• À #Madagascar, le calvaire d’un peuple forcé à la #migration_interne

    La #famine a poussé 90 000 personnes dans une immense migration interne à Madagascar depuis 2018. Les racines de cette crise remontent à la période de la #colonisation française, dénonce Amnesty International.

    « Les personnes sensibles se sont évanouies. C’était absolument déchirant, témoigne Manome [1]. Nous sommes restées sans nouvelles de plusieurs de nos enfants pendant des jours. Nous les avons retrouvés, errant dans la savane. » Amnesty International a dévoilé le 30 juillet un rapport documentant le sort d’habitants de Madagascar, contraints par la #crise_climatique à quitter leurs terres ancestrales.

    Pour fuir les famines, imputables aux #sécheresses à répétition, près de 90 000 personnes vivant à l’extrémité sud de l’État insulaire — l’un des dix plus pauvres du monde — ont entrepris une migration de 1 500 km vers le nord, entre 2018 et 2024. Parmi elles figure une grande majorité d’#Antandroy, un peuple qui occupe cette région de l’île. À leur arrivée, elles sont confrontées à un dénuement extrême : famine, droits humains bafoués et #expulsions_arbitraires. Les travaux des chercheurs décrivent les multiples #traumatismes engendrés par ce périlleux voyage, mais aussi les responsabilités historiques de la France dans cette crise.

    Crise humanitaire causée par les colons

    De 1924 à 1929, l’administration coloniale française a organisé l’introduction de cochenilles sur l’île. Autrefois nommés « poux des plantes », ces insectes sont des parasites affaiblissant leurs hôtes végétaux en aspirant leur sève. Et c’était là tout l’objectif des colons : éradiquer Opuntia monacantha, un cactus couvrant alors 40 000 hectares de terres.

    Résistante à la sécheresse, cette plante offrait aux Antandroy de quoi se nourrir et leur apportait de précieuses ressources en eau. Répercussions immédiates : dès 1930, une crise humanitaire — baptisée kéré, littéralement « affamé jusqu’à la mort » dans le dialecte antandroy — a frappé le territoire.

    « En avril, Emmanuel Macron est venu à Madagascar annoncer la création d’une commission d’historiens sur les atrocités commises par l’armée française pendant l’insurrection de 1947, note Nciko Arnold, chercheur ayant participé à l’élaboration de l’étude. Mais rien n’a été dit sur les répercussions encore actuelles de la politique coloniale. Il doit mettre en place une justice réparatrice pour les préjudices causés aux Antandroy. »

    Bientôt un siècle plus tard, cette politique coloniale continue d’affaiblir la résilience du peuple face au changement climatique. Les chercheurs ont dénombré depuis quatorze autres épisodes de grande famine, la dernière en date en 2021. « La migration des Antandroy, observée aujourd’hui, puise ses origines profondes dans les agissements du régime colonial français, qui ont contribué à les rendre plus vulnérables aux sécheresses », déplore auprès de Reporterre Nciko Arnold.
    Relations sexuelles contraintes

    Pour mieux cerner le vécu des victimes, une équipe d’Amnesty International a interrogé 122 Antandroy déplacés. Leur récit peint le sombre tableau d’un voyage aux mille souffrances. N’ayant souvent pas suffisamment d’argent pour s’offrir un ticket de bus, beaucoup ont dû s’endetter, vendre leurs biens, voire s’arrêter en chemin pour dénicher un emploi éphémère, quitte à dormir à la rue ou dans la forêt le temps de l’escale.

    Lia, désormais habitante du nord de l’île, a expliqué aux auteurs avoir été contrainte à des relations sexuelles avec des conducteurs en échange d’un laissez-passer. Un homme de 48 ans, Masoandro, témoigne lui avoir négocié une place à bord d’un bus en échange des services de son fils comme gardien de troupeau. Un an de labeur pour s’acquitter de la somme de 220 000 ariary — l’équivalent de 43 euros. « Mon fils l’a fait car il n’avait pas le choix, étant donné que le chauffeur avait menacé de nous faire emprisonner si la dette n’était pas remboursée. »

    L’arrivée dans le Boeny, dans le nord-ouest du pays, n’a pas signé pour eux la fin du cauchemar. Les pouvoirs publics n’ont accordé aux populations déplacées aucune aide, y compris pour tenter d’accéder à des terres productives. « Toutes ont déjà été allouées à la population locale », s’est défendu auprès d’Amnesty International le gouverneur, Mokhtar Andriantomanga.

    À la place, entre avril et juillet 2021, les autorités ont expulsé de force les Antandroy parvenus à se bâtir un logis de fortune et à cultiver quelques terres sur une zone destinée à un programme de reboisement, en lisière du parc national Ankarafantsika. Des pratiques contraires au droit à disposer d’un logement convenable, déplore Amnesty International.

    Aujourd’hui âgée de 28 ans, Betro se remémore l’instant où les gendarmes ont débarqué brutalement dans l’église où la femme enceinte de neuf mois était en train de prier. « À ce moment-là, sous le choc de les voir, j’ai accouché et puis j’ai fui, dit-elle. Le cordon ombilical n’avait même pas encore été coupé… L’État n’a rien fait [pour nous]. Ils se sont contentés d’arrêter des gens. »

    Mère de douze enfants, Fahihira, impuissante, a observé les gendarmes éventrer sa case avec un pied-de-biche avant de l’incendier. « Ils m’ont frappé à la poitrine avec un morceau de bois, dit Fitataha, 30 ans. Je n’ai pas saigné de la poitrine, mais ma bouche a rendu du sang pendant une semaine. » « Nous avions peur pour nos vies », confirme Jiro, mère de six enfants.
    Prison à ciel ouvert

    Certains Antandroy ont aujourd’hui trouvé refuge sur un site construit pour accueillir les exilés. « Une prison à ciel ouvert », déplore Amnesty International. L’étanchéité médiocre des murs des 33 petites cases laisse pénétrer la pluie, le vent et la chaleur écrasante. Les conditions de vie y sont dégradantes ; l’eau potable, la nourriture et les installations sanitaires manquent.

    « Nous n’avons pas de semences pour cultiver et pas de zébus. Nous n’avons pas non plus d’outils agricoles, dit Marandrano, l’un des premiers arrivants. La terre ne vaut rien, elle n’est pas fertile. Nous avons essayé de planter, mais quand les racines commencent à s’étendre, le sol se craquelle et les plantes meurent. »

    Lors de la saison des pluies, le fleuve Kamoro, situé à proximité, déborde. « Le site se retrouve encerclé par des eaux infestées de crocodiles, coupé des services essentiels comme les marchés, les pharmacies, les hôpitaux et les écoles », écrivent les auteurs.

    « Si on tombe malade, c’est la mort, car on ne peut pas traverser la rivière, témoigne Mandry, mère de huit enfants. Nous n’avons pas assez d’argent pour payer la pirogue. » Le prix de la traversée s’élève à 1 000 ariary (20 centimes d’euro). Cela correspond approximativement à ce que les habitants peuvent espérer gagner pour une journée de travail complète, à vendre du charbon ou faire des lessives.
    Femmes et enfants en première ligne

    Sans solution, la plupart des habitants choisissent de traverser la rivière sans pirogue, bien que peu d’entre eux sachent nager. Certains marchent jusqu’à quatre heures, le long du cours d’eau, dans l’espoir de dénicher un endroit moins profond. Tea, elle, essaie de supplier les piroguiers de l’embarquer sans frais.

    Avant de fuir ses terres natales, sous le poids de la famine, Falala cultivait des champs pour subvenir aux besoins des siens. Aujourd’hui, ses filles et elle tentent de vivre de la pêche, malgré les dangers : « L’eau est trop profonde, nous n’avons pas pied, dit-elle. Une personne a été tuée par un crocodile, une autre est morte noyée. »

    En janvier, une nouveau-née, appelée Anakaondry, est morte : sa mère, trop affaiblie par la faim et la soif, ne parvenait plus à l’allaiter. Les femmes et les enfants sont les premières victimes de ces conditions de vie insupportables, rapporte Amnesty International, qui dénonce les violations des droits humains commises par l’État malgache. En dépit de ces terribles témoignages, les autorités locales estiment à une centaine le nombre d’Antandroy débarquant chaque semaine sur le territoire.

    https://reporterre.net/A-Madagascar-le-calvaire-d-un-peuple-force-a-la-migration-interne
    #IDPs #déplacés_internes #responsabilité #France #crise_humanitaire #sécheresse #cochenilles #Opuntia_monacantha #cactus #kéré #politique_coloniale #climat #changement_climatique #Boeny #reboisement #Ankarafantsika #fleuve_Kamoro

  • « Vous êtes tous racistes » : la colère antiraciste au sein du mouvement écologiste

    Les mouvements antiracistes et décoloniaux ont exprimé leur déception avec colère au festival #Les_Résistantes. Les collectifs écologistes doivent se « déblanchiser », au risque de ne jamais voir leur alliance se concrétiser.

    « OK, stop. » Les Résistantes, le festival de rencontres des #luttes locales et globales qui se tenait du 7 au 10 août, ont réellement commencé lors de la cérémonie de clôture. Sur scène, une dizaine de militants racisés, la voix tremblante d’émotion et de colère. Sur l’herbe, les festivaliers, des personnes blanches pour la quasi-totalité, dans un silence de plus en plus chargé.

    « On a tous fait le même constat : on est fatigués, on est tristes et en #colère, parce qu’on a vécu beaucoup de #violence, explique une première intervenante de ce collectif informel. Tout cela vient s’ajouter à un quotidien déjà très lourd pour nous. C’est d’autant plus dur de subir ce type d’#agressions dans un #festival où nous étions censés arriver en milieu allié. »

    Une autre enchaîne : « Vous êtes tous racistes. Ceci n’est pas un festival antiraciste. Pour l’instant, il est loin de l’être. » Puis une troisième : « On ne veut pas de vos applaudissements. On ne veut plus de votre #hypocrisie. On a besoin que vous nous assistiez vraiment. » Et une quatrième : « Chaque question que vous posez est centrée sur vous ; c’est trop rarement que vous nous demandez ce qu’on ressent. » Puis, alors que les orateurs descendent en pleurs de l’estrade au milieu d’un silence pesant : « Ce [silence], c’est un sentiment d’#inconfort collectif. Une transformation systémique nécessite un inconfort collectif. [...] Sentez l’inconfort, la transformation antiraciste qui est en train de vous traverser, et j’espère qu’à un moment vous serez des militants antiracistes avec nous. »

    Le rendez-vous semble être fixé avec les mouvements de luttes sociales et environnementales : si, suite à cet appel, les transformations réclamées n’ont pas lieu, la #convergence désirée de longue date entre collectifs sociaux et mouvements antiracistes et décoloniaux pourrait bien ne jamais voir le jour. Si elles engendrent une véritable évolution, elles pourraient devenir l’épisode fondateur de cette alliance qui ne parvient pas à émerger.

    L’un des moments clés pour comprendre ce qui s’est joué lors de ces quatre jours de festival, c’est une table ronde consacrée aux #pesticides comme forme de #colonialisme_chimique. Les membres du Collectif des ouvriers agricoles empoisonnés par les pesticides, dont le #chlordécone, de #Guadeloupe et de #Martinique (#COAADEP), y ont exposé longuement les ravages causés par ce pesticide utilisé de 1972 à 1993 aux #Antilles, principalement pour la production de #bananes, qui continue de polluer les sols et générer des maladies mortelles sur ces territoires.

    Un membre du public a alors fait valoir que la France hexagonale aussi connaissait des enjeux de #pollution aux pesticides, en citant l’exemple de la #loi_Duplomb. « La pétition contre la loi Duplomb a récolté plus de 2 millions de signatures ; personne ne soutient nos actions contre le chlordécone, malgré les nombreux morts qu’il a engendrés », ont répondu les membres du COAADEP, avant de quitter la discussion. « Il y a un manque de visibilité profond de nos luttes », condamne après coup Lilith [], membre du COAADEP. Encore sous le coup de l’émotion, elle dénonce aussi avoir été « mal accueillie » et « infantilisée » par des festivaliers lors de l’arrivée du collectif, engagé depuis le 2 août dans une marche en solidarité avec les victimes de ce pesticide.

    « Pas qu’un enjeu théorique »

    D’autres tensions ont émaillé le festival, amenant un grand nombre de participants racisés à faire part, publiquement, de leur colère et de leur #déception.

    « Ces événements ne sont pas nouveaux, ils illustrent la manière dont les personnes blanches ramènent à leur propre condition les #récits que nous partageons », expose Micheline [], du collectif #Vietnam_Dioxine, en soutien aux victimes de l’#agent_orange, un #défoliant chimique, au #Vietnam.

    Elle ajoute : « Nous livrons notre #émotion liée aux #souffrances engendrées par la #domination_coloniale, et celles-ci sont mises à #distance. Plutôt que de nous poser des questions sur le fond, ou de nous demander comment nous allons, on nous demande des conseils pour faire de l’agriculture au Chili, comme si nous étions des porte-parole du Sud Global. »

    « Il ne suffit pas d’avoir lu Malcom Ferdinand »

    La militante a publié une série de stories sur Instagram pour signaler les violences subies par les intervenants sur des causes similaires lors de ce festival, soulignant notamment que « [leurs] histoires douloureuses ne sont pas écoutées par les Blancs qui se disent antiracistes décoloniaux ». « L’enjeu n’est pas pour autant de critiquer l’organisation, qui a mis en place une commission décoloniale, précise-t-elle toutefois. L’#écologie_antiraciste et décoloniale n’est pas qu’un enjeu théorique : il ne suffit pas d’avoir lu #Malcom_Ferdinand [chercheur en sciences politiques et auteur notamment de « Une Écologie décoloniale » (Seuil, 2019)], c’est avant tout une #pratique_politique, et créer cette commission est déjà un acte politique. »

    Les organisateurs de l’événement avaient en effet souhaité insister sur l’enjeu décolonial et antiraciste, qui était l’un des fils rouges des conférences du festival, au même titre que les luttes féministes, LGBT+, contre les idées d’extrême droite, internationalistes, écologistes, paysannes et sociales.

    « Il y a en ce moment des discussions partout sur le camp, et une assemblée générale autogérée sur le sujet, a expliqué Victor Vauquois, cofondateur du collectif Terres de luttes, dans la soirée du dimanche, après la prise de parole. De son côté, l’organisation va en rediscuter pour prendre à bras le corps le sujet, voir comment réparer et apprendre de nos erreurs pour pleinement contribuer à un front antiraciste, écologique et social. »

    Des pistes pour « #déblanchiser » les collectifs

    Reste que chacun des temps consacrés à la perspective antiraciste et décoloniale a montré l’étendue du chemin à parcourir pour que les différents mouvements de lutte se mettent à la hauteur de ce qui leur est demandé.

    Pour Nabil [], de l’#Assemblée_des_quartiers, un collectif né en 2024 formant les jeunes des quartiers populaires à entrer dans l’arène politique, si l’on veut comprendre pourquoi il y a eu autant de « rendez-vous manqués », il faut souligner le peu d’intérêt porté par les écologistes aux dynamiques des populations racisées.

    « Les gens ici ne connaissent pas nos histoires. Nous, on apprend vos luttes : le Larzac, Notre-Dame-des-Landes, etc. La réciproque n’est pas à la hauteur. Qui, ici, connaît le #Mouvement_des_travailleurs_arabes ou le #MIB ? » interroge-t-il, en référence au Mouvement de l’immigration et des banlieues (MIB), un mouvement politique né en 1995 dans le sillage de la #Marche_de_1983 (surnommée la « #marche_des_Beurs »). Peu connu dans les courants écologistes, le MIB est pourtant l’un des éléments structurants des collectifs antiracistes et contre les #violences_policières contemporaines, à l’instar du #Comité_Adama.

    Cette #méconnaissance des organisations politiques des quartiers n’est « pas qu’un enjeu moral, elle a des conséquences politiques », observe Tara [], du mouvement #Le_Next_Level, qui réunit des associations concernées par les #discriminations. Selon elle, s’imaginer que les quartiers n’ont pas d’histoire politique revient à penser qu’il incombe aux organisations traditionnelles d’aller politiser leurs habitants — comme s’ils étaient des sujets passifs plutôt que des acteurs politiques à part entière. « Pourquoi il n’y a pas de personnes racisées dans votre mobilisation ? Peut-être, simplement, parce que ce que vous faites n’est pas pertinent pour leurs problématiques, ou que votre manière de la faire les en exclut. »

    Le « #privilège_blanc », l’« #ignorance_blanche »...

    Les ateliers visant à outiller les collectifs militants aux enjeux antiracistes ont fait émerger de nombreuses recommandations pour effectuer cette mise à niveau. Mais la liste est si longue, et touche à tant de domaines, que les intervenants en venaient plutôt à recommander de participer à des formations complètes à l’antiracisme. Alors que plusieurs participantes racisées expliquent avoir déserté des groupes militants parce qu’elles y subissaient des #agressions_racistes, d’autres s’interrogent sur la manière de « déblanchiser » ces mêmes collectifs.

    « Il n’y a pas de recette magique, explique Hortensia [], de la commission soins des Résistantes et animatrice de l’atelier. Cela dépend toujours de votre relation à la personne et de votre position dans un groupe social. Mais vous pouvez commencer par certains éléments, comme vous renseigner sur le privilège blanc », défini par l’universitaire étasunienne Peggy McIntosh comme la possibilité pour les Blancs de garder un statut social élevé qui masque les #inégalités_raciales.

    Elle ajoute : « Vous pouvez vous documenter sur l’ignorance blanche, qui consiste à penser que son récit est universel, ou encore sur le #trauma_racial [un concept selon lequel les #traumatismes liés au racisme engendrent des troubles mentaux], qui permet de mieux comprendre certaines réactions de personnes racisées au sein de votre groupe. »

    « Vous portez nos keffiehs comme si vous les méritiez »

    Tous insistent sur la nécessité de ne pas faire de la « #tokenisation » des personnes racisées, c’est-à-dire d’inclure dans un collectif des personnes racisées simplement comme des faire-valoir, pour leur qualité de personne racisée. Cela peut aboutir, raconte une participante, à lui mettre la pression pour représenter le collectif, dans le but de donner à voir une #inclusivité de façade.

    Celle-ci concerne aussi les espaces du festival baptisés Pinar Selek, Djamila Boupacha, Mahsa Jîna Amini, Ifti Nasim, bell hooks, Angela Davis... Autant de figures « token », dénoncent les militants antiracistes sur de grandes pancartes portées sur scène lors de leurs prises de parole. « En fait, vous adorez nos #symboles, vous portez nos #keffiehs à longueur de journée comme si vous les méritiez ; vous utilisez nos #icônes, nos figures ; mais pendant ce temps, vous nous déshumanisez complètement. »

    Certains rappellent que tant que ces discussions débouchent vers la #culpabilité des personnes blanches à l’égard des #oppressions, ce sont encore les personnes racisées qui portent la « #charge_raciale » et doivent rassurer, voire conforter, les personnes blanches.

    Tarik [], de l’association #A4, qui favorise l’intégration d’exilés dans le milieu agricole, rappelle qu’il y a une différence entre #intégration (qui demande que les personnes racisées fassent des efforts pour se plier aux modes d’organisation) et #inclusion (qui implique de s’approcher, de manière proactive, de la position des autres). Et il interroge : « Nous, on fait l’effort de s’adapter aux modes d’organisation des Blancs, mais vous croyez vraiment que c’est la seule manière de s’organiser ? »

    Lucie [*], activiste pour le climat, pose enfin : « Moi, ce que j’aurais voulu, c’est des #excuses, parfois : qu’on me dise “Pardon, je n’ai pas prêté attention à ce que tu as dit, ou à la personne que tu es”. »

    Ressources recommandées par les intervenants

    Livres :

    – Mécanique du privilège blanc — Comment l’identifier et le déjouer ?, Estelle Depris, Binge Audio, 2024
    – Décolonisons-nous, Frank Lao, JC LAttès, 2023
    – Dans le blanc des yeux — Diversité, racisme et médias, Maxime Cervulle, éditions Amsterdam, 2021
    – La Domination blanche, Solène Brun Claire Cosquer, Textuel, 2024
    – Vous les asiates. Enquête sur le racisme anti-asiatique en France, Linh-Lan Dao, Denoël, 2025
    – Moi et la suprématie blanche, Layla Saad, Marabout, 2021
    – Une Minorité modèle ? Chinois de France et racisme anti-Asiatiques, Ya-Han Chuang, La Découverte, 2021
    – Le Privilège de dénoncer — Justice pour toutes les victimes de violences sexuelles, Kharoll-Ann Souffrant, 2022, Éditions du Remue-ménage
    – La Charge raciale — Vertige d’un silence écrasant, Douce Dibondo, Fayard, 2024
    – Comme nous existons, Kaoutar Harchi, Actes Sud, 2021
    – Le Triangle et l’Hexagone — Réflexions sur une identité noire, Maboula Soumahoro, La Découverte, 2020
    – Le Racisme est un problème de Blancs, Reni Eddo-Lodge, Autrement, 2017
    – Les Femmes musulmanes ne sont-elles pas des femmes ?, Hanane Karimi, Hors d’atteinte, 2023
    – Entrer en pédagogie antiraciste — D’une lutte syndicale à des pratiques émancipatrices, collectif SUD Éducation 93, Shed Publishing, 2023

    Podcasts :

    – Une histoire du Mouvement des travailleurs arabes, France Culture (série de 4 épisodes)
    – Kiffe ta race, Binge Audio
    – Histoires Crêpues
    – Des Colonisations, Spectre Media
    – Je ne suis pas raciste, mais, Slate

    https://reporterre.net/Vous-etes-tous-racistes-la-colere-antiraciste-au-sein-du-mouvement-ecolo
    #racisme #écologie #décolonial #antiracisme #déshumanisation

    ping @karine4

  • DDR, Krippentrauma und Widerstand gegen Forschung: Neue Studien widerlegen Klischees
    https://www.berliner-zeitung.de/politik-gesellschaft/ddr-krippentrauma-und-widerstand-gegen-forschung-neue-forschung-wid

    30.3.2025 von Wiebke Hollersen - Neue Studien widerlegen das „Krippentrauma“ und zeigen, dass ostdeutsche Kinder auch nach der Wende weniger Gewalt erlebt haben. Die Forscher werden dafür angegriffen. Ein Interview.

    Es gibt seit acht Jahren eine Forschungsgruppe mit dem Namen „DDR-Vergangenheit und psychische Gesundheit: Risiko- und Schutzfaktoren“, sie hat ihren Sitz an der Universität Mainz. Weit weg von jenem Teil des Landes, dessen Vergangenheit sie durchleuchtet. Eine solche Entfernung kann in der Forschung ein Vorteil sein. Auch der Leiter der Gruppe stammt aus dem Westen, Elmar Brähler, ein Sozialpsychologe; sein Blick auf die DDR ist nicht durch sein Erleben der DDR beeinflusst.

    Die Gruppe wird attackiert, seit sie Studien veröffentlicht, die Klischees über die DDR widersprechen. So zeigten die Forscher, dass Menschen, die in der DDR eine Krippe besucht haben, nicht reihenweise psychische Schäden davon getragen haben. Sie wiesen auch nach, dass Menschen mit DDR-Sozialisation sogar seltener traumatische Erfahrungen in der Kindheit erlebten als Westdeutsche. Nun hat Christoph Kasinger, Psychotherapeut und Forscher in der Arbeitsgruppe, zwei neue Auswertungen zur Kindheit im Osten vorgelegt – die erneut auf Widerstand stoßen.

    Herr Kasinger, seit Jahren wird darüber gestritten, ob die frühkindliche Betreuung in der DDR ein Krippentrauma ausgelöst hat. Sie haben auf dem Kongress für Psychosomatik eine neue, große Untersuchung vorgestellt. Was wollten Sie herausfinden?

    Weil über die Erkenntnisse, die es zu dieser Frage schon gab, so viel gestritten wird, wollten wir sie an einer großen Gruppe von Menschen überprüfen. Wir haben Daten aus der Nationalen Kohorte verwendet, das ist eine groß angelegte bundesweite Studie, für die regelmäßig um die 200.000 Menschen zu ihrer Gesundheit und ihren Lebensumständen befragt werden. Wir haben die Daten von Personen, die nach 1988 geboren wurden oder nach Deutschland eingewandert sind, herausgelassen. Es blieb eine riesige Stichprobe übrig, Daten von 143.549 Personen. Das hat uns auch ermöglicht, zum ersten Mal die Auswirkungen von frühkindlicher Betreuung in der Bundesrepublik genauer zu untersuchen. Wir haben uns angeschaut, ob Menschen, die in beiden Teilen des Landes in der Krippe oder dem Kindergarten waren, häufiger unter Angststörungen oder Depressionen leiden.

    Und, haben ehemalige Kita-Kinder öfter psychische Probleme?

    Das haben wir tatsächlich nur bei einer Gruppe von Westdeutschen festgestellt. Menschen, die zwischen 1957 und 1973 in der Bundesrepublik geboren wurden und vor ihrem dritten Geburtstag schon in der Kita betreut worden sind, zeigen mehr Angst- und Depressionssymptome.

    Woran könnte das liegen?

    Wir können nicht sagen, ob das an der Erziehung in der Krippe lag. Aber ich würde vermuten, dass es eher an den sozialen und wirtschaftlichen Umständen lag, in denen die Kinder aufwuchsen. Im Westen kamen damals vor allem Kinder alleinerziehender Mütter so früh in die Krippe. Die Kinder waren vermutlich vielfach belastet.

    Bei Menschen, die in der DDR aufgewachsen sind, konnten Sie keine negativen Folgen der Betreuung außerhalb der Familie feststellen?

    Es geht nicht um die Frage, ob einzelne Menschen psychische Probleme haben. Sondern wir wollten wissen, ob Menschen, die als Kinder in der Krippe oder der Kita waren, besonders häufig psychisch krank sind. Hier haben wir nur in einer Gruppe eine Häufung gefunden: Bei Personen, die zwischen 1944 und 1956 in Ostdeutschland geboren und schon vor ihrem ersten Geburtstag in der Krippe betreut wurden.

    Vor dem ersten Geburtstag, das ist außergewöhnlich früh.

    Ja. Diese Menschen berichten, dass sie mehr Angst, mehr Depressivität und mehr Stress erleben. Allerdings ist auch da unklar: Lag das an der Krippe oder sind auch diese Menschen eine spezielle Stichprobe? Also sind da etwa Kinder von Vertriebenen stark vertreten oder Menschen, die in einem Heim oder einer Wochenkrippe waren. Eine Schwäche unserer Studie ist, dass wir die Art der Unterbringung nicht kennen; in der Nationalen Kohorte wird nur gefragt, ab welchem Alter die Menschen in Einrichtungen betreut wurden. Bei Ostdeutschen, die später geboren wurden und erst ab dem ersten oder gar dritten Geburtstag in der Kita waren, lässt sich keine Häufung von psychischen Problemen feststellen.

    Haben Sie die Ergebnisse überrascht?

    Ich muss bei dieser Antwort ein bisschen weiter ausholen. Ich bin 1990 geboren und in Baden aufgewachsen, weit weg von der DDR. Ich hatte auch keinerlei familiäre Bezüge zur DDR.

    Waren Sie selbst in der Kita?

    Ja, aber erst ab drei.

    Was wussten Sie über die DDR?

    Nur das, was ich so aufgenommen habe aus den Medien, dem öffentlichen Diskurs, Film und Fernsehen. Ich bin mit einer anderen Erwartung in dieses Thema gestartet, ich hätte einen schädigenden Effekt erwartet. Hinzu kommt auch noch, dass ich approbierter Psychoanalytiker bin. Wir befassen uns viel mit frühkindlichen Beziehungserfahrungen, und ich hätte angenommen, dass es einen negativen Einfluss hat, wenn Kinder früh die Krippe besuchen. Aber ich kannte andere Forschungsergebnisse, die zeigen, dass die frühe Betreuung von Kindern außerhalb der Familie der Psyche nicht schaden muss und gerade in der DDR offenbar nicht geschadet hat. Aber ich war durchaus überrascht, dass sich das jetzt in der großen Stichprobe bestätigt.

    In den anderen Studien wurden viel weniger Menschen befragt, waren Sie deshalb skeptisch?In den anderen Untersuchungen hat sich ja auch gezeigt, dass Personen, die in der DDR in der Wochenkrippe betreut worden sind, durchaus von höheren psychischen Belastungen im späteren Leben berichten. Diese Menschen sind Teil unserer Stichprobe. Aber obwohl sie unter negativen Folgen leiden, zeigt sich das für die Gesamtzahl der Menschen, die in der DDR in der Krippe waren, nicht. Der Anteil der Wochenkrippen-Kinder an der Gesamtbevölkerung war vielleicht nicht so hoch. Wir haben die Daten von Menschen einbezogen, die zwischen 1944 und 1988 geboren wurden.

    Wie waren die Reaktionen, als Sie die Studie auf dem Kongress vorgestellt haben?

    Auch bei früheren Studien, die gezeigt haben, dass die Kinderbetreuung in DDR-Einrichtungen keine auffälligen Traumatisierungen hinterlassen hat, war ich Co-Autor. Was immer kommt, wenn wir diese Ergebnisse vorstellen, ist der Einwand: Sind die Ostdeutschen nicht durch die Erfahrung in der Diktatur gehemmter, ehrlich zu antworten? Man traut den Selbstauskünften von in der DDR geborenen Menschen offenbar nicht. Es gibt allerdings Untersuchungen, zum Beispiel zu Depressionen, in denen man sieht, dass sich Ost- und Westdeutsche nicht in ihrem Antwortverhalten unterscheiden. Und wir wissen ja eben von Menschen, die in der Wochenkrippe betreut wurden, dass das negative Folgen hatte – weil sie es in Befragungen gesagt haben.

    Ostdeutschen wird unterstellt, auch 35 Jahre nach dem Mauerfall nicht die Wahrheit zu sagen?

    Einer der Moderatoren auf dem Kongress hat zum Glück angemerkt: Man müsse sich dann auch fragen, ob es nicht auch Verzerrungen in Westdeutschland gibt. Er sei in einem erzkatholischen Dorf in Bayern aufgewachsen, wo die Kinder geschlagen worden seien, er sei heilfroh, dort nicht im Kindergarten gewesen zu sein. Man könnte sich auch fragen, ob Menschen darüber offen berichten.

    Frühere Studien haben einen Fragebogen verwendet, der vor allem nach traumatischen Erfahrungen in der Familie fragt. Das wurde kritisiert, weil man damit nicht erfassen kann, was in DDR-Kindergärten passiert ist.

    Bei sexuellem Missbrauch wird in diesem sogenannten „Adverse Childhood Experiences“-Fragebogen auch nach Erlebnissen außerhalb der Familie gefragt. Aber ansonsten kann ich die Kritik nachvollziehen. Es gibt allerdings auch Untersuchungen, die andere Bögen, etwa den „Childhood Trauma Questionnaire“ verwendet haben. Dabei kam ebenfalls heraus, dass Menschen, die in der DDR aufgewachsen sind, weniger traumatisierende Erfahrungen aus der Kindheit berichten.

    Sie haben gerade auch eine Studie veröffentlicht, in der Sie der Frage nachgegangen sind, ob sich das nach der Wende fortgesetzt hat. Ob Menschen, die im Osten aufgewachsen sind, immer noch weniger schlimme Erfahrungen aus der Kindheit berichten. Wie kamen Sie auf diese Fragestellung?

    Wir haben in so vielen Datensätzen immer wieder diese Ergebnisse gesehen: Personen, die in der DDR sozialisiert worden sind, berichten seltener über Missbrauch und Vernachlässigung in der Kindheit. Mich interessieren transgenerationale Mechanismen in Gesellschaften. Gibt es psychische Risiko- oder Schutzfaktoren, die über Generationen hinweg wirken? Wir haben etwa 6000 Menschen in beiden Teilen des Landes befragt. Und interessanterweise haben wir dieselben Unterschiede gefunden: Menschen, die im Osten leben und nach 1988 geboren sind, berichten seltener über traumatisierende Erlebnisse in ihrer Kindheit als Menschen im Westen.

    Was könnten mögliche Erklärungen dafür sein?

    Es muss etwas weitergegangen sein, nur was? Das ist eine spannende Suche. Es gibt mehrere denkbare Erklärungen. Zum einen konnten Studien zeigen, dass Ostdeutsche das Erziehungsverhalten ihrer Eltern positiver erinnern. Die Erziehung wird als wärmer, weniger überbehütend, weniger strafend erinnert, im Vergleich zum Westen. Eine weitere Studie, die in unserem Forschungsverbund entstanden ist, konnte zeigen, dass Menschen, die im Westen aufgewachsen sind, mehr körperliche Bestrafung von den Eltern erlebt haben als im Osten aufgewachsene Menschen.

    Das klingt, als könnte es im Westen eine andere Erziehungskultur gegeben haben.

    In der Bundesrepublik wurde Literatur der schwarzen Pädagogik noch lange vertrieben und gelesen, etwa das Buch „Die deutsche Mutter und ihr erstes Kind“ von Johanna Haarer, das 1934 erstmals erschienen ist und zu einer gewissen Härte schon gegenüber Babys rät. In der DDR wurde es nicht neu verlegt und war nicht zu kaufen. Es könnte sein, dass andere Erziehungseinstellungen fortwirken. Es gab auch eine andere Gesetzeslage. In der DDR waren Körperstrafen in der Schule seit 1949 verboten, in der Bundesrepublik erst seit 1973, in Bayern erst seit 1983. Wir wissen aus der Forschung, dass Menschen, die als Kinder körperliche Misshandlung erlebt haben, selbst häufiger Gewalt anwenden.

    Es gibt auch die Hypothese, dass Kinder im Osten weniger traumatische Erfahrungen gemacht haben, gerade weil sie öfter im Kindergarten betreut wurden. Wieso kann es ein Kind schützen, in die Kita zu gehen?

    Sexueller Missbrauch findet nach wie vor am häufigsten in der Familie statt. Schon allein, dass ein Kind nicht in der Familie ist, kann es schützen. Außerdem fallen in der Kita vielleicht die Spuren von Missbrauch oder Gewalt auf. Und es kann Kindern helfen, mehr Erwachsene als Bezugspersonen zu haben, an die sie sich wenden können. Bei körperlicher Misshandlung kann es schützend wirken, dass die Betreuung in der Kita Druck aus der Familie nimmt. Es gibt noch einen weiteren Faktor, der in der DDR gewirkt haben könnte und im Osten weiter schützend wirken könnte: Die größere berufliche Selbstständigkeit der Frauen, die weniger abhängig von gewalttätigen Männern waren und diese Beziehungen leichter verlassen konnten.

    Das alles widerspricht dem Bild vom Osten, das es im Westen gibt, oder?

    Wenn wir die Ergebnisse im medizinischen oder psychotherapeutischen Kontext präsentieren, dann gibt es im Westen immer Therapeuten, die sagen, das kann doch gar nicht sein, sie haben da diesen einen Patienten mit DDR-Geschichte, bei dem das alles ganz anders war. Das kann ja sein, das widerspricht unserer Forschung nicht. Im Osten sind die Therapeuten weniger überrascht von den Ergebnissen.

    Viele in Westdeutschland sozialisierte Menschen sind der Auffassung, dass eine frühe Betreuung in der Kita generell schadet. Was ist da der Stand der Forschung?

    Es gibt die NICHD-Studie aus den USA, die größte und bisher umfassendste Studie zur frühkindlichen Betreuung. Da kam heraus: Man findet Unterschiede bei Kindern, die früh in der Krippe waren. Aber sie sind gering, kaum wahrnehmbar. „Wir könnten nicht in ein Klassenzimmer gehen und die Kinder identifizieren, die früh und viel in der Betreuung waren“, sagt Jay Belsky, der die Studie geleitet hat.

    Wie sind Sie eigentlich dazu gekommen, sich als Forscher mit der ostdeutschen Psyche zu befassen?

    Ich habe in Mainz meine Ausbildung als Psychotherapeut gemacht, und hier gibt es den Forschungsverbund „DDR-Vergangenheit und psychische Gesundheit“. Ich interessiere mich sehr dafür, wie die Sozialisation von Menschen und das Auftreten von psychischen Erkrankungen zusammenhängen. Die DDR bietet die historisch einmalige Chance, das zu untersuchen.

    Warum das denn?

    Man hat ein Design, das fast aus einem Experiment stammen könnte: Man hat eine Bevölkerungsgruppe mit der gleichen Vorgeschichte, der gleichen Sprache, einer ähnlichen Kultur. Diese Gruppe wurde aufgebrochen, in zwei Staaten mit unterschiedlichen soziopolitischen Bedingungen. Und dann ist diese Bevölkerungsgruppe wieder zusammengekommen. Wenn man hier Unterschiede findet, besteht eine große Wahrscheinlichkeit, dass sie auf die unterschiedlichen Systeme zurückzuführen sind. Das eröffnet ein Untersuchungsfeld, in dem man schauen kann, welche politischen und sozialen Rahmenbedingungen schädlich für die psychische Gesundheit sind – oder eben eine Schutzwirkung haben. Man kann zum Beispiel fragen: In welchem soziopolitischen Rahmen kommt es zu weniger Kindesmisshandlung?

    Die Studien, die zeigen, dass die Kindheit in der DDR womöglich gewaltfreier war, werden sehr stark angegriffen. Oder es wird gar nicht darüber berichtet.

    Ich halte es für fast fahrlässig, nach den Ergebnissen so vieler Untersuchungen nicht auch zu gucken: Okay, was hat denn die DDR da scheinbar richtig gemacht?

    Aber das will man sich nicht fragen?

    Als Forscher habe ich, seit ich mich mit diesen Themen befasse, am eigenen Leib erfahren, wie viele negative Vorurteile es gegenüber Menschen gibt, die im Osten aufgewachsen sind oder der DDR, die so gar nicht stimmen. Ich hatte diese Vorurteile zum Teil ja auch.

    Ihr Forschungsverbund unterschlägt die negativen Seiten der DDR nicht, es gibt etwa Studien zu den Spätfolgen bei Menschen, die Repressionen erlebt haben.

    Es gab diese furchtbaren Seiten, wir beschönigen nicht. Ich möchte Menschen, die unter der DDR gelitten haben, keinesfalls ihre Erfahrungen absprechen. Sie sind in den Medien und in Filmen vielfach dargestellt worden. Es gab aber eben auch andere Erfahrungen. Ich kann vieles aus dem Buch von Dirk Oschmann, jetzt als Forscher, als Westdeutscher, 1990 geboren, nachfühlen. Über den Osten wird auf eine festgelegte Weise geschrieben und gesprochen. Das westdeutsche Narrativ über das Leben in der DDR ist primär negativ. Und es gibt scheinbar Widerstände, dass sich daran etwas ändern soll. Das merkt man an dem Gegenwind, der uns für unsere Ergebnisse entgegenschlägt.

    In den letzten Jahrzehnten gab es viele Enthüllungen über schreckliche Erfahrungen von Kindern in Westdeutschland, der Missbrauch an der Odenwaldschule, die vielen Missbrauchsfälle bei der katholischen Kirche. Wird das verdrängt?

    Meine Eltern haben in der Schule beide noch Lehrer erlebt, die mit Rohrstöcken geschlagen haben. In den 1960er und 70er-Jahren, in Baden-Württemberg. Ich glaube, das war keine Ausnahme.

    Zur Person

    Dr. phil. Christoph Kasinger, geboren 1990 in Achern, studierte Psychologie (M.Sc) in Frankfurt am Main und Istanbul. Seit 2020 arbeitet er als wissenschaftlicher Mitarbeiter an der Universitätsmedizin Mainz im Projekt zur DDR-Vergangenheit und psychischen Gesundheit, in dem er 2024 seine Promotion erfolgreich abgeschlossen hat. Parallel dazu absolvierte er eine Ausbildung zum Psychologischen Psychotherapeuten mit der Fachkunde Psychoanalyse im Weiterbildungsstudiengang für Psychodynamische Psychotherapie an der Universitätsmedizin Mainz.

    #pédagogie #traumatismes #DDR

  • #Esclavage dans les #mondes_musulmans : les faits, les clichés et leur postérité

    #M’hamed_Oualdi revient sur les traites serviles en terre d’islam, souvent instrumentalisées pour relativiser l’esclavage pratiqué par les Européens. Il démonte les comparaisons hasardeuses, sans complaisance pour une histoire dont les #traumatismes sont encore vivaces.

    https://www.mediapart.fr/journal/culture-et-idees/210624/esclavage-dans-les-mondes-musulmans-les-faits-les-cliches-et-leur-posterit
    #islam #histoire #traite_d'êtres_humains #traite_islamique #comparaison #traite_atlantique #traite_trans-saharienne #Sahara #imaginaire #couleur_de_peau #religion

    • L’esclavage dans les mondes musulmans. Des premières traites aux traumatismes

      L’esclavage dans les mondes musulmans suscite de nombreux fantasmes et de multiples instrumentalisations. Cet ouvrage propose une mise au point rigoureuse et informée sur ce sujet, afin de couper court aux polémiques qui l’entourent.

      Objet d’études scientifiques mais aussi et surtout de passions politiques, l’esclavage dans les mondes musulmans suscite de nombreux fantasmes et de multiples instrumentalisations. Pour couper court aux inlassables polémiques qui entourent ce sujet prétendument tabou, M’hamed Oualdi l’aborde dans cet ouvrage en historien, c’est-à-dire d’une manière attentive à la fois à l’établissement des faits et à l’appréhension de leur complexité.
      Contre la vision homogénéisante d’un esclavage « islamique » unifié qui ne sert qu’à relativiser la gravité de la traite atlantique, il souligne la diversité des traites au sein de ces mondes depuis la période médiévale et la pluralité des formes que prend la servitude en leur sein. Il pointe aussi le caractère ambivalent des politiques abolitionnistes mises en œuvre par les puissances européennes au XIXe siècle, avant d’interroger la persistance de l’esclavage et des traumatismes qui lui sont liés dans les sociétés arabes et musulmanes contemporaines. Des premières traites aux « post-esclavages », ce sont ainsi non seulement les étapes marquantes dans l’histoire de ces sociétés qui sont restituées, mais aussi la trajectoire et la parole de millions d’hommes et femmes asservis.

      http://www.editionsamsterdam.fr/lesclavage-dans-les-mondes-musulmans

      #livre

  • Asile, une industrie qui dérape

    Le traitement des demandes d’asile en Suisse est devenu une véritable industrie, avec des #centres_fédéraux gérés principalement par des sociétés privées. Employés mal payés, manque cruel de formation, dérapages violents, dérives bureaucratiques, accès aux soins problématique : des témoignages et des documents d’enquêtes pénales inédits permettent de percer la boîte noire des centres fédéraux d’asile.

    https://pages.rts.ch/emissions/temps-present/12754866-asile-une-industrie-qui-derape.html

    #Budget de fonctionnement des centres : 215 millions en 2021, dont 57 mio à l’encadrement et 60 millions à la sécurité (min 53’50) :

    Dans le reportage, l’histoire de #Sezgin_Dag est racontée. Sezgin décède dans un taxi qui était en train de l’amener à l’hôpital (à partir de la minute 3’06).

    #asile #migrations #réfugiés #privatisation #business #Suisse #ORS #Protectas
    #violence #accélération_des_procédures #procédures_accélérées #accès_aux_soins #souffrance #témoignage #industrie_de_l'asile #business #SEM #Securitas #coût #dysfonctionnement #Boudry #cellule_de_réflexion #décès #morts #suicides #automutilations #traumatismes #dérapages #Gouglera #injures #violence_systématique #frontaliers #conditions_de_travail #plan_d'exploitation_hébergement (#PLEX) #fouilles #nourriture #alimentation #punitions #privations_de_sortie #mesures_disciplinaires #horaires #pénalité #formation #spray #agents_de_sécurité #salaires #centres_pour_récalcitrants #récalcitrants #Verrières #centres_spécifiques #centre_des_Verrières #disparitions #délinquance #optimisation #sécurité #prestations #société_anonyme

    –-
    Ajouté à la métaliste sur #ORS en Suisse :
    https://seenthis.net/messages/884092

  • Réfugiés : contourner la #Croatie par le « #triangle » #Serbie - #Roumanie - #Hongrie

    Une nouvelle route migratoire s’est ouverte dans les Balkans : en Serbie, de plus en plus d’exilés tentent de contourner les barbelés barrant la #Hongrie en faisant un crochet par la Roumanie, avant d’espérer rejoindre les pays riches de l’Union européenne. Un chemin plus long et pas moins risqué, conséquence des politiques sécuritaires imposées par les 27.

    Il est 18h30, le jour commence à baisser sur la plaine de #Voïvodine. Un groupe d’une cinquantaine de jeunes hommes, sacs sur le dos et duvets en bandoulière, marche d’un pas décidé le long de la petite route de campagne qui relie les villages serbes de #Majdan et de #Rabe. Deux frontières de l’Union européenne (UE) se trouvent à quelques kilomètres de là : celle de la Hongrie, barrée depuis la fin 2015 d’une immense clôture barbelée, et celle de la Roumanie, moins surveillée pour le moment.

    Tous s’apprêtent à tenter le « #game », ce « jeu » qui consiste à échapper à la police et à pénétrer dans l’UE, en passant par « le triangle ». Le triangle, c’est cette nouvelle route migratoire à trois côtés qui permet de rejoindre la Hongrie, l’entrée de l’espace Schengen, depuis la Serbie, en faisant un crochet par la Roumanie. « Nous avons été contraints de prendre de nouvelles dispositions devant les signes clairs de l’augmentation du nombre de personnes traversant illégalement depuis la Serbie », explique #Frontex, l’Agence européenne de protection des frontières. Aujourd’hui, 87 de ses fonctionnaires patrouillent au côté de la police roumaine.

    Depuis l’automne 2020, le nombre de passages par cet itinéraire, plus long, est en effet en forte hausse. Les #statistiques des passages illégaux étant impossibles à tenir, l’indicateur le plus parlant reste l’analyse des demandes d’asiles, qui ont explosé en Roumanie l’année dernière, passant de 2626 à 6156, soit une hausse de 137%, avec un pic brutal à partir du mois d’octobre. Selon les chiffres de l’Inspectoratul General pentru Imigrări, les services d’immigrations roumains, 92% de ces demandeurs d’asile étaient entrés depuis la Serbie.

    “La Roumanie et la Hongrie, c’est mieux que la Croatie.”

    Beaucoup de ceux qui espèrent passer par le « triangle » ont d’abord tenté leur chance via la Bosnie-Herzégovine et la Croatie avant de rebrousser chemin. « C’est difficile là-bas », raconte Ahmed, un Algérien d’une trentaine d’années, qui squatte une maison abandonnée de Majdan avec cinq de ses compatriotes. « Il y a des policiers qui patrouillent cagoulés. Ils te frappent et te prennent tout : ton argent, ton téléphone et tes vêtements. Je connais des gens qui ont dû être emmenés à l’hôpital. » Pour lui, pas de doutes, « la Roumanie et la Hongrie, c’est mieux ».

    La route du « triangle » a commencé à devenir plus fréquentée dès la fin de l’été 2020, au moment où la situation virait au chaos dans le canton bosnien d’#Una_Sana et que les violences de la police croate s’exacerbaient encore un peu plus. Quelques semaines plus tard, les multiples alertes des organisations humanitaires ont fini par faire réagir la Commission européenne. Ylva Johansson, la Commissaire suédoise en charge des affaires intérieures a même dénoncé des « traitements inhumains et dégradants » commis contre les exilés à la frontière croato-bosnienne, promettant une « discussion approfondie » avec les autorités de Zagreb. De son côté, le Conseil de l’Europe appelait les autorités croates à mettre fin aux actes de tortures contre les migrants et à punir les policiers responsables. Depuis, sur le terrain, rien n’a changé.

    Pire, l’incendie du camp de #Lipa, près de #Bihać, fin décembre, a encore aggravé la crise. Pendant que les autorités bosniennes se renvoyaient la balle et que des centaines de personnes grelottaient sans toit sous la neige, les arrivées se sont multipliées dans le Nord de la Serbie. « Rien que dans les villages de Majdan et Rabe, il y avait en permanence plus de 300 personnes cet hiver », estime Jeremy Ristord, le coordinateur de Médecins sans frontières (MSF) en Serbie. La plupart squattent les nombreuses maisons abandonnées. Dans cette zone frontalière, beaucoup d’habitants appartiennent aux minorités hongroise et roumaine, et Budapest comme Bucarest leur ont généreusement délivré des passeports après leur intégration dans l’UE. Munis de ces précieux sésames européens, les plus jeunes sont massivement partis chercher fortune ailleurs dès la fin des années 2000.

    Siri, un Palestinien dont la famille était réfugiée dans un camp de Syrie depuis les années 1960, squatte une masure défoncée à l’entrée de Rabe. En tout, ils sont neuf, dont trois filles. Cela fait de longs mois que le jeune homme de 27 ans est coincé en Serbie. Keffieh sur la tête, il tente de garder le sourire en racontant son interminable odyssée entamée voilà bientôt dix ans. Dès les premiers combats en 2011, il a fui avec sa famille vers la Jordanie, puis le Liban avant de se retrouver en Turquie. Finalement, il a pris la route des Balkans l’an dernier, avec l’espoir de rejoindre une partie des siens, installés en Allemagne, près de Stuttgart.

    “La police m’a arrêté, tabassé et on m’a renvoyé ici. Sans rien.”

    Il y a quelques jours, Siri à réussi à arriver jusqu’à #Szeged, dans le sud de la Hongrie, via la Roumanie. « La #police m’a arrêté, tabassé et on m’a renvoyé ici. Sans rien », souffle-t-il. À côté de lui, un téléphone crachote la mélodie de Get up, Stand up, l’hymne reggae de Bob Marley appelant les opprimés à se battre pour leurs droits. « On a de quoi s’acheter un peu de vivres et des cigarettes. On remplit des bidons d’eau pour nous laver dans ce qui reste de la salle de bains », raconte une des filles, assise sur un des matelas qui recouvrent le sol de la seule petite pièce habitable, chauffée par un poêle à bois décati.

    De rares organisations humanitaires viennent en aide à ces exilés massés aux portes de l’Union européennes. Basé à Belgrade, le petit collectif #Klikaktiv y passe chaque semaine, pour de l’assistance juridique et du soutien psychosocial. « Ils préfèrent être ici, tout près de la #frontière, plutôt que de rester dans les camps officiels du gouvernement serbe », explique Milica Švabić, la juriste de l’organisation. Malgré la précarité et l’#hostilité grandissante des populations locales. « Le discours a changé ces dernières années en Serbie. On ne parle plus de ’réfugiés’, mais de ’migrants’ venus islamiser la Serbie et l’Europe », regrette son collègue Vuk Vučković. Des #milices d’extrême-droite patrouillent même depuis un an pour « nettoyer » le pays de ces « détritus ».

    « La centaine d’habitants qui restent dans les villages de Rabe et de Majdan sont méfiants et plutôt rudes avec les réfugiés », confirme Abraham Rudolf. Ce sexagénaire à la retraite habite une modeste bâtisse à l’entrée de Majdan, adossée à une ruine squattée par des candidats à l’exil. « C’est vrai qu’ils ont fait beaucoup de #dégâts et qu’il n’y a personne pour dédommager. Ils brûlent les charpentes des toits pour se chauffer. Leurs conditions d’hygiène sont terribles. » Tant pis si de temps en temps, ils lui volent quelques légumes dans son potager. « Je me mets à leur place, il fait froid et ils ont faim. Au vrai, ils ne font de mal à personne et ils font même vivre l’épicerie du village. »

    Si le « triangle » reste a priori moins dangereux que l’itinéraire via la Croatie, les #violences_policières contre les sans papiers y sont pourtant monnaie courante. « Plus de 13 000 témoignages de #refoulements irréguliers depuis la Roumanie ont été recueillis durant l’année 2020 », avance l’ONG Save the Children.

    “C’est dur, mais on n’a pas le choix. Mon mari a déserté l’armée de Bachar. S’il rentre, il sera condamné à mort.”

    Ces violences répétées ont d’ailleurs conduit MSF à réévaluer sa mission en Serbie et à la concentrer sur une assistance à ces victimes. « Plus de 30% de nos consultations concernent des #traumatismes physiques », précise Jérémy Ristor. « Une moitié sont liés à des violences intentionnelles, dont l’immense majorité sont perpétrées lors des #push-backs. L’autre moitié sont liés à des #accidents : fractures, entorses ou plaies ouvertes. Ce sont les conséquences directes de la sécurisation des frontières de l’UE. »

    Hanan est tombée sur le dos en sautant de la clôture hongroise et n’a jamais été soignée. Depuis, cette Syrienne de 33 ans souffre dès qu’elle marche. Mais pas question pour elle de renoncer à son objectif : gagner l’Allemagne, avec son mari et leur neveu, dont les parents ont été tués dans les combats à Alep. « On a essayé toutes les routes », raconte l’ancienne étudiante en littérature anglaise, dans un français impeccable. « On a traversé deux fois le Danube vers la Roumanie. Ici, par le triangle, on a tenté douze fois et par les frontières de la Croatie et de la Hongrie, sept fois. » Cette fois encore, la police roumaine les a expulsés vers le poste-frontière de Rabe, officiellement fermé à cause du coronavirus. « C’est dur, mais on n’a pas le choix. Mon mari a déserté l’armée de Bachar avec son arme. S’il rentre, il sera condamné à mort. »

    Qu’importe la hauteur des murs placés sur leur route et la terrible #répression_policière, les exilés du nord de la Serbie finiront tôt ou tard par passer. Comme le déplore les humanitaires, la politique ultra-sécuritaire de l’UE ne fait qu’exacerber leur #vulnérabilité face aux trafiquants et leur précarité, tant pécuniaire que sanitaire. La seule question est celle du prix qu’ils auront à paieront pour réussir le « game ». Ces derniers mois, les prix se sont remis à flamber : entrer dans l’Union européenne via la Serbie se monnaierait jusqu’à 2000 euros.

    https://www.courrierdesbalkans.fr/Refugies-contourner-la-Croatie-par-le-triangle-Serbie-Roumanie-Ho
    #routes_migratoires #migrations #Balkans #route_des_Balkans #asile #migrations #réfugiés #contournement #Bihac #frontières #the_game

    ping @isskein @karine4

  • Documenter la douleur des autres : #souvenirs, #identités et #appartenance dans les imaginaires diasporiques des #Teochew

    La #mémoire_traumatique est un héritage avec lequel les descendants des #rescapés du #génocide_cambodgien doivent négocier pour trouver leur place dans une #histoire rompue, celle de leurs parents, et en France, pays où ils sont nés. Pour certains d’entre eux, l’#art et la #littérature sont un moyen de réparer les #blessures.

    La #migration s’accompagne invariablement d’une expérience de bouleversement, mais les circonstances du déplacement des #réfugiés du Cambodge – dont un nombre important de Chinois originaires du sud de la #Chine, les Teochew – équivaut à une réelle rupture. Le génocide mené par les #Khmers_rouges qui a anéanti près d’un quart de la population a laissé une génération dépourvue d’anciens et une fracture qui n’a pas été refermée quatre décennies plus tard. Pour les #réfugiés_cambodgiens, cette #séparation forcée est accentuée par l’apparente permanence de l’#exil. Comme pour tous les réfugiés et survivants cambodgiens, cette expérience du génocide est au cœur de la #mémoire_diasporique des Teochew, une mémoire déjà compliquée par l’histoire de #déplacements répétés (de la Chine au Cambodge et du Cambodge à la #France) et par un rapport ambivalent non seulement envers le Cambodge et son passé génocidaire mais aussi envers la Chine qui est restée silencieuse face à la persécution de ses diasporas.

    Comme mes recherches l’ont montré, ces histoires sont largement cryptées dans le #silence qui hante les familles de réfugiés, projetant les ombres du passé génocidaire à travers les générations. Les réflexions sur le travail de mémoire sino-cambodgien éclairent la relation entre lieux – de vie et d’appartenance –, mémoire et identité diasporique. Elles éclairent les conditions qui facilitent ou entravent la #transmission_intergénérationnelle ainsi que les luttes des générations post-réfugiées – celles qui n’ont pas vécu les #traumatismes mais qui sont néanmoins hantées par eux – pour récupérer cette histoire, et, à travers elle, leur place et leur appartenance à de multiples espaces de connexion.

    Ce texte fait référence aux prises de paroles de descendants de réfugiés cambodgiens (Jenny Teng, Mathieu Pheng et Lana Chhor) lors de la conférence « Générations Post-refugié.e.s » organisée à Sciences Po en décembre 2018. L’analyse de leur parole démontre à quel point le silence autour de la mémoire du génocide des Khmers rouges est un élément constitutif des identités des descendants nés et éduqués en France.

    Les générations post-génocide face au silence

    Dans ses réflexions sur le silence « post-génocide », Jenny Teng, cinéaste française d’origine cambodgienne Teochew, souligne qu’il existe « une culture du récit, de l’histoire, de la transmission des mots, qui est fondatrice de la diaspora et la culture juive » qu’on ne retrouve pas chez les Sino-cambodgiens, ce qui rend le témoignage encore plus difficile. Liant le silence à la honte et la culpabilité des survivants face à de telles violences et de telles pertes, elle note : « Les témoignages viennent ouvrir quelque chose qui était très secret. Et c’est peut-être parce que, dans ce secret, il y a une forme de culpabilité et une honte que ces enfants, que cette deuxième génération porte depuis l’enfance. » Pour Lana Chhor, auteure d’origine sino-cambodgienne, le silence engendre des effets dévastateurs non seulement « pour celui qui porte le silence mais aussi pour ceux à qui il est imposé. » Soulignant l’effet du silence qui, de manière simultanée, lie et fracture, elle compare la famille enveloppée par le silence à une « prison » où « chacun [se trouve] dans des cellules individuelles ». Les générations suivantes se retrouvent ainsi sans les outils nécessaires pour reconstruire et comprendre ces histoires et ces récits non seulement au sens linguistique mais aussi culturel et expérientiel. Comme le note Lana Chhor, « il est douloureux de grandir dans le silence car les mêmes questions reviennent, mais toujours sans réponses. »

    « Quelle place on donne aux disparus, aux défunts qui n’ont pas reçu de sépultures ? Les survivants ont en mémoire et au quotidien gardé une place, quelle est cette place ? »

    #Jenny_Teng, cinéaste et chercheure

    Le credo républicain de l’assimilation en France ne laisse pas de place à la pluralité des histoires, ce qui invisibilise non seulement les histoires des communautés diasporiques en France mais aussi les enchevêtrements de ces histoires avec l’histoire coloniale et post-coloniale de la France. Cet effacement permet à la France de ne considérer les réfugiés que comme des personnes à sauver et les politiques d’asile comme une action humanitariste plutôt que comme une responsabilité. Pour beaucoup, comme l’exprime Jenny Teng, le vide créé par l’inconnu et le non reconnu provoque un questionnement existentiel : « où se sent-on chez soi, physiquement, symboliquement ? » Pour les générations post-réfugiées, historiciser leur identité est donc un moyen d’affirmer leur humanité et individualité (personhood) et, comme le dit Lana Chhor, « d’enlever les étiquettes que la société nous met malgré nous ». En récupérant ces histoires enfouies et désavouées, ils récupèrent un lien avec un passé, et à travers ce passé une place dans le présent – au Cambodge, en Chine, en France – et une identité collective qui s’oppose à l’invisibilisation, à l’altérité, et à un « entre-deux » qui signifie essentiellement être à l’extérieur.
    Les générations post-génocide face à la mémoire

    Comme pour d’autres histoires traumatiques, avec le passage des générations, les questions de transmission et de conservation de la mémoire acquièrent une certaine urgence. Écrivant sur la transmission de la « tutelle de l’Holocauste », l’écrivaine Eva Hoffman décrit la deuxième génération comme « la génération charnière dans laquelle les connaissances reçues et transférées des événements sont transformées en histoire ou en mythe1. Comment les générations « postmémoire », ainsi que les appelle une autre écrivaine, Marianne Hirsch, reçoivent-elles et négocient-elles ces « expériences puissantes, souvent traumatisantes, qui ont précédé leur naissance mais qui leur ont pourtant été si profondément transmises qu’elles semblent constituer des souvenirs pleins ? » Comment raconter et aborder la « douleur des autres sans se l’approprier » comme la philosophe Susan Sontag l’a si bien décrit ? Et comment faire cela avec seulement des fragments de souvenirs, glanés ici et là, et à distance depuis son perchoir générationnel ? Quelles sont, le cas échéant, les négociations entre éthique et esthétique de la mémoire ?

    « Le credo républicain de l’assimilation en France ne laisse pas de place à la pluralité des histoires, ce qui invisibilise non seulement les histoires des communautés diasporiques en France mais aussi les enchevêtrements de ces histoires avec l’histoire coloniale et post-coloniale de la France. »

    Khatharya Um

    Significativement, à partir de leur « proximité distanciée », les générations post-réfugiées peuvent s’engager dans cette histoire traumatisante d’une manière impossible pour les survivants de la première génération. Les « entre-deux » spatiaux, temporels et générationnels, des lieux que #Mathieu_Pheng, documentariste d’origine franco-cambodgienne, décrit comme « les endroits où ça frictionne » – ne sont pas seulement des espaces de tension mais aussi de possibilité, où la distance générationnelle offre de nouvelles perspectives, un sentiment d’urgence renouvelé, où le créatif et le critique peuvent émerger des ruines de la guerre, du génocide et de l’exil. Pour Jenny Teng, qui centre ses œuvres sur cette notion d’« entre », la création est un pont entre le passé et le présent, et la caméra une fenêtre vers un passé douloureux qui « permet à la personne qui témoigne, de se constituer en témoin dans le sens premier, c’est-à-dire qu’elle va dire ce qu’elle a vu, ce qu’elle a connu pour l’inscrire dans l’histoire. Le documentaire a cette force-là, qui est de sortir du cercle familial et de l’affect, peut-être trop chargé, pour s’adresser à la fenêtre qu’ouvre la caméra. » Les documentaires offrent également une opportunité de dialogue intergénérationnel et de co-création qu’elle considère comme ouvrant la voie « pour sortir du tabou familial » même si cela prend du temps.

    Si l’art et l’écriture ont leur rôle dans la promotion des liens intergénérationnels et de la guérison, ils ne peuvent ni consoler ni restaurer les pertes subies par les réfugiés. Pour Jenny Teng, la possibilité offerte par la création artistique n’est pas forcément la récupération, qu’elle juge impossible, mais un moyen de « permettre à la solitude d’être un petit peu apaisée… Donc c’est vraiment consoler la souffrance de la souffrance, pas la souffrance en elle-même. » Également investie dans la potentialité réparatrice de l’art, Lana Chhor voit les mots comme aidant à suturer le vide et la blessure engendrés par le silence spectral de l’histoire : « Autant qu’ils peuvent blesser, je suis intimement convaincue que les mots peuvent réparer. »

    http://icmigrations.fr/2020/11/18/defacto-023-03

    #diaspora #douleur #mémoire #Cambodge #génocide

  • « Ce sont les plus vulnérables des vulnérables » : les familles de prisonniers syriens face au virus du silence
    https://www.lemonde.fr/international/article/2020/05/15/en-syrie-les-familles-de-prisonniers-face-au-virus-du-silence_6039713_3210.h

    Alors qu’il est impossible de connaître le bilan réel de l’épidémie de Covid-19 dans le pays, de nombreuses familles en exil s’inquiètent pour leurs proches qu’elles pensent retenus dans les prisons secrètes du régime.
    Elles sont syriennes, réfugiées en Turquie, en Jordanie, au Liban, en Grèce, en Allemagne ou au Royaume-Uni. Elles ont subi la guerre et tous ses maux : la terreur et les bombes, les destructions, les déchirures, la traque, l’exil. Elles ont vu mourir des voisins, des amis, de la famille. Elles ont quitté leur maison, les lieux de leur enfance ; laissé parfois derrière elles de vieux parents qui ne pouvaient les suivre ; subi dans leur fuite humiliations, harcèlements, chantages. Leurs nuits ne sont jamais tranquilles ; depuis longtemps, les rêves ont déserté. Ne restent que des souvenirs, de l’amertume, les traumatismes. Et pour toutes celles qui ont souhaité nous parler, une obsession qui les maintient en vie et les empêche de vivre : un mari, un père, un fils, un oncle, arrêtés par la police du régime syrien et disparus dans ses geôles sans qu’on ne sache plus rien.

    #Covid-19#migrant#migration#exil#réfugiés#traumatismes#santé#santé-mentale#Syrie

  • mai 2018, Infokiosque sur la #ZaD #NDDL : « Premiers secours émotionnels dans nos luttes »
    https://www.flickr.com/photos/valkphotos/49528343537

    Flickr

    « Premiers secours émotionnels dans nos luttes »
    –> texte complet : https://nantes.indymedia.org/articles/41154
    [archive : http://archive.is/G0Tkc ]

    Lire aussi les témoignages ultérieurs sur les traumatismes post-manif :

    « Des blessures qu’on ne saurait nommer »
    https://paris-luttes.info/des-blessures-qu-on-ne-saurait-13461
    [archive : http://archive.is/9jgan ]

    « Blessures invisibles, les impensées de la répression »
    https://www.lemediatv.fr/articles/enquetes/blessures-invisibles-les-impensees-de-la-repression-1d50ABMoRdSbuJTotFd9Pw
    [archive : http://archive.is/4eqUx ]

    ValK. a posté une photo : « > » />

    Zone a Defendre de Notre-Dame-des-Landes, le 28 mai 2018.
    + plus d’infos : https://zad.nadir.org
    + plus de photos : https://www.flickr.com/photos/valkphotos/collections/72157632092797423
    .
    #Photo : ValK.
    En voir +> https://frama.link/valk
    Soutenir +> https://liberapay.com/ValK

    #traumatismes #soins #syndromes_post-traumatiques #violences_policieres #maintien_de_l'ordre

  • Forte hausse des blessures aux yeux par LBD depuis les gilets jaunes
    01/11/2019 21:01 | Le Huffington Post
    https://www.huffingtonpost.fr/entry/forte-hausse-des-blessures-aux-yeux-par-lbd-depuis-les-gilets-jaunes_

    POLICE - Le nombre de blessures oculaires suspectées d’avoir été causées par les lanceurs de balle de défense (LBD) est en forte hausse depuis la crise des gilets jaunes, relève une étude menée auprès des CHU de France et publiée dans la revue médicale britannique The Lancet.

    Les auteurs de l’étude “blessures oculaires causées par des armes non-létales en France” ont fait parvenir une “enquête rétrospective” à tous les CHU de France, où sont traités les patients les plus gravement atteints, pour recenser les cas suspectés de blessures oculaires par LBD, sur la période allant de février 2016 à août 2019.

    Les auteurs, médecins et chercheurs français, soulignent que la législation ne prévoit pas de collecte de données systématique sur les blessures causées par ces armes, utilisées notamment pour le maintien de l’ordre.

    Deux cas sont recensés en 2016, un en 2017, mais 25 en 2018 -année du début de la crise des gilets jaunes- et 15 sur la période étudiée de 2019. (...)

    #violences_policières #traumatismes

  • Prenez deux heures de votre temps, particulièrement si vous n’allez pas assister à une rencontre, pour écouter David Dufresne ET TOUTES LES PERSONNES qui témoignent autour de de son livre-catharsis. Vraiment. C’est important. Ces paroles sont trop rares médiatiquement pour passer à côté.
    https://youtu.be/9thxFSCXLMY


    https://invidio.us/watch?v=9thxFSCXLMY
    .
    .
    .
    Ça me questionne d’ailleurs pas mal sur le choix de #Mediacité #Nantes d’inviter un « représentant des forces de l’ordre » pour la rencontre du 6 novembre (https://44.demosphere.net/rv/4149 ) : il est clair que certain-e-s personnes traumatisé-e-s ne pourront pas venir dans un telle configuration, et dieu sait s’il y en a, des traumas, dans cette ville...

    #maintien_de_l'ordre #violences_policières #violences_judiciaires #traumatismes @davduf

  • J’aimerais revenir sur la polémique #Kanata / #Robert_Lepage qui n’a finalement presque pas été abordée sur Seenthis, et donc peut-être pas assez en France (pourtant ça rappelle une polémique en France, avec #Exhibit_B.), sauf ici :
    https://seenthis.net/messages/717781
    https://seenthis.net/messages/747168

    Robert Lepage a décidé dans cette dernière pièce de traiter de l’histoire du Canada, et donc des #autochtones, sans actrices ou acteurs autochtones, mais même sans consulter la ou le moindre autochtone pendant la genèse de la pièce.

    Alors, laissons d’abord la parole à Maya Cousineau-Mollen :

    Kanata : Maya Cousineau-Mollen, entre espoir et tristesse
    Radio Canada, le 17 décembre 2018
    https://ici.radio-canada.ca/espaces-autochtones/1142422/kanata-maya-cousineau-mollen-theatre-autochtone

    Elle s’explique aussi ici en vidéo sur Le Média, le 23 décembre 2018 :
    https://www.youtube.com/watch?v=lG5ptrcijdI

    Mais, avant de revenir là dessus, rajoutons le contexte qui manque un peu. Alors qu’il annonce la sortie de cette pièce à Montréal en été 2018, il vient de subir une autre controverse avec sa pièce #Slav, consacrée aux chants d’esclaves #noirs, avec aucun.e chanteu.se.r noir ni aucun.e noir.e consultée pendant la génèse de la pièce. Présentée pendant le Festival de Jazz de Montréal, un tonnerre de protestation a conduit le Festival à annuler la pièce après les quelques premières représentations. J’en avais un peu parlé ici :
    https://seenthis.net/messages/706476

    Peu de gens s’en souviennent, mais en 2001, Robert Lepage avait présenté sa pièce #Zulu_Time où des personnes de nombreuses origines sont représentées, mais où là encore, neuf des dix membres de la troupe étaient des Québécois blancs, le dixième étant d’origine péruvienne. De plus, les représentations étaient stéréotypées, en position d’infériorité par rapport aux personnages blancs. Des femmes provenant apparemment du Moyen-Orient ou du sous-continent indien étaient placés dans des rôles de servitude et d’assujettissement. Enfin, la seule représentation d’un homme noir, jouée par un comédien blanc, arborait un maquillage corporel noir, portant le costume traditionnel d’un guerrier zoulou, avec couvre-chef, torse nu, lance et bouclier, et dont la pièce établissait un parallèle avec le personnage du singe, joué par l’acteur d’origine péruvienne.

    Bref, pour en revenir à Kanata et à 2018, comme le rappelle Maya Cousineau-Mollen, bien qu’il y ait des critiques, il n’y a pas d’appel à l’annulation ou à la censure. Ce sont les producteurs de la pièce qui se retirent, ne voulant pas être mêlés à une telle controverse.

    C’est alors que dans sa grande mansuétude, qui démontre aussi à quel point le débat est en retard en #France sur ces questions, qu’ #Ariane_Mnouchkine décide d’offrir son #Théâtre_du_Soleil de la #Cartoucherie de Vincennes à Robert Lepage pour qu’il y monte une versions légèrement modifiée de sa pièce, et donc tout aussi critiquable. On en est là.

    #appropriation_culturelle #racisme #invisibilisation #Spectacle #Théâtre #Canada

  • “I saw things children shouldn’t see” – surviving a troubled childhood | Mosaic
    https://mosaicscience.com/story/surviving-troubled-childhood-resilience-neglect-adversity
    https://mosaicscience.com/sites/default/files/styles/listing_medium/public/1.Resilience_Header_CynthiaKittler_300dpi_rgb.jpg?itok=5A6C1gnN

    Why are some people able to become happy, well-adjusted adults even after growing up with violence or neglect? Their life stories – from 1950s Hawaii to the orphanages of Romania – could provide answers that will help more children to thrive. By Lucy Maddox.

    #surpassement #traumatismes #enfance

  • « Les mots qui blessent n’aident jamais un enfant à grandir »
    http://www.lemonde.fr/societe/article/2017/10/07/les-mots-qui-blessent-n-aident-jamais-un-enfant-a-grandir_5197800_3224.html

    Il y a cent ans, les hommes pouvaient frapper leur femme. C’est aujourd’hui dépassé. Il faut arriver au même résultat pour les enfants.

    #éducation #violence #traumatismes #remise_en_question

    • Il y a cent ans, les hommes pouvaient frapper leur femme. C’est aujourd’hui dépassé.

      euh en fait on aimerait bien que ça soit dépassé mais c’est pas trop le cas en fait. Faudrait lui dire à Gilles Lazimi, le médecin, il a pas l’air trop au courant.

    • Oui, merci de rectifier.
      La citation est sûrement mal choisie, mais je l’ai interprétée de mon point de vue moral à moi, peut être un peu naïvement.

  • #Los_Angeles : les rangs des ex-soldats #sans-abris grossissent

    « Je n’avais pas fait beaucoup d’études alors j’ai tiré au fusil », raconte-t-il. « Des gens mourraient dans l’explosion de grenades, on en voyait se faire abattre (...) C’était horrible ».

    Son retour à la vie civile a été brutal. « Je n’ai jamais eu de travail », explique péniblement celui qui dit avoir du mal à « réfléchir comme il faut ».

    S’il a par le passé « habité chez des gens », il a rapidement été emporté dans la même spirale que tant d’anciens combattants américains : #traumatismes psychologiques, manque de qualifications, #chômage, #alcoolisme, #drogue, #isolement_social et familial, #prison, puis... la rue.


    http://www.courrierinternational.com/depeche/los-angeles-les-rangs-des-ex-soldats-sans-abris-grossissent.a
    #militaires #USA #Etats-Unis #armée #ex-militaires #ex-soldats #pauvreté #guerre #conflits

  • Traumatized Borders : Subversive Narratives of B/Order and Other. 2016 - 2020

    https://wiivi.uef.fi/crisyp/disp/_/fi/cr_redir_all/fet/fet/sea?direction=1&id=41794022

    Un nouveau programme de recherche à l’université d’Helsinki, à suivre !

    #frontières #cartoexperiment #narrations

    The research project, Traumatized Borders: Reviving subversive narratives of B/order, and Other, studies oral and written trauma narratives at various topographic and symbolic borders in Finnish, Russian, Ukrainian, Estonian and North-American context. The study focuses on the time era from the 1920s to the present day and places the writing and reception of trauma narratives in different historical and cultural contexts. Traumas of the individuals and small communities have often been silenced by the dominating cultural and political discourses. The study seeks to explicate the relationship between the border related trauma narratives and the dominating narratives in five different cultural and historical contexts. The study applies the methods of cultural studies, folklore and literature research and is conducted by researchers from the University of Eastern Finland and University of Tartu.
    Rekisteröintiorganisaatio

  • Le stress post-traumatique chez les enfants en RCA - RFI
    http://www.rfi.fr/emission/20160127-centrafrique-enfants-stress-post-traumatique?ns_campaign=reseaux_sociau
    http://scd.rfi.fr/sites/filesrfi/imagecache/rfi_16x9_1024_578/sites/images.rfi.fr/files/aef_image/2015-11-25T173212Z_369823494_GF20000073530_RTRMADP_3_POPE-AFRICA_0.JPG

    En Centrafrique, la guerre -et la crise qui en découle- dure depuis plus de deux ans. La situation se normalise peu à peu, le pays vient d’organiser le premier tour des
    élections présidentielles. Mais, la #guerre a eu un impact sur toutes les populations qui ont vu des scènes atroces, certains ont même participé aux lynchages, aux #massacres de fin 2013 jusqu’à la mi 2014. Victimes collatérales de ces évènements : les #enfants.
    Orphelins, séparés de leurs familles, obligés de vivre dans des camps de déplacés ou bien recrutés dans les rangs des groupes armés. Aujourd’hui encore, les séquelles de ces #traumatismes perdurent, et la #Centrafrique est incapable de prendre en charge ces
    enfants... ni les adultes d’ailleurs, traumatisés. Mais aussi par manque de moyens financiers, par manque de personnel formé, et surtout par déni des populations qui ne reconnaissent pas ces souffrances.

  • rfi | Les traumas des migrants arrivés en #Italie
    http://www.asile.ch/vivre-ensemble/2015/10/10/rfi-les-traumas-des-migrants-arrives-en-italie

    Nous poursuivons notre série de reportages consacrées aux flux massifs de migrants en Europe. Aujourd’hui nous partons en Italie, et plus précisément en Sicile. Chaque jour, ils sont des centaines de migrants à arriver sur les côtes européennes. Pour effectuer la traversée de la Méditerranée, nombreux sont ceux à partir de Libye. Une étape du voyage décrite comme la pire, un enfer duquel les migrants échappent souvent avec de lourds traumatismes.

    #Documentation #Publications_-_Analyses_récentes #santé #santé_mentale

  • Living Under Israel’s Missiles
    http://www.thenation.com/article/video-living-under-israels-missiles

    More than anyone, children bear the brunt of regular Israeli military assaults on the #Gaza Strip. During the 51-day war in the summer of 2014, 551 children were killed and 3,436 were injured. But these gruesome figures say little about the psychological state of the nearly 800,000 children who have survived the periodic bombing campaigns.

    https://www.youtube.com/watch?app=desktop&persist_app=1&v=_HHnzLO1-BI

    #santé_mentale #traumatismes #enfants #Palestine #Israël #Israel #crimes #impunité

  • Memories of war torment Gaza’s children
    http://www.dailystar.com.lb/News/Middle-East/2014/Dec-30/282606-memories-of-war-torment-gazas-children.ashx

    Les #enfants de #Gaza, rescapés de la #guerre, luttent contre ses #séquelles
    http://www.ladepeche.fr/article/2014/12/29/2020173-enfants-gaza-rescapes-guerre-luttent-contre-sequelles.html

    Raghda Ahmed, elle, se fait du souci pour son fils Wissam, huit ans. « Depuis la guerre, il ne me quitte plus, même pas pour une minute. Il me dit +reste avec moi, comme ça si les avions bombardent, on mourra ensemble+ », rapporte cette Gazaouie de 30 ans.

    « Souvent, je reste même avec lui à l’école », poursuit la mère. Avant d’être interrompue par son fils : « mais pourquoi aller à l’école et étudier ? Dans tous les cas, on va mourir à la prochaine guerre ».

    #pep #traumatismes #Israel #Israël #crimes #impunité

  • Souffrances du chômage : Sophie témoigne | La revue de presse
    http://www.actuchomage.org/2014102626312/La-revue-de-presse/les-souffrances-du-chomage-sophie-hancart-temoigne.html
    http://www.dailymotion.com/video/x28ohk2_les-souffrances-du-chomage-temoignage-de-sophie-hancart-sur-fra

    Depuis toujours, nous savons que le #chômage est une source de terribles souffrances physiques et psychologiques qui peuvent conduire à la dépression et au suicide.

    Alors que les grands médias évoquent régulièrement les #traumatismes liés à la vie professionnelle (stress, burn-out, harcèlements…), peu s’intéressent aux conséquences du chômage sur la #santé de celles et ceux qui en sont victimes.

    • Lors de son journal télévisé, dimanche 26 octobre, France 2 a donné la parole à deux chômeuses et à la psychanalyste Claude Halmos. Une fois n’est pas coutume !

      Merci @monolecte : je voulais retrouver justement la trace de ce super reportage vu par hasard sur le JT de France2 lundi soir (cadeau providentiel, je n’avais pas regardé de JT depuis 3 mois..)
      A conserver et à dégainer à tous les blaireaux qui s’offusquent des stats sur le chômage et qui trouvent scandaleux que 1 chomeur sur 5 ne cherche pas de boulot.
      Je leur rétorque que moi je trouve terrifiant et inhumain que 4 chômeurs sur 5 s’épuisent à chercher du boulot alors qu’il n’y en a pas...

  • A war within a war: The battles fought by Gaza’s medics
    http://www.bbc.com/news/world-middle-east-29279073

    Neither Dr Naveen Cavale or Dr Simon Calvert had ever seen anything like it.

    The amateur video showed scenes of chaos - tens of doctors jostling from wounded to wounded; journalists with bulky TV cameras swarming around beds where dark red patches bloomed through patients’ dressings.

    Some casualties lay on plastic sheets on the floor, IV drips dangling above their heads.

    “No hospital on earth is designed to cope with such a large and sudden influx of trauma like that. But if they had the procedures and protocol we have in London, they may be able to cope in such an emergency,” Dr Simon said.

    #Chirurgie #traumatismes #Gaza

  • Sperm RNA carries marks of trauma
    http://www.nature.com/news/sperm-rna-carries-marks-of-trauma-1.15049

    Trauma is insidious. It not only increases a person’s risk for psychiatric disorders, but can also spill over into the next generation. People who were traumatized during the Khmer Rouge genocide in Cambodia tended to have children with depression and anxiety, for example, and children of Australian veterans of the Vietnam War have higher rates of suicide than the general population.

    Trauma’s impact comes partly from social factors, such as its influence on how parents interact with their children. But stress also leaves ‘epigenetic marks’ — chemical changes that affect how DNA is expressed without altering its sequence. A study published this week in Nature Neuroscience finds that stress in early life alters the production of small RNAs, called microRNAs, in the sperm of mice (K. Gapp et al. Nature Neurosci. http://dx.doi.org/10.1038/nn.3695; 2014). The mice show depressive behaviours that persist in their progeny, which also show glitches in metabolism.

    The study is notable for showing that sperm responds to the environment, says Stephen Krawetz, a geneticist at Wayne State University School of Medicine in Detroit, Michigan, who studies microRNAs in human sperm. (He was not involved in the latest study.) “Dad is having a much larger role in the whole process, rather than just delivering his genome and being done with it,” he says. He adds that this is one of a growing number of studies to show that subtle changes in sperm microRNAs “set the stage for a huge plethora of other effects”.

    #sperme #gènes #epigénétique #traumatismes #environnement

  • De l’indépendance des #praticiens

    Selon l’article art. 26bis al. 2 LAsi de la Loi sur l’asile adopté en décembre 2012, les #problèmes_médicaux des #demandeurs_d’asile, y compris les #traumatismes_psychologiques, devront être établis dans les premiers jours de la procédure d’asile. Un #examen_médical aura lieu lors de la phase préparatoire, dans des délais extrêmement courts : en l’espace de 10 à 20 jours, le demandeur d’asile devra faire valoir les #motifs_médicaux faisant obstacle à son renvoi et produire les #expertises_médicales prouvant la véracité des mauvais traitements subis dans son pays d’origine. S’il invoque des problèmes de #santé après son #audition, le #fardeau_de_la_preuve sera renversé « au détriment du requérant », dixit les autorités.

    http://www.asile.ch/vivre-ensemble/2013/12/12/de-lindependance-des-praticiens

    #asile #Suisse #réfugié