• Gambie : la trahison d’Hippocrate
    https://www.justiceinfo.net/fr/commissions-verite/45777-gambie-la-trahison-d-hippocrate.html

    Le docteur Tamsir Mbowe, ancien ministre de la Santé, était un témoin très attendu devant la Commission vérité, réconciliation et réparations, en Gambie. Il a été directeur du programme de traitement du VIH/sida de l’ancien président Yahya Jammeh. Un traitement considéré comme un canular meurtrier par tous les autres témoins. Mbowe a maintenu que le traitement était efficace, sans assumer aucune responsabilité. A-t-il enfreint l’éthique médicale ?

    « Le traitement est vrai », déclare le docteur Tamsir Mbowe, gynécologue et obstétricien formé en Union soviétique, lors de son témoignage devant la Commission vérité, réconciliation et réparations (TRRC), en Gambie, le 21 octobre. "Pourquoi une personne a-t-elle une charge virale de 200 millions de copies [sic] et qu’après deux mois de traitement, cela est indétectable (...)

    #Commissions_Vérité

  • #Frontex categorically denies any involvement of its officers in violations of fundamental rights. We condemn any form of inhumane treatment, unprocessed returns and any other form of violence which are illegal under the European Charter for Fundamental Rights.

    https://twitter.com/Frontex/status/1158393650356920322

    –-> ce tweet date de 2019, mais j’archive au cas où...

    #hypocrisie #frontières #Frontex #asile #migrations #réfugiés #droits_humains #droits_fondamentaux #traitements_inhumains #traitements_dégradants #tweet

    ping @isskein @karine4

  • La Cour européenne confirme l’absence de #traitement_médical adéquat pour les demandeurs d’asile sur Samos

    Le 16 octobre 2020, la #Cour_européenne_des_droits_de_l'homme (#CEDH) a ordonné au gouvernement grec de fournir un examen médical et un traitement nécessaires à huit demandeurs d’asile souffrant d’#hépatite_B.

    Pour retrouver le lien vers la décision : https://ihaverights.eu/i-a-and-others-v-greece

    #santé #accès_aux_soins #asile #migrations #réfugiés #Samos #Grèce #traitement_médical #examen_médical #justice

  • Trump’s Covid-19 antibody treatment was partly developed using Singaporean blood plasma | South China Morning Post
    https://www.scmp.com/week-asia/health-environment/article/3104427/trumps-covid-19-antibody-treatment-was-partly

    Trump was discharged from hospital on Monday evening and in a video released shortly after he was ensconced in the White House said he was feeling better.Dr Jonathan Reiner, a professor of medicine at George Washington University, told CNN:“The president might be the only patient on the planet ever to receive this particular combination of medicines.”
    Indeed, REGN-COV2 has not received emergency use authorisation from the US Food and Drug Administration and the biotech firm said it had provided the drug in response to Trump’s doctors making a “compassionate use” request. Asian Science Magazine said convalescent plasma from patients who had recovered from Covid-19 could be used to prevent or treat the disease but even with the US Food and Drug Administration authorising the emergency use of convalescent plasma, the difficulty of obtaining sufficient blood from volunteers meant it was not possible to use it at a large scale.
    Instead, the Regeneron therapy clones antibodies from both “humanised” mice and recovered patients to produce a reliable source of monoclonal antibodies, reported the magazine.
    “While the humanised mice were based on a technology owned by Regeneron, the human plasma used was supplied through an agreement with Singapore’s National Centre for Infectious Diseases,” it added. Reports of antibody treatments in the works emerged in June, with most of them in labs across Asia, including Singapore, Japan, China and South Korea. Scientists explained that the treatment works by harvesting specific antibodies – produced by the body to fight off diseases when an individual catches a virus – to trigger other parts of the immune system to attack the cells containing the toxin.
    For Singapore, its defence research and development organisation DSO National Laboratories had announced in June that it had discovered five antibodies that could block the coronavirus and protect against key mutations, after scientists screened hundreds of thousands of cells that produce the antibodies.The country’s government-linked biomedical sciences institute A*Star is working with Japanese pharmaceutical company Chugai Group separately on similar treatments

    #Covid-19#migrant#migration#etatsunis#trump#sante#traitement#circulationthérapeutique#asie#singapour#japon#chine#coreedusud

    • Trump traité avec le médicament expérimental de Regeneron, la biotech tout proche de son record en Bourse
      https://investir.lesechos.fr/actions/actualites/trump-traite-avec-le-medicament-experimental-de-regeneron-la-biote

      Regeneron ne pouvait pas espérer meilleure publicité. Donald Trump, hospitalisé depuis vendredi soir au centre médical militaire Walter Reed, le Val-de-Grâce américain, a reçu trois traitements différents contre le Covid-19, dont celui expérimental de la biotech américaine. Son nom de code ? REGN-COV2. Puisqu’il n’a pas encore été validé par l’autorité sanitaire américaine, il n’en a pas encore reçu un de plus commercial. Mais le feu vert de la Food and Drug Administration (#FDA) ne devrait plus tarder. En tout cas, c’est le pari que fait la Bourse.

      Les actions Regeneron gagnent presque 10% ce lundi, revenant à 7% de leur record historique du 20 juillet, quand elles avaient fait une poussée à presque 665 dollars, ce qui valorisait alors l’entreprise à plus de 70 milliards de dollars (60 milliards d’euros, soit autant que Schneider Electric ou Air Liquide). C’est une « question de jours » avant que la biotech ne reçoive l’Emergency Use Authorization ou, en français, l’autorisation d’utilisation d’urgence, croit-on au sein de la banque d’investissement SVB Leerink.

      « Validation ultime »

      Après avoir été prescrit au président des Etats-Unis, le cocktail d’anticorps développé par Regeneron, en phase 3 d’essais cliniques, a reçu la « validation ultime », estime l’analyste Geoffrey Porges. Pour lui, Donald Trump « était en plus mauvais état que ce qui a d’abord était suggéré », sinon comment expliquer qu’il ait reçu un traitement pour lequel « il y a zéro information sur le risque d’intéractions négatives » entre le REGN-COV2, le remdesivir de Gilead Science et la dexaméthasone. A la connaissance de Geoffrey Porges, personne d’autre n’a été traité avec la combinaison de ces trois médicaments.

      Covid-19 : quel est ce traitement expérimental administré à Donald Trump ?
      https://www.numerama.com/sciences/652936-regn-cov2-quel-est-ce-traitement-experimental-administre-a-donald-t

      Le médicament développé par Regeneron Pharmaceuticals est pourtant, déjà, l’un des plus prometteurs, ayant reçu 500 millions de dollars du gouvernement américain pour parfaire son produit, avant même que les tests cliniques soient terminés. Pour accélérer ce développement, Regeneron s’est associé à l’entreprise pharmaceutique suisse Roche, bien plus grosse, en août 2020.

      [...]

      COMMENT FONCTIONNE LE MÉDICAMENT DE REGENERON ?

      En théorie, le cocktail développé par Regeneron Pharmaceuticals parvient à neutraliser le virus dans un environnement de tubes de test. Il est composé d’un ensemble de clones d’anticorps créés contre le SARS-CoV-2, prélevés sur des humains ayant guéri du virus. La production de ces anticorps en dehors du corps humain passe par un clonage dans des cellules ovariennes de hamster chinois — un processus utilisé de longue date par la biologie médicale

      Une fois administré, le cocktail d’anticorps s’attaque à la surface de la protéine du coronavirus et tente de l’empêcher d’infecter d’autres cellules, comme le résume Science Mag. Il s’est donc montré extrêmement efficace pour aider les patients dans un groupe de test où leur charge virale était très élevée, mais leurs anticorps complètement absents. On parle donc de patients qui seraient tout juste contaminés par le coronavirus, pour lesquels on a amplifié la réponse immunitaire. Les tests n’ont pas permis de voir de grandes améliorations sur des patients un peu plus avancés, qui avaient déjà commencé à développer des anticorps.

    • Le médicament Covid utilisé pour traiter Trump a été testé sur des cellules fœtales
      https://www.fr24news.com/fr/a/2020/10/le-medicament-covid-utilise-pour-traiter-trump-a-ete-teste-sur-des-cellule

      Le président américain a vanté mercredi le traitement comme un « remède » contre le coronavirus. Mais son administration a réduit le financement du type de recherche qui a permis de tester le traitement par anticorps, une décision qui a été saluée par les militants pro-vie mais largement condamnée par les chercheurs scientifiques.

      Regeneron a déclaré jeudi : « Nous avons utilisé la lignée cellulaire HEK293T pour tester la capacité de nos anticorps à neutraliser le virus SARS-COV-2. »

      Il a ajouté : « HEK293T n’a pas été utilisé d’une autre manière et le tissu fœtal n’a pas été utilisé dans cette recherche. Nous n’avons pas utilisé de cellules souches humaines ou de cellules souches embryonnaires humaines dans le développement de REGN-COV2. »
      [...]

      L’année dernière, le ministère de la Santé a décidé de restreindre le financement fédéral des études utilisant des tissus fœtaux, affirmant que toute recherche de ce type devrait être approuvée par un comité d’éthique avant de recevoir des fonds du gouvernement.

      Le département a déclaré à l’époque : « La promotion de la dignité de la vie humaine de la conception à la mort naturelle est l’une des toutes premières priorités de l’administration du président Trump. »

      Le changement de politique de l’année dernière n’aurait limité aucune recherche de Regeneron, car une exception a été accordée pour les travaux reposant sur des cellules prélevées sur des fœtus dans le passé.

      Un responsable de l’administration a déclaré : « Un produit fabriqué à partir de lignées cellulaires existantes qui existaient avant le 5 juin 2019 n’impliquerait pas la politique de l’administration sur l’utilisation de tissu foetal humain issu d’avortements électifs. »

      En août, le conseil a rejeté 13 des 14 propositions qui incluaient des tissus fœtaux, approuvant celle où le tissu avait déjà été acquis et qu’il ne serait plus nécessaire de compléter la recherche.

  • La virologie est un sport de combat

    Je suis #Bruno_Canard, directeur de recherche CNRS à l’université d’Aix-Marseille. Mon équipe travaille sur les #virus_à_ARN (#acide_ribonucléique), dont font partie les #coronavirus.

    Mme la Ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation m’ayant cité, et mentionné mes travaux dans son intervention sur les Matins de France Culture le 22 juin 2020 (https://www.franceculture.fr/emissions/les-matins/les-matins-de-france-culture-emission-du-lundi-22-juin-2020), il m’a semblé important de préciser les #conditions_de_travail de mon équipe de #recherche sur le #SARS-CoV-2 et sa projection dans la future #Loi_de_Programmation_de_la_Recherche (dite #LPPR), qui est en cours d’examen à l’Assemblée Nationale.
    Cela permet d’illustrer, à partir d’un cas concret, et peut-être de faire comprendre au grand public le #sous-financement récurrent de la #recherche_publique en #France en général dans les 20 dernières années ; la #précarité grandissante des #personnels de ces laboratoires ; le #sous-équipement dramatique en grands #instruments_scientifiques essentiels aux développements de thérapies antivirales ; le faible niveau des #salaires des chercheur·ses, très éloignés de ceux des haut·es fonctionnaires ; et finalement, le peu de #considération dont ils font l’objet par les femmes et les hommes politiques français. Elles et ils prétendent parler au nom de la #science, souvent confondue avec la #technologie, mais sans écouter les scientifiques.

    Chère Mme la Ministre, chère Frédérique, je me permets de vous appeler par votre prénom en souvenir des cafés et bavardages créatifs que nous avons partagés lorsque, en 1992, j’étais fraîchement recruté comme chercheur au #CNRS à Nice dans le laboratoire dirigé par Patrick Gaudray, et vous, doctorante dans le laboratoire de François Cuzin à l’Université de Nice. C’était une époque formidable, j’y ai fait mes plus belles ascensions dans ces extraordinaires Alpes-Maritimes, pendant que la France commençait sa dégringolade dans le classement scientifique, dans une remarquable trajectoire parallèle au nombre de postes statutaires de chercheur·ses et de manière plus générale, à la performance de la recherche française.

    Nous nous retrouvons donc environ 25 ans plus tard.

    Chère Frédérique, vous êtes désormais Ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, et soutenez que cette loi permettra un réarmement de la #recherche_française inégalé depuis 1945. Je suis un chercheur « de base » et je me suis exprimé à titre personnel, comme la majorité de mes collègues, pour formuler mes craintes d’un #budget concentré sur des projets à court terme, synthétisées dans la tribune « La science ne marche pas dans l’urgence » (https://universiteouverte.org/2020/03/04/coronavirus-la-science-ne-marche-pas-dans-lurgence/;%20Le%20Monde,%2029%20f%C3%A9vrier%202020;%20https:/lejournal.cnrs.fr/articles/la-science-fondamentale-est-notre-meilleure-assurance-contre-les-). Dans un entretien à France Culture en juillet (https://www.franceculture.fr/emissions/les-matins/les-matins-de-france-culture-emission-du-lundi-22-juin-2020), vous avez déclaré à mon sujet : « Mr Canard a obtenu plusieurs financements sur projets… Je connais par cœur les financements qu’a eu ce laboratoire ».

    Justifier les « plusieurs financements sur projets » pour mon laboratoire sous-doté

    Je m’étais étonné de recevoir en juin la demande urgente de la part mon employeur (le CNRS), de fournir le montant de tous les contrats dont mon équipe a bénéficié, de l’#Agence_National_de_Recherche (#ANR) en particulier. Malheureusement, force a été de constater que le ministère et ses contrats ANR n’y a pas occupé une place proéminente. Encore moins sur les coronavirus (2 projets ANR coordonnés en 18 ans), sur lesquels aucun soutien financier spécifique n’a été accordé depuis plusieurs années, sauf en 2019 par la #Fondation_de_la_Recherche_Médicale, dont la vision scientifique tient heureusement peu cas des modes. Nous nous échinions, en effet depuis 2003, mes collègues d’équipe et moi, à étudier la réplication des coronavirus et comment ces derniers mutent, ce qui est d’une importance capitale pour la conception de #vaccins ou de #médicaments. Tous les dossiers de projet ANR inlassablement déposés depuis 2015 ont été jugés indignes d’être financés et/ou inintéressants. Cinq fois, pour être précis. Dans la dernière édition (dépôt du projet en octobre 2019 – réponse pas encore arrivée à ce jour, 19 septembre 2020), j’ai failli renoncer à apporter encore des résultats expérimentaux préliminaires, pour ne pas les divulguer gratuitement à mes concurrent·es : l’évaluation des projets ANR se faisant par des expert·es internationaux forcément pris parmi les spécialistes qui connaissent le sujet, donc presque tout le temps, des concurrent·es… J’ai fourni le même dossier, mais amputé de la recherche sur le virus #Ebola. Oui, Ebola produit actuellement une épidémie en République Démocratique du Congo, mais la loi mort-kilomètre nous dit que le sujet est défavorable pour éveiller un quelconque intérêt en ce moment. La recherche sur Ebola n’intéresse que quand le virus sonne à notre porte, comme en 2014.

    Le SARS-CoV-2 aura donc eu un effet magique : ma recherche inintéressante sur la #variabilité_génétique de ce virus a subitement reçu, en juin 2020, les commentaires les plus positifs, dithyrambiques, qu’il m’a été possible de recevoir en 30 ans de carrière1. Ni mon projet ni ma recherche n’ont pourtant changé : seule leur perception a changé dans le contexte COVID19, renforçant cette constatation que j’ai maintes fois faite : la science ne marche pas dans l’#urgence 2 et la virologie, ce n’est pas que les coronavirus.

    Pour les « plusieurs financements sur projets », vous voulez donc probablement parler des deux projets européens dont mon équipe a récemment bénéficié. La France étant une grosse contributrice financière à l’espace européen de la recherche, il me semblait donc presque « patriotique », en quelque sorte, de me lancer corps-et-âme dans la lutte anti-COVID19 en rapatriant des fonds européens pour pouvoir employer des personnes motivées, et continuer à décrypter comment ces fichues bestioles virales arrivent à se reproduire au prix d’un tel bazar dans une cellule, un organisme, une société. Le premier projet européen appelé #SCORE, a été écrit en 10 jours (et nuits) en février 2020 grâce au réseau de collaborateur·trices corona-virologistes que la disette financière des années précédentes n’a pas réussi à effilocher. L’autre appelé #IMI-CARE a été écrit immédiatement après en mars 2020, en 3 semaines au lieu des plutôt 6 mois habituels, avec un consortium international de 36 laboratoires, dont 12 industriels majeurs. Peut-être auriez-vous préféré que je m’abstienne dans cette quête inlassable de financements ? Impossible, car c’est la condition sine qua non pour pouvoir avancer dans nos recherches, répondre à l’urgence de la situation et recruter immédiatement quelques personnes en CDD.

    S’appuyer sur des contractuel·les pour assurer la survie de notre laboratoire

    Je me suis posé la question lorsque j’ai embauché Camille, Adrien, et Pierre : trois jeunes diplômés d’un Master en quête de leur première expérience professionnelle, qui n’ont pas hésité en plein confinement à s’entasser dans une voiture depuis Toulouse pour venir s’installer à Marseille, avec comme horizon un #CDD de 15 mois, un statut inexistant et une paie royale de 1600 euros mensuels. Je ne pense pas qu’elle et ils espèrent quoi que ce soit de la LPPR, qui ne propose aucune amélioration pour les contractuel·les de la recherche. On leur a trouvé un appartement, sinon, iels seraient encore peut être à la rue : avec un CDD, il n’est pas facile de convaincre un·e bailleur·se.

    Je me suis également posé la question quand il a fallu que j’embauche un #lab_manager (en CDD, évidemment) pour que Véronique, Barbara et Cécilia, trois ingénieures de recherche totalement saturées de travail dans l’équipe #COVIDemment désorganisée, soient déchargées des corvées administratives routinières qui les empêchent de faire leur métier, c’est-à-dire de la recherche. La fonction principale de ce lab manager ? Nous aider à gérer les stupides « #feuilles_de_temps-projet » qui compartimentent notre cerveau pour les bureaucrates européens. Car dans un projet européen, le CNRS « loue » contre facture le temps de cerveau disponible de ses chercheur·ses (9h-18h, nous ne réfléchissons que les jours ouvrables) et il nous faut donc déclarer, heure par heure, comment nous nous occupons.

    Je me suis encore posé la question quand les équipes de notre laboratoire, entité conjointe entre le CNRS et l’Université Aix Marseille, ont dû mutualiser leurs ressources pour pouvoir embaucher un autre CDD, technicien·ne qui prépare les réactifs dont nous avons besoin, lance la vaisselle et les autoclaves, et tout cela pour environ 1200 nets par mois. C’est un poste nécessaire au laboratoire, mais que nous devons auto-financer, malgré les 26 % du montant de nos contrats qui partent en frais de gestion et provision pour la maintenance des appareillages du laboratoire.

    Je me suis posé ces questions car ces efforts financiers et ces CDD étaient, il n’y a pas si longtemps, assurés par un soutien de base au laboratoire de la part de nos deux tutelles, le CNRS et l’#université. Et surtout par des postes statutaires, essentiels pour la survie de nos laboratoires, qui ne sont mentionnés dans aucun article de la LPPR et dont le nombre s’est effondré depuis 2008. Vous dites donc sur France Culture que mon « laboratoire (est) financé tous les ans de manière récurrente ». Quel humour par omission ! Vous savez très bien que le #financement_récurrent ne permet pas de financer nos programmes de recherche. Dans tous les laboratoires de sciences expérimentales, les chercheur·ses ponctionnent elleux-mêmes leur projet d’une contribution « volontaire » qu’iels mutualisent pour assurer les carences des employeur·ses publics. Chez nous, on fait la plonge du labo à tour de rôle pour laver nos éprouvettes, et le soutien récurrent constitue moins de 5% du budget de fonctionnement : pas assez pour acheter suffisamment de mouchoirs pour pleurer.

    Votre petite phrase prononcée sur le ton « je dis ça, je dis rien » n’avait donc certainement aucunement l’intention de décrédibiliser votre administré que je suis. La grande majorité de la communauté scientifique vous a exprimé depuis des mois ses craintes envers la LPPR : entre autres, le ras-le-bol des titulaires d’être transformé·es en bureaucrates expert·es dans la gestion du personnel précaire, et la crainte des contractuel·les de le rester « à vie », ou après avoir fait leurs preuves pendant des années d’être considéré·es comme dignes d’être titularisé·es (pour les « professeur·es junior »). Pour mémoire, les quelques 200 premièr·es signataires de la pétition (qui a fait pschitt) de soutien à la LPPR, sont à la retraite et ont bénéficié de ce statut de fonctionnaire pendant toute leur carrière. Il est vrai que la connivence augmentée que vous préconisez dans la LPPR avec le secteur privé n’a pas besoin de s’encombrer de chercheur·ses indépendant·es et libres de penser. Ainsi, il n’y aura plus de scandale type Mediator, SDHI, glyphosate, perturbateurs endocriniens, … puisque personne ne mord la main qui nourrit.

    Espérer arriver au niveau de 2ème division en biologie structurale

    Pourtant, cette « abondance » que la LPPR nous promet pourrait trouver une meilleure destination. Je me suis alors rappelé le plan « #France_Cryo-EM », un #Equipex (Equipement d’excellence), qui nécessite 36 millions d’euros pour pouvoir observer le SARS-CoV-2 et ses protéines avec des #cryo-microscopes_électroniques (#Cryo-EM) à haute résolution et concevoir intelligemment les vaccins et #traitements requis. Créé officiellement en 2016, il reste pourtant aux biologistes structuraux Français 16 millions d’euros à trouver pour pouvoir pour amener la France au niveau de 2ème division en #biologie_structurale 3. Ayant déploré l’absence de ce grand équipement, vous m’avez proposé de venir collecter des données sur le microscope de Nice, je ne reviendrai pas sur cette confusion microscopique. Au 23 juillet 2020, des laboratoires Chinois et Allemands ont publié dans les journaux internationaux les plus réputés, Nature, Science, Cell, pas moins de 9 structures de l’ARN polymerase de ce virus, en utilisant une information clé de nos travaux réalisés en 2014. En l’absence de Cryo-EM haute résolution, nous avons regardé passer les balles au-dessus de nos têtes… Ironie du sort et humiliation supplémentaire, ces #revues_scientifiques m’ont souvent sollicité pour évaluer ces publications que j’aurais dû faire. A titre de comparaison, l’Allemagne, notre voisin européen que l’on peut considérer être en première division, avait 25 Cryo-EM en 2018.

    Ces 16 millions manquants pour que les chercheur·ses puissent exercer leur métier dans des conditions décentes sont à mettre en perspective avec le milliard d’euros accordé en moins d’un an au groupe français #Sanofi sur un pari vaccinal, certes en majorité via leurs ami·es du #BARDA américain, qui seront les premièr·es servi·es. Enfin, qui devraient : ce sont les mêmes qui ont donné 43 millions à Sanofi en août 2016 pour un vaccin contre le virus #Zika, mais tous deux ont jeté l’éponge en septembre 2017. Cela ressemble beaucoup à 2003 et l’émergence du SARS pour laquelle Sanofi a été copieusement financée pour un vaccin, lui aussi abandonné.

    Ces 16 millions manquants sont également à mettre en perspective avec le #Crédit_Impôt_Recherche 5, passé de 2,5 milliards en 2008 à 6 milliards aujourd’hui. Avantage fiscal généreux destiné à renforcer l’attractivité de Sanofi, pour prendre un exemple concernant directement la COVID19… Ou bien est-ce plutôt pour éviter que ce groupe continue à réduire ses activités de #R&D en France ? Cette générosité est si bien remerciée qu’elle s’est immédiatement traduite, pour l’instant, par 4 milliards à reverser aux actionnaires en 2020, et par le licenciement de 1 700 personnes dans le monde, dont 1 000 en France. En tant que chercheur rompu à la complexité des demandes de financement ANR, j’ai regardé avec émotion et envie le mini-dossier à rapporter dans le formulaire Cerfa 2069-A-SD pour que cette entreprise s’exonère de 130 millions d’euros annuels…

    Arrêter la sensation de chute libre pour la recherche publique française

    Dans Le Monde du 24 juillet, je lis entre les lignes une synthèse indirecte de cette sensation de chute libre : la France est passée en 20 ans de la 5e à la 8e place des contributeurs aux #publications_scientifiques, ce qui est à mettre en relation avec un financement insuffisant de la recherche équivalent à 2,2 % du PIB (0,8 % recherche publique, 1,4 % privée). Vous visez à porter l’effort de recherche de la nation à 3% du PIB (1% public, 2% privé) d’ici 2030. Je constate que l’effort de financement de la #recherche_privée est donc plus du double de celui de la recherche publique. Il me semble hasardeux de compter sur la recherche privée pour rattraper l’écart de publications, ou bien peut-être faudra-t-il que l’utilisation de l’argent public investi dans cette dernière subisse des évaluations aussi invasives, constantes et publiquement disponibles que celle que nous subissons dans les laboratoires académiques ?

    Finalement, chère Frédérique, depuis une dizaine d’année, trois présidents de la république Nicolas Sarkozy, François Hollande, et Emmanuel Macron n’ont-ils pas eu raison de prendre les chercheur·ses et les universitaires pour des imbéciles ? Pourquoi en serait-il autrement ? Cela fait plusieurs décennies qu’elles et ils sont les seuls haut·es fonctionnaires de catégorie A+ à qui on demande de trouver les moyens financiers de faire leur travail et les derniers en termes de niveau de #rémunération, gagnant en moyenne 3200 euros nets par mois – pour celles et ceux qui ont la « chance » d’être titulaires.

    Je note d’ailleurs que l’oreille d’Angela Merkel, titulaire d’un doctorat en chimie, semble plus réceptive au financement de la science en Allemagne, pays où la crise due au coronavirus semble avoir été mieux gérée que chez nous. Est-ce aussi à mettre en rapport avec la constatation que, par exemple, la ville d’Heidelberg à elle seule a autant de Cryo-EM que la France entière ?

    Peut-être, alors, après avoir travaillé comme des forcené·es pendant cette période difficile avec mes collègues fonctionnaires Etienne, François, Karine, Jean-Claude Nadia, et tou·tes les précaires dont je vous épargnerai la liste7, nous devrions, en prélevant encore sur nos contrats, constituer une cagnotte supplémentaire. Car la LPPR ne prévoit pas grand-chose dans ses premières années tandis qu’elle nous promet « l’abondance » au nom de vos successeur·ses. Mais surtout, nous pourrions ainsi soulager votre budget ministériel, économiser 16 millions d’euros et pouvoir trouver cette goutte d’eau microscopique qui nous permettrait, outre de ne pas se sentir humilié·es face à une concurrence internationale féroce, de travailler à rattraper le temps perdu.

    J’espère avoir correctement éclairé votre petite phrase, dans le respect de votre fonction ministérielle, respect qui finira bien un jour par être réciproque, et que in fine, mes « plusieurs financements sur projets » que vous « connaissez par cœur » continueront à soutenir nos efforts intenses contre le SARS-CoV-2 et le COVID19.

    Références et notes

    1J’ai établi un résumé de ces demandes, à la demande de l’ANR, du CNRS, et de plusieurs journalistes. Pour la dernière demande (la même faite depuis 2016), devenue subitement intéressante après le déclenchement de la pandémie COVID19, voici la première phrase de l’avis général de chacun des trois évaluateurs internationaux :Reviewer n°1 : « The project is a must fund project. The highly multi-disciplinary research project very nicely combines cutting edge techniques ». Reviewer n°2 : « This is an excellent proposal that is recommended to be considered for funding with highest priority ». Reviewer n°3 : « This is a very interesting research proposal. The project is highly relevant for two reasons. First the obvious pandemic outbreak and second the role of epi-transcriptomics and RNA biology in health and disease. »

    2Le Monde, 29 février 2020

    3La France dispose de 3 Cryo-Electro-Microscopes à haute résolution (type Titan Krios) nécessaires pour les études sur les virus et les conceptions de vaccins et médicaments. L’Angleterre et l’Allemagne (que l’on peut considérer être en première division, j’en passe au sujet de la Chine ou des USA) en avaient 22 et 25, en 2018, respectivement. Le plan « France Cryo-EM EquipeX » prévoit d’en acquérir 3 de plus, mais beaucoup de régions (Paris-Sud, Paris-Centre, Lyon, Marseille, Toulouse, Bordeaux, Rennes, Montpellier ont dû abandonner tout projet de ce type de microscope pour se rabattre sur des microscopes moins puissants, et mutualisés pour que l’ensemble des chercheur·ses d’une régions puisse travailler.

    4L’ARN polymérase, moteur de la réplication du SARS-CoV-2, devient active lorsque qu’elle est associée à deux autres protéines virales, ce qui ouvre la voie à son étude structurale et fonctionnelle. Subissi L, et al. Proc Natl Acad Sci U S A. 2014 Sep 16 ;111(37):E3900-9.

    5Cette mesure fiscale (art. L244 Quater B du CGI) permet de financer des activités de Recherche et Développement (R&D), sous forme de remboursement ou de réduction d’impôt sur les sociétés. Malgré la possibilité évidente d’évasion fiscale, elle n’a jamais été évaluée de manière transparente.

    6La demande de CIR se fait par le formulaire cerfa 2069-A-SD disponible ici On notera : 1) la simplicité de la description demandée du programme de R&D, à comparer avec l’extrême détail qui est demandé aux chercheur·ses pour leur demande de projet ANR ; 2) l’absence du descriptif du processus de revue ou d’évaluation de ces demandes. Je me porte candidat avec enthousiasme pour évaluer ces dossiers de demande CIR dans le domaine des virus émergents ; 3) l’absence de données publiques sur le taux de réussite de ces demandes.

    7L’ensemble de l’équipe et de ses membres est consultable là.

    Remerciements : Je remercie Thomas Boulin, Samuel Hayat et Sophie Pochic pour la relecture critique et les suggestions.

    https://universiteouverte.org/2020/09/19/la-virologie-est-un-sport-de-combat

    #Frédérique_Vidal #MESRI

  • Inspired by llamas, scientists make potent anti-#coronavirus agent - STAT
    https://www.statnews.com/2020/08/11/scientists-create-potent-anti-coronavirus-nanobody-inspired-by-llamas

    While the lab results look promising, experts in the field advise caution because important work has not been done to test the compound in animals. “The critical thing is animal data. We’ve found things that are very potent in vitro that do nothing in vivo,” said Dimiter Stanchev Dimitrov, a professor of medicine who directs the Center for Antibody Therapeutics at the University of Pittsburgh and has created antibody-based therapeutics for numerous viruses including SARS and MERS, two other coronaviruses. He said it can take months to collect the needed data in animals. “Once these are tested in animal models, then I can get excited.”

    #traitement

  • EU ’covered up’ Croatia’s failure to protect migrants from border brutality

    Exclusive: Brussels officials feared disclosing Zagreb’s lack of commitment to monitoring would cause ‘scandal’

    EU officials have been accused of an “outrageous cover-up” after withholding evidence of a failure by Croatia’s government to supervise #police repeatedly accused of robbing, abusing and humiliating migrants at its borders.

    Internal European commission emails seen by the Guardian reveal officials in Brussels had been fearful of a backlash when deciding against full disclosure of Croatia’s lack of commitment to a monitoring mechanism that ministers had previously agreed to fund with EU money.

    Ahead of responding to inquiries from a senior MEP in January, a commission official had warned a colleague that the Croatian government’s failure to use money earmarked two years ago for border police “will for sure be seen as a ‘scandal’”.

    Supervision of the behaviour of border officers had been the condition set on a larger grant of EU funds to Croatia. There have been multiple allegations of violent pushbacks of migrants and refugees by Croatian police on the border with Bosnia, including an incident in which a migrant was shot.

    In response to allegations of a cover-up, an EC spokesman told the Guardian that what was known had been withheld from MEPs as the information was believed to have been “incomplete”.
    Crosses on our heads to ’cure’ Covid-19: refugees report abuse by Croatian police
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    It throws a spotlight on both the Croatian government’s human rights record and the apparent willingness of the EU’s executive branch to cover for Zagreb’s failure.

    Croatia is seeking to enter the EU’s passport-free Schengen zone – a move that requires compliance with European human rights standards at borders.

    Despite heated denials by the Croatian authorities, the latest border incident has been described by aid workers as the most violent in the Balkan migration crisis. On 26 May, 11 Pakistani and five Afghan men were stopped by a group wearing black uniforms and balaclavas in the Plitvice Lakes, 16km (10 miles) into Croatia from the Bosnian border.

    “The men in uniforms tied each of the Pakistanis and Afghanis around a tree, so their wrists were bound and they had to turn their faces toward the trees,” according to a report from the Danish Refugee Council (DRC), which provides healthcare for migrants in Bosnia. “Once these people were unable to move, the men in uniforms fired several shots in the air with guns placed close to the ears of the Pakistanis and Afghanis. There were also shots fired close to their legs.’’

    “They kept shooting. They were shooting so closely that the stones under our feet were flying and being blown to pieces,” one of the men told the Guardian. “They kept saying: ‘I want to beat and kill you.’ They tortured us for three to four hours.”

    The council’s report says electro-shockers were placed on people’s necks and heads. “One of the men in uniform was cutting several victims with knives and the same person inflicted cuts on both of the palms of one person.”

    One asylum seeker said that one of the men put his knee on his neck, then cut at him with a blade. ‘‘He sliced the index finger of my left hand, and blood started spurting out like a small shower,’’ he said. “Then he smiled and cut my middle finger followed by my palm with a larger cut. The whole hand is swollen beyond recognition.”

    After a while, the men in balaclavas called other uniformed officers.

    According to the victims and a report by the DRC, “before the police arrival, one of the men in uniform made a film with his mobile phone, while others in his company were laughing, yelling and provoking”.

    Upon the arrival of police officers, the migrants were put into vans and taken to the border at Šiljkovača, a village close to Velika Kladuša. Police officers did not beat them, but ordered them into Bosnian territory.

    “All of them had bleeding wounds on their heads and numerous bruises on various parts of the body,” Nicola Bay, the DRC country director for Bosnia, told the Guardian. “Four of them had broken arms and one had a broken leg and both arms.”

    Contacted by the Guardian, the Croatian police denied the allegations and suggested that asylum seekers could have fabricated the account and that the wounds could be the result of “a confrontation among migrants” that took place ‘‘on 28 May in the vicinity of the Croatian border, near Cazin’’.

    Volunteers and charities who have treated migrants involved in the fight in Cazin, said the two incidents are unrelated and happened two days apart. Those involved in the fight in Cazin have not claimed they were attacked by the police.

    The establishment of supervisory mechanisms to ensure the humane treatment of migrants at the border had been a condition of a €6.8m (£6.1m) cash injection announced in December 2018 to strengthen Croatia’s borders with non-EU countries.

    The mechanism was publicised by the European commission as a way to “ensure that all measures applied at the EU external borders are proportionate and are in full compliance with fundamental rights and EU asylum laws”.

    Croatian ministers claimed last year that the funds had been handed over to the UN High Commission for Refugees (UNHCR) and the Croatian Law Centre to establish the supervisory mechanism.

    Both organisations deny receiving the money.

    In January this year, the commission was asked by Clare Daly, an Irish MEP in the Independents 4 Change party, to account for the discrepancy.

    A commission official responded that the UNCHR and Croatian Law Centre had established the monitoring mechanism but from “their own funds” to ensure independence from the government.

    He added: “Hopefully [this] clarifies this matter once and for all”.

    But both organisations have again denied being involved in any monitoring project, clarifying that they had only been engaged in an earlier initiative involving the examination of police files.

    Beyond the apparent inaccuracy of the response to Daly, internal emails suggest the full facts of the “underspending” – as its known to the commission – were also withheld.

    The EC failed to inform Daly that the Croatian government had decided to ring-fence only €102,000 of the €300,000 provided for the monitoring mechanism and that ultimately only €84,672 was actually spent – €17,469.87 was given to the interior ministry and €59,637.91 went to NGOs. A roundtable conference accounted for €1,703.16.

    “While we know that there has been underspending on the €300,000 … we thought that around € 240,000 were nevertheless spent in the context of the monitoring mechanism,” an EU official had written while discussing how to deal with the MEP’s questions. “Having spent only EUR 102,000, will for sure be seen as a ‘scandal’.”

    The commission did not pass on information on the spending to Daly but privately officials agreed to seek answers urgently. They also discussed in a phone and email exchange the possibility of intervening in the member state’s planned report due to the poor handling of the matter by the Croatian government.

    “Seeing how unfortunate [Croatia] is presenting this issue, [Croatia] definitively needs (your?) help in putting some ‘final touches’ to the report,” an official in the commission’s migration department wrote to a colleague. “Will [Croatia] provide you with an advance copy of the final report?”

    Daly told the Guardian: “It is outrageous – the commission appears to be colluding with the Croatian authorities in a cover-up.”

    An EC spokesperson said the EU’s executive branch was committed to the establishment of a fully independent border monitoring mechanism.

    The spokesperson said: “We would caution against drawing misleading conclusions from reading the internal email exchanges in isolation.”

    He added: “The Croatian authorities are explaining in their final implementation report how the monitoring mechanism was established, how it works in practice and outline the results.

    “Given that the report submitted by the Croatian authorities was incomplete, the commission asked the Croatian authorities for clarifications first in writing and orally regarding outstanding issues (eg factual data confirming the achievements of the project indicators relating to internal controls and trainings).”

    https://www.theguardian.com/global-development/2020/jun/15/eu-covered-up-croatias-failure-to-protect-migrants-from-border-brutalit
    #complicité #EU #UE #Croatie #violence #réfugiés #asile #migrations #violence #violences #hauts_fonctionnaires #fonds #argent #gardes_frontière #route_des_Balkans #frontières #Plitvice_Lakes #commission_européenne #Union_européenne #couverture

    • Report from Centre for Peace Studies on the pushback of children

      On 29th May 2020, the Centre for Peace Studies – a key member of the Border Violence Monitoring Network (BVMN) – presented a new report alongside the Welcome! Initiative. Addressing the Croatian Government, the “Report on violent and illegal expulsions of children and unaccompanied children” is based on testimonies collected by activists through the BVMN shared database. The publication shares the story of children who sought protection from Croatia, and how Croatia answered in violence.

      “We came to the door of Prime Minister Plenković and Deputy Prime Minister and Minister of the Interior Božinović, who have been turning their backs on testimonies and accusations for years and silently pursuing a policy of flattering the European Union. Even the most vulnerable are not excluded from violence – children “, said Tea Vidović on behalf of the Welcome! Initiative.

      The report submitted to the Government by the organizations provides testimonies of children and their families and unaccompanied children on violent and illegal methods that they had to experience at the hands of police authorities. This illegal and inhuman behavior violates national laws, international law and human rights, prevents access to international protection and, most importantly, marks children’s lives. Although the Government of the Republic of Croatia and the Ministry of the Interior should take into account the special vulnerability of children, respect their rights and best interests, children experience police brutality and limitation of their freedom for hours without access to water and food.

      “While the government uses every opportunity to emphasize the importance of border protection, we wonder in which way is police protecting Croatian borders? By beating children, confiscating their personal belongings, locking children in police vans for several hours in which they are exposed to extremely high or extremely low temperatures, shooting and using electric shocks, is this how the police protect Croatian borders? ”, points out Ana Ćuća.

      The exact number of children who are victims of police brutality remains unknown. BVMN has reported 209 cases of violent and illegal expulsions of children from Croatia since 2017, while Save the Children recorded 2969 expulsions of children at the borders in the Western Balkans during the first 9 months of last year.

      Two cases are currently pending at the European Court of Human Rights against Croatia, both involving violence and pushback. The first is the case of the family of the tragically late six-year-old girl Madina Hussiny, who was killed at the Croatian-Serbian border. The second includes pushbacks, illegal detention and inhumane treatment of a 17-year-old Syrian boy by Croatian police, who was pushed back to Bosnia and Herzegovina despite seeking asylum in Croatia.

      The latest report presented is the sixth report on violent and illegal expulsions published in the last four years, and it is the collective work of the Centre for Peace Studies, the Society for Psychological Assistance, the Welcome! Initiative and the Border Violence Monitoring Network. It also brings a short graphic novel based on the story of little #Madina, a young girl killed in transit, for whose death no one has yet been held accountable.

      Therefore, the organisations ask the Government and the Ministry of the Interior to finally take responsibility and for those who sanction and carry out systematic violence. Responsible institutions are obliged to investigate those who commit violence and push back children in need of protection. All children deserve justice and protection.

      https://www.borderviolence.eu/report-from-centre-for-peace-studies-on-the-pushback-of-children
      #enfants #enfance #mineurs

      Pour télécharger le #rapport:
      https://www.cms.hr/system/article_document/doc/647/Pushback_report_on_children_and_unaccompanied_children_in_Croatia.pdf

    • Policiers croates accusés de violences contre des migrants : l’UE réclame une "enquête approfondie’’

      Après avoir été interpellée par Amnesty International sur la « violence » des policiers croates à l’égard des migrants, la Commission européenne a réclamé à Zagreb une « enquête approfondie ». L’institution prévoit d’envoyer une mission sur place, quand la situation sanitaire le permettra.

      L’Union européenne est sortie de son ’’silence’’ au sujet des accusations de violences contre des migrants perpétrées par la police croate. Vendredi 12 juin, la Commission européenne a réclamé à Zagreb une "#enquête_approfondie'' à la suite de la publication d’un rapport à charge de l’ONG Amnesty International dénonçant des #passages_à_tabac, des #tortures et des tentatives d’#humiliation de la part de policiers croates (https://www.infomigrants.net/fr/post/25339/on-les-suppliait-d-arreter-de-nous-frapper-ils-chantaient-et-riaient-l).

      « Nous sommes très préoccupés par ces allégations », a déclaré un porte-parole de l’exécutif européen, Adalbert Jahnz. « La #violence, l’humiliation et les #traitements_dégradants des demandeurs d’asile et migrants n’ont pas leur place dans l’Union européenne et doivent être condamnés », a-t-il assuré.

      L’Union européenne avait été directement interpellée par Amnesty International dans son rapport. Ce document affirme que 16 migrants, qui tentaient d’entrer illégalement en Croatie, ont été « ligotés, brutalement battus et torturés » pendant plusieurs heures par des forces de l’ordre, dans la nuit du 26 au 27 mai. « L’Union européenne ne peut plus rester silencieuse et ignorer délibérément les violences et les abus commis par la police croate à la frontière », avait déclaré Massimo Moratti, directeur adjoint de l’antenne européenne de l’ONG.

      https://twitter.com/Jelena_Sesar/status/1271044353629335553?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E12

      Une mission sur place quand la situation sanitaire le permettra

      L’exécutif européen a également indiqué être « en contact étroit » avec les autorités croates qui « se sont engagées à enquêter » sur ces accusations de mauvais traitements à leur frontière avec la Bosnie (https://www.infomigrants.net/fr/post/18721/plusieurs-migrants-retrouves-blesses-a-la-frontiere-entre-la-bosnie-et). « Nous attendons que ces accusations fassent l’objet d’une enquête approfondie et que toutes les actions nécessaires soient prises », a poursuivi le porte-parole.

      La Commission prévoit aussi d’envoyer, quand la situation sanitaire le permettra, une mission sur place, dans le cadre d’un mécanisme de surveillance du respect des droits fondamentaux par les autorités aux frontières lié à l’allocation de fonds européens.

      Le ministère croate de l’Intérieur a, de son côté, immédiatement démenti ces accusations, en ajoutant cependant qu’une enquête serait ouverte.

      Des milliers de migrants empruntent chaque année la « route des Balkans » pour essayer de rejoindre l’Europe occidentale. La plupart passent par la Croatie, pays membre de l’UE, le plus souvent en provenance de la Bosnie.


      https://www.infomigrants.net/fr/post/25354/policiers-croates-accuses-de-violences-contre-des-migrants-l-ue-reclam

    • Croatia: Fresh evidence of police abuse and torture of migrants and asylum-seekers

      In a horrifying escalation of police human rights violations at the Croatian border with Bosnia, a group of migrants and asylum seekers was recently bound, brutally beaten and tortured by officers who mocked their injuries and smeared food on their bleeding heads to humiliate them, Amnesty International has revealed today.

      Amnesty International spoke to six men among a group of 16 Pakistani and Afghan asylum-seekers who were apprehended by the Croatian police on the night between 26 and 27 May near Lake Plitvice, as they tried to cross the country to reach Western Europe.

      Between eight and ten people wearing black uniforms and balaclavas identical to those used by Croatia’s Special Police, fired their weapons in the air, kicked and repeatedly hit the restrained men with metal sticks, batons and pistol grips. They then rubbed ketchup, mayonnaise and sugar that they found in one of the backpacks on migrants’ bleeding heads and hair and their trousers. Amnesty International also spoke to doctors who treated the men and NGOs who witnessed their injuries.

      “The European Union can no longer remain silent and wilfully ignore the violence and abuses by Croatian police on its external borders. Their silence is allowing, and even encouraging, the perpetrators of this abuse to continue without consequences. The European Commission must investigate the latest reports of horrifying police violence against migrants and asylum-seekers.” said Massimo Moratti, Deputy Director of the Europe Office, following the latest incident on the Croatian border.

      Physical and psychological abuse

      Amir from Pakistan told Amnesty: “We were pleading with them to stop and show mercy. We were already tied, unable to move and humiliated; there was no reason to keep hitting us and torturing us.” He said the armed men showed no sympathy. “They were taking photos of us with their phones, and were singing and laughing.” Amir had a broken arm and nose, stiches on the back of his head, and visible bruising all over his face and arms.

      Ten men suffered serious injuries that night. Thirty-year-old Tariq now has both of his arms and a leg in a cast, visible cuts and bruises on his head and face and is suffering from severe chest pain.

      “They did not give us a chance to say anything at all when they caught us. They just started hitting us. While I was lying on the ground, they hit my head with the back of a gun and I started bleeding. I tried to protect my head from the blows, but they started kicking me and hitting my arms with metal sticks. I was passing in and out of consciousness the rest of the night.” Tariq is now forced to use a wheelchair to move around and it will take months before he is able to move on his own again.

      The men told Amnesty International how they felt humiliated as militia rubbed mayonnaise and ketchup on to their bloody heads and faces. One masked man squirted mayonnaise on an asylum-seeker’s trousers between his legs, while others laughed and sang “Happy Birthday” around them.

      After almost five hours of continuous abuse, the migrants were handed over to the Croatian Border Police who transported them close to the border with Bosnia and Herzegovina in two vans before ordering them to walk. “They were taken aback by our condition. We were drenched in blood and very shook up. We could barely stand, much less walk for hours to Bosnia. But they told us to go. They told us to carry the guys who couldn’t walk and just go.” Faisal told Amnesty.

      Some of the men eventually reached Miral, a reception centre run by the International Organization for Migration in Velika Kladusa in Bosnia and Herzegovina, but five, who were too weak to walk, stayed behind and were eventually picked up by an NGO operating in the camp.

      An emergency doctor at the medical clinic in Velika Kladusa who treated the men told Amnesty International that they all had injuries on the back of their heads which were consistent with a blow by a blunt object and required stiches. Most had multiple fractures, joint injuries, collapsed lungs, cuts and bruises and several were traumatized. Their recovery could take months.

      Routine violent pushbacks and torture by the Croatian police remain unpunished

      While only the latest in the series, the incident points to a new level of brutality and abuse by the Croatian police. In early May, the Guardian reported about a group of men who were forced across the Croatian border after being beaten and having orange crosses spray-painted on their heads. The Croatian Ministry of Interior dismissed the allegations, but the testimonies of violence and intimidation fit the trend of unlawful pushbacks taking place not only on the Croatian, but also on other external borders of the European Union.

      Numerous reports over the past three years have revealed how the Croatian border police routinely assault men, women and teenagers trying to enter the country, destroy their belongings and smash their phones before pushing them back to Bosnia. People are sometimes stripped of their clothes and shoes, and forced to walk for hours through snow and freezing cold rivers.

      A physician in the Velika Kladusa clinic told Amnesty International that approximately 60 per cent of migrants and asylum-seekers who required medical treatment reported that their injuries were inflicted by the Croatian police, while they were trying to cross the border. “Many injuries involve fractures of long bones and joints. These bones take longer to heal and their fractures render the patient incapacitated for extended periods of time. This appears to be a deliberate strategy – to cause injuries and trauma that take time to heal and would make people more reluctant to try to cross the border again or any time soon,” the physician told Amnesty International.

      The Croatian Ministry of Interior has so far dismissed these allegations, refusing to carry out independent and effective investigations into reported abuses or hold its officers to account. In a climate of pervasive impunity, unlawful returns and violence at the border have only escalated. Amnesty International has shared the details of this incident with the Ministry of Interior, but has not received an official response.

      The EU’s failure to hold Croatia to account

      The European Commission has remained silent in the face of multiple, credible reports of gross human rights abuses at the Croatian border and repeated calls by the European Parliament to investigate the allegations. Furthermore, Croatia remains a beneficiary of nearly EURO 7 million of EU assistance for border security, the vast majority of which is spent on infrastructure, equipping border police and even paying police salaries. Even the small proportion (EURO 300,000) that the Commission had earmarked for a mechanism to monitor that the border measures comply with fundamental rights and EU asylum laws, has been no more than a fig leaf. Last year, the Commission recommended Croatia’s full accession to the Schengen Area despite human rights abuses already being commonplace there.

      “The European Commission cannot continue to turn a blind eye to blatant breaches of EU law as people are being branded with crosses on their heads or brutally tortured and humiliated by Croatian police. We expect nothing less than the condemnation of these acts and an independent investigation into reported abuses, as well as the establishment of an effective mechanism to ensure that EU funds are not used to commit torture and unlawful returns. Failing urgent action, Croatia’s inhumane migration practices will turn the EU into an accomplice in major human rights violations taking place at its doorstep,” said Massimo Moratti.

      Violent pushbacks from Croatian border have been a regular occurrence since late 2017. The Danish Refugee Council recorded close to 7,000 cases of forcible deportations and unlawful returns to Bosnia and Herzegovina in 2019, most of which were accompanied by reported violence and intimidation by Croatian police. Despite the brief respite during the lockdown due to COVID-19 pandemic, pushbacks continue with 1600 cases reported only in April. The figures are increasing daily, as the restrictions across the region are being lifted and the weather is turning milder.

      Amnesty International has interviewed over 160 people who have been pushed back or returned to Bosnia and Herzegovina since July 2018. Nearly one third reported being beaten, having their documents and telephones stolen, and verbally abused in what appears to be a deliberate policy designed to deter future attempts to enter the country.

      https://www.amnesty.eu/news/croatia-fresh-evidence-of-police-abuse-and-torture-of-migrants-and-asylum-se
      #rapport #Amnesty_international

    • Croatia, police abuse is systemic

      While the world is outraged and protests after George Floyd’s death to denounce institutionalised violence, migrants have been beaten and tortured on the Balkan route for years. A brutal practice often covered up, even by the EU itself.

      George Floyd’s death on May 25th sparked protests around the world against police violence and institutional racism. In the Balkans as elsewhere, sit-ins have been held in support of #BlackLivesMatter , followed by calls to report abuses committed locally by the police. And in the region there is no lack of such abuses. In fact, police violence is routine on the “Balkan route”, the flow of migrants and refugees that has crossed the peninsula since 2015 in the hope of reaching the European Union. The events of the past few weeks have unfortunately confirmed once again the link between police brutality and immigration, bringing us back to the Croatian-Bosnian border. It is a story of systemic abuse, both proven and covered up, which involves a member state of the EU, candidate for accession to the Schengen area and, according to the latest revelations of The Guardian, the European Commission itself.
      Torture in Croatia

      When it comes to police abuse on the Croatian-Bosnian border, one does not really know where to start. The accidents recorded in recent years are so many that we can no longer even speak of “accidents”, or unexpected events. On the contrary, violence is rather a common practice, the only news being the increase in brutality by the agents, who have gone from illegal pushbacks to outright torture.

      “We rarely use the word ’torture’ in Europe, but in this case we had to”, explains Massimo Moratti, deputy director of the Europe office of Amnesty International (AI). Last week, AI published yet another report of the mistreatment of migrants by the Croatian police along the border with Bosnia and Herzegovina. Mistreatment is an understatement. The testimonies collected no longer speak of broken mobile phones, or – as has happened more recently – destroyed with a screwdriver to prevent recharging, but instead contain “actual sadism”, as Moratti puts it.

      The case in question is that of 16 Pakistani and Afghan asylum seekers arrested by the Croatian police near the Plitvice lakes between May 26th and 27th. Their testimony is chilling. “We asked them to stop and show mercy. We were already tied up, there was no reason to continue hitting and torturing us", Amir told Amnesty International. Singing and filming on mobile phones, the agents continued to beat the 16 unfortunate men hard, finally smearing their wounds with ketchup and mayonnaise found in the backpack of one of the migrants. Eventually, the group was brought back to the border and forced to walk to Bosnia. Those who were unable to walk, because they are now in a wheelchair, had to be transported by others.

      “It is a pattern, a trend. These are the same practices that we have already seen in Hungary in 2015, 2016, and 2017. Dogs, sticks, broken bones... The goal is to intimidate and frighten so that no one tries to cross the border anymore", resumes Massimo Moratti, who adds: “the fractures we saw in the latter case will take months to heal”. The Amnesty International report and the attached photos tell the rest.
      Four years of violence

      How did we get to this? It is useful to make a brief summary of recent years to understand the evolution of violence. First, the “Balkan route” became a media phenomenon in the summer of 2015, when hundreds of thousands of Syrians, Iraqis, and Afghans began to travel up the Balkan peninsula to reach the European Union. At the beginning, the destination of the route was Hungary, then, with the closure of the Hungarian wall, it became Croatia, which leads to Slovenia and then to the Schengen area. In 2015, Croatian policemen showed themselves to be tolerant and benevolent, as reminded by this cover of Jutarnji List .

      In the spring of 2016, the agreement between the EU and Turkey led to the closure of the Balkan route and a change of pace. “The first case of pushback is registered in 2016 on the Serbo-Croatian border. In 2017, we have the first cases of violence", says Antonia Pindulić, legal advisor to the Centre for Peace Studies (CMS) in Zagreb. At the end of 2017, Madina Hussiny, 6, died hit by a train while returning from Croatia to Serbia following the tracks. Together with her family, she had been illegally pushed back by the Croatian policemen.

      In the summer of 2018, the Croatian police fired on a van that carried 29 migrants and refused to stop. Nine people were injured and two minors ended up in hospital in serious conditions. Since then, it has been a crescendo of accidents, especially on the Croatian-Bosnian border, where what remains of the Balkan route passes. Here, the testimonies collected by NGOs speak of beatings, theft, destruction of mobile phones and, as always, illegal pushbacks. Then, the situation has deteriorated up to the torture of the last few weeks. All in the silence of the authorities.
      The silence of the institutions

      How could the Zagreb government not complete an investigation in four years, address the police abuse, punish the guilty? It just didn’t. In fact, Andrej Plenković’s government has just “denied everything” for four years, while “no investigation has produced results”, as Antonia Pindulić of CMS summarises. And this despite the fact that there have been complaints from NGOs and also the actions of the institutions themselves in Croatia.

      “In 2019, a group of policement wrote an anonymous letter to the Croatian Ombudswoman asking to be protected from having to carry out illegal orders”, recalls Pindulić. The agents then revealed the pushback technique: GPS off, communications only on Whatsapp or Viber, no official report. Also in 2019, then President Kolinda Grabar Kitarović had let slip , during an interview on Swiss television, that “of course, a little strength is needed when making pushbacks”. Later, she said she had been misunderstood.

      After dozens of complaints have fallen on deaf ears and after in 2018 the Ombudswoman, in her investigations, had been denied access to video surveillance videos with the excuse that they were lost, the CMS decided a couple of weeks ago to file a complaint “against unknown police officers” guilty of “degrading treatment and torture against 33 people” and “violent and illegal expulsion [of these people, ed.] from the territory of the Republic of Croatia to Bosnia and Herzegovina”. “We hope that the prosecutor will open an investigation and that people who have violated the law are identified. But since the institutions themselves have violated the law for four years, I don’t know what we can expect”, says Antonia Pindulić.

      The complaint filed brings together four cases, all of which occurred at the beginning of May 2020. “We suspect that the cases are linked to each other, as all the migrants and refugees involved have reported beatings, theft of their belongings, being stripped and, above all, having a cross drawn on their head with orange spray”, says Antonia Pindulić. This very detail had brought the story on the Guardian and sparked controversy in Croatia.
      Towards a turning point?

      In their brutality, the cases seem to repeat themselves without any change in sight. But the Croatian government may soon be forced to answer for what appears to be institutionalised violence. Not only the legal action taken by the CMS “could likely end in Strasbourg”, as Massimo Moratti of Amnesty International speculates, but a lawsuit filed by three Syrian refugees against Croatia reached the European Court of Human Rights at the end of the May . And last week, after the publication of the AI ​​report, the European Commission announced that an observation mission will be sent to Croatia.

      And there is more. This week, the Guardian also revealed that communications between officials of the European Commission show how the European body “covered up Croatia’s failure to protect migrants from brutality on the border”. In question are the European funding received from Zagreb for border security: 7 million Euros, of which 300,000 for the implementation of an independent control mechanism that should have supervised the work of the police. Not only has the mechanism never been implemented, but there have been contradictory communications in this regard, with the Commission declaring that UNHCR was part of the mechanism and the latter publicly denying at the end of 2019 .

      In short, although Brussels allocated a (small) budget for the control of the brutality of Croatian agents, the mechanism that was to be activated with those funds was never created. And the Commission is aware of this. How long, then, will the Plenković government manage to hide its system of violence on the Bosnian border?

      https://www.balcanicaucaso.org/eng/Areas/Croatia/Croatia-police-abuse-is-systemic-202952

      #violence_systémique

    • Croatia: Police brutality in migrant pushback operations must be investigated and sanctioned – UN Special Rapporteurs

      Croatia must immediately investigate reports of excessive use of force by law enforcement personnel against migrants, including acts amounting to torture and ill-treatment, and sanction those responsible, UN human rights experts said today.

      “We are deeply concerned about the repeated and ongoing disproportionate use of force by Croatian police against migrants in pushback operations. Victims, including children, suffered physical abuse and humiliation simply because of their migration status,” Felipe González Morales, the Special Rapporteur on the human rights of migrants, and Nils Melzer, Special Rapporteur on torture and other cruel, inhuman or degrading treatment or punishment, said in a joint statement.

      They said physical violence and degrading treatment against migrants have been reported in more than 60 percent of all recorded pushback cases from Croatia between January and May 2020, and recent reports indicate the number of forced returns is rising.

      Abusive treatment of migrants has included physical beatings, the use of electric shocks, forced river crossings and stripping of clothes despite adverse weather conditions, forced stress positions, gender insensitive body searches and spray-painting the heads of migrants with crosses.

      “The violent pushback of migrants without going through any official procedure, individual assessment or other due process safeguards constitutes a violation of the prohibition of collective expulsions and the principle of non-refoulement,” González Morales said.

      “Such treatment appears specifically designed to subject migrants to torture and other cruel, inhuman or degrading treatment as prohibited under international law. Croatia must investigate all reported cases of violence against migrants, hold the perpetrators and their superiors accountable and provide compensation for victims,” Melzer added.

      The UN Special Rapporteurs are also concerned that in several cases, Croatian police officers reportedly ignored requests from migrants to seek asylum or other protection under international human rights and refugee law.

      “Croatia must ensure that all border management measures, including those aimed at addressing irregular migration, are in line with international human rights law and standards, particularly, non-discrimination, the prohibition of torture and ill-treatment, the principle of non-refoulement and the prohibition of arbitrary or collective expulsions,” they said.

      During his official visit to Bosnia and Herzegovina in September 2019, González Morales received information on violent pushback of migrants by Croatian police to Bosnia and Herzegovina. He has exchanged views with relevant Croatian authorities on this issue on several occasions. Already during his official visit to Serbia and Kosovo* in 2017, Melzer had received similar information from migrants reporting violent ill-treatment during pushback operations by the Croatian police.

      * All references to Kosovo should be understood to be in compliance with Security Council resolution 1244 (1999).

      https://www.ohchr.org/EN/NewsEvents/Pages/DisplayNews.aspx?NewsID=25976&LangID=E

      #OHCHR

    • Dva policajca u pritvoru u Karlovcu zbog ozljeđivanja migranta - protiv njih pokrenut i disciplinski postupak

      Zbog sumnje u počinjenje kaznenih djela obojica su, uz kaznenu prijavu, dovedeni pritvorskom nadzorniku Policijske uprave karlovačke. Također, obojica su udaljeni iz službe, odgovoreno je na upit KAportala

      Dva policajca PU karlovačke nalaze se u pritvoru i to zbog sumnje u ozljeđivanje ilegalnog migranta, stranog državljanina.

      Na naš upit iz policije su nam rekli da je u četvrtak, 11. lipnja, u večernjim satima, tijekom utvrđivanja okolnosti nezakonitog ulaska u Republiku Hrvatsku, u policijsku postaju Slunj doveden strani državljanin na kojem su policijski službenici uočili da je ozlijeđen.

      https://kaportal.net.hr/aktualno/vijesti/crna-kronika/3836334/dva-policajca-u-karlovackom-pritvoru-zbog-ozljedjivanja-migranta-protiv

      Commentaire reçu via la mailing-list Inicijativa Dobrodosli, mail du 23.06.2020

      two police officers were arrested this week for injuring migrants. This is a big step for the Ministry of the Interior, but small for all cases that have not yet been investigated. However, it is important to emphasize that the violence we are witnessing is not the result of isolated incidents, but of systemic violence for which those who issue and those who carry out these illegal orders should be prosecuted.

  • Recueillir les larmes, en ignorer les causes : le traitement médiatique pourri du malheur agricole - FRUSTRATION
    https://www.frustrationmagazine.fr/recueillir-les-larmes-en-ignorer-les-causes-le-traitement-mediat

    Un système qui endette et accule

    C’est bien d’un système politique et économique dont est victime Christian Rougier. Ce système qui génère de l’endettement par l’investissement excessif et des faibles revenus par des prix trop bas fait des heureux : les grandes entreprises d’outils agricoles se frottent les mains, à fourguer des tracteurs à 100 000€ au premier venu. Les semanciers, fabricants de phytosanitaires (dont le géant Bayer-Monsanto) et les distributeurs d’aliments pour animaux, mais aussi les acheteurs et intermédiaires que sont les coopératives agricoles et la grande distribution. Toutes ces très grandes entreprises ont intérêt à ce que les agriculteurs soient pris à la gorge, sidérés par un endettement qui ne les rend certainement pas libre de leurs mouvements. Comment changer de modèle et rompre avec ces vautours quand on doit 500 000€ à la banque ?

    #traitement_médiatique
    #agriculture #exploitant·es #paysannerie #PAC

    • Car le drame de cet homme, c’est de devoir embaucher des locaux. D’où le titre de l’article, “Saison agricole : “Si on embauche des locaux, on ne va pas sortir nos récoltes””. Pourquoi cela ? “Des gens sont partis au bout de quelques jours et on en a remercié qui n’étaient pas efficaces. Il leur faut des pauses-café et cigarettes, ils ont mal aux vertèbres ou aux genoux et ils ne veulent pas arriver trop tôt.”

      Sans complexe, le producteur (un bien grand mot quand on fait travailler les autres) explique l’ardeur au travail des étrangers en comparaison des Français au fait que les premiers “ont faim et ils n’ont droit à rien”. Alors qu’en France “Il y a trop de social”.

      Ah ah !

      Je corrige : semencier.
      #agrobusiness #agribusiness #agribashing

  • US sends unproven virus drug to Brazil - Asia Times
    https://asiatimes.com/2020/06/us-sends-unproven-virus-drug-to-brazil

    The United States has delivered two million doses of the antimalarial medicine hydroxychloroquine (HCQ) to Brazil to fight Covid-19, the White House said Sunday, though the drug has not been proven effective against the coronavirus. “HCQ will be used as a prophylactic to help defend Brazil’s nurses, doctors, and healthcare professionals against the virus. It will also be used as a therapeutic to treat Brazilians who become infected,” a statement said. It said the US would soon also send 1,000 ventilators to Brazil, the epicenter of South America’s outbreak with nearly 500,000 confirmed cases.“We are also announcing a joint United States-Brazilian research effort that will include randomized controlled clinical trials,” it added.

    #covid-19#circulations#coopération-internationale#Brésil#EtatsUnis#santé#personnel-médical#traitement#épicentre#épidémie#AmériqueLatine#essai-clinique#migrant#migration

  • The inequalities exposed by this pandemic are about to get even worse | Nesrine Malik | Opinion | The Guardian
    https://www.theguardian.com/commentisfree/2020/may/31/inequalities-pandemic-worse-lockdown-privilege
    https://i.guim.co.uk/img/media/59180fd925bd17e907a673c2405183e4573308e4/0_58_3600_2160/master/3600.jpg?width=1200&height=630&quality=85&auto=format&fit=crop&overlay-ali

    There are workers who have formal contracts that treat their labour as a service performed by a human being who has the right to notice, severance pay and protection from abuse. And there are those who have no protection from the whims of their bosses to dictate their treatment and fate. As the predicted recession bites and unemployment rises, the power that employers have over zero-hours workers grateful to have any income will produce more and more abuses, especially for undocumented workers.
    Those workers are themselves part of a larger group of migrants whose legal and formal status will not fortify them against the aftershocks of the pandemic. Accustomed to overpaying for their visas, residence permits and access to the NHS, they have contributed taxes and fees over the years that still do not afford them any access to public funds. For them, there is no safety net.

    #Covid-19#migrant#migration#travailleurs#pandémie#protection#traitement#accès-santé#santé#droits#GrandeBretagne#NHS#statut

  • Hydroxychloroquine: Turkey insists on using drug despite WHO concerns - Middle East Eye
    Official tells MEE the drug is beneficial when used to treat coronavirus patients, with many Turkish doctors seeming to agree

    #Covid-19#Turquie#Santé#Traitement#Hydroxychloroquine#Pandémie#migrant#migration

    https://www.middleeasteye.net/news/hydroxychloroquine-coronavirus-turkey-lancet-study-who-trial

  • We found and tested 47 old drugs that might treat the #coronavirus: Results show promising leads and a whole new way to fight #COVID-19
    https://theconversation.com/we-found-and-tested-47-old-drugs-that-might-treat-the-coronavirus-r

    The map shows all of the coronavirus proteins and all of the proteins found in the human body that those viral proteins could interact with.

    In theory, any intersection on the map between viral and human proteins is a place where drugs could fight the coronavirus. But instead of trying to develop new drugs to work on these points of interaction, we turned to the more than 2,000 unique drugs already approved by the FDA for human use. We believed that somewhere on this long list would be a few drugs or compounds that interact with the very same human proteins as the coronavirus.

    We were right.

    Our multidisciplinary team of researchers at the University of California, San Francisco, called the QCRG, identified 69 existing drugs and compounds with potential to treat COVID-19. A month ago, we began shipping boxes of these drugs off to Institut Pasteur in Paris and Mount Sinai in New York to see if they do in fact fight the coronavirus.

    In the last four weeks, we have tested 47 of these drugs and compounds in the lab against live coronavirus. I’m happy to report we’ve identified some strong treatment leads and identified two separate mechanisms for how these drugs affect SARS-CoV-2 infection. Our findings were published on April 30 in the journal Nature.

    [...]

    Remember, all these interactions have so far only been observed in monkey cells in petri dishes.

    #traitement

  • Suivi journalier de la crise liée au Covid19 - pratiques [les sources indiquées sont munies de leur url dans les articles]
    https://pratiques.fr/Suivi-de-la-crise-liee-au-Covid19

    Jessica Guibert, médecin généraliste au village 2 santé à Echirolles, accepte de partager avec nous le résultat de ses recherches quotidiennes d’informations médicales et scientifiques sérieuses et ses commentaires afin de nous aider à comprendre le déroulement de cette crise liée au Covid-19

    Le 26 avril 2020

    – 14202 personnes décédées à l’hôpital (+ 152 en 1 journée)
    – 28217 personnes hospitalisées (-5 en 1 journée) → l’effet dimanche
    – 4862 personnes en réanimation (-43 en 1 journée)
    – 8654 personnes décédées dans les EHPAD et les établissements médico-sociaux depuis le début de l’épidémie.

    Diagnostic et clinique

    • Une étude qui compare de nouveau les tests par PCR sur la salive et en naspharyngé : les tests sur la salive ne permettent diagnostiquer 84,6% des personnes positives en nasopharyngé, mais ont permis de diagnostiquer positive une personne qui avait un test nasopharyngé négatif (sur 50 personnes négatives dont les tests salivaires ont été analysés).
    Cela est moins favorable sur les tests salivaires que l’étude dans le mail de 23 avril, mais souligne surtout que la comparaison doit être faite sur des échantillons de personnes plus importants.
    Source : JCM
    • Des suspicions aux USA sur un lien entre covid-19 et Accident Vasculaire Cérébral chez des jeunes adultes. Le nombre de personnes avec des AVC a doublé à New-York pendant la pandémie, et plus de la moitié des cas avaient 15 ans de moins que ceux qui faisaient des AVC sans être atteints du covid-19.
    Source : Le Journal de Quebec
    • Le covid-19 pourrait laisser des séquelles à type de fibrose pulmonaire ; cet article montre des signes de fibrose sur les personnes qui ont eu un scanner plusieurs semaines après le début de la maladie. Donc potentiellement des séquelles pulmonaires, parfois importantes.
    Source : The Lancet

    Epidémiologie
    • Pour illustrer la diffusion en situation d’hébergement collectif :
    Dans un centre de soins infirmiers spécialisés (de ce que j’en comprends, c’est une structure de santé avec hébergement aux USA), à Washington, suite à la découverte d’un cas de covid-19, les résident-e-s ont été testé-e-s à plusieurs reprises.
    Résultats : au total, au bout d’un mois, 64% étaient infecté-e-s ! 56% des personnes testées positives étaient asymptomatiques au moment du test, mais la plupart ont développé des symptômes après.
    Les chercheurs/ses soulignent l’important des tests en collectivité, la transmission étant très importante avec une forte participation de personnes présymptomatiques.
    Source : NEJM
    • Dans 15 écoles en Nouvelle-Galles-du-Sud, 18 cas confirmés dont 9 enfants et 9 adultes ; sur 863 contacts proches, seulement 2 cas en transmission secondaire.Cela suggère une fois de plus que la transmission du virus par les enfants/dans les écoles est limitée.
    Source : NCIRS
    • Un article intéressant qui parle du fait qu’il y a beaucoup de variations entre les personnes sur la capacité à infecter d’autres personnes ; certaines personnes sont capables d’en infecter beaucoup, alors que d’autres peu. C’est le cas pour de nombreuses maladies infectieuses, et probablement pour le covid-19. Alors qu’on utilise une moyenne, le R0 (nombre de personnes que peut infecter une personne), qui ne représente pas cette variabilité.Or cela nécessiterait des études plus approfondies car cela changerait beaucoup de choses sur la modélisation que l’on peut avoir de l’épidémie et les stratégies pour y faire face.
    Source : NCBI

    Organisation
    • Une étude de l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament sur les consommations de médicaments en mars 2020.
    La plupart des médicaments chroniques (cardiovasculaires, diabète, hypertension, psychiatriques, levothyroxine, antiépileptiques, antirétroviraux, BPCO, IPP) ont connu des hausses de délivrance importantes : les personnes ont-elles fait des stocks ?
    Par contre, forte baisse pour les AINS (Anti Inflammatoires Non Stéroidiens), probablement en lien avec la recommandation de ne pas en prendre en cas de symptômes d’infection respiratoire.
    La contraception orale a beaucoup augmenté, mais il y a une diminution de la contraception orale d’urgence.
    Les produits pharmaceutiques en lien avec des actes médicaux ont sans surprise beaucoup diminué : vaccins, Dispositifs Intra Uterin, produits pour les examens d’imagerie.
    La délivrance a augmenté de +145% pour l’hydroxychloroquine/chloroquine et de +72% pour l’azithromycine !
    Source : ANSM

    Autres
    • Une interview du virologue allemand expert, Christian Drosten, qui parle notamment du « paradoxe de la prévention » : en Allemagne, comme il y a eu peu de mort-e-s (sans doute grâce aux mesures prises), les personnes ne comprennent pas pourquoi ces mesures ont été prises et les critiquent.
    Source : The Guardian

    Crise_sanitaire #covid-19 #Jessica_Guibert #Epidémiologie #clinique #Organisation et aussi selon les jours, des rubriques #Masques et #mesures_de_protection #Traitements ? #Organisation

    • Suivi de la crise liée au Covid19 - pratiques
      https://pratiques.fr/Suivi-de-la-crise-liee-au-Covid19

      Le 6 mai 2020
      [...]
      Traitements ?
      • Le comité indépendant qui était chargé du suivi de l’étude de l’AP-HP sur le tolicizumab démissionne, dénonçant de nombreux dysfonctionnements dans l’étude en cours. Elles sont belles, les #études_scientifiques en pleine épidémie !(et en dehors de l’épidémie aussi bien souvent...)
      Source : Twitter
      [...]

      Autres
      • Les français-es auraient pris en moyenne 2,5 kg depuis le début du confinement, selon un sondage de l’IFOP.
      Source : Sciences et Avenir [...]

      Le 5 mai 2020

      [...] Le laboratoire pharmaceutique Gilead, fabricant du remdesivir (autorisé en urgence par la FDA , sur la base d’une étude dont on n’a toujours pas les résultats exacts), à dépensé 32% de plus en lobbying sur le premier trimestre 2020 qu’au premier trimestre 2019. Ah bon, mais pour quoi faire ?
      Source : NPR

      Suite au constat que les personnes hospitalisées en psychiatrie sont moins infectées par le covid-19 que les professionnel-le-s de soin qui y travaillent, et après une étude de l’Institut Pasteur montrant une efficacité du médicament antipsychotique la chlorpromazine sur le SARS-COV-2 dans des cellules humaines in vitro, un essai sur 40 personnes va démarrer pour tester ce médicament.
      Source : France tv info
      • Un résumé bien fait sur ce qu’on sait sur les personnes asymptomatiques et le covid-19.
      Source : INSPQ
      • Un point très bien fait sur ce qu’on sait ou pas sur tabagisme et covid-19
      Source : Vidal
      • Suite à un déconfinement partiel en Autriche le 14 avril, pas d’augmentation notable du nombre de cas quotidiens ni des décès.
      Source : The Guardian

      Autres
      • De nombreux articles de recherche sont produits dans cette période de covid-19, avec une augmentation notable du nombre d’articles scientifiques écrits par des hommes, mais une stabilité voire une diminution de ceux écrits par des femmes. Sans doute en lien avec les tâches domestiques en période de confinement.
      Source : The lily

      Le 4 mai 2020

      [...] Une étude de séroprévalence dans une petite ville allemande qui a eu un événement qui a beaucoup diffusé le virus (carnaval). 15,5% de la population a été en contact avec le virus, soit 5 fois plus que le nombre de cas recensés officiellement (3,1%). 22,2% ont été asymptomatiques. Le taux de létalité était de 0,36%.
      De manière intéressante, la participation au carnaval a augmenté le taux d’infection (21,3% contre 9,5%) mais aussi le nombre de symptômes des personnes infectées. Chez les personnes qui n’ont pas été au carnaval, il y a beaucoup plus d’asymptomatiques (36% contre 16%) (et ça suggère fortement une hypothèse de dose infectieuse qui pourrait modifier des symptômes, et peut-être la gravité de la maladie).

  • La pandémie COVID-19 – la dimension géographique du phénomène

    Basé sur des messages transmis par des collègues du laboratoire EDYTEM de l’Université de Savoie :

    La diffusion d’une pandémie comporte des aspects éminemment géographiques, qui font appel aux modèles de diffusion, à l’analyse des réseaux, à celle des mobilités, … Elle se prête à la représentation cartographique, et pose à ce titre des problèmes de sémiologie graphique spécifique. La diffusion d’une épidémie est aussi le reflet du fonctionnement d’une société, et à ce titre la rapidité de la diffusion de l’épidémie de COVID-19 dans le monde est évidemment le résultat de la mondialisation. En même temps, cette mondialisation et la diffusion quasi instantanée de l’information permet de suivre en temps réel la propagation de l’épidémie. Les outils de cartographie interactive en temps réel deviennent ainsi un réel outil de gestion de crise.

    Pour ceux qui le souhaitent, on vous invite d’abord à consulter l’excellent article suivant, qui fait la synthèse à la fois historique et actuelle des approches géographiques, et plus généralement graphiques, des épidémies. :
    https://cartonumerique.blogspot.com/2020/01/cartographie-epidemies.html

    Il est régulièrement mis à jour. Vous y verrez comment une analyse de la progression du virus, par les cartes, est riche d’enseignements, mais aussi parfois peut être anxiogène selon la sémiologie retenue. Vous y verrez aussi tout un tas de documents, graphes et courbes, renvoyant aux outils d’#analyse_spatiale.

    Beaucoup de liens et de sites sont listés notamment à la fin de l’article.
    La diffusion d’une pandémie est systémique et elle se prête également à la modélisation. Cette approche cherche à expliquer et comprendre ce système complexe.

    Un site web interactif a été créé par une équipe de chercheurs de différentes disciplines, tous spécialistes de la modélisation des systèmes complexes et désireux de mobiliser leurs compétences pour répondre aux nombreuses interrogations que soulève l’épidémie de COVID-19. L’idée est de permettre à chacun de poser la/les questions qui le travaillent et d’y répondre, aussi rapidement que possible, en mobilisant les connaissances scientifiques sur le sujet mais aussi des outils de visualisation scientifique, de modélisation et de simulation.
    https://covprehension.org

    D’autres ressources :

    Sur la géographie de la #quarantaine et la fameuse courbe que l’on cherche à aplatir :
    https://www.geographyrealm.com/geography-of-quarantines

    Un article sur #mondialisation et #épidémie : il montre l’influence des mégacités et de leur interconnexion dans la diffusion des épidémies. Il a été écrit avant la pandémie actuelle, mais sa pertinence ne s’en trouve que renforcée :
    http://cafe-geo.net/wp-content/uploads/epidemies-mondialisation.pdf

    N’oublions pas que c’est une #analyse_géographique (par la #cartographie) qui a permis, en 1854, à #John_Snow, médecin britannique, d’identifier la source de l’épidémie de #Choléra à #Londres.
    https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89pid%C3%A9mie_de_chol%C3%A9ra_de_Broad_Street

    Cette approche géographique est évidemment majeure dans la discipline « #épidémiologie »
    https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89pid%C3%A9miologie

    Cependant, un article de 2016 met en garde sur « l’épidémie cartographique », à propos du #traitement_cartographique de la crise du virus #Ebola :
    http://geoconfluences.ens-lyon.fr/informations-scientifiques/dossiers-thematiques/geographie-de-la-sante-espaces-et-societes/geographie-appliquee/tous-cartographes-ebola

    Le site d’ESRI propose des cartographies interactives sur la France, mais aussi sur de nombreux pays :
    https://www.esrifrance.fr/coronavirus-ressources.aspx

    –-> compilation de liens par Philippe Schönheich, reçue par mail, le 06.04.2020

    #géographie #pandémie #épidémie #coronavirus #covid-19 #ressources_pédagogiques #flattening_the_curve

    ping @simplicissimus @fil @reka

    • Géopolitique du Covid-19

      La #propagation du virus, qui ne cesse de s’étendre, suit une logique de diffusion très claire : celle de la #mondialisation, et plus exactement de la #mondialisation_urbaine. De Wuhan à Milan en passant par New York et Lagos, un tour du monde du Covid-19 révèle que la pandémie est non seulement une métaphore mais une enfant de la mondialisation. Elle ne fait que mettre ses pas dans ceux des hommes et ne fait que calquer son rythme, sa vitesse de propagation et sa #géographie sur ceux de l’humanité mondialisée.

      Ce qui frappe, dans le flot de reportages, de tentatives d’explication, d’articles parus jusqu’ici sur le coronavirus, c’est la focalisation sur l’aspect pandémique (nombre de morts, de personnes infectées, extension de la maladie, etc.) ou politique de la crise (mauvaise gestion de la pandémie par les gouvernants italien ou américain, quarantaine stricte comme en Chine ou souple comme en Allemagne, etc.) ainsi que sur « l’après ». En revanche, étrangement, peu de monde semble s’intéresser à la géographie de la pandémie : où est-elle née ? Comment s’est-elle diffusée ? Quels en sont les principaux foyers ? Pourquoi tels pays sont-ils plus touchés que d’autres ? En clair, qu’est-ce que la pandémie nous dit de notre monde ?
      Hormis la compassion qu’on éprouve nécessairement devant les drames qui se nouent sous nos yeux en Italie, en Espagne et ailleurs, il est nécessaire de garder la tête claire et de décoder la trajectoire géographique du Covid-19. Car même si l’on a aujourd’hui l’impression que le virus s’abat partout, qu’il frappe au hasard aussi bien en Inde qu’en Afrique ou en Iran, en fait, il suit une logique de diffusion très claire : celle de la mondialisation, et plus exactement de la mondialisation urbaine.
      Dès l’origine, la mondialisation explique vraisemblablement la naissance du virus dans la province du Hubei en Chine à la fin de l’année 2019. Même si elle demande à être confirmée par les scientifiques, l’hypothèse la plus plausible repose sur l’idée que la chauve-souris aurait transmis le coronavirus au pangolin, et que ce dernier l’aurait à son tour transmis à l’homme. Or, le pangolin est l’un des animaux les plus braconnés au monde. Il existe notamment un trafic illégal très important qui part de l’Afrique (Cameroun, RDC, Centrafrique, Guinée, Gabon, Congo, Nigeria) ainsi que de l’Asie du Sud-Est (Birmanie notamment) et qui a pour destination essentiellement la Chine, où l’animal arrive vivant.
      Mais avant de devenir le symbole de la pandémie, le petit mammifère à écailles figurait depuis longtemps comme l’un des symboles du trafic animal international et d’une forme de mondialisation illégale sur laquelle tout le monde ou presque fermait les yeux. Comme les deux pandémies précédentes au début des années 2000 (virus H5N1 et Sras), le coronavirus est donc parti des régions rurales chinoises, où la tradition d’élevages intensifs d’animaux, y compris des animaux sauvages, en dehors de tout respect des conditions élémentaires d’hygiène et sanitaires, perdure, sans que les autorités y aient mis fin. Cette pratique crée un danger pour l’homme quand un virus animal se transmet à l’homme. C’est ce qui s’est passé dans le Hubei dès la fin de l’année 2019.
      Malheureusement, l’État chinois a d’abord nié le problème pendant trois semaines, laissant se dérouler les fêtes du Nouvel An chinois qui ont permis au coronavirus de se propager partout, notamment dans la capitale régionale, Wuhan, qui va devenir l’épicentre de la crise et qui va vivre sous quarantaine totale pendant onze semaines. Succès – très médiatisé – de l’opération à Wuhan et en Chine… Mais le virus, lui, s’était déjà diffusé ailleurs. Malgré ce que nous font croire les autorités chinoises avec des chiffres qu’on ne pourra jamais vérifier, il est clair que le coronavirus n’a pas été contenu à la seule province du Hubei. Il s’est très probablement diffusé aux provinces voisines, le Hunan, le Chongqing, le Henan, et aux métropoles, Shanghai et Pékin.
      Ensuite, vu les liens commerciaux et humains que la Chine continentale entretient avec Taïwan, Singapour, Hong Kong et la Corée du Sud, il n’est pas étonnant de constater que ces pays sont les premiers touchés par la vague pandémique hors de Chine, au tout début de l’année 2020. Dans un deuxième temps, le virus s’étend à la fois en direction de l’ouest, vers l’Inde, le Pakistan et l’Iran, ainsi que vers le sud suivant en cela les nouvelles routes de la mondialisation : Viet Nam, Thaïlande, Cambodge sont touchés à leur tour. Les flux migratoires sont intenses dans cette partie de l’Asie du Sud-Est transformée en gigantesque « atelier du monde » notamment dans l’industrie textile. Les donneurs d’ordre sont américains, libanais, français, italiens, allemands… À cette époque-là, l’Europe pense encore que l’épidémie sera contenue en Chine et en Asie du Sud-Est. Elle ne réagit pas aux alertes lancées par l’Office Mondial de la Santé (OMS). Fatale erreur.
      Le premier foyer (et non pas cas) avéré du coronavirus détecté sur le sol européen le 21 février 2020 se trouve en Italie du Nord, en Lombardie, plus précisément dans la région de Bergame, non loin de Milan. La Lombardie, avec ses 10 millions d’habitants, est de loin la région la plus prospère et la plus performante d’Italie : elle réalise à elle seule 22% du PIB du pays. C’est aussi, avec la Vénétie voisine, la région la plus urbanisée de la péninsule avec son maillage complexe et interdépendant de grandes villes, de villes moyennes, de petites villes et de villages qui a permis la diffusion très rapide du virus, comme Michel Lussault le montre remarquablement dans son article paru dans AOC le 14 avril.
      Grâce notamment à son industrie textile et son industrie de la mode mondialement réputée, la Lombardie est connectée à la planète entière. Les fabricants de vêtements, de chaussures ou d’accessoires disposent de succursales, d’usines et de filiales partout, surtout en Asie du Sud-Est. Est-ce par ces relations commerciales que le virus, via quelques individus infectés, s’est transporté de la Chine intérieure à l’Italie du Nord ? On ne le sait pas mais c’est probable.
      Toujours est-il que depuis l’épicentre de la Lombardie, le virus a d’abord ravagé Bergame, Brescia et Milan, capitale économique de l’Italie, avant de remonter vers le Nord et de gagner le Tyrol, l’Autriche et la Bavière (le Land le plus touché d’Allemagne actuellement), puis de descendre vers le Sud de la Péninsule, vers Rome, Naples et Bari, heureusement sous une forme moins létale. Ce qui est sûr, c’est que le virus prospère dans les grandes villes. Rien de plus normal puisque celles-ci constituent des concentrés de population dont de nombreux groupes socio-professionnels extrêmement mobiles (hommes d’affaires, commerciaux, artistes, étudiants en échange universitaire, touristes, sportifs professionnels, travailleurs migrants et saisonniers…). L’équation virus / métropole / mondialisation va se vérifier de manière limpide en Espagne.
      Fruits d’une certaine forme de mondialisation religieuse, les pèlerinages constituent aussi des foyers potentiels de pandémie et diffusent le virus très rapidement dans le monde.
      La façon dont le virus a pénétré en Espagne fin janvier puis début février 2020 est un résumé de la mondialisation. Le 31 janvier 2020, un touriste allemand est testé positif sur l’île de la Gomera dans les Canaries. Le virus est alors présent sur le sol espagnol et il va se propager à tout le pays à la suite d’un deuxième événement : le 19 février, alors que l’épidémie commence à sévir en Italie, 2 500 supporters du club de football de Valence effectuent le voyage en Italie pour supporter leur équipe en 1/8 de finale aller de Ligue des Champions contre l’Atalanta de… Bergame. Le match a lieu au stade San Siro de Milan. Bergame et Milan sont les haut lieux de la pandémie, et vu la promiscuité existant dans les stades de foot et dans les bars pour la « troisième mi-temps » d’après-match, il est évident que nombre de supporters espagnols ont été infectés à cette occasion[1].
      Peu de temps après, Valence et surtout Madrid deviennent les principaux foyers du virus en Espagne, ainsi que Barcelone en Catalogne. Madrid (capitale et première ville du pays), Barcelone (capitale économique et deuxième ville du pays), Valence (grande ville touristique, premier port à conteneurs de Méditerranée, premier port de marchandises d’Espagne, troisième ville du pays) : de nouveau, le coronavirus frappe le pays au cœur, là où le double mouvement de métropolisation et de mondialisation a été le plus efficace pour assurer aux métropoles productives et attractives ainsi qu’à leur hinterland prospérité et rayonnement.
      La France, quant à elle, est touchée à peu près au même moment que l’Espagne. Le confinement est déclaré le 13 mars. Le premier foyer de coronavirus déclaré n’a, à première vue, pas grand-chose à voir avec le processus de mondialisation. Il s’agit de la région Grand-Est, avec comme épicentre la ville de Mulhouse, quasiment frontalière avec l’Allemagne et la Suisse. Or, comme on le sait maintenant, Mulhouse avait accueilli fin février un très grand rassemblement évangélique avec des fidèles venant du monde entier, y compris d’Italie et d’Asie. Au cours de ce rassemblement, des centaines de personnes ont été contaminées à leur insu et ont ensuite regagné leur foyer non seulement en Alsace mais aussi partout en France, jusqu’en Guyane. À Mulhouse, la situation fut très vite dramatique, les hôpitaux furent débordés et on n’y pratique plus qu’une « médecine de catastrophe » ou une « médecine de guerre », aux dires des soignants.
      Ce triste épisode nous rappelle que les rassemblements religieux ou œcuméniques et les pèlerinages (La Mecque, Jérusalem, Lourdes, Saint-Jacques de Compostelle…) mettent en contact des fidèles ou des pèlerins qui viennent de régions très éloignées les unes des autres. Fruits d’une certaine forme de mondialisation qu’on peut qualifier de mondialisation religieuse, ils constituent donc des foyers potentiels de pandémie et ils diffusent le virus très rapidement dans le monde.
      L’autre grand foyer français est plus « attendu » : il s’agit de Paris et de l’Île-de-France. Cette région concentre 19% de la population française sur seulement 2,2% du territoire national, et elle présente ainsi des densités de population extrêmement élevées : plus de 1 000 habitants par km² dans la région et jusqu’à 21 000 habitants par km² pour la ville de Paris. En outre, elle concentre un quart de l’emploi national et 31% de la richesse. Très attractive, ville globale, Paris attire des salariés de toute la France, de toute l’Europe et du monde entier. Paris et l’Île-de-France étaient donc, d’une certaine manière, prédestinées à être sévèrement touchées par la pandémie de Covid-19. C’est exactement le même schéma qui s’est produit deux semaines plus tard à New York aux États-Unis.
      Les États-Unis, probablement touchés par la pandémie juste après l’Europe, ont perdu des semaines très précieuses en minimisant, par la voix de leur président, l’impact du virus sur le sol américain. Mi-février, le président Trump annonçait qu’il avait bon espoir que la pandémie soit terminée en avril. On sait maintenant que le mois d’avril restera comme le plus meurtrier dans l’histoire du Covid-19 aux États-Unis. Il faudra attendre le dimanche 1e mars pour que soit officiellement annoncé le premier malade atteint de coronavirus à New York, une auxiliaire médicale revenue d’Iran (belle ironie de l’histoire quand on sait que l’Iran est l’ennemi juré des États-Unis). Cela dit, le virus était déjà présent aux États-Unis avant le 1e mars, des centaines d’Américains revenus d’Asie ou d’Europe étant infectés sans le savoir.
      Depuis la fin du mois de mars, New York est l’épicentre de la pandémie aux États-Unis, avec une situation sanitaire tout aussi dramatique que dans les pires foyers de crise européens mais démultipliée par les caractéristiques de la ville : ville ouverte et global city par excellence, concentrant 20 millions d’habitants (ville et État) dont beaucoup d’étrangers, hub mondial (JFK), New York est la capitale de l’économie-monde et la bourse de Wall Street en est le cœur. D’un point de vue géographique, New York est une ville à la fois très dense dans l’hypercentre (sur l’île de Manhattan notamment) et assez étalée vers ses périphéries. Enfin, elle est située au cœur de la mégalopolis nord-américaine « BosWash » et ses 60 millions d’habitants. Il ne faut donc pas s’étonner si, à part New York, les grandes villes de la mégalopole, Boston, Philadelphie, Washington, Baltimore, sont touchées à leur tour.
      Entre-temps, les autres grandes régions économiques des États-Unis, la Floride et Miami, la Californie et Los Angeles, l’État de Washington, sont également touchés. Dans cet État, Seattle, la capitale, n’échappe pas à la pandémie, au contraire. Le comté de King, qui englobe la ville de Seattle, constitue le principal foyer de Covid-19 aux États-Unis avec New York. C’est à Seattle que le premier cas avéré de coronavirus a été détecté sur le sol américain, le 21 janvier 2020. Le patient était un homme de 35 ans rentré de Wuhan quelques jours auparavant. Pensant avoir dans un premier temps circonscrit le virus, les autorités ont dû acheter en catastrophe des « motels de la quarantaine » pour y placer des personnes fragiles et des sans domicile fixe, au grand dam de la population locale.
      Ironie ou plutôt leçon de l’histoire, Seattle fait figure de ville très dynamique, hyper-connectée et à l’avant-garde de la modernité. Elle concentre les sièges sociaux de trois des firmes transnationales les plus puissantes du monde, Boeing, Microsoft et Amazon. À ce titre, et de par sa situation sur la côte Pacifique des États-Unis, elle attire des salariés du monde entier à commencer par l’Asie (Chine, Corée du Sud, Japon, Taïwan…) avec laquelle elle entretient des liens étroits. Enfin, sa proximité géographique, linguistique et culturelle avec la métropole de Vancouver au Canada en fait l’une des régions économiques les plus attractives du pays — mais aussi l’une des zones de contamination potentielle les plus virulentes.
      La carte du degré d’intensité de la pandémie sur le continent africain est un décalque de la carte de la mondialisation.
      À l’autre bout du continent, le premier cas de contamination au Covid-19 en Amérique du Sud est signalé le 26 février 2020 au Brésil. La personne en question avait voyagé en Italie. À partir de là, le virus va se propager sans heurts pendant tout le mois de mars, notamment dans la capitale économique et première métropole du sous-continent, Sao Paulo. C’est cette ville qui concentre la majorité des cas de Covid-19 même si, entre-temps, l’épidémie s’est propagée aux autres grandes villes du pays, Rio et Belo Horizonte. Les autres métropoles d’Amérique latine, Buenos Aires, Bogota, Caracas, sont aussi les plus touchées et font office de porte d’entrée du virus sur le sous-continent, virus qui ensuite se répand aux villes moyennes et aux régions de l’intérieur.
      Du fait des deux tendances fortes à la métropolisation et à la littoralisation de l’économie latino-américaine, ce sont les métropoles côtières qui sont de loin les plus touchées par le virus. Par leurs ports de commerce, leur aéroport international et leurs firmes transnationales, ces métropoles reçoivent et émettent des flux incessants d’hommes et de marchandises. Ce sont donc des proies de choix pour le virus. Certaines sont d’ores et déjà dans des situations critiques puisqu’à la crise sanitaire s’ajoute la pénurie alimentaire.
      Ainsi, Guayaquil, deuxième ville d’Équateur avec 3,6 millions d’habitants, qui s’enorgueillit sur Wikipedia d’être « un port très actif », « l’aéroport international le plus moderne du Sud » et « la gare de bus la plus moderne d’Amérique latine », paye un prix très élevé à son ouverture internationale. La « perle du Pacifique » est aujourd’hui, avec ses rues jonchées de cadavres, la ville-martyr du Covid-19 en Amérique du Sud. Officiellement, le Covid-19 aurait fait 120 victimes en Équateur à la date du 2 avril 2020. Mais comme le montrent les photos et les reportages inquiétants sur Guayaquil, ces chiffres sont très largement sous-estimés. L’Équateur est aujourd’hui le deuxième pays le plus touché du sous-continent après le Brésil.
      Longtemps, comme en Europe et en Amérique d’ailleurs, les Africains se sont cru épargnés par la pandémie. Et c’est vrai que lorsque l’on observe la carte mondiale de la pandémie, le continent africain apparaît encore en « blanc », avec moins de 10 000 infections et 414 décès à la date du 3 avril. Mais le blanc pourrait vite virer au gris et même au noir tant les pays africains sont démunis par rapport à la pandémie. La carte du degré d’intensité de la pandémie sur le continent africain s’avère être un décalque de la carte de la mondialisation sur ce même continent. En effet, ce sont les pays les plus développés et les plus ouverts aux flux internationaux, au Nord (Maroc, Algérie, Tunisie, Égypte) comme au Sud (Afrique du Sud), qui sont les plus touchés.
      Une étude scientifique récente, publiée sur le site medrxiv.org, tente de dresser la liste des pays africains les plus affectés par le coronavirus. Elle est intéressante car elle croise de nombreux critères qui a priori n’ont pas grand-chose à voir entre eux, comme le nombre de liaisons aériennes quotidiennes de chaque pays avec la Chine. Trois pays ressortent nettement : l’Égypte, l’Algérie et l’Afrique du Sud. Ce sont justement les pays africains qui ont été les premiers touchés. Cette donnée nous rappelle que depuis une dizaine d’années, la Chine a investi en Afrique comme aucun autre pays au monde, qu’elle s’est implantée commercialement presque partout, au point que la « Chinafrique » aurait remplacé la « Françafrique ».
      En dehors des pays déjà cités, Lagos (Nigeria), Nairobi (Kenya) et Addis-Abeba (Éthiopie) entretiennent aussi des relations commerciales et aériennes intenses avec des villes chinoises. Ces grandes métropoles africaines sont aujourd’hui à leur tour touchées par le virus. Toute la question est désormais de savoir dans quelle mesure la pandémie va se répandre à l’ensemble du continent africain, ou si elle restera peu ou prou cantonnée aux grandes villes.
      Que retenir de ce tour du monde du Covid-19 brossé à très grands traits ? Contrairement à l’économiste Daniel Cohen qui affirme que « le Covid-19 agit comme une métaphore de la démondialisation » (Libération, 19 mars 2020), les faits, plus valides que les prédictions, disent précisément le contraire. Le Covid-19 est non seulement une métaphore mais un enfant de la mondialisation. C’est un « opérateur spatial redoutable » (M. Lussault). Comme toutes les pandémies, il lui faut, pour se développer et se propager, des porteurs de virus mobiles. Or, dans le monde globalisé qui est le nôtre, tout s’accélère depuis une trentaine d’années. Les hommes, les marchandises et les capitaux bougent de plus en plus vite et en tout point du globe.
      L’avènement de l’internet, de la téléphonie mobile puis des réseaux sociaux ont achevé de faire de nous des êtres connectés. Cette connection n’est pas que virtuelle, elle est aussi bien réelle. Elle prend la forme de grands événements sportifs, de grands rassemblements religieux, de voyages d’affaires, de congrès, meetings et colloques internationaux, de migrations de travail ou encore de voyages touristiques. Chacun de ces flux connaît depuis trente ans une très nette augmentation. Or, « flux » est le maître-mot de la mondialisation.
      La pandémie pourrait laisser la place à une menace bien plus dangereuse : la pénurie alimentaire qui, couplée au réchauffement climatique, pourrait engendrer une crise migratoire sans précédent et une déstabilisation politique.
      Les grands gagnants de la mondialisation depuis trente ans sont les points du globe qui réussissent à la fois à capter une partie des flux mondiaux à leur profit et à émettre ou rediriger d’autres flux vers d’autres régions du monde. Les pôles urbains de rang mondial (ville globale, mégalopole, mégapole, métropole mondiale) et leur déclinaison logistique (hub aéroportuaire, complexe industrialo-portuaire, gare centrale) profitent pleinement du double processus de métropolisation et de globalisation en cours depuis une trentaine d’années. De même, la littoralisation des activités confère aux métropoles côtières une prééminence accrue par rapport aux régions intérieures. Ainsi, les plus grandes villes du monde ainsi que les métropoles littorales, dont les habitants se montrent très mobiles et hyper-connectés, sont assurément les grandes gagnantes de la mondialisation.
      Et ce sont assurément les grandes perdantes du Covid-19. À ceux qui, en ces temps de grande confusion et de panique, seraient tentés d’y voir une punition divine ou l’ultime avertissement de la nature adressé à l’humanité avant « le grand effondrement », la géopolitique oppose un cinglant démenti. Non, il n’y a rien d’irrationnel ni de punitif dans l’apparition du coronavirus en 2019 et dans sa propagation aux grandes métropoles de la planète en 2020. Même s’il est particulièrement virulent, le Covid-19 ne fait que mettre ses pas dans ceux des hommes et il ne fait que calquer son rythme, sa vitesse de propagation et sa géographie sur ceux de l’humanité mondialisée.
      Il commence par frapper la mondialisation en ses cœurs, qui sont aussi les pôles majeurs de l’économie mondiale, puis de là, il s’étend à ses poumons c’est-à-dire aux villes et aux régions de l’intérieur et aux zones rurales. Il touche actuellement ses franges, les favelas de Rio et de Sao Paulo, les townships de Johannesburg et de Durban, les bidonvilles de Mumbai et de Calcutta comme les quartiers-ghettos des banlieues pauvres de Seine-Saint-Denis – autrement dit l’envers du monde moderne et ouvert – car ces espaces qu’on nous présente à tort comme fermés et impénétrables sont aussi, à leur façon (informelle), des acteurs de la mondialisation. Ainsi, au bout du compte, seules des régions situées à l’extrême limite de l’écoumène, comme le Nunavut au Nord du Canada, échapperont au virus mondial, et encore.
      Cependant, au sein d’une même population, d’un même pays, d’une même ville, la pandémie ne touche pas tout le monde avec la même intensité. La corrélation entre la structure par âge de la population et le taux de létalité du Covid-19 recoupe en bonne partie la géographie jusqu’ici établie : c’est dans les zones urbanisées des pays développés, où la proportion de personnes âgées de plus de 70 ans est plus importante que la moyenne, que le Covid-19 frappe le plus.
      En clair, les pays de la Triade (États-Unis, Europe de l’Ouest, Japon), ceux où la population est vieillissante et où l’espérance de vie est la plus élevée du monde, sont proportionnellement plus touchés que d’autres pays nettement moins développés mais à la population beaucoup plus jeune comme ceux d’Afrique sub-saharienne. Ce à quoi il faut tout de suite objecter que la promiscuité, les systèmes de santé fragiles de ces pays et leur manque de moyens les expose malgré tout à un risque de contamination.
      Par conséquent, nous ne sommes pas tous égaux devant la lutte contre le virus ni face à ses conséquences pour « l’après ». Dans la gestion de crise elle-même, force est de constater que les rares pays qui ont anticipé, ne serait-ce que de quelques jours, l’arrivée sur leur sol de la pandémie enregistrent aujourd’hui un nombre de personnes infectées et surtout de décès nettement moindre que les autres. Que ce soit en fermant leurs frontières précocement (République tchèque, Slovaquie, Hongrie), en dépistant systématiquement la population (Corée du Sud, Taiwan) ou en plaçant les zones touchées en quarantaine stricte (Chine), les pays ayant pris la menace au sérieux et arrêté tout de suite des mesures exceptionnelles ont réussi à contenir la pandémie.
      En revanche, tous ceux et ils sont nombreux, de l’Inde aux États-Unis, du Royaume-Uni au Brésil, de la Russie à la Turquie, dont les gouvernements n’ont pas pris à temps les mesures qui s’imposaient alors qu’ils savaient que la pandémie allait les frapper à leur tour, ceux-là payent la négligence coupable de leurs dirigeants au prix fort[2].
      Pour ce qui est de l’après-pandémie, même si la ville de New York, la Lombardie, la Catalogne, la région madrilène, londonienne ou parisienne ont payé, paient ou paieront un lourd tribut humain à la pandémie, elles s’en remettront et leurs économies aussi, car elles en ont les moyens financiers. De ce point de vue, je crois davantage à une re-mondialisation rapide des échanges et à une re-connection des flux après la crise qu’à une démondialisation. Par contre, les pays pauvres d’Amérique latine, d’Afrique et d’Asie risquent fort d’être durablement affectés par le Covid-19, et de plusieurs manières.
      Vu la faiblesse du système médical et l’impossibilité pour la plupart des États de faire strictement appliquer des mesures de confinement à une population qui a besoin de travailler pour survivre, le virus se propagera et continuera à faire des malades et des victimes, même en nombre relativement faible. Mais si l’on en croit le dernier rapport de l’ONG Oxfam, la pandémie pourrait laisser la place à une menace bien plus dangereuse : la pénurie alimentaire, qui, couplée au réchauffement climatique, pourrait engendrer une crise migratoire sans précédent et une déstabilisation politique. Ces États seront alors dans un tel dénuement qu’ils seront dépendants de l’aide humanitaire et économique des pays riches.
      D’un point de vue géopolitique, le Covid-19 agit ainsi comme un puissant révélateur (au sens photographique du terme) des failles de ce que le géographe Olivier Dollfus appelait le système-monde, qui sont les failles du capitalisme mondialisé. Comme une sorte de face sombre de la mondialisation, le virus risque fort d’accroître les inégalités déjà béantes entre pays riches et pays pauvres, entre métropoles sur-développées et métropoles sous-développées, entre monde fluide et connecté au « Nord » et monde pauvre et englué dans ses insolubles problèmes intérieurs au « Sud ». Telle est l’amère leçon géopolitique du Covid-19 : les villes globales et les pays développés ont été les premiers touchés par la pandémie, mais à long terme, les grands perdants seront les pays pauvres et émergents. Les cadavres jonchés à même le sol de Guayaquil sont là pour nous le rappeler douloureusement.

      [1] Dans le domaine des matchs de football de Ligue des Champions où l’appât du gain et des recettes des droits télévisés l’emportent sur le principe de précaution élémentaire, la France n’a aucune leçon à donner. Le 26 février 2020, soit une semaine après le match de Valence contre l’Atalanta de Bergame, l’Olympique lyonnais recevait lors d’une « soirée de gala » le club italien de la Juventus de Turin dans un stade plein à craquer au sein duquel 3 000 supporters italiens avaient trouvé place, malgré la peur et les polémiques. Le football, sport-roi en Europe, est aussi un acteur de la mondialisation et un potentiel vecteur de virus.
      [2] Sur ce point, il faut noter que les dirigeants des six pays en question sont tous des hommes notoirement égocentriques, ambitieux et imprévisibles, qui ont d’autant moins voulu prendre au sérieux la pandémie à ses débuts qu’ils sont habités par un sentiment d’invincibilité. En se moquant de l’épidémie, en niant l’évidence puis en tergiversant alors que la raison commandait d’agir, ils ont exposé leur population à une vague épidémique sans précédent et portent une lourde responsabilité dans le chaos qui s’est ensuivi. Vu leur profil psychologique, il est très peu probable qu’ils fassent amende honorable après la crise et qu’ils se jugent eux-mêmes. L’histoire, elle, les jugera-t-elle ?

      https://aoc.media/analyse/2020/05/06/geopolitique-du-covid-19

      #Boris_Grésillon

    • La mondialisation du confinement. Une faille dans la #planétarisation de l’#urbain ?

      Si le virus du Covid-19 s’est propagé aussi rapidement, c’est aussi parce que l’urbanisation est désormais planétaire et qu’aujourd’hui les grandes villes sont connectées les unes aux autres, insérées dans des flux internationaux de biens et de personnes.

      À l’heure où nous écrivons, les confinements décidés pour juguler la propagation du Covid-19 concernent quatre milliards d’êtres humains. La simultanéité de ces décisions politiques est exceptionnelle. Le résultat sera une récession d’une ampleur inédite depuis les années 1930. Sur tous les continents, les gouvernements ont ainsi brutalement entravé la fluidité des échanges marchands, mis à mal la machine économique et déstabilisé les sociétés. Ils ont également sévèrement restreint les libertés publiques.

      Limiter le confinement aux seuls foyers, comme lors des grandes pandémies précédentes (de la Grande Peste, où furent instaurés des cordons sanitaires autour des zones infectées jusqu’aux récentes épidémies d’Ebola, de MERS ou de SRAS), aurait évidemment permis de limiter considérablement l’impact économique et social de la pandémie. Et c’est bien ce qui a été tenté au départ : la Chine, d’où a surgi la pandémie, a circonscrit le périmètre du confinement au foyer de Wuhan, puis à la région dans laquelle s’insère la mégalopole industrielle, le Hubei. Elle est ainsi parvenue à juguler, pour l’instant, la propagation du virus sur son territoire.
      L’Italie, premier pays européen concerné par l’épidémie, a initialement tenté de suivre cette voie en restreignant la mise en quarantaine aux seuls foyers. Mais le pays a dû se résoudre à étendre rapidement le cordon sanitaire pour finalement confiner l’ensemble du territoire national. Rares sont les pays qui ont ensuite tenté la stratégie de quarantaine locale ou même régionale. Pourquoi de telles mesures de confinement, aussi peu discriminantes spatialement, et donc aussi coûteuses économiquement et socialement, sont-elles partout apparues comme la seule solution ?

      Les caractéristiques propres du virus jouent évidemment un rôle. Certes, le sacrifice de l’économie et de la vie sociale à la santé ne découle pas directement du taux de mortalité du virus : estimé entre 0,4 % et 1,3 %, celui-ci est nettement plus faible que les épidémies récentes, et notamment celles du SRAS (11 %) et du MERS (34 %). En outre, le Covid-19 n’est pas particulièrement contagieux, avec un taux de reproduction (ou R zéro) proche de celui du SRAS, maladie dont on a pourtant su maîtriser la diffusion. Mais il possède des caractéristiques spécifiques, qui rendent sa diffusion particulièrement difficile à contrôler. Il se transmet plutôt rapidement et est difficile à repérer en raison des nombreuses personnes qui, sans présenter de symptômes marqués, n’en sont pas moins contagieuses.

      Cette disposition du virus à trouver des hôtes à partir desquels se répandre sans se faire remarquer a joué un rôle essentiel. Cela lui a permis de tirer parti d’une évolution restée relativement silencieuse et mal comprise : l’urbanisation planétaire. Le virus a donc pu se jouer des mesures habituelles de cordons sanitaires et de mise en quarantaine des foyers d’infection. Ce faisant, le règne de l’économie comme enjeu surplombant les politiques publiques est venu se heurter à une nouvelle réalité géographique... que l’économie a elle-même largement construit.
      L’urbain déborde la ville

      Comment définir l’urbain ? On l’oppose classiquement au rural. Mais quels sont les critères de distinction ? Un groupement dense de quelques milliers d’habitants était désigné comme une ville au Moyen-Age, alors qu’aujourd’hui il évoque davantage la campagne. À l’inverse, un village périurbain de quelques centaines d’habitants situé à proximité d’une métropole peut paraître aujourd’hui plus urbain que de nombreuses villes : ses habitants peuvent en effet accéder rapidement à des ressources bien plus fournies que celles offertes à l’habitant d’une ville moyenne située dans un territoire périphérique (une préfecture d’un département du centre de la France par exemple). Bref, ce que l’on appelle l’urbain doit désormais être dissocié des critères morphologiques à partir duquel on persiste à le qualifier, à savoir la densité et la diversité des activités et des fonctions.

      Mais qu’est-ce que l’urbain dans ce cas ? Dans le monde rural traditionnel, on observe la juxtaposition de groupements relativement autonomes. Les villages ont des relations entre eux, mais ils peuvent survivre (presque) indépendamment. À l’inverse, dans le monde urbain, chacun apporte une contribution au fonctionnement d’un ensemble. Dans ce cadre, chacun dépend des contributions des autres pour sa survie. La grande ville, avec ses différents quartiers, est l’incarnation traditionnelle de l’urbain. Aujourd’hui, elle s’est ramifiée spatialement. La ville que l’on dit « globale » est profondément insérée dans des flux internationaux de biens, de personnes, de matières et de capitaux : par exemple le siège social de telle firme sera à Paris, mais ses usines et son service clientèle ne seront plus dans la banlieue parisienne, mais à Wuhan et Rabat.

      Les grandes villes sont aussi liées aux lieux de villégiature, comme on a pu le voir avec la migration de leurs habitants au moment du confinement. Ces espaces sont souvent considérés comme relevant des campagnes. Mais celles-ci sont pourtant bien urbaines. Un village de bord de mer ou une station de ski sont tout autant urbains qu’une grande ville, en ce qu’ils fonctionnent avant tout en relation avec d’autres lieux relativement éloignés : ceux où vivent les propriétaires de résidence secondaire, et plus largement les vacanciers. Ces lieux dédiés aux loisirs possèdent par ailleurs une qualité essentielle de l’urbanité : le brassage des populations, entre les saisonniers, les habitants permanents, et les visiteurs qui, dans certains cas, peuvent venir du monde entier.

      À une échelle plus restreinte, celle des espaces qui peuvent être parcourus quotidiennement pour aller travailler, les grandes métropoles dépendent directement d’espaces situés bien au-delà du périmètre qu’on leur attribue. Ce sont notamment les espaces ruraux qui accueillent les couches populaires et classes moyennes inférieures qui jouent le rôle de soutiers des économies métropolitaines, comme on l’a vu avec le mouvement des Gilets jaunes.

      Bref, l’urbain est aujourd’hui constitué de tout un ensemble de lieux dont les liens se déploient à de multiples échelles géographiques, du quartier, voire du logement, à la planète. Des espaces a priori éloignés des définitions courantes de la ville sont ainsi devenus urbains. C’est le cas, par exemple, des plateformes pétrolières, des mines ou encore des espaces agricoles. Tous sont en effet dépendants de marchés urbains, tant pour leur fonctionnement que pour leurs débouchés. Et les échelles d’interdépendance sont locales tout autant que planétaires : les habitants d’une ville française moyenne embauchent le plombier du quartier tout en consommant de la viande d’animaux nourris au soja latino-américain, en regardant la télévision sur des écrans coréens ou en utilisant du pétrole algérien. Autrement dit, le métabolisme d’un lieu le lie à la planète entière.

      Un débat récent, qui a rencontré peu d’échos en France, évoque précisément ces évolutions. Il a été déclenché par la réactualisation du concept d’ « urbanisation planétaire », sur la base d’anciennes propositions de Henri Lefebvre (sur l’extension de la société urbaine et du tissu urbain vers une « urbanisation complète »). Dans un ouvrage publié en 2014, Schmidt et Brenner plaident ainsi pour une refonte complète des catégories d’analyse usuelles, et en premier lieu la distinction entre ville et campagne. Très ambitieux théoriquement, l’ouvrage a suscité d’intenses débats, peinant à emporter l’adhésion, faute notamment de preuves empiriques convaincantes. Pourtant, depuis l’émergence du Covid-19 jusqu’à sa diffusion, et depuis la réponse publique à la crise sanitaire jusqu’à ses conséquences économiques et sociales, beaucoup d’événements récents peuvent être lus et mieux compris au prisme de l’urbanisation planétaire. Ce faisant, cette crise apporte un étayage empirique décisif à cette proposition théorique.

      Très schématiquement, l’urbanisation planétaire, dont le déploiement est intimement lié à la globalisation du capitalisme, s’exprime dans quatre processus étroitement interconnectés : la disparition des « mondes sauvages », l’interconnexion mondiale des territoires, le brouillage de la dichotomie entre ville et campagne, et enfin la planétarisation des inégalités urbaines.
      Un virus au cœur de l’urbanisation planétaire

      Les maladies humaines d’origine animale, dont les zoonoses, représentent 60 % des maladies infectieuses à l’échelle mondiale et trois quarts des nouveaux agents pathogènes détectés ces dernières décennies. Ces maladies viennent pour l’essentiel du « monde sauvage ». Elles peuvent certes émerger dans des élevages, mais dans ce cas le virus émerge généralement via des contaminations par des animaux sauvages. Les maladies de type zoonotique ne sont donc pas sans lien avec la fin du « monde sauvage » associée à l’urbanisation planétaire. Dans toutes les régions du globe, les espaces considérés comme sauvages sont transformés et dégradés par l’avancée de l’urbanisation sous toutes ses formes, qu’il s’agisse d’exploiter des gisements, de planter des hévéas ou de construire des villes nouvelles. Cette avancée bouleverse les écosystèmes et établit de nouveaux contacts entre la faune, la flore et les humains.
      Les géographes qui ont mené des recherches sur les pandémies récentes, notamment celle du SRAS, ont montré le rôle déterminant de l’avancée de l’urbanisation dans l’émergence des nouveaux agents infectieux. Ce n’est ainsi pas un hasard si les derniers virus les plus importants ont émergé dans des territoires (Chine, Afrique de l’Ouest, Moyen-Orient) où l’urbanisation avance de la manière la plus effrénée, démultipliant les contacts nouveaux entre les sociétés humaines et les mondes restés les plus sauvages.

      Cette avancée se traduit notamment par de nouvelles exploitations agricoles intensives. Ainsi, les risques d’émergence de virus ont été démultipliés par l’augmentation phénoménale de la consommation de viande à l’échelle de la planète, et plus particulièrement en Chine. Les élevages, destinés à alimenter les nouvelles classes moyennes des mégalopoles telles que Wuhan, s’étendent dans des espaces toujours plus vastes, conquis sur le monde sauvage. La déforestation en particulier perturbe l’habitat des chauves-souris, dont on connaît le rôle dans l’apparition de nouveaux virus transmissibles à l’homme. Elles sont supposées d’ailleurs être à l’origine de la pandémie actuelle, avec le pangolin comme possible hôte intermédiaire. Si cela était encore nécessaire, l’émergence du Covid-19 vient démontrer la perméabilité de la supposée frontière entre nature et culture, perméabilité que l’urbanisation planétaire vient constamment augmenter.

      Un deuxième aspect clé de la thèse de l’urbanisation planétaire est l’émergence de « galaxies urbaines » dont les différents éléments interagissent de manière presque simultanée avec l’ensemble du globe. Le virus est un révélateur de l’importance de cette échelle planétaire. Certes, la grippe espagnole et, avant elle, la peste noire ont été des pandémies mondiales, mais la situation actuelle se singularise par la rapidité de la diffusion du virus. Les enquêtes épidémiologiques menées en France soupçonnent l’apparition de premiers cas dès la fin 2019, alors même que le gouvernement chinois mettait encore en question la possibilité d’une transmission du virus entre humains. Cette rapidité met en lumière toute l’ampleur des flux humains. Au cours des trois premiers mois critiques, entre décembre 2019 et février 2020, 750 000 passagers sont entrés aux États-Unis en provenance de Chine. Couplée à la capacité du virus à se transmettre hors de tout symptômes, l’ampleur des flux humains explique qu’il se soit avéré impossible de contenir les foyers de l’épidémie.

      L’accélération de l’urbanisation planétaire a clairement été sous-estimée, ce qui a contribué à l’impréparation des gouvernements. Il y a huit siècles, la Grande Peste avait mis une quinzaine d’années pour parcourir la route de la Soie jusqu’à l’Europe. Les principales épidémies récentes se sont évidemment diffusées plus rapidement, mais nettement moins que le Covid-19. En 2003, quatre mois après l’apparition du SARS-COV, on comptait 1 600 cas de contaminations dans le monde, contre près de 900 000 pour le SARS-COV-2 au bout de la même période, soit 500 fois plus. C’est que la globalisation était encore bien loin d’être ce qu’elle est aujourd’hui : en 2018, on estimait le nombre de passagers transportés par avion à 4,2 milliards, presque trois fois plus qu’en 2003. Et l’aéroport de Wuhan, l’une des principales plateformes de correspondance de Chine, joue un rôle clé dans cette dynamique. Le virus s’est ainsi dispersé hors de Chine à une vitesse que peu de gens avaient vraiment anticipé.

      Personne n’ignore que beaucoup de biens sont importés de Chine, mais on imagine surtout des usines qui fabriquent à profusion, et à bas coût, des objets qui permettent aux classes populaires occidentales de continuer à faire partie de la société de consommation. On est pourtant loin du simple échange des biens à bas coût contre des biens à haute valeur ajoutée. Les flux sont beaucoup plus complexes et multiformes du fait des délocalisations et de la planétarisation des chaînes de fabrication. On trouve ainsi à Wuhan une centaine d’entreprises françaises, dont des fleurons nationaux, notamment Renault et PSA. Loin du bas-de-gamme associé à la Chine, leurs usines produisent des centaines de milliers de véhicules, en misant sur la globalisation du style de vie occidental. Ces relations économiques s’accompagnent d’intenses flux humains de cadres, de techniciens ou de commerciaux qui s’ajoutent aux personnes qui gèrent les flux logistiques.

      Avec le Covid-19, l’Europe a appris à ses dépens que la Chine fait intégralement partie de son monde, ou plutôt qu’elle n’est plus qu’un élément d’un vaste réseau dont les territoires chinois sont d’autres éléments clés, des immenses exploitations productrices de tomates destinées à l’exportation, aux usines suburbaines de métropoles plus grandes que Paris mais au nom inconnu du grand public, en passant par des centres d’affaires dont la verticalité donne une allure presque provinciale à la Défense.

      Troisième élément central de la thèse de l’urbanisation planétaire : la métropole n’est plus réductible à la ville dense et verticale. Certes, les haut-lieux du pouvoir économique, (notamment financier), s’incarnent dans des quartiers d’affaires hérissés de tours. Mais ce n’est là qu’une figure de la métropolisation, et même de la ville. Loin de se réduire à un centre historique et à un quartier d’affaires, la métropole contemporaine doit plutôt s’appréhender comme un entrelacs de réseaux qui mettent quotidiennement en relation des lieux de formes, de tailles et de fonctions très diverses. Brenner et Schmidt évoquent un processus continu d’« implosions/explosions », où des îlots de densité surnagent au milieu de traînées irrégulières d’urbanisation diffuse. Largement partagé en géographie urbaine, ce constat a été singulièrement confirmé par la localisation des foyers d’infection par le SARS-COV-2. Ces foyers révèlent en effet des interconnexions souvent insoupçonnées, ou en tout cas rarement mises en avant.

      Les discours sur la géographie de la mondialisation opposent souvent des cœurs métropolitains connectées à des territoires laissés de côté, ceux de la France périphérique. Or la diffusion du virus révèle une géographie de la globalisation bien plus complexe, dont la thèse de l’urbanisation planétaire rend bien compte. En France les premiers foyers ont été Méry-sur-Oise (une commune de 10 000 habitants, située aux confins de la banlieue parisienne), Les Contamines-Montjoie (une station de ski alpine), La Balme-de-Sillingy (un village du périurbain d’Annecy) et une église évangélique de Mulhouse. On est loin des cœurs des grandes métropoles françaises. En Italie, les premiers foyers ont également été des villages ou des petites villes (Codogno ou Vo’) plutôt que les quartiers centraux de Milan ou de Venise.

      Avec ces premiers foyers européens, le virus a révélé le rôle des périphéries métropolitaines dans la mondialisation des chaînes de valeur industrielles. C’est que les flux ne concernent pas seulement les quartiers d’affaires des grandes villes : ils se tissent avant tout entre des lieux de production. L’intensité des liens entre les usines textiles du Val Seriana et la Chine explique pourquoi ce territoire périurbain situé au nord-est de Bergame est devenu l’un des premiers foyers italiens. Et en Allemagne, l’infection a été repérée pour la première fois à Starnberg, commune de 20 000 habitants située à une vingtaine de kilomètres de Munich, mais connectée au reste du monde par son usine d’équipements automobiles. Bien sûr, les centres des grandes villes sont devenus aujourd’hui les principaux épicentres de l’épidémie (ce dont New-York est devenu l’exemple le plus éloquent), au point que certains mettent en cause ce qui jusqu’ici apparaissait comme un atout économique : la densité et l’intensité des échanges qu’elles permettent. Il n’en reste pas moins que les premiers foyers européens n’ont pas été identifiés dans les cœurs métropolitains.

      Résumons l’essentiel : face au brouillage des périmètres urbains, face à l’étendue des réseaux formés par les noyaux d’urbanisation et face à l’intensité des flux qui parcourent ces réseaux, il s’est rapidement révélé impossible d’isoler des foyers. Les seuls cordons sanitaires qu’il a été possible de mettre en place sont les bonnes vieilles frontières nationales. Et encore ces frontières restent-elles souvent assez perméables, faute de pouvoir rompre les chaînes logistiques internationales, ou de pouvoir se passer des travailleurs frontaliers.
      La planétarisation des inégalités urbaines

      Un quatrième élément, central, caractérise enfin l’urbanisation planétaire : la reconfiguration de la dimension spatiale des inégalités. L’urbanisation des inégalités ne date bien sûr pas d’hier. Permise par la révolution néolithique, l’apparition des premières villes repose sur l’extraction d’un surplus agricole au détriment de l’autosuffisance paysanne, afin de nourrir une classe libérée des contraintes de la production alimentaire. Plus près de nous, la ville médiévale, dont les limites sont encore relativement nettes, s’organise autour d’un lieu central, lui-même clairement identifié et matérialisé : un marché. D’après Max Weber, celui-ci permet l’émergence d’une classe sociale, la bourgeoisie, laquelle s’engage en retour dans un processus d’accumulation. En repoussant les barrières féodales ou religieuses, et en intégrant un arrière-pays de plus en plus éloigné dans l’économie urbaine, cette accumulation jette les bases du capitalisme. Et de fait, l’un des chapitres de l’ouvrage de Schmidt et Brenner montre comment la restructuration complète des campagnes anglaises constitue in fine un processus d’extension de la ville et du pouvoir de sa bourgeoisie qui allait progressivement jeter les bases de la révolution industrielle. Les enclosures ont en effet appuyé la transformation de millions de paysans sans terre en une main-d’œuvre bon marché, en les poussant vers les faubourgs de Londres et Manchester.

      L’urbanisation prend ensuite progressivement le relais de l’industrialisation comme principal moteur du capitalisme. Il est dès lors possible de lire sa planétarisation comme la phase ultime de l’extension des relations hautement inégalitaires qu’elle tisse entre les territoires. Bien sûr, ces processus s’accompagnent de l’apparition de classes moyennes dans des pays où elles n’existaient pratiquement pas. Mais, à l’échelle mondiale, ce sont les plus riches qui tirent le plus de bénéfices de la globalisation. Et ces différences se lisent dans l’espace. Par exemple, les travaux récents menés à l’échelle internationale concluent en l’existence d’une « gentrification planétaire » qui voit les plus aisés s’approprier les cœurs des principales métropoles. Cette appropriation s’accompagne de la mondialisation d’une forme de ségrégation puisque, dans toutes les grandes métropoles, les classes populaires se trouvent rejetées de plus en plus loin en périphérie. Même les favelas du centre de Rio subissent les pressions de la gentrification.

      Ces inégalités jouent un rôle majeur dans l’impact du Covid-19 sur nos sociétés. En effet, les pandémies surviennent plus particulièrement durant les périodes d’accroissement des disparités sociales. Peter Turchin observe une corrélation historique entre le niveau des inégalités, l’intensité des liens entre territoires éloignés, et la violence des pandémies. En effet, plus une classe s’affirme dans son aisance, plus elle dépense dans la consommation ostentatoire, souvent dans des produits de luxe originaires de lieux éloignés. Or les virus voyagent avant tout avec le commerce de longue distance. Ce fait n’est pas nouveau : l’effondrement presque simultané des empires chinois et romain dans les premiers siècles de notre ère s’explique en partie par la virulence des épidémies qui se diffusaient le long des routes commerciales. Mais les mobilités étaient alors sans commune mesure avec celles d’aujourd’hui. Pour les flux humains mondiaux, la différence est particulièrement marquée pour les classes supérieures. Leur sociabilité a toujours été internationale, voire cosmopolite. Mais leur mobilité a pris une nouvelle dimension sous l’effet de la globalisation, et de l’urbanisation planétaire. Dès lors, face à un nouveau virus à la fois hautement social et difficilement détectable, les classes supérieures se sont présentées comme un potentiel super-diffuseur collectif. Et cela a bien été leur rôle pendant l’hiver 2020.

      Des enquêtes seront nécessaires pour préciser les canaux de diffusion du virus, mais la rapidité de cette diffusion a d’ores et déjà révélé l’importance des séminaires internationaux, des flux d’étudiants, des déplacements touristiques et professionnels. Ces flux, et notamment ceux sur lesquels repose la mondialisation industrielle, ont allumé les premiers foyers européens, qui ont ensuite contribué à diffuser le virus non seulement dans l’ensemble de l’Europe, mais aussi vers d’autres continents, notamment l’Afrique. Ces premiers foyers sont apparus socialement peu sélectifs, illustrant le fait que la mondialisation se fait aussi par le bas et pas seulement via des déplacements de cadres ou de touristes aisés. Ainsi, les adeptes de la Porte ouverte chrétienne, dont le rassemblement à Mulhouse a été un des premiers foyers français, ou de l’église Shincheonji de Jésus en Corée du Sud, ne s’apparentent pas aux catégories supérieures. Et la désormais fameuse « patiente 31 », à l’origine de 80 % des infections en Corée du Sud, n’avait pas voyagé. Elle ne faisait donc pas partie des élites voyageuses.
      Pourtant, quand on reprend la chronologie des différents foyers identifiés de par le monde, on est frappé par l’importance des lieux fréquentés par les classes supérieures. Au Brésil, c’est depuis un club de plage de Rio, le plus select du pays, que l’épidémie s’est propagée. À Hong-Kong, les premiers foyers sont apparus dans des hôtels de haut standing (comme pour le SRAS d’ailleurs). En Égypte, c’est une croisière sur le Nil qui a entraîné l’infection d’une partie des passagers (surtout originaires d’Europe et d’Amérique du Nord), mais aussi de l’équipage égyptien. En Australie, une croisière est aussi en cause : le virus s’est propagé avec les passagers infectés disséminés dans le pays après avoir débarqué d’un paquebot. En Norvège, en Islande, au Danemark, en Suède ou Finlande, la diffusion du Covid-19 est liée à des retours de vacances dans des stations de ski des Alpes, et notamment celle d’Ischgl. En Europe de l’Est, la pratique du ski est aussi en cause : c’est des restaurants et des clubs huppés de Courchevel que le virus est parti vers la Russie, l’Ukraine et la Biélorussie. Même l’Afrique du Sud a été contaminée via les Alpes : la première entrée identifiée du virus est liée à un vacancier de retour d’un week-end de ski en Italie. Au Mexique et aux États-Unis, des chaînes de contamination se sont aussi constituées depuis les pistes du Colorado. L’Uruguay, quant à lui, a vu ses cas se multiplier à la suite d’un mariage dans la haute société, à laquelle assistait une grande couturière tout juste rentrée de vacances en Espagne. Ces exemples montrent à quel point la propagation du virus s’est notamment appuyée sur des pratiques fondées à la fois sur des interactions sociales intenses dans des lieux confinés (restaurants, conventions, cocktails, clubs) et sur des déplacements internationaux tout aussi intenses. Ceci explique également que la pandémie ait d’emblée lourdement frappé les personnalités politiques de premier plan, groupe partageant le même type de pratiques.

      L’impression du caractère élitaire de la contagion internationale a pu être renforcée par la difficulté d’accéder aux tests (ce qui renvoie à une autre forme d’inégalité face à la pandémie). Il n’empêche qu’à la différence de la tuberculose ou du choléra, qui tuent avant tout dans des pays pauvres et des bidonvilles, la nouvelle épidémie n’a pas initialement frappé les quartiers populaires denses. Elle s’est notamment diffusée par les réseaux des classes supérieures, qui prennent appui sur des pratiques de sociabilité multi-localisées, intenses et éphémères. Le cas de Singapour est éloquent. Le premier cas confirmé remonte au 23 janvier. Il concerne un Chinois originaire de Wuhan de passage dans un resort haut de gamme. Les premières infections non importées sont repérées le 4 février, dans un magasin fréquenté par des touristes chinois. C’est seulement deux mois plus tard, en avril, que l’épidémie atteint des groupes sociaux nettement plus modestes, avec la déclaration d’un foyer dans un dortoir de travailleurs migrants. Compte-tenu de la dynamique de l’épidémie, ce décalage dans le temps est considérable.
      Le virus a donc d’abord largement frappé les groupes qui bénéficient le plus de l’urbanisation planétaire. Il s’est diffusé à la faveur de leur mobilité. C’est ce qui fait que l’Europe s’est très rapidement substituée à la Chine comme principale propagatrice du virus. De fait, les données phylogénétiques le confirment : la diffusion du virus en Afrique vient avant tout d’Europe. Même en Inde, si les premiers cas sont liés à la Chine, les premiers foyers sont liés à l’Europe. Se dessine alors, au cours de cette seconde phase de la pandémie, une autre mondialisation, caractérisée par des flux entre la plaque tournante européenne et les pays nouvellement infectés.
      Cette coloration européenne du virus dans les premières étapes de sa propagation hors d’Asie de l’Est explique ainsi la diffusion du néologisme de « coronisation » en Afrique puis en Inde. L’association initiale du virus aux classes aisées explique quant à elle pourquoi au Mexique, un gouverneur a pu prétendre publiquement que les pauvres étaient immunisés contre le Covid-19. De même, dans les quartiers noirs des États-Unis, il a, un temps, pu être perçu comme une maladie de « Blancs riches ».
      Des flux de la mondialisation aux quartiers populaires

      Ces idées ont fait long feu. Dans un second temps, le virus s’est plus largement diffusé, à la fois spatialement et socialement. Là encore, la thèse de l’urbanisation planétaire aide à comprendre comment. D’abord, la mondialisation a aussi ses soutiers. Le cas de Singapour l’illustre : même si c’est à un rythme nettement plus lent que pour les catégories aisées, le virus a aussi été transporté par ceux que l’on appelle des migrants plutôt que des expatriés. Les conditions de vie de ces derniers, avec la promiscuité propre aux dortoirs, a favorisé une contagion marquée, plus difficilement contrôlable que dans les condominiums des quartiers aisés. D’une manière générale, la distanciation sociale est difficile dans les bidonvilles, figures majeures de l’urbanisation planétaire, qui abritent une proportion considérable de la population des grandes métropoles africaines, latino-américaines ou asiatiques.
      Le virus s’est également diffusé en suivant les réseaux constitués par les systèmes métropolitains. Les migrations qui ont suivi le confinement ont démontré toute l’étendue et la diversité de ces interdépendances, bien au-delà des banlieues et des couronnes périurbaines. Ces migrations ont été empêchées dans certains pays comme la Chine ou la Norvège. Mais, en Inde ou dans plusieurs pays d’Afrique, on a pu voir l’importance du nombre de migrants et la précarité de leur statut au cœur des grandes métropoles : le retour à la campagne a pour eux été une question de survie. Dans les pays riches où la mise en œuvre du confinement a été relativement permissive, comme aux États-Unis ou en France, on a pu voir les étudiants retourner chez leurs parents quand ils le pouvaient et les plus aisés quitter les cœurs métropolitains pour des lieux de résidence plus confortables. L’analyse de l’INSEE montre ainsi que 11 % des résidents parisiens ont quitté la ville. Les départs des plus aisés vers leurs résidences secondaires ont marqué les esprits. En France ou aux États-Unis, de nouvelles inégalités spatiales sont ainsi apparues plus clairement, à des échelles beaucoup plus vastes que celles usuellement considérées pour opposer les cœurs de métropoles et leurs banlieues populaires ou même leurs lointaines couronnes périurbaines. L’exode urbain vers les résidences secondaires a nourri une rancœur chez les habitants des territoires d’accueil qui ne sera pas facilement résorbable.

      Si la trajectoire de la pandémie met en exergue la spatialité des inégalités, c’est aussi parce qu’à la base de l’échelle sociale, le télétravail a souvent été impossible et que la mobilité quotidienne s’est maintenue, notamment vers les zones denses concentrant les activités. Durant le confinement, ce sont principalement les habitants des quartiers populaires qui continuent à devoir se rendre sur leur lieu de travail et à avoir des contacts (certes des catégories aisées continuent à se déplacer pour travailler, les médecins au premier chef, mais elles sont moins nombreuses en proportion). Ajoutée à la dépendance plus élevée aux transports en commun, cette mobilité a largement contribué à la diffusion du virus dans les classes populaires. Ceci explique pourquoi les quartiers populaires concentrent plus de cas et plus de morts.

      Dans le premier foyer repéré aux États-Unis, une maison de retraite de Kirkland, dans la banlieue de Seattle, les employés, en large majorité des femmes, ont fortement contribué à propager le virus. Elles ont en effet été réticentes à évoquer leur contamination, non pas par crainte du stigmate social (comme dans certains milieux aisés au début de la pandémie), mais plus prosaïquement par crainte de perdre leur emploi et par absence de congés maladie. En outre, elles sont fréquemment contraintes de cumuler plusieurs emplois précaires, dont l’un, souvent, dans le secteur de la restauration, domaine d’activité dont on connaît le rôle potentiel dans la diffusion du virus.

      Ainsi, le Covid-19 souligne les nouvelles inégalités territoriales fabriquées à travers l’urbanisation planétaire. Si les liens qui se tissent d’un bout à l’autre de la planète bénéficient avant tout aux catégories aisées, les épicentres ont émergé dans des espaces populaires, pourtant à l’écart des foyers initiaux : en France et aux États-Unis, les stations de ski étaient les principaux foyers mais la Seine-Saint-Denis, le département le plus pauvre de France, et Détroit, la plus pauvre des grandes villes des États-Unis, sont devenus les épicentres. À la Nouvelle-Orléans, la pandémie s’est diffusée à la faveur de Mardi gras, importée par les touristes et les fêtards, dont certains avaient eu le bon goût de se déguiser en virus. Ce sont aujourd’hui les quartiers pauvres de la ville qui payent à la maladie l’un des plus lourds tributs de l’ensemble des États-Unis.
      Ces inégalités sont en effet redoublées par la haute sélectivité du virus qui, outre les personnes âgées, cible notamment les individus présentant des facteurs de co-morbidité (diabète, insuffisance cardiaque etc.). Or ces affections ne sont évidemment pas également distribuées dans la société et dans l’espace. Aux États-Unis, où les inégalités entre et dans les métropoles sont particulièrement marquées, le virus s’avère nettement plus mortel, d’une part dans les villes à majorité noire (La Nouvelle-Orléans, Chicago, Détroit, Milwaukee), et d’autre part dans les quartiers pauvres, c’est-à-dire dans les ghettos transformés en déserts alimentaires et médicaux sous l’effet des politiques d’austérité. Ainsi, à Chicago, l’écart d’espérance de vie moyenne entre les quartiers atteint jusqu’à 30 ans, soit plus d’une génération. Ce faisant, le Covid-19 ne fait que redoubler des inégalités majeures en matière d’accès à la santé, puisque ceux qui en meurent le plus souvent sont aussi ceux dont l’espérance de vie recule depuis plusieurs années sous l’effet d’autres facteurs (overdoses, suicides, empoisonnement de l’eau, etc.).

      Des recherches devront affiner ce qui vient d’être dressé à grands traits et apporteront certainement des nuances, mais le tableau d’ensemble paraît clair : le Covid-19 révèle l’ampleur des inégalités associées à l’urbanisation planétaire, avec d’un côté des classes aisées nomades qui, pour leurs loisirs ou leur activité professionnelle, ont transporté le virus aux quatre coins de la planète, et d’un autre côté des classes populaires beaucoup plus sédentaires, qui travaillent à leur service. Ce sont ces dernières qui paieront le prix le plus élevé de la pandémie.
      Le gouvernement de l’urbanisation planétaire en question

      Il faut évidemment se garder de toute prévision hâtive. L’impact de la pandémie dépendra notamment de sa durée. Si, pour une raison ou une autre, elle est jugulée rapidement, on peut s’attendre à un retour à la normale. Mais si le virus s’installe durablement, les relations sociales et la vie économique vont être fortement perturbées. La crise du Covid-19, en partie issue de l’urbanisation planétaire, pourrait donc en retour l’affecter profondément. Elle pourrait notamment modifier les hiérarchies établies entre les types d’espaces urbains. En dépit des premières étapes de la diffusion de la pandémie, il est probable que resurgisse une crainte de la ville dense. De fait, une fois l’épidémie installée, le virus s’est diffusé plus fortement dans les grands centres urbains et leurs banlieues. Face à ce constat, après avoir quitté les villes et changé d’habitudes pendant le confinement (transformation de la résidence secondaire en résidence principale, pratique accrue du télétravail, etc.), une partie des classes aisées sera peut-être tentée de prolonger l’expérience, surtout si, comme on peut s’y attendre, les transports deviennent durablement plus compliqués dans les grands centres denses. Les lignes bougeront lentement, mais peut-être un nouveau cycle, moins favorable à la densité, s’enclenchera-t-il. Une telle évolution pourrait réduire la pression immobilière sur les grands centres métropolitains et les rendre de nouveau un peu plus accessibles aux soutiers des économies métropolitaines. Elle favoriserait sans doute aussi une meilleure prise en considération politique des mondes périurbains et ruraux. Mais elle s’accompagnerait d’une pression encore accrue sur les ressources environnementales de ces territoires (concurrence entre agriculture, habitat et commerce, pollution accrue par le recours à la voiture individuelle, etc.). De telles perspectives renforcent, si besoin était, la nécessité d’une démocratisation et d’une extension des périmètres de la planification. Ce n’est désormais qu’à l’échelle de vastes régions métropolitaines que peuvent être légitimement débattus et arbitrés les conflits actuels comme futurs sur l’usage des sols, entre préservation environnementale, répartition des logements, et relocalisation industrielle et agricole.

      À une autre échelle, le Covid-19 met aussi à l’épreuve la manière dont la planète est gouvernée. Avec l’urbanisation planétaire, les interdépendances entre les lieux, les territoires et les espaces se sont largement affranchies des frontières nationales. En outre, les échanges internationaux sont devenus plus complexes et multiscalaires, au sens où ce n’est pas la France qui entre en relation avec la Chine, mais la station de ski des Contamines-Montjoie qui se trouve raccordée avec une forêt du Hubei, via un touriste Anglais revenu d’une conférence à Singapour où il a côtoyé d’autres cadres chinois, qui eux-mêmes avaient peut-être dîné avec un ami médecin employé dans un hôpital de Wuhan. Comment gouverner les liens ainsi constitués ? On sent bien que face à ces réseaux, fermer les frontières nationales oscille entre le dérisoire et l’excessif. Le dérisoire car le virus a souvent passé les frontières avant même qu’on ait eu l’idée de les fermer, et l’excessif tant leur fermeture introduit des perturbations économiques et sociales majeures.

      On revient ici au point de départ de cet article. On peut en effet faire l’hypothèse que, si une mesure aussi brutale et aveugle que le confinement a été imposée à des milliards d’individus, c’est faute de pouvoir se sevrer brutalement des flux portés par l’urbanisation planétaire (un chiffre suffit à mesurer la difficulté : 80 % des produits actifs des médicaments mondiaux viennent d’Inde ou de Chine). C’est aussi faute de pouvoir gouverner ces flux. Leur gouvernement est au cœur des débats actuels sur le traçage et le suivi des contacts de personnes potentiellement malades. Le problème est que plane ici le spectre du renforcement du contrôle et de la surveillance, observé par Foucault lorsque frappait la peste. Beaucoup craignent qu’une telle évolution vers le contrôle des flux s’effectue sous un angle disciplinaire, voire liberticide. Et ce d’autant plus qu’une offre, émanant des multinationales de la sécurité et de la surveillance électronique, ne demandera qu’à rencontrer des États désireux de réaffirmer leur capacité à protéger leurs citoyens. Dans ce contexte, comment tracer sans interférer sur les libertés fondamentales ? Les sociétés civiles découvrent avec un certain vertige ce à quoi le gouvernement des flux pourrait conduire.

      La question, déjà épineuse dans un cadre national, l’est encore plus dans un cadre international. L’Europe par exemple, après avoir mis en place des dispositifs de protection des données personnelles parmi les plus stricts au monde, pourrait-elle faire volte-face et imposer ce qui s’apparenterait à une surveillance généralisée des mouvements ? Ce genre de question et l’impossibilité d’y répondre positivement ont poussé la plupart des gouvernements à conclure que le virus serait d’autant plus difficile à éliminer qu’un pays qui se donnerait les moyens de le faire se trouverait fortement contraint dans ses relations avec ses voisins. La Nouvelle-Zélande, pays dans lequel le virus ne semble presque plus circuler, impose ainsi depuis le 29 avril dernier une quarantaine d’au moins 14 jours à tous les nationaux qui rentrent de l’étranger ; les autres, à l’exception des Australiens, sont tout bonnement interdits d’entrée. Est-il possible de tenir longtemps comme cela, quand le virus continue à circuler aux portes du pays ? Comme le Covid-19 présente une morbidité qui, à la différence du SRAS, ne semble pas totalement inacceptable, tenter de vivre avec cette maladie a pu sembler la « moins mauvaise » des solutions. C’est ainsi que de nombreux pays ont renoncé à chercher à éliminer le virus pour plutôt en contrôler la diffusion via la distanciation sociale (dont le confinement est une variante extrême), faisant le pari qu’avec un traitement, un vaccin ou une immunité collective, la pandémie finira par devenir une maladie banale, comme la grippe. Ce pari a déjà valu un premier confinement dévastateur, sans garantie qu’il n’y en ait pas d’autres. Si la situation ne s’améliore pas, les voix seront de plus en plus nombreuses à demander si l’urbanisation planétaire vaut son prix.

      https://laviedesidees.fr/La-mondialisation-du-confinement.html

  • #Covid-19 : la riposte est-elle plus redoutable que le virus ?

    #Interview du Pr #Eric_Caumes, chef du service des maladies infectieuses, Hôpital de la Pitié-Salpêtrière, Paris.

    Depuis l’identification d’une nouvelle souche de coronavirus, le #SARS-CoV_2, deux visions s’affrontent. Ceux qui croyaient à l’extrême dangerosité de ce nouvel agent pathogène et ceux qui n’y croyaient pas.

    Parmi ces derniers, le Pr Eric Caumes* appelle ici à raison garder.

    *Chef du service des maladies infectieuses et tropicales de l’Hôpital de la Pitié-Salpêtrière (Assistance publique-Hôpitaux de Paris)

    Chapitres

    Quelle est la #contagiosité du SARS-CoV-2 ? – 00:06
    Quel est le taux de #létalité du SARS-CoV-2 ? – 02:29
    Quel est le taux de #mutation du SARS-CoV-2 ? – 03:22
    Quelles mesures devraient être prises concernant les réservoirs et hôtes animaux ? – 03:57
    Quelles méthodes de #prévention sont efficaces contre le Covid-19 ? – 05:37
    Compte tenu des dernières données la durée d’#isolement des patients devrait-elle être allongée ? – 06:58
    Qu’est-ce qu’un cas possible en France, faut-il, comme en Chine réviser cette définition ? – 08:04
    En #phase_épidémique, sera-t-il possible, en pratique quotidienne, de distinguer SARS-CoV-2, #grippe et #VRS ? – 09:20
    Où en est la mise au point d’un #test_sérologique ? – 11:28
    Quand la #prise_en_charge devra-t-elle se faire en ambulatoire ? – 12:19
    Quels sont les #traitements étiologiques à l’étude ? – 14:22
    Les #hôpitaux vous semblent-ils en mesure de faire face à une #épidémie de grande ampleur ? – 15:14
    Quel regard portez-vous sur la #riposte à l’épidémie ? – 15:57

    https://www.jim.fr/e-docs/covid_19_la_riposte_est_elle_plus_redoutable_que_le_virus__181852/document_jim_tube.phtml
    #coronavirus

    signalé par @reka

  • Microbiote, les fabuleux pouvoirs du ventre

    Ces #bactéries, #phages et #champignons essentiels à notre équilibre nous sont transmis à la naissance et constituent notre microbiote, ou flore intestinale. Longtemps méconnu, ce microbiote dévoile peu à peu ses secrets et mobilise des milliers de chercheurs dans le monde. Il laisse espérer une #révolution_scientifique. Non seulement les microbes qui le composent s’avèrent indispensables à notre bien-être, mais ils ouvrent un nouveau #champ_thérapeutique : le transfert d’#excréments_humains se révèle ainsi efficace dans le #traitement de certaines #pathologies_intestinales.


    https://boutique.arte.tv/detail/microbiote_les_fabuleux_pouvoirs_du_ventre
    #film #santé #obésité #alimentation #additifs_alimentaires #antibiotiques #césarienne #bactéries #maladie #flore_intestinale #microbiote #maladie_chronique #médecine #transplantation_fécale #immunothérapie #science #intestin

  • « Pour la moitié des Français, la violence est rassurante, pour l’autre, elle est choquante. Je formule l’hypothèse selon laquelle le gouvernement a flatté son ancrage à droite en laissant faire. »

    La viralité a fait des violences policières un symptôme de l’état de la démocratie.
    http://imagesociale.fr/8236


    Télérama publie dans son numéro daté du 29 février deux articles consacrés au traitement médiatique des violences policières. Olivier Tesquet m’a interrogé sur la soudaine visibilité des images diffusées depuis plus d’un an. Je reproduis ci-dessous le texte de l’entretien.

    BFMTV, TF1, France 2… Jamais les chaînes télé ne s’étaient retrouvées devant autant d’images de violences policières. André Gunthert, maître de conférences en histoire visuelle à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS), analyse cette soudaine visiblité.
    À force de blesser et mutiler depuis plus d’un an (éborgnements, mains arrachées, ITT en pagaille…), les violences policières se sont imposées dans les grands médias généralistes, quand bien même le gouvernement persiste à nier leur caractère systémique, insistant sur des dérives individuelles qu’il convient de punir au cas par cas. Diffusées sur les réseaux sociaux, reprises par les chaînes d’info en continu, les images qui ont infiltré l’espace médiatique ont joué un rôle essentiel dans la prise de conscience. Leur viralité a fini par donner aux brutalités une qualité de « symptôme de l’état de la démocratie », selon André Gunthert, maître de conférences en histoire visuelle à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS).

    -- Quel regard portez-vous sur la profusion de vidéos de violences policières depuis plus d’un an ?
    -- Il faut comprendre que ces images s’accompagnent d’une grille de lecture. Pour simplifier, l’une est de droite, l’autre est de gauche. La première pose une question : pourquoi le pouvoir a-t-il laissé se poursuivre ces violences visibles dans l’espace public ? Il aurait pu tenter de faire interdire la diffusion de ces vidéos sur les réseaux sociaux, mais il ne l’a pas fait. Selon un récent sondage Odoxa, le pays est coupé en deux. Pour la moitié des Français, la violence est rassurante, pour l’autre, elle est choquante. Je formule l’hypothèse selon laquelle le gouvernement a flatté son ancrage à droite en laissant faire. Quant à la médiatisation de gauche des violences policières, elle répond au modèle du copwatching, de la vigilance citoyenne...

  • UN DÉCRET AUTORISE LE FICHAGE D’OPINIONS POLITIQUES, LES ORIENTATIONS SEXUELLES, PHILOSOPHIQUES, RELIGIEUSES, ETC…

    « #Gendnotes » : une mesure liberticide imposée discrètement par décret

    Un nouveau palier autoritaire est franchi dans l’indifférence générale. L’Etat va encore plus loin dans la création d’ennemis de l’intérieur en se donnant les moyens de ficher et de transmettre des informations telles que les #opinions_politiques, l’#appartenance_syndicale, les #orientations_sexuelles, l’#état_de_santé, etc… Il s’agit du dispositif « Gendnotes » qui est censé moderniser les prises de notes des gendarmes, et accroît considérablement les possibilités de contrôles en portant gravement atteinte aux libertés les plus fondamentales.

    Les destinataires de ces #informations_personnelles dites de “#pré-renseignement” pourront être les #maires des communes concernées par les individus, les préfets (cf. art. 4) ou les #autorités_judiciaires (cf. art. 1). Ces #données pourront être collectées « à l’occasion d’actions de #prévention, d’investigations ou d’interventions nécessaires à l’exercice des missions de polices judiciaire et administrative ».

    Alors que des fichages infâmes tels que l’#origine_raciale existent déjà dans les dossiers de police, ce décret ira encore plus loin, et va généraliser de telles pratiques. On aimerait croire à la fakenews mais non.

    Dans le décret n° 2020-151 du 20 février 2020 (https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000041615919&categorieLien=id, Le ministre de l’intérieur est autorisé à mettre en œuvre ce #traitement_automatisé de données à caractère personnel dénommé GendNotes au sein de la Gendarmerie. Le principe d’un décret, c’est qu’il passe en force, sans débat, en catimini.

    L’article 2 explique qu’en cas « d’#absolue_nécessité » il sera possible de faire rentrer des informations « relatives à la prétendue origine raciale ou ethnique, aux opinions politiques, philosophiques ou religieuses, à l’appartenance syndicale, à la santé ou à la #vie_sexuelle ou l’orientation sexuelle ».

    Qu’entendre par une notion aussi floue qu’« absolue nécessité » sachant que dans les enquêtes visant des écologistes, les militants, les Gilets Jaunes et plus généralement tout opposant politique, cela fait déjà longtemps que les moyens de l’antiterrorisme sont appliqués !

    Récemment, le gouvernement semblait scandalisé par l’atteinte à la vie privée de Benjamin Griveaux mais son indignation est sélective. L’atteinte à la vie privée d’une population entière ne semble lui poser aucun problème !

    « Essayez la dictature et vous verrez »

    (Emmanuel Macron. 23/01/2020)

    https://www.nantes-revoltee.com/%E2%9A%AB-un-decret-autorise-le-fichage-dopinions-politiques-les-or

    #décret #fichage #autoritarisme #surveillance #gendarmerie #mairie #préfecture #investigation #police_judiciaire #police_administrative #France #macronisme

    ping @etraces @davduf @fil

  • Nommer la violence d’Etat - Libération
    https://www.liberation.fr/france/2020/01/28/nommer-la-violence-d-etat_1775798
    #didier_fassin

    En refusant de reconnaître la #banalité et la #gravité des #violences_policières sur l’ensemble de la société, les #autorités de l’Etat se rendent de facto #complices des #exactions des #forces_de_l’ordre.

    Jusqu’à récemment, on avait pu ignorer cette #violence_d’Etat car elle frappait essentiellement les #quartiers_populaires et leurs habitants, pour la plupart d’origine immigrée, auxquels elle imposait un #traitement_d’exception. Désormais, on ne le peut plus guère, car elle s’abat sur l’ensemble de la société, ou tout au moins sur celles et ceux qui protestent contre la politique conduite par un #gouvernement qui, par faiblesse autant que par arrogance, croit que l’autoritarisme peut pallier sa perte d’#autorité. Hier atteinte aux droits de certains, elle est aujourd’hui atteinte aux droits de tous.

  • Denmark: Council of Europe Shocked over Conditions in Danish Detention Centres and Threatens Legal Action

    A report from Council of Europe’s Anti-Torture Committee (CPT) raises severe critique of conditions in the Danish detention centres for asylum seekers in #Ellebæk and #Nykøbing_Falster (https://rm.coe.int/1680996859). Denmark has three months to comply with CPT recommendations or will face possible legal actions through the European Court of Human Rights.

    Hans Wolff, who led the CPT delegation to Denmark in April expresses shock over detention conditions in the country that are among the worst in Europe. Wolff stated that: “Either Denmark must make some very fast and serious changes on all the areas we have mentioned in the report. Or they must close down Ellebæk and move the detainees to a place with better facilities”.

    The main points of critique from CPT includes “unacceptable” prison like regimes of rules, a “carceral and oppressive” material environment and “clearly inappropriate” material conditions with rooms and sanitary facilities in a “deplorable state of repair”. Further, lack of staff, inadequate legal advice and translation, overcrowding, limited health services and lack of comprehensive medical screenings including of mental or physical diseases was criticised by CPT. Also, the CPT raised critique of the use of disciplinary solitary confinement for extended periods of time and remarked alleged verbal abuse by centre personal and the risk of suicides due to the lack of suicide-proof clothing with detainees “sometimes placed entirely naked in an observation room”, a practice that according to CPT “could be considered to amount to degrading treatment”.

    The centre-left parties of the Danish Parliament, the Liberals (Radikale Venstre), the Red-Green coalition (Enhedslisten), and the Socialist People’s Party (SF) urges the Social Democratic government to follow up (https://medium.com/are-you-syrious/ays-daily-digest-07-01-2019-council-of-europe-says-danish-ellebaek-unsuitabl) on the critique from CPT. Kristian Hegaard representing the Liberal Party underlines (https://nyheder.tv2.dk/politik/2020-01-07-nick-haekkerup-afviser-kritik-ellebaek-skal-ikke-vaere-et-rar that these people have not committed any crimes and should not be treated as monsters.

    According to the CPT the centres in Ellebæk and Nykøbing Falster holds mainly rejected asylum seekers awaiting deportation and were “at the time of the visit, as the only administrative migration detention centres in Denmark the only administrative migration detention centres in Denmark”. Administrative detention can last up to 18 months under special circumstances.

    https://mailchi.mp/ecre/ecre-weekly-bulletin-16012020?e=989a4aebdd#Denmark:%20Council%20of%20Europe%
    #Danemark #asile #migrations #réfugiés #détention #régime_carcéral #traitements_dégradants #déboutés #rétention #détention_administrative

  • #Fonctionnaires : le #gel du #point_d’indice prévu jusqu’en 2022 - Challenges
    https://www.challenges.fr/economie/fonctionnaires-le-gouvernement-table-sur-un-gel-du-point-d-indice-jusqu-e
    #enfoirés
    #gel_ou_vaseline ?
    #mythos
    500 millions en 2021 pour les #enseignants, mais ensuite —>

    « Ce sont quelques lignes passées inaperçues qui pourraient faire du bruit dans la fonction publique. Dans un rapport de novembre, le Conseil d’orientation des #retraites (#COR) a lâché une petite bombe qui concerne la paie de quelque 5 millions de fonctionnaires. Selon ce document, qui établit des prévisions financières concernant les retraites et s’appuie sur des données du ministère du #Budget, le #gouvernement table en effet sur un gel du #point d’#indice, qui sert de base au calcul de la #grille des #traitements des fonctionnaires, jusqu’en #2022. »

    • Une petite bombe passée inaperçue : le gouvernement table sur une progression de la rémunération moyenne des fonctionnaires moins rapide que le salaire moyen français jusqu’en 2025 et un gel du point d’indice jusqu’en 2022.