• #Ikea ou la mafia du #bois

    Ion Holban milite à l’association #Agent_Green, qui lutte contre le #trafic_de_bois en #Roumanie. Rencontré sur le site d’une #coupe_rase illégale, il raconte comment l’#industrie_de_l’ameublement, et notamment Ikea, privatise et détruit les forêts du pays pour vendre des produits rapidement obsolètes.

    Pouvez-vous présenter le site où nous nous trouvons ? Que s’est-il passé ici ?

    Nous sommes sur un site naturel protégé du nom de #Podiciul_Hartibatiului, au centre de la Roumanie. C’est le plus grand site Natura 2000 du pays, avec 250 hectares. Ici, à côté de la ville de #Cincu, il y a eu une coupe rase : sur 10 hectares, tous les arbres ont été coupés en même temps, ce qui est illégal. Cette #forêt, composée à 60-70% de #chênes, avait une grande valeur, car c’est l’espèce la plus rentable que nous avons. Au lieu d’intervenir de façon modérée, en laissant une partie des arbres, l’entreprise #Silva 1 a décidé de tout couper. Ce groupe, basé près de #Sibiu, coupe et transporte du bois. Nous avons suivi leur activité et constaté que le bois a été acheminé, stocké puis envoyé vers plusieurs clients, dont les usines d’Ikea. Elles ont beau ne pas porter la marque “Ikea”, nous savons que la majorité des grosses usines roumaines - qui s’appellent #Aviva 1, #Sortilemn 2 ou #Plimob 3 - produisent pour Ikea.

    Cette chaîne de sous-traitance brouille les pistes ?

    Oui, c’est une façon de cacher la #chaîne_de_production. Si vous demandez à des représentant.es d’Ikea d’où vient leur bois, on vous répondra qu’il vient de différents entrepôts, d’entreprises comme Silva, mais on ne vous dira pas où il a été coupé. Lorsque des journalistes les questionnent, ils et elles répondent que tout va bien. Or, depuis 10 ans, nous avons suivi énormément de #cartels du bois, d’entreprises mafieuses qui abiment la forêt roumaine de façon intensive et, selon moi, la pire est de loin Ikea. C’est l’entreprise la plus opaque à laquelle nous avons affaire, la seule qui refuse de changer quoi que ce soit dans sa manière de faire, qui ne nomme jamais ses partenaires, ne partage jamais ses enquêtes, et nous renvoie vers des institutions bidon comme #FSC. Or les forêts certifiées FSC sont coupées exactement comme ici, car FSC n’est pas un organisme de certification indépendant : c’est un #label bidon créé par l’industrie, payé par l’industrie, pour protéger l’industrie.

    Dans quels autres pays d’Europe constate-t-on des problèmes similaires ?

    Dans les pays où il est possible d’acheter de la forêt. Dans des pays comme l’Ukraine ou la Pologne, c’est très difficile, mais en Roumanie, #Estonie ou #Lettonie, c’est possible et ce n’est pas cher. Vu le niveau de #corruption ici, vous pouvez facilement en acheter beaucoup si vous connaissez les bonnes personnes. Et Ikea a à l’évidence de grosses connections avec les politiques et le ministère de l’environnement roumain. Ils sont donc devenus rapidement les plus gros propriétaires privés de forêts, avec plus de 50 000 hectares. Et leur gestion est déplorable, comme on le voit ici. Les équipes d’Ikea ne voient pas la forêt comme un écosystème, ni comme une alliée indispensable dans la lutte contre le changement climatique. Ils la voient comme une #monoculture intensive : ils coupent agressivement de riches forêts mixtes, puis replantent les espèces qui sont les plus rentables.

    À propos de changement climatique, cet été a-t-il été particulièrement chaud en Roumanie ?

    Oui. Ici, dans le centre du pays on a atteint des records de température. Or les monocultures d’arbres sont les plus exposées au #changement_climatique, aux incendies, aux attaques d’insectes... Une #forêt_mixte est beaucoup plus résiliente : si certains arbres sont touchés par le scolyte, par exemple, certaines espèces mourront, mais d’autres subsisteront et les remplaceront. Là où vous avez 100% d’espèces identiques, la forêt toute entière est soumise aux mêmes vulnérabilités.

    Un autre impact de cette industrie, ce sont les déchets d’ameublement, que nous appelons en France "#bois_B" et dont l’incinération se développe. Comment expliquer le fait que tant de produits du bois soient jetés - ce qui engendre toujours plus de production, de coupes, de #gaspillage ?

    Je pense que c’est une question de mentalité et de business plan. Ikea a développé ce modèle économique de #fast_furniture : on vient en magasin, on achète le #mobilier de cette année, qu’on aime pour sa couleur jaune, mais l’année prochaine on voudra du vert. Alors on jette et on rachète, vu que le prix est relativement bas et qu’ils encouragent cette mentalité, cette idée selon laquelle les meubles sont en quelque sorte jetables : on peut les recycler et les remplacer si on en a envie. C’est complètement insoutenable. La forêt n’en est pas capable. Si toutes les compagnies de meubles adoptaient le modèle d’Ikea, nous viendrions à bout de nos forêts, car elles ne poussent pas aussi vite que les meubles sont fabriqués et jetés.

    Comment fait Ikea pour vendre si peu cher ?

    Une combinaison de stratégies permet de réduire les coûts de production : abuser de la forêt, couper autant que possible, transporter aussi vite que possible, et payer très peu les travailleur.ses. Dans beaucoup de leurs usines, les gens gagnent le salaire mininum 4. On a donc des #coûts_de_production très bas pour un bois de valeur.

    Ce modèle de consommation rencontre-t-il du succès en Roumanie ?

    Il y a quinze ans, il n’y avait qu’un seul magasin Ikea, à Bucarest. Aujourd’hui, il y en a dans la plupart des grandes villes. Il y a donc un marché pour ces meubles à bas coût. L’industrie qui produisait des meubles de qualité il y a 30 ans était dispersée en petites entreprises et s’est complètement effondrée. Nous savons qu’à l’époque communiste les conditions de travail étaient très mauvaises dans les usines, la santé des travailleur.ses n’était pas prise en compte, les produits chimiques employés généraient des cancers et d’autres pathologies. Aujourd’hui, les usines utilisent toujours des produits dangereux comme du #formaldéhyde, ne respectent pas non plus la vie des travailleur.ses ou des riverain.es. Concernant la consommation, il y avait tellement de pauvreté qu’on n’avait pas les moyens de jeter des meubles : si le lit était fonctionnel, on le gardait, si la chaise était cassée, on la réparait et on l’utilisait jusqu’à ce qu’elle soit complètement hors-service. Mais aujourd’hui, alors même qu’il y a plus d’argent en Roumanie et que ces objets de l’ère communiste atteignent la fin de leur cycle de vie, on constate que très peu de gens peuvent se permettre de dépenser dans du bon matériel, ce qui résulte aussi de la #pauvreté.

    La pauvreté incitait à faire durer les choses, aujourd’hui elle incite à acheter du jetable ?

    Oui. Il y a aussi cette représentation : il faut se débarrasser du vieux mobilier communiste et acheter des produits avec de jolies couleurs et un joli design, sans prêter attention à la qualité ou à la traçabilité du bois. Lorsque nous parlons avec des jeunes, ils sont souvent surpris, ils s’attendent à ce que des compagnies comme Ikea soient responsables. Si vous lisez les textes publiés sur leur site Internet, vous pouvez croire que leurs produits sont des dons que Dieu envoie aux terrien.nes, ce qu’il y a de plus soutenable. Les gens croient à ces folies. Nous voulons changer ça, que les gens y réfléchissent à deux fois avant d’acheter ces produits.

    Quelles victoires avez-vous remportées ?

    De petites victoires. Ici, à Cincu, nous avons déposé plusieurs plaintes auprès de la commune et des gardes forestiers, et le maire a accepté de placer 10% de la forêt sous stricte protection - auparavant on était à 1%. Nous voyons des résultats au niveau local, mais peu au niveau international. Les grandes batailles seront longues : il faudra des années avant d’avoir des réponses d’organisations aussi opaques qu’Ikea.

    De l’autre côté de l’Europe, et à l’autre bout du cycle de vie du meuble, d’autres activistes se battent contre les effets néfastes de la fast furniture : je pense aux opposant.es au projet d’incinérateur de bois B "Thermo-sur-Seine", dans le 94. Quels conseils leur donneriez-vous ?

    Il faut continuer à se battre, tenir bon, ne pas être abattu.es par les premiers échecs. Il faut se fixer des objectifs à long terme et persévérer dans la lutte parce que le bien triomphe toujours. C’est ma conviction : si vous vous battez pour la nature, vous êtes du bon côté de l’histoire. Et à la fin, on va gagner.

    –-

    1Entreprise fondée en 2007 à Bucarest, qui produisait initialement des sapins de Noël.

    1Entreprise fondée en 1999 à Sighetul Marmatiei, fabriquant du parquet, des plans de travail, des meubles et ustensiles de cuisine.

    2Entreprise fondée en 1961 à Gherla, privatisée en 1991, fabriquant des meubles en bois.

    3Entreprise également basée à Sighetul Marmatiei, née en 1995 de la scission de plusieurs sites de production, fabriquant notamment des chaises en bois pour Ikea qui est son partenaire principal.

    4En 2026 le salaire minimum net en Roumanie équivaut à 515 € net (815 € brut).

    https://blogs.mediapart.fr/jeanne-guien/blog/050926/ikea-ou-la-mafia-du-bois
    #meubles #privatisation

  • Des citoyens « enquêteurs » révèlent au grand jour un trafic illicite de bois vers la Chine

    La gendarmerie a corroboré la piste de l’exportation de bois vers l’Asie, jusqu’à aboutir au placement en garde à vue des gérants d’#Euro_Bois. Au cours de la perquisition, 27 000 euros en liquide sont saisis, ainsi que des documents faisant état de transferts d’argent de la Chine vers une entreprise turque, pour un montant d’environ 100 000 euros.

    Grâce à leur persévérance, des habitants du département francilien des #Yvelines ont contribué à mettre à jour une filière d’#exportation illégale de bois vers le continent asiatique. Plus de 350 arbres, en majorité des #chênes issus d’espaces boisés classés, auraient été coupés pour être envoyés en Chine.

    Des arbres rasés dans des « Espaces boisés classés »

    Difficile d’y croire tant l’histoire paraît rocambolesque, et pourtant : grâce à la vigilance de citoyens, inquiets de voir les forêts des Yvelines « massacrées », une filière d’exportation illégale de bois entre les Yvelines et la Chine a été révélée au grand jour en mars dernier.

    Retour à l’automne 2022. A cette époque, dans la forêt de #Septeuil (Yvelines), des habitants remarquent des #coupes_d’arbres « anormales » sur des parcelles privées où la société d’exploitation forestière Euro Bois intervient.

    Sur certaines parcelles, d’ailleurs classées « #Espaces_boisés_classés » (#EBC), « les coupes, qui visaient essentiellement des chênes, étaient autorisées, puisque des demandes d’autorisation de coupe avaient été déposées en mairie et que les propriétaires des parcelles avaient donné leur accord, rembobine Virginie Meurisse pour La Relève et La Peste.

    Mais alors que la société disait effectuer des coupes sanitaires, elle ne coupait que des arbres sains, continue la présidente de #Sauvons_La_Tournelle, une association dédiée notamment à la défense des sites naturels des Yvelines. Il y avait également des irrégularités dans les demandes d’autorisation ».

    Des citoyens devenus « enquêteurs en herbe »

    Rapidement, les associations Sauvons la Tournelle, #Jade et #Sauvons_les_Yvelines portent plainte face à ce que toutes trois qualifient alors de « #massacre_à_la_tronçonneuse », comme Virginie Meurisse l’expliquait déjà pour La Relève et La Peste à l’hiver 2022.

    « On a également écrit à la mairie de Septeuil pour qu’elle prenne un Arrêté interruptif de travaux (AIT) qui permette l’arrêt des coupes le temps d’instruire notre plainte, mais le maire a refusé », développe la militante, amère.

    Si sur place, l’#abattage des chênes continue, une enquête est néanmoins ouverte, dont sont saisis les gendarmes de la Communauté de brigades (CoB) de Septeuil.

    « On a eu de la chance parce qu’on a été reçu par un gendarme qui a pris la question très au sérieux », insiste Virginie Meurisse.

    Surtout, quelques mois plus tard, en avril 2023, un habitant remarque en forêt des Yvelines de nouveaux troncs abattus, prêts à être chargés dans un conteneur maritime. Par réflexe, l’habitant prend une photo et à partir de là, tout s’accélère. En possession de l’immatriculation du conteneur, et grâce à des sites de pistage en open source, les militants écologistes réussissent à pister le conteneur jusqu’au port de Yantian, au sud de la Chine.

    « Si ce n’était pas si grave, ça en en serait presque drôle, lâche Virginie Meurisse. On s’est vraiment transformés en enquêteurs en herbe. »

    Les gérants attendus devant le tribunal correctionnel de Versailles

    En parallèle, la gendarmerie corrobore la piste de l’exportation de bois vers l’Asie, jusqu’à aboutir au placement en garde à vue des gérants d’Euro Bois le 6 mars dernier. Au cours de la perquisition, conduite par les enquêteurs dans les locaux de l’entreprise, 27 000 euros en liquide sont saisis, ainsi que des documents faisant état de transferts d’argent de la Chine vers une entreprise turque, pour un montant d’environ 100 000 euros, détaille la gendarmerie.

    « Sur les déclarations préalables, les motifs de coupe sont erronés, apprend-on également. Les taux de prélèvement sont dépassés, et des arbres sont abattus et volés sur des parcelles non-déclarées, sans l’autorisation des propriétaires. »

    Poursuivis pour coupe illicite d’arbres et vols de bois depuis janvier 2021, les gérants de la société d’exploitation forestière, une mère et son fils, sont attendus devant le Tribunal correctionnel de Versailles le 21 mai prochain. Une audience que les associations de préservation de l’environnement des Yvelines attendent avec impatience, d’autant que l’entreprise avait déjà été condamnée en 2022 pour des faits similaires dans la commune de Grosrouvre (Yvelines).

    « Avec cette audience, on espère comprendre comment ces coupes ont pu avoir lieu alors qu’elles seraient illégales », détaille Virginie Meurisse, qui estime qu’au moins 350 arbres auraient été coupés illégalement sur environ 10 hectares de forêt.

    Des coupes qui visaient essentiellement des gros chênes valorisables sur le marché mondial, et notamment en Chine où la coupe de chênes est interdite depuis 2017.

    Répertorier toutes les coupes de bois des Yvelines

    Heureuse de voir les efforts des militants associatifs payer, Virginie Meurisse garde cependant un goût amer de ces longs mois de combat.

    « On va certainement taper sur cette entreprise, à juste titre, mais je regrette qu’on ne soit pas allé plus vite, dit-elle. Dès le départ, on a alerté la mairie de Septeuil, qui n’a rien fait. Dans des situations similaires, d’autres maires ont pris des AIT et ont pu empêcher des massacres. Nous, ça n’a pas été le cas », insiste-t-elle, alors que d’après l’Office national des forêts (ONF), le montant du préjudice s’élève à 160 000 euros.

    Loin de baisser les bras pour autant, Virginie Meurisse et les associations écologistes du territoire disent vouloir rester attentifs aux coupes de bois « suspectes » dans les Yvelines, où « c’est l’hécatombe ».

    Ces derniers travaillent d’ailleurs à créer une carte interactive qui permettrait de répertorier l’ensemble des coupes d’arbres des Yvelines, en forêt privée comme dans les forêts gérées par l’ONF. Un travail titanesque qui nécessiterait la contribution de cartographes, de naturalistes ou encore d’écologues.

    L’objectif : « connaître le volume réel de bois abattu dans le département, explique Virginie Meurisse. On cherche à alerter sur les trafics de bois, comme ça a été le cas dans la forêt de Septeuil, mais aussi plus largement sur la quantité de coupes de bois autorisées.

    Pour nous, il est urgent de revoir les plans de gestion des forêts qui, bien que légaux, sont parfois obsolètes face au dérèglement climatique et au dépérissement de la forêt. »

    Contactée, la mairie de Septeuil n’a pas répondu à notre demande d’interview.

    https://lareleveetlapeste.fr/des-citoyens-enqueteurs-revelent-au-grand-jour-un-trafic-illicite-

    #France #Chine #bois #Franchine (?) #bois #trafic_de_bois

  • #Ikea, le seigneur des forêts

    Derrière son image familiale et écolo, le géant du meuble suédois, plus gros consommateur de bois au monde, révèle des pratiques bien peu scrupuleuses. Une investigation édifiante sur cette firme à l’appétit démesuré.

    C’est une des enseignes préférées des consommateurs, qui équipe depuis des générations cuisines, salons et chambres d’enfants du monde entier. Depuis sa création en 1943 par le visionnaire mais controversé Ingvar Kamprad, et au fil des innovations – meubles en kit, vente par correspondance, magasins en self-service… –, la petite entreprise a connu une croissance fulgurante, et a accompagné l’entrée de la Suède dans l’ère de la consommation de masse. Aujourd’hui, ce fleuron commercial, qui participe pleinement au rayonnement du pays à l’international, est devenu un mastodonte en expansion continue. Les chiffres donnent le tournis : 422 magasins dans cinquante pays ; près d’un milliard de clients ; 2 000 nouveaux articles au catalogue par an… et un exemplaire de son produit phare, la bibliothèque Billy, vendu toutes les cinq secondes. Mais le modèle Ikea a un coût. Pour poursuivre son développement exponentiel et vendre toujours plus de meubles à bas prix, le géant suédois dévore chaque année 20 millions de mètres cubes de bois, soit 1 % des réserves mondiales de ce matériau… Et si la firme vante un approvisionnement responsable et une gestion durable des forêts, la réalité derrière le discours se révèle autrement plus trouble.

    Greenwashing
    Pendant plus d’un an, les journalistes d’investigation Xavier Deleu (Épidémies, l’empreinte de l’homme) et Marianne Kerfriden ont remonté la chaîne de production d’Ikea aux quatre coins du globe. Des dernières forêts boréales suédoises aux plantations brésiliennes en passant par la campagne néo-zélandaise et les grands espaces de Pologne ou de Roumanie, le documentaire dévoile les liens entre la multinationale de l’ameublement et l’exploitation intensive et incontrôlée du bois. Il révèle comment la marque au logo jaune et bleu, souvent via des fournisseurs ou sous-traitants peu scrupuleux, contribue à la destruction de la biodiversité à travers la planète et alimente le trafic de bois. Comme en Roumanie, où Ikea possède 50 000 hectares de forêts, et où des activistes se mobilisent au péril de leur vie contre une mafia du bois endémique. Derrière la réussite de l’une des firmes les plus populaires au monde, cette enquête inédite éclaire l’incroyable expansion d’un prédateur discret devenu un champion du greenwashing.

    https://www.arte.tv/fr/videos/112297-000-A/ikea-le-seigneur-des-forets
    #film #film_documentaire #documentaire #enquête
    #greenwashing #green-washing #bois #multinationale #meubles #Pologne #Mazovie #Mardom_House #pins #Ingvar_Kamprad #délocalisation #société_de_consommation #consumérisme #résistance #justice #Fondation_Forêt_et_citoyens #Marta_Jagusztyn #Basses-Carpates #Carpates #coupes_abusives #exploitation #exploitation_forestière #consommation_de_masse #collection #fast-furniture #catalogue #mode #marketing #neuro-marketing #manipulation #sous-traitance #chaîne_d'approvisionnement #Sibérie #Russie #Ukraine #Roumanie #accaparement_de_terres #Agent_Green #trafic_de_bois #privatisation #Gabriel_Paun #pillage #érosion_du_sol #image #prix #impact_environnemental #FSC #certification #norme #identité_suédoise #modèle_suédois #nation_branding #Estonie #Lettonie #Lituanie #lobby #mafia_forestière #coupes_rases #Suède #monoculture #sylviculture #Sami #peuples_autochtones #plantation #extrême_droite #Brésil #Parcel_Reflorestadora #Artemobili #code_de_conduite #justice #responsabilité #abattage #Nouvelle-Zélande #neutralité_carbone #compensation_carbone #maori #crédits-carbone #colonisation

    • #fsc_watch

      This site has been developed by a group of people, FSC supporters and members among them, who are very concerned about the constant and serious erosion of the FSC’s reliability and thus credibility. The group includes Simon Counsell, one of the Founder Members of the FSC; Hermann Edelmann, working for a long term FSC member organisation; and Chris Lang, who has looked critically at several FSC certifications in Thailand, Laos, Brazil, USA, New Zealand, South Africa and Uganda – finding serious problems in each case.

      As with many other activists working on forests worldwide, we share the frustration that whilst the structural problems within the FSC system have been known for many years, the formal mechanisms of governance and control, including the elected Board, the General Assembly, and the Complaints Procedures have been highly ineffective in addressing these problems. The possibility of reforming – and thus ‘saving’ – the FSC through these mechanisms is, we feel, declining, as power within the FSC is increasingly captured by vested commercial interest.

      We feel that unless drastic action is taken, the FSC is doomed to failure. Part of the problem, in our analysis, is that too few FSC members are aware of the many profound problems within the organisation. The FSC Secretariat continues to pour out ‘good news stories’ about its ‘successes’, without acknowledging, for example, the numerous complaints against certificates and certifiers, the cancellation of certificates that should never have been awarded in the first place, the calls for FSC to cease certifying where there is no local agreement to do so, the walk-outs of FSC members from national processes because of their disillusionment with the role of the economic chamber, etc. etc. etc.

      There has been no honest evaluation of what is working and what is not what working in the FSC, and no open forum for discussing these issues. This website is an attempt to redress this imbalance. The site will also help people who are normally excluded from the FSC’s processes to express their views and concerns about the FSC’s activities.

      Please share your thoughts or information. Feel free to comment on our postings or send us any information that you consider valuable for the site.

      UPDATE (25 March 2010): A couple of people have requested that we explain why we are focussing on FSC rather than PEFC. Shortly after starting FSC-Watch we posted an article titled: FSC vs PEFC: Holy cows vs the Emperor’s new clothes. As this is somewhat buried in the archives, it’s reproduced in full here (if you want to discuss this, please click on the link to go to the original post):
      FSC vs PEFC: Holy cows vs the Emperor’s new clothes

      One of the reasons I am involved in this website is that I believe that many people are aware of serious problems with FSC, but don’t discuss them publicly because the alternative to FSC is even worse. The alternative, in this case is PEFC (Programme for the Endorsement of Forest Certification schemes) and all the other certification schemes (Cerflor, Certflor, the Australian Forestry Standard, the Malaysian Timber Certification Council and so on). One person has suggested that we should set up PEFC-Watch, in order “to be even-handed”.

      The trouble with this argument is that PEFC et al have no credibility. No NGOs, people’s organisations or indigenous peoples’ organisations were involved in setting them up. Why bother spending our time monitoring something that amounts to little more than a rubber stamp? I can just see the headlines: “Rubber stamp PEFC scheme rubber stamps another controversial logging operation!” Shock, horror. The Emperor is stark bollock naked, and it’s not just some little boy pointing this out – it’s plain for all to see, isn’t it?

      One way of countering all these other schemes would be to point out that FSC is better. But, if there are serious problems with FSC – which there are, and if we can see them, so can anyone else who cares to look – then the argument starts to look very shaky.

      FSC standards aren’t bad (apart from Principle 10, which really isn’t much use to anyone except the pulp and paper industry). They say lots of things we’d probably want forest management standards to say. The trouble is that the standards are not being applied in practice. Sure, campaign against PEFC, but if FSC becomes a Holy Cow which is immune to criticism (not least because all the criticism takes place behind closed doors), then we can hardly present it as an alternative, can we?…”

      By the way, anyone who thinks that PEFC and FSC are in opposition should read this interview with Heiko Liedeker (FSC’s Executive Director) and Ben Gunneberg (PEFC’s General Secretary). In particular this bit (I thought at first it must be a mix up between FSC and PEFC, or Liedeker and Gunneberg):

      Question: As a follow-up question, Heiko Liedeker, from your perspective, is there room ultimately for programs like the Australian Forestry Standard, Certfor and others to operate under the FSC umbrella?

      Heiko Liedeker: Absolutely. FSC was a scheme that was set-up to provide mutual recognition between national standard-setting initiatives. Every national initiative sets its standard. Some of them are called FSC working groups, some of them are called something else. In the UK they are called UKWAS. We’ve been in dialogue with Edwardo Morales at Certfor Chile. They are some of the FSC requirements listed for endorsement, we certainly entered into discussion. We’ve been in discussion with the Australian Forestry Standard and other standard-setting initiatives. What FSC does not do is, it has one global scheme for recognizing certification. So we do not, and that’s one of the many differences between FSC and PEFC, we do not require the development of a certification program as such. A standard-setting program is sufficient to participate in the network.

      https://fsc-watch.com

    • Complicit in destruction: new investigation reveals IKEA’s role in the decimation of Romania’s forests

      IKEA claims to be people and planet positive, yet it is complicit in the degradation and destruction of Romania’s forests. A new report by Agent Green and Bruno Manser Fonds documents this destruction and presents clear requests to the furniture giant.

      A new investigative report (https://www.bmf.ch/upload/Kampagnen/Ikea/AG_BMF_report_IKEA_web_EN.pdf) by Agent Green and Bruno Manser Fonds shows a consistent pattern of destructive logging in IKEA-linked forests in Romania, with massive consequences for nature and climate. The findings are based on an analysis of official documents and field investigations of nine forest areas in Romania. Seven of them are owned by the IKEA-related company Ingka Investments and two are public forests supplying factories that produce for IKEA. The analysis uncovers over 50 suspected law violations and bad forest management practices. Biodiversity rich forest areas cut to the ground, intensive commercial logging conducted in ecologically sensitive or even old-growth forests without environmental assessments, dozens of meters deep tractor roads cutting through the forest are just a few of the issues documented.

      Most of the visited forests are fully or partially overlapping with EU protected areas. Some of these forests were strictly protected or under low-intensity logging before Ingka took over. Now they are all managed to maximize wood extraction, with no regard to forest habitats and their vital role for species. Only 1.04% of the total Ingka property in Romania are under a strict protection regime and 8.24% under partial protection. This is totally insufficient to meet EU goals. The EU biodiversity strategy requires the protection of a minimum of 30% of EU land area, from which 10% need to be strictly protected. One key goal is to strictly protect all remaining primary and old-growth forests in the EU.

      At the press conference in Bucharest Gabriel Păun, President of Agent Green, stated: “IKEA/Ingka seem to manage their forests like agricultural crops. Letting trees grow old is not in their culture. Removing entire forests in a short period of time is a matter of urgency for IKEA, the tree hunter. The entity disregards both the written laws and the unwritten ways of nature. IKEA does not practice what they preach regardless of whether it is the European Union nature directives, Romanian national legislation, or the FSC forest certification standard. But as a company with revenues of billions of Euros and Romania’s largest private forest owner, IKEA / Ingka should be an example of best practice.”

      Ines Gavrilut, Eastern Europe Campaigner at the Bruno Manser Fonds, added: “It is high time that IKEA started to apply its declared sustainability goals. IKEA could do so much good if it really wanted to set a good example as a forest owner, administrator, and large wood consumer in Romania and beyond. Needs could also be covered without resorting to destructive logging, without converting natural forests into plantations – but this requires tackling difficult issues such as the core of IKEA’s business model of “fast furniture”. Wood products should not be for fast consumption but should be made to last for decades.”

      Agent Green and Bruno Manser Fonds urge IKEA and the Ingka Group to get a grip on their forest operations in Romania to better control logging companies, not to source wood from national or natural parks, to effectively increase protection and apply forestry close to nature in own forests, to ensure full traceability and transparency of the IKEA supply chain, and allow independent forest oversight by civil society and investigative journalists.

      In August 2021, Agent Green published its first report documenting destruction in IKEA-linked forests in Romania. In May 2023, Agent Green and Bruno Manser Fonds sent an open letter of concern to the Ingka Group and IKEA Switzerland. BMF also started a petition demanding IKEA to stop deforestation in Romania’s protected forest areas and other high conservation value forests.

      The ARTE documentary IKEA, the tree hunter brilliantly tells the story of the real cost of IKEA furniture, the uncontrolled exploitation of wood and human labour.

      https://bmf.ch/en/news/neue-untersuchung-belegt-ikeas-beteiligung-an-der-waldzerstorung-in-rumanien-256

      #rapport

  • The Borneo Case - Info et société | ARTE
    https://www.arte.tv/fr/videos/RC-016167/the-borneo-case

    « Bornéo Case » raconte l’histoire de citoyens qui s’engagent contre la destruction d’une forêt tropicale, au profit d’une #plantation de #palmiers_à_huile. La web-série raconte en cinq épisodes les coulisses de ce documentaire d’investigation, tourné comme un thriller, et lève le voile sur les dangers et les menaces proférés à l’encontre de ses auteurs.

    #déforestation #Bornéo #assassinats

    • #trafic_de_bois #corruption #blanchiment_d'argent #banque

      Money Logging

      Money Logging investigates what former British Prime Minister Gordon Brown has called ‘probably the biggest environmental crime of our times’—the massive destruction of the Borneo rainforest by Malaysian loggers. Historian and campaigner Lukas Straumann goes in search not only of the lost forests and the people who used to call them home, but also the network of criminals who have earned billions through illegal timber sales and corruption.

      Straumann singles out Abdul Taib Mahmud, current governor of the Malaysian state of Sarawak, as the kingpin of this Asian timber mafia, while he shows that Taib’s family—with the complicity of global financial institutions—have profited to the tune of 15 billion US dollars. Money Logging is a story of a people who have lost their ancient paradise to a wasteland of oil palm plantations, pollution, and corruption—and how they hope to take it back.

      https://www.money-logging.org
      #livre