• Loin de la terre promise

    Venus d’#Amérique_latine, des milliers de travailleurs et travailleuses récoltent les #fruits et #légumes de #Provence. Parfois confrontés à des employeurs malhonnêtes, certains ouvriers s’organisent.

    « En France, plus personne veut bosser dans l’#agriculture ! » Appuyé contre son tracteur sous le soleil écrasant de la fin d’été, L., maraîcher bio entre #Arles et #Avignon, se désole de la #pénurie de #main-d’œuvre française. Dans cette plaine fertile des #Bouches_du_Rhône, c’est le constat amer que font la plupart des agriculteurs. « Les Français, ils ne tiennent pas le coup ! » renchérit un de ses collègues. La solution : des #ouvriers_étrangers, bosseurs et pas exigeants.

    Après les Espagnols, les Portugais et les Marocains, ce sont des milliers de #travailleurs_sud-américains qui viennent dans le Sud de la France via des entreprises d’#intérim espagnoles comme #Terra_Fecundis, #Laboral_Terra ou #Eurofirm. Créées par des notables de la région de Murcia, Alicante ou Valence, dans le sillage de la crise du BTP de 2008 en Espagne qui a mis des milliers d’ouvriers sur le carreau, elles envoient dans toute l’Europe des travailleurs « en provenance de pays à faible coût », comme elles le mettent en avant auprès des agriculteurs.

    Des nouveaux travailleurs pas chers

    Côté agriculteurs, tout est facilité : même si le salaire horaire doit être désormais le même que celui des Français (lire ci-dessous), les boîtes d’intérim payent les cotisations sociales espagnoles, moins chères d’environ 10%. Entre l’exploitant et les travailleurs, aucun contrat individuel, mais une « commande » collective est passée auprès des entreprises espagnoles qui leur « livrent » les travailleurs en bus. L’agriculteur n’a plus qu’à régler la facture. Leur période d’embauche est calquée sur les besoins et les aléas de la production : ils sont donc révocables à tout moment.

    « Ce système arrange tout le monde ! constate Béatrice Mesini, sociologue. A la fois les agriculteurs qui ont tout à y gagner mais aussi les travailleurs eux-mêmes, qui sont très contents de pouvoir toucher 7,50 euros de l’heure pour vivre et rembourser leurs dettes au lieu de 3,50 à 5,50 euros en Espagne et encore moins chez eux en Amérique du Sud. »

    Des #abus et de la #surexploitation

    « Ils ne nous déclaraient que huit jours par mois alors qu’on travaillait tous les jours. » Sifrid

    Mais à quel prix ? Sous-déclaration des heures de travail, conditions de #logement déplorables, retenues démesurées sur le #salaire (la nourriture, les frais de santé, etc.)… Les accusations sont nombreuses. Rencontré à Beaucaire, Sifrid, Equatorien, raconte son arrivée en France en 2006, via Terra Fecundis (TF) : « Ils ne nous déclaraient que huit jours par mois alors qu’on travaillait tous les jours et parfois on n’était payés que plusieurs mois plus tard, dénonce le quadragénaire, le visage tanné par le soleil. En plus, ils prélèvent une somme pour les transports, pour le logement, pour tout ! Ils ne payent pas ­légalement ! »

    André Fadda, du syndicat CGT intérim 13, le confirme : « Dans le #travail_détaché, la première infraction qu’on note, tous secteurs confondus, c’est les amplitudes #horaires qui ne sont jamais respectées, dénonce-t-il. Ils peuvent parfois travailler jusqu’à 200, voire 250 heures par mois. »

    Des pratiques épinglées par la #justice

    La justice française s’est penchée sur le cas de ces entreprises espagnoles. En 2011, une information judiciaire pour #homicide involontaire est ouverte au Tribunal de Tarascon, à la suite de la #mort par #déshydratation d’#Iban_Elio_Granda_Maldonado, un travailleur TF. Aucune mesure n’a été prise à ce jour et la procédure s’éternise.

    A l’été 2017, la Juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Marseille ouvre une #enquête pour « #dissimulation_d’activité » et « #fraude_au_détachement ». Rien n’en est encore ressorti. D’ailleurs, sur les 3000 contrôles effectués en 2016 dans des #exploitations_agricoles, seules 329 entreprises ont été déclarées en #infraction. TF brouille les pistes : elle reste injoignable à son siège espagnol de Murcia et son adresse française à Châteaurenard nous mène vers l’appartement d’un de ses salariés, qui confirme qu’il n’y a plus de bureaux ici depuis trois ans.

    Les pratiques douteuses de ces entreprises ont attiré l’œil de la Mutuelle sociale agricole (MSA) et de l’Inspection du travail dont les contrôles sont de plus en plus fréquents. Sont ciblés ceux faisant appel aux prestations de TF, Laboral Terra, etc. Ennuyés par ces contrôles, les agriculteurs commencent à se montrer réticents aux services de ces sociétés. Un exploitant ayant souhaité rester anonyme témoigne : « Parfois, j’embauche quelques Equatoriens. Avant, je le faisais via Terra Fecundis mais maintenant, je passe par un groupement d’employeurs de droit français : au moins, on ne risque plus une descente de gendarmes. »

    Lassés d’être considérés comme des « négriers » et des « esclavagistes », des exploitants visités en viennent à mettre dehors les journalistes de manière musclée : « Vous voyez la porte là ? Eh ben, vous la prenez. Basta, on en a marre de lire des conneries sur notre dos. » D’autres, un peu plus enclins à la discussion, finissent par confier leur désarroi : « On sait qu’il y a des pratiques anormales, mais nous on est réglo et ça se passe très bien. Et puis ils sont là pour bosser ! » Ceux-ci ont cessé de « se faire livrer » par Terra Fecundis et recrutent désormais leurs #saisonniers en direct.

    S’organiser pour se faire respecter

    Petit à petit, les Sud-Américains qui ont acquis la nationalité espagnole contournent le détachement et passent par #Réagir, un groupement d’employeurs agricoles départemental. Sous la serre, Manuel, Johana, Maula, Rolando et Gloria, en pleine plantation du fenouil, ne regrettent pas d’avoir quitté TF : « Ici au moins, nos heures supplémentaires sont payées et les jours fériés et les dimanches majorés. » Un cadre qui plaît aussi à leur employeur qui souligne que « le paiement des charges en France ouvre le droit à une couverture sociale et à une #mutuelle ».

    Pourtant, même là, la situation est loin d’être idéale et ne garantit pas toujours de meilleurs traitements au quotidien… Blanca (le prénom a été changé à la demande de la personne ndlr ) travaille dans une entreprise française de conditionnement de fruits et légumes dans la région d’Avignon : « Je travaille trois jours et demi par semaine mais entre 5h du matin et 19h, avec des pauses. Dans l’entreprise, on nous a dit qu’on ne pouvait pas travailler plus de 48h par semaine ! lance cette mère de famille en riant un peu jaune. Mais bon, moi ça m’arrange pour les enfants. »

    Même si très peu d’entre eux parlent le français, ces travailleurs commencent à connaître leurs droits et des formes d’organisation collective émergent. La #solidarité est forte : des #cagnottes sont montées pour aider certains à payer des frais médicaux, des tournois de volley sont organisés pour souffler, se retrouver… Et en profiter pour s’échanger des contacts de boulot. Lassé de se « faire voler par les entreprises espagnoles », Peters, ancien saisonnier de TF, a monté sa propre entreprise pour mettre directement les travailleurs et les agriculteurs en lien : « Comme je parle bien français, à force je connaissais les employeurs et ils faisaient directement appel à moi. Je me suis lancé. »

    De leur côté, Santiago et Nelly sont cofondateurs d’une toute récente association, #Latinos_Sin_Fronteras, à Beaucaire : « On ne veut pas être vus que comme des machines à travailler. On est aussi des musiciens, des peintres, et on veut promouvoir notre culture, explique Santiago. « On voudrait aussi proposer des cours de français », rajoute Nelly. Julien Sanchez, le maire (FN) de #Beaucaire, n’a pas l’air très disposé à les aider dans leurs démarches. Mais la dynamique est lancée et entre deux matches de volley, certains soufflent que malgré les pressions, ils aimeraient monter un syndicat…

    Le #détachement : une politique européenne

    Pensé à l’origine pour favoriser la circulation des travailleurs au sein de l’Union européenne, le détachement est mis en place en 1996 à travers une directive qui précise qu’un travailleur détaché est « tout travailleur qui, pendant une période limitée, exécute son travail sur le territoire d’un Etat membre autre que l’Etat sur le territoire duquel il travaille habituellement ». Accusé de favoriser le « #dumping_social », le texte est amendé en 2017 en proposant d’établir l’égalité de rémunération et de règles salariales entre travailleurs détachés et locaux, tout en maintenant le règlement des #cotisations_sociales dans le pays d’origine. Il limite aussi la durée du détachement à douze mois et compte « protéger les travailleurs de la fraude et de l’exploitation ».

    Ces règles ont été entérinées en juillet 2018 par une nouvelle directive. « Pour l’Europe, c’est un système de win win win ! explique la sociologue Béatrice Mesini. A la fois pour le pays d’origine, pour le pays récepteur et pour le pays de mise à disposition. Tout le monde est gagnant et c’est pour ça que ça marche. »

    En Europe, le nombre de #travailleurs_détachés a augmenté de 45% entre 2010 et 2014, passant de 1,3 à 1,9 million, contre 600 000 en 2007. Le Ministère du travail français en recensait 516 101 en 2017, soit deux fois plus qu’en 2016, alors qu’en PACA, dans le secteur agricole, ils étaient 67 357 à venir ramasser des fruits et légumes, soit 7,4% de l’emploi salarié régional


    https://lecourrier.ch/2018/10/07/loindelaterrepromise-france
    #travailleurs_étrangers #travail #exploitation #maraîchage
    cc @isskein


  • Énergie, finance, agriculture… : quand les « lobbys bruxellois » sont français L’Observatoire des Multinationnales -
    par Olivier Petitjean, Rachel Knaebel - 2 novembre 2017

    La dénonciation de l’influence excessive des lobbys économiques à Bruxelles est presque devenue une tarte à la crème. Dirigeants politiques et économiques savent en jouer pour rejeter la responsabilité de mesures impopulaires sur l’Union européenne. Pourtant, le lobbying qui s’exerce auprès des institutions communautaires est aussi le fait d’intérêts français, à commencer par ceux des grandes entreprises hexagonales, particulièrement dans des secteurs comme l’énergie, la finance, l’agriculture ou encore l’armement. Enquête sur ces lobbys français qui contribuent à dévoyer l’Europe.


    Elle voudrait reconduire l’autorisation du glyphosate, substance herbicide commercialisée par Monsanto, malgré ses conséquences néfastes pour la santé et l’environnement. Elle n’a rien fait, ou presque, pour mettre un frein à la spéculation et au pouvoir des marchés suite à la crise financière globale, tandis que les grandes banques du continent ont bénéficié d’un plan de sauvetage massif, poursuivi aujourd’hui à travers les facilités de crédit offertes par la Banque centrale européenne. Elle est restée timide, voire passive, en matière de lutte contre l’optimisation fiscale ou contre le travail détaché. Elle nous impose des réformes structurelles et des accords de libre-échange, comme aujourd’hui le Ceta, qui placent les intérêts des multinationales au-dessus des normes sociales ou environnementales de base. « Elle », vous l’aurez reconnue, c’est l’Union européenne.

    On dénonce volontiers en France, de tous les côtés de l’échiquier politique, l’influence démesurée des lobbys et des intérêts économiques à Bruxelles et à Strasbourg, dans les couloirs de la Commission et du Parlement. Non sans raison. On évalue à environ 25 000 le nombre de lobbyistes actifs à Bruxelles, et le budget total dépensé pour influencer les institutions européennes s’approcherait chaque année de 1,5 milliard d’euros. Depuis vingt ans, l’organisation bruxelloise Corporate Europe Observatory s’est fait une spécialité de suivre à la trace et contester le pouvoir excessif des intérêts économiques dans les processus de prise de décision européens. Son guide Lobby Planet Bruxelles. Petit guide de la lobbycratie bruxelloise, dont la version française est publiée aujourd’hui en partenariat avec l’Observatoire des multinationales (à télécharger ici), offre un tableau d’ensemble des principaux acteurs et des principaux enjeux du lobbying bruxellois. Qui confirme, de dossier en dossier, le poids de plus en plus massif des intérêts économiques organisés dans la marche de l’Union européenne.

    Gros plan sur les lobbys français à Bruxelles
    La complaisance supposée de la Commission européenne ou d’une partie des eurodéputés n’est pas seule en cause : les États membres et leurs gouvernements ont eux aussi une lourde part de responsabilité dans cet état de choses. Car – on aurait tendance à l’oublier à écouter nos dirigeants – les intérêts défendus dans les couloirs des institutions communautaires sont avant tout ceux des différents pays européens et de « leurs » entreprises. Y compris en ce qui concerne la France. Certains savent très bien en jouer, en tenant des discours différents à Paris et à Bruxelles, ou en rejetant sur les institutions européennes la responsabilité de politiques qu’ils soutiennent de fait, voire qu’ils ont eux-mêmes inspirées.

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    La suite http://multinationales.org/Energie-finance-agriculture-quand-les-lobbys-bruxellois-sont-franca

    #lobbys #lobbycratie #Bruxelles #union_européenne #glyphosate #banques #optimisation_fiscale #travail_détaché #CETA


  • Travailleurs détachés : l’exploitation va continuer
    https://journal.lutte-ouvriere.org/2017/10/25/travailleurs-detaches-lexploitation-va-continuer_97764.html
    #travailleur_détaché #exploitation #UE

    Se poser en protecteur des travailleurs après avoir signé des ordonnances qui permettent aux patrons d’exploiter davantage leurs salariés et de les licencier à leur guise, il fallait oser ! En réalité, Macron défend les intérêts d’une fraction des patrons français, en premier lieu ceux du BTP ou du transport routier qui se plaignent d’une « concurrence déloyale et faussée ».

    • C’est sûr que ça sonne mieux que les petites phrases de Mélenchon à propos des travailleurs détachés venant manger le pain des locaux, ou sur le fait qu’il n’a jamais été pour la liberté d’installation. Reste qu’il est difficile de dissocier cette intervention parlementaire du cadre nauséabond dans laquelle elle s’inscrit et que la FI partage avec le FN : la démagogie protectionniste qui prône la division entre les travailleurs plutôt que de dénoncer les capitalistes responsables des licenciements et du chômage. Il paraît d’ailleurs que, alimenté par les militants Frontistes et Insoumis, le hashtag (mot-clé) #travailleursdetaches occupe depuis mardi matin le top des tendances Twitter...

    • Non. En revanche, il est parfaitement illusoire de tenter de s’en prendre aux capitalistes en se rangeant derrière une formation réformiste et nationaliste comme la FI.
      Face aux ravages de la mondialisation capitaliste, l’impasse du souverainisme https://www.lutte-ouvriere.org/publications/brochures/face-aux-ravages-de-la-mondialisation-capitaliste-limpasse-du-souver
      Le mouvement ouvrier français face au nationalisme https://mensuel.lutte-ouvriere.org/2016/05/28/le-mouvement-ouvrier-francais-face-au-nationalisme_68271.htm

    • Sincèrement, si les gens de LO avaient la moindre envie d’être écoutés, ils ne passeraient pas leur temps à s’en prendre à ceux qui sont en mesure de comprendre et partager leurs idées.
      L’autre jour, YY évoquait la nécessité d’être plus à l’écoute des gens qui nous ressemblent, d’être moins dogmatiques, d’être plus dans la recherche de « ce qui nous rapprochent » que dans la destruction, à base d’accusations grotesques.
      Et pourtant, YY est un sacré anarchiste critique.
      Bonne soirée.

    • Pff, à Fi plein de monde est là parce qu’ils ont vu de la lumière, des possibilités mais faut pas faire croire que cette crapule de Mélanchon a pas compris ce qu’il dit et fait. Moi je ne partage pas les idées de LO et leur ouvriérisme obtus, mais sur le caractère chauvin de la direction de la FI, sur le vieux briscard et rentier de la Veme république qui la dirige, ils ont raison. Il faut se souvenir de ce qu’à pu dire JLM sur la mort de Rémi Fraisse, pour ne prendre que cet exemple du flic qu’est ce tribun.
      Quant à la base, c’est pas « le partage » assuré non plus, le chauvinisme populaire et petit bourgeois, et même des projets d’organisation patronale « alternative » qui sont en débat, pour parler du bas de la formation, ce bas que l’on entend si peu et pour ainsi dire jamais.
      Le meilleur qui puise arriver c’est que ce parking à « contestataires » réels, supposés ou potentiels échappe à son ordonnancement Républicain français. C’est pas fait.

    • Super les gars ! On va se farcir Macron pendant 10 ans alors que le programme de la FI peut être un bon début pour transformer notre société, réduire les inégalités, changer nos institutions, supprimer les ordonnances, sauvegarder notre sécurité sociale ...
      Faire confiance, essayer de se comprendre et de s’unir, aller au delà des doutes pour avancer sinon c’est le grand retour en arrière assuré.

      #travail_détaché #délocalisation_à_domicile

    • La grande mystification de la réforme de la directive sur les travailleurs détachés
      http://lvsl.fr/la-grande-mystification-de-la-reforme-de-la-directive-sur-les-travailleurs-deta

      Ça y est ! Jupiter le tient son accord. Celui qui prouvera que sa méthode est la bonne. Qu’avec ces petits bras, il saura affronter l’Allemagne et les pays de l’Est et qu’il les fera plier un par un. Lui président, l’Europe sera relancée et gare aux brebis galeuses qui se permettront une quelconque critique contre le dogme eurocrate. Au terme d’une lutte homérique, après 12 heures de négociations, un accord a été trouvé sur la directive détachement des travailleurs. Muriel Pénicaud va se démultiplier sur les plateaux pour annoncer que l’Europe sociale avance. La preuve ? La durée de détachement des travailleurs a été réduite à 1 ans, renouvelable 6 mois. Pendant ce temps, le dumping social et la mise en concurrence des peuples d’Europe continuent.

    • 38 ans de promesses d’Europe sociale

      Dès son élection, Macron a promis de remettre l’Europe sociale au coeur du projet européen, sous les applaudissements de Jean-Claude Juncker qui a fait mine de trouver ça innovant. En octobre 2017, il prétend d’ailleurs avoir réglé le sujet des travailleurs détachés, tout comme Hollande prétendait en 2012 avoir réorienté l’Europe. En fait, Macron ne fait que reprendre le flambeau de près de 40 ans de promesses non tenues et de compromis mineurs arrachés sur le social aux autres pays ou à la Commission. Petit florilège en moins de 5 minutes !
      https://youtu.be/pMRgQQ7TNrs

      https://www.les-crises.fr/video-38-ans-de-promesses-deurope-sociale-en-bref


  • Travail illégal : #Bouygues voit sa défense taillée en pièces
    http://www.mediapart.fr/journal/economie/140315/travail-illegal-bouygues-voit-sa-defense-taillee-en-pieces?onglet=full

    Quatre jours de procès à Cherbourg ont permis d’établir dans le détail la responsabilité directe du groupe de BTP dans l’emploi illégal de près de 500 travailleurs polonais et roumains sur le chantier de l’EPR de Flamanville. Un système sophistiqué de fraude a été démonté. La peine requise se limite à une amende de 150 000 euros quand les pertes pour l’Urssaf et les impôts s’élèvent à plus de 22 millions d’euros.

    #UE #travail_détaché @mb

    Cf. « Odyssée d’une “bonne idée” »
    http://www.monde-diplomatique.fr/2014/04/SOUCHON/50305

    Présidente socialiste de la commission emploi et affaires sociales du Parlement européen, Mme Pervenche Berès en est convaincue : « Le travailleur, à l’origine, vous le détachez, il n’a pas envie de se compliquer la vie. » Sans doute plus soucieux encore de simplifier la vie des salariés, l’ancien commissaire Frits Bolkestein avait, dans un premier temps, imaginé qu’on puisse les recruter aux conditions de travail de leur pays d’origine, salaire minimum compris... On doute toutefois que le « travailleur » auquel pense Mme Berès ait jamais arpenté les couloirs moquettés des institutions européennes pour exiger qu’on lui simplifie l’existence en le payant moins.