• Données de connexion : la cour de justice européenne juge à nouveau la pratique illégale ; le gouvernement s’en tamponne

    https://www.mediapart.fr/journal/france/100321/donnees-de-connexion-la-justice-europeenne-met-la-france-au-pied-du-mur

    La CJUE a estimé contraire au droit européen l’utilisation à des fins pénales des données collectées en dehors d’enquêtes pour « criminalité grave » et « menaces contre la sécurité publique ». Cet arrêt s’inscrit dans une jurisprudence ayant déjà jugé illégale l’obligation généralisée de conservation de ces données. Le gouvernement a demandé au Conseil d’État de passer outre.
    [...]
    Après ces quatre arrêts de la CJUE, le Conseil d’État est désormais au pied du mur. Soit il applique la jurisprudence européenne et donne raison aux associations de défense des libertés dans plusieurs recours actuellement pendants. Mais, ce faisant, c’est tout un pan des dispositifs de surveillance administratifs et policiers qui tombe, obligeant le gouvernement à lancer une réforme législative en urgence.

    Soit il décide de passer outre l’avis de la CJUE et d’ouvrir une crise entre le droit français et le droit européen. Et c’est cette dernière option que le gouvernement français semble avoir choisie. Mercredi 3 mars, plusieurs médias ont en effet rapporté que l’exécutif avait transmis en janvier 2021 au Conseil d’État un mémoire lui demandant de s’opposer à la jurisprudence européenne au nom du concept d’« identité constitutionnelle de la France ».
    [...]
    L’idée de faire primer le droit national sur le droit européen n’est pas nouvelle. Comme le rappelle le site Next INpact, le député Les Républicains Guillaume Larrivé avait déjà estimé, dans un rapport sur la loi renseignement publié au mois d’août 2020, qu’« on n’aurait sans doute d’autre solution que de considérer que la primauté du droit européen cesse quand on se retrouve au cœur du cœur de la souveraineté nationale et de notre droit constitutionnel ».

    Une hypothèse qui fait bondir le magistrat déjà cité. « Quand j’entends ça, je réponds tout de suite “arrêt Jacques Vabre” de 1975 [l’arrêt de la Cour de cassation reconnaissant la primauté du droit communautaire – ndlr] et article 55 de la Constitution qui affirme l’autorité supérieure des traités et conventions sur les lois. »

    « Il serait beaucoup plus intelligent de chercher à rentrer dans le cadre de cette décision, poursuit-il. On pourrait par exemple définir ce qu’est une infraction grave, en précisant par exemple qu’il s’agit de celles pour lesquelles une peine de plus d’un an d’emprisonnement peut être requise. On pourrait également préciser qu’il ne peut y avoir de grief lorsque les éléments ont été débattus dans le cadre du contradictoire. »

    Contactés par Mediapart, ni le ministère de la justice ni celui de l’intérieur n’ont répondu à nos questions. Également contactés, les deux principaux syndicats de magistrats, l’Union syndicale des magistrats (USM) et le Syndicat de la magistrature (SM) n’avaient quant à eux pas encore de position officielle sur le sujet. Quant à la décision du Conseil d’État sur le recours de La Quadrature du Net, elle est attendue dans les mois à venir.

    #libertes_publiques
    #traçage

    • Recours en annulation

      Avec le recours en annulation, selon les articles 263 et 264 du TFUE, les organes ainsi que les autres institutions de l’UE peuvent être surveillés. Les États membres, les organes de l’UE, les personnes physiques et morales peuvent faire constater par une plainte qu’un acte juridique est illégal. Les personnes individuelles doivent avoir été directement et individuellement affectées pour obtenir le droit de déposer une plainte. La plainte doit être formulée avant un délai de deux mois selon l’article 263 alinéa 6 du TFUE. Selon l’article 256 du TFUE le tribunal de l’UE décide en première instance et la cour de justice de l’UE en deuxième instance5.

      Selon le modèle français, seules sont recevables les raisons suivantes (art. 263 alinéa 2 du TFUE) : « incompétence, violation des formes substantielles, violation des traités ou de toute règle de droit relative à leur application, ou détournement de pouvoir ». Le plaignant ne se doit pas d’expliquer exactement les raisons de la plainte, mais son placet doit apporter la preuve du défaut avec des faits et, au moins, laisser entrevoir la raison de la contestation5.

      Pour les recours en annulation qui ne sont pas liés à des institutions comptant parmi les organes de l’UE on peut – d’après le statut de l’institution – prévoir un pré-processus (comme l’obligation de laisser la commission de l’UE s’occuper du cas avant une plainte)5.

      (Source WP : https://fr.wikipedia.org/wiki/Cour_de_justice_de_l'Union_europ%C3%A9enne)

  • Passeport sanitaire, à la mode chinoise | Making-of
    https://making-of.afp.com/passeport-sanitaire-la-mode-chinoise

    Pékin - C’est le rituel dont en Chine il est désormais difficile de s’affranchir : scanner un code-barres avec son téléphone et montrer patte blanche, avec une appli qui délivre un laissez-passer “vert”, synonyme de bonne santé.

    A l’entrée d’un immeuble, d’un commerce ou d’un parc ; pour prendre l’avion, le train ou un taxi ; ou tout simplement pour rentrer chez soi, mieux vaut ne pas avoir sa batterie déchargée. Les applis de traçage n’ont jamais été aussi envahissantes, dans une Chine pourtant largement remise du Covid depuis le printemps dernier.

    Réservations de billets ou d’hôtels, géolocalisation, lieux de paiement : le téléphone portable s’avère un redoutable mouchard sanitaire, qui peut virer au rouge s’il borne près d’un foyer de contamination. Le gouvernement central peut ainsi disposer de données collectées sur l’ensemble des lieux visités, par quartiers, sur 14 jours.

    Différents systèmes plus ou moins complexes sont en place, l’un d’entre eux étant associé à la très populaire application WeChat du géant Tencent, l’équivalent chinois de Whatsapp. Il suffit d’activer une option santé dans WeChat pour lancer son appli de traçage. C’est cette application qui va générer un code QR que je devrais montrer pour pouvoir accéder à un certain nombre de lieux. Si le code est vert, je peux passer.

    En revanche s’il est rouge, je devrais rebrousser chemin et être mis 14 jours en quarantaine. L’application calcule mon statut en fonction des lieux où je me suis rendu. Le fait par exemple d’avoir été près d’un foyer de contamination peut faire de moi une persona non grata. Elle a mille usages. On peut y consulter un historique des tests de dépistage. Si le dernier résultat est positif, mon QR code sera donc rouge. L’application mentionne aussi une éventuelle vaccination contre le Covid-19.

    Mais la plupart des Chinois se prêtent volontiers au jeu du traçage. Pendant la fête du Nouvel an lunaire, j’étais surpris de voir que tous sans exception scannaient un code à l’entrée d’un centre commercial de Pékin, alors qu’il n’y avait aucun vigile pour leur imposer de le faire.

    Les applis de traçage sont “le prix à payer pour retrouver une liberté” face au virus et un semblant de vie normale, estime l’un de mes amis chinois. Et c’est aussi “un geste simple pour se protéger”, m’explique-t-il. Sur le plan sanitaire, ce système a indéniablement fait ses preuves. A chaque apparition du virus, il permet d’identifier rapidement les cas contacts et d’isoler si nécessaire un quartier ou un immeuble spécifique.

    #QRCode #Chine #Passeport_vaccinal #Mobile #Traçage

  • Why many countries failed at COVID contact-tracing — but some got it right
    https://www.nature.com/articles/d41586-020-03518-4

    In England, tracers fail to get in touch with one in eight people who test positive for #COVID-19; 18% of those who are reached provide no details for close contacts. In some regions of the United States, more than half of people who test positive provide no details of contacts when asked. These statistics come not from the first wave of COVID-19, but from November, long after initial lockdowns gave countries time to develop better contact-tracing systems.

    The reasons for the failures are complex and systemic. Antiquated technology and underfunded health-care systems have proved ill-equipped to respond. [...]

    [...]

    The WHO’s benchmark for a successful COVID-19 contact-tracing operation is to trace and quarantine 80% of close contacts within 3 days of a case being confirmed — a goal few countries achieve.

    But even that’s not quick enough, says Christophe Fraser, a mathematical biologist at the University of Oxford, UK.

    Transmission is too rapid and the virus can spread before symptoms emerge, he points out. Modelling by Fraser and his team suggests that even if all cases isolate and all contacts are found and quarantined within three days, the epidemic will continue to grow. He says that in a single day, 70% of cases need to isolate and 70% of contacts need to be traced and quarantined for the outbreak to slow (defined as each infected person passing the virus to fewer than one other, on average).

    #traçage

    • A handful of places stand out as exemplars of successful contact-tracing — including South Korea, Vietnam, Japan and Taiwan. Many of these have cracked down on COVID-19 early, isolated infected people and their contacts and used personal data such as mobile-phone signals to track obedience. Not all of those techniques are transferable to countries now struggling to contain massive outbreaks. But they still provide some lessons.

      Measures that work include tracing multiple layers of contacts, investigating outbreak clusters and providing people who are advised to quarantine with safe places to do so and with financial compensation. Technology might help, too: from software that streamlines conventional contact-tracing efforts, to smartphone apps that alert people that they might have been exposed to SARS-CoV-2.

  • Avec les brigades sanitaires du Covid-19 : « Les gens ont de plus en plus de mal à accepter les consignes »
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/12/14/les-gens-ont-de-plus-en-plus-de-mal-a-accepter-les-consignes-avec-les-brigad

    Au printemps, la Sécurité sociale a mis en place des centres d’appels où des conseillers sont chargés du suivi des malades de l’épidémie et du traçage des cas contacts. A Villeneuve-d’Ascq, dans le Nord, ils jouent un rôle sanitaire et social déterminant.

    Sullyvan Massy Notebaert jette un coup d’œil rapide à l’écran de son ordinateur. Les noms des malades à appeler en priorité apparaissent. Son casque sur les oreilles, le jeune homme compose un numéro. Il adopte le ton aimable d’un vendeur de parfums. Sauf que c’est du #Covid-19 qu’il doit parler, avec une sexagénaire dont le test s’est révélé positif. La dame s’applique à répondre aux questions de Sullyvan.

    Son histoire avec la maladie est simple, presque banale. Elle s’était confinée chez sa fille et son gendre. Le gendre a été atteint le premier, puis sa fille quelques jours plus tard. Comme elle « regarde les informations à la télévision » , la dame a fait sa valise pour rentrer rapidement chez elle. Après avoir consulté son médecin traitant, elle s’est fait tester le lendemain. C’était son tour. Ça ne l’a pas étonnée, elle commençait à tousser, à se sentir fiévreuse.

    A Sullyvan, elle jure n’avoir « pas vu un chat » depuis son retour dans son appartement. Pas de cas contact à prévenir, donc. Pour faire ses courses, le conseiller l’incite à utiliser le drive ; elle y avait déjà pensé. De toute façon, ses placards sont pleins, « comme si j’avais anticipé le truc », s’amuse-t-elle. La conversation dure encore une dizaine de minutes, la malade fait traîner. A plusieurs reprises, elle glisse qu’à son âge ce n’est pas facile le célibat et la solitude. « Au moins, vous pouvez vous isoler plus facilement ! », plaisante Sullyvan.

    Elle en rit volontiers, mais quelque chose la chiffonne : « On faisait tous très attention, les distances, le masque, le gel, nous sommes des personnes responsables, je ne comprends pas comment on l’a attrapé. » « Vous n’avez pas à vous en vouloir, répond Sullyvan, soucieux de la déculpabiliser, il n’y a pas de risque zéro. » Le jeune homme finit par raccrocher en répétant : « Ça va bien se passer, ne vous inquiétez pas. » Il sourit. L’entretien s’est déroulé de façon idéale : une malade coopérative, informée, aimable. « La plupart des gens sont comme ça », tient-il à préciser.

    Rôle à multiples facettes

    Sullyvan Massy Notebaert, 25 ans, est l’un des 10 000 agents formés par la #Sécurité_sociale au suivi des malades et au suivi de #cas_contacts pour éviter la propagation du virus. Ici, à Villeneuve-d’Ascq, l’un des quatre centres que compte le département du Nord (2,6 millions d’habitants), ils sont plus d’une centaine à se relayer ainsi, sept jours sur sept, derrière les téléphones ; trente de plus travaillent de chez eux.

    Leur mission : convaincre les malades de s’isoler, prévenir les cas contacts et les inciter à faire de même. Mais aussi informer, orienter les précaires et les fragiles, ceux pour lesquels le virus entraîne des souffrances en cascade (perte d’emploi, dépression, violence, isolement…). Rassurer également, lutter contre les « fake news », jouer tout à la fois le rôle de conseiller médical, d’assistant social et de psychologue.

    L’ancien premier ministre Edouard Philippe les avait surnommés les « brigadiers ». Ici, le terme ne plaît guère. « Trop militaire, trop anxiogène, juge Karine Brillault, la responsable de la plate-forme. Nous sommes là pour aider, on veut être sympathiques. » Elle préfère le terme de « conseiller » ou le neutre « collaborateur », très en vogue dans le monde du travail.

    « Ne pas trop se faire balader »

    Quand le gouvernement a demandé à l’Assurance-maladie de se mettre au #traçage des cas contacts, au moment du déconfinement de mai, [pffff..., ndc] l’institution a dû s’adapter à toute vitesse et monter des centres d’appels à travers le pays. « Nous avons eu dix jours pour faire face dans l’urgence et créer de nouveaux services, se souvient Hélène Saumitou Laprade, directrice adjointe de la Caisse primaire d’assurance-maladie (CPAM) du Nord. On a dû mettre en place un système qui permette d’aller plus vite que la diffusion du virus pour briser la chaîne de contamination. Ce n’est pas dans notre ADN premier de gérer une crise sanitaire, on a dû innover. » En plus de l’appel au volontariat en interne, il a fallu recruter. « On cherchait des têtes bien faites, des jeunes qui savent s’exprimer correctement, qui maîtrisent l’informatique et ont le sens du contact », explique Mme Brillault.

    M. Notebaert, diplômé en master de sciences politiques – au chômage depuis que le magasin de vêtements dans lequel il travaillait a fermé avec le confinement –, avait le profil idéal, le genre à pouvoir gérer des situations complexes après une seule petite journée de formation. A quelques mètres de lui, Adam Delory, 25 ans, col roulé sombre et sourire lumineux, a également vite compris ce que l’on attendait de lui : « Il ne faut pas trop se faire balader par le patient, ne pas le laisser prendre la main sur la discussion, car on a des messages essentiels à faire passer, et savoir s’adapter aux situations. Si on entend un enfant en bas âge pleurer derrière, par exemple, il faut aller à l’essentiel. »

    Au début de l’été, les équipes étaient prêtes, mais le virus, lui, se faisait tout discret. « C’était la drôle de guerre, on attendait, mais il ne se passait rien, raconte Baptiste Marchand, directeur santé de la CPAM du Nord. Quand la deuxième vague a éclaté, au moins, nous étions prêts. » Après des semaines exténuantes, les agents commencent enfin à souffler avec le ralentissement de l’épidémie.

    L’outil informatique s’est perfectionné, eux-mêmes se sont rodés. « Au début il y avait des bugs, certaines personnes étaient appelées plusieurs fois, d’autres pas », reconnaît Mme Brillault. Aujourd’hui, alors que l’ensemble du processus – la fameuse stratégie « tester, tracer, isoler », mise en place au printemps – s’est amélioré (mise à disposition des #tests, réduction des délais d’attente des résultats, meilleure transmission des données par les labos), l’Assurance-maladie peut se targuer de contacter 94 % des #malades entre quatre et vingt-quatre heures après leur résultat.

    La confusion règne

    Ici, à Villeneuve-d’Asq, nous ne sommes pas dans un #centre_d’appels comme ceux des produits commerciaux. « On n’est pas là pour vendre des doubles vitrages », résume Adam Delory. Chaque conseiller a devant lui un calendrier en carton, pour calculer les dates de période d’isolement et de contagiosité en fonction des contaminations, des premiers symptômes, du résultat des tests. Il dispose aussi d’un épais script de sujets à aborder, qui évolue au gré des consignes venues d’en haut. Dernière en date : « Faire la promotion de l’application TousAntiCovid ».

    Autre particularité, ils peuvent consacrer le temps qu’ils veulent à un appel. « J’ai eu une dame furieuse au téléphone, car son fils avait reçu un résultat positif six jours après avoir fait le test, se souvient Kevin Quelquejeu, 28 ans, vêtu d’une salopette et d’un peu discret pull de Noël. Elle était très angoissée, car il avait subi une lourde opération l’année précédente. Elle pleurait beaucoup, je suis restée avec elle une heure et quart au bout du fil, à la fin ça allait mieux. »

    Les questions les plus fréquentes tournent autour de la durée de l’#isolement, de la contagiosité, des personnes asymptomatiques, des tests, de l’immunité. « Pour beaucoup, ce n’est pas clair, poursuit sa collègue Céline Turpin, élégante infirmière de 40 ans. Entre ce qu’ils entendent dans les médias, chez leur médecin, à la pharmacie ou chez leurs voisins, ils sont un peu perdus. » Il faut dire que, depuis des mois, tout et son contraire, ou presque, a été dit au sujet de la pandémie. Sur la période d’isolement, entre les quatorze jours annoncés au départ, puis les sept jours, beaucoup de patients n’y comprennent plus rien. Mais plutôt que de parler d’ « informations contradictoires », ici on préfère évoquer « l’évolution des directives ».

    « On sent le ras-le-bol qui monte »

    Le plus difficile : convaincre les gens de rester à l’isolement. Les cas contacts ont du mal à se plier aux règles, surtout lorsqu’ils en sont à leur deuxième ou troisième fois. La veille de notre arrivée à Villeneuve-d’Asq, Emmanuel Macron a évoqué la possibilité de rendre obligatoire l’isolement, une hypothèse évacuée depuis. Le vaste open space, avec ses bureaux disposés en marguerite, bruisse de cette déclaration. Contraindre les gens à rester chez eux, ici, personne n’y croit. « Impossible à mettre en œuvre », estime-t-on. Evidemment, tous savent que certains malades mentent et continuent à sortir.

    L’isolement pose de nombreux problèmes, économiques, sociaux et psychologiques. « Certains entrepreneurs testés positifs nous disent : “Je dois retourner travailler, je ne peux pas laisser mes salariés seuls, je connais les gestes barrières, je porterai un masque et je resterai dans mon bureau”, explique Céline Turpin, l’infirmière qui a intégré la plate-forme après s’être portée volontaire dans une structure hospitalière, lors de la première vague. Il faut essayer de les convaincre. Et quand on repère des problèmes sociaux qui empêchent l’isolement, on oriente sur des numéros d’aide. »

    A quelques bureaux du sien, Nathalie Ruszczynski, infirmière également, gère une situation complexe au téléphone. Une patiente explique avoir bénéficié d’un #arrêt_maladie en tant que cas contact. Entre-temps, elle a été dignostiquée positive et a donc de trois #jours_de_carence pour son arrêt. Une double peine, selon elle. « Je comprends », assure son interlocutrice tout en lui rappelant que c’est la règle : les cas contacts ne perdent pas de salaire, les « covidés » si…

    « Il faut toujours rester calme, tout en étant ferme, dit la conseillère. Ils doivent sentir que ce qu’on dit est la consigne officielle, sinon la confiance n’est pas là. Les gens ont de plus en plus de mal à accepter les consignes, ça dure depuis si longtemps… Ils sont angoissés aussi, quel que soit leur âge ou leur situation sociale. » « Ils saturent, renchérit Kevin Quelquejeu, qui a atterri ici après la fermeture de Disneyland Paris, où il enchaînait les CDD depuis quatre ans. On sent le ras le bol qui monte à l’approche de Noël. » Chacun des conseillers s’est fait raccrocher au nez au moins une ou deux fois – rien de bien grave sur des milliers d’appels. De l’avis de tous, les malades sont plutôt avides de discussion. Les plus hostiles aux mesures gouvernementales, eux, ne répondent pas au téléphone.

    Stratégies de communication

    Pour convaincre leurs interlocuteurs de s’isoler, les agents misent sur la persuasion, voire la culpabilisation. Des éléments de langage leur ont été donnés. Le mot « protection » fait ainsi figure de formule magique. « Ce sont des techniques de communication, assume Karine Brillault. Celle de l’écoute active désamorce beaucoup de colères. »

    L’apparente connivence aussi. « Je les caresse dans le sens du poil, confie en souriant Adam Delory. Si quelqu’un me dit qu’il veut retourner travailler, je lui réponds que je le comprends, que je ne l’oblige à rien. Comme ça, il baisse la garde et je peux le convaincre plus facilement en faisant appel à son sens des responsabilités. Une alliance doit se créer entre eux et nous. Ce job, c’est à 70 % de la psychologie. »

    Pour Kevin, le jeune homme si optimiste qu’il porte des pulls de Noël dès novembre, « il ne faut surtout ne pas être dans le jugement, ne pas faire de reproches ». Lui aussi a sa technique pour calmer les énervés ou les récalcitrants : « Je leur dis : “Je suis là pour vous faire des recommandations, pas pour vous fliquer. On est tous dans la même situation, moi aussi, j’en ai marre de ce confinement”. » « Même si on ne déplace pas des montagnes, j’ai l’impression de servir à quelque chose », ajoute-t-il, satisfait de « l’expérience humaine » qu’il vit depuis septembre. Mais, quand on l’interroge sur son avenir, il n’hésite pas une seconde : dès que la situation sanitaire le permettra, il retournera travailler à Disneyland.

    Toujours aucun article d’ensemble à ma connaissance sur les #agents_de_santé de terrain, et pas de plateforme, à l’exception de quelques papiers sur #covisan à Paris et un peu en IDF. Or, à part la Nouvelle Zélande et l’Australie où je ne sais quelle a pu être leur rôle, je vois pas un seul pays qui ai réussi quelque chose contre le covid qui n’en ai pas employé/utilisé un grand nombre (y compris sous la forme des "comités de quartier" de la dictature chinoise). Et ce dans un pays champion des CDD où on nous bassine depuis 40 ans avec l’exigence de flexibilité. L’âne gouvernemental n’a pas soif de #santé_publique.

  • #Covid-19 : la chasse aux #super-propagateurs pour réussir le #déconfinement - Science & Vie
    https://www.science-et-vie.com/corps-et-sante/deconfinement-la-chasse-aux-super-propagateurs-du-covid-19-60268

    « Les pays occidentaux ont été obnubilés par le modèle de la grippe pandémique, alors que les démocraties asiatiques se sont appuyées dès le début de la #pandémie sur leur expérience du Sras, une analogie beaucoup plus pertinente », relève Antoine Flahault, directeur de l’institut de santé globale (université de Genève). Cette grande hétérogénéité de contagion du Covid-19 ne peut plus être ignorée. Tout comme il n’est plus possible de se fier aveuglément au fameux facteur R, ce taux moyen de reproduction du virus scruté par tous les décideurs, qui ne dit rien du rôle démesuré des super-infecteurs ; Même avec un R inférieur à 1, « un évènement de super-propagation peut à tout moment relancer brutalement la contagion », prévient Akira Endo, chercheur à l’école d’hygiène et médecine tropicale de Londres.

    [...]

    Aucun besoin de tousser, éternuer ou cracher pour infecter un grand nombre de personnes. Ni même de produire de gros postillons, qui retombent presque immédiatement au sol et ne franchissent pas plus de deux mètres de distance. L’étude détaillée de plusieurs #clusters montre que le « patient zéro » n’avait eu bien souvent aucun contact direct ou rapproché avec les nouveaux contaminés. « Tout indique que les #aérosols émis par les malades, lorsqu’ils respirent, parlent ou chantent, sont responsables de l’ensemble des superpropagations de Covid-19… », estime José-Luis Jimenez, biochimiste à l’université du Colorado.

    [...]

    « D’après nos calculs, une bonne #ventilation permettrait de diviser le taux d’infection par 5, contre un facteur 3 pour l’usage des #masques, lance Bruno Andreotti, physicien à l’université Paris-Diderot. Et pourtant, le gouvernement français a jusqu’ici très peu insisté sur ce point, contrairement à l’#Allemagne ». Ventilation mécanique poussée et systèmes d’épuration de l’air (filtres HEPA, UV…) pourraient avoir un grand impact. Mais, faute d’investissements et de directives claires, c’est la débrouille qui règne ; des scientifiques préconisent, par exemple, d’ouvrir les fenêtres des classes 3 minutes toutes les 30 minutes.

    [...]

    Et la situation redevenir vite incontrôlable, au vu des techniques de #traçage mises en place jusqu’à présent en Europe et aux Etats-Unis. Techniques qui consistent à retrouver les personnes ayant été en contact avec un malade… sachant que 70 % des gens ne contaminent personne, et que 10 ou 20 % en infectent un seul. « L’immense majorité des cas #contacts recherchés ne participe pas à la croissance exponentielle de l’#épidémie ! », cingle Antoine Flahault.

    Pour retrouver et étouffer les superpropagations, il faudrait entreprendre un « #traçage_inversé » visant à retrouver la personne – ou plus largement l’évènement- qui a contaminé notre malade quelques jours plus tôt. « Si une personne a réussi à me contaminer, la probabilité qu’elle ait contaminé d’autres personnes est élevée, continue le professeur de santé publique.

    [...]

    Une autre stratégie s’impose

    Cibler certains lieux stratégiques

    Miser sur un traçage inversé

    Former des bulles sociales

  • Migration : la #France et l’#Italie déploieront des #navires et des #avions pour alerter la Tunisie sur le départ des migrants

    Le ministre français de l’Intérieur, #Gérald_Darmanin, est attendu, ce weekend, en visite en Tunisie pour de décisives discussions dans la foulée de l’attentat contre la basilique de Nice commis par un migrant illégal tunisien, qui a fait trois morts. Une visite qui intervient aussi dans un climat de plus en plus tendu en France dont le gouvernement et le président de la République, Emmanuel Macron, s’emploient à restreindre au maximum les flux migratoires à travers la Méditerranée.

    A la veille de cette visite, le ministre français de l’Intérieur, qui se trouve ce vendredi à Rome , envisage avec son homologue italienne, #Luciana_Lamorgese, de déployer des navires ou des avions pour alerter la Tunisie du départ de #bateaux clandestins transportant des migrants vers les côtes italiennes, comme le jeune Tunisien qui est le principal suspect d’une attaque à l’arme blanche dans une église française la semaine dernière, a déclaré vendredi la ministre italienne.

    A l’issue d’une entrevue entre les deux ministres, Gerald Darmanin s’est gardé de critiquer l’Italie pour sa gestion du suspect tunisien, qui a débarqué sur l’île italienne de Lampedusa en septembre, a été mis en quarantaine en vertu du protocole sanitaire relatif à la pandémie et reçu des papiers d’expulsion des autorités italiennes avant de gagner la France en octobre.

    « A aucun moment, je n’ai pensé qu’il y avait quelque chose de défectueux » dans la façon dont l’Italie a géré l’affaire, a déclaré Darmanin, en réponse à une question posée lors d’une conférence de presse avec Lamorgese après leurs entretiens. Il a plutôt remercié Lamorgese et les services de renseignement italiens pour l’échange d’informations dans les jours qui ont suivi l’#attentat de #Nice.

    Les Tunisiens qui fuient une économie dévastée par les effets du virus, constituent le plus grand contingent de migrants débarqués en Italie cette année, et ils arrivent directement de Tunisie dans des bateaux assez solides pour ne pas avoir besoin de secours, souligne le Washington Post, rappelant que, ces dernières années, la majorité des migrants qui ont atteint les côtes méridionales de l’Italie venaient d’Afrique subsaharienne et traversaient la Méditerranée dans des embarcations de fortune , donc en mauvais état pour la plupart, et opérées par des trafiquants en Libye.

    Lamorgese a déclaré qu’elle avait discuté avec Darmarin d’un #plan prévoyant le déploiement de « moyens navals ou aériens qui pourraient alerter les autorités tunisiennes d’éventuels départs » et les aider à intercepter les bateaux, « dans le respect de leurs souveraineté et autonomie que nous ne voulons pas violer ».

    Selon ce plan, il n’y aurait « qu’une #alerte que nous donnerions aux autorités tunisiennes pour faciliter le #traçage des navires qui partent de leur territoire pour rejoindre les côtes italiennes », a déclaré la ministre italienne. « Il est évident que cela suppose la #collaboration des autorités tunisiennes ».

    La France aurait-elle son « #Patriot_Act ?

    Après sa réunion du matin à Rome, Darmarin a déclaré qu’il se rend en Tunisie, en Algérie et à Malte, pour discuter des questions de migration et de #terrorisme.

    « La France et l’Italie doivent définir une position commune pour la lutte contre l’immigration clandestine au niveau européen », a-t-il déclaré.

    Il a été demandé à Darmarin si, à la suite des récents attentats terroristes en France, le gouvernement français devrait adopter une loi comme le « USA Patriot Act » promulgué après les attentats du 11 septembre 2001 pour intensifier les efforts de détection et de prévention du terrorisme.

    « Plus qu’un Patriot Act, ce qu’il faut, c’est un #acte_européen », a répondu Darmarin. « La France ne peut pas lutter seule contre la politique islamiste ».

    La Tunisie est l’un des rares pays à avoir conclu un accord de rapatriement avec l’Italie. Mais avec des milliers de Tunisiens arrivés par mer récemment et moins de 100 migrants expulsés et renvoyés dans le pays par voie aérienne chaque semaine, la priorité est donnée aux personnes considérées comme dangereuses, indique le Washington Post. Selon Lamorgese, rien n’indique que l’agresseur de Nice, Ibrahim Issaoui, 21 ans, constituait une menace.

    Les deux ministres se sont rencontrés un jour après que le président français Emmanuel Macron ait déclaré que son pays renforcera ses contrôles aux frontières après les multiples attaques de cet automne.

    L’Italie et la France lancent, sur une base expérimentale de six mois, des #brigades_mixtes de forces de sécurité italiennes et françaises à leurs frontières communes pour renforcer les contrôles, a déclaré Lamorgese aux journalistes.

    #externalisation #asile #réfugiés #migrations #frontières #surveillance_frontalière #Tunisie #militarisation_des_frontières #Darmanin #accord_de_réadmission

    ping @isskein @karine4

    • Union européenne – Tunisie : l’illusion d’une coopération équilibrée

      Dans la nuit de vendredi 12 au samedi 13 février, 48 personnes de différentes nationalités africaines sont parties de Sidi Mansour, dans la province de Sfax en Tunisie, direction les côtes italiennes. La marine tunisienne est intervenue à une centaine de kilomètres au nord-ouest de Lampedusa lorsque les passagers naviguaient dans une mer agitée. Tandis que 25 personnes ont pu être secourues, une personne est décédée et 22 autres sont déclarées « disparues », comme des milliers d’autres avant elles [1]. Cet énième naufrage témoigne des traversées plus importantes au cours des derniers mois depuis la Tunisie, qui sont rendues plus dangereuses alors que l’Union européenne (UE) renforce ses politiques sécuritaires en Méditerranée en collaboration avec les États d’Afrique du Nord, dont la Tunisie.

      Au cours de 2020, plus de 13 400 personnes migrantes parties de Tunisie ont été interceptées par les garde-côtes tunisiens et plus de 13 200 autres sont parvenues à rejoindre les côtes européennes [2]. Jamais les chiffres n’ont été aussi élevés et depuis l’été 2020, jamais la Tunisie n’a été autant au centre de l’attention des dirigeant·e·s européen·ne·s. A l’occasion d’une rencontre dans ce pays le 17 août 2020, l’Italie et la Tunisie ont ainsi conclu un accord accompagné d’une enveloppe de 11 millions d’euros pour le renforcement des contrôles aux frontières tunisiennes et en particulier la surveillance maritime [3]. Le 6 novembre 2020, à l’issue d’une réunion à Rome, la ministre italienne de l’Intérieur et son homologue français ont également décidé de déployer au large des côtes tunisiennes des « moyens navals ou aériens qui pourraient alerter les autorités tunisiennes d’éventuels départs » [4].

      Cette attention a été redoublée au lendemain de l’attentat de Nice, le 29 octobre 2020. Lors d’une visite à Tunis, le ministre français, jouant de l’amalgame entre terrorisme et migration, faisait du contrôle migratoire le fer de lance de la lutte contre le terrorisme et appelait à une coopération à l’échelle européenne avec les pays d’Afrique du Nord pour verrouiller leurs frontières. Suivant l’exemple de l’Italie qui coopère déjà de manière étroite avec la Tunisie pour renvoyer de force ses ressortissant·e·s [5], la France a demandé aux autorités tunisiennes la délivrance automatique de laissez-passer pour faciliter les expulsions et augmenter leurs cadences.

      Cette coopération déséquilibrée qui met la Tunisie face à l’UE et ses États membres, inlassablement dénoncée des deux côtés de la Méditerranée par les associations de défense des droits, n’est pas nouvelle et s’accélère.

      Alors qu’a augmenté, au cours de l’année 2020, le nombre d’exilé·e·s en provenance d’Afrique subsaharienne et quittant les côtes tunisiennes en direction de l’Italie [6], les dirigeant·e·s européen·ne·s craignent que la Tunisie ne se transforme en pays de départ non seulement pour les ressortissant·e·s tunisien·ne·s mais également pour des exilé·e·s venu·e·s de tout le continent. Après être parvenue à réduire les départs depuis les côtes libyennes, mais surtout à augmenter le nombre de refoulements grâce à l’intervention des pseudo garde-côtes libyens en Méditerranée centrale (10 000 rien qu’en 2020) [7], l’UE et ses États membres se tournent de plus en plus vers la Tunisie, devenue l’une des principales cibles de leur politique d’externalisation en vue de tarir les passages sur cette route. Dès 2018, la Commission européenne avait d’ailleurs identifié la Tunisie comme candidate privilégiée pour l’installation sur son sol de « plateformes de débarquement » [8], autrement dit des camps de tri externalisés au service de l’UE, destinés aux exilé·e·s secouru·e·s ou intercepté·e·s en mer. Le plan prévoyait également le renforcement des capacités d’interception des dits garde-côtes tunisiens.

      Si à l’époque la Tunisie avait clamé son refus de devenir le hotspot africain et le garde-frontière de l’Europe [9], Tunis, sous la pression européenne, semble accepter peu à peu d’être partie prenante de cette approche [10]. Le soutien que la Tunisie reçoit de l’UE pour surveiller ses frontières maritimes ne cesse de s’intensifier. Depuis 2015, Bruxelles multiplie en effet les programmes destinés à la formation et au renforcement des capacités des garde-côtes tunisiens, notamment en matière de collecte de données personnelles. Dans le cadre du programme « Gestion des frontières au Maghreb » [11] lancé en juillet 2018, l’UE a prévu d’allouer 24,5 millions d’euros qui bénéficieront principalement à la Garde nationale maritime tunisienne [12]. Sans oublier l’agence européenne Frontex qui contrôle les eaux tunisiennes au moyen d’images satellite, de radars et de drones [13] et récolte des données qui depuis quelques mois sont partagées avec les garde-côtes tunisiens [14], comme cela se fait déjà avec les (soi-disant) garde-côtes libyens [15]. Le but est simple : détecter les embarcations au plus tôt pour alerter les autorités tunisiennes afin qu’elles se chargent elles-mêmes des interceptions maritimes. Les moyens de surveillance navals et aériens que l’Italie et la France veulent déployer pour surveiller les départs de Tunisie viennent compléter cet édifice.

      Les gouvernements européens se félicitent volontiers des résultats de leur stratégie des « #refoulements_par_procuration » [16] en Libye. Cette stratégie occulte cependant les conséquences d’un partenariat avec des « garde-côtes » liés à des milices et des réseaux de trafiquants d’êtres humains [17], à savoir le renvoi des personnes migrantes dans un pays non-sûr, qu’elles tentent désespérément de fuir, ainsi qu’une hécatombe en mer Méditerranée. A mesure que les autorités européennes se défaussent de leurs responsabilités en matière de recherche et de secours sur les garde-côtes des pays d’Afrique du Nord, les cas de non-assistance et les naufrages se multiplient [18]. Alors que la route de la Méditerranée centrale est l’une des mieux surveillées au monde, c’est aussi l’une des plus mortelles du fait de cette politique du laisser-mourir en mer. Au cours de l’année 2020, près de 1 000 décès y ont été comptabilisés [19], sans compter les nombreux naufrages invisibles [20].

      Nous refusons que cette coopération euro-libyenne, dont on connaît déjà les conséquences, soit dupliquée en Tunisie. Si ce pays en paix et doté d’institutions démocratiques peut à première vue offrir une image plus « accueillante » que la Libye, il ne saurait être considéré comme un pays « sûr », ni pour les migrant·e·s, ni pour ses propres ressortissant·e·s, de plus en plus nombreux·ses à fuir la situation socio-économique dégradée, et aggravée par la crise sanitaire [21]. Les pressions exercées par l’UE et ses États membres pour obliger la Tunisie à devenir le réceptacle de tou·te·s les migrant·e·s « indésirables » sous couvert de lutte contre le terrorisme sont inacceptables. La complaisance des autorités tunisiennes et le manque de transparence des négociations avec l’UE et ses États membres le sont tout autant. En aucun cas le combat contre le terrorisme ne saurait justifier que soient sacrifiées les valeurs de la démocratie et du respect des droits fondamentaux, tels que la liberté d’aller et venir et le droit de trouver une véritable protection.

      De part et d’autre de la Méditerranée, nos organisations affirment leur solidarité avec les personnes exilées de Tunisie et d’ailleurs. Nous condamnons ces politiques sécuritaires externalisées qui génèrent d’innombrables violations des droits et ne font que propager l’intolérance et la haine.

      –—

      Notes :

      [1] « En Tunisie, 22 migrants sont portés disparus après le naufrage d’un bateau », La Presse.ca, 13 février 2021

      [2] Rapport du mois de décembre 2020 des mouvements sociaux, suicides, violences, et migrations, n°87, Observatoire social tunisien, FTDES

      [3] Quel est le contenu du récent accord entre la Tunisie et l’Italie ? Réponses aux demandes d’accès introduit par ASGI, FTDES et ASF, Projet Sciabaca & Oruka, 7 décembre 2020

      [4] « Migration : la France et l’Italie déploieront des navires et des avions pour alerter la Tunisie sur le départ des migrants », African Manager, 6 décembre 2020

      [5] Chaque semaine, deux charters partent de Sicile pour renvoyer une centaine de migrant·e·s tunisien·ne·s. En 2019, selon les chiffres du FTDES, 1 739 ressortissant·e·s tunisien·ne·s ont été expulsé·e·s d’Italie via ces vols. En 2020, ceux-ci étaient encore affrétés malgré la crise sanitaire.

      [6] Rapport du mois d’octobre 2020 des mouvements sociaux, suicides, violences, et migrations, n°85, Observatoire social tunisien, FTDES

      [7] Le nombre de migrant·e·s ayant été intercepté·e·s par les pseudo garde-côtes libyens en 2019 est estimé à 9 000 selon Alarmphone (voir : Central Mediterranean Regional Analysis 1 October 2019-31 December 2019, 5 janvier 2020).

      [8] Migration : Regional disembarkation arrangements - Follow-up to the European Council Conlusions of 28 June 2018

      [9] « Tri, confinement, expulsion : l’approche hotspot au service de l’UE », Migreurop, 25 juin 2019

      [10] « Comment l’Europe contrôle ses frontières en Tunisie ? », Inkyfada, 20 mars 2020

      [11] Programme du Fonds fiduciaire d’urgence de l’UE pour l’Afrique, mis en œuvre par l’ICMPD et le Ministère italien de l’intérieur - Document d’action pour la mise en œuvre du programme Afrique du Nord, Commission européenne (non daté)

      [12] Réponse de la Commission européenne à une question parlementaire sur les programmes de gestion des frontières financés par le Fonds fiduciaire d’urgence, 26 octobre 2020

      [13] « EU pays for surveillance in Gulf of Tunis », Matthias Monroy, 28 juin 2020

      [14] Réponse question parlementaire donnée par la Haute représentante/Vice-présidente Borrell au nom de la Commission européenne sur le projet Seahorse Mediterraneo 2.0, 7 mai 2020

      [15] « A Struggle for Every Single Boat- Central Mediterranean Analysis, July - December 2020 », Alarm Phone, 14 janvier 2021

      [16] « MARE CLAUSUM - Italy and the EU’s undeclared operation to stem migration across the Mediterranea » ; Forensic Oceanography, Forensic Architecture agency, Goldsmiths, Université de Londres, Mai 2018

      [17] « Migrants detained in Libya for profit, leaked EU report reveals », The Guardian, 20 novembre 2019

      [18] « Carnage in the Mediterranean is the direct result of European state policies », MSF 13 novembre 2020

      [19] Selon les chiffres de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) en Méditerranée : https://missingmigrants.iom.int/region/mediterranean?migrant_route%5B%5D=1376

      [20] « November Shipwrecks - Hundreds of Visible and Invisible Deaths in the Central Med », Alarmphone, 26 novembre 2020

      [21] « Politiques du non-accueil en Tunisie : des acteurs humanitaires au service des politiques sécuritaires européennes », Migreurop, FTDES juin 2020

      https://www.migreurop.org/article3028.html

    • La Tunisia come frontiera esterna d’Europa: a farne le spese sono sempre i diritti umani

      Migreurop, FTDES e EuroMed Rights lanciano un appello congiunto contro la riproposizione del “modello libico” in Tunisia.

      La Tunisia è divenuta negli ultimi anni uno degli interlocutori principali per le politiche securitarie europee basate sull’esternalizzazione delle frontiere. Il governo tunisino si presta, in modo sempre più evidente, a soddisfare le richieste dell’Unione europea e dei suoi paesi membri, Italia e Francia in particolare, che mirano a bloccare nel paese i flussi migratori, ancor prima che possano raggiungere il territorio europeo.

      Ma la situazione non può essere sostenibile sul lungo termine: una grande quantità di denaro viene investita nel finanziamento e supporto alla Guardia costiera tunisina e alle forze di polizia, che controllano i confini marittimi e riportano indietro le persone intercettate in mare, in quelli che sono stati definiti “respingimenti per procura” di cui le autorità europee non vogliono farsi carico, per non dover rispondere degli obblighi internazionali in materia di protezione e asilo.

      Intanto, nel paese imperversa una crisi socio-economica molto grave, che sta smorzando l’entusiasmo nei confronti della giovane democrazia tunisina, unico esperimento politico post-2011 ad aver resistito finora alle spinte autocratiche. Al malessere della popolazione, che nelle ultime settimane ha manifestato nelle strade di diverse città, lo Stato sembra saper rispondere solo con la forza e la repressione.
      La precarietà della situazione economica e sociale non farà che alimentare le partenze dalla Tunisia, che avevano registrato numeri consistenti durante il 2020.

      La guardia costiera, seppure ben equipaggiata e addestrata, non può rappresentare un vero deterrente per chi non ha nulla da perdere: e infatti negli ultimi giorni sono sbarcate a Lampedusa complessivamente più di 230 persone provenienti dall’area di Sfax, attualmente isolati nell’hotspot dell’isola. Altri arrivano invece a Pantelleria, situata a pochi chilometri dalle coste della capitale [1].

      Ma nel Mediterraneo si continua anche a morire: l’ultimo episodio noto che ha coinvolto la Tunisia è avvenuto tra il 12 e il 13 febbraio, quando un’imbarcazione in difficoltà è stata soccorsa dalla marina tunisina al largo di Lampedusa. Secondo le informazioni disponibili, la barca era partita da Sidi Mansour, nella provincia di Sfax, e le 48 persone a bordo erano di varie nazionalità africane. Il maltempo aveva spinto la marina tunisina a interrompere le operazioni di soccorso: delle 48 persone a bordo, 25 sono state tratte in salvo e ricondotte in Tunisia, una è morta e le altre 22 sono state dichiarate “disperse” [2].

      Sono numerose, ma ancora ampiamente inascoltate, le voci che contestano l’approccio del governo tunisino in tema di emigrazione nei rapporti con i paesi a nord del Mediterraneo. Un comunicato congiunto pubblicato il 17 febbraio da Migreurop, del Forum Tunisino per i Diritti Economici e Sociali e di EuroMed Rights, dal titolo “Unione europea - Tunisia: l’illusione di una cooperazione equilibrata” [3], denuncia la complicità delle autorità tunisine nell’assecondare le politiche securitarie europee, che rende sempre più preoccupante la situazione per chi tenta di raggiungere l’Europa dalla Tunisia. Lo Stato tunisino non è in grado di difendere i diritti dei propri cittadini o di chi, in generale, parte dalle proprie coste, di fronte alle pressioni europee che perseguono imperterrite delle politiche emergenziali insostenibili sul lungo periodo.

      Il comunicato esprime la propria contrarietà alla riproposizione in Tunisia del tristemente noto modello libico, basato sulla delegazione alle forze locali dei controlli frontalieri europei, sui respingimenti collettivi e sulla criminalizzazione delle persone migranti. Il 2020 è stato un anno cruciale per l’inasprimento dei controlli alle frontiere nel paese: l’aumento delle partenze dalle coste tunisine a causa della crisi economica, e l’attacco di Nizza ad opera di un cittadino tunisino hanno comportato una maggiore attenzione dei governi europei al paese nordafricano, con conseguente aumento dei finanziamenti destinati al controllo frontaliero. A farne le spese, nel caso tunisino come in quello libico, saranno ancora una volta le persone che vedranno violati i loro diritti:

      “Con le autorità europee che si sottraggono alle loro responsabilità in materia di ricerca e di soccorso in mare, affidandole alle guardie costiere dei paesi nordafricani, i casi di mancata assistenza sono in aumento e i naufragi proliferano. Benché la rotta del Mediterraneo centrale sia una delle più controllate al mondo, è anche una delle più mortali, a causa di questa politica di lasciar morire la gente in mare. Durante il 2020, sono stati registrati quasi 1.000 morti, senza contare i casi di naufragi invisibili.

      Ci rifiutiamo di lasciare che il modello di cooperazione euro-libica venga riproposto in Tunisia, con le conseguenze che già conosciamo. Se questo paese, in pace e con istituzioni democratiche, può a prima vista offrire un’immagine più «accogliente» della Libia, non può però essere considerato un paese «sicuro», né per le persone migranti né per i suoi stessi cittadini, che fuggono dal deterioramento della situazione socio-economica, aggravata dalla crisi sanitaria.

      La pressione esercitata dall’Ue e dai suoi Stati membri per costringere la Tunisia a diventare un rifugio per tutti/e i/le migranti «indesiderabili» con il pretesto della lotta al terrorismo è inaccettabile. La connivenza delle autorità tunisine e la mancanza di trasparenza nei negoziati con l’Ue e i suoi Stati membri sono altrettanto inaccettabili. In nessun caso la lotta contro il terrorismo può giustificare il sacrificio dei valori della democrazia e del rispetto dei diritti fondamentali, come la libertà di movimento e il diritto a una vera protezione.”

      https://www.meltingpot.org/La-Tunisia-come-frontiera-esterna-d-Europa-a-farne-le-spese.html?var_mod

      #Tunisie #asile #migrations #réfugiés #frontières #modèle_libyen #externalisation

  • The science of superspreading
    http://vis.sciencemag.org/covid-clusters

    If you find out someone has #COVID-19, you can trace their contacts and test or quarantine them. But there is a high likelihood they didn’t infect a single other person.

    However, there is a high likelihood that person became infected at a superspreading event.That’s why contact tracers in some countries now spend more time understanding where someone was infected and finding other people from the same cluster.

    This is called backward contact tracing. It can help find more chains of #transmission.

    Backward contact tracing also helps scientists better understand where superspreading events happen. That may help prevent more such events in the future.

    #traçage_inversé

  • Le Conseil scientifique plaide pour une stratégie de « suppression » du Covid après la deuxième vague | Les Echos
    https://www.lesechos.fr/economie-france/social/le-conseil-scientifique-plaide-pour-une-strategie-de-suppression-du-covid-a

    Le Conseil scientifique a publié, dimanche, la note dans laquelle il préconisait un couvre-feu plus dur ou un reconfinement. Il s’attend à plusieurs autres vagues en 2021, et esquisse des pistes de réponse.

    UNE DEUXIEME VAGUE ENTRAINANT UNE SITUATION SANITAIRE CRITIQUE, conseil scientifique #covid-19
    https://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/note_conseil_scientifique_26_octobre_2020.pdf

    A. Durée de la 2ème vague

    1. Il est très difficile de prévoir combien de temps va durer la 2ème vague, car cela dépend du virus lui-même, de son environnement climatique, des mesures qui vont être prises pour limiter la circulation du virus, de leur acceptation et donc de leur impact.
    On peut faire une hypothèse d’une sortie de 2ème vague en fin d’année ou début d’année 2021. Cette sortie devrait s’accompagner d’un retour de la circulation du virus à un niveau très contrôlé (5 000 à 8000 nouvelles contaminations par jour maximum). Ce contrôle permettrait de mettre en œuvre une stratégie offensive de « Tester- Tracer-Isoler » avec une plus grande chance de succès.

    2. Il faut en effet commencer à tirer des leçons du relatif échec de la stratégie « Tester- Tracer-Isoler » durant la période de mai à septembre 2020. C’est la seule stratégie, couplée aux mesures de distanciations physiques, qui permet un contrôle possible de la circulation virale comme cela a été montré dans un petit nombre de pays d’Asie du Sud Est.

    Il est donc essentiel de profiter de la période de « contrôle dur » de l’épidémie qui pourrait s’installer pour optimiser cette stratégie en particulier la partie « Tracer- Isoler » dont les moyens doivent être largement augmentés, en particuliers en effectifs humains avec les équipes mobiles « brigades », et sur la mise en place de l’application « Tous Anticovid » sur une large fraction de la population, ainsi que sur l’application d’un isolement de 7 jours accompagné d’ « incentives » (voir Avis du Conseil scientifique sur l’isolement, septembre 2020).

    3. La place des médecins généralistes et d’une façon générale des professionnels de santé (pharmaciens, professions médico-sociales...) doit être beaucoup plus importante durant cette 2ème vague, mais également à son décours, qu’elle n’a été durant la première partie de la crise : dans la prise en charge des patients en amont des hôpitaux mais aussi dans le dépistage. L’utilisation des tests de diagnostics antigéniques doit pouvoir être réalisée de façon large en dehors des laboratoires de biologie.

    #conseil_scientifique #Tester-Tracer-Isoler

    Un rappel de la stratégie Tester-Tracer-Isoler que la présidence a préféré nommer, lors de son allocution du 28 octobre " tester, alerter, protéger". Les avis de ce conseil scientifique finissent par contredire tout à fait le gouvernement, malgré leur concessions trop prudentes (ça monte parcequ’il fait froid). C’était déjà le cas, en creux, sur le maintien des élections municipales, et plus clairement encore en juillet dernier (déconfinement raté, reprise de l’épidémie).

    Le message présidentiel était bien un message d’alerte (au point de sortir opportunément du chapeau un chiffrage des morts en Ehpad), quant aux tests et à la protection... On rigole (pas de prolongation d’allocation pour les chômeurs en fin de droits cette fois, par exemple). Idem pour un traçage qui ne pourrait se faire, si ils daignaient s’y coller, qu’avec 30 à 40 000 embauches (on se demande à quoi servent les CDD), tout comme il serait indispensable d’embaucher à l’école, dans les hostos et dans les Ehad, si il était sérieusement question de "vivre avec le virus"... tout en oeuvrant à sa suppression.

    Le traçage, ils ont à nouveau le temps d’y penser puisque, sauf moyens très conséquents, il faudra attendre des semaines et des semaines (janvier ?) que le nombre de contaminations baisse.

    • Covid-19 : la deuxième vague de la pandémie en France pourrait être plus haute que la première
      https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/11/02/covid-19-en-france-une-deuxieme-vague-qui-pourrait-etre-plus-haute-que-la-pr

      [...] « Il y a (…) devant nous de nombreux mois avec une situation extrêmement difficile » , prévient-il dans son dernier avis, rendu public vendredi soir. Les scientifiques font l’ « hypothèse d’une sortie de vague en fin d’année ou en début d’année 2021 » , mais craignent que plusieurs vagues se succèdent ensuite au cours de l’hiver et du printemps.

      Leur analyse repose sur de nouvelles modélisations réalisées à partir des données d’hospitalisation jusqu’au 29 octobre. Une note de l’Institut Pasteur, communiquée au Monde samedi, révèle que dans le pire des scénarios, jusqu’à 9 000 malades atteints du Covid-19 pourraient être hospitalisés en réanimation au pic épidémique, autour de la mi-décembre – contre plus de 7 100 lors de la première vague, le 8 avril.

      Dans leur « scénario de référence », les scientifiques estiment que le taux de reproduction du virus (le R0) pourrait tomber à 0,9 – contre 0,7 lors du premier confinement –, mais ils envisagent aussi un « scénario pessimiste », avec un Ro à 1,2, à peine inférieur à ce qu’il est aujourd’hui. « Il y a de grandes incertitudes sur l’efficacité des nouvelles mesures, moins contraignantes » , met en garde Simon Cauchemez, modélisateur à l’Institut Pasteur et membre du conseil scientifique.

      Dans le scénario de « référence », autour de 6 000 patients pourraient être hospitalisés en réanimation dès le 12 novembre, et jusqu’à 6 600 dans le scénario « pessimiste » – davantage, donc, que les 6 300 lits disponibles à date. Déclinées par région, ces modélisations font apparaître une situation très critique en Auvergne-Rhône-Alpes, avec plus de 1 300 patients contaminés par le SARS-CoV-2 attendus en réanimation pour seulement 795 lits disponibles, et en Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA), avec 685 patients atteints du Covid-19 anticipés pour 610 lits. En Ile-de-France, la quasi-totalité des 1 425 lits pourraient être occupés.



      Infographie Le Monde

      Eviter que les hôpitaux ne soient débordés

      Toutes ces projections partent de l’hypothèse d’un impact « instantané » du reconfinement. Mais s’il faut plusieurs jours pour que les comportements se modifient, le nombre d’hospitalisations en réanimation pourrait être encore plus élevé. Et le parcours des patients à l’hôpital peut aussi jouer : la probabilité d’être transféré en réanimation lorsqu’on est hospitalisé et la durée du séjour dans le service ont un impact très important sur le nombre de lits occupés au pic, à la hausse comme à la baisse.

      Jusqu’à trois semaines seront nécessaires pour pouvoir estimer la valeur du R0 et réduire ces incertitudes, ce qui signifie que le gouvernement risque de ne pas disposer de signaux clairs au moment où il devra réévaluer la situation dans deux semaines. « Tant qu’on ne sait pas dans quel scénario on se trouve, il est difficile de savoir combien de temps le confinement devra durer » , souligne Simon Cauchemez, en rappelant que l’objectif premier est de plafonner le pic épidémique pour éviter que les hôpitaux ne soient débordés.

      Pour faire face à cette seconde vague, le ministère de la santé compte armer davantage de lits de réanimation, pour atteindre un total de 10 500, contre 6 300 aujourd’hui. Selon un tableau communiqué au Monde, jusqu’à 945 patients pourraient ainsi être pris en charge (+ 20 %) en Auvergne-Rhône-Alpes, près de 1 100 en PACA (+ 80 %) et 2 140 en Ile-de-France (+ 50 %). Pour y parvenir, une grande partie des opérations chirurgicales non urgentes seront déprogrammées, afin de libérer des soignants et des chambres – y compris les blocs opératoires et les salles de réveil.

      « On a l’impression d’être assis sur une Cocotte-Minute dont le couvercle va exploser » , résume[Alexandre Demoule, chef de la réanimation à la Pitié-Salpétrière, à Paris], inquiet de la transformation du profil des patients en quinze jours, plus gravement atteints, et plus jeunes.

      Le retour à la « normale » n’est pas pour tout de suite

      Seuls les patients les plus graves – intubés et placés en coma artificiel – seront placés en réanimation, tandis que les autres pourront être hospitalisés dans des chambres conventionnelles équipées d’un système de surveillance « allégé ». « Cela requiert une grande vigilance car il faut identifier très vite les malades dont l’état de santé s’aggrave et qui doivent être transférés en réanimation », souligne Alexandre Demoule.
      La prise en charge des patients non atteints du Covid-19 est une autre source d’inquiétude. « Nous avons parfois des difficultés à leur trouver un lit. Nous en refusons deux tous les jours » , témoigne le réanimateur, en précisant qu’une solution a toujours pu être trouvée « ailleurs ».

      Le retour à la « normale » n’est pas pour tout de suite. Même dans le scénario le plus optimiste – avec un R0 de 0,7 – on se retrouverait au 1er décembre, fin prévue – pour l’instant – du confinement, avec environ 3 000 patients contaminés par le SARS-CoV-2 en réanimation, soit à peu près le même nombre qu’aujourd’hui. « Si le R0 diminue mais reste proche de 1, il faudra beaucoup de temps pour que le niveau des hospitalisations redescende » , prévient Simon Cauchemez, en précisant que l’allure de la courbe épidémique diffère d’une région à l’autre car les paramètres – structure d’âge de la population, niveau d’immunité acquis lors de la première vague – ne sont pas les mêmes.

      La stratégie pour la suite n’a rien d’évident. Soit on adopte une stratégie de stop and go « en laissant de nouveau filer l’épidémie avec un R à 1,5, avant d’instaurer un nouveau confinement », soit on trouve « une combinaison de mesures qui permettent de sortir du confinement sans avoir à y retourner deux mois plus tard » , explique le scientifique.

      Seule l’arrivée de vaccins changera la donne

      Dès lors que le nombre de nouveaux cas quotidiens sera redescendu autour de 5 000 (contre 50 000 aujourd’hui), la stratégie « tester-tracer-isoler » pourra de nouveau être déployée. « C’est la seule, couplée aux mesures de distanciation physique, qui permet un contrôle possible de la circulation virale », souligne le conseil scientifique dans son avis, en soulignant qu’elle n’a pas vraiment marché jusque-là.

      Il estime « probable » que ces mesures « ne suffiront pas pour éviter d’autres vagues, après la deuxième vague » , en rappelant que seule l’arrivée de vaccins et/ou de traitements changera la donne. « L’immunité en population va mettre de nombreux mois à monter de façon significative et commencer à ralentir la rapidité de la circulation du virus en population générale » , insistent les scientifiques.

      Dans ce contexte, le conseil scientifique souligne l’importance d’ouvrir la réflexion et la discussion sur les objectifs que les Français souhaitent se fixer au lendemain de la deuxième vague. « La société française est-elle prête à consacrer une partie importante des moyens de santé au Covid-19, éventuellement au détriment de la prise en charge d’autres pathologies, avec comme conséquences des pertes de chance pour des pathologies non Covid ? A l’inverse, la société française est-elle prête à affronter un nombre de décès très élevé dans sa population la plus fragile et la plus âgée ? » , interrogent-ils. Le compte à rebours pour y répondre a déjà commencé.

      Cités :

      Epidémie de Covid-19 : « Nous allons être face à des situations humaines impossibles »
      https://seenthis.net/messages/883697

      Covid-19 : la promesse intenable des 12 000 lits disponibles en réanimation [par manque - par milliers- de personnel potentiellement disponible, ndc]

      Coronavirus : le couvre-feu pour tenter de sauver le dispositif de #traçage des #cas_contacts [et en réserve pour un déconfinement à venir, c’est le seul moyen de fermer les bars et restos, sans susciter l’ire des commerçants, ndc]

  • La copine me prévient, son aînée est positive. Du coup la seconde, 12 ans, sera testée mardi prochain. Mais ce qui m’a surpris, le plus jeune, 9 ans, ne sera pas testé. L’ARS lui a dit « on ne teste pas les enfants de moins de 11 ans, sauf s’ils ont des symptômes ».

    Ben alors, comme on sait si les enfants de moins de 11 ans ne contaminent pas, ou peu, leurs copains, si on ne teste que les symptomatiques alors que les jeunes enfants sont notoirement asymptomatiques ?

    • D’après ce qu’elle me dit : auto-isolement pendant une semaine, et de toute façon le test d’un cas-contact, c’est sept jours après le dernier contact avec la personne. (Ce qui est régulièrement reproché aux politiciens, qui se font tester dans le lendemain et disent que c’est OK.)

      Et d’après elle (elle se fait tester chaque semaine avec sa fille, rapport à leur activité sportive), test le matin, résultat en soir, au pire le lendemain.

    • Là non plus ça marche pas fort. Voilà ce que j’envoyais à un ami le 11 octobre dernier
      https://www.gouvernement.fr/info-coronavirus/tests-et-depistage

      Si j’ai été identifié comme cas contact, je serais contacté par les services de l’Assurance Maladie qui me demanderont de rester en « quatorzaine préventive » et m’indiqueront quand réaliser mon test (immédiatement si je vis dans le même foyer que la personne contaminée, ou en observant un délai de 7 jours après mon dernier contact avec cette personne, si je ne vis pas avec elle). Je dois alors prendre rendez-me dans un lieu d’examen médical. Aucune prescription médicale ne me sera demandé.

      La page a changé mais il reste une version similaire là
      https://www.gouvernement.fr/sites/default/files/fiche_detailleje_suis_un_contact_a_risque.pdf

      Je vis sous le même toit que la personne malade
      Je ne vis pas sous le même toit que la personne malade
      Quand faire le test ?
      • Immédiatement
      dans un laboratoire indiqué par l’Assurance Maladie ou sur le site santé.fr.
      • Je m’isole immédiatement jusqu’au résultat du test.

      Il était cas contact de sa colocataire et je m’étonnais que la personne qui lui avait téléphoné pour le compte de l’AP-HP lui ait dit de s’isoler en attendant 7 jours avant de se faire tester (ce que j’avais mis sur le compte d’embauches à la va vite de gens mal payés et peu au fait des protocoles à appliquer).

      On vérifie que le #traçage_prospectif foire en tous sens, trop de contaminations, sans aucune nouvelle sur le #traçage_rétrospectif dont le lancement semblait envisagé.

      Heureusement on a des indicateurs pas trop nuls en provenance de l’hôpital. Laissons de côté les Ehpad et les domiciles, où l’on débute pourtant des hospitalisations avec assistance respiratoire, au moins en Île de France...

      #tests #cas_contact

    • Je me doute bien. Vous allez devoir négocier un moment bizarre (je met un masque lorsque je dois séjourner chez ma mère pour pouvoir lui rendre visite, pffff). L’ami en question a lui aussi été dans le gaz de l’incertitude augmentée par des contradictions manifestes. J’ai souligné l’incohérence et le gâchis croyant qu’il ne reste parfois que la colère pour tenir. Pas de quoi en faire une théorie générale. Vous trouverez d’autres ressources j’en suis sûr.

    • Les taux d’incidence des moins de 10 ans sont autour de 50/100 000, ce qui est tout de même la cote d’alerte, mais si tu regardes le % de positifs sur les testés, ils ont le même taux que les classes d’âge supérieures. Ce qui implique qu’ils sont aussi touchés que le reste de la population mais qu’il sont drastiquement sous-testés.

    • Pour la 2e fois en 2 mois, les gens de la CPAM qui me contactent sont incapables de donner des renseignements clairs et non contradictoires sur la garde des gamins. Ça fait 6 mois qu’on est dedans. Cas zéro, aucune question, aucune, de où j’aurai bien pu être contaminé.

      @arnoferrat par ce canal
      https://twitter.com/arnoferrat/status/1321568010306527232

      Déjà que les organisations syndicales et politiques des adultes (salariés, profs et parents) n’ont guère moufté, ils n’ont vraiment aucune raison de se soucier des enfants.

      Beaucoup aimé le Mac du jour : les écoles resteront ouvertes, et faites attention les vieux quand vous voyez des enfants, mettez un masque.

  • Covid-19 : les circonstances de #contamination chez les Français restent mystérieuses, voici pourquoi | Le HuffPost, 16/10/2020
    https://www.huffingtonpost.fr/entry/covid-19-les-circonstance-de-contamination-chez-les-francais-sont-enc

    (...) les lieux des #clusters identifiés suite à ce #traçage “ne peuvent en aucun cas être considérés comme représentatifs des lieux de contamination en général” , alerte Daniel Lévy-Bruhl, épidémiologiste à Santé Publique France. SPF le rappelle, les clusters ne servent qu’à analyser le niveau de “criticité des différents secteurs ”. En clair, de voir que dans un Ehpad, le risque de transmission et le risque de forme grave de Covid-19 sont plus élevés que dans les crèches. 

    “Il n’est pas surprenant de retrouver un nombre brut de clusters plus élevé dans les entreprises ou milieux scolaires, mais si vous le rapportez au nombre d’entreprises et d’établissements scolaires, la proportion par milieu sera beaucoup plus faible” , estime Patrick Rolland, coordonnateur interrégional chez Santé publique France, à l’origine du système de traçage des clusters développé par SPF.

    Enquête sur les contaminations

    De plus, le traçage de contact en général est à bout de souffle et débordé face à l’explosion des contaminations. Surtout, il n’est lui non plus pas très représentatif. On voit par exemple que seules 2,8 personnes-contacts sont identifiées par cas confirmé de Covid-19. En parallèle, 73% des personnes diagnostiquées positives par PCR n’étaient pas référencées comme cas contact. En clair, le traçage de contact passe à côté de 7 personnes sur 10.

    Pourquoi ? Les cas confirmés cachent-ils les personnes qu’elles ont pu voir dans le cadre privé ? Les contaminations sont elles majoritairement intraçables, car elles proviennent d’inconnus (transports en commun, lieux publics, bars et restaurants, etc.) ? Le système est-il simplement débordé ? Ici, impossible de le savoir, parce qu’encore une fois, nous ne savons pas comment les Français se contaminent. 

    “Les plateformes de traçage de contact ont pour vocation de contacter les personnes identifiées et ne peuvent pas enquêter sur les circonstances fines de contamination” , explique Daniel Lévy-Bruhl. Mais justement, SPF s’est associé à l’Institut Pasteur pour essayer d’en savoir plus.

    Une étude épidémiologique va bientôt démarrer sur un échantillon important de cas où on va investiguer les circonstances de contaminations ”, précise l’épidémiologiste. Si tout se passe bien, les résultats devraient être connus “dans les mois qui viennent”. À défaut de permettre de mieux gérer la deuxième vague, cela permettra peut-être de prévenir la troisième.

    #épidémiologie #enquête_épidémiologique #covid-19 #criminels #sansvergogne #terrifiant

    • Clusters et chaînes de contamination, extrait de Corona virus update - Une traduction du podcast de Christian Drosten (NDR Info)
      https://inf-covid.blogspot.com/2020/10/allemagne-barrington-cluster-source.html
      Allemagne, Barrington, cluster-source, immunité, étude indienne, mutation D614G. Podcast #60 du 13 octobre 2020
      L’Allemagne va connaître la même évolution que le reste de l’Europe

      [...]
      La chose décisive est, et il faudrait vraiment le répéter encore et encore, car tout le monde ne l’a pas encore intégré, nous avons besoin de deux mesures combinées. Donc les règles AHA, c’est bien, mais je trouve cette formule presque un peu trop simple. Donc les règles AHA - distanciation, hygiène, masques grand public - c’est certainement une mesure généralement efficace et dont tout le monde se souvient. Et c’est bien. Mais nous avons besoin de quelque chose de plus, à savoir une mesure contre les clusters. C’est la règle de base pour ces maladies qui se propagent avec une sur-dispersion. Nous avons besoin de deux mesures à l’échelle de la société. La première est une mesure que tout le monde suit et qui n’a pas besoin d’être très intrusive, ni à être très efficace pour la propagation du virus. Elle doit être efficace à 20%. C’est certainement la combinaison de la distance, de l’hygiène et des masques. Quelque chose qui s’applique à tout le monde, qui s’applique dans toute la société, qui n’est pas drastique. Et puis, nous avons également besoin d’une mesure spécifique, qui prenne effet partout où des clusters apparaissent.

      Et c’est encore une faiblesse en Allemagne pour le moment, et aussi dans le système de reporting, et pas seulement en Allemagne. L’orientation spécifique de l’enregistrement des cas, l’enregistrement de l’activité infectieuse sur le cluster source, c’est-à-dire la question : Où avez-vous été infecté ? Nous sommes toujours très axés sur la poursuite des cas. En d’autres termes, nous demandons : ce patient qui a été infecté ici, qui aurait-il pu infecter, à la fois ces derniers jours, avec qui il était en contact, et aussi à l’avenir, il doit rester chez lui pour qu’il n’infecte plus personne.

      Mais le moment où nous remarquons cette infection est en fait un moment où la contagiosité est pratiquement terminée. Et les quelques personnes qu’il aurait pu infecter au cours des derniers jours ne sont pas à l’origine du processus d’infection, mais ce qui est vraiment à l’origine du processus d’infection, c’est le cluster source où il a contracté son infection. Car cette infection se propage par grappes. Même si les autorités sanitaires disent qu’il y a un processus d’infection de plus en plus diffus, on ne peut plus reconstituer les chaînes de contamination, alors ce n’est pas une description de la réalité de la propagation du virus, mais une description de l’impression qu’on a dans les services de santé car les gens ne peuvent pas dire où ils ont probablement été infectés il y a sept à dix jours.

      Nous avons cela avec d’autres rhumes également. Nous n’avons tout simplement pas cette mémoire. Nous ne pouvons pas nous souvenir dans quelles situations particulières, dangereuses, nous étions il y a sept à dix jours. Le problème, cependant, est que cette situation dangereuse dans laquelle nous avons été infectés il y a sept à dix jours est toujours là. Ce cluster couve toujours. Et sans que personne ne le sache, sans que les cas aient été signalés jusqu’à présent, nous avons ici un cluster source qui frémit. Nous sommes maintenant à ce moment où les remontées de chaînes deviennent de plus en plus difficiles, où les autorités sanitaires disent les unes après les autres : "Nous n’y arrivons plus, Bundeswehr, venez nous aider !" Nous voyons cela dans les médias maintenant. C’est maintenant le moment où cette méthode de travail sur les clusters source doit être mise en œuvre. Parce qu’en ce moment, d’après les statistiques, nous avons l’impression que cela vient des fêtes de famille, des ménages. Cela ne vient pas des situations de travail, des transports en commun, etc.

      Martini : D’aller au restaurant.

      Drosten : Exactement. Tous ces éléments ne figurent pas dans les statistiques des rapports pour le moment. Les autorités sanitaires disent que ce sont avant tout les situations privées, les fêtes de famille, la maison. Mais regardons maintenant de près ces statistiques de reporting. Et ce que nous constatons, c’est que plus de la moitié de toutes les nouvelles infection ne peuvent pas être résolues. [...] les chaînes de contamination reconstructibles sont minoritaires. [...] Les gens ne peuvent pas dire où ils se sont infectés. D’où cette proposition, que je fais depuis des semaines, que chaque citoyen tienne un journal des situations de cluster. Chaque soir, par exemple, vous pouvez écrire sur votre smartphone, dans votre bloc-notes ou sur n’importe quel morceau de papier, là où vous ne vous êtes pas sentis très à l’aise. Alors aujourd’hui, j’étais dans une situation où j’avais le sentiment qu’il y avait trop de monde, dans une pièce fermée, trop près les uns des autres, même si la plupart portaient des masques. En faisant cela, deux choses se produisent. Premièrement, [...] les gens pourraient se souvenir davantage et dire où ils ont été infectés. Les autorités sanitaires pourraient alors être en mesure d’identifier encore mieux les clusters source. Le suivi des cas serait amélioré. Le deuxième effet est que [chacun] réaliserait plus clairement qu’il se trouve régulièrement dans de telles situations et [qu’en y étant plus sensibilisé, il les évite à l’avenir].
      [Si je vais au restaurant] Est-ce que je m’en souviendrai dans dix jours ?

      Martini : Probablement pas.

      Drosten : Sérieusement. Donc si j’ai soudainement de la fièvre, [...] je dirais : « Je ne peux pas dire. » Ou je dirais aussi : « Eh bien, probablement à la maison, parce que mon conjoint a aussi de la fièvre. Donc, je me suis contaminé à la maison. » Mais je suis aussi allé manger avec mon conjoint, mais comme je ne l’ai pas noté, je ne m’en souviens pas. Je ne veux pas seulement me concentrer sur les restaurants. Il s’agit aussi d’autres situations, de situations quotidiennes, nombreuses dans le secteur du sport, dans le secteur des loisirs, mais aussi la vie professionnelle. Ces lacunes dans les listes seraient ainsi comblées. Par exemple dans la vie professionnelle, il y avait telle réunion [exceptionnelle], et il y avait 30 personnes dans la salle. Tous étaient assis à distance et portaient des masques. […] C’est quelque chose que nous pouvons tous faire. On ne peut pas simplement rester passifs et se dire que le département de la santé clarifiera tout ça si je tombe malade à un moment donné. [...]

      Martini : Cela voudrait dire que si nous notions ces contacts, nous serions un peu plus loin.

      Drosten : Alors nous serions certainement tous un peu plus impliqués. [...] Nous serions alors plus loin dans le processus de connaissance et d’évitement. Je pense que l’accent est mis ici sur l’évitement. Parce que les politiciens ne peuvent pas régler chaque petite situation de la vie quotidienne - de préférence séparément pour chaque Land- mais à un moment donné, la société doit passer à un mode de participation active.

      [...]
      Etude indienne sur les chaînes de contamination

      Martini : Si nous regardons de plus près une autre histoire qui nous intéresse encore et encore. En ce moment, il y a les vacances d’automne dans certains Länder, mais ensuite l’école reprend. Les chaînes de contamination. Nous en avons beaucoup parlé : les enfants sont-ils dangereux pour les générations plus âgées ? Oui ou non ? [...] Il y a maintenant des études qui examinent de plus près les modes de transmission. Une étude qui a évalué très précisément un ensemble de données en Inde. Qu’est-ce qui en est ressorti exactement ?

      Drosten : Oui, c’est aussi une étude [publiée] dans « Science ». C’est une étude intéressante car elle a été réalisée en Inde. Dans un pays où il n’est pas si facile de parvenir à un lockdown. [...] Il est donc probable que durant la période d’évaluation, qui était la première vague là-bas, nous aurons un aperçu de la propagation naturelle de ce virus […] L’étude a été menée dans l’Andhra Pradesh et le Tamil Nadu, deux États de l’Inde qui ont des systèmes de santé relativement bons, où la recherche des contacts a été effectuée avec beaucoup de personnel. Ici, bien sûr, à nouveau en fonction des symptômes. Autrement dit, si un cas survient dans un ménage, il s’agit du premier cas symptomatique. Ce qui s’est passé auparavant ne peut être dit. Mais lorsqu’un cas symptomatique survient, on a généralement tenté de tester tous les membres du ménage en laboratoire dans les 5 à 14 jours suivant le contact avec le cas index. De nombreux cas ont été examinés, du moins dans les statistiques. Il y a eu 263.000 cas index au Tamil Nadu et 172.000 dans l’Andhra Pradesh avec des infections principalement identifiées au Sras-2. Et ils avaient un total de plus de trois millions de contacts, dont chacun était inscrit sur des listes. Vous devez imaginer cela. Il s’agit d’un système de notification massif dans ces pays avec un grand nombre d’employés.

      L’étude s’est maintenant concentrée sur 575.000 contacts sur un total de près de 85.000 cas index, avec une documentation épidémiologique complète et des résultats de laboratoire. Un véritable chef-d’œuvre de l’épidémiologie de terrain [...] C’est juste intéressant ce qui en ressort. Par exemple, on peut souligner que le nombre de contacts par cas index (la première personne infectée) est de 7,3 en moyenne. C’est vraiment beaucoup, vous pouvez voir comment la société et les ménages y sont structurés différemment. Il s’agit d’une taille de ménage complètement différente de la nôtre. 0,2 % de tous les cas index avaient plus de 80 contacts. Ce sont de très grands cercles de contact qui ont été suivis ici. Il est également intéressant de souligner que dans le même temps, un peu plus de 70% de tous les cas index n’avaient aucun cas de contact positif dans la région. En d’autres termes, avec ces grands réseaux de contacts, chez 70% d’entre eux on n’a trouvé aucune infection dans les contacts. Cela souligne encore plus à quel point nous avons un effet de sur-dispersion avec cette maladie. À quel point, en Inde, cette maladie se propage en clusters, dans des événements de grande diffusion. Cela continuera d’être le cas en Allemagne. Cette maladie se propage par grappes, ce qui peut également être vu en Inde.

      Martini : Cela signifie que ce que nous pouvons apprendre ou voir pour nous de cette étude indienne est l’histoire du cluster. Faut-il vraiment accorder plus d’attention aux clusters ?

      Drosten : C’est certainement un message très important. Avec cette observation d’un processus d’infection peut-être plus naturel, incontrôlé, nous obtenons cette impression écrasante de la propagation par grappes. Et il y a aussi un contrôle interne intéressant dans les données. Dans cette situation, nous voyons un taux d’attaque secondaire de 11 %, c’est-à-dire combien sont infectés à partir d’un cas index confirmé. C’est la valeur que nous observons également dans nos contacts à haut risque, 15 minutes de contact en face à face. Et nous voyons 5 % pour des contacts à faible risque. Tout cela est très similaire aux nôtres. C’est pourquoi nous devons continuer à espérer que nous verrons également un comportement de propagation par clusters. C’est certainement l’un des messages les plus importants de cette étude. Et l’autre message très important est, tout simplement, que nous pouvons dire que la prévalence de cette maladie se situe principalement dans la même tranche d’âge. Donc, si vous regardez qui a infecté qui ici, [...] les groupes d’âge s’infectent les uns avec les autres parce qu’ils ont beaucoup de contacts sociaux les uns avec les autres.

      #épidémiologie_de_terrain

  • Covid-19 : on ne peut pas dire que « 60 % des contaminations ont lieu au travail ou à l’école »
    https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2020/10/15/covid-19-on-ne-peut-pas-dire-que-60-des-contaminations-ont-lieu-au-travail-o

    On ne peut donc pas extrapoler à partir des chiffres des clusters pour supposer que les contaminations au travail et en milieu scolaire seraient majoritaires, comme le fait Jean-Luc Mélenchon. Aucun indicateur chiffré ne permet de le faire en France à l’heure actuelle.

    Nananananèreuh. On peut pas. D’abord. Alors camembert. Tous ceux qui extrapolent depuis les clusters ils ont tort. Les clusters, c’est juste pour faire joli qu’on les relie à des lieux. Pas pour en tirer la moindre conclusion. Na. Mélenchon est un gros nul. Et même qu’il est borgne. Et Véran est un grand ministre. Pas aussi grand que "Moi Je" Macron, évidemment. Mais presque.

    • Pas le temps d’y réfléchir intelligemment. C’est pénible ces gens qui tartinent pour défendre un ministre.

      Donc là, ils nous expliquent que les clusters sont un sous-ensemble de la population.


      En gros, ils nous expliquent que les clusters, c’est un petit peu comme si on avait fait un sondage. 43000 contaminations examinées, sur 470000 contaminations au total. On a presque 10% de la population totale, et on en a fait une étude statistique. Théorie des sondages, tout ça... Les clusters et leur répartition géographique, c’est une estimation avec un intervalle de confiance. Et donc, les décodeurs, ils nous disent que la théorie des sondages, elle n’est pas applicable à ce cas particulier.

      Par contre, quand les instituts te brodent des théories fumeuses sur l’opinion des 66 millions de français à partir de questionnaires bancals, et de tailles d’échantillons qui ne dépassent même pas le millier, pas de problème.

    • Ce qu’ils montrent avant tout c’est la faillite absolue du traçage (rétrospectif https://seenthis.net/messages/881109 et prospectif), confié au solutionnisme techno. On sait depuis mars que réussir le traçage aurait supposé l’embauche de 20 à 30 000 CDD et des messages publiques clairs incitant à ce que le plus de gens possible notent au jour le jour leurs contacts et les lieux fréquentés. Une mobilisation collective sous diverses formes, reposant sur une compréhension la plus adaptée possible du virus, de l’épidémie, des mesures de prévention, des modalités variées d’implications dans cette « guerre » du grand nombre, et pas la logique des grands chefs de guerre, de service, de ceci ou de cela, et pas le choix de casser le thermomètre (école et emploi, cas contacts pas tracés, morts à domicile peu dénombrés, dès en ehpad occultés par intermittence, etc).
      On va de nouveau pouvoir regarder le chiffre des réas, une mise en lumière qui continuera à faire de l’ombre sur bien des aspects de l’abandon criminel de la population.
      #clusters #traçage

    • Mon préféré dans ce genre, c’est le billet de FranceInfo qui, tout en admettant qu’« il est néanmoins possible que d’autres personnes aient été contaminées à l’école, au sein de leur entreprise ou ailleurs, sans qu’un cluster ne soit détecté », parvient à estimer « selon les calculs de franceinfo », que le vrai chiffre est 3,1% (noter la décimale de pourcentage (donc du « pour-mille », gage de qualité du discours fact checké).

      VRAI OU FAKE. Covid-19 : 60% des contaminations ont-elles lieu dans les écoles et les entreprises, comme l’affirme Jean-Luc Mélenchon ?
      https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/covid-19-60-des-contaminations-ont-elles-lieu-dans-les-ecoles-et-les-en

      Selon les calculs de franceinfo, les cas de Covid issus de clusters dans les entreprises et les écoles ne représentent finalement que 3,1% de tous les cas positifs détectés. Bien loin des 60% de contaminations évoqués par Jean-Luc Mélenchon.

      Demain, l’article titré : « VRAI OU FAKE. Covid-19 : 3,1% des contaminations ont-elles lieu dans les écoles et les entreprises, comme l’affirme France Info ? »

  • Antoine FLAHAULT @FLAHAULT sur touitteur
    https://threadreaderapp.com/thread/1315742464184127490.html

    1/8 - Il y a deux modalités de traçage des contacts :
    a) Traçage prospectif, classique, on recherche les contacts du cas ;
    b) Traçage rétrospectif,”à la japonaise”,on recherche qui a contaminé le cas.
    La priorité des priorités c’est de privilégier b) et ne faire a) que si on peut.
    2/8 - Le fondement théorique vient du paramètre k de dispersion, élevé pour la grippe (de dynamique homogène) et faible pour le #SARSCoV2 dont la dynamique est hétérogène, émerge en clusters et en événements super-propagateurs : 10 à 20% des contaminations drive toute la pandémie.
    3/8 - Si 80-90% des cas contaminent 0 ou 1 cas, on n’a pas à se fatiguer à tracer leurs contacts. Ils ne nous inquiètent pas. En revanche, il faut tout mettre en œuvre pour stopper la propagation causée par les 10 ou 20% restants, à commencer par les identifier. Comment faire ?

    4/8 - Eh bien si je détecte un cas en routine, j’ai très peu de chance d’avoir affaire à un super-propagateur. En revanche, la probabilité est plus élevée pour celui qui a contaminé mon cas. Surtout s’il l’a contaminé dans un lieu clos, bondé, mal ventilé, sans distance physique.
    5/8 - Si le suspect est positif, le jackpot n’est pas loin : vous convoquez tout le petit monde qui a côtoyé le cas index suspecté : quarantaines strictes, tests et si positifs, isolements bien sûr. Vous avez cassé le début d’un -peut-être- megacluster.
    6/8 - Seulement, il faut aller vite, dans les 24h, avant que tout cela n’essaime. Des tests rapides seraient très suffisants, voire plus intéressants car... rapides, quitte à confirmer ensuite par des rtPCR si complications/besoin de soins.
    7/8 - Demander aux autorités sanitaires qu’elles se consacrent prioritairement au traçage rétrospectif c’est soulager leur job. Et, si elles ont encore les capacités pour faire du prospectif,alors ok,c’est quand même des cas évités,mais le rendement est mathématiquement moindre.
    8/8 - Le “rendement” mathématique (expression pas heureuse) du traçage prospectif est de l’ordre de la valeur moyenne R0 (2-3), alors que celui du traçage rétrospectif est de l’ordre du R0 des évén. super-propagateurs (10, 20 ou beaucoup plus). Voilà pourquoi c’est la priorité !

    #Traçage_rétrospectif #tracing_retrospectif #tracing #contamination #transmission

  • Le modèle vietnamien teste sa résilience face à la reprise du coronavirus
    https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2020/08/07/le-modele-vietnamien-teste-sa-resilience-face-a-la-reprise-du-coronavirus_60

    Le pays exemplaire va-t-il le rester ? Jusqu’à fin juillet, le Vietnam, 96 millions d’habitants, faisait figure de très bon élève dans la lutte contre le coronavirus. Malgré sa frontière avec la Chine, il affichait un bilan à « zéro décès », et célébrait 100 jours sans nouveau cas. C’est dire le coup de semonce qu’a représenté le diagnostic, samedi 25 juillet, d’un homme de 57 ans testé positif au Covid-19, dans la station balnéaire de Da Nang.
    En quelques jours, on dénombrait plus de 600 cas et le pays pleurait ses premiers morts. Aussitôt, 80 000 vacanciers ont été évacués, les liaisons terrestres et aériennes suspendues, et 1,1 million de résidents priés de rester chez eux pendant deux semaines, avant d’être testés. C’est le cas de 50 000 habitants de Hanoï sur 70 000 ayant été en contact avec la population de Da Nang, d’après l’agence de presse vietnamienne.Toutes ces mesures s’inscrivent dans la droite ligne de celles que le pays a appliquées depuis le début de la crise sanitaire. Une méthode saluée par l’OMS : fermeture rapide de la frontière avec la Chine, contrôle strict de toute personne entrant sur le territoire (isolement forcé de 14 jours dans des camps militaires, des hôpitaux, à domicile), et un traçage des personnes infectées jusqu’au troisième cercle de contacts. Le Vietnam a aussi misé sur le dépistage massif, en produisant localement des tests Covid, à moindre coût. Selon des experts, la singularité du Vietnam tient donc en partie à son anticipation ; le pays a capitalisé sur sa gestion réussie du SRAS en 2003, a investi dans ses infrastructures de santé publique, et a mis en place un programme national de surveillance épidémiologique en « temps réel » depuis 2018.

    #Covid-19@migrant#migration#vietnam#frontiere#crisesanitaire#surveillenceepidemiologique#tracage#sante

  • Prise de pouvoir de l’administration #Trump sur les données concernant l’évolution du #Covid-19 - Heidi.news
    https://www.heidi.news/sante/la-maison-blanche-retire-la-recolte-des-donnees-sur-covid-19-des-mains-des-c

    Le gouvernement de Donald Trump a ordonné aux hôpitaux du pays d’envoyer les données relatives au #coronavirus à une base de données centrale à Washington dès ce mercredi 15 juillet. Jusqu’à présent, ces informations indispensables pour surveiller la situation sanitaire étaient recueillies quotidiennement par les #CDC (les Centers for Disease Control and Prevention), l’agence du gouvernement chargée du contrôle des maladies. La Maison blanche affirme que ce nouveau procédé permettra une collecte plus rapide et complète des informations et une meilleure allocation des ressources. Mais cette décision soulève des questions de transparence.

    Pourquoi c’est inquiétant.
    La base de données du Département de la Santé où seront envoyées les informations n’est pas accessible au public. Cela pourraient donc affecter le travail des chercheurs, des journalistes et de divers acteurs de santé publique qui s’appuient sur les CDC pour établir des projections et prendre des décisions. De nombreux experts en #santé_publique, interrogés par le New York Times, expriment aussi leurs inquiétudes vis-à-vis de la politisation des données. La représentante de Floride, Donna E. Shalala, ministre de la santé sous Bill Clinton, a ainsi déclaré dans les colonnes du quotidien : « seules les CDC ont l’expertise nécessaire pour collecter des données. Je pense que toute tentative de déresponsabiliser les personnes qui ont l’expertise est une politisation ».

    A lire dans le New York Times

    « #Politisation » en lieu et place d’acte #criminel.

  • Covid19 : pourquoi zéro mort au Vietnam ? – {Sciences²}
    https://www.lemonde.fr/blog/huet/2020/07/15/covid19-pourquoi-zero-mort-au-vietnam

    Le gouvernement vietnamien organise une surveillance rigoureuse de ses frontières. Tous les passagers des aéroports internationaux sont soumis à une recherche de suspicion de la Covid-19 et ceux provenant de régions à haut risque sont soumis à une quarantaine obligatoire et conduits directement en bus à la sortie de l’avion dans des centres isolés. Cette surveillance des frontières restera très stricte en février et mars, avec des fermetures de lignes aériennes en provenance des régions à risques et quarantaines pour toutes les arrivées, sans s’arrêter aux conséquences économiques en particulier sur le tourisme dont le rôle est pourtant croissant dans les revenus des populations vietnamiennes.

    #Covid-19#migrant#migration#vietnam#frontière#quarantaine#test#surveillance#tracking

    • Le traçage de tous les contacts des personnes détectées positives est systématisé à l’aide de 63 centres provinciaux, 700 centres de districts et 11.000 dispensaires de santé. Les médias informent les populations où des personnes ont été détectées positives afin qu’elles se présentent aux centres de tests. L’objectif est de tester, à partir de chaque cas confirmé – et donc mis en quarantaine et non renvoyés chez eux comme en France – les contacts des contacts des contacts de cette personne (trois degrés de proximité).

      La mobilisation des populations dans une action présentée comme une « guerre contre le virus » se fait par des moyens de communication de toutes sortes : journaux, télévision, radio, internet… Une vidéo et une chanson en vietnamien expliquant le mode de propagation du virus et les gestes barrières a été vue plus de 53 millions de fois…

      #media #agents_de_santé #traceurs #traçage #traçage_rétrospectif #traçage_prospectif

  • On parle de plus en plus d’Open badge
    Un Open Badge est une image numérique dans laquelle sont enregistrées un certain nombre d’informations, ou métadonnées, dont les principales sont :
    – l’identité du récepteur du badge ;
    – celle de l’émetteur ;
    – les critères d’attribution du badge ;
    – les preuves justifiant de son attribution.
    Il constitue une déclaration numérique vérifiable et infalsifiable relative aux expériences, réalisations, compétences, engagements, valeurs ou aspirations d’une personne.
    http://www.dane.ac-versailles.fr/comprendre/qu-est-ce-qu-un-open-badge
    On a peur-de-rien....
    #tracage #traquage #dérive_technologique

  • StopCovid, les leçons d’un désastre français
    https://www.letemps.ch/economie/stopcovid-lecons-dun-desastre-francais

    CHRONIQUE. L’application française de traçage des contacts cumule les défauts. Des erreurs à ne surtout pas répéter en Suisse avec SwissCovid Comment faire plus faux ? Comment cumuler davantage d’erreurs ? Difficile. La France semble avoir placé la barre très haut avec son application de traçage des contacts StopCovid. Le gouvernement a multiplié les faux pas et sa stratégie s’apparente d’ores et déjà à un échec avec à la clé à peine plus de 2% de la population ayant téléchargé l’app. L’histoire jugera, (...)

    #algorithme #StopCovid #smartphone #contactTracing #interopérabilité #technologisme #consentement #BigData #COVID-19 #santé (...)

    ##interopérabilité ##santé ##SwissCovid

  • Les travailleurs palestiniens sont les plus durement touchés par la pandémie
    Par Riya Al’sanah et Rafeef Ziadah | Traduction : MUV pour l’Agence Media Palestine | Jacobinmag.com
    https://agencemediapalestine.fr/blog/2020/05/27/les-travailleurs-palestiniens-sont-les-plus-durement-touches-pa

    (...) La diminution du nombre de travailleurs palestiniens a porté un coup dur au secteur israélien de la construction. Fin avril, seuls 15 à 17 000 ouvriers palestiniens restaient sur les chantiers, ce qui a entraîné l’arrêt des travaux sur 9 000 des 22 000 chantiers en activité.

    Les pertes financières israéliennes, couplées à l’incapacité de l’AP à soutenir ces travailleurs, ont conduit les deux parties à conclure un accord permettant à 67 000 ouvriers, principalement dans la construction, de retourner en Israël et dans ses colonies illégales en Cisjordanie. Cet accord était soumis à la condition qu’ils ne rentrent pas chez eux entre le moment de leur entrée le 3 mai et la fin du Ramadan.

    L’accord restreint la circulation des travailleurs et confie à des entrepreneurs israéliens le soin de surveiller leur localisation. Profitant pleinement de la situation, Israël a étendu l’utilisation d’une application pour téléphone portable appelée Al-Monasiq (« Le Coordinateur »), qui donne à l’armée israélienne l’accès à l’emplacement d’une personne, au micro et à la caméra de son téléphone, ainsi qu’à toutes ses données stockées.

    Bien qu’en théorie il ne soit pas obligatoire d’utiliser l’application, en pratique les travailleurs n’ont guère le choix, car elle est devenue le principal outil utilisé pour demander des permis et vérifier leur validité. (...)

    #stopcovid #traçage

  • Comment la République de Corée a aplati la courbe sans confinement national ni fermeture des frontières : Rapport | Organisation internationale pour les migrations
    https://www.iom.int/fr/news/comment-la-republique-de-coree-aplati-la-courbe-sans-confinement-national-ni-fe

    Depuis le premier cas de COVID-19 signalé le 20 janvier, ce pays de plus de 51 millions d’habitants compte 11 050 cas confirmés et 262 décès en date du 17 mai. Le rapport décrit les éléments clés de la réponse globale de la République de Corée contre la propagation du virus, qui devraient présenter un grand intérêt pour les autres pays actuellement aux prises avec le nouveau coronavirus et qui envisagent une gestion efficace de la mobilité pendant la pandémie. Le gouvernement de la République de Corée s’est concentré sur l’utilisation des technologies de l’information et de la communication (TIC) pour effectuer des tests rapides à grande échelle, rechercher les contacts et diffuser des informations essentielles en cas d’urgence, tout en renforçant les contrôles aux frontières et en appliquant des mesures strictes de quarantaine dans le pays.
    Le rapport souligne en particulier la Procédure spéciale d’immigration qui est appliquée avec souplesse en fonction de l’évolution du coronavirus, à mesure que davantage de passagers proviennent des zones touchées. Afin d’empêcher l’exode de voyageurs infectés vers les pays étrangers, le pays a également renforcé son processus de dépistage aux points d’entrée.
    Le recours aux 3T - tests généralisés, traçage rigoureux et traitement gratuit - a permis au pays de gérer les flux de passagers entrants et sortants de manière ouverte et responsable. Le rapport met également en évidence des facteurs sous-jacents tels que le leadership, l’approche pangouvernementale, le soutien juridique et administratif systématique, la flexibilité des politiques et la confiance du public fondée sur la transparence, comme les principaux attributs de la gestion remarquable du pays concernant la COVID-19. « La nature contagieuse des maladies infectieuses et l’interconnexion du monde moderne ont amené de nombreux pays à recourir aux restrictions de mobilité comme principal outil de contention », a déclaré Miah Park, responsable du Bureau de l’OIM en République de Corée. Selon l’OIM, en date du 23 avril, 215 pays, territoires et zones avaient mis en œuvre 52 262 mesures restrictives au total.

    #Covid-19#migrant#migration#CoréeSud#frontière#pandémie#propagation#test#dépistage#flux#voyageurs#gouvernance#maladies-infectieuses#traçage#santé

  • Turkey to Use App to Track Intercity Travels, Test International Passengers for Covid-19- English Bianet
    Passengers will have to receive a code to demonstrate that they are not infected or did not contact someone who is infected.

    #Covid-19#Turquie#Erdogan#confinement#Surveillance#Politique#Liberté#Tracage#migrant#migration

    http://bianet.org/english/health/224583-turkey-to-use-app-to-track-intercity-travels-test-international-passe

  • En Corée du Sud, le coronavirus stoppé grâce au traçage numérique - Asialyst
    https://asialyst.com/fr/2020/05/05/coronavirus-coree-du-sud-covid-19-stoppe-tests-tracage

    Quelles sont les clés du succès sud-coréen face à l’épidémie ?
    François Amblard : À la base de l’organisation mise en place pour combattre le coronavirus, il y a ici une réflexion parfaitement rationnelle entièrement basée sur les sciences, sur les connaissances et la médecine. Ce qui a conduit a exécuter les opérations dans des circonstances très différentes de ce qui se passe en France, par exemple. L’ensemble des opérations sont conduites par les professionnels de la santé qui jouissent d’un respect accordé au savoir médical et scientifique. C’est d’ailleurs ce qui s’impose devant tout le reste ici. Du fait de ce pouvoir accordé aux autorités sanitaires, l’interférence avec l’échelon politique est quasiment nul. L’échelon ministériel n’intervient pas dans les choix décidés par le Centre coréen de contrôle des maladies (Korean Center for Disease Control, KCDC). C’est l’opposé de ce à quoi on assiste aux États-Unis. Les Sud-Coréens seraient scandalisés d’entendre leur président, ou même un ministre non médecin, prendre position sur des questions qui sont du ressort de la médecine.

    Mais attention toutefois de ne pas se laisser abuser par le ton consentant de l’introduction où l’on pourrait avoir la désagréable impression que le #traçage est LA solution pour contenir l’épidémie. Oui le traçage peut être un moyen de lutter contre la propagation du virus mais sous certaines conditions : transparence concernant le traitement et la conservation des données, coopération des services de l’état avec les experts médicaux, lesquelles services de l’état ont la bienséance d’afficher leur volonté de s’effacer devant l’expertise des responsables sanitaires dont la mission est de gérer la crise.

  • En Corée du Sud, le coronavirus stoppé grâce au traçage numérique - Asialyst
    https://asialyst.com/fr/2020/05/05/coronavirus-coree-du-sud-covid-19-stoppe-tests-tracage

    La Corée du Sud rapporte 252 décès liés au coronavirus. L’expérience du SRAS et du MERS a beaucoup joué. Mais aussi et surtout, une politique de dépistage permettant d’isoler et de prendre en charge le plus rapidement les porteurs du virus à couronne. Avec une population de 52 millions d’habitants, le pays a testé près de 635 000 de personnes depuis début janvier. Le traçage permettant également de retrouver les personnes éventuellement contaminées.

    Un traçage qui, contrairement à certains pays en Europe, fait peu débat en Corée, soulignait récemment Frédéric Ojardias dans La Croix. Et pour cause : il est strictement encadré par la loi, explique François Amblard dans cet entretien réalisé juste après la publication d’un premier rapport sur la lutte contre le coronavirus en Corée du Sud.

    La loi précise que cette base de donnée est temporaire et sera en principe détruite à la fin des opérations. Elle est surtout hébergée en dehors du gouvernement. Les données sont à disposition de la KCDC qui est sous la tutelle du ministère de la Santé, mais elle est gérée par un hébergeur autre. En France, on pourrait par exemple faire que des institutions qui ont une certaine indépendance comme l’Institut National de Recherches en Informatique et en Automatique (INRIA) ou le Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) puissent servir d’hébergeur. Si le ministère de l’Intérieur veut interroger la base de données, il doit se déclarer à la porte d’entrée. Toute requête, toute information qui sort de la base est elle aussi tracée. Ce qui rend très difficile toute autre exploitation que ce pourquoi la base a été établie, à savoir tracer le virus. Cette base de données existe également en version anonymisée ouverte. L’information de la population est donc permise à des acteurs privés mais sur la base de données anonymisées. Des étudiants de mon université ont mis au point par exemple une application spécifique à notre ville à partir de ces données anonymes.

    Parmi les recettes, une forte indépendance de cette administration, alors que chez nous le conseil scientifique a simplement pour tâche d’informer le général Macaron qui dispose sur la foi de ses 8 millions d’électeurs en mai 2017.
    #test #traçage
    Ça me semble déjà assez intrusif, comme dispositif, alors l’idée qu’on puisse faire pire en France est assez flippante. En tout cas, comparé à la France où la lutte contre le coronavirus, c’est des flics qui sortent donner des amendes pour des achats de serviettes hygiéniques et tuer des jeunes mecs racisés, la Corée ressemble moins à un pays du Tiers Monde...