• En Ile-de-France, un téléphérique pour réduire les fractures urbaines
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2025/12/12/en-ile-de-france-un-telepherique-pour-reduire-les-fractures-urbaines_6657006


    Le Câble C1, à Limeil-Brévannes (Val-de-Marne), le 20 novembre 2025. RAPHAËL LAFARGUE/ABC/ANDIA.FR

    Avec une distance de 4,5 kilomètres entre Créteil et Villeneuve-Saint-Georges, cinq stations, le C1 devient le plus long téléphérique urbain de France. A raison de 6 mètres par seconde (21,6 kilomètres à l’heure), il faut environ 18 minutes pour parcourir la ligne contre 35 minutes, au minimum, avec le bus 428 qui relie les deux villes ; lequel passe, au mieux, toutes les 10 minutes aux heures de pointe. Les cabines, qui peuvent accueillir poussettes, fauteuils roulants et vélos, se succèdent toutes les 23 à 27 secondes en station, sans s’arrêter complètement, mais en ralentissant suffisamment pour embarquer sans stress.

    Le bénéfice rendu aux habitants est inestimable. Certains vont s’économiser jusqu’à une heure et demie de transport par jour. Il suffit de regarder une carte pour comprendre. Là, sur la plaine de Créteil, au sud-est de Paris, ont été déployées depuis le milieu du XIXe une série d’infrastructures nécessaires au fonctionnement de la capitale, voire du pays, mais toutes plus massives les unes que les autres.

    https://justpaste.it/kq4t0

    #téléphérique_urbain #transports_collectifs

    • Je suis bluffé comme certaines villes savent penser hors du cadre pour résoudre ce type de problème. 👏 (engendré par le réseau déjà en place, les « murs » urbains type autoroute, canaux, rail, foret..., les limites de commune donc de responsabilité...)
      Alors que d’autres refusent même d’envisager la question : exemple du bac à chaîne à #Wasquehal.
      Comme on dit : on ne décide pas de construire un pont en comptant le nombre de personnes qui traversent à la nage.

    • Les défis du premier téléphérique d’Ile-de-France : sécurité des voyageurs, récupération des cabines en cas de panne
      https://www.lemonde.fr/economie/article/2025/12/12/securite-des-voyageurs-recuperation-des-cabines-en-cas-de-panne-les-defis-du


      Un exercice d’évacuation de passagers blessés dans une cabine du téléphérique C1, premier téléphérique urbain de la région francilienne, à Limeil-Brevannes, (Val-de-Marne), le 20 novembre 2025. RAPHAEL LAFARGUE/ABC/ANDIA.FR

      Bien que nouveau en Ile-de-France, le téléphérique a fait son apparition comme moyen de transport urbain il y a une vingtaine d’années, notamment en Amérique du Sud, et se nourrit d’une technologie éprouvée pendant plus d’un siècle dans les stations de sports d’hiver. « Le matériel est robuste et résilient, et nous avons appris des conditions extrêmes auxquelles il est confronté à la montagne », observe Fabien Felli, président de POMA, fleuron français des téléphériques, qui a exporté sa technologie dans de nombreuses villes, dont Medellin, en Colombie, pionnière en la matière.

      En fonctionnement, la principale crainte est qu’une panne bloque les voyageurs dans les airs de longues heures durant. Pour pallier cette éventualité, l’entreprise autrichienne Doppelmayr, qui a construit l’installation, vante le concept de « récupération intégrée » . En cas de panne, l’urgence est de ramener les cabines en station. « Nous avons fait une analyse statistique de toutes les pannes que nous avons connues et nous avons apporté une réponse technique à toutes ces défaillances », détaille Bernard Teiller, le président de Doppelmayr France. En clair, il y a redondance de tous les éléments jugés sensibles ou critiques. Par exemple, un moteur diesel est à même de prendre le relais en cas de panne électrique. Le constructeur a aussi mis à la disposition du personnel, en tête de chaque pylône, des caisses scellées contenant les pièces de rechange.

      Cette approche technologique a fait ses preuves, assure M. Teiller. A Coblence, en Allemagne, et à Londres, où Doppelmayr a construit des téléphériques à récupération intégrée et où il n’a pas été nécessaire de procéder à une « évacuation verticale », selon la formule consacrée pour parler d’un secours aux passagers par le truchement de nacelles ou de cordes. « Qu’une panne impose de ramener les usagers en station, ça arrive. Mais, à Medellin, où nous avons construit six lignes de téléphérique urbain [depuis 2004], jamais il n’a été nécessaire de procéder à une évacuation verticale », confirme M. Felli, son concurrent.

      L’évacuation verticale serait la conséquence d’un « manque de chance incroyable », tant il y a de redondances dans les systèmes critiques de l’installation, estime Christophe Surowiec, chef de projet Câble C1 chez Ile-de-France Mobilités. Le 20 novembre, il faisait partie d’un groupe d’une dizaine de cobayes coincés dans une cabine lors d’un exercice simulant une panne totale. Une quarantaine de pompiers de Paris, dont ceux du groupe d’intervention en milieu périlleux, ont participé pour évacuer les passagers par une nacelle ou en rappel. Même si le scénario est jugé « improbable », voire « extrême », les pompiers s’y sont préparés en profitant de l’expérience de leurs homologues de la station de sports d’hiver d’Orelle Val-Thorens (Savoie).

      Caméra et boutons d’alerte

      Si la sécurité de l’exploitation n’est pas un sujet d’inquiétude majeur, des débats ont émergé, en revanche, autour de la sûreté des passagers – et plus particulièrement des passagères –, les utilisateurs s’installant dans des cabines de 10 places assises, sans personnel. « Le débat a surgi il y a quelques semaines », quand la députée (La France insoumise) de Seine-Saint-Denis Nadège Abomangoli a suggéré de réserver des cabines aux femmes, pour qu’elles voyagent en sécurité dans ce « nid à agressions sexuelles », rapporte Marc Pélissier, le président en Ile-de-France de la Fédération nationale des associations d’usagers des transports.

      Une solution dont ne veut pas entendre parler Ile-de-France Mobilités, l’autorité organisatrice des transports dans la région. « Que ce soit dans les voitures du métro ou dans les cabines du C1, je m’interroge sur cette volonté de spécifier une partie de l’espace public aux femmes. C’est contraire aux règles de la République, qui garantit l’égalité entre les femmes et les hommes », déplore Grégoire de Lasteyrie, vice-président d’Ile-de-France Mobilités.

      « Nous avons pensé à la sécurité des passagères et des passagers dès la conception du Câble C1 », précise M. de Lasteyrie. Chaque cabine est équipée d’un micro, de haut-parleurs, d’une caméra et de boutons d’alerte. Quand un voyageur appuie sur l’un d’eux, les opérateurs du poste de commande centralisé (PCC), situé à Limeil-Brévannes (Val-de-Marne), sont immédiatement avisés et peuvent voir et entendre ce qui se passe, et échanger directement avec les passagers. Dans la plus longue portion du téléphérique, entre Créteil et Limeil-Brévannes, le huis clos durera quatre minutes et trente secondes jusqu’à la station d’arrivée, où il y aura en permanence deux agents par station, un pour chaque direction.

      Comme le prévoit le contrat de délégation de service public, c’est à l’exploitant – ici, la société #Transdev – que revient l’organisation de la sécurité. Elle fait appel à 23 médiateurs et à 20 agents de sécurité privée, en plus des agents en station. En cas de problème de sûreté, ce sont eux les premiers appelés. Si le problème est plus sérieux, le PCC joint le centre de coopération opérationnelle de la sécurité de la préfecture de police, qui peut faire intervenir la brigade régionale des transports ou les forces de l’ordre.

      « Le niveau de sécurité du C1 est en fait bien supérieur à ce qui existe ailleurs sur le réseau francilien. La présence systématique d’agents en station n’est plus la règle dans bien des gares RER ou Transilien. Dans le C1, les caméras sont connectées en temps réel au PCC, alors que les images ne sont utilisables qu’a posteriori dans la plupart des RER et métros », note Céline Malaisé, présidente du groupe Gauche communiste, écologiste et citoyenne, très engagée sur les questions de transports en #Ile-de-France.

  • Toulouse : les transports publics mettent le cap sur l’hydrogène - ladepeche.fr
    https://www.ladepeche.fr/2021/09/28/toulouse-les-transports-publics-mettent-le-cap-sur-lhydrogene-9819152.php

    2021
    Le ministre des transports a inauguré les Rencontres nationales du transport public,ce 28 septembre à Aussonne. Parmi les innovations notables, le recours à l’hydrogène pour les bus et trains. Cinq bus à hydrogène, produit localement, seront exploités bientôt par #Transdev à l’aéroport de Toulouse-Blagnac et un train hydrogène reliera Toulouse et Luchon d’ici 2025.

    (...)

    Le ministre s’est arrêté sur les stands de #Safra, fabricant de bus à hydrogène implanté à Albi, et de Transdev, groupe français de transport qui parie sur l’électrification de son parc et notamment l’essor de la filière hydrogène  : «  Nous avions seulement 50 bus électriques dans notre parc en 2016, nous en avons aujourd’hui 1800, dont 50 à hydrogène  », indique Thierry Malet.

    (...)

    L’Hydrogène vert se construit un avenir en Occitanie - Région Occitanie / Pyrénées-Méditerranée
    https://www.laregion.fr/L-Hydrogene-vert-se-construit-un-avenir-en-Occitanie

    2021
    Mobilisée par la transition énergétique, la Région pousse la filière hydrogène vert en #Occitanie, avec un plan doté de 150 M€. Elle soutient de nombreux projets innovants dans la recherche, les transports et l’industrie, preuve du dynamisme de la filière.

    (...)

    La Région participe aussi à une expérimentation sur le bus à hydrogène avec le constructeur albigeois Safra. Son appel à projets « Territoires d’Hydrogène » encourage les écosystèmes locaux de mobilité hydrogène, comme le projet de flotte de bus à hydrogène de la métropole de #Montpellier et celui de stations de production-distribution « #OccHyTarn ». La Région subventionne aussi (à 50%) le déploiement de véhicules hydrogène pour du transport professionnel de personnes ou de marchandises.

    A Toulouse, l’expérimentation des bus à hydrogène reportée
    https://www.mediacites.fr/breve/toulouse/2023/01/09/lexperimentation-des-bus-a-hydrogene-reportee-sine-die-a-toulouse

    Après l’avoir annoncée pour 2024, la mairie de #Toulouse ne s’aventure plus à dater le lancement de l’expérimentation des #bus à hydrogène. Une promesse de campagne de Jean-Luc Moudenc.

    « Un fleuron en péril » : le constructeur de bus à hydrogène Safra placé en redressement judiciaire - ladepeche.fr
    https://www.ladepeche.fr/2025/02/05/un-fleuron-en-peril-le-constructeur-de-bus-a-hydrogene-safra-place-en-redr

    2023
    En quête de fonds pour accélérer la production de ses bus à hydrogène, la société albigeoise Safra SA vient d’être placée en redressement judiciaire par le tribunal de commerce d’#Albi.

    Hydrogène : malgré les vents contraires, Toulouse garde le cap
    https://toulouse.latribune.fr/entreprises/business/2025-05-13/hydrogene-malgre-les-vents-contraires-toulouse-garde-le-cap-10248

    2025
    Alors qu’Airbus reporte au-delà de 2040 son avion à hydrogène et que le gouvernement a revu à la baisse les capacités de production, Toulouse vient de démarrer la construction d’un technocampus hydrogène à 45 millions pour soutenir la décarbonation des transports.

    ​Bus à hydrogène : Safra repris par le chinois Wanrun dès le 24 juin
    https://www.touleco-tarn.fr/%E2%80%8BBus-a-hydrogene-Safra-repris-par-le-chinois-Wanrun-des-le-24,4

    2025
    Le tribunal de commerce d’Albi a validé, mardi 20 mai, la reprise des actifs de Safra par la holding #Wanrun pour un montant de 7 millions d’euros. Le consortium chinois reprendrait 120 emplois sur les 169.

    Ils partirent avec 150 millions, et ils arrivèrent avec 7 millions.

  • Pourquoi réserver un train est devenu un enfer (et pourquoi ça va empirer)

    Entre la multiplication des #marques et la #complexité de la #billetterie, l’ouverture à la #concurrence rend le #paysage_ferroviaire « kafkaïen », dénoncent les usagers.

    Aléop, Zou !, Lio, InOui, Trenitalia… Le paysage ferroviaire s’est transformé ces dernières années en une indigeste salade de #logos. Côté billetterie, ce joyeux capharnaüm entraîne un lot d’#aberrations : des #guichets #TER qui ne vendent pas de billets #TGV, des #cartes_de_réduction qui ne fonctionnent pas dans toutes les régions, l’application #SNCF_Connect qui n’affiche aucun billet Trenitalia ou Renfe...

    Et ce n’est qu’un début. Le paysage ferroviaire risque de devenir « insensé », prévient le président de la Fédération nationale des associations d’usagers des transports (Fnaut), François Delétraz. Une inquiétude largement partagée dans le petit monde du ferroviaire, y compris chez les partisans inconditionnels de l’ouverture à la concurrence : on assiste à « une extraordinaire #fragmentation [qui pose] une énorme préoccupation », s’alarmait le très respectable président de l’Autorité de régulation des transports, Thierry Guimbaud, lors du colloque annuel de l’Afra, le lobby des entreprises ferroviaires, le 8 octobre à Paris.

    « La situation est préoccupante », reconnaissait le même jour Claude Steinmetz, le patron de #Transdev, le premier challenger de la SNCF sur les TER. D’après ses calculs, il existe 45 titres de réduction différents pour les TER, toutes régions confondues. « L’opérateur historique [la SNCF] a onze sites internet de distribution, ajoutait-il. Comment voulez-vous qu’on s’y retrouve ? »

    Cette #complexification, pas vraiment en phase avec l’engouement des Français pour le train et l’urgence de décarboner les transports, est une conséquence directe de l’ouverture du réseau ferré à la concurrence. Big bang que dénoncent les syndicats de cheminots, notamment à travers un appel à la grève, à partir du mercredi 11 décembre au soir.

    La guerre des #applis

    Concernant les TER, transport du quotidien et clé de voûte de la transition énergétique des transports, la fin du #monopole_public est gérée par les régions. Comme elles investissent pour tenter d’améliorer l’offre, elles souhaitent que cela se voie. « Elles ont presque toutes mandaté des agences de com’ pour trouver un nom de marque — improbable — pour se différencier de leurs voisines tout en tournant le dos à la SNCF et à son bon vieux TER », raille la Fnaut, le 9 décembre dans un communiqué. Fluo, BreizhGo, Lio... Chacune déploie également sa propre #politique_tarifaire et son propre système de #réduction.

    Dans cette #jungle, plusieurs #applications de vente de billets comme SNCF Connect ou #Trainline espèrent s’imposer et promettent de rendre fluide le « #parcours_client ».

    Pour l’heure, elles se livrent surtout une guerre sans merci. Écrasant leader, SNCF Connect (85 % des ventes) refuse de vendre des billets pour ses concurrents (#Trenitalia et la #Renfe) et leur met des bâtons dans les roues. Elle ne leur permet pas de vendre tous les tarifs disponibles et ne partage pas les informations trafic en temps réel. Trainline se plaint également de ne pas réussir à trouver sa #rentabilité, en raison des #commissions faméliques que lui verse la SNCF (2,9 % sur la vente des billets, contre 10 % pour un billet Trenitalia).

    Pour ne rien arranger, les régions n’ont aucune intention de faire confiance à ces applications de billetterie. Elles développent, chacune dans leur coin, leur propre système de distribution. Et comme les TER, demain, seront gérés par une multitude de compagnies différentes, ce sont les #régions qui vont centraliser l’information et la transmettre, avec plus ou moins de bonne volonté, à SNCF Connect, Trainline et consorts.

    « Impossible, pour le commun des mortels,
    de s’y retrouver »

    Cette complexification trouve une illustration déjà bien visible à Marseille : « Entre les Ouigo, les TGV InOui, la Renfe qui propose une liaison avec Barcelone, les TER gérés par la SNCF et bientôt les TER gérés par Transdev, vous avez cinq #opérateurs différents dans une même gare. Mais il n’existe aucun endroit où on peut tout acheter, résume François Delétraz. Impossible, pour le commun des mortels, de s’y retrouver. »

    Mais alors, que fait la police ? Pour l’heure, les règles sont encore à écrire et le gendarme du ferroviaire, l’#Autorité_de_régulation_des_transports, saisi de nombreux contentieux, prévient que les arbitrages sont pour bientôt. La Commission européenne compte également mettre de l’ordre dans ce Far West ferré. D’ici fin 2025, elle doit présenter un projet de règlement forçant les compagnies ferroviaires et les applications de vente de tickets à jouer la même partition.

    « On espère que cela améliorera la visibilité, souligne Vincent Thevenet, spécialiste ferroviaire de l’ONG Transport & Environment. Ce qu’il faut surtout éviter, c’est arriver à un système où les #prix seraient différents d’une plateforme à l’autre, avec un risque de #spéculation à la baisse ou à la hausse. Dans le transport aérien, c’est un gros problème. » L’initiative européenne ne se concrétisera pas avant plusieurs années et pourrait ouvrir ensuite une phase de guérilla juridique longue et couteuse, nouvelle tradition du monde ferroviaire.

    La situation ne manque pas d’ironie. Après trente ans d’efforts pour fabriquer une concurrence, largement artificielle, entre des entreprises ferroviaires européennes, toutes publiques, l’Union européenne les enjoint désormais de s’entendre et de se coordonner pour éviter le fiasco.

    Contactée par Reporterre, #SNCF_Voyageurs renvoie la responsabilité aux régions. « Ce sont elles qui définissent notamment les politiques tarifaires et la billettique », souligne l’entreprise. SNCF Voyageurs n’est plus qu’un simple « exploitant des services ferroviaires » comme un autre. L’entreprise publique s’est simplement préparée à affronter l’extraordinaire #morcèlement du ferroviaire. « Notre filiale SNCF Connect & Tech propose des solutions pour répondre aux appels d’offres lancés par les régions pour l’exploitation de leurs systèmes d’information et de billettique », souligne l’entreprise.

    Un « #allotissement » qui complique tout

    La billetterie n’est pas le seul sac de nœuds à dénouer. Pour faciliter l’entrée de concurrents à la SNCF, les régions découpent le réseau TER en une multitude de petits « lots ». Chacun fait l’objet d’un #appel_d’offres et est attribué pour dix ans à un délégataire de #service_public. Même la SNCF, lorsqu’elle remporte le lot, doit créer une nouvelle filiale.

    « Résultat, dans dix ans nous aurons une centaine de PME du rail. Les régions affirment qu’avec leurs bras musclés elles parviendront à harmoniser tout ça, mais cela entraînera une litanie de problèmes », s’inquiète Frédéric Michel, guichetier à la gare Saint-Charles de Marseille et militant Sud-Rail. Les compagnies doivent par exemple partager l’information aux voyageurs en temps réel, synchroniser les horaires pour faciliter les correspondances, gérer les aléas.

    Le premier TER non SNCF doit circuler mi-2025 sur la ligne Marseille-Toulon-Nice. Comment #Transdev, filiale de la Caisse des dépôts en voie de #privatisation, s’entendra avec les autres acteurs en cas d’avarie ? « Aujourd’hui, c’est déjà compliqué de gérer les #ruptures_de_correspondance entre un TER et un TGV, alors qu’on appartient à la même entreprise. Demain, avec une entreprise concurrente, ça n’existera plus », souligne Frédéric Michel.

    « Qui va payer l’hôtel et le billet de rechange des passagers qui ont raté leur Ouigo à cause d’un retard de TER sur Transdev ? La région Sud y réfléchit. Ça commence dans six mois et elle ne sait pas comment faire », affirme François Delétraz.

    Le train, un service marchand comme un autre

    Cette #désorganisation générale du réseau est concomitante à une #transformation fondamentale : depuis vingt ans, le train s’éloigne progressivement d’une logique de #service_public pour épouser les pratiques commerciales du privé. Et la quête de rentabilité est désormais exacerbée à la SNCF, à cause de la pression de son principal actionnaire, l’État, qui lui impose de doubler la somme qu’elle fait remonter chaque année pour financer l’entretien du réseau vieillissant (6,5 milliards d’euros).

    C’est cette pression qui explique la hausse continue et diffuse des #tarifs (8,2 % en moyenne sur un an selon l’Insee en 2023), la suppression des dessertes non rentables et des #guichets en gare, la hausse à 19 euros de la commission pour l’échange d’un billet InOui six jours avant le départ, la fin des billets non personnalisés qui pouvaient être troqués... La liste est potentiellement sans fin, des irritants qui pénalisent les « usagers » devenus « clients ».

    Des syndicats de cheminots au lobby des entreprises ferroviaires, en passant par les élus et les usagers, tous les acteurs du monde ferroviaire sont au moins d’accord sur un point : l’argent public manque cruellement en France pour faire face au mur d’investissement nécessaire à la sauvegarde et au développement d’un réseau vieillissant. Constat implacable de l’association allemande Alliance pour le rail, qui publiait en juillet dernier un classement des pays européens en matière d’#investissement_ferroviaire. La France apparaît bonne dernière.

    https://reporterre.net/Pourquoi-reserver-un-train-est-devenu-un-enfer-et-pourquoi-ca-va-empirer
    #réservation #train #transport_ferroviaire #SNCF #France #billets

    voir aussi :
    https://seenthis.net/messages/1087591
    @sombre

  • De nouveaux trains en région Sud, pour un meilleur service (01.12.2024)

    Mail reçu ce matin (pourquoi ai-je reçu ce message ? Mystère ! Peut-être parce qu’une fois j’ai gueulé pour la suppression d’un arrêt de bus dans la région de Briançon....)

    Madame, Monsieur,

    Pour améliorer vos déplacements, notre Région Sud est la première Région de France à ouvrir à la concurrence ses trains régionaux (TER). Pour la ligne Marseille-Toulon-Nice, la Région a confié le service à TRANSDEV qui démarrera son exploitation le 29 juin 2025 avec des trains neufs. Ce 23 novembre, la future rame qui sillonnera cet axe, a été dévoilée.

    Vous êtes aujourd’hui plus de 3,5 millions de voyageurs à emprunter cette ligne chaque année. En 2025, avec l’ouverture à la concurrence, vous serez encore plus nombreux chaque jour, atteignant 4,5 millions et progressivement 5,5 millions de voyageurs.

    Notre volonté est claire : vous offrir des déplacements avec des trains neufs plus ponctuels, plus rapides, plus confortables, plus connectés, plus sûrs et plus accessibles :

    – 16 nouveaux trains proposeront un niveau de service amélioré : 400 places, des sièges plus larges, 12 emplacements vélo par rame, un accès wifi et des espaces de restauration et de convivialité ;

    – Un gain de temps : avec 15 liaisons aller-retour par jour, soit un trafic doublé pour un prix équivalent et des amplitudes horaires adaptées à vos besoins quotidiens ;

    – Plus de sécurité : avec de la vidéo-surveillance et une présence humaine renforcée, à vos côtés.

    Les transports en TER et en cars sont une compétence prioritaire de notre Région Sud.

    Pour que vous soyez toujours plus nombreux à laisser votre voiture au bénéfice du train, nous investissons massivement dans l’offre de transport, le matériel et l’aménagement des gares et nous prenons en compte vos nouveaux besoins et vos nouveaux usages en créant par exemple de nombreux abri-vélos sécurisés.

    Madame, Monsieur, vous pouvez compter sur notre engagement total pour faciliter vos déplacements quotidiens et vous proposer des transports plus nombreux, plus fiables et plus écologiques.

    Bien sincèrement,

    Renaud Muselier
    Président de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur
    Président délégué de Régions de France

    Transdev :


    https://www.transdev.com

    Comme si cette nouvelle me faisait plaisir...

    #région_PACA #Région_Sud #transports #trains #transport_ferroviaire #privatisation #concurrence #TER #TRANSDEV #France #sécurité #vidéo-surveillance #rame

  • Marseille-Nice : TF1, France 2 et BFMTV vantent les bienfaits de la concurrence à la SNCF
    https://www.telerama.fr/ecrans/marseille-nice-tf1-france-2-et-bfmtv-vantent-les-bienfaits-de-la-concurrenc

    [...]

    France 3 se distingue par sa mise en perspective grâce à l’analyse d’un journaliste en plateau. « La SNCF risque de perdre ses lignes les plus rentables, prévient Julien Cholin. La ligne Marseille-Nice, c’est 10 % des voyageurs mais 30 % des recettes du réseau TER Paca. Pour les petites lignes desservant les hauteurs de la région niçoise, la SNCF était seule en lice, Transdev ne s’était pas positionné. » Pas assez rentable. Le journaliste signale aussi qu’aucun concurrent ne s’est présenté lors de l’attribution des lignes Bordeaux-Nantes et Lyon-Nantes. Bref, la mise en concurrence revient, selon la coutume, à privatiser les bénéfices et à mutualiser les pertes.

    [...]

    En fait, Transdev s’est engagé à multiplier par deux les rotations, quatorze par jour au lieu de sept ». Magnifique. « Comment Transdev a fait pour gagner cet appel d’offres ? — Il a proposé le service le plus ambitieux, répond Pierre Kupferman, deux fois plus de trains par jour qu’aujourd’hui pour le même prix. » Remarquable effort (dont il faudra bien que certains fassent les frais… au hasard, les cheminots ?).

    En réalité, le doublement du nombre de dessertes ne doit rien aux bonnes grâces de Transdev. Cette condition figurait dans l’appel d’offres soumis par le conseil régional. Tous les candidats à l’exploitation de la ligne ont donc chacun proposé deux fois plus de trains quotidiens… De l’art d’attribuer au privé un mérite qui revient à la collectivité publique – laquelle mobilise une belle hypocrisie pour le cacher. En prenant le train de sa communication, toutes les chaînes ont déraillé.

    #sncf #privatisation #transdev

  • Transports lillois : Keolis joue à qui veut perdre des millions mediacites.fr/lille - Olivier Aballain - 8 décembre 2017
    https://www.mediacites.fr/lille/decryptage-lille/2017/12/08/transports-lillois-keolis-joue-a-qui-veut-perdre-des-millions/8 minutes

    La Métropole européenne de Lille (MEL) choisira son nouveau délégataire pour les transports publics le 15 décembre. L’actuel détenteur, Keolis-Transpole, est donné archi-favori face à Transdev. Il a pourtant accumulé 85,7 millions d’euros de pertes ces dernières années. Explication d’un paradoxe.


    Ce 30 novembre 2017, à la station Lille Europe, Gilles Fargier est tout sourire. Le patron de Keolis Lille (Transpole) est venu en invité assister à l’inauguration des premiers portiques d’accès au métro dont il a la gestion. L’investissement dépasse le million d’euros, supporté intégralement par la métropole lilloise (MEL). C’est la Saint-Nicolas avec une semaine d’avance ! D’autant que dans sa hotte, le Père Noël Damien Castelain, président (divers droite) de la MEL, transporte un cadeau bien plus somptueux, d’une valeur de 60 millions d . . .

    La suite de l’article est payante. Néanmoins, quelques extraits :

    Un cadeau de 60 millions d’euros par la MEL à Kéolis pour que Transpole mette en place ces portiques de soit disant sécurité
    Un des rares cadeaux que la MEL aura fait à son opérateur de transport, tout au long du contrat de 7 ans qui s’achéve.

    Le réseau Lillois a plongé dans le rouge dés 2012.
    Année après année, l’exploitant Kéolis Transpole a du essuyer les pertes, et plus exactement demander à sa maison mère, Kéolis Sa, contrôlé par la SNCF de boucher les trous.
    Celui ci a re financé sa filiale Lillois à hauteur de 64,8 millions d’euros en capital entre 2012 et 2016. Un gouffre.

    Kéolis et Trandev se livrent à une concurrence acharné sur le renouvellement du contrat (avec énormément d’avantages pour kéolis).

    Transpole a accumulé de 2011 à 2016 un déficit d’exploitation de 85,7 millions d’euros, qui intègre le transfert à kéolis SA de 80 % du crédit d’impôts CICE touché par la filiale Lilloise.

    Kéolis SA a du re capitaliser sa filiale pour compenser la cash consommé par son déficit.

    De 2012 à 2016, le montant versé par Kéolis à sa filiale a attend 64,8 millions d’euros, dont ma majorité en cash selon les experts du cabinet Secafi . . .

    La billetique, un ratage bien exploité par Transpole
    La mise en place de la carte et du ticket Pass Pass sans contact a été pour le moins chaotique . . .
    Un manque à gagner évalué à 23 millions d’euros pour la seule année 2016 . . . .
    Kéolis tente donc d’obtenir une indemnisation pour les dysfonctionnement du systéme Pass Pass . . .
    Rien ne dit qu’une telle somme finira par renter dans les caisses de l’entreprise . . .

    En attendant, la direction a pu mettre la pression sur les salariés et même sur l’emploi . . .

    Un investissement sur l’avenir
    Ce qui semble par dessus tout motiver Kéolis ce sont . . .
    Un tramway vers Lesquin en 2013 . .
    L’intégration à un grand réseau ( Bus Tramway Métro automatique . . . ) pour ses contrats à l’étranger . . .

    Aucun opérateur ne peut officiellement prévoir une marge négative, mais rien ne les empêche de se tromper . .

    #Keolis #Transpole #Transdev #Lille #MEL #Damien-Castelain #SNCF #Portiques #Tramway #Bus #billeterie Les #affaires sont les affaires #berdouilleux

  • Data : la SNCF, la RATP, Transdev et Blablacar s’allient pour contrer Google - Tourisme - Transport
    https://www.lesechos.fr/amp/46/2110546.php

    Face au péril représenté par les géants américains du numérique, plusieurs grands noms du transport français ont décidé de mettre de côté leurs rivalités pour travailler à une mise en commun de leurs données. Selon nos informations, la SNCF, la RATP, Transdev (le groupe de transport public contrôlé par la Caisse des dépôts) et BlaBlacar ont signé juste avant l’été un protocole d’accord portant sur la création d’un « data warehouse », littéralement un « entrepôt de données » qui centraliserait les informations des quatre opérateurs sur leur activité, et notamment les horaires théoriques mais aussi en temps réel.

    Les quatre acteurs ont choisi cette démarche de « coopétition » (coopération dans la création du socle de données commun, compétition pour en tirer le meilleur) afin d’assurer l’ouverture de leurs données transport dans des conditions qui ne constituent pas une aubaine pour Google et consorts.

    #Open_data #Données_transport

  • Les ratés au démarrage des « cars Macron »
    https://www.mediapart.fr/journal/economie/090217/les-rates-au-demarrage-des-cars-macron

    Dix-huit mois après leur lancement, les cars longue distance créés par la loi Macron ont trouvé leur public, ayant déjà transporté plus de 5 millions de passagers. Mais ce chiffre cache mal la réalité d’un secteur peu créateur d’emplois, ultra-concurrentiel et non rentable. Et financé en bonne partie par de l’argent public. © #Flixbus

    #Economie #autocars #cars_Macron #Emmanuel_Macron #entreprises #Isilines #Megabus #Ouibus #SNCF #Transdev #transports

  • Les « cirés jaunes » du Morbihan sont en pétard - Christine Treguier
    http://www.politis.fr/Les-cires-jaunes-du-Morbihan-sont,28773.html

    Depuis début octobre, les habitants des îles de #Groix, #Houât, #Hoëdic et #Belle-Île manifestent contre les nouvelles grilles tarifaires annoncées par la #Compagnie Océane et le conseil général (CG) du Morbihan. La traversée en bateau passerait de 5,75 à 6 euros pour les insulaires, mais surtout les membres de leur famille et les possesseurs de résidence secondaire n’auraient plus droit à ce tarif préférentiel. Il leur en coûterait alors 36 euros (au lieu de 33,65 euros pour un aller-retour à pied et entre 158 et 348 euros en voiture. Même les chiens doivent payer leur trajet (11,55 euros A/R) ! Le coût pour les camions de marchandises pourrait être majoré de 200 %, ce qui renchérirait le prix des produits importés. Dominique Yvon, maire de Groix, déplore que les collectivités n’aient jamais été associées au calcul de ces tarifs : « En cinq ans, les tarifs ont déjà gonflé de 20 %. Un seul bateau fait désormais la traversée au lieu de deux, le régime d’hiver commence dès le 1er septembre. Tout cela dissuade les touristes – on estime qu’il y a une perte de 20 % de la clientèle d’été – qui représentent 60 à 70 % de notre économie. »...

    #Transdev #clientèle_captive #on_lâche_rien