• Geolittoral Le littoral de ma commune

    #trait_de_cote
    #elevation_du_niveau_de_la_mer
    #desastre_climatique

    https://geolittoral-data.cerema.fr/portal/apps/experiencebuilder/experience/?id=bc2f0a98364e41d3ac1ac5216f4c8813

    Voir blabla sur Adaptation des territoires aux évolutions du littoral | Ministères Transition écologique, Aménagement du Territoire, Transports, Ville et Logement https://www.ecologie.gouv.fr/politiques-publiques/adaptation-territoires-aux-evolutions-du-littoral#la-strategie-nationa

    Le littoral français en chiffres
    20 000 km de littoral français sont soumis à un phénomène d’érosion. Aucune région côtière française n’est épargnée par le phénomène de recul du trait de côte.
    30km² de terres ont disparu en France à la suite du recul du trait de côte depuis 50 ans.
    1 Français sur 8 vit dans une commune littorale.
    Le littoral compte 5,5 millions de logements.
    [Vidéo] Qu’est-ce que le recul du trait de côte ?

  • « La promenade de Biscarrosse a fini par tomber. Tant que le futur n’a pas de prise perceptible sur le présent, il reste sans effet sur les pratiques », Marie Stutzmann, anthropologue
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/04/09/la-promenade-de-biscarrosse-a-fini-par-tomber-tant-que-le-futur-n-a-pas-de-p

    En janvier, une partie de la promenade de la station balnéaire landaise Biscarrosse a disparu. Pas progressivement, mais d’un seul coup. Pourtant, l’#érosion du #trait_de_côte était connue. Le #littoral reculait de 1 à 2 mètres par an. Les projections existaient. Les panneaux aussi. Tout le monde savait. Malgré cela, rien – ou presque – n’a vraiment changé.

    Quelques mois avant la tempête, j’observais les habitants face à la dune. Ils lisaient les informations, acquiesçaient – puis enjambaient les clôtures pour rejoindre la plage. Ce geste, anodin en apparence, dit quelque chose d’essentiel : il ne relève ni de la défiance ni du déni ; il révèle un décalage plus profond entre ce que nous savons et ce que nous faisons.

    On explique souvent ce décalage par un manque de volonté ou par une forme d’aveuglement collectif. Pourtant, ce diagnostic est insuffisant. Dans la plupart des situations, les faits sont connus, les alertes entendues, les risques reconnus. Face aux transformations de notre écosystème notamment, ce qui manque n’est pas l’information mais la transformation des conditions concrètes de notre action.
    Les comportements humains ne se réorganisent pas à partir d’idées. Ils se structurent à partir d’habitudes, d’attachements, de repères sensibles – tout ce qui rend nos gestes évidents sans que nous y pensions. L’anthropologie désigne cela sous le terme « habitus » : une manière incorporée d’habiter le monde. L’humain change par micro-adaptations, rarement par rupture.

    Partout, le même paradoxe

    A Biscarrosse, les habitants ne contestaient pas les données. Mais leur expérience sensible contredisait encore les projections. Les villas jumelles, symbole de la station, certes menacées, tenaient. Le paysage semblait stable. Et, dans l’économie ordinaire de l’action, ce qui est vu et éprouvé l’emporte sur ce qui est anticipé.

    #paywall #submersion #climat #océans

    • J’adore la conclusion de la vidéo. Faut de la résilience braves gens ! (Avec en image de fond des camions roulant au gasoil qui apportent du sable dont on ne dit pas la provenance).

    • accès à l’article :
      https://archive.is/6ZkFU

      C’est pourquoi l’information, si nécessaire soit-elle, reste structurellement insuffisante. Elle opère au niveau rationnel, mais peine à transformer les représentations incorporées, alors que le changement se joue d’abord au niveau des pratiques. Cette distinction est décisive. Elle permet de comprendre pourquoi tant de politiques publiques échouent : elles visent à convaincre, là où il faudrait rendre possible – et progressivement familier – autre chose.
      La question n’est donc pas : comment convaincre les gens de changer ? Elle est : de quoi sont faits leurs usages, et où la nouveauté peut-elle se frayer une place ? C’est le propre du travail de l’anthropologue. Avant toute intervention, il s’agit de cartographier finement ce qui existe : les gestes quotidiens, les trajectoires, les attachements. Non pour les respecter passivement, mais pour identifier les points d’accroche : là où une pratique nouvelle peut se greffer sur une ancienne, s’y hybrider, sans la heurter de front.

    • En définitive, la mer ne monte pas à cause du fracas des tempêtes, mais du travail patient de deux forces invisibles : un océan qui gonfle en chauffant et des glaces qui glissent lentement vers les flots.

      https://sciencepost.fr/tout-le-monde-regarde-fondre-les-glaciers-pour-expliquer-la-montee-des-o

      Or j’entends une hydrologue (non identifiée : https://bsky.app/profile/kuntavandenkinte.bsky.social/post/3mt24ttsobk2t) dire que de récentes données Nasa montrent que le pillage des réservoirs continentaux, superficiels ou fossiles, est le premier facteur de la montée des eaux. Mais je ne trouve rien de plus précis et sourcé. @simplicissimus ?

      edit
      – merci pour l’article accessible !
      – l’hydrologue en question cite aussi la possibilité de stocker de l’eau dans les nappes aquifères existantes (plutôt qu’en bassines ; ) lorsque le niveau des fleuves est haut, ce qui est expérimenté avec la Garonne et qui foncitonnerait déjà.

    • je pense que le mot qui va bien (qui répond à ta question) est #subsidence. Et ça dépend largement de où ça se passe.

      Qu’est-ce que la subsidence, ce phénomène qui fait s’affaisser de nombreuses villes côtières du monde ? - Geo.fr
      https://www.geo.fr/environnement/quest-ce-que-la-subsidence-ce-phenomene-qui-fait-saffaisser-de-nombreuses-villes

      Qu’est-ce que la subsidence ?

      La subsidence est un lent affaissement de la surface de la croûte terrestre. Elle offre ainsi un espace pour le dépôt progressif et la préservation de sédiments sur de grandes épaisseurs. Phénomène naturel, une subsidence peut aussi être causée par les activités humaines qui provoquent un affaissement accéléré des sols.

      Une nouvelle étude parue le 1er janvier dans la revue Science vient de calculer que le tassement du sol affectera 635 millions de personnes d’ici 2040, soit 19 % de la population mondiale. Les zones les plus concernées sont celles qui connaissent une importante pression démographique avec une urbanisation croissante, ainsi que celles sujettes à une faible pluviométrie et nécessitant une irrigation importante. Entre 2010 et 2040, le risque sera ainsi accru de 80 % aux Philippines, en Irak, en Indonésie, en Israël ou en Algérie. En Europe, le phénomène est particulièrement marqué dans le nord de l’Italie et aux Pays-Bas, touchés un peu plus chaque année.

      Sur la thématique exacte de ce que tu cites :

      Ce n’est pas la montée des eaux : ce qui aggrave les inondations dans nos villes se joue sous nos pieds, millimètre par millimètre
      https://sciencepost.fr/ce-nest-pas-la-montee-des-eaux-ce-qui-aggrave-les-inondations-dans-nos-v

      On imagine toujours la menace venir de l’horizon, cette ligne bleue qui grimpe lentement à mesure que les glaciers fondent. Pourtant, le véritable danger pour de nombreuses villes côtières ne tombe pas du ciel ni ne déferle depuis le large : il se joue à la verticale, sous le bitume, dans un mouvement si lent qu’aucun œil humain ne pourrait le percevoir. Pendant que nous scrutons la montée des océans, le plancher de nos métropoles s’enfonce discrètement, millimètre après millimètre. Ce phénomène porte un nom peu connu du grand public, la subsidence, et il pourrait bien rebattre les cartes de notre vulnérabilité face aux inondations. Car dans cette course entre l’eau qui monte et la terre qui descend, il arrive que le sol perde la partie plus vite qu’on ne le croyait.

      Ceci dit, chez moi, c’est bien l’élévation du niveau marin qui est la cause de la submersion à venir ; pratiquement pas de subsidence.

      Un autre effet « secondaire » qui peut s’avérer dramatique (d’autant plus s’il y a conjonction des deux phénomènes évoqués ci-dessus) c’est la salinisation des nappes phréatiques. Avec d’un côté une mer qui monte et de l’autre des nappes qui baissent, il y a forcément transfert de l’une vers les autres…

    • côté subsidence, un des endroits les plus terrifiants, c’est Djakarta…

      Jakarta, the Sinking Metropolis Where Millions Still Struggle to Access Piped Water – The Diplomat
      https://thediplomat.com/2026/07/jakarta-the-sinking-metropolis-where-millions-still-struggle-to-access-

      Excessive groundwater extraction by households and industry is one of the primary reasons for the city’s subsidence.
      […]
      Scientists say excessive groundwater extraction in Jakarta, rather than rising sea levels, is the primary reason parts of the city are sinking by up to 15 centimeters a year, with some studies recording even faster rates. Some neighborhoods have already subsided by as much as four meters since the 1970s.

      C’était, avec la catastrophe que représente la question des déplacements dans la capitale, la motivation principale du transfert de la capitale indonésienne à Nusantara, à Bornéo.

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Nusantara_(ville)

      Aux dernières nouvelles, après les grandes manœuvres foncières dans la jungle de Bornéo (et quelques enrichissements illicites plus que probables), il semblerait que l’affaire ne soit plus à l’ordre du jour…

      Apparemment, tout le monde s’en bat le sarong…

    • The Guardian, décembre 2025, via Courrier international

      Nusantara, la future capitale de l’Indonésie : un projet déjà enterré ?
      https://www.courrierinternational.com/article/amenagement-nusantara-la-future-capitale-de-l-indonesie-un-pr


      Vue du monument Nusantara Protective Wings et du palais présidentiel à l’arrière-plan, tous les deux dessinés par l’artiste indonésien Nyoman Nuarta.
      PHOTO NICK HANNES/PANOS/REA

      Cité utopique créée de toutes pièces pour remplacer Jakarta comme capitale de l’Indonésie, Nusantara accuse de sérieux retards. Pis, elle est clairement délaissée par l’actuel président, au point de devenir une ville fantôme, explique ce reportage du “Guardian”, qui a suscité une vive controverse dans l’archipel.

    • BRGM, septembre 2024, première cartographie de la subsidence à l’échelle de l’Europe

      Première évaluation de la subsidence côtière à l’échelle de l’Europe | BRGM
      https://www.brgm.fr/fr/actualite/communique-presse/premiere-evaluation-subsidence-cotiere-echelle-europe


      Les diagrammes rouges, blancs et bleus indiquent respectivement la proportion, par pays, de la zone de plaine côtière inondable qui est, en moyenne, en élévation (> 1 mm/an), stable (entre -1 mm/an et 1 mm/an) et en affaissement (< -1 mm/an).
      © BRGM

      Le BRGM et des collaborateurs français et européens ont mené une étude qui présente la première cartographie à l’échelle de l’Europe de la subsidence côtière. L’élévation du niveau de la mer est une conséquence du réchauffement climatique. Localement, le sol peut s’enfoncer (subsidence) et amplifier ce phénomène et les risques de submersion marine. L’étude a mis en évidence une cartographie fine de la subsidence côtière sur tout le littoral européen grâce au système d’observation Copernicus EGMS (European Ground Motion Service).

      L’élévation du niveau de la mer et son accélération menacent d’ores et déjà les populations et infrastructures situées dans les zones littorales de basse altitude. Le niveau marin global mesuré par satellite depuis 1993 fait état, sur les 30 dernières années, d’une élévation de 3,6 mm / an. Les causes de cette élévation sont bien comprises et quantifiées. L’expansion thermique des océans et la fonte des glaciers terrestres et des calottes polaires sont causées par le réchauffement climatique, dû aux émissions de gaz à effet de serre d’origine humaine. Localement, l’élévation du niveau marin d’origine climatique peut-être amplifiée par un affaissement du sol. C’est ce que cette nouvelle étude du BRGM et de ses collaborateurs a quantifié à l’échelle européenne.

      Près de la moitié des zones côtières de basse altitude en Europe, impactée par la subsidence côtière

      Cartographier les mouvements verticaux du sol à l’échelle suprarégionale a longtemps été empêché par le manque de données et de services adaptés. Pour lever ce verrou, un consortium de chercheurs européens a combiné deux méthodes de caractérisation des mouvements du sol, l’interférométrie radar (InSAR) et le système de positionnement par satellites (GNSS), et fait naître le service Copernicus EGMS. Cette nouvelle étude s’est basée sur le produit d’EGMS qui fournit l’estimation à haute résolution de la vitesse des mouvements du sol avec une précision millimétrique par an, et ce sur la période contemporaine (2016-2021).

      Les résultats montrent que près de la moitié des zones côtières de basse altitude en Europe connaît actuellement une subsidence supérieure à 1 mm / an en moyenne. Celle-ci est aussi plus importante dans les zones plus densément peuplées, les centres urbains et là où sont situées les infrastructures critiques.

      Par exemple, les zones portuaires enregistrent une subsidence de l’ordre de 1,5 mm / an en moyenne. L’étude identifie des zones côtières où la subsidence est sévère, avec des vitesses dépassant les 5 mm / an. L’outil cartographique est accessible depuis le site du service européen Copernicus European Ground Motion Service (EGMS).

      Cette étude suscite des inquiétudes quant au fait que l’affaissement des côtes, et donc l’élévation relative du niveau de la mer, tendent à être peu considérées en Europe et dans de nombreuses autres régions du monde.

      très peu d’info dans ce communiqué…

    • … un peu plus dans la publication…

      Assessing Current Coastal Subsidence at Continental Scale: Insights From Europe Using the European Ground Motion Service - Thiéblemont - 2024 - Earth’s Future - Wiley Online Library
      https://agupubs.onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1029/2024EF004523
      https://agupubs.onlinelibrary.wiley.com/cms/asset/615a9005-73a8-473c-b035-8769cfbd14fe/eft21703-fig-0001-m.jpg
      Location of coastal flood plains in Europe as defined in this study.

      Abstract
      Beside climate-change-induced sea-level rise (SLR), land subsidence can strongly amplify coastal risk in flood-prone areas. Mapping and quantifying contemporary vertical land motion (VLM) at continental scales has long been a challenge due to the absence of gridded observational products covering these large domains. Here, we fill this gap by using the new European Ground Motion Service (EGMS) to assess the current state of coastal VLM in Europe. First, we compare the InSAR-based EGMS Ortho (Level 3) with nearby global navigation satellite systems (GNSS) vertical velocity estimates and show that the geodetic reference frame used to calibrate EGMS strongly influences coastal vertical land velocity estimates at the millimeter per year level and this needs to be considered with caution. After adjusting the EGMS vertical velocity estimates to a more updated and accurate International Terrestrial Reference Frame (ITRF2014), we performed an assessment of VLM in European low elevation coastal flood plains (CFPs). We find that nearly half of the European CFP area is, on average, subsiding at a rate faster than 1 mm/yr. More importantly, we find that urban areas and populations located in the CFP experience a near −1 mm/yr VLM on average (excluding the uplifting Fennoscandia region). For harbors, the average VLM is even larger and increases to −1.5 mm/yr on average. This demonstrates the widespread importance of continental-scale assessments based on InSAR and GNSS to better identify areas at higher risk from relative SLR due to coastal subsidence.

      avec un GROS focus sur le bassin d’Arcachon
      https://agupubs.onlinelibrary.wiley.com/cms/asset/07eddef0-1a1d-44e0-ae21-0fb6b3b52812/eft21703-fig-0004-m.jpg
      Sketch illustrating the method developed to calculate the coastal flood plains (CFPs) average vertical land velocity from European Ground Motion Service (EGMS) data. (a) EGMS pixels and its associated VEGMS (100 m × 100 m resolution), and corresponding spatial coverage of EGMS pixels within each CFP (in percent of CFP area). (b) 𝑉𝐸⁢𝐺⁡𝑀⁢𝑆, that is, mean VEGMS over all EGMS pixels within each CFP. (c) 𝑉𝐸⁢𝐺⁡𝑀⁢𝑆/𝐴⁢𝐷⁢𝐽, that is, same as (b) but adjusted to the ITRF2014 reference frame.

    • Merci pour ces infos @simplicissimus. J’avais remarqué que N-Y à force de s’enfoncer sous le poids de son bâti tendait à finir dans l’Hudson river mais pas saisi ce phénomène de subsidence, tout autre [edit plus globalement]. Sauf que rien de tout cela ne parait correspondre à ce qu’évoque cette hydrologue qui parle, elle, d’un autre apport en eau d’origine humaine à l’élévation du niveau des océans :

      _"On est actuellement en train de perdre nos réservoirs continentaux, et, d’ailleurs, un chiffre me semble absolument incroyable, qui est fourni par une étude menée par la Nasa [?] avec de nouvelles formes [mesures ?] de satellite qui permettent de mieux comprendre ces jeux de bascule entre les réservoirs, nous montre que, aujourd’hui, la surélévation des océans est beaucoup plus liée au fait d’avoir pillé toutes les nappes souterraines, qu’elles soient superficielles ou qu’elles soient fossiles, et que cette eau, qui ne peut plus re-rentrer par des sols artificialisés, eh bien elle finit en mer, ce niveau de surélévation est supérieur à [celui causé par] la fonte de l’Antarctique, de l’Arctique et du Groenland. Donc il faut se poser cette question, on est en train de perdre nos eaux continentales, c’est le cas partout, les sols s’assèchent, c’est le cas en France, nos petits cours d’eau sont complétement à sec, ces petits chevelus, c’est ce qui permet de tenir toute la vie des territoires et c’est pas avec de la désalinisation et des gros réservoirs qu’on va leur permettre d’avoir de l’eau (…)"_

      (en bonne logique, elle plaide ensuite pour ne pas laisser l’eau filer à la mer n’importe comment et évoque le stockage des hautes eaux dans les nappes (contre les bassines, qu’elle carbonise), manière de remédier, partiellement, à l’artificialisation des sols..., ce qui pourrait laisser suspecter un point de vue intéressé, « vendeuse de solutions » pour l’agriculture et les villes)

      Stupéfait par l’ordre de grandeur de ce facteur là, j’ai cherché un peu, sans résultat.

      Ça semble intéressant de pas limiter la réflexion aux stocks et/ou aux fluxs, de les inclure dans une optique de « trame » (avec ses petits chevelus).

      #eau #eau_douce

    • OK, j’avais pas compris…
      (je vois d’ailleurs que tu parlais de subsidence, déjà, il y a 3 mois https://seenthis.net/messages/1173392 )

      Je crois, cette fois-ci, qu’il s’agit des changes in terrestrial water storages (TWS)
      (lien pointé par @kassem, il y a un an, lors de la sortie de l’article https://seenthis.net/messages/1131323 et étoilé par personne…)
      Unprecedented continental drying, shrinking freshwater availability, and increasing land contributions to sea level rise | Science Advances
      https://www.science.org/doi/10.1126/sciadv.adx0298

      Abstract
      Changes in terrestrial water storage (TWS) are a critical indicator of freshwater availability. We use NASA GRACE/GRACE-FO data to show that the continents have undergone unprecedented TWS loss since 2002. Areas experiencing drying increased by twice the size of California annually, creating “mega-drying” regions across the Northern Hemisphere. While most of the world’s dry/wet areas continue to get drier/wetter, dry areas are now drying faster than wet areas are wetting. Changes in TWS are driven by high-latitude water losses, intense Central American/European droughts, and groundwater depletion, which accounts for 68% of TWS loss over non-glaciated continental regions. “Continental drying” is having profound global impacts. Since 2002, 75% of the population lives in 101 countries that have been losing freshwater water. Furthermore, the continents now contribute more freshwater to sea level rise than the ice sheets, and drying regions now contribute more than land glaciers and ice caps. Urgent action is required to prepare for the major impacts of results presented.

      où je trouve ce graphique
      https://www.science.org/cms/10.1126/sciadv.adx0298/asset/5f83dde4-2731-4726-9387-fdf2bbf11963/assets/images/large/sciadv.adx0298-f6.jpg
      Fig. 6. Global water mass contributions to sea level rise.
      (A) Time series of water mass anomalies of the major global water reservoirs (Ocean, Antarctica, Greenland, and TWS on the continents) from GRACE/FO from April 2002 to April 2024, in mm SLE. (B) Left: Corresponding trends (in mm SLE year−1) for the ocean (OCN), Antarctica (ANT), Greenland (GRL), and TWS time series in (A). Water mass contributions that increase sea level are shown as positive. Right: TWS trend decomposed into its non-glaciated drying (NGIC-DRY), glaciated drying (GIC), and non-glaciated wetting (NGIC-WET) components. NGIC-DRY is further decomposed into groundwater (GW), surface water (SW), soil moisture (SM), and snow water equivalent (SWE), on the basis of their contributions to the TWS trend. See also figs. S1 and S6.

      note qu’il s’agit du changement de masse total de l’océan et de sa décomposition en fonction de la source (total et composantes sur le même graphique, le B :-(
      et donc hors dilatation thermique

    • et cette étude de 2023 qui trouve une confirmation de l’importance de la disparition des stockages d’eau continentaux par sa contribution au déplacement de l’axe de rotation de la terre

      Drift of Earth’s Pole Confirms Groundwater Depletion as a Significant Contributor to Global Sea Level Rise 1993–2010 - Seo - 2023 - Geophysical Research Letters - Wiley Online Library
      https://agupubs.onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1029/2023GL103509

      Abstract
      Climate model estimates show significant groundwater depletion during the 20th century, consistent with global mean sea level (GMSL) budget analysis. However, prior to the Argo float era, in the early 2000’s, there is little information about steric sea level contributions to GMSL, making the role of groundwater depletion in this period less certain. We show that a useful constraint is found in observed polar motion (PM). In the period 1993–2010, we find that predicted PM excitation trends estimated from various sources of surface mass loads and the estimated glacial isostatic adjustment agree very well with the observed. Among many contributors to the PM excitation trend, groundwater storage changes are estimated to be the second largest (4.36 cm/yr) toward 64.16°E. Neglecting groundwater effects, the predicted trend differs significantly from the observed. PM observations may also provide a tool for studying historical continental scale water storage variations.

      Plain Language Summary*
      *Melting of polar ice sheets and mountain glaciers has been understood as a main cause of sea level rise associated with contemporary climate warming. It has been proposed that an important anthropogenic contribution is sea level rise due to groundwater depletion resulting from irrigation. A climate model estimate for the period 1993–2010 gives total groundwater depletion of 2,150 GTon, equivalent to global sea level rise of 6.24 mm. However, direct observational evidence supporting this estimate has been lacking. In this study, we show that the model estimate of water redistribution from aquifers to the oceans would result in a drift of Earth’s rotational pole, about 78.48 cm toward 64.16°E. In combination with other well-understood sources of water redistribution, such as melting of polar ice sheets and mountain glaciers, good agreement with PM observations serves as an independent confirmation of the groundwater depletion model estimate.

    • La question est abordée marginalement dans l’article WP

      Élévation du niveau de la mer — Wikipédia
      https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89l%C3%A9vation_du_niveau_de_la_mer

      Causes de l’élévation actuelle


      Principales contributions à l’élévation du niveau de la mer, 2006-2015.

      dans le graphique synthétique sur les causes de l’élévation du niveau, la contribution des eaux terrestres y est même négative.

      Alors que plus bas, sous Autres contributions, on trouve la référence à une étude de 2011 sur le sujet qui nous occupe

      Surexploitation des aquifères
      De nombreux aquifères dans le monde sont exploités au-delà de leur capacité de renouvellement, ou ne se renouvellent pas du tout (eau fossile). Cette surexploitation des ressources d’eau souterraine contribue à l’élévation du niveau de la mer, en transférant de l’eau vers l’océan. Une étude de 2011 s’est attachée à quantifier cette contribution : il en ressort qu’au cours des années 2000, 145 km3 d’eau ont ainsi été ajoutés annuellement à l’océan de cette façon, contribuant pour 13 % à la hausse observée du niveau des océans. La surexploitation des ressources d’eau souterraine est une réalité mondiale, mais elle est particulièrement importante en Inde et au Moyen-Orient, où l’agriculture est largement irriguée par ce moyen.

      Selon une série de scénarios considérés dans une publication de 2012, l’épuisement des réserves d’eau souterraines, qui a déjà apporté 25 mm d’élévation du niveau de la mer par rapport au niveau pré-industriel, contribuerait pour 70 à 90 mm de plus d’ici 2100. Ces estimations se basent sur un prolongement des tendances historiques prenant en compte, région par région, l’estimation des besoins en eau futurs, selon l’évolution de la population et de la pluviométrie.

    • Merci ! L’article signalé par @kassem confirme les propos de cette hydrologue :

      “Continental drying” is having profound global impacts. Since 2002, 75% of the population lives in 101 countries that have been losing freshwater water. Furthermore, the continents now contribute more freshwater to sea level rise than the ice sheets (...)

      Je finirais sans doute par me souvenir de la subsidence, notion géologique qui inclut désormais des effets de l’activité productive, dont l’exploitation des nappes aquifères.

      Aux États-Unis, la cause principale de subsidence dans les paysages est le pompage de l’eau des nappes ce qui réduit la porosité de roches. La subsidence a ainsi atteint 8,5 mètres dans la vallée de San Joaquin en Californie, principalement à cause de l’exploitation ancienne des aquifères souterrains[7].

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Subsidence_(g%C3%A9ologie)

      #nappes_fossiles #réservoirs_continentaux #apprentis_sorciers

    • Cet article ne montre en fait pas que les prélèvements d’eau, superficielle ou profonde, contribueraient davantage à l’élévation du niveau de la mer que la fonte de la calotte groenlandaise, de la calotte antarctique ou du reste des glaciers.

      La vulgarisation qui en a été faite peut laisser penser à un rôle prépondérant des prélèvements d’eau.
      https://www.propublica.org/article/water-aquifers-groundwater-rising-ocean-levels
      Mais en fait non.

      Les données satellite (GRACE) utilisées dans l’article de Science Advances mesurent les variations de masse de la Terre entre 2003 et 2024. On peut en déduire, en chaque point de la surface terrestre, les variations du stock total d’eau.
      Certaines régions continentales gagnent de l’eau, d’autres en perdent. Les données montrent que sur la période considérée, c’est la perte qui domine. Et le gros du papier consiste à analyser l’ampleur, l’étendue et la localisation de ces pertes d’eau continentales.

      Les auteurs comparent aussi les variations d’eau continentales moyennées sur chacune des deux calottes polaires, sur le reste des glaciers continentaux (GICs dans l’article) et sur le reste des surfaces continentales ("non glaciated TWS" - TWS, pour Terrestrial Water Storage).

      Ces variations des différents réservoirs d’eau continentale, exprimées en unités de masse par année, peuvent être converties en « équivalent de variation du niveau de la mer », exprimées en millimètres par année, et être ainsi interprétées comme des contributions à l’élévation du niveau de la mer.
      C’est ce que font les auteurs vers la fin du papier. Les résultats sont présentés dans le tableau 3 et la figure 6. 
      L’élévation du niveau de la mer due à la température (effet stérique) est exclu, ils ne s’intéressent qu’à la partie dite « massique ».

      Il en ressort que la perte de masse d’eau de la calotte groenlandaise équivaut à 36.5% du gain de masse océanique, celle de la calotte antarctique à 19%, celle des autres glaciers à 33.5%, et celle du reste des surfaces continentales à 11%.

      Les auteurs décomposent ensuite la variation globale d’eau continentales, hors calottes et glaciers ("non glaciated TWS"), en moyennant les variations d’eau uniquement sur les régions qui s’assèchent (drying) et uniquement sur celles qui s’humidifient (wetting).
      Puis à l’aide d’un modèle, ils décomposent encore la quantité d’eau perdue dans les régions qui s’assèchent, en eau de surface (SW - Surface Water), eau du sol superficiel (SM - Soil Moisture), eau souterraine (GW - GroundWater) et neige (SWE - Snow Water Equivalent).
      Et enfin, ils convertissent toutes les quantités issues de ces deux décompositions en contributions à l’élévation du niveau de la mer.

      Evidemment, la perte d’eau continentale moyennée seulement sur les régions qui s’assèchent est supérieure à la perte d’eau totale (toujours hors glaciers et calottes). Donc mécaniquement, sa traduction en contribution à l’élévation du niveau des mers est plus importante. On passe ainsi de 11% à ~50%…
      Et c’est ainsi que les auteurs concluent que l’assèchement des continents contribue plus à l’élévation (massique) du niveau de la mer que la fonte de chacune des calottes polaires ou de celle des autres glaciers continentaux.

      J’ai quelques réserves sur la traduction de cette décomposition en contribution à l’élévation (massique) du niveau de la mer.
      Faire un bilan d’eau à l’échelle globale pour dire que toute l’eau perdue annuellement sur continents est gagnée par la mer, OK. Je suis plus dubitative sur le fait de conduire cette analyse en ne considérant que les régions qui s’assèchent.
      Il me semble bien que ça revient à considérer que toute l’eau perdue au cours d’une année dans les régions qui s’assèchent va directement dans les océans, et que toute l’eau gagnée au cours d’une année dans les régions qui s’humidifient vient directement des océans, et qu’il n’y a donc aucun recyclage d’eau sur continents... ce qui est faux.

      J’en viens maintenant (enfin !) à la contribution des prélèvements anthropiques d’eau à l’élévation du niveau de la mer.
      Dans le papier, les auteurs se gardent d’écrire que les prélèvements d’eau souterraines (les nappes) dominent la contribution à l’élévation (massique) du niveau de la mer.
      Ils disent simplement que dans les régions où les continents perdent de l’eau (hors calottes et glaciers), c’est la perte d’eau souterraine qui domine le signal ( elle compte pour 68%). Et c’est déjà un résultat fort, je trouve.

      Dans l’article de vulgarisation cité plus haut, il n’est pas dit non plus explicitement que les prélèvements humains dominent la contribution à l’élévation du niveau des mers. A part dans le titre, il est toujours précisé que ça domine la perte d’eau dans les régions qui s’assèchent.
      Mais on peut facilement à côté de cette précision. D’autant qu’il y a aussi tout un développement - manifestement validé par un des auteurs de l’article de Science Advances - pour expliquer que l’eau pompée dans les nappes part en ruissellement de surface pour finir dans les oécans.
      Ce développement est à mon avis discutable, pour des raisons qui rejoignent d’ailleurs mes doutes quant à la pertinence de traduire en « contribution à l’élévation du niveau de la mer » des quantités d’eau perdue moyennées seulement sur les régions où les continents s’assèchent.
      Affirmer que l’eau prélevée dans les nappes n’étant pas ré-infiltrée localement en profondeur, elle partirait presque entièrement en ruissellement, cela laisse de côté l’humidication des sols superficiels et l’évapotranspiration. Pourtant, le gros des prélèvements est destiné à l’irrigation. C’est assez osé de considérer que presque toute l’eau d’irrigation ruisselle en surface. A moins que toute l’eau d’irrigation qui évapotranspire ou s’infiltre dans les sols superficiels finisse par précipiter uniquement au-dessus des océans, il y a bien une partie qui retourne aux surfaces continentales.

      Dernier point : dans l’article comme dans sa vulgarisation, la perte d’eau souterraine est considérée comme entièrement due aux prélèvements humains. Or il y a aussi une partie de la perte due à la diminution de la recharge et/ou l’augmentation de l’évapotranspiration, surtout pour les nappes peu profondes. Mais d’autres études montrent que ce sont bien les prélèvements humains qui dominent la perte d’eau souterraine.

      En résumé : Non, cet article ne permet pas de dire que les prélèvements d’eau sont le plus gros contributeur à l’élévation (massique) du niveau de la mer. Mais il n’est pas rassurant pour autant.
      Il montre que :
      – Les réservoirs d’eau continentale, hors calottes et glaciers, s’assèchent en moyenne sur le globe,
      – La fonte des glaciers continentaux, ajoutée à l’assèchement des continents, contribuent désormais plus à l’élévation du niveau de la mer que la fonte de chacune des calottes polaires.
      – Dans les régions où les continents s’assèchent (hors glaciers et calottes), c’est la perte d’eau souterraine qui contribue plus à la diminution du stock d’eau, et cette perte est dominée par les prélèvements humains.

      Pour finir, je précise que çe serait à mon avis assez injuste de reprocher à l’hydrologue s’exprimant sur l’extrait vidéo d’avoir compris de cet article et/ou de sa vulgarisation que les prélèvements d’eau dominent la contribution à l’élévation niveau de la mer. Car c’est bien le message qui est passé à la sortie de cet article. Et au vu de la façon dont les résultats sont présentés dans l’article et commentés par l’un des auteurs dans la vulgarisation citée plus haut, c’était à mon sens assez logique que ce raccourci soit fait.

    • bienvenue, @jeanne_c !

      et un grand merci d’avoir pris le temps d’analyser l’article et de partager ici cette analyse. L’article est dense et technique et aborde les faits sous un angle très spécifique, ce qui fait qu’il est très difficile d’en retenir quelque chose de clair.

      Une remarque :

      Cet article ne montre en fait pas que les prélèvements d’eau, superficielle ou profonde, contribueraient davantage à l’élévation du niveau de la mer que la fonte de la calotte groenlandaise, de la calotte antarctique ou du reste des glaciers.

      La vulgarisation qui en a été faite peut laisser penser à un rôle prépondérant des prélèvements d’eau.

      ce n’est pas que la vulgarisation qui en a été faite qui laisse à penser… ; de mon point de vue, par exemple, le graphique que j’ai retenu dans mon commentaire est précisément conçu pour amener à cette conclusion erronée. C’est le message qu’on en retient lors d’une lecture rapide.

      C’est parce que les choses paraissent bien floues (beaucoup moins, maintenant, encore merci !) que je ne l’ai pas commenté en ce sens. Ce qui a provoqué ma réserve provenait largement du fait que l’effet de la dilatation thermique était écarté, sans même indiquer d’ordre de grandeur à titre de comparaison éventuelle. Du coup, ne parler systématiquement que de la contribution massique, alors que l’effet est, tout aussi systématiquement, évalué en équivalent élévation du niveau marin, forcément globalisant, ça finit par attirer l’attention sur le fait que l’angle d’attaque est vraiment très spécifique.

    • Merci pour l’accueil !
      Je galère encore un peu avec l’interface. Je vais tenter une citation :

      ce n’est pas que la vulgarisation qui en a été faite qui laisse à penser… ; de mon point de vue, par exemple, le graphique que j’ai retenu dans mon commentaire est précisément conçu pour amener à cette conclusion erronée. C’est le message qu’on en retient lors d’une lecture rapide.

      Je suis d’accord que la présentation des résultats dans l’article est trompeuse à cet égard, mais il n’y a pas nécessairement une intention piégeuse de la part des auteurs. C’est ce que je voulais dire dans le dernier paragraphe de mon précédent commentaire.

    • En réponse à cette partie du message de @colporteur :

      (en bonne logique, elle plaide ensuite pour ne pas laisser l’eau filer à la mer n’importe comment et évoque le stockage des hautes eaux dans les nappes

      Je complète avec un lien expliquant l’expérimentation « R-Garonne » consistant à recharger la nappe alluviale de la Garonne en hiver avec des eaux de surface prise dans le canal de Saint-Martory.
      https://www.brgm.fr/fr/actualite/communique-presse/projet-r-garonne-premiere-experimentation-recharge-maitrisee-nappe

    • Merci @jeanne_c pour ces précieux éclaircissements. Je me suis permis de publier un article auquel vous avez contribué (https://seenthis.net/messages/1186483) qui apporte un éclairage plus détaillé sur l’étude des eaux souterraines car j’ai pensé que vous ne vous citeriez pas alors que nombre de seenthissien.nes sont probablement intéressé.es par cet état de la question (d’autant plus que vous ignorez le tag qui va bien avec ce type de geste : #shameless_autopromo : ).

  • Les cartes ou la mise en ordre du monde
    https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/la-suite-dans-les-idees/les-cartes-ou-la-mise-en-ordre-du-monde-6293300


    Carte de la Guyane

    Les cartes ou la mise en ordre du monde
    Samedi 23 décembre 2023

    La Suite dans les idées
    Provenant du podcast La Suite dans les idées
    Depuis toujours, les zones blanches des cartes apportent paradoxalement de nombreuses informations. Mais depuis la géonumérisation du monde et la multiplication des cartographies, le #blanc_des_cartes a changé. Avec le géographe Matthieu Noucher et l’architecte Francesco Sebregondi.

    Avec
    Matthieu Noucher géographe
    Francesco Sebregondi Architecte, fondateur et directeur de l’association INDEX

    Pour composer son Livre blanc, paru en 2007, l’écrivain Philippe Vasset avait arpenté de long en large l’Île de France à la découverte systématique de toutes les zones qui apparaissaient en blanc sur les cartes de l’Institut National de Géographie. Ce blanc des cartes fascine depuis toujours les géographes. Mais le blanc des cartes n’est plus ce qu’il était. Non pas qu’il disparaisse à mesure que progresse la connaissance des territoires, au contraire. Avec la numérisation du monde et la multiplication des cartes, les zones blanches prolifèrent. Matthieu Noucher a mené l’enquête pour comprendre comment désormais les boites noires des algorithmes produisent les blancs des cartes. Il est cette semaine l’invité de La Suite dans les Idées. Rejoint par Francesco Sebregondi, un architecte, qui lui aussi produit des cartes et d’autres types de données pour Index, l’ONG qu’il a fondée.

    Pour aller plus loin
    L’ouvrage de Matthieu Noucher, Blancs des cartes et boîtes noires algorithmiques, CNRS éditions, mai 2023
    Le site web de l’association INDEX, fondée par Francesco Sebregondi : index.ngo

    Musique : William Eggleston - Over the rainbow

    #contre_cartes #contre_enquêtes #géo-numérisation_du_monde #cartes_personnalisées #trait_de_côte

  • Où le trait de côte a-t-il le plus reculé en Bretagne ? - Bretagne - LeTelegramme.fr
    https://www.letelegramme.fr/bretagne/ou-le-trait-de-cote-a-t-il-le-plus-recule-en-bretagne-28-11-2019-124448


    Sur le littoral au large de Lampaul-Ploudalmézeau
    Le Télégramme/Le Télégramme/Esri, i-cubed, USDA, USGS, AEX, GeoEye, Getmapping, Aerogrid, IGN, IGP, UPR-EGP, and the GIS User Community

    S’adapter face au changement du littoral, c’est l’enjeu d’un rapport remis ce jeudi au gouvernement. Ces dernières décennies, le tracé de la côte a déjà fortement changé dans certaines zones de Bretagne.

    Sur fond de changement climatique, comment envisager l’avenir à proximité de la mer ? Voilà la question à laquelle doit répondre un rapport parlementaire remis ce jeudi à la ministre de la Transition écologique Elisabeth Borne. Sujet crucial : selon une étude qui vient de paraître, 300 millions de personnes sont menacées, à travers le monde, par les changements qui vont toucher ce tracé côtier. Et les projections sont d’autant plus préoccupantes que certaines transformations récentes de notre littoral sont déjà bien visibles.
    Le ministère de la Transition écologique surveille l’érosion du littoral à partir, notamment, de l’évolution du « #trait_de_côte ». Le trait de côte ? Il s’agit de la frontière entre la zone littorale et la terre toujours découverte, dans des conditions et coefficients de marée classiques. Les périodes comparées varient selon les zones. En Bretagne, elles vont d’un laps de temps de cinq à six décennies. Concrètement, les organismes de l’État comparent l’ancien tracé de la côte, et son tracé relevé le plus récemment. Cette association permet d’évaluer le nombre de mètres d’avancées ou de recul de la mer, zone par zone. En Bretagne, certaines zones précises affichent des reculs très marqués.

    La baie d’Audierne
    Parmi les zones les plus concernées : la bande littorale qui borde la baie d’Audierne (29). Entre 1952 et 2011, le recul va jusqu’à 1,8 mètre par an sur certains points. C’est notamment le cas à proximité de l’étang de Trunval, ainsi qu’au nord de la pointe de la Torche. Sur cette deuxième zone, le recul peut également atteindre 1,5 à 1,7 m par an.

    La Grève de Goulven
    Autre zone au recul moins marqué mais malgré tout notable : la Grève de Goulven, entre Plounéour-Trez et Plouescat (29). À proximité de Lanevez, le tracé a reculé de 0,7 à 1,20 mètre par an entre 1952 et 2009.

    Lampaul-Ploudalmézeau
    Sur la côte nord toujours, la baie de Lampaul-Ploudalmézeau marque aussi un recul notable, avec 500 à 700 mètres annuels de recul de 1952 à 2009.

    La Barre d’Étel
    Près d’Étel et Erdeven (56), la côte a reculé de 600 à 900 mètres autour des dunes d’Erdeven. Comme pour les exemples précédents, la morphologie de cette portion de la côte explique en partie cette évolution. L’étude Géolittoral souligne que les côtes basses sableuses représentent quatre cas sur dix des environnements naturels examinés, et qu’elles présentent les taux d’évolution les plus importants, à la fois en recul et en avancée de la côte.

    La modification du littoral n’est en effet par uniforme. Si la mer avance dans les terres à certains endroits, elle recule à d’autres. C’est le cas, par exemple, dans l’anse de Dinan, près de la presqu’île de Crozon (29). Malgré tout, sur l’ensemble de la France, près de 20 % du trait de côte naturel est en recul. Cela correspond à environ 30 km² de terre disparus sur une période de 50 ans. En Bretagne, le Finistère est le plus concerné : la surface perdue en cinquante ans, entre 1960 et 2010, y est estimée à plus d’un kilomètre carré.

    Et près de chez vous ?
    Explorez l’évolution du trait de côte en Bretagne sur les dernières décennies dans la carte interactive ci-dessous. Le tracé en pointillé représente l’ancien tracé côtier ; celui en jaune correspond au relevé le plus récent. Les aplats de couleur correspondent à l’importance du recul (en rouge) ou de l’avancée (en vert)
    https://www.letelegramme.fr/static/ftp/dossier/data/carte/trait-de-cote/index.html