• PIANA DI GIOIA TAURO: GLI INSEDIAMENTI DELL’ESCLUSIONE. Non solo precarietà abitativa, ma il punto di approdo di chi resta fuori dai diritti

    Per il tredicesimo anno consecutivo, Medici per i Diritti Umani (MEDU) è intervenuta nella Piana di Gioia Tauro, garantendo nei mesi di gennaio e febbraio 2026 supporto socio-legale e orientamento sanitario ai braccianti che vivono nel campo container di Contrada Russo e nella Tendopoli di San Ferdinando.

    Sono state prese in carico 40 persone regolarmente soggiornanti, provenienti da diversi Paesi dell’Africa occidentale. Il 70% vive stabilmente in Italia da oltre tre anni e si sposta stagionalmente seguendo i cicli agricoli. Trenta erano già state supportate negli anni precedenti: un dato che conferma la cronicizzazione della marginalità abitativa e lavorativa.

    La paga media dichiarata è di circa 50 euro al giorno. Si registra un maggiore ricorso a contratti formali, ma restano diffusi contratti brevi e giornate non registrate. Le giornate in busta paga (12–20 al mese) raramente coincidono con quelle effettivamente lavorate. La stagione agrumicola è stata inoltre più breve e meno favorevole, anche a causa della ridotta resa produttiva legata alla siccità dell’anno precedente.

    La Tendopoli ha ospitato quest’anno in media circa 500 persone, mentre in passato è arrivata a ospitarne fino a 1.200. Una soluzione nata come temporanea è divenuta uno spazio di marginalità permanente. Servizi igienici deteriorati, assenza di illuminazione, accumulo e combustione di rifiuti, tende usurate e mancanza di misure di sicurezza rendono le condizioni di vita gravemente inadeguate.

    Nella giornata di martedi ancora un campanello di allarme: un incendio ha coinvolto due tende e si è reso necessario il trasporto in ospedale di un giovane residente. Negli anni scorsi, roghi analoghi hanno già provocato vittime all’interno dell’insediamento. Non si tratta di fatalità, ma dell’esito prevedibile di condizioni strutturalmente insicure.

    Si registra inoltre un aumento della presenza di persone con dipendenze, di cittadini stranieri con disagio psichico e di lavoratori segnati dal fallimento del Decreto Flussi: persone entrate regolarmente in Italia ma rimaste escluse dalla procedura di assunzione e dalla regolarizzazione, precipitate in una condizione di invisibilità istituzionale.

    Gli insediamenti della Piana non sono soltanto spazi di precarietà abitativa: rappresentano il punto di approdo di chi resta fuori dai meccanismi formali di accesso ai diritti.

    MEDU torna a chiedere alle istituzioni interventi essenziali e non più rinviabili: il superamento dell’approccio emergenziale con un piano strutturale di accoglienza diffusa; la garanzia effettiva dell’accesso a residenza, codice fiscale e assistenza sanitaria; controlli efficaci lungo tutta la filiera agricola; una revisione profonda del Decreto Flussi per evitare che produca nuova esclusione.

    Finché la risposta resterà temporanea, la marginalità continuerà a riprodursi, lasciando centinaia di lavoratori intrappolati tra precarietà abitativa e ricattabilità lavorativa.

    https://mediciperidirittiumani.org/piana-di-gioia-tauro-gli-insediamenti-dellesclusione
    #Gioia_Tauro #Piana_di_Gioia_Tauro #rapport #Medu #logement #baraccopoli #containers #travailleurs_étrangers #conditions_de_vie #encampement #tendopoli #San_Ferdinando #marginalisation #travailleurs_saisonniers #agriculture #Italie #Calabre

  • Marx va avoir raison (IA et lutte des classes) | Frédéric Lordon
    https://blog.mondediplo.net/marx-va-avoir-raison-ia-et-lutte-des-classes

    On croyait qu’il s’était trompé. Marx va avoir raison. Pas tout à fait comme il pensait dans le détail, mais dans l’idée générale quand même.

    L’idée générale : le développement des forces productives engendre une modification des rapports de production qui les accompagnent, jusqu’au point d’une mise en contradiction insoluble dans le cadre du mode de production en place. Annonce d’une crise terminale totalement endogène puisque le capitalisme produit lui-même les tensions internes, qu’il rattrape un temps à coup de remaniements historiques, mais qu’il finit, passé un certain seuil, par ne plus pouvoir accommoder. Dans le long terme, le capitalisme creuse sa propre tombe — on appelle ça « la dialectique ».

    Le détail : le passage par les stades successifs de la manufacture, de la fabrique et de la grande industrie conduit à d’énormes concentrations ouvrières dans les lieux de la production. On ne rassemble pas impunément de telles masses exploitées, opprimées, au lieu même de leur oppression. Les ouvriers se parlent, prennent conscience — des choses —, forment une conscience — de classe —, s’organisent. Une force énorme se constitue, qui surmonte la déréliction du travailleur seul sur le « marché du travail » — forcément défait dans le face-à-face inégal avec le capital. Dans le bagne usinier, le capital produit lui-même son ennemi mortel, ses jours sont comptés.

    À ceci près qu’un siècle et demi plus tard, on en est toujours à les compter. La première montée révolutionnaire, celle du début du XXe siècle, qui correspond à un degré critique d’organisation ouvrière, est réduite par la répression et le fascisme. La seconde, en sortie de 2e guerre, est anesthésiée par l’entrée dans la consommation de masse : diffusion large du niveau de développement matériel, sortie du prolétariat de l’état de misère — et l’on découvre de nouvelles armes du capitalisme qu’on n’avait pas soupçonnées : les salariés ne sont plus uniquement tenus par l’aiguillon de la faim mais par des voies sucrées autrement pernicieuses. Alors l’aliénation n’en finit plus de s’approfondir. Quelques décennies plus tard : avion, téléphone portable, réseaux sociaux, séries, dans le même temps où le capitalisme restructure en profondeur ses rapports de production après que le succès industriel du fordisme lui a fait entrevoir à nouveau le péril des masses ouvrières concentrées : automatisation, robotisation, délocalisation, précarisation, atomisation.

    On pouvait — on devait — continuer à être marxiste, mais pas à croire à cette première dialectique. Il a fallu regarder ailleurs pour discerner de nouvelles potentialités de renversement endogène. Par exemple du côté de l’écocide. Le capitalisme détruit les conditions de la vie humaine sur Terre. Le lien causal ne fait pas encore l’objet d’une conscience très largement partagée, mais ça viendra. Car les effets sont d’une ampleur croissante, impossibles à cacher, et rien ne stimule la production des idées comme l’aiguillon (cette fois) de l’angoisse — et le barrage du capitalisme vert, de la transition et des pistes cyclables aura du mal à l’endiguer.

    Mais ça va prendre du temps. Le temps des pistes cyclables donc, celui des intellectuels retardataires et retardateurs aussi, celui des renoncements enfin. Car il va falloir beaucoup renoncer : avion, téléphone portable, réseaux sociaux, séries, donc. Nous ne sommes pas prêts. Jean-Marc Jancovici explique à Léa Salamé qu’il faudra en venir à un quota de trois ou quatre vols long courrier pour toute la vie, Salamé répond que trois-quatre par an, c’est quasiment la dictature — son cerveau n’était pas prêt, n’a pas reçu l’information, ne pouvait pas la recevoir. Bien sûr, c’est Léa Salamé, c’est-à-dire comme un mètre-étalon de la bêtise journalistique, déposé à Radio-France plutôt qu’au Pavillon de Breteuil à Sèvres, mais l’idée est la même — et les conditions de conservation aussi satisfaisantes. Le problème étant ici que, pour l’heure, l’étalon donne assez bien la mesure en vigueur dans la plus grande partie de la population. Faire renoncer, mettre en rapport l’évitement de l’écocide, la nécessité vitale de renoncer et l’impératif de sortir du capitalisme : ce sera la grande tâche politique du futur (commence maintenant). Autant dire que l’issue de la course de vitesse est incertaine — il suffit de se demander ce que sont les vitesses comparées de l’écocide capitaliste et de l’idée renonçante dans les esprits. On a déjà vu des compétitions mieux engagées. Peu importe, on courra quand même, parce qu’on n’a pas le choix de ne pas courir...

    • Grande leçon matérialiste : les formes de la conscience sont données par les conditions de l’existence. Or voilà que les conditions d’existence de la bourgeoisie du Bien s’apprêtent à de grands bouleversements. Elle va savoir ce que c’est que de se retrouver du jour au lendemain renvoyée non seulement à l’inactivité mais au sentiment dissolvant de l’inutilité. Elle va connaître l’expérience qui lui indifférait au plus haut point, l’expérience des « autres » de l’intérieur, charrettes à plans sociaux, à délocalisation, à downsizing et « rationalisation » — l’expérience des dispensables. Par pans entiers, la « bourgeoisie créative », qui se croyait si importante, si centrale, et si peu concernée, est en train de devenir dispensable.

      Abandonné par ses maîtres (le bloc bourgeois dispensable)

      L’explosion des capacités de l’IA, l’ampleur du déclassement qui va s’en suivre, vont révolutionner le paysage de classes comme aucun marxisme arrêté sur « la classe ouvrière sujet de l’histoire » n’aurait pu l’imaginer. Pas davantage d’ailleurs qu’une sociologie politique du « peuple des réseaux » comme celle de la FI. Ça n’est ni dans l’exclusivisme ouvriériste, ni dans une nouvelle classe réticulaire que « ça » se passe — « ça » : la formation des forces de rupture. Non pas, du reste, que tout ne puisse se rejoindre dans la marmite car, oui, il reste des bastions ouvriers combatifs, et oui, il y a des ségrégés des réseaux — des forces potentielles. Mais l’essentiel est en train de se former ailleurs : dans la démolition méthodique par le capitalisme même de son propre bloc de soutien. Celui dont le caractère sociologiquement minoritaire a toujours été compensé par le caractère symboliquement majoritaire : professions « intellectuelles », ayant droit à la parole, ayant accès à l’expression publique, ayant assurance de la considération et de la sur-représentation dans l’espace des médias, tout autant celui du cinéma, qui n’a d’yeux que pour sa propre classe, n’a d’intérêt que pour ses propres vies.

      Or voilà que dans cette classe, sans doute composite, bientôt on ne comptera plus les jetés sur la grève. Cruauté des illusions perdues. Tous ces gens ne trouvaient rien à redire parce tout leur était aimable, tout leur semblait fait pour eux. Mieux, tout leur était promis. Promesse évidemment fausse pour bon nombre d’entre eux, cadres moyens-sup qui se vivaient en fantasme comme « en étant » — puisque telle est la vraie question de la sociologie politique : non pas « être ou ne pas être », mais « en être ou ne pas en être ». Et tant pis si « en être » est remis à un horizon tellement indéfini que la retraite sera venue avant — les fantasmes de grandeur sociale ne désarment pas, même devant les verdicts du réel, même devant les statistiques qui les vouaient dès le départ à l’échec. Force de la subjectivité individualiste : « je sais bien, mais moi j’y arriverai ». Raté mon vieux, tu n’y arriveras pas. À ceci près désormais que, là où tu pouvais couler une retraite paisible en imagination continuée, tu vas te retrouver éjecté par une machine, et tout l’environnement saura te faire éprouver très fort le sentiment de ta nullité — de ta nullité dispensable. Car il ne faut pas s’y tromper : des gisements de productivité et de cost-killing aussi colossaux, le capitalisme à dominante financière va s’y ruer comme jamais il ne s’est rué. Aveuglément, écume à la bouche.

      La voilà alors la nouvelle dialectique, celle à laquelle Marx ne pouvait pas penser, plus réelle et plus prometteuse que l’autre, la dialectique du développement des forces productives tordant endogènement les rapports de production jusqu’à un point critique, mais dans sa forme contemporaine : la dialectique du bloc bourgeois dispensable.

      La question reste entière de savoir qu’en faire. Bien sûr, il y a déjà tous les divergents, qui n’avaient pas attendu l’IA pour se mettre en chemin, cadres à la BPI clandestinement communistes (et pas au sens du PCF…), dégoûtés de l’entreprise, étudiants saboteurs de cérémonie de diplômes, jeunes embauchés décidés à partir, polytechniciens alternatifs, auteurices et artistes en rébellion contre les institutions de leur champ, réalisatrices antifascistes fauchées, producteurs indépendants pas plus riches mais qui tiennent la ligne. Eux savent déjà où ils sont, où ils vont, et ce qu’ils ont à faire. Mais il y a tout le reste — disons-le sans ambages : troupeau d’imbéciles politiques, bataillons du macronisme, du socialisme ou de l’écologie parisienne. Car évidemment, la plupart de ces gens n’avaient jamais éprouvé la moindre raison de réfléchir un peu puisque leur condition les en dispensait, par défaut robinets à poncifs hégémoniques caparaçonnés de certitude intellectuelle — dont le discours privé était déjà à la portée d’une IA débutante, simplement capable de compiler des grumeaux de presse mainstream. Il suffit d’avoir une conversation avec un banquier, un journaliste ou mieux encore un artiste contemporain pour éprouver le vertige du bathyscaphe dans la grande fosse des Mariannes.

      Mais il y a pire : leur individualisme sans rivage, qui les rend incapables d’action collective au-delà d’un « Team building » ou d’un « Happy hour » d’« After work ». La classe ouvrière de Marx avait pour elle son unité de lieu et sa concentration en masse. Rien de tout ça n’est disponible ici. L’atomisation, qui plus est vécue comme joyeusement concurrentielle, est la condition objective de cette classe — et le passage au « pour-soi » s’annonce laborieux. En fait il n’a aucune chance de se faire tout seul. Il va falloir leur parler — pas comme ça, sans doute. Mais il va falloir leur parler — pour les sortir de leur état de légumes politiques. Il paraît qu’il faut parler aux plantes, ça les aide à grandir – enfin, c’est ce qu’on dit.

      Prendre en charge un nouvel état du monde social, un affect collectif confus, mais promis à se répandre comme une marée noire, le prendre en charge pour le rendre réellement commun, puis pour le mettre en forme et le construire politiquement, c’est la tâche des organisations. On regarde le côté de l’offre, et le tour d’horizon est vite fait. Soit des partis communistes révolutionnaires, indispensables, mais à faible surface, souvent immobilisés dans une orientation, et surtout une langue, ouvriéristes, qui rendent difficile une rencontre de classe hétérogène. Soit la FI, mouvement d’importance, déjà bien ancré dans la bourgeoisie moyenne intellectuelle et culturelle, dont elle est en fait une émanation, dont elle a déjà l’habitus, dont elle partage les manières de parler. Ici une rencontre, une construction sont possibles. « Vous y avez cru ; vous vous êtes fait rouler ; ce système qui vous a fait marcher est impitoyable, nous savions que d’une manière ou d’une autre il vous viendrait dessus, voilà c’est fait ; abandonnez toute espérance – ou plutôt changez-en ! »

      Frédéric Lordon

    • Dialectique de l’IA

      Sauf que voilà du nouveau, du qu’on n’avait pas vu venir. L’IA, l’Intelligence artificielle. « Du lourd est en train d’arriver ». C’est Matt Shumer qui parle — créateur et patron de OthersideAI. De tous côtés, le papier est dit « viral » — il n’est pas sûr que ce soit un compliment, plutôt la suggestion qu’ayant séduit trop d’analphabètes, il perd beaucoup de sa distinction. En matière de distinction, on n’en remontrera pas aux petits marquis de Grand Continent. Qui diffusent à leur tour mais en faisant les entendus, et avec quelques commentaires d’une technicité blasée — ils en sont. Être blasé, règle n° 1 : ne pas céder aux alarmismes à grande audience, les moquer comme tels avec condescendance, laisser les paniques au vulgaire.

      Il faut bien avouer que dans le texte de Shumer, le vulgaire a de quoi se faire du mouron. Le vulgaire, s’entendre : du vulgaire déjà haut de gamme. Car Shumer annonce à une tranche considérable de cadres, et même des supérieurs, qu’ils vont bientôt avoir à faire leurs cartons : rendus dispensables. Il le dit de première main puisqu’il se voit lui-même déclassé par ses propres produits, en tout cas dans le registre de son activité proprement technique. C’est que désormais l’IA s’auto-engendre — s’auto-code. Gunther Teubner, un étonnant juriste et sociologue du droit allemand, avait trouvé un mot à coucher dehors pour désigner ce moment critique où un processus s’affranchit de ses conditions initiales, et notamment de ses créateurs originels, pour s’autonomiser, croître endogènement, et finir par dominer ses promoteurs mêmes : « take-off autopoïétique », dit-il. L’IA, semble-t-il, connait donc son take-off autopoïétique : elle s’écrit toute seule.

      Régis Portalez est un polytechnicien bizarre, qui a additionné l’X non pas des Mines ou des Ponts mais d’une certification de soudeur. Il s’est retiré à la campagne pour faire des tours de potier, mais continue de coder sur les bords parce qu’il faut bien vivre. Et lui aussi voit venir du lourd : « il y a six mois peut être, je croyais l’IA à peine capable de remplacer les tâches subalternes qu’un junior confie au stagiaire (…) Et puis il y a deux semaines, j’ai demandé à l’une d’entre elles d’écrire entièrement un programme que j’envisageais de mettre un jour et demi à écrire (…) Une tâche libre, donc entre guillemets créative, mais très contrainte par la technique. En une minute trente à peine, j’avais un code qui compile et qui s’exécute, testé, documenté et fonctionnel ».

      Grand Continent fait une moue chichiteuse : pas de généralisation hâtive, pas d’extrapolation linéaire, coder est une activité très spécifique, par nature disposée à la formalisation, donc à une prise en charge IA. Les codeurs font du foin parce que d’une certaine manière ils étaient voués à se trouver en première ligne quand débarquerait l’IA « créative » — et ces ballots n’y avaient pas pensé. Les voilà donc à écrire des textes tout « viraux » d’inquiétude.

      Shumer a beau coder, il n’en a pas moins un ersatz de vie sociale. Comprendre : il a des « connaissances » qui ne codent pas. Des avocats d’affaire par exemple — comme tout le monde. Or l’ami avocat d’affaire commence à mesurer l’ampleur des dégâts : « C’est comme avoir une armée de collaborateurs immédiatement disponible ». Et l’ami de s’aviser que « sous peu, l’IA sera capable de faire la plupart des choses qu’il fait ». Suit une liste des professions alignées : développeurs et conseil juridique, donc. Mais aussi : analystes financiers, diagnosticiens médicaux, services clients, consultants de toutes espèces. Et pour la bonne bouche : « writing and content » — rédacteurs de notices variées, de rapports en tout genre. Journalisme — délice. Et sans doute très bientôt : scénaristes, dialoguistes, paroliers, traducteurs (déjà inquiets), littérateurs de prix mondains. Auxquels il faudra sans doute ajouter : graphistes, musiciens, créateurs de vidéos et, pourquoi pas, réalisateurs, maintenant que Bytedance nous fait des clips de Kanye West ou des vidéos de Tom Cruise et Brad Pitt sans Tom Cruise ni Brad Pitt.

      Il y a trois décennies, Robert Reich, l’un des intellectuels en toc du clintonisme, s’extasiait au spectacle de la nouvelle « classe créative », les « manipulateurs de symboles », annonciateurs du grand mouvement de restructuration de la division internationale du travail porté par la mondialisation, qui laisserait le cambouis des fabriques aux « autres » et nous réserverait les joies du design et du blueprint. Soit le redéploiement à l’échelle mondiale de la division du travail princeps, tôt aperçue par Marx, entre travail de conception et travail d’exécution. Comment la « classe créative » n’aurait-elle pas battu des mains ? Toute sa sociologie, toutes les représentations avantageuses qu’elle se fait d’elle-même, l’y inclinaient. Et toutes les conséquences politiques s’en suivraient immanquablement. Car, sans surprise, cette classe — considérée en moyenne —, toute cette classe en ses organes, Libération, Le Monde, Télérama, France Inter/Culture, L’Obs nouveau ou pas, Arte, s’est admirée et célébrée autant qu’elle a été d’une indifférence de granit au sort des classes ouvrières, équarries, massacrées par les grandes transfusions de la mondialisation, subalternes résiduels à l’intérieur de la grande redivision du travail à l’extérieur. Dont la bourgeoisie « créative » conjurera les colères par tous les procédés du pharisaïsme et du racisme social réunis : ils sont obtus, n’ont pas compris que la mondialisation est bonne, ils sont contre l’Europe, ils sont complotistes, ils sont Gilets jaunes — ils sont sales et méchants.

    • Le billet de Régis Portalez :
      Démission subie – startdown nation II
      https://x-alternative.org/2026/02/05/demission-subie-startdown-nation-ii

      En mai 2022, j’écrivais “Startdown Nation”. J’y parlais de démission, de désertion, de comment s’engager dans les luttes sociales et environnementales quand on est cadre qualifié et diplômé. Je battais en brèche certaines idées, en proposais d’autres, notamment celle de s’engager à sa mesure et surtout d’avoir conscience de la mesure des actes qu’on peut fournir. Quand on est diplômé, écrivais-je, il est facile de partir car on peut toujours rebondir. Et tant qu’à partir, partir pour le meilleur et fonder à son échelle une société aussi proche que possible de l’idéal, car nous, nous le pouvons.

      Après 4 ans à avoir suivi mes propres recommandations à la lettre, il s’avère que c’est difficile et que nous sommes toujours plongés dans le capitalisme, qu’on le veuille ou non. J’ai créé une entreprise de fabrication de tours de potier. Celle-ci était, et est toujours malgré moi, grandement dépendante de mon activité d’extraction des liquidités des grandes entreprises parisiennes via mon ancienne activité d’ingénieur informatique.

      Pendant 4 ans, là-haut, j’ai facturé, ici bas, j’ai investi. Et travaillé sans compter mon temps ni ma rentabilité (au grand dam de mon comptable). J’ai investi dans du matériel, des formations, si bien qu’aujourd’hui je suis capable de produire des tours de potier de qualité équivalente, voire supérieure à ceux du marché, à des prix similaires. Mais il me manque quelque chose : le capital. Beaucoup de capital. Pour la publicité, le réseau de revendeurs, le SAV. Autant de choses qui ne peuvent être financées qu’à l’échelle.

      En effet les attentes des clients sont celles de personnes habituées au capitalisme. A ses désagréments, comme payer un loyer ou travailler trop et trop dur pour un salaire trop faible, mais aussi à ses avantages : la consommation instantanée et ses promesses.

      Certes, on paye les biens manufacturés trop cher et ils sont de qualités juste suffisante, le SAV est mauvais, mais la promesse est là. Et rien ne vaut une promesse. On achète le désir commun mais aussi la promesse d’un accomplissement social. Un tour de potier Shimpo est un excellent tour. S’il tombe en panne, personne ne viendra et on en sera pour 700 euros de réparations, mais on a un Shimpo, la « référence ».

      Dans les 1000 ou 2000 euros payés, 40 % iront au distributeur européen. Combien au producteur chinois (qui fait bien attention à garder l’identité « japonaise » de la marque) ? Zéro ou presque. Entre temps, plusieurs importateurs, des assureurs, bureau veritas, des publicitaires, facebook, d’autres importateurs, des transporteurs, chacun avec son travail, sa marge, son monopole pour certains. Un tour équivalent en Chine, c’est entre 50 et 100 euros, soit à peine le prix du moteur (importé) ici.

      Voilà face à quoi nous devons faire concurrence : certes la capacité de production chinoise, mais aussi le monopole de distribution des capitalistes et leur emprise sur le marché et la fabrication des prix.

      Pour mes camarades démissionnaires qui sont partis dans le maraîchage, la menuiserie ou la poterie, vous le savez aussi bien que moi : il nous reste trois options : le marché de niche, la survie ou la compromission.

      Le marché de niche c’est réussir à se trouver un petit segment local de production où l’on peut vendre pour en vivre. Marché par définition tout petit, les places y sont très chères. Ainsi pourrais-je vendre aux lycées pro ou aux producteurs « engagés ». Mais ils sont peu nombreux et cela nous force à osciller en permanence avec la deuxième option :

      La survie c’est vendre peu, produire peu, et ne gagner que peu. C’est possible. Mais. Mais les loyers. Mais le prix de l’électricité. Mais les loyers. Mais le prix des matières premières. Mais les loyers. Mais le prix des composants. Mais les loyers. Mais le prix des outils. Mais les loyers. Mais les délais de livraison. Mais les loyers. Mais le prix des transporteurs. Mais les loyers. Toutes choses ou presque dont les prix (et les profits) appartiennent à vous-savez-qui : les capitalistes.

      Je ne parlerai pas de la troisième option : vendre ce qui nous reste. Ce n’est pas honteux. Quand il faut nourrir ses enfants, il ne faut hésiter en rien. Personne ne vous en voudra de retourner chez Total si c’est pour cette raison. Fantine meurt sainte.

      Ainsi il paraît illusoire de suivre mes recommandations de mai 2022. Ce serait courir au suicide (au moins financier) et nous n’aurions plus qu’à déprimer dans nos bureaux, attendant l’écocide et la catastrophe +5 degrés.

      Pourtant il se passe quelque chose qui risque de changer les choses, voire de les renverser : l’IA. Celle-ci absorbe une immense quantité de capital, des centaines, voire des milliers de milliards par an. Pour le pire certes (générer des images de chat faisant du vélo – c’est rigolo mais ça ne vaut pas l’argent ni le sacrifice écologique) mais aussi pour le meilleur, et d’une façon que je n’attendais pas jusqu’il n’y a pas un mois.

      Tout ceci se comprend par une anecdote personnelle. Il y a à peine un an, six mois peut être, je croyais l’IA à peine capable de remplacer les tâches subalternes qu’un junior confie au stagiaire – scripts bash simples, correction d’e-mails, traduction simple… Et puis il y a deux semaines, j’ai demandé à l’une d’entre elles d’écrire entièrement un programme que j’envisageais de mettre un jour et demi à écrire :

      « Écris moi un exemple de code en C#, adapté pour tel produit propriétaire – dont la base de code n’est pas disponible – orienté IA, qui ne soit pas une simple convolution ni une simple multiplication matricielle. Fais en sorte que ce code mette en valeur le produit en question en montrant les gains de performances sur GPU, notamment en utilisant wmma (des instructions nvidia complexes). Teste le code vis-à-vis d’une librairie de référence de ton choix et affiche les résultats des tests et les gains de performance ».

      Ainsi une tâche libre (choisis l’exemple) donc entre guillemets créative, mais très contrainte par la technique. L’an dernier, toutes auraient écrit un truc insuffisant, mal testé, mal écrit, qui ne compile ni ne s’exécute. Cette année, en une minute trente à peine, j’avais un code qui compile et qui s’exécute, testé, documenté et fonctionnel.

      Entre temps : des centaines de milliards de capital investi.

      L’année prochaine : encore plus.

      Nul doute que mon travail va (à peu près) disparaître. Non je ne serai pas « prompt engineer, surtout que d’autres IA le sont déjà, et sont meilleures que moi dans ce domaine. Non le besoin d’ingénieurs informatique (en ETP), ne va pas être multiplié d’autant que la productivité va croître grâce à l’IA. Et ainsi en va-t-il dans tous les domaines similaires : conseil, finance, immobilier, publicité, organisation… L’IA va permettre des gains de productivités tels, dans un contexte de croissance structurellement faible, que la destruction d’emplois au profit de capital fixe va être fantastique (au sens : monstrueuse).

      Historiquement, le progrès technique et son corrélat : la transformation de capital circulant en capital fixe, amenait à une hausse globale des qualifications. Le porteur devenait charron qui devenait ouvrier en manufacture puis ajusteur puis fraiseur puis programmateur. Car les besoins suivaient, humains comme capitalistes. Il fallait des trains, des machines à laver, donc des gens pour les produire, de plus en plus qualifiés à mesure que ces machines devenaient complexes et produites en masse. Quand les gains étaient acquis ici, les capitalistes allaient chercher ailleurs : en europe de l’est, en Chine. Et ceux-ci profitaient (60 heures par semaine), de l’horizon capitaliste que nous perdions ici au profit de celui du remboursement de la dette et du chômage de masse. Tout ceci était « accompagné » par l’état et sa police à coup de matraque, mais globalement (très très globalement) les choses « progressaient » et les gens pouvaient croire que leurs enfants verraient un monde plus facile que le leur, permis par leurs propres sacrifices – reconversion capitaliste du mythe chrétien de la Jérusalem céleste : souffrance éternellement reconduite.

      Ce mouvement a commencé à s’inverser avec l’uberisation. Livreurs à vélo à la place d’ouvriers. Mais maintenant nous sommes dans un mouvement plus large : un besoin de décroissance, voire un désir de décroissance, en fait une nécessité de décroissance. Et l’IA ne permet pas de produire plus de biens utiles ni désirés mais plus vite des biens inutiles voire nuisibles. Pourtant le capital n’a pas d’autre choix face à sa propre gorafisation. L’accroissement de productivité étant fini, le monde étant rempli (de ce que peut lui offrir le capital), il faut inventer du besoin par-ci et de la productivité par là : là où on l’on n’avait jamais touché : la bourgeoisie culturelle.

      Ainsi nous arrive ce miracle que personne, de Lénine à Robespierre, n’a jamais pu imaginer voir venir : la destitution de la bourgeoisie culturelle.

      Programmeurs, assureurs, agents immobiliers, journalistes, personnel bancaire, une bonne partie de la médecine, de la pharmacie, tout ce qui constitue la classe moyenne va se faire laminer. Ils (nous) l’auront certainement bien mérité après avoir savouré le massacre ouvrier des délocalisations.

      Chose nouvelle : l’IA est un phénomène mondial car purement virtuel. Quand une machine à vapeur était installée en Auvergne, elle ne détruisait ni ne créait d’emploi en Prusse et il était impossible aux uns ou aux autres d’en bénéficier. Le temps de mise à l’équilibre, dans des marchés protégés et distants, se comptait en années. Une IA, à l’heure d’internet globalisé et concentré, « bénéficie » virtuellement à tous, quelle que soit la localisation.

      Ainsi vont périr ensemble les bourgeoisies culturelles françaises, américaines, brésiliennes, russes, et de tous les pays capitalistes du monde dans le plus grand mouvement de remplacement d’animaux par des machines depuis l’invention du moteur. Fini la rente de savoir écrire un programme en C, de savoir faire des mathématiques niveau master, de savoir organiser une équipe de vendeurs d’assurance, d’organiser une réunion « high stakes », … Et encore, il ne s’agit là que de conséquences relativement mineures, voire parfois souhaitables, en tout cas par rapport à ce qu’entrevoit Dario Amodei, fondateur d’Anthropic.

      Et donc, pour en revenir au titre, la démission/désertion dont il s’agissait il y a peu de convaincre les jeunes gens de sa nécessité, ne sera plus courageuse mais inévitable et subie.

      Ainsi le geste que je proposais en 2022 n’est plus un geste politique héroïque mais un geste logique de survie. Aujourd’hui il faut apprendre, et vite. Devenez zingueur, plombier, maçon, soudeur. Ce n’est pas demain qu’il sera rentable pour un grand groupe d’envoyer un robot remplacer un siphon ou souder un pot d’échappement.

      Pour moi ce sera l’usinage. La série est inaccessible depuis les machines à commande numérique. Avec l’IA, l’intensité en capital va encore augmenter dans tous les domaines, au détriment de l’intensité salariale. La pièce unitaire, le prototype, ça restera accessible à investissement limité.

      Vos compétences d’ingénieur, de consultant etc, y seront utiles, d’une façon que vous ne pouvez pas imaginer. Vous apprendrez des ouvriers (ce que je fais en étant aujourd’hui professeur d’usinage en CAP), ils apprendront de vous.

      De la sorte, l’essence de mon message de 2022 reste vraie : il y a pire que l’IA, il y a la destruction environnementale. Mais celle-ci pouvait encore rester quelque chose de lointain contre lequel s’offusquer depuis son salon (en y gagnant des galons de moralité). La perte de son emploi, comme les capgemini, c’est une autre affaire. C’est immédiat, c’est concret, bref c’est douloureux mais efficace.

      Quelque part, dans sa fuite en avant pour préserver ses marges, le capitalisme va peut être se couper de sa base fondamentale : ceux qui sont à l’aise sans avoir trop. Ceux qui peuvent (pouvaient) espérer avoir plus sans craindre d’avoir moins. Ceux qui croyaient encore à sa promesse de progrès, en recevaient assez sans en trop payer le prix. Ceux qui soutenaient les exploiteurs en espérant secrètement en faire partie un jour (mais on-ne-sera-jamais-comme-ça). Ceux qui pouvaient moquer l’ouvrier « beauf », trouver l’immigré « romantique », le rural « pittoresque ». Ceux-là vont goûter bientôt au « beauf », au « romantique » et au « pittoresque ».

      Alors peut-être rejoindront-ils ceux qui y ont goûté avant eux. Et pourvu que survienne la compréhension d’un devenir commun de condition, les choses pourraient changer.

  • Pour faire fonctionner toute l’IA, le colonialisme, l’impérialisme, l’exploitation, l’esclavage sont indispensables. – La fourmi dans la coquille
    https://lafourmi.media/lire/pour-faire-fonctionner-toute-lia-le-colonialisme-limperialisme-lexploita

    Par leur conception, les I.A. statistiques, qui reposent dans leur immense majorité sur un entraînement nécessitant des millions ou des milliards de données, annotées, classées, filtrées par des travailleurs humains, puis sur un alignement là aussi nécessairement humain, mais aussi sur du matériel et des matières premières exploitant des ouvriers et mineurs dans le monde entier, sont structurellement dépendantes de ces chaînes de sous-traitance qui commence dans les start-ups de l’I.A. et se termine sur les tâcherons philippins, indiens, kényans ou les mineurs et mineuses congolaises, par exemple. C’est absolument inévitable, et il faut arrêter d’imaginer les start-ups comme des lieux de conception numérique détachés de ce colonialisme, qui seraient juste des enclos à développeurs informatiques branchés sur internet concevant des I.A. simplement à travers de complexes lignes de code. Toutes les start-ups dépendent des données, des métaux et des semi-conducteurs, dans une quantité qui ne permet et ne permettra jamais leur production éthique, alors même que nous n’avons pas abordé ici les conséquences sur l’environnement planétaire de cette production.

    On peut alors mettre un mot plus exact pour qualifier ces tâcherons, ces ouvriers, ces mineurs : ils sont des esclaves, modernes certes, mais pas bien différents depuis toujours, issus de pays pauvres, « d’anciennes » colonies, toujours victimes de l’exploitation par ceux qui possèdent les richesses et la puissance.

    #ia #colonialisme #esclavage

  • The AI Hallucination Trap : Why Your Newsroom Needs A ’Zero Trust’ Architecture
    https://tvnewscheck.com/tech/article/the-ai-hallucination-trap-why-your-newsroom-needs-a-zero-trust-architec

    Le journalisme à l’ère de l’intelligence artificielle - mo’de d’emploi

    L’intervention de l’IA dans la production « news » et de textes en général pose des questions semblables à celles des automatismes récents dans la photographie et la priouction vidéo : où en sommes nous par rapport à l’authenticité et à la vérité des contenus censés être les notres ? C’est essentiel pour le droit d’auteur européen (différent du copyright anglo-saxon ou chinois) et pour notre public. Est-ce qu’on peut encore nous faire confiance lors ce que nous employons des aides IA ?

    26.2.2026 by Jon Accarrino - How to build a “Zero Trust” architecture that prevents AI errors from destroying your newsroom’s credibility.

    As media executives, we often look for the “magic bullet” software that solves our efficiency problems. But when it comes to generative AI, the most critical feature isn’t speed, it’s accuracy.

    ThisTVNewsCheck guide breaks down the mechanics of AI hallucinations and offers a “Zero Trust” framework for integrating these tools without sacrificing your newsroom’s credibility.
    Everything Gen AI Creates Is A Hallucination

    When people ask me how to stop generative AI from hallucinating, I often think back to a lecture from Tommi Jaakkola at MIT. He explained something that fundamentally shifted my perspective: Everything a model like ChatGPT outputs is a hallucination.

    Generative AI technology isn’t actually the “intelligent” tool we often think it is. It’s just an advanced prediction engine. Every word gen AI creates is a guess based on training patterns, not necessarily verified fact. We just happen to accept the “good” hallucinations, the ones that align with reality, and panic over the “bad” ones.

    For newsrooms, where credibility is the only currency that matters, this distinction is terrifying. A single fabricated quote or invented court case can turn decades of earned trust into a dumpster fire.

    But we cannot hide from artificial intelligence technology. New AI features are already embedded in the tools your teams use daily, from email clients to CMS platforms and web browsers.

    “The simple availability of attention-getting content does not guarantee that people will trust that content over time,” says Brian Southwell, distinguished fellow at RTI International. “Trust often involves the belief that both parties share values or interests and are accountable for their actions. If you find out that you’ve received false information, can’t easily trace where it came from, and can’t turn to a human author to get an explanation of why it was wrong, you probably won’t feel comfortable going back to that source over time.”

    The goal isn’t to eliminate hallucinations. That is currently impossible with foundational models. The goal is to build a “Zero Trust” architecture that catches them before they reach your audience.
    What Causes AI To Generate Bad Hallucinations?
    What Causes AI To Generate Bad Hallucinations?
    Bad AI Hallucinations (Image via ORDO AI)

    AI hallucinations happen when models prioritize fluency over accuracy. Because they predict the next likely word rather than retrieving verified facts, they can confidently present fabrications as truth.

    The Mechanics:

    Data Gaps: Lacking specific info, the model fills the void with plausible-sounding filler.
    Overgeneralization: Applying a correct pattern (like legal citation formats) to invent non-existent cases.
    Sycophancy: Tuning models to be “helpful” often trains them to invent answers rather than admit ignorance.

    Real-World Consequences:

    The “Food Bank” Tourist Trap: Microsoft’s AI guide recommended the Ottawa Food Bank as a “tourist hotspot” for hungry travelers.
    The Invented Legal Precedent: A lawyer faced sanctions after ChatGPT wrote a brief citing entirely made-up court cases.
    The “Pizza Glue” Warning: Google’s AI suggested putting glue on pizza to keep cheese from sliding off, a “correct” prediction based on a sarcastic Reddit comment it ingested. This is the danger of unrestricted web access: You invite the chaos of the internet into your news product.

    Google’s “Pizza Glue” AI Overview Fail
    Google’s “Pizza Glue” AI Overview Fail (Image via ORDO AI)
    What Is The Atomic Unit Of Journalism?

    Before we discuss defenses against bad AI hallucinations, we must establish the ground rules of AI use in trusted newsrooms. AI should never write the core news story. As TVNewsCheck Editor, Michael Depp explored during a panel at its NewsTechForum conference last December, the atomic unit of journalism, the original reporting, the interviews, the synthesis of facts, must remain human.

    AI’s limited role is performing productivity tasks in the orbit of that atomic core: reversioning content for social media, summarizing archives for research, drafting newsletter teases, generating broadcast lower-thirds, etc.

    As Nick Toso, founder & CEO of the journalist discovery platform Rolli, notes: “AI can help increase productivity, but it can’t take responsibility for what gets published. In a newsroom, every claim has to lead back to a real person who knows what they’re talking about and is willing to stand behind it.”

    But do not be fooled: Even in these support roles, the risk of hallucination is real. An AI tool summarizing a city council transcript can still invent a quote. A tool generating a lower-third can still misattribute a statement. And as our newsrooms begin to adopt agentic tools that “talk” to each other (e.g. a research bot passing data to a social bot) we risk a digital game of “Telephone” where subtle nuances are lost and hallucinations are amplified.
    AI Hallucinations: Strategic Defenses For Media Leaders
    AI Hallucinations: Strategic Defenses For Media Leaders
    AI Hallucinations: Strategic Defenses For Media Leaders (Image generated using ORDO AI)

    We cannot simply trust AI to “do the right thing.” We must engineer environments where it is difficult for AI to do the wrong thing.

    “AI is a powerful accelerant for our newsrooms, but we don’t allow that velocity to go unchecked,” says Claire Ferguson, VP & senior technology counsel at Gray Media. “Because Gray’s longstanding position has been our journalism is to be created by humans, every single output flows through our journalists’ rigorous verification systems and their subjective discernment before publication. That’s our firewall against putting unverified AI output in front of our audiences.“

    Here are some of the proven safeguards that Ordo Digital recommends for news organizations.
    1. Implement Retrieval-Augmented Generation (RAG)

    The Concept: Stop letting the AI guess. Instead of relying on a model’s internal training data (a black box of the internet), RAG connects the AI to a trusted, closed ecosystem, your archives, wire services or specific primary documents.

    Why It Works: It grounds the output in verified reality. You instruct the AI: “Answer this question using only the provided text.” This forces the model to reference your proprietary knowledge base rather than hallucinating from its training data.
    2. The “Human-in-the-Loop” Protocol

    The Concept: AI is the intern; you are the editor. Treat every AI output with skepticism. It can draft summaries or structure data, but it should never be the final publisher.

    The Workflow:

    Atomic Verification: Break down AI-generated text into individual claims.
    Source Tracing: Require human editors to trace every quote and stat back to a primary source.
    Final Sign-Off: No content goes live without a human editor’s name attached to the log.

    “The biggest barrier to adoption isn’t technical, it’s cultural,” admits Kurt Christopher, VP of television digital strategy at Hubbard Broadcasting. “We see real hesitation from journalists who are protective of their work. And rightly so. They need to trust that it won’t distort the nuance of their reporting when it reformats a story for a different platform.”
    3. Deploy Automated “Red Teaming” Fact Check Tools

    The Concept: Fight AI with AI. Human editors are expensive; AI-generated content is cheap. Before any AI-drafted content reaches a human editor, it should pass through a secondary AI specifically designed to be a critic.

    The Workflow: Use a “Self-Reflection” fact check loop or a separate “Judge” model. The first AI writes the content. The second AI (the Judge) scans that content solely to find unsupported claims, logical fallacies, or deviations from your style guide. If the Judge flags an issue, the content is rejected before it ever wastes a human editor’s time.

    For example, my team frequently adds a ‘fact checker’ protocol extension to AI tools used by newsrooms.
    Example Fact Check Protocol
    Example of an Ordo Digital fact checking protocol prompt (Via ELVEX)
    4. Limit the Scope of Use Cases

    The Concept: Don’t use a bazooka to kill a mosquito. Establish clear “Safe” vs. “Unsafe” zones for AI.

    Safe Uses: Summarizing transcripts, SEO metadata, translation, reformatting text.
    Unsafe Uses: Writing original reporting from scratch, generating quotes or pulling live data on breaking news where facts are fluid.

    Why It Works: Restricting AI to low-variance tasks naturally reduces the opportunity for high-risk hallucinations.
    5. Lower the “Temperature”

    The Concept: Boring is better. When developers use AI models through an API or other advanced platforms, they can tweak something called “temperature” which ranges from 0.0 to 1.0. This setting helps control how creative the AI can get.

    Action Item: Set the temperature low to 0.0–0.2 for any sensitive newsroom task. This forces the model to be deterministic and factual, whereas higher temperatures (0.7+) encourage creative fabrication. This can be controlled either at the tool or enterprise level or just in a prompt. Or try adding “temperature = low” to your standalone prompts and experiment with the output differences.
    6. Implement “Chain-of-Thought” Prompting

    The Concept: Show your work. LLMs are prone to rushing to an answer. “Chain-of-Thought” forces the model to break down its reasoning step-by-step before generating a final response.

    The Strategy: Instead of asking “Summarize this,” ask: “First, list the key entities. Second, identify the main action. Third, write a summary based only on those two steps.” This slows the model down, drastically reducing logical leaps.
    7. Strict Prompt Engineering & Role-Based Constraints

    The Concept: Garbage in, garbage out. Vague prompts invite improvisation. Strict prompts demand precision.

    The Strategy:

    Ice Breakers: Hard-code system prompts that set the rules before the user even types.
    Roleplay: “You are a cynical, fact-obsessed news editor. You do not speculate.”
    Demand Attribution: “Cite the specific paragraph used for every claim.”

    8. Enable Uncertainty Scoring

    The Concept: A “Confidence Meter” for your AI. Technically sophisticated teams can implement “Uncertainty Scoring” (or log-probability checks).

    How It Works: The model assigns a probability score to its own tokens. If the confidence score for a specific claim drops below a certain threshold (e.g., 90%), the system automatically flags that sentence for human review or refuses to generate it entirely.
    9. Domain-Specific Fine-Tuning

    The Concept: Specialized training, not general guessing. Generic models are trained on the entire internet, including conspiracy blogs and Reddit posts.

    The Strategy: “Train” a smaller version of the model on thousands of examples of your CMS or your newsroom’s best work. This teaches the AI your specific voice, formatting rules and ethical boundaries, reducing the “drift” that often leads to hallucinations.
    10. The “Sycophancy” Check (Team Education)

    The Concept: AI is a “Yes Man.” AI models are reinforcement-learned to please the user. If a reporter asks a leading question (“Find the admission of guilt in this transcript”), the AI will try to find it even if it doesn’t exist.

    The Strategy: Train staff to ask neutral, objective questions to avoid bullying the AI into a hallucination. Give the AI explicit permission to say “I don’t know” or “That information is not present.”

    “We see it all the time—a reporter asks an AI to ‘find the controversy in this transcript,’ and the model will often manufacture one just to be helpful,” says Daniel Anstandig, CEO of Futuri. To help prevent hallucinations, Futuri’s TopicPulse was grounded using 250,000 sources. “But even with the right tools, you have to train your team to ask neutral questions and explicitly give the AI permission to say ‘there is nothing here.’ If you don’t, you are effectively bullying the model into a hallucination.”
    Establishing A ‘Zero Trust’ AI Architecture in Your Newsroom
    Establishing A ‘Zero Trust’ AI Architecture in Your Newsroom
    ‘Zero Trust’ AI Architecture (Image via ORDO AI)

    We are moving toward a world of “Agentic AI,” where systems don’t just create content but take actions. In that world, a hallucination isn’t just a typo, it’s a liability. Media organizations must be vigilant, focusing not just on the tools they buy, but on the rigorous architectures they build around them.

    AI technology will continue to hallucinate. It is your job to ensure those hallucinations never become headlines.

    Disclosure: Gray Media and Hubbard Broadcasting are clients of the AI strategy and consulting firm, Ordo Digital.

    #journalisme #news #IA #intelligence_artificielle #déontologie #morale #vérité #travail #efficacité

  • #Jeux_olympiques : la fête au #travail_gratuit
    https://lvsl.fr/jeux-olympiques-la-fete-au-travail-gratuit

    Un grand succès des Jeux olympiques d’hiver comme d’été, outre leurs cérémonies d’ouverture tant vantées, est leur capacité à enrôler sans encombres des dizaines de milliers bénévoles pour faire tourner leur machine lucrative. Dans son livre d’enquête, la sociologue #Maud_Simonet documente cette mise au travail systématique ainsi que ses contestations. Elle parcourt l’histoire de la campagne des « involontaires », portée par le collectif « Saccage 2024 », invitant les bénévoles à se désister et des mobilisations du syndicat des inspecteurs du travail de la CGT, dénonçant le recours systématique au bénévolat parfois support d’une forme salariat déguisé. Horaires et plannings, uniformes, supervision et contrôle… autant d’éléments susceptibles de motiver une requalification en contrat de travail. Toutefois, le conflit (...)

    #Féminisme_et_lutte_des_classes #Société #_In_volontaires_aux_JO #féminisme #Féminisme_matérialiste

  • Willkür von Arbeitgebern: Sie machen, was sie wollen
    https://taz.de/Willkuer-von-Arbeitgebern/!6155693

    Kontrolle der Arbeitsbedingungen auf dem Oktoberfest 2024 in München – im Schnitt wird ein Unternehmen alle 100 Jahre inspiziert   Foto: Wolfgang Maria Weber/imago

    19.2.2026 von Bernd Kramer - Manche Arbeitgeber enthalten Lohn vor, kündigen nach Lust und Laune, verbieten Betriebsräte. Und die Arbeitnehmer? Fühlen sich machtlos.

    S ie kommen einfach damit durch, immer und immer wieder. Als schreckten keine Strafen, als gälten keine Regeln. Ein Beispiel: Der Zoll, notorisch im Rückstand mit der Prüfung von Mindestlohnverstößen, nahm sich vor ein paar Jahren einen Transportunternehmer aus dem Raum Hof in Oberfranken vor. Der Unternehmer, stellten die Kontrolleure fest, hatte seinen Fahrern nicht das bezahlt, was ihnen zusteht, 64.000 Euro soll er ihnen vorenthalten haben. Der Zoll verhängte ein Bußgeld wegen des Mindestlohnverstoßes, und der Unternehmer gelobte – keine Besserung. Als die Beamten wenig später erneut kontrollierten, stellten sie das nächste Vergehen fest, verhängten wieder ein Bußgeld, 1.500 Euro, plus 1.500 Euro für unbelehrbares Verhalten. Und der Arbeitgeber? Hat es womöglich schulterzuckend als kurzfristige Mehrausgabe verbucht.

    Wen kümmern schon Gesetze? Für manche Arbeitgeber haben sie regelmäßig den Charakter unverbindlicher Empfehlungen. 850.000 Menschen bekamen nach Schätzungen des Statistischen Bundesamtes im vorigen Jahr weniger als den Mindestlohn. Und nicht nur beim Mindestlohn machen Chefs einfach, was sie wollen: Nach Hochrechnung des Deutschen Gewerkschaftsbundes leisteten Beschäftigte in Deutschland 2024 gut 638 Millionen Überstunden – ohne dafür bezahlt zu werden. Ähnlich straffrei kommen Chefs davon, die ihre Mitarbeiter daran hindern, einen Betriebsrat zu gründen, obwohl dann sogar Gefängnis droht. Auf 50 Ermittlungsverfahren, hat die gewerkschaftsnahe Hans-Böckler-Stiftung vor einigen Jahren recherchiert, kommt gerade einmal ein Urteil. Und auf 50 Ermittlungsverfahren kommen wiederum unzählige Fälle, die nie angezeigt wurden.
    Ein Portrait eines Mannes mit Brille und kurzem wuscheligen Haar in Schwarz-weiß
    Bild: privat

    Bernd Kramer

    Jahrgang 1984, hat VWL, Politik und Soziologie studiert und die Kölner Journalistenschule besucht. War von 2012 bis 2013 bei der taz im Inlandsressort zuständig für Schul- und Hochschulthemen.

    Wohin man auch schaut: In der Arbeitswelt wird das Gesetz regelmäßig gebrochen, so oft, so systematisch und so erschreckend folgenlos wie in wenigen anderen Bereichen der Gesellschaft. Selbst viele Arbeitnehmerinnen und Arbeitnehmer haben sich damit abgefunden, dass ihre verbrieften Ansprüche von den Chefs als lediglich optional betrachtet werden. Der Hamburger Politikwissenschaftler Nikolai Huke attestiert eine „Selbstjustiz der Arbeitgeber“, die in manchen Bereichen nahezu epidemisch ist – aber viel zu selten so klar benannt wird. Vielleicht auch, weil das Klischee von Deutschland als Land mit außerordentlich gutem Arbeitnehmerschutz so fest in den Köpfen sitzt. Dabei kann man zu diesem Schluss nur kommen, wenn man sich von den Paragrafen blenden und außer Acht lässt, wie wenig davon in der Arbeitswirklichkeit ankommt. Das Gesetz scheitert in der Praxis an eben jenem Machtgefälle zwischen Beschäftigten und Unternehmen, das es eigentlich ausgleichen will. Ihr Recht hat eine Arbeitnehmerin in aller Regel nämlich selbst einzufordern – obwohl der Chef sie faktisch in der Hand hat. Die Abhängigkeit im Arbeitsleben ist in die eine Richtung sehr viel größer als in die andere.
    Das Logo der taz: Weißer Schriftzung t a z und weiße Tatze auf rotem Grund.

    Im Arbeitsleben gibt es zwar Betriebsräte, die über die Spielregeln wachen sollen. Faktisch haben sie kaum Einfluss: Selbst die hierzulande angeblich so mächtigen Arbeitnehmervertreter können im Zweifel oft bloß ein ernstes Wörtchen mit dem Chef reden – das so ernst wiederum nicht ausfallen wird, wenn ein Betriebsrat nach Ende der Wahlperiode auf eine Karriere im Unternehmen spekuliert. Dieser ohnehin oft symbolische Schutz fehlt zudem für immer mehr Beschäftigte vollkommen: Nur noch 36 Prozent aller Angestellten arbeiten in einem Betrieb, in dem es eine Arbeitnehmervertretung gibt. Mitte der 1990er Jahre war es noch gut die Hälfte. Warum der Rückgang? Vielleicht hat sich unter den Chefs herumgesprochen, dass die Gefängnisdrohung im Gesetz nur juristischer Theaterdonner ist und sie wenig zu befürchten haben, wenn sie nach Kräften Betriebsräte herausekeln.

    Selbst im Extremfall verzichten überraschend viele Beschäftigte auf ihre Rechte, wenn ihnen beispielsweise eine Kündigung droht. Wobei diese Rechte Millionen Menschen von vornherein verwehrt sind, weil Kleinbetriebe mit maximal zehn Beschäftigten nicht unter das Kündigungsschutzgesetz fallen. Wer also in einem Handwerksbetrieb oder beim Bäcker arbeitet, ist schon jetzt im Arbeitnehmerparadies Deutschland unter Hire-and-Fire-Bedingungen angestellt. Diejenigen, die in größeren Betrieben tätig sind und den Schutz des Gesetzes genießen, nutzen ihn dagegen kaum. Verschwindende 12 Prozent klagen gegen ihre Kündigung, wie die Hans-Böckler-Stiftung erhoben hat.

    Es sind gar nicht mal die mangelnden Erfolgsaussichten, die Betroffene vom Gang zum Gericht abhalten. Die Chancen sind oft nämlich sehr gut. Es ist eher eine Art erlernter Hilflosigkeit, wie die Arbeitsrechtlerin Eva Kocher von der Europa-Universität Viadrina in Frankfurt (Oder) einmal ausführte. Angestellte haben verinnerlicht, dass ihre Arbeitgeber mit allem durchkommen – und wehren sich selbst dann nicht, wenn deren Willkür und Skrupellosigkeit für sie existenziell wird.

    Das Machtgefälle ganz auszugleichen, dürfte schwer sein. Aber der Staat könnte den Beschäftigten zumindest ein wenig Mut machen, ihre Rechte wahrzunehmen, indem er selbst hart und entschlossen vorangeht, indem er seine Kontrolleure nicht durch die Hintertür schickt, sondern offensiv in den Betrieben aufmarschieren lässt. Er könnte delinquente Unternehmen viel drastischer anprangern und öffentlich bloßstellen. Vor allem müssten die Kontrolleure viel öfter vorbeischauen.

    Bisher zum Beispiel muss ein Unternehmen bislang im Schnitt nur alle 100 Jahre damit rechnen, dass die Aufsichtsbehörden den Arbeitsschutz im Betrieb inspizieren. Immerhin soll die Kontrollquote ab dem kommenden Jahr deutlich erhöht werden. Dann stünden die Kontrolleure im Schnitt schon alle 20 Jahre auf der Matte. Der Fortschritt ist eine Schnecke und den Arbeitgebern ist bestimmt schon angst und bange.

    #Allemagne #travail

  • Une ex-cadre de la RATP fait condamner l’entreprise pour discrimination sexuelle | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/170226/une-ex-cadre-de-la-ratp-fait-condamner-l-entreprise-pour-discrimination-se

    La RATP avait déjà perdu en première instance en 2022 et interjeté appel. Dans un arrêt rendu le 3 février 2026, la cour d’appel de Paris confirme le jugement initial et vient même l’alourdir en reconnaissant également l’existence d’un « harcèlement discriminatoire en raison du sexe ». Sollicitée par Mediapart, l’entreprise indique avoir « pris acte de la décision », sans plus de commentaire.

    « Ma cliente avait besoin de cette reconnaissance, elle est extrêmement satisfaite », commente pour sa part Sophie Kerihuel, l’avocate de l’ex-salariée. Selon elle, ce dossier illustre « une volonté claire de la RATP de ne pas briser le plafond de verre » sur lequel se heurtent les femmes ayant pu se hisser aux fonctions de cadres « mais qui ne parviennent pas à aller au-delà, contrairement aux hommes ».

    #plafond_de_verre #travail #femme #discrimination

    waaa bravo ! C’est tellement difficile à démontrer, surtout quand tu es entourée d’hommes qui ne comprennent pas ce que cela signifie comme humiliation ou pour lesquels ce n’est juste pas possible et donc ne te croit pas et ne vont pas te soutenir quoique tu leur expliques sur les discriminations de genre.

  • Le travail ne permet plus de sortir de la pauvreté
    https://www.economiematin.fr/travail-salaire-pauvrete-inegalites-crise-societe

    Le #travail n’est plus un rempart. Il est devenu, pour une part croissante de la population, un facteur de #pauvreté durable. Ruth Curtice, directrice générale adjointe du think tank Resolution Foundation, résume la situation sans détour : « La pauvreté au travail a remplacé le chômage au cœur du malaise économique du Royaume-Uni », a-t-elle déclaré, selon The Straits Times.

    Cette affirmation dérange, car elle contredit un discours politique martelé depuis quarante ans. Travailler plus, accepter n’importe quel emploi, faire des sacrifices : telle était la promesse. Or les faits sont têtus. La majorité des ménages vivant sous le seuil de pauvreté comptent aujourd’hui au moins une personne en emploi , selon la Resolution Foundation. Le travail existe, l’#emploi progresse, mais l’argent manque.

    Le cœur du problème est économique, mais la responsabilité est politique. Le travail rapporte de moins en moins, alors que les coûts explosent. Selon Bloomberg, la croissance des revenus des familles à bas revenus au Royaume-Uni est désormais si faible qu’il faudrait 137 ans pour que leur niveau de vie double, au rythme actuel. Un chiffre vertigineux qui révèle une rupture historique. Dans le passé, il fallait environ 40 ans pour obtenir le même résultat, souligne le journal.
    Cette stagnation n’est pas un accident. Elle est le produit d’un modèle. D’après la Resolution Foundation, la croissance annuelle des revenus pour les ménages modestes n’atteint plus que 0,5 % par an. Autrement dit, le salaire progresse moins vite que l’inflation cumulée du logement, de l’énergie et de l’alimentation.
    L’Institute for Fiscal Studies confirme cette tendance structurelle. Selon ses travaux, la proportion de personnes vivant dans la pauvreté malgré un emploi est passée de 13,4 % à 18,4 % entre 1994-1995 et 2019-2020 outre-Manche. Cette donnée montre que le problème précède les crises récentes.
    Il s’inscrit dans une longue dégradation du partage de la richesse issue du travail et d’augmentation des inégalités.

  • En #Argentine, #Milei attaque frontalement le monde du #travail - Basta !
    https://basta.media/Journee-de-travail-de-12h-demantelement-du-statut-de-journaliste-Le-projet-

    Le #Sénat argentin examine ce 11 février la #réforme du travail voulue par le président d’extrême droite #Javier_Milei. Au même moment, les #syndicats manifesteront pour dénoncer une remise en cause des #droits et #protections #collectives.

    Alors, tu vois, nos piliers de bar qui parlent dans le poste ne vont rien te dire de ce qu’il se passe. Ou en tout cas, ils vont savoir te dire que l’anomalie dans cette nouvelle, ce sont les actions des syndicats écolo-gauchisto-islamo-terroristes.

  • Les déchets et leurs usages (XIXe-XXIe siècle)
    https://metropolitiques.eu/Les-dechets-et-leurs-usages-XIXe-XXIe-siecle.html

    Ce dossier pluridisciplinaire réunit des contributions qui mettent en perspective l’histoire et le présent des #déchets dans nos sociétés contemporaines. En présentant leurs usages multiples et parfois controversés, il souligne que la gestion des déchets revêt une dimension éminemment politique. ---- ▼ Voir le sommaire du dossier ▼ L’extraction intensive d’énergie et de matériaux est au cœur de défis économiques, sociaux et environnementaux des sociétés industrielles. À la surexploitation de #Dossiers

    / déchets, #recyclage, #histoire, #inégalités, #travail, #pollution

    https://metropolitiques.eu/IMG/pdf/met-intro_dossier_dechets.pdf

  • De l’enthousiasme au burnout, l’IA ne réduit pas la charge de travail, mais l’intensifie - Next
    https://next.ink/223961/de-lenthousiasme-au-burnout-lia-ne-reduit-pas-la-charge-de-travail-mais-linten

    Les chercheuses ont identifié trois formes principales d’intensification : l’élargissement du périmètre des tâches effectuées, le flou qui s’instaure entre travail et vie privée, la banalisation du multitâches.

    Nous avons constaté que les employés travaillaient à un rythme plus soutenu, assumaient un éventail de tâches plus large et prolongeaient leur journée de travail, souvent sans qu’on leur demande de le faire. De leur propre initiative, les employés en faisaient plus parce que l’IA leur donnait le sentiment que « faire plus » était possible, accessible et, dans de nombreux cas, intrinsèquement gratifiant.

    #ia #travail #charge

    • Les informaticiens découvrent le capitalisme et les conséquences de la hausse de productivité sur un métier donné… c’est mignon.

      C’est le principe même au cœur du capitalisme et de faire le double puis le quadruplé puis etc pour le même temps de travail à chaque changement techno qui augmente la productivité, d’où la croissance infini, la destruction écologique etc.

      Rien de nouveau à part que de nouveaux métiers intellectuels qui n’en avaient pas autant l’habitude découvrent la lune.

    • Je « plussoie » @rastapopoulos ; les développeurs viennent de se prendre le concept de #productivité en pleine face.

      Comme « procès de travail », le travail est tout d’abord activité productive. Du point de vue de la domination, la question est alors de savoir si le travailleur se sent maître de sa propre activité ou bien, au contraire, comme dans la grande industrie, si son activité est dominée par le rythme du travail collectif, par les machines et par un savoir technique dont il a perdu la possession et la compréhension [34]. La distinction du « procès de travail » et du « procès de valorisation » a précisément pour fonction de décrire ce renversement. Du point de vue du procès de travail, c’est-à-dire du travail réel, les objets et les moyens de travail n’apparaissent que comme des moyens de l’activité, mais, du point de vue du procès de valorisation, l’activité n’est qu’un moyen au service de la production de la valeur des marchandises. En étant réorganisé en fonction de la logique sociale de la production de survaleur, le travailleur se voit progressivement dépossédé de son activité [35] en même temps que la domination qui porte sur elle lui apparaît sous une forme mystifiée et naturalisée. C’est la question de la domination dans le travail (au sens d’une domination interne à l’activité de travail, ou d’une domination par les conditions de travail) qui est ainsi posée.

      https://shs.cairn.info/revue-actuel-marx-2011-1-page-15?lang=fr

  • La Gen Z choque-t-elle vraiment les patrons ?
    https://frustrationmagazine.fr/gen-z-travail

    « 2025 faut les choquer !!! » peut-on lire sur X, au-dessus d’une capture d’écran de mail : « Bonjour, suite au refus de ma demande de congés pourtant légitime et méritée, je vous informe de ma décision de démissionner… ». Un utilisateur réagit : « Sans vouloir être méchant, je pense que ton boss aura moins de mal à […]

    #Travail

  • La #tendopoli di #San_Ferdinando vive un’emergenza senza fine

    Quindici anni dopo il terribile incendio nella baraccopoli calabrese “abitano” ancora centinaia di braccianti. La pioggia di finanziamenti non ha risolto i problemi strutturali ma li ha aggravati. Anche il #Pnrr non è stato all’altezza

    Arriviamo alla baraccopoli calabrese di San Ferdinando dopo la pioggia e molti dei lavoratori migranti che vivono qui sono già rientrati nelle loro tende e baracche. Dal lato del cancello che divide gli alloggi di fortuna dalla strada un ragazzo senegalese sta facendo le abluzioni. È l’ora della preghiera per i musulmani del campo e nell’aria si sente il canto del muezzin. Un muezzin digitale, ma il richiamo è ugualmente potente. E poco importa se non c’è elettricità in quasi metà del campo, con l’impianto elettrico andato fuori uso nel periodo natalizio e ancora non ripristinato nonostante uno stanziamento lampo di 140mila euro da parte delle istituzioni regionali.

    Visto il freddo che fa, per scaldarsi ci sono rami secchi e polistirolo oppure una stufetta elettrica: più che gli allacci abusivi il problema è che ci sono ancora diverse centinaia di persone costrette a vivere in questa baraccopoli, pur lavorando nelle campagne della zona. Rosarno, Gioia Tauro, Taurianova, Rizziconi: “l’americhicchia” di una volta dove accorrevano lavoratori anche dal resto d’Italia prima del crollo del mercato e ancora oggi tra distese di aranceti, alberi di clementine e bergamotti si concentra il grosso delle coltivazioni agrumicole.

    Ma anche Polistena, Palmi, la stessa San Ferdinando e Seminara, dove l’agrumicoltura mantiene un ruolo rilevante pur alternandosi con le altre colture che dominano nel resto dei 33 Comuni dell’area, soprattutto vite e olivo. In totale oltre 44mila ettari di colture, quasi un quinto solo agrumi e più recentemente kiwi, con più di 13mila aziende agricole (dati del Censimento agricoltura 2020 dell’Istat) che impiegano fino a circa 3.500 lavoratori stranieri durante la stagione agrumicola. Presenze diminuite negli anni per la mancanza di sistemazioni dignitose a fronte di una richiesta di lavoro rimasta sostanzialmente immutata, mettendo così in difficoltà diversi produttori locali.

    “Le amministrazioni vogliono approfittare delle opportunità di finanziamento più che risolvere il problema, continuando a realizzare investimenti senza una visione territoriale e coordinata”, commenta Alessandra Corrado, sociologa e docente presso l’Università della Calabria impegnata dal 2023 nel progetto Campagne aperte di Fondazione con il Sud. E anche quando riescono a canalizzare risorse per l’inclusione sociale non dialogano con le esigenze del territorio e del mondo imprenditoriale “che palesa un’esigenza di manodopera formata e tendente alla stabilizzazione, in contraddizione con le condizioni abitative precarie che vediamo”. Sembra un paradosso in un territorio dove dalla rivolta dei braccianti del 2011 si sono susseguiti finanziamenti su finanziamenti.

    Il Villaggio della solidarietà di Rosarno, in particolare, ha impiegato ingenti risorse e 13 anni per essere definitivamente consegnato, quattro anni il Borgo solidale di Taurianova. Basta farsi un giro lì per trovarsi sostanzialmente di fronte a una triste distesa di container e moduli abitativi posizionati lontano dai centri abitati, gestiti finché ci saranno i soldi per rifinanziarli. Nonostante questo per la prefetta di Reggio Calabria Clara Vaccaro è “un risultato inimmaginabile, tre anni fa nessuno avrebbe detto che saremmo riusciti a smantellare Rosarno e Taurianova”, anche se ammette che per risolvere veramente il problema “bisogna costruire anche alternative di housing sociale per tutti e convogliare sforzi, energia, soldi per costruire un sistema corretto per un’integrazione vera. Ci stiamo lavorando”. Come nel resto d’Italia per gli interventi provvisori o emergenziali si trovano sempre risorse, mentre quando si tratta di affrontare alla radice problematiche complesse tutto resta indefinito.

    Intanto le sei palazzine costruite con fondi europei a Rosarno a partire dal 2011 per “la rete di accoglienza abitativa e di inclusione sociale”, completate lo scorso anno, restano ancora inutilizzate. A rendere ancora più amaro il boccone è il fatto che questi interventi si siano intersecati agli stanziamenti dei fondi del Piano nazionale di ripresa e resilienza (Pnrr) dedicati alla fuoriuscita dagli insediamenti illegali. Taurianova ha perso circa tre milioni e mezzo destinati all’acquisto e ristrutturazione di immobili privati per cercare di risolvere in maniera più strutturale la crisi abitativa e circa due milioni per Rosarno.

    Una situazione desolante secondo Ibrahim Diabate, responsabile del progetto Dambe Sò di Mediterranean Hope, il programma per migranti e rifugiati della Federazione delle chiese evangeliche (Fcei). “Sono più di vent’anni che in Calabria siamo in emergenza alloggiativa e ancora andiamo di tendopoli in campo -spiega-. È solo un altro business dell’accoglienza che non risolve mai la cosa, perché nessuno si occupa di consegnare le palazzine di Rosarno, non dico ai migranti, ma quantomeno ai lavoratori? Adesso addirittura vogliono fare gli chalet”. Mentre parla seduto al desk, passa qualche ospite a chiedergli il cedolino per il contributo per l’alloggio. “Noi gli diamo una sistemazione vera e loro visto che lavorano pagano per il posto che occupano. Significa riconoscere loro dignità”.

    Anche San Ferdinando ha perso i quasi cinque milioni inizialmente previsti dal Pnrr, in questo caso parzialmente rientrati dalla finestra del decreto “Caivano Bis”. Una misura diversa, con obiettivi diversi e dieci milioni complessivi per finanziare diversi tipi di intervento. Di questi, il sindaco Gianluca Gaetano intende utilizzarne 3,6 per la realizzazione di una “fattoria solidale” con tanto di chalet in cui spostare i lavoratori migranti che attualmente vivono nella baraccopoli di San Ferdinando.

    Questo, attraverso l’acquisto di un’ex azienda agricola fallita “molto bella, molto grande in cui intendiamo investire per realizzare delle unità abitative che ospiteranno dalle 120 alle 200 persone, un nuovo quartiere della città, in osmosi col territorio circostante” dichiara il sindaco telefonicamente. “La governance costa molto ma noi intendiamo finanziarla attraverso l’autosostenibilità. Sarà una vera e propria azienda agricola, dove si fa produzione e trasformazione, e magari anche un ristorante etnico”, da affidare a “una o più cooperative sociali di comprovata esperienza in modo che costi di conduzione, decoro del luogo e cura degli ospiti siano autofinanziati”. Un grande progetto aziendale più che un intervento per risolvere l’emergenza abitativa, per il quale il sindaco dice di ispirarsi proprio all’ostello e alla rete di Sos Rosarno. A metà gennaio 2026 non è ancora aperto, accumulando un ritardo di sette mesi dalla data programmata.

    Funzionerà? Intanto, con gli stessi fondi, è previsto anche lo sgombero degli oltre 500 abitanti della tendopoli. A suscitare dubbi sono proprio le modalità, come spiega Peppe Marra, storico sindacalista dell’Usb Calabria da anni impegnato in lotte a difesa dei lavoratori. “Immaginare di costruire da zero l’esperienza di una realtà già presente sul territorio da quindici anni, realizzando una cooperativa a partire da un’azienda fallita sembra piuttosto una serie di belle parole. Il rischio è che diventi un ulteriore inefficace esborso di denaro pubblico”.

    A pesare nel giudizio non è solo la delusione suscitata dagli interventi passati: “Il problema abitativo va affrontato rendendo disponibile ad affitto calmierato quel patrimonio immobiliare costituito dal 40% di appartamenti vuoti o poco utilizzati, invece di continuare a ragionare su grandi concentramenti e business per le aziende che non lasciano niente sul territorio”. In qualche modo i discorsi si riallacciano, nella piana di Gioia Tauro come nel resto d’Italia, indicando come si potrebbero trasformare le politiche di accoglienza e i fondi pubblici per il riscatto dei lavoratori migranti in strategie di sviluppo locale.

    https://altreconomia.it/la-tendopoli-di-san-ferdinando-vive-unemergenza-senza-fine
    #baraquement #Italie #Calabre #campement #migrations #baraccopoli #travailleurs_étrangers #Rosarno #Gioia_Tauro #Taurianova #Rizziconi #Polistena #Palmi #Seminara #agrumes #kiwi #Villaggio_della_solidarietà #Borgo_solidale #containers #Dambe_Sò

  • Exocapitalism et le Romantisme de l’Autonomie
    https://lundi.am/Exocapitalism-et-le-Romantisme-de-l-Autonomie

    Dans cette perspective, l’idée que la valeur pourrait se créer à partir de rien, indépendamment de toute logique matérielle, sociale ou politique, apparaît non comme une découverte théorique, mais comme un symptôme avancé de cette trajectoire d’autonomisation. Marx, Camatte et Cesarano ont montré que la part du travail vivant dans la production de la valeur tend historiquement vers une place infinitésimale. Mais confondre cette asymptote avec l’infini d’une disparition réelle revient à transformer une limite historique en absolu ontologique. La réduction du travail à quantité négligeable ne signifie pas son abolition totale. Elle signale au contraire un degré d’extrême abstraction où la médiation humaine devient d’autant plus invisible qu’elle est indispensable.

    […]

    La thèse centrale d’Exocapitalism s’inscrit pleinement dans cette logique romantique. En affirmant que la valeur peut être « générée hors de rien, indépendante de toute logique matérielle », et en la fondant sur l’abstraction (volatilité et friction), les auteurs créent une force similaire à ce que Girard décrit comme la « création ex nihilo d’un Moi quasi-divin », ce qui est le cœur de l’illusion romantique. En attribuant au capital une forme de désir propre, une agentivité indifférente à la condition humaine et une capacité d’auto-engendrement toute vitaliste, le livre voile la médiation humaine tout en étant entièrement structuré par elle. Le capital y apparaît comme un sujet sans origine, opérant sur des échelles où toute responsabilité politique se dissout. Cette autonomisation radicale a l’implication dangereuse de liquider l’agence politique en naturalisant le capitalisme dans une destinée. Cette posture n’est pas neutre car elle place l’ordre existant hors d’atteinte de toute imputation humaine.

    #capitalisme #livre #recension #techno-béat #valeur #travail #agentivité

  • L’#uberisation pour les nuls

    Uber : l’Urssaf réclame 1,7 milliard d’euros pour fraude sociale présumée
    https://www.latribune.fr/article/transports/automobile/3252847139001714/uber-lurssaf-reclame-1-7-milliard-deuros-pour-travail-dissimule

    Sur la base d’un rapport confidentiel de 142 pages, l’Urssaf Île-de-France estime qu’Uber a « sciemment maquillé » une relation salariale en contrat d’entreprise avec quelque 71 000 chauffeurs entre 2019 et 2022, pour éviter de payer 1,2 milliard d’euros de cotisations sociales et 512 millions d’euros de majorations. La Revue21 révèle l’existence de ce document et d’une lettre d’observations datée du 17 décembre 2024, rédigés par le service de lutte contre le travail illégal. Ce document, resté confidentiel jusqu’ici, décrit une plateforme qui, « sous l’apparence d’une simple centrale de réservation », serait en réalité liée à ses chauffeurs « par un lien de subordination juridique ».

    #argent_magique #fraude #travail_illégal

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Union_de_recouvrement_des_cotisations_de_s%C3%A9curit%C3%A9_sociale_et

  • Comment la fragmentation du travail nourrit la précarité, du recul du salariat à l’essor du microentrepreneuriat
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2026/02/02/du-recul-du-salariat-a-l-essor-du-microentreprenariat-comment-la-fragmentati

    « Le travail morcelé » (1/5). CDD, temps partiel subi, plateformes… plus d’un travailleur sur quatre subit aujourd’hui une forme de précarité. Un phénomène qui retarde l’indépendance des jeunes, fragilise le collectif de travail et alimente l’abstention électorale.

    Patricia reprend à peine son souffle lorsqu’elle retrace son parcours de cheffe de cuisine. « En début de carrière, j’ai été en CDD puis en CDI dans plusieurs secteurs, et je l’agrémentais de missions en intérim pour compléter mes revenus »<-, commence la jeune femme de 34 ans (qui n’a pas souhaité donner son nom). Avant de poursuivre : « En 2019, je me suis tournée vers les plateformes de mise en relation pour des missions en restauration, car le salaire paraissait plus attractif. C’était comme de l’intérim, mais plus structuré, plus flexible, ça paraissait révolutionnaire. Jusqu’au jour où la répression des fraudes m’a contactée pour me dire que la plateforme que j’utilisais était poursuivie pour travail dissimulé. »_ Aujourd’hui, elle continue d’enchaîner les postes dans les restaurants sous le statut de microentrepreneur, jamais très stables, jamais très longtemps, et, dans son secteur comme dans beaucoup d’autres, ils sont des milliers comme elle.

    Depuis vingt ans, l’#emploi se morcelle en France. Certes, entre fin 2019 et fin 2024, en dépit de la pandémie de Covid-19, des tensions internationales et des incertitudes politiques, le pays a créé quelque 1,7 million d’emplois, soit une hausse de 5,9 %, supérieure à celle de la croissance. Mais ce chiffre masque un phénomène : autrefois considéré comme la norme, le salariat stagne, tandis que les formes de travail non salarié – les indépendants, principalement les microentrepreneurs – prennent de l’essor. Ce n’est pas tout. Les stages de fin d’études ne cessent de s’allonger, les plateformes proposant des jobs à la tâche essaiment et le nombre de « slasheurs », ces personnes contraintes de jongler entre plusieurs petits boulots pour boucler leurs fins de mois, augmente.

    Cette « mosaïfication » de l’emploi est lourde de conséquences économiques, sociales et politiques. (...)

    #paywall #travail #désalarisation_formelle

  • Paris 2024 : un montage pour dissimuler du travail illégal et l’emploi de sans-papiers sur un chantier des JO devant la justice
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/02/02/paris-2024-un-montage-pour-dissimuler-du-travail-illegal-et-l-emploi-de-sans

    Paris 2024 : un montage pour dissimuler du travail illégal et l’emploi de sans-papiers sur un chantier des JO devant la justice
    Un procès doit s’ouvrir lundi à Bobigny, au cours duquel 21 personnes et trois sociétés seront jugées, la plupart pour travail dissimulé et l’emploi d’étrangers sans titre en bande organisée. Des travailleurs maliens avaient dénoncé leurs conditions sur le chantier du village olympique à Saint-Denis.
    Par Julia Pascual
    Une nébuleuse de sociétés, des « gérants de paille », des travailleurs non déclarés et sans-papiers, un donneur d’ordre qui dit n’avoir rien vu et, pour décor, la construction d’un village olympique où des athlètes du monde entier se sont retrouvés à l’été 2024 pour l’une des plus grandes compétitions sportives internationales. Les Jeux olympiques (JO) de Paris ne sont plus qu’un souvenir, mais lundi 2 février, devant le tribunal de Bobigny, un procès s’ouvre, qui doit durer jusqu’au 20 février, et au cours duquel 21 personnes et trois sociétés seront jugées, notamment pour avoir exécuté du travail dissimulé, employé des étrangers sans titre en bande organisée, ou avoir eu recours à des entreprises qui s’en chargeaient.
    C’est le cas de GCC, l’une des « dix premières entreprises du secteur BTP », ainsi qu’elle le revendique sur son site Internet. Le groupe s’était vu attribuer la construction de six bâtiments dans le village olympique. La justice lui reproche d’avoir manqué à son obligation de vigilance, en ayant sous-traité des marchés de travaux pour plusieurs millions d’euros à des entreprises qui « dissimulaient une part très conséquente de leurs salariés », pour beaucoup dépourvus de titres de séjour. Comparaîtront notamment devant le tribunal, outre la personne morale de GCC, un directeur d’agence, un directeur de travaux et un chef de chantier du groupe. Sollicité dans le cadre d’un précédent article sur le sujet, en décembre 2022, GCC avait écrit au Monde que la situation s’était « réalisée à [son] insu ».
    Le point de départ de cette affaire remonte à un contrôle de l’inspection du travail en mars 2022 sur le chantier du village olympique, à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). Les services de l’Etat avaient été alertés par la CGT. Le syndicat avait lui-même été saisi initialement par 12 Maliens et un Ivoirien en situation irrégulière, manœuvres pour l’essentiel sur divers chantiers en région parisienne : celui du village des athlètes, mais aussi ceux de la construction d’un Ehpad, de la rénovation d’un lycée ou encore d’un immeuble d’habitation, pour le compte de plusieurs sociétés qui semblaient remonter au même patron, Mehmet B., 42 ans.
    Les inspecteurs du travail avaient contrôlé le chantier olympique et identifié dix ouvriers, essentiellement de nationalités malienne et turque, affairés à des travaux de gros œuvre et de maçonnerie pour une société, ERP. Six d’entre eux n’étaient pas déclarés, et quatre n’avaient pas de papiers. Le mois suivant, un nouveau contrôle avait débouché sur la découverte de dix ouvriers dans la même situation. Par ailleurs, quatre ouvriers maliens en situation irrégulière s’étaient ultérieurement manifestés auprès de la CGT, puis des services de l’Etat. Ces derniers expliquaient avoir dû se cacher dans les sous-sols pendant le contrôle du chantier, sur instruction de leur chef.
    L’enquête de l’inspection du travail, dont Le Monde a pris connaissance, a trouvé que le donneur d’ordre, GCC, a manqué à son devoir de vigilance en sous-traitant « sciemment » à une entreprise recourant au travail dissimulé et au travail illégal. GCC aurait dû s’étonner que l’entreprise ERP ne déclare qu’un seul salarié en novembre 2021, date de début du chantier, pour un gros contrat de 842 000 euros ; ou bien qu’ERP ne déclare toujours que cinq salariés en mars 2022, alors même qu’au moins dix ouvriers se trouvaient sur site le jour du contrôle de l’inspection du travail. GCC n’a pas non plus trouvé à redire lorsqu’elle a délivré une vingtaine de badges de chantier à son sous-traitant qui lui déclarait quatre fois moins d’employés. « D’autre part, il est à noter que, sur le même chantier, la société GCC avait recours à un autre sous-traitant – KMF –, qui lui aussi recourait au travail dissimulé », souligne l’inspection du travail. « Je n’ai pas d’explications », dira, notamment, et sans convaincre, le président de GCC, Jacques M., convoqué par les inspecteurs. Il n’est pas poursuivi.
    L’enquête préliminaire diligentée à la suite du contrôle, que Le Monde a pu consulter, a permis de mettre au jour l’« organisation structurée » d’un réseau d’une dizaine de sociétés « éphémères », employant plusieurs centaines de salariés sur des chantiers, « en grande partie non déclarés » et « payés indifféremment par l’une ou l’autre des sociétés ». Un montage qui aurait permis de « dissimuler l’employeur réel ». Le préjudice total évalué par l’Urssaf est d’au moins 5,7 millions d’euros de cotisations et contributions sociales éludées pour l’ensemble des sociétés et au cours d’une période allant de 2018 à 2022.
    La société KMF, par exemple, qui a existé entre 2021 et 2022, année de sa liquidation, a versé des salaires à quelque 269 personnes alors qu’elle n’en a déclaré que 43 auprès de l’Urssaf. D’après les enquêteurs, son gérant, d’origine malienne, n’était qu’un homme de paille et en réalité un simple ouvrier ne sachant ni lire ni écrire le français. Une autre société, Batidem, créée en 2020 et liquidée quelques semaines après le contrôle du chantier des JO, a versé 1,8 million d’euros de salaires à près de 319 personnes pour seulement 413 000 euros de paye déclarés. Une troisième société, Y.T.B, aurait payé des salaires à 189 personnes sans les déclarer, entre sa création en 2021 et sa liquidation en 2022. Et ainsi de suite.
    Les enquêteurs ont aussi trouvé que, pour dissimuler ces faits lors d’un contrôle, l’un des mécanismes élaborés consistait à dire que les salariés non déclarés étaient « en fait des intérimaires ». Cela permettait à l’entreprise contrôlée de « présenter a posteriori des contrats de mission antidatés », le tout avec la « complicité » d’une société d’intérim. En l’espèce, c’est l’entreprise Morgane, créée en juin 2021, confiée à un gérant de paille, qui aurait permis ce montage – elle a été revendue en mars 2022. « Alors que les salariés contrôlés sur le chantier des JO ignoraient travailler pour Morgane, [le donneur d’ordre] GCC recevait les contrats de mise à disposition seulement après ledit contrôle. »
    « C’est une façon classique de blanchir du travail dissimulé, et les salariés n’ont en réalité jamais été intérimaires », souligne Jean-Albert Guidou, responsable du collectif Travailleurs migrants pour la CGT d’Ile-de-France. A la tête de ces diverses sociétés – liquidées pour la plupart – apparaissent de nombreux ressortissants turcs ou français d’origine turque. « Les mis en cause principaux ont des liens familiaux ou sont originaires de la même province [Çankiri], voire du même village [Yaprakli], en Turquie, pour certains d’entre eux ils vivent également dans le même quartier en France », écrivent les enquêteurs dans leur procès-verbal de synthèse. « Les faits reprochés à mon client sont totalement contestés, commente Laurence Mariani, avocate de Mehmet B., l’un des principaux mis en cause. L’enquête n’a pas été menée dans le respect du principe du contradictoire. » « Beaucoup de raccourcis ont été faits, ajoute l’avocat Romain Vanni, qui défend un des gérants d’une société mise en cause et regrette le choix du ministère public de ne pas avoir ouvert d’instruction judiciaire pour se limiter à une enquête préliminaire dans ce dossier. Des gens d’une même communauté ne constituent pas nécessairement une organisation structurée d’auteurs et encore moins une bande organisée. »
    Les prévenus encourent dix ans de prison et plusieurs centaines de milliers d’euros d’amende. Les ouvriers à l’origine de l’affaire ont, depuis les faits, obtenu des titres de séjour. « Ils continuent de vivre en France et de travailler, un grand nombre dans le secteur du bâtiment », remarque Jean-Albert Guidou, dont le syndicat a accompagné au total une quarantaine d’ouvriers sans papiers qui auraient été victimes de ce réseau. Selon le syndicaliste, le procès d’envergure qui doit s’ouvrir lundi est « révélateur d’une forme d’industrialisation du recours aux travailleurs sans papiers dans le BTP ». « Ceux qui gagnent les appels d’offres sont très peu regardants sur la façon dont les travaux sont menés puisque le seul objectif est de tenir les délais, ajoute Me Vanni. Et, à la fin, les mécanismes de sous-traitance les font échapper à leur responsabilité pénale. »

    #Covid-19#migrant#migration#france#economie#btp#travailclandestin#droit#sante#JO

  • Les Chantiers de l’Atlantique à #saint-nazaire, une entreprise florissante qui pollue en toute discrétion
    https://splann.org/chantiers-atlantique-saint-nazaire-pollution-discretion

    En raison des polluants qu’ils rejettent dans l’air, le sol et les eaux souterraines, les Chantiers de l’Atlantique, champion français de la construction de paquebots, reste une source d’inquiétude pour les nazairiens. L’entreprise prévoit ainsi de multiplier par trois ses rejets annuels de composés organiques volatils. L’opacité d’une partie de ses activités de soudure et de peinture rend difficile la mise en œuvre d’une surveillance environnementale efficace L’article Les Chantiers de l’Atlantique à Saint-Nazaire, une entreprise florissante qui pollue en toute discrétion est apparu en premier sur Splann ! | ONG d’enquêtes journalistiques en (...)

    #Pollutions #chantier_naval #chantiers_de_l'atlantique #industrie #Loire-Atlantique #paquebot #pollution #santé #santé_au_travail #travailleurs

  • « Des informations complètement à côté de la plaque » : les cabinets de conseil à l’épreuve des hallucinations de l’IA
    https://www.lefigaro.fr/vie-professionnelle/des-informations-completement-a-cote-de-la-plaque-les-cabinets-de-conseil-a


    Scier la branche sur laquelle on est assis : illustration.

    L’usage de l’IA est par ailleurs très utilisé dans les métiers du conseil comme base de données pour produire des synthèses, sur un secteur d’activité ou une technologie. « Là encore, l’expérience montre que les résultats sont globalement fiables, mais jamais totalement exacts : de l’ordre de 70 à 80 % selon le contexte. Le risque est de reprendre ces informations sans les vérifier ni les relire, car l’IA peut générer des réponses plausibles mais partiellement, voire complètement, inexactes ou incohérentes. Or un rapport approximatif peut s’avérer catastrophique dans un contexte de conseil », rapporte Nicolas Laurent, Leader Technique au sein d’Octo Technology, qui chapeaute une équipe d’une soixantaine de consultants. Une marge d’erreur qui impose, là aussi, une vigilance accrue. Dans ce cabinet, tous les livrables font l’objet d’une relecture systématique, IA ou pas IA. Et plutôt deux fois qu’une si une IA est utilisée.

    Au-delà des phénomènes d’hallucinations et de fiabilité dans la qualité de l’information et les rapports fournis, l’usage d’outils d’IA grand public présente un risque réel de fuite d’informations sensibles. « Lorsqu’un salarié injecte un document avec des éléments d’identification du client, dans une IA non sécurisée, comme ChatGPT, l’entreprise peut être sanctionnée pour violation de secret professionnel », prévient Rémi Gouyet, avocat associé au sein du cabinet Etax, en charge des formations autour de l’IA et de la fiscalité pour le cabinet Lefebvre Dalloz.

    Si par ailleurs les informations ou les rapports produits s’avèrent erronés, et induisent le client en erreur, la responsabilité du cabinet peut être engagée.

    • Toutes les anecdotes d’utilisation de l’IA dont on me fait part sont le fait de personnes en burn-out, souhaitant donner des réponses rapides sur tout type de sujet, y compris parfois des sujets stratégiques. Par exemple, comparer deux offres commerciales, sur des sujets réglementaires : risque à mon sens de comparer des documents incomparables, avec omission de caractéristiques essentielles, et risque de valider une offre avec un respect du cahier des charges défaillant. Par exemple, résumer des réunions : là aussi, risque d’omissions importantes, et risque d’être pris à défaut. Evidemment que l’humain risque lui aussi de ne pas être impeccable dans son résumé, ou sa lecture d’offre... mais... la délégation aveugle, ça ne fonctionne pas, avec les IA, tout comme avec les humains.

      Cette façon de procéder, déléguer des analyses à l’IA pour aller plus vite, entraîne par la suite, des situations d’inconforts désagréable, au moment de devoir justifier les hallucinations et omissions. Parce que du fait de la rapidité, oubli de ce qu’on a fait (de ce qu’on a torché avec l’IA pour aller plus vite) et donc malaise à devoir se remémorer le sujet, comment/quand on l’a traité, et donc, augmentation exponentielle des symptômes du burn-out.

    • Ne pas savoir par quel processus intellectuel on est arrivé à une conclusion est le mode normal de détection des plagiaires et des tricheurs.

      Mais oui, les patrons espèrent faire des bonds de productivité avec l’IA, c’est-à-dire faire encore plus avec encore moins de gens, donc augmenter les objectifs et réduire les effectifs.

      Le progrès libère les gens du travail seulement si les gains de productivité sont équitablement répartis dans la société.

      Sinon, ça créé toujours plus de #surnuméraires d’un côté et de #surexploités de l’autre.

    • Oui, tout à fait. La conclusion pourrait être : on ne doit pas accepter d’utiliser un outil juste pour produire plus. On doit intégrer un outil pour produire mieux, s’il le permet. D’où, dans le développement, les retours d’expérience plus mesurés des ceusses qui expliquent qu’ils ont utilisé certains de ces outils qui automatisent certaines étapes fastidieuses, sans pour autant délaisser ce qui est gratifiant et important.