• stop aux violences familiales, conjugales et sexuelles : POUR EN FINIR AVEC LE DÉNI ET LA CULTURE DU VIOL en 12 points de Muriel Salmona
    http://stopauxviolences.blogspot.fr/2016/01/pour-en-finir-avec-le-deni-et-la.html

    Pour bien trop de personnes encore, qu’elles soient ou non des professionnelles susceptibles de prendre en charge des victimes, il y a un véritable refus à penser les violences sexuelles, à en reconnaître la réalité et les conséquences, mais également à les entendre lorsqu’elles sont révélées. Imposer le silence aux victimes, les culpabiliser leur permet de se débarrasser très facilement du problème : plus besoin de remettre en cause l’opinion favorable qu’elles peuvent avoir des personnes désignées comme agresseurs, et du monde dans lequel elles pensent vivre en sécurité. Le refus d’intégrer que de telles violences aient lieu dans des espaces que ces personnes veulent continuer à penser comme protecteurs et fiables, le sentiment d’horreur face à des crimes et des délits qui les rendent impensables et inconcevables, la peur des conséquences d’une dénonciation des violences, font que par angoisse, lâcheté ou complicité, tout sera mis en place pour dénier les violences. Et c’est comme cela que la grande majorité des victimes se retrouvent abandonnées à leur sort et à leurs souffrances, sans protection ni réconfort, et souvent maltraitées.

    De fait, nous sommes dans une société où le déni du viol - « et si ce n’était pas un viol ? » - et la mise en cause de la victime - « et si la victime n’en était pas une ? » - sont encore très répandus, trop de personnes y adhèrent et diffusent des idées fausses qui nuisent gravement aux victimes et garantissent l’impunité aux agresseurs.

    Ce système organisant le déni et la mise en cause des victimes, on le nomme « culture du viol ». La culture du viol est définie comme l’adhésion d’une société à de nombreux mythes sur le viol. Lonsway et Fitzgerald (1994) ont défini les mythes sur le viol comme étant des : « Attitudes et croyances généralement fausses, mais répandues et persistantes, permettant de nier et de justifier l’agression sexuelle masculine contre les femmes » mais c’est valable pour toutes les victimes : femmes et hommes, adultes et enfants.
    On peut regrouper ces attitudes et croyances en trois grandes catégories :

    « Il ne s’est rien produit » : un certain nombre de mythes promeuvent l’idée que les femmes accusent souvent les hommes à tort de viol.
    « Elle était en fait consentante, elle l’a voulu ou elle a aimé ça » : il s’est bien passé quelque chose mais ce n’est pas de la violence sexuelle, c’est de la sexualité consentie. Ce sont les mythes particulièrement pervers qui prétendent qu’une femme qui dit « non » pense « oui » ; que la violence est sexuellement excitante pour les femmes ; que la victime aurait pu et su résister si elle n’était pas consentante.
    « Elle l’a bien mérité, elle est responsable de ce qui s’est passé » : ce sont les mythes comme « Elle était habillée de manière trop sexy » ou « Elle marchait seule la nuit », et c’est elle qui a provoqué la violence qui s’est abattue sur elle, violence qu’elle aurait pu éviter si elle s’était protégée.`

    #féminisme #culture_du_viol #traumatologie #victimologie

  • Quelques ressources pour aider les personnes traumatisées :

    Comment prendre soin des personnes traumatisées par les attentats du 13 novembre 2015 ? Article de la Dre Muriel Salmona 16 novembre 2015
    http://stopauxviolences.blogspot.fr/2015/11/comment-prendre-soin-des-personnes.html

    –------

    Traumatisme : conseils pratiques.

    Nous (ou certains de nos proches) avons peut-être été dans une situation traumatique récemment, voici quelques conseils :

    Le tremblement (général ou localisé) est une réaction normale et saine à la suite d’un événement traumatique ou lorsque l’événement nous revient en mémoire peu de temps après. Cela fait partie d’un processus de régulation du stress par le corps et nous aide à nous remettre.

    Repenser, re-sentir, et parler du trauma, même en boucle, est une bonne chose. C’est une manière qu’a notre système de digérer ce qui s’est passé. Parlons et mettons-nous à l’écoute, aussi longtemps qu’il le faut. (N’oublions pas de nous nourrir ou de nous divertir un peu aussi).

    Même si nous avons envie de nous isoler, entourons-nous de nos proches, de gens avec qui nous nous sentons en sécurité. Un des effets du traumatisme est de nous faire sentir impuissants et isolés, seuls au monde. Nous ne sommes ni seuls ni impuissants. Être entouré est un facteur de résilience démontré.

    Prendre deux jours de congés pour nous remettre (en restant entourés). Les personnes qui font cela se remettent beaucoup mieux que les autres, y compris en ce qui concerne certaines blessures physiques s’il y en a (même apparemment mineures).

    Aussi tentant que cela paraisse, évitons les substances addictives (automédication, alcool, cigarette, etc.). Beaucoup d’addictions naissent à la suite de traumatismes non résorbés.

    Consulter rapidement un spécialiste du trauma. Il existe des thérapies de courte durée dont l’efficacité est démontrée. La thérapie la plus simple, efficace et facile d’accès en France est l’EMDR. À Paris comme en province, vous pourrez probablement trouver un praticien près de chez vous. Un nombre respectable d’entre eux sont médecins psychiatres, donc potentiellement remboursés.

    L’annuaire des praticiens français se trouve à cette adresse : http://www.emdr-france.org/web/annuaire-test

    Le traumatisme non traité peut altérer non seulement notre vie mais aussi affecter tout notre entourage. Le traumatisme traité devient une mémoire comme les autres qui appartient au passé.

    Face au trauma, nous ne sommes ni seuls ni impuissants : nos proches sont avec nous, des soins existent, et des soignants compétents ont dédié leur vie professionnelle pour les mettre à disposition.

    Nous soigner, c’est vaincre ceux qui voudraient nous faire vivre dans la peur.

    http://egalitariste.tumblr.com/post/133199941309/traumatisme-conseils-pratiques
    –-----------


    Self Help For Trauma
    http://www.selfhelpfortrauma.org

    #traumatisme #traumatologie #victimes