• Bella Ciao delle mondine - YouTube
    https://www.youtube.com/watch?v=1lRL_4IyaQE

    Bella ciao (delle mondine)
    Alla mattina appena alzata
    O bella ciao, bella ciao, bella ciao, ciao ciao
    Alla mattina appena alzata
    in risaia mi tocca andar.

    E fra gli insetti e le zanzare
    O bella ciao…
    E fra gli insetti e le zanzare
    duro lavoro mi tocca far.

    Il capo in piedi col suo bastone
    O bella ciao…
    Il capo in piedi col suo bastone
    e noi curve a lavorar.

    O mamma mia, o che tormento!
    O bella ciao…
    O mamma mia, o che tormento
    io ti invoco ogni doman.

    Ma verrà un giorno che tutte quante
    O bella ciao…
    Ma verrà un giorno che tutte quante
    lavoreremo in libertà.

    Je découvre l’histoire de « Bella ciao », un chant de femmes #travailleuses, les mondine ou repiqueuses de riz.
    #Italie #riziculture #chanson_populaire

  • Avec le Covid-19, la Chine invente la main-d’œuvre en libre-service | korii.
    https://korii.slate.fr/biz/chine-entreprises-covid-19-partage-main-oeuvre-flottes-travailleurs-loca

    Face à une demande grandissante, Alibaba et JD.com empruntent des salarié·es à la restauration. Lorsque l’épidémie de Covid-19 a frappé la Chine en décembre, de nombreux commerces ont été contraints à la fermeture : restaurants, karaokés, services de transport... Leurs salarié·es se sont ainsi retrouvé·es sans emploi et sans certitude de retrouver une situation normale avant plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Mais là où les commerces de proximité chinois ont subi la crise, d’autres, en particulier (...)

    #Amazon #Alibaba #JD.com #recrutement #GigEconomy #santé #travail #conditions

    ##santé

  • Coronavirus : « Une classification systématique d’une population en fonction d’un critère de santé est dangereuse »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/03/26/coronavirus-une-classification-systematique-d-une-population-en-fonction-d-u

    Le comité CARE, mis en place par le président de la République, doit inclure des spécialistes des libertés fondamentales, observe l’avocate Zoé Vilain, dans une tribune au « Monde », pour éviter une surveillance généralisée des citoyens et de leur vie privée. Depuis le 17 mars 2020, toute personne sur le territoire français doit être en mesure de justifier le motif de sa sortie, et depuis le 24 mars, l’heure à laquelle elle a quitté son domicile. Le gouvernement envisagerait désormais un contrôle massif (...)

    #Google #algorithme #smartphone #géolocalisation #[fr]Règlement_Général_sur_la_Protection_des_Données_(RGPD)[en]General_Data_Protection_Regulation_(GDPR)[nl]General_Data_Protection_Regulation_(GDPR) #BigData #santé #surveillance #métadonnées (...)

    ##[fr]Règlement_Général_sur_la_Protection_des_Données__RGPD_[en]General_Data_Protection_Regulation__GDPR_[nl]General_Data_Protection_Regulation__GDPR_ ##santé ##ICO-UK

    • Décret n° 2020-356 du 27 mars 2020 portant création d’un traitement automatisé de données à caractère personnel dénommé « DataJust »
      https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=8B2997ECAD85AEB6E9AB37994EEDF6E1.tplgfr38s

      ce décret autorise le ministre de la justice à mettre en œuvre, pour une durée de deux ans, un traitement automatisé de données à caractère personnel, dénommé « DataJust », ayant pour finalité le développement d’un algorithme destiné à permettre l’évaluation rétrospective et prospective des politiques publiques en matière de responsabilité civile et administrative, l’élaboration d’un référentiel indicatif d’indemnisation des préjudices corporels, l’information des parties et l’aide à l’évaluation du montant de l’indemnisation à laquelle les victimes peuvent prétendre afin de favoriser un règlement amiable des litiges, ainsi que l’information ou la documentation des juges appelés à statuer sur des demandes d’indemnisation des préjudices corporels. Le décret définit les finalités du traitement, la nature et la durée de conservation des données enregistrées ainsi que les catégories de personnes y ayant accès. Il précise enfin les modalités d’exercice des droits des personnes concernées.

    • Suite et fin de la tribune de Zoé Vilain (Avocate associée du cabinet 1862 Avocats et présidente Europe et responsable de la protection des données personnelles de Jumbo Privacy, une application mobile qui permet aux utilisateurs de regagner le contrôle de leur données)

      Le gouvernement envisagerait désormais un contrôle massif des données de santé des Français notamment grâce aux pratiques de « #backtracking » permettant d’identifier non seulement les personnes atteintes du #Covid-19, mais également les personnes en contact avec celles-ci.

      Ce contrôle massif reviendrait à une véritable stratégie numérique d’identification des personnes en raison de leurs données de santé. Les #données_de_santé font l’objet d’une protection particulièrement renforcée depuis la création de textes juridiques portant sur la protection de la vie privée et des données personnelles en étant classée comme données dites « sensibles », depuis l’origine.

      Cette protection dans les textes, nécessaire notamment pour que tout individu atteint d’une pathologie, puisse vivre une vie normale, s’illustre par l’interdiction de tout traitement des données de santé relatives à personne identifiée ou identifiable, et leur commercialisation, selon l’article 9 du Règlement général sur la protection des données (RGPD).

      La tentation d’exploiter les données de santé des citoyens
      Le RGPD prévoit cependant quelques exceptions à cette interdiction, qui pourrait servir de base à cette stratégie numérique d’identification des personnes. En effet, il prévoit que les traitements de données personnelles de santé peuvent être autorisés si le traitement est nécessaire pour des motifs d’intérêt public à condition que la règle de droit prévoyant ce traitement soit proportionnée à l’objectif poursuivi, respecte l’essence du droit à la protection des données et prévoit des mesures appropriées et spécifiques pour la sauvegarde des droits fondamentaux et des intérêts de la personne concernée (article 9.2).

      Cette obligation est notamment rappelée dans un communiqué du Comité européen de la protection des données du 19 mars 2020 portant « Déclaration sur le traitement des données personnelles dans le contexte de l’épidémie de Covid-19 ». La tentation d’exploiter les données de santé des citoyens est grande en période de crise sanitaire comme la nôtre, surtout au vu des outils technologiques à disposition en 2020.
      Article réservé à nos abonnés Lire aussi Coronavirus : « 

      La Chine aurait endigué une grande partie du virus en contrôlant de manière systématique les données mobiles de ses citoyens, notamment en obligeant les personnes à préciser leur température et leur état de santé, en utilisant les caméras de vidéosurveillance pour traquer avec qui les personnes auraient pu être en contact. Des applications auraient même pu être utilisées pour vérifier la proximité de ces personnes, avec des personnes infectées. Les citoyens chinois seraient maintenant classifiés selon trois couleurs indiquant leur risque de contamination : rouge, jaune et vert.

      Pas au détriment du respect des libertés fondamentales

      La Chine n’est pas la seule à avoir mis ce genre de contrôle en place. L’Italie, Israël, la Corée du Sud mettraient en place des contrôles massifs afin de surveiller l’expansion du virus dans leur territoire grâce à l’exploitation des images de #vidéosurveillance, des données de #géolocalisation et les #données_bancaires, pour contrôler les mouvements de leur population.

      Le Royaume-Uni serait en négociation avec Google, qui fait l’objet de plusieurs plaintes pour violation du RGPD devant l’Information Commissioner’s Office (ICO), l’équivalent britannique de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL), pour avoir accès aux données de localisation des Anglais, afin de contrôler le respect du confinement.

      Emmanuel Macron a annoncé le 24 mars avoir créé un comité d’analyse, de recherche et d’expertise (CARE) composé exclusivement de scientifiques, afin de se prononcer sur l’utilisation des données de santé des personnes sur le territoire français pour faire face à la pandémie actuelle. A l’ère du numérique et du big data, l’utilisation de la technologie et des données semble inévitable et fondamentale pour lutter contre un virus comme le Covid-19 et faire en sorte que la crise soit la plus courte possible. Mais cela ne doit pas se faire au détriment du respect des libertés fondamentales. Quelles seront les décisions prises par le gouvernement et fondées sur cette classification de la population ?

      Des décisions générales ou personnalisées ?

      Cette classification aura-t-elle pour objet de donner lieu à des décisions générales de santé publique ? Ou, au contraire, visera-t-elle à prendre des décisions personnalisées en fin de crise, pour décider quelles sont les personnes qui auront le droit de sortie de confinement en fonction de leur exposition à des personnes contaminées ? Allons-nous privilégier les personnes exposées, et donc potentiellement immunisées, pour les embauches à des postes à plus haut risque (livreur, caissiers, etc.) au cas où le Covid-19 reviendrait ?

      Cette stratégie numérique d’identification fait naître beaucoup trop d’interrogations pour qu’elle ne fasse pas l’objet d’une réflexion approfondie du cadre légal sans lequel elle ne devrait pas exister. Nous ne savons pas combien de temps cette crise sanitaire va durer. Une classification systématique d’une population en fonction d’un critère de santé est dangereuse, et cela ne peut se faire sans l’appui et l’avis d’experts juridiques, dont le travail est de vérifier que les mesures prises sont proportionnées et prises dans le respect des libertés fondamentales des personnes concernées. N’attendons pas la fin de la crise où nos données de santé seront potentiellement exploitées, pour demander le respect de nos droits au respect de la vie privée.

      Oui, pour sauver l’#économie, la tentation est grande de trier la main d’oeuvre selon son statut sérologique afin que soient assurées des tâches indispensables mais aussi la performance de nos fleurons industriels et productifs (airbus, bagnole, logisitique, ...).
      Assignation à résidence et contrôle de la mobilité, en même temps.

      #Travail #contrôle

    • Face au Covid-19, le choix entre santé ou libertés est un faux dilemme, Le Monde, Editorial
      https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/03/30/face-au-covid-19-le-choix-entre-sante-ou-libertes-est-un-faux-dilemme_603488

      Lutter contre une pandémie qui détruit des vies humaines et menace la planète de déstabilisation est une priorité absolue. Mais les dispositifs d’exception ne sont acceptables que s’ils sont provisoires.

      Editorial du « Monde ». Confinement généralisé au domicile, rassemblements prohibés, couvre-feux, parcs surveillés par des drones. Jamais en temps de paix les démocraties n’ont enduré pareilles entorses aux principes qui les fondent : les libertés publiques. Qui aurait imaginé, voici quelques semaines encore, que l’Europe serait plongée dans un climat digne de George Orwell, qui plus est très largement accepté ?

      La liberté d’aller et venir, celle de se réunir ont été mises entre parenthèses, les prérogatives des Parlements rognées, les droits des salariés amputés. Des prévenus sont jugés et parfois privés de liberté sans avocat. L’exécutif s’est donné le droit de restreindre des libertés individuelles, prérogative réservée en temps normal aux juges en vertu du principe fondamental de la séparation des pouvoirs.

      Sous l’effet de la sidération et de la peur, des mesures aussi radicales que le confinement général, la fermeture des institutions non vitales et le placement en quarantaine sont largement acceptées et même approuvées. Personne ne peut contester la réalité d’un « état d’urgence sanitaire » et la nécessité de mesures exceptionnelles pour juguler la pandémie. Le débat de l’heure porte plutôt sur le fait de savoir si ces restrictions n’auraient pas dû être imposées plus tôt. Ce qui conduit à interroger les relations complexes entre information scientifique, conscience de l’opinion et décision politique.

      Lutter contre une pandémie qui détruit des vies humaines et menace la planète de déstabilisation est une priorité absolue. Il faut donc approuver sans réserve les mesures sanitaires, promouvoir leur mise en œuvre et accepter les sanctions infligées aux contrevenants. Ne serait-ce que par respect et par soutien aux personnels de santé exténués.

      L’« effet cliquet »

      Cela ne dispense pas de s’interroger sur le monde d’après et le risque d’une banalisation de dispositifs d’exception qui ne sont acceptables que s’ils sont provisoires. Or l’expérience du passé nourrit l’inquiétude. Une fois la contrainte mise en œuvre, il est rare que le législateur revienne à des textes plus libéraux. Adoptée au début de la guerre d’Algérie, la loi de 1955 sur l’état d’urgence a été actualisée et adaptée, jamais abrogée. Les dispositions prises en 2015 face au terrorisme ont été versées dans le droit commun.

      L’état d’urgence sanitaire est une première dans nos démocraties. Mais la menace d’une nouvelle pandémie restera gravée dans les esprits. La tentation sera donc grande pour les gouvernements de transformer le provisoire en définitif. Il faudra se garder d’un tel « effet cliquet », en particulier dans le domaine du #droit_du travail, de la #procédure_pénale et des #libertés_publiques.

      L’urgence sanitaire doit devenir le laboratoire des bonnes méthodes de prévention et de traitement des pandémies, pas celui de mesures liberticides. Le risque s’annonce particulièrement fort en matière de surveillance individuelle. L’utilisation à grande échelle par la Chine des smartphones pour obliger les individus à communiquer leur température, repérer les déplacements des malades et identifier leurs contacts, donne un avant-goût de l’inquiétante évolution que la pandémie peut accélérer.

      Or la banalisation du recueil des données de santé, si elle peut renforcer un régime autoritaire, peut aussi être mise au service de la santé publique, de la connaissance des risques et de la prévention individuelle et collective des maladies. Entre santé et libertés, nous ne sommes pas contraints de choisir. Menace vitale, le Covid-19 défie aussi la démocratie.

  • An uncertain future for workers
    https://www.axios.com/future-of-work-gig-workers-technology-detroit-ad62cdc2-13e8-4e78-b057-9e82c8f

    DETROIT, Mich. — There’s no better symbol of what the American worker’s life used to look like than Detroit : A stable, lifelong career at a booming factory, a union membership and a pension. The big picture : Workers’ lives in the future won’t look like that. Already, new technologies and the gig economy are breaking down those very forces of stability that defined jobs over the last century — and the future of workers hangs in the balance. That great upending was the theme at the Fulcrum (...)

    #Amazon #Lyft #Postmates #Uber #algorithme #robotique #conditions #GigEconomy #travail

  • Low-wage work is more pervasive than you think, and there aren’t enough “good jobs” to go around
    https://www.brookings.edu/blog/the-avenue/2019/11/21/low-wage-work-is-more-pervasive-than-you-think-and-there-arent-enough-goo

    Even as the U.S. economy hums along at a favorable pace, there is a vast segment of workers today earning wages low enough to leave their livelihood and families extremely vulnerable. That’s one of the main takeaways from our new analysis, in which we found that 53 million Americans between the ages of 18 to 64—accounting for 44% of all workers—qualify as “low-wage.” Their median hourly wages are $10.22, and median annual earnings are about $18,000. (See the methods section of our paper to learn (...)

    #GigEconomy #pauvreté #travail

    ##pauvreté

  • Le plein-emploi américain est une machine à pauvreté | korii.
    https://korii.slate.fr/biz/economie-etats-unis-marche-travail-plein-emploi-inegalites-polarisation

    Derrière des statistiques encourageantes se cache parfois une réalité moins reluisante : l’économie des États-Unis en est la preuve. Donald Trump avait promis des boulots, et le président américain aura sans doute beau jeu de se targuer de solides résultats en la matière quand viendra le temps du bilan et de la réélection. Alors que les prévisionnistes tablaient sur un ralentissement après une année faste, le Bureau of Labor Statistics (BLS) a annoncé début décembre la création de 266.000 emplois sur le (...)

    #algorithme #GigEconomy #pauvreté #travail #robotique #conditions

    ##pauvreté

  • Les salariés de la propreté aux avant-postes face au coronavirus
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/03/30/les-salaries-de-la-proprete-aux-avant-postes-face-au-coronavirus_6034904_323

    Dans ce secteur comme ailleurs, le manque de masques ou d’équipements de sécurité se fait cruellement sentir. Pourtant, très peu de salariés font valoir leur #droit_de_retrait.

    Anne-Marie n’est ni infirmière ni caissière, et personne ne l’applaudit le soir à 20 heures. Pourtant, elle aussi dit aller au travail le matin « la peur au ventre ». Comme son mari, elle est employée dans des entreprises de #nettoyage. « Chaque matin, on se demande si on va aller travailler. Nos deux enfants voudraient que nous restions à la maison. Mais on a les charges à payer, le réfrigérateur à remplir, alors, on y retourne. »

    Environ 550 000 personnes sont salariées dans le domaine de la propreté et du nettoyage en France, un secteur aujourd’hui soumis à deux mouvements antagonistes : d’une part, la fermeture des bureaux, commerces non alimentaires, écoles, crèches (ce qui entraîne une réduction d’environ 60 % de l’activité) ; d’autre part, la nécessité, pour les entreprises, de continuer à intervenir afin d’assurer le nettoyage des établissements de soins (hôpitaux, cliniques, Ehpad...), des transports en commun, des supermarchés et des commerces alimentaires ou encore des entrepôts logistiques. Sans oublier les copropriétés, où les prestataires viennent toujours évacuer les ordures ménagères, nettoyer halls d’entrée, ascenseurs et escaliers avec une attention toute particulière aux « points de contacts » : digicodes, poignées de porte, boutons d’ascenseur...

    « Nous avons aussi été appelés pour assurer la continuité sanitaire dans les copropriétés dont les gardiens ont été mis en congés par les syndics », témoigne Aurélie Boileau, présidente de l’entreprise Utile et Agréable, qui emploie 1 000 salariés pour entretenir 5 000 immeubles en Ile-de-France.

    Dans ce secteur comme ailleurs, le manque de masques ou d’équipements de sécurité se fait cruellement sentir. Selon Jean-Pierre Duquesne, président de la FEP (Fédération des entreprises de propreté et services associés) Ile-de-France et dirigeant de Netindus, « quelques entreprises on pu mettre des équipements de protection individuelle à disposition de leurs salariés ». Mais la grande majorité se « débrouille » avec les moyens du bord : des gants de ménage, « mais ni masques ni combinaisons jetables ».

    « Ils sont très courageux et savent se mobiliser »

    « Nos salariés ont tous du gel hydroalcoolique et des gants à usage unique, mais pas de #masques », confirme Aurélie Boileau. Pour de nombreux chefs d’entreprise, la situation est intenable. « Les employés sont pleins de bonne volonté, mais si on les envoie sur le terrain, il faut qu’ils soient en sécurité », insiste Laurent Ruh, directeur général de RH Propreté, une entreprise installée dans l’Est.

    Ainsi, Philippe Jouanny, le président de la FEP, a écrit une lettre ouverte au gouvernement pour « demander que les entreprises de propreté puissent être incluses dans les métiers dits essentiels au maintien de la salubrité civique et pouvoir ainsi bénéficier des équipements et des moyens de transport en priorité (...) Il est impératif que ces professionnels de l’hygiène et de la désinfection puissent poursuivre leurs activités indispensables à court et moyen termes dans les conditions optimales de protection des agents de service de propreté ».

    Malgré ces conditions difficiles sur le terrain, le secteur ne reçoit que très peu de demandes de droit de retrait de la part des salariés, qui continuent à aller travailler vaille que vaille. « Nos salariés ont des vies difficiles. Ils sont très courageux et savent se mobiliser », reconnaît Aurélie Boileau, qui a mis en place des échanges avec les partenaires sociaux au sein de son entreprise pour informer les équipes.

    Anne-Marie, déléguée syndicale CGT, avance une autre explication : « Le secteur compte beaucoup de #travailleurs_précaires, qui parlent mal le français et ne savent pas se défendre. » De fait, selon les statistiques diffusées par la profession, un salarié sur deux n’a aucun diplôme de formation initiale, un sur trois est de nationalité étrangère, et six sur dix sont à temps partiel. En outre, le quart des fonds de professionnalisation de la branche est consacré à la lutte contre l’illettrisme.

    #premiers_de_corvée

  • Je fais un post séparé pour ces infos hallucinantes, ces mesures du gouvernement destinées à favoriser la grande distribution, les supermarchés côtés en bourse, aux dépends des petits commerces et des marchés où les prix sont plus bas et où s’alimentent les plus pauvres, en région et dans les quartiers pauvres des grandes villes, souvent racisé.es...
    https://seenthis.net/messages/834154
    https://seenthis.net/messages/835682

    Confinement : des restrictions d’ouverture pour les commerces du quartier de Château Rouge, à Paris
    BFM, le 23 mars 2020
    https://www.bfmtv.com/societe/confinement-des-restrictions-d-ouverture-pour-les-commerces-du-quartier-de-ch

    Une mesure visant à favoriser le respect des mesures d’hygiène

    « De nombreux commerces alimentaires disposent d’un étal occupant la totalité de l’espace public sur le trottoir », estime le préfet de police Didier Lallement, et « de nombreux clients provenant de différents quartiers de la capitale et de banlieues parisiennes s’y retrouvent dans un espace confiné. Ce qui aboutit au non-respect des mesures d’hygiène et de distanciation sociale ».

    Les horaires d’ouverture de ces commerces seront également restreints de 8h à 10h et de 14h à 16h

    Les marchés sont fermés ? Les paysans inventent des solutions
    Estelle Dautry et Victor Point, Reporterre, le 25 mars 2020
    https://reporterre.net/Les-marches-sont-fermes-Les-paysans-inventent-des-solutions

    Lundi 23 mars, Édouard Philippe, Premier ministre, a annoncé la fermeture des marchés de plein air.

    Confinement : la préfecture de police restreint les horaires d’ouverture de commerces du quartier de Château Rouge
    France 3 Ile de France, le 26 mars 2020
    https://france3-regions.francetvinfo.fr/paris-ile-de-france/paris/confinement-prefecture-police-restreint-horaires-ouvert

    #favoritisme #discrimination #marchés #supermarchés #racisme #solidarité (manque de) #quartiers_populaires
    #Didier_Lallement #salops #qu'ils_chopent_tous_Ebola

    Voir compile des effets délétères indirects de la pandémie :
    https://seenthis.net/messages/832147

    #coronavirus #travail

  • Limitless Worker Surveillance by Ifeoma Ajunwa, Kate Crawford, Jason Schultz : : SSRN
    https://papers.ssrn.com/sol3/Papers.cfm?abstract_id=2746211

    From the Pinkerton private detectives of the 1850s, to the closed-circuit cameras and email monitoring of the 1990s, to contemporary apps that quantify the productivity of workers, American employers have increasingly sought to track the activities of their employees. Along with economic and technological limits, the law has always been presumed as a constraint on these surveillance activities. Recently, technological advancements in several fields – data analytics, communications capture, (...)

    #algorithme #CCTV #puce #biométrie #génétique #vidéo-surveillance #surveillance #travail

  • Moi, c’est à ce moment-là que j’ai commencé à penser que l’humanité était foutue : l’invention du Sac baguette publicitaire personnalisé
    https://crea-pack.fr/catalogue/sacs-baguettes

    L’annonceur a même oublié le support papier, au profit des réseaux sociaux et des bannières en tous genres sur internet. L’impression papier mort ? Pas tout à fait, car il existe encore des supports que beaucoup d’annonceurs n’abandonneront pas dès lors ou l’on aura toujours autant d’addiction à notre baguette fraiche et croustillante du matin, c’est le sac à baguette personnalisé, ou le sac à pain papier publicitaire, utilisée par les boulangers, quand ils nous remettent leur succulent produit. Il est impossible de manquer ce message publicitaire sur ce type de support. On le lit en retournant à notre voiture, ou quand le pain se retrouve sur notre table pour y être déguster. Dans ce contexte, ces messages liés à ce moment de plaisir, n’en sont que plus décuplés.

    • Au casino à côté de chez moi, la gentille vendeuse qui enfile une à une les baguettes dans leur fourreau papier me demande d’attendre mon tour dehors. On discute en même temps, ah ben non, elle n’a plus de masque, la pharmacie est en pénurie, elle a réussi à avoir quelques gants qu’elle a enfilé avant. Quand j’ai fini mes courses, elle accourt derrière le comptoir, celui-ci est protégé d’un plastique transparent qui tombe du plafond. Elle ne peut décemment changer ses gants à chaque fois, elle passe les produits au scanner, clic clic avec ses gants, un panonceau indique de bien vouloir payer en Carte de crédit sans contact.
      C’est plus sûr.
      #les_sacrifié·es

  • Israël refuse l’entrée de matériel médical à Gaza qui compte 9 cas de coronavirus - Le Desk
    https://mobile.ledesk.ma/live-content/israel-refuse-lentree-de-materiel-medical-gaza-qui-compte-9-cas-de-cor

    L’enclave de Gaza, sous blocus militaire israélien depuis 14 ans déjà, est aussi touchée par la pandémie mondiale de Coronavirus, totalisant pour le moment 9 cas de contaminés avérés. La nouvelle fait craindre une nouvelle crise humanitaire, dans un territoire confiné, économiquement dévasté et où survivent presque 2 millions de Palestiniens, en majorité des enfants.

    L’autorité palestinienne à Ramallah a envoyé du matériel médical dont 500 kits de dépistage en provenance de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), tandis que le Qatar a versé 150 millions de dollars pour le gouvernement de Gaza pour aider à faire face à la pandémie.

    L’interdiction de laisser entrer du matériel médical et humanitaire n’est pas nouvelle, l’importation de technologies susceptibles d’être « à double usage » a restreint l’achat d’équipements, tels que les scanners à rayons X et les radioscopes médicaux.

    S’ajoute la décision de l’administration Trump de suspendre en 2018 le financement américain pour l’UNRWA, l’agence onusienne chargée de l’aide humanitaire en Palestine, affectant les opérations de chirurgie complexes dans les hôpitaux gazaouis.

    « La bande de Gaza possède ainsi uniquement 55 lits en soins intensifs et 50 appareils de réanimation dans tous les hôpitaux de cette région encerclée, car les forces d’occupation israéliennes refusent l’entrée du matériel médical, et les pièces à recharge pour ces appareils » rapporte Ziad Medoukh, universitaire palestinien à Gaza, dans un entretien au site Regards.fr, ajoutant que les coupures d’électricité et le manque de personnels soignants aggravent la crise sanitaire.

    Y compris en période de pandémie de Coronavirus, Israël refuse toujours de lever le blocus militaire, malgré la gravité de la situation. « Nous sommes en train d’observer et de suivre avec beaucoup d’attention l’évolution de cette pandémie mortelle dans le monde entier car, si nous sommes bien sûr solidaires des peuples endeuillés, nous nous disons aussi que, pour la première fois, presque tous les citoyens du monde sont en train de vivre un confinement et un isolement similaire au notre. Pour une fois, le monde vit un événement sur un pied de relative égalité » relève Ziad Medoukh.

    #palestine #gaza #covid-19

  • Listes de #livres mis en #accès_libre par les maisons d’#édition.
    #gratuit

    Éditions La Découverte
    https://editionsladecouverte.fr/art_home/article.php?id=14351

    Dans ces circonstances exceptionnelles, La Découverte a décidé de rendre certains de ses ouvrages accessibles en ligne durant toute la durée du confinement, avec l’accord et l’enthousiasme des auteurs et autrices concerné·e·s. Nous espérons que cela vous permettra de vous occuper mais aussi que cela contribuera à votre réflexion sur l’après et vous permettra de vous projeter dans d’autres horizons.

    Chez soi de Mona Chollet (à lire ici)

    Abondance et liberté du philosophe Pierre Charbonnier (à lire ici)

    Fabuler la fin du monde de Jean-Paul Engélibert (à lire ici)

    L’An 2440 de Louis-Sébastien Mercier (à lire ici)

    * Le droit à la paresse de Paul Lafargue (à lire ici)

    Éditions Amsterdam
    https://fr.calameo.com/accounts/6196393

    Les Briques rouges
    http://www.editionsamsterdam.fr/les-briques-rouges

    Quentin Ravelli
    Les briques rouges
    Dettes, logement et luttes sociales en Espagne

    En Espagne, la brique (ladrillo) est bien davantage qu’un matériau de construction. Elle est l’un des rouages essentiel du capitalisme. Elle est au coeur de la crise de suraccumulation que connait le pays depuis le début des années 2000. Située dans la région de la Sagra en Castille, l’enquête au long cours de Quentin Ravelli, issue d’un documentaire cinématographique, parvient à reconstituer la biographie d’une marchandise ordinaire sur laquelle repose un système entier de domination économique et politique.
    « Pour Angel, la cinquantaine, le choc est ce jour-là violent : il court, nerveux et angoissé, de l’extrudeuse à la “guillotine”, du “piano” au poste de contrôle. Habitué à la tuile, il a dû se reconvertir à la brique en une matinée. Il tremble, il sue, il s’énerve pour un rien. Derrière lui, un enchevêtrement de tapis roulants grincent et crient en acheminant la terre des carrières, tandis que la grosse caisse du mélangeur d’argile, surnommé le “moulin”, pousse des râles graves qui résonnent sous les tôles à chaque passage de la meule. Devant lui, l’extrudeuse ronronne. Sous pression, elle pousse sans fin un gros ruban d’argile chaud et fumant – une brique infinie, un churro géant. »

    Le Propriétaire absent
    http://www.editionsamsterdam.fr/le-proprietaire-absent

    Takiji Kobayashi
    Le propriétaire absent

    À mi-chemin du reportage et du roman, Le Propriétaire absent peint la vie des paysans à Hokkaido dans les années 1920. Partis défricher et coloniser l’île par milliers après son annexion définitive à la fin du XIXe siècle, ces migrants découvrent les duretés de l’exploitation et de la lutte. Dans cet ouvrage, l’auteur livre, par des voies détournées, quelque chose de sa propre expérience et dénonce les abus de la Hokkaidô Takushoku Bank, qui l’emploie alors et qui s’en sépare quand paraît ce roman à charge. Après la publication du
    Bateau-usine, voici un autre ouvrage majeur de la littérature prolétarienne japonaise.

    « Les fabriques de conserves, les bâtiments de l’administration coloniale, les grandes banques, les usines de XX, les canaux, les entrepôts, les parcs, les villas, les automobiles, les bateaux à vapeurs, le quai au charbon… tout ça se mélange, ça hurle comme dans un grand tourbillon. À marcher dans cette ville saturée, on en vient même à douter que quelque part dans ce monde puissent exister des ­paysans tout tordus et couverts de boue. Herbe, montagne, épis, rivières, engrais – c’est ça, un village de paysans ! À ceci près que les habitants d’Otaru, ils n’ont peut-être jamais vu de leurs propres yeux, pas même une fois, un vrai paysan. […] La seule chose, c’est qu’on ne peut plus se laisser avoir éternellement comme des “paysans”. »

    La Petite Ville
    http://www.editionsamsterdam.fr/la-petite-ville

    Éric Chauvier
    La petite ville

    Depuis la fermeture de son abattoir, de sa mine d’or et de ses usines, la petite ville de Saint-Yrieix la Perche, située en Haute Vienne, connaît une déprise démographique et économique. Les mutations du capitalisme ont produit une ville sans qualité. Dans une enquête anthropologique où se mêlent mélancoliquement l’histoire intime du narrateur et l’histoire sociale des habitants de Saint-Yrieix, Éric Chauvier revient sur les traces de son enfance.

    « C’est ici, sur une carte mentale, la mienne probablement, dans un nœud de mémoire, à Saint-Yrieix la Perche, petite ville française du sud du département de la Haute-Vienne, que je suis né (Une nuit de neige et de vent, je m’en souviens comme si c’était hier), le 17 novembre 1971, dans une chambre de la maternité de la ville. Tout au long du xxe siècle naissent en ce lieu des milliers ­d’Arédiens – le nom donné aux habitants de Saint-Yrieix la Perche, étymologiquement référés à Arédius, le saint qui, dit-on, fonda la ville (Ton père était venu à la maternité avec tes grands-parents…). Mais aujourd’hui ce temps est révolu (C’était une nuit très froide), car ce lieu prévu pour donner la vie (Il y avait des congères le long des routes), comme la plupart des usines, comme l’abattoir, comme les magasins du centre-ville, comme les enfants courant dans les rues, criant, riant, explorant ce monde – qui va bientôt disparaître –, a disparu à jamais. »

    #littérature_prolétarienne #sciences_sociales

    Les Liens qui libèrent
    Bullshit Jobs - David Graeber
    https://fr.calameo.com/read/006196667134f1b042fa2

    #travailleurs_exposés (exposés pour leur utilité sociale pas reconnue ou bien pour le seul bénéfice des patrons)

    La Fabrique
    https://lafabrique.fr/offres-epub

    En attendant la réouverture des librairies, La fabrique vous offre 10 livres en téléchargement libre et gratuit.

    Grégoire Chamayou
    Théorie du drone

    Le drone est l’instrument d’une violence à distance, où l’on peut voir sans être vu, toucher sans être touché, ôter des vies sans jamais risquer la sienne. Cette forme de violence télécommandée, […]

    Andreas Malm
    L’anthropocène contre l’histoire

    Du delta du Nil aux cercles polaires, le constat est effrayant : la Terre se réchauffe dans des proportions qui nous mènent aujourd’hui au seuil de la catastrophe. Le concept d’Anthropocène, s’il […]

    Eric Hazan
    La dynamique de la révolte

    Un livre d’histoire ? oui et non. Oui, parce qu’on y parcourt quelque 220 ans d’émeutes, soulèvements, insurrections et révolutions, depuis la prise de la Bastille jusqu’à la chute de Ben Ali […]

    Alain Badiou, Pierre Bourdieu, Judith Butler, Georges Didi-Huberman, Sadri Khiari, Jacques Rancière
    Qu’est-ce qu’un peuple ?

    Peuple, un mot qui implique la disparition de l’État existant ? Populaire, un adjectif à travers lequel les dominés acceptent les conditions les plus défavorables à leur propre langage ? « Nous, le […]

    Mathieu Rigouste
    La domination policière

    La violence policière n’a rien d’accidentel, elle est rationnellement produite et régulée par le dispositif étatique. La théorie et les pratiques de la police française sont profondément enracinées dans le système colonial […]

    Kristin Ross
    L’imaginaire de la Commune

    William Morris, Élisée Reclus, Pierre Kropotkine : ce ne sont pas les premiers noms qui viennent à l’esprit s’agissant de la Commune de Paris. S’ils tiennent dans ce livre un rôle important, […]

    Joëlle Fontaine
    De la résistance à la guerre civile en Grèce

    Platon, Aristote, l’invention de la démocratie : c’est une tout autre image de la Grèce que montre ce livre, celle d’un pays sacrifié et humilié – comme il l’est aujourd’hui. On y […]

    Françoise Vergès
    Un féminisme décolonial

    Dans le débat public, être décolonial est une infamie. Dans les universités, dans les partis de gauche et d’extrême gauche, les syndicats, les associations féministes, partout on traque une « pensée décoloniale » infiltrée […]

    Houria Bouteldja
    Les Blancs, les Juifs et nous

    Ce livre est un cri – pas un cri de guerre, plutôt un cri de paix. Plus exactement, c’est une série de claques alternant avec des caresses. Appliquées à qui ? Aux Blancs […]

    La Révolution russe, une histoire française
    Éric Aunoble
    La Révolution russe, une histoire française

    En France, la révolution russe est devenue un repoussoir, le moment fondateur d’un totalitarisme aussi terrifiant que le nazisme. Elle n’est plus envisagée que sous l’angle de ses victimes, aussi bien dans le […]

    Les éditions Libertalia
    https://www.editionslibertalia.com/blog/epub-et-pdf-en-acces-libre

    Pour vous accompagner pendant le confinement, nous vous offrons les versions numériques de quelques-uns de nos livres.
    D’autres titres s’ajouteront ces prochains jours.
    • Mon histoire, Rosa Parks : epub (540 ko) / pdf (626 ko).
    • Trop classe !, Véronique Decker : epub (214 ko) / pdf (283 ko).
    • Appel à la vie, Raoul Vaneigem : epub (153 ko) / pdf (229 ko).
    • Les Historiens de garde, Blanc, Chéry & Naudin : epub (379 ko) / pdf (545 ko)

    Raisons d’agir
    La Casse du siècle. À propos des réformes de l’hôpital public
    Pierre-André Juven, Frédéric Pierru et Fanny Vincent
    http://www.raisonsdagir-editions.org/wp-content/uploads/Casse_siecle_pages.pdf

  • Employees at a dozen Fortune 500 companies wear digital badges that watch and listen to their every move
    https://www.businessinsider.fr/us/humanyze-badges-watch-and-listen-employees-2016-10

    Data analysis company Humanyze is taking a radical approach to collecting information about how and when colleagues talk to each other. If you’re a business owner or manager, there are some basic questions Ben Waber is pretty sure you won’t know the answer to. Questions like : How much time does the executive team spend with engineering ? How much do the top sales people actually talk with customers ? Knowing the answers to these questions is useful because they highlight where companies (...)

    #Humanyze #capteur #biométrie #comportement #écoutes #mouvement #notation #profiling #travail (...)

    ##géolocalisation

  • This employee ID badge monitors and listens to you at work — except in the bathroom - The Washington Post
    https://www.washingtonpost.com/news/business/wp/2016/09/07/this-employee-badge-knows-not-only-where-you-are-but-whether-you-are

    Do you hog office conversations ? Or not talk enough ? Does your voice squeal ? Do you sit very still at your desk all day ? Or do you fidget under stress ? Where do you go in the office ? How much time do you spend there ? To whom do you talk ? An employee badge can now measure all this and more, all with the goal of giving employers better information to evaluate performance. Think of it as biometrics meets the boss. A Boston company has taken technology developed at MIT and turned it (...)

    #Humanyze #capteur #géolocalisation #écoutes #notation #profiling #surveillance #travail #biométrie #comportement (...)

    ##mouvement

  • Dès qu’un travailleur est malade, ils le jettent à un checkpoint comme un chien
    Suha Arraf, +972 Magazine, le 24 mars 2020
    https://agencemediapalestine.fr/blog/2020/03/27/des-quun-travailleur-est-malade-ils-le-jettent-a-un-checkpoint-

    Qu’arrive-t-il aux Palestiniens qui travaillent en Israël et qui sont soupçonnés d’avoir contracté le nouveau coronavirus ? Sur la base de deux histoires récentes, il apparaît que les autorités israéliennes jettent tout simplement les travailleurs palestiniens malades à un checkpoint en Cisjordanie occupée sans aucun souci pour leur santé et leur sécurité.

    #coronavirus #Palestine #travail #racisme

    Voir compile des effets délétères indirects de la pandémie :
    https://seenthis.net/messages/832147

  • Quand le confinement accroît les inégalités de genre – Université Ouverte
    https://universiteouverte.org/2020/03/28/quand-le-confinement-accroit-les-inegalites-de-genre

    « Les gens qui s’extasient sur le fait que Shakespeare, Newton et Proust ont réalisé leurs plus beaux travaux quand ils étaient en confinement omettent une chose : « aucun d’entre eux ne s’occupait d’enfants ». »
    (Helen Lewis, The Atlantic, « The Coronavirus Is a Disaster for Feminism » , citée par Rebecca Amsellem, Les Glorieuses, 25-03-2020.)

    https://www.theatlantic.com/international/archive/2020/03/feminism-womens-rights-coronavirus-covid19/608302

    Les enseignantes-chercheuses doivent mettre en ligne des cours, les animer par visioconférence, corriger leurs copies, suivre les stages et « en même temps » s’occuper des tâches ménagères et de leurs enfants en mettant en place l’école à la maison.
    Les femmes de l’ESR : empilement des tâches en temps de confinement ?

    Comme le souligne Emilie Biland-Curinier, en tant qu’enseignantes-chercheuses titulaires, nous avons le privilège de pouvoir travailler à distance et de ne pas risquer nos vies, et/ou celles des autres, en allant travailler et en devant faire garder nos enfants. Ce privilège ne nous exempte pourtant pas des difficultés que connaissent de nombreuses salariées ayant « la chance » de travailler à distance et de s’occuper de leurs enfants, comme elles ne sont pas non plus épargnées par l’inégale répartition des tâches domestiques. Car bien sûr, les chercheurs et enseignants-chercheurs sont eux-aussi parfois des pères et ont cette double charge difficile à assumer. Mais l’inégale répartition du temps destiné aux tâches ménagères en période « normale » (2h pour les hommes, 3h36 pour les femmes) et aux soins des enfants (18 min pour les hommes, 36 min pour les femmes c’est-à-dire le double) est loin de se résorber en période de confinement. Et dans une période où la charge familiale consiste aussi à prendre soin des aîné·es (faire les courses, prendre des nouvelles, organiser des rendez-vous téléphoniques) ou des plus fragiles (la petite sœur anxieuse ou la copine médecin que l’on décide de soulager), les femmes sont doublement mise à contribution tant on sait que ce sont elles qui s’occupent de ces tâches d’accompagnement des relations sociales dans le couple, y compris lorsqu’il s’agit de la belle-famille.

  • Le travail invisible derrière le confinement. Capitalisme, genre, racialisation et Covid-19 | Françoise Vergès
    https://www.contretemps.eu/travail-invisible-confinement-capitalisme-genre-racialisation-covid-19

    En France, nous sommes entrés le mardi 24 mars 2020 dans la deuxième semaine de « confinement » décidé par le gouvernement Macron pour faire face à l’épidémie du COVID-19, et déjà cela craque de partout. Je ne reviendrai pas ici sur les demi-vérités, demi-aveux, mensonges par omission, et preuves d’incompétence, d’indifférence, de mépris par le gouvernement amplement dénoncées et analysées dans les médias et sur les réseaux sociaux. Ce travail d’étude et d’analyse n’est pas terminé ; il doit se poursuivre et s’avère bien plus important – car il nourrit les luttes à venir – que toutes les déclarations sous forme d’oracles (« rien ne sera plus comme avant », « il faudra que… ») ou que toutes les remarques et réflexions sur le confinement comme moment de retour sur soi ou de redécouverte de joies simples. Source : (...)

  • Bosses Panic-Buy Spy Software to Keep Tabs on Remote Workers - Bloomberg
    https://www.bloomberg.com/news/features/2020-03-27/bosses-panic-buy-spy-software-to-keep-tabs-on-remote-workers

    Phones are ringing off the hook at companies providing a bit of Big Brother.

    The email came from the boss.

    We’re watching you, it told Axos Financial Inc. employees working from home. We’re capturing your keystrokes. We’re logging the websites you visit. Every 10 minutes or so, we’re taking a screen shot.

    #algorithme #vidéo-surveillance #surveillance #travail #spyware

  • PCHR Condemns Israeli Authorities Discriminatory Treatment of Palestinian Workers Suspected with Coronavirus
    28 mars 2020 – Palestinian Centre for Human Rights
    https://www.pchrgaza.org/en/?p=14353

    The Palestinian Centre for Human Rights strongly condemns the Israeli occupation authorities’ discriminatory and unethical treatment towards Palestinian workers in Israel, by dumping workers suspected with coronavirus symptoms in the West Bank at checkpoints and seam points within the Annexation Wall that separates Israel and the West Bank without providing them with proper medical help or checkup and without coordination with the concerned Palestinian authorities in order to allow the latter to attend to them as per the medical protocol put in place by the Palestinian Authority (PA) to combat the spread of COVID-19 in the West Bank.

    According to PCHR follow-up, since the early morning hours on Tuesday, 24 March 2020, Israeli authorities threw out thousands of Palestinians who work in Israel into West Bank cities via checkpoints and seam points at the Annexation Wall. The workers were left at Hizma checkpoint, northeast of occupied East Jerusalem; checkpoint (300), southeast of occupied East Jerusalem; Tarqumiyia checkpoint, northwest of Hebron; Metar Crossing, south of Hebron; Beit Sira checkpoint in Ramallah; Araiel checkpoint, north of Salfit; Hawarah checkpoint, southeast of Nablus; Jabara checkpoint, south of Tulkam; Barta’a checkpoint, southwest of Jenin; and al-Jamla checkpoint, north of Jenin.

    Several workers gave their testimonies to PCHR and indicated that they went to their workplace after their employers had promised to guarantee them shelter for 2 months, a safe work environment and to not have them sent back to the West Bank due to the restrictions on movement enforced by the state of emergency. They added that upon their arrival to their workplaces they were kept in inadequate and unsanitary housing conditions amidst the Coronavirus outbreak in Israel and in areas were high number of COVID-19 cases were reported. After some workers showed signs of illness and coronavirus symptoms, Israeli employers informed the Israeli authorities who deported the workers to the West Bank. (...)

  • En #confinement : les précaires de l’#ESR encore plus précaires… et en colère !

    Enseignant·es et chercheur·ses précaires, nous nous mobilisons depuis le 5 décembre, aux côtés de nombreux autres secteurs en lutte, pour la défense de nos services publics et de nos solidarités, au premier rang desquelles la retraite par répartition.

    Le 5 mars, nous nous sommes mis massivement en grève car nous sommes confronté·es à la pauvreté ; à l’incertitude professionnelle, qui rejaillit sur notre vie privée ; à l’invisibilisation et à la déconsidération de notre travail. Cette précarité nous la connaissons que nous soyons vacataires, contractuel·les, auto-entrepreneur·ses, doctorant·es non financé·es et docteur·es sans postes, chômeur·ses ou au RSA – quand nous sommes de nationalité française et que nous pouvons effectivement accéder aux droits sociaux afférents. Nous sommes plus de 130 000 vacataires payé·es en-dessous du SMIC, avec plusieurs mois, parfois plusieurs années de retard. Ce sont plus de 30% des enseignant·es-chercheur·es et plus de 40% des travailleur·ses BIATSS et IT de l’université qui sont condamné·es à la précarité par une politique de sous-financement chronique du service public de l’enseignement supérieur et de la recherche (ESR) et de destruction des postes de titulaires.

    Aujourd’hui, la crise sanitaire révèle à nouveau les effets dramatiques de la casse des services publics et des systèmes de solidarité, en même temps que leur importance vitale. Alors que la pandémie frappe si durement nos aîné·es et les plus précaires, les travailleur·ses de la santé, mais aussi les postièr·es, les éboueur·ses, les cheminot·es et conducteur·trices de bus, sont soudainement jugé·es « personnels nécessaires » et envoyé·es « au front » sans les protections adapté·es, tandis que leurs chef·fes restent bien à l’abri dans leurs propriétés secondaires. Les pénuries récentes de main d’oeuvre dans les secteurs agricoles et de la grande distribution nous rappellent par ailleurs combien agriculteur·trices, caissièr·es, routièr·es et manutentionnaires, livreur·ses et coursièr·es, sont également au service du plus grand nombre et indispensables à la reproduction de la société, bien que le patronat ne cesse de tenter de s’en dispenser. Là où la destruction du droit du travail a frappé les secteurs de la distribution, elle a aussi contribué à la destruction de nos liens sociaux vitaux.

    Si nous ne sommes pas parmi les plus exposé·es – desquel·les nous nous déclarons entièrement solidaires sans être capables, aujourd’hui, d’interrompre la folie productiviste de nos gouvernant·es – la crise que nous traversons montre également les conséquences de la précarité dans l’enseignement et la recherche, qui frappe plus durement encore les plus discriminé·es et les plus isolé·es, et qu’il n’est plus possible d’ignorer.

    Le confinement, lorsqu’on est précaire, ce n’est pas un spleen sur les bourgeons qui peinent à éclore. Le confinement, lorsqu’on est précaire, c’est être cloîtré·e, parfois avec des enfants, dans quelques mètres carrés souvent insalubres, et dès lors plus vulnérables à la contagion. C’est s’arranger avec ses voisin·es de palier pour « sécuriser » au mieux le partage des toilettes. C’est s’évader un moment en imaginant les mille et unes recettes de pâtes qu’on n’aurait pas encore testées, avant de se demander si et comment on pourra se les payer. C’est être seul·e, ou au contraire, trop nombreux·ses, face à l’angoisse de la précarité, que l’incertitude générale dans laquelle nous sommes tou·tes plongé·es aujourd’hui prolonge et renforce douloureusement.

    Car en effet, la crise sanitaire du COVID-19 et le nécessaire confinement qui s’ensuit, en plus de fonctionner comme des révélateurs de la précarité, l’aggravent.

    Nous sommes aujourd’hui dans l’incapacité de poursuivre normalement nos activités. Outre l’impossibilité d’assurer nos enseignements, de réaliser nos recherches, nos expériences, nos enquêtes et nos analyses, en situation de confinement, nous ne pouvons pas continuer à produire comme si de rien n’était. Le savoir et la transmission sont affaires de temps, affaires de travail collectif, d’échanges et de rencontres, de discussions et de lectures. Impossible dans ce contexte anxiogène, et face à l’urgence de se soigner et de prendre soin des autres, de produire de la connaissance. Impossible également d’enseigner et d’accompagner des étudiant·es qui, dans leur grande majorité, ne mettent temporairement plus leurs études dans leurs priorités parce qu’ils doivent survivre, et contribuer à faire (sur)vivre leurs proches. Et sommes-nous devenu·es nous si interchangeables que notre absence devant les étudiant·es n’ait aucune conséquence ? Or, face cette situation, que nous partageons avec nos collègues titulaires, nous sommes renvoyé·es de plein fouet à nos statuts précaires et à l’absence totale de garanties et de protections qu’ils impliquent.

    Vacataires d’enseignement, nous sommes soumis·es à des injonctions irréalistes de « continuité pédagogique », qui creusent les inégalités entre étudiant·es et entre enseignant·es, souvent dépourvu·es du matériel nécessaire, occupé·es pour certain·es, généralement les femmes, au travail de care, confronté·es pour d’autres, en particulier les étranger·es, à un isolement rendu plus difficile par l’éloignement familial. Nous ne savions déjà pas quand nous allions être payé·es : désormais, nous ne savons même plus si nous le serons, encore moins quand, ni même combien. Doctorant·es et post-doctorant·es, nous voyons les bourses de recherche que nous avions obtenues, au prix de mois entiers de candidatures et de travail gratuit être, suspendues, sans même savoir si elles seront repoussées ou tout bonnement annulées. Enfin, pour faire vivre un système public d’enseignement et de recherche qui ne nous permet pas de vivre, nombre d’entre nous ont recours à des emplois précaires hors de l’ESR, déclarés ou non, aujourd’hui perdus ou rendus inaccessibles. Celles et ceux qui ont (encore) des contrats de travail, déjà systématiquement trop courts face à la charge de travail à réaliser, ou des allocations de chômage, voient le temps défiler sans qu’aucune mesure ne soit prise pour prolonger la durée des versements au vu de l’arrêt des activités.

    Les annonces de mesures d’urgence de Macron ne nous prennent pas en compte, comme elles ne prennent pas en compte nos étudiant·es. Elles s’adressent aux actionnaires et aux institutions financières qu’il s’agit de rassurer à tout prix afin d’éviter un effondrement boursier généralisé, et laissent de côté l’immense majorité de la population.

    Si la précarité qui nous est imposée se fait donc encore plus violente en cette période de crise sanitaire, elle n’entame pas notre détermination. Partout la solidarité s’organise et les collectifs se mettent en mouvement. En quelques heures, nous avons recueilli plus de 1700 soutiens pour demander un report des candidatures aux (rares) postes de maître·sses de conférence. Cette victoire, urgente et nécessaire, ne sera pas la dernière. Les précaires continuent à se réunir, même à distance.

    Que nous soyons enseignant·es et chercheur·es précaires, étudiant·es, BIAT·O·SS et IT·A, retrouvons nous nombreux·ses à la prochaine AG des précaires de l’ESR, ce vendredi 27 mars après-midi à 15h sur Discord, pour échanger, s’informer des situations des un·es et des autres et réfléchir aux solutions d’entraide à mettre en place mais aussi aux revendications urgentes que nous porterons dans un tel contexte.

    Continuons à organiser la lutte et la solidarité, au sein des universités et aux côtés des autres secteurs mobilisés, en cette période qui appelle plus que jamais au renforcement de nos solidarités !

    Aujourd’hui plus encore qu’hier, nous sommes précaires, nous sommes déter et nous sommes en #colère.

    Des précaires mobilisé·es.

    https://universiteouverte.org/2020/03/26/en-confinement-les-precaires-de-lesr-encore-plus-precaires-et-en-
    #enseignement_supérieur #université #fac #facs #précarité #coronavirus #travail

  • Coronavirus : L’état d’urgence sanitaire ouvre des brèches dans l’Etat de droit
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/03/28/coronavirus-l-etat-d-urgence-sanitaire-ouvre-des-breches-dans-l-etat-de-droi

    La Constitution n’est pas suspendue, mais on peut y déroger en raison des circonstances liées à la crise du Covid-19. C’est le raisonnement …

  • Chez moi hors de moi
    Lor Zevan (statut FB, 28 mars 2020)

    J’attends de la revoir. Je n’applaudis pas les soignants tous les soirs à 20h. Le spectacle de l’hôpital en ce moment me donne envie de hurler, pas d’applaudir. Je suis subjective, là ? Je serai objective quand je serai un objet. Pour le moment je suis sujette à la peur et à la colère. Ma fille est parmi les soignants dans un hôpital public qui naufrage « grâce » à nos bons maîtres. Je n’ai pas envie d’applaudir. Les soignants ne sont pas des héros. Ils travaillent. Dans l’enfer où on les a mis, ils font leur travail. Ils ne veulent ni mourir ni laisser mourir. Depuis deux ans, ils sont dans la rue pour dire la détresse et le danger de l’hôpital « managé », l’hôpital à conférences budgétaires, l’hôpital amputé de lits, de matériel, de personnel pour accueillir et soigner tout le monde, l’hôpital à faire fric mais à salaires minables, l’hôpital amputé de sa vocation à soigner et faire vivre.

    Chez moi hors de moi. Si je branlais des hashtags je dirais ça. Chez moi hors de moi. Deux êtres que je chéris sont parmi les soignants : un médecin et une infirmière. L’ infirmière, c’est ma fille. Je n’applaudis pas les soignants tous les soirs à vingt heures à ma fenêtre. J’ai envie de hurler pas d’applaudir. Je ne dors pas et, dans la nuit, j’ai peur et je veux parler d’elle, un peu. Ma fille, voyez vous, est une jeune-femme remarquable. Elle est née artiste et, dès l’enfance, elle nous a cloué le bec en dessinant le monde d’un trait. Attentive et attentionnée. Rien, du vivant, ne lui échappe. Elle est comme ça. Magique. Attentive et attentionnée. Elle aime la vie, elle aime la protéger, l’embellir, la préserver, la soigner. Elle est diplômée en arts appliqués, bien, mais avec ou sans diplômes, elle est artiste et, en plus, elle est devenue une adulte d’une rare gentillesse. La vraie gentillesse, celle qui est une force. Rare. Un jour, elle a changé de cap. Pas facile. Elle l’a fait. Ma fille, aujourd hui, depuis un an, est infirmière en chirurgie. Ma fille est infirmière et j’ai peur. J’ai peur.
    J’attends de la revoir. Je n’applaudis pas les soignants tous les soirs à 20h. Le spectacle de l’hôpital en ce moment me donne envie de hurler, pas d’applaudir. Je suis subjective, là ? Je serai objective quand je serai un objet. Pour le moment je suis sujette à la peur et à la colère. Ma fille est parmi les soignants dans un hôpital public qui naufrage « grâce » à nos bons maîtres. Je n’ai pas envie d’applaudir. Les soignants ne sont pas des héros. Ils travaillent. Dans l’enfer où on les a mis, ils font leur travail. Ils ne veulent ni mourir ni laisser mourir. Depuis deux ans, ils sont dans la rue pour dire la détresse et le danger de l’hôpital « managé », l’hôpital à conférences budgétaires, l’hôpital amputé de lits, de matériel, de personnel pour accueillir et soigner tout le monde, l’hôpital à faire fric mais à salaires minables, l’hopital amputé de sa vocation à soigner et faire vivre. Les soignants crient depuis des mois : « Nous devons retrouver un hôpital humain. » Personne ne les a écoutés. Dans l’hôpital délabré, ils étaient là. Ils ont dit. Personne n’a applaudi, ni compris, ni agi. Aujourd’hui, en plein fléau, dans l’hôpital carrément naufragé, ils sont toujours là. Comme avant. Quand ça allait très mal mais pas pour tout le monde, on n’écoutait pas. Quand ça va très mal mais pour tout le monde, là on applaudit. Qu ’est-ce qui fait applaudir aujourd’hui ? La prise de conscience d’un danger dont on se croyait préservé mais qui déborde ? La peur d’être touché aussi ? C’est le nombril de quelle angoisse personnelle qui applaudit tous les soirs à 20 heures ? L’hopital débordé, ça fait des mois que les soignants le crient partout où ils peuvent. Les soignants ne sont pas des héros. Le héros étouffe l’ humain. Le héros, on l’applaudit et on l’oublie. Le héros est éjecté de l’humain. Je n’ai pas mis au monde une héroïne. Je n’ai pas mis au monde un sacrifice sur pattes. Ma fille est infirmière. Elle travaille à l’hôpital public. Elle a choisi l’hôpital public. Elle travaille. Elle ne se sacrifie pas. Elle travaille. Elle fait très bien son métier et, comme tous les soignants, et tous les malades, elle est mise en danger par le contexte de ce travail, hôpital délabré par des choix politiques délibérés, dans l’indifférence générale jusqu’à présent.
    Ce métier, elle l’a choisi pour sa dimension humaine. Elle est comme ça. Je n’applaudis pas, je l’aime infiniment. D’être si vraie, si vivante. Ça fait grandir encore. Ma fille me fait grandir encore. Je n’applaudis pas. Seul, le silence peut.
    Quand mes enfants étaient petits, souvent me revenait une phrase entendue dans un film de Théo Angelopoulos, « l’Apiculteur ». Une scène dans laquelle, autour d’un nouveau-né, chacun y va de sa prophétie « Il sera roi, il sera acteur, il sera un génie, un héros ! » et l’apiculteur les arrête d’une voix douce : « S’il vous plait, si vous devez lui apprendre une seule chose, apprenez-lui à être comme tout le monde. » J’ai essayé d’ apprendre, ça, à mes enfants, être comme tout le monde. Ça ne veut pas dire faire ou avoir les mêmes choses. Ça veut dire être. Comme tout le monde. C’est-à-dire essayer de retrouver encore et toujours, n’importe quand, n’ importe où, en n’importe qui, le chemin de l’humain en soi-même et dans les autres. Ne pas perdre le code du vivant. Ce n’ est pas si facile. Surtout dans un monde où certains expliquent à d’autres qu’il y a des gens qui réussissent et des gens qui ne sont rien. Et qui reviennent, un jour de grand désastre, dire « Je compte sur vous. » Y compris sur ceux-là qui « ne sont rien » ? Oui. Simplement parce qu’il n y a pas de gens qui ne sont rien. Parce que chacun est tout et rien. Tout le monde est tout et rien. Nous le mesurons en ce moment.
    Le monde n a pas besoin de héros. Le monde a besoin d’humanisme et d’honnêteté. Et ça ira.

    Lor Zevan

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