus important à Marseille qu’ailleurs », Marsactu, talk quartiers, archi et urbanisme, http://www.marsactu.fr/archi-et-urbanisme/le-phenomene-des-residences-fermees-est-plus-important-a-marseille-quailleu

    Dorier E. Dario J., 10 fev 2013, « Fermetures éclair » in revue Esprit de Babel, Fermetures éclair

    télévision

    M6, Résidences fermées à Marseille – étude du LPED. Journal national, octobre 2013 : https://www.youtube.com/watch?v=hDM

    FR3, 19/20, Résidences fermées à Marseille – étude du LPED, 24 mai 2013, https://www.youtube.com/watch?v=o-O

    FR 5 (minutes 38 à 50) : « En toute sécurité », documentaire de B.Evenou, http://www.france5.fr/emission/en-t

    podcast radio

    Collaboration entre chercheurs et cinéaste, janvier 2021 : https://ecoleanthropocene.universite-lyon.fr/documenter-la-geographie-sociale-grand-entretien-a

    Collaboration entre chercheurs et artiste peintre, octobre 2020 : Sonographies marseillaises – Radio Grenouille et Manifesta 13 « Ce monde qui nous inspire #4 Marseille ville privée ? »

    https://urbanicites.hypotheses.org/688

    #sécurisation #privatisation #espace_public #classes_sociales #urban_matter #géographie_urbaine #TRUST #master_TRUST #immobilier #foncier #rénovation_urbaine #urbanisme #fragmentation_physique #inégalités #tout_voiture #voiture #automobile #stationnement_résidentiel #parkings #proximité #promotion_immobilière #urbanisation_privée #détours #barrières #mosaïque #
    #cartographie #visualisation

  • Santé Publique France, 25/04/2021 :
    • décès covid à l’hôpital : 145 (cvh : 257)
    • hospitalisations covid : 30 287 (+187)

    décès, plateau, peut-être descendant
    admissions en réanimation, plateau, peut-être descendant
    à confirmer avec le début de semaine

    (note : l’analyse conjoncturelle va devenir compliquée au mois de mai, avec les 1er et 8 mai des samedis qui se comporteront comme des dimanches ou même encore plus bas et le jeudi de l’Ascension, lé 13/05)

    incidence qui baisse toujours nettement et positivité qui grimpe toujours doucement continuent à évoluer en sens inverse

    les taux d’occupation de réa

    et, pour changer, la part des variants sud-africain et brésilien continue à doucement monter, et ce depuis le 11/04, elle atteint maintenant 4,8% des tests positifs analysés
    (comme dirait J. C., elle a donc tendance à régresser, cf. https://seenthis.net/messages/912532 )

  • Cartes sensibles ou subjectives

    Cartographie sensible ou subjective
    Pour Quentin Lefèvre, la cartographie sensible (ou #cartographie_subjective) peut se définir comme un média de restitution de l’#expérience du territoire ou encore comme la "#spatialisation_sensible de données sensibles".
    http://quentinlefevre.com/cartographie-sensible

    Cartographie sensible, émotions et #imaginaire
    #Elise_Olmedo cerne les contours théoriques et méthodologiques de la cartographie sensible, en décrit les étapes de création et s’interroge sur ses impacts, son utilité et ses limites, à partir d’une expérimentation faite sur le terrain au Maroc, à Marrakech, au printemps 2010.
    http://visionscarto.net/cartographie-sensible

    Cartographier les #interstices de la #ville
    En faisant remonter à la surface les éléments du #paysage, l’artiste scénographe #Mathias_Poisson délivre des informations sur l’#ambiance des lieux, qui sensorialisent la carte. Élise Olmedo rend compte de cette #expérience_urbaine subjective dans ce beau billet.
    http://www.strabic.fr/Mathias-Poisson-Cartographier-les-interstices-de-la-ville

    Cartes et cartographie des ressentis et représentations d’individus
    La cartographie d’objets tels que des #ressentis (une gêne) ou des représentations de l’#espace_vécu (un risque) relatés par des individus mobilise des bagages conceptuels et techniques nombreux, nécessitant une mise au point sémantique et méthodologique. Aurélie Arnaud discute l’état de la recherche dans ce domaine dans la revue M@ppemonde.
    https://journals-openedition-org/mappemonde/4666

    Et si les cartes permettaient aussi d’explorer l’#invisible ?
    C’est ce que propose l’atelier pédagogique de la BNF "Les cartes de l’invisible".
    http://c.bnf.fr/JtG

    L’#Otletosphère
    Cette cartographie relationnelle des personnalités et institutions liées à #Paul_Otlet cherche à mettre en visibilité la forte implication de l’auteur au sein des organisations pacifistes internationales ainsi qu’au sein des institutions bibliographiques et documentaires.
    http://hyperotlet.huma-num.fr/otletosphere/117

    Pour une pratique féministe de la #visualisation de données
    #Donna_Haraway, dans son essai fondateur sur les #savoirs_situés, offre une critique brillante non seulement de la représentation visuelle mais de la préférence extrême et perverse donnée aux yeux sur le corps dans la pensée occidentale.
    http://visionscarto.net/visualisation-donnees-feministe
    #feminisme

    Nouvelles cartographies – Lettres du #Tout-Monde
    Ce projet de création expérimental et ouvert à tou.te.s a été lancé par des artistes et journalistes associés au #Labo_148. Quelle sera la cartographie du monde après la crise sanitaire ? Que redéfinit-elle ? Quelles urgences « à rêver un autre rêve, à inventer d’autres espoirs » s’imposent ? Le “Tout-Monde” selon #Edouard_Glissant, est cette inextricabilité de nos devenirs, et en cela, il invite à une poétique active de la #mondialité, de rencontres des imaginaires. Voir notamment l’expérience de Paul Wamo Taneisi : “Je porterai moi-même ma carte géographique”
    http://www.labo148.com/category/nouvelles-cartographies

    #Cartographies_traverses
    « Cartographies traverses » est un dispositif de recherche-création qui regroupe des productions visuelles et sonores traitant des expériences migratoires contemporaines.
    http://visionscarto.net/cartographies-traverses

    Re-dessiner l’expérience, art, sciences, conditions migratoires
    #Sarah_Mekdjian et #Marie_Moreau utilisent la cartographie avec des migrants "pour un autre partage du sensible". Le projet débouche sur l’élaboration d’une très belle carte sensible (à voir).
    http://www.antiatlas-journal.net

    Cartes de migrants
    L’artiste camerounais #Jean_David_Nkot réalise des portraits avec des cartes afin de "représenter les nombreux lieux qui se bousculent dans la tête des migrants" : https://wepresent.wetransfer.com/story/jean-david-nkot

    Cartes d’ici et d’ailleurs
    Favoriser l’inclusion sociale des personnes migrantes en France à travers des ateliers de #cartographie_participative et sensible (CartONG) : tel est l’objectif global du projet “Cartes d’ici et d’ailleurs”, soutenu par la Fondation de France et mis en oeuvre par #CartONG.
    http://veillecarto2-0.fr/2018/12/21/carte-sensible-un-outil-dinclusion-sociale

    #Guerilla_Cartography
    L’objectif de Guerrilla Cartography est d’utiliser l’#art pour promouvoir une #cartographie_collaborative et engagée. Le site rassemble plusieurs atlas originaux et artistiques sur l’#eau, la #nourriture, les migrants.
    http://www.guerrillacartography.org

    Plateforme Art & Géo de Cartes Sensibles
    Proposé par le polau-pôle des arts urbains et #Crévilles, ce site regroupe des cartes artistiques et géographiques qui rendent compte d’un territoire existant en assumant un regard sensible et/ou subjective. Il est conçu comme un outil de ressource et de partage pour chercheurs, artistes et curieux.
    http://polau.org/pacs

    L’art est dans la cARTe
    #Ghislaine_Escande est artiste peintre et plasticienne. Avec ses cARTes, elle redessine le Monde et nous fait voyager.
    http://neocarto.hypotheses.org/10407

    Carte sensible du festival de #Glastonbury
    Le plan du célèbre festival de musique et d’arts de Glastonbury au Royaume-Uni selon The Word Magazine.

    La carte subjective du musicien #Nick_Cave
    Il s’agit d’une affiche de 2006 pour le concert de Nick Cave à Manchester en Angleterre. Elle contient plus de 50 énigmes basées sur les paroles de ses chansons. Voir cette vidéo qui revient sur le sens de cette carte subjective.
    http://www.davidrumsey.com/luna/servlet/s/3ypdis

    Médier les récits de vie. Expérimentations de #cartographies_narratives et sensibles
    Article de Sarah Mekdjian et Élise Olmedo paru en 2016 sur le site de M@ppemonde.
    http://mappemonde.mgm.fr/118as2
    #cartographie_narrative

    Cartographier une année de sa vie
    #Nicholas_Felton est un artiste designer qui traduit les données de la vie quotidienne en objets et en expériences significatives. Il est l’auteur de plusieurs rapports annuels qui résument les événements de l’année en cartes et graphiques rendant compte de son expérience subjective.
    http://feltron.com/FAR08.html

    Cartographie du #confinement en période d’épidémie
    L’artiste britannique #Gareth_Fuller (https://fullermaps.com/artworks/quarantine-maps) raconte en 14 cartes l’expérience de survie que représente la #quarantaine. Un grand nombre de cartes décrivant différents vécus en mode confiné sur Citylab (www.citylab.com/life/2020/04/neighborhood-maps-coronavirus-lockdown-stay-at-home-art/610018/). Le confinement en croquis, vu de France : géographie politique, sociale et culturelle du monde post-Covid19 par #Jérôme_Monnet (Cybergéo : https://journals.openedition.org/cybergeo/34804). Une manière de décaler le regard sur le monde peut être d’utiliser (et d’admirer au passage) les très belles oeuvres de #street-art (https://www.francetvinfo.fr/culture/arts-expos/street-art/coronavirus-tour-du-monde-des-plus-belles-oeuvres-de-street-art-face-a-) produites dans le contexte de la pandémie. #Virginie_Estève a proposé un projet cartographique à ses élèves de 4e : cartographier leur espace vécu de confinement et aborder le paysage sensible depuis leur fenêtre. La preuve que l’on peut continuer à faire de la géographie et travailler à distance, moyennant quelques aménagements ( voir ce Genialy : https://view.genial.ly/5e80c8155ad5150d93dab237/guide-geographie-du-confinement). Julien Dupont (Kobri), professeur d’histoire-géographie en collège à Vaulx-en-Velin et auteur de fictions radiophoniques et cartographiques, a mis en ligne sur son site Kartokobri (https://kartokobri.wordpress.com) ses cartes quotidiennes du confinement. #SCOPIC (http://www.revuesurmesure.fr/issues/battre-aux-rythmes-de-la-ville/explorations-sensibles-de-notre-1km) s’est interrogée sur l’expérience du kilomètre autour de nos habitats. Pour d’autres liens, consulter le billet "Faire de la géographie en période de confinement" (https://cartonumerique.blogspot.com/2020/03/geographie-et-confinement.html).

    Maps of Home
    "Maps of Home" est une vision nostalgique faite des souvenirs de #Janesville dans le #Wisconsin, où l’auteur a grandi et où il a dû revenir à cause de la pandémie.
    http://moriartynaps.org/maps-of-home

    Suivre ses proches en temps de guerre
    Carte dessinée à la main par ma grand-mère pour suivre les mouvements de mes grands-pères pendant la Seconde Guerre mondiale (1943-1945).
    http://www.reddit.com/comments/be814f

    #Nomadways
    Le groupe Nomadways a invité 24 artistes, éducateurs et travailleurs sociaux à découvrir et explorer l’espace à partir de leurs #émotions et à créer leurs propres cartes subjectives dans un but de construction et d’inclusion communautaires.
    http://nomadways.eu/subjective-mapping-2017-france

    Cartographie autochtone, activités extractives et représentations alternatives
    Le réseau #MappingBack a pour objectif de fournir du soutien cartographique aux membres des communautés autochtones luttant contre les industries extractives sur leur territoire. MappingBack cherche à utiliser la cartographie comme un outil de #résistance.
    http://mappingback.org/home_fr
    #peuples_autochtones #extractivisme

    #Native_land, cartographier les voix autochtones
    Le site Native Land, mis sur pied en 2015 par #Victor_Temprano, propose un outil cartographique participatif permettant une conceptualisation décoloniale des Amériques, du #Groenland, de l’#Australie et de la #Nouvelle-Zélande. Lire la présentation du site.
    http://native-land.ca
    #décolonial

    Cartographie et #langues_autochtones
    #Marlena_Myles utilise son art pour célébrer sa culture et sa langue autochtones ainsi que pour aider le public (notamment les enfants) à comprendre l’importance des traditions et de l’histoire orales autochtones. Ses cartes racontent le passé, le présent et l’avenir du peuple et de la langue du #Dakota.
    http://marlenamyl.es/project/dakota-land-map
    #histoire_orale

    Counter Mapping
    #Jim_Enote, agriculteur #zuni traditionnel dans le Colorado (Etats-Unis), collabore avec des artistes pour créer des cartes qui ramènent une voix et une perspective autochtones à la terre. Ces cartes zunis s’inspirent profondément d’expériences partagées de lieux dans une volonté de #réappropriation du territoire par les #Amerindiens.
    http://emergencemagazine.org/story/counter-mapping

    Cartographie personnelle et subjective de #Mary_Jones
    Au cours de ses dérives dans la ville de #Des_Moines, Mary Jones observe les lieux et les habitant⋅e⋅s, fait des photos, remplit des carnets d’#esquisses, prend des notes, enregistre parfois aussi des sons. Une masse de matériaux bruts qu’elle assemble ensuite en images hybrides (#collages, #superpositions, #sampling_visuels) qui composent une sorte de cartographie personnelle, subjective, voire intime de la cité et de ses marges.
    http://aris.papatheodorou.net/une-flaneuse-a-la-derive

    Cartographier les espaces vécus et les émotions (#Drusec)
    La ville telles qu’elle est vécue par les usagè.re.s de drogue marginalisés de #Bordeaux.
    http://drusec.hypotheses.org/1722

    #Queering_the_Map
    Queering the Map est un projet de cartographie généré par la communauté #queer afin de géolocaliser des moments, des souvenirs et des histoires par rapport à leur espace physique. En cartographiant ces moments éphémères, Queering the Map vise à créer une archive vivante d’expériences queer.
    http://queeringthemap.com

    Cartographie subjective des Etats-Unis par #Paul_Steinberg
    Cette série de vues subjectives des Etats-Unis et du monde a été réalisée par Saul Steinberg pour des couvertures anciennes de magazines (The New Yorker ou autres)
    http://saulsteinbergfoundation.org/essay/view-of-the-world-from-9th-avenue

    La cartographie au service des théories platistes
    La théorie de la Terre Plate perdure jusqu’à aujourd’hui. La réalisation de cartes à l’image de la #terre_plate devient un objet de promotion de ces théories.
    http://veillecarto2-0.fr/2020/09/22/la-cartographie-au-service-des-theories-platistes

    Le monde vu de...
    Une série de vues du monde à partir de #New_York, #San_Francisco et différentes villes des Etats-Unis (lire notre article sur le monde vu de la Silicon Valley).
    https://imgur.com/a/XTnSn#0

    Le monde vu par les Anciens
    Cet atlas de #Karl_Müller de 1874 reproduit "les systèmes géographiques des Anciens" et d’une certaine manière la façon dont ces systèmes de représentation de l’#Antiquité étaient eux-mêmes vus au XIXe siècle.
    http://geodata.mit.edu/catalog/princeton-r207tq824

    L’Europe vue de la Russie
    L’Europe vue de Moscou et l’Asie vue d’#Irkoutsk pendant la Guerre froide (1952).
    https://www.reddit.com/r/MapPorn/comments/epdn4c/europe_from_moscowasia_from_irkutsk_time_magazine

    Cartographie et subjectivité chez #Alexander_von_Humboldt
    En scrutant minutieusement les différentes cartes réalisées par Alexander #von_Humboldt, on remarque certaines particularités, des mentions qui, à priori, n’auraient pas lieu de s’y trouver tant elles témoignent de la subjectivité de l’auteur.
    http://visionscarto.net/Humboldt-carto-subjective

    Le monde sens dessus dessous
    Un planisphère renversé montrant la Terre vue depuis l’hémisphère sud (à télécharger en haute résolution). Consulter la page des #projections cartographiques (http://cartonumerique.blogspot.com/p/projections-cartographiques.html) pour accéder à d’autres vues renversantes de la Terre.
    https://www.digitalcommonwealth.org/search/commonwealth:9s161j433

    Cartographie ultrapériphérique, et si on changeait de point de vue
    Une carte des territoires ultramarins vus depuis l’hémisphère sud.
    http://www.une-saison-en-guyane.com/extras/carte/carto-ultraperipherie-si-on-changeait-de-point-de-vue%e2%80%89

    Projections du futur
    Les projections du futur seront probablement centrées sur les océans, comme ces deux cartes du monde en projection Mercator oblique qui représentent les continents tout autour d’un océan unique.
    http://rightbasicbuilding.com/2019/09/09/the-world-maps-of-the-future

    Carte subjective de #Paris en 2050
    Cette carte imagine Paris en 2050, lorsque les effets du #réchauffement_climatique se seront durement faits ressentir... si rien n’est fait. Voir notre article de présentation : https://cartonumerique.blogspot.com/2019/02/carto-subjective-geo-prospective.html
    http://www.deuxdegres.net/projects/paris-2050
    #changement_climatique

    Utiliser des #SIG pour cartographier les #pratiques_spatiales
    Des recherches récentes montrent l’intérêt d’utiliser les données fournies par les #réseaux_sociaux pour les cartographier et mettre en évidence des comportements des individus dans l’espace.
    http://www.gislounge.com/using-gis-to-analyze-peoples-attitudes

    Cartographie collaborative
    L’objectif de ce site est de développer un ensemble d’usages pour aider à la dissémination des pratiques collaboratives en matière de cartographie, que ce soit pour le citoyen ou au sein de structures (associations, collectivités, milieu scolaire).
    http://cartographie-collaborative.eu

    #Mapquote
    Le projet collaboratif Mapquote prend la forme d’une #carte_interactive où chaque utilisateur peut déposer une #citation de #romans où il est question de cartes.
    http://neocarto.hypotheses.org/6502

    L’usage de Google Maps dans « #Netherland »
    Netherland est une belle réflexion désabusée sur les lieux et le déplacement, l’#espace et la #séparation, le fait de pouvoir être physiquement dans un lieu et mentalement dans un autre. Google Maps n’intervient que dans deux courts passages au début et à la fin du livre (source : Spacefiction)
    http://spacefiction.fr/2009/11/01/google-maps-enters-litteraturegoogle-maps-entre-dans-la-litterature

    #Hoodmaps
    Hoodmaps permet de créer des cartes participatives pour éviter les #pièges_à_touristes et fréquenter les quartiers branchés de la ville. La typologie est assez basique, voire un peu réductrice : entre les “hipsters”, les touristes, les étudiants, les “riches”, les “costards” et les “normaux”, mais permet de rapidement identifier les différents quartiers d’une ville.
    http://hoodmaps.com

    Apprendre sur le territoire en représentant son territoire
    Carte sensible élaborée par une classe de 1re ES qui montre la vision de leur lycée. A compléter par l’interview de Sophie Gaujal pour le Café pédagogique : L’approche sensible en cours de géographie, un ingrédient du bonheur ?
    http://hal.archives-ouvertes.fr

    Cartographie ton quartier
    Les cartes postales géocartographiques permettent d’articuler géographie spontanée et géographie raisonnée. Organisé par Sophie Gaujal, en partenariat avec le Café pédagogique, la Cité de l’architecture et l’IGN, le concours Cartographie ton quartier récompense les cartes postales cartographiques réalisées par des classes.
    http://blog.ac-versailles.fr/geophotographie

    Atelier de cartographie sensible (Ehess)
    La plateforme SIG de l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, met à disposition des ressources sur la cartographie sensible dans le cadre des ateliers Géomatique et humanités numériques qu’elle organise, notamment sur Gennevilliers.
    http://psig.huma-num.fr/cartes-sensibles

    #Cartes_mentales dans le nord de #Marseille
    Ce billet de #Jérémy_Garniaux relate un atelier « cartes mentales » mené à Marseille, dans les 14, 15 et 16e arrondissements, par une plate-forme culturelle hors-les-murs constituée de cinq structures culturelles du Nord de Marseille.
    http://www.mapper.fr/cartes-mentales-dans-le-nord-de-marseille

    Chicago HomeStories Project
    Le projet est né à #Chicago et commence à se diffuser dans le monde. Il s’agit d’encourager les citoyens par des #marches_civiques à en savoir plus sur leur quartier.
    http://www.nationalgeographic.org/projects/out-of-eden-walk/blogs/lab-talk/2021-04-chicago-homestories-goes-global

    Concours #cartographie_imaginaire
    Cartographier la ville de demain, son quartier dans le futur, son école ou son collège idéal...
    http://www.concourscarto.com/accueil-cci

    Concours de dessin de cartes du monde pour enfants
    Le concours #Barbara_Petchenik est un concours biennal de dessin de carte destiné aux enfants. Il a été créé par l’Association cartographique internationale en 1993 dans le but de promouvoir la représentation créative du monde sous forme graphique par les enfants.
    http://icaci.org/petchenik

    Lignes d’erre - Les cartes de #Fernand_Deligny
    Pendant des années, Deligny a dessiné et fait dessiner des cartes de ce qu’il appelle leurs #lignes_d’erre, soit les trajets « libres » des #enfants sur leur aire de séjour. Il a perçu, par l’observation, que les autistes avaient une autre façon d’être au monde, une autre manière d’incarner l’humain.
    http://culture.univ-lille1.fr/fileadmin/lna/lna60/lna60p34.pdf

    La carte sensible de #Boulogne-Billancourt
    Un projet pédagogique conduit par une équipe d’enseignants du lycée J. Prévert de Boulogne-Billancourt avec des classes de Seconde.
    http://www.cafepedagogique.net

    La "carte du Tendre" de #Nantes
    #Gwenaëlle_Imhoff et #Emilie_Arbey, professeures de français et d’histoire géographie au collège Gutenberg de Saint-Herblain ont amené leurs 4èmes à réaliser de nouvelles « Cartes du Tendre » à la manière de Madame de Scudéry pour inventer « une géographie nantaise de l’Amour ». Enjeu de ce travail créatif et collaboratif, visuel et oral : aider les élèves à s’approprier « l’espace urbain proche et pourtant trop souvent lointain ».
    http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2020/08/31082020Article637344555283464848.aspx
    http://www.pedagogie.ac-nantes.fr/lettres/continuite-pedgogique-et-numerique-en-lettres-carte-du-tendre-pr

    Cartographier l’#insécurité au collège
    Professeure d’histoire-géographie au collège Molière de Beaufort en Anjou, #Anaïs_Le_Thiec lance sa classe de 5ème dans une cartographie sensible du collège. Elle les invite à libérer leur parole via une #storymap.
    http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2019/10/18102019Article637069844590338061.aspx

    Dans ma ville on traîne
    Visite guidée et habitée par le rappeur #Orelsan, qui propose une description de la ville de #Caen. L’intérêt principal est de rappeler qu’un espace géographique, avant d’être un objet d’étude, reste surtout un lieu de vie que l’on habite. Le rappeur énumère ses souvenirs d’enfant, d’adolescent, d’étudiant. Ce faisant, il raconte SA ville. Il associe chaque action passée au lieu où elle s’est déroulée.
    http://lhistgeobox.blogspot.com/2020/10/dans-ma-ville-on-traine-visite-guidee.html

    Des lieux où l’on exprime ses sentiments
    Carte interactive des lieux où les étudiants ont déclaré avoir pleuré sur le campus de l’université de Waterloo aux Etats-Unis (avec les commentaires). Cela correspondrait-il aux bâtiments de sciences et de mathématiques ?
    http://www.reddit.com/r/dataisbeautiful/comments/l3t3xx/oc_an_interactive_map_of_where_students_have

    Psycho-géographie de la ville de #Gibellina
    Quand les artistes essaient de tromper les algorithmes de télédétection. C’est ce qu’a fait l’artiste #Burri avec une oeuvre d’art gigantesque couvrant les ruines de la vieille ville de Gibellina en Italie (à voir dans Google Maps)
    http://www.archdaily.com/958178/the-psycho-geography-of-the-cretto-di-burri

    Lyon-La Duchère 2030 : imaginer des scénarios prospectifs
    Ces #scénarios prospectifs sont proposés par des élèves de 2nde du Lycée La Martinière-Duchère concernant le projet d’aménagement urbain #Lyon-La Duchère 2030.
    http://canabae.enseigne.ac-lyon.fr/spip/spip.php?article1103

    #Cartographie_sonore du quartier de l’Union (#Lille - #Roubaix - #Tourcoing)
    Réalisé dans le cadre du projet de recherche Géographie et prospective piloté par l’IFE, cette expérimentation pédagogique a permis de découvrir par l’expérience spatiale un projet d’#aménagement_urbain d’envergure (son évolution, ses acteurs et ses enjeux) dans l’environnement proche des élèves, en privilégiant une géographie fondée sur l’expérience du terrain.
    http://ife.ens-lyon.fr/geo-et-prospective/projet/cartographie-sonore-du-quartier-de-lunion

    #Cartophonies
    Comment sonne le monde ? Le site « Cartophonies » a pour objectif d’explorer l’#expérience_sonore contemporaine et d’aider a les prendre en compte dans l’avenir et dans les projets de transformation. Il contribue à construire une connaissance des milieux habités, du vécu des espaces et des ambiances contemporaines, celles du passé proche comme celles du futur.
    http://www.cartophonies.fr
    #son

    Cartes et mise en récit des mobilités
    Dans le cadre d’une recherche doctorale, #Sylvie_Joublot-Ferré étudie les spatialités des adolescents en s’appuyant sur la cartographie de leurs déplacements quotidiens enregistrés sous forme de traces GPS et en analysant ces cartes comme des #récits_de_vie.
    http://www.researchgate.net
    http://www.radiobus.fm/episode/interview-de-sylvie-joublot-ferre-hepl

    Comment les enfants ont perdu le droit de se déplacer
    Carte montrant le territoire pratiqué pendant l’enfance sur quatre générations à #Sheffield.
    http://www.dailymail.co.uk/news/article-462091/How-children-lost-right-roam-generations.html

    Comment les jeunes géographes ressentent-ils le monde contemporain ?
    Un exercice de cartographie sensible proposé à des étudiants de master destinés à s’orienter vers le monde associatif donne un regard sur leurs représentations du monde. Environnement menacé, mobilités généralisées, et questionnements autour de la mondialisation émergent de ces cartes mentales, témoignant des inquiétudes d’une génération.
    http://geoconfluences.ens-lyon.fr/informations-scientifiques/a-la-une/carte-a-la-une/cartographie-emotions-monde-contemporain

    « Mais madame, je n’y suis jamais allé ! »
    Un #voyage_virtuel à #La_Réunion à travers la confection de #cartes_postales sensibles par des élèves de lycée professionnel. La #géographie_expérientielle ce n’est pas seulement du vécu, ce sont aussi (et surtout) des représentations (article extrait des Cahiers pédagogique, n° 559 "L’aventure de la géographie".
    http://www.cahiers-pedagogiques.com/Mais-madame-je-n-y-suis-jamais-alle

    Tour de la France par deux enfants (G. Bruno)
    Cet ouvrage constitue l’archétype du roman scolaire géographique. Réédité de nombreuses fois depuis sa sortie en 1877, l’ouvrage a connu un énorme succès (plus de 9 millions d’exemplaires), contribuant à façonner une image du territoire national.
    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5684551x

    Une géographie subjective à travers les romans d’aventure pour la jeunesse
    Aurélie Gille Comte-Sponville, Modernité et archaïsme des lieux dans les romans d’enquête et d’aventure pour la jeunesse pendant les Trente Glorieuses en France, thèse soutenue en 2016. L’importance des lieux correspond à la quête d’une #utopie de l’enfance éternelle, qui figerait non seulement les héros dans la perfection de leur âge, mais aussi les lieux, dans une forme d’uchronie idéalisée.
    http://www.theses.fr/2016ARTO0008

    Le #Londres des romans de #John_Le_Carré
    #Mike_Hall a été chargé de dessiner pour l’éditeur Penguin Books la carte des personnages, des lieux et des scènes de romans d’espionnage de John Le Carré.
    http://thisismikehall.com/smileyslondon

    La carte de la classe de khâgne
    Cartographie subjective de la classe khâgne par Gus (@ecsolius) : quand un khagneux dresse la carte symbolique d’une année en prépa littéraire
    http://twitter.com/ecsolius/status/1292071140047937536

    La carte des mathématiques
    La carte du "#Mathematistan" représente les rapports ambigus que l’on peut avoir les #mathématiques. Une région souvent inaccessible ?
    http://www.reddit.com/r/math/comments/2av79v/map_of_mathematistan_source_in_comments

    Cartographie de son appartement
    Géographie de mon appartement vu par Thibaut Sardier.
    http://twitter.com/tsardier/status/1326832393655816192

    Cartographie imaginaire du nourrisson
    @LittleBigData suit, en infographies et sur les réseaux sociaux, les tourments et les joies de #jeunes_parents (voir cette présentation). Le résultat est un cartographie imaginaire des premiers mois de la vie d’un enfant. Avec une magnifique carte de la première année extraite de l’ouvrage Le Bébégraphe publié par Claire Dealberto et Jules Grandin aux éditions Les Arènes en 2021.
    http://twitter.com/LittleBigData_/status/1263721598076555265

    Carte des #lieux_communs
    De "l’usine à gaz" au "terrain d’entente", @LaMineComics passe en revue tous nos lieux communs inspirés de métaphores géographiques.
    http://twitter.com/LaMineComics/status/1097068721846321152

    https://cartonumerique.blogspot.com/p/cartes-sensibles.html

    #cartographie_sensible #bibliographie #ressources_pédagogiques

    ping @visionscarto @odilon @reka

  • L’#enseignement_numérique ou le supplice des Danaïdes. Austérité, surveillance, désincarnation et auto-exploitation

    Où l’on apprend comment les étudiants en #STAPS de #Grenoble et #Saint-Étienne ont fait les frais de la #numérisation - #déshumanisation de l’#enseignement bien avant l’apparition du coronavirus. Et comment ce dernier pourrait bien avoir été une aubaine dans ce processus de #destruction programmé – via notamment la plate-forme #FUN (sic).

    Les #plateformes_numériques d’enseignement ne datent pas de la série quasiment continue de confinements imposés aux universités depuis mars 2020. Enseignante en géographie à l’Université Grenoble Alpes, je constate le développement croissant d’« outils numériques d’enseignement » dans mon cadre de travail depuis plus d’une dizaine d’années. En 2014, une « #licence_hybride », en grande majorité numérique, est devenue la norme à Grenoble et à Saint-Étienne dans les études de STAPS, sciences et techniques des activités physiques et sportives. En 2020, tous mes enseignements sont désormais numériques à la faveur de l’épidémie. Preuves à l’appui, ce texte montre que le passage total au numérique n’est pas une exceptionnalité de crise mais une #aubaine inédite d’accélération du mouvement de numérisation global de l’#enseignement_supérieur en France. La #souffrance et les dégâts considérables que provoque cette #numérisation_de_l’enseignement étaient aussi déjà en cours, ainsi que les #résistances.

    Une politique structurelle de #transformation_numérique de l’enseignement supérieur

    La licence hybride de l’UFR STAPS à Grenoble, lancée en 2014 et en majorité numérique, autrement dit « à distance », est une des applications « pionnières » et « innovantes » des grandes lignes stratégiques du ministère de l’Enseignement supérieur en matière d’enseignement numérique définies dès 2013. C’est à cette date que la plateforme FUN - #France_Université_Numérique [1] -, financée par le Ministère, a été ouverte, regroupant des #MOOC - Massive Open Online Courses - ayant pour but d’« inciter à placer le numérique au cœur du parcours étudiant et des métiers de l’enseignement supérieur et de la recherche [2] » sous couvert de « #démocratisation » des connaissances et « #ouverture au plus grand nombre ». De fait, la plateforme FUN, gérée depuis 2015 par un #GIP - #Groupe_d’Intérêt_Public [3] -, est organisée autour de cours gratuits et en ligne, mais aussi de #SPOC -#Small_Private_Online_Course- diffusés par deux sous-plateformes : #FUN-Campus (où l’accès est limité aux seuls étudiant·e·s inscrit·e·s dans les établissements d’enseignement qui financent et diffusent les cours et doivent payer un droit d’accès à la plateforme) et #FUN-Corporate (plate-forme destinée aux entreprises, avec un accès et des certifications payants). En 2015, le ministère de l’Enseignement supérieur présentait le nouveau « #GIP-FUN » et sa stratégie pour « mettre en place un modèle économique viable en développant de nouveaux usages de cours en ligne » avec :

    - une utilisation des MOOC en complément de cours sur les campus, voire en substitution d’un #cours_magistral, selon le dispositif de la #classe_inversée ;
    - une proposition de ces #cours_en_ligne aux salariés, aux demandeurs d’emploi, aux entreprises dans une perspective de #formation_continue ;
    – un déploiement des plateformes en marques blanches [4]

    Autrement dit, il s’agit de produire de la sur-valeur à partir des MOOC, notamment en les commercialisant via des #marques_blanches [5] et des #certifications_payantes (auprès des demandeurs d’emploi et des entreprises dans le cadre de la formation continue) et de les diffuser à large échelle dans l’enseignement supérieur comme facteur de diminution des #coûts_du_travail liés à l’#encadrement. Les MOOC, dont on comprend combien ils relèvent moins de l’Open Source que de la marchandise, sont voués aussi à devenir des produits commerciaux d’exportation, notamment dans les réseaux postcoloniaux de la « #francophonie [6] ». En 2015, alors que la plateforme FUN était désormais gérée par un GIP, vers une #marchandisation de ses « produits », était créé un nouveau « portail de l’enseignement numérique », vitrine de la politique du ministère pour « déployer le numérique dans l’enseignement supérieur [7] ». Sur ce site a été publié en mars 2016 un rapport intitulé « MOOC : À la recherche d’un #business model », écrit par Yves Epelboin [8]. Dans ce rapport, l’auteur compare en particulier le #coût d’un cours classique, à un cours hybride (en présence et via le numérique) à un cours uniquement numérique et dresse le graphique suivant de rentabilité :

    Le #coût fixe du MOOC, à la différence du coût croissant du cours classique en fonction du nombre d’étudiants, suffit à prouver la « #rentabilité » de l’enseignement numérique. La suite du document montre comment « diversifier » (depuis des partenariats publics-privés) les sources de financement pour rentabiliser au maximum les MOOC et notamment financer leur coût de départ : « la coopération entre les universités, les donateurs, des fonds spéciaux et d’autres sources de revenus est indispensable ». Enfin, en octobre 2019, était publié sur le site du ministère de l’Enseignement supérieur un rapport intitulé « #Modèle_économique de la transformation numérique des formations dans les établissements d’enseignement supérieur [9] », écrit par Éric Pimmel, Maryelle Girardey-Maillard et Émilie‐Pauline Gallie, inspecteurs généraux de l’éducation, du sport et de la recherche. Le rapport commence par le même invariable constat néolibéral d’#austérité : « croissance et diversité des effectifs étudiants, concurrence nationale et internationale, égalité d’accès à l’enseignement supérieur dans les territoires et augmentation des coûts, dans un contexte budgétaire contraint », qui nécessitent donc un développement généralisé de l’enseignement numérique. La préconisation principale des autrices·teurs du rapport tient dans une « réorganisation des moyens » des universités qui :

    « consiste notamment à réduire le volume horaire des cours magistraux, à modifier les manières d’enseigner (hybridation, classes inversées...) et à répartir différemment les heures de cours, voire d’autres ressources, comme les locaux par exemple. Les économies potentielles doivent être chiffrées par les établissements qui devront, pour ne pas se voir reprocher de dégrader les conditions d’enseignement, redéployer ces montants dans les équipements ou le développement de contenus pédagogiques. »

    Autrement dit encore, pour financer le numérique, il s’agit de « redéployer » les moyens en encadrement humain et en locaux, soit les moyens relatifs aux cours « classiques », en insistant sur la dimension « pédagogique » du « redéploiement » pour « ne pas se voir reprocher de dégrader les conditions d’enseignement ». Le financement du numérique dans l’enseignement universitaire par la marchandisation des MOOC est aussi envisagé, même si cette dernière est jugée pour l’instant insuffisante, avec la nécessité d’accélérer les sources de financement qu’ils peuvent générer : « Le développement de nouvelles ressources propres, tirées notamment de l’activité de formation continue ou liées aux certificats délivrés dans le cadre des MOOCs pourrait constituer une voie de développement de ressources nouvelles. » Un programme « ambitieux » d’appel à « #flexibilisation des licences » a d’ailleurs été lancé en 2019 :

    Au‐delà de la mutualisation des ressources, c’est sur la mutualisation des formations qu’est fondé le projet « #Parcours_Flexibles_en_Licence » présenté par la mission de la pédagogie et du numérique pour l’enseignement supérieur (#MIPNES / #DGESIP) au deuxième appel à projets du #fonds_pour_la_transformation_de_l’action_publique (#FTAP) et financé à hauteur de 12,4 M€ sur trois ans. La mission a retenu quatre scénarios qui peuvent se combiner :

    - l’#hybridation d’une année de licence ou le passage au #tout_numérique ;

    - la transformation numérique partielle de la pédagogie de l’établissement ;

    - la #co‐modalité pour répondre aux contraintes ponctuelles des étudiants ;

    - les MOOCS comme enjeu de visibilité et de transformation.

    Le ministère a pour ambition, depuis 2013 et jusqu’à aujourd’hui, « la transformation numérique partielle de la pédagogie des établissements ». Les universités sont fermées depuis quasiment mars 2020, avec une courte réouverture de septembre à octobre 2020. L’expérience du passage au numérique, non plus partiel, mais total, est en marche dans la start-up nation.

    Nous avons déjà un peu de recul sur ce que l’enseignement numérique produit comme dégâts sur les relations d’enseignement, outre la marchandisation des connaissances qui remet en cause profondément ce qui est enseigné.

    A Grenoble, la licence « pionnière » de STAPS- Sciences et Techniques des Activités Physiques et Sportives

    En 2014 et dans le cadre des politiques financières décrites précédemment, était lancée à Grenoble une licence « unique en son genre » de STAPS- Sciences et Techniques des Activités Physiques et Sportives dont voici le fonctionnement :

    Les universités Grenoble-Alpes et Jean-Monnet-Saint-Étienne proposent une licence STAPS, parcours « entraînement sportif », unique en son genre : la scolarité est asynchrone, essentiellement à distance, et personnalisée.

    Cette licence s’appuie sur un dispositif de formation hybride : les étudiant·e·s s’approprient les connaissances chez eux, à leur rythme avant de les manipuler lors de cours en présentiel massés.

    Le travail personnel à distance s’appuie sur de nouvelles pédagogies dans l’enseignement numérique : les cours #vidéos, les #screencasts, #quizz et informations complémentaires s’articulent autour de #parcours_pédagogiques ; des sessions de #classe_virtuelle sont également organisées à distance [10].

    Dès 2017, des enseignant·e·s de STAPS faisaient paraître un texte avec la section grenobloise du syndicat FSU - Fédération Syndicale Unitaire - intitulé « Les STAPS de Grenoble sont-ils un modèle à suivre ? ». Les auteur·trice·s expliquaient que, en 2014, la présidence de l’université avait instrumentalisé un « dilemme impossible : “la pédagogie numérique ou la limitation d’accueil” ». Il s’agit ici d’un exemple significatif de technique néolibérale de capture de l’intérêt liée à la rhétorique de l’#austérité. Ce même non-choix a été appliqué dans l’organisation de la #PACES à Grenoble, première année de préparation aux études de médecine : numérique ou limitation drastique des étudiant·e·s accueilli·e·s. La tierce voie, toujours écartée, est évidemment celle de recruter plus d’enseignant·e·s, de personnels administratifs, de réduire les groupes d’amphithéâtres, de construire des locaux qui permettent à des relations d’enseignement d’exister. En 2017, les enseignant·e·s de STAPS constataient, effectivement, que « l’enseignement numérique permet(tait) d’accueillir beaucoup de monde avec des moyens constants en locaux et personnels enseignants titulaires (postes) ; et même avec une diminution des #coûts_d’encadrement ». Elles et ils soulignaient dans le même temps que le niveau d’#épuisement et d’#isolement des enseignant·e·s et des étudiant·e·s était inédit, assorti d’inquiétudes qui résonnent fortement avec la situation que nous traversons aujourd’hui collectivement :

    —Nous craignons que le système des cours numérisés s’accompagne d’une plus grande difficulté à faire évoluer les contenus d’enseignements compte tenu du temps pour les réaliser.
    — Nous redoutons que progressivement les cours de L1 soient conçus par un seul groupe d’enseignants au niveau national et diffusé dans tous les UFR de France, l’enseignant local perdant ainsi la main sur les contenus et ceux-ci risquant de se rigidifier.
    — Un certain nombre de travaux insistent sur le temps considérable des jeunes générations accrochées à leur smartphone, de 4 à 6 heures par jour et signalent le danger de cette pratique pour la #santé physique et psychique. Si s’ajoutent à ces 4 à 6 heures de passe-temps les 3 ou 4 heures par jour de travail des cours numériques sur écran, n’y a-t-il pas à s’inquiéter ?
    — Si les étudiants de L1 ne sont plus qu’une douzaine d’heures par semaine à l’université pour leurs cours, qu’en est-il du rôle de #socialisation de l’université ?

    (…)

    Il est tout de même très fâcheux de faire croire qu’à Grenoble en STAPS en L1, avec moins de moyens humains nous faisons aussi bien, voire mieux, et que nous ayons trouvé la solution au problème du nombre. Il serait plus scrupuleux d’exposer que :

    — nous sommes en difficulté pour défendre la qualité de nos apprentissages, que sans doute il y a une perte quant aux compétences formées en L1 et que nous devrons compenser en L2, L3, celles-ci. Ce qui semble très difficile, voire impossible ;
    — le taux de réussite légèrement croissant en L1 se fait sans doute à ce prix et qu’il est toujours faible ;
    — nous nous interrogeons sur la faible participation de nos étudiants au cours de soutien (7 % ) ;
    — nous observons que les cours numériques n’ont pas fait croître sensiblement la motivation des étudiants [11].

    Ces inquiétudes, exprimées en 2017, sont désormais transposables à large échelle. Les conditions actuelles, en période de #confinement et de passage au tout numérique sur fond de #crise_sanitaire, ne sont en effet ni « exceptionnelles », ni « dérogatoires ». Ladite « #exceptionnalité de crise » est bien plus l’exacerbation de ce qui existe déjà. Dans ce contexte, il semble tout à fait légitime de s’interroger sur le très probable maintien de l’imposition des fonctionnements généralisés par temps de pandémie, aux temps « d’après », en particulier dans le contexte d’une politique très claire de transformation massive de l’#enseignement_universitaire en enseignement numérique. Ici encore, l’analyse des collègues de STAPS publiée en 2017 sur les modalités d’imposition normative et obligatoire de mesures présentées initialement comme relevant du « volontariat » est éloquente :

    Alors qu’initialement le passage au numérique devait se faire sur la base du #volontariat, celui-ci est devenu obligatoire. Il reste à l’enseignant ne souhaitant pas adopter le numérique la possibilité d’arrêter l’enseignement qui était le sien auparavant, de démissionner en quelque sorte. C’est sans doute la première fois, pour bon nombre d’entre nous, qu’il nous est imposé la manière d’enseigner [12].

    Depuis 2020, l’utopie réalisée. Passage total à l’enseignement numérique dans les Universités

    Depuis mars et surtout octobre 2020, comme toutes les travailleur·se·s et étudiant·e·s des universités en France, mes pratiques d’enseignement sont uniquement numériques. J’avais jusqu’alors résisté à leurs usages, depuis l’analyse des conditions contemporaines du capitalisme de plateforme lié aux connaissances : principalement (1) refuser l’enclosure et la #privatisation des connaissances par des plateformes privées ou publiques-privées, au service des politiques d’austérité néolibérale destructrices des usages liés à l’enseignement en présence, (2) refuser de participer aux techniques de surveillance autorisées par ces outils numériques. Je précise ici que ne pas vouloir déposer mes cours sur ces plateformes ne signifiait pas me replier sur mon droit de propriété intellectuelle en tant qu’enseignante-propriétaire exclusive des cours. Au contraire, un cours est toujours co-élaboré depuis les échanges singuliers entre enseignant·e·s et étudiant·e·s ; il n’est pas donc ma propriété exclusive, mais ressemble bien plus à un commun élaboré depuis les relations avec les étudiant·e·s, et pourrait devoir s’ouvrir à des usages et des usager·ère·s hors de l’université, sans aucune limite d’accès. Sans défendre donc une propriété exclusive, il s’agit dans le même temps de refuser que les cours deviennent des marchandises via des opérateurs privés ou publics-privés, déterminés par le marché mondial du capitalisme cognitif et cybernétique, et facilité par l’État néolibéral, comme nous l’avons vu avec l’exposé de la politique numérique du ministère de l’Enseignement supérieur.

    Par ailleurs, les plateformes d’enseignement numérique, en particulier de dépôt et diffusion de documents, enregistrent les dates, heures et nombres de clics ou non-clics de toutes celles et ceux qui les utilisent. Pendant le printemps 2020, sous les lois du premier confinement, les débats ont été nombreux dans mon université pour savoir si l’ « #assiduité », comme facteur d’ « #évaluation » des étudiant·e·s, pouvait être déterminée par les statistiques individuelles et collectives générées par les plateformes : valoriser celles et ceux qui seraient les plus connectées, et pénaliser les autres, autrement dit « les déconnecté·e·s », les dilettantes. Les éléments relatifs à la #fracture_numérique, l’inégal accès matériel des étudiant·e·s à un ordinateur et à un réseau internet, ont permis de faire taire pendant un temps celles et ceux qui défendaient ces techniques de #surveillance (en oubliant au passage qu’elles et eux-mêmes, en tant qu’enseignant·e·s, étaient aussi possiblement surveillé·e·s par les hiérarchies depuis leurs fréquences de clics, tandis qu’elles et ils pouvaient s’entre-surveiller depuis les mêmes techniques).

    Or depuis la fermeture des universités, ne pas enseigner numériquement signifie ne pas enseigner du tout. Refuser les plateformes est devenu synonyme de refuser de faire cours. L’épidémie a créé les conditions d’un apparent #consentement collectif, d’une #sidération aussi dont il est difficile de sortir. Tous les outils que je refusais d’utiliser sont devenus mon quotidien. Progressivement, ils sont même devenus des outils dont je me suis rendue compte dépendre affectivement, depuis un rapport destructeur de liens. Je me suis même mise à regarder les statistiques de fréquentation des sites de mes cours, les nombres de clics, pour me rassurer d’une présence, là où la distance commençait à creuser un vide. J’ai eu tendance à surcharger mes sites de cours de « ressources », pour tenter de me rassurer sur la possibilité de resserrer des liens, par ailleurs de plus en plus ténus, avec les étudiant·e·s, elles-mêmes et eux-mêmes confronté·e·s à un isolement et une #précarisation grandissantes. Là où la fonction transitionnelle d’objets intermédiaires, de « médias », permet de symboliser, élaborer l’absence, j’ai fait l’expérience du vide creusé par le numérique. Tout en étant convaincue que l’enseignement n’est jamais une affaire de « véhicule de communication », de « pédagogie », de « contenus » à « communiquer », mais bien une pratique relationnelle, réciproque, chargée d’affect, de transfert, de contre-transfert, que « les choses ne commencent à vivre qu’au milieu [13] », je n’avais jamais éprouvé combien la « communication de contenus » sans corps, sans adresse, créait de souffrance individuelle, collective et d’auto-exploitation. Nombreuses sont les analyses sur la difficulté de « #concentration », de captation d’une #attention réduite, derrière l’#écran. Avec Yves Citton et ses travaux sur l’#écologie_de_l’attention, il m’apparaît que la difficulté est moins celle d’un défaut de concentration et d’attention, que l’absence d’un milieu relationnel commun incarné :
    Une autre réduction revient à dire que c’est bien de se concentrer et que c’est mal d’être distrait. Il s’agit d’une évidence qui est trompeuse car la concentration n’est pas un bien en soi. Le vrai problème se situe dans le fait qu’il existe toujours plusieurs niveaux attentionnels. (…) La distraction en soi n’existe pas. Un élève que l’on dit distrait est en fait attentif à autre chose qu’à ce à quoi l’autorité veut qu’il soit attentif [14].

    La souffrance ressentie en tant que désormais « enseignante numérique » n’est pas relative à ce que serait un manque d’attention des étudiant·e·s généré par les écrans, mais bien à l’absence de #relation incarnée.

    Beaucoup d’enseignant·e·s disent leur malaise de parler à des « cases noires » silencieuses, où figurent les noms des étudiant·e·s connecté·e·s au cours. Ici encore, il ne s’agit pas de blâmer des étudiant·e·s qui ne « joueraient pas le jeu », et n’ouvriraient pas leurs caméras pour mieux dissimuler leur distraction. Outre les questions matérielles et techniques d’accès à un matériel doté d’une caméra et d’un réseau internet suffisamment puissant pour pouvoir suivre un cours et être filmé·e en même temps, comment reprocher à des étudiant·e·s de ne pas allumer la caméra, qui leur fait éprouver une #intrusion dans l’#espace_intime de leur habitation. Dans l’amphithéâtre, dans la salle de classe, on peut rêver, regarder les autres, regarder par la fenêtre, regarder par-dessus le tableau, à côté, revenir à sa feuille ou son écran…pas de gros plan sur le visage, pas d’intrusion dans l’espace de sa chambre ou de son salon. Dans une salle de classe, la mise en lien est celle d’une #co-présence dans un milieu commun indéterminé, sans que celui-ci n’expose à une intrusion de l’espace intime. Sans compter que des pratiques d’enregistrement sont possibles : où voyagent les images, et donc les images des visages ?

    Pour l’enseignant·e : parler à des cases noires, pour l’étudiant·e : entendre une voix, un visage en gros plan qui ne le·la regarde pas directement, qui invente une forme d’adresse désincarnée ; pour tou·te·s, faire l’expérience de l’#annihilation des #corps. Même en prenant des notes sur un ordinateur dans un amphithéâtre, avec un accès à internet et maintes possibilités de « s’évader » du cours, le corps pris dans le commun d’une salle engage des #liens. Quand la relation ne peut pas prendre corps, elle flotte dans le vide. Selon les termes de Gisèle Bastrenta, psychanalyste, l’écran, ici dans la relation d’enseignement, crée l’« aplatissement d’un ailleurs sans au-delà [15] ».

    Le #vide de cet aplatissement est synonyme d’#angoisse et de symptômes, notamment, celui d’une #auto-exploitation accrue. Le récit de plusieurs étudiant.e.s fait écho à l’expérience d’auto-exploitation et angoisse que je vis, depuis l’autre côté de l’écran. Mes conditions matérielles sont par ailleurs très souvent nettement meilleures aux leurs, jouissant notamment de mon salaire. La précarisation sociale et économique des étudiant·e·s creuse encore le vide des cases noires. Plusieurs d’entre elles et eux, celles et ceux qui peuvent encore se connecter, expliquent qu’ils n’ont jamais autant passé d’heures à écrire pour leurs essais, leurs dissertations…, depuis leur espace intime, en face-à-face avec les plateformes numériques qui débordent de fichiers de cours, de documents… D’abord, ce temps très long de travail a souvent été entrecoupé de crises de #panique. Ensuite, ce temps a été particulièrement angoissant parce que, comme l’explique une étudiante, « tout étant soi-disant sur les plateformes et tout étant accessible, tous les cours, tous les “contenus”, on s’est dit qu’on n’avait pas le droit à l’erreur, qu’il fallait qu’on puisse tout dire, tout écrire, tout ressortir ». Plutôt qu’un « contenu » élaborable, digérable, limité, la plateforme est surtout un contenant sans fond qui empêche d’élaborer une #réflexion. Plusieurs étudiant·e·s, dans des échanges que nous avons eus hors numérique, lors de la manifestation du 26 janvier 2021 à l’appel de syndicats d’enseignant·e·s du secondaire, ont également exprimé cet apparent #paradoxe : -le besoin de plus de « #contenu », notamment entièrement rédigé à télécharger sur les plateformes pour « mieux suivre » le cours, -puis, quand ce « contenu » était disponible, l’impression de complètement s’y noyer et de ne pas savoir quoi en faire, sur fond de #culpabilisation d’« avoir accès à tout et donc de n’avoir pas le droit à l’erreur », sans pour autant parvenir à élaborer une réflexion qui puisse étancher cette soif sans fin.

    Face à l’absence, la privatisation et l’interdiction de milieu commun, face à l’expression de la souffrance des étudiant·e·s en demande de présence, traduite par une demande sans fin de « contenu » jamais satisfaite, car annulée par un cadre désincarné, je me suis de plus en plus auto-exploitée en me rendant sur les plateformes d’abord tout le jour, puis à des heures où je n’aurais pas dû travailler. Rappelons que les plateformes sont constamment accessibles, 24h/24, 7j/7. Poster toujours plus de « contenu » sur les plateformes, multiplier les heures de cours via les écrans, devoir remplir d’eau un tonneau troué, supplice des Danaïdes. Jusqu’à l’#épuisement et la nécessité - politique, médicale aussi - d’arrêter. Alors que je n’utilisais pas les plateformes d’enseignement numérique, déjà très développées avant 2020, et tout en ayant connaissance de la politique très offensive du Ministère en matière de déshumanisation de l’enseignement, je suis devenue, en quelque mois, happée et écrasée par la fréquentation compulsive des plateformes. J’ai interiorisé très rapidement les conditions d’une auto-exploitation, ne sachant comment répondre, autrement que par une surenchère destructrice, à la souffrance généralisée, jusqu’à la décision d’un arrêt nécessaire.

    L’enjeu ici n’est pas seulement d’essayer de traverser au moins pire la « crise » mais de lutter contre une politique structurelle de #destruction radicale de l’enseignement.

    Créer les milieux communs de relations réciproques et indéterminées d’enseignement, depuis des corps présents, et donc des présences et des absences qui peuvent s’élaborer depuis la #parole, veut dire aujourd’hui en grande partie braconner : organiser des cours sur les pelouses des campus…L’hiver est encore là, le printemps est toujours déjà en germe.

    https://lundi.am/L-enseignement-numerique-ou-le-supplice-des-Danaides

    #numérique #distanciel #Grenoble #université #facs #France #enseignement_à_distance #enseignement_distanciel

    • Le #coût fixe du MOOC, à la différence du coût croissant du cours classique en fonction du nombre d’étudiants, suffit à prouver la « #rentabilité » de l’enseignement numérique.

      mais non ! Si la création du MOOC est effectivement un coût fixe, son fonctionnement ne devrait pas l’être : à priori un cours en ligne décemment conçu nécessite des interactions de l’enseignant avec ses étudiants...

  • #Laëty/ #ChanSigne

    À 15 ans Laëtitia Tual ouvre son premier livre sur la Langue des Signes. Depuis sa vocation ne l’a jamais lâchée. Cette artiste se bat pour l’accès à la culture pour les sourds, le monde des entendants ayant trop tendance à exclure les personnes sourdes. Laëty sert d’interface.

    Pionnière, son premier atelier, en 1999, mélange sourds et entendants, prémices de son engagement actif. Soutenue par l’association nantaise Cultiv’Art, elle foule ses premières planches en reprenant des poésies traduites en Langue des Signes.

    Elle travaille dès 2006, et pendant 6 ans, avec le grand rendez-vous nantais des arts de la rue, HIP OPsession. Elle permettra de rendre ce festival accessible. Laëtitia est alors totalement reconnue sur la scène hip hop locale.

    D’autres expériences suivront comme avec le festival « Jardin du Michel à Nancy », « Les foins de la rue » à Laval, le Festival « Sign’O » à Toulouse…..
    Sa passion pour les concerts et le mélange des genres lui permettront de travailler aux côtés de groupes comme Djazafaz (Hip Hop Jazz), Fumuj (Hip Hop/Electro/Rock Fusion), Manivelswing (Chanson Française), Flow Démo (Hip Hop Reggae Musette) ou encore Chel (concerts pour enfant). Dans toutes ses tournées, en France et à l’étranger, Laëtitia est sur scène, elle « Chansigne », le concert devient bilingue.

    Elle a créé son entreprise ainsi que l’association #TAC (#Tout_Art_et_Culture), qui a pour objet de sensibiliser à l’accueil du public sourd mais aussi de densifier l’offre culturelle proposée aux #sourds « signeurs ». Depuis une quinzaine d’années, l’artiste s’implique dans le secteur culturel au sens large pour faire reconnaître la place du public et de l’artiste sourd. Au-delà de ce parcours de « médiation », Laëty s’est aujourd’hui affirmée en tant qu’artiste.

    Elle travaille aujourd’hui au côté du Rappeur #Erremsi, qui est enfant de parents sourds. Fort de son éducation, il rejoint Laëty sur sa démarche : les 2 complices pensent le concert bilingue de façon naturelle.

    Laëty est toujours, en mouvement, à la recherche de nouvelles inspirations et collaborations.

    Le but de son engagement et de ses créations reste le même : le partage.

    https://www.laetysignmouv.com

    –—

    Erremsi x Laëty - Plan De Base (Clip Officiel)
    https://www.youtube.com/watch?v=Mh2CjJdCyd8&feature=emb_logo

    #langue_des_signes #musique #Laëty_Tual

    ping @sinehebdo

  • Comment l’URSS a terrifié les États-Unis avec une arme géante factice - Russia Beyond FR

    Super marrant comme histoire : le suppositoire géant qui change la face du monde

    https://fr.rbth.com/histoire/85835-urss-fausses-armes

    Dans la course aux armements des années 60, les deux puissances rivales utilisaient tous les éléments d’intimidation possibles. Cependant, personne ne savait que les Soviétiques étaient si doués pour le bluff.

    #soviétisme #guerre_froide